Université Mohamed Khider, Biskra
Département de Génie Électrique
Filière d’Électrotechnique
Module : Schémas et appareillage
Semestre : 5
Année universitaire : 2020/2021
Chapitre I
Phénomènes liés aux courant et à la tension
1. Les surintensités
Les causes et les valeurs des surintensités sont multiples. On distingue habituellement dans les
surintensités, les surcharges et les courts-circuits.
1.1. La surcharge
Le courant de surcharge est en général une faible surintensité se produisant dans un circuit
électrique sain. L’exemple type est le circuit alimentant des prises de courant sur lesquelles on a
raccordé un trop grand nombre d’appareils.
1.1.1. Caractéristiques
Le terme “surcharge” est utilisé pour un courant excessif circulant dans un circuit en bon état
électriquement. Les surcharges sont en général inférieures à 10 fois le courant nominal du circuit.
Les surcharges de courant ne sont pas beaucoup plus élevées que le courant maximum
permanent d’une installation, mais si elles se maintiennent trop longtemps elles peuvent faire des
dégâts. Les dégâts, plus particulièrement aux matières isolantes en contact avec les conducteurs de
courant, sont la conséquence de l’effet thermique du courant. La durée de cet effet thermique est
relativement longue (de quelques secondes à quelques heures), et la surcharge peut donc être
caractérisée par la valeur efficace du courant. La protection contre une surcharge est réalisée par un
dispositif de protection capable de diminuer la durée de la surcharge.
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1.1.2. Causes habituelles des surcharges
Manque de maintenance Accumulation de poussières, particules étrangères
Vieillissement des équipements Pièces usées, lubrification insuffisante
Problème thermique Isolement dégradé, composants défaillants
Mauvaise utilisation Capacité insuffisante, usage excessif
Qualité de l’énergie Surtensions et sous tensions transitoires
Défauts de terre de faible amplitude Particules métalliques, dégâts des eaux
1.2. Le court-circuit
Le courant de court-circuit est en général une forte intensité produite par un défaut de résistance
négligeable entre des points présentant une différence de potentiel en service normal.
1.2.1. Caractéristiques
Le court circuit est souvent dû à une défaillance électrique importante comme la rupture d’un
isolant, la chute d’un objet métallique sur des barres ou la défaillance d’un semi conducteur. Il en
résulte un courant de défaut dont la valeur efficace est très élevée (typiquement supérieure à 10 fois la
valeur du courant nominal de l’installation).
L’effet thermique est tellement rapide que les dégâts dans l’installation se produisent en quelques
millisecondes. Cet effet thermique extrêmement rapide ne peut pas être caractérisé par la valeur
efficace du courant présumé de défaut comme c’est le cas dans les surcharges, car il dépend de la forme
de l’onde de courant. Dans ce cas la protection doit limiter l’énergie associée au défaut; cette énergie
est liée à la grandeur suivante I²t. Cette grandeur est une mesure de l’énergie thermique fournie à
chaque ohm du circuit par le courant de court circuit pendant le temps t.
Cependant la protection contre les court-circuits impose souvent une condition supplémentaire
qui est la limitation du courant crête autorisé dans l’installation. En effet les forces électromagnétiques
sont proportionnelles au carré de la valeur instantanée du courant et peuvent produire des dégâts
mécaniques aux équipements si les courants de court circuit ne sont pas « limités » très rapidement. Les
contacts de sectionneurs, contacteurs et même de disjoncteurs peuvent se souder si le courant crête
passant dans le circuit de défaut n’est pas limité à une valeur suffisamment basse.
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Si la fusion de certains conducteurs et de certaines parties de composants se produit, un arc
entre les particules fondues peut s’amorcer, déclencher des incendies et créer des situations
dangereuses pour le personnel. Une installation électrique peut même être complètement détruite.
Les fusibles ultra-rapides pour la protection des semi conducteurs fournissent une excellente
protection en cas de court circuit.
1.2.2. Causes habituelles des courts-circuits
Elément étranger Boulons, tournevis, autres objets conducteurs
Défaillances de composants Claquage de semi conducteur
Surtensions Foudre, commutations, interruptions
Défauts de terre de grande amplitude Court–circuit à la terre
Influences externes Inondations, incendies, vibrations
2. Les surtensions
Un réseau électrique possède en générale une tension normale (tension nominale). En basse
tension, cette tension nominale peut être par exemple de 230V entre phase et neutre. En moyenne
tension, celle-ci est normalisée à 20kV (entre phase) et 11.5kV (entre phase et terre). Le réseau peut se
trouver accidentellement porté à une tension supérieure de sa tension nominale : on parle alors de
surtension. Les surtensions sont une des causes possibles de défaillances d'équipements électriques ou
électroniques, bien que ceux-ci soient de mieux en mieux protégés contre ce type d'incident.
Les différents types de surtension dans les réseaux électriques sont :
Surtension permanente : d'une durée de plusieurs heures (l'effet Ferranti peut être une cause de
surtension permanente).
Surtension temporaire : d'une durée d'une ou de plusieurs secondes. Un court-circuit d'une des
phases d'un réseau triphasé à la terre (défaut d'isolement d'un câble HT par exemple) peut produire
une surtension temporaire sur les autres phases (phénomène non négligeable en haute tension). Les
systèmes de régulation de tension des alternateurs peuvent aussi créer des surtensions temporaires
lors de phénomènes transitoires. La ferrorésonance est une surtension transitoire ou temporaire (La
ferrorésonance est un phénomène de résonance affectant les réseaux électriques impliquant une "inductance non
linéaire" et une capacité alimentées par une source sinusoïdale.).
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Surtension de manœuvre : liée à la manœuvre d'un disjoncteur ou d'un sectionneur, d'une durée de
quelques dizaines microsecondes à quelques millisecondes. La manœuvre d'un sectionneur dans un
poste électrique à isolation gazeuse engendre en particulier des surtensions à fronts très raides.
Surtension de foudre : due au foudroiement d'une ligne à haute tension.
3. Les efforts électrodynamiques
Nous savons que la circulation de courants dans des conducteurs parallèles induit dans ces
conducteurs des forces électromagnétiques proportionnelles au produit des courants circulant dans les
deux conducteurs.
En cas de court-circuit dans une configuration de ligne ou de poste en conducteurs souples, on
mesure alors des surtensions mécaniques (traction et flexion) appelées efforts électrodynamiques au
niveau des supports et des isolateurs d’ancrage. On observe également des mouvements de conducteurs
très importants. Ces efforts pouvant être considérables, il est indispensable de les prendre en compte
dès la conception d’un nouvel ouvrage.
4. Rigidité diélectrique, isolant électrique, claquage électrique
4.1. Rigidité diélectrique
La rigidité diélectrique d’un milieu isolant représente la valeur maximum du champ électrique
que le milieu peut supporter avant le déclenchement d’un arc électrique (donc d’un court-circuit). On
utilise aussi l'expression champ disruptif qui est synonyme mais plus fréquemment utilisée pour
qualifier la tenue d'une installation, alors que le terme rigidité diélectrique est plus utilisé pour qualifier
un matériau. Pour un condensateur quand cette valeur est dépassée, l’élément est détruit. La valeur
maximale de la tension électrique appliquée aux bornes, est appelée tension de claquage du
condensateur.
Dans le cas d'un disjoncteur à haute tension, c'est la valeur maximum du champ qui peut être
supportée après l'extinction de l'arc (l'interruption du courant). Si la rigidité diélectrique est inférieure
au champ imposé par le rétablissement de la tension, un réamorçage de l'arc se produit d'où l'échec de
la tentative d'interruption du courant.
4.2. Isolant électrique
En électricité comme en électronique, un isolant, ou isolant électrique aussi appelé matériau
diélectrique, est une partie d'un composant ou un organe ayant pour fonction d'interdire le passage de
tout courant électrique entre deux parties conductrices. Un isolant possède peu de charges libres, elles y
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sont piégées, contrairement à un matériau conducteur où les charges sont nombreuses et libres de se
déplacer sous l'action d'un champ électromagnétique.
La faculté d'un matériau à être isolant peut aussi être expliquée par la notion de bandes
d'énergie. L'isolation électrique est rattachée à une grandeur physique mesurable, la résistance, qui
s'exprime en ohms (symbole : Ω).
4.3. Claquage électrique
Le claquage est un phénomène qui se produit dans un isolant quand le champ électrique est plus
important que ce que peut supporter cet isolant. Il se forme alors un arc électrique.
Dans un condensateur, lorsque la tension atteint une valeur suffisante pour qu'un courant
s'établisse au travers de l'isolant (ou diélectrique), cette tension critique est appelée tension de claquage.
Elle est liée à la géométrie de la pièce et à une propriété des matériaux appelée rigidité diélectrique qui
est généralement exprimée en (kV/mm). La décharge électrique à travers l'isolant est en général
destructrice. Cette destruction peut-être irrémédiable, mais ceci dépend de la nature et de l'épaisseur de
l'isolant entrant dans la constitution du composant : certains isolants sont ainsi dits auto-régénérateurs,
comme l'air ou l'hexafluorure de soufre.
5. Ionisation des gaz
L'ionisation est l'action qui consiste à enlever ou ajouter des charges à un atome ou une
molécule. L'atome - ou la molécule - perdant ou gagnant des charges n'est plus neutre électriquement. Il
est alors appelé ion.
Un plasma est une phase de la matière constituée de particules chargées, d'ions et d'électrons.
La transformation d'un gaz en plasma (gaz ionisé) ne s'effectue pas à température constante pour une
pression donnée, avec une chaleur latente de changement d'état, comme pour les autres états, mais il
s'agit d'une transformation progressive. Lorsqu'un gaz est suffisamment chauffé, les électrons des
couches extérieures peuvent être arrachés lors des collisions entre particules, ce qui forme le plasma.
Globalement neutre, la présence de particules chargées donne naissance à des comportements
inexistants dans les fluides, en présence d'un champ électromagnétique par exemple.