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Integrales Multiples

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Chapitre 23

Compléments de calcul intégral

23.1 Intégrale double sur un compact sympathique


23.1.1 Intégration sur un pavé

Définition
On appelle pavé de R2 toute partie P de R2 de la forme P = [a, b] × [c, d] avec a < b et c < d.

Théorème
Si f : [a, b] × [c, d] → C est une fonction continue alors les fonctions
Z d Z b
x 7→ f (x, y) dy et y 7→ f (x, y) dx
y=c x=a

sont continues et
Z Z ! Z Z !
c d d b
f (x, y) dy dx = f (x, y) dx dy
x=a y=c y=c x=a

dém. :
Puisque la fonction f est continue sur le compact [a, b] × [c, d], elle y est bornée et donc il existe M ∈ R+
vérifiant
∀(x, y) ∈ [a, b] × [c, d] , |f (x, y)| 6 M
Z d
Etudions x 7→ f (x, y) dy.
y=c
Pour tout y ∈ [c, d], la fonction x 7→ f (x, y) est continue sur [a, b].
Pour tout x ∈ [a, b], la fonction y 7→ f (x, y) est continue par morceaux sur [c, d].
Pour tout (x, y) ∈ [a, b] × [c, d], |f (x, y)| 6 M = ϕ(y) avec ϕ intégrable sur [c, d].
Z d
Par domination, on en déduit que la fonction x 7→ f (x, y) dy est définie et continue sur [a, b].
y=c
Z b
On procède de même pour la fonction y 7→ f (x, y) dx.
x=a

641
23.1. INTÉGRALE DOUBLE SUR UN COMPACT SYMPATHIQUE

Considérons ensuite la fonction g : [a, b] → C définie par

Z d Z x  Z d
g(x) = f (t, y) dt dy = u(x, y) dy
c a c

Z x
Comme ci-dessus, on peut affirmer que pour tout chaque x ∈ [a, b], la fonction y 7→ u(x, y) = f (t, y) dt
a
est définie et continue sur [c, d] de sorte que l’intégrale
Z définissant g existe bien.
x
Pour y ∈ [c, d] fixé, la fonction x 7→ u(x, y) = f (t, y) dt est la primitive s’annulant en a de la
a
∂u
fonction x 7→ f (x, y). On en déduit l’existence de avec
∂x

∂u
= f (x, y)
∂x

∂u
Pour tout y ∈ [c, d], la fonction x 7→ (x, y) = f (x, y) est continue sur [a, b].
∂x
∂u
Pour tout x ∈ [a, b], la fonction y 7→ (x, y) = f (x, y) est continue par morceaux sur [c, d].
∂x
∂u
Pour tout (x, y) ∈ [a, b] × [c, d], (x, y) = |f (x, y)| 6 M = ϕ(y) avec ϕ intégrable sur [c, d].
∂x
Par domination, on en déduit que g est de classe C 1 et

Z d Z d
∂u
g 0 (x) = (x, y) dy = f (x, y) dy
c ∂x c

On peut alors conclure car

Z d Z b Z b Z b Z d
f (x, y) dx dy = g(b) = g(a) + g 0 (x) dx = 0 + f (x, y) dy dx
c a a a c


Définition
La valeur commune de ces deux intégrales est appelée intégrale (double) de f sur [a, b] × [c, d],
on la note ZZ
f
[a,b]×[c,d]

ZZ
Remarque f se comprend comme le volume algébrique de la portion d’espace comprise
[a,b]×[c,d]
entre le plan (xOy) et la surface Σf : z = f (x, y).

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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL

ZZ
Exemple Calculons I = 1.
[a,b]×[c,d]

Z Z ! Z
b d b
I= 1 dy dx = (d − c) dx = (b − a)(d − c) = Aire ([a, b] × [c, d])
x=a y=c x=a

Exemple Si f (x, y) = g(x)h(y) alors

ZZ Z ! Z !
b d
f (x, y)dx dy = g(x)dx h(y) dy
[a,b]×[c,d] a c

23.1.2 Intégration sur une partie élémentaire

Définition
Une partie A du plan R2 est dite x-élémentaire si on peut écrire

A = (x, y) ∈ R2 /a 6 x 6 b, ϕ1 (x) 6 y 6 ϕ2 (x)

avec a < b et ϕ1 , ϕ2 : [a, b] → R fonctions continues vérifiant

∀x ∈ ]a, b[ , ϕ1 (x) < ϕ2 (x)

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23.1. INTÉGRALE DOUBLE SUR UN COMPACT SYMPATHIQUE

Remarque A est une est une partie compacte d’intérieur


A◦ = (x, y) ∈ R2 /a < x < b, ϕ1 (x) < y < ϕ2 (x) 6= ∅

Remarque Il y a unicité des éléments a, b, ϕ1 et ϕ2 décrivant une partie x-élémentaire A.


En effet

a = min {x ∈ R, ∃y ∈ R, (x, y) ∈ A} , b = max {x ∈ R, ∃y ∈ R, (x, y) ∈ A}

et

ϕ1 (x) = min {y ∈ R/(x, y) ∈ A} et ϕ2 (x) = max {y ∈ R/(x, y) ∈ A}

Définition
Si A est une partie x -élémentaire de R2 alors pour toute fonction f : A → C continue, on
pose !
ZZ Z b Z ϕ2 (x)
f (x, y) dy dx = f (x, y) dy dx
A x=a y=ϕ1 (x)

Z ϕ2 (x)
Remarque On peut montrer qu’ici x 7→ f (x, y) dy est une fonction continue.
y=ϕ1 (x)

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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL

Définition
Une partie A du plan R2 est dite y-élémentaire si on peut écrire

A = (x, y) ∈ R2 /c 6 y 6 d, ψ1 (y) 6 x 6 ψ2 (y)

avec c < d et ψ1 , ψ2 : [c, d] → R fonctions continues vérifiant

∀y ∈ ]c, d[ , ψ1 (y) < ψ2 (y)

Définition
Si A est une partie y -élémentaire alors pour toute fonction f : A → C continue, on pose
ZZ Z Z !
d ψ2 (y)
f (x, y) dx dy = f (x, y) dx dy
A y=c x=ψ1 (y)

Définition
Une partie A du plan R2 est dite élémentaire si elle à la fois x et y-élémentaire.

Exemple Un pavé est une partie élémentaire.


Un disque est une partie élémentaire.

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23.1. INTÉGRALE DOUBLE SUR UN COMPACT SYMPATHIQUE

Théorème
Si A désigne une partie élémentaire et f : A → C une fonction continue alors
ZZ ZZ
f (x, y) dx dy = f (x, y) dy dx
A A

Cette valeur commune est appelée intégrale (double) de f et est notée


ZZ
f
A

ZZ
Exemple Calculons 1.
A

ZZ Z Z ! Z Z
b y=ϕ2 (x) b b
1= 1dy dx = ϕ2 (x) dx − ϕ1 (x) dx = Aire(A)
A a y=ϕ1 (x) a a

ZZ

Exemple Calculons I = xy dx dy avec A = (x, y) ∈ R2 /x, y > 0 et x + y 6 1 .
A

A est une partie x-élémentaire.


Z 1 Z 1−x  Z 1
1
I= xy dy dx = x(1 − x)2 dx
x=0 y=0 x=0 2

Par intégration par parties


 1 Z
1 1 1 1
I = − x(1 − x)3 + (1 − x)3 dx =
6 0 6 0 24

Z 1−x Z 1 
Attention : Ecrire ici xy dx dy n’a pas de sens.
y=0 x=0

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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL

23.1.3 Intégrale double sur une partie simple


Définition
Une partie A de R2 est dite simple si elle est réunion d’une famille finie non vide de parties
élémentaires d’intérieurs deux à deux disjoints i.e.
A = A1 ∪ . . . ∪ An avec A1 , . . . , An élémentaires et i 6= j ⇒ A◦i ∩ A◦j = ∅.

Exemple Une couronne est une partie simple.

Définition
Si A est une partie simple alors pour toute fonction f : A → C continue, on appelle intégrale
(double) de f sur A le scalaire :
ZZ n ZZ
X
f= f
A i=1 Ai

ZZ n ZZ
X n
X
Exemple 1= f= Aire(Ai ) = Aire(A)
A i=1 Ai i=1

Théorème
Avec
Z Z des notations Zimmédiates
Z ZZ
λf + µg = λ f +µ g,
A ZZ A A
f >0⇒ f > 0,
ZZ A
f > 0 et f = 0 ⇒ f = 0,
Z Z ZAZ

f 6 |f |,

A A

dém. :
Les propriétés sont immédiates lorsque A est une partie élémentaire et s’étendent facilement au cas où A

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23.1. INTÉGRALE DOUBLE SUR UN COMPACT SYMPATHIQUE

est une partie simple.



Théorème ZZ ZZ ZZ
◦ ◦
Si A ∩ B = ∅ alors f= f+ f.
A∪B A B

dém. :
La description de A et B comme réunion de parties élémentaires d’intérieurs deux à deux disjoints
entraîne une telle description pour A ∪ B rendant la propriété énoncée immédiate.


23.1.4 Formule de changement de variables


Soient U, V deux ouverts de R2 et ϕ : U → V un C 1 difféomorphisme.
ϕ(x, y) = (u(x, y), v(x, y)). Le jacobien de ϕ en (x, y) est noté

∂u ∂u
D(u, v) ∂x ∂y
=
D(x, y) ∂v ∂v

∂x ∂y

Théorème
Soit A est une partie incluse dans U .
Si A et ϕ(A) sont des parties simples de R2 alors pour toute fonction f : ϕ(A) → C continue
on a la relation
ZZ ZZ
D(u, v)
f (u, v) du dv = f (u(x, y), v(x, y)) dx dy
ϕ(A) A D(x, y)

Le passage d’une quantité à l’autre est appelé changement de variable défini par la relation
(u, v) = ϕ(x, y).

Exemple Soit ϕ : R2 → R2 un isomorphisme affine.


ϕ : (x, y) 7→ (u, v) avec
(  
u = ax + by + α a b
avec ∈ GL2 (R)
v = cx + dy + β c d

L’application ϕ est C 1 -difféomorphisme et son jacobien en (x, y) est



D(u, v) a b
= = ad − bc
D(x, y) c d

Par changement de variable


ZZ ZZ
Aire(ϕ(A)) = 1 du dv = 1. |ad − bc| dx dy = |ad − bc| Aire(A)
ϕ(A) A
 
a b
Si ϕ est une isométrie alors ∈ O2 (R) donc ad − bc = ±1 et
c d

Aire(ϕ(A)) = Aire(A)

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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL

 
a b
Si ϕ est une similitude de rapport λ alors = λU avec U ∈ O2 (R) donc ad − bc = ±λ2 et
c d

Aire(ϕ(A)) = λ2 Aire(A)

23.1.5 Intégration en coordonnées polaires

Définition
Une partie A du plan R2 est dite θ-élémentaire si on peut écrire :

A = {(r cos θ, r sin θ)/θ1 6 θ 6 θ2 , r1 (θ) 6 r 6 r2 (θ)}

avec θ1 < θ2 6 θ1 + 2π et r1 , r2 : [θ1 , θ2 ] → R continues vérifiant

∀θ ∈ ]θ1 , θ2 [ , 0 6 r1 (θ) < r2 (θ)

Théorème
Si A est une partie simple et θ-élémentaire alors pour toute fonction f : A → C continue
ZZ Z Z !
θ2 r2 (θ)
f= f (r cos θ, r sin θ)r dr dθ
A θ=θ1 r=r1 (θ)

Exemple Calculons ZZ
I= x dx dy
A

avec A l’intérieur de la cardioïde d’équation r = 1 + cos θ.

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23.1. INTÉGRALE DOUBLE SUR UN COMPACT SYMPATHIQUE

A est une partie θ élémentaire avec

A = {(r cos θ, r sin θ)/0 6 θ 6 2π, 0 6 r 6 1 + cos θ}


Z 2π Z 1+cos θ ! Z
1 2π 5π
I= r cos θr dr dθ = (1 + cos θ)3 cos θ dθ =
0 0 3 0 4

Exemple Calculons ZZ
I= x dx dy
A

avec A = (x, y) ∈ R2 /x2 + y 2 − 2x 6 0 .

x2 + y 2 − 2x = 0 ⇔ (x − 1)2 + y 2 = 1

A est une partie θ élémentaire.

A = {(r cos θ, r sin θ)/ − π/2 6 θ 6 π/2, 0 6 r 6 2 cos θ}

donc en intégrant en coordonnées polaires


Z Z ! Z
π/2 2 cos θ π/2
8
I= r cos θr dr dθ = cos4 θ dθ = π
θ=−π/2 0 3 −π/2

23.1.6 Généralisations aux intégrales triples


Ce qui a été dit ci-dessus se généralise. . .
ZZZ
Exemple Calculons I = xyz dx dy dz avec
D

D = (x, y, z) ∈ R3 /x, y, z > 0 et x + y + z 6 1

La partie D est xy -élémentaire.

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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL

On peut écrire

D = (x, y, z) ∈ R3 /0 6 x 6 1, 0 6 y 6 1 − x, 0 6 z 6 1 − x − y

et alors
Z 1 Z 1−x Z 1−x−y Z 1 Z 1−x
1
I= xyz dz dy dx = xy(1 − x − y)2 dy dx
x=0 y=0 z=0 2 x=0 y=0

puis par intégration par parties


Z 1 Z 1−x Z 1
1 1
I= x(1 − x − y)3 dy dx = x(1 − x)4 dx
6 x=0 y=0 24 x=0

et par une nouvelle intégration par parties


Z 1
1 1
I= (1 − x)5 dx =
120 x=0 720

Passage en coordonnées
 cylindriques :

 x = ρ cos ϕ
En écrivant y = ρ sin ϕ , dx dy dz devient ρ dρ dϕ dθ.


z=z
Passage en coordonnées
 sphériques :
 x = r sin θ cos ϕ

En écrivant y = r sin θ sin ϕ dx dy dz devient r2 sin θ dr dϕ dθ.


z = r cos θ

Exemple Calculons le volume d’une boule de rayon R.

ZZZ Z Z Z ! !
π 2π R
2
V = 1 dx dy dz = 1r sin θ dr dϕ dθ
B θ=0 ϕ=0 r=0

En séparant les variables

Z  Z  Z !
π 2π R
2 4 3
V = sin θ dθ dϕ r dr = πR
θ=0 ϕ=0 0 3

23.2 Intégrale double sur un produit d’intervalles quelconques


I et J désignent des intervalles d’intérieurs non vides de R et K = R ou C.

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23.2. INTÉGRALE DOUBLE SUR UN PRODUIT D’INTERVALLES QUELCONQUES

23.2.1 Intégrabilité des fonctions positives

Définition
On dit qu’une f : I × J → R+ continue est intégrable s’il existe un réel M tel que pour tout
pavé P = [a, b] × [c, d] ⊂ I × J, ZZ
f 6M
P
On pose alors ZZ ZZ
f= sup f
I×J P pavé ⊂I×J P

appelée intégrale (double) de f .

Exemple Si I et J sont des segments alors f est intégrable sur le pavé I × J.

Proposition
Soit f : I × J → R+ continue et (Pn ) est une suite croissante de pavés de réunion I × J :
1) ∀n ∈ N, Pn = [an , bn ] × [cn , dn ] ;
2) ∀n ∈ N, P[n ⊂ Pn+1 ;
3) I × J = Pn .
n∈N
On a équivalence entre :
(i) f est intégrable
Z Z ; 
(ii) la suite f converge.
Pn n∈N
De plus, on a alors ZZ ZZ
f = lim f
I×J n→+∞ Pn

dém. : Z Z 
Notons pour commencer que la suite f est croissante car f positive et Pn ⊂ Pn+1 .
Pn

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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL

(i) ⇒ (ii)Z
Supposons
Z  f intégrable. ZZ
La suite f est croissante et majorée par f donc convergente.
Pn I×J
De plus sa limite vérifie ZZ ZZ
lim f6 f
n→+∞ Pn I×J
Z Z 
(ii) ⇒ (i) Supposons la suite f convergente.
Pn
Soit P = [a, b] × [c, d] un pavé inclus dans I × J.
Puisque I × J est la réunion des Pn , il existe n1 , n2 ∈ N tels que (a, c) ∈ Pn1 et (b, d) ∈ Pn2 .
Puisque la suite (Pn ) est croissante, pour n0 = max(n1 , n2 ), (a, c), (b, d) ∈ Pn0 et donc P = [a, b] ×
[c, d] ⊂ Pn0 .
On a alors ZZ ZZ ZZ
f6 f 6 lim f
P Pn0 n→+∞ Pn

puis ZZ ZZ
f 6 lim f
I×J n→+∞ Pn

23.2.2 Intégrabilité des fonctions réelles ou complexes


Définition
On dit qu’une fonction continue f : I × J → K = R ou C est intégrable si |f | : I × J → R+
l’est i.e. : ZZ
∃M ∈ R+ , ∀P = [a, b] × [c, d] ⊂ I × J, |f | 6 M
P
1
On note L (I × J, K) l’ensemble des fonctions f : I × J → K continues et intégrables
sur I × J.

Exemple L1 ([a, b] × [c, d] , K) = C([a, b] × [c, d] , K).

Théorème
L1 (I × J, K) est un sous-espace vectoriel de C(I × J, K)
dém. :
L1 (I × J, K) ⊂ C(I × J, K) et 0 ∈ L1 (I × J, K).
Soient λ, µ ∈ K et f, g ∈ L1 (I × J, K).
Pour tout pavé P ⊂ I × J,
ZZ ZZ ZZ ZZ ZZ
|λf + µg| 6 |λ| |f | + |µ| |g| 6 |λ| |f | + |µ| |g|
P P P I×J I×J

Par suite λf + µg ∈ L1 (I × J, K).



Théorème
Soient f : I × J → K = R ou C continue.
Si |f | 6 ϕ avec ϕ continue et intégrable sur I × J alors f est intégrable sur I × J.

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23.2. INTÉGRALE DOUBLE SUR UN PRODUIT D’INTERVALLES QUELCONQUES

dém. :
Pour tout pavé P ⊂ I × J, ZZ ZZ ZZ
|f | 6 ϕ6 ϕ=M
P P I×J

d’où l’intégrabilité de |f | donc de f .



Définition
Pour f : I × J → R continue et intégrable, on pose
ZZ ZZ ZZ
f= f+ − f−
I×J I×J I×J

avec f + = sup(f, 0) et f − = sup(−f, 0).


Pour f : I × J → C continue et intégrable, on pose
ZZ ZZ ZZ
f= Ref + i Imf
I×J I×J I×J

Proposition
Soit f : I × J → R+ continue etZ (PZn ) estune suite croissante de pavés de réunion I × J :
Si f est intégrable alors la suite f converge et
Pn n∈N
ZZ ZZ
f = lim f
I×J n→+∞ Pn

dém. :
Cas f à valeurs réelles :
Les fonctions f + et f − sont intégrables et positives donc
ZZ ZZ ZZ ZZ ZZ ZZ
+ − + −
f= f − f → f − f = f
Pn Pn Pn I×J I×J I×J

Cas f à valeur complexes :


Analogue avec Re(f ) et Im(f ).

Proposition
Soit f : I × J → C continue.
On a équivalence entre :
(i) f est intégrable sur I × J ;
(ii) f est intégrable sur I ◦ × J ◦ .
De plus on a alors ZZ ZZ
f= f
I ◦ ×J ◦ I×J

dém. :
Cas f positive :

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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL

(i) ⇒ (ii) Supposons f intégrable sur I × J.


Pour tout pavé P ⊂ I ◦ × J ◦ , P ⊂ I × J et
ZZ ZZ
f6 f
P I×J

On en déduit l’intégrabilité de f sur I ◦ × J ◦ et l’inégalité


ZZ ZZ
f6 f
I ◦ ×J ◦ I×J

(ii) ⇒ (i) Supposons f est intégrable sur I ◦ × J ◦ .


Soit un pavé P ⊂ I × J. P = [a, b] × [c, d]
Pour ε > 0 assez petit on peut considérer le pavé

Pε = [a + ε, b − ε] × [c + ε, d − ε]

On a Pε ⊂ I ◦ × J ◦ donc ZZ ZZ
f6 f
Pε I ◦ ×J ◦

Puisque f est continue sur le compact [a, b] × [c, d], f y est majorée par un certain M et alors
Z Z ZZ

f − f 6 M (2ε(b − a) + 2ε(d − c))

P Pε

ZZ ZZ
Quand ε → 0+ , on obtient f→ f et donc
Pε P
ZZ ZZ
f6 f
P I ◦ ×J ◦
ZZ ZZ
On en déduit que f est intégrable sur I × J et f6 f.
I×J I ◦ ×J ◦
Cas f à valeurs réelles : l’équivalent est immédiate en revenant à |f | et l’égalité s’obtient par l’intermédiaire
de f + et f − .
Cas f à valeurs complexes : Idem.


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23.2. INTÉGRALE DOUBLE SUR UN PRODUIT D’INTERVALLES QUELCONQUES

23.2.3 Propriétés

Théorème
Avec
Z Z des notations entendues
ZZ ZZ
λf + µg = λ f +µ g
I×J ZZ I×J I×J

f >0⇒ f >0
Z Z I×J
f > 0 et f = 0 ⇒ f = 0̃
Z Z I×J
ZZ

f 6 |f |

I×J I×J

dém. :
Si (Pn )n∈N est une suite croissante de pavés de réunion I × J,
ZZ ZZ  ZZ ZZ  ZZ ZZ
λf + µg = lim λf + µg = lim λ f +µ g =λ f +µ g
I×J n→+∞ Pn n→+∞ Pn Pn I×J I×J

Les trois autres propriétés peuvent être obtenues avec une démarche analogue.

23.2.4 Formules de Fubini
23.2.4.1 Cas des fonctions positives

Théorème
Soit f : I × J → R+ continue.
Si
1) ∀x ∈ ZI, y 7→ f (x, y) est intégrable sur J ;
2) x 7→ f (x, y) dy est continue par morceaux et intégrable sur I ;
J
Alors
1) fZ Zest intégrable sur I × JZ ; Z 
2) f (x, y) dx dy = f (x, y) dy dx.
I×J I J

dém. ;
Soit P = [a, b] × [c, d] ⊂ I × J.
ZZ Z b Z d Z b Z Z Z 
f= f (x, y) dy dx 6 f (x, y) dy dx 6 f (x, y) dy dx
P a c a J I J

On en déduit que f est intégrable sur I × J et


ZZ Z Z 
f (x, y) dx dy 6 f (x, y) dy dx
I×J I J

Pour tout [a, b] × [c, d] ⊂ I × J, on a


Z Z ! ZZ
b d
f (x, y) dy dx 6 f
a c I×J

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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL

Z d
Fixons le segment [c, d], ce qui précède assure que la fonction x 7→ f (x, y) dy est intégrable sur I et
c
Z Z ! Z Z ! ZZ
d b d
f (x, y) dy = sup f (x, y) dy dx 6 f
I c [a,b]⊂I a c I×J

Il ne reste plus qu’à passer à la limite quand « le segment [c, d] tend vers J ».
Soit (Jn ) = ([cn , dn ]) une suite croissante de segments de réunion J.
Pour tout x ∈ I, Z Z
dn
ϕn (x) = f (x, y) dy −−−−−→ f (x, y) dy = ϕ(x)
cn n→+∞ J
CS
Ainsi ϕn −−−→ ϕ. Les fonctions ϕn et ϕ sont continues par morceaux et
[a,b]
Z dn Z
|ϕn (x)| = f (x, y) dy 6 f (x, y) dy = ϕ(x)
cn J

avec ϕ est intégrable sur I. Par convergence dominée


Z Z dn ! Z Z 
f (x, y) dy dx → f (x, y) dy dx
I cn I J

Or Z Z ! ZZ
dn
f (x, y) dy dx 6 f
I cn I×J

donc à la limite Z Z  ZZ
f (x, y) dy dx 6 f
I J I×J

Remarque On peut énoncer un résultat analogue en échangeant les rôles de x et y : cela propose deux
démarches pour calculer l’intégrale double de f , c’est souvent à l’origine d’exercice conduisant au
calcul d’intégrales non triviales.

2
Exemple Considérons f : (x, y) 7→ e−(1+x )y sur R × R+ .
La fonction f est continue et positive.
1) Soit x ∈ R,
2 2
La fonction y 7→ e−(1+x )y est intégrable sur R+ car e−(1+x )y = O(e−y ) quand y → +∞ et
Z +∞ " 2
#+∞
−(1+x2 )y e−(1+x )y 1
e dy = − =
0 1 + x2 1 + x2
0
Z +∞
1
2) La fonction x 7→ f (x, y) dy = est continue par morceaux et intégrable sur R car
0 1 + x2
1 1
∼ 2 quand x → ±∞.
1 + x2 x
On en déduit que f est intégrable sur R × R+ et
ZZ Z +∞ Z +∞  Z +∞
dx π
f (x, y) dx dy = f (x, y) dy dx = =
R×R+ −∞ 0 −∞ 1 + x2 2

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23.2. INTÉGRALE DOUBLE SUR UN PRODUIT D’INTERVALLES QUELCONQUES

Remarque Ce résultat peut être utilisé pour donner la valeur d’intégrales non triviales en procédant au
calcul d’intégrales doubles dans les deux ordres possibles

Exemple Soit f (x, y) = y x continue et positive sur [0, 1] × ]0, 1[.


1) Pour x ∈ [0, 1], la fonction y 7→ y x est intégrable sur ]0, 1[ et
Z 1
1
y x dy =
0 x + 1
Z 1
1
2) La fonction x 7→ f (x, y) dy = est intégrable sur [0, 1].
0 x+1
On en déduit que f est intégrable sur [0, 1] × ]0, 1[ et
ZZ Z 1 Z 1  Z 1
dx
f (x, y) dx dy = f (x, y) dy dx = = ln 2
[0,1]×]0,1[ 0 0 0 x+1

1) Pour y ∈ ]0, 1[, la fonction x 7→ y x est intégrable sur [0, 1] et


Z 1
y−1
y x dx =
0 ln y
y−1
2) La fonction y 7→ est intégrable sur ]0, 1[ car
ln y
y−1 y−1
−−−−→ 0 et −−−−→ 1
ln y y→0+ ln y y→1−

On en retrouve à nouveau que f est intégrable sur [0, 1] × ]0, 1[ et on a la relation :


ZZ Z 1 Z 1  Z 1
y−1
f (x, y) dx dy = f (x, y) dx dy = dy
[0,1]×]0,1[ 0 0 0 ln y

On en déduit Z 1
y−1
dy = ln 2
0 ln y

23.2.4.2 Cas général

Théorème
Soit f : I × J → C continue.
Si
1) f est intégrable ;
2) ∀x ∈ ZI, y 7→ f (x, y) est intégrable sur J ;
3) x 7→ f (x, y) dy est continue par morceaux et intégrable sur I ;
J
Alors ZZ Z Z 
f= f (x, y) dy dx
I×J I J

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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL

Corollaire
Soit f : I × J → C continue.
Si f est intégrable alors sous réserve d’intégrabilité des fonctions engagées dans la relation
Z Z  Z Z 
f (x, y) dy dx = f (x, y) dx dy
I J J I

Attention : Il est essentiel de justifier l’intégrabilité de f .

x2 − y 2
Exemple Considérons f (x, y) = sur ]0, 1] × ]0, 1].
(x2 + y 2 )2
On observe    
d −x d y
f (x, y) = =
dx x2 + y 2 dy x2 + y 2
D’une part
Z 1 Z 1  Z 1
dx π
f (x, y) dy dx = =
x=0 y=0 x=0 x2 + 1 4
D’autre part
Z 1 Z 1  Z 1
− dy π
f (x, y) dx dy = =−
y=0 x=0 y=0 y2 + 1 4
Conclusion : f n’est pas intégrable sur ]0, 1] × ]0, 1] !

23.2.5 Passage en coordonnées polaires


Théorème
Soit f : R+ × R+ → C continue.
Si (x, y) 7→ f (x, y) est intégrable sur R+ × R+ et si g : (r, θ) 7→ f (r cos θ, r sin θ)r est
intégrable sur R+ × [0, π/2] alors
ZZ ZZ
f (x, y) dx dy = f (r cos θ, r sin θ)r dr dθ
R+ ×R+ R+ ×[0,π/2]

Remarque Ce résultat s’adapte à une intégration sur R × R+ , R × R,. . .

Exemple On désire calculer l’intégrale de Gauss


Z +∞
2
γ= e−t dt
0

2 2
Considérons f (x, y) = e−(x +y ) sur R+2 .
f est continue et positive sur R+2 .

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23.3. INTÉGRALES CURVILIGNES

1) Soit x ∈ R+ , la fonction y 7→ f (x, y) est intégrable sur R+ et


Z +∞
2
f (x, y) dy = γe−x
0
Z +∞
2
2) La fonction x 7→ f (x, y) dy = γe−x est intégrable sur R+ .
0
On en déduit que f est intégrable sur R+2 et
ZZ Z +∞ Z +∞  Z +∞
2
f= f (x, y) dy dx = γe−x dx = γ 2
R+2 0 0 0
2
Considérons maintenant g(r, θ) = f (r cos θ, r sin θ)r = r e−r .
2
1) Soit r ∈ R+ . La fonction θ 7→ re−r est intégrable sur [0, π/2] et
Z π/2
2 π
re−r dr =
0 2
Z π/2
2 π 2
2) La fonction r 7→ re−r dθ = re−r est intégrable sur R+ .
0 2
On en déduit que g est intégrable sur R+ × [0, π/2]
ZZ Z Z ! Z
+∞ π/2 +∞
2 π −r2 π
g(r, θ) dr dθ = re−r dθ dr = re dr =
R+ ×[0,π/2] 0 0 0 2 4

Par intégration en coordonnées polaires,


π
γ2 =
4

π
puis γ = car γ > 0.
2

23.3 Intégrales curvilignes


U désigne un ouvert de Rn .
23.3.1 Forme différentielle
Définition
On appelle forme différentielle définie sur U toute application continue

ω : U → L(Rn , R)

Exemple Si f : U → R est de classe C 1 alors df est une forme différentielle sur U .

Pour décrire ω, nous allons introduire une base de L(Rn , R).


Soient (e1 , . . . , en ) la base canonique de Rn et (e?1 , . . . , e?n ) sa base duale. e?i : x = (x1 , . . . , xn ) 7→ xi .
Pour tout a ∈ U , ω(a) ∈ L(Rn , R) donc on peut écrire de façon unique
ω(a) = P1 (a)e?1 + · · · + Pn (a)e?n

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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL

ce qui introduit P1 , . . . , Pn : U → R continues (ce sont les fonctions composantes de ω dans la base B ?
).
L’application e?i : (x1 , . . . , xn ) 7→ xi est linéaire donc différentiable et de?i (a) = e?i .
Abusivement, on note dxi au lieu de e?i et on peut désormais écrire
ω(x) = P1 (x) dx1 + · · · + Pn (x) dxn

Théorème
Si ω est une forme différentielle sur U alors il existe d’uniques applications P1 , . . . , Pn : U →
R continues vérifiant
X n
ω= Pi dxi
i=1
k
De plus ω est de classe C si, et seulement si, les applications P1 , . . . , Pn le sont.

Exemple Sur R2 , on préfère les notations dx et dy au lieu de dx1 et dx2 .


(x dy − y dx)
ω(x, y) =
x2 + y 2
est une forme différentielle de classe C ∞ définie sur R2 \ {(0, 0)}.

Exemple Si f : U → R est de classe C 1 alors


∂f ∂f
df = dx1 + · · · + dxn
∂x1 ∂xn
En effet, pour tout a ∈ U et tout h = (h1 , . . . , hn ) ∈ Rn
n n
!
X ∂f X ∂f
df (a)h = (a)hi = (a) dxi (h)
i=1
∂xi i=1
∂xi

car dxi (h) = e?i (h) = hi .

23.3.2 Forme différentielle exacte


Définition
Une forme différentielle ω définie sur U est dite exacte s’il existe f : U → R de classe C 1 telle
que ω = df . On dit alors que f est une primitive de ω.

Proposition
n
X
La forme différentielle ω = Pi dxi est exacte si, et seulement si, il existe une fonction
i=1
f : U → R de classe C 1 vérifiant
∂f
∀i ∈ {1, . . . , n} , = Pi
∂xi

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23.3. INTÉGRALES CURVILIGNES

dém. :
La famille (dx1 , . . . , dxn ) étant une base, on peut identifier les composantes dans celle-ci.

Exemple Considérons la forme différentielle

ω(x, y, z) = (x − yz) dx + (y − xz) dy + (z − xy) dz

définie sur R3 . 

 ∂f

 (x, y, z) = x − yz (1)

 ∂x
 ∂f
(x, y, z) = y − xz (2)

 ∂y



 ∂f (x, y, z) = z − xy
 (3)
∂z
Supposons f solution.
1
(1) donne f (x, y, z) = x2 − xyz + C(y, z).
2
∂C 1
Dans (2), on obtient (y, z) = y donc C(y, z) = y 2 + D(z).
∂y 2
1
Dans (3), on obtient D0 (z) = z donc D(z) = z 2 + C te .
2
1 2 
Finalement f (x, y, z) = x + y 2 + z 2 − xyz + C te .
2
Inversement, une telle fonction est solution du système et donc ω est une forme différentielle exacte.

1
Exemple Considérons la forme différentielle ω(x, y) = (x dy − y dx) définie sur R2 .
2


 ∂f
 (x, y) = −y/2 (1)
∂x

 ∂f
 (x, y) = +x/2 (2)
∂y
Supposons f solution.
(1) donne f (x, y) = −xy/2 + C(y).
Dans (2) on obtient C 0 (y) = x. C’est impossible.
Le système n’est pas compatible, la forme différentielle n’est pas exacte.

Proposition
n
X
Soit ω = Pi dxi une forme différentielle de classe C 1 sur U .
i=1
Si ω est exacte alors
∂Pi ∂Pj
∀i 6= j ∈ {1, . . . , n} , =
∂xj ∂xi

dém. :
Si ω est exacte alors il existe f : U → R de classe C 1 telle que ω = df . Les dérivées partielles de f sont
alors des fonctions de classe C 1 donc f est de classe C 2 et on peut appliquer le théorème de Schwarz.


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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL

23.3.3 Forme différentielle fermée


Définition
n
X
Une forme différentielle ω = Pi dxi de classe C 1 est dite fermée si elle satisfait la condition
i=1

∂Pi ∂Pj
∀i 6= j ∈ {1, . . . , n} , =
∂xj ∂xi

Exemple Les formes différentielles exactes sont fermées.

x dy − y dx
Exemple ω(x, y) = est une forme différentielle fermée sur U = R2 \ {(0, 0)}.
x2 + y 2
−y x
En effet pour P (x, y) = 2 et Q(x, y) = 2 , on a
x + y2 x + y2

∂P y 2 − x2 ∂Q
(x, y) = 2 = (x, y)
∂y (x + y 2 )2 ∂x

Définition
Un ouvert U est dit étoilé si
∃a ∈ U, ∀x ∈ U, [a, x] ⊂ U

Exemple Les ouverts convexes non vides sont étoilés.


Exemple R2 \ R− × {0} est étoilé mais R2 \ {(0, 0)} n’est pas étoilé.

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23.3. INTÉGRALES CURVILIGNES

Théorème
Une forme différentielle fermée définie sur un ouvert étoilé est exacte.

xdy − ydx 
Exemple La forme différentielle ω(x, y) = est exacte sur U = R2 \ R− × {0} car
x2 + y 2
fermée sur un étoilé.
On obtient comme primitive
y
θ(x, y) = 2 arctan p
x+ x2 + y 2
p
En effet, pour r(x, y)(= x2 + y 2 , on a
(
x = r cos θ dx = cos θ dr − r sin θ dθ
donc puis
y = r sin θ dy = sin θ dr + r cos θ dθ
r2 dθ = −r sin θ dx + r cos θ dy = −y dx + x dy.
En revanche que U = R2 \ {(0, 0)}, on ne peut rien dire.
On verra plus tard que cette forme n’est pas exacte sur U = R2 \ {(0, 0)}.

23.3.4 Intégrale d’une forme différentielle


n
X
Soient ω = Pi dxi une forme différentielle définie sur U et Γ = ([a, b] , M ) un arc compact de classe
i=1
C 1 inscrit dans U i.e. tel que
∀t ∈ [a, b] , M (t) ∈ U
Notons M (t) = (x1 (t), . . . , xn (t)).
Définition
On appelle intégrale (curviligne) de ω le long de l’arc Γ le réel
Z Z X
n Z n
bX
ω= Pi (x) dxi = Pi (x1 (t), . . . , xn (t))x0i (t) dt
Γ Γ i=1 a i=1

I
Lorsque l’arc Γ est fermé (i.e. M (a) = M (b) ), on note ω.
Γ

Exemple Soient a, b > 0 et Γ = ([0, 2π] , M ) avec M (t) = (a cos t, b sin t).
x2 y2
Γ est un paramétrage de l’ellipse d’équation 2 + 2 = 1.
a b
1
Considérons ω(x, y) = (x dy − y dx).
2
I Z
1 2π
ω= ab cos2 t + ab sin2 t = πab
Γ 2 0

Proposition
Z
L’intégrale ω est inchangée par changement de paramétrage croissant.

L’intégrale ω est transformée en son opposé par changement de paramétrage décroissant.
Γ

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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL

dém. :
Γ = ([a, b] , M ) avec M : t ∈ [a, b] 7→ M (t) = (x1 (t), . . . , xn (t)).
Z Z bXn
ω= Pi (x1 (t), . . . , xn (t))x0i (t) dt
Γ a i=1

Soit ϕ : [α, β] → [a, b] C 1 -difféomorphisme. Réalisons le changement de paramétrage t = ϕ(u).


Cela introduit Γ0 = ([α, β] , N ) avec N (u) = M (ϕ(u)) = (x1 ◦ ϕ(u), . . . , xn ◦ ϕ(u))
Cas ϕ croissant : ϕ(α) = a et ϕ(β) = b.
Z Z βX n
ω= Pi (x1 (ϕ(u)), . . . , xn (ϕ(u))) x0i (ϕ(u))ϕ0 (u) du
Γ0 α i=1

Par le changement de variable u = ϕ(t)


Z Z bXn Z
0
ω= Pi (x1 (t), . . . , xn (t))xi (t) dt = ω
Γ0 a i=1 Γ

Cas ϕ décroissant : semblable avec ϕ(α) = b et ϕ(β) = a.




Remarque Ce qui précède permet de parler abusivement d’intégrale curviligne le long d’une courbe
orientée.

Définition
On appelle arc C 1 par morceaux toute famille Γ = (Γ1 , Γ2 , . . . , Γp ) formée d’arcs compacts
Γj = ([aj , bj ] , Mj ) de classe C 1 vérifiant la condition de continuité

∀1 6 j 6 p − 1, Mj (bj ) = Mj+1 (aj+1 )

Définition
Soient ω une forme différentielle définie sur U et Γ = (Γ1 , Γ2 , . . . , Γp ) un arc C 1 par morceaux
inscrit dans U . On appelle intégrale (curviligne) de ω le long de Γ le réel
Z p Z
X
ω= ω
Γ j=1 Γj

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23.3. INTÉGRALES CURVILIGNES

I
Exemple Calculons ω avec ω = x dy et
(OIJ)+

Soit Γ = (Γ1 , Γ2 , Γ3 ) un paramétrage C 1 par morceaux de (OIJ)+ .


Γi = ([0, 1] , Mi ) avec M1 (t) = (t, 0), M2 (t) = (1 − t, t) et M3 (t) = (0, 1 − t).
I Z Z Z Z 1 Z 1 Z 1
ω= ω+ ω+ ω= 0dt + (1 − t) dt + 0dt = 1/2
(OIJ)+ Γ1 Γ2 Γ3 0 0 0

23.3.5 Intégrale d’une forme différentielle exacte


Théorème
Si ω est une forme différentielle exacte sur U de primitive f et si Γ est un arc C 1 par morceaux
d’extrémités A et B alors Z
ω = f (B) − f (A)
Γ

dém. :
Cas Γ arc de classe C 1 :
∂f
Si ω = df alors Pi = donc
∂xi
Z Z b
d
ω= (f (M (t))) dt = f (M (b)) − f (M (a))
Γ a dt
1
Cas Γ arc de classe C par morceaux :
Z n Z
X n
X
ω= ω= f (Mi (bi )) − f (Mi (ai )) = f (Mn (bn )) − f (M1 (a1 ))
Γ i=1 Γi i=1


Corollaire I
Si Γ est un arc fermé et ω une forme différentielle exacte alors ω = 0.
Γ

x dy − y dx
Exemple Soit ω(x, y) = forme différentielle définie sur l’ouvert U = R2 \ {(0, 0)}.
x2 + y 2

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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL

ω est une forme différentielle fermée. Cependant ω n’est pas exacte.


En effet pour Γ = ([0, 2π] , M ), avec M (t) = (cos(t), sin(t)), on a
Z Z 2π
ω= sin2 t + cos2 t dt = 2π 6= 0
Γ 0

23.3.6 Circulation d’un champ de vecteurs


Soit F~ un champ de vecteurs continue de l’espace.

F~ (M ) = P (M )~i + Q(M )~j + R(M )~k


−−→
On note dM = dx.~i + dy.~j + dz.~k et alors
−−−→ −−→
F (M ) · dM = P (x, y, z) dx + Q(x, y, z) dy + R(x, y, z) dz

est une forme différentielle.


Proposition
−−−→ −−→
F~ dérive d’un potentiel si, et seulement si, la forme différentielle ω = F (M ) · dM est exacte.
dém. :
−−→ ∂V ∂V ∂V
F~ = grad V si, et seulement si, P = ,Q= et R = i.e. ω = dV .
∂x ∂y ∂z

Remarque RotF~ = ~0 ⇒ ω fermée ⇒ F~ dérive d’un potentiel (sous réserve d’ouvert étoilé)

Considérons Γ = ([a, b] , M ) un arc compact de classe C 1 de l’espace.


Définition
On appelle circulation du champ de vecteurs F~ le long de Γ le l’intégrale curviligne
Z
−−−→ −−→
F (M ) · dM
Γ

Proposition
Si F~ dérive d’un potentiel V alors
−−−→ −−→
F (M ) · dM = V (M (b)) − V (M (a))

En particulier si Γ est fermé I


−−−→ −−→
F (M ) · dM = 0
Γ

dém.
−−−→: −−→
F (M ) · dM = dV


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23.3. INTÉGRALES CURVILIGNES

23.3.7 Formule de Green-Riemann


Soit D une partie simple non vide de R2 dont le bord ∂D est parcouru dans le sens direct.

Théorème
Si ω(x, y) = P (x, y)dx + Q(x, y) dy est une forme différentielle de classe C 1 définie sur un
ouvert U contenant D alors I ZZ
∂Q ∂P
ω= −
∂D + D ∂x ∂y

dém. :
Cas : D est une partie élémentaire.
ZZ ZZ ZZ
∂Q ∂P ∂Q ∂P
− = −
D ∂x ∂y D ∂x D ∂y

D est une partie x élémentaire


D = (x, y) ∈ R2 /a 6 x 6 b, ϕ1 (x) 6 y 6 ϕ2 (x)
ZZ Z b Z ϕ2 (x) ! Z b
∂P ∂P
− =− (x, y) dy dx = P (x, ϕ1 (x)) − P (x, ϕ2 (x)) dx
D ∂y x=a y=ϕ1 (x) ∂y a

Ainsi ZZ Z Z I
∂P
− = P (x, y) dx − P (x, y) dx = P (x, y) dx
D ∂y Γ1 Γ2 ∂D +

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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL

De même en observant que D est y élémentaire on obtient de façon semblable


ZZ I
∂Q
= Q(x, y) dx
D ∂x ∂D +

Cas : D est la réunion de deux parties élémentaires d’intérieurs disjoints.

∂D+ = (Γ1 , Γ2 ), ∂D1+ = (Γ1 , Γ01 ) et ∂D2+ = (Γ2 , Γ02 )


donc ZZ ZZ ZZ
∂Q ∂P ∂Q ∂P ∂Q ∂P
− = − + −
D ∂x ∂y D1 ∂x ∂y D2 ∂x ∂y
donne ZZ Z Z Z Z I
∂Q ∂P
− = ω+ ω+ ω+ ω= ω
D ∂x ∂y Γ1 Γ01 Γ02 Γ2 ∂D +

car les intégrales le long des arcs Γ01 et Γ02 s’annulent puisque les arcs sont parcourues en sens inverse.


Corollaire I I I
1
Aire(D) = x dy = − y dx = x dy − y dx.
∂D + ∂D + 2 ∂D +

Exemple Considérons l’astroïde définie par


(
x = cos3 t
y = sin3 t

La courbe délimite un domaine bornée D. Calculons l’aire de D.

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23.3. INTÉGRALES CURVILIGNES

(
x = cos3 t
avec t ∈ [0, 2π]
y = sin3 t
est un paramétrage direct du bord de D.
I Z 2π
1 1 3π
Aire(D) = x dy − y dx = 3 cos2 t sin2 t dt =
2 ∂D + 2 0 8

Corollaire I
1
Aire(D) = r2 dθ.
2 ∂D +

dém. (
: (
r = r(t) x = r(t) cos θ(t)
Pour avec t ∈ [a, b] on a avec t ∈ [a, b] puis après calcul
θ = θ(t) y = r(t) sin θ(t)
I Z b
1 1
Aire(D) = x dy − y dx = r2 (t)θ0 (t) dt
2 ∂D + 2 a

Exemple Considérons la cardioïde d’équation polaire r = 1 + cos θ.


La cardioïde délimite un domaine borné D. Calculons l’aire de D
(
r = 1 + cos t
θ=t

avec t ∈ [0, 2π] est un paramétrage direct du bord de D.


Z 2π Z 2π
1 1 3π
Aire(D) = (1 + cos t)2 dt = (1 + cos θ)2 dθ =
2 0 2 0 2

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