Aptitude médicale du personnel navigant
Aptitude médicale du personnel navigant
TEXTES GÉNÉRAUX
– en tout temps, à la demande du commandement (en particulier sur proposition du médecin du centre médical
du service de santé des armées [SSA]) ;
– en cas d’événement médical intercurrent notable rendant nécessaire une nouvelle expertise en CEMPN :
ce sont des expertises intermédiaires. Elles peuvent être réalisées entre deux visites révisionnelles. Seul
le domaine concerné est expertisé et l’échéance de validité globale reste celle de la précédente expertise
révisionnelle. Les expertises intermédiaires en CEMPN peuvent être réalisées :
– à la demande du médecin des armées compétent en médecine aéronautique en charge de la surveillance
médicale continue dans l’unité ;
– en application de règles propres à chaque FAFR.
Art. 5. – Relevant de la responsabilité du commandement, le contrôle de l’aptitude médicale est, en outre,
assuré dans les unités :
– par une surveillance médicale continue ;
– par des examens médicaux dont le contenu est défini par directive technique du SSA, de périodicité
semestrielle, obligatoires ; ils sont indispensables au maintien de l’aptitude médicale octroyée par les centres
d’expertise cités à l’article 3 ;
– par des examens médicaux appropriés pratiqués systématiquement après un incident ou un accident aérien ;
– par des examens médicaux pratiqués, à la diligence d’un médecin des armées compétent en médecine
aéronautique, après les interruptions de service pour toute affection médicale ou chirurgicale.
Art. 6. – La détermination de l’aptitude médicale aux emplois du PN des FAFR comporte un examen général
et des examens spécialisés.
Le médecin expert est habilité à prescrire les investigations complémentaires que réclame la détermination de
l’aptitude.
Ces examens peuvent être effectués à titre externe dans un établissement du SSA ou conventionné, ou au cours
d’une hospitalisation au sein du CPEMPN ou dans un autre service d’un hôpital des armées.
L’examen d’aptitude est un examen médical soumis aux règles habituelles de la déontologie et de l’éthique
médicales. Le médecin expert et le médecin-chef du centre veillent à informer le candidat sur les examens effectués
et leurs résultats, les conclusions de l’expertise médicale et le profil « aviation » attribué défini à l’article 8 ci-après.
En cas d’inaptitude ou de restrictions d’aptitude, les modalités de contestation des conclusions médicales ou de
maintien par dérogation dans sa spécialité, prévues aux articles 14 et 15, sont communiquées à l’intéressé.
Art. 7. – Le candidat fournit à l’autorité chargée de l’examen, une déclaration qu’il certifie exacte indiquant
s’il a déjà subi un examen du PN, quel qu’en ait été le résultat, ses antécédents médicaux familiaux et héréditaires,
ses antécédents médicaux personnels, anciens et récents connus ; il s’engage à répondre sincèrement aux questions
qui lui sont posées au cours des examens. Toute déclaration fausse ou insuffisante prive d’effet le certificat médical
délivré à la suite de l’examen.
CHAPITRE III
DÉFINITION DU PROFIL « AVIATION »
Art. 8. – Les normes d’aptitude médicale auxquelles doivent satisfaire les candidats aux emplois du PN ou
les membres du PN sont réparties en quatre « standards ». La combinaison des quatre standards constitue le profil
« aviation », qui est la traduction chiffrée des constatations faites au cours de l’expertise. Le profil « aviation » est
reporté sur les comptes-rendus d’expertise. Pour chacun des standards, l’attribution des coefficients permet de
préciser la catégorie dans laquelle l’intéressé doit être classé.
Ces standards sont :
– les standards d’aptitude générale « aviation » nos 1 et 2 (SGA/1, SGA/2) ;
– les standards d’acuité visuelle « aviation » nos 1, 2, 3, 4 et 5 (SVA/1, SVA/2, SVA/3, SVA/4, SVA/5) ;
– les standards de perception des couleurs « aviation » nos 1 et 2 (SCA/1, SCA/2) ;
– les standards d’audition « aviation » nos 1, 2 et 3 (SAA/1, SAA/2, SAA/3).
En expertise d’admission, le médecin expert est tenu de respecter les dispositions données en annexe au présent
arrêté pour l’attribution des coefficients du profil « aviation » et de déterminer la catégorie dans laquelle est classé
l’intéressé.
En expertise d’admission, certaines tolérances peuvent être accordées aux militaires candidats à un emploi du
PN dans les conditions fixées par la réglementation propre à chaque FAFR.
Lors des visites révisionnelles, le présent arrêté indique pour chaque standard certaines tolérances applicables
par rapport aux normes à l’admission.
Lorsque l’état physique ou mental de l’intéressé ne répond pas aux conditions exprimées par les standards
définis ci-dessus, le ou les standards se rapportant aux déficiences constatées sont affectés du chiffre zéro.
Pour certaines spécialités du PN, l’autorité d’emploi peut définir des exigences particulières en complément du
profil « aviation ».
Les profils « aviation » minimaux requis, pour l’admission ou le maintien dans chacune des spécialités du PN
des FAFR, sont arrêtés par la réglementation propre à chaque FAFR. Le profil « aviation » présenté par l’intéressé
doit être inférieur ou égal au profil « aviation » exigé dans sa spécialité.
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CHAPITRE IV
CONCLUSIONS DES EXPERTISES MÉDICALES
Art. 9. – Le médecin-chef du centre d’expertise rassemble, confronte et interprète, dans le cadre des
prescriptions du présent arrêté, les résultats des examens pratiqués par les médecins experts placés sous son
autorité. Il inscrit et signe ses conclusions sur la fiche d’examen médical et sur les comptes-rendus d’expertise. Il
précise sur le compte-rendu d’expertise toute limitation d’aptitude imposée par des critères médicaux définis par le
présent arrêté et non traduite dans le profil « aviation ».
Section 1
Expertise d’admission
Art. 10. – L’expertise d’admission aboutit à l’une des trois conclusions suivantes :
– Aptitude médicale à l’emploi postulé.
La durée de validité de l’aptitude médicale prononcée lors de l’expertise d’admission est fixée par la
réglementation propre à chaque FAFR, la fin de validité étant le dernier jour du mois d’échéance.
– Inaptitude médicale temporaire.
La durée de l’inaptitude temporaire est laissée sur le plan technique à l’appréciation du médecin-chef du centre
d’expertise. Des limitations administratives de cette durée peuvent être prescrites pour certaines catégories de
personnel. Elles sont fixées par la réglementation propre à chaque FAFR.
– Inaptitude médicale.
La décision d’inaptitude est prononcée par le médecin-chef du centre d’expertise.
Section 2
Expertises révisionnelles d’aptitude médicale au maintien dans le PN
Art. 11. – A la suite de toute expertise révisionnelle, périodique ou effectuée à la demande du commandement,
le médecin-chef du CEMPN est amené à formuler une des conclusions suivantes :
– Aptitude médicale au maintien dans l’emploi occupé.
La durée de validité de l’aptitude médicale ne peut excéder, pour chacune des spécialités du PN, la durée prévue
par la réglementation particulière la concernant. Sauf mention contraire, cette durée porte jusqu’au dernier jour du
mois d’échéance de la visite.
L’aptitude peut être assortie de restrictions de durée ou d’emploi dont l’appréciation est du ressort du médecin-
chef du centre d’expertise.
Lorsque l’aptitude présentée par l’intéressé ne correspond plus strictement aux standards requis pour la spécialité
occupée, le médecin-chef du centre d’expertise est habilité, s’il l’estime justifié, à conclure au maintien de
l’intéressé dans sa spécialité ou sa catégorie d’emploi. Une mention spéciale est alors ajoutée sur la fiche d’examen
médical et sur les comptes-rendus d’expertise.
– Aptitude médicale temporaire.
La décision d’aptitude temporaire et sa durée appartiennent au médecin-chef du centre d’expertise.
– Inaptitude médicale temporaire.
La décision d’inaptitude temporaire et sa durée appartiennent au médecin-chef du centre d’expertise.
– Inaptitude médicale.
Le médecin-chef du centre d’expertise indique dans ses conclusions l’inaptitude à l’emploi occupé ou à tout
emploi du PN. Il mentionne, éventuellement, la ou les spécialités ou sous-spécialités correspondant à un
reclassement possible suivant l’aptitude constatée.
Les conclusions du médecin-chef du centre d’expertise, et éventuellement l’avis de la commission médicale de
l’aéronautique de défense (CMAD) saisie dans les conditions précisées aux articles 14 à 18 du présent arrêté, sont
soumises pour décision à l’autorité d’emploi.
Pour chaque conclusion d’inaptitude médicale, soit à l’emploi occupé, soit à tout emploi du PN, le médecin-chef
du centre d’expertise tient informé le commandant d’unité de son avis sur l’opportunité d’utiliser provisoirement
l’intéressé dans sa spécialité en attendant la décision ministérielle relative à son aptitude.
A cet effet, les médecins-chefs des CEMPN mentionnent, sur le compte-rendu d’expertise, l’avis favorable ou
défavorable à l’emploi de l’intéressé dans sa spécialité en attendant la décision ministérielle sur une demande ou
proposition de dérogation.
Art. 12. – Les membres du PN maintenus par décision ministérielle dans un emploi auquel ils ont été reconnus
inaptes médicalement restent soumis à l’obligation des expertises révisionnelles et de la surveillance médicale à
l’unité.
Les expertises sont conduites dans les conditions habituelles et doivent, pour qu’une décision d’aptitude puisse
être prise, constater :
– que, mis à part la déficience ayant motivé la dérogation, l’intéressé possède par ailleurs l’aptitude médicale
requise pour l’emploi qu’il occupe ;
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Section 1
Sur-expertise
Art. 13. – Les conclusions en matière d’aptitude médicale prononcées lors des visites d’expertise d’admission
et révisionnelles peuvent être contestées dans un délai de deux mois en sollicitant une sur-expertise médicale selon
les modalités définies par instruction du SSA. L’autorité du SSA saisie est la seule habilitée à décider d’accorder ou
non la sur-expertise. Elle informe le demandeur des modalités pratiques de la sur-expertise ou du motif de refus.
Section 2
Aptitude par dérogation aux conditions d’aptitude médicale
Art. 14. – Une dérogation aux conditions d’aptitude médicale peut être sollicitée pour un PN ne répondant plus
aux conditions médicales définies par le présent arrêté ou par la réglementation propre à chaque FAFR.
Art. 15. – La commission médicale de l’aéronautique de défense (CMAD) est instituée pour :
– émettre un avis sur les demandes de dérogation aux conditions d’aptitude médicale à l’égard du PN des
FAFR ;
– émettre un avis sur les cas particuliers d’aptitude médicale que les FAFR jugent utile de lui soumettre ;
– émettre un avis sur l’aptitude médicale de PN ne relevant pas des FAFR dans les cas prévus par la
réglementation ;
– émettre un avis sur l’aptitude du personnel non PN des FAFR dans les cas prévus par la réglementation.
Art. 16. – La CMAD est présidée par l’inspecteur du service de santé pour l’armée de l’air (ISSAA) ou son
suppléant.
En plus de son président, la commission est composée :
– de deux médecins des armées compétents en médecine aéronautique, exerçant ou ayant exercé au profit de
l’armée de l’air ;
– d’un médecin des armées compétent en médecine aéronautique, exerçant ou ayant exercé au profit de la
marine nationale ;
– d’un médecin des armées compétent en médecine aéronautique, exerçant ou ayant exercé au profit de l’armée
de terre ;
– d’un officier supérieur du personnel navigant de l’aviation légère de l’armée de terre ;
– d’un officier supérieur du personnel navigant de l’aéronautique navale ;
– d’un officier supérieur du personnel navigant de l’armée de l’air.
En fonction des dossiers étudiés doivent également être présents :
– un officier supérieur, membre du personnel navigant, du commandement des forces aériennes de la
gendarmerie nationale ;
– un officier supérieur de la direction générale pour l’armement ;
– un membre du personnel navigant représentant l’autorité d’emploi pour les dossiers ne relevant pas des FAFR.
En cas de présentation de dossier d’opérateur ou de contrôleur aérien, l’officier supérieur du personnel navigant
représentant la FAFR est accompagné d’un officier supérieur contrôleur aérien.
En cas de présentation de dossier d’un parachutiste, sont présents un médecin des armées exerçant ou ayant
exercé au profit d’une unité parachutiste, ainsi qu’un officier supérieur breveté parachutiste de la force armée ou
formation rattachée d’appartenance de l’intéressé et servant ou ayant servi en unité parachutiste.
La présence des médecins des armées ou de leurs suppléants est obligatoire. La présence des représentants des
autorités d’emploi ou de leurs suppléants est obligatoire pour les dossiers les concernant.
Le président de la CMAD peut faire appel à tout avis supplémentaire, sans voix délibérative.
Le directeur central du SSA désigne le suppléant du président de la CMAD, les membres médecins des armées et
leurs suppléants. Les autorités d’emploi désignent leurs représentants et leurs suppléants.
Les participants à la commission sont tenus au secret.
En cas de nécessité, la commission peut se réunir en visioconférence.
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Art. 17. – Les modalités de saisine de la CMAD, la composition et les modalités de transmission des dossiers
de présentation sont fixées par instruction du SSA. Cette instruction précise également l’organisation de la CMAD,
de son secrétariat et les modalités d’instruction des demandes.
Art. 18. – Les avis de la commission font l’objet d’un vote, lorsque la décision ne procède pas d’un consensus.
Le président, les médecins des armées et le représentant des FAFR dont relève le personnel présenté devant la
commission, prennent seuls part au vote.
En cas de présentation d’un dossier d’opérateur ou de contrôleur aérien, l’officier supérieur du personnel
navigant représentant de l’armée dont relève le personnel présenté devant la commission et l’officier supérieur
contrôleur l’accompagnant se concertent avant le vote. Seul l’officier supérieur du personnel navigant participe au
vote.
En cas de présentation de dossier d’un parachutiste, prennent part au vote, outre le président, les quatre médecins
des armées permanents, l’officier supérieur du personnel navigant représentant la FAFR dont relève le personnel
présenté devant la commission, ainsi que le médecin des armées présent exerçant ou ayant exercé au profit d’une
unité parachutiste et l’officier supérieur breveté parachutiste de l’armée d’appartenance de l’intéressé et servant ou
ayant servi en unité parachutiste.
La majorité des voix est requise. En cas de partage des voix, celle du président est prépondérante.
L’avis de la commission est adressé pour décision à l’autorité qui a saisi la commission.
CHAPITRE VI
DISPOSITIONS FINALES
Art. 19. – Les dispositions du présent arrêté entrent en vigueur à compter du 1er septembre 2021.
Art. 20. – Le directeur des ressources humaines du ministère des armées, le directeur central du service de
santé des armées et le directeur des personnels militaires de la gendarmerie nationale sont chargés, chacun en ce qui
le concerne, de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.
Fait le 22 juillet 2021.
La ministre des armées,
Pour la ministre et par délégation :
Le directeur des ressources humaines Le directeur central
du ministère des armées, du service de santé des armées,
P. HELLO P. ROUANET
Le ministre de l’intérieur,
Pour le ministre et par délégation :
Le directeur des personnels militaires
de la gendarmerie nationale,
A. DE OLIVEIRA
ANNEXE
NORMES D’APTITUDE MÉDICALE ET « STANDARDS AVIATION »
1.1. Norme A
Exigée pour l’aptitude au siège éjectable.
Conditions de taille, de poids et mensurations segmentaires :
La taille globale du sujet doit être comprise entre 1,60 m et 1,96 m. A l’admission, le poids doit être compris
entre 55 kg et 95 kg ou égal à ces valeurs.
Les mensurations segmentaires doivent être comprises entre les valeurs suivantes ou égales à ces valeurs :
– hauteur du corps assis : 0,80 m à 1 m ;
– longueur utile du membre supérieur : 0,60 m à 0,80 m ;
– longueur de cuisse : 0,50 m à 0,65 m ;
– longueur de jambe : 0,45 m à 0,60 m.
En visite révisionnelle, le poids doit être compris entre 55 kg et 100 kg ou égal à ces valeurs.
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Examen du squelette :
L’examen du squelette ne doit faire apparaître aucune des anomalies cliniques ou radiologiques décrites au point
2.1.1.1 (examen radioclinique du rachis / causes d’inaptitude communes aux trois normes, A, H et B / causes
d’inaptitude spécifiques à la norme A) et qui entraînent l’inaptitude au siège éjectable.
1.2. Norme H
Exigée pour l’aptitude aux emplois de PN sur hélicoptère.
Conditions de taille, de poids et mensurations segmentaires :
La taille globale des candidats pilotes doit être comprise entre 1,60 m et 1,96 m. Pour les candidats non pilotes,
les normes de taille minimale et maximale sont fixées par la réglementation propre à chaque FAFR.
Il n’est pas tenu compte des mensurations segmentaires.
Examen du squelette :
L’examen du squelette ne doit faire apparaître aucune des anomalies cliniques ou radiologiques décrites au point
2.1.1.1 (examen radioclinique du rachis / causes d’inaptitude communes aux trois normes, A, H et B / causes
d’inaptitude spécifiques à la norme H).
1.3. Norme B
Exigée pour l’aptitude aux emplois de PN des FAFR ne comportant ni l’aptitude au siège éjectable ni l’aptitude
aux emplois de PN sur hélicoptère mais soumis à un examen radiographique systématique du rachis.
Conditions de taille, de poids et mensurations segmentaires :
La taille globale des candidats pilotes doit être comprise entre 1,60 m et 1,96 m. Pour les candidats non pilotes,
les normes de taille minimale et maximale sont fixées par la réglementation propre à chaque FAFR.
Il n’est pas tenu compte des mensurations segmentaires.
Examen du squelette :
L’examen du squelette ne doit faire apparaître aucune des anomalies cliniques ou radiologiques décrites au point
2.1.1.1 (examen radioclinique du rachis / causes d’inaptitude communes aux trois normes A, H et B).
1.4. Remarques
La norme à laquelle correspond le candidat est exprimée, dans le profil « aviation », par la juxtaposition au
coefficient du SGA de la ou les lettres correspondantes :
SGA 1 et SGA 2 A et/ou H :
– apte siège éjectable et/ou apte PN sur hélicoptère ;
– aptes autres emplois du PN des FAFR.
SGA 1 et SGA 2 B :
– inapte siège éjectable ;
– inapte aux emplois de PN sur hélicoptère ;
– apte autres emplois.
Les candidats à un emploi ne comportant pas l’aptitude au siège éjectable et qui ne sont pas soumis à un examen
radiographique systématique du rachis (cf. point 2.2) mais pour lesquels certaines normes de taille et de poids
demeurent prescrites se voient attribuer, en expertise d’admission comme en expertise révisionnelle, un standard
d’aptitude générale comportant seulement un coefficient sans mention de lettre.
Il ne doit pas être constaté de réaction fonctionnelle ou de risque cardiovasculaire significatif qui pourrait
remettre en cause la sécurité des vols.
Les antécédents de syncopes vaso-vagales récidivantes avérées entraînent l’inaptitude.
Les antécédents de traitement par techniques ablatives peuvent être compatibles avec l’aptitude après avis du
sur-expert désigné.
La pression artérielle doit être comprise dans les limites de la normale tant pour la pression systolique que pour
la pression diastolique. Dans les cas limites, une évaluation plus précise sera entreprise en particulier avec mesure
ambulatoire et devenir de la pression à l’effort. Une hypertension artérielle avérée est incompatible avec l’aptitude
à l’admission.
Une hypotension artérielle orthostatique avérée est incompatible avec l’aptitude.
La perception d’un souffle cardiaque ou de tout autre élément stéthacoustique surajouté aux bruits normaux
justifie, en cas de doute sur son organicité, la pratique d’une échocardiographie. Les anomalies significatives
découvertes par cette méthode sont incompatibles avec l’aptitude. Toutefois, des anomalies valvulaires mineures
découvertes seulement en échocardiographie peuvent être compatibles avec l’aptitude en l’absence de régurgitation
significative et d’anomalie anatomique associée des structures cardiaques.
Concernant les troubles du rythme cardiaque :
– les tachycardies sinusales peuvent être compatibles avec l’aptitude en l’absence d’étiologie organique sous
réserve de leur réduction au repos et de l’absence d’altération de la tolérance à l’effort ;
– les bradycardies sinusales sans retentissement fonctionnel avec bonne adaptation à l’effort peuvent être
compatibles avec l’aptitude ;
– il en est de même pour les arythmies sinusales.
Les aspects ECG évoquant une pré-excitation auriculo-ventriculaire même intermittente sont incompatibles avec
l’aptitude.
Concernant les troubles de la conduction :
Les blocs auriculo-ventriculaires de premier degré sous réserve d’un espace PR inférieur à 24 centièmes de
seconde et les blocs auriculo-ventriculaires du deuxième degré de type Luciani-Wenckebach peuvent être
compatibles avec l’aptitude sous réserve de la disparition de l’anomalie à l’effort.
Les aspects de bloc de branche droit incomplet et isolé peuvent être compatibles avec l’aptitude.
Les autres troubles de conduction ne sont pas compatibles avec l’aptitude, qu’il s’agisse des blocs auriculo-
ventriculaires de haut degré ou des blocs de branches complets. Les blocs de branche droits complets de type
Wilson peuvent toutefois être compatibles avec l’aptitude.
Concernant les troubles de l’excitabilité :
Ils justifient une évaluation non invasive qui doit comprendre au minimum une échocardiographie, une épreuve
d’effort et un enregistrement ECG de 24 heures. Seules les anomalies sporadiques non associées à une affection
cardiaque ou générale identifiée peuvent être compatibles avec l’aptitude.
Les cardiopathies congénitales (opérées ou non) ou acquises nécessitent l’avis du sur-expert désigné.
Les troubles de la repolarisation découverts sur l’ECG systématique peuvent être compatibles avec l’aptitude, en
l’absence d’affection cardiaque ou générale reconnue après explorations non invasives comprenant en particulier
échocardiographie et ECG d’effort.
Les troubles marqués de la circulation veineuse périphérique entraînent l’inaptitude.
b) Appareil respiratoire.
L’aptitude exige une intégrité clinique, radiologique et fonctionnelle vérifiée systématiquement par spirométrie.
Les antécédents de pneumothorax spontané sont incompatibles avec l’aptitude sauf après intervention entraînant
une symphyse pleurale efficace, après un recul minimal de six mois, en l’absence d’anomalie tomodensitométrique
significative, et après avis du sur-expert désigné.
L’asthme évolutif est éliminatoire. Toutefois, les antécédents de maladie asthmatique peuvent être compatibles
avec l’aptitude, en l’absence de signes cliniques péjoratifs et sous réserve de la normalité de l’exploration
fonctionnelle respiratoire, complétée si nécessaire d’épreuves pharmacodynamiques.
Les affections pleuro-pulmonaires évolutives sont incompatibles avec l’aptitude.
Les antécédents d’affections pleuro-pulmonaires non carcinologiques guéries, en l’absence de séquelle
significative, peuvent être compatibles avec l’aptitude.
c) Appareil digestif et annexes.
L’aptitude nécessite l’intégrité anatomique et fonctionnelle de l’appareil digestif et de ses annexes.
Les anomalies morphologiques mineures et les séquelles d’intervention mineure peuvent être compatibles avec
l’aptitude.
Les antécédents de maladie ulcéreuse gastroduodénale entraînent l’inaptitude. Un antécédent unique d’ulcère
gastroduodénal avec positivité de la recherche d’Hélicobacter pylori peut être compatible avec l’aptitude sous
réserve de sa guérison avérée après traitement adapté.
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La découverte d’une altération hépatique lors du bilan biologique, soit cytolyse, soit cholestase, justifie un bilan
complémentaire et une décision d’inaptitude en cas de confirmation, sauf s’il s’agit d’une perturbation isolée et
modérée avec négativité de la recherche étiologique.
Une maladie inflammatoire chronique intestinale ou une hémochromatose entraînent l’inaptitude.
La maladie cœliaque, même en rémission clinique, est incompatible avec l’aptitude.
d) Appareil génito-urinaire.
L’aptitude nécessite l’intégrité anatomique et fonctionnelle de l’appareil génito-urinaire et de ses annexes. Le
rein unique congénital ou acquis est incompatible avec l’aptitude.
Les syndromes de la jonction pyélo-urétérale et les reflux vésico-urétéraux opérés avec un bon résultat
anatomique et fonctionnel peuvent être compatibles avec l’aptitude.
La présence de lithiase des voies urinaires en place ou, en cas d’antécédent de lithiase, la mise en évidence
d’affections locales ou générales pouvant la favoriser, sont éliminatoires.
Le varicocèle asymptomatique et non gênant peut être compatible avec l’aptitude ainsi que l’atrophie testiculaire
unilatérale ou la monorchidie acquise non tumorale.
Le personnel féminin ne doit pas présenter dans le domaine gynécologique de troubles ou de séquelles
d’intervention pouvant le gêner dans l’exercice de ses fonctions ou compromettre la sécurité. En particulier,
l’endométriose symptomatique est une cause d’inaptitude.
La grossesse entraîne l’inaptitude temporaire. Une nouvelle expertise doit être pratiquée après accouchement ou
interruption de grossesse au moment de la reprise de service pour déterminer l’aptitude à la reprise de l’activité
aérienne.
e) Glandes endocrines et métabolisme.
Les troubles du métabolisme ou des fonctions endocrines sont éliminatoires.
Les pathologies thyroïdiennes évolutives, ou à risque de rechute, ou nécessitant un traitement substitutif, sont
éliminatoires.
Un nodule thyroïdien justiciable d’une intervention chirurgicale entraîne l’inaptitude. Un nodule thyroïdien de
petite taille peut être compatible avec l’aptitude.
Un goitre important ou compliqué est éliminatoire.
Un diabète sucré avéré est incompatible avec l’aptitude.
Une glycosurie en rapport avec un diabète rénal isolé est compatible avec l’aptitude.
f) Hématologie.
La découverte d’une anémie avérée ou susceptible de récidiver de façon significative entraine l’inaptitude.
Une pseudopolyglobulie microcytaire révélant une thalassémie mineure peut être compatible avec l’aptitude en
l’absence d’anémie ou d’hémolyse.
Le dépistage des drépanocytoses est obligatoire pour tous les candidats à risque. L’inaptitude à tout emploi du
PN est prononcée si l’examen révèle une drépanocytose même hétérozygote.
g) Maladies infectieuses.
Toute maladie infectieuse en évolution entraîne l’inaptitude temporaire jusqu’à guérison complète sans
séquelles.
Les maladies infectieuses chroniques entraînent l’inaptitude définitive.
Une éventuelle sérologie de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), qui n’est jamais
systématique, peut être effectuée devant des arguments cliniques ou biologiques après avoir obtenu le
consentement éclairé du patient. Sa positivité dans un tel contexte justifie une décision d’inaptitude à l’admission.
h) Carcinologie.
A l’admission, un antécédent d’affection carcinologique guérie sans séquelle peut être compatible avec
l’aptitude après avis du surexpert désigné.
i) Neurologie.
Le sujet examiné ne doit présenter ni antécédents, ni signes cliniques d’affection évolutive ou non du système
nerveux.
Les antécédents avérés de convulsions fébriles du nourrisson, sous réserve de l’absence de manifestations
neurologiques ultérieures et de la normalité de l’électroencéphalogramme (EEG) sont compatibles avec l’aptitude
La migraine invalidante ou compliquée (aura, signes ophtalmologiques…) ou nécessitant un traitement de fond,
est incompatible avec l’aptitude.
Un EEG est pratiqué systématiquement.
Justifient l’inaptitude définitive :
– les anomalies sous forme de graphoéléments paroxystiques spontanés ou provoqués jugés significatifs, en
particulier les cas indiscutables de réaction photo-paroxystique. Un enregistrement après privation de sommeil
peut aider l’expert dans sa prise de décision ;
– les traumatisés crâniens avec foyers lents thêta ou delta ou foyers de décharges paroxystiques séquellaires ;
– les troubles avérés de la vigilance ou du sommeil.
29 juillet 2021 JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Texte 17 sur 163
La fonction de navigant est une fonction de responsabilité individuelle assumée dans un cadre collectif organisé
et hiérarchisé. Les capacités d’insertion sociale et d’efficience en groupe des candidats doivent être élevées.
Le médecin expert doit apprécier la qualité de la motivation professionnelle du candidat, son parcours, ses
modalités de concrétisation et de réalisation, étant entendu toutefois que certains sujets d’allure névrotique peuvent
trouver dans l’activité aérienne un moyen d’équilibre et d’adaptation satisfaisante.
L’examen du spécialiste conclut à une proposition d’aptitude ou d’inaptitude. Cette proposition est intégrée au
compte-rendu d’examen de médecine générale.
k) Exigences particulières à certaines affections.
Intoxications chroniques :
Tout signe d’intoxication chronique justifie l’inaptitude en particulier tout élément clinique et/ou para-clinique
évoquant un alcoolisme.
Usage de stupéfiants :
Tout usage de stupéfiants découvert par l’existence dans les milieux biologiques de toxiques ou de leurs
métabolites mis en évidence grâce à une technique immuno-enzymatique et confirmé par la méthode de référence,
entraîne l’inaptitude.
Le mal des transports :
Seuls les antécédents de mal de l’air avérés peuvent être pris en considération. Ils justifient l’inaptitude.
l) Sangle abdominale.
La sangle abdominale doit être solide. Les hernies et les faiblesses de paroi entrainent l’inaptitude.
Les cicatrices d’appendicectomie, de cure de hernie ou de toute autre intervention de peu d’importance
lorsqu’elles sont souples, non adhérentes, ne présentant aucune impulsion à la toux et sous réserve que
l’intervention remonte à plus d’un mois, peuvent être compatibles avec l’aptitude.
m) Appareil locomoteur.
L’intégrité fonctionnelle des quatre membres est exigée.
Toute affection osseuse, articulaire ou musculaire évolutive, ou toute séquelle fonctionnelle significative
d’affection congénitale ou acquise entraîne l’inaptitude à l’admission. Toutefois, la constatation de séquelles
mineures, en particulier la présence de petit matériel d’ostéosynthèse bien toléré, peut être compatible avec
l’aptitude.
n) Crâne et face.
Traumatismes crâniens (voir chapitre neurologie).
Les déformations importantes de la face pouvant constituer une gêne au port des équipements de tête,
notamment du masque inhalateur, entraînent l’inaptitude.
o) Examen radio-clinique du rachis.
La décision d’aptitude est prononcée après un examen radio-clinique.
Il existe des causes communes d’inaptitude aux trois normes (A, H et B) et des causes d’inaptitude spécifiques
aux normes A et H précisées ci-dessous.
A l’admission, l’intégrité rachidienne anatomique et fonctionnelle est exigée. L’examen radiographique du
rachis en orthostatisme comprend des clichés segmentaires de face et de profil. Les trois segments rachidiens
(cervical, dorsal, lombaire) ainsi que les deux charnières cervico-occipitale et lombo-sacrée sont radiographiées.
L’examen radiologique du rachis peut être réalisé par technique EOS.
Tout autre cliché, notamment dynamique, n’est réalisé qu’à la demande, à titre complémentaire.
Causes d’inaptitude communes aux trois normes A, H et B :
– les anomalies rachidiennes majeures congénitales ou acquises ;
– les séquelles traumatiques graves ayant entraîné une instabilité rachidienne ou nécessité une chirurgie
réparatrice ;
– les spondylodiscites infectieuses ou inflammatoires ;
– les troubles dans le plan sagittal : les hypercyphoses dorsales d’angle supérieur à 50° ;
– les troubles dans le plan frontal : les scolioses d’angle supérieur à 25° ;
– les séquelles d’épiphysose vertébrale de croissance de degré fort, quel que soit leur siège ;
– les spondylolyses avec spondylolisthésis du 2e degré (supérieur à 1 cm). Toutefois la lyse isthmique sans
spondylolisthésis ou avec un spondylolisthésis du 1er degré est compatible avec l’aptitude ;
– les blocs congénitaux avec retentissement fonctionnel ou dynamique évalués par un complément
d’exploration radiologique (clichés dynamiques : neutre, flexion, extension).
Causes d’inaptitude spécifiques à la norme A :
– les troubles de la statique vertébrale dans le plan frontal (scoliose d’angle supérieur à 15°) ;
– les séquelles d’épiphysose de croissance évaluées en fonction de l’étendue, de la gravité des lésions et des
troubles statiques associés (scoliose, hypercyphose) ;
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Usage de stupéfiants :
Tout usage de stupéfiants, découvert par l’existence dans les milieux biologiques de toxiques ou de leurs
métabolites mis en évidence grâce à une technique immuno-enzymatique et confirmé par la méthode de référence,
entraîne une inaptitude temporaire.
Une nouvelle expertise sera pratiquée au CEMPN pendant la période d’inaptitude temporaire dont la durée est
laissée à l’initiative du médecin-chef du CEMPN. Une nouvelle détection de présence de toxiques dans les milieux
biologiques entraînera une inaptitude définitive.
En cas de négativité des analyses et après avis d’un psychiatre des armées compétent en médecine aéronautique,
la restitution de l’aptitude pourra être proposée.
Usage de médicaments :
En cas de prise médicamenteuse, l’aptitude est évaluée en fonction du retentissement potentiel du traitement sur
la sécurité des vols et de l’affection justifiant ce traitement.
Le mal des transports :
Le mal de l’air disparaît dans la plupart des cas après une certaine période d’accoutumance.
Il peut devenir une cause d’inaptitude si son caractère non améliorable, lié soit à des troubles de l’adaptation soit
à des troubles labyrinthiques paraît démontré.
i) Neurologie.
Un examen électroencéphalographique peut être effectué sur demande du médecin examinateur en fonction de la
clinique.
Les affections neurologiques survenues entre deux examens révisionnels doivent avoir perdu tout caractère
évolutif.
Les séquelles d’atteinte vertébro-médullaire entraînent l’inaptitude.
Tout traumatisme crânien ouvert entraîne l’inaptitude.
Tout traumatisme crânien fermé significatif ayant comporté une perte de connaissance caractérisée et prolongée
ou un coma entraîne une inaptitude temporaire qui ne peut être inférieure à quatre mois à compter de la date du
traumatisme.
Les séquelles du traumatisme crânien, et particulièrement le risque d’épilepsie post-traumatique, sont appréciées
en fonction de la durée de la perte de conscience initiale, de l’importance du syndrome clinique immédiat, du temps
écoulé depuis le traumatisme, des éléments du bilan clinique, radiologique (IRM avec séquence destinée à
visualiser les dépôts d’hémosidérine), électroencéphalographique (éventuellement après privation de sommeil),
ophtalmologique, otorhinolaryngologique et psychologique. Toute constatation jugée significative pour la sécurité
des vols entraîne l’inaptitude.
Dans les autres cas, l’aptitude reste limitée à des périodes de six mois pendant un an. Un examen
électroencéphalographique systématique est pratiqué lors de chaque examen révisionnel, c’est-à-dire tous les six
mois, pendant cette période. Cette surveillance peut être éventuellement prolongée.
En cas de simple traumatisme crânien fermé, de faible importance sans perte de connaissance ou avec perte de
connaissance brève, la reprise des vols s’effectuera après un délai raisonnable et adapté et après un
électroencéphalogramme.
Tout syndrome subjectif secondaire des traumatisés du crâne est éliminatoire ainsi que les pertes de substance
crânienne.
j) Examen psychique.
L’examen psychique est effectué par un spécialiste de psychiatrie (compétent en médecine aéronautique) chaque
fois que :
– une affection à incidence psychique est survenue depuis le précédent examen ou lorsqu’un événement
personnel, familial ou professionnel a pu affecter l’équilibre émotionnel ;
– les observations du commandement ou du médecin d’unité y conduisent ;
– les données de l’examen de médecine générale attirent l’attention sur l’état psychique actuel ;
– un précédent examen spécialisé l’a jugé nécessaire.
L’examen psychique spécialisé apprécie :
– l’état psychique actuel et la gravité des troubles présentés selon les critères habituels diagnostiques,
nosologiques, psychopathologiques, thérapeutiques et pronostiques ;
– les données de l’histoire personnelle, familiale et socioprofessionnelle ;
– la qualité et l’évolution de la motivation et l’adaptation aéronautiques.
D’une façon générale et en tenant compte de la sécurité des vols, le maintien d’une aptitude provisoire et
restreinte apparaît au plan psychologique préférable à une inaptitude prolongée.
Les affections psychotiques aiguës ou chroniques, les états névrotiques structurés, les troubles graves de la
personnalité entraînent l’inaptitude.
Les syndromes dépressifs ou anxieux et les troubles fonctionnels appréciés en fonction de la symptomatologie
présentée et du retentissement sur l’activité aérienne entraînent l’inaptitude temporaire.
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Les séquelles psychiques d’accident aérien sont appréciées en fonction de l’ensemble des données médicales et
professionnelles.
Les crises de l’adaptation professionnelle nécessitent le plus souvent un suivi dans le temps pour en apprécier et
en accompagner l’évolution avant qu’une décision d’aptitude ou d’inaptitude puisse être valablement établie.
L’usage de substances à effet psychotrope (médicaments, alcool, substances illicites) n’est pas compatible avec
l’activité aérienne.
Toutefois, une prescription médicamenteuse ponctuelle dont la durée, la nature et la posologie auront été
soigneusement appréciées par un spécialiste de psychiatrie compétent en médecine aéronautique peut être tolérée.
L’examen du spécialiste conclut à une proposition d’aptitude ou d’inaptitude. Cette proposition est à inclure
dans le cadre de l’examen de médecine générale.
k) Sangle abdominale.
En cas d’appendicectomie, de cure de hernie ou de blessure n’ayant intéressé que la paroi abdominale,
l’inaptitude peut n’être que d’un mois si les cicatrices sont souples, non adhérentes et ne présentent pas d’impulsion
à la toux.
l) Appareil locomoteur.
Les séquelles de blessures ou de fractures, d’affections ostéo-articulaires ou musculo-tendineuses, si elles ne
provoquent aucune gêne fonctionnelle susceptible de compromettre la sécurité du vol, quelles que soient les
circonstances, peuvent être tolérées.
m) Examen radio-clinique du rachis.
En visite révisionnelle, l’examen radiographique du rachis est effectué en présence d’une anomalie clinique ou
après un traumatisme vertébral en particulier après une éjection. Toutes les techniques d’imagerie jugées utiles en
fonction des algorithmes décisionnels habituels peuvent être utilisées pour préciser le bilan lésionnel.
Les fractures, lorsqu’elles sont simples (sans risque d’instabilité, sans atteinte du mur postérieur, sans lésion
discale associée) sont compatibles avec le maintien de l’aptitude après consolidation. L’atteinte des apophyses
transverses au niveau du rachis cervical (risque d’instabilité) doit entraîner l’inaptitude.
Les hernies discales opérées, quand elles ne s’accompagnent ni de syndrome douloureux résiduel, ni de troubles
fonctionnels, ni de troubles moteurs séquellaires sont compatibles avec la restitution de l’aptitude après
consolidation clinique sauf pour les hernies cervicales, qui nécessitent une procédure de dérogation.
n) Examen ophtalmologique.
Critères identiques à ceux de l’admission.
La chirurgie réfractive réalisée dans l’intervalle de deux visites révisionnelles entraîne une inaptitude temporaire
et impose une réévaluation de l’aptitude médicale en centre d’expertise. La durée minimale de l’inaptitude
temporaire avant réévaluation est de 2 mois chez les sujets opérés par Lasik, 3 mois pour les sujets opérés par PKR
ou extraction lenticulaire cornéenne. Ce délai minimal est de 6 mois pour tous les sujets opérés d’hypermétropie,
quelle que soit la technique utilisée.
o) Examen otologique.
Mêmes conditions que pour l’admission.
p) Examen des fosses nasales, du pharynx, du larynx et des cavités annexes.
Les conditions ne diffèrent de celles de l’admission que pour le point suivant :
Sont compatibles les antécédents d’intervention pour sinusite chronique sous réserve d’un recul de 3 à 6 mois
après l’intervention et d’examens endoscopique et tomodensitométrique satisfaisants.
q) Denture.
Les conditions sont les mêmes que celles exigées pour l’admission.
3. Conditions de vision
3.1. Standard de vision no 1
L’acuité visuelle de loin sans correction mesurée avant instillation d’un cycloplégique chez un sujet sans
antécédent de chirurgie réfractive doit être égale à 10/10 pour chaque œil pris isolément et sans correction par les
verres (échelle d’acuité à utiliser : anneau de Landolt).
L’acuité visuelle de près sans correction doit être égale à Parinaud 2.
Après instillation d’un cycloplégique obligatoire pour tous les candidats à l’admission, l’examen objectif de la
réfraction ne doit mettre en évidence aucune hypermétropie totale supérieure à 1,50 dioptrie, aucun astigmatisme
de degré supérieur à 0,75 dioptrie, ni aucune myopie.
Le punctum proximum de l’accommodation ne doit pas, suivant l’âge du sujet, être à une distance supérieure à :
– 8 centimètres à 20 ans ;
– 12 centimètres à 30 ans ;
– 17 centimètres à 40 ans ;
– 28 centimètres à 45 ans.
Le punctum proximum de convergence doit être à une distance inférieure ou égale à 8 centimètres.
Toute ésophorie ou exophorie supérieure à 6 dioptries prismatiques, toute hyperphorie supérieure à 1 dioptrie
prismatique est éliminatoire, sauf si un examen orthoptique décèle une amplitude de fusion satisfaisante. Toute
tropie ou diplopie est éliminatoire.
Le champ visuel, périphérique et central, doit être normal.
La vision du relief évaluée par TNO (Test for stereoscopic vision) doit être normale (réussite à la lecture des
stéréogrammes inférieurs de la planche VI [60 s d’arc]).
Le seuil morphoscopique nocturne est réalisé à l’admission pour les candidats pilotes. Il ne doit pas être
supérieur à 0,12 bougie/hm2 jusqu’à 30 ans ni supérieur à 0,18 bougie/hm2 après cet âge, l’examen étant pratiqué
après quarante-cinq minutes d’adaptation à l’obscurité complète.
La topographie cornéenne doit être normale et ne doit pas présenter de stigmates de chirurgie réfractive.
5. Conditions d’audition
La mesure de l’acuité auditive se fait au moyen d’un audiomètre, le sujet étant placé à l’intérieur d’une cabine
insonorisée. Un audiogramme tonal en conduction aérienne est pratiqué pour tous les candidats. Dans certains cas,
une exploration plus complète peut être nécessaire. Elle fait appel aux différents tests d’audiométrie tonale et
vocale.