2020LEMA1025
2020LEMA1025
LE MANS UNIVERSITE
UNIVERSITE BRETAGNE LOIRE
ECOLE DOCTORALE N° 602
Sciences pour l'Ingénieur
Spécialité : « Acoustique »
ET
ECOLE NATIONALE D’INGENIEURS DE SFAX
Sciences pour l'Ingénieur
Spécialité : « mécanique »
Par
Khawla ESSASSI
« Développement et caractérisation statique et dynamique d’un
composite sandwich à âme auxétique et à constituants naturels »
Composition du Jury :
Président : Mohamed slim Abbes Professeur des universités, Ecole Nationale d’Ingénieurs de Sfax
Examinateurs : Elhem Ghorbel Professeur des universités, Université de Cergy-Pontoise
Ali Akrout Maître de conférences, Ecole Nationale d’Ingénieurs de Tunis
Dir. de thèse : Jean-Luc Rebiere Maître de conférences (HDR), Le Mans Université
Co-dir. de thèse : Anas Bouguecha Maître de conférences, Ecole Nationale d’Ingénieurs de Gafsa
Abderrahim El Mahi Professeur des universités, Le Mans Université
Á ma famille...
Remerciements
Au terme de ces trois années de travail, l’aboutissement de ce mémoire marque la fin d’une période
de ma vie, mais aussi le début d’une nouvelle. Je souhaite donc remercier ici toutes les personnes sans
qui tout ceci n’aurait pas été possible.
Ce travail de thèse a été effectué dans le cadre d’une collaboration de cotutelle entre le Laboratoire
de Mécanique, Modélisation et Productique ‘’LA2MP’’ de l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Sfax
(Tunisie) et le Laboratoire d’Acoustique de l’Université du Mans ‘’LAUM’’ (France).
Tout d’abord, Je tiens à remercier vivement mes directeurs de thèse côtés Français, Monsieur Jean-
Luc REBIERE et Monsieur Abderrahim EL MAHI, pour leurs soutiens, leurs disponibilités durant ces
trois années ainsi que pour leurs précieux conseils qui ont permis de mener à bien ce travail. Je tiens
à exprimer également ma reconnaissance et ma profonde gratitude à mes directeurs de thèse coté
Tunisien Messieurs Mohamed Amine BEN SOUF, Anas BOUGUECHA et Mohamed HADDAR pour
avoir initié et dirigé ce travail.
J’adresse mes remerciements à Monsieur Mohamed Slim ABBES pour avoir eu l’amabilité de
présider ce jury. Je remercie Monsieur Chokri BOURAOUI et Monsieur Fabrizio SCARPA pour avoir
accepté de rapporter ce travail. De même, je tiens à remercier vivement Monsieur Ali AKROUT et
Madame Elhem GHORBEL, membres de jury, pour l’intérêt qu’ils ont porté à ce travail en acceptant
de l’examiner.
Je remercie vivement mes parents Araina et Ahmed, mes sœurs, mes frères, et tous les autres
membres de ma famille pour leur soutien indéfectible et leurs encouragements, sans quoi ce travail
n’aurait pu voir le jour. Votre présence est parmi les piliers fondateurs de ce que je suis maintenant. Je
voudrais adresser un remerciement particulier à la personne qui a été toujours là pour moi, par son
soutien inestimable et sa patience indéfectible surtout pendant mes périodes de stress. Merci pour le
temps que tu as consacré à m’aider dans la rédaction et merci pour ta présence.
Résumé
Durant ces dernières années, les matériaux composites bio sourcés sont utilisés dans
différents secteurs industriels suite à leurs intérêts environnementaux. L’utilisation d’une
matrice biologique renforcée par des fibres végétales permet d’améliorer non seulement la
protection environnementale mais aussi les performances mécaniques. D’autre part, les
structures auxétiques ont émergé pour leurs hautes propriétés spécifiques performantes et
surtout leurs grandes capacités d’absorption énergétique. Dans ce cadre, cette étude propose
l’élaboration d’un matériau composite sandwich à âme auxétique en nid d’abeilles ré-entrantes
et à constituant purement naturel. Cette structure a été élaborée par la méthode de fabrication
additive. D’abord, le comportement statique en traction des peaux est analysé. Les
caractéristiques élastiques des éprouvettes imprimées suivant différentes directions sont
déterminées. Par la suite, les propriétés mécaniques des âmes auxétiques en traction, en
compression ainsi que celles des sandwiches en flexion et indentation ont été étudiées. Une
analyse des mécanismes d’endommagement au cours des essais d’indentation est effectuée en
utilisant la technique de l’émission acoustique. Ensuite, des essais expérimentaux et des
modèles analytiques (et éléments finis) ont été menés pour déterminer le comportement en
fatigue des sandwiches. Enfin, une étude du comportement vibratoire de la peau, d’âmes et des
sandwiches est réalisée suite à une étude expérimentale et numérique par éléments finis. L’effet
de chaque composant dans l’amortissement global est discuté.
Table des matières
Khawla ESSASSI I
1.7.2 Géométrie d’une cellule en nid d’abeilles hexagonales conventionnelles et ré-
entrantes 19
1.7.3 Fabrication du nid d’abeille........................................................................................... 20
1.7.4 Homogénéisation des nids d’abeilles............................................................................ 22
1.8 Comportement des sandwiches à âme auxétique................................................................ 23
1.8.1 Comportement mécanique en statique ........................................................................ 23
1.8.2 Comportement vibratoire ............................................................................................. 26
1.9 Analyse et suivis des mécanismes d’endommagement des matériaux composites ............ 27
1.9.1 Analyse des mécanismes d’endommagement ............................................................. 27
1.9.2 Détection et suivie des mécanismes d’endommagement en utilisant la méthode
d’émission acoustique .................................................................................................................. 29
1.10 Conclusion ............................................................................................................................. 30
Chapitre 2 : Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich ...................... 31
2.1 Introduction .......................................................................................................................... 33
2.2 Méthodologie de sélection ................................................................................................... 33
2.2.1 Choix des fibres ............................................................................................................. 34
2.2.2 Choix de la matrice........................................................................................................ 36
2.3 Choix de l’âme et paramétrage............................................................................................. 38
2.3.1 Choix de l’âme ............................................................................................................... 38
2.3.2 Paramétrage.................................................................................................................. 38
2.4 Choix d’un procédé de mise en œuvre ................................................................................. 39
2.5 Caractérisation générale de la microstructure ..................................................................... 41
2.6 Comportement mécanique en traction ................................................................................ 42
2.6.1 Protocole expérimental ................................................................................................ 42
2.6.2 Présentation du modèle éléments finis ........................................................................ 43
2.6.3 Modèle analytique ........................................................................................................ 44
2.6.4 Caractérisation mécanique des peaux .......................................................................... 45
2.6.5 Caractérisation mécanique de l’âme ............................................................................ 46
2.7 Comportement mécanique en compression ........................................................................ 48
2.7.1 Protocole expérimental ................................................................................................ 48
2.7.2 Résultats des essais de compression ............................................................................ 49
2.8 Conclusion ............................................................................................................................. 53
Chapitre 3 : Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches ................................................... 55
3.1 Introduction .......................................................................................................................... 57
3.2 Comportement mécanique en flexion .................................................................................. 57
Khawla ESSASSI II
3.2.1 Protocole expérimental ................................................................................................ 58
3.2.2 Présentation du modèle éléments finis ........................................................................ 59
3.2.3 Résultats des essais de flexion ...................................................................................... 60
3.2.4 Etude du comportement élastique ............................................................................... 61
3.2.5 Identification et prédiction des modes de rupture....................................................... 65
3.3 Comportement à l’indentation ............................................................................................. 67
3.3.1 Protocole expérimental ................................................................................................ 67
3.3.2 Evolution des propriétés mécaniques........................................................................... 67
3.3.3 Energie dissipée ............................................................................................................ 69
3.4 Analyse de l’endommagement par émission acoustique ..................................................... 70
3.4.1 Protocole expérimental ................................................................................................ 70
3.4.2 Résultats de la classification ......................................................................................... 72
3.4.3 Synthèse et discussion .................................................................................................. 77
3.5 Conclusion ............................................................................................................................. 82
Chapitre 4 : Analyse du comportement mécanique en fatigue des composites sandwiches .............. 85
4.1 Introduction .......................................................................................................................... 87
4.1.1 Comportement des composites biosourcés en fatigue ................................................ 87
4.1.2 Comportement des formes auxétiques en fatigue ....................................................... 88
4.1.3 Protocole expérimental ................................................................................................ 89
4.2 Etude expérimentale du comportement dynamique des sandwiches ................................. 90
4.2.1 Evolution des propriétés mécaniques........................................................................... 90
4.2.2 Cycle d’hystérésis .......................................................................................................... 92
4.2.3 Energie dissipée ............................................................................................................ 93
4.2.4 Amortissement en fatigue ............................................................................................ 96
4.2.5 Durée de vie .................................................................................................................. 97
4.3 Etude analytique du comportement dynamique des sandwiches ....................................... 99
4.3.1 Développement du modèle analytique ........................................................................ 99
4.3.2 Prédiction de la durée de vie ...................................................................................... 101
4.3.3 Prédiction d’endommagement ................................................................................... 102
4.4 Conclusion ........................................................................................................................... 103
Chapitre 5 : Comportement dynamique des composites sandwiches et de ses constituants ........... 105
5.1 Introduction ........................................................................................................................ 107
5.1.1 Forme auxétique et vibration ..................................................................................... 107
5.1.2 Différentes méthodes d’analyse modale .................................................................... 109
5.1.3 Mesure de l’amortissement par la méthode de la bande passante à -3 dB ............... 110
Khawla ESSASSI IV
Liste des figures
Figure A. 1 Déformation des parois des cellules sous la flexion et la rotation ................................... 138
Figure A. 2 Déformation des parois des cellules sous l’effet d’une articulation ................................ 142
Figure A. 3 Déformation des parois des cellules sous l’effet d’un étirement ..................................... 146
Figure 1.1 Différentes architectures de matériaux composites : a) composite chargé, b) composite
fibres courtes, c) composite stratifié à plis unidirectionnels et d) structure sandwich [2]. ................... 8
Figure 1.2 Exemple d’architectures de renfort : a) taffetas, b) sergé et c) tissu quasi-unidirectionnel
[3]. ........................................................................................................................................................... 9
Figure 1.3 Fibres naturelles courantes [7]. ........................................................................................... 10
Figure 1.4 Processus d’impression 3D [53]. .......................................................................................... 17
Figure 1.5 Géométrie des cellules en nid d'abeilles et système de coordonnées utilisées dans les
modèles analytiques pour les structures (a) conventionnelles et (b) ré-entrantes [75]. ..................... 20
Figure 1.6 Procédé de fabrication de l'âme en nid d'abeilles : (a) processus d’ondulation ; (b)
processus d’expansion ; (c) impression 3D [78].................................................................................... 21
Figure 1.7 Déformation d’une structure auxétique en traction [87]. ................................................... 24
Figure 1.8 Evolution de la force en fonction du déplacement de la structure auxétique [88]. ............ 24
Figure 1.9 Caractéristique des sandwiches avec différentes structures d’âme [90]. ........................... 25
Figure 1.10 La réponse et l'initiation/l'évolution des dommages pendant l’essai d’indentation [97]. 26
Figure 1.11 Facteur de perte des nids d'abeilles auxétique et module d'Young pour le chargement
dans les directions (a) X et (b) Y [106]. ................................................................................................. 27
Figure 1.12 Mécanismes de rupture observés dans un composite stratifié [109, 110]. ...................... 28
Figure 1.13 Modes de rupture dans les structures sandwiches (a) Rupture par compression, (b)
Rupture en traction, (c) Flambage d’ensemble, (d) Rupture en cisaillement, (e) Flambement localisé,
(f) Flambement intracellulaire, (g) Poinçonnement local [115]............................................................ 28
Figure 2.1 Structure d’une fibre élémentaire, d’après Bourmaud et al. [131] ..................................... 34
Figure 2.2 Carte de sélection des fibres de renfort [2]. ........................................................................ 35
Figure 2.3 Différents types de matrices et leurs biodégradabilités [130]. ........................................... 36
Figure 2.4 La forme de l’âme en nid d’abeille ré-entrante. .................................................................. 38
Figure 2.5 (a) Les paramètres de l’âme, (b) les quatre configurations d’âme. ..................................... 39
Figure 2.6 (a) Bobine en PFF, (b) La machine d’impression 3D. ........................................................... 40
Figure 2.7 Photo MEB des filaments en PFF : a) avant impression ; b) après impression. ................... 42
Figure 2.8 Sens d’impression des altères. ............................................................................................. 42
Figure 2.9 Dispositif expérimental de traction. .................................................................................... 43
Figure 2.10 Géométrie d’une structure auxétique et conditions aux limites. ...................................... 43
Figure 2.11 Courbes contraintes-déformations des altères en PFF imprimées suivant : a) l’axe X ; b)
l’axe Y ; c) l’axe Z et d) comparaison. .................................................................................................... 46
Figure 2.12 Les caractéristiques mécaniques des structures auxétiques pour différents nombres de
cellule en largeur : a) 1 cellule ; b) 2 cellules ; c) 3 cellules et d) 4 cellules. ......................................... 47
Figure 2.13 Résultats expérimentaux, analytiques et numériques du : a) coefficient de Poisson et b)
module d’Young des différentes configurations de la structure auxétique. ........................................ 48
Figure 2.14 Dispositif expérimental de compression. .......................................................................... 49
Figure 2.15 Courbe de comportement en compression d’une âme d’épaisseur 5 mm avec 1 cellule en
largeur. .................................................................................................................................................. 50
Figure 2.16 Module de compression pour différentes configurations d’âme auxétique. .................... 50
Figure 2.17 Courbe force/déplacement des essais de compression des âmes pour différentes nombre
de cellules en largeur et une épaisseur de 5 mm. ................................................................................ 50
Khawla ESSASSI V
Figure 2.18 Courbe force/déplacement des essais de compression de l’âme avec 1 cellule en largeur
pour différentes épaisseurs. ................................................................................................................. 50
Figure 2.19 Evolution de l’énergie dissipée pour différentes configurations d’âmes. ......................... 51
Figure 2.20 Evolution de la force maximale en fonction du nombre de cellules pour différentes
épaisseurs. ............................................................................................................................................ 52
Figure 2.21 Processus d’endommagement des âmes auxétiques avec différentes épaisseurs : a) 5
mm ; b) 10 mm ; c) 15 mm. ................................................................................................................... 52
Figure 3.1 Dispositif expérimental de flexion 3-points. ........................................................................ 58
Figure 3.2 Modèle éléments finis du flexion 3-points : a) conditions aux limites, b) maillage. ........... 59
Figure 3.3 Courbe de convergence de maillage du sandwich avec 2 cellules en largeur. .................... 59
Figure 3.4 Courbes charge/déflexion des essais de flexion 3-points réalisés sur des sandwiches avec
différents nombres de cellule en largeur : a) 1 cellule ; b) 2 cellules ; c) 3 cellules et d) 4 cellules. .... 60
Figure 3.5 Comparaison des caractéristiques en flexion expérimentaux et numériques pour des
sandwiches avec différents nombres de cellule en largeur.................................................................. 61
Figure 3.6 Evolution du rapport P/(Wd) en fonction du carré de la distance entre appuis pour les
quatre configurations. .......................................................................................................................... 62
Figure 3.7 Propriétés des constituants du sandwich déduites des essais de flexion : a) module
d’Young des peaux et b) module de cisaillement des âmes. ................................................................ 63
Figure 3.8 Comparaison entre les résultats expérimentaux et ceux déduits analytiquement des
sandwiches pour différents nombres de cellule en largeur : a) 1 cellule ; b) 2 cellules ; c) 3 cellules et
d) 4 cellules. .......................................................................................................................................... 64
Figure 3.9 Propriétés mécaniques de la structure sandwich. ............................................................... 66
Figure 3.10 Suivi de la rupture par flexion du sandwich....................................................................... 66
Figure 3.11 Dispositif expérimental utilisé pour les essais d’indentation. ........................................... 68
Figure 3.12 Courbe force/déplacement des essais d’indentation des sandwiches avec différents
nombre de cellules et une épaisseur d’âme de 5 mm. ......................................................................... 68
Figure 3.13 Courbe force/déplacement des essais d’indentation des sandwiches avec différentes
épaisseurs d’âme et une cellule en largeur. ......................................................................................... 69
Figure 3.14 Evolution de l’énergie dissipée pour une épaisseur d’âmes de 10 mm. ........................... 70
Figure 3.15 Evolution de la force en fonction du déplacement et l’énergie dissipée pour le sandwich
d’épaisseur 10 mm avec 1 cellule en largeur........................................................................................ 70
Figure 3.16 Dispositif d’essais et de suivi par émission acoustique. .................................................... 71
Figure 3.17 Principaux paramètres d’une salve d’émission acoustique ............................................... 72
Figure 3.18 Recherche du nombre de classes minimisant le critère Rij ................................................ 72
Figure 3.19 Analyse des données d’émission acoustique pour un sandwich à 1 cellule en largeur : a)
représentation des évènements en Amplitude/Temps, b) chronologie d’apparition et évolution des
classes et c) analyse en composantes principales. ............................................................................... 74
Figure 3.20 Analyse des données d’émission acoustique pour un sandwich à 2 cellules en largeur : a)
représentation des évènements en Amplitude/Temps, b) chronologie d’apparition et évolution des
classes et c) analyse en composantes principales. ............................................................................... 74
Figure 3.21 Analyse des données d’émission acoustique pour un sandwich à 3 cellules en largeur : a)
représentation des évènements en Amplitude/Temps, b) chronologie d’apparition et évolution des
classes et c) analyse en composantes principales. ............................................................................... 75
Figure 3.22 Analyse des données d’émission acoustique pour un sandwich à 4 cellules en largeur : a)
représentation des évènements en Amplitude/Temps, b) chronologie d’apparition et évolution des
classes et c) analyse en composantes principales. ............................................................................... 75
Khawla ESSASSI VI
Figure 3.23 Analyse des données d’émission acoustique pour un sandwich à 2 cellules en largeur et
une épaisseur d’âme de 10 mm : a) représentation des évènements en Amplitude/Temps, b)
chronologie d’apparition et évolution des classes et c) analyse en composantes principales. ........... 77
Figure 3.24 Analyse des données d’émission acoustique pour un sandwich à 2 cellules en largeur et
une épaisseur d’âme de 15 mm : a) représentation des évènements en Amplitude/Temps, b)
chronologie d’apparition et évolution des classes et c) analyse en composantes principales. ........... 77
Figure 3.25 Caractéristiques moyennes des trois classes obtenues. .................................................... 78
Figure 3.26 Distributions des propriétés des quatre classes d’EA : a) Amplitude, b) Energie, c) Durée,
d) Nombre de coups au pic et e) Temps de montée. ........................................................................... 79
Figure 3.27 Contribution des mécanismes d’endommagement pour les quatre configurations......... 80
Figure 3.28 Observation macroscopique et au MEB des modes d’endommagement des sandwiches.
.............................................................................................................................................................. 82
Figure 4.1 Courbes représentatives de l’évolution du rapport F/F0 en fonction du nombre de cycles
pour différents niveaux de chargement r et pour différentes nombre de cellules d’âmes en largeur :
a) 1 cellule; b) 2 cellules; c) 3 cellules et d) 4 cellules. .......................................................................... 91
Figure 4.2 Evolution de la charge en fonction du nombre de cycles pour différents nombres de
cellules d’âmes et pour un niveau de chargement r=80%.................................................................... 92
Figure 4.3 Evolution des cycles d’hystérésis pour un niveau de chargement r=80% et pour différents
nombres de cellules d’âmes en largeur : a) 1cellule ; b) 2 cellules ; c) 3 cellules et d) 4 cellules. ........ 93
Figure 4.4 Représentation d’un cycle d’hystérésis ............................................................................... 94
Figure 4.5 Evolution de l’énergie dissipée en fonction du nombre de cycles pour différents niveaux
de chargement et pour différents nombres de cellules d’âmes en largeur : a) 1cellule ; b) 2 cellules ;
c) 3 cellules et d) 4 cellules. .................................................................................................................. 95
Figure 4.6 Evolution de l’énergie dissipée en fonction du nombre de cycles pour différents nombres
de cellules d’âmes et pour un niveau de chargement r=85%............................................................... 96
Figure 4.7 Evolution du facteur de perte en fonction du nombre de cycles pour différents niveaux de
chargement et pour différents nombres de cellules d’âmes en largeur : a) 1cellule ; b) 2 cellules ; c) 3
cellules et d) 4 cellules. ......................................................................................................................... 97
Figure 4.8 Evolution du facteur de perte en fonction du nombre de cycles pour différents nombres
de cellules d’âmes et pour un niveau de chargement r=85%............................................................... 98
Figure 4.9 Courbe de Wöhler pour les différentes configurations testées. ......................................... 99
Figure 4.10 Les coefficients des fonctions d'interpolation dans les sandwiches avec différents
nombres de cellules d’âmes en largeur. ............................................................................................. 100
Figure 4.11 Courbes de Wöhler expérimentales et analytiques des sandwiches pour différentes
nombre de cellules d’âmes en largeur : a) 1 cellule ; b) 2 cellules ; c) 3 cellules et d) 4 cellules. ...... 102
Figure 4.12 Evolution du paramètre d'endommagement des sandwiches pour différents nombre de
cellules d’âmes en largeur : a) 1 cellule ; b) 2 cellules ; c) 3 cellules ; d) 4 cellules et e) toutes les
structures. ........................................................................................................................................... 103
Figure 5.1 Vue de dessus et de côté de : (a) la configuration W, (b) la configuration L. .................... 109
Figure 5.2 Exemple de FRF d’une poutre sandwich. a) Diagramme et Bode et b) représentation du
mode 2 dans le plan de Nyquist [2]. ................................................................................................... 109
Figure 5.3 (a) Paramètres du cercle d’interpolation pour la méthode de Circle-Fitting, (b) Illustration
de la méthode de la bande passante [2]. ........................................................................................... 110
Figure 5.4 Méthode de la bande passante à (-3 dB). .......................................................................... 111
Figure 5.5 a) dispositif expérimental d’analyse modale, b) éprouvette encastré-libre...................... 112
Figure 5.6 Propriétés dynamiques des peaux : a) facteurs de perte et b) modules d’Young. ............ 113
Figure 5.7 Propriétés dynamiques de l’âme auxétique en cisaillement ............................................. 115
Khawla ESSASSI IX
Nomenclature
Khawla ESSASSI X
σu Contrainte ultime
εu Déformation plastique ultime
εy Déformation élastique ultime
σp Contrainte à la rupture des peaux
τa Contrainte à la rupture par cisaillement des âmes
W La déflexion
P Charge appliquée
d Distance entre appuis en flexion
D Rigidité équivalente en flexion
N Rigidité équivalente en cisaillement
Kb Coefficient de déviation en flexion
Ks Coefficient de déviation en cisaillement
Di Contribution de l’endommagement
Ei Energie acoustique cumulée du chaque mécanisme d’endommagement
Et Energie acoustique globale
Ep Energie potentielle
Ed Energie dissipée
Er Energie restituée
R Taux de chargement
r Niveau de chargement
dmin Déplacement minimal
dmax Déplacement maximal
dmoy Déplacement moyen
damp Amplitude de déplacement
drup Déplacement à la rupture en statique
F Charge maximale
F0 Charge des premiers cycles
Fmax Charge maximale
Nr Nombre de cycles à la rupture
Nα Nombre de cycles critique
η Facteur de perte
fi Fréquence de résonnance du mode i
Khawla ESSASSI XI
(EI)eq Rigidité équivalente
FRF Fonction de réponse en fréquence
LVDT Transducteur différentiel variable linéaire
EA Emission acoustique
CND Contrôle non destructif
MEB Microscope Electronique à Balayage
VBT Technique du faisceau de vibrations
k-moyennes Méthode des centres mobiles
PDT Temps du pic d’amplitude
HDT Bout d’une salve
HLT Temps mort à la fin d’une salve
Rij Coefficient de Davies et Bouldin
ACP Analyse en composantes principales
ASTM D638 Méthode d'essai standard des propriétés de traction des plastiques
ASTM C365 Méthodes d'essai standard des propriétés de compression des sandwiches
ASTM E756e98 Méthode d'essai standard pour mesurer les propriétés d'amortissement
des vibrations Matériaux
Introduction générale
Durant ces dernières années, les matériaux composites sont de plus en plus utilisés dans
différents domaines d’application tels que l’automobile, l’aéronautique, le génie civil, le sport
et les loisirs. En effet, les propriétés mécaniques des matériaux composites associées à leur
faible poids leur permettent de remplir plusieurs fonctions. Ces matériaux sont généralement
constitués des matrices polymères et des renforts fibreux. Les structures sandwiches, un type
de matériau composite, sont constituées d’une âme légère située entre deux peaux rigides et
résistantes. ’âme permet d’accroître le moment quadratique de la structure ce qui mène à
augmenter sa rigidité et sa résistance en flexion. Ces matériaux possèdent également des
bonnes propriétés d’amortissement des vibrations, d’isolation thermique et acoustique.
Progressivement, les éco-composites apparaissent comme une alternative à ceux synthétiques
afin de répondre aux exigences environnementales et écologiques. Les composites constitués
d’une matrice biologique renforcé par des fibres naturelles, plus précisément des fibres de lin,
ont présenté des propriétés mécaniques spécifiques du même ordre que celles des composites
renforcés par des fibres synthétiques. De plus, la fin de vie de ces matériaux est envisageable
en utilisant les méthodes de recyclabilité ou de la biodégradabilité.
Khawla ESSASSI 1
Introduction générale
Khawla ESSASSI 2
Introduction générale
ont été détectés et analysés. D’autre part, des observations macro et microscopiques des faciès
de rupture ont été réalisées.
Le quatrième chapitre traite la durabilité des structures sandwiches bio sourcées étudiées.
Des essais de flexion trois-points en fatigue cyclique sont effectués. Les essais de fatigue sont
réalisés en contrôlant le déplacement avec différents niveaux de chargement. La durée de vie
de ces éco-composites est quantifiée. Par ailleurs, l’évolution de l’endommagement est traitée
en suivant la charge, la quantité d’énergie dissipée ainsi que le facteur de perte en fonction du
nombre de cycles. De plus, une modélisation analytique est effectuée dans le but de déterminer
l’évolution de l’endommagement au cours de l’essai. Une bonne corrélation entre les résultats
expérimentaux et analytiques est observée. Une étude de l’influence du nombre de cellules sur
les propriétés en fatigue est présentée.
Le cinquième chapitre présente les résultats d’une analyse expérimentale et par éléments
finis du comportement en vibration des peaux, des âmes et des structures sandwiches. Des
essais d’analyses modales sont menés dans le cas de vibration en configuration encastrée-libre
en flexion de poutres. Les poutres sont excitées au moyen d’un marteau d’impact à côté de
l’encastrement et la réponse est détectée à côté de l’extrémité libre au moyen d’un vibromètre
laser. L’étude a permis de mesurer les fréquences propres, le module d’Young ainsi que
l’amortissement modal du matériau. Deux types de configurations d’âme, la configuration L et
W, trois épaisseurs et quatre densités d’âmes sont testés. Enfin, une étude par éléments finis
est développée. Cette étude a permis de mettre en évidence la contribution des différents
constituants dans la réponse globale des sandwiches. Celui-ci permet d’évaluer le
comportement vibratoire des structures sandwiches tout en considérant les propriétés
viscoélastiques des différents constituants.
Enfin de ce manuscrit de thèse, les différents résultats obtenus sont synthétisés dans la
conclusion générale dont on propose un certain nombre de perspectives.
Khawla ESSASSI 3
Chapitre 1 : Etude bibliographique
Résumé
5
Etude bibliographique
1.1 Introduction
Les matériaux composites ont présenté une bonne alternative aux matériaux métalliques
dans l’industrie de transport et aérospatiale en raison de ses caractéristiques mécaniques
élevées associées à un faible poids. Ces matériaux sont constitués généralement d’une matrice
polymère et un renfort fibreux. Pour des raisons écologiques et environnementales, les éco-
composites suscitent plus d’intérêt et limitent l’utilisation des composites à base des fibres
synthétiques. En effet, l’objectif de cette étude est en particulier de développer des éco-
composites sandwiches à âme en nid d’abeilles ré-entrantes et d’étudier leurs comportements
mécaniques.
Dans ce chapitre, une étude de la littérature des matériaux composites et leurs constituants
(fibres et matrices) est présentée. Les formes auxétiques sont présentées ainsi que les différents
procédés de mise en œuvre des composites stratifiés et sandwiches. Ensuite, l’influence des
structures auxétiques sur les propriétés des sandwiches a été étudiée. Enfin, l’accent a été mis
sur une synthèse bibliographique concernant les caractéristiques les plus pertinentes de la
structure en nid d’abeilles réentrants à utiliser dans les sandwiches.
Les composites ont été délaissés suite à la révolution industrielle, en laissant place à la
métallurgie. Ensuite, ils sont revenus pour répondre aux problématiques d’allégement des
structures aéronautiques. Les matériaux synthétiques ont été utilisés (résines époxydes, fibres
de carbone et de verre, etc.). Ensuite, les problèmes de pollutions environnementales ont
encouragé l’utilisation des matériaux de ressources biologiques ce qui a donné naissance aux
éco-composites.
Khawla ESSASSI 7
Etude bibliographique
Figure 1.1 Différentes architectures de matériaux composites : a) composite chargé, b) composite fibres
courtes, c) composite stratifié à plis unidirectionnels et d) structure sandwich [2].
Les charges sont généralement utilisées pour améliorer l’adhérence fibre/matrice [2]. Elles
sont parfois utilisées afin d’ajouter des propriétés particulières au composite comme les
pigments de coloration. Les fibres courtes sont généralement utilisées afin d’augmenter les
performances du composite. Selon la taille des fibres, les caractéristiques peuvent être
améliorées jusqu’à 30 % par rapport à celles de la matrice d’origine non chargée. Dans ce cas,
le matériau peut être considéré comme ՙՙquasiment՚՚ isotrope. Un composite stratifié est
constitué d’un assemblage de différents plis superposés avec des orientations potentiellement
différentes. Par conséquent, on peut améliorer certaines directions en adaptant la séquence
d’empilement. Les plis peuvent être multidirectionnels ou unidirectionnels. Ce dernier présente
les caractéristiques mécaniques les plus élevées pour des taux de fibres supérieurs à 50 % [2].
Finalement, on trouve les structures sandwiches qui sont adaptées à la fabrication des matériaux
à hautes propriétés spécifiques (propriétés mécaniques rapportées à la masse). Deux peaux,
souvent en composite, sont collées à une âme légère (mousse, bois, nid d’abeilles, etc.). L’âme
est dédiée à supporter les chargements de cisaillement et de compression. Elle permet
d’améliorer le moment quadratique, la rigidité et la résistance en flexion du matériau en
écartant les peaux.
Le matériau composite stratifié est un assemblage entre une matrice du type thermoplastique
ou thermodurcissable avec des renforts fibreux. Cet assemblage de différents éléments permet
de concevoir un matériau solide et hétérogène possédant des propriétés mécaniques que chacun
des constituants pris isolément ne possède pas.
Khawla ESSASSI 8
Etude bibliographique
Les renforts dans un composite peuvent être sous différentes formes : les fibres courtes et
les fibres longues. Les charges sont à l’échelle du millimètre comme le sable ou les graviers
dans les bétons. Les fibres courtes sont à l’échelle du centimètre. L’orientation des fibres est
aléatoire ce qui conduit à un matériau homogène et isotrope. Les fibres longues sont à l’échelle
du décimètre de la structure. L’orientation des fibres dans ce cas est contrôlable et doit être
choisie pour renforcer les directions privilégiées.
Différentes architectures de tissage des renforts de type fibre peuvent exister comme illustré
dans la Figure 1.2. La structure de taffetas ou sergé est une mèche de fibres unidirectionnelles
de faible largeur tisser de façon spécifique. L’architecture unidirectionnelle est obtenue lorsque
les fibres sont alignées suivant la même direction. Parfois, un faible pourcentage de fils de
trame est utilisé afin de faciliter la manipulation du renfort. Ce qui conduit à des tissus quasi
unidirectionnels.
Figure 1.2 Exemple d’architectures de renfort : a) taffetas, b) sergé et c) tissu quasi-unidirectionnel [3].
Il existe une large gamme de renforts biosourcés utilisés dans la fabrication des composites.
Ce type de renfort peut exister sous différentes formes comme les charges ponctuelles, les
fibres courtes ainsi que les fibres longues. Sommerhuber et al. [4] ont utilisé des particules de
bois comme charges ponctuelles afin de valoriser les déchets de bois. Il existe d’autres types
de fibres naturelles qui sont d’origine animale (laine de mouton, cachemire, plumes, etc.). Ce
sont des fibres largement utilisées dans le domaine de textiles vestimentaires, possédant des
propriétés mécaniques faibles limitant ainsi leur utilisation pour la réalisation de matériaux
composites à hautes performances. Cependant, les fibres d’origine végétale sont plus
Khawla ESSASSI 9
Etude bibliographique
intéressantes et possèdent des propriétés proches de celles présentées par les fibres synthétiques
[5, 6]. Yan et al. [7] ont synthétisé les principales fibres naturelles utilisées dans la littérature,
présentée en Figure 1.3. On trouve différentes études sur les fibres de lin [8, 9], de kenaf [10,
11] ou encore les fibres de sisal [12, 13]. De plus, de nombreuses fibres ont été utilisées pour
la fabrication des composites afin d’être valorisées en tant que ressources locales. On trouve
ainsi plusieurs études portant sur les composites renforcés de fibres de bambou [14, 15], d’alfa
[16], de chanvre [17, 18] ou de jute [19, 20].
Khawla ESSASSI 10
Etude bibliographique
fibres sont différentes d’une région à une autre. En effet, les fibres issues des feuilles, des tiges
ou des graines n’ont plus les mêmes fonctions au sein de la plante. Dans le cas des fibres de
coco par exemple, les fibres issues des tiges possèdent comme fonction d’apporter la rigidité
et la résistance à la plante sollicitée en flexion (sous l’effet du vent). Par contre, les fibres qui
entourent les fruits servent à la protection du fruit des attaques extérieures ou des chutes. Pour
cette raison, le type d’application est nécessaire pour faire le choix des fibres (rigidité,
résistance aux chocs, etc.).
Différentes études ont utilisé les fibres naturelles comme âme dans les panneaux sandwiches
[23, 24, 25, 26]. Il a été prouvé que les propriétés mécaniques en traction et en flexion des
sandwiches sont meilleures que celles des composites stratifiés avec les mêmes fibres
naturelles. Pablo Resende Oliveira et al. [27, 28, 29] ont étudié des poutres sandwiches d’âmes
en bouchons de bouteilles. C’est une solution qui apporte un gain de masse et de coût pour les
applications structurelles. Les résultats montrent qu'une topologie d’âme réalisée à partir d'une
orientation alternée des bouchons de bouteille améliore la résistance des peaux et d’âme. Aussi,
ces poutres sandwiches améliorent la résistance en cisaillement et la rigidité d’âme jusqu’à 9
fois plus par rapport aux poutres à base d’aluminium et elles améliorent jusqu’à 10 fois plus
les propriétés de flexion comparées aux poutres en PET à base d’époxy.
Les thermoplastiques sont constitués des macromolécules linéaires qui peuvent être
cristallisées. C’est un assemblage de ramifié par des liaisons dites faibles. Ce type de polymère
peut être recyclé. Parmi les thermoplastiques les plus utilisés, on trouve le polyéthylène (PE),
le polypropylène (PP), ou encore les polystyrènes (PS). Il existe des thermoplastiques qui sont
partiellement biosourcés comme le polyéthylène téréphtalate (PET). De plus, il existe des
Khawla ESSASSI 11
Etude bibliographique
thermoplastiques qui sont totalement biosourcés comme l’acide polylactique (PLA) [30] ou
l’acétate de cellulose [31]. Ces matériaux présentent une solution qui répond aux problèmes
environnementaux actuels liés à la pollution par le plastique. L’association de ces matrices
biosourcées et de fibres végétales biodégradables permet ainsi la réalisation des composites
biodégradables [32]. Malgré les bonnes performances environnementales de ces composites
biosourcés, ils possèdent des caractéristiques mécaniques et thermiques limités. Ce qui limite
leur utilisation dans les applications structurelles.
1.4.1 Définition
Une structure sandwich est une forme particulière de composite multicouche. Cette structure
permet d’améliorer les propriétés mécaniques en flexion avec une faible augmentation de la
Khawla ESSASSI 12
Etude bibliographique
masse globale. Les poutres sandwiches sont utilisées dans différents domaines d’application,
comme les éoliennes, les cloisons et les planchers de véhicules de transport, les coques de
bateaux, ainsi que dans le secteur du bâtiment sous forme des éléments d’isolation intérieure.
Une âme légère et épaisse est située entre deux peaux minces et rigide. Dans ce cas, le moment
quadratique des poutres sandwiches est fortement amélioré. Suite à une sollicitation en flexion,
les peaux travaillent en traction/compression et l’âme épaisse travaille en cisaillement.
Les peaux du sandwich peuvent être constituées de matériau composite. La peau supérieure
doit supporter les efforts de compression tandis que la peau inférieure doit supporter les efforts
de traction et inversement. Par conséquent, le matériau constituant les peaux composites doit
être choisi de façon à supporter les efforts de traction/compression dans les directions de
flexion du sandwich. Ainsi, les peaux peuvent être formées par des éco-composites afin de
construire une structure sandwich biosourcée de hautes performances. Les peaux du sandwich
sont aussi utilisées pour protéger l’âme des agressions extérieures comme les impacts,
l’humidité, les attaques chimiques, etc. Elles peuvent aussi donner un aspect esthétique à la
structure dans le cas où la pièce est visible.
L’âme du sandwich est utilisée afin d’écarter les peaux pour augmenter le moment
quadratique global avec une légère augmentation de la masse de la structure comme dans le
cas des poutres. Les efforts supportés par l’âme sont liés au cisaillement pour les sollicitations
en flexion, ou à la compression pour les sollicitations en compression. Par conséquent, il est
recommandé d’utiliser des âmes de structures cellulaires comme les mousses, les nids
d’abeilles, etc. La variation de la taille des cellules permet de changer la masse volumique de
l’âme ce qui conduit à une certaine rigidité et résistance en cisaillement et en compression
réglable suivant le besoin.
L’âme en nid d’abeilles est recommandée dans les structures sandwiches grâce à ses
propriétés mécaniques importantes. L’âme d’une structure sandwich peut favoriser
l’amortissement de vibration [35], améliorer les propriétés de retard au feu [36] et permettre
une isolation thermique optimale [37]. Parmi les matériaux biosourcés utilisés comme âme, on
trouve le balsa, le liège et les structures architecturées biosourcées. Le balsa est connu pour ses
Khawla ESSASSI 13
Etude bibliographique
propriétés spécifiques intéressantes [38, 39]. Le liège est apprécié pour ses bonnes propriétés
d’absorption d’énergie [40, 41, 42]. Suite à l’association de ces âmes à des peaux composites
biosourcées, on peut réaliser des structures sandwiches biosourcées [43, 44, 45]. Les structures
auxétiques ont été aussi utilisé comme âmes du composite sandwich [46, 47]. Il a été montré
que les mousses auxétiques améliorent la contrainte de cisaillement comparée aux mousses
conventionnelles.
La mise en œuvre des matériaux composites stratifiés peut se faire de différentes manières
qui dépendent du type de la matrice utilisée et des renforts ainsi que la forme de la pièce finale
désirée. On peut trouver la technique de moulage au contact [48], le moulage par injection ou
fusion [49], l’injection thermoplastique [50], la thermocompression [51], etc.
Dans le cas des résines thermodurcissables, un mélange entre la résine et le durcisseur doit
être réalisé. Puis, l’opérateur dispose d’un certain temps pour utiliser la résine non polymérisée
et l’associer au renfort. Le moulage au contact est un procédé manuel qui sert à imprégner le
renfort et le résine. Cette technique est largement utilisée dans la littérature [6, 52]. D’abord,
les fibres doivent être disposées sur une moule, puis la résine est appliquée à l’aide d’un
rouleau. Cette technique est bien adaptée dans le cas des stratifiés de plis unidirectionnels. Au
cours de la mise en œuvre, les fibres peuvent impliquer une mouillabilité ce qui conduit à des
séquences d’empilements avec des directions variables. Après l’imprégnation, une
compression doit être appliquée afin d’améliorer le taux de compaction. Cette étape est réalisée
sous presse ou au moyen d’un sac à vide. Malgré la simplicité de ce procédé, l’opérateur doit
s’assurer de l’orientation des différentes couches de fibres. Il n’est pas recommandé dans le cas
des fibres courtes. La manipulation de certaines résines peut poser des problèmes d’hygiène et
de sécurité au travail.
Le moulage par injection est utilisé dans le cas des composites à matrices
thermodurcissables [53, 54]. Les fibres sont positionnées dans une moule rigide et
hermétiquement fermée. La résine est ensuite injectée à l’aide d’une pompe à travers des
intervalles existant dans le moule, en imprégnant les fibres. L’infusion de résine est un procédé
très similaire au moulage par injection [39, 55]. La seule différence c’est qu’il utilise une bâche
Khawla ESSASSI 14
Etude bibliographique
à vide flexible. La compaction et l’avancée de la résine sont assurées dans ce cas par la
dépression imposée. Ce procédé est adapté à la production des pièces à géométrie plus ou moins
complexe ou de grandes dimensions telles que les coques de bateau, les pales d’éolienne, etc.
Différents procédés peuvent être considérés pour la fabrication des matériaux sandwiches :
la mise en œuvre par assemblage, les procédés dits « one-shot » et le procédé de la fabrication
additive.
La mise en œuvre par assemblage consiste à fabriquer les peaux et l’âme séparément puis
les coller ensemble [2, 59]. Dans ce cas, un choix d’un bon adhésif doit être fait pour assurer
une interface de qualité entre les peaux et l’âme. L’état de surface des peaux et de l’âme peut
être améliorée par des traitements physiques ou chimiques afin de perfectionner l’adhérence.
Dans le cas des sandwiches à âme en mousses, une bonne adhésion mécanique est assurée grâce
à l’état rugueux de ces matériaux. Une contrainte concernant ce procédé, c’est le choix de
l’adhésif qui doit être compatible avec les matériaux des constituants. Par exemple, une résine
en polyester n’est pas recommandée pour être utilisée avec une âme en mousse polystyrène.
De plus, la viscosité de l’adhésif avant sa polymérisation doit être étudiée surtout pour les âmes
à cellules ouvertes comme les nids d’abeilles et le bois de balsa. Une colle très fluide va être
coulée à l’intérieur des cellules sans participer à l’adhésion ce qui va influer largement sur le
comportement du sandwich avec une création de certains défauts locaux ce qui peut révéler à
des catastrophes. Un dimensionnement de l’épaisseur de colle est ainsi indispensable surtout
Khawla ESSASSI 15
Etude bibliographique
pour les sandwiches à âme en nid d’abeilles [60]. Ce procédé peut créer différents défauts lors
de l’assemblage de l’âme en nid d’abeilles avec les peaux. Il n’est pas recommandé dans le cas
où les peaux sont à matrice thermoplastique, elles peuvent être localement fondues et être
assemblées avec l’âme.
Le procédé « one-shot » (c’est-à-dire en une seule opération) est utilisé dans le cas où les
peaux du sandwich sont en matériaux composites, ce qui permet d’effectuer simultanément la
fabrication des peaux et leur assemblage avec l’âme. Dans ce cas, l’âme peut être considérée
comme une couche d’un composite stratifié. Les procédés de thermocompression peuvent être
utilisés pour la mise en œuvre des composites à matrice thermoplastique, à condition que l’âme
utilisée résiste à la pression nécessaire à la formation des peaux composites [2, 61].
Le procédé de fabrication additif est une nouvelle technique pour la fabrication des
matériaux sandwiches. C’est un processus de fabrication basé sur la jonction de matériaux
fondus en créant des modèles 3D à l’aide de données couche par couche. Cette technique assure
la fabrication des sandwiches à âme de forme complexe, comme les nids d’abeilles, les
structures en treillis, etc. Elle permet la mise en œuvre des peaux et de l’âme comme un seul
objet sans besoin d’utiliser de l’adhésif. Elle permet la fabrication des composites à base de
polymères renforcés par des fibres naturelles ou synthétiques, courtes ou longues. Cette
technique est bien utilisée dans le cas de la fabrication des composites sandwiches à âmes
architecturées.
La fabrication additive (FA) a débuté au milieu des années 80 par des sociétés situées en
France, aux États-Unis et au Japon. L’avantage de ce type de fabrication est la possibilité
d’avoir rapidement une pièce de forme complexe. Elle est basée sur le dépôt de couche par
couche de la matière fondue jusqu’à l’obtention de la géométrie souhaitée. La fabrication
additive se fait suivant différentes étapes. Dans un premier temps, une modélisation de la pièce
doit être créée dans un outils CAO. Cette modélisation présente la géométrie et les dimensions
de la pièce. La deuxième étape est de convertir le modèle CAO au format STL compatible avec
le logiciel lié à l’impression 3D. Finalement, le fichier STL est découpé en couches
horizontales parallèles les unes aux autres. Les couches horizontales sont formées dans le plan
Khawla ESSASSI 16
Etude bibliographique
X-Y tandis que l’ajout de la matière se produit dans la direction Z. Chaque couche est ensuite
ajoutée par le système de l’impression 3D résultant en un modèle physique.
Le procédé de la fabrication additive a été largement utilisé dans la littérature. Tian et al.
[62] ont utilisé un nouveau procédé de fabrication basé sur l'impression 3D de composites
thermoplastiques (PLA) renforcés par des fibres continues en carbone. La Figure 1.4 illustre le
processus de l’impression utilisé. La température et la pression sont des paramètres critiques
du processus de fabrication, qui déterminent les performances mécaniques des composites.
L’influence des paramètres de l’impression 3D sur les interfaces et les propriétés du matériau
a été étudié. Il a été montré que l'imprégnation des plastiques dans le faisceau de fibres est
obtenue pour une température de fusion entre 200 et 230°C pour le PLA.
L’impression 3D est utilisée dans plusieurs domaines. Elle est utilisée pour la fabrication
des dispositifs médicaux complexes [63]. Il a été démontré que la fabrication additive présente
un potentiel important pour le développement de nouvelles applications médicales telles que
celles observées pendant la pandémie provoquée par le Covid-19. Elle peut être aussi appliquée
à la médecine régénérative pour répondre au besoin de transplantation d'organes [64, 65]. Elle
est ainsi largement utilisée pour la régénération de tissus biomédicaux complexes comme l’os,
le cartilage et les nerfs et aussi des organes avec une microarchitecture 3D complexe comme
le foie et l’organe lymphoïdes [66].
Khawla ESSASSI 17
Etude bibliographique
utilisant du voxel sphérique. Ce sont des microsphères assemblées parallèlement les unes à
côtés des autres jusqu’à la fabrication finale de la pièce. La fabrication additive est utilisée
aussi pour la production des matériaux intelligents possédant la capacité de transformer leur
géométrie sous l'influence de l'extérieur. Raviv et al. [69] ont rapporté une nouvelle conception
de structure complexe auto évolutive qui peut se transformer en une forme prédéterminée en
utilisant la fabrication additive. Ge et al. [70] ont introduit une nouvelle approche basée sur la
micro-stéréolithographie de projection qui appartient à la photopolymérisation en cuve afin de
créer des architectures multi-matériaux en utilisant un polymère à mémoire de forme.
Les matériaux céramiques sont aussi utilisés dans la fabrication additive (FA). Les méthodes
FA actuelles peuvent produire des pièces en céramique sans fissures et sans pores grâce à
l'optimisation des paramètres du processus incorporé avec des techniques de traitement
colloïdal dans le processus FA [71]. Les pièces en céramique imprimées en 3D [72] ont montré
une excellente stabilité thermique. Ils présentent un intérêt pour les systèmes de protection
thermique, les brûleurs poreux, les composants de propulsion, les emballages d'appareils
électroniques, etc... Des réalisations importantes ont été menées dans les matériaux
électroniques dans le domaine de la fabrication additive [73, 74]. Les techniques d’impression
3D permettent la production des composants électroniques fonctionnels comme les antennes,
les résistances, les inductances et les condensateurs en une seule étape sans aucun post-
traitement [75].
Les structures en nid d’abeilles sont largement utilisées comme des âmes pour les
composites sandwiches. Le mot « nid d’abeilles » est utilisé pour désigner tous les types de
Khawla ESSASSI 18
Etude bibliographique
La géométrie d’une cellule en nid d’abeilles est illustrée en Figure 1.5. Cette géométrie est
définie par différents paramètres ; la longueur des parois verticales et inclinées noter
respectivement par h et l, l’épaisseur des parois noter t et l’angle d’inclinaison des parois
inclinées noter θ. Le signe de cet angle est très important pour caractériser la géométrie de la
structure en nid d’abeilles. Si l’angle est positif alors on est dans le cas de la structure en nid
d’abeilles conventionnelles. Si l’angle est négatif alors on est dans le cas de la structure en nid
d’abeilles ré-entrantes, appelé aussi auxétique.
Khawla ESSASSI 19
Etude bibliographique
Figure 1.5 Géométrie des cellules en nid d'abeilles et système de coordonnées utilisées dans les modèles
analytiques pour les structures (a) conventionnelles et (b) ré-entrantes [84].
Le comportement mécanique de ces deux structures est très différent. Plusieurs études ont
été élaborées afin de comparer les deux structures de nid d’abeilles : conventionnelle et ré-
entrante. Les formes auxétiques ont présenté un coefficient de Poisson négatif. C’est-à-dire ces
matériaux tendent à augmenter de volume quand ils sont sollicités en traction et inversement
en compression. La dispersion phonique dans les structures auxétiques a été étudiée et
comparée à celles d'un réseau en nid d'abeilles conventionnelles [85]. Il a été montré que la
structure auxétique améliore les propriétés phoniques que celle conventionnelle. Hou et al. [86]
ont étudié le comportement en compression des sandwiches en nid d’abeilles conventionnelles
et ré-entrantes. Les résultats obtenus montrent que la forme auxétique améliore le module et la
résistance en compression. Les sandwiches à âme auxétique présentent des propriétés
mécaniques en compression qui varient selon les différents modes d’endommagement. Ces
résultats peuvent être expliqués par l’effet du coefficient de Poisson négatif qui sert à absorber
significativement le déplacement dynamique maximal du sandwich.
Différentes méthodes peuvent être considérées pour fabriquer les structures en nid d’abeilles
[83]. La différence entre les méthodes est basée sur la façon dont les nœuds sont attachés. Parmi
les méthodes existantes on peut citer le collage, la fusion thermique, le soudage par diffusion
et par résistance, etc. Le procédé de fabrication le plus connu est la liaison adhésive. On trouve
95% des âmes en nid d’abeilles qui sont fabriquées par ce procédé. Deux techniques de base
de ce procédé sont utilisées pour la fabrication des nids d’abeilles : le processus d’ondulation
et le processus d’expansion. Récemment, on constate l’émergence de la technique de la
Khawla ESSASSI 20
Etude bibliographique
fabrication additive (impression 3D) pour la réalisation des structures en nid d’abeilles. Cette
technique est devenue le procédé préférable grâce aux avantages qu’elle présente. Ces trois
processus sont illustrés sur la Figure 1.6.
(a)
(b)
(c)
Figure 1.6 Procédé de fabrication de l'âme en nid d'abeilles : (a) processus d’ondulation ; (b) processus
d’expansion ; (c) impression 3D [87].
Le processus d’ondulation est la technique d’origine utilisée pour fabriquer les âmes en nid
d'abeilles. Elle est utilisée pour la fabrication des âmes métalliques et non métalliques. Dans le
processus d’ondulation, les feuilles sont d’abord ondulées puis collées à l’aide d’un adhésif
appliqué sur les nœuds. Les feuilles sont ensuite empilées et durcies dans un four. Le deuxième
procédé de fabrication est le processus d’expansion. Il est basé sur le collage des feuilles
empilées suivant des bandes situées parallèlement. Les feuilles sont d’abord découpées à la
Khawla ESSASSI 21
Etude bibliographique
dimension désirée puis étirée de façon à donner la forme du nid d’abeilles. Les feuilles sont
coupées et empilées, et l'adhésif est durci sous pression à une température élevée.
Les deux procédés cités précédemment sont limités suite à la restriction dans la conception
de l’âme. La technique de fabrication additive est devenue le centre d’intérêt en raison de sa
méthode de fabrication compacte de composants complexes. Cette technique est largement
utilisée pour la fabrication des structures en nid d’abeilles [88, 89]. L’impression 3D est une
des futures techniques de fabrication des pièces complexes pour l'aérospatiale et la défense.
𝐸𝑠 𝑏𝑡 3 𝑏𝑡𝐸𝑠 𝐺𝑠 𝑏𝑡
𝐾𝑓 = ; 𝐾𝑠 = ; 𝐾ℎ =
𝑙3 𝑙 𝑙
Khawla ESSASSI 22
Etude bibliographique
Khawla ESSASSI 23
Etude bibliographique
Zhang et al. [97] ont proposé une approche analytique et numérique pour déterminer le
comportement en traction statique des structures auxétiques. La forme du déformé est indiquée
successivement le long de l’évolution de la force en fonction du déplacement, Figure 1.8. La
courbe est discrétisée en trois étapes. Initialement l’apparition du domaine élastique, ensuite
une longue étape de « pseudo-plateau » et finalement la force augmente rapidement. Ce
comportement est similaire à celui-ci trouver pour une sollicitation en compression [98, 99].
Initialement, les parois des cellules se courbent élastiquement, d'abord de manière linéaire,
suivies d'un comportement non linéaire résultant d'un grand changement de géométrie.
Différentes études ont été élaborées pour caractériser le comportement en flexion 3-points
des sandwiches à âme auxétique fabriquée à l’aide de la technique d’impression 3D [100].
L’influence du type de l’âme a été étudiée. La Figure 1.9 indique qu’il n’existe aucune fracture
dans la structure sandwich à âme en nid d’abeilles ré-entrantes jusqu’à une large déviation
(allant jusqu’à 16 mm). Les résultats obtenus ont montré aussi que la structure en nid d’abeilles
Khawla ESSASSI 24
Etude bibliographique
(a) (b)
Figure 1.9 Caractéristique des sandwiches avec différentes structures d’âme [100].
Une approche similaire a été menée par Hou et al. [86, 101] sur des sandwiches à âme
auxétique avec différentes tailles de cellules. Il a été montré que l’angle d’inclinaison des parois
cellulaire ainsi que la géométrie ont une influence significative sur le comportement en flexion
du sandwich. Pour un même rapport d’aspect (α=h/l), un gradient d’angle sert à améliorer la
charge critique spécifique, le module de cisaillement ainsi que la rigidité à la flexion. Lira et
al. [102] ont développé une étude théorique sur les nids d’abeilles auxétiques. Ils ont montré
que la structure améliore le rapport rigidité au cisaillement/masse par rapport aux nids d'abeilles
conventionnelles.
Zhu et al. [107] ont étudié la réponse d’une structure sandwich à âme en nid d’abeilles suite
à un essai d’indentation. Le matériau des peaux est un composite carbone/époxyde, Figure
Khawla ESSASSI 25
Etude bibliographique
1.10. L’âme est un nid d’abeilles « HexWeb Nomex » associé aux peaux à l’aide d’un film
adhésif. Une augmentation progressive de la force est observée jusqu’à une valeur de 4 kN.
Puis une diminution brusque est constatée suivis d’une augmentation progressive de la force.
Les mécanismes d’endommagement au cours de l’essai d’indentation sont aussi présentés. Un
endommagement de la matrice ainsi que de l’âme par cisaillement est observé dès le début de
l’essai. Après un certain temps, on remarque l’apparition de la rupture des fibres.
Figure 1.10 La réponse et l'initiation/l'évolution des dommages pendant l’essai d’indentation [107].
Le comportement vibratoire des structures sandwiches à âmes auxétiques a été étudié dans
la littérature [108, 109, 110]. Aumjaud et al. [111] ont étudié l’amortissement de vibration
d’une structure sandwich à âme en nid d’abeilles. Ils ont montré que cette structure favorise le
facteur de perte en vibration grâce à la compression/décompression de l’air contenu dans les
cellules lors des déformations mécaniques de la structure vibrante. Récemment, Yang et al.
[112] ont étudié l'amortissement d’une structure sandwich à âme en treillis pyramidal. Les
peaux ont été constitués des fibres de carbones hybrides avec des couches viscoélastiques. Les
résultats obtenus montrent que les propriétés d'amortissement augmentent avec l'insertion des
couches viscoélastiques sans modification de ses fréquences naturelles.
Les nids d'abeilles hexagonales ré-entrantes sont l'une des structures auxétiques les plus
connus. Les réponses dynamiques de ces structures sont largement étudiées [113, 114]. Le
comportement dynamique d'un sandwich en nid d'abeilles hexagonal auxétique a été étudié en
utilisant des mesures expérimentales et des simulations par éléments finis [115]. L'analyse
Khawla ESSASSI 26
Etude bibliographique
Murray et al. [116] ont étudié le comportement en vibration d’une structure en nid d’abeilles
auxétiques sollicité dans les deux directions X et Y (fabriqué à partir d’une résine acétal). La
Figure 1.11 présente le facteur d’amortissement et le module d’Young pour les deux directions
de chargements et avec différentes valeurs d’angle θ de cellule élémentaire. Les résultats
montrent que la direction Y (ce qui correspond à la configuration L) améliore un peu le facteur
de perte mais en contrepartie elle diminue considérablement le module d’Young (diminution
de 87 % en module d’Young). Il est montré aussi que pour une même configuration,
l’augmentation de la valeur absolue de l’angle θ conduit à une légère diminution du facteur de
perte et une augmentation considérable du module d’Young (augmentation de 80 %). On peut
conclure donc que la configuration W avec une valeur absolue d’angle θ élevée conduit à une
structure de bonne rigidité avec des capacités amortissantes intéressantes.
Figure 1.11 Facteur de perte des nids d'abeilles auxétique et module d'Young pour le chargement dans les
directions (a) X et (b) Y [116].
Khawla ESSASSI 27
Etude bibliographique
Les mécanismes d’endommagement d’un composite stratifié ont été étudiés dans la
littérature [117, 118]. Il a été démontré qu’ils sont pratiquement les mêmes et se manifestent
par la fissuration matricielle transversale, la fissuration longitudinale, la décohésion entre
fibres-matrice, le délaminage inter-plis ainsi que la rupture des fibres suivi de la rupture totale
de la structure. La Figure 1.12 présente les différentes modes de rupture observées dans un
composite stratifié.
Figure 1.12 Mécanismes de rupture observés dans un composite stratifié [119, 120].
Les mécanismes d’endommagement des matériaux sandwiches ont été aussi développés
dans la littérature [121, 122]. L’identification des mécanismes de défaillance d’une structure
sandwich (à âme en nid d’abeilles ou en mousse) est très compliquée. Les structures
sandwiches sollicitées en flexion sont susceptibles d’être endommagés par rupture ou
flambement des peaux, cisaillement ou compression de l’âme et la décohésion peau/âme [123,
124]. Les modes de rupture les plus fréquents sont illustrés sur la Figure 1.13.
Figure 1.13 Modes de rupture dans les structures sandwiches (a) Rupture par compression, (b) Rupture en
traction, (c) Flambage d’ensemble, (d) Rupture en cisaillement, (e) Flambement localisé, (f) Flambement
intracellulaire, (g) Poinçonnement local [125]
Khawla ESSASSI 28
Etude bibliographique
Habibi et al. [135] ont étudié les mécanismes d’endommagement des composites à fibres
courtes époxy/lin. Ils ont attribué chaque mécanisme avec ses propriétés acoustiques
(amplitude et durée). Les principales caractéristiques sont présentées dans le Tableau 1.2.
Tableau 1.2 Caractéristique des signaux acoustiques d’un composites à fibres courtes [135].
Les modes d’endommagement des structures sandwiches ont été largement étudiés dans la
littérature [49, 136]. Quispiputa et al. [137] ont étudié l’endommagement des sandwiches à
âme en nid d’abeilles soumis à des essais de traction en fatigue. Les résultats montrent
Khawla ESSASSI 29
Etude bibliographique
Tableau 1.3 Caractéristiques des signaux acoustiques des poutres sandwiches [137, 138].
1.10 Conclusion
Ce chapitre présente une analyse bibliographique réalisée afin de construire une base de
connaissance sur les éco-composites, les structures sandwiches et les formes auxétiques. Par
ailleurs, les notions et définitions relatives aux composites biosourcées sont rappelées. Cela a
permis de mettre en évidence les bonnes propriétés des fibres végétales. Puis, de nombreux
types et architectures de structure auxétiques sont décrits. Dans les deux cas, une revue de la
littérature concernant spécifiquement les matériaux auxétiques, les renforts et les matrices
biosourcées sont proposés. Les procédés de mise en œuvre des matériaux composites et
sandwiches les plus couramment utilisés sont rappelés. Après avoir présenté les principaux
avantages des structures auxétiques, une étude approfondie sur la structure en nid d’abeilles ré-
entrantes est exposée. Enfin, les différents mécanismes d’endommagement des matériaux
composites sont discutés. Ainsi, une méthode de contrôle non destructive par émission
acoustique est présentée.
Khawla ESSASSI 30
Chapitre 2 : Sélection et
caractérisation quasi-statique des
constituants du sandwich
Résumé
31
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
2.1 Introduction
Les matériaux sandwiches biosourcés deviennent de plus en plus un choix attractif pour
différentes applications industrielles afin de faire face aux problèmes environnementaux. De
plus, les structures auxétiques ont montré des propriétés mécaniques élevées surtout en termes
d’absorption d’énergie. En s’appuyant sur l’étude bibliographique développée précédemment,
il a été prouvé qu'une combinaison du matériau sandwich avec une structure auxétique et un
matériau biosourcé, en particulier des bio-composites renforcés par des fibres de lin, peut
constituer un matériau à hautes propriétés mécaniques et particulièrement un amortissement
élevé.
Khawla ESSASSI 33
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
Les performances des composites dépendent non seulement de la matrice en polymère mais
aussi des fibres utilisées comme renforts. Le type des fibres, leurs propriétés physiques et
chimiques et la qualité d’adhésion des fibres avec la matrice ont été étudiés [140]. En effet, les
fibres végétales possèdent une microstructure très particulière due à leurs bonnes propriétés
spécifiques. Elles sont constituées d’un assemblage concentrique de différentes couches telles
que la cellulose, l’hémicellulose, les lignines, les pectines et quelques traces de cires [7]. Cette
architecture est montrée dans la Figure 2.1. On remarque la présence d’une paroi très fine notée
P qui enveloppe des parois secondaires (S1, S2, S3). Cette composition et distribution des
couches sont à l’origine des bonnes propriétés spécifiques des fibres végétales.
Figure 2.1 Structure d’une fibre élémentaire, d’après Bourmaud et al. [141]
Khawla ESSASSI 34
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
Les fibres naturelles sont très utilisées sur le marché des composites. En considérant le
diagramme d’Ashby présenté en Figure 2.2 qui présente la rigidité en fonction de la résistance
(rapportée à la masse) des fibres naturelles les plus utilisées, on remarque que les fibres de lin
présentent des propriétés mécaniques très proche à celles des fibres de verre. En raison de leur
culture importante en France, les fibres de lin ont été choisies en tant que renfort pour les
structures sandwiches à étudier. L’extraction des fibres de lin se fait suivant différentes phases ;
la récolte, le rouissage, battage, décortication, etc. Bos et al. [144] ont présenté les différents
constituants d’une tige de lin allant jusqu’aux microfibrilles de cellulose qui constituent les
fibres élémentaires.
La fibre de lin est utilisée dans la fabrication de nombreux produits comme l’huile
alimentaire, pour constituer des litières animales et surtout pour la réalisation de textiles à usage
vestimentaire. Le lin est donc une plante entièrement valorisable. Récemment, les composites
à fibres naturelles de lin ont été étudiés. Satyanarayana et al. [32] ont déterminé les propriétés
mécaniques en traction des fibres de lin et les classer en fonction de leurs diamètres et de leurs
emplacements dans les tiges. Le comportement mécanique des composites à fibres naturelles
est très différent de celui des composites classiques à fibres synthétiques [145, 146]. Les
auteurs ont montré que les éco-composites possèdent des caractéristiques mécaniques
relativement élevées grâce à leurs faibles masses et qui peuvent être améliorées par des
traitements des fibres et/ou des interfaces.
Khawla ESSASSI 35
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
Le marché des polymères est dominé par les matières plastiques. Face aux problèmes
environnementaux et écologiques, on constate l’émergence des polymères biodégradables
[149]. La Figure 2.3 présente les différents types de matrices qui peuvent être utilisées dans les
composites. On remarque que l’acide polylactique (PLA) est un polymère à la fois biologique
et biodégradable.
Khawla ESSASSI 36
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
Le PLA a été largement étudié dans la littérature en tant que matrice à base des polymères.
Une large gamme de fibres végétales a été utilisée comme des renforts d’une matrice constituée
principalement du PLA. Oksman et al. [150] ont étudié les propriétés mécaniques du composite
en PLA/lin et les comparer par celui en PP/lin. Ils ont montré que la résistance du PLA/lin est
d’environ 50% supérieure à celle des composites PP/lin. La rigidité aussi du PLA/lin est
augmentée de 3,4 à 8,4 GPa avec l'addition de 30% en poids de fibres de lin. Il a été prouvé
aussi que le composite en PLA renforcé par des fibres de lin est biodégradable [151]. Les effets
du recyclage [152] ainsi que le vieillissement en eau de mer [153] sur les propriétés mécaniques
ont été évalués et ils sont avérés similaires à celles du verre/PP. Les propriétés mécaniques et
thermiques des composites de PLA renforcés par des fibres de kenaf [154, 155] ainsi que sa
biodégradabilité [156] ont été étudiés. Il a été prouvé que les propriétés en statique de ce
composite sont supérieures à celles de la feuille de kenaf et du film PLA tout seul. Les fibres
de jute ont été aussi utilisées comme des renforts d’une matrice en PLA [157, 158]. Les
propriétés de traction des composites étaient significativement plus élevées que celles du PLA
seul. Les mécanismes d’endommagement de ce composite ont été examinés et des vides entre
les faisceaux de fibres de jute et la matrice de PLA ont été trouvés. De plus les caractéristiques
du PLA ont été déterminées et présentées en Tableau 2.2.
Les composites hybrides à matrice en PLA ont été aussi élaborés. Des fibres de kenaf, de
bambou et de coco ont été utilisées pour renforcer une matrice en PLA [160]. Trois types de
composites hybrides, kenaf-coco/PLA, bambou-coco/PLA et kenaf-bambou-coco/PLA, ont été
fabriqués et caractérisés en traction et en flexion. Les résultats montrent que les composites
kenaf-coco/PLA possèdent un module de flexion élevé, environ 70% plus élevé que les autres
combinaisons. Les auteurs ont prouvé qu’une combinaison entre les fibres de bambou et kenaf
de haute résistance et rigidité avec les fibres de coco de forte ductilité améliore les résistances
à la traction et à la flexion. Okubo et al. [161] ont étudié le comportement du composite basé
sur une matrice en PLA renforcée par des micros fibres de cellulose et des fibres de bambou.
Les auteurs montrent que les micros fibres de cellulose empêchent la croissance soudaine des
Khawla ESSASSI 37
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
fissures en créant une interphase dans la matrice du PLA autour de la fibre de bambou.
L’énergie de déformation est améliorée jusqu’à la rupture.
Le rôle de l’âme est d’améliorer le moment quadratique de la structure globale. L’âme est
destinée à supporter les efforts de cisaillement et de compression au cours de sollicitation. Pour
cette raison, les structures cellulaires comme les nids d’abeilles sont particulièrement
appropriées. Ces structures permettent d’avoir de basses masses volumiques tout en assurant
une certaine rigidité et résistance en cisaillement et en compression. La Figure 2.4 illustre une
forme particulière de nid d’abeilles, appelée nid d’abeilles ré-entrante ou auxétique.
2.3.2 Paramétrage
La forme auxétique utilisée est celle de nid d’abeilles ré-entrante. C’est une structure
régulière et périodique, formée d’un ensemble ordonné de cellule élémentaire. La géométrie et
les paramètres de la cellule élémentaire sont présentés en Figure 2.5 (a). l présente la longueur
Khawla ESSASSI 38
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
des parois cellulaires inclinées et h présente la longueur des parois verticales. θ est l'angle initial
entre les parois inclinées et la direction X. b et t sont respectivement l'épaisseur de l’éprouvette
suivant l’axe Z et l'épaisseur de la paroi cellulaire. Les longueurs L et H de la cellule suivant
les axes X et Y sont paramétrées de façon à aboutir aux quatre configurations présentées en
Figure 2.5 (b). La largeur des éprouvettes est fixée à 25 mm. Elle est discrétisée en un nombre
entier de cellules élémentaires entre 1, 2, 3 et 4 cellules. La valeur de l’angle θ est fixée à -20°.
C’est la valeur limite qu’on peut choisir pour ne pas perdre la forme de la cellule auxétique au
cours de la fabrication.
(a) (b)
Figure 2.5 (a) Les paramètres de l’âme, (b) les quatre configurations d’âme.
𝜌 𝑡/𝑙(ℎ/𝑙 + 2) (2.1)
=
𝜌𝑠 2 cos 𝜃 (ℎ/𝑙 + sin 𝜃)
Les dimensions moyennes des échantillons imprimés et les densités relatives de chaque
configuration sont données dans le Tableau 2.3.
Compte tenu de la forme de l’âme sélectionnée, un procédé de mise en œuvre a été retenu
parmi ceux décrits dans le premier chapitre. Afin de pouvoir assurer la fabrication des
Khawla ESSASSI 39
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
sandwiches à âmes auxétiques en minimisant les défauts de fabrication, il est bien recommandé
d’utiliser la méthode de la fabrication additive (impression 3D). En effet, le procédé
d’impression 3D intéresse de plus en plus les industriels. C’est une révolution culturelle dans
tous les domaines médicaux, transport, architecturales...
L’imprimante 3D consiste à disposer le filament fondu pour créer des couches qui traduit la
forme souhaitée. La machine utilisée est le MakerBot Replicator 2 Desktop présentée en Figure
2.6. Elle est équipée de 3 éléments principaux : une bobine sur qui on charge le filament, une
tête d’extrusion à partir de laquelle la matière se fond et se dispose pour créer l’objet et un
plateau chauffant sur lequel est imprimée la pièce.
(a) (b)
Figure 2.6 (a) Bobine en PFF, (b) La machine d’impression 3D.
Dans un premier temps, la conception des peaux, des âmes auxétiques ainsi que des
structures sandwiches sont réalisés à partir d’un logiciel de CAO. Le fichier 3D obtenu est
enregistré sous format STL puis découpé en plusieurs couches à l’aide du logiciel dénommé
Makerbot en utilisant des « settings » qui correspondent à des paramétrages. Tous les
paramètres d’impression sont réglés à partir de ce logiciel. En suivant certains paramètres
proposés par le fournisseur, la température d'extrusion est fixée à 210°C (c’est la température
de fusion du PFF) avec une vitesse de déplacement de la buse de 100 mm.s-1 et la température
du plateau chauffant est égale à 55 °C. Dans un second temps, la buse d’extrusion s’échauffe
jusqu’à la température de fusion du PFF. Le filament fondu est alors extrudé sur le plateau
chauffant à l’aide d’une buse qui se déplace suivant les 3 axes : X, Y et Z. Par la suite, le plateau
descend d’un niveau à chaque nouvelle couche appliquée jusqu’à l’impression de toutes les
couches formant la pièce. Finalement, on doit obtenir la forme de la pièce modélisée au début.
Khawla ESSASSI 40
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
Dans un premier temps, l’analyse a été réalisée sur un filament non imprimé (Figure 2.7
(a)). On remarque une répartition aléatoire des microfibres dans la matrice en présence de
quelques zones de porosité. Un agrandissement de la section a été réalisé pour mieux analyser
la microstructure. Les dimensions des microfibres peuvent être calculées, leurs diamètres et de
l’ordre de 29 μm. On constate bien que ces microfibres n’ont pas bien adhérées à la matrice.
Ceci est dû à la nature hydrophile des fibres naturelles et de leurs mauvaises compatibilités aux
matrices hydrophobes. La matrice en PLA est hydrophobe grâce à sa composition chimique.
La matrice présente quelques zones de porosité de dimensions entre 20 μm et 180 μm. Cette
faible adhésion fibre/matrice et les porosités de la matrice sont des défauts existant dans la
matière de base mais ils restent également faibles. Dans un second temps, l’analyse a été
effectuée sur une section de PFF après impression (Figure 2.7 (b)). On remarque bien une
diminution des zones de porosités dans la matrice et une meilleure adhésion de l’interface
fibre/matrice. Donc on peut conclure qu’après impression, une diminution des défauts de la
matière est observée.
(a)
Khawla ESSASSI 41
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
(b)
Figure 2.7 Photo MEB des filaments en PFF : a) avant impression ; b) après impression.
Les essais de traction ont été réalisés pour déterminer les propriétés mécaniques du matériau
de base et des structures auxétiques. Des éprouvettes de forme haltères ayant une zone utile de
60 mm de longueur, de 10 mm de largeur et de 4 mm d’épaisseur ont été imprimées en 3D et
testées selon la norme ASTM D638 [166]. En raison de la méthode de fabrication couche par
couche, trois orientations sont testées afin de prendre en compte l’effet du sens d’impression
[102]. La Figure 2.8 présente les différentes directions d’impression.
Une machine hydraulique standard présentée en Figure 2.9 avec un capteur d’effort de 10
kN et une vitesse de 1 [Link]-1 est utilisée pour réaliser les essais de traction. De même, les
structures auxétiques ont été testées afin de déterminer leurs propriétés mécaniques (module
d’Young et coefficient de Poisson). Les éprouvettes sont imprimées avec une longueur utile de
100 mm, une largeur de 25 mm et une épaisseur de 5 mm. Un bloc de 25 mm de longueur est
Khawla ESSASSI 42
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
imprimé avec les éprouvettes pour éviter l’endommagement des cellules auxétiques lors du
serrage. Deux extensomètres ont été utilisés pour mesurer les déformations longitudinales et
transverses. De trois à cinq éprouvettes ont été testées pour chaque direction afin d’assurer la
répétabilité des mesures.
Pour analyser les propriétés mécaniques des structures auxétiques étudiées, des simulations
numériques ont été effectuées. L’objectif principal est alors de prédire la réponse des structures
auxétiques suite à un essai de traction. Pour ce faire, des modèles 3D sont créés et soumis aux
mêmes conditions aux limites expérimentaux pour garantir la validité de l'analyse par les
éléments finis.
Les structures auxétiques ont été conçues à l’aide d’un logiciel de CAO (SolidWorks). La
longueur totale est de 100 mm, la largeur est de 25 mm et l’épaisseur est de 5 mm (ce qui
reproduit la géométrie réelle). La structure est présentée en Figure 2.10, qui permet aussi de
visualiser les conditions aux limites. Une extrémité est encastrée (les 6 degrés de liberté en
translation et en rotation sont bloqués). Un déplacement Un est imposé sur l’autre extrémité.
Le matériau est considéré comme élastoplastique.
Khawla ESSASSI 43
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
Les équations présentées dans le Chapitre 1 [92] sont utilisées pour déterminer les propriétés
mécaniques des structures auxétiques analytiquement. Le modèle permet de définir les
expressions des modules de traction, des modules de cisaillement et des coefficients de Poisson.
D’abord, chaque mode est étudié indépendamment des autres, puis un modèle analytique qui
étudie les trois modes simultanément est développé [92, 84]. Le modèle analytique simultané
a conduit à un nid d'abeille auxétique presque isotrope, contrairement au comportement
hautement anisotrope observé dans les nids d'abeilles déformant par un seul mécanisme [93].
Le coefficient de Poisson dans le plan simplifié est alors donné par l’équation (2.2) [1]:
cos 2 𝜃 (2.2)
𝜈𝑥𝑦 =
ℎ
sin 𝜃 ( + sin 𝜃)
𝑙
Afin de déterminer le module d’Young dans la direction du chargement (l’axe X dans ce
cas), il faut d’abord déterminer les constantes de forces de flexion Kf, d’étirement Ks et
d’articulation Kh. Elles sont décrites en considérant le déplacement de la cellule élémentaire.
Les constantes de force relient le déplacement des parois cellulaires d'un nid d'abeille à la force
appliquée qui le provoque. Ces différentes constantes sont montrées en annexe A. Ainsi, le
module d’Young peut être calculé par l’équation (2.3) [92]:
𝐾𝑠 cos 𝜃 (2.3)
𝐸𝑥 =
𝐾 ℎ
( 𝑠 sin2 𝜃 + cos 2 𝜃) ( + sin 𝜃)
𝐾ℎ𝑓 𝑙
3
Avec 𝐾𝑓 = 𝑏𝑡𝑙3𝐸𝑠 ; 𝐾𝑠 = 𝑏𝑡𝐸𝑙 𝑠 ; 𝐾ℎ = 𝑏𝑡𝐺𝑙 𝑠 et 𝐾ℎ𝑓 = 𝑙2 (𝐾1 + 𝐾1 )
𝑓 ℎ
Khawla ESSASSI 44
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
40 40
30 30
Contrainte [MP]
Contrainte [MPa]
20 20
10 10
0 0
0 0,02 0,04 0,06 0,08 0 0,05 0,1 0,15
Déformation Déformation
(a) (b)
Khawla ESSASSI 45
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
40 40
30 30
Contrainte [MPa]
Contrainte [MPa]
20 20
10 10 Direction X
Direction Y
Direction Z
0 0
0 0,02 0,04 0,06 0 0,05 0,1 0,15
Déformation Déformation
(c) (d)
Figure 2.11 Courbes contraintes-déformations des altères en PFF imprimées suivant : a) l’axe X ; b) l’axe Y ;
c) l’axe Z et d) comparaison.
Tableau 2.4 Propriétés mécaniques des altères déduites des essais de traction.
Les essais de traction ont été réalisés sur les structures auxétiques. La Figure 2.12 présente
les courbes contrainte/déformation longitudinale et transverse pour chaque configuration
auxétique. Le module d’Young E est mesuré comme la pente de la courbe
Khawla ESSASSI 46
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
0,3 2,5
Contrainte [MPa]
2
Contrainte [MPa]
0,2
1,5
1
0,1 E
E
0,5
0 0
-0,06 -0,04 -0,02 0 0,02 0,04 0,06 -0,08 -0,05 -0,02 0,01 0,04 0,07
- Déformation transverse Déformation longitudinale - Déformation transverse Déformation longitudinale
(a) (b)
5 8
4
Contrainte [MPa]
6
Contrainte [MPa]
3
4
E
2 E
2
1
0 0
-0,08 -0,05 -0,02 0,01 0,04 0,07 -0,08 -0,05 -0,02 0,01 0,04 0,07
- Déformation transverse Déformation longitudinale - Déformation transverse Déformation longitudinale
(c) (d)
Figure 2.12 Les caractéristiques mécaniques des structures auxétiques pour différents nombres de cellule en
largeur : a) 1 cellule ; b) 2 cellules ; c) 3 cellules et d) 4 cellules.
Khawla ESSASSI 47
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
compte pour éviter les effets de bord. Les coefficients de Poisson expérimentales, analytiques
et numériques sont en bon accord. L’erreur entre les différentes méthodes de calcul est de
l’ordre de 3%. On remarque que le coefficient de Poisson possède la même valeur pour les
différentes configurations. Considérant l’équation analytique donnant νxy on remarque qu’elle
ne dépend que de l’angle θ entre les parois inclinées (la même pour les quatre configurations)
et du rapport d’aspect de la paroi cellulaire α = h/l, qui est identique pour toutes les
configurations et égal à 1,28. Les résultats des modules d’Young sont également présentés.
L’augmentation du nombre de cellules auxétiques entraîne une augmentation de la rigidité. Les
erreurs observées entre les méthodes de calcul utilisées sont à l’origine de différents
paramètres. En effet, l'approche analytique utilise plusieurs hypothèses de simplification. De
plus, l'analyse par les éléments finis considère le matériau comme étant quasi homogène, ce
qui n'est pas le cas en réalité. De même, les essais de traction expérimentaux sont effectués
avec des conditions aux limites de serrage imprécises pouvant contribuer aux résultats.
-4 800
Expérimentale Expérimentale
Analytique
Analytique
Module d'Young E [MPa]
Numérique
Coefficient de Poisson ν
-3 600 Numérique
-2 400
-1 200
0 0
1 2 3 4 1 2 3 4
Nombre de cellules en largeur Nombre de cellules en largeur
(a) (b)
Figure 2.13 Résultats expérimentaux, analytiques et numériques du : a) coefficient de Poisson et b) module
d’Young des différentes configurations de la structure auxétique.
L’âme auxétique est sensée être sollicitée en compression. Des essais de compression ont
été réalisés afin de déterminer ses caractéristiques mécaniques (rigidité et résistance) et
notamment ses capabilités d’absorption d’énergie.
Les essais de compression ont été réalisés selon la norme ASTM C365 [167] sur une
machine équipée d’un capteur de force de 100 kN. Des blocs de 50 mm × 25 mm × ea ont été
Khawla ESSASSI 48
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
imprimés pour les quatre configurations (1, 2, 3, 4 cellules). Trois épaisseurs d’âme ea de 5
mm, 10 mm, 15 mm ont été testées. Le déplacement axial en compression est celui donné par
la machine. La Figure 2.14 présente le dispositif expérimental utilisé. L’effort de compression
est appliqué au moyen de deux plateaux en acier.
Les essais de compression ont été réalisés sur différentes configurations de structure
auxétique. La Figure 2.15 présente une courbe contrainte/déformation typique du
comportement en compression de l’âme auxétique. Trois zones de comportement peuvent être
distinguées à partir des résultats présentés. Initialement, un domaine élastique linéaire est
observé. La contrainte évolue de façon linéaire en fonction de la déformation appliquée, ce qui
permet de mesurer le module de compression. Une contrainte seuil est observée à la fin de cette
phase et qui correspond à la contrainte à la rupture suivie d’une courte phase de diminution de
la charge. Par la suite, une deuxième zone est observée. Un plateau de contrainte constant est
défini pendant un intervalle de déformation appliqué important. Finalement, une troisième zone
en fin d’essai pendant laquelle le matériau est totalement écrasé est défini. La contrainte
augmente rapidement dans cette zone, permettant de définir la phase de densification.
Khawla ESSASSI 49
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
12 200
Densification du matériau
Contrainte à la rupture
6 100
3 50
Contrainte plateau
0 0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 2 3 4
Déformation ε [mm] Nombre de cellules en largeur
Figure 2.15 Courbe de comportement en Figure 2.16 Module de compression pour différentes
compression d’une âme d’épaisseur 5 mm avec 1 configurations d’âme auxétique.
cellule en largeur.
60
1 cellule 12 Epaisseur 5mm
2 cellules
50 Epaisseur 10mm
3 cellules
4 cellules Epaisseur 15mm
40 9
Force [kN]
Force [kN]
30
6
20
3
10
0 0
0 1 2 3 4 0 2 4 6 8 10 12
Déplacement [mm] Déplacement [mm]
Figure 2.17 Courbe force/déplacement des essais de Figure 2.18 Courbe force/déplacement des essais de
compression des âmes pour différentes nombre de compression de l’âme avec 1 cellule en largeur pour
cellules en largeur et une épaisseur de 5 mm. différentes épaisseurs.
La capacité d'absorption d'énergie des structures est une caractéristique importante pour
leurs applications. Du point de vue de l'absorption d'énergie, le nombre de cellules (densité
Khawla ESSASSI 50
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
200
Epaisseur 5mm
160 Epaisseur 10mm
Epaisseur 15mm
Energie [J]
120
80
40
0
1 2 3 4
Nombre de cellules en largeur
Figure 2.19 Evolution de l’énergie dissipée pour différentes configurations d’âmes.
[Link] Discussion
Afin de discuter les performances de la structure auxétique en PFF, une représentation des
résultats expérimentaux en termes de force maximale appliquée est présentée en Figure 2.20.
On remarque que l’âme possédant un grand nombre de cellules avec une épaisseur faible est
celle qui présente la charge maximale. En effet, pour une même épaisseur, l’augmentation du
nombre de cellules imprimés (densité de la structure) conduit à diminuer le vide intracellulaire
dans la structure. Au cours de l’essai de compression, les cellules vont être écrasées. Dans les
structures qui contiennent plus de vide, les parois cellulaires écrasées vont trouver plus l’espace
pour se déformer. Par contre les cellules élémentaires des autres structures vont s’effondre, ce
qui nécessite plus de charge pour ce faire. D’autre part, l’augmentation de l’épaisseur implique
une diminution dans la charge appliquée. Ce résultat peut être expliqué par le suivi de
l’endommagement dans ces structures.
Khawla ESSASSI 51
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
40
Epaisseur 5mm
35 Epaisseur 10mm
30 Epaisseur 15mm
Figure 2.20 Evolution de la force maximale en fonction du nombre de cellules pour différentes épaisseurs.
(a)
(b)
(c)
Figure 2.21 Processus d’endommagement des âmes auxétiques avec différentes épaisseurs : a) 5 mm ; b) 10
mm ; c) 15 mm.
Khawla ESSASSI 52
Sélection et caractérisation quasi-statique des constituants du sandwich
2.8 Conclusion
Le comportement mécanique du composite PLA/lin a été étudié par des essais de traction.
Le sens d’impression a été étudié et choisit de façon à améliorer les propriétés mécaniques en
traction puisque les peaux sont sollicitées à supporter les efforts de traction. Par la suite, des
essais de traction et de compression ont été effectués sur des éprouvettes en nid d’abeilles ré-
entrantes. Les différents essais réalisés ont mis en évidence les bonnes propriétés mécaniques
du matériau et de la structure auxétique choisie.
Khawla ESSASSI 53
Chapitre 3 : Caractérisation quasi-
statique des poutres sandwiches
Résumé
55
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
3.1 Introduction
Dans un premier temps, les poutres ont été testées en flexion trois-points afin d’obtenir les
propriétés mécaniques. De plus, une analyse par les éléments finis est élaborée pour prédire les
résultats expérimentaux. Des observations microscopiques à l’aide du microscope électronique
à balayage (MEB) ont été effectuées afin d’observer les faciès de rupture par flexion. Ensuite,
des essais d’indentation ont été élaborés sur différentes configurations de sandwiches. Le
comportement de la structure étudiée suite à ce type de sollicitations a été mis en évidence.
L’avantage d’une poutre sandwich est dû à son moment quadratique élevé grâce à
l’utilisation d’une âme épaisse entre deux peaux minces. Ce qui conduit à l’amélioration des
propriétés en flexion tout en gardant une masse faible. Cette section présente l’étude des
propriétés mécaniques en flexion trois-points quasi-statique des bio-sandwiches à âmes
auxétiques.
Khawla ESSASSI 57
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
Les essais de flexion ont été effectués selon la norme standard ASTM C393 [168] sur une
machine hydraulique standard INSTRON reliée à un ordinateur dédié pour le contrôle et
l'acquisition des données. L’essai consiste à appliquer une charge P au centre d’une poutre
supportée par deux appuis distants de d. La charge quasi-statique a été appliquée à une vitesse
de déplacement de 5 [Link]-1. Les essais ont été réalisés en utilisant un capteur de charge de
10 kN et un capteur de déplacement (LVDT) pour mesurer la flèche du sandwich. La Figure
3.1 présente le dispositif expérimental. Il est à noter que le choix de l’essai de flexion trois-
points ainsi que la distance entre appuis dépend des propriétés que l’on souhaite étudier. Dans
notre cas, une faible distance entre appuis est choisie afin de privilégier le cisaillement de l’âme
auxétique au cours de l’essai. Les poutres sont testées jusqu'à la rupture avec une distance entre
appuis de 110 mm afin d'analyser les propriétés du sandwich en cas de rupture. Pour prendre
en compte la variabilité des résultats due aux conditions expérimentales, trois à cinq
échantillons de chaque configuration sont testés.
Khawla ESSASSI 58
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
(a) (b)
Figure 3.2 Modèle éléments finis du flexion 3-points : a) conditions aux limites, b) maillage.
Une optimisation de maillage a été établie pour tous les modèles numériques étudiés. La
Figure 3.3 présente l’évolution de la courbe de charge en fonction du déplacement pour
différentes tailles d’éléments (te) comparés avec la courbe expérimentale. On constate que les
résultats numériques convergent vers ceux expérimentales pour une taille d’éléments de 0,5
mm. Dans ce cas, la peau du sandwich est divisée en deux éléments par épaisseur.
300
250
200
Charge P [N]
150
100
Expérimentale
te=0,5mm
50
te=0,8mm
te=1mm
0
0 2 4 6 8 10 12
Déplacement W [mm]
Khawla ESSASSI 59
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
Dans un premier temps, les quatre configurations (différents nombres de cellules dans
l’âme) ont été comparées au cours d’essais de flexion trois-points. La distance entre appuis est
de 110 mm. Les courbes charge/déflexion sont présentées en Figure 3.4. Plusieurs remarques
peuvent être tirées à partir de ces résultats. Tout d’abord, la structure avec un grand nombre de
cellules dans l’âme est plus rigide et plus résistante. De plus, le domaine élastique linéaire de
ces structures semble plus étendu que pour les sandwiches avec un nombre de cellules faibles.
On peut également remarquer que les configurations à faible nombre de cellules présentent une
dispersion des propriétés à la rupture.
280 280
240 240
160 160
120 120
80 80
40 40
0 0
0 2 4 6 8 10 12 0 2 4 6 8 10 12
Déplacement W [mm] Déplacement W [mm]
(a) (b)
280 320
240 280
200 240
200
Charge P [N]
Charge P [N]
160
160
120
120
80
80
40 40
0 0
0 2 4 6 8 10 12 0 2 4 6 8 10 12
Déplacement W [mm] Déplacement W [mm]
(c) (d)
Figure 3.4 Courbes charge/déflexion des essais de flexion 3-points réalisés sur des sandwiches avec différents
nombres de cellule en largeur : a) 1 cellule ; b) 2 cellules ; c) 3 cellules et d) 4 cellules.
Khawla ESSASSI 60
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
largeur. Ensuite un comportement non linéaire plus court est constaté jusqu’à la rupture totale
de l’éprouvette. La déflexion des poutres sandwiches est une combinaison entre un mouvement
de flexion et de cisaillement. Les propriétés des peaux (module de traction et de compression)
sont responsables à la déflexion par flexion. La déflexion de cisaillement dépend du module de
cisaillement de l’âme du sandwich.
320
280
240
Charge P [N]
200
160
120 MEF
1 cellule
80 2 cellules
40 3 cellules
4 cellules
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
Déplacement [mm]
Figure 3.5 Comparaison des caractéristiques en flexion expérimentaux et numériques pour des sandwiches avec
différents nombres de cellule en largeur
Les propriétés élastiques des sandwiches sont déterminées à partir des essais de flexion et
présentées dans cette section. Les quatre configurations ont été sollicitées dans leurs domaines
élastiques déterminés précédemment en faisant varier la distance entre appuis. Les rigidités
équivalentes en flexion et en cisaillement ont été mesurées. Le module d’Young des peaux Ep
et les modules de cisaillement des âmes Ga ont été également déduits.
𝑃𝐾𝑏 𝑑 3 𝐾𝑠 𝑃𝑑 (3.1)
𝑊= +
𝐷 𝑁
Avec D la rigidité équivalente en flexion, N la rigidité équivalente en cisaillement, Kb le
coefficient de déviation en flexion et Ks le coefficient de déviation en cisaillement. Pour une
poutre sandwich à âme en nid d’abeilles sollicitée en flexion 3-points, les coefficients de
déviation en flexion et en cisaillement égales respectivement à ⅟48 et ¼. Dans ce cas, l’équation
(3.1) devient :
Khawla ESSASSI 61
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
𝑊 𝑑2 1 (3.2)
= +
𝑃𝑑 48𝐷 4𝑁
Ainsi, le traçage de la courbe de W/(Pd) en fonction de d2 permet d’obtenir une droite affine
dont la pente permet de déterminer D et l’ordonnée à l’origine permet de déterminer N. Ainsi,
les poutres sandwiches ont été testées en faisant varier la distance entre appuis d de 100 à 240
mm. L’évolution des rapports W/(Pd) en fonction de d2 pour les quatre configurations testées
est présentée en Figure 3.6. Les résultats expérimentaux sont interpolés par une droite. En
utilisant l’équation (3.2), il est alors possible de déterminer les rigidités équivalentes en flexion
D et en cisaillement N pour les quatre configurations.
15
12
W/(Pd)×10-4 [N-1]
6
1 cellule
2 cellules
3
3 cellules
4 cellules
0
0 10 20 30 40 50 60 70
d2 ×103 [mm2]
Figure 3.6 Evolution du rapport P/(Wd) en fonction du carré de la distance entre appuis pour les quatre
configurations.
Par conséquent, les rigidités équivalentes D et N sont présentées dans le Tableau 3.1. Les
valeurs de D sont proches pour les quatre configurations puisqu’elles dépendent principalement
des propriétés des peaux qui sont les mêmes pour toutes les configurations. En revanche, les
valeurs de N sont différentes d’une configuration à une autre. La rigidité équivalente en
cisaillement dépend des propriétés en cisaillement de l’âme qui diffère en changeant le nombre
de cellules constitutives de l’âme.
Tableau 3.1 Propriétés élastiques des sandwiches suite aux essais de flexion.
Khawla ESSASSI 62
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
3000 200
Module de cisaillement Ga [MPa]
Module d'Young Ep [MPa]
2400
150
1800
100
1200
50
600
0 0
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
Nombre de cellules en largeur Nombre de cellules en largeur
(a) (b)
Figure 3.7 Propriétés des constituants du sandwich déduites des essais de flexion : a) module d’Young des
peaux et b) module de cisaillement des âmes.
Ainsi, en utilisant les équations (3.2), (3.3) et (3.4), il est possible de déterminer
analytiquement la raideur P/W des sandwiches. Les résultats de raideur expérimentale sont
alors comparés à ceux analytiques et présentés en fonction de la distance entre appuis d sur la
Figure 3.8. On constate une bonne corrélation entre les résultats expérimentaux et analytiques.
L’écart entre les résultats augmente légèrement avec la diminution de la distance entre appuis
d et avec l’augmentation du nombre de cellules d’âmes, et donc avec la rigidité des sandwiches.
Khawla ESSASSI 63
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
Cette différence peut être expliquée par une légère indentation locale de l’âme par l’appui
supérieur dans le cas des faibles distances entre appuis et pour les poutres les plus rigides. Cela
conduit à une surestimation de la flèche en flexion W et donc à une sous-estimation de la
raideur P/W.
𝑃𝑑 (3.5)
𝜎𝑝 =
4𝑏𝑒𝑝 (𝑒𝑝 + 𝑒𝑎 )
𝑃 (3.6)
𝜏𝑎 =
2𝑏(𝑒𝑝 + 𝑒𝑎 )
50 60
Expérimentale Expérimentale
Analytique Raideur (P/W) [[Link]-1] Analytique
40
Raideur (P/W) [[Link]-1]
40
30
20
20
10
0 0
80 130 180 230 80 130 180 230
Distance entre appuis d [mm] Distance entre appuis d [mm]
(a) (b)
60 60
Expérimentale Expérimentale
Raideur (P/W) [[Link]-1]
Analytique Analytique
40 40
20 20
0 0
80 130 180 230 80 130 180 230
Distance entre appuis d [mm] Distance entre appuis d [mm]
(c) (d)
Figure 3.8 Comparaison entre les résultats expérimentaux et ceux déduits analytiquement des sandwiches pour
différents nombres de cellule en largeur : a) 1 cellule ; b) 2 cellules ; c) 3 cellules et d) 4 cellules.
Khawla ESSASSI 64
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
contrainte à la rupture des peaux bien qu’on a utilisé le même matériau pour toutes les
configurations. En effet, suite à la méthode de fabrication adoptée (impression 3D), les peaux
et l’âme sont parfaitement collées. Ce qui permet d’avoir un bon transfert d’effort entre les
différents constituants du sandwich. Donc l’âme va intervenir dans les valeurs de la contrainte
à la rupture des peaux. Par conséquent, l’augmentation du nombre de cellules de l’âme va
augmenter sa rigidité et donc la contrainte σp.
Tableau 3.2 Contrainte à la rupture par compression de la peau supérieure et par cisaillement de l’âme déduites
des essais de flexion 3-points.
Dans le but de mettre en évidence l’effet du nombre de cellules constitutives de l’âme sur
le comportement en flexion statique des sandwiches, une corrélation entre les propriétés
mécaniques pour chaque configuration est présentée en Figure 3.9. Les valeurs ont été
rapportées à celles du sandwich avec le grand nombre de cellules. Il a été noté qu’à partir de
ces résultats, les propriétés mécaniques sont importantes pour le sandwich avec le plus grand
nombre de cellules. On remarque que la rigidité équivalente en cisaillement N ainsi que le
module de cisaillement de l’âme Ga sont les paramètres les plus affectés par le changement du
nombre de cellules. En effet, une légère augmentation du nombre de cellules d’âme en largeur
(de 1 à 2 cellules) augmente significativement la rigidité et le module de cisaillement d’environ
64%. Il est à noter que ces résultats sont obtenus pour une distance entre appuis d de 110 mm.
Pour contribuer aux modes de rupture des sandwiches par flexion 3-points, des observations
microscopiques avec un microscope électronique à balayage MEB ont été effectuées. Trois
modes de rupture principales ont été identifiés et présentés en Figure 3.10. Il s’agit de la rupture
par traction de la peau inférieure, par décohésion peau/âme et par cisaillement de l’âme.
Khawla ESSASSI 65
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
Contrainte à la
rupture σp
1
Module de 0,8
0,6 Contrainte à la
cisaillement de
rupture τa
l'âme Ga 0,4
0,2
0
1 cellule 2 cellules
Rigidité en
cisaillement N 3 cellules 4 cellules
Décohésion peau/âme
Rupture de la peau
Rupture de l’âme
Khawla ESSASSI 66
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
Une structure composite peut subir différents types d’indentation tout au long de son service.
La caractérisation du comportement à l’indentation d’un matériau dépend fortement de son
utilisation et donc du type d’effort auquel il est susceptible d’être soumis. Ainsi, la
détermination de la résistance à l’indentation ainsi que l’énergie supportée par le matériau est
nécessaire. De plus, il est important de déterminer les mécanismes d’endommagement suite à
un effort d’indentation pour savoir l’état de la pièce et si elle peut rester en service malgré les
dommages causés. De plus, la capacité de la structure à absorber de l’énergie est un paramètre
nécessaire à étudier.
Le dispositif expérimental utilisé pour les essais d’indentation est présenté en Figure 3.11.
Les essais ont été réalisés sur une machine hydraulique standard INSTRON équipée d’un
capteur d’effort de 100 kN. L’essai consiste à appliquer une charge F au milieu d’une poutre
maintenue sur un plateau rigide avec une vitesse de déplacement de 1 [Link]-1. Des
éprouvettes de dimensions 100 mm × 25 mm × e ont été testées. Trois différentes épaisseurs
d’âmes (5 mm, 10 mm et 15 mm) et quatre configurations (1, 2, 3 et 4 cellules en largeur) ont
été testés. Le déplacement axial en indentation est celui donné par la machine.
Les essais d’indentation ont été réalisés sur différentes configurations de structures
auxétiques. La Figure 3.12 présente les courbes force/déplacement des sandwiches pour
différentes configurations avec une épaisseur d’âme de 5 mm. Le comportement en indentation
est similaire à celui trouvé pendant les essais de compression des âmes.
Khawla ESSASSI 67
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
12000
1 cellule
10000 2 cellules
3 cellules
8000
Force [N]
6000
4000
2000
0
0 1 2 3 4 5
Déplacement [mm]
Figure 3.12 Courbe force/déplacement des essais d’indentation des sandwiches avec différents nombre de
cellules et une épaisseur d’âme de 5 mm.
Les courbes force/déplacement pour les différentes épaisseurs d’âmes (longueurs des parois
cellulaires) sont représentées en Figure 3.13. Les résultats permettent de montrer les valeurs de
force maximale d’écrasement ainsi que la force du plateau. On remarque que la deuxième phase
de force constante est largement influencée par la taille des éprouvettes puisqu’elle augmente
avec l’épaisseur de l’éprouvette. La force maximale d’écrasement diminue en augmentant
l’épaisseur de l’éprouvette. Cela peut être expliqué par les modes d’endommagement des
Khawla ESSASSI 68
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
sandwiches à âme auxétique par indentation. Un flambement des parois cellulaires est observé
dans un premier temps. En augmentant les longueurs des parois cellulaires (augmentation de
l’épaisseur), le vide intracellulaire augmente ce qui conduit à diminuer la charge nécessaire
pour ‘’effondre’’ le matériau. Ensuite, l’écrasement des parois cellulaires se fait
progressivement avec la rupture de la peau supérieure. C’est à cette phase que la charge devient
constante. Finalement, la phase de densification est atteinte quand le matériau est totalement
écrasé.
5000
ea=5mm
4000 ea=10mm
ea=15mm
Force [N]
3000
2000
1000
0
0 5 10 15
Déplacement [mm]
Figure 3.13 Courbe force/déplacement des essais d’indentation des sandwiches avec différentes épaisseurs
d’âme et une cellule en largeur.
Les structures auxétiques ont une capacité à dissiper de l’énergie mécanique. La Figure 3.14
représente l’évolution de l’énergie dissipée au cours de l’essai d’indentation pour les quatre
configurations étudiées avec une épaisseur d’âme de 10 mm. On constate que la dissipation
d’énergie augmente avec le nombre de cellules. En effet, lorsque le nombre de cellules
augmente, l’âme devienne plus rigide, plus résistante et supporte plus les efforts d’écrasement
au cours de l’essai. D’autre part, l’évolution de l’énergie dissipée a été comparé avec
l’évolution de la charge au cours de l’essai. Une éprouvette d’épaisseur d’âme de 10 mm et
avec 1 cellule en largeur a été considérée, Figure 3.15. Il est à noter que la grande partie de
l'énergie a été dissipée dans le régime du plateau. Par conséquent, l'amplitude du plateau de
contrainte ainsi que sa longueur sont très importantes pour garantir une absorption d'énergie
suffisante.
Khawla ESSASSI 69
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
60 3000 7
1 cellule Charge
50 2 cellules 2500 6
Energie dissipée
Energie dissipée [J]
Force [N]
4
30 1500
3
20 1000
2
10 500 1
0 0 0
0 2 4 6 8 0 2 4 6 8 10
Déplacement [mm] Déplacement [mm]
Figure 3.14 Evolution de l’énergie dissipée pour une Figure 3.15 Evolution de la force en fonction du
épaisseur d’âmes de 10 mm. déplacement et l’énergie dissipée pour le sandwich
d’épaisseur 10 mm avec 1 cellule en largeur.
La technique de l’émission acoustique (EA) est une méthode largement utilisée afin de
suivre l’apparition et la propagation des mécanismes d’endommagement dans un matériau
composite. En effet, l’endommagement commence dès l’apparition des micro-défauts dans le
matériau. À l’aide de la technique de l’EA, on est capable de détecter le développement et la
multiplication des endommagements jusqu’à la rupture totale de la structure.
Pour étudier l’endommagement des structures sandwiches suite aux essais d’indentation, un
suivi par émission acoustique a été utilisé. Le dispositif utilisé est illustré sur la Figure 3.16.
Deux capteurs piézoélectriques possédant une bande passante de 100 kHz à 1 MHz ont été
utilisés pour instrumenter les poutres. Ils ont été positionnés sur la poutre au moyen de pinces
de maintien. Au cours de l’essai, des ondes élastiques vont être émises par la poutre suite aux
déformations locales. Ces ondes seront détectées par les capteurs suite à un gel de couplage
mis entre la poutre et les capteurs. Une fréquence de 5 MHz est utilisée afin d’enregistrer les
évènements acoustiques. Les signaux d’amplitude inférieure à 40 dB ont été filtrés suite à deux
préamplificateurs de gain 40 dB pour éviter les bruits. L’acquisition des signaux acoustiques a
été réalisée via le logiciel AE-Win. Différents paramètres d’acquisition doivent être définis afin
d’établir les fenêtres temporelles d’acquisition des signaux. Le paramètre PDT (Pic Definition
Time) permet de déterminer le temps du pic d’amplitude d’un signal est fixé à 50 ms. Le
Khawla ESSASSI 70
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
paramètre HDT (Hit Definition Time) est responsable à la détermination du bout d’une salve
est fixé à 100 ms. Le paramètre HLT (Hit Lock-out Time) permet de créer un temps mort à la
fin d’une salve pour éviter toute réflexion de celle-ci est fixé à 200 ms [2].
Les signaux acquis suite aux essais d’indentation ont été traités avec le logiciel NOESIS.
Afin d’effectuer une classification répétable de l’ensemble des données, cinq paramètres
temporels ont été retenus. L’amplitude, le temps de montée, la durée, l’énergie absolue, ainsi
que les nombres de coups cumulés. Ces paramètres sont présentés sur la Figure 3.17. Une
méthode de classification non supervisée en utilisant l’algorithme des k-moyens est adoptée
pour classifier les signaux acoustiques [169]. Cet algorithme consiste à construire un nombre
optimal de k classes. Chaque classe est obtenue en utilisant la moyenne la plus proche des
différents paramètres de classification choisis. Ensuite, l’ensemble de n événements sera séparé
suivant les k classes.
Dans un premier temps, les données d’EA ont été normalisées pour les comparer malgré la
différence d’unités. Une transformation (équation (3.7)) a été appliquée à l’ensemble des
signaux acoustique :
𝑥𝑖 − 𝑚𝑥𝑝 (3.7)
∀𝑖 ∈ 𝛺𝑝 , 𝑝 ∈ ∆: 𝑧𝑖 =
𝜎𝑥𝑝
Avec : Ωp est l’ensemble des données, Δ est l’ensemble de classificateurs, xi est le signal de
l’événement i, mxp est la moyenne de Ωp et σxp est l’écart type de Δ.
À ce moment, l’algorithme des k-moyens peut être appliqué. Une classification aléatoire est
initialement appliquée en utilisant une distance Euclidienne bien choisie [169, 170].
L’algorithme est appliqué plusieurs fois par des séquences de 1000 itérations avec une variation
Khawla ESSASSI 71
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
Avec : k est le nombre de classes imposé, di et dj sont respectivement les distances moyennes
dans les classes i et j et dij est la distance moyenne entre les classes i et j. Par la suite, le nombre
de classes optimales est celui qui minimise le coefficient Rij (D&B). Le résultat de cette
recherche itérative est illustré en Figure 3.18. Le résultat de la classification a permis de
déterminer le nombre de classes pour chaque configuration testée et qui est égal à 3. Plusieurs
analyses ont été menées afin d’identifier les différentes classes obtenues, suite à un essai
d’indentation, pour des structures sandwiches à âme en nid d’abeilles [121] ainsi que des
composites à fibres courtes [172].
1 cellule 2 cellules
3 cellules 4 cellules
1,5
1,3
1,1
Rij
0,9
0,7
0,5
2 3 4 5
Nombre de classes
Figure 3.17 Principaux paramètres d’une salve Figure 3.18 Recherche du nombre de classes
d’émission acoustique minimisant le critère Rij
Le Tableau 3.3 résume les types d’endommagements selon les amplitudes des signaux
acoustiques d’un matériau sandwich à âme en nid d’abeilles renforcé par des fibres courtes.
En adoptant la classification décrite précédemment, 3 classes d’EA ont été identifiées. Cette
section présente les résultats obtenus par l’algorithme de reconnaissance de modèle non
Khawla ESSASSI 72
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
supervisé. Dans un premier temps, une analyse des classes d’EA dans le plan amplitude/temps
superposé avec l’évolution de la charge appliquée a été présentée. De plus, la chronologie
d’apparition des différentes classes est étudiée en suivant le nombre de coups cumulés en
fonction du temps. Enfin, une analyse en composante principale (ACP) a été étudiée afin de
séparer le chevauchement éventuel des différentes classes. Cette analyse permet de réduire
l’espace des données à un plan porté par les deux composantes principales de plus fort poids.
Les figures Figure 3.19, Figure 3.20, Figure 3.21 et Figure 3.22 présentent respectivement les
résultats de la classification des sandwiches avec un nombre de cellules auxétiques en largeur
de 1, 2, 3 et 4 et avec une épaisseur de 5 mm. Elles présentent les distributions de l’amplitude
des signaux acoustiques en fonction du temps superposées avec l’évolution de la charge
appliquée (a), la chronologie d’apparition des classes d’EA (b) et l’analyse en composantes
principales (c). Pour chaque configuration d’éprouvettes, trois classes d’événements ont été
obtenues. Les classes 1 et 2 apparaissent très tôt au cours de l’essai d’indentation et restent
jusqu’à la fin de l’essai. Ils coïncident avec la phase quasi-élastique linéaire de la courbe
charge/temps. Par la suite, les évènements de la classe 3 sont détectés. L’apparition de ces
événements provoque une légère augmentation des évènements des classes 1 et 2 suivis de la
rupture totale de l’éprouvette. Les classes 1 et 2 possèdent des faibles amplitudes comprises
entre 40 et 70 dB peuvent être attribuées aux évènements de l’écrasement de l’âme et de
fissuration de la matrice en PLA (Tableau 3.3). Les amplitudes de la classe 3 varient entre 55
et 80 dB. Cette classe corresponde à la décohésion fibre /matrice (fibres de lin courtes/PLA).
La distribution des amplitudes des évènements en fonction du temps présente des zones de
chevauchement entre les différentes classes. L’analyse en composantes principales (c) est
réalisée afin de clarifier la visualisation des résultats de la classification des signaux
acoustiques. On remarque que le nombre des évènements acoustiques diminue en augmentant
le nombre de cellules auxétiques. En fait, au cours de l’essai d’indentation, les sandwiches avec
un grand nombre de cellules vont résister plus. La rupture est atteinte avant le déchirement de
la peau supérieur (classe 2 et 3). Pour cette raison le nombre d’évènements de ces éprouvettes
est faible.
Khawla ESSASSI 73
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
Charge [N]
68 2000
80
62 1500
60
56
1000 40
50
44 500 20
38 0 0
0 50 100 150 200 250 0 50 100 150 200 250
Temps [s] Temps [s]
(a) (b)
4
3
2
PCA 1
1
0
-1
-2
-3
-3 0 3 6 9
PCA 0
(c)
Figure 3.19 Analyse des données d’émission acoustique pour un sandwich à 1 cellule en largeur : a)
représentation des évènements en Amplitude/Temps, b) chronologie d’apparition et évolution des classes et c)
analyse en composantes principales.
80
74 8000 150
Amplitude [dB]
Charge [N]
68
6000
62 100
56 4000
50 50
2000
44
38 0 0
0 100 200 300 0 100 200 300
Temps [s] Temps [s]
(a) (b)
4
3
2
1
PCA 1
0
-1
-2
-3
-4
-2 1 4 7 10
PCA 0
(c)
Figure 3.20 Analyse des données d’émission acoustique pour un sandwich à 2 cellules en largeur : a)
représentation des évènements en Amplitude/Temps, b) chronologie d’apparition et évolution des classes et c)
analyse en composantes principales.
Khawla ESSASSI 74
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
Charge [N]
68
6000 60
62
4500
56 40
50 3000
1500 20
44
38 0 0
0 100 200 300 0 100 200 300
Temps [s] Temps [s]
(a) (b)
6
4
2
0
PCA 1
-2
-4
-6
-8
-10
-2 1 4 7 10
PCA 0
(c)
Figure 3.21 Analyse des données d’émission acoustique pour un sandwich à 3 cellules en largeur : a)
représentation des évènements en Amplitude/Temps, b) chronologie d’apparition et évolution des classes et c)
analyse en composantes principales.
80 12000
70
74
Amplitude [dB]
10000 60
Charge [N]
68 50
8000
62 40
6000
56 30
4000
50 20
44 2000 10
38 0 0
0 200 400 0 100 200 300 400
Temps [s] Temps [s]
(a) (b)
3
2
1
PCA 1
0
-1
-2
-3
-4
-2 0 2 4 6 8
PCA 0
(c)
Figure 3.22 Analyse des données d’émission acoustique pour un sandwich à 4 cellules en largeur : a)
représentation des évènements en Amplitude/Temps, b) chronologie d’apparition et évolution des classes et c)
analyse en composantes principales.
Khawla ESSASSI 75
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
Les données obtenues pour les sandwiches avec deux cellules en largeur et avec différentes
épaisseurs (5 mm, 10 mm et 15 mm) ont été analysées. Les résultats de la classification sont
donnés sur la Figure 3.20 pour le sandwich à 5 mm d’épaisseur, sur la Figure 3.23 pour le
sandwich à 10 mm d’épaisseur et sur la Figure 3.24 pour le sandwich à 15 mm d’épaisseur. Là
encore, trois classes sont obtenues par la classification adoptée. On remarque que les
évènements des classes 1 et 2 débutent après la fin du domaine linéaire de la courbe
charge/temps. Cela désigne l’apparition des premiers mécanismes d’endommagements au
niveau de cette non linéarité. Par la suite, une troisième classe plus importante que pour les
éprouvettes avec 5 mm d’épaisseur apparaît. Il est à noter que les événements de cette classe
apparaissent à la moitié de l’essai. Le type d’endommagement qui correspond à la troisième
classe est la décohésion fibre de Lin/matrice en PLA.
Or au cours de l’essai d’indentation, le trajet parcouru par le pénétrateur est plus important
pour les sandwiches avec une épaisseur d’âmes élevées (10 mm et 15 mm). La peau supérieure
à ce moment va être déchirée jusqu’à la rupture finale de l’éprouvette. Pour cette raison, le
nombre d’évènements de cette classe est beaucoup plus grand pour les éprouvettes avec une
épaisseur élevée. L’analyse de l’évolution du nombre d’évènements au cours du temps montre
que l’écrasement de l’âme est le mécanisme d’endommagement le plus observé durant l’essai
d’indentation, alors que la décohésion fibres/matrice est beaucoup moins importante. La
chronologie d’apparition des différents types d’évènements présente une évolution régulière
en début de l’essai, puis une augmentation très rapide du nombre d’évènements suivie d’une
autre évolution régulière après l’apparition de la classe 3.
86 6000
1200
Amplitude [dB]
78 5000
Charge [N]
1000
70 4000
800
62 3000 600
54 2000 400
46 1000 200
38 0 0
0 100 200 300 400 500 0 200 400
Temps [s] Temps [s]
(a) (b)
Khawla ESSASSI 76
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
10
8
6
4
PCA 1
2
0
-2
-4
-6
-2 1 4 7 10
PCA 2
(c)
Figure 3.23 Analyse des données d’émission acoustique pour un sandwich à 2 cellules en largeur et une
épaisseur d’âme de 10 mm : a) représentation des évènements en Amplitude/Temps, b) chronologie d’apparition
et évolution des classes et c) analyse en composantes principales.
1200
8000
74
Charge [N]
900
68 6000
62
4000 600
56
50 300
2000
44
38 0 0
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Temps [s] Temps [s]
(a) (b)
7
5
3
PCA 1
1
-1
-3
-5
-7
-2 1 4 7 10
PCA 0
(c)
Figure 3.24 Analyse des données d’émission acoustique pour un sandwich à 2 cellules en largeur et une
épaisseur d’âme de 15 mm : a) représentation des évènements en Amplitude/Temps, b) chronologie d’apparition
et évolution des classes et c) analyse en composantes principales.
Les caractéristiques moyennes des trois classes d’émission acoustique obtenues ont été
comparées pour les quatre configurations des sandwiches considérées (1 cellule, 2 cellules, 3
cellules et 4 cellules en largeur) avec une épaisseur d’âme de 5mm et pour les cinq
classificateurs choisis. Les résultats sont présentés sur la Figure 3.25. On remarque que les
quatre configurations présentent la même signature acoustique pour les trois classes obtenues.
Khawla ESSASSI 77
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
Le temps de montée ainsi que la durée sont les principaux éléments séparateurs pour la classe
1. Par contre l’énergie des signaux est le principal élément séparateur pour les deux classes 2
et 3, ceux de la classe 3 étant les plus énergétiques. Ainsi, le sandwich avec 1 cellule en largeur
présente les caractéristiques les plus importants pour les 3 classes obtenues. La différence
d’énergie est d’environ 95 % entre le sandwich avec 1 cellule et 4 cellules en largeur.
Classe 1
Amplitude
100
10
Temps de Energie
montée absolue
1
Nb coups
Durée
cumulés
Classe 2 Classe 3
Amplitude Amplitude
1000 100000
10000
100
1000
Temps de Energie Temps de 100 Energie
10
montée absolue montée 10 absolue
1 1
Nb coups Nb coups
Durée Durée
cumulés cumulés
Les distributions des propriétés des trois classes obtenues ont été comparées. La Figure 3.26
présente les résultats sous forme de diagrammes en boîte à moustaches. Les cinq descripteurs
de classification relatifs aux trois classes d’EA pour toutes les configurations sont comparées.
Chaque diagramme représente l’étendue de l’amplitude des évènements d’EA. Le premier
quartile q1 et le troisième quartile q3 de la distribution correspondent aux limites des boîtes à
moustaches. Le deuxième quartile q2 représente la médiane correspondant à la ligne traversant
les boîtes à moustaches. Les valeurs inférieures et supérieures des pattes du diagramme
correspondent aux valeurs extrêmes de l’amplitude. Les distributions des signaux des
différentes classes pour les quatre configurations d’éprouvettes et pour les cinq classificateurs
choisis ont ainsi été représentées. Une bonne similitude des distributions des classes 1et 2 est
constatée. Cependant, les distributions de la classe 3 sont significativement différentes d’une
configuration sandwich à l’autre.
Khawla ESSASSI 78
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
(a)
(b)
(c)
(d)
(e)
Figure 3.26 Distributions des propriétés des quatre classes d’EA : a) Amplitude, b) Energie, c) Durée, d)
Nombre de coups au pic et e) Temps de montée.
Khawla ESSASSI 79
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
𝐸𝑖 𝐸𝑖 (3.9)
𝐷𝑖 = = 𝑛
𝐸𝑡 ∑𝑗=1 𝐸𝑗
Avec n est le nombre total des mécanismes d’endommagement.
100
Classe 1
Contribution d'endommagement [%]
80 Classe 2
Classe 3
60
40
20
0
1 cellule 2 cellules 3 cellules 4 cellules
Figure 3.27 Contribution des mécanismes d’endommagement pour les quatre configurations.
Khawla ESSASSI 80
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
Suite à cette analyse des mécanismes d’endommagement, il est possible de présenter les
différentes classes possibles à trouver dans un matériau sandwich biosourcé à fibres courtes et
fabriquées avec une impression 3D. Premièrement, les premiers mécanismes
d’endommagement apparaissent après la fin du domaine linéaire de la courbe
contrainte/déformation (premier palier horizontal de la courbe). Un transfert de charge entre la
peau supérieure et l’âme auxétique a conduit à un écrasement des parois cellulaires de l’âme
Khawla ESSASSI 81
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
observable à l’échelle macroscopique. D’autre part, compte tenu des ruptures des peaux, on
peut envisager un déchirement des couches déposées au cours de la mise en œuvre. Ce type
d’endommagement résulte d’une fissuration de la matrice ainsi qu’une décohésion
fibre/matrice.
1 1
3
2
3
2
Figure 3.28 Observation macroscopique et au MEB des modes d’endommagement des sandwiches.
3.5 Conclusion
Khawla ESSASSI 82
Caractérisation quasi-statique des poutres sandwiches
Des essais de flexion sont réalisés sur les différentes configurations afin de déterminer les
propriétés de la structure en termes de rigidité en flexion et en cisaillement et module de flexion
et de cisaillement. Ensuite, des essais d’indentation ont été élaborés sur les matériaux
sandwiches. Les résultats expérimentaux montrent que les propriétés mécaniques ainsi que la
dissipation de l’énergie s’améliorent en augmentant le nombre de cellules et l’épaisseur de
l’âme. Ce résultat est justifié du fait que l’augmentation du nombre de cellules augmente la
rigidité. Ces essais ont été suivi par la technique d’émission acoustique afin d’étudier
l’initiation et l’évolution des mécanismes d’endommagement. Une classification des signaux
acoustique a permis d’identifier trois modes d’endommagements : l’écrasement de l’âme, la
fissuration matricielle et la décohésion fibre/matrice. Les résultats obtenus de cette analyse ont
montré que l’endommagement des différentes configurations dépend du nombre de cellules.
Le premier mécanisme d’endommagement correspondant à l’écrasement de l’âme présente la
majorité des signaux d’EA. L’écrasement de l’âme est le mode d’endommagement qui dissipe
la plus grande quantité d’énergie pour les structures à un grand nombre de cellules. Les analyses
microscopiques réalisées sur les faciès de rupture ont confirmé la présence des trois modes
d’endommagement identifiés par la classification appliquée.
Khawla ESSASSI 83
Chapitre 4 : Analyse du
comportement mécanique en
fatigue des composites sandwiches
Résumé
85
Analyse du comportement mécanique en fatigue des composites sandwiches
4.1 Introduction
En effet, la résistance, la dissipation d’énergie ainsi que la durée de vie sont des facteurs
indispensables dans la conception mécanique des structures. Un bon amortissement sert à éviter
la rupture du matériau par fatigue. Actuellement, peu de résultats sont disponibles concernant
le comportement en fatigue des éco-sandwiches à âme en nid d’abeilles ré-entrantes. Ainsi, ce
chapitre présente une analyse expérimentale du comportement en fatigue des structures éco-
composites sandwiches en PFF à âme auxétique. Différents nombres de cellules d’âme ont été
testés. Les essais de fatigue cyclique ont été réalisés expérimentalement sur des poutres
sandwiches en flexion trois-points avec différents niveaux de chargement. Les sollicitations
appliquées sont réalisées à l’aide d’un chargement sinusoïdal réalisé par un déplacement
imposé. Ainsi, les résultats obtenus des différentes configurations peuvent être comparés entre
eux afin de mettre en évidence l’effet des dimensions des cellules auxétiques sur le
comportement en fatigue. De plus, un modèle analytique a été développé. Les résultats ont été
comparés à ceux obtenus expérimentalement et une bonne corrélation est observée. Enfin, ces
résultats pourront servir de base à la réalisation d’études numériques plus approfondies.
Khawla ESSASSI 87
Analyse du comportement mécanique en fatigue des composites sandwiches
Les structures auxétiques ont été largement utilisées sous forme des âmes pour les matériaux
sandwiches. Pour cette raison, il paraît indispensable de déterminer le comportement en fatigue
de ces types d’âmes.
Dans ce contexte, plusieurs études ont déjà été menées dans le but de caractériser le
comportement en fatigue des matériaux auxétiques. Bezazi et Scarpa [179] ont étudié le
comportement en traction cyclique des mousses PU thermoplastiques conventionnelles et
auxétiques. Les auteurs ont mis en évidence l’influence de la forme auxétique dans le
comportement du matériau en fatigue. Les résultats obtenus montrent que la mousse auxétique
possède des caractéristiques améliorées en statique et en fatigue par rapport à celle
conventionnelle. Huang et al. [180] ont étudié théoriquement le comportement en fatigue de la
structure en nid d'abeilles ré-entrantes. Ils ont constaté que la fatigue de ces structures dépend
Khawla ESSASSI 88
Analyse du comportement mécanique en fatigue des composites sandwiches
de différents paramètres tels que la taille des cellules, la densité relative et l’intervalle des
contraintes cycliques appliquées. Abbadi et al. [181] ont étudié le comportement en fatigue en
flexion 4-points d’un matériau composite en nid d'abeilles suivant les deux directions L et W.
Les résultats ont montré que la durée de vie de la configuration-L est supérieure à celle dans la
direction-W pour un même niveau de chargement. Les auteurs ont remarqué un flambement
suivi d’un cisaillement des parois cellulaires verticales de l’âme. L'angle entre la fissure et l'axe
horizontal était de 30° ce qui implique la rupture définitive du sandwich.
Les essais de fatigue ont été menés en flexion trois points en utilisant la machine hydraulique
standard INSTRON 8801 avec un capteur de charge de ± 1 kN. Les essais expérimentaux ont
été effectués conformément à la norme ASTM D790-86. Les poutres sandwiches testées sont
constituées des peaux d’épaisseur nominale de 2 mm et d’âmes d’épaisseur nominale de 5 mm
en configuration-W. Les quatre configurations d’âmes sont utilisées (1 cellule ; 2 cellules ; 3
cellules et 4 cellules). La distance entre appuis utilisée est d qui est égale à 110 mm. Un
déplacement sinusoïdal d’une fréquence de 5 Hz est imposé pendant les essais de fatigue. La
valeur de fréquence est choisie d’une façon à accélérer les résultats tout en conservant des
résultats précis. Un taux de chargement R, défini par l’équation (4.1), a été fixé à 0,2 :
dmin (4.1)
R=
dmax
Avec dmin et dmax sont respectivement les déplacements minimal et maximal appliqués au
cours du cycle.
Le déplacement moyen dmoy et l’amplitude du déplacement damp sont variés d’une façon à
diversifier le niveau de chargement r défini par l’équation (4.2):
𝑑𝑚𝑎𝑥 (4.2)
𝑟=
𝑑𝑟𝑢𝑝
Autour de cette valeur, un déplacement cyclique avec une amplitude damp est appliqué.
D’après les essais de flexion en statique, les sandwiches étudiés présentent deux
comportements différents (linéaire et non linéaire). Il faut bien éviter l’application des essais
de fatigue dans ces deux domaines simultanément pour qu’on puisse discuter les phénomènes
physiques qui apparaissent. Le Tableau 4.1 présente les différents paramètres d’essais utilisés.
Khawla ESSASSI 89
Analyse du comportement mécanique en fatigue des composites sandwiches
Au moins deux éprouvettes de chaque configuration sont testées afin de prendre en compte la
variabilité des résultats expérimentaux.
Le comportement dynamique en fatigue cyclique des sandwiches est étudié. Les différentes
configurations d’âmes auxétiques sont testées. Ainsi, l’effet du nombre de cellules (autrement
de la densité) sur la rigidité, les cycles d’hystérésis, les énergies dissipées, le facteur de perte
ainsi que la courbe de Wöhler est calculé.
Khawla ESSASSI 90
Analyse du comportement mécanique en fatigue des composites sandwiches
1 1
F/F0
0,8 0,8
F/F0
0,6 0,6
0,4 0,4
r=95% r=90% r=95% r=90%
r=85% r=80% r=85% r=80%
0,2 r=75% r=70% 0,2 r=75% r=70%
r=65% r=60% r=65% r=60%
r=50% r=40% r=50% r=40%
0 0
1 10 100 1000 10000 100000 1000000 1 10 100 1000 10000 100000 1000000
Nombre de cycles Nombre de cycles
(a) (b)
1 1
0,8 0,8
F/F0
F/F0
0,6 0,6
0,4 0,4
r=95% r=90% r=95% r=90%
r=85% r=80% r=85% r=80%
0,2 r=75% r=70% 0,2 r=75% r=70%
r=65% r=60% r=65% r=60%
r=50% r=40% r=50% r=40%
0 0
1 10 100 1000 10000 100000 1000000 1 10 100 1000 10000 100000 1000000
Nombre de cycles Nombre de cycles
(c) (d)
Figure 4.1 Courbes représentatives de l’évolution du rapport F/F0 en fonction du nombre de cycles pour
différents niveaux de chargement r et pour différentes nombre de cellules d’âmes en largeur : a) 1 cellule; b) 2
cellules; c) 3 cellules et d) 4 cellules.
Dans le cas du sandwich avec 4 cellules en largeur, la réduction de la rigidité est un peu
sévère par rapport à celles de faible densité. En effet une augmentation du nombre de cellules
de l’âme entraine une augmentation de la surface de contact entre les peaux et l’âme. Cela
provoque une augmentation du transfert des contraintes de cisaillement entre les peaux et
l’âme. Ce qui diminue la résistance de la structure sandwich. Au cours des premiers cycles, la
valeur de la charge maximale est de l’ordre de 290 N dans le cas du sandwich avec 4 cellules
Khawla ESSASSI 91
Analyse du comportement mécanique en fatigue des composites sandwiches
en largeur, alors qu’elle n’est que de 175 N pour le sandwich avec 1 cellule en largeur. La
rupture de la structure sandwich avec une densité élevée est antérieure à celle avec la plus faible
densité.
350
300
200
150
100 1 cellule
2 cellules
50 3 cellules
4 cellules
0
1 10 100 1000 10000
Nombres de cycles
Figure 4.2 Evolution de la charge en fonction du nombre de cycles pour différents nombres de cellules d’âmes
et pour un niveau de chargement r=80%.
Pour chaque configuration, les caractéristiques énergétiques lors des essais de fatigue sont
étudiées en analysant l'évolution des courbes d'hystérésis. Le niveau de chargement est fixé à
80%. Chaque cycle est défini par 200 points expérimentaux. Les cycles d’hystérésis sont
obtenus à partir des données expérimentales de la charge et du déplacement en fonction du
temps. La Figure 4.3 présente les cycles d’hystérésis pour différents nombres de cycles de
fatigue. Les courbes sont translatées suivant l’axe de déplacement pour obtenir des figures plus
claires. L’évolution du cycle d’hystérésis est similaire pour les quatre configurations du
sandwich. L’augmentation du nombre de cycles entraine une diminution de la charge maximale
représentée par le pic de la courbe d’hystérésis ainsi qu’une augmentation de l’aire intérieure
du cycle d’hystérésis. Ces résultats sont les conséquences de la perte de rigidité et le
développement de l’endommagement des cellules unitaires formant l’âme auxétique. Ce
phénomène est beaucoup plus marqué dans le cas du sandwich avec un grand nombre de
cellules auxétiques et pour un nombre de cycles élevé. On peut conclure que la réponse
dynamique du sandwich à âme auxétique au chargement n’est pas la même que sa réponse au
déchargement. En raison du chargement cyclique, les parois des cellules unitaires sont
totalement effondrées. La rupture des cellules unitaires et la fracture des bords des cellules
entraînent l'apparition des endommagements irréversibles dans le sandwich, ainsi la rupture
totale des éprouvettes.
Khawla ESSASSI 92
Analyse du comportement mécanique en fatigue des composites sandwiches
200 250
10 100 10 100
500 1000 500 1000
200
150
Force [N]
Force [N]
150
100
100
50
50
0 0
0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
Déplacement [mm] Déplacement [mm]
(a) (b)
300 350
0 0
0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
Déplacement [mm] Déplacement [mm]
(c) (d)
Figure 4.3 Evolution des cycles d’hystérésis pour un niveau de chargement r=80% et pour différents nombres
de cellules d’âmes en largeur : a) 1cellule ; b) 2 cellules ; c) 3 cellules et d) 4 cellules.
Les formes auxétiques sont connues par leur capacité de dissipation d’énergie. Ils dissipent
la plus grande quantité d’énergie lorsqu’ils sont utilisés comme âmes de sandwich soumis à
des essais d’impact ou d’indentation. Les essais de fatigue permettent de quantifier l’énergie
potentielle emmagasinée ainsi que l’énergie dissipée par la structure sandwich. En considérant
le cycle d'hystérésis illustré dans la Figure 4.4, il est possible de calculer l’énergie dissipée pour
chaque cycle. Le comportement des sandwiches en fonction de la charge dépend de l'énergie
de déformation. L'énergie potentielle Ep stockée est la surface située sous la partie supérieure
(partie de chargement) de la boucle d'hystérésis. En utilisant la formule de trapèze, comme
indiqué sur la Figure 4.4, l'énergie dissipée Ed et l'énergie potentielle maximale Ep sont
déterminées. Pour réduire l'erreur dans le calcul de la surface, les courbes d'hystérésis sont
divisées par un grand nombre n. Pour un cycle donné, l’énergie potentielle est donnée
par l’équation (4.3) :
Khawla ESSASSI 93
Analyse du comportement mécanique en fatigue des composites sandwiches
𝑛
1 (4.3)
𝐸𝑝 = ∑(𝑑𝑖+1 − 𝑑𝑖 ) [𝑓(𝑑𝑖+1 ) + 𝑓(𝑑𝑖 )]
2
𝑖=1
L’énergie restituée Er qui correspond à l’aire sous la courbe de décharge g est donnée par
l’équation (4.4) :
𝑛
1 (4.4)
𝐸𝑟 = ∑(𝑑𝑖+1 − 𝑑𝑖 ) [𝑔(𝑑𝑖+1 ) + 𝑔(𝑑𝑖 )]
2
𝑖=1
𝐸𝑑 = 𝐸𝑝 − 𝐸𝑟 (4.5)
𝑛
1 (4.6)
𝐸𝑑 = ∑(𝑑𝑖+1 − 𝑑𝑖 ) {[𝑓(𝑑𝑖+1 ) + 𝑓(𝑑𝑖 )] − [𝑔(𝑑𝑖+1 ) + 𝑔(𝑑𝑖 )]}
2
𝑖=1
La Figure 4.5 présente l’évolution de l’énergie dissipée en fonction du nombre de cycles des
quatre matériaux sandwiches et pour différents niveaux de chargement r. Le niveau de
chargement influe largement sur l’énergie dissipée. En effet, Ed est importante pour la valeur
de r la plus élevée pour les quatre configurations. On constate que l’énergie dissipée décroît au
cours des premiers cycles ce qui est expliqué par la dégradation de la force appliquée pour un
déplacement donné. Puis il se stabilise et devient pratiquement constant pour les nombres de
cycles élevés. L’énergie dissipée dépend aussi du nombre de cellules de l’âme. L’âme avec le
nombre de cellules le plus élevé dissipe plus d’énergie. Pour bien expliquer ce résultat, il faut
suivre les mécanismes d’endommagement des sandwiches au cours de l’essai de fatigue. Au
cours des premiers cycles, les peaux et les cellules élémentaires de l’âme se déforment d’une
manière réversible. Ensuite la peau inférieure commence à s’endommager permettant ainsi la
Khawla ESSASSI 94
Analyse du comportement mécanique en fatigue des composites sandwiches
propagation de l’endommagement vers les parois des cellules élémentaires de l’âme auxétique.
Cela engendre l’évacuation de l’air enfermée par les cellules. Dans le cas de l’âme avec le
nombre de cellules élevées, il y’a plus d’air à évacuer. Ce qui explique la grande dissipation
d’énergie dans cette configuration.
30
20
25
15
20
10 15
10
5
5
0 0
1 10 100 1000 10000 1 10 100 1000 10000
Nombre de cycles Nombre de cycles
(a) (b)
r=50% r=65% r=75% r=85% r=50% r=65% r=75% r=85%
45
50
Energie dissipée [mJ]
40
Energie dissipée [mJ]
30
30
20
15
10
0
0 1 10 100 1000 10000
1 10 100 1000 10000
Nombre de cycles Nombre de cycles
(c) (d)
Figure 4.5 Evolution de l’énergie dissipée en fonction du nombre de cycles pour différents niveaux de
chargement et pour différents nombres de cellules d’âmes en largeur : a) 1cellule ; b) 2 cellules ; c) 3 cellules et
d) 4 cellules.
La Figure 4.6 présente l’évolution de l’énergie dissipée en fonction du nombre de cycles des
quatre matériaux sandwiches et pour un niveau de chargement r=85%. Le nombre de cellules
influe largement l’énergie dissipée. En effet, Ed est importante pour la structure sandwich avec
le plus grand nombre de cellules dans l’âme. La même variation de Ed est constatée pour les
quatre configurations du sandwich. L’explication de ce résultat est déjà présentée dans le
paragraphe précédent. En fait tout dépend de la déformation des cellules élémentaires de l’âme.
Khawla ESSASSI 95
Analyse du comportement mécanique en fatigue des composites sandwiches
L’augmentation du nombre de cellules d’âme augmente la quantité d’air enfermée par les
cellules à évacuer.
80
1 cellule 2 cellules 3 cellules 4 cellules
60
20
0
0 200 400 600 800 1000
Nombre de cycles
Figure 4.6 Evolution de l’énergie dissipée en fonction du nombre de cycles pour différents nombres de cellules
d’âmes et pour un niveau de chargement r=85%.
La dissipation d’énergie dans les sandwiches dépend de plusieurs paramètres tels que la
topologie de l’âme et le comportement viscoélastique du matériau constitutif. Le facteur de
perte dans les essais de fatigue est défini comme le rapport entre l’énergie dissipée Ed et
l’énergie potentielle Ep. Il est donné par l’équation (4.7):
𝐸𝑑 (4.7)
ƞ=
2𝜋𝐸𝑝
Khawla ESSASSI 96
Analyse du comportement mécanique en fatigue des composites sandwiches
courbure synclastique (en forme de dôme) [182]. La répétition cyclique de ces courbures au
cours des essais de fatigue va créer un mécanisme de friction entre l’âme et les peaux. Par
conséquent, une grande partie de l’énergie va être dissipée par effet Joule. Aussi le phénomène
de compression/décompression de l’air piégé dans l’âme va augmenter l’amortissement de la
structure. Ce qui explique l’augmentation du facteur de perte pour les nombres de cycles élevés.
0,8 0,8
Facteur de perte ƞ [%]
0,4 0,4
0,2 0,2
0 0
1 10 100 1000 10000 1 10 100 1000 10000
Nombre de cycles Nombre de cycles
(a) (b)
r=50% r=65% r=75% r=85%
r=50% r=65% r=75% r=85%
1
1,5
0,8
Facteur de perte ƞ [%]
1,2
Facteur de perte ƞ [%]
0,6 0,9
0,4 0,6
0,2 0,3
0 0
1 10 100 1000 10000 1 10 100 1000 10000
Nombre de cycles Nombre de cycles
(c) (d)
Figure 4.7 Evolution du facteur de perte en fonction du nombre de cycles pour différents niveaux de chargement
et pour différents nombres de cellules d’âmes en largeur : a) 1cellule ; b) 2 cellules ; c) 3 cellules et d) 4
cellules.
Khawla ESSASSI 97
Analyse du comportement mécanique en fatigue des composites sandwiches
𝐹𝑚𝑎𝑥 𝑑 (4.8)
𝜎𝑚𝑎𝑥 =
4𝑏𝑒𝑝 (𝑒𝑝 + 𝑒𝑎 )
Où ep est l'épaisseur de peau, ea est l'épaisseur de l'âme, b est la largeur de la poutre et d est
la distance entre appuis qui est égale à 110 mm.
1,5
1 cellule 2 cellules 3 cellules 4 cellules
0,5
0
0 200 400 600 800 1000
Nombre de cycles
Figure 4.8 Evolution du facteur de perte en fonction du nombre de cycles pour différents nombres de cellules
d’âmes et pour un niveau de chargement r=85%.
Une dispersion limitée des résultats est observée, ce qui montre la ressemblance de toutes
les éprouvettes testées et donc l’efficacité de la méthode de fabrication adoptée (impression
3D). C’est pourquoi deux échantillons uniquement sont testés pour chaque contrainte
appliquée. L'évolution de la contrainte maximale en fonction du nombre de cycles à la rupture
est exprimée par l’équation (4.9):
𝜎 = 𝐴 − 𝐵 ln 𝑁𝑟 (4.9)
Il est clairement observé que le nombre de cellules de l’âme a un effet significatif sur la
durée de vie en fatigue des sandwiches. Le sandwich avec le plus grand nombre de cellules de
l’âme présente la valeur la plus élevée du paramètre B ce qui indique le taux de dégradation le
plus élevé de ce matériau. Une augmentation d'environ 25% de la densité de l’âme entraîne une
augmentation d'environ 30% du taux de dégradation. En effet, l’augmentation du nombre de
cellules (de la densité) de l’âme augmente la rigidité du sandwich. Et donc plusieurs cellules
seront soumises à l’essai de flexion cyclique en fatigue ce qui augmente l’évolution des
mécanismes d’endommagement au sein du matériau et donc la défaillance rapide. Le paramètre
A correspond à la contrainte maximale pour des faibles nombres de cycles. Cependant, cette
relation linéaire ne vérifie pas l'observation expérimentale selon laquelle aucun échantillon
n'est fracturé pour des valeurs très faibles de niveau de chargement. Cela est dû au rapport de
charge R et à la valeur du déplacement drup fixée dès le début.
Khawla ESSASSI 98
Analyse du comportement mécanique en fatigue des composites sandwiches
60
40
30
𝐹𝑚𝑎𝑥 (4.10)
0
= 𝐴0 − 𝐴 ln(𝑁)
𝐹𝑚𝑎𝑥
Avec A0 et A dépendent des conditions initiales, des propriétés du matériau et des niveaux
de chargement appliqués. Au premier cycle, la charge maximale Fmax est égale à la charge
appliquée F0max, ce qui conduit à l'équation (4.11) :
𝐹𝑚𝑎𝑥 (4.11)
0
= 1 − 𝐴 ln(𝑁)
𝐹𝑚𝑎𝑥
Il est possible de considérer que l’évolution du paramètre A en fonction du niveau de
chargement r est suivie d'une fonction de puissance, donnée par l’équation (4.12) :
𝐴 = 𝑎0 𝑟 𝑎 (4.12)
Où a0 et a sont des paramètres déterminés expérimentalement. Par conséquent, l'expression
de réduction de la rigidité devient :
𝐹𝑚𝑎𝑥 (4.13)
0
= 1 − 𝑎0 𝑟 𝑎 ln(𝑁)
𝐹𝑚𝑎𝑥
La durée de vie en fatigue est une caractéristique importante qui doit être évaluée lors des
essais de fatigue. Elle est associée au nombre de cycles à la rupture. Parfois, il est impossible
Khawla ESSASSI 99
Analyse du comportement mécanique en fatigue des composites sandwiches
d’obtenir la rupture lors des essais de fatigue du matériau composite. De ce fait, un critère de
durée de vie en fatigue devrait être défini. Le nombre critique Nα qui correspond à une réduction
de la rigidité de α% peut être calculé à partir de l’équation (4.13). Ainsi, l’expression de Nα est
donnée par l’équation (4.14):
𝛼 (4.14)
𝑁𝛼 = 𝑒𝑥𝑝 ( )
100(𝑎0 𝑟 𝑎 )
La durée de vie en fatigue peut être liée à l'état d'endommagement de la structure sandwich
représenté par le paramètre d'endommagement D. Il est égal à zéro au premier cycle et égal à
l'unité lorsque les critères de défaillance sont atteints. Dans le cas des essais de fatigue en
contrôlant le déplacement [183], le paramètre d'endommagement D est calculé par l’équation
(4.15):
0
𝐹𝑚𝑎𝑥 − 𝐹𝑚𝑎𝑥 (4.15)
𝐷= 0 𝛼
𝐹𝑚𝑎𝑥 − 𝐹𝑚𝑎𝑥
Où Fαmax est la charge maximale au nombre de cycles critiques Nα. Le remplacement de
l’équation (4.13) et l’équation (4.14) dans l'équation (4.15) conduit à l'équation (4.16):
100 (4.16)
𝐷= [𝑎0 𝑟 𝑎 ln 𝑁]
𝛼
Ces équations sont valables pour les deux premières étapes de dégradation de la rigidité.
L'étape finale concernant la défaillance n'est pas prise en compte dans le modèle. Les
paramètres analytiques de l’équation (4.13) peuvent être déterminés en se basant sur les
résultats expérimentaux. La Figure 4.10 présente l’évolution du paramètre A en fonction du
niveau de chargement r. Ces résultats permettent d’identifier les coefficients a0 et a de
l’équation (4.12).
0,04
0,032
Coefficient A
0,024
0,016
1 cellule
0,008 2 cellules
3 cellules
4 cellules
0
0,3 0,5 0,7 0,9 1,1
Niveau de déplacement appliqué r
Figure 4.10 Les coefficients des fonctions d'interpolation dans les sandwiches avec différents nombres de
cellules d’âmes en largeur.
Les valeurs de ces paramètres sont données dans le Tableau 4.2 pour les différentes
configurations de sandwiches étudiées.
Nombre de cellules en a0 a
largeur
1 cellule 0,0164 1,0022
2 cellules 0,0187 1,0911
3 cellules 0,023 1,4446
4 cellules 0,0283 1,6744
Les résultats expérimentaux sont comparés à ceux du modèle analytique basé sur la
dégradation de la contrainte maximale en fonction du nombre de cycles à la rupture. La
détermination des paramètres de l'équation (4.14) permet de prédire la durée de vie en fatigue.
Un critère de fin de vie a été défini pour la détermination des courbes de Wöhler analytiques
et expérimentales noté N10. Ce critère correspond à une réduction de la contrainte initiale
(rapportée à celle des premiers cycles) de 10%. La Figure 4.11 présente les résultats
expérimentaux et analytiques pour les différentes configurations de sandwiches étudiées. Une
bonne corrélation entre les résultats est observée. Le modèle analytique décrit bien l'évolution
des résultats expérimentaux pour chaque structure sandwiches, malgré le comportement
complexe des composites. Il est à noter que ce modèle analytique [183] ne prévoit la durée de
vie en fatigue que lorsque le niveau de chargement est déjà connu.
40 50
Contrainte maximale [MPa]
40
30
30
20
20
10
Expérimentale 10 Expérimentale
Analytique Analytique
0 0
1,E+02 1,E+03 1,E+04 1,E+05 1,E+06 1,E+01 1,E+02 1,E+03 1,E+04 1,E+05 1,E+06
Durée de vie Durée de vie
(a) (b)
60 60
50 50
40 40
30 30
20 20
Expérimentale Expérimentale
10
10 Analytique
Analytique
0
0 1,E+01 1,E+02 1,E+03 1,E+04 1,E+05
1,E+01 1,E+02 1,E+03 1,E+04 1,E+05 1,E+06
Durée de vie
Durée de vie
(c) (d)
Figure 4.11 Courbes de Wöhler expérimentales et analytiques des sandwiches pour différentes nombre de
cellules d’âmes en largeur : a) 1 cellule ; b) 2 cellules ; c) 3 cellules et d) 4 cellules.
La réponse des composites sandwiches aux essais de flexion cyclique dépend de l’apparition
et de la propagation des endommagements dans le matériau. Le paramètre d'endommagement
D défini par l’équation (4.15) combine tous les mécanismes d’endommagement. Il décrit les
endommagements qui dépendent du matériau de base, de la structure de l’âme, du type de
chargement et du niveau de chargement appliqué r. La Figure 4.12 présente les résultats
expérimentaux comparés à ceux déterminés du modèle analytique donné par l'équation (4.16)
pour chaque configuration du sandwich. L'évolution du paramètre d'endommagement a été
déterminée pour un niveau de chargement r égal à 95%. Un bon accord entre le modèle
analytique et les résultats expérimentaux est observé. Il est bien clair que l'évolution des
endommagements dépend largement du nombre de cellules auxétiques des âmes. La
propagation d’endommagement est beaucoup plus rapide pour les sandwiches avec le plus
grand nombre de cellules dans l’âme. Pour un nombre de cycles égale à 20, le paramètre
d’endommagement est de 46%, 52%, 63% et 77% pour les sandwiches avec un nombre de
cellules en largeur de 1, 2, 3 et 4 cellules. Il est à noter que les premiers cycles sont très
importants car ils sont responsables à l’initiation des endommagements dans le matériau.
Considérant les résultats trouvés, il est clair que les endommagements s’accumulent dès les
premiers cycles. Ces endommagements sont à l’origine du chargement initial appliqué au
matériau défini par un niveau de chargement de 95%. Ainsi, le matériau a subi un
endommagement initial avant d'être soumis au chargement cyclique. Puis, une propagation
rapide des endommagements dès les premiers cycles suite au chargement cyclique.
1 1
0,8 0,8
Paramètre D
Paramètre D
0,6 0,6
0,4 0,4
(a) (b)
1 1
0,8 0,8
Paramètre D
Paramètre D
0,6 0,6
0,4 0,4
(c) (d)
0,8
Paramètre D
0,6
0,4
1 cellule
0,2 2 cellules
3 cellules
4 cellules
0
0 20 40 60
Nombre de cycles
(e)
Figure 4.12 Evolution du paramètre d'endommagement des sandwiches pour différents nombre de cellules
d’âmes en largeur : a) 1 cellule ; b) 2 cellules ; c) 3 cellules ; d) 4 cellules et e) toutes les structures.
4.4 Conclusion
Ce chapitre présente les résultats des études expérimentales et analytiques réalisées sur les
structures sandwiches biosourcés à âme en nid d’abeilles ré-entrante soumises au chargement
Résumé
105
Comportement dynamique des composites sandwiches et de ses constituants
5.1 Introduction
Les matériaux composites sont de plus en plus utilisés dans la plupart des domaines du
transport afin d’avoir une structure légère avec une perte minimale de propriétés mécaniques.
Cependant, ces matériaux peuvent poser des problèmes vibratoires (structure plus résonante).
Par conséquent, la connaissance des caractéristiques vibratoires, notamment l’amortissement,
est indispensable pour le développement des structures composites pour les applications de
hautes performances. L’amortissement qui traduit la dissipation de l’énergie dans le matériau
est un facteur important pour l’établissement du comportement dynamique. La dissipation de
l’énergie dans une structure sandwich dépend de plusieurs paramètres. Elle dépend de la
constitution du matériau composite, plus précisément du comportement viscoélastique de la
matrice et des fibres de renforts [39]. Elle dépend aussi du type d’âme utilisée et des dimensions
de la structure. Dans les chapitres précédents, il a été montré que la microstructure complexe
des fibres naturelles de lin ainsi que la forme auxétique de l’âme présentent des propriétés
dynamiques élevées.
Les composites biosourcés ont montré leur capacité à dissiper de l’énergie vibratoire.
Différentes études ont mis en évidence les bonnes propriétés vibratoires de ces matériaux. Les
composites renforcés par des fibres de lin ont permis d’améliorer le coefficient
d’amortissement de plus de 50% tout en apportant un gain de masse de 33% comparés à ceux
renforcés par des fibres de verre [185]. Duc et al. [186] ont montré que les composites renforcés
par des fibres de lin possèdent un facteur de perte plus élevés que ceux renforcés par des fibres
de carbone et de verre. Aussi, les résultats montrent que les matrices thermoplastiques
permettent d’augmenter de plus les propriétés d’amortissement des composites suite à leurs
comportements viscoélastiques qui n’existent pas chez les polymères thermodurcissables. La
microstructure de la fibre de lin peut expliquer ses propriétés d’amortissement supérieures
[187]. En fait, les fibres végétales sont composées par multicouche de microfibrilles
d’hémicellulose et de cellulose qui peuvent intrinsèquement dissiper de l’énergie par
amortissement visqueux et par frottement.
Les structures auxétiques aussi ont montré des bonnes propriétés vibratoires. Yang et al.
[112] ont étudié le comportement vibratoire d’une structure sandwich à âme en treillis
pyramidal. La structure est formée par des fibres en carbone avec des couches viscoélastiques.
Les résultats obtenus montrent que les propriétés d'amortissement augmentent avec l'insertion
des couches viscoélastiques sans modification de ses fréquences naturelles. Les propriétés
d’amortissement des structures auxétiques en nid d’abeilles ré-entrantes ont été largement
étudiées [113, 114, 116]. Il a été observé que les nids d’abeilles auxétiques avec des parois
inclinées peu profondes et des parois verticales courtes sollicitées dans la direction X présente
un bon compromis entre la rigidité et l’amortissement (Le module d’Young supérieur à 10 GPa
est réalisable en combinaison avec un facteur de perte de 5%). Une analyse paramétrique a
également montré que les propriétés dynamiques sont significativement sensibles au gradient
d'angle de la structure hexagonale en nid d'abeilles [115].
La structure auxétique testée dans notre étude est une forme de nid d’abeilles ré-entrantes.
Deux types de configurations auxétiques ont été testées. La Figure 5.1 présente les
configuration-W et configuration-L testées. Chaque configuration présente une liaison
particulière entre les cellules élémentaires qui va absolument affecter la réponse de la structure
suite au sollicitation vibratoire.
(a) (b)
Figure 5.1 Vue de dessus et de côté de : (a) la configuration W, (b) la configuration L.
(a) (b)
Figure 5.2 Exemple de FRF d’une poutre sandwich. a) Diagramme et Bode et b) représentation du mode 2 dans
le plan de Nyquist [2].
Différentes méthodes peuvent être utilisées pour mesurer les propriétés modales en utilisant la
FRF. Les méthodes couramment utilisées sont la méthode de ‘’Circle Fitting’’ et la méthode
de ‘’la bande passante’’. La Figure 5.3 illustre ces deux méthodes de mesure. La méthode de
‘’Circle Fitting’’ [188] consiste à projeter la FRF dans le plan de Nyquist. Dans ce cas chaque
mode est considéré séparément. Ensuite, il faut trouver les caractéristiques du cercle qui
interpole au mieux la FRF expérimentale. La deuxième méthode, celle de ‘’la bande passante’’
[188], consiste à isoler chaque pic de résonance de la FRF et le traité en utilisant la méthode à
(-3 dB). Cette méthode est utilisée pour traiter les résultats et elle est détaillée dans la section
suivante.
(a) (b)
Figure 5.3 (a) Paramètres du cercle d’interpolation pour la méthode de Circle-Fitting, (b) Illustration de la
méthode de la bande passante [2].
La méthode de la bande passante à -3dB [188] est couramment utilisée pour le calcul de
l’amortissement d’une structure. C’est une méthode très simple et facile à appliquer. Elle
consiste à analyser la réponse en fréquence (FRF) déterminée expérimentalement pour obtenir
les fréquences propres. Chaque pic de résonance est isolé et traité séparément. Une bande
passante à -3 dB est définie par rapport à la valeur maximale de l’amplitude de chaque pic. La
largeur de cette bande donne les deux fréquences d’intersection f1 et f2, comme illustré dans la
Figure 5.4. Ainsi, le facteur de perte ƞn (ou encore le coefficient d’amortissement modal ξn) du
nième mode peut être calculé par l’équation (5.1) :
𝛥𝑓𝑛 𝑓2 − 𝑓1 (5.1)
ƞ𝑛 = 2𝜉𝑛 = =
𝑓𝑛 𝑓𝑛
Le module d'Young E des peaux composites pour chaque mode de flexion est calculé par
l’équation (5.2) [39, 189]:
De plus, la rigidité équivalente du sandwich pour chaque mode de flexion peut être calculée
par l’équation (5.3) [191]:
2 (5.3)
𝑚 𝑙2
(𝐸𝐼)𝑒𝑞 = ( ) (2𝜋𝑓𝑛 )2 ( )
𝐿 (𝛽𝑛 𝑙)2
Avec m la masse du sandwich, L la longueur totale, fn la fréquence de résonance du nième
mode de flexion, l la longueur libre et (βnl) un coefficient pour le nième mode de vibration en
configuration encastré-libre: β1l = 1,8751, β2l = 4,66940, β3l = 7,8547, β4l = 10,9955, β5l =
14,1371 et βnl = (π / 2) (2n-1) pour n> 5 [192].
L’excitation par impact est la méthode la plus simple à appliquer pour déterminer les
caractéristiques dynamiques des matériaux. Les comportements vibratoires des peaux et des
âmes ont été déterminés pour se rendre compte de leur influence sur l’amortissement de la
structure sandwich.
Les quatre configurations ont été considérées pour étudier l’influence de la densité de l’âme
sur l’amortissement des sandwiches. La configuration-L et la configuration-W ont été testées
(a) (b)
Figure 5.5 a) dispositif expérimental d’analyse modale, b) éprouvette encastré-libre
Les comportements vibratoires des peaux et des âmes auxétiques sont étudiés. L’épaisseur
de la structure auxétique est de 5 mm et l’épaisseur de l’éprouvette qui présente la peau est de
2 mm. Des essais de vibration en configuration encastrée-libre sont élaborés sur différentes
configurations d’éprouvettes. Ainsi, les fréquences propres des modes de flexion sont mesurées
et les amortissements modaux sont calculés.
Le comportement dynamique des peaux est étudié. Les résultats obtenus sont présentés sur
la Figure 5.6. L'évolution du facteur de perte en fonction la fréquence est présentée. Les
résultats montrent que le facteur d'amortissement augmente avec la fréquence. En fait,
l'augmentation moyenne est d'environ 50%. Le facteur de perte est initialement faible (1,4%),
ensuite il augmente rapidement dans la plage de fréquences de 0 Hz à 2 000 Hz. À partir de
cette fréquence, le facteur de perte augmente progressivement pour atteindre une valeur quasi
asymptotique d’environ 2,8%. D’autre part, l’évolution du module d’Young en fonction de la
fréquence est examinée. La rigidité augmente légèrement en fonction de la fréquence
(l'augmentation moyenne est d'environ 13%). En effet, la rigidité mesurée à basse fréquence
correspond au module d’Young quasi-statique présenté en Chapitre 2. La relation entre le
facteur de perte et la fréquence de vibration peut être exprimée par une équation polynomiale
du second degré donnée par l’équation (5.4):
2 2
1 1
0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 0 1000 2000 3000 4000 5000
Fréquence [Hz] Fréquence [Hz]
(a) (b)
Figure 5.6 Propriétés dynamiques des peaux : a) facteurs de perte et b) modules d’Young.
Il est bien connu que l’âme d’une poutre sandwich subit plus des efforts de cisaillement que
des efforts de traction/compression quand elle est soumise à des déformations de flexion. Dans
ce cas, une étude du comportement en cisaillement des structures auxétiques est nécessaire.
Des essais vibratoires d’une poutre sandwich composée de l’âme auxétique et de deux peaux
métalliques sont élaborés. C’est une méthode connue sous le nom de la méthode VBT dans la
norme ASTM E-756 [190]. L’assemblage de l’âme avec les peaux métalliques est établi au
moyen d’une colle structurale (ISOBOND) d’une épaisseur de 0,1 mm pour minimiser son
influence sur la réponse globale de la poutre sandwich. Les essais de vibrations sont effectués
sur les peaux métalliques ainsi que les sandwiches. La détermination des fréquences propres et
le calcul des facteurs d’amortissements servent à calculer l’amortissement en cisaillement de
l’âme ƞxz ainsi que son module de cisaillement Gxz par les équations (5.5) et (5.6):
𝐴ƞ𝑠 (5.5)
ƞ𝑥𝑧 =
𝐻
2𝜋𝐸𝐶𝑛 𝑒𝑝 𝑒𝑎 (5.6)
𝐺𝑥𝑧 = 𝐻( 2 )
𝑙 ((1 − 2𝐴 + 2𝐵)2 + 4(𝐴ƞ𝑠 )2 )
Les paramètres A, B, H et D sont donnés respectivement par les équations (5.7), (5.8), (5.9)
et (5.10):
2 (5.7)
𝑓𝑠 𝐵 𝐷𝑒𝑎
𝐴 = ( ) ( ) (2 + )
𝑓𝑝 2 𝑒𝑝
1 (5.8)
𝐵= 2
𝑒
6 (1 + 𝑒𝑎 )
𝑝
Ainsi, les propriétés dynamiques en cisaillement des âmes auxétiques sont mesurées. La
configuration-W de l’âme est choisie pour être présentée avec une densité de 8.3% et une
épaisseur de 5 mm. L’évolution du facteur de perte ainsi que le module de cisaillement en
fonction de la fréquence sont présentées dans la Figure 5.7. On remarque que l’amortissement
et le module de cisaillement croient en fonction de la fréquence. Le module de cisaillement en
basse fréquence est d’environ 40 MPa puis il augmente en fonction de la fréquence jusqu’à une
valeur de 120 MPa pour une fréquence de 3 400 Hz. Le facteur de perte est initialement proche
de 4%, puis il augmente rapidement en fonction de la fréquence.
14 140
12 120
10 ƞxz 100
Gxz [MPa]
ƞxz [%]
8 80
6 Gxz 60
4 40
2 20
0 0
0 1000 2000 3000 4000
Fréquence [Hz]
Le comportement vibratoire des âmes auxétiques est étudié. L'évolution du facteur de perte
en fonction de la fréquence pour les quatre configurations de la forme auxétique : 1, 2, 3 et 4
cellules en largeur est étudiée et illustrée dans la Figure 5.8. Les résultats montrent que le
facteur d'amortissement augmente en fonction de la fréquence. À basse fréquence, les valeurs
d’amortissement sont en bon accord pour les différentes densités. Il est compris entre 1,7% et
2,2% pour des valeurs de fréquences allant de 0 Hz à 500 Hz. Au bout de cette valeur de
fréquence, le facteur de perte diverge progressivement et l’effet de la densité devient clairement
observable.
5
Facteur de perte η [%]
2
1 cellule
1 2 cellules
3 cellules
4 cellules
0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000
Fréquence [Hz]
Pour bien clarifier l’effet de la densité sur l’amortissement de la structure auxétique, une
présentation de l’amortissement en fonction de la densité semble nécessaire. La Figure 5.9
présente les résultats expérimentaux du facteur de perte pour différentes densités de la structure
auxétique en configuration L et pour une fréquence de 1000 Hz. Le facteur de perte diminue
𝜌 2 𝜌 (5.11)
ƞ = 0.0004 ( ) − 0.0522 ( ) + 3.7894
𝜌𝑠 𝜌𝑠
4
3
Facteur de perte η [%]
0
0 10 20 30 40
Densité relative ρ/ρs [%]
la connexion entre les cellules unitaires de la configuration-W est plus rigide, ce qui conduit à
une structure plus rigide.
2
L-conf
1
W-conf
0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000
Fréquence [Hz]
Le comportement vibratoire des poutres sandwiches à âme auxétique est étudié. Deux types
de configurations, quatre densités et 3 épaisseurs d’âmes sont utilisés. L’influence de ces
paramètres sur la réponse globale de la structure, plus précisément sur ses propriétés
dynamiques est examinée.
Dans un premier temps, l’influence des peaux sur l’amortissement des structures auxétiques
est étudiée. La densité relative de l’âme est fixée à 33.5%. La configuration-W de l’âme est
choisie à être étudiée. L’épaisseur de l’âme est de 5 mm. Les résultats sont présentés dans la
Figure 5.11. Les résultats montrent que les propriétés d'amortissement du sandwich sont
supérieures d'environ 2% à celles des peaux et inférieur d'environ 5% à celles de la structure
auxétique à 3000 Hz. On peut en conclure que l’ajout des peaux entraîne une diminution des
propriétés d’amortissement de la structure auxétique. Cependant, la déformation par
cisaillement de l’âme auxétique lors de la vibration de la poutre sandwich augmente la
dissipation d'énergie, ce qui améliore les propriétés dynamiques de l'ensemble du composite
sandwich. En effet, les peaux augmentent la rigidité de la poutre auxétique, ce qui entraîne une
diminution des propriétés d'amortissement de la structure.
1 Peaux
Ame auxétique
Sandwich
0
0 1000 2000 3000 4000 5000
Fréquence [Hz]
4 2
(EI)eq ×106[N.mm2]
3
Loss factor η [%]
1,5
2 1
1 0,5
L-conf L-conf
W-conf W-conf
0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 0 1000 2000 3000 4000 5000
Fréquence [Hz] Fréquence [Hz]
(a) (b)
Figure 5.12 Propriétés dynamiques des sandwiches : a) facteur de perte, b) rigidité équivalente.
La Figure 5.13 présente les propriétés dynamiques des poutres sandwiches. L’évolution du
facteur de perte en fonction des fréquences pour les quatre densités d’âmes en configuration-
W et avec une épaisseur de 5 mm a été déterminée. Les résultats montrent que l'amortissement
des poutres sandwiches n'est pas extrêmement dépendant de la densité de l’âme auxétique.
L’amortissement augmente en fonction de la fréquence pour les différentes densités d’âmes.
Au contraire, la rigidité équivalente des poutres sandwiches dépend énormément de la densité
de l’âme auxétique. Elle augmente lorsque la densité de l’âme augmente. En fait,
l’augmentation de la densité entraîne une augmentation de la quantité de matière imprimée et
donc la croissance de la rigidité des poutres sandwiches. La rigidité équivalente décroît en
fonction de la fréquence. Elle diminue dans la plage de fréquences de 0 Hz à 4000 Hz d'environ
25% pour les sandwiches avec une densité relative d’âmes de 16,7%, 25,1% et 33,5% et
d’environ 60% pour une densité relative de 8,3%.
4 2
Facteur de perte η [%]
(EI)eq ×106[N.mm2]
3 1,5
2 1
1 cellule
1 cellule
1 0,5 2 cellules
2 cellules
3 cellules 3 cellules
4 cellules 4 cellules
0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 0 1000 2000 3000 4000 5000
Fréquence [Hz] Fréquence [Hz]
(a) (b)
Figure 5.13 Propriétés dynamiques des sandwiches : a) facteur de perte, b) rigidité équivalente.
L’effet de la densité de l’âme sur les propriétés dynamiques est plus clair quand il est
présenté en termes de la densité, comme illustré dans la Figure 5.14. Pour ce faire, la
configuration-L est choisie pour les quatre densités à une fréquence de 2 000 Hz. Comme il est
présenté précédemment, la densité de l’âme ne change pas beaucoup l’amortissement des
poutres sandwiches par contre un grand effet est observé en termes de rigidité équivalente. Une
augmentation de la densité relative de l’âme de 8,3% à 33,5% génère une augmentation de la
rigidité équivalente d'environ 58%. Différentes études sont effectuées pour calculer la rigidité
équivalente des structures en sandwich [100, 1] à l'aide d'essais de flexion. L'équation utilisée
dans ces études combine les paramètres de la géométrie auxétique ainsi que ceux du matériau
étudié. Selon les résultats de ce travail, il a été possible d’exprimer la rigidité équivalente en
fonction de la densité relative de l’âme auxétique. À une fréquence de 2000 Hz, la relation qui
relie la rigidité équivalente à la densité de l’âme est donnée par l’équation (5.12) :
2 (5.12)
−10
𝜌 𝜌
(𝐸𝐼)𝑒𝑞 = 2. 10 ( ) + 1.94. 10−8 ( ) + 0.3425
𝜌𝑠 𝜌𝑠
4 1,5
(EI)eq ×106 [N.mm2]
3
Facteur de perte η [%]
0,5
1
0 0
0 10 20 30 40 0 10 20 30 40
Densité relative ρ/ρs [%] Densité relative ρ/ρs [%]
(a) (b)
Figure 5.14 Variation des propriétés dynamiques des sandwiches en fonction de la densité : a) facteur de perte,
b) rigidité équivalente.
structure sandwich. Il a été montré précédemment que l’ajout des peaux à l’âme auxétique
entraîne une diminution de ses propriétés d’amortissement. Pour des valeurs faibles de
l'épaisseur de l’âme, l'amortissement de la poutre sandwich sera dominé par les peaux, ce qui
induit à des faibles propriétés d'amortissement. Lorsque l'épaisseur de l’âme auxétique
augmente, son énergie dissipée augmente aussi et donc l'amortissement de l'ensemble du
sandwich. De plus, l'augmentation de l'épaisseur de l’âme conduit à plus de couches imprimées
dans les éprouvettes, qui incluent plus de fibres viscoélastiques et augmentent ainsi
l'amortissement du sandwich. De même, l'épaisseur de l'âme a un effet très important sur la
rigidité des poutres sandwiches. De 5 mm à 10 mm d’épaisseur d’âme, la rigidité équivalente
augmente d’environ 72 % pour chaque densité. Il augmente d'environ 86 % pour les épaisseurs
d’âme de 5 mm à 15 mm. En effet, augmenter l'épaisseur d’âme entraîne une augmentation de
la résistance au cisaillement et donc de la rigidité de l'ensemble du sandwich.
5 12
Ep=5mm Ep=5mm
Ep=10mm Ep=10mm
4 Ep=15mm
Facteur de perte η [%]
9 Ep=15mm
(EI)eq×106 [N.mm2]
3
6
2
3
1
0 0
1 2 3 4 1 2 3 4
Nombre de cellules en largeur Nombre de cellules en largeur
(a) (b)
Figure 5.15 Influence de l'épaisseur de l’âme sur : a) le facteur de perte, b) la rigidité équivalente des poutres
sandwiches à 2000 Hz.
Une modélisation numérique est mise en place pour analyser le comportement dynamique
des poutres sandwiches. Le calcul par éléments finis est basé sur la détermination des
fréquences de résonance, des tenseurs de contrainte et de déformation pour chaque mode de
flexion. Ainsi, les énergies de déformation totales et dissipées dans la structure sont calculées
ce qui sert à calculer le facteur d'amortissement global du sandwich. Aussi, en utilisant cette
méthode, il est possible de déterminer l’influence des constituants (peaux et âmes auxétiques)
sur la réponse du sandwich.
La méthode d'analyse par éléments finis est utilisée pour calculer les fréquences propres de
flexion, puis déterminer le facteur d'amortissement des poutres sandwiches. En raison de leurs
géométries complexes, les structures composites ont été créées à l'aide d'un logiciel de CAO.
Le modèle a ensuite été traduit en instructions compatibles avec le logiciel commercial à
éléments finis MSC NASTRAN, dans lequel des simulations numériques ont été effectuées.
Les sandwiches sont étudiés dans une configuration encastrée-libre, comme présenté dans la
Figure 5.16. Une extrémité est encastrée (les 6 degrés de liberté en translation et en rotation
sont bloqués) et l’autre extrémité est libre. Un modèle 3D prenant en compte la complexité de
l’âme du sandwich a été utilisé. Les peaux et l’âme sont supposées avoir un comportement
élastique linéaire. La loi de comportement est déterminée à partir des essais de traction dans le
chapitre 2. Les éléments de maillage utilisés sont des éléments tétraédriques linéaires à 4
nœuds. La taille des éléments dépend des densités de l’âme et de la configuration utilisée. Le
nombre des nœuds utilisés pour mailler le sandwich a été défini dans un intervalle allant de
13648 (pour une densité relative de 8,3%) à 21241 (pour une densité relative de 33,5%). La
Figure 5.16 (b) présente le maillage du modèle. La largeur des poutres testées est de 25 mm,
les longueurs sont de 170, 200 et 230 mm et l'épaisseur de l'ensemble du sandwich est de 7
mm.
(a) (b)
Figure 5.16 (a) Illustration schématique de la structure sandwich avec les conditions aux limites et (b)
sandwich maillé.
En utilisant le solveur 103 AEMS/Lanczos du logiciel MSC Nastran [193], les fréquences de
résonance des poutres sandwich sont calculées. Les poutres sont en configuration encastrée-
libre, comme illustré dans la Figure 5.16. Les fréquences propres sont alors déterminées en
résolvant le problème aux valeurs propres réelles exprimé par l’équation (5.13) :
([𝐾] − 𝜔02 [𝑀]){𝑞} = 0 (5.13)
Avec [K] la matrice de rigidité statique spécifiée pour les propriétés du matériau décrites
précédemment, [M] la matrice de masse et q les variables nodales. La Figure 5.17 illustre les
déformées modales obtenues par l’analyse par éléments finis pour les quatre premiers modes
de flexion des poutres sandwiches. Ainsi, les fréquences de résonance de chaque mode peuvent
être identifiées.
Z Z
Y Y
X Mode 1 X Mode 2
Z Z
Y Y
X Mode 3 X Mode 4
Les résultats numériques et expérimentaux des sandwiches obtenus pour les trois premières
fréquences propres en fonction des densités de l’âme sont présentés dans la Figure 5.18. Un
bon accord est observé entre les valeurs expérimentales et numériques. Il est clairement visible
que pour chaque mode, les fréquences diminuent légèrement lorsque les densités des âmes
augmentent. Cela n'était pas prévu car les sandwiches qui possèdent une densité d’âme plus
élevée sont plus rigides et plus résistants. Ainsi, les fréquences propres devraient augmenter.
1000
Expérimentale
MEF
800
Mode 3
Fréquence [Hz]
600
400
Mode 2
200
Mode 1
0
0 1 2 3 4 5
Nombre de cellules en largeur
Figure 5.18 Comparaison des résultats expérimentaux et numériques des fréquences propres en fonction du
nombre de cellules.
Une fois les fréquences propres de flexion sont déterminées, chaque mode de vibration est
traité séparément. Les valeurs des contraintes et des déformations d'un élément e dans les
directions x, y et z sont calculées. Les tenseurs des contraintes et des déformations sont
déterminés et analysés pour calculer l’énergie élastique des sandwiches (s) et de ses
composants (peau p et âme a). L'énergie élastique totale d'un élément fini e est calculée dans
les directions x, y et z par l’équation (5.14) :
𝑈 𝑒 = 𝑈𝑥𝑥
𝑒 𝑒
+ 𝑈𝑦𝑦 𝑒
+ 𝑈𝑧𝑧 𝑒
+ 𝑈𝑥𝑦 𝑒
+ 𝑈𝑦𝑧 𝑒
+ 𝑈𝑧𝑥 (5.14)
La formule qui sert à calculer les énergie Ueij est donnée par l’équation (5.15) :
1 (5.15)
𝑈𝑖𝑗𝑒 = ∭ 𝜎𝑖𝑗 𝜎𝜀𝑖𝑗 𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑧
2
Où : ij = xx, yy, zz, xy, yz, zx
Ensuite, l’énergie élastique totale est évaluée dans toutes les directions en faisant la somme
des énergies de tous les éléments e (équation (5.16)) :
Ainsi, les énergies élastiques totales dans les peaux Up, dans les âmes Ua et dans les
sandwiches sont exprimées respectivement par les équations (5.17), (5.18) et (5.19):
𝑝
𝑝
𝑈𝑖𝑗 = ∑ (𝑈𝑖𝑗𝑒 ) (5.17)
𝑒𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 ,𝑒
𝑎
𝑈𝑖𝑗𝑎 = ∑ (𝑈𝑖𝑗𝑒 ) (5.18)
𝑒𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 ,𝑒
𝑝
𝑈𝑖𝑗𝑠 = 𝑈𝑖𝑗 + 𝑈𝑖𝑗𝑎 (5.19)
Pour simplifier le calcul de l'amortissement numérique, il est nécessaire de déterminer les
directions qui supportent la majorité de l'énergie élastique. La Figure 5.19 représente
l'évolution de la fraction de l'énergie élastique par l'énergie élastique totale stockée dans la
structure sandwich en fonction de la fréquence pour différentes directions. La configuration
testée ici est celle avec une densité relative d’âme de 8,3% dans la configuration-L. Les
résultats sont obtenus en utilisant le modèle numérique décrit précédemment. On peut
clairement constater que l’énergie dans les directions xx et zx représente la majeure partie de
l’énergie élastique du sandwich par rapport à celle des autres directions.
0,8
Selon les résultats présentés par la Figure 5.19, il serait possible de ne considérer que
l’énergie longitudinale et l’énergie de cisaillement transverse stockée dans les peaux, les âmes
auxétiques et les poutres sandwiches. En effet, l’amortissement longitudinal et transversales
sont calculées à partir des vibrations expérimentales et de la technique de faisceau de vibration
(VBT) ASTM E756-98 respectivement. En utilisant ces résultats avec ceux déduits de l'analyse
par éléments finis, le facteur de perte numérique peut être calculé. Dans ce cas, l’énergie
élastique totale d’un élément fini ՙՙe՚՚ s’exprimerait par l’équation (5.20):
𝑈 𝑒 = 𝑈𝑥𝑥
𝑒 𝑒
+ 𝑈𝑥𝑧 (5.20)
Et l'énergie totale U accumulée dans la structure sandwich et ses composants est calculée
par l’équation (5.21):
La quantité d'énergie dissipée par la structure sandwich est la somme de l'énergie dissipée
dans les peaux et dans l’âme (équation (5.24)) :
𝑝
𝛥𝑈𝑑𝑠 = 𝛥𝑈𝑑 + 𝛥𝑈𝑑𝑎 (5.24)
Enfin, le facteur de perte global, pour chaque mode de flexion, peut être calculé en divisant
l’énergie totale dissipée ΔUd par l’énergie de déformation totale U (équation (5.25)) :
𝛥𝑈𝑑 (5.25)
𝛹𝑖 = = 2𝜋ƞ𝑖
𝑈
Les résultats numériques sont validés par ceux expérimentaux. Ainsi, l’évolution du facteur
de perte en fonction de la fréquence pour les quatre densités en configuration-L est présentée
dans la Figure 5.20. Une bonne corrélation est constatée entre les résultats expérimentaux et
numériques. Cependant, il existe une certaine différence entre les fréquences propres ainsi que
l’amortissement expérimental et numérique. Cette différence peut s’expliquer par une
imprécision au niveau de la méthode de fabrication, de calcul numérique ainsi que de la
méthode de calcul adopté. En effet, les éprouvettes sont fabriquées à l'aide de la technique
d'impression 3D qui peut produire une certaine variabilité dans la structure sandwich. De plus,
les conditions de serrage dans les essais de vibration affectent les fréquences propres mesurées
et les coefficients d'amortissement de chaque structure sandwich. Aussi, la méthode VBT
utilisée pour mesurer l’amortissement transversal de l’âme peut aussi être à l’origine de ces
écarts puisqu’elle suppose que l’amortissement des peaux métalliques est négligeable. Par
ailleurs, l'analyse par éléments finis considère le matériau comme quasi homogène, ce qui n’est
pas vraiment le cas. En conséquence, les résultats expérimentaux et numériques ne sont pas
exactement identiques.
4 4
Facteur de perte η [%]
Facteur de perte η [%]
3 3
2 2
1 1
MEF MEF
Expérimentale Expérimentale
0 0
0 1000 2000 3000 0 1000 2000 3000
Fréquence [Hz] Fréquence [Hz]
(a) (b)
3 4
1
1 MEF
MEF
Expérimentale Expérimentale
0 0
0 1000 2000 3000 0 1000 2000 3000
Fréquence [Hz] Fréquence [Hz]
(c) (d)
Figure 5.20 Comparaison des facteurs de perte expérimentaux et numériques pour des sandwiches avec
différentes nombre de cellules d’âme en largeur : a) 1 cellule, b) 2 cellules, c) 3 cellules, d) 4 cellules.
Le modèle d’éléments finis présenté permet de calculer les quantités d’énergies dissipées
par les différents constituants du sandwich (peaux et âme auxétique). Ainsi, la fraction
d’énergie dissipée par les peaux et l’âme auxétique pour les différentes densités d’âme dans la
configuration-L est présenté dans la Figure 5.21. Les résultats pour les deux configurations L
et W pour une densité relative d’âme de 16.7% sont illustrés dans la Figure 5.22. Pour chaque
configuration des sandwiches testées, il est clairement observé que l'énergie dissipée par les
peaux est supérieure à celle dissipée par l’âme auxétique pour les basses fréquences. Ensuite,
une augmentation de l’énergie dissipée par l’âme et une diminution de celle dissipée par les
peaux en fonction de la fréquence est observée. La Figure 5.21 montre que l'énergie dissipée
par l’âme augmente avec la densité. En effet, lorsque la densité augmente, l’âme devient plus
rigide, plus résistant et supporte plus les efforts de cisaillement. De même, l'énergie dissipée
par l’âme dans la configuration-W est supérieure à celle dissipée dans la configuration-L (la
configuration-W est plus rigide que la configuration-L). Pour chaque configuration, il est bien
remarqué que les peaux et l’âme dissipent une quantité d’énergie égale pour une certaine
fréquence. Lorsque la densité de l’âme diminue, le point d’intersection des courbes se décale
vers les hautes fréquences. En effet, pour les hautes fréquences, l’âme dissipe plus d’énergie
que les peaux quelques soit la configuration utilisée. Par contre, pour les basses fréquences,
lorsque la densité de l’âme est faible, les peaux dissipent la plus grande quantité de l’énergie
vibratoire dans un intervalle de fréquence plus large que celui pour les faibles densités d’âmes.
1
dUf/dUs (1 cellule)
dUf/dUs (2 cellules)
dUf/dUs (3 cellules)
0,6
0,4
dUc/dUs (1 cellule)
0,2 dUc/dUs (2 cellules)
dUc/dUs (3 cellules)
dUc/dUs (4 cellules)
0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000
Fréquence [Hz]
Figure 5.21 Fraction d’énergie dissipée par les peaux et l’âme dans la configuration-L avec différentes densités
de l’âme.
1
dUf/dUs (W-conf)
dUf/dUs (L-conf)
Fraction d'énergie dissipée
0,8
0,6
0,4
0,2
dUc/dUs (W-conf)
dUc/dUs (L-conf)
0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000
Fréquence [Hz]
Figure 5.22 Fraction d’énergie dissipée par les peaux et l’âme pour les deux configurations L et W.
5.5 Conclusion
et l’amortissement global. Dans un second temps, un modèle éléments finis a été utilisé pour
évaluer le comportement vibratoire des structures étudiées, en tenant compte des propriétés des
matériaux constitutifs. Les fréquences de résonance des différents sandwiches ont ainsi été
déterminées. Par la suite, une approche énergétique a été utilisée afin d’évaluer les facteurs de
perte modaux. Une bonne corrélation entre les résultats expérimentaux et par éléments finis a
été obtenue.
Les résultats des propriétés dynamiques des sandwiches étudiés montrent que le
comportement vibratoire dépend du nombre de cellules, de l’épaisseur et de l’orientation de
l’âme. Une augmentation du nombre de cellules entraine une diminution de facteur de perte
tout en augmentant son module de flexion. De plus, le modèle numérique a permis de mesurer
la contribution de chaque constituant du sandwich (peaux et âme) dans la réponse globale du
matériau. Il a été trouvé que les peaux dissipent une plus grande quantité d’énergie à faibles
valeurs de fréquences. Pour les fréquences les plus élevées, l’âme auxétique contribue le plus
à l’amortissement global de la structure. Ainsi, dans le but d’identifier l’influence des
paramètres de la forme auxétique par exemple, ce modèle peut être utilisé pour effectuer des
études paramétriques.
Conclusion générale
Les éco-composites ont montré une capacité à être considérés comme une bonne alternative
à certains matériaux composites synthétiques pour différentes applications industrielles. De
plus, les structures auxétiques ont présenté des propriétés mécaniques et énergétique
intéressantes. Dans ce contexte, ce travail de thèse a porté sur l’élaboration et la caractérisation
mécanique d’un matériau sandwich totalement biosourcé à âme en nid d’abeilles ré-entrantes.
Le procédé de fabrication choisi pour la mise en œuvre de cette structure est le procédé de
l’impression 3D. L’étude a abouti à analyser les propriétés mécaniques du matériau à
température et humidité ambiantes. Différents types de sollicitations mécaniques sont
considérés : statique, cyclique et dynamique vibratoire.
Dans un premier temps, en se basant sur une étude bibliographique, une sélection du
matériau ainsi qu’une structure d’âme a été établie. Une matrice en acide polylactique associée
à des microfibres de lin sous forme de filament est choisie. Le matériau est 100 % biologique.
Une structure d’âme en nid d’abeilles ré-entrante est sélectionnée. Le procédé d’impression 3D
utilisé a permis de réaliser les peaux, l’âme et les sandwiches en diminuant au maximum les
défauts de construction. Dans un second temps, les comportements mécaniques en statique des
peaux et des différentes configurations d’âme ont été analysés. Les caractéristiques principales
élastiques et ultimes sont ainsi présentées. Le matériau utilisé a montré un comportement
élastoplastique en traction. Par ailleurs, l’âme en nid d’abeilles ré-entrante a révélé de bonnes
performances en traction et a présenté le comportement auxétique. De plus, des bonnes
performances en compression et de dissipation d’énergie sont trouvées. L’influence de la
variation du nombre de cellules de l’âme auxétique sur les propriétés mécaniques a pu être
établie. L’augmentation du nombre de cellules ainsi que l’augmentation de l’épaisseur améliore
l’absorption d’énergie de la structure. Cette analyse a révélé de bonnes propriétés spécifiques
de cette structure sandwich, ce qui permet d’envisager son utilisation pour certaines
applications. Le comportement des peaux en traction a été utilisé pour alimenter les modèles
numériques, notamment au deuxième, troisième et cinquième chapitre. L’évolution de la
rigidité en fonction de la déformation a été expliqué par des phénomènes survenant à l’échelle
de la microstructure des fibres de lin utilisé comme renforts ainsi que de la forme des cellules
élémentaires de la structure en nid d’abeilles ré-entrantes.
Par la suite, le comportement mécanique en statique des sandwiches a été analysé au moyen
des essais de flexion et d’indentation. Dans un premier temps, des essais de flexion sont réalisés
sur des poutres sandwiches avec différents nombres de cellules d’âmes en faisant varier les
distances entre appuis. Cette partie a révélé de bonnes propriétés mécaniques spécifiques des
poutres sandwiches avec le plus grand nombre de cellules auxétiques. Il a été trouvé que
l’augmentation du nombre de cellules améliore la rigidité en flexion et en cisaillement ainsi
que le module d’Young des peaux et le module de cisaillement de l’âme. Ensuite, le
comportement des poutres sandwiches suite à des essais d’indentation est analysé. Les résultats
expérimentaux obtenus ont montré que l’augmentation du nombre de cellules ainsi que
l’épaisseur de l’âme améliore la dissipation d’énergie de la structure. Dans un second temps,
les différents mécanismes d’endommagement ont été identifiés et évalués au moyen de la
technique d’émission acoustique (EA). Une approche de classification non supervisée par la
méthode des <k-moyennes> a été utilisée. Des observations microscopiques à l’aide d’un
microscope électronique à balayage (MEB), ont permis d’associer des mécanismes
d’endommagement à chaque événement acoustique détectés au cours de l’essai. Trois classes
d’endommagements ont été observées : écrasement de l’âme, fissuration matricielle et
décohésion fibre/matrice) pour les différentes configurations de sandwiches. Une différence de
pourcentage de contribution de chaque classe dans l’endommagement total de chaque
configuration a été observé.
De plus, les structure sandwiches ont été soumis à des essais de fatigue cyclique en flexion
trois-points dans le but de discuter leur durabilité. Le comportement dynamique a été analysé
dans les mêmes conditions expérimentales que pour les essais quasi-statiques. Différents
niveaux de chargement en contrôlant le déplacement ont été réalisés. Les résultats
expérimentaux de ces essais ont permis d’analyser les différentes propriétés en fatigue telles
que la rigidité, l’énergie dissipée et le facteur d’amortissement des différentes configurations
du sandwich. L’influence du nombre de cellules d’âme sur la durée de vie a été établie et il a
été trouvé qu’il joue un rôle important sur la fin de vie de ces structures. Une expression simple
de l’évolution de la contrainte en fonction du nombre de cycles a été considérée. Les résultats
ont montré que lorsque le nombre de cellules augmente, le facteur d’amortissement augmente
légèrement, alors que la durée de vie diminue. L’évolution de l’endommagement en fatigue a
été identifiée à l’aide d’un modèle analytique développé. Le modèle a permis de contrôler
l’évolution de l’endommagement au cours de l’essai de fatigue.
Dans la dernière partie de ce travail, une étude du comportement vibratoire des sandwiches
et de ces constituants a été réalisée. L’étude expérimentale a été établie dans le cas de flexion
en vibration en configuration encastrée-libre. La sollicitation est menée à l’aide d’un marteau
d’impact près de la partie encastrée et la réponse est détectée à l’aide d’un vibromètre laser
près de la partie libre. Les valeurs des fréquences propres ont été déduites au moyen de
l’analyse de la fonction de réponse en fréquence (FRF). Ainsi, les valeurs de module d’Young
des peaux, de la rigidité équivalente des âmes ainsi que le facteur d’amortissement ont pu être
calculés. Deux configurations L et W, quatre densités différentes (différents nombres de
cellules) ainsi que trois épaisseurs d’âme ont été testés. Les résultats obtenus montrent que le
facteur d’amortissement des poutres sandwiches ne varie pas beaucoup en variant le nombre
de cellules ou en variant l’orientation de l’âme (configuration W et L), alors que la rigidité
équivalente de la configuration W est plus importante que celle de la configuration L et elle
augmente aussi avec l’augmentation du nombre de cellules. De plus, l’augmentation de
l’épaisseur de l’âme améliore le facteur d’amortissement ainsi que la rigidité équivalente de la
structure sandwich. D’autre part, une modélisation par éléments finis a été mis en place afin
d’étudier la participation des différents constituants du sandwich (peaux et âme) dans la
réponse globale. Les caractéristiques du matériau utilisé pour la modélisation sont celles
trouvées par l’essai de traction expérimental des altères imprimés. Une bonne corrélation entre
les résultats expérimentaux et numériques a été révélée. Le modèle a permis de montrer que
les peaux dissipent la plus grande quantité l’énergie à basse fréquences. L’âme dissipe un
maximum d’énergie pour les fréquences les plus élevées. Ces analyses montrent que la
structure sandwich totalement biosourcée à âme auxétique possède, en plus de ses propriétés
mécaniques intéressantes, des capacités intrinsèques à dissiper l’énergie vibratoire.
Ce travail a donc permis de proposer un composite sandwich qui adopte bien aux exigences
environnementales avec des caractéristiques d’âme intéressantes. Le matériau étudié possède
des propriétés mécaniques importantes, tant pour des chargements statiques que dynamiques.
Ces bonnes propriétés permettent d’envisager son utilisation pour certaines applications
industrielles. Des bonnes propriétés d’amortissement vibratoire et d’absorption d’énergie ont
été mis en évidence. L’influence du nombre de cellules, de l’épaisseur d’âme ainsi que
l’orientation de la structure auxétique (configurations W et L) semblent convenir comme
Nous nous sommes appuyés sur les travaux de Gibson et Ashby [1] pour la modélisation
analytique de notre problème. Le modèle est développé pour prédire les constantes élastiques
des nids d'abeilles conventionnelles et auxétiques basés sur la déformation des parois
cellulaires en nid d'abeilles par flexion, étirement et articulation. Le modèle de flexion est
similaire à celui de Gibson et Ashby [1]. Le modèle d'étirement suppose que les parois
cellulaires ne peuvent se déformer que par étirage le long de leur axe, sans changement d'angle.
Le modèle d'articulation suppose que les parois des cellules sont rigides dans les directions
axiale et transversale et que les parois ne peuvent se déformer que par rotation. Les différentes
équations présentées ici sont principalement mentionnés dans le chapitre 2.
Les constantes élastiques d'un nid d'abeille bidimensionnel auxétique (ou conventionnelle)
peuvent être décrites en considérant le déplacement de la cellule unique, à partir de laquelle le
nid d'abeilles est produit par répétition de la traduction, dans des conditions de charge
appropriées. Les constantes de force relient le déplacement des parois cellulaires d'un nid
d'abeille à la force appliquée qui le provoque. Pour les trois mécanismes, la constante de force
est définie par la relation générale.
𝐹 = 𝐾𝑖 𝛿 (A.1)
Avec : F est la force, Ki est la constante de force et δ est le déplacement incrémental.
𝛿 = 𝑑𝑋 (A.2)
Si le déplacement est suivant l’axe Y alors :
𝛿 = 𝑑𝑌 (A.3)
Une paroi cellulaire de longueur l se déformant par flexion peut être assimilée à une
poutre chargée et guidée à une extrémité et fixée à l'autre. La déflexion de l'extrémité guidée
due à la flexion est donnée par :
𝑀𝑙 2 (A.4)
𝛿=
12𝐼𝐸𝑠
𝑏𝑡 3
Avec : M est le moment appliqué 𝑀 = 𝐹𝑙 et I est le moment quadratique 𝐼 = 12
Ce qui donne :
𝐹𝑙 3 (A.5)
𝛿=
𝐸𝑠 𝑏𝑡 3
En comparant avec l’équation (A.1) :
𝐸𝑠 𝑏𝑡3 (A.6)
𝐾𝑓 = 3
𝑙
𝜎 = 𝐸𝑠 𝜀 (A.7)
Ce qui donne :
𝐹 𝛿 (A.8)
= 𝐸𝑠
𝑏𝑡 𝑙
L'extension d'une paroi cellulaire de longueur l par une force axiale F est donc :
𝐹𝑙 (A.9)
𝛿=
𝑏𝑡𝐸𝑠
En comparant avec l’équation (A.1):
𝑏𝑡𝐸𝑠 (A.10)
𝐾𝑠 =
𝑙
Pour une cellule se déformant par une liaison d’articulation, on suppose que la paroi
cellulaire est rigide sur toute sa longueur et que la déflexion se produit à la jonction avec les
autres parois cellulaires par un changement d'angle faible Δθ. D'où pour une paroi cellulaire de
longueur l, on a :
𝐹 = 𝐾ℎ 𝑙∆𝜃 (A.12)
Or, le module de cisaillement est donné par :
𝜏 𝐹 ⁄𝑆 𝐹𝑙 𝐹 (A.13)
𝐺𝑠 = = = =
𝛾 ∆𝑥⁄𝑙 𝑆∆𝑥 𝑏𝑡∆𝜃
Où Gs est le module de cisaillement du matériau de la paroi cellulaire et F est la force
appliquée perpendiculairement au faisceau. En comparant avec l’équation (A.1) :
𝑏𝑡𝐺𝑠 (A.14)
𝐾ℎ =
𝑙
𝜀𝑗 (A.15)
𝜈𝑖𝑗 = −
𝜀𝑖
𝜎𝑖 (A.16)
𝐸𝑖 =
𝜀𝑖
𝐼 (A.17)
𝜀𝑖 = ln ( )
𝐼0
Avec σ présente la contrainte, ε présente la déformation réelle, I (=X ou Y) et I0 (=X0 ou Y0)
présentent le déformé et le non-déformé de la cellule unitaire de longueur i.
Les longueurs de cellules unitaires répétées dans les directions x et y sont données par :
𝑋 = 2𝑙 cos 𝜃 (A.18)
1 cos 𝜃 𝑋 (A.20)
𝜈𝑥𝑦 = =
𝜈𝑦𝑥 sin 𝜃 𝑌
𝐾𝑓 𝑋 (A.21)
𝐸𝑥 = 2 2
𝑏𝑙 sin 𝜃 𝑌
𝐾𝑓 𝑌 (A.22)
𝐸𝑦 = 2
𝑏𝑙 cos2 𝜃 𝑋
Pour qu’un matériau orthotrope ait une matrice de rigidité symétrique et une énergie de
déformation définie et positive pour l’équilibre statique, nous avons besoin de :
𝐸𝑥 (A.24)
|𝜈𝑥𝑦 | ≤ √
𝐸𝑦
Le modèle de flexion satisfait aux exigences d'une matrice de rigidité symétrique et d’une
énergie de déformation définie et positive.
1 (A.25)
2𝑀 = 𝐹ℎ
2
Donc le moment au niveau de AB et BC est comme suit :
𝐹ℎ (A.26)
𝑀=
4
Tous les points tournent d’un angle φ. Puisqu’il n’y a pas de déflexion de B par rapport
à A, donc on a :
𝑀𝑙 2 (A.27)
𝛿=
6𝐼𝐸𝑠
Or on a : 𝛿 = 𝜑𝑙. Donc on a l’expression de l’angle φ :
𝐹ℎ𝑙 (A.28)
𝜑=
24𝐼𝐸𝑠
En étudiant la déformation des parois cellulaires dû à la flexion. La déflexion d’une poutre
ℎ
de longueur 2
encastré d’un côté et sollicité de l’autre côté par un effort F est donné par :
ℎ 3 (A.29)
𝐹 ( 2)
𝛿=
3𝐼𝐸𝑠
Or l’expression de la déviation U est donnée comme suit :
ℎ 3 (A.30)
1 𝐹 ( 2)
𝑈 = 𝜑ℎ +
2 3𝐼𝐸𝑠
D’où :
𝐹ℎ2 (A.31)
𝑈= (𝑙 + 2ℎ)
48𝐼𝐸𝑠
La relation de comportement en cisaillement s’écrit :
𝜏 (A.32)
𝐺=
𝛾
Avec :
𝐹 𝐹 (A.33)
𝜏= =
𝑆 2𝑙 cos 𝜃
Et
𝑑é𝑣𝑖𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑈 (A.34)
𝛾= =
𝑙𝑜𝑛𝑔𝑒𝑢𝑟 ℎ + 𝑙 sin 𝜃
2
Ce qui nous donne l’expression :
𝐾𝑓 𝑙 3 𝑌 (A.36)
𝐺= 2
𝑏ℎ (𝑙 + 2ℎ) 𝑋
𝑑𝑌 = 2𝑙 cos 𝜃 𝑑𝜃 (A.38)
L’incrément de la déformation vrai dans les directions x et y est donné par :
𝑑𝑋 (A.39)
𝑑𝜀𝑥 =
𝑋
𝑑𝑌 (A.40)
𝑑𝜀𝑦 =
𝑌
Dans le cas d’un chargement suivant l’axe x, le coefficient de poisson est :
𝑑𝜀𝑦 𝑑𝑌 𝑋 (A.41)
𝜈𝑥𝑦 = − =−
𝑑𝜀𝑥 𝑌 𝑑𝑋
En utilisant les équations (A.18), (A.19), (A.39) et (A.41) on trouve :
cos 𝜃 𝑋 (A.42)
𝜈𝑥𝑦 =
sin 𝜃 𝑌
𝑑𝜀𝑥 sin 𝜃 𝑌 (A.43)
𝜈𝑦𝑥 =− =
𝑑𝜀𝑦 cos 𝜃 𝑋
Pour déterminer le module d’Young, on va introduire la constante de force d’articulation :
𝑀 = 𝐾ℎ 𝛼 = 𝐹𝑙 (A.44)
Pour une force infinitésimale appliquée, le changement du déplacement angulaire est :
𝑙𝑑𝐹 (A.45)
𝑑𝛼 =
𝐾ℎ
✓ Pour une force appliquée suivant l’axe x on a :
𝑑𝛼 = −𝑑𝜃 (A.46)
sin 𝜃 (A.47)
𝐹 = 𝐹𝑥
2
avec 𝐹𝑥 = 𝜎𝑥 𝑏𝑌
𝑑𝜎𝑥 (A.49)
𝐸𝑥 =
𝑑𝜀𝑥
En utilisant les équations (A.37), (A.39), (A.48) et (A.49)on trouve :
𝐾ℎ 𝑋 (A.50)
𝐸𝑥 = 2 2
𝑏𝑙 sin 𝜃 𝑌
✓ En appliquant une force suivante l’axe y on a :
𝑑𝛼 = 𝑑𝜃 (A.51)
cos 𝜃 (A.52)
𝐹 = 𝐹𝑦
2
Avec :
𝐹𝑦 = 𝜎𝑦 𝑏𝑋 (A.53)
Ce qui donne
𝐾ℎ 𝑌 (A.55)
𝐸𝑦 = 2 2
𝑏𝑙 cos 𝜃 𝑋
Détermination du module de cisaillement :
Le module de cisaillement dans le plan est obtenu en considérant les effets des contraintes
de cisaillement agissant sur les côtés de la cellule unitaire dans les deux directions x et y (Figure
A. 2). Les parois des cellules sont rigides de sorte qu’il ne se produit ni flexion ni étirement.
Tout le mouvement se produit en raison de la charnière au point C. Le point A est soumis à une
force Fy agissant suivant la direction y et une force Fx agissant suivant la direction x.
P*
τ
A
y/2
Fx θ Fy
θ δAC
∗
P**
τ/2
Figure A. 2 Déformation des parois des cellules sous l’effet d’une articulation
𝐹𝑦 𝐹𝑥 (A.56)
𝜏= =
𝑏(ℎ + 𝑙 sin 𝜃) 𝑏(2𝑙 cos 𝜃)
En supposant que F=Fx alors on a :
𝐹 sin 𝜃 (A.58)
𝑃∗ =
2
La composante P** de Fy agissant perpendiculairement sur la paroi AC est :
𝐹ℎ (A.60)
𝑃=−
2𝑙
En utilisant l’équation 1, on a :
𝑃 (A.61)
𝛿𝐴𝐶 =
𝐾ℎ
Le déplacement suivant l’axe x due à δAC est :
𝑃 sin 𝜃 (A.62)
𝛿𝑥∗ = 𝛿𝐴𝐶 sin 𝜃 =
𝐾ℎ
Le déplacement horizontal du point D due à la force Fx est :
𝐹 𝐹 (A.63)
𝛿𝑥∗∗ = ℎ =
𝐾ℎ 𝐾 𝑙
ℎℎ
𝑃 sin 𝜃 𝐹ℎ 𝐹ℎ (A.64)
𝛿𝑥 = + = (2 − sin 𝜃)
𝐾ℎ 𝐾ℎ 𝑙 2𝑙𝐾ℎ
Le déplacement total suivant la direction y est :
𝛿𝑦 𝛿𝑥 (A.66)
𝛾= +
2𝑙 cos 𝜃 ℎ + 𝑙 sin 𝜃
Alors :
𝐹ℎ 2 − sin 𝜃 1 (A.67)
𝛾= [ − ]
2𝑙𝐾ℎ ℎ + 𝑙 sin 𝜃 𝑙
La contrainte de cisaillement est donnée par :
𝐹 (A.68)
𝜏=
2𝑙𝑏 cos 𝜃
Le signe négatif dans l’équation qui donne l’expression de P peut être ignoré puisque
nous ne sommes intéressés que par la longueur δx (rotation suivant le sens horaire). Ce qui
modifie l’expression de la déformation du cisaillement :
𝐹ℎ 2𝑙 + ℎ (A.69)
𝛾=
2𝑙 2 𝐾ℎ ℎ + 𝑙 sin 𝜃
Et donc le module de cisaillement est :
𝜏 𝐾ℎ 𝑙 ℎ + 𝑙 sin 𝜃 (A.70)
𝐺= =
𝛾 ℎ𝑏 cos 𝜃 2𝑙 + ℎ
𝜕𝑋 (A.71)
= 2 cos 𝜃
𝜕𝑙
𝜕𝑌 (A.72)
= 2 sin 𝜃
𝜕𝑙
𝜕𝑌 (A.73)
=2
𝜕ℎ
Les changements dans les longueurs de cellules unitaires dues aux incréments
infinitésimaux dsl et dsh dans les longueurs 1 et h, respectivement sont alors :
𝜕𝑋 (A.74)
𝑑𝑋 = ( ) 𝑑𝑠𝑙
𝜕𝑙
𝜕𝑌 𝜕𝑌 (A.75)
𝑑𝑌 = ( ) 𝑑𝑠𝑙 + ( ) 𝑑𝑠ℎ
𝜕𝑙 𝜕ℎ
✓ En appliquant une charge suivant la direction x.
Dans ce cas, les parois cellulaires de longueur h restent à longueur constante puisqu'il n'y a
pas de composante résultante de la force appliquée sur la longueur de ces parois. 𝑑𝑠ℎ = 0
sin 𝜃 𝑋 (A.78)
𝜈𝑥𝑦 = −
cos 𝜃 𝑌
Dans le cas d’un effort suivant l’axe x, la force appliquée sur la paroi cellulaire de longueur l
est :
𝑌 (A.79)
𝐹 = (𝑏 cos 𝜃 ) 𝜎𝑥
2
Or on a :
𝐹 𝑑𝑠𝑙 (A.80)
= 𝐸𝑠
𝑏𝑡 𝑙
En utilisant les équations (A.79) et (A.80)on trouve :
𝑏𝑌 cos 𝜃 (A.81)
𝑑𝑠𝑙 = ( ) 𝑑𝜎𝑥
2𝐾𝑠
Et
𝑑𝑋 𝑏𝑌 cos 2 𝜃 (A.82)
𝑑𝜀𝑥 = =( ) 𝑑𝜎𝑥
𝑋 𝐾𝑠 𝑋
Ainsi le module d’Young est calculé à partir des équations (A.65) et (A.82) :
𝐾𝑠 𝑋 (A.83)
𝐸𝑥 =
𝑏 cos 2 𝜃 𝑌
✓ En appliquant une charge suivant la direction y. Dans ce cas, parois cellulaires de
longueur h s’étendent. 𝑑𝑠ℎ ≠ 0
𝑋 (A.84)
𝐹𝑙 = (𝑏 sin 𝜃 ) 𝜎𝑦
2
La force appliqué le long de la paroi cellulaire de longueur h, est :
𝐹ℎ = 𝑏𝑋𝜎𝑦 (A.85)
En utilisant les équations (A.80), (A.84) et (A.85) on a :
𝑏𝑋 sin 𝜃 (A.86)
𝑑𝑠𝑙 = ( ) 𝑑𝜎𝑦
2𝐾𝑠
𝑏𝑋 (A.87)
𝑑𝑠ℎ = ( ) 𝑑𝜎𝑦
𝐾𝑠
En utilisant les équations (A.71)-(A.75), (A.86) et (A.87), on trouve le changement de la
longueur :
𝐾𝑠 𝑌 (A.92)
𝐸𝑦 = 2
𝑏(2 + sin 𝜃) 𝑋
Le modèle d'étirement prédit le signe opposé du coefficient de Poisson aux modèles de
flexion et d'articulation. En utilisant les équations (A.78), (A.83), (A.90) et (A.92) on a :
𝐾𝑠 sin 𝜃 (A.93)
𝜈𝑥𝑦 𝐸𝑦 = 𝜈𝑦𝑥 𝐸𝑥 = −
cos 𝜃 (2 + sin2 𝜃)
Donc le modèle d'étirement satisfaits les conditions pour une matrice de rigidité
symétrique et une énergie de déformation définie positive.
A
P**
δAC τ
Fy P*
A’
Fx
τ/2
Figure A. 3 Déformation des parois des cellules sous l’effet d’un étirement
𝐹 sin 𝜃 𝑌 (A.96)
𝑃∗∗ = 𝐹𝑦 sin 𝜃 =
2 𝑋
La force totale est donc :
𝑃 = 𝑃 ∗ + 𝑃 ∗∗ (A.97)
𝐹 cos 𝜃 𝐹 sin 𝜃 𝑌 (A.98)
𝑃= +
2 2 𝑋
Le point A se déplace d’une quantité δAC vers A’ grâce à la force P. Cette extension est
obtenue à partir de l'expression de la constante d'étirement Ks tel que :
𝑃 (A.99)
𝛿𝐴𝐶 =
𝐾𝑠
𝐹 𝑌 (A.100)
𝛿𝐴𝐶 = [cos 𝜃 + sin 𝜃 ]
2𝐾𝑠 𝑋
La déflexion suivant l’axe x due à l’extension δAC est :
𝐹 𝑌 (A.104)
𝛿𝑦 = [sin 𝜃 cos 𝜃 + sin2 𝜃 ]
𝐾𝑠 𝑋
Si l'on considère que la cellule unitaire se déforme par un cisaillement simple, la
déformation de cisaillement γ est donnée par :
𝛿𝑦 𝛿𝑥 (A.105)
𝛾 = 𝛾′ + 𝛾" = +
2𝑙 cos 𝜃 ℎ + 𝑙 sin 𝜃
𝐹 [𝑙 cos 2 𝜃 + sin 𝜃 (ℎ + 𝑙 sin 𝜃)]2 (A.106)
𝛾=
2𝐾𝑠 𝑙 2 cos2 𝜃 (ℎ + 𝑙 sin 𝜃)
Le module de cisaillement G est défini par :
𝐹 (A.107)
𝜏 2𝑏𝑙 cos 𝜃
𝐺= =
𝛾 𝛾
En réalité, les trois modes de déformation fonctionnent en même temps. D'où un modèle
analytique simultané pour les réseaux où se développent simultanément les articulations, les
flexions et les étirements est nécessaire.
𝑏𝑌 cos 2 𝜃 (A.115)
𝑑𝑋𝑠 = ( ) 𝑑𝜎𝑥
𝐾𝑠
𝑏𝑌 sin 𝜃 cos 𝜃 (A.116)
𝑑𝑌𝑠 = ( ) 𝑑𝜎𝑥
𝐾𝑠
D’où
1 1 (A.118)
𝑑𝑌 = 𝑌𝑏 sin 𝜃 cos 𝜃 ( − ) 𝑑𝜎𝑥
𝐾𝑠 𝐾ℎ𝑓
Avec :
1 1 1 (A.119)
= 𝑙2 ( + )
𝐾ℎ𝑓 𝐾𝑓 𝐾ℎ
Le coefficient de poisson et le module d’Young suivant l’axe x sont donnés en utilisant
les équations (A.39), (A.41), (A.49), (A.118) et (A.119) :
𝐾 (A.120)
sin 𝜃 cos 𝜃 (𝐾 𝑠 − 1)
ℎ𝑓 𝑋
𝜈𝑥𝑦 =
𝐾
( 𝑠 sin2 𝜃 + cos 2 𝜃) 𝑌
𝐾ℎ𝑓
𝐾𝑠 𝑋 (A.121)
𝐸𝑥 =
𝐾
𝑏 (𝐾 𝑠 sin2 𝜃 + cos 2 𝜃) 𝑌
ℎ𝑓
1 1 (A.128)
𝑑𝑋 = 𝑋𝑏 sin 𝜃 cos 𝜃 ( − ) 𝑑𝜎𝑦
𝐾𝑠 𝐾ℎ𝑓
cos 2 𝜃 2 + sin2 𝜃 (A.129)
𝑑𝑌 = 𝑋𝑏 ( + ) 𝑑𝜎𝑦
𝐾ℎ𝑓 𝐾𝑠
Le coefficient de poisson et le module d’Young suivant l’axe y sont :
𝐾 (A.130)
sin 𝜃 cos 𝜃 (𝐾 𝑠 − 1)
ℎ𝑓 𝑌
𝜈𝑦𝑥 =
𝐾
( 𝑠 cos 2 𝜃 + 2 + sin2 𝜃) 𝑋
𝐾ℎ𝑓
𝐾𝑠 𝑌 (A.131)
𝐸𝑦 =
𝐾
𝑏 (𝐾 𝑠 cos2 𝜃 + 2 + sin2 𝜃) 𝑋
ℎ𝑓
Donc le modèle analytique simultané satisfait les conditions pour une matrice de rigidité
symétrique et une énergie de déformation définie positive. En effet, en utilisant les équations
(A.120), (A.121), (A.130) et (A.131) on trouve :
𝐾 (A.132)
𝐾𝑠 sin 𝜃 cos 𝜃 (𝐾 𝑠 − 1)
ℎ𝑓
𝜈𝑥𝑦 𝐸𝑦 = 𝜈𝑦𝑥 𝐸𝑥 =
𝐾 𝐾
( 𝑠 sin2 𝜃 + cos2 𝜃) × ( 𝑠 cos2 𝜃 + 2 + sin2 𝜃)
𝐾ℎ𝑓 𝐾ℎ𝑓
𝐸𝑥 (A.133)
√ > |𝜈𝑥𝑦 |
𝐸𝑦
𝐹 (A.134)
𝜏=
2𝑙𝑏 cos 𝜃
𝐹ℎ2 𝑙 + 2ℎ (A.135)
𝛾= 3
2𝑙 𝐾𝑓 ℎ + 𝑙 sin 𝜃
Pour le modèle d’articulation :
𝐹 (A.136)
𝜏=
2𝑙𝑏 cos 𝜃
𝐹ℎ 2𝑙 + ℎ (A.137)
𝛾= 2
2𝑙 𝐾ℎ ℎ + 𝑙 sin 𝜃
Pour le modèle d’étirement :
𝐹 (A.138)
𝜏=
2𝑙𝑏 cos 𝜃
𝐹 [𝑙 cos 2 𝜃 + sin 𝜃 (ℎ + 𝑙 sin 𝜃)]2 (A.139)
𝛾=
2𝑙 2 𝐾𝑠 cos2 𝜃 (ℎ + 𝑙 sin 𝜃)
Le module de cisaillement globale est :
𝜏 (A.140)
𝐺=
∑𝛾
1
𝐺= (A.141)
𝑏ℎ2 cos 𝜃 (𝑙 + 2ℎ) 𝑏ℎ cos 𝜃 (2𝑙 + ℎ) 𝑏[𝑙 cos2 𝜃 + sin 𝜃 (ℎ + 𝑙 sin 𝜃)] cos 𝜃 sin 𝜃
{ + + [(ℎ + ]}
𝐾𝑓 𝑙2 (ℎ + 𝑙 sin 𝜃) 𝑙𝐾ℎ (ℎ + 𝑙 sin 𝜃) 𝐾𝑠 + 𝑙 sin 𝜃) 𝑙 cos 𝜃
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École Nationale
D’Ingénieurs De
Sfax
Titre : Développement et caractérisation statique et dynamique d’un composite sandwich à âme
auxétique et à constituants naturels.
Mots clés : Composite, constituant naturel, auxétique, fatigue, vibration, émission acoustique
Résumé : Durant ces dernières années, les Les caractéristiques élastiques des éprouvettes
matériaux composites bio sourcés sont utilisés imprimées suivant différentes directions sont
dans différents secteurs industriels suite à leurs déterminées. Par la suite, les propriétés
intérêts environnementaux. L’utilisation d’une mécaniques des âmes auxétiques en traction,
matrice biologique renforcée par des fibres en compression ainsi que celles des sandwichs
végétales permet d’améliorer non seulement la en flexion et indentation ont été étudiées. Une
protection environnementale mais aussi les analyse des mécanismes d’endommagement
performances mécaniques. D’autre part, les au cours des essais d’indentation est effectuée
structures auxétiques ont émergées pour leurs en utilisant la technique de l’émission
hautes propriétés spécifiques performantes et acoustique. Ensuite, des essais expérimentaux
surtout leurs grandes capacités d’absorption et des modèles analytiques (et éléments finis)
énergétique. Dans ce cadre, cette étude propose ont été menés pour déterminer le comportement
l’élaboration d’un matériau composite sandwich à en fatigue des sandwichs. Enfin, une étude du
âme auxétique en nid d’abeilles ré-entrantes et à comportement vibratoire de la peau, d’âmes et
constituant purement naturel. Cette structure a été des sandwichs est réalisée suite à une étude
élaborée par la méthode de fabrication additive. expérimentale et numérique par éléments finis.
D’abord, le comportement statique en traction des L’effet de chaque composant dans
peaux est analysé. l’amortissement global est discuté.
Title : Development and static and dynamic characterization of a sandwich composite with auxetic
core and natural constituents.
Abstract : In recent years, bio-based composite The elastic characteristics of the printed
materials have been used in different industrial specimens in different directions are
sectors due to their environmental interests. The determined. Subsequently, the mechanical
use of a biological matrix reinforced with vegetable properties of auxetic cores in tension and in
fibers makes it possible to improve not only compression as well as those of sandwiches in
environmental protection but also mechanical bending and indentation were developed. An
performance. On the other hand, auxetic analysis of damage mechanisms during
structures have emerged as a result of their high indentation tests is performed using the acoustic
specific properties and especially their great emission technique. Then, experimental tests
energy absorption capacities. In this context, this and analytical models were carried out to
study proposes to develop a composite sandwich determine the fatigue behavior of the
material with a re-entrant honeycomb core and a sandwiches. Finally, a study of the vibration
purely natural constituent. In order to build this behavior of the skin, cores and sandwiches is
structure, the additive manufacturing method was carried out using an experimental and numerical
used. First, the static tensile behavior of the skins study by finite element. The contribution of each
is analyzed. component in the global damping properties is
discussed.