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Dissertation Sur Olympe de Gouges

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Exemple de dissertation intégralement rédigée La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne @Olympe de Gouges est-elle une critique de la Déclaration des droits de homme et du citoyen? > Cette question qui appelle un plan dialectique, vise 4 vous permettre dexposer Voriginalité du texte d’Olympe de Gouges, texte critique, il est vrai, de la premitre Déclaration mais parce quelle neva pas assez loin, Ge sonten particulier les mesures plas eonerétes qu’elle propose qu'il conviendra de mettre en valeur pour fini, Pour feciliter lalecture du corrigé etattirer votre atten ‘tion sur Ja nécessité d’un plan rigoureux, nous avons fait figurer les titres des parties et sous-parties de la dissertation, mais nous vous rappelons qu'ils ne doivent pas apparaitre dans le devoir rédigé & examen. Introduction Lors de sa publication en septembre 1791, Ie Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne passa largement inapercue ‘melgré la publicité qu’Olympe de Gouges voulut lui donner. Quand elle fut lue, onn'y vit qu’ua pastiche, ou plutétune parodie oft 'au- teureattaquait & sa manigre le travail des Constituants, Pourtant, elle avait toujours soutenula Constitution et la Déclaration qui fou- vrait et son texte en reprond Vessentiel, copendant sa réécriture enoffre bien une lecture eritique mais oxpose sussi un véritable programme qui vise surtout & lui donner la portée universelle Jaguelle elle prétend. ia |, LaDéclaration des droits de la femme et de la Citoyenne reprend Pessentiel du premier texte pour en réaffirmer les principes Letexted'Olympe de Gouge ne remet pasen question les acquis de la premiére Déclaration a qui elle reconnait bien une veleur universelle, que ce soit sur le plan des droits de Homme ou du Citoyen. II agit d’on finir avec ’Ancion Régime et dineugurer une ére nouvelle, Elle on reprend dailleurslargement Feesenticl, et mot pour mot. Le principe de la souveraineté nationale, de la loi, la protection de lindividu contre l'arbitraire ou labolition des, privileges, pour n'en citer que les principaux, constituent bien pour elle la base de la société a venir, 1. Reprise dela Déclaration quasiment 4 Uidentique En reprenant dans son texte la forme méme adoptée par Ia premiére Décleration, Olympe de Gouges reconnait au premier texte une valeur de modele. Elle respecte @abord Péquilibre entre un préambule qui en affirme le principe eta dimension univer- selle et les dix-sept articles qui offrent un ensemble cohérent et concentré des droits « inaliénables et sacrés >. Pour Tessentiel, le nouveau texte ne fait que répéter mot pour mot ancien, en traduisant le terme générique Homme en ses deux composantes, Vhomme et la femme, Ainsi a Yarticle 2, le texte devientil « Le but de toute association politique est Ia conservation des droits natu- rels et imprescriptibles de la femme et de homme.» 2. Les droits de thomme Les droits des individus sont bien repris par Olympe de Gouges ctainsiréafficmés, Légalitétout d’abord puisque la fin des privileges Ancien Régime est confirmée dansla reprise de Particle 6quifait, de Ie oi la création de le volonté générale, la méme pour tous les individus, tous également «admissibles Atoutes dignités, places et ‘emplois publics, selon leurs capacités, ct sans autres distinctions que celles de lours vertus et de leurs talents.» De méme, légalité devant 'impét se trouve aussi reprise a V'rticle 13. a Le texte reprend aussi tous es articles concernant la liberté, premier droit affirmé par la Déclaration et définie aux articles4 et 5. La loi garantit la liberté par son caractére universel et rationnel qui la distingue des décisions arbitraires ayant cours parle passé comme les lettres de cachet. La Déclaration garantit ainsi pour chacun la sdreté, cest-A-dire la protection contré arrestation et détention erbitraires, La présomption d'innocence et le non-ré- troactivité de la loi pénale viennent compléter ces dispositions. Cotte liberté fondamentale se décline en libertés au pluriel commne la liberté de penséo ou d'expression. On peut imaginer A {quel point ces derniéres eomptent aux yeux de Tauteure qui en a fait trds tt un usage trds large auquel elle n'a jamais renoneé, y compris dangses deniers moments, Enfin, les deux textes posent comme un droit « larésistance 4 oppression », clest-A-dire le droit derésistor aun gouvernement iyrannique quimettraiten périlles droits universels 3. Lesdroits du citoyen Clympes de Gouges reprend aussi tout ce qui concerne les droits du Citoyen et pose les fondements d'un nouveau systéme politique. En premier lieu est affirmée que « toute souveraineté réside essentiellement dens la Nation », La loi est la source exclu: sive du drcit et tout citoyen appelé ou saisi en vertu de a loi est tenu dobtempérer. Hlle ne peut défendre que «les actions nuisibles Ala société » article 5) Elle est «V'expression de la volonté géné- rale » @aprés article 6, et« tous les citoyens ont droit de concourir personrellement ou par leurs représentants» a son élaboration. Le principe de la séparation des pouvoirs est repris dans lar- ticle 16 comme fondement de la Constitution. Enfin, il convient de prévoir Forganisation d'une « force publique» cestinée a faire appliquer la loi (article 13) et entretenue par tune «contribution » volontaire qui permet aussi de régler les « dépenses d'adminis: tration >. Cette contribution doit respecter le principe de néces: sité, d’égalité devant limp6t et de consentement. Far ailleurs, les citoyens disposent d'un droit de contréle (article 15) us |. Cependant, le nouveau texte apparait bien para réécriture comme une critique de la premiére Déclaration Cependant, la reprise quasiment a Midentique de Voriginsl, et par une forme qui de fait se trouve exclue de la participation directo au débat politique, reléguéo dans les tribunes de !Assem. bide ou uniquement autorisée ay présenter des pétitions, se révile 44gjh en soi une prise de pouvoir et donc une remise en cause des hommesa qui lle emprunteleur discours et jusqu’’ sa forme. Le réécriture subtile du préambule et des articles, plus ou moins étendue, permet en fait de proposer une lecture critique de la premiére Déclaration, 1. Les effets néfastes dela Révolution Das Ie préambule, Olympes de Gouges se livre & un constat sans appel gréce A une modification en apparence mineure: en écrivant que cesont < Vignorance, loublioule mépris des droits de Ja femme »et non plus« del’Homme », elledonne bien, elle aussi, 4 son texte une portée universelle mais elle inserit égelement dans le contexte de sa publication, Si elle écrit, cest précisément parce que les représentants de la nation, ayant négligé les droits des femmes, ont causé « des malheurs publics » et le « corruption des gouvernements ». Ces derniers termes veulent renvayer Ala situation au moment de la publication. Comme le rappelle le formule lapidaire du postambule, la femme « autrefoisméprisableetrespectése> » est devenue « depuis la Révolution, respectable et mépris é », Bn effet, en droits, lle a acquis un respect égal & celui des hommes, mais, dans la pratique, ses droits étant bafouts, elle se rotrouve de fait mépri- sée, Les modifications apportées & un certain nombre darticles reprennent cette idée. Ainsi, ds article 1; Olympe de Gouges affirme que « La femme na‘t libre et demeure égale & Thomme en droits. » Elle ne se contente done pas de substituer au terme sénérique ea traduction genrée, mais elle pose la nécessité de présorvor ces droits pour la femmo, alors que le texte suggére que Thomme remet en question dans les faits cette égalits de principe. n peut aussi entendrela conclusion de article suivant dans un, «sons plus particulier: «la résistance &'oppression » peut en effet 6 y faire référence A oppression masculine qui remet en question la conservation des « droits naturels et imprescriptibles » des femmes, Cette idée se trouve confirmée et explicitée a article + quand elle déclare: « Vexercice des droits naturels dela femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que homme lui oppose. » 2. Des réalités en contraciction avec les principes Le remplacement du terme générique « !Homme » par «, ala formation de lalojet, plus loin, « toutes lescitoyennes ettous les citoyens. ...Jdoiventétre égalementadmis- sibles toutes dignités... » Lordre de présentation, commel'usage un peuétrange gremmaticalement, dansla premiereoceurrence, du féminin « Toutes » en facteur commun pour les noms féminin et masculin qui suivent, ne doivent rien au hasard et veulent mettre en avant la nécessaire prise en compte des femmes. Par ailleurs, sion doit préciser « doivent concourir », etnon concourent, clest ‘quil segit de rappeler un principe que n'est pas respecté dans les faits, On trouve le méme phénomene juste avant avec «la loi doit étre Fexpression de la volonté générale » et, plus loin, avec cette méme loi qui « doit étre fa méme pour tous » Le préambule avait au préalable bien exposéque dansla nature, on trouve partout les sexes « confondus » et gu'ils «coopdrent avec ‘un ensemble harmonieus », Larticle 16stipule que « laConstitution cat nulle, si la majorité des individus qui composentla Nation n'a pas coopéré A sa rédaction. », et cette Nation avait été clairement définie au préalable & Varticle 3, elle «n'est que la réunion de la femmeet de homme», entendons cllenesaurait étre autre chose. Tous les articles rééerits sur la loi pénale s'expliquent par le dernier quileur donne un sens. On commence en effet par rappe- let de maniére a priori étrange, ou paradoxale, que la femme doit 6tresoumised la loi comme|’homme. Ce principe prend mémeune tournure plus surprenante quand on affirme que « Toute femme éant déclarée coupable, toute rigueur est exercée par la loi » en. semblant inviter a la sévérité, Cependant, Verticle 10, dans sa formule célébre « la femme a le droit de monter a échafaud ; elle doit avoir également celui de monter ala tribune », révéle lobjec- tif de Yauteure : rappeler que Fégalité devant la loi ne saurait étre concue différerment selon les comaines et que, dans la mesure oi il les condamne, le gouvernement doit aussi accepter que les femmes soient des citoyennes actives, Droits et devoirs doivent done séquilibrer. Ill, Cest moinsfinalement une critiquede a premigre Déclaration que de son application encore trop limitee et qui doit étre élargie par des mesures adaptées Le texte d’Olympe de Gouges propose done d'étendre vérits- blement les droits aux femmes, mais aussi de prendre en considé- ration la réalité pratique des conditions dexercice de ses droits 1. Louvertured’un processus Certains termes de la Déclaration le traduisent. Ainsi, dés le préambule, le valeur de référencedunouveautexte estaffirmée par lareprise des motsdela premiere Déclaration, mais qui prennent ‘un nouveau sens puisquil Sagitdésormais spécifiquementdes droits des femmes qui pourront éire défendus: « afin que cette déclara- tion constamment présente a tous les membres du corps social, eur rappelle sans cesse leuts droitset leurs devoirs... » De meme, alarticle 4 il est prévu de « réformer » les bornes que la tyrannie masculine met aux droits naturels des femmes, La nouvelle définition de la liberté a Varticle 4 se révéle, elle aussi, orientée vers Vaction, Ala précédente définition, négative, «consiste a pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas & autrui>, elle en la justice consistent a rendre tout ce qui appartient & autrui >. 1 s‘agit bion de lutter désormais contre linjustice et redistribuer des droits confisqués. Enfin, Olympe de Gouges inscrit aussi son texte entre préam: bule et postambule, respectivement adressés aux horames et aux femmes, pour impulser un réel mouvement, pousser les uns et les autres a metire les principes en pratique. Il s'agit d'abord de provoquer lespremiers, en apostrophant chacunindividuellement «Homme, es-tu capable d’étre juste? », en recourant au besoin a linvective: « Bizarre, aveugle, boursouilé de sciences et dégé- néré>, Il fautaussi mobiliser les femmes en faisant résonner « le tocsin ce la raison», en leur rappelant le sort injuste qui était le leur, tout aussi injuste présent et en leur offrant surtout un véri- table argumentaire, 2. Lesdroits politiques Parla rééeriture des articles, se trouve affirmé le nécessaire équilibre entre droits etdevoirs, nous lavons vu, etdoncle sappel que les femmes relevent bien des deux. Du cbté des devoirs, elles sont traitées surle plan pénal comme les hommes, avecla méme rigueur, et ce jusqu’a la peine de mort, Sur le plan fiscal, elles contribuent a égalité avec eux aux dépenses publiques et, bien tt, elles sont teaues dlohéira la loi, Bacontrepartie, elles doivent done jouir des droits correspoadants: voter de la loi, déterminer les contributions, eeeéder & tous es postes et méme, part la force publique. Ce dernier point n'est pas précisé mais rien ne Yexcluta priori et Pauline Léon présentera i fassembiéc une péti tion dans ce sens. 3. Unnouveau statut pour la femme Mais cest surtout danse domaine privé et dans les relations entre hommes et femmes que la Déclaration d’Olympe de Gouges serévéle particulirement originale, La formulation adoptée dans lepréambule est déjarrévélatrice ce titre: « Les meres, les filles, les scours > désignentles fermmesen 'absence dune référenceaux hommes, par elles-mémes, mais aussi daas leur réalité concréte, sion peut dire. A vrai dire, on ne saurait pour V'auteure séparer Jes domaines politique et privé. Haccession de la femme au statut de citoyenneactive suppose que ses conditions de viechangent du toutau tout, connaissent une véritable révolution. est d’abord Linégalité qui prévaut dans les relations entre hommes et femmes qui explique l'inégalité politique, c'est done dabord A elle quill convient de s’attequer. Il faut ainsi affirmer un partage égal des « propriétés », le pluriel a remplacé le singulier abstrait et clest un nouveau régime matrimonial que vise le texte, «

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