Le commentaire littéraire. Méthodologie.
Le commentaire littéraire, c’est la transposition écrite et ordonnée d’une lecture linéaire. Il y a donc
plusieurs étapes.
I – La lecture linéaire préalable. Au moins une heure et demie
Comme on le fait en classe, il faut trouver les idées développées dans le texte.
A – Je regarde bien l’objet d’étude (théâtre, poésie, littérature d’idées ou roman), le type de texte (
dialogue, monologue, incipit, sonnet, discours, etc…) car chacun a de spécificités. Je m’appuie aussi sur la
date du texte, pour savoir de quel mouvement littéraire il peut être proche (réalisme, romantisme…), car
chacun aussi a des spécificités que je retrouverai peut-être dans le texte.
B – Je lis le texte plusieurs fois, et je liste mes impressions : qu’ai-je compris, qu’est-ce que j’ai ressenti ?
Quelle est l’ambiance du texte, son registre ? Y’a-t-il des personnages, qu’est-ce que je pense d’eux ? La
liste des questions ici est très longue, et toutes ne fonctionnent pas à chaque fois.
C – Si je prépare un bac technologique, les axes me sont donnés : j’en profite !
D -Le mieux ensuite est de faire la lecture linéaire de l’extrait, comme en classe :
- Je découpe le texte en mouvements, pas trop longs, auxquels je donne un titre, ou que je résume,
pour affiner a compréhension. En donnant un titre – ou en résumant – chacun des ces
mouvements, je vais affiner ma compréhension de l’extrait.
- Ensuite, dans chaque mouvement, je recherche les éléments suivants :
o Quel est l’intérêt majeur de ce mouvement ? Qu’est-ce que l’auteur a voulu y mettre en
évidence ?
o Quels procédés d’écriture a-t-il utilisés, et pourquoi ? Si vraiment, je n’ai pas d’idée, je peux
commencer par chercher les procédés d’écriture, car ils sont un signal d’alarme : s’il y a un
procédé, c’est que l’auteur a voulu mettre quelque chose en valeur : quoi ?
II – La mise en ordre des idées. Au moins une demi-heure.
→ Certaines des idées trouvées pendant la lecture linéaire se ressemblent, se complètent : il s’agit donc de
les organiser en deux ou trois axes, qui aborderont chacun un aspect important du texte. Souvent en
seconde, et toujours en bac technologique les axes me sont donnés.
→ Dans chaque axe, je développe plusieurs idées en rapport les uns avec les autres. Ainsi, chaque axe
contient nécessairement plusieurs idées, qui sont les arguments. Dans mon plan détaillé, chaque argument
est nécessairement accompagné d’une explication, d’une citation et d’un procédé d’écriture dont j’ai
analysé l’effet produit.
→ Ce plan peut être considéré comme une réponse à la problématique, c’est-à-dire à la formulation, selon
vous, de l’intérêt principal de l’extrait. Le plus souvent, c’est une question.
A la fin, mon plan peut être sous forme de tirets, ou sous forme d’arborescence.
III – La rédaction du commentaire. On y consacre le reste des 4 heures. Puisque mon plan est très détaillé
au brouillon, je peux directement rédiger sur la copie. Je garde une dizaine de minutes pour relire.
→ Avant le développement, on rédige une introduction :
1. Présentation du contexte : siècle, mouvement littéraire…
2. Présentation rapide de l’auteur : quelques éléments de sa vie et quelques titres qu’il a écrits, si on
en connaît.
3. Présentation de l’œuvre dont est tiré le texte : genre, titre, date, très court résumé si je le connais.
4. Présentation de l’extrait : place dans l’œuvre, genre, résumé
5. Problématique.
6. Annonce des axes : « Nous verrons dans un premier temps », « puis dans un second temps »…
→ Le développement, c’est la rédaction des deux ou trois axes. Chaque axe – au moins une page ou une
page et demie - est rédigé comme une réponse argumentée, avec des connecteurs logiques. Dans chaque
axe, chaque idée est illustrée par une citation précise commentée et dont on explique les procédés
d’écriture quand cela est pertinent. Chaque paragraphe de l’axe exploite un nouvel argument. On saute
clairement deux lignes entre les axes.
Attention à la façon dont on intègre les citations, qui est très importante et peut alourdir
considérablement le devoir :
On ne peut pas poser les citations directement dans les phrases : il faut les intégrer. Cet exemple est tiré
d’un commentaire sur « Roman ».
Ex : Rimbaud et le personnage se ressemblent, car ils ont le même âge « on
n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans ». La citation n’est pas intégrée, elle est posée
dans la phrase : ce n’est donc pas rédigé.
Il y a plusieurs solutions :
→ A minima, on introduit la cita on par deux points. Ce n’est pas l’idéal, mais au moins il y a un
minimum de cohérence dans la phrase : Rimbaud et le personnage se ressemblent, car
ils ont le même âge : « on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans »
→ On peut les intégrer à l’aide de formules de présentation un peu lourdes, mais claires : « comme le
prouve le vers (la phrase, le passage..) suivant » ; « « ainsi que l’écrit Rimbaud au vers… » ; « comme
Rimbaud le souligne au vers… », le tout suivi de deux points : Rimbaud et le personnage se
ressemblent, car ils ont le même âge, comme le prouve le vers un : « on n’est
pas sérieux quand on a dix-sept ans ».
→ Le mieux est de carrément intégrer la cita on à votre phrase, comme si elle en faisait partie. La
citation sera reconnaissable grâce aux guillemets : Rimbaud et le personnage se
ressemblent : ils ont le même âge, puisqu’ils ont tous les deux « dix-sept
ans » (vers 1)
→ Le commentaire li éraire se finit par une conclusion en deux – ou trois - étapes :
1. Je rappelle ma problématique
2. J’y réponds en récapitulant mes arguments (c’est-à-dire les titres de mes sous parties) : il n’y a ni
idée nouvelle, ni citation, ni procédé.
3. Si j’en trouve une intéressante, je fais une ouverture, c’est-à-dire que je donne une autre œuvre,
un autre auteur, un autre art… en rapport avec le texte étudié. Mieux vaut ne pas faire d’ouverture
qu’une ouverture inintéressante.
BON COURAGE A TOUS !