Année : 2021/2022
Niveau : Semestre 4
Matière : Droit Commercial
Contrôle continu
IIIntitulé : Le fonds du commerce en droit commercial marocain
G1/D1
Présenté par :
1. Benzineb Malak (Représentante)
2. Berrada Nirmine (Membre)
3. Berrada Nisrine (Membre)
4. Berrada Abdelhaq (Membre)
5. Berredouane Kawtar (Membre)
N.B : Néant
1
PLAN :
Définition du fonds de commerce en droit marocain.
Les caractéristiques principales du fonds de commerce.
Les différents composants du fonds de commerce en droit marocain.
2
INTRODUCTION :
Toute entreprise, individuelle ou collective, réunit, pour atteindre son objectif, des biens
sans lesquels l’exploitation serait impossible. Parmi ces biens, il y a le fonds de
commerce. Le terme « fonds de commerce » est souvent utilisé dans le langage courant.
Il est alors associé dans l’esprit du public à deux idées : c’est une richesse et c’est la
manifestation de la réussite commerciale de l’entreprise, c’est-à-dire du chiffre
d’affaires réalisé. « Un fond a d’autant plus de valeur que l’entreprise a plus de clients
». Le fonds de commerce apparaît comme un ensemble de biens mobiliers que le
commerçant affecte conjointement à l’exercice de son activité commerciale. Alors,
comment peut-on définir le fonds de commerce en droit marocain ? Quels sont les
caractéristiques principales du fonds de commerce ? Et quels sont les différents
composants du fonds de commerce en droit marocain ?
Dans un premier lieu, on va définir le fonds de commerce en droit marocain. En
deuxième lieu, on va aborder les caractéristiques principales du fonds de commerce. En
dernier lieu, on va citer les différents composants du fonds de commerce en droit
marocain.
DEVELOPPEMENT :
I. Définition du fonds de commerce :
Le fonds de commerce est constitué de l’ensemble des biens et droits qui servent à un
commerçant ou à un industriel pour l’exercice de sa profession.
Selon l’article 79 du code de commerce, le fonds de commerce est un bien meuble
incorporel constitué par l’ensemble de biens mobiliers affectés à l’exercice d’une ou de
plusieurs activités commerciales.
Selon l’article 80 du code de commerce, le fonds de commerce comprend
obligatoirement la clientèle et l’achalandage.
Il comprend aussi, tous les biens nécessaires à l’exploitation du fonds tels que le nom
commercial, l’enseigne, le droit au bail, le mobilier commercial, les marchandises, le
matériel et l’outillage, les brevets d’intention, les licences, les marques de fabrique, de
commerce et de service, les dessins et modèles industriels et, généralement, tous droits
de propriété industrielle, littéraire ou artistique qui y sont attachés.
3
II. Les caractéristiques principales du fonds de commerce :
Deux caractéristiques du fonds de commerce sont essentielles et permettent de mieux
percevoir l’originalité de ce bien : il s’agit d’une universalité et d’un meuble incorporel.
Le fonds de commerce est un ensemble de biens qualifié d’universalité. Par l’effet
d’une étonnante alchimie, de la réunion de plusieurs biens en vue d’une exploitation
commerciale naît un bien distinct, le fonds de commerce.
La question que l’on peut alors se poser est celle de l’intérêt qu’il peut y avoir à qualifier
de fonds de commerce ces biens réunis en vue d’une exploitation commerciale.
Pourquoi qualifier ainsi un droit au bail, des marchandises et une enseigne réunis pour
attirer une clientèle ? L’intérêt de cette qualification est pourtant bien réel : affirmer
que les différents biens réunis aux fins d’attraction d’une clientèle constituent un fonds
de commerce va permettre de soumettre ce fonds à un régime juridique différent de
celui applicable à chacun de ses éléments pris isolément. Ainsi, le fonds de commerce
est un bien incorporel alors même que certains des biens qui le composent peuvent être
des biens corporels. Il est également remarquable de relever que certains biens
composant le fonds de commerce ne peuvent pas faire l’objet de certains contrats
lorsqu’ils sont pris isolément, contrats qui peuvent, en revanche, avoir pour objet un
fonds de commerce…
Peut-on même ajouter que la vente d’un fonds de commerce est une transaction qui
diffère des autres. En effet, cette opération s’accompagne généralement de la cession
du fonds de commerce. Cette vente est encadrée par des règles strictes destinées à
protéger l’acquéreur et les éventuels créanciers du cédant. Il s’agit ainsi d’une opération
pouvant être complexe, et requérant parfois l’assistance de professionnels qualifiés.
Pour mieux appréhender cette opération, il est nécessaire de distinguer les éléments à
inclure et à exclure lors de la vente d’un fonds de commerce, mais aussi de savoir ce
qu’une telle opération implique.
Toute vente de fonds de commerce doit être constatée par un acte écrit qui peut être
notarié ou sous seing privé, cet acte doit comporter les mentions obligatoires suivantes:
1/ le nom du vendeur, la date et la nature de son acte d’acquisition (quand et comment
il a acheté), le prix d’acquisition qui doit spécifier distinctement le prix des éléments
incorporels, le prix du matériel et le prix des marchandises.
2/ la liste des inscriptions des privilèges et des nantissements qui sont pris sur le fonds
de commerce.
4
3/ s’il y a lieu, le bail (ne pas en tenir compte s’il est propriétaire), sa date, sa durée, le
montant du loyer actuel, le nom et l’adresse du bailleur.
4/ l’origine de la propriété du fonds de commerce.
III. Les différents composants du fonds de commerce en droit marocain :
Le fonds de commerce est composé en deux catégories d’éléments : des éléments
corporels et des éléments incorporels. 1. Les éléments corporels du fonds de commerce
: Il s’agit de biens meubles corporels. Les biens immeubles ne peuvent pas faire partie
du fonds de commerce. Il s’agit de deux sortes d’éléments corporels : d’une part le
matériel et outillage, d’autre part les marchandises. Ces éléments corporels ont pour
point commun leur caractère facultatif.
1.1. Le matériel et outillage : Il s’agit des machines, de l’équipement, des outils qui
vont servir à l’exploitation du fonds et qui sont la propriété du commerçant (exemple :
les machines, le mobilier de bureau, le matériel de transport, les agencements, …). Ils
peuvent être absolument essentiels (l’entreprise des travaux publics ou de transport
routier d’abord par son matériel), ou pratiquement inexistants, dans le cas par exemple
des commerces de distribution, de vente, ou d’alimentation où, hormis les
marchandises, il n’a pas besoins d’un équipement spécifique. Il arrive que ce matériel,
de caractère normalement mobilier, prenne une nature immobilière, deviennent plus
précisément immeuble par destination lorsqu’il est affecté à l’immeuble dans lequel le
fonds est exploité.
1.2. Les marchandises : On parle plus communément de stock. Ce sont, d’une part,
les matières premières et produits semi finis servant à la fabrication et, d’autre part, les
produits mis en vente et qui sont la propriété du commerçant. Les marchandises peuvent
être parfaitement inexistantes dans un fonds de commerce ; les agents de change par
exemple n’ont pas de stock de marchandises ; c’est donc comme le matériel, un élément
facultatif du fonds de commerce. Lorsque cet élément existe, il arrive qu’il soit difficile
à distinguer du matériel : lorsque par exemple l’entreprise utilise pour son usage
personnel les produit qu’elle fabrique et met en vente ; comment distinguer matériel et
marchandise ? La qualification résulte d’un critère simple : le matériel est stable au sein
de l’entreprise, alors que les marchandises, qui ont vocation à être vendues_ le plutôt
possible_ ont un caractère essentiellement fugitif.
5
2. Les éléments incorporels du fonds de commerce : Ce sont les éléments les plus
importants du fonds de commerce. Il s’agit de la clientèle et de l’achalandage,
l’enseigne, le nom commercial et le droit au bail. Cette liste n’est pas limitative, les
droits de propriétés industriels et les autorisations administratives jouent souvent un
rôle essentiel lors de la création ou du développement de l’entreprise. Il convient de
commencer l’étude des éléments incorporels par le plus importants d’entre eux, la
clientèle.
2.1. La clientèle.
2.1.1. Définition de la clientèle : On distingue clientèle et achalandage, le mot clientèle
désigne les personnes qui s’approvisionnent habituellement auprès du fonds de
commerce, en raison de la compétence ou du savoir-faire du commerçant.
L’achalandage est constitué de la clientèle de passage attirée par la commodité ou la
proximité de l’établissement. Donc, clientèle et achalandage ne sont absolument pas
synonymes, l’achalandage est un facteur objectif qui dépend surtout de la situation du
fonds de commerce. Il influe évidemment sur la clientèle dont l’importance est
également fonction des qualités personnelles de l’exploitant, ou même de la renommée
du produit vendu.
2.1.2. La nature de la clientèle : La clientèle est l’élément essentiel du fonds de
commerce, sans clientèle, un fonds de commerce n’a aucune valeur. Si la clientèle est
un élément essentiel du fonds de commerce, elle n’est pas un élément suffisant : il lui
faut en effet un point de fixation (emplacement, bail commercial) ou un signe de
ralliement (nom commercial ou marque).
2.1.3. Les caractères de la clientèle : Le fonde commerce n’existe que lorsqu’une
clientèle lui est attachée. Il faut donc que cette clientèle réunisse deux conditions : elle
doit être réelle et personnelle à l’exploitant. La clientèle doit être réelle et certaine, une
clientèle seulement virtuelle ou potentielle, donc hypothétique ne saurait être prise en
considération, cette affirmation permet de déterminer avec précision la date
d’apparition et de cessation du fonds de commerce. Le fonds de commerce est constitué
dès la première opération traitée avec la clientèle ; un commencement d’exploitation
est donc nécessaire. Le fonds de commerce disparaît lorsqu’aucun client ne vient plus
s’approvisionner auprès de cet établissement. La disparition de la clientèle provoque
celle du fonds de commerce. En deuxième lieu, la clientèle doit être personnelle à
l’exploitant. La difficulté est d’avantage pratique que juridique : l’existence de la
clientèle est indéniable mais son rattachement est incertain. Il convient donc de
6
résoudre un problème d’appartenance de la clientèle, dans des hypothèses où deux
entreprises en état de dépendance, commerciale ou juridique, sont susceptibles de faire
valoir leurs droits sur elle (clientèle). La dépendance est commerciale lorsqu’un
commerce est exploité dans le cadre d’une entreprise, petits commerces exploités dans
l’enceinte d’une grande surface. Un exemple résume cette situation : un restaurant était
exploité dans l’enceinte d’un hippodrome et chacun des deux commerçants,
l’exploitant du restaurant et la société des courses, se disputait la propriété de la
clientèle. Dans l’exemple cité, la solution attribue la propriété de la clientèle à la société
des courses, car l’activité commerciale du restaurant se trouve sous la dépendance de
la société des courses, de telle sorte que la clientèle demeurait la propriété personnelle
de l’exploitant de l’hippodrome.
2.2. Le droit au bail (propriété commerciale) : Le droit de jouissance des locaux loués
est particulièrement étendu lorsque le locataire exerce la profession commerciale. Le
droit au bail lui confère en effet la propriété commerciale, c-à-d. un véritable droit au
renouvellement de son bail, à défaut duquel le bailleur doit lui verser une indemnité
d’éviction. Le droit au bail présente deux intérêts essentiels : L’emplacement occupé
est souvent, en particulier dans le commerce de détail, l’élément primordial du succès
commercial, à tel point que l’on considère généralement que la cession de bail équivaut
à une cession du fonds de commerce. Le bail commercial constitue donc normalement
l’élément de reconnaissance et de fixation de la clientèle commerciale. Le bail
commercial peut être cédé à un autre commerçant, la cession de bail constitue alors une
opération fructueuse de la vie commerciale pour le vendeur qui demande à cette
occasion le versement d’un « pas de porte ». Le droit au bail, créance du locataire contre
le bailleur, n’est qu’un élément facultatif du fonds de commerce. Lorsque l’entreprise
possède son immeuble d’exploitation, le fonds de commerce perd paradoxalement de
sa valeur puisque l’immeuble constitue une masse distincte dans le patrimoine de
l’exploitant.
2.3. Les éléments d’individualisation du fonds de commerce : Le nom commercial
individualise le commerçant, entrepreneur individuel ou société, tandis que l’enseigne
localise géographiquement l’établissement. La marque, qui distingue les produits ou
services de l’entreprise est un droit de propriété industrielle et sera étudiée
ultérieurement.
2.3.1. Le nom commercial : Le nom désigne le commerçant ou la société ou, pour les
sociétés civiles, la raison sociale. C’est le nom sous lequel l’entreprise exerce son
7
activité. Alors que le nom civil est droit de la personnalité et ne peut être cédé, le nom
commercial est un élément du fonds de commerce et peut être transmis avec lui ou à
titre isolé. Le nom commercial est donc un objet de propriété incorporelle. Celui qui
use d’un nom commercial et d’une enseigne, a le droit d’en interdire l’usage à d’autres,
en cas de risque de confusion.
2.3.2. L’enseigne commerciale : Elle individualise non pas l’entreprise mais son
établissement géographique, sa réglementation identique à celle du nom commercial.
L’enseigne, qui distingue le lieu d’établissement de l’entreprise, peut être constituée
d’un emblème, d’un signe ou d’un mot. Comme le nom commercial, elle considérée
comme une propriété corporelle, cessible à titre isolée ou avec le fonds de commerce.
L’enseigne est protégée par l’action en concurrence déloyale, aux mêmes conditions
que le nom commercial.
2.4. Les droits de propriété industrielle : La propriété industrielle fait partie d’un
ensemble plus vaste nommé propriété intellectuelle, composé des droits de propriété
industrielle, des droits d’auteur et du savoir-faire, qui résultent tous d’une activité
intellectuelle. La propriété industrielle comprend principalement les brevets
d’invention, les dessins et modèles, les marques de fabrique, de commerce et de service.
Les droits de propriété industrielle sont donc des éléments classiques de la vie des
affaires ; on en distingue deux catégories : des droits sur des créations nouvelles et des
droits sur des signes distinctifs, soumis à un régime spécifique.
2.4.1. Les brevets d’invention : Un inventeur, qui désire protéger son invention, doit la
faire breveter. Son brevetables les créations impliquant une activité inventive et
susceptible d’application industrielle ; par exemple, la découverte d’un produit nouveau
ou d’un nouveau procédé de fabrication. Le droit correspondant à ces créations est
accordé à l’inventeur qui est délivré, sur sa demande, un titre administratif, appelé
brevet d’invention lui attribuant un monopole d’exploitation de l’invention pendant 20
ans non renouvelables. L’obtention du brevet permet à son auteur d’exercer, en
compensation de la divulgation de son invention, un monopole de fabrication,
d’utilisation et de commercialisation de son invention pendant 20 ans.
2.4.2. Les marques de services et de fabriques : La marque permet à une entreprise, en
utilisant un signe quelconque, de se distinguer des autres. On peut distinguer deux
marques : la « marque nominale » et la « marque figurative ou emblématique ». La
marque nominale : il peut s’agir d’un nom patronymique, géographique, dénomination
de fantaisie, ou encore d’une marque de distribution. La marque figurative ou
8
emblématique : il peut s’agir dans ce cas de la forme du produit, de son
conditionnement (la bouteille de la mayonnaise par exemple), un logo type dit
usuellement « logo » (le crocodile de Lacoste, etc.), de la combinaison ou de la
disposition des couleurs… La marque est protégée après son dépôt, si elle se distingue
des autres. Ainsi, l’utilisation d’un terme générique ne peut pas être considérée comme
une marque. De même, une marque comportant des indications propres à tromper le
public ne peut pas être enregistrée). Le propriétaire de la marque a les mêmes droits et
les mêmes obligations que le propriétaire d’un brevet. La durée de la protection est de
10 ans, mais des dépôts successifs permettent de conserver indéfiniment la propriété de
la marque.
2.4.3. Les dessins et les modèles : Ce sont des créations à caractère ornemental
(décoratif) consistant en des dessins et des modèles qui donnent à l’objet un aspect
extérieur spécifique et nouveau. L’effort créateur est ici dans la décoration et le goût.
C’est pourquoi l’on parle à propos des dessins et des modèles de « l’art industriel ».
L’auteur du dessin ou du modèle reçoit un droit exclusif à la suite d’un dépôt auprès de
l’organisme chargé de l’enregistrement et de la protection de la propriété industrielle.
2.5. Les autorisations d’exploitation : L’exercice de nombreuses professions
commerciales est aujourd’hui subordonné à l’octroi d’autorisations administratives qui
portent d’ailleurs, en pratique, des noms divers : licence, agrément, autorisations… Tel
est le cas par exemple des professions de transports, de pharmacies…. Certaines de ces
autorisations ont un caractère personnel (licence d’exploiter une pharmacie). Les
licences ne sont délivrées que moyennant certaines conditions de capacité : étant
personnelles, elles ne font pas partie de l’entreprise et ne peuvent pas être cédées.
Certaines autorisations au contraire, ne présentent aucun caractère personnel, ces
autorisations sont cessibles isolément ou simultanément aux autres éléments
d’exploitation.
9
BIBLIOGRAPHIE :
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
commerce-25900/
[Link]
[Link]
10