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Intégrales et Théorème de Fubini

Ce document décrit le théorème de Fubini pour le calcul d'intégrales doubles sur des domaines rectangulaires du plan. Le théorème stipule que l'ordre d'intégration n'importe pas et que les intégrales peuvent être calculées en intégrant d'abord selon une variable puis l'autre. Un exemple numérique illustre l'application du théorème.

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Intégrales et Théorème de Fubini

Ce document décrit le théorème de Fubini pour le calcul d'intégrales doubles sur des domaines rectangulaires du plan. Le théorème stipule que l'ordre d'intégration n'importe pas et que les intégrales peuvent être calculées en intégrant d'abord selon une variable puis l'autre. Un exemple numérique illustre l'application du théorème.

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38 Intégrale double

3.2 Succession d’intégrales simples - Théorème de Fubini


Soit R = [a, b] × [c, d] (a < b , c < d) un rectangle fermé du plan R2 et f : R
une fonction continue. Pour x ∈ [a, b] fixé, la fonction f (x, •): [c, d]
R
R définie  
Z d


par f (x, •)(y) = f (x, y) est intégrable sur [c, d]. Le nombre f(x, •)(t)dt
c
dépend de x. On a donc une fonction A: [a, b] R définie par
Z d
A(x) = f (x, t)dt.
c
En intégrant la fonction A sur l’intervalle" [a, b], on a la formule
#
Z b Z b Z d
(∗) : A(x)dx = f (x, y)dy dx.
a a c

" Z #
Z b d
Définition 3.7. Dans l’expression f(x, y)dy dx de la formule ( ∗ )
a c
ci-dessus, on dit que l’on a d’abord intégré par rapport à y, et ensuite par
rapport à x.
Z d" Z b #
De manière analogue, dans l’expression f (x, y)dx dy, on dit que
c a
l’on intègre d’abord par rapport à x, puis par rapport à y.

Exemple 3.8.
Considérons le rectangle R = [1, 2] × [0, 3] ⊂ R2 (1 6 x 6 2, 0 6 y 6 3) et la fonction
f définie sur R par f (x, y) = xy + y 2 + 1. Ici, a = 1, b = 2, c = 0 et d = 3.
Z d Z 3
 y=3
1 1 9
• on a f (x, y)dy = (xy + y2 + 1)dy = xy2 + y 3 + y = x + 12, en
c 0 2 3 y=0 2
intégrant d’abord par rapport à y;
• intégrant maintenant le# résultat précédent par rapport à x, on obtient:
Z b" Z 3 Z 2   2
9 9 9 75
(xy + y 2 + 1)dy dx = x + 12 dx = x2 + 12x = 33 − 12 − =
a 0 1 2 4 1 4 4

A présent, commençons par intégrer cette même fonction par rapport à x, puis
continuons le calcul en intégrant par rapport à y:
Z b Z 2
 x=2
1 2 3
− on a f (x, y)dx = (xy + y 2 + 1)dx = x y + (y 2 + 1)x = y2 + y + 1,
a 1 2 x=1 2
en intégrant d’abord par rapport à x;
− en intégrant
" le résultat#ci-dessus par rapport à y, on obtient:
Z 3 Z 2 Z 3   3
3 1 3 3 2 27 75
(xy + y 2 + 1)dx dy = y 2 + y +1 dy = y + y + y =12 + =
0 1 0 2 3 4 0 4 4

Dans l’exemple 3.8 nous remarquons que les deux intégrations successives don-
nent le même résultat. Ceci n’est pas le fait du hasard mais est dû au théorème
suivant que nous admettrons.
3.2 Succession d’intégrales simples - Théorème de Fubini 39

Théorème 3.9. (Théorème de Fubini pour les rectangles fermés)


Soit R = [a, b] × [c, d] (a < b , c < d) un rectangle fermé du plan R2 et f: R
une fonction continue, alors f est intégrable
# surZ R "etZon a:
 R
ZZ Z b" Z d d b
#
f (x, y)dxdy = f(x, y)dy dx = f(x, y)dx dy.
R a c c a

Exemple 3.10.
Soit R = [1, 2] × [0,Z2]Z ⊂ R2 et f : R  R définie par f (x, y) = yexy .
Calculons I = f (x, y)dxdy. Z 2 Z 2

R
xy
D’après le théorème de Fubini, on a I = (ye )dx dy.
Z 2  x=2 0 1
Or xy
(ye )dx = e xy
= e2y − ey .
1 x=1
Z 2  2
1 2y 1 1
On en déduit I = 2y
(e − e )dy = e − e = e4 − e2 + .
y y
0 2 0 2 2
Note: En intégrant d’abord par rapport à x, le précédent calcul nous a pris juste
deux lignes. Si nous commençons par intégrer d’abord par rapport à y, nous nous ren-
Z 2
dons vite compte que le calcul est moins évident. En effet (y exy )dy nécessite
0
une intégration par parties.
Z 2  y=2  
y xy 1 2 1 1
(y exy )dy = e − 2 exy = e2x − 2 + . L’intégration de cette
0 x x y=0 x x x2
dernière expression nécessite manifestement encore une intégration par parties:
Z 2
    Z 2 Z 2  2
2 1 1 1 1 2x 1
e2x − + 2 dx = 2x
× 2e dx − e dx + − .
1 x x2 x 1 x 1 x
2 x 1
Une intégration par parties donne:
Z 2  2 Z 2
1 2x 1 2x 1
× 2e dx = ×e − ( − 2 × e2x)dx.
1 x x 1 1 x
On en déduit que 2  2
Z   2  
2 1 1 1 1 1 1
e2x − + 2 dx = ×e2x + − = e4 − e2 + .
1 x x2 x x 1 x 1 2 2
Il faut retenir que dans l’application du Théorème de Fubini,
un choix judicieux de l’ordre d’intégration s’impose.
40 Intégrale double

3.3 Intégrales doubles sur des domaines non rectangles


On considère un domaine borné D duZ plan Z réel R2 , f: D  R et on voudrait
calculer (si elle est définie) l’intégrale f (x, y)dxdy.
D
Si le domaine D considéré n’est pas un rectangle mais est borné, nous pouvons
l’inclure dans un rectangle R, considérer un quadrillage du rectangle R et définir
une somme double de Riemann sur les rectangles du quadrillage qui sont entière-
ment contenus dans le domaine R. Plus le quadrillage sera fin, mieux D sera
approximé par les rectangles du quadrillage contenus dans D. Si la somme double
de Riemann tend vers une limite I ∈ R lorsqueZleZ pas du quadrillage tend vers 0,
alors la fonction f est intégrable sur D et on a f (x, y)dxdy = I.
D

3.3.1 Intégrales sur un domaine compris entre les graphes deux fonc-
tions et deux droites verticales

Théorème 3.11. Soient [a, b] (a < b) un intervalle fermé borné de R, u et v


deux fonctions continues sur [a, b] telles que ∀x ∈ [a, b], u(x) 6 v(x).

Si f : D
ZZ

Soit D le domaine de R2 défini par D = {(x, y) ∈ R2 /a 6 x 6 b, u(x) 6 y 6 v(x)}.
R est une fonction
Z b " Z v(x)
continue, alors
# f est intégrable sur D et on a

f (x, y)dxdy = f (x, y)dy dx.


D a u(x)

Exemple 3.12.
Soit D le domaine de R2 compris entre les droites d’équations x = 1, x = 4 et les
deux paraboles d’équations respectives y = (x − 2)2 − 4, y = − (x − 3)2 + 4. On
Z Zpar f (x, y) = 3x − 2y + 1.
considère sur D la fonction f définie
Nous allons calculer l’intégrale I = f (x, y)dxdy.
D
Posant u(x) = (x − 2)2 − 4 et v(x) = − (x − 3)2 + 4, on voit facilement que sur
l’intervalle [1, 4], on a u(x) 6 v(x) quel que soit x.

D = {(x, y) ∈ R2 /1 6 x 6 4, u(x) 6 y 6 v(x)}.


3.3 Intégrales doubles sur des domaines non rectangles 41

Appliquant le théorème
" 3.11, on obtient: # #y=v(x)
ZZ Z 4 Z −x2 +6x−5 Z 4"
f (x, y)dxdy = f (x, y)dy dx = (3x + 1)y − y 2 dx.
D 1 x2 −4x 1
Z 4 y=u(x)
(3x + 1)(v(x) − u(x)) − v(x)2 + u(x)2 dx,

On a donc I =
Z 4 1  4
3 2
 1 4 2 3 55 2
I= − 2x − 2x + 55x − 30 dx = − x − x + x − 30x = 153.
1 2 3 2 1

Exercice 3.1. Calculer la surface du domaine D décrit dans l’exemple 3.12

3.3.2 Intégrales sur un domaine compris entre les graphes deux fonc-
tions et deux droites horizontales

Les résultats de ce paragraphe se déduisent de ceux du paragraphe précédent


en échangeant les rôles de x et y. On considère un intervalle [c, d] (c < d) fermé
borné de R, u et v deux fonctions continues définies sur [c, d] telles que ∀y ∈ [c, d],
u(y) 6 v(y).
Soit D le domaine du plan contenu entre les graphes des fonctions u, v et les
droites horizontales d’équation respective y = c et y = d.
Formellement, D = {(x, y) ∈ R2 /c 6 y 6 d, u(y) 6 x 6 v(y)}.

Théorème 3.13. Soit f : D


ZZ
R une fonction continue,
Z d " Z v(y) # alors f est intégrable
sur D et on a f (x, y)dxdy = f (x, y)dx dy.
D c u(y)
42 Intégrale double

3.3.3 Intégrales doubles sur un domaine D - cas général


Si D ⊂ R2 n’est pas un rectangle et ne peut être défini en utilisant les graphes de
deux fonctions et deux droites verticales (ou horizontales), on décompose si pos-
sible, D en domaines "élémentaires" du type de ceux déjà traités. On utilise
ensuite la propriété suivante pour faire le calcul.

Propriété: Soit D un domaine fermé borné de R2. On suppose que D


est réunion de deux domaines fermés D1 et D2 (D = D1 ∪ D2) et que D1


et D2 ont une intersection vide, ou contenue dans leur bord (Autre-
ment dit, les intérieurs des deux domaines ne se rencontrent pas).
Dans ce cas, si f: D R est une fonction continue sur D, f est inté-
grable
Z Z sur D et on a Z Z ZZ
f(x, y)dxdy = f(x, y)dxdy + f(x, y)dxdy.
D D1 D2

Exemple 3.14.  
  − 2 6 x 6 1 y2 + 1 
Soit D = (x, y) ∈ R2 / 4 (voir le dessin ci-dessous).


  − 2 6 y 6 − 1 x2 + 3 
4
On Zconsidère
Z f: D R une fonction continue et on veut calculer
I= f (x, y)dxdy. Posons D1 = {(x, y) ∈ D / y > 2} et D2 = {(x, y) ∈ D / y 6 2}.
D
D1 et D2 sont des domaines qui sont définis à l’aide de droites verticales ou hori-
zontales et de graphes de fonctions comme dans le paragraphe précédent. L’inter-
section de D1 et D2 est un segment de droite.
1
On a D1 = {(x, y) ∈ R2 / − 2 6 x 6 2, 2 6 y 6 − x2 + 3} ,
1 4
D2 = {(x, y) ∈ R2 / − 2 6 y 6 2, − 2 6 x 6 y 2 + 1} .
4

ZZ ZZ ZZ
f (x, y)dxdy = f (x, y)dxdy + f (x, y)dxdy.
D D1 D2

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