Rappels mathématiques sur les signaux de l’électronique de puissance
Introduction
En électronique de puissance le fonctionnement en régime établi est une succession de régime
transitoire. Pour être capable de modéliser correctement le fonctionnement des convertisseurs
il est nécessaire de nécessaire les techniques de résolutions appliquées :
– aux régimes transitoires et
– aux régimes périodiques.
Pourquoi dit-on que le régime permanent en électrique de puissance est une succession de
régimes transitoires ?
Si on établi le schéma partiel de fonctionnement du circuit, on obtient un schéma de
fonctionnement discontinu. Cela est du a une application non continue de la source de courant
ou de tension puisque l'interrupteur (transistor, diode et thyristor etc) est alternativement en
position ON puis OFF. Le circuit étant constitue d'éléments capacitifs ou inductif il apparaît
naturellement des régimes transitoires lors des commutations de l'interrupteur. La mise en
équation s'effectue à l'aide d'équations différentielles.
Rappels sur les régimes transitoires
A- Equation différentielle du premier ordre :
Une équation différentielle du premier ordre est une équation décrivant le fonctionnement
d'un circuit électrique ne comportant qu'un seul élément réactif (condensateur ou inductance).
Si l'élément réactif est :
– condensateur : l'équation différentielle s'exprime en fonction de la tension,
– inductance : l'équation différentielle s'exprime en fonction du courant.
Dans tout les cas l'équation différentielle est une équation de la forme :
df
a (t ) + b. f (t ) = g (t )
dt
présentes dans le circuit. g(t) peut être soit :
– une fonction sinusoïdale (cas par exemple des redresseurs commandes ou non),
– une fonction échelon (ex : hacheurs).
1- Résolution :
La résolution s'effectue en 3 étapes :
– détermination d'une solution générale (équation sans second membre),
– détermination d'une solution particulière,
– détermination des constantes d'intégration.
1
a- Solution générale :
On tente de résoudre l'équation précédente sans le second membre.
df
a (t ) + b. f (t ) = 0
dt
−b.t
La solution de cette équation est f h (t ) = A.e a . A est une constante d'intégration.
b- Solution particulière :
On ne considérera ici que 2 cas :
– la fonction g (t ) peut s'écrire sous la forme g (t ) = k , avec k= constante. On recherche une
solution particulière de la forme f p (t ) = C , avec C= constante. On remplace dans l'équation
df p k
différentielle a (t ) + b. f p (t ) = k ⇒ b. f p (t ) = k ⇒ f p (t ) = , donc la solution particulière
dt b
vaut :
k
f p (t ) = .
b
– la fonction g(t) peut s'écrire sous la forme g (t ) = k. sin( w.t ) ou une somme de fonction
sinusoïdale, avec k= constante. On recherche une solution particulière de la
forme f p (t ) = A1 . sin( w.t ) + A2 . cos( w.t ) . En remplaçant dans l'équation différentielle
d ( A1 . sin( w.t ) + A2 . cos( w.t ))
a (t ) + b.( A1 . sin( w.t ) + A2 . cos( w.t )) = k . sin( w.t )
dt
a( A1 .w. cos( w.t ) − A2 .w. sin( w.t )) + b.( A1 . sin( w.t ) + A2 . cos( w.t )) = k . sin( w.t )
(a. A1 .w + b. A2 ). cos( w.t ) + (− A2 .w + b. A1 ). sin( w.t ) = k . sin( w.t )
On peut par identification déterminer les constantes A1 et A2. Dans le cas propose ici :
a. A1 .w + b. A2 = 0
− A2 .w + b. A1 = k
qui permet de déterminer sans problème les 2 constantes.
c- Solution de l'équation différentielle :
La solution au problème est la somme de la solution générale f h (t ) et de la solution
particulière f p (t ) .
f finale (t ) = f h (t ) + f p (t )
d- Constante d'intégration :
Il reste à déterminer la constante A de la solution générale. Pour cela on doit impérativement
connaître la valeur du courant dans la bobine ou de la tension aux bornes du condensateur.
2
Cette valeur est calculée par le fait que le courant ou la tension ne doit pas subir de
discontinuité pendant les différentes phases de fonctionnement.
B- Equation différentielle du deuxième ordre :
Une équation différentielle du deuxième ordre est une équation décrivant le fonctionnement
d'un circuit électrique comportant deux éléments réactif (condensateur et inductance, ou 2
inductances ou 2 condensateurs). Si l'élément réactif est :
– 2 condensateur : l'équation différentielle s'exprime en fonction de la tension,
– 2 inductance : l'équation différentielle s'exprime en fonction du courant.
Dans tout les cas l'équation différentielle est une équation de la forme :
d2 f df
a (t ) + b (t ) + c. f (t ) = g (t )
2 dt
dt
a, b et c sont des constantes et g(t) est une fonction qui s'exprime en fonction des différentes
sources présentes dans le circuit. g(t) peut être soit :
– une fonction sinusoïdale (cas par exemple des redresseurs commandes ou non),
– une fonction échelon (ex : hacheurs).
1- Résolution :
La résolution s'effectue en 3 étapes :
– détermination d'une solution générale (équation sans second membre),
– détermination d'une solution particulière,
– détermination des constantes d'intégration.
a- Solution générale :
On tente de résoudre l'équation précédente sans le second membre.
d2 f df
a (t ) + b (t ) + c. f (t ) = 0
2 dt
dt
Pour cela on écrit l'équation caractéristique du système a.x 2 + b.x + c = 0 . Ceci est une équation
du 2eme degrés classique ou ∆ = b 2 − 4.a.c . Les solutions sont :
−b± ∆
– si ∆ > 0 , il existe 2 racines réelles r1,2 = , la solution s'écrit sous la forme
2.a
f h (t ) = k1 .e − r1 .t + k 2 .e − r2 .t
−b
– si ∆ = 0 , il existe 1 racine double r0 = , la solution s'écrit sous la forme
2.a
f h (t ) = (k1 . + k 2 .t )e − r0 .t ,
3
− b ± i. ∆
– si ∆ < 0 , il existe 2 racines complexes conjugues r1,2 = = α + β .i , la solution
2.a
s'écrit sous la forme f h (t ) = (k1 . cos( β .t ) + k 2 . sin( β .t )).e −α .t .
Dans tous les cas A1 et A2 sont des constantes d'intégration.
b- Solution particulière :
On ne considérera ici que les 2 cas couramment utilisés en électronique de puissance :
– la fonction g(t) peut s'écrire sous la forme g(t)=k , avec k= constante. On recherche une
solution particulière de la forme f p (t ) = C , avec C= constante. On remplace dans l'équation
d2 fp df k
différentielle a 2
(t ) + b (t ) + c. f p (t ) = k ⇒ f p (t ) = , donc la solution particulière vaut
dt dt c
k
f p (t ) =
c
– la fonction g(t) peut s'écrire sous la forme g (t ) = k. sin( w.t ) ou une somme de fonction
sinusoïdale, avec k= constante. On recherche une solution particulière de la forme :
f p (t ) = A1 . sin( w.t ) + A2 . cos( w.t ) .
En remplaçant dans l'équation différentielle :
d 2 ( A1. sin(w.t) + A2 . cos(w.t)) d( A1. sin(w.t) + A2 . cos(w.t))
a (t) + b (t) + c.(A1. sin(w.t) + A2 . cos(w.t)) = k. sin(w.t)
dt2 dt
( −a. A1 .w 2 − b. A2 .w + c. A1 ). cos( w.t ) + ( − A2 .w 2 − b. A1 .w + c. A1 ). sin( w.t ) = k . sin( w.t )
On peut par identification déterminer les constantes A1 et A2. Dans le cas propose ici :
− a. A1 .w 2 − b. A2 .w + c. A1 = 0
− A2 .w 2 − b. A1 .w + c. A1 = k
ce qui permet de déterminer sans problème les 2 constantes.
c- Solution de l'équation différentielle :
La solution au problème est la somme de la solution générale f h (t ) et de la solution
particulière f p (t ) .
f finale (t ) = f h (t ) + f p (t )
d- Constante d'intégration :
Il reste a déterminer la constante A de la solution générale. Pour cela on doit impérativement
connaître la valeur du courant dans la bobine ou de la tension aux bornes du condensateur.
4
Cette valeur est calculée par le fait que le courant ou la tension ne doit pas subir de
discontinuité pendant les différentes phases de fonctionnement.
Rappel sur les grandeurs périodiques non sinusoïdales.
Valeurs moyennes :
La valeur moyenne d'un signal périodique est la moyenne des valeurs
instantanées mesurées sur une période complète. Elle est notée Vmoy .
Si T désigne la période du signal v(t) et i(t) alors la valeur moyenne est donnée par :
T
1
V moy =
T ∫
v(t ).dt
0
Valeurs Efficaces :
La valeur efficace (aussi dite RMS ou Root Mean Square) d’un courant ou d'une
tension, variable au cours du temps, correspond à la valeur du courant continu ou de la tension
continue produisant un échauffement identique dans une résistance. Cette valeur efficace ne
peut être calculée que si ce courant ou cette tension sont des grandeurs périodiques.
Elle est lue au voltmètre, commutateur en position AC ou sur un calibre alternatif de
tension.
Elle est notée V. On trouve aussi très souvent la notation Veff , cela peut éviter les confusions.
T
1
v(t ) 2 .dt
T ∫
Veff =
0
En monophasé et en utilisant la relation précédente, la tension efficace et tension maximale
sont liées par la relation :
V max
Veff = ………………
2
Puissance :
La puissance électrique instantanée que l'on note souvent P (t) et qui a pour unité le watt
(symbole W) est le produit de la tension instantanée (en volts) par le courant instantané (en
ampères).
P(t ) = v(t ).i (t )
La puissance varie au cours du temps. La formule précédente de la tension et courant moyen
est aussi valable pour la puissance en remplaçant v(t) par p(t). Si dans cette formule on
remplace p(t) par sa propre valeur de la formule, on a:
T T
1 1
P=
T ∫ p(t ).dt = T∫
V (t ).i (t ).dt
0 0
5
La puissance apparente en monophasé est le produit de la tension efficace et le courant
efficace.
S = Vdff .I eff
La puissance apparente du secondaire est différente de la puissance active. On définit ainsi le
facteur de puissance
P
K= ……
S
Facteur de puissance et puissance déformante :
Le facteur de puissance cos(ϕ ) est le rapport de la puissance active (moyenne) à la puissance
apparente dans les signaux sont sinusoidales.
P
cos(ϕ ) =
S
Dans le cas ou le courant et/ou la tension ne sont pas sinusoïdaux :
S = P2 + Q2 + D2
Avec
∞
D= ∑V
h=2
2
eff
2
.I effh
P Puissance active
P = Vdff .I eff . cos(ϕ )
Q Puissance réactive
Q = Vdff .I eff . sin(ϕ )
Facteur de forme
La valeur du facteur de forme caractérise la tension redressée. Plus cette valeur est proche de
l'unité, plus la tension obtenue est voisine d'une grandeur continue.
Ce coefficient sert à comparer des montages redresseurs différents entre eux.
Par définition, on nomme facteur de forme le rapport :
Veff
F=
V moy
Le taux d’ondulation
La valeur du taux d'ondulation de crête est égal au rapport de la valeur efficace de la
composante alternative d'une grandeur ondulée par la valeur efficace de la grandeur elle-
même et se calcule avec la relation suivante :
τ = F 2 −1
6
Série de Fourier
Un signal périodique de fréquence f (période T) peut être décomposé en une série de Fourier :
∞
f(x) = ao + ∑ (a n cos(nx) + bn sin( nx))
n =1
avec
1 T
a0 =
T ∫ f ( x)dx
2 T
T ∫0
an = f ( x) cos(nx)dx
2 T
T ∫0
bn = f ( x) sin( nx)dx
Conclusion
Comme nous l’avons signalé dès l’introduction, en électronique de puissance le
fonctionnement en régime établi est une suite périodique de régimes transitoires.
Aussi, avant d’aborder l’étude des diverses structures de convertisseurs, nous avons établi
quelques rappels sur :
– les régimes transitoires,
– les grandeurs périodiques non sinusoïdales.