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Maroc - Wikipédia

Le document décrit le Maroc, un pays d'Afrique du Nord. Il fournit des détails sur la géographie, la démographie, l'histoire, la culture et la politique du Maroc.

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08/05/2023 23:20 Maroc — Wikipédia

Maroc
24
Le Maroc (en arabe : ‫ٱْلَم ْغِر ب‬, al-Maġrib ; en amazighe : ⵍⵎⵖⵔⵉⴱ , L-Meġrib), ou, depuis 1956, en
forme longue le royaume du Maroc, autrefois appelé Empire chérifien, est un État unitaire Royaume du Maroc
régionalisé situé en Afrique du Nord. Son régime politique est une monarchie constitutionnelle
semi-parlementaire unitaire et régionalisée. Sa capitale administrative et politique est Rabat et sa (ar) ‫ٱْلَمْم َلَكة ٱلَم ْغِر ِبَّية‬
plus grande ville, ainsi que sa capitale économique, est Casablanca.
1
(ber) ⵜⴰⴳⵍⴷⵉⵜ ⵏ ⵍⵎⵖⵔⵉⴱ
Géographiquement, il est notamment caractérisé par des zones montagneuses ou désertiques et est
l'un des seuls pays —  avec l'Espagne et la France  — à comporter des rivages sur la mer
Méditerranée d'un côté et l'océan Atlantique de l'autre. Sa population est de près de 34 millions
25
d'habitants (recensement de 2014) et sa superficie de 446  550  km2 (76,84 hab./km2), ou de
2 26, 27
710 850 km en incluant le Sahara occidental — ex-« Sahara espagnol », considéré comme un
3
territoire non autonome par l'Organisation des Nations unies   — dont il administre de facto
Drapeau du Maroc
environ 80  % et qu'il revendique dans sa totalité, tout comme le Front Polisario. Sa culture est Armoiries du Maroc
berbéro-arabe depuis plusieurs siècles et s'est étendue principalement au Maghreb et dans le Sud
de l'Espagne. Devise
en arabe  : ،‫ ٱْل َو َط ن‬،‫هللا‬
Le territoire marocain possède les traces d'une présence d'hominidés datant d'environ 700 000 ans ‫«( ٱْل َم ِلك‬ Dieu, la Patrie, le
et fut habité dès la préhistoire par des populations diverses. L'État marocain, en tant qu'entité Roi »)
distincte, est fondé en 789 par Idris Ier.
en amazighe : ⵕⴱⴱⵉ,
2
Par ailleurs, il fait partie de l'Organisation des Nations unies, de la Ligue arabe, de l'Union ⴰⵎⵓⵔ, ⴰⴳⵍⵍⵉⴷ (« Dieu, la
28
africaine , de l'Union du Maghreb arabe, de l'Organisation de la coopération islamique, de Patrie, le Roi »)
l'Organisation internationale de la francophonie, du Groupe des 77, de l'Union pour la Hymne en amazighe : ⵉⵣⵍⵉ ⴰⵏⴰⵎⵓⵔ
Méditerranée et candidat à l'adhésion à la CEDEAO.
en arabe : ‫النشيد الوطني‬
La constitution royale marocaine définit l'Islam, l'arabité et l'amazighité comme «  composantes (« Hymne national »)
fondamentales  » de l'identité du peuple marocain. Cette constitution est «  forgée par la 1:08
convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, […] nourrie et
enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen  ». L'Islam y est défini
comme religion d'État, État qui garantit à tous le libre exercice des cultes.
Fête nationale 30 juillet
Intronisation du Roi Mohammed
Toponymie · Événement
commémoré
VI (1999)

Le nom arabe al-Maghrib (en arabe  : ‫ )ٱْلَم ْغِر ب‬signifie «  le


couchant ». Pour les références historiques, les historiens et les
géographes arabes médiévaux ont désigné par Maghrib une aire
géographique plus large, et ont évoqué le Maroc sous le terme
al-Maghrib al-Aqsa (en arabe  : ‫المغرب األقصى‬, qui signifie
«  l'Occident le plus lointain  ») pour le distinguer de régions
historiques voisines appelées al-Maghrib al-Awsat (en arabe  :
‫المغرب األوسط‬, ce qui signifie «  le Moyen-Ouest  ») et al-Maghrib
Caravane saharienne au sud du al-Adna (en arabe : ‫المغرب األدنى‬, qui signifie « l'Occident le plus
Maroc. proche »).
29
Le mot français « Maroc » est dérivé du nom de Marrakech .
Ce dernier est probablement issu du berbère *Amur n Yakuš, où amur a pour significations « part, La zone en vert clair désigne le Sahara occidental
30 31 (ex-« Sahara espagnol »), considéré comme un territoire
lot, promesse, protection » et Yakuš (et ses variantes Yuš et Akuš) signifie « Dieu » . 3
non autonome par l'ONU et majoritairement
Les prononciations portugaise et espagnole, Marrocos et Marruecos, dérivent également de administré de facto par le Maroc, qui le revendique dans
Marrakech, ainsi que les appellations du pays dans plusieurs autres langues indo-européennes son intégralité, tout comme le Front Polisario.
(Marocko en suédois, Morocco en anglais et Marokko en allemand, norvégien et néerlandais). Les
Persans emploient directement le nom « Marrakech » pour désigner le Maroc (en persan : ‫)مراکش‬.

Les Turcs l'appellent Fas, qui vient du nom de l'ancienne capitale du Maroc sous les dynasties
mérinide, wattasside et alaouite (avant 1912), Fès. Dans l'Antiquité, les Grecs appelaient les
habitants de la région les Maurusiens. À partir de cette appellation, la région composée du Maroc et
de l'Algérie occidentale fut connue sous le nom de Maurétanie (à ne pas confondre avec la
Mauritanie). La région fut par la suite divisée en deux provinces par les Romains : la Maurétanie
tingitane, avec Volubilis pour capitale (ancienne cité berbère d'Oulil), et la Maurétanie césarienne,
avec Cesarea (Cherchell) pour capitale (centre et ouest de l'Algérie). Le Maroc était le pays où les
Grecs anciens situaient le mythique jardin des Hespérides.

Le Maroc était connu sous le nom de « royaume de Marrakech » sous les trois dynasties qui avaient
cette ville comme capitale, puis sous le nom de «  royaume de Fès  », sous les dynasties qui
résidaient à Fès. Au xixe siècle, les cartographes européens mentionnaient toujours un « royaume
de Maroc  », en indiquant l'ancienne capitale «  Maroc  » (pour Marrakech). Sous la dynastie des Maroc de facto. En gris, zone sous contrôle du Front
Alaouites, toujours au pouvoir, le pays est passé de l'appellation d'« Empire chérifien » à celle de Polisario.
32
« royaume du Maroc » en 1957 , le sultan Sidi Mohammed ben Youssef en devenant le roi, en tant Administration
que Mohammed V. Il peut être aussi surnommé « Royaume chérifien », en référence au souverain
alaouite, descendant du prophète de l'islam, Mahomet, qualifié de « chérif ». Forme de l'État Monarchie constitutionnelle
semi-parlementaire unitaire

4
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4
et régionalisée
Géographie physique
Roi Mohammed VI
Chef du Aziz Akhannouch
Localisation, frontières et espaces maritimes gouvernement
Prince héritier au Moulay el-Hassan
Le Maroc est un pays de l'hémisphère nord situé au nord-ouest de l'Afrique et dont le territoire est trône du Maroc
positionné à 32° Nord et 5°00' Ouest. Le pays partage des frontières terrestres avec l'Algérie, la
Mauritanie (avec le Sahara occidental qu'il revendique et contrôle en grande partie) et l'Espagne Parlement Parlement
(notamment via Ceuta et Mellila). Sa superficie s'étend sur 446 550 km2 (hors Sahara occidental) et Chambre haute Chambre des conseillers
710  850  km2 (Sahara occidental inclus). Le territoire marocain est aussi bordé par l'océan Chambre basse Chambre des représentants
Atlantique, à l'ouest, et la mer Méditerranée au nord. Et en cela, le cap Spartel (promontoire situé à Langues Arabe et amazighe
la limite occidentale du détroit de Gibraltar) matérialise la jonction entre les littoraux atlantique et officielles
méditerranéen. Le pays partage des frontières maritimes avec l'Algérie, l'Espagne et le Portugal et
Capitale Rabat
sa ZEE s'étend sur 274 577 km2.
34° 2′ Nord 6° 51′ Ouest

Territoires limitrophes Géographie

Note : Distance capitale à capitale Plus grande ville Casablanca


Superficie totale 446 550 km2 (hors Sahara
Territoires limitrophes du Maroc 5, 6
occidental)
Groenland, Espagne, à Italie, à 710 850 km2 (Sahara
à 4 520 km 765 km 1 900 km occidental inclus) km2
(classé 58 ou 40e)
États-Unis, Algérie, à Superficie en eau 0,05 %
à 6 150 km 950 km 7
Fuseau horaire UTC + 1
UTC + 0 (pendant le
Îles 8, 9, 10, 11
Mauritanie, Ramadan)
Canaries, à
à 2 000 km
1 050 km Histoire

Entité précédente
Topographie
Les montagnes occupent plus des deux tiers du territoire marocain et renferment quatre principales
chaînes  : le Rif au Nord, le Moyen Atlas à l'Est, le Haut Atlas et l'Anti-Atlas. Plusieurs sommets
franchissent la barre des 4 000 m parmi lesquels, le djebel Toubkal culminant à 4 167 m, est le plus
haut sommet.

Carte topographique Carte


du Maroc. géologique du
Maroc.

Relief

Montagnes

Quatre grandes chaînes montagneuses composent le territoire marocain :

Le Rif : situé au nord du pays, il borde la mer Méditerranée et culmine à 2 456 m au djebel
Tidirhine.
Le Moyen Atlas : séparé du Rif par les plaines arides de l'est et fertiles de l'ouest, il est
dissocié du Moyen Atlas par la fameuse trouée de Taza. Le massif se compose de deux sous- Fondation de l'État 789
12, 13, 14, 15
parties dont l'une, vers l'est, est escarpée et compte des sommets de plus de 3 100 m (Djebel
Bou Naceur ou Bouiblane) tandis que l'autre, vers l'ouest, s'adoucit et laisse place à des Idrissides 789 - 985
reliefs plus abordables et quelques petits plateaux. Almoravides 1055 - 1147
Le Haut Atlas : chaîne dont le plus haut sommet culmine à près de 4 167 m, ceinture le pays Almohades 1147 - 1269
d'est en ouest. Mérinides 1269 - 1465
L'Anti-Atlas : chaîne de montagnes située au sud-ouest du pays et orientée sud-ouest et Idrissides (branche 1465 - 1471
nord-est sur près de 600 km, entre le Haut Atlas central et du Souss au Tafilalet. des Joutey)

Wattassides 1472 - 1554

Plaines Saadiens 1554 - 1659


Alaouites Depuis 1666
Les plaines sont souvent très étendues et s'étirent des montagnes du Rif jusqu'au Moyen Atlas. Le Traité de Fès 30 mars 1912
bassin de Sebou (36 000 km2) se compose de bas plateaux, de cours d'eau, quelques collines et des
Fin du Protectorat
plaines fertiles. La plaine du Gharb (région agricole) se distingue des autres par la présence de la 2 mars 1956 pour le
forêt de Maâmora (notable pour l'exploitation de chênes-lièges et d'eucalyptus). protectorat
16 17 18
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16, 17, 18
Au-delà du pays de Zaïr, le plateau des phosphates ainsi que de vastes plaines apparaissent français
comme : Chaouia, Doukkala et plus à l'est, au pied du Moyen Atlas, Tadla. Tandis que plus au sud, 7 avril 1956 pour le
on retrouve la plaine du Haouz et celle du Souss (formant un triangle entre océan, Haut Atlas et protectorat espagnol
Anti-Atlas). Enfin, d'autres plaines et vallées fertiles de moindres tailles sont localisées surtout au
nord : Lukos, Nekkor, Trifa, vallée des oueds Ouergha, Baht, Inaouen. Marche verte 6 novembre 1975
Démographie

Désert Gentilé Marocain(s), Marocaine(s)


Population totale 37 344 787 hab.
Dans le sud du pays, l'Erg Chebbi est la deuxième plus vaste étendue de pierres et de sable à 19
(2021 ) (classé 40e)
l'intérieur du Maroc après l'Erg Chegaga. Certaines dunes peuvent atteindre 200 m de hauteur.
Densité 76,84 hab./km2 (hors Sahara
occidental)
Littoral 48,27 hab./km2 (Sahara
occidental inclus) hab./km2
Le littoral marocain est diversifié par sa nature car composé à la fois de la mer Méditerranée au
33 Économie
nord et de l'océan Atlantique à l'Ouest. Comptabilisant un total de 3 500 km de côtes, le Maroc
est le pays au plus grand littoral du continent africain  : il comprend 512  km de côtes en PIB nominal (2022) 173,22 milliards de $
33 33
Méditerranée et 2 934 km sur l'océan Atlantique . 20
+ 1,21 % (62e)
34 PIB (PPA) (2022) 331,542 milliards de $
Les eaux marocaines sont réputées pour être parmi les plus poissonneuses au monde .
+ 7,44 % (56e)

Hydrographie PIB nominal par 3 628,641 $


hab. (2022) + 0,22 % (125e)
Le Maroc possède plusieurs cours d'eau (fleuves et oueds) tels que : PIB (PPA) par hab. 9 041,236 $
(2022) + 6,40 % (115e)
Bouregreg Souss Taux de chômage 11,7 % de la pop. active
Moulouya Tensift (2022) - 1,36 %
Ouargha Drâa
Dette publique Nominale
Oum Errabiâ Oued Guir
brute (2022) 956,242 milliards de DH
Ourika Oued Souss + 6,07 %
Sebou Relative :
77,119 % du PIB
Les grands fleuves tels que le Bouregreg, l'Oum Errabiâ, la Moulouya et le Sebou ont des débits très + 1,08 %
variables entre les saisons, et aussi d'année en année.
Monnaie Dirham marocain (MAD​
)
De nombreux cours d'eau moins importants (les oueds) peuvent même être à sec une partie de Développement
l'année (ou même plusieurs années de suite dans les zones pré-désertiques). Le manque d'eau et la
21
grande variabilité des débits représentent un grand problème pour le Maroc, notamment pour IDH (2021) 0,683 (moyen ; 123e)
l'agriculture (irriguée ou non). Par ailleurs, le Maroc est confronté à une situation de crise aiguë du IDHI (2021) 0,504
21
(103e)
stress hydrique, la consommation de sa population dépassant largement la quantité d'eau 22
disponible. Ses ressources en eau par habitant ont été divisées par cinq entre 1960 et 2019, passant Coefficient de Gini 39,5 %
(2013)
de 2  500  m3 par habitant et par an à 500  m3. Le Royaume occupe le 23e rang des pays les plus
35 21
menacés par les pénuries d'eau, selon le World Resources Institute (WRI) . Indice d'inégalité 0,425 (104e)
de genre (2021)
23
Climat Indice de 28,4 (160e)
performance
Le climat marocain est principalement de type méditerranéen mais peut toutefois être divisé en environnementale
sept sous-zones, déterminées par les différentes influences que subit le pays  : influences (2022)
océaniques, méditerranéennes, montagnardes, continentales et sahariennes. Divers

D'un point de vue général, au niveau des plaines, on observe une influence de courants atlantiques Code ISO 3166-1 MAR, MA​
marquée par une saison sèche et chaude doublée d'une saison froide et humide ; la fin de la période
Domaine Internet .ma
chaude étant marquée par les pluies d'octobre. Les influences maritimes atténuent les écarts de
température, tempèrent les saisons et accroît l'humidité de l'air (400 à 1000 mm de pluies sur le Indicatif +212
littoral). Dans l'intérieur, le climat varie en fonction de l'altitude. Les étés sont chauds et secs, téléphonique
surtout lorsque souffle le sirocco brûlant ou le chergui, vent d'été venant du Sahara. En cette saison, Organisations ONU
les températures moyennes sont de 22  °C à 24  °C. Les hivers sont froids et pluvieux avec gel et internationales UA
neige. La température moyenne évolue alors de - 2  °C à 14  °C et peut descendre jusqu'à - 26  °C. UMA
Dans les régions montagneuses, les précipitations sont très importantes (plus de 2  000  mm de Ligue arabe
précipitations au Rif ou encore 1 800 mm au Moyen-Atlas). Le Maroc pré-saharien et saharien a un OMC
climat désertique sec.
BAD
CEN-SAD
Paysage et environnement CD

Paysage

Le Maroc est un pays avec une grande diversité de paysages : montagnes, désert, plaines, plateaux, oasis…

Le massif du Toubkal.

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Erg Chebbi.

Vue sur les cascades


d'Ouzoud, à 150 km de
Marrakech.

Environnement

Le Maroc est un pays méditerranéen par excellence, le botaniste français Louis Emberger en parle en 1934 dans la Carte de la répartition des climats
citation suivante : « Réunissant sur son territoire toutes les formes du climat méditerranéen, le Maroc peut être au Maroc.
considéré comme le type phylogéographique méditerranéen au sens systématique du mot. La végétation des
autres pays groupés autour de la Méditerranée pourra être examinée et appréciée en fonction de celle de l'Empire
chérifien. Le Maroc est, à lui seul, une synthèse méditerranéenne. »
36
Depuis 2009, le roi Mohammed VI s'intéresse au développement durable poussant les centrales solaires. En 2016, le pays accueille la COP 22 . De
même, depuis février 2017, le Maroc s'est doté d'une «  police de l'environnement  » qui se chargera de lutter contre les infractions
37
environnementales .

Faune et flore terrestres

Faune

Parmi quelques espèces d'animaux qu'héberge le territoire marocain, citons parmi les oiseaux : l'échassier, l'aigrette garzette, la Courvite isabelle, le
flamant rose, le vautour percnoptère, l'aigle royal ; et parmi les mammifères : le cerf de Barbarie, l'écureuil de Barbarie, le dromadaire, le fennec, le
Loup doré, la hyène rayée (en voie rapide d'extinction), le renard de Rüppell (très rare), le renard roux, le Lynx caracal (menacé d'extinction), le
serval (menacé d'extinction), la panthère (menacée d'extinction immédiate), le guépard (menacé d'extinction, des individus survivraient à la frontière
maroco-algérienne), les gazelles dorcas et gazelle de Cuvier (en raréfaction), le magot (menacé par la mort lente de la cédraie et les captures par les
trafiquants) et le dauphin.

Également, peuvent être cités parmi les reptiles : la sous-espèce du cobra égyptien (s'est considérablement raréfiée et a disparu de régions entières),
l'Eryx jaculus (espèce de tout petit boa fouisseur), de nombreuses couleuvres et quelques vipères. Au Maroc, la majorité des serpents sont inoffensifs
(17 espèces sur 25) et les quelques espèces venimeuses existantes n'attaquent jamais.

Le territoire marocain héberge encore une trentaine d'espèces de scorpions (de nouvelles espèces sont presque chaque année identifiées au Maroc),
38
dont une ou deux seulement sont potentiellement dangereuses pour l'homme (par ex. Androctonus mauritanicus), notamment pour les petits
39
enfants. Toutefois, un scorpion n'attaque presque jamais, il ne fait que se défendre .

Protection
40
L'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) indique que « près de la moitié des espèces d'oiseaux est menacée » au Maroc .

Le lion de l'Atlas a disparu (exterminé) à l'état sauvage, le dernier abattu en 1943. Il en existe encore toutefois, bien que potentiellement mélangés
41
avec des lions d'Afrique subsaharienne (environ 90 dans différents zoos du monde, dont 35 au zoo de Rabat) . Des gravures récemment découvertes
dans des grottes près de Ouarzazate indiquent que des crocodiles, des léopards et des éléphants vivaient dans ces lieux avant leur extinction naturelle
ou leur extermination par l'homme. Les derniers spécimens vivants de crocodiles du Maroc, qui étaient localisés dans des gueltas de Tizgui Remz et
42
de Taffagount, auraient disparu dans les années 1950 . Quant à l'ours de l'Atlas, jadis très présent dans les montagnes marocaines, il se serait éteint
au xixe siècle.

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En revanche, les oiseaux sont encore relativement très présents avec une grande diversité d'espèces, bien que l'autruche à cou rouge, par exemple, ait
été totalement exterminée, ainsi au Sahara que l'Outarde houbara. Un assez grand nombre d'espèces de serpents (25 dont 17 espèces non
dangereuses  ; les 8 autres restantes n'attaquent jamais et sont moins répandues), et de lézards sont présentes au Maroc, dont un pourcentage
important d'endémiques.

Toutefois nombreuses sont les espèces menacées. Elles sont victimes de l'ignorance, de la cruauté de la population et de l'irresponsabilité en matière
d'écologie.

Flore

Le Maroc possède une flore riche du fait de sa position stratégique. En effet, il possède deux façades maritimes
totalisant plus de 3 500 km, dont 500 en mer Méditerranée. Il reçoit de ce fait les courants chargés de pluie de
l'océan qui s'accumulent contre la barrière montagneuse de l'Atlas, ce qui permet de fortes précipitations à Rabat,
Casablanca, Fès et la formation des neiges à Ifrane et Azrou et dans les hauts sommets de l'Atlas, pendant que le
sud et l'est restent arides.

Plus de 4  500  espèces configurent la flore marocaine. Les variations du climat et du relief sont des éléments
fondamentaux pour expliquer une telle richesse florale. L'intérêt botanique du Maroc est intense et on citera
Palmeraie de Marrakech.
seulement les 2 500 000 hectares de forêt qui contiennent des cèdres, des palmiers, des thuyas, des dattiers, des
amandiers, des figuiers, des oliviers, des acacias, des fruitiers, des chênes verts, des chênes-lièges, des pins,
l'eucalyptus, des arbousiers, l'alfa et l'endémique arganier, dont le Maroc est le seul pays au monde à disposer de
cette espèce qui est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco. La forêt représente environ 15  % de la surface
totale.

Géographie humaine

Villes principales
Cédraie, région d'Ifrane.
La capitale administrative et politique du Maroc est Rabat tandis que la capitale économique et la plus grande
ville du pays est Casablanca.
Les sept plus grandes villes du Maroc, selon le recensement général de la population 2014, sont dans l'ordre : Casablanca, Fès, Tanger, Marrakech,
Salé, Meknès et Rabat.

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Liste des villes ayant plus de 300 000 habitants en 2014
Ville Divers Population (2014)

Capitale économique
Casablanca 1re métropole du Maroc et du Maghreb 3 359 818
Chef-lieu du Casablanca-Settat

Capitale spirituelle
Fès Ville impériale 1 112 072
Chef-lieu du Fès-Meknès

1re zone franche
Tanger Plus grand port de commerce 947 952
Chef-lieu du Tanger-Tétouan-Al Hoceima

1re ville touristique du royaume


Marrakech Ville impériale 928 850
Chef-lieu du Marrakech-Safi

Salé Plus grande ville de la région Rabat-Salé-Kénitra 890 403

Capitale agricole
Meknès Capitale ismaélienne 632 079
Ville impériale
Une ville principale de Fès-Meknès

Capitale du royaume
Rabat Ville impériale 577 827
Chef-lieu du Rabat-Salé-Kénitra

Oujda Ville frontalière 494 252


Chef-lieu de l'Oriental

Kénitra 3e pôle industriel du pays 431 282

Ville agricole par excellence


Agadir Plus grand port de pêche 421 844
Chef-lieu du Souss-Massa

Tétouan Perle du Nord 380 787

Plus grand barrage du pays et le deuxième d'Afrique


Taounate Plus grande réserve d'eau du pays 67 942
Chef-lieu de la province de Taounate

Témara 313 510

Safi Important port d'exportation de sardines 308 508

Villes du Sahara occidental contrôlées par le Maroc (provinces du Sud) :

Laâyoune : 217 732 habitants (RGPH 2014) ;


Dakhla : 106 277 habitants ;
Boujdour : 42 651 habitants ;
Es-Semara : 57 035 habitants.

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Vue sur Casablanca, plus Vue sur Marrakech, 1re ville Agadir. Vue sur la vieille Médina de
grande ville et capitale touristique du royaume. Fès, capitale spirituelle du
économique du Maroc. royaume.

Vue depuis Rabat, capitale Vue sur la médina de Meknès, la capitale ismaélienne.
administrative du royaume, sur
la marina de Salé.

Subdivisions administratives

Le Maroc compte douze régions ayant chacune à sa tête un wali, ainsi qu'un Conseil régional, représentatif des
43
«  forces vives  » de la région. Ces régions ont le statut de collectivité locale . L'article 101 de la Constitution
indique  : «  Elles [Les collectivités locales] élisent des assemblées chargées de gérer démocratiquement leurs
affaires dans les conditions déterminées par la loi. Les gouverneurs exécutent les délibérations des assemblées
provinciales, préfectorales et régionales dans les conditions déterminées par la loi. »

1. Tanger-Tétouan-Al Hoceïma ;
2. Oriental ;
3. Fès-Meknès ;
4. Rabat-Salé-Kénitra ;
5. Béni Mellal-Khénifra ;
6. Casablanca-Settat ;
Carte des régions du Maroc depuis
7. Marrakech-Safi ; le nouveau découpage régional de
8. Drâa-Tafilalet ; 2015.
9. Souss-Massa ;
10. Guelmim-Oued Noun ;
11. Laâyoune-Sakia el Hamra, dont la majeure partie est au Sahara occidental ;
12. Dakhla-Oued Ed-Dahab, dans le Sahara occidental.

Axe de communication et transport


En 2016, le réseau géré par le ministère de l'Équipement, du Transport et de la Logistique totalisait 57 673 km de
routes classées, dont 78,3% revêtues se répartissant en 1 770 km d'autoroutes, 10 203 km de routes nationales,
9 370 km de routes régionales et 23 745 km de routes provinciales, 1 093 km des routes étant des voies express.

Les routes nationales marocaines sont des voies importantes ou qui traversent de larges portions du territoire, par
opposition aux routes régionales ou provinciales. S'agissant des routes régionales, celles-ci traversent de larges
portions du territoire, par opposition aux routes nationales ou provinciales. Par ailleurs, leur usage est gratuit et
leur accès autorisé à tous types de véhicules.

Transport urbain

Réseau Express Régional Routes principales au Maroc.

Deux RER circulent au Maroc : l'un à Casablanca et l'autre à Rabat. Deux réseaux de tramway sont en fonction :
l'un à Rabat et l'autre à Casablanca. Le projet de métro de Casablanca a été abandonné en juillet 2014, faute de
budget.

Taxi collectif

Taxis stationnés sur le port de


Tanger.

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Les taxis collectifs appelés localement Grands taxis constituent un élément indispensable pour le bon fonctionnement du système de transport
urbain et interurbain et un mode de transport populaire grâce à la rapidité des trajets et à la flexibilité de ce type de transport, ils répondent aux
besoins des habitants et pallient partiellement l'insuffisance des transports privés ou publics, individuels ou collectifs.

Transport Ferroviaire

Ports

Le Maroc dispose de nombreuses infrastructures portuaires de commerce comme  : le port de Tanger Med (39 millions de tonnes), le port de
Casablanca (25 millions de tonnes), le port d'El Jadida-Jorf el sfar (22 millions de tonnes) le port de Mohammadia (11,5 millions de tonnes), le port
de Safi (6,2 millions de tonnes) ou le port d'Agadir (4,2 millions de tonnes).

Parmi les ports passagers, citons ceux de  : Tanger Med (environ 2,15  millions passagers), Tanger ville (1,45  million passagers), Nador Beni Nsar
(450  000  passagers), Al Hoceima (42  000  passagers), Layone (desserte des îles Canaries en 7 heures) et Tarfaya (desserte des îles Canaries en
3 heures, fermeture temporaire en attente d'agrandissement).

Aéroports

Le Maroc dispose de plusieurs infrastructures aéroportuaires dont 18 aéroports internationaux, 10 principaux


aéroports nationaux et des petits aéroports à usages touristiques. Le Maroc est desservi par 50 compagnies
aériennes, le transport aérien est largement international. La compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM)
détient presque la moitié du trafic. Le total de passagers enregistrés au sein des aéroports marocains en 2014
s'élève à 17,30  millions de passagers 4.8  %. Quelques compagnies aériennes ont choisi d'installer une base au
Maroc.

Compagnies principales :

Royal Air Maroc ( 8 bases : Casablanca, Marrakech, Agadir, Oujda, Tanger, Rabat, Fes et Beni Mellal )" Façade de l'aéroport Rabat-Salé.

Air Arabia ( 6 bases : Casablanca, Tanger, Marrakech, Fes, Agadir , Nador)


Ryanair ( 5 bases : Fes, Marrakech, Essaouira, Nador, Oujda )

Histoire

Préhistoire et protohistoire

Les premières traces d'une présence d'hominidés sur le territoire marocain datent d'environ 700 000 ans. De cette période dite acheuléenne, on a
retrouvé un certain nombre d'outils, notamment dans la plaine de la Chaouïa et plus précisément à proximité immédiate de l'actuelle agglomération
casablancaise. Outre l'outillage, on a découvert un certain nombre de fragments humains notamment dans les carrières Thomas, près de Casablanca
44
(mandibules, maxillaires et fragments crâniens d'Homo erectus) .

De l'époque moustérienne (120 000 à 40 000 ans BP), le site le plus explicite est celui de Jbel Irhoud situé à mi-chemin entre les villes de Marrakech
et de Safi et où ont été découverts deux crânes d'hominidés, des outils associés à l'industrie levalloiso-moustérienne ainsi que d'importants restes
d'animaux aujourd'hui disparus.
45
L'époque atérienne (60 à 40 000 ans BP ) a apporté son lot d'outils pédonculés retrouvés dans de nombreuses
46
grottes situées sur le littoral atlantique (Dar Soltane 2) . Néanmoins cette période a surtout été marquée par de
profonds bouleversements climatiques ayant entraîné une désertification sans précédent du territoire marocain
ainsi que la raréfaction voire la disparition d'un grand nombre d'espèces animales et végétales. Cette dynamique a
cependant été contrecarrée par le rempart naturel que constituent les chaînes de l'Atlas et du Rif, que ce soit au
Maroc ou dans le reste du Maghreb.
Extension de la culture
L'arrivée d'Homo sapiens au Maghreb avant l'Épipaléolithique a été démontrée puisque les industries atériennes
ibéromaurisienne.
ne sont pas l'œuvre de l'homme de Néandertal, dont l'aire de répartition est exclusivement eurasiatique, mais bel
et bien d'Homo sapiens présentant des caractéristiques archaïques. Les plus anciens restes d'Homo sapiens au
47
monde ont été découverts au Maroc à Djebel Irhoud en juin 2017 et datent de plus de 300 000 ans .

Il y a environ 21 000 ans, la civilisation ibéromaurusienne voit le jour. Elle se caractérise par des rites funéraires plutôt évolués et par un raffinement
de l'outillage utilisé. Néanmoins, il n'est pas encore question d'agriculture. La grotte de Taforalt dans la région d'Oujda correspond au plus grand
gisement de l'époque. Cette civilisation se maintient et se répand sur l'ensemble du Maghreb avant de se métisser progressivement vers le neuvième

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millénaire avant notre ère avec les populations capsiennes, ancêtres des Berbères modernes. Les premiers éléments découverts correspondant à cette
période (Néolithique) datent d'environ 6  000  ans. Ceux-ci témoignent d'une sédentarisation déjà avancée ainsi que d'une maîtrise relative des
techniques agricoles.

Maroc antique

Carte de la Villes de l'Afrique Carte de la province Villes et voies de Table de Peutinger :


Maurétanie et de la romaine romaine de circulation en Colonnes d'Hercule
Numidie, à la fin de Maurétanie tingitane Maurétanie tingitane
l'époque de avec ses routes et
Jugurtha cités principales

À partir du IIIe millénaire av. J.-C., se développe au Maroc la culture


campaniforme. Dès lors, le pays entre dans l'âge du bronze et on assiste à la
diffusion d'une céramique noire spécifique dont la présence est attestée dans
un certain nombre de sépultures de la région rifaine.

Au xie  siècle  av. J.-C., les hardis commerçants phéniciens, venus du Liban
actuel, atteignent les côtes marocaines et notamment le littoral atlantique. Ils
fondent de nombreux comptoirs qui serviront de bases à de nombreuses cités Ruines de Lixus.
Menhir du cromlech de M'zora,
romaines puis arabes (dont les principaux furent Tingis et Lixus, actuelles
monument mégalithique unique en
Tanger et Larache), ainsi que Thymiatéria (Mehdia), Chellah, près de Rabat,
Afrique du Nord, dont le tumulus
Azama et Rusibis, et Cerné, localisée à Essaouira ou plus au sud à Dakhla. C'est à cette période déjà que l'on date
aurait abrité selon la légende le
corps du géant Antée vaincu par
les toutes premières installations de populations juives au Maroc.
Hercule. Il s'agirait probablement du
L'autonomie progressive de Carthage profite aux comptoirs fondés sur les côtes marocaines dans la mesure où ils
mausolée d'un chef berbère de
seront davantage mis en valeur du fait de la proximité relative avec la nouvelle capitale africaine de la
l'époque de l'âge du cuivre.
thalassocratie phénicienne originaire de Tyr. L'influence de la civilisation carthaginoise se fait grandement sentir
auprès des populations indigènes, dont l'organisation se structure
parallèlement. Ainsi, les tribus berbères se fédèrent progressivement, fondant des
États comme le royaume de Maurétanie (sous le règne de Baga), d'abord confiné au
nord de l'actuel Maroc, et dont les souverains portent le titre d'aguellid, à l'instar des
rois du royaume de Numidie. Le sud du pays est peuplé par les Gétules et les
Éthiopiens occidentaux, l'ouest par les Atlantes et l'est par les Numides du peuple des
Massæsyles. Les Maures sont les héritiers d'une culture très ancienne, atlanto-
méditerranéenne, comme en témoigne le cromlech de M'zora qui peut être mis en
relation avec les monuments mégalithiques comparables comme ceux de Ħaġar Qim
à Malte et de Stonehenge en Grande-Bretagne. La Maurétanie n'est pas inconnue de
la mythologie grecque, qui y situe le fabuleux jardin des Hespérides.

Du fait du soutien apporté par la Maurétanie à l'Empire romain lors de la destruction


de Carthage, il se nouera une étroite amitié entre les deux États (d'où l'éviction du roi Mosaïque romaine de Volubilis
numide Jugurtha, ennemi des Romains). Le roi Bocchus se voit même décerner le représentant Cupidon entre
Buste retrouvé à Volubilis à titre d'Ami de Rome par le Sénat romain et gagne l'estime du consul Caius Marius. Bacchus et Ariane.
l'effigie de Juba II roi de Sous le règne de Bogud, la Maurétanie devient un royaume vassal rejoignant les
Maurétanie. troupes de Jules César contre Juba Ier roi de Numidie. La Maurétanie et la Numidie
seront unifiées en 25 av. J.-C. sous commandement de l'empereur Auguste. À la tête
de la Maurétanie unifiée, Juba II siégera comme roi-client, royaume qui sera
réputé pour ses exportations de pourpre, de bois de cèdre et de produits
maritimes, assez riche pour produire sa propre monnaie d'or. Une brillante
civilisation urbaine se développe, influencée à la fois par l'héritage
carthaginois et par les courants artistiques provenant de la Grèce hellénistique
et de l'Égypte lagide. Ces influences du bassin oriental méditerranéen sont Papposilène endormi, sculpture de
sans doute dues au mécénat de la propre épouse de Juba II, la reine Cléopâtre marbre de style gréco-romain de
Séléné, qui est la fille de Marc Antoine et de Cléopâtre VII. Juba, roi érudit, Volubilis.
fait explorer le Haut Atlas ainsi que Madère et les îles Canaries (nommées
Temple du Capitole à Volubilis.
alors îles Fortunées), et une partie du Sahara. Il n'hésite pas également à faire
remonter sa généalogie jusqu'au demi-dieu Hercule. L'opulence de la Maurétanie attise toutefois les convoitises
de Rome. Ptolémée, fils et successeur de Juba II, va tragiquement en subir les conséquences.

Au cours d'un déplacement à Lyon en Gaule romaine, le dernier roi maurétanien est en effet assassiné sur ordre de l'empereur Caligula. Ce meurtre
entraîne deux années de troubles (résistance menée contre les légions romaines par Aedemon, un esclave affranchi de Ptolémée), puis une annexion
de la Maurétanie (42 ap. J.-C.) à l'Empire romain que l'on désigne dès lors sous le nom de Maurétanie tingitane pour la partie à l'ouest de la
Moulouya, décrétée officiellement province impériale de rang militaire par Claude, successeur de Caligula. Seul le nord-ouest du Maroc actuel est
effectivement sous domination romaine, le reste du territoire étant contrôlé par des tribus indépendantes, notamment gétules comme celle des
Autololes. Les Romains fondent des colonies prospères à Volubilis (non loin de l'actuelle Meknès), ainsi qu'à Banasa et à Thamusida dans la plaine du
Gharb. Néanmoins la capitale administrative demeure Tingis (future Tanger), siège du procurateur, le gouverneur de la province qui a le statut de
chevalier romain. Une grande autonomie est accordée aux tribus les plus loyales, notamment aux Baquates (comme en témoignent les fameuses
tables de Banasa), mais la constante pression des peuplades méridionales puis les crises internes à l'Empire auront progressivement raison de la
Maurétanie tingitane. À la fin du iiie siècle sous le règne de Dioclétien la province est réduite à la région de Tingis et de Ceuta, à Sala (actuelle Salé) et
aux Îles Purpuraires de Mogador, puis rattachée au diocèse d'Hispanie et donc incluse dans la préfecture des Gaules.

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Au cours de la période romaine, les cités, colonies et municipes de droit romain ou latin, se dotent de monuments civiques et utilitaires (temples,
forums, basiliques, arcs de triomphe, thermes, et même théâtres à Lixus et à Zilil), et de résidences privées ornées d'œuvres d'art (sculptures,
mosaïques) qui appartiennent à l'élite romano-africaine. Les plaines cultivées sont partagées par l'aristocratie locale, qui s'enrichit notamment de
l'exploitation de l'olivier dont l'huile extraite est exportée dans les provinces voisines et fait la richesse de la Maurétanie Tingitane. Les terrains de
parcours plus lointains sont laissés aux tribus nomades ou semi-nomades. Les ports de Tingis et de Sala connaissent une intense activité
commerciale.

Les autorités impériales recrutent des auxiliaires militaires parmi les Maures, destinés à servir notamment dans la cavalerie. Le plus célèbre d'entre
eux, Lusius Quietus, fils d'un amghar (chef tribal amazigh), réalise une brillante carrière sous le règne de Trajan. Au nom de l'Empire, il combat les
Daces et les Parthes, et conquiert l'Arménie, la Médie et la Babylonie, puis pacifie la Judée en proie aux révoltes anti-romaines. Le prestige de Lusius
Quietus devient tel qu'il envisage de briguer la succession de Trajan avec l'appui d'une partie du Sénat impérial, avant d'être éliminé par Hadrien. Son
assassinat entraîne un soulèvement de la Maurétanie Tingitane, sa province d'origine où sa popularité était grande parmi les tribus locales.

En 429, près de 80 000 Vandales venus de Germanie traversent le détroit de Gibraltar et débarquent à Tingis, mais dans leur course vers Carthage et
vers l'Afrique proconsulaire, ces envahisseurs ne contrôlent que le littoral méditerranéen de la Maurétanie. Un siècle plus tard les Byzantins,
commandés par le général Bélisaire, anéantissent le Royaume vandale et s'emparent d'une partie de l'ancienne province de Tingitane, se heurtant
toutefois aux Maures du roi Garmul, dont le pouvoir s'étend d'Altava jusqu'à Volubilis. Le gouvernement de Constantinople, sous Justinien Ier, crée
dans le Nord marocain la province de Maurétanie Seconde, qui englobe les cités de Tanger, Ceuta, Lixus, ainsi que l'Espagne byzantine, et dépend
directement de l'Exarchat de Carthage. Cette occupation byzantine, perpétuellement menacée par les Wisigoths d'Espagne et par les Maures, va
cependant subsister jusqu'à la conquête musulmane du Maghreb au début du viiie siècle.

De la conquête arabo-musulmane aux troubles anomiques

En 649 débute la conquête du Maghreb par les troupes arabes. 35 ans plus tard ces troupes pénètrent véritablement dans le territoire marocain. Les
tribus berbères installées aussi bien dans les contreforts montagneux de l'Atlas et du Rif que dans les fertiles plaines atlantiques soutiendront dans un
premier temps les Byzantins installés sur les côtes méditerranéennes qu'ils préféreront aux Arabes notamment à cause d'erreurs diplomatiques. La
destruction des installations byzantines aux alentours de l'an 700 aura finalement raison de la résistance berbère qui se convertira dès lors à l'islam
apporté par les conquérants arabes.

Dès les débuts de la conquête musulmane du Maghreb, les Kharijites originellement basés en Irak envoient des représentants au Maghreb pour tenter
de rallier les populations berbères. Les Berbères accoutumés au système de communauté égalitaire et supportant mal la domination arabe, finissent
par trouver dans le kharijisme un redoutable moyen de contestation politique. En 739, Maysara, mandaté par les populations du Maghreb Al Aqsa,
conduit à Damas une délégation auprès du calife Hicham pour présenter les doléances des Berbères : égalité dans le partage du butin et arrêt de la
pratique qui consiste à éventrer les brebis pour obtenir la fourrure des fœtus (le mouton étant un élément essentiel de l'économie pastorale des tribus
48
berbères) .

Les plaintes parviennent au calife omeyyade qui ne donne pas suite, ce qui déclenche une insurrection à Tanger. Maysara s'empare de la ville, tue le
gouverneur Omar Ibn Abdallah et se proclame calife. Il réussit à empêcher le débarquement d'une armée arabe envoyée d'Espagne. Le gouverneur
d'Espagne Uqba ibn al-Hajjaj intervient en personne mais ne parvient pas à reprendre Tanger, tandis que Maysara s'empare du Souss dont il tue le
gouverneur. Puis Maysara, se conduisant comme un tyran, est déposé et tué par les siens, et remplacé par Khalid ibn Hamid al-Zanati. Sous son
49
commandement, les Berbères sont victorieux d'une armée arabe sur les bords du Chelif, au début de 740 .

Les troupes arabes ayant été battues, Hichām envoie des troupes de Syrie dirigées par le général Kulthum ibn Iyad. Elles sont battues par les Berbères
49
sur les rives du Sebou en octobre 741 . Le gouverneur égyptien Handhala Ibn Safwan intervient à son tour et arrête les deux armées kharidjites au
50
cours de deux batailles à Al-Qarn et à El-Asnam (actuelle Algérie) alors qu'elles menaçaient Kairouan (actuelle Tunisie) (printemps 742) . Quand
survient la chute des Omeyyades de Syrie (750), l'ouest de l'Empire échappe totalement au pouvoir central damascène. L'Espagne revient aux émirs
omeyyades de Cordoue et le Maghreb se morcelle en plusieurs petits États indépendants (de 745 à 755).

L'histoire des Idrissides est indissociable de la personne d'Idris Ier, descendant d'Ali et de Fatima, gendre et fille du
prophète de l'islam Mahomet, qui fuyant les massacres dont était victime son entourage et sa famille vint se réfugier dans
le Moyen Atlas, à Volubilis, ancienne cité romaine déchue. Obtenant l'aval des tribus locales, il fonda en 789 la ville de Fès
dans la plaine du Saïss dont il fit la capitale de son nouveau royaume proclamé en 791. Après son assassinat par un
envoyé du calife Hâroun ar-Rachîd, son fils Idris II lui succède après une régence. Il étend sa capitale ainsi que son
royaume et avance au-delà de Tlemcen, pris par son père dès 789 et assujettit de nombreuses tribus Zenata. Son
successeur Mohammed fera construire la prestigieuse mosquée Quaraouiyine, qui abrite la plus ancienne université
encore en activité dans le monde. À cette période, Fès devient un des principaux centres intellectuels du monde arabe et
attire d'éminents scientifiques et théologiens. Le royaume idrisside étend régulièrement ses frontières mais se retrouve
menacé par la puissante dynastie des Fatimides à l'est. Indiqués califes de Cordoue au début du xe siècle, les Idrissides
subiront également au nord la pression des Omeyyades. En 985, les Fatimides et leurs vassaux d'Algérie poussent les
Idrissides à se réfugier en Al-Andalus.

Dès le milieu du xe siècle, l'affaiblissement des Idrissides du fait non seulement des pressions externes mais surtout des
dissensions internes entraîne un regain d'activité des grandes tribus berbères qui fondent et conquièrent de nombreuses
cités. Les États de Sijilmassa dans le sud et de Nekor dans le nord se maintiennent et gagnent de l'ampleur durant cette
période.
Hâroun ar-Rachîd, calife
abbasside de Bagdad,
Royaume des Berghouata (entre les viiie et xe siècles) instigateur de l'assassinat
d'Idris Ier.
Les Barghawata (ou encore Barghwata ou Berghouata) forment un émirat berbère, appartenant au groupe de l'ethnie des
Masmoudas. Après que les kharijites ont échoué dans leur rébellion au Maroc contre les califes de Damas, ils établissent
51
(744 – 1058) un royaume dans la région de Tamesna sur les côtes de l'Atlantique entre Safi et Salé sous l'égide de Tarif al-Matghari . La particularité
de cet État est de créer une religion purement berbère, s'appuyant sur un livre saint inspiré du Coran, et dirigé par un gouvernement théocratique
fixant les rituels d'un nouveau culte empruntant à la fois à l'islam, au judaïsme et aux antiques croyances locales. Les Barghwata maintiennent leur
suprématie dans la région des plaines atlantiques durant quatre siècles, et entretiennent des relations diplomatiques et commerciales avec le califat
omeyyade de Cordoue qui voit probablement en eux des alliés potentiels contre les Fatimides et leurs alliés zénètes. Il semble que sur les vingt-neuf
52, 51
tribus constitutives de ce royaume, douze aient adopté réellement la religion barghwata, les dix-sept autres étant restées fidèles au kharijisme .

Royaume de Sijilmassa (758-1055)

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Un émirat fondé par les Zénètes émerge dans la région du Tafilalet à partir de 758. Dirigé par la dynastie des Midrarides (dont le fondateur est
Semgou Ibn Ouassoul), il prend pour capitale la cité de Sijilmassa. Ce royaume professe officiellement le kharidjisme de rite sufrite mais finit par
reconnaître à partir de 883 la suprématie religieuse du califat sunnite des Abbassides. Les Midrarides se consacrent cependant à maintenir une
alliance avec les autres États kharidjites, comme le royaume des Rostémides de Tahert, et à établir un fructueux commerce caravanier de l'or avec le
royaume du Ghana, à l'époque maître des plus importants gisements aurifères de l'Afrique de l'Ouest. L'émirat de Sijilmassa atteint ainsi son apogée
au ixe siècle grâce à son rôle de plaque tournante du trafic des métaux précieux, et sa renommée s'étend ainsi jusqu'aux pays méditerranéens et au
Moyen-Orient. C'est précisément cette position de débouché de l'or africain qui excite les convoitises des Omeyyades et des Fatimides qui s'affrontent
pour sa domination. Ce sont finalement les Almoravides qui s'emparent du royaume midraride en 1055. Par la suite, la fondation de Marrakech
éclipse définitivement le prestige de Sijilmassa.

Dynastie idrisside (789-985)

L'histoire des Idrissides commence lorsqu'un prince arabe chiite de la famille


d'Ali (quatrième calife de l'islam) et son affranchi Rachid Ben Morched El
Koreichi se réfugient dans le Moyen-Atlas. Fuyant la menace des Abbassides
(qui avaient massacré des Alides et leurs partisans chiites lors de la bataille de
Fakh près de la Mecque), ils séjournent en Égypte avant de s'installer à
Walilah (Volubilis), sous la protection de la tribu berbère des Awerbas.
Parvenant à rallier les tribus à sa cause, Idriss est investi Imam et fonde la
Carte du royaume idrisside. ville de Fès en 789 sous le nom d'Idris Ier. C'est le début de la dynastie des
Idrissides. Mosquée de l'Université Al
Quaraouiyine à Fès fondée sous le
Idris Ierest assassiné par un émissaire du calife abbasside Hâroun ar-Rachîd, un certain Sulayman Ibn Jarir règne des Idrissides.
53
Achammakh, qui avait été en fait avisé par le puissant vizir barmécide Yahya ben Khalid . Ne se doutant point
er
que la femme d'Idris I (Kenza al-Awrabiya) est enceinte, les maîtres de Bagdad pensent que la menace est
vaincue. Mais, quelques mois plus tard, naît Idris II. Son éducation a été confiée à l'affranchi de son père, Rachid.

Après onze années sous la tutelle de Rachid, Idriss II est proclamé Imam des croyants. Au fil des années son sens pour la politique s'affirme
nettement et il réussit à fédérer un plus grand nombre de populations. La puissance du corps militaire (qui se professionnalise et dans lequel
s'engagent notamment des Qaysites issus des tribus du nord de la péninsule Arabique) lui permet de développer et d'étendre le noyau de principauté
dont il avait hérité. Le royaume idrisside englobe ainsi toute la portion de territoire s'étendant de Tlemcen à l'est jusqu'au Souss au sud. Il semble que
54
la dynastie idrisside, du moins à ses débuts, ait professé le chiisme et plus précisément le zaïdisme, réputé être le plus modéré des rites chiites .

Se considérant à l'étroit à Walilah, Idriss II quitte l'antique cité romaine pour Fès, où il fonde le quartier des
Kairouanais (également appelé Al-Alya) sur la rive gauche de l'oued Fès (Idris Ier s'était établi sur la rive droite, le
quartier des Andalous). Les Kairouanais sont issus de familles arabes orientales et arabo-persanes (originaires du
Khorassan) établies en Ifriqiya depuis l'époque abbasside. Elles sont expulsées de Kairouan en raison des
persécutions politiques que leur infligent les Aghlabides et notamment l'émir Ibrahim Ier. Les Andalous qui
s'installent à Fès sont quant à eux des opposants aux Omeyyades, originaires des faubourgs cordouans qui
s'étaient révoltés contre l'émir omeyyade d'Al-Andalus Al-Hakam Ier (notamment du faubourg de Rabed, d'où le
55
nom de Rabedis attribué aux éléments de cette première vague d'immigration andalouse au Maroc) .
Sanctuaire et mausolée d'Idriss Ier
Le royaume idrisside connaît une importante phase d'urbanisation, illustrée
dans la cité sainte de Moulay Driss
par la création de villes nouvelles comme Salé, Wazzequr, Tamdoult et Basra,
Zerhoun.
cette dernière inspirée de la Basra irakienne. Ces nouveaux centres sont des
foyers de diffusion de culture arabe et des vecteurs d'islamisation en pays
56
profondément berbère . La fondation de la mosquée Al Quaraouiyine en 859, qui abrite également une
université homonyme, assure à Fès un rayonnement qui fera participer la cité idrisside à l'Âge d'or de l'Islam des
sciences, des arts et des lettres, aux côtés de métropoles aussi prestigieuses que Cordoue, Le Caire et Bagdad.

À cette même époque, les Vikings venus de la lointaine Scandinavie et menés par Hasting et le prince suédois
Sanctuaire abritant le mausolée
d'Idriss II à Fès.
Björn Ironside, attirés par les ressources potentielles de l'Afrique du Nord, se signalent par leurs incursions
57
dévastatrices sur les côtes du Maroc (notamment dans les régions d'Assilah et de Nador) . L'historien et
géographe andalou Al-Bakri désignera les envahisseurs vikings par le terme de Majus et relatera particulièrement
58
leurs exactions contre le royaume des Banu Salih de Nekor dans le Rif .

En 985, les Idrissides perdent tout pouvoir politique au Maroc et sont massivement exilés en Al-Andalus. Installés à Malaga, ils récupèrent peu à peu
leur puissance, au point d'engendrer une dynastie pendant l'époque des taïfas, les Hammudites. Ces derniers vont jusqu'à revendiquer la fonction
59
califale à Cordoue en remplacement des Omeyyades déchus en 1016 .

Les soulèvements zénètes (954-1059)


60
Vers 954 et selon Ibn Khaldoun, trois grandes confédérations tribales zénètes se soulèvent et s'emparent de
plusieurs villes et régions du Maghreb el Aksa (appellation arabe du Maroc), à savoir Fès, Oujda (fondée en 994
par le Maghraoui Ziri Ibn Attia), Salé (fondée au cours du xe siècle par les Banou Ifrens, Sijilmassa), ou encore les
régions du Souss et du Haouz, et ce consécutivement à l'affaiblissement de la dynastie arabe chérifienne des
Idrissides.

Pendant la conquête, ces trois confédérations zénètes, les Maghraouas, les Banou Ifrens et les Meknassas,
fondèrent chacune un royaume autour de leur zone d'influence mais assez rapidement, leurs points de vue
divergèrent, provoquant une instabilité sur l'ensemble du territoire. Les diverses tribus maghraouas étaient tantôt
Oujda est fondée par les Zénètes de
alliées aux Omeyyades tantôt aux Fatimides. Les Banou Ifrens demeurèrent réfractaires à toute alliance avec les
la tribu des Maghraouas.
puissances arabes.

Les Fatimides profitent de ces divisions entre les trois confédérations zénètes et envoient les Zirides de l'Ifriqiya
pour conquérir le Maghreb el Aksa (le Maroc actuel). Le Ziride nommé Ziri ibn Menad réussit à conquérir une partie du Maroc actuel. En 971, son fils
Bologhine ibn Ziri affirme sa souveraineté sur la majorité des villes importantes. Durant cette période, les Berghouatas (confédération tribale
masmouda et sanhadja) seront donc attaqués par les Zirides. Les Maghraouas demandent l'aide des Omeyyades. Ces derniers acceptent enfin d'aider
les Zénètes à reconquérir les territoires, en particulier ceux des Maghraouas de l'ouest du Maghreb. Bologhine ibn Ziri est contraint de reculer devant
60
l'armée omeyyade venue d'Al-Andalus par voie maritime et qui s'installe à Ceuta . Par la suite, Ziri Ibn Attia des Maghraouas entre en conflit avec

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les chefs des Banou Ifrens et des Meknassas. Une lutte au pouvoir sera acharnée entre les fractions zénètes. Les Banou Ifrens attaquent les
60
Berghouata et prennent plusieurs fois Fès, place forte maghraoua. Ces derniers rétabliront finalement l'équilibre du Maghreb el Aksa . Le règne des
trois confédérations zénètes s'achèvera par l'arrivée des Hilaliens et des Almoravides vers le xie  siècle en 1059. Les Zénètes seront évincés par les
60
Almoravides du Maghreb el Aksa .

De tout temps, les Zénètes étaient seuls maîtres des routes et du commerce dans la région. Cette période est caractérisée par une certaine
61
prépondérance des pratiques démocratiques tribales, comme ce fut déjà le cas deux siècles auparavant lors des révoltes kharijites . Les Zénètes ont
démontré par leur histoire qu'ils pouvaient négocier avec toutes les tribus au Maghreb. Plusieurs alliances et traités ont été élaborés pendant cette
62
période. La construction s'est développée et plusieurs villes ont connu un véritable essor (construction de mosquée , de kalaâ, ksours, etc.). En 1068,
les trois «  dynasties  » chutent tant à cause du zèle manifeste de certains chefs que du fait de leur détermination à se lancer dans des guerres
60
saintes .

Dynastie almoravide (1055-1147)

Les Almoravides sont issus des tribus berbères sanhadjas des Lamtounas et des Guzzalas qui nomadisaient dans
le désert saharien entre l'Adrar mauritanien et le Tafilalet. Ces tribus guerrières se structurent au sein d'un
puissant mouvement religieux, sous l'impulsion du prédicateur Abdellah ben Yassin. Leur but est d'instaurer
l'islam sunnite de rite malékite dans toute l'étendue de l'Occident musulman (Al-Andalus et Afrique du Nord).
Ainsi leur vient leur nom d'al-Murabitoun, c'est-à-dire les combattants du ribat, une forteresse de la guerre sainte
dressée contre leurs ennemis animistes. Les Almoravides sont victorieux dans leur guerre contre les royaumes
noirs du Tekrour et l'empire du Ghana. Ils s'emparent ainsi du Ghana et de sa capitale Aoudaghost, à la tête d'une
grande région productrice et exportatrice d'or, et parviennent à remonter les pistes caravanières sahariennes
jusqu'au Tafilalet dans les années 1050, où ils mettent fin à l'existence de l'émirat de Sijilmassa sous domination
zénète. Les chefs des Almoravides sont successivement Abou Bakr ben Omar puis Youssef ben Tachfine.

Alors que le « Maroc utile » est en proie aux convoitises des entités politiques voisines ainsi qu'aux déchirements
internes, trois grandes tribus berbères se partagent les régions sahariennes. Les Lemtouna, Massoufa et Goddala
(ou Gadala, lointains descendants des antiques Gétules), tous trois membres de la confédération Sanhadja et
islamisés deux siècles et demi plus tôt, guerroient et vagabondent régulièrement en direction du sud où ils Conquêtes almoravides (xie siècle).
menacent l'empire du Ghana et d'autres États soudano-sahéliens animistes. De la tribu Lemtouna, l'émir Yahya
ben Ibrahim part, vers 1035, accomplir le pèlerinage à La Mecque. Là-bas, il
prend conscience de la nécessité de parfaire l'islam de ses congénères des régions de
l'Adrar. En halte à Kairouan, il tente pour cela d'obtenir un appui logistique de la part
d'éminences religieuses locales, mais sans résultat.

La guerre éclate entre les Almoravides et les Zénètes. Les Banou Ifren et les
Maghraouas perdent alors tout pouvoir après la victoire finale des Almoravides. C'est
Youssef ben Tachfine qui fonde Marrakech en 1062, au départ simple campement
nomade destiné à devenir la capitale d'un empire. Les Almoravides font disparaître
dans les régions qu'ils contrôlent toutes les doctrines qu'ils suspectent d'hérésie. C'est
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ainsi qu'ils suppriment le chiisme de Taroudant , dernier legs fatimide dans le
Souss, et qu'ils détruisent le royaume berghouata qui prospérait dans les plaines
centrales de la Tamesna (correspondant aux actuelles régions de Doukkala et de
Chaouia) et du Tadla. Partout les Almoravides imposent le sunnisme malékite le plus Coupole almoravide de
Carte du monde connu réalisée par strict, tel qu'enseigné par les écoles théologiques de Médine et de Kairouan. Cette Marrakech.
le géographe Al Idrissi sous le règne unification religieuse se double d'une unification politique. Les Almoravides étendent
des Almoravides. ainsi leurs conquêtes jusqu'au Maghreb central, à la limite du royaume hammadide.

En 1086, Youssef Ibn Tachfin, appelé par les rois des taïfas d'Al-Andalus,
franchit le détroit de Gibraltar à la tête de ses forces sahariennes composées
de nomades Sanhadjas et de guerriers africains du Bilad as-Sûdan, et parvient
ainsi à briser l'offensive du roi de Castille Alphonse VI à Zallaqa (bataille de
Sagrajas). Les Almoravides mettent fin au règne des roitelets, exilent l'émir de
Séville Al Mutamid ibn Abbad et celui de Grenade, Abdallah ben Bologhin, à
Aghmat près de Marrakech. Ils unifient ainsi Al-Andalus, qui est incorporée à
leur empire à partir de 1090. Ils ne parviennent cependant à récupérer Tolède
tombée aux mains des Castillans en 1085. Youssef Ibn Tachfin, qui a pris le
titre d'Émir des Musulmans (et non celui de calife, considérant ce privilège
Tombeau du célèbre prince et poète
comme dévolu aux seuls Abbassides dont les Almoravides reconnaissent
Al Mutamid ibn Abbad de Séville, 64
d'ailleurs la prééminence religieuse) , règne sur un ensemble géopolitique
condamné à finir sa vie dans une
prison d'Aghmat au sud de
s'étendant du Sénégal jusqu'aux abords des Pyrénées et des côtes atlantiques Un chrétien et un musulman
marocaines jusqu'à Alger. disputant une partie de jeu d'échecs
Marrakech.
en Al-Andalus.
Cette domination almoravide se manifeste par une symbiose des identités
andalouse, ouest-maghrébine et saharienne, préparant la voie à l'émergence
d'une civilisation hispano-mauresque à cheval sur la péninsule ibérique et le Maghreb occidental. Les édifices subsistant à Marrakech, Tlemcen et
Alger montrent ainsi une forte influence de l'école artistique cordouane adaptée aux canons esthétiques nord-africains. Dans le domaine économique,
l'État almoravide se distingue par sa maîtrise des flux de l'or, dont il contrôle les zones de production et les voies d'acheminement, du Ghana jusqu'au
bassin méditerranéen. Le dinar d'or almoravide, appelé marabotin, circule sur tous les grands marchés commerciaux comme devise de référence.

Après la mort de Youssef Ibn Tachfin en 1106, son fils Ali ben Youssef lui succède, mais la dynastie est déjà contestée aussi bien en Espagne qu'en
Afrique. La famille régnante prend en effet goût aux plaisirs et aux délices d'une vie de cour raffinée héritée des califes de Cordoue et des émirs taïfas
d'Al Andalus. Dans le même temps, les populations subissent la dictature rigoriste des cadis malékites et les exactions locales des chefs militaires
d'origine sanhadja qui s'appuient parfois sur des milices de mercenaires chrétiens comme celle du chevalier catalan Reverter. Une telle conjoncture
politique favorise un mécontentement généralisé dans l'ensemble de l'empire almoravide gravement affaibli.

Dynastie almohade (1147-1269)

Mohammad Ibn Toumert est le futur Mahdi autoproclamé du mouvement almohade ancien empire marocain et le fils d'un amghar, chef de village de
la tribu des Harga, dans le Haut-Atlas. Très précocement animé par un zèle religieux, il entreprit dès sa jeunesse de multiples voyages l'amenant à
visiter Bagdad, Le Caire et peut-être même Damas où il découvre toute l'ampleur de la tradition musulmane, et notamment le soufisme. Rapidement,
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il entretient une profonde aversion pour l'étroitesse du malikisme régnant en maître en sa patrie. C'est en 1117
qu'il regagne le Maghreb, via Tripoli, puis Tunis et enfin Béjaïa où ses pieux prêches galvanisent les foules. À
Melalla, il se lie d'amitié avec le Zénète Abd El Moumen. C'est en compagnie de ce dernier qu'Ibn Toumert
d'Almohades (d'« Al-Muwahidûn », ‫)الموحدون‬, les Unitaires.

C'est à Tinmel, au cœur de la très isolée vallée du N'fis, qu'il établit sa « capitale ».

Ses prêches rencontrent un écho considérable et il clame ouvertement son intention de liguer toutes les tribus
insoumises des montagnes contre les Almoravides. Son aura grandissante suscite de jour en jour davantage
d'inquiétudes de la part des Almoravides qui lancent contre lui en 1121 une expédition militaire commandée par le Empire almohade entre 1147 et
gouverneur du Souss, Abou Bakr Ben Mohammed El-Lamtouni. L'expédition est littéralement écrasée. À la suite 1269.
de cette déconvenue, ses désirs s'estompèrent un temps mais en 1127 (ou 1129), une nouvelle expédition parvint
dans les contreforts du Haut Atlas aux environs d'Aghmat dans l'espoir de frapper un grand coup en pays Hintata,
fief de la doctrine « Unitaire ». Mais Abd El Moumen et El Béchir contrarièrent ce plan et profitant de l'effet de
surprise, ils parvinrent même à assiéger ponctuellement Marrakech, capitale almoravide. Cependant, leurs
faiblesses en combat de plaine les poussèrent à se retrancher en toute hâte. El Béchir mourut suivi quelques mois
plus tard, en septembre 1130, par Ibn Toumert.

Abd El Moumen succéda d'abord secrètement au fondateur de la secte et


privilégia une politique d'alliance avec les tribus de l'Atlas. Pour ce faire, il
joua non seulement de ses origines zénètes mais aussi de ce qui restait de
cercles d'initiés qu'avait fondé son prédécesseur. Dès 1140, une intense
Drapeau almohade.
campagne permet aux Almohades de s'attirer les faveurs des oasis du sud.
Taza puis Tétouan sont les premières grandes cités à tomber. À la faveur du
décès d'Ali ben Youssef en 1143, il s'empare de Melilla et d'Al Hoceïma, faisant
ainsi du nord du Maroc sa véritable base logistique. La mort du redoutable Reverter en 1145, suivie la même
Intérieur de la mosquée de Tinmel, année de celle de Tachfine ben Ali, permet aux Almohades les prises respectives d'Oran, de Tlemcen, d'Oujda et
fief originel de la doctrine almohade. de Guercif. S'ensuit ensuite le long et éprouvant siège de Fès qui durera neuf mois durant lesquels Abd El
Moumen se charge personnellement de prendre Meknès, Salé et Sebta. La conquête du Maroc s'achèvera
finalement en mars 1147 par la prise de Marrakech, capitale du désormais déchu empire almoravide et dont le
dernier roi Ishaq ben Ali sera ce jour-là impitoyablement tué. Pour fêter cette victoire, Abd El Moumen fit bâtir la très célèbre mosquée Koutoubia sur
les ruines de l'ancien Dar El Hajar.

De manière assez inédite, les premiers efforts militaires d'Abd El Moumen désormais intronisé comme calife de
l'Occident musulman (pour marquer son indépendance religieuse par rapport aux Abbassides d'Orient) se tournent vers
l'est du Maghreb, sous le double péril des Normands de Sicile menés par Roger II (qui ont pris le contrôle de Djerba et
Mahdia et menacent la prospère Béjaïa) et des tribus bédouines (Banu Hilal) envoyées depuis la Haute-Égypte par les
souverains fatimides du Caire, furieux de voir Zirides et Hammadides échapper à leur contrôle. Les opérations lancées
s'avèrent largement fructueuses puisque les Bédouins sont complètement écrasés à Béjaïa puis Sétif en 1152. En 1159,
une puissante armée terrestre est levée depuis Salé, secondée par une flotte de soixante-dix navires, obligeant les
Normands à se retrancher sur Sfax et Tripoli. Ainsi l'Empire almohade s'étendait-il à la fin des années 1150 des rivages
de l'océan Atlantique jusqu'au Golfe de Syrte, englobant toute l'Afrique musulmane à l'ouest de l'Égypte.

En Andalousie la fin de la période almoravide a permis la résurgence des reinos de


taifas et un regain de vigueur des Chrétiens. En 1144 les Castillans s'emparent
temporairement de Cordoue. À l'ouest, Lisbonne et Santarem sont prises par les
Portugais. Almería est également prise par les Aragonais pour une décennie entière.
Dos au mur, les taifas se voient obligés de faire de nouveau appel aux maîtres du
Maghreb. Ainsi, avant même la prise de Marrakech par les Almohades, Jerez et Cadix
s'offrent à ces derniers. Dans le sillage de la prise de Marrakech, des corps
Minaret de la mosquée
expéditionnaires permettent la conquête de tout le sud de la péninsule (Grenade,
almohade de la Koutoubia à
Séville, Cordoue…) puis de Badajoz. En 1157, Almería est reprise. Abd El Moumen Marrakech.
décédera finalement en 1163 à Salé. Son fils Abu Yaqub Yusuf lui succède, d'abord
reconnu à Séville puis à Marrakech. Il s'efforcera jusqu'à son décès en 1184 de régner
Dirham d'argent almohade. en véritable « despote éclairé », soucieux de desserrer l'étau d'orthodoxie religieuse pesant sur le Maghreb.

Sous son impulsion fleurissent des arts autrement plus épanouis que sous la dynastie précédente. L'architecture
en particulier atteint son apogée, se traduisant par la construction de la Giralda à Séville, fraîchement honorée du statut de capitale andalouse, ainsi
que de la tour Hassan à Rabat (dont le minaret ne fut jamais achevé) et de la Koutoubia à Marrakech, toutes trois bâties sur un modèle sensiblement
équivalent. Dans d'autres registres, le palais de l'Alhambra est érigé sur les hauteurs de Grenade par les Nasrides, et les Jardins de l'Agdal sont
plantés à Marrakech qui se dote également d'une Casbah califale abritant les palais du souverain almohade (cf. l'article Art almoravide et almohade).
C'est également sous les Almohades que vécut le brillant philosophe Averroès (de son vrai nom Ibn Rûshd ‫ )ابن رشد‬ainsi que Moïse Maïmonide qui ira
néanmoins s'exiler au Caire afin de pouvoir pratiquer librement sa religion (il était de confession juive). Les intellectuels du califat almohade mettent
à l'honneur la philosophie antique comme partout ailleurs dans le monde musulman, et plus particulièrement celle d'Aristote dont le rationalisme
séduit notamment Averroès.

À la mort d'Abu Yaqub Yusuf, les Almoravides demeurés maîtres des Îles Baléares s'en vont porter le glaive là où jadis sévissaient les Normands. Ils
arrachent Alger, Miliana, Gafsa et Tripoli aux Almohades et subventionnent des tribus bédouines d'Ifriqiya ainsi que les mercenaires turkmènes
65
Ghuzz , qui s'en iront mener des razzias dans tout le Maghreb médian et descendront même jusque dans les oasis du Drâa. Matées par les vigilantes
milices d'un certain gouverneur Abu Yusf, les tribus bédouines seront par la suite sédentarisées dans l'Ouest marocain, dans l'ancien pays berghouata
où elles contribueront à l'effort d'arabisation des plaines du Gharb et de la Chaouia. Quant aux Ghuzz, ils sont incorporés dans l'armée almohade
pour former des unités d'archers d'élite. Après la victoire d'Alarcos durant laquelle Alphonse VIII de Castille est battu par le souverain Abu Yusuf
Yaqub al-Mansur, les derniers fauteurs de troubles almoravides sont écrasés dans le Sud tunisien. C'est l'âge d'or almohade.
66, 67
Muhammad an-Nasir succède à son père en 1199. Le 16 juillet 1212, son armée de 30 000 hommes est mise en déroute par une coalition de près
de 62 000 chrétiens venus de France, d'Aragon, de Catalogne, du Comté de Portugal, de León et de Castille. C'est la bataille de Las Navas de Tolosa
que l'histoire retiendra comme l'évènement charnière de la Reconquista. Dans le même temps, an-Nasir reçoit une étrange proposition d'allégeance
de Jean sans Terre, alors en froid avec les souverains chrétiens du continent européen, de faire du lointain royaume d'Angleterre un vassal du califat
68
almohade de Marrakech .

L'autorité des Almohades sur leur empire sera durablement affaiblie par cette débâcle, au point que Muhammad an-Nasir renoncera à son trône
l'année suivante, le cédant à son fils. À 16 ans, Yusuf al-Mustansir accède donc au trône. Dépourvu d'autorité, il voit rapidement le Maghreb médian
lui échapper. Il en va de même en Andalousie où le gouverneur almohade de Murcie réclame une régence et franchit le détroit pour le faire savoir. À
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Séville, Al-Mamoun fait sensiblement de même. Les taïfas renaissent de leurs cendres et imposent le malikisme. À
Marrakech même les cheikhs souhaitent procéder à l'élection d'un nouveau calife, ne laissant d'autre choix au
jeune souverain que la fuite pour un temps. Son fils, Abd al-Wahid al-Makhlu lui succède en 1223. Il mourra
étranglé l'année même.

Les cheikhs de Marrakech procéderont alors à l'élection d'Abu Muhammad al-Adil. Les Hafsides, du nom d'Abû
Muhammad ben ach-Chaykh Abî Hafs, autrefois vizir de Muhammad an-Nasir déclarent leur indépendance en
1226, sous l'impulsion de Abû Zakariyâ Yahyâ. La mort d'Abu Muhammad al-Adil marquera le début de
l'ingérence du royaume de Castille dans les affaires marocaines. Ferdinand III de Castille soutiendra Abu al-Ala
Tour Hassan construite par le calife
Idris al-Mamun tandis que les cheikhs soutiendront le fils de Muhammad an-Nasir, Yahya al-Mutasim. C'est le
almohade Yacoub El Mansour à
Rabat.
premier qui prit pour un temps l'ascendant, parvenant à prendre Marrakech et à massacrer les cheikhs. Il renia la
doctrine religieuse almohade au profit du malikisme et consentit en paiement de sa dette à construire l'église
Notre-Dame de Marrakech en 1230. L'édifice fut détruit deux ans plus tard.

En 1233, son fils Abd al-Wahid ar-Rachid reprit Marrakech et chassa de Fès
les Bani Marin, futurs Mérinides (ces derniers faisaient payer à la ville et à sa
voisine Taza un tribut depuis 1216), permettant de réunifier le Maroc. En
Andalousie, Cordoue tombe aux mains de Ferdinand III de Castille dès 1236.
Valence lui emboîtera le pas deux ans plus tard, puis ce sera au tour de Séville
en 1248. Entre-temps, Abu al-Hasan as-Saïd al-Mutadid parviendra à rétablir
un semblant d'unité sur le Maroc mais accumulera les échecs face aux
Mérinides dont l'avancée est irrésistible sur le Maroc septentrional. Pour une
trentaine d'années, les Almohades survivront, retranchés sur la plaine du
Haouz et payant un tribut à leurs voisins septentrionaux. En 1269, Marrakech Averroès (Ibn Rushd), philosophe,
cadi, mathématicien, médecin
tombe. En 1276, c'est au tour de Tinmel. Un siècle et demi plus tard, la boucle
Miniature maroco-andalouse andalou de la Cour almohade, mort
almohade est bouclée et la dynastie à l'origine du puissant califat de l'ouest
d'époque almohade illustrant le à Marrakech en 1198.
disparaît définitivement.
conte de Bayad et Riyad.

Au cours des croisades

L'Empire almohade, sous le règne d'Abu Yusuf Yaqub al-Mansur, établit un partenariat stratégique avec l'Égypte du sultan Saladin. Le point d'orgue
de cette relation est l'ambassade d'Abu Al Harith Abderrahman Ibn Moukid envoyé par Saladin auprès de la Cour califale de Marrakech, qui
concrétise l'alliance entre Almohades et Ayyoubides. Cette mission débouche sur la participation de la flotte almohade aux opérations maritimes
contre les Croisés (sur les côtes du Proche-Orient ainsi qu'en mer Rouge). Après la prise de Jérusalem par Saladin en 1187, une partie de la ville sainte
69 70, 71
est repeuplée de populations provenant de l'Empire almohade qui fonderont et habiteront un quartier spécifique , dont l'un des vestiges les
72
plus connus est la Porte des Maghrébins .

Dynastie des Mérinides (1269-1465)

Contrairement aux deux dynasties précédentes, la montée en puissance des


Mérinides n'est pas à mettre sur le compte d'une démarche personnelle associable à
un individu mais plutôt à l'affirmation collective d'une tribu. L'autre rupture que
marque l'accession au pouvoir des Mérinides est l'abandon du leitmotiv de la
purification religieuse au profit d'une conception de la conquête du pouvoir plus
classique, plus conforme à l'identité tribale des protagonistes.

La tribu en question est une tribu zénète dont


73
les origines sont issues des Wassin . Toujours
est-il que les Beni Merin (ou Bani Marin)
constituent tout au long du xiie siècle l'archétype
d'une tribu berbère quelconque, nomadisant
Évolution territoriale de l'empire mérinide.
entre le bassin de la Haute-Moulouya à l'ouest
(entre Guercif et Missour) et le Tell algérien, au
sud de Sidi Bel Abbès à l'est. La première
occurrence de la tribu des Beni Merin dans l'historiographie marocaine coïncide avec leur participation en tant
Une des portes de Fès Jdid, la que groupe à la bataille d'Alarcos (1196), bataille finalement remportée par le camp almohade. C'est à cette
capitale des Mérinides à partir de occasion que s'illustre Abd al-Haqq considéré comme le véritable fondateur de la dynastie mérinide. De retour au
1276. pays, la tribu retombe dans un anonymat relatif jusqu'à la cinglante défaite almohade de Las Navas de Tolosa à
l'issue de laquelle les troupes Mérinides iront défaire 10  000  soldats almohades. À la suite de ce succès, les
Mérinides s'installent temporairement dans le Rif, soutenus par des Meknassas sédentarisés au nord de Taza.

Dès 1216, ils se faisaient payer tribut par les cités de Fès et Taza. Les Almohades soucieux de restaurer leur autorité sur tout leur territoire lancent de
nombreuses contre-offensives, le plus souvent vaines. C'est au cours d'une de ces manœuvres que décède Abd al-Haqq. Son fils Uthman ben Abd al-
Haqq lui succède. Dès 1227, toutes les tribus entre le Bouregreg et la Moulouya ont fait allégeance aux Mérinides. En 1240, Uthman ben Abd al-Haqq
décède, assassiné par son esclave chrétien. C'est son frère Muhammad ben Abd al-Haqq qui lui succède, assiégeant avec un succès relatif Meknès. Il
décède en 1244, tué par des milices chrétiennes au service des Almohades. Au milieu de la décennie 1240, les troupes almohades sont mises en
déroute à Guercif. Les Mérinides s'engouffrent alors dans la très stratégique Trouée de Taza, tremplin qui leur permit d'entreprendre le siège de Fès
en août 1248 et d'envisager la prise de toute la moitié nord du Maroc. Mais la moitié sud n'est pas en reste. Abu Yahya ben Abd al-Haqq ayant
précédemment succédé joue des amitiés traditionnelles des Beni Merin avec les Béni-Ouaraïn du Moyen Atlas et d'autres tribus du Tafilalet pour
contrôler les oasis et détourner les revenus du commerce transsaharien de Marrakech vers Fès, désignée comme capitale mérinide.
74
En 1258, Abu Yusuf Yaqub ben Abd al-Haqq succède à son frère enterré dans l'antique nécropole de Chellah qu'il avait commencé à réhabiliter . Le
début de son règne est marqué par une lutte avec son neveu qui réclamait la succession. Ce dernier parvient à prendre Salé. La situation à
l'embouchure du Bouregreg profite à la Castille qui occupera la ville pendant deux semaines en 1260, sur l'ordre d'Alphonse X. L'ouest du Rif fut
également en proie à de nombreuses insurrections Ghomaras tandis que Ceuta et Tanger étaient alors aux mains d'un sultan indépendant, un
dénommé El Asefi. Rapidement le nouveau souverain exprima son désir d'en découdre rapidement avec les Almohades retranchés dans le Haouz,
l'est des Doukkala et une partie du Souss. Une première tentative en ce sens se solda par un échec en 1262. Les Almohades pressèrent alors les
Abdalwadides d'attaquer leurs rivaux Mérinides par surprise. Yaghmoracen Ibn Ziane, célèbre souverain abdalwadide fut défait en 1268. L'année
75
suivante, Marrakech fut définitivement prise .

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Durant les années qui suivirent, il bouta les Espagnols hors de tous leurs
établissements atlantiques jusqu'à Tanger. En 1276, Fès, la capitale du
royaume, se voit augmentée d'un nouveau quartier, à l'écart de l'ancienne
ville, où se côtoient notamment le palais royal et le Mellah (Fès El Jedid).
Globalement la ville connaîtra sous l'ère mérinide un second âge d'or, après
celui connu sous les Idrissides. Après la pacification totale du territoire et la
prise de Sijilmassa aux Abdalwadides, le sultan franchit le détroit et tente de
reconstituer la grande Al-Andalus musulmane des Almohades. Les entreprises
Drapeau des Mérinides, empire espagnoles des Mérinides furent complexes mais n'accouchèrent que de peu Médersa Attarine de Fès construite
islamique. de résultats concrets. À la suite du siège de Xérès, un traité de paix stipulant le sous le règne du sultan Abû Saïd
retour de nombreux documents et ouvrages d'art andalous (tombés aux mains Uthmân ben Yaqub (1310-1331).
des Chrétiens lors des prises de Séville et Cordoue) vers Fès. En 1286, Abu
74
Yusuf Yaqub ben Abd al-Haqq décède à Algésiras. Il est inhumé à Chellah. Son fils Abu Yaqub Yusuf , plus tard
dit an-nāsr, lui succède et se voit confronté dès son intronisation à un durcissement des révoltes dans le Drâa et à Marrakech et à un désaveu de
certains membres de sa famille, s'alliant tantôt avec les Abdalwadides ou les révoltés. Il rendit Cadix aux Nasrides de Grenade en guise de bonne
volonté mais six ans plus tard, en 1291, ces derniers, alliés aux Castillans dont ils sont les vassaux, entreprennent de bouter définitivement les
Mérinides de la péninsule Ibérique. Après quatre mois de siège, Tarifa est prise par les Castillans. Mais les yeux d'Abu Yaqub Yusuf an-Nasr sont
plutôt rivés sur Tlemcen, capitale des éternels rivaux des Beni Merin que sont les Abdalwadides. Il se dirige vers Tlemcen à la tête d'une armée
cosmopolite puisqu'essentiellement composée de mercenaires chrétiens (Castillans et Aragonais principalement), de Turkmènes et de Kurdes. Le
siège durera huit ans et se poursuivra jusqu'à l'assassinat du souverain, des mains d'un des eunuques de son harem, en 1307.

Jusqu'à l'avènement d'Abu al-Hasan ben Uthman en 1331, la dynastie est marquée par une forme de décadence dont les signes principaux sont la
multiplication des querelles de succession, des révoltes populaires et des soulèvements militaires. En 1331 donc, Abu al-Hasan ben Uthman
(surnommé le Sultan noir) succède à son père, quelques mois seulement après avoir obtenu son pardon. Rapidement, l'obsession de ses aînés pour
Tlemcen le rattrape. Il entame un nouveau siège sur la ville qui s'avèrera vain. Il évince ceux qui dans son entourage familial le jalousent mais sait
faire preuve d'une grande dextérité dans sa gestion des ambitions tribales. Tlemcen tombe enfin en 1337. Abu al-Hasan ben Uthman est auréolé de
gloire. Cette victoire lui ouvre la voie du Maghreb médian mais avant de s'engouffrer dans cette brèche ouverte en direction d'Ifriqiya, le souverain
tient à venger la mort de son fils Abu Malik, surpris par les Castillans après son succès à Gibraltar en 1333. La bataille de Tarifa, le 30 octobre 1340 se
solde par une lourde défaite qui signera la fin définitive des ambitions marocaines en terre espagnole.

Sept années plus tard, le sultan et ses armées parviennent à soumettre l'Ifriqiya. L'année suivante pourtant, les Mérinides essuient une cuisante
défaite à Kairouan. L'écho de la déconvenue est grand, au point que naît et se répand une folle rumeur selon laquelle le Sultan noir serait mort au
combat. À Tlemcen, Abu Inan Faris est alors intronisé. C'est de sa volonté qu'émanera la construction de la médersa Bou Inania de Fès.

Il a d'ailleurs également parachevé la construction de la Medersa Bou Inania de Meknès, entamé par son aîné. Ce dernier tentera un vain retour via
Alger puis Sijilmassa. Il est finalement défait et tué par les armées de son fils sur les rives de Oum Errabiâ. Abu Inan Faris, profondément chagriné
par ce décès, tentera alors de faire asseoir son autorité sur l'ensemble du royaume, de nouveau fragilisé par la recrudescence des volontés
insurrectionnelles. Il s'entoure à ces fins d'Ibn Khaldoun, penseur de génie et véritable précurseur de la sociologie moderne. Son neveu, maître de
Fès, est exécuté, mais à l'occasion de ce déplacement au Maroc, c'est Tlemcen qui se soulève. Une intense campagne permet un certain regain de
vigueur des Mérinides mais Abu Inan est étranglé des mains d'un de ses vizirs, un certain al-Foudoudi, le 3 décembre 1358, neuf ans seulement après
son accession au pouvoir.

L'anarchie est alors à son paroxysme. C'est le premier grand déclin de la dynastie. Chaque vizir tente de porter sur
le trône le prétendant le plus faible et manipulable. Les richesses patiemment accumulées par les souverains
précédents sont pillées. Un premier prétendant venu de Castille parvient à se soustraire pour un temps à ce diktat
des vizirs. Il s'appelle Abû Ziyân Muhammad ben Ya`qûb plus simplement appelé Muhammad ben Yaqub.
Reconnu et acclamé dans le nord du Maroc, il règne à partir de 1362 sur un royaume dont seule la moitié nord (de
la Tadla aux contreforts méridionaux du Rif) est demeurée loyale à l'autorité mérinide. Tout au long de son bref
règne, il tentera de faire évincer un à un les vizirs jugés encombrants mais ce sont des mains d'un de ces derniers,
le grand vizir Omar, qu'il périra en 1366.

Bab el-Mrissa porte de l'arsenal


Omar désincarcère alors le fils d'Abu l'Hasan, Abu Faris Abd al-Aziz ben Ali ou plus simplement Abd al Aziz.
maritime militaire de Salé construit
Après avoir réussi le tour de force d'évincer bon nombre de vizirs dont celui qui l'a porté au pouvoir, il parvient à
par les Mérinides à la suite de mater le pouvoir parallèle en place à Marrakech (pouvoir dit d'Abou l'Fadel, vaincu en 1368). Il parvient à asseoir
l'attaque de la flotte du roi son autorité en pays Hintata, puis dans le Souss et à Sijilmassa. En 1370, Tlemcen, où s'était reconstitué le
Alphonse X en 1260. pouvoir abdalwadide, retombe aux mains des Mérinides. Mais deux ans plus tard seulement, il s'éteint. Le
royaume est à nouveau scindé en deux, les zaouïas prenant le pouvoir à Marrakech. La peste noire provoque de
graves ravages.

S'ensuivent 21 années de déclin durant lesquelles se multiplient les intrigues dynastiques, les coups politiques des
différents vizirs, les ingérences nasrides et de vaines tentatives de coups d'éclat militaires face à Tlemcen. Durant les
deux périodes de déclin, la pratique de la piraterie se développe, tant dans le Nord, dans les environs de Tanger et Ceuta,
que sur la côte atlantique (à Anfa notamment, qui sera d'ailleurs détruite en représailles par les Portugais en 1468).

En 1399, alors que le Maroc est en proie à une anarchie des plus totales, le roi Henri III de Castille arme une expédition
navale destinée à annihiler la pratique de la course depuis Tétouan. En fait, la ville est non seulement mise à sac mais
également totalement vidée de sa population (la moitié est déportée en Castille). En 1415, c'est au tour de Ceuta de
tomber aux mains des troupes de Jean Ier, roi du Portugal, lui aussi en croisade contre la course maritime des cités
côtières marocaines.
76
La dynastie mérinide connait un tragique déclin . Abû Saïd Uthmân III dit Abu Said succède à Abu Amir Abd Allah
dans des circonstances troubles. Prince taciturne, il se tourne à nouveau vers Tlemcen. Mais le vent a tourné et Abou
Malek, souverain abdalwadide, pétri de haine à l'encontre des maîtres de Fès, parvient à prendre la ville et impose un
souverain fantoche. Les documents concernant cette période sont très flous et se contredisent. Toujours est-il que Abu Medersa Bou Inania de
Muhammad Abd al-Haqq succède à Abu Said alors qu'il n'a qu'un an (1421). Cette accession au trône appela bien sûr une Meknès achevée sous le
régence. Les vizirs wattassides s'avéreront incontournables. règne du sultan Abu Inan
Faris.

Dynastie idrisside, branche des Joutey (1465-1471)

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Mohammed ibn Ali al-Idrissi al-Amrani al-Joutey (arabe : ‫ )محمد بن علي العمراني الجوطي اإلدريسي‬est le 20e descendant en ligne directe d'Idris Ier. Chef de file
des chorfas de Fès au milieu du xve siècle, il est proclamé sultan du Maroc à la suite de la révolte de 1465 qui aboutit à l'assassinat du sultan mérinide
77
Abd al-Haqq II, mort sans laisser d'héritier . Il ne réussit cependant pas à imposer son autorité bien au-delà de Fès et de sa région.

Le règne de Mohammed ibn Ali dure jusqu'en 1471, date à laquelle il est renversé par Mohammed ach-Chaykh, qui fonde la dynastie des
77
Wattassides .

Wattassides (1472-1554)

Les Wattassides, Ouattassides ou Banû Watâs, sont une tribu de Berbères zénètes comme les Mérinides. Cette tribu, qui
serait initialement originaire de l'actuelle Libye, était établie dans le Rif, au bord de la Méditerranée. De leur forteresse
de Tazouta, entre Melilla et la Moulouya, les Beni Wattas ont peu à peu étendu leur puissance aux dépens de la famille
régnante mérinide (voir l'article détaillé sur les Wattassides).

Ces deux familles étant apparentées, les Mérinides ont recruté de nombreux vizirs chez les Wattassides. Les vizirs
wattassides s'imposent peu à peu au pouvoir. Le dernier sultan mérinide est détrôné en 1465. Il s'ensuit une période de
confusion qui dure jusqu'en 1472. Le Maroc se trouve coupé en deux, avec à Marrakech les émirs Hintata auxquels
succède la dynastie arabe émergente des Saadiens, et à Fès le sultanat wattasside déclinant. Plus au nord, à Tétouan et à
Chaouen, apparaît une principauté à dominante andalouse peuplée par les réfugiés du royaume de Grenade (conquis par
78
les Espagnols catholiques en 1492) et dirigée par une femme nommée Sayyida al-Hurra . Sayyida al-Hurra (ou Sitt al-
Hurra) mène une lutte implacable contre les Portugais qui occupent Ceuta depuis 1415, et contracte une alliance
matrimoniale avec les Wattassides en épousant le sultan Abu al-Abbas Ahmad ben Muhammad. Sur le plan stratégique
Le sultan wattasside Ahmad elle joint ses forces à celles de l'amiral turc Arudj Barberousse qui lutte contre les Espagnols en Méditerranée
ben Muhammad al Wattassi occidentale.
(1526-1549).
En 1472, les sultans wattassides ont perdu tous leurs territoires d'importance et ne
contrôlent plus la rive marocaine du détroit de Gibraltar. Les Portugais prennent
possession de Tanger en 1471 puis cèdent la ville à l'Angleterre en 1661 comme dot apportée par Catherine de
Bragance à son époux Charles II d'Angleterre.

Durant la domination portugaise (1471-1661, avec un intermède espagnol entre 1580 et 1640), Tanger constitue la
capitale de l'Algarve d'Afrique, car il existe alors deux Algarves, celle d'Europe et celle d'Afrique, toutes deux
considérées comme territoires relevant personnellement de la dynastie d'Aviz puis de la dynastie de Bragance (le
roi du Portugal porte aussi le titre de roi des Algarves). Durant la domination anglaise, Tanger est une place forte
stratégique, dotée d'un statut spécial et élisant des représentants à la Chambre des communes à Londres, mais
79
l'entretien d'une garnison importante se relève trop coûteux aux yeux de l'opinion anglaise . Cela pousse Charles
II à faire évacuer la place, qui est prise par les troupes marocaines du sultan Moulay Ismail en 1684.

Sous les règnes successifs d'Alphonse V, Jean II et Manuel Ier (période Le Maroc au début du xvie siècle :
marquant l'apogée de l'expansion portugaise) l'Algarve africaine englobe en rouge, le domaine des
presque tout le littoral atlantique marocain, à l'exception de Rabat et de Salé. Wattasides ; en rose, les vassaux
Les Portugais contrôlent la portion côtière s'étendant de Ceuta à Agadir et à des Wattassides.
Boujdour, avec pour points de jalon les places fortes de Tanger, Assilah,
Larache, Azemmour, Mazagan, Safi et Castelo Real de Mogador. Ces
possessions forment des fronteiras, équivalent portugais des presidios
espagnols, et sont utilisées comme escales sur les routes maritimes du Brésil
et de l'Inde portugaise. Néanmoins la plus grande partie du Maroc portugais
Citerne aux voûtes gothiques, est reconquise par les Saadiens en 1541. La dernière fronteira de la Couronne
construite par les Portugais à El lusitane est Mazagan, récupérée par les Marocains en 1769. Les Espagnols
Jadida (Mazagan) en 1514. pour leur part s'attribuent la côte méditerranéenne avec les présides de Melilla
et le rocher de Vélez de la Gomera, ainsi que la région de Tarfaya faisant face
aux îles Canaries. Ils prennent également le contrôle de Ceuta à l'issue de la
débâcle portugaise à la Bataille des Trois Rois qui se solde par l'Union ibérique (1580).
Vue de Safi au xvie siècle.
De cette époque, émerge la figure étonnante de Mustapha Zemmouri, plus connu sous le nom d'Estevanico (ou
Esteban le Maure), Marocain natif d'Azemmour revendu par les Portugais comme esclave à Andrés Dorantes de
80
Carranza, et qui s'illustre par son exploration de l'Amérique du Nord dans les rangs des conquistadors espagnols au début du xvie siècle .

Les Wattassides affaiblis donnent finalement le pouvoir à une dynastie se réclamant d'une origine arabe chérifienne (les Saadiens) en 1554.

Liens avec Al-Andalus

En 1492, sept siècles après la conquête musulmane de la péninsule Ibérique, le


dernier royaume musulman en Espagne, Grenade, est reconquis par les rois
catholiques.

Dès le début des succès de la Reconquista au xiie  siècle, certains Andalous


avaient commencé à se replier vers le Maroc ; mais la majorité d'entre eux a
été contrainte de quitter l'Espagne principalement en deux temps : à la chute
de Grenade en 1492, et en 1609 avec l'expulsion des Morisques. Par ailleurs les
La ville de Chefchaouen dans le
ultimes descendants de la dynastie nasride menés par Boabdil se réfugièrent à
« Cour des Lions » de l'Alhambra à nord du Maroc fut peuplée par des
Fès après la chute du dernier royaume musulman andalou de Grenade.
Grenade, le palais des sultans populations andalouses fuyant la
nasrides qui eurent d'étroites disparition du royaume de Grenade
L'exode de ce peuple, que le pays devra intégrer dans ses tissus sociaux et
relations avec les Mérinides. en 1492.
économiques, va marquer un nouveau tournant dans la culture, la
philosophie, les arts et la politique. L'immigration andalouse sera plus délicate
dans certaines villes marocaines. Les Andalous vont soit habiter dans
d'anciennes cités, soit en construire de nouvelles ; néanmoins, ils s'installeront surtout dans le nord du pays, notamment à Tanger, Tétouan, Oujda,
Chefchaouen, mais aussi à Rabat, Salé et Fès.

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Les Morisques installés à Rabat (dite Salé-le-Neuf) et Salé (aussi dite Salé-le-Vieil) formèrent une république corsaire inspirée des Régences
barbaresques d'Alger et de Tunis, vivant de courses commerciales fructueuses qui les emmenèrent à négocier avec de nombreux États (Espagne,
Portugal, France, Angleterre, Hollande).

Dynastie des Saadiens (1554-1659)


81
Les Saadiens, appelés parfois Zaydanides , constituent une dynastie arabe
chérifienne originaire de la vallée du Drâa. Elle arrive au pouvoir en 1511 avec le
sultan Muhammad al-Mahdi al-Qaim bi-Amr Allah et choisit Marrakech pour
capitale définitive après Taroudant. À partir de 1554 elle contrôle entièrement le
Maroc, alors que le Maghreb central et oriental est sous la domination des Ottomans.
Mohammed ech-Cheikh est un adversaire résolu du sultan-calife ottoman Soliman le
Magnifique.

Pour conjurer la menace exercée par les gouverneurs turcs d'Alger, le sultan saadien
n'hésite pas à chercher l'alliance des Espagnols qui occupent Oran et lui permettent
de s'emparer de la région de Tlemcen.
L'Empire saadien à son extension
Cependant en 1554 les troupes turques de Salah Raïs bousculent le dispositif saadien maximale (fin du xvie siècle).
établi autour de Tlemcen, et poussent l'offensive jusqu'à Fès avec l'intention
82
Tombeau des sultans
d'occuper la moitié nord du Maroc et de l'incorporer à l'Empire ottoman . Alors que
saadiens à Marrakech. l'armée commandée par le pacha d'Alger s'apprête à pénétrer dans la vallée du Sebou, une sortie des forces espagnoles du
comte d'Alcaudete, gouverneur d'Oran, oblige les Ottomans à évacuer précipitamment leur éphémère conquête
marocaine et à revenir défendre l'Ouest algérien menacé par les Espagnols. Ce retrait turc est profitable aux Saadiens qui
récupèrent ainsi Fès et les marches orientales du nord-est marocain. Charles Quint a également évité de voir les Ottomans atteindre la rive sud du
83
détroit de Gibraltar et devenir ainsi des voisins directs de l'Espagne .

L'alliance stratégique hispano-saadienne a montré ainsi son efficacité. Mais la diplomatie pro-espagnole de Mohammed ech-Cheikh lui vaut l'inimitié
tenace de la Sublime Porte. En effet, en 1557 des assassins à la solde du beylerbey d'Alger Hassan Pacha décapitent le sultan marocain et envoient sa
tête en trophée à Constantinople, où Soliman la fera accrocher aux remparts de la forteresse d'Europe sur les bords du Bosphore. Ce meurtre n'a
cependant pas d'incidence sur le front militaire et consolide même les assises de la dynastie saadienne.
84
L'influence ottomane qui caractérise pourtant ensuite l'évolution de l'État saadien
s'explique par l'exil des princes Abu Marwan Abd al-Malik et Ahmed (futur Ahmed al-
Mansour) à Alger et à Constantinople durant le règne de leur demi-frère Abdallah el-Ghalib
qui avait voulu les éliminer afin d'être l'unique représentant de la dynastie. Le soutien du
sultan ottoman Mourad III aux prétentions des deux princes saadiens peut paraître
paradoxal en raison des conflits permanents entre Marocains et Turcs, mais Abd al-Malik
puis son frère savent exploiter intelligemment cet appui pour récupérer le trône, prendre Fès
avec l'aide des forces ottomanes commandées par Caïd Ramdan, et éliminer leur neveu
Muhammad al-Mutawakkil (fils d'al-Ghalib) qui de son côté s'était allié au Portugal. La mort
de Murad III en 1595 met fin par ailleurs aux appétits hégémoniques de la Sublime Porte et
85
renforce ainsi l'indépendance marocaine .
Le sultan Ahmed al-
Si les Turcs sont surtout présents dans l'état-major et dans l'artillerie, l'essentiel de l'armée
Mansour, dont le règne
saadienne est composé de renégats d'origine européenne et de tribus militaires arabes
(1578-1603) marque
Cheragas ainsi que de contingents du Souss (les Ehl el-Souss, constituant l'ossature militaire
86 l'apogée de la dynastie
Le sultan ottoman Mourad de la dynastie) . Cette force considérable, estimée à 40 000 hommes par l'historien Henri
87 saadienne.
III, qui aida les princes Terrasse , fait du sultan Ahmed al-Mansur le plus puissant chef politique et militaire de
saadiens Abd al-Malik et cette partie de l'Afrique. Il le prouve en lançant un de ses plus brillants officiers, le général
Ahmed (futur al-Mansour) à Djoudar Pacha, à la conquête de l'Empire songhaï du Mali qui devient après la bataille de
reconquérir le trône du Tondibi et la défaite des Songhaï, le pachalik marocain de Tombouctou et du Bilad as-Sûdan
Maroc contre Muhammad (le Soudan occidental situé autour du fleuve Niger, par opposition au Soudan oriental où
al-Mutawakkil en 1576 coule le Nil), incluant les prestigieuses cités de Gao et de Djenné. Sur le plan religieux, la
(miniature ottomane extraite primauté du califat saadien est reconnue jusqu'au Tchad par Idrīs Alaoma, roi du Kanem et
88
du Livre du Bonheur, 1582). du Bornou . Cette allégeance spirituelle marque une victoire indéniable pour le sultan al-
Mansur sur la scène africaine au détriment de l'Empire ottoman qui entendait user
également de son statut de puissance religieuse califale auprès des royaumes musulmans du
Sahel.

Marrakech retrouve une partie de sa gloire de l'époque almohade. Les sultans font
bâtir des médersas (la célèbre médersa Ben Youssef), des mosquées, réaménagent les
jardins (comme celui de la Ménara), mais c'est surtout le fabuleux palais El Badi,
La mosquée Djingareyber à
réalisé en matériaux précieux, qui contribue au rayonnement de la capitale saadienne
Tombouctou, grande cité
et à la réputation fastueuse de la dynastie. L'attrait culturel pour le Maroc s'exprime
des Songhaï conquise par
jusqu'en Europe avec les écrits de Théodore Agrippa d'Aubigné et ceux de Michel de
89 les Saadiens, capitale du
Montaigne , mais aussi avec William Shakespeare et son Othello. Ahmed al-Mansur,
pachalik du Soudan
qui maîtrise parfaitement l'italien (appris au cours de son exil de jeunesse à Alger),
re marocain à partir de 1591.
entretient une correspondance avec Élisabeth I d'Angleterre, Henri III et Henri IV,
Pavillon saadien des jardins de la et se montre fort intéressé par les avancées techniques de la Renaissance occidentale,
Ménara à Marrakech. ainsi que par la découverte du Nouveau Monde (il proposera même aux Anglais une offensive conjointe anglo-
90
marocaine contre les colonies espagnoles d'Amérique) . Le prestige des Saadiens auprès des chancelleries
européennes remonte à la Bataille des Trois Rois à Ksar El Kébir le 4 août 1578, au cours de laquelle l'armée du
sultan Abdelmalik met en déroute la croisade du roi Sébastien Ier du Portugal, marquant ainsi la fin définitive de l'hégémonie portugaise sur la façade
atlantique du Maghreb.

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La dynastie s'achève avec le règne du dernier sultan El Abbas tué en 1659 dans une lutte de pouvoir au sein de son propre entourage mené par
Kerroum al-Hajj de la tribu Chebânat qui s'empare alors de Marrakech.

Dynastie des Alaouites (1666-présent)

Les Alaouites (al-Alaouiyoune, à ne pas confondre avec les Alaouites de Syrie), sont au pouvoir au Maroc depuis le
xviie siècle. D'après la légende, les Alaouites descendent de Mohamed Nefs Zakiya (« Âme Pure »), lui-même fils
de Abdallah El-Kamil, fils de Hassan El-Mouthanna, fils de Hassan Sibt, fils aîné d'Ali ibn Abi Talib, gendre et
cousin du prophète de l'islam, Mahomet. Mohamed Nefs Zakya fut proclamé Mahdi en 737 et tué au combat en
762. Théologien éminent, il a laissé la réputation d'un saint homme et vécut sous le règne du calife Al-Mansour.

Les Chérifs alaouites se disent originaires de Yanboâ an-Nakhil, une oasis située dans la péninsule Arabique,
appelés à venir au Maroc par de nobles pèlerins berbères du Tafilalet au xiiie siècle : Hassan Dakhil, se réclamant
21e descendant du prophète Mahomet, 17e descendant de Nefs Zakya, se serait installé alors en 1266 à Sijilmassa.
Son 5e  descendant, Moulay Mohamed ben Cherif, est le père du premier sultan de la dynastie alaouite, Moulay
Rachid ben Chérif.

Empire chérifien alaouite vers 1700. Lointains descendants d'Ali, gendre du prophète Mahomet, les Alaouites gouvernent aujourd'hui encore le
royaume du Maroc. Originaire du Tafilalet, le fondateur de leur dynastie n'est autre que Moulay Ali Cherif qui, en
1631 règne comme émir indépendant sur sa région natale. Après sa mort
prématurée en 1636, son successeur Moulay Mohammed Ier décide de reprendre les
rênes et continue ce que son père avait commencé. Organisateur méticuleux et fin
stratège, il va prendre graduellement le pouvoir aux Saadiens en plein déclin depuis
la mort d'al-Mansur en 1603. Son frère, Moulay Rachid, va l'aider dans cette tâche en
s'emparant du Rif, de Taza et de Fès, puis de la république des corsaires de Salé. Les
rivaux potentiels, comme la puissante zaouïa de Dila dans le Tadla, et le royaume
soufi du Tazeroualt dirigé par les Semlalides, États locaux à base théocratique et
tribale, sont vaincus et soumis. Moulay Rachid devient sultan du Maroc en 1666 et
écrase les révoltes qui sévissent encore à Marrakech. Une chute de cheval qui lui est
fatale projette son successeur, Moulay Ismail, à la tête du sultanat en 1672. Entrée de Dar el-makhzen, palais
royal de Meknès construit sous le
Cette date rime avec autorité, le nouveau sultan purge à coups de sévères répressions règne de Moulay Ismail.
toute forme d'opposition à son régime. Ce qui permettra enfin à l'Empire chérifien
Le sultan Moulay Ismail
d'accéder à la puissance, à la sécurité et à la crédibilité auprès de ses partenaires et de
(1672-1727) représenté sur
ses adversaires étrangers. Moulay Ismaïl forme une grande armée composée
une gravure française du
e essentiellement d'esclaves-soldats noirs originaires d'Afrique de l'Ouest, (les Abid al-
xvii  siècle.
Bukhari ou Bouakhers, équivalent marocain des janissaires et des mamelouks de
l'Empire ottoman) et de soldats issus de tribus militaires arabes (tribus guich)
comme les Oudayas. Des unités sont également levées parmi les Rifains, réputés pour leurs qualités guerrières,
91 92
pour former le Jaysh al-Rifi .Grâce à cette force dont l'effectif atteint 150  000  hommes Ismaïl mène une
guerre continuelle contre les tribus rebelles du Moyen et du Haut-Atlas (qu'il finit par soumettre) mais aussi
contre les ennemis extérieurs  : les Espagnols qui occupent Larache et Assilah, les Anglais de la colonie
britannique de Tanger jusqu'en 1684, et les Turcs de l'Algérie ottomane voisine qui convoitent incessamment
Oujda et les provinces orientales. Le sultan étend l'autorité chérifienne sur la Mauritanie jusqu'au fleuve Sénégal
grâce au concours des émirs maures et hassanis de l'Adrar, du Trarza, du Tagant et du Brakna, réaffirmant la
souveraineté du makhzen sur le pays de Bilad Chenguitt. À l'est, les oasis du Touat reconnaissent l'autorité du Abdellah Benaïcha ambassadeur du
pouvoir central de Meknès. Durant les années 1700, Ismaïl livre également des campagnes militaires contre Maroc auprès de Louis XIV, à Paris
quelques-uns de ses propres fils désireux de se tailler des principautés dans le Souss, à Marrakech et dans en 1699.
l'Oriental.

De 1727 à 1757, le Maroc connaît une grave crise dynastique au cours de laquelle les Bouakhers font et défont les sultans, tandis que les tribus guich
se soulèvent et razzient les villes impériales. Les autres tribus profitent de l'anarchie pour entrer en dissidence (siba). De cette période troublée
émerge la personnalité du sultan Abdallah ben Ismaïl, renversé et rétabli à plusieurs reprises entre 1729 et 1745. Sa mère la sultane douairière Khnata
bent Bakkar, veuve de Moulay Ismail issue de l'une des plus prestigieuses tribus des provinces sahariennes, joue alors un rôle prédominant de
93
régente et tente de préserver les institutions fondamentales de l'Empire chérifien .

Abdallah doit subir les sécessions de ses demi-frères qui fondent des quasi-royaumes dans chacune des provinces qu'ils contrôlent (Gharb, Fès,
Marrakech, Tafilalt), avec l'appui des différentes factions armées des Bouakhers ou des guich. Les habitants de Salé et de Rabat renouent avec
l'autonomisme corsaire, tandis que dans le Nord les pachas de la famille Rifi établissent une véritable dynastie qui contrôle Tanger et Tétouan. Les
puissantes confédérations tribales berbères naguère soumises au makhzen ismailien, comme les Aït Idrassen et les Guerrouanes, participent à la
dissidence politique et s'emparent du trafic caravanier qui relie les centres commerciaux au nord de l'Atlas aux oasis sahariennes et au Soudan
marocain. Les gouverneurs de Tombouctou se comportent également en princes indépendants, et font reculer l'autorité marocaine dans la région de
la boucle du Niger en traitant séparément avec les Touaregs et les Peuls.

L'ordre est rétabli par Mohammed III (1757-1790) qui restaure l'unité du
sultanat et l'autorité du makhzen. La politique de Mohammed III se
caractérise par l'ouverture diplomatique et commerciale de l'État marocain
qui entend percevoir les taxes douanières afin d'alléger la pression fiscale
94
intérieure . Des traités sont conclus avec les principales puissances
européennes (royaume de France, royaume de Grande-Bretagne, royaume
d'Espagne, royaume de Naples, république de Venise, Suède, Autriche), qui
entretiennent des consulats et des compagnies de commerce dans les ports
marocains fondés par Mohammed III. L'exemple le plus connu des nouvelles
Bombardement de Larache par la
places économiques est Mogador (Essaouira), entièrement crée et conçue par
flotte française en 1765.
l'ingénieur français Théodore Cornut pour le compte du souverain chérifien.
Les ports d'Anfa (Casablanca) et de Fédala (Mohammédia) sont également Traité de paix et de commerce
aménagés et symbolisent le développement du littoral atlantique, libéré de toute occupation étrangère après la franco-marocain de 1767.
reconquête de Mazagan qui marque la fin définitive du Maroc portugais en 1769. Mohammed III est également le
premier chef d'État à reconnaître l'indépendance des États-Unis en 1777. Le sultan établit une amitié épistolaire
95
avec George Washington , ce qui vaut aux États-Unis, en vertu de la « politique de la porte ouverte », de conclure avec le Maroc un traité de paix,
96
d'amitié et de commerce le 16 juillet 1786 (pour une durée de cinquante ans, renouvelé par le traité de Meknès de 1836) .

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Moulay Slimane (1792-1822) mène une politique isolationniste, à l'inverse de
Mohammed III. Le sultan ferme le pays au commerce étranger, notamment
européen, et supprime les postes de douane créés par son père. Sur le plan interne,
ses dahirs d'inspiration ouvertement salafiste provoquent des révoltes tribales et
urbaines, liées à sa décision d'interdire les moussems et le soufisme militant des
zaouïas très influentes dans certaines régions. Les Berbères du Moyen Atlas,
notamment les Aït Oumalou, se regroupent sous la direction du chef de guerre
Boubker Amhaouch et forment une grande coalition tribale à laquelle se joignent
97
même les Rifains et la puissante zaouïa d'Ouezzane . Durant les années 1810,
l'armée makhzen essuie ainsi de lourdes défaites entraînant la chute de Fès et le repli
du sultan sur les provinces de l'ouest qui lui sont restées loyales. Les tribus insurgées Lettre de George Washington
et la ville de Fès vont jusqu'à essayer d'imposer les princes Moulay Ibrahim et Moulay adressée à Mohammed III à
Saïd, fils de l'ancien sultan Yazid et neveux de Sulayman sur le trône chérifien, mais l'occasion du traité de paix et
98 d'amitié maroco-américain signé à
finissent par échouer dans leur tentative de changement du pouvoir .
Mosquée de Sidi Ahmed Marrakech en 1787.
Tijani construite à Fès sous Sur le plan extérieur, le sultan parvient à écarter les velléités de pression exercées par
le règne du sultan Moulay Napoléon Ier et par son frère Joseph Bonaparte intronisé roi d'Espagne à Madrid,
Slimane (1792-1822). proches voisins de l'Empire chérifien depuis l'occupation de la péninsule Ibérique par les troupes françaises en 1808, et
affiche une neutralité bienveillante à l'égard des Britanniques qui occupent les présides espagnols du Maroc depuis 1808.
Sulayman noue des relations diplomatiques avec Saoud ben Abdelaziz, prince de l'Émirat saoudien du Najd en Arabie,
99
manifestant un intérêt certain pour le salafisme wahhabite en pleine progression . Ce rapprochement stratégique s'explique par les affinités anti-
100
ottomanes que partagent le sultan alaouite et l'émir saoudien, ainsi que par les sensibilités salafistes du chérif . Profitant de sa campagne militaire
contre les Turcs d'Algérie, Moulay Sulayman parvient à expulser définitivement les troupes ottomanes du bey d'Oran qui occupaient l'est du Maroc et
à rétablir ainsi son pouvoir sur le Touat et les autres oasis du Sahara oriental, en y nommant des caïds représentants du makhzen.

Le sultan finit néanmoins par abdiquer en 1822 au profit de son neveu Abderrahmane ben Hicham, après la
101
lourde défaite infligée à l'armée makhzen par la zaouïa Cherradia près de Marrakech . Moulay Abd ar-Rahman
(1822-1859) essaie de sortir l'Empire chérifien de son isolement extérieur, mais ses volontés sont contrecarrées
par les premières agressions du colonialisme européen moderne. Le règne de ce sultan correspond en effet à la
conquête de l'Algérie par la France, dans laquelle le Maroc se trouve impliqué en apportant son soutien à l'émir
Abdelkader ibn Muhieddine mais se retrouve défait à la bataille d'Isly (campagne militaire française du Maroc de
1844). La fin du règne est également assombrie par la guerre hispano-marocaine de 1859-1860, suscitée par des
incidents entre la garnison de Ceuta et la tribu des Anjra, et qui s'achève par l'occupation espagnole de Tétouan
jusqu'en 1862.

À la suite de ce conflit catastrophique pour le makhzen, qui doit payer aux Espagnols une indemnité de guerre de
plusieurs millions de livres sterling empruntés auprès des banques britanniques, Mohammed IV (1859-1873)
successeur de Moulay Abd al-Rahman amorce une politique de modernisation de l'Empire chérifien. L'armée est
le premier champ de ces réformes structurelles. Le système des tribus guich est aboli et remplacé par un
Abderrahmane ben Hicham, sultan
recrutement au sein de toutes les tribus nouaïbs (soumises à l'impôt régulier) qui sont tenues de fournir des
de l'Empire chérifien, devant son
tabors (unités) d'askars (soldats). Leur formation est confiée à des conseillers militaires turcs puis européens, à
palais de Meknès par Eugène
l'instar de l'Écossais Harry Mac-Lean (nommé caïd pour avoir créé un régiment d'élite sur le modèle
Delacroix (1845). 102 103
britannique ), et l'armement est acheté auprès d'entreprises étrangères telles que la firme Krupp (ce qui
marque le début de l'ingérence allemande dans les affaires marocaines), quand il n'est pas fabriqué localement.
En 1871 le sultan envisage de demander la protection politique et militaire des États-Unis du président Ulysses S. Grant sortis de leur guerre de
104
Sécession, afin de se soustraire aux pressions anglo-espagnoles .

Parallèlement à cette modernisation de l'armée, des industries sont créées, comme


105
l'arsenal de Dar al-Makina fondé à Fès par des Italiens , des progrès techniques
sont enregistrés comme l'installation de la première imprimerie arabe du Maroc,
également à Fès depuis 1865. Mais cette politique entraîne de considérables dépenses
qui nécessitent d'importants financements. Le makhzen, ruiné par les conséquences
de la guerre de 1860 contre l'Espagne et par les emprunts bancaires contractés auprès
des Anglais, se voit donc contraint de lever des taxes supplémentaires non conformes
à la Loi islamique, rapidement impopulaires et désapprouvées par les oulémas et
l'ensemble des corps sociaux et professionnels. Les tensions liées à cette décision
Combats entre cavaliers espagnols éclatent au lendemain de la mort de Mohammed IV et à l'avènement de son
et marocains durant la guerre de successeur Hassan ben Mohammed en 1873. Elles prennent dans les villes la forme
1860. d'émeutes sociales violemment réprimées, dont la révolte des tanneurs de Fès est un
106
exemple illustratif . Le règne de Hassan Ier correspond à la volonté du sultan de
concilier les exigences d'une modernisation de l'État aux complexités sociales et
politiques du Maroc. Ce règne s'inscrit de plus dans la perspective des rivalités impérialistes européennes qui deviennent Hassan ben Mohammed,
sultan de 1873 à 1894.
plus pressantes encore à la suite de la Conférence de Madrid de 1880, qui préfigure le futur partage de l'Empire chérifien
sur l'échiquier international. À l'instar de la Turquie, de l'Iran ou de la Chine de cette époque, le Maroc devient un
homme malade selon l'expression consacrée dans les milieux colonialistes et expansionnistes européens du
107
xixe siècle .

Par le biais des concessions économiques et du système des emprunts bancaires, chacune des puissances européennes
intéressées, notamment la France, l'Espagne, le Royaume-Uni puis l'Allemagne, espère préparer la voie à une
conquête totale du pays. L'habileté du makhzen est de savoir tenir à distance les convoitises conjuguées de
l'impérialisme européen et de jouer des rivalités entre les puissances. Mais le décès de Hassan Ier, survenu au cours
d'une expédition dans le Tadla en 1894, laisse le pouvoir au très jeune Abdelaziz ben Hassan, fils d'une favorite
108
circassienne du harem sultanien du nom de Reqiya et originaire de Constantinople , qui par ses intrigues et son
109
influence, favorise l'ascension du grand vizir Ahmed ben Moussa dit Bahmad .

Une véritable régence est alors exercée jusqu'en 1900 par le grand vizir Bahmad ben Moussa, issu de l'ancienne
corporation des Abid al-Bukhari du Palais impérial. Le grand-vizir sait continuer intelligemment la politique
pragmatique de Hassan Ier, mais sa disparition entraîne une aggravation de l'anarchie et des pressions étrangères, de
même qu'une rivalité entre Moulay Abdelaziz et son frère Moulay Abdelhafid, khalifa du sultan à Marrakech, rivalité
qui finit par générer une guerre de course au pouvoir.
Abdelaziz, sultan de 1894 à
1908.

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Après la victoire d'Abdelhafid sur Abdelaziz (qui est exilé sous la protection des troupes françaises qui occupent
Casablanca et sa région depuis 1907), des intellectuels réformateurs influencés par la révolution des Jeunes-Turcs
dans l'Empire ottoman et par la Nahda venue d'Égypte et du Levant, et dont les idées sont exprimées par le
journal tangérois Lisan Al-Maghrib, tentent de soumettre au nouveau sultan un projet de Constitution
110
chérifienne le 11 octobre 1908 . Cependant la crise profonde des institutions du sultanat et la pression de
l'impérialisme européen rendent impossible l'aboutissement du projet constitutionnel.

La faiblesse du makhzen permet en outre à un aventurier du nom de Jilali Ben


Driss plus connu comme étant le rogui Bou Hmara de se faire passer pour un
Une ambassade marocaine en fils de Hassan Ier, de se faire reconnaître comme sultan dans l'ensemble du
partance à Berlin, vers 1890 ou nord-est du pays et de mettre en déroute l'armée chérifienne pendant
1900. quelques années avant d'être finalement capturé et exécuté à Fès en 1909.

Un autre rebelle, el-Raisuni, établit son fief dans la région des Jebalas et
provoque par ses enlèvements de ressortissants américains l'intervention du président des États-Unis Theodore
Roosevelt qui menace le makhzen d'envoyer des navires de l'US Navy débarquer des troupes pour occuper
111
Tanger . La libération des otages évite une invasion américaine, dans un contexte international tendu marqué
par la rivalité entre la France et l'Allemagne au sujet de l'avenir du Maroc.

Protectorat franco-espagnol (1912-1956)

En 1906, la Conférence d'Algésiras place le Maroc sous contrôle international et


112
accorde à la France des droits spéciaux . Ces droits sont néanmoins contestés par Jilali Ben Driss Zerhouni, alias Bou
l'Allemagne de Guillaume II, qui convoite l'Empire chérifien et se heurte aux appétits Hamara (1903)
français  : affaires marocaines de la crise de Tanger et du coup d'Agadir en 1905 et
1911 : à Tanger le Kaiser vient prononcer un discours orienté contre la France, tandis
qu'à Agadir la marine impériale allemande est sur le point de débarquer des troupes, ce qui provoque l'émoi dans toute
113
l'Europe .

À la suite du traité conclu entre la France et le Maroc le 30 mars 1912, pour


l'organisation du Protectorat français dans l'Empire chérifien, le Nord et le Rio de
Oro sont attribués à l'Espagne, tandis que les régions centrales avec leurs villes
principales et la côte atlantique où se situent les grands ports reviennent à la France.
Dans le système de protectorat, le sultan et le makhzen traditionnel sont maintenus,
mais le pouvoir appartient en réalité au résident général et au haut-commissaire, qui
Abdication du sultan
Abdelhafid qui avait signé le
représentent respectivement la puissance de tutelle française à Rabat et espagnole à
traité de protectorat avec la
Tétouan. La ville de Tanger constitue une zone internationale gouvernée par une
France en 1912.
commission où siègent les États-Unis et les pays européens possédant des intérêts
dans l'Empire chérifien. Ce système est contesté par le mouvement national marocain
à partir des années 1930, et surtout à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Par
ailleurs, l'ensemble du territoire marocain n'est soumis aux puissances coloniales qu'à l'issue d'une longue guerre
Carte du Maroc après le Traité de
de conquête, dite pacification du Maroc, qui s'échelonne de 1907 à 1934. De 1921 à 1926 la guerre du Rif menée
Fès de 1912, l'Empire chérifien est
par Abdelkrim el-Khattabi contre l'Espagne et la France connaît un retentissement planétaire.
divisé en plusieurs zones de
domination, française, espagnole et
En 1943, après le débarquement des forces américaines en Afrique du Nord,
internationale.
Casablanca abrite une grande conférence alliée qui décide d'obtenir la
reddition inconditionnelle de l'Axe Rome-Berlin-Tokyo et d'ouvrir de
nouveaux fronts en Europe occidentale pour soulager l'Union soviétique de la
pression militaire nazie.

Le Maroc accède officiellement à l'indépendance en 1956, après les sursauts d'une lutte de plus en plus rude entre
les autorités coloniales et le mouvement national. La tension est très forte dès la fin de l'année 1952, qui voit se
dérouler les émeutes des 7 et 8 décembre 1952 à Casablanca, causant de cent à trois cents morts selon les
Immeuble de la période du 114, 115
historiens .
protectorat français à Casablanca.

L'armée de libération nationale et la guerre d'indépendance

L'Armée de libération nationale (Maroc) fondée d'après une idée d'Abdelkrim el-Khattabi (Comité de Libération du Maghreb) est issue au départ de
l'Istiqlal et chapeautée politiquement par le comité de Tétouan. Elle viendra se greffer sur un début de révolte de la tribu Igzenayen consécutif à la
non signature par ses chefs (sur ordre de Mohand ben Messaoud Ababou) des pétitions lancées par les Caïds de l'atlas, visant à déposer le sultan
116, 117, 118, 119
Mohammed Ben Youssef (futur M5 ) au profit de Mohammed ben Arafa, imposé par la France et le Glaoui .À partir de 1953 et la
120
nomination du capitaine Taddi à Boured, la tribu connaitra une période d'extrême tension entre ses chefs et les autorités françaises .

Profitant de la proximité de la zone espagnole et de la protection de Cheikh Messaoud Ababou, membre du comité de Tétouan qui la chapeaute
121
politiquement , l'ALN sera en mesure de s'entrainer en pleins territoire des Asht Assem des Igzenayen de 1954 à son premier, coup d'éclat, l'attaque
simultanée de trois bureaux indigènes (Boured, Tizi ouasli , Imouzzer Marmoucha ) dont la principale à Boured le 2 octobre 1955. Ce fut le
122, 123
commencement de la guerre d'indépendance aussi appelé "La deuxième guerre du Rif" . Les combats, d'une rare intensité et mobilisant 15 000
soldats français dureront jusqu'au mois de Mars 1956, principalement sur le territoire des Igzenayen (le front rifain étant le seul à se développer), et
116, 117, 118
au retour du Roi puis à la proclamation de l'indépendance à travers les accords d'Aix-les-Bains en 1955 .

L'ALN a été fondée politiquement par des gens de tout le Maroc (Abbas, Khatib etc), le Chef des opérations était Hassan Zkriti (Igzenayen), le Chef
Militaire Mohamed Ghabouchi ( Igzennayen) et le coordinateur front nord (principalement depuis Nador) était Abbas Mesaaâdi cependant
l'immense majorité de ses troupes combattantes et de ses commandants (Mohamed Ghabbouchi, Hassan Zkriti, Massoud Akjoud, Akoudad etc )
116, 117, 118
étaient issus de Igzennayen, Ait Ammart et dans une moindre mesure Ait Ouriaghel .À son plus fort elle est composée de prêt de
124
5 000 hommes .

Le 29 mars 1956, à la suite de l'appel au calme du sultan Sidi Mohammed ben Youssef après l'annonce de l'indépendance du Maroc, le haut
commandement de l'ALN en accord avec le Mouvement de la Résistance annonce dans un tract la cessation provisoire des opérations militaires
125
notamment dans le Rif, tout gardant ses positions jusqu'à ce que la souveraineté marocaine soit entièrement libérée sans condition ni réserve .Le

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31 mars, le sultan reçoit trente chefs de l'ALN, venant des secteurs du Rif, du Maroc oriental, de l'Atlas et des confins algéro-marocains, confirmant
125
leur allégeance et obéissance à la monarchie et l'ALN est intégrée officiellement au Far le 14 mai 1958 , elle est alors composée des effectifs de l'ALN
et l'ALN sud (ALNS).

Maroc indépendant (depuis 1956)

Le Maroc accède à son indépendance le 2 mars 1956 et se trouve confronté dès lors à de nombreux enjeux d'ordre politique, économique et social
(parachèvement de l'intégrité territoriale et stabilisation de la situation intérieure). En 1961, le décès de Mohammed V, qui a été le dernier sultan de
l'Empire chérifien et le premier roi du Maroc moderne (le titre de roi remplace celui de sultan en 1957), laisse le trône à son fils Hassan II qui doit
relever dès lors un ensemble de défis, consolider son pouvoir et assurer la place du Maroc dans le contexte mondial de la guerre froide et de la
décolonisation.

En 1963, lors de la Guerre des Sables, le Maroc et l'Algérie nouvellement indépendante s'opposent pour le
contrôle des régions des confins situées entre Figuig et Tindouf. Le pays est marqué en 1965 par les émeutes de
Casablanca, et par la disparition du chef de l'opposition de gauche et chef de file du tiers-mondisme Mehdi Ben
Barka (enlevé à Paris en collaboration entre le pouvoir monarchique marocain et les services secrets français), ce
qui conduit à la proclamation de l'état d'exception jusqu'en 1970. Les deux ans qui suivent connaissent l'échec de
deux coups d'État militaires —  dits «  de Skhirat  » ( lieutenant-colonel Ababou et général Medbouh le 10 juillet
1971), et «  des aviateurs  » ( Général Oufkir 16 août1972, )  —, entre lesquels la Constitution a été modifiée. En
novembre 1975, l'ensemble des partis politiques joignent leurs efforts avec le souverain dans son projet de la
Marche verte pour la récupération des Provinces du Sud dans l'ancien Sahara espagnol. Au fil du temps, le
royaume retrouve sa stabilité politique. Durant les deux dernières décennies du xxe  siècle, une succession Le roi Hassan II à Marrakech en
d'années de sécheresses ainsi que le plan d'ajustement structurel imposé par le Fonds monétaire international 1967.
entraînent une crise économique et sociale très profonde.

À partir des années 1990, une opération de grande envergure pour la privatisation des entreprises publiques est menée par le roi et André Azoulay, le
conseiller économique de la monarchie. Le groupe français Accor a ainsi pu acquérir six hôtels de la chaîne marocaine Moussafir et la gestion du
palais Jamaï de Fès. Cette opération de privatisation permet d'une part aux notables marocains proches du pouvoir de contrôler les entreprises
publiques les plus en vue, et, d'autre part, aux sociétés françaises d'opérer un retour en force dans l'économie du pays. La famille royale acquiert
126
notamment le groupe minier Monagem .

Un gouvernement d'alternance, dominé par la Koutla et mené par Abderrahman Youssoufi de l'USFP, est formé à la suite des élections législatives de
1997. Après le décès de Hassan II en juillet 1999, Mohammed VI accède au trône.

En 2011, douze années après le début du règne, le Maroc est touché par les remous du Printemps arabe et connaît une série de manifestations
populaires. Le roi fait alors approuver une nouvelle Constitution par référendum. Les élections législatives qui s'ensuivent sont remportées par les
islamistes modérés du PJD, qui forment un gouvernement de coalition avec d'autres partis politiques, mené par Abdel-Ilah Benkiran.
127
Le PJD remporte à nouveau les élections législatives en 2016. Cette année-là, le Maroc opère un virage stratégique en direction de la Russie et de la
128 129
Chine . En outre le royaume réintègre l'Union africaine en 2017 , et a fait une demande d'adhésion à la Communauté économique des États de
130
l'Afrique de l'Ouest .

Armoiries

Les armes du Maroc se blasonnent ainsi : « de gueules, avec en chef un soleil naissant à quinze rayons d'or sur
champ azur, soutenu d'une fasce divisée voûtée de sinople, fuselée d'or et d'argent  ; le tout surchargé d'un
pentalpha de sinople. L'écu est timbré de la couronne royale marocaine d'or, ornée de perles de gueules et de
sinople alternées et surmontée d'une étoile (pentalpha) d'or ; il est bordé de lambrequins d'or soutenus de deux
cornes d'abondance et supporté par lions au naturel  : celui de dextre étant de profil et celui de senestre est
léopardé, et pour devise, sur un listel d'or : (Arabe : ‫ )إن تنصروا هللا ينصركم‬Si vous glorifiez Allah, il vous donnera la
gloire (le verset 7 de la sourate XLVII du Coran) ».

Économie
Le Maroc est la cinquième puissance économique en Afrique en étant classé onzième pays africain en nombre
d'habitants et 25e en superficie. Il est certes la troisième puissance économique d'Afrique du Nord, derrière Armes du Maroc (1957)
l'Égypte et l'Algérie, classées respectivement troisième et huitième populations africaines et douzième et premier
131
pays plus vastes du continent, néanmoins, le royaume chérifien devient deuxième pays investisseur sur son
propre continent. L'évolution de l'économie marocaine a manifesté un degré de résilience remarquable au sein de
son environnement régional  : le Maroc a enregistré un rythme de croissance parmi les plus élevés de la zone
MENA, région ayant, relativement bien surmonté la crise mondiale en réalisant une croissance moyenne
supérieure à la zone euro, les PECO et l'Amérique latine. Ainsi, le Maroc a réalisé une croissance annuelle
132
moyenne de 4,3  % durant la période 2008-2013 contre 4  % pour la zone MENA, -0,3  % dans la zone euro,
2,3 % dans les PECO et 3,2 % dans l'Amérique latine et Caraïbes. Cette performance est le résultat de la hausse de
9,2  % par an de la valeur ajoutée du secteur primaire et de la bonne tenue du secteur non agricole, grâce,
notamment, aux performances du secteur tertiaire. De 2004 à 2014 le PIB marocain est passé de 56  à
107  milliards de dollars avec une inflation bien maîtrisée se situant à une moyenne annuelle de 1,8  %. Selon le Évolution du PIB réel par habitant
133
ministère de l'économie le Maroc a enregistré en 2015 une inflation de 1,6 % et une croissance de 4,8 % tirée de Maroc.
par une bonne année agricole, un chiffre supérieur aux prévisions de la loi de finances 2015 qui tablait sur une
134
croissance de 4,4 %. En 2022, le Maroc est classé en 67e position pour l'indice mondial de l'innovation .
135
En 2014 la valeur ajoutée du secteur tertiaire atteint 55,8  % du PIB suivie de 29,6  % pour l'industrie et 13,6  % pour l'agriculture. L'industrie
manufacturière est dominée par le textile, les articles de cuir, la transformation des aliments, du raffinage de pétrole et du montage électronique. De
nouveaux secteurs offrent un potentiel de croissance élevé et diminuent la dépendance du royaume à son secteur agricole  : chimie, équipement
automobile, informatique, électronique et industrie aéronautique.

En 2019, le Maroc « reste le pays le plus inégalitaire du nord de l'Afrique et dans la moitié la plus inégalitaire des pays de la planète, En 2018, les trois
milliardaires marocains les plus riches détenaient à eux seuls 4,5 milliards de dollars, soit 44 milliards de dirhams. L'augmentation de leur fortune en
un an représente autant que la consommation de 375 000 Marocains parmi les plus pauvres sur la même période », souligne un rapport de l'ONG
136
Oxfam .

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Le Maroc progresse régulièrement au classement Doing Business — ou « indice de facilité de faire des affaires » —
établit chaque année par la Banque mondiale. En 2020, il occupe la 53e place, ce qui représente un progrès de
sept rangs par rapport à l'année précédente. Néanmoins, les investissements ne profitent qu'à une faible portion
de la population. L'indice de développement humain (IDH) établi par le Programme des Nations unies pour le
développement (PNUD) place en 2021 le royaume à la 123e place, loin derrière l'Algérie (91e) et la Tunisie (97e).
L'économiste Taïeb Aisse, conseiller du gouvernement marocain, «  remarque qu'il y a 10  % de citoyens en
137
situation de pauvreté extrême, totale ; c'est-à-dire qu'ils n'ont rien, aucun revenu ; c'est très dangereux . »
138 Répartition de l'économie marocaine
Sources : Fonds monétaire international
en 2014.
Indicateur 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015

Produit intérieur brut en milliards


de dollars US
65,64 74,41 85,21 91,41 90,80 99,17 100,35 105,50 107 112*
139 133
Croissance du PIB (prix constants) 7,8 % 2,7 % 6,5 % 5,5 % 3,6 % 4,2 % 3,1 % 4,1 % 2,4 % 4,8 %

PIB par habitant en dollars US 2 151* 2 422* 2 901* 2 868 2 823* 3 044* 2 900* 3 095* 3 140* 3 275*
133
Taux d'inflation1 3,3 % 2,0 % 3,7 % 1,0 % 1,0 % 0,9 % 1,3 % 1,9 % 0,4 % 1,6 %

(*) Donnée estimée (1) Banque mondiale

PIB par région

Ancien découpage régional

Rang Régions La part du PIB total PIB régionalisé (million de $)/équivalent

1 Grand Casablanca 18,8 % 16 709 Bahreïn

2 Souss-Massa-Drâa 12,2 % 10 843 Sénégal

3 Rabat-Salé-Zemmour-Zaër 9,8 % 8 710 Cambodge

4 Marrakech-Tensift-Al Haouz 8,2 % 7 288 Macédoine


Twin Center, Casablanca.
5 Tanger-Tétouan 7,4 % 6 577 Mali

6 L'Oriental 7,1 % 6 310 Malte

7 Gharb-Chrarda-Beni Hssen 6,9 % 6 132 Haïti

8 Doukkala-Abda 5,4 % 4 799 Nicaragua

9 Chaouia-Ouardigha 5,2 % 4 621 Guinée

10 Drâa-Tafilalet 4,9 % 4 355 Moldavie

11 Fès-Boulemane 4,2 % 3 732 Mongolie


12 Tadla-Azilal 4,2 % 3 732 Tadjikistan
Centre des affaires de Rabat.
13 Provinces du Sud 3,0 % 2 666 Mauritanie

14 Taza-Al Hoceïma-Taounate 2,7 % 2 399 Togo

140
Direction des Études et des Prévisions Financières (DEPF)

Le nouveau découpage territorial marocain comporte douze régions  ; le Maroc dans sa nouvelle constitution Aéroport de Marrakech Ménara.
adoptée en 2011 donne une grande autonomie et responsabilité aux régions afin d'agir pour le développement
économique local. L'objectif du nouveau découpage est de former des régions assez grandes en vue d'une
meilleure complémentarité économique et sociale, contrairement à plusieurs pays européens qui ont eu une
expérience plus avancée en organisations territoriales qui spécifient des langues locales à introduire dans
l'enseignement public par régions, au Maroc deux langues officielles sont retenues (l'arabe, et l'amazigh) et qui
sont enseignées dans toutes les régions. Afin de mieux organiser les départs en vacances un calendrier de
vacances scolaires décalées selon les régions est en cours d'élaboration.

Les aménagements futurs du territoire seront calqués sur ce découpage régional actuel à savoir les nouvelles
zones d'activités économiques, les zones logistiques, les nouveaux aéroports, les nouvelles autoroutes pour relier
les régions, les voies express, les lignes ferroviaires et les nouveaux ports. Mis à part les trois régions centrales qui Gare ONCF de Tanger ville.
n'ont pas accès à la mer toutes les autres régions qui n'ont pas de port commercial seront dotées chacune d'un
port en eau profonde, la région 6 quant à elle, hérite de deux grands ports avec le nouveau découpage, le port de
Casablanca et le port de Jorfsfar. Rabat qui n'avait pas de port dans l'ancien découpage aura à disposition le futur
grand port Kénitra Atlantique, le grand port de Safi en construction sera baptisé le port de Marrakech sa capitale
de région (région 7), pour les régions qui n'ont pas accès à la mer un arc d'autoroute de 900 km reliera les régions
7, 5, 3 et 1 sous forme d'une nouvelle autoroute Safi - Marrakech - Beni Mellal - Fès - Tanger. La région 11 détient
un grand port commercial à Laâyoune, la région 12 voisine sera dotée d'un port en eau profonde (Dakhla
Atlantique), ces deux régions seront reliées aux régions 9 et 10 par une voie express de 1  200  km partant de
141
Agadir - Tiznit - Laâyoune - Dakhla .

Baie d'Agadir (2011).

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142
Nouveau découpage (depuis janvier 2015 )
Rang Régions Part du PIB total Population PIB/Habitant (en $)/équivalent

1 Casablanca-Settat 24,5 % 6 085 000 4 369 Tunisie

2 Rabat-Salé-Kénitra 15,8 % 4 272 901 4 025 Paraguay


3 Marrakech-Safi 11 % 4 108 000 2 870 Philippines

4 Souss-Massa 10,5 % 2 475 143 4 681 Jordanie

5 Fes-Meknes 9 % 4 022 128 2 407 Honduras


Ifrane en Hiver.
6 BeniMellal-khenifra 8,1 % 2 611 499 3 333 Eswatini

7 Oriental-Rif 7,6 % 2 434 870 3 127 Sri Lanka

8 Tanger-Tétouan 7,2 % 2 830 101 2 751 Vanuatu

9 Drâa‐Tafilalet 3,3 % 1 392 501 2 716 Bolivie

10 Laâyoune‐Saguia al Hamra 1,4 % 364 000 4 993 Jamaïque

11 Guelmim‐Oued Noun 1,2 % 428 857 3 210 Égypte

12 Ed Dakhla‐Oued ed Dahab 0,3 % 152 000 2 140 Moldavie

Croissance commerciale

Le Maroc dispose d'un produit intérieur brut relativement fort au regard de la moyenne africaine. La
population marocaine constitue 2,5 % du continent africain, en 2008 avec ses 85,2 milliards de dollars son
produit intérieur brut contribuait à hauteur de 9 % du PIB global du continent, fin 2013 après que le baril de
pétrole dépassa 100 dollars ce ratio s'est rétrécie à 5 %. Le Maroc est appelé à consolider ce point puisque Carte des nouvelles régions (depuis 2015)
malgré une croissance relativement rapide depuis l'accession au trône du souverain Mohammed VI en 1999,
cette dernière demeure variable et volatile car tributaire des résultats de plusieurs facteurs internes et
externes. La proximité du Maroc avec le continent européen a favorisé l'économie nationale dans la mesure où
cette dernière a très largement bénéficié des nombreuses délocalisations effectuées par les entreprises
européennes.

Depuis le début des années 2000, le Maroc a mis en place une politique fiscale attractive en matière de
délocalisation, à tel point que l'OCDE plaçait en 2008 le royaume en troisième position dans la progression des
143
emplois créés par le secteur de l'offshoring, derrière l'Estonie et la Chine . L'exemple le plus typique en la Accords de libre échange :
matière est celui des centres d'appel. On peut aussi évoquer l'exemple aéronautique.
Maroc
Longtemps repoussée au second plan sous le règne de Hassan II, la façade méditerranéenne marocaine a souvent Accord de libre échange Maroc -
été retardée malgré le potentiel immense qu'offre cette route maritime, preuve de l'incompétence des anciens États Unis
responsables du secteur maritime marocain avant les deux dernières décennies. Ces derniers voulaient ériger le
144 Accord de libre échange Maroc -
nouveau port tangérois sur la côte atlantique . Replacé sur la route majeure du trafic de conteneurs, la
Union Européenne
construction du port de Tanger Med a constitué un tournant majeur pour le transport maritime marocain. Lancé
en 2004 à 22  km à l'est de l'ancien port de Tanger ville sur l a côte méditerranéenne à 15  km des côtes sud Accord d'Agadir
145
espagnoles, le nouveau port tangerois est inauguré en 2007 . En 2014, ce complexe portuaire a pu totaliser le Accord de libre échange Maroc -
146
traitement de 3 millions de conteneurs. Deux autres tranches, Tanger Med 2 et Tanger Med 3 sont prévues afin Turquie
d'atteindre une capacité maximale de 8,5 millions de conteneurs, ce qui ferait de lui le plus grand port africain en Accord de libre échange Maroc -
147
matière de transport de marchandises. La construction de Tanger Med 2 a été confiée en 2009 au groupe Émirats arabes unis
Bouygues, le même concepteur que Tanger Med 1 qui a prouvé son efficience. L'infrastructure portuaire est à
Accord de libre échange Maroc -
présent terminée depuis janvier 2015 et livrée aux gestionnaires des terminaux pour finaliser les équipements
EFTA
portuaires. La zone franche adjacente accueille entre autres la nouvelle usine Renault depuis 2012.

Le Maroc est par ailleurs le troisième producteur mondial de phosphates avec ses 26,40  millions de tonnes
produites en 2013, soit 12  % du total de la production mondiale, estimée à 220 millions de tonnes derrière la
Chine, premier producteur mondial (100 millions de tonnes) et les États-Unis (27,10  millions de tonnes). Le
phosphate est une ressource minière nécessaire à la fabrication d'engrais, et ses cours ont fortement augmenté
avant la crise mondiale de 2008, pour atteindre 400 dollars la tonne quand cette ressource constituait presque
5 % du PIB marocain. Le phosphate a déjà baissé de plus de 60 % et intervient pour moins de 3,5 % du PIB face à
la montée en puissance de la production chinoise assurant leur autosuffisance, et au dumping de l'Arabie
saoudite, détentrice de gisements quasiment en surface et qui a raflé une bonne partie des marchés d'Asie et
d'Afrique de l'Est. La baisse du prix du phosphate est donnée comme irréversible et devrait atteindre 75 dollars la
148
tonne en 2025 . Cependant, cela semble ne pas être en mesure de provoquer de maladie hollandaise au Maroc,
à l'instar des autres pays mono-exportateurs africains qui s'appuient sur un PIB issu à 90 % d'une seule richesse
minière. À la suite du dumping de l'Arabie saoudite, beaucoup de mines de phosphates à travers le monde,
notamment au Sénégal, en Tunisie, en Jordanie et en Égypte sont redevenues déficitaires, et les mines marocaines Carte synthétique des nouvelles
ont perdu en rentabilité. Près du gisement d'Ouled Abdoun dans la province de Khouribga, à 120 km au sud-est de industries de Tanger Med : Tanger
Casablanca, se trouve le premier centre minier de phosphate au monde, exporté par le biais des ports de Tech, Tanger Automotive City, et les
Casablanca et de Jorf Lasfar, un nouveau port construit en 1982 à proximité d'El Jadida. Le transfert vers Jorf principales voies de transport : voie
Lasfar est assuré par convois ferroviaires. Deux autres sites phosphatiers sont exploités au nord de Marrakech à rapide ferroviaire Tanger-
Ben Guerir (Gantour) et à Chichaoua (Meskala), et leurs produits transportés par train vers le port de Safi. Casablanca, aéroports et port de
L'Office chérifien des phosphates est la première entreprise publique du pays. En 2014 les exportations de Tanger-Med.
149
phosphates sont détrônées par le secteur agricole et l'industrie automobile . Une partie des réserves se trouve à
Bocraa au Sahara, mise en production par Phosbocraa, une filiale de l'OCP. Le front Polisario considère cette
150
activité comme un pillage de richesses, bien que le groupe OCP affirme que cette mine a toujours été déficitaire, de 1976 à 2008 . Selon l'OCP, les
sites de Meskala et Bocraa ont constamment été déficitaires et vivent aux dépens des mines de Khouribga et de Ben Guerir. En conséquence, la mine
de Skala est fermée temporairement à l'heure actuelle, par contre le site de Bocraa continue son activité afin de pérenniser les 3 000 emplois de cette
filiale. Le phosphate produit est acheminé par bande transporteuse sur 150  km jusqu'au port de Laâyoune. Étant donné la volatilité des prix du
phosphate, l'OCP a mis en place en 2014 un minéroduc entre Khouribga et le port de Jorf Lasfar et projette d'ériger un deuxième pipeline également
entre Ben Guerir et le port de Safi afin de minimiser les coûts de transport. L'OCP souhaite ainsi rester compétitif face aux groupes asiatiques qui
151
commencent à acheter les compagnies africaines déficitaires afin de produire du phosphate pour garantir leur future autosuffisance alimentaire.

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Malgré les récentes contre-performances consécutives à la crise financière de 2008, la bourse des valeurs de Casablanca a temporairement consolidé
son statut de deuxième place boursière africaine, derrière celle de Johannesbourg et devant celle du Caire, avant que le Printemps arabe n'affecte
négativement les deux places financières nord africaines qui restent au coude à coude tout en étant devancées par l'émergence de la bourse de Lagos.

Marché de l'emploi

Le Maroc n'ayant jamais été affecté par un système à économie dirigée, beaucoup d'habitants des régions
rurales ont constitué des entreprises familiales dans le domaine de la pêche et de l'agriculture de telle
manière à assurer une autonomie alimentaire et exporter les surplus de la production. À la suite de
sécheresses importantes survenues à partir des années 1980, les populations rurales migrent en masse vers
les villes et provoquent plusieurs crises induites entraînant le développement de bidonvilles, du chômage et
de l'insécurité. La réponse des autorités fut relativement tardive mais cela a permis de stopper l'hémorragie :
le roi Hassan II dans un de ses célèbres discours promet d'irriguer un million d'hectares à l'horizon de l'an
2000. Un programme de construction de barrages est lancé, des canalisations d'eau sont érigées, des
Emploi par secteur de l'économie en 2014.
milliers d'écoles rurales construites et les crédits bancaires furent facilités pour les agriculteurs. Cependant,
le manque de développement routier constituait encore un grand fardeau dans les zones rurales marocaines,
l'exode rural continuant et augmentant le taux de chômage en ville.

Le taux de chômage au Maroc, comme dans tous les autres pays d'Afrique du Nord, est assez approximatif. Il varie entre 9 et 10 % selon les chiffres
officiels (HCP, ministère du Travail), mais quelques organisations marocaines non gouvernementales tablent sur des chiffres plus élevés.
Dernièrement, le gouvernement a mis en place une allocation en cas de perte d'emploi et se penche sur l'éventualité de créer une allocation pour les
nouveaux diplômés.

Comme tous les pays du tiers-monde, l'économie informelle est toujours présente au Maroc dans plusieurs secteurs et empêche des centaines de
milliers de travailleurs d'avoir accès à une couverture sociale. Durant la dernière décennie, [Quand  ?] les autorités ont lancé un programme de
couverture sociale et d'assurance maladie obligatoires pour les petits artisans et les différents secteurs d'activité. Fin 2014 la CNSS couvre 3 millions
152
d'affiliés sur une population active de 12 millions. Malgré les différentes incitations gouvernementales, la croissance moyenne de la couverture
sociale tourne autour de 7  % par an depuis 2009. Les mentalités des couches marocaines aisées sont souvent de tendance libérale, relativement
semblables à la société américaine, l'ironie du sort étant qu'une grande partie des non-inscrits à la CNSS sont les indépendants qui bénéficient d'un
revenu assez confortable (médecins, architectes, cadres) qui ne souhaitent pas cotiser et exprimer leur devoir de solidarité avec les autres couches
sociales. Concernant l'Assurance Maladie Obligatoire gérée elle aussi par la CNSS, le nombre d'employés couvert atteint 4,9 millions.

Pour les demandeurs d'emploi et les indépendants dans des secteurs précaires, l'État marocain a développé un programme baptisé Régime
153
d'assistance médicale (RAMED) qui englobe 9 millions de bénéficiaires à bas revenus, venant s'ajouter aux 288  000 étudiants et 20  000
154
immigrants, soit 64 % de la population totale couverte. L'objectif à court terme est d'atteindre un taux de 95 % de la population, et un projet de loi
a été adopté en ce sens. Afin d'anticiper les déficits de la caisse de retraites une loi a été adoptée afin de passer l'âge de la retraite de 60 à 63 ans et de
154
relever le minimum des pensions de retraites à 1  500 dirhams par mois à partir de 2018 , Si cette somme peut sembler dérisoire comparé aux
retraites appliquées dans les pays membres de l'OCDE (équivalente à 160  $), cette allocation correspond aux salaires minimums des autres pays
d'Afrique du Nord et au double de la moyenne des salaires minimums des pays d'Afrique subsaharienne.

La situation de l'emploi a souffert pendant les années 1970-1980 d'événements internes et externes : la hausse de la natalité, les chocs pétroliers, la
baisse de la parité du dirham, le plan d'ajustement structurel, sont des circonstances qui ont porté atteinte aux équilibres financiers de l'État et
entraîné la baisse des dépenses d'investissement et de promotion de l'emploi. Les émeutes sociales des années 1981, 1984 et 1990 s'inscrivent dans
cette logique d'ensemble.

Les besoins énormes en main-d'œuvre de l'Europe occidentale afin d'assurer la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale ont été comblés en
faisant appel à des vagues successives de travailleurs issus du Maghreb et de l'Europe du Sud durant les Trente Glorieuses. Les populations berbères
marocaines et algériennes persécutées par les années de plomb sous les pouvoirs autoritaires de Hassan II et de Boumédiène constituèrent les
premières vagues d'émigration. Depuis son indépendance, le Maroc n'a jamais été gouverné par un parti unique, et son modèle politique se
caractérise par son multipartisme et son aspect libéral. Il en résulte que la plus grande partie des réformes a été conduite par des gouvernements
libéraux moins protecteurs des acquis sociaux, excepté dans le secteur public. Le salaire minimal (SMIG) au Maroc est de 3 000 dirhams (300 $)
dans le secteur public. Le gouvernement a souhaité appliquer le même minimum salarial au privé, mais les organisations patronales s'y sont
fermement opposées. Un accord a été trouvé sur une augmentation effective de 10 % des salaires pour atteindre un SMIG de 2 567 dirhams (265 $).
En conséquence, bien que le royaume chérifien ne détienne aucune richesse minière de valeur, le SMIG appliqué au Maroc est de loin le plus élevé du
continent africain, y compris au sein des quatre puissances économiques africaines riches en ressources minières et énergétiques :

Pays Salaire minimum interprofessionnel garanti

Maroc 265 $

Afrique du Sud 175 $

Algérie 165 $

Égypte 155 $

Nigeria 90 $

Les SMIG au sein des 5 premiers PIB africains (Source : [Link])

Il existe presque autant de partis politiques marocains qu'il existe de syndicats leur étant fidèles. Pendant les
155
années 1970, de grandes luttes ouvrières eurent lieu, à la suite desquelles le roi Hassan II eut recours à l'armée
pour faire conduire les trains et les bus publics. Depuis lors, la plus grande partie des transports a été privatisée,
mais cela n'a pas empêché le premier ministre Abdelilah Benkirane de faire appel à l'armée pour assurer un
155
service minimum dans le transport ferroviaire durant la journée de grève générale du 24 février 2016 , une
156
grève organisée par les syndicats contre le projet de réforme des retraites en cours.

Pendant longtemps les différents gouvernements successifs marocains embauchaient d'office une grande partie Manifestation pour l'obtention de
des jeunes diplômés dans les administrations ou les entreprises publiques par clientélisme voire par corruption. réformes devant engager les partis
Les entreprises publiques, à la masse salariale élevée, avaient une productivité très faible. Après de vastes et les syndicats (2011)
programmes de privatisations partielles ou totales d'entreprises publiques, les derniers gouvernements ont
supprimé les recrutements automatiques de diplômés chômeurs. Les postes à pourvoir sont accessibles selon les

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besoins et par un concours, aussi de grands plans de départs volontaires ont eu lieu. Grâce à ces réformes les entreprises marocaines sont aujourd'hui
à l'échelle continentale largement en tête en matière de compétitivité, seul le Kenya a été capable de mener des réformes aussi audacieuses et
réussies. La baisse des recrutements dans la fonction publique engendra des manifestations énormes de jeunes diplômés devant le parlement.

Depuis l'alternance politique en 1997, l'économie marocaine s'est ouverte progressivement avec le démantèlement des droits de douane, les
privatisations, la réforme du secteur bancaire, la réforme du code de travail, la création de zones industrielles, la promotion fiscale, les grands
chantiers, dynamisant ainsi quelque peu le marché de l'emploi. Depuis le début du millénaire, la situation de l'emploi a connu une nette amélioration
par rapport aux années 1990, mais l'offre n'arrive pas à couvrir toutes les catégories, et ne touche pas certaines régions pauvres et enclavées du
royaume.

La mise en place récente des agences nationales pour la promotion de l'emploi et des compétences (ANAPEC) ainsi que l'instauration d'une assurance
maladie obligatoire (AMO) couvrant les affiliés de la CNSS et leurs familles, démontre une prise en compte et une sensibilité améliorée aux sujets
sociaux.
157 158
Début 2014, le taux de chômage au Maroc grimpe à 10,2 % avant de repasser légèrement sous la barre de 10 % en 2015 . Le taux de chômage des
159
jeunes serait de 42,8 % en 2017. Environ 80 % des emplois sont informels et les écarts de revenus très élevés .

Depuis les années 1970, les autorités ont fait le choix de tout miser sur l'économie de marché et sur le secteur privé, largement subventionné par
l'État, avec l'idée qu'il allait s'autonomiser et devenir le principal investisseur. Cette politique a pourtant abouti à un échec patent. Outre qu'il investit
faiblement, le privé ne salarie que 10 % de la population active. D'autre part, au sein de ces 12 millions de personnes actives, 2 millions sont recensées
comme telles, mais ne sont pas rémunérées, constituant la catégorie dite des « travailleurs fantômes ». Figurent notamment dans cette catégorie les
137
ouvriers agricoles employés au sein de l'exploitation familiale ou les jeunes travaillant dans l'artisanat .

Secteur primaire

Pêche et pisciculture

Doté d'une double façade maritime, atlantique et méditerranéenne, le Maroc dispose d'une zone de pêche
exclusive de 3  500  km de côtes riches et variées tant par leur biodiversité que par la spécificité de leurs
écosystèmes. Les côtes marocaines, constituées d'une zone économique exclusive (ZEE) de plus d'un
million de km2 sont réputées parmi les plus poissonneuses au monde ; selon la FAO, le Maroc occupe le rang de
1er producteur de poissons en Afrique et est 18e à l'échelle mondiale.

En 2014, le secteur de la pêche maritime a généré huit milliards de dirhams soit environ 2  % du PIB national.
Pour ce qui est des emplois, la filière pêche crée plus de 170  000  emplois directs, soit 1,5  % de la population
active, et près de 500  000  emplois indirects. En 2009, le Maroc a lancé un programme baptisé «  Halieutis  » Port de pêche d'Agadir
visant à créer 115 000 nouveaux emplois dans le secteur et à générer trois milliards de dollars à l'export.

Agriculture

Depuis son indépendance, le Maroc a déployé d'importants efforts pour le développement agricole, aussi bien des
zones irriguées par la mobilisation des ressources hydrauliques et l'aménagement de grands périmètres irrigués,
que des zones bour [Quoi ?] par des opérations de grande envergure, des mesures d'incitation, d'encadrement et de
Agriculture marocaine
soutien des prix; en plus de la formation des cadres, composante essentielle à la conception et la mise en œuvre
des programmes de développement. En dépit des moyens humains et financiers mis en œuvre, les projets et
programmes de développement retenus n'ont pas toujours réalisé les objectifs escomptés aussi bien en matière de
sécurité alimentaire qu'en matière d'amélioration des conditions de vie et de production des exploitants agricoles.

Le secteur de la culture maraîchère, largement dominé par des petits agriculteurs, a moins souffert de variations cycliques de productions grâce à
l'irrigation et à la persévérance des propriétaires locaux, en revanche quelques domaines agricoles ont été gérés d'une manière désastreuse par des
compagnies publiques sous forme de grands kolkhozes d'une gouvernance qui laisse à désirer. Les compagnies publiques SODEA et SOGETA sont
deux exemples de cette mauvaise gestion, ces deux dernières ont provoqué un retard criant de leurs domaines respectifs en laissant derrière elles une
ardoise monstre prouvant encore une fois l'incompétence du capitalisme d'État dans ce secteur économique précis qui nécessite beaucoup d'attention
et d'innovation. Cependant, les employés se sont toujours opposés à la privatisation de ces deux entreprises, Il a fallu attendre le début des années
2000 pour commencer la privatisation de ces deux compagnies agricoles. [non neutre]

En 2008, le plan «  Maroc Vert » est lancé afin de dynamiser l'agriculture marocaine, doté d'un budget de
174 milliards de dirhams (16,1 milliards d'euros), le Plan Maroc Vert entend moderniser le secteur et le rendre
plus concurrentiel à l'échelle internationale, tout en proposant des aides ciblées aux petits exploitants pour une
croissance plus inclusive dans les zones rurales. Ce plan devrait permettre la création de quelque 1,15 million
d'emplois dans le secteur d'ici 2020 et multiplier par trois les revenus de trois millions de ruraux. Le secteur
agricole, conforté par une valeur ajoutée qui a augmenté de 50 % depuis 2008, connait une progression soutenue
comme en témoignent les indicateurs qui affichent une croissance des exportations agricoles de 34 %. La valeur
ajoutée agricole a augmenté de 70 MMDH en 2008 à 105 milliards de DH en 2014, ce qui montre qu'elle
progresse plus rapidement que celle du reste de l'économie. Ces chiffres signifient que le revenu/tête a progressé
de 48  % dans le monde rural depuis 2008. La hausse des exportations agricoles a été accompagnée d'une
intensification des investissements dans l'économie agricole, en progression de 170 % entre 2008 et 2014, et cela
particulièrement en amont. La part des investissements destinés à l'amont de la filière a permis de renforcer les
systèmes de production contre l'aléa climatique.
160
Le secteur agricole marocain a eu une haute récolte céréalière en 2015  : onze millions de tonnes . Le secteur
160
agricole, représente 15 à 20 % du PIB et fournit des emplois directs à plus de quatre millions de personnes . À
l'international, depuis 2008 et selon les précipitations, les importations agricoles marocaines représentent entre Application de produits ecoSan
14 et 24 % des importations globales, quant aux exportations agricoles, elles représentent entre 15 et 21 % du total (digestat) à Dayet Ifrah
161
des exportations. En 2015, le Maroc a produit 5,6 millions de tonnes de blé tendre et 2,4 de blé dur . Avant la
161, 162
moisson 2020, les stocks sont d'un peu plus de 3 millions de tonnes .

Mines

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Le sol du sud-est marocain est riche en précieux minerais  : manganèse, barytine, fer oligiste, cobalt, sel, zinc,
plomb, pyrophyllite, argent et or. La région de Drâa-Tafilalet représente à elle seule 40  % des permis
163
d'exploitation de mines au Maroc .

Les conditions de travail des mineurs sont souvent très dures. La législation est peu protectrice et les entreprises
du secteur multiplient les subterfuges pour se dérober aux dispositions favorables aux ouvriers. La législation
163
marocaine a ainsi été critiquée par l'Organisation internationale du travail .

De nombreux sous-traitants sont employés sur un même site minier. D'autre part, pour éviter de prendre en
Cristaux d'érythrite et de quartz
charge les maladies professionnelles de leurs salariés, les sociétés de sous-traitance peuvent recourir à des
163 issus des mines d'Aghbar de
licenciements. Les syndicats et les mineurs grévistes peuvent être exposés à des pressions .
Tazenakht, région du Souss-Massa-
Draâ
Secteur secondaire

Industrie

Pendant longtemps l'économie du Maroc était basée principalement sur l'agriculture et la pêche maritime, ceci fut
le cas notamment au siècle dernier quand les populations rurales dépassaient la moitié de la démographie du
pays. L'industrie marocaine contribuait à 16 % du PIB et employait 12 % de la population active, l'industrie lourde
fut relativement négligée aux dépens des activités pressenties nécessaires à l'autosuffisance alimentaire et
vestimentaire. Cela a eu comme conséquence de développer l'industrie textile et agroalimentaire pour la
consommation locale et l'export  : jusqu'à 2002 presque trois quarts des exportations marocaines de produits
manufacturés étaient constituées d'articles de cuir, textile et d'aliments transformés.
164 Teinture du cuir au Maroc. Janvier
En 2005, le ministère de l'industrie marocain a engagé le cabinet McKinsey afin d'élaborer une étude sur les
2017.
modalités de stimulation de l'industrie. L'étude est intégrée dans un programme d'ensemble baptisé Plan National
Emergence I (PNE I) ayant comme objectif de créer 250 000 emplois. Ce dernier programme est loin de réaliser
les objectifs escomptés.

En 2009, un nouveau programme Plan National Emergence II (PNE II) est mis en place avec des objectifs clairs et des secteurs bien définis et
baptisés les Métiers Mondiaux du Maroc que seront :

1. Offshoring : Positionnement sur le nearshore francophone et hispanophone – Ambitions : + 100 000 emplois - + 15 Mds DH en VA ;
2. Automobile : Création d'une base industrielle autour d'un tissu d'équipementiers – Ambitions : + 70-80 000 emplois - +10 Mds DH en VA ;
3. Électronique : Focalisation sur l'électronique de spécialité et intégré – Ambitions : + 10 000 emplois - +5 Mds DH en VA ;
4. Halieutique : Valorisation industrielle et commerciale des pélagiques et développement des produits congelés – Ambitions : 35 000 emplois - + 3
Mds DH en VA ;
5. Aéronautique : Offre intégrée – Ambitions : + 10 000 emplois - +3 Mds DH en VA ;
6. Textile et cuir : Repositionnement sur le fast fashion et co-traitance – Ambitions : 50 000 emplois - + 5 Mds DH en VA ;
7. Agroalimentaire : Développement de 8 à 10 filières à fort potentiel autour de projets intégrés – Ambitions : 6 000 emplois - + 5 Mds DH en VA.

Ainsi, ces sept secteurs considérés comme stratégiques et porteurs ont été ciblés. Orientés vers l'export, ces moteurs de croissance ambitionnent de
représenter 70 % de la croissance industrielle au Maroc à partir de 2015, doper la croissance annuelle du PIB de 1,6 % (soit 90 Mds DH additionnels)
et créer 400 000 emplois. Afin de parer au manque de résultats réalisés par le premier programme Emergence I, plusieurs mesures ont été prises
dont :

La mise à niveau des infrastructures de transport par la création de zones et plateformes industrielles dédiées ;
un cadre fiscal attrayant pour les investissements industriels ;
un programme de formation intégré, spécialement conçus pour accélérer le développement de ces branches.

L'analyse globale des sept dernières filières motrices à l'export permet de relater la fragilité du secteur textile face à la concurrence asiatique.
Cependant, l'offshoring, l'aéronautique et l'industrie automobile ont relativement bien progressé. L'offshoring a permis au Maroc de jouer la carte
linguistique et la proximité en fuseau horaire par rapport aux principaux marchés émetteurs, cette forme de nearshoring a même poussé quelques
165 166
professionnels de pays concurrents comme l'Inde et l'Égypte à installer leurs antennes au Maroc.

Concernant l'aéronautique et l'automobile ces deux secteurs ont largement évolué au Maroc passant d'à peine quelques rares sociétés opérant dans
167 168
chacun de ces deux domaines à 150 équipementiers automobiles et 120 autres groupes opérant dans l'aéronautique installés au Maroc fin 2015,
dont les derniers implantés sont Hexcel, Stélia, Bombardier et Latécoère. Sans compter la valeur produite pour le marché interne, en 2015 le secteur
169
automobile a généré 68,50 milliards de dirhams en croissance de 20 % par rapport à 2014 comprenant 48,60 milliards de dirhams en voitures et
169
composants automobiles destinés aux usines européennes et 19,90 milliards de câblage. Le secteur aéronautique a exporté environ 15 milliards de
169 169
dirhams (7,20 milliards en pièces et 7,70 milliards en électronique).

En 2014, une nouvelle feuille de route baptisée « Plan d'accélération industrielle 2014-2020 » est mise en place pour dynamiser l'industrie, un budget
de 20 milliards de dirhams est réservé pour mener à bien ce projet qui vise à accueillir une centaine d'équipementiers aéronautiques supplémentaires
et plusieurs usines automobiles afin de doubler les capacités de productions actuelles qui sont de 400 000 voitures.

Secteur tertiaire

Bancassurance
170
Malgré la faible population du Maroc, son marché d'assurance s'est hissé en 2014 à la deuxième place à l'échelle continentale et au 45e  rang
mondial en gagnant deux places par rapport à l'année 2013. Sur ce secteur comme sur le secteur bancaire depuis ces dernières années les groupes
marocains et les sud-africains sont les seuls acteurs actifs sur la scène africaine. Quatre groupes d'assurances marocains sont partis à la conquête de
l'Afrique pour atteindre la moitié des pays du continent : Wafa Assurances, RMA, Atlanta et Saham qui a été le plus agressif dans sa prolifération.
171 172
Ayant été convoité par le géant mondial Axa , Saham a préféré s'associer à un groupe d'assurances sud-africain (Sanlam) en lui cédant 30 % de
ses actions. L'accord s'inscrit dans un cadre gagnant gagnant qui permettra à Saham de s'appuyer sur son associé sud africain Sanlam afin d'étoffer
son marché qui comprenait 20 implantations africaines en s'introduisant dans les pays d'Afrique de l'est et d'Afrique australe. En échange, le groupe
173
sud africain, grâce à cette même participation, intégrera le juteux marché de l'assurance des pays de la zone MENA en se basant sur son partenaire

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marocain déjà présent au Moyen-Orient. Étant donné l'immense potentiel du marché saoudien de l'assurance automobile où jusqu'à très récemment,
les femmes furent interdites de conduire et où l'assurance de véhicules ne fut pas obligatoire, l'assureur sud-africain Sanlam frappe un grand coup en
s'associant à Saham. D'autre part, le géant mondial de l'assurance Axa réalise de bonnes performances sur le marché marocain, il décrocha en 2014
une licence au sein du hub financier Casablanca Finance City (CFC) afin d'y centrer ses activités africaines.

Le secteur bancaire marocain est le fruit d'une politique libérale qui a fait ses preuves face à des modèles à économie dirigée. Alors que même en
Europe occidentale il existe plusieurs banques détenues totalement ou partiellement par des États, toutes les grandes banques marocaines sont
174 175
privées . Fin 2015 il existe 29 banques accréditées auprès de la Banque centrale marocaine, dont 11 banques régionales et 18 banques opérant à
l'échelle nationale. Les banques régionales marocaines ont pour objectif de participer au développement inclusif des régions grâce au financement
des projets de proximité, elles sont en ce sens un complément au crédit agricole marocain et à Al Barid Bank qui sont relativement axés sur
l'accompagnement des couches sociales les plus modestes, respectivement en milieu rural et urbain.

La fusion de deux banques privées Wafa Bank et Attijari Bank en 2003 a donné naissance à un grand groupe
bancaire marocain baptisé Attijariwafa Bank (AWB) qui a pu avoir les moyens de partir à la conquête du
continent, pendant ces dix dernières années ce dernier a été rejoint par les deux banques marocaines
176
Banque populaire (BP) et BMCE Bank . Depuis 2012 sur les 29 banques accréditées, les trois dernières
banques constituent deux tiers de parts de marché au Maroc. Elles sont également présentes en Afrique où
elles représentent un précieux atout dans le financement des petites et moyennes entreprises africaines,
notamment avec des produits adaptés aux populations locales semblables aux régions marocaines. Le
modèle des microcrédits aux petits agriculteurs au Maroc a été transféré avec succès aux pays subsahariens.
Les banques marocaines éditent depuis longtemps des cartes de crédit prépayées à leurs clients afin de
limiter les incidents bancaires et les pénalités, aussi les guichets des banques marocaines permettent le
transfert d'argent des expatriés avec des frais réduits à partir de leurs agences situées en Europe vers leurs Parts de marché des banques marocaines
propres agences ouvertes aussi bien en Afrique du Nord qu'en Afrique subsaharienne. Depuis 2006 les en 2012.
banques marocaines ont ouvert plus d'agences en zone UEMOA que l'ensemble des autres groupes
177
bancaires locaux .

Casablanca Finance City

Casablanca Finance City (CFC) est une plateforme financière régionale marocaine lancée en 2010 et qui ambitionne de nouer des partenariats avec
les principales places financières mondiales afin d'ouvrir les flux financiers vers le continent africain. L'objectif fixé dès le début de ce projet fut
d'atteindre un background de 100 groupes mondiaux qui souhaiteraient investir en Afrique et profiter de la croissance de ce continent. En pleine
crise financière mondiale, le départ fut poussif et le bouclage des entreprises certifiées CFC a mis plus de temps que prévu. Néanmoins, fin 2015,
178
Casablanca Finance City réussit à attirer 101 groupes financiers différents. En mars 2015, CFC s'est classée 42e place financière mondiale selon le
GFCI (en), gagnant 20 places en un an et prenant la seconde place continentale, derrière Johannesburg, un an plus tard le 4 avril 2016 selon le même
179 180
indice la place financière de Casablanca détrône son homologue sud-africaine et se hisse au premier rang africain et à la 33e place mondiale .
181
Le 15 mars 2016 Bank of China s'installe au CFC pour accompagner le développement des entreprises chinoises sur le continent africain . L'arrivée
de Bank Of China arrive à peine un an après l'installation de la première banque chinoise Exim Bank Of China au Maroc. Exim Bank ambitionne de
182
couvrir 26 pays africains à partir du Maroc .

Monétique, billets de banque, biométrie

Fin 2014, le Maroc compte onze millions de cartes bancaires en circulation, au sein d'un continent où le taux de
bancarisation reste encore en dessous de 10 % de la population. Le Maroc est leader à l'échelle continentale avec
un taux de 64 % de bancarisation, suivi de l'Afrique du Sud avec 52 %, un pays qui souffre encore des séquelles de
l'apartheid envers sa population noire. Alors que la majeure partie des pays africains n'ont pas encore usage des
cartes bancaires 3D secure, les premières banques marocaines ont commencé à utiliser cette technologie depuis
plusieurs années, et la Banque nationale a demandé aux banques restantes de passer obligatoirement à cette
technologie à partir de la fin 2013, afin de promouvoir le commerce électronique. Néanmoins, la technologie NFC
183
commence à peine à faire son apparition .
Bureaux de la Banque Populaire du
Les cartes et les systèmes sécurisés de paiement sont assurés par trois entreprises marocaines de pointes (HPS,
Maroc à Fès el-Bali
M2M group et S2M) qui opèrent dans plusieurs pays à travers le monde. L'adoption précoce des cartes bancaires
à puces a conféré une assez large avance aux sociétés monétiques marocaines face à leurs rivales sud-africaines
qui utilisaient des cartes bancaires magnétiques. Les spécialistes monétiques M2M et HPS sont leaders à l'échelle
184
du continent , HPS ayant une longueur d'avance grâce à sa solution HPS Powercard, classée par le cabinet Gartner depuis 2008 dans le top 5
185 186
mondial des meilleures solutions de paiement électronique . En 2008, HPS voulait s'offrir 100 % de sa rivale S2M, mais cette tentative d'achat
187
s'est avérée infructueuse en raison de la crise mondiale. En 2011, la banque française Crédit agricole choisit la solution PowerCard de HPS pour sa
188
filiale CEDICAM . En 2015, HPS est présent dans 85 pays sur les 5 continents et compte parmi ses clients quelques-unes des 100 plus grandes
189
institutions financières mondiales, son dernier grand client en date étant la banque sud-africaine FNB Bank .

S2M est entré en Bourse à la suite de son rachat avorté, et le groupe est aujourd'hui présent dans 35 pays dont 20 en Afrique. Au Maroc, il est
émetteur de 70 % des cartes bancaires en circulation, et en Afrique subsaharienne où les distributeurs automatiques de billets sont encore rares, S2M
y implante des solutions de M-Banking. Malgré l'instabilité de la Syrie, la Libye et l'Iran (à cause des conflits et des sanctions internationales), trois
pays où est présent S2M, le groupe a relativement bien consolidé son chiffre d'affaires. Afin de minimiser les risques d'investissement, notamment à
190
cause de la loi 49/51, le groupe monétique S2M a préféré sélectionner un intégrateur local (CACM) pour le marché algérien . Le 9 décembre 2015,
191
S2M émet la première carte bancaire NFC au Maroc en faveur de AttijariWafa Bank .

M2M Group est plus présent sur le segment de la biométrie, des documents officiels sécurisés et des titres de transport, bien qu'il gère également les
solutions de paiement de la plus grande institution émettrice de cartes bancaires en Algérie, Algérie poste. M2M, après avoir déployé avec succès sa
192
solution MX de cartes multiservices sans contacts aux 100 000 étudiants du campus de Dakar , M2M Group a décroché un contrat pour équiper les
quinze universités marocaines de ce système, permettant aux étudiants de recevoir leurs allocations d'études sur leurs cartes, d'emprunter des livres,
retirer de l'argent, régler les photocopies, le restaurant universitaire, accéder aux espaces protégés, etc. Grâce à la dernière génération de sa solution
193
MX Payment de transactions électroniques sécurisées, M2M Group a accompagné la fusion de deux banques mauriciennes, MPCB et NCB . La
nouvelle plateforme implémentée est opérationnelle depuis janvier 2016. Le Maroc est actuellement parmi les pays leaders à l'échelle continentale en
matière de biométrie, toutes les cartes d'identité et documents de voyages sont biométriques, ainsi que les cartes grises et permis de conduire.

Concernant les titres bancaires, depuis 1987 le royaume chérifien inaugura son propre hôtel des monnaies baptisé Dar As-Sikkah et fabrique sa
propre monnaie et ses propres billets de banque ainsi que les billets de banque de plusieurs autres pays [réf.  souhaitée]  ; à titre d'exemple, à peine
quelques mois avant les printemps arabes, les billets de banque syriens furent imprimés à Dar As-Sikkah [réf. souhaitée]. En effet, l'Iran l'allié majeur

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de la Syrie en zone MENA ne disposant pas de matériel à la pointe à cause de l'embargo occidental. Le 25 novembre 2014, la Banque centrale du
Maroc conclut avec le groupe américain Crane Currency, un partenariat stratégique dans la fabrication des billets de banque pour le marché
international [réf. souhaitée]. Si cette alliance est bénéfique pour le fabricant mondial de produits fiduciaires depuis plus de 200 ans, en lui permettant
«  de soutenir l’expansion de son activité fiduciaire à l’échelle mondiale  », elle l’est surtout pour Dar As-Sikkah qui profitera désormais des
commandes de Crane Currency via les contrats que ce dernier passera pour chacun des projets de fabrication de billets au profit des clients à
l’international [réf. souhaitée]. Le groupe américain dispose d'un réseau de plus de 50 banques centrales qui lui ont fait confiance pour la conception et
la fabrication de leurs billets de banque nationaux. Du pain bénit donc pour Dar As-Sikkah [style à revoir]. « Le partenariat stratégique entre Bank Al
Maghrib et le Groupe Crane vise à se positionner, ensemble, sur le marché international, pour réaliser des projets de fabrication de billets au profit de
différents clients potentiels, se trouvant sur tous les continents, avec une préférence naturelle pour le marché africain », explique une source officielle
à Bank Al Maghrib [réf. souhaitée].

Grande distribution

Le Maroc, de par sa démographie, constitue un petit marché comparé à d'autres pays du continent africain,
l'ensemble du commerce intérieur y est inférieur à 10 milliards de dollars soit environ 10 % du PIB. Le commerce
194
emploie 13 % de la population . La grande distribution est apparue au Maroc à partir du début des années 1990,
depuis, la croissance moyenne annuelle des GMS durant les cinq dernières années est de 15  % et de 600  % de
2002 à 2012, où le secteur représente 2,5  milliards de dollars pour un nombre de 250 GMS, correspondant en Supermarché du groupe Marjane
majeure partie aux chiffres des hypermarchés et supermarchés des groupes Inna, SNI et Hyper SA. Les
statistiques du hard discounter turc qui détient à lui seul 258 points de vente ne figurent pas dans ces chiffres car
ses supérettes sont généralement inférieures à 1 000 m2 et ne peuvent donc être qualifiées de moyenne surface. Le groupe Inna ne possède pas de
formule supermarché, il exploite 13 hypermarchés sous l'appellation commerciale Aswak Assalam de 5 000 m2 de surface moyenne. Les groupes SNI
et Hyper SA exploitent des points de vente sous forme de supermarchés de 2  000  m2 à 3  000  m2 de surfaces moyennes et des hypermarchés de
surfaces plus grandes.

En 2012 les parts de marché des différents acteurs sont comme suit :

Groupe SNI (37 hypermarchés Marjane / 12 Electroplanet / 36 supermarchés Acima) : 65 % ;


Groupe Hyper SA (6 hypermarchés Carrefour / 12 hypermarchés Atacadao / 41 supermarchés Labelvie) : 28 % ;
Groupe Inna (13 hypermarchés Aswak Salam) : 7 %.

Ces chiffres correspondent à 2012 quand le groupe hard discounter turc BIM détenait 200 points de vente et réalisait 70 millions de dollars de chiffre
d'affaires. BIM envisage d'ouvrir 1 000 supérettes d'ici 2020. Cependant, malgré la prolifération rapide des points de vente du hard discounter BIM le
marché de la grande distribution est toujours largement dominé par les holdings SNI et Hyper SA avec 260  000  m2 et 152  000  m2 de surface de
vente et respectivement 13 milliards de dirhams (1,30 milliard de dollars) et 6 milliards de dirhams (600 millions de dollars) de chiffres d'affaires
réalisés en 2014.

À la fin 2012, le Maroc dispose de cinq malls composés de 4 000 points de vente issus de 584 franchises différentes dont, parmi les plus connues,
Galeries Lafayette et la Fnac. En 2008, le ministère du commerce a conçu un plan baptisé « Rawaj » en vue de moderniser le commerce intérieur
grâce à l'élaboration de 15 nouveaux malls, 50 hypermarchés et 600 supermarchés en 2020 ; l'objectif est de générer 106 000 emplois et de porter la
194
part du commerce de 10 à 15 % du PIB en 2020 .

Les supermarchés Marjane et Labelvie avaient annoncé à leur tour qu'ils s'apprêtent à s'installer dans cinq pays africains. Afin de préparer son entrée
195
en Côte d'Ivoire, Labelvie se retrouve en compétition avec son partenaire Carrefour sur le sol marocain . On ignore si les deux groupes vont
s'associer pour attaquer ensemble le marché de la CEDEAO, comprenant le Nigeria. Outre l'alimentaire, les grandes surfaces spécialisées sont encore
moins développées au Maroc, les plus répandues sont actives dans le prêt-à-porter ou les matériaux comme Bricoma (12 magasins), Mr Bricolage (4
magasins), Decathlon (4 magasins), etc.

Concernant les meubles, l'activité au Maroc recèle tout un art de vivre avec une compétition constante en zone MENA entre les produits types salons
marocains et salons turcs, hérités des deux anciens empires du monde musulman, d'autant plus que ces deux derniers pays sont soumis à un accord
de libre-échange commercial. Autrefois concentré dans les zones spéciales réservées aux artisans des villes impériales, le secteur de la construction
des meubles constituait une activité ancestrale au Maroc, depuis environ un demi-siècle ce secteur s'est enrichi grâce à deux groupes marocains qui
196 197
prospèrent dans ce domaine : Richbond et Dolidol qui réalisent de bons résultats en interne et à l'export. Plus tard Kitea (22 magasins) est venu
agrandir l'offre avec des meubles modernes, Le groupe Kitea a commencé depuis 20 ans avant qu'il soit rejoint par un autre groupe marocain,
198
Mobilia qui totalise 23 points de vente, puis par le géant turc Istikbal avec dix magasins et le français Atlas avec cinq magasins. Le groupe suédois
199
Ikea a construit un premier hypermarché de meubles et projette d'ouvrir à terme cinq points de vente . Affecté par la rude concurrence sur le
marché marocain, Kitea s'est associé avec le groupe belge Casa à qui il a rebaptisé ses petits magasins au nom de la marque belge. Kitea s'est aussi
installé dans sept autres pays d'Afrique (Angola, Burkina, Guinée, RDC, Centrafrique et Congo).

Côté culture, il existe un seul magasin FNAC au Morocco Mall de Casablanca, cependant, alors que Virgin Megastore ferme son activité en France,
200
cette dernière enseigne disposait quatre magasins au Maroc et prévoit d'en ouvrir quatre autres. L'enseigne Megarama a ouvert trois complexes
cinématographiques à Fès, Marrakech et Casablanca et a mis en chantier trois autres complexes à Agadir, Rabat et Tanger. La date d'ouverture du
201
Megarama de Tanger est programmée pour mars 2016 simultanément avec l'inauguration du Mall Tanger City Center .

Cafés-restaurants

Le secteur des enseignes de cafés modernes et de restauration rapide est relativement récent au Maroc et
constitue un grand potentiel mais se confronte à la difficulté de trouver du foncier pour une expansion rapide.
McDonald's qui détient une relative grande force de frappe a pu décrocher beaucoup d'emplacements privilégiés
sur des corniches avec vue sur mer. Actuellement la chaîne américaine totalise 35 restaurants et un premier
McCafé inauguré en 2014 à la Gare de Casa-Port. L'enseigne de restauration rapide américaine se voit en
compétition avec la belge Quick comme nouvel arrivant et le groupe Burger King qui comprend cinq restaurants.
À défaut d'avoir les mêmes moyens que son concurrent pour une prolifération rapide, Burger King a réussi à
202
trouver un partenariat avec le groupe pétrolier Shell afin d'équiper ses aires de repos autoroutières de points
de restauration estampillées Burger King. Restaurant Argana sur la place
Djeema el-Fna de Marrakech (2010)
Une autre manière d'accélérer l'expansion des enseignes de restauration est le système des aires de restauration
qui est relativement nouveau au Maroc. Elles sont disponibles dans les premiers centres commerciaux ouverts
203
ainsi qu'au sein de l'aéroport de Casablanca. L'enseigne franco-belge Quick inaugure son premier restaurant à Rabat le 11 février 2016 , deux autres
restaurants en travaux seront livrés à Marrakech et Casablanca courant du premier semestre 2016. Quick projette d'atteindre 15 restaurants au Maroc
203
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203
dans les cinq ans à venir . Pizza Hut et KFC sont présents avec respectivement 35 et 12 restaurants, Pomme de
Pain dispose de sept points de vente, l'enseigne bretonne Brioche dorée trois restaurants, Paul, présent dans
35 pays différents détient sept boulangeries actuellement au Maroc parmi lesquelles sa boulangerie casablancaise
204
de la villa Zévaco où elle réalise le cinquième plus grand chiffre d'affaires à l'échelle mondiale ces dernières
années. La prestigieuse marque de boulangerie française a implanté son site de production à Mohammédia et
expérimente des produits adaptés aux habitudes alimentaires locales. Elle ambitionne de décrocher des
partenariats avec l'ONCF et l'ONDA pour servir les passagers des gares et des aéroports marocains.

À côté des ténors de la restauration rapide, plusieurs enseignes de cafés modernes ont fait leur apparition au
Maroc, mais il est difficile de leur assurer une expansion aussi rapide que la restauration moderne. En effet, la
consommation du thé au Maroc est toute une institution, notamment du fait que ce pays maghrébin n'a pas été
colonisé par l'empire ottoman qui a propagé la consommation du café dans toutes ses anciennes colonies et à
travers ses exportations vers l'Europe continentale. Généralement la consommation du café est largement
inférieure à la consommation du thé au Maroc, cependant, cela n'a pas empêché plusieurs enseignes
internationales de s'installer au royaume chérifien, à commencer par le numéro un mondial Starbucks qui
démarre avec six cafés, du britannique et numéro deux mondial Costa Coffee, de l'enseigne française Columbus L'art de servir le thé au restaurant
Café, et des deux marques prestigieuses, l'émirati Rotana Cafe et l'allemand Cafe extrablatt  (de), qui ont mis un Dar Naji de Rabat
grand accent sur la qualité de leurs décors, aussi originaux que somptueux.

Il n'existe pas à ce jour de grande enseigne de café marocaine, néanmoins, dans un pays où il fait souvent plus de
30 degrés à l'ombre, un glacier marocain, Venezia Ice, a le vent en poupe ces dernières années. Il détient 13
glaceries dans plusieurs villes différentes, et est confronté à plusieurs enseignes européennes dont le dernier
205
arrivant est la marque française Amorino qui projette d'ouvrir 10 points de vente en cinq ans.

Commerce en ligne

Le secteur du commerce en ligne est comparativement assez en retard en Afrique en général et assez récent au
Maroc en particulier. À l'échelle continentale, sans doute plusieurs facteurs entravent ce mode de consommation,
à savoir la sécurité informatique, le taux de bancarisation, l'émergence de classes moyennes,  etc. Au Maroc le « Café Maroc » par Constantin
commerce électronique serait certes affecté par la qualité de la logistique, cependant, ce secteur connait une Westchiloff (av. 1945)
croissance rapide ces dernières années, la Fédération Nationale du E-commerce au Maroc (FNEM) comptabilise à
ce jour 500 sites de commerce électronique. Les premiers sites à voir le jour furent des sites de vente de produits
high tech à l'instar de [Link], [Link], suivis de sites de ventes de différentes marchandises allant de produits frais avec [Link], de
discounter comme [Link] jusqu'au prêt-à-porter avec [Link].

Offshoring

Le secteur de l'offshoring (délocalisation) a connu une croissance soutenue de 2003 à 2013, année où le secteur a connu sa première stagnation pour
se stabiliser à un chiffre d'affaires de 7,30 milliards de dirhams. Onze sociétés principales réalisent la majeure partie des revenus du secteur dont le
206
groupe marocain Intelcia qui ambitionne de franchir la barre d'un milliard de dirhams de chiffre d'affaires en 2016. Intelcia possède plusieurs
sites au Maroc et a également investi en France où le groupe marocain réalise 40  % de son chiffre d'affaires. Afin de rester compétitif Intelcia
206
s'apprête à ouvrir des sites en Afrique subsaharienne francophone dont la première ouverture sera réalisée au Cameroun avec un investissement
de 18 millions de dirhams et un recrutement de 500 collaborateurs camerounais. Le Maroc ambitionne d'atteindre 15 milliards de dirhams en valeur
ajoutée et une masse salariale de 100 000 employés en offshoring à l'horizon de l'an 2020.

Tourisme

Le tourisme occupe une bonne partie de l'économie marocaine, le nombre d'arrivées de touristes est passé de
4,4 millions en 2001 à 9,3 millions en 2010 avec une croissance des revenus touristiques passant de 31 milliards de
dirhams à près de 60 milliards de dirhams à la veille du printemps arabe. La progression du secteur touristique au
Maroc a été accompagnée par un plan stratégique dit vision 2010 d'un objectif de 10 millions de touristes vers
207
l'année 2010, un plan enclenché le 10 janvier 2001 à Marrakech .

Le Maroc lance le 30 novembre 2010 le nouveau programme baptisé vision 2020


ambitionnant d'atteindre 20 millions de touristes horizon 2020. La crise
économique des principaux marchés émetteurs ainsi que les instabilités post
printemps arabe ont beaucoup affecté le tourisme marocain qui a stagné depuis
2010. En 2015, le nombre d'arrivées touristiques au Maroc a même subi une
baisse de 0,2  % totalisant 10,25  millions contre 10,28  millions en 2014.
Cependant, malgré cette baisse, le Maroc conserve la première place à l'échelle continentale en nombre d'arrivées
208
de touristes depuis 2013 .
Vue panoramique de la Médina de
Afin de remédier aux baisses de tourisme sur ses marchés classiques le Maroc se prépare à développer les Fès.
marchés émergents de Russie, Brésil, Asie, Europe de l'Est et des Amériques. Dans ce même objectif l'ouverture
158
de 57 nouvelles lignes aériennes est projetée afin de cibler les touristes issus des marchés émergents, et
notamment capter une bonne partie de touristes russes boycottant l'Égypte, la Turquie et les pays européens à
cause des crises syrienne et ukrainienne. Le fait marquant dans cette création de lignes consiste à assurer des
dessertes directes des villes de Marrakech et d'Agadir via des lignes long courrier vers la Russie, les Amériques et
le Moyen-Orient, ce qui sera en soi une première. Néanmoins, concernant l'Asie, la compagnie nationale RAM ne
disposant pas d'une flotte d'avions long-courriers conséquente vendra des vols long-courriers vers plusieurs
destinations asiatiques en partage de code avec Qatar Airways.

A la fin des années 2000, des propositions tentent de déterminer la juste place du tourisme durable dans la Oasis de Figuig.
stratégie de développement de ce secteur d'activité, qui est l'un des tout premiers pour l'économie du pays. Ce fut
le cas aussi à la fin de la décennie précédente dans le sillage de la crise financière des "subprime": le Maroc a en
209
particulier observé en 2008 que les touristes voyagent "moins loin", en visant un meilleur rapport qualité-prix" ,ce qui avait renforcé la volonté de
209
"construire un tourisme durable et solide", selon le ministre marocain du Tourisme . Selon lui, "plus de 65% des touristes" au Maroc arrivaient de
209 209
France et d'Espagne et la même proportion allaient nulle part ailleurs que Marrakech et Agadir . Le pays avait alors annoncé un plan pour

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mobiliser auprès des banques marocaines environ 50 milliards de dirhams (4,5 milliards d'euros) sur cinq ans de
prêts au secteur touristique, afin de favoriser une diversification touristique au Maroc et d'accueillir 10 millions de
209
touristes en 2010 contre 8 millions de touristes en 2008 , objectif qui ne sera finalement atteint que trois ans
plus tard, en 2013.
208
Nombre de touristes par an (millions)
Pays 2010 2011 2012 2013 2014

Maroc 9,29 9,34 9,38 10,05 10,28

Égypte 14,05 9,50 11,20 9,17 9,63 Village du Haut Atlas


Afrique du Sud 8,07 8,34 9,19 9,54 9,55

Tunisie 6,90 4,79 5,95 6,27 6,07

Algérie 2,07 2,40 2,63 2,73 N.C.

208
Tourisme au sein des 5 premières destinations africaines (Source : [Link] )

Le Maroc a accueilli en 2014 un total de 10,28  millions de touristes, en hausse de 2  % par rapport à 2013
(10,05 millions) générant 57,4 milliards de dirhams de recettes en baisse de 4,3 % par rapport aux 60 milliards de
210
dirhams réalisées en 2013, ci-dessous les statistiques du tourisme pour l'année 2014  :

arrivées aux postes frontières : 10 282 944 touristes ;


nuitées dans les établissements classés : 19 633 475 nuitées ;
capacité d'hébergement (en lits) : 216 386 lits ;
taux d'occupation des chambres : 30 % ;
recettes voyages (en dirham MOR) : 57 400 milliards MAD. Aït-ben-Haddou

La ville de Marrakech est la première ville touristique du Maroc. En 2014, la ville possédait une capacité
d'hébergement équivalente à 65 640 lits devant Agadir avec 34 773 lits et Casablanca avec 16 529 lits.

En 2001, le Fonds mondial pour la Nature (WWF) avait exhorté les professionnels du tourisme réunis à Londres à
développer dans les pays de la Méditerranée un tourisme durable, en estimant qu'au cours des vingt prochaines
années, un groupe de pays méditerranéens comme le Maroc, la Tunisie, la Grèce, la Turquie et la Croatie, subiront
une montée du tourisme étranger, totalisant environ 350 millions de visiteurs par an, avec de plus en plus de
211 211
constructions sauvages et non concertées d'hôtels, stations balnéaires et villages de vacances . Il avait appelé
211
l'industrie du tourisme à adopter et encourager des pratiques plus responsables afin de renverser la vapeur en
défendant des programmes de développement écologiques et en sensibilisant la clientèle au respect de Jamea el Fna de Marrakech.
211
l'environnement .

Le Maroc est le 2e pays le plus touristique d'Afrique et le 29e à l'échelle mondiale. Le programme baptisé vision 2020 ambitionnait de placer le Maroc
en tant que 20e  destination touristique mondiale, les efforts en matière de construction d'hôtel haut de gamme n'ont pas manqué en plus des
destinations classiques comme Marrakech et Agadir qui totalisaient à elles seules 45 % des capacités classées. D'autres complexes luxueux ont été
construits à Mazagan, Tanger, Saidia et Casablanca sauf que la crise économique conjoncturelle a lourdement affecté les budgets des touristes
habituels de la destination Maroc. Cela se traduit par un faible taux de remplissage des hôtels classés, le taux global de remplissage passe de 44 % en
2008 à 30  % en 2014. Afin de financer les campagnes de communication de l'Office du tourisme le gouvernement marocain adopte une taxe
212
aéroportuaire sur les vols internationaux, une taxe que l'Association internationale du transport aérien jugeait comme pouvant avoir l'effet
inverse. Ladite taxe de 100 dirhams est certes relativement supportable pour les classes économiques, cependant elle s'élève à 400 dirhams pour les
vols premières classes ce qui aurait pu affecter le tourisme de luxe.

Ci-dessous la répartition des capacités d'hébergement (en nombre de lits) en 2014


213
 :

Marrakech : 65 640 lits


Agadir : 34 773 lits
Casablanca : 16 529 lits
Tanger : 9 706 lits
Fès : 9 266 lits
Ouarzazate : 8 686 lits
Tétouan : 6 116 lits
Rabat : 5 842 lits Logo de la Fédération nationale du
Essaouira : 5 333 lits tourisme du Maroc
Meknès : 4 286 lits
Autres : 50 209 lits
Total : 216 386 lits
214
En 2017, le Maroc est le pays le plus visité en Afrique avec 11,35 millions de touristes .

Transport

Transport routier

L'apparition de la voiture, et sa propagation, coïncide avec l'incidence de l'impérialisme français dans le Maghreb au début du xxe siècle. Le Maroc
tout comme la Tunisie furent considérés comme des territoires sous protectorat, contrairement à l'Algérie qui fut considérée comme un territoire
soumis à la France, et par voie de conséquence, soumis aux mêmes obligations d'aménagement du territoire que les autres régions françaises. Il en
résulte qu'à l'indépendance le Maroc et la Tunisie héritent d'un réseau routier d'à peine environ une dizaine de milliers de kilomètres bitumés chacun
contre approximativement une centaine de milliers de kilomètres de routes érigées en Algérie pendant la même période.

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Après l'indépendance, le Maroc central, anciennement sous protectorat français, découvre d'abord l'état
encore plus délabré des infrastructures routières dans le Rif, anciennement sous protectorat espagnol. Dans
la foulée, la première route lancée par le roi Mohammed V, baptisée Tariq el Wahda (route de l'union), fut
la route reliant Fès à Al Hoceïma, traversant des régions très montagneuses. Une fois achevée, le Maroc
lance la première étude du schéma routier national en 1969 afin d'étendre le réseau routier existant. En
1972, une autre étude fut lancée pointant l'insuffisance des infrastructures routières autour de Casablanca,
notamment vers le nord malgré les trois routes existantes qui reliaient cette ville à Rabat. Il fut décidé de
convertir la route principale entre ces deux villes en autoroute. Dès 1975, année marquant le début de ce
projet autoroutier, l'Espagne se retire du Sahara occidental et le Maroc se retrouve en pleine guerre ouverte
contre le front Polisario, massivement appuyé par un soutien technique des pays du bloc soviétique et par
un généreux soutien financier des mannes pétrolières des leaders révolutionnaires Boumédiène et Khadafi à Autoroute A3 Rabat-Casablanca en 2008
partir du sol algérien. Le Maroc se trouve lâché par les Américains, occupés par le développement du
marxisme sur leur propre continent, et le seul soutien symbolique au Maroc émanait de la France, qui le
considérait comme allié contre l'avancée des Soviétiques en Afrique. Le soutien de la France a été déterminant pour infléchir le rôle de la Mauritanie
et la rendre neutre dans ce conflit. Pendant toute la durée de ce conflit, et notamment les premières années où le choc pétrolier a alourdi la facture du
Maroc tout en permettant à Khadafi d'accorder des ressources importantes au Polisario, le développement des infrastructures de transport au Maroc
était quasi-nul. Ainsi, au lieu de lancer l'autoroute Casablanca - Rabat, le projet initial a été converti en un simple doublement partiel de la route
215
principale sur 40  km de Casablanca vers le nord. Ce doublement est lancé en 1975 et achevé en 1978 . Parallèlement à ce doublement routier
partiel, et afin de limiter les importations de pétrole, les autorités marocaines ont lancé un chantier unique en son genre à cette époque en Afrique : le
doublement des voies de chemin de fer électrique pour le trafic des passagers entre Rabat et Casablanca. Ce projet est inauguré par un train rapide en
1984, soit 25 ans avant le Gautrain qui a vu le jour à la veille de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud en 2010, sur une portion de 20 km
216
de Johannesburg à son aéroport .

La mise en service du Train navette rapide a laissé un peu de répit aux autorités de tutelle pour imaginer un
schéma global de réseau autoroutier. Plusieurs études complémentaires ont été effectuées durant les années
1980 et ont mis en exergue la croissance du trafic routier de 6 % par an et la nécessité de se doter à l'horizon
2010 d'une armature autoroutière nationale de 1 500 km. La société ADM est créée afin d'étendre le réseau
vers Kénitra et Larache au nord, puis Settat vers le sud de Casablanca. Par la suite plusieurs autoroutes
viennent se greffer à ce réseau initial, notamment vers l'Oriental, et la consolidation du réseau autoroutier
s'est vue considérée comme une priorité nationale. Géré par la Société nationale des autoroutes du Maroc, le
A3 Rabat-Casablanca après triplement en
réseau autoroutier marocain est à ce jour un des plus denses en Afrique avec 1  588  km ouverts à la
2013.
circulation, et il dessert toutes les villes de plus de 200 000 habitants, à savoir entre autres Tanger, Tétouan,
Fès, Meknès, Larache, Oujda, El Jadida, Marrakech, Agadir et Béni Mellal. À l'horizon 2015, il devrait
compter 1 804 km et desservir les villes de Oualidia et de Safi.

Le développement des infrastructures routières au Maroc devrait aussi passer par le renforcement du réseau de voies express, alternatives
intéressantes aux autoroutes puisque moins coûteuses. En 2013, le réseau comporte 730  km de voies en service et devrait être étendu à plus de
1 600 km d'ici 2016.

Le Maroc comptait en 2007 68 550 kilomètres de routes dont 69 % étaient goudronnées. Le réseau routier est généralement considéré comme de
217, 218
qualité satisfaisante et l'un des meilleurs d'Afrique . Le deuxième Programme National des Routes Rurales (PNRR2) envisage la construction de
15  500 kilomètres de routes rurales supplémentaires à l'horizon 2015 afin de faire passer le taux de désenclavement rural de 54  % à 80  % à cette
219 220
même échéance . Toutefois, 22 % des localités demeurent injoignables en véhicule et 35 % sont difficiles d'accès .

Transport ferroviaire

A contrario, le chemin de fer a longtemps pâti au Maroc du manque de volontarisme de la part des pouvoirs publics. L'ONCF, entreprise publique
chargée de l'exploitation du réseau ferroviaire marocain semble cependant avoir repris les choses en main. L'opérateur marocain a misé avant tout
sur la qualité et semble a priori réussir son pari : selon le dernier classement du Forum économique mondial, le Maroc se classe premier en Afrique
221
et 34e à l'échelle mondiale en ce qui concerne la qualité du réseau ferroviaire . En matière de ferroviaire, l'héritage colonial, notamment concernant
les parties du territoire sous protectorat espagnol, a fait du Maroc un des pays les moins équipés d'Afrique au regard de sa population au moment de
222
l'indépendance. La ligne de chemin de fer Marrakech - Agadir a été projetée durant les années 1970 , mais stoppée par la guerre du Sahara.
Cependant, durant les deux dernières décennies, le Maroc a beaucoup modernisé son réseau, notamment concernant l'électrification. En 2013,
223
l'ONCF dispose de 3  657  km de voies ferroviaires à écartement standard UIC, dont 2  238  km de voies électrifiées, ce qui représente plus que
224
l'ensemble de tous les pays du continent africain réunis. Les 3 657 km de voies ferrées sont gérées par l'ONCF comme opérateur unique, y compris
les embranchements particuliers vers ses clients cimentiers, ports, sidérurgistes, industriels, agricoles, miniers, etc. Autrefois l'OCP gérait ses propres
lignes minières, mais il a confié depuis la fin du siècle dernier la gestion et la maintenance de ses embranchements miniers à l'ONCF. Au premier
janvier 2014, le réseau marocain de voies ferrées est composé comme suit :

3 657 km de voies ferroviaires en activité (dont 2 238 km électrifiées) ;


2 921 km de voies de circulation principales ;
736 km d'embranchements particuliers, de voies de service et de traitement logistique ;
2 110 km de lignes principales à écartement UIC exploité pour le transport de fret et passagers ;
1 965 km de ces lignes sont en Long Rail Soudé (LRS) (93 % du réseau principal) ;
1 300 km de lignes électrifiées (60 % du réseau principal) ;
640 km de lignes à double voies (30 % du réseau principal).

Le réseau de l'ONCF s'étend sur 2  110  km en 2014. Il est certes d'un linéaire assez modeste (8e  réseau en Afrique), cependant, malgré sa taille
restreinte il est de loin le réseau qui totalise le plus de passagers à l'échelle continentale. En effet, les pays anglophones africains introduisent les
chiffres des passagers du métro et des trains de banlieue alors que le transport passagers longue distance est quasiment réduit à néant depuis l'arrivée
des autoroutes. Le réseau actuel marocain est à écartement uniforme UIC et relativement bien entretenu : 93 % du rail marocain est renouvelé et
transformé en Long Rail Soudé (LRS) ce qui confère un bon confort d'usage pour le trafic passager, notamment pour les trains couchettes. L'axe le
plus sollicité du réseau est situé entre Casablanca et Tanger (~400  km). Il est en cours de triplement grâce à une nouvelle ligne à grande vitesse
Tanger - Kénitra et un triplement de lignes classiques Kénitra - Casablanca. Le taux d'électrification (actuellement de 60 %) est censé atteindre 90 %
en 2018 avec la mise en service de la LGV Kénitra - Tanger et l'électrification de la ligne Fès - Oujda.

Les infrastructures ferroviaires actuelles devraient être augmentées de deux lignes de TGV :

la Ligne Atlantique reliant les villes de Tanger et d'Agadir via Kénitra, Rabat, Casablanca et Marrakech, et ce, à l'horizon 2035 (Tanger -
Casablanca sera effective d'ici fin 2017) ;

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la Ligne Maghrébine reliant les villes de Rabat et Oujda en desservant l'axe Fès - Meknès (à l'horizon 2035). L'ONCF a lancé l'étude
225
concernant le premier tronçon de cette ligne qui commencera de Rabat à Meknès .

La première LGV Tanger - Kénitra a été contractée de gré à gré sans appel d'offres. Il en résulte que l'Allemagne
s'est opposée à un financement auprès de la banque européenne. Afin de finaliser le marché la France a financé
une bonne partie de ce contrat, d'autres pays du Golfe sont venus à la rescousse in extremis afin de sauver ce
226
projet qui paraissait hors de portée des moyens de l'ONCF . In fine même si l'État marocain n'a eu à financer
que 30 % du coût de cette LGV, beaucoup d'opposants au TGV se sont manifestés pour réclamer son annulation et
réaliser à la place plus de linéaires de lignes classiques.
Gare de train de Casablanca Port.
L'ONCF a procédé à la rénovation de plusieurs gares, à l'achat de nouvelles rames, a étendu son réseau vers deux
ports méditerranéens (Tanger Med et Nador en 2009) et envisage de relier d'autres villes telles qu'Essaouira, Béni
227
Mellal, Tétouan, Laâyoune et Dakhla , et d'étendre son réseau classique de 2 700 km parallèlement à la mise en
place du réseau LGV pour le même prix (10 milliards de dollars). En attendant cette échéance, les réalisations
accomplies en 2009 faisaient partie d'un contrat-programme 2005-2009 ayant coûté 18 milliards de dirhams
(1,5 milliard d'euros) et ayant permis l'optimisation des dessertes aussi bien fret que pour les passagers comme
suit :

Création de 209 km de nouvelles voies pour le fret (117 km Taourirt vers Nador port, 47 km Sidi Yahya vers
Belciri et 45 km Tanger vers Tanger Med) ;
Électrification de 302 km de voies existantes (255 km de Sidi Kacem vers Tanger Med et 47 km de Sidi Gare de Marrakech.
Yahya à Belciri) ;
Doublement de voies sur 258 km (115 km de Sidi Kacem vers Fès + 143 km de Casablanca vers El
228
Jadida et vers Sidi Aïdi) ;
229
Augmentation des dessertes de 110 trains par jour en 2005 à 228 trains par jour en 2010  ;
Raccourcissement des temps de trajet d'une heure sur l'axe Rabat - Tanger ainsi que Rabat - Fès ;
Passage de 18,5 millions de passagers en 2005 à 30 millions en 2010 ;
Augmentation du trafic fret de 4 millions de tonnes en 2005 à 9 millions en 2010 ;
Électrification de toute la ligne atlantique et ses ramifications permettant d'utiliser du matériel roulant performant et moderne, les rares
locomotives Diesel sont écartées vers la partie non encore électrifiée à l'est du pays.

À l'issue du contrat-programme 2005-2009, l'ONCF a porté le montant de ses investissements à 33 milliards de dirhams dans son nouveau contrat
programme 2010-2015 signé avec l'État. Ce programme est baptisé Rihane 50 par la compagnie, faisant allusion à son ambition initiale d'atteindre
50 millions de passagers et 50 millions de fret en 2015. 20 milliards de ce budget sont alloués à la grande vitesse et 13 milliards restant à la
modernisation du réseau classique.

Le projet Rihane 50 démarrant en même temps que le printemps arabe, il a connu du retard dans son développement, la ligne LGV Tanger - Kénitra
initialement prévue pour 2015 étant repoussée à 2018, et l'électrification de la ligne Fès - Oujda tardant également à se concrétiser. En 2014 l'ONCF
réalise 39 millions de transports de passagers et 35 millions de transports de marchandises. Il sera vraisemblablement peu probable d'atteindre
50 millions de tonnes fret et de voyageurs à court terme. En attendant le parachèvement des phases du dernier contrat-programme, l'ONCF est en
cours d'élaboration de trois plans simultanés complémentaires  : Stratégie 2025, Plan Maroc Rail 2040 et Plan Dessertes Régionales (PDR). Le
premier programme décennal porte principalement sur le renouvellement des gares et du matériel roulant, le Plan Maroc Rail 2040 (PMR-2040) est
un projet à long terme portant sur l'extension du réseau ferré de 1 500 km de LGV et de 2 700 km de lignes conventionnelles pour atteindre un réseau
ferroviaire de 6  300  km en 2040. Quant au programme dessertes régionales, ce dernier vise à promouvoir le transport ferroviaire régional, l'idée
principale est de réserver toutes les dessertes longues distances au TGV et garder les trajets inférieurs à 200 km aux trains classiques.

Transport maritime

Le Maroc occupe une assez large façade maritime sur la Méditerranée et l'Atlantique, son secteur maritime est
doté de 38 ports répartis comme suit :

13 ports de commerce international ;


6 ports passagers ou de plaisance ;
19 ports de pêche ou d'export de produits halieutiques.

Après le succès des zones franches du port de Tanger Med, le Maroc projette de construire trois nouveaux ports Vue aérienne du complexe portuaire
similaires : Nador West Med, Kénitra Atlantique et Dakhla Atlantique. Tanger Med

Au terme de l'année 2014, l'activité des ports marocains a atteint un nouveau record, avec un volume de
230
115 millions de tonnes, marquant ainsi une augmentation exceptionnelle de 14,3 % par rapport à l'année précédente . Cette hausse est tirée par la
bonne orientation aussi bien du trafic domestique (Import Export) que du trafic de transbordement des conteneurs au port de Tanger Med, ayant
marqué une consolidation du positionnement du Maroc sur ce segment avec une amélioration des volumes manipulés.

Principaux ports de commerce :

Tanger Med (39 millions de tonnes [Quand ?]) ;


Port de Casablanca (25 millions de tonnes [Quand ?]) ;
Port de El Jadida-Jorf el sfar (22 millions de tonnes [Quand ?]) ;
Port de Mohammadia (11,5 millions de tonnes [Quand ?]) ;
Port de Safi (6,2 millions de tonnes [Quand ?]) ;
Port de Agadir (4,2 millions de tonnes [Quand ?]) ;
Port de Layoune (3,2 millions de tonnes [Quand ?]) ;
Autres ports (0,5 million de tonnes [Quand ?]).

Transport aérien

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Si de tous les modes de transports actuels l'aérien est le plus récent, la position géographique du Maroc lui a
permis dès le départ de jouer un rôle essentiel dans ce domaine : la première ligne aérienne intercontinentale fut
231
la ligne postale aérienne Toulouse - Rabat qui a commencé le 1er septembre 1919 suivie d'un service passagers
232
un an plus tard . Par la suite, cette ligne a été prolongée à Dakar puis jusqu'en Amérique latine. Cette ligne fut
exploitée par le groupe privé Latécoère. Par la suite et devant le manque d'aérodromes au début du siècle dernier,
les premiers avions passagers furent des hydravions afin de pouvoir atterrir dans les villes côtières ainsi que pour
réaliser plus facilement des atterrissages d'urgence en mer. Là encore, le Maroc et le Sénégal ont joué un rôle
fondamental grâce à l'étendue de leurs façades maritimes. On ne dispose pas avec exactitude des chiffres de Lignes Aériennes Latécoère,
passagers transportés les premières années, ce service restant assez exceptionnel et onéreux. Cependant, c.1918.
concernant le transport du courrier une convention a été signée entre les postes marocaines et françaises le 10
233
mars 1919, à partir de début septembre à fin décembre de la même année, 9 124 lettres ont été acheminées par
voie aérienne au Maroc.

La crise économique de 1929 et la Seconde Guerre mondiale ont lourdement handicapé le secteur aérien civil. Il aura fallu attendre 1946 pour voir la
première ligne aérienne marocaine (Air Atlas), suivie par la création de la compagnie Air Maroc en 1948. En 1951 le gouvernement marocain décide
par décret royal de concéder l'exclusivité du transport public à Air Atlas en la rebaptisant Compagnie Chérifienne de Transport Aérien Air Atlas
(CCTA) avec un capital partagé entre l'État marocain, Air France et la compagnie Air Maroc qui s'est spécialisée dans la maintenance. La fin du
protectorat survint le 2 mars 1956, cependant, la totalité des pilotes de la CCTA étaient européens, en majorité français. L'incident du détournement
234
de l'avion des leaders du FLN a beaucoup marqué le roi Mohammed V. Selon quelques sources, il aurait proposé aux autorités françaises
d'échanger son fils le prince Hassan II contre les chefs de la résistance algérienne. Mohammed V demanda la création d'une école de formation de
pilotes pour éviter de tels incidents. Le 1er juillet 1957 les compagnies CCTA et Air Maroc ont fusionné sous le nom de Royal Air Maroc qui démarra
avec huit avions (trois DC3, quatre DC-4 et un L749 Constellation). Le Centre de Formation Professionnelle (CFP) arrive en 1958 et le premier pilote
marocain formé fut Mohammed Kabbaj qui débuta ses services en 1964.

Le Maroc est actuellement connecté à 51 pays et 113 aéroports étrangers via des lignes régulières contre 29 pays et 43 aéroports une décennie plus tôt.
Le trafic aérien au Maroc a presque triplé en passant de 7 millions de passagers en 2004 à plus de 17 millions en 2014. Lors de la 7e conférence World
Connect qui s'est tenue à Marrakech en octobre 2015 le ministre des transports marocain annonce l'objectif d'atteindre 70 millions de passagers en
235
2030 . Vu le nombre de touristes escompté à cette date, il paraît difficile d'atteindre ce chiffre sans développer le trafic aérien interne, qui reste
encore assez onéreux et restreint. Le Maroc est desservi par 50 compagnies aériennes, le transport aérien est largement international. La compagnie
nationale Royal Air Maroc (RAM) détient 45 % du trafic à la suite de l'entrée des compagnies low-cost européennes. Avant l'OpenSky, la compagnie
marocaine atteignait 62 % du trafic aérien. Le nombre total de passagers enregistrés au sein des aéroports marocains en 2014 s'élève à 17,3 millions (
4,8 %).

La compagnie nationale Royal Air Maroc est l'une des premières compagnies africaines pour le trafic voyageur,
elle a transporté en 2014 plus de 6 millions de passagers juste devant Ethiopian Airlines et derrière EgyptAir et
236
South African Airlines (SAA) ayant tous deux transporté 7 millions de passagers . Malgré une population
marocaine assez modeste comparée à ces trois derniers pays et en dépit du fait que la Royal Air Maroc est la seule
compagnie africaine soumise à la concurrence féroce des compagnies low-cost, la compagnie marocaine est en
pleine croissance tout comme sa rivale éthiopienne. Ces deux compagnies qui sont au coude à coude rêvent de
profiter des grandes contre-performances actuelles d'Egypt Air et de la SAA pour devenir leader à l'échelle
continentale. La RAM détient le plus de trafic international comparé au reste des compagnies africaines. En effet,
les trois autres compagnies aériennes africaines majeures réalisent le gros de leurs trafics sur des lignes internes à
cause de la décadence ou de l'arrêt de leur transport ferroviaire interurbain. Boeing 787 de Royal Air Maroc

Le Maroc dispose de plusieurs infrastructures aéroportuaires dont 18 aéroports internationaux, 10 principaux


aéroports nationaux et des petits aéroports à usage touristique, militaire ou de sports aériens. Le dernier aéroport
construit est l'aéroport de Béni Mellal. La stratégie du transport arien actuelle au Maroc porte sur
l'agrandissement de plusieurs aéroports dont une bonne partie est en cours mais aussi sur la construction de 3
grands aéroports nouveaux : un nouvel aéroport passager à Marrakech, un aéroport spécial fret à Casablanca-Ben
237
Slimane et un nouvel aéroport mixte à Tanger-Tétouan . En 2014, l'aéroport Mohammed-V de Casablanca
avoisine 8 millions de passagers soit 45  % du total du trafic aérien suivi de Marrakech avec 4 millions de
passagers. Un événement majeur est survenu en 2013 lorsque l'aéroport de Casablanca a détrôné Londres comme
238
porte d'entrée et sortie du continent africain . À ce jour, le premier hub aéroportuaire africain est
paradoxalement toujours Paris-Charles-de-Gaulle, un aéroport non-africain, suivi de l'aéroport de Casablanca, et Vue de l'aéroport international
la première compagnie de transport d'Europe vers l'Afrique est Air France avec une croissance de 3 % suivie de Mohammed V de Casablanca
Royal Air Maroc avec une croissance à deux chiffres. Air France bénéficie d'une longueur d'avance avec ses lignes
Paris - Tunis et Paris - Alger encore relativement rentables car non soumises à la compétition des compagnies
239
low-cost, cependant, cette dernière compagnie projette de créer un hub à Abidjan afin de servir tous les aéroports des pays de la CEDEAO.

Le transport aérien de marchandises est très limité au Maroc, étant donné la proximité avec l'Europe, la plus grande partie des marchandises
exportées du Maroc est des produits frais acheminés par transport TIR frigorifié vers le réseau autoroutier européen. La RAM possède un seul avion
spécial fret, et un avion mixte modulable. La messagerie express et les colis à haute valeur ajoutée donnent de l'activité aux avions de DHL et FedEx.

Internet et Télécoms
Opérateur Chiffres d'affaires Effectif Fibre optique (km)
Maroc Telecom 28,5 milliards de Dh * 11 500 35 000

Inwi 6,2 milliards de Dh 1 195 4 500

* Chiffres fin 2013, sur les 28,5  milliards de dirhams, Maroc Telecom réalise 8 milliards à Orange Maroc 5,5 milliards de Dh 1 160 4 000
l'international.

En raison du fort pourcentage de la population rurale au Maroc durant le siècle dernier, l'accès à la téléphonie fixe était assez faible pendant cette
période. Cependant, l'opérateur national a démarré la numérisation de son réseau longtemps avant ses homologues sur le continent, dès le milieu des
années 1980 l'ensemble du réseau téléphonique interurbain marocain était enfui sous terre et numérisé. L'objectif de ce programme était de se
préparer à profiter au maximum du juteux marché des communications fixes. Par la suite, cette numérisation s'est avérée aussi rentable quant au
marché d'Internet et d'appels mobiles.

Au Maroc comme dans le reste des pays africains francophones, l'apparition d'Internet est survenue relativement tard, le premier pays africain à être
connecté à la toile mondiale fut l'Afrique du Sud dès 1991, cependant, le retard de la numérisation du réseau téléphonique dans ce pays y a longtemps
limité la propagation rapide de l'usage d'Internet. La proximité des pays nord-africains avec l'Europe a aussi permis aux opérateurs de ces derniers de
passer des câbles de fibre optique sous-marins peu onéreux depuis l'Europe et offrir ainsi une assez confortable bande passante bon marché à leurs
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clients. Internet est apparu au Maroc en 1995, ce dernier est à présent connecté à plusieurs câbles de fibre
optiques intercontinentaux même si les données Internet passent par les câbles de ses propres opérateurs, à
savoir un câble sous-marin de Meditel vers l'Espagne, deux câbles sous-marins de Maroc Telecom (un vers
Marseille, l'autre vers l'Espagne) et un câble international terrestre de Maroc Telecom vers plusieurs pays du
240
Sahel. Fin 2013, les backbones de fibre optique des opérateurs marocains sont de 35  000  km pour Maroc
241
Telecom, 5 500 km pour Inwi et 4 000 km pour Meditel. L'ensemble des trois opérateurs commercialisent des
forfaits 3G/4G, l'opérateur historique Maroc Télécom propose depuis plusieurs années des offres dual play et
triple play en ADSL2+ allant jusqu'à 20 Mbit/s, à partir de fin 2015 les deux opérateurs alternatifs ont lancé leurs
propres offres ADSL dual play Internet et téléphone illimités à prix plus compétitifs.
Bureau du Télégraphe, Poste et
Avant l'avènement de la 4G et de la mise en place du dégroupage total, le plus gros du trafic Internet marocain Téléphone à Rabat
transitait par les serveurs de Maroc Telecom grâce à ses forfaits ADSL allant de 4 à 20 Mbit/s, les deux opérateurs
alternatifs ne voyaient pas d'urgence à investir dans un point d'échange Internet (IXP). À la suite du lancement de
242
leurs offres ADSL dégroupées, un IXP est lancé en février 2016 au Maroc afin d'optimiser les trafics de données inter-opérateurs marocains et
d'améliorer les pings des usagers, aussi depuis le 5 mars 2016 le Maroc s'est doté d'une copie du serveur racine du DNS afin d'améliorer les requêtes
243
de résolutions des noms de domaines Internet et d'accélérer ainsi le chargement des pages web . Le Maroc rejoint de ce fait le Kenya et l'Afrique du
Sud, les deux seuls pays africains à héberger des copies de serveurs racine DNS du réseau Internet mondial.

Concernant la bande passante Internet internationale, le Maroc est leader à l'échelle de son continent avec une bande passante internationale de
158 244
412  Gbit/s fin 2013 , suivi de l'Afrique du Sud bénéficiant de 200  Gbit/s et de l'Égypte, l'Algérie et la Tunisie qui sont dotées d'une bande
245
passante allant de 100  à 200  Gbit/s . La bande passante Internet internationale marocaine a été multipliée par 5,5 de 2010 à 2014 passant de
158
75 Gbit/s en 2010 à 266 Gbit/s en 2012 puis à 412 Gbit/s fin 2013 . L'accroissement de cette bande passante internationale et la concurrence féroce
entre les trois opérateurs Télécoms ont permis de baisser les prix et d'augmenter le nombre d'usagers ainsi que leurs bandes passantes effectives. Il
246
en résulte que le Maroc détenait fin 2013 le plus fort pourcentage d'utilisateurs d'Internet en Afrique avec 56 % de la population devant l'Égypte,
l'Afrique du Sud et la Tunisie détenant tous trois un taux d'internautes inférieur à la moitié de leurs populations respectives. Fin juin 2015, le nombre
247
d'internautes au Maroc progresse à 60,60 % (soit 20,2 millions) et se voit devancé par le Kenya qui atteint 63,60 % puis l'île Maurice à 60 % et
l'Égypte à 54,6 %.

Au 30 septembre 2015, les chiffres d'Internet et téléphone sont :

Nombre d'utilisateurs d'Internet : 20,5 millions ;


248
Nombre d'abonnements Internet : 13,9 millions 23,5 % :

- Internet mobile : 12,8 millions (92,2 %) 21,5 %


- Internet ADSL : 1,1 million (7,9 %) 2 %
248
Téléphonie mobile : 44,45 millions (taux de pénétration de 131,32 %) 3,34 % :

- IAM : 41,8 %
- Meditel : 31,8 %
- Inwi : 26,5 %

Téléphonie fixe : 2,3 millions 1,7 % :

- IAM : 1,73 million (75 %)


- Inwi : 0,57 million (25 %).

Offres illimitées

Si Maroc Telecom (IAM) profite encore de l'étendue de son réseau et de sa plus forte couverture pour recruter ou garder ses clients, de l'autre côté
une concurrence féroce est constatée entre les deux opérateurs alternatifs Inwi et Meditel qui ont recruté deux managers français expérimentés (F.
Debord et M. Paulain) afin de prendre des parts de marché à l'opérateur historique [réf. souhaitée]. Début septembre 2014, Inwi lance pour la première
249 250
fois au Maroc un forfait mobile illimité , un mois plus tard Maroc Telecom riposte . Les deux derniers forfaits illimités n'ayant pas eu le succès
escompté à cause de leur prix élevé, entre-temps Meditel multipliait les offres promotionnelles à ses abonnés prépayés pour les garder et constatant
251
l'échec des offres illimitées à 499 Dirhams lance à son tour son forfait illimité data et voix à 199 dirhams (20 $) sans engagement. Pour les clients
ayant besoin d'appeler en Europe, Meditel lance une option Europe limitée à 17 contacts pour un forfait global à 399 dirhams soit 100 dirhams de
moins que ses concurrents. Orange détenait 40 % de Meditel et venait de passer à 49 %. Orange étant présente sur plusieurs pays en Europe, le coût
des appels fixe vers le vieux continent ne lui coûterait sans doute pas grand-chose, et surtout avec une limitation à 17 contacts, Michel Paulin, DG de
Meditel, prenait donc moins de risque. De son côté l'offre lancée par Fréderic Debord, DG de Inwi, s'est avérée être un échec total, d'autant plus que
ce dernier est le seul opérateur marocain qui ne détient pas sa propre fibre optique sous-marine. À peine quelques mois plus tard, Debord est
252
remplacé à la tête d'Inwi.

Partage des infrastructures

Pendant longtemps Maroc Telecom a essayé de garder son monopole sur le fixe et retarder le lancement de la 4G qu'elle considérait être une grande
menace à son ADSL, tout en s'activant dans le déploiement de son réseau de fibre optique pour les particuliers. Les tractations ont duré longtemps
entre Maroc Telecom et l'ANRT qui stipulait dans le cahier des charges d'obtention de la licence 4G le partage obligatoire de ses infrastructures avec
253
ses concurrents ainsi que l'ouverture de son réseau de boucle locale (le dégroupage) à ces derniers avec des tarifs convenables.
254
Après un appel d'offres 4G publié en novembre 2014, les trois opérateurs mobile décrochent leur licence en mars 2015 . Meditel lance le premier
son offre 4G le 8 juin 2015 suivi par Inwi et Maroc Telecom deux mois plus tard. À l'heure actuelle le partage des infrastructures 4G n'est toujours pas
effectif, les deux opérateurs mobiles alternatifs bénéficient donc d'une couverture 4G dans les villes mais en zones rurales leurs abonnés basculent en
3G.

Après avoir publié des offres de dégroupage de la boucle locale jugées onéreuses en 2014 Maroc Telecom a été sommé par l'ANRT de publier des
offres moins onéreuses au plus tard le 15 octobre 2015. Aussitôt que ce fut fait les opérateurs alternatifs Meditel et Inwi lancent leurs offres ADSL
255 256
double play phone fixe et Internet respectivement le 23 octobre 2015 et le 24 novembre 2015 , les deux au prix de 249 Dirhams (25 $) appels
fixe et Internet illimité sans quota avec portabilité du numéro.

Internet 4G LTE

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Malgré l'obligation faite par l'ANRT aux opérateurs de partager leurs infrastructures de communication 4G les modalités d'application ne sont pas
encore fixées et début 2016 chaque opérateur utilise toujours ses propres bornes 4G. À peine 6 mois après l'introduction de la 4G LTE au Maroc les
opérateurs marocains réalisent de très bonnes performances en matière de bande passante avec 16 Mbit/s de moyenne en classant le royaume
257
chérifien premier en Afrique et 26e mondial selon le cabinet britannique OpenSignal , suivi de l'Afrique du Sud 59e mondial avec 8 Mbit/s. La
258
couverture 4G atteint 66 % avec Maroc Telecom , 62 % pour Inwi et 42 % de la population pour Meditel selon le même cabinet. En définitive, le
lancement de la 4G LTE au Maroc ayant pris plus de temps que prévu pour redistribuer le spectre de fréquence entre les télécoms, la télévision TNT
et les fréquences GSM-R ferroviaires, les trois opérateurs avaient déjà anticipé le déploiement de leurs antennes 4G avec des équipements plus
modernes. C'est sans doute ce facteur ou la faible proportion d'abonnés qui partagent la bande passante au Maroc qui placerait ce pays devant des
pays pionniers en nouvelles technologies comme l'Allemagne classée 34e mondial selon la même étude, le Brésil (42e), le Japon (44e) ou encore Hong
Kong (48e), des pays qui ont déployé leur 4G LTE depuis plusieurs années et avec des équipements d'anciennes générations.

Internet par satellite


259
En 2000 l'opérateur norvégien Telenor a créé au Maroc une filiale spécialisée dans la connexion Internet par satellite baptisée Nortis . Au début
l'activité de cette société se concentrait sur les entreprises agricoles et les écoles rurales. Depuis 2014, Nortis est acheté par le groupe espagnol
260
Quantis qui l'a ouvert aux particuliers et aux artisans pêcheurs. À fin 2015, Nortis totalise 4 712 écoles rurales connectées par satellite au Maroc .

Fibre optique

La connexion Internet par fibre optique est assez rare en Afrique en général et au Maroc en particulier, même si
depuis plusieurs années Maroc Telecom fournissait la fibre optique à ses clients professionnels et institutionnels.
En 2004, Maroc Telecom assurait un réseau de recherche scientifique baptisé Marwan 2 connectant les
universités marocaines à une bande passante de 155 Mbit/s. En 2009 l'appel d'offres pour la nouvelle version
Marwan 3 est remporté par Meditel qui fournit un débit de 300 Mbit/s à la communauté scientifique
261
marocaine . Depuis le début des années 2000, les deux opérateurs s'activent pour équiper les locaux des
entreprises en fibre optique. La fibre optique pour les particuliers (FFTH) a démarré depuis 2014 avec Maroc
Telecom grâce à des offres 50 et 100 Mbit/s commercialisées respectivement à 600 et 1  000 dirhams (60 et
262
100 $) . Lignes de fibre optique terrestre de
Maroc Telecom (2013)

Énergies

Le Maroc produit un peu de pétrole et de gaz, mais dépend tout de même des importations.

Énergie électrique

Le Maroc est l'une des grandes économies africaines qui est parmi les plus dépendantes des importations
d'énergie, avec 95  % de sa consommation importée. La production d'électricité n'échappe pas à cette règle.
Le Maroc produit un peu de pétrole
Conscient de ce handicap le royaume chérifien a été le seul pays africain à adopter un modèle MARKAL clair et
et de gaz, ainsi que de l'électricité
intégré à son espace régional notamment les pays ibériques. Le modèle marocain consiste à diversifier son mix 263
265 éolienne et hydraulique .
énergétique par étapes avec une ambition de 42  % d'énergies renouvelables en 2020, 52  % en 2030 et de
266
l'énergie nucléaire au-delà de 2030 . Longtemps le Maroc a bénéficié d'un bon ratio d'énergie propre grâce à la
production d'énergie hydraulique des barrages au siècle dernier. L'électrification rapide des zones rurales et
l'augmentation de l'industrie ont créé une si forte demande sur l'énergie électrique qu'il a fallu satisfaire la
demande aussi rapidement que possible et d'une façon peu onéreuse. Le moyen le plus compétitif trouvé fut le
charbon qui constituait 48  % à lui seul de la production nationale en 2010. La même année l'électricité
hydraulique s'est rétrécie à 16 %, l'apparition de l'éolien assurait 3 % de la production, le reste étant assuré par les
centrales à gaz et à pétrole. En 2007 le Maroc avait lancé un programme afin d'installer 2 000 MW de moyen de
production d'électricité solaire, et 2 000 MW d'éolien pour atteindre 42 % d'énergie renouvelable en 2020. Afin
267
d'optimiser son réseau de distribution l'ONE projette de déployer la technologie des smart grid . L'ONE est en Le Maroc consomme
cours de déploiement d'une nouvelle solution de l'ERP allemand SAP afin d'optimiser les coûts de gestion de sa essentiellement du pétrole (importé
clientèle. En milieu rural, afin d'éviter les impayés et les frais de justice l'ONE a mis en place un modèle de en grande partie) ainsi que du
compteur électrique fonctionnant avec une carte à puce prépayée. C'est le même modèle que ce dernier utilise charbon et du gaz pour son
264
dans quelques pays d'Afrique subsaharienne et qui donne entièrement satisfaction dans la mesure où cela évite les électricité .
soupçons de fraudes et de raccordements sauvages de la part des voisins.

De par sa position stratégique le Maroc joue un rôle primordial dans les plans d'interconnexions électriques. Il relie à ce jour le continent africain à
l'Europe par deux câbles à haute tension sous le détroit de Gibraltar. À terme le Maroc projette de rajouter une troisième interconnexion avec
268
l'Espagne et une nouvelle interconnexion de 1 000 MW avec le Portugal . D'autre part, à long terme le Maroc ambitionne d'exporter son énergie
268
électrique vers l'Afrique subsaharienne via la Mauritanie où l'ONE possède déjà des concessions dans plusieurs pays sur le continent. En effet,
269
depuis la dernière décennie l'ONE investit en Mauritanie, au Sénégal, en Gambie, au Niger, en Libye, au Sierra Leone et au Tchad en participant à
la construction des centrales et des réseaux, à l'assistance technique et au transport. En 2006, l'ONE avait décroché des concessions de production de
7 MW à Nouadhibou en Mauritanie, ou encore une production de 15 MW à Freetown, au Sierra Leone. Cette politique de coopération régionale ferait
du Maroc un carrefour énergétique entre l'Europe, le Maghreb et l'Afrique subsaharienne.

Énergies renouvelables

Le Maroc s'est engagé dans une démarche volontariste en matière de développement de ses ressources renouvelables.

Énergie solaire
270
Le Maroc dispose d'un potentiel solaire important (environ 3 000 heures d'ensoleillement par an). Le royaume est particulièrement bien doté en
271
termes d'ensoleillement direct (utile pour la technologie CSP - Concentrated Solar Power). Ce potentiel solaire est évalué à 20 000 MW .

À travers le développement de projets solaires multi-technologiques, le Maroc vise à atteindre, à l'horizon 2020, un mix électrique dont 14  % est
272
d'origine solaire .
273
Aussi, ces projets devraient permettre d'éviter l'émission d'au moins 3,7 millions de tCO2 .

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Le Maroc explore les technologies solaires les plus matures pour répondre aux besoins de consommation électrique du pays et aux spécificités de
chaque site solaire.
274
Jusqu'en 2018, le royaume a recours aux deux principales technologies solaires : le CSP (Concentrated Solar Power) et le PV (photovoltaïque).
275
La solution hybride CSP-PV retenue par Masen pour la centrale Noor Midelt I a permis, en 2019, de réduire considérablement le prix du kilowatt-
heure.
276
Plusieurs autres sous-technologies solaires sont testées au niveau de la plateforme R&D de Ouarzazate  : notamment la technologie du
photovoltaïque concentré (CPV), la technologie Fresnel, ou encore le démonstrateur CSP dish stiring.
277
Fin 2019 , on compte au Maroc 700 MW installés dans le solaire et pas moins de 2 700 MW engagés.

État des lieux des projets solaires fin 2019 :

Capacité
Projets solaires
installée
278
Noor Ouarzazate 582 MW
279
Projets en Noor Laâyoune I 85 MW
exploitation Noor Boujdour I 20 MW
279

280
Ain Beni Mathar 20 MW
281
Noor Midelt I 800 MW

400 à
Noor Midelt II 282
800 MW
283
Noor Tafilalet (à travers 3 centrales prévues à Arfoud 40 MW, Zagoura 40 MW et Missour 40 MW) 120 MW
Projets engagés
Noor PV II (à travers les 9 centrales prévues à Laâyoune, Boujdour, Taroudant, Kelaa Sraghna, Khouribga, Lhajeb, Guercif, Sidi
Bennour et Jerada)
284
800 MW

285
Noor Atlas (à travers 7 centrales prévues à Tantan, Tata, Outat El Haj, Ain Beni Mathar, Boudnib, Bouanane, Enjil) 200 MW

Énergie éolienne
286
Au Maroc, le potentiel éolien est évalué à 25 000 MW pour l'onshore et 250 000 MW pour l'offshore .

Dans le cadre du plan éolien lancé en 2010, le Maroc à travers le développement de projets éoliens répartis aux
287
quatre coins du pays vise à atteindre, à l'horizon 2020, un mix électrique dont 14 % est d'origine éolienne .

L'éolien onshore (technologie qui consiste à installer les éoliennes sur une terre ferme pour convertir la force
motrice du vent en électricité) est la technologie utilisée par les projets éoliens marocains.
277
Fin 2019 , le Maroc dispose d'une capacité installée de 1 207 MW et d'une capacité engagée de 1 320 MW.

État des lieux des projets éoliens fin 2019 :


Parc éolien Khalladi
Capacité
Projets éoliens
installée
288
Abdelkhalek Torres (Koudia El Baida) 50 MW
289
Amougdoul (Essaouira) 60 MW
290
Tanger I 140 MW
291
Projets en Tarfaya 300 MW
exploitation
Projets privés *: Akhfenir I & II, Foum Al Oued, Haouma, Aftissat, Jbal Khalladi, Cimar,
Lafarge
292
657 MW

293
Koudia El Baida (projet de Repowering) 120 MW
Programme éolien intégré (PEI) : Jbel Hdid 200 MW, Tiskrad 100 MW, Tanger II 70 MW, 294
850 MW
Projets engagés Midelt 180 MW, Boujdour 300 MW
295
Aftissat II* 200 MW
296
Projet éolien intégré Taza I et II 150 MW

*Ces projets s'inscrivent dans le cadre de la loi 13-09 adoptée depuis 2010.

Pour faire monter en compétence les entreprises locales, et faire du Plan éolien un levier durable de développement industriel, le Maroc favorise
297
l'intégration industrielle des projets éoliens . Le PEI 850 MW (Projet éolien intégré) est de ce point de vue un cas d'intégration industrielle réussi
298
(65 % pour la phase de construction) permettant par ailleurs la création de plus de 600 emplois directs .

Énergie hydraulique
299
Dès les années 1960, le Maroc se lance dans une politique des barrages qui intègre la production d'électricité propre .
300
148 barrages ont été édifiés, dont plus de 24 hydroélectriques et 1 STEP .

À travers le développement de projets hydrauliques, le Maroc vise à atteindre, à l'horizon 2020, un mix électrique dont 14  % est d'origine
272
hydraulique .
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Le Maroc a recours à deux technologies de production d'électricité d'origine hydraulique :

La technologie « à réservoir » qui permet le stockage pendant de longues périodes particulièrement utile
pour répondre au pic de consommation ;
La technologie « STEP » (Station de Transfert d'Énergie par Pompage), est une technologie efficace de
stockage qui contribue à maintenir l'équilibre entre production et consommation sur le réseau électrique.

Fin 2019, le Maroc dispose d'une capacité installée de près de 1 770 MW d'origine hydraulique.
301 Évolution du nombre de grands
Par ailleurs une STEP de 350 MW est en cours de construction .
barrages au Maroc

Projets hydrauliques Capacité installée

Barrages hydroélectriques 1 305 MW


Projets en exploitation
STEP avec stockage 464 MW
301
Projets en construction STEP Abdelmoumen 350 MW

Accès à l'eau et à l'électricité

Au Maroc l'ensemble des habitants en milieu urbain sont raccordés aux commodités, et il n'existe pas de
raccordements sauvages ni de coupures intempestives d'électricité ou d'eau courante, contrairement à une grande
partie des pays africains, y compris au Nigeria, Afrique du Sud, Algérie ou Égypte, où les coupures d'eau et
302
d'électricité sont assez fréquentes . L'accès à l'eau potable, à l'électricité et, dans une moindre mesure, à
303
l'assainissement, a augmenté de manière significative au Maroc depuis 1990 .

Concernant l'électricité, il existe toujours un seul distributeur pour les particuliers. La loi a été amendée pour
permettre la libéralisation du marché, néanmoins, seulement quelques grandes entreprises ont demandé une
licence pour produire leur propre électricité, souvent éolienne. La nouvelle loi oblige l'Office National d'Électricité
Nouveau projet américain de
(ONE) à acheter l'électricité d'opérateurs privés produisant de l'électricité verte. À l'heure actuelle, le plus grand
304 l'USAID permettant à des
fournisseur d'électricité écologique de l'ONE est l'entreprise NAREVA .
associations humanitaires d'aider le
Maroc rural à bénéficier de
En outre, concernant la distribution d'eau potable, plusieurs communes ont lancé un appel d'offres et ont délégué
subventions pour l'accès à l'eau
ce service à des opérateurs privés, notamment à Casablanca, Mohammédia, Rabat, Salé, Témara, Bouznika,
potable et l'assainissement (2011).
Tanger, Tétouan…, tandis qu'elle est encore assurée par des régies municipales dans 13 autres villes, et par l'Office
national de l'électricité et de l'eau potable (ONEP) dans 500 communes intermédiaires et rurales.

Le pays connait depuis 2015 des mouvements sociaux liés à l'eau, d'abord à Tanger, puis dans le Rif en 2017 et à Zagora en 2018. En 2019 encore, de
nouvelles manifestations ont eu lieu dans la région de Tanger. Les coupures de plusieurs semaines ne sont pas rares. Le système de gestion de l'eau
marocain est jugé complexe et hybride : distribution privatisée à Casablanca ou à Tanger, publique à Marrakech ou dans le Sud, où les entreprises
mandatées ne respectent pas toujours le cahier des charges. Pour l'économiste Nejib Akesbi, «  les entreprises étrangères qui ont obtenu des
concessions n'ont apporté aucune valeur ajoutée ni expertise en comparaison de ce qu'offraient déjà les opérateurs publics marocains ». Surtout, le
Maroc subit une inquiétante crise environnementale. « La situation de pénurie hydrique au Maroc est alarmante puisque ses ressources en eau sont
évaluées à moins de 650 m3/habitant/an, contre 2 500 m3 en 1960, et devraient baisser en deçà de 500 m3 à l'horizon de 2030 » relève le Conseil
305
économique social et environnemental (CESE) en appelant le gouvernement à « entreprendre des mesures urgentes » .
159
Si la quasi-totalité des urbains sont rattachés à un réseau d'eau potable, cette proportion tombe à 64 % dans les zones rurales .

Santé et Enseignement
Le système de santé marocain est composé d'un secteur public et d'un secteur privé (incluant des prestataires à but lucratif et non lucratif). Le secteur
public comprend 2.689 centres de soins de santé primaires et 144 hôpitaux à différents niveaux : local, provincial, régional et tertiaire. Le nombre
total de lits hospitalier est de 22.146. Le secteur privé est composé de 6.763 cabinets privés et de 439 cliniques, concentrées dans les zones urbaines et
dans le nord de la côte Atlantique. Le Maroc a fait des progrès significatifs dans la réduction de la prévalence des maladies infectieuses, et a éradiqué
la polio, le paludisme, grâce à une variété de programmes de sensibilisation sur la façon de traiter et de prévenir les maladies transmissibles, en plus
des campagnes de vaccination élargies et de l'introduction de nouveaux médicaments sur le marché. Bien que largement sous contrôle, des maladies
telles que l'hépatite sont encore répandues et des efforts sont en cours pour réduire le nombre de patients affectés.

Les maladies non transmissibles constituent une priorité encore plus grande pour le secteur. Selon une étude récente menée par le ministère de la
Santé (MS), les maladies non transmissibles sont à l'origine de 75% des décès, comme les maladies cardiovasculaires (34%), le diabète (12%) et le
cancer (11%)

Le budget du Ministère de la Santé représente 6,9% du budget de l'État en 2021 soit moins que la norme de 10% recommandée par l'OMS. En 2021,
306
plus de 60% des dépenses de santé sont payées directement par les familles marocaines, de plus il reste perfectible notamment en milieu rural .

Au niveau de la scolarité, le Maroc a consenti d'importants efforts pour généraliser I'accès au primaire. Un taux de déperdition important est
enregistré d'un cycle à l'autre ramenant la moyenne nationale de scolarisation à 87,6% au collège et a 61,1% au lycée. L'enseignement scolaire au
Maroc est obligatoire pour les enfants âgés de 6 à 15 ans depuis 1963. Depuis 1989, la langue d'enseignement dans les écoles est l'arabe. Depuis 2015,
certaines écoles primaires ont commencé à offrir un enseignement en tamazight. L'enseignement primaire dure 6 ans pour les enfants de 6 à 12 ans et
se termine par le certificat d'études primaires. L'enseignement secondaire de trois ans, appelé enseignement secondaire collégial, est offert aux
enfants de 13 à 15 ans. Cette phase se termine par l'attribution du brevet d'enseignement collégial. Le programme de développement et de
307
généralisation du préscolaire a été lancé en 2018, avec pour objectif d'atteindre 100% de taux de scolarisation en 2028 .

Politique
Le Maroc a pour régime politique une monarchie constitutionnelle dont le souverain actuel est le roi Mohammed VI, de la dynastie alaouite, établie
depuis 1666 et l'une des plus anciennes du monde contemporain.

Le Maroc est membre de l'Organisation des Nations unies, de la Ligue arabe, de l'Union du Grand Maghreb, de la Francophonie, de l'Organisation de
la coopération islamique, du Groupe des 77, de l'Union pour la Méditerranée et de la Communauté des États sahélo-sahariens.
308
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308
Le Maroc est le seul pays africain à ne pas faire partie de l'Union africaine jusqu'au 30 janvier 2017 où il finit par la réintégrer . En 1987, le Maroc a
309
tenté, sans succès, d'adhérer à la CEE, et s'est vu octroyer en 2008 un « statut avancé » auprès de l'UE . Le 15 mai 2009, il a rejoint le Centre Nord-
310 311
Sud du Conseil de l'Europe . En juin 2004, le Maroc est désigné en tant qu'allié majeur non-membre de l'OTAN par les États-Unis .

Selon l'historien Bernard Lugan, c'est entre autres l'attrait des richesses provenant du commerce du Sud (Sahara) vers le Nord (l'Occident) qui va
attirer les convoitises de diverses tribus avec pour ville carrefour Marrakech qui deviendra naturellement la capitale de diverses dynasties, en
particulier celles venant du Sud (Almoravides, Almohades, Saadiens) ; toute l'histoire du Maroc (des Idrissides aux Alaouites) est ainsi marquée par
312
le commerce des richesses du Sud vers le Nord. L'histoire du Maroc fut partiellement marquée par des liens commerciaux avec le Sahara .

Le Maroc est une monarchie constitutionnelle. Sa constitution est celle proposée par le roi Mohammed VI et votée par
référendum en 2011, augmentant les pouvoirs du parlement bien que ceux-ci restent toujours limités sur certains points.

La première constitution a été promulguée par Hassan II en 1962. Elle avait été modifiée et enrichie en 1970, 1972, 1992
et 1996.

En effet, l'essentiel du pouvoir est concentré entre les mains du roi, monarque héréditaire. Actuellement, le pouvoir
exécutif est exercé par le gouvernement sous la direction du roi. Le pouvoir législatif, bicaméral, est exercé par la
Chambre des représentants composée de 395 membres élus tous les cinq ans au suffrage universel, et la Chambre des
conseillers qui comprend entre 90 et 120 membres renouvelés par tiers tous les trois ans, ainsi que par le roi qui peut
légiférer par décret [réf. nécessaire].
Carte des principales
La justice est le troisième pouvoir. Ce pouvoir est en forte mutation depuis quelques années, grâce à la création de localités du Maroc incluant
nouvelles juridictions spécialisées (tribunaux administratifs, tribunaux de commerce). le Sahara occidental
contesté.
À l'international, le roi Mohammed VI s'est construit au cours de son règne, rappelle la chercheuse en relations
internationales Khadija Mohsen-Finan, « une image de meilleur allié de l'Occident dans le monde arabe. Sa coopération
est jugée précieuse, puisqu'il surveille le détroit de Gibraltar, autorise le survol de son territoire en cas de guerre, et joue un rôle important dans la
313
gestion des flux migratoires, en empêchant l'immigration africaine de passer en Europe . »

Droits de l'homme

Le Maroc a fait des progrès considérables depuis la fin des «  années de plomb » du règne du roi Hassan II (1961-1999). Néanmoins, malgré la
modernisation apportée par son fils le roi Mohammed VI, le respect du droit international sur ce point n'est pas encore complet. En 2011, une
nouvelle constitution, approuvée par référendum, réserve une place importante aux droits de l'homme, tant politiques, sociaux, économiques que
314
civils . Malgré cette nouvelle constitution, les gouvernements n'ont depuis pas procédé à la mise en place législative de l'abrogation des lois
sanctionnant ces droits, devenues inconstitutionnelles. Sous l'impulsion du ministre de la Justice et des Libertés El Mostafa Ramid en 2015, un
315 316
nouveau projet de Code pénal prévoyait l'aggravation des sanctions . Ce projet est retiré en 2016 sous la pression populaire .

En 2019, l'Association marocaine des droits humains déplore une «  escalade des violations des droits humains et des libertés publiques et
individuelles » au Maroc, l'État « se soustrayant à ses engagements internationaux et ignorant recommandations et rapports » sur le sujet. L'ONG fait
notamment état « d'actes de torture ou de traitements cruels ou dégradants » en détention, en particulier à la suite du mouvement de protestation
317
Hirak. En 2018, l'ONG avait déjà souligné l'augmentation du nombre de prisonniers politiques dans le royaume .

Droit des femmes

Depuis l'accession au trône de Mohammed VI, des réformes sur la condition de la femme ont été adoptées. À la suite des luttes du mouvement
féminin et du mouvement démocratique et malgré la farouche résistance opposée par le mouvement intégriste et les conservateurs, le roi Mohammed
VI a joué un rôle d'arbitre en sa qualité de commandeur des croyants qui lui est conféré par la constitution marocaine. Il constitua une commission
consultative royale chargée de répondre aux attentes des militantes féministes qui avaient dénoncé toutes les injustices endurées par les femmes
marocaines. Après des concertations de plus de trente mois avec toutes les parties concernées, le roi a tranché en présentant devant le parlement, le
10 octobre 2003, le nouveau projet de code de la famille, appelé Moudawana, discuté, amendé et adopté à l'unanimité par toutes les forces
représentées au parlement en janvier 2004.

Le nouveau code de la famille est fondé sur l'égalité entre les sexes et abolit la tutelle exercée sur les femmes. La notion de « chef de famille » est
abolie et remplacée par la coresponsabilité entre les époux.

Le mariage d'une jeune femme n'était possible qu'en présence de son père en tant que tuteur, seules les filles ayant perdu leur père pouvaient se
marier sans tutelle. Désormais, une femme peut se marier en toute liberté, que son père soit vivant ou décédé. L'âge légal de mariage pour la jeune
femme a été revu à la hausse : il est maintenant de dix-huit ans pour les filles et les garçons au lieu de quinze ans auparavant pour les filles. Enfin, et
cela représente une grande avancée, la femme mariée a le droit d'obtenir le divorce de son mari sans être obligée comme c'était le cas auparavant de
318
fournir des preuves et des témoignages pour justifier les raisons de sa demande .

En 2006, un nouveau chapitre ajouté au code de la Famille rend possible pour la mère marocaine de transmettre la nationalité marocaine de plein
319
droit et automatiquement à ses enfants nés de père étranger, dans le cadre d'un mariage .

Le mariage de la Marocaine musulmane n'est légal qu'avec un époux musulman, et un Marocain musulman ne peut se marier avec une non-
musulmane, sauf si sa religion est monothéiste.
320
Les Marocains de confession juive sont soumis aux règles du statut personnel hébraïque marocain .

Analphabétisme
321
En 2010, le pays compte un taux d'analphabétisme à l'échelle nationale de 30 % plus élevé chez les femmes et en milieu rural. Le taux d'activité
322
s'élève à 86,9 % chez les hommes contre 47,9 % chez les femmes .

Agressions sexuelles

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En dépit de ces progrès législatifs, les agressions sexuelles envers les femmes seraient selon le quotidien Le Monde de plus en plus fréquentes et
resteraient impunies. Dans ce climat de violence, le port du voile deviendrait un moyen pour se protéger des agressions. Le journal avance que ces
323
agressions sont la plupart du temps ignorées par les autorités .

Organisations internationales et régionales

Le Maroc est membre fondateur de l'Organisation de l'unité africaine (OUA devenue Union africaine) mais s'en est retiré en 1984 pour protester
324
contre l'admission de la « République arabe sahraouie démocratique  » ; et du comité Al Qods dont la présidence est assurée par le roi marocain.
325
L'organisation décide de réintégrer le Maroc le 30 janvier 2017 .

À l'échelle régionale, le Maroc est également membre de l'Union du Maghreb arabe, qui réunit au sein d'une même entité régionale les pays du
Maghreb tel qu'on le conçoit traditionnellement (Maroc, Algérie et Tunisie) ainsi que la Libye et la Mauritanie. Fondée à Marrakech en 1989, l'Union
du Maghreb arabe a dû revoir au fil des années ses ambitions à la baisse au vu des dissensions persistantes qui existent entre les deux principales
puissances régionales, à savoir le royaume du Maroc et l'Algérie. Le siège actuel de l'organisation se trouve à Rabat.

Le Maroc est également membre de l'Union pour la Méditerranée, fondée à Paris le 13 juillet 2008. Le royaume a en outre fait savoir dans un premier
temps qu'il comptait abriter le siège de l'UPM. Rabat (ou Tanger pour certains) est donc en lice aux côtés de La Valette, Marseille, Barcelone et Tunis.
Il fait aussi partie de différentes organisations internationales, dont la Banque africaine de développement, l'Organisation des Nations unies,
l'Organisation internationale de la francophonie, l'Organisation mondiale de la santé, l'Organisation mondiale du commerce et entretient des liens
étroits avec l'OCDE et l'OTAN.

Rangs internationaux
326
L'indice de développement humain du Maroc en 2008 (0,706, catégorie « moyen ») le classe à la 127e place. Un classement que conteste le Maroc
327
sous prétexte que le taux réel de pauvreté est de 9 % de la population au lieu de 28 %, le chiffre sur lequel est basé cet indice.

Standard & Poor's (S&P) a revu à la hausse la cote financière du Maroc en haussant la note de sa dette de BB à BB+ en 2005. Depuis le 23 mars 2010,
Standard & Poor's a rehaussé la note du Maroc du crédit souverain de la dette à long terme en devises de «  BB+  » à «  BBB-  » et de la dette en
328
monnaie locale à long terme de « BBB » à « BBB+ » avec des perspectives stables. Attribuant ainsi au Maroc la note « Investment grade  », alors
que Fitch Ratings a attribué le 19 avril 2007 l'Investment grade au royaume du Maroc. Selon cette agence, la cote attribuée au Maroc reflète les
progrès remarquables accomplis aussi bien sur le plan politique, économique que social au cours des dernières années, ce qui s'est traduit par des
améliorations sensibles du niveau de vie.

Dans le contexte régional et conjoncturel, plusieurs pays africains sont d'un écosystème économique tellement fragile qu'ils ne sont notés par aucun
des trois cabinets de notation. Cependant, la Coface permet d'avoir une estimation de risque concernant tous les pays du continent africain. Le
19 juin 2015, la Coface établit la notation A4/A4 à perspective stable concernant le Maroc, une notation à nouveau confirmée en janvier 2016. Sur la
même période, la Coface place sous surveillance négative les deux derniers pays du top 10 des économies africaines à avoir été noté A4 en risque pays,
329
avant de les rétrograder à B en janvier 2016 en pleine dégringolade du cours des matières premières.

En 2021, le Maroc est 123e sur 191 pays au classement mondial de l'indice de développement humain (IDH), derrière l'Algérie (91e) et la Tunisie
21 159
(97e) . Il est le pays le plus inégalitaire d'Afrique du Nord selon l'ONG Oxfam .

Notations Coface en janvier 2023 des cinq premières économies


africaines
Pays Risque pays Environnement des affaires

Maroc B A4

Afrique du Sud C A4

Égypte C B

Tunisie C B

Algérie C C

Nigeria D D

Libye E E

Zimbabwe E E
(1) Pays rétrogradés de A4 à B depuis le 26 janvier 2016

Défis de l'indépendance à l'époque moderne

Intégrité territoriale

Les différends territoriaux entre le Maroc et deux de ses voisins, l'Algérie et l'Espagne, sont nombreux et sont le résultat
direct de la décolonisation franco-espagnole. Le Maroc revendique et contrôle majoritairement le Sahara occidental,
mais sa souveraineté sur ce territoire n'est pas reconnue internationalement. Il y est confronté à un mouvement
indépendantiste, le Front Polisario, soutenu par l'Algérie.

Le Maroc compte comme soutien la quasi-totalité des pays membres de la Ligue Arabe ainsi qu'une grande partie de
330, 331
l'Afrique subsaharienne , d'autres soutiennent les revendications du Polisario mais plusieurs de ces derniers
332
commencent à revoir leur position, à l'image de l'Éthiopie qui auparavant était un fervant soutien de la RASD ,
333, 334, 335
cependant la plupart ne prennent pas parti .
Espace géographique
Le Maroc réclame toutes les positions espagnoles sur ses côtes nord  : Ceuta, Melilla, les îles Chafarinas, l'île Alborán, communément revendiqué
336
l'Îlot Persil et le rocher Vélez de la Gomera . Des tensions naissent également entre l'Espagne et le Maroc quant à la par les tenants de la thèse
fixation des limites des eaux par le Maroc. Ce dernier considérant le Sahara occidental comme légitimement marocain, il du Grand Maroc.
337, 338
fixe les limites aquatiques selon cette idée et étend sa zone exclusive économique (ZEE) plus au sud .

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Étapes de construction du mur des


sables.

Terrorisme

Le Maroc est confronté depuis plusieurs années au terrorisme islamiste, malgré une présence accrue des autorités sur le terrain de la lutte
antiterroriste : l'une des principales cellules islamistes est le Groupe islamique des combattants marocains (GICM).

Les attentats de Casablanca du 16 mai 2003, qui visent en particulier la communauté juive (un centre social, un cimetière et une pizzeria casher) font
339 339
45 morts et une centaine de blessés. Fin décembre 2006, deux islamistes marocains sont condamnés à mort par le tribunal antiterroriste de
Salé pour « préparation d'actes terroristes au Maroc ».

En 2007, plusieurs attentats-suicides touchent Casablanca, dans un cybercafé le 11 mars à Sidi Moumen et trois autres dans le quartier El Farah le 10
avril. Deux policiers sont blessés lors de la deuxième explosion, un succombe à ses blessures lors de son transfert à l'hôpital, l'autre a des blessures
340
moins lourdes et survit .

Le samedi 14 avril 2007, un terroriste s'est fait exploser devant le Centre américain de langue, alors qu'un autre s'est fait exploser quelques secondes
après à une centaine de mètres de lui. Ces explosions n'ont fait aucun mort sauf les kamikazes eux-mêmes. La police a réussi dans la journée à arrêter
341
le chef de la cellule terroriste ainsi que son adjoint, et a pu localiser leur laboratoire où ils fabriquaient les explosifs .

Les attentats de 2007 ont été perpétrés à l'aide d'explosifs artisanaux de très faible puissance. Aucun lien entre ces derniers attentats et le terrorisme
islamiste international n'a pu être établi de façon certaine, contrairement aux attentats de 2003.
342
Le jeudi 28 avril 2011, au centre de Marrakech, a lieu un attentat dans le café Argana tuant 17 personnes dont plusieurs touristes .

Le dimanche 11 janvier 2015, au lendemain des attentats perpétrés en France par des islamistes radicaux, le Maroc a dépêché son ministre des
Affaires étrangères et de la Coopération Salaheddine Mezouar pour représenter le royaume. Le ministre marocain a été le seul à poser des conditions
basées sur des considérations religieuses à sa participation à la marche multiconfessionnelle pour dénoncer les attentats. Le Maroc a été le seul pays
343, 344
représenté officiellement à ne pas participer à la marche de solidarité .

Démographie
D'après le recensement de la population légale de 2014, le Maroc comptait alors environ 33,84 millions
345
d'habitants, dont 86 206 étrangers .

Le pays a connu tout au long du xxe siècle une forte croissance démographique qui a multiplié par 6 sa population
depuis 1912. Durant la même période, la proportion de citadins a augmenté constamment atteignant 55  % en
2005 : le pays compte aujourd'hui une trentaine de villes de plus de 100 000 habitants (alors qu'il n'en existait
aucune un siècle auparavant) ; trois agglomérations comptent plus d'un million d'habitants : Casablanca, Rabat-
Salé et Fès. Évolution de la démographie entre
1961 et 2003 (chiffres de la FAO,
Le Maroc est un des premiers pays d'Afrique après la Tunisie et l'Algérie à avoir entamé sa transition 2005). Populations données en
346
démographique : l'indice de fécondité synthétique a chuté de 7,2 à 2,5 entre 1962 et 2004 . milliers d'habitants.

Évolution démographique
Année 1912 1936 1952 1960 1971 1982 1994 2004 2014
Population totale 5 7 9,1 11,6 15,4 20,4 26,1 29,9 33,8
Population urbaine 0,4 1,4 2,4 3,4 5,4 8,7 13,4 16,5 20,4
Pourcentage 8 % 20 % 26 % 29 % 35 % 43 % 51 % 55 % 60,3 %
347
Source 2005

Ethnies

Arabes, Berbères et Noirs

La population marocaine est principalement de souche berbère (berbérophones et Berbères arabisés), arabe et juive. Les principales ethnies berbères
sont les Chleuhs, les Rifains et les Zayanes. Une partie des arabophones des plaines atlantiques et du Sahara descend des Banu Hilal et des Banu
348
Maqil venus sous le règne des Almohades et des Mérinides. La traite des Noirs, probablement présente dès le viie siècle et qui ne s'achève qu'au
e 349 350
début du xx  siècle a également contribué à un certain métissage de la population .

A partir de la fin du xve  siècle et jusqu'au début du xviie  siècle, le Maroc accueille des populations fuyant la chute d'Al-Andalus  : Andalous
principalement arabophones, Juifs megorachim et enfin Morisques.

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e
Le xx  siècle voit le bouleversement des structures sociales et démographiques marocaines, marqué par l'exode juif vers Israël, l'Europe et l'Amérique
du Nord, les mouvements de migration internes dus à l'exode rural, ainsi que l'installation de communautés européennes à partir de la première
moitié du xxe siècle puis africaines subsahariennes à partir du début du xxie siècle.

Turcs, convertis et Jenkanes

On trouve aussi plus rarement des éléments d'origine turque ou kouloughlis, témoins d'échanges historiques entre le Maroc et l'Empire ottoman, et
351, 352
qui sont établis dans certaines villes comme Oujda, Tétouan et Rabat , et d'autres éléments, d'ascendance européenne, liés à la présence
353
multiséculaire de renégats occidentaux convertis à l'islam (parmi les renégats les plus connus de l'histoire marocaine figurent l'Espagnol Jawdar
Pacha, le Néerlandais Murad Reis, l'Anglais Ahmed El Inglizi et la Corse Dawia Franceschini).
354
Par ailleurs, le Maroc aurait également accueilli une population de Gitans nommés les Jenkanes et probablement apparentés aux Doms.

Juifs

Installés dans l'actuel Maroc depuis l'Antiquité (entre 1500 et 600 av. J.-C.),
355
les Juifs connaissent ensuite la période romaine de la Maurétanie tingitane ,
la période pré-islamique des Vandales et des Byzantins puis la conquête
356, 357, 358
musulmane du pays , pour devenir durant des siècles des sujets
tolérés dans leur statut de dhimmis, payant l'impôt de capitation (la djizia)
mais subissant toujours une rigueur et une discrimination religieuses et
sociales faites de persécutions antijudaïques ou antisémites, selon les
359
historiens , qui humilient, maltraitent, appauvrissent, massacrent ou
assimilent de force une grande partie de cette communauté, à coups d'abus de
Inscription funéraire au nom en grec 360, 361
de Caecilianus, qualifié de chef de pouvoir et d'arbitraire . Ainsi, certaines familles fassies descendent de
362
la communauté juive de Volubilis et Juifs islamisés à l'époque des Almohades et sont nommées les Beldiyin .
fondateur sa synagogue (iiie siècle).
Leur condition varie «  avec des degrés de gravité plus ou moins différents
selon le contexte politique, la conjoncture économique et la localisation
360
géographique » au Maroc .
Exécution d'une juive au Maroc (Sol
Traditionnellement, les Juifs citadins devaient résider dans des quartiers nommés mellahs et situés dans les villes
360 Hachuel) par Dehodencq (1860)
principales dans le voisinage des palais du sultan et porter des vêtements qui les discriminent .

La communauté juive était généralement bilingue voire polyglotte et employait outre le français (depuis le début
du xxe  siècle), le dialecte judéo-marocain, le judéo-espagnol local (haketiya), la darija marocaine ou l'une des différentes langues amazighes en
fonction de son origine géographique et culturelle (séfarade andalouse avec les Megorachim ou berbère autochtone avec les Tochavim)  ; l'hébreu
étant alors exclusivement réservé à la liturgie religieuse et à l'étude des textes de la Torah et du Talmud.
363
Après la création de l'État d'Israël, suivie des émeutes antijuives de Oujda et Jérada en 1948 , celle de Petit-
364
Jean (Sidi Kacem) en 1955 (et malgré les paroles rassurantes de Mohammed V dans son discours du Trône) ,
après les persécutions antijuives des années 1960 par les Oulémas, l'Istiqlal ou le ministre Allal El
365, 366, 367
Fassi , et après les différentes guerres israélo-arabes qui suscitent de nouveaux troubles, l'essentiel de la
368, 369, 370
minorité juive marocaine (forte de plus de 350 000 personnes au moment de l'indépendance en 1956)
365, 366
quitte le pays avec difficulté, en raison de l'opposition des autorités . De nos jours, il reste moins de
371 372
3 000 Juifs vivant à Casablanca et dans les grandes villes marocaines mais les petites communautés rurales
juives berbérophones (notamment de l'Atlas, la vallée du Draa et l'Anti-Atlas) ont totalement disparu.
373
Depuis 1997, Casablanca abrite le musée du Judaïsme marocain et depuis 2016, son annexe le musée El
Ruines du mellah de Mogador
Mellah.

Etrangers

La plupart des étrangers vivant au Maroc sont des Français, des Algériens et des Espagnols, auxquels s'ajoutent des Africains subsahariens, des
374 375
Indiens (communauté établie depuis les années 1930 ), des Chinois et des Syriens réfugiés fuyant la guerre qui ravage leur pays. De plus en plus
de retraités européens viennent vivre au Maroc, en particulier à Marrakech et à Agadir.

Religion

Islam

La religion la plus représentée est l'islam, qui regroupe 99,9 % des croyants. L'islam est la religion officielle, mais
la coexistence avec les autres religions est effective (la pratique des autres religions révélées est d'ailleurs garantie
par la Constitution).

La journée est rythmée par cinq appels à la prière. La vie religieuse suit le calendrier musulman. Il débute en 622,
l'année où le prophète Mahomet quitta La Mecque pour s'établir à Médine où il avait beaucoup plus d'adeptes.
L'année hégirienne, année lunaire, se compose de douze mois, mais est plus courte que l'année solaire. Le mois de
Ramadan et les grandes fêtes religieuses varient par rapport au calendrier grégorien.

La vie civile est régie par le calendrier grégorien. À la différence d'autres pays musulmans, le week-end se Célébration de l'Aïd el-Fitr au Maroc
compose du samedi et du dimanche. Le vendredi n'est pas férié mais administrations et services publics allongent
376
leur pause-déjeuner pour permettre aux fidèles de se rendre à la prière .

Judaïsme, christianisme, bahaïsme

Le judaïsme et le christianisme (ce dernier reste principalement représenté par les résidents européens et par un certain nombre de ressortissants
25
subsahariens) suivent avec respectivement 0,01 % et 0,2 % de la population .

369
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369
Sur les 265 000 Juifs qui vivaient au Maroc il y a une cinquantaine d'années , 35 000 Juifs émigrèrent en Israël
avant 1954, 33  000  Juifs après 1956  ; la majorité d'entre eux quittèrent le Maroc lors de la guerre du Kippour
360
(1973), craignant l'antisémitisme ou que le Maroc ne rejoigne ce conflit . Seulement environ 3 000 en 2013, et
377, 371
environ 2 200 en 2017 vivent au Maroc à l'heure actuelle , où ils sont devenus des citoyens à part entière. En
378
tout, les deux tiers des anciens Juifs marocains se sont expatriés sur le territoire israélien et les autres
379, 360
notamment au Canada, en France voire en Espagne .

Divers dirigeants chrétiens locaux estiment qu'entre 2005 et 2010, il y a 5 000 citoyens marocains convertis au
christianisme (principalement protestantisme évangélique) qui fréquentent régulièrement les églises de maison et Jeunes juifs lors des festivités de
380 Pourim à Demnate (1955)
vivent principalement dans le sud . Certains dirigeants chrétiens marocains estiment qu'il pourrait y avoir
jusqu'à 8  000 chrétiens dans tout le pays, mais nombre d'entre eux ne se réuniraient pas régulièrement par
381
crainte de la surveillance du gouvernement et de la persécution sociale . Le nombre de Marocains convertis au
christianisme (la plupart gardent leur foi secrète pour ne pas être persécutés) est estimé entre 8  000 et
382, 383, 384, 385
50 000 .
381
La communauté baha'ie, située dans les zones urbaines, compte 350 à 400 personnes .

Langues
386
Les langues officielles du Maroc sont le berbère et l'arabe classique qui se décline lui-même en plusieurs
dialectes parlés selon les régions, comme les parlers hilaliens dans les plaines occidentales par exemple. Cimetière chrétien à Oujda

Le pays considère comme autres langues culturelles le français et l'espagnol (au Sahara occidental).

Arabe

Littéraire

La langue enseignée dans les écoles publiques et employée à l'écrit, dans les discours formels et les médias est l'arabe littéraire.

Elle n'est bien maîtrisée que par la population la plus éduquée.

Dialectal

Par un phénomène de diglossie, le dialecte arabe couramment parlé dans la rue et la vie quotidienne est la darija, ou arabe marocain, langue
387
maternelle des Marocains arabophones (environ 60 % de la population ) et pratiquée également par les berbérophones dans leur grande majorité
(bien que beaucoup d'hommes et de femmes, surtout en milieu rural, ne parlent que le berbère). La darija diffère peu des autres dialectes du Maghreb
mais est incompréhensible pour les locuteurs du Machrek, contrairement à l'arabe littéraire qui sert alors de lingua franca.

Le hassanya, dialecte arabe utilisé dans le Sahara et les régions du sud (Guelmim, Assa, Tarfaya, M'Hamid El Ghizlane), est cité lui aussi dans la
386
Constitution, après l'arabe et l'amazighe .

Amazighe (berbère)
387 388
Environ 40  % de la population parle l'amazighe . La reconnaissance de l'amazighe est une revendication
ancienne des mouvements berbères qui s'estiment culturellement opprimés par la politique d'arabisation menée
1
après l'indépendance. Le 17 octobre 2001, le roi Mohammed VI a créé l'Institut royal de la culture amazighe , régi
o
par le dahir royal n  1-01-299 et qui a pour vocation de donner avis « sur les mesures de nature à sauvegarder et à
promouvoir la langue et la culture amazighes dans toutes ses formes et expressions ».
389
Le 1er juillet 2011, la Constitution approuvée par référendum à plus de 98  % , fait de l'amazighe une langue
officielle du Maroc, après l'arabe, et institue un Conseil national des langues et de la culture marocaine « chargé
notamment de la protection et du développement des langues arabe et amazighe  ». Cette mesure, considérée
390
comme une défaite par certains arabophones , ne satisfait pas pleinement les amazighophones qui notent que
seul l'arabe, dans la Constitution, bénéficie de la protection et des efforts de développement de la part de l'État.
Signalisation routière bilingue à
Étant une langue de tradition principalement orale, la langue berbère présente de nombreuses variantes Nador, en tifinagh, apparue le
régionales ou locales dans toute l'Afrique du Nord. Pour ce qui concerne le Maroc, les linguistes ont coutume de 29 avril 2003.
391
distinguer trois principaux parlers, le rifain au Nord, le tachelhit au Sud et le « tamazight du Maroc central » ,
en plus de dialectes parlés par un nombre plus restreint de locuteurs comme le chleuh de Figuig à l'est, le
392 392
ghomari au nord et le sanhadji de Srayr dans le sud du Rif. Cependant cette classification reste très théorique, la transition entre ces différentes
variantes étant progressive ; de plus, les mouvements de population et notamment l'émigration vers les villes modifient la répartition traditionnelle.

L'amazighe développé par l'IRCAM se veut une langue commune à toutes les régions du royaume, empruntant un peu à tous les dialectes et
réinventant l'alphabet tifinagh, au risque de créer un sabir incompréhensible pour tous.

Français

Le français est la langue de l'économie, des études supérieures scientifiques et techniques, et la langue de travail
de plusieurs ministères. Il est enseigné dans les écoles primaires, collèges et lycées, dans toutes les universités et
dans les écoles supérieures. Le français intervient également de facto comme langue administrative à côté de
l'arabe. La forte persistance du français dans la vie administrative est en partie due au règne du roi Hassan II
(1961-1999), monarque notoirement connu pour sa maîtrise de cette langue et ayant effectué l'intégralité de ses
études en France.

L'enseignement dans les écoles publiques ayant été arabisé puis islamisé dans les années 1980, les familles issues Institut français de Rabat
de l'élite marocaine préfèrent scolariser leurs enfants dans le privé afin de leur donner une meilleure maîtrise du
français et une meilleure ouverture sur le monde.
393
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393
Selon une enquête publiée en 2010 , le français est très largement maîtrisé au Maroc  : 10  366  000  personnes sont considérées comme
francophones (sachant le lire et l'écrire), soit 32  % de la population totale ou 39  % de la population âgée de 10 ans et plus. Ceci n'inclut pas les
personnes sachant parler le français mais qui ne savent pas l'écrire ou le lire. Le français est bien plus parlé en ville qu'en milieu rural.
394
Plusieurs régions marocaines sont membres de l'Association internationale des régions francophones et le Maroc fait partie de l'Assemblée
parlementaire de la francophonie.

Autres langues

L'espagnol reste pratiqué dans le nord du pays et dans le Sahara, du fait de l'ancienne présence espagnole.

L'anglais, l'allemand et l'italien sont aussi très pratiqués dans le secteur touristique.

Éducation supérieur
137

Une étude de la Revue internationale d'éducation de Sèvres juge « vitale une réforme radicale qui permettra au
système éducatif marocain de progresser et de remplir ses missions  ». Une classe peut ainsi comprendre une
137
cinquantaine d'élèves .

Il existe au Maroc une quinzaine d'universités publiques comprenant 230 000 étudiants, et plusieurs universités
privées dont l'université Al Akhawayn à Ifrane et l'Université internationale de Rabat. Le Maroc compte aussi un
grand nombre de grandes écoles d'ingénieurs et de commerce telles que l'Académie internationale Mohammed VI
de l'aviation civile, l'EHTP, l'EMI, l'ISCAE et l'ENCG.
Université Al Akhawayn, Ifrane.

Émigration

Immigration

Il existe au Maroc une importante communauté algérienne issue notamment des vagues d'exil datant de la période coloniale (ces vagues concernent
395
aussi la Tunisie). Le Maroc accueillait également en 2007 une communauté d'expatriés français de l'ordre de 120 644 individus . Enfin, les divers
protocoles d'accords culturels signés avec de nombreux pays africains et portant notamment sur l'octroi de bourses d'études ont permis au Maroc
d'accueillir en 2007 une communauté de 9  500 étudiants subsahariens (chiffre représentant 70  % de l'ensemble de la communauté estudiantine
396
étrangère) .
397
Par ailleurs une communauté chinoise commence à se constituer à Casablanca, notamment au sein du quartier commerçant de Derb Omar . Signe
374
de relations anciennes avec l'Asie, le Maroc abritait déjà une communauté indienne historique établie depuis les années 1930 . Depuis le
déclenchement de la guerre civile syrienne en 2011, le Maroc accueille également des réfugiés originaires de Syrie. Une importante communauté
belge existe aussi au Maroc. En février 2016, 4 000 Belges résident au Maroc et sont inscrits au consulat belge, et entre 20 000 et 40 000 Belges y
398
séjournent l'essentiel de l'année .

Armée et police
Les différents corps d'autorité ayant un pouvoir de police sont la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN — police urbaine à statut civil), la
Gendarmerie royale (police rurale à statut militaire), les Forces auxiliaires (garde nationale et territoriale — rurale, urbaine, aux frontières — à statut
militaire), la Direction générale des affaires intérieures (police préfectorale et provinciale, avec contrôle administratif et territorial par les
moqqademns, chioukhs, caïds, préfets, walis), la Douane (police fiscale), la Protection civile (sapeurs-pompiers de protection), la Brigade des eaux et
forêts (police des eaux et forêts).

Parmi ces différents corps, seules la DGA, la Protection civile et la Brigade des eaux et forêts ne sont pas armés. Certains corps sont régis comme
paramilitaires (Gendarmerie royale, Forces auxiliaires, Protection civile).

La fonction d'autorité est attribuée à tous ces corps. La fonction de police est attribuée à la DGSN, à la Gendarmerie royale, aux Forces auxiliaires et à
la DGA. Quant à la fonction militaire de défense, elle est attribuée à la Gendarmerie, aux Forces auxiliaires et bien sûr aux Forces armées.

Les armées marocaines se composent de :

une armée régulière professionnelle de 256 000 hommes, les Forces armées royales, dépendant de l'Administration de la défense nationale
(ADN) ;
une garde nationale de 45 000 militaires, les Forces auxiliaires, qui dépendent du ministère de l'Intérieur ;
une réserve de 250 000 militaires.

Soit 301 000 militaires professionnels et 250 000 militaires réservistes, au total environ 550 000 soldats.

En effectif, l'armée marocaine est la deuxième armée d'Afrique, derrière l'armée égyptienne, et la 21e armée au monde [réf. souhaitée].

En août 2018, le gouvernement marocain adopte un projet de loi rétablissant le service militaire obligatoire dans le royaume, où la conscription avait
399
été abolie depuis 2006 .

Forces armées royales

Les Forces armées royales sont un ensemble de cinq armées dépendant de l'Administration de la défense nationale. Le roi du Maroc porte le titre de
« chef suprême et chef d'état-major général des Forces armées royales ». Celles-ci ont été créées le 14 mars 1956, à la fin du régime du Protectorat (la
Marine royale a seulement été fondée en 1960). Elles ont combattu lors de la guerre des Sables en 1963, puis sur le front du Golan en 1973, contribué
à sauver le régime zaïrois en 1977 lors des guerres du Shaba, se sont illustrées lors des affrontements avec le Polisario pour le contrôle du Sahara
occidental, surveillent le mur marocain et ont participé en 1991 à la guerre du Golfe. Elles sont également intervenues en Somalie en 1993 et au
Kosovo en 1999.

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Le 14 juillet 1999, elles ont défilé sur les Champs-Élysées, ce qui était alors exceptionnel pour une armée non
400
française, à l'invitation du président de la République française de l'époque : Jacques Chirac .

Aujourd'hui, elles participent aux missions de paix (MONUC, ONUCI, EUFOR, KFOR…). Elles sont très bien
entraînées et considérées comme l'une des meilleures armées africaines. De nombreux généraux, mais aussi
officiers et sous-officiers africains, sont formés à l'école militaire de Rabat où l'ancien souverain Hassan II a été
formé.

Composition

Les FAR sont des armées régulières et comprennent cinq armées :

l'Armée royale, ou l'Armée de terre, avec 175 000 hommes ; Drapeau des Forces armées
royales.
la Marine royale, avec 42 000 hommes ;
les Forces royales air, avec 13 000 hommes ;
la Garde royale, avec 5 000 hommes ;
la Gendarmerie royale, avec 23 000 hommes.

Elles disposent aussi d'une réserve de 250 000 militaires. Plaque d'immatriculation des


voitures de l'Armée royale du Maroc
Les FAR sont composés ainsi de 256 000 militaires professionnels et 250 000 militaires réservistes, soit au total
506 000 soldats. [réf. nécessaire]

Garde royale

La Garde royale marocaine est un corps d'armée chargé de la sécurité du roi et des palais royaux. Elle a aussi une
fonction protocolaire.

Elle est composée aujourd'hui de plus de 5 000 hommes répartis en quatre bataillons d'infanterie et services, et
deux groupes d'escadrons à cheval.

La Garde royale puise ses origines dans la prestigieuse Garde noire qui fut créée en 1088 par l'Émir almoravide
Youssef Ibn Tachfine pour assurer sa protection. Elle doit ce nom de garde noire à l'origine de ses troupes,
traditionnellement recrutées aux confins méridionaux des territoires du sultan, dans la région du fleuve Sénégal
et sur l'ancien territoire de l'Empire songhaï du Mali, appelé alors Soudan marocain, ainsi qu'en Guinée.

Gendarmerie royale Drapeau de la garde royale


marocaine.
À l'indépendance du Maroc, la Gendarmerie royale marocaine fut créée par le décret-loi (Dahir) du 29 avril 1957
et prit la relève de la légion de gendarmerie française du Maroc. Elle se compose aujourd'hui de 23 000 hommes.
Le décret-loi reprend très largement le décret organique français du 20 mai 1903 et prolonge ainsi l'organisation,
les principes d'action et les missions de l'ex-légion dissoute. Depuis octobre 1999, la gendarmerie royale est
membre de l'Association internationale de gendarmeries et forces de police à statut militaire (FIEP).

La gendarmerie fait partie intégrante de l'Administration de la défense nationale, notamment en sa qualité de


Police militaire judiciaire. Il s'agit d'une armée dans l'armée, tant cette gendarmerie concentre des pouvoirs et
moyens (financiers et militaires) très importants (Gendarmerie marine, de l'air, de terre, de police administrative,
de police judiciaire, de police militaire judiciaire, mobile, d'intervention (GIGR), de sécurité royale, et la fameuse
élite de gendarmerie qui constitue le corps de la Garde royale). Ainsi l'on voit que la gendarmerie royale est l'élite
des forces armées marocaines.

Elle est rattachée pour emploi au roi, chef suprême et chef de l'état-major général des forces armées royales, et
pour administration et gestion au Secrétariat général pour l'administration de la défense nationale qui reçoit Drapeau de la gendarmerie royale
délégation du Premier ministre. Elle assure d'ailleurs la sécurité du souverain. marocaine.

La gendarmerie relève également du ministre de la Justice, pour l'exercice de la police judiciaire, et du ministre de
l'Intérieur pour l'exercice de la police administrative.

Les principes d'action sur le service de la gendarmerie royale sont contenus dans le Dahir du 14 : la gendarmerie royale assure des missions de police
judiciaire (à la campagne), administrative, militaire (en temps de paix ou en temps de guerre), de service d'ordre, de maintien de l'ordre…

Forces auxiliaires marocaines

Les Forces auxiliaires marocaines sont des forces paramilitaires non armées qui « concourent avec les autres forces de police » et que l'on retrouve
auprès des différents corps d'autorité du Maroc. Les agents des Forces auxiliaires sont anciennement nommés Mkhaznis ou Mrouds. Autrefois
présents partout y compris en ville pour disperser les manifestations, les attroupements de hooligans les jours de match, assurer les couvre-feux
après minuit jusqu'à 1985, et garder des bâtiments publics, voire des banques privées. Aujourd'hui tous les établissements publics ont été forcés de
faire appel à des sociétés de sécurité privées, excepté les tribunaux et les prisons qui sont gardées par des policiers. À cause de leurs rôles comme
forces antiémeutes pendant les années 1980, les éléments des Forces auxiliaires ont été pendant longtemps méprisés par la société marocaine, même
une fois déployés en zones rurales où ils apportent un grand soutien à la prévention des feux de forêts, participent aussi à éteindre les feux avec les
pompiers, aident les populations rurales en cas de sinistres. Les FA sont aussi postées sur les rives maritimes, protègent les randonneurs et
surveillent les zones de baignade dangereuse, gardent les côtes contre les trafics d'armes, de drogues, d'émigration clandestine et de vol de sable en
zone fragile.

Malgré leur disponibilité, ces derniers sont les premiers à intervenir en cas d'inondation par exemple. Les Marocains, notamment les jeunes,
gardaient encore une relative haine envers les FA ; cependant, depuis un triste événement survenu en 2010 où pendant une de leurs interventions à
Gdeim Izik dans une zone rurale à une dizaine de kilomètres de Laâyoune pour disperser un campement sauvage d'activistes Sahraouis, les FA ont
401
perdu onze de leurs membres assassinés par des jeunes militants Sahraouis pro-Polisario. Une partie de ces onze membres assassinés ont été
égorgés par les militants indépendantistes sahraouis, filmés et postés sur YouTube. Depuis cet incident les Forces auxiliaires bénéficient d'un grand
élan de sympathie de la part de la population marocaine, un élan qui a été exploité par quelques membres de ces Forces qui postaient anonymement
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sur internet la situation précaire de leurs revenus. À la suite de cela, des collectes de dons en faveur des enfants des membres de FA assassinées et
402 403
plusieurs pétitions ont eu lieu pour réclamer la mise à niveau de leurs salaires, chose qui a été accomplie en 2011 puis en 2014 . La réévaluation
des salaires des Forces auxiliaires fut compliquée. Tout d'abord du fait que le Maroc est une démocratie et donc contrairement aux nombreuses
dictatures militaires du tiers-monde où les seuls fonctionnaires bien entretenus sont les militaires, au Maroc généralement pour le même niveau
d'études, un civil est mieux rétribué qu'un militaire. Les FA ont un statut militaire mais dépendent du ministère de l'intérieur, cependant le revenu
des forces auxiliaires relève du budget du ministère de la Défense. Alors qu'au ministère de l'Intérieur les plus bas échelons de rémunération des
policiers dépassaient 3 000 dirhams ou 4 000 s'ils sont mariés, le revenu des forces auxiliaires avant 2011 était dérisoire (à peine 1 400 dirhams)
quoiqu'ils officiaient souvent en zones rurales et bénéficiaient d'un logement de fonction. Depuis 2011 au moins trois augmentations majeures ont eu
lieu les concernant mais on ne connaît toujours pas leur salaire actuel.
402
Les Forces auxiliaires se composent de 47 000 hommes et constituent l'un des six corps des Forces armées du Maroc, à côté de la Gendarmerie, de
l'Armée de terre, de l'aviation, de la marine et de la Garde royale. Les FA sont en très grande majorité des unités paramilitaires non armées, elles ne
portent que des matraques en caoutchouc. Cependant, les unités servant de gardes-côtes et assistant à la surveillance des frontières sont armées.
Comme armement, elles possèdent des MAS 36, des AK-47, des MAG et des véhicules blindés Thyssen Henschel UR-416, Panhard AML.

Protestations sociales

De 2011 à 2013, le Maroc a connu une grande vague de protestations sociales sans précédent où des centaines de
manifestations immenses ont eu lieu dans tout le pays ; dans les villes la sécurité des cortèges a été assurée par
des policiers afin d'éviter les pillages de magasins et les échauffourées. Dans les petits villages et en zone rurale ce
sont les forces auxiliaires qui ont joué le rôle d'unités antiémeutes.

Alors qu'on a dénombré des morts assassinés par les forces de l'ordre par
centaines voire par milliers dans la plupart des pays lors du printemps arabe,
au Maroc les manifestants descendirent dans la rue chaque dernier dimanche
du mois par millions sans qu'aucune victime ne soit à déplorer dans aucune
Manifestation réclamant des
manifestation.
réformes et plus de démocratie
(février 2011) Les forces auxiliaires qui sont souvent d'un âge très avancé qui les empêche de
communiquer avec les jeunes semblaient avoir bien pris conscience que ce
furent ces mêmes jeunes qui ont réussi à leur obtenir leur augmentation
35 arrestations et des dizaines de
salariale grâce à leurs pétitions Facebook, les jeunes manifestants distribuaient parfois des fleurs aux forces
blessés lors d'une manifestation à
antiémeutes. Le chef de file du mouvement du 20 février qui fut à l'origine de ces grandes manifestations est fils
Casablanca (22 mai 2011)
d'un policier au plus bas de l'échelle, que sa hiérarchie harcelait et avait tout fait pour qu'il change l'avis de son fils
qui habitait encore sous son toit.

Sûreté nationale

La Sûreté nationale est un corps d'autorité et de police nationale à statut civil, agissant dans les communes urbaines et dépendant du ministère de
l'Intérieur.

Avec près de 60 000 policiers, la Sûreté nationale est divisée en plusieurs services :

police judiciaire ;
sécurité publique ;
systèmes d'information, de la communication et du diagnostic ;
renseignements généraux ;
ressources humaines ;
équipement et budget.

L'importance des services et attributions de la Sûreté nationale font d'elle un puissant corps d'autorité, à statut civil mais rival de la Gendarmerie.

Services de renseignements marocains

Sous la tutelle du ministère de l'Intérieur


Renseignements généraux marocains (RG)
Service autonome de renseignement des Forces auxiliaires marocaines (FA)
Direction générale de la surveillance du territoire du Maroc (DGST)
Direction générale des affaires intérieures (DGAI)

Sous la tutelle du ministère de la Défense

Direction générale des études et de la documentation (DGED)


2e Bureau (2B)
5e Bureau (5B)
Service de renseignement de la Gendarmerie royale marocaine

Culture
Même si la grande majorité de sa population est musulmane avec un fond ethnique berbère prédominant, le Maroc se veut un pays multiculturel de
par ses contacts multiples et plus ou moins importants tout au long de son histoire, notamment avec les Phéniciens, les Romains, les Byzantins, les
404, 405, 406
Vikings, les Arabes, les Juifs, les Portugais, les Ottomans, les Africains subsahariens, les Espagnols et les Français .

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L'état civil marocain n'autorise pas de nombreux prénoms que des parents marocains souhaitent donner à leurs enfants pour des raisons de « rupture
407
avec l'identité marocaine  » . Alors que cette mesure concernait surtout les prénoms berbères, elle «  est de plus en plus élargie aux appellations
407
d’origine arabe, liés à l'islam ou parfois inspirés des célébrités de cinéma . »

Artisanat

La région est réputée pour ses tapis de campagne, ses paniers et ses différents autres objets de grande utilité. Le
tissage de tapis modernes et la broderie sont très prospères surtout dans les complexes artisanaux.

D'autres objets de grande utilité sont fabriqués par les artisans de la région, tels que les tajines, les jarres, etc.

Les artisans marocains sont également réputés pour avoir le sens de la ligne et de la couleur dont témoignent les
objets en tout genre qu'ils fabriquent et ornementent. « Les plaques de métal martelées repoussées ciselées sont
populaires au Maroc. Le damasquinage, qui consiste à enchâsser un fil de cuivre, d'or ou d'argent sur une surface
de fer ou d'acier, se retrouve dans l'ornementation des armes, sabres et fusils. Les lanternes ajourées, aux verres
408
multicolores et aux cuivres découpés, sont d'un art délicat et fragile  » . En poterie, faïences, céramiques, les
Marocains révèlent tout leur art dans la décoration des amphores, des terrines, des grands plats…

Caftan marocain

Les caftans du Maroc sont des vêtements originaires de l'Andalousie mauresque (Al-Andalus) où les élites arabo-
musulmanes de l'Empire omeyyade (dont Zyriab, le père de la musique arabo-andalouse) ont apporté à partir du
ixe siècle les caftans empruntés aux Perses.

Entre le IXe et le xve  siècle, les émirats arabo-andalous (composés de peuples d'origines variées) ont Chromo vantant l'artisanat marocain
progressivement donné aux caftans leurs touches civilisationnelles, alors que l'Andalousie mauresque des (1937)
Omeyyades de Cordoue s'est construite en opposition vis-à-vis de l'Empire abbasside de Bagdad. Cette divergence
va se traduire entre autres par la divergence des tenues vestimentaires.

Caftan marocain du
xixe siècle.

Fantasia

Au vu des diverses archives actuelles, il est clair que cette tradition est bien inscrite dans le patrimoine séculaire
équestre marocain.

Au Maroc, pays fortement agricole et resté longtemps tribal (et cela même après l'indépendance en 1956 du pays),
cette démonstration de fantasia va perdurer en devenant une tradition tribale, rurale et religieuse  : les tribus
guerrières rurales l'associeront, avec la collaboration active de la population, aux Moussem (fête des semailles, de
la moisson) et à la fête d'un saint de la tribu (ou reconnu par la tribu) et cela de façon annuelle et séculaire. La fête La célèbre fantasia marocaine.
409
des saints a été instaurée au xve siècle par les Mérinides .

Musées
373
Depuis 1997, Casablanca abrite le musée du Judaïsme marocain . Méconnu du grand public, il est probablement le seul musée juif dans un pays
arabe avec son annexe le musée El Mellah également à Casablanca et inauguré en 2016. À Rabat, le Musée de l'histoire et des civilisations expose tout
le patrimoine archéologique du Maroc, de la Préhistoire jusqu'à l'époque islamique en passant par les phases phéniciennes et romaines. Des
sculptures de bronze et de marbre provenant de Volubilis sont notamment mises en valeur, comme le buste de Juba II ancien roi de Maurétanie.

Autres lectures

Médias

Le premier journal à apparaître au Maroc était un hebdomadaire anglophone appelé « Maghreb Al Aksa », en 1877. De telles publications n'étaient
généralement pas disponibles dans les villes marocaines jusqu'en 1908.

Pendant le protectorat français, à partir de 1920, commença l'apparition des publications françaises comme L'Écho du Maroc et La Vigie marocaine.
Elle fut suivie par le lancement d'un groupe de presse appelé Mas, qui publia Farmhouse ainsi que les quotidiens Le Petit Marocain et L'Écho du
Maroc, bien que ces derniers continuèrent à s'adresser principalement aux étrangers.

Ensuite, les nationalistes marocains tels que Mohamed Hassan Ouazzani commencèrent leurs propres publications. En 1933, ce dernier fonda
«  L'Action du peuple  », un hebdomadaire francophone. Plus tard, Abdelkhalek Torres et Mohamed Bennouna, à Tétouan, publièrent en arabe,
respectivement deux publications  : «  Al Salam  » et «  Al-Hayat  ». Ces journaux donnèrent aux nationalistes une plateforme pour exprimer leurs

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revendications indépendantistes vis-à-vis de la France et de l'Espagne. De plus en plus de journaux étrangers furent publiés au Maroc.
410
Plus tard, le Maroc édita un « code de la presse », le 15 novembre 1958 .

Actuellement

Le gouvernement marocain dispose de nombreux moyens audiovisuels comme la radio et la télévision marocaine (2M, Arriyada).

L'agence de presse marocaine Maghreb Arabe Presse et un quotidien en langue arabe Al-Anbaa sont des organes officiels du gouvernement. Des
organes semi-officiels sont les suivants : le quotidien Assahra Al Maghribia, le quotidien de langue française Le Matin du Sahara et du Maghreb.

Les Marocains ont à leur disposition environ 2 000 publications locales ou étrangères [réf. souhaitée].

Chaînes et radios

Presse

Gastronomie

La cuisine marocaine traditionnelle est extrêmement riche, elle tient un rang


411
élevé dans le classement international des meilleures gastronomies .

Le couscous et le tajine sont considérés comme des spécialités classiques et


constituent les plats de résistance des repas qui commencent par des
assortiments de salades variées (composées de tomates, poivrons, oignons,
carottes,  etc.). Ils sont préparés avec du mouton, du bœuf, (voire du
dromadaire, principalement dans le Sud), de la volaille ou du poisson,
accompagnés de légumes ou de fruits secs. Le tajine de khlii aux œufs, la
Pastilla au poisson. Couscous.
bissara, les grillades de brochettes, les fritures de poissons et de fruits de mer,
les sandwichs de type bocadillo (héritage de l'influence espagnole dans le
Nord), constituent les mets populaires par excellence, ainsi que les
escargots vendus par les marchands ambulants et servis dans un bouillon aromatisé. Durant les fêtes, on
mange d'autres plats plus raffinés : les pastillas, le tajine d'agneau au miel et pruneaux, le tajine de poulet aux
olives et citron confit, la mrouzia, la seffa, la rfissa, le couscous tfaya, les briouates salées farcies de kefta
(viande hachée et épicée) et assez proches des samoussas, le méchoui. Les soupes, comme la harira ou la
hssoua, occupent une place importante, notamment pendant les repas de rupture du jeûne de ramadan.

Le cumin, le safran, le ras el-hanout, le gingembre ou la cannelle agrémentent tous ces plats pour leur donner
des colorations et des saveurs particulières.

Les pâtisseries traditionnelles, souvent à base d'amandes, sont également très diverses, et incluent par le Tajine.
exemple les célèbres cornes de gazelle, les chebakias, ou les sablés comme les ghoribas. Les beignets sfenj
sont en outre largement consommés pour accompagner le thé à la menthe, de même que les crêpes msemmen
et baghrir.

Danse

Le ahidou est une danse collective traditionnelle, typique des Berbères du


Moyen Atlas. Un demi-cercle se forme : hommes et femmes se croisent et se
tiennent la main. Au milieu, un ou plusieurs chefs de troupe mènent la danse
au son du bendir, un grand tambourin.
Etals de pâtisseries marocaines
(souk de Marrakech)
Cette danse symbolise l'unité de la communauté et un moyen pour résoudre
Ahidous au Maroc des conflits quelquefois meurtriers qui se déroulaient autrefois au sein des
tribus, comme le rappellent les pacifiques joutes poétiques (abraz) mais aussi
les sabres, fusils, bâtons, utilisés par les danseurs.

Musique

La musique au Maroc est très diversifiée et se compose de quatre grands groupes ou familles de musique  : la
musique berbère (amazigh), la musique africaine, la musique internationale, la musique hassanie des régions du
sud et la musique arabe.

Chaque groupe est lui-même constitué de sous-groupes. Ainsi la musique


arabe au Maroc est-elle constituée de musique arabe moderne influencée par
la musique arabe contemporaine du reste du monde arabe (Égypte, Liban,
Syrie, Émirats arabes unis,  etc.), la musique arabe du terroir (populaire)
Magasin vendant des instruments
propre à chaque région du Maroc, généralement chantée en arabe dialectal de
de musique marocains à Marrakech.
chaque région, la musique «  classique  » arabo-andalouse, elle-même
composée de sous-groupes de Fès, Rabat, Salé, Tétouan, Oujda (gharnati). Le
Rif et les Béni Snassen constituent le berceau de la musique folklorique aarfa
qui est la source de plusieurs genres de musique guerrière comme reggada, allaoui, nâari. Il y a aussi le raï de la
région d'Oujda trouvant sa source à proximité de la frontière algérienne (Oran, Tlemcen, Saïda). La musique
berbère du Souss se distingue par son système pentatonique, ce qui la rapproche de la musique éthiopienne ou
encore de la musique asiatique.
La chanteuse marocaine Oum, en
concert à Rabat.

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Enfin, il existe une nouvelle génération de jeunes, qui crée une musique qui synthétise l'esprit marocain aux influences venues du monde entier
(blues, rock, metal, reggae, rap marocain, etc.), soit une musique fusion. Un des évènements les plus importants de cette scène « underground », est
le festival du Boulevard des jeunes musiciens qui a lieu tous les ans à Casablanca et qui rallie la jeunesse marocaine dans un même événement
culturel.

Le Festival Mawazine-Rythmes du Monde est un festival de musique organisé chaque année aux mois de mai et juin, à Rabat et Salé depuis 2001.
Selon un classement de la chaine MTV, Mawazine est le deuxième plus grand festival de musique dans le monde en 2013. La musique amazighe
(berbère) est, elle aussi, divisée en sous-groupes, généralement suivant les diverses régions et parlés : amazigh, tachelhite, tarifite, etc. Cette musique
est aussi divisée en « moderne » et « traditionnelle ».

La musique afro-marocaine, connue sous le nom de Gnaoua est propre à la région de Marrakech, Essaouira ainsi que le sud du Maroc, les paroles
sont soit en arabe, en amazigh ou en un mélange afro-arabe.

Cinéma

Le cinéma marocain regroupe à la fois les films, téléfilms et les productions cinématographiques produites au
Maroc.

À l'opposé d'autres cinémas d'Europe ou du Maghreb, l'État marocain a longtemps laissé son cinéma trouver par
lui-même les moyens nécessaires à sa survie et son épanouissement national et international, créant ainsi un
déséquilibre entre cinéma commercial (souvent médiocre) et cinéma esthétisant à public essentiellement élitiste.

Le Protectorat français du Maroc (1912-1956) avait établi une commission de censure ayant survécu à
l'indépendance. Cet organisme de réglementation s'est occupé jusqu'aux années soixante-dix surtout de contrôler
« Cinéma indigène » à Fès (1918)
la distribution des films étrangers en raison d'une production nationale encore faible comparée à celle des pays
412
francophones voisins . De ce fait, le Maroc a laissé le champ libre à d'autres cinémas concurrents qui se sont
affirmés aisément auprès du public marocain ; aujourd'hui, il doit lui faire face avec plusieurs années de retard. Il
en est de même pour d'autres secteurs artistiques tel que la musique par exemple.

Récemment, la politique culturelle du pays a changé (en particulier sous l'impulsion du Festival international du
film de Marrakech) et le Maroc vient de se doter d'une toute neuve industrie du film (voir infra). À ce jour, le
cinéma marocain progresse et les nombreuses perspectives d'évolution semblent prometteuses  ; le cinéma
marocain est de plus en plus sélectionné et/ou primé dans des festivals arabes, africains et occidentaux, ce qui
encourage de plus en plus de jeunes à se lancer dans une carrière dans le 7e  art (voir infra). Ce progrès sert
également de référence au cinéma africain.
Festival de musique de Casablanca
Les cas de censures religieuses malgré la constitution de 2011 sont de plus en plus nombreux. Le film Exodus: mettant à l'honneur les étudiants du
Gods and Kings de Ridley Scott (évoquant l'exode hors d'Égypte des Hébreux) a tout d'abord obtenu son visa cinéma (2011)
d'exploitation par le Centre cinématographique marocain, visa retiré quelques heures avant la projection pour
413
« raisons religieuses » avant d'être à nouveau autorisé après la censure de certaines scènes.

En mai 2015, alors qu'il était présenté devant un parterre de professionnels lors de la Quinzaine des réalisateurs à
Cannes, le film Much Loved de Nabil Ayouch a été sévèrement critiqué au Maroc au travers de quatre bandes-
annonces mises à disposition du Festival de Cannes. Le film, qui traite la réalité de la prostitution (féminine et
masculine) au Maroc, et en particulier à Marrakech, a déplu aux intégristes religieux et au gouvernement qui a
décidé pour raison politique et religieuse une censure totale avant même que la demande de visa d'exploitation ne
soit déposée, prétextant avoir visionné le film (alors qu'il n'a pas encore été diffusé ailleurs qu'à Cannes). Les
motifs invoqués sont de montrer la pure réalité de la prostitution, contrairement à l'idéologie forcenée prônée par
le gouvernement islamiste et les intégristes religieux qu'il n'y a ni prostitution ni homosexualité au Maroc, et Fronton du cinéma Teatro Español à
surtout à Marrakech. Pourtant, un précédent film de 2012 du même Nabil Ayouch, Les Chevaux de Dieu Tétouan (2019)
(évoquant les attentats-suicides de Casablanca de 2003), plusieurs fois primé, montre une scène de viol d'un
garçonnet de 10 ans par un autre de 14 ans, situation qui a alors semblé « normale » aux institutions.

Littérature

Sport

Le Maroc s'illustre dans de nombreux sports au niveau continental et mondial et constitue la locomotive du
développement du sport du continent africain et du monde arabe. À titre d'exemple, l'augmentation à cinq du
nombre de pays africains à représenter l'Afrique à la Coupe du monde de football est en partie due aux bonnes
prestations que le Maroc réalise ces trois dernières décennies dans ce sport. Il s'illustre également dans d'autres
compétitions internationales telles que l'athlétisme, la motomarine, le taekwondo, la boxe thaïe, la pétanque,  etc.
Voici quelques sportifs et équipes ayant marqué le sport marocain :

Athlétisme

Soufiane El Bakkali décroche la médaille d'or sur 3 000 m Steeple lors des Jeux olympiques de Tokyo 2021 et
Championnats du monde d'athlétisme 2022 en réalisant un temps de 8 min 8 s 90 et 8 min 25 sec et 13,
brisant la domination kényane dans cette discipline.
Hicham El Guerrouj est double médaillé d'or des Jeux olympiques de 2004 sur 1 500 m et 5 000 m et détenteur du record du monde du
414
1 500 m en 3 min 26 s .
Saïd Aouita réussit à battre les records du monde du 1 500 m et du 5 000 m en 1985. Ancien détenteur du record olympique sur 5 000 m.
Nawal El Moutawakel, la première femme arabe et africaine à se hisser à ce niveau de compétition et par la même occasion casser tous les
tabous dans les pays émergents, elle est vice-présidente du Comité international olympique.

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Khalid Skah, Nezha Bidouane, Hasna Benhassi et Jaouad Gharib s'illustrent dans des courses de fond ou de demi-fond.

Football
La sélection nationale participe aux Coupes du monde en 1970, 1986, 1994, 1998, 2018 et 2022. En 1986, le Maroc se qualifie en huitièmes de
finale. C'est le premier pays arabe et africain à atteindre ce stade de la compétition et pour la première fois de son histoire, le Maroc est le
415
premier pays africain et arabe à se qualifier pour les demi-finales de la Coupe du Monde 2022 en battant le Portugal .
Le Maroc remporte la Coupe d'Afrique des nations de football en 1976 et a été finaliste en 2004.

Le Maroc se classe 4e à la Coupe du monde de football des moins de 20 ans 2005 organisés aux Pays-Bas.
L'équipe olympique se qualifie sept fois aux Jeux olympiques.
Le Raja Club Athletic est le premier club arabe et africain à se qualifier à la Coupe du monde des clubs en 2000 et le premier club arabe à
atteindre la finale de cette compétition en 2013. Il est aussi le club marocain plus titré en compétitions internationales (reconnues par la FIFA)
avec, entre autres, trois Ligues des champions de la CAF. Le Wydad Athletic Club est le club marocain le plus titré au niveau national avec 20
titres en championnat et un total de 40 titres nationaux et internationaux. Les AS FAR de Rabat est le plus titré en Coupe du Trône. Les clubs
du Maghreb de Fès, FUS de Rabat, KAC de Kénitra et Kawkab de Marrakech ont gagné à plusieurs reprises des compétitions continentales et
régionales tels que la Coupe arabe des clubs champions, la Coupe de la CAF (anciennement Coupe d'Afrique des vainqueurs de coupe de
football), la Supercoupe de la CAF, la Coupe afro-asiatique des clubs de football (abandonnée après la création de la Coupe du monde des
clubs de la FIFA)…

Tennis
Younès El Aynaoui est quart de finaliste de l'Open d'Australie en 2000 et 2003 puis à l'US Open en 2002, 2003. Son meilleur classement est la
13e place mondiale qu'il atteint le 3 novembre 2003 après sa victoire au tournoi de Doha. Il est considéré comme le meilleur tennisman
marocain de l'histoire.
Hicham Arazi est classé 22e meilleur joueur mondial le 5 novembre 2001 tandis que Karim Alami est 25e le 15 mai 2000.

Sports de combat
Mustapha Lakhsem, 8 fois champion du monde de kick-boxing et de full-contact.
Badr Hari, un des plus grands kickboxeurs de l'histoire, est 6 fois champion du monde.
Mohamed Rabii, champion du monde de boxe en 2015 et médaille de bronze aux Jeux olympiques de Rio 2016.

Pétanque

Le Maroc est champion du monde de pétanque à quatre reprises.

Galerie

Saïd Aouita, athlète, Nawal El Hicham El Guerrouj, Badr Hari, parmi les
ancien détenteur Moutawakel, double champion plus importants
des records du 1re  femme arabe, olympique et kickboxeurs au
monde du 1  500  m, africaine et quadruple champion monde.
2 000 m, 3 000 m et musulmane à du monde.
5 000 m. remporter une
médaille d'or aux
Jeux olympiques.

Hicham Arazi, Younès El Aynaoui, Mehdi Benatia,


tennisman tennisman classé footballeur ayant
surnommé « le péon 14e  mondial en notamment joué au
des courts ». 2003. Bayern Munich et à
la Juventus.

Patrimoine national

Patrimoine naturel

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La conscience sur le patrimoine naturel du Maroc est faible. Le film documentaire Le Fil vert aborde en 2010 le problème de la conservation de
l'environnement et la biodiversité.

Patrimoine culturel

Monuments et sites remarquables du Maroc

Des chalets à Ifrane Le mausolée La Kasbah des La tour Bab Bou Thermes romains au
dans le Moyen Atlas. Mohammed-V à Oudayas à Rabat. Hassan à Jeloud à site archéologique de
Rabat. Rabat. Fès. Volubilis.

Plage de la côte Palais royal à Tétouan. Bab Mansour el Aleuj. Dunes de Merzouga.
méditerranéenne
(Al Hoceïma).

Plage d'Essaouira sur Place Jemaa el-Fna. Bab Agnaou à Marrakech. La Ménara.
l'océan Atlantique.

Parc de la Ligue arabe à La mosquée Massif du Toubkal Rues Montagnes du Rif dans le nord
Casablanca. Koutoubia. dans le Haut Atlas, d'Assilah. du Maroc.
point culminant de
l'Afrique du Nord à
4 167 mètres.

Rues de Chefchaouen. Paysage à proximité de Médina d'El Jadida. Vol en montgolfière à


Ouarzazate. Marrakech.

Phare du cap Spartel La lagune de Dakhla. Vue sur la médina


à l'entrée du détroit d'Essaouira.
de Gibraltar.

Codes
Le Maroc a pour codes :

CN, selon la liste des préfixes OACI d'immatriculation des aéronefs ;


GM, selon la liste des préfixes des codes OACI des aéroports ;
MA, selon la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), code alpha-2 ;

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MA, selon la liste des codes internationaux des plaques minéralogiques ;
MAR, selon la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), code alpha-3 ;
MAR, selon la liste des codes pays du CIO ;
MAR, selon la liste des codes pays utilisés par l'OTAN, code alpha-3 ;
MO, selon la liste des codes pays utilisés par l'OTAN, code alpha-2.

Notes et références
1. « ⴰⵙⵉⵏⴰⴳ ⴰⴳⵍⴷⴰⵏ ⵏ ⵜⵓⵙⵙⵏⴰ ⵜⴰⵎⴰⵣⵉⵖⵜ » ([Link] sur [Link] (consulté le 20 janvier 2019).
2. (zgh) ⴰⴷⵓⵙⵜⵓⵔ ⵏ ⵜⴳⵍⴷⵉⵜ ⵏ ⵍⵎⵖⵔⵉⴱ [« Constitution du Royaume du Maroc »] (trad. Mohamed LADIMAT), Rabat, Institut Royal de la Culture
Amazighe,‎2021 (ISBN 978-9920-739-39-9, lire en ligne ([Link]
7%E2%B5%93%E2%B5%99%E2%B5%9C%E2%B5%93%E2%B5%94%20%E2%B5%8F%20%E2%B5%9C%E2%B4%B3%E2%B5%8D%E2%
B4%B7%E2%B5%89%E2%B5%9C%20%E2%B5%8F%20%E2%B5%8D%E2%B5%8E%E2%B5%96%E2%B5%94%E2%B5%89%E2%B4%B1.
pdf)).
3. « Semaine de solidarité avec les peuples des territoires non autonomes, 25-31 mai » ([Link]
ml), sur [Link] (consulté le 16 février 2019).
4. Voir l'article 1 de la Constitution de 2011 ([Link]
_Fr.pdf).
5. (en) Organisation des Nations unies, « Morocco » ([Link] 14 janvier 2020 (consulté le 16 janvier 2020).
6. « Territoire (km carrés) - Morocco », Banque mondiale,‎17 janvier 2020 (lire en ligne ([Link]
L.K2?locations=MA), consulté le 16 janvier 2020).
7. « Décret royal n° 455-67 du 23 safar 1387 (2 juin 1967) portant loi relatif à l'heure légale » ([Link]
[Link]?KeyPath=594/596/608/714/10117), sur Banque de Données Juridiques (consulté le
30 mars 2023).
8. Esta es la fecha del cambio de horario en Marruecos ([Link]
9. Cambio de hora y jornada laboral intensiva por Ramadán ([Link]
10. Se acabó el Ramadán, Marruecos cambia de hora ([Link]
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Voir aussi
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Maroc, sur le Wiktionnaire


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Articles connexes
Histoire des Juifs au Maroc
Villes impériales du Maroc
Grand Maroc
Diaspora marocaine
Droits de l'homme au Maroc
Langue française au Maroc
Santé au Maroc
Droits LGBT au Maroc

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