0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
222 vues10 pages

Séries Entières et Laurent

Ce document traite de séries entières et de séries de Laurent. Il définit ces concepts mathématiques et explique leur rayon de convergence, leurs opérations et leurs liens avec les fonctions analytiques. Le document détaille également les points singuliers d'une fonction analytique.

Transféré par

Mehdi GJ
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
222 vues10 pages

Séries Entières et Laurent

Ce document traite de séries entières et de séries de Laurent. Il définit ces concepts mathématiques et explique leur rayon de convergence, leurs opérations et leurs liens avec les fonctions analytiques. Le document détaille également les points singuliers d'une fonction analytique.

Transféré par

Mehdi GJ
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Mathématiques - Analyse SE 3

N. Delfosse

Séries entières et transformée en z

1 Séries entières et séries de Laurent


1.1 Séries entières
+∞
an (z − z0 )n où (an )n∈N
P
Définition : une série entière en z0 est une série de la forme
n=0
est une suite de complexes, z0 ∈ C est fixé et z est une variable complexe.
On appelle an (z − z0 )n terme général de la série.

Dans la plupart des exemples et exercices, z0 = 0 et on a une série entière en 0.


+∞
P n +∞ P 2n +∞ P n n +∞ P (z−i)n +∞ +∞
P zn
n
P
Exemples : z , z , 4 z , 2n , (n!)z , n!
n=0 n=0 n=0 n=0 n=0 n=0

Résultats principaux
1 - Une série entière +∞ n
P
n=0 an (z − z0 )

• diverge si |z − z0 | > R (son terme général ne tend pas vers 0)

• peut diverger ou converger selon le point z du cercle |z − z0 | = R

• converge dans son disque ouvert de convergence D(z0 , R) : |z −z0 | < R,


avec convergence normale sur tout disque fermé |z − z0 | ≤ ρ où ρ < R.

2 - R est appelé rayon de convergence de la série ; c’est la borne supérieure de


l’ensemble {r ≥ 0 tel que |an rn | est majoré } ;

• si an ou |an |1/n a une limite finie l quand n → +∞, alors R = 1/l ;
an+1

on a aussi 1/R =lim sup |an |1/n .


n→+∞
P+∞
3 - Dans D(z0 , R) la série définit une fonction S(z) = n=0 an (z − z0 )n
+∞ +∞
• dérivable, de dérivée S 0 (z) = nan (z − z0 )n−1 = (n + 1)an+1 (z − z0 )n .
P P
n=1 n=0

S (n) (z0 )
• corollairement, indéfiniment dérivable, et an = n!
pour tout n ∈ N.

P+∞ 0
Exemples : ez , cosh z, sinh z, cos z, sin z, n=0 zn .

1
P+∞ n
P+∞ n
Opérations : pour deux séries n=0 an (z − z0 ) et n=0 bn (z − z0 ) de sommes
respectives Sa (z) pour |z − z0 | < Ra et Sb (z) pour |z − z0 | < Rb , on définit

• leur somme Sa (z) + Sb (z) = +∞ n


P
n=0 (an + bn )(z − z0 ) pour |z − z0 | < R, avec
R ≤ min(Ra , Rb ).

Sa (z)Sb (z) = +∞ n
P
• leur produit
Pn n=0 cn (z − z0 ) pour |z − z0 | < min(Ra , Rb ), où
cn = k=0 ak bn−k , n ∈ N.
La suite (cn )n∈N est le produit de convolution des suites (an )n∈N et (bn )n∈N .

1.2 Fonctions analytiques


Définition : une fonction f définie sur un
P domaine Ω den C est développable en
série entière au point z0 ∈ Ω si f (z) = +∞n=0 an (z − z0 ) dans un disque D(z0 , R).
Ce développement est alors unique.
f est analytique sur Ω si elle est développable en série entière en tout point de Ω.
1
Exemple : 1−z
est analytique sur C − {1}.

Résultat
Une série entière est analytique dans son disque ouvert de convergence.

Opérations : soient f et g deux fonctions analytiques sur Ωf et Ωg


• la somme f + g et le produit f g sont analytiques sur Ωf ∩ Ωg ,

• si g ne s’annule pas sur Ωg , le quotient f /g est analytique sur Ωf ∩ Ωg ,

• si g(Ωg ) ⊂ Ωf , la composée f ◦ g est analytique sur Ωg .

Exemples
• un polynôme est analytique sur C,

• une fraction rationnelle est analytique sur tout domaine où elle est définie,

• ez , cosh z, sinh z, cos z, sin z sont analytiques sur C,

• toute fonction formée par opérations à partir des précédentes est analytique sur
un domaine à déterminer. (Exemple : tan z.)

Zéros d’une fonction analytique


Soit f une fonction analytique sur Ω. On suppose que f a un zéro au point z0 de Ω.
Si f n’est pas la fonction nulle sur Ω, comme pour un polynôme :
• il existe un entier m appelé ordre du zéro z0 , et une fonction f1 analytique sur
Ω avec f1 (z0 ) 6= 0 tels que f (z) = (z − z0 )m f1 (z)
P+∞ f (k+m) (z0 )
• f1 (z) = k=0 bk (z − z0 )k pour |z − z0 | < r, avec bk = (m+k)!

• le zéro z0 est isolé (seul zéro dans D(z0 , r)).

2
Pôles d’un quotient de fonctions analytiques
Soient f et g deux fonctions analytiques sur Ω ayant un zéro d’ordre k pour f et l
pour g au point z0 de Ω. Il existe donc deux fonctions f1 et g1 analytiques sur Ω avec
f1 (z0 ) 6= 0 et g1 (z0 ) 6= 0 tels que f (z) = (z − z0 )k f1 (z) et g(z) = (z − z0 )l g1 (z).
On considère le quotient h(z) = fg (z) = (z − z0 )k−l fg11 (z)
• si k > l, z0 est un zéro d’ordre k − l de h,

• si k = l, h est continue et analytique en z0 ,

• si k < l, z0 est un pôle d’ordre l − k de la fonction h et on a


h(z) = (z − z0 )−(l−k) h1 (z), avec h1 (z0 ) 6= 0 et h1 analytique sur D(z0 , r).

1.3 Séries de Laurent


Construction
+∞ +∞
an z n pour |z| < R1 et S2 (z) = bn z n pour
P P
Soient deux séries entières : S1 (z) =
+∞ −1 n=0 n=1
bn ( z1 )n = b−k z k converge si |z| > R12 et, dans ce cas, sa
P P
|z| < R2 . La série
n=1 k=−∞
somme est S2 ( z1 ). On pose r = R12 , R = R1 et an = b−n pour n < 0. Pour tout z tel
+∞
an z n est convergente, de somme S2 ( z1 ) + S1 (z) = S(z).
P
que r < |z| < R, la série
n=−∞
(Si r > R, la série diverge en tout point.)
On peut tenir un raisonnement analogue à partir de deux séries entières en z0 .
Définitions
• l’ensemble ∆ : r < |z − z0 | < R est une couronne (ouverte) de centre z0 et de
rayons r et R.
+∞
an (z − z0 )n .
P
• une série de Laurent en z0 est une série de la forme
n=−∞

Théorème
Une série de Laurent converge dans une couronne ∆ : r < |z − z0 | < R où
elle définit une fonction analytique.
Attention : parler d’une série de Laurent sans préciser la couronne de convergence
n’a pas de sens.

Développement(s) en série de Laurent


La fonction f définie dans la couronne ∆ : r < |z − z0 | < R y est développable en
série de Laurent s’il existe Pune série de Laurent convergente dans cette couronne qui
vérifie en tout point f (z) = an (z − z0 )n .
n∈Z

Théorème
Toute fonction f analytique dans une couronne ∆ P : r < |z − z0 | < R y est
développable en une série de Laurent unique f (z) = an (z − z0 )n .
n∈Z

3
1
Remarques: 1 - f peut être analytique dans plusieurs couronnes (comme z−1 , ana-
lytique dans ∆1 = D(0, 1) et dans ∆2 : |z| > 1 ). Dans ce cas, elle admet un DSL
unique par couronne.
2 - Si f est analytique dans un disque D(z0 , R), son développement en série de
Laurent dans la couronne couronne 0 ≤ |z − z0 | < R coı̈ncide avec son développement
en série entière dans le disque D(z0 , R).

Points singuliers d’une fonction analytique


Si une fonction f analytique sur D(z0 , r) − {z0 } n’est pas définie en z0 , on dit que z0
est un point singulier de f .

• si f est bornée au voisinage de z0 , il s’agit d’un point singulier apparent et f est


analytique en z0 . Exemple : 12 pour z−1/2
cos πz
,

• ce point singulier est un pôle d’odre m, m ≥ 1, si (z − z0 )m f (z) est analytique


sur Ω, mais pas (z − z0 )m−1 f (z). Exemple : les points singuliers des fractions
rationnelles sont tous des pôles ; ceux de tan z aussi.

• s’il n’existe pas un tel entier m, z0 est un point singulier essentiel. On ne peut
pas éliminer la singularité en multipliant f (z) par (z − z0 )k . Exemple : 0 pour
exp( z1 ).

Calculs pratiques de DSL : les calculs de DSL se font à l’aide de DSE.


1
• f (z) = admet deux DSL dans des couronnes de centre 0 : pour |z| <
z−a
+∞
|a|, f (z) = −1 −1
P −n n
1
a 1−a−1 z
= a
a z et pour |z| > |a|, f (z) = z −1 1−az
1
−1 =
n=0
+∞
−1 k −k
P
z a z = ...
k=0

1
• f (z) = (z−a) k admet également deux DSL, dans les mêmes couronnes. On les

obtient, à un coefficient près, par dérivations successives du précédent.


0  0
1 1 1 1 1
Exemples : (z−a) 2 = − z−a
= ... ; (z−a)3
= − 2 (z−a)2
= ...

• f (z) = 1
z−a
= (z − a)−1 est le DSL de f dans la couronne |z − a| > 0
1 1
• f (z) = z−a = (z−z0 )−(a−z 0)
peut se développer en puissances de (z − z0 ) dans les
couronnes |z − z0 | < |a − z0 | et |z − z0 | > |a − z0 |.

• Le cas le plus courant est celui où f (z) est une fraction rationnelle. Il faut iden-
tifier ses pôles qui déterminent ses couronnes d’analyticité, puis la décomposer
1
dans C en éléments simples, tous de la forme (z−a)k . Dans une couronne donnée,
il faut enfin choisir le DSL convenable de chaque élément simple.
1
Remarque : il n’y a pas d’intérêt à décomposer les termes du type z k −1
pour un
développement en puissances de z.

• Quand f (z) n’est pas une fraction rationnelle, le calcul peut être délicat. S’il
reste simple pour (1 + z 2 ) cos(1/z) pour |z| > 0, il l’est moins pour cos(1/z)
1−z 2
.

4
Exercice 1
Détermner les séries entières en 0, avec leur rayon de convergence, dont les sommes
1 1 1 1 1
sont ; 2
; 2
; ; la série entière en 5 de somme et la
1+z 1+z (1 − z) 2−z 2−z
1
série entière en -1 de somme .
2 + 2z + z 2

Exercice 2
√ 1
an z n pour an =
P
Déterminer le rayon de convergence de la série entière n ; an = ;
nn+3
2n
n 1
an = ln(n + 1) − ln n ; an = ; an = n si n est pair et an = n
si n est impair.
(2n)!

Exercice 3
eiz + e−iz eiz − e−iz ez + e−z ez − e−z
On définit cos z = ; sin z = ; cosh z = ; sinh z = .
2 2i 2 2
1) Déterminer la série entière dont cos z est la somme sur C ; idem pour sin z.
Montrer : ∀z ∈ C, cos2 z + sin2 z = 1.
2) a) Vérifier que cos z = cos x cosh y − i sin x sinh y pour z = x + iy.
b) Vérifier que sin z = sin x cosh y + i cos x sinh y pour z = x + iy.
c) En déduire que | cos z| et | sin z| ne sont pas bornés sur C.
d) Résoudre dans C les équations cos z = 0 et sin z = 0.

Exercice 4
La fonction définie par f : z 7→ sin(π/z) pour z non nul et f (0) = 0 est-elle analy-
tique sur C ? (on pourra déterminer et représenter ses zéros.)

Exercice 5
Déterminer les fonctions f analytiques dans D(0, 1) qui y vérifient f (z) = z + f (z 2 ).

Exercice 6
Déterminer les pôles et les zéros, avec leur ordre, des fonctions suivantes :
sin z cos(πz) sin(πz) z2 + π2
f (z) = tan z = ; g(z) = ; h(z) = .
cos z z (2z − 1)(z 3 − 1)2
2 e2z − 1

Exercice 7
1) Soient deux fonctions f et g analytiques dans un domaine Ω, ayant en z0 un
zéro d’ordre au moins k pour f et exactement k pour g. Etudier lim fg(z)
(z)
.
z→z0
10
z +1 1 − cos z 1 − cos z
2) Déterminer : lim ; lim ; lim .
z→i z6 + 1 z→0 z2 z→0 sin(z 2 )

5
2 Transformée en z
2.1 Définition, transformée inverse et propriétés
Définition
+∞
fn z −n .
P
La transformée en z de la suite (fn ) indexée par Z est F (z) =
n=−∞
C’est une fonction définie et analytique dans une couronne ∆ : r < |z| < R
(puisqu’il s’agit d’une série de Laurent).

Si (fn ) est une suite causale, (i.e. fn = 0 pour n < 0 ou (fn ) indexée par N),
+∞
fn z −n est définie et analytique dans une couronne extérieure |z| > r.
P
F (z) =
n=0

Quand la suite (fn ) est causale, on a, comme avec la transformée de Laplace, les
deux résultats suivants :
Théorème de la valeur initiale lim F (z) = f0 .
|z|→+∞

Théorème de la valeur finale lim (1 − z −1 )F (z) = l.


|z|→1
|z|>1

Théorème fondamental : tranformée inverse.


1 - Une fonction F (z) analytique dans k couronnes ∆1 , · · · , ∆k de centre 0 est la
transformée en z d’une unique suite (fi,n )n∈Z indexée par Z dans chaque couronne
∆i , appelée tranformée inverse de la fonction F (z) dans la couronne ∆i .
2 - Si ∆1 est la couronne extérieure |z| > r1 , et si F (z) a une limite finie quand
|z| → +∞, la transformée inverse de F (z) dans ∆1 est une suite causale.

Théorème du retard et de l’avance


Soient une suite (fn )n∈Z et F (z) sa TZ, analytique dans ∆. Soit k un entier > 0.

• La suite (gn )n∈Z définie par gn = fn−k pour n ∈ Z est en retard de k sur
(fn )n∈Z et sa TZ, analytique dans ∆, est G(z) = z −k F (z).
z −1 est appelé facteur de retard. Si (fn ) est causale, (gn ) l’est aussi.

• La suite (hn )n∈Z définie par hn = fn+k pour n ∈ Z est en avance de k sur
(fn )n∈Z et sa TZ, analytique dans ∆, est H(z) = z +k F (z).
Si (fn ) est causale, (hn ) ne l’est pas. La suite causale
 (h̃n )k−1
en avance de k est
h̃n = 0, n < 0 ; h̃n = fn+k , n ∈ N, et H̃(z) = z +k F (z) − fn z −n .
P
n=0

Deux autres proprétés simples :

• la transformée de la suite (nfn )n∈Z est −zF 0 (z) dans ∆ ;

• celle de la suite (an fn )n∈Z est F ( az ), pour |a|r < |z| < |a|R.

6
Théorème de convolution
Soient deux suites (fn )n∈Z , (gn )n∈Z et soient F (z) et G(z) leurs transformées en z
respectives, analytiques dans ∆f et ∆g .

• Définition : leur produit de convolutionP+∞ existe si ∆f ∩ ∆g 6= ∅. C’est la


suite f ? g = (hn )n∈Z définie par hn = k=−∞ fk gn−k pour n ∈ Z.
Si f et g sont causales, h = f ? g l’est aussi et hn = nk=0 fk gn−k pour n ∈ N.
P

• Résultat : h = f ? g a pour transformée en z H(z) = F (z)G(z), analytique


dans ∆f ∩ ∆g .

Corollaire: théorème de la sommation pour une suite causale


Dans le cas où f est causale et donc F (z) est analytique pour |z| > rf , en choisissant
Pn
pour g la suite constante gn = 1 pour n ∈ N, on obtient hn = fk pour n ∈ N et
k=0

H(z) = (1 − z −1 )−1 F (z) pour |z| > sup(rf , 1).

2.2 La transformée en z pour le filtrage


2.2.1 Liens avec la causalité et la stabilité d’un filtrage
Deux signaux utiles
• l’impulsion à temps discret est définie par un = 1 si n = 0 et un = 0 sinon.
Sa transformée en z est U (z) = 1 pour tout z.
• l’échelon à temps discret est défini par un = 0 si n < 0 et un = 1 si n ≥ 0.
1
Sa transformée en z est U (z) = 1−z −1
pour |z| > 1.

2.2.2 Filtrage linéaire


• Le modèle mathématique d’un filtrage linéaire est une convolution temporelle :
on représente un filtre H par une suite (hn )n∈Z , on appelle (un )n∈Z la suite des
valeurs du signal d’entrée et (yn )n∈N la suite des valeurs du signal de sortie.
On note U (z), Y (z) et H(z) leurs transformées en z respectives dans les couronnes
∆u , ∆y et ∆h .
• Le filtrage se traduit par :
X
yn = hk un−k ∀n ∈ Z ou Y (z) = H(z)U (z) ∀z ∈ ∆y = ∆h ∩ ∆u .
k∈Z

• Si le signal d’entrée est une impulsion, le signal de sortie vérifie yn = hn pour


n ∈ Z. C’est pourquoi la suite (hn )n∈Z est appelée réponse impulsionnelle du
filtre.

7
+∞
P
• Le filtrage est causal si hk = 0 pour tout k < 0. On a alors yn = hk un−k
k=0
pour n ∈ Z, ce qui signifie que yn , valeur du signal de sortie à l’instant n dépend
des valeurs du signal d’entrée aux instants précédant n uniquement : u est la
cause, y est l’effet.
Ceci implique qu’on considère le développement de H(z) dans la couronne exté-
rieure, donc que H(z) est analytique pour |z| > rh .

• Le filtre de réponse impulsionnelle (hn )n∈Z est BIBO-stable si toute entrée


bornée u produit une sortie y bornée.

Théorème
P
Une CNS de BIBO-stabilité est que |hn | soit convergente.
n∈Z
Cette condition est vérifiée si et seulement si la couronne ∆h contient le cercle unité.
Dans ce cas, H(e2iπf ) existe pour f ∈ R.

• Un filtre est réalisable s’il est à la fois causal et BIBO-stable.


La fonction H(z) correspond donc à un filtrage réalisable si et seulement si elle
est analytique sur une couronne extérieure |z| > rh avec rh < 1.

Résultat
Si H(z) est une fraction rationnelle, le filtrage est réalisable si et seulement si les
pôles de H(z) sont tous de module strictement inférieur à 1, c’est à dire situés dans
le disque unité D(0, 1).

Ce résultat fait écho à celui du cours d’automatique continue, qui dit qu’un système
de fonction de transfert rationnelle est stable si et seulement si tous ses pôles sont de
partie réelle négative. (Avec z = eT p , voir plus loin TFTD, un demi-plan Re(p) < a
dans le domaine de Laplace correspond à une couronne |z| < eT a dans le domaine de
z. On retrouve le disque unité pour a = 0.)

2.2.3 Transformée de Fourier à temps discret


• On considère une suite(xn )n∈Z , obtenue par échantillonnage à la période T d’un
signal d’énergie finie x(t)t∈R : xn = x(nT ). Soit X(z) sa transformée en z.
+∞
La fonction f 7→ X(e2iπf T ) = xn e−2iπf nT est appellée transformée de
P
n=−∞
Fourier à temps discret (TFTD) du signal x(t) (f est la fréquence).
Il est clair que X(e2iπf T ) n’est définie que si X(z) est analytique dans une
couronne qui contient le cercle unité C(0.1).

• Quand elle existe, la fonction X(e2iπf T ) est T1 -périodique et, en la supposant


continue par morceaux, on peut écrire
Z 1
2T
xn = T X(e2iπf T )e2iπf nT df (coefficient de Fourier), et
1
− 2T

8
+∞ +∞ Z 1
X X 2T
2 2
|xn | = |x(nT )| = T |X(e2iπf T )|2 df égalité de Parseval.
1
n=−∞ n=−∞ − 2T

Remarque : on travaille souvent en fréquence normalisée : T = 1 et f varie


+∞ R1
dans [− 21 , + 21 ]. L’égalité de Parseval s’écrit alors |xn |2 = −2 1 |X(e2iπf )|2 df.
P
n=−∞ 2

R +∞
• Soit x̂(f ) le spectre du signal à temps continu : x̂(f ) = −∞
x(t)e−2iπf t dt.
En le supposant à bande limitée (i.e. nul pour |f | > f0 ), on peut définir la
+∞
fonction S(f ) = T1 x̂(f − Tk ), qui est T1 -périodique.
P
k=−∞

Théorème de Shannon (ou théorème d’échantillonnage) : on a


+∞ +∞
1 X k X
S(f ) = X(e2iπf T
) soit x̂(f − ) = xn e−2iπf nT
T k=−∞ T n=−∞

S(f ), spectre du signal échantillonné, est obtenu par périodisation du spectre du


signal à temps continu.
La connaissance de la suite des échantillons x(nT ) pour n ∈ Z suffit à déterminer
entièrement x(t) pour t ∈ R dès que la fréquence d’échantillonnage T1 vérifie T1 > 2f0 .
La fréquence 2f0 est appelée fréquence de Shannon ou fréquence de Nyquist.

Exercice 8
z z2
On considère les fonctions F et G définies par F (z) = z 2 +1
et G(z) = z+1
.
1) a) Donner les tous DSL possibles de F dans des couronnes de centre 0.
b) Donner les tous DSL possibles de F dans des couronnes de centre i.
c) Combien F admet-elle de DSL en un point z0 différent de 0, i et −i ?
2) a) Montrer que F est la transformée en z monolatérale d’une suite (fn )n∈N .
b) F est-elle la transformée en z d’autres suites ?
c) Traiter de même la fonction G.

Exercice 9
n
1
P
Calculer la transformée en z de la suite (fn )n∈N où fn = k!
.
k=0

Exercice 10
1 z
1) De combien de suites la fonction F (z) = z+4 + z−1 est-elle la transformée en z ?
2) Les écrires toutes formellement puis en calculant les coefficients.

Exercice 11
Soit la relation de récurrence (R) yn+1 − 2yn = n, n ∈ N, avec y0 = 0.
1) Calculer yi pour i = 1 à 4.
2) Appliquer la transformée en z à (R) en posant Y (z) = +∞ −n
P
n=0 yn z .
−1
3) Donner Y (z) sous la forme d’une fraction rationnelle en z et sous la
forme d’une fraction rationnelle en z.

9
A B C
4) Montrer que Y (z) = z−2 + (z−1) 2 + z−1 et calculer A, B et C.

5) En déduire l’expression de yn pour n ∈ N par transformée inverse.

Exercice 12
Soit a un complexe vérifiantP|a| < 1. On considère le système sommateur d’entrée u et
de sortie y défini par yn = nk=0 uk = u0 + u1 + . . . + un pour n ∈ N.
1) Quelle est sa réponse impulsionnelle ?
2) Quelle est sa réponse à un échelon (à temps discret) ?
3) Quelle est sa réponse à l’entrée un = an , n ∈ N ?
4) Ce système est-il causal ?
5) Ce système est-il stable ?
6) Donner sa fonction de transfert et préciser ses pôles.

Exercice 13
Soient a, b ∈ R+ avec b < 1, et a 6= b. On définit une suite causale un = bn ∀n ∈ N.
1) On cherche les suites causales y = (yn )n∈N qui vérifient
∀n ∈ N yn − a yn−1 = un (R1).
a) Que vaut y0 ? Calculer y1 , y2 ... et en déduire l’expression de yn pour n ∈ N.
A quelle condition sur a la suite y est-elle bornée ?
b) Ecrire les transformées en z des deux membres de (R1) en précisant les con-
ditions de convergence des séries obtenues.
Décomposer en éléments simples la fraction Y (z).
En déduire la suite y et comparer avec le résultat de la question 1).
2) On cherche maintenant toutes les suites y = (yn )n∈Z qui vérifient
∀n ∈ Z yn − a yn−1 = un (R2).
a) Montrer que la suite trouvée en 1) est solution.
b) Montrer que si a > b, il existe une autre suite (vn )n∈Z solution de (R2).
3) Donner une interprétation en terme de filtrage de (R1) et (R2).

Exercice 14
z z 2z 2 − √12 z

Soient z0 = ρe (6= 0) et les fonctions H(z) = + et G(z) = 2 .
z − z0 z − z¯0 z − √12 z + 14
1) Montrer que H(z) est la TZ d’une suite causale (hn )n∈N et calculer cette suite.
2) a) calculer la TZ de la suite un = cos(n π6 ), n ∈ N,
b) calculer la TZ de la suite vn = 2n sin(n π6 ), n ∈ N.
3) a) La fonction G définit-elle un filtre réalisable ?
b) Calculer sa réponse impulsionnelle (gn )n∈N .
c) Donner une équation récurrente dont cette suite est solution.

10

Vous aimerez peut-être aussi