0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
760 vues4 pages

1 Biographie Olympe de Gouges

Transféré par

Coin Base
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
760 vues4 pages

1 Biographie Olympe de Gouges

Transféré par

Coin Base
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Olympe de Gouges

Repères biographiques

Une jeune femme en quête d’identité et de reconnaissance

7 mai 1748
 Naissance, à Montauban, de Marie Gouze dans une famille de Petite
Bourgeoisie : son père légal exerce comme boucher ; sa mère est fille
de drapier. Son véritable père serait le marquis Jean-Jacques de
Pompignan.
 Elle suit une éducation superficielle dans une région où l’on parle
davantage l’Occitan que le Français.

1765-1784
 Marie Gouze est mariée à 17 ans avec un Maître-boucher, ami de son
père, qui a 30 ans de plus qu’elle. Elle n’a aucune inclination
amoureuse et éprouve même de la répugnance pour son mari. Ce
dernier meurt sans doute entre 1766 et 1770. De cette union
éphémère naît un fils.
 Veuve, elle refuse de se remarier, comme le veut l’usage, et choisira dès lors de vivre libre de tout
autre engagement car la femme est considérée « mineure » dans le mariage et ne peut publier sans le
consentement de son mari.
 Autodidacte, portée à la réflexion et attirée par la Littérature, elle acquiert une impressionnante
culture et décide de monter à Paris afin d’être au cœur de la vie intellectuelle.
 Elle s’y installe et mène une vie libre, entretenue par un riche protecteur dont elle refusera la
demande en mariage. Ce dernier lui permet de vivre dans le luxe et d’entrer dans les salons mondains.
Elle restera avec lui jusqu’à la Révolution.
 Elle peine à être reconnue, méconsidérée par les intellectuels et les mondains à cause de son mode de
vie. Afin de se faire reconnaître dans les milieux littéraires, elle prend un pseudonyme à particule. Elle
choisit l’un des Prénoms de sa mère, OLYMPE, et transforme son nom en GOUGES.

 Marie Gouze devient alors Olympe de Gouges. Elle a 22 ans. Elle s’entoure d’intellectuels :
philosophes, scientifiques, auteurs, journalistes...

Une femme de Lettres engagée

1784-1788
 Elle se lance dans l’écriture, notamment de pièces de théâtre.
Elle en écrira une trentaine. Elle monte une petite troupe et fait donner ses
pièces à la Comédie-Française ou à la Comédie-italienne. Ses premières
pièces témoignent déjà d’un engagement intellectuel et d’un profond

1
humanisme en faveur des déshérités (Noirs, femmes, enfants illégitimes, démunis, malades...) et lui
valent une forte opposition sociale tout autant que politique.

 Dès sa première pièce, écrite en 1784, elle est menacée d’être embastillée par lettre de cachet.
Zamore et Mirza ou l’Esclavage des Noirs est une utopie humaniste contre
l’esclavage.  Elle y aborde de manière frontale les problèmes du
colonialisme et du racisme et dénonce le Code Noir. Une première
représentation est prévue à la Comédie Française en 1785 mais le sujet et le
fait que des personnages noirs y soient représentés scandalisent. Cette
pièce ne sera représentée qu’en décembre 1789 mais dans un contexte tout
aussi polémique : le maire de Paris la fait interdire quelques jours après les
premières représentations à cause des vives réactions sociales et par peur
de troubles à l’ordre public.

 Le Mariage inattendu de Chérubin   (1786) et Le Couvent ou les vœux forcés (1790) sont deux pièces de
théâtre qui combattent déjà l’inégalité des sexes et prônent la liberté des femmes. Elle y dénonce le
mariage forcé et revendique le droit des jeunes filles.

Dès 1788
 En réaction à la résistance face à la représentation de sa première pièce, Olympe de Gouges publie son
premier essai, lors de l’édition de Zamora et Mirza . Cet essai Réflexions sur les hommes nègres est un
écrit engagé qui revendique l’abolitionnisme. Elle participe également aux réunions de la Société des
amis des Noirs.

Une femme dans la Révolution

1788-1793

 Cette année 1788 est une année charnière : ses écrits traduisent non plus seulement une volonté de
reconnaissance littéraire mais deviennent politiques. Ce n’est plus en tant que dramaturge qu’elle se
présente, mais en tant qu’intellectuelle engagée.

 Le 6 novembre 1788, elle publie son premier pamphlet politique, Lettre au Peuple ou projet d’une
caisse patriotique, par une citoyenne.
Elle y revendique déjà l’égalité : « L'homme de la halle, ainsi que la femme de charge,
éprouveraient une satisfaction sans égale de voir leur nom à côté de celui d'un prince de sang»

 Le 15 décembre 1788, elle publie un article, Remarques patriotiques. Elle y présente un programme


politique de réformes sociales : une assistance sociale, des centres de soins et d'accueil pour les
veuves, les vieillards et les orphelins, des ateliers d'Etat pour les ouvriers sans travail et un impôt sur
les signes extérieurs de richesse (nombre de domestiques, de propriétés, d'œuvres d'art...).

2
 S'ensuivront des dizaines de brochures et d'affiches qu’elle imprime à son compte où elle milite,
entre autres, pour le droit au divorce, la recherche de paternité, la création de maternités, la
féminisation des noms de métier, le système de protection maternelle et infantile...

Pendant la Révolution

1789
 Première représentation de Zamore et Mirza. Lors de la mise en place de l’Impôt patriotique  : elle
cède un quart de son revenu et la totalité des recettes de sa pièce. Elle est de plus en plus engagée
mais ne se revendique d’aucun partie politique. Elle milite pour la nation, le changement et l’égalité.

«    Les uns veulent que je sois aristocrate ; les aristocrates, que je sois démocrate. Je me trouve
réduite, comme ce pauvre agonisant à qui un prêtre demandait, à son dernier soupir : "Etes-vous
moliniste ou janséniste ?" "Hélas, répond le pauvre moribond, je suis ébéniste." Comme lui, je ne
connais aucun parti. Le seul qui m'intéresse vivement est celui de ma patrie, celui de la France... »
« Lettre aux représentants de la nation », 1789

Elle s’engage de plus en plus en faveur de la reconnaissance des femmes.

Ô citoyens  ! ô monarque  ! ô ma nation  ! que ma faible voix puisse retentir dans le fond de vos
cœurs  ! qu’elle puisse vous faire reconnaitre le faible sort des femmes.
«  Séance royale  », 11  juillet  1789

 Lors de la Réunion des Etats généraux, elle déménage à Versailles pour assister aux débats. Elle
assiste aux séances de l’Assemblée nationale mais ne peut y participer, les débats étant interdits aux
femmes. Dès lors, afin de participer aux débats politiques, elle rédige de nombreux articles adressés
aux assemblées législatives, aux Clubs patriotiques et les publie sous forme d’affiches imprimées, de
brochures qu’elle distribue à des milliers d’exemplaires.

13-14 septembre 1791.


 Elle publie La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne .
Son texte est peu entendu et a peu d’impact.

1792-1793 : : un engagement politique de plus en plus prononcé et dérangeant

 Olympe de Gouges n’approuve pas la ligne politique des Jacobins. Elle défend l’idée d’une
Monarchie constitutionnelle et s’oppose publiquement à l’exécution du Roi.

 Elle se tourne vers les Girondins modérés et propose à la Convention de plaider, aux côtés de
Malesherbes, pour la défense de Louis XVI. Pour elle, celui-ci est coupable en tant que roi mais pas en
tant qu’homme. Il ne mérité pas la Peine de Mort. Elle s’oppose à un refus catégorique et railleur  : une

3
femme ne peut se mêler des affaire politiques. Elle écrit une lettre à Robespierre pour le mettre en
garde contre l’exécution du Roi. Sa prise de position lui vaut d’être malmenée et insultée.

 Elle s’oppose tout aussi violemment et publiquement aux Jacobins, aux arrestations en masse des
Girondins et aux exécutions massives ordonnées par les Jacobins, de plus en plus majoritaires.

 Elle fait placarder dans tout Paris une affiche signée Polyme, l'anagramme d'Olympe, qui accuse Jean-
Paul Marat et Maximilien de Robespierre d’être responsables des effusions de sang.

« Tu te dis l'unique auteur de la Révolution, Robespierre ! Tu n'en fus, tu n'en es, tu n'en seras
éternellement que l'opprobre et l'exécration... Chacun de tes cheveux porte un crime... Que veux-
tu ? Que prétends-tu ? De qui veux-tu te venger ? De quel sang as-tu soif encore ? De celui du peuple
? » -

 Elle multiplie essais, pamphlets, articles, affiches, lettres...

 Devant la montée en puissance de la Terreur, et la menace d’insurrection des départements, elle


rédige un manifeste anonyme Les Trois Urnes ou le Salut de la patrie, par un voyageur aérien, qu’elle
compte afficher le 20 juillet 1793.
Elle y dénonce les « criminelles extravagances » de la Terreur et rappelle les vertus de la
république et de la liberté contre la répression et la censure.
Elle propose de réunir les assemblées primaires pour délibérer sur la forme de gouvernement à
établir et demande un référendum. Elle y propose trois choix politiques :

 une république une et indivisible ( principe fondamental de la révolution de 1789)


 une république fédéraliste qui donne plus de liberté aux départements (atteinte au principe même
d’indivisibilité des Révolutionnaires)
 un retour à une monarchie constitutionnelle (atteinte à la Révolution elle-même).

Dénoncée par la femme de l’imprimeur, elle est arrêtée le jour même et est interrogée
immédiatement par les administrateurs de police puis par un juge du
tribunal révolutionnaire. Elle reconnait son écrit.

 2 novembre 1793
A 45 ans, elle comparait devant le tribunal révolutionnaire.
L'accusateur Fouquier-Tinville plaide « l'attentat à la souveraineté du
peuple ».  On lui refuse un avocat. Elle se défend seule en restant
fidèle à ses idéaux humanistes. Sa condamnation à mort tombe. La
cause est déjà entendue. Elle est condamnée pour fédéralisme et -
anti-robespierrisme,
Elle est condamnée à la guillotine. L’exécution a lieu le
lendemain, le 3 novembre 1793. Elle monte sur l’échafaud et adresse
cette dernière phrase à la foule massée : «  Enfants de la patrie, vous
vengerez ma mort  !  »

Vous aimerez peut-être aussi