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Suites et séries : convergence et divergence

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Collège

de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Suites et séries
Définition
Une suite infinie de nombres réels { an } = { a1,a2 ,a3 ,a4 ,...,an ,...}
est un ensemble de nombres où
a1 est le premier terme de la suite
a2 est le deuxième terme de la suite
a3 est le troisième terme de la suite
!
an est le n-ième terme de la suite



On dit que la suite { an } converge vers L lorsque lim an = L
n→ ∞

On dit également que L est la limite de la suite { an } lorsque lim an = L
n→ ∞

Lorsque lim an = ±∞ ou lorsque lim an n’existe pas, on dit alors que la suite { an } diverge.
n→ ∞ n→ ∞

math NYB H21 133


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 1
⎧ n ⎫
Soit {an } =⎨ ⎬ une suite où n = 1,2,3,4, ...
⎩ n + 1 ⎭
1 2 3 4 5 6 7 8 9
Les premiers termes de cette suite sont : , , , , , , , , , ...
2 3 4 5 6 7 8 9 10

On remarque que les termes de la suite se rapprochent graduellement de 1.


















n 1
Comme lim an = lim = lim = 1 ,
n→ ∞ n→ ∞ n+1 n→ ∞ 1


forme indéterminée


⎧ n ⎫
la limite de la suite ⎨ ⎬ est égale à 1
⎩ n + 1⎭


⎧ n ⎫ n
remarque : on peut également désigner la suite ⎨ ⎬ par la notation f (n) =
⎩ n + 1⎭ n+1

math NYB H21 134


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 2

{ } = {2n } = {2,4,8,16,32,64,...} une suite.
Soit an

On remarque que les termes de la suite augmentent rapidement.














Comme lim 2 n = 2∞ = +∞ alors la suite an
n→ ∞
{ } = {2n } diverge.


Exemple 3
{ } = {sin ( n π2 )} = { 0, 1 , 0 ,−1 , 0 , 1 , ... } une suite où n =
Soit an 0,1,2,3,4, ...


















( )
Comme lim sin n π2 n’existe pas, alors la suite an
n→ ∞
{ } = {sin ( n π2 )} diverge.

math NYB H21 135


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 4
⎧⎛ 1 ⎞ ⎫⎪
n

Montrer que la suite ⎨⎜ 1 + ⎟ ⎬ converge vers le nombre e = 2,7182818...
⎪⎩⎝ n⎠ ⎪

Graphiquement :





















⎛ n⎞
⎜ ⎛ 1 ⎞ ⎟
ln⎜ lim ⎜1+ ⎟ ⎟

n
⎜ n→∞⎝
n⎠ ⎟
1⎞
lim ⎜ 1 + ⎟ = e ⎝ ⎠

n→ ∞ ⎝ n⎠
⎛ ⎛ n⎞ ⎞
lim ⎜⎜ ln⎜⎜ ⎛⎜ 1+ 1 ⎞⎟ ⎟⎟
⎟⎠ ⎟
n→∞⎜⎝ ⎝ ⎝ n ⎠ ⎟⎠
=e

⎛ ⎛ 1⎞⎞
lim ⎜ nln⎜ 1+ ⎟ ⎟
n→ ∞⎝ ⎝ n⎠ ⎠
= e forme indéterminée ( +∞ )( 0 )

⎛ ⎛ 1⎞ ⎞
⎜ ln⎜⎝ 1+ n ⎟⎠ ⎟
lim ⎜ ⎟
n→ ∞⎜ 1 ⎟
⎜⎝ n ⎟⎠ 0
= e forme indéterminée
0



math NYB H21 136


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie



1 ⋅ −1 ⎞

⎜ 1+ 1 n2 ⎟
lim ⎜⎜ n ⎟
n→∞⎜ −1 ⎟

⎜ n2 ⎟
= e ⎝ ⎠


⎛ ⎞
⎜ 1 ⎟
lim ⎜ ⎟
n→∞⎜⎜ 1+ 1 ⎟
⎟⎠
=e ⎝ n = e1 = e

math NYB H21 137


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 5
⎪⎧ n2 ⎪⎫
La suite ⎨ n ⎬ est-elle convergente ?
⎪⎩ e − 1 ⎪⎭
Graphiquement :






















n2 +∞
lim n forme indéterminée
n→ ∞ e − 1 +∞

2n +∞
= lim n forme indéterminée
n→ ∞ e +∞
2
= lim n
n→ +∞ e

2
= = 0
+∞

math NYB H21 138


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 6

⎧ ln(n) ⎫
La suite ⎨ ⎬ est-elle convergente ?
⎩ n ⎭n≥1
Graphiquement :




















ln(n) +∞
lim forme indéterminée
n→ ∞ n +∞
1
n 2 n 2 2
= lim = lim = lim = = 0
n→ ∞ 1 n→ ∞ n n→ ∞ n ∞
2 n

⎧ ln(n) ⎫
La suite ⎨ ⎬ converge vers 0
⎩ n ⎭


La convergence de la suite est très lente…
ln(100) ln(1000)
a100 = ≈ 0,4605 a1000 = ≈ 0,2184
100 1000

ln(10000) ln(100000)
a10000 = ≈ 0,0921 a100000 = ≈ 0,0364
10000 100000

math NYB H21 139


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Séries numériques
Définition

Soit { an } = { a1,a2 ,a3 ,a4 ,...,an ,...} une suite.

La somme infinie ∑ ai = a1 + a2 + a3 + ... + an + ...
i =1
est appelée série infinie. Le n-ième terme de la série, an , est appelé le terme général de la
série.

La somme des n premiers termes d’une série est notée S n et est appelée la n-ième somme
partielle de la série.
n
Sn = ∑ ai = a1 + a2 + a3 + ... + an
i =1
Donc, S1 = a1 est la première somme partielle de la série
S2 = a1 + a2 est la deuxième somme partielle de la série
S3 = a1 + a2 + a3 est la troisième somme partielle de la série
S4 = a1 + a2 + a3 + a4 est la quatrième somme partielle de la série
!
S n = a1 + a2 + a3 + ... + an est la n-ième somme partielle de la série
!

La suite { S n } = { S1,S2 ,S3 ,S4 ,...,S n ,...} est appelée

la suite des sommes partielles de la série ∑ ai
i =1


La série ∑ ai converge si la suite des sommes partielles { S n } converge ;
i =1
c’est-à-dire si lim S n = S .
n→ ∞


Le nombre réel S est appelé la somme de la série et on écrit : ∑ ai = S
i =1


La série ∑ ai diverge si la suite des sommes partielles { S n } diverge.
i =1


math NYB H21 140


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 7

1 1 1 1 1
Est-ce que la série ∑ k
= + 2 + 3 + 4 + ! est convergente ?
k =1 2
2 2 2 2

Calculons quelques termes de la suite des sommes partielles

1
S1 =
2
1 1 3
S2 = + =
2 4 4
1 1 1 7
S3 = + + =
2 4 8 8
1 1 1 1 15
S4 = + + + =
2 4 8 16 16
!
1 1 1 1 1 2n − 1
Sn = + + + + ... + n =
2 4 8 16 2 2n


Donc, la suite des sommes partielles est :

⎧ 1 3 7 15 ⎫ ⎧⎪ 2 n − 1 ⎫⎪
{ }Sn = ⎨ , , , , !⎬ = ⎨ n ⎬
⎩ 2 4 8 16 ⎭ ⎩⎪ 2 ⎭⎪

2n − 1 1 1
et lim S n = lim = lim 1 − n = 1 − = 1 − 0 = 1
n→ ∞ n→ ∞ 2 n n→ ∞ 2 ∞




1 1 1 1 1
La série ∑ k
= + 2 + 3 + 4 + ! converge vers 1
k =1 2 2 2 2 2



1
On écrit alors : ∑ = 1
k =1 2k







math NYB H21 141
Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


Graphiquement :




















Les termes d’une suite peuvent être représentés par des rectangles de largeur 1 dont l’aire
correspond à la valeur de chaque terme.
La n-ième somme partielle S n correspond alors à l’addition des aires des n premiers
rectangles.


















1
Et la somme de la série ∑ k
correspond alors à la somme des aires des rectangles
k =1 2

math NYB H21 142


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 8


1 1 1 1 1 1
Soit ∑ i ( i + 1) = + +
2 6 12
+ +
20 30
+ ...
i =1
Montrer que cette série converge vers 1

Remarque : décomposition du quotient en une somme de fractions partielles
1 1 1
= −
i i+1 i(i+1 )

∞ ∞
1 ⎛1 1 ⎞
Donc ∑ i ( i + 1) = ∑ ⎜⎝ i −
i + 1⎟⎠

i =1 i =1
⎛ 1 1 ⎞ ⎛ 1 1⎞ ⎛ 1 1 ⎞ ⎛ 1 1⎞
= ⎜ − ⎟ + ⎜ − ⎟ + ⎜ − ⎟ + ⎜ − ⎟ + ...
⎝ 1 2 ⎠ ⎝ 2 3⎠ ⎝ 3 4 ⎠ ⎝ 4 5 ⎠

Considérons la suite des sommes partielles

⎛ 1 1⎞ 1
S1 = ⎜ − ⎟ =
⎝ 1 2⎠ 2
⎛ 1 1 ⎞ ⎛ 1 1⎞ ⎛ 1⎞ 2
S2 = ⎜ − ⎟ + ⎜ − ⎟ = ⎜ 1 − ⎟ =
⎝ 1 2 ⎠ ⎝ 2 3⎠ ⎝ 3⎠ 3
⎛ 1 1 ⎞ ⎛ 1 1⎞ ⎛ 1 1 ⎞ ⎛ 1⎞ 3
S3 = ⎜ − ⎟ + ⎜ − ⎟ + ⎜ − ⎟ = ⎜ 1 − ⎟ =
⎝ 1 2 ⎠ ⎝ 2 3⎠ ⎝ 3 4 ⎠ ⎝ 4⎠ 4
⎛ 1 1 ⎞ ⎛ 1 1⎞ ⎛ 1 1 ⎞ ⎛ 1 1⎞ ⎛ 1⎞ 4
S4 = ⎜ − ⎟ + ⎜ − ⎟ + ⎜ − ⎟ + ⎜ − ⎟ = ⎜ 1 − ⎟ =
⎝ 1 2 ⎠ ⎝ 2 3⎠ ⎝ 3 4 ⎠ ⎝ 4 5 ⎠ ⎝ 5⎠ 5

⎛ 1 1 ⎞ ⎛ 1 1⎞ ⎛ 1 1 ⎞ ⎛1 1 ⎞ ⎛ 1 ⎞ n
S n = ⎜ − ⎟ + ⎜ − ⎟ + ⎜ − ⎟ + ... + ⎜ − = ⎜⎝ 1 − n + 1⎟⎠ = n + 1
⎝ 1 2 ⎠ ⎝ 2 3⎠ ⎝ 3 4 ⎠ ⎝n n + 1⎟⎠

⎧ n ⎫ ⎧1 2 3 4 ⎫
Donc, la suite des sommes partielles est S n = ⎨ { }
⎬ = ⎨ , , , , ...⎬
⎩ n + 1⎭ ⎩2 3 4 5 ⎭
n
Comme lim S n = lim = 1 (voir page 134)
n→ ∞ n→ ∞ n + 1


1 1 1 1 1 1
Alors la série ∑ = + + + + + ... converge vers 1
i =1 i ( i + 1) 2 6 12 20 30

1
On écrit simplement, ∑ i ( i + 1) = 1
i =1

math NYB H21 143


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

définition

série géométrique

Une série de la forme ∑ ar i −1 = a + ar + ar 2 + ar 3 + ... + ar n−1 + ...
i =1
est appelée une série géométrique de premier terme a et de raison r

Ce qui caractérise une série géométrique c’est que
a
le rapport de deux termes consécutifs n+1 est constant et égal à r .
an

Exemples 9

1 1 1 1 1
1) La série ∑ = + 2 + 3 + 4 + !
k 2 2
k =1 2 2 2
1 1
est une série géométrique dont le premier terme est a = et dont la raison est r =
2 2
1
a n+1 2n 1
r = n+1 = 2 = =
an 1 2 n+1 2
n
2

On a montré déjà que cette série converge vers 1





2 2 2 2
2) La série ∑ i −1
= 2+ + + + ...
i =1 3
3 9 27
1
est une série géométrique dont le premier terme est a = 2 et dont la raison est r =
3
2
a 3n 2 3n−1 1
r = n+1 = = n ⋅ =
an 2 3 2 3
3n−1

math NYB H21 144


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


∞ i −1
⎛ −3 ⎞ 12 36 108
3) La série ∑ 4 ⎜ ⎟ = 4− + − + ...
i =1 ⎝
5⎠ 5 25 125
−3
est une série géométrique dont le premier terme est a = 4 et dont la raison est r =
5
n n
⎛ −3 ⎞ ⎛ −3 ⎞
4⎜ ⎟ ⎜⎝ 5 ⎟⎠
an+1 ⎝ 5⎠ 3
r = = n−1
= n−1
= −
an ⎛ −3 ⎞ ⎛ −3 ⎞ 5
4⎜ ⎟ ⎜⎝ 5 ⎟⎠
⎝ 5⎠






n 1 2 3 4
4) La série ∑ n
= + + + + ... n’est PAS une série géométrique
n=1 3
3 9 27 81
car le rapport de deux termes consécutifs n’est pas constant.

2 3
a2 2 a3 = 27 = 1
en effet, = 9 = et
a1 1 3 a2 2 2
3 9
le rapport des termes consécutifs n’est pas constant…


on peut aussi le vérifier comme ceci :
n+1
a n+1 n + 1 3n n+1
n+1 = 3 = n+1 = n’est pas constant
an n 3 n 3n
3n

math NYB H21 145


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


théorème

La série géométrique ∑ ar i −1 = a + ar + ar 2 + ar 3 + ... + ar n−1 + ...
i =1

a
1) converge si r < 1 et dans ce cas, ∑ ar i −1 =
i =1
1− r

2) diverge si r ≥ 1

preuve :
On sait que S n = a + ar + ar 2 + ... + ar n−1
et que rS n = ar + ar 2 + ar 3 + ... + ar n−1 + ar n

En soustrayant on obtient : S n − rS n = a − ar n

( )
S n (1 − r ) = a 1 − r n

a (1 − r ) n
Sn =
1− r
=
a
1− r
(1 − r ) n


Si r < 1 alors lim r n = 0
n→ ∞

Et donc
n→ ∞
lim S n = lim
a
n→ ∞ 1 − r
(
1 − rn =
a
)
⋅ lim 1 − r n =
1 − r n→ ∞
a
1− r
( )

a
C’est-à-dire que la série ∑ ar i −1 =
i =1
1− r

Si r ≥ 1 alors r ≥ 1 ou bien r ≤ −1

Dans le cas où r ≤ −1 lim r n n’existe pas et
n→ ∞

lim S n =
n→ ∞
a
1− r n→ ∞
(
lim 1 − r n n’existe pas )

Dans le cas où r > 1 lim r n = ∞ et
n→ ∞

lim S n =
n→ ∞
a
(
lim 1 − r n = ±∞
1 − r n→ ∞
)
Dans le cas où r = 1 S n = a + a + a + ... + a = na et
lim S n = lim na = ±∞
n→ ∞ n→ ∞

math NYB H21 146


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 10 (Exemple 9 2) )

2 2 2 2 2 2
La série géométrique ∑ i −1
= 2 + + + + ... converge vers = = 3
i =1 3
3 9 27 1 2
1−
3 3


















Exemple 11 (Exemple 9 3) )
∞ i −1
⎛ −3 ⎞ 12 36 108 3
La série géométrique ∑ 4 ⎜ ⎟ = 4− + − + ... convergente car r = < 1
i =1 ⎝
5⎠ 5 25 125 5

















4 4 20 5
La somme de la série est S = = = =
⎛ −3 ⎞ 8 8 2
1− ⎜ ⎟
⎝ 5⎠ 5

math NYB H21 147
Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

définition

Séries de Riemann ou Séries-p

1 1 1 1 1
Une série de la forme ∑ = 1+ + + +
+ ...
p p p p
k =1 k 2 3 4 5p
est appelée série de Riemann ou série-p

Lorsque p = 1 la série est appelée série harmonique.


1
Une série de Riemann ∑ p
converge si p > 1 et diverge si p ≤ 1
k =1 k

Remarque
⎧ 1 ⎫
Ce dernier résultat est obtenu par le fait que la fonction réelle f associée à la suite ⎨ p ⎬ est
⎩k ⎭
1
la fonction f (x) = p
x

⌠ 1 1
et que l’intégrale impropre ⎮ p dx converge vers lorsque p > 1
⌡x p−1
1

∞ ⎧ +∞ si p ≤ 1
⌠ 1 ⎪
Rappel : ⎮ p dx = ⎨ 1
⌡x ⎪ p − 1 si p > 1
1 ⎩

math NYB H21 148


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


1 1 1 1
Par exemple, comparons graphiquement la série ∑ = 1+ + + + ...
2 4 9 16
k =1 k

⌠ 1
avec l’intégrale impropre ⎮ 2 dx
⌡x
1


+∞
⌠ 1
Puisque l’intégrale impropre ⎮ 2 dx converge (vers 1),
⌡x
1

1 1 1 1
la série-p ∑ k2 = 1+ + +
4 9 16
+ ... devra elle aussi converger .
k =1

En effet, dans le schéma la série est représentée géométriquement par la somme des aires
des rectangles de largeur 1 alors que l’intégrale impropre correspond à l’aire sous la courbe.
+∞

1 ⌠ 1
+∑ 2
< ⎮ 2 dx = 2
k =2 k ⌡x
1
+∞

1 ⌠ 1
1+ ∑ k2
< 1 + ⎮ 2 dx = 2
⌡x
k =2
1

1
∑ k2
< 2
k =1

math NYB H21 149


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Remarque :

1
la proposition précédente nous dit qu’une série-p ∑ k p converge lorsque p > 1
k =1
mais elle ne nous dit pas vers quelle valeur la série converge.


1 1 1 1
Graphiquement, on voit que la série-p ∑ 2
= 1+ + + + ...
k =1 k
4 9 16
semble converger vers 1,6


















Exemple 12

1+ k 3 4
La série ∑ k 4
= 2+ +
16 81
+ ... est-elle convergente ?
k =1

∞ ∞ ∞ ∞
1+ k 1 1 1 1
∑ k4
= ∑ k4 +
k3
= ∑ k4 + ∑ k3
k =1 k =1 k =1 k =1


1
Comme ∑ 4
est une série-p avec p = 4 > 1 ; elle converge
k =1 k

1
Comme ∑ 3
est une série-p avec p = 3 > 1 ; elle converge
k =1 k


1+ k 3 4
Donc, la série ∑ = 2+ + + ... converge également.
k =1 k4 16 81

math NYB H21 150


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


définition
La série harmonique

1
La série ∑ est un cas particulier de série-p où le p = 1
k =1
k
Elle est appelée la série harmonique.


1
Comme le p = 1 n’est pas supérieur à 1, la série harmonique ∑ est donc divergente.
k =1
k


















Exemple 13

2 + k3 10 29
La série ∑ k4
= 3+
16
+
81
+ ... est-elle convergente ?
k =1

∞ ∞ ∞ ∞
2 + k3 2 1 1 1
∑ k 4
= ∑ k4 +
k
= 2∑ 4 + ∑k
k =1 k =1 k =1 k k =1


1
La série ∑ 4
est une série-p avec p = 4 > 1 ; elle converge
k =1 k

1
La série ∑ diverge (car c’est la série harmonique)
k =1
k


2 + k3 10 29
Donc la série ∑ 4
= 3+ + + ... diverge.
k =1 k 16 81

math NYB H21 151


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


critères de convergence d’une série

Critère de divergence

Soit ∑ ak une série à termes positifs .
k =1


Si lim ak ≠ 0 alors la série ∑ ak diverge
k→∞
k =1

preuve :

Soit ∑ ak = a1 + a2 + a3 + ... une série à termes positifs qui converge vers L
k =1
Cela signifie que la suite des sommes partielles { S n } converge vers L
n
C’est-à-dire que lim S n = lim
n→ ∞ n→ ∞
∑ ak n→ ∞
(
= lim a1 + a2 + ... + an−1 + an = L )
k =1

n−1
Également, on a lim S n−1 = lim
n→ ∞ n→ ∞
∑ ak n→ ∞
(
= lim a1 + a2 + ... + an−1 = L )
k =1

Et comme an = S n − S n−1 alors


n→ ∞ n→ ∞
( )
lim an = lim S n − S n−1 = lim S n − lim S n−1 = L − L = 0
n→ ∞ n→ ∞


On a montré : Si la série ∑ ak converge alors lim ak = 0
k→∞
k =1
En utilisant la contraposée de ce résultat, on obtient :


Si lim ak ≠ 0 alors la série ∑ ak diverge
k→∞
k =1


Remarque : la limite lim ak est la première chose à évaluer lorsqu’on étudie la convergence
k→∞
d’une série car si cette dernière n’est pas 0 on sait alors que la série diverge.

math NYB H21 152


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


Exemple 14

k2 + 5 9 14 21 30 41
Est-ce que la série ∑ = 2+ + + + + + ... converge ?
2 9 19 33 51 73
k =1 2k +1

k2 + 5 2k 1
lim ak = lim = lim = ≠ 0
k→∞ k → ∞ 2k 2 +1 k → ∞ 4k 2


k2 + 5
Par le critère de divergence, la série ∑ 2
est divergente
k =1 2k + 1



















math NYB H21 153


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie




Critère de l’intégral

Soit ∑ ak une série à termes positifs.
k =1
Si ak = f (k) pour k = 1,2,3,4,... et si f est une fonction continue, positive et
∞ ∞
décroissante à long terme, alors la série ∑ ak et l’intégrale impropre ∫ f (x) dx
k =1 1
convergent ou divergent toutes les deux.


math NYB H21 154


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 1

k
La série ∑ ek / 5 est-elle convergente ?
k =1

x
Soit f (x) = associée à la série.
ex / 5
Le graphique montre que la fonction est décroissante à long terme à partir de x = 5


















+∞ a
5( x + 5)
a
⌠ x ⌠ x
⎮ x / 5 dx = lim ⎮ x / 5 dx = lim −
⌡e a→ +∞ ⌡ e a→ +∞ ex / 5 1
1 1

⎛ 5( a + 5) 30 ⎞ 5( a + 5) 30
= lim ⎜ − + ⎟ = lim − +
a→ +∞ ⎝ ea / 5 e1/ 5 ⎠ a→ +∞ ea / 5 e1/ 5
−∞
forme indéterminée
+∞
⎛ 25 ⎞ 30 −25 30 30 30
= lim ⎜ − a / 5 ⎟ + 1/ 5 = + 1/ 5 = 0 + 1/ 5 = 1/ 5
a→ +∞ ⎝ e ⎠ e +∞ e e e

+∞

⌠ x k
Comme l’intégrale impropre ⎮ x / 5 dx converge alors la série ∑ k / 5 converge aussi
⌡e k =1 e
1

math NYB H21 155


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


Critère de comparaison
∞ ∞
Soit ∑ ak et ∑ bk deux séries à termes positifs telle que ak ≤ bk
k =1 k =1

∞ ∞
Si la série ∑ bk converge alors la série ∑ ak converge aussi
k =1 k =1

∞ ∞
Si la série ∑ ak diverge alors la série ∑ bk diverge aussi
k =1 k =1

remarque : Le critère de comparaison repose sur le fait suivant :

∞ ∞
Si ak ≤ bk alors ∑ ak ≤ ∑ bk
k =1 k =1




Exemple 2

1
Montrer que la série ∑ k
converge
k =1 3 +1

Comme 3k + 1 > 3k

1 1
Alors k
<
3 +1 3k

1
Et on sait que la série ∑ k
converge
k =1 3
1
car c’est une série géométrique de raison r = < 1
3
∞ ∞
1 1
Et puisque ∑ 3k +1
≤ ∑ 3k
k =1 k =1


1
Alors la série ∑ converge aussi.
k =1 3k + 1

math NYB H21 156


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


Exemple 3

1
Montrer que la série ∑ k −1
diverge
k =2
1 1
Comme k −1< k alors >
k −1 k

1
Et on sait que la série ∑ k
diverge
k =2
1
car c’est une série-p où p = < 1
2

∞ ∞
1 1
Et puisque ∑ k
≤ ∑ k −1

k =1 k =1


1
Donc la série ∑ k −1
diverge aussi.
k =2

math NYB H21 157


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


Critère du quotient de polynômes

P(k)
Soit ∑ ak une série à termes positifs telle que ak =
Q(k)

k =1
P(k) et Q(k) sont des polynômes de degrés p et q

Si q − p > 1 alors la série ∑ ak converge. Sinon, la série diverge.
k =1

Exemple 4

8k 2 + 1
La série ∑ 5 3
est-elle convergente ?
k =1 k + k + 1

P(k) 8k 2 + 1 p = 2
ak = = 5 q − p = 3 > 1
Q(k) k + k3 + 1 q = 5


8k 2 + 1
Donc, la série ∑ 5 3
converge.
k =1 k + k + 1


Remarque : en réalité, le critère du quotient de polynômes est une
généralisation du critère de convergence des séries-p ; il combine le critère
de comparaison et celui des séries-p

Regardons à nouveau la série de l’exemple 4 :
8k 2 + 1 8k 2 + k 2 9k 2 9k 2 9
comme 5 3
< 5 3
= 5 3
< 5
= 3
k + k +1 k + k +1 k + k +1 k k
∞ ∞ ∞
9 1 1
et comme ∑ = 9∑ et que ∑ est une série-p convergente (car p = 3 > 1
3 3 3
k =1 k k =1 k k =1 k
)

9
Alors la série ∑ k 3 converge.
k =1

∞ ∞
8k 2 + 1 9
Et puisque ∑ 5 3
< ∑ k3
k =1 k + k +1 k =1


8k 2 + 1
alors la série ∑ 5
converge aussi par le critère de comparaison.
k =1 k + k3 + 1

math NYB H21 158


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


Critère de d’Alembert
∞ ak +1
Soit ∑ ak une série à termes positifs telle que klim
→∞ ak
= L
k =1


Si L < 1 alors la série ∑ ak converge
k =1

Si L > 1 alors la série ∑ ak diverge
k =1
Si L = 1 alors le critère n’est pas concluant.



Remarque : Le critère de d’Alembert est inspiré des séries géométriques.
ak +1
On ne demande pas ici que le rapport de deux termes consécutifs soit une
ak
ak +1
constante plus petite que 1 mais seulement que la limite lim soit
k → ∞ ak

inférieure à 1.



Exemple 5

(k + 1)2 k + 2 64 40 32
La série ∑ = 16 + 24 + + + + ... est-elle convergente ?
k =1
k! 3 3 5

(k + 2)2 k + 3
ak +1 (k + 1)! (k + 2)2 k + 3 k! 2(k + 2) 1 2(k + 2)
= = ⋅ = =
ak (k + 1)2 k + 2 (k + 1)! (k + 1)2 k + 2 (k + 1) (k + 1) (k + 1)2
k!

ak +1 2(k + 2) ∞
lim = lim forme indéterminée
k → ∞ ak k → ∞ (k + 1)2 ∞


2 2
= lim = = 0 < 1
k → ∞ 2(k + 1) ∞


(k + 1)2 k + 2
Donc la série ∑ converge.
k =1
k!

math NYB H21 159


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


Séries alternées

∑ ( −1)
k
Une série de la forme ak = −a1 + a2 − a3 + a4 − a5 + ... où ak > 0
k =1

∑ ( −1)
k +1
Ou encore ak = a1 − a2 + a3 − a4 + a5 − ... où ak > 0
k =1

est appelée : série alternée

Critère des séries alternées
∞ ∞
∑ ( −1) ak ∑ ( −1)
k k +1
Soit ou ak une série alternée.
k =1 k =1

SI 1) lim ak = 0
k→∞
2) la suite { ak } est décroissante ( ak > ak +1 ) à partir d’une certaine
valeur de l’indice k

ALORS la série alternée converge.

math NYB H21 160


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 6


k +1 1 1 1 1 1 1
La série ∑ ( −1) =1− + − + − + ...
k =1
k 2 3 4 5 6
est appelée la série harmonique alternée.


La série harmonique alternée est-elle convergente ?

1
1) lim ak = lim = 0
k→∞ k→∞ k
⎧1⎫ ⎧ 1 1 1 1 ⎫
2) { }
la suite ak = ⎨ ⎬ = ⎨ 1 , , , , , ...⎬ est décroissante
⎩k ⎭ ⎩ 2 3 4 5 ⎭

( ) 1k est convergente.

Donc la série harmonique alternée ∑ −1k +1
k =1




















remarque :
On montrera (page 170 )que la série harmonique alternée converge vers ln(2)

math NYB H21 161


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 7


ln(k) ln(2) ln(3) ln(4) ln(5) ln(6)
La série ∑ ( −1)
k
= 0+ − + − + − ...
k =1
k 2 3 4 5 6
est-elle convergente ?

1
ln(k) 1
1) lim ak = lim = lim k = lim = 0
k→∞ k→∞ k k→∞ 1 k→∞ k


forme indéterminée


⎧ ln(k) ⎫
2) { }=
la suite ak ⎨ ⎬ = { 0 ; 0,3466 ; 0,3662 ; 0,3466 ; 0,3219 ; 0,2982 ; ...}
⎩ k ⎭
est décroissante à partir du 3ième terme.



ln(k)
Donc la série alternée ∑ ( −1)
k
est convergente.
k =1
k


remarque : la convergence de cette série alternée est très lente ; voir le tableau et le
graphique à la page suivante.


ln(k)
Graphique illustrant la lente convergente de la série alternée ∑ ( −1)
k

k =1
k

















math NYB H21 162


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


ln(k)
Tableau illustrant la lente convergente de la série alternée ∑ ( −1)
k

k =1
k

n n
ln(k) ln(k)
∑ ( −1) ∑ ( −1)
k k
k Sn = k Sn =
k k
k =1 k =1
1 0,0000 41 0,1150
2 0,3466 42 0,2040
3 -0,0196 43 0,1165
4 0,3269 44 0,2025
5 0,0051 45 0,1179
6 0,3037 46 0,2012
7 0,0257 47 0,1192
8 0,2856 48 0,1999
9 0,0415 49 0,1205
10 0,2717 50 0,1987
11 0,0538 51 0,1216
12 0,2608 52 0,1976
13 0,0635 53 0,1227
14 0,2520 54 0,1965
15 0,0715 55 0,1237
16 0,2448 56 0,1956
17 0,0781 57 0,1246
18 0,2387 58 0,1946
19 0,0837 59 0,1255
20 0,2335 60 0,1938
21 0,0885 61 0,1264
22 0,2290 62 0,1929
23 0,0927 63 0,1272
24 0,2251 64 0,1922
25 0,0964 65 0,1279
26 0,2217 66 0,1914
27 0,0996 67 0,1287
28 0,2186 68 0,1907
29 0,1025 69 0,1294
30 0,2159 70 0,1900
31 0,1051 71 0,1300
32 0,2134 72 0,1894
33 0,1075 73 0,1306
34 0,2112 74 0,1888
35 0,1096 75 0,1312
36 0,2091 76 0,1882
37 0,1115 77 0,1318
38 0,2073 78 0,1877
39 0,1133 79 0,1323
40 0,2056 80 0,1871


math NYB H21 163
Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Critère de convergence absolue



Soit ∑ ak une série à terme de signes quelconques.
k =1
∞ ∞
Si ∑ ak converge alors ∑ ak converge
k =1 k =1


∞ ∞ ∞
remarque : Puisque − ak ≤ ak ≤ ak alors − ∑ ak ≤ ∑ ak ≤ ∑ ak
k =1 k =1 k =1
∞ ∞
Si ∑ ak converge vers S alors −S ≤ ∑ ak ≤ S
k =1 k =1

Donc ∑ ak converge.
k =1


Exemple 8

1 1 1 1 1
Est-ce que la série ∑ ( −1)
k
3
= −1 + 3
− 3
+ 3
− + ... converge ?
k =1 k 2 3 4 53


∞ ∞ ∞
1 1 1 1 1 1
La série ∑ ak = ∑ ( −1) ∑ k3
k
3
= = 1+ 3
+ 3
+ 3
+ + ...
k =1 k =1 k k =1 2 3 4 53


1
est une série-p avec p = 3 > 1 . Donc ∑ k 3 converge.
k =1


∞ ∞
1 1 1 1 1
Donc la série ∑ ak = ∑ ( −1)
k
= −1 + − + − + ... converge aussi
k =1 k =1 k3 23 33 43 53


math NYB H21 164


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


a
k k
Exemple 9
1 2,4792

2 -0,2839

10sin (1,7k ) 10sin(1,7) 10sin(3,4) 10sin(5,1) 10sin(6,8)
∑ = + + + + ... 3 -0,5786
k =1 ( k + 1) 2
2 2 2
3 4 2
52 4 0,1976
5 0,2218
Comme le montre le tableau à droite, cette série est une série à termes de 6 -0,1428
signes quelconques. 7 -0,0966
8 0,1061

10sin (1,7k ) 9 0,0397
La série ∑ est-elle convergente ? 10 -0,0795
k =1 ( k + 1)2 11 -0,0103
12 0,0592
∞ ∞
10 sin (1,7k ) 13 -0,0055
Considérons d’abord la série ∑ ak = ∑ 14 -0,0432
k =1
k =1 (k + 1)2 15 0,0140
16 0,0304
10 sin (1,7k ) 10 17 -0,0181
Comme ≤ 18 -0,0202
(k + 1)2 (k + 1)2 19 0,0193
20 0,0120

10 21 -0,0188
et que la série ∑ converge
22 -0,0056
k =1 (k + 1)2
23 0,0171
(par le critère du quotient de polynômes q − p = 2 − 0 = 2 > 1 ) 24 0,0007
25 -0,0147
on peut alors conclure selon le critère de comparaison 26 0,0030

10 sin (1,7k ) 27 0,0120
que la série ∑ converge. 28 -0,0054
k =1 ( k + 1) 2
29 -0,0091
30 0,0070
31 0,0063
32 -0,0077
Enfin, selon le critère de convergence absolue, puisque
33 -0,0038

34 0,0078

10 sin (1,7k ) 35 0,0015
la série ∑ converge alors
k =1
(k + 1)2 36 -0,0073
37 0,0005

38 0,0064

10sin (1,7k )
la série ∑ converge aussi. 39 -0,0020
k =1 ( k + 1)2 40 -0,0053

math NYB H21 165


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Critère de d’Alembert généralisé



ak +1
Soit ∑ ak une série où ak ≠ 0 telle que lim
k→∞ ak
= L
k =1


Si L < 1 alors la série ∑ ak converge
k =1

Si L > 1 alors la série ∑ ak diverge
k =1
Si L = 1 alors le critère n’est pas concluant.

∞ ∞
remarque : en fait, lorsque L < 1 la série ∑ ak converge et donc la série ∑ ak
k =1 k =1
converge aussi par le critère de convergence absolue.

Exemple 10

ln(k) ln(2) ln(3) ln(4) ln(5)
∑ ( −1)
k
La série = − + − + ... est-elle convergente ?
k =2
k! 2 6 24 120

ln(k + 1)
ak +1 (k + 1)! ln(k + 1) k! 1 ln(k + 1)
= = ⋅ =
ak ln(k) (k + 1)! ln(k) (k + 1) ln(k)
k!

ak +1 ln(k + 1) ∞
lim = lim forme indéterminée
k→∞ ak k → ∞ (k + 1)ln(k) ∞

⎛ 1 ⎞
⎜ k +1 ⎟
= lim ⎜
k→∞ 1⎟
⎜ ln(k) + (k + 1) ⎟
⎝ k⎠

⎛ 1 ⎞ 1
⎜ k +1 ⎟ ∞ 0 1
= lim ⎜ ⎟ = = = 0⋅ = 0 < 1
k→∞ 1 ∞ +1+ 0 ∞ ∞
⎜ ln(k) + 1 + ⎟
⎝ k⎠



ln(k)
∑ ( −1)
k
Donc la série converge.
k =2
k!

math NYB H21 166


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


Séries de puissances

Introduction
Les séries de puissances vont permettre de donner une représentation différente d’une
fonction.
Voici un exemple simple :

Prenons la série ∑ xk = 1 + x + x 2 + x 3 + x 4 + ...
k =0
Cette dernière série de puissances de x est en fait une série géométrique de raison r = x

1
Lorsque r = x < 1 la série géométrique converge vers
1− x


C’est-à-dire que pour tout x ∈ ⎤⎦ −1 , 1 ⎡⎣ on a que
1
= 1 + x + x 2 + x 3 + x 4 + ...
1− x


1
1− x
= ∑ xk
k =0

1
On dit que la fonction f (x) = est représentée
1− x

par la série ∑ x k = 1 + x + x 2 + x 3 + x 4 + ... sur l’intervalle ⎤⎦ −1 , 1 ⎡⎣
k =0


Si on considère une série de puissances comme un « polynôme de degré infini » on doit alors
s’attendre à pouvoir la dériver et l’intégrer terme à terme.


math NYB H21 167


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


Exemple 1
1
= 1 + x + x 2 + x 3 + x 4 + ...
1− x

En dérivant, on obtient :

⎛ 1 ⎞′
2 3
( 4 ′
⎜⎝ 1 − x ⎟⎠ = 1 + x + x + x + x + ... )

1
= 1 + 2x + 3x 2 + 4x 3 + 5x 4 + ...
(1 − x ) 2



1
La fonction f (x) = est représentée par la série ∑ kx k −1 sur l’intervalle ⎤⎦ −1 , 1 ⎡⎣
(1 − x ) 2
k =1



1
= ∑ kx k −1
(1 − x ) 2
k =1




1 1
Ainsi, par exemple, lorsqu’on remplace x par dans l’équation = ∑ kx k −1 ,
2 (1 − x )2 k =1

on obtient :

∞ k −1 2 3 4
1 ⎛ 1⎞ ⎛ 1⎞ ⎛ 1⎞ ⎛ 1⎞ ⎛ 1⎞
= ∑ k⎜ ⎟ = 1 + 2 ⎜ ⎟ + 3⎜ ⎟ + 4 ⎜ ⎟ + 5 ⎜ ⎟ + ...
k =1 ⎝ ⎠ ⎝ 2⎠ ⎝ 2⎠ ⎝ 2⎠ ⎝ 2⎠
2 2
⎛ 1⎞
⎜⎝ 1 − 2 ⎟⎠


k 3 4 5
4 = ∑ 2k −1 = 1+
22
+
23
+
24
+ ...
k =1



k
On vient donc de montrer que la série ∑ k −1
converge vers 4
k =1 2



math NYB H21 168


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


Exemple 2

∑ ( −1)
k
x k = 1 − x + x 2 − x 3 + x 4 − x5 + ...
k =0
Cette dernière série de puissances de x est en fait une série géométrique de raison r = −x
1 1
Lorsque r = −x < 1 la série géométrique converge vers =
1 − (−x) 1+ x
1
La fonction f (x) =
1+ x

est représentée par la série ∑ ( −1) x k = 1 − x + x 2 − x 3 + x 4 − x5 + ...
k

k =0
sur l’intervalle ⎤⎦ −1 , 1 ⎡⎣

1
Donc = 1 − x + x 2 − x 3 + x 4 − x5 + ...
1+ x


En intégrant, on obtient :
⌠ 1 dx =
∫1 − x + x
2
⎮ − x 3 + x 4 − x5 + ... dx
⌡1 + x

x2 x3 x4 x5 x6
ln 1 + x + C = x − + − + − + ... sur l’intervalle ⎤⎦ −1 , 1 ⎡⎣
2 3 4 5 6

On trouve la constante C en posant x = 0 dans l’égalité précédente :
02 03 04 05 06
ln 1 + 0 + C = 0 − + − + − + ...
2 3 4 5 6

ln 1 + C = 0 d’où : C = 0

x2 x3 x4 x5 x6
Donc ln 1 + x = x − + − + − + ... sur l’intervalle ⎤⎦ −1 , 1 ⎡⎣
2 3 4 5 6

xk
∑ ( −1)
k +1
ln 1 + x =
k =1
k


xk
La fonction f (x) = ln 1 + x est représentée par la série ∑ ( −1)
k +1

k =1
k
sur l’intervalle ⎤⎦ −1 , 1 ⎡⎣

math NYB H21 169


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


REMARQUE :

xk x2 x3 x4 x5 x6
Lorsque x = 1 , la série ∑ ( −1)
k +1
= x − + − + − + ...
k =1
k 2 3 4 5 6


k +1 1 1 1 1 1 1
devient ∑ ( −1) = 1− + − + − + ...
k =1
k 2 3 4 5 6

Cette dernière série est convergente car c’est la série harmonique alternée.
Elle converge donc vers ln(2)

1 1 1 1 1
ln(2) = 1 − + − + − + ...
2 3 4 5 6



En fait, la fonction f (x) = ln 1 + x est représentée


xk x2 x3 x4 x5 x6
par la série ∑ ( −1)
k +1
= x − + − + − + ...
k =1
k 2 3 4 5 6
sur l’intervalle ⎤⎦ −1 , 1⎤⎦

math NYB H21 170


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 3
On peut également faire certaines substitutions algébriques.
1
On sait que = 1 − x + x 2 − x 3 + x 4 − x5 + ... sur l’intervalle ⎤⎦ −1 , 1 ⎡⎣
1+ x
2
Substituons tous les x par x ; on obtient alors :

( ) ( ) ( ) ( ) ( )
1 2 3 4 5
2 2 2 2
2
= 1 − x + x − x + x − x2 + ...
1+ x
1
2
= 1 − x 2 + x 4 − x 6 + x8 − x10 + ... sur l’intervalle ⎤⎦ −1 , 1 ⎡⎣
1+ x


1
∑ ( −1)
k
2
= x 2k
1+ x k =0


1
est représentée par la série ∑ ( −1) x 2k
k
La fonction f (x) = 2
1+ x k =0
sur l’intervalle ⎤⎦ −1 , 1 ⎡⎣

À partir de ce résultat, nous allons trouver une série de puissances pour représenter la
fonction g(x) = arctan(x)
1
2
= 1 − x 2 + x 4 − x 6 + x8 − x10 + ...
1+ x

⌠ 1

⌡ 1 + x2
dx = ∫1 − x 2 + x 4 − x 6 + x8 − x10 + ... dx


x3 x5 x7 x9 x11
arctan(x) + C = x − + − + − + ...
3 5 7 9 11


En posant x = 0 dans cette égalité, on peut voir que C = 0

x3 x5 x7 x9 x11
Donc, arctan(x) = x − + − + − + ...
3 5 7 9 11


x 2k +1
La fonction arctan(x) est donc représentée par la série ∑ ( −1)
k

k =0
2k + 1
sur l’intervalle ⎤⎦ −1 , 1 ⎡⎣

math NYB H21 171


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie



x 2k +1
L’intervalle de convergence de la série ∑ ( −1)
k
est en fait ⎡⎣ −1 , 1⎤⎦
k =0
2k + 1
C’est-à-dire que :
x3 x5 x7 x9 x11
arctan(x) = x − + − + − + ... sur l’intervalle ⎡⎣ −1 , 1⎤⎦
3 5 7 9 11


Par exemple, lorsque x = 1 on obtient :
1 1 1 1 1
arctan(1) = 1 − + − + − + ...
3 5 7 9 11

π 1 1 1 1 1
= 1− + − + − + ...
4 3 5 7 9 11


1 π
On vient donc de montrer que la série ∑ ( −1)
k
converge vers
k =0
2k + 1 4


1 π
∑ ( −1)
k
=
k =0
2k + 1 4




De même, lorsque x = −1 on obtient :
1 1 1 1 1
arctan(−1) = −1 + − + − + − ...
3 5 7 9 11

π 1 1 1 1 1
− = −1 + − + − + − ...
4 3 5 7 9 11

math NYB H21 172


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 4
1
On sait que = 1 + x + x 2 + x 3 + x 4 + ... sur l’intervalle ⎤⎦ −1 , 1 ⎡⎣
1− x
2
Substituons tous les x par x ;

( ) ( ) + (x ) + (x ) + (x )
1 2 3 4 5
on obtient alors : = 1 + x2 + x2 2 2 2
+ ...
1− x 2
( )

1
2
= 1 + x 2 + x 4 + x 6 + x8 + x10 + ...
1− x


1
1− x 2
= ∑ x 2k
k =0


1
La fonction f (x) =
1− x 2
est représentée par la série ∑ x 2k sur l’intervalle ⎤⎦ −1 , 1 ⎡⎣
k =0

En intégrant, on obtient :

⌠ 1

⌡ 1 − x2
dx = ∫1 + x 2 + x 4 + x 6 + x8 + x10 + ... dx


1 1+ x x3 x5 x7 x9 x11
ln +C = x + + + + + + ...
2 1− x 3 5 7 9 11

On voit facilement que C = 0

1 1+ x x3 x5 x7 x9 x11
Donc ln = x + + + + + + ...
2 1− x 3 5 7 9 11

1+ x 2x 3 2x5 2x 7 2x 9 2x11
ln = 2x + + + + + + ...
1− x 3 5 7 9 11


1+ x 2
ln
1− x
= ∑ 2k +1
x 2k +1
k =0



1+ x 2
La fonction ln est représentée par la série ∑ x 2k +1 sur l’intervalle ⎤⎦ −1 , 1 ⎡⎣
1− x k =0
2k + 1

math NYB H21 173


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


REMARQUE :

1
Par exemple, lorsque x = on obtient alors que
2

3 5 7 9 11
3 ⎛ 1⎞ ⎛ 1⎞ ⎛ 1⎞ ⎛ 1⎞ ⎛ 1⎞
2⎜ ⎟ 2⎜ ⎟ 2⎜ ⎟ 2⎜ ⎟ 2⎜ ⎟
⎛ 1⎞ ⎝ 2⎠ ⎝ 2⎠ ⎝ 2⎠ ⎝ 2⎠ ⎝ 2⎠
ln 2 = 2⎜ ⎟ + + + + + + ...
1 ⎝ 2⎠ 3 5 7 9 11
2


3 1 1 1 1 1
2 4 6 8 10
ln 2 = 1+ 2 + 2 + 2 + 2 + 2 + ...
1 3 5 7 9 11
2


1 1 1 1 1
ln ( 3) = 1 + + + + + + ...
3( 2 ) 5( 2 ) 7 ( 2) 9 ( 2) 11( 2 )
2 4 6 8 10




1
ln ( 3) = ∑
k =0 ( 2k + 1)( 2) 2k



1
On vient donc de montrer que la série ∑ converge vers ln(3)
k =0 ( 2k + 1)( 2) 2k




1
ln ( 3) = ∑
k=0 ( 2k + 1) 22k

math NYB H21 174


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


intervalle de convergence d’une série de puissances

Introduction
Jusqu’à présent nous n’avons considéré que des séries où les termes sont des nombres réels
(séries numériques). La notion de série peut aussi être utilisée avec des fonctions ; on parle
alors de séries de fonctions. Le cas le plus simple de séries de fonctions est celui des séries
de puissances d’une variable x. Voici un exemple simple qu’on a déjà considéré :

∑ xk = 1 + x + x 2 + x 3 + x 4 + ...
k =0
Cette dernière série est en fait une série géométrique de raison r = x

Définition
Une série de la forme

∑ ak x k = a0 + a1x + a2 x 2 + a3x 3 + a4 x 4 + ...
k =0
est appelé série de puissances de x ou encore série entière



Une série de la forme

∑ ak ( x − c ) = a0 + a1 ( x − c ) + a2 ( x − c ) + a3 ( x − c ) + a4 ( x − c ) + ...
k 2 3 4

k =0
est appelé série de puissances de ( x − c )


Les nombres a0 , a1, a2 , a3 , a4 , ... sont appelés les coefficients de la série

math NYB H21 175


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


Exemple 5

1 1 1 1 1
∑ 2k ( x − 3) ( x − 3) + 2 ( x − 3) + 3 ( x − 3) + 4 ( x − 3) + ...
k 2 3 4
= 1+
k =0
2 2 2 2
est une série de puissances de ( x − 3)



Si on pose x = 4 dans cette série, on obtient la série numérique suivante :

1 1 1 1 1 1
∑ 2k
= 1+ + 2 + 3 + 4 + 5 + ...
2 2 2 2 2
k =0
1
qui est une série géométrique convergente car la raison r = < 1
2



Si on pose x = 2 dans cette série, on obtient la série numérique suivante :

( −1)k 1 1 1 1 1
∑ 2 k
= 1− + 2 − 3 + 4 − 5 + ...
2 2 2 2 2
k =0
1
qui est une série géométrique alternée convergente car la raison r = − < 1
2



Si on pose x = 6 dans cette série, on obtient la série numérique suivante :

3k 3 32 33 34 35
∑ 2k
= 1+ + 2 + 3 + 4 + 5 + ...
2 2 2 2 2
k =0
3
qui est une série géométrique divergente car la raison r = > 1
2



Les valeurs pour lesquelles on obtient une série numérique convergente forment ce qu’on
appelle l’intervalle de convergence de la série de puissances.
Pour trouver l’intervalle de convergence, on utilise le critère généralisé de d’Alembert :


math NYB H21 176


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


Exemple 6 :
Déterminer l’intervalle de convergence de la série suivante :


1 1 1 1 1
∑ 2k ( x − 3) ( x − 3) + 2 ( x − 3) + 3 ( x − 3) + 4 ( x − 3) + ...
k 2 3 4
= 1+
k =0
2 2 2 2

( x − 3)k +1
ak +1 2 k +1
L = lim = lim
k →∞ ak k →∞
( x − 3) k

2k

= lim
( x − 3)k +1 ⋅
2k
k →∞ 2 k +1 ( x − 3)k

1
= lim x − 3
k →∞ 2

1
= x − 3
2

1
D’après le critère de d’Alembert, la série ∑ k
( x − 3)k converge lorsque L < 1
k =0 2

1
C’est-à-dire lorsque x − 3 < 1
2

x − 3 < 2

−2 < x − 3 < 2

1 < x < 5



1
Ainsi, la série ∑ k
( x − 3)k converge lorsque x ∈ ⎤⎦1 , 5⎡⎣
k =0 2

math NYB H21 177


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

1
On sait de plus que lorsque L = x − 3 = 1 le critère de d’Alembert ne permet pas alors
2
de conclure à la convergence ou à la divergence de la série.

Les valeurs x concernées sont celles qui sont situées aux extrémités de l’intervalle ⎤⎦1 , 5⎡⎣

1
En effet, x − 3 = 1 lorsque x − 3 = 2
2

Donc lorsque x − 3 = 2 ou x − 3 = −2

x = 5 ou x = 1


Examinons la série numérique qu’on obtient avec chacune de ces deux valeurs :


1
Lorsque x = 5 la série ∑ k
( x − 3) k
devient
k =0 2
∞ ∞
1
∑ 2k ( 2)
k
= ∑ 1 = 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + ...
k =0 k =0

qui est évidemment une série divergente.




1
Lorsque x = 1 la série ∑ k
( x − 3)k devient
k =0 2
∞ ∞ ∞
1 1
∑ 2k ( −2) ∑ 2k ( −1) ( 2) ∑ ( −1)
k k k k
= = = 1 − 1 + 1 − 1 + 1 − ...
k =0 k =0 k =0

qui est évidemment une série divergente.




1
DONC, l’intervalle de convergence de la série ∑ k
( x − 3) k
est : ⎤⎦1 , 5⎡⎣
k =0 2

math NYB H21 178


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 7:
Déterminer l’intervalle de convergence de la série suivante :


( −1)k x k 1 1 1 1
∑ k 2 2k
= − x + 2
2 2 ⋅2 2
x 2
− 2
3 ⋅2 3
x 3
+ 2
4 ⋅2 4
x4 −
k =1


1
x k +1
ak +1
=
( k + 1) 2 k +1
2
=
x k +1

k 2 2k

ak 1
x k ( k + 1)2 2k +1 xk
k 2 2k

k2
= x
( k + 1)2 2

ak +1 k2
L = lim = lim x
k →∞ ak k →∞
( k + 1) 2
2

k2 ∞
= x lim forme indéterminée
k →∞
( k + 1)2 2 ∞

2k ∞
= x lim forme indéterminée
k → ∞ 4 ( k + 1) ∞

2 1
= x lim = x
k →∞ 4 2

La série ∑

( −1)k x k converge lorsque
1
x < 1
2 k 2
k =1 k 2

x < 2

−2 < x < 2




math NYB H21 179


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie



Examinons la convergence de la série numérique obtenue avec x = 2 et x = −2 , les
extrémités de cet intervalle.

la série ∑

( −1)k x k devient ∞
( −1)k 2k ∞
( −1)k
Si x = 2
k 2 2k
∑ 2 k = ∑ k2
k =1 k =1 k 2 k =1
qui est convergente car c’est une série alternée où
1
• lim ak = lim 2 = 0 et
k →∞ k →∞ k

⎧1⎫ ⎧ 1 1 1 ⎫
{ }
• la suite ak = ⎨ 2 ⎬ = ⎨1 , , , , ...⎬ est décroissante
⎩k ⎭ ⎩ 4 9 16 ⎭



Si x = −2 la série ∑

( −1)k x k
k =1 k 2 2k

( −1)k ( −2)k ∞
( −1)k ( −1)k ( 2)k ∞
1
devient ∑ 2 k
k 2
= ∑ k 2 2 k
= ∑ k2
k =1 k =1 k =1

qui est convergente car c’est une série-p avec p = 2 > 1





DONC, l’intervalle de convergence de la série ∑



( −1)k x k est : ⎡−2 , 2 ⎤
⎣ ⎦
k =1 k 2 2k

math NYB H21 180


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


Introduction
1
On a vu que la fonction f (x) = est représentée par la série
1− x

∑ x k = 1+ x + x 2 + x 3 + x 4 + ... sur l’intervalle ⎤⎦ −1 ,1 ⎡⎣
k=0
On veut trouver une procédure permettant d’identifier la série de puissances représentant
une fonction donnée.

Séries de Taylor et MacLaurin

Soit f une fonction pour laquelle toutes les dérivées successives existent en x = 0

Soit ∑ ak x k = a0 + a1x + a2 x 2 + a3x 3 + a4 x 4 + ... une série entière représentant la
k =0
fonction f.
C’est-à-dire que : f (x) = a0 + a1x + a2 x 2 + a3x 3 + a4 x 4 + ...


On peut trouver a0 en posant x = 0 dans cette égalité
f (0) = a0 + a10 + a2 02 + a3 03 + a4 04 + ... → a0 = f (0)

En dérivant on obtient :
f ′(x) = a1 + 2a2 x + 3a3x 2 + 4a4 x 3 + ...
On peut trouver a1 en posant x = 0 dans cette égalité
f ′(0) = a1 + 2a2 0 + 3a3 02 + 4a4 03 + ... → a1 = f ′(0)

En dérivant on obtient :
f ′′(x) = 2a2 + 3⋅ 2a3x + 4 ⋅3a4 x 2 + ...
On peut trouver a2 en posant x = 0 dans cette égalité
f ′′(0)
f ′′(0) = 2a2 + 3⋅ 2a3 0 + 4 ⋅3a4 02 + ... → a2 =
2

En dérivant on obtient
f ′′′(x) = 3⋅ 2a3 + 4 ⋅3⋅ 2a4 x + 5⋅ 4 ⋅3a5 x 2 + ...

On peut trouver a3 en posant x = 0 dans cette égalité
f ′′′(0)
f ′′′(0) = 3⋅ 2a3 + 4 ⋅3⋅ 2a4 0 + 5⋅ 4 ⋅3a5 02 + ... → a3 =
3⋅2

math NYB H21 181


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


En dérivant on obtient
f (4) (x) = 4 ⋅3⋅ 2a4 + 5⋅ 4 ⋅3⋅ 2a5 x + 6 ⋅5⋅ 4 ⋅3a6 x 2 + ...
On peut trouver a4 en posant x = 0 dans cette égalité
f (4) (0)
f (4) (0) = 4 ⋅3⋅ 2a4 + 5⋅ 4 ⋅3⋅ 2a5 0 + 6 ⋅5⋅ 4 ⋅3a6 02 + ... → a4 =
4⋅3⋅2

Les premiers coefficients de la série entière représentant la fonction f sont donc les suivants :

a0 = f (0)

a1 = f ′(0)

f ′′(0)
a2 =
2
f ′′′(0)
a3 =
3⋅2
f (4) (0)
a4 =
4⋅3⋅2

f (k ) (0)
On en déduit que ak =
k!



On a donc montré que la fonction f est représentée par la série de puissances suivante :

Série de Maclaurin
f ′′(0) 2 f ′′′(0) 3 f (4) (0) 4
f (x) = f (0) + f ′(0)x + x + x + x + ...
2 3! 4!


f (k ) (0) k
f (x) = ∑ k!
x cette série est appelée série de Maclaurin pour f
k =0

math NYB H21 182


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 1
Donner la série de Maclaurin représentant la fonction f (x) = e x

Calculons les premiers coefficients de la série :
f (x) = e x f (0) = e0 = 1

f ′(x) = e x f ′(0) = e0 = 1

f ′′(x) = e x f ′′(0) = e0 = 1

f ′′′(x) = e x f ′′′(0) = e0 = 1

( 4)
f (4) (x) = e x f (0) = e0 = 1

On obtient donc
f ′′(0) 2 f ′′′(0) 3 f (4) (0) 4
f (x) = f (0) + f ′(0)x + x + x + x + ...
2 3! 4!
x2 x3 x4 x5
ex = 1 + x + + + + + ...
2! 3! 4! 5!

xk
ex = ∑ k!
k =0

Donner l’intervalle de convergence de cette série
x k+1


a
L = lim k+1 = lim
( k + 1)! = lim
x
k+1

k!

k→∞ ak k→∞ xk k→∞ ( k + 1)! x
k

k!
k! 1
= lim x = x lim = x ⋅0 = 0 < 1
k→∞ ( k + 1)! k→∞ k + 1


xk
Donc la série ∑ converge pour toutes les valeurs x ∈ !
k =0
k!

xk
Donc, x
e = ∑ k!
pour tout x ∈ !
k =0

math NYB H21 183


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


La fonction f (x) = e x est représentée par la

xk 1 1 1
série ∑ = 1+ x + x 2 + x 3 + x 4 + ... pour tout x ∈ IR
k=0
k! 2 3! 4!


par exemple en posant x = 1 on obtient que
1 1 1 1
e = 1+1+ + + + + ...
2! 3! 4! 5!

1
C’est-à-dire que la série numérique ∑ converge vers e = 2,7182818
k=0
k!

1
On peut donc utiliser les premiers termes de la série ∑ k! pour donner une
k=0
valeur approximative du nombre e .


Avec les 9 premiers termes on aurait :

1 1 1 1 1 1 1
e ≈ 1+1+ + + + + + +
2 6 24 120 720 5040 40320


40320 + 40320 + 20160 + 6720 + 1680 + 336 + 56 + 8 + 1
=
40320

109601
= ≈ 2,718278
40320






xk
La programmation d’une calculatrice est basée sur la série ∑ k!
pour
k =0

tous les calculs faisant intervenir la fonction f (x) = e x






math NYB H21 184


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 2
x2 x3 x4 x5
On sait que ex = 1 + x + + + + + ...
2! 3! 4! 5!
en substituant x par –x on obtient :

( −x )2 ( −x )3 ( −x )4 ( −x )5
e −x ( )
= 1 + −x + + + + + ...
2! 3! 4! 5!

x2 x3 x4 x5
e− x = 1 − x + − + − + ...
2! 3! 4! 5!

∞ k
k x
e −x (
= ∑ −1)
k =0
k!




Exemple 3

Sans utiliser la fonction e x de la calculatrice, évaluer approximativement e− 2

2 3 4 5 6 7
x x x x x x
e− x = 1 − x + − + − + − + ...
2! 3! 4! 5! 6! 7!

( 2 ) + 12 ( 2 ) − 3!1 ( 2 ) + 4!1 ( 2 ) − 5!1 ( 2 ) + 6!1 ( 2 ) − 7!1 ( 2 ) + ...


2 3 4 5 6 7
e− 2
= 1−

1 1 1 1 1 1
e− 2
= 1− 2 + 2 − 2 2 + 4 − 4 2 + 8 − 8 2 + ...
2 3! 4! 5! 6! 7!

1 1 1 1 2
e− 2
≈ 1− 2 + 1− 2+ − 2+ − = 0,24277
3 6 30 90 630




math NYB H21 185


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 4
1 2 1 1 1 1 1
On sait que e− x = 1 − x + x − x 3 + x 4 − x5 + x 6 − x 7 + ...
2 3! 4! 5! 6! 7!

2
en substituant x par x , on obtient :

( ) 12 ( x ) ( ) ( ) ( ) ( ) ( )
2 1 2 32 1 2 4 1 2 5 1 2 6 1 2 7
e− x = 1 − x2 + 2
x + − x − x + x − x + ...
3! 4! 5! 6! 7!
− x2 1 1 1 1
e = 1 − x 2 + x 4 − x 6 + x8 − x10 + ...
2 3! 4! 5!

2
On sait que la fonction f (x) = e− x n’a pas de primitive simple.
On peut cependant en donner une sous la forme d’une série :

− x2 ⌠⎛ 1 4 1 6 1 8 1 10 ⎞
∫ e dx = ⎮⌡ ⎜⎝ 1 − x + 2 x − 3! x + 4! x − 5! x + ...⎟⎠ dx
2



− x2 x3 1 x5 1 x7 1 x9 1 x11
∫ e dx = C + x −
3
+
2 5

3! 7
+
4! 9

5! 11
+ ...


−x 2 x3 x5 x7 x9 x11
∫ e dx = C + x − 3
+ − + −
5 ⋅ 2 7 ⋅ 3! 9 ⋅ 4! 11 ⋅ 5!
+ ...

On peut ensuite utiliser les premiers termes de cette série pour évaluer
approximativement une intégrale définie.
Par exemple :
1
1
− x2
⎛ x3 x5 x7 x9 x11 ⎞
∫e dx ≈ ⎜ x −
⎝ 3
+ − + − ⎟
5 ⋅ 2 7 ⋅ 3! 9 ⋅ 4! 11 ⋅ 5!⎠ 0
0

⎛ 1 1 1 1 1 ⎞
= ⎜1 − + − + − ⎟
⎝ 3 5 ⋅ 2 7 ⋅ 3! 9 ⋅ 4! 11 ⋅ 5!⎠
⎛ 03 05 07 09 011 ⎞
− ⎜0 − + − + − ⎟
⎝ 3 5 ⋅ 2 7 ⋅ 3! 9 ⋅ 4! 11 ⋅ 5!⎠

1 1 1 1 1 31049
= 1− + − + − = ≈ 0,7467291967
3 10 42 216 1320 41580

math NYB H21 186


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

Exemple 5
Donner la série de Maclaurin représentant la fonction f (x) = sin ( x )

Calculons les premiers coefficients de la série :
f (x) = sin ( x ) f (0) = sin ( 0 ) = 0

f ′(x) = cos ( x ) f ′(0) = cos ( 0 ) = 1

f ′′(x) = − sin ( x ) f ′′(0) = − sin ( 0 ) = 0

f ′′′(x) = − cos ( x ) f ′′′(0) = − cos ( 0 ) = −1

f (4) (x) = sin ( x ) f (4) (0) = sin ( 0 ) = 0

f (5) (x) = cos ( x ) f (5) (0) = cos ( 0 ) = 1

On obtient donc
f ′′(0) 2 f ′′′(0) 3 f (4) (0) 4 f (5) (0) 5
f (x) = f (0) + f ′(0)x + x + x + x + x + ...
2 3! 4! 5!
1 1
sin(x) = 0 + x + 0 − x 3 + 0 + x5 + 0 − ...
3! 5!
1 1
sin(x) = x − x 3 + x5 − ...
3! 5!


x 2k +1
sin ( x ) = ∑ ( −1)
k

k =0 ( 2k + 1)!



À l’aide du critère de d’Alembert, on peut montrer que l’intervalle de convergence
de la série est !

math NYB H21 187


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie

En dérivant la série précédente, on obtient celle qui représente la fonction cos ( x )


1 3 1 1
sin(x) = x − x + x5 − x 7 + ...
3! 5! 7!

⎛ 1 3 1 5 1 7 ⎞′
(sin(x)) = ⎜⎝ x − 3! x + 5! x − 7! x + ...⎟⎠



1 1 1
cos(x) = 1 − 3x 2 + 5x 4 − 7x 6 + ...
3! 5! 7!

1 1 1
cos(x) = 1 − x 2 + x 4 − x 6 + ...
2! 4! 6!


x 2k
cos ( x ) = ∑ ( −1)
k

k =0 ( 2k )!


math NYB H21 188


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


Séries de Taylor
Soit f une fonction pour laquelle toutes les dérivées successives existent en x = c

La série de puissances de ( x − c ) représentant la fonction f est :

f ′′(c) f ′′′(c) f (4) (c)
f (x) = f (c) + f ′(c) ( x − c ) + ( x − c) + ( x − c) + ( x − c ) + ...
2 3 4
2 3! 4!


f (k ) (c)
f (x) = ∑ k!
( x − c)
k

k =0
Cette série est appelée la série de Taylor de f autour de c

Exemple 6
⎛ x⎞
Soit f (x) = ln ⎜ ⎟
⎝ 3⎠
a) Donner la série de Taylor de f autour de 3

⎛ x⎞
f (x) = ln ⎜ ⎟ f (3) = ln (1) = 0
⎝ 3⎠

1 1
f ′(x) = f ′(3) =
x 3

1 1
f ′′(x) = − 2 f ′′(3) = − 2
x 3

2 2
f ′′′(x) = 3 f ′′′(3) = 3
x 3

3⋅2 3⋅2
f (4) (x) = − 4 f (4) (3) = − 4
x 3

4⋅3⋅2 4⋅3⋅2
f (5) (x) = f (5)
(3) =
x5 35


Il reste à remplacer ces valeurs dans la formule générale…



math NYB H21 189


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


f ′′(c) f ′′′(c) f (4) (c)
f (x) = f (c) + f ′(c) ( x − c ) + ( x − c) + ( x − c) + ( x − c ) + ...
2 3 4
2 3! 4!

Donc
⎛ x⎞ 1 1 2
ln ⎜ ⎟ = 0 + ( x − 3) − 2 ( x − 3) + 3 ( x − 3) +
2 3
⎝ 3⎠ 3 3 ⋅2 3 ⋅ 3!
3⋅2
+ 4 ( x − 3)4 + 4 5⋅ 3 ⋅ 2 ( x − 3)5 + ...
3 ⋅ 4! 3 ⋅ 5!

⎛ x⎞ 1 1 2
ln ⎜ ⎟ = ( x − 3) − 2 ( x − 3) + 3 ( x − 3) +
2 3
⎝ 3⎠ 3 3 ⋅2 3 ⋅ 3!
3!
+ 4 ( x − 3)4 + 5 4! ( x − 3)5 + ...
3 ⋅ 4! 3 ⋅ 5!


⎛ x⎞ 1 1 1
ln ⎜ ⎟ = ( x − 3) − 2 ( x − 3) + 3 ( x − 3) +
2 3
⎝ 3⎠ 3 3 ⋅2 3 ⋅3
1
+ 4 ( x − 3)4 + 5 1 ( x − 3)5 + ...
3 ⋅4 3 ⋅5

⎛ x⎞ ∞
( x − 3)
k

∑ ( −1) 3k ⋅ k
k +1
DONC ln ⎜ ⎟ =
⎝ 3⎠ k =1


math NYB H21 190


Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie



b) Donner l’intervalle de convergence de cette série de Taylor

( x − 3)k +1
ak +1 3k +1 ⋅ ( k + 1)
=
ak ( )
x − 3
k

3k ⋅ k

=
( x − 3)k +1 ⋅ 3k ⋅ k
3k +1 ⋅ ( k + 1) ( x − 3)k

=
( x − 3) ⋅ k

3 k +1

x −3 k
= ⋅
3 k +1


ak +1 x −3 k
L = lim = lim ⋅
k→∞ ak k→∞ 3 ( k + 1)

x −3 k
= ⋅ lim
3 k →∞ k + 1

x −3 1
= ⋅ lim
3 k→∞ 1
x −3
=
3

x −3
Donc la série converge si < 1
3

x − 3 < 3

−3 < x − 3 < 3

0 < x < 6

math NYB H21 191
Collège de Maisonneuve Notes de cours : troisième partie


Examinons les extrémités de l’intervalle

( −3)
k

∑ ( −1) k
k +1
Si x = 0 la série devient
k =1 3 ⋅k

( −1) 3k
k

∑ ( −1)
k +1
= k

k =1 3 ⋅k

2k +1 1
= ∑ ( −1) k
k =1

1
= − ∑k
k =1

qui diverge car c’est la série harmonique




(3)k
∑ ( −1)
k +1
Si x = 6 la série devient
k =1 3k ⋅ k

k +1 1
= ∑ ( −1) k

k =1

qui converge car c’est la série harmonique alternée



L’intervalle de convergence de la série ∑ ( −1)


( x − 3)
∞ k
k +1
est donc ⎤⎦0 , 6 ⎤⎦
k
k =1 3 ⋅k

math NYB H21 192

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