Guide ECN: Cardiologie Synthétique
Guide ECN: Cardiologie Synthétique
Cardiologie
M. Gautier , D. Rosenbaum
NF ÉR EN C ES
CO de
S
CONSENSUs
actualisée
ECN +++
Le cours synthétique
Les sujets tombés depuis 15 ans
Les liens transversaux
Les zéros aux questions
Les fiches Dernier tour
Cardiologie
Chez le même éditeur
Autres ouvrages :
Guide de thérapeutique, 6e édition, par L. Perlemuter, G. Perlemuter. 2010,
2272 pages.
Guide de thérapeutique – version e-book, par L. Perlemuter, G. Perlemuter. Document
téléchargeable sur le site : [Link]
Collection sous la direction de
Cardiologie
Mathieu GAUTIER
Chef de clinique, service de cardiologie
Hôpital Bichat, Paris
David ROSENBAUM
Chef de clinique, unité de prévention des maladies cardiovasculaires
Hôpital Pitié Salpétrière, Paris
Ce logo a pour objet d’alerter le lecteur sur la menace que représente
pour l’avenir de l’écrit, tout particulièrement dans le domaine universitaire,
le développement massif du « photo-copillage ». Cette pratique qui s’est
généralisée, notamment dans les établissements d’enseignement, provoque
une baisse brutale des achats de livres, au point que la possibilité même
pour les auteurs de créer des œuvres nouvelles et de les faire éditer correcte-
ment est aujourd’hui menacée.
Nous rappelons donc que la reproduction et la vente sans autorisation, ainsi
que le recel, sont passibles de poursuites. Les demandes d’autorisation
de photocopier doivent être adressées à l’éditeur ou au Centre français
d’exploitation du droit de copie : 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
Tél. 01 44 07 47 70.
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sées, d’une part, les reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation
collective et, d’autre part, les courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d’information de l’œuvre dans
laquelle elles sont incorporées (art. L. 122-4, L. 122-5 et L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle).
ISBN : 978-2-294-08110-1
Cette collection suit un découpage par spécialité, chaque ouvrage traitant l’ensemble
des items figurant au programme de la spécialité.
Nous avons souhaité rendre ces ouvrages les plus synthétiques et les plus pratiques
possibles, pour faciliter le travail de mémorisation de l’étudiant :
– synthétiques : les auteurs, proches de la réalité des épreuves classantes nationales, ont
privilégié un style et une structure qui permettent non seulement de lire et d’acquérir facile-
ment les items mais aussi de retenir rapidement le contenu grâce à la fiche « Dernier tour » ;
Par rapport aux ouvrages existants, des innovations originales ont été apportées :
– Pour comprendre. Il s’agit d’une introduction expliquant les notions essentielles qui
permettent de mieux appréhender l’item.
Les conférences sont référencées pour qu’on puisse les consulter à part. Un encadré de
l’énoncé et du contenu des conférences permet de les repérer aisément.
Ces conférences sont rappelées en début de chapitre et, s’il n’en existe aucune sur le
sujet, cela est également précisé.
– Les items « tombés » au concours de l’Internat ou aux ECN au cours des quinze Sujet tombé
dernières années sont signalés face au texte concerné mais sont résumés avec leur
énoncé et leurs questions en début de chapitre.
– Les liens transversaux renvoient aux ITEM qui traitent les mêmes sujets au sein
du programme mais sous un angle différent. Ils sont signalés dans le texte mais sont
également récapitulés en début de chapitre.
– Les zéros marquent la note nulle obtenue à l’ensemble de la question dans le cadre des
dossiers des ECN en cas d’oubli de la notion ainsi signalée. Ils figurent à deux endroits :
dans la marge, en regard du texte concerné pour qu’on puisse facilement les repérer et
les compter, ainsi que dans la fiche « Dernier tour ».
V
Cardiologie
– Les images. Nous avons placé au fil du texte les images les plus caractéristiques, sachant
qu’elles valent mieux qu’un long discours.
Telle qu’elle est, cette collection est incontournable pour l’étudiant en médecine. Nous
souhaitons qu’elle devienne une référence pour le médecin.
Gabriel PERLEMUTER
David MONTANI
Léon PERLEMUTER
VI
Table des matières
Avant-propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . V
Abréviations de l’ouvrage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . XIII
VII
Cardiologie
VIII
Table des matières
IX
Cardiologie
X
Table des matières
XI
Cardiologie
XII
Abréviations de l’ouvrage
XIII
Cardiologie
XIV
ITEM 80
Endocardite infectieuse
OBJECTIFS
● Diagnostiquer une endocardite infectieuse.
LIENS TRANSVERSAUX
ITEM 96 Méningites infectieuses et méningo-encéphalites chez l’enfant et chez l’adulte.
ITEM 105 Surveillance des porteurs de valve et de prothèse vasculaire.
ITEM 132 Angine de poitrine et infarctus myocardique.
ITEM 133 Accidents vasculaires cérébraux.
ITEM 148 Tumeurs du côlon et du rectum.
ITEM 170 La décision thérapeutique personnalisée. Observance médicamenteuse.
ITEM 171 Recherche d’un terrain à risque et adaptation thérapeutique. Interactions
médicamenteuses.
ITEM 173 Prescription et surveillance des antibiotiques.
ITEM 181 Iatrogénie. Diagnostic et prévention.
ITEM 198 Dyspnée aiguë et chronique.
ITEM 200 État de choc.
ITEM 208 Ischémie aiguë des membres.
ITEM 209 Malaise, perte de connaissance, crise comitiale chez l’adulte.
ITEM 249 Insuffisance aortique.
ITEM 250 Insuffisance cardiaque de l’adulte.
ITEM 251 Insuffisance mitrale.
ITEM 256 Lésions dentaires et gingivales.
ITEM 281 Rétrécissement aortique.
ITEM 284 Troubles de la conduction intracardiaque.
ITEM 295 Amaigrissement.
ITEM 328 Protéinurie et syndrome néphrotique chez l’enfant et chez l’adulte.
ITEM 331 Souffle cardiaque chez l’enfant.
ITEM 332 Splénomégalie.
● 1996 : homme de 20 ans, dyspnée fébrile depuis un mois, altération de l’état général.
À l’examen clinique : tachycardie régulière à 120/min, PA = 120/80, crépitants des bases, ú
1
ITEM 80
CONSENSUS
● Guidelines on prevention, diagnosis and treatment of infective endocarditis - Task
plications. A statement for healthcare professionals from the American Heart Associ-
ation - Circulation 2005 ; 111 (23) ([Link]/cgi/content/full/111/
23/e394).
● Infective endocarditis in Europe - Registre observationnel européen Euro Heart Survey -
2
Endocardite infectieuse
POUR COMPRENDRE…
I. DÉFINITIONS
■ Processus infectieux endovasculaire d’une structure cardiaque (valve, endo-
carde ventriculaire ou atrial), d’un grand vaisseau intrathoracique ou d’un corps
étranger intracardiaque en contact avec le sang (prothèse valvulaire, sonde de sti-
mulateur ou défibrillateur, patch, tube prothétique).
■ Les infections sur cathéter débouchant dans les cavités cardiaques ne sont pas
considérées des endocardites (pas de contact avec l’endocarde).
■ Toute endocardite infectieuse doit être caractérisée pour les items suivants :
– certitude diagnostique devant une bactériémie = critères de Duke University
(voir infra) :
• endocardite infectieuse certaine ;
• endocardite infectieuse possible ;
– évolutivité microbiologique :
• active : persistance d’hémocultures positives, de fièvre, constatation per-
opératoire de processus inflammatoires actifs ou prélèvements peropéra-
toires positifs, antibiothérapie en cours ;
• guérie ;
• persistante : reprise du processus qui n’a pas été éradiqué totalement ;
• récurrente : reprise à distance d’une guérison (> 1 an), avec micro-orga-
nisme identique ou différent ;
– forme clinique et topographie :
• gauche ou droite, nom des structures atteintes ;
• sur valve native ;
▲
3
ITEM 80
▲
• sur prothèse valvulaire : précoce (< 1 an) ou tardive (> 1 an) ;
• sur toxicomanie intraveineuse ;
• nosocomiale si acquise après 48 h d’hospitalisation ou dans les 6 mois sui-
vant une procédure contaminante ;
– identification microbiologique :
• espèce microbiologique impliquée et méthode diagnostique (sérologies,
nombre d’hémocultures, histologie) ;
• microbiologiquement négative : si toutes les techniques sont négatives
(y compris histologie).
II. ÉPIDÉMIOLOGIE
■ Pas d’évolution de l’incidence et de la mortalité au fil des dernières décennies
mais modifications des profils bactériologiques, des valvulopathies sous-jacentes
et des présentations cliniques.
■ Incidence en France : 1 500 nouveaux cas par an, 3 à 10/100 000 patients-années.
■ Ratio homme/femme = 2.
■ Mortalité élevée : 10 à 20 % selon les séries.
■ Plusieurs registres internationaux permettent de mieux appréhender l’épidémio-
logie : Euro Heart Survey en Europe, International Collaboration on Endocarditis (ICE
database).
■ Types de valves atteintes :
– 47 % des endocardites infectieuses surviennent sur valves saines ;
– 25 % des endocardites surviennent sur prothèse (1/3 précoces - 2/3 tardives) :
taux en hausse régulière ;
– 3 % des valvulaires font une endocardite infectieuse ;
– valves natives atteintes : aortique (51 %), mitrale (32 %), multiple (13 %),
tricuspide (3 %).
■ Microbiologie :
– 33 % de staphylocoque doré, 28 % de streptocoques, 14 % d’entérocoques,
10 % d’autres micro-organismes, 14 % sans documentation microbiologique ;
– une porte d’entrée est trouvée dans 48 % des endocardites sur valve native et
41 % des endocardites sur prothèse.
III. PHYSIOPATHOLOGIE
A. Anatomopathologie
1. Lésions cardiaques
■ Végétation : lésion type de l’endocardite infectieuse, composée de fibrine, de pla-
4
Endocardite infectieuse
Corps de valve
Végétation
Cordage
– mobile autour de sa base d’implantation, qui peut être large (sessile) ou fine
(pédiculée), fonction des mouvements valvulaires.
■ Destructions valvulaires (perforations, érosions) et sous-valvulaires (ruptures
de cordage).
■ Abcès périvalvulaire : collection tissulaire purulente d’une paroi cardiaque ; la
localisation la plus fréquente est l’abcès du trigone aortomitral qui complique l’en-
docardite aortique (abcès anneau mitral sur valve native : beaucoup plus rare) :
– courant dans les endocardites sur valve native aortique (entre 10 et 40 %) ;
– fréquent dans les endocardites sur prothèse (56 à 100 %) ;
– peut évoluer vers une fistule entre deux cavités (aorte-oreillette gauche ou
aorte-cavités droites, par exemple) ;
– parfois aspect pseudoanévrysmal de la paroi aortique ;
– anévrysme valvulaire mitral : équivalent d’abcès valvulaire, par contamina-
tion tissulaire de proche en proche.
■ En cas de prothèse valvulaire : désinsertion (tout type), dégénérescence
(bioprothèses).
■ Atteintes beaucoup plus rares :
– myocardite associée (exceptionnelle) ;
– péricardite associée ;
– embolies septiques coronaires ;
– autres atteintes de l’endocarde (septum interventriculaire dans les cardio-
myopathies obstructives, aorte ascendante dans les endocardites aortiques,
communication interventriculaire).
2. Lésions extracardiaques
■ Embolies septiques : fréquentes (environ 50 % des endocardites) ; elles peuvent
atteindre tout organe d’aval et entraîner des infarctus et/ou des abcès :
– endocardites gauches : cérébrales et spléniques > artères des membres ou du
rein > oculaires ou coronaires ;
– endocardites droites : embolies pulmonaires ;
5
ITEM 80
6
Endocardite infectieuse
Tableau 80-I. Porte d’entrée ou terrain les plus fréquemment retrouvés en fonction
du micro-organisme responsable de l’endocardite infectieuse
7
ITEM 80
CONSENSUS
8
Endocardite infectieuse
4. Terrains à risque
■ Antécédent d’endocardite infectieuse : condition à très haut risque.
■ Immunodépression :
– chimiothérapies aplasiantes ;
– corticoïdes au long cours ;
– alcoolisme.
■ Risque de végétation thrombotique non bactérienne :
– leucémies, endocardites marastiques ;
– cirrhose ;
– maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, lupus systémique ;
– prise de corticoïdes au long cours.
■ Diminution des mécanismes de défense locale :
– maladies inflammatoires des intestins ;
– grands brûlés ;
– mauvais état buccodentaire.
5. Portes d’entrée
Une porte d’entrée n’est retrouvée que chez un patient sur deux en moyenne.
IV. DIAGNOSTIC
A. Quand suspecter une endocardite infectieuse ?
■ Devant une fièvre « plus » :
– terrain à risque : prothèse valvulaire ITEM 105 , antécédent d’endocardite
infectieuse, cardiopathie cyanogène non opérée ;
9
ITEM 80
B. Critères diagnostiques
■ Les critères de Durack (dits de Duke University) ont une forte spécificité (95 %)
mais une sensibilité limitée à 80 % : une forte suspicion clinique sans diagnostic
certain d’après ces critères ne peut donc pas exclure le diagnostic et doit faire
répéter les investigations.
■ Le diagnostic positif d’endocardite infectieuse certaine peut être retenu si 2 cri-
tères majeurs sont retrouvés, ou 1 critère majeur et 3 critères mineurs ou encore
5 critères mineurs.
■ L’endocardite infectieuse est possible si 1 critère majeur et 1 critère mineur
ou 3 critères mineurs sont retrouvés.
■ Critères majeurs :
– critères majeurs bactériologiques :
• 2 hémocultures à un organisme typique : Staphylococcus aureus, Streptococcus viri-
dans, Streptococcus bovis, groupe HACCEK, entérocoque en l’absence de foyer ;
• plus de 2 hémocultures positives à un organisme compatible prélevées à
plus de 12 h d’intervalle ou la totalité de 3 hémocultures prélevées ;
• 1 hémoculture positive à Coxiella burnetti ou IgG de phase 1 > 1/800 ;
– critères majeurs cardiologiques :
• clinique : souffle de fuite d’apparition récente ;
• échographique : végétation, abcès, nouvelle déhiscence de valve pro-
thétique.
■ Critères mineurs :
– fièvre (température > 38 °C) ;
– cardiopathie à risque ou toxicomanie intraveineuse ;
– phénomènes vasculaires : embolies artérielles périphériques, anévrysmes
mycotiques, hémorragie cérébrale ou conjonctivale, lésions de Janeway, infarc-
tus pulmonaire septiques ;
▲
10
Endocardite infectieuse
▲
– phénomènes immunologiques : taches de Roth, nodules d’Osler, glomérulo-
néphrite, facteur rhumatoïde positif ;
– hémocultures positives sans entrer dans les critères majeurs ou sérologie
positive pour micro-organisme pouvant donner des endocardites.
C. Examen physique
■ Signes infectieux :
– fièvre présente dans 85 % des cas : absente surtout en cas d’insuffisance
rénale chronique, d’âge avancé, parfois absente dans les infections à staphylo-
coque coagulase négative ;
– frissons et sueurs sont plus inconstants.
■ Altération de l’état général : anorexie, amaigrissement ITEM 295 et asthénie.
■ Signes cardiovasculaires :
– un souffle est présent dans 85 % des endocardites infectieuses ;
– survenue d’un nouveau souffle de régurgitation dans seulement 10 à 40 %
des cas ;
*ECN 1996
– décompensation cardiaque ITEM 250 gauche et/ou droite (présente dans
60 % des cas) voire état de choc cardiogénique ITEM 200 ;
– douleur infarctoïde (embolie coronaire).
■ Splénomégalie ITEM 332 : jusqu’à 40 % des endocardites. *ECN 1996
■ Signes périphériques d’endocardite gauche :
– hémorragies sous-unguéales (fig. 80-2) ;
– hémorragies rétiniennes au fond d’œil : taches de Roth (fig. 80-3) ;
– purpura pétéchial : conjonctives palpébrales, muqueuse buccale préféren-
tiellement ;
– faux panaris d’Osler : nodules sous-cutanés rouges sur la pulpe des doigts,
fugaces et douloureux ;
– placards érythémateux de Janeway : plaques infiltrées érythémateuses sur
les plantes de pied et paumes des mains ;
Hémorragies
sous-unguéales
11
ITEM 80
Taches de Roth
*ECN 2002
D. Examens paracliniques
1. Documentation de l’inflammation
■ Sont le plus souvent augmentés dans l’endocardite infectieuse : C-Reactiv
2. Signes immunologiques
■ Complément hémolytique total augmenté du fait de l’inflammation ou diminué
par la glomérulonéphrite.
■ Complexes immuns circulants, cryoglobulines, facteur rhumatoïde positif.
■ Témoins d’une glomérulonéphrite membranoproliférative : diminution du
complément sérique, protéinurie ITEM 328 pouvant atteindre un débit néphroti-
que (> 3 g/24 h), hématurie et leucocyturie, baisse de la clairance de la créatinine
plasmatique.
12
Endocardite infectieuse
4. Lésions cardiaques
■ Dosages veineux :
– BNP (Brain Natriuretic Peptide) : un taux > 400 ng/L est très en faveur d’une
augmentation des pressions des cavités cardiaques ;
– troponine Ic : spécifique de souffrance myocardique, peut être peu élevée
dans l’endocardite par élévation des pressions intracavitaires, ou plus élevée en
cas d’infarctus du myocarde par embolie coronaire.
■ Radiographie de thorax : recherche une cardiomégalie, des signes d’insuffi-
sance cardiaque gauche.
■ Électrocardiogramme :
– bloc auriculoventriculaire ITEM 284 de degré variable (fig. 80-4) : doit faire recher- *ECN 1996
13
ITEM 80
■ Échocardiographie transthoracique :
– elle doit être réalisée sans délai devant une suspicion d’endocardite
infectieuse ;
– l’échographie transthoracique ne peut être considérée suffisante qu’en cas de
*ECN 1996
2002
très bonnes images sur valves natives et de faible suspicion clinique. Tous les
autres cas (majorité) relèvent d’un examen par voie transœsophagienne en
plus ;
– lésions typiques :
• végétation : masse hyperéchogène mobile (mouvements indépendants de la
structure d’attache) appendue (sessile ou pédiculée) à l’endocarde (fig. 80-5) ;
• fuite par destruction ITEMS 249, 251 : perforation valvulaire, rupture de cor-
dage (fig. 80-6 et 80-7) ;
• abcès périvalvulaire : épaississement hyperéchogène avec centre hypo-
échogène, au niveau du tissu annulaire (aortique > mitral), fistule ;
• pseudoanévrysme de la valve mitrale (abcès du corps de la valve) (fig. 80-6) ;
• nouvelle déhiscence de prothèse ITEM 105 ;
– elle doit également comme toujours décrire les dimensions et fonction ventri-
culaires et rechercher des lésions valvulaires associées.
Végétation
aortique
Végétation
mitrale
Prolapsus
de la valve
Abcès de la
mitrale
valve mitrale
postérieure
antérieure
par rupture
de cordage
14
Endocardite infectieuse
Perforation
de la valve
Fuite mitrale
mitrale
par la
postérieure
perforation
Valve
mitrale
antérieure
– examen incontournable :
• en cas de suspicion d’endocardite infectieuse sur prothèse valvulaire ;
• en cas de suspicion forte sur valve native en l’absence de signe en échogra-
phie transthoracique ;
• en cas de suspicion de complications à l’échographie transthoracique ;
• en cas de chirurgie décidée : pré et peropératoire ;
– doit être répétée après 3 à 7 jours si négative et forte suspicion d’endocar-
dite infectieuse ;
5. Lésions emboliques
■ Scanner cérébral et thoracoabdominopelvien : permet de détecter avec une
15
ITEM 80
Anévrysme
mycotique
6. Bilan préthérapeutique
■ Explorations de la fonction rénale = clairance de la créatinine :
16
Endocardite infectieuse
E. Formes cliniques
1. Endocardites aortiques
■ Leur évolutivité peut être aussi brutale qu’imprévisible :
17
ITEM 80
■ Le traitement probabiliste doit être celui d’une endocardite infectieuse sur pro-
thèse, ainsi que le traitement ultérieur.
■ Le retrait du matériel doit être considéré comme la règle et être réalisé rapidement.
■ La réimplantation en cas de dépendance à la stimulation est souvent faite par
voie épicardique, après stérilisation prolongée par l’antibiothérapie parentérale.
■ Les endocardites sur prothèse surviennent aussi bien sur les bioprothèses que
sur les prothèses mécaniques.
■ Particularités = atteinte des tissus périvalvulaires plus importante et plus fré-
quente :
– abcès de l’anneau ;
– déhiscence paraprothétique : fuite, désinsertion de prothèse ;
– fistulisation (le plus souvent au niveau du septum fibreux, à la croix du cœur) ;
– troubles conductifs.
■ En cas de végétation sur une prothèse mécanique, l’ouverture peut en être limi-
tée : obstruction intraprothétique.
F. Formes évolutives
1. Endocardite aiguë
■ Tableau bruyant associant sepsis sévère et insuffisance cardiaque, voire choc
cardiogénique.
■ Plus volontiers endocardites à staphylocoque doré.
L’endocardite infectieuse non traitée est une maladie d’évolution défavorable, gre-
vée d’une mortalité importante (10 à 20 %). Le décès survient par insuffisance car-
diaque réfractaire, choc cardiogénique, complication neurologique grave, ou moins
fréquemment par choc septique.
I. Diagnostic différentiel
■ Images végétantes non infectieuses :
– endocardite de Liebman-Sachs :
• atteinte endocardique du lupus systémique ;
• aspect d’épaississement valvulaire et/ou de végétations peu mobiles, voire
perforations et dysfonction valvulaires ;
• plus fréquente en cas de syndrome des antiphospholipides associé ;
– endocardite marastique :
• végétations ;
• à évoquer en cas de CIVD chronique associée (très suspect), en cas de
néoplasie sous-jacente (notamment adénocarcinomes respiratoires ou
digestifs) ;
• haut potentiel embolique ;
– thrombus valvulaire non infecté :
• lésion possible sur valve native ;
• plus fréquemment observé sur l’anneau des prothèses valvulaires ;
– tumeur cardiaque primitive :
• tumeurs bénignes (par ordre de fréquence) : myxome (plus souvent déve-
loppé aux dépens de la paroi de l’oreillette gauche > droite) > fibroélastome
papillaire (tumeur végétante ressemblant fortement à une végétation, insé-
rée le plus souvent sur une valve) ;
• tumeurs malignes : sarcomes (aspect peu évocateur de végétation) ;
– endocardite de Löffler :
• syndrome hyperéosinophilique ;
• atteinte de l’endocarde ventriculaire essentiellement ;
• myocardite associée.
■ Bactériémies :
– les bactériémies à germe typique d’endocardite infectieuse doivent faire
rechercher des lésions cardiaques d’endocardite ;
– les bactériémies avec foyer profond identifié sont moins suspectes d’endocar-
dite infectieuse mais doivent inciter à la prudence diagnostique en cas de pro-
thèse valvulaire associée ou de cardiopathie à risque.
V. AXES THÉRAPEUTIQUES
A. Conditions de prise en charge
■ L’endocardite infectieuse est une urgence diagnostique et thérapeutique enga-
geant le pronostic vital.
■ Sa prise en charge initiale ne se conçoit qu’en milieu hospitalier :
– de préférence dans un centre où le laboratoire de bactériologie est ouvert en
continu ;
– dans un centre avec soins intensifs cardiologiques et de préférence avec un
service de chirurgie cardiaque.
20
Endocardite infectieuse
CONSENSUS
1. Impératifs de l’antibiothérapie
2. Antibiothérapie probabiliste
■ C’est l’antibiothérapie qui peut être débutée en attendant les résultats des
hémocultures en l’absence formelle d’élément d’orientation.
■ C’est également celle qui est entreprise en cas de cultures négatives.
21
ITEM 80
CONSENSUS
*ECN 2002
3. Streptocoques
■ Antibiotiques efficaces :
22
Endocardite infectieuse
*ECN 1996
5. Staphylocoques
■ Sur valve native :
23
ITEM 80
6. Autres micro-organismes
■ Antibiothérapie adaptée à l’antibiogramme :
CONSENSUS
24
Endocardite infectieuse
■ La chirurgie consiste toujours en une exérèse la plus complète des tissus inflam-
matoires et/ou infectés.
■ La réparation valvulaire est privilégiée si elle est possible. Sinon, un substitut
par prothèse valvulaire est indiqué (avec les mêmes critères de choix de prothèse
que dans les autres indications de remplacement valvulaire).
■ L’homogreffe n’est utilisée qu’en cas d’atteinte très délabrante.
25
ITEM 80
4. Insuffisance cardiaque
■ Elle est fréquente. Elle est un marqueur de gravité de l’endocardite.
5. Bloc auriculoventriculaire
■ Indique dans la grande majorité des cas la formation d’un abcès périvalvulaire et
F. Surveillance et suivi
■ Documentation de l’état valvulaire post-traitement (référence).
■ Évaluation des complications liées à l’antibiothérapie et aux atteintes extra-
cardiaques.
■ Suivi en consultation (cardiologue ou infectiologue) et en échographie car-
diaque :
– à 1 et 3 mois de l’épisode ;
– puis tous les 6 mois.
■ Éducation sur la prophylaxie de l’endocardite : le fait d’avoir fait une endocar-
dite range le patient dans la catégorie à haut risque.
■ Consignes en cas de fièvre :
– consulter ;
– faire pratiquer 3 hémocultures séparées ;
– pas d’antibiothérapie probabiliste ou d’automédication.
■ Surveillance du suivi dentaire.
26
Endocardite infectieuse
CONSENSUS
27
ITEM 80
Endocardite infectieuse
Définitions
Toute endocardite infectieuse doit être caractérisée pour les items suivants :
■ évolutivité microbiologique : active, guérie, persistante, récurrente ;
■ certitude diagnostique devant une bactériémie : endocardite infectieuse affirmée,
suspectée, possible ;
■ formes cliniques :
• sur valve native ;
• sur prothèse valvulaire : précoce (< 1 an) ou tardive ;
• sur toxicomanie intraveineuse ;
• nosocomiale si acquise après 72 h d’hospitalisation ou dans les 6 mois suivant
une procédure contaminante ;
■ topographie : cœur droit ou gauche, structures atteintes (valves, trigone mitroaorti-
que, etc.) ;
■ identification microbiologique : espèce microbiologique impliquée et méthode dia-
gnostique (sérologies, nombre d’hémocultures, histologie…).
Épidémiologie
■ Incidence en France : 1 500 nouveaux cas par an.
■ Mortalité élevée : 10 à 20 % selon les séries.
■ 47 % des endocardites infectieuses surviennent sur valves saines.
■ 25 % des endocardites surviennent sur prothèse (1/3 précoces, 2/3 tardives).
■ Valves natives atteintes : aortique > mitrale > multiple > tricuspide.
■ Microbiologie : 75 % dues aux streptocoques, entérocoques et staphylocoques
(tableau 80-III).
Physiopathologie
■ Lésions cardiaques : végétation, destructions valvulaires, abcès périvalvulaire (tri-
gone aortomitral), fistule intracardiaque, rares embolies coronaires.
■ Lésions extracardiaques : emboles septiques se compliquant d’infarctus et/ou d’ab-
cès, anévrysmes mycotiques (haut risque de rupture), vascularite auto-immune (rénale,
cutanée, cérébrale).
■ Situations à haut risque : antécédent d’endocardite, prothèses valvulaires, cardio-
pathies cyanogènes non opérées, conduits et shunts construits chirurgicalement.
Diagnostic
■ Suspecter une endocardite infectieuse devant :
– fièvre « plus » : prothèse valvulaire, antécédent d’endocardite infectieuse, cardio-
pathie cyanogène non opérée, valvulopathie à risque et procédure contaminante,
phénomènes emboliques, phénomènes immunologiques, décompensation cardiaque
inaugurale, hémocultures à germes typiques ;
▲
28
Endocardite infectieuse
Complications évolutives
■ Mortalité de 10–20 % (insuffisance cardiaque).
■ Complications hémodynamiques :
– insuffisance cardiaque aiguë, état de choc ;
– doivent faire rechercher une complication valvulaire (obstruction de prothèse, per-
foration avec fuite massive, fistule).
■ Troubles conductifs de haut degré.
■ Complications infectieuses : abcès périvalvulaire, abcès splénique, anévrysmes
mycotiques.
■ Complications emboliques : infarctus systémique, anévrysmes mycotiques.
■ Complications rénales : insuffisance rénale sur vascularite, néphrotoxicité des anti-
biotiques, infarctus rénaux multiples, bas débit cardiaque.
▲
29
ITEM 80
Traitement
■ Antibiothérapie précoce mais à ne jamais débuter avant les prélèvements bactério-
logiques adaptés :
– si sepsis sévère, prélever 3 hémocultures sur 2 heures et débuter l’antibiothérapie ;
– sinon : prendre le temps nécessaire pour des prélèvements optimaux.
■ Bithérapie bactéricide synergique, parentérale, à posologie élevée et de durée pro-
longée, secondairement adaptée à l’antibiogramme et aux concentrations minimales
inhibitrices (tableau 80-IV).
30
Endocardite infectieuse
Prévention
Antibioprophylaxie par amoxicilline, 2 g per os une heure avant la procédure (clin-
damycine : 600 mg si allergie), uniquement pour les soins dentaires à risque et en cas de :
– antécédent d’endocardite infectieuse ;
– prothèse valvulaire ;
– cardiopathies congénitales cyanogènes non opérées, opérées avec défect persistant
ou opérées depuis moins de 6 mois (procédure chirurgicale ou endovasculaire).
31
This page intentionally left blank
ITEM 105
OBJECTIFS
● Expliquer les risques inhérents aux valves artificielles et aux prothèses vasculaires et
LIENS TRANSVERSAUX
ITEM 80 Endocardite infectieuse.
ITEM 131 Artériopathie oblitérante de l’aorte et des membres inférieurs ; anévrysmes.
ITEM 132 Angine de poitrine et infarctus myocardique.
ITEM 133 Accidents vasculaires cérébraux.
ITEM 170 La décision thérapeutique personnalisée. Observance médicamenteuse.
ITEM 171 Recherche d’un terrain à risque et adaptation thérapeutique. Interactions
médicamenteuses.
ITEM 175 Prescription et surveillance d’un traitement antithrombotique.
ITEM 176 Prescription et surveillance des diurétiques.
ITEM 181 Iatrogénie. Diagnostic et prévention.
ITEM 182 Accidents des anticoagulants.
ITEM 198 Dyspnée aiguë et chronique.
ITEM 200 État de choc.
ITEM 209 Malaise, perte de connaissance, crise comitiale chez l’adulte.
ITEM 250 Insuffisance cardiaque de l’adulte.
ITEM 316 Hémogramme : indications et interprétation.
Sujet tombé
Sujets tombés aux concours de l’Internat : 1997, 2000
● 1997 : femme de 37 ans, prothèse mécanique mitrale sous antivitamines K, en rythme
sinusal, INR entre 3,2 et 4,5, désir de grossesse.
1) Quel type d’anticoagulant prescrivez-vous ? Quels examens biologiques demandez-vous immédiatement
puis durant le 1er mois pour sa surveillance ?
2) Quels types d’anticoagulants et quels examens envisagez-vous de prescrire et à quel rythme en cas de
grossesse et jusqu’à l’accouchement ? ú
33
ITEM 105
3) Le lendemain, le laboratoire de biologie vous téléphone pour vous apprendre que son INR est à 6 (à 4,2
il y a 1 mois). Les autres examens que vous aviez prescrits sont normaux. Quel traitement anticoagulant
et quelle surveillance biologique proposez-vous dans les prochains jours ?
4) Dix mois plus tard, la patiente accouche à terme et sans incident d’une fille en bonne santé. Elle sou-
haite allaiter. Quels sont vos conseils en ce qui concerne l’allaitement ? Argumentez votre réponse.
5) Madame L. renonce à allaiter. Son traitement est le même qu’avant la grossesse. Deux mois plus tard,
elle est hospitalisée à la suite d’une tentative de suicide par ingestion de 12 comprimés de Pindione®
pris il y a 36 heures. L’examen clinique est normal et la seule anomalie biologique est un INR de
6,0. Quelle est votre attitude et quel traitement proposez-vous (ne décrivez pas la prise en charge
psychiatrique) ?
● 2000 : femme de 35 ans, prothèse mécanique mitrale sous antivitamines K, paraplé-
gie flasque avec hypoesthésie remontant aux mamelons et rétention urinaire survenues
quelques heures après une douleur interscapulaire brutale.
1) S’agit-il d’une atteinte centrale ? Pourquoi ?
2) Quel est le niveau lésionnel ? Justifiez.
3) Quel est le diagnostic le plus probable ?
4) Comment le mettre en évidence ?
5) Quel traitement préconisez-vous ?
CONSENSUS
● Guidelines on the management of valvular disease – Task force on the management of
([Link]/cgi/content/full/24/13/1231).
POUR COMPRENDRE…
34
Surveillance des porteurs de valves et de prothèses vasculaires
I. PROTHÈSES VALVULAIRES
A. Caractéristiques des prothèses valvulaires
Il n’existe pas de prothèse parfaite : les inconvénients des unes sont les avantages
des autres.
1. Prothèses mécaniques
■ Prothèse à bille de Starr-Edwards (fig. 105-1) :
Bille
Cage
Disque
35
ITEM 105
Ailettes
Anneau
2. Bioprothèses
■ Hétérogreffes (origine animale et synthétique) :
Sigmoïde
Picot
Anneau
36
Surveillance des porteurs de valves et de prothèses vasculaires
■ Bioprothèses insérées sur un stent (fig. 105-6) permettant leur implantation per-
cutanée par voie artérielle fémorale ou transapicale (longévité en cours d’étude).
■ Homogreffes (origine humaine) :
– homogreffes aortiques : prélèvement sur cadavre humain ; valve et son
anneau seuls ou avec manchon aortique (meilleure longévité), plus faible risque
infectieux ;
– autogreffes péricardiques : prélèvement péricardique du patient monté en
valve sur une armature en peropératoire ; bonne longévité ;
– autogreffes pulmonaires : prélèvement de la valve pulmonaire et d’un man-
chon de l’artère pulmonaire du patient et insertion en position aortique ;
implantation d’une homogreffe pulmonaire (intervention de Ross) : chirurgie
pédiatrique surtout (pas de risque thrombogène ou infectieux) ; problème : sté-
noses pulmonaires à distance.
3. Anneaux
Lors des plasties (réparation) valvulaires, un anneau prothétique métallique est
inséré pour améliorer les rapports structurels des feuillets valvulaires :
■ valve mitrale lors des réparations des prolapsus ;
■ valve tricuspide pour les fuites importantes par dilatation de l’anneau tricuspide.
37
ITEM 105
■ Risque infectieux :
– risque plus important pour les prothèses mécaniques la 1re année postopératoire ;
– risque plus important pour les bioprothèses de la 2e à la 5e année ;
– risque identique après la 5e année.
■ Mortalité : après ajustement sur les facteurs de risque et l’âge, il n’y a pas de dif-
férence significative de mortalité entre les deux types de prothèses.
■ Cas particuliers :
– homogreffes : peu disponibles, complexes à réopérer ; intéressantes chez les
enfants car suivent la croissance ; chez l’adulte, doivent être limitées aux endo-
cardites aortiques délabrantes ;
– bioprothèses aortiques insérées sur stent pour implantation percutanée : indi-
cations actuellement limitées, mais en pleine expansion ITEM 281 .
38
Surveillance des porteurs de valves et de prothèses vasculaires
■ Les héparines non fractionnées sont les seules à avoir l’autorisation de mise sur
le marché pour les prothèses valvulaires (médicolégal).
CONSENSUS
Tableau 105-II. INR cible selon le type de prothèse et le risque thrombotique individuel,
selon les recommandations de la Société européenne de cardiologie (2007)
Bas 2,5 3
Moyen 3 3,5
Elevé 3,5 4
39
ITEM 105
CONSENSUS
CONSENSUS
40
Surveillance des porteurs de valves et de prothèses vasculaires
41
ITEM 105
2. Thrombose de prothèse
■ Accident le plus fréquent, il atteint surtout les prothèses mécaniques mais de
42
Surveillance des porteurs de valves et de prothèses vasculaires
Collerette
Ailette
fermée
Fig. 105-7. Aspect normal d’une prothèse mécanique mitrale à double ailettes en échographie
transœsophagienne.
Thrombus
Fig. 105-8. Thrombose non obstructive de prothèse mécanique mitrale à double ailettes
en échographie transœsophagienne.
CONSENSUS
43
ITEM 105
3. Désinsertion de prothèse
■ 5 % des prothèses : le plus souvent pendant les premiers mois.
■ Deux étiologies :
– endocardite infectieuse ITEM 80 : à éliminer activement ;
– cause mécanique : lâchage spontané de suture.
■ Diagnostic :
– signes fonctionnels :
• asymptomatique si petite et limitée ;
• tableau d’insuffisance cardiaque aiguë voire de choc si importante ;
– apparition d’un souffle de régurgitation, toujours pathologique sur les
bioprothèses ;
– hémolyse mécanique ITEM 316 : élévation des lacticodéhydrogénases, pré-
sence de schizocytes (haptoglobine trop sensible, peu utile) ;
– échocardiographie :
• fuite paraprothétique ;
• si importante, mouvement de bascule de la prothèse ;
• recherche d’arguments pour une endocardite.
■ Prise en charge thérapeutique :
– fonction de la cause, de l’importance et de la tolérance ;
– le remplacement valvulaire est la règle si l’hémolyse conduit à des transfu-
sions itératives ou si la désinsertion est due à une endocardite infectieuse.
4. Dégénérescence de bioprothèse
■ 100 % des bioprothèses (hétérogreffes ou homogreffes) dégénèrent (au bout de
10 à 15 ans en moyenne).
■ Les signes d’appel clinique devant faire suspecter une dégénérescence de bio-
prothèse sont :
– majoration récente d’une dyspnée et/ou de signes congestifs ;
– apparition d’un souffle de régurgitation au foyer concerné.
■ Les signes échographiques de dégénérescence sont :
– des calcifications, une diminution de la surface fonctionnelle (augmentation
du gradient moyen) ;
– et/ou des fuites intraprothétiques (pouvant être aiguës et massives en cas de
déchirure de sigmoïde aortique, notamment).
44
Surveillance des porteurs de valves et de prothèses vasculaires
■ Risque 5 à 10 fois supérieur à celui des valves natives, identique pour les diffé-
rents types de prothèses valvulaires.
CONSENSUS
45
ITEM 105
46
Surveillance des porteurs de valves et de prothèses vasculaires
B. Complications précoces
■ Thrombose aiguë (< 24 h) ou subaiguë (< 1 mois) :
– manifestation ischémique aiguë dans le territoire revascularisé ;
– confirmation diagnostique par échographie-Doppler vasculaire puis artério-
graphie (périphérique) ou coronarographie en urgence (coronaires) ;
– favorisée par :
• rupture prématurée de la double antiagrégation plaquettaire ;
• résistance au clopidogrel ;
• état général : inflammation, diabète, poursuite du tabagisme ;
• non-respect des indications officielles ;
• procédure : longue, difficile ;
• local : mauvais lit d’aval, lésion complexe (bifurcation, angulation), plica-
ture du stent.
■ Sepsis :
– ce risque concerne essentiellement les implantations chirurgicales (effraction
cutanée plus importante) ;
– la prévention repose sur le dépistage préopératoire des foyers infectieux,
l’asepsie préprocédure, l’antibioprophylaxie péri-opératoire.
■ Rupture anastomotique, hématome périprothétique.
47
ITEM 105
C. Complications tardives
■ Thrombose tardive (> 30 jours) :
– peut être silencieuse ou se manifester par des signes modérés compte tenu
d’une collatéralisation ;
– même facteurs de risque que la thrombose aiguë.
■ Sepsis : exceptionnel.
■ Faux anévrysme anastomotique.
■ Dégradation de matériel.
■ Resténose.
D. Surveillance
■ Endoprothèses vasculaires des membres inférieurs = examen des pouls, péri-
mètre de marche, index de pression systolique, troubles trophiques, échographie-
Doppler artérielle :
– tous les 6 mois la première année ;
– puis une fois par an pendant 2 ans ;
– puis une fois tous les 2 ans.
■ Endoprothèse ou tube prothétique de l’aorte abdominale sous-rénale = radio-
graphie d’abdomen sans préparation (face et profil) et scanner de l’aorte injecté
ou imagerie par résonance magnétique de l’aorte :
– référence < 30 jours postopératoires ;
– puis une fois tous les 6 mois pendant 2 ans ;
– puis une fois par an ;
– avant en cas de symptômes.
■ Endoprothèses coronaires :
– pas de coronarographie de contrôle systématique ;
– consultation cardiologique et électrocardiogramme à 1 mois, 6 mois et 1 an
puis une fois par an ;
– recherche d’ischémie non invasive régulière (guidée par les symptômes, par
le risque cardiovasculaire, par le type d’artère dilatée) : épreuve d’effort, écho-
graphie de stress, scintigraphie myocardique d’effort ou à la persantine.
48
Surveillance des porteurs de valves et de prothèses vasculaires
Tableau 105-III. INR cible selon le type de prothèse et le risque thrombotique individuel,
selon les recommandations de la Société européenne de cardiologie (2007)
49
ITEM 105
Thrombose
obstructive
Non
Oui Condition
hémodynamique Anticoagulation
critique ? préalable
adéquate ?
Chirurgie cardiaque
Chirurgie à très
rapidement Oui
haut risque ?
disponible ?
Non
Oui Non
Non Oui
Héparinothérapie
NF + aspirine
Thrombolyse Chirurgie
Échec Succès =
Surveillance
Optimiser
Thrombose non
l’anticoagulation
obstructive
(adjonction d’aspirine)
Optimiser
Oui
l’anticoagulation
(adjonction d’aspirine)
Optimiser
Contrôle ETO : l’anticoagulation
persistance du (adjonction d’aspirine)
Oui thrombus ?
Contrôle ETO :
persistance du
Récurrence embolique ? Non thrombus ?
Fig. 105-10. Arbre décisionnel pour les thromboses non obstructives de prothèse
(recommandations de la Société européenne de cadiologie, 2007).
▲
50
Surveillance des porteurs de valves et de prothèses vasculaires
Prothèses vasculaires
■ Différents types de prothèse :
– endoprothèses vasculaires :
• coronaires : stent nu ou stent actif ;
• autres : couvertes ou non couvertes ;
– tubes prothétiques ;
– patch.
■ Complications des prothèses vasculaires :
– lors de l’implantation :
• occlusion artérielle, dissection artérielle, embolie artérielle d’aval ;
• perforation artérielle (rare) ;
– pour les endoprothèses coronaires : risque de resténose intrastent, risque de
thrombose de prothèse ;
– pour les endoprothèses vasculaires aortiques : risque d’occlusion d’une collatérale ;
– pour les tubes prothétiques vasculaires : hématome péritube, complications d’ana-
stomose (hématome, anévrysme).
51
This page intentionally left blank
ITEM 111
OBJECTIFS
● Conduire un examen médical d’aptitude au sport.
l’adulte.
● Exposer les besoins nutritionnels chez le sportif enfant et chez le sportif adulte.
LIENS TRANSVERSAUX
ITEM 8 Certificats médicaux. Décès et législation. Prélèvements d’organes et législation.
ITEM 10 Responsabilités médicale pénale, civile, administrative et disciplinaire.
ITEM 26 Anomalies du cycle menstruel. Métrorragies.
ITEM 45 Addiction et conduites dopantes.
ITEM 49 Évaluation clinique et fonctionnelle d’un handicap moteur, cognitif ou
sensoriel.
ITEM 57 Arthrose.
ITEM 103 Prévention du tétanos.
ITEM 110 Besoins nutritionnels et apports alimentaires de l’adulte. Évaluation de l’état
nutritionnel. Dénutrition.
ITEM 129 Facteurs de risque cardio-vasculaire et prévention.
ITEM 130 Hypertension artérielle de l’adulte.
ITEM 132 Angine de poitrine et infarctus myocardique.
ITEM 179 Prescription d’un régime diététique.
ITEM 227 Bronchopneumopathie chronique obstructive.
ITEM 233 Diabète sucré de type 1 et 2 de l’enfant et de l’adulte. Complications.
ITEM 237 Fractures chez l’enfant : particularités épidémiologiques, diagnostiques et
thérapeutiques.
ITEM 238 Fracture de l’extrémité inférieure du radius chez l’adulte. ú
53
ITEM 111
CONSENSUS
● Activité physique. Contextes et effets sur la santé. Synthèse et recommandations -
POUR COMPRENDRE…
54
Sport et santé
A. Justification
■ C’est une mesure de santé publique :
– c’est une mesure de prévention qui participe à l’évaluation de l’état de santé
global de la population ITEM 129 ;
– l’augmentation du nombre de pratiquants et de licenciés accroît mathémati-
quement le nombre d’accidents liés au sport et justifie un encadrement ;
– l’examen médical d’aptitude au sport peut permettre de compenser la dimi-
nution des examens médicaux systématiques effectués il y a encore quelques
années : médecine scolaire et examen lors du service militaire obligatoire.
■ Objectif principal de l’examen : rechercher une contre-indication à la pratique
sportive.
■ Objectifs secondaires : évaluer l’état de santé et l’hygiène de vie d’un individu,
dépister/orienter.
B. Indications
■ Elles sont médicolégales ITEM 8 .
■ Un examen médical d’aptitude au sport est nécessaire pour :
– la pratique sportive de haut niveau ;
– la pratique du sport en compétition ;
– avant une affiliation à une fédération sportive ;
– la pratique du sport en milieu scolaire.
C. Interrogatoire
■ Antécédents :
– antécédents familiaux : cardiopathie ischémique ou hypertrophique, mort
subite dans la famille, maladie de Marfan ;
– antécédents personnels :
• antécédents médicaux, en insistant sur les maladies chroniques (coronaro-
pathie, BPCO, rhumatismes articulaires) ;
• antécédents chirurgicaux ;
• antécédents traumatiques et de blessures ;
• facteurs de risque cardiovasculaires ITEM 129 ;
• existence d’une symptomatologie d’effort : douleur thoracique, malaise,
syncope, dyspnée.
■ Recueil des traitements en cours.
■ Évaluation de l’hygiène de vie globale :
– rythme de vie, de sommeil, de travail ;
– niveau d’exercice physique habituel ;
– alimentation ITEM 110 ;
– consommation de tabac, d’alcool, de drogue.
55
ITEM 111
■ À propos du sport :
– type de sport : d’endurance ou de force, dynamique ou statique, individuel ou
en groupe ;
– type de pratique envisagé :
• niveau : amateur ou professionnel ;
• but : loisir ou compétition ;
– objectifs et motivation : carrière sportive, loisir, perte de poids, maintien en
forme ;
– type d’encadrement : club ? fédération ? aucun ?
■ Vérification des vaccinations si sport en extérieur (vaccination antitétanique)
ITEM 103 .
D. Examen clinique
1. Chez l’adulte ITEM 49
Chaque fédération fournit un questionnaire spécifique disponible sur Internet.
Il est spécifique à chacune d’entre elles et se présente sous la forme d’une liste
d’items à vérifier.
■ Poids et taille.
■ Évaluation clinique de la masse musculaire et adipeuse.
■ Examen morphologique :
– examen statique : recherche de déformations, de scoliose, de hernies ;
– examen dynamique : marche, flexion du tronc et des membres.
■ Examen cardiovasculaire :
– complet, il peut être répété après un court exercice pour déceler des anoma-
lies à l’effort en cas de point d’appel ;
– mesure de la pression artérielle aux 2 bras ;
– palpation des pouls ;
– auscultation : recherche d’un souffle cardiaque (en particulier un rétrécisse-
ment aortique) ITEM 281 ou vasculaire.
■ Examen ostéoarticulaire ITEM 49 :
– il est orienté selon le sport et selon d’éventuels antécédents traumatiques ou
chirurgicaux ;
– il s’effectue allongé et debout ;
– il est statique et dynamique ;
– il examine le rachis, les membres, les pieds (car la plupart des sports se font
debout), les mains, et les différentes articulations ;
– il recherche : déformations, limitations actives ou passives, impotences fonc-
tionnelles, douleurs spontanées à la mobilisation ou à la palpation.
■ Examen pulmonaire : il consiste au minimum en une inspection du thorax à la
recherche de déformations et en une auscultation.
■ Un examen plus poussé est parfois nécessaire selon le sport envisagé :
– examen ORL (plongée) ;
– examen buccodentaire (sport de combat) ;
– examen cutané (sports en extérieur, sports de contact).
56
Sport et santé
2. Chez l’enfant
■ Il faut noter poids et taille sur le carnet de santé. On évaluera les courbes de
croissance.
■ Examen de la statique rachidienne à la recherche notamment d’une scoliose.
■ Détermination du stade pubertaire (selon Tanner).
■ Examen cardiovasculaire à la recherche d’un souffle ITEM 331 : auscultation
soigneuse, avec manœuvres de Valsalva.
■ Palpation des pouls à la recherche d’une coarctation aortique.
■ Par ailleurs, examen complet, comme chez l’adulte.
E. Bilan paraclinique
1. ECG de repos ITEMS 132, 284, 309
C’est un examen simple, rapide, peu coûteux et non invasif.
■ Indications de l’ECG :
– lors de la première visite médicale (à ne pas répéter si normal) ;
– ou en présence de points d’appels cliniques : signes fonctionnels cardiovasculaires.
■ Il recherche :
– après 40 ans : des signes de coronaropathie : troubles de repolarisation à type
d’aplatissement ou d’inversion des ondes T ou de sous-décalage ST ;
– avant 40 ans :
• des signes de cardiomyopathie hypertrophique : hypertrophie ventriculaire
gauche électrique, troubles de repolarisation ;
• un syndrome de Wolff-Parkinson-White : espace PR court, onde delta de
préexcitation ;
• des signes de dysplasie arythmogène du ventricule droit : aspect de bloc de
branche droit en V1, QRS larges en V2-V3, ondes T négatives en V1-V2-V3,
ESV à type de retard droit ;
• un syndrome de Brugada : aspect de bloc de branche droit + sus-décalage
ST convexe en V1-V2-V3 (fig. 111-1) ;
• un syndrome du QT long : QT corrigé > 440 ms avec modifications morpho-
logiques de l’onde T (fig. 111-2).
57
ITEM 111
2. Épreuve d’effort
Elle n’est pas systématique.
■ Indications de l’épreuve d’effort dans l’examen d’aptitude à la pratique sportive :
– patient présentant une coronaropathie documentée ;
– sujet asymptomatique mais avec au moins 2 facteurs de risque cardio-
vasculaires ;
– avant une activité sportive intense chez un homme > 40 ans ou une femme > 50 ans ;
– syndrome de Wolff-Parkinson-White.
■ Elle recherche :
– une ischémie coronaire ITEM 129 ;
– une anomalie de la réponse tensionnelle :
• réponse tensionnelle à l’effort normale : élévation de la pression artérielle
systolique ;
• réponse tensionnelle anormale : élévation de la pression artérielle systoli-
que > 210 mmHg, abaissement des pressions systolique et diastolique (signe
de dysfonction ventriculaire gauche ou d’obstacle éjectionnel, comme dans
les cardiomyopathies obstructives) ;
– des troubles du rythme de type adrénergique (lors de l’effort), ou vagal (en
récupération).
3. Autres examens
■ Échographie cardiaque transthoracique : indication large en cas de suspicion
de cardiopathie sous-jacente, et surtout de cardiomyopathie hypertrophique.
■ IRM cardiaque : si suspicion de cardiomyopathie hypertrophique ou de dyspla-
sie arythmogène du ventricule droit.
■ Coronarographie : si angor ou épreuve d’effort positive.
58
Sport et santé
F. Certificat ITEMS 8, 10
Exemple de certificat
Au vu des antécédents, de l’entretien, de l’examen clinique, des examens complémentaires régle-
mentaires et des éventuels examens, questionnaires et avis spécialisés de M./Mme …, je soussigné(e)
Dr … conclut à la présence/absence de contre-indications à la pratique de (nom du sport).
Certificat effectué à la demande de l’intéressé et remis en main propre pour faire valoir ce que de droit.
Date/signature.
59
ITEM 111
réalisés : tendinite de l’épaule des nageurs, du coude pour les tennismen, entorse
de cheville chez les coureurs…
■ Elles sont favorisées par le surentraînement, une pratique intensive inadaptée.
■ Leur prise en charge médicale est souvent longue voire lourde.
3. Mort subite du sportif
■ C’est un événement rare : prévalence de 1/50 000.
■ Étiologie :
– secondaire à une pathologie cardiovasculaire sous-jacente alors inconnue :
• coronaropathies (> 40 ans) ;
• cardiomyopathie hypertrophique (< 40 ans) en premier lieu ;
– idiopathique, rarement.
■ Surentraînement.
■ Déshydratation et ses conséquences : asthénie, hyperthermie, lithiase urinaire.
■ Décompensation d’une maladie sous-jacente : coronaropathie, asthme.
■ Retentissement moral (surtout en compétition) : érosion de l’estime de soi,
surimplication.
60
Sport et santé
– chez l’homme ;
– et pour certains cancers : côlon, sein.
■ Les mécanismes sont mal compris : rééquilibrage hormonal, amélioration du
système immunitaire ?
lité liée au travail musculaire, une pratique sportive régulière prévient l’apparition
d’un diabète.
■ Effet thérapeutique : la pratique régulière d’une activité physique entraîne une
baisse pouvant être significative de l’HbA1c.
CONSENSUS
que :
– la densité minérale osseuse est abaissée en cas d’alitement prolongé et aug-
mentée chez les sportifs (surtout haltérophiles) ;
– il existe moins de fractures chez les femmes ménopausées sportives.
■ L’activité sportive est recommandée :
– chez l’enfant pour le développement de la masse osseuse ;
– chez l’adulte pour la préservation du capital osseux.
61
ITEM 111
62
Sport et santé
C. Nutriments
1. Glucides
■ Ils sont le principal substrat énergétique de l’organisme.
2. Lipides
■ Au cours de l’exercice, les lipides peuvent servir de substrat énergétique.
■ Les lipides utilisés par les muscles sont les acides gras circulants et les triglycé-
rides intramusculaires.
■ Les lipides existent sous différentes formes dans l’organisme :
– triglycérides : circulants, intrahépatiques, intramusculaires, ou intra-adipocytaires ;
63
ITEM 111
– acides gras circulants issus de la lyse des triglycérides contenus dans les lipo-
protéines circulantes.
■ L’utilisation des lipides dépend de plusieurs facteurs comme l’intensité et la
durée de l’effort. La mobilisation et le déstockage des acides gras nécessitent la
mise en route de la lipolyse adipocytaire. La lipolyse est sous l’influence de nom-
breux facteurs : stimulation adrénergique, insulinémie, principalement.
■ L’utilisation des acides gras dépend en fait principalement :
– de l’intensité de l’exercice :
• utilisation des acides gras libres pour une faible intensité ;
• utilisation des triglycérides intramusculaires pour une intensité modérée ;
• quasiment pas de consommation pour une intensité forte ;
– de la durée de l’exercice : l’utilisation des lipides est favorisée par la durée de
l’effort et la diminution des réserves glycogéniques.
3. Protéines
■ Leur participation à la dépense énergétique est faible.
4. Eau
■ La production d’énergie mécanique par les muscles s’accompagne d’un dégage-
64
Sport et santé
1. Besoins énergétiques
■ Il faut couvrir les besoins de base + les besoins nécessaires à l’activité spor-
tive : 1 800–2 000 kCal/j (chez la femme) ou 2 200–2 500 kCal/j (chez l’homme), + les
besoins en fonction de l’activité.
■ En pratique : moins de 3 h de sport de loisir par semaine ne demande pas d’aug-
mentation significative des besoins énergétiques.
65
ITEM 111
■ Protéines :
– elles doivent représenter environ 10–15 % des apports totaux énergétiques
quotidiens, soit : 1,4 à 1,7 g/kg/j ;
– ces apports sont couverts par une alimentation normale et équilibrée ;
– en cas de nécessité de prise de masse musculaire, les apports maximaux ne
doivent pas dépasser 2 g/kg/j et peuvent être couverts par des suppléments
protéinés.
■ Vitamines, sels minéraux, oligoéléments :
– les besoins sont couverts par une alimentation variée et équilibrée ;
– il faut cependant veiller à l’absence de carence pour certains éléments :
• fer (viande rouge) ;
• calcium (produits laitiers) ;
• magnésium (chocolat, fruits secs) ;
• vitamine C (fruits).
3. Hydratation
■ Besoins de base : 1 L dans l’alimentation + 1,5 L à boire, répartis dans la journée.
■ Durant l’effort : hydratation en fonction des pertes (effort, respiration, sudation).
■ L’adaptation de la compensation des pertes hydriques se fait en effectuant une
pesée avant et après l’effort. La différence de poids représente les pertes hydri-
ques à compenser.
66
Sport et santé
– ils sont évalués par le suivi régulier du poids (avant et après l’effort), qui
permet de déterminer les quantités hydriques dépensées et donc les pertes à
compenser ;
– on considère qu’il faut des apports de 50 à 100 mL par 5 à 10 minutes d’effort.
Cela est modulé en fonction de l’activité et des conditions extérieures (tempéra-
ture, humidité) ;
– la compensation doit se faire par de l’eau seule jusqu’à 3 L de pertes, puis par
jus de fruits, boissons glucidiques salées…
■ Apports minéraux :
– apports calciques :
• ils sont cruciaux pour la constitution du capital osseux ;
• ils doivent être d’environ 1 200 mg/jour ;
– apports en magnésium, phosphore, fer : ils sont identiques à ceux des enfants
du même âge ;
– apports en sodium, chlore : les boissons pour enfants sportifs doivent conte-
nir 1 à 1,5 g/L de NaCl.
■ Apports vitaminiques :
– pour 1 à 3 heures de sport par semaine, les besoins en vitamines sont compa-
rables à ceux de la population du même âge ;
– il est conseillé de proposer une dose de vitamine D l’hiver dans les disciplines
en salle pour compenser le manque d’ensoleillement, particulièrement à l’ado-
lescence (100 000 UI/hiver).
■ Apports en oligoéléments : pas de supplémentation nécessaire.
V. CARDIOPATHIES ET SPORT
A. Chez l’enfant
1. Contre-indications absolues
■ Cardiomyopathies cyanogènes complexes.
■ Cardiomyopathie hypertrophique.
■ Arythmies ventriculaires sévères : syndrome du QT long congénital.
■ Hypertension artérielle pulmonaire systolique > 60 mmHg.
67
ITEM 111
B. Chez l’adulte
1. Contre-indications absolues
■ Cardiopathies congénitales cyanogènes non opérées avec HTAP.
■ Cardiomyopathie obstructive.
■ Dysplasie arythmogène du ventricule droit.
■ Rétrécissement aortique serré ITEM 281 , prolapsus mitral avec hyperexcitabi-
lité ventriculaire sévère ITEM 251 .
■ Syndrome de Brugada ITEM 284 .
Sport et cardiopathie
■ Conseillés : marche, jogging, cyclisme, natation.
■ Interdits : sports de combat, musculation, sports de vitesse.
■ Déconseillés : sports d’équipe (variations brusques d’activité), gymnastique statique.
■ Sports réglementés nécessitant une évaluation de principe : plongée, vol à voile, parachutisme.
68
Sport et santé
B. Précautions
■ Buts de l’encadrement du sportif :
– dépister une contre-indication à la pratique du sport à haut niveau ;
– éviter les blessures et les traumatismes ;
– améliorer la performance dans un cadre le plus sûr possible pour le sportif ;
– effectuer un suivi médical ;
– éviter le recours au dopage.
■ Au préalable :
– visite médicale poussée, au mieux par un médecin ayant une capacité en
médecine du sport ;
– information :
• risques inhérents au sport (traumatismes, blessures) ;
• substances à risque ;
• alimentation ;
– construire un programme cohérent ;
– encadrement : entraîneur/fédération/médecin du sport/nutrition ;
– échauffement adapté.
■ Pendant la pratique :
– si possible encadrement professionnel ;
– entraînement adapté aux objectifs ;
– respecter les périodes de récupération.
■ Suivi psychologique :
– motivation/objectifs ;
– surtout lors des passages difficiles : échecs, blessures.
69
ITEM 111
70
Sport et santé
71
ITEM 111
Apports énergétiques
Apports énergétiques chez l’adulte Apports énergétiques chez l’enfant
• Besoins de base + besoins nécessaires • Calculés en fonction du poids, du type
à l’activité sportive = 1 800–2 000 kCal/j (F) de sport, de l’intensité et de la durée
ou 2 200–2 500 kCal/j (H) + besoins • Augmentation moyenne de 20 à 30 %
en fonction de l’activité de la dépense énergétique
• Pas d’augmentation significative des besoins
énergétiques si pratique < 3 h/semaine
Sport et nutriments
Type de Répartition Utilisation Apports Apports
nutriment dans préférentielle recommandés recommandés
l’organisme chez l’adulte chez l’enfant
Glucides • Glucose • Efforts courts • 55 à 70 % des • 55 à 70 % des
circulant • Efforts apports caloriques apports totaux
• Glycogène intenses totaux, soit 5 à énergétiques
hépatique 12 g/kg/j quotidiens
• Glycogène • Avant, pendant
musculaire et après l’effort
Lipides • Acides gras • Efforts longs • 20 à 30 % • Doivent
circulants • Efforts des apports représenter
• Triglycérides : modérés quotidiens 30 à 35 % des
circulants, apports totaux
intrahépatiques, énergétiques
intramusculaires, quotidiens
ou intra- • Limitation des
adipocytaires graisses saturées
Protéines • Protéines • Activité • Environ 10–15 % • 1,2 fois ceux
de structure d’endurance des apports de la population
intracellulaires • Activité quotidiens, du même âge et
• Acides aminés nécessitant une soit 1 à 1,7 g/kg/j du même gabarit
libres circulants augmentation • Doivent
importante représenter
de masse 12 à 15 % des
musculaire apports totaux
énergétiques
quotidiens
72
Sport et santé
Cardiopathies et sport
Adulte Enfant
Contre-indications • Cardiopathies congénitales • Cardiomyopathies
absolues cyanogènes non opérées avec cyanogènes complexes
HTAP • Cardiomyopathie
• Cardiomyopathie obstructive hypertrophique
• Dysplasie arythmogène du • Arythmies ventriculaires
ventricule droit sévères : syndrome du QT long
• Rétrécissement aortique congénital
serré, prolapsus mitral avec • Hypertension artérielle
hyperexcitabilité ventriculaire pulmonaire systolique
sévère > 60 mmHg
• Syndrome de Brugada
Contre-indications • Cardiopathies congénitales • Maladie de Marfan
relatives opérées • Sténose aortique, coarctation
aortique
Compétition et • Coronaropathie à haut risque : • Shunts gauches/droits
pratique intense fraction d’éjection altérée, sans hypertension artérielle
interdites, pratique épreuve d’effort positive, pulmonaire systolique,
modérée à faible hyperexcitabilité ventriculaire tétralogie de Fallot,
autorisée au cas par à l’effort, sténoses coronaires transposition des gros
cas résiduelles importantes vaisseaux
• Wolff-Parkinson-White,
tachycardie catécholergique
sous traitement
73
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ITEM 128
Athérome : épidémiologie
et physiopathologie.
Le malade polyathéromateux
OBJECTIFS
● Expliquer l’épidémiologie et les principaux mécanismes de la maladie athéromateuse
athéromateuse.
● Décrire les principes de la prise en charge au long cours d’un malade
polyathéromateux.
LIENS TRANSVERSAUX
ITEM 45 Addiction et conduites dopantes : épidémiologie, prévention, dépistage.
Morbidité, comorbidité et complications. Prise en charge, traitements substi-
tutifs et sevrage : alcool, tabac, psychoactifs et substances illicites.
ITEM 63 Confusion, dépression, démences chez le sujet âgé.
ITEM 111 Sport et santé. Aptitude aux sports chez l’enfant et chez l’adulte. Besoins
nutritionnels chez le sportif.
ITEM 112 Réaction inflammatoire : aspects biologiques et cliniques. Conduite à tenir.
ITEM 121 Polyarthrite rhumatoïde.
ITEM 129 Facteurs de risque cardiovasculaire et prévention.
ITEM 130 Hypertension artérielle de l’adulte.
ITEM 131 Artériopathie oblitérante de l’aorte et des membres inférieurs ; anévrysmes.
ITEM 132 Angine de poitrine et infarctus myocardique.
ITEM 133 Accidents vasculaires cérébraux.
ITEM 134 Néphropathie vasculaire.
ITEM 170 La décision thérapeutique personnalisée. Observance médicamenteuse.
ITEM 175 Prescription et surveillance d’un traitement antithrombotique.
ITEM 179 Prescription d’un régime diététique.
ITEM 195 Douleurs abdominales et lombaires aiguës chez l’enfant et chez l’adulte.
ITEM 208 Ischémie aiguë des membres.
ITEM 233 Diabète sucré de type 1 et 2 de l’enfant et de l’adulte. Complications. ú
75
ITEM 128
Sujet tombé
Sujets tombés aux concours de l’Internat et aux ECN : 2001, 2005
● 2001 : homme polyathéromateux (AOMI, IDM) + diabète, tabac, obésité + HTA maligne
avec OAP et insuffisance rénale.
1) Comment qualifiez-vous l’hypertension artérielle de ce patient ?
2) Arguments contre le diagnostic de glomérulosclérose diabétique ?
3) Diagnostics étiologiques de l’HTA ? Arguments ?
4) Quelle stratégie diagnostique ?
5) Risques iatrogènes majeurs des biguanides et sulfamides ?
● 2005 : homme 74 ans + AAA de 6 cm de diamètre + BPCO + sténose carotidienne + insuf-
fisance rénale + facteurs de risques.
1) Quel signe clinique peut contribuer à préciser le siège de l’anévrysme aortique ?
2) Les antécédents personnels et familiaux de ce patient vous suggèrent-ils un risque particulier en dehors
de l’athérosclérose ? Pourquoi ?
3) Quel(s) facteur(s) de risque d’anévrysme identifiez-vous chez ce patient ?
4) Décrivez et interprétez l’ECG. Quelle conclusion en tirez-vous ? Quel(s) examen(s) proposez-vous en
complément ? Justifiez votre réponse.
5) Quelles explorations respiratoires allez-vous demander chez ce patient ? Qu’en attendez-vous ?
6) Quel examen vous paraît le mieux adapté pour apprécier les caractéristiques morphologiques de l’ané-
vrysme dans l’optique de son traitement ? Justifiez votre choix en tenant compte du rapport bénéfice/
risque.
7) Quelle proposition thérapeutique peut-on faire vis-à-vis de l’anévrysme aortique ? Justifiez et détaillez
votre réponse.
8) Quelle prise en charge proposez-vous vis-à-vis de l’intoxication tabagique ?
CONSENSUS
● Aucune conférence de consensus n’existe à ce jour sur l’athérome en particulier mais
POUR COMPRENDRE…
76
Athérome : épidémiologie et physiopathologie
I. ÉPIDÉMIOLOGIE
A. Définition
■ Étymologie : le mot athérome vient du grec Athara, qui est une bouillie de farine
et de gruau.
■ La plaque d’athérome fut décrite pour la première fois par Scarpa en 1804 dans
son travail sur l’anévrysme artériel.
■ Définition : l’athérome est une association de remaniements de l’intima des
artères de gros et moyen calibre consistant en une accumulation focale de lipi-
des, de glucides complexes et de dépôts calcaires avec des remaniements de la
média.
B. Incidence
■ Impact : l’athérome et les maladies cardiovasculaires ont longtemps été la pre-
mière cause de mortalité en France, représentant 40 % des décès, soit 166 000 décès
en 1998. Ils sont récemment passés au second plan derrière les cancers. Ils restent
une des premières causes de décès dans le monde : 5,1 millions de morts en 1999
et en particulier dans le monde occidental. Grâce aux progrès réalisés en cardio-
logie, la mortalité de l’infarctus a chuté de 25 % en 50 ans.
■ Distribution géographique :
– dans le monde : l’incidence est plus forte dans les pays occidentaux ;
– en Europe : il existe un double gradient Nord/Sud et Est/Ouest. L’incidence de
la maladie est plus élevée en Europe du Nord et en Europe de l’Est ;
– en France : on retrouve ce gradient Nord/Sud, avec une incidence plus élevée
d’infarctus à Lille qu’à Marseille.
■ Distribution dans la population :
– âge : l’incidence augmente avec l’âge ;
– sexe : les femmes sont relativement protégées avant la ménopause et sont
donc touchées plus tardivement que les hommes. Après 65 ans, la prévalence de
la maladie chez les femmes rejoint celles des hommes.
Ils ne sont pas encore clairement identifiés et l’on définit un sur-risque lorsqu’il
existe un événement majeur précoce chez un parent au premier degré (avant
50 ans pour l’homme, 60 ans pour la femme).
■ Sexe masculin.
■ Âge : > 55 ans pour les hommes et > 65 ans pour les femmes.
77
ITEM 128
II. PHYSIOPATHOLOGIE
A. Historique
■ Au cours du temps, plusieurs théories sur la formation de la plaque se sont suc-
cédé, combattues et complétées :
– théorie lipidique : dépôts de cholestérol dans les artères ;
– théorie thrombotique : thromboses artérielles organisées devenues plaques ;
– théorie inflammatoire : plaque développée en réponse à une agression.
■ Une synthèse en 3 étapes majeures (fig. 128-1) a été élaborée par Davies :
– strie lipidique : étape initiale de dépôts lipidiques ;
78
Athérome : épidémiologie et physiopathologie
79
ITEM 128
D. Plaque compliquée
1. Fissuration et/ou rupture de la chape fibreuse
■ C’est la complication la plus fréquente et la plus grave.
■ Elle est responsable des événements aigus rendant compte de la mortalité des
maladies cardiovasculaires : infarctus du myocarde et AVC.
■ Il existe des facteurs favorisants :
– facteurs extrinsèques : élévation tensionnelle, effort important ;
– facteurs intrinsèques, qui définissent une plaque « instable » :
• les plaques formées d’un gros cœur lipidique avec une fine chape fibreuse
sont plus enclines à se rompre que des plaques avec un petit noyau lipi-
dique et une épaisse chape fibromusculaire. Les métalloprotéases, des
enzymes synthétisées par les macrophages qui hydrolysent la matrice
extracellulaire, semblent jouer un rôle clé dans la composition de la
plaque ;
• néovascularisation importante exposant au risque d’hémorragie intra-
plaque ;
• phénomènes apoptotiques importants.
2. Thrombose pariétale
■ Elle est secondaire à une fissuration/rupture/érosion de la chape fibreuse qui
80
Athérome : épidémiologie et physiopathologie
IV. CLINIQUE
A. Atteinte asymptomatique
■ La strie lipidique est un élément anatomique présent dès l’adolescence. Elle est
complètement asymptomatique.
■ Les plaques adultes entraînant une sténose < 50 % sont asymptomatiques.
■ Avant 50 ans chez les hommes et 60 ans chez les femmes, l’athérome est généra-
lement asymptomatique.
B. Athérome symptomatique
■ Polymorphe, l’atteinte dépend bien sûr de la localisation de l’athérome et du
type de lésions.
■ En fonction du type de lésion, on peut observer une symptomatologie :
– chronique : résultant de la progression des plaques, causant une sténose
hémodynamiquement significative ;
– aiguë : résultant de la rupture d’une plaque, avec thrombose et embolie
distale.
■ En fonction du territoire :
– coronaire :
• angor d’effort ITEM 132 ;
• syndrome coronarien aigu, infarctus et mort subite ITEM 132 ;
• cardiopathie ischémique et insuffisance cardiaque ITEM 250 ;
– cérébrovasculaire ITEM 133 :
• accidents vasculaires cérébraux ischémiques ou hémorragiques ;
• accidents vasculaires transitoires ;
• démence vasculaire ITEM 63 ;
– membres inférieurs ITEM 131 :
• claudication intermittente, douleurs de décubitus, troubles trophiques,
plaies et gangrène ;
• ischémie aiguë de membre ITEM 208 ;
– aorte : anévrysme de l’aorte abdominale, embolies distales (AVC, AIT, isché-
mie de membre) ITEMS 131, 208 ; *Concours
Internat 2001
– rénal : insuffisance rénale, HTA* ITEMS 130, 134 ;
– digestif : angor mésentérique ITEM 195 .
81
ITEM 128
C. Mesures hygiénodiététiques
Elles font partie des classiques recommandations de prévention. Elles peuvent
améliorer le contrôle des facteurs de risque.
■ Arrêt du tabac ITEM 45 .
■ Alimentation ITEM 179 :
– équilibrée, de type méditerranéen ;
– hypocalorique si réduction de poids souhaitable ;
– privilégier les poissons, les fruits, les légumes et les huiles d’olive ;
– équilibre des acides gras : 1/3 polyinsaturés, 1/3 mono-insaturés, 1/3 saturés ;
– réduction de la quantité de sel si HTA ;
– consommation d’alcool modérée (1 verre de vin rouge/jour) ;
– effets bénéfiques sur le poids, l’HTA, la glycémie et le taux de LDL, le stress
oxydatif.
■ Exercice physique ITEM 111 :
– de type endurance : marche, course, natation, vélo ;
– régulier : 20–30 minutes 3 à 5 fois par semaine ;
– effet bénéfique sur l’entraînement cardiaque.
82
Athérome : épidémiologie et physiopathologie
D. Traitement médicamenteux
■ Antiagrégant plaquettaire ITEM 175 :
– il ne réduit pas l’athérome mais il prévient les événements thrombotiques ;
– aspirine : 75 à 325 mg/jour ou, si contre-indication, clopidogrel (Plavix®) : 75
mg/jour ;
– indiqué à vie et systématiquement en prévention secondaire et recommandé
en prévention primaire pour les patients diabétiques à haut risque.
■ Statines :
– obligatoires chez tous les patients athéromateux en prévention secondaire ;
*ECN 2005
Enfin, il ne faut pas oublier que les facteurs de risque cardiovasculaires ont aussi
des conséquences non athéromateuses, qu’il faut dépister et traiter* :
■ tabac : BPCO, cancers, infertilité ;
■ obésité : arthrose, syndrome d’apnée du sommeil, dépression ;
■ diabète : microangiopathie, maux perforants, infections, cataracte, décompensa-
tion aiguës, insuffisance rénale ;
■ HTA : hypertrophie ventriculaire gauche, lacunes cérébrales/démence vasculaire.
83
ITEM 128
84
Athérome : épidémiologie et physiopathologie
85
ITEM 128
Bilan d’athérome
■ Recueil des facteurs de risque :
– âge, sexe, hérédité ;
– quantification de l’intoxication tabagique
– pesée, mesure du tour de taille ;
– prise de la tension artérielle au brassard au repos, au calme ;
– bilan biologique : exploration d’une anomalie lipidique (EAL), glycémie à jeun.
■ Évaluation clinique :
– signes fonctionnels coronaires (angor, dyspnée, syncopes), cérébrovasculaires
(AVC, AIT) et périphériques (claudication) ;
– examen physique complet : cardiovasculaire, neurologique, palpation d’un ané-
vrysme de l’aorte abdominale.
■ Bilan paraclinique (selon le terrain et la symptomatologie) :
– seul l’ECG sera systématique ;
– bilan non invasif :
• si signe évocateur (souffle vasculaire) ou en dépistage ;
• ECG d’effort, écho-Doppler des TSA et MI, écho-Doppler de l’aorte abdominale ;
– bilan invasif thérapeutique ou préthérapeutique : coronarographie, artériographie
des membres inférieurs.
86
ITEM 129
Facteurs de risque
cardiovasculaires
et prévention
OBJECTIFS
● Expliquer les facteurs de risque cardiovasculaires et leur impact pathologique.
LIENS TRANSVERSAUX
ITEM 45 Addiction et conduites dopantes : épidémiologie, prévention, dépistage.
Morbidité, comorbidité et complications. Prise en charge, traitements substi-
tutifs et sevrage : alcool, tabac, psychoactifs et substances illicites.
ITEM 54 Vieillissement normal : aspects biologiques, fonctionnels et relationnels.
Données épidémiologiques et sociologiques. Prévention du vieillissement
pathologique.
ITEM 111 Sport et santé. Aptitude aux sports chez l’enfant et chez l’adulte. Besoins
nutritionnels chez le sportif.
ITEM 128 Athérome : épidémiologie et physiopathologie. Le malade polyathéromateux.
ITEM 130 Hypertension artérielle de l’adulte.
ITEM 170 La décision thérapeutique personnalisée. Observance médicamenteuse.
ITEM 175 Prescription et surveillance d’un traitement antithrombotique.
ITEM 179 Prescription d’un régime diététique.
ITEM 181 Iatrogénie. Diagnostic et prévention.
ITEM 233 Diabète sucré de type 1 et 2 de l’enfant et de l’adulte. Complications.
ITEM 267 Obésité de l’enfant et de l’adulte.
Sujet tombé
Sujets tombés aux concours de l’Internat et aux ECN : 2000, 2006
● 2000 : femme de 50 ans, ménopausée, dyslipidémie mixte, antécédents familiaux,
erreurs alimentaires, HTA, surpoids, HDL bas, TG élevés, LDL à 2,7 g/L.
1) Quels sont les facteurs de risque coronariens de cette femme ?
2) Quelle est la valeur du cholestérol LDL calculé ? Précisez son mode de calcul et interprétez sa valeur. ú
87
ITEM 129
CONSENSUS
● Prévention vasculaire après un AVC ou un AIT - Recommandations de l’HAS, mars 2008.
2007.
● Les examens à pratiquer devant une dyslipidémie - Recommandations de la nouvelle
ALFEDIAM, 2004.
● Identification de l’ischémie chez le diabétique - Recommandations conjointes SFC/
ALFEDIAM, 2004.
● Programme national de réduction des risques cardiovasculaires, 2002-2005. Ministère
POUR COMPRENDRE…
■ La maladie athéromateuse est une des premières causes de mortalité dans les
pays occidentaux. Les États-Unis font actuellement face à une épidémie d’obésité
et de diabète sans précédent qui se propage en Europe en raison de l’homogénéi-
sation des modes de vie. Chaque matin, 10 millions de Français prennent un traite-
ment contre le cholestérol, l’hypertension ou le diabète. Cela va entraîner des coûts
importants pour notre système de soin ainsi qu’un retentissement majeur sur l’état
de santé de la population française dans les années à venir.
■ La reconnaissance et la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaires,
c’est « mieux vaut prévenir que guérir ». En effet, bon nombre de facteurs de risque
cardiovasculaires sont modifiables voire évitables, soit par la volonté du malade,
soit par une intervention médicale.
■ La prise en charge des facteurs de risque en prévention primaire, c’est-à-dire
auprès de gens ne se plaignant de rien, tient parfois autant de la négociation que de
88
Facteurs de risque cardiovasculaires et prévention
I. DÉFINITIONS
A. Risque
■ Risque relatif (RR) : c’est le risque encouru par un individu donné par rapport
à un individu de référence. Exemple : un fumeur a 5 fois plus de risque de faire un
infarctus du myocarde qu’un non-fumeur. Son RR est donc de 5.
■ Risque absolu : c’est le risque encouru par un individu donné de présenter un
événement durant une période donnée. Il est classiquement exprimé en % à 10 ans.
■ Le risque cardiovasculaire peut être calculé selon plusieurs méthodes :
– addition simple du nombre de facteurs de risque présents ;
– calcul de scores de risque absolu issus des différentes études de cohorte. Il en
existe deux principaux : le score de la Société européenne de cardiologie (SCORE)
(fig. 129-1 ) et le score américain issu de Framingham ([Link]
atpiii/[Link]?usertype=prof). Par exemple, selon l’équation de Framingham,
un homme de 55 ans fumeur avec un cholestérol total à 2,1 g/L et un HDL à 0,42 g/L,
une pression systolique à 115 mmHg sans aucun traitement a environ 20 % de ris-
que de faire un infarctus du myocarde dans les 10 prochaines années ;
– on définit ainsi 3 grandes populations :
• haut risque : risque absolu > 20 % à 10 ans ;
• risque modéré : risque absolu compris entre 10 et 20 % à 10 ans ;
• bas risque : risque absolu < 10 % à 10 ans.
B. Facteurs de risque
■ Facteur de risque : facteur augmentant l’incidence d’une pathologie. Les fac-
teurs de risque cardiovasculaires sont ceux qui augmentent le risque de dévelop-
per un athérome symptomatique.
■ Cette association doit être :
– plus ou moins forte : c’est le risque relatif ;
– graduelle : le risque augmente en même temps que le facteur de risque ;
– cohérente dans le temps : le facteur de risque précède la maladie ;
– constante : l’association est constamment retrouvée (dans les études et dans
la réalité) ;
– indépendante : le facteur de risque est directement corrélé à la maladie, sans
biais ;
– plausible : l’association est cohérente avec la physiopathologie de la maladie ;
– réversible : la suppression du facteur de risque diminue le risque engendré.
89
ITEM 129
*Concours
Internat 2000,
ECN 2006 II. PRINCIPAUX FACTEURS DE RISQUE*
A. Âge et sexe ITEM 54
■ Âge :
– le risque cardiovasculaire augmente avec l’âge ;
– en effet, la constitution des plaques étant très progressive ITEM 128 , la mala-
die athéromateuse ne se déclare que très rarement avant la cinquantaine.
90
Facteurs de risque cardiovasculaires et prévention
■ Sexe :
– avant la ménopause : le risque cardiovasculaire est plus important chez les
hommes que chez les femmes non ménopausées en raison du rôle protecteur
des hormones féminines ;
– après la ménopause : il existe une égalisation progressive du risque
cardiovasculaire.
■ Âge et sexe sont 2 facteurs de risque souvent « implicites » mais ils ne sont pas à
négliger.
C. Tabagisme ITEM 45
91
ITEM 129
D. Dyslipidémies
■ Il existe une relation forte et extrêmement bien documentée entre l’élévation du
cholestérol et le risque d’accident coronaire. Cette association existe de manière
moins importante pour les autres territoires artériels.
■ L’augmentation du LDL-cholestérol est le facteur de risque principal au sein des
dyslipidémies :
– le LDL-cholestérol est le « mauvais cholestérol ». Il transporte le cholestérol du
foie vers les cellules et les plaques d’athérome ;
– mécanismes de toxicité : le LDL-cholestérol est à l’origine des dépôts lipidi-
ques intra-artériels. Il a aussi une action pro-oxydante ;
92
Facteurs de risque cardiovasculaires et prévention
■ Le niveau de cholestérol total, les différents rapports entre les fractions lipi-
diques et les taux des différentes apolipoprotéines ne doivent pas être pris en
compte dans le calcul du risque cardiovasculaire.
■ La présence d’un diabète a une valeur pronostique égale à celle d’un antécédent
d’infarctus du myocarde. C’est-à-dire qu’un patient diabétique a le même risque
cardiovasculaire qu’un patient non diabétique ayant déjà fait un infarctus du myo-
carde, c’est-à-dire un risque élevé.
93
ITEM 129
94
Facteurs de risque cardiovasculaires et prévention
B. Facteurs sanguins
■ Maladies inflammatoires chroniques :
– certaines maladies inflammatoires comme le lupus ou la polyarthrite rhuma-
toïde sont associées à une augmentation du risque cardiovasculaire ;
– mécanismes incriminés : taux élevé de facteur VII, de facteur Von Willebrand,
hyperfibrinogénémie, augmentation de la protéine PAI-1.
■ Facteurs prothrombogènes, qui favorisent les thromboses artérielles :
– coagulopathies : syndrome des antiphospholipides ;
– état d’hyperviscosité : maladie de Vaquez, hyperleucocytémie.
■ Certaines endocrinopathies engendrent une augmentation du risque cardiovas-
culaire : hypothyroïdie, acromégalie.
■ D’autres facteurs sanguins sont reconnus comme étant des marqueurs d’un ris-
que cardiovasculaire accru. Ils ne sont pas des facteurs de risque intrinsèques :
– l’élévation de la CRPus > 1,5 mg/L ;
– l’homocystéinémie : acide aminé impliqué dans plusieurs voies métaboli-
ques. Elle a longtemps été incriminée mais des études récentes ont infirmé sa
participation.
C. Autres facteurs
■ Traitements hormonaux :
*Concours
■ contraception orale* : Internat 2000
95
ITEM 129
A. Stratégies de traitement
■ La prévention primaire s’adresse à une population asymptomatique sur le plan
cardiovasculaire.
■ Intervenir c’est donc imposer des mesures hygiénodiététiques contraignantes
et un risque iatrogène à un patient asymptomatique ITEM 181 .
■ C’est une approche thérapeutique personnalisée ITEM 170 .
■ Le niveau de risque devant enclencher une intervention dépend de chaque
malade mais se situe habituellement aux alentours de 15 % de mortalité à 10 ans.
■ Imposer des restrictions à quelqu’un qui ne se plaint de rien nécessite :
– la coopération du patient ;
– une information appropriée et compréhensible.
■ La réduction du risque doit se maintenir à long terme.
*ECN 2006
B. Mesures de prévention primaire*
Elles comportent :
■ des mesures hygiénodiététiques ;
■ des mesures médicamenteuses.
1. Modifications hygiénodiététiques
■ Arrêt du tabac ITEM 45 :
– les bénéfices cardiovasculaires de l’arrêt du tabac sont rapides :
• diminution de 50 % du risque d’infarctus et de mort subite après 2 à
3 semaines de sevrage total ;
• après 3 ans d’abstinence totale, le risque cardiovasculaire des anciens
fumeurs est identique à celui de la population générale ;
– c’est la mesure de prévention cardiovasculaire la plus importante :
• c’est la plus efficace, et ce le plus rapidement ;
• c’est la moins chère, en comparaison d’un traitement antidiabétique ou
antihypertenseur, par exemple.
■ Activité physique régulière ITEM 111 :
– c’est-à-dire 30 minutes de marche rapide 2 à 3 fois par semaine ;
– elle entraîne une augmentation du HDL, une amélioration de l’insulinosensi-
bilité, une perte de poids, et participe au conditionnement cardiaque (entraîne-
ment à l’effort permettant au myocarde de mieux supporter l’ischémie).
96
Facteurs de risque cardiovasculaires et prévention
jour) ;
– elle doit limiter les viandes grasses, l’alcool et les graisses saturées ;
– en cas d’hypercholestérolémie, elle doit contenir moins de 300 mg de choles-
térol par jour ;
– un régime adapté pauvre en sucres rapides est recommandé en cas de
diabète ;
– elle doit être hypocalorique si une perte de poids est nécessaire.
CONSENSUS
*Concours
Internat
Prise en charge des patients dyslipidémiques* 2000, ECN 2006
– si diabète de type 2 + 2 facteurs de risque ou risque global calculé > 20 % : but LDL-
cholestérol < 1 g/L.
■ Un traitement par statine fait baisser :
– le LDL-cholestérol d’environ 30 % ;
– mais aussi et surtout la mortalité cardiovasculaire totale de 25 à 35 %.
■ La classe des statines a montré de manière constante et forte un bénéfice en termes de
réduction du risque cardiovasculaire, quel que soit le niveau de cholestérol de départ.
97
ITEM 129
C. Dépistage
■ La prise en charge d’un patient permet parfois d’atteindre d’autres personnes :
– le conjoint : surtout si fumeur ;
– la famille proche : le dépistage des enfants permet parfois de découvrir une
dyslipidémie familiale.
D. Surveillance
■ Pour les patients à risque engagés dans une stratégie de prise en charge à long
terme.
■ Régulière, à vie. Le rythme sera défini en fonction des pathologies et du risque
global : de tous les ans à tous les 5 ans.
■ Elle porte sur :
– le contrôle des facteurs de risque : prise de la tension artérielle, bilan lipi-
dique, dosage de la glycémie à jeun, réalité d’un sevrage tabagique, pesée et
mesure du tour de taille ;
– l’observance des mesures hygiénodiététiques et des médicaments ITEM 170 ;
– la tolérance des médicaments (myalgies en cas de traitement par statines, par
exemple) ITEM 181 .
■ Elle surveille l’apparition :
– de nouveaux facteurs de risque ;
– d’un athérome ITEM 128 :
• réalisation d’un interrogatoire orienté : douleur thoracique, dyspnée, clau-
dication des membres inférieurs ITEM 131 ;
• examen clinique cardiovasculaire complet, avec notamment pouls et souf-
fles vasculaires, dépistage d’un anévrysme de l’aorte abdominale ITEM 131
CONSENSUS
98
Facteurs de risque cardiovasculaires et prévention
E. Prévention collective
■ Tout comme la prévention primaire individuelle, elle vise chaque facteur de risque.
■ Elle est définie par l’État et les collectivités locales en accord avec les experts et
les organismes de santé : HAS, AFSSAPS.
■ Méthodes :
– législation : interdiction de fumer dans les lieux publics ;
– recommandations HAS et AFSSAPS ;
– campagnes d’information et de sensibilisation ;
– programmes de dépistage ;
– financement d’équipements sportifs, de centre de soins.
■ Exemples, en fonction du facteur de risque :
– tabac : interdiction de fumer dans les lieux publics (lutte contre le tabagisme
passif), augmentation du prix du paquet, campagnes d’information, affichage sur
les paquets, sensibilisation des jeunes ;
– diabète, obésité : informations alimentaires, incitation à la pratique d’une acti-
vité sportive ;
– hypertension : limitation des apports salés, dépistage par le médecin traitant
ou lors de campagnes organisées par la Sécurité sociale ;
– dyslipidémie : information sur les graisses saturées, étiquetage des produits laitiers.
V. PRÉVENTION SECONDAIRE
■ Définition : stratégie de prise en charge des patients ayant une maladie athé-
romateuse symptomatique, c’est-à-dire les patients ayant déjà eu un événement
cardiovasculaire majeur (syndrome coronarien aigu, accident vasculaire cérébral,
artériopathie des membres inférieurs stade II).
■ Buts :
– ralentir la progression de la maladie athéromateuse afin de retarder ou d’évi-
ter la récidive d’événements ;
– dépister et prendre en charge les autres localisations de l’athérome (en
dehors de la localisation symptomatique).
A. Quand intervenir ?
■ Les mesures interventionnelles sont obligatoires en prévention secondaire.
■ Elles sont justifiées par le fait que le patient a déjà souffert d’un événement clini-
que majeur.
■ Elles doivent être appliquées le plus rapidement possible :
– il ne faut pas forcément essayer de tout mettre en place en même temps car
trop de restrictions seront mal vécues et aucune ne sera appliquée ;
– il faut insister sur la mise en place des mesures les plus simples et les plus
efficaces, l’arrêt du tabac par exemple.
99
ITEM 129
■ Mode de vie :
– sevrage tabagique impératif :
• il doit être total, définitif et rapide ;
• il faut savoir instaurer une aide si cela est nécessaire, par exemple si le
score de Fagerström est élevé (> 7–9) : patchs et gommes, consultation spé-
cialisée, appel de Tabac info service au 3989 ITEM 45 ;
– exercice physique régulier :
• sport et activité physique ne sont pas synonymes. L’activité physique est la
mobilisation normale et quotidienne des muscles de l’organisme en opposi-
tion à la sédentarité. Elle n’est jamais contre-indiquée ITEM 111 ;
• on recommande 30 min 3 fois/semaine de marche (rapide si possible) ;
• si cela est possible, un sport d’endurance plus soutenu sera recommandé :
course, vélo, natation ;
• avant la reprise du sport, un avis cardiologique et une épreuve d’effort
seront souvent nécessaires, notamment en cas de coronaropathie ;
– alimentation équilibrée :
• régime hypocalorique si perte de poids nécessaire ;
• régime hypocholestérolémiant < 300 mg/j, au maximum 30 % de graisses/
jour, réduire la consommation de graisses saturées ;
• 5 fruits et légumes par jour ;
• réduire la consommation de sodium en cas d’hypertension artérielle (< 6 g/
jour) ;
• limiter l’alcool : < 3 verres/jour pour les hommes et < 5 verres pour les fem-
mes ITEM 179 .
■ Contrôle strict des principaux facteurs de risque :
– contrôle du bilan lipidique :
• la prescription d’une statine est systématique quel que soit le niveau de
LDL-cholestérol de départ. Elle vise à obtenir un LDL-cholestérol < 1 g/L
voire < 0,7 g/L si cela est possible ;
• en cas d’hypertriglycéridémie : on propose en première intention un régime pau-
vre en sucres. Le traitement par fibrates, par exemple gemfibrozil (Lipanthyl®),
est indiqué en cas d’échec du régime et si les triglycérides restent > 4 g/L ;
• en cas d’hypo-HDLémie : acide nicotinique si HDL très bas/< 0,3 g/L ou sup-
plémentation en W3 (OMACOR).
– équilibre d’un diabète ITEM 233 :
• le contrôle strict de l’hémoglobine glycquée (HbA1c) améliore plus la
microangiopathie que la macroangiopathie ;
• le chiffre seuil d’HbA1c retenu est de 7 % ITEM 233 ;
– normalisation de la pression artérielle ITEM 130 : le contrôle tensionnel doit
être strict. Il faut absolument obtenir une pression artérielle < 140/90 mmHg. Un
objectif < 130/80 mmHg en cas de diabète ou d’insuffisance rénale a été proposé
mais est actuellement débattu ;
100
Facteurs de risque cardiovasculaires et prévention
C. Surveillance
■ Pour tous les patients.
■ Rythme :
– une surveillance régulière doit être mise en place à vie ;
– la fréquence du suivi est définie en fonction de la sévérité de l’atteinte athéro-
mateuse mais les consultations doivent au moins être annuelles ITEMs 131, 132,133 .
■ Elle porte sur :
– le contrôle des facteurs de risque : pression artérielle, bilan lipidique, glycé-
mie à jeun/HbA1c, sevrage tabagique, poids et tour de taille ;
– l’observance des mesures hygiénodiététiques et du traitement médicamen-
teux ITEM 170 ;
– la tolérance des médicaments ITEM 181 ;
– l’apparition d’autres localisations athéromateuses :
• interrogatoire orienté : douleur thoracique, dyspnée, claudication, signes
cérébrovasculaires ;
• examen clinique : examen clinique cardiovasculaire complet avec notam-
ment pouls et souffles vasculaires, palpation abdominale à la recherche
d’un anévrysme de l’aorte abdominale ;
• paraclinique : écho-Doppler des troncs supra-aortiques en cas de souffle ou
de points d’appel cérébrovasculaires, épreuve d’effort ou coroscanner en
cas de douleurs thoraciques d’effort atypiques.
101
ITEM 129
102
Facteurs de risque cardiovasculaires et prévention
103
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ITEM 130
Hypertension artérielle
de l’adulte
OBJECTIFS
● Expliquer l’épidémiologie, les principales causes et l’histoire naturelle de l’hyperpres-
LIENS TRANSVERSAUX
ITEM 17 Principales complications de la grossesse.
ITEM 33 Suivi du nourrisson, de l’enfant et de l’adolescent normal. Dépistage des ano-
malies orthopédiques, des troubles visuels et auditifs. Examens de santé obli-
gatoires. Médecine scolaire. Mortalité et morbidité infantiles.
ITEM 45 Addiction et conduites dopantes : épidémiologie, prévention, dépistage.
Morbidité, comorbidité et complications. Prise en charge, traitements substi-
tutifs et sevrage : alcool, tabac, psychoactifs et substances illicites.
ITEM 62 Troubles de la marche et de l’équilibre. Chutes chez le sujet âgé.
ITEM 128 Athérome : épidémiologie et physiopathologie. Le malade polyathéromateux.
ITEM 129 Facteurs de risque cardiovasculaire et prévention.
ITEM 131 Artériopathie oblitérante de l’aorte et des membres inférieurs ; anévrysmes.
ITEM 132 Angine de poitrine et infarctus myocardique.
ITEM 133 Accidents vasculaires cérébraux.
ITEM 134 Néphropathie vasculaire.
ITEM 170 La décision thérapeutique personnalisée. Observance médicamenteuse.
ITEM 176 Prescription et surveillance des diurétiques.
ITEM 179 Prescription d’un régime diététique.
ITEM 181 Iatrogénie. Diagnostic et prévention.
ITEM 188 Céphalée aiguë et chronique.
ITEM 197 Douleur thoracique aiguë et chronique.
ITEM 220 Adénome hypophysaire.
ITEM 233 Diabète sucré de type 1 et 2 de l’enfant et de l’adulte. Complications.
ITEM 236 Fibrillation auriculaire.
ITEM 246 Hyperthyroïdie. ú
105
ITEM 130
Sujets tombés Sujets tombés aux concours de l’Internat et aux ECN : 1995, 1997, 1998, 2001,
2003, 2007
● 1995 : patiente de 62 ans, créatinine élevée à 220 μmol/L, HTA sous amiloride 5 mg,
hydrochlorothiazide 50 mg et furosémide 20 mg à midi, se plaint de crampes musculaires
persistantes. L’examen clinique est normal. La pression artérielle est à 145/83 mmHg.
1) Arguments de l’énoncé en faveur d’une pyélonéphrite chronique ?
2) Discuter les données de la bandelette. Quels examens urinaires complémentaires faites-vous ?
3) À quel niveau doit se situer la densité urinaire ?
4) Nécessité d’un traitement hypo-uricémiant ? Si oui, lequel ? Pourquoi ?
5) Le traitement anti-HTA est-il adéquat ? Pourquoi ? Quelles sont les modifications à apporter ?
6) Quel examen manque au bilan urologique initial ?
7) Quelles sont les complications pouvant émailler l’évolution de cette malade et précipiter son insuffi-
sance rénale ?
● 1997 : homme de 48 ans, HTA sévère, insuffisance rénale, sub-OAP, hypocalcémie.
1) Quel examen de retentissement de l’HTA manque à l’énoncé (FO) ? Que pourrait-il montrer ?
2) Mécanismes de l’HTA chez ce patient ?
3) Classes d’antihypertenseurs contre-indiquées ?
4) Traitement de l’HTA dans les 24 h ?
5) Traitement des troubles phosphocalciques ?
● 1998 : femme de 24 ans, HTA + hypokaliémie, hyperaldostéronisme secondaire (rénine
très élevée), contraception orale.
1) Étiologie vraisemblable ?
2) Quel examen d’imagerie ? Précautions ?
3) Résultat de cet examen au vu de l’énoncé ?
4) Quelles investigations à but étiologique si la rénine avait été basse ?
5) Facteurs aggravants de l’HTA dans l’énoncé, traitement ?
6) Risques pour la grossesse après guérison par traitement radical ?
● 1998 : femme de 39 ans, asthénie, HTA + hypokaliémie, adénome de Conn.
1) Signes ECG d’hypokaliémie ?
2) Médicaments hypokaliémiants à rechercher à l’interrogatoire ?
3) Comment affirmer le caractère primaire de l’hyperaldostéronisme ?
4) Quels examens pour localiser l’adénome de Conn ?
5) Quel traitement médicamenteux en l’absence de chirurgie ?
● 2001 : homme polyathéromateux (AOMI, IDM) + diabète, tabac, obésité + HTA maligne
avec OAP et insuffisance rénale.
1) Comment qualifiez-vous l’hyperpression artérielle de ce patient ?
2) Arguments contre le diagnostic de glomérulosclérose diabétique ?
3) Diagnostics étiologiques de l’HTA ? Arguments ?
4) Quelle stratégie diagnostique ?
5) Risques iatrogènes majeurs des biguanides et sulfamides ?
● 2003 : femme de 30 ans + HTA + hypokaliémie.
1) Pourquoi est-on d’emblée orienté vers l’origine rénale de cette hypokaliémie ?
2) Causes possibles communes de l’HTA et de l’hypokaliémie ?
3) Quels examens biologiques pour confirmer ou infirmer les principales causes ? Conditions de l’examen.
4) Quels examens pour apprécier le retentissement de cette HTA ?
5) Un ECG est fait. Quelles anomalies peut-il montrer ?
6) Comment expliquer l’augmentation des bicarbonates plasmatiques.
7) Cette femme a un poids stable depuis plusieurs jours. Quel doit être son apport de sel dans son
alimentation ?
106
Hypertension artérielle de l’adulte
CONSENSUS
● Recommandations de la Société française d’hyperpression (SFH) dérivées des recommanda-
tions de la Société européenne de cardiologie (ESC) et de la Société européenne d’hypertension
(ESH), 2007 ([Link] ou [Link]).
● Méthodes diagnostiques de sténose de l’artère rénale - Recommandations de l’ANAES, 2004
([Link]/portail/upload/docs/application/pdf/Stenose_2004_rap.pdf).
POUR COMPRENDRE…
■ L’hypertension artérielle n’est pas exactement une maladie en soi mais surtout
un état où l’élévation de la pression artérielle induit une augmentation de la sur-
venue d’événements cardiovasculaires à long terme, notamment des accidents
ischémiques cérébraux, pour lesquels le risque est mutiplié par 8. Une baisse des
chiffres tensionnels s’accompagne d’une réduction concomitante du risque cardio-
vasculaire. C’est donc un facteur de risque cardiovasculaire majeur et sa présence
impose de rechercher la présence d’autres facteurs de risque.
■ Dans 95 % des cas, l’augmentation de pression est le fruit d’une physiopathologie
complexe et multifactorielle : facteurs génétiques, environnementaux, neurohormo-
naux. Il s’agit alors d’HTA essentielle ou primitive.
■ Dans 5 % des cas, une cause organique individualisable peut être trouvée et l’on
parle alors d’HTA secondaire.
■ L’HTA est une pathologie extrêmement fréquente (11 millions de Français). Elle
est en général totalement asymptomatique, mais on lui attribue souvent à tort tou-
tes sortes de symptômes. Elle est la plupart du temps découverte fortuitement lors
du contrôle de la tension pour un tout autre prétexte ou pour un symptôme sans
rapport avec l’augmentation tensionnelle.
■ Ce caractère asymptomatique conduit souvent à une sous-estimation de sa gra-
vité et, malheureusement, à une prise en charge non optimale aux conséquences
désastreuses à long terme. Il est vrai qu’en elle-même, l’HTA est rarement directe-
ment fatale : 4,3 à 4,6 décès/100 000 habitants. Cependant ses complications au long
cours sont nombreuses : cérébrales, cardiaques, ophtalmologiques, néphrologi-
ques, iatrogènes.
■ Les vraies urgences hypertensives comme l’HTA maligne sont rares mais doivent
être reconnues car elles peuvent mettre en jeu le pronostic vital. En dehors de ces
situations, il n’existe pas d’urgence à instaurer un traitement antihypertenseur.
107
ITEM 130
I. GÉNÉRALITÉS
A. Épidémiologie
1. HTA : facteur de risque cardiovasculaire ITEM 129
■ La pression artérielle a une répartition unimodale dans la population.
2. Prévalence
■ Atteinte fréquente : environ 11 millions de personnes atteintes en France.
■ Caractéristiques :
– augmentation de la prévalence avec l’âge : 1 à 2 % avant 25 ans, plus de
40–50 % après 65 ans ;
– prédominance chez l’homme avant 65 ans puis prédominance chez la femme
au-delà de 65 ans ;
– HTA plus fréquente et plus sévère chez les sujets noirs ;
– il existe une prédisposition génétique ;
– existence de facteurs environnementaux favorisants : régime hypercalorique
ou riche en sel, consommation excessive d’alcool, surcharge pondérale et stress.
■ Le taux de mortalité directement attribuable à l’HTA est faible (4,3 à 4,6 décès/
100 000 habitants).
■ La gravité de l’HTA est surtout due à son retentissement cardiovasculaire.
■ Certaines études estiment que seulement 50 % des HTA sont connues et dépistées.
108
Hypertension artérielle de l’adulte
■ Autres causes :
– HTA gravidique : de novo ou aggravée par la grossesse ITEM 17 ;
– hypertension intracrânienne ;
– acidose métabolique.
CONSENSUS
■ La répétition des mesures permet de minimiser l’« effet blouse blanche » : aug-
mentation de la pression artérielle due au stress de la mesure avec élévation du
débit cardiaque et du stress adrénergique.
■ La pression pulsée = PAS - PAD :
– normale < 50–55 mmHg ;
– doit être mesurée chez les personnes âgées ayant une HTA systolique isolée
(PAD normale) ;
110
Hypertension artérielle de l’adulte
calme depuis 5 minutes. Le patient prend 3 mesures consécutives espacées d’une minute.
Il est recommandé de prendre une série de 3 mesures consécutives espacées d’une
minute. Il est recommandé de prendre une série de 3 mesures le matin au lever et une le
soir au coucher pendant 3 jours consécutifs. Les résultats sont à consigner dans un carnet.
■ Utilité : rendre compte des variations de la pression lors de la journée (en vie
réelle) en dehors des conditions de mesure au cabinet.
■ En effet, 2 sortes d’hypertension relativement fréquentes (15 % de la population
chacune) peuvent être prises en défaut par une simple mesure au cabinet :
– hypertension isolée de consultation dite « blouse blanche » :
• définition : PA de consultation ≥ 140/90 mmHg + MAPA et automesure nor-
males (< 130–135/85 mmHg) ;
• risque à long terme moindre que lors d’une HTA permanente mais tout de
même supérieur à celui de la population générale ;
• ne nécessite pas de traitement ;
– hypertension ambulatoire isolée dite « masquée » :
• définition : PA de consultation normale + PA ambulatoire (MAPA ou autome-
sure) élevée (≥ 130–135/85 mmHg) ;
• risque cardiovasculaire à peu près équivalent à celui d’une HTA permanente ;
• nécessite un traitement au long cours.
■ Les mesures ambulatoires sont aussi très utiles dans le suivi thérapeutique du
patient.
CONSENSUS
111
ITEM 130
CONSENSUS
■ Buts :
– rechercher des signes en faveur d’une HTA secondaire ;
– évaluer le retentissement de l’HTA sur les organes cibles (cœur, rein, cerveau,
artères) ;
– évaluer le risque cardiovasculaire global ITEM 129 .
112
Hypertension artérielle de l’adulte
1. Interrogatoire
CONSENSUS
2. Examen clinique
CONSENSUS
113
ITEM 130
u
– signes cutanés de neurofibromatose (associée au phéochromocytome) ;
– gros reins palpables (polykystose rénale) ;
– souffle aortique abdominal (HTA rénovasculaire) ;
– souffle précordial (coarctation, maladie aortique) ;
– diminution ou retard des pouls fémoraux, diminution de la PA fémorale (coarctation
aortique).
■ Signes suggestifs d’une atteinte des organes cibles :
– cerveau : souffles carotidiens, déficit moteur ou sensitif neurologique focal ;
– rétine (si disponible) : anomalie du fond d’œil (rétinopathie hypertensive) ;
– cœur : élargissement et déviation du choc de pointe, troubles du rythme, galop, souffle sys-
tolique éjectionnel (hypertrophie obstructive), râles pulmonaires, œdèmes périphériques ;
– artères périphériques : absence, diminution, ou asymétrie des pouls, extrémités froides,
lésions cutanées d’allure ischémique ;
– carotides : souffles systoliques.
■ Évaluation d’une obésité viscérale :
– poids corporel ;
– tour de taille excessif en position debout : homme > 102 cm, femme > 88 cm ;
– augmentation de l’indice de masse corporelle (poids (kg)/taille (m)2) : surpoids ≥ 25 kg/m2,
obésité ≥ 30 kg/m2.
3. Examens paracliniques
CONSENSUS
114
Hypertension artérielle de l’adulte
CONSENSUS
115
ITEM 130
u
• Obésité abdominale : tour Artères
de taille > 102 cm pour • Épaisseur intima/média carotidienne > 0,9 mm ou présence
l’homme et > 88 cm pour la d’une plaque d’athérome
femme) • Vélocité de l’onde pulsée carotidofémorale > 12 m/s
• Index de pression bras/cheville < 0,9
Diabète Maladie rénale ou cardiovasculaire patente
• Glycémie à jeun ≥ 7 mmol/L • Cardiopathie :
(1,26 g/L) sur des examens - angor, infarctus, revascularisation coronaire (stent, pontage)
répétés - insuffisance cardiaque
• Ou glycémie après charge en
glucose > 11 mmol/L (1,98 g/L)
Syndrome métabolique • Néphropathie :
Définition – néphropathie diabétique ;
Au moins 3 des 5 critères – insuffisance rénale (créatinine H > 133, F > 124)
ci-dessous : – protéinurie (> 300 mg/24 h)
– augmentation du tour • Pathologie cérébrovasculaire :
de taille – accident vasculaire ischémique
– élévation de la glycémie – hémorragie cérébrale
à jeun – accident ischémique transitoire
– pression artérielle • Artériopathie périphérique
≥ 130/85 mmHg • Rétinopathie sévère (hémorragies, exsudats, œdème
– HDL-cholestérol bas papillaire)
comme défini plus haut
– élévation des triglycérides
comme définie plus haut
116
Hypertension artérielle de l’adulte
– 70 % des HTA primitives ont une rénine normale ou haute : il existe donc une
anomalie du système de rétrocontrôle négatif ;
– 30 % des HTA primitives ont une rénine basse : hypersensibilité du cortex
surrénalien ?
■ Électrolytes (sodium et calcium) :
– anomalie de régulation du pool sodique par l’aldostérone, l’hormone antidiu-
rétique (ADH) ou le facteur atrial natriurétique (FAN), provoquant une hypervo-
lémie inadaptée à la PA ;
– augmentation du sodium intracellulaire inhibant les échanges Na/Ca et aug-
mentant le tonus des cellules musculaires lisses de la paroi artérielle et donc la
pression intravasculaire.
■ Système nerveux sympathique :
– son activation provoque une vasoconstriction, une tachycardie et donc une
augmentation du débit cardiaque ;
– il est impliqué dans les variations rapides de la pression artérielle.
■ Autres mécanismes :
– dysfonction endothéliale ;
– dysfonction des systèmes vasodilatateurs : système des bradykinines et des
prostaglandines ;
– augmentation de la vasopressine.
*ECN 2007
B. Traitement de l’HTA essentielle*
1. Objectifs du traitement
■ Objectif principal : abaisser la morbi-mortalité cardiovasculaire à long terme.
■ Objectifs tensionnels :
– PA < 140/90 mmHg chez tous les patients hypertendus . Des niveaux pres-
sionnels plus bas peuvent être recherchés s’ils sont bien tolérés ;
– PA < 130/80 mmHg si diabète ou complications (infarctus, accident ischémi-
que cérébral, insuffisance rénale, protéinurie).
2. Moyens thérapeutiques
a) Mesures hygiénodiététiques
CONSENSUS
117
ITEM 130
u
■ Leur but est :
– de diminuer la pression artérielle ;
– de maîtriser les autres facteurs de risque ITEM 129 ;
– et de réduire le nombre et la dose des médicaments qui devront être prescrits par la suite.
■ Les mêmes mesures devraient être proposées aux sujets dont la pression artérielle est dans
la zone normale haute s’ils ont d’autres facteurs de risque, pour diminuer le risque d’apparition
d’une hypertension.
■ Ces mesures sont :
– l’arrêt du tabac avec substitution nicotinique si besoin ITEM 45 ;
– une réduction pondérale (et la stabilisation du poids) ITEM 267 ;
– la réduction d’un apport trop élevé en alcool (H < 30 g/j et F < 20 g/j) ;
– la pratique d’une activité physique adaptée ;
– la réduction des apports sodés (environ 6 g/j) ;
– l’augmentation des apports en légumes et fruits (300 g/j), avec diminution des apports de
graisses totales et insaturées ITEM 179 .
■ Les mesures hygiénodiététiques ne doivent pas être simplement proposées « du bout des
lèvres », mais instaurées avec un appui comportemental et diététique, et périodiquement
renforcées.
■ L’observance à long terme de ces mesures est faible, et la réponse pressionnelle très
variable. Aussi les patients sous traitement non pharmacologique doivent être surveillés
attentivement, en sorte de débuter le traitement médicamenteux sans retard quand il
devient nécessaire.
*ECN 2007
b) Traitement médicamenteux*
■ Il existe 5 principales classes de médicaments utilisables dans le traitement de
l’HTA (tableau 130-III).
■ Les autres classes de médicaments utilisées sont les suivantes :
– antihypertenseurs centraux :
• mode d’action : action centrale sur la commande de la PA ;
• effets secondaires : hypotension orthostatique, dépression, anémie, hépa-
tite, anémie hémolytique ;
• exemple : rilménidine (Hyperium®), 1 mg 1 à 2 fois/j ;
– vasodilatateurs artériels directs :
• mode d’action : blocage des récepteurs vasculaires alpha-1 ;
• très efficaces, ils peuvent être utilisés en relais des antihypertenseurs
conventionnels (notamment lorsque des explorations hormonales sont
nécessaires) ;
• effets secondaires : hypotension orthostatique, tachycardie, œdèmes
périphériques ;
• exemple : minoxidil (Lonoten®) : 10 mg 1 à 2 fois/j ;
– antialdostérones :
• mode d’action : inhibition des récepteurs à l’aldostérone ;
• indiqués principalement en cas d’hyperaldostéronisme (voir « Principales
HTA secondaires ») ;
• effets secondaires : hyperkaliémie, mastodynie/gynécomastie, impuissance ;
• exemple : spironolactone (Aldactone®), 25 à 100 mg 1 fois/j.
118
Tableau 130-III. Les différentes classes thérapeutiques antihypertensives
Classe Mode d’action Exemple Effets secondaires Contre-indications
Diurétiques ITEM 176 • Baisse de la volémie par effet • Usage préférentiel des • Hypokaliémie • Goutte et insuffisance rénale
natriurétique thiazidiques : hydrocholorothiazide • Hyperuricémie (sauf pour les diurétiques de
• Baisse des résistances artérielles (Esidrex®), 12,5 à 25 mg 1 fois/j • Hyponatrémie l’anse)*
• En cas d’insuffisance rénale : • Hypercalcémie et
furosémide LP (Lasilix®), 60 mg 1 à impuissance (thiazidiques)
2 fois/j • Augmentation du risque
d’apparition d’un diabète
Inhibiteurs de l’enzyme • Inhibition du SRAA • Ramipril (Triatec®) : 2,5 à 10 mg • Toux • Grossesse
de conversion • Baisse de la production 1 fois/j • Hyperkaliémie • Hyperkaliémie
d’aldostérone • Périndopril (Coversyl®) : 2,5 à • Insuffisance rénale • Sténose bilatérales des
• Vasodilatation 10 mg 1 fois/j • Leucopénie, agueusie, angio- artères rénales
œdème
Inhibiteurs du récepteur • Inhibition du SRAA • Irbésartan (Aprovel®) : 75 à 300 mg • Hyperkaliémie • Grossesse
de l’angiotensine 2 • Baisse de la production 1 fois/j • Insuffisance rénale • Hyperkaliémie
d’aldostérone • Olmésartan (Olmetec®) : 10 à 40 mg • Sténose bilatérales des
• Vasodilatation 1 fois/j artères rénales
Inhibiteurs calciques • Vasodilatation artérielle par • Amlodipine (Amlor®) : 5 à 10 mg • Œdèmes périphériques, • Insuffisance cardiaque
• Usage préférentiel inhibition de l’entrée de calcium 1 fois/jour céphalées
des dihydropyridines dans les cellules musculaires lisses
• Non dihydropyridines • Baisse de la fréquence cardiaque • Vérapamil LP (Isoptine®) : 240 mg • Bradycardie • Trouble de conduction de
et du débit cardiaque 1 fois/j • Décompensation cardiaque haut degré non appareillé
• Vasodilatation périphérique • Asthénie, constipation • Insuffisance cardiaque
minime décompensée
Bêtabloquants • Baisse de la fréquence cardiaque • Nébivolol (Témérit®) : 5 mg 1 fois/j • Bronchospasme • Asthme
et du débit cardiaque (propriétés vasodilatatrices) • Bradycardie • BPCO
• Aténolol (Ténormine®) : 50 à • Décompensation cardiaque • Trouble de conduction de
100 mg 1 fois/j • Asthénie, insomnie, haut degré non appareillé
impuissance • Insuffisance cardiaque
• Altération de la circulation décompensée*
périphérique
• Augmentation du risque
Hypertension artérielle de l’adulte
119
*Concours
*Concours
Internat 1997
Internat 1997
ITEM 130
3. Stratégies de traitement
a) Principes et règles générales
■ Le traitement de l’HTA est un traitement à vie .
■ Il ne doit jamais être interrompu brutalement : risque d’effet rebond avec pous-
sée pressionnelle brutale et d’AVC hémorragique ITEM 133 .
■ Le traitement d’un facteur de risque cardiovasculaire va de pair avec le traite-
ment de tous les autres .
■ Le traitement de l’HTA (tableau 130-IV ) comporte :
– des mesures hygiénodiététiques ITEM 179 ;
– un traitement médicamenteux en cas de risque cardiovasculaire global trop
important par rapport au niveau tensionnel.
b) Initiation du traitement médicamenteux
■ Il se fait en fonction du niveau de risque cardiovasculaire. Il faut :
– déterminer quelle(s) classe(s) utiliser ;
– décider entre une monothérapie ou une association médicamenteuse.
■ Choix de la classe médicamenteuse ITEM 170 :
– il se fait entre les 5 classes médicamenteuses validées ;
– éléments à prendre en compte lors du choix :
• le terrain ;
• l’atteinte d’un organe cible ;
• les pathologies associées ;
• les contre-indications et effets secondaires ;
• les interactions médicamenteuses.
CONSENSUS
120
Tableau 130-IV. Stratégies de mise en place des traitements dans l’hypertension
Pression artérielle
Autres facteurs Normale Normale haute HTA grade 1 HTA grade 2 HTA grade 3
de risque et atteintes
de l’HTA
Pas d’autre facteur Pas d’intervention Pas d’intervention Mesures hygiénodiététiques Mesures Mesures hygiénodiététiques
de risque hygiénodiététiques +
Traitement médicamenteux
d’emblée
Traitement médicamenteux Traitement médicamenteux
si PA non contrôlée après 3 à si PA non contrôlée après
6 mois 3 à 6 semaines
1 à 2 autres facteurs Mesures Mesures Mesures hygiénodiététiques Mesures Mesures hygiénodiététiques
de risque hygiénodiététiques hygiénodiététiques hygiénodiététiques +
Traitement médicamenteux Traitement médicamenteux Traitement médicamenteux
si PA non contrôlée après 3 à si PA non contrôlée après d’emblée
6 mois 3 à 6 semaines
≥ 3 autres facteurs Mesures Mesures Mesures hygiénodiététiques Mesures Mesures hygiénodiététiques
de risque hygiénodiététiques hygiénodiététiques + hygiénodiététiques +
Syndrome métabolique + Traitement médicamenteux + Traitement médicamenteux
Atteinte infraclinique Traitement Traitement d’emblée
Diabète médicamenteux médicamenteux
Pathologie Mesures Mesures Mesures hygiénodiététiques Mesures Mesures hygiénodiététiques
cardiovasculaire hygiénodiététiques hygiénodiététiques + hygiénodiététiques +
ou rénale + + Traitement médicamenteux + Traitement médicamenteux
Traitement Traitement d’emblée Traitement médicamenteux d’emblée
médicamenteux médicamenteux d’emblée
d’emblée d’emblée
Hypertension artérielle de l’adulte
121
ITEM 130
■ Situations particulières :
– hypertension systolique isolée : diurétique, inhibiteur calcique (vasodilatation) ;
– diabète, syndrome métabolique : IEC, ARA 2, inhibiteur calcique ;
– grossesse : inhibiteur calcique, méthyldopa, bêtabloquant ;
– sujets noirs : diurétique, inhibiteur calcique.
CONSENSUS
122
Hypertension artérielle de l’adulte
INHIBITEURS
DIURÉTIQUES CALCIQUES
■ Les objectifs tensionnels sont les mêmes que ceux de la population générale
(< 140/90 mmHg).
■ La baisse tensionnelle entraîne une réduction importante des accidents ischémi-
ques cérébraux.
■ Risques iatrogènes importants :
– hypotension orthostatique :
• définie par une baisse d’au moins 30 mmHg de la PAS à 3 min en orthostatisme ;
• risque de chute avec fractures ITEM 62 , hématomes, notamment sous-
duraux ;
• traitement préventif : adaptation du traitement antihypertenseur (arrêt/
diminution des diurétiques notamment, grands pourvoyeurs d’hypotension
orthostatique), port de bas de contention, lever progressif ;
– interactions médicamenteuses, polymédication.
■ Initiation du traitement à faible posologie.
c) Femmes
■ Contraception : contre-indication absolue à une contraception contenant des
œstrogènes car augmentation du risque d’infarctus et d’AVC.
■ Traitement hormonal de la ménopause non recommandé (sur-risque cardiovas-
culaire, thromboembolique et oncologique).
■ En cas de grossesse :
– PAS = 140–149 mmHg et/ou PAD = 90-95 mmHg : mesures hygiénodiététiques ;
– si échec ou chiffres plus élevés : alphaméthyldopa, labétalol, inhibiteurs
calciques.
d) Diabétiques
■ Objectif : PA strictement < 130/80 mmHg.
■ Effet néphroprotecteur des IEC ou des ARA 2 à pleines doses.
■ Risque accru d’hypotension orthostatique (en association avec la neuropathie
végétative).
123
ITEM 130
e) Syndrome métabolique
■ C’est l’association d’anomalies clinicobiologiques survenant chez des sujets
g) Atteinte cérébrovasculaire
■ Objectifs tensionnels : PA strictement < 130/80 mmHg.
124
Hypertension artérielle de l’adulte
■ Traitements :
– baisse de l’incidence et des récidives de fibrillation sous traitement par
ARA 2 ;
– en cas de fibrillation permanente, un traitement par bêtabloquants ou inhi-
biteurs calciques bradycardisants peut permettre un contrôle de la fréquence
ventriculaire.
i) Insuffisance cardiaque
Les chiffres de PA sont rarement élevés chez les insuffisants cardiaques. Tous les
antihypertenseurs sont indiqués en dehors des inhibiteurs calciques.
j) Coronaropathie
Intérêt des IEC/ARA 2 (cardioprotection) et des bêtabloquants (effets anti-ischémi-
ques et cardioprotecteurs).
1. Physiopathologie
■ Une sténose significative (> 60 %) d’une artère rénale entraîne une diminution
du débit rénal et une baisse de la pression dans les artérioles afférentes (fig. 130-2).
■ Cette baisse de pression provoque une augmentation de la sécrétion de
rénine du côté de la sténose et donc une augmentation de la sécrétion d’angio-
tensine 2.
■ L’angiotensine 2 va induire une vasoconstriction, une augmentation de l’aldosté-
rone et de l’ADH afin de rétablir un débit satisfaisant.
125
ITEM 130
Vasoconstriction Hypokaliémie
■ Dans l’HTA rénovasculaire, la rénine et l’aldostérone sont donc toutes les deux
élevées : il s’agit d’un hyperaldostéronisme secondaire.
2. Étiologies
■ Sténose athéromateuse : 75 % des cas, plutôt chez l’homme âgé, fumeur et athé-
3. Clinique
a) Circonstances évocatrices d’HTA rénovasculaire
■ 2 types de terrain différents évocateurs :
4. Diagnostic
■ Devant une suspicion de sténose des artères rénales, il faut :
126
Hypertension artérielle de l’adulte
■ En effet, l’existence d’une HTA et d’une sténose d’une artère rénale n’équivaut
pas toujours à une HTA due à cette sténose. D’où la nécessité de dosages hormo-
naux et/ou imagerie fonctionnelle.
a) Biologie usuelle
■ Hypokaliémie par hyperaldostéronisme secondaire.
■ Il peut exister une insuffisance rénale avec élévation de la créatinémie mais cela
témoigne le plus souvent d’une maladie bilatérale.
*Concours
b) Imagerie : visualisation de la sténose* Internat 1998, 2003
■ Échographie Doppler :
– en écho bidimensionnelle : évaluation de la taille des reins (atteinte rénale
possible si différence de taille > 1,5 cm) ;
– en Doppler : visualisation et quantification de la sténose, calcul de l’index de
résistance (prédiction de l’efficacité d’une revascularisation) ;
– inconvénients : taux d’échecs important (15 %), examen long demandant un
opérateur entraîné, faible reproductibilité ;
– bon examen de dépistage.
■ Angioscanner spiralé :
– permet une étude morphologique très précise des artères rénales et du rein ;
– permet aussi d’analyser les surrénales ;
– avantages : moins irradiant et moins d’iode que l’artériographie, pas de com-
plications de la ponction, parfaitement reproductible, excellente sensibilité et
spécificité ;
– inconvénients : nécessité d’injection d’iode.
■ Angio-IRM :
– moins performante que le scanner, surtout pour les fibrodysplasies et la visua-
lisation des calcifications ;
– existence de faux positifs car l’angio-IRM surestime toutes les sténoses ;
– indication : en seconde intention ou en cas de contre-indication à l’injection
d’iode.
■ Artériographie artérielle avec soustraction digitale (méthode de référence)
(fig. 130-3 et 130-4 ) :
– elle permet de :
• porter le diagnostic : localisation et quantification de la sténose ;
• mesurer le gradient poststénotique ;
• évaluer la circulation collatérale, la dilatation poststénotique (argument
d’imputation) ;
• évaluer la taille des reins et la vascularisation intrarénale ;
• et surtout un geste thérapeutique : dilatation ± pose de stent.
– c’est un geste invasif avec des complications :
• locales : hématomes, dissection ;
• générales : emboles de cholestérol, néphrotoxicité.
c) Tests fonctionnels : imputation de la sténose comme cause de l’HTA
Ces tests sont pris en défaut en cas d’insuffisance rénale ou de sténose bilatérale.
127
ITEM 130
Fig. 130-3. Artériographie rénale gauche : aspect de sténose athéromateuse courte et serrée
à l’ostium de l’artère rénale gauche (voir flèche).
128
Hypertension artérielle de l’adulte
Examen de dépistage
Écho-Doppler des artères rénales ou angioscanner spiralé des artères rénales
Test d’imputabilité :
scintigraphie au DTPA
Artériographie
5. Traitement
Il est actuellement sujet à controverse : en effet, une vraie HTA rénovasculaire n’est
pas forcément guérie ni améliorée par une revascularisation.
a) Traitement médical antihypertenseur
■ Il doit être appliqué dans tous les cas.
■ Mesures :
– mesures hygiénodiététiques ;
– antihypertenseurs : diurétique ou inhibiteur calcique. Les IEC et les ARA 2
sont très efficaces mais contre-indiqués en cas de sténoses bilatérales ;
– en cas de sténose athéromateuse, il faut rajouter une statine et un traitement
antiagrégant plaquettaire.
129
ITEM 130
b) Revascularisation
■ Elle est parfois indiquée en plus du traitement médical. En effet, sous traitement
médical optimal, il existe une progression des lésions athéromateuses chez 50 %
des patients, avec au final 15 % d’occlusion artérielle totale. En comparaison avec
le traitement médical, la revascularisation n’a prouvé qu’une amélioration tension-
nelle modeste et n’a pas montré de bénéfice sur la protection de la fonction rénale.
Voilà pourquoi les indications de revascularisations sont actuellement restreintes
et/ou sujettes à controverse.
■ À l’inverse, la revascularisation par angioplastie percutanée est le traitement de
choix des fibrodysplasies, avec un taux de guérison entre 70 et 80 %.
■ Indications de revascularisation :
– HTA résistante au traitement médical ;
– insuffisance rénale progressive ;
– insuffisance rénale sous IEC ou ARA 2 chez des patients nécessitant ces traitements ;
– dysplasie fibromusculaire ;
– œdème aigu pulmonaire flash.
■ Indications du traitement médical seul :
– absence d’insuffisance rénale ;
– sténose peu serrée ;
– HTA contrôlée et ancienne.
■ Méthode de revascularisation :
– angioplastie percutanée perartériographie. Pour les lésions athéromateuses,
la mise en place d’un stent est souvent nécessaire ;
– en cas d’impossibilité d’angioplastie : chirurgie par pontage aortorénal ou par
dérivation extra-aortique.
C. Causes endocriniennes
1. Hypercorticisme : syndrome de Cushing
Rare : 0,1 % de la population.
a) Physiopathologie
■ Le syndrome de Cushing est une hypersécrétion de glucocorticoïdes (essentiel-
lement le cortisol).
■ Cette hypersécrétion induit une augmentation :
– de la volémie ;
– de la synthèse de rénine ;
– de la sensibilité vasculaire aux substances vasopressives.
■ L’HTA peut aussi s’expliquer par un hyperaldostéronisme parfois associé (effet
aldostérone-like des glucocorticoïdes).
b) Étiologies
On distingue différentes causes de syndrome de Cushing.
■ Soit l’ACTH est basse :
– dans ce cas, la sécrétion de cortisol a pour origine une pathologie surrénalienne ;
130
Hypertension artérielle de l’adulte
musculaire.
■ Diagnostic positif :
– il est parfois difficile. Il existe 4 examens de première intention :
• dosage du cortisol libre urinaire des 24 h : normal < 100 μg/24 h ;
• dosage de la cortisolémie à 8 h ou à minuit ;
• freinage minute par une dose de dexaméthasone ;
• freinage faible par administration de dexaméthasone pendant 2 jours ;
– au terme de ces dosages :
• 3 ou 4 sur 4 sont normaux : il n’y a pas d’hypercorticisme ;
• 3 ou 4 sur 4 sont anormaux : diagnostic d’hypercorticisme ;
• en cas de discordance, il faut répéter les investigations.
■ Diagnostic étiologique :
– dosage de l’ACTH ;
– imagerie :
• scanner surrénalien avec injection si ACTH bas (fig. 130-6) ;
• IRM hypophysaire si ACTH élevé, scanner thoracoabdominal si IRM
normale ;
– tests hormonaux : test à la CRH, test à la métopirone, freinage fort.
d) Traitement
■ Étiologique :
131
ITEM 130
Fig. 130-6. TDM abdominal : hyperplasie bilatérale des surrénales macronodulaire dans le
cadre d’une maladie de Cushing.
■ Médical :
– il est toujours indiqué en préparation à la chirurgie ;
– il n’est pas un traitement étiologique, il ne fait que bloquer la sécrétion de
corticoïdes ;
– plusieurs molécules sont disponibles : OP’-DDD (Lysodren®), aminoglutéthi-
mide (Orimétène®), kétoconazole (Nizoral®).
*Concours
Internat 1998, 2003
2. Hyperaldostéronismes*
a) Généralités
■ Physiopathologie (fig. 130-7) :
– la sécrétion d’aldostérone est stimulée par :
• le système rénine-angiotensine ;
• l’ACTH, le cortisol ;
• l’hyperkaliémie ;
– cette hypersécrétion entraîne :
• une augmentation de la réabsorption de sodium, donc une hypervolémie ;
• une augmentation de l’excrétion potassique, responsable d’une hypokaliémie ;
• une baisse de la rénine par rétrocontrôle négatif ;
– à terme, il existe des phénomènes d’échappement expliquant la normonatré-
mie, et éventuellement une normokaliémie.
■ Il existe 2 grands types d’hyperaldostéronismes :
– l’hyperaldostéronisme primaire, où l’hypersécrétion d’aldostérone est due à
une pathologie surrénalienne primitive ;
– l’hyperaldostéronisme secondaire, où l’hypersécrétion est due à un facteur
extrasurrénalien.
■ Signes cliniques et biologiques des hyperaldostéronismes :
132
Hypertension artérielle de l’adulte
Angiotensinogène
Rétrocontrôle
négatif Rénine
Angiotensine 1
Enzyme de Vasoconstriction
conversion
Augmentation du tonus sympathique
Angiotensine 2
Augmentation de la sécrétion d’ADH
Augmentation de la réabsorption
tubulaire de Na
Augmentation de l’excrétion
de potassium
Aldostérone
– signes cliniques :
• le plus souvent le tableau est complètement asymptomatique ;
• il peut exister des signes fonctionnels en rapport avec l’hypokaliémie (très
inconstants) : crampes, faiblesse musculaire, pseudoparalysies, syndrome
polyuropolydypsique ;
• l’examen clinique est souvent normal. Il peut exister un souffle lombaire en
cas de sténose des artères rénales ;
– biologie standard :
• ionogramme sanguin : natrémie normale, hypokaliémie < 3,7 mmol/L plus
ou moins profonde ;
• ionogramme urinaire : kaliurèse augmentée > 25 mmol/24 h.
*Concours
b) Hyperaldostéronisme primaire* Internat 1998
– pour être interprétables, les dosages doivent être réalisés dans des condi-
tions standardisées :
• régime normosalé à 6 g/j de NaCl ;
• supplémentation de l’hypokaliémie par des apports de KCl de 3 à 4 g/j ;
133
ITEM 130
134
Hypertension artérielle de l’adulte
■ Traitement :
– médical :
*Concours
– traitement antialdostérone : spironolactone* ; Internat 1998
135
ITEM 130
■ Les principales causes sont les HTA rénovasculaires. Il existe d’autres étiologies
rares comme les tumeurs à rénine.
■ En cas d’hypovolémie efficace (déshydratation, vomissements, choc, traitement
par diurétiques), on observe un hyperaldostéronisme secondaire réactionnel qui
est un mécanisme de régulation normal. Cependant, il n’entraîne jamais d’HTA.
■ Les stigmates biologiques sont les mêmes que les hyperaldostéronismes primai-
res, à la différence principale que la rénine est basse et le rapport aldostérone/
rénine est inférieur à 23 (tableau 130-VI).
3. Phéochromocytome
a) Généralités
■ C’est une pathologie souvent évoquée mais très rare : 0,1 % des patients
hypertendus.
■ C’est une tumeur bénigne développée à partir du tissu chromaffine de la
médullosurrénale. Elle peut sécréter des catécholamines : adrénaline, noradréna-
line, dopamine.
■ Dans 10 % des cas, la tumeur est extrasurrénalienne et se développe à partir
des paraganglions du système nerveux autonome (cou, médiastin, vessie…). Elle
est alors appelée paragangliome.
■ Dans 10 % des cas, le phéochromocytome est malin et peut métastaser à distance.
■ Il existe des formes familiales s’intégrant dans une NEM de type 2a ou 2b, une
maladie de Von-Hippel-Lindau ou une neurofibromatose de type 1.
b) Diagnostic
■ Clinique : elle est liée aux décharges de catécholamines par la tumeur. Les
signes sont donc inconstants et complètement aspécifiques :
– l’HTA est variable : permanente, paroxystique ou même absente dans 30 % des cas ;
– une triade de Ménard peut accompagner les poussées hypertensives. Elle
associe céphalées, palpitations, sueurs ;
– il existe parfois un facteur déclenchant : le tabac, le café, une anesthésie, un
stress, une manipulation de la tumeur, la vidange de vessie (pour les paragan-
gliomes vésicaux). Le caractère paroxystique est évocateur ;
– un phéochromocytome peut aussi parfois se révéler par une complication :
myocardite adrénergique, hémorragie cérébrale sur poussée hypertensive, état
de choc.
136
Hypertension artérielle de l’adulte
■ Diagnostic biologique :
– il repose sur le dosage des métanéphrines libres plasmatiques couplé à
celui des métanéphrines et normétanéphrines urinaires fractionnées rappor-
tées à la créatinurie ;
– en pratique, le dosage urinaire est le plus souvent réalisé car les dosages plas-
matiques sont peu disponibles ;
– en cas de doute, le dosage de la chromogranine A peut éliminer un phéochro-
mocytome s’il est normal.
■ Diagnostic de localisation :
– en première intention, imagerie surrénalienne :
• scanner surrénalien avec coupes fines ou IRM (fig. 130-10 et 130-11) ;
• le phéochromocytome est une grosse tumeur déformant la surrénale avec
souvent un fort contingent graisseux ;
– en cas de normalité : recherche d’un paragangliome par une scintigraphie au
méta-iodo-benzyl-guanidine (MIBG) ou PET-scan.
c) Traitement
Il comporte plusieurs volets :
■ contrôle tensionnel strict en utilisant un alphabloquant et plus ou moins un
bêtabloquant. Il est primordial en préopératoire ;
137
ITEM 130
■ ablation de la tumeur :
– c’est une procédure difficile avec un risque anesthésique élevé en raison des
décharges possibles de catécholamines lors du maniement de la tumeur et du
caractère hypervasculaire des lésions ;
– elle doit être effectuée par une équipe entraînée (chirurgien/anesthésiste) ;
– chez un patient ayant une pression artérielle parfaitement contrôlée au préalable ;
■ une surveillance postopératoire par des dosages urinaires des métanéphrines
annuels est recommandée ;
■ il faut proposer un dépistage génétique en cas de suspicion de forme familiale.
4. Autres HTA d’origine endocrinienne
■ Acromégalie ITEM 220 :
– l’HTA est fréquente et modérée ;
– elle est secondaire à l’augmentation de la GH, de la volémie, et de l’aldostérone ;
– lui sont souvent associées : cardiomégalie, insuffisance cardiaque et coronaro-
pathie précoce.
■ Hyperthyroïdie ITEM 246 :
– l’HTA est due à un hyperdébit cardiaque ;
– le traitement est le même que dans l’HTA essentielle avec une utilisation pré-
férentielle des bêtabloquants.
D. Coarctation de l’aorte
■ C’est une pathologie rare.
■ Elle donne une HTA chez l’enfant et l’adulte jeune ITEM 33 .
■ Physiopathologie :
– sténose aortique congénitale siégeant souvent après le départ de la sous-
clavière gauche au niveau de l’isthme aortique (fig. 130-12) ;
– elle s’accompagne souvent d’autres anomalies : bicuspidie aortique, commu-
nication interventriculaire, syndrome de Turner ;
– elle entraîne une HTA isolée aux membres supérieurs. Les membres inférieurs
sont vascularisés par une circulation artérielle collatérale (artères mammaires,
hypogastriques et intercostales).
138
Hypertension artérielle de l’adulte
■ Clinique :
– interrogatoire :
• souvent asymptomatique ;
• parfois : céphalées, acouphènes secondaires à l’HTA ;
– examen :
• HTA aux membres supérieurs avec abolition ou diminution des pouls
fémoraux ;
• pression aux membres inférieurs < 20 mmHg à celle des membres supérieurs ;
• souffle systolique ou continu parasternal gauche ou interscapulovertébral
gauche témoignant de la sténose aortique ;
• visualisation de la circulation collatérale artérielle au niveau des espaces
intercostaux : visualisation d’une pulsatilité artérielle (mieux perçue de dos
en faisant pencher le patient en avant).
■ Le diagnostic se fait par l’imagerie : angioscanner ou IRM thoracique. Les ren-
seignements donnés par l’imagerie sont :
– diagnostic positif de la coarctation ;
– quantification de la sténose ;
– analyse de la morphologie aortique (il existe différents types de coarctations) ;
– recherche d’autres malformations associées.
■ Complications :
– HTA ;
– insuffisance ventriculaire gauche ;
– anévrysmes aortiques, dissection aortique, endocardite ;
– coronaropathie précoce, accidents cérébraux.
■ Traitement :
– traitement symptomatique par médicaments antihypertenseurs ;
– traitement étiologique : correction chirurgicale par résection anastomose. Il
existe une possibilité d’effectuer un traitement endovasculaire par endoprothèse ;
– il permet une amélioration de l’HTA dans 80 % des cas, surtout si la correction
de la coarctation est précoce.
■ Une surveillance à long terme est nécessaire en raison d’un risque de corona-
ropathie précoce et de la possibilité d’une recoarctation.
V. COMPLICATIONS DE L’HYPERTENSION
A. Physiopathologie
Les complications de l’HTA sont secondaires à 2 types de mécanismes :
■ mécanismes directs :
– l’augmentation de la contrainte mécanique sur les parois entraîne :
• une augmentation de la postcharge du ventricule gauche avec hypertrophie
ventriculaire gauche concentrique adaptative ;
• une augmentation de la pression sur les parois des vaisseaux sanguins avec
épaississement et rigidification des parois ;
139
ITEM 130
B. Complications
1. Cérébrales ITEM 133
■ L’HTA est le principal facteur de risque d’accidents vasculaires cérébraux.
4. Ophtalmologiques
■ Rétinopathie hypertensive :
5. Vasculaires
■ Dissection et anévrysmes aortiques ITEM 197 .
■ Artériopathie oblitérante de l’aorte et des membres inférieurs ITEM 131 .
*Concours
Internat 2001
6. Crise aiguë hypertensive et HTA maligne*
Voir infra.
■ Urgences hypertensives :
– HTA maligne ;
– encéphalopathie hypertensive ;
– HTA + syndrome coronarien aigu ;
– HTA responsable d’insuffisance cardiaque gauche ;
– dissection aortique ;
u
141
ITEM 130
2. Complications
■ Cérébrales : hémorragie cérébroméningée, confusion, coma, convulsions.
3. Conduite à tenir devant une HTA sévère (PAD > 115 mmHg)
a) Interrogatoire
■ Histoire de l’HTA : traitements déjà entrepris, observance.
c) Bilan paraclinique
■ Bandelette urinaire.
■ Biologie standard :
– ionogramme sanguin, urée/créatinine : recherche d’une insuffisance rénale,
évaluation de l’état d’hydratation ;
– NFS, plaquettes : recherche d’une anémie hémolytique ;
– TP/TCA : recherche d’une CIVD.
■ ECG : recherche de signes d’ischémie, de troubles du rythme, de signes de dys-
kaliémie, d’une hypertrophie ventriculaire gauche (fig. 130-13) ITEM 309 .
142
Hypertension artérielle de l’adulte
Fig. 130-13. ECG d’hypertrophie ventriculaire gauche systolique (en rythme sinusal) : voltage
QRS important (non mesurable ici avec chevauchement des QRS entre les dérivations). Indice de
Sokolow-Lyon = SV1 + RV5 > 35 mm. Anomalies de repolarisation en rapport avec l’hypertrophie
(sous-décalage du ST et ondes T négatives asymétriques dans les dérivations gauches (V4 V5 V6
et DI a VL). Sus-décalage et ondes T amples dans les dérivations droites (a VR V1).
Source : ECG pathologique, L. de Roy, Masson, 2005, p. 36.
143
ITEM 130
B. Adaptation du traitement
■ Elle se fait en fonction de deux critères :
– la tolérance du traitement ;
– et son efficacité hypotensive.
■ Quatre situations peuvent se rencontrer (tableau 130-VII).
144
Hypertension artérielle de l’adulte
C. HTA résistante
■ Définition : persistance de valeurs de PA supérieures à la pression cible en dépit
d’une thérapeutique comportant les mesures hygiénodiététiques et la prescription
d’au moins trois médicaments (dont un diurétique) à doses adéquates.
■ Conduite à tenir :
– rechercher une inobservance du traitement : première cause d’HTA résistante
ITEM 170 ;
– refaire un interrogatoire policier, un examen clinique méticuleux ;
– repratiquer un bilan initial avec une MAPA ;
– éliminer une fausse HTA : hypertension de la blouse blanche, usage d’un bras-
sard mal adapté, pseudo-hypertension du sujet âgé (rigidité artérielle extrême
empêchant la compression par le brassard) ;
– éliminer une cause d’HTA secondaire ;
– recourir à un spécialiste de l’hypertension.
CONSENSUS
145
ITEM 130
CONSENSUS
146
Hypertension artérielle de l’adulte
Consultation à :
− 3 semaines : HTA grade 2
− 3 mois : HTA grade 1
Échec du contrôle
tensionnel
Contrôle tensionnel
Contrôle tensionnel
Échec du contrôle tensionnel
Consultation à 4 semaines
Évaluation efficacité, tolérance, observance
147
ITEM 130
Système rénine-angiotensine-aldostérone
Système nerveux sympathique
Autres anomalies : sodium, calcium, fonction endothéliale
Débit cardiaque
148
Hypertension artérielle de l’adulte
Complications de l’HTA
Mécanismes • Directs :
– augmentation de la tension pariétale et
de la postcharge
– artériosclérose
• Indirects : athérome accéléré
Objectifs tensionnels
• Population générale : TA < 140/90 mmHg
• Si diabète, insuffisance rénale ou ATCD d’AVC : TA < 130/80 mmHg
Commencer par :
− une monothérapie
− une association à faible dose si risque élevé,
HTA grade 2 ou 3
Privilégier les associations synergiques entre
bloqeurs et non-bloqueurs du SRAA
STOP
Pas d’hyperaldostéronisme
Dosages hormonaux :
FLU élevé Cortisol libre urinaire (FLU)
Suspicion de syndrome de Cushing Aldostéronémie
Rénine active plasmatique
Pseudo-hyperaldostéronisme :
glycyrrhizine, blocs enzymatiques Hyperaldostéronisme IIr
Imagerie surrénalienne :
Scanner surrénalien avec coupes fines
Fig. 130-17. Conduite à tenir devant une HTA + hypokaliémie < 3,7 mmol/L.
u
151
ITEM 130
■ Dépister = imagerie :
– écho-Doppler des artères rénales ;
– angioscanner des artères rénales.
■ Confirmer un éventuel doute diagnostique sur une sténose intermédiaire, un exa-
men incomplet :
– gold standard : artériographie ;
– autre imagerie (examen précédent incomplet ou non contributif) ;
– ± scintigraphie au DTPA, dosages hormonaux.
■ Traitement :
– traitement médicamenteux antihypertenseur de première intention ;
– revascularisation par angioplastie ± stenting si insuffisance rénale progressive, fibro-
dysplasie, HTA résistante, œdème pulmonaire flash.
Phéochromocytome en 4 étapes
■ Y penser devant :
– HTA chez un sujet jeune ;
– crises hypertensives paroxystiques, triade de Ménard ;
– autres : HTA + troubles digestifs, HTA + myocardite adrénergique.
■ Objectiver l’hypersécrétion : dosages des métanéphrines et normétanéphrines uri-
naires des 24 h à rapporter à la créatinurie des 24 h.
■ Localiser la tumeur :
– imagerie surrénalienne en première intention : IRM ou scanner ;
– scintigraphie au MIBG en deuxième intention : localisation des tumeurs de petite
taille et/ou d’un paragangliome.
■ Traitement :
– instaurer un traitement antihypertenseur par alpha/bêtabloquants ;
– exérèse chirurgicale une fois la pression contrôlée.
152
ITEM 131
Artériopathie oblitérante
de l’aorte et des membres
inférieurs (AOMI) ;
anévrysmes
OBJECTIFS
● Diagnostiquer une artériopathie oblitérante de l’aorte et des membres inférieurs.
LIENS TRANSVERSAUX
ITEM 45 Addiction et conduites dopantes : épidémiologie, prévention, dépistage.
Morbidité, comorbidité et complications. Prise en charge, traitements substi-
tutifs et sevrage : alcool, tabac, psychoactifs et substances illicites.
ITEM 53 Principales techniques de rééducation et de réadaptation. Savoir prescrire la
massothérapie et l’orthophonie.
ITEM 128 Athérome : épidémiologie et physiopathologie. Le malade poly-athéromateux.
ITEM 129 Facteurs de risque cardio-vasculaire et prévention.
ITEM 130 Hypertension artérielle de l’adulte.
ITEM 132 Angine de poitrine et infarctus myocardique.
ITEM 133 Accidents vasculaires cérébraux.
ITEM 135 Thrombose veineuse profonde et embolie pulmonaire.
ITEM 137 Ulcère de jambe.
ITEM 175 Prescription et surveillance d’un traitement antithrombotique.
ITEM 185 Arrêt cardiocirculatoire.
ITEM 195 Douleurs abdominales et lombaires aiguës chez l’enfant et chez l’adulte.
ITEM 208 Ischémie aiguë des membres.
ITEM 233 Diabète sucré de type 1 et 2 de l’enfant et de l’adulte. Complications.
ITEM 306 Douleur des membres et des extrémités.
ITEM 323 Œdèmes des membres inférieurs. ú
153
ITEM 131
CONSENSUS
● Recommandations européennes de 2007 : Guidelines on the management of valvular
disease – Task force on the management of valvular disease of the European Society
of Cardiology - Eur Heart J 2007 ; 28 (2) : 230-68 ([Link]/cgi/
content/full/28/2/230).
● Recommandations conjointes ACC/AHA pour la prise en charge des artériopathies
POUR COMPRENDRE…
■ L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) est une maladie chro-
nique des artères des membres inférieurs, principalement due à l’athérosclérose.
Son facteur de risque principal est le tabagisme.
■ C’est une pathologie qui reste longtemps asymptomatique et souffre donc d’un
retard au diagnostic.
■ La présence d’une AOMI est le témoin d’une maladie vasculaire en général diffuse
et sa mortalité se fait principalement par le biais des autres localisations de l’athé-
rome, en particulier au niveau coronaire.
■ Le traitement médicamenteux est encore décevant, mais les progrès de la radio-
logie interventionnelle ont nettement amélioré le pronostic, en particulier fonction-
nel, des patients.
154
Artériopathie oblitérante de l’aorte et des membres inférieurs (AOMI) ; anévrysmes
Artériopathie oblitérante
de l’aorte et des membres
inférieurs
I. GÉNÉRALITÉS
■ Définition : l’AOMI est une maladie de la paroi artérielle entraînant son épaissis-
sement progressif au cours du temps puis son obstruction (fig. 131-1).
■ Cette réduction de calibre de la lumière peut évoluer jusqu’à l’obstruction totale.
Dès un pourcentage de sténose artérielle > 50 %, il existe un retentissement hémo-
dynamique en aval, avec baisse du débit artériel entraînant une baisse des pres-
sions et donc une ischémie tissulaire.
■ L’ischémie entraîne successivement :
– une hypoxie musculaire avec passage en métabolisme anaérobie et produc-
tion d’acide lactique ;
– puis une douleur localisée en aval de la sténose.
■ Lorsque la sténose se développe progressivement, une circulation collatérale
peut se mettre en place pour suppléer l’apport en oxygène.
■ Le degré d’ischémie en aval d’une sténose dépend donc :
– du degré de sténose ;
– de la qualité du lit d’aval ;
– mais aussi de la présence et de la qualité d’une circulation collatérale.
■ L’histoire naturelle de la maladie est double :
– évolution chronique : l’ischémie d’aval se déclenche d’abord lors des efforts,
c’est-à-dire lorsque l’artère sténosée ne peut pas augmenter son débit lors d’une
marche ou d’un effort long et/ou intense. Pour des stades avancés d’obstruction
artérielle, l’ischémie survient ensuite au repos. En cas d’ischémie profonde et/
ou prolongée, elle peut conduire à la gangrène ;
– accidents aigus : l’AOMI peut se compliquer d’ischémie aiguë de membre par
thrombose ou embolie ITEM 208 .
155
ITEM 131
CE-MRA
Aorte abdominale
Artère fémorale
commune
Artère poplitée
Artère tibiale
antérieure
Artère pédieuse
dorsale
a b
Fig. 131-1. Angiographie par résonance magnétique des vaisseaux des membres inférieurs.
a. Représentation schématique de l’anatomie artérielle des artères des membres inférieurs.
b. Reconstruction MIP d’une ARM avec injection de contraste chez un homme de 70 ans
ayant une claudication intermittente après un pontage fémoropoplité gauche. Le pontage est
perméable (flèches blanches).
Source : IRM cardiovasculaire facile, par Anitha Varghese et Dudley J. Pennell, traduction de l’anglais Pr. Lionel Arrivé,
© Elsevier, 2008 ; © Elsevier Masson SAS, 2009 pour la traduction française.
II. ÉTIOLOGIES
A. Athérosclérose ITEM 128
B. Autres étiologies
1. Artérites inflammatoires et infectieuses
■ Thromboangéite oblitérante (maladie de Buerger) :
156
Artériopathie oblitérante de l’aorte et des membres inférieurs (AOMI) ; anévrysmes
2. Causes dégénératives
■ Dégénérescence kystique de l’adventice de l’artère poplitée avec formation
d’un kyste.
■ Médiacalcose : fibrose calcifiée de la média favorisée par l’HTA et l’âge.
■ Médianécrose kystique.
■ Dysplasie fibromusculaire.
3. Autres
■ Compression artérielle locale : ostéochondrome, syndrome de l’artère poplitée
B. Signes fonctionnels
1. Asymptomatique
■ Aux stades précoces de la maladie, l’AOMI est asymptomatique.
157
ITEM 131
3. Autres signes
■ Douleurs de décubitus :
C. Examen clinique
■ Palpation des pouls :
– examen systématique bilatéral et comparatif de tous les pouls (membres infé-
rieurs et supérieurs) ;
– il doit être reporté sur un schéma daté en mentionnant la présence, la diminu-
tion ou l’abolition du pouls.
■ Auscultation des trajets artériels :
– elle s’effectue aux mêmes sites que la palpation ;
– elle recherche un souffle systolique, reflétant un flux turbulent et donc possi-
blement une sténose.
■ Examen cutané :
– signes aspécifiques d’AOMI :
• sécheresse cutanée ;
• signe de la chaussette : pâleur du pied à la surélévation et hyperhémie lors
de la remise en déclivité ;
158
Artériopathie oblitérante de l’aorte et des membres inférieurs (AOMI) ; anévrysmes
D. Classifications cliniques
1. Classification de Leriche et Fontaine
Elle distingue 4 stades cliniques de gravité croissante : valeur pronostique et inté-
rêt thérapeutique.
■ Stade I = abolition des pouls asymptomatique.
■ Stade II = présence d’une claudication intermittente :
– stade IIA : périmètre de marche > 200 m ;
– stade IIB : périmètre de marche < 200 m.
Fig. 131-2. Troubles trophiques en rapport avec des sténoses artérielles étagées.
159
ITEM 131
2. Ischémie critique
■ C’est un état d’ischémie tissulaire chronique et sévère qui est associé à un ris-
que d’amputation très élevé : 50 %.
■ Sa définition associe :
– douleurs de type ischémique persistantes depuis plus de 2 semaines ;
– pression < 50 mmHg à la cheville ou < 30 mmHg au gros orteil ;
– ± troubles trophiques cutanés.
2. Artériographie
■ C’est le gold standard pour effectuer le bilan lésionnel. Toutefois elle est le
160
Artériopathie oblitérante de l’aorte et des membres inférieurs (AOMI) ; anévrysmes
■ Indications :
– lésion iliaque ou fémorale commune (généralement invalidantes) ;
– échec du traitement médical et nécessité de revascularisation ;
– bilan préchirurgical ;
– ischémies critiques ;
– ischémies aiguës.
■ En effet, elle permet d’effectuer :
– un bilan lésionnel précis et complet ;
– un geste endovasculaire d’angioplastie ;
– le bilan préchirurgical.
■ Bilan lésionnel :
– aortographie : visualisation de l’aorte abdominale et de ses branches (artères
rénales et digestives) ;
– artériographie : visualisation de la bifurcation aortique, des artères iliaques,
fémorales, poplitées et de jambe (fig. 131-3 ) ;
– analyse des lésions :
• étendue (lésion focale ou longue) ;
• siège ;
• pourcentage de sténose ;
• complications : thrombose, anévrysmes, ulcérations ;
– qualité du lit d’aval (indispensable pour pontage) ;
– présence d’une circulation collatérale.
■ Complications :
– locales : hématome, anévrysme, fistule, dissection ;
– générales : embols de cholestérol, néphropathie au produit de contraste,
irradiation.
aorte abdominale
sténose athéromateuse
iliaques communes
iliaque externe
iliaque interne
161
ITEM 131
CONSENSUS
3. Test de marche
Test standardisé effectué sur un tapis de marche incliné, il permet :
■ de rechercher des diagnostics différentiels ;
■ d’évaluer au mieux le périmètre de marche (utilité pour le suivi après traitement
médical ou angioplastie) ;
■ de mesurer les pressions distales à l’effort : elles doivent augmenter chez les
sujets normaux. En cas d’AOMI, les pressions distales diminuent à la marche.
CONSENSUS
162
Artériopathie oblitérante de l’aorte et des membres inférieurs (AOMI) ; anévrysmes
V. COMPLICATIONS
■ Générales : le pronostic de l’AOMI est surtout lié aux autres localisations athéro-
mateuses, et en particulier coronaires ITEMS 132, 133 .
■ Locales :
– cutanées : ulcères et gangrène et leurs complications (immobilisation, surin-
fection, amputation) ;
– ischémie aiguë ou subaiguë par embolies ou thrombose in situ ITEM 208 ;
– anévrysmes par destruction des fibres d’élastine de la média.
CONSENSUS
163
ITEM 131
CONSENSUS
164
Artériopathie oblitérante de l’aorte et des membres inférieurs (AOMI) ; anévrysmes
Les traitements « vasoactifs » peuvent être prescrits en monothérapie par voie orale
s’il persiste une gêne fonctionnelle après correction des facteurs de risque et réé-
ducation bien conduite pendant une durée de 3 mois.
CONSENSUS
D. Revascularisation
■ Indications :
– stades III et IV ;
– stade IIB rebelle au traitement médical (3 mois) ;
– stade II en cas de lésion aorto-iliaque.
■ Modalités de revascularisation :
– angioplastie endoluminale percutanée ± mise en place de stent (fig. 131-6 et 131-7 ) :
• indication : lésion focale accessible ;
• la mise en place d’un stent est effectuée en cas de mauvais résultat de la
dilatation ;
• inconvénients de l’angioplastie : pas toujours réalisable, possibilité de réoc-
clusion à distance, examen irradiant, toxicité de l’injection d’iode ;
– pontage chirurgical :
• indication : lésions longues avec bon lit d’aval ;
• réalisation au bloc opératoire d’un montage en dérivation de la sténose avec utili-
sation d’un greffon artificiel (pontages proximaux) ou veineux (pontages distaux) ;
– autres :
• endartériectomie : ablation de la plaque par clivage au niveau de la média,
quasiment abandonnée depuis l’avènement de l’angioplastie ;
• sympathectomie lombaire : chirurgicale ou chimique, améliore la vasodila-
tation ; quasi abandonnée, en dernier recours en cas de contre-indication à
la revascularisation ;
165
ITEM 131
E. Amputation
CONSENSUS
VII. DÉPISTAGE
CONSENSUS
166
Artériopathie oblitérante de l’aorte et des membres inférieurs (AOMI) ; anévrysmes
Fig. 131-6. Artériographie du membre inférieur droit : AOMI sévère. Les lésions sténosantes se
trouvent au sein de chaque cercle.
a. Bifurcation de l’artère fémorale commune en fémorale profonde et fémorale superficielle. b. Portion terminale
de l’artère fémorale superficielle. c. Artère poplitée. d. Absence d’opacification du tronc tibiofibulaire.
a c
b d
Fig. 131-7. Artériographie du membre inférieur droit pour le même patient que pour la figure
131-6 après angioplastie. Dans les figures a et c : disparition des sténoses. Dans la figure d :
réapparition d’un flux dans le tronc artériel tibiofibulaire.
Anévrysmes
I. ANÉVRYSMES DE L’AORTE ASCENDANTE
■ La racine aortique comporte trois diamètres : les sinus de Valsalva, la jonction
sinotubulaire et l’aorte ascendante à proprement parler, qui s’étend jusqu’à la
naissance de la crosse aortique (fig. 131-8). On parle d’anévrysme de l’aorte ascen-
dante lorsqu’un ou plusieurs de ces diamètres sont au-dessus de la norme. Ces
normes dépendent de l’âge, du sexe et de la surface corporelle.
167
ITEM 131
Ao
LV
LA
a b
Fig. 131-8. a. Anneau aortique (1), sinus de Valsalva (2), jonction sinotubulaire (3), aorte
ascendante (4). b. Image échographique bidimensionnelle correspondante de la racine
aortique et mesure des diamètres de l’aorte ascendante.
168
Artériopathie oblitérante de l’aorte et des membres inférieurs (AOMI) ; anévrysmes
CONSENSUS
une dilatation localisée. Cette dilatation peut être fusiforme, sacciforme ou cupuli-
forme (fig. 131-9).
■ On parle d’anévrysme quand le diamètre antéropostérieur est > 3 cm.
■ La localisation la plus fréquente est sous-rénale mais tous les segments de
l’aorte et de ses branches peuvent être touchés.
■ La prévalence augmente avec l’âge et touche entre 4 et 8 % de la population
après 65 ans. Il existe par ailleurs une très nette prédominance masculine.
Sac
Collet
Lumière artérielle
c
Fig. 131-9. Les 3 types d’anévrysmes : a. anévrysme sacciforme. b. anévrysme fusiforme.
c. anévrysme cupuliforme.
169
ITEM 131
2. Physiopathologie
■ Elle est incomplètement connue. Elle est certainement multifactorielle et impli-
3. Étiologies
■ Athérosclérose dans 95 % des cas ITEM 128 : le plus souvent, l’apparition d’un
anévrysme de l’aorte abdominale est favorisée par la présence des facteurs de ris-
que cardiovasculaires ITEM 129 , en particulier le sexe masculin, l’âge et un taba-
gisme actif.
■ Autres dans 5 % des cas :
– anévrysme infectieux : syphilis, tuberculose, greffe bactérienne au cours d’en-
docardites ou de septicémie à staphylocoque ou salmonelle ;
– anévrysme congénital : Marfan, Ehlers-Danlos de type IV ;
– faux anévrysmes : secondaires à un traumatisme ou à une plaie ;
– inflammatoire, rarissime : Horton, Takayasu, Kawasaki.
B. Diagnostic
1. Clinique
*ECN 2005 ■ Terrain : homme > 50 ans, fumeur et hypertendu*.
■ Circonstances de découverte (souvent fortuite) :
– dépistage lors de la prise en charge d’un malade athéromateux ITEM 128 ;
– à l’occasion de la réalisation d’une imagerie abdominale ;
– par une complication : douleur de fissuration, ischémie de membre, compres-
sion (voir infra).
■ Signes fonctionnels :
– aucun : l’anévrysme de l’aorte abdominale est asymptomatique dans 80 %
des cas ;
– douleur :
170
Artériopathie oblitérante de l’aorte et des membres inférieurs (AOMI) ; anévrysmes
*ECN 2005
2. Paraclinique
a) Imagerie de l’anévrysme
■ Échographie abdominale :
171
ITEM 131
C. Complications
1. Fissure et rupture
172
Artériopathie oblitérante de l’aorte et des membres inférieurs (AOMI) ; anévrysmes
– une imagerie peut être demandée si elle ne retarde pas la prise en charge
chirurgicale. Si le patient est stable, un angioscanner est réalisable en attendant
la chirurgie. En cas d’instabilité hémodynamique, une aortographie ou une écho-
graphie abdominale peuvent être réalisées sur la table d’opération.
D. Traitement
1. Contrôle des facteurs de risque cardiovasculaires ITEM 128
■ L’arrêt du tabac est impératif car c’est un facteur majeur de progression de la
taille de l’anévrysme.
■ Contrôle des autres facteurs de risque :
– contrôle médicamenteux d’une hypertension : il existerait un intérêt plus par-
ticulier des inhibiteurs de l’enzyme de conversion en cas de maladie athéroma-
teuse diffuse, et des bêtabloquants par diminution de la fréquence cardiaque et
donc du nombre d’à-coups sur la paroi ;
– équilibration d’un diabète, d’une dyslipidémie.
2. Traitements médicamenteux
■ Ils sont encore du domaine expérimental (anti-inflammatoires, immunomodu-
lateurs…).
■ La prescription de statines, IEC et aspirine n’est pas justifiée, sauf en pré-
sence d’une autre atteinte athéromateuse (AOMI, coronaropathie, atteinte
cérébrovasculaire).
3. Surveillance
■ Une surveillance simple est indiquée chez les patients présentant un ané-
173
ITEM 131
■ Fréquence de surveillance :
– tous les ans si taille < 4 cm ;
– tous les 6 mois si taille comprise entre 4 et 5 cm.
4. Cure de l’anévrysme
*ECN 2005
a) Indications*
CONSENSUS
CONSENSUS
174
Artériopathie oblitérante de l’aorte et des membres inférieurs (AOMI) ; anévrysmes
c) Traitement endovasculaire
■ En cas de contre-indication à la chirurgie, il est possible d’effectuer une répa-
CONSENSUS
■ Étiologie :
– l’athérome, qui provoque une destruction des fibres élastiques, est l’étiologie
principale ITEM 128 ;
175
ITEM 131
2. Diagnostic
a) Clinique
■ Circonstances de découverte :
3. Complications
■ Elles sont principalement thromboemboliques :
4. Traitement
■ Méthodes :
176
Artériopathie oblitérante de l’aorte et des membres inférieurs (AOMI) ; anévrysmes
■ Ils sont une complication iatrogène des ponctions artérielles réalisées dans le
cadre des artériographies.
■ Ils siègent surtout au niveau de l’artère fémorale commune.
■ Traitement :
– anévrysme < 2 cm et asymptomatique : surveillance à 1 mois (guérison spontanée) ;
– anévrysme > 2 cm, persistant à 1 mois ou symptomatique : compression écho-
guidée ± injection de thrombine ;
– en cas de complications (fistule, compression, expansion progressive) : répa-
ration chirurgicale.
■ Prévention : compression prolongée postprocédure, matériels de fermeture
spécialisés.
177
ITEM 131
Dépister, diagnostiquer
179
ITEM 131
Thrombus pariétal
Compression
des organes
de voisinages
Ulcération
Embolies distales
Rupture
180
ITEM 132
Angine de poitrine
et infarctus du myocarde
OBJECTIFS
● Diagnostiquer une angine de poitrine et un infarctus du myocarde.
LIENS TRANSVERSAUX
ITEM 45 Addiction et conduites dopantes : épidémiologie, prévention, dépistage.
Morbidité, comorbidité et complications. Prise en charge, traitements substi-
tutifs et sevrage : alcool, tabac, psychoactifs et substances illicites.
ITEM 111 Sport et santé. Aptitude aux sports chez l’enfant et chez l’adulte. Besoins
nutritionnels chez le sportif
ITEM 128 Athérome : épidémiologie et physiopathologie. Le malade poly-athéromateux.
ITEM 129 Facteurs de risque cardio-vasculaire et prévention.
ITEM 130 Hypertension artérielle de l’adulte.
ITEM 175 Prescription et surveillance d’un traitement antithrombotique.
ITEM 179 Prescription d’un régime diététique.
ITEM 181 Iatrogénie. Diagnostic et prévention.
ITEM 185 Arrêt cardiocirculatoire.
ITEM 191 Crise d’angoisse aiguë et attaque de panique.
ITEM 195 Douleurs abdominales et lombaires aiguës chez l’enfant et chez l’adulte.
ITEM 197 Douleur thoracique aiguë et chronique.
ITEM 198 Dyspnée aiguë et chronique.
ITEM 200 État de choc
ITEM 233 Diabète sucré de type 1 et 2 de l’enfant et de l’adulte. Complications.
ITEM 236 Fibrillation auriculaire
ITEM 249 Insuffisance aortique.
ITEM 250 Insuffisance cardiaque de l’adulte.
ITEM 251 Insuffisance mitrale.
ITEM 280 Reflux gastro-œsophagien chez le nourrisson, chez l’enfant et chez l’adulte.
Hernie hiatale. ú
181
ITEM 132
Sujet tombé
Sujets tombés aux épreuves classantes nationales : 2006
● 2006 : homme de 52 ans + nombreux facteurs de risque + découverte de diabète
+ angor d’effort.
1) Peut-on poser le diagnostic de diabète ? Doit-on faire une HGPO ?
2) Faut-il faire un examen du fond d’œil chez ce patient ?
3) Quels sont les facteurs de risque cardio-vasculaire chez ce patient ?
4) Quel objectif pondéral proposer ? Quelle analyse faites-vous de ce que mange le patient ? Quels conseils
diététiques pratiques proposez-vous à ce patient ?
5) Bilan sous traitement. Définir et commenter HbA1c, hyper-LDL, hypo-HDL.
6) Action, classe, précautions en cas de prescription de glucophage ?
7) Médicaments et objectifs de prévention primaire.
8) Angor d’effort. Analyse de l’ECG. Prescriptions avant coronarographie.
9) Précautions, information avant la coronarographie.
CONSENSUS
● Prise en charge de la maladie coronaire chez le sujet âgé - Consensus d’experts de la
ALFEDIAM, 2004.
● Réalisation et interprétation de la tomoscintigraphie de perfusion myocardique -