I.
1- Introduction :
La ressource de base la plus importante pour tous les potentiels énergétiques
renouvelables est l'énergie solaire, c’est le rayonnement émis dans toutes les directions par
le soleil, et que la terre reçoit à raison d'une puissance moyenne de 1,4 kW/m² [1], pour
une surface perpendiculaire à la direction terre-soleil. Ce flux solaire est atténué lors de la
traversée de l'atmosphère par absorption ou diffusion, suivant les conditions
météorologiques et la latitude du lieu au niveau du sol.
Afin d’exploiter au mieux cette ressource énergétique et pour un bon dimensionnement des
installations solaires, il est nécessaire de connaître la quantité de l’énergie solaire
disponible à un endroit spécifique à chaque instant de la journée et de l’année.
Pour cette raison, on a jugé nécessaire de présenter dans ce chapitre une notion générale
sur les coordonnées célestes ainsi que le rayonnement solaire.
I.2- Mouvement du Globe terrestre
La terre décrit autour du soleil une orbite elliptique quasi circulaire avec une période de
365,25 jours. Le plan de cette orbite est appelé plan de l’écliptique. C’est au solstice
d’hiver (21décembre) que la terre est la plus proche du soleil, et au solstice d’été (22juin)
qu’elle en est la plus éloignée [2].
La terre tourne sur elle-même avec une période de 24h. Son axe de rotation (l’axe des
pôles) a une orientation fixe dans l’espace. Il fait un angle d =23°27 avec la normale au
plan de l’écliptique.
Figure I.1- Variation saisonnière du rayonnement solaire
Axe de rotation de la terre
passant par les pôles.
Equinoxe de
Printemps.
Variation saisonnière du rayonnement solaire
I.3- La sphère céleste :
La sphère céleste est une sphère imaginaire d’un diamètre immense, avec la terre au
centre. On considère que tous les objets visibles dans le ciel se trouvent sur la surface de la
sphère céleste. On peut résumer les différentes caractéristiques sur la sphère elle même
comme est représenté sur la figure (I-2)
Figure I.2- La sphère céleste
La direction des objets peut être quantifiée de façon précise à l’aide d’un système de
coordonnées célestes.
I.4- Les coordonnées célestes :
I.4.1- Les coordonnées géographiques :
Ce sont les coordonnées angulaires qui permettent le repérage d’un point sur la terre :
I.4.1.1- Longitude :
La longitude d’un lieu l correspond à l’angle que fait le plan méridien passant par ce
lieu avec un plan méridien retenu comme origine. On a choisi pour méridien (origine 0°) le
plan passant par l’observatoire de Greenwich. Par convention on affecte du signe (+) les
méridiens situés à l’est de ce méridien, et du signe (-) les méridiens situés à l’ouest [1], [7].
I.4.2.1- Latitude :
La latitude d’un lieu f correspond à l’angle avec le plan équatorial, que fait le rayon
joignant le centre de la terre à ce lieu. L’équateur terrestre est donc caractérisé par une
latitude égale à 0°, le pole nord par la latitude +90° et le pole sud par la latitude -90°. Cette
convention de signe affecte le signe (+) à tous les lieux de l’hémisphère nord et le signe (–)
à tous les lieux de l’hémisphère sud [1], [2].
Figure I.3- Les coordonnées géographiques
I.4.2- Les coordonnées horaires :
I.4.2.1- La déclinaison solaire :
C’est l’angle formé par la direction du soleil et le plan équatorial terrestre. Elle varie tout
au long de l’année, entre deux valeurs extrêmes :(-23°27’et +23°27’environ) et elle
s’annule aux équinoxes de printemps et d’automne, sa valeur peut être calculée par la
formule [1], [8] :
d = 23.45sin(360 ×(284 + n)/365)
n : numéro du jour dans l’année
Figure I.4- La déclinaison du soleil en fonction des jours
I.4.2.1- Angle horaire (w ) :
L’angle horaire du soleil est l’angle formé par le plan méridien du lieu et celui qui passe
par la direction du soleil si l’on prend comme origine le méridien de Greenwich, l’angle
horaire est compris entre 0° et 360° La valeur de l’angle horaire est nulle à midi solaire,
négative le matin, positive dans l'après midi et augmente de 15° par heure, [1],[2].
Figure I. 5- les coordonnées horaires
I.4.3- Les coordonnées horizontales :
Le repérage du soleil se fait par l’intermédiaire de deux angles :
I.4.3.1- Hauteur angulaire du soleil (D) :
C’est l’angle formé par le plan horizontal au lieu d’observation et la direction du soleil.
Cette hauteur durant le jour peut varier de 0 (soleil à l’horizon) à 90 (soleil au zénith) [1],
[2].
I.4.4.2- Azimut :
C’est l’angle compris entre le méridien du lieu et le plan vertical passant par le soleil. La
connaissance de l’azimut du soleil est indispensable pour le calcul de l’angle d’incidence
des rayons sur une surface non horizontale [1].
Figure I.6- Les coordonnées horizontales
I.4.4- Angle horaire de coucher du soleil :
L’angle horaire du soleil est le déplacement angulaire du soleil autour de l’axe polaire.
Dans sa course d’est en ouest, par rapport au méridien local.. Il est donné par l’équation
suivante [2], [8] :
w = arccos(- tan(f)tan(d )) s
d : Déclinaison solaire
f : latitude
I.5- Le rayonnement solaire
Le rayonnement solaire est un rayonnement thermique qui se propage sous la forme
d’ondes électromagnétiques. En dehors de l’atmosphère terrestre, il donne un éclairement
énergétique à peu prés constant et égale à 1367w/m2
, appelé de ce fait constante solaire [1].
I.5.1- Types de rayonnements :
I.5.1.1- Rayonnement direct :
Le rayonnement solaire direct se définit comme étant le rayonnement provenant du seul
disque solaire. Il est donc nul lorsque le soleil est occulté par les nuages [6].
I.5.1.2 - Rayonnement diffus
Dans sa traversée de l’atmosphère, le rayonnement solaire est diffusé par les molécules
de l’air et les particules en suspension. Le rayonnement solaire diffus n’est donc nul que la
nuit [1], [2].
I.5.1.3- Rayonnement global
C’est la somme des deux types de rayonnements direct et diffus.
I.6- Estimation du rayonnement solaire
Dans notre programme de simulation numérique pour le calcul du rayonnement solaire
instantané nous considérons :
- quatre journées totalement couverte durant les mois de janvier et de décembre.
- une journée totalement couverte chaque mois.
- Durant les journées couvertes, seul le rayonnement diffus existe, il est égal à 15%
du rayonnement d’une journée totalement dégagée.
I.6.1- Rayonnement extraterrestre :
Le rayonnement extraterrestre est le rayonnement solaire en dehors de l’atmosphère.
Pour un point donné, Il est formulé comme suit [8], [9] :
N : nombre de jours dans l’année.
G : constante solaire. (G =1367) (w/m²)
d : La déclinaison solaire
f : Latitude
Figure I.7- Le rayonnement extraterrestre en fonction des jours
I.6.2- Coefficient de clarté :
Avant d’atteindre le sol, le rayonnement solaire est atténué par l’atmosphère et les
nuages. Le rapport entre le rayonnement au sol et le rayonnement extraterrestre est
appelle coefficient de transmission, il est définie par [1], [9] :
H : rayonnement solaire moyen, mensuel mesuré sur une surface horizontale.
H0: rayonnement solaire moyen, mensuel hors de l’atmosphère.
I.6.3- Estimation du rayonnement solaire instantané sur une surface horizontale :
I.6.3.1- Relations entre les moyennes mensuelles :
L’analyse des mesures de Hd
et H par Liu et Jordan [6] a montré l’existence d’une
liaison entre ces deux termes et un paramètre météorologique appelé coefficient de
transmission [10], [8].
Le rayonnement moyen, mensuel diffus sur une surface horizontale est défini par :
Hd : rayonnement moyen, mensuel diffus sur une surface horizontale
H : rayonnement moyen, mensuel sur une surface horizontale
I.6.3.2- Relation entre les valeurs horaires :
Dans certaines applications, il est nécessaire de connaître les flux instantanés ou les
irradiations pendant des durées courtes. Cela est réalisé grâce aux formules de CollaresPereira et
Rabl pour le rayonnement global [1], [8], [9] :
rt : rapport entre les valeurs horaires et journalières de l’irradiation globale
w : angle horaire du soleil, peut être calcule en fonction de l’heure solaire s
t [2], [8] :
ws: angle horaire de couche du soleil
rd : rapport entre les valeurs horaires et journalières de l’irradiation diffuse [6],[9]
Hd: rayonnement diffus instantané sur une surface horizontale [6],[9]
H b = H – Hd
Hb: rayonnement direct instantané sur une surface horizontale
I.6.4- Estimation du rayonnement solaire instantané sur une surface inclinée :
Dans la majorité des cas d’application, il est nécessaire de calculer le flux solaire sur des
plans d’orientation quelconque.
Pour estimer l’énergie reçue par une surface inclinée à partir de données concernant une
surface horizontale, il faut séparer la composante directe et la composante diffuse.
I.6.4.1- Rayonnement direct sur une surface inclinée :
Connaissant le flux direct sur une surface horizontalHb
, le flux direct sur une surface
incliné Hbi est donné par la formule suivante [1], [6] :
Hbi = RbHb
Hbi : flux direct sur une surface inclinée.
Rb: rapport du rayonnement direct journalier sur surface inclinée à celui sur une surface
horizontale, il est donné par l’expression suivante [2],[6] ,[9]:
O : angle d’incidence du rayonnement direct sur le concentrateur solaire. (Chapitre 2)
Oz : angle de zénith.
I.6.4.2- Rayonnement diffus sur une surface inclinée :
En admettant que le flux diffus est isotrope, c’est-à-dire uniformément réparti sur la
voûte céleste, la valeur du rayonnement diffus est donnée par :
Hdi = Hd Fp
Hdi : flux diffus sur une surface inclinée.
Fp: facteur d’angle plan incliné-ciel, il est donné par [2],[6]
ce qui donne :
I.6.3.3 - Rayonnement provenant de la réflexion
De même, le flux réfléchi par le sol est isotrope, on a :
rs: représente le coefficient de réflexion de la lumière diffuse du sol (aussi appelé albédo
du sol, valeur fixée à 0,2 [2], [6].
Fg: facteur d’inclinaison du rayonnement réfléchi.
L’équation (I-17) devient [1], [2] :
Hg: flux reçu par une surface inclinée provenant de la réflexion sur le sol
I.6.3.4 - Rayonnement global sur surface inclinée :
Connaissant les trois composantes des flux et irradiations, on a finalement [9] :
Ht: rayonnement instantané sur une surface inclinée.
Figure I.8- Composantes du rayonnement global sur une surface inclinée
I.7- l’effet de l’orientation d’une surface sur l’énergie incidente :
La méthode que nous venons de décrire permet d’estimer l’effet de l’inclinaison d’une
surface plane sur l’énergie qu’elle reçoit [11].
La figure (I-9) représente la variation de l’irradiation au cours de l’année de la moyenne
mensuelle de l’irradiation journalière H t
, pour une surface orienté vers le sud ( g = 0) et
pour diverses valeurs de l’inclinaison (0≤ b ≤ 90°) en un lieu situé à 37° de latitude
(f = 37 °).
FigureI.9- Eclairement journalier absorbé par le capteur pour différentes inclinaisons
(bêta)
On peut vérifier que l’énergie totale reçue pendant l’année est maximale pour b = f .
I.8- Rayonnement en Maroc :
Le Maroc est un pays riche en ressources naturelles, y compris le soleil. Le pays est situé dans une
région qui reçoit une grande quantité de rayonnement solaire tout au long de l'année, ce qui en fait
un lieu idéal pour la production d'énergie solaire. Le gisement solaire au Maroc est donc considérable
et offre un potentiel important pour le développement de l'énergie solaire, qui est une source
d'énergie renouvelable propre et durable.
Dans cette introduction, nous allons explorer le gisement solaire au Maroc, ses avantages et son
potentiel pour le développement de l'énergie solaire.
Note: "Gisement solaire" fait référence à la quantité d'énergie solaire qui atteint une surface donnée
(par exemple, un panneau solaire) dans une zone géographique donnée.
I.9- Conclusion :
En conclusion, le Maroc bénéficie d'un gisement solaire important, qui en fait l'un des pays les plus
propices à la production d'énergie solaire dans la région. Les estimations des rayonnements solaires
au Maroc ont démontré un potentiel important pour la production d'énergie solaire, qui peut
contribuer à la réduction de la dépendance du pays à l'égard des sources d'énergie fossiles, ainsi qu'à
la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le pays a déjà entrepris des projets majeurs dans
le domaine de l'énergie solaire, tels que le complexe solaire de Ouarzazate, qui est l'un des plus
grands projets d'énergie solaire concentrée au monde. Toutefois, pour que le Maroc puisse atteindre
son plein potentiel dans le domaine de l'énergie solaire, il est important de continuer à investir dans
la recherche et l'innovation, ainsi que de mettre en place des politiques et des incitations pour
encourager l'adoption de l'énergie solaire. En faisant cela, le Maroc peut non seulement contribuer à
la transition énergétique globale, mais aussi créer de nouvelles opportunités économiques et
d'emplois pour la population.