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L'art Du Formaire

Ce document décrit l'artisanat de la fabrication des formes de papetier utilisées dans la production artisanale du papier. Il explique le processus de fabrication qui implique des compétences en menuiserie, en travail des métaux et en assemblage de matériaux. Seulement une dizaine de personnes dans le monde maîtrisent ce savoir-faire ancestral aujourd'hui.

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L'art Du Formaire

Ce document décrit l'artisanat de la fabrication des formes de papetier utilisées dans la production artisanale du papier. Il explique le processus de fabrication qui implique des compétences en menuiserie, en travail des métaux et en assemblage de matériaux. Seulement une dizaine de personnes dans le monde maîtrisent ce savoir-faire ancestral aujourd'hui.

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L’art du formaire,

ou la fabrication artisanale des formes occidentales des papetiers

Forme avec feuille en formation Forme vergée A4 Tissage vergé avant couture
© 2011 Claudine Latron © 2011 Claudine Latron © 2017 Claudine Latron

Description sommaire
La forme de papetier est l'outil qui sert à fabriquer une feuille de papier à la main. Plongée dans la
cuve d'eau et de pâte à papier, elle permet de recueillir à sa surface la pâte humide qui deviendra
feuille. Une « forme occidentale » est composée d'un châssis en bois, sur lequel est fixé un plan
filtrant métallique, et d'une couverte amovible, dont les dimensions intérieures déterminent la
dimension de la feuille. Elle peut relever des « formes vergées », lorsque le plan métallique est
composé de vergeures, fines tiges de laitons assemblées entre elles, ou des « formes vélins »,
lorsque le plan filtrant est un fin tissage de fils métalliques.
Les papetiers artisanaux qui travaillent encore aujourd'hui à la main utilisent cet outil pour
produire des papiers destinés à la création dans le domaine de l'art, de l’édition ou du design, à la
restauration de livres anciens, à l'édition de fac-similés... Les caractéristiques du papier produit
dépendent en partie de la forme utilisée.
L'artisan spécialisé qui fabrique ces formes s'appelle un formaire (parfois orthographié
« formère »), dont le métier a quasiment disparu au cours du XX e siècle. L’activité représente sans
doute au total une dizaine de personnes dans le monde entier aujourd’hui. À la fin du XXe siècle ne
subsistait en Europe qu’un seul artisan formaire ayant exercé ce métier durant plus de quarante
ans, Ron Macdonald, actif en Angleterre à la tête de l'entreprise Edwin Amies. Décédé en
novembre 2017, il a pu former deux professionnels à la fin de sa carrière, l'un exerçant
actuellement en France, Claudine Latron, où elle est seule représentante de cette technique
artisanale, et le second en Belgique, Serge Pirard.

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I. IDENTIFICATION DE L'ÉLÉMENT

I.1. Nom

En français
L’art du formaire, ou la fabrication artisanale des formes occidentales des papetiers

I.2. Domaine(s) de classification

Savoir-faire de l’artisanat traditionnel

I.3. Communauté(s), groupe(s) associé(s)

La communauté actuelle, en France, est circonscrite à un seul individu, la formaire Claudine


Latron, qui exerce cette activité à titre principal depuis 2009. Elle fabrique des formes à
destination des papetiers artisanaux, des musées, des restaurateurs de livres anciens et des
créateurs utilisant le papier.
En France, quinze à vingt sites professionnels fabriquent du papier à la main pour des usages
divers et ont recours aux formes occidentales : édition d'art, design, papiers destinés à la
restauration d'ouvrages anciens, fac-similés de documents historiques. Ces lieux papetiers ont des
orientations variées : sites techniques, écomusées, lieux de création ou de rencontre entre artistes
et artisans du livre. Utilisateur de formes traditionnelles, le papetier artisanal Jacques Bréjoux, au
Moulin du Verger à Angoulême, a reçu le titre de Maître d’art en 2015.
Les cursus universitaires artistiques, les organismes de formation de restaurateurs, les ateliers de
restauration, les musées papetiers ou d'arts graphiques utilisent aussi des formes traditionnelles
dans une dimension artistique ou pédagogique. Ainsi, les cursus universitaires d'arts graphiques
aux États-Unis intègrent souvent un atelier de techniques papetières. La fabrication des formes est
d’ailleurs à échelle européenne et internationale, étant donné le peu d'artisans praticiens dans le
monde.
Enfin, les connaissances et savoir-faire du formaire sont sources d'expertise auprès des historiens
du papier, qui cherchent à comprendre les caractéristiques des papiers de diverses époques et à
analyser des fabrications papetières. L’analyse historique se fonde en effet pour partie sur les
traces laissées par les formes utilisées dans le papier.

I.4. Localisation physique

Lieu(x) de la pratique en France


L’atelier de Claudine Latron est installé à Mons en Barœul, près de Lille (Hauts de France).

Pratique similaire en France et/ou à l’étranger


À l’étranger, des formaires professionnels sont actifs en Belgique, avec Serge Pirard, installé à
Bruxelles depuis 2016, en Suisse au sein du musée du Papier à Bâle, aux États-Unis à Concord-
Michigan avec Timothy Moore, qui a appris la technique en démontant des formes de l’entreprise
Edwin Amies et fabrique des formes très élaborées depuis 1980, et au Canada avec Brian Queen,
formaire à Toronto. En Allemagne, en Russie et en Suède, certains amateurs fabriquent des formes
dans une pratique de loisir ou, comme les papetiers artisanaux, comme activité accessoire.

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I.5. Description détaillée

La description d'une forme de papetier est donnée infra dans la partie I.7.

Les composantes de la réalisation d’une forme occidentale

1/ Des savoir-faire de menuisier-ébéniste


– pour réaliser le châssis et la couverte avec des assemblages spécifiques. Ces éléments doivent
pouvoir résister aux différentes forces exercées lors de la fabrication d’une feuille et à l’immersion
continuelle dans l’eau. Après son assemblage, la couverte est profilée pour assurer une bonne
plongée dans l’eau et permettre une bonne prise en main par le papetier.
– pour la fabrication des pontuseaux, profilés en « goutte d’eau » et percés d’une ligne de petits
trous
– pour assembler le châssis et les pontuseaux et s'assurer que la surface soit parfaitement plane
pour accueillir le plan filtrant.
Les bois utilisés pour cette fabrication ont un grain serré pour permettre des assemblages précis et
doivent être partiellement imputrescibles, tels les bois de châtaignier ou d’acajou particulier
(variété servant aussi aux constructions navales), pour le châssis, et des bois de pin ou de mélèze,
plus souples et plus légers, pour les pontuseaux.
Dans certains cas, le formaire travaille en collaboration avec un menuisier-ébéniste pour une partie
de ce travail.

Matériaux bois et métal Montage du châssis et pontuseaux


pour la construction d'une forme pour format raisin
© 2011 Claudine Latron © 2013 Claudine Latron

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Assemblage de la couverte Boiserie de la forme
© 2009 Claudine Latron © 2008 Claudine Latron

2/ Un travail du métal très spécifique pour réaliser des plans filtrants


Les plans filtrants vergés pour réaliser les formes vergées ne se trouvent pas dans le commerce : il
sont réalisés en assemblant les vergeures à l'aide d'une série de fils doubles qui s'entrecroisent, les
fils de chaînette. Les vergeures peuvent être de diamètre variable, généralement compris entre 0,5
et 1 mm. L'espacement entre les fils de chaînette varie aussi, généralement entre 20 et 35 mm. Les
métaux utilisés pour ces vergeures sont le cuivre, le laiton, le maillechort ou le bronze
phosphoreux, métaux présentant une moindre oxydation à l'eau. Autrefois, les plans vergés ont pu
être « tissés » manuellement, selon le terme en usage, bien qu’il s’agisse plus d’un assemblage que
d’un tissage au sens strict. Certains « métiers à tisser » spécifiques permettaient aussi cette
fabrication.
Certains papetiers commandent uniquement ce « tissage vergé» et l'installent eux-mêmes sur un
châssis de bois réalisé avec la collaboration d’un menuisier.

Tissage d'un plan vergé sur le métier particulier Détail du métier à tisser
construit par Jean-Louis Estève
© 2018 Claudine Latron © 2012 Claudine Latron

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Gros plan d'un tissage vergé
© 2011 Claudine Latron

3/ Un travail d'assemblage bois/métal pour la fixation du plan filtrant


Le plan métallique se fixe sur le châssis au moyen d’une couture réalisée avec un fil de cuivre, qui
passe dans un intervalle entre deux vergeures et dans chaque trou des pontuseaux. Le plan
métallique doit être tout à fait solidaire du châssis de bois et présenter une surface plane et
régulière.

Travail de couture sur forme 50 x 70 cm Détail arrière de la couture du plan métallique


© 2017 Flora Latron sur le châssis
© 2008 Claudine Latron

4/ Un travail de finition
Le bois est traité. Des barres de cuivres de finition sont fixées entre le plan filtrant et la bordure du
châssis.
L'artisan qui fabrique ces formes papetières doit prendre en compte le fait qu'elles sont des outils.
Le formaire doit connaître la façon dont elles seront utilisées, afin de respecter les données qui
doivent rester invariables, mais aussi les matériaux adéquats pour la fabrication et les actions de
restauration des formes anciennes.
4/ La réalisation des filigranes
Les formes vergées ou vélin peuvent comporter un filigrane (« marque d’eau ») sur leur surface. Le
formaire peut parfois prendre en charge la fabrication des filigranes. Il existe également des
filigranistes qui ne sont pas formaires. Il existe deux types de filigranes :

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– le « filigrane au fil » : fil de cuivre ou autre, modelé pour réaliser un dessin. Dans le papier, ce
dessin apparaît comme une ligne plus claire, le dépôt de pâte à papier étant plus mince sur le tracé
du fil.
- Le « filigrane ombré », réalisé en gaufrant la toile métallique vélin. Le papier présente alors un
visuel composé de zones d'ombre de valeurs différentes.

Filigrane du moulin Richard de Bas à Ambert


© 2013 Claudine Latron

Les enjeux de la technique


Les « formes » sont des outils adaptés aux conditions d'utilisation et doivent résister aux
nombreuses manipulations et aux pressions de l'artisan papetier : les plongées constantes dans la
cuve composée d'eau et de pâte à papier, la sortie de la cuve, l'appui pour « coucher » la feuille.
Une production papetière manuelle de qualité a donc besoin de formes papetières élaborées.
Chaque type de forme utilisée donne des caractéristiques particulières au papier : elle représente la
matrice de la feuille et lui laissera une empreinte. La dimension esthétique du papier vergé fait
partie de l’univers visuel artistique du formaire : un dessin réalisé sur ce type de papier fait
ressortir le rythme des lignes et celui-ci joue avec l'œuvre créée. Quand la fabrication du papier a
commencé à se faire sur les machines, on a installé sur celles-ci un rouleau vergeur, qui, par
pression sur la pâte humide, permettait de créer de légères lignes visibles sur la texture du papier
et dans son épair.

Epair d'un papier vergé fait main


© 2010 Claudine Latron

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I.6. Langue(s) utilisée(s) dans la pratique

Le français.

Les formaires et papetiers utilisent des termes et expressions techniques, tels que :
« La partie de la forme que l'ouvrier tient de la main droite s'appelle les mains : le coté opposé
s'appelle les pieds , la mauvaise rive est le coté qui est contre l'estomac de l'ouvrier, le bord opposé
s'appelle la bonne rive, parce que le papier est un peu plus fort de ce coté là. C'est par la bonne rive
qu'on pince le papier quand on enlève les feuillets. » dans « L'art de faire le papier » in Description
des arts et métiers, Paris, Académie des Sciences, 1761.
– coucher une feuille : décoller une feuille de papier du tamis pour la déposer sur un feutre
– couverte : cadre vide posé au-dessus du châssis et qui délimitera la feuille produite
– épair : qualité du papier vu en transparence
– forme : voir supra
– marque d’eau : filigrane

1.7. Éléments matériels liés à la pratique

Patrimoine bâti
Sans objet.

Objets, outils, matériaux, supports

Les formes occidentales


Une « forme occidentale » est composée d’un châssis en bois, sur lequel sont fixés un plan filtrant
métallique et une couverte amovible, dont les dimensions intérieures déterminent la dimension de
la feuille. On distingue deux types de formes traditionnelles selon l'aspect du plan filtrant :
1/ La « forme vergée » : la plus ancienne et le seul modèle utilisé en Europe jusqu'au XVIII e siècle.
Son plan filtrant est composé d'un assemblage de fines baguettes métalliques appelées vergeures.
Le papier fabriqué sur une forme vergée présente une texture avec un très léger relief de lignes. Par
transparence, des lignes plus claires apparaissent à l'emplacement des vergeures. Ce papier est dit
« papier vergé ». La forme vergée présente deux catégories : la « forme vergée antique », composée
d'un seul plan de vergeures, qui laisse de légères zones d'ombres au niveau des pontuseaux ; la
« forme vergée moderne », comprenant un plan de vergeures en surface et un plan arrière composé
de vergeures plus espacées entre elles. Les papiers fabriqués sur une forme vergée moderne ne
présentent pas d'ombre au niveau des pontuseaux.
2/ La « forme vélin », dont le tamis est une fine toile métallique présentant un tissage proche de
celui d'un textile. Cette surface régulière fait que le papier produit aura une épaisseur constante.
Par transparence, il se révèle homogène. Ce type de forme a été mis au point vers 1700/1750 pour
répondre au besoin des imprimeurs désirant un état de surface du papier le plus régulier possible.

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Détail d'une forme velin
© 2010 Claudine Latron

Les outils associés


– Le métier à tisser les tamis vergé
Le tissage vergé n’étant pas commercialisé, le formaire utilise un métier à tisser particulier pour le
« tissage » des tamis vergé. Claudine Latron utilise un métier à tisser fabriqué en 2012
spécialement pour cet usage, en collaboration avec Jean-Louis Estève, historien du papier ayant
étudié les formes de papetiers, alors professeur d'art graphique. Ron Macdonald possédait un
métier à tisser de grande taille, adapté également à la fabrication des rouleaux filigraneurs pour
machines à papiers, racheté en 2016 par Serge Pirard et installé en Belgique.
– Les vergeures
Le formaire utilise aussi de fines tiges métalliques (laiton, cuivre, bronze phosphoreux), les
vergeures, afin de réaliser ces tissages. Ces tiges se trouvent aujourd'hui difficilement sous une
forme déjà dressée : un outil redresseur particulier est nécessaire pour obtenir des tiges rectilignes
utilisables dans le métier à tisser, à partir de fils métalliques vendus en couronne.

II. APPRENTISSAGE ET TRANSMISSION DE L'ÉLÉMENT

II.1. Modes d’apprentissage et de transmission


Il n’existe aucune formation officielle au métier de formaire. En 2008, quand elle a lancé le projet
de se former à ce savoir-faire, Claudine Latron, unique professionnelle du secteur en France
actuellement, n’a trouvé auprès d’organismes aucune possibilité de financement et s’est appuyée
sur un investissement personnel, par passion pour ce domaine du papier artisanal. Son
apprentissage s'est fait dans le cadre de deux séjours auprès de Ron Macdonald en 2008-2009, en
qualité d’apprentie. Les étapes de construction d'une forme vergée et d'une forme vélin lui ont été
expliquées, puis laissées à exécuter, étape par étape. Cette transmission précise a été étoffée par un
travail personnel. Claudine Latron a également appris auprès de Timothy Moore, artisan américain
fabriquant des formes depuis 1980, en le rencontrant en 2011 et en échangeant régulièrement sur
leurs pratiques depuis. Un séjour chez Jacques Bréjoux, papetier Maître d'art, en 2010, lui a
permis d’acquérir l’usage des outils par le papetier. De nombreuses visites ultérieures chez d'autres
papetiers artisanaux et dans des musées spécialisés, en France et à l'étranger, lui a permis de
questionner les papetiers sur leur pratique, d'étudier les formes conservées en ces lieux et d'en
faire le relevé.

Claudine Latron sensibilise régulièrement un public spécialisé (graveurs, dessinateurs, designer,


professeurs et étudiants d'art, calligraphes, relieurs, encadreurs, restaurateurs) à l'utilisation de
l'outil forme à papier traditionnelle lors de stages d'initiation à la fabrication de papier artisanal
qu'elle donne dans son atelier, ainsi que dans diverses écoles, pour l'Académie d'été de Wallonie,
pour l'atelier du Livre de Mariemont (Belgique), etc...

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II.2. Personnes/organisations impliquées

Les papetiers artisanaux sont impliqués dans la transmission de ce savoir-faire et montrent,


malgré une activité elle-même précaire et difficile à équilibrer économiquement, une volonté d’y
contribuer.
En l’absence de formations officielles, l’éducation au métier de formaire passe par l’étude des
collections de formes conservées dans divers sites, pour en comprendre la fabrication. Le musée
historique du Papier, au moulin Richard de Bas à Ambert (Puy-de-Dôme), présente certains outils
anciens et pourrait constituer un lieu de référence pour la documentation sur l'activité de formaire,
grâce au soutien de l’Association française pour l’histoire et l’étude du papier et des papeteries
(AFHEPP). Les musées du papier en France (musée du Papier à Angoulême, musée des Papeteries
Canson et Montgolfier à Annonay) et en Europe, tels que la Whitworth Art Gallery à Manchester
(Royaume-Uni), le musée du Papier et des Filigranes à Fabriano (Italie) et le Museu Molí Paperer à
Cappellades (Espagne), conservent aussi des collections de formes, qui peuvent servir à l’étude.

II.3. Évolution/adaptation/emprunts de la pratique

Repères historiques sur la fabrication des formes

Très peu de livres édités traitent de la question des formes et des formaires dans l'histoire.
Pour cette synthèse nous nous sommes référés pour grande part à l'ouvrage Paper mould and
mouldmaker, LOEBER (E.G.), Amsterdam, The Paper Publications Society/Labarre Foundation,
1983, E.G. Loeber étant l'auteur du seul ouvrage approfondi (en anglais uniquement) traitant de la
fabrication détaillée des formes et de l'activité des formaires. Certaines informations proviennent
également de L’art de faire le papier, DE LA LANDE (Jérôme) dans Description des arts et
métiers de l'Académie des Sciences, Paris, 1761, ainsi que de Papermaking. The history and
technique of an ancient craft HUNTER (Dard), Dover, New York, 1978. Quelques livres en français
et les articles de chercheurs contemporains (membres de l'AFHEPP) nous ont permis de
compléter cette approche. Les références des ouvrages sont reprises dans la bibliographie, les
chercheurs sont nommés après l'extrait de leur article, chaque article est répertorié également dans
la bibliographie.
La mise au point de la forme occidentale
La fabrication du papier est arrivée en Europe au XIIe / XIIIe siècle en Europe par l'Espagne et
l'Italie, transmise par les pays du Moyen-Orient. Ceux-ci utilisaient une forme faite d'un cadre et
d'un tamis souple amovible, fait de vergeures végétales. Ce schéma étant lui-même adapté des
formes asiatiques ayant inventé la fabrication du papier environ deux siècles avant Jésus Christ.
En Europe, l'adaptation de cette forme s'est faite en remplaçant le tamis végétal par un tamis fait
de fines tiges métalliques. De plus ce tamis métallique a été fixé sur le cadre en bois auquel il a été
adjoint une couverte amovible. Cette évolution permettait d'améliorer la productivité dans la
fabrication des feuilles. On associe en général l'apparition de cette forme métallique à la création
du premier filigrane au fil en 1284 à Fabriano.

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Premier filigrane identifié
sur une forme de Fabriano (Italie), XIIIe s.
© 2009 Claudine Latron

Paramètres pouvant varier dans la fabrication des formes


Le format :
Tout d'abord précisons que le format d'une feuille de papier produite sur une forme correspond au
format intérieur de la couverte. Dans certains cas cette couverte présente une, ou plusieurs barres
de séparation intérieure, permettant de réaliser des divisions dans le format. La couverte peut
aussi présenter une découpe de forme particulière, par exemple pour réaliser des enveloppes, ou
pour réaliser des feuilles de formes rondes (pour produire des filtres) , etc...
A chaque format de papier produit correspond une forme équivalente : on parle même de paires de
formes, car souvent le formaire livrait 2 chassis pour une couverte : en effet, la manipulation par 2
ouvriers lors de la formation de la feuille permettait de n'utiliser qu'une couverte pour 2 chassis
filtrants.
D'après E.G. Loeber, les premiers papiers produits en Europe reprenaient les formats principaux
des papiers arabes, env. 30 x 40 cm et 42 x 64 cm. Ensuite les formats de papiers se sont
diversifiés, mais ils ont toujours fait en Europe l'objet de contrôle et de réglementations strictes de
la part des pouvoirs en place. On trouve des réglementations régionales (Essonnes-dès 1399,
Auvergne, Limousin, Angoumois) et également des ordonnances Royales régissant ces formats
mais aussi le grammage des papiers produits, et les filigranes pouvant être apposés, permettant
d'identifier les formats ou les papetiers. L'ordonnance Royale de 1739 répertoriait plus de 50
formats dont voici quelques exemples : Grand aigle, Jésus, Raisin, Couronne, Cloche, Tellière,...
qui sont encore connus aujourd'hui et pratiqués, s'ajoutant aux formats maintenant normés
internationalement.

Variations des constructions bois


En France, selon les régions on a pu trouver utilisé du chêne, du chataignier, du frêne, du mélèze,
etc, qui pouvaient subir un traitement particulier pour les rendre résistants à l'eau. Certaines
recettes évoquent le fait de faire bouillir plusieurs fois le bois dans de l'eau, afin de s'assurer d'une
absence de déformation par la suite. En Angleterre on a beaucoup utilisé un acajou similaire à celui
utilisé pour les constructions navales.
Le type de menuiserie a été assez constant au long des siècles de fabrication. L'épaisseur des
éléments constituant les châssis et les couvertes ont pu varier, les types de joints d’ébénisterie
utilisés pour les assemblages sont restés assez proches. C'est l'espacement entre les pontuseaux qui
pouvait varier d'une forme à l'autre en lien avec l'espacement des chaînettes constituant la
structure du tamis.
Des constructions en aluminium ont été expérimentées récemment pour remplacer le bois, mais ne

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se sont pas vraiment répandues.

Variations du travail du métal pour le plan filtrant vergé


C'est le formaire qui réalise ce travail : les métaux utilisés pour réaliser des tamis vergés, devant
présenter une moindre oxydation au contact de l'eau, ont été et sont toujours le cuivre, le laiton, le
maillechort (alliage de cuivre, zinc et nickel), le bronze phosphoreux. L'inox pourrait aussi être
envisagé.
Les variations dans ce travail concernent :
le diamètre des vergeures utilisées : dans le passé elles étaient généralement entre 0,5 mm et 1 mm,
les plus fines servant à réaliser des tamis pour produire des papiers plus légers, tels que les papiers
à cigarettes, les plus épaisses sur des formes permettant la production de papiers au grammage
plus fort. Aujourd'hui on trouve une moyenne entre 0,6 mmm et 0,8 mm de diamètre pour ces
vergeures.
Les chainettes permettent de relier les vergeures entre-elles. L'écart entre ces chainettes pouvait
varier environ de 2 cm (cas de vergeures fines) à 5 cm (cas de vergeures épaisses). Aujourd'hui on
se trouve le plus souvent dans une moyenne de 25 mm à 35 mm, mais on pourra être amené à
réaliser un tamis aux dimensions spécifiques pour reproduire un papier ancien.
A l'origine ce plan filtrant vergé était toujours réalisé manuellement. Puis ont été mis au point des
métiers à tisser spécifiques, métiers de type horizontal ou vertical. (les premiers dès le XVIIe siècle
et en plus grand nombre au XIXe siècle). Aujourd'hui pour fabriquer une forme artisanale, il faut
toujours réaliser un tamis de ce type sur un métier adapté : il n'existe pas de production
industrielle équivalente
On peut relever que sont les caractéristiques liées aux vergeures, à leur assemblage, qui seront
lisibles dans la transparence des papiers qui permettent aux historiens un travail d'analyse des
papiers anciens.

Le plan filtrant velin


Mis au point au XVIIIe siècle, (en angleterre par John Baskerville à la demande du papetier
Whatman, puis repris en France par Johannot à la demande de l'imprimeur Didot) grâce à la
maîtrise des technologie du filage et du tissage du métal (laiton ou bronze phosphoreux). Ce type
de tissage métallique est encore fabriqué aujourd'hui industriellement avec des épaisseurs de fils et
ouvertures de mailles pouvant varier, pour des utilisations de filtrages diverses.
Des tamis synthétiques velins sont maintenant utilisés sur les machines à papier et peuvent aussi
être utilisés sur des formes.
Les méthodes de fabrication des filigranes ont également évolué dans le temps en rapport avec les
techniques à disposition selon les époques : complétement manuels au départ, ensuite réalisés à
l'aide d'installation mécaniques courbant les fils, puis grâce à des techniques d'electrotypie,...
Aujourd'hui sont réalisées des expérimentations pour fabriquer des filigranes, mais aussi les
éléments d'une forme, à l'aide des techniques de découpes numériques ou d'imprimantes 3D
QUEEN (Brian) « CNC machining, a new dimension of papermaking » Bulletin IAPMA n°56 avril
2017, pages 60 à 62. Ces outils modernes nécessiteront encore la connaissance du formaire quant
aux paramètres importants à respecter dans la fabrication.

11
III. HISTORIQUE

III.1. Repères historiques

Repères historiques sur l'activité des formaires

L'histoire du métier de formaire fait l'objet de très peu de documentation. Ce manque


d'information est une constante regrettée dans tous les livres traitants de l'histoire du papier
artisanal.
Pour les historiens spécialistes, « rares et surtout difficiles d'accès sont les textes qui renseignent
sur ces auxiliaires,... notre méconnaissance de ces artisans insaisissables tient pour une bonne part
de leur très petit nombre». La rareté des documents peut parfois s'expliquer par « une volonté de
préserver le secret », car certains papiers produits relevaient d'une « stricte surveillance » selon
DUFOURNIER (Benoit) « Les libertés du formaire, sédentaire ou itinérant ? »IPH congress book,
Bâle, 2012, vol. 19, p. 71-84.
Un formaire n'était pas rattaché à un seul moulin, il travaillait de façon indépendante pour
plusieurs moulins, pour une vallée entière parfois. On relève que son métier nécessitait un
apprentissage long et délicat, que son instruction était supérieure à celle des ouvriers papetiers,
étant donné les diverses connaissances qu'il devait avoir : connaissance des matériaux bois et
métal, en calcul,.. que la rareté de ce métier tenait peut-être aussi au fait du peu d'argent que le
formaire gagnait. Un arrêté royal de 1739 leur accorde les mêmes privilèges que ceux dont
bénéficiaient les papetiers ainsi qu'une exemption de leurs charges.
L'ouvrage de E.G. Loeber, Paper mould and mouldmaker, Amsterdam, The Paper Publications
Society/Labarre Foundation, 1983, répertorie une série de noms de formaires ayant exercé dans
plusieurs pays d'Europe ainsi qu'aux Etats-Unis (où le premier formaire est répertorié à une date
tardive à la fin du XVIIIe siècle). On y trouve aussi les métiers à tisser utilisés en Europe.
Les formaires pouvaient sous-traiter une partie du travail du bois à un menuisier. Certains étaient
également des filigranistes. Les filigranistes étant rares, ils pouvaient envoyer leurs productions
dans des zones géographiques éloignées.

L'ouvrage La Forma. Formisti e cartai nella storia della carta occidentale / The Mould. Paper
and mouldmakers in the History of Western paper, Fondazione Gianfranco Fedrigoni/Giancarlo
Castagnari éditeur, 2015, apporte des données et des analyses complémentaires à l'ouvrage de E.G.
Loeber. Des historiens spécialistes des fabrications en Angleterre, Italie et Espagne analysent le
rôle des formes, des formaires à différentes périodes. Les collections de formes du Musée de
Fabriano y font aussi l'objet d'un album.
Selon Claire Bustarret dans Compte-rendu de lecture de l'ouvrage La Forma / Fondation
Fedrigoni, dans Papiers, bulletin de l'association AFHEPP, n° 12, février 2018 « Outre les
collections de formes, inestimables sources patrimoniales ayant aussi valeur de preuves, les
historiens soulignent l'importance de diverses ressources documentaires qui permettent - à
condition d'être rendue accessibles - d'étudier le métier du formaire et de reconstituer ses gestes,
d'analyser les techniques de fabrication et d'en évaluer le rendement, voire de cartographier
l'évolution des réseaux commerciaux, dont les filigranes constituent des indices plus ou mois
fiables ».
Les études historiques sur le papier à la cuve et donc sur les formes doivent souvent s'étendre au
delà des frontières d'un seul pays, car les papiers fabriqués ont souvent voyagé. A titre d'exemple,
un papier utilisé en Hollande, appelé « Aux Armes d'Amsterdam » a longtemps été produit en
France, en Dordogne...
A l'arrivée des premières machines à papiers, au début du XIXe siècle, les formaires pouvaient
également travailler à la fabrication et à l'installation des tamis sur des machines à formes rondes,
des rouleaux filigraneurs sur des machines à table plate. Des filigraneurs ont continué à travailler
avec l'industrie du papier. A cette époque des moulins continueront à faire à la main certains

12
papiers haut de gamme à la cuve. Cette production manuelle deviendra cependant très limitée,
entraînant logiquement une chute des besoins en formes de la part des papetiers, et la quasi-
disparition des formaires.
En France, à notre connaissance il existait au début du XXe siècle un formaire dans la région
d'Ambert, et un formaire-filigraniste à Couze en Dordogne jusqu'en 1940 (matériel découvert
récemment). A partir de cette période, les moulins français vont commander leurs formes en
Angleterre, dans la région de Maidstone, Kent, où restent des formaires, car la production de
papier à la cuve y est encore importante.
L'entreprise Edwin Amies a continué la fabrication des formes tout au long du XXe siècle. Cette
entreprise fournissait des formes dans de nombreux pays d'Europe et dans le monde entier : À
partir de 1960, il ne restait en Europe qu’un artisan formaire exerçant pour l'entreprise Edwin
Amies, Ron Macdonald, en activité jusqu’en 2016 et décédé en novembre 2017.

Repères chronologiques concernant les moulins à papier:


1276 : première mention d'un moulin à papier à Fabriano en Italie
1348 : sans doute le premier moulin à papier français à Troyes
1495 : premier moulin à papier en Angleterre
1576 : premier moulin à papier à Moscou
quelques dates concernant la feuille, la forme
1282 : première trace de forme vergée de type occidentale avec filigrane
1752 : mise au point de la forme velin
1798 : invention de la machine à papier (Louis Nicolas Robert)
1809 : invention de la machine à forme ronde (John Dickinson)
1810 : première machine à papier fonctionnelle (la Fourdrinier)
1848 : mise au point du filigrane ombré sur les formes velins.

III.2. Récits liés à la pratique et à la tradition

« Les outils manuels peuvent être fascinants. Un bon outil qui a été bien utilisé possède une qualité
mystérieuse et presque rassurante (...) Les formes de papetiers m'attirent dans ce sens et c'est sans
doute pour cela que j'en fait. Faire des outils est pour moi une forme humble de sculpture sociale.
Les outils ont aussi une vie indépendante.
J'ai commencé à me familiariser avec les formes quand on m'a demandé de couper en deux une
ancienne forme anglaise pour un cours de papier artisanal. (…) En travaillant je fus impressionné
par la compétence et le soin avec lequel les formes avaient été faites ainsi que par la simplicité et
l'élégance de leur design. » MOORE (Timothy) « A Western mold making », Handpapermaking,
été 1987, pages 20 à 25
« Le filigrane garde discrètement en mémoire, le talent modeste du maître ou des ouvriers qui ont
créé cet espace fragile et léger et qui pourtant a resisté à tout et porté jusqu'à nous les mots d'un
monde disparu », CARRIER (Maria), NIDOS (Denis), Le coeur et l'ouvrage – artisans immortels,
La Lauze éditions, 2001

« Il s'agissait (le métier de formaire) d'un métier fastidieux qui exigeait une vue excellente et une
attention soutenue », CHANTELOUP (Philippe), Contes et légendes des papetiers du val de Laga,
Les conteurs du Livradois, 1975

« Lors de mes séjours à Maidstone avec Ron Macdonald : j'ai constaté qu'outre le goût,
l'engagement qu'il mettait à son travail d'artisanat d'art, il savait reconnaître la qualité d'un bon
papier artisanal, et qu'il appréciait les rapports avec les papetiers qui font partie intégrante du
métier de formaire. » Claudine Latron, communication personnelle.

13
IV. VIABILITÉ DE L'ÉLÉMENT ET MESURES DE SAUVEGARDE

IV.1. Menaces sur la viabilité

L’activité de formaire est particulièrement menacée, en raison du très faible nombre d’artisans
professionnels la pratiquant actuellement, non seulement à l’échelle hexagonale, mais aussi à
l’échelle internationale.
Le peu de données techniques inventoriées sur cette pratique est aussi un point faible.
Sur le plan économique, l’activité n’est pas aisée à équilibrer : la demande de formes ou de tissage
vergé de la part des papetiers est bien réelle, mais reste une « niche ». Exercer ce métier à temps
plein peut s'avérer difficile. Il n’est pas toujours envisageable, en outre, de facturer une prestation
au prix réel du temps passé dans ce type d'artisanat d'art.
Enfin, même en étant de caractère curieux et passionné, en connaissant déjà le domaine du papier
artisanal, en travaillant le bois et en souhaitant s’engager dans la fabrication d'outils, l’individu
désireux de se former à cette activité devra investir beaucoup de temps, avant de maîtriser ce
savoir-faire. Il devra aussi acquérir l'outil rare que constitue le métier à « tisser » spécifique.

IV.2. Mise en valeur et mesure(s) de sauvegarde existante(s)

Modes de sauvegarde et de valorisation


Divers musées techniques conservent des formes à papier et en utilisent dans leurs activités
pédagogiques. En France, le musée historique du Papier à Ambert (Puy-de-Dôme) expose quelques
pièces illustrant l'activité du formaire ; avec la collaboration de l'AFHEPP et de Claudine Latron,
un travail est en cours pour étoffer cette présentation par d'autres éléments. La préservation de ces
objets n’est toutefois pas systématique.
À l’étranger, des collections de formes anciennes sont conservées au Royaume-Uni (collection de
Simon Green, héritier d'une famille de papetiers) et en Italie, au musée du Papier et des Filigranes
à Fabriano.
Aux Etats-Unis, le formaire Tim Moore travaille à un site qui permettra de communiquer
publiquement sur la façon dont sont construites les formes. Thimothy Barrett, spécialiste du
papier asiatique et européen y prépare un livre « European Papermaking » où il présentera aussi
de façon détaillée les formes à papier et certains aspects de leur fabrication.

Actions de valorisation à signaler


● Activités de médiation auprès du public non expert
L’activité de formaire est présentée par Claudine Latron, autour des éléments constitutifs des
formes à papier, en différentes occasions :
- Journées européennes du patrimoine : au Moulin de Brousses, à Brousses-et-Villaret (Aude) en
septembre 2011, au futur musée Médard de Lunel (Hérault) en septembre 2012
– Journées européennes des métiers d’art : ouverture de l’atelier de Mons-en-Barœul (Nord) en
avril 2014
– Portes ouvertes des ateliers d’artistes : ouverture de l’atelier de Mons-en-Barœul (Nord) chaque
année en octobre depuis 2014
– salon de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire), « Le livre et ses métiers d’art » : tenue d’un stand en
février 2018

14
● En avril 2018 Claudine Latron a fabriqué une forme A3, dans le cadre du projet « Hors-format »
d'un étudiant des Arts-Déco Paris, projet ayant bénéficié d'une bourse fondation Bettencourt
(bourse pour projet étudiants / artisans d'art)

● Conférences aux congrès des International Paper Historians (IPH)


– « Poursuivre aujourd'hui la fabrication des formes traditionnelles de papetiers », communication
de Claudine Latron au 30e congrès (Angoulême, septembre 2010)
– « De la découverte d'un ensemble matériel d'un formaire français du début du XX e siècle au
questionnement sur la façon de valoriser ce patrimoine », communication de Claudine Latron au
34e congrès (Gand, septembre 2018)

Présentation au salon Anima Libri en 2018 Présentation à Lunel en 2012


© 2018 Claudine Latron © 2012 Claudine Latron

● Publications d’articles
Voir infra la bibliographie

● Actions de communication
– Gestion et alimentation du site internet de Claudine Latron : www.formesdepapetiers.com
– Alimentation d’un compte facebook « Formes de papetiers »

Modes de reconnaissance publique


Aucune reconnaissance publique n’est liée en propre à l’activité de formaire.
Utilisateur de formes traditionnelles, le papetier artisanal Jacques Bréjoux, au Moulin du Verger à
Angoulême, a reçu le titre de Maître d’art en 2015.

Inventaires réalisés liés à la pratique


E.G. LOEBER Papermould and mouldmakers, donne des éléments d'inventaire pour l'Europe et
les Etats Unis.
La Forma présente un catalogue des formes conservées au Musée de Fabriano en Italie.
En France, aucun inventaire centralisé n’est expressément consacré à la pratique du formaire, aux
objets et outils associés. Certains éléments se retrouvent dans les inventaires et catalogues des
divers musées du papier. Cette idée de centraliser des informations fait l'objet d'une réflexion en

15
cours par Claudine Latron et L'AFHEPP.

Bibliographie sommaire
● Ouvrages imprimés
BOITHIAS (Jean-Louis), BOY (Michel), Moulins, papiers et papetiers d'Auvergne, Edition des
Monts d'Auvergne, 2013
CARRIER (Maria), NIDOS (Denis), Le coeur et l'ouvrage – artisans immortels, La Lauze éditions,
2001
CHANTELOUP (Philippe), Contes et légendes des papetiers du val de Laga, Les conteurs du
Livradois, 1975
DE LA LANDE (Jérôme) Art de faire le papier dans Description des arts et métiers de l'Académie
des Sciences, Paris, 1761
DOIZY (Marie-Anne), FULACHER (Pascal), Papiers et moulins des origines à nos jours, Paris,
Arts et métiers du livre éditions 1997
HUNTER (Dard), Papermaking. The history and technique of an ancient craft, Dover, New York,
1978
LOEBER (E.G.), Paper mould and mouldmaker, Amsterdam, The Paper Publications
Society/Labarre Foundation, 1983
Ouvr. coll., La Forma. Formisti e cartai nella storia della carta occidentale / The Mould. Paper
and mouldmakers in the History of Western paper, Fondazione Gianfranco Fedrigoni/Giancarlo
Castagnari éditeur, 2015

● Articles
AKAR (Marie), « Claudine Latron, formaire : un métier rare », Arts & Métiers du livre, n° 293,
nov.-déc. 2013
BARCHAM GREEN (Simon), « Papermaking moulds », Handpapermaking, été 1987
BUSTARRET (Claire) Compte-rendu de lecture de l'ouvrage La Forma / Fondation Fedrigoni, dans
Papiers, bulletin de l'association AFHEPP, n° 12, février 2018
COLEMAN (S. A.), « The craft of making moulds for hand-made papers », in Paper making by
hand, dir. J. Barcham Green, Maidstone, 1967
DUFOURNIER (Benoit) « Les libertés du formaire, sédentaire ou itinérant ? »IPH congress book,
Bâle, 2012, vol. 19, p. 71-84.
ESTÈVE (Jean-Louis), « Enquête autour d'une feuille de papier ou histoires de formes » Le papier
d'hier à aujourd'hui, 2éme journée d'étude sur l'imprimerie, Perpignan Publications de l'Olivier,
2005
ESTÈVE (Jean-Louis) et LATRON (Claudine), « Un métier à tisser les toiles métalliques »,
Papiers, bulletin de l'association AFHEPP, n° 9, oct. 2015
LATRON (Claudine), « Profession formaire », Papiers, bulletin de l'association AFHEPP, n° 2,
octobre 2010
LATRON (Claudine), « La forma papelera, una herramienta historica », Grabado y Edicion, n° 32,
février 2012
MOORE (Timothy) « A Western mold making », Handpapermaking, été 1987
QUEEN (Brian) « CNC machining, a new dimension of papermaking » Bulletin IAPMA n°56 avril
2017, pages 60 à 62

Filmographie sommaire
HandmadePapermoulds, DVD, IA Recordings, 2010, 28 min : documentaire audiovisuel sur la
fabrication d’une forme par le formaire Ron Macdonald

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Sitographie sommaire
● Association française pour l’histoire et l’étude du papier et des papeteries (AFHEPP)
https://afhepp.org/
● Association internationale des Historiens du papier
http://www.paperhistory.org
● Institutde recherche et d'histoire des textes – Vocabulaire codicologique
http://vocabulaire.irht.cnrs.fr/pages/vocab2.htm
● Formes de papetiers (site de Claudine Latron)
www.formesdepapetiers.com
● Moulin du Verger à Puymoyen (Charente)
https://www.moulinduverger.com/papier-main/rubrique-6.php
● Musée des Papeteries Canson et Montgolfier à Annonay (Ardèche)
http://musee-papeteries-canson-montgolfier.fr/
● Musée du Papier à Angoulême (Charente)
http://www.musee-du-papier.fr/
● Musée du Papier à Bâle (Suisse)
http://www.papiermuseum.ch/
● Musée du Papier et des Filigranes à Fabriano (Italie)
http://teatriemusei.ovest.com/fr/musee-du-papier-et-des-filigranes-de-fabriano.php
● Musée historique du Papier à Ambert (Puy-de-Dôme)
www.richarddebas.fr
● Museu Molí Paperer à Cappellades (Espagne)
http://www.mmp-capellades.net/
● Whitworth Art Gallery à Manchester (Royaume-Uni)
http://www.whitworth.manchester.ac.uk/

V. PARTICIPATION DES COMMUNAUTÉS, GROUPES ET INDIVIDUS

V.1. Praticien(s) rencontré(s) et contributeur(s) de la fiche

Nom
Claudine LATRON
Fonctions
Formaire
Coordonnées
7, rue du Quesnelet – 59370 Mons-en-Barœul
06 77 19 52 13 / [email protected]

V.2. Soutiens et consentements reçus

La candidature à l’inclusion de l’art du formaire à l’Inventaire national du patrimoine culturel


immatériel a reçu :
● 11 lettres de consentement (1 formaire et 10 papetiers artisanaux utilisant des formes
occidentales) :

17
– Timothy Moore, fabricant d'outils de reliures et de formes traditionnelles de papetiers depuis
1980, à Concord (Michigan, États-Unis)
– Jacques Bréjoux, papetier maître d'Art au Moulin du Verger à Puymoyen (France)
– Moulin Richard de Bas / Musée historique du papier à Ambert (France)
– Moulin à papier de Brousses, à Brousses et Villaret (France)
– Frédéric Procop, Moulin du Got, à Saint-Léonard-de-Noblat (France)
– Bruno Pasdeloup, atelier papetier, à Pérouges (France)
– Mr Saugerant, Moulin de Vallis Clausa, La Fontaine de Vaucluse (France)
– Juan Barbe, ingénieur papetier, responsable de l'atelier de papier artisanal Eskulan (Espagne)
depuis 1980, créateur d’ateliers papetiers artisanaux en Amérique du Sud pour la Fondation Sur
– Gangolf Ulbricht, papetier et graveur, Werkstatt für Papier à Berlin (Allemagne)
– Per Anderson, imprimeur artisanal et papetier, responsable de La Ceiba Grafica, lieu de
sensibilisation au papier artisanal et résidence d'artistes graveurs, à Vera Cruz (Mexique)

● 5 lettres de soutien, d’associations spécialisées dans l’histoire du papier, de


chercheurs/formateurs en restauration de papiers anciens et de spécialistes du papier artisanal :
– Anna-Grethe Rischel, présidente de l'International Association of Paper Historians
– Association française pour l'étude et l'histoire du papier et des papeteries à Angoulême (France)
– Claude Laroque, maître de conférences, responsable du master Méthodologie et Pratque de la
conservaton-restauraton des biens culturels, Université Paris I Panthéon-oorbonne
– Marie Hélène Reynaud, conservatrice du Musée des papeteries Canson et Montgolfer à Annonay
– Aimee Lee, spécialiste du papier fait main, auteur d'un ouvrage sur les artisans fabriquant des
outils pour le papier artisanal pour le Center for Craft, creativity and design à Asheville (Caroline
du Nord, États-Unis) (à paraître)

VI. MÉTADONNÉES DE GESTION

VI.1. Rédacteur de la fiche

Nom
Claudine LATRON
Fonctions
Formaire
Coordonnées
7, rue du Quesnelet – 59370 Mons-en-Barœul
06 77 19 52 13 / [email protected]

VI.2. Enquêteur(s), chercheur(s) ou membre(s) du comité scientifique


associé

Noms et fonctions
BUSTARRET Claire, ingénieure de recherche CNRS au Centre M. Halbwachs (CNRS-EHESS-
ENS).
DUFOURNIER Benoit, chercheur (er) Centre André Chastel, Paris.
ESTÈVE Jean-Louis, enseignant école Estienne retraité, chercheur indépendant

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Lieux(x) et date/période de l’enquête
De juin à septembre 2018 pour la rédaction de la présente fiche.

VI.3. Données d’enregistrement

Date de remise de la fiche


25 juin 2018

Année d’inclusion à l’inventaire


2018

N° de la fiche
2018_67717_INV_PCI_FRANCE_00405

Identifiant ARKH
<uri>ark:/67717/nvhdhrrvswvk2h7</uri>

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