COURS DE MALHERBOLOGIE Mme. ADJIM Z.H.
2021
COURS DE MALHERBOLOGIE
Mme. ADJIM Z.H.
Année Universitaire 2020-2021
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COURS DE MALHERBOLOGIE Mme. ADJIM Z.H. 2021
Chapitre I : généralité et terminologie
1.1 Terminologie :
Malherbologie : science de l'étude des mauvaises herbes (biologie, écologie,
dynamique) et des moyens pour les contrôler (herbicides, techniques culturales) dans
le respect des contraintes économiques, environnementales et des systèmes de culture.
Cette discipline est apparue dans les années 1950 avec le développement des herbicides
(LAROUSSE AGRICOLE).
Synanthropique : Qualifier une espèce végétale ou animale généralement associé à
l’habitat humain. Ex : L’ORTIE, L’OSEILLE ou encore certain hirondelles et blattes
(cafard) sont de ce type. Les espèces dites anthropophiles sont des espèces vivant à
proximité de l’homme et profitant de ses activités (commensalisme).
Ségétale : Sont des espèces qui croissent dans les cultures (maraichage, vergés, serre).
Rudérales :Espèces végétales qui croissent dans les espaces rurales (au bord des
chemins et sur les décombres).
Rudérale s’applique de façon plus générale à toute entité (espèce) propre à des cités
habitées ou très perturbés.
Messicoles : Plante adventice annuelle qui croissent dans les champs des céréales (blé
et orge). EX : le coquelicot et le bleuet.
Mauvaise herbe ou adventice :
A/- On appelle MH certaines plantes herbacées ou ligneuse, annuelle ou pérennes
que se développe dans les cultures contre la volonté de l’homme.
B/- Le terme adventice est un terme agronomique synonyme de MH désignant
des végétaux annuelles ou pérennes qui se développe dans les champs et les vergés ou
les prairies artificielles en concurrençant de ce fait les plantes cultivées.
C/- Etymologiquement : une espèce adventice est une plante qui s’ajoute à un
peuplement végétal auquel elle est initialement étrangère (du latin adventicium qui veut
dire supplémentaire).
D/- Selon AFNOR (association française de normalisation), les adventices sont
des plantes indésirables là où elle se trouve.
NB : Beaucoup de MH portent le nom spécifique (l’épithète) :
- Arvensis : Sinapis arvensis (Moutarde des champs).
Convolvulus arvensis (Lisron des champs).
- Segetum : Chrysanthemum segetum (Chrysanthème des champs).
- Campestre : Trifolium campestris (Trèfle des champs).
- Sativa : Vicia sativa (Vesce cultivé).
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1.2 Qui sont les adventices ?
Dans les terrains cultivés il peut s’agir :
a/- Adventice stricto sensu (sens stricte) « MH ».
b/- Réponse des cultures précédentes.
c/- De génotype issu d’hybridation fixée et reconnue comme espèce particulière. Ex
Avoine stérile avena sterilis
1.3 Distribution des adventices :
Chaque sorte de plantes a sa distribution particulière, son aires dépond de son :
- Histoire
- Aptitude migratrice (diaspore=les partie du végétale qui transport)
- Pouvoir d’adaptation.
Le milieu cultural étant largement distribué dans tous le globe, de ce fait il n’est pas
étonnant que les espèces adventices constituent le plus grand nombre d’espèces
cosmopolite. Les plantes cosmopolite vive sous des climats divers et présentant des
exigences souples à cette égard.
1.4 Classification des adventices
Selon le seuil de nuisibilité :
Toutes les plantes que nous appelons MH ne le sont pas forcément. Elles ne le
deviennent qu’à partir de certain seuil d’infestation car on ne peut considérer qu’une
espèce est mauvaise si elle ne nuit pas à la culture dans laquelle elle croit.
Lorsque l’sp. Est présenté sans provoqué de compétitions avec la culture où elle se
trouve et sans être dommageable on parle d’espèce mineur
Lorsque l’espèce empêche le bon développement de la culture par des interactions
biochimique et biologique ou bien lorsqu’elle altère la qualité de la récolte pour
augmenter la pénibilité du travail, elle est considérée comme une espèce majeure.
Selon l’origine
On distingue le plus souvent les adventice réellement étrangère (exotique=allochtone),
spontanée dans des régions éloigné. EX : Mirabilis jalappa la belle de nuit plante
ornementale rescapé des jardins.
Oxalis pes-caprae introduite en 1938 accidentellement par les bots des soldats.
Selon la classification géobotanique de Zohary :
Des geobotaniste tell que Zohary divise les adventices en 3 groupes :
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1/ adv. Obligatoire : Confinée uniquement au milieu culturaux et comprenne la
majorité des adventices. Ces plantes sont pour la plus part d’anciens adventices qui ont
perdu leurs habitats d’origine durant la longue histoire de la culture.
Ex : Vaccaria pyramidata et Raphanus raphanistrum
2/ adv. Facultatives :
Figurent aussi bien dans les milieux cultivés que dans les milieux naturels, elles sont
subdivisé en :
Premier groupe : sont des plantes sauvage qui depuis leurs habitat naturelle ont envahie
les milieux culturaux.
Deuxième groupe : où sont les plantes adventices qui ont gagniez l’habitat sauvage à
partir des milieux culturaux.
Ex : Beta vulgaris (betterave sauvage) et Mercurialis annua
3/ adv. Relictuel :
Ce sont les membres de communauté végétale primaire qui ont été laissé sur place par
l’homme à l’état disséminé au moment où il a défriché, nettoyer et préparer la terre.
Quelques-unes d’entre elle ont été laissé intentionnellement par l’homme pour leurs
embrage leurs fruits, leurs apports fourragé ou tous simplement à cause de la difficulté
qu’il pose au moment de leurs dessouchage. EX : Ceratonia siliqua (caroubier)et
Ziziphus lotus (cedra).
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Chapitre II : nuisibilité des mauvaise herbes « nature des
dégâts »
I. Nuisibilité primaire
I.1 nuisibilité directe
1.1 Prélèvement d’eau
Comme les plantes cultivées, les MH font circuler dans leurs tissus d’importante
quantité d’eau pour édifier leurs matières sèche. Il semble même qu’à cet égard bon
nombre d’entre elle commette un véritable gaspillage.
Tableau 1 : besoin comparés en eau (en g/1g de M.S)
Plante entière Plante aérienne
Moyen de 8 plantes 2,42 3,20
cultivée
Moyenne de 8 plantes 5,37 6,57
adventices
Commentaire : l’eau ainsi évaporer est perdu pour la plante cultivé et ce fait est
particulièrement grave ans les régions chaude et sèche tell que la méditerranée.
La croissance rapide des adventices entraine des besoins en eau important qui
se situe souvent avant ceux de la plante cultivé. Ex : - Oxalis cernua forme ses organes
de réserve au moment de l’initiation florale du blé.
-Avena sterilis (la folle avoine) monte en épi avant la céréale et épuise le sol en eau au
moment de la montaison du blé entrainent une diminution du nombre d’épi.
De plus le système radiculaire de la plus part des mauvaise herbe s’installe très
rapidement dans le sol et de la manière très exagéré.
Tableau 2 : longueur du système radiculaire en « m » 20jours après la levée.
Folle avoine 85,5 m
Moutarde des champs 105 m
Chénopode blanc 86,5 m
blé 75,0 m
1.2 Prélèvement d’éléments minéraux
Les exportations en éléments fertilisants des différentes plantes adventices sont du
même ordre que celle des plantes cultivé mais les MH sont capable d’absorbé certains
minéraux dans le sol et les accumulé en quantité considérable par exemple : certaines
espèce Amarantacées et Chénopodiacée sont nettement nitratophiles qui rond leurs
présence encore plus grave, l’azote étant souvent le facteur limitant des rendements.
En réalité ces espèces profitent mieux que certaine plantes cultivé des apports d’azote.
Cela signifié que les apports azoté effectué forme rapidement assimilable risque dans
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certains cas d’entrainée un salissement accrue (des nitrate) par ces espèces nitratophiles
EX : Brome (Bromus) qui contient jusqu’à 0,31 % de son poids en phosphore.
Les données numériques du tableau ci-dessous illustre l’importance de ces
prélèvements.
Tableau 3 : exportation en éléments fertilisants (kg/ha) de quelques plantes adventices
plantes entières.
espèce N P2O5 K2O
Chiendent 49 31 68
Laiteron 67 29 160
Chardon 138 31 117
Renouée 85 47 170
Polygonum arriculore
L’importance considérable de ces tient au fait qu’un grand nombre de MH ont un
système radiculaire extrêmement puissant surtouts chez les plantes bisannuelle et
vivace.
Tous ces prélèvement s’effectue au moment de la croissance rapide et épuise les réserve
du sol entrainant des carences lorsque la plante cultivé à des besoins importantes.
APPLICATION :
Ils ont résulté que la compétition entre adventice et plantes cultivé s’installe très tôt.
Dès la première phase de développement, la lutte devra étant elle aussi s’engager à ce
stade. Ceci suppose d’abords une bonne connaissance des moyens de détermination des
MH au stade plantule afin de mieux choisir le traitement le plus adéquat.
Dans ce domaine les malherbologistes sont moins favorisé que les botanistes car ces
dernier travail sur un matérielle végétale complet (tige, feuillé fleurie et fructifier).
La clé d’identification des adventices au stade cotylédonaires à fait l’objet de nombreux
ouvrage spéciale :
- Bailly R., Mamarot J. et Psarksi 1977. Mauvaise herbes de grandes
cultures Ed. ACTA, 78p (100 espèces)
- Marin Hauf, 1982. Les adventices et leurs plantules. La maison
rustique, Paris 347 p (300 espèces)
- Jauzein P., 1995. Flores des champs cultivés INRA paris (2000 sp).
1.3 Effet écran
Les MH à croissance rapide, à feuilles large créant un écran qui gêne la photosynthèse
de la plante cultivé c’est le cas de chénopode dans les jeune semis de betterave, de
certain MH lianescante ou volubile ex : Convolvulus arvensis, Bryonia dioica, Tamus
communis arrive à étouffé littéralement la plante cultivé par action physico-mécanique.
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I.2 Nuisibilité indirecte
2.1 Télé toxicité ou allélopathie
Le problème des excrétas racinaires toxique ou phytotoxicité est posé depuis longtemps
a propos de la fatigue des sol, constaté en agriculture, la culture trop souvent renouvelle
ou trop longtemps poursuive de certaine plantes sur un même terrain rend celui-ci
impropre à la culture des végétaux (spécialisation régionale) ex : lin, luzerne, agrumes
et pêche.
La répétition d’une même culture est à condamné, l’alternance des cultures est
nécessaire.
De plus, on a remarqué l’influence des précédant culturaux sur les rendements des
cultures actuelles. Ainsi pour le blé l’influence est moins pour l’orge mais plus avec la
betterave et la pomme de terre.
Au Maroc par ex on a remarqué la folle avoine se développe peu dans les blés cultivé
après du coton.
On ce qui concerne les MH certaines espèces ont des racines qui excrète des substances
qui inhibe ou retarde la croissance du blé du lin etc. c’est le cas par ex : du Chelidonium
majus , Papaver rhoeas Sinapis arvensis .
L’eau de lavage de 1/10 des racines de Sinapis arvensis abaisse respectivement à 86%
et 91% du témoin la croissance du lin et radis. On réalité tous les crucifères adventices
connaisse le phénomène de télé toxicité aussi bien au niveau racinaire qu’au niveau
aériens
Mode d’action : en effet des huiles essentielles du groupe cévenoles contenu dans la
paroi de la silique (fruit sec déhiscent) des brassicaceae sont tenu pour responsable.
C’est même cévenoles sont responsable du phénomène d’hétérocarpie (différent fruit)
si répondu chez les bassinées s/famille Brassica sp. Et dans laquelle la germination des
graines du (style qui est déhiscent) du rostre indéhiscent est retardée par rapport à celle
protégé par les valves déhiscentes ce qui donne deux générations d’individu décalé dans
le temps l’une printanière l’autre automnale.
Partie aérienne :
Des expériences similaires faites à partir des extraits aqueux des feuilles de
l’Eucalyptus camaldulensis et de laurier sauce Laurus nobilis en constaté l’inhibition
complète de la germination de blé et la mort de jeune plantes de tomate.
Il est connu depuis longtemps que sous les noyer Juglans regia , il est impossible
de cultivé luzerne tomate et pomme de terre. C’est la juglone composé quinonique
synthétisé par les feuille de noyer et dissous dans les pluvieux lessiva qui est
responsable de ce phénomène de toxicité.
Définition : le terme d’allélopathie désigne l’émission (racine), libération (aérien) par
les espèces végétales ou par l’un des organes vivant ou mort de substance organique
toxique entrainant l’inhibition de la croissance des végétaux se développent au
voisinage de cette espèce ou lui succédant.
Conséquence pratique :
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L’utilisation potentielle de l’allélopathie à l’agriculture est nombreuse :
- Isolement des substances chimiques toxiques et leur utilisation ou leur synthèse
subséquente comme de nombreuse herbicides ou des régulations de croissance
dans le contrôle sélectif de « MH »
- En tant que régulateur de croissance ils peuvent simplement retarder le
développement des MH ce qui permet à la plante cultivé de supplanter les MH.
- Sélection pour les généticiens de gènes allélopathique et produire des plantes
cultivé ayant des propriétés phytotoxique exagéré.
Cependant la gestion des résidus de plantes cultivée phytotoxique doit être prise en
considération dans les rotations de cultures.
2.2 Dissémination et conservation des parasites animaux et végétaux
Certain MH admette les même parasite et les même déprédateurs que les plantes cultivé
citons par exemple1 : l’orge des rats Hordeum murinum est l’hôte de prédilection de la
punaise des céréales Eurygaster mauris qui après le repos hivernale se nourrie à partir
de cette plante de préférence à toutes autre graminée avant d’allé infester les céréales
cultivé.
Exemple 2 : la rouille blanche Cystopus candidus est hébergé par les capselles bourse
à pasteur Capsella boursa pastoris .
Exemple 3 : Ergot du seigle, Claviceps purpurea c’est un basidiomycètes dont le
carpophore s’attaque à divers graminée (Brachypodium, agropyrum) avant de s’installé
sur les épis du seigle.
Exemple 4 : la rouille jaune des céréales Puccinia glumarum est hébergé par de
nombreuse graminée sauvage. Signalons également que le cas des rouilles est
hétéroique certaine plantes adventices constitue des hôte oecidienne souvent
indispensable à la réalisation du cycle de développement du champignon.
Il suffit de rappelé que les doryphores peut effectuer son développement sur divers
solanacées sauvage ou adventices Solanum nigrum (la morelle noire) et Roncet amère
Solanum dulcamara et que de nombreux puceron parasite se développent sur divers
plantes sauvage hébergent les pucerons les cicadelles, les nématodes vecteur de certain
virus de la pomme de terre ex : solanacée et l’amarante pour les virus X et enroulement
Solanum nigrum . Le chénopode blanc pour virus M, c’est espèces sont donc capable
de diffusé ses maladies virale en absence de toutes source de virus provenant de la
plante cultivé elle-même.
II. Nuisibilité secondaire
2.1 Frais de triage :
Les semences des plantes d’adventice constituent toujours dans les récoltes des grains
des impuretés qu’il faut éliminer par triage, les organismes de commercialisation en
tiennent compte et procède au-dessus de certaines % à des « réfractions de prix ».
L’opération du triage est souvent délicate parfois même impossible par suite de
l’absence de différence de grosseur (tamis) et de densité (eau) entre semences
adventices et cultivée. EX : la folle avoine dans l’avoine.
Il on est de même en conserverie de légumes, la séparation de certaine adventice EX :
baies de morelle noire qui est toxique, bouton de chardons, chénopode et fragment
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de silique des ravenelles d’une récolte de pois vert est une opération techniquement
irréalisable.
2.2 Intoxication alimentaire
Un certain nombre de plantes adventices (centaines d’espèces toxique en Algérie) sont
susceptible de provoquer des intoxications alimentaires plus ou moins grave du fait de
la présence de leurs graines, de leurs fruit ou d’autre fragments de plantes dans les
produits végétaux consommé par l’homme ou par les animaux domestique. Mais
l’amélioration des procédés de triage et d’ensilage rond ces accidents de plus en plus
rare.
QUELQUES EXEMPLES :
Tous les RENONCULES OU BOUTON D’OR renferme après la floraison des
alcaloïdes toxiques déterminant des accidents digestif et nerveuse chez les ruminants :
des coliques, trouble de rumination, diarrhées mais une fois la plante sèche ou en foins
ne présente pas ces danger.
LES COLCHIQUE Colchicum autumnale renferme un alcaloïde toxique c’est la
colchicine (un poison mitotique) il se trouve localisé surtout dans les graines et les
bulbes.
L’ORNITHOGALE Ornithogalum pyramidale comporte des bulbes toxique qui
peuvent être ramenée au sol soit par laboure ou par les animaux (cochon et sanglier)
contient un alcaloïde similaire à la colchicine cause chez les ruminants domestique :
• Hyper salivation
• Météorisation (la météorisation est le gonflement de l'abdomen par
accumulation anormale de gaz.)
• Des vomissements
• Diarrhée
• Difficulté respiratoire (dyspnée)
Des intoxications causées par divers semences susceptible d’être incorporé dans les
céréales panifiables et leurs farines. EX la nielle du blé Agrostemma githago peut
occasionne l’irritation de la muqueuse et des trouble gastrique lorsque dans une farine
la proportion du nielle dépasse 2% , on parle d’une farine niellées.
2.3 Altération de la pureté variétal des semences
Concernant les espèces cultivées il y a des possibilités d’hybridation naturelle entre
l’avoine cultivée et (la folle avoine), entre (le colza et la moutarde des champs), et entre
(colza et ravenelle) ceci a empêché d’entreprendre la modification génétique de
certaines espèces cultivé pour les rendre résistante en herbicide.
Le pollen de la plante cultivé essaime le gène de résistance à l’herbicide et la plante
adventice devient à son tour résistante et peut envahir les champs ce qui n’est pas le but
recherché.
Concernant les hybridations avec des espèces sauvages quelques cas ont été emportés
en Europe concernant Epilobium ciliatum (fam. Onagacées) d’origine américaine cette
espèces s’hybride tellement avec des épilobes que des population hybridogène se crée
conduisant à l’abâtardissement (altération) des espèces locale.
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D’une manière générale : On peut dire que chaque fois qu’il y a une certaine proximité
entre l’espèce adventice et l’espèce cultivé voir même les espèces spontanées des
hybridations peuvent intervenir modifiant ainsi le pool génétique et l’avenir des
populations.
2.4 Compétition dans la pollinisation des plantes cultivées
Dans les vergers les espèces adventices offres souvent une forte compétition du point
de vus de l’attraction de leurs pollens des abeilles par apport au aux fleurs des AF. En
fait la liste des adventices compte beaucoup de plantes mellifères.
Ex : Melilotus, Borrago officinalis.
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CHAPITRE III : BIOLOGIE, ECOLOGIE, DYNAMIQUE ET
DIVERSITE DES MAUVAISE HERBES
1. Notions de biologie des mauvaises herbes
1.1 Durée de vie
1.1.1 Cycle biologique
On distingue plantes annuelle et plantes vivaces.
A. plante annuelle
Elles accomplissent leur cycle de développement au cours d’une seule compagne
agricole au même temps que la plante cultivé.
Il convient de séparer les plantes à germination hivernales ex : la folle avoine, la
véronique et le peigne de venus et les plantes à germination printanière ex
chénopode, l’amarante. Il y a évidemment des plantes qui possèdent un cycle très court
et donne plusieurs génération par ans sont les espèces hétérocarpique.
B. Plante vivaces
Durée de vie est normalement supérieur à 1 an souvent elle possèdent des organes de
réserves (rhizome, stolon, bulbes..) ou forme des souches ligneuses ou des touffes.
1.1.2 Type biologique (spectre biologique de Raunkiaer)
Le critère de position des organes de résistances (bourgeon et grain principalement)
pendant la saison la plus défavorable à la plante (adaptation au climat pour la végétation
naturelle ou à une instabilité du sol dans les milieux culturaux) demeure dans le cas des
adventices le critère de base d’une classification biologique. Les végétaux ne sont pas
tous adaptés de la même manière au passage de l'hiver. En fonction de la hauteur à
laquelle se trouvent les bourgeons des plantes Raunkiaer distingue :
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1 : phanérophyte, les feuilles tombent ou non et les zones les plus sensibles
(méristèmes) sont protégées par des structures temporaires de résistance : les
bourgeons.
2 : chaméphyte (chamaephyte), les feuilles tombent ou non, les bourgeons les plus bas
bénéficient de la protection de la neige (NMN : niveau moyen de la neige).
3 : cryptophyte (géophyte), ces plantes passent la période froide protégées par le sol, la
partie aérienne meurt. 3a : c. à bulbe. 3b : c. à rhizome. 3c : c. à tubercule.
4 : thérophyte, (plantes annuelles) ces plantes passent l'hiver à l'état de graine,
l'ensemble de la plante meurt.
5 : hémicryptophyte, stratégie mixte qui combine celle des géophytes et des
chaméphytes.
1.2 Reproduction des MH
1.3.1 Reproduction sexuée (par semence)
A. productivité des MH :
Chez les MH la production des semences est toujours importante :
• Folle avoine de 250 500 graines par plante.
• Ravenelle ( raphanus raphanistum 1500 -5000 graine par plante
• Grand oseille rumex acetosa 10000 à 50000 graine / plante
• Amarante amarantus retroflexus plus de 1 million de graine / plante
• Chénopode blanc plus d’un million.
Ils ont résulté une très grande infestation du sol lorsqu’on laisse les plantes venir à
maturité. De plus la floraison et la maturité sont très échelonnée (étalé) dans le temps
ce qui permet d’évité la destruction des semences par un accident environnementale (
ex : la gelé tardive ou la chaleur excessif.)
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B. Source d’infestation du sol
Les semences des MH existe dans le sol peuvent provenir soit de plantes ayant fructifié
sur place soit y avoir été introduite par des processus divers.
A. Semence produite sur place :
La fécondité remarquable et la grande longévité de semence de MH sont les causes
directe d’une infestation massive du sol dès quand laisse ses plante se développé jusqu’à
maturité.
Pour certain espèces sonchus, oleraceux, laiteron, séneçon on signale que les plants
coupé au stade floraison sont encore capable de mûrir leurs graines. On comprend dans
ses conditions l’impossibilité pratique d’obtenir des récoltes rigoureusement indemnes
de MH.
B. Semence introduites
Les modalités d’apport des MH peuvent se résumé ainsi :
ANTROPOPHYTE (liée à l’homme)
1. Utilisation de semence présentant un degré de pureté insuffisante.
2. Par fumier, les litières peuvent renferme de nombreuse semence de MH mais
les excréments des animaux on rejette également avec une faculté germinative
altéré, ainsi le % des semences fiable dans les déjections serai de :
• 23% chez les vaches
• 10% chez le cheval
• 12%chez le mouton
• 0.3 % chez les volailles.
Ils ont résulté que seul le fumier fabriqué à haute température reste indemne de
semence de MH.
3. Semence introduite involontairement dans les terres agglomérées sur les roues
des engins agricoles.
APOPHYTE (apporté par voie naturelle)
1. Semence introduite par anémochorie (le vent), il s’agit surtout des composées.
2. Par hydrochorie, les eaux d’irrigation ou de ruissellement des régions
innondable.
3. Par zoochorie ça peut être l’ornithochorie (plante à baie), l’ectozoochorie
(grains épineuse accroché à la toison des moutons, terre aggloméré entre les
sabots des quadrupèdes.
4. Ou encore par autochorie, c’est la plante elle-même qui exerce une force
mécanique pour faire expulser la graine à certaine distance.
C. Longévité des semences
La vitalité des semences des MH est souvent longue et varie suivant l’espèce et les
conditions de conservation.
Le botaniste américan W.J. Beal a établi en 1879 l’une des toutes premières
expériences de suivi de longévité des MH. Les graines viables les plus
anciennement connues étaient celle de lotus indien Nelumbo nucifera trouvées dans
le lit d’un ancien lac, leur datation au C14 à donner en âge de 1040 ± 210 ans.
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D. Dormance - Germination
✓ La dormance est un obstacle à la germination
Il existe 2 types de dormance :
→ Dormance primaire : dormance qui s‛explique par des raisons internes à la
semence à cause de l‛embryon (dormance embryonnaire, ex : Rosacées) ou à cause du
tégument (dormance tégumentaire, ex : Poacées doit être traité soit par scarification
soit par stratification).
→ Dormance secondaire = dormance induite : dormance due aux conditions de milieu
telles que des températures trop basses, un manque d‛eau, une semence enfouit trop
profondément, pas assez de lumière, une teneur trop faible en oxygène et CO2.
Elle prend fin quand les bonnes conditions reviennent.
✓ La germination est la fin de vie ralentie de la graine
C‛est l‛ensemble des phénomènes par lesquels une graine développe son embryon en
utilisant des réserves pour former une plantule.
Différents phases
• Imbibition des téguments puis des autres tissus par l‛eau du sol
• Solubilisation des réserves
• Diffusion d‛oxygène vers toutes les cellules
• Divisions cellulaires dans les méristèmes
• Formation de la tigelle et de la radicule
• Levée de la plantule = niveau du sol atteint, les organes atteints peuvent
photosynthétiser
1.3.2 Multiplication végétatif (par organe)
A partir d’un pied mère on obtient plusieurs pieds fils qui se produisent grâce à une
régénération à partir d’un fragment de pied mère (racine, tige, feuille…) qui porte un
bourgeon et dans lequel se produisent des divisions cellulaires. L’ensemble des pieds
ainsi formés forme une COLONIE.
La multiplication végétative et une caractéristique des plantes vivaces.
La reproduction par graine est complétée chez certaines espèces de mauvaises herbes
par la multiplication asexuée et la dissémination d’organe végétative approprié.
A. Organes de multiplication végétative
STOLONS : C‛est une tige rampante sur le sol qui s‛enracine au niveau des nœuds,
bourgeons.
Ce sont des Hémicryptophytes : H st
Ex : Fraisier, Potentille rampante, Renoncule rampante, Agrostis stolonifère, Chiendent
pied de poule…
RHIZOMES : C‛est une tige souterraine souvent horizontale mais qui peut être située
à des profondeurs +/- importantes dans le sol. Cette tige peut accumuler des réserves.
Ce sont des Géophytes : G rh
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Ex : Chiendent rampant, Houlque molle, Carex hérissé, Prêle, Fougère aigle, Liseron
des haies, Renouée amphibie forme terrestre, Tussilage pas d‛âne, Sureau yèble,
Menthe à feuilles rondes, Achillée millefeuille…
DRAGEONS : C‛est une tige souterraine verticale issue de racines. C‛est aussi le
nom du bourgeon à l‛origine de cette tige.
Ce sont des Géophytes : G dr
Ex : Framboisier, Peuplier, Prunellier, Liseron des champs, Laiteron des champs,
Chardon des champs, Rumex petite oseille, Linaire vulgaire, Ronce…
BULBES : Elles sont constituées d‛une tige plateau portant des feuilles
hypertrophiées.
Ce sont des Géophytes : G b
Ex : Tulipe, Narcisse, Poireau, Oignon, Ail, Muscari, Ail des vignes, Poireau des
vignes, Renoncule bulbeuse…
TUBERCULES : Ce sont des zones hypertrophiées ayant accumulé des réserves sur
les tiges ou plus rarement sur les feuilles. On parle de zone tubérisée.
Ce sont des Géophytes : G t
Ex : Dahlia, Avoine à chapelet, Souchet, Gesse tubéreuse, Bryone dioïque…
C. Conséquence du mode de reproduction
Reproduction sexuée
• Méiose et fécondation
• Brassage génétique
• Les individus fils peuvent être légèrement différents des parents (variabilité à
l’intérieur d’une espèce)
• Evolution des espèces
Reproduction asexuée
• Mitose
• Génome des fils est le même que celui des parents
• Stabilité des caractères
• Clone
1.3 Caractéristique biologique (récapitulatif)
Les mauvaise herbes appartiennent à de nombreuses familles botaniques et possèdent
des biologies très diverses d’une espèce à une autre. Mais elles possèdent un certain
nombre de caractères commun.
1. Long durée de vie des organes de conservation ;
2. Taux de multiplication élevé soit par voie sexué soit par voie asexué soit les
deux au même temps ;
3. Dissémination très adapté au milieu ;
4. Croissance rapide d’où le pouvoir de concurrence s’exerce dès les premiers
stades ;
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5. Adaptation à de nombreux environnements (cosmopolite) grâce à la
différenciation des écotypes.
2. Ecologie et dynamique des mauvaises herbes
2.1 Caractéristique du milieu agricole
Qu’est-ce qu’il caractérise un milieu cultivé ?
Une adventice dans un milieu cultivé doit d'un côté faire face à de nombreuses
perturbations, d'un autre côté elle peut aussi profiter des engrais qui sont destinés à la
culture. Ce qui caractérise un champ cultivé depuis le néolithique et l'invention de
l'agriculture, c'est le retour annuel d'un travail du sol. Alors l'objectif de ce travail du
sol va être de détruire la végétation précédemment installée pour permettre
l'implantation d'une espèce cultivée avec un minimum de concurrence.
Mais le milieu cultivé se traduit aussi par une forte richesse en ressources nutritives,
du fait de la fertilisation mais aussi parfois de l'irrigation apportée à la culture. Donc la
caractéristique vraiment particulière, c'est la combinaison à la fois d'un milieu très
perturbé et très riche en ressources nutritives.
2.2 Les adventice des cultures
Les conditions particulières par rapport au milieu naturel environnant ont sélectionné
un pool d'espèces particulier : les adventices des cultures.
Qu’est-ce qu’une adventice des cultures ? et Comment elle réagit aux conditions de ce
milieu ?
Les espèces adventices sont de deux catégories : vivaces et annuelles. Alors chez les
vivaces, effectivement, il y a deux facteurs qui vont permettre à une plante vivace d’être
très nuisible, c'est la profondeur d'enfouissement d'une part et d'autre part la capacité
de multiplication végétative.
Donc plus la profondeur d'enfouissement est importante, plus il sera difficile d'atteindre
l'espèce par un travail du sol ou par les herbicides systémiques, ça c'est essentiel. Et au
niveau de la capacité d'une multiplication végétative, on peut considérer que dans une
culture comme une vigne ou un verger, il faut que la plante soit capable de faire, par
individu et dans l'année, une cinquantaine de boutures, c'est un minimum, si possible
une centaine et quand on arrive à des cultures comme une céréale intensive, il faut que
la plante soit capable de fabriquer 500 boutures dans l'année par individu, ce qui est
considérable évidemment.
Concernant les plantes annuelles, il faut qu'elles soient capables de maintenir un stock
semencier. Qu’il soit, le plus important possible pour pallier aux destructions
successives et aléatoires faites par l'agriculteur ; et donc le caractère important c'est non
seulement la survie, bien sûr, donc la longévité de ses semences qui va être essentielle,
la fertilité, bien sûr, parce que plus il y en a dans le stock semencier et plus l'espèce a
des chances de survivre à long terme, mais aussi à tous les facteurs qui vont permettre
justement de pallier à ce caractère aléatoire du désherbage. C'est-à-dire que la plante ne
peut pas mettre tous ses œufs dans le même panier, il va falloir que certaines graines
germent alors que d'autres ne germent pas, et qu'il y ait plusieurs successions. Donc ça
va être fait par des phénomènes qui sont des dormances très importantes, en général
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liés aux enveloppes autour de l'embryon et pas du tout à l'embryon lui-même, et puis
liés à la photosensibilité des semences.
Beaucoup de mauvaises herbes sont photosensibles et germeront pour certaines, la
plupart, mieux à la lumière qu'à l'obscurité ; pour d'autres, c'est plus exceptionnel,
mieux à l'obscurité qu'à la lumière.
2.3 Le travail du sol
Le travail régulier du sol va empêcher l’installation des espèces ligneuses mais aussi de
la plupart des espèces vivaces à souche. Alors l’effet du travail du sol sur les annuelles
et sur les vivaces à bulbe ou à rhizome est plus complexe. D’un côté ce travail va
éliminer les plantes en surface mais pour les espèces annuelles, il va aussi ramener en
surface des graines produites les années précédentes. Pour les vivaces à bulbe et à
rhizome, la destruction des plantes en surface va être compensée par la dispersion de
petits morceaux de bulbes ou de rhizomes qui vont participer à la multiplication de ces
plantes.
2.4 L’évolution de la flore
D’un point de vue agronomique, jusque ces dernières années, on assiste à une baisse de
diversité et densité des adventices était perçue de manière positive puisqu’elle permet
d’augmenter aussi les rendements des cultures. Cependant, d’un point de vue agro-
écologique, on se rend compte que la durabilité de ce système est faible puisque on
observe un effondrement de la biodiversité dans les agro-écosystèmes. Par ailleurs, les
intrants chimiques vont aussi induire une pollution des eaux et affecter des organismes
non cibles de ces traitements.
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3. Diversité des adventices
Remarque : les étudiants sont appeler à apprendre 20 espèces d’adventice par nom
scientifique et nom commun.
Sinapis arvensis (Moutarde Convolvulus arvensis (Lisron Chrysanthemum segetum
des champs). des champs). (Chrysanthème des
champs).
Trifolium campestris Vicia sativa (Vesce cultivé). Avena sativa
(Trèfle des champs). Folle avoine
Raphanus raphanistum la Rumex acetosa Amaranthus retroflexus
ravenelle Grand oseille Amarante
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Chenopodium album Sonchus oleraceus Sinapis alba
Chénopode blanc Laiteron commun La moutard blanche
Oxalis pes-caprae Cynodon dactylon
Polygonum arviculare
Oxalis pied de chèvre Chiendent pied de poule
Renouée des oiseaux
Bryonia dioica, Centauria cyanus Chelidonium majus
Bleuet des champs Grande Chélidoine
Papaver rhoeas Capsella bursa pastoris Agrostemma githago
Le coquelicot Bourse à pasteur La nielle des blés
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CHAPITRE IV : LE DESHERBAGE
1. Définition
Le désherbage est la pratique qui consiste à limiter le développement des adventices,
ou mauvaises herbes, qui concurrencent les plantes cultivées en utilisant les ressources
du sol (eau et minéraux) ainsi que la lumière.
2. Intérêt de désherbage
• Limiter la concurrence ;
• Améliorer l’état sanitaire de la culture ;
• Améliorer le rendement et la qualité des produits récoltés ;
• Réduire le stocke des semences des Mauvaise herbes dans le sol.
3. historique du désherbage
Dans les systèmes d'assolement triennal, qui se mettent en place dans la moitié nord de
l'Europe au Moyen-Age, le contrôle des adventices est assuré par la succession d'une
culture d'hiver et de printemps et, lors de l'année de jachère, par de fréquents hersages
et labours, ainsi que par le pâturage.
À partir de la révolution agricole des xviiie et xixe siècles, l'allongement des rotations
culturales (jusqu'à 6 ou 12 ans, en 1950), le tri des semences pour éliminer les graines
d’adventices et le désherbage mécanique dans les cultures aux rangs suffisamment
larges pour être sarclées (mais, betterave, navet, pommes de terre...) a amélioré le
contrôle des adventices.
L’introduction des herbicides organiques à partir de 1945 marque une rupture
importante, en permettant un vrai contrôle des populations d’adventices basé sur une
seule intervention technique, la destruction des adventices au stade plantule, de manière
à maintenir leurs populations au-dessous d’un seuil de nuisibilité. L'introduction des
herbicides permet le développement de variétés cultivées moins compétitives vis-à-vis
des adventices ce qui autorise un indice de récolte (biomasse récoltée/biomasse
végétale totale) plus important.
Dans la deuxième partie du xxe siècle, l'apparition de résistances aux herbicides ainsi
que les dégradations environnementales et les risques sanitaires posés par ces produits
entrainent le développement d'autres approches comme la lutte intégrée ainsi qu'un
renouveau des techniques de désherbage mécanique, soit en lien avec l'agriculture
biologique, soit en utilisant les technologies de l'agriculture de précision (caméras,
positionnement GPS...). Cette période voit également le développement des variétés
tolérantes aux herbicides.
4. Différents méthodes de désherbage
Le désherbage peut se réaliser de deux manières différentes : par des moyens
préventifs et d’autre curatifs.
4.1 Moyens préventifs (moyen prophylaxie)
Où le contrôle des adventices, relève de la prophylaxie, en limitant leur
développement, en empêchant leur floraison ou l'apparition de semences . On cite
quelques techniques culturales ou agronomiques, qui consistent à adapter les
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différents éléments du système de culture (rotation, faux semis, date et densité de
semis, fertilisation….), pour limiter le développement des adventices :
4.2.1 La rotation agricole
Le raisonnement de la rotation culturale peut permettre de contrôler la composition de
la communauté d'adventice et d’empêcher l'implantation d'une flore adventice très
spécialisée vis-à-vis de la culture et donc très compétitive.
4.2.2 La technique de faux-semis
Le faux semis consiste à préparer un lit de semence par un travail superficiel du sol,
comme pour un semis, ce qui favorise la germination des graines présentes dans la
couche superficielle du sol. Ce travail se réalise soit directement après
la récolte (déchaumage), soit après un labour.
La deuxième phase consiste, dès que les graines de mauvaises herbes ont germé, à
détruire les plantules, par des moyens mécaniques, avant de réaliser le semis ou la
plantation définitive. Le faux semis peut être répété plusieurs fois avant le semis si
nécessaire et si les conditions le permettent. Cette technique permet de réduire le stock
de graines du sol.
4.2.3 Nettoyage des bords des champs
Les haies peuvent être un moyen d’arrêter les graines apporté par le vent, les bordures
de parcelles doivent être tenue propre, c’est souvent à partir de là que les herbes
envahissent le champ.
4.2.4 Compostage de la matière organique
La matières organique selon son origine peut être une source de graine de mauvaise
herbe (résidu du récolte, fumier frais..) dans ce cas un compostage soigner avec une
élévation de température peut être un moyen de destruction de pouvoir germinatif de
ces graine avant de les incorporer au sol.
4.2.5 Filtration de l’eau d’irrigation
Dans le cas d’irrigation par canaux venant de loin (irrigation collective et d’arrosage à
la raie) des graines de mauvaise herbe peuvent être entrainé par l’eau d’où la nécessité
d’un filtrage qui empêche toute contamination.
4.2 Moyens curatifs
C’est des moyens de lutte contre les adventices consiste à détruire les plantes
indésirables. différentes techniques peuvent être utilisées :
4.2.1 Le désherbage mécanique
Le binage et sarclage mécanique : le binage a pour but d’ameublir la surface du sol
afin de favorisé son aération, le sarclage a pour but la destruction des mauvaise
herbes. Il peut être pratiqué de trois manières :
a. Par sectionnement des racines ;
b. arrachage des plantules ;
c. par recouvrement de plantules.
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4.2.2 Le paillage du sol et les MULCH
L’objectif de ces techniques est d’empêcher la levée des mauvaises herbes en
installant sur le sol un obstacle mécanique qui est aussi un obstacle à la lumière.
Pour cela, on peut utiliser par exemple des plastiques noirs ou des écorces broyées ou
encore des films papiers noirs qui se décomposeront dans le sol (films biodégradable).
4.2.3 Le désherbage thermique
o Binage thermique ou brûlage
Le principe est simple, les jeune feuilles d’une plante sont détruite par une exposition
à une température de 70°C /1seconde par la coagulation des protéines. L’efficacité sur
les plantules de mauvaises herbes seront d’autant plus importante qque sur le stade
cotylédonaire. Le matériel utilisé consiste en des bouteilles de gaz propane porté soit à
dos soit sur charriots.
o la solarisation
La solarisation est une technique mise au point en Israël vers 1975. C’est une
pasteurisation du sol : elle consiste à élever la température du sol dans les couches
superficielles du sol (jusqu’à 30- 40 cm), pendant une durée suffisamment longue (>
45 jours) pour détruire certains organismes indésirables. Ce réchauffement est obtenu
en recouvrant le sol d'un film plastique transparent après un arrosage abondant :
l'humidité assure une meilleure conduction de la chaleur en profondeur.
la solarisation détruit les graines de certains plantes adventices : amarante, capselle,
chénopode, morelle, mouron, ortie, pâturin, séneçon … L’arrosage copieux avant la
pose du film va assurer une prégermination des graines, ce qui facilitera leur destruction
par la chaleur.
En revanche, cette technique a des limites :
• Réalisable uniquement dans les régions les plus ensoleillées
• Possible seulement pour des rotations libérant les parcelles dès fin juin – début juillet
(melon, courgette sous abris par exemple…)
• Impossible sur des parcelles de plein champ destinées à des plantations d’été (choux,
salades .. ;)
• nématodes : la solarisation est peu efficace, sauf si elle est réalisée très régulièrement
sur des sols peu contaminés au départ.
• Plantes adventices : peu efficace contre chiendent, pourpier, liseron…
o désherbage à la vapeur ou à l’eau chaude
Le principe consiste à appliquer sur les adventices de la vapeur obtenue grâce à la
montée en température de l'eau, de l'ordre de 150 à 180°C. Cela provoque un choc
thermique. Il en résulte la destruction de la partie aérienne des végétaux suite à la
destruction des protéines, du fait de l'éclatement des cellules végétales.
4.2.4 La lutte biologique
Quelques cas de techniques de lutte biologique contre les mauvaises herbes existent de
par le monde. C’est le cas au Etats uni au Canada et en Australie où une mauvaise herbe
dominante a été éliminée spécifiquement par des insectes ou des champignons
pathogènes. En règle générale, il faut pas attendre des résultats rapides de cette méthode
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COURS DE MALHERBOLOGIE Mme. ADJIM Z.H. 2021
mais peut-être une solution pour une adventice difficile à combattre par d’autres
moyens ou pour des raisons écologiques.
4.2.5 Le désherbage chimique
Il se fait avec un herbicide qui est la plupart du temps pulvérisé en plein champ après
avoir été dilué dans la cuve d’un pulvérisateur. Le désherbage se fait à différents
moments du cycle de la culture, on parle alors de désherbage de pré-levée quand on le
réalise avant l’apparition des plantules de la plante cultivée puis de désherbage de post-
levée quand on réalise le traitement en cours de culture.
En agriculture conventionnelle intensive, on tente d’éradiquer toutes les mauvaises
herbes afin que leur compétition soit réduite au maximum avec la culture en cours. Les
doses d’herbicides sont donc les plus élevées dans ce système de culture.
En agriculture raisonnée, on tolère la présence d’adventices dans les champs à partir du
moment où le gain financier lié à l’augmentation de rendement dû à la non compétition
des adventices devient inférieur ou égal au prix du désherbage. On raisonne donc du
point de vue économique l’utilisation d’herbicides.
Ces désherbants chimiques de synthèse ne sont pas autorisés en agriculture biologique.
5. Les herbicides
5.1 Définition
Les herbicides sont appelés parfois désherbants, notamment en horticulture. Ce sont
des matières actives ou des produits formulés ayant la propriété de tuer les végétaux.
un produit herbicide correspond d’abord au nom commercial du produit commercialisé
par un distributeur ou un fabricant. Ce produit commercial ou spécialité commerciale
se compose de deux types de constituants : les matières actives qui lui confèrent son
activité herbicide et les formulant qui complètent la formulation. Les formulant sont
soit des charges ou des solvants qui n’ont qu’un rôle de dilution des matières actives,
soit des produits qui améliorent la préparation.
5.2 Les propriétés d’un herbicide
• La phytotoxicité : d’un herbicide est l’action néfaste sur la morphologie ou la
physiologie d’une espèce. Cette nocivité peut entrainer la mort plus ou moins
rapide ou seulement diminuer la vigueur, ralenti la croissance et interdire la
fructification.
• La sélectivité : c’est l’action différentiel d’un herbicide suivants les différents
espèces ou variétés de plante (cultivé ou adventice). Cette sélectivité résulte
d’interaction complexe mettant en jeu soit les caractéristique propre de l’espèce
cultivé soit les possibilités de décalage dans le temps entre le traitement et le
semis ou prélevée.
• La rémanence : La rémanence correspond à la persistance de l’herbicide dans
le sol et qui pourrait nuire aux cultures principales, notamment lors d’un re-
semis. Chaque type d’herbicide a une rémanence plus ou moins longue. Il s’agit
du temps requis pour que la moitié de la matière active se dégrade, un processus
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qui dépend de différents facteurs : les propriété physiquo-chimique (solubilité,
volatilité), du sol, de la météo ……..
Exemple : le piclorame est un désherbant qui persiste longtemps dans les
résidus des plantes, il ne faut pas employer dans les céréales destinée à
l’alimentation du bétail ou à la fabrication du fumier et composte.
5.3 Types d'herbicides
Le groupe de travail « Terminologie » de la Commission des essais biologiques (CEB)
de l'Association française de protection des plantes, recommande d'employer les
définitions suivantes pour les différents types d'herbicides :
o selon la pénétration de l'herbicide :
• herbicide foliaire : herbicide pulvérisé sur les feuilles et absorbé par
celles-ci.
• herbicide racinaire : herbicide appliqué sur le sol et absorbé par
les racines. La pénétration s'effectue par les organes souterrains, entre la
germination de l'adventice et sa levée.
o selon la migration de l'herbicide :
• herbicide de contact : l'herbicide détruit les surfaces de la plante avec
lesquels il entre en contact, il n'est pas véhiculé par la sève.
• herbicide systémique : herbicide de pré-levée ou de post-levée qui
migre dans la plante par le bois ou le liber, depuis les points de
pénétration (racine ou feuille) jusqu'au site d'action. Cette locution est
souvent utilisée dans un sens plus restrictif pour désigner les herbicides
de post levée véhiculés dans la plante par la sève.
o selon sa sélectivité :
• herbicide sélectif : herbicide que peut tolérer une espèce cultivée dans
des conditions d'emploi définies. Si ces conditions d'emploi ne sont pas
respectées, il peut devenir non sélectif. Un herbicide sélectif n'est
généralement efficace que sur certaines adventices.
• herbicide total : herbicide efficace sur l'ensemble des adventices et
aussi des espèces cultivées.
5.4 Modes d'action
Les modes d'action des herbicides sont fondés sur :
• La perturbation de la photosynthèse,
• L’inhibition de la synthèse des lipides,
• L’inhibition de la synthèse des acides aminés,
• La perturbation de la régulation de l'auxine,
• L’inhibition de la division cellulaire à la métaphase,
• L’inhibition de la synthèse des caroténoïdes (pigments protecteurs des
chlorophylles),
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• L’inhibition de la synthèse de l'enzyme PPO (protoporphyrinogène oxydase)
conduisant à la synthèse des chlorophylles,
• La dérégulation des pH entre les différents compartiments cellulaires ou
découplant,
• La perturbation de la croissance.
5.5 Principales familles d'herbicides
On trouve les herbicides minéraux appelés aussi inorganique et en opposition les
herbicides minéraux organiques appelés aussi herbicide de synthèse.
5.4.1 Herbicides minéraux
Ils furent surtout utilisés au début du vingtième siècle. Les plus utilisés actuellement
sont :
• le cyanure de calcium (Ca(CN) 2), il rentre par les racines et pénètre la sève
brute pour ensuite s'accumuler dans les feuilles.
• le sulfate de fer (FeSO4), herbicide de contact utilisé pour lutter contre
les mousses et qui accélère de plus l'humification des déchets végétaux,
• le chlorate de sodium (NaClO3) qui détruit les plantes à fort enracinement.
Oxydant puissant, le chlorate de soude pénètre principalement par les racines et
est transporté par la sève brute vers les feuilles. Son action n'est pas sélective et
peu perdurer jusqu'à six mois dans la terre. Il est détruit par le calcaire, les
matières organiques et les corps réducteurs, il peut être aussi lessivé par les eaux
d'infiltration. Il est peu toxique pour l'homme mais c'est un comburant (qui peut
entrer dans la fabrication d'explosifs). Il peut être employé pour la dévitalisation
des souches. Du fait de son danger (risque d'explosion), il est de plus en plus
remplacé par des substances organiques.
5.4.2 Herbicides organiques
Ils constituent la très large majorité des herbicides du marché actuel. Par commodité,
on les regroupe suivant leur type de pénétration dans le végétal :
5.4.2.1 Herbicides racinaires
• Dinitroanilines (toluidines)
Apparues en 1960, les dinitroanilines sont très peu solubles dans l'eau, ont une forte
volatilité et sont souvent photodégradables : ce sont donc des produits à incorporer dans
le sol, avant la mise en place de la culture.
Ils agissent en stoppant la croissance des plantules peu après leur germination. Ils sont
désignés sous le terme -impropre- d'« anti germinatifs ». Ce sont plus précisément
des antimitotiques. Ils s'utilisent en pré-levée contre les graminées. Leur toxicité est
faible et leur persistance varie selon la dose employée (quelques semaines à un an).
Leur nom se termine par le suffixe « line ».
Exemples : benfluraline, butraline, fluchloraline, nitraline, orysaline,
pendiméthaline, trifluraline
• Urées substituées (NH2-CO-NH2)
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Ce sont exclusivement des herbicides. Leur absorption est essentiellement racinaire.
Véhiculés par la sève brute, ils s'accumulent dans les feuilles où ils inhibent
la photosynthèse. Ils ont une très faible solubilité dans l'eau et présentent une assez
longue persistance d'action dans le sol (2 à 3 mois) mais variable selon les conditions
écologiques rencontrées (sol, pluie, température). Ils ont une bonne action sur les
graminées et sur certaines dicotylédones. Ils sont utilisés en pré ou post-levée. Leur
toxicité est quasiment nulle. Leur nom se termine par le suffixe « uron ».
Exemples : chlortoluron, chloroxuron, cycluron, diuron, éthidimuron, fénuron,
isoproturon, linuron, monolinuron, méthabenzthiazuron, métobromuron, métoxuron,
monuron, thiazafluron, tebuthiuron, thiazafluron, siduron, néburon…
• Triazines
Ce groupe présente une structure cyclique. Ils agissent par inhibition compétitive au
niveau du photosystème II. Les molécules actives prennent la place de
la plastoquinone au niveau du site actif la protéine D1 dans les thylakoïdes, ceci
inhibant la réduction de la plastoquinone et donc le transport électronique. Il y a alors
un surplus d'électrons dans le photosystème II, entraînant un stress oxydant et une
diminution de la synthèse des sucres. Ils pénètrent par absorption radiculaire et sont
véhiculés par la sève brute. Ils sont appliqués directement sur le sol. Le maïs est une
plante très tolérante à ces composés, en particulier à l'atrazine. Le sorgho est également
tolérant mais le blé et le soja y sont sensibles. Leur toxicité est faible et leur sélectivité
souvent bonne. Leur solubilité dans l'eau est réduite et sont donc peu entrainés dans le
sol. Leur persistance peut ainsi atteindre 6 à 12 mois pour certains.
Exemples : atrazine, cyanazine, méthoprotryne, propazine, terbuthylazine, simazine,
simétryne, secbumeton, secbumeton, terbuméton, amétryne, desmétryne, prométryne,
terbutryne…
5.4.2.2 Herbicides racinaires et foliaires
• Imidazolinones
Certains produits de cette famille sont des herbicides totaux, d'autres sont sélectifs.
Étant absorbés par voies foliaire et racinaire, ils sont indépendants des conditions
climatiques. Ils agissent en bloquant l'activité de l'enzyme AHAS (ou ALS)
indispensable à la synthèse de 3 acides aminés essentiels : la valine, la leucine et
l'isoleucine. Cela empêche la plante de croître et entraîne une sénescence prématurée.
Ce mode d'action explique le peu de toxicité de ces substances à l'égard des animaux et
de l'homme, vu que ces derniers ne peuvent synthétiser ces acides aminés, se les
procurant à travers les végétaux. Utilisés sur céréales ou en désherbage total, ils sont
très souples à l'emploi. Leur persistance est de plusieurs mois.
Exemples : imazaméthabenz, imazapyr…
• Sulfonylurées
Ils agissent sur la même enzyme que les imidazolinones, l'acétolactate synthase (ALS)
Exemples : amidosulfuron, azimsulfuron, chlorsulfuron …
• Diphényls-éthers
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Synthétisées à partir de 1964, ces molécules possèdent 2 noyaux benzènes reliés par un
oxygène. Ils sont absorbés par les feuilles et les racines. Leur transport dans la plante
est très limité, ils ont une action de contact. Ils ont un effet inhibiteur sur la croissance
des méristèmes et sont de ce fait généralement utilisés en prélevée ou en post-levée
précoce contre les graminées. Ils inhibent également la respiration. Leur solubilité dans
l'eau est faible et ils persistent dans les sols de 2 à 4 mois. Leur toxicité vis-à-vis des
mammifères est faible. Leur nom se termine généralement par le suffixe « fène ».
Exemples : acifluorfène-sodium, aclonifen, bifénox, bromofénoxime,
chlométhoxyfène, diclofop-méthyle, fluorodifène, fomesafen, lactofène, nitrofène,
oxyfluorfène.
5.4.2.3 Herbicides foliaires
• Phytohormones de synthèse
Connus en 1942, ils sont absorbés par le feuillage et véhiculés par la sève. Leur acidité
est nulle. Il en existe 2 grands groupes :
• le premier est constitué d'auxines synthétiques. Elles entraînent une croissance
anormale de la plante (dicotylédones), débouchant sur la mort.
Le plus connu est le 2,4-D (acide dichloro 2,4 phénoxyacétique), très utilisé pour le
désherbage sélectif des monocotylédones qui y sont peu sensibles, à la différence des
dicotylédones. Le 2,4,5-T est utilisé comme débroussaillant.
• les composés dérivant des acides propénoïque et butyrique. Ils sont absorbés
par le feuillage et s'accumulent dans les zones à division cellulaire intense
(méristèmes, bourgeons, racines) où ils provoquent une croissance anormale.
Leur persistance dans les pailles interdit l'usage de ces dernières en horticulture.
Exemples :
1. 2,4-D, 2,4-MCPA, et ses esters, triclopyr, diclofop-méthyl, 2,4,5-T et ses sels
d'amine en particulier,
2. 2,4-DP (dichlorprop), MCPP (mécoprop), 2,3,6-TBA, dicamba,
piclorame, clopyralid, flurénol, etc.
• Colorants nitrés (dérivés du phénol, dinitrophénol)
Dérivé du benzène, ce groupe comprend des molécules toxiques pour les animaux
(insecticide) et les végétaux. Ils sont de couleur jaune. Ils ont été très utilisés contre une
large gamme de dicotylédonesau stade plantule, pour la protection des céréales en
traitement de post-levée. Ce sont des herbicides de contact à action rapide entraînant
des nécroses sur les tissus qui se dessèchent et meurent. Ils agissent sur les membranes
cellulaires qu'ils perméabilisent aux ions H+, abaissant fortement le pH des cellules. Ils
ne se déplacent pas dans la plante, seules les parties touchées seront affectées par
l'herbicide par l'apparition de brûlures au point d'impact.
Ils sont dangereux pour l'homme et l'environnement de par leur toxicité élevée. Le
DNOC, à l'état sec, présente de plus des risques d'explosion. Les colorants nitrés sont
actuellement remplacés par des produits plus sélectifs.
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Exemples : DNBP (dinosèbe), DNOC (dinitro-Oortho-crésol),
dinoterbe, PCP (pentachlorophénol).
• Carbamates
Conçus en 1945 pour la destruction des graminées, ces herbicides se subdivisent en 4
catégories :
1. les dérivés de l'acide carbamique (NH2-COOH) qui agissent sur la division
cellulaire.
2. les dérivés de l'acide thiocarbamique (NH2-CO-SH) qui inhibent la synthèse des
lipides à longue chaîne et des gibbérellines.
3. les dérivés de l'acide dithiocarbamique (NH2-CS-SH) qui empêchent la
germination.
4. les biscarbamates qui empêchent la photosynthèse.
Ces herbicides ont en commun leur faible toxicité et une volatilité plus ou moins grande.
Ils perturbent la division cellulaire (antimitotique) et la physiologie générale de la
plante, provoquant le phénomène d'anse en panier, dû aux feuilles ne pouvant pas se
déplier.
Ils s'emploient le plus souvent en pré-levée (thiocarbamates) ou post-semis, parfois en
post-levée (phénmediphame, barbame). À l'exception des composés allates, qui
persistent plusieurs mois dans le sol, leur persistance est quasiment nulle.
Exemples :
1. Asulame, barbame, chlorbufame, chlorprophame, prophame, carbétamide ;
2. Thiocarbamates : butilate, cycloate, diallate, triallate, EPTC, molinate,
prosulfocarbe, vernolate, pédulate, thiobencarbe ;
3. Dithiocarbamates : métam sodium, nabame ;
4. Biscarbamates : desmédiphame, phenmédiphame, karbutylate.
• Ammoniums quaternaires (bipyridiles)
Synthétisés dans les années 1950, ils sont formés par l'association de 2 cycles
pyridiniques. Ce sont des accepteurs d'électrons photosynthétiques, actifs sur les
réactions lumineuses de la photosynthèse, provoquant l'arrêt de l'assimilation de CO2.
Ils provoquent également la dégradation des acides gras insaturés, l'ensemble de ces
actions débouchant sur la mort.
Ils se caractérisent par leur rapidité d'action et leur absence de sélectivité (désherbant
total), à l'exception du difenzoquat. Ils pénètrent dans les organes aériens mais migrent
peu. Ce sont avant tout des produits de contact. Ils sont très solubles dans l'eau et n'ont
pas d'effet par traitement de sol car ils sont fortement absorbés par les argiles où, de ce
fait, ils ne se dégradent que très lentement. Ils sont très toxiques pour l'homme et les
animaux, et on n'en connait pas ou peu d'antidote (selon les molécules).
Exemples : diquat, paraquat, difenzoquat.
• Fop/Dime et pinoxaden
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Ce sont des herbicides antigraminées qui inhibent l'acétyl-coenzyme A
carboxylase (ACCase) dans les chloroplastes. De nombreuses résistances sont
apparues, certaines résultent de modifications de l'enzyme chez la plante, d'autres en
revanche proviennent d'autres mécanismes (résistance non liée à la cible).
Exemples : alloxydime-sodium, clodinafop-propargyl.
• Glyphosate
C'est un désherbant total, c’est-à-dire un herbicide non sélectif. Le mécanisme d'action
de ce pesticide est systémique. Il agit en bloquant l'enzyme 5-énolpyruvylshikimate-3-
phosphate synthase (EPSPS). C'est un produit irritant et toxique, surtout connu sous la
marque Roundup.
5.6 Effets négatifs des herbicides
5.5.1 Interactions négatives avec d'autres cultures
Les désherbants peuvent parfois interagir avec les cultures voisines s'ils sont appliqués
en période de vent (phénomène de dérive au moment de la pulvérisation, en particulier
en cas de pulvérisation par avion ou hélicoptère) ou à la suite d'un lessivage vers des
cultures situées vers l'aval de la pente s'il pleut pendant ou peu après la pulvérisation.
On a montré dans les années 1970 que dans le cycle pluri-annuel de la rotation des
cultures, les restes de désherbants sélectifs épandus à l'année « n » peuvent persister
dans le sol, et à l'année n+1 diminuer les rendements d'autres cultures sensibles à ce
désherbant.
Enfin certains désherbants contenant des toxiques non dégradables tels que l'arsenic,
notamment utilisé sur les golfs et les cultures de coton aux États-Unis sont responsables
d'une lente accumulation de ce polluant dans le sol et parfois dans l'eau.
5.5.2 Apparition de résistances
L'usage intensif et généralisé de désherbants a favorisé l'apparition de phénomènes
de résistance de la part de certains adventices. Dans certains cas, on voit même des
résistances croisées à plusieurs désherbants (dont désherbants totaux). Ces résistances
posent des problèmes de plus en plus complexes pour la gestion des cultures.
On a montré au début des années 2000 qu'une exposition répétée à des doses sub-létales
(non mortelles) de désherbant présents dans le sol ou l'environnement de la plante-cible
favorisait l'apparition de telles résistances.
Ces résistances interagissent avec les cultures au moins de deux manières, en favorisant
le maintien d'espèces très compétitives dans les cultures, au détriment des rendements
de ces dernières, et parfois en posant des pertes de prix de vente (récoltes moins
« propres ») ou sanitaires (certaines adventices semblent favoriser des maladies
auxquelles elles résistent mieux que les plantes cultivées, l'ergot du seigle par exemple
avec le Vulpin des champs, Alopecurus myosuroides.
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5.5.3 Perte de biodiversité
L'augmentation de l'efficacité du contrôle des adventices permise par les herbicides
peut mettre certaines espèces d'adventices en danger de disparition. Plus généralement,
ils entrainent une diminution de la diversité des adventices. La diminution de
l'abondance et de la diversité des adventices a également des conséquences négatives
sur les populations d'oiseaux granivores.
5.5.4 Contamination des eaux et des sols
l'utilisation d'herbicides pour contrôler le développement des adventices a entraîné une
contamination largement répandue des eaux de surface et des eaux souterraines par
des substances actives de désherbants, en particulier de la famille chimique
des triazines : simazine, terbuthylazine, etc. Ces pollutions entraînent une hausse des
coûts de potabilisation. Des résidus de pesticides sont également détectables dans de
nombreux sols, y compris loin de leur zone d'application.
5.5.5 Risques sanitaires
L’utilisation des pesticides est à l’origine de maladies touchant les agriculteurs et leur
famille : dépression, cancer, dégénérescence rétinienne, problèmes respiratoires,
maladie de Parkinson et malformations congénitales.
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