0 évaluation0% ont trouvé ce document utile (0 vote) 68 vues4 pagesKristeva 2
Copyright
© © All Rights Reserved
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF ou lisez en ligne sur Scribd
106 Le mot, le dialogue et le roman
par rapport au vécu, dans laguelle Phomme se décrit en se don
fant en spetacle pour Gnic par cxder des “ personnages ” et des
* carnftees”), aus bien que le refi dedfnr an univers pychigue
(Aiivté dans ie présent, qui se camAévse par des images, pees
ft mots-geftes & travers lesquels homme vit ses limites dans
Pimpersonnel), Ce deuxitme asped de la mnippée apperente 52
tradiae 4 cele du stve ou de Pécsicure hiéroglyphique ou, si
Von veut, & ce théétce de Ia craauté augue! pensait Artaud, Comme
ini, la ménippée “ végale non pas ala vie individuelle, & cet axpee
individuel de l vie o8 tiomphent les cazafitees, mais A une sorte
de vie lbérte, qui baie Mindividualité humaice et ot Thome
nes plus qu’an reflet”. Comme Iu, ménippte ae pas eathar-
tigue; elle est une féte de Ia cruauté, rade politique ause; elle
fe transmet aucun message déterminé savf d'etre sol-méme “la
joie éeemmelle du devenie "et &épuise dang Pee et le temps pré-
sent. Née apres Socrate, Platon et les sophiftes, elle es contempo-
‘sine de Pépoque of la pensée n'est plus tne pratique (efit quelle
fol conde cmon acd conte oer Sion foe
poids e& fate). Dans un développement analogue, la Tiéstase
devenant “ pensée ” prend conscience dellesméme comme sgn.
‘homme, alidaé de la nature et dela socée, ealitne & luicnéme,
‘écoavre son intsieur” et“ sie” cette découverte das Pambi-
‘valence de la ménippée. Ce sont les signes avant-conseurs de la
reprtseatation slaliste, Pourant la ménippée ne connalt pas Je
‘monologisme dun principe théologique (oa de Phomme-Diew,
comme pendant la Renaissance) qui aursit pe consolider son
spe de représentation. La * tyrannie ” quelle subit eft celle
a texte (non pas de la parole comme seflet dn univers exisant
avant elle), ou plutét de ex propre stmétare qui se fait et se com-
prend a partir delle-méme. Ainsi la mécippée se constraitelle
comme births, tout en ant star, et Cem cette ambivalence
auelle va légocr au roman, an roman polyphonique avant tout,
‘qui ne connat ni loi, ni higrarcie, éant une plurlité éléments
linguistiques en rapport dilogique. Le principe de jonftion des
diferentes parties de la ménippee e& cere, fa smilie lates
semblance, la dépeadanee, donc le “ stalisms ”), mais aussi la
contiguté’ (Panalogic, In juxtaposition, donc la * rhéeorique ”,
‘hoa pas au sens d'ornement que Croce Tui donne, mais comme
Le mot, le dialogue et le roman wr
justification par et dans le langage). Liambivalence ménippéeane
‘onsste dans Ia communication entce deux espaces %, celui de la
cine et celsi du hiroglyphe, celui de la repetsenttion jar le
langage et celui de Vexpérience dans le langage, le spsttme et le
syatagme, la métaphore et la métonymic. Celt de cette ambiva-
Jence que le roman va héiter.
"Autzement dit, le dialogisme de lz méaippée (et da carnaval)
qui tdvic une logique de relation et danalogie plutde que de
substance et Pinférence, s'oppose 3 Ia logique arisordlicienne et,
de Fintéieur méme de Ie logigae formelle, tout en Ie cStoyant,
Ja contrdit et Foriente vers d'autres formes de pensée. En eft,
Jes époques of la ménippée ec développe sont des Epoques d’oppo-
sition 2 Taistottisme, et Jes autewts des romans polyphoniques
semblent désapprouves les structures mémes de la pensée officielle,
fondée sur la logique formelle.
1. Leaspeét ménippéen 2 &t& dominé su Moyen Age par autorité
du texte religieux, durant Mere bourgeoise pac Pabsolatisme de
Mindividu et des choses. Ce n'est que lz modernité si elle et libre
de Dien”, qui aftanchit la force ménippéenne du roman.
‘Si la société moderne (bourgeoice) 7a pas seulement acoepté,
suis prétend se ceconnaltse dane le roman M, il gagit bien de
15, Celera ce phdsoméne qu Balhae aen wae en eset Le
Jn pep adr un scac arone ligne, et sea
Ste qulstcrsbens Deas conn creme du tt rstanag er roo
‘Brame de artes Helou il soon dan cece suc ep
{ove I comment dot suthae” Bt tomes les sara a ouvert & ene ite
SB Ree Sram neg a
ESN Se hare cafes man ete
I egnuinie te Soe meal
ic Cate ibe ce sous par tr ce aarine decom «A, Thlbade,
ille g homae g3 Roane, Taso dee Romans", Anna edt
Sm PB, OCR, 19932 6. Toe a Thre derma (ey
ae,
‘Beatie de roman comme nlogue a spproce etrosare ele de Woyoe108 Le mot, le dialogue et fe roman
cere eatégotie de cits monologiques, dts sales, qu censurest
Je carnaval et la ménippte et dont la traGarstion se dessine 4
part de a Remaiseace. Par conte, e roman dalogique méaippéen
fol tend A refuse la seprtseaaton et Pépigue, nes que tléré,
Seaidice delat illisile,ignoré on bafoué = il partage, dans la
modemité, le sor de ce dscours carnzvalesque que les érdiants
dda Moyea Age pratigualnt en dehoes de PEglise.
‘Le zoman et surtout le zoman polyphonique moderne, incor-
pporat In méaippé, incarne Teffort de fa pensée européenne pout
ors des cadees des subGances identiques eausslement déermi-
‘es afin de Foriener vers un autze mode de pensée : celui qui pro-
tide pat dialogue (ane logiqae de difance, ration, analoge,
‘opporition non exchusive, tnsfni). Il avest pas étonnant alors
(que le roman ait &é considéré comme wn geate inftricus (pet le
lassciime et les xégimes qui hi ressemblent) ou subvetsif (je
pense ict aux grands auteurs de zomans polyploniques de toutes
les époques —- Rabelais, Swi, Sade, Lauteamont, Joyce, Kafka,
Bataille — pour ne citer que eeax gui ont toujours &t ce cont
rent 4 éte ea marge de I clare ofiele). On pouszait déaion-
tcerd uaver le motetlaSrufiur nazativeromunesgue dara cle
comment la pensie européenne teansgresse ses caractéristques
onsituntes£ Fidensee, le sbauoce, ia colt, a dfn
pour en adopter dautrs : Paalogie, la selacon, Tepposiion,
done le dialogisme et Tambivalenee méaippéence *
Car 8 tout eet inventste historique angbel Baki set Herd
évogue Fimege dun musée ou, la démacche d'un archivise, i
sen eft pat moins anceé dans notre aétalté, Tout oe qui sexe
fujoued’hai dévoile une possibile’ ow une im ée lite
tt de séécrce Phistoire. Certe posit est palpable dans I Hié=
‘acore qui sennonce A travers les évits dune aouvelle généeation
(See romance mo poe attan: bi wn sport ete idconkne "oe
esas ele oyolone nga,
7. Os prastoune ce tod slope dna a pique modere ot dns Pa
cite eC ot es dese pene actin st
(Bon, dtogianes Vout ce sje Hgebtwns L," What ean Atlas
[Rte of nage "ans ep lei nd try, New Vor, 19593 Coing
‘Tengen, A Chet Paloopis® theory ot knowledge" dans Ow Lor
Dr Row Vor, 19 easne fel ul heutige’ oped. Nes
Sk nl Ett snl H Ena 63
Le met, te dialogue et fe roman 108
(lle texte se contteuit comme sidfre et comme Jeu. Comme Te
disait Mallarmé, qui était un des premiess A comprendce le Hvre
‘comme minippés (Goulignons encore une fois que ce terme bake
tinien a Favantage de situer une certaine fagoa d’écrte dans Phis-
toi), ls lteératuce “n'est jamals que Téclat de ce qui eit da oe
produce antéciearement ou pets de Forigine ”.
_ + Nous éablitons ainsi deur modiles organisation de le
sipnidestion narrative 4 partie de deax categories dialogiques
1, Sujet (©) +> Destinaaite (D) 2. Sujet de Péaoaciation eSoft
de Penonce.
‘Lepremicr mode implique un port dalogique. Le deusitme
implique les sappors modaus dans la zéalstion du dialogue.
Le moddle 1 détermins le gence (pote ésiqus, comr), le modle
2 les vacantes da gene
Dans insure romanesque polyphonique, le premier mole
dialogiqae (S <> D) se joue eatitvement dane te dscours qui
écrit, et se présente comme une contestation perpéruelle de ce die
‘cours. Vintrlocuceus de érivain eft done I ervainIniméme ca
tant que leteu dan ate teste. Celi qui éxieet e méme que celal
Gel Son insincere ua enamine goon ete
Gui se slic en se séécsivant. La adn dialogique tappard
Aies gue dane lke di teste se content pur apport A
bn autte teste comme une ainbivalence.
Par coatte, dans Pépique, D ef une entitéabsolue extatextuclle
(Dien, communauté) qui relativise le dialogue jossu’s Péliminer
tle tédaire &-un monologae. Il eft facile alors de comprendse
pourquoi le roman dit classique du sexe sigele et tout roman &
thdse idéologique tend vers wa épisme et constitue une déviation
de la etratinre propremont romfaesque (€E. le monologisme de
‘olsto,épique, et Ie dziogue de Dostolevski, comancsquc).
Dans des cadres du deusitme mode, plusieurs possibiites
peaveat éte observés +
&, La coincidence da sujet de Pénoncé (S,) avec un degeé 2éro du
sujet de Fénonciation (S,) qui peut ere désigné par “il” (le peé-
‘nom dela non-persone) ou pare nom propre. Cestla technique
‘urrative Ja plus simple que nous trouvons ila naissance du réct.110 Le mo, le dialogue et fe oman
b. La cotneidence du sujet de Iénoncé (Se) avec le sujet de Nénon-
ation (S,). Cet la narration la 1 personne : “ Je”
« Lacoincidence du sje de Yenonct (5) avec le detinataixe(D).
[La narration o&t la 2* personne :* Tu”. Tel, par exemple, le
rot objefal de Raskolaikow dans Crime Chatimnt. Tne
exploration isitante de cee technique ef effefinge par Michel
Bator dans fo Modfeson
4. La coincidence du sujet de énoncé (5) Ale fois avec le suet
de Pénondation (,) et le destinatsite (D). Le roman devieat
dors ua quesionneent sur Péeiture ct montre In mise en
Seéne de la eruéture dilogique du ive. Ea meme temp, le
texte se fai leftre (citation et commentace) d'un cogpus lt-
téniee exésenr, se consuiseat alasi comme ambivalence
rane de Philippe Soles, par "empl des pronoms person:
‘els et par les citations anoaymes qu'on lit dans le roman,
en eft uh exemple.
La lefture de Bakhtine conduit 2u paradigme suivant :
Le mot le dialogue et le roman 7
[Nous vooddons inter enn sur Fimpontanee dex concep
babii leat mot le dialogue’ Paice, ne
Wen qe ar canes pesspotves gots current
Deseeninan le atte do mot comme wt ini du exe,
Bakiioe ss a aeuGore a0 vena Te plus pefood, cede
dela phnse et dex gues ttrorgues. La hotion de fe jonte
Irae du texte comme corpus atone ell dun toe fat
de telatons, dans Iequel los mote fonGsonent compe quan
‘Nos a problemaique dun tmodle du ngage potaqut west
piss la poblematou dela yac onde la eure, is de Pere
de Di, foals para hore de ems eles Sv.
‘eles nackénadgues Came asl de la arate marae
{xt aide au pole de dimes des fondtone (cards ow ext
jis) et dct ince (roprenene isos fortis) de ol
Il we contre dips an sche lgique ou ttoggue
“out en reco ;
cn pourat ee demande les o pri’ dha meta-langage hia
chant ow htsrogen so lce ce paca ps top tarde tlle
dinion on deere nave © Mette cogs wre moe
‘pont limite de ditogee (ecomrocaite une citation)
Ofc pas fs pls singe pos cline,
Te ahogle, ts sedevale A Hegel ne dle pas pouraot
tere onfonda sve In daleigashigelcne nppont at ted
done ane ate et wn projeon (at dépasersey ul ne aa
rae pu a tadionsitoticene fond rk sobtance ea
Gaur. Le dialogs remplace ces concep ce sbsrbant dant
te concept de slaton, tne vite pas un dessert rane at
tron out en impli une ite de eps (opponiony aa
igi) come mode & eeforutin,
Te lgtme sine es probltmes pilotophigues darleangage,
ex plus petstnea dan le langage come hoe cocation oe
teres, comme dareledare ql de pal evex ne lope now
sritoticeone, syetagrmtign,corladonadl"camarague™
Pat consquen, un de probes fondamentave que tei
16, Val ce rule Maporants some de rechercies ror rut dot
(toled Barc, A'J. Geena, CandeBrtmond, Umer Ect, Jules Get Yor
et oi cit en, Tren Terr, lsd Cao) son Cmterey Le mot le dlalogue et le roman
borders anjourd?hai sera justement cere “ autee logique ” qui
attend Pétce décrite sans étre déaatusée,
Le terme “ ambivalence ” sadapte parfitement au Sade tras-
sitoite de le litérarare européenne qui est une coesitence (ine
ambivalence), a la fois double da vécu ” (céalisme, épique) ct
“yéca” méme (exploration linguisique, ménippée), avant dabos-
tis, peutttre, a une forme de pensée pacile celle de la peintuce +
‘pmenbon de Tene ds ste, onfgunton de Pepe
itéraire) comme révélatent de la penste (iter) sens preva
tion “ realine, Hrenvoie a étude, & travers le langage, de espace
fomanesne ede es zogmuations, esr sn un apport
‘eroit entre le langage et Mexpace, et novs obligeaat i le analy
pipet eri orn esate meee geri
{hr mptserenion saline) et du weew tine (a sdsosecy on
[pourrait sasic Is ligoe of Ia rapture (ox la jondtion) entre eux se
fait. Ce serait le graphique du mouvement dans lequel notre cule
ttre sfarmache 4 eleméme pour se dépasset.
Le tajet qui se constitue entre les deux péles que le dialogue
suppose, supprime radicalement de notre champ
les probltmes de causalité, de Galt, et, et suggice Fieét
da peincipe dialogique pout un espace de pensée beaucoup plas
vya8e que le romanesque. Le dislogisme, plas que le binarisme,
serait peat-ttela base de la Srudture intellestnelle de notre époque.
La prédominance du roman et des struétures littésaites ambivae
lentes, les ttraftions communautszes (carnavalesques) de la joa
nesse, les échanges quantiques, Vigtésée pour le symbolisme corse
lationnel de In philosophie chinoise, pour ne citer provisoizement
que quelques éléments marquants dele pensée moderne, confirment
cette bypothise.
1966,
5
Pour une sémiologie
des paragrammes
Leger sme sre elie es me
ee fare
Se is 3 inst at dn
Fertlaand de Seas
‘qoerguns SRINCITES DE DEPART.
1.1 La stmiotique litémaire tend & dépasce dé ce qu’on croit te
Jes défrusiahérents au struSsralisme le fatisme +” ete no
higorisme?”, en se donnantlatiche quilajuftiiera: trouver ua for
anulisme isomorphe dla produftivt literate se pensaatelle-méme.
Ce formalisme ne pours» aboree qu’ partic de deux méthodo-
logis #1 Let mathématiques et les métamuchématiques — langues
aridcelles qui, par la liberé de leurs notations, échappent de
en plus gtx containtes d'uae logique éaborée 4 partir de
phrase Sujet petdiat et par conséquent s4dsp-
teat mieux & la description da fonttionnemeat podtique* du laa
gaee. 2 La Uinguisigue générsive (grammaire ct sémantique),
dans la mosure of lle envisage le langage comme spime dyna
mique de cations. Nous aYaccepterons pas son fondement philo-
sophique relevant Wan impécalsme sceatiigue qui permet & l
acts © Lode 3 Tsang atl oi" Cm
edie drgamigae dee frre.
{Planers poor me dake de acrpteion dv ek op
alge in he de Pimtginion declare stanley
Gee foaton gl ce 2k trea ete pete de one apron
pats ante i cboscnefondamentl es signe odes obo Ke aba,
Eat dept, Ba de Nina
Vous aimerez peut-être aussi