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STATISTIQUE II Mme MEKHAZNI
CHAPITRE 1 : ANALYSE COMBINATOIRE
1. Introduction :
L’analyse combinatoire est l’ensemble des techniques qui visent à dénombrer (compter) les
dispositions que l’on peut former à partir des éléments d’un ensemble fini (ou encore les résultats
d’une expérience donnée).
Exemple :
Combien de plaques d’immatriculation peut-on former avec l’ensemble des chiffres ?.
On installe cinq personnes dans une voiture, combien y-a-t il de choix possibles ?
2. Définitions :
Deux éléments d’un ensemble sont dits «discernables» (ou distinguables) s’ils ne sont pas
considérés comme équivalents, sinon on dira qu’ils sont « indiscernables» (ou
indistinguables) (exemple : jeu de cartes).
Une « disposition» (ou résultat) est formée d’éléments choisis parmi « n » éléments d’un
ensemble. Si un élément apparaît plus d’une fois, on parle de « disposition avec répétition»,
sinon c’est une « disposition sans répétition». Si les éléments qui figurent dans une même
disposition jouent le même rôle, on dit que « la disposition est non ordonnée», sinon elle
est dite « ordonnée».
Dans ce chapitre, on étudiera les dispositions les plus classiques : arrangements, permutations et
combinaisons avec et sans répétition. Dans la suite, E désignera un ensemble à n éléments (i.e.
cardinal de E = card E = IEI = n) ou encore comme étant l’ensemble des résultats d’une expérience
à n issues (résultats possibles).
3. Le principe fondamental de dénombrement (Règle de multiplication) :
On réalise deux expériences, la première à « n » résultats possibles, et la deuxième en a « m » pour
l’un quelconque des résultats de la première expérience. Alors, il y a « n.m » résultats possibles pour
les deux expériences prises ensemble.
Les n résultats possibles de la 1ère expérience sont notés : a1, a2, a3,…, an.
Les m résultats possibles de la 2ème expérience sont notés : b1, b2, b3,…, bm.
Si on note (ai, bj) pour i =1,2,…,n et j =1,2,…,m un des résultats des deux expériences prises
ensemble. On aura « n.m » résultats possibles des deux expériences prises ensemble.
(𝑎1 , 𝑏1 ) (𝑎1 , 𝑏2 ) … … . (𝑎1 , 𝑏𝑚 )
(𝑎2 , 𝑏1 ) (𝑎2 , 𝑏2 ) … … . (𝑎2 , 𝑏𝑚 )
( (𝑎𝑛 , 𝑏1 ) (𝑎𝑛 , 𝑏2 ) … … . (𝑎𝑛 , 𝑏𝑚 ))
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Remarque :
Le résultat de deux expériences prises ensemble est appelé « paire ».
Le résultat de « k » expériences prises ensemble est appelé « k-uplet » (multiplet) ou suite
de longueur k.
4. Les dispositions les plus classiques :
a. Arrangement avec répétition :
On appelle arrangement avec répétition de k éléments choisis parmi n, une disposition (suite)
ordonnée avec répétition éventuellement de k éléments choisis parmi n. On note ce nombre :
k = 𝒏𝒌
Exemples : n
Combien de plaques d’immatriculation de sept caractères peut-on former si les deux premiers
caractères sont des lettres et les cinq derniers des chiffres ?
On jette une pièce de monnaie n fois, combien de résultats possibles peut-on obtenir ?
b. Arrangement sans répétition :
On appelle arrangement sans répétition de k éléments choisis parmi n, une disposition (suite)
ordonnée sans répétition éventuellement de k éléments choisis parmi n. On note ce nombre :
𝑛!
(𝑛)𝑘 = 𝐴𝑘𝑛 = = 𝑛(𝑛 − 1)(𝑛 − 2) … (𝑛 − 𝑘 + 1) 1≤𝑘≤𝑛
(𝑛 − 𝑘)!
Avec : 𝒏! = 𝑛(𝑛 − 1)(𝑛 − 2) … 2.1 et 0 ! = 1.
Exemples :
Combien de numéros de téléphone de 6 chiffres peut-on former si chaque chiffre n’est utilisé
qu’une seule fois ?
Combien de dispositions peut-on réaliser avec une lettre et un coli dans neuf boites aux lettres
numérotées de 1 à 9 ?
c. Permutation sans répétition :
On appelle permutation sans répétition une disposition ordonnée de l’ensemble des n éléments de
E. On note ce nombre :
n = 𝑃𝑛 = 𝒏
Remarque : n = 𝑃𝑛 = (𝒏)𝒏 = 𝒏 !
Exemple :
Combien de façons possibles y a-t-il de placer 6 personnes autour d’une table, si celle-ci a la
forme d’un U ? si elle est ronde ?.
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d. Combinaison sans répétition :
On appelle combinaison sans répétition de k éléments choisis parmi n, une disposition non
ordonnée, sans répétition de k éléments choisis parmi n. On note ce nombre :
𝑛 𝑛!
( ) = 𝐶𝑛𝑘 = 𝑘 = 1,2, … , 𝑛
𝑘 𝑘! (𝑛 − 𝑘)!
𝑛
Les (𝑘 ) sont appelés coefficients binomiaux.
Propriétés :
𝑛 ( 𝒏) ( 𝒏)
( ) = 𝑘! 𝒌 = 𝑃 𝒌 𝑘 = 1,2, … , 𝑛.
𝑘 𝑘
𝑛 𝑛
( )=( ).
𝑘 𝑛−𝑘
𝑛 𝑛−1 𝑛−1
( )=( )+( ).
𝑘 𝑘 𝑘−1
Exemple :
On veut former un comité comprenant 3 étudiants parmi les 15 étudiants de la post
graduation. Combien y a-t-il de comités possibles ?
Formule du binôme de Newton :
∀𝑎, 𝑏 ∈ 𝐼𝐶, ∀𝑛 ∈ 𝐼𝑁. On a :
𝒏
𝒏
(𝒂 + 𝒃)𝒏 = ∑ ( ) 𝒂𝒌 𝒃𝒏−𝒌
𝒌
𝒌=𝟎
Le triangle de Pascal :
𝟎
( )
𝟎
𝟏 𝟏
( ) ( )
𝟏 𝟎 𝟏
𝟏 𝟏 𝟐 𝟐 𝟐
( ) ( ) ( )
𝟏 𝟐 𝟏 𝟎 𝟏 𝟐
𝟑 𝟑 𝟑 𝟑
𝟏 𝟑 𝟑 𝟏 ( ) ( ) ( ) ( )
𝟎 𝟏 𝟐 𝟑
𝟏 𝟒 𝟔 𝟒 𝟏 𝟒 𝟒 𝟒 𝟒 𝟒
𝟏 𝟓 𝟏𝟎 𝟏𝟎 𝟓 𝟏 ( ) ( ) ( ) ( ) ( )
𝟎 𝟏 𝟐 𝟑 𝟒
𝟏 𝟔 𝟏𝟓 𝟐𝟎 𝟏𝟓 𝟔 𝟏 𝟓 𝟓 𝟓 𝟓 𝟓 𝟓
( ) ( ) ( ) ( ) ( ) ( )
𝟎 𝟏 𝟐 𝟑 𝟒 𝟓
𝟔 𝟔 𝟔 𝟔 𝟔 𝟔 𝟔
( ) ( ) ( ) ( ) ( ) ( ) ( )
𝟎 𝟏 𝟐 𝟑 𝟒 𝟓 𝟔
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e. Permutation avec répétition :
On appelle permutation avec répétition de n éléments formés de « r » groupes discernables
d’éléments indiscernables, une disposition ordonnée de l’ensemble des n éléments, dans le 1er
groupe il y’a n1 éléments indiscernables, dans le 2ème il y en a n2 ,…, et dans le rème il y en a nr, et les r
groupes sont discernables avec : 𝑛 = 𝑛1 + 𝑛2 + ⋯ + 𝑛𝑟 = ∑𝑟𝑖=1 𝑛𝑖 et on note ce nombre :
𝑛 𝑛! 𝑃𝑛
(𝑛 𝑛2 𝑛3 … 𝑛𝑟 ) = =
1 𝑛1 ! 𝑛2 ! 𝑛3 ! … 𝑛𝑟 ! 𝑃1 . 𝑃2 . 𝑃3 . … 𝑃𝑟
Exemple :
A partir des 6 chiffres suivants : 5,5,5,2,2,9. Combien de numéros de téléphone peut-on
former ?
f. Combinaison avec répétition :
On notera les éléments de E par : 𝐸 = {𝑎1 , 𝑎2 , 𝑎3 , … , 𝑎𝑛 }.
On appelle combinaison avec répétition de k éléments choisis parmi n, la suite dont les k1
premiers termes sont égaux à 𝑎1 , les k2 suivants égaux à 𝑎2 ,.…, les kn suivants égaux à an, avec :
𝑘 = 𝑘1 + 𝑘2 + ⋯ + 𝑘𝑟 = ∑𝑟𝑖=1 𝑘𝑖 et on note ce nombre :
𝑛+𝑘−1 (𝑛 + 𝑘 − 1)!
𝐾𝑛𝑘 = ( )=
𝑛−1 (𝑛 − 1)! 𝑘!
Conséquences :
𝑛+𝑘−1
• 𝐾𝑛𝑘 = ( )
𝑘
𝑛−1
• 𝐾𝑛𝑘 = 𝐾𝑘+1
Exemple :
• Dans une urne, il y a 6 boules indiscernables, on en tire 3, une par une en les remettant à
chaque fois. Combien y a-t-il de tirages possibles ?
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