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L'expulsion

Murielle Szac - Petite poche chez Thierry Magnier Passer à la télé, Bintou n'en révait pas, surtout dans ces circonstances-là. Tôt le matin, la police évacue l'immeuble. Les familles sont pressées dans l'escalier. En bas les voisins du quartier veillent : immeubles délabrés ou pas, beaucoup pensent que chacun a droit à un logement décent. Bintou, elle, pense surtout à l'école, à ses amies. prix Unicef de littérature jeunesse (6-8 ans)

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L'expulsion

Murielle Szac - Petite poche chez Thierry Magnier Passer à la télé, Bintou n'en révait pas, surtout dans ces circonstances-là. Tôt le matin, la police évacue l'immeuble. Les familles sont pressées dans l'escalier. En bas les voisins du quartier veillent : immeubles délabrés ou pas, beaucoup pensent que chacun a droit à un logement décent. Bintou, elle, pense surtout à l'école, à ses amies. prix Unicef de littérature jeunesse (6-8 ans)

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INDiViDU ET SOCIETE : Confrontation de valeurs…

L’EXPULSION (Murielle Szac )

CHAPITRE 1

Cette fois, c’est le moment : la maîtresse au quatrième, mais Safia, elle hurlait
a tourné le dos. Vite, je glisse la main tellement dans la cage d’escalier qu’on
dans mon casier, j’attrape tous mes l’entendait comme si elle était au pied de
cahiers et mes livres et je les jette dans 35 mon lit !
mon cartable. Mes petites sœurs pleuraient. Papa avait
5

Un rapide coup d’œil pour m’assurer que enjambé nos matelas et se penchait à la
je n’ai rien laissé. Hop, ni vu, ni connu ! fenêtre pour voir ce qui se passait dans
Je cours rejoindre les autres dans le la rue. Son corps bouchait presque toute
rang. 40 l’ouverture et cachait la vue. Il faut dire
aussi que chez nous la fenêtre est
10 La maîtresse ne veut pas qu’on emporte
étroite. Même la journée, il faut laisser
toutes nos affaires chez nous le soir. Ma
une lampe allumée, parce que la lumière
copine Lucie est la seule à remarquer
du jour a du mal à entrer. Au moins,
mon manège. Je sais bien qu’elle ne va
comme on habite tout en haut, j’aperçois
pas me trahir. 45

des bouts de ciel.


15 Elle est au courant. Et puis les autres de
Bon, mais cette nuit-là, je ne voyais que
la classe, un peu, aussi.
des lueurs bleues clignotantes, qui
A cause de la télé.
projetaient des ombres monstrueuses sur
J’ai toujours rêvé de passer un jour à la 50 le mur de l’immeuble d’en face. « Merde,
télé. Pourtant, quand j’y repense c’est les flics ! » a juré mon père. Il a
20 maintenant, ça me fait plutôt rigoler, enfilé son pantalon. Maman s’était levée
parce que le jour où je suis apparue sur et nous pressait de nous habiller. J’ai
le petit écran, c’est le jour de l’expulsion aidé une de mes sœurs. Mes doigts
ratée. 55 tremblaient si fort que je n’arrivais pas à

Il faisait encore nuit noire, ce matin-là. boutonner sa veste correctement.

25 Je dormais blottie contre ma grande Le bruit qu’ils ont fait en cognant à la


sœur Aminata. J’étais bien. Et puis porte, je ne l’oublierai jamais. On aurait
soudain il y a eu des cris. Des voix dit que les coups entraient directement
d’hommes d’abord, au ton agressif. Puis 60 en moi. Mes oreilles ont bourdonné, je
celles de femmes, haut perchées. J’ai n’ai plus senti mes bras, ni mes jambes.
30 reconnu la voix de Safia, qui habite au Mon cœur tambourinait si fort que j’ai
premier étage. Nous, on est tout en haut, cru qu’il allait éclater. Un peu comme le

1
jour du cross au parc. On avait couru si savoir comment avec le directeur de
65 longtemps autour du lac que j’ai vu tout l’école qui me tapotait les joues. Mais le
tourner autour de moi. Je me suis 70 jour de l’expulsion personne n’avait le
retrouvée allongée sur l’herbe sans temps de me tapoter les joues.

CHAPITRE 2

Papa a ouvert la porte. 100 Une lumière a fait irruption dans la


pièce, aveuglante, brutale. J’ai mis ma
J’ai voulu me cacher derrière maman,
main devant les yeux pour me protéger.
mais il y avait déjà tous les petits. Plus
Aussitôt les policiers se sont agités. Ils
75 de place pour moi. Pas d’autre endroit
sont entrés en poussant un peu papa.
pour se mettre à l’abri. Papa
J’ai vu une grosse caméra derrière eux.
parlementait avec les policiers :
105

Et, au-dessus de la caméra, il y avait un


 Nous ne sommes pas des squatteurs,
projecteur puissant : c’est de là que
nous sommes chez nous.
venait cette violente lumière. Les deux
80 Celui qui avait l’air d’être le chef a journalistes ne perdaient pas une minute
répondu : 110 de notre expulsion.

 Ne discutez pas monsieur, nous avons Les petits ont hurlé plus fort. Surtout
un ordre d’évacuation de cet immeuble. quand les policiers les ont pris dans les
Vos enfants ne peuvent rester ici. Il y a bras et ont dévalé les escaliers. Maman
85 des risques d’incendie, cet endroit est avait l’air égarée, elle gémissait,
insalubre. 115 tournait en rond, lançait pêle-mêle

Insalubre ? Qu’est-ce que ça veut dire ? quelques affaires dans un sac. Papa

J’ai regardé mon chez-moi, je ne criait aux policiers qu’ils n’avaient pas le

comprenais pas pourquoi il fallait partir, droit. Ils se sont jetés sur lui à plusieurs,

90 comme ça, dans la nuit noire. l’ont plaqué contre le mur et lui ont crié
120 de se calmer. Comme il ne se calmait
Bien sûr, c’est minuscule. Nous avons
pas, ils l’ont menotté.
deux pièces, tout en longueur, pour nous
loger à neuf. Dans l’une on dort, dans Et la caméra filmait, filmait.

l’autre on vit. Depuis que je suis née, J’étais comme une statue au milieu de
95 j’habite ici, ça fera dix ans la semiane toute cette agitation. Mon cerveau avait
prochaine. J’ai toujours vu la peinture se 125 arrêté de fonctionner. Des fois, l’horloge
décoller des murs. Les petits adorent en au-dessus de la porte en classe fait ça,
ramasser les miettes. Il faut éviter qu’ils quand elle n’a plus de pile : elle se
l’avalent, parce que ça rend très malade. bloque. Mais ma grande sœur Aminata
m’a secouée. Elle a hurlé :

2
130  Merde, Bintou, ce n’est pas le moment Je me suis retournée, j’ai jeté un coup
de rêver, prends tes affaires, vite ! d’œil chez moi : est-ce que je reviendrai
un jour ? Où nous emmenaient-ils ?
Déjà, un gros policier au visage de bébé
J’avais envie de pleurer.
s’approchait de moi. J’ai attrapé le 140

dernier Harry Potter, que je suis en train Et pourtant, j’avais tellement espéré
135 de lire, le gros policier m’a poussée par quitter cette maison : Mais pas comme
l’épaule pour que je descende l’escalier. ça…

CHAPITRE 3

L’escalier ressemblait à un poulailler en 170 dans un bus garé juste en face de notre
145 folie. Ca criait, ça courait de partout. Il immeuble.
y avait des policiers à tous les étages et A l’intérieur du bus, j’ai retrouvé
chaque famille sortait en traînant des presque tous les enfants de l’immeuble.
paquets ficelés à la hâte ou des sacs Les plus petits étaient accrochés aux
débordants. Je ne sais pas comment 175 bras des mères ou des grandes sœurs
nous sommes arrivés en bas, j’ai un trou
Bizarrement, on n’entendait plus aucun
150

noir dans la tête. Mais je me souviens pleur.


très bien de ma stupeur en sortant du
Aminata est montée derrière moi. J’ai
couloir sombre qui mène à la rue : une
essayé de lui sourire, mais ça ne passait
rangée de policiers casqués formait une
pas mes lèvres.
allée. On aurait dit une haie d’honneur,
180
155
 Regarde dehors, m’a-t-elle murmuré à
comme celle qu’on avait faite à la sortie
l’oreille, il y a la maman de ta copine
de la mairie pour encadrer Sofia et
Lucie.
Mokta le jour de leur mariage.
Juste à côté d’elle, j’ai vu la maman de
Mais là pas de riz, pas de pétales de 185 Solveig. Il y avait aussi le papa de
fleurs ni de youyous, juste une rangée de Pauline. Et celui de Paul et Léa, les
160

dos et de casques. jumeaux. Paul, c’est mon amoureux,


Pourtant j’ai entendu des cris, des mais c’est un secret. Il y avait beaucoup
appels, venant de l’autre côté de la d’autres têtes que je connaissais, des
rangée de policiers. Des voix hurlaient : 190 voisins du quartier. C’étaient eux qui
165  Non aux expulsions ! criaient si fort contre notre expulsion !
 Laissez-les chez eux ! Soudain j’ai bondi :
Qui pouvait venir ainsi à notre aide ?  Aminata, il y a aussi ta prof
Je n’ai pas pu me poser plus longtemps principale !
la question, les policiers me poussaient

3
195  Oh là là, la honte, a murmuré Aminata, pas leur joli bus. Pour eux, on vit dans
pourvu qu’elle ne m’ait pas vue passer… des immeubles sales et puants, et, en
Moi je trouvais plutôt super ces gens 220 plus, on n’est que des Noirs, alors
venus nous défendre, mais Aminata, elle, forcément on doit être aussi sales et
aurait voulu se faufiler dans un trou de puants…
souris, disparaître sous terre. Aminata parlait avec rage. Ses lèvres
200

Les évènements tournaient mal sur le tremblaient de fureur. J’avais envie de


trottoir. Les pères avaient refusé de 225 pleurer. Je me suis encore retenue, ce
grimper dans le bus, le ton montait avec n’était décidément pas le moment. Le
les policiers. Je me suis assise. Les jour s’est levé, un jour sale où le soleil
205 sièges du bus étaient recouverts de hésitait à pointer le bout de son nez.
plastique. C’est désagréable de s’asseoir J’avais faim et surtout très envie de
sur du plastique. 230 faire pipi.

 Aminata, tu as vu, j’ai murmuré, on est Combien de temps allions-nous rester


montées dans un bus tout neuf, ils n’ont dans ce bus ? Les plus petits s’étaient
210 même pas encore enlevé les housses en rendormis sur les genoux des mamans.
plastique. J’en aurais bien fait autant. Peu à peu la
buée mangeait les vitres. L’agitation
Ma sœur a ricané : 235

autour du bus devenait de plus en plus


 Que tu es naïve, ma pauvre Bintou ! Tu
floue. Bientôt on ne vit plus rien. Je me
t’imagines qu’ils vont utiliser des bus
plongeai au pays des sorciers d’Harry
215 neufs pour nous embarquer ? Pas du
Potter.
tout. Ils ont recouvert les sièges de
plastique exprès, pour qu’on ne salisse

CHAPITRE 4

240 Qui est intervenu ce matin-là ? Le maire, 250 Je repensais aux images que j’avais vues
Allah, le marabout du village, la chance au journal télé, des gens qui pleuraient
ou bien Harry Potter ? Moi je crois parce que l’incendie avait tout brûlé, y
surtout que les voisins et les parents des compris leurs enfants. Le jour où l’on a
copains ne voulaient pas laisser partir le vu ça, papa et maman se sont disputés
245 car, alors les policiers ont bien été 255 très fort. D’habitude ça cesse vite, mais
obligés de céder. Une policière est venue là ils ont crié longtemps :
nous parler. Elle disait que chez nous  On ne peut plus rester ici, hurlait
c’était dangereux. Que notre maison maman, regarde ce qui arrive !
pouvait prendre feu.  Tu as une autre solution ? hurlait papa
260 encore plus fort.

4
Maman se tordait les mains. maman. Mais je crois surtout qu’elle a
Papa criait : honte. Honte du sol toujours noirâtre,
 Je travaille dur, j’ai un salaire, même si elle nous le fait lessiver à la
personne ne veut nous loger, qu’est-ce Javel. Honte de l’odeur de moisi qui
265 que j’y peux ? 300 suinte des murs. Honte de tout, sauf de
nous. Dans mon rêve préféré, j’ai une
Nous les enfants, nous étions partis
maison avec des murs roses ; papa et
dans la chambre. J’ai eu du mal à
maman dorment loin de moi et je ne les
m’endormir. J’entendais maman pleurer.
entends pas la nuit.
Et puis j’avais un peu peur. Du feu,
Et il y a des fleurs dans toutes les
parce que les copains de papa, quand ils 305
270
pièces. Des fleurs, ça sent bon et ça ne
viennent, fument toujours beaucoup.
sert à rien. Juste à faire beau.
Aussi de papa, parce qu’il était parti en
claquant la porte. J’avais peur qu’il ne Donc, ce matin-là, quelque chose de
revienne jamais. magique s’est passé. Une femme est
montée dans le car. C’était la maîtresse
Cette nuit-là il est revenu. Très tard,
310
275
que j’avais eue en CE1. Elle nous a
mais il est revenu.
regardés, nous les enfants, et juste
Dans le bus, la policière continuait à dire
nous, et puis elle a dit :
qu’on serait mieux ailleurs, mais elle ne
 Venez, il ne faudrait pas arriver en
savait pas dans quel ailleurs on nous
315 retard à l’école, je vous emmène.
280 envoyait. Safia a répondu :
On s’est tous levés, et on l’a suivie,
 On nous met à la porte de chez nous.
voilà. La policière n’a pas fait un geste
On va faire dormir nos enfants à la rue ?
pour nous retenir. Sur le trottoir, un
Elle a regardé dans les yeux la policière
autre maître de notre école nous
et la policière a baissé la tête. Safia a
320 attendait. La maîtresse a pris la tête du
offert le sein à son bébé, sans un mot.
groupe, le maître a fermé la marche.
285

Avec toute cette buée autour de nous,


Nous sommes partis comme ça, à l’école.
cette chaleur, une douceur m’a
J’ai juste dit timidement :
enveloppée. J’étais presque bien, un
 Mais, maîtresse, on n’a pas notre
instant. La même douceur que lorsque je
325 cartable…
caresse mon rêve préféré.
Elle s’est retournée, a souri et m’a
290

Je suis dans une très grande maison. J’ai


répondu :
une chambre pour moi toute seule, où je
 Aujourd’hui ça ira, mais ne
peux inviter mes copines. Dans la vraie
recommencez pas demain !
maison, je n’ai jamais fait venir
330
295 personne. « C’est trop petit », dit

5
CHAPITRE 5

C’est ce soir-là qu’on nous a vus à la Arrivée devant notre porte, j’ai reconnu
télé. la voix de maman et d’un coup ça m’a
fait chaud à l’intérieur de moi. J’ai
La journée à l’école s’était passée
bondi, je me suis jetée dans ses bras, et
comme d’habitude. J’en avais presque 365

je me suis mise à pleurer.


335 oublié les évènements du matin. C’est
seulement à la sortie qu’une grosse Quand le journal a commencé, on était
boule m’a serré la gorge. Est-ce qu’on serrés autour de la télé. Dès les
allait retrouver nos parents et notre premières images, j’ai eu le vertige. On
maison ? 370 nous voyait nous, paniqués, les petits
criant, les femmes hurlant au milieu des
340 J’ai couru, couru, sans m’arrêter. Le
flics. Toutes les images défilaient très
chemin m’a semblé très long. Je suis
vite. Je venais à peine de me découvrir
arrivée tout essoufflée. La rue était
calme. Plus rien ne restait de l’agitation en gros plan, quand la maman de Lucie
est apparue sur l’écran. Elle disait que
du matin. J’ai gravi les étages quatre à 375

c’était une honte de nous expulser. Elle


345 quatre. Je les monte toujours très vite,
parlait vite et fort, elle avait l’air très en
je n’aime pas l’odeur de l’escalier. Une
colère. Le journaliste disait que les
odeur de moisi et de poussière à laquelle
parents du quartier étaient furieux. Il
se mélangent les relents de friture. On
disait aussi qu’un ordre avait été donné
dirait que les marches en bois aspirent 380

à la police de suspendre son


350 toute la saleté et la gardent prisonnière.
intervention, mais que nous risquions
Et puis, il y a aussi les fenêtres de notre
toujours d’être fichus dehors d’un jour à
cage d’escalier que je déteste. Elles sont
l’autre.
barrées par d’énormes poutres de bois.
Quand ils les ont installés, ces gros 385 Moi, ça faisait longtemps que je
355 barreaux en travers, ils ont dit que n’écoutais plus. Très exactement depuis
c’était pour consolider l’immeuble, le moment où l’on avait vu papa menotté
histoire d’éviter qu’il ne s’effondre. Ils contre le mur. Une vague de colère
en ont mis aussi aux fenêtres chez Safia. m’avait submergée. C’était fini, jamais
Elle, ça lui est égal, c’est comme si elle 390 plus je ne pourrais retourner à l’école,
360 ne les voyait pas. Moi, je trouve qu’on j’aurais trop la honte.
dirait des barreaux de prison.

6
CHAPITRE 6

Et ça n’a pas manqué, le lendemain j’ai Quand on est au pied de l’immeuble,


été accueillie par des : « Eh, Bintou, on Lucie me fait un baiser, et elle continue
395 t’a vue à la télé hier ! », « Ben dis donc, son chemin en criant : « A demain ! »
t’en faisais une sale tête ! », « Oh là là, Avant, elle ne m’embrassait pas.
ton père… ».
415 Aujourd’hui, Lucie m’a dit :
Tu parles que je me serais passée d’une
 Bintou, ton cartable est vraiment trop
telle pub ! Même Paul, mon amoureux
lourd. Laisse tout dans ton casier. Tu
400 secret, me regardait bizarrement. Ca a
sais, s’ils viennent te chercher, moi, tes
duré la récré du matin, celle du midi et
affaires je te les ramènerai, n’importe
puis après ils ont oublié.
420 où. Je te retrouverai toujours, partout où
Maintenant, le soir en rentrant, Lucie
ils vous enverront. Ca sert à ça, non, une
m’aide à porter mon cartable. Et puis, meilleure amie ?
405 comme toujours, elle cause, elle cause.
Elle m’a souri. C’est sûr, demain je vais
De tout, de rien. J’aime bien son
l’inviter à la maison.
bavardage. Il est joyeux, il me distrait.
Avec elle, j’ai moins peur. Moins peur de 425

trouver ma maison vide en arrivant et


410 mes parents envolés.

FIN

430

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