Fiche préparative pour la MSM de 2e année
Cette fiche a pour but de remettre à niveau tout élève après le cours de MSM de 1ère année. Il n’est pas
ici question de démontrer les formules ; l’idée est de revenir sur les résultats fondamentaux établis en
1ère année pour aborder les notions principales de deuxième année.
Un mot important sur l’examen :
En 2e année, l’examen de MSM est en 2 parties. Un QCM sur le cours sur 8 points et une partie avec
généralement 2 grands exercices, sur 12 points. Les annales distribuées par le BDE un mois avant
l’examen sont très utiles pour s’entrainer au QCM, car il est similaire tous les ans. Pour la deuxième
partie, Matteo autorise une unique feuille de notes manuscrites. C’est largement suffisant pour écrire
toutes les formules, mais il faut la préparer en avance ! Il y a des exemples sur le Drive 2A.
Notions fondamentales de 1ère année :
La contrainte, notée 𝜎. Il s’agit d’une force appliquée normalisée
𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒
par la surface d’un objet. 𝜎 = 𝑆𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒. Par exemple, en 3 dimensions 𝜎𝑥𝑦
désigne la contrainte exercée par la composante x de la force sur la surface
de normale y d’un cube élémentaire. On peut donc définir une matrice 𝜎̿
= (𝜎𝑖𝑗 )
La déformation, notée 𝜀. On parle de déformation selon un axe. Si
on note 𝑙′ la longueur après déformation, et 𝑙 la longueur initiale, alors
𝑙′−𝑙
𝜀= 𝑙
En deuxième année on définit plus rigoureusement un tenseur des déformations 𝜀̿ qui permet de
𝑑𝑉 ′ −𝑑𝑉
généraliser la notion à 3 dimensions. Analogie : 𝑇𝑟 𝜀̿ = 𝜀𝑥𝑥 + 𝜀𝑦𝑦 + 𝜀𝑧𝑧 =
𝑑𝑉
Pour de petites déformations, les deux grandeurs sont liées par la loi de Hooke 𝜎 = 𝐸 𝜀
𝑬 est le module d’Young, propre à chaque matériau. Il traduit leur comportement élastique et
s’exprime en Pascals. Généralement ce coefficient est de l’ordre du MPa ou du GPa.
Le coefficient de Poisson, noté 𝜐 , est un facteur numérique qui décrit de combien diminue
l’épaisseur d’un matériau dans la direction perpendiculaire à celle où l’on tire. Il s’exprime
(𝑙−𝑙′)⁄
𝑟é𝑡𝑟𝑒𝑐𝑖𝑠𝑠𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠𝑣𝑒𝑟𝑠𝑎𝑙 𝑟𝑒𝑙𝑎𝑡𝑖𝑓 𝑙 𝜀
sous la forme d’un rapport 𝜐 = 𝑎𝑙𝑙𝑜𝑛𝑔𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑟𝑒𝑙𝑎𝑡𝑖𝑓 𝑠𝑒𝑙𝑜𝑛 𝑙 ′ 𝑎𝑥𝑒
= (𝐿′ −𝐿)⁄
= − 𝜀⊥
⫽
𝐿
Il est compris entre 0 (liège) et 0,5 (caoutchouc) pour les matériaux courants.
Le cisaillement désigne une variation d’angle. Par exemple si on considère
un parallélépipède rectangle il désigne le nouvel angle qui n’est plus un angle de
90°. Cela correspond aux forces s’exerçant parallèlement à la face. Par exemple
dans le schéma précédent 𝜎𝑥𝑦 et 𝜎𝑧𝑦 sont des contraintes de cisaillement. Dans
un problème simple cette contrainte est classiquement notée 𝜏, et 𝛾 (radians) est l’écart à l’angle
initial. On a encore une loi linéaire 𝜏 = 𝐺 𝛾 où 𝐺 est le module de cisaillement. On peut lier 𝐸 𝐺 et 𝜐
𝐸
par la formule 𝐺 =
2(1+ 𝜐)
➔ Une déformation pourra toujours se décomposer comme la somme d’un cisaillement et d’une
compression/traction (liée à une force perpendiculaire à la face comme 𝜎𝑥𝑥 ).
En 1ère année l’idée était donc surtout d’étudier le comportement élastique des matériaux soumis à de
petites déformations. En 2e année on s’intéresse au comportement à grandes déformations.
Notions abordées en 2e année : (Dans l’ordre du polycopié distribué par Matteo Ciccotti)
1) Introduction au formalisme matriciel (premières pages)
Un formalisme assez lourd, qui généralise les notions vues en 1ère année. L’idée est toujours de
décomposer n’importe quelle déformation en déformations canoniques :
𝑇𝑟 𝜀̿
- Une Expansion/Contraction traduite par une matrice Sphérique 𝑆̿𝜀 = 𝐼̿3
3
𝐷𝜀 = 𝜀̿ − 𝑆̿𝜀
- Un Cisaillement pur traduit par une matrice Déviateur ̿̿̿
On peut aussi obtenir le Sphérique ̿̿̿
𝑆𝜎 et Déviateur ̿̿̿̿
𝐷𝜎 des contraintes 𝜎̿, qui permettent de tracer le
cercle de Mohr associé (explications poussées p16, rarement demandé en examen)
La principale équation que l’on obtient à l’aide des équations fondamentales de la dynamique est la
suivante : ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝜎̿ + 𝑓 − 𝜌𝑎 = 0
𝑑𝑖𝑣 ⃗ qui devient ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝜎̿ + 𝑓 = 0
𝑑𝑖𝑣 ⃗ en statique.
2) Elasticité (p23)
∂𝑈𝑒𝑙
On introduit un potentiel élastique tel que 𝜎𝑖𝑗 = ∂𝜀𝑖𝑗
(𝜀̿). Dans les petites déformations (on s’arrête
𝜆
à l’ordre 2), on écrit 𝑈𝑒𝑙 (𝜀̿) = 𝑈𝑒𝑙 0 + 𝜎 0 𝑇𝑟𝜀̿ +(𝑇𝑟𝜀̿)2 + 𝜇𝑇𝑟(𝜀̿2 ) 𝝀 et 𝝁 sont les coefficients
2
élastiques de Lamé. Ils sont liés à E, G, υ par de nombreuses relations répertoriées p27.
Ces coefficients interviennent directement dans la formule des contraintes résiduelles d’origine
thermoélastique. La déformation 𝜀̿𝑡ℎ = 𝛼(𝑇 − 𝑇0 ) 𝐼 ̿ (avec 𝛼 coef de dilatation thermique linéaire)
entraine une contrainte résiduelle 𝜎̿ 0 = −(3𝜆 + 2𝜇)𝛼(𝑇 − 𝑇0 )𝐼 ̿ = −3𝐾𝛼(𝑇 − 𝑇0 )𝐼 ̿
𝐾 est le module de compressibilité
1
Une formule toujours vraie à retenir est que la densité d’énergie élastique vaut 𝑈𝑒𝑙 = 𝑇𝑟(𝜎̿ 𝜀̿)
2
3) Exercices classiques 1ère année en loi d’échelle (p35)
En deuxième année 90% des problèmes sont traités en loi d’échelle, c’est-à-dire sans se soucier des
préfacteurs numériques dans les relations. La principale source d’erreur dans les calculs est la puissance
à laquelle intervient chaque paramètre dans les relations. Voici quelques relations
classiques obtenues en loi d’échelle. Il est utile de les avoir sur la feuille de notes
partie B pour l’homogénéité des formules.
- Flexion faible d’une poutre. Equation de la flexion faible des poutres
1 𝑑2 𝑦 𝑀(𝑥)
𝑅
= 𝑑𝑥 2 = 𝐸𝐼
I est le moment quadratique de surface = ∫𝑆 𝑦 2 𝑑𝑆 ~ ℎ2 (𝑏ℎ) en loi
d’échelle. h est l’épaisseur, b la largeur et L la longueur
𝑀(𝑥) est le moment fléchissant au point x et vaut 𝐹(𝐿 − 𝑥) ~ 𝐹𝐿 en loi
d’échelle.
𝐿3
Après quelques calculs on arrive à l’expression de la flèche 𝑓 = 𝐸 𝑏 ℎ3 𝐹
- Contact de Hertz, p46. Il traduit l’enfoncement d’une balle sur le
𝛿
sol, cf dessin ci-joint. Comme 𝑎2 ~ 𝑅𝛿 et 𝜀 ~ 𝑎
ICI ; on aboutit à
1 5
𝑈𝑒𝑙 = 𝐸𝑅 𝛿 2 2
4) Ondes et Vibration Souvent une question dans le QCM
Si on frappe un matériau comme une poutre métallique, des ondes se propagent. Elles sont
longitudinales (compressions) ou transversales (cisaillement) et ont des vitesses de propagation
différentes.
𝜆+2𝜇 𝜇 𝐸
𝑣𝐿 = √ 𝜌
et 𝑣𝑇 = √𝜌 Les deux sont homogènes au terme √ρ . On peut aussi avoir des ondes
stationnaires avec des modes propres 𝐿 = 𝑛𝛌.
5) Viscoélasticité p51 Première grande nouveauté de la 2A
Un matériau viscoélastique présente un certain retard 𝝉 dans sa réponse à une contrainte, ce
qui n’était pas le cas pour un matériau élastique qui suivait simplement la loi de Hooke.
Il existe plusieurs façons de le modéliser. Pour cela on utilise des modèles rhéologiques, analogues à
des circuits électriques. Kelvin Voigt, Maxwell, Solide Linéaire Standard. Il faut connaitre les trois par
cœur pour le QCM.
En parallèle, on somme les contraintes, en série on somme les déformations. (calculs p54)
Chaque modèle a une réponse fréquentielle différente. On calcule E* et on trace sa partie réelle et
imaginaire sur un diagramme. Il faut connaitre les 3 diagrammes par cœur et savoir retrouver les
formules des E* (calculs p62)
Kelvin-Voigt Maxwell Zener ou « SLS »
𝜎∗(𝑡) 𝑬′′
Module Young Dynamique E*= 𝜀∗(𝑡) = E’ + i E ’’ 𝑇𝑎𝑛𝜹 = Echelle Log-Log
𝑬′
𝐸 ∗ = 𝐸0 + 𝑖𝜔𝜂 𝜔2 𝜏 2 + 𝑖𝜔𝜏 𝐸0 + (𝐸0 + 𝐸1 )𝜔2 𝜏 2 + 𝑖𝐸1 𝜔𝜏
𝐸 ∗ = 𝐸∞ 𝐸∗ =
1 + 𝜔2𝜏 2 1 + 𝜔2𝜏 2
Ressort décrit par 𝜎 𝑒 = 𝐸0 𝜺 Amortisseur décrit par 𝜎 𝑎𝑚 = 𝜂𝜀̇
6) Plasticité (p71)
La plasticité désigne l’apparition d’une déformation permanente au-delà d’un seuil de contrainte. Si
on sollicite le matériau au-delà de ce seuil et qu’on le laisse se relaxer, il y a une déformation résiduelle
(comme les sacs plastiques que l’on déforme en tirant dessus)
Voici l’allure d’un diagramme contrainte/déformation pour un
matériau plastique. On remarque les caractéristiques attendues :
Le comportement plastique apparait au-delà d’une contrainte 𝝈𝒀 .
Pendant un relâchement la pente est toujours de E, puis une
élongation résiduelle 𝜀 𝑝 persiste. Rupture au point R.
On peut modéliser un matériau plastique par un modèle rhéologique idéal ou parfait :
Modèle Parfait Modèle idéal
7) Rupture (p89)
Dans le poly de nombreux critères de rupture sont établis. Ils dépendent des hypothèses initiales
(forme des défauts, etc…) et des approximations réalisées lors du raisonnement. Toutes ces formules
se complètent sans se contredire. Il faut les connaitre par cœur pour le QCM.
Pour un défaut elliptique, la contrainte est maximale au point C, où le
𝑏2
rayon de courbure est minimal. On le note 𝑅𝑐 = 𝑐
𝜎𝑅 𝑡ℎ 𝜎𝑅 𝑡ℎ √𝑅𝑐
La contrainte à la rupture vaut 𝜎𝑅 = 𝑘
= (détails p99)
√𝑐
On peut réaliser une approche énergétique de la propagation d’une rupture.
𝑑𝑊 𝑑𝑈
Créer de nouvelles surfaces coûte une énergie 𝑼𝒔 = 𝟐𝚼𝒅𝑨. On introduit 𝐺 = 𝑑𝐴 − 𝑑𝐴𝑒𝑙 qui traduit le
taux de restitution de l’énergie mécanique. Il y a propagation si 𝐺 ≥ 𝐺𝑐 = 2Υ
𝑑𝐺 2γ 𝜇
Il y a stabilité de la propagation si ≤ 0. Vitesse de la fissure v donnée par 𝐺 = 𝑣 𝑐𝑅 = √
𝑑𝐴 1− 𝑅𝑐
𝑐𝑅
𝐾2
On introduit aussi le facteur d’intensité des contraintes 𝐾𝐼 tel que 𝐺 = 𝐸𝐼′
Pour une rupture élastique linéaire (crevasse de longueur c qui avance), il y a propagation si 𝐾𝐼 ≥ 𝐾𝐼𝑐
Les équivalences entre les différents modèles sont abordées p110.
Ces fiches résument les concepts essentiels et les principales formules de 2A. Elles sont là pour
comprendre le fil directeur du polycopié et pour vérifier que les concepts essentiels sont compris. De
nombreuses formules secondaires n’apparaissent pas. Pour des fiches plus complètes se référer aux
feuilles de notes d’examens d’anciens élèves, disponibles sur le Drive 2A. Courage 😊