0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
149 vues284 pages

Corrigés des exercices de suites numériques

Transféré par

Albert Sama
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
149 vues284 pages

Corrigés des exercices de suites numériques

Transféré par

Albert Sama
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 1 — #367


i i

ANNEXE A

Solutions des exercices

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 2 — #368


i i

Chapitre 1

Suites numériques
1
1.6 a) On définit la fonction fn sur R+ par fn (x) = , la fonction fn est continue sur R+ ,
ch n x
1
au voisinage de +∞, on a ch x ∼ ex , donc fn (x) ∼ 2n e−nx , pour n entier naturel non nul, la
2
fonction x 7−→ e−nx est intégrable sur [1, +∞[, donc la fonction fn est intégrable sur R+ , donc
Z +∞
dx
l’intégrale n converge, donc la suite U est définie.
0 ch x

Z A
dx
b) Soient n un entier naturel non nul et A un réel positif, on intègre par parties ,
0 ch n+2 x
on obtient :
Z A A A Z A
n sh x ch n−1 x
Z   
dx 1 dx th x
= = − th x − dx,
0 ch n+2 x 0 ch n x ch 2 x ch n x 0 0 ch 2n x
A A
Z A
sh 2 x ch 2 x − 1
Z Z
dx th A th A
= dx =
+n + n dx,
0 ch n+2
x 0 ch n+2
ch n A
x n
ch A 0 ch n+2 x
Z A Z A Z A
dx th A dx dx
= + n − n · (1)
0 ch n+2 x ch n A 0 ch n x 0 ch n+2 x
th A
On a lim th A = 1 et lim ch A = +∞, donc lim n = 0.
A−→+∞ A−→+∞ A−→+∞ ch A

On fait tendre A vers +∞ dans (1), on obtient :

un+2 = nun − nun+2 , donc : (n + 1)un+2 = nun .

Calculons u1 et u2 , on a :
Z +∞ Z +∞  +∞
dx dx
u1 = , u2 = = th x = 1.
0 ch x 0 ch 2 x 0
x
La fonction x 7−→ th est un C 1 -difféomorphisme strictement croissant de [0, +∞[ sur [0, 1[,
2 x
on effectue le changement de variable u = th dans la première intégrale, comme :
2
1
2−
1 + u2 ch 2 ( x
2)
x
= 1 = 2ch 2 − 1 = ch x,
1 − u2 2
ch 2 ( x
2)

alors : 1
1 1
1 − u2
Z   Z 
2 du π
u1 = du = 2 = 2 arctan u = ·
0 1 + u2 1 − u2 0 1 + u2 0 2
Pour n entier naturel non nul, on montre par récurrence la propriété :

22(n−1) ((n − 1)!)2


P(n) : u2n = ·
(2n − 1)!

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 3 — #369


i i

CORRIGÉS 3

22n−2 ((n − 1)!)2 20 (0!)2


Pour n = 1, on a = = 1, d’où P(1).
(2n − 1)! 1!
Si P(n), alors :
2n 2n 22(n−1) ((n − 1)!)2
u2n+2 = u2n = ,
2n + 1 2n + 1 (2n − 1)!
(2n)2 22(n−1) ((n − 1)!)2 22n (n!)2
u2n+2 = = ·
(2n + 1)(2n) (2n − 1)! (2n + 1)!
La propriété P (n) est héréditaire, vraie pour n = 1, donc :

22(n−1) ((n − 1)!)2


∀n ∈ N∗ , u2n = ·
(2n − 1)!

(2n)! π
On montre par récurrence la propriété Q(n) : u2n+1 = ·
22n (n!)2 2
(2n)! π 0! π π
Pour n = 0, on a = 0 = = u1 .
22n (n!)2 2 2 (0!)2 2 2
Si Q(n), alors :

2n + 1 2n + 1 (2n)! π (2n + 2)(2n + 1)(2n)! π


u2n+3 = u2n+1 = = ,
2n + 2 2n + 2 22n (n!)2 2 (2n + 2)2 22n (n!)2 2

(2n + 2)! π
u2n+3 = ·
22n+2 ((n + 1)!)2 2
La propriété Q(n) est héréditaire, vraie pour n = 0, donc :

(2n)! π
∀n ∈ N, u2n+1 = ·
22n (n!)2 2

1.7 Il est immédiat que :


1
∀n ∈ N, un > ·
2
1
Comme 0 < un+1 < 2 − , alors :
un

1 un 1 1 (un − 1)2
> , donc : − > ≥ 0.
un+1 2un − 1 un+1 un un (2un − 1)
 
1 1
La suite U est décroissante et minorée par , donc elle converge vers l élément de , +∞ .
2 2
1
On fait tendre n vers l’infini dans 0 < un+1 < 2 − , comme le réel l est strictement positif,
un
alors :
1
l ≤ 2 − ⇐⇒ (l − 1)2 ≤ 0 ⇐⇒ l = 1.
l
La suite U converge vers 1.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 4 — #370


i i

4 CHAPITRE 1

1.8 a) Les fonctions f et g sont continues et strictement positives sur [0, 1].
p p
On applique l’inégalité de Cauchy-Schwarz aux fonctions continues f n g et f n+2 g, on déduit
alors :
Z 1 2 Z 1  Z 1 
p p
f n (t)g(t) f n+2 (t)g(t) dt ≤ f n (t)g(t) dt f n+2 (t)g(t) dt .
0 0 0

Or : Z 1 p p Z 1
f n (t)g(t) f n+2 (t) g(t) dt = f n+1 (t)g(t) dt = In+1 .
0 0
On a montré que :
2
In+1 ≤ In In+2 .
b) Les fonctions f et g sont continues et strictement positives, donc le réel In est strictement
positif, donc non nul, on peut définir la suite U .
On a montré que :

2 In+1 In+2
∀n ∈ N, In > 0 et In+1 ≤ In In+2 , donc : ≤ , donc : un ≤ un+1 .
In In+1

On a : Z 1
∀n ∈ N, 0 < In+1 ≤ ||f ||∞ f n (t)g(t) dt =⇒ 0 < un ≤ ||f ||∞ .
0

La suite U est croissante et majorée par ||f ||∞ , donc la suite U converge vers le réel l avec
0 < l ≤ ||f ||∞ .
Pour tout entier naturel n, le réel un est strictement positif, on définit la suite (vn )n∈N par :

∀n ∈ N, vn = ln un .

On a par télescopie :
n−1
1 X ln In − ln I0
vp = ·
n p=0 n

Du théorème de Césaro, on déduit que :


n−1
!  
1 X ln In − ln I0
lim vn = ln l =⇒ lim vp = lim = ln l.
n−→+∞ n−→+∞ n p=0 n−→+∞ n

Donc :
ln In 1
lim = ln l, donc : lim (In ) n = l.
n−→+∞ n n−→+∞

Or :
Z 1 Z 1  n1
1
∀n ∈ N, 0 < In ≤ ||f ||n g(t) dt =⇒ 0 < (In ) n ≤ ||f ||∞ g(t) dt ,
0 0

et :
Z 1  n1
lim g(t) dt = 1.
n−→+∞ 0

La fonction f est continue et strictement positive, donc ||f ||∞ > 0.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 5 — #371


i i

CORRIGÉS 5

D’où :
Z
1  n1 !
ε

∀ε ∈ R∗+ , ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ n0 =⇒ g(t) dt − 1 ≤ .

0 ||f ||∞

Donc : 1
∀n ∈ [[n0 , +∞[[, 0 < (In ) n ≤ ||f ||∞ + ε ≤ ||f ||∞ + 2ε.
La fonction f est continue, positive sur [0, 1], donc :
∃c ∈ [0, 1], ||f ||∞ = f (c).
Comme la fonction f est continue au point c, alors :
 
∀ε ∈ R∗+ , ∃η ∈ R∗+ , ∀x ∈ [0, 1], |x − c| ≤ η =⇒ |f (x) − f (c)| ≤ ε .

On pose :
a = max(0, c − η) et b = min(1, c + η).
On a : Z b Z b
In ≥ f n (x)g(x) dx ≥ (||f ||∞ − ε)n g(x) dx.
a a
Soit :
Z b  n1
1
(In ) n ≥ (||f ||∞ − ε) g(x) dx) .
a
Or :
Z b  n1
lim g(x) dx) = 1,
n−→+∞ a
soit :
Z
b  n1 !
ε

∀ε ∈ R∗+ , ∃n1 ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ n1 =⇒ g(t) dt − 1 ≤ .

a ||f ||∞

Donc :
Z b  n1
ε
∀n ∈ [[n1 , +∞[[, g(t) dt ≥1− ·
a ||f ||∞
Donc :  
1 ε
∀n ∈ [[n1 , +∞[[, (In ) n ≥ (||f ||∞ − ε) 1 − ≥ ||f ||∞ − 2ε.
||f ||∞
On a montré que :

1
∀n ∈ [[max(n0 , n1 ), +∞[[=⇒ (In ) n − ||f ||∞ ≤ 2ε.

1
Donc lim (In ) n = ||f ||∞ .
n−→+∞

De l’unicité de la limite on déduit que :


 
In+1 1
lim un = lim = lim (In ) n = ||f ||∞ .
n−→+∞ n−→+∞ In n−→+∞

La suite U converge vers ||f ||∞ .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 6 — #372


i i

6 CHAPITRE 1

1.9 a) Soit f la fonction définie sur R par f (x) = x cos x − sin x.


Étudions les variations de f sur In .
On a :
∀x ∈ R+ , f 0 (x) = cos(x) − x sin(x) − cos(x) = −x sin(x).
Comme le réel x est positif, les réels f 0 (x) et sin(x) sont de signes contraires.
On sait que :
∀x ∈ I2n , sin(x) ≥ 0,
et :
∀x ∈ I2n+1 , sin(x) ≤ 0.
On en déduit que :
• Si n est pair, alors, pour x élément de In , le réel f 0 (x) est négatif, donc la fonction f est
décroissante sur In .
• Si n est impair, alors, pour x élément de In , le réel f 0 (x) est positif, donc la fonction f est
croissante sur In .

Montrons que l’équation f (x) = 0 admet dans tout intervalle In une unique solution notée xn .
On applique le théorème des valeurs intermédiaires.
La fonction f est continue sur In , de plus :

f (nπ)f ((n + 1)π) = (−1)n nπ(−1)n+1 (n + 1)π = −n(n + 1)π 2 ,

donc f (nπ)f ((n + 1)π) est un réel strictement négatif, du théorème des valeurs intermédiaires
on déduit que l’équation f (x) = 0 admet au moins une solution sur In .
On a montré que f 0 (x) est de signe constant sur In et ne s’annule qu’aux bornes de In , donc f
est strictement monotone sur In , donc la restriction de f à In est injective, l’équation f (x) = 0
admet une unique solution sur In que l’on note xn .

π π
b) Il est clair que le réel (2n + 1) = nπ + est élément de In , de plus :
2 2
 π  π  π  π
f (2n + 1) = (2n + 1) cos nπ + − sin nπ + .
2 2 2 2
Comme :  π  π
cos nπ + = 0 et sin nπ + = (−1)n ,
2 2
alors :  π
f nπ + = (−1)n+1 .
2
D’où :  π
f (nπ)f nπ + = −nπ,
2
soit :  π
f (nπ)f nπ + < 0.
2
π
On en déduit que la solution de l’équation f (x) = 0 est comprise strictement entre nπ et nπ+ ·
2
D’où :
π
∀n ∈ N, nπ < xn < (2n + 1) ·
2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 7 — #373


i i

CORRIGÉS 7

c) On déduit de la question précédente que :

xn 1
1< <1+ ·
nπ 2n
xn
Du théorème d’encadrement on déduit que lim = 1.
n−→+∞ nπ
Au voisinage de l’infini, on a xn ∼ nπ.

d) Montrons que :
∀n ∈ N, xn = nπ + arctan(xn ).
i πh
On a xn ∈ nπ, nπ + , donc cos(xn ) 6= 0, de plus xn cos(xn ) = sin(xn ), donc :
2
tan(xn ) = xn .

On sait que :
∀x ∈ R, tan(arctan(x)) = x.
Donc :
∀n ∈ N, tan(arctan(xn )) = xn = tan(xn ),
soit :
∀n ∈ N, ∃k ∈ Z, arctan(xn ) = xn + kπ.
 
π π π 1
Comme nπ < xn < nπ + , − < arctan(xn ) < et k = arctan(xn ) − xn , alors :
2 2 2 π
 
1
k ∈ −n − 1, −n + .
2

1
Le seul entier compris entre −n + 1 et −n + est −n, donc k = −n, soit :
2
∀n ∈ N, xn = arctan(xn ) + nπ.

e) On sait que :  
π 1
∀x ∈]0, +∞[, arctan(x) = − arctan ·
2 x
1
Comme xn > nπ, alors lim xn = +∞, donc lim = 0.
n−→+∞ n−→+∞ xn
Au voisinage de 0, on a arctan(u) = u + o(u).
Au voisinage de l’infini, on a :
 
1 1 1
arctan ∼ ∼ ·
xn xn nπ

Soit :    
1 1 1
arctan = +o ·
xn nπ n
Donc :  
π 1 1
arctan(xn ) = − +o ·
2 nπ n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 8 — #374


i i

8 CHAPITRE 1

Au voisinage de l’infini, on obtient :


 
π 1 1
xn = nπ + arctan(xn ) = nπ + − +o ·
2 nπ n

Soit :  
π 1 1
xn = (2n + 1) − +o .
2 nπ n

1.11 a) On sait que :


 
t si x ≤ t x si x ≤ t
∀t ∈ [0, 1], max(x, t) = et min(x, t) = ·
x si x ≥ t t si x ≥ t

Pour x élément de [0, 1], on a :


x 1
1 − x2 x2 + 1
Z Z
f (x) = x dt + t dt = x2 + = ,
0 x 2 2
x 1
x2 2x − x2
Z Z
g(x) = t dt + x dt = + x(1 − x) = ·
0 x 2 2
D’où :
1 x si x ≤ 0
 

 si x ≤ 0 

2

 

  2x − x2

f (x) = x2 + 1 et g(x) = si 0 < x < 1 ·
si 0 < x < 1 2
2

 

1

 

si x ≥ 1

 
x si x ≥ 1 2
b) On remarque que les fonctions f et g sont continues et croissantes sur R, de plus, on a :
       
1 1
f R = , +∞ et g R = −∞, ,
2 2

d’où :
1
∀n ∈ N∗ , bn ≤ ≤ an .
2
Comme :        
1 1 5 1 3 1
f −∞, = , , g , +∞ = , ,
2 2 8 2 8 2
et :        
1 1
f [0, 1] = ,1 , g [0, 1] = 0, .
2 2
Le segment [0, 1] est stable par f et par g.
1
Pour n supérieur à 2, on montre par récurrence la propriété P(n) : 0 ≤ bn ≤ ≤ an ≤ 1.
2
On a :
1 3 1 5
b1 ≤ ≤ a1 =⇒ 0 ≤ ≤ b2 ≤ ≤ a2 ≤ ≤ 1.
2 8 2 8
D’où P(2).

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 9 — #375


i i

CORRIGÉS 9

   
1
Pour n supérieur à 2, si an et bn sont éléments de [0, 1], comme f [0, 1] = , 1 et comme
2
1
an+1 = f (bn ), alors ≤ an+1 ≤ 1.
2
   
1 1
De même on a g [0, 1] = 0, et bn+1 = g(an ), donc 0 ≤ bn+1 ≤ , d’où :
2 2
1
0 ≤ bn+1 ≤ ≤ an+1 ≤ 1.
2
Pour n supérieur à 2, on a montré que la propriété P(n) est héréditaire, comme elle est vérifiée
pour n = 2, alors :
1
∀n ∈ N, n ≥ 1, 0 ≤ bn+1 ≤ ≤ an+1 ≤ 1.
2
Les fonctions f et g sont croissantes sur R, donc les fonctions f ◦ g et g ◦ f sont croissantes
en particulier sur le segment [0, 1], alors les suites (an )n≥2 et (bn )n≥2 sont monotones, comme
elles sont bornées, alors elles convergent respectivement vers a et b avec :
1
0≤b≤ ≤ a ≤ 1.
2
Pour n entier supérieur à 2, on a :

b2n + 1

 an+1 =


2
·
2
 bn+1 = an − an


2
On fait tendre n vers +∞, on obtient :

b2 + 1

a =


2
·
2
b = a − a


2
Soit : 2 2
b2 + 1 1 b2 + 1
  2
b +1
b= − , donc : (b − 1)2 − = 0.
2 2 2 2
√ √
   
1 1
Comme b est élément de 0, et a est élément de , 1 , alors b = 2 − 1 et a = 2 − 2.
2 2

1.14 a) Soit n un entier naturel, on définit l’ensemble An par :


   

An = ap p ≥ n = an , an+1 , an+2 , · · · ·

Comme la suite A est bornée, alors :

∃(m, M ) ∈ R2 , ∀n ∈ N, m ≤ an ≤ M,

donc :
∀n ∈ N, m ≤ inf An ≤ sup An ≤ M.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 10 — #376


i i

10 CHAPITRE 1

Soit :
∀n ∈ N, m ≤ wn ≤ vn ≤ M.
Les suites V et W sont des suites réelles bornées.
Pour tout entier naturel n, on a An = An+1 ∪ {an }, donc An+1 ⊂ An .
La borne supérieure de An est un majorant de An , donc de An+1 , comme la borne supérieure
de An est le plus petit des majorants de An , on obtient sup An+1 ≤ sup An , donc :

∀n ∈ N, vn+1 ≤ vn .

La suite V est décroissante minorée par m, donc elle converge vers lv qui, par définition, est la
limite supérieure de la suite A.
La borne inférieure de An+1 est un minorant de An+1 , donc de An , comme la borne inférieure
est le plus grand des minorants, alors inf An+1 ≥ inf An , donc :

∀n ∈ N, wn ≤ wn+1 .

La suite W est croissante, majorée par M , donc elle converge vers le réel lW qui, par définition,
est la limite inférieure de la suite A.

b) On sait que :
∀(p, q) ∈ N2 , q ≥ p =⇒ Aq ⊂ Ap =⇒ Aq ⊂ Ap .
Les suites vq et wq sont les bornes supérieures et inférieures de l’ensemble Aq , donc vq et wq
sont éléments de Aq , donc, pour tout entier p inférieur à q, on a vq et wq éléments de Ap , donc
les suites (vq )q≥p et (wq )q≥p sont des suites d’éléments de Ap qui est un ensemble fermé de R,
donc comme les suites convergent on a :
+∞
\ +∞
\
lim sup an ∈ Ap et lim inf an ∈ Ap .
n−→+∞ n−→+∞
p=0 p=0

Donc lim sup an et lim inf an sont des valeurs d’adhérence de la suite A.
n−→+∞ n−→+∞

c) Soit l une valeur d’adhérence de la suite A, alors il existe une extractrice ϕ telle que la suite
(aϕ(n) )n∈N converge vers l.
On a :
∀n ∈ N, wϕ(n) ≤ aϕ(n) ≤ vϕ(n) .
On fait tendre n vers +∞ dans l’inégalité précédente, on obtient :

lim inf an ≤ l ≤ lim sup an .


n−→+∞ n−→+∞

d) Si la suite A converge, alors elle n’a qu’une seule valeur d’adhérence, donc :

lim sup an = lim inf an .


n−→+∞ n−→+∞

Montrons la réciproque.
On a montré à la question précédente que toute valeur d’adhérence l vérifie :

lim inf an ≤ l ≤ lim sup an .


n−→+∞ n−→+∞

Si lim sup an = lim inf an , alors l est unique et l = lim sup an = lim inf an .
n−→+∞ n−→+∞ n−→+∞ n−→+∞

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 11 — #377


i i

CORRIGÉS 11

Une suite bornée qui a une unique valeur d’adhérence est une suite convergente, donc la suite
A converge vers l.

e) On pose :  n  n  n
1 2 n−1
un = + + ··· + + 1,
n n n
 n  n  n
1 2 n−1
un = 1 + 1 − + 1− + ··· + 1 − ,
n n n
soit :
n−1
X p n
un = 1− .
p=0
n
Lemme :  x n
∀x ∈ [0, n[, ∀n ∈ N∗ , 1− ≤ e−x .
n
Preuve du lemme.
La fonction x 7−→ ln(1 − x) est concave sur ] − ∞, 1[, sa courbe représentative est située sous
ses tangentes, en particulier sous sa tangente en 0 qui est la droite d’équation y = −x, on a :
∀x ∈] − ∞, 1[, ln(1 − x) ≤ −x.
x
élément de [0, 1[, donc :
Pour n entier strictement positif et x élément de [0, n[, on a
n
 x  x  x   x n
ln 1 − ≤ − ⇐⇒ n ln 1 − ≤ −x ⇐⇒ 1 − ≤ e−x .
n n n n
D’où :  p n
∀p ∈ [[0, n − 1]], 1− ≤ e−p .
n
On en déduit :
n−1
X
un ≤ e−p .
p=0

1
On reconnaît la somme des termes d’une suite géométrique de raison , on a :
e
n−1
X 1 − e−n
e−p = ·
p=0
1 − e−1

D’où :
1
un ≤ ·
1 − e−1
e
La suite U = (un )n∈N∗ est minorée par 0 et majorée par , donc la suite U est bornée, on
e−1
utilise les définitions des limites supérieures et inférieures, on obtient :
e
lim sup un ≤ ·
n−→+∞ e−1
Soit k un entier naturel non nul fixé, pour n entier supérieur à k, on a :
k−1
X p n
un ≥ 1− .
p=0
n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 12 — #378


i i

12 CHAPITRE 1

On fait tendre n vers +∞ dans l’inégalité précédente, on obtient :


k−1
!
X p n
lim inf un ≥ lim 1− .
n−→+∞ n−→+∞
p=0
n

On a une somme finie de termes, donc :


k−1
! k−1
X p n X 1 − e−k
lim 1− = e−p = ,
n−→+∞
p=0
n p=0
1 − e−1

donc :
1 − e−k
∀k ∈ N∗ , ≤ lim inf un .
1 − e−1 n−→+∞

On fait tendre k vers +∞ dans l’inégalité précédente, on obtient :


e e
≤ lim inf un ≤ lim sup un ≤ ·
e−1 n−→+∞ n−→+∞ e−1
Du théorème de comparaison des suites on déduit que :
e
lim inf un = lim sup un = ,
n−→+∞ n−→+∞ e−1
e
donc la suite U converge vers ·
e−1
Au voisinage de +∞, on a :
n
X e
pn ∼ nn .
p=1
e−1

n
X 1
1.15 a) On considère la suite U = (un )n≥1 avec un = − ln n.
p=1
p
On a u1 = 1, donc u1 est positif.
Pour n supérieur à 2, on a :
n Z p+1 Z n n−1 Z p+1  
X dt dt 1 X 1 1
un = − = + − dt.
p=1 p p 1 t n p=1 p p t

La fonction inverse est décroissante sur ]0, +∞[, donc :


1 1 1 1
∀t ∈ [p, p + 1], ≤ =⇒ − ≥ 0.
t p p t
De la positivité de l’intégrale, on déduit que :
Z p+1  
∗ 1 1
∀p ∈ N , − dt ≥ 0,
p p t
donc la suite U est positive.
De plus :
 
1 1 1
un+1 − un = − ln(n + 1) + ln n = − ln 1 + = ϕ(n),
n+1 n+1 n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 13 — #379


i i

CORRIGÉS 13

 
1 1
avec la fonction ϕ définie sur ]0, +∞[ par ϕ(x) = − ln 1 + ·
x+1 x
La fonction ϕ est dérivable sur ]0, +∞[ et :
1 1 1 1
∀x ∈]0, +∞[, ϕ0 (x) = − − + = ·
(x + 1)2 x+1 x x(x + 1)2
La fonction ϕ est croissante sur ]0, +∞[ et lim ϕ = 0, donc la fonction ϕ est négative sur
+∞
]0, +∞[, donc :
∀n ∈ N∗ , un+1 − un ≤ 0.
La suite U est positive, décroissante, donc elle converge, soit γ sa limite, on a lim un = γ.
n−→+∞
Au voisinage de +∞, on obtient :
n
X 1
= ln n + γ + o(1).
p=1
p

pn
X 1
b) On considère la suite (vnp )n≥1 définie par vnp = ·
k
k=n
On déduit de la question précédente que :
np n−1  
X 1 X1 np
vnp = − = ln(np) + γ − ln(n − 1) − γ + o(1) = ln + o(1) = ln p + o(1).
k k n−1
k=1 k=1

f (x)
La fonction f est dérivable en 0 et f (0) = 0, donc lim = f 0 (0), soit :
x−→0+ x
 
f (x)
∀ε ∈ R∗+ , − f 0 (0) ≤ ε .

∃η ∈]0, 1[, ∀x ∈ [0, 1], 0 < x ≤ η =⇒
x
D’où :
∀x ∈]0, η], |f (x) − xf 0 (0)| ≤ εx.
 
1
Soit n0 = E + 1, pour n entier supérieur à n0 , on a :
η

f 0 (0)
 
1 ε
∀k ∈ [[n, pn]], f k − k ≤ k ·

On somme pour k variant de n à pn, on obtient :


pn   pn
pn
1 1 1
X X X
0
f − f (0) ≤ε ·

k k k


k=n k=n k=n

Soit : pn  
1
X
0
f − f (0)vn ≤ εvnp .
p

k


k=n

Comme lim vnp = ln p, alors :


n−→+∞

np  
X 1
lim f = f 0 (0) ln p.
n−→+∞ k
k=n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 14 — #380


i i

14 CHAPITRE 1

pn  
X 1
Si f 0 (0) 6= 0, alors, au voisinage de +∞, on a f ∼ f 0 (0) ln p.
k
k=n

c1 ) On particularise p = 4 et f la fonction f définie sur [0, 1] par f (x) = sin x.


La fonction f est continue sur [0, 1], dérivable en 0 et f (0) = 0, au voisinage de +∞, comme
f 0 (0) = 1, alors f 0 (0) 6= 0, donc :

4n  
X 1
sin ∼ f 0 (0) ln 4,
k
k=n

soit :
4n  
X 1
sin ∼ 2 ln 2.
k
k=n

c2 ) On particularise p = 2 et f la fonction définie sur [0, 1] par f (x) = ex − 1.


La fonction f est continue sur [0, 1], dérivable en 0 et f (0) = 0, au voisinage de +∞, comme
f 0 (0) = 1, alors :
2n  
X 1
f ∼ ln 2.
k
k=n

Comme :
2n   X2n  2n
X 1 1
 X 1
f = ek − 1 = e k − n − 1,
k
k=n k=n k=n

alors :
2n
X 1
e k = n + 1 + ln 2 + o(1).
k=n

2n
X 1
Au voisinage de +∞, on a e k ∼ n.
k=n

2n
!
X 1
On obtient également lim e k − n = 1 + ln 2.
n−→+∞
k=n

d) Soit α un réel strictement positif, on particularise p = 2 et fα la fonction définie sur R+ par


fα (x) = xα , on a fα (0) = 0.
La fonction fα est dérivable en 0 si et seulement si α est strictement supérieur à 1 dans ce cas
on a fα0 (0) = 0.
Dans le cas où le réel α est compris strictement entre 0 et 1 on procède autrement.
On a :
2n 2n n
X 1 1 X 1 1 X 1
Sn (α) = = + = + ,
kα nα p=n+1 kα nα (k + n)α
k=n k=1

n
!
1 1 1 X 1
Sn (α) = + α .
nα−1 n n
k=1
1 + nk

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 15 — #381


i i

CORRIGÉS 15

1
Soit gα la fonction définie sur [0, 1] par gα (x) = , la fonction gα est continue sur [0, 1],
(1 + x)α
du théorème sur les sommes de Riemann, on déduit que :
n   Z 1
1X k
lim gα = gα (t) dt,
n−→+∞ n n 0
k=1

d’où : !
n Z 1  
1X 1 dt 1 1
lim α = = −1 .
n−→+∞ n
k=1
1 + nk 0 (1 + t)α 1−α 2α−1
Au voisinage de +∞, on obtient :
2n  
X 1 1 1 1
∀α ∈]0, 1[, ∼ −1 ·
kα 1 − α 2α−1 nα−1
k=n

2n
1 X 1 √ √
On particularise α = , on obtient √ ∼ 2( 2 − 1) n.
2 k
k=n

1.16 a) On a :
n 
X Z p+1  n Z
X p+1   
∀n ∈ N, ∆n = f (p) − f (t) dt = f (p) − f (t) dt .
p=0 p p=0 p

La fonction f est décroissante sur R+ , donc :

∀p ∈ [[0, n]], ∀t ∈ [p, p + 1], f (p + 1) ≤ f (t) ≤ f (p),

donc :
∀t ∈ [p, p + 1], f (p) − f (t) ≥ 0 et − f (t) ≤ −f (p + 1).
De la positivité de l’intégrale, on déduit que :
n
X
∀n ∈ N, 0 ≤ ∆n ≤ (f (p) − f (p + 1)) .
p=0

Par télescopie, on obtient :

∀n ∈ N, 0 ≤ ∆n ≤ f (0) − f (n + 1) ≤ f (0).

On a : Z n+2
∀n ∈ N, ∆n+1 − ∆n = f (n + 1) − f (t) dt.
n+1

La fonction f est décroissante sur R+ , donc :


Z n+2
∀t ∈ [n + 1, n + 2], f (t) ≤ f (n + 1) =⇒ f (t) dt ≤ f (n + 1) =⇒ ∆n+1 − ∆n ≥ 0.
n+1

La suite (∆n )n∈N est croissante et majorée par f (0), donc elle converge.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 16 — #382


i i

16 CHAPITRE 1

X Z +∞
b) Il est immédiat que la série f (n) et l’intégrale f (t) dt sont de même nature.
n≥0 0

n
!
X X
La fonction f est positive, donc la suite f (p) est croissante, comme la série f (n)
p=0 n∈N n≥0
n
X
diverge, alors lim f (p) = +∞.
n−→+∞
p=0

N
X
Il existe un entier naturel N tel que f (p) soit un réel strictement positif, donc :
p=0

Z n+1
f (t) dt
0 f (0)
∀n ∈ N, n ≥ N, 0≤1− n ≤ n ·
X X
f (p) f (p)
p=0 p=0

f (0)
Comme lim n = 0, du théorème d’encadrement, on déduit que :
n−→+∞ X
f (p)
p=0

Z n+1
f (t) dt
0
lim n = 1.
n−→+∞ X
f (p)
p=0

Au voisinage de +∞, on a :
n
X Z n+1
f (p) ∼ f (t) dt. (1)
p=0 0

On a : Z n+1 Z n Z n+1
f (t) dt − f (t) dt = f (t) dt.
0 0 n

La fonction f est décroissante, positive sur R+ donc :


Z n+1
∀n ∈ N, f (t) dt ≤ f (n) ≤ f (0).
n

n
X Z n+1 n
X
Comme f (p) ∼ f (t) dt et lim f (p) = +∞, alors :
0 n−→+∞
p=0 p=0

Z n+1
lim f (t) dt = +∞. (2)
n−→+∞ 0

Z M
Il existe un réel M tel que f (t) dt soit strictement positif.
0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 17 — #383


i i

CORRIGÉS 17

Donc : Z n
f (t) dt
0 f (0)
∀n ∈ N, n ≥ M, 0≤1− Z n+1 ≤ Z n+1 ·
f (t) dt f (t) dt
0 0
Z n
f (t) dt
0
On déduit de (2) et du théorème d’encadrement que lim Z n+1 = 1, donc, au voisi-
n−→+∞
f (t) dt
0
nage de +∞, on a : Z n Z n+1
f (t) dt ∼ f (t) dt. (3)
0 0
On déduit de (1) et de (3) qu’au voisinage de +∞, on a :
n
X Z n
f (p) ∼ f (t) dt.
p=0 0

c) On particularise f en posant :
1
 si t ∈ [0, 2[
2 ln 2

f (t) = ·
 1

si t ∈ [2, +∞[
t ln t
La fonction f est continue par morceaux et positive sur R+ , sur l’intervalle [2, +∞[, elle est
dérivable et :
ln t + 1
∀t ∈ [2, +∞[, f 0 (t) = − 2 2 ·
t ln t
Pour t supérieur à 2, ln t est positif, donc f 0 (t) est strictement négatif, donc la fonction f est
strictement décroissante sur [2, +∞[, pour t élément de [0, 2] on a f (t) ≤ f (2), donc la fonction
f est décroissante sur R+ .
On a :
n Z n+1 n Z n+1 Z 2
X 1 X 1 dt dt
∆n = f (p) − f (t) dt = + − − ,
p=0 0 ln 2 p=2 p ln p 2 t ln t 0 2 ln 2

n
X 1
∆n = − ln(ln(n + 1)) + ln(ln 2).
p=2
p ln p

La fonction f est continue par morceaux, décroissante et positive de R+ , donc la suite (∆n )n∈N
converge.
Comme :
n  
X 1 ln(n + 1)
∀n ∈ N, n ≥ 2, un = − ln(ln n) = ∆n + ln − ln(ln 2),
p=2
p ln p ln n

  1
!
ln(n + 1) ln 1 + n
et lim ln = lim ln 1 + = 0, alors la suite U converge vers un
n−→+∞ ln n n−→+∞ ln n
réel L.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 18 — #384


i i

18 CHAPITRE 1

1.17 a) Il est immédiat que, pour tout entier naturel n non nul, le réel un est positif.
Supposons que :
(H) : ∀n ∈ N, un ≥ n.
Alors :
∀n ∈ N, un+1 = un − n =⇒ un+1 ≤ un .
La suite U est décroissante et positive.
Toute suite décroissante minorée converge, donc la suite U converge.
Comme un ≥ n, alors lim un = +∞.
n−→+∞

Il y a une contradiction, l’hypothèse (H) est fausse, donc :


∃p ∈ N, up ≤ p.

b) Montrons la propriété P(n) : un ≤ n.


On déduit de la question précédente qu’il existe un entier naturel p tel que la propriété P(p)
est vraie.
Soit n un entier supérieur à p, si P(n), alors :
un+1 = n − un et un ≥ 0, donc : n − un ≤ n ≤ n + 1,
donc :
un+1 ≤ n + 1.
La propriété P(n) est héréditaire pour n entier supérieur à p, vraie pour n = p, donc :
∃p ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ p, un ≤ n.

c) On déduit de la question précédente que :


∀n ∈ N, n ≥ p, un+1 + un = n.
Déterminons une solution particulière sous la forme (αn )n≥p avec :
∀n ∈ N, n ≥ p, αn = an + b.
Pour tout entier naturel n supérieur à p, on a :
1 1
αn+1 + αn = n ⇐⇒ 2an + a + 2b = n ⇐⇒ a = , b=− ·
2 4
Soit :
n 1
∀n ∈ N, n ≥ p, αn = − ·
2 4
n 1
d) On note (βn )n≥p la suite définie par βn = un − + .
2 4
Pour tout entier naturel n supérieur à p, on obtient :
n+1 1 n 1
un+1 + un = βn+1 + − + βn + − = βn+1 + βn + n.
2 4 2 4
Comme un+1 + un = n, alors βn+1 = −βn , donc la suite (βn )n≥p est une suite géométrique de
raison -1, soit :
∀n ∈ N, n ≥ p, βn = (−1)n−p βp .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 19 — #385


i i

CORRIGÉS 19

e) On déduit que :
n 1
∀n ∈ N, n ≥ p, un = − + (−1)n−p βp .
2 4
Au voisinage de l’infini, on a :
n
un ∼ ·
2

1.18 On montre par récurrence la propriété P(n) : ∀p ∈ [[0, n]], up > 0.


Par hypothèse les réels a et b sont strictement positifs d’où P(0) et P(1).
Si P(n), alors un > 0 et un−1 > 0, donc les réels u2n et 1 + un un−1 sont strictement positifs,
donc un+1 est strictement positif.
La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 0, donc :
∀n ∈ N, un > 0.
a) Supposons que, pour tout entier naturel n, le réel un est supérieur à 1 et montrons une
contradiction.
On a :
u2n u2n
∀n ∈ N∗ , 1 + un un−1 > un un−1 =⇒ < ,
1 + un un−1 un un−1
donc : un
un+1 < ·
un−1
Comme un−1 est supérieur à 1, son inverse est inférieur à 1, donc :
∀n ∈ N∗ , un+1 < un .
On en déduit que la suite U est décroissante, minorée par 1, donc elle converge vers l avec l
supérieur ou égal à 1.
2 !
l2

3 2 1 3
Comme l vérifie l = , alors l − l + l = 0, soit l l− + = 0, donc l’unique
1 + l2 2 4
solution réelle est 0 ce qui contredit le fait que l est supérieur ou égal à 1.
Notre hypothèse « pour tout entier naturel n, le réel un est supérieur à 1 » est fausse, donc :
∃p0 ∈ N, up0 < 1.
Soit n un entier naturel supérieur à p0 , montrons par récurrence la propriété :
H(n) : ∀p ∈ [[p0 , n]], up < 1.
On a montré H(p0 ).
1
Comme 1 + un un−1 > 1, alors < 1, d’où un+1 < u2n .
1 + un un−1
Si H(n), alors un < 1, donc u2n < un < 1, donc un+1 < 1.
La propriété H(n) est héréditaire, vraie pour n = p0 , donc :
∀n ∈ N, n ≥ p0 , un < 1.
On déduit que :
∀n ∈ N, n ≥ p0 , un+1 ≤ u2n ≤ un .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 20 — #386


i i

20 CHAPITRE 1

Donc la suite (un )n≥p0 est décroissante, minorée par 0, donc elle converge vers un réel l positif
l2
qui vérifie l = , donc l = 0.
1 + l2
On a montré que la suite U converge vers 0.

b) La suite U converge vers 0, donc :

un+1 un un+1 1
lim = lim =0 et lim = lim = 1.
n−→+∞ un n−→+∞ 1 + un un−1 n−→+∞ u2n n−→+∞ 1 + un un−1

La suite U est à valeur dans ]0, +∞[, donc ln(un ) existe.


ln(un )
On définit la suite (xn )n∈N par xn = ·
2n
Comme :
u2n
un+1 = ,
1 + un un−1
alors :
ln(un+1 ) = 2 ln(un ) − ln(1 + un un−1 ),
d’où :
ln(un+1 ) ln(un ) ln(1 + un un−1 )
= − ·
2n+1 2n 2n+1
Donc :
ln(1 + un un−1 )
xn − xn+1 = ·
2n+1
Au voisinage de +∞, on a :
un un−1
xn − xn+1 ∼ αn avec αn = ·
2n+1
Comme la suite U converge vers 0, alors il existe un entier naturel n0 tel que :

1
∀n ∈ N, n ≥ n0 , 0 < αn ≤ ·
2n+1
1
La série géométrique de terme général n+1 converge, donc la série à termes positifs αn converge,
2
comme xn − xn+1 ∼ αn , alors la série de terme général xn − xn+1 converge.
On a :
n−1
X
(xp − xp+1 ) = x0 − xn .
p=0

Comme la série de terme général xn − xn+1 converge, alors la suite (xn )n∈N converge, on note
l = lim xn .
n−→+∞

ln(1 + un un−1 )
c) La série de terme général converge, comme cette série est à termes strictement
2n+1
positifs, alors sa somme est strictement positive.
On a montré que l’ensemble {p ∈ N | ∀n ∈ N, n ≥ p, un < 1} est un ensemble non vide de
nombres entiers dont 0 est un minorant, donc il admet un plus petit élément que l’on note δ.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 21 — #387


i i

CORRIGÉS 21

+∞
X
On désigne par sδ = (xp − xp+1 ), on a :
p=δ

n−1
X
∀n ∈ N, n ≥ δ + 1, (xp − xp+1 ) = xδ − xn .
p=δ

On obtient :
ln(un )
xn = xδ − sδ + o(1) ⇐⇒ = xδ − sδ + o(1) ⇐⇒ ln(un ) = 2n (xδ − sδ + o(1)).
2n
D’où :  2n
un = exp (2n (xδ − sδ + o(1)) = exp(xδ − sδ + o(1)) .

ln(uδ )
Comme xδ = , alors au voisinage de +∞, on obtient :

 2n ln(uδ )
 1

un ∼ k(a, b) avec k(a, b) = e 2δ e−sδ = uδ e−sδ .

d) On sait que uδ est élément de ]0, 1[, donc :


  1

0< uδ < 1.

Comme le réel sδ est strictement positif, alors e−sδ est strictement inférieur à 1, donc :
k(R∗+ , R∗+ ) ⊂]0, 1[.

1.19 Montrons par récurrence la propriété P(n) : un > 1.


Comme u0 = 2, alors on a P(0).
Si un > 1, alors un + ln(un ) > 1, donc un+1 > 1.
La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 0, donc :
∀n ∈ N, un > 1.
Comme un+1 − un = ln(un ), alors un+1 > un .
La suite U est strictement croissante, donc elle admet en +∞ une limite l soit réelle soit égale
à +∞.
Supposons que la limite l est réelle, alors l = l + ln(l), donc l = 1.
La suite (un )n∈N est croissante, donc l ≥ u0 , soit l ≥ 2 ce qui est contradictoire avec l = 1,
donc la limite de la suite U est égale à +∞.
Le réel un est strictement supérieur à 1, donc non nul, soit :
un+1 ln(un )
=1+ ·
un un
ln(u) ln(un ) un+1
Comme lim = 0, alors lim = 0, soit lim = 1, donc, au voisinage
u−→+∞ u n−→+∞ un n−→+∞ un
de +∞, on a un+1 ∼ un .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 22 — #388


i i

22 CHAPITRE 1

On a également :
un+1 un
− = 1.
ln(un ) ln(un )
Au voisinage de +∞, on a un+1 ∼ un et lim un = +∞, donc ln(un+1 ) ∼ ln(un ).
n−→+∞

On a :
 
un+1 un un+1 un+1 un+1 ln(un+1 )
− −1= − = 1− ,
ln(un+1 ) ln(un ) ln(un+1 ) ln(un ) ln(un+1 ) ln(un )
  
un
un+1 un un+1  ln un+1 
− −1= ·
ln(un+1 ) ln(un ) ln(un+1 ) ln(un )

Comme un+1 ∼ un et ln(un+1 ) ∼ ln(un ), alors :


 
un+1 un un+1 un
− −1∼ 2 −1 ,
ln(un+1 ) ln(un ) ln (un ) un+1

et :  
un+1 1 un 1
−1
(un − un+1 ) = −
= ·
ln2 (un )ln2 (un )
un+1 ln(un )
1
Comme lim un = +∞, alors lim = 0, donc :
n−→+∞ n−→+∞ ln(un )

 
un+1 un
lim − − 1 = 0.
n−→+∞ ln(un+1 ) ln(un )

Au voisinage de +∞, on a :
un+1 un
− ∼ 1.
ln(un+1 ) ln(un )
un+1 un
La série de terme général − diverge, donc les sommes partielles sont équiva-
ln(un+1 ) ln(un )
lentes, soit, au voisinage de +∞ :
n−1
X  n−1
up+1 up X un 2 un
− ∼ 1 ⇐⇒ − ∼ n =⇒ ∼ n.
p=0
ln(up+1 ) ln(up ) p=0
ln(un ) ln 2 ln(un )

D’où :  
un
ln n ∼ ln ·
ln(un )
De plus :    
un ln(ln(un ))
ln = ln(un ) − ln(ln(un )) = ln(un ) 1 − .
ln(un ) ln(un )
ln(ln(un ))
Comme lim ln(un ) = +∞, alors lim = 0.
n−→+∞ n−→+∞ ln(un )
Au voisinage de +∞, on obtient ln(un ) ∼ ln n, comme un ∼ n ln(un ), alors un ∼ n ln n.

1.20 Soit f la fonction définie par f (t) = t2n ln(1 − tn ).


La fonction f est continue sur [0, 1[.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 23 — #389


i i

CORRIGÉS 23

Soit t 7−→ 1 − tn le C 1 -difféomorphisme strictement décroissant de ]0, 1[ sur ]0, 1[, on effectue
1
le changement de variable u = 1 − tn , soit t = (1 − u) n , on obtient :
Z 0
1 1
  Z
1 1 1
In = (1 − u)2 (ln u) − (1 − u) n −1 du = (1 − u) n +1 ln u du.
1 n n 0

D’où : Z 1
1
nIn = fn (u) du avec fn (u) = (1 − u) n +1 ln u.
0
La fonction fn est continue sur ]0, 1] et :
∀u ∈]0, 1], |fn (u)| ≤ (u − 1) ln u.
On a :
u2 u2
Z
(u − 1) ln u du = −u ln u + u +ln u − ·
2 4
On en déduit que la fonction u 7−→ (u − 1) ln u est intégrable sur ]0, 1] et :
Z 1
3
(u − 1) ln u du = ·
0 4
On en déduit que la fonction fn est intégrable sur ]0, 1], de plus la suite de fonctions (fn )n∈N∗
converge simplement vers la fonction f définie sur ]0, 1] par f (u) = (1 − u) ln u.
Du théorème de convergence dominée on déduit que :
Z 1 Z 1
3
lim nIn = lim fn (u) du = f (u) du = − ·
n−→+∞ n−→+∞ 0 0 4
3
Au voisinage de l’infini, on a In ∼ − ·
4n

1.21 On détermine les six premiers termes de la suite, on a :


x1 = 1 ; x2 = 2 ; x3 = 2 ; x4 = 2, 5 ; x5 = 2, 6.
On conjecture que la suite X est croissante.

Montrons cette conjecture.


Si xn > 0, alors xn+1 > 0, comme x0 = 1, alors on déduit par récurrence que :
∀n ∈ N, xn > 0.
On a :
−x2n + xn + n
xn+1 − xn = ·
xn
On veut montrer que la suite X est croissante, donc que −x2n + xn + n > 0, c’est-à-dire que :

1 + 1 + 4n
xn ≤ ·
2
On montre que, pour n entier strictement positif, la propriété suivante :
√ √
1 + 4n − 3 1 + 4n + 1
P(n) : ≤ xn ≤ ·
2 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 24 — #390


i i

24 CHAPITRE 1


1+ 5
Pour n = 1, on a x1 = 1 et 1 ≤ x1 ≤ , donc la propriété est vraie pour n = 1.
2
On suppose P(n).
Comme xn > 0, alors :


 
√ n 4n − 3 − 1
2n n 2n 4n + 1 − 1 n
√ ≤ ≤ √ ⇐⇒ ≤ ≤ ·
1 + 4n + 1 xn 1 + 4n − 3 2 xn 2(n − 1)

D’où : √ √
4n + 1 + 1 n − 2 + n 4n − 3
≤ xn+1 ≤ ·
2 2(n − 1)
Montrons que :
√ √
n − 2 + n 4n − 3 4n + 5 + 1 √ √
≤ ⇐⇒ n − 2 + n 4n − 3 ≤ (n − 1) 4n + 5 + n − 1 (1)
2(n − 1) 2
√ √
(1) ⇐⇒ n 4n − 3 − 1 ≤ (n − 1) 4n + 5.
 
1
La fonction x 7−→ 4x3 − 3x2 − 1 est croissante sur , +∞ , de plus elle s’annule en 1, donc
2
elle est positive sur [1, +∞[, soit :

∀n ∈ N∗ , 4n3 − 3n2 ≥ 1 =⇒ n 4n − 3 ≥ 1.

La fonction carrée est croissante sur R+ , donc :



(1) ⇐⇒ 4n3 − 3n2 + 1 − 2n 4n − 3 ≤ 4n3 − 3n2 − 6n + 5
√ √
(1) ⇐⇒ 6n − 4 ≤ 2n 4n − 3 ⇐⇒ 0 ≤ 3n − 2 ≤ n 4n − 3
(1) ⇐⇒ 9n2 − 12n + 4 ≤ 4n3 − 3n2 ⇐⇒ 0 ≤ 4n3 − 12n2 + 12n − 4.
Comme :
4n3 − 12n2 + 12n − 4 = 4(n − 1)3 ,
et n est un entier naturel non nul, alors (n − 1)3 ≥ 0.
Si P(n), alors :
√ √
1+ 4n + 1 1 + 4n + 5
≤ xn+1 ≤ ·
2 2
La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 1, donc :
√ √
∗ 1 + 4n − 3 1 + 4n + 1
∀n ∈ N , ≤ xn ≤ · (2)
2 2

1 + 4n − 3
On déduit de (2) que la suite X est croissante, de plus lim = +∞, donc
n−→+∞ 2
lim xn = +∞.
n−→+∞

On sait qu’au voisinage de 0, on a :


√ 1
1 + u = 1 + u + o(u).
2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 25 — #391


i i

CORRIGÉS 25

Au voisinage de l’infini, on a :
r   r  
3 3 1 1 1 1
1− =1− +o et 1+ =1+ +o ·
4n 8n n 4n 8n n
D’où : √

 
1+ 4n − 3 1 3 1
= n+ − √ +o √ ,
2 2 8 n n
et : √

 
1+ 4n + 1 1 1 1
= n+ + √ +o √ .
2 2 8 n n
Au voisinage de l’infini, on obtient :

• xn ∼ n.

 
1 1
• xn = n + + O √ ·
2 n

x
1.26 On définit sur R+ la fonction f par f (x) = r + x − √ ·
1 + x2
La fonction f est dérivable sur R+ et :
√ 2
1 + x2 − √ x
+ 0 1+x2 1
∀x ∈ R , f (x) = 1 − =1− 3 ·
1 + x2 (1 + x2 ) 2
Il est immédiat que :
∀x ∈ R+ , 0 ≤ f 0 (x) < 1.
La fonction f est strictement croissante de R+ sur f (R+ ) = [r, +∞[, donc f (R+ ) ⊂ R+ , on
déduit que la suite U est à valeurs dans R+ et qu’elle est strictement monotone.

Déterminons les points fixes de f , soit r un élément de ]0, 1[ et x un réel positif, on a :


x r
f (x) = x ⇐⇒ r = √ ⇐⇒ r2 (1 + x2 ) = x2 ⇐⇒ x = √ ·
1 + x2 1 − r2
r
La fonction f a un unique point fixe, le réel √ ·
1 − r2
De plus, on a :
2
r2
x r2 − 1+x
x
2 1−r 2
− x2
f (x) − x = r − √ = = (1 − r2 ) ,
r+ √x 2

1 + x2 x
1+x (1 + x2 ) r + √
1+x2
  
√ r √r
− x + x
1−r 2 1−r 2
f (x) − x = (1 − r2 )   ·
(1 + x2 ) r + √ x 2
1+x
r
Le réel r est élément de ]0, 1[, le réel x est positif, donc f (x) − x est du signe de √ − x,
1 − r2
soit :  
r
∀x ∈ 0, √ , f (x) ≥ x,
1 − r2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 26 — #392


i i

26 CHAPITRE 1

 
r
∀x ∈ √ , +∞ , f (x) ≤ x.
1 − r2
       
r r r r
f 0, √ = r, √ et f √ , +∞ = √ , +∞ ,
1 − r2 1 − r2 1 − r2 1 − r2
   
r r
donc les intervalles 0, √ et √ , +∞ sont stables par la fonction f .
1 − r2 1 − r2
D’où :
r
• Si a = √ , la suite U est stationnaire.
1 − r2
 
r r
• Si a ∈ √ , +∞ , la suite U est décroissante et minorée par √ , donc elle converge
1−r 2 1 − r2
r
vers l’unique point fixe de la fonction f , soit vers √ ·
1 − r2
 
r r
• Si a ∈ 0, √ , la suite U est croissante et majorée par √ , donc elle converge
1 − r2 1 − r2
r
vers l’unique point fixe de la fonction f , soit vers √ ·
1 − r2
r
Pour tout réel a positif, la suite U converge vers √ ·
1 − r2
 
0 r r
Remarque : On a 0 < f √ < 1, le point fixe √ est attractif.
1 − r2 1 − r2

1.27 a) On sait que :


   
1 1 1
∀x ∈]0, 1[, E ≤ <E + 1.
x x x

D’où :  
1 1 1
∀x ∈]0, 1[, −1<E ≤ ·
x x x
Donc :
∀x ∈]0, 1[, x(1 − x) < f (x) ≤ x =⇒ 0 < f (x) ≤ x < 1.
On en déduit que f (]0, 1[) ⊂]0, 1[.
On remarque que :
   
1 1 1
∀k ∈ N, k ≥ 2, ∀x ∈ , , E = k, donc : f (x) = kx2 .
k+1 k x

D’où :
k−1 1
lim f (x) = et lim f (x) = ·
1 +
x−→( k ) k2 1
x−→( k )
− k

On désigne par Λ l’ensemble des inverses des nombres entiers supérieurs à 2.


La fonction f présente en chaque point de Λ un point de discontinuité de première espèce,
donc la fonction f est continue par morceaux sur l’intervalle ]0, 1[, l’ensemble des points de
discontinuité de la fonction f est l’ensemble Λ.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 27 — #393


i i

CORRIGÉS 27

Recherche des points fixes :

x ∈]0, 1[
 
 x ∈]0, 1[ 
1

⇐⇒  
1 1 ⇐⇒ x ∈ N \ {0, 1} ⇐⇒ x ∈ Λ.

f (x) = x E
 =
x x

b) Comme f (]0, 1[) ⊂]0, 1[, alors la suite U est définie, strictement positive, de plus, pour tout
réel x élément de ]0, 1[, on a f (x) ≤ x, donc la suite U est décroissante, minorée par 0, donc
elle converge vers un réel l élément de [0, u0 [.
Si l 6= 0, alors le réel l est soit un point fixe de f soit un point de discontinuité de la fonction
f , donc l est élément de l’ensemble Λ.
Montrons que si l 6= 0, alors la suite est stationnaire.
On raisonne par l’absurde.
6 0, comme la suite décroît, alors, pour tout
Supposons que la suite U n’est pas stationnaire et l =
entier naturel n, on a un > l et l ∈ Λ, donc lim f (un ) = f (l+ ) = l − l2 , mais f (un ) = un+1
n−→+∞
et lim un+1 = l, de l’unicité de la limite, on déduit que l = l − l2 , donc l = 0 il y a une
n−→+∞
contradiction, l’hypothèse « la suite U n’est pas stationnaire pour l élément de Λ » est fausse.
La suite U converge vers 0 ou stationne en l avec l élément de Λ.

1
c) On suppose que lim un = , de la question précédente on déduit que la suite U est
n−→+∞ 2  
1
stationnaire et que, pour tout entier naturel n, un est élément de ,1 .
2
 
1 1
Pour tout réel x élément de , 1 , on a f (x) = x2 , donc un+1 = u2n si un 6= ·
2 2
1
La suite U stationne en donc :
2
1
∃p ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ p, un = ·
2
1
On désigne par p le plus petit entier naturel tel que up = .
2
On distingue plusieurs cas :
1
• Si p = 0, alors u0 = ·
2
r
1 1 1
• Si p 6= 0, alors on a up = et up−1 6= , comme up = (up−1 )2 , alors up−1 = ·
2 2 2
  12
1 2
• Si p 6= 1, alors up = (up−2 )4 , donc up−2 = .
2
  1p
1 2
On montre par récurrence que u0 = ·
2
Soit :
  1p !
1 1 2
lim un = ⇐⇒ ∃p ∈ N, u0 = ·
n−→+∞ 2 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 28 — #394


i i

28 CHAPITRE 1

 
1
d1 ) On pose pn = E et un+1 = pn u2n .
un
De la définition de la partie entière on déduit que :
1
pn ≤ < pn + 1.
un

La suite U est à valeurs dans ]0, 1[, comme la fonction carré est croissante sur R+ , alors :

1 1 (pn + 1)2
p2n ≤ 2
< (pn + 1)2 =⇒ pn ≤ 2
< ·
un pn un pn
D’où :
1 (pn + 1)2
pn ≤ < ·
un+1 pn
(pn + 1)2 1 (pn + 1)2
Comme = pn + 2 + et pn est supérieur à 1, alors ≤ pn + 3.
pn pn pn
D’où :
pn ≤ pn+1 < pn + 3.
Les nombres pn sont des nombres entiers naturels non nuls, donc pn+1 ≤ pn + 2.

d2 ) Montrons par récurrence la propriété P(n) : pn ≤ p0 + 2n.


Il est immédiat que l’on a p0 ≤ p0 + 2.0, d’où P(0).
Si P(n), alors pn+1 ≤ pn + 2, donc pn+1 ≤ p0 + 2n + 2, soit pn+1 ≤ p0 + 2(n + 1), donc P(n + 1).
La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 0, alors :

∀n ∈ N, pn ≤ p0 + 2n.
1 1 1
Comme < pn + 1, alors un > , donc un > , la série de terme général
un pn + 1 p0 + 2n + 1
1 X
diverge, donc la série un diverge.
2n + 1 + p0
n≥0

a(1 + a2 )
1.29 a) On définit la fonction fa sur R+ par fa (x) = ·
1 + x2
Soit u0 un réel, alors u1 est positif, comme fa (R+ ) =]0, a(1 + a2 )], on montre par récurrence
que, pour tout entier naturel n non nul, le réel un est positif.
Recherche des points fixes de fa .
On a :
fa (x) = x ⇐⇒ x(1 + x2 ) = a(1 + a2 ) ⇐⇒ x3 + x − a3 − a = 0,
fa (x) = x ⇐⇒ (x − a)(x2 + ax + a2 ) + (x − a) = 0 ⇐⇒ (x − a)(x2 + ax + a2 + 1) = 0.
La fonction fa admet un unique point fixe qui est le réel a.

2a(1 + a2 ) x
Soit a un élément de ]0, 1[∪]1, +∞[, on a fa0 (x) = − ·
(1 + x2 )2
La fonction fa est décroissante sur R+ , donc les suites (u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N sont monotones
de sens contraires, comme elles sont bornées, alors elles convergent.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 29 — #395


i i

CORRIGÉS 29

2a2 2a2
De plus, on a fa0 (a) = − 2
, soit |fa0 (a)| = et :
1+a 1 + a2
2a2 a2 − 1
|fa0 (a)| − 1 = − 1 = ·
1 + a2 a2 + 1
On distingue deux cas :
• Si 0 < a < 1, alors |fa0 (a)| < 1, donc le point fixe a est attractif.
Montrons que la suite U converge vers le réel a.
Cherchons les points fixes de la fonction fa ◦ fa .
Comme :
a(a2 + 1) a(a2 + 1) a(a2 + 1)(x2 + 1)2
(fa ◦ fa )(x) = = 2 = 2 ,
1 + f 2 (x) (x + 1)2 + a2 (a2 + 1)2
 2
1 + a(a +1)
1+x2

alors :
(fa ◦ fa )(x) = x ⇐⇒ a(a2 + 1)(x4 + 2x2 + 1) = x(x4 + 2x2 + 1 + a6 + 2a4 + a2 ),

(fa ◦ fa )(x) = x ⇐⇒ x5 − (a3 + a)x4 + 2x3 − 2(a3 + a)x2 + (a6 + 2a4 + a2 + 1)x − a3 − a = 0.
On sait que les points fixes de la fonction fa sont aussi points fixes de la fonction fa ◦ fa , donc :

(fa ◦ fa )(x) = x ⇐⇒ (x − a)(x2 + ax + a2 + 1)(x2 − (a3 + a)x + 1) = 0.

Déterminons le discriminant du polynôme P (x) = x2 − (a3 + a)x + 1 :

∆ = (a3 + a)2 − 4 = (a3 + a + 2)(a3 + a − 2) = (a − 1)(a2 + a + 2)(a + 1)(a2 − a + 2),


 2 !  2 !
1 3 1 3
∆ = (a − 1)(a + 1) a+ + a− + .
2 4 2 4
Pour a tel que 0 < a < 1 le discriminant est négatif, donc la fonction fa ◦ fa a un unique
point fixe, le réel a, donc les suites (u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N convergent vers a, donc la suite U
converge vers a.
• Si a > 1, alors |fa0 (a)| > 1, donc le point fixe est répulsif, la suite U converge si et seulement
si la suite U stationne en a.
Comme l’équation fa (x) = a admet une unique solution x = a, alors u0 = a.
On en conclut que la suite U converge si et seulement si u0 = a.
Remarque : La fonction f ◦ f a trois points fixes positifs a, b et c comme P (a) = 1 − a4 ,
donc P (a) < 0, soit 0 < b < a < c de plus a est l’unique point fixe de la fonction f , on a
f (a) = a, f (b) = c, f (c) = b.
Si u0 6= a, alors la suite (u2n )n∈N converge soit vers l = b soit vers l = c, la suite (u2n+1 )n∈N
converge vers f (l), donc soit vers c soit vers b.

3) Si a = 1, on étudie la suite U = (un )n∈N définie, pour tout entier naturel n, par :
2
un+1 = ·
1 + u2n

2(x2 + 1)2
On pose g(x) = f1 ◦ f1 (x) = ·
x4 + 2x2 + 5

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 30 — #396


i i

30 CHAPITRE 1

On a :
(x − 1)3 (x2 + x + 1)
g(x) − x = − ·
x4 + 2x2 + 5
La fonction g est croissante, continue et admet un unique point fixe 1.
Les suites (u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N sont monotones et bornées, donc elles convergent vers 1, donc
la suite U converge vers 1.

4) En conclusion :
• Pour tout réel a élément de ]0, 1], pour tout réel positif u0 , la suite U converge vers a.
• Pour tout réel a strictement supérieur à 1, la suite U converge si et seulement si le réel
u0 = a.
   
1.31 a) Déterminons f C et f C\ ] − ∞, 0] .

On distingue deux cas :


 
• Si z est élément de R− , alors f ] − ∞, 0] = {0}·

• Si z est élément de C\ ] − ∞, 0].


On pose z = a + i b avec a > 0 et b = 0 ou a quelconque et b non nul. On a :
• Si z = a avec a strictement positif, alors f (z) = z.
• Si z = a + i b avec b non nul,
p
∀(u, v) ∈ R2 , f (z) = u + i v ⇐⇒ a + i b + a2 + b2 = 2u + 2i v
 p p
 a + a2 + b2 = 2u  a2 + 4v 2 = 2u − a
⇐⇒ ⇐⇒
 
b = 2v b = 2v
On a : p a
a2 + 4v 2 = 2u − a ⇐⇒ a2 + 4v 2 = 4u2 − 4ua + a2 et u≥ ·
2
Soit :
u2 − v 2
a= et u > 0.
u
On en déduit que :
 
• f C = (R∗+ × R) ∪ {(0, 0)}·
 
• f C\ ] − ∞, 0] = R∗+ × R.

b) Il est immédiat que la fonction f n’est pas injective car f (−1) = f (−2) = 0.

c) On montre par récurrence la propriété suivante :


 n
Y  
θ θ
Q(n) : ∀θ ∈ R, sin θ = 2n sin cos ·
2n 2k
k=1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 31 — #397


i i

CORRIGÉS 31

On sait que :    
θ θ
∀θ ∈ R, sin θ = 2 sin cos .
2 2
D’où Q(1).
Supposons Q(n), on a :
   n
Y  
θ θ θ
sin = 2n sin cos ,
2 2n+1 2k+1
k=1

donc :
      n+1    
θ θ θ Y θ θ
2 sin cos = 2n+1 sin cos cos ,
2 2 2n+1 2k 2
k=2

donc :
  n+1  
θ Y θ
sin θ = 2n+1 sin cos ·
2n+1 2k
k=1

On a montré que la propriété Q(n) est héréditaire, vraie pour n = 1, donc :


 n
Y  
∗ n θ θ
∀θ ∈ R, ∀n ∈ N , sin θ = 2 sin cos ·
2n 2k
k=1

d1 ) Soit z0 est élément de ] − ∞, 0] alors, pour tout entier naturel n, on a zn = 0.

d2 ) Soit z0 est élément de C\] − ∞, 0].


 
Comme f C\ ] − ∞, 0] = R∗+ × R, alors :

∃!(ρn , θn ) ∈ R∗+ ×] − π, π[, zn = ρn ei θn .

On a :
θn θn
1 1 ρ n i θn θn ei 2 + e−i 2
zn+1 = (zn + |zn |) = (ρn ei θn + ρn ) = (e + 1) = ρn ei 2 ·
2 2 2 2
D’où :  
θn θn
zn+1 = ρn cos ei 2 .
2
θn i π πh
On sait que, pour tout entier naturel n non nul, le réel est élément de − , , donc
  2 2 2
θn
cos est un réel strictement positif, d’où :
2
 
θn θn
ρn+1 = |zn+1 | = ρn cos et θn+1 = arg(zn+1 ) = ·
2 2

1
La suite (θn )n∈N est une suite géométrique de raison et de premier terme θ0 , donc :
2
θ0
∀n ∈ N, θn = ·
2n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 32 — #398


i i

32 CHAPITRE 1

n  
Y θ0
On montre par récurrence la propriété suivante P(n) : ρn = ρ0 cos ·
2k
k=1
 
θ0
On a ρ1 = ρ0 cos , donc P(1).
2
On suppose P(n), on déduit :
  n     n+1  
θ0 Y θ0 θ0 Y θ0
ρn+1 = ρn cos = ρ0 cos cos = ρ0 cos ·
2n+1 2k 2n+1 2k
k=1 k=1

On a montré que la propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 1, donc :


n  
Y θ0
∀n ∈ N∗ , ρ n = ρ0 cos ·
2k
k=1

On distingue deux cas :


• Soit le réel θ0 est nul, alors z0 = ρ0 . Il est immédiat que, pour tout entier naturel n, le
complexe zn est égal à z0 . La suite Z est stationnaire.
 
θ0
• Soit le réel θ0 est élément de ] − π, 0[∪]0, π[, alors le réel sin est non nul, donc :
2n
n  
Y θ0 sin θ0
∀n ∈ N∗ , cos = ·
k=1
2k 2n sin 2θn0

On a montré que :
ρ0 sin θ0
∀n ∈ N, ρn = ·
2n sin 2θn0
d3 ) Au voisinage de 0, on a sin u ∼ u, d’où :
  
θ0 ρ0 sin θ0
lim 2n sin = θ0 , donc : lim ρn = ·
n−→+∞ 2n n−→+∞ θ0

Il est immédiat que la suite (θn )n∈N converge vers le réel 0.


Conclusion.
• Si le réel θ0 est nul, la suite Z est stationnaire.
ρ0 sin θ0
• Si le réel θ0 est élément de ] − π, 0[∪]0, π[, la suite Z converge vers le réel ·
θ0

1.35 La fonction fn associée à la suite U est définie sur R+ par fn (x) = n + 1 + x.

√ u0
a) On montre par récurrence la propriété P(n) : n ≤ un ≤ n + n ·
2
Pour n = 0, comme le réel u0 est positif, alors on a P(0).

Si P(n − 1), alors un−1 ≥ n − 1, donc un−1 est positif, donc n + un−1 ≥ n, comme la fonction
racine carrée est croissante, on a : √
un ≥ n.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 33 — #399


i i

CORRIGÉS 33

√ √ 1
On sait que, pour tout réel c positif, on a (1 − c)2 ≥ 0, donc c ≤ (1 + c), d’où :
2
√ n+1 un−1
n + un−1 ≤ + ,
2 2
comme : u0
un−1 ≤ n − 1 + ,
2n−1
alors :
n+1 n−1 1 u0
un ≤ + + ,
2 2 2 2n−1
soit : u0
un ≤ n +·
2n
La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 0, donc :
√ u0
∀n ∈ N, n ≤ un ≤ n + · (1)
2n
b) On déduit de (1) que :
1 un 1 u0
∀n ∈ N∗ , √ ≤ 2 ≤ + n·
n n n n n2
   
1 1 u0
Comme les suites √ et + n convergent vers 0, alors du théorème d’enca-
n n n≥1 n n2 n≥1
u 
n
drement des suites on déduit que la suite converge vers 0.
n2 n≥1

c) On a :
 2
un−1 un−1 1
lim = lim · 1 − = 0.
n−→+∞ n2 n−→+∞ (n − 1)2 n
Donc : r
un 1 un−1
lim = lim + = 0.
n−→+∞ n n−→+∞ n n2
On a : r
un un−1
∀n ∈ N∗ , 1≤ √ ≤ 1+ ·
n n
 
un un−1 un−1 1
Comme lim = 0, alors lim = lim 1− = 0, donc :
n−→+∞ n n−→+∞ n n−→+∞ n − 1 n
r
un−1
lim 1+ = 1.
n−→+∞ n
un
Du théorème d’encadrement on déduit que lim √ = 1.
n−→+∞ n
Au voisinage de +∞, on a : √
un ∼ n.
d) Au voisinage de 0, on a :

√ x x2
1+x=1+ − + o(x2 ).
2 8

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 34 — #400


i i

34 CHAPITRE 1

un−1
Comme lim = 0, alors :
n−→+∞ n
u2
 2 
√ √ √
r  
un−1 un−1 un−1
un − n = n 1+ −1 = n − n−1 + o ,
n 2n 8n2 n2

u2n−1
 2 
√ un−1 un−1
un − n = √ − √ +o √ ·
2 n 8n n n n
u2
 2 
√ 1 un−1
Au voisinage de +∞, on a un−1 ∼ n, donc n−1 √ ∼ √ , donc la suite √ converge
n n n n n n≥1

 
un−1 1
vers 0 et la suite √ converge vers 1, donc la suite (un − n)n∈N converge vers ·
n n≥1 2
Au voisinage de +∞, on obtient :
√ 1
un = n+ + o(1).
2

1
1.36 La fonction fn associée à la suite U est définie sur R par fn (x) = ax − ·
n+1

On a :
1 1
u1 = au0 − 1 et = a2 u 0 − a − ·
u2 = au1 −
2 2
Soit n un entier naturel non nul, on montre par récurrence la propriété suivante :
n
X an−p
P(n) : un = an u0 − ·
p=1
p

On a montré P(1) et P(2).


On suppose P(n), alors :
n
! n
1 X an−p 1 X an+1−p 1
un+1 = aun − = a an u 0 − − = an+1 u0 − − ·
n+1 p=1
p n+1 p=1
p n + 1

Donc :
n+1
X an+1−p
un+1 = an+1 u0 − ·
p=1
p
La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 1, donc :
n
!
∗ n
X a−p
∀n ∈ N , un = a u0 − ·
p=1
p

On sait que :
n−1
X 1 − xn
∀x ∈ R, x=
/ 1, ∀n ∈ N∗ , xp = ·
p=0
1−x
Soit :
n−1
1 X p xn
= x + ·
1−x p=0
1−x

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 35 — #401


i i

CORRIGÉS 35

On intègre cette égalité, on obtient :


n−1 t n Z t
tp+1 xn tp xn
X Z X
∀t ∈ [0, 1[, − ln(1 − t) = + dx = + dx.
p=0
p+1 0 1−x p=1
p 0 1−x

1
Le réel a est strictement supérieur à 1, donc est compris strictement entre 0 et 1, on parti-
a
1
cularise t = , on obtient :
a
n  Z 1
a−p xn

X 1 a
= − ln 1 − − dx.
p=1
p a 0 1−x

D’où :
n
! Z 1
a−p xn
  
X 1 a
∀n ∈ N∗ , u n = an u0 − = an u0 + ln 1 − + an dx.
p=1
p a 0 1−x

1
xn
Z
a
n
Montrons que lim a dx = 0.
n−→+∞ 0 1−x
On a :
xn
 
1 1 1 a
∀x ∈ 0, , 1≤ ≤ 1 =⇒ 0 ≤ ≤ xn .
a 1−x 1− a
1−x a−1
Donc : 1
xn
Z
a a 1 1
0 ≤ an dx ≤ an ≤ ·
0 1−x a − 1 (n + 1) an+1 (n + 1)(a − 1)
1
Il est immédiat que lim = 0, du théorème d’encadrement des suites on
n−→+∞ (n + 1)(a − 1)
Z 1
a xn
déduit que lim an dx = 0.
n−→+∞ 0 1−x
 
1
La suite U est convergente si et seulement si u0 = − ln 1 − , dans ce cas la suite converge
a
vers 0.
 
1
/ − ln 1 −
La suite U est divergente si et seulement si u0 = et :
a
 
1

 +∞ si u0 > − ln 1 −

 a
lim un =  ·
n−→+∞  1
 −∞ si u0 < − ln 1 −

a

1.38 a) Calculons à l’aide d’un logiciel de calcul formel les quinze premiers termes de cette
suite.
On a u2 = u1 − 2u0 = 1.
On obtient :
u3 = 5, u4 = 11, u5 = 19, u6 = 29, u7 = 41, u8 = 55, u9 = 71, u10 = 89,

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 36 — #402


i i

36 CHAPITRE 1

u11 = 109, u12 = 131, u13 = 155, u14 = 181, u15 = 209.
b) On remarque que :
u4 − u3 = 6 = 2 ∗ 3, u5 − u4 = 8 = 2 ∗ 4, u15 − u14 = 28 = 2 ∗ 14.
On conjecture que un+1 − un = 2n.

c) Pour tout entier naturel n, montrons par récurrence la propriété :


P(n) : ∀p ∈ [[0, n]], up+1 − up = 2p.
On a u0 = u1 = −1, donc u1 − u0 = 0 = 2 ∗ 0, donc P(0).
Soit n un entier naturel :
 
un+2 − un+1 = (n + 1)un+1 − (n + 2)un − nun − (n + 1)un−1 ,

un+2 − un+1 = (n + 1)(un+1 − un ) − (n + 1)(un − un−1 ).


Si P(n), alors un+1 − un = 2n et un − un−1 = 2(n − 1), donc :
un+2 − un+1 = 2n(n + 1) − 2(n − 1)(n + 1) = 2(n + 1)(n − n + 1) = 2(n + 1).
La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 0, donc :
∀n ∈ N, un+1 − un = 2n.

d) On a montré que :
∀p ∈ N, up+1 − up = 2p.
Par télescopie, on déduit que :
n−1 n−1
X X 2n(n − 1)
un − u0 = (up+1 − up ) = 2 p= = n2 − n.
p=0 p=1
2

Donc :
∀n ∈ N, un = n2 − n − 1.

1.40 a) On désigne par N la norme de E, on a :


∀n ∈ N, N (un+1 + µn un ) ≤ N (un+1 ) + |µ|n N (un ).
On pose, pour tout entier naturel n, vn = N (un ), on obtient :
∀n ∈ N, vn+2 ≤ vn+1 + |µ|n vn .
Montrons par récurrence la propriété suivante :
P(n) : ∀k ∈ [[0, n + 1]], vk < wk .
Si P(n), soit vn+1 < wn+1 et vn < wn , alors :
vn+2 ≤ vn+1 + |µ|n vn < wn+1 + |µ|n wn = wn+2 .
La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 0, donc :
∀n ∈ N, vn < wn .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 37 — #403


i i

CORRIGÉS 37

b) La suite (vn )n∈N est à valeurs dans R+ , donc la suite (wn )n∈N est à valeurs dans ]0, +∞[,
comme :
∀n ∈ N∗ , wn+1 − wn = |µ|n−1 wn−1 et µ 6= 0,
alors :
∀n ∈ N∗ , wn+1 − wn > 0.
La suite (wn )n∈N est strictement croissante.
On a :
wn+2 − wn+1 |µ|n wn wn
= = |µ| ·
wn+1 − wn |µ|n−1 wn−1 wn−1
On sait que :
wn+2 − wn+1 = |µ|n wn ,
d’où :
wn+2 wn
0< − 1 ≤ |µ|n ≤ |µ|n .
wn+1 wn+1
Comme le nombre complexe µ est de module strictement inférieur à 1, alors lim |µ|n = 0,
n−→+∞
wn+2
du théorème d’encadrement des suites, on déduit que lim = 1, donc :
n−→+∞ wn+1

wn+2 − wn+1
lim = |µ|.
n−→+∞ wn+1 − wn

Soit :
 
wn+2 − wn+1
∀ε ∈ R∗+ ,

∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ n0 =⇒ − |µ| ≤ ε .
wn+1 − wn

1 − |µ| 1 − |µ|
Le nombre complexe µ est tel que |µ| < 1, donc > 0, en particularisant ε = ,
2 2
comme la suite (wn )n∈N est strictement croissante, on obtient :

wn+2 − wn+1
∀n ∈ N, n ≥ n0 , 0< ≤ ε + |µ| ≤ 1.
wn+1 − wn

Donc la suite (wn+1 − wn )n≥n0 est décroissante.

c) Comme la suite (wn+1 − wn )n≥n0 est décroissante et positive, alors elle converge, soit au
voisinage de l’infini, on a :
wn+1 − wn = O(1).
On somme ces relations, on obtient par télescopie :
n−1
X
(wl+1 − wl ) = wn − w0 ,
l=0

soit :
wn = O(n).
n−1
Comme wn+1 − wn = |µ| wn−1 , alors au voisinage de l’infini, on a :

wn+1 − wn = O(n|µ|n−1 ).

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 38 — #404


i i

38 CHAPITRE 1



1 1
On a lim n3 |µ|n−1 = 0, donc wn+1 − wn = O , la série de terme général 2 converge,
n−→+∞ n2 n
donc la série à termes positifs wn+1 − wn converge ce qui entraîne la convergence de la suite
(wn )n∈N , donc la suite (wn )n∈N est bornée, soit :

∃M ∈ R+ , ∀n ∈ N, 0 < wn ≤ M.

Comme :
∀n ∈ N, 0 ≤ vn < w n ,
alors :
∀n ∈ N, 0 ≤ N (un ) ≤ M.
La suite U est bornée.

d) Montrons que la suite U est une suite de Cauchy.


On a :
∀p ∈ N, up+2 − up+1 = µp up .
Soient n et q deux entiers naturels non nuls, on somme la relation précédente de n−1 à n+q −2,
soit :
n+q−2 n+q−2
X X p
(up+2 − up+1 ) = µ up ,
p=n−1 p=n−1

par télescopie, on obtient :


n+q−2
X
un+q − un = µp u p .
p=n−1

De l’inégalité triangulaire vérifiée par la norme N , on déduit que :


n+q−2
X
N (un+q − un ) ≤ N (µp up ).
p=n−1

De plus, on a N (µp up ) = |µp | N (up ) et la suite U est bornée, donc il existe un réel positif M
tel que, pour tout entier naturel p, N (up ) ≤ M, soit :
n+q−2
X
N (un+q − un ) ≤ M |µ|p .
p=n−1

Le nombre complexe µ est tel que |µ| < 1, on a :


n+q−2
X |µ|n−1
|µ|p ≤ ·
p=n−1
1 − |µ|

D’où :
M
N (un+q − un ) ≤ |µ|n−1 .
1 − |µ|
Comme µ est tel que |µ| < 1, alors lim |µ|n−1 = 0, soit :
n−→+∞

 
∀ε ∈ R∗+ , ∃n0 ∈ N∗ , ∀n ∈ N∗ , n ≥ n0 =⇒ |µ|n−1 ≤ ε .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 39 — #405


i i

CORRIGÉS 39

D’où :
∀ε ∈ R∗+ , ∃n0 ∈ N∗ , ∀(n, q) ∈ (N∗ ) ,
2

M
n + q ≥ n ≥ n0 =⇒ N (un+q − un ) ≤ ε.
1 − |µ|
On a montré que la suite U est une suite de Cauchy dans l’espace de Banach E, donc cette
suite converge.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 40 — #406


i i

Chapitre 2
Séries
n
X
2.3 a) On calcule eip .
p=0

Comme ei = cos 1 + i sin 1, alors ei 6= 1, donc :


n  
X p ei(n+1) − 1 ei(n+1) − 1
ei = = i  i ·
p=0
e −1
i
e 2 e 2 − e− 2
i

D’où : n n
|ei(n+1) | + 1 1
X X
ip ip
e ≤  , donc : e ≤ ·

i 1

p=0
|2ie 2 | sin 21
p=0
sin 2

Pour tout nombre complexe z, on a |Im(z)| ≤ |z|, donc :


n
1
X

∀n ∈ N , sin p ≤ ·

sin 12


p=0

La suite (Sn )n∈N est bornée.

b) Soit n un entier supérieur à 2, on a :


n n n n n−1 n−1
X sin p X Sp − Sp−1 X Sp X Sp−1 Sn X S p X Sp
= = − = + − ·
p=1
p p=1
p p=1
p p=1
p n p=1
p p=0
p+1

Comme S0 = 0, alors :
n n−1
X sin p Sn X Sp
= + ·
p=1
p n p=1
p(p + 1)
 
Sn
La suite (Sn )n∈N est bornée, donc la suite converge vers 0.
n n∈N∗
On a :

Sp 1
∀p ∈ N , p(p + 1) ≤ p2 sin 1  ·

2
X 1 X Sn X sin n
La série 2
converge, donc la série converge absolument, donc la série
n n(n + 1) n
n≥1 n≥1 n≥1
converge, et :
+∞ +∞
X sin n X Sn
= ·
n=1
n n=1
n(n + 1)

2.5 Test de Raabe-Duhamel


 
un+1
a) On déduit de (1) que lim = a, c’est-à-dire que :
n−→+∞ un
 
un+1
∀ε ∈ R∗+ ,

∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N =⇒ − a ≤ ε .
un

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 41 — #407


i i

CORRIGÉS 41

Soit : un+1
∀n ∈ N, n ≥ N, a−ε≤ ≤ a + ε. (2)
un
On distingue deux cas :
a
• Si a > 0, alors en particularisant ε = , on obtient :
2
un+1 a
∀n ∈ N, n ≥ N, ≥ > 0.
un 2
On en déduit que, pour tout entier naturel n supérieur à N , le réel un est soit strictement
positif soit strictement négatif.
a
• Si a < 0, alors en particularisant ε = − , on obtient :
2
un+1 a
∀n ∈ N, n ≥ N, ≤ < 0.
un 2
On en déduit :
∀n ∈ N, n ≥ N, un un+1 < 0.
La suite (un )n≥N est alternée.

b) On pose an = ln(n−b un ).
On a :
n−1
X
(ap+1 − ap ) = an − a0 .
p=0
X
La convergence de la série (an+1 − an ) est équivalente à la convergence de la suite (an )n∈N .
n≥1
X
Étudions la nature de la série (an+1 − an ).
n≥1

Au voisinage de +∞, on a :

(n + 1)−b un+1
      
1 b 1
an+1 − an = ln = −b ln 1 + + ln 1 + + O ·
n−b un n n n2
On sait que :
        
1 1 1 b 1 b 1
ln 1 + = +O et ln 1 + + O = + O .
n n n2 n n2 n n2
Donc :  
1
an+1 − an = O ·
n2
 
X 1 X
La série numérique O est convergente, donc la série (an+1 − an ) est convergente,
n2
n≥1 n≥1
−b
donc la suite (an )n∈N converge vers un réel k, donc la suite (n un )n∈N converge vers le réel
K = ek .
K
Au voisinage de l’infini, on a un ∼ −b ·
n
X 1
On sait que la série de Riemann est convergente si et seulement si −b > 1 soit b < −1.
n−b
n≥1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 42 — #408


i i

42 CHAPITRE 2

On en déduit que si le réel a = 1, la série numérique de terme général un est convergente si et


seulement si b est élément de ] − ∞, −1[.
On a montré le test de Raabe-Duhamel.

c) Si le réel a est strictement supérieur à 1 et si, pour tout entier naturel n, le réel un est
strictement positif.
a−1
On obtient, en particularisant ε = dans (2) :
2
un+1 a+1
∀n ∈ N, n ≥ N, ≥ > 1.
un 2
On montre par récurrence que :
 n−N
a+1
∀n ∈ N, n ≥ N, un ≥ uN .
2

On a :  n−N
a+1 a+1
> 1 =⇒ lim uN = +∞ =⇒ lim un = +∞.
2 n−→+∞ 2 n−→+∞
X
Le terme général un de la série numérique un ne converge pas vers 0, donc la série diverge
n≥0
grossièrement.

Si le réel a est élément de [0, 1[ et si pour tout entier naturel n


X le réel un est strictement positif,
le critère de d’Alembert nous permet d’affirmer que la série un converge.
n≥0

d) Si a est strictement négatif, alors :

∀n ∈ N, n ≥ N, un un+1 < 0.
 
vn+1
On pose vn = |un |. Il est clair que lim = −a.
n−→+∞ vn
On déduit des questions précédentes que :
X
• Si a < −1, alors lim vn = +∞, donc lim un =
/ 0, donc la série un diverge.
n−→+∞ n−→+∞
n≥0
X
• Si −1 < a < 0, du test de d’Alembert on déduit que la série numérique vn converge,
n≥0
X
donc la série un est absolument convergente.
n≥0

• Si a = −1, au voisinage de +∞, on a :


   
un+1 b 1 vn+1 b 1
= −1 + + O =⇒ =1− +O ·
un n n2 vn n n2

K
On déduit du test de Raabe-Duhamel qu’au voisinage de +∞, on a vn ∼ ·
nb

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 43 — #409


i i

CORRIGÉS 43

X
Si le réel b est strictement supérieur à 1, alors la série un est absolument convergente, si
n≥0
X
le réel b est négatif ou nul, alors la suite (un )n∈N ne converge pas vers 0, donc la série un
n≥0
diverge grossièrement.
Étude du cas 0 < b ≤ 1.
On a :
K
vn ∼
=⇒ lim vn = 0 =⇒ lim un = 0.
nb n−→+∞ n−→+∞
 
vn+1 b 1
Comme =1− +O et b strictement positif, alors :
vn n n2
vn+1
∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N, < 1,
vn
donc :
∀n ∈ N, n ≥ N, vn+1 < vn .
 
La suite |un | est décroissante, elle converge vers 0, comme, pour tout entier n supérieur
n≥N
X
à N , on a un un+1 < 0, alors la série un est une série alternée convergente.
n≥0

e) On peut remplacer un par −uX n dans les questions b) c) et d), donc si la suite (un )n∈N est à
X
valeurs dans R∗− , alors les séries un et (−un ) sont de même nature.
n≥0 n≥0

Conclusion.
X
• a > 1, la série un diverge.
n≥0
X
• a = 1 et b < −1, la série un converge.
n≥0
X
• a = 1 et b ≥ −1, la série un diverge.
n≥0
X
• − 1 < a < 1, la série un converge.
n≥0
X
• a = −1 et b > 1, la série un est absolument convergente.
n≥0
X
• a = −1 et 0 < b ≤ 1, la série un est semi-convergente.
n≥0
X
• a = −1 et b ≤ 0, la série un diverge.
n≥0
X
• a < −1, la série un diverge.
n≥0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 44 — #410


i i

44 CHAPITRE 2

n
X ln p 1
2.6 Montrons que la suite (un )n∈N∗ définie par un = − ln2 n converge.
p=1
p 2

X
a) La série (un+1 − un ) converge si et seulement si la suite (un )n∈N∗ converge.
n≥1
X
Étude de la nature de la série (un − un−1 ).
n≥1

On a :
ln n 1 1
vn = un − un−1 = − ln2 (n) + ln2 (n − 1).
n 2 2  
ln n 1 ln n 1 1
ln2 (n − 1) − ln2 n =

vn = + + ln 1 − ln n + ln(n − 1) ,
n 2 n 2 n
   
ln n 1 1 1
vn = + ln 1 − 2 ln n + ln 1 − .
n 2 n n
Du développement limité à l’ordre 2 au voisinage de 0 de la fonction x 7−→ ln(1 − x), on déduit,
au voisinage de +∞, que :
   
1 1 1 1
ln 1 − =− − 2 +o ·
n n 2n n2
Soit      
ln n 1 1 1 1 1 1 1
vn = + −− 2 +o 2 ln n − − + o ,
n 2 n 2n n2 n 2n2 n2
 
ln n ln n ln n
vn = − 2 + o , donc : vn ∼ − 2 ·
2n n2 2n
ln n
Comme lim √ = 0, alors :
n−→+∞ n
 
ln n
∀ε ∈ R∗+ ∃N ∈ N∗ ∀n ∈ N n ≥ N =⇒ 0 ≤ √ ≤ ε .
n
On particularise ε = 1, on obtient :
ln n 1
∀n ∈ N n ≥ N =⇒ 0 ≤ ≤ 3·
n2 n2
X 1
La série de Riemann 3 est convergente, du test de comparaison des séries à termes positifs
n≥1 n2
X ln n
on déduit que la série de Bertrand est convergente.
n2
n≥1
X
Du test d’équivalence des séries à termes positifs, on déduit que la série (un − un−1 ) est
n≥1
convergente, donc la suite (un )n∈N∗ converge.
On note δ la limite de cette suite.
Au voisinage de +∞, on a :
n
X ln p 1
= ln2 n + δ + o(1). (1)
p=1
p 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 45 — #411


i i

CORRIGÉS 45

ln x
b) Soit f la fonction définie sur [1, +∞[ par f (x) = ·
x
1 − ln x
La fonction f est positive, dérivable sur [1, +∞[ et f 0 (x) = ·
x2
Donc la fonction f est décroissante sur [e, +∞[ et lim f = 0.
+∞
 
ln n
La suite est une suite de réels positifs, décroissante qui converge vers 0, du théorème
n n≥3
X ln n
spécial des séries alternées on déduit que la série (−1)n est convergente.
n
n≥1

On note S la somme de cette série, au voisinage de +∞, on a :


n
X ln p
(−1)p = S + o(1). (2)
p=1
p

c) Des relations (1) et (2), on déduit :


2n 2n
X ln p X ln p 1
(−1)p + = S + ln2 (2n) + δ + o(1),
p=1
p p=1
p 2

et :
2n 2n n
X ln p X ln p X ln(2p)
(−1)p + =2 ·
p=1
p p=1
p p=1
2p

Or :
n n n n
X ln(2p) X ln 2 X ln p X 1 1
= + = ln 2 + ln2 n + δ + o(1).
p=1
p p=1
p p=1
p p=1
p 2
n
X 1
Au voisinage de +∞, on a = ln n + γ + o(1) où γ est la constante d’Euler.
p=1
p

Donc :  2
1 2 1
(ln n + γ + o(1)) ln 2 + ln n + δ = ln n + ln 2 + S + δ + o(1).
2 2
Soit :
1
S = (γ − ln 2) ln 2.
2

2.7 On suppose que :


• ∀n ∈ N, an > 0 et bn > 0.
 
1 an 1
• lim − = l.
n−→+∞ bn an+1 bn+1
Donc :
 
1 an 1
∀ε ∈ R∗+ ,

∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N =⇒ − − l ≤ ε .
bn an+1 bn+1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 46 — #412


i i

46 CHAPITRE 2

Soit :
1 an 1
n ≥ N, l−ε≤ − ≤ l + ε. (1)
bn an+1 bn+1
Le réel l est non nul, donc :
an an+1
n ≥ N, − ∼ lan+1 . (2)
bn bn+1

a) On suppose que le réel l est strictement positif.


l
En particularisant le réel ε = dans (1), on obtient :
2
l 1 an 1
n ≥ N, ≤ − ·
2 bn an+1 bn+1
Les réels l et an+1 sont strictement positifs, donc :
 
2 an an+1
n ≥ N, an+1 ≤ − ·
l bn bn+1
D’où :
n n  
X 2 X ap ap+1
∀n ∈ N, n ≥ N, ap+1 ≤ − .
p=N
l p=N bp bp+1
Par télescopie on déduit :
n  
X ap ap+1 aN an+1
− = − ·
p=N
b p b p+1 b N bn+1
Comme :
n+1
X N
X n
X
ap = ap + ap+1 ,
p=0 p=0 p=N

et : aN an+1 aN
− ≤ ,
bN bn+1 bN
alors :
n+1 N
X X 2 aN
∀n ∈ N, n ≥ N, ap ≤ ap + ·
p=0 p=0
l bN
n+1
!
X
La suite (an )n∈N est une suite de réels strictement positifs, donc la suite ap est
p=0 n≥N
croissante, comme elle est majorée, alors elle converge.
X
On a montré que si le réel l est strictement positif, alors la série an est convergente.
n≥0

b) On suppose que le réel l est strictement négatif.


l
En particularisant le réel ε = − dans (1), on obtient :
2
3l 1 an 1 l
n ≥ N, ≤ − ≤ < 0.
2 bn an+1 bn+1 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 47 — #413


i i

CORRIGÉS 47

Le réel an+1 est strictement positif, donc :


an an+1 an an+1
n ≥ N, − < 0, donc : < ·
bn bn+1 bn bn+1
 
an
La suite est croissante, du théorème de la limite monotone on déduit que cette suite
bn n≥N
soit tend vers +∞ soit converge vers un réel L strictement positif.
On distingue deux cas :
sll
an
• Si lim = +∞.
n−→+∞ bn
an an+1
Au voisinage de +∞, on déduit de (2) que − ∼ lan+1 .
bn bn+1
X  an an+1
  
an
Par télescopie, on montre que la série − et la suite sont de même
bn bn+1 bn n≥N
n≥N
  X  an 
an an+1
nature, comme la suite diverge, alors la série − diverge.
bn n≥N bn bn+1
n≥0
X
Du test d’équivalence des séries à termes positifs, on déduit que la série an diverge.
n≥0

Au voisinage de +∞, on a :
n−1
X  n−1
ap ap+1 X
− ∼l ap+1 .
p=0
bp bp+1 p=0

n−1
X 
ap ap+1 a0 an
Comme − = − , alors :
p=0
bp bp+1 b0 bn

an
bn ∼ − ·
l(a1 + a2 + · · · + an )
X
Du théorème de Dini pour les séries (exercice n˚2.11) on déduit que la série bn diverge.
n≥0
an X X
Si lim = +∞, alors les séries an et bn sont divergentes.
n−→+∞ bn
n≥0 n≥0
 
an
• Si la suite converge vers un réel L strictement positif, alors, au voisinage
bn n≥N
an
de +∞, on a bn ∼ ·
L
  X  an 
an an+1
La suite converge, donc la série − converge.
bn n≥N bn bn+1
n≥0
an an+1
Au voisinage de +∞, on a − ∼ lan+1 .
bn bn+1
X
Du test d’équivalence des séries à termes positifs on déduit que la série an converge.
n≥0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 48 — #414


i i

48 CHAPITRE 2

an X
Au voisinage de +∞, on a bn ∼ , donc la série bn converge.
L
n≥0
 
an X X
Si la suite converge, alors les séries an et bn sont convergentes.
bn n≥N n≥0 n≥0

Conclusion.
X X
Les séries an et bn sont de même nature.
n≥0 n≥0

Remarque.
On suppose que l = 0.
 
1 an 1
Si, pour tout entier naturel n, on a bn = 1, la condition lim − = l est
n−→+∞ bn an+1 bn+1
an
équivalente à lim = 1.
n−→+∞ an+1

L’étude de la nature d’une série à termes strictement positifs par la méthode du test de d’Alem-
bert ne permet pas de conclure dans ce cas.

2.8 On a :

n
X n
X n
X Xn
ap − nan = (ap − an ) + an =⇒ |ap − an | ≤ ap − nan + an .


p=0 p=0 p=0 p=0

n
!
X
La suite ap − nan est bornée, donc :
p=0 n∈N
n
X
+
∃M ∈ R , ∀n ∈ N, ap − nan ≤ M.



p=0

La suite de réels positifs (an )n∈N converge vers 0, donc elle est bornée, soit :

∃M1 ∈ R+ , ∀n ∈ N, 0 ≤ an ≤ M1 .

Donc :
n
X
∀n ∈ N |ap − an | ≤ M + M1 .
p=0

Soit n et k deux entiers naturels, on a :


n
X n
X
0≤ ap = (ap − an+k ) + (n + 1)an+k ,
p=0 p=0

n
X n
X n+k
X
0≤ ap ≤ |ap − an+k | + (n + 1)an+k ≤ |ap − an+k | + (n + 1)an+k ,
p=0 p=0 p=0

soit :
n
X
0≤ ap ≤ M + M1 + (n + 1)an+k .
p=0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 49 — #415


i i

CORRIGÉS 49

On fait tendre k vers +∞, comme lim (n + 1)an+k = 0, alors :


k−→+∞

n
X
∃C ∈ R∗+ , ∀n ∈ N, 0≤ ap ≤ C.
p=0

n
!
+
X
La suite (an )n∈N est à valeurs dans R , donc la suite ap est croissante, comme elle
p=0 n∈N
X
est majorée, alors elle converge, donc la série an converge.
n≥0

2.10 Critère de condensation de Cauchy


a) La suite U est décroissante, donc :
pn ≤ k < pn+1 =⇒ upn+1 ≤ uk ≤ upn .

On somme ses inégalités pour k variant de pn à pn+1 − 1, on obtient :


pn+1 −1
n+1 n
X
(p − p )upn+1 ≤ uk ≤ (pn+1 − pn )upn ,
k=pn

soit :
  pn+1 −1
1 n+1
X
1− p upn+1 ≤ uk ≤ (p − 1)pn upn .
p
k=pn
 
pn+1 −1
X n
X X
Du test de comparaison on déduit que les séries p upn et  uk  sont de même
n≥1 n≥1 k=pn
nature.
dans R+ , du
La suite U est à valeurs   théorème de sommation par paquets on déduit que les
n+1
X X p X−1 X X n
deux séries un et  uk  sont de même nature, donc les séries un et p upn
n≥1 n≥1 k=pn n≥1 n≥1
sont de même nature.
1 X n
b) On particularise un = et p = 2, alors 2n u2n = 1, donc la série 2 u2n diverge grossiè-
n
n≥0
X1
rement, donc la série harmonique diverge.
n
n≥1
n
2n

1 1
Soit α un réel positif, on particularise un = α et p = 2, alors 2n u2n = nα = ·
n 2 2α−1
1
• Si α est strictement supérieur à 1, alors la série géométrique de raison α−1 est une série
X 1 2
convergente, donc la série converge.

n≥1

1
• Si α est inférieur ou égal à 1, alors la série géométrique de raison α−1 est une série divergente,
X 1 2
donc la série diverge.

n≥1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 50 — #416


i i

50 CHAPITRE 2

2.17 a) On a :
u0 1
v0 = =1− ,
1 + u0 1 + u0
un
∀n ∈ N∗ , vn = ,
(1 + u0 )(1 + u1 ) + · · · (1 + un )
1 1
vn = − ·
(1 + u0 ) · · · (1 + un−1 ) (1 + u0 ) · · · (1 + un−1 )(1 + un )
Par télescopie, on obtient :
n
X 1
Vn = vp = 1 − ·
p=0
(1 + u0 ) · · · (1 + un )

La suite U est une suite à valeurs dans R∗+ , donc la suite (vn )n∈N est une suite de réels positifs,
donc :
0 ≤ Vn ≤ 1.
X
La suite (Vn )n∈N est croissante et majorée par 1, donc elle converge, donc la série vn
n≥0
converge.

n
!
X
b) Les un sont strictement positifs, donc la suite up est croissante, on suppose que
p=0 n∈N
X n
X
la série un diverge, alors lim up = +∞.
n−→+∞
n≥0 p=0
n
Y n
X
Soit wn = (1 + up ), alors ln wn = ln(1 + up ).
p=0 p=0

X suite U converge
La X vers 0, donc, au voisinage de +∞, on a ln(1 + up ) ∼ up , donc les séries
ln(1 + un ) et un sont de même nature.
n≥0 n≥0
n
X
Comme lim up = +∞, alors lim ln wn = +∞, donc lim wn = +∞.
n−→+∞ n−→+∞ n−→+∞
p=0

+∞
1 X
On a montré que Vn = 1 − , donc lim Vn = 1, donc vn = 1.
wn n−→+∞
n=0

c) On a :
p
(n − 1)! 1
αn = √ √ √ = √     ·
(1 + 1)(1 + 2) · · · (1 + n) n 1+ √1 1+ √1 ··· 1 + √1
1 2 n

On particularise :
0 si n = 0
(
1
un = √ si n ≥ 1 ·
n
un
On obtient αn = ·
(1 + u0 )(1 + u1 ) · · · (1 + un )

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 51 — #417


i i

CORRIGÉS 51

X 1 X
La série √ diverge, de la question précédente on déduit que la série αn converge et :
n≥1
n n≥0

+∞ +∞ p
X X (n − 1)!
αn = √ √ √ = 1.
n=0 n=1
(1 + 1)(1 + 2) · · · (1 + n)

2.20 a) Étude de la nature de la suite U .


On montre par récurrence que, pour tout entier naturel n, le réel un est strictement positif. On
a: n
∀n ∈ N∗ un+1 − un = =⇒ un+1 − un > 0.
un
La suite U est strictement croissante, donc soit elle converge dans R soit elle tend vers +∞.
Montrons que lim un = +∞.
n−→+∞

On raisonne par l’absurde.


Supposons que la suite U converge vers le réel l, comme l ≥ u0 , alors l est strictement positif.
n
Au voisinage de +∞, on a un+1 − un ∼ , du test d’équivalence des séries à termes positifs
X l
on déduit que la série (un+1 − un ) diverge.
n≥0

La série de terme général un+1 − un est une série télescopique, elle converge si et seulement si
la suite U converge.
Il y a contradiction.
L’hypothèse « la suite U converge vers l » est fausse, donc la suite U tend vers +∞.

b) Déterminons un équivalent de un .
On a :
n2
 
n
u2n+1 = u2n + 2n + ⇐⇒ u 2
n+1 − u 2
n = 2n 1 + ·
u2n 2u2n
n n
X X p
Comme (up+1 − up ) = un+1 − u0 , alors un+1 = u0 + ·
p=0 p=0
u p

n
X n(n + 1)
La suite U est strictement croissante et p= , donc :
p=1
2

n
1 1 n(n + 1) X p n u2
∀p ∈ [[0, n]] ≤ =⇒ ≤ ≤ un+1 =⇒ ≤ n+1 ·
un+1 up 2un+1 p=0
up 2 n+1

u2n+1 n
Donc lim = +∞, soit lim = 0, donc u2n+1 − u2n ∼ 2n.
n−→+∞ n+1 n−→+∞ u2n
X
La série n diverge, on déduit que les sommes partielles sont équivalentes.
n≥1

Soit :
n−1
X n−1
X n−1
X
u2n − u20 = (u2p+1 − u2p ) et (u2p+1 − u2p ) ∼ 2 p ∼ n2 .
p=0 p=0 p=0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 52 — #418


i i

52 CHAPITRE 2

Au voisinage de +∞, on a u2n ∼ n2 et un positif, donc un ∼ n, donc A = 1 et α = 1.

X 1
c) Déterminons la nature de la série ·
un
n≥0

1 1
Au voisinage de +∞, on a ∼ ·
un n
X1
La série harmonique diverge, du test d’équivalence des séries à termes positifs, on déduit
n
n≥1
X 1
que la série diverge.
un
n≥0

2.21 Montrons par récurrence la propriété P(n) : un > 0.


Le réel u0 est strictement positif, donc P(0).
Soit n un entier naturel non nul. Si un−1 > 0, alors n + un−1 > n, donc un > 0.
La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 0, donc, pour tout entier naturel n, le réel un
est strictement positif.
La suite (un )n∈N est définie et à valeurs dans R∗+ .

1
Étudions la nature de la série de terme général ·
u2n
On a montré que, pour tout entier naturel n, le réel un est strictement positif, donc :

∀n ∈ N∗ , un−1 > 0 =⇒ n + un−1 > n =⇒ un > n.

Montrons par récurrence la propriété suivante P(n) : un ≤ 2 n + u0 .
On sait que : √ √
u1 = 1 + u0 , donc : u1 ≤ 2 1 + u0 , donc : P(1).
Soit n un entier supérieur ou égal à 2, si P(n − 1), alors :

n + un−1 ≤ n + 2 n − 1 + u0 ,

donc :

q
un ≤ n + 2 n − 1 + u0 .
On a :
√ √ √
q
n + 2 n − 1 + u0 ≤ 2 n + u0 ⇐⇒ n + 2 n − 1 + u0 ≤ 4n + 4u0 ,
si et seulement si :

4(n − 1 + u0 ) ≤ (3n + 4u0 )2 ⇐⇒ 0 ≤ 9n2 + 4(6u0 − 1)n + 16u20 − 4u0 + 4.

On pose Q(n) = 9n2 + 4(6u0 − 1)n + 16u20 − 4u0 + 4, son discriminant est égal à :

∆0 = −12u0 − 32, donc : ∆0 < 0.

Le trinôme Q(n) est positif, donc la propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 0, soit :
√ √
∀n ∈ N∗ , n ≤ un ≤ 2 n + u0 .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 53 — #419


i i

CORRIGÉS 53

Donc :
1 1 1
∀n ∈ N∗ , ≤ 2 ≤ ·
4(n + u0 ) un n
X 1
La série est divergente, du test de comparaison des séries à termes positifs on
4(n + u0 )
n≥0
X 1
déduit que la série est divergente.
u2n
n≥0

X (−1)n
Étudions la nature de la série ·
un
n≥0

Étudions la monotonie de la suite (un )n∈N .


Montrons par récurrence la propriété P(n) : un ≤ un+1 .
On a : √
un > n =⇒ lim un = +∞.
n−→+∞

Si la suite (un )n∈N était décroissante, il y aurait une contradiction avec lim un = +∞,
n−→+∞
donc :
∃pu0 ∈ N, upu0 ≤ upu0 +1 , d0 où : P(pu0 ).
Soit n un entier naturel supérieur ou égal à pu0 , si P(n) alors :

un ≤ un+1 =⇒ n + 1 + un ≤ n + 1 + un+1 ≤ n + 2 + un+1 =⇒ un+1 ≤ un+2 .

La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = pu0 , donc :

∀n ∈ N, n ≥ pu0 =⇒ un ≤ un+1 .

On en déduit que la suite (un )n≥pu0 est croissante, comme la suite U est à valeurs dans R∗+ ,
 
1
alors la suite est une suite de réels strictement positifs, décroissante qui converge
un n≥pu
0
X (−1)n
vers 0, du théorème spécial des séries alternées on déduit que la série converge.
un
n≥0

2.22 Inégalité de Carleman


On note E l’ensemble des suites réelles A = (An )n∈N qui vérifient :

∀n ∈ N, An ≥ 1, A0 = 1, ∀n ∈ N∗ , A2n ≤ An+1 An−1 .

a) Si A est un élément de E constant, comme A0 = 1, alors, pour tout entier naturel n, on a


An = 1, montrons que la suite A est élément de E.
Comme :
∀n ∈ N∗ , An−1 = An = An+1 = 1 =⇒ A2n = An−1 An+1 ,
alors A est élément de E.
Pour tout entier naturel n, on pose An = n!.
Pour tout entier naturel n, An ≥ 1 et :
 2
∀n ∈ N∗ , n ≤ n + 1 ⇐⇒ n2 ≤ n(n + 1) ⇐⇒ n2 (n − 1)! ≤ (n + 1)n(n − 1)!(n − 1)!.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 54 — #420


i i

54 CHAPITRE 2

D’où :
(n!)2 ≤ (n + 1)!(n − 1)!, donc : A2n ≤ An+1 An−1 .
La suite (n!)n∈N est élément de E.

b) Soit A un élément de E, on définit les suites (λn )n∈N et (µn )n∈N par :
An−1 1
λ0 = µ0 = 1, ∀n ∈ N∗ , λn = et µn = 1 ·
An (An ) n
b1 ) On a :
λn+1 An An A2n
∀n ∈ N∗ , λn > 0, = · = ·
λn An+1 An−1 An+1 An−1
Comme la suite A est élément de E, alors :
λn+1
∀n ∈ N∗ , A2n ≤ An+1 An−1 =⇒ ≤ 1,
λn
donc :
∀n ∈ N∗ , 0 < λn+1 ≤ λn .
A0 1
De plus on a λ1 = = , or A1 ≥ 1 donc λ0 ≥ λ1 , soit :
A1 A1
∀n ∈ N, 0 < λn+1 ≤ λn .
La suite (λn )n∈N est décroissante, donc :
n
Y n
Y n
Y
∀n ∈ N∗ , ∀p ∈ [[1, n]], 0 < λn ≤ λp =⇒ λn ≤ λp =⇒ λn
n ≤ λp .
p=1 p=1 p=1

b2 ) On a :
n n
Y Y Ap−1 A0 1
λp = = = ·
p=1 p=1
Ap An A n

 1
1 n
On déduit de l’inégalité précédente que λn ≤ soit λn ≤ µn .
An
On a :
1  n+1 1
µn+1 (An ) n µn+1 An (An ) n
∀n ∈ N, An > 0, = 1 =⇒ = ·
µn (An+1 ) n+1 µn An+1

La suite (λn )n∈N est décroissante, donc :


An 1 µn+1
∀n ∈ N, λn+1 ≤ λn ≤ µn =⇒ ≤ 1 =⇒ ≤ 1.
An+1 (An ) n µn

La suite (µn )n∈N est décroissante.

b3 ) La suite (λn )n∈N est décroissante et la suite A est strictement positive, donc :
An An−j An+1 An
∀n ∈ N, ∀j ∈ [[0, n]], λn+1 ≤ λn+1−j =⇒ ≤ =⇒ ≥ ·
An+1 An+1−j An+1−j An−j

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 55 — #421


i i

CORRIGÉS 55

An
Soit j un entier naturel fixé, pour n supérieur ou égal à j, on pose αn = , on a montré
An−j
que les suites (αn )n≥j sont croissantes, donc :
An Aj
∀n ∈ N, ∀j ∈ [[0, n]], αn ≥ αj =⇒ ≥ =⇒ Aj An−j ≤ An .
An−j A0

b4 ) On a montré, pour tout entier naturel n, que λn ≤ µn .


X
On suppose que la série µn converge, du test de comparaison des séries à termes positifs on
n≥0
X
en déduit que la série λn converge.
n≥0

n
!1 n
!− 1
Y n Y n

c1 ) Soit n un entier naturel non nul, on pose un = ap et bn = cp .


p=1 p=1

Pour tout entier p compris entre 1 et n, soit p réels αp strictement positifs, on montre que :
n
!1 n
n
Y 1 X
αp ≤ αp .
p=1
n p=1

Inégalité de Jensen.
Soit I un intervalle et f une fonction convexe de I dans R, soit n un entier naturel supérieur
ou égal à 2, on a l’inégalité de Jensen :
n n
! n
X X X
∀p ∈ [[1, n]], ∀xp ∈ I, ∀λp ∈ [0, 1], λp = 1, f λp xp ≤ λp f (xp ).
p=1 p=1 p=1

La fonction − ln est convexe sur ]0, +∞[, on peut lui appliquer l’inégalité de Jensen dans le
1
cas particulier où λp = , on obtient :
n
n
! n n n
!
X αp 1 X 1 X X αp
− ln ≤− ln αp , donc : ln αp ≤ ln ,
p=1
n n p=1 n p=1 p=1
n

soit :  !1 !
n n n
Y
 ≤ ln
X αp
ln  αp .
p=1 p=1
n
De la croissance de la fonction exp, on déduit l’inégalité entre moyennes arithmétique et géo-
métrique, soit :
n
!1 n
n
Y 1X
αp ≤ αp .
p=1
n p=1

Les réels ap et cp sont strictement positifs, on particularise αp = ap cp , on obtient :


n
!1 n n
!1 n
!1 n
n n n
Y 1 X Y Y 1 X
ap c p ≤ ap cp , donc : ap cp ≤ ap c p .
p=1
n p=1 p=1 p=1
n p=1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 56 — #422


i i

56 CHAPITRE 2

D’où :
n n
un 1 X bn X
≤ ap c p , donc : un ≤ ap c p .
bn n p=1 n p=1

X bn +∞
X bn
c2 ) On suppose de plus que la série converge, on pose alors Bp = ·
n n=p
n
n≥1

On déduit de la question précédente que :


p
n n
!
X X bp X
up ≤ ak c k .
p=1 p=1
p
k=1

bp
Comme = Bp − Bp+1 , alors :
p
p p
n
! n
!
X bp X X X
ak c k = (Bp − Bp+1 ) ak c k ,
p=1
p p=1
k=1 k=1

p p p
n
! n
! n
!
X bp X X X X X
ak c k = Bp ak c k − Bp+1 ak c k ,
p=1
p p=1 p=1
k=1 k=1 k=1
p p p−1
n
! n
! n+1
!
X bp X X X X X
ak c k = Bp ak c k − Bp ak c k .
p=1
p p=1 p=2
k=1 k=1 k=1

Soit :
p p p−1
n
! n
! n
X bp X X X X X
ak c k = B 1 a1 c 1 + Bp ak c k − ak c k − Bn+1 ap c p ,
p=1
p p=2 p=1
k=1 k=1 k=1

p
n
! n n
X bp X X X
ak c k = B 1 a1 c 1 + Bp ap cp − Bn+1 ap c p ,
p=1
p p=2 p=1
k=1
p
n
! n n
X bp X X X
ak c k = Bp ap cp − Bn+1 ap c p .
p=1
p p=1 p=1
k=1

D’où :
n
X n
X
up ≤ B p ap c p .
p=1 p=1

Remarque. On peut également proposer la solution suivante :


p
n
!
X bp X
ak c k
p=1
p
k=1
     
b1 b2 bn
= a1 c 1 + a1 c 1 + a2 c 2 + ··· + a1 c 1 + a2 c 2 + · · · + an c n
1 2 n
     
b1 b2 bn b2 bn bn
= a1 c 1 + + ··· + + a2 c 2 + ··· + + · · · + an c n .
1 2 n 2 n n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 57 — #423


i i

CORRIGÉS 57

p
n
!
X bp X
ak c k ≤ a1 c 1 B 1 + a2 c 2 B 2 + · · · + an c n B n .
p=1
p
k=1

Donc :
p
n
! n
X bp X X
ak c k ≤ B p ap c p .
p=1
p p=1
k=1

(n + 1)n
c3 ) On particularise cn = ·
nn−1
On a :
n
Y
(p + 1)p
n n p
Y Y (p + 1) p=1 1
cp = p−1
= n−1 = (n + 1)n =⇒ bn = ·
p=1 p=1
p Y n + 1
p
(p + 1)
p=0
+∞  
bn 1 X 1 1 1
La série de terme général = converge et Bn = − = ·
n n(n + 1) p=n
p p + 1 n
On déduit :
n n n  p n  p
X X 1 (p + 1)p X p+1 X 1
B p ap c p = a p = a p = 1 + ap .
p=1 p=1
p pp−1 p=1
p p=1
p

De la concavité de la fonction logarithme, on déduit que :


 
1 1
∀u ∈ [0, +∞[, ln(1 + u) ≤ u, donc : ∀p ∈ N∗ , ln 1 + ≤ ·
p p
De la croissance de la fonction exp, on déduit :
 p
1
∀p ∈ N∗ , 1+ ≤ e.
p
X
On a supposé que la série an converge, donc :
n≥1

n
X n
X +∞
X
∀n ∈ N∗ , up ≤ e ap ≤ e ap .
p=1 p=1 n=1

n
!
X
Les sommes partielles up sont majorées et la suite (un )n∈N∗ est à valeurs dans R∗+ ,
p=1 n∈N∗
X
donc la série un converge et on a l’inégalité de Carleman :
n≥0

+∞
X +∞
X
un ≤ e an .
n=1 n=1

Soit :  !1
+∞
X n
Y n +∞
X
 ap ≤e an .
n=1 p=1 n=1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 58 — #424


i i

58 CHAPITRE 2

Remarque. La constante e est la meilleure constante possible, pour s’en convaincre, soit N
un entier naturel non nul, on particularise la suite (an )n∈N∗ :

 1 si 1 ≤ n ≤ N

an = n ·

0 si n > N
On a :
+∞ +∞

n
!1 N +∞ N
n
X X Y X 1 X X 1
un =  ap = 1 et an = ·
n=1 n=1 p=1 n=1 (n!) n n=1 p=1
p

La formule de Stirling nous assure qu’au voisinage de +∞, on a :



n! ∼ nn e−n 2π n.

Comme :
1 ln n!
1 = e− n = e1−ln n+εn avec lim εn = 0,
(n!) n n−→+∞

1 e
alors, au voisinage de +∞, on a 1 ∼ ·
(n!) n n
X1
La série diverge, du théorème d’équivalence des sommes partielles de série divergente à
n
n≥1
termes positifs, lorsque N tend vers +∞, on obtient :
N N
X 1 X 1
1 ∼e ·
n=1 (n!) n
n=1
n

La constante e est la meilleure constante possible.

d) On particularise, pour tout entier naturel n non nul, an = λn , alors :

n
!1 n
!1
n n
Y Y Ap−1 1
un = ap = = 1 = µn .
p=1 p=1
Ap (An ) n
X
Si on suppose que la série λn converge, alors l’inégalité de Carleman nous assure que la
n≥1
X
série µn converge et :
n≥1
+∞
X +∞
X +∞
X
λn ≤ µn ≤ e λn .
n=1 n=1 n=1

2.23 Inégalité de Hardy


a) Première méthode.
La fonction inverse est convexe sur R∗+ , on déduit de l’inégalité de Jensen que :
n
X
∀(α1 , α2 , · · · , αn ) ∈]0, +∞[n , αp = 1, ∀(x1 , x2 , · · · , xn ) ∈]0, +∞[n ,
p=1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 59 — #425


i i

CORRIGÉS 59

n
1 X αp
n ≤ ·
X
p=1
xp
αp x p
p=1

2p
On particularise la suite (αp )1≤p≤n avec αp = de telle sorte que, pour tout entier p
n(n + 1)
ap
compris entre 1 et n, on ait αp xp = .
n
On a :
n n n
X X 2p 2 X
αp = = p = 1,
p=1 p=1
n(n + 1) n(n + 1) p=1
n n n
X X ap 1X
αp x p = = ap .
p=1 p=1
n n p=1
ap (n + 1)ap
Comme xp = = , alors :
nαp 2p
n n n
X αp X 2p 2p 4 X p2
= = ·
p=1
xp p=1
n(n + 1) (n + 1)ap n(n + 1)2 p=1 ap

De l’inégalité de convexité on déduit que :


n
n 4 X p2
n ≤ 2
· (1)
X n(n + 1) p=1 ap
ap
p=1

Deuxième méthode. On applique l’inégalité de Cauchy-Schwarz, on obtient :


n
!2 n
! n !
X p √ X p2 X
√ ap ≤ ap .
p=1
ap p=1
ap p=1

n
!2 n
!2  2
X p √ X n(n + 1)
Comme √ ap = p = alors :
p=1
ap p=1
2

n
!
1 4 X p2
n ≤ 2 · (1)
X n (n + 1)2 p=1
a p
ap
p=1

b) Remarque. La moyenne harmonique est inférieure à la moyenne géométrique, donc en


1
remplaçant an par , on déduit de l’inégalité de Carleman que :
an
 
+∞   +∞
X  n  X 1
 ≤e ·
n
X
n=1 

n=1
a p
ap

p=1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 60 — #426


i i

60 CHAPITRE 2

La constante C = e convient.

Solution de la question b).


Soit N un entier naturel non nul, on déduit de (1) que :
 
N  N n
!
p2

X  n  X 4 X
 ≤ . (2)
n 2
X
n=1 

 n=1 n(n + 1) p=1 ap
ap
p=1

On a : !
N n N X
n
X 4 X p2 X 4p2
= ·
n=1
n(n + 1)2 p=1 ap n=1 p=1
n(n + 1)2 ap
Lemme. Soient (un )n∈N∗ et (vn )n∈N∗ deux suites de nombres complexes, on a :
N Xn n N
!

X X X
∀N ∈ N , u p vn = u p vn .
n=1 p=1 p=1 n=p

Preuve du lemme :
XN Xn
up vn = u1 v1 + (u1 + u2 )v2 + (u1 + u2 + u3 )v3 + · · · + (u1 + u2 + · · · + uN )vN ,
n=1 p=1
N X
X n
up vn = u1 (v1 + v2 + v3 + · · · + vN ) + u2 (v2 + · · · vN ) + · · · + uN vN ,
n=1 p=1
N X
n n N
!! n N
!
X X X X X
u p vn = up vn = up v n .
n=1 p=1 p=1 n=p p=1 n=p

D’où :
N n
! n N
! n N
!
X 4 X p2 X X 4p2 X 2p2 X 2
2
= = .
n=1
n(n + 1) p=1 ap p=1 n=p
n(n + 1)2 ap p=1
ap n=p n(n + 1)2

On a :
1 1 2n + 1 2n + 1 2
− = 2 et ≥ ,
n2 (n + 1)2 n (n + 1)2 n2 (n + 1)2 n(n + 1)2
d’où
1 1 2
− ≥ ·
n2 (n + 1)2 n(n + 1)2
Donc : !
N n n N  !
X 4 X p2 X 2p2 X 1 1
2
≤ − .
n=1
n(n + 1) p=1 ap p=1
ap n=p n2 (n + 1)2
Par télescopie, on obtient :
N  
X 1 1 1 1
2
− 2
= 2 − ,
n=p
n (n + 1) p (N + 1)2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 61 — #427


i i

CORRIGÉS 61

donc :
N  
X 1 1 1
2
− 2
≤ 2·
n=p
n (n + 1) p

Donc : !
N n n
X 4 X p2 X 1
≤2 ·
n=1
n(n + 1)2 p=1 ap p=1
a p

X 1
La série converge, donc :
an
n≥1

N n
! +∞

X 4 X p2 X 1
∀N ∈ N , 2
≤2 ·
n=1
n(n + 1) p=1 ap n=1
a n

On déduit de (2) que :  


N   +∞
X  n  X 1
 ≤2 ·
n
X
n=1 

n=1
a n
ap

p=1
 

X  n


Les sommes partielles de la série 
Xn
 sont majorées, comme c’est une série à termes

n≥1 
ap

p=1
positifs, elle converge et :  
+∞   +∞
X  n  X 1
 ≤2 ·
n
X
n=1 

n=1
a n
ap

p=1

c) La constante C = 2 convient, est-elle la meilleure constante ?


Pour avoir l’égalité dans l’inégalité de Cauchy-Schwarz il suffirait que, pour tout entier naturel
p √ X 1
p non nul, on ait √ = ap , soit ap = p, mais la série diverge.
ap an
n≥1

Soit N un entier naturel non nul, on particularise la suite (an )n∈N∗ en posant :

n si n ≤ N
(
an = .
2n si n ≥ N + 1

Pour n entier supérieur à N + 1, on a :


n N n N n
X 1 X 1 X 1 X 1 X 1
= + = + p
,
p=1
a p
p=1
a p
p=N +1
a p
p=1
p p=N +1
2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 62 — #428


i i

62 CHAPITRE 2

n N +∞
X 1 X 1 X 1
≤ + ·
p=1
ap p=1
p n=1 2n
+∞
X 1
Comme n
= 1, alors :
n=1
2

n N
X 1 X 1
∀n ∈ N, n ≥ N + 1, ≤1+ ·
p=1
a p
p=1
p

X 1
Les sommes partielles de la série sont bornées, les réels an sont strictement positifs,
an
n≥1
X 1
donc la série converge.
an
n≥1

On applique l’inégalité de Hardy à notre suite (an )n∈N∗ , on obtient :


N N
X n X 1
≤C ·
p=1
a1 + a2 + · · · + an p=1
a p

N N
X X N (N + 1)
Comme ap = p= , alors :
p=1 p=1
2

N
X 1
2
N
X 2 XN
1 p=1
p+1
≤C , donc : C≥ ·
p=1
n+1 p=1
p XN
1
p=1
p

N
X 1
Au voisinage de +∞, on a ∼ ln N, donc :
p=1
p
 N

X 1
2
p+1
 

 p=1
lim   = 2.

N −→+∞  N

X 1 
p=1
p

On a montré que la constante C est supérieur à 2, donc 2 est la meilleure constante pour
l’inégalité de Hardy.

n
X n 2 an
d) On pose Sn = ap et un = .
p=1
(a1 + a2 + · · · + an )2
Soit n un entier supérieur à 2, on a :
   
1 1 1 1
n2 − = n2 − ,
Sn−1 Sn a1 + a2 + · · · + an−1 a1 + a2 + · · · + an

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 63 — #429


i i

CORRIGÉS 63

n 2 an
 
1 1
n2 − = ,
Sn−1 Sn (a1 + a2 + · · · + an )(a1 + a2 + · · · + an−1 )
n 2 an
 
1 1
n2 − ≥ ·
Sn−1 Sn (a1 + a2 + · · · + an )2
Soit N un entier supérieur à 2, on déduit que :
N N  
X X 1 1
un ≤ u1 + n2 − ·
n=1 n=2
Sn−1 Sn

N N N
n2 n2
 
X 1 1 X X
u1 + n2 − = u1 + − ·
n=2
Sn−1 Sn n=2
Sn−1 n=2 Sn
On effectue le changement de variable l = n − 1 dans la première somme, on obtient :
N N −1 N
X 1 X (l + 1)2 X n2
un ≤ + − ,
n=1
a1 Sl n=2
Sn
l=1

soit :
N N −1 N −1
X 2 X (n + 1)2 − n2 N2 2 X 2n + 1
un ≤
+ − ≤ + ·
n=1
a 1
n=1
S n S N a 1
n=1
Sn
X n X n
On a montré que la série = converge.
Sn a1 + a2 + · · · + an
n≥1 n≥1

1 1
Comme 0 < ≤ , du test de comparaison des séries à termes positifs, on déduit que la
Sn an
X 1
série converge, donc :
Sn
n≥1

N +∞ +∞
X 2 X n X 1
∀N ∈ N∗ , 0< un ≤ +2 + ·
n=1
a1 n=1
S n
n=1
S n

N
X X
Les sommes partielles un sont bornées, donc la série un converge, donc la série
n=1 n≥1
X n 2 an
converge.
(a1 + a2 + · · · + an )2
n≥1

2.25 Théorème de Mertens X X


a) On suppose que la série an est absolument convergente et la série bn est semi-
n≥0 n≥0
convergente.
Pour tout entier naturel n, on note :
n
X n
X +∞
X n
X
An = ap , Bn = bp , Tn = bl , Cn = cp .
p=0 p=0 l=n+1 p=0

X
Montrons que la série cn converge.
n≥0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 64 — #430


i i

64 CHAPITRE 2

On a :
p
n
!
X X
Cn = al bp−l = a0 b0 + (a0 b1 + a1 b0 ) + (a0 b2 + a1 b1 + a2 b0 ) + · · ·
p=0 l=0

· · · + (a0 bn + a1 bn−1 + · · · + an b0 ) = a0 (b0 + b1 + b2 + · · · + bn ) + a1 (b0 + b1 + b2 + · · · + bn−1 ) + · · ·


n−p
n
! n
X X X
+ · · · + an b 0 = ap bl = ap Bn−p .
p=0 l=0 p=0

+∞
X
On note Tn = bl , on obtient :
l=n+1

n−p
+∞ n
! +∞
! n n +∞
!
X X X X X X X
An bn − C n = ap bn − ap Bn−p = ap bn − bl ,
n=0 p=0 n=0 p=0 p=0 n=0 l=0

 
+∞
X n
X +∞
X n
X
An bn − C n = ap  bl  = ap Tn−p .
n=0 p=0 l=n−p+1 p=0

D’où :
+∞
X Xn
An bn − C n ≤ |ap | |Tn−p |. (1)


n=0 p=0
X
La série bn est semi-convergente, donc la suite des restes d’ordre n notée (Tn )n∈N converge
n≥0
vers 0, soit :
 
∀ε ∈ R∗+ , ∃N0 ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N0 =⇒ |Tn | ≤ ε .

La suite (Tn )n∈N est convergente, donc bornée, soit :

∃M ∈ R+ , ∀n ∈ N, |Tn | ≤ M.
X X
La série an est absolument convergente, donc le reste d’ordre n − N0 de la série |an |
n≥0 n≥0
converge vers 0, soit :
 
+∞
X
∃N1 ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N0 + N1 =⇒ |al | ≤ ε .
l=n−N0 +1

On déduit de (1) que :


+∞
n−N
X X0 n
X
∀n ∈ N, n ≥ N0 + N1 , An bn − C n ≤ |ap | |Tn−p | + |ap | |Tn−p |,


n=0 p=0 p=n−N0 +1

+∞
n−N0 n
X X X
An bn − C n ≤ε |ap | + M |ap |,


n=0 p=0 p=n−N0 +1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 65 — #431


i i

CORRIGÉS 65

+∞
+∞
!
X X
An bn − C n ≤ |an | + M ε.


n=0 n=0
+∞
X
La suite (An B − Cn )n∈N converge vers 0, comme la suite (An )n∈N converge vers an , alors
n=0
la suite (Cn )n∈N des sommes partielles de la série de terme général cn converge et :
+∞ +∞
! +∞ !
X X X
cn = AB = an bn .
n=0 n=0 n=0

On a montré le théorème de Mertens : le produit de Cauchy de deux séries dont l’une est
absolument convergente et l’autre semi-convergente est une série convergente et le produit des
sommes des deux séries est la somme de la série-produit.

(−1)n
b) Pour tout entier naturel n, on a an = bn = , donc :
n+1
n n n
X X (−1)p (−1)n−p X 1
cn = ap bn−p = = (−1)n ·
p=0 p=0
p + 1 n + 1 − p p=0
(p + 1)(n + 1 − p)

D’où :
n n 
(−1)n X
  
X 1 1 1 1 1
cn = (−1)n + = + ·
p=0
n+2 p+1 n+1−p n + 2 p=0 p + 1 n+1−p

Soit :
n+1
2 X1
|cn | = ·
n+2 l
l=1

2 ln n
Au voisinage de +∞, on a |cn | ∼ donc lim cn = 0.
n n−→+∞

Montrons que la suite (|cn |)n∈N est décroissante.


On a :
n+2 n+1
2 X1 2 X1
∀n ∈ N, |cn+1 | − |cn | = − ,
n+3 l n+2 l
l=1 l=1
n+1  
X 1 1 1 2
|cn+1 | − |cn | = 2 − + ·
l n+3 n+2 (n + 3)(n + 2)
l=1
n+1 n+1
2 X1 2 2 X1
|cn+1 | − |cn | = − + =− ·
(n + 2)(n + 3) l (n + 2)(n + 3) (n + 2)(n + 3) l
l=1 l=2

Donc :
∀n ∈ N, |cn+1 | − |cn | ≤ 0.
La suite (|cn |)n∈N est une suite de réels positifs, décroissante qui converge
X vers 0, le théorème
spécial des séries alternées permet de conclure que la série alternée (−1)n |cn | converge, donc
n≥0
X
la série cn converge, donc la série produit de ces deux séries semi-convergentes converge.
n≥0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 66 — #432


i i

66 CHAPITRE 2

(−1)n
c) Pour tout entier naturel n, on a an = bn = √ , donc :
n+1
n n n
X X (−1)p (−1)n−p X 1
cn = ap bn−p = √ √ = (−1)n p ·
p=0 p=0
p + 1 n + 1 − p p=0 (p + 1)(n + 1 − p)

Soient n un entier naturel et fn la fonction définie sur R+ par :

fn (x) = (x + 1)(n + 1 − x) = −x2 + nx + n + 1.


n
La fonction fn est dérivable sur R+ et fn0 (x) = −2x + n, elle admet en un maximum absolu
2
donc :
n  n   n + 2 2
∀x ∈ [0, n], fn (x) ≤ fn et fn = ,
2 2 2
donc :
1 2
∀p ∈ [[0, n]], p ≥ ·
fn (p) n + 2
On en déduit que :
2n + 2
∀n ∈ N, |cn | ≥ ≥ 1.
n+2
X
On en déduit que la suite (cn )n∈N ne converge pas vers 0, donc la série cn diverge grossiè-
n≥0
rement, donc la série produit diverge grossièrement.

d) On a :

a0 = 1 b0 = 1
 

 

 n
3 et  n−1 
3 1
.
 ∀n ∈ N∗ ,
 an = −  ∀n ∈ N∗ ,
 bn = n
2 + n+1
2 2 2
D’où :
n
X n−1
X
c 0 = a0 b 0 = 1 et ∀n ∈ N∗ , cn = bp an−p = b0 an + bp an−p + bn a0 ,
p=0 p=1

 n n−1
X  3 p−1  p   n−p  n−1  
3 1 3 3 1
cn = − − 2 + p+1 + 2n + n+1 .
2 p=1
2 2 2 2 2
On a :
n−1
X p−1    n−p  n−1 n−1
X p 
3 1 3 3 1
2p + = 2 + ,
p=1
2 2p+1 2 2 p=1
2p+1
et :
n−1 1
X 2n − 1 1 − 2n+1

1 1 1 3
2p + = 2 + 22 + · · · + 2n−1 + + ··· + n = −1+ − ,
p=1
2p+1 2 2 2 2−1 1 − 21 2

n−1
X   
1 1 3 1 3
2p + = 2n − 2 + 2 1 − − = 2n − n − ·
p=1
2p+1 2n+1 2 2 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 67 — #433


i i

CORRIGÉS 67

Donc :  n  n−1    n−1  


3 3 1 3 3 1
cn = − − 2n − n − + 2n + n+1 ,
2 2 2 2 2 2
 n−1    n−1  
3 3 1 3 1 3 1 1
cn = − − 2n + n + + 2n + n+1 = 1 + .
2 2 2 2 2 2 2n 2
Donc :  n
3
cn = ·
4
Au voisinage de +∞, on a bn ∼ 2 · 3n−1 .
X n−1 X  3 n X  3 n
Les séries géométriques 3 ou sont divergentes et la série géométrique
2 4
n≥1 n≥1 n≥1
converge.
X X X
La série cn converge, bien que les séries an et bn soient divergentes.
n≥0 n≥0 n≥0

2.26 Convergence au sens de Césaro de la série produit


X (−1)n
a) Convergence et somme de la série ·
2n + 1
n≥0
 
1
La suite est positive, décroissante et converge vers 0.
2n + 1 n∈N
X (−1)n
Le théorème spécial des séries alternées nous assure que la série converge.
2n + 1
n≥0

On a : Z 1
1
∀p ∈ N, t2p dt = ·
0 2p + 1
D’où :
n n Z 1 Z 1 n
!
1
(−1)p 1 − (−t2 )n+1
X X X Z
= (−t2 )p dt = 2 p
(−t ) dt = dt.
p=0
2p + 1 p=0 0 0 p=0 0 1 + t2

Donc : Z
n Z 1 1 2n+2
(−1)p dt t
X
− ≤ dt.

2p + 1 t 2 + 1 t 2 +1


p=0 0 0
Z 1  1
dt π
Il est immédiat que 2 +1
= arctan t = ·
0 t 0 4
1
Le t est élément de [0, 1], donc 2 ≤ 1, donc :
t +1
Z
n 1
(−1)p π 1
X
− ≤ t2n+2 dt ≤ ·

2p + 1 4 2n +3


p=0 0

1
Or lim = 0, du théorème d’encadrement des limites on déduit que :
n−→+∞ 2n + 3
+∞
X (−1)n π
= ·
n=0
2n + 1 4

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 68 — #434


i i

68 CHAPITRE 2

n
!
(−1)n X 1
b) On définit la suite (un )n∈N par un = ·
n+1 p=0
2p + 1
On a :
n+1 n
1 X 1 1 X 1
|un+1 | − |un | = − ,
n + 2 p=0 2p + 1 n + 1 p=0 2p + 1
n
! 
X 1 1 1 1
|un+1 | − |un | = − + ,
p=0
2p + 1 n + 2 n + 1 (n + 2)(2n + 3)
n
!
1 1 1 X 1
|un+1 | − |un | = − ·
n + 2 2n + 3 n + 1 p=0 2p + 1
Or :
n
1 X 1 1 n+1 1 1
≥ ≥ ≥ ·
n + 1 p=0 2p + 1 n + 1 2n + 1 2n + 1 2n + 3
Donc :
n
1 1 X 1
− ≤ 0, donc : |un+1 | ≤ |un |.
2n + 3 n + 1 p=0 2p + 1
On a montré que la suite (|un |)n∈N est décroissante et positive.
1
Comme lim = 0, alors d’après le théorème de Césaro lim |un | = 0.
p−→+∞ 2p + 1 n−→+∞
X
Du théorème spécial des séries alternées on déduit que la série un converge.
n≥0

c) On a :
n
! n n
!
(−1)n X 1 1 (−1)n X 1 X 1
un = = + ·
n+1 p=0
2p + 1 2 n+1 p=0
2p + 1 p=0 2(n − p) + 1

Soit :
n 
(−1)n X

1 1
un = + ·
2n + 2 p=0 2p + 1 2(n − p) + 1
Donc :
n
X (−1)p (−1)n−p
un = .
p=0
(2p + 1)(2(n − p) + 1)

d) On reconnaît un produit de Cauchy.


Le théorème de Cauchy s’applique avec des séries absolument convergentes et le théorème de
Cauchy-Mertens avec une série absolument convergente et une série semi-convergente.
Les deux séries sont semi-convergentes, donc on ne peut pas conclure.

+∞ +∞
!2
X X (−1)n π2
e) On veut montrer que un = = ·
n=0 n=0
2n + 1 16

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 69 — #435


i i

CORRIGÉS 69

e1 ) Les suites (An )n∈N et (Bn )n∈N convergent respectivement vers A et B.


De plus on a :
n n n
1 X 1 X B X
Ap Bn−p = Ap (Bn−p − B) + Ap .
n + 1 p=0 n + 1 p=0 n + 1 p=0

Comme lim An = A, alors le théorème de Césaro permet de conclure que :


n−→+∞

n
!
B X
lim Ap = AB.
n−→+∞ n + 1 p=0

La suite (An )n∈N converge, donc elle est bornée. Soit :

∃M ∈ R+ , ∀n ∈ N, |An | ≤ M.
Donc :
n n
1 X M X

Ap (Bn−p − B) ≤ |Bl − B|.

n + 1 n+1


p=0 l=0

La suite (|Bn − B|)n∈N converge vers 0, le théorème de Césaro nous assure que :
n
! n
!
M X 1 X
lim |Bl − B| = 0, donc : lim Ap (Bn−p − B) = 0.
n−→+∞ n+1 n−→+∞ n + 1 p=0
l=0

On a montré que : !
n
1 X
lim Ap Bn−p = AB.
n−→+∞ n + 1 p=0

e2 ) Montrons le lemme suivant.


Lemme. Soient (an )n∈N et (bn )ß∈N deux suites de nombres complexes.
Xn
On définit la suite (cn )n∈N par cn = ap bn−p .
p=0
+∞ +∞
! +∞
!
X X X X X X
Si les séries an , bn et cn convergent, alors cn = an bn .
n≥0 n≥0 n≥0 n=0 n=0 n=0

Preuve.
On note :
n
X n
X n
X
An = ap , Bn = bp , Cn = cp .
p=0 p=0 p=0
n
X n
X
On montre par récurrence la propriété suivante P(n) : Ap Bn−p = (n + 1 − p)cp .
p=0 p=0

La propriété est vérifiée pour n = 0, car A0 B0 = a0 b0 = c0 .


On a :
n+1
X n
X
Ap Bn+1−p = Ap (Bn−p + bn+1−p ) + An+1 B0
p=0 p=0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 70 — #436


i i

70 CHAPITRE 2

n
X n
X
= Ap Bn−p + An+1 B0 + Ap bn+1−p .
p=0 p=0

On a :
n
X
An+1 B0 + Ap bn+1−p = (a0 + a1 +· · · · +an + an+1 )b0 + a0 bn+1 + (a0 + a1 )bn +
p=0

· · · +(a0 + a1 +· · · +an )b1


= a0 b0 + (a0 b1 + a1 b0 ) + (a0 b2 + a1 b1 + a2 b0 )+· · · +(a0 bn+1 + a1 bn +· · · +an b1 + an+1 b0 ).
Donc :
n
X n+1
X
An+1 B0 + Ap bn+1−p = cp .
p=0 p=0

Si P(n), alors :
n
X n
X
Ap Bn−p = (n + 1 − p)cp .
p=0 p=0

Donc :
n+1
X n
X n+1
X n+1
X
Ap Bn+1−p = (n + 1 − p)cp + cp = (n + 2 − p)cp .
p=0 p=0 p=0 p=0

La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 0, donc :

n
X n
X n+1
X
∀n ∈ N, Ap Bn−p = (n + 1 − p)cp = (n + 1 − p)cp .
p=0 p=0 p=0

Soit :
n n n
1 X X 1 X
Ap Bn−p = cp − pcp .
n + 1 p=0 p=0
n + 1 p=0
n
!
1 X
Montrons que lim pcp = 0.
n−→+∞ n + 1 p=0

On a :
n
X n
X n
X n
X
pcp = p(Cp − Cp−1 ) = pCp − pCp−1
p=0 p=1 p=1 p=1

n
X n
X n−1
X n
X n
X
pcp = pCp − (p + 1)Cp = pCp − (p + 1)Cp + (n + 1)Cn ,
p=0 p=1 p=0 p=0 p=0

n
X n
X n
X
pcp = (p − p − 1)Cp + (n + 1)Cn = − Cp + (n + 1)Cn .
p=0 p=0 p=0

D’où :
n n
1 X 1 X
pcp = − Cp + Cn .
n + 1 p=0 n + 1 p=0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 71 — #437


i i

CORRIGÉS 71

X
On a supposé que la série cn converge, donc la suite (Cn )n∈N converge vers C, du théorème
n≥0
de Césaro on déduit que : !
n+1
1 X
lim Cp = C.
n−→+∞ n + 1 p=0

Donc : !
n
1 X
lim pcp = 0.
n−→+∞ n + 1 p=0
+∞
X +∞
X
Les suites (An )n∈N et (Bn )n∈N convergent respectivement vers A = an et B = bn .
n=0 n=1

Donc : !
n
1 X
lim Ap Bn−p = C.
n−→+∞ n + 1 p=0

En utilisant le résultat de la question e1 ), on obtient :


+∞ +∞
! +∞ !
X X X
cn = an bn .
n=0 n=0 n=1

Remarque. Le produit de Cauchy de deux séries convergentes à valeurs dans C converge au


sens de Césaro vers le produit des sommes de ces deux séries.

(−1)n
e3 ) On particularise an = bn = , on a cn = un .
n+1
X X
On a montré à la question a) que les séries an et bn convergent et à la question b) que
n≥0 n≥0
X
la série cn converge, on applique le lemme, on obtient alors :
n≥0

+∞ n
! +∞
!2
X X (−1)p (−1)n−p X (−1)n π2
= = ·
n=0 p=0
(2p + 1)(2(n − p) + 1) n=0
2n + 1 16

2.31 Série dans un espace de Banach


a1 ) Comme E est une C-algèbre de Banach, alors :

∀n ∈ N, ∀x ∈ E, ||f n (x)|| ≤ ||f (x)||n .

Donc :
!n
n n n
sup ||f (x)|| ≤ sup ||f (x)|| et sup ||f (x)|| = sup ||f (x)|| .
||x||≤1 ||x||≤1 ||x||≤1 ||x||≤1

Donc : 1
|||f n ||| ≤ |||f |||n =⇒ |||f n ||| n ≤ |||f ||| =⇒ un ≤ |||f |||.
La suite U est bornée.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 72 — #438


i i

72 CHAPITRE 2

De toute suite numérique bornée on peut extraire une suite convergente, donc l’ensemble des
valeurs d’adhérence de la suite réelle U est non vide.

a2 ) Soient n et ν deux entiers naturels non nuls, on effectue la division euclidienne de n par ν,
on obtient :
∃!(m, b) ∈ N∗ × [[0, ν − 1]], n = mν + b.
D’où :
un n
n = |||f ||| = |||f
mν+b
|||, donc : un ν m
n ≤ |||f ||| |||f |||b .
1
Comme uν = |||f ν ||| , alors :
ν

 n  b
un |||f |||
un mν
n ≤ uν |||f |||b ⇐⇒ un n−b
n ≤ uν |||f |||b ⇐⇒ ≤ .
uν uν
 b
|||f ||| un 1
On pose M = max , obtient ≤ Mn.
b∈[[0,ν−1]] uν uν
Soit ζ une valeur d’adhérence de la suite U , alors il existe une extractrice ϕ telle que :

lim uϕ(n) = ζ.
n−→+∞

On a :
uϕ(n) 1
∀n ∈ N∗ , ≤ M ϕ(n) .

1
Comme lim M ϕ(n) = 1, on fait tendre n vers +∞ dans l’inégalité précédente, on obtient,
n−→+∞
pour tout entier naturel ν non nul, ζ ≤ uν .
On suppose que la suite U admet deux valeurs d’adhérence distinctes ζ1 et ζ2 telles que ζ1 < ζ2 .
Le réel ζ1 est une valeur d’adhérence de la suite U , donc :

∀ε ∈ R∗+ , ∀N ∈ N∗ , ∃n ∈ N∗ , n>N et |un − ζ1 | < ε.

On particularise N = 1 et ε = ζ2 − ζ1 , on obtient :

∃n1 ∈ N∗ , n1 > 1 et |un1 − ζ1 | < ζ2 − ζ1 .

Donc :
ζ1 − ζ2 < un1 − ζ1 < ζ2 − ζ1 , donc : un1 < ζ2 .
Il y a une contradiction entre ζ2 > un1 et, pour tout entier naturel ν, ζ2 ≤ uν .
Notre hypothèse « il existe deux valeurs d’adhérence distinctes » est fausse, donc la suite U
admet une unique valeur d’adhérence.
La suite U est bornée, donc la suite U converge vers cette valeur d’adhérence que l’on note
N (f ), donc :
1
lim un = lim |||f n ||| n = N (f ).
n−→+∞ n−→+∞

b) Soit α une valeur propre de l’endomorphisme f , il existe un élément x de E non nul tel que
f (x) = αx, donc f n (x) = αn x, donc :

||f n (x)|| |α|n ||x||


= = |α|n .
||x|| ||x||

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 73 — #439


i i

CORRIGÉS 73

On a :
||f n (x)|| ||f n (y)||
≤ sup ,
||x|| y∈E ∗ ||y||
donc : 1
|α|n ≤ |||f n |||, donc : |α| ≤ |||f n ||| n , donc : |α| ≤ un .
On fait tendre n vers +∞ dans l’inégalité précédente, on obtient |α| ≤ N (f ).

c) Soit λ un nombre complexe tel que |λ| > N (f ).

c1 ) De la question précédente on déduit que λ n’est pas une valeur propre de l’endomorphisme
f , donc f − λIdE est injectif.
On a :  n
−n n −n n −1
|||λ f ||| = |λ| |||f ||| = |λ| un .

On a :
|λ|−1 un = |λ|−1 N (f ).
p
n
lim |||λ−n f n ||| = lim
n−→+∞ n−→+∞

Comme |λ| > N (f ) alors |λ|−1 N (fX


) < 1, du test de Cauchy pour les séries Xà −n
termes positifs
on déduit que la série numérique |||λ−n f n ||| converge, donc la série λ f n converge
n≥1 n≥1
X
absolument dans L(E, E) qui est un espace complet, donc la série λ−n f n converge dans
n≥1
L(E, E).
X X X
Comme λ−n f n = IdE + λ−n f n , alors la série λ−n f n converge dans L(E, E).
n≥0 n≥1 n≥0

c2 ) On a :
  +∞
! +∞ +∞
X X X
λ−1 f − IdE λ−n f n = λ−n f n − λ−n f n = −IdE .
n=0 n=1 n=0

De même, on a : !
+∞
X 
−n n
λ f λ−1 f − IdE = −IdE .
n=0

On en déduit que l’endomorphisme IdE − λ−1 f est inversible et :


 −1 +∞
X
IdE − λ−1 f = λ−n f n .
n=0

+∞
!    +∞
!
X X
Comme −λ−1 λ−n f n f − λIdE = f − λIdE −λ−1 λ−n f n = IdE , alors l’en-
n=0 n=0
domorphisme f − λ IdE est un automorphisme de E et :
 −1 +∞
X
f − λIdE = −λ−1 λ−n f n .
n=0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 74 — #440


i i

74 CHAPITRE 2

2.34 On sait que :


∀t ∈ R, ch (2t) = 2ch 2 t − 1.
On pose x = ch (2t) avec t réel strictement positif.
Soit n un entier naturel non nul, on montre par récurrence la propriété :

P(n) : an = ch (2n t).

On a supposé P(1).
Si P(n), alors :
an+1 = 2a2n − 1 = 2ch 2 (2n t) − 1 = ch (2n+1 t).
La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 1, donc :

∀n ∈ N∗ , an = ch (2n t).

On sait que :
ch (2t) = ch 2 t + sh 2 t = 2ch 2 t − 1 = 1 + 2sh 2 t,
et :
sh (2t) 2 sh t ch t 2th t
th (2t) = = = ·
ch (2t) ch 2 t + sh 2 t 1 + th 2 t
D’où :
2ch 2 2t

th t 2 ch t + 1 1
 =  =  = =1+ ·
th 2t 1 + th 2 t
ch 2 t
+ sh 2 t

2 2 2
ch t ch t
On en déduit que :

th (2n t) 1 1
∀n ∈ N∗ , =1+ =1+ ·
th (2n−1 t) ch (2n t) an
Soit N un entier naturel non nul, on reconnaît un produit télescopique, on obtient :
N  N 
th (2n t) th (2N t)
 
Y 1 Y
1+ = n−1
= ·
n=1
an n=1
th (2 t) th (t)

th (2N t) Y 
1 1
Comme lim = , alors le produit 1+ est convergent et :
N −→+∞ th (t) th (t) an
n≥1

+∞  
Y 1 1
1+ = ·
n=1
an th t

Le réel t est strictement positif, donc :


r s s r
1 1 2ch 2 t ch (2t) + 1 x+1
= 2 = 2 = = ·
th t th t 2sh t ch (2t) − 1 x−1

On en déduit que :
+∞   r
Y 1 x+1
1+ = ·
n=1
an x−1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 75 — #441


i i

CORRIGÉS 75

2.36 Étude de sommabilité


1
a) On particularise I = N2 \ {(0, 0)} et ap,q = ·
(p + q)α
 
On définit la suite (In )n∈N∗ par In = (p, q) ∈ N2 | 0 < p + q ≤ n , c’est une partie finie de
N2 \ {(0, 0)}, croissante au sens de l’inclusion et de réunion N2 \ {(0, 0)}.
Pour n entier naturel non nul, on a :
 
n n   Xn n
X X X 1 X l+1 1 X 1
S(In ) = ap,q =  = = + ·
(p + q)α lα lα−1 lα
0<p+q≤n l=1 p+q=l l=1 l=1 l=1

La suite (S(In ))n∈N converge si et seulement


 si le réel α est strictement supérieur à 2, on sait
1
que la famille de réels positifs est sommable si et seulement si la suite
(p + q)α (p,q)∈N2 \{(0,0)}
 
1
(S(In ))n∈N est majorée, donc la famille est sommable si et seulement
(p + q)α (p,q)∈N2 \{(0,0)}
si le réel α est strictement supérieur à 2.
 
1
b) Si le réel α est strictement supérieur à 2, alors la famille est
(p + q)α (p,q)∈N2 \{(0,0)}
sommable et :
n n
!
X 1 X 1 X 1
= lim S(In ) = lim + = ζ(α − 1) + ζ(α).
(p + q)α n−→+∞ n−→+∞ lα−1 p=1 lα
(p,q)∈N2 \{(0,0)} l=1

c) Soient p et q deux entiers naturels, on a (p − q)2 ≥ 0, soit 2pq ≤ p2 + q 2 ≤ (p + q)2 , donc :


1 1 1
∀(p, q) ∈ N2 \ {(0, 0)}, 0< ≤ 2 ≤ α α α·
(p + q)2α (p + q 2 )α 2 p q
On distingue deux cas :
 
1
• Si le réel α est inférieur ou égal à 1, alors la famille n’est pas
(p + q)2α (p,q)∈N2 \{(0,0)}
 
1
sommable, donc la famille n’est pas sommable.
(p2 + q 2 )α (p,q)∈N2 \{(0,0)}
 
1
• Si α est strictement supérieur à 1, de l’exercice n˚2.35 on déduit que la famille
pα q α n∈N2 \{(0,0)}
est sommable,
 du test
 de comparaison des familles sommables de réels positifs on déduit que la
1
famille est sommable.
(p2 + q 2 )α (p,q)∈N2 \{(0,0)}
 
1
La famille est sommable si et seulement si le réel α est strictement
(p2 + q 2 )α (p,q)∈N2 \{(0,0)}
supérieur à 1.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 76 — #442


i i

76 CHAPITRE 2

2.37 Somme d’une série double


1
On pose un,m = 2 ·
m n + n2 m + 2nm
1
Soit n un entier naturel non nul fixé, au voisinage de +∞, on a un,m ∼ 2
, la série de
X 1 nm
Riemann converge, du test d’équivalence des séries à termes positifs on déduit que la
m2
m≥1
+∞
!
X X X
série un,m converge, montrons que la série un,m converge.
m≥1 n≥1 m=1

+∞
X
Calculons la somme un,m en décomposant la fraction rationnelle en éléments simples, on
m=1
a:  
1 1 1 1
un,m = = − ·
nm(m + n + 2) n(n + 2) m m+n+2
On a :
M M  
X 1 X 1 1
un,m = − ,
m=1
n(n + 2) m=1 m m+n+2
M M MX
+n+2
!
X 1 X 1 1
un,m = − .
m=1
n(n + 2) m=1 m m=n+3 m

Pour M entier supérieur à n + 3, on a :


M n+2 M MX
+n+2
!
X 1 X 1 X 1 1
un,m = + − ,
m=1
n(n + 2) m=1
m m=n+3 m m=n+3 m

M n+2 MX
+n+2
!
X 1 X 1 1
un,m = − ·
m=1
n(n + 2) m=1
m m=M +1 m

Comme :
MX
+n+2
1 n+2 n+2
≤ et lim = 0,
m=M +1
m M +1 M −→+∞ M +1
MX
+n+2
1
du théorème de comparaison des suites, on déduit que lim = 0, donc :
M −→+∞
m=M +1
m

+∞ n+2
X 1 X 1
Un = un,m = ·
m=1
n(n + 2) m=1 m

n
X 1
Au voisinage de +∞, la somme partielle de la série harmonique est équivalente à ln n,
m=1
m
ln(n + 2) ln n X ln n
donc Un ∼ ∼ 2 ·. La série est une série de Bertrand convergente, donc
n(n + 2) n n2
n≥1
X
la série un converge, du théorème d’interversion des sommations on déduit que la famille
n≥1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 77 — #443


i i

CORRIGÉS 77

 
1
est sommable et :
m2 n + n2 m + 2nm (n,m)∈N∗ ×N∗

+∞ X
+∞ +∞ +∞
! +∞ n+2
!
X X X X 1 X 1
un,m = un,m = ·
n=1 m=1 n=1 m=1 n=1
n(n + 2) m=1 m

n+2
X 1
On pose Tn = , on obtient, pour N entier naturel non nul :
m=1
m

N   N   N N +2
X Tn 1 X Tn Tn 1 X Tn 1 X Tn−2
= − = − ,
n=1
n(n + 2) 2 n=1 n n+2 2 n=1 n 2 n=3 n

N   N
!
X Tn 1 T2 X Tn − Tn−2 TN −1 TN
= T1 + + − − ·
n=1
n(n + 2) 2 2 n=3
n N +1 N +2
 
Tn − Tn−2 1 1 1
Comme = + alors :
n n n+1 n+2
N N   X N  
X Tn − Tn−2 X 1 1 1 3 1 1
= + = − − ·
n=3
n n=3
n n+1 n+2 n=3
2n n+1 2(n + 2)

N N N
! !
X Tn − Tn−2 3 X 1 X 1 1 1 1 1
= −1− −1− − +−
n=3
n 2 n=1
n 2
n=1
n 2 3 N +1
N
!
1 X 1 1 1 1 1 1
− −1− − − + + ,
2 n=1
n 2 3 4 N + 1 N +2
N
X Tn − Tn−2 5 3 1
= − − ·
n=3
n 8 2(N + 1) 2(N + 2)
3
X 1 1 1 11 1 11 1 25
Or T1 = =1+ + = et T2 = T1 + = + = , donc :
m=1
m 2 3 6 4 6 4 12

N    
X Tn 1 11 25 5 3 1 TN −1 TN
= + + − − − − ,
n=1
n(n + 2) 2 6 24 8 2(N + 1) 2(N + 2) N +1 N +2

N    
X Tn 7 1 3 1 TN −1 TN
= + − − − − ·
n=1
n(n + 2) 4 2 2(N + 1) 2(N + 2) N +1 N +2
TN −1 ln N Tn−1
Au voisinage de +∞, on a ∼ , donc lim = 0, d’où :
N +1 N N −→+∞ N +1
+∞  
X Tn 7
= ·
n=1
n(n + 2) 4

Donc :
+∞
+∞ X
X 1 7
= ·
n=1 m=1
m2 n + n2 m + 2nm 4

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 78 — #444


i i

78 CHAPITRE 2

2.38 SérieX et famille sommable


a) La série an converge, donc la suite (an )n∈N converge vers 0, comme la suite est à valeurs
n≥0
dans R+ , alors la suite est bornée et :
an M M
∃M ∈ R+ , ∀n ∈ N∗ , 0≤ ≤ ≤ 2·
n(n + 1) n(n + 1) n
X 1
La série de Riemann converge, du test de comparaison des séries à termes positifs on
n2
n≥1
X an
déduit que la série converge.
n(n + 1)
n≥1

+∞
X an
Remarque. Soit l un entier naturel non nul, le reste d’ordre l − 1 noté existe.
n(n + 1)
n=l

n
X n(n + 1)
b) Comme l= , alors :
2
l=1

+∞ n n
X X an X an
ul,n = ul,n = l= ·
n(n + 1) 2
l=1 l=1 l=1

+∞
!
X X X
La série an converge, donc la série ul,n converge, donc la famille
n≥0 n≥1 l=1

(ul,n )(l,n)∈N∗ ×N∗ est sommable.


On a : !
+∞ +∞ +∞ +∞
X X X X an 1X
ul,n = ul,n = = an .
2 2 n=1
(l,n)∈N∗ ×N∗ n=1 l=1 n=1

Du théorème d’interversion des sommations, on déduit que :


+∞ +∞
! +∞ +∞ ! +∞ +∞ ! +∞ +∞
!
X X X X X X X X an
ul,n = ul,n = ul,n = l .
n=1 n=1 n=1 n=1
n(n + 1)
l=1 l=1 l=n l=n

+∞
!
X X an
Donc la série l converge et :
n(n + 1)
n≥1 l=n

+∞ +∞
! +∞
X X an 1X
l = an .
n=1
n(n + 1) 2 n=1
l=n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 79 — #445


i i

Chapitre 3

Notions de topologie
3.1 a) On particularise α = 1, alors [0, 1[ est élément de O, donc E est élément de O, de même
en particularisant α = 0, alors [0, 0[ est élément de O, comme [0, 0[= ∅, alors ∅ est élément de
O.
Montrons que toute réunion d’ouverts est un ouvert.
 

Soit I un ensemble, l’ensemble αi ∈ [0, 1] i ∈ I est un sous-ensemble de R non vide et

majoré par 1, donc il admet une borne supérieure élément de [0, 1].
[     [
Comme [0, αi [= 0, sup αi et 0, sup αi est élément de O, alors [0, αi [ est un ouvert.
i∈I i∈I
i∈I i∈I

Montrons que l’intersection d’une famille finie d’ouverts est un ouvert.


 

Soit n un entier naturel, l’ensemble αi ∈ [0, 1] i ∈ [[1, n]] est un sous-ensemble de R non
vide et minoré par 0, donc il admet une borne inférieure élément de [0, 1].
\     \
Comme [0, αi [= 0, inf αi et 0, inf αi est élément de O, alors [0, αi [ est un
1≤i≤n 1≤i≤n
1≤i≤n 1≤i≤n
ouvert.
La famille O vérifie les axiomes des ouverts, elle définit une topologie sur E.

b) Le complémentaire de l’ouvert [0, α[ dans E est [α, 1[, donc les fermés de cette topologie sont
les intervalles [α, 1[ avec α un nombre réel élément de [0, 1].

c) Si x et y sont deux réels éléments de [0, 1[ tels que x < y, alors tout voisinage de y contient
[0, x], donc rencontre tout voisinage de x.
La topologie associée à la famille d’ouverts O n’est pas une topologie séparée.

d) Soit I = [a, b] avec 0 ≤ a < b < 1, on a I ⊂ [0, 1[ et :


• Comme I est le plus petit fermé de E contenant I, alors [a, b] = [a, 1[.
◦
◦  I= ∅
 si a 6= 0
• Comme I est le plus grand ouvert contenu dans I, alors : ·
◦

I= [0, b[ si a = 0

2
3.3 a) La   ζ définie sur F
fonction  par ζ(y1 , y2 ) = y1 − y2 est une fonction continue sur F 2
et D = ζ −1 0 . Le singleton 0 est un fermé de F , l’image réciproque par une fonction
 
continue d’un fermé est un fermé, donc ζ −1 0 est un fermé de F 2 , donc D est un fermé
de F 2 .

b) On définit la fonction Φ sur E × F par Φ(x, y) = (f (x), y).

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 80 — #446


i i

80 CHAPITRE 3

La fonction f est continue de E dans F , donc (x, y) 7−→ x 7−→ f (x) est continue sur E × F
de même la fonction (x, y) 7−→ y est continue sur E × F , donc la fonction Φ est continue sur
E × F.
On a :  
Φ−1 (D) =

(x, y) ∈ E × F Φ(x, y) ∈ D ,
 
Φ−1 (D) = (x, y) ∈ E × F (f (x), y) ∈ D ,

 
−1

Φ (D) = (x, y) ∈ E × F y = f (x) = G.

 
On a montré à la question précédente que l’ensemble D = (y1 , y2 ) ∈ F 2

y1 = y2 est un

fermé de F 2 , comme Φ−1 (D) = G, alors le graphe de la fonction f est l’image réciproque d’un
fermé par la fonction continue Φ, c’est donc un fermé de E × F .

c) Soit Ψ la fonction définie sur E par Ψ(x) = (x, f (x)).


La fonction f est continue sur E donc x 7−→ (x, x) 7−→ (x, f (x)) est continue sur E, donc la
fonction Ψ est continue sur E et Ψ(E) = G, de plus on a :

∀(x1 , x2 ) ∈ E 2 , Ψ(x1 ) = Ψ(x2 ) ⇐⇒ (x1 , f (x1 )) = (x2 , f (x2 )) =⇒ x1 = x2 .

La fonction Ψ est injective sur E, donc la fonction Ψ est une bijection continue de E sur G, son
application réciproque est la fonction Ψ−1 définie sur G par Ψ−1 (x, f (x)) = x, il est immédiat
que la fonction Ψ−1 est continue de G sur E, donc Ψ est un homéomorphisme de E sur G.
On a montré que le graphe G de la fonction f est homéomorphe à E.

3.6 a) Soient f et g deux éléments de E, alors les fonctions |f − g| et |f − g|2 sont continues
sur le segment [a, b], donc intégrables sur ce segment, donc les applications d1 et d2 sont définies
sur E 2 .
Comme la fonction |f − g| est continue sur le compact [a, b], alors cettte fonction admet un
maximum sur [a, b], donc la fonction d∞ est définie sur E 2 .
Les applications d1 , d2 et d∞ sont à valeurs dans R+ .
Comme le module est symétrique, alors les applications d1 , d2 et d∞ sont symétriques.
• Étude de d1 .
On a : Z b
∀(f, g) ∈ E 2 , d1 (f, g) = 0 ⇐⇒ |f (t) − g(t)| dt = 0.
a
La fonction |f − g| est continue, positive sur le segment [a, b], donc :

d1 (f, g) = 0 ⇐⇒ ∀t ∈ [a, b], |f (t) − g(t)| = 0 ⇐⇒ ∀t ∈ [a, b], f (t) = g(t) ⇐⇒ f = g.

Comme le module vérifie l’inégalité triangulaire, alors :

∀t ∈ [a, b], |f (t) − g(t)| ≤ |f (t) − h(t)| + |h(t) − g(t)|.

De la positivité de l’intégrale on déduit :

∀(f, g, h) ∈ E 3 , d1 (f, g) ≤ d1 (f, h) + d1 (h, g).

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 81 — #447


i i

CORRIGÉS 81

L’application d1 est à valeurs dans R+ , elle vérifie les propriétés de séparation, de symétrie et
l’inégalité triangulaire, donc c’est une distance sur E.
• Étude de d∞ .
On a :

∀(f, g) ∈ E 2 , d∞ (f, g) = 0 ⇐⇒ ∀t ∈ [a, b], |f (t) − g(t)| = 0 ⇐⇒ f = g.

Les fonctions |f − g|, |f − h| et |h − g| sont continues sur [a, b], donc elles admetttent une borne
supérieure sur le compact [a, b], comme :

∀t ∈ [a, b], |f (t) − g(t)| ≤ |f (t) − h(t)| + |h(t) − g(t)|,

alors :
∀t ∈ [a, b], |f (t) − g(t)| ≤ sup |f (t) − h(t)| + sup |h(t) − g(t)|,
t∈[a,b] t∈[a,b]

d’où :
∀t ∈ [a, b], |f (t) − g(t)| ≤ d∞ (f, h) + d∞ (h, g).
Donc :
sup |f (t) − g(t)| ≤ d∞ (f, h) + d∞ (h, g),
t∈[a,b]

soit :
d∞ (f, g) ≤ d∞ (f, h) + d∞ (h, g).
L’application d∞ est une distance sur E.
• Étude de d2 .
On a : Z b
∀(f, g) ∈ E 2 , d2 (f, g) = 0 ⇐⇒ |f (t) − g(t)|2 dt = 0.
a

La fonction |f − g|2 est continue, positive sur le segment [a, b], donc :

d2 (f, g) = 0 ⇐⇒ ∀t ∈ [a, b], |f (t) − g(t)|2 = 0 ⇐⇒ ∀t ∈ [a, b], f (t) = g(t) ⇐⇒ f = g.

Pour montrer l’inégalité triangulaire, on utilise l’inégalité de Minkowski.


Soient a et b deux réels tels que a < b, ϕ1 et ϕ2 deux éléments de E, on a :
s s s
Z b Z b Z b
|ϕ1 (t) + ϕ2 (t)|2 dt ≤ |ϕ1 (t)|2 dt + |ϕ2 (t)|2 dt·
a a a

On particularise ϕ1 = f − h et ϕ2 = h − g dans l’inégalité précédente, on obtient :


s s s
Z b Z b Z b
|f (t) − g(t)| dt ≤
2 |f (t) − h(t)| dt +
2 |h(t) − g(t)|2 dt,
a a a

soit :
d2 (f, g) ≤ d2 (f, h) + d2 (h, g).
L’application d2 est une distance sur E.

b1 ) On a :

∀(f, g) ∈ E 2 , ∀t ∈ [a, b], |f (t) − g(t)| ≤ sup |f (t) − g(t)|,


t∈[a,b]

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 82 — #448


i i

82 CHAPITRE 3

donc : Z b
|f (t) − g(t)| dt ≤ (b − a)d∞ (f, g),
a
soit :
∀(f, g) ∈ E 2 , d1 (f, g) ≤ (b − a) d∞ (f, g).
De même, on montre que :

∀(f, g) ∈ E 2 , d2 (f, g) ≤ b − a d∞ (f, g).

De l’inégalité de Cauchy-Schwarz appliquée à ϕ1 = 1 et ϕ2 = f − g, on déduit que :


s s
Z b Z b Z b
|f (t) − g(t)| dt ≤ dt |f (t) − g(t)|2 dt,
a a a

donc : √
∀(f, g) ∈ E 2 , d1 (f, g) ≤ b − a d2 (f, g).
On a montré que :

∀(f, g) ∈ E 2 , d1 (f, g) ≤ b − a d2 (f, g) ≤ (b − a) d∞ (f, g).

Soient ε un réel strictement positif et f0 un élément de E, on considère la boule ouverte de


centre f0 et de rayon ε associée à la distance d que l’on note :
 

Bd (f0 , ε) = f ∈ E d(f0 , f ) < ε ·

On a : √
Bd1 (f0 , (b − a)ε) ⊂ Bd2 (f0 , b − a ε) ⊂ Bd∞ (f0 , ε).
D’où :
O1 ⊂ O2 ⊂ O∞ ·
b2 ) Montrons que les inclusions précédentes sont strictes.
On particularise a = 0 et b = 1.
Soit n un entier naturel non nul, on définit la fonction fn sur [0, 1] par :
    
1 1
 2n x −
 si x ∈ 0,
 n n
fn (x) =  .
 1
0
 si x ∈ ,1
n

On a :
Z 1 Z 1   "  2 # n1
n 1 1 1
d1 (fn , 0) = |fn (t)| dt = − 2n t − dt = − n t − = ,
0 0 n n n
0
sZ s
1 Z 1  2 r
n 1 4
d2 (fn , 0) = |fn (t)|2 dt = 4n2 t − dt = et d∞ (fn , 0) = 2.
0 0 n 3n
Soit r un réel élément de ]0, 1[ donné.
1
Pour n un entier strictement supérieur à , on a fn élément de Bd1 (0, r) ; mais la fonction
r

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 83 — #449


i i

CORRIGÉS 83

fn n’est pas élément de Bd∞ (0, 1), donc O1 6= O∞ .


4
Si n est un entier tel que n > 2 , alors fn est élément de Bd2 (0, r), mais la fonction fn
3r
n’est pas élément de Bd∞ (0, 1), donc O2 6= O∞ .

Soit n un entier naturel non nul, on définit la fonction gn sur [0, 1] par :
 √    
1 1

 2n n x − si x ∈ 0,
 n n
gn (x) =  .
 1
0
 si x ∈ ,1
n
On a :

1 1
" 2 # n1
√ √
Z Z   
n 1 1 1
d1 (gn , 0) = |gn (t)| dt = − 2n n t − dt = − n n t − = √ ,
0 0 n n n
0
sZ s
1 Z 1  2 r
n 1 4
d2 (gn , 0) = |gn (t)|2 dt = 4n3 t − dt = ·
0 0 n 3
4
Si n est un entier tel que n > , alors fn est élément de Bd1 (0, r), mais la fonction fn
3r2
n’est pas élément de Bd2 (0, 1), donc O1 6= O2 .

3.7 a1 ) On a :
x
Z
dt
∀(x, y) ∈ R2 ,

d2 (x, y) = | arctan x − arctan y| = ·
y 1 + t2

1
Pour tout réel t, on a ≤ 1, donc :
1 + t2

∀(x, y) ∈ R2 , d2 (x, y) ≤ |x − y|, donc : d2 (x, y) ≤ d1 (x, y).

a2 ) Les distances d1 et d2 sont comparables si et seulement s’il existe deux réels α et β stricte-
ment positifs tels que :

∀(x, y) ∈ R2 , αd1 (x, y) ≤ d2 (x, y) ≤ βd1 (x, y).

Si les distances d1 et d2 étaient comparables, alors on aurait :

∀n ∈ N, αd1 (n, 0) ≤ d2 (n, 0), donc : αn ≤ arctan n.

On fait tendre n vers +∞ dans l’inégalité précédente, on obtient une contradiction, donc les
distances d1 et d2 ne sont pas comparables.

a3 ) On considère la suite U = (n)n∈N .


π
La suite (arctan n)n∈N converge vers , donc c’est une suite de Cauchy dans (R, d1 ), soit :
2
 
∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N, ∀(n, p) ∈ N2 , p > n ≥ N =⇒ d1 (arctan n, arctan p) ≤ ε .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 84 — #450


i i

84 CHAPITRE 3

Comme d1 (arctan n, arctan p) = | arctan n − arctan p| = d2 (n, p), alors :


 
2
∀(n, p) ∈ N , p > n ≥ N =⇒ d2 (n, p) ≤ ε .

La suite U est une suite de Cauchy dans (R, d2 ).


Si elle convergeait vers l, alors on aurait :
π
lim d2 (n, l) = 0, donc : lim | arctan n − arctan l| = 0, donc : arctan l = ·
n−→+∞ n−→+∞ 2
i π πh π
La fonction arctan est à valeurs dans − , , donc, pour tout réel l, arctan l 6= ·
2 2 2
La suite U est une suite de Cauchy divergente dans (R, d2 ), donc l’ensemble (R, d2 ) n’est pas
un espace complet.

b1 ) On définit la fonction δ sur R2 par δ(x, y) = |f (x) − f (y)|.


• L’application δ est à valeurs dans R+ .
• Propriété de séparation :

∀(x, y) ∈ R2 , δ(x, y) = 0 ⇐⇒ |f (x) − f (y)| = 0 ⇐⇒ f (x) = f (y).

La fonction f est strictement croissante, donc elle est injective, donc :

∀(x, y) ∈ R2 , f (x) = f (y) ⇐⇒ x = y.

Donc :
∀(x, y) ∈ R2 , δ(x, y) = 0 ⇐⇒ x = y.

• Propriété de symétrie. La distance associée à la valeur absolue est symétrique, donc :

∀(x, y) ∈ R2 , δ(y, x) = |f (y) − f (x)| = |f (x) − f (y)| = δ(x, y).

• Propriété de l’inégalité triangulaire.


On a :
∀(x, y, z) ∈ R3 , |f (x) − f (y)| ≤ |f (x) − f (z)| + |f (z) − f (y)|.
Donc :
∀(x, y, z) ∈ R3 , δ(x, y) ≤ δ(x, z) + δ(z, y).
On a montré que la fonction δ est une distance sur R.

b2 ) Les distances d1 et δ sont topologiquement équivalentes si et seulement si la fonction iden-


tique est un homéomorphisme de (R, d1 ) sur (R, δ).
• Si les distances d1 et δ sont topologiquement équivalentes, alors la fonction identique est un
homéomorphisme de (R, d1 ) sur (R, δ), donc :
 
∀x ∈ R, ∀ε ∈ R∗+ , ∃η ∈ R∗+ , ∀y ∈ R, |x − y| ≤ η =⇒ δ(x, y) ≤ ε .

Soit :
|x − y| ≤ η =⇒ |f (x) − f (y)| ≤ ε.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 85 — #451


i i

CORRIGÉS 85

Pour tout réel x, la fonction f est continue en x, donc la fonction f est continue sur R.
• On suppose que la fonction f est continue sur R, comme elle est strictement croissante, alors
elle réalise une bijection continue de R sur f (R), son application réciproque est continue de
f (R) sur R, donc la fonction identique est un homéomorphisme de (R, d1 ) sur (R, δ), donc les
distances d1 et δ sont topologiquement équivalentes.
Les distances d1 et δ sont topologiquement équivalentes si et seulement si la fonction f est
continue sur R.

b3 ) Montrons que (R, δ) est complet si la fonction f vérifie f (R) = R.


On suppose que f (R) = R.
La fonction f est strictement croissante, donc elle est injective, comme f (R) = R, alors f est
une bijection de R sur R et :

∀(x, y) ∈ R2 , δ(x, y) = |f (x) − f (y)| = d1 (f (x), f (y))).

La fonction f est une bijection isométrique de (R, δ) sur (R, d1 ), comme (R, d1 ) est complet,
alors (R, δ) est complet.
Il suffit que la fonction f soit strictement croissante de R sur R pour que (R, δ) soit un espace
complet.
On peut montrer que c’est une condition nécessaire et suffisante.

3.8 On suppose que (E, d) est un espace complet.


Soit Y = (yn )n une suite de Cauchy à valeurs dans E 0 , on a :
 
∀ζ ∈ R∗+ , ∃N ∈ N, ∀(n, p) ∈ N2 , p > n ≥ N =⇒ d0 (yp , yn ) ≤ ζ .

La fonction f −1 est uniformément continue sur E 0 , soit :


 
∀ε ∈ R∗+ , ∃η ∈ R∗+ , ∀(u, v) ∈ E 02 , d0 (u, v) ≤ η =⇒ d(f −1 (u), f −1 (v)) ≤ ε .

On pose xn = f −1 (yn ), pour tout réel ε strictement positif, il existe un entier naturel N tel
que :
∀(n, p) ∈ N2 , p > n ≥ N, d0 (yp , yn ) ≤ η =⇒ d(xn , xp ) ≤ ε.
On en déduit que la suite X = (xn )n∈N est une suite de Cauchy à valeurs dans E qui est un
espace complet, donc la suite X converge vers x élément de E.
La fonction f est continue sur E, donc en particulier en x, de la caractérisation séquentielle de
la continuité, on déduit que :
 
lim yn = lim f (xn ) = f lim xn = f (x).
n−→+∞ n−→+∞ n−→+∞

On a montré que si la suite Y est une suite de Cauchy à valeurs dans E 0 , alors elle converge
vers y = f (x), donc l’espace (E 0 , d0 ) est complet.

3.10 a) L’espace vectoriel E est muni de la norme de la convergence uniforme.


• Adhérence de F .
Soit a un élément de [0, 1], on définit la forme linéaire νa sur E par νa (f ) = f (a).

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 86 — #452


i i

86 CHAPITRE 3

On a :
∀f ∈ E, |νa (f )| ≤ ||f ||∞ .
 
L’application linéaire νa est 1-lipschitzienne, donc continue sur E, le singleton
0 est un fermé
 
de R, l’image réciproque par une fonction continue d’un fermé est un fermé, donc νa−1 0
est un fermé de E.
       
Comme νa−1 f (a) = 0 et F = ν0−1 −1

0 =Ker(νa ) = f ∈ E 0 ∩ ν 1 0 , alors
F est l’intersection de deux fermés, c’est un fermé de E donc F = F .

• Intérieur de F .

On suppose que F 6= ∅.
Soit f un élément de l’intérieur de F , alors il existe une boule ouverte de centre f et de rayon
r strictement positif contenu dans F , donc Bo (f, r) ⊂ F .
r
Soit g la fonction définie sur [0, 1] par g(x) = f (x) + , il est immédiat que g est élément de la
2
r
boule ouverte Bo (f, r), mais g(0) = , donc g(0) 6= 0, donc g n’est pas élément de F d’où une
2
◦ ◦
contradiction, notre hypothèse F 6= ∅ est fausse, donc F = ∅.

• Frontière de F .
 c
◦ ◦ ◦
On sait que Fr(F ) = F ∩ E \ F = F \ F = F ∩ F , comme F = F et F = ∅, alors :

Fr(F ) = F.

b) L’espace vectoriel E est muni de la norme de la convergence en moyenne.

• Adhérence de F .
Soit f un élément de E, on définit la suite de fonctions (fn )n≥2 sur [0, 1] par :
    
1 1

 nf x si x ∈ 0,
n n




  
1 1

fn (x) = f (x) si x ∈ ,1 − .

 n n
    
1 1


 nf 1 − (−x + 1) si x ∈ 1 − , 1


n n
 
1 1
Pour tout entier n supérieur à 2, la fonction fn est continue sur ,1 − , comme fn est une
    n n
1 1
fonction affine sur 0, et sur 1 − , 1 , elle est continue sur ces intervalles.
n n
De plus :  
1
lim fn (x) = f = lim fn (x),
1 −
x−→( n ) n x−→( 1 )
+
n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 87 — #453


i i

CORRIGÉS 87

et :  
1
lim fn (x) = f 1− = lim fn (x).
1 +
x−→(1− n ) n 1
x−→(1− n ) −

1 1
Pour tout entier n supérieur à 2, la fonction fn est continue en et en 1 − , donc la fonction
n n
fn est continue sur [0, 1], de plus, on a fn (0) = fn (1) = 0, donc fn est élément de F .
On remarque que :
   
1 1
∀n ∈ N, n ≥ 2, ∀x ∈ 0, , |fn (x)| ≤ f ≤ ||f ||∞ ,
n n
   
1 1
∀n ∈ N, n ≥ 2, ∀x ∈ 1 − , 1 , |fn (x)| ≤ f 1 − ≤ ||f ||∞ ,
n n
donc :
∀n ∈ N, n ≥ 2, ∀x ∈ [0, 1], |fn (x)| ≤ ||f ||∞ .
Donc ||fn ||∞ ≤ ||f ||∞ ·
On a construit une suite (fn )n≥2 d’éléments de F , montrons qu’elle converge en moyenne vers
la fonction f .
On a : 1
Z
n
Z 1
||fn − f ||1 = |fn (x) − f (x)| dx + |fn (x) − f (x)| dx.
0 1
1− n

D’où :
2 4
||fn − f ||1 ≤
(||fn ||∞ + ||f ||∞ ) ≤ · ||f ||∞ .
n n
Pour tout f élément de E, il existe une suite (fn )n≥2 d’éléments de F qui converge en moyenne
sur [0, 1] vers la fonction f , donc le sous-espace vectoriel F est dense dans E, donc F = E.

• Intérieur de F .

On raisonne comme à la question précédente, on obtient que F = ∅.

Remarque. Soit f un élément de F .


On a :
f + 1 − f = 1 et f + 1 − f = 1 ·
∀n ∈ N∗ ,

n
∞ n n
1 n
 
1
La suite de fonctions U = f + converge uniformément sur [0, 1] vers la fonction f et
n n∈N∗
converge en moyenne sur [0, 1] vers la fonction f .
On a :    
1 1 1 1 1 1
f+ (0) = f (0) + = et f+ (1) = f (1) + = ,
n n n n n n
donc les éléments de la suite U appartiennent à E \ F .
On a montré que E \ F est dense dans E, donc E \ F = E.
◦ ◦ ◦
Comme E\ F = E \ F , alors E\ F = E, donc F = ∅.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 88 — #454


i i

88 CHAPITRE 3

• Frontière de F .
 c
◦ ◦ ◦
On sait que Fr(F ) = F ∩ E \ F = F \ F = F ∩ F , comme F = E et F = ∅, alors :

Fr(F ) = E.

3.16 a) Soit a un élément de E et r un réel strictement positif, on considère la boule ouverte


de centre a et de rayon r notée Bo (a, r), on a :
x ∈ Bo (a, r) ⇐⇒ ||x − a|| < r.
r(x − a)
On considère la fonction f définie sur E par f (x) = + a.
1 + ||x − a||
On a :
r(x − a) ||x − a||
1 + ||x − a|| = r 1 + ||x − a|| ,

donc ||f (x) − a|| < r, donc f (E) ⊂ Bo (a, r).


La norme est une application continue, donc x 7−→ x − a 7−→ ||x − a|| 7−→ 1 + ||x − a|| est une
composée de fonctions continues sur E, donc continue sur E, comme 1 + ||x − a|| est non nul,
alors la fonction inverse est également continue sur E, la fonction x 7−→ (x − a) 7−→ r(x − a)
est une composée de fonctions continues, donc continue sur E, donc la fonction f est continue
sur E.
Soit y un élément de Bo (a, r), alors ||y − a|| < r, donc r − ||y − a|| 6= 0, on a :
r||x − a|| ||y − a||
y = f (x) =⇒ ||y − a|| = =⇒ ||x − a|| = ·
1 + ||x − a|| r − ||y − a||
y−a
On définit la fonction g sur Bo (a, r) par g(y) = + a.
r − ||y − a||
Montrons que la fonction g est la fonction réciproque de la fonction f .
Pour x un élément de E, on a :
x−a
r
f (x) − a 1 + ||x − a|| r(x − a)
g(f (x)) = +a= r(x − a) + a =
+ a = x.
r − ||f (x) − a|| r
r −
1 + ||x − a||
Pour x élément de Bo (a, r), on a r − ||x − a|| > 0, donc :
x−a
r
r(g(x) − a) r − ||x − a|| r(x − a)
f (g(x)) = +a= + a = + a = x.
1 + ||g(x) − a|| x − a r
1 +
r − ||x − a||
On a montré que f ◦ g = IdBo (a,r) et g ◦ f = IdE , donc f est une bijection continue de E sur
Bo (a, r) et son application réciproque f −1 = g est continue de B0 (a, r) sur E, donc f est un
homéomorphisme de E sur Bo (a, r).
On a montré que toute boule ouverte de E est homéomorphe à E.

b) Une boule ouverte dans R est un intervalle ouvert du type ]a − r, a + r[ avec a réel et r réel
strictement positif.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 89 — #455


i i

CORRIGÉS 89

L’ensemble des réels est homéomorphe à tout intervalle ouvert borné en particulier R est
homéomorphe à ] − 1, 1[.

3.17 a) Il est clair que E est un R-espace vectoriel.


Si f est élément de E, alors f + 2f 0 + f 00 est continue sur [0, 1], donc bornée, on note N la
fonction définie sur E par N (f ) = ||f + 2f 0 + f 00 ||∞ , alors N est une application de E dans R+ .
Vérifions que N est une norme sur E :
• Séparation :
Soit f un élément de E, alors :

N (f ) = 0 ⇐⇒ f + 2f 0 + f 00 = 0.
 00
 y + 2y 0 + y = 0



Le problème de Cauchy y(0) = 0 admet une unique solution qui est la fonction nulle,




y 0 (0) = 0
on a :
∀f ∈ E, N (f ) = 0 ⇐⇒ f = 0.

• Homogénéité :
De l’homogénéité de la norme uniforme, on déduit que :

∀f ∈ E, ∀λ ∈ R, N (λf ) = ||λf + 2λf 0 + λf 00 ||∞ = ||λ(f + 2f 0 + f 00 )||∞ = |λ|N (f ).

• Inégalité triangulaire :
On a :

∀(f, g) ∈ E 2 , N (f + g) = ||f + g + 2(f 0 + g 0 ) + f 00 + g 00 ||∞ = ||(f + 2f 0 + f 00 ) + (g + 2g 0 + g 00 )||∞ .

On sait que :

||(f + 2f 0 + f 00 ) + (g + 2g 0 + g 00 )||∞ ≤ ||f + 2f 0 + f 00 ||∞ + ||g + 2g 0 + g 00 ||∞ .

D’où :
∀(f, g) ∈ E 2 , N (f + g) ≤ N (f ) + N (g).
On a montré que N est une norme sur E.

 
ϕ ∈ C 1 ([0, 1], R+ )

b) Soit F =
ϕ(0) = 0 ·

Soit ϕ un élément de F , on pose h(x) = ϕ(x) ex , il est immédiat que h est élément de F et :

h0 (x) = ϕ(x) ex + ϕ0 (x) ex .

Donc :
∀x ∈ [0, 1], |h0 (x)| ≤ ex |ϕ(x) + ϕ0 (x)| ≤ e ||ϕ + ϕ0 ||∞ .
D’où :
||h0 ||∞ ≤ e ||ϕ + ϕ0 ||∞ .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 90 — #456


i i

90 CHAPITRE 3

De plus : Z x
∀u ∈ F, ∀x ∈ [0, 1], u(x) = u0 (t) dt,
0
donc : Z x Z 1
∀x ∈ [0, 1], |u(x)| ≤ |u0 (t)| dt ≤ |u0 (t)| dt ≤ ||u0 ||∞ .
0 0
Donc :
∀u ∈ F, ||u||∞ ≤ ||u0 ||∞ .
On a ϕ(x) = e−x h(x), donc :

∀x ∈ [0, 1], |ϕ(x)| ≤ |h(x)| ≤ ||h||∞ ≤ ||h0 ||∞ ≤ e ||ϕ + ϕ0 ||∞ .


Soit :
||ϕ||∞ ≤ e ||ϕ + ϕ0 ||∞ .
c1 ) Soit f un élément de E, alors f est élément de F , donc :

||f ||∞ ≤ e ||f + f 0 ||∞ .

On pose ϕ = f + f 0 , alors ϕ est élément de F , donc :


||ϕ||∞ ≤ e ||ϕ + ϕ0 ||∞ .
Soit :
∀f ∈ E, ||f + f 0 ||∞ ≤ e ||f + 2f 0 + f 00 ||∞ .
On a montré que :
∀f ∈ E, ||f ||∞ ≤ e2 N (f ).
La norme N est plus fine que la norme de la convergence uniforme.

c2 ) Soit f un élément de E, on pose g = f 00 + 2f 0 + f , exprimons la fonction f en fonction g en


résolvant le problème de Cauchy suivant :
 00 0
 y + 2y + y = g
(P C) : y(0) = 0 .
 0
y (0) = 0

Les solutions de l’équation différentielle homogène y 00 + 2y 0 + y = 0 sont les fonctions y définies


sur R par y(x) = λxe−x + µe−x avec λ et µ réels.
On utilise la méthode de la variation de la constante pour déterminer les solutions de l’équation
différentielle (E) : y 00 + 2y 0 + y = g avec g une fonction continue sur R.
On cherche deux fonctions u et v dérivables sur R telles que x 7−→ (xu(x) + v(x)) e−x soit
solution de (E) et, pour tout réel x, xu0 (x) + v 0 (x) = 0, on obtient :
   0 x
 (1 − x)u0 (x) − v 0 (x) e−x = g(x)
  u (x) = g(x) e
⇐⇒ .
 0
 0
xu (x) + v 0 (x) = 0 v (x) = −xg(x) ex

Donc :  Z x
 u(x) =

 g(t)et dt + λ
0
Z x avec (λ, µ) ∈ R2 .
t
 v(x) = −

 tg(t)e dt + µ
0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 91 — #457


i i

CORRIGÉS 91

Les solutions de (E) sont les fonctions y définies sur R par :


Z x   Z x 
y(x) = g(t)et dt + λ x e−x + − tg(t)et dt + µ e−x .
0 0

On a y(0) = µ et :
Z x   Z x 
y 0 (x) = xg(x) + g(t)et dt + λ (1 − x)e−x − xg(x) − − tg(t)et dt + µ e−x ,
0 0
0
donc y (0) = λ − µ.
L’unique solution du problème de Cauchy (P C) est la fonction f définie sur R par :
 Z x Z x  Z x
f (x) = x g(t)et dt − tg(t)et dt e−x = (x − t)g(t)et−x dt.
0 0 0

On en déduit que : Z x
(x − t)et−x dt .

∀x ∈ R, |f (x)| ≤ ||g||∞
0
Z x
00 0
On a g = f + 2f + f et (x − t)e t−x
dt = 1 − (x + 1) e−x .
0

On définit la fonction Ψ sur [0, 1] par Ψ(x) = 1 − (x + 1) e−x .


2
L’étude de la fonction Ψ montre que cette fonction croît sur [0, 1] de 0 à 1 − , donc :
e
 
2
∀x ∈ R, |f (x)| ≤ 1− N (f ),
e
donc :  
2
||f ||∞ ≤ 1− N (f ).
e
Comme Ψ0 (x) = xe−x , alors Ψ(0) = Ψ0 (0) = 0, donc la fonction Ψ est élément de E, en
2
particularisant f = Ψ, on obtient ||Ψ||∞ = 1 − , comme Ψ00 + 2Ψ0 + Ψ = 1, alors N (Ψ) = 1,
  e
2
donc ||Ψ||∞ = 1 − N (Ψ).
e
La meilleure constante a telle que, pour tout élément f de E, on ait ||f ||∞ ≤ aN (f ) est le réel
2
a=1− ·
e

xn
·
d) On définit la suite de fonctions (fn )n≥2 sur [0, 1] par fn (x) =
n
Les fonctions fn sont des monômes, donc elles sont indéfiniment dérivables sur [0, 1].
Pour tout x élément de [0, 1], on a fn0 (x) = xn−1 , donc fn (0) = fn0 (0) = 0, donc, pour tout
entier n supérieur à 2, les fonctions fn sont éléments de E.
1
On a ||fn ||∞ = , donc la suite de fonctions (fn )n≥2 converge uniformément sur [0, 1] vers la
n
fonction nulle.
xn
Pour tout réel x élément de [0, 1], on a fn00 (x) + 2fn0 (x) + fn (x) = (n − 1)xn−2 + 2xn−1 + ,
n
1
donc N (fn ) = n + 1 + , donc la suite de fonctions (fn )n≥2 sur [0, 1] diverge pour la norme N .
n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 92 — #458


i i

92 CHAPITRE 3

On a montré que les deux normes || ||∞ et N ne sont pas des normes équivalentes.

3.18 a) Il est immédiat que, pour tout élément f de E, on a ϕ(f ) réel.


De la linéarité de l’intégrale on déduit que :

∀(f1 , f2 , λ) ∈ E 2 × R, ϕ(λf1 + f2 ) = λϕ(f1 ) + ϕ(f2 ).


L’opérateur ϕ est une forme linéaire sur E.
• Continuité de l’opérateur ϕ pour la norme de la convergence uniforme
On a : Z 1 Z 1
∀f ∈ E, |ϕ(f )| ≤ x(1 − x)|f (x)| dx ≤ ||f ||∞ x(1 − x) dx.
0 0
Comme : 1
1 1
x2 x3
Z Z 
1 1 1
x(1 − x) dx = (x − x2 ) dx = − = − = ,
0 0 2 3 0 2 3 6
alors :
||f ||∞
∀f ∈ E, · |ϕ(f )| ≤
6
L’opérateur ϕ est continu pour la topologie associée à (E, || ||∞ ) et :
|ϕ(f )| 1
|||ϕ|||∞ = sup , donc : |||ϕ|||∞ ≤ ·
f ∈E ∗ ||f ||∞ 6
1 1
, donc |||ϕ|||∞ = ·
On particularise f = 1 sur [0, 1], on obtient |ϕ(f )| =
6 6
• Continuité de l’opérateur ϕ pour la norme de la convergence en moyenne
1
Une étude de la parabole x 7−→ x(1 − x) montre que sup x(1 − x) = , donc :
x∈[0,1] 4
Z 1 Z 1
1
∀f ∈ E, |ϕ(f )| ≤ x(1 − x)|f (x)| dx ≤ |f (x)| dx,
0 4 0

soit :
||f ||1
∀f ∈ E, · |ϕ(f )| ≤
4
L’opérateur ϕ est continu pour la topologie associée à (E, || ||1 ) et :
|ϕ(f )| 1
|||ϕ|||1 = sup , donc : |||ϕ|||1 ≤ ·
f ∈E ∗ ||f ||1 4

Pour calculer |||ϕ|||1 , on considère la suite de fonctions (fn )n∈N définie sur [0, 1] par :
fn (x) = xn (1 − x)n .
Z 1
Déterminons ||fn ||1 , on a ||fn ||1 = xn (1 − x)n dx.
0
Z 1
Pour n et p entiers naturels, on pose I(n, p) = xn (1 − x)p dx, on intègre par parties, on
0
obtient :
1 1
xn+1
 Z
p p
I(n, p) = (1 − x)p + xn+1 (1 − x)p−1 dx = I(n + 1, p − 1).
n+1 0 n+1 0 n+1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 93 — #459


i i

CORRIGÉS 93

p!
On montre par récurrence que I(n, p) = , donc :
(n + p + 1)(n + p) · · · (n + 1)
n! (n!)2
||fn ||1 = I(n, n) = = ·
(2n + 1)(2n) · · · (n + 1) (2n + 1)!
D’où :
|ϕ(fn )| I(n + 1, n + 1) (n + 1)2 1
lim = lim = lim = ·
n−→+∞ ||fn ||1 n−→+∞ I(n, n) n−→+∞ (2n + 3)(2n + 2) 4
1
On en déduit que |||ϕ|||1 = ·
4
• Continuité de l’opérateur ϕ pour la norme de la convergence en moyenne
quadratique
De l’inégalité de Cauchy-Schwarz on déduit que :
Z 1
∀(Ψ, Φ) ∈ E 2 ,

Ψ(x)Φ(x) dx ≤ ||Ψ||2 ||Φ||2 ,

0

en particularisant Ψ(x) = x(1 − x) et Φ = f , on obtient :


∀f ∈ E, |ϕ(f )| ≤ ||Ψ||2 ||f ||2 .
Comme : Z 1
4 1
||Ψ||22 = x2 (1 − x)2 dx = I(2, 2) = = ,
0 5! 30
alors :
||f ||2
∀f ∈ E, |ϕ(f )| ≤ √ ·
30
L’opérateur ϕ est continu pour la topologie associée à (E, || ||2 ) et :
|ϕ(f )| 1
|||ϕ|||2 = sup , donc : |||ϕ|||2 ≤ √ ·
f ∈E ∗ ||f ||2 30
On particularise f (x) = x(1 − x), on obtient :
Z 1
1
|ϕ(f )| = x2 (1 − x)2 dx = ·
0 30
Donc :
1
|ϕ(f )| 30 1
= = √ ·
||f ||2 1 30

30
1
On en déduit que |||ϕ|||2 = √ ·
30

b) On définit la suite de fonctions (fn )n≥2 sur [0, 1] par :


1 1


 0 si 0 ≤ x ≤




 2 n
nx 1 n 1 1 1 1

fn (x) = + − si − < x < + .

 2 2 4 2 n 2 n


 1 1
1 si + ≤ x ≤ 1

2 n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 94 — #460


i i

94 CHAPITRE 3

On a :    
n 1 1 1 n 1 1
lim fn (x) = − + − = 0 = fn − ,
1− 1 +
x−→( 2 ) 2 2 n 2 4 2 n
n
   
n 1 1 1 n 1 1
lim fn (x) = + + − = 1 = fn + .
1 1
x−→( 2 + n )
− 2 2 n 2 4 2 n
Pour tout entier n supérieur à 2, la fonction fn est continue sur [0, 1].
On définit la fonction f sur [0, 1] par :
1


 0 si 0 ≤ x <



 2
1 1

f (x) = si x = .
2
 2


 1
1 si <x≤1

2
On a :
Z 1 Z 1   Z 1+ 1  
2 nx 1 n 2 n nx 1 n
||fn − f ||1 = |fn (t) − f (t)| dt = + − dx − − − dx,
0 1− 1 2 2 4 1 2 2 4
2 n 2

  21   12 + n1
nx2 nx2
   
1 n 1 n
||fn − f ||1 = + − x − −+ x ,
4 2 4 1− 1 4 2 4 1
2 n 2
 
1 1 1
||fn − f ||1 = − − = ·
4n 4n 2n
Donc la suite (fn )n≥2 converge vers la fonction f au sens de la topologie associée à la norme
1
de la convergence en moyenne, la fonction f est discontinue en , donc ce n’est pas un élément
2
de E, donc la suite (fn )n≥2 diverge dans (E, || ||1 ).
Montrons que la suite (fn )n≥2 est une suite de Cauchy dans (E, || ||1 ).
On propose deux méthodes :
• Méthode géométrique
Pour m et n entiers tels que m > n ≥ 2, on représente graphiquement la fonction fn − fm dans
un répère orthonormal (O,~i, ~j) et on utilise l’aire d’un triangle.
 
1 1
On remarque que, pour tout entier p supérieur à 2, on a fp = ·
2 2
       
1 1 1 1 1 1 1
On considère les points A , , B ,1 , C + , 1 et D + ,1 .
2 2 2 2 m 2 n
De la symétrie de la représentation graphique de la fonction fn − fm par rapport au point A,
on déduit que ||fn − fm ||1 est égal au double de l’aire du triangle ACD que l’on désigne par
A(ACD), comme A(ACD) = A(ABD) − A(ABC) et :
AB × BD 1 AB × BC 1
A(ABD) = = , A(ABC) = = ,
2 4n 2 4m
alors :    
1 1 1 1 1
||fn − fm ||1 = 2 − = − ·
4n 4m 2 n m

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 95 — #461


i i

CORRIGÉS 95

• Méthode analytique
Z 1
On a montré que ||fn − fm ||1 = 2 |fn (t) − fm (t)| dt.
1
2

1
Explicitons la fonction fn − fm sur , 1 pour n et m entiers tels que m > n ≥ 2, on a :
2
n−m 1 1 1


 (2x − 1) si ≤x< +
 



 4 2 2 m
1 nx 1 n 1 1 1 1

∀x ∈ ,1 , (fn − fm )(x) = − − si + ≤x< + ·
2 
 2 2 4 2 m 2 n


 1 1
0 si + ≤x≤1

2 n
D’où :
m−n 1 1 1


 (2x − 1) si ≤x< +
 



 4 2 2 m
1 nx 1 n 1 1 1 1

∀x ∈ ,1 , |fn − fm |(x) = − + + si + ≤x< + ·
2 
 2 2 4 2 m 2 n


 1 1
0 si + ≤x≤1

2 n
Donc : Z 1+ 1 Z 1+ 1
m−n 2 m 2 n
 n
||fn − fm ||1 = (2x − 1) dx + −nx + 1 + dx,
2 1 1+ 1 2
2 2 m
1+ 1 1+ 1
nx2 
 
m−n 2 2 m n 2 n
||fn − fm ||1 = x −x + − + 1+ x ,
2 1 2 2 1+ 1
2 2 m
 2  2 !   
m−n n 1 1 1 1 n 1 1
||fn − fm ||1 = + − + + + + 1+ − ,
2m2 2 2 n 2 m 2 n m
     
m−n n 1 1 1 1 n 1 1
||fn − fm ||1 = + − 1 + + + 1 + − ,
2m2 2 m n n m 2 n m
 
m−n m−n n 1 n m−n  n
||fn − fm ||1 = 2
− + + + 1+ ,
2m nm 2 2 2m nm 2
    
1 1 1 n m−n 1 1 1
||fn − fm ||1 = (m − n) + − = = − ·
2m2 nm 2 2m 2nm 2 n m
 
1
La suite numérique est une suite convergente, donc c’est une suite de Cauchy, donc :
n n≥2
 
1 1
∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N, N ≥ 2, ∀(n, m) ∈ N2 , m > n ≥ N =⇒ − ≤ ε .
n m
Donc :
 
∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N, N ≥ 2, ∀(n, m) ∈ N2 , m > n ≥ N =⇒ ||fn − fm ||1 ≤ ε .

La suite (fn )n≥2 est une suite de Cauchy divergente, donc (E, || ||1 ) n’est pas un espace de
Banach.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 96 — #462


i i

96 CHAPITRE 3

c) On a :
Z 1+ 1
2 n
||fn − fm ||22 = 2 (fn − fm )2 (x) dx,
1
2
1+ 1 1+ 1 2
(n − m)2
Z Z 
2 m 2 n nx 1 n
||fn − fm ||22 = (2x − 1)2 dx + 2 − − dx.
8 1 1+ 1 2 2 4
2 2 m

Comme :
1+ 1 1
 12 + m
(2x − 1)3
Z 
2 m 4
(2x − 1)2 dx = = ,
1 6 1 3m3
2 2

1+ 1 2  21 + n1
(2nx − n − 2)3
Z  
2 n nx 1 n
− − dx = ,
1+ 1 2 2 4 96n 1+ 1
2 m 2 m
1+ 1 2 3
(m − n)3
Z  
2 n nx 1 n 1 2n
− − dx = − −2 = ,
1+ 1 2 2 4 96n m 12nm3
2 m

alors :

(m − n)2 (m − n)3 (m − n)2 (m − n)2


||fn − fm ||22 = + = (n + m − n) = ·
6m3 6nm3 6nm3 6nm2
1
Comme m > n, alors ||fn − fm ||2 ≤ ·
6n
 
1
La suite numérique converge vers 0, donc :
6n n≥2
 
1
∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N, N ≥ 2, ∀n ∈ N, n ≥ N =⇒ 0 < ≤ε .
6n

Donc :
 
∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N, N ≥ 2, ∀(n, m) ∈ N2 , m > n ≥ N =⇒ ||fn − fm ||2 ≤ ε .

La suite (fn )n≥2 est une suite de Cauchy divergente, donc (E, || ||2 ) n’est pas un espace de
Banach.

3.19 En composant l’égalité f ◦ g − g ◦ f =e à gauche et à droite par g, on obtient :

f ◦ g2 − g ◦ f ◦ g = g et g ◦ f ◦ g − g 2 ◦ f = g.

On additionne ces deux égalités, on obtient :

f ◦ g 2 − g 2 ◦ f = 2g.

On montre par récurrence la propriété P(n) : ∀p ∈ [[1, n]], f ◦ g p − g p ◦ f = pg p−1 .


Comme f ◦ g − g ◦ f = e et g 0 = e alors la propriété est vérifiée pour n = 1.
On suppose P(n), on obtient :

(f ◦ g n − g n ◦ f ) ◦ g + g n ◦ (f ◦ g − g ◦ f ) = ng n−1 ◦ g + g n ◦ e = ng n + g n = (n + 1)g n .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 97 — #463


i i

CORRIGÉS 97

Comme :
(f ◦ g n − g n ◦ f ) ◦ g + g n ◦ (f ◦ g − g ◦ f ) = f ◦ g n+1 − g n ◦ f ◦ g + g n ◦ f ◦ g − g n+1 ◦ f,

(f ◦ g n − g n ◦ f ) ◦ g + g n ◦ (f ◦ g − g ◦ f ) = f ◦ g n+1 − g n+1 ◦ f,
alors :
f ◦ g n+1 − g n+1 ◦ f = (n + 1)g n .
La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 1, donc :

∀n ∈ N∗ , ∀(f, g) ∈ LC (E)2 , f ◦ g n − g n ◦ f = ng n−1 .

On a :
|||(n + 1)g n ||| = (n + 1)|||g n |||,
et
|||f ◦ g n+1 − g n+1 ◦ f ||| ≤ |||f ◦ g n+1 || + ||g n+1 ◦ f |||.
n+1
Comme f ◦ g = f ◦ g n ◦ g et g n+1 ◦ f = g n ◦ g ◦ f , alors :
(n + 1)|||g n ||| ≤ |||f ||| · |||g n ||| · |||g||| + |||g n ||| · |||g||| · |||f |||. (1)
n
On a supposé que f ◦ g − g ◦ f = e, donc g 6= 0, donc, pour tout entier naturel n, |||g ||| est non
nul, on déduit de (1) en simplifiant par |||g n ||| que :
n + 1 ≤ 2 |||f ||| · |||g|||.
On fait tendre n vers +∞ dans l’inégalité précédente, on obtient une contradiction, donc notre
hypothèse « il existe un couple d’éléments de Lc (E) tel que f ◦ g − g ◦ f = e » est fausse, donc
il n’existe pas d’endomorphismes continus tels que f ◦ g − g ◦ f = e.

3.20 a) On suppose qu’il existe un point a intérieur à F , donc il existe un réel ε strictement
positif et une boule ouverte de centre a et de rayon ε incluse dans F , comme E 6= {0}, alors
pour tout x élément de E \ {0}, on a :
εx εx
a+ ∈ Bo (a, ε) =⇒ a + ∈ F =⇒ x ∈ F.
2||x|| 2||x||
On en déduit que E \ {0} ⊂ F, comme F est un sous-espace vectoriel de E, alors 0E est élément
de F , donc E ⊂ F , soit E = F ce qui contredit le fait que F est un sous-espace strict de E.

Notre hypothèse « il existe un point a intérieur à F » est fausse, donc F = ∅.

b) Soient p un entier naturel non nul et V un sous-espace vectoriel de E de dimension p.


On note (ei )1≤i≤p une base de V , la fonction ϕ définie sur IKp par :
p
X
ϕ(λ1 , λ2 , · · · , λp ) = λ i ei ,
i=1

est un homéomorphisme de IKp sur V , donc V est homéomorphe à IKp qui est un fermé, donc
V est fermé.
On particularise E = C 0 ([0, 1], R) et V = R[X]. La norme sur E est || ||∞ .
n
X tn
On sait que la suite de polynômes (Pn )n∈N définie par Pn (t) = converge uniformément
p=0
n!
vers la fonction exp sur le segment [0, 1], la suite (Pn )n∈N est une suite d’éléments de V , mais sa
limite, la fonction exp, n’est pas un polynôme, donc le sous-espace vectoriel V n’est pas fermé.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 98 — #464


i i

98 CHAPITRE 3

c) Montrons que l’adhérence V du sous-espace vectoriel V est un sous-espace vectoriel.


Comme V ⊂ V ⊂ E, alors V est un sous-ensemble non vide de E.
Soient x, y deux éléments de V et λ un élément de IK.
Il existe deux suites (xn )n∈N et (yn )n∈N d’éléments de V qui convergent respectivement vers x
et y.
Comme V est un sous-espace vectoriel, alors :

∀n ∈ N, λxn + yn ∈ V et lim (λxn + yn ) = λx + y,


n−→+∞

donc λx + y est élément de V , donc V est un sous-espace vectoriel de E.

3.22
a) Dans un espace vectoriel normé de dimension finie, une partie est compacte si et seulement
si c’est une partie fermée bornée.
• Montrons que On (R) est une partie fermée.
Toute application linéaire d’un espace vectoriel normé de dimension finie dans un espace vec-
toriel normé est continue.
L’application M 7−→ t M est une application linéaire sur l’espace vectoriel Mn (R) qui est de
dimension finie, donc elle est continue sur Mn (R).
L’application (M, N ) 7−→ M N est une application bilinéaire de Mn (R) qui est de dimension
finie, donc elle est continue, donc la fonction Φ définie sur Mn (R) par Φ(M ) = t M · M est
continue sur Mn (R).
On a :
M ∈ On (R) ⇐⇒ t M · M = M · t M = In .
   
On en déduit que On (R) = Φ−1 In , l’ensemble In est un singleton de Mn (R) c’est
une partie fermée de Mn (R), l’image réciproque d’un fermé par une fonction continue est un
fermé, donc On (R) est un fermé.
• Montrons que On (R) est une partie bornée de Mn (R).
Les colonnes d’une matrice orthogonale forment une base orthonormale.
Soit M = (mi,j ) 1≤i≤n , si M est élément de On (R), alors :
1≤j≤n

∀(i, j) ∈ [[1, n]]2 , |mi,j | ≤ 1 donc : ||M ||∞ ≤ 1.

L’ensemble On (R) est borné.


On a montré que l’ensemble On (R) est une partie fermée, bornée dans un espace vectoriel normé
de dimension finie, donc c’est une partie compacte de Mn (R).

b1 ) Si N est une matrice nilpotente de Mn (IK), alors N n = 0, la fonction Ψ définie sur Mn (IK)
par Ψ(M ) = M n est une fonction polynomiale, donc continue sur Mn (IK).
 
Le singleton 0 est une partie fermée de Mn (IK), l’image réciproque par une fonction continue
 
−1
d’un fermé est un fermé, comme Nn (IK) = Ψ 0 , alors Nn (IK) est une partie fermée de
Mn (IK).

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 99 — #465


i i

CORRIGÉS 99

b2 ) Si N est une matrice nilpotente, alors, pour tout réel k, la matrice kN est nilpotente, comme
||kN ||∞ = |k| ||N ||∞ , alors lim ||kN ||∞ = +∞, donc l’ensemble Nn (IK) n’est pas une partie
k−→+∞
bornée.
L’ensemble Nn (IK) est une partie fermée non bornée, donc ce n’est pas une partie compacte de
Mn (IK).

b3 ) L’ensemble Nn (IK) est une partie fermée, donc Nn (IK) = Nn (IK).


Comme Nn (IK) 6= Mn (IK), alors Nn (IK) 6= Mn (IK), donc l’ensemble Nn (IK) n’est pas une
partie dense de Mn (IK).

c1 ) Soit P un élément de C[X] non constant, on note λ1 , λ2 , · · · , λν les ν racines distinctes du


polynôme P .
On distingue trois cas :
• Si n = ν on construit la matrice A diagonale dont les termes diagonaux sont les λi pour i
variant de 1 à ν.
• Si n > ν, on procède de même en complétant la diagonale avec n − ν zéro.
• Si n < ν, on procède de même en ne prenant sur la diagonale que n des ν valeurs λi .
Il est immédiat que pour chaque cas, on a construit une matrice A telle que P (A) = 0, donc
EP est non vide.

c2 ) La fonction Υ définie sur Mn (C) par Υ(A) = P (A) est une fonction polynomiale, donc
continue sur Mn (C).
 
Le singleton 0 est une partie fermée de Mn (C), l’image réciproque par une fonction continue
 
d’une partie fermée est une partie fermée, comme EP = Υ−1 0 , alors l’ensemble EP est
une partie fermée de Mn (C).

c3 ) Soit A une matrice construite à la question c1 ), on pose, pour k entier, Mk = A + kE1,n où


E1,n est la matrice dont tous les coefficients sont nuls sauf celui situé sur la première ligne et
la nième colonne qui est égal à 1.
La matrice Mk possède les mêmes valeurs propres que la matrice A, donc le même polynôme
caractéristique, donc P (Mk ) = 0, donc Mk est élément de EP .
De plus pour k > sup |λi |, on a ||Mk ||∞ = k, donc lim ||Mk ||∞ = +∞, donc l’ensemble
1≤i≤ν k−→+∞
EP n’est pas borné, donc EP n’est pas une partie compacte de Mn (C).

d1 ) Soit p un entier naturel non nul, on pose :


1 
1 ··· 1
p 

1 .. .. 
.
 
0 . 
Ap = 
 2p .

 . .. .. ..
 ..

. . . 
 1 
0 ··· 0
np

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 100 — #466


i i

100 CHAPITRE 3

La matrice Ap possède n valeurs propres distinctes, donc la matrice Ap est élément de Dn (IK)
et :
0 1 ··· 1
 
. .. 1 
0 0

lim Ap = B avec B =  . . ·

p−→+∞  .. .. . .. 1 
0 ··· 0 0
La matrice B est nilpotente non nulle, donc ce n’est pas un élément de Dn (IK), donc la suite
(Ap )p∈N∗ est à valeurs dans Dn (IK), elle converge dans Mn (IK) mais pas dans Dn (IK).
On en déduit que Dn (IK) n’est pas une partie fermée de Mn (IK).

d2 ) Une partie est ouverte si et seulement si son complémentaire est une partie fermée.
On considère une matrice de Mn (IK) qui ne soit pas diagonalisable par exemple :
1 1 1 
···
p p p 

1 .. 1

0
 . 
p p

Cp =  .
 
 .. .. .. 1 
 . . . 
 p 
1
 
0 ··· 0
p
La suite de matrices (Cp )p∈N∗ est une suite du complémentaire de Dn (IK), cette suite converge
vers la matrice nulle qui est élément de Dn (IK), donc le complémentaire de Dn (IK) n’est pas
une partie fermée de Mn (IK), donc Dn (IK) n’est pas une partie ouverte de Mn (IK).

d3 ) La suite de matrice (pIn )p∈N est une suite d’éléments de Dn (IK) et ||pIn ||∞ = p, donc
lim ||pIn ||∞ = +∞, donc Dn (IK) n’est pas une partie bornée de Mn (IK).
p−→+∞

e) Soit M = (mi,j ) 1≤i≤n un élément de Mn (IK). On note ||M ||∞ = max |mi,j |.
1≤j≤n 1≤i≤n
1≤j≤n

e1 ) Une matrice M de Mn (IK) est élément de GLn (IK) si et seulement si det(M ) 6= 0.


 

L’ensemble des matrices non inversibles est noté Jn = M ∈ Mn (IK) det(M ) = 0 .

La fonction Ξ définie sur Mn (IK) par Ξ(M ) = det(M ) est une fonction polynomiale des coeffi-
cients mi,j de la matrice M , donc la fonction Ξ est continue sur Mn (IK).
 
Le singleton 0 est une partie fermée de IK, l’image réciproque par une fonction continue
 
d’une partie fermée est une partie fermée, comme Jn = Ξ−1 0 , alors Jn est une partie
fermée de Mn (IK), son complémentaire GLn (IK) est une partie ouverte de Mn (IK).

e2 ) La fonction F définie sur GLn (IK) par F (M ) = Com(M ) où Com(M ) désigne la comatrice
de la matrice M est continue sur GLn (IK), ses composantes sont des fonctions polynomiales
des coefficients mi,j .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 101 — #467


i i

CORRIGÉS 101

L’application M 7−→ t M est une application linéaire dans un espace vectoriel de dimension
finie, donc elle est continue sur Mn (IK), comme M 7−→ det(M ) est continue, si M est élément
t
Com(M )
de GLn (IK), alors det(M ) 6= 0, la fonction M 7−→ est définie sur GLn (IK) et elle est
det(M )
continue sur GLn (IK).
t
Com(M )
Si M est élément de GLn (IK), alors M −1 = , donc la fonction M 7−→ M −1 est
det(M )
continue sur GLn (IK).
Remarque. L’ensemble GLn (IK) est un groupe topologique.

e3 ) Soient ε un réel strictement positif et M un élément de Mn (IK).


La fonction polynomiale t 7−→ det(M − tIn ) a au plus n racines dans IK, donc il existe un réel
t0 élément de ]0, ε[ tel que det(M − t0 In ) 6= 0, donc la matrice M − t0 In est inversible, donc
élément de GLn (IK), on pose M 0 = M − t0 In .
On obtient :
M 0 ∈ GLn (IK) et ||M − M 0 ||∞ = |t0 | · ||In ||∞ .
Comme ||In ||∞ = 1, alors :
∀ε ∈ R∗+ , ∀M ∈ Mn (IK), ∃M 0 ∈ GLn (IK), ||M − M 0 ||∞ < ε.
L’ensemble GLn (IK) est dense dans Mn (IK).

3.24
La forme quadratique q est définie positive si et seulement si a > 0 et b2 − ac < 0.
On définit la fonction f sur R3 par f (a, b, c) = b2 − ac.
La fonction f est continue sur R3 .
L’intervalle ]0, +∞[ est un ouvert
 de R,  l’image réciproque par une fonction continue d’un
−1
ouvert est un ouvert, donc f ]0, +∞[ est un ouvert de R3 .
   
On obtient Λ = f −1 ]0, +∞[ ∩ ]0, +∞[×R2 .

L’ensemble Λ est l’intersection de deux ouverts c’est un ouvert de R3 .

3.27
a) De la linéarité de l’intégrale on déduit que :
Z 1
∀(f1 , f2 , g, λ) ∈ E 3 × C, ϕ(λf1 + f2 , g) = (λf1 + f2 )(0)g(0) + (λf1 + f2 )(t)g(t) dt,
0
 Z 1  Z 1
ϕ(λf1 + f2 , g) = λ f1 (0)g(0) + f1 (t)g(t) dt + f2 (0)g(0) + f2 (t)g(t) dt.
0 0
Donc :
ϕ(λf1 + f2 , g) = λϕ(f1 , g) + ϕ(f2 , g).
Pour toute fonction g élément de E, l’application f 7−→ ϕ(f, g) est linéaire.
On a :
Z 1 Z 1
∀(f, g) ∈ E 2 , ϕ(g, f ) = g(0)f (0) + g(t)f (t) dt = f (0)g(0) + f (t)g(t) dt = ϕ(f, g).
0 0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 102 — #468


i i

102 CHAPITRE 3

Donc :

∀(f, g1 , g2 , λ) ∈ E 3 × C, ϕ(f, λg1 + g2 ) = ϕ(λg1 + g2 , f ) = λϕ(g1 , f ) + ϕ(g2 , f ),

ϕ(f, λg1 + g2 ) = λ ϕ(g1 , f ) + ϕ(g2 , f ) = λ ϕ(f, g1 ) + ϕ(f, g2 ).


Pour toute fonction f élément de E, l’application g 7−→ ϕ(f, g) est semi-linéaire, donc ϕ est
une forme hermitienne.
On a :
Z 1 Z 1
∀f ∈ E, ϕ(f, f ) = f (0)f (0) + f 0 (t)f 0 (t) dt = |f (0)|2 + |f 0 (t)|2 dt,
0 0

donc ϕ(f, f ) est un réel positif.


On a aussi : Z 1
ϕ(f, f ) = 0 ⇐⇒ f (0) = 0 et |f 0 (t)|2 dt = 0.
0

La fonction f est élément de E, donc sa dérivée est continue sur le segment [0, 1], donc |f 0 |2 est
une fonction continue positive sur [0, 1], donc :
Z 1
|f 0 (t)|2 dt = 0 ⇐⇒ ∀t ∈ [0, 1], |f 0 (t)|2 = 0 ⇐⇒ f 0 = 0.

0

La fonction f 0 est la fonction nulle sur le segment [0, 1], donc la fonction f est constante sur
[0, 1], comme f (0) = 0, alors f = 0, donc :

∀f ∈ E, ϕ(f, f ) = 0 =⇒ f = 0.

La réciproque est évidente, donc ϕ est une forme hermitienne définie positive, donc elle définit un
produit scalaire hermitien sur E, on note || || la norme associée à ce produit scalaire hermitien,
on a : s Z 1
∀f ∈ E, ||f || = |f (0)|2 + |f 0 (t)|2 dt.
0

b) La fonction f est élément de E, donc :


Z x
∀x ∈ [0, 1], f (x) = f (0) + f 0 (t) dt.
0

Donc :
x x 1
Z Z Z
0
|f 0 (t)| dt ≤ |f (0)| + |f 0 (t)| dt.

∀x ∈ [0, 1], |f (x)| ≤ |f (0)| + f (t) dt ≤ |f (0)| +
0 0 0

De l’inégalité de Cauchy-Schwarz sur les intégrales on déduit que :


sZ sZ
Z 1 1 1
|f 0 (t)| dt ≤ dt |f 0 (t)|2 dt,
0 0 0

donc : sZ
Z 1 1
0
|f (t)| dt ≤ |f 0 (t)|2 dt·
0 0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 103 — #469


i i

CORRIGÉS 103

D’où : sZ
1
∀x ∈ [0, 1], |f (x)| ≤ |f (0)| + |f 0 (t)|2 dt.
0

Donc : sZ
Z 1 1
2 2 0 2
|f (x)| ≤ |f (0)| + |f (t)| dt + 2|f (0)| |f 0 (t)|2 dt.
0 0

Soient a et b deux nombres réels, on sait que 2|ab| ≤ a2 + b2 .


sZ
1
On particularise a = |f (0)| et b = |f 0 (t)|2 dt, on obtient :
0
 Z 1 
∀x ∈ E, |f (x)|2 ≤ 2 |f (0)|2 + |f 0 (t)|2 dt ,
0

soit : √
∀x ∈ E, |f (x)| ≤ 2 ||f ||,
donc : √
||f ||∞ ≤ 2 ||f ||.
sin(nπt)
c) On définit la suite de fonctions (fn )n∈N∗ sur [0, 1] par fn (t) = ·
n
1
On a ||fn ||∞ = , donc la suite de fonction (fn )n∈N∗ converge uniformément vers la fonction
n
nulle sur le segment [0, 1].
Calculons ||fn ||2 , on a :
Z 1 Z 1 Z 1
1 + cos(2nπt)
||fn ||2 = |fn (0)|2 + |fn0 (t)|2 dt = π 2 | cos(nπt)|2 dt = π 2 dt,
0 0 0 2
1
π2 π2

π π
||fn ||2 = + sin(2nπt) = , ||fn || = √ · donc :
2 4n 0 2 2
La suite de fonctions (fn )n∈N∗ converge pour la norme uniforme mais diverge pour la norme
hermitienne, donc les normes ne sont pas équivalentes.

d) On a :  
1

  n

 si t ∈ 0, 3
1 n
fn (t) = inf 1 ,n =  .
 1 t3 1

 1 si t ∈ , 1
t3 n3
Pour tout entier naturel n non nul, on a gn (0) = 0.
Soient n et m deux entiers tels que 0 < n ≤ m, on a :
Z 1
||gn − gm ||2 = |gn (0) − gm (0)|2 + (gn − gm )0 (t)(gn − gm )0 (t) dt.
0

Pour tout entier naturel n non nul, les fonctions fn sont continues sur [0, 1], donc les fonctions
gn sont dérivables sur [0, 1] et gn0 = fn , donc :
Z 1
||gn − gm ||2 = |fn (t) − fm (t)|2 dt,
0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 104 — #470


i i

104 CHAPITRE 3

Z 1 Z 1  2
m3 n3 1
||gn − gm ||2 = (m − n)2 dt + 1 −n dt,
0 1
m3
t 3

(m − n)2 h 2 2 1
i 13 (m − n)2 (m − n)3
||gn − gm ||2 = 3
+ n t − 3nt 3 + 3t 3 n1 = 3
+ ,
m m3
m nm3
(m − n)2
||gm − gn ||2 = ·
nm2
Donc :
m 2 + n2
· ||gm − gn ||2 ≤
nm2
n2 1
Comme m est supérieur à n, on obtient ≤ , donc :
nm2 m
1 1 2
||gn − gm ||2 ≤ + ≤ ·
n m n
1
Comme lim = 0 alors :
n−→+∞ n
 
∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N∗ , ∀(n, m) ∈ N2 , m ≥ n ≥ N =⇒ ||gn − gm || ≤ ε .

La suite (gn )n∈N∗ est une suite de Cauchy dans (E, < | >).
Supposons que la suite (gn )n∈N∗ converge dans E vers la fonction g, alors g est élément de E,
donc g 0 est continue sur le segment [0, 1].
Soient x0 un élément de ]0, 1[ et η un réel strictement positif tel que :
0 < x0 − η < x0 + η < 1.
1
Il existe un entier naturel N tel que 3 < x0 − η, soit n un entier supérieur strictement à N ,
N
on a :  
1 1
∀x ∈ , 1 , fn (x) = 1 ·
n3 x3
Pour n > N , on a :
Z 1
||gn − g||2 = |gn (0) − g(0)|2 + |gn0 (t) − g 0 (t)|2 dt,
0

soit : 2
1 x0 +η
Z Z
1
||gn − g||2 ≥ |fn (t) − g 0 (t)|2 dt ≥ 0


1 − g (t) dt,
1 t
3
x0 −η
n3

comme la suite (gn ) n∈N∗ converge dans E vers la fonction g, alors lim ||gn − g|| = 0, donc :
n−→+∞

Z x0 +η  2
1
1 − g 0 (t) dt = 0.
x0 −η t3
1
La fonction g est élément de E, donc t 7−→ 1 − g 0 (t) est continue sur [x0 − η, x0 + η], donc :
t3
Z x0 +η  2
1 0 1
1 − g (t) dt = 0, donc : ∀t ∈ [x0 − η, x0 + η], g 0 (t) = 1 ·
x0 −η t 3 t3

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 105 — #471


i i

CORRIGÉS 105

Donc :
1
∀x ∈]0, 1[, g 0 (x) =
1 ·
x3
Comme lim g 0 (x) = +∞, alors la fonction g 0 est discontinue en 0, ce qui contredit notre
x−→0
hypothèse « la fonction g est de classe C 1 sur le segment [0, 1] ».
Donc la suite de fonctions (gn )n∈N∗ ne converge pas dans (E, < | >).

La suite (gn )n∈N∗ est une suite de Cauchy divergente dans (E, < | >), donc l’espace E n’est
pas complet.
L’espace E est un espace préhilbertien, ce n’est pas un espace de Hilbert.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 106 — #472


i i

Chapitre 4
Fonctions d’une variable réelle
f (x)
4.5 On définit la fonction g sur [a, b] par g(x) = ·
x
xf 0 (x) − f (x)
La fonction g est continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[ et g 0 (x) = ·
x2
f (a) f (b)
Comme bf (a) = af (b), alors = , donc g(a) = g(b), donc la fonction g vérifie les
a b
hypothèses du théorème de Rolle, donc il existe un réel c élément de ]a, b[ tel que g 0 (c) = 0,
donc :
g 0 (c) = 0 ⇐⇒ f (c) = cf 0 (c).

4.8 a) S’il existe un réel ζ élément de I \ {c} tel que g(ζ) = g(c), alors la fonction g vérifie les
hypothèses du théorème de Rolle, donc il existe un réel ν compris strictement entre ζ et c tel
que g 0 (ν) = 0, ce qui contredit notre hypothèse « ∀x ∈ I \ {c}, g 0 (x) 6= 0 », donc, pour tout
x élément de I \ {c}, on a g(x) 6= g(c).
De la généralisation du théorème des accroissements finis on déduit qu’il existe un réel dx
compris strictement entre x et c avec x élément de I \ {c}, tel que :

(f (x) − f (c)) g 0 (dx ) = (g(x) − g(c)) f 0 (dx ).


Pour tout réel x élément de I \ {c}, g(x) 6= g(c), donc :

f (x) − f (c) f 0 (dx )


∃dx ∈] min(x, c), max(x, c)[, = 0 .
g(x) − g(c) g (dx )

f 0 (u)
Lorsque x tend vers c, alors dx tend vers c, comme lim = l, alors :
u−→c g 0 (u)

f (x) − f (c) f 0 (dx )


lim = lim 0 = l.
x−→c g(x) − g(c) x−→c g (dx )

Remarque. Si les fonctions f et g sont dérivables de I dans R, alors :


f (x) − f (c) f (x) − f (x) x−c
∀x ∈ I \ {c}, = ·
g(x) − g(c) x−c g(x) − g(c)
On fait tendre x vers c dans l’égalité précédente, on obtient :
f (x) − f (c) f 0 (c)
lim = 0 ·
x−→c g(x) − g(c) g (c)

b) La réciproque est fausse.


On définit les fonctions f et g sur R par :
  
 x2 sin 1 si x 6= 0
f (x) = x etg(x) = x.

0 si x = 0
La fonction g est de classe C 1 sur R.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 107 — #473


i i

CORRIGÉS 107

   
1 1 1
La composée des fonctions x 7−→ 7−→ sin 7−→ x2 sin est de classe C 1 sur R∗ , donc
x x x
la fonction f est de classe C 1 sur R∗ et :
   
1 1
∀x ∈ R∗ , f 0 (x) = 2x sin − cos .
x x

Étude de la continuité et de la dérivabilité de la fonction f en 0.


On a :
f (x) − f (0)
∀x ∈ R∗ , |f (x)| ≤ x2 et ≤ |x|.
x
Du théorème de comparaison des fonctions on déduit que :
f (x) − f (0)
lim f (x) = 0 = f (0) et lim = 0,
x−→0 x−→0 x
donc la fonction f est continue en 0, dérivable en 0 avec f 0 (0) = 0.
La fonction cosinus n’admet pas de limite en +∞, donc lim f 0 (x) n’existe pas, donc la fonction
x−→0
f 0 (x)
x 7−→ 0 n’admet pas de limite lorsque x tend vers 0 bien que :
g (x)
f (x) − f (0)
lim = 0.
x−→0 g(x) − g(0)

Z b   
b−a a+b
4.9 On pose E(f ) = f (x) dx − f (a) + 4f + f (b) .
a 6 2
b−a a+b
La fonction affine définie sur [−1, 1] par θ 7−→ θ+ est une bijection de [−1, 1]
2 2
 
b−a a+b
sur [a, b], on définit la fonction g sur [−1, 1] par g(θ) = f θ+ .
2 2
b−a a+b
On effectue le changement de variable x = θ+ dans l’intégrale, on obtient :
2 2
Z b Z 1
b−a 1
  Z
b−a a+b b−a
f (x) dx = f θ+ dθ = g(θ) dθ.
a −1 2 2 2 2 −1
 
a+b
De plus on a g(−1) = f (a), g(0) = f et g(1) = f (b), donc :
2
Z 1 
b−a 1
E(f ) = g(θ) dθ − (g(−1) + 4g(0) + g(1)) .
2 −1 3
On définit la fonction Ψ sur [0, 1] par :
Z x
x
Ψ(x) = g(θ) dθ − (g(−x) + 4g(0) + g(x)) .
−x 3

La fonction f est de classe C 4 sur [a, b], donc la fonction g est de classe C 4 sur [0, 1], donc la
fonction Ψ est de classe C 4 sur [0, 1], on a :
1 x
Ψ0 (x) = g(x) + g(−x) − (g(−x) + 4 g(0) + g(x)) − (−g 0 (−x) + g 0 (x)),
3 3

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 108 — #474


i i

108 CHAPITRE 4

2 4 x
Ψ0 (x) = (g(−x) + g(x)) − g(0) − (−g 0 (−x) + g 0 (x)),
3 3 3
2 1 x
Ψ00 (x) = (g 0 (x) − g 0 (−x)) − (g 0 (x) − g 0 (−x)) − (g 00 (x) + g 00 (−x)),
3 3 3
1 0 x 00
Ψ (x) = (g (x) − g (−x)) − (g (x) + g 00 (−x)),
00 0
3 3
1 00 1 00 x
000
Ψ (x) = (g (x) + g (−x)) − (g (x) − g 00 (−x)) − (g 000 (x) − g 000 (−x)),
00
3 3 3
x
Ψ000 (x) = − (g 000 (x) − g 000 (−x)).
3
La fonction g 000 est continue sur [−1, 1], dérivable sur ] − 1, 1[, du théorème des accroissements
finis, on déduit qu’il existe un réel cx élément de ]0, 1[ tel que :

g 000 (x) − g 000 (−x) = 2xg (4) (cx ).

Donc :
2x2 (4)
Ψ000 (x) = − g (cx ).
3
La fonction g est de classse C 4 sur [0, 1] (4)
 donc la fonctiong est continue sur le segment [0, 1],
b−a a+b
donc elle est bornée, comme g(θ) = f θ+ , alors :
2 2
 4
b−a
||g (4) ||∞ = sup |g (4) (θ)| = ||f (4) ||∞ .
θ∈[0,1] 2

Donc :  4
2 b−a
∀x ∈ [0, 1], |Ψ000 (x)| ≤ ||f (4) ||∞ x2 .
3 2
Z x
Comme Ψ00 (0) = 0, alors Ψ00 (x) = Ψ000 (t) dt, donc :
0
Z x  4 Z x
2 b−a
|Ψ00 (x)| ≤ |Ψ000 (t)| dt ≤ ||f (4) ||∞ t2 dt.
0 3 2 0

x 4
x3
Z 
2 b−a
Comme , alors |Ψ00 (x)| ≤
t2 dt = ||f (4) ||∞ x3 .
0 3 9 2
Z x
Comme Ψ0 (0) = 0, alors Ψ0 (x) = Ψ00 (t) dt, donc :
0
Z x  4 Z x
2 b−a
|Ψ0 (x)| ≤ |Ψ00 (t)| dt ≤ ||f (4) ||∞ t3 dt.
0 9 2 0

x 4
x4
Z 
1 b−a
Comme , alors |Ψ0 (x)| ≤
t3 dt = ||f (4) ||∞ x4 .
0 4 18 2
Z x
Comme Ψ(0) = 0, alors Ψ(x) = Ψ0 (t) dt, donc :
0
Z x  4 Z x
1 b−a
|Ψ(x)| ≤ |Ψ0 (t)| dt ≤ ||f (4) ||∞ t4 dt.
0 18 2 0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 109 — #475


i i

CORRIGÉS 109

x 4
x5
Z 
4 1 b−a
Comme t dt = , alors |Ψ(x)| ≤ ||f (4) ||∞ x5 , donc :
0 5 90 2
 4
1 b−a
∀x ∈ [0, 1], |Ψ(x)| ≤ ||f (4) ||∞ .
90 2

On particularise x = 1, on obtient :
Z 1
1
Ψ(1) = g(θ) dθ − (g(−1) + 4 g(0) + g(1)).
−1 3
Z 1 
b−a 1
Comme E(f ) = g(θ) dθ − (g(−1) + 4g(0) + g(1)) , alors :
2 −1 3
 5
b−a 1 b−a
|E(f )| ≤ |Ψ(1)| ≤ ||f (4) ||∞ .
2 90 2

D’où :
b
(b − a)5
Z    
b−a a+b
||f (4) ||∞ .

f (x) dx − f (a) + 4f + f (b) ≤

a 6 2 2880

Z x
4.11 On a F (x) = f (t) dt.
0
Soit ε un réel strictement positif, on a :

Z x+ε x √ √ √
f (t) dt = F (x + ε x) − F (x) = (x + ε x)2 − x2 + o(x) = 2εx x + ε2 x + o(x),
x
Z x √ √ √

f (t) dt = F (x) − F (x − ε x) = x2 − (x − ε x)2 + o(x) = 2εx x − ε2 x + o(x).
x−ε x

La fonction f est croissante sur R, donc :


√ √
∀t ∈ [x, x + ε x], f (x) ≤ f (t), ∀t ∈ [x − ε x, x], f (t) ≤ f (x).

De la positivité de l’intégrale on déduit que :



Z x+ε x √
Z x √
f (t) dt ≥ ε xf (x) et √
f (t) dt ≤ ε xf (x),
x x−ε x

d’où : √ √ √
2εx x − ε2 x + o(x) ≤ ε xf (x) ≤ 2εx x + ε2 x + o(x),
√ √ √ √
2x − ε x + o( x) ≤ f (x) ≤ 2x + ε x + o( x).
On en déduit :
   
ε 1 f (x) ε 1
∃α ∈]0, +∞[, ∀x ∈ [α, +∞[, 1− √ +o √ ≤ ≤1+ √ +o √ ·
2 x x 2x 2 x x

Il est immédiat que :


     
ε 1 ε 1
lim 1− √ +o √ =1 et lim 1+ √ +o √ = 1.
x−→+∞ 2 x x x−→+∞ 2 x x

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 110 — #476


i i

110 CHAPITRE 4

f (x)
Du théorème d’encadrement on déduit que lim = 1.
x−→+∞2x

Au voisinage de +∞, on a f (x) ∼ 2x et f (x) = 2x + o( x).

4.13 a) Au voisinage de 0, on a :
1 1 1
= = (1 − ax + bx2 + o(x2 ))−1 ,
f (x) x(1 − ax + bx2 + o(x2 )) x
1 1
= (1 − (−ax + bx2 ) + (−ax + bx2 )2 + o(x2 )),
f (x) x
1 1
= (1 + ax − bx2 + a2 x2 + o(x2 )),
f (x) x
1 1
= + a + (a2 − b)x + o(x).
f (x) x
b) Montrons par récurrence que la suite U est à valeurs dans ]0, A].
Soit n un entier naturel, on pose P(n) : un ∈]0, A].
On a supposé que u0 est élément de ]0, A], d’où P(0).
Pour tout réel x élément de ]0, A], on a 0 < f (x) < x ≤ A, si P(n), alors :

0 < un+1 < un < A. (1)

On déduit de (1) que la propriété P(n) est héréditaire, comme elle est vérifiée pour n = 1,
alors :
∀n ∈ N, 0 < un < A.
On déduit de (1) que la suite U est strictement décroissante, comme elle est minorée par 0,
alors la suite U converge vers un réel l élément de [0, A].
La fonction f est continue, strictement croissante sur [0, A], donc l est l’unique point fixe de la
fonction f , comme f (0) = 0, alors l = 0, donc la suite U converge vers 0.
Au voisinage de +∞, on a :
1 1
= + a + (a2 − b)un + o(un ).
un+1 un
Donc :
1 1
− ∼ a.
un+1 un
1 1 1
Du théorème de Césaro on déduit que − ∼ na, donc un ∼ ·
un u0 na
1
On pose vn = − na, au voisinage de +∞, on a :
un
1 1
vn+1 − vn = − − a = (a2 − b)un + o(un ),
un+1 un

a2 − b
donc vn+1 − vn ∼ ·
na
X1
La série harmonique est divergente.
n
n≥1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 111 — #477


i i

CORRIGÉS 111

Si les termes généraux de deux séries sont équivalents et si l’une des deux séries est divergente,
alors les sommes partielles sont équivalentes, donc :
n−1 n−1
X a2 − b X 1
(vp+1 − vp ) ∼ ·
p=1
a p=1 p

n n−1
X 1 X
Au voisinage de +∞, on a ∼ ln n, comme (vp+1 − vp ) = vn − v1 , alors, au voisinage
p=1
p p=1
a2 − b
de +∞, on obtient vn ∼ ln n.
a
1 1
Comme vn = − na, alors un = ·
un vn + na
Au voisinage de +∞, on obtient :
1 1 1
un = a2 −b
= a2 −b ln n
,
na + ln n + o(ln n) na 1 + +o ln n
a a2 n n
−1
a2 − b ln n
 
1 ln n
un = 1+ +o ,
na a2 nn
a2 − b ln n
  
1 ln n
un = 1− + o .
na a2 n n
Donc :
a2 − b ln n
 
1 ln n
un = − +o ·
na a2 n2 n2

p ! p
2 2
1 X 1 X
4.16 a1 ) On montre par récurrence la propriété suivante P(p) : f xl ≤ f (xl ).
2p 2p
l=1 l=1

On particularise p = 1, x1 = x, x2 = y dans (1), on obtient P(1).


On considère x1 , x2 , · · · , x2p+1 des éléments de I.
On pose :
x1 + x2p+1 x2 + x2p+1 −1 xl + x2p+1 −l+1 x2p + x2p +1
X1 = , X2 = , · · · , Xl = , · · · , X2p = .
2 2 2 2
Comme 2p+1 − 2p + 1 = 2p (2 − 1) + 1 = 2p + 1, alors si P(p) :
 p+1

2p 2p 2p
2X
! !
1 1 X 1 X 1 X
f  xl = f
 Xl et f Xl ≤ p f (Xl ).
2p+1 2p 2p 2
l=1 l=1 l=1 l=1

On déduit de (1) que :


1 1
∀l ∈ [[1, 2p ]] f (Xl ) ≤ f (xl ) + f (x2p+1 −l+1 ).
2 2
Donc :
 p+1

2X 2p   2p+1
1 1 X 1 1 1 X
f  p+1 xl  ≤ p f (xl ) + f (x2p+1 −l+1 ) ≤ p+1 f (xl ).
2 2 2 2 2
l=1 l=1 l=1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 112 — #478


i i

112 CHAPITRE 4

La propriété P(p) est héréditaire, vraie pour p = 1, donc :


p ! p
2 2
∗ 2p 1 X 1 X
∀p ∈ N , ∀(x1 , x2 , · · · , x2p ) ∈ I , f xl ≤ p f (xl ).
2p 2
l=1 l=1

p
a2 ) On considère 2p éléments de I 2 tels que :

s = xn+1 = xn+2 = · · · = x2p avec n < 2p .

On a :
n
X  2p
1 1 Xp 1
Ap,n = p xl + (2 − n)s = p xl = p (ns + (2p − n)s) = s.
2 2 2
l=1 l=1
p !
2
1 X
On a f (s) = f (Ap,n ) = f xl et :
2p
l=1

p
2p
2
!  n 
1 X 1 X 1 X p
f p
xl ≤ p f (xl ) ≤ p f (xl ) + (2 − n)f (s) .
2 2 2
l=1 l=1 l=1

a3 ) On déduit de la question précédente que :


n n
X 1X
2p f (s) ≤ f (xl ) + (2p − n)f (s), donc : f (s) ≤ f (xl ).
n
l=1 l=1

Donc :
n
! n
n 1X 1X
∀n ∈ N, n ≥ 2, ∀(x1 , x2 , · · · , xn ) ∈ I , f xl ≤ f (xl ).
n n
l=1 l=1

b) Soit λ un élément de [0, 1] ∩ Q, il existe un couple (p, q) d’entiers naturels tels que :
p
q 6= 0, p<q et λ= ·
q
En particularisant n = q, x1 = x2 = · · · = xp = x, xp+1 = xp+2 = · · · = xn = y, on déduit de
la question a3 ) que :
 
∀λ ∈ [0, 1] ∩ Q, ∀(x, y) ∈ I 2 , f λx + (1 − λ)y ≤ λf (x) + (1 − λ)f (y).

c) Tout nombre irrationnel de [0, 1] est limite d’une suite de nombres rationnels de [0, 1], donc :

∀λ ∈ [0, 1], ∃(λn )n∈N ⊂ Q ∩ [0, 1], lim λn = λ.


n→∞

Pour tout entier n supérieur ou égal à 2, on déduit de la question précédente que :


 
∀λn ∈ [0, 1], ∀(x, y) ∈ I 2 , f λn x + (1 − λn )y ≤ λn f (x) + (1 − λn )f (y).

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 113 — #479


i i

CORRIGÉS 113

On fait tendre n vers +∞ dans l’inégalité précédente, de plus la fonction f est continue sur I,
on obtient :
      
lim f λn x + (1 − λn )y = f lim λn x + (1 − λn )y = f λx + (1 − λy) .
n→∞ n→∞

Soit :
∀λ ∈ [0, 1], ∀(x, y) ∈ I 2 , f (λx + (1 − λ)y) ≤ λf (x) + (1 − λ)f (y).
Donc la fonction f est convexe sur I.
 0
4.17 On définit la fonction g sur R par g(x) = xf 0 (x) + f (x) = xf (x) .

La fonction f est élément de C 1 (R, R), donc g est continue sur R, on a :


Z x Z x 
∀x ∈ R, g(t) dt = tf 0 (t) + f (t) dt = xf (x).
0 0

On suppose que :
∀t ∈ R, a ≤ g(t) ≤ b.
On distingue trois cas :
• Si x est strictement positif, alors :
Z x
ax ≤ g(t) dt ≤ bx =⇒ ax ≤ xf (x) ≤ bx =⇒ a ≤ f (x) ≤ b.
0

• Si x est strictement négatif, alors :


Z 0
−ax ≤ g(t) dt ≤ −bx =⇒ bx ≤ xf (x) ≤ ax =⇒ a ≤ f (x) ≤ b.
x

• Si x est nul, alors g(0) = f (0), comme g(0) est élément de [a, b], alors f (0) est élément de
[a, b].

Pour tout réel x, le réel f (x) est élément de [a, b].

4.18 a) La fonction 1 + f 2 est une fonction strictement positive, donc :

f0
f 0 ≥ −1 − f 2 ⇐⇒ ≥ −1.
1 + f2
f0
Soient u et v deux réels éléments tels que a < u < v < b, la fonction est continue sur le
+1 f2
segment [u, v], donc elle est intégrable sur ce segment, de la positivité de l’intégrale on déduit
que :
f 0 (t)
Z v Z v
2
dt ≥ −dt, donc : arctan(f (v)) − arctan(f (u)) ≥ u − v. (1)
u f (t) + 1 u

Comme :
π π
lim f = −∞ et lim arctan = − , alors : lim arctan(f (v)) = − ,
b− −∞ 2 v−→b− 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 114 — #480


i i

114 CHAPITRE 4

et : π π
lim f = +∞ et lim arctan = , alors : lim arctan(f (u)) = ·
a+ +∞ 2 u−→a+ 2
On fait tendre u vers a+ et v vers b− dans (1), on obtient :
−π ≥ a − b, b − a ≥ π.
donc :
 
x−a
b) On définit la fonction Ψ sur ]a, b[ par Ψ(x) = cotan π .
b−a
On a :
x−a
lim = 0+ et lim cotan(u) = +∞, donc : lim Ψ(x) = +∞,
x−→a+ b−a u−→0+ x−→a+

x−a
lim = 1− et lim cotan(u) = −∞, donc : lim Ψ(x) = −∞.
x−→b− b−a u−→π − x−→b−

De plus la fonction cotan est dérivable sur ]0, π[ et cotan0 = −1 − cotan2 , d’où la fonction Ψ
est dérivable sur ]a, b[ et :
  
π x−a
∀x ∈]a, b[, Ψ0 (x) = − 1 + cotan2 π ·
b−a b−a

Pout tout réel x élément de ]a, b[, on a :


   
π π x−a
Ψ0 (x) + Ψ2 (x) + 1 = 1 − + 1− cotan2 π ,
b−a b−a b−a
   
π x−a
Ψ0 (x) + Ψ2 (x) + 1 = 1 − 1 + cotan2 π .
b−a b−a
On a : π
∀x ∈]a, b[, Ψ0 (x) + Ψ2 (x) ≥ −1 ⇐⇒ 1 − ≥ 0 ⇐⇒ b − a ≥ π.
b−a
La fonction Ψ vérifie les conditions imposées si et seulement si la longueur de son intervalle
ouvert de définition est supérieure ou égale à π.

4.19 Il est immédiat que la fonction x 7−→ 1 + f 2 (x) est strictement positive, donc :

f 0 (x) x2
∀x ∈ [a, b], f 0 (x) = 1 + f 2 (x) + x2 ⇐⇒ =1+ 2 ·
f 2 (x) +1 f (x) + 1
On intègre entre a et b, on obtient :

f 0 (x)
Z b Z b
x2

2
dx = 1 + dx,
a f (x) + 1 a f 2 (x) + 1
soit :
b
x2
Z
arctan(f (b)) − arctan(f (a)) = b − a + dx,
a f 2 (x) + 1
donc :
arctan(f (b)) − arctan(f (a)) ≥ b − a.
i π πh
La fonction arctan est une bijection de R sur − , , donc la longueur de son ensemble de
2 2
valeurs est π, d’où :
π > arctan(f (b)) − arctan(f (a)) ≥ b − a.
Donc π > b − a.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 115 — #481


i i

CORRIGÉS 115

4.20 Soit f une fonction de classe C 1 de R+ dans R.


Si la fonction f est telle que lim(f 0 − f 2 ) = 0, alors :
+∞
 
∀ε ∈ R+ , ∃A ∈ R+ , ∀x ∈ R+ , x ≥ A =⇒ |f 0 (x) − f 2 (x)| ≤ ε ,

donc :
∀x ∈ [A, +∞[, f 2 (x) − ε ≤ f 0 (x) ≤ f 2 (x) + ε.
On raisonne par l’absurde, on fait l’hypothèse (H) : lim f 6= 0, soit :
+∞

∃η ∈ R∗+ , ∀B ∈ R+ , ∃x ∈ R+ , x≥B et |f (x)| > η.


Soit a un réel supérieur à A, on note :
 
Λa = h ∈ [0, +∞[ | ∀t ∈ [a, a + h[, f 2 (t) > η 2 ·

De l’hypothèse (H) on déduit que l’ensemble Λa est non vide, donc il admet une borne supérieure
qui est soit un réel soit +∞.
• Si la borne supérieure de Λa est +∞ alors :

∀x ∈ [a, +∞[, f 2 (x) > η 2 .

Donc :
∀x ∈ [a, +∞[, f 0 (x) ≥ f 2 (x) − ε > η 2 − ε.
η2
On particularise ε = , on obtient :
2
η2
∀x ∈ [a, +∞[, f 0 (x) ≥ ·
2
Donc :
x x
η2
Z Z
∀x ∈ [a, +∞[, f 0 (t) dt ≥ dt,
a a 2
soit :
η2
∀x ∈ [a, +∞[, f (x) ≥
(x − a) + f (a), donc : lim f = +∞.
2 +∞

Comme lim f = +∞, alors la fonction f ne s’annule pas sur un voisinage de +∞.
+∞

f0 − f2 f0
Comme lim(f 0 − f 2 ) = 0, alors lim 2
= 0, soit lim 2 = 1, donc :
+∞ +∞ f +∞ f
 0 
f (x)
∀ε ∈ R∗+ , + +

∃D ∈ R , ∀x ∈ R , x ≥ D =⇒ 2
− 1 ≤ ε .

f (x)
D’où :
f 0 (x)
∀x ∈ [D, +∞[, 1−ε≤ ≤ 1 + ε.
f 2 (x)
1
On particularise ε = , on obtient :
2
f 0 (x) 1
∀x ∈ [D, +∞[, ≥ ·
f 2 (x) 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 116 — #482


i i

116 CHAPITRE 4

De la positivité de l’intégrale, on déduit que :


Z X 0
f (x) 1
∀X ∈]D, +∞[, 2 (x)
dx ≥ (X − D),
D f 2
soit :
1 1 1
− ≥ (X − D).
f (D) f (X) 2
Comme lim f = +∞, alors en faisant tendre X vers +∞, on obtient une contradiction, donc
+∞
notre hypothèse « la borne supérieure de l’ensemble Λa est +∞ » est fausse.
• Si la borne supérieure de l’ensemble Λa est le réel positif ζ, alors f 2 (a + ζ) = η 2 , comme a
est supérieur à A, alors |f 0 (a + ζ) − f 2 (a + ζ)| ≤ ε.
η2 η2
On particularise ε = , on obtient f 0 (a + ζ) ≥ > 0.
2 2
La fonction f est de classe C sur R , donc la fonction dérivée f 0 est continue sur R+ , donc elle
1 +

est en particulier continue au point a + ζ, soit :


∃α ∈ R∗+ , ∀x ∈]a + ζ − α, a + ζ + α[, f 0 (x) > 0.

La fonction f est alors strictement croissante sur ]a + ζ − α, a + ζ + α[, comme f 2 (a + ζ) = η 2


et, pour tout réel t élément de ]a + ζ − α, a + ζ[, on a f 2 (t) ≤ η 2 , donc il y une contradiction
avec la définition de Λa .

L’hypothèse « la borne supérieure de l’ensemble Λa est le réel ζ » est fausse, donc lim f = 0.
+∞

Remarque. Si la fonction f admet une limite réelle l en +∞.


On sait que : Z x
∀x ∈ R+ , f (x) = f 0 (t) dt + f (0). (1)
0
On fait tendre x vers +∞ dans (1), on obtient :
Z +∞
f 0 (t) dt = l − f (0). (2)
0

Donc la fonction f 0 est semi-intégrable sur R+ .


Comme lim(f 0 − f 2 ) = 0 et f 0 = f 0 − f 2 + f 2 , alors la fonction dérivée f 0 admet une limite en
+∞
+∞ et lim f 0 = l2 , soit :
+∞
 
∀ε ∈ R∗+ , ∃A ∈ R+ , ∀t ∈ R+ , t ≥ A =⇒ |f 0 (t) − l2 | ≤ ε .

D’où :
∀t ∈ [A, +∞[, f 0 (t) ≥ l2 − ε.
l2
On suppose l non nul, on particularise ε = , on obtient :
2
l2
∀t ∈ [A, +∞[, f 0 (t) ≥ ·
2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 117 — #483


i i

CORRIGÉS 117

Donc :
X
l2 (X − A)
Z
∀X ∈ [A, +∞[, f 0 (t) dt ≥ ·
A 2
Z X
Donc lim f 0 (t) dt = +∞ ce qui contredit (2).
X−→+∞ A

Si f est élément de C 1 (R+ , R) tel que lim(f 0 − f 2 ) = 0 et si la fonction f admet une limite réelle
+∞
en +∞, alors cette limite est nulle.

4.21 a) Déterminons une fonction affine solution de l’équation fonctionnelle (1).


On détermine deux réels a et b tels que :

∀x ∈ R, f (x) = ax + b et f ◦ f (x) = f (x) + 1.

Comme f ◦ f (x) = f (ax + b) = a(ax + b) + b = a2 x + ab + b, alors :


 2
⇐⇒ a(a − 1) = 0
n
∀x ∈ R, a2 x + ab + b = ax + b + 1 ⇐⇒ a = a
ab + b = b + 1 ab = 1

Si a = 0, alors ab 6= 1, donc a = 1 et b = 1, d’où f (x) = x + 1.

L’image par une fonction continue d’un intervalle est un intervalle, donc f (R) = I où I est un
intervalle de R.
On a :
∀x ∈ I, ∃t ∈ R, f (t) = x.
Si f vérifie (1) alors :

∀t ∈ R, (f ◦ f )(t) = f (t) + 1, donc : f (f (t)) = f (t) + 1,

d’où :
∀x ∈ I, f (x) = x + 1.
Montrons que sup I = +∞.
On suppose qu’il existe un réel γ tel que sup I = γ, alors :

 ∀x ∈ I, x ≤ γ
·
∀ε ∈ R∗+ , ∃x ∈ I,
γ−ε<x≤γ

 
1 1 1 1
On particularise ε = , le réel γ − est élément de I, donc f γ − = γ + , donc le réel
2 2 2 2
1
γ + est élément de I, ce qui est contradictoire avec la définition du réel γ borne supérieure
2
de l’intervalle I, donc l’hypothèse « il existe un réel γ tel que sup I = γ » est fausse, donc
sup I = +∞.
Soit β = inf I, alors l’intervalle ouvert ]β, +∞[ est inclus dans I et :

∀x ∈]β, +∞[, f (x) = x + 1.

Remarque. La fonction g définie sur R par g(x) = |x| + 1 est continue sur R, positive et :

∀x ∈ R, g(g(x)) = |g(x)| + 1 = g(x) + 1.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 118 — #484


i i

118 CHAPITRE 4

La fonction g vérifie aussi l’équation fonctionnelle (1).



x + 1 si x ∈ Q
b) On définit la fonction Ψ sur R par Ψ(x) = ·
0 si x ∈ R \ Q

La fonction Ψ est discontinue sur R \ {−1}, de plus :

∀x ∈ Q, x + 1 ∈ Q =⇒ Ψ ◦ Ψ(x) = Ψ(x + 1) = x + 2 et Ψ(x) + 1 = x + 2,

donc :
∀x ∈ Q, Ψ ◦ Ψ(x) = Ψ(x) + 1.
∀x ∈ R \ Q, Ψ(x) = 0 comme 0 ∈ Q, alors : Ψ ◦ Ψ(x) = Ψ(0) = 1,
et :
Ψ(x) + 1 = 1,
donc :
∀x ∈ R \ Q, Ψ ◦ Ψ(x) = Ψ(x) + 1.
La fonction Ψ est discontinue et vérifie l’équation fonctionnelle (1).

4.23 On a :
    
x  f (x)
∀x ∈ R, f + 3 = f f ◦ f (x) = f ◦ f f (x) = 3 + ·
2 2

D’où : x 
∀x ∈ R, f (x) = 2f + 3 − 6.
2
On a supposé que la fonction f est continûment dérivable, donc :
x 
∀x ∈ R, f 0 (x) = f 0 +3 .
2
D’où : x      
x  +3 x 9 x 1
f0 + 3 = f0 2 + 3 = f0 + = f0 + 6 1 − .
2 2 4 2 22 22
Montrons par récurrence la propriété suivante :
  
x 1
P(n) : ∀x ∈ R, f 0 (x) = f 0 + 6 1 − .
2n 2n

On a clairement P(0), P(1), P(2).


Si P(n), alors :
x     
x  +3 1 x 3 1
f 0 (x) = f 0 + 3 = f0 2 n + 6 1 − n = f0 + + 6 1 − .
2 2 2 2n+1 2n 2n

Donc :   
0 0 x 1
f (x) = f +6 1− .
2n+1 2n+1
La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 0, donc :
  
x 1
∀x ∈ R, ∀n ∈ N, f 0 (x) = f 0 + 6 1 − .
2n 2n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 119 — #485


i i

CORRIGÉS 119

La fonction f 0 est continue sur R, donc en faisant tendre n vers l’infini, on obtient :

∀x ∈ R, f 0 (x) = f 0 (6).

La fonction f 0 est constante, donc la fonction f est affine, soit :

∃(a, b) ∈ R2 , ∀x ∈ R, f (x) = ax + b.

D’où : x
∀x ∈ R, f ◦ f (x) = a(ax + b) + b = a2 x + ab + b = + 3.
2
De l’unicité de la décomposition d’un polynôme, on déduit que :

 a2 = 1

2

(a + 1)b = 3
⇐⇒
1 1
 

 a= √ 
 a = −√
2 2

 

√ √
3 3 2 √ ou
3 3 2 √ ·
 b = 1 + √1 = √2 + 1 = 6 − 3 2  b = 1 − √1 = √2 − 1 = 6 + 3 2

 

 
2 2

Si la fonction f est continûment dérivable de R sur R telle que, pour tout réel x, on a f ◦ f (x) =
x
3 + , alors :
2
x √ x √
∀x ∈ R, f (x) = √ + 6 − 3 2 ou f (x) = − √ + 6 + 3 2.
2 2
Vérification.
• Si, pour tout réel x, on a :
x √
f (x) = √ + 6 − 3 2,
2
alors :
√ √ √ √
 
1 x x x
∀x ∈ R, f ◦ f (x) = √ √ +6−3 2 +6−3 2= +3 2−3+6−3 2=3+ ·
2 2 2 2

x √
• Si, pour tout réel x, on a f (x) = − √ + 6 + 3 2, alors :
2
√ √ √ √
 
1 x x x
∀x ∈ R, f ◦ f (x) = − √ −√ + 6 + 3 2 + 6 + 3 2 = − 3 2 − 3 + 6 + 3 2 = 3 + ·
2 2 2 2

4.26 La fonction f est à valeurs dans le segment [0, 1], donc, pour tout réel x élément de [0, 1],
on a 0 ≤ f (x) ≤ 1.
La courbe représentative de la fonction f notée Cf est située dans l’intérieur du carré unité.
La fonction f est continue sur [0, 1], dérivable sur ]0, 1[ et f (0) = f (1) du théorème de Rolle on
déduit qu’il existe un réel c élément de ]0, 1[ tel que f 0 (c) = 0.
Le réel c n’est pas nécessairement unique.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 120 — #486


i i

120 CHAPITRE 4

On note Λ l’ensemble non vide des réels c éléments de ]0, 1[ tels que f 0 (c) = 0, on désigne par
c1 la borne inférieure de Λ et par c2 la borne supérieure de Λ.
La fonction f est concave sur [0, 1], comme elle est dérivable sur ]0, 1[, alors sa dérivée est
décroissante sur ]0, 1[, donc la fonction f est croissante sur [0, c1 ], constante sur [c1 , c2 ] et
décroissante sur [c2 , 1].
Si l’ensemble Λ est un singleton on a c1 = c2 = c.
Si c1 = 0 ou c2 = 1, comme f (0) = f (1), alors la fonction f est constante et L(f ) = 1.
On suppose dans la suite que les réels c1 et c2 sont tels que 0 < c1 ≤ c2 < 1.
Soient α et µ deux réels tels que 0 < α < c1 ≤ c2 < µ < 1, on pose :
m = f (c1 ) = f (c2 ) = sup f (x), a = f 0 (α) et b = f 0 (µ).
x∈[0,1]

La fonction f est concave, dérivable sur ]0, 1[, donc sa courbe représentative est située au-dessous
de ses tangentes.
Par hypothèse, les réels a et b sont tels que b < 0 < a.
m − f (α) m − f (µ)
On pose α1 = α + et α2 = µ + , on définit la fonction g affine par morceaux
a b
sur [α, µ] par :
ax + f (α) si x ∈ [α, α1 ]





g(x) = m si x ∈ ]α1 , α2 [ .




b(x − µ) + f (µ) si x ∈ [α2 , µ]
La fonction g est dérivable par morceaux sur [α, µ] et :
a si x ∈ [α, α1 [





g 0 (x) = 0 si x ∈ ]α1 , α2 [ .




b si x ∈ ]α2 , µ]
On note h la restriction de la fonction f au segment [α, µ].
Il est immédiat que Ch est en-dessous de Cg , montrons que L(h) ≤ L(g).
La longueur d’un arc d’une fonction ϕ de classe C 1 par morceaux sur le segment [α, µ] est :
Z µp
L(ϕ) = 1 + ϕ02 (x) dx.
α

h(α) = g(α)





Les fonctions h et g vérifient h(µ) = g(µ) ·




∀x ∈ [α, µ], h(x) ≤ g(x)
p
Soit Φ la fonction définie sur R par Φ(t) = 1 + t2 .
La fonction Φ est indéfiniment dérivable et :
t 1
Φ0 (t) = √ , Φ00 (t) = 3 ·
1 + t2 (1 + t2 ) 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 121 — #487


i i

CORRIGÉS 121

Pour tout réel t, le réel Φ00 (t) est positif, donc la fonction Φ est convexe sur R, donc sa courbe
représentative est située au-dessus de ses tangentes, soit :

∀(s, t) ∈ R2 , Φ(t) ≥ Φ0 (s)(t − s) + Φ(s).

Pour tout réel x élément de [α, µ], on particularise t = g 0 (x) et s = h0 (x), comme :
Z µ Z µ
L(g) = Φ(g 0 (x)) dx et L(h) = Φ(h0 (x)) dx,
α α

alors : Z µ Z µ
L(g) ≥ (g 0 (x) − h0 (x)) Φ0 (h0 (x)) dx + Φ(h0 (x)) dx,
α α
soit : Z µ
L(g) − L(h) ≥ (g 0 (x) − h0 (x)) Φ0 (h0 (x)) dx. (1)
α
On utilise la formule de Chasles sur les segments [α, α1 ], [α1 , c1 ], [c1 , c2 ], [c2 , α2 ] et [α2 , µ].
La fonction Φ00 est positive sur [0, 1], donc la fonction Φ0 est croissante sur [0, 1], comme la
fonction h0 est décroissante sur [α, µ], on distingue 5 cas :
• Sur le segment [α, α1 ] :

∀x ∈ [α, α1 ], h0 (x) ≥ h0 (α1 ), donc : Φ(h0 (x)) ≥ Φ(h0 (α1 )),

donc :
Z α1 Z α1
(g 0 (x) − h0 (x)) Φ0 (h0 (x)) dx ≥ (g 0 (x) − h0 (x)) Φ0 (h0 (α1 )) dx,
α α
donc : Z α1
(g 0 (x) − h0 (x)) Φ0 (h0 (x)) dx ≥ (g(α1 ) − h(α1 ))Φ0 (h0 (α1 )).
α

• Sur le segment [α1 , c1 ] :

∀x ∈]α1 , c1 ], g 0 (x) − h0 (x) = −h0 (x),

et :
∀x ∈]α1 , c1 ], 0 ≤ h0 (x) ≤ h0 (α1 ) et Φ0 (h0 (x)) ≤ Φ0 (h0 (α1 )),
donc :
−h0 (x)Φ0 (h0 (x)) ≥ −h0 (x)Φ0 (h0 (α1 )),
donc : Z c1
(g 0 (x) − h0 (x)) Φ0 (h0 (x)) dx ≥ −(h(c1 ) − h(α1 ))Φ0 (h0 (α1 )).
α1

• Sur le segment [c1 , c2 ] les fonctions h0 et g 0 sont nulles, donc :


Z c2
(g 0 (x) − h0 (x)) Φ0 (h0 (x)) dx = 0.
c1

On obtient :
Z c1
(g 0 (x) − h0 (x)) Φ0 (h0 (x)) dx ≥ (g(α1 ) − h(α1 ))Φ0 (h0 (α1 )) − (h(c1 ) − h(α1 ))Φ0 (h0 (α1 )),
α

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 122 — #488


i i

122 CHAPITRE 4

donc : Z c1
(g 0 (x) − h0 (x)) Φ0 (h0 (x)) dx ≥ (g(α1 ) − h(c1 ))Φ0 (h0 (α1 ).
α
On procède de même sur les deux autres segments, on obtient :
Z µ
(g 0 (x) − h0 (x)) Φ0 (h0 (x)) dx ≥ −(h(α2 ) − h(c2 ))Φ0 (h0 (α2 )) + (h(α2 ) − g(α2 ))Φ0 (h0 (α2 )),
c2

donc : Z µ
(g 0 (x) − h0 (x)) Φ0 (h0 (x)) dx ≥ (h(c2 ) − g(α2 ))Φ0 (h0 (α2 )).
c2

Comme g(α1 ) = g(α2 ) = h(c1 ) = h(c2 ) = m, alors :


Z µ
(g 0 (x) − h0 (x)) Φ0 (h0 (x)) dx ≥ 0,
α

donc L(h) ≤ L(g).

Calculons la longueur L(g).


m − h(α) m − h(µ)
On rappelle que α1 = α + et α2 = µ + :
a b
Z µp Z α1 p Z α2 p Z µ p
L(g) = 1 + g 02 (t) dt = 1 + g 02 (t) dt + 1 + g 02 (t) dt + 1 + g 02 (t) dt,
α α α1 α2
Z α1 p Z α2 Z µ p
L(g) = 1 + a2 dt + dt + 1 + b2 dt,
α α1 α2
p p
L(g) = (α1 − α) 1 + a2 + α2 − α1 + (µ − α2 ) 1 + b2 .
D’où :
m − h(α) p m − h(µ) m − h(α) m − h(µ) p
L(g) = 1 + a2 + µ + −α− − 1 + b2
a b a b
   
m − h(α) p m − h(µ) p
L(g) = 1 + a2 − 1 − 1 + b2 − 1 + µ − α,
a b
a b
L(g) = (m − h(α)) √ − (m − h(µ)) √ + µ − α.
2
1+a +1 1 + b2 + 1
x
Soit ϕ la fonction définie sur R par ϕ(x) = √ ·
1 + x2 + 1
1
La fonction ϕ est dérivable sur R et ϕ0 (x) =  , comme la fonction
√ √

1+x 2 1 + x2 + 1
dérivée est strictement positive sur R, alors la fonction ϕ est strictement croissante sur R et
ϕ(R) =] − 1, 1[.
On obtient :
L(g) = (m − h(α))ϕ(a) − (m − h(µ))ϕ(b) + µ − α.
Comme b < 0 < a, alors :

L(g) ≤ m − h(α) + m − h(µ) + µ − α ≤ 2m + µ − α ≤ 3.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 123 — #489


i i

CORRIGÉS 123

Comme L(h) ≤ L(g), alors : Z µ p


1 + h02 (t) dt ≤ 3.
α
On a montré que : Z µ p
1 + f 02 (t) dt ≤ 3. (2)
α
Z µp
Pour α élément de ]0, c1 [ fixé, la fonction µ 7−→ 1 + f 02 (t) dt est croissante sur ]c2 , 1[, elle
α
est majorée
p par 3, donc elle admet une limite réelle lorsque µ tend vers 1, donc la fonction
t 7−→ 1 + f 02 (t) est intégrable sur [α, 1[.
On fait tendre µ vers 1 dans (2), on obtient :
Z 1p
0≤ 1 + f 02 (t) dt ≤ 3. (3)
α
Z 1 p
La fonction α 7−→ 1 + f 02 (t) dt est décroissante et majorée par 3, donc elle admet une
α p
limite réelle lorsque α tend vers 0, donc la fonction t 7−→ 1 + f 02 (t) est intégrable sur ]0, 1[,
on fait tendre α vers 0 dans (3), comme la fonction f est continue en 0, on obtient :
Z 1p
0≤ 1 + f 02 (t) dt ≤ 3.
0

On a montré que la longueur de la courbe Cf est majorée par 3.

4.28 a) On a :
D2 (f )(x) = D(f )(x + 1) − D(f )(x),
D2 (f )(x) = f (x + 2) − f (x + 1) − (f (x + 1) − f (x)) = f (x + 2) − 2f (x + 1) + f (x).
De même :
D3 (f )(x) = D2 (f )(x + 1) − D2 (f )(x),
D3 (f )(x) = f (x + 3) − 2f (x + 2) + f (x + 1) − (f (x + 2) − 2f (x + 1) + f (x)),
D3 (f )(x) = f (x + 3) − 3f (x + 2) + 3f (x + 1) − f (x).
On conjecture que :
n  
X n
Dn (f )(x) = (−1)n−p f (x + p).
p
p=0

Montrons par récurrence cette conjecture qui est vraie pour n = 1, n = 2 et n = 3.


n  
X n
On suppose que Dn (f )(x) = (−1)n−p f (x + p).
p
p=0

On a :
Dn+1 (f )(x) = Dn (f )(x + 1) − Dn (f )(x),
n   n  
X n X n
Dn+1 (f )(x) = (−1)n−p f (x + 1 + p) − (−1)n−p f (x + p).
p p
p=0 p=0

On effectue le changement d’indice l = p + 1 dans la première somme, on obtient :


n+1   n  
X n X n
Dn+1 (f )(x) = (−1)n−(l−1) f (x + l) − (−1)n−p f (x + p)
l−1 p
l=1 p=0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 124 — #490


i i

124 CHAPITRE 4

n   n  
X n X n
= (−1)n+1−l f (x + l) + f (x + n + 1) − (−1)n f (x) − (−1)n−p f (x + p)
l−1 p
l=1 p=1
n    
X n n
= f (x + n + 1) + (−1)n+1−p + f (x + p) + (−1)n+1 f (x).
p−1 p
p=1

On sait que :      
n n n+1
∀p ∈ [[1, n]], + = .
p−1 p p
On obtient alors :
n  
X n+1
Dn+1 (f )(x) = f (x + n + 1) + (−1)n+1−p f (x + p) + (−1)n+1 f (x),
p
p=1

soit :
n+1  
X n+1
Dn+1 (f )(x) = (−1)n+1−p f (x + p).
p
p=0

La propriété est héréditaire, vraie pour n = 1, donc :


n  
∗ n
X n−p n
∀n ∈ N , ∀x ∈ R, D (f )(x) = (−1) f (x + p).
p
p=0

La fonction f est élément de Ker(D) si et seulement si, pour tout réel x, f (x + 1) = f (x), si et
seulement si la fonction f est 1-périodique.
Si la fonction f est 1-périodique, alors :
∀x ∈ R, ∀p ∈ N, f (x + p) = f (x),
donc :  !
n
n
X n−p n
D (f )(x) = (−1) f (x) = (1 − 1)n f (x) = 0,
p
p=0

donc la fonction f est élément de Ker(Dn ).

b) On désigne par F l’ensemble des fonctions 1-périodiques.


On a Ker(D) = F.
• Déterminons Ker(D2 ).
On a :
f ∈ Ker(D2 ) ⇐⇒ D(f ) ∈ Ker(D) ⇐⇒ D(f ) ∈ F ⇐⇒ ∃Ψ1 ∈ F , D(f ) = Ψ1 .
On définit la fonction g sur R par g(x) = f (x) − xΨ1 (x) avec Ψ1 ∈ F .
On a :
D(g)(x) = g(x + 1) − g(x) = f (x + 1) − (x + 1)Ψ1 (x + 1) − f (x) + xΨ1 (x),
D(g)(x) = D(f )(x) − Ψ1 (x).
D’où :
f ∈ Ker(D2 ) ⇐⇒ D(g) = 0 ⇐⇒ ∃Ψ0 ∈ F , g = Ψ0 .
⇐⇒ ∀x ∈ R, f (x) = xΨ1 (x) + Ψ0 (x) avec (Ψ0 , Ψ1 ) ∈ F 2 .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 125 — #491


i i

CORRIGÉS 125

On pose :
 
(Ψ0 , Ψ1 ) ∈ F 2 ·

Λ2 = f ∈E
∀x ∈ R, f (x) = xΨ1 (x) + Ψ0 (x) avec

On a montré que Ker(D2 ) = Λ2 .


Remarque. Si f est élément de Λ2 alors :

∀x ∈ R, D2 (f )(x) = f (x + 2) − 2f (x + 1) + f (x)
= (x + 2)Ψ1 (x + 2) + Ψ0 (x + 2) − 2(x + 1)Ψ1 (x + 1) − 2Ψ0 (x + 1) + xΨ1 (x) + Ψ0 (x)
= (x + 2 − 2(x + 1) + x)Ψ1 (x) = 0.

• Déterminons Ker(D3 ).
On a :
f ∈ Ker(D3 ) ⇐⇒ D(f ) ∈ Ker(D2 ).
Donc :
∀x ∈ R, D(f )(x) = xΨ1 (x) + Ψ0 (x).
On définit la fonction h sur R par h(x) = f (x) − (ax2 + bx + c)Ψ1 (x) − xΨ0 (x).
On a :
∀x ∈ R, D(h)(x) = D(f )(x) − (a(x + 1)2 − ax2 + b(x + 1) − bx)Ψ1 (x) − ((x + 1) − x)Ψ0 (x).
Déterminons les réels a, b et c tels que D(h) = 0, soit :
∀x ∈ R, D(f )(x) = (2ax + a + b)Ψ1 (x) + Ψ0 (x).

Comme D(f ) est élément de Ker(D2 ) alors :


∀x ∈ R, D(f )(x) = xΨ1 (x) + Ψ0 (x).
On identifie, on obtient :
 1
a =
2a = 1
( 
2
⇐⇒ ·
a+b=0 b = −1

2
Si f est élément de Ker(D3 ), alors :
x(x − 1)
∀x ∈ R, f (x) = Ψ1 (x) + xΨ2 (x) + Ψ0 (x) avec(Ψ0 , Ψ1 , Ψ2 ) ∈ F 3 .
2
On vérifie que Ker(D3 ) = Λ3 , où Λ3 est égal à :
 
x(x − 1)
Ψ1 (x) + xΨ2 (x) + Ψ0 (x) avec (Ψ0 , Ψ1 , Ψ2 ) ∈ F 3 ·

f ∈ E ∀x ∈ R, f (x) =
2
On introduit la suite des polynômes de Stirling, notée (Γp )p∈N , définie par :

Γ (x) = 1
 0





Γ1 (x) = x ·

− · · · −


 x(x 1) (x p + 1)
 Γp (x) =
 , p ∈ N \ {0, 1}
p!

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 126 — #492


i i

126 CHAPITRE 4

On a :
Γ1 (x + 1) − Γ1 (x) = x + 1 − x = 1 = Γ0 (x),
et :
x(x + 1) x(x − 1)
Γ2 (x + 1) − Γ2 (x) = − = x = Γ1 (x).
2 2
Pour p entier supérieur ou égal à 2, on a :
(x + 1)x(x − 1) · · · (x + 1 − p) x(x − 1) · · · (x − p)
∀x ∈ R, Γp+1 (x + 1) − Γp+1 (x) = − ,
(p + 1)! (p + 1)!
 
x(x − 1) · · · (x − p + 1) x + 1 x−p
Γp+1 (x + 1) − Γp+1 (x) = − = Γp (x).
p! p+1 p+1
Donc :
∀p ∈ N, ∀x ∈ R, Γp+1 (x + 1) − Γp+1 (x) = Γp (x).
Soit n un entier naturel non nul, montrons par récurrence la propriété :
( n−1
)
n
X n
P(n) : Ker(D ) = f ∈ E f = Γp Ψp avec (Ψ0 , Ψ1 , · · · , Ψn−1 ) ∈ F ·
p=0

Comme :
f ∈ Ker(Dn+1 ) ⇐⇒ D(f ) ∈ Ker(Dn ),
si P(n), alors il existe un n-uplet (Ψ0 , Ψ1 , · · · , Ψn−1 ) d’éléments de F tels que :
n−1
X
D(f ) = Γp Ψ p .
p=0

n−1
X
On définit la fonction ζ sur R par ζ = f − Γp+1 Ψp , on a :
p=0

n−1
X 
∀x ∈ R, D(ζ)(x) = D(f )(x) − Γp+1 (x + 1) − Γp+1 (x) Ψp (x),
p=0

n−1
X n−1
X 
D(ζ)(x) = Γp (x)Ψp (x) − Γp+1 (x + 1) − Γp+1 (x) Ψp (x),
p=0 p=0
n−1
X  
D(ζ)(x) = Γp (x) − Γp+1 (x + 1) − Γp+1 (x) Ψp (x) = 0.
p=0

Donc la fonction ζ est élément de Ker(D), donc de F, donc il existe une fonction Φ0 élément
de F telle que :
n−1
X n
X
f= Γp+1 Ψp + Φ0 = Γp Φp avec ∀p ∈ [[0, n − 1]], Φp+1 = Ψp .
p=0 p=0

La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 1, donc :


( n−1
)
∗ n
X n
∀n ∈ N , Ker(D ) = f ∈ E f = Γp Ψp avec (Ψ0 , Ψ1 , · · · , Ψn−1 ) ∈ F ·
p=0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 127 — #493


i i

Chapitre 5
Calcul intégral
5.2 a) Soit F la primitive de la fonction continue f qui s’annule en 0.
 
p−1 p
On applique la formule de Taylor-Lagrange à l’ordre 1 sur le segment , avec p entier
  n n
p−1 p
variant de 1 à n, alors il existe un réel αn,p élément de , tel que :
n n
 
p−1 p 1 p 1
F −F = − F0 + 2 F 00 (αn,p ),
n n n n 2n
soit : 

p−1 p 1 p 1
F −F =− f + 2 f 0 (αn,p ).
n n n n 2n
On somme de p = 1 à p = n, on obtient :
n    n n
!
X p−1  p  1 X p 1 1X 0
F −F =− f + f (αn,p ) .
p=1
n n n p=1
n 2n n p=1

Par télescopie, on obtient :


n     p  Z 1
X p−1
F −F = F (0) − F (1) = −F (1) = − f (t) dt.
p=1
n n 0

Du théorème sur les suites de Riemann on déduit que :


n
! Z
1
1X 0
lim f (αn,p ) = f 0 (t) dt = f (1) − f (0).
n−→+∞ n p=1 0

n−1
1X 0
Au voisinage de +∞, on a f (αn,p ) = f (1) − f (0) + o(1).
n p=0
Donc : Z 1 n  
1 X  p  f (1) − f (0) 1
− f (t) dt = − f + +o ,
0 n p=1 n 2n n
soit :
n Z 1  
1 X p f (1) − f (0) 1
f = f (t) dt + +o ·
n p=1 n 0 2n n

b) Soit F la primitive de la fonction continue f qui s’annule en 0.


 
p−1 p
On applique la formule de Taylor-Lagrange à l’ordre 2 sur le segment ,
avec p entier
  n n
p−1 p
variant de 1 à n, alors il existe un réel βn,p élément de , tel que :
n n
 
p−1 p 1 p 1 p 1
F −F = − F0 + 2 F 00 − 3 F 000 (βn,p ),
n n n n 2n n 6n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 128 — #494


i i

128 CHAPITRE 5

soit :  
p−1 p 1 p 1 p 1
−F F =− f + 2 f0 − 3 f 00 (βn,p ).
n n n n 2n n 6n
On somme de p = 1 à p = n, on obtient :
n     p  n n n
X p−1 1 X p 1 X 0p 1 X 00
F −F =− f + 2 f − 3 f (βn,p ).
p=1
n n n p=1 n 2n p=1 n 6n p=1

Par télescopie, on obtient :


n     p  Z 1
X p−1
F −F = F (0) − F (1) = −F (1) = − f (t) dt.
p=1
n n 0

Du théorème sur les suites de Riemann on déduit que :


n
! Z
1
1 X 00
lim f (βn,p ) = f 00 (t) dt = f 0 (1) − f 0 (0).
n−→+∞ n p=1 0

D’où :
n
1 X 00
f (βn,p ) = f 0 (1) − f 0 (0) + o(1).
n p=1

Au voisinage de +∞, on applique le résultat de la question a) à la fonction f 0 qui est élément


de C 1 ([a, b], R) :
n
f 0 (1) − f 0 (0)
Z 1  
1 X 0p 1
f = f 0 (t) dt + +o ·
n p=1 n 0 2n n

Donc :
n
1
f 0 (1) − f 0 (0)
Z   
1 X p 1 1
− f (t) dt = − f + f (1) − f (0) + +o
0 n p=1 n 2n 2n n

1
f 0 (1) − f 0 (0)) + o(1) .


6n2
D’où :
n−1
f 0 (1) − f 0 (0) f 0 (1) − f 0 (0)
Z 1  
1 X p f (1) − f (0) 1
f = f (t) dt + + − + o ·
n p=0 n 0 2n 4n2 6n2 n2

Donc :
n−1
f 0 (1) − f 0 (0)
Z 1  
1 X p f (1) − f (0) 1
f = f (t) dt + + + o ·
n p=0 n 0 2n 12n2 n2

5.4 On montre que :


x2
∀x ∈ R+ | ln(1 + x) − x| ≤ · (1)
2
p n p !
p(n − p) X p(p − n)
∀p ∈ [[1, n]] 1+ ≥ 1, donc : un > 0 et ln(un ) = ln 1 + ·
n2 p=1
n2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 129 — #495


i i

CORRIGÉS 129

Pour tout entier naturel p élément de [[1, n]], on déduit de (1) :


p ! p
ln 1 + p(n − p) − p(n − p) ≤ p(n − p) ·

2 2
(2)
n n 2n4

Si la fonction f est continue sur [a, b], alors la somme de Riemann définie par :
n  
b−a X b−a
∀n ∈ N∗ , Sn = f a+p ,
n p=1 n
Z b
converge vers f (x) dx.
a
p
On particularise a = 0, b = 1 et f (x) = x(1 − x), alors la fonction f est continue sur [0, 1],
donc :
n r n Z 1p
1X p p 1 Xp
Sn = 1− = 2 p(n − p) converge vers x(1 − x) dx.
n p=1 n n n p=1 0

De même, si on pose f (x) = x(1 − x), on déduit :


n n Z 1
1Xp p 1 X
Sn0 = 1− = 3 p(n − p) converge vers x(1 − x) dx.
n p=1 n n n p=1 0

On déduit de (2) :
n n
ln un − 1 ≤ 1 · 1
X p X
p(n − p) p(n − p).
n2 p=1 2n n3 p=1

1 1
x2 x3
Z 
1
Comme x(1 − x) dx = − = , au voisinage de +∞, on a :
0 2 3 0 6
n n
1 X 1 1 X
p(n − p) ∼ , donc : lim p(n − p) = 0.
2n4 p=1
12n n−→+∞ 2n4 p=1
Z 1 p
On calcule l’intégrale I = x(1 − x) dx.
0
Z 1
r Z 1
1 1 1 p
I= − (x − )2 = 1 − (2x − 1)2 dx.
0 4 2 2 0

On effectue le changement de variable u = 2x − 1, puis u = cos v, on obtient :


1 1 p 1 0p 1 π
Z Z Z
I= 1 − u2 du = 1 − cos2 v(− sin v) dv = sin2 v dv,
4 −1 4 π 4 0

1 π
Z 
1 1 π
I= (1 − cos(2v)) dv = v − sin(2v) = ·
8 0 8 2 0 8
On a :
n n Z 1p
ln un − π ≤ ln un − 1
X p 1 X p
p(n − p) + p(n − p) − x(1 − x) dx .
8 n2 p=1 n2
p=1 0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 130 — #496


i i

130 CHAPITRE 5

Soit : n n Z 1p
ln un − π ≤ 1
X 1 X p
p(n − p) + p(n − p) − x(1 − x) dx .
8 2n4 p=1 n2
p=1 0

On a montré que :
n
1 X
• lim 4
p(n − p) = 0.
n−→+∞ 2n
p=1
n Z 1p
1 Xp
• lim 2
p(n − p) = x(1 − x) dx.
n−→+∞ n p=1 0

π
Du théorème d’encadrement on déduit que lim ln un = ·
n−→+∞ 8
π
La suite (un )n∈N∗ converge vers e 8 .

Pour tout réel x positif, on a :

x2 x2 x3
x− ≤ ln(1 + x) ≤ x − + ·
2 2 3
Au voisinage de +∞, on montre que :
  
π 1 17 1
un = e 8 1 − √ + +o ·
n 12n n

2 2 2
p compris entre −n et n, un couple d’entiers (x, p) vérifie x + p ≤ n si et
5.6 Soit p un entier
seulement si |x| ≤ n2 − p2 .
p
Il y a donc 2E( n2 − p2 ) + 1 points à coordonnées entières du type (x, p) dans le disque fermé
D(O, n), soit :
n
X   n
X
p p
δ(n) = 2E( n2 − p2 + 1 = 2n + 1 + 2 E( n2 − p2 ),
p=−n p=−n

n
X p
δ(n) = 4n + 1 + 4 E( n2 − p2 ).
p=1

D’où :
n
δ(n) 1 4X p 2
=4+ + E( n − p2 ).
n n n p=1
De la définition de fonction partie entière, on déduit que :
p p p
n2 − p2 − 1 < E( n2 − p2 ) ≤ n2 − p2 .
n
δ(n) − 1 X p
On note Rn = −n= E( n2 − p2 ), on obtient :
4 p=1

n
X n
X
p p
n2 − p 2 − n < R n ≤ n2 − p 2 .
p=1 p=1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 131 — #497


i i

CORRIGÉS 131

D’où :
n r n r
1X  p 2 1 Rn 1X  p 2
1− − < 2 ≤ 1− .
n p=1 n n n n p=1 n
p
Soit f la fonction définie sur [0, 1] par f (x) = 1 − x2 , la fonction f est continue sur le segment
[0, 1], du théorème sur les sommes de Riemann on déduit que :
n r n Z 1 Z 1p
1X  p 2 1 X p
lim 1− = lim f = f (t) dt = 1 − x2 dx.
n−→+∞ n p=1 n n−→+∞ n p=1 n 0 0

Z 1p
π
L’aire d’un disque de centre O et de rayon 1 est égale à π, donc 1 − x2 dx = , donc
0 4
n r
1X  p 2 π
lim 1− = ·
n−→+∞ n n 4
p=1
 
Rn π
On déduit du théorème d’encadrement que la suite converge vers , donc, au voi-
n2 n≥1 4
sinage de +∞, on a :
Rn π
∼ , donc : δ(n) ∼ π n2 .
n2 4

1
5.7 On considère I =]0, 1] et f la fonction définie sur I par f (x) = √ ·
x
La fonction f est une fonction continue sur l’intervalle I.
√ 1
Z 1  
dx
La fonction f est une fonction intégrable sur ]0, 1] et √ = 2 x = 2.
0 x 0
p
On considère la subdivision régulière σ du segment [0, 1], soit σ = .
n 0≤p≤n
1 p
On choisit la suite ζ = (ζp )1≤p≤n avec ζ1 = et, pour p entier compris entre 2 et n, ζp = ·
n4 n
La somme de Riemann associée à σ et ζ est :
n   n
! n r
!
X 1 1 X p 1 2
X n
Rn (f, σ, ζ) = (ap − ap−1 )f (ζp ) = f + f = n + .
p=1
n n4 p=2
n n p=2
p

Il est immédiat que Rn (f, σ, ζ) ≥ n, donc lim Rn (f, σ, ζ) = +∞.


n−→+∞

On a explicité un intervalle I et une fonction intégrable dont la somme de Riemann diverge.

5.10 La fonction t 7−→ ecos t cos(sin t − mt) est continue sur le segment [0, 2π], donc intégrable
sur ce segment.
Z 2π
On pose Jm = ecos t ei(sin t−mt) dt, il est immédiat que I1,m = Re(Jm ).
0

On a :
it it
−imt
ecos t ei(sin t−mt) = ecos t+i sin t−imt = ee = ee e−imt .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 132 — #498


i i

132 CHAPITRE 5

+∞ n
X z
Pour tout nombre complexe z, on a ez = , donc :
n=0
n!
+∞ int +∞ i(n−m)t
it X e X e
∀t ∈ R, ee e−imt = e−imt = ·
n=0
n! n=0
n!

ei(n−m)t
On définit la suite de fonctions (un )n∈N sur R par un (t) = , on a :
n!
i(n−m)t
e
= 1, 1

∀t ∈ R, donc : ||un ||∞ = ·
n! n! n!
X 1 X
La série numérique converge, donc la série de fonctions un converge normalement
n!
n≥0 n≥0
sur R, donc en particulier sur le segment [0, 2π] ce qui autorise de permuter série et intégrale,
soit : !
Z 2π X +∞ i(n−m)t +∞ Z 2π
e X 1
Jm = dt = ei(n−m)t dt.
0 n=0
n! n=0
n! 0
Comme : 
 2π si n = m

Z 

i(n−m)t
e dt =  ei(n−m)t 2π ,
0 
 =0 si n 6= m
n−m 0

alors :
 2π si m ∈ N  2π si m ∈ N
 

Jm = m! , donc : I1,m = m! ·
 −

0 si m ∈ Z 0 si m ∈ Z−
1
L’équation eiθ = n’admet pas de solution, donc, pour tout réel θ, 1 − 2eiθ 6= 0.
2
eimθ
La fonction Ψm définie sur R par Ψm (θ) = est continue sur R, donc intégrable sur le
1 − 2eiθ
segment [0, 2π].
On a :
eimθ
Ψm (θ) = − iθ ·
2e 1 − 12 e−iθ
1
La série géométrique de terme général e−iθ est convergente et :
2
+∞
X 1 −iθ n

1
e = 1 −iθ ·
n=0
2 1 − 2
e

Donc :
+∞
1 ei(m−1)θ 1 X 1 i(m−n−1)θ
Ψm (θ) = − 1 −iθ = − e .
2 1 − 2e 2 n=0 2n
ei(m−n−1)t
On définit la suite de fonctions (vn )n∈N sur R par vn (t) = , on a :
2n
i(m−n−1)t
e
= 1 , 1

∀t ∈ R, donc : ||vn ||∞ = ·
2n 2n 2n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 133 — #499


i i

CORRIGÉS 133

X 1 X
La série numérique converge, donc la série de fonctions vn converge normalement
2n
n≥0 n≥0
sur R, donc en particulier sur le segment [0, 2π] ce qui autorise de permuter série et intégrale,
soit : !
Z 2π +∞ +∞ Z
1 2π X 1 X 2π
Z
I2,m = Ψm (t) dt = − vn (t) dt = − vn (t) dt.
0 2 0 n=0
2 n=0 0
Comme :  2π
Z 2π
1
Z 2π  si n = m − 1
vn (t) dt = n e i(m−n−1)t
dt = 2m−1 ,
0 2 0 
0 si n 6= m − 1
alors :
 − 2π

si m ≥ 1
I2,m = 2m ·

0 si m ≤ 0

5.11 a) Les réels a et b sont strictement supérieurs à 1, donc, pour tout réel t, les réels a − cos t
et b − cos t sont strictement positifs, la fonction f est continue sur le segment [0, π], donc elle
est intégrable sur ce segment.

b) On a :
   b Z b
b − cos t dx
ln = ln(x − cos t) = ·
a − cos t a a x − cos t
Donc : Z π   Z π Z b 
b − cos t dx
I= ln dt = dt.
0 a − cos t 0 a x − cos t
1
La fonction Ψ définie sur [0, π] × [a, b] par Ψ(x, t) = est continue sur [0, π] × [a, b],
x − cos t
donc la fonction Ψ vérifie les hypothèses du théorème de Fubini, donc :
Z π Z b  Z πZ b Z b Z π 
I= Ψ(x, t) dx dt = Ψ(x, t) dx dt = Ψ(x, t) dt dx,
0 a 0 a a 0
Z b Z π 
dt
dx. I=
x − cos t a 0
 
t
On effectue le changement de variable u = tan , soit t = 2 arctan u, comme :
2

2 1 − u2
cos(2 arctan u) = 2 cos2 (arctan u) − 1 = −1= ,
u2 +1 1 + u2
alors :
Z π Z +∞   Z +∞
dt 1 2du du
= 1−u2
=2 ·
0 x − cos t 0 x− 1 + u2 0 (1 + u2 )x − (1 − u2 )
1+u2

Le réel x est supérieur à a, donc strictement supérieur à 1, soit :


Z π Z +∞ Z +∞
dt du 2 du
=2 = x+1 2 ,
0 x − cos t 0 x − 1 + (x + 1)u2 x−1 0 1 + x−1 u

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 134 — #500


i i

134 CHAPITRE 5

" r !#+∞
Z π
dt 2 x+1 π
= √ arctan u = √ ·
0 x − cos t x2 − 1 x−1 x2 − 1
0
On en déduit que :
Z b  √ 
π h  p ib b + b2 − 1
I= √ dx = π ln x + x2 − 1 = π ln √ ·
a x2 − 1 a a + a2 − 1

1 1
5.12 Les fonctions t 7−→ (1 − tp ) q et t 7−→ (1 − tq ) p sont continues, positives sur le segment
[0, 1], donc elles sont intégrables sur ce segment.
1
On effectue le changement de variable u = (1 − tp ) q , soit :
1 1
u = (1 − tp ) q ⇐⇒ tp = 1 − uq ⇐⇒ t = (1 − uq ) p ·

D’où : Z 1 Z 0  
1
p q q 1 −1
Ip,q = (1 − t ) dt = u − uq−1 (1 − uq ) p du.
0 1 p
1
On intègre par parties en posant f (u) = u et g(u) = (1 − uq ) p , on obtient :
 0 Z 0 Z 1
1 1 1
Ip,q = u(1 − uq ) p − (1 − uq ) p du = (1 − uq ) p du = Iq,p .
1 1 0

1
5.14 a) La fonction fn est continue sur ]0, +∞[, de plus, en posant u = − :
t
lim fn (t) = lim (−1)n un eu = 0.
t−→0+ u−→−∞

On prolonge par continuité la fonction fn en 0 en posant fn (0) = 0, la fonction ainsi prolongée


est continue sur [0, +∞[.
1
Au voisinage de +∞, on a fn (t) ∼ n ·
t
La fonction fn est intégrable sur ]0, +∞[ si et seulement si l’entier n est supérieur ou égal à 2.

b) Soit n un entier supérieur ou égal à 2.


1
La fonction t 7−→ est un C 1 -difféomorphisme strictement décroissant de ]0, +∞[ sur ]0, +∞[,
t
1
on effectue le changement de variable u = , on obtient :
t
Z 0   Z +∞
du
In = un e−u − 2 = un−2 e−u du = Γ(n − 1) = (n − 2)!.
+∞ u 0

i πh
5.17 La fonction f est continue, négative sur 0, ·
4
• Au voisinage de 0, on a f (x) ∼ ln x, la fonction ln est intégrable sur ]0, 1], donc la fonction
f est intégrable sur ]0, 1].

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 135 — #501


i i

CORRIGÉS 135

π
• Au voisinage de , on a :
2
π π π  
    1
f − h = cos − h ln tan −h = (sin h) ln = −(sin h) ln(tan h).
2 2 2 tan h
π 
Au voisinage de 0+ , on a f − h ∼ −h ln h.
2
Comme lim h ln h = 0, alors limπ f (x) = 0.
h−→0 x−→ 2

π π
On prolonge par continuité f en en posant f = 0, donc la fonction f est intégrable sur
i πh 2 2
0, .
2
i πh
La fonction x 7−→ sin x est un C 1 -difféomorphisme strictement croissant de 0, sur ]0, 1[, on
2
effectue le changement de variable u = sin x, on obtient :
Z 1  Z 1
1 1 1 1
 Z Z
u
I= ln √ du = ln u du − ln(1 − u) du − ln(1 + u) du = − ln 2.
0 1 − u2 0 2 0 2 0

5.20 Pour tout réel x, on a ch x ≥ 1, donc ch x 6= 0.


1
On définit sur R la fonction f par f (x) = ·
ch x
La fonction f est continue sur R.
ex
Au voisinage de +∞ on a ch x ∼ , donc f (x) ∼ 2e−x .
2
La fonction x 7−→ e−x est intégrable sur R+ , donc la fonction f est intégrable sur R+ , comme
f est paire, alors :
+∞ +∞ +∞ +∞
e−x
Z Z Z Z
dx dx dx
=2 =4 =4 dx.
−∞ ch x 0 ch x 0 ex + e−x 0 1 + e−2x

On sait que :
+∞
1 X
∀u ∈] − 1, 1[, = (−1)n un .
1+u n=0

Donc :
+∞
e−x X
∀x ∈]0, +∞[, = (−1)n e−(2n+1)x .
1 + e−2x n=0
Z +∞
1
On pose un (x) = (−1)n e−(2n+1)x , on a ν1 (un ) = |un (x)| dx = ·
0 2n +1
X
La série de terme général ν1 (un ) diverge, il faut chercher une autre approche. Utilisons les
n≥0
propriétés des séries alternées, on a :
Z n
Z +∞ X
+∞

+∞
dx (−1)p
X
p −(2p+1)x
−2 ≤2 (−1) e dx.

ch x 2p + 1

0 0
p=0 p=n+1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 136 — #502


i i

136 CHAPITRE 5

Des propriétés des séries alternées, on déduit que :


+∞
X
p −(2p+1)x −(2n+3)x
(−1) e ≤e .



p=n+1
Z
+∞ +∞ n
(−1)p
Z
1 dx 2
X
−(2n+3)x
Comme e dx = , alors −2 ≤ ·

0 2n + 3 0 ch x p=0
2p + 1 2n +3
On fait tendre n vers +∞ dans l’inégalité précédente, on obtient :
Z +∞ +∞
dx X (−1)n
=4 = π.
−∞ ch x n=0
2n + 1

Autre méthode :
Z +∞ Z +∞ Z +∞
dx ch x ch x
= dx = dx.
0 ch x 0 ch 2 x 0 1 + sh 2 x
La fonction sh est un C 1 -difféomorphisme strictement croissant de [0, +∞[ sur [0, +∞[, on
effectue le changement de variable y = sh x, on obtient :
Z +∞ Z +∞  +∞
dx dy π
= = arctan y = ·
0 ch x 0 1 + y2 0 2

x2
5.22 La fonction f définie sur ]0, +∞[ par f (x) = est continue, positive sur ]0, +∞[.
ex − 1
x
Au voisinage de 0, on a e − 1 ∼ x, donc f (x) ∼ x, soit lim f = 0.
0

On prolonge par continuité la fonction f en 0 en posant f (0) = 0.


 
1
Au voisinage de +∞, on a f (x) ∼ x2 e−x , comme lim x2 f (x) = 0, alors f (x) = o , la
x−→+∞ x2
1
fonction x 7−→ 2 est intégrable sur [1, +∞[, donc f est intégrable sur [1, +∞[, donc la fonction
x
f est intégrable sur R+ .
On a :
x2 e−x
f (x) = ·
1 − e−x
Comme :
+∞
1 X
∀u ∈] − 1, 1[, = un ,
1−u n=0
alors :
+∞
X +∞
X
∀x ∈]0, +∞[, f (x) = x2 e−x e−nx = un (x) avec un (x) = x2 e−(n+1)x .
n=0 n=0

X tout entier naturel n, les fonctions un et f sont continues sur ]0, +∞[, la série de fonctions
Pour
un converge simplement sur ]0, +∞[ vers f et :
n≥0

+∞ +∞ +∞
x2 −(n+1)x
Z  Z
2 −(n+1)x 2
ν1 (un ) = x e dx = − e + xe−(n+1)x dx,
0 n+1 0 n+1 0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 137 — #503


i i

CORRIGÉS 137

 +∞ Z +∞
2x 2 2
ν1 (un ) = − e−(n+1)x + e−(n+1)x dx = ·
(n + 1)2 0 (n + 1)2 0 (n + 1)3
X 1 X
La série converge, donc la série ν1 (un ) converge, on peut intégrer terme à terme, on
n3
n≥1 n≥0
obtient :
Z +∞ +∞ +∞
X 2 X 2
f (x) dx = = ·
0 n=0
(n + 1)3 n=1
n 3

t − [t]
5.23 a) Soit x un réel, on note ϕ la fonction définie sur ]0, +∞[ par ϕ(t) = ·
tx+1
La fonction ϕ est continue par morceaux sur ]0, +∞[, donc intégrable sur tout segment de
Z n+1
]0, +∞[, donc sur [n, n + 1] avec n entier strictement positif, donc l’intégrale ϕ(t) dt
Z n+1 n

converge, donc la suite (un )n≥1 définie par un = ϕ(t) dt existe et :


n
Z n+1 Z n+1
t − [t] t−n
un = dt = dt.
n tx+1 n tx+1
On effectue le changement de variable u = t − n, on obtient :
Z 1
u
un = x+1
du.
0 (u + n)

On a :
∀u ∈ [0, 1], n ≤ u + n ≤ n + 1.
La fonction x 7−→ ax est croissante pour a > 1, donc :

nx+1 ≤ (u + n)x+1 ≤ (n + 1)x+1 .


De la positivité de l’intégrale, on déduit que :
Z 1 Z 1
1 1
u du ≤ u n ≤ u du.
(n + 1)x+1 0 nx+1 0
Z 1
1
Comme u du = , alors :
0 2
1 1
≤ un ≤ ·
2(n + 1)x+1 2nx+1

b) La fonction ϕ est continue par morceaux, donc localement intégrable sur ]0, +∞[.
On distingue deux cas :
• Au voisinage de 0, on a :
t 1
∀t ∈]0, 1[, ϕ(t) = = x·
tx+1 t
Z 1 Z 1
dt
L’intégrale x
converge si et seulement si x < 1, donc l’intégrale ϕ(t) dt converge si et
0 t 0
seulement si x < 1.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 138 — #504


i i

138 CHAPITRE 5

• Au voisinage de l’infini.
Z +∞
La fonction ϕ est continue par morceaux et positive sur [1, +∞[, l’intégrale généralisée ϕ(t) dt
X 1
et la série un sont de même nature.
n≥0

1
On déduit de la question précédente qu’au voisinage de l’infini, on a un ∼ ·
2nx+1
X 1 X
La série converge si et seulement si x + 1 > 1, soit pour x > 0, donc la série un
nx+1
n≥1 n≥1
converge si et seulement si x > 0.
Z +∞
On en déduit que ϕ(t) converge si et seulement si x > 0.
1
Le domaine de définition de F est ]0, 1[.

t − [t]
c) On définit la fonction ψ définie sur ]0, 1[×]0, +∞[ par Ψ(x, t) = .
tx+1
Soient a et b deux réels tels que 0 < a < b < 1 et x un élément du segment [a, b], on a :

∀t ∈ R, [t] ≤ t < [t] + 1 =⇒ 0 ≤ t − [t] < 1.

D’où :
1
∀t ∈]1, +∞[, 0 ≤ Ψ(x, t) ≤ ·
tx+1
1
Soit t un réel strictement supérieur à 1, la fonction h définie sur [a, b] par h(x) = x+1 est
t
ln t
dérivable sur [a, b] et sa dérivée est h0 (x) = − x+1 .
t
Pour t réel strictement supérieur à 1, la fonction h est décroissante sur [a, b], d’où :
1
∀t ∈]1, +∞[, 0 ≤ Ψ(x, t) ≤ ·
ta+1
On a montré à la question b) que :
1
∀t ∈]0, 1[, 0 ≤ Ψ(x, t) ≤ ·
tx
1
Pour t élément de ]0, 1[, la fonction x 7−→ est croissante sur [a, b], donc :
tx
1
∀t ∈]0, 1[, 0 ≤ Ψ(x, t) ≤ ·
tb
On en déduit que :
 1

 b si t ∈]0, 1[
t
∀t ∈]0, +∞[, 0 ≤ Ψ(x, t) ≤ ϕ(t) avec ϕ(t) = ·
 1

si t ∈]1, +∞[
ta+1
d) On vérifie les hypothèses du théorème de continuité sous le signe intégrale.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 139 — #505


i i

CORRIGÉS 139

La fonction Ψ est continue par rapport à la première variable, continue par morceaux par
rapport à la seconde variable.
La fonction ϕ est continue par morceaux, positive et intégrable sur ]0, +∞[, on en déduit que
la fonction F est continue sur le compact [a, b], pour tous réels a et b tels que :
0 < a < b < 1.
La continuité est une propriété locale, donc la fonction F est continue sur ]0, 1[.

e) Le critère de Riemann sur les séries à termes positifs permet d’affirmer que la série de terme
+∞
1 X 1
général x converge si et seulement si x > 1, on note ζ(x) = x
·
n n=1
n
Z +∞
t − [t]
On définit la fonction G sur R par G(x) = dt.
1 tx+1
La fonction G est définie sur ]0, +∞[ d’après la question b).

Soient p un entier strictement positif et x un réel strictement supérieur à 1, on note


Z p+1
t − [t]
up = dt.
p tx+1
On a : Z p+1 Z p+1
t−p
up = dt = (t−x − pt−x−1 ) dt,
p tx+1 p
 −x+1 p+1
t−x
   
t 1 1 1 p 1 1
up = −p = − + − ,
−x + 1 −x p 1 − x (p + 1)x−1 px−1 x (p + 1)x px
  
1 1 1 1 1
up = + − − ·
1−x x (p + 1)x−1 px−1 x (p + 1)x
Soit n un entier naturel non nul, on a :
Z n+1 n   n   n
t − [t] X 1 1 X 1 1 1X 1
x+1
dt = u p = + − − ·
1 t p=1
1 − x x p=1
(p + 1) x−1 p x−1 x p=1
(p + 1)x

n    
X 1 1 1 1
Comme − x−1 = −1 et lim −1 = −1, alors :
p=1
(p + 1)x−1 p (n + 1)x−1 n−→+∞ (n + 1)x−1

Z +∞   +∞
t − [t] 1 1 1X 1
G(x) = dt = − + − ,
1 tx+1 1−x x x p=2 px

+∞
1 1X 1 1 1
∀x ∈]1, +∞[, G(x) = − = − ζ(x).
x−1 x n=1 nx x−1 x

1
5.26 a) On définit la fonction f˜ sur ]0, +∞[ par f˜(t) = √ ·
t(e t − 1)
Il est clair que la fonction f˜ est continue sur R∗+ , donc localement intégrable sur R∗+ .
Étude au voisinage de +∞.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 140 — #506


i i

140 CHAPITRE 5

On a : √ √
t2 f˜(t) ∼ t e− t
, donc : lim t2 f˜(t) = lim t e− t
= 0.
t−→+∞ t−→+∞

D’où :  
∀ε ∈ R∗+ , ∃A ∈ R∗+ , ∀t ∈ R∗+ , t ≥ A =⇒ 0 < t2 f˜(t) ≤ ε .

On particularise ε = 1, on obtient :
1
∀t ∈ [A, +∞[, 0 < f˜(t) ≤ 2 ·
t
1
La fonction t 7−→ est intégrable sur [1, +∞[, donc du test de comparaison des fonctions
t2
positives on déduit que la fonction f˜ est intégrable sur [1, +∞[, donc sur [x, +∞[ avec x réel
strictement positif.
La fonction f admet pour ensemble de définition R∗+ .

b) Recherche d’un équivalent de la fonction f au voisinage de 0.


Au voisinage de 0, on a :

t
√ t √
t 3 1 2
e =1+ t + + o(t), donc : t (e − 1) = t 2 + t + o(t2 ),
2 2
soit :
1 1
f˜(t) = 3
√ √ , donc : f˜(t) ∼ 3 ·
t
t 2 (1 + 2
+ o( t)) t2
Z 1
dt
Comme l’intégrale 3 diverge, alors du test d’équivalence des fonctions positives on déduit
Z +∞0 t 2
que l’intégrale f˜(t) dt diverge.
0
Au voisinage de 0, on a : Z +∞ Z +∞
dt
f˜(t) dt ∼ 3 ·
x x t2
Comme : +∞
Z +∞ 
3 1 2
t− 2 dt = − 2t− 2 = √ ·
x x x
2
Au voisinage de 0, on a f (x) ∼ √ ·
x

e− t
c) Au voisinage de +∞, on a f˜(t) ∼ ·
t

La fonction f˜ est intégrable sur R+ , alors, au voisinage de +∞, on a :

+∞
e− t
Z
f (x) ∼ dt.
x t

+∞
e− t
Z
Soit g la fonction définie sur ]0, +∞[ par g(x) = dt.
x t

La fonction t 7−→ t est un C 1 -difféomorphisme strictement croissant de [x, +∞[ sur

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 141 — #507


i i

CORRIGÉS 141

√ √
[ x, +∞[, on effectue le changement de variable u = t, on obtient :
Z +∞ −u Z +∞ −u
e e
∀x ∈ R∗+ , g(x) = √ 2
(2u du) = 2 √
du.
x u x u

Soit A un réel supérieur à x, on intègre par parties l’intégrale, on obtient :
A −u A
e−u
Z  Z A −u
e e

du = − − √ 2
du.
x u u √x x u


e−A 2e− x +∞
e−u
Z
Comme lim = 0, alors g(x) = √ −2 du.
A−→+∞ A x √
x u2
Comme :
+∞
+∞
e−u +∞ +∞ √
Z Z Z 
1
du ≤ e−u du et e−u du = − e−u = e− x
,

x u2 x √
x

x

x

alors : √
+∞
e−u e− x
Z
√ 2
du ≤ ·
x u x
Comme : √ Z +∞ −u
x e 1 1
0< √ du ≤ √ et lim √ = 0,
e− x √x u2 x x−→+∞ x
alors :
 √ Z +∞ −u √ !
+∞
e−u e− x
 Z
x e
lim √ du = 0, donc : du = o √ ·
x−→+∞ e− x √x u2 √
x u2 x

Donc : √ √ !
2e− x e− x
g(x) = √ +o √ ·
x x
Au voisinage de +∞, on a :
√ √
2e− x 2e− x
g(x) ∼ √ , donc : f (x) ∼ √ ·
x x

d1 ) La fonction f est continue sur R∗+ , donc localement intégrable sur R∗+ .
2
Au voisinage de 0, on a f (x) ∼ √ ·
x
2
La fonction x 7−→ √ est intégrable sur ]0, 1], donc la fonction f est intégrable sur ]0, 1].
x

e− x
Au voisinage de l’infini, on a f (x) ∼ 2 √ ·
x
3 √
Comme lim x2 f (x) = lim (2x 2 e− x
) = 0, alors :
x−→+∞ x−→+∞
 
∀ε ∈ R∗+ , ∃A ∈ R∗+ , ∀x ∈ R∗+ , x ≥ A =⇒ 0 < x2 f (x) ≤ ε .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 142 — #508


i i

142 CHAPITRE 5

Donc :
1
∀x ∈ [A, +∞[, 0 < f (x) ≤ ·
x2
1
La fonction x 7−→ est intégrable sur [1, +∞[, donc la fonction f est intégrable sur [1, +∞[,
x2
donc la fonction f est intégrable sur ]0, +∞[.

d2 ) La fonction f est dérivable sur ]0, +∞[ et :


1
∀x ∈ R∗+ , f 0 (x) = − √
x
·
x (e − 1)

Soient a et b deux réels strictement positifs, on intègre par parties l’intégrale, on obtient :
Z b h b Z b
f (x) dx = xf (x) − xf 0 (x) dx.
a a a

On a : √
b b b
e− x
Z Z Z
0 dx
− xf (x) dx = √ = √ dx.
a a e x−1 a 1 − e− x

− x
On effectue le changement de variable u = e , on obtient :
√ √
Z e− b Z e− b
u 2 ln u

ln u du = 2 √
du.
e− a 1−u u e− a 1−u
D’où : √
Z b  b Z e− b
ln u
f (x) dx = xf (x) + 2 √
du. (1)
a a e− a 1−u
d3 ) La fonction f est intégrable sur ]0, +∞[, donc :

√ √
e− b
! !
+∞
e− x b
e− x
Z Z Z
ln u
√ dx = lim √ dx = lim 2 du ,

0 1 − e− x a−→0
b−→+∞ a 1 − e− x a−→0
b−→+∞ e− a 1−u

donc : √
+∞
e− x 0
π2
Z Z
ln u
√ dx = 2 du = ·
0 1 − e− x 1 1−u 3
Au voisinage de 0+ : √
xf (x) ∼ 2 x, donc : lim xf (x) = 0.
x−→0+

Au voisinage de +∞, on a :
√ √
xf (x) ∼ 2 x e− x
, donc : lim xf (x) = 0.
x−→+∞

On fait tendre a vers 0 et b vers +∞ dans (1), on obtient :


Z +∞ Z 1
ln u π2
f (x) dx = −2 du = ·
0 0 1−u 3

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 143 — #509


i i

CORRIGÉS 143

5.27 Z π
2 sin nt
a) Soit n un nombre entier naturel, on pose Jn = dt.
0 sin t
a1 ) Au voisinage de 0, on a sin u ∼ u.
h πi
On définit la fonction ϕn sur 0, par :
2
  
 sin nt si t ∈ 0, π
ϕn (t) = sin t 2 ·

n si t = 0
   
π π
La fonction ϕn est continue sur 0, , donc intégrable sur le segment 0, ·
2 2
L’intégrale Jn existe pour tout entier naturel n.

π
a2 ) Il est clair que J0 = 0 et J1 = ·
2
On a : Z π Z π
2 sin 2t 2
J2 = dt = 2 cos t dt = 2.
0 sin t 0
On sait que :

sin 3t = 3 sin t − 4 sin3 t = (3 − 4 sin2 t) sin t = (2 cos 2t + 1) sin t.

D’où : Z π Z π π
2 sin 3t 2
h 2 π
J3 = dt = (2 cos 2t + 1) dt = t + sin 2t = ·
0 sin t 0 0 2
a3 ) On sait que :
p−q p+q
∀(p, q) ∈ R2 , sin p − sin q = 2 sin cos ·
2 2
On a :
Z π Z π
sin((n + 2)t) − sin(nt)
2 2
∀n ∈ N, Jn+2 − Jn = dt = 2 cos((n + 1)t) dt
0 sin t 0

2  π
Jn+2 − Jn = sin (n + 1) ·
n+1 2
On distingue deux cas :
2  π 2 (−1)p
• Si n = 2p, alors J2p+2 − J2p = sin (2p + 1) = ·
2p + 1 2 2p + 1
Par télescopie, on déduit :
p−1
X
J2p = (J2k+2 − J2k ) + J0 .
k=0
p−1
X (−1)k
Comme J0 = 0, alors, pour tout entier naturel p, on a J2p = 2 ·
2k + 1
k=0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 144 — #510


i i

144 CHAPITRE 5

1
• Si n = 2p + 1, alors J2p+3 − J2p+1 = sin((p + 1)π) = 0.
p+1
π
La suite (J2p+1 )p∈N est constante, comme J1 = , alors, pour tout entier naturel p, on a
2
π
J2p+1 = ·
2

a4 ) On a :
Z π
2 sin(nt) − sin((n − 1)t)
∀n ∈ N∗ , Jn − Jn−1 = dt.
0 sin t
Comme :
       
t (2n − 1)t t t
sin(nt) − sin((n − 1)t) = 2 sin cos et sin t = 2 sin cos ,
2 2 2 2

alors :
 
(2n−1)t
Z π
2 cos 2
Z π
2
  
t

Jn − Jn−1 = t
 dt = cos(nt) + tan sin(nt) dt.
cos 2 0 0 2
     
π t π
La fonction t ∈ 0, 7 → tan
− est élément de C 1 0, , R , donc elle vérifie les
2 2 2
Z π  
2 t
hypothèses du lemme de Riemann-Lebesgue, donc lim tan sin(nt) dt = 0.
n−→+∞ 0 2
De plus, on a :
Z π
Z π
1  nπ  1
2
2

∀n ∈ N , cos(nt) dt = sin , donc : cos nt dt ≤ ·

n 2 n

0 0

Z π
!
2
Donc lim cos(nt) dt = 0.
n−→+∞ 0

On a montré que lim (Jn − Jn−1 ) = 0.


n−→+∞

La suite (Jn − Jn−1 )n∈N∗ converge vers 0, donc la suite extraite (J2n+1 − J2n )n∈N converge vers
0.
π
Comme J2n+1 = , alors :
2
 π π
lim J2n − = 0, donc : lim J2n = ·
n−→+∞ 2 n−→+∞ 2
π
Les sous-suites (J2n )n∈N et (J2n+1 )n∈N convergent vers donc la suite (Jn )n∈N converge vers
2
π
·
2

a5 ) On a montré que :
 n−1
X (−1)k
 ∀n ∈ N,

 J2n = 2
2k + 1 ·
k=0
 π
lim J2n =


n−→+∞ 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 145 — #511


i i

CORRIGÉS 145

+∞
X (−1)n π
On en déduit que = ·
n=0
2n + 1 4

b) Soit a un réel élément de ]0, π[.


La fonction sinus admet au voisinage de 0 un développement en série entière de rayon de
convergence infini, on a :
+∞
X (−1)n
∀x ∈ R, sin x = x2n+1 .
n=0
(2n + 1)!

D’où :
+∞
sin x − x X (−1)n
n(x) = = x2n−1 ,
x2 n=1
(2n + 1)!
et :
+∞
sin x X (−1)n
d(x) = = x2n .
x n=0
(2n + 1)!
Les fonctions n et d admettent au voisinage de 0 des développements en séries entières de rayon
de convergence infini, donc elles sont indéfiniment dérivables sur [0, a].
De plus :
∀x ∈]0, a[, sin x > 0, donc : d(x) =
/ 0.
Comme d(0) = 1, alors :
∀x ∈ [0, a], d(x) =
/ 0.
On a :
sin x − x n(x)
∀x ∈]0, a], f (x) = = ·
x sin x d(x)
Les fonctions n et d sont indéfiniment dérivables sur [0, a] et la fonction d ne s’annule pas sur
le segment [0, a], donc le quotient de ces fonctions est indéfiniment dérivable sur [0, a], donc la
fonction f est indéfiniment dérivable sur [0, a].

c) On définit la fonction ψn sur [0, a] par :

 sin(nt)

si t ∈]0, a]
ψn (t) = t ·

n si t = 0
La fonction ψn est continue sur [0, a], donc intégrable sur le segment [0, a].

On a :
Z a Z a Z a   Z a
sin(nt) sin(nt) 1 1
dt − dt = − sin(nt) dt = f (t) sin(nt) dt.
0 t 0 sin t 0 t sin t 0

f est continuement dérivable sur [0, a], on déduit du lemme de Riemann-Lebesgue


La fonction Z
a
que lim f (t) sin(nt) dt = 0.
n−→+∞ 0
D’où : Z a Z a 
sin(nt) sin(nt)
∀a ∈]0, π[, lim dt − dt = 0.
n−→+∞ 0 t 0 sin t

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 146 — #512


i i

146 CHAPITRE 5

d) On distingue deux cas :


π
• Si a = , alors :
2
Z π
!
2 sin(nt) π
lim dt − Jn =0 et lim Jn = ·
n−→+∞ 0 t n−→+∞ 2

Donc : !
Z π
2 sin(nt) π
lim dt = ·
n−→+∞ 0 t 2
   
π π
• Si a est élément de 0, ∪ , π , alors :
2 2
Z a Z π Z a
sin(nt) 2 sin(nt) sin(nt)
dt = dt + dt.
0 sin t 0 sin t π sin t
2

1 π
La fonction t 7−→ est de classe C 1 sur le segment d’extrémités et a.
sin t 2
Du théorème de Lebesgue-Riemann on déduit que :
Z a !
sin(nt)
lim dt = 0.
n−→+∞ π sin t
2

On déduit : Z a 
sin(nt) π
lim dt = ·
n−→+∞ 0 sin t 2
Comme : Z a Z a 
sin(nt) sin(nt)
lim dt − dt = 0,
n−→+∞ 0 t 0 sin t
alors : Z a 
sin(nt) π
lim dt = ·
n−→+∞ 0 t 2
Z a
sin(nt)
e) On effectue le changement de variable u = nt dans l’intégrale dt, on obtient :
0 t
Z a Z na
sin(nt) sin u
dt = du.
0 t 0 u
On a montré que :
Z a  Z na 
sin(nt) π sin t π
lim dt = , donc : lim dt = ·
n−→+∞ 0 t 2 n−→+∞ 0 t 2
Donc : Z +∞
sin t π
I1 = dt = ·
0 t 2
f) Soit N un entier naturel non nul.
On a :
Z Nπ N −1 Z (n+1)π
| sin t| X | sin t|
dt = dt.
1 t n=1 nπ t

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 147 — #513


i i

CORRIGÉS 147

La fonction inverse est décroissante sur R∗+ , donc :


Z (n+1)π Z (n+1)π
| sin t| 1
dt ≥ | sin t| dt.
nπ t (n + 1)π nπ

On sait que :
∀p ∈ N, ∀t ∈ [2pπ, (2p + 1)π], | sin t| = sin t,
donc : (2p+1)π
Z (2p+1)π Z (2p+1)π 
| sin t| dt = sin t dt = − cos t = 2.
2pπ 2pπ 2pπ

De même :
∀p ∈ N, ∀t ∈ [(2p + 1)π, (2p + 2)π], | sin t| = − sin t,
donc : (2p+2)π
Z (2p+2)π Z (2p+2)π 
| sin t| dt = − sin t dt = cos t = 2.
(2p+1)π (2p+1)π (2p+1)π

D’où : Z (n+1)π
| sin t| 2
dt ≥ ·
nπ t (n + 1)π
X 2
La série numérique diverge.
(n + 1)π
n≥0

Du test de comparaison des séries à termes positifs on déduit que la série de terme général
Z (n+1)π Z +∞
| sin t| | sin t|
dt diverge, donc l’intégrale dt diverge.
nπ t 0 t
sin t
La fonction t ∈]0, +∞[7−→ est semi-intégrable sur ]0, +∞[.
t

g) Soit n un entier supérieur ou égal à 2.


On définit la fonction fn sur ]0, +∞[ par :
 n
 sin t si t ∈]0, +∞[
fn (t) = t ·

1 si t = 0
Il est clair que la fonction fn est continue sur R , donc localement intégrable sur R+ .
+

De plus :
sin t n

1
∀t ∈ [1, +∞[, t ≤ tn ·

1
L’entier n est supérieur ou égal à 2, donc la fonction t ∈ [1, +∞[7−→ est intégrable sur
tn
[1, +∞[, du test de comparaison des fonctions positives on déduit que la fonction fn est inté-
grable sur ]0, +∞[.
On pose alors : n
Z +∞ 
sin t
In = dt.
0 t

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 148 — #514


i i

148 CHAPITRE 5

g1 ) Soient a et b deux réels tels que 0 < a < b.


Z b 2
sin t
On intègre par parties dt, on obtient :
a t
Z b 2 b Z b
sin2 t

sin t sin 2t
dt = − + dt.
a t t a a t
On effectue le changement de variable u = 2t, on déduit :
Z b 2 Z 2b
sin t sin2 a sin2 b sin u
dt = − + du. (1)
a t a b 2a u
On a :
sin2 b
 2 
1 1 sin b
0≤ ≤ et lim = 0, donc : lim = 0.
b b b−→+∞ b b−→+∞ b
Au voisinage de 0 :
sin2 a
 2 
sin a
∼ a, donc : lim = 0.
a a−→0 a
Z +∞ Z +∞  2
sin t sin t
Les intégrales dt et dt convergent.
0 t 0 t
On fait tendre a vers 0 et b vers l’infini dans (1), on obtient :
Z +∞  2 Z +∞
sin t sin t π
dt = dt = ·
0 t 0 t 2
π
D’où I1 = I2 = ·
2

g2 ) Soit a un réel élément de ]0, 1[.


Z 1 Z a Z 1
La fonction fn est continue sur [0, 1], donc fn (t) dt = fn (t) dt + fn (t) dt.
0 0 a
D’où :
1 a 1
Z Z Z


fn (t) dt ≤ fn (t) dt + fn (t) dt .
0 0 a

La fonction fn est majorée par 1 sur R+ , soit :


Z 1 Z a Z 1 n Z 1  n

≤ sin t sin t
f n (t) dt |f n (t)| dt + dt ≤ a + dt.

0

0 t a a t
La fonction fn est décroissante sur le segment [a, 1], donc :
Z 1 n
sinn t sinn a

sin a
dt ≤ (1 − a) ≤ ,
a tn an a
et :  n
sin a
lim = 0.
n−→+∞ a
Donc :
 Z 1  n 
sin t
∀ε ∈]0, 1[, ∃N0 ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N0 =⇒ 0 < dt ≤ ε .
a t

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 149 — #515


i i

CORRIGÉS 149

On particularise ε = a, on obtient :
1
Z

∀n ∈ [[N0 , +∞[,
fn (t) dt ≤ 2a.
0

De plus on a :
Z +∞ Z +∞ Z +∞ Z +∞
dt dt 1 1
|fn (t)| dt ≤ et = , donc : |fn (t)| dt ≤ ·
1 1 tn 1 tn n−1 1 n−1
D’où : Z +∞ 
lim |fn (t)| dt = 0.
n−→+∞ 1
Soit :
 Z +∞ 
∀a ∈]0, 1[, ∃N1 ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N1 =⇒ 0 ≤ |fn (t)| dt ≤ a .
1

Donc :
+∞
Z

∀n ∈ [[max(N0 , N1 ), +∞[[,
fn (t) dt ≤ 3a.
0

La suite (In )n≥2 converge vers 0.

+∞ n !
Z (p+1)π 
X sin t
g3 ) On a In = dt .
p=0 pπ t
On effectue le changement de variable t = u + pπ, on obtient :
Z (p+1)π  n Z π n Z π n
sin t sin(u + pπ) sin u
dt = du = (−1)np du.
pπ t 0 u + pπ 0 u + pπ

• Si n est pair non nul, comme la fonction fn est continue positive non identiquement nulle
sur [0, +∞[, alors le réel In est strictement positif.
• Si n est impair alors (−1)np = (−1)p .
Z π n
sin u
On pose αp = dt.
0 u + pπ
On a :
sin u 1 1 π
∀u ∈ [0, π], 0≤ ≤ ≤ =⇒ 0 ≤ αp ≤ ·
u + pπ u + pπ pπ (pπ)n
Or : Z π  
1 1
∀p ∈ N, αp − αp+1 = − sinn u du.
0 (u + pπ)n (u + (p + 1)π)n
 
1 1
La fonction u ∈ [0, π] 7−→ − sinn u est continue positive et non
(u + pπ)n (u + (p + 1)π)n
identiquement nulle sur le segment [0, π], donc le réel αp − αp+1 est strictement positif.
Il est immédiat que la suite (αp )p∈N est positive strictement décroissante et converge vers 0.
Le critère spécial des séries alternées prouve que In ≥ α0 − α1 > 0.
Pour tout entier naturel n non nul, le réel In est strictement positif.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 150 — #516


i i

150 CHAPITRE 5

5.28 a) La fonction fa est continue sur ]0, +∞[, donc elle est localement intégrable sur ]0, +∞[.
ln t
Au voisinage de 0, on a fa (t) ∼ 2 , la fonction ln est négative et intégrable sur ]0, 1], donc la
a
fonction fa est intégrable sur ]0, 1].
ln t 3 ln t
Au voisinage de l’infini, on a fa (t) ∼ 2 , donc lim t 2 fa (t) = lim √ = 0, donc :
t t−→+∞ t−→+∞ t
 
3
∀ε ∈ R∗+ , ∃A ∈ R∗+ , ∀t ∈ R∗+ , t ≥ A =⇒ 0 < t 2 fa (t) ≤ ε .

On particularise ε = 1, on obtient :
1
∀t ∈ [A, +∞[, 0 < fa (t) ≤ 3 ·
t2
1
La fonction t 7−→ 3 est intégrable sur [A, +∞[, donc la fonction fa est intégrable sur [A, +∞[.
t2
On a montré que la fonction fa est intégrable sur ]0, +∞[.

b) La fonction f1 est intégrable sur ]0, +∞[, donc en appliquant la formule de Chasles, on
obtient : Z +∞ Z 1 Z +∞
I1 = f1 (t) dt = f1 (t) dt + f1 (t) dt.
0 0 1

La fonction inverse réalise un C 1 -difféomorphisme strictement décroissant de [1, +∞[ sur ]0, 1],
1
on effectue le changement de variable u = dans la seconde intégrale, on obtient :
t
Z +∞ Z 0   Z 1
ln t − ln u −du ln u
2 +1
dt = 1 2
= − du.
1 t 1 u2 + 1 u 0 1 + u2

Il est alors immédiat que I1 = 0.


Z +∞
ln t
c) Soit a un réel strictement positif, on pose Ia = dt.
0 t 2 + a2
On a : Z +∞
1 ln t
Ia = t 2
dt.
a2

0 a
+1
t
La fonction t 7−→ est un C 1 -difféomorphisme strictement croissant de ]0, +∞[ sur ]0, +∞[,
a
t
on effectue le changement de variable u = , on obtient :
a
Z +∞
1 +∞ ln a + ln u
  Z
1 ln(au)
Ia = 2 a du = du,
a 0 u2 + 1 a 0 u2 + 1

ln a +∞ du 1 +∞ ln t
Z Z
π ln a I1 π ln a
Ia = + dt = + = ·
a 0 u2 + 1 a 0 t2 + 1 2a a 2a

5.29 a) Tout élément de S est somme d’une série entière de rayon de convergence infini, donc
indéfiniment dérivable, en particulier continue de C dans C, l’ensemble S est un sous-ensemble
de C 0 (C, C).

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 151 — #517


i i

CORRIGÉS 151

2
Soit f la fonction définie sur C par f (z) = e−z .
Il est immédiat que la fonction f est développable en série entière de rayon de convergence infini
et :
+∞
2 X (−1)n 2n
∀z ∈ C, e−z = z .
n=0
n!
On pose z = x + iy avec x et y réels, on a :

2 2 2 2
|f (z)| = e−x +y +2ixy = e−x +y .

La fonction f est élément de S avec A = B = M = 1, donc S n’est pas réduit à la fonction


nulle.
Montrons que l’ensemble S est stable par combinaison linéaire.
Soient λ un nombre complexe, f et g deux éléments de S, alors :
2
+Bf y 2
∃(Af , Bf , Mf ) ∈ (R∗+ ) , |f (x + iy)| ≤ Mf e−Af x
3
∀(x, y) ∈ R2 , ,
2 2
∃(Ag , Bg , Mg ) ∈ (R∗+ ) , |g(x + iy)| ≤ Mg e−Ag x
3
∀(x, y) ∈ R2 , +Bg y
.
D’où :

2 2 2 2
2 (λf + g)(x + iy) ≤ |λ|Mf e−Af x +Bf y + Mg e−Ag x +Bg y .

∀(x, y) ∈ R ,

On pose :
M = max(Mf , Mg ), A = min(Af , Ag ), B = max(Bf , Bg ).
On obtient alors :
 
2 2
∀(x, y) ∈ R2 , (λf + g)(x + iy) ≤ |λ| + 1 M e−Ax +By .

On a montré que :
∀λ ∈ C, ∀(f, g) ∈ S 2 , λf + g ∈ S.
0
L’ensemble S est inclus dans C (C, C).
L’ensemble S est non vide, stable par combinaison linéaire, c’est un sous-espace vectoriel de
C 0 (C, C).

b) Les fonctions f et g sont éléments de S, donc continues de C dans C, donc la fonction


t ∈ R 7−→ f (t)g(t) est localement intégrable sur R et :

2 2
∃(Mf , Af , Mg , Ag ) ∈ (R∗+ ) , ∀t ∈ R, f (t)g(t) ≤ Mf Mg e−Af t −Ag t .
4

De plus :
2
−Ag t2
lim Mf Mg t2 e−Af t lim t2 f (t)g(t) = 0,

= 0, donc :
t−→∞ t−→∞

soit :
∃α ∈ R∗+ , f (t)g(t) ≤ 1 ·

∀t ∈] − ∞, −α] ∪ [α, +∞[, t2
1
La fonction t ∈] − ∞, −α] ∪ [α, +∞[7−→ est intégrable sur ] − ∞, −α] et sur [α, +∞[.
t2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 152 — #518


i i

152 CHAPITRE 5

La fonction t ∈ R 7−→ f (t)g(t) est intégrable sur R, donc < f, g > existe.
De la linéarité de l’intégrale, on déduit que :

∀(λ, f1 , f2 , g) ∈ C × S 3 , < λf1 + f2 , g >= λ < f1 , g > + < f2 , g > .

Il est immédiat que :


Z Z
2
∀(f, g) ∈ S , < f, g >= f (t)g(t) dt = g(t)f (t) dt = < g, f >.
R R

On a montré que <· , · > est une forme sesquilinéaire hermitienne sur S.
De plus, on a :
Z Z
∀f ∈ S, < f, f >= f (t)f (t) dt = |f (t)|2 dt, donc : < f, f >≥ 0.
R R

Soit f un élément de S tel que < f, f >= 0, alors :


Z α Z Z α
∀α ∈ R∗+ , |f (t)|2 dt ≤ |f (t)|2 dt et < f, f >= 0, donc : |f (t)|2 dt = 0.
−α R −α
Z α
La fonction |f |2 est continue, positive sur R et |f (t)|2 dt = 0, donc elle est nulle sur tout
−α
segment [−α, α], donc nulle sur R.
Z
On a montré que la fonction (f, g) ∈ S 2 7−→< f, g >= f (t)g(t) dt est un produit scalaire sur
R
l’espace vectoriel S.
Z
c) Soit f un élément de S, on note, pour x élément de C, fˆ(x) = f (t) e−2iπxt dt, la trans-
R
formée de Fourier de la fonction f .
Soit x un nombre complexe fixé tel que x = α + i β avec α et β réels, on a :

e−2iπxt = e−2iπ(α+i β)t = e−2iπαt e2πβt .

La fonction t ∈ R 7−→ f (t) e−2iπxt est continue sur R et :



2
f (t) e−2iπxt ≤ Mf e−Af t e2πβt .

∀t ∈ R,

Comme :
2
lim Mf t2 e−Af t +2πβt
lim t2 f (t) e−2iπxt = 0,

= 0, donc :
t−→∞ t−→∞

soit :
f (t) e−2iπxt ≤ 1 ·

∃α ∈ ]0, +∞[ , ∀t ∈] − ∞, −α] ∪ [α, +∞[, t2
1
La fonction t ∈] − ∞, −α] ∪ [α, +∞[7−→ est intégrable sur ] − ∞, −α] et sur [α, +∞[, donc,
t2
pour tout nombre complexe x, la fonction t ∈ R 7−→ f (t) e−2iπxt est intégrable sur R, donc la
fonction fˆ est définie sur C.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 153 — #519


i i

CORRIGÉS 153

On sait que :
+∞
X (−2iπx)n
∀(x, t) ∈ C × R, f (t) e−2iπxt = f (t) tn .
n=0
n!

Pour tout nombre complexe x, on définit la suite de fonctions (un )n∈N par :

(−2iπx)n
∀n ∈ N, un (t) = f (t) tn .
n!
Les fonctions un sont continues de R dans C, comme la fonction f est élément de S, alors :

|2πx|n n 2
∀(x, t) ∈ C × R, |un (t)| ≤ |t| Mf e−Af t .
n!

Il est clair que lim t2 |un (t)| = 0, donc les fonctions un sont intégrables sur R et :
t−→∞

|2πx|n
Z Z
ν1 (un ) = |un (t)| dt = |f (t)| |t|n dt,
R n! R

donc :
|2πx|n Mf
Z
2
ν1 (un ) ≤ e−Af t |t|n dt.
n! R
−Af t2 n
La fonction t ∈ R 7−→ e |t| est paire, donc :
Z
2
Z +∞ 2
e−Af t |t|n dt = 2 tn e−Af t dt.
R 0

La fonction t 7−→ Af t2 est un C 1 -difféomorphisme strictement croissant de R+ sur R+ , on


effectue le changement de variable u = Af t2 , on obtient :
Z Z +∞  
2 1 n−1 1 n+1
e−Af t |t|n dt = n+1 u 2 e−u du = n+1 Γ ,
0 2
R Af 2 Af 2

avec Γ la fonction d’Euler.


De la formule de Stirling on déduit qu’au voisinage de +∞, on a :
    n−1
n+1 n−1 2 n−1
e−
p
Γ ∼ 2 π(n − 1),
2 2

et √
n! ∼ nn e−n 2πn.
Donc :
 n−1 n−1
e−
n−1
p
|2πx|n Mf 2
π(n − 1)
Z 2
−Af t2 n n 2
e |t| dt ∼ |2πx| Mf √ n+1 ,
n! R nn e−n 2πn Af 2
d’où :
|2πx|n Mf |πx|n Mf
Z
2
e−Af t |t|n dt ∼ n+1 ·
n! −n n n+1
R 2 2 e− 2 n 2 Af 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 154 — #520


i i

154 CHAPITRE 5

|πx|n Mf
On pose αn = n+1 , on a :
n+1
−n n
2 2 e− 2 n 2 Af 2
  n+1 !
αn+1 |πx| n 2 1
lim = lim 1 1 p √ = 0.
n−→+∞ αn n−→+∞ 2− 2 e− 2 n+1 Af n + 1
Du
X test de D’Alembert pour les séries à termes strictement positifs, on déduit que la série
αn est convergente, du test de comparaison des séries à termes positifs on déduit que la
n≥0
X
série ν1 (un ) est convergente.
n≥0
X
La série de fonctions un converge simplement vers la fonction t 7−→ f (t) e−2i πxt , continue
n≥0
de R dans C, donc : !
+∞ Z
X Z +∞
X
un (t) dt = un (t) dt.
n=0 R R n=0
On a montré que :
+∞ 
(−2iπ)n
X Z 
∀x ∈ C, fˆ(x) = f (t) tn dt xn .
n=0
n! R

La fonction fˆ est développable en série entière sur C.


2
d) Déterminons la transformée de Fourier de la fonction f définie sur C par f (x) = e−x .
On a montré à la question a) que la fonction f est élément de S.
De la question précédente, on déduit que :
+∞ 
(−2iπ)n
Z 
X 2
∀x ∈ C, fˆ(x) = tn e−t dt xn .
n=0
n! R

On a : Z   Z
2 1 2
∀n ∈ N, t2n e−t dt = Γ n + et t2n+1 e−t dt = 0.
R 2 R
On sait que, pour tout réel x strictement positif, on a Γ(x + 1) = xΓ(x).
   
1 (2n)! 1
On montre par récurrence la propriété P(n) : Γ n + = 2n Γ ·
2 2 n! 2
Il est immédiat que l’on a P(0).
Supposons P(n), alors :
       
3 1 1 2n + 1 (2n)! 1
Γ n+ = n+ Γ n+ = Γ ,
2 2 2 2 22n n! 2
     
3 (2n + 2)(2n + 1)(2n)! 1 (2(n + 1))! 1
Γ n+ = Γ = Γ ·
2 4(n + 1) 22n n! 2 22(n+1) (n + 1)! 2
La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 0, donc :
   
1 (2n)! 1
∀n ∈ N, Γ n+ = 2n Γ ·
2 2 n! 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 155 — #521


i i

CORRIGÉS 155

    Z +∞ −t
1 1 e
Calculons Γ , on a Γ = √ dt.
2 2 0 t
√ 1
La fonction t 7−→ t est un C -difféomorphisme
√ strictement croissant de ]0, +∞[ sur ]0, +∞[,
on effectue le changement de variable u = t, on obtient :
  Z +∞ −u2 Z +∞
1 e 2 √
Γ = (2udu) = 2 e−u du = π.
2 0 u 0

Donc :
+∞  +∞
(−2iπ)2n (2n)! √ √ X (πx)2n √

X 2 2
fˆ(x) = 2n n!
π x 2n
= π (−1)n = π e−π x ,
n=0
(2n)! 2 n=0
n!

√ √ 2 2
∀x ∈ C, fˆ(x) = π f (πx) = π e−π x .

Une autre méthode du calcul de la transformée de Fourier dans le cas particulier


où la variable x est réelle.

On a : Z Z
2 2 2 2
∀x ∈ C, fˆ(x) = e−t −2iπxt
dt = e−π x
e−(t+iπx) dt.
R R
2 −(t+iπx)2
On définit la fonction ϕ sur R par ϕ(x, t) = e .
2
La fonction ϕ est continue sur R , elle admet une dérivée partielle par rapport à la première
∂ϕ 2
variable et (x, t) = −2iπ (t + iπx) e−(t+iπx) .
∂x
∂ϕ
La fonction est continue sur R2 .
∂x
Pour tout réel a strictement positif, on a :
 
∂ϕ 2 2 2
≤ h(t) avec h(t) = 2π |t| + πa e−t +π a .

∀x ∈ [−a, a],
∂x (x, t)

La fonction h est continue sur R et lim |t|2 h(t) = 0, donc la fonction h est intégrable sur R.
t−→∞

Du théorème de dérivation d’une intégrale dépendant d’un paramètre on déduit que :


Z  Z
d 2 2
∀x ∈ [−a, a], e−(t+iπx) dt = −2i π (t + iπx) e−(t+iπx) dt.
dx R R

La dérivation est une propriété locale, donc :


Z  Z
d 2 2
∀x ∈ R, e−(t+iπx) dt = −2i π (t + iπx) e−(t+iπx) dt.
dx R R

Pour tout réel A strictement positif, on a :


Z A h iA  
−(t+iπx)2 −(t+iπx)2 −(A+iπx)2 −(−A+iπx)2
−2iπ (t + iπx) e dt = iπ e = iπ e −e .
−A −A

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 156 — #522


i i

156 CHAPITRE 5

 
2 2
Comme lim e−(A+iπx) − e−(−A+iπx) = 0, alors :
A−→+∞

Z 
d 2
∀x ∈ R, e−(t+iπx) dt = 0.
dx R

La fonction fˆ est dérivable et :

∀x ∈ R, fˆ0 (x) = −2π 2 x fˆ(x).

L’ensemble des solutions de l’équation différentielle linéaire y 0 = −2π 2 x y est :

R −→ R,
(( )

K∈R ·
2 2
x 7−→ K e−π x
On a :

Z
2
fˆ(0) = e−t dt = π.
R

Donc :
√ −π2 x2
∀x ∈ R, fˆ(x) = πe .

5.31 Inégalités de Sobolev-Gallagher.

On intègre par parties Λ, on obtient :


Z t  t Z t Z t
(x − a)f 0 (x) dx = (x − a)f (x) − f (x) dx = (t − a)f (t) − f (x) dx,
a a a a

Z b  b Z b Z b
(x − b)f 0 (x) dx = (x − b)f (x) − f (x) dx = (b − t)f (t) − f (x) dx.
t t t t

D’où : Z b
Λ(t) = (b − a)f (t) − f (x) dx.
a

Donc : Z b
(b − a)f (t) = Λ(t) + f (t) dt.
a

Soit : Z b Z t Z b
(b − a)|f (t)| ≤ |f (x)| dx + (x − a)|f 0 (x)| dx + (b − x)|f 0 (x)| dx (2)
a a t
Z b Z b Z b
(b − a)|f (t)| ≤ |f (x)| dx + (x − a)|f 0 (x)| dx + (b − x)|f 0 (x)| dx,
a a a
Z b Z b
(b − a)|f (t)| ≤ |f (x)| dx + (b − a) |f 0 (x)| dx.
a a

Donc : Z b Z b
1
∀t ∈ [a, b], |f (t)| ≤ |f (x)| dx + |f 0 (x)| dx.
b−a a a

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 157 — #523


i i

CORRIGÉS 157

a+b
On particularise t =dans l’inégalité (2), on obtient :
2
  Z b Z a+b Z b !
f a + b ≤ 1
2
0 0

|f (x)| dx + (x − a)|f (x)| dx + (b − x)|f (x)| dx ,
2 b−a a a a+b
2

a+b
!
b
  Z Z  
f a + b ≤ 1 a+b
2
− a |f 0 (x)| dx

|f (x)| dx +
2 b−a a a 2
Z b  
1 a+b
+ b− |f 0 (x)| dx.
b−a a+b 2
2
Z b
b−a b 0
  Z 
f a + b ≤ 1

|f (x)| dx + |f (x)| dx
2 b−a a 2 a
D’où : Z b
1 b 0
  Z
f a + b ≤ 1

|f (x)| dx + |f (x)| dx.
2 b−a a 2 a

5.35 On intègre deux fois par parties, on obtient :


Z 1  1 Z 1
Ψ(t) sin(2πt) 1
Ψ(t) cos(2πt) dt = − Ψ0 (t) sin(2πt) dt,
0 2π 0 2π 0
 1
Ψ(t) sin(2πt)
comme sin 2π = sin 0 = 0, alors = 0, soit :
2π 0
Z 1 Z 1
1
Ψ(t) cos(2πt) dt = − Ψ0 (t) sin(2πt) dt.
0 2π 0

Pour la seconde intégration par parties, on choisit pour primitive de t 7−→ sin(2πt), la fonction
 1
1 − cos(2πt) 1 − cos(2πt)
t 7−→ , dans ce cas Ψ0 (t) = 0, soit :
2π 2π 0

Z 1  1 Z 1 !
1 0 1 − cos(2πt) 1 00
Ψ(t) cos(2πt) dt = − Ψ (t) − Ψ (t)(1 − cos(2πt)) dt ·
0 2π 2π 0 2π 0

On en déduit que :
Z 1 Z 1
1
Ψ(t) cos(2πt) dt = Ψ00 (t)(1 − cos(2πt)) dt.
0 4π 2 0

La fonction Ψ est convexe, deux fois dérivable sur le segment [0, 1], donc sa dérivée seconde Ψ00
est positive sur [0, 1], comme, pour tout réel t, le réel 1 − cos(2πt) est positif, alors :
Z 1 Z 1
Ψ00 (t)(1 − cos(2πt)) dt ≥ 0, d0 où : Ψ(t) cos(2πt) dt ≥ 0.
0 0

5.37 a) La fonction Φ est continue sur ]0, 1[.


1
Au voisinage de 0, on a cotan(πx) ∼ ·
πx

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 158 — #524


i i

158 CHAPITRE 5

La fonction f est de classe C 1 sur le segment [0, 1], du théorème des accroissements finis, comme
f (0) = 0, on obtient :

∀x ∈ [0, 1], ∃cx ∈]0, x[, f (x) = f (0) + xf 0 (cx ) = xf 0 (cx ).

f 0 (cx )f 0 (x)
Pour x élément de ]0, 1], on a Φ(x) = πx cotan(πx).
π
La fonction f 0 est continue sur le segment [0, 1], comme le réel cx est strictement compris entre
f 0 (cx )f 0 (x) f 02 (0)
0 et x, alors lim Φ(x) = lim = ·
x−→0 + x−→0 π π
On procède de même en 1, on peut alors prolonger par continuité la fonction Φ en 0 et 1 en
f 02 (0) f 02 (1)
posant Φ(0) = et Φ(1) = ·
π π
La fonction Φ ainsi prolongée est continue sur le segment [0, π], donc intégrable sur ce segment.

f 2 (x)
b) On définit sur ]0, 1[ les fonctions u(x) = et v(x) = cotan(πx).
2
Les fonctions u et v sont de classe C 1 sur ]0, 1[ et :

xf 02 (cx )
lim u(x)v(x) = lim πx cotan(πx) = 0 et lim u(x)v(x) = 0.
x−→0+ x−→0+ 2π x−→1−

Z 1 Z 1
On peut utiliser la formule d’intégration par parties, les intégrales u0 (x)v(x) dx et u(x)v 0 (x) dx
Z 1 0 0

sont de même nature, comme l’intégrale u0 (x)v(x) dx converge, alors :


0

1 Z 1
f 2 (x)

−π 1 + cotan2 (πx) dx,

I1 = u(x)v(x) −
0 0 2
Z 1  
π
I1 = f 2 (x) cotan2 (πx) + 1 dx.
2 0

On en déduit que l’intégrale I2 converge et 2I1 = πI2 .

c) La fonction f est continue sur le segment [0, 1], donc la fonction f 2 est intégrable sur [0, 1],
soit : Z 1 Z 1
I2 = f 2 (x) dx + f 2 (x) cotan2 (πx) dx.
0 0
 2
On définit la fonction Ψ sur ]0, 1[ par Ψ(x) = f 0 (x) − π cotan(πx)f (x) .

La fonction Ψ est continue sur ]0, 1[, de plus on a :

lim π cotan(πx)f (x) = lim f 0 (cx ) = f 0 (0), donc : lim Ψ(x) = 0.


x−→0+ x−→0+ x−→0+

De même on montre que lim Ψ(x) = 0.


x−→1−

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 159 — #525


i i

CORRIGÉS 159

On prolonge par continuité la fonction Ψ en 0 et en 1 en posant Ψ(0) = Ψ(1) = 0, ainsi prolongée


la fonction Ψ est continue sur le segment [0, 1], donc intégrable sur ce segment, comme elle est
Z 1
positive, alors de la positivité de l’intégrale on déduit que 0 ≤ Ψ(x) dx, soit :
0
Z 1 Z 1 Z 1
0≤ f 02 (x) dx − 2π f (x)f 0 (x) cotan(πx) dx + π 2 f 2 (x) cotan2 (πx) dx.
0 0 0
Z 1 Z 1
Comme f 2 (x) cotan2 (πx) dx = I2 − f 2 (x) dx, alors :
0 0
Z 1  Z 1 
02 2 2
0≤ f (x) dx + π I2 − f (x) dx − 2πI1 .
0 0

Comme 2I1 = πI2 , alors :


Z 1 Z 1
0≤ f 02 (x) dx − π 2 f 2 (x) dx.
0 0

On a montré l’inégalité de Wirtinger :


Z 1 Z 1
∀f ∈ C 1 ([0, 1], R), f (0) = f (1) = 0, π2 f 2 (x) dx ≤ f 02 (x) dx.
0 0

Étudions le cas d’égalité.


La fonction Ψ prolongée en 0 et 1 est continue, positive sur le segment [0, 1].
Z 1
Si Ψ(x) dx = 0, alors Ψ = 0, soit f 0 (x) = π cotan(πx)f (x), donc la fonction f est solution sur
0
]0, 1[ de l’équation différentielle (E) : y 0 = π cotan(πx) y dont les solutions sont les fonctions
y définies sur ]0, 1[ par y(x) = C sin(πx) avec C réel.
On en déduit le résultat :
Z 1 Z 1
02 2
f (x) dx = π f 2 (x) dx ⇐⇒ ∃C ∈ R, ∀x ∈ [0, 1], f (x) = C sin(πx).
0 0

5.38 On a : 1
Z 1 
f 0 (t) dt = f (t) = f (1) − f (0) = 0.
0 0
Z 1
On intègre par parties f 0 (t) dt, on obtient :
0
Z 1  1 Z 1
0 0
f (t) dt = (t − 1)f (t) − (t − 1)f 00 (t) dt,
0 0 0

soit : Z 1 Z 1
0 = f 0 (0) − (t − 1)f 00 (t) dt ⇐⇒ a = (t − 1)f 00 (t) dt.
0 0
De l’inégalité de Cauchy-Schwarz, on déduit que :
Z 1 sZ 1 Z 1
00

(t − 1)f (t) dt ≤
(t − 1) 2 dt f 002 (t) dt.
0 0 0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 160 — #526


i i

160 CHAPITRE 5

D’où : 1 Z 1
(t − 1)3

a2 ≤ f 002 (t) dt.
3 0 0
On a montré que : Z 1
∀f ∈ Da , f 002 (t) dt ≥ 3a2 .
0
Z 1
Montrons qu’il existe une fonction f élément de Da telle que f 002 (t) dt = 3a2 .
0
Dans le cas de l’inégalité de Cauchy-Schwarz, on a égalité si et seulement si les fonctions sont
liées, soit :
Z 1 sZ 1 Z 1
00

(t − 1)f (t) dt =
(t − 1) 2 dt f 002 (t) dt
0 0 0
00
⇐⇒ ∃λ ∈ R, ∀t ∈ [0, 1] f (t) = λ(t − 1),
soit :
λ
f 0 (t) = (t − 1)2 + µ,
2
donc :
λ
(t − 1)3 + µ(t − 1) + γ.
f (t) =
6
La fonction f est élément de Da , donc :
 λ
f (0) = 0 − − µ + γ = 0 λ = 3a
  





 6 


a
  
f (1) = 0 ⇐⇒ γ = 0 ⇐⇒ µ = − ·

 
 
 2
  
 0
f (0) = a

 λ
 +µ=a

γ=0
2
On déduit que :
a a a
∀t ∈ [0, 1], f (t) = (t − 1)3 − (t − 1) = t(t − 1)(t − 2).
2 2 2
Vérification :
Z 1 Z 1
f 00 (t) = 3a(t − 1) et f 002 (t) dt = 9a2 (t − 1)2 dt = 3a2 .
0 0

Donc : Z 1
∀f ∈ Da , f 002 (t) dt ≥ 3a2 .
0

L’ensemble ∆a admet 3a2 comme minorant, on vérifie que ce minorant est atteint pour la
a t(t − 1)(t − 2)
fonction fa définie sur [0, 1] par fa (t) = , donc l’ensemble ∆a admet une borne
2
inférieure qui est un minimum.
La borne inférieure de l’ensemble ∆a est égal à 3a2 .

sinp t 1
5.40 a) Au voisinage de 0, on a sinp t ∼ tp , donc p+1 ∼ , un bon candidat pour cette limite
Z bx   t t
dt b
est = ln ·
ax t a

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 161 — #527


i i

CORRIGÉS 161

On a :
bx bx
sinp t sinp t − tp
Z   Z
1
− dt = dt.
ax tp+1 t ax tp+1
Pour tout t réel positif, on a :
t3
≤ sin t ≤ t.
t−
6
La fonction u 7−→ up avec p entier naturel est croissante sur R+ , donc :
p
t2

∀t ∈ [0, 1], tp 1 − ≤ sinp t ≤ tp ,
6
soit : p 
t2
 
0 ≤ tp − sinp t ≤ tp 1 − 1 − .
6
L’inégalité de Bernoulli nous assure que :
∀n ∈ N, ∀u ∈] − ∞, 1[, (1 − u)n ≥ 1 − nu.

t2 1
Comme le réel t est élément de [0, 1], alors 0 ≤ ≤ < 1, donc :
6 6
p p
t2 pt2 t2 pt2
 
1− ≥1− , donc : 1 − 1 − ≤ ·
6 6 6 6
Soit x un réel strictement positif, comme 0 < a < b, alors ax < bx, de la positivité de l’intégrale
on déduit que :
Z bx   Z bx
tp − sinp t pt sinp t b pt
0≤ ≤ , donc : 0 ≤ − dt + ln ≤ dt,
tp+1 6 ax t p+1 a ax 6
Z bx
sinp t
   
b p
0≤− p+1
dt + ln ≤ b − a x2 .
2 2

ax t a 12
 
p
Il est clair que lim b − a2 x2 = 0, du théorème de comparaison on déduit que :
2
x−→0+ 12

Z bx
sinp t
 
b
lim p+1
dt = ln . (1)
x−→0+ ax t a

sin3 t
b) La fonction ϕ définie sur ]0, +∞[ par ϕ(t) = est continue sur ]0, +∞[.
t2
Au voisinage de 0, on a ϕ(t) ∼ t, on prolonge par continuité la fonction ϕ en 0 en posant
ϕ(0) = 0, donc la fonction prolongée est continue sur [0, +∞[.
De plus, on a :
1
∀t ∈ [1, +∞[, | sin3 t| ≤ 1, donc : 0 ≤ |ϕ(t)| ≤ ·
t2
1
La fonction t 7−→ est intégrable sur [1, +∞[, donc la fonction ϕ est intégrable sur [1, +∞[,
t2
donc la fonction ϕ est intégrable sur ]0, +∞[.

3 sin t − sin(3t)
Pour tout réel t, on a sin(3t) = 3 sin t − 4 sin3 t, donc sin3 t = ·
4

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 162 — #528


i i

162 CHAPITRE 5

Soit ζ un réel strictement positif, on a :


Z +∞
sin3 t 3 +∞ sin t 1 +∞ sin(3t)
Z Z
dt = dt − dt.
ζ t2 4 ζ t2 4 ζ t2

La fonction t 7−→ 3t est un C 1 -difféomorphisme strictement croissant de [ζ, +∞[ sur [3ζ, +∞[,
donc en effectuant le changement de variable u = 3t dans la seconde intégrale, on obtient :
Z +∞ Z +∞   Z +∞
sin(3t) sin u du sin u
dt = u 2
= 3 du.
t2 3 u2

ζ 3ζ 3ζ3

Donc :
+∞ +∞ +∞ 3ζ
sin3 t
Z Z Z Z
3 sin t 3 sin u 3 sin t
dt = dt − du = dt.
ζ t2 4 ζ t2 4 3ζ u2 4 ζ t2
On particularise a = 1, b = 3 et p = 1 dans (1), on déduit :
Z 3ζ Z +∞
sin u sin3 t 3 ln 3
lim 2
du = ln 3, donc : dt = ·
ζ−→0 ζ u 0 t2 4

tn
5.41 Soit fn la fonction définie sur R+ par fn (t) = ·
1 + tn+2
La fonction fn est continue sur R+ et :

1
 si t ∈ [0, 1[
∀t ∈ R∗+ , 0 ≤ fn (t) ≤ Ψ(t) avec Ψ(t) = ·
 1
 si t ∈ [1, +∞[
t2
1
La fonction Ψ est continue sur R+ , la fonction t 7−→ est intégrable sur [1, +∞[, donc la
t2
fonction Ψ est intégrable sur [1, +∞[, donc elle est intégrable sur R+ , donc l’hypothèse de
domination est satisfaite.
La fonction fn converge simplement sur R+ vers la fonction f définie par :
0 si t ∈ [0, 1[


1

 si t = 1
f (t) = 2 ·
 1


 si t ∈]1, +∞]
t2
La fonction f est continue par morceaux sur R+ du théorème de convergence dominée on déduit
que la fonction f est intégrable sur R+ et :
Z +∞ Z +∞ Z +∞ Z +∞
tn dt
lim dt = lim f n (t) dt = f (t) dt = = 1.
n−→+∞ 0 1 + tn+2 n−→+∞ 0 0 1 t2

Z x2 Z x2 Z x2  
dt 1
5.42 On évalue la quantité A(x) = f (t) dt − = f (t) − dt.
x3 x3 t x3 t
On veut étudier le comportement de A(x) au voisinage de 0+ .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 163 — #529


i i

CORRIGÉS 163

On suppose que le réel x est élément de ]0, 1[ dans ce cas x3 < x2 , donc :
x2
Z
f (t) − 1 dt.

|A(x)| ≤
x3
t
1
Au voisinage de 0, on a f (t) ∼ , donc :
t

∀ε ∈ R∗+ , f (t) − 1 ≤ ε ·

∃α ∈]0, 1[, ∀t ∈]0, α], t t
Donc :

Z x2 Z x2
ε dt
∀x ∈]0, α], |A(x)| ≤ dt et = ln(x2 ) − ln(x3 ) = − ln x.
x3 t x3 t
On obtient : Z 2 Z x2
√ x
dt
∀x ∈]0, α], f (t) dt − ≤ −ε ln x.

t

x3 x3

Au voisinage de 0, on a :
Z x2
f (t) dt ∼ − ln x.
x3

5.46 La fonction f définie par f (t) = t2n ln(1 − tn ) est continue sur [0, 1[.
Soit t 7−→ 1 − tn un C 1 -difféomorphisme strictement décroissant de ]0, 1[ sur ]0, 1[, on effectue
1
le changement de variable u = 1 − tn , soit t = (1 − u) n , on obtient :
Z 0
1 1
  Z
1 1 1
In = (1 − u)2 ln(u) − (1 − u) n −1 du = (1 − u) n +1 ln(u) du.
1 n n 0

D’où : Z 1
1
nIn = fn (u) du avec fn (u) = (1 − u) n +1 ln(u).
0
La fonction fn est continue sur ]0, 1] et :
∀u ∈]0, 1], |fn (u)| ≤ (u − 1) ln(u).
On a :
u2 u2
Z
(u − 1) ln(u) du = −u ln(u) + u +ln(u) − ·
2 4
Z 1
3
La fonction u 7−→ (u − 1) ln(u) est intégrable sur ]0, 1] et (u − 1) ln(u) du = ·
0 4
On en déduit que fn est intégrable sur ]0, 1], de plus la suite de fonctions (fn )n∈N∗ converge
simplement vers la fonction f définie sur ]0, 1] par f (u) = (1 − u) ln(u).
Du théorème de convergence dominée, on déduit que :
Z 1 Z 1
3
lim nIn = lim fn (u) du = f (u) du = − ·
n−→+∞ n−→+∞ 0 0 4
3
Au voisinage de +∞, on a In ∼ − ·
4n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 164 — #530


i i

164 CHAPITRE 5

5.47 a) On définit la suite de fonctions (fn )n∈N sur [0, 1] par :


1 1
∀x ∈ [0, 1], fn (x) = = ·
(1 + x)(1 + x2 ) · · · (1 + x
n
) n 
Y x
1+
p=1
p

La fonction fn est continue sur [0, 1], donc intégrable sur le segment [0, 1].
La suite (In )n∈N∗ existe.
On a :
n!
∀x ∈ [0, 1], fn (x) = n ·
Y
(x + p)
p=1

La fonction logarithme est concave sur ]0, +∞[, donc :


 

∀x ∈ [0, 1], ∀p ∈ N , (1 − x) ln p + x ln(p + 1) ≤ ln (1 − x)p + x(p + 1) ,

soit :  
ln(x + p) ≥ ln p + x ln(p + 1) − ln p .

En sommant, on obtient :
n
X n
X n 
X 
ln(x + p) ≥ ln p + x ln(p + 1) − ln p = ln n! + x ln(n + 1).
p=1 p=1 p=1

De la croissance de la fonction exponentielle, pour tout réel x élément de [0, 1], on déduit :
n
Y
(x + p) ≥ n! (n + 1)x , donc : fn (x) ≤ e−x ln(n+1) .
p=1
Z 1
Donc 0 ≤ In ≤ e−x ln(n+1) dx.
0
Comme :
Z 1  −x ln(n+1) 1
e 1 1
e−x ln(n+1) dx = − = − ,
0 ln(n + 1) 0 ln(n + 1) (n + 1) ln(n + 1)
alors :
1
· 0 ≤ In ≤
ln(n + 1)
Du théorème d’encadrement on déduit que la suite (In )n∈N∗ converge vers 0.

b) Pour x élément de [0, 1], le réel fn (x) est strictement positif et :


n
! n
Y X
ln fn (x) = ln n! − ln (x + p) = ln n! − ln(x + p).
p=1 p=1

En dérivant, on obtient :
n
fn0 (x) X 1
− = ·
fn (x) p=1
x+p

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 165 — #531


i i

CORRIGÉS 165

La fonction inverse est décroissante sur ]0, +∞[, donc :


n n n
X 1 X 1 X1
∀x ∈ [0, 1], 0< ≤ ≤ ·
p=1
p+1 p=1
x+p p=1
p

Donc :
1 1 1
n ≤ n ≤ n ·
X 1 X 1 X 1

p=1
p p=1
x+p p=1
p+1
Comme :
fn0 (x)
fn (x) = − n
X 1
p=1
x+p

et −fn0 (x) est positif, alors :

fn0 (x) f 0 (x)


− n ≤ fn (x) ≤ − n n ·
X 1 X 1
p=1
p p=1
p+1

On a : Z 1
1 n
− fn0 (x) dx = fn (0) − fn (1) = 1 − = ·
0 n+1 n+1
Donc :
n 1 n 1
n ≤ In ≤ n · (1)
n+1 X 1 n+1 X 1
p=1
p p=1
p+1
De plus :
Z p+1
1 1 1 1 dt 1
∀p ∈ N∗ , ∀t ∈ [p, p + 1], ≤ ≤ , donc : ≤ ≤ ·
p+1 t p p+1 p t p

Donc :
n n
X 1 X 1
≤ 1 + ln n et ≥ ln(n + 2) − ln 2. (2)
p=1
p p=1
p+1

On déduit des inégalités (1) et (2) que :

n ln n n ln n
· ≤ In ln n ≤ · ·
n + 1 1 + ln n n+1 1 1

ln n + ln 2
+ n

Du théorème d’encadrement on déduit que lim In ln n = 1.


n−→+∞

1
Au voisinage de +∞, on a In ∼ ·
ln n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 166 — #532


i i

166 CHAPITRE 5

Remarques. Comme :
∀u ∈ R+ , ln(1 + u) ≤ u,
alors : !
n
X 1 1
∀x ∈ [0, 1], exp −x ≤ n  ·
p=1
p Y x
1+
p=1
p
Comme :
 1 n
!
X 1
1 − exp −
p
n
! n
!
1
Z 
X 1  1 X 1  p=1
exp −x − X
dx =  n exp −x  =
n ,
0 p=1
p  1 p=1
p  X 1
p=1
p p=1
p
0

alors : ! !
n n
X 1 X 1
1 − exp − ≤ In . (3)
p=1
p p=1
p
On déduit de (3) et de la question a) que :
n
X 1
p
n
! n
!
X 1 X 1 p=1
1 − exp − ≤ In ≤ ·
p=1
p p=1
p ln(n + 1)

n
X 1
Au voisinage de +∞, on a ∼ ln n.
p=1
p
Donc :  X n 
1
 p=1 p 
n
!!  
X 1
lim 1 − exp − =1 et lim   = 1.
n−→+∞
p=1
p n−→+∞  ln(n + 1) 
 

n
!
X 1
Du théorème d’encadrement on déduit que lim In = 1.
n−→+∞
p=1
p
Au voisinage de +∞, on a :
1 1
In ∼ n ∼ ·
X 1 ln n

p=1
p
On peut calculer In , on a :
n
(−1)p−1 n!
   
X ap n n−1
fn (x) = et ap = = (−1)p−1 p = (−1)p−1 n .
x +p (p − 1)! (n − p)! p p−1
p=1

On en déduit :
n    
X n−1 1
In = (−1)p−1 n ln 1 + ·
p−1 p
p=1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 167 — #533


i i

CORRIGÉS 167

Au voisinage de +∞, on obtient :


n    
X n−1 1 1
(−1)p−1 ln 1 + ∼ ·
p−1 p n ln n
p=1

ln(1 − t)
5.48 a) Soit Ψ la fonction définie sur ] − ∞, 0[∪ ]0, 1[ par Ψ(t) = ·
t
ln(1 − t)
Comme lim Ψ(t) = lim = −1, alors on peut prolonger par continuité la fonction Ψ
t−→0 t
t−→0

en 0 en posant Ψ(0) = −1, la fonction ainsi prolongée est continue sur ] − ∞, 1[, donc elle est
intégrable sur tout segment inclus dans ] − ∞, 1[.
Z x
La fonction Li est définie sur ] − ∞, 1[ et Li(x) = − Ψ(t) dt.
0

b) Le développement en série entière de la fonction t 7−→ ln(1 − t) donne :


+∞ n
X t
∀t ∈] − 1, 1[, ln(1 − t) = − ·
n=1
n

D’où :
+∞ n−1
X t
∀t ∈] − 1, 1[, Ψ(t) = − ·
n=1
n
La convergence de la série entière est uniforme sur tout compact inclus dans ] − 1, 1[, donc en
particulier, pour tout réel x élément de ] − 1, 1[, sur le segment d’extrémité 0 et x.
On peut permuter série et intégrale, donc :
+∞ n−1
! +∞ Z +∞  n x +∞ n
x x
tn−1
Z X t X X t X x
∀x ∈] − 1, 1[, Li(x) = dt = dt = 2
= ·
0 n=1
n n=1 0 n n=1
n 0 n=1
n2

La fonction Ψ est continue sur ] − ∞, 1[, donc la fonction Li est dérivable sur ] − ∞, 1[ et :
ln(1 − x)
∀x ∈]0, 1[, Li0 (x) = −Ψ(x) = − ·
x
D’où :  0
ln(1 − x) ln x
Li(x) + Li(1 − x) =− + ,
x 1−x
et :  0
ln(1 − x) ln x
− ln x ln(1 − x) + =−·
x 1−x
Les deux fonctions ont la même dérivée, donc il existe une constante K telle que :
∀x ∈]0, 1[, Li(x) + Li(1 − x) = − ln x ln(1 − x) + K. (1)
+∞
X 1 π2
On a Li(0) = 0 et Li(1) = 2
= , soit en faisant tendre x vers 0 dans l’égalité (1), on
n=1
n 6
obtient :
π2
∀x ∈]0, 1[, Li(x) + Li(1 − x) = − ln x ln(1 − x).
6

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 168 — #534


i i

168 CHAPITRE 5

e−tx
5.54 a) On pose ϕ(t, x) = , la fonction de deux variables ϕ est continue sur R+ × R+ ,
1 + t2
de plus :
1
∀(x, t) ∈ [0, +∞[2 , 0 ≤ ϕ(x, t) ≤ ·
1 + t2
1
La fonction t 7−→ est continue, positive et intégrable sur R+ , l’hypothèse de domination
1 + t2
est satisfaite, on peut utiliser le théorème de continuité d’une intégrale à paramètres, donc la
fonction g est continue sur R+ .
On a :
∂ϕ t −tx ∂2ϕ t2
(x, t) = − e et (x, t) = e−tx .
∂x 1 + t2 ∂x2 1 + t2
Soit a un réel strictement positif, pour tout réel x supérieur à a, on a :
−at 2 −at
2
∂ϕ
≤ te 1 −at ∂ ϕ
−at ≤ t e ≤ e−at .

(x, t) 2
≤ e ≤ e et
2
(x, t)
∂x 1+t 2 ∂x 1 + t2

Le réel a est strictement positif, donc la fonction t 7−→ e−at est intégrable sur R+ , les fonctions
∂ϕ ∂2ϕ
et sont continues sur [a, +∞[×R+ .
∂x ∂x2
L’hypothèse de domination est vérifiée.
Du théorème de dérivation d’une intégrale à paramètres, pour tout réel a strictement positif,
la fonction g est de classe C 2 sur [a, +∞[, donc la fonction g est de classe C 2 sur ]0, +∞[ et :
+∞
te−tx +∞
t2 e−tx
Z Z
∀x ∈]0, +∞[, g 0 (x) = − dt et g 00 (x) = dt.
0 1 + t2 0 1 + t2

b) On a :
+∞ +∞
t2 + 1 − 1 −tx
Z Z
1
g 00 (x) = e dt = e−tx dt − g(x) = − g(x).
0 1 + t2 0 x
Z +∞
dt π 1
Comme g(0) = 2
= et 0 ≤ g(x) ≤ , alors lim g = 0, donc la fonction g est
0 1 + t 2 x +∞
solution du problème (P ) :
 1
 y 00 + y =
x




 π
(P ) : y(0) = ·

 2


 lim y = 0

+∞

1
c) Déterminons une solution particulière de (E) : y 00 + y = sur ]0, +∞[ par la méthode de
x
la variation des constantes.
Soient λ et µ deux fonctions dérivables sur ]0, +∞[ telles que y = λ cos +µ sin soit solution de
(E) et λ0 cos +µ0 sin = 0.
On a :
y 0 = −λ sin +µ cos et y 00 = −λ cos −µ sin −λ0 sin +µ0 cos,

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 169 — #535


i i

CORRIGÉS 169

soit :
sin x

 −λ0 sin +µ0 cos = 1  λ0 (x) = −


00 1 x ⇐⇒ x ·
y + y = ⇐⇒
x  0 0 cos x
λ cos +µ0 sin = 0
 µ (x) =

x
Les solutions de (E) sont les fonctions y définies sur ]0, +∞[ par :
 Z x   Z x 
sin t cos t
y(x) = a − dt cos x + b + dt sin x.
1 t 1 t
Z 1
cos t 1 cos t
Au voisinage de 0, on a ∼ , donc l’intégrale dt diverge.
t t 0 t
Pour x dans un voisinage de 0, on a :
Z x Z x
cos t dt
dt ∼ = ln x.
1 t 1 t
Z x
cos t π
De plus lim sin x dt = lim x ln x = 0, alors la condition y(0) = se traduit par
x−→0 1 t x− →0 2
Z 1
sin t π
a+ dt = ·
0 t 2
Z +∞ Z +∞ Z x Z +∞
sin t π sin t sin t sin t
Comme dt = , alors a = dt, donc a − dt = dt.
0 t 2 1 t 1 t x t
Z +∞
cos t
La condition lim y = 0 exige que b = − dt, donc :
+∞ 1 t
Z +∞  Z +∞ 
sin t cos t
∀x ∈ R+ , g(x) = dt cos x − dt sin x.
x t x t

d) La fonction t 7−→ t + x est un C 1 -difféomorphisme croissant de ]0, +∞[ sur ]x, +∞[, on
effectue le changement de variable u = x + t, on obtient :
Z +∞ Z +∞  Z +∞ 
sin(u − x) sin u cos u
∀x ∈ R+ , f (x) = du = du cos x − du sin x.
x u x u x u

On a montré que :
∀x ∈ R+ , f (x) = g(x).

ux−1 + u−x
5.56 a) On pose f (x, u) = ·
1+u
La fonction ϕx définie sur ]0, 1] par ϕx (u) = f (x, u) est continue, positive sur ]0, 1].
Au voisinage de 0, on a ϕx (u) ∼ ux−1 + u−x .
Z 1
2 dt
On sait que converge si et seulement si α < 1, donc :
0 tα
Z 1 Z 1
2 2 du
• ux−1 du = 1−x
converge si et seulement si 1 − x < 1, donc si et seulement si
0 0 u
x > 0.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 170 — #536


i i

170 CHAPITRE 5

Z 1 Z 1
2 2 du
• u−x du = converge si et seulement si x < 1.
0 0 ux
La fonction ϕx est intégrable sur ]0, 1] si et seulement si x est élément de ]0, 1[.
La fonction I est définie sur l’intervalle ouvert D =]0, 1[.

b) Pour x élément de D et pour tout n entier naturel, on a :


n n
X 1 − (−1)n+1 un+1 1 X un+1
(−1)p up = ⇐⇒ = (−1)p up + (−1)n+1 ·
p=0
1+u 1+u p=0
1+u

D’où :
n 1 1
ux−1 + u−x n+1
X Z Z
(−1)p ux−1 + u−x up du + (−1)n+1

I(x) = u du.
p=0 0 0 1+u

Le réel x est élément de ]0, 1[, donc il n’est pas entier, de plus, pour tout entier naturel p, les
nombres x + p et p + 1 − x sont strictement positifs, donc :
1 1
ux+p up+1−x
Z 
1 1
ux+p−1 + up−x du =

+ = + ·
0 x+p p+1−x 0 x+p p+1−x

On en déduit l’égalité suivante :


n 1
ux−1 + u−x n+1
  Z
X p 1 1
I(x) = (−1) + + (−1)n+1 u du. (1)
p=0
x+p p+1−x 0 1+u

c) Comme :
1
∀u ∈]0, 1], 0< ≤ 1,
1+u
alors :
1 1
un+x + un+1−x
Z Z
un+x + un+1−x du.

0≤ du ≤
0 1+u 0

Le réel x est élément de ]0, 1[, donc, pour tout entier naturel n, les nombres réels n + x et
n + 1 − x sont strictement positifs, soit :
1 1
un+x+1 un+2−x
Z 
1 1
un+x + un+1−x du =

+ = + ·
0 n+x+1 n+2−x 0 n+1+x n+2−x

D’où :
1
un+x + un+1−x
Z
1 1
0≤ du ≤ + ·
0 1+u n+1+x n+2−x
On déduit du théorème d’encadrement que :

+ u−x n+1
 Z 1 x−1 
n+1 u
lim (−1) u du = 0.
n−→+∞ 0 1+u

On a :
n n n
(−1)p X (−1)p
 
X 1 1 X
(−1)p + = + .
p=0
x+p p+1−x p=0
x+p p=0
p+1−x

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 171 — #537


i i

CORRIGÉS 171

On effectue dans la dernière somme un changement d’indice, on obtient en posant l = p + 1 :


n n+1 n+1
X (−1)p X (−1)l−1 X (−1)p
= = ·
p=0
p+1−x l−x p=1
x−p
l=1

Donc :
n n n
1 X (−1)p X (−1)p (−1)n+1
 
X 1 1
(−1)p + = + + + ,
p=0
x+p p+1−x x p=1 x + p p=1
x−p x−n−1

n n
(−1)n+1
 
X p 1 1 1 X 2x
(−1) + = + (−1)p 2 + ·
p=0
x+p p+1−x x p=1 x −p 2 x−n−1

On fait tendre n vers +∞ dans (1), on obtient :


+∞
1 X 2x
∀x ∈ D, I(x) = + (−1)n 2 · (2)
x n=1 x − n2

Cette série de fonctions nous fait penser à un développement eulérien.

d) Soit x un élément de D, on définit la fonction fx , 2π-périodique, par sa restriction à [−π, π] :

∀t ∈ [−π, π], fx (t) = cos(xt).

d1 ) Soit x un élément de ]0, 1[ la fonction fx est indéfiniment dérivable


 sur ] − π, π[,
 comme elle
est 2π-périodique, alors fx est indéfiniment dérivable sur R \ (2p + 1)π | p ∈ Z ·

Étude de la continuité de fx en π.
On a :
lim fx (t) = lim cos(xt) = cos(xπ),
t−→π − t−→π −

lim fx (t) = lim fx (t − 2π) = lim cos(xt) = cos(−xπ) = cos(xπ).


t−→π + t−→π + u−→(−π)+

D’où :
lim fx (t) = lim fx (t) = fx (π),
t−→π − t−→π +

donc la fonction fx est continue en π, comme elle est 2π-périodique, alors la fonction fx est
continue sur R.
Étude de la dérivabilité de fx en π.
On a :
∀t ∈] − π, π[, fx0 (t) = −x sin(xt).
Soit :
fx0 (π − 0) = lim (−x sin(xt)) = −x sin(xπ),
t−→π −

fx0 (π + 0) = fx0 (−π + 0) = lim (−x sin(xt)) = −x sin(−xπ) = x sin(xπ).


t−→(−π)+

Les nombres dérivés à droite et à gauche de π existent, ils sont opposés, donc la fonction fx est
de classe C 1 par morceaux sur R, mais elle n’est pas de classe C 1 sur R.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 172 — #538


i i

172 CHAPITRE 5

d2 ) Déterminons ses coefficients de Fourier trigonométriques.


La fonction fx est paire, donc, pour tout entier naturel n non nul, on a bn (fx ) = 0.
On a : Z π Z π
2 2
an (fx ) = fx (t) cos(nt) dt = cos(xt) cos(nt) dt.
π 0 π 0
Comme :
1
∀(a, b) ∈ R2 , cos a cos b = (cos(a + b) + cos(a − b)),
2
alors : Z π
1
an (fx ) = (cos((n + x)t) + cos((n − x)t)) dt.
π 0
Le réel x est strictement compris entre 0 et 1, donc n + x et n − x sont non nuls, soit :
 π  
1 sin((n + x)t) sin((n − x)t) 1 sin(nπ + xπ) sin(nπ − xπ)
an (fx ) = + = + ,
π n+x n−x 0 π n+x n−x

(−1)n sin(xπ) (−1)n sin(xπ)


 
sin(xπ) 2x
an (fx ) = − = ·
π n+x n−x π x 2 − n2
d3 ) Déterminons la série de Fourier de la fonction fx .
De la question d1 ) on déduit que la fonction fx est 2π-périodique, continue et C 1 par morceaux
sur R, donc la série de Fourier associée à fx converge normalement vers la fonction fx sur R et
on a :
+∞
sin(xπ) sin(xπ) X 2x
∀(x, t) ∈]0, 1[×[−π, π], cos(xt) = + (−1)n 2 cos(nt) (3).
xπ π n=1
x − n2

e) On particularise t = 0 dans la relation (3), on obtient :


+∞
sin(xπ) sin(xπ) X 2x
1= + (−1)n 2 ·
xπ π n=1
x − n2

D’où :
+∞
π 1 X 2x
= + (−1)n 2 = I(x).
sin(xπ) x n=1 x − n2
π
La valeur de l’intégrale I(x) est pour tout x réel strictement compris entre 0 et 1.
sin(xπ)

5.59 La fonction f est continue sur R, donc la fonction g est dérivable sur R et :

∀x ∈ R, g 0 (x) = f (x).

La fonction g étant continue sur R, donc la fonction f est dérivable sur R et :

∀x ∈ R, f 0 (x) = g(x).

Comme g 0 = f et la fonction f est dérivable sur R, alors la fonction g 0 est dérivable sur R et
g 00 = f 0 = g, donc la fonction g est solution de l’équation différentielle y 00 − y = 0.
Comme f 0 = g et la fonction g est dérivable sur R, alors la fonction f 0 est dérivable sur R et
f 00 = g 0 = f , donc la fonction f est solution de l’équation différentielle y 00 − y = 0.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 173 — #539


i i

CORRIGÉS 173

Les fonctions f et g sont solutions de l’équation différentielle y 00 − y = 0, de plus :


 
 f (0) = 0  g(0) = 0
et ·
 0  0
f (0) = 0 g (0) = 0
 00
 y −y =0



Le problème de Cauchy y(0) = 0 admet une unique solution qui est la fonction nulle, donc



 0
y (0) = 0
les fonctions f et g sont les fonctions nulles.
Il est immédiat que si f = g = 0, alors ces fonctions vérifient la relation (1).

5.61 Supposons qu’il existe une fonction f continue sur le segment [0, 1] qui vérifie (1).
Les fonctions f et x 7−→ f 2 (x2 ) sont continues sur le segment [0, 1], donc elles sont intégrables
sur ce segment.
On effectue le changement de variable u = x2 , on obtient :
Z 1 Z 1  
du
f 2 (x2 ) dx = f 2 (u) √ .
0 0 2 u

Si la fonction f vérifie (1), alors :


Z 1 2 Z 1 Z 1√ Z 1 2 √
f (u) u f (u) − 2 uf (u) + u
√ du − f (u) du + du = 0 ⇐⇒ √ du = 0,
0 2 u 0 0 2 0 2 u
soit : √
1
(f (u) − u)2
Z
√ du = 0.
0 2 u

(f (u) − u)2
La fonction u 7−→ √ est continue, positive sur ]0, 1], comme son intégrale est nulle,
2 u
alors : √
(f (u) − u)2 √
∀u ∈]0, 1], √ = 0 ⇐⇒ f (u) = u.
2 u

La fonction f est continue sur ]0, 1], donc f (0) = lim u = 0.
u−→0

S’il existe une fonction f continue sur le segment [0, 1] qui vérifie (1), alors f est la fonction
racine carrée.

Montrons la réciproque, supposons que, pour tout réel x élément de [0, 1], f (x) = x, alors :
1 1 1
x3
Z Z 
1
f 2 (x2 ) dx = x2 dx = = ,
0 0 3 0 3

et : " #1
Z 1 Z 1 3
1 1 1 x2 1 2 1 1
f (x) dx − = x dx − =
2
3 − = − = ·
0 3 0 3 2
3 3 3 3
0
Il existe une unique fonction √ f continue sur le segment [0, 1] qui vérifie (1), c’est la fonction
définie sur [0, 1] par f (x) = x.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 174 — #540


i i

174 CHAPITRE 5

5.62 On suppose que la fonction f est continue sur le segment [a, b], donc il existe une primitive
de f notée F , de même la fonction F est continue sur le segment [a, b], donc il existe une primitive
de la fonction F notée H.
Montrons qu’il existe une unique fonction H qui s’annule en a et en b.

Soit F une primitive de la fonction f , il existe un réel k tel que :


Z x
∀x ∈ [a, b], F (x) = f (t) dt + k.
a

Soit H une primitive de la fonction F , il existe un réel c tel que :


Z x Z x Z t 
∀x ∈ [a, b], H(x) = F (t) dt + c = f (u) du + k dt + c,
a a a
Z x Z t 
H(x) = f (u) du dt + k(x − a) + c.
a a
Déterminons les constantes k et c telles que H(a) = H(b) = 0, soit :
Z b Z t 
H(a) = c et H(b) = f (u) du dt + k(b − a) + c.
a a

t  Z b Z
1
On en déduit que c = 0 et k = − f (u) du dt.
b−a a a
Il existe une unique primitive H s’annulant en a et b de la primitive de la fonction f sur le
segment [a, b], c’est la fonction H définie sur le segment [a, b] par :
Z x Z t
x−a b
 Z Z t 
H(x) = f (u) du dt − f (u) du dt.
a a b−a a a

Remarque. On a H 00 = f.

On effectue une double intégration par parties, on obtient :


Z b Z b  b Z b
f (t)g(t) dt = H 00 (t)g(t) dt = H 0 (t)g(t) − H 0 (t)g 0 (t) dt,
a a a a
Z b Z b
f (t)g(t) dt = H 0 (b)g(b) − H 0 (a)g(a) − H 0 (t)g 0 (t) dt.
a a
Comme g(a) = g(b) = 0, alors :
Z b Z b  b Z b
f (t)g(t) dt = − H 0 (t)g 0 (t) dt = − H(t)g 0 (t) + H(t)g 00 (t) dt.
a a a a

Comme H(a) = H(b) = 0, alors :


Z b Z b
f (t)g(t) dt = H(t)g 00 (t) dt.
a a

Donc :
Z b Z b
∀g ∈ C 2 ([a, b], R), g(a) = g(b) = 0 et f (t)g(t) dt = 0 ⇐⇒ H(t)g 00 (t) dt = 0.
a a

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 175 — #541


i i

CORRIGÉS 175

On désigne par Ψ l’unique primitive de la primitive de la fonction H qui s’annule en a et en b,


la fonction Ψ est de classe C 2 sur le segment [a, b] et Ψ(a) = Ψ(b) = 0.
On particularise
Z b g = Ψ, on obtient g 00 = H, la fonction H 2 est continue, positive sur le segment
[a, b] et H 2 (t) dt = 0, donc la fonction H est nulle sur ce segment, soit :
a

∀x ∈ [a, b], H(x) = 0 =⇒ H 00 (x) = 0.

Comme H 00 = f , alors la fonction f est la fonction nulle sur le segment [a, b].

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 176 — #542


i i

Chapitre 6

Suites de fonctions
6.1 On a : 
1 
 si x ≥ n
x−n+1

∀x ∈ R, fn (x) = ·
1
si x ≤ n



−x + n + 1
La fonction fn est clairement dérivable sur R \ {n}, et :
1

 − (x − n + 1)2 si x > n


0
fn (x) = ·
1
si x < n


2

(−x + n + 1)

On déduit que la fonction fn est croissante sur ] − ∞, n] et décroissante sur [n, +∞[.
La fonction fn n’est pas dérivable au point d’abscisse n, sa courbe représentative (Cn ) admet
deux demi-tangentes en ce point d’équations respectives :

Tn+ : y = −x + n + 1, Tn− : y = x − n + 1.

La courbe (Cn ) admet au point d’abscisse n un maximum global égal à 1.

b) Soit n un entier naturel fixé, la fonction fn2 est continue sur R, donc localement intégrable
1 1
sur R, au voisinage de l’infini, on a fn2 (x) ∼ 2 , comme la fonction x 7−→ 2 est intégrable sur
x x
] − ∞, −1] et sur [1, +∞[, alors la fonction fn2 est intégrable sur R.
Soient a et b deux réels tels que a < n < b.
On a : Z b Z n Z b
dt dt
fn2 (t) dt = 2
+ ,
n (t − n + 1)
2
a a (−t + n + 1)
Z b  n  b
1 1 1 1
fn2 (t) dt = + − =2− − ·
a −t + n + 1 a t−n+1 n −a + n + 1 b−n+1
Z +∞
On fait tendre a vers −∞ et b vers +∞, on obtient fn2 (t) dt = 2.
−∞

c) Soient a et b deux réels tels que a < b, on a :


1
∀n ∈ N, n ≥ E(b) + 1, ∀x ∈ [a, b], fn (x) = ·
n−x+1
La fonction fn est continue sur R, donc bornée sur tout segment de R, on note :

||fn ||[a,b] = sup |f (x)|.


x∈[a,b]

On sait que la fonction fn est croissante sur [a, b], donc :

∀x ∈ [a, b], 0 ≤ fn (x) ≤ fn (b) =⇒ ||fn ||[a,b] ≤ fn (b).

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 177 — #543


i i

CORRIGÉS 177

Comme lim fn (b) = 0, alors lim ||fn ||[a,b] = 0, donc la suite (fn )n∈N converge unifor-
n−→+∞ n−→+∞
mément sur tout segment de R vers la fonction nulle.
Remarque. Comme fn (n) = 1, la suite (fn (n))n∈N ne converge pas vers 0, donc la conver-
gence de la suite de fonctions (fn )n∈N n’est pas uniforme sur R.

d) Soit g une fonction continue de carré intégrable sur R.


Théorème de l’inégalité de Cauchy-Schwarz. Soit I un intervalle, si f et g sont deux
fonctions continues, de carrés intégrables sur I, alors la fonction f g est intégrable sur I et :
Z 2 Z Z
2
g 2 (t) dt.

f (t)g(t) dt ≤ f (t) dt

I I I

Les fonctions fn et g sont continues, de carrés intégrables sur R, donc la fonction fn g est
intégrable sur R.
La fonction g 2 est intégrable sur R, donc :
Z A Z +∞
∀ε ∈ R∗+ , ∃(A, B) ∈ R∗− × R∗+ , 0≤ g 2 (t) dt ≤ ε2 et 0≤ g 2 (t) dt ≤ ε2 .
−∞ B

Comme la fonction fn g est intégrable sur R, alors :


Z Z Z Z
fn (t)g(t) dt = fn (t)g(t) dt + fn (t)g(t) dt + fn (t)g(t) dt.
R ]−∞,A] [A,B] [B,+∞[
Z Z Z
Pour tout intervalle I de R, on a fn2 (t) dt ≤ fn2 (t) dt et fn2 (t) dt = 2, donc :
I R R
Z
fn2 (t) dt ≤ 2.
I

D’où : Z sZ sZ

fn (t)g(t) dt ≤ fn2 (t) dt g 2 (t) dt ≤ ε 2,


]−∞,A] ]−∞,A] ]−∞,A]
Z sZ sZ

fn (t)g(t) dt ≤ fn2 (t) dt g 2 (t) dt ≤ ε 2,


[B,+∞[ [B,+∞[ [B,+∞[

alors : Z

Z

fn (t)g(t) dt ≤ 2ε 2 + fn (t)g(t) dt .


R [A,B]
La suite de fonctions (fn )n∈N converge uniformément vers la fonction nulle sur tout segment
de R, la fonction g est continue sur [A, B], donc bornée, on a :
||fn g|||[A,B] ≤ ||g|||[A,B] · ||fn |||[A,B] .
On en déduit que la suite (fn g)n∈N converge uniformément sur [A, B] vers la fonction nulle,
comme la convergence est uniforme sur le segment [A, B], on peut permuter limite et intégrale,
soit : ! Z  
Z
lim fn (t)g(t) dt = lim fn (t)g(t) dt = 0.
n−→+∞ [A,B] [A,B] n−→+∞

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 178 — #544


i i

178 CHAPITRE 6

D’où :
 Z 

∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N =⇒ 0 ≤ fn (t)g(t) dt ≤ ε .

[A,B]

Pour tout entier naturel n supérieur ou égal à N , on obtient :



Z  

fn (t)g(t) dt ≤ 2 2 + 1 ε.

R
Z 
On a montré que la suite fn (t)g(t) dt converge vers le réel 0.
R n∈N

6.2    
1
a) La restriction de fn à − ∞, 0 ∪ , +∞ est une composée de fonctions continues, donc
 n
  
1
la fonction fn est continue sur − ∞, 0 ∪ , +∞ .
n
   
1 1
La restriction de fn à 0, est constante, donc la fonction fn est continue sur 0, .
n n
1
Étude de la continuité de la fonction fn aux points 0 et ·
n
On a :
   
1 1
lim 1− = +∞ =⇒ lim ln 1 − = +∞ =⇒ lim fn (x) = 0 = fn (0).
x−→0− nx x−→0− nx x−→0−
     
1 1 1
lim 1− = 0+ =⇒ lim ln 1 − = −∞ =⇒ lim fn (x) = 0 = fn ·
x−→ n 1 + nx x−→ n1 + nx x−→ n1 + n
1
La fonction fn est continue aux points 0 et , donc la fonction fn est continue sur R.
n

b) Étude de la convergence simple de la suite de fonctions (fn )n∈N∗ .


On distingue trois cas :
• Soit x un réel strictement négatif fixé.
Au voisinage de 0, on a ln(1 + u) ∼ u, donc :
 
1 −1
ln 1 − ∼ =⇒ fn (x) ∼ −x.
nx nx

• Soit x est nul, alors :


∀n ∈ N∗ , fn (0) = 0.

• Soit x un réel strictement positif fixé.


 
1
On note n0 = E + 1, alors :
x
1
∀n ∈ N, n ≥ n0 , fn (x) = 1

n ln 1 − nx

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 179 — #545


i i

CORRIGÉS 179

Au voisinage de l’infini, on a fn (x) ∼ −x


Soit f la fonction définie sur R par f (x) = −x.
La suite de fonctions (fn )n∈N∗ converge simplement sur R vers la fonction f .

c) Pour tout entier naturel n non nul, on définit la fonction gn sur R par gn (x) = x + fn (x).
   
1
On note An = − ∞, 0 ∪ , +∞ , on a :
n
1
∀x ∈ An , gn (x) = x + 1

n ln 1 − nx

1 1 1
On pose u = − , on obtient ngn (x) = − ·
nx ln(1 + u) u
1 1
On définit la fonction ϕ sur ] − 1, +∞[ par ϕ(u) = − ·
ln(1 + u) u
Étudions les limites de la fonction ϕ.
• Au voisinage supérieur de -1, on a :
lim ln(1 + u) = −∞, donc : lim ϕ = 1.
x−→−1+ −1+

• Au voisinage de 0, on effectue un développement limité, on obtient :

u2
 
1 1 1 u
ln(1 + u) = u − + o(u2 ) =⇒ ϕ(u) = u − = 1 + + o(u) − 1 ,
2 u(1 − 2 + o(u)) u u 2

donc :
1 1
ϕ(u) = + o(1), donc : lim ϕ = ·
2 0 2

• Au voisinage de +∞, on a :
lim ln(1 + u) = +∞, donc : lim ϕ = 0.
u−→+∞ +∞

La fonction ϕ peut être prolongée par continuité aux points -1 et 0 en posant ϕ(−1) = 1 et
1
ϕ(0) = , la fonction ϕ ainsi prolongée est continue sur [−1, +∞[, elle admet une limite nulle
2
en +∞, donc elle est bornée sur [−1, +∞[, soit :

∃M ∈ R+ , ∀u ∈ [−1, +∞[, |ϕ(u)| ≤ M.


Remarque. Pour tout réel u supérieur à -1, on montre que 0 < ϕ(u) ≤ 1.

Comme :
∀x ∈ An , |ngn (x)| = |ϕ(x)|,
alors :
M
∀x ∈ An , |gn (x)| ≤ ·
n
Comme :  
1 1
∀x ∈ 0, , gn (x) = x =⇒ 0 ≤ gn (x) ≤ ,
n n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 180 — #546


i i

180 CHAPITRE 6

alors :
max(1, M )
∀x ∈ R, |gn (x)| ≤ ·
n
Il est alors immédiat que la suite de fonctions (gn )n∈N∗ converge uniformément sur R vers la
fonction nulle, donc la suite de fonctions (fn )n∈N∗ converge uniformément sur R vers la fonction
f.

6.3
Convergence simple sur R.
On a : !
x n−1
Y x x x
∀x ∈ R, sin n gn (x) = cos p cos n
sin n ,
2 p=1
2 2 2
x 1  x 
sin n gn (x) = gn−1 (x) sin n−1 .
2 2 2
 x  1
Pour x réel fixé la suite sin n gn (x) est une suite géométrique de raison , donc :
2 n∈N∗ 2
x 1  x   x  sin x
∀n ∈ N∗ , sin n gn (x) = n−1 sin cos = n ·
2 2 2 2 2
On a : x
sin = 0 ⇐⇒ ∃ν ∈ Z, x = 2n νπ.
2n
Soit ν un entier naturel, on distingue deux cas :
sin x
• Si x 6= 2n νπ, alors gn (x) = n ·
2 sin 2xn
• Si x = 2n νπ, alors :
n
Y
gn (2n νπ) = cos 2n−p νπ = cos(νπ) = (−1)ν .

p=1

On définit la fonction g sur R par :

 sin x

si x 6= 0
g(x) = x ·

1 si x = 0
• Pour x réel non nul fixé, on a :
   
|x| |x| n |x| 1 |x|
0< < π ⇐⇒ 0 < < 2 ⇐⇒ ln < n ln 2 ⇐⇒ n > ln ·
2n π π ln 2 π
  
1 |x|
Soit N = E ln + 1 où E désigne la fonction partie entière.
ln 2 π
x
Pour tout entier n supérieur à N , on a x 6= 2n νπ, donc sin n 6= 0, soit :
2
sin x
gn (x) = ·
2n sin 2xn

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 181 — #547


i i

CORRIGÉS 181

x x
Au voisinage de 0, on a sin u ∼ u, donc au voisinage de +∞ on a sin ∼ n , donc :
2n 2
sin x
lim gn (x) = = g(x).
n−→+∞ x
La suite de fonctions (gn )n∈N∗ converge simplement sur R∗ vers la fonction g.
• Si x = 0, alors, pour tout entier naturel n non nul, on a gn (0) = 1, donc :

lim gn (0) = 1 = g(0).


n−→+∞

La suite de fonctions (gn )n∈N∗ converge simplement sur R vers la fonction g.

Convergence uniforme sur R.


Pour tout entier naturel n non nul, on a :

gn (2n π) = −1 et g(2n π) = 0, donc : ||gn − g||∞ ≥ 1.

La convergence de la suite (gn )n∈N∗ n’est pas uniforme sur R.

Convergence uniforme sur tout compact de R.


Soit a un réel strictement positif.
Montrons que la suite (gn )n∈N∗ converge uniformément sur [−a, a].
On a :  
a π 2a n 1 2a
0<≤ ⇐⇒ 0 < ≤ 2 ⇐⇒ n ≥ ln .
2n 2 π ln 2 π
  
1 2a
Soit N = E ln + 1, pour tout entier supérieur à N , on a :
ln 2 π
!
sin x sin x sin x 1 2n
∀x ∈ [−a, a], gn (x) − g(x) = n − = n − ·
2 sin 2xn x 2 x
sin 2n x
h π πi 1 1
On définit la fonction ϕ sur − , par ϕ(u) = − ·
2 2 sin u u
h π h i πi
La fonction ϕ n’est pas définie en 0, elle est continue sur − , 0 ∪ 0, .
2 2
u3
Au voisinage de 0, on a sin u = u − + o(u4 ), donc :
6
u3
6
+ o(u4 ) u
6
+ o(u2 ) u
ϕ(u) = u4
= u2
= + o(u).
u2 − + o(u4 ) 1− + o(u2 ) 6
6 6

D’où lim ϕ(u) = 0, on prolonge par continuité la fonction ϕ en 0 en posant ϕ(0) = 0, la


u−→0 h π πi
fonction ainsi prolongée est continue sur − , , donc elle est bornée sur ce segment, soit :
2 2
h π πi
∃M ∈ R+ , ∀u ∈ − , , |ϕ(u)| ≤ M.
2 2
Donc :
M
∀n ∈ N, n ≥ N, ∀x ∈ [−a, a], |gn (x) − g(x)| ≤ ·
2n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 182 — #548


i i

182 CHAPITRE 6

D’où :
M
∀n ∈ N, n ≥ N, sup |gn (x) − g(x)| ≤ ·
x∈[−a,a] 2n
La suite (gn )n∈N∗ converge uniformément sur tout compact de R.

6.5 a) On montre par récurrence que la fonction hn est continue sur [0, 1].
Soit la propriété P(n) : la fonction hn est continue sur [0, 1].
La fonction h est continue sur [0, 1], donc on a P(0).
Soit n un entier naturel, on suppose P(n).
La fonction f est continue sur le pavé [0, 1]2 , on suppose que la fonction hn est continue sur
[0, 1], donc les fonctions (x, t) 7−→ f (x, t) et (x, t) 7−→ t 7−→ hn (t) sont continues sur [0, 1]2 ,
donc la fonction (x, t) 7−→ f (x, t) hn (t) est continue sur [0, 1]2 .
Du théorème de continuité d’une intégrale dépendant d’un paramètre sur un segment on déduit
Z 1
que la fonction x 7−→ f (x, t) hn (t) dt est continue sur [0, 1], comme la fonction h est continue
0
sur [0, 1], alors la fonction hn+1 est continue sur [0, 1].
La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 0, donc, pour tout entier naturel n, la fonction
hn est continue sur [0, 1].

b) On sait que :
X
(hn+1 − hn ) converge ⇐⇒ (hn )n∈N converge.
n≥0

X
Étudions la nature de la série (hn+1 − hn ).
n≥0

On a : Z 1
∀x ∈ [0, 1], hn+2 (x) − hn+1 (x) = f (x, t) (hn (t) − hn+1 (t)) dt,
0
Z 1
|hn+2 (x) − hn+1 (x)| ≤ |f (x, t)| |hn (t) − hn+1 (t)| dt.
0

La fonction |f | est continue sur le compact [0, 1]2 , donc elle est bornée sur [0, 1]2 et il existe un
point (a, b) de [0, 1]2 pour lequel elle atteint son maximum.
On note K = |f (a, b)| = max |f (x, y)|, il est immédiat que K est élément de [0, 1[.
(x,y)∈[0,1]2

On obtient :
Z 1
∀n ∈ N, ∀x ∈ [0, 1], |hn+2 (x) − hn+1 (x)| ≤ K |hn (t) − hn+1 (t)| dt.
0

Pour tout entier naturel n, les fonctions hn sont continues sur [0, 1], donc bornées, soit :
Z 1
∀n ∈ N, sup |hn+2 (x) − hn+1 (x)| ≤ K |hn (t) − hn+1 (t)| dt,
x∈[0,1] 0

Z 1
∀n ∈ N, ||hn+2 − hn+1 ||∞ ≤ K sup |hn (t) − hn+1 (t)| dt.
0 t∈[0,1]

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 183 — #549


i i

CORRIGÉS 183

D’où :
∀n ∈ N, ||hn+2 − hn+1 ||∞ ≤ K ||hn+1 − hn ||∞ . (1)
On montre par récurrence la propriété P(n) : ||hn+1 − hn ||∞ ≤ K n ||h1 − h||∞ .
Il est clair que l’on a P(0).
Soit n un entier, supposons P(n).
On déduit de la relation (1) que :

||hn+2 − hn+1 ||∞ ≤ K ||hn+1 − hn ||∞ ≤ K K n ||h1 − h||∞ ≤ K n+1 ||h1 − h||∞ .

La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 0, donc :

∀n ∈ N, ||hn+1 − hn ||∞ ≤ K n ||h1 − h||∞ .


X n
Le réel K est élément de [0, 1[, donc la série géométrique K ||h1 − h||∞ converge, donc la
n≥0
X
série de fonctions (hn+1 − hn ) converge normalement sur [0, 1].
n≥0

On a montré que la suite de fonctions (hn )n∈N converge uniformément sur [0, 1].

Autre méthode.
On a :
p
X
∀(n, p) ∈ N × N∗ , ||hn+p − hn ||∞ ≤ ||hn+k − hn+k−1 ||∞ ,
k=1
p
X
||hn+p − hn ||∞ ≤ K n+k−1 ||h1 − h||∞ .
k=1

Le réel K est élément de [0, 1[, donc :

K n − K n+p Kn
||hn+p − hn ||∞ ≤ ||h1 − h||∞ ≤ ||h1 − h||∞ .
1−K 1−K
Kn
 
Le réel K est élément de [0, 1[, donc lim K n = 0, soit lim ||h1 − h||∞ = 0
n−→+∞ n−→+∞ 1−K
d’où :
 
∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N, ∀(n, p) ∈ N × N∗ , n ≥ N =⇒ ||hn+p − hn ||∞ ≤ ε .

On a montré que la suite de fonctions (hn )n∈N vérifie le critère de Cauchy uniforme, donc
la suite (hn )n∈N converge uniformément sur [0, 1].

c) On note g la limite uniforme sur [0, 1] de la suite de fonctions continues (hn )n∈N , la fonction
g est continue sur [0, 1].
La fonction |f | est majorée sur [0, 1]2 par K, donc :

∀(x, t) ∈ [0, 1]2 , |f (x, t)hn (t) − f (x, t)g(t)| ≤ K||hn − g||∞ .

Pour tout réel x élément de [0, 1] fixé, la suite de fonctions t ∈ [0, 1] 7−→ f (x, t) hn (t) converge
uniformément sur [0, 1] vers la fonction t 7−→ f (x, t)g(t).

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 184 — #550


i i

184 CHAPITRE 6

On fait tendre n vers +∞ dans l’égalité :


Z 1
∀x ∈ [0, 1], ∀n ∈ N, hn+1 (x) = h(x) − f (x, t) hn (t) dt,
0
 
la convergence de la suite de fonctions t 7−→ f (x, t)hn (t) est uniforme sur [0, 1], on peut
n∈N
alors permuter limite et intégrale, on obtient :
Z 1
∀x ∈ [0, 1], g(x) = h(x) − f (x, t) g(t) dt. (2)
0

Montrons que la fonction continue g est l’unique solution de l’équation intégrale (2) sur [0, 1],
supposons qu’il existe une fonction continue g1 de [0, 1] dans R solution de (2), alors :
Z 1
∀x ∈ [0, 1], g(x) − g1 (x) = f (x, t)(g1 (t) − g(t)) dt,
0

donc :
Z 1
∀x ∈ [0, 1], |g(x) − g1 (x)| ≤ |f (x, t)| · |g1 (t) − g(t)| dt ≤ K||g − g1 ||∞ ,
0

donc :
||g − g1 ||∞ (1 − K) ≤ 0.
Le réel K est élément de [0, 1[, donc le réel 1 − K est strictement positif, donc ||g − g1 ||∞ = 0,
donc g = g1 , donc la fonction g est l’unique solution de l’équation intégrale (2).

6.7
p
Z p un entier naturel et ϕ un élément de C (R, R), on définit la fonction Φ sur R par
a) Soient
x
Φ(x) = ϕ(t) dt, la fonction Φ est élément de C p+1 (R, R) et Φ(0) = 0.
0

On en déduit par récurrence que, pour tout entier naturel n non nul, fn est élément de C n (R, R),
0
fn (0) = 0 et fn+1 = fn .

(p) (n+1)
Pour tout p entier compris entre 0 et n, on a fn+1 (0) = 0 et fn+1 = f0 .
On applique la formule de Taylor avec reste intégral, on obtient :
n Z x Z x
X xp (p) (x − t)n (n+1) (x − t)n
∀x ∈ R, fn+1 (x) = fn+1 (0) + fn+1 (t) dt = f0 (t) dt.
p=0
p! 0 n! 0 n!

Soit x un réel non nul, on effectue le changement de variable t = xu, on obtient :


1
xn+1
Z
fn+1 (x) = (1 − u)n f0 (xu) du.
n! 0

Soient A un réel strictement positif et x un élément de [−A, A], la fonction f0 est continue sur
R, donc en particulier sur [−A, A], la fonction f0 est bornée sur ce segment, soit :

∃MA ∈ R+ , ∀t ∈ [−A, A], |f0 (t)| ≤ MA .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 185 — #551


i i

CORRIGÉS 185

On a :
1
|x|n
Z
∀n ∈ N∗ , ∀x ∈ [−A, A], |fn (x)| ≤ (1 − u)n−1 |f0 (xu)| du,
(n − 1)! 0

donc :
An
|fn (x)| ≤
MA .
n!
X un +∞ n
X u
Soit u un réel, la série numérique converge et = eu .
n! n=0
n!
n≥0
X An
La série numérique MA converge, donc la série de fonctions (fn )n∈N∗ converge norma-
n!
n≥1
lement sur le compact [−A, A], donc elle converge simplement sur R.
+∞
X
On note F sa somme, soit F = fn .
n=1

Pour tout entier


XnaturelXn non nul, les fonctions fn sont éléments de C 1 (R, R) et fn0 = fn−1 ,
0
donc la série fn = fn converge uniformément sur tout compact de R, donc F est
n≥1 n≥0

continûment dérivable sur tout compact de R.


La continuité, la dérivablité sont des propriétés locales, donc F est élément de C 1 (R, R).

b) Du théorème de dérivation d’une série de fonctions, on déduit que :

+∞
!0 +∞ +∞ +∞
0
X X X X
F = fn = fn0 = fn = f0 + fn = f0 + F.
n=1 n=1 n=0 n=1

La fonction F est élément de C 1 (R, R) et vérifie l’équation différentielle linéaire :

(E) : y 0 = y + f0 .

Résolvons (E).
L’ensemble des solutions de l’équation différentielle sans second membre y 0 = y est la droite
vectorielle engendrée par la fonction x 7−→ ex .
On recherche une solution particulière par la méthode de la variation de la constante.
Soit λ une fonction dérivable sur R telle que la fonction y définie sur R par y(x) = λ(x)ex soit
solution de (E), alors :

λ0 (x) ex = f0 (x) ⇐⇒ λ0 (x) = f0 (x) e−x .

D’où : Z x
∀x ∈ R, λ(x) = e−t f0 (t) dt.
0

Les solutions de l’équation (E) sont les fonctions :


Z x
y(x) = λ ex + ex−t f0 (t) dt avec λ ∈ R.
0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 186 — #552


i i

186 CHAPITRE 6

+∞
X
Comme F (0) = fn (0) = 0, alors λ = 0, donc :
n=1
Z x Z x
F (x) = ex−t f0 (t) dt = ex e−t f0 (t) dt.
0 0

c) On particularise f0 (x) = x2 , déterminons F .


Z x
x3
On a f1 (x) = t2 dt = ·
0 3
Z x n+2
2xn+2 t 2xn+3
Si fn (x) = alors fn+1 (x) = 2 dt = ·
(n + 2)! 0 (n + 2)! (n + 3)!
2xn+2
La propriété fn (x) = est héréditaire, vraie pour n = 0, donc :
(n + 2)!

xn+2
∀n ∈ N, fn (x) = 2 ·
(n + 2)!
On a :
+∞ +∞
xn+2 x2
X X  
F (x) = fn (x) = 2 = 2 ex − 1 − x − .
n=1 n=1
(n + 2)! 2

x
(x − t)n
Z
d) On a montré que, pour tout réel x, on a fn+1 (x) = f0 (t) dt, donc fn+1 = gn .
0 n!
Soit x un réel fixé, on a :
(x − t)n n

≤ |x|

∀t ∈ [−|x|, |x|],
n! f0 (t) sup |f0 (t)|.
n! t∈[−|x|,|x|]
!
X |x|n
La série numérique sup |f0 (t)| converge, donc la série de fonctions définies
n! t∈[−|x|,|x|]
n≥1
X (x − t)n
sur le segment [min(0, x), max(0, x)] par t 7−→ f0 (t) converge normalement sur ce
n
n≥1
segment, on peut alors permuter série et intégrale, on obtient :
+∞ +∞ Z +∞
!
x x
(x − t)n (x − t)n
X X  Z X
F (x) = fn (x) = f0 (t) dt = f0 (t) dt,
n=1 n=0 0 n! 0 n=0
n!

soit : Z x Z x
F (x) = ex−t f0 (t) dt = ex e−t f0 (t) dt.
0 0

Déterminons F dans le cas particulier où f0 (x) = x2 .


On a : Z x x
F (x) = ex e−t t2 dt = ex −(t2 + 2t + 2) e−t 0 .

∀x ∈ R,
0
Donc :
∀x ∈ R, F (x) = 2ex − x2 − 2x − 2.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 187 — #553


i i

CORRIGÉS 187

6.10
La suite (fn )n∈N converge uniformément vers f sur ]0, 1[, du critère de Cauchy uniforme on
déduit que :
∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N, ∀(p, q) ∈ N2 ,
p ≥ N, q ≥ N =⇒ ∀x ∈]0, 1[, |fp (x) − fq (x)| ≤ ε.
Pour tout entier naturel n, les fonctions fn sont continues sur [0, 1], donc elles sont continues
en 0, soit ε un réel strictement positif, on a :
 
∃η1 ∈ R∗+ , ∀x ∈ [0, 1], 0 ≤ x ≤ η1 =⇒ |fp (x) − fp (0)| ≤ ε ,

et :  
∃η2 ∈ R∗+ , ∀x ∈ [0, 1], 0 ≤ x ≤ η2 =⇒ |fq (x) − fq (0)| ≤ ε .

Pour x élément de [0, min(η1 , η2 )], on obtient :

|fp (0) − fq (0)| ≤ |fp (0) − fp (x)| + |fp (x) − fq (x)| + |fq (x) − fq (0)| ≤ 2ε + |fp (x) − fq (x)|.

De plus, on a :
 
∀(p, q) ∈ N2 , p ≥ N, q ≥ N =⇒ ∀x ∈ [0, min(η1 , η2 )], |fp (x) − fq (x)| ≤ ε .

Si p ≥ N et q ≥ N alors |fp (0) − fq (0)| ≤ 3ε.


On procède de même en 1, on en déduit que si p ≥ N et q ≥ N , alors :

p ≥ N, q ≥ N =⇒ ∀x ∈ [0, 1], |fp (x) − fq (x)| ≤ 3ε.

La suite (fn )n∈N vérifie le critère de Cauchy uniforme sur le segment [0, 1], donc elle converge
uniformément sur [0, 1].

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 188 — #554


i i

Chapitre 7
Séries de fonctions
X
7.1 a) Il est clair que vn (0) = 0, donc la série vn (0) converge.
n≥1

On suppose alors le réel x fixé compris strictement entre 0 et 1.


On a :
1
xn ≤ 1 − xn ⇐⇒ xn ≤ ⇐⇒ n ln x ≤ − ln 2.
2
Comme ln x < 0, alors :
ln 2
vn (x) = xn ⇐⇒ n ≥ − ·
  ln x
ln 2
L’entier Nx = E − + 1 où E désigne la fonction partie entière, est le plus petit entier
ln x
naturel n tel que x ≤ 1 − xn .
n

Si Nx est un entier supérieur ou égal à 2, on déduit :


n
X x −1
NX n
X
∀n ∈ N∗ , n ≥ Nx , vp (x) = (1 − xp ) + xp .
p=1 p=1 p=Nx
X
Le réel x est élément de ]0, 1[, donc la série géométrique xn converge, donc la série de
n≥1
X
fonctions vn (x) converge sur [0,1[.
n≥1
+∞
X
On note f (x) la somme de cette série, soit f (x) = vn (x).
n=1

     
1 2 4
b) On calcule f ,f et f ·
2 3 5
On a :
    +∞ +∞  n
ln 2 1 1 X n X 1
N1 = − + 1 = 2, donc : f =1− + x = = 1.
2 ln 12 2 2 n=2 n=1
2
    +∞  n
ln 2 2 2 X 2 1 4 1 5
N2 = − + 1 = 2, donc : f =1− + = + = ·
3 ln 23 3 3 n=2 3 3 9 1− 2
3
3
    +∞  n
ln 2 4 4 16 64 X 4
N4 = − + 1 = 4, donc : f =1− +1− +1− + ,
5 ln 54 5 5 25 125 n=4 5
donc :  
4 131 256 1 387
f = + 4 = ·
5 125 625 1 − 5
125

 
1 h 1
− − 1
h
c) Exprimons f (x) pour x élément de I0 = 0, et Ip = 2 p , 2 p+1 avec p entier naturel
2
non nul.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 189 — #555


i i

CORRIGÉS 189

• Si x est élément de I0 , on a :
1 ln 2
0<x< ⇐⇒ ln x < − ln 2 ⇐⇒ 0 < − < 1, donc : Nx = 1.
2 ln x
D’où :   +∞
1 X x
∀x ∈ 0, , f (x) = xn = ·
2 n=1
1−x
Comme f (0) = 0, alors :
x
∀x ∈ I0 , f (x) = ·
1−x

• Si x est élément de Ip avec p entier naturel non nul, on a :


1
−p 1
− p+1 1 1 ln 2
2 ≤x<2 ⇐⇒ − ln 2 ≤ ln x < − ln 2 ⇐⇒ p ≤ − < p + 1.
p p+1 ln x
D’où Nx = p + 1, on obtient :
p +∞
X X
∀x ∈ Ip , f (x) = (1 − xk ) + xk .
k=1 k=p+1

Soit :
x − xp+1 xp+1 2xp+1 − x
f (x) = p − + =p+ ·
1−x 1−x 1−x

d) Étude de la continuité de la fonction f sur [0, 1[.


La restriction de la fonction f sur chacun des intervalles Ip avec p entier naturel non nul est

une fraction rationnelle, donc continue sur I p .
1
−p
Étude de la continuité de la fonction f en 2 avec p entier naturel non nul.
On a : 1 1
−p p+1 −p
 1
−p
 2 (2 ) −2
f 2 =p+ 1 = p.
−p
1−2
1
− p+1 1
− p+1
p+1
2 (2 ) −2
lim f (x) = p + 1 = p + 1.
1 − − p+1
1−2


x−→ 2 p+1

Il est clair que :


1
−p
lim
−
f (x) = p et f (2 ) = p.
−1

x−→ 2 p

−1
On a montré la continuité de la fonction f en 2 p , donc la fonction f est continue sur ]0, 1[, la
x
continuité en 0 est immédiate car lim = f (0) = 0, donc la fonction f est continue sur
x−→0+ 1 − x
[0, 1[.

e) Étude de l’intégrabilité de la fonction f sur [0, 1[.


La fonction f est continue, donc localement intégrable sur [0, 1[.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 190 — #556


i i

190 CHAPITRE 7

On a :
−1 1 p−1 Z − 1
Z 2p Z 2 k+1
2 X

∀p ∈ N , f (x) dx = f (x) dx + f (x) dx.
−1
0 0 k=1 2 k

La fonction f est dérivable en tout point intérieur de l’intervalle Ip et :


i 1
− − 1
h 2(px − p − 1)xp + 1
∀x ∈ 2 p , 2 p+1 , f 0 (x) = − ·
(x − 1)2
i 1
− 1
h

On définit la fonction α sur 2 p , 2 p+1 par α(x) = 2(px − p − 1)xp + 1.
i 1
− 1
h

La fonction α est dérivable sur 2 p , 2 p+1 et α0 (x) = 2p(p + 1)(x − 1)xp−1 .

Il est immédiat que la fonction α0 est négative, donc la fonction α est décroissante.
 1  1 
− −
Comme α 2 p = p 2 p − 1 , donc négatif, alors la fonction α est négative.
On a ainsi montré que la fonction f est croissante sur Ip .
La fonction f est intégrable sur [0, 1[ si et seulement si la série à termes positifs βk définie par
1
Z 2− k+1
βk = 1
f (x) dx converge.

2 k
 1
 1 1

−k − k+1 −k
De la croissance de la fonction f , on déduit βk ≥ f 2 2 −2 .

On note :
1 1
 1 2− k 2 k(k+1) − 1
  
1 1 1 1 1
µk = f 2 − k 2− k+1 − 2− k = k 2− k 2 k − k+1 − 1 = · 1 ·
k+1 k(k+1)

On sait que :
2t − 1 ln 2
lim = ln 2, donc : µk ∼ ·
t−→0 t k
La série
Xharmonique diverge, du test d’équivalence des séries à termes positifs on déduit que la
série µk diverge, du test de comparaison des séries à termes positifs on déduit que la série
n≥1
X
βk diverge.
n≥1

On a montré que la fonction f n’est pas intégrable sur l’intervalle [0, 1[.

7.3 a) Montrons par récurrence la propriété P(n) : an ∈ [0, 1].


On sait que sin 1 est élément de [0, 1], donc a1 est élément [0,1], donc P(1).
Si P(n), alors an est élément de [0,1], comme la fonction sinus est croissante sur [0,1], alors
0 ≤ sin(an ) ≤ sin 1, donc an+1 est élément de [0, 1], donc la propriété P(n) est héréditaire,
vraie pour n = 1, donc :
∀n ∈ N∗ , 0 ≤ an ≤ 1.
Pour tout réel u, on a | sin u| ≤ |u|, comme an et an+1 sont positifs, alors 0 ≤ an+1 ≤ an , donc
la suite (an )n∈N∗ est décroissante, minorée par 0, donc elle converge vers l qui est un point fixe
de la fonction sinus.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 191 — #557


i i

CORRIGÉS 191

On définit la fonction f sur R par f (x) = sin x − x, la fonction f est dérivable sur R et
f 0 (x) = cos x − 1, donc f 0 (x) ≤ 0, la fonction f est continue, strictement décroissante sur R.
Comme f (0) = 0, alors l’équation f (x) = 0 admet une unique solution, le réel 0.
La suite (an )n∈N∗ converge vers 0.

x3
b) Au voisinage de 0, on sait que sin x = x − + o(x3 ), donc au voisinage de +∞, on a :
6
a3n
an+1 = an − + o(a3n ).
6
Soit α un réel, on a :
α α
a3n a2
  
aα α
n+1 − an = an − + o(a3n ) − aα α
n = an 1 − n + o(a2n ) −1 .
6 6

Au voisinage de +∞, on a :

a2n αa2n

1− + o(a2n ) =1− + o(a2n ),
6 6

donc :
αaα+2
aα α
n+1 − an = −
n
+ o(aα+2
n ).
6
On particularise α = −2, on obtient :
1
a−2 −2
n+1 − an ∼ ·
3
1
La série numérique de terme général est grossièrement divergente, donc les sommes
3
partielles des séries sont équivalentes, soit :
n−1
X n−1 n
(a−2 −2
p+1 − ap ) ∼ ∼ ·
p=1
3 3

n−1
X n
Par télescopie, on obtient (a−2 −2 −2 −2 −2
p+1 − ap ) = an − a1 , donc an ∼ .
p=1
3
r
3
Pour tout entier naturel n, le réel an est positif, donc an ∼ ·
n
X
c) Étude de la convergence ponctuelle de la série de fonctions un .
n≥1
   
On sait que sin R = [−1, 1] et sin [−1, 1] ⊂ [−1, 1], donc, pour tout réel x, on a vn (x)
élément de [−1, 1].
Comme
X sin x est du signe de x sur [−1, 1], alors vn (x) est du signe de x, donc la série de fonctions
un est une série alternée, vérifions le critère spécial des séries alternées.
n≥1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 192 — #558


i i

192 CHAPITRE 7

Pour tout réel x, on a | sin x| ≤ |x|, donc |un+1 (x)| ≤ |un (x)|, donc la suite (|un (x)|)n∈N∗
est décroissante, minorée par 0, donc convergente vers l avec l élément de [−1, 1] qui vérifie
| sin l| = |l|.
On distingue deux cas :
• Si l est élément de [0, 1], alors sin l et l sont positifs, comme | sin l| = |l| ⇐⇒ sin l = l, alors
l = 0.
• Si l est élément de [−1, 0], alors l et sin l sont négatifs, on obtient la même conclusion.

Pour tout réel x, la suite (|un (x)|)n∈N∗ est une suite de réels positifs, décroissante
X qui converge
vers 0, du théorème spécial des séries alternées on déduit que la série un (x) converge.
n≥1

X
Étude de la convergence uniforme de la série de fonctions un .
n≥1

Du théorème spécial des séries alternées on déduit que :


+∞
X

∀n ∈ N , ∀x ∈ R, un (x) ≤ |un+1 (x)|.



p=n+1

La fonction sinus est croissante sur [−1, 1], donc, pour tout réel x, on a | sin x| ≤ sin 1, donc
|un+1 (x)| ≤ an+1 , soit :
+∞
X

∀n ∈ N , ∀x ∈ R, un (x) ≤ an+1 .



p=n+1

On a montré à la question a) X que la suite (an )n∈N∗ converge vers 0, donc le reste d’ordre n de
la série alternée de fonctions un converge uniformément sur R vers la fonction nulle, donc
n≥1
X
la série de fonctions un converge uniformément sur R.
n≥1

X
Étude de la convergence normale de la série de fonctions un .
n≥1

Pour tout entier naturel n non nul, on a montré que ||un ||∞ = sup |un (x)| = an .
x∈R
r
3 X 1
Au voisinage de +∞ on a an ∼ et la série numérique √ diverge, du test d’équivalence
n n
n≥1
X X
des séries à termes positifs on déduit que la série an diverge, donc la série ||un ||∞ diverge,
n≥1 n≥1
X
donc la série de fonctions un ne converge pas normalement sur R.
n≥1

7.6
a) La fonction logarithme est concave, donc :

∀u ∈ R+ , ln(1 + u) ≤ u.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 193 — #559


i i

CORRIGÉS 193

D’où :  a  a
∀(n, x) ∈ N∗ × R∗ , 0 < ln 1 + ≤ ·
n2 x2 n2 x2
X 1
La série numérique est convergente, du théorème de comparaison des séries à termes
n2
n≥1
X  a 
positifs on déduit que, pour x réel non nul, la série ln 1 + 2 2 est convergente, donc
n x
n≥1
l’ensemble de définition de la fonction f est R∗ .
On remarque que la fonction f est paire.

b) Équivalent de la fonction f au voisinage de l’infini.


On pose :
+∞
√  X
 
1
g(x) = f x a = ln 1 + .
n=1
n2 x 2
On sait que :
u2
∀u ∈ R+ , u− ≤ ln(1 + u) ≤ u.
2
1
On particularise u = , on obtient :
n2 x2
 
1 1 1 1
∀(x, n) ∈ R∗ × N∗ , − ≤ ln 1 + ≤ 2 2·
n2 x2 2n4 x4 n2 x2 n x
X 1 X 1
Les séries et convergent, on somme de 1 à +∞, on obtient :
n2 n4
n≥1 n≥1

+∞ +∞ +∞
X 1 1 X 1 X 1
2
− 2 4
≤ x2 g(x) ≤ 2
·
n=1
n 2x n=1
n n=1
n

On déduit du théorème d’encadrement des fonctions que :


+∞
X 1 π2
lim x2 g(x) = 2
= ·
|x|−→+∞
n=1
n 6

π2 aπ 2
Au voisinage de +∞ ou −∞, on a g(x) ∼ , donc f (x) ∼ ·
6x2 6x2

Équivalent de la fonction f au voisinage de 0.


Soit x un réel fixé non nul. La fonction inverse est décroissante sur R∗+ , donc :
1 1 1
∀n ∈ N, n ≥ 2, ∀t ∈ [n − 1, n], ≤ 2 2 ≤ ·
n2 x2 t x (n − 1)2 x2
 
1
On pose un (x) = ln 1 + , on a :
n2 x2
 
1
un (x) ≤ ln 1 + ≤ un−1 (x).
t2 x2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 194 — #560


i i

194 CHAPITRE 7

On intègre entre n − 1 et n, on obtient :


Z n  
1
un (x) ≤ ln 1 + dt ≤ un−1 (x).
n−1 t2 x2
D’où : Z n+1   Z n  
1 1
ln 1 + 2 2 dt ≤ un (x) ≤ ln 1 + 2 2 dt. (1)
n t x n−1 t x
 
1
Soit x un réel non nul, on définit la fonction ϕ sur ]0, +∞[ par ϕ(t) = ln 1 + .
t2 x2
La fonction ϕ est continue, positive.
1 1
• Au voisinage de +∞, on a ϕ(t) ∼ et la fonction t ∈ [A, +∞[7−→ 2 2 est
x2 t 2 x t
intégrable sur [A, +∞[ avec A strictement positif, donc ϕ est intégrable sur [A, +∞[.
• Au voisinage de 0, on a ϕ(t) = ln(x2 t2 + 1) − 2 ln t − 2 ln |x|, comme la fonction logarithme
est intégrable sur ]0, a], alors la fonction ϕ est intégrable sur ]0, A].
La fonction ϕ est intégrable sur ]0, +∞[.

On somme de 1 à +∞ les inégalités (1), on obtient :


Z +∞   Z +∞  
1 1
ln 1 + 2 2 dt ≤ g(x) ≤ ln 1 + 2 2 dt. (2)
1 t x 0 t x
1
La fonction t 7−→ est un C 1 -difféomorphisme strictement décroissant de ]0, +∞[ sur
x2 t 2
1
]0, +∞[, on effectue le changement de variable u = 2 2 dans chaque intégrale, on obtient :
t x
Z +∞   Z +∞
1 1 ln(1 + u)
ln 1 + 2 2 dt = 3 du,
0 t x 2|x| 0 u2
Z +∞   Z 1
1 1 x2 ln(1 + u)
ln 1 + 2 2 dt = 3 du.
1 t x 2|x| 0 u2
Soient a et b deux réels strictement positifs, on intègre par parties :
Z b  b Z b
ln(1 + u) ln(1 + u) du
3 du = −2 √ +2 √ ·
a u 2 u a a (1 + u) u

On effectue le changement de variable v = u, on obtient :
Z b  b Z √b
ln(1 + u) ln(1 + u) dv
3 du = −2 √ +4 √ 2 +1
·
a u2 u a a v
D’où :
Z b
ln(1 + u) ln(1 + a) ln(1 + b) √ √
3 du = 2 √ −2 √ + 4 arctan b − 4 arctan a.
a u 2 a b
ln(1 + a) √ ln(1 + b)
Au voisinage de 0, on a √ ∼ a et lim √ = 0, donc :
a b−→+∞ b
Z +∞
ln(1 + u)
3 du = 2π,
0 u2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 195 — #561


i i

CORRIGÉS 195

et : Z 1    
x2 ln(1 + u) 1 1
3 du = 4 arctan − 2|x| ln 1 + 2 .
0 u2 |x| x
On déduit de l’inégalité (2) que :
   
2 1 1 π
arctan − ln 1 + 2 ≤ g(x) ≤ ·
|x| |x| x |x|

Donc :  
1
2 arctan − |x| ln(1 + x2 ) + |x| ln x2 ≤ |x|g(x) ≤ π·
|x|
On déduit du théorème d’encadrement des fonctions que lim |x|g(x) = π.
x−→0

π π a
Au voisinage de 0, on obtient g(x) ∼ , donc f (x) ∼ ·
|x| |x|

7.7
On rappelle que :
+∞ n
X ζ
∀ζ ∈ R, eζ = · (1)
n=0
n!

a) Montrer que la fonction gn est définie sur [0, T ].


Soient n un entier naturel non nul et t un réel élément de [0, T ].
On définit la suite de fonctions (βk )k∈N sur [0, T ] par :

(−1)k −nk(t−u) f (u)  −n(t−u) k


βk (u) = e f (u) = −e .
k! k!
La fonction f est continue sur [0, T ], donc, pour tout entier naturel k, la fonction βk est continue
sur le segment [0, T ], donc intégrable sur ce segment.
−n(t−u)
X particularise ζ = −e
On dans (1), on en déduit la convergence de la série de fonctions
βk et :
k≥0
+∞
X  
∀u ∈ [0, T ], βk (u) = f (u) exp −e−n(t−u) .
k=0

La fonction f est continue sur le segment [0, T ], donc bornée sur ce segment, soit :

∀u ∈ [0, T ], |f (u)| ≤ ||f ||∞ avec ||f ||∞ = sup |f (u)|.


u∈[0,T ]

Donc :
||f ||∞ nkT ||f ||∞ nkT
∀k ∈ N, ∀u ∈ [0, T ], |βk (u)| ≤ e , d0 où : ||βk ||∞ ≤ e .
k! k!

Soit t un réel élément de [0, T ] fixé, en particularisant ζ = enT dans (1) on déduit que la série
X enT k +∞ k
enT
  
X X
numérique converge et = exp enT , donc la série de fonctions βk
k! k!
k≥0 k=0 n≥0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 196 — #562


i i

196 CHAPITRE 7

converge normalement,donc uniformément sur le segment [0, T ], donc on peut permuter série
et intégrale, soit : !
+∞ Z T
X +∞
Z T X
βk (u) du = βk (u) du,
k=0 0 0 k=0
donc :
+∞
(−1)k T −nk(t−u)
X Z Z T  
e f (u) du = f (u) exp −e−n(t−u) du.
k! 0 0
k=0

Pour tout entier naturel n non nul, la fonction gn est définie sur [0, T ] et :
Z T  
gn (t) = f (u) exp −e−n(t−u) du.
0

La fonction f est continue sur [0, T ], donc les fonctions :

(t, u) ∈ [0, T ]2 7−→ u 7−→ f (u),


et :
∀n ∈ N∗ , (t, u) ∈ [0, T ]2 7−→ −n(t − u) 7−→ e−n(t−u) ,
sont continues sur [0, T ]2 , donc la fonction :

∀n ∈ N∗ , (t, u) ∈ [0, T ]2 7−→ e−n(t−u) f (u),

est continue sur le pavé [0, T ]2 de R2 .


Du théorème de continuité d’une intégrale dépendant d’un paramètre, pour tout entier naturel
n non nul, on déduit que les fonctions gn sont continues sur le segment [0, T ].

b) Soient n un entier naturel non nul et tun réel élément


 de [0, T ], on définit la suite de fonctions
(αn,t )n∈N∗ sur [0, T ] par αn,t (u) = exp −e−n(t−u) f (u).
On a : Z T
∀t ∈ [0, T ], gn (t) = αn,t (u) du.
0
On applique le théorème de convergence dominée sur un segment.
• Si le réel u est élément de [0, t[, alors :
 
lim (−n(t − u)) = −∞ =⇒ lim e−n(t−u) = 0 =⇒ lim exp −e−n(t−u) = 1.
n−→+∞ n−→+∞ n−→+∞

• Si le réel u est élément de ]t, T ], alors :


 
lim (−n(t − u)) = +∞ =⇒ lim e−n(t−u) = +∞ =⇒ lim exp −e−n(t−u) = 0.
n−→+∞ n−→+∞ n−→+∞

La suite de fonctions (αn,t )n∈N∗ converge simplement vers la fonction αt définie sur [0, T ] par :
• Si t ∈]0, T [, alors :
f (u) si 0 ≤ u < t





αt (u) = e−1 f (t) si u = t .




0 si t < u ≤ T

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 197 — #563


i i

CORRIGÉS 197

• Si t = 0, alors :  −1
 e f (0) si u = 0
α0 (u) = .
si 0 < u ≤ T

0
• Si t = T , alors : 
 f (u) si 0 ≤ u < T
αT (u) = .
e−1 f (T ) si u = T

La suite (αn,t )n∈N∗ converge simplement sur [0, T ] vers la fonction αt .


La fonction αt est continue par morceaux sur le segment [0, T ], donc intégrable sur [0, T ].
On a :
∀(u, t) ∈ [0, T ]2 , |αn,t (u)| ≤ |f (u)| ≤ ||f ||∞ ,
et comme la fonction constante ||f ||∞ est intégrable sur le segment [0, T ], alors les hypothèses
du théorème de convergence dominée sur un segment sont vérifiées, donc :
Z T  Z T Z t
lim gn (t) = lim αn,t (u) du = αt (u) du = f (u) du.
n−→+∞ n−→+∞ 0 0 0

La suite de fonctions (gn )n∈N∗ converge simplement sur [0, T ] vers la primitive de la fonction f
qui s’annule en 0.

c) On suppose qu’il existe un réel a positif tel que :


Z T
pu

∀p ∈ N,
e f (u) du ≤ a.

0

Soient n un entier naturel non nul et t un réel élément de [0, T ], en particularisant u = e−nt
X e−knt
dans (1) on déduit que la série de fonctions t 7−→ converge et :
k!
k≥1

+∞ −knt
X e
∀n ∈ N∗ , = exp e−nt − 1.

∀t ∈ [0, T ],
k!
k=1

Comme :
+∞ Z T +∞
(−1)k (−1)k −knt T knu
X X Z
e−kn(t−u) f (u) du = e e f (u) du,
k! 0 k! 0
k=1 k=1

alors :
+∞ +∞ +∞ −knt
Z T X −knt T
(−1)k
Z
e e
X X
−kn(t−u)
eknu f (u) du ≤ a

e f (u) du ≤ ·

k! k! k!


k=1 0
k=1 0 k=1

Donc :
+∞ Z T
(−1)k
X  
∗ −kn(t−u)
f (u) du ≤ a exp e−nt − 1 .

∀n ∈ N , ∀t ∈ [0, T ], e

k!


k=1 0

De plus :  
exp e−nt − 1

∀t ∈]0, T ], lim = 0,
n−→+∞

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 198 — #564


i i

198 CHAPITRE 7

et :
+∞ Z T Z T
X (−1)k
e−kn(t−u) f (u) du = gn (t) − f (u) du.
k! 0 0
k=1

Pour tout réel t élément de ]0, T ], on a montré que :


+∞ Z T !
X (−1)k −kn(t−u)
• lim e f (u) du = 0.
n−→+∞ k! 0
k=1
Z t
• lim gn (t) = f (u) du.
n−→+∞ 0
Donc : Z T
∀t ∈]0, T ], f (u) du = 0.
t
Z T
On définit la fonction F sur [0, T ] par F (t) = f (u) du.
t

La fonction F est dérivable sur [0, T ] et F 0 = −f .


Comme :
∀t ∈]0, T ], F (t) = 0 =⇒ F 0 (t) = 0 =⇒ f (t) = 0.
La fonction f est nulle sur ]0, T ], continue sur [0, T ], donc f (0) = lim f = 0, on en déduit que
0+
la fonction f est la fonction nulle sur le segment [0, T ].

7.8
n
X 1
a) On définit la suite de fonctions (un )n∈N sur R \ Z par un (x) = ·
p=−n
x+p
On a :
n n n n
1 X 1 X 1 1 X 2x 1 X 2x
un (x) = + + = + = − ·
x p=1 x + p p=1 x − p x p=1 x2 − p2 x p=1 p2 − x2

1 1 X 1
Pour x réel non entier fixé, au voisinage de +∞ on a ∼ 2 , comme la série
p2 −x 2 p p2
p≥1
X 1
converge, alors la série converge, donc la suite de fonctions (un )n∈N converge sim-
p2 − x2
p≥1
plement sur R \ Z, donc la fonction f est définie sur D = R \ Z et :
+∞
1 X 2x
∀x ∈ D, f (x) = − · (1)
x n=1 n2 − x2

b) Si x est élément de D, alors −x est élément de D, de la formule (1) on déduit que la fonction
f est impaire.

L’ensemble D est stable par la translation x 7−→ x + 1 et :


n
X 1
∀n ∈ N∗ , ∀x ∈ D, un (x + 1) = ·
p=−n
x+1+p

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 199 — #565


i i

CORRIGÉS 199

On effectue le changement d’indice l = p + 1, on obtient :


n+1 n
X 1 X 1 1 1
un (x + 1) = = + − ·
x+l x+l x+n+1 x−n
l=−n+1 l=−n

Donc :
1 1
un (x + 1) = un (x) + − ·
x+n+1 x−n
On fait tendre n vers +∞ dans l’égalité précédente, on obtient :
∀x ∈ D, f (x + 1) = f (x).
La fonction f est 1-périodique.

1
Si 2x est élément de D, alors x et x + sont éléments de D.
2
Soit n un entier naturel non nul, en séparant les indices pairs et impairs, on obtient :
2n n n−1
X 1 X 1 X 1
u2n (2x) = = + ,
p=−2n
2x + p j=−n
2x + 2j j=−n
2x + 2j + 1

n n−1
!
1 X 1 X 1
u2n (2x) = + ,
2p=−n
x + p p=−n x + p + 12
n n
!
1 X 1 X 1 1
u2n (2x) = + 1 − ,
2 p=−n
x + p p=−n
x + 2
+ p 2x + 2n +1
soit :   
1 1 1
u2n (2x) = un (x) + un x + − ·
2 2 2x + 2n + 1
On fait tendre n vers +∞ dans l’égalité précédente, on obtient :
  
1 1 1
∀x ∈ R \ Z, f (2x) = f (x) + f x + .
2 2 2

c) Soit g la fonction définie sur D par g(x) = f (x) − π cotan(πx).


La fonction cotan est π-périodique, donc la fonction g est 1-périodique.
La fonction cotan est continue sur ]0, π[, donc la fonction g est continue sur D si et seulement
si la fonction f est continue sur ]0, 1[.
+∞
X 2x
Soit h la fonction définie sur ] − 1, 1[ par h(x) = ·
n=1
n2 − x 2
Montrons la continuité de la fonction h sur ] − 1, 1[, pour cela il suffit de montrer la convergence
normale de la série de fonctions sur [−a, a] avec a élément de ]0, 1[.
On a :
1 1
∀n ∈ N∗ , ∀x ∈ [−a, a], x2 ≤ a2 =⇒ 0 < ≤ 2 ·
n2 − x 2 n − a2
Donc :
2x 2a
∀n ∈ N∗ , ∀x ∈ [−a, a], n 2 − x 2 ≤ n 2 − a2 ·

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 200 — #566


i i

200 CHAPITRE 7

2a 2a
Au voisinage de +∞, on a ∼ 2·
n 2 − a2 n
X 2a
Du test d’équivalence des séries à termes positifs, on déduit que la série converge,
n 2 − a2
n≥1
X 2x
donc la série de fonctions x 7−→ est normalement convergente sur [−a, a], donc
n2 − x2
n≥1
X 2x
la série de fonctions x 7−→ est uniformément convergente sur tout compact inclus
n2 − x2
n≥1
dans ] − 1, 1[.
2x
Pour tout entier naturel n non nul, les fonctions x 7−→ sont continues sur ] − 1, 1[, donc
n2 − x 2
la fonction h qui est la somme uniforme sur tout compact de ] − 1, 1[ d’une suite de fonctions
continues sur ] − 1, 1[ est continue sur ] − 1, 1[, donc en particulier la fonction h est continue sur
]0, 1[.
1
La fonction f définie sur D par f (x) = − h(x) est continue sur ]0, 1[, donc la fonction g
x
est continue sur ]0, 1[ et par 1-périodicité la fonction g est continue sur D.

Montrons que l’on peut prolonger par continuité la fonction g en 0.


Au voisinage de 0, on a :

π cos(πx) π(1 + o(x)) 1 1 + o(x) 1


π cotan(πx) = = = = + o(1).
sin(πx) πx + o(x2 ) x 1 + o(x) x

Donc :  
1 1
g(x) = − h(x) − + o(1) = −h(x) + o(1).
x x
Comme h(0) = 0, alors lim g(x) = 0, on prolonge par continuité la fonction g en 0 en posant
x−→0
g(0) = 0.
La fonction g est 1-périodique, donc en posant, pour tout entier relatif ν, g(ν) = 0, la fonction
g admet un prolongement continu sur R.

d) On définit la fonction ζ sur D par ζ(x) = π cotan(πx).


1 π cos(2πx) π(cos2 (πx) − sin2 (πx)
∀x ∈ R \
Z, ζ(2x) = = ,
2 sin(2πx) 2 sin(πx) cos(πx)
 
π cos(πx) sin(πx) π
ζ(2x) = − = ( cotan(πx) − tan(πx)) .
2 sin(πx) cos(πx) 2
  
1 1
Comme cotan π x + = − tan(πx), pour tout réel x élément de R \ Z, on a :
2 2
      
π 1 1 1
ζ(2x) = cotan(πx) + cotan π x + = ζ(x) + ζ x + .
2 2 2 2

On a montré à la question b) que :


  
1 1 1
∀x ∈ R \ Z, f (2x) = f (x) + f x+ ,
2 2 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 201 — #567


i i

CORRIGÉS 201

donc :   
1 1 1
∀x ∈ R \ Z, g(2x) = g(x) + g x + . (2)
2 2 2
On a montré à la question précédente que la fonction g admet un prolongement continu sur R,
donc la relation (2) est vérifiée pour tout réel x.
La fonction |g| est continue sur le segment [0,1], donc la fonction |g| est bornée sur ce segment
et atteint ses bornes.
Il existe un réel c élément de [0,1] tel que |g(c)| = ||g||∞ où ||g||∞ = sup |g(x)|, la fonction g
x∈[0,1]
est 1-périodique on a également ||g||∞ = sup |g(x)|.
x∈R

On déduit de (2) que :


     
1 c c + 1 1   c  
|g(c)| ≤ + g ≤ + |g(c)| ,
2 2 2 2 2
g g

donc :
c
 
|g(c)| ≤ g ·
2
c
 
Comme |g(c)| = ||g||∞ , alors g = ||g||∞ .
2
On montre par récurrence que :
c
 
∀n ∈ N, g n = ||g||∞ .

2
On fait tendre n vers +∞, on obtient ||g||∞ = g(0) = 0, donc la fonction g est la fonction nulle
sur R, donc :
+∞ +∞
X 1 1 X 2x
∀x ∈ R \ Z, π cotan(πx) = = − ·
n=−∞
x+n x n=1 n2 − x2

On pose u = πx, on obtient :


+∞
1 X 2u
∀u ∈ R \ πZ, cotan(u) = + ·
u n=1 u2 − n2 π 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 202 — #568


i i

Chapitre 8

Séries entières
8.4 On a :  
d a bc − ad 1
∀z ∈ C \ − , f (z) = + c ·
c c cd 1+ z
d
On rappelle que :
+∞
1 X
∀z ∈ C, |z| < 1, = (−1)n z n .
1+z n=0

Donc :
+∞
d a bc − ad X  c n
∀z ∈ C, |z| < , f (z) = + (−1)n zn.
c c cd n=0 d
D’où :
+∞
d az + b a bc − ad X  c n
∀z ∈ C, |z| < , = + (−1)n zn.
c cz + d c cd n=0 d

8.7 La fonction f est deux fois dérivable sur ] − 1, 1[ et :

2 2 2x
∀x ∈] − 1, 1[, f 0 (x) = √ arcsin x et f 00 (x) = + 3 arcsin x,
1 − x2 1 − x2 (1 − x2 ) 2

d’où :
2x
arcsin x = 2 + xf 0 (x).
(1 − x2 )f 00 (x) = 2 + √
1 − x2
 (1 − x2 )y 0 − xy = 2

0
La fonction f vérifie le problème de Cauchy (P C) : ·
y(0) = 0

On suppose qu’il existe un réel R strictement positif inférieur ou égal à 1 et une suite (an )n∈N
de nombres réels telle que :
+∞
X
∀x ∈] − R, R[, y(x) = an xn .
n=0

Comme y(0) = 0, alors a0 = 0, soit :

+∞
X +∞
X
y(x) = an xn et y 0 (x) = nan xn−1 .
n=1 n=1

La fonction y est solution de (P C) si et seulement si :

+∞
X +∞
X +∞
X
(1 − x2 ) nan xn−1 − an xn+1 = a1 + 2a2 x + ((n + 1)an+1 − nan−1 )xn = 2.
n=1 n=1 n=2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 203 — #569


i i

CORRIGÉS 203

De l’unicité de la décomposition en série entière, on déduit que :


a = 2
1




a2 = 0 ·




∀n ∈ N, n ≥ 2, (n + 1)an+1 = nan−1
On montre par récurrence que :
2.4. · · · .2n 22n+1 (n!)2
∀n ∈ N, a2n = 0 et a2n+1 = a1 = ·
3.5. · · · .(2n + 1) (2n + 1)!
Comme :
a2n+1 2n + 3
lim = lim = 1,
a2n+3
n−→+∞ n−→+∞ 2n + 1

alors le rayon de convergence de la série entière est égal à 1, on a :


+∞
X (2n n!)2 2n+1
∀x ∈] − 1, 1[, y(x) = 2 x .
n=0
(2n + 1)!

Une série entière converge uniformément sur tout compact inclus dans son intervalle de conver-
gence.
X (2n n!)2 2n+1

Soit x un réel élément de ] − 1, 1[, la série de fonctions t 7−→ t converge
(2n + 1)!
n≥0
uniformément sur le segment d’extrémités 0 et x, on peut permuter série et intégrale, comme :
Z x
∀x ∈] − 1, 1[, f (x) = f 0 (t) dt + f (0),
0

alors :
+∞
X 22n (n!)2
∀x ∈] − 1, 1[, f (x) = x2n+2 .
n=0
(n + 1) (2n + 1)!

8.10 On définit la suite de fonctions (un )n∈N sur Bf (0, 1) par un (z) = an z n .

Comme Bo (0, 1) est incluse dans Bo (0, 1), alors, l’implication i) =⇒ ii) est immédiate.

Montrons l’implication ii) =⇒ iii).


X
On traduit à l’aide du critère de Cauchy uniforme la convergence uniforme de la série un
n≥0
sur Bo (0, 1), soit :
∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N, ∀(n, p) ∈ N × N∗ ,
n+p
X
l
n ≥ N =⇒ ∀z ∈ Bo (0, 1), al z ≤ ε. (1)


l=n
n+p
X
Le polynôme z 7−→ al z l est continu sur C, donc :
l=n

n+p n+p
!
X X
∀θ ∈ R, lim al z l = al eilθ .
z−→eiθ
z∈Bo (0,1) l=n l=n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 204 — #570


i i

204 CHAPITRE 8

On fait tendre z élément de Bo (0, 1) vers eiθ dans (1), on obtient :


n+p !
X
∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N, ∀(n, p) ∈ N × N , ∗
n ≥ N =⇒ ∀θ ∈ R, ilθ
al e ≤ ε .



l=n

X
La série de fonctions un satisfait le critère de Cauchy uniforme sur Γ, donc la série de
n≥0
X
fonctions un converge uniformément sur le cercle d’incertitude Γ.
n≥0

L’implication ii) =⇒ iii) est vérifiée.

Il nous reste à prouver que l’implication iii) =⇒ i) est vérifiée.


Soient N un entier naturel non nul et θ un réel.
X
On suppose que la série de fonctions un converge uniformément sur le cercle d’incertitude
n≥0
+∞
X
Γ, donc le reste d’ordre N − 1 existe. On note ρN (θ) = an einθ .
n=N
X
La série de fonctions un converge uniformément sur Γ, donc la suite (ρN )n∈N∗ converge
n≥0
uniformément sur R vers la fonction nulle.
Soient ε un réel strictement positif et z un élément de Bo (0, 1) que l’on écrit z = reiθ avec
0 ≤ r < 1 et θ un réel.
Comme :
+∞
X +∞
X
∀z ∈ Bo (0, 1), an z n = an rn einθ ,
n=N n=N

et :
+∞
X +∞
X
∀n ∈ N, ρn (θ) = ap eipθ = an einθ + ap eipθ = an einθ + ρn+1 (θ).
p=n p=n+1

On utilise une transformation d’Abel, on obtient :

+∞
X +∞
X +∞
X +∞
X
an z n = (ρn (θ) − ρn+1 (θ)) rn = ρn (θ) rn − ρn+1 (θ) rn ,
n=N n=N n=N n=N

+∞
X +∞
X +∞
X
an z n = ρN (θ) rN + ρn (θ) rn − ρn (θ) rn−1 ,
n=N n=N +1 n=N +1

+∞
X +∞
X
an z n = ρN (θ) rN + ρn (θ)(rn − rn−1 ).
n=N n=N +1

D’où : +∞ !
X +∞
X
n n−1 n
an z ≤ sup |ρn (θ)| 1 + (r −r ) .


n≥N
n=N n=N +1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 205 — #571


i i

CORRIGÉS 205

+∞
X
Le réel r est élément de [0, 1[, donc (rn−1 − rn ) = rN , soit :
n=N +1

+∞
X
n
∀z ∈ Bo (0, 1), an z ≤ 2 sup |ρn (θ)|.


n≥N
n=N

On fait tendre r vers 1− dans l’inégalité précédente, du théorème d’Abel-Dirichlet on déduit :


+∞
X
n
∀z ∈ Bf (0, 1), an z ≤ 2 sup |ρn (θ)|.


n≥N
n=N

La suite (ρn )n∈N converge uniformément sur R vers la fonction nulle donc :
 
∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ n0 =⇒ |ρn (θ)| ≤ ε .

Donc : +∞
X
n
∀n ∈ N, n ≥ n0 , ∀z ∈ Bf (0, 1), an z ≤ 2ε.



n=N
X
Le reste d’ordre N − 1 de la série de fonctions un converge uniformément sur Bf (0, 1) vers
n≥0
X
la fonction nulle, donc la série de fonctions un converge uniformément sur Bf (0, 1).
n≥0

L’implication iii) =⇒ i) est vérifiée, donc i) =⇒ ii) =⇒ iii) =⇒ i).


Les propriétés sont toutes équivalentes.

X
Remarque. La série de fonctions un converge uniformément sur tout compact inclus
n≥0
dans Bo (0, 1), si on a la convergence uniforme sur le disque ouvert de convergence, alors on
a également la convergence uniforme sur le cercle d’incertitude Γ et sur le disque fermé de
convergence.

8.12 Partie 1 : série entière de rayon de convergence réel.

a) Les réels bn sont positifs, donc la fonction g est croissante sur [0, 1[, du théorème de la limite
monotone, on déduit que la fonction g admet, lorsque x tend vers 1− , une limite soit réelle soit
égale à +∞.
On a :
n
X
∀x ∈ [0, 1[, ∀n ∈ N, 0≤ bp xp ≤ g(x).
p=0

Si lim g(x) = l, alors en faisant tendre x vers 1− dans l’inégalité précédente, on obtient :
x−→1−

n
X
∀n ∈ N, 0≤ bp ≤ l.
p=0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 206 — #572


i i

206 CHAPITRE 8

n
!
X
La suite bp est croissante et majorée par l, donc elle converge ce qui contredit notre
p=0 n∈N
X
hypothèse « la série bn diverge », donc notre hypothèse « lim g(x) = l » est fausse, donc
x−→1−
n≥0
lim g(x) = +∞.
x−→1−

b) On suppose que an = O(bn ), soit :

∃M ∈ R+ , ∀n ∈ N, |an | ≤ M bn .
     
X n
X n
X n
Donc Rcv  an x  ≥ Rcv  M bn x , comme Rcv  bn x  = 1, alors le rayon de
n≥0 n≥0 n≥0
X n
convergence de la série entière an x est supérieur ou égal à 1, donc l’ensemble de définition
n≥0
de la fonction f contient l’intervalle ouvert ] − 1, 1[.
Pour tout entier naturel n, les réels bn sont positifs, donc :
+∞ +∞ +∞
X X X
n
∀x ∈ [0, 1[, |f (x)| ≤ an x ≤ |an |xn ≤ M bn xn .


n=0 n=0 n=0

Donc :
∀x ∈ [0, 1[, |f (x)| ≤ M g(x).

Au voisinage de 1 , on a f (x) = O(g(x)).

c) On suppose que an = o(bn ), soit :


 
∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N =⇒ |an | ≤ εbn .

X
De même, on montre que le rayon de convergence de la série entière an xn est supérieur ou
n≥N
égal à 1, donc l’ensemble de définition de la fonction f contient l’intervalle ouvert ] − 1, 1[.
Pour tout réel x élément de [0, 1[, on a :
+∞
X N
X +∞
X
f (x) = an x n = ap xp + ap xp .
n=0 p=0 p=N +1

Pour tout entier naturel n, les réels bn sont positifs, donc :


+∞ +∞
XN X XN X
p
|f (x)| ≤ ap x + |ap |xp ≤ |ap | xp + ε bp xp ,


p=0 p=N +1 p=0 p=N +1

soit :
N
X +∞
X N
X
∀x ∈ [0, 1[, |f (x)| ≤ |ap | + ε bp xp ≤ |ap | + εg(x).
p=0 p=N +1 p=0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 207 — #573


i i

CORRIGÉS 207

N
X
|ap |
p=0
Comme lim g(x) = +∞, alors lim = 0, donc :
x−→1− x−→1− g(x)
N
X
|ap |
p=0
∃x0 ∈]0, 1[, ∀x ∈ [x0 , 1[, 0≤ ≤ ε.
g(x)
On en déduit que :
∀x ∈ [x0 , 1[, |f (x)| ≤ 2εg(x).
Au voisinage de 1− , on a f (x) = o(g(x)).

d) Soit λ un réel non nul.


Au voisinage de +∞, on a an ∼ λbn , alors an − λbn = o(bn ), donc :
 
∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N =⇒ |an − λbn | ≤ εbn .
     
X X X
Comme Rcv  (an − λbn )xn  ≥ Rcv  εbn xn  et Rcv  bn xn  = 1, alors le rayon
n≥0 n≥0 n≥0
X
de convergence de la série entière (an − λbn )xn est supérieur ou égal à 1, donc le rayon de
n≥0
X X X
convergence de la série somme an xn = (an − λbn )xn + λ bn xn est supérieur ou égal
n≥0 n≥0 n≥0
à 1, donc l’ensemble de définition de la fonction f contient l’intervalle ouvert ] − 1, 1[ et :
+∞
X +∞
X +∞
X
∀x ∈] − 1, 1[, f (x) − λg(x) = an xn − λ bn xn = (an − λbn )xn .
n=0 n=0 n=0

De la question c) on déduit que :


∃x0 ∈]0, 1[, ∀x ∈ [x0 , 1[, f (x) − λg(x) = o(g(x)).

Au voisinage de 1− , on a :
f (x) ∼ λg(x).
e) Applications.

e1 ) Soit ν un entier naturel non nulXfixé, déterminons à l’aide du critère de d’Alembert le rayon
de convergence de la série entière nν x n .
n≥1

On a : −ν


1
lim = lim 1 + = 1.
n−→+∞ (n + 1)ν n−→+∞ n
X ν n
Le rayon de convergence de la série entière n x est égal à 1.
n≥1
+∞
X
On définit la fonction f sur ] − 1, 1[ par f (x) = nν xn .
n=1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 208 — #574


i i

208 CHAPITRE 8

Déterminons un équivalent, lorsque x tend vers 1− , de la fonction f .


On sait que :
+∞  
ν! X ν+n
∀x ∈] − 1, 1[, = ν! xn ,
(1 − x)ν+1 n
n=0
avec :  
ν+n (ν + n)! (n + 1)(n + 2) · · · (n + ν)
= = ·
n n! ν! ν!
 
ν+n
Pour n entier voisin de +∞, on a ν! ∼ nν .
n
 
ν+n
Pour tout entier naturel n non nul, on particularise an = nν et bn = ν! , on a montré
n

que an ∼ bn , de la question d) on déduit qu’au voisinage de 1 , on a :
+∞ +∞  
X X ν+n
nν xn ∼ ν! xn .
n
n=0 n=0

Au voisinage de 1− , on a :
+∞
X ν! ν!
nν xn ∼ , donc : f (x) ∼ ·
n=1
(1 − x)ν+1 (1 − x)ν+1

eX
2 ) Déterminons à l’aide du critère de d’Alembert le rayon de convergence de la série entière
(ln n) xn .
n≥1

On a :
1 1
 
ln(n + 1) ln n + ln 1 + n
ln 1 + n
∀n ∈ N, n ≥ 2, ln n > 0, donc : = =1+ ·
ln n ln n ln n
ln 1 + n1

ln(n + 1)
Comme lim = 0, alors lim = 1, donc le rayon de convergence
n−→+∞ ln n n−→+∞ ln n
X
de la série entière (ln n) xn est égal à 1.
n≥1
+∞
X
On définit la fonction g sur ] − 1, 1[ par g(x) = (ln n) xn .
n=1
n n
X 1 X 1
On a ln n ∼ , on particularise an = ln n et bn = , de la question d) on déduit qu’au
p=1
p p=1
p
voisinage de 1− , on a : !
+∞ n
X X 1
g(x) ∼ xn .
n=1 p=1
p
+∞ n
!
X X 1
Pour la somme xn on reconnaît la somme du produit de Cauchy des développe-
n=1 p=1
p
1
ments en séries entières des fonctions x 7−→ − ln(1 − x) et x 7−→ .
1−x

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 209 — #575


i i

CORRIGÉS 209

Comme
+∞ n +∞
X x 1 X
∀x ∈] − 1, 1[, − ln(1 − x) = et = xn ,
n=1
n 1−x n=0

ln(1 − x)
alors, au voisinage de 1− , on obtient g(x) ∼ − ·
1−x
r
n X xn
e3 ) Comme lim = 1, alors le rayon de convergence de la série entière √ est
n−→+∞ n+1 n
n≥1
égal à 1.
+∞
X xn
On définit la fonction h sur ] − 1, 1[ par h(x) = √ ·
n=1
n
1
La fonction x 7−→ √ admet un développement en série entière, au voisinage de 0 :
1−x
+∞
1 X (2n)!
∀x ∈] − 1, 1[, √ =1+ 2n (n!)2
xn .
1−x n=1
2

De la formule de Stirling on déduit au voisinage de +∞ :



(2n)! 4πn (2n)2n e−2n 1
∼ 2n ∼ √ ·
2n
2 (n!) 2 2 2πn n2n e−2n πn

1 π (2n)!
Pour n entier naturel non nul, on particularise an = √ et bn = 2n , de la question d)
n 2 (n!)2

on déduit qu’au voisinage de 1 , on a :
+∞
√ X (2n)!
h(x) ∼ π xn .
n=1
22n (n!)2
r
π
Au voisinage de 1− , on a h(x) ∼ ·
1−x
 
1 1
Lorsque n tend vers +∞, on a sin √ ∼ √ ·
n n
 
1 1
Dans la question d) on particularise an = √ , bn = sin √ et λ = 1.
n n
   
X xn X 
1

Comme Rcv  √  = 1, alors Rcv  sin √ xn  ≥ 1.
n≥1
n n≥1
n
 
   
X 1 X 1
La série numérique sin √ diverge, donc Rcv  sin √ xn  = 1.
n≥1
n n≥1
n

Au voisinage de 1− , on a :
+∞ +∞
xn
  r
X 1 X π
sin √ xn ∼ √ ∼ ·
n=1
n n=1
n 1 − x

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 210 — #576


i i

210 CHAPITRE 8

+∞
!
√ √
 
X 1 n
Donc lim 1−x sin √ x = π.
x−→1−
n=1
n

Partie 2 : série entière de rayon de convergence +∞.

a) On suppose que an = O(bn ), soit :

∃M ∈ R+ , ∀n ∈ N, |an | ≤ M bn .
     
X n
X n
X n
Donc Rcv  an x  ≥ Rcv  M bn x , comme Rcv  bn x  = +∞, alors le rayon
n≥0 n≥0 n≥0
X
de convergence de la série entière an xn est égal à +∞, donc l’ensemble de définition de la
n≥0
fonction f est R.
Pour tout entier naturel n, les réels bn sont positifs, donc :
+∞ +∞ +∞
X X X
n
∀x ∈ [0, +∞[, |f (x)| ≤ an x ≤ |an | xn ≤ M bn xn .


n=0 n=0 n=0

Donc :
∀x ∈ [0, +∞[, |f (x)| ≤ M g(x).
Au voisinage de +∞, on a f (x) = O(g(x)).

b) On suppose que an = o(bn ), soit :


 
∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N =⇒ |an | ≤ εbn .
X
De même, on montre que le rayon de convergence de la série entière an xn est égal à +∞,
n≥N
donc l’ensemble de définition de la fonction f est R.
Pour tout réel x élément de [0, +∞[, on a :
+∞
X N
X +∞
X
f (x) = an x n = ap x p + ap xp .
n=0 p=0 p=N +1

Pour tout entier naturel n, les réels bn sont positifs, donc :


N +∞ N +∞
X X X X
p
|f (x)| ≤ ap x + |ap |xp ≤ |ap | xp + ε bp xp .


p=0 p=N +1 p=0 p=N +1

N
X
On définit le polynôme P de degré au plus N par P (x) = |ap |xp , on obtient :
p=0

∀x ∈ [0, +∞[, |f (x)| ≤ |P (x)| + εg(x).


Pour n entier naturel non nul, les réels bn sont strictement positifs, donc :

∀x ∈]0, +∞[, g(x) ≥ bN +1 xN +1 .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 211 — #577


i i

CORRIGÉS 211

P (x) P (x)
Il est immédiat que lim = 0, donc lim = 0, soit :
x−→+∞ bN +1 xN +1 x−→+∞ g(x)

∀ε ∈ R∗+ , ∃A ∈ R∗+ , ∀x ∈ [A, +∞[, |P (x)| ≤ ε g(x).

On obtient :

∀ε ∈ R∗+ , ∃A ∈ R∗+ , ∀x ∈ [A, +∞[, |f (x)| ≤ 2ε g(x).

Au voisinage de +∞, on a f (x) = o(g(x)).

c) Soit λ un réel non nul.


Au voisinage de +∞, on a an ∼ λbn , soit an − λbn = o(bn ), donc :
 

∀ε ∈ R+ , ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N =⇒ |an − λbn | ≤ εbn .

     
X X X
Comme Rcv  (an − λbn )xn  ≥ Rcv  εbn xn  et Rcv  bn xn  = +∞, alors le
n≥0 n≥0 n≥0
X
rayon de convergence de la série entière (an − λbn )xn est égal à +∞, donc le rayon de
n≥0
X X X
convergence de la série somme an xn = (an − λbn )xn + λ bn xn est égal à +∞, donc
n≥0 n≥0 n≥0
l’ensemble de définition de la fonction f est R et :
+∞
X +∞
X +∞
X
∀x ∈ R, f (x) − λg(x) = an xn − λ bn xn = (an − λbn )xn .
n=0 n=0 n=0

De la question b) on déduit que :

∃B ∈ R∗+ , ∀x ∈ [B, +∞[, f (x) − λg(x) = o(g(x)).

Au voisinage de +∞, on a f (x) ∼ λg(x).


 n
1 1
d) Pour tout entier naturel n non nul, on particularise an = 1− .
n! n
 n
1 1
Comme lim 1− = e−1 , alors au voisinage de +∞, on a an ∼ ·
n−→+∞ n e n!
X xn +∞ n
X x
La série entière a un rayon de convergence infini et = ex −1, donc la série entière
n! n=1
n!
n≥1
X
an xn a un rayon de convergence infini et lorsque x tend vers +∞, on a :
n≥1

+∞  n
X 1 xn
1− ∼ ex−1 .
n=1
n n!

 n2
1 1
Pour tout entier naturel n non nul, on particularise an = 1− .
n! n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 212 — #578


i i

212 CHAPITRE 8

On a :
 n2 !  
1 1
ln(n!an ) = ln 1− = n2 ln 1 − .
n n
Au voisinage de +∞, on obtient :
  
1 1 1 1
ln(n!an ) = n2 − − 2 + o = −n − + o(1).
n 2n n2 2
Donc :
e−n
an ∼ √ ·
n! e
X 1  x n +∞ −n n
X e x x
La série entière a un rayon de convergence infini et = exp − 1,
n! e n=1
n! e
n≥1
X
donc la série entière an xn a un rayon de convergence infini et lorsque x tend vers +∞, on
n≥1
a:
+∞  n2
X 1 xn 1 x
1− ∼ √ exp ·
n=1
n n! e e

0 si ν 6= 2n
(
8.13 a) On définit la suite (aν )ν∈N par aν = du critère d’Hadamard on en
si ν = 2n 1
X
déduit que le rayon de convergence de la série entière aν xν est égal à 1, ce critère n’étant
n≥0
pas au programme, montrons par un autre procédé que le rayon est bien égal à 1.
X
Soit x un réel non nul fixé, on applique le test de Cauchy à la série numérique ζn avec
n≥0
n
ζn = |x|2 , on obtient :

p p 2n
0 si |x| < 1
lim n
ζn = lim n
|x|2n = lim |x| n = .
n−→+∞ n−→+∞ x−→+∞
+∞ si |x| > 1

X n
Si |x| < 1, la série x2 converge absolument, donc le rayon de convergence de la série
n≥0
X n
entière x2 est supérieur ou égal à 1, comme la série diverge pour x = 1, alors le rayon de
n≥0
X n
convergence de la série entière x2 est égal à 1.
n≥0

+∞
X n
b) On définit la fonction f sur ] − 1, 1[ par f (x) = x2 , déterminons un équivalent de la
n=0
fonction f au voisinage de 1− par la méthode de comparaison série et intégrale.
Soit x un élément de ]0, 1[, la fonction t 7−→ exp(2t ln x) est positive, décroissante sur R, donc :
Z p+1
2p+1 t p
∀p ∈ N, x ≤ x2 dt ≤ x2 .
p

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 213 — #579


i i

CORRIGÉS 213

Soit n un entier naturel non nul, on somme ces inégalités de p variant de 0 à n, on obtient :
n Z n+1 n
X p+1 t X p
x2 ≤ x2 dt ≤ x2 . (1)
p=0 0 p=0

La fonction t 7−→ exp(2t ln x) est continue, positive sur R+ et :


Z n
t
∀n ∈ N, ∀x ∈]0, 1[, x2 dt ≤ f (x),
0

donc la fonction t 7−→ exp(2 ln x) est intégrable sur R+ , on fait tendre n vers +∞ dans
t

l’inégalité (1), on obtient :


Z +∞
t
f (x) − x ≤ x2 dt ≤ f (x),
0
donc : Z +∞ t
Z +∞ t
x2 dt ≤ f (x) ≤ x2 dt + x. (2)
0 0
Z +∞ t
Déterminons, au voisinage de 1− , un équivalent de la fonction x 7−→ x2 dt.
0
Le réel x est élément de ]0, 1[, donc − ln x est strictement positif.
La fonction t −7 → −2t ln x est un C 1 -difféomorphisme strictement croissant de ]0, +∞[ sur
] − ln x, +∞[, on effectue le changement de variable u = −2t ln x dans notre intégrale, on
obtient : Z +∞ Z +∞ Z +∞ −u
t e
x2 dt = exp(2t ln x) dt = du.
0 0 − ln x u ln 2
e−u
La fonction u 7−→ est continue sur ]0, +∞[, comme lim ue−u = 0, alors :
u u−→+∞

e−u 1
∃A ∈ R∗+ , ∀u ∈ [A, +∞[, 0< ≤ 2·
u u
1
La fonction u 7−→ est intégrable sur [A, +∞[, du théorème de comparaison des fonctions
u2
e−u
positives on déduit que la fonction u 7−→ est intégrable sur [1, +∞[.
u
e−u 1
Au voisinage de 0, on a ∼ , comme la fonction inverse n’est pas intégrable sur ]0, 1],
u u
alors, pour x dans un voisinage de 1− , on a :
1
e−u
Z 1 Z 1 Z 1 
du du
du ∼ et = ln u = − ln(− ln x).
− ln x u − ln x u − ln x u − ln x

Au voisinage de 1− , on a : Z +∞ t ln(− ln x)
x2 dt ∼ − ·
0 ln 2
Au voisinage de 1− , on déduit de (2) que :
+∞
X n ln(− ln x) ln(1 − x) ln(1 − x)
x2 ∼ − ∼− , donc : f (x) ∼ − ·
n=0
ln 2 ln 2 ln 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 214 — #580


i i

214 CHAPITRE 8

X xn
8.15 a) Le rayon de convergence de la série entière est égal à 1.
n2
n≥1

On déduit des propriétés des séries entières que la fonction f est indéfiniment dérivable sur
] − 1, 1[.

b) Étude de la continuité de la fonction f .


On a : n
x
≤ 1
X 1
∀x ∈ [−1, 1], n2 et converge.
n2 n2
n≥1

xn
Soit (un )n∈N∗ la suite de fonctions définies sur [−1, 1] par un (x) = 2 ·
n
X
La série de fonctions un converge normalement, donc uniformément sur [−1, 1], pour tout
n≥1
entier naturel n non nul, les fonctions un sont continues sur [−1, 1], donc la fonction f est une
somme uniforme de fonctions continues sur [−1, 1], donc la fonction f est continue sur [−1, 1].

Étude de la dérivabilité de la fonction f au point -1.


La fonction f est de classe C 1 sur ] − 1, 1[.
xn−1
La fonction un est dérivable sur [−1, 1] et u0n (x) = ·
n
(−x)n−1
 
Pour x élément de [−1, 0], la suite est positive, décroissante et converge vers
n n∈N∗ X 0
0, du théorème spécial des séries alternées on déduit que la série un est convergente sur
n≥1
[−1, 0] et : +∞
(−x)n 1
X
0
∀x ∈ [−1, 0], up (x) ≤ ≤ ·

n + 1 n + 1


p=n+1

Le reste de la série alternée converge uniformément sur [−1, 0] vers 0.


Comme :
X
• la série un converge normalement sur [−1, 0],
n≥1
X
• la série u0n converge uniformément sur [−1, 0],
n≥1

alors la fonction f est dérivable sur [−1, 1[ et :


+∞ n−1
X x
∀x ∈ [−1, 1[, f 0 (x) = ·
n=1
n

Déterminons la fonction f.
On a :
+∞ n
X x
∀x ∈ [−1, 1[, xf 0 (x) = = − ln(1 − x).
n=1
n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 215 — #581


i i

CORRIGÉS 215

On définit la fonction ϕ sur [−1, 1[ par :

 − ln(1 − x)

si x ∈ [−1, 0[ ∪ ]0, 1[
ϕ(x) = x ·

1 si x = 0
La fonction ϕ est continue sur [−1, 1[, donc :

∀x ∈ [−1, 1[, f 0 (x) = ϕ(x) et f (0) = 0,

donc : Z x
∀x ∈ [−1, 1[, f (x) = ϕ(t) dt.
0
X 1
La série converge, du théorème d’Abel on déduit que :
n2
n≥1

+∞ n +∞
X x X 1 π2
f (1) = lim 2
= 2
= ·
x−→1−
n=1
n n=1
n 6

c) La fonction f est définie, continue sur [−1, 1], donc la fonction g est définie, continue sur
[−1, 1] comme composée de fonctions continues.
On a :
x
 Z 
 exp ϕ(t) dt si x ∈ [−1, 1[

g(x) = 0 ·
π2


e 6 si x = 1
La fonction g est dérivable sur [−1, 1[ comme composée de fonctions dérivables sur [−1, 1[ et :

∀x ∈ [−1, 1[ g 0 (x) = ϕ(x)g(x).

Étude de la dérivabilité de la fonction g au point 1.


π2
Au voisinage du point 1, on a g 0 (x) ∼ −e 6 ln(1 − x).
0 π2
Donc lim g (x) = −e 6 lim ln(1 − x) = +∞, donc la fonction g n’est pas dérivable au
x−→1− x−→1−
point 1, son graphe admet en ce point une demi-tangente verticale dont une équation est x = 1.
La fonction g est élément de C 1 ([−1, 1[, R).
Pour montrer que la fonction g est développable en série entière au voisinage de 0 il suffit de
montrer que l’équation différentielle (E) : xy 0 = − ln(1 − x) y admet sur ] − 1, 1[ une unique
solution développable en série entière telle que y(0) = 1.
On suppose qu’il existe un réel R élément de ]0, 1[ et une suite (an )n∈N de nombres réels telle
que :
+∞
X
∀x ∈] − R, R[, y(x) = an x n .
n=0

Des propriétés des séries entières on déduit :


+∞
X
∀x ∈] − R, R[, y 0 (x) = nan xn−1 .
n=1

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 216 — #582


i i

216 CHAPITRE 8

Les séries entières sont absolument convergentes dans ] − R, R[, du produit de Cauchy, on
déduit :
+∞ n
! +∞ ! +∞
X x X X
∀x ∈] − R, R[, − ln(1 − x)y(x) = an xn = cn x n ,
n=1
n n=0 n=1

n−1
X ap
avec cn = ·
p=0
n−p

La fonction y est solution de (E) si et seulement si :


+∞
X +∞
X
∀x ∈] − R, R[, nan xn = cn xn .
n=1 n=1

De l’unicité du développement en série entière, on déduit que :


n−1 n
1 X ap 1 X an−p
∀n ∈ N∗ an = = ·
n p=0 n − p n p=1 p

Montrons par récurrence la propriété P(n) : ∀p ∈ [[0, n]], 0 ≤ ap ≤ 1.


Comme g(0) = 1, on a a0 = 1, d’où P(0).
Si P(n − 1), alors :
n
1X1
∀p ∈ [[1, n]], 0 ≤ an−p ≤ 1 =⇒ 0 ≤ an ≤ ≤ 1.
n p=1 p

La propriété P(n) est héréditaire,Xvraie npour n = 0, donc, pour tout entier naturel n, on a
0 ≤ an ≤ 1, donc la série entière an x admet un rayon de convergence supérieur ou égal à
n≥0
1, donc :
+∞
X
∀x ∈] − 1, 1[, y(x) = an xn .
n=0

Comme g(0) = 1, de l’unicité du problème de Cauchy, on déduit que la fonction g est dévelop-
pable en série entière au voisinage de 0 et :
a = 1
 0
+∞
X


∀x ∈] − 1, 1[, g(x) = an x n avec ∗
n−1
1 X ap ·
 ∀n ∈ N , an =

n=0
n p=0 n − p

X
On a montré que la rayon de convergence de la série entière an xn est supérieur ou égal à 1,
n≥0
comme la fonction g n’est pas dérivable en 1, alors ce rayon de convergence est égal à 1.

d) Déterminons an pour n ∈ [[0, 4]] :

1  a0  3 1  a0 a1  19
a0 = a1 = 1, a2 = + a1 = , a3 = + + a2 = ,
2 2 4 3 3 2 36

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 217 — #583


i i

CORRIGÉS 217

et :
1  a0 a1 a2  107
a4 = + + + a3 = ·
4 4 3 2 288
Donc :
x2 x3 x4
 
3 19 3 107 4
g(x) = exp x + + + + o(x4 ) = 1 + x + x2 + x + x + o(x4 ).
4 9 16 4 36 288

xn + (1 − x)n
8.16 On définit la suite de fonctions (un )n∈N∗ sur R par un (x) = ·
n2

a) On distingue trois cas :


• Si x < 0, alors :
(0 si −1 < x < 0
n n
lim (1 − x) = +∞ et lim x = ,
n−→+∞ n−→+∞
n0 existe pas si x ≤ −1
X
donc la suite (un )n∈N∗ ne converge pas vers 0, donc la série un (x) diverge grossièrement.
n≥1

n n 2
• Si 0 ≤ x ≤ 1, alors 0 ≤ x ≤ 1 et 0 ≤ (1 − x) ≤ 1, donc 0 ≤ un (x) ≤ 2 , comme la série
X 2 X n
numérique converge, alors la série de fonctions un converge normalement sur [0, 1].
n2
n≥1 n≥1

• Si x > 1, alors :
(0 si 1 < x < 2
n n
lim x = +∞ et lim (1 − x) = ,
n−→+∞ n−→+∞
n0 existe pas si x ≥ 2
X
donc la suite (un )n∈N∗ ne converge pas vers 0, donc la série un (x) diverge grossièrement.
n≥1
X
Soit U la somme de la série un lorsqu’elle converge.
n≥1

L’ensembleXde définition de la fonction U est le segment [0, 1], la convergence de la série de


fonctions un est normale sur le segment [0, 1].
n≥0

+∞ n
X x
b) Soit g la fonction définie sur [0, 1] par g(x) = .
n=1
n2
On a :
∀x ∈ [0, 1], U (x) = g(x) + g(1 − x).
La fonction g est la somme d’une série entière, donc elle est indéfiniment dérivable à l’intérieur
de son intervalle de convergence qui est ] − 1, 1[, soit :
+∞ n−1
X x
∀x ∈ [0, 1[, g 0 (x) = ·
n=1
n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 218 — #584


i i

218 CHAPITRE 8

On sait que :
+∞ n
X x
∀x ∈ [0, 1[, ln(1 − x) = − ·
n=1
n
Donc :
ln(1 − x)
∀x ∈]0, 1[, g 0 (x) = − ·
x
D’où :
 0
ln(1 − x) ln x
∀x ∈]0, 1[, U 0 (x) = g 0 (x) − g 0 (1 − x) = − + = − ln x ln(1 − x) ,
x 1−x
d’où :
∀x ∈]0, 1[, U (x) = − ln x ln(1 − x) + k,k∈R
X
Les fonctions un sont continues sur [0, 1], la convergence de la série un est normale sur [0, 1],
n≥1
donc la somme U est continue sur [0, 1].
+∞
1 X 1 π2
Comme un (0) = 2
, alors U (0) = 2
= , de plus :
n n=1
n 6

lim ln x ln(1 − x) = − lim x ln x = 0.


x−→0 x−→0

2
π
d’où k = ·
6
On en déduit que :
+∞ n
X x + (1 − x)n π2
∀x ∈]0, 1[, = − ln x ln(1 − x).
n=1
n2 6

8.17 On suppose qu’il existe une partie A non vide de N telle qu’au voisinage de +∞, on ait :
X xn ex
∼ 2·
n∈A
n! x

X xn
On définit la fonction f sur R+ par f (x) = e−x .
n∈A
n!

La fonction f est continue et positive sur R+ , elle est donc localement intégrable sur R+ , de
1 1
plus, au voisinage de +∞, on a f (x) ∼ 2 , la fonction x 7−→ 2 est intégrable sur [1, +∞[,
x x
donc f est intégrable sur R+ .
Soit B une partie quelconque finie de A, on a :
X xn X xn
∀x ∈ R+ , 0 ≤ e−x ≤ e−x · (1)
n∈B
n! n∈A
n!

La partie B étant finie, on peut permuter somme et intégrale, soit :


!
Z +∞
−x
X xn X Z +∞ xn e−x 
e dx = dx ,
0 n∈B
n! n∈B 0 n!

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 219 — #585


i i

CORRIGÉS 219

Des propriétés de la fonction Γ d’Euler on déduit que :


Z +∞
∀n ∈ N, xn e−x dx = n!.
0

Donc : !
Z +∞ X xn
e−x dx = card(B).
0 n∈B
n!
On déduit de (1) que :
Z +∞
card(B) ≤ f (x) dx.
0
On a montré que les cardinaux des parties finies B de A sont majorés par le même nombre
Z +∞
f (x) dx, donc la partie A est finie.
0
X xn
Comme A est finie, alors est un polynôme.
n∈A
n!

Pour tout entier n élément de A, on a lim e−x xn+2 = 0, la limite d’une somme finie est
x−→+∞
égale à la somme des limites, donc :
X xn X xn+2 e−x X1 
lim x2 e−x = lim = lim xn+2 e−x = 0.
x−→+∞
n∈A
n! x−→+∞
n∈A
n! n∈A
n! x−→+∞

X xn  x
e
Au voisinage de +∞, on a =o .
n∈A
n! x2
Il n’existe pas de partie A non vide de N telle qu’au voisinage de +∞, on ait :
X xn ex
∼ 2·
n∈A
n! x

8.18 a) Calculons γ1 et γ2 .
Il y a une unique permutation de 1 élément c’est l’identité, aucune sans point fixe, soit γ1 = 0.
   
1 2 1 2
Les permutations de 2 éléments sont ou , une seule est sans point fixe, soit
1 2 2 1
γ2 = 1.

b) Classons les éléments de S3 selon le nombre de points fixes.


L’identité de [[1, 3]] a trois points fixes.
     
1 2 3 1 2 3 1 2 3
Les transpositions , , ont un point fixe.
1 3 2 3 2 1 2 1 3
   
1 2 3 1 2 3
Les cycles , n’ont pas de point fixe, soit γ3 = 2.
3 1 2 2 3 1

c) On suppose que n = 4.

c1 ) Calculons le nombre d’éléments de S4 ayant deux points fixes.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 220 — #586


i i

220 CHAPITRE 8

Une permutation de 4 éléments a deux points fixes si et seulement si 2 éléments sont permutés
et 2 fixes.
 
4
On choisit les 2 points fixes, on a = 6 permutations avec deux points fixes.
2

c2 ) Calculons le nombre d’éléments de S4 ayant un unique point fixe.


On a 4 choix pour le point fixe et γ3 = 2 choix pour le nombre de permutations de 3 éléments
sans point fixe, soit 8 choix.

c3 ) Le nombre de permutations de 4 éléments est 4!, soit 24 éléments.


Pour obtenir γ4 , on retranche à 24 le nombre de permutations ayant 1 point fixe, 2 points fixes
et 4 points fixes, soit γ4 = 24 − 8 − 6 − 1 = 9.

d1 ) Si k est un entier compris entre 0 et n.


Combien d’éléments de Sn ont exactement k points fixes ?
Une permutation ayant exactement
 k points fixes est caractérisée par le choix de k points fixes
n
parmi n points, soit choix et une permutation sans point fixe des n − k éléments restants,
k  
n
soit γn−k choix, on dénombre ainsi γn−k permutations ayant exactement k points fixes.
k

d2 ) Soit k un entier compris entre 0 et n, on note Sn,k l’ensemble des éléments de Sn ayant
exactement k point fixes, l’ensemble Sn est la réunion disjointe des ensembles Sn,k , donc
n  
X n
card(Sn ) = card(Sn,p ), comme card(Sn ) = n! et card(Sn,k ) = γn−k , alors :
k
p=0

n  
X n
n! = γn−p .
p
p=0

    n   n  
n n X n X n
On sait que = , donc n! = γn−p = γp .
p n−p n−p p
p=0 p=0

X γn n +∞
X γn n
e) On considère la série entière x et l’on note g(x) = x sa somme lorsque la
n! n=0
n!
n≥0
série converge.

e1 ) Montrons que le rayon de convergence de cette série entière est supérieur ou égal à 1.
Le nombre de permutations sans point fixe est inférieur au nombre de permutations, soit, pour
tout entier naturel n, γn ≤ n!, donc :
γn
0≤ |x|n ≤ |x|n ,
n!
X X γn n
la série entière xn a un rayon de convergence égale à 1, donc la série entière x a un
n!
n≥0 n≥0
rayon de convergence supérieur ou égal à 1.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 221 — #587


i i

CORRIGÉS 221

e2 ) On définit sur ] − 1, 1[ la fonction h par h(x) = ex g(x).


La fonction exponentielle est développable en série entière au voisinage de 0, le rayon de conver-
gence de sa série entière est +∞.
La fonction g est développable en série entière au voisinage de 0, le rayon de convergence de sa
série entière est supérieur ou égal à 1.
La fonction h produit de ces deux fonctions est développable en série entière au voisinage de 0
et le rayon de convergence de sa série entière est supérieur ou égal à 1.
On peut alors faire le produit de Cauchy de ces deux séries, on obtient :
+∞ n
X X γp
∀x ∈] − 1, 1[, h(x) = cn x n avec cn = ·
n=0 p=0
p! (n − p)!

On a :
n n  
1 X n! 1 X n
cn = γp = γp = 1.
n! p=0 p! (n − p)! n! p=0 p

e3 ) Explicitons la fonction g sur ] − 1, 1[.


Pour tout entier naturel n, on a cn = 1, donc :
+∞
X 1
∀x ∈] − 1, 1[, h(x) = xn = ·
n=0
1−x

D’où :
e−x
∀x ∈] − 1, 1[, g(x) = h(x) e−x = ·
1−x

n
X (−1)p
f) On définit, pour tout entier naturel n, la suite (βn )n∈N par βn = n! ·
p=0
p!

f1 ) Calculons βp pour p entier compris entre 0 et 4.


On a :  
1
β0 = 1, β1 = 1 − 1 = 0, β2 = 2 1 − 1 + = 1,
2
   
1 1 1 1 1
β3 = 6 1 − 1 + − = 3 − 1 = 2, β4 = 24 1 − 1 + − + = 12 − 4 + 1 = 9.
2 6 2 6 24
f2 ) Déterminons βn+1 − (n + 1)βn .
On a :
n+1 n
(−1)pX X (−1)p
βn+1 − (n + 1)βn = (n + 1)! − (n + 1) n! ,
p=0
p! p=0
p!
n+1 n
!
X (−1)p X (−1)p
βn+1 − (n + 1)βn = (n + 1)! − = (−1)n+1 .
p=0
p! p=0
p!

f3 ) On raisonne par récurrence pour montrer que βn est un entier naturel.


Soit P(n) : βn ∈ N∗ .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 222 — #588


i i

222 CHAPITRE 8

On a montré que P(n) est vérifiée pour n = 2.


Soit n un entier supérieur à 2, on a :

βn+1 = (n + 1)βn + (−1)n+1 = nβn + βn + (−1)n+1 .

Si βn est un entier supérieur à 1, alors βn + (−1)n+1 est un entier naturel et nβn un entier
supérieur à n, soit βn+1 est élément de N∗ .
La propriété P(n) est vraie pour n = 2, elle est héréditaire, donc :
∀n ∈ N, n ≥ 2, β n ∈ N∗ .
Comme β0 et β1 sont des entiers naturels alors :
∀n ∈ N, βn ∈ N.

 (1 − x) y 0 − x y = 0,

x ∈] − 1, 1[
g) On considère le problème de Cauchy (P ) : .
y(0) = 1

g1 ) Déterminons, sur ] − 1, 1[, l’unique solution f de (P ).


x
On résout l’équation différentielle (E) y 0 = y sur ] − 1, 1[.
1−x
x 1
Comme = −1 + , alors l’ensemble des solutions de (E) est :
1−x 1−x
 
 ] − 1, 1[−→ R 
e−x

K ∈ R ·
 x 7−→ K
1−x

e−x e−x
On a donc f (x) = K et f (0) = 1, soit K = 1 et f (x) = ·
1−x 1−x

g2 ) On a :
∀x ∈] − 1, 1[, (1 − x)f (x) = e−x .
Les fonctions x 7−→ 1 − x et f sont indéfiniment dérivables sur ] − 1, 1[, de la formule de Leibniz,
on déduit que :
 (n+1) n+1
Xn + 1 (p)
(1 − x)f (x) = 1−x f (n+1−p) (x).
p
p=0

Comme :  (0)  (1)


1−x = 1 − x, 1−x = −1,

et :  (p)
∀p ∈ [[2, n + 1]], 1−x = 0,

alors :
 (n+1)
∀x ∈] − 1, 1[, (1 − x)f (x) = (1 − x)f (n+1) (x) − (n + 1)f (n) (x),

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 223 — #589


i i

CORRIGÉS 223

et :  (n+1)  (n+1)
∀x ∈] − 1, 1[, (1 − x)f (x) = e−x = (−1)n+1 e−x .

D’où :
∀x ∈] − 1, 1[, (−1)n+1 e−x = (1 − x)f (n+1) (x) − (n + 1)f (n) (x).

g3 ) On particularise x = 0, on obtient :

f (n+1) (0) − (n + 1)f (n) (0) = (−1)n+1 .


 
Les suites (βn )n∈N et f (n) (0) vérifient la même relation de récurrence d’ordre 1.
n∈N

Comme β0 = f (0) (0) = 1, alors :

∀n ∈ N, βn = f (n) (0).

Les fonctions f et g sont égales, soit :

∀n ∈ N, γn = βn = f (n) (0).

h) La fonction g définie à la question e) est-elle définie en 1 ? en -1 ?


X γn
Déterminons la nature de la série ·
n!
n≥0

On a : !
n
γn βn X (−1)p
lim = lim = lim = e−1 .
n−→+∞ n! n−→+∞ n! n−→+∞
p=0
p!
γ 
n
X γn X (−1)n γn
La suite ne converge pas vers 0, donc les séries et divergent
n! n∈N n! n!
n≥0 n≥0
grossièrement.
X γn n
On en déduit que le rayon de convergence de la série entière x est égal à 1.
n!
n≥0

i) On a :
8
X (−1)p
γ8 = 8! = 14 833.
p=0
p!

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 224 — #590


i i

Chapitre 9
Séries de Fourier
9.3 a) La fonction f est indéfiniment dérivable sur ]0, 1[∪ ]1, π[, elle présente en 1 un point de
discontinuité de première espèce.
La fonction dérivée f 0 admet une limite finie à gauche et à droite en 0, 1 et π.
Comme la fonction f est paire et 2π-périodique, alors elle est de classe C 1 par morceaux sur R,
sa série de Fourier converge simplement vers sa régularisée f˜ sur R.
Déterminons ses coefficents de Fourier :
2 π 2 11
Z Z
1
a0 (f ) = f (t) dt = dt = ·
π 0 π 0 2 π
1
2 π 2 11
Z Z 
1 sin(nt) sin(n)
∀n ∈ N∗ , an (f ) = f (t) cos(nt) dt = cos(nt) dt = = ·
π 0 π 0 2 π n 0 nπ
La fonction f est paire, donc, pour tout entier naturel n, on a bn (f ) = 0.
On obtient :
1


 si x ∈ [0, 1[
+∞


 2
1 1 X sin(n) cos(nx)

∀x ∈ R, f˜(x) = + avec f˜(x) = 1 . (1)
2π π n=1 n si x = 1


 4


si x ∈]1, π]

0

b) On particularise x = 0 dans (1), on obtient :


+∞ +∞
1 1 1 X sin n X sin n π−1
= + , donc : = ·
2 2π π n=1 n n=1
n 2

La fonction f est continue par morceaux, 2π-périodique, elle vérifie les hypothèses de la formule
de Parseval, donc :
+∞ Z π
a0 (f )2 1X 2 1
an (f ) + b2n (f ) = f 2 (t) dt,

+
4 2 n=1 2π −π

soit :
+∞
X sin2 n 1 +∞
sin2 n
Z
1 1 dt 1 X π−1
+ = = , donc : = ·
4π 2 n=1 2n2 π 2 π 0 4 4π n=1
n 2 2
D’où :
+∞ +∞
X sin n X sin2 n
= ·
n=1
n n=1
n2

c) On particularise x = 1 dans (1), on obtient :


+∞
! +∞
1 1 X 2 sin n cos n X sin(2n) π−2
f˜(1) = = 1+ , donc : = ·
4 2π n=1
n n=1
n 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 225 — #591


i i

CORRIGÉS 225

9.4 a) Soit x un réel distinct de 2pπ avec p entier relatif, alors eix 6= 1, donc :
n n  p
X X ei(n+1)x − 1
eipx = eix = ,
p=0 p=0
eix − 1

n
|ei(n+1)x − 1| |ei(n+1)x | + 1 2
X
ipx
e ≤  ≤ ix ≤ ix ·

− ix ix

ix ix − ix
e − e e − e− 2
2 2
2

p=0
e 2 e 2 − e 2

Donc : n
1
X
ipx
∀x ∈ R \ 2πZ, e ≤ ·

x

p=0
sin 2

D’où :
n n
1 1
X X
∀x ∈ R \ 2πZ, ∀n ∈ N, cos(px) ≤ et sin(px) ≤ ·

x x


p=0
sin 2

p=0
sin 2

n
X n
X
On pose Cn (x) = cos(px) et Sn (x) = sin(px).
p=0 p=1
m
X
On pose Am
n (x) = ap cos(px), on obtient en utilisant le procédé de sommation d’Abel :
p=n+1

m
X   m
X m
X
Am
n (x) = ap Cp (x) − Cp−1 (x) = ap Cp (x) − ap Cp−1 (x),
p=n+1 p=n+1 p=n+1

m
X m−1
X
Am
n (x) = ap Cp (x) − ap+1 Cp (x),
p=n+1 p=n
m−1
X
Am
n (x) = −an+1 Cn (x) + (ap − ap+1 )Cp (x) + am Cm (x).
p=n+1

La suite (an )n∈N est positive, décroissante, donc :


m−1
!
X 1
|Am
n (x)| ≤ an+1 + (ap − ap+1 ) + am x

p=n+1
sin 2

On a :
2an+1
∀(n, m) ∈ N2 , m > n + 1, ∀x ∈ R \ 2πZ, |Am
n (x)| ≤ ·
sin x2
On fait tendre m vers +∞, on obtient :
+∞
2an+1
X
∀n ∈ N, ∀x ∈ R \ 2πZ, ap cos(px) ≤ ·

x

p=n+1
sin 2

La suite (an )n∈N converge vers 0, donc :


 
∀ε ∈ R∗+ , ∃N1 ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N1 =⇒ 0 ≤ an ≤ ε .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 226 — #592


i i

226 CHAPITRE 9

Donc :
+∞

X
∀n ∈ N, n ≥ N1 , ∀x ∈ R \ 2πZ, ap cos(px) ≤ ·

sin x2


p=n+1

m
X
On procède de même avec Bnm (x) = bp sin(px), la suite (bn )n∈N converge vers 0, donc :
p=n+1

 
∀ε ∈ R∗+ , ∃N2 ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N2 =⇒ 0 ≤ bn ≤ ε .

Donc :
+∞

X
∀n ∈ N, n ≥ N2 , ∀x ∈ R \ 2πZ, bp sin(px) ≤ ·

x

p=n+1
sin 2

Pour tout entier n supérieur à N = max(N1 , N2 ), on a :


+∞ +∞ +∞

X X X
∀x ∈ R \ 2πZ, u (x) ≤ a cos(px) + b sin(px) ≤ ·

p p p x

p=n+1

p=n+1

p=n+1
sin 2

On a montré que le reste d’ordre n de la série X de terme général un (x) converge simplement
vers 0 sur R \ 2πZ, donc la série de fonctions un converge simplement vers la fonction f sur
n≥0
R \ 2πZ et :
+∞
X
∀x ∈ R \ 2πZ, f (x) = un (x).
n=0
x
Soit α un réel élément de ]0, π[, la fonction x 7−→ sin est croissante sur [α, π] et décroissante
2
sur [π, 2π − α], elle est positive et :
α x
∀x ∈ [α, 2π − α], 0 < sin ≤ sin .
2 2
Donc : +∞

X
∀n ∈ N, n ≥ N, ∀x ∈ [α, 2π − α], up (x) ≤ ·

α

p=n+1
sin 2
X
Le reste d’ordre n de la série un converge uniformément vers 0 sur [α, 2π − α], donc la série
n≥0
X
un converge uniformément vers la fonction f sur [α, 2π − α].
n≥0

Les fonctions un sont continues sur R, donc en particulier sur [α, 2π − α], donc leur somme
uniforme f est continue sur tout compact inclus dans ]0, 2π[, comme la continuité est une
propriété locale, alors la fonction f est continue sur R \ 2πZ.

b) On particularise :
1
∀n ∈ N, an = 0, b0 = b1 = 0 et pour n ≥ 2, bn = ·
ln n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 227 — #593


i i

CORRIGÉS 227

b1 ) La fonction ln est strictement positive, croissante sur [2, +∞[, donc la suite (bn )n∈N
est positive, décroissante et converge vers 0 on déduit de la question précédente que la série
X sin(nx)
converge simplement vers la fonction f sur R \ 2πZ, comme f (2pπ) = 0, alors la
ln n
n≥2
fonction f est définie sur R et :
+∞
X sin(nx)
∀x ∈ R, f (x) = ·
n=2
ln n

b2 ) Comme sin(n(x + 2π)) = sin(nx + 2nπ) = sin(nx), alors la fonction f est 2π-périodique,
d’après la question a) elle est continue sur R \ 2πZ.

b3 ) On suppose qu’il existe une fonction ϕ continue par morceaux, 2π-périodique telle que :
1
∀n ∈ N, an (ϕ) = 0, b0 (ϕ) = b1 (ϕ) = 0 et n ≥ 2, bn (ϕ) = ·
ln n
La fonction ϕ est continue par morceaux, 2π-périodique, donc elle vérifie les hypothèses de la
+∞ Z 2π
1X 1 1
formule de Parseval, soit = f 2 (x) dx.
2 n=2 ln2 n 2π 0
X 1
La série diverge, donc la formule de Parseval n’est pas satisfaite, donc la fonction f
n≥2
ln2 n
n’admet pas de développement en série de Fourier.

i π πh
9.7 Soit θ un réel élément de − , , on définit la fonction f sur ] − 1, 1[ par :
2 2
 
1−x
f (x) = arctan tan θ .
1+x
On a :
−2 tan θ
f 0 (x) = ·
(1 + x)2 (1 − x)2 2
1+ tan θ
(1 + x)2
On sait que :
2 tan θ 1 − tan2 θ
sin(2θ) = et cos(2θ) = ·
1 + tan2 θ 1 + tan2 θ
D’où :
−2 tan θ sin(2θ)
f 0 (x) = =− ·
(1 + tan2 θ)(1 + x2 ) + 2x(1 − tan2 θ) 1 + 2x cos(2θ) + x2
e−2iθ − e2iθ
 
1 1 1
f 0 (x) = = − ·
2i (x + e−2iθ )(x + e2iθ ) 2i x + e2iθ x + e−2iθ
e−2iθ e2iθ
 
1
f 0 (x) = − ·
2i 1 + xe−2iθ 1 + xe2iθ
On sait que :
+∞
1 X
∀u ∈] − 1, 1[, = (−1)n un ·
1+u n=0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 228 — #594


i i

228 CHAPITRE 9

Pour x élément de ] − 1, 1[, on a :


+∞ +∞
e−2iθ X e2iθ X
= (−1)n e−2i(n+1)θ xn et = (−1)n e2i(n+1)θ xn .
1 + xe−2iθ n=0
1 + xe2iθ n=0

Donc :
+∞
X +∞
X
∀x ∈] − 1, 1[, f 0 (x) = − (−1)n sin(2(n + 1)θ) xn = (−1)n sin(2nθ) xn−1 .
n=0 n=1

On a : Z x
f (x) = f (0) + f 0 (t) dt.
0
π π
Le réel θ est strictement compris entre − et , donc f (0) = arctan(tan θ) = θ, d’où :
2 2
+∞
X sin(2nθ) n
∀x ∈] − 1, 1[, f (x) = θ + (−1)n x .
n=1
n
π
Soient x un élément de ] − 1, 1[ et θ un réel distinct de + kπ, on a :
2
+∞
X xn
g(θ) = arctan(tan θ) + (−1)n sin(2nθ).
n=1
n

On définit la fonction h sur R par :


 π
 arctan(tan θ)
 si θ 6= + kπ
2
h(θ) = ·
0 π
si θ = + kπ

2
La fonction h est C 1 par morceaux, π-périodique et impaire, donc sa série de Fourier converge
simplement vers la régularisée h̃ de h sur R.
Déterminons ses coefficients de Fourier :
Z π
4 2
∀n ∈ N, an (h) = 0 et n ≥ 1, bn (h) = h(θ) sin(2nθ) dθ.
π 0

On intègre par parties bn (h), on obtient :


Z π  π Z π
!
4 2 4 −θ cos(2nθ) 2 2 cos(2nθ)
bn (h) = θ sin(2nθ) dθ = + dθ ,
π 0 π 2n 0 0 2n

(−1)n+1
bn (h) = ·
n
Soit :
+∞
X (−1)n+1
∀θ ∈ R, h̃(θ) = sin(2nθ).
n=1
n
Comme : n
(−1)n sin(2nθ) xn ≤ |x| ,

∀x ∈] − 1, 1[, ∀θ ∈ R, n n

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 229 — #595


i i

CORRIGÉS 229

X |x|n
alors, pour x réel strictement compris entre -1 et 1 fixé, la série numérique converge,
n
n≥1
X sin(2nθ) n
n
donc la série de fonctions θ 7−→ (−1) x converge normalement sur R.
n
n≥1

+∞
X (−1)n xn
La série de fonctions θ 7−→ sin(2nθ) est la série de Fourier de la fonction g − h.
n=1
n
Le développement en série de Fourier de la fonction g est :
+∞
X xn − 1
∀θ ∈ R, g̃(θ) = (−1)n sin(2nθ).
n=1
n

9.9 La fonction f est impaire, elle est indéfiniment dérivable sur ] − π, π[, elle présente en π un
point de discontinuité, on a lim f = sh (xπ) et f (π) = 0, donc c’est un point de discontinuité de
π−
première espèce, la fonction f est continue par morceaux sur R, on peut définir ses coefficients
de Fourier, soit :

2 π
Z
∀n ∈ N, an (f ) = 0 et n ≥ 1, bn (f ) = sh (xt) sin(nt) dt.
π 0

On a :
 Z π   Z π 
2 int 1 
(x+in)t (−x+in)t

bn (f ) = Im sh (xt) e dt = Im e −e dt .
π 0 π 0

Soit : π
π
e(x+in)t e(−x+in)t
Z   
(x+in)t (−x+in)t
Kn = e −e dt = −
0 x + in −x + in 0
−πx
 πx 
e e 1 1
Kn = (−1)n + − − ,
x + in x − in x + in x − in
2x ch (πx) − 2in sh (πx) 2x
Kn = (−1)n − 2 ·
x 2 + n2 x + n2
D’où :
2 (−1)n−1 n sh (πx))
bn (f ) = ·
π x2 + n2
On a f 0 (t) = x ch (xt) sur ] − π, π[, donc fg0 (π) = x ch (πx) et fd0 (π) = fd0 (−π) = π ch (πx).
La fonction f est de classe C 1 par morceaux sur R, elle est 2π-périodique, du théorème de
Dirichlet on déduit que sa série de Fourier converge simplement sur R vers la régularisée de la
fonction f .
f (π + h) + f (π − h)
Comme lim f = lim f = sh (−πx) = −sh (πx), alors lim = 0, comme
π+ −π + h−→0 2
f (π) = 0, alors la fonction f est égale à sa régularisée.
On obtient le développement en série de Fourier de la fonction f :
+∞
2sh (πx) X n sin(nt)
∀t ∈ R, f (t) = (−1)n−1 2 .
π n=1
x + n2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 230 — #596


i i

230 CHAPITRE 9

9.10 a) Un carré est toujours positif, donc :


1 2
∀(a, b) ∈ R2 , |ab| ≤ (a + b2 ).
2
On pose un (x) = an (f ) an (g) sin(nx).
Soit :
1 2
∀n ∈ N, ∀x ∈ R, (an (f ) + a2n (g)).
|un (x)] ≤ |an (f ) an (g)| ≤
2
Les fonctions f et g sont continues par morceaux et 2π-périodiques, on déduit de la formule de
Parseval que :
Z 2π +∞ 
a2 (f )

1 1X
|f (t)|2 dt = 0 + a2n (f ) + b2n (f ) .
2π 0 4 2 n=1
X 2 X 2 X1 2
Les séries an (f ) et an (g) convergent, donc la série (an (f ) + a2n (g)) converge,
2
n≥1 n≥1 n≥1
X
on en déduit que la série de fonctions un converge normalement sur R, donc sa somme h
n≥0
est définie sur R.
X
b) Pour tout entier naturel n, les fonctions un sont continues sur R et un converge unifor-
n≥0
mément sur R vers h, donc la fonction h est continue sur R.
X
La convergence simple de la série un suffit pour montrer que la fonction h est 2π-périodique.
n≥0

La fonction h est continue, 2π-périodique, on peut calculer ses coefficients de Fourier, de plus
h est impaire, donc :
+∞
!
2 π X
Z
∀p ∈ N, ap (h) = 0 et bp (h) = an (f ) an (g) sin(nx) sin(px) dx.
π 0 n=0
X
La convergence de la série de fonctions un est normale sur R, donc on peut permuter série
n≥0
et intégrale, on obtient :
+∞  Z π 
X 2
bp (h) = an (f ) an (g) sin(nx) sin(px) dx .
n=0
π 0

Comme :
1
∀(n, p) ∈ N2 , ∀x ∈ R, sin(nx) sin(px) = (cos((n − p)x) − cos((n + p)x)),
2
alors :
 0 si n 6= p

Z π
sin(nx) sin(px) dx = ·
0  π si n = p
2
On en déduit que bp (h) = ap (f ) ap (g).
X
La série bn (h) est une série numérique absolument convergente, donc la série de Fourier de
n≥0
h converge normalement sur R vers h.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 231 — #597


i i

CORRIGÉS 231


9.13 a) La fonction f est paire, 2π-périodique définie sur [0, π] par f (x) = x.
1
Il est immédiat que f est élément de C (]0, π[, R).
√ √
Comme lim f = lim x = 0 et lim f = lim −x = 0, alors la fonction f est continue en
0+ x−→0+ 0− x−→0−
0, on déduit de la parité et de la périodicité que la fonction f est continue sur R.
On peut remarquer que f n’est pas dérivable à droite en 0, en effet on a :

f (x) − f (0) 1
lim = lim √ = +∞.
x−→0+ x x−→0+ x

La fonction f n’est pas une fonction de classe C 1 par morceaux sur R.


On ne doit pas utiliser le théorème de Dirichlet pour étudier la nature de la série de Fourier.

b) Calculons les coefficients de Fourier.


La fonction f est paire, 2π-périodique et continue sur R, on détermine ses coefficients de Fourier,
on obtient :
2 π√
Z
∀n ∈ N, an (f ) = t cos(nt) dt et bn (f ) = 0.
π 0

2 π 21 4√
Z 
2 2 32
Pour n = 0, on a a0 (f ) = t dt = t = π.
π 0 π 3 0 3
Pour n supérieur ou égal à 1 et α un réel élément de ]0, π[, on obtient par une intégration par
parties :
Z π√ √ π Z π
t sin(nt) 1 sin(nt)
t cos(nt) dt = − √ dt.
α n α 2n α t
On fait tendre α vers 0, on obtient :
Z π√ Z π
1 sin(nt)
t cos(nt) dt = − √ dt.
0 2n 0 t
√ √
La fonction t 7−→ nt est un C 1 -difféomorphisme
√ strictement croissant de ]0, π] sur ]0, nπ],
on effectue le changement de variable u = nt, on obtient :

Z π Z nπ √
sin(nt) 2 2
√ dt = √ sin(u2 ) du = √ F ( nπ).
0 t n 0 n

D’où :
2 √
∀n ∈ N∗ , an (f ) = − 3 F ( nπ).
π n2
sin x
La fonction h définie sur ]0, +∞[ par h(x) = √ est continue sur ]0, +∞[.
x
sin x √
Au voisinage de 0, on a √ ∼ x, on prolonge par continuité h en 0 en posant h(0) = 0.
x
La fonction ainsi prolongée est continue sur [0, +∞[, donc localement intégrable sur [0, +∞[.
On intègre par parties, on obtient :
α α
1 α cos x
hπ Z  Z
h sin x cos x
∀α ∈ , +∞ , √ dx = − √ − dx.
2 π x x π 2 π x 32
2 2 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 232 — #598


i i

232 CHAPITRE 9


cos α 1 cos α
Comme √ ≤ √ , alors lim √ = 0.
α α α−→+∞ α

cos x 1
On a 3 ≤ 3 ·
x2 x2
Z α
1 hπ h sin x
La fonction x 7−→ 3 est intégrable sur , +∞ , donc la fonction α 7−→ √ dx admet
x 2 2 π x
2
une limite lorsque α tend vers l’infini.
Z +∞
On en déduit que l’intégrale de Fresnel sin(x2 ) dx converge.
0
+∞
Z r
1 π
À la page 251 du livre, on montre que sin(x2 ) dx = ·
0 2 2

c) Déterminons la nature de la série de Fourier.


n
2√ X
Pour tout entier naturel n, on pose Sn (f )(x) = π+ ap (f ) cos(px).
3 p=1
r
1 π
La fonction F est continue sur R+ et lim F = , donc F est bornée, on a :
+∞ 2 2

∀p ∈ N∗ , |F ( pπ)| ≤ ||F ||∞ avec ||F ||∞ = sup |F (t)|.
t∈R+

On définit la suite de fonctions (up )p∈N∗ sur R par up (x) = ap (f ) cos(px).


On a :
2||F ||∞
∀x ∈ R, |up (x)| ≤ 3 ·
π p2
X 1 X
La série de Riemann 3 converge, donc la série de fonctionsun converge normalement
n≥1n 2
n≥1
sur R, donc la suite des sommes partielles de la série de Fourier notée (Sn (f ))n∈N converge
normalement sur R.
On note S sa somme, on a :
+∞
2√ X
∀x ∈ R, S(x) = π+ an (f ) cos(nx).
3 n=1

X fonctions un sont 2π-périodiques et paires, de la convergence simple de la série de fonctions


Les
un , on déduit que la fonction S est 2π-périodique paire.
n≥1
X
Pour tout entier naturel n non nul, les fonctions un sont continues sur R, la série un
n≥1
converge uniformément sur R, alors la fonction S est continue sur R.
On a montré que la fonction S est continue, 2π-périodique et paire, on peut calculer ses coeffi-
cients de Fourier.
On a : Z π
2
∀p ∈ N, ap (S) = S(x) cos(px) dx et bp (S) = 0.
π 0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 233 — #599


i i

CORRIGÉS 233

On a :
2||F ||∞
∀(n, p) ∈ N∗ × N∗ , ∀x ∈ R,
|an (f ) cos(nx) cos(px)| ≤ 3 ·
π n2
X  
La série de fonctions x 7−→ an (f ) cos(nx) cos(px) converge normalement sur R, donc elle
n≥1
converge uniformément sur R, on peut permuter série et intégrale, on obtient :
+∞ Z π
X 2
∀p ∈ N∗ , ap (S) = an (f ) cos(nx) cos(px) dx.
n=1
π 0

On sait que : 
Z π 0 si n =
/p
2
cos(nx) cos(px) dx = ·
π 0
1 si n = p

Pour tout entier naturel n, on a an (f ) = an (S), donc an (f − S) = 0.


La fonction f − S est continue, paire et 2π-périodique, on applique la formule de Parseval, on
obtient :
+∞ Z π  2
a20 (f − S) 1X 2 1
+ an (f − S) = f (t) − S(t) dt.
4 2 n=1 2π −π
Z π 2
Donc f (t) − S(t) dt = 0, la fonction f − S est continue, donc S = f sur [0, π], comme
0
f et S sont paires et 2π-périodiques, alors S = f sur R.

d) On a montré que la série de Fourier associée à f converge normalement sur R vers f bien
que f ne soit pas une fonction de classe C 1 par morceaux et :
+∞ √
√ 2√ 2 X F ( nπ)
∀x ∈ [0, π], x= π− cos(nx).
3 π n=1 n 32

9.14 a) On note (up )p∈N∗ la suite de fonctions définie sur [0, π] par :
1 h 3  xi
up (x) = 2 sin 2p + 1 .
p 2
On a :
∀p ∈ N∗ , up (x) ≤ 1 ·

∀x ∈ [0, π], p2
X 1 X
La série numérique 2
est convergente, donc la série de fonctions up est normalement
p
n≥1 p≥1
convergente sur [0, π].
On en déduit que la fonction f est définie sur [0, π], de plus, pour tout entier p supérieur ou
égal à 1, la fonction up est continue sur [0, π], la fonction f est une somme uniforme d’une série
de fonctions continues, donc la fonction f est continue sur [0, π].
La fonction f est paire, donc on prolonge la restriction de f à [0, π] de manière unique à [−π, π]
en une fonction continue.
Comme f (−π) = f (π), on prolonge la restriction de f à [−π, π] de manière unique en une
fonction continue et 2π-périodique sur R.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 234 — #600


i i

234 CHAPITRE 9

b1 ) Calcul des réels an,ν .


Soient ν un entier et n un entier naturel non nul, on a :
"  #π
cos (2ν + 1) 2t
Z π  
1 t 1
• a0,ν = sin (2ν + 1) dt = − = ·
2 0 2 2ν + 1 2ν + 1
0
Z π  
t
• an,ν = cos(nt) sin (2ν + 1) dt.
0 2
On sait que :
∀(a, b) ∈ R2 , sin(a + b) + sin(a − b) = 2 sin a cos b.
Donc : Z π    
1 t t
an,ν = sin (2ν + 2n + 1) + sin (2ν − 2n + 1) dt,
2 0 2 2
"  π
#
cos (2ν + 2n + 1) 2t cos (2ν − 2n + 1) 2t

1 1
an,ν = − − = + ·
2ν + 2n + 1 2ν − 2n + 1 2ν + 2n + 1 2ν − 2n + 1
0
b2 ) On déduit que :
q q  
X 1 X 1 1
∀q ∈ N∗ , ∀ν ∈ N, Sq,ν = ai,ν = + + ·
i=0
2ν + 1 i=1 2ν + 2i + 1 2ν − 2i + 1

Donc :
q ν+q
X 1 X 1
∀q ∈ N∗ , ∀ν ∈ N, Sq,ν = = ·
j=−q
2ν + 2j + 1 2k + 1
k=ν−q

On distingue deux cas :


• Si ν ≥ q, alors il est immédiat que le réel Sq,ν est strictement positif.
• Si q > ν, on a :
k=ν+q k=−1 k=q−ν−1 k=ν+q
X 1 X 1 X 1 X 1
Sq,ν = = + + ·
2k + 1 2k + 1 2k + 1 2k + 1
k=ν−q k=ν−q k=0 k=q−ν

Comme :
k=−1 k=q−ν−1 k=−1 k=q−ν
X 1 X 1 X 1 X 1
+ = + = 0,
2k + 1 2k + 1 2k + 1 2k − 1
k=ν−q k=0 k=ν−q k=1

alors :
k=ν+q
X 1
Sq,ν = ·
2k + 1
k=q−ν

Il est clair que le réel Sq,ν est strictement positif.


Donc :
∀ν ∈ N, ∀q ∈ N, Sq,ν > 0.

b3 ) Soit ν un entier naturel fixé, on a :


k=n+ν
X 1
∀n ∈ N, n ≥ ν, Sn,ν = ·
2k + 1
k=n−ν

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 235 — #601


i i

CORRIGÉS 235

D’où :
2ν + 1
0 < Sn,ν ≤ ·
2(n − ν) + 1
2ν + 1
Il est immédiat que lim = 0, du théorème d’encadrement des suites on déduit
2(n − ν) + 1
n−→+∞
 
que, pour tout entier naturel ν fixé, la suite Sn,ν converge vers 0.
n∈N

b4 ) La suite q 7−→ Sq,ν est croissante si q ≤ ν et décroissante si q ≥ ν, la valeur maximale de


Sq,ν lorsque q décrit N est :

X 1 1 1 1
Sν,ν = = 1 + + ·····+ ·
2k + 1 3 5 4ν + 1
k=0

c) Si γ désigne la constante d’Euler, au voisinage de 0, on a :


n
X 1
= ln n + γ + o(1).
p=1
p

Comme :
4ν+1 2ν 2ν 2ν 4ν+1 2ν
X 1 X 1 X 1 X 1 X 1 X 1
= + , donc : = − ,
p=1
p p=1
2p p=0 2p + 1 p=0
2p + 1 p=1
p p=1
2p

alors :
2ν  
X 1 1
= ln(4ν + 1) + γ + o(1) − ln(2ν) + γ + o(1) .
p=0
2p + 1 2
D’où :
2ν  
X 1 1 1 3 ln 2 γ
= ln ν + ln 1 + + + + o(1).
p=0
2p + 1 2 4ν 2 2
ln ν
Au voisinage de l’infini, on a Sν,ν ∼ ·
2
On a montré que le réel Sν,ν est strictement positif, donc non nul.
ln ν
On a lim = 2, donc :
ν−→+∞ Sν,ν
 
ln ν
∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N∗ , ∀ν ∈ N∗ ,

ν ≥ N =⇒ − 2 ≤ ε .
Sν,ν
On particularise ε = 1, on a :
ln ν
∃N ∈ N∗ , ∀ν ∈ [[N, +∞[[, ≤ 3.
Sν,ν
   
ln ν 1
On pose K = max max , 3 , on obtient en posant B = :
ν∈[[1,N −1]] Sν,ν K
ln ν
∀ν ∈ N∗ , ≤ K, donc : ∀ν ∈ N∗ , Sν,ν ≥ B ln ν.
Sν,ν

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 236 — #602


i i

236 CHAPITRE 9

d) La fonction f est continue, 2π-périodique et paire sur R, on peut définir ses coefficients de
Fourier trigonométriques an (f ) et bn (f ). On a :

∀n ∈ N, An (f ) = an (f ).

La fonction f est une somme uniforme sur R de sa série de fonctions, donc on peut permuter
série et intégrale, on obtient :
• Si n = 0, on a :
+∞
!
Z π Z π   t
X 1 p3
f (t) dt = sin 2 +1 dt,
0 0 p=1
p2 2

Z π +∞ Z π   t  X +∞
X 1 p3 2
f (t) dt = 2
sin 2 + 1 dt = a 3 .
2 0,2p −1
0 p=1
p 0 2 p=1
p
Soit :
+∞
2 X 1
A0 (f ) = a p3 −1 .
π p=1 p2 0,2
• Si n est un entier naturel non nul, on a :

+∞
!
Z π Z π   t
X 1 p3
f (t) cos(nt) dt = sin 2 +1 cos(nt) dt,
0 0 p=1
p2 2

Z π +∞ Z π   t  X+∞
X 1 p3 1
f (t) cos nt dt = 2
sin 2 + 1 cos(nt) dt = a 3
2 n,2p −1
.
0 p=1
p 0 2 p=1
p
Soit :
+∞
2 X 1
An (f ) = a p3 −1 .
π p=1 p2 n,2
Donc :
+∞
2 X 1
∀n ∈ N, An (f ) = a p3 −1 .
π p=1 p2 n,2

n
X
e) Soit n un entier naturel non nul fixé, on pose Tn = Ak (f ), on a :
k=0

n n +∞
! +∞ n
!
X X 2X 1 2X 1 X
Tn = Ak (f ) = a p3 −1 = ak,2p3 −1 ,
π p=1 p2 k,2 π p=1 p2
k=0 k=0 k=0

+∞
2X 1
Tn = S p3 −1 .
π p=1 p2 n,2
D’où :
+∞
2X 1
∀q ∈ N∗ , T2q3 −1 = S q3 −1 ,2p3 −1 .
π p=1 p2 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 237 — #603


i i

CORRIGÉS 237

On a montré que :
∀(q, ν) ∈ N2 , 0 < Sq,ν ≤ Sν,ν .
Soit :
2 2B 3
T2q3 −1 ≥ S q3 −1 ,2q3 −1 ≥ ln(2q −1 ).
π q2 2 π q2
Donc :
2B ln 2 q 3 − 1
∀q ∈ N∗ , T2q3 −1 ≥ qXq avec Xq = ·
π q3
2B ln 2
La suite (Xq )q≥2 de réels strictement positifs converge vers qui est strictement positif,
0
π
donc il existe un réel D strictement positif tel que :

∀q ∈ N, q ≥ 2, Xq ≥ D0 =⇒ T2q3 −1 ≥ D0 q.

On pose D = min(T1 , D0 ), on obtient :

∃D ∈ R∗+ , ∀q ∈ N∗ , T2q3 −1 ≥ Dq.


 
Il est alors immédiat que la suite T2q3 −1 diverge.
q∈N∗

La suite (Tn )n∈N a une sous-suite divergente, donc la suite (Tn )n∈N est divergente.
On sait que :
n
X n
X
Sn (f )(0) = A0 (f ) + Ap (f ) = Ap (f ) = Tn .
p=0 p=1

On a montré que la suite des sommes partielles de la série de Fourier en 0 d’une fonction f
continue, 2π-périodique est divergente.

r si r ∈ [0, 1]
9.17 Soit Θ la fonction 2π-périodique, impaire définie sur [0, π] par Θ(r) = .
0 si r ∈]1, π]

On a Θ(1 − 0) = 1 et Θ(1 + 0) = 0, donc la fonction Θ admet en 1 un point de discontinuité de
e prend la valeur 1 en 1.
première espèce et sa régularisée Θ
2
La fonction Θ est 2π-périodique et C 1 par morceaux, donc sa série de Fourier converge simple-
ment sur R vers la fonction régularisée Θ,
e soit :

+∞
X
∀r ∈ R, Θ(r)
e = bn (Θ) sin(nr).
n=1

En particulier, on a :
+∞ +∞
X X bn (Θ) sin(nr)
∀r ∈]0, 1[, r= bn (Θ) sin(nr), donc : = 1.
n=1 n=1
r

Déterminons les coefficients de Fourier de la fonction Θ.


Pour n entier naturel non nul, on a :

1 π 2 1
Z Z
bn (Θ) = Θ(r) sin(nr) dr = r sin(nr) dr,
π −π π 0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 238 — #604


i i

238 CHAPITRE 9

1 !
1 1
 Z
2 r cos(nr)
bn (Θ) = − + cos(nr) dr ,
π n 0 n 0
 1  
2 r cos(nr) sin(nr) 2 cos n sin n
bn (Θ) = − + = − + 2 .
π n n2 0 π n n
La suite (an )n∈N∗ définit par :
sin n − n cos n
∀n ∈ N∗ , an = 2 ,
π n2
vérifie la condition :
+∞
X an sin(nr)
∀r ∈]0, 1[, = 1.
n=1
r

9.21 Lemme de Cantor.


 
a) Pour tout réel x, la suite fn (x) converge vers 0, donc (fn (0))n≥1 converge vers 0,
n≥1
comme fn (0) = an , alors la suite (an )n≥1 converge vers 0.
 
On en déduit que, pour tout réel x, si la suite fn (x) converge vers 0, alors la suite
  n≥1

bn sin(nx) converge vers 0.


n≥1

Première méthode : raisonnement par l’absurde

b1 ) On suppose que la suite (bn )n≥1 ne converge pas vers 0, soit :

∃ε ∈ R∗+ , ∀k ∈ N∗ , ∃mk ∈ N∗ , mk ≥ k et |bmk | ≥ ε.

Pour chaque entier strictement positif k, on construit par récurrence une suite strictement
croissante de nombres entiers (ϕ(k))k∈N∗ que l’on note nk = ϕ(k), telle que n1 > 0 et :

∃ε ∈ R∗+ , ∀k ∈ N∗ , |bnk | ≥ ε et nk+1 ≥ 3nk .

b2 ) L’objectif est d’utiliser en b3 ) le théorème suivant :


Si (E, d) est un espace complet et (Fn )n∈N une suite décroissante au sens de l’inclusion d’en-
sembles fermés non vides de E telle que lim δ(Fn ) = 0 où δ(Fn ) désigne le diamètre de Fn ,
n−→+∞
\  
alors il existe un x élément de E tel que Fn = x ·
n∈N

L’ensemble des nombres réels est complet, notre objectif est de construire une suite de segments
Jk = [αk , βk ] qui vérifie les conditions :
• C1 : ∀k ∈ N∗ , Jk+1 ⊂ Jk et lim (βk − αk ) = 0.
k−→+∞

sin(nk x) ≥ 1 ·

• C2 : ∀x ∈ Jk , 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 239 — #605


i i

CORRIGÉS 239

On pose :  
1 π  1 5π
∀k ∈ N∗ , αk = + pk π et βk = + pk π ·
nk 6 nk 6
On cherche à déterminer la suite (pk )k∈N∗ de nombres entiers telle que Jk vérifie les conditions
C1 et C2 .
On a :

π 5π 1
∀x ∈ Jk , ∀pk ∈ Z, + p k π ≤ nk x ≤ + pk π =⇒ sin(nk x) ≥ ·
6 6 2

La condition C2 est satisfaite.


Déterminons une suite (pk )k∈N∗ telle que :

∀k ∈ N∗ , αk ≤ αk+1 ≤ βk+1 ≤ βk .

On a :  
π 1 pk+1 1 pk
αk+1 − αk = +6 − −6 .
6 nk+1 nk+1 nk nk
La condition αk+1 − αk ≥ 0 est équivalente à :
 
pk+1 pk 1 1 1
− ≥ − ·
nk+1 nk 6 nk nk+1

De même, on a :  
5π 1 6pk+1 1 6pk
βk+1 − βk = + − − .
6 nk+1 5nk+1 nk 5nk
La condition βk+1 − βk ≤ 0 est équivalente à :
 
pk+1 pk 5 1 1
− ≤ − ·
nk+1 nk 6 nk nk+1

D’où :    
1 1 1 pk+1 pk 5 1 1
− ≤ − ≤ − ·
6 nk nk+1 nk+1 nk 6 nk nk+1
On somme ces inégalités de 1 à m − 1, on obtient par télescopie :
   
1 1 1 pm p1 5 1 1
− ≤ − ≤ − ·
6 n1 nm nm n1 6 n1 nm

Soit :    
1 nk p 1 nk 5 nk p 1 nk
∀k ∈ N∗ , −1 + ≤ pk ≤ −1 + ·
6 n1 n1 6 n1 n1
De plus :      
5 nk p 1 nk 1 nk p 1 nk 2 nk
−1 + − −1 − = −1 .
6 n1 n1 6 n1 n1 3 n1
On montre par récurrence que :

∀k ∈ N∗ , nk ≥ 3k−1 n1 ,

donc :  
2 nk 2 4
∀k ∈ N, k ≥ 2, −1 ≥ 2· 3k−2 − ≥ ·
3 n1 3 3

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 240 — #606


i i

240 CHAPITRE 9

   
1 nk p 1 nk 5 nk p 1 nk
Il existe un entier naturel compris entre −1 + et −1 + ·
6 n1 n1 6 n1 n1
Soit x un réel, on désigne par [x] la partie entière du réel x.
On définit la suite (pk )k∈N∗ par :
p1 ∈ N



 
1 nk

p 1 nk
 ·
 ∀k ∈ N,
 k ≥ 2, pk = −1 + +1
6 n1 n1

La suite (pk )k≥1 est une suite de nombres entiers pour laquelle on a :
∀k ∈ N∗ , Jk+1 ⊂ Jk .
2π 2π
De plus, on a βk − αk = , donc 0 ≤ βk − αk ≤ k ·
3nk 3 n1
Du théorème d’encadrement on déduit que lim (βk − αk ) = 0.
k−→+∞
\  
b3 ) On déduit de la question précédente qu’il existe un réel γ tel que Jk = γ ·
k∈N∗

D’où :
∀k ∈ N∗ , sin(nk γ) ≥ 1 =⇒ bn sin(nk γ) ≥ ε ·

2 k 2
On a supposé que lim bnk sin(nk γ) = 0, il y a une contradiction, l’hypothèse « la suite
k−→+∞
(bn )n∈N∗ ne converge pas vers 0 » est fausse, donc la suite (bn )n∈N∗ converge vers 0.
On a démontré le lemme de Cantor.

Deuxième méthode : intervention du calcul intégral

b4 ) On a :
Z 2π  2 Z 2π  2π
1 − cos(2nx) x sin(2nx)
bn sin(nx) dx = b2n dx = b2n − = π b2n .
0 0 2 2 4n 0

b5 ) On suppose que la suite (bn )n≥1 est bornée, soit :


∃M ∈ R∗+ , ∀n ∈ N∗ , |bn | ≤ M.
 2
Soit n un entier strictement positif et x un élément de [0, 2π], on pose gn (x) = bn sin(nx) .

Il est immédiat que la suite de fonctions (gn )n≥1 est élément de C([0, 2π], R) et converge sim-
plement vers 0, comme :
∀x ∈ [0, 2π], 0 ≤ gn (x) ≤ M 2 ,
Z 2π
alors du théorème de convergence dominée on déduit que lim gn (t) dt = 0.
n−→+∞ 0
Z 2π
Comme gn (t) dt = π b2n , alors la suite (bn )n≥1 converge
0
vers 0.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 241 — #607


i i

CORRIGÉS 241

On a montré que si la suite (bn )n≥1 est bornée, alors (bn )n≥1 converge vers 0.

On pose b0n = inf(1, |bn |).


Montrons que, pour tout réel x, lim b0n sin(nx) = 0.
n−→+∞

Pour tout réel x, lim bn sin(nx) = 0, donc :


n−→+∞
 
∀x ∈ R, ∀ε ∈ R∗+ , ∃N ∈ N∗ , ∀n ∈ N∗ , n ≥ N =⇒ |bn sin(nx)| ≤ ε .

Donc :
∀n ∈ N∗ , n ≥ N, |b0n sin(nx)| ≤ |bn || sin(nx)| ≤ ε.
Pour tout réel x, lim b0n sin(nx) = 0, comme la suite (b0n )n≥1 est bornée par 1, on déduit
n−→+∞
du résultat précédent que la suite (b0n )n≥1 converge vers 0, donc la suite (bn )n≥1 converge vers
0.

On a montré que les suites (an )n≥1 et (bn )n≥1 convergent vers 0, le lemme de Cantor est
prouvé.

9.23 a) On suppose a réel et b nul, soit : (Ea,0 ) : y 00 + ay = 0.


On a :
a=0 y(x) = Ax + B



√ √


a<0 y(x) = A ch (x −a) + B sh (x −a) avec (A, B) ∈ R2 .



 √ √
a>0 y(x) = A cos(x a) + B sin(x a)

L’équation Ea,0 admet des solutions non nulles périodiques si et seulement si a est strictement

positif, la période est T = √ ·
a
On en déduit que l’équation (Ea,0 ) admet des solutions 2π-périodiques si et seulement si a = h2
avec h entier naturel non nul.

b) On suppose que la fonction f est 2π-périodique, indéfiniment dérivable de R dans R, soit n


un entier, on a :
Z 2π 2 π
in 2π
 Z
1 1
cn (f 0 ) = f 0 (t) e−i nt dt = f (t) e−i nt + f (t) e−i nt dt.
2π 0 2π 0 2π 0

Donc cn (f 0 ) = i n cn (f ).
On montre par récurrence la propriété P(k) : ∀n ∈ Z, cn (f (k) ) = (i n)k cn (f ).
Si P(k), alors en appliquant le résultat de la question précédente à la fonction f (k) , on déduit
que :
cn (f (k+1) ) = i ncn (f (k) ) = i n(i n)k cn (f ) = (i n)k+1 cn (f ).
La propriété P(k) est héréditaire, vraie pour k = 1, donc :

∀k ∈ N, ∀n ∈ Z, cn (f (k) ) = (i n)k cn (f ).

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 242 — #608


i i

242 CHAPITRE 9

La fonction f est indéfiniment dérivable sur R, on déduit du lemme de Riemann-Lebesgue que :


 Z 2π 
∗ (k) 1 (k) −i nt
∀k ∈ N , lim cn (f ) = lim f (t) e dt = 0.
n−→+∞ n−→+∞ 2π 0

cn (f (k) )
Comme |cn (f )| = , alors, au voisinage de ∞, on a :
|n|k
 
1
∀k ∈ N∗ , |cn (f )| = o ·
|n|k

c1 ) On définit la suite de fonctions (un (f ))n∈N∗ par un (f ) = cn (f ) ei nt + c−n (f ) e−i nt .


On a :
∀k ∈ N∗ , ∀n ∈ N∗ , un (f ) ∈ C k (R, C),
et :
∀t ∈ R, un (f )(k) (t) = (i n)k cn (f ) ei nt + (−i n)k cn (f ) e−i nt .
Donc :  
(k)
||un (f )||∞ ≤ nk |cn (f )| + |c−n (f )| .

1
Pour tout entier naturel p non nul, on sait que |cn (f )| et |c−n (f )| sont négligables devant p ,
n
on particularise p = k + 2, on obtient :
2
∃N ∈ N∗ , ∀n ∈ N, n ≥ N, ||u(k)
n (f )||∞ ≤ ·
n2
X 1
La série de Riemann converge, donc la série de fonctions (u(k)
n (f ))n∈N∗ est normalement,
n2
n≥1
donc uniformément convergente sur R.
La fonction f (k) est indéfiniment dérivable et 2 π-périodique, du théorème de convergence nor-
male on déduit que :
+∞ 
X 
∀k ∈ N∗ , ∀t ∈ R, f (k) (t) = c0 (f (k) ) + cn (f (k) ) ei nt + c−n (f (k) ) e−i nt .
n=1

(k−1)
La fonction f est 2 π-périodique, donc :
Z 2π  2 π
(k) 1 (k) (k−1)
c0 (f ) = f (t) dt = f (t) = 0.
π 0 0

Soit :
+∞ 
X 
∀k ∈ N∗ , ∀t ∈ R, f (k) (t) = cn (f (k) ) ei nt + c−n (f (k) ) e−i nt .
n=1

c2 ) On suppose que a et b sont des nombres complexes et b non nul.


La fonction t 7−→ a + b e2 i t est indéfiniment dérivable.
Si la fonction y est de classe C 2 , alors la fonction t 7−→ (a + b e2 i t )y(t) est de classe C 2 .
Comme :
∀t ∈ R, y 00 (t) = −(a + b e2 i t )y(t),

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 243 — #609


i i

CORRIGÉS 243

alors la fonction y 00 est de classe C 2 , donc la fonction y est de classe C 4 .


On montre par récurrence que la fonction y est indéfiniment dérivable sur R.
Soit g la fonction définit sur R par g(t) = (a + b e2 i t )f (t).
On a : Z 2π
1
∀n ∈ Z, cn (g) = (a + b e2 i t )f (t) e−i nt dt,
2π 0
Z 2π
b
cn (g) = acn (f ) + f (t) e−i(n−2)t dt = acn (f ) + bcn−2 (f ).
2π 0
Soit :
∀n ∈ Z, cn (g) = acn (f ) + bcn−2 (f ).

d) Soit y une fonction 2 π-périodique solution de l’équation (Ea,b ), on a :


+∞
X
y(t) = cn (f ) ei nt .
n=−∞

+∞
X +∞
X
De la question c) on déduit y 00 (t) = − n2 cn (f ) ei nt = cn (g) ei nt .
n=−∞ n=−∞

De l’unicité de la décomposition d’une série de Fourier, on déduit que :

∀n ∈ Z, −n2 cn (f ) = −acn (f ) − bcn−2 (f ) ⇐⇒ (n2 − a)cn (f ) = bcn−2 (f ).

e) On suppose que a est nul et b non nul.


Soit f une fonction indéfiniment dérivable, 2 π-périodique solution de E0,b .
On a :
b
∀p ∈ Z, c2p+1 (f ) = c2p−1 (f ).
(2p + 1)2
• Si c1 (f ) est nul, on montre par récurrence que :

∀p ∈ Z, c2p+1 (f ) = 0.

• Si c1 (f ) est non nul, on applique le test de d’Alembert à la série de terme général c−2p+1 on
obtient :
|c−2(p+1)+1 (f )| (−2p + 1)2
   
lim = lim = +∞.
p−→+∞ |c−2p+1 (f )| p−→+∞ b
X
La série c−2p+1 n’est pas absolument convergente.
p≥0

On a :
Z 2π Z 2π Z 2π
1 1 1
c−2 (f ) = f (t) e2 i t dt = bf (t) e2 i t dt = − f 00 (t) dt,
2π 0 2πb 0 2πb 0
 2 π
1
c−2 (f ) = − f 0 (t) = 0.
2πb 0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 244 — #610


i i

244 CHAPITRE 9

Autre solution.
On déduit de la question d) que :

(2p)2
∀p ∈ Z, c2p−2 (f ) = c2p .
b
On particularise p = 0, on obtient c−2 (f ) = 0.
On montre par récurrence que :
∀p ∈ N∗ , c−2p (f ) = 0.

On déduit de la question d) que :


b
∀p ∈ Z∗ , c2p (f ) = c2p−2 (f ).
(2p)2
On définit la suite (γn )n∈N par :
γ0 = 1
(
b γn−1 ·
∀n ∈ N∗ , γn =
4n2
X
Déterminons le rayon de convergence de la série entière γn z n .
n≥0

On utilise le critère de d’Alembert des séries entières, on a :


   
|γn | |b|
lim = lim = 0.
n−→+∞ |γn−1 | n−→+∞ 4n2
Donc le rayon de convergence de la série entière est infini.
X
La série entière γn z n converge absolument sur C, donc, en particularisant z = 1, on déduit
n≥0
X
la convergence absolue de la série γn .
n≥1

On pose un (t) = γn e2i nt .


On a :
∀t ∈ R, |un (t)| = |γn e2 i nt | = |γn |.
X
La série numérique γn converge absolument, d’où la convergence normale de la série de
n≥0
X
fonctions un .
n≥0
X
Pour tout entier naturel n, les fonctions un sont continues sur R, comme la série un converge
n≥0
uniformément sur R, alors la fonction ϕ est continue sur R.

Montrons que la fonction ϕ est élément de C 2 (R, C) et que l’on peut dériver deux fois terme à
terme sa série.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 245 — #611


i i

CORRIGÉS 245

Pour tout entier naturel n, les fonctions un sont indéfiniment dérivables et :

u00n (t) = −4n2 γn e2i nt = −bγn−1 e2i nt = −be2i t γn−1 e2i (n−1)t = −be2i t un−1 (t).

Soit :
∀t ∈ R, |u00n (t)| = |b γn−1 |.
On a :
||u00n || = |b| |γn−1 |.
X X
Comme la série γn est absolument convergente, alors la série de fonctions u00n converge
n≥0 n≥0
normalement sur R, donc la fonction ϕ est élément de C 2 (R, C) et :

∀x ∈ R, ϕ00 (x) = −b e2 i x ϕ(x).

La fonction ϕ est une solution 2 π-périodique de (E0,b ).

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 246 — #612


i i

Chapitre 10
Équations différentielles
10.2 a) L’équation (E) a deux points singuliers 0 et 1.
Soit I un intervalle ne contenant ni 0 ni 1, on cherche une I-solution.
On pose I1 =] − ∞, 0[, I2 =]0, 1[ et I3 =]1, +∞[.
Les I-solutions de l’équation homogène (H) : 2xy 0 + y = 0 sont les fonctions y définies sur I
par :  Z   
dx 1 K
y(x) = K exp − = K exp − ln |x| = p ·
2x 2 |x|
C(x)
Déterminons y0 une I1 -solution particulière de (E) telle que y0 (x) = √ avec C une fonction
−x
dérivable sur I1 , on a :

C 0 (x) −x 1
2x(1 − x) √ = 1 ⇐⇒ C 0 (x) = =− √ ·
−x 2x(1 − x) 2 −x(1 − x)
D’où : Z
dx
C(x) = − √ ·
2 −x(1 − x)

On effectue le changement de variable u = −x, soit x = −u2 , on obtient :


Z
du arctan( −x)
∀x ∈] − ∞, 0[, C(x) = = arctan( −x), donc y 0 (x) = √ ·
1 + u2 −x
Déterminons y0 une I2 -solution particulière ou une I3 -solution particulière de (E) telle que
C(x)
y0 (x) = √ avec C une fonction dérivable sur I2 ∪ I3 , on a :
x

C 0 (x) x 1
2x(1 − x) √ = 1 ⇐⇒ C 0 (x) = = √ ·
x 2x(1 − x) 2 x(1 − x)
D’où : Z
dx
C(x) = √ ·
2 x(1 − x)

On effectue le changement de variable u = x, soit x = u2 , on obtient :


Z
du argth ( x)
∀x ∈]0, 1[, C(x) = = argth ( x), donc y0 (x) = √ ·
1 − u2 x
Z √ √
du 1 1 + x 1 1 + x
∀x ∈]1, +∞[, C(x) = = ln √ , donc y 0 (x) = √ ln √ ·
1 − u2 2 1 − x 2 x 1 − x
Les solutions de (E) sont les fonctions y définies sur R \ {0, 1} par :
 √
arctan( −x) + K1

 √ si x ∈] − ∞, 0[
−x






argth ( x) + K2

y(x) = √ si x ∈]0, 1[ avec K1 , K2 , K3 réels.
 x

 √
1 1 + x K3


 √ ln √ + √ si x ∈]1, +∞[


2 x 1 − x x

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 247 — #613


i i

CORRIGÉS 247

b) Au voisinage de 0, on a arctan u ∼ u et argth u ∼ u.


Pour que la fonction y soit prolongeable par continuité en 0 il faut que K1 = K2 = 0.
Soit f la fonction définie sur ] − ∞, 1[ par :

arctan( −x)


 √ si x ∈] − ∞, 0[



 −x

f (x) = 1 si x = 0 ·




 argth ( x)


 √ si x ∈]0, 1[
x

La fonction f est continue sur ] − ∞, 1[, elle sera ] − ∞, 1[-solution si elle est dérivable en 0.
On utilise les développements limités des fonctions arctan et argth au voisinage de 0, on a :

u3 u3
arctan(u) = u − + o(u3 ) et argth (u) = u + + o(u3 ),
3 3
soit : √
√ √ x −x 3
arctan( −x) = −x + + o((−x) 2 ),
3

√ √ x x 3
argth ( x) = x + + o(x 2 ).
3
Soit V un voisinage de 0, on a :
x
∀x ∈ V ∩ ] − ∞, 0[, f (x) = 1 + + o(x),
3
x
∀x ∈ V ∩ ]0, 1[, f (x) = 1 + + o(x),
3
donc :
x 1
∀x ∈ V, f (x) = 1 + + o(x), donc : f (0) = 1 et f 0 (0) = ·
3 3
La fonction f est dérivable en 1, donc elle est dérivable sur ] − ∞, 1[, elle vérifie l’équation (E),
c’est l’unique ] − ∞, 1[-solution de (E).

c) Supposons qu’il existe une fonction g définie sur R qui soit une R-solution de (E), alors on
a:  √
 arctan( −x)
 √ si x ∈] − ∞, 0[
−x






1 si x = 0



g(x) = √ avec K ∈ R.
argth ( x)
√ si x ∈]0, 1[




 x



1 1 + x K


 √ ln √ + √ si x ∈]1, +∞[


2 x 1− x x

1 1 + x K
Pour tout réel K, on a lim g(x) = lim √ ln √ + √ = +∞.
x−→1+ x−→1+ 2 x 1− x x
On peut alors en conclure qu’il n’existe aucune R-solution de l’équation (E).

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 248 — #614


i i

248 CHAPITRE 10

10.4 a) Le point 0 est un point singulier, on cherche des solutions sur ]0, +∞[.
λ
Soit (H) : y 0 + y = 0 l’équation homogène associée dont les solutions sont les fonctions y
x  Z 
dx
définie sur ]0, +∞[ par y(x) = K exp −λ = Kx−λ .
x
On cherche une solution particulière y0 par la méthode de la variation de la constante.
Soit C une fonction dérivable sur ]0, +∞[ telle que y0 définie sur ]0, +∞[ par :

y0 (x) = C(x) x−λ ,

soit solution de l’équation (E), on obtient :

1 xλ−1
∀x ∈]0, +∞[, xC 0 (x)x−λ = ⇐⇒ C 0 (x) = ·
x+1 x+1

La fonction C 0 est continue sur ]0, +∞[, au voisinage de 0, on a C 0 (x) ∼ xλ−1 .


Z 1
dx
L’intégrale 1−λ
converge si et seulement si 1 − λ < 1, c’est-à-dire si et seulement si le réel
0 x
λ est strictement positif.
tλ−1
Le réel λ est strictement positif, donc la fonction t 7−→ est intégrable sur ]0, x] avec x réel
t+1
strictement positif :
x x
tλ−1 tλ−1
Z Z
∀x ∈]0, +∞[, C(x) = dt =⇒ y0 (x) = x−λ dt.
0 t+1 0 t+1

Les solutions de l’équation (E) sont les fonctions y définies sur ]0, +∞[ par :
 Z x λ−1 
t
∀x ∈]0, +∞[, y(x) = C + dt x−λ avec C ∈ R.
0 t +1

b) Le réel λ est strictement positif, donc lim x−λ = +∞.


x−→0+

Pour qu’il existe une solution de (E) avec une limite réelle en 0 il est nécessaire que C = 0.
Z x λ−1
t
On note f la fonction définie sur ]0, +∞[ par f (x) = x−λ dt.
0 t+1
Soit a un réel strictement positif, si deux fonctions Ψ1 et Ψ2 sont continues par morceaux,
positives, intégrables sur ]0, a] et équivalentes au voisinage de 0, alors :
Z x Z x
∀x ∈]0, a], Ψ1 (t) dt ∼ Ψ2 (t) dt.
0 0
Z x λ−1 Z x
t
Au voisinage de 0+ , on a dt ∼ tλ−1 dt.
0 t+1 0
x

Z
1 1
Comme tλ−1 dt = , alors, au voisinage de 0, on a f (x) ∼ , donc lim f (x) = ·
0 λ λ x−→0+ λ
1
La fonction f est prolongable par continuité en 0 en posant f (0) = ·
λ

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 249 — #615


i i

CORRIGÉS 249

L’équation (E) admet une unique solution ayant une limite réelle en 0, c’est la fonction f .

c) On suppose qu’il existe un réel R strictement positif et une suite (an )n∈N telle que la fonction
+∞
X
y définie sur ] − R, R[ par y(x) = an xn soit solution de (E).
n=0

Des propriétés des séries entières on déduit que la fonction y est dérivable sur son intervalle de
convergence et :
+∞
X
∀x ∈] − R, R[, y 0 (x) = nan xn−1 .
n=1

De plus :
+∞
1 X
∀x ∈] − 1, 1[, = (−1)n xn .
x+1 n=0

La fonction y est solution de (E) donc :


1
∀x ∈] − min(1, R), min(1, R)[, xy 0 (x) + λy(x) = ,
x+1
soit :
+∞
X +∞
X
λa0 + (n + λ)an xn = (−1)n xn .
n=1 n=0

De l’unicité de la décomposition en série entière on déduit que :


1


 λa0 = 1  a0 = λ

(−1)n

⇐⇒ n ⇐⇒ ∀n ∈ N, an = ·
(−1) n+λ
(n + λ)an = (−1)n , n ≥ 1
 
 an =
 n≥1
n+λ

an
Comme lim = 1, alors le rayon de convergence de la série entière est 1.
n−→+∞ an+1

On en déduit que la fonction f définie à la question 2.b) est développable en série entière au
voisinage de 0 et :
+∞
1 X (−1)n n
∀x ∈ [0, 1[, f (x) = + x .
λ n=1 n + λ
+∞
1 X (−1)n n
On remarque que la fonction Ψ définie sur ] − 1, 1[ par Ψ(x) = + x est la solution
λ n=1 n + λ
1
développable en série entière de l’équation différentielle xy 0 +λy = sur l’intervalle ]−1, 1[.
x+1

1
d) On particularise λ = , donc :
3
+∞ +∞
X (−1)n n X (−1)n n
∀x ∈ [0, 1[, f (x) = 3 + 1 x = 3 x .
n=1
n+ 3 n=0
3n +1

+∞  3n
(−1)n 1
 
1 1 X
On particularise x = , on obtient f =3 ·
23 8 n=0
3n + 1 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 250 — #616


i i

250 CHAPITRE 10

x
tλ−1
Z
Comme f (x) = x−λ dt, alors :
0 t+1
+∞  3n Z 1 2 Z 1
X (−1)n 1 2 8 t− 3 2 2 u−2
= dt = (3u2 du),
n=0
3n + 1 2 3 0 t+1 3 0 u3 + 1

+∞  3n Z 1
X (−1)n 1 2 2 3du
= 2 − u + 1)
,
n=0
3n + 1 2 3 0 (u + 1)(u
+∞  3n Z 1 !
X (−1)n 1 2 2 1 1 2u − 1 3 1
= − 2 −u+1
+ 1 2
du,
3n + 1 2 3 u + 1 2 u 2 3

n=0 0 u− + 2 4
+∞  3n √  21
(−1)n 1
 
X 2 1 2 3 2 3 2u − 1
= ln(u + 1) − ln(u − u + 1) + · arctan √ ,
n=0
3n + 1 2 3 2 2 3 3 0
+∞  3n √ √
(−1)n 1
     
X 2 3 1 3 2 3 1 ln 3 π 3
= ln − ln − arctan − √ = + ·
n=0
3n + 1 2 3 2 3 4 3 3 3 9

10.9 a) Si le polynôme P est de degré au plus 1, alors P 00 = 0, donc P = 0.


Soit n le degré du polynôme P avec n supérieur à 2, on a P = an X n + Q avec d˚Q ≤ n − 1, on
détermine le coefficient de degré n, on obtient n(n − 1) − 6 = 0, soit n = 3.
On cherche donc des polynômes de degré 3 vérifiant (X 2 + 1)P 00 − 6P = 0.
On pose P (X) = aX 3 + bX 2 + cX + d, d’où P 00 (X) = 6aX + 2b, on obtient :

(X 2 + 1)P 00 (X) − 6P (X) = (X 2 + 1)(6aX + 2b) − 6(aX 3 + bX 2 + cX + d),

(X 2 + 1)P 00 (X) − 6P (X) = −4bX 2 + 6(a − c)X + 2b − 6d = 0.


D’où :
−4b = 0
b=0
( (
6(a − c) = 0 ⇐⇒
a=c
2b − 6d = 0
d=0
L’ensemble des polynômes P tels que (X 2 + 1)P 00 − 6P = 0 est la droite vectorielle engendrée
par le polynôme X 3 + X.

b) On a montré que la fonction p définie sur R par p(x) = x3 + x est une solution de l’équation
différentielle (L) : (x2 + 1)y 00 − 6y = 0.
On utilise la méthode de Lagrange.
Soit z une fonction deux fois dérivables sur R, on pose y = pz, on obtient :
y 0 = p0 z + pz 0 , y 00 = p00 z + 2p0 z 0 + pz 00 .
On remplace dans l’équation différentielle, on a :
 
(x + 1)(pz + 2p z + p z) − 6pz = z (x + 1)p − 6p + (x2 + 1)(2p0 z 0 + pz 00 ) = 0.
2 00 0 0 00 2 00

Comme (x2 + 1)p00 − 6p = 0, alors :

(x2 + 1)y 00 − 6y = 0 ⇐⇒ 2(3x2 + 1)z 0 + (x3 + x)z 00 = 0.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 251 — #617


i i

CORRIGÉS 251

On pose z 0 = u, on obtient une équation différentielle linéaire du premier ordre qui a un point
singulier en 0, donc, pour tout intervalle I ne contenant pas 0, on a :

2(3x2 + 1)
(E) : ∀x ∈ I, u0 = − u.
x(x2 + 1)
On sait que les solutions de l’équation différentielle (E) sont les fonctions u définies sur I par :

2(3x2 + 1)
 Z 
∀x ∈ I, u(x) = KI exp − dx avec KI ∈ R.
x(x2 + 1)
On décompose en éléments simples la fraction rationnelle sur R, on obtient :

3x2 + 1 1 2x
= + 2 ·
x(x2 + 1) x x +1
D’où :
2(3x2 + 1)
Z  
2 1
− dx = −2 ln |x| − 2 ln(x + 1) = ln ·
x(x2 + 1) x2 (x2 + 1)
KI KI
Donc u(x) = 2 2 , donc z 0 (x) = 2 2 ·
x (x + 1)2 x (x + 1)2
On décompose en éléments simples la fraction rationnelle sur R, on obtient :
1 1 1 1
= 2 − 2 − 2 ·
x2 (x2 + 1)2 x (x + 1)2 x +1
Donc :  Z 
1 dx
∀x ∈ I, z(x) = KI − − arctan x − ,
x (x2 + 1)2
x2
Z Z  
dx 1
2 2
= 2
− 2 2
dx.
(x + 1) x +1 (x + 1)
On intègre par parties la seconde primitive, on obtient :
Z Z
−x x 1 dx x 1
x dx = − = − arctan x.
(x2 + 1)2 2(x2 + 1) 2 x2 + 1 2(x2 + 1) 2
D’où : Z
dx 1 x
= arctan x + ·
(x2 + 1)2 2 2(x2 + 1)
 
1 3 x
z(x) = KI − − arctan x − + CI .
x 2 2(x2 + 1)
On déduit que y est solution de (L) si et seulement si, pour tout intervalle I ne contenant pas
0, il existe deux constantes réelles KI et CI telles que :
 
3 3
∀x ∈ I, y(x) = KI − x2 − 1 − x(x2 + 1) arctan x + CI (x3 + x).
2 2

3 3
On remarque que les fonctions p et x 7−→ − x2 −1− x(x2 +1) arctan x sont deux fois dérivables
2 2
sur R et vérifient l’équation (L), il est immédiat qu’elles sont linéairement indépendantes.
Les solutions de l’équation (L) sont les fonctions y définies sur R par :
 
3 3
∀x ∈ R, y(x) = K1 − x2 − 1 − x(x2 + 1) arctan x + K2 (x3 + x),
2 2
avec K1 et K2 réels.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 252 — #618


i i

252 CHAPITRE 10

10.11 a) Les solutions de l’équation différentielle y 00 + y = 0 sont les fonctions y définies sur
R par y(x) = a cos x + b sin x avec a et b réels.
Déterminons une solution particulière par la méthode de la variation des constantes.
Soient λ et µ deux fonctions dérivables sur R telles que h = λ cos +µ sin soit une solution de
l’équation (E), on a :
 0 0
 0
 λ (x) cos x + µ (x) sin x = 0  µ (x) = f (x) cos x
⇐⇒
−λ0 (x) sin x + µ0 (x) cos x = f (x)
 0
λ (x) = −f (x) sin x

Soit : Z x Z x
∀x ∈ R, λ(x) = − f (t) sin t dt et µ(x) = f (t) cos t dt.
0 0
D’où : Z x Z x
∀x ∈ R, h(x) = − cos x f (t) sin t dt + sin x f (t) cos t dt,
0 0
Z x Z x
h(x) = f (t)(sin x cos t − sin t cos x) dt = f (t) sin(x − t) dt.
0 0
Les solutions de l’équation (E) sont les fonctions y définies sur R par :
y(x) = a cos x + b sin x + h(x),
avec a et b réels.
 00
 y + y = f (x)



On cherche l’unique solution du problème de Cauchy suivant (P C) : y(0) = 0 ·



 0
y (0) = 0
On a :
y(x) = a cos x + b sin x + h(x) et y 0 (x) = −a sin x + b cos x + h0 (x).
Comme h(0) = h0 (0) = 0, alors :
y(x) = a cos x + b sin x + h(x)

 00 
 y + y = f (x)



⇐⇒ a = 0 ⇐⇒ y = h.
y(0) = y 0 (0) = 0
 



b=0
La fonction h est l’unique solution du problème de Cauchy (P C).

b) Soit n un entier strictement positif fixé, on déduit de la question précédente que l’ensemble
des solutions de l’équation différentielle y 00 + y = σyn−1
2
(x) sur [0, b] est :
 Z x 
2 2

S = x ∈ [0, b] 7−→ A cos x + B sin x + σ yn−1 (t) sin(x − t) dt (A, B) ∈ R ·

0

On cherche l’unique solution du problème de Cauchy suivant :


 00 2

 y + y = σyn−1 (x)



(P C)n : y(0) = α ·




 0
y (0) = 0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 253 — #619


i i

CORRIGÉS 253

Z x
2
On note hn (x) = σ yn−1 (t) sin(x − t) dt, on a :
0

y(x) = A cos x + B sin x + hn (x), y 0 (x) = −A sin x + B cos x + h0n (x).

Comme hn (0) = h0n (0) = 0, alors :


 00 2
y + y = σyn−1 (x) y(x) = A cos x + B sin x + hn (x)


 

 

 
y(0) = α ⇐⇒ A = α

 


 

 0
y (0) = 0 B=0
On note yn l’unique solution du problème de Cauchy (P C)n , pour tout réel x élément de [0, b],
on obtient : Z x
∀n ∈ N∗ , yn (x) = α cos x + σ 2
yn−1 (t) sin(x − t) dt. (1)
0
On définit ainsi une suite de fonctions (yn )n∈N par :

y (x) = α cos x
 0

∀x ∈ [0, b], Z x ·
2
 yn (x) = α cos x + σ
 yn−1 (t) sin(x − t) dt
0

c) Montrons par récurrence la propriété suivante P(n) : ∀x ∈ [0, b], |yn (x)| < 1.
On suppose que σb + |α| < 1, donc :
∀x ∈ [0, b], y0 (x) = α cos x =⇒ |y0 (x)| ≤ |α| < 1, donc P(0).
Soit n un entier strictement positif, si P(n − 1), alors :
Z x
∀x ∈ [0, b], |yn (x)| ≤ |α| + σ |yn−1 |2 (t) | sin(x − t)| dt ≤ |α| + σb < 1.
0

La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 0, donc :


∀x ∈ [0, b], ∀n ∈ N, |yn (x)| < 1.

d) Montrons par récurrence la propriété suivante :


(2σ)n xn
Q(n) : ∀x ∈ [0, b], |un (x)| ≤ ·
n!
On a : Z x
∀x ∈ [0, b], u1 (x) = y1 (x) − y0 (x) = σ y02 (x) sin(x − t) dt.
0
Donc :
∀x ∈ [0, b], |u1 (x)| ≤ σx ≤ 2σx, donc : Q(1).
Pour n supérieur ou égal à 2, on a :
Z x 
2 2
∀x ∈ [0, b], un (x) = yn (x) − yn−1 (x) = σ yn−1 − yn−2 (t) sin(x − t) dt,
0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 254 — #620


i i

254 CHAPITRE 10

Z x  
un (x) = σ un−1 (t) yn−1 (t) + yn−2 (t) sin(x − t) dt.
0

Si P(n − 1), alors :


x x
(2σ)n−1 tn−1 (2σ)n xn
Z Z
|un (x)| ≤ 2σ |un−1 (t)| dt ≤ 2σ dt = ·
0 0 (n − 1)! n!

La propriété Q(n) est héréditaire, vraie pour n = 1, donc :

(2σ)n xn (2σ)n bn
∀n ∈ N∗ , ∀x ∈ [0, b], |un (x)| ≤ ≤ ·
n! n!
X (2σ)n bn
La série numérique est convergente de somme e2σ b − 1, donc la série de fonctions
n!
n≥1
X
un est normalement convergente sur [0, b], donc converge uniformément sur [0, b].
n≥1
n
X n 
X 
On remarque que up = yp − yp−1 = yn − y0 .
p=1 p=1

La suite de fonctions (yn )n∈N converge uniformément sur [0, b].

e) La fonction g est une limite uniforme de la suite (yn )n∈N , on peut permuter limite et intégrale
sur un segment, donc :
Z x Z x
2
∀x ∈ [0, b], lim σ yn−1 (t) sin(x − t) dt = σ g 2 (t) sin(x − t) dt.
n−→+∞ 0 0

On fait tendre n vers l’infini dans l’égalité dans (1) :


Z x
2
∀x ∈ [0, b], yn (x) = α cos x + σ yn−1 (t) sin(x − t) dt.
0

On obtient alors :
Z x
∀x ∈ [0, b], g(x) = α cos x + σ g 2 (t) sin(x − t) dt.
0

Soit : Z x Z x
g(x) = α cos x + σ sin x g 2 (t) cos t dt − σ cos x g 2 (t) sin t dt.
0 0
On montre que la fonction g est dérivable sur [0, b] et :
Z x Z x
∀t ∈ [0, b], g 0 (x) = −α sin x + σ cos x g 2 (t) cos t dt + σ sin x g 2 (t) sin t dt.
0 0

La fonction g 0 est dérivable sur [0, b] et :


Z x Z x
g 00 (x) = −α cos x − σ sin x g 2 (t) cos t dt + σ cos x g 2 (t) sin t dt + σg 2 (x).
0 0

Donc g 00 + g = σg 2 .
De plus g(0) = α et g 0 (0) = 0.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 255 — #621


i i

CORRIGÉS 255

La fonction g est l’unique solution du problème de Cauchy non linéaire :


 00

 y + y = σy 2



y(0) = α ·




 0
y (0) = 0

10.13 Le point 0 est un point singulier de l’équation (E).


a) Recherche d’une solution développable en série entière.
On suppose qu’il existe un réel R strictement positif et une suite (an )n∈N tels que :
+∞
X
∀x ∈] − R, R[, y(x) = an xn ,
n=0

et la fonction y est solution de l’équation (E).


La fonction y est solution de l’équation (E) si et seulement si :
+∞
X +∞
X +∞
X +∞
X
n(n − 1)an xn + 4 nan xn + 2 an x n − an xn+2 = 1
n=0 n=0 n=0 n=0

+∞
X +∞
X
(n2 + 3n + 2)an xn − an−2 xn = 1
n=0 n=2

+∞ 
X 
2a0 + 6a1 x + (n2 + 3n + 2)an − an−2 xn = 1.
n=2

De l’unicité des coefficients d’une série entière, on déduit :


1 an−2
a0 = , a1 = 0 et ∀n ∈ N, n ≥ 2, an = ·
2 (n + 2)(n + 1)

D’où :
1
∀n ∈ N, a2n+1 = 0 et a2n = ·
(2n + 2)!
+∞
X x2n
Le rayon de convergence de la série entière est +∞ et on a y(x) = ·
n=0
(2n + 2)!
On obtient :
+∞ +∞ +∞
X x2n+2 X x2n X x2n
x2 y(x) = = = − 1 = ch x − 1,
n=0
(2n + 2)! n=1
(2n)! n=0
(2n)!

donc :  ch x − 1
 si x 6= 0
x2

y(x) = ·
1
 si x = 0
2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 256 — #622


i i

256 CHAPITRE 10

1
b) Il est immédiat que la fonction y définie sur R∗ par y(x) = − est une solution de (E) sur
x2
R∗− ou sur R∗+ .
Déterminons la fonction z telle que z(x) = −x2 y(x), on a :

z 0 (x) = −2xy(x) − x2 y 0 (x), z 00 (x) = −2y(x) − 4xy 0 (x) − x2 y 00 (x).


La fonction y est solution de (E) si et seulement si :

x2 y 00 + 4xy 0 + 2y = x2 y + 1 ⇐⇒ −z 00 (x) = −z(x) + 1.

On résout l’équation z 00 − z = −1, les solutions sont les fonctions z définies sur R par :

z(x) = ach x + bsh x + 1 avec (a, b) ∈ R2 .

Les solutions de l’équation (E) sont les fonctions y définies sur R∗ par :

ch x sh x 1
 a1 2 + b1 2 − 2 si x > 0


x x x
y(x) = avec (a1 , a2 , b1 , b2 ) ∈ R4 .
 ch x sh x 1
 a2
 + b2 2 − 2 si x < 0
x2 x x
Peut-on déterminer une R-solution ?
Pour que y soit définie en 0, il faut que b1 = b2 = 0 et a1 = a2 = 1, on obtient :
 ch x − 1
 si x 6= 0
x2

y(x) = ·
1

si x = 0
2
On déduit de la question précédente que la fonction y est développable en série entière sur
R, donc la fonction y est indéfiniment dérivable sur R et vérifie l’équation (E), c’est l’unique
R-solution de l’équation (E)

sin(t − θ)u(θ)
10.15 a) La fonction θ 7−→ est continue sur [t, +∞[ avec t supérieur à 1.
θ2
La fonction u est continue et bornée sur [1, +∞[, donc :

sin(t − θ)u(θ)
∀t ∈ [1, +∞[, ∀θ ∈ [t, +∞[, ≤ ||u||∞ ·
θ2 θ2
1
La fonction θ 7−→ est intégrable sur [t, +∞[, du théorème de comparaison des fonctions
θ2
sin(t − θ)u(θ)
continues par morceaux et positives on déduit que la fonction θ 7−→ est intégrable
θ2
sur [t, +∞[.

b) On a :
Z +∞ Z +∞
cos θ u(θ) sin θ u(θ)
u(t) = ei t + sin t dθ − cos t dθ.
t θ2 θ2 t
Z +∞
On sait que si ϕ est continue et intégrable sur [a, +∞[, alors la fonction t 7−→ ϕ(θ) dθ est
t
dérivable sur [a, +∞[ et sa dérivée est −ϕ.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 257 — #623


i i

CORRIGÉS 257

Donc la fonction u est dérivable sur [1, +∞[ et :


Z +∞
cos θ u(θ) sin t cos t u(t)
u0 (t) = i ei t + cos t 2
dθ −
t θ t2
Z +∞
sin θ u(θ) cos t sin t u(t)
+ sin t 2
dθ + ,
t θ t2
Z +∞ Z +∞
cos θ u(θ) sin θ u(θ)
u0 (t) = i ei t + cos t dθ + sin t dθ.
t θ2 t θ2
De même u0 est dérivable et :
Z +∞ Z +∞
cos θ u(θ) cos2 t u(t) sin θ u(θ) sin2 t u(t)
u00 (t) = −ei t − sin t 2
dθ − 2
+ cos t 2
dθ − ,
t θ t t θ t2
soit :  Z +∞   
00 it sin(t − θ) u(θ) u(t) 1
u (t) = − e + dθ − 2 = − 1 + 2 u(t).
t θ2 t t

 
1 00
c) La fonction u est solution sur [1, +∞[ de l’équation différentielle y + 1 + 2 y = 0.
t

10.16 a) La fonction f est 2π-périodique, continue et C 1 par morceaux sur R, on a :

fd0 (0) = 1, fg0 (0) = 0, fg0 (π) = −1, fd0 (π) = 0.

On en déduit que sa série de Fourier converge vers f sur R.


Calculons ses coefficients de Fourier trigonométriques, soit :

1 2π 1 π
Z Z
an (f ) = f (t) cos(nt) dt = sin t cos(nt) dt,
π 0 π 0
Z π 
1
an (f ) = sin((n + 1)t) − sin((n − 1)t) dt.
2π 0
Donc : Z π
1
a1 (f ) = sin(2t) dt = 0,
2π 0
et :  π
1 cos((n − 1)t) cos((n + 1)t)
∀n ∈ N, n 6= 1, an (f ) = − ,
2π n−1 n+1 0

1 − (−1)n+1 (−1)n−1 − 1 (−1)n−1 − 1


 
1
an (f ) = + = ·
2π n+1 n−1 π(n2 − 1)
Donc :
2 1
∀p ∈ N∗ , a2p = − et a2p+1 = 0.
π 4p2 − 1
On a : Z 2π Z π
1 1
bn (f ) = f (t) sin(nt) dt = sin t sin(nt) dt,
π 0 π 0
Z π  
1
bn (f ) = cos((n − 1)t) − cos((n + 1)t) dt.
2π 0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 258 — #624


i i

258 CHAPITRE 10

D’où : Z π
1 1
b1 (f ) = (1 − cos(2t)) dt = ,
2π 0 2
∀n ∈ N, n 6= 1, bn (f ) = 0.
Soit :
+∞
1 sin t 2 X cos(2nt)
∀t ∈ R, max(sin t, 0) = + − ·
π 2 π n=1 4n2 − 1

sin t
b) Déterminons une solution particulière y de l’équation y 00 + y = max(sin t, 0) − sous la
2
+∞
X
forme y(t) = αn cos(2nt).
n=0
+∞
X
On admet que la fonction y est deux fois dérivable et que y 00 (t) = − 4n2 αn cos(2nt), alors :
n=0

+∞ +∞
X 1 2 X cos(2nt)
y 00 (t) + y(t) = (1 − 4n2 )αn cos(2nt) = − ·
n=0
π π n=1 4n2 − 1

On identifie, on obtient :
1 2
α0 = et ∀n ∈ N∗ , αn = ·
π π(4n2 − 1)2
D’où une solution particulière du type :
+∞
1 2 X cos(2nt)
y(t) = + ·
π π n=1 (4n2 − 1)2

On utilise le théorème de dérivation terme à terme des séries de fonctions pour montrer que la
fonction trouvée est bien deux fois dérivable sur R.
1
On termine en cherchant une solution particulière de l’équation y 00 + y = sin t sous la forme
2
y(t) = at cos t + bt sin t.
D’où :
y 0 (t) = a cos t + b sin t − at sin t + bt cos t,
y 00 (t) = −2a sin t + 2b cos t − at cos t − bt sin t = −2a sin t + 2b cos t − y(t).
Donc :
1 1
y 00 (t) + y(t) =
sin t ⇐⇒ a = − et b = 0.
2 4
Les solutions de l’équation (E) sont les fonctions y définies sur R par :
+∞
1 2 X cos(2nt) t cos t
y(t) = a cos t + b sin t + + − avec (a, b) ∈ R2 .
π π n=1 (4n2 − 1)2 4

10.17 Soit ϕ la fonction définie sur R par ϕ(t) = | sin(2t)|, la fonction ϕ est continue, C 1 par
π
morceaux, paire et -périodique.
2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 259 — #625


i i

CORRIGÉS 259

La série de Fourier converge normalement vers ϕ sur R.


Pour tout entier naturel n, on calcule les coefficients de Fourier trigonométriques :
Z T  
2 2 2nπt
an (ϕ) = ϕ(t) cos dt et bn (ϕ) = 0.
T −T T
2

Soit : Z π
8 4
an (ϕ) = sin(2t) cos(4nt) dt et bn (ϕ) = 0.
π 0
1 1
Comme sin(2t) cos(4nt) = sin ((4n + 2)t) − sin ((4n − 2)t), alors :
2 2
Z π 
4 4
an (ϕ) = sin((4n + 2)t) − sin((4n − 2)t) dt,
π 0
 π  
4 cos((4n + 2)t) cos((4n − 2)t) 4 4 1 1
an (ϕ) = − + = − ,
π 4n + 2 4n − 2 0 π 4n + 2 4n − 2
16 4
an (ϕ) = − =− ·
π(16n2 − 4) π(4n2 − 1)
On en déduit que :
+∞
2 4 X cos(4nt)
∀t ∈ R, | sin(2t)| = − ·
π π n=1 4n2 − 1

b) On résout y (4) + 5y 00 + 4y = 0, l’équation caractéristique associée est r4 + 5r2 + 4 = 0 dont


les solutions sont r1 = i, r2 = −i, r3 = 2i, r4 = −2i.
Les solutions de l’équation homogène sont les fonctions :

t 7−→ a cos t + b sin t + c cos(2t) + d sin(2t) avec (a, b, c, d) ∈ R4 .


+∞
X
On recherche une solution particulière sous la forme y(t) = αn cos(4nt).
n=0

On suppose que l’on peut dériver quatre fois terme à terme, on obtient :
+∞ 
X 
y (4) (t) + 5y 00 (t) + 4y(t) = 4(64n4 − 20n2 + 1)αn cos(4nt) .
n=0

Le polynôme 64n4 − 20n2 + 1 ne s’annule pas, donc par identification on déduit que :
2 1
4α0 = et ∀n ∈ N∗ , αn = − ·
π π(4n2 − 1)(64n4 − 20n2 + 1)

1
Au voisinage de l’infini, on a αn ∼ − , ce qui permet de justifier la convergence normale
 256πn6
X
de la série t 7−→ 256n4 αn cos(4nt) et la dérivation terme à terme pour calculer y 00 et
n≥1

y (4) .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 260 — #626


i i

260 CHAPITRE 10

Les solutions de l’équation (E) sont les fonctions y définies sur R par :
+∞
1 1X cos(4nt)
y(t) = a cos t + b sin t + c cos(2t) + d sin(2t) + − ,
2π π n=1 (4n2 − 1)(64n4 − 20n2 + 1)

avec a, b, c et d réels.

10.20 a) Montrons que les zéros de f , s’ils existent, sont isolés.


Supposons que A(f ) 6= ∅.
Soit µ un élément de A(f ), si f 0 (µ) = 0, alors f est la solution du problème de Cauchy :
 00
 y + gy = 0
(P C) : ·
y(µ) = y 0 (µ) = 0

L’unique solution de (P C) est la fonction nulle, comme f n’est pas la fonction nulle, alors si
f (µ) = 0, on a f 0 (µ) 6= 0.
La fonction f 0 est continue, donc il existe un voisinage V de µ sur lequel f 0 (x) 6= 0, alors f est
strictement monotone sur V , comme au voisinage de µ, on a :

f (x) ∼ f 0 (µ)(x − µ),

alors :
∀x ∈ V, x 6= µ, f (x) 6= 0.
Les zéros de f , s’ils existent, sont isolés.

b) Soit ϕ une fonction continue sur ]0, +∞[.


Résolvons l’équation différentielle y 00 + ω 2 y = ϕ.
Les solutions de l’équation différentielle y 00 + ω 2 y = 0 sont les fonctions :

x 7−→ a cos(ωx) + b sin(ωx) avec (a, b) ∈ R2 .

On recherche une solution particulière par la méthode de la variation des constantes.


Soient a et b deux fonctions dérivables sur ]0, +∞[ telles que la fonction y0 définie sur ]0, +∞[
par y0 (x) = a(x) cos(ωx) + b(x) sin(ωx) soit solution de y 00 + ω 2 y = ϕ.
On suppose de plus que a0 (x) cos(ωx) + b0 (x) sin(ωx) = 0.
D’où :  0 0
 a (x) cos(ωx) + b (x) sin(ωx) = 0
.
−a0 (x)ω sin(ωx) + b0 (x)ω cos(ωx) = ϕ(x)

Soit :
1 1
a0 (x) = − sin(ωx)ϕ(x) et b0 (x) = cos(ωx)ϕ(x).
ω ω
Soit α un réel strictement positif, on a :

−1 x 1 x
Z Z
a(x) = sin(ωt)ϕ(t) dt et b(x) = cos(ωt)ϕ(t) dt.
ω α ω α

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 261 — #627


i i

CORRIGÉS 261

Une solution particulière est la fonction y0 définie sur ]0, +∞[ par :

−1 x 1 x
Z Z
y0 (x) = sin(ωt)ϕ(t) dt cos(ωx) + cos(ωt)ϕ(t) dt sin(ωx),
ω α ω α

1 x
Z
y0 (x) = sin(ω(x − t))ϕ(t) dt.
ω α
Les solutions de l’équation différentielle y 00 + ω 2 y = ϕ sont les fonctions y définies sur ]0, +∞[
par :

1 x
Z
y(x) = a cos(ωx) + b sin(ωx) + sin(ω(x − t))ϕ(t) dt avec (a, b) ∈ R2 .
ω α

c) Soit α un réel strictement positif, montrons que A(f )∩ ]α, +∞[6= ∅.


On suppose que :
∀x ∈]0, +∞[, g(x) ≥ m > 0.
On pose m = ω 2 avec ω un réel strictement positif.
On raisonne par l’absurde, supposons que A(f )∩ ]α, +∞[= ∅.
La fonction f est continue, donc f est de signe constant sur ]α, +∞[, quitte à remplacer f par
−f , on suppose que :
∀x ∈]α, +∞[, f (x) > 0.
D’où :

∀x ∈ [α, +∞[, g(x)f (x) ≥ ω 2 f (x), donc : f 00 (x) + g(x)f (x) ≥ f 00 (x) + ω 2 f (x).

On doit résoudre l’inéquation différentielle y 00 + ω 2 y ≤ 0.


On définit la fonction ϕ sur ]0, +∞[ par ϕ = y 00 + ω 2 y.
On note y(α) = β0 et y 0 (α) = β00 .
On a : Z x
y00 (x) = cos(ω(x − t))ϕ(t) dt.
α
D’où :
y 0 (x) = −aω sin(ωx) + bω cos(ωx) + y00 (x).
On en déduit que :
 
 y(α) = β0  a cos(ωα) + b sin(ωα) = β0
⇐⇒
y 0 (α) = β00 −aω sin(ωα) + bω cos(ωα) = β00
 


sin(ωα) 0
a = − β0 + cos(ωα) β0


ω
⇐⇒ .
 b = cos(ωα) β00 + sin(ωα) β0


ω
Soit :
   
sin(ωα) 0 cos(ωα) 0
y(x) = − β0 + cos(ωα) β0 cos(ωx) + β0 + sin(ωα) β0 sin(ωx) + y0 (x).
ω ω

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 262 — #628


i i

262 CHAPITRE 10

D’où :
β00 x
Z
1
y(x) = β0 cos(ω(x − α)) + sin(ω(x − α)) + sin(ω(x − t))ϕ(t) dt.
ω ω α
De plus, on a : h πi π
∀x ∈ α, α + , ∀t ∈ [α, x], 0≤x−t≤ ·
ω ω
Donc :
0 ≤ ω(x − t) ≤ π =⇒ sin(ω(x − t)) ≥ 0.
1 x
Z
La fonction ϕ est négative sur [a + ∞[, donc sin(ω(x − t))ϕ(t) dt ≤ 0, donc :
ω α
h πi β0
∀x ∈ α, α + , y(x) ≤ β0 cos(ω(x − α)) + 0 sin(ω(x − α)).
ω ω
π
On particularise x = α + , on obtient :
ω
 π   π  β0  π π  π
y α+ = β0 cos ω + 0 sin ω + y0 = −β0 + y0 α + .
ω ω ω ω ω ω
 π  π
Donc y α + ≤ −y(α), car β0 = y(α) et y0 α + ≤ 0.
ω ω
 π 
On a supposé que y(α) > 0, donc y α + < 0.
ω
On a une contradiction avec notre hypothèse « ∀x ∈]α, +∞[, y(x) > 0 », donc la fonction y
s’annule au moins une fois sur [α, +∞[, donc A(f )∩ ]α, +∞[6= ∅.

d) Montrons que les zéros de f sont en nombre infini.


Un sous-ensemble formé de points isolés de R est soit fini soit dénombrable.
L’ensemble des zéros de la fonction f est un ensemble de points isolés, d’après la question c)
cet ensemble est infini, donc il est dénombrable ce qui permet d’indexer les zéros de la fonction.
Soit µ0 le premier zéro de f , on note (µn )n∈N la suite construite par :

µ0 = inf A(f ) et ∀n ∈ N∗ , µn = inf A(f )∩ ]µn−1 , +∞[.

On procède comme à la question précédente pour montrer l’existence de µn en particularisant


α = µn−1 .
On obtient une suite des zéros de f strictement croissante.
Si (µn )n∈N converge vers l, alors l est un point d’accumulation de A(f ) ce qui est exclu car les
zéros de f sont isolés, donc lim µn = +∞.
n−→+∞

Les zéros de la fonction f sont en nombre infini.

e) Étudions les zéros de f 0 .


Soient µn et µn+1 deux zéros consécutifs de f .
La fonction f est continue sur [µn , µn+1 ], dérivable sur ]µn , µn+1 [ et f (µn ) = f (µn+1 ) = 0, du
théorème de Rolle on déduit qu’il existe βn élément de ]µn , µn+1 [ tel que f 0 (βn ) = 0.
Supposons qu’il existe un deuxième zéro de f 0 noté βn0 sur ]µn , µn+1 [ avec βn < βn0 , comme f 0
est continue sur [βn , βn0 ], dérivable sur ]βn , βn0 [ et f 0 (βn ) = f 0 (βn0 ) = 0, alors il existe un γn tel
que f 00 (γn ) = 0.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 263 — #629


i i

CORRIGÉS 263

Comme f 00 + gf = 0, alors f 00 (γn ) + g(γn )f (γn ) = 0 et g(γn ) > 0, de plus f 00 (γn ) = 0, donc
f (γn ) = 0 avec µn < γn < µn+1 .
Il y a une contradiction car les réels µn et µn+1 sont deux zéros consécutifs de f .
On a montré qu’entre deux zéros consécutifs de la fonction f on a un unique zéro de f 0 .
On raisonne de même avec βn et βn+1 pour la fonction f 0 .
On montre qu’entre deux zéros consécutifs de f 0 on a un unique zéro de f .

On suppose de plus que la fonction g est croissante sur ]0, +∞[.

f) On note (µn )n∈N la suite des zéros de la fonction f et (βn )n∈N la suite des zéros de la
fonction dérivée f 0 .
On sait que la fonction g est strictement positive, donc g(µn ) et g(µn+1 ) sont non nuls.
On définit la fonction h sur [µ0 , +∞[ par :

1

2 02
 f (x) + g(µ ) f (x)

 si x ∈ [µn , βn ]
n
h(x) = ·
1
 f 2 (x) + f 02 (x) si x ∈]βn , µn+1 [


g(µn+1 )

Montrons que la fonction h est continue, dérivable sur [µ0 , +∞[.


f 02 (µn )
La fonction h est continue sur [µ0 , +∞[ avec h(βn ) = f 2 (βn ) et h(µn ) = ·
g(µn )
De plus h est dérivable sur chaque intervalle ]µn , βn [ et ]βn , µn+1 [ avec :

2

0 0 00
 2f (x)f (x) + g(µ ) f (x)f (x)

 si x ∈]µn , βn [
0 n
h (x) = ·
2
 2f 0 (x)f (x) + f 0 (x)f 00 (x) si x ∈]βn , µn+1 [


g(µn+1 )

Comme f 00 (x) = −g(x)f (x), alors :


 
g(x)

0

 2f (x)f (x) 1 − si x ∈]µn , βn [
 g(µn )
h0 (x) =   ·
 0 g(x)
 2f (x)f (x) 1 −
 si x ∈]βn , µn+1 [
g(µn+1 )

Comme h0 (µn ) = h0 (βn ) = 0, alors h est dérivable sur [µ0 , +∞[.


L’étude des zéros de f et de f 0 montre que :

∀x ∈]µn , βn [, f (x)f 0 (x) > 0,

et :
∀x ∈]βn , µn+1 [, f (x)f 0 (x) < 0.
On suppose que g est croissante sur R∗+ , donc :

g(x)
∀x ∈]µn , βn [, g(x) ≥ g(µn ) > 0 =⇒ 1 − ≤ 0,
g(µn )

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 264 — #630


i i

264 CHAPITRE 10

g(x)
∀x ∈]βn , µn+1 [, 0 < g(x) ≤ g(µn+1 ) =⇒ 1 − ≥ 0.
g(µn+1 )
On en déduit que h0 (x) ≤ 0, donc h est décroissante sur [µ0 , +∞[.
On a :
∀x ∈ [µ0 , +∞[, f 2 (x) ≤ h(x) ≤ h(µ0 ).
Soit : p
∀x ∈ [µ0 , +∞[, |f (x)| ≤ h(µ0 ).
La fonction f est bornée sur [µ0 , +∞[, donc bornée au voisinage de +∞.

 00
 y + p(t)y = q(t)



10.22 On cherche à résoudre le problème de Dirichlet (P D) suivant : y(a) = 0 ·




y(b) = 0
a) Soit H l’équation homogène associée : (H) : y 00 + p(t)y = 0.
Soit y une solution de (H) sur le segment [a, b] et u, v deux réels tels que a ≤ u < v ≤ b, on a :
Z v  Z v Z v
y 00 (t) + p(t)y(t) y(t) dt = y 00 (t)y(t) dt + p(t)y 2 (t) dt.
u u u
Z v
On intègre par parties y 00 (t)y(t) dt, on obtient :
u
Z v    v Z v  
y 00 (t) + p(t)y(t) y(t) dt = y 0 (t)y(t) + p(t)y 2 (t) − y 02 (t) dt.
u u u
Z v  
Si y(u) = y(v) = 0, comme y 00 (t) + p(t)y(t) = 0, alors p(t)y 2 (t) − y 02 (t) dt = 0.
u

La fonction py 2 − y 02 est continue, négative sur [a, b], donc sur [u, v], son intégrale est nulle,
donc c’est la fonction nulle, soit :

∀t ∈ [u, v], y 02 (t) = p(t)y 2 (t), p(t) ≤ 0 =⇒ y 02 (t) ≤ 0 =⇒ y 0 (t) = 0.

La fonction y est constante sur [u, v], comme y(u) = 0, alors la fonction y est nulle sur le
segment [u, v], de plus la fonction y est l’unique solution du problème de Cauchy suivant :
 00

 y + p(t)y = 0


 u + v

y =0 ·

 2
 y0 u + v = 0

  

2
Il est immédiat que la fonction nulle est une solution, donc par unicité de la solution la fonction
y est la fonction nulle sur le segment [a, b].
Toute solution non nulle de l’équation (H) sur le segment [a, b] a au plus un zéro.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 265 — #631


i i

CORRIGÉS 265

b) Résolvons le problème de Dirichlet (P D).


 00
 y + p(t)y = 0



Soit y1 l’unique solution du problème de Cauchy y(a) = 0 et y2 l’unique solution du



 0
y (a) = 1
 00
 y + p(t)y = 0



problème de Cauchy y(b) = 0 .



 0
y (b) = 1
Les fonctions y1 et y2 ne sont pas les fonctions nulles sur le segment [a, b], de la question
précédente on déduit que y1 (b) 6= 0 et y2 (a) 6= 0.
Montrons que la famille {y1 , y2 } est libre.
Soient λ et µ deux réels, si pour tout réel t élément du segment [a, b], on a :

λy1 (t) + µy2 (t) = 0,

en particularisant t = a et t = b, on obtient :
 
λy1 (a) + µy2 (a) = 0 µy2 (a) = 0
⇐⇒ =⇒ λ = µ = 0.
λy1 (b) + µy2 (b) = 0 λy1 (b) = 0

On a montré que {y1 , y2 } est un système fondamental de solutions de l’équation (H).


On cherche une solution particulière de l’équation (E) par la méthode de la variation des
constantes.
 0
 ϕ1 y1 + ϕ02 y2 = 0
Soient ϕ1 et ϕ2 deux fonctions dérivables sur [a, b] telles que ·
 0 0
ϕ1 y1 + ϕ02 y20 = q
Soit w le wronskien, on a :

∀t ∈ [a, b], w(t) = y1 (t)y20 (t) − y10 (t)y2 (t).

Comme {y1 , y2 } est un système fondamental de solutions de l’équation (E) alors, pour tout réel
t compris entre a et b, on a ω(t) 6= 0.
Soit :
q(t)y2 (t)

 0 0 0
 ϕ1 y1 + ϕ2 y2 = 0  ϕ1 (t) = − w(t)


⇐⇒ .
 0 0 q(t)y1 (t)
ϕ1 y1 + ϕ02 y20 = q(t)
 0
 ϕ2 (t) =

w(t)
On intègre : Z t Z t
q(s)y2 (s) q(s)y1 (s)
ϕ1 (t) = − ds et ϕ2 (t) = ds.
a w(s) b w(s)
Les solutions de l’équation (E) sont les fonctions y définies sur le segment [a, b] par :
 Z t   Z b 
q(s)y2 (s) q(s)y1 (s)
∀t ∈ [a, b], y(t) = λ − ds y1 (t) + µ − dt y2 (t),
a w(s) t w(s)

avec λ et µ des réels.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 266 — #632


i i

266 CHAPITRE 10

On traduit les conditions aux bords y(a) = y(b) = 0, on obtient :


 Z b
 q(s)y1 (s)
µ =
 ds

a w(s)
Z b ·
 q(s)y2 (s)
λ = ds


a w(s)

Le problème de Dirichlet admet une unique solution notée f définie sur le segment [a, b] par :
Z b Z t
q(s)y2 (s) q(s)y1 (s)
∀t ∈ [a, b], f (t) = y1 (t) ds + y2 (t) ds.
t w(s) a w(s)
On remarque que f (a) = f (b) = 0.

c) On particularise a = 0, b = π, p(t) = 1 et q(t) = 0, on obtient le problème de Dirichlet :


 00
y + y = 0




(P D1 ) : y(0) = 0 ·




y(π) = 0

Les solutions de l’équation différentielle y 00 + y = 0 sont les fonctions y définies sur [0, π] par :

∃(A, B) ∈ R2 , ∀t ∈ [0, π], y(t) = A cos(t) + B sin(t).


On a :
y(0) = A = 0, y(π) = −A = 0.
Donc ce problème admet une infinité de solutions, la droite vectorielle engendré par la fonction
sinus est solution de (P D1 ).
 00
 y +y =0



Remarque. Le problème de Dirichlet (P D2 ) : y(0) = 0 n’admet aucune solution.




y(π) = 1

10.23 a) Montrons que si y est une I-solution de (E), alors y est indéfiniment dérivable sur I.
La fonction ϕ est indéfiniment dérivable.
Soit y une I-solution de (E), alors y est deux fois dérivable sur I, donc en particulier y est
élément de C 1 (I, R).
Soient n un entier naturel et y une solution de (E) sur I, alors y 00 = −ϕ y, si y est élément de
C n (I, R), alors y 00 est élément de C n (I, R), donc y est élément de C n+2 (I, R), donc élément de
C n+1 (I, R).
On déduit par récurrence que, pour tout entier naturel n, la fonction y est élément de C n (I, R),
donc la fonction y est indéfiniment dérivable sur I.

b) L’intervalle I est centré en 0, donc, pour tout x élément de I, −x est élément de I.


Soit y une I-solution de (E), on définit la fonction z sur I par z(x) = y(−x).
Montrons que z est une I-solution de (E).

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 267 — #633


i i

CORRIGÉS 267

On a :
∀x ∈ I et z 0 (x) = −y 0 (−x), z 00 (x) = y 00 (−x).
La fonction y est une I-solution de l’équation (E), donc y 00 (t) + ϕ(t)y(t) = 0.
L’intervalle I est symétrique par rapport à 0, la fonction ϕ est paire, on particularise t = −x,
on obtient :

∀x ∈ I, y 00 (−x) + ϕ(−x)y(−x) = 0 ⇐⇒ z 00 (x) + ϕ(x)z(x) = 0,

la fonction z est bien une I-solution de l’équation (E).

c) Montrer que f0 est paire et f1 est impaire.


On définit la fonction p sur I par p(x) = f0 (x) − f0 (−x).
On a p(0) = f0 (0) − f0 (0) = 1 − 1 = 0 et p0 (0) = f00 (0) + f00 (0) = 0.
Les fonctions f0 et x 7−→ f0 (−x) sont des I-solutions de l’équation (E), comme l’équation est
linéaire, alors la fonction p est une I-solution de l’équation (E).
L’unique I-solution de l’équation (E) qui vérifie p(0) = p0 (0) = 0 est la fonction nulle, donc :

∀x ∈ I, p(x) = 0 ⇐⇒ f0 (x) = f0 (−x).

On a montré que la fonction f0 est paire.


On définit la fonction q sur I par q(x) = f1 (x) + f1 (−x).
On a q(0) = f1 (0) + f1 (0) = 0 et q 0 (0) = f10 (0) − f10 (0) = 0.
Les fonctions f1 et x 7−→ f1 (−x) sont des I-solutions de l’équation (E), comme l’équation est
linéaire, alors la fonction q est une I-solution de l’équation (E).
L’unique I-solution de (E) qui vérifie q(0) = q 0 (0) = 0 est la fonction nulle, donc :

∀x ∈ I, q(x) = 0 ⇐⇒ f1 (x) = −f1 (−x).

On a montré que la fonction f1 est impaire.

d) Exprimons les I-solutions de l’équation (E) à l’aide des fonctions f0 et f1 .


La fonction ϕ est continue sur I, donc l’équation (E) est une équation différentielle linéaire du
second ordre, du théorème de Cauchy-Lipschitz on déduit que l’ensemble SI des solutions de
(E) sur I est un espace vectoriel de dimension 2.
Les fonctions f0 et f1 sont des I-solutions de l’équation (E), montrons que la famille {f0 , f1 }
est libre.
Soient λ0 et λ1 deux réels tels que λ0 f0 + λ1 f1 = 0I , alors :

∀x ∈ I, λ0 f0 (x) + λ1 f1 (x) = 0 et λ0 f00 (x) + λ1 f10 (x) = 0.

On particularise x = 0, comme f0 (0) = f10 (0) = 1 et f00 (0) = f1 (0) = 0, alors :



 λ0 f0 (0) + λ1 f1 (0) = 0 λ0 = 0
(
⇐⇒ .
λ0 f00 (0) + λ1 f10 (0) = 0 λ1 = 0

La famille (f0 , f1 ) est libre, de cardinal deux, donc c’est une base de SI .
Les I-solutions de l’équation (E) sont les fonctions y définies sur I par y = λ0 f0 + λ1 f1 , avec
λ0 et λ1 réels.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 268 — #634


i i

268 CHAPITRE 10

e) Déterminer parmi les I-solutions de l’équation (E) celles qui sont paires et celles qui sont
impaires.
Soit y une I-solution de l’équation (E), il existe deux réels a et b tels que :
∀x ∈ I, y(x) = af0 (x) + bf1 (x).
La fonction f0 est paire et la fonction f1 est impaire sur I, donc :
∀x ∈ I, y(−x) = af0 (x) − bf1 (x).
La fonction y est paire sur I si et seulement si :
∀x ∈ I, af0 (x) + bf1 (x) = af0 (x) − bf1 (x) ⇐⇒ ∀x ∈ I, bf1 (x) = 0.

Comme f10 (0) = 1, alors la fonction f1 n’est pas la fonction nulle sur I, donc b = 0.
L’ensemble des I-solutions paires de l’équation (E) est la droite vectorielle engendrée par le
vecteur f0 .
On montre de même que l’ensemble des I-solutions impaires de l’équation (E) est la droite
vectorielle engendrée par le vecteur f1 .

f) On suppose que, pour tout réel x élément de I, f0 (x) 6= 0.


Z x
dt
Exprimons f1 en fonction de f0 et de la fonction u0 définie sur I par u0 (x) = ·
0 f02 (t)
Déterminons une fonction λ élément de C 2 (I, R) telle que y = λf0 soit une I-solution de
l’équation (E).
On a :
y 0 = λ0 f0 + λf00 et y 00 = λ00 f0 + 2λ0 f00 + λf000 .
La fonction y est une I-solution de (E) si et seulement si :

y 00 + ϕy = 0 ⇐⇒ λ00 f0 + 2λ0 f00 + λf000 + ϕλf0 = 0.


On sait que f000 + ϕf0 = 0, comme la fonction f0 ne s’annule pas sur I, alors :
f00 0
y 00 + ϕy = 0 ⇐⇒ λ00 f0 + 2λ0 f00 = 0 ⇐⇒ λ00 = −2 λ.
f0
f00
Soit v = λ0 , on résout l’équation différentielle linéaire du premier ordre v 0 = −2 v.
f0
Les solutions sont les fonctions v définies sur I par :
 Z x 0 
f0 (t)
v(x) = K exp −2 dt avec K ∈ R.
0 f0 (t)

La fonction f0 est continue sur I, ne s’annule pas sur I et f0 (0) = 1, donc la fonction f0 est
strictement positive sur I.
On a :  
K
∀x ∈ I, v(x) = K exp − 2 ln(f0 (x)) + 2 ln(f0 (0)) = ·
f02 (x)
On définit la fonction u0 sur I par :
Z x
dt
u0 (x) = ·
0 f02 (t)

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 269 — #635


i i

CORRIGÉS 269

D’où :
∀x ∈ I, λ(x) = Ku0 (x) + K1 avec (K, K1 ) ∈ R2 .
Les I-solutions de l’équation (E) sont les fonctions y définies sur I par :
Z x
dt
∀x ∈ I, y(x) = λ(x)f0 (x) = Kf0 (x) 2
+ K1 f0 (x) avec (K, K1 ) ∈ R2 .
0 f0 (t)

La fonction f1 est l’unique I-solution de l’équation (E) vérifiant les conditions f1 (0) = 0 et
f10 (0) = 1.
Déterminons les constantes K et K1 telles que :
 f = Ku f + K f
 1 0 0 1 0



f1 (0) = 0 ·



 0
f1 (0) = 1

On a f1 (0) = K1 et f10 = Ku00 f0 + Ku0 f00 + K1 f00 , donc :

f0 (0)
f10 (0) = K + Ku0 (0)f00 (0) + K1 f00 (0) = K,
f02 (0)
donc K1 = 0 et K = 1, donc f1 = u0 f0 .
i π πh
g) On suppose que I = − , et que la fonction cos2 est solution de (E).
2 2

g1 ) Déterminons ϕ et f0 .
On définit la fonction f sur I par f (x) = cos2 x, on a :

∀x ∈ I, f 0 (x) = −2 cos x sin x et f 00 (x) = 2 sin2 x − 2 cos2 x.

Pour tout x élément de I, on a f (x) 6= 0, donc :

f 00 (x) 2 cos2 x − 2 sin2 x


∀x ∈ I, ϕ(x) = − = = 2 − 2 tan2 x.
f (x) cos2 x

On remarque que f (0) = cos2 0 = 1 et f 0 (0) = −2 cos 0 sin 0 = 0, donc f0 = f.

g2 ) Déterminons les I-solutions de l’équation (E), il nous faut déterminer f1 .


On sait que f1 = u0 f0 , exprimons u0 , on a :
Z x Z x Z x
dt dt 1 1
u0 (x) = 2
= 4t
= (1 + tan2 t) 2t
dt = tan x + tan3 x.
0 f 0 (t) 0 cos 0 cos 3
D’où :
1 sin3 x
 
1
∀x ∈ I, f1 (x) = tan x + tan3 x cos2 x = sin x cos x + ·
3 3 cos x
On en déduit que les I-solutions de l’équation (E) sont les fonctions y définies sur I par :

1 sin3 x
 
y(x) = A cos2 x + B sin x cos x + avec (A, B) ∈ R2 .
3 cos x

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 270 — #636


i i

270 CHAPITRE 10

3 13
10.26 Cette équation est du type y 0 = f (t, y) avec f (t, y) =
|y| , la fonction f est continue
2 p
2
sur R , on remarque que les fonctions ϕ1 = 0 et ϕ2 définie sur R par ϕ2 (t) = t |t| sont des
R- solutions de (E) et vérifient ϕ1 (0) = ϕ2 (0) = 0.
On n’a pas unicité du problème de Cauchy, donc la fonction f n’est ni C 1 (R2 , R), ni localement
lipschitzienne par rapport à la seconde variable.

10.28 On remarque que les fonctions constantes y1 et y2 respectivement égales à 1 et -1 sont


des R-solutions de (E).
Soit I un intervalle ouvert ne contenant ni 0 ni 1.
1 − y2
Cette équation est du type y 0 = f (t, y) avec f (t, y) = , la fonction f est élément de
t2 − t
1
C (I × R, R), du théorème de Cauchy-Lipschitz non linéaire (4) on déduit que, pour tout couple
 0
 y = f (t, y)
(t0 , y0 ) de I × R, le problème de Cauchy admet une unique solution maximale.
y(t0 ) = y0

L’intervalle de définition de cette solution est un ouvert.


S’il existe t0 élément de I tel que y(t0 ) = 1, alors d’après le théorème de Cauchy-Lipschitz, on
a, pour tout réel t de I, y(t) = 1, de même si y(t0 ) = −1.
On suppose que y 6= y1 et y 6= y2 , alors :

y0

1 1 y(t) + 1 t − 1
∀t ∈ I, = ⇐⇒ ln = ln t + C.

1 − y2 t2 − t 2 y(t) − 1
2 t−1 2

K(t − 1)2 + t2

y(t) + 1 t−1 K t
+1
∃K ∈ R, ∀t ∈ I, =K ⇐⇒ y(t) = t−1 2
= ·
y(t) − 1 t K(t − 1)2 − t2

K t
−1
On doit déterminer l’ensemble de définition de la fonction y, c’est-à-dire l’ensemble des réels t
 2
t
tels que, pour la fonction ϕ définie sur R \ {1} par ϕ(t) = , on ait ϕ(t) 6= K.
t−1
La fonction ϕ est décroissante sur ] − ∞, 0[ et sur ]1, +∞[ et croissante sur ]0, 1[, donc :
• Si I1 =] − ∞, 0[, alors ϕ(I1 ) =]0, 1[.
Si K ∈]0,
/ 1[, alors la solution y de (E) est définie sur I1 .
Si K ∈]0, 1[, alors l’équation ϕ(t) = K a une unique solution α élément de I1 , donc :
– Si t0 < α, la solution y de (E) est définie sur ] − ∞, α[.
– Si α < t0 < 0, la solution y de (E) est définie sur ]α, 0[.
• Si I2 =]0, 1[, alors ϕ(I2 ) =]0, +∞[.
Si la constante K est négative, alors la solution y de (E) est définie sur I2 .
Si la constante K est strictement positive, l’équation ϕ(x) = K admet une unique solution β
élément de I2 .
Si 0 < t0 < β, la solution y de (E) est définie sur ]0, β[.
Si β < t0 < 1, la solution y de (E) est définie sur ]β, 1[.
• Si I3 =]1, +∞[, alors ϕ(I3 ) =]1, +∞[.
Si la constante K est inférieure à 1, alors la solution y de (E) est définie sur I3 .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 271 — #637


i i

CORRIGÉS 271

Si la constante K est supérieure strictement à 1, l’équation ϕ(t) = K admet une unique solution
µ élément de I3 .
Si 1 < t0 < µ, la solution y de (E) est définie sur ]1, µ[.
Si t0 > µ, la solution y de (E) est définie sur ]µ, +∞[.

1
Cette équation est du type y 0 = f (t, y) avec f (t, y) =
, soit U un ouvert de (R∗ ) , la
2
10.29
ty
fonction f est élément de C 1 (U, R), du théorème de Cauchy-Lipschitz non linéaire (4) on déduit
 0
 y = f (t, y)
que, pour tout couple (a, b) de U , le problème de Cauchy admet une unique
y(a) = b

solution maximale.
L’intervalle de définition de cette solution est un ouvert.
On a :
2
2y 0 (t)y(t) =
p
∃k ∈ R, ⇐⇒ y(t)2 = 2 ln |t| + k ⇐⇒ |y(t)| = ln(t2 ) + k.
t
Pour a réel non nul, on a :
p
y(a) = b ⇐⇒ |b| = ln(a2 ) + k ⇐⇒ k = b2 − ln(a2 ).

b2
• Si a et b sont strictement positifs, alors y est définie sur ]ae− 2 , +∞[ par :
s  
t2
y(t) = ln + b2 .
a2

b2
• Si a est
s strictement positif, b strictement négatif, alors y est définie sur ]ae− 2 , +∞[ par
 2
t
y(t) = − ln + b2 .
a2
b2
• Si a et b sont strictement négatifs, alors y est définie sur ] − ∞, ae− 2 [ par :
s  
t2
y(t) = − ln + b2 .
a2

• Si a est strictement négatif et b est strictement positif, alors y est définie sur
s  
2
− b2 t2
] − ∞, ae [ par y(t) = ln + b2 .
a2

On particularise a = −1 et b = 1, donc


 l’unique solution maximale du problème de Cauchy est
1 p
la fonction f définie sur −∞, − √ par f (t) = ln(t2 ) + 1.
e

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 272 — #638


i i

272 CHAPITRE 10

10.31 On obtient en intégrant chaque facteur (y − 1)2 = 2et + C avec C ∈ R.

On distingue deux cas :


• Si C est un réel positif, alors, pour tout réel t, le réel 2et + C est strictement positif, donc
on a deux solutions maximales y1 et y2 définies sur R par :
√ √
∀t ∈ R, y1 (t) = 1 + 2et + C et y2 (t) = 1 − 2et + C.

• Si le réel C est strictement négatif, on a :


 
C C
2et + C > 0 ⇐⇒ et > − ⇐⇒ t > ln − ·
2 2
i   h
C
On a deux solutions maximales y1 et y2 définies sur ln − , +∞ par :
2
i 
C
 h √ √
∀t ∈ ln − , +∞ , y1 (t) = 1 + 2et + C et y2 (t) = 1 − 2et + C.
2

Pour l’équation (E2 ), on remarque que sin(y(t)) 6= 0, donc y(t) 6= pπ avec p entier relatif.
On obtient en intégrant chaque facteur :

∃C ∈ R, ∀t ∈ R, cos(y(t)) = t + C.

Si y(t) ∈]pπ, (p + 1)π[ avec p entier relatif, alors :

∀t ∈ [−C − 1, −C + 1], y(t) = arccos(t + C) + pπ.

10.34 a) On a une situation d’équilibre lorsque la population est constante, soit N 0 = 0,


 2
β
c’est-à-dire lorsque la population est constante et égale à N ∗ = .
α

b) On suppose qu’il existe des punaises, donc que N (t) est strictement positif.
p
On pose Z(t) = N (t), N est solution de (E) si et seulement si :

N0 √
√ = α N − β ⇐⇒ 2Z 0 = αZ − β.
N
α β
Les solutions de l’équation Z 0 = Z − sont les fonctions Z définies sur R+ par :
2 2
α β
Z(t) = Ke 2 t + ·
α
On a :
√ β √ β
Z(0) = N0 et Z(0) = K + donc : K= N0 − ·
α α
On distingue trois cas :
• Si N0 = N ∗ , alors K = 0. La population de punaises est stable.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 273 — #639


i i

CORRIGÉS 273

• Si N0 > N ∗ , alors la constante K est strictement positive.


2

 
β α β
La fonction N est définie sur R+ par N (t) = N0 − e2t + .
α α
La population de punaises croît de façon exponentielle avec le temps.
• Si N0 < N ∗ , alors :
 
α β 2 β
N (t0 ) = 0 ⇐⇒ e 2 t0 = √ ⇐⇒ t0 = ln √ .
β − α N0 α β − α N0

La population de punaises décroit sur [0, t0 [, à l’instant t0 il n’y a plus de punaises.

c) Si N0 > N ∗ , pour t suffisamment grand, on a le nombre de punaises qui est équivalent à


2


β
N0 − eαt , la croissance ne peut être exponentielle, donc soit la modélisation ne tient
α
pas compte des prédateurs, de la surpopulation, du manque de nourriture,... soit la condition
α réel strictement positif est fausse.

10.36 a) Soit ϕ une fonction continue sur R et a un réel tel que ϕ(a) 6= 0.
La fonction ϕ est continue en a, donc :
 
∀ε ∈ R∗+ , ∃η ∈ R∗+ , ∀x ∈ R, |x − a| < η =⇒ |ϕ(x) − ϕ(a)| < ε .

Soit :
∀x ∈]a − η, a + η[, ϕ(a) − ε < ϕ(x) < ϕ(a) + ε.
Comme ϕ(a) 6= 0, alors soit ϕ(a) > 0 soit ϕ(a) < 0.
ϕ(a)
• Si ϕ(a) > 0, en particularisant ε = , on obtient :
2
ϕ(a)
∀x ∈]a − η, a + η[, ϕ(x) > > 0, donc : ϕ(x) 6= 0.
2

ϕ(a)
• Si ϕ(a) < 0, en particularisant ε = − , on obtient :
2
ϕ(a)
∀x ∈]a − η, a + η[, ϕ(x) < < 0, donc : ϕ(x) 6= 0.
2
On a trouvé un intervalle ouvert Ia =]a − η, a + η[ tel que :

∀x ∈ Ia , ϕ(x) 6= 0.

0 00 3 03 003
b) La fonction y vérifie l’équation
 (E) si et seulement si 3yy  y − y − y − y = 0 si et
seulement si (y + y 0 + y 00 ) (y − y 0 )2 + (y 0 − y 00 )2 + (y 00 − y)2 = 0.

c) L’ensemble des solutions de y 0 = y sur I sont les fonctions y définie sur R par y(x) = λ ex
avec λ réel.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 274 — #640


i i

274 CHAPITRE 10

On remarque que si y 0 = y, alors y 00 = y 0 .


Les solutions de (E1 ) sont les fonctions y définies sur R par y(x) = λex avec λ réel.
Déterminons les solutions de (E2 ) : y 00 + y 0 + y = 0.

−1 + i 3
L’équation caractéristique associée à (E2 ) est r2 + r + 1 = 0 dont les solutions sont
√ 2
−1 − i 3
ou , on en déduit que l’ensemble des solutions de (E2 ) sur R est :
2
R −→ R
 

 

 √   √  (A, B) ∈ R2 .


x x 3 x 3
 x 7−→ e− 2 A cos


 + B sin 

2 2

d) Résolvons l’équation (E).


Supposons qu’il existe un réel x0 tel que y 00 (x0 ) + y 0 (x0 ) + y(x0 ) 6= 0.
La fonction y 00 + y 0 + y est continue sur R.
De la question a) on déduit qu’il existe un intervalle ouvert Ix0 contenant x0 tel que :

∀x ∈ Ix0 , (y 00 + y 0 + y)(x) 6= 0.

Parmi l’ensemble des intervalles ouverts contenant Ix0 , on note O le plus grand, au sens de
l’inclusion, des intervalles ouverts I tels que :

∀x ∈ I, (y 00 + y 0 + y)(x) 6= 0.

Comme y est solution de (E), alors, pour tout x élément de O, on a y 0 (x) = y(x), donc
y(x) = λex avec λ réel
On raisonne par l’absurde.
Supposons que la borne supérieure β de l’intervalle ouvert O soit réelle, alors :

(y 00 + y 0 + y)(β) = 0 et lim λex = λeβ ,


x−→β

donc λeβ = 0, donc λ = 0, donc y est la fonction nulle sur O.


D’où une contradiction avec l’hypothèse :

∀x ∈ O, (y 00 + y 0 + y)(x) 6= 0.

L’hypothèse β est réel est fausse, donc β = +∞, on procède de même avec la borne inférieure,
on en déduit que O = R.
La fonction y est solution de l’équation (E) si et seulement si soit y est solution de (E1 ) sur R
soit y est solution de (E2 ) sur R.
La fonction f est solution de l’équation (E) si et seulement si la fonction f est définie sur R
par :
f (x) = λex avec λ ∈ R,
ou bien :   √   √ 
−x x 3 x 3
f (x) = e 2 A cos + B sin avec (A, B) ∈ R2 .
2 2

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 275 — #641


i i

CORRIGÉS 275

10.39 Soient x et y deux fonctions dérivables de R dans R.


 
x
On pose X = , on obtient x et y est solution du système différentiel si et seulement si :
y
 
0 2−t t−1
X = A(t)X avec A(t) = ·
2 − 2t 2t − 1

Le polynôme caractéristique de la matrice A(t) est :



2 − t − λ t − 1
PA(t) (λ) = = λ2 − (t + 1)λ + t.
2 − 2t 2t − 1 − λ

Les valeurs propres de la matrice A(t) sont 1 et t et les sous-espaces propres associés aux valeurs
propres sont les droites D1 : y = x et D2 : y = 2x.
   
1 1 2 −1
On pose P = , on a P −1 = , la matrice A(t) est diagonalisable et :
1 2 −1 1
 
1 0
P −1 A(t)P = .
0 t

D’où :    
1 0 1 0
X 0 = A(t)X ⇐⇒ X 0 = P P −1 X ⇐⇒ P −1 X 0 = P −1 X.
0 t 0 t
 
α
On pose Z = = P −1 X, soit X = P Z, on obtient :
β
 0
  α = α
0 0 1 0
X = A(t)X ⇐⇒ Z = Z ⇐⇒ ·
0 t
β 0 = tβ

a et2
 
On obtient Z(t) = t ·
be 2
Les solutions du système sont :
t2
!
a et2 a et + b e
  
1 1 2
X(t) = P Z(t) = t = t2 avec (a, b) ∈ R2 .
1 2 be 2 a et + 2b e 2

10.40 On remarque en posant z = x + iy que z 00 + 4z = 0 dont les solutions sont les fonctions
z définies sur R par z(t) = A cos(2t) + B sin(2t) avec A et B réels.
On a :
x00 + 4x = −5x − y + 4x = −x − y = −z = −A cos(2t) − B sin(2t).
On résout l’équation différentielle (E) : u00 + 4u = −A cos(2t) − B sin(2t).
On cherche une solution particulière du type u(t) = αt cos(2t) + βt sin(2t), on obtient :

u0 (t) = α cos(2t) − 2αt sin(2t) + β sin(2t) + 2βt cos(2t),

u00 (t) = −4α sin(2t) − 4αt cos(2t) + 4β cos(2t) − 4βt sin(2t) = −4α sin(2t) + 4β cos(2t) − 4u(t).

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 276 — #642


i i

276 CHAPITRE 10

Les fonctions cosinus et sinus sont indépendantes, en identifiant on obtient :



α = B
( −4α = −B 
⇐⇒ 4
A
4β = −A

 β = −
4
Les solutions de (E) sont les fonctions x définies sur R par :

A B
∀t ∈ R, x(t) = δ cos(2t) + µ sin(2t) − t sin(2t) + t cos(2t).
4 4
On a posé z = x + y donc y = z − x, soit :

A B
∀t ∈ R, y(t) = (A − δ) cos(2t) + (B − µ) sin(2t) + t sin(2t) − t cos(2t).
4 4
On en déduit les solutions du système :

A B
 x(t) = δ cos(2t) + µ sin(2t) − t sin(2t) + t cos(2t)


4 4
∀t ∈ R,
 y(t) = (A − δ) cos(2t) + (B − µ) sin(2t) + t sin(2t) − B t cos(2t)
A


4 4
avec A, B, δ, et µ réels.

10.42 Soient x, y et z trois fonctions dérivables de R dans R.


 
x
On pose X =  y , on obtient (x, y, z) est solution du système si et seulement si :
z
   
−1 1 0 0
0
X = AX + B avec A= 0 −1 1  et B =  0 ·
0 0 −1 e−t

On détermine le polynôme caractéristique de la matrice A, on obtient :



−1 − λ 1 0
1 = −(λ + 1)3 .

PA (λ) = 0 −1 − λ
0 0 −1 − λ

La valeur propre -1 est triple, la résolution matricielle n’est pas performante.


On résout l’équation différentielle (E) : z 0 + z = e−t .
On cherche une solution particulière du type z0 définie sur R par z0 (t) = Ate−t , donc :

z00 (t) = Ae−t − Ate−t = Ae−t − z0 (t).

Après identification, on trouve A = 1, donc les solutions de (E) sont les fonctions z définies sur
R par z(t) = Ae−t + te−t .
Résolvons maintenant (E1 ) : y 0 + y = (A + t)e−t .
On utilise la méthode de la variation de la constante.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 277 — #643


i i

CORRIGÉS 277

On détermine une fonction dérivable u sur R telle que la fonction t 7−→ u(t)e−t soit une solution
de (E1 ), on a :

t2
u0 (t)e−t = (A + t)e−t ⇐⇒ u0 (t) = t + A =⇒ u(t) = + At.
2
Les solutions de (E1 ) sont les fonctions y définies sur R par :
 2 
t
y(t) = + At + B e−t .
2
 2 
0 t
On fait de même pour (E2 ) : x + x = y(t) = + At + B e−t .
2
Les solutions du système sont :
 3
At2

t


 x(t) = + + Bt + C e−t



 6 2
 2
(A, B, C) ∈ R3 .

∀t ∈ R, t avec
y(t) = + At + B e−t
2





z(t) = (t + A)e−t

10.47 On définit la fonction g sur R par g(x) = f (x) + f (−x), on a :

g 0 (x) = f 0 (x) − f 0 (−x) et g 00 (x) = f 00 (x) + f 00 (−x).

Comme f 00 (x) = −f (−x) + x + ex et f 00 (−x) = −f (x) − x + e−x , alors :

g 00 (x) = −(f (x) + f (−x)) + ex + e−x ,

donc g 00 (x) + g(x) = 2ch x.


On résout y 00 + y = 2ch x, les solutions sont les fonctions y définies sur R par :

y(x) = a cos x + b sin x + ch x avec (a, b) ∈ R2 .


La fonction g est paire, donc g(x) = a cos x + ch x avec a réel.
On définit la fonction h sur R par h(x) = f (x) − f (−x), on a :

h0 (x) = f 0 (x) + f 0 (−x) et h00 (x) = f 00 (x) − f 00 (−x),


d’où :
h00 (x) = −f (−x) + f (x) + 2x + 2sh x,
soit :
h00 (x) − h(x) = 2(x + sh x).
Une solution particulière de y 00 − y = 2x est y0 (x) = −2x.
On cherche une solution particulière de y 00 − y = 2sh x du type y(x) = axch x + bxsh x, on
obtient :
y 00 (x) − y(x) = 2ash x + 2bch x = 2sh x, donc : a = 1 et b = 0.
Les solutions de l’équation y 00 − y = 2x + 2sh x sont les fonctions y définies sur R par :

y(x) = Ach x + Bsh x − 2x + xch x avec (A, B) ∈ R2 .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 278 — #644


i i

278 CHAPITRE 10

La fonction h est impaire, donc h(x) = Bsh x − 2x + xch x avec B réel.


On a :
g(x) + h(x) x+1
f (x) = = K1 cos x + K2 sh x − x + ch x avec (K1 , K2 ) ∈ R2 .
2 2

Vérification :
1 x+1
f 0 (x) = −K1 sin x + K2 ch x − 1 + ch x + sh x,
2 2
x+1
f 00 (x) = −K1 cos x + K2 sh x + sh x + ch x.
2
−x + 1 x+1
f 00 (x) + f (−x) = x + ch x + sh x + ch x = x + ch x + sh x = x + ex .
2 2

10.48
Remarques.
• On particularise x = y = 0, on obtient f 2 (0) = 0, donc f (0) = 0.
• La fonction nulle est une solution de l’équation fonctionnelle.
• La fonction f est continue sur R, on applique le théorème de dérivation d’une intégrale
fonction de la borne.
Soient x et y deux réels, les fonctions ϕy et ψx définies sur R par :
Z x+y Z x+y
ϕy (x) = f (t) dt et ψx (y) = f (t) dt,
x−y x−y

sont dérivables sur R et :

ϕ0y (x) = f (x + y) − f (x − y) et ψx0 (y) = f (x + y) + f (x − y).

• On particularise x = 0, on obtient :
Z y
∀y ∈ R, f (t) dt = 0.
−y

En dérivant, on obtient :
∀y ∈ R, f (y) + f (−y) = 0,
donc la fonction f est impaire.

Déterminons les solutions f non nulles de (1).


Si f est non nulle, il existe un réel y0 tel que f (y0 ) 6= 0 et :
Z x+y0
1 1
∀x ∈ R, f (x) = f (t) dt = ϕy (x).
f (y0 ) x−y0 f (y0 ) 0

La fonction ϕy0 est dérivable sur R, donc f est dérivable sur R et :


 
1
∀x ∈ R, f 0 (x) = f (x + y0 ) − f (x − y0 ) .
f (y0 )

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 279 — #645


i i

CORRIGÉS 279

1
D’où en particularisant x = 0, on obtient f 0 (0) = (f (y0 ) − f (−y0 )) = 2.
f (y0 )
Les fonctions ϕy et ψx sont des sommes et des composées de fonctions dérivables, donc elles
sont dérivables et :

∀(x, y) ∈ R2 , ϕ00y (x) = f 0 (x + y) − f 0 (x − y) et ψx00 (y) = f 0 (x + y) − f 0 (x − y).

Donc ϕ00y (x) = ψx00 (y), comme ϕ00y (x) = f 00 (x)f (y) et ψx00 (y) = f (x)f 00 (y), alors f est solu-
f (y0 )f 00 − f 00 (y0 )f = 0





tion du problème de Cauchy (P C) : f (0) = 0 ·



 0
f (0) = 2
 00
 y − ay = 0

00

f (y0 )

On pose a = , on obtient (P C) : y(0) = 0 ·
f (y0 ) 


 0
y (0) = 2
On distingue trois cas :
• a = 0, alors y 00 = 0, donc y(x) = αx + β, comme y(0) = 0 et y 0 (0) = 2, alors y(x) = 2x.
• a > 0, on pose a = ω 2 avec ω réel strictement positif, les solutions de y 00 − ω 2 y = 0 sont
les fonctions y définies par y(x) = α ch (ωx) + β sh (ωx), de plus y(0) = α et y 0 (0) = βω, donc
2
l’unique solution y(x) = sh (ωx)·
ω
• a < 0, on pose a = −ω 2 avec ω réel strictement positif, les solutions de y 00 + ω 2 y = 0 sont
les fonctions y définies par y(x) = α cos(ωx) + β sin(ωx), de plus y(0) = α et y 0 (0) = βω, donc
2
l’unique solution y(x) = sin(ωx)·
ω
En conclusion si f vérifie l’équation fonctionnelle (1), alors f peut être l’une des fonctions
suivantes :
2 2
x 7−→ 0, x 7−→ 2x, x 7−→ sh (ωx), x 7−→ sin(ωx).
ω ω
Vérifions que ces fonctions sont solutions de (1).
• Le cas de la fonction nulle est évident.
Z x+y
• Si f (x) = 2x, alors f (t) dt = [t2 ]x+y 2 2
x−y = (x+y) −(x−y) = 4xy = f (x)f (y), la fonction
x−y
f est une solution.
2
• Si f (x) = sh (ωx), alors :
ω
Z x+y  x+y  
2 2
f (t) dt = ch (ωt) = ch (ω(x + y)) − ch (ω(x − y)) ,
x−y ω2 x−y ω2
Z x+y  
2
f (t) dt = 2 ch (ωx)ch (ωy) + sh (ωx)sh (ωy) − ch (ωx)ch (ωy) + sh (ωx)sh (ωy) ,
x−y ω
Z x+y
4
f (t) dt = 2 sh (ωx) sh (ωy) = f (x)f (y),
x−y ω
la fonction f est une solution.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 280 — #646


i i

280 CHAPITRE 10

2
• Si f (x) = sin(ωx), alors :
ω
Z x+y  x+y  
2 2
f (t) dt = − 2 cos(ωt) = − 2 cos(ω(x + y)) − cos(ω(x − y)) =
x−y ω x−y ω
 
2
− cos(ωx) cos(ωy) − sin(ωx) sin(ωy) − cos(ωx) cos(ωy) − sin(ωx) sin(ωy) ,
ω2
Z x+y
4
f (t) dt = sin(ωx) sin(ωy) = f (x)f (y),
x−y ω2
la fonction f est une solution.

Nous avons montré que les solutions de l’équation fonctionnelle (1) sont les fonctions :

2 2
x 7−→ 0, x 7−→ 2x, x 7−→ sh (ωx), x 7−→ sin(ωx) avec ω ∈ R∗+ .
ω ω

10.49 a) On a f 0 (x) = f (λx).


• Si λ = 1, alors f 0 (x) = f (x).
Les solutions de l’équation y 0 = y sont les fonctions fK définies sur R par fK (x) = Kex avec
K réel.
• Si λ = −1, on a f 0 (x) = f (−x), soit en dérivant, f 00 (x) = −f 0 (−x) = −f (x).
Donc f (x) = a cos x + b sin x, la fonction f est un candidat, vérifions si elle convient.
On a :
f 0 (x) = −a sin x + b cos x,
f (−x) = a cos x − b sin x,
0
f (x) = f (−x) ⇐⇒ −a sin x + b cos x = −b sin x + a cos x ⇐⇒ a = b.
Les solutions de l’équation fonctionnelle f 0 (x) = f (−x) sont les fonctions fK définies sur R
par :
fK (x) = K(cos x + sin x) avec K ∈ R.

b) Si λ ∈] − 1, 1[, on suppose qu’il existe un réel R strictement positif et une suite (an )n∈N de
réels tels que :
+∞
X
∀x ∈] − R, R[, f (x) = an x n .
n=0

On sait que la fonction f est C sur ] − R, R[ et :
+∞
X +∞
X
∀x ∈] − R, R[, f 0 (x) = nan xn−1 = (n + 1)an+1 xn .
n=1 n=0

D’où :
+∞
X +∞
X
f 0 (x) = f (λx) ⇐⇒ (n + 1)an+1 xn = an λn xn .
n=0 n=0

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 281 — #647


i i

CORRIGÉS 281

De l’unicité des coefficients du développement en série entière, on obtient :


∀n ∈ N, (n + 1)an+1 = λn an .
On en déduit que :
n(n−1)
λ 2
an = a0 .
n!
Comme le réel λ est élément de ] − 1, 1[, alors :
an+1 λn
lim = lim = 0.
n−→+∞ an n−→+∞ n + 1

Le rayon de convergence est +∞.


Les solutions de l’équation fonctionnelle f 0 (x) = f (λx) sont les fonctions fK définies sur R par :
+∞ n(n−1)
X λ 2
fK (x) = K xn avec K ∈ R.
n=0
n!

10.50 Transformons l’équation intégrale en équation différentielle.


Supposons qu’il existe une fonction continue f vérifiant la relation (1).
On effectue le changement de variable u = x − t, on déduit que :
Z 0 Z x
∀x ∈ R f (x) = 1 − (2x − u)f (u) (−du) = 1 − (2x − u)f (u) du,
x 0

soit : Z x Z x
∀x ∈ R f (x) = 1 − 2x f (u) du + uf (u) du.
0 0
La fonction f est continue de R sur R, alors les fonctions :
Z x Z x
x ∈ R 7−→ f (u) du et x ∈ R 7−→ uf (u) du,
0 0

sont dérivables sur R, donc la fonction f est dérivable sur R et :


Z x Z x
∀x ∈ R f 0 (x) = −2 f (u) du − 2xf (x) + xf (x) = −2 f (u) du − xf (x).
0 0

On a f (0) = 1 et f 0 (0) = 0.
La fonction f 0 est dérivable sur R et :
∀x ∈ R f 00 (x) = −2f (x) − f (x) − xf 0 (x) ⇐⇒ f 00 (x) + xf 0 (x) + 3f (x) = 0.
La fonction f est solution du problème de Cauchy suivant :
 00

 y + xy 0 + 3y = 0



(P ) : y(0) = 1 ·




 0
y (0) = 0
Le problème (P ) admet une unique solution.

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 282 — #648


i i

282 CHAPITRE 10

On montre aisément que si la fonction f vérifie (P ), alors elle vérifie la relation (1).
Déterminer toutes les fonctions continues de R dans R vérifiant (1) équivaut à résoudre le
problème de Cauchy (P ).
Résolvons l’équation différentielle suivante (E) : y 00 + xy 0 + 3y = 0.
On cherche les solutions développables en série entière.
On suppose qu’il existe une suite de réels (an )n∈N et un réel R strictement positif tel que :
+∞
X
∀x ∈] − R, R[, y(x) = an xn .
n=0

Des propriétés des séries entières on déduit que sur l’intervalle de convergence on a :
+∞
X +∞
X
∀x ∈] − R, R[, y 0 (x) = nan xn−1 et y 00 (x) = n(n − 1)an xn−2 .
n=1 n=2

Soit :
+∞
X +∞
X
∀x ∈] − R, R[, xy 0 (x) = nan xn et y 00 (x) = (n + 2)(n + 1)an+2 xn .
n=0 n=0

La fonction y est solution de (E) si et seulement si :

∀x ∈] − R, R[, y 00 (x) + xy 0 (x) + 3y(x) = 0.


Donc :
+∞ 
X 
∀x ∈] − R, R[, (n + 2)(n + 1)an+2 + nan + 3an xn = 0.
n=0
De l’unicité d’un développement en série entière on déduit que :
n+3
∀n ∈ N (n + 2)(n + 1)an+2 + (n + 3)an = 0 ⇐⇒ an+2 = − an ·
(n + 2)(n + 1)

Comme y(0) = 1 et y 0 (0) = 0, alors a0 = 1 et a1 = 0.


Calcul de an : par une récurrence on montre que, pour tout entier naturel n, on a a2n+1 = 0.
On a :
3 5 5· 3
a2 = −
, a4 = − a2 = ·
2· 1 4· 3 4· 3· 2
On montre par récurrence la propriété suivante :
(2n + 1)(2n − 1)· · · · · 3
P(n) : a2n = (−1)n ·
(2n)!
La propriété est vérifiée pour n = 0.
Supposons P(n).
2n + 3 (2n + 3)(2n + 1)(2n − 1)· · · · · · 3
a2n+2 = − an = −(−1)n ,
(2n + 2)(2n + 1) (2n + 2)(2n + 1)(2n)!
donc :
(2n + 3)(2n + 1)· · · · 3
a2n+2 = (−1)n+1 ·
(2n + 2)!

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 283 — #649


i i

EXERCICES 283

La propriété P(n) est héréditaire, vraie pour n = 0, donc :

(2n + 1)(2n − 1)· · · · 3


∀n ∈ N a2n = (−1)n et a2n+1 = 0.
(2n)!
Déterminons le rayon de convergence de la série.
On pose αn = a2n .
X
On considère la série entière αn un , on a :
n≥0

αn+1 2n + 3
∀n ∈ N αn =
/0 αn = (2n + 2)(2n + 1) ·


αn+1 2n + 3
Donc lim = lim = 0.
n−→+∞ αn n−→+∞ (2n + 2)(2n + 1)

On déduit du critère de d’Alembert pour les séries entières que le rayon de convergence de cette
série est infini.
X X
La série αn un converge sur R, donc, pour tout réel x, la série a2n x2n converge.
n≥0 n≥0
X 2n
Le rayon de convergence de la série a2n x est infini.
n≥0

La solution du problème de Cauchy est la fonction y définie sur R par :


+∞
X (2n + 1)(2n − 1)· · · · 3 2n
y(x) = (−1)n x .
n=0
(2n)!

La solution de (1) est la fonction f développable en série entière définie sur R par :
+∞
X (2n + 1)(2n − 1)· · · · · 3 2n
f (x) = (−1)n x .
n=0
(2n)!

On a :
(2n + 1)(2n − 1) · · · 3 2n + 1 2n + 1
= = n ·
(2n)! (2n)(2n − 2) · · · 2 2 n!
Soit :
+∞  n X+∞
X (−1)n x2 (−1)n
f (x) = + n−1
x2n .
n=0
n! 2 n=1
2 (n − 1)!
Comme :
+∞ +∞ +∞  n
X (−1)n 2n
X (−1)n+1 2n+2 2
X (−1)n x2
x = x = −x ,
n=1
2n−1 (n − 1)! n=0
2n n! n=0
n! 2

alors :
x2
∀x ∈ R, f (x) = (1 − x2 ) e− 2 .
Il existe une unique fonction continue qui vérifie (1), c’est la fonction f définie sur R par :
x2
f (x) = (1 − x2 )e− 2 .

i i

i i
i i

“livre2” — 2011/5/11 — 11:05 — page 284 — #650


i i

i i

i i

Vous aimerez peut-être aussi