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• Objectifs:

§ Permettre aux étudiants d’acquérir des


connaissances concernant les grandes lignes de
Linguistique la linguistique et de s’intéresser aux méthodes de
cette discipline.
§ Les familiariser avec les concepts et la
terminologie de la linguistique.
§ Leur permettre de faire la distinction entre les
différentes composantes de base de la
linguistique.

1 2

INTRODUCTION
Domaines traditionnels de la linguistique, aussi appelés
La linguistique et les linguistiques domaines « internes » de la linguistique :

La linguistique : est une discipline scientifique


s’intéressant à l’étude du langage.
Elle se distingue de la grammaire, dans la mesure où
elle n'est pas prescriptive mais descriptive.
La prescription correspond à la norme, c'est-à-dire ce
qui est jugé correct linguistiquement par les
grammairiens.
À l'inverse, la linguistique se contente de décrire la
langue telle qu'elle est et non telle qu'elle devrait être.

3 4
Domaines non traditionnels de la linguistique
(liste non exhaustive) : Chapitre 1. De la grammaire à
la linguistique moderne

1- Définition de la linguistique

La linguistique est l’étude scientifique du langage humain


et des langues, elle est descriptive et se veut objective à la
différence de la grammaire qui est une discipline
prescriptive et normative.
En effet, la grammaire édicte des règles qui ont pour
finalité la bonne acquisition de la langue, autrement dit
apprendre à parler et à écrire correctement.

5 6

De la grammaire à la De la grammaire à la
linguistique moderne ( suite) linguistique moderne ( suite)

1- Définition de la linguistique 1- Définition de la linguistique


Le statut de la linguistique comme étude scientifique du
Au contraire, la linguistique ne se préoccupe pas de la langage humain est lié à la publication en 1916 du Cours
correction de la langue. de linguistique générale de Ferdinand de Saussure.
Le linguiste décrit et explique toutes les productions Ceci dit, c’est au sein du courant de la grammaire
orales et écrites qu’elles soient jugées correctes ou historique et comparée (1816-1870) que naît le concept
incorrectes par la grammaire. de linguistique dont la première apparition attestée dans
le dictionnaire de Boiste en 1800.

7 8
De la grammaire à la
La grammaire d'une langue peut être
linguistique moderne ( suite) analysée en différentes composantes :
2. Langue, grammaire (a) composante lexicale : ensemble des
La grammaire d'une langue est l'ensemble des règles unités porteuses de sens
qui définissent les unités et les combinaisons entre les (b) composante sémantique : le sens de ces
unités de cette langue.
unités
Tout système linguistique dispose donc d'une
grammaire que l'enfant apprend implicitement. (c) composante morphologique : ensemble
La grammaire scolaire (et les recherches
des formes sous lesquelles se présentent les
grammaticales et linguistiques des spécialistes) est unités
une tentative d'expliciter ces mécanismes
grammaticaux que chaque locuteur d'une langue
maîtrise (plus ou moins parfaitement).
9 10

(d) composante syntaxique : ensemble des


règles de combinaison des unités entre
elles Ces différentes composantes sont étudiées par
(e) composante phonique : ensemble des différentes branches de la linguistique :
sons d'une langue et leurs combinaisons (a) — la lexicologie étudie le vocabulaire
(f) composante graphique (si la langue est (b) — la sémantique étudie le sens des unités
écrite) : ensemble des lettres et leurs lexicales
combinaisons. (c) — la morphologie étudie les formes des
unités
(d) — la syntaxe étudie les règles de combinaison
des unités entre elles

11 12
´ La grammaire comme objet d'étude è la linguistique
(e) — la phonétique étudie les sons d'un point de vue
physique ; la phonologie les étudie d'une point de vue La linguistique : discipline qui prend pour objet d'étude les
fonctionnel grammaires des langues naturelles du monde.
(f) — l'orthographe étudie la graphie des mots. Basé sur le Petit Robert :
´ Les deux ouvrages qui servent de support à Grammaire :
l'apprentissage d'une langue sont : 1. ensemble de règles à suivre pour écrire et parler une
— le dictionnaire qui prend en charge les composantes langue (règles de bonne formation).
lexicale et sémantique mais aussi graphique et phonique 2. ensemble des structures et des règles qui permettent de
(s'il donne la prononciation du mot en alphabet produire tous les énoncés appartenant à une langue et
phonétique international) ; seulement eux.
— la grammaire qui prend en charge les composantes 3. étude systématique des éléments constitutifs d'une
morphologique et syntaxique. langue donnée.
13 14

A priori, peu de différence entre ces Grammaire normative/prescriptive vs descriptive


définitions. La grammaire normative telle qu'elle est enseignée à
Cependant, elles correspondent à des l'école primaire a un but prescriptif et normatif.
objectifs tout-à-fait différents. Elle ne cherche pas à décrire la manière dont les gens
parlent, mais plutôt à imposer une langue à partir de règles
èLa définition 1 a une perspective purement strictes, à codifier une variété du français (un registre de
normative ou prescriptive, langue).
èalors que les 2 suivantes sont orientées Pour résumer
d'un point de vue linguistique. la grammaire traditionnelle impose une norme, mais
n'essaye pas de comprendre ou de déterminer l'usage réel
d'une langue par un locuteur.

15 16
Grammaire normative/prescriptive vs descriptive
Grammaire normative/prescriptive vs descriptive
Pour le français, c’est l’Académie Française qui fixe ces
è Une grammaire normative : description normes. C’est aussi les œuvres littéraires qui cautionnent
complète des conventions grammaticales d’une l’emploi d’une tournure de phrase.
langue fixée par une institution. Exemple #1 :
è Correspond le plus souvent à une La grammaire normative va forcer l'utilisation de "bien
grammaire de la langue écrite, la langue que" au lieu de "malgré que", ou bien l'utilisation de "la
standard, voire soutenue (pas forcément celle voiture de ma sœur" face à "la voiture à ma sœur"
que l’on utilise tous les jours).

17 18

Grammaire normative/prescriptive Grammaire normative/prescriptive


vs descriptive vs descriptive
è Problème lié à cette perspective de la grammaire,
a. Il se présente aux élections présidentielles vue seulement comme un objet contraint par des
bien qu'il n'ait aucune chance d'être élu. normes : ne prend pas du tout en compte tous ces
b. Il se présente aux élections présidentielles énoncés non-standards dont certains apparaissent très
couramment
malgré qu'il n'ait aucune chance d'être élu.
(voir l'exemple de la négation en français où le "ne" a
a. Il est allé chez le dentiste. disparu des énoncés oraux bien qu'on n'ait appris
b. Il est allé au médecin. aucune règle pour cet effacement).

19 20
Chapitre 2: Le langage humain et
Chapitre 2. Le langage humain et les les autres langages
autres langages Cette définition amène un certain nombre de
commentaires:
Ferdinand de Saussure, linguiste suisse considéré par 1- Tout d’abord, la langue est considérée comme objet
plusieurs comme le « père » de la linguistique, a d'analyse scientifique en lui-même, hors de tout
grandement contribué à l’établissement de la linguistique contexte social qui apporte souvent des jugements de
comme champ d’étude scientifique. valeur, comme le démontre la citation suivante de
Avec ses travaux du début du 20e siècle, il a défini ce Martinet:
champ d’étude comme une « science qui a pour objet la
langue envisagée en elle-même et pour elle-même. » " Une étude est dite scientifique lorsqu'elle se fonde sur
l'observation des faits et s'abstient de proposer un choix parmi
(tiré du PRobert 1991) ces faits au nom de certains principes esthétiques ou moraux."
(Martinet cité dans Leclerc 1989:7)

21 22

Chapitre 2: Le langage humain et Chapitre 2: Le langage humain et


les autres langages les autres langages
En accord avec cette visée, un certain nombre de questions
C’est à la suite de cette définition, au début du début du 20e seront soulevées ou traitées par la linguistique et par d'autres
siècle, que la linguistique s’est établie comme discipline sciences connexes :
scientifique et qu'elle a commencé à se démarquer d’autres
Comment sont structurées les langues?
disciplines utilisant la langue comme la philologie (…science
Est-ce que le langage est unique aux humains?
historique qui a pour objet la connaissance des civilisations
Comment est apparu le langage?
passées par les documents écrits qu’elles nous ont laissés.
Quelle est la nature du langage?
(Dict. Ling Larousse)).
Comment sont structurées les langues?
Comment est-ce que le langage transmet le sens entre deux
La linguistique se veut donc un outil de description scientifique
individus?
neutre qui ne tient pas compte des valeurs personnelles
Comment est-ce que les locuteurs produisent et perçoivent le
associées à la perception d’une langue ou d’une population.
langage et la langue?

23 24
Il existe également des variations au sein d'une
communauté linguistique.
LA LANGUE…….DE QUOI PARLE
Le fait est que certaines langues sont parlées par un
T’ON? très grand nombre de personnes à travers le monde,
Une langue est un mode d'expression propre à une des personnes qui habitent des régions géographiques
communauté (un groupe de personnes qui vivent différentes.
ensemble et qui partagent un ensemble de pratiques
sociales, de croyances ou ont des biens communs et Cette situation entraîne des variations et des
des intérêts). particularités linguistiques propres à chaque région.
Les personnes qui parlent la même langue forment Exemple : Parmi les personnes parlant la langue
une communauté linguistique. française, on peut différencier les personnes qui
Exemple : les personnes appartenant à la parlent le français du Québec, de Belgique ou de
communauté qui vit en France utilisent la langue suisse.
française, cette langue est partagée par tous ses
membres.
25 26

Les langues dans le monde QU’EST CE QUE LE LANGAGE


HUMAIN?

La pluralité et la diversité linguistique a toujours DÉFINITION:


marqué le monde. Depuis les origines de
l’humanité, les êtres humains ont utilisé Du latin linga le langage est la faculté humaine
de s’exprimer au moyen d’un système de signes
plusieurs langues pour communiquer entre eux.
linguistique appelé langue.
Pour avoir une idée claire sur ces langues, les Au sens large du mot, le langage est un système
chercheurs ont, depuis des siècles, essayé de de signes servant de communication. En plus, le
les classer dans des familles. langage renvoie à l’aptitude à inventer et a
utiliser intentionnellement des signes afin de
communiquer.

27 28
Le langage humain est la capacité spécifique à
l’espèce humain de communiquer, d’exprimer Aussi les animaux peuvent ils communiquer certains
leurs pensées. C’est une fonction complexe qui renseignements à d’autres animaux de la même
espèce au moyen de signes sonores comme les cris
permet de percevoir des états affectifs, des
du corbeau, ou le mouvement du corps comme la
concepts et des idées au moyen de signes. Ce danse des abeilles. Mais les hommes seuls ont cette
processus s’explique à travers des présentations capacité propre à leur espèce de transmettre des
acoustiques, graphiques et met en jeu des signaux sonores.
opérations psychologiques et des On dit des signes verbaux qui ont des caractères
comportements physiologiques et des faits très spéciaux et se combinent d’une infinité de façon
physiques (manière de parler,…). particulière pour former les phrases des langues.

29 30

Le mot langage désigne uniquement le langage verbale, dans


d’autres cas il est indispensable de spécifier : langage des fleurs, De façon vulgaire, on définit le langage comme la
langage cinématographique. simple faculté de parler et son produit ; cette
Les linguistes différencient quatre composantes du langage : vision réduit le langage à la parole, qui est la
o Phonétique : c’est le niveau concernant les sons du langage forme primitive du langage, à la limite une
ou phonèmes. "institution naturelle". C'est dans cette optique
o Sémantique : c’est le niveau qui concerne les mots et leurs que Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
significations (lexique)
soutient : « les passions arrachèrent les premières
o Pragmatique: étude des actes de parole en situation (prise de voix ».
parole, échanges conversationnels...)
o Syntaxique: le niveau des combinaisons phrastiques.

31 32
• Selon lui, l'homme s'est mis d'abord à chanter
avant de parler dans une langue articulée. Les • Au-delà de cette conception courante, l'approche
cris et les gémissements sont des mélodies qui psychologique regarde le langage comme un système
ou un ensemble socialement institué et stable, de
s'ignorent. La parole est donc notre premier
signes ou de symboles, écrits ou verbaux utilisés
moyen d'expression et de communication. intentionnellement par un sujet. Il exprime des pensées,
C'est la forme originelle du langage. des sentiments, des volontés et leur manière pour les
communiquer à autrui.

33 34

• Pour l'approche linguistique, le langage est la faculté • L'approche sociologique, quant à


de constituer une langue, c'est-à-dire un système de elle définit le langage comme le
signes distincts correspondant à des idées distinctes produit de la vie en société. Il est de
que partage une communauté donnée. Le langage nature culturelle ayant pour fin la
parlé est une modalité parmi tant d'autres. Précisons en communication entre les membres
passant que la langue évolue de façon constante parce de la collectivité.
qu'elle est soumise à des éléments de la vie sociale.
Les mots et expressions en vogue ou à la mode ou
propres à une génération constituent ici une illustration.

35 36
La spécificité du langage humain

• Cependant les physiologistes considèrent que les La spécificité du langage humain tient essentiellement à
organes phonatoires n'étaient pas faits initialement deux éléments : d'une part, elle réside dans sa double
pour parler mais pour remplir des fonctions articulation. Le langage humain est constitué d'un
physiologiques et que c'est la nécessité qui a conduit ensemble de signes ou de symboles distincts et
à ce détournement, à l'emprunt. Mais outre cette significatifs, qui, même en nombre réduit peuvent être
variation sémantique, la question qui reste pendante composés, décomposés et recomposés pour donner
est celle de la spécificité du langage humain. naissance à une infinité de combinaisons. D'autre part,
la spécificité du langage humain tient au fait que les
signes du langage humain sont traductibles dans les
autres langues.

37 38

Le rapport entre le langage et la communication


La spécificité du langage humain Le langage est le propre de l’homme comme la
conscience et la Raison.
« L’homme n’a pas été créé deux fois, une fois sans
On parle donc de plasticité du langage humain qui le langage et une fois avec le langage. »
n'existe pas dans le langage dit animal. Même si BENVENISTE, linguiste du XXème siècle
certains animaux vivants en groupe ont développé des
-On ne peut pas penser l’homme sans le langage : il
formes évoluées de communication, ils n'utilisent pas
appartient à l’essence de l’homme.
des signes composés. Au contraire, ces animaux usent
des signaux indécomposables. C'est pourquoi, leur • Conséquences sur les représentations des origines
langage est inné, et non acquis. Car c'est l'instinct qui le éloignées de l’homme : le commencement.
dicte. • > Si et dans quelles conditions les hommes
s’étaient mis à parler ?

39 40
Ascendance de l’homme > animal Langage et communication animale
Est-ce que tous ces êtres, ancêtres parlaient ou étaient-
ils plus proches de l’animalité ?
La réponse de BENVENISTE : c’est impossible, sinon Études éthologiques : observer les comportements
dès lors, on est obligé d’imaginer : on suppose tout un des animaux.
tas de difficultés. Ces études montrent que certaines espèces
disposent de moyen de communication par signes qui
le langage est un moyen de communiquer mais faut-il semblent définir un langage. Mais à l’analyse on voit
nécessairement une langue pour communiquer ? que ces modes ne sont pas de langage mais de
Chez les animaux, la communication existe mais signalétique.
relève-t-elle d’une langue ? Différence avec le langage humain :
Le signe n’entraîne pas de réponse mais un
comportement. Le manque de communication entre
les animaux est justement l’échange et le dialogue.

41 42

• L’éthologue KARL VON FRISH analysa la « danse des


abeilles » :
• La signalétique des abeilles consiste en une danse qui • C’est une transmission directe. La transmission
transmet des informations à leurs congénères. Les abeilles indirecte n’existe pas chez les animaux.
sont en mesure de communiquer des informations d’un
butin mais aussi l’emplacement par rapport à la ruche en • Avoir un langage : être en mesure de parler, la
particulier sur la distance et la direction mais il s’agit d’un première fonction du langage est la parole.
langage négatif : il s’agit de gestes et il n’y a pas
d’utilisation, d’intervention de la parole, or le langage se
définit en partie sur la parole, l’appareil vocal.

43 44
ANIMAL HOMME
La linguistique parvient à définir la construction d’une « VU » « DIRE » DIRE
langue : les langues ont des caractéristiques
communes, on arrive à distinguer langue et Message :(jamais de retour) (échange,
linguistique. dialogue) Dans les fonctions de
commandement même l’armée, il est
Pour différencier l’homme de l’animal : le message nécessaire de confirmer un ordre par la
transmit n’entraîne aucune réponse mais seulement parole.
une conduite. Il n’y a pas d’échange ou de dialogue
possible chez les animaux.

45 46

Différences entre l’homme et


• Définition du Langage :(anthropologique) l’animal
On peut dire qu’il renvoie à la faculté de l’homme
des représentations conventionnelles destinées à pas de transmission indirecte de l’information entre
valoir pour et à la place d’autres choses. les animaux
chez les hommes, seul le langage est le véhicule de
Moyen de communication de la Pensée permettant la culture.
un échange qui peut prendre la forme d’une seul l’homme est un être historique : connaissance
confrontation. du passé (sans passé, on ne peut pas voir l’avenir)
Ex : politique donc progrès, évolution culturelle.
l’animal est un être d’évolution : évolution biologique.
-transmission unilatérale : elle passe de l’expérience
Comme dans l’enseignement, la transmission est le
à un codage et ensuite la parole. (transmission
réversible : échange) fondement de la culture et des traditions.

vécu > réflexion > transmission

47 48
le message de l’abeille se décompose en signaux mais ces
signaux ne se décomposent pas eux-mêmes, or c’est le fondement
de toute langue : la double articulation :
Une unité de son n’a pas de sens : ex : « chat » le son
Toute langue humaine à la différence d’une signalétique se « ch » n’a aucun sens en lui-même.
décompose comme un système de signes qui se composent d’une
Remarque :
part en unités minimales de sens et d’autre part en unités
minimales de sons. Il ne faut pas confondre phonèmes, associations de
lettres, et les lettres de l’alphabet.
Sons : les phonèmes
Avec un minimum de sons, on peut créer un maximum de
Sens : les monèmes > quand il y a étymologie ou plusieurs sens
mots : toujours les mêmes sons : économie de son.
Ex : verbe « rend/rai » > verbe se rendre
Ex : billard / pillard > pratiquement pas de différence
´ > terminaison de la première personne du futur
Syntagme : ensemble de lettres (consonnes et voyelles)
Les phonèmes constituent la première articulation et les monèmes
la seconde. Elles se combinent entre elles et sont imbriquées.

49 50

Chapitre 3: Les fonctions du langage


Chapitre 3: Les fonctions du
langage • Outre la communication, le langage a une fonction
conative, encore appelée fonction appellative dont le
• Grâce au langage, les hommes partagent leurs idées, leurs but est de créer ou d'entretenir chez les
sentiments, leurs énergies, leurs forces.
interlocuteurs, des sentiments ou des émotions.
• Par la mise en commun de leurs idées, les hommes deviennent
plus savants et en mettant en synergie de leurs forces, ils
• Le langage a également une fonction esthétique ou
augmentent leur puissance. poétique dont le but est de provoquer l'admiration.
• Ainsi mettent- ils en commun leurs sentiments, ce qui réduit les • Enfin, on a la fonction métalinguistique, qui a pour
distances, brise les murs ou barrières psychologiques favorisant objet de réflexion, le langage lui-même dans la
la reconnaissance et la communication entre eux. perspective de le décrire, de l'analyser, d'indiquer ses
• Par cette communication, ils parviennent à organiser le travail formes et les règles du bon usage.
et à satisfaire leurs besoins. C'est dans ce sens qu'Henri • Elle permet de définir le parler correct, ce qui impacte
Bergson (1859-1941) parle de fonction utilitaire du langage. la qualité du message transmis.

51 52
Chapitre 3: Les fonctions du langage
Chapitre 3: Les fonctions du langage
La fonction impressive ou conative: : « Avoue ! »
Elle est centrée sur le récepteur chez qui l’émetteur
La fonction expressive ou émotive: veut faire naitre des impressions ou des réactions.
´ L’émetteur au cœur de cette fonction exprime Cette fonction se traduit par l’emploi des marques de la
ses sentiments, ses opinions. 2 eme personne, d’impératif, de tournures interrogatives,
´ Dans le discours cette fonction se traduit par d’exclamation…
des exclamations, des verbes de sentiments
ou de jugement, des termes évaluatifs. EX: « Tu as vu comme il fait beau ? »
« Sois gentil avec ta sœur ». »
EX: « Ah ! Qu’il fait beau ! » Vote pour moi ! »,
« Fais attention ! »

53 54

Chapitre 3: Les fonctions du langage


Chapitre 3: Les fonctions du langage
La fonction référentielle « Maman t’a
´ La fonction phatique « Tu m’entends ? » toujours protégé »
´ La fonction phatique est utilisée pour établir, maintenir Elle fait porter le langage sur le référent(ou
ou interrompre le contact physique et contexte) sur lequel il s’agit de donner des
psychologique avec le récepteur.
informations : narration, description,
´ Elle permet aussi de vérifier le passage physique du explication… Les phrases déclaratives et le
message.
mode indicatif seront alors privilégiés.
EX:
Il s’agit du contexte, ce dont on parle, l’objet
« Bonjour, ça va ? »
d’une conversation.
« Allô »
Il s’agit de communiquer des informations.
« Heu »
EX: « Il fait beau »
« N’est-ce pas ? »

55 56
Chapitre 3: Les fonctions du langage Chapitre 3: Les fonctions du langage

La fonction métalinguistique: « Comprends tu ce que


cela signifie ? » La fonction poétique » Hé, je te hais , ne sois pas
niais »
Il s’agit de s’assurer que ce qui est dit est bien
compris. L’émetteur peut avoir la volonté de soigner
particulièrement l’esthétique de sa signification.
Que le message est bien décodé.
Chaque mot est choisi, mesuré parmi les milliers
Les messages méta linguistiques sont essentiels de mots de la langue française.
dans l’apprentissage et la pédagogie « cela veut
dire que… ». Cette fonction ne touche pas seulement la poésie,
mais aussi les proverbes, les jeux de mots, les
« L’expression « il fait beau » signifie que le ciel est
slogans…
bleu et que le soleil brille ».

57 58

Chapitre 4 Distinction langue,


langage, parole

Parmi les distinctions terminologiques proposées par Le langage est inné.


Ferdinand de Saussure au début de siècle dernier, celles
de langue, langage et de parole se sont révélées Langue: système de communication conventionnel
particulièrement pertinentes et elles sont toujours particulier. Par « système », il faut comprendre que ce
utilisées de nos jours. n'est pas seulement une collection d'éléments mais bien
un ensemble structuré composé d'éléments et de règles
Langage: faculté inhérente et universelle de l'humain de
construire des langues (des codes) pour communiquer. permettant de décrire un comportement régulier (pensez
(Leclerc 1989:15) à la conjugaison de verbes en français par exemple).
Le langage réfère à des facultés psychologique La langue est acquise.
permettant de communiquer à l’aide d’un système de
communication quelconque.
59 60
Le langage et la langue s'opposent donc par le
fait que l'un (la langue) est la manifestation d'une La parole est en fait le résultat de l’utilisation de la
langue et du langage, et constitue ce qui est produit
faculté propre à l'humain (le langage).
lorsque l'on communique avec nos pairs.
Selon Saussure, la langue est le résultat d’une convention
Parole: une des deux composantes du langage qui
sociale transmise par la société à l'individu et sur laquelle
consiste en l'utilisation de la langue. ce dernier n'a qu'un rôle accessoire.
Par opposition, la parole est l'utilisation personnelle
de la langue (toutes les variantes personnelles possibles:
style, rythme, syntaxe, prononciation, etc.).

61 62

La langue comme phénomène en évolution


(diachronie-synchronie):
Alors que la linguistique synchronique s'attache à décrire
les langues à un moment donné de leur histoire (le plus
souvent le présent),
la linguistique diachronique examine comment les langues
évoluent au cours du temps — que ces changements
concernent la prononciation (on parle alors de phonétique
historique), le sens et l'histoire des mots (c'est là
l'étymologie qui est concernée), voire plusieurs aspects —
parfois à travers plusieurs siècles.

63 64
Les principes de synchronie et de diachronie sont deux approches
d’un même sujet d’étude.
q La première s’intéresse à sa mise en place à un moment donné qL’étude synchronique de la langue suppose une
du temps(Introduite par Ferdinand de Saussure, il s'agit de perspective statique à son égard.
l'observation d'un état de langue considéré dans son
fonctionnement interne à un moment donné. EXEMPLE/ Les qla langue étant conçue comme un système fermé,
expression craindre et avoir peur coexistent en français supposé immobile, qu’on peut étudier en elle-
standard) , même, sansréférence à l’évolution qui l’a amenée à
q tandis que la seconde s’intéresse à ses évolutions dans le son stade au moment où elle est décrite.
temps. Analyse des phénomènes du point de vue de leur
évolution historique.
q EXEMPLE/ Le mot nuit trouve ses origines dans le substantif
latin : noctem.

65 66

linguistique historique ou comparative : - La conception du signe :


Branche de la linguistique qui a pour but l'étude de
l'évolution des langues à travers une approche Saussure définit le signe ainsi :
historique. le signe linguistique unit un concept (signifié) et
une image acoustique (signifiant).
L'outil principal de cette discipline est la
Les termes concept et image acoustique sont
comparaison entre les différents états d'une même
ensuite remplacés respectivement par le signifié et
langue. le signifiant.

67 68
- Le concept de référent
- Le concept de référent Avec ce troisième élément, Sanders a intégré la réalité dans
Un autre linguiste, Charles Sanders Peirce, a ajouté un cette conception linguistique, ce qui est essentiel.
troisième élément à ce signe linguistique : le référent. Cela
La linguistique relie donc ces trois termes : signifiant, signifié
signifie que pour qu'il y ait une interrelation entre le signifié et
le signifiant, il faut qu'il y ait un référent dans la vie réelle, un et référent.
objet auquel se référer, sinon il n'y aurait pas de relation Ainsi, la structure du signe linguistique serait une
possible. interrelation entre le signifié, le signifiant et le référent, telle
En d'autres termes, pour qu'il y ait une relation entre le que nous le montre l'image ci-dessous.
signifiant "maison" et son signifié, l'édifice en question doit
exister dans notre réalité, sinon la communication ne serait pas
possible.

69 70

- L’axe syntagmatique et l’axe


paradigmatique :
´ Les énoncés linguistiques s’organisent selon ces deux axes.
- l’axe paradigmatique :
est l’axe vertical, sur cet axe un ensemble d’unités
linguistiques peuvent commuter dans chaque point de
l’énoncé mais l’apparition d’une nouvelle unité entraîne
l’exclusion de toutes les autres pouvant apparaître dans le
même contexte.
- l’axe syntagmatique :
est l’axe horizontal ; c’est le lieu de l’enchaînement linéaire
des unités de la langue,
cette organisation des unités linguistiques est soumise à des
règles bien précises.
71 72
Les relations paradigmatiques
et syntagmatiques ‘verticale’:

• La nature ‘verticale’ et ‘horizontale’


du langage: • Remplacement paradigmatique

Nous préférons le riz. • La liste d’éléments qui peuvent se


les pommes de remplacer s’appelle un paradigme.
terre. les pâtes.

73 74

Les opérations
’horizontale’:
correspondantes

• le lien entre deux mots qui se trouvent • Le syntagmatique: la permutation


dans la même phrase: syntagmatique (changement d’ordre dans une phrase)

• P. ex.: Quelles sont les permutations


• Les mots qui constituent un groupe possibles de ‘demain matin’ dans la phrase
structural s’appellent un syntagme. Je viendrai chez toi demain matin.

• Chaque fois qu’on change la place d’un mot


ou d’un syntagme, on fait une permutation.

75 76
Les opérations
correspondantes (suite) Encore des exemples
• Le paradigmatique: la • Remplir les tirets:
commutation (la substitution)
me décidée prendre ce
• P. ex.: Par quels mots peut-on
remplacer ‘infecte’: cours
Cette bière est infecte. sérieux.

• Chaque replacement s’appelle une • Les mots insérés sont en quelle


commutation. relation avec les autres mots de
la phrase? Pourquoi?

77 78

Le paradigmatique et
l’implicite
Encore des exemples
Patron: Que pensez-vous de mon nouvel
X: Où veux-tu que je mette le cahier?
assistant?
Secrétaire: Il est propre. Y: Mets-le au-dessus.

• Qu’est-ce que la secrétaire laisse entendre? • au-dessus serait en relation paradigmatique avec
quels mots?
• Quels mots seraient en relation paradigmatique • /y/ de dessus serait en relation paradigmatique
avec propre dans ce contexte particulier? avec quel autre phonème?
• au-dessus est en relation syntagmatique avec
quels mots?

79 80
Mots-clés à retenir
Types de paradigmes
• syntagmatique:
• phonologique
cooccurrence, coexistence
• lexical
• paradigmatique:
• grammatical remplacement, substitution

81 82

La linguistique structurale

Ce sont F. de Saussure, et à sa suite l’école de Ceci implique :


Prague et le structuralisme (américain et européen)
qui considèrent la langue comme un système de
relations. 1. la présence d’un ensemble d’éléments stables,
qui se définissent fonctionnellement les uns par
Cette notion de « système » vient des sciences rapport aux autres et qui sont donc
naturelles, et renvoie à l’idée d’un « ensemble » interdépendants ;
structuré (une « structure » ) où chaque élément est
en co-relation avec les autres.

83 84
2. l’existence d’un ensemble de règles stables qui
régissent les relations entre ces éléments.
Dans un système linguistique déterminé, donc, les mêmes Saussure donne l’exemple du jeu des échecs :
signes s’opposent toujours de la même façon dans des ce qui intéresse, ce ne sont pas la forme, la
messages semblables. matière, les dimensions des pièces, mais leur
>> “je” + verbe, p. ex., indique toujours une action, ou un nombre, les rapports entre elles et les règles qui
état, du locuteur ; il s’oppose, p. ex., à “nous” + vrb., qui commandent leurs possibilités de mouvement, les
se réfère à un groupe dont le locuteur fait partie, ou à “tu”
règles du jeu.
qui concerne le seul interlocuteur.
Tous ces éléments n’ont aucune valeur au-delà des
relations d’équivalence et d’opposition qui les relient.

85 86

Chapitre 5. L’oral et l'écrit:


Cependant, la linguistique ne s’intéresse que relativement
peu à l’aspect écrit du langage et presqu'exclusivement à sa
Dans toutes les civilisations le langage, l’oral a forme orale.
précédé l’écriture, Plusieurs raisons sont évoquées :
La plupart des travaux en linguistique, à l'heure q alors que la parole est universelle, l'écriture ne l'est pas ;
actuelle, partent du principe que la langue parlée est q l'apprentissage de la langue parlée est bien plus aisé et
première, et que la langue écrite n'en est qu'un reflet rapide que celui de la langue écrite ;
secondaire. q nombre de scientifiques des sciences cognitives pensent
le langage n’est pas une fonction organique, c’est la réponse qu'il existe dans le cerveau un module du langage qu'il
qu’a trouvée l’homme à son besoin de communiquer. n'est possible de connaître qu'à travers la langue parlée.

87 88
´ Pensons par exemple à la non prononciation des accents
circonflexes (qui a maintenant disparue mais qui permettait
q le langage dans sa forme orale est apparu bien avant d'opposer "faite" à "fête" par exemple).
l’écriture dans l’histoire de l’homme
´ ce lien entre la langue écrite et la langue parlée tend à
q le langage existe d'abord et avant tout sous forme diminuer avec le temps. L’orthographe a commencé à se
orale; il est appris d’abord sous cette forme par tous les fixer plus ou moins avec l'arrivée de l'imprimerie, mais les
prononciations ont continué d'évoluer.
enfants pour être ensuite enseigné dans sa forme écrite.
´ les linguistes reconnaissent que l'étude de la langue écrite
q De plus, il est possible de maîtriser très bien une
est loin d'être inutile. L'étude de corpus écrits, l'étude des
langue et d'en ignorer l'orthographe (analphabètes).
systèmes d'écriture, ou grammatologie, ressortit pleinement
q C'est pourquoi l'acquisition du français langue à la linguistique.
étrangère est observable, à l'écrit ´ les corpus oraux étant difficiles à créer et à trouver.

89 90

Chapitre 6:LE FONCTIONNA LISME

LE STRUCTURALISME
EUROPEEN

91 92
INTRODUCTION Andre Martinet est un linguiste français de renommée, qui a
vécu entre 1908 et 1999. II est considéré à juste titre comme un
des piliers de la linguistique française.
Le terme de fonctionnalisme désigne un courant d'idées Martinet a publié, en 1960 son livre phare « Eléments de Linguistique
porté par un groupe de linguistes qui se réclament de la Générale» qui a contribué à diffuser les idées fonctionnalistes dans le
tradition saussurienne. monde entier.

Cette école met l'accent sur la notion de fonction de


communication de la langue en essayant de retrouver dans Le point de vue fonctionnaliste insiste sur
les énoncés et à tous les niveaux de l’analyse linguistique la notion de « fonction de communication»
du langage et affirme que tous les choix
les traces des « choix » effectués par le locuteur et dictés
linguistiques du locuteur sont orientés vers
par cette notion de fonction.
cette finalité.

93 94

L'OEUVRE DE MARTINET L'OEUVRE DE MARTINET

Le point culminant de l‘œuvre de Martinet est sa découverte de la - le deuxième niveau ou « deuxième articulation » est le niveau des «
« double articuIation » du Iangage . unités distinctives )) qui servent à distinguer la signification présente dans

Pour Martinet, la fonction principale de la langue est « la communication » entre la première articulation ou « phonèmes ».

les membres d'une communauté. Pour cela chaque langue analyse l'expérience •Les phonèmes sont étudiés par la « phonologie » selon des principes et des
humaine sur deux niveaux : règles codifiées par cette science.
-le premier niveau ou « première articulation » est le niveau des « unités •La double articulation distingue le langage humain des autres langages
douées de signification ) OU (( monèmes )). Les monèmes se divisent en logiques ou formels.
deux classes (( les lexèmes » ou unités du lexique et les morphèmes ou unités
grammaticales.
95 96
LA DOUBLE A RTICULATIO N
LA TEMINOLOGI E DU FONCTIONNA LISME
LEPREMIERNIVEAU
DEFINITION DE LA LANGUE
Une langue est, selon A. Martinet, un instrument de communication doté
Dans le cadre de la linguistique fonctionnelle d'André Martinet, la double
d'une double articulation, auquel correspond une organisation particulière
articulation désigne la propriété qu'a tout énoncé linguistique d'être segmenté
des données de l'expérience :
à deux niveaux : à un premier niveau (la première articulation), en unités
ayant à la fois une face formelle (signifiant ,dans la terminologie
« Une langue est un instrument de communication selon lequel l'expérience saussurienne) et une face significative (signifie, dans la même terminologie).
humaine s'analyse, différemment dans chaque communauté (...), en unités douées
Martinet appelle Monème l'unité significative minimale (bal ,pale , mal ).
d'un contenu sémantique et d'une expression phonique : les monèmes; cette
expression phonique s'articule à son tour en unités distinctives et successives, les
phonèmes, en nombre détermine dans chaque langue, dont la nature et les rapports
mutuels diffèrent eux aussi d'une langue à l'autre.» (Martinet,1974,p.20).

97 98

LA DOUBLE A RTICULATIO N
DEUX GRANDES LOIS G E' RENT LA COMMUNICATION
LE SECOND NIVEAU LINGUISTIQUE

A un second niveau (la seconde articulation),ces unités peuvent elles- Selon Martinet deux grandes lois gèrent le langage et la
mêmes être segmentées en unités plus petites non douées de sens, mais communication linguistique :
participant à la distinction du sens des unités de première articulation : 1- la loi de l‘économie dans l'effort
les unités (dans /bal/,/pal/ et /mal/, /b/, /p/ et/ ml sont les unités
2 - la loi de la pertinence ou clarté du message.
distinctives qui servent à distinguer le sens des trois unités significatives).
L'unité distinctive minimale est appelée : phonème
L‘être humain vise le maximum de clarté pour son message tout en
La double articulation des langues constitue le fondement d'une économie faisant le minimum d'effort dans cette clarté.
importante dans la production d‘énonces linguistiques. Avec un nombre Ces deux lois paradoxales opèrent à tous les niveaux de la
limite de phonèmes (entre vingt-six et trente, en moyenne dans chaque communication linguistique, au niveau synchronique et même au
langue), on peut construire un nombre illimité d'unités de première niveau diachronique.
articulation et par suite un nombre illimité d‘énoncés.

99 100
LA NOTION D' ECONOMIE DU LANGAGE LA NOTION DE FONCTION
Ce type d'organisation de la langue qui existe dans toutes les langues Les unités linguistiques sont définies par leur fonction dans la
décrites à ce jour, A. Martinet en déduit que : « seule l‘économie qui communication non pas par leur forme ,leur substance ou leur place dans
résulte de la double articulation permet d'obtenir un outil de l‘énonce.
communication d'emploi général et capable de transmettre autant
Par exemple en français les sons /r/ et /I/ constituent deux phonèmes
d'information a aussi ban compte».
distincts, parce qu'il distinguent par exemple, les unités, [barre] de
La première articulation des langues naturelles réalise un codage [balle].
économique ou une infinité de messages peut être envisagée au
En Sango qui est une langue africaine les mots [para] et [pala] ont le
moyens de quelques milliers d'unités, qui sont réemployées d'un
même sens qui signifie œuf, donc dans la langue sango /r/ et /I/ sont
message a l'autre (les monèmes).
deux variantes d'un seul et même phonème.
Donc le phonème est défini par sa fonction de distinction dans la
communication et non par lui-même.

101 102

LA NOTION DE PERTINENCE
LA DESCR IPTION FONCTIONNALISTE
La pertinence c'est ce qui définit un élément qui ne s'écarte pas du point de
vue suivi. Par exemple dans la recherche , est pertinent tout ce qui se Les principales opérations de l'analyse fonctionnaliste sont au nombre de
rapporte au point de vue du chercheur. deux :

1- la phonologie fonctionnelle, qui étudie les éléments de la deuxième


Par exemple , pour le botaniste tout ce qui se rapporte aux plantes est pertin articulation, fait la liste des phonèmes, détermine leurs traits
ent pour la recherche en botanique, pour le zoologiste tout ce qui se pertinents, les classe selon ces traits, et recherche les règles qui
rapporte aux animaux est pertinent pour la recherche en zoologie. commande leur combinatoire.

Pour la recherche en linguistique fonctionnelle ,tout ce qui se


à
rapporte la fonction des unités à n'importe quel niveau est 2 - la syntaxe fonctionnelle, qui étudie la première articulation, fait la
pertinent pour la recherche. liste des monèmes, indique les fonctions, que ce monème peut remplir
dans l‘énoncé et, les classe en catégories de monèmes à fonctions
identiques.

103 104
LA PHONOLOGIE FONCTIONNE LLE
Par exemple les sons [p] et [ b] ,servent à distinguer les unités
significatives [pale] et [balle] donc /p/ et /b / une fonction
distinctive dans la langue : ce sont deux "phonèmes".
La phonologie étudie les unités de deuxième articulation : les phonèmes. Les
phonèmes constituent le moyen d‘établir du sens, et contribuent au Les sons sont une substance concrète, ils appartiennent à
fonctionnement de la langue, grâce a leur fonction dans la communication. la parole tandis que les phonèmes sont des concepts, ils sont
SON vs PHONEME
des formes, ils appartiennent à lalangue.
Ils sont étudiés par la phonologie.
Les sons ou substance phonique peuvent faire l'objet d'une analyse
matérielle, et être étudiés en eux-mêmes dans leur réalité physique,
abstraction faite du fait qu'ils ne sont que le moyen de la communication
linguistique.
Ce type d'analyse est pris en charge par la phonétique. Mais les sons ont
. également une fonction dans la langue pour la production du sens .

105 106

LA SYNTAXE FONCTIONNELLE : MONEMES ET MORPHEMES


LA SYNTAXE FONCTIONNELLE : MONEMES ET MORPHEMES

Pour A. Martinet, le morphème est un élément grammatical (affixe,


Les monèmes sont les unités significatives de base, construites
désinence, etc.). II s'oppose au lexème qui indique l'unité significative
d' un signifié et son signifiant et peuvent être de deux types :
minimale douée de sens.
morphèmes OU lexèmes.
Les morphèmes et les lexèmes appartiennent à la classe des monèmes,
--'i'"
La procédure d'analyse des énoncés en monèmes, est la même
OU unités significatives de première articulation.
que celle appliquée en phonologie (comparaison et substitution de
MORPHEM ES
séquences). MONEMES LEXEMES

107 108
DIFFICU LTES DE L'A NALYSE
Classification générale des monèmes selon martinet
SYNTAXIQUE
Malgré l'analogie des deux plans de l'analyse fonctionnelle postulée par Martinet, l'analyse
Martinet propose une classification des monèmes selon leur fonction dans l‘énoncé.
syntaxique présente des difficultés qui n'apparaissent pas dans l'analyse phonologique. II prend comme exemple la phrase : « Hier, il y avait fête au village ».
Les obstacles les plus connus pour la langue française sont : l'amalgame et le monème
discontinu. Les Monèmes Autonomes :
comme « hier »,« demain »,«aujourd'hui».
LA NOTION D'AMALGAME
Les Monèmes Fonctionnels :
L'amalgame est un monème formé de deux monèmes non segmentales. comme «au» «à' » «vers» « par »
Par exemple le /o/ (au) dans la phrase suivante : Je vais au marche . Les Syntagmes indépendants :
comme « en voiture »,« avec mes valises »,« par la fenêtre »
Martinet affirme que ce /o/correspondait à l'origine à (à le) le morphème [à] qui indique la
Le Syntagme Prédicatif,(ou noyau de l‘énoncé) comme « ii y avait fête au village »
direction et le morphème [le] qui est le déterminant du nom.
Martinet affirme que seul le syntagme prédicatif est important pour la
L'amalgame correspond à un seul signifiant pour deux signifiés. communication, tout le reste est «expansion ».

109 110

Chapitre 7. Le distributionnalisme

a. Syntaxe / grammaire distributionnelles


Le premier critère est celui de la distribution des mots à Du point de vue distributionnel, donc, un article,
l’intérieur de la chaîne parlée. un pronom démonstratif, un possessif appartiennent
Vers les années Trente (BLOOMFIELD, Language, à la même catégorie, à la même partie du discours.
1933). Les parties du discours sont définies à travers leur En effet, leur distribution est la même :
position:
« Tous les mots qui pourraient occuper le même Ex.
ensemble de positions […..]doivent appartenir à la cette voiture est économique
même partie du discours » (FRIES, Structure of English, ma ……………………………………...
1952] la ………………………………………..
etc.

111 112
Il faut souligner, à propos de ce type d’analyse, quelques éléments
intéressants :
De même, dans la phrase « elle est très 1. Quant à son caractère «scientifique » :la cohérence de la méthode
distributionnelle avec les principes généraux de l’analyse
douce », structurale, le même recours à la commutation, le même refus de se
fonder sur le sens ;
très peut commuter avec fort/ bien / assez/
plutôt/ énormément/, etc., mais NON , p. ex., 2. quant aux champs d’application : il est évident que l’analyse
avec beaucoup . distributionnelle a une portée aussi bien « grammaticale » (l’analyse
des parties du discours, par exemple) que « syntaxique » (elle se
Donc, très, fort, bien, etc. appartiennent à la fonde sur la distribution des mots dans la chaîne parlée, donc sur
même classe, et beaucoup à une autre. leurs relations syntagmatiques mutuelles) ;

113 114

d’abord, la tradition philologique, la linguistique historique ou comparative était


faible.
Ensuite, les linguistes américains se trouvaient à devoir étudier les quelques
3. quant à ses origines anglosaxonnes : dans la langue 1000 langues amérindiennes amérindiennes sans corpus écrit, sans codification
anglaise, tout comme jusqu’à un certain point dans la et, souvent, sans trop de certitudes quant au sens réel de certaines phrases, se
référant souvent à une situation de communication opaque.
française, la place des mots a une grande importance (place
La seule analyse possible concernait donc la description de chaque élément
obligatoire du sujet, place de l’adjectif devant le nom en d’une langue par son aptitude à s’associer ou pas avec d’autres éléments.
anglais, structure distributionnelle obligatoire des phrases
Le sens, impossible à cerner, est ainsi expulsé, et toute l’analyse part d’un
négatives, nature analytique de la langue, etc.). corpus défini avec rigueur en écartant toute situation qui pourrait être la source
de variations.
Dans une langue telle que le latin, par exemple, la «
distribution » serait moins évidente et moins figée ;

115 116
Cette méthode a donné lieu à des analyses variées de la part de différents
linguistes, chacun élaborant une méthode spécifique pour isoler, par des On a avancé des objections sérieuses aux fondements même de l’approche
commutations progressivement plus fines (mettent en cause des segments distributionnelle :
de plus en plus petits de la chaîne parlée) capables de parvenir enfin au « 1. l’efficacité de la méthode pour arriver vraiment à cerner toutes les
constituant immédiats» -les parties du discours-. différentes classes et sous-classes d’une langue est encore à démontrer ;
On peut citer celle de 2. la description ainsi obtenue est très complexe, mais elle est aussi «
opaque » : nous arrivons à voir les 2règles » de distribution, mais nous n’en
la boîte de Hockett
savons rien sur les raisons qui les fondent.
le schéma de Fries
En tout cas, la méthode distributionnelle a une portée pratique intéressante :
La boite de Bloch et Harris
se basant seulement sur les positions et sur les options « possible » «
impossible », elle a une place importante dans les études informatiques du
langage.

117 118

b. la syntaxe transformationnelle 3. de rendre compte de toutes les structures : Les énoncés apparemment
comparables n’acceptent pas toujours les mêmes
transformations (interrogative-relative-passive, etc.). S’ils n’acceptent pas
les mêmes transformations, il ne s’agit pas des mêmes énoncés.
Naît de problèmes que la syntaxe distributionnelle ne résout pas.
Ex. :
- En effet elle est incapable :
-transformation interrogative (qui ?-que ? quand ?)
1. de trouver des critères formels capables d’expliquer pourquoi certains le chasseur chasse le sanglier >> QUE chasse le chasseur ? Le sanglier
énoncés sont « valables » et d’autres ne le sont pas (p. ex. : le flic donne une (possible)
amende # le fric donne une amende) ; le chasseur chasse le matin >> que chasse le chasseur ? Le matin
(impossible)
2. de trouver des critères formels capables d’expliquer pourquoi certains
énoncés identiques du point de vue de la « distribution » et de la nature des MAIS : >> QUAND chasse le chasseur ? le matin (possible) etc.
constituants sont également valables, mais avec des sens différents (la pensée
- transformation passive :
de la mort // la pensée de la femme) ;
> le sanglier est chassé par le chasseur (possible)
> le matin est chassé par le chasseur (impossible)

119 120
c. La grammaire générative

1. Le sens des épithètes ʺgénérativeʺ et


ʺtransformationnelleʺ dans le dictionnaire de la 2. La raison de l’apparition de la grammaire générative et
langue française transformationnelle

L’épithète ʺgénérativeʺ correspond au verbe du premier groupe Cette théorie, élaborée par N. CHOMSKY et les linguistes du
Massachusetts Institute of Technology, eut vu le jour, entre 1960
ʺgénérerʺ, dont le sens est « produire » (Dictionnaire Le Nouveau et 1965, en réaction au structuralisme saussurien. Outre le fait
Petit Robert, 1995 : 1010). L’adjectif qualificatif qu’elle remette en question la dichotomie langue/ parole, elle
ʺtransformationnelleʺ signifie « qui relève des transformations, les critique le distributionnalisme de cette linguistique basée sur les
termes de distribution et de constituants immédiats. La grammaire
opérations effectuées dans la phrase de base (la phrase noyau) »
générative « rend compte de la créativité du sujet parlant, de son
(ibid., p. 2293). aptitude à produire spontanément et à comprendre un nombre
infini de phrases qu’il n’a jamais prononcées ou entendues
auparavant» (DUBOIS, J., et.al. 1970 : 131).

121 122

La grammaire générative est une variante plus


rigoureuse et presque plus « philosophique » de la
syntaxe transformationnelle, dont le théoricien le plus Une grammaire générative est un système de
représentatif est Noam Chomsky.
La grammaire transformationnelle ne se propose en
règles et de principes qui doit générer (=
effet que de décrire les faits de langage ; produire) toutes le phrases grammaticales (=
La grammaire générative, au contraire, veut offrir bien formées) d’une langue et décrire la
un modèle capable d’expliquer pourquoi et comment
tout sujet qui parle une langue arrive à formuler, ou a compétence du locuteur, c’est-à-dire la
comprendre, un nombre indéfini de phrases que, pour la
plupart, il n'a jamais prononcées ni entendues auparavant.
connaissance mentale qu’il a de sa langue.

123 124
12
6

Les règles sur lesquelles repose la grammaire générative ´ À partir de ces règles, le sujet parlant peut générer un nombre
La grammaire générative et transformationnelle est constituée d’« indéfini de phrases (ex. Notre voisin lit le journal. Mon père
une suite de règles» (ibid., p. 228). Ces règles sont les suivantes : possède une voiture. Notre enseignant perçoit son salaire. Le
chauffeur conduit son camion).
P SN + SV (le noyau de la phrase est formé d’un syntagme
nominal suivi d’un syntagme verbal), ´Notons qu’en distributionnalisme (en linguistique structurale),
SN D + N (le syntagme nominal est formé d’un déterminant suivi le syntagme nominal (SN) et le syntagme verbal (SV) sont
d’un nom), appelés les constituants immédiats. Le déterminant (D), le nom
SV. V + SN (le syntagme verbal est formé d’un verbe suivi (N), le radical du verbe et la désinence (la terminaison) se
d’un syntagme nominal. nomment les constituants ultimes ou finaux.

125 126

12
4. Les composantes dont elle est formée 8
La grammaire générative comprend « une composante syntaxique, un système de
règles définissant les phrases permises dans une langue, une composante
sémantique, un système de règles définissant l’interprétation des phrases générées
par la composante syntaxique, une composante phonologique et phonétique, un
système de règles réalisant en une séquence de sons les phrases générées par la 5.2. La performance
composante syntaxique » (ibid, p. 227).
5. Les termes clés sur lesquelles elle se base
En grammaire générative, la performance est «la manifestation de
la compétence des sujets parlants dans leurs multiples actes de
La grammaire générative s’appuie sur quatre termes- clés, ceux de compétence, de
performance, de structure de surface et de structure profonde. parole. Elle correspond aux phrases réalisées dans les diverses
situations de communication. Elle renvoie aux données
5.1. La compétence
observables qui constituent le corpus de l’analyse linguistique.
La compétence, en grammaire générative, est « un système comprenant le lexique et
Elle remplace la parole en linguistique structurale » (ibid, p. 366).
les règles de fonctionnement (celles de grammaire, celles d’agencement des sons et
celles de conjugaison) permettant à l’usager de la langue de produire spontanément Elle est «la réalisation d’un acte de parole par quelqu’un
et de comprendre des phrases qu’il n’a jamais prononcées ou entendues auparavant (l’encodage et le décodage) » (Dictionnaire Le Nouveau Petit
» (ibid., p. 103). La compétence est virtuelle, elle correspond aux phrases non- Robert, 1995 : 1636). En résumé, elle est l’actualisation de la
réalisées, elle renvoie à la langue en structuralisme. compétence (elle est l’exécution effective des phrases).

127 128
Par ailleurs, les phrases effectivement produites et
La compétence ainsi définie se distingue de la performance, qui comprises par des sujets en situation ne sont pas
renvoie aux productions et aux interprétations effectives de nécessairement des phrases syntaxiquement ni
phrases par des sujets particuliers, dans des contextes sémantiquement correctes.
spécifiques.
À l'inverse, la performance d'un sujet est nécessairement
Lorsqu'un sujet construit ou décode une phrase, sa performance
restreinte par rapport à sa compétence, en ce qu'elle se
« déborde » très largement sa seule compétence linguistique, heurte à des limitations cognitives inhérentes à l'être
dans la mesure où elle met également en jeu toutes sortes de humain : par différence avec une machine aux capacités
connaissances de nature extralinguistique (prise en compte du de calcul illimité, l'humain connaît en effet la finitude de
contexte discursif, représentation de la situation et de
la mémoire, qui l'empêche de produire ou d'interpréter une
l'interlocuteur, connaissances du monde, etc.)
phrase au-delà d'une certaine longueur.

129 130

SP-1: (Pierre) ( regarde) (un cannibale mange)


SP-2: (Pierre) (regarde)(X mange un cannibale)

5.3. La structure de surface (superficielle) Chacune de ces deux structures profondes, qui sont différentes
En grammaire générative, la structure de surface est « l’organisation l’une de l’autre, correspond à une structure de surface mais les
syntaxique de la phrase telle qu’elle se présente » (DUBOIS, J., al. 1973 deux structures de surface ( SS-1 et SS-2) sont en fait en tous
: 394). C’est la phrase observable. points identiques:
5.4. La structure profonde
SS-1: correspond à SP-1: ( Pierre)(regarde) (manger un
En grammaire générative, il s’agit de «la structure des suites produites cannibale)
par les règles de la composante catégorielle, un système de règles
régissant les suites permises ou les symboles catégoriels formant les SS-2: correspond à SP-2: (Pierre)(regarde)(manger un cannibale)
structures profondes de la langue, que les transformations feront passer
au niveau des structures de surface (ou superficielles)», manifestées
dans les phrases observables» (Dictionnaire Le Nouveau Petit Robert,
1995 : 2151).

131 132
Pour les transformationnalistes la base comporte deux
composants: :
Le fonctionnement de La GGT
a-La composante ou base catégorielle :
est l’ensemble des règles définissant les relations constituent les
Le modèle génératif de Chomsky propose qu’a structures profondes et qui sont représentées par des symboles
partir d’un nombre restreint de structures, de base catégoriels «SN +SV+SP »éventuellement . Une phrase comme :
et l’application d’un nombre de règles Ali aime la soupe
syntagmatique de transformations , il est possible
nous montre en termes de G.T un nom propre en fonction de sujet
de rendre compte de tous les énoncés , un verbe, et un nom commun en fonction objet .
grammaticaux d’une langue donnée
La composante catégorielle regroupe ces types de catégories dans
Le fonctionnement de ce modèle repose sur la des règles de forme
notion de base et sur celle de règle . P====)SN+SV, règle syntaxique .

133 134

b- La composante lexicale : C. Les transformations


Il est évident , en effet, qu’une phrase n’est pas une En grammaire générative, les transformations se rapportent aux «
structure décrite d’une manière irréfléchie , elle obéit changements opérés dans la phrase-noyau (la phrase nucléaire ou la
aux règles. phrase de base), qui correspondent aux substitutions, à l’adjonction,
aux expansions et à la permutation » (ibid., p. 493).
C’est par le lexique que les structures sont actualisés.
Mais l’emploi du lexique suit lui aussi des règles

135 136
1. Des exemples relatifs aux transformations

Le premier exemple est celui des phrases suivantes. 7. L’indicateur (ou le marqueur) syntagmatique
L’indicateur (ou le marqueur) syntagmatique est la représentation des
Mon père lit le journal.
constituants d’une phrase par un diagramme à branches (un arbre).
Mon père qui se repose lit le journal qu’il a acheté.
7.1. Les constituants de la phrase
La première est la phrase- noyau (la phrase nucléaire, la phrase de base ou la phrase
Il s’agit des groupes de mots obligatoires, le syntagme nominal (SN) et le
minimale). Dans la seconde, les transformations ont trait à l’addition de deux expansions, syntagme verbal (SV), ou facultatifs, le syntagme prépositionnel (SP),
l’une au syntagme nominal (SN), l’autre au syntagme verbal (SV). Ce sont deux formés de constituants, qui sont organisés en arbre dans l’analyse d’une
propositions subordonnées relatives. phrase.

Le deuxième exemple est celui de la phrase passive suivante. 7.2. L’arbre (le schéma) de la grammaire générative

Le match est suivi par Jean. En grammaire générative, les constituants de la phrase sont représentés à
l’aide de l’arbre suivant:
Dans ce cas, les transformations sont propres à la permutation, à la modification de l’ordre
des éléments de la phrase (à la forme passive, le sujet devient un complément d’agent et le
complément d’objet direct (le C.O.D.) devient un sujet).
137 138

Représentation arborescente (= « arbre ») : Bibliographie


Cuq, Jean-Pierre : Dictionnaire de didactique du français langue étrangère
et seconde. Paris 2003, p. 147-148.
Marc Sygalski, étudiant à l’université de Göttingen, février 2008
MARTINET, André, Éléments de linguistique générale, Armand Colin,
Paris, 1960.
MOUNIN, Georges (dir), Dictionnaire de la linguistique, PUF, Paris, 1974.
Stein, Achim: Einführung in die französische Sprachwissenschaft. Weimar
2005, p. 8-9.
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guist ique&sourceid=opera&ie=UTF-8&oe=UTF-
8#q=saussure+et+l%27histoire+de+la+linguistique+doc

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Bibliographie
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