Integrales Multiples
Integrales Multiples
Définition
On appelle pavé de R2 toute partie P de R2 de la forme P = [a, b] × [c, d] avec a < b et c < d.
Théorème
Si f : [a, b] × [c, d] → C est une fonction continue alors les fonctions
Z d Z b
x 7→ f (x, y) dy et y 7→ f (x, y) dx
y=c x=a
sont continues et
Z Z ! Z Z !
c d d b
f (x, y) dy dx = f (x, y) dx dy
x=a y=c y=c x=a
dém. :
Puisque la fonction f est continue sur le compact [a, b] × [c, d], elle y est bornée et donc il existe M ∈ R+
vérifiant
∀(x, y) ∈ [a, b] × [c, d] , |f (x, y)| 6 M
Z d
Etudions x 7→ f (x, y) dy.
y=c
Pour tout y ∈ [c, d], la fonction x 7→ f (x, y) est continue sur [a, b].
Pour tout x ∈ [a, b], la fonction y 7→ f (x, y) est continue par morceaux sur [c, d].
Pour tout (x, y) ∈ [a, b] × [c, d], |f (x, y)| 6 M = ϕ(y) avec ϕ intégrable sur [c, d].
Z d
Par domination, on en déduit que la fonction x 7→ f (x, y) dy est définie et continue sur [a, b].
y=c
Z b
On procède de même pour la fonction y 7→ f (x, y) dx.
x=a
641
23.1. INTÉGRALE DOUBLE SUR UN COMPACT SYMPATHIQUE
Z d Z x Z d
g(x) = f (t, y) dt dy = u(x, y) dy
c a c
Z x
Comme ci-dessus, on peut affirmer que pour tout chaque x ∈ [a, b], la fonction y 7→ u(x, y) = f (t, y) dt
a
est définie et continue sur [c, d] de sorte que l’intégrale
Z définissant g existe bien.
x
Pour y ∈ [c, d] fixé, la fonction x 7→ u(x, y) = f (t, y) dt est la primitive s’annulant en a de la
a
∂u
fonction x 7→ f (x, y). On en déduit l’existence de avec
∂x
∂u
= f (x, y)
∂x
∂u
Pour tout y ∈ [c, d], la fonction x 7→ (x, y) = f (x, y) est continue sur [a, b].
∂x
∂u
Pour tout x ∈ [a, b], la fonction y 7→ (x, y) = f (x, y) est continue par morceaux sur [c, d].
∂x
∂u
Pour tout (x, y) ∈ [a, b] × [c, d], (x, y) = |f (x, y)| 6 M = ϕ(y) avec ϕ intégrable sur [c, d].
∂x
Par domination, on en déduit que g est de classe C 1 et
Z d Z d
∂u
g 0 (x) = (x, y) dy = f (x, y) dy
c ∂x c
Z d Z b Z b Z b Z d
f (x, y) dx dy = g(b) = g(a) + g 0 (x) dx = 0 + f (x, y) dy dx
c a a a c
Définition
La valeur commune de ces deux intégrales est appelée intégrale (double) de f sur [a, b] × [c, d],
on la note ZZ
f
[a,b]×[c,d]
ZZ
Remarque f se comprend comme le volume algébrique de la portion d’espace comprise
[a,b]×[c,d]
entre le plan (xOy) et la surface Σf : z = f (x, y).
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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL
ZZ
Exemple Calculons I = 1.
[a,b]×[c,d]
Z Z ! Z
b d b
I= 1 dy dx = (d − c) dx = (b − a)(d − c) = Aire ([a, b] × [c, d])
x=a y=c x=a
ZZ Z ! Z !
b d
f (x, y)dx dy = g(x)dx h(y) dy
[a,b]×[c,d] a c
Définition
Une partie A du plan R2 est dite x-élémentaire si on peut écrire
A = (x, y) ∈ R2 /a 6 x 6 b, ϕ1 (x) 6 y 6 ϕ2 (x)
A◦ = (x, y) ∈ R2 /a < x < b, ϕ1 (x) < y < ϕ2 (x) 6= ∅
et
Définition
Si A est une partie x -élémentaire de R2 alors pour toute fonction f : A → C continue, on
pose !
ZZ Z b Z ϕ2 (x)
f (x, y) dy dx = f (x, y) dy dx
A x=a y=ϕ1 (x)
Z ϕ2 (x)
Remarque On peut montrer qu’ici x 7→ f (x, y) dy est une fonction continue.
y=ϕ1 (x)
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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL
Définition
Une partie A du plan R2 est dite y-élémentaire si on peut écrire
A = (x, y) ∈ R2 /c 6 y 6 d, ψ1 (y) 6 x 6 ψ2 (y)
Définition
Si A est une partie y -élémentaire alors pour toute fonction f : A → C continue, on pose
ZZ Z Z !
d ψ2 (y)
f (x, y) dx dy = f (x, y) dx dy
A y=c x=ψ1 (y)
Définition
Une partie A du plan R2 est dite élémentaire si elle à la fois x et y-élémentaire.
Théorème
Si A désigne une partie élémentaire et f : A → C une fonction continue alors
ZZ ZZ
f (x, y) dx dy = f (x, y) dy dx
A A
ZZ
Exemple Calculons 1.
A
ZZ Z Z ! Z Z
b y=ϕ2 (x) b b
1= 1dy dx = ϕ2 (x) dx − ϕ1 (x) dx = Aire(A)
A a y=ϕ1 (x) a a
ZZ
Exemple Calculons I = xy dx dy avec A = (x, y) ∈ R2 /x, y > 0 et x + y 6 1 .
A
Z 1−x Z 1
Attention : Ecrire ici xy dx dy n’a pas de sens.
y=0 x=0
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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL
Définition
Si A est une partie simple alors pour toute fonction f : A → C continue, on appelle intégrale
(double) de f sur A le scalaire :
ZZ n ZZ
X
f= f
A i=1 Ai
ZZ n ZZ
X n
X
Exemple 1= f= Aire(Ai ) = Aire(A)
A i=1 Ai i=1
Théorème
Avec
Z Z des notations Zimmédiates
Z ZZ
λf + µg = λ f +µ g,
A ZZ A A
f >0⇒ f > 0,
ZZ A
f > 0 et f = 0 ⇒ f = 0,
Z Z ZAZ
f 6 |f |,
A A
dém. :
Les propriétés sont immédiates lorsque A est une partie élémentaire et s’étendent facilement au cas où A
dém. :
La description de A et B comme réunion de parties élémentaires d’intérieurs deux à deux disjoints
entraîne une telle description pour A ∪ B rendant la propriété énoncée immédiate.
Théorème
Soit A est une partie incluse dans U .
Si A et ϕ(A) sont des parties simples de R2 alors pour toute fonction f : ϕ(A) → C continue
on a la relation
ZZ ZZ
D(u, v)
f (u, v) du dv = f (u(x, y), v(x, y)) dx dy
ϕ(A) A D(x, y)
Le passage d’une quantité à l’autre est appelé changement de variable défini par la relation
(u, v) = ϕ(x, y).
Aire(ϕ(A)) = Aire(A)
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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL
a b
Si ϕ est une similitude de rapport λ alors = λU avec U ∈ O2 (R) donc ad − bc = ±λ2 et
c d
Aire(ϕ(A)) = λ2 Aire(A)
Définition
Une partie A du plan R2 est dite θ-élémentaire si on peut écrire :
Théorème
Si A est une partie simple et θ-élémentaire alors pour toute fonction f : A → C continue
ZZ Z Z !
θ2 r2 (θ)
f= f (r cos θ, r sin θ)r dr dθ
A θ=θ1 r=r1 (θ)
Exemple Calculons ZZ
I= x dx dy
A
Exemple Calculons ZZ
I= x dx dy
A
avec A = (x, y) ∈ R2 /x2 + y 2 − 2x 6 0 .
x2 + y 2 − 2x = 0 ⇔ (x − 1)2 + y 2 = 1
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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL
On peut écrire
D = (x, y, z) ∈ R3 /0 6 x 6 1, 0 6 y 6 1 − x, 0 6 z 6 1 − x − y
et alors
Z 1 Z 1−x Z 1−x−y Z 1 Z 1−x
1
I= xyz dz dy dx = xy(1 − x − y)2 dy dx
x=0 y=0 z=0 2 x=0 y=0
Passage en coordonnées
cylindriques :
x = ρ cos ϕ
En écrivant y = ρ sin ϕ , dx dy dz devient ρ dρ dϕ dθ.
z=z
Passage en coordonnées
sphériques :
x = r sin θ cos ϕ
En écrivant y = r sin θ sin ϕ dx dy dz devient r2 sin θ dr dϕ dθ.
z = r cos θ
ZZZ Z Z Z ! !
π 2π R
2
V = 1 dx dy dz = 1r sin θ dr dϕ dθ
B θ=0 ϕ=0 r=0
Z Z Z !
π 2π R
2 4 3
V = sin θ dθ dϕ r dr = πR
θ=0 ϕ=0 0 3
Définition
On dit qu’une f : I × J → R+ continue est intégrable s’il existe un réel M tel que pour tout
pavé P = [a, b] × [c, d] ⊂ I × J, ZZ
f 6M
P
On pose alors ZZ ZZ
f= sup f
I×J P pavé ⊂I×J P
Proposition
Soit f : I × J → R+ continue et (Pn ) est une suite croissante de pavés de réunion I × J :
1) ∀n ∈ N, Pn = [an , bn ] × [cn , dn ] ;
2) ∀n ∈ N, P[n ⊂ Pn+1 ;
3) I × J = Pn .
n∈N
On a équivalence entre :
(i) f est intégrable
Z Z ;
(ii) la suite f converge.
Pn n∈N
De plus, on a alors ZZ ZZ
f = lim f
I×J n→+∞ Pn
dém. : Z Z
Notons pour commencer que la suite f est croissante car f positive et Pn ⊂ Pn+1 .
Pn
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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL
(i) ⇒ (ii)Z
Supposons
Z f intégrable. ZZ
La suite f est croissante et majorée par f donc convergente.
Pn I×J
De plus sa limite vérifie ZZ ZZ
lim f6 f
n→+∞ Pn I×J
Z Z
(ii) ⇒ (i) Supposons la suite f convergente.
Pn
Soit P = [a, b] × [c, d] un pavé inclus dans I × J.
Puisque I × J est la réunion des Pn , il existe n1 , n2 ∈ N tels que (a, c) ∈ Pn1 et (b, d) ∈ Pn2 .
Puisque la suite (Pn ) est croissante, pour n0 = max(n1 , n2 ), (a, c), (b, d) ∈ Pn0 et donc P = [a, b] ×
[c, d] ⊂ Pn0 .
On a alors ZZ ZZ ZZ
f6 f 6 lim f
P Pn0 n→+∞ Pn
puis ZZ ZZ
f 6 lim f
I×J n→+∞ Pn
Théorème
L1 (I × J, K) est un sous-espace vectoriel de C(I × J, K)
dém. :
L1 (I × J, K) ⊂ C(I × J, K) et 0 ∈ L1 (I × J, K).
Soient λ, µ ∈ K et f, g ∈ L1 (I × J, K).
Pour tout pavé P ⊂ I × J,
ZZ ZZ ZZ ZZ ZZ
|λf + µg| 6 |λ| |f | + |µ| |g| 6 |λ| |f | + |µ| |g|
P P P I×J I×J
dém. :
Pour tout pavé P ⊂ I × J, ZZ ZZ ZZ
|f | 6 ϕ6 ϕ=M
P P I×J
Proposition
Soit f : I × J → R+ continue etZ (PZn ) estune suite croissante de pavés de réunion I × J :
Si f est intégrable alors la suite f converge et
Pn n∈N
ZZ ZZ
f = lim f
I×J n→+∞ Pn
dém. :
Cas f à valeurs réelles :
Les fonctions f + et f − sont intégrables et positives donc
ZZ ZZ ZZ ZZ ZZ ZZ
+ − + −
f= f − f → f − f = f
Pn Pn Pn I×J I×J I×J
dém. :
Cas f positive :
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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL
Pε = [a + ε, b − ε] × [c + ε, d − ε]
On a Pε ⊂ I ◦ × J ◦ donc ZZ ZZ
f6 f
Pε I ◦ ×J ◦
Puisque f est continue sur le compact [a, b] × [c, d], f y est majorée par un certain M et alors
Z Z ZZ
f − f 6 M (2ε(b − a) + 2ε(d − c))
P Pε
ZZ ZZ
Quand ε → 0+ , on obtient f→ f et donc
Pε P
ZZ ZZ
f6 f
P I ◦ ×J ◦
ZZ ZZ
On en déduit que f est intégrable sur I × J et f6 f.
I×J I ◦ ×J ◦
Cas f à valeurs réelles : l’équivalent est immédiate en revenant à |f | et l’égalité s’obtient par l’intermédiaire
de f + et f − .
Cas f à valeurs complexes : Idem.
23.2.3 Propriétés
Théorème
Avec
Z Z des notations entendues
ZZ ZZ
λf + µg = λ f +µ g
I×J ZZ I×J I×J
f >0⇒ f >0
Z Z I×J
f > 0 et f = 0 ⇒ f = 0̃
Z Z I×J
ZZ
f 6 |f |
I×J I×J
dém. :
Si (Pn )n∈N est une suite croissante de pavés de réunion I × J,
ZZ ZZ ZZ ZZ ZZ ZZ
λf + µg = lim λf + µg = lim λ f +µ g =λ f +µ g
I×J n→+∞ Pn n→+∞ Pn Pn I×J I×J
Les trois autres propriétés peuvent être obtenues avec une démarche analogue.
23.2.4 Formules de Fubini
23.2.4.1 Cas des fonctions positives
Théorème
Soit f : I × J → R+ continue.
Si
1) ∀x ∈ ZI, y 7→ f (x, y) est intégrable sur J ;
2) x 7→ f (x, y) dy est continue par morceaux et intégrable sur I ;
J
Alors
1) fZ Zest intégrable sur I × JZ ; Z
2) f (x, y) dx dy = f (x, y) dy dx.
I×J I J
dém. ;
Soit P = [a, b] × [c, d] ⊂ I × J.
ZZ Z b Z d Z b Z Z Z
f= f (x, y) dy dx 6 f (x, y) dy dx 6 f (x, y) dy dx
P a c a J I J
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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL
Z d
Fixons le segment [c, d], ce qui précède assure que la fonction x 7→ f (x, y) dy est intégrable sur I et
c
Z Z ! Z Z ! ZZ
d b d
f (x, y) dy = sup f (x, y) dy dx 6 f
I c [a,b]⊂I a c I×J
Il ne reste plus qu’à passer à la limite quand « le segment [c, d] tend vers J ».
Soit (Jn ) = ([cn , dn ]) une suite croissante de segments de réunion J.
Pour tout x ∈ I, Z Z
dn
ϕn (x) = f (x, y) dy −−−−−→ f (x, y) dy = ϕ(x)
cn n→+∞ J
CS
Ainsi ϕn −−−→ ϕ. Les fonctions ϕn et ϕ sont continues par morceaux et
[a,b]
Z dn Z
|ϕn (x)| = f (x, y) dy 6 f (x, y) dy = ϕ(x)
cn J
Or Z Z ! ZZ
dn
f (x, y) dy dx 6 f
I cn I×J
donc à la limite Z Z ZZ
f (x, y) dy dx 6 f
I J I×J
Remarque On peut énoncer un résultat analogue en échangeant les rôles de x et y : cela propose deux
démarches pour calculer l’intégrale double de f , c’est souvent à l’origine d’exercice conduisant au
calcul d’intégrales non triviales.
2
Exemple Considérons f : (x, y) 7→ e−(1+x )y sur R × R+ .
La fonction f est continue et positive.
1) Soit x ∈ R,
2 2
La fonction y 7→ e−(1+x )y est intégrable sur R+ car e−(1+x )y = O(e−y ) quand y → +∞ et
Z +∞ " 2
#+∞
−(1+x2 )y e−(1+x )y 1
e dy = − =
0 1 + x2 1 + x2
0
Z +∞
1
2) La fonction x 7→ f (x, y) dy = est continue par morceaux et intégrable sur R car
0 1 + x2
1 1
∼ 2 quand x → ±∞.
1 + x2 x
On en déduit que f est intégrable sur R × R+ et
ZZ Z +∞ Z +∞ Z +∞
dx π
f (x, y) dx dy = f (x, y) dy dx = =
R×R+ −∞ 0 −∞ 1 + x2 2
Remarque Ce résultat peut être utilisé pour donner la valeur d’intégrales non triviales en procédant au
calcul d’intégrales doubles dans les deux ordres possibles
On en déduit Z 1
y−1
dy = ln 2
0 ln y
Théorème
Soit f : I × J → C continue.
Si
1) f est intégrable ;
2) ∀x ∈ ZI, y 7→ f (x, y) est intégrable sur J ;
3) x 7→ f (x, y) dy est continue par morceaux et intégrable sur I ;
J
Alors ZZ Z Z
f= f (x, y) dy dx
I×J I J
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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL
Corollaire
Soit f : I × J → C continue.
Si f est intégrable alors sous réserve d’intégrabilité des fonctions engagées dans la relation
Z Z Z Z
f (x, y) dy dx = f (x, y) dx dy
I J J I
x2 − y 2
Exemple Considérons f (x, y) = sur ]0, 1] × ]0, 1].
(x2 + y 2 )2
On observe
d −x d y
f (x, y) = =
dx x2 + y 2 dy x2 + y 2
D’une part
Z 1 Z 1 Z 1
dx π
f (x, y) dy dx = =
x=0 y=0 x=0 x2 + 1 4
D’autre part
Z 1 Z 1 Z 1
− dy π
f (x, y) dx dy = =−
y=0 x=0 y=0 y2 + 1 4
Conclusion : f n’est pas intégrable sur ]0, 1] × ]0, 1] !
2 2
Considérons f (x, y) = e−(x +y ) sur R+2 .
f est continue et positive sur R+2 .
ω : U → L(Rn , R)
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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL
ce qui introduit P1 , . . . , Pn : U → R continues (ce sont les fonctions composantes de ω dans la base B ?
).
L’application e?i : (x1 , . . . , xn ) 7→ xi est linéaire donc différentiable et de?i (a) = e?i .
Abusivement, on note dxi au lieu de e?i et on peut désormais écrire
ω(x) = P1 (x) dx1 + · · · + Pn (x) dxn
Théorème
Si ω est une forme différentielle sur U alors il existe d’uniques applications P1 , . . . , Pn : U →
R continues vérifiant
X n
ω= Pi dxi
i=1
k
De plus ω est de classe C si, et seulement si, les applications P1 , . . . , Pn le sont.
Proposition
n
X
La forme différentielle ω = Pi dxi est exacte si, et seulement si, il existe une fonction
i=1
f : U → R de classe C 1 vérifiant
∂f
∀i ∈ {1, . . . , n} , = Pi
∂xi
dém. :
La famille (dx1 , . . . , dxn ) étant une base, on peut identifier les composantes dans celle-ci.
Exemple Considérons la forme différentielle
définie sur R3 .
∂f
(x, y, z) = x − yz (1)
∂x
∂f
(x, y, z) = y − xz (2)
∂y
∂f (x, y, z) = z − xy
(3)
∂z
Supposons f solution.
1
(1) donne f (x, y, z) = x2 − xyz + C(y, z).
2
∂C 1
Dans (2), on obtient (y, z) = y donc C(y, z) = y 2 + D(z).
∂y 2
1
Dans (3), on obtient D0 (z) = z donc D(z) = z 2 + C te .
2
1 2
Finalement f (x, y, z) = x + y 2 + z 2 − xyz + C te .
2
Inversement, une telle fonction est solution du système et donc ω est une forme différentielle exacte.
1
Exemple Considérons la forme différentielle ω(x, y) = (x dy − y dx) définie sur R2 .
2
∂f
(x, y) = −y/2 (1)
∂x
∂f
(x, y) = +x/2 (2)
∂y
Supposons f solution.
(1) donne f (x, y) = −xy/2 + C(y).
Dans (2) on obtient C 0 (y) = x. C’est impossible.
Le système n’est pas compatible, la forme différentielle n’est pas exacte.
Proposition
n
X
Soit ω = Pi dxi une forme différentielle de classe C 1 sur U .
i=1
Si ω est exacte alors
∂Pi ∂Pj
∀i 6= j ∈ {1, . . . , n} , =
∂xj ∂xi
dém. :
Si ω est exacte alors il existe f : U → R de classe C 1 telle que ω = df . Les dérivées partielles de f sont
alors des fonctions de classe C 1 donc f est de classe C 2 et on peut appliquer le théorème de Schwarz.
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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL
∂Pi ∂Pj
∀i 6= j ∈ {1, . . . , n} , =
∂xj ∂xi
x dy − y dx
Exemple ω(x, y) = est une forme différentielle fermée sur U = R2 \ {(0, 0)}.
x2 + y 2
−y x
En effet pour P (x, y) = 2 et Q(x, y) = 2 , on a
x + y2 x + y2
∂P y 2 − x2 ∂Q
(x, y) = 2 = (x, y)
∂y (x + y 2 )2 ∂x
Définition
Un ouvert U est dit étoilé si
∃a ∈ U, ∀x ∈ U, [a, x] ⊂ U
Exemple R2 \ R− × {0} est étoilé mais R2 \ {(0, 0)} n’est pas étoilé.
Théorème
Une forme différentielle fermée définie sur un ouvert étoilé est exacte.
xdy − ydx
Exemple La forme différentielle ω(x, y) = est exacte sur U = R2 \ R− × {0} car
x2 + y 2
fermée sur un étoilé.
On obtient comme primitive
y
θ(x, y) = 2 arctan p
x+ x2 + y 2
p
En effet, pour r(x, y)(= x2 + y 2 , on a
(
x = r cos θ dx = cos θ dr − r sin θ dθ
donc puis
y = r sin θ dy = sin θ dr + r cos θ dθ
r2 dθ = −r sin θ dx + r cos θ dy = −y dx + x dy.
En revanche que U = R2 \ {(0, 0)}, on ne peut rien dire.
On verra plus tard que cette forme n’est pas exacte sur U = R2 \ {(0, 0)}.
I
Lorsque l’arc Γ est fermé (i.e. M (a) = M (b) ), on note ω.
Γ
Exemple Soient a, b > 0 et Γ = ([0, 2π] , M ) avec M (t) = (a cos t, b sin t).
x2 y2
Γ est un paramétrage de l’ellipse d’équation 2 + 2 = 1.
a b
1
Considérons ω(x, y) = (x dy − y dx).
2
I Z
1 2π
ω= ab cos2 t + ab sin2 t = πab
Γ 2 0
Proposition
Z
L’intégrale ω est inchangée par changement de paramétrage croissant.
ZΓ
L’intégrale ω est transformée en son opposé par changement de paramétrage décroissant.
Γ
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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL
dém. :
Γ = ([a, b] , M ) avec M : t ∈ [a, b] 7→ M (t) = (x1 (t), . . . , xn (t)).
Z Z bXn
ω= Pi (x1 (t), . . . , xn (t))x0i (t) dt
Γ a i=1
Remarque Ce qui précède permet de parler abusivement d’intégrale curviligne le long d’une courbe
orientée.
Définition
On appelle arc C 1 par morceaux toute famille Γ = (Γ1 , Γ2 , . . . , Γp ) formée d’arcs compacts
Γj = ([aj , bj ] , Mj ) de classe C 1 vérifiant la condition de continuité
Définition
Soient ω une forme différentielle définie sur U et Γ = (Γ1 , Γ2 , . . . , Γp ) un arc C 1 par morceaux
inscrit dans U . On appelle intégrale (curviligne) de ω le long de Γ le réel
Z p Z
X
ω= ω
Γ j=1 Γj
I
Exemple Calculons ω avec ω = x dy et
(OIJ)+
dém. :
Cas Γ arc de classe C 1 :
∂f
Si ω = df alors Pi = donc
∂xi
Z Z b
d
ω= (f (M (t))) dt = f (M (b)) − f (M (a))
Γ a dt
1
Cas Γ arc de classe C par morceaux :
Z n Z
X n
X
ω= ω= f (Mi (bi )) − f (Mi (ai )) = f (Mn (bn )) − f (M1 (a1 ))
Γ i=1 Γi i=1
Corollaire I
Si Γ est un arc fermé et ω une forme différentielle exacte alors ω = 0.
Γ
x dy − y dx
Exemple Soit ω(x, y) = forme différentielle définie sur l’ouvert U = R2 \ {(0, 0)}.
x2 + y 2
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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL
Proposition
Si F~ dérive d’un potentiel V alors
−−−→ −−→
F (M ) · dM = V (M (b)) − V (M (a))
dém.
−−−→: −−→
F (M ) · dM = dV
Théorème
Si ω(x, y) = P (x, y)dx + Q(x, y) dy est une forme différentielle de classe C 1 définie sur un
ouvert U contenant D alors I ZZ
∂Q ∂P
ω= −
∂D + D ∂x ∂y
dém. :
Cas : D est une partie élémentaire.
ZZ ZZ ZZ
∂Q ∂P ∂Q ∂P
− = −
D ∂x ∂y D ∂x D ∂y
D = (x, y) ∈ R2 /a 6 x 6 b, ϕ1 (x) 6 y 6 ϕ2 (x)
ZZ Z b Z ϕ2 (x) ! Z b
∂P ∂P
− =− (x, y) dy dx = P (x, ϕ1 (x)) − P (x, ϕ2 (x)) dx
D ∂y x=a y=ϕ1 (x) ∂y a
Ainsi ZZ Z Z I
∂P
− = P (x, y) dx − P (x, y) dx = P (x, y) dx
D ∂y Γ1 Γ2 ∂D +
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CHAPITRE 23. COMPLÉMENTS DE CALCUL INTÉGRAL
car les intégrales le long des arcs Γ01 et Γ02 s’annulent puisque les arcs sont parcourues en sens inverse.
Corollaire I I I
1
Aire(D) = x dy = − y dx = x dy − y dx.
∂D + ∂D + 2 ∂D +
(
x = cos3 t
avec t ∈ [0, 2π]
y = sin3 t
est un paramétrage direct du bord de D.
I Z 2π
1 1 3π
Aire(D) = x dy − y dx = 3 cos2 t sin2 t dt =
2 ∂D + 2 0 8
Corollaire I
1
Aire(D) = r2 dθ.
2 ∂D +
dém. (
: (
r = r(t) x = r(t) cos θ(t)
Pour avec t ∈ [a, b] on a avec t ∈ [a, b] puis après calcul
θ = θ(t) y = r(t) sin θ(t)
I Z b
1 1
Aire(D) = x dy − y dx = r2 (t)θ0 (t) dt
2 ∂D + 2 a
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