Berlin 2021 PDF
Berlin 2021 PDF
Berlin
OR T
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PLANS DE NOS PARTENAIRES.
Vue sur Berlin.
© IMMODIUM - ISTOCKPHOTO.COM
Berlin
SYMPHONIE
D’UNE GRANDE VILLE
C
réative, branchée, vivante, Berlin est une
ville en mutation permanente. On peut la
visiter comme on visite un chantier. Sa diver-
sité architecturale et son urbanisme sauvage
donnent l’impression d’un tissu urbain déchi-
ré et brouillon. C’est un chantier condamné à
l’éternel inachèvement. Avec ses musées qui recèlent
quelques-uns des plus impressionnants trésors de
PA SS EP
OR T l’Antiquité en passant par les palais baroques de Char-
lottenburg et Sanssouci jusqu’aux lieux de mémoire du
XXe siècle, vous verrez toute la beauté, l’extravagance
et la cruauté de son passé. Berlin porte un passé lourd,
marqué par deux conflits mondiaux, les atrocités du na-
zisme, la partition de la ville, et une lente et laborieuse
réunification. Il en résulte que la ville est un véritable
livre d’histoire à ciel ouvert. Berlin, c’est aussi une na-
ture incroyable où l’on peut fuir la cohue de la ville dans
ses nombreux parcs et lacs. Devenue capitale de l’Alle-
magne réunifiée, elle est résolument tournée vers l’ave-
nir et ce sont sa vie trépidante, ses cafés, ses restau-
rants, sa vie nocturne et son mode de vie qui font toute
sa popularité. Son effervescence nocturne en fascine
plus d’un à travers le monde avec ses cabarets déjan-
tés, ses clubs improbables et ses bars qui ne ferment
jamais. Au gré des visites, des rencontres, des soirées,
laissez-vous séduire par l’insouciance et la désinvolture
berlinoises.
©NIKADA-ISTOCKPHOTO.
COM
SOMMAIRE
4 INSPIRER
Si Berlin vous inspire un parfum
de guerre de froide, laissez vous
aussi surprendre par ce qu’elle est
devenue : une ville furieusement
libre et dynamique.
27 DÉCOUVRIR
67
Berlin, son histoire, sa scène
artistique, sa littérature, son SE REPÉRER
cinéma… et toutes les clés
qu’il faut avoir en main pour SE DÉPLACER
comprendre cette ville-kaléi- Pour économiser son temps
doscope. et son énergie dans cette ville
tentaculaire, mieux vaut ap-
prendre à se familiariser avec
le réseau de transport, fiable
95 À VOIR et efficace !
À FAIRE © VV
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Après la visite des mémoriaux, .C
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des musées et des parcs, vous
pourrez partir à la découverte des
quartiers de la ville, des quartiers
aux identités multiples.
147 SE RÉGALER
Branchée, moderne et cosmo-
polite, la capitale allemande
regorge d’adresses exquises
remixant les saveurs du
monde entier et pour tous les
budgets.
TO.COM
K PHO
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165
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(SE) FAIRE
ARIOG
PLAISIR
UTI-ISTOCKPHOTO.COM
A côté des centres-commerciaux et des
grandes enseignes, Berlin a su conserver ses
friperies, ses brocantes, ses ateliers et ses
petites boutiques.
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BOUGER
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& BULLER
Entre les parcs, les forêts et les lacs, les activités
sportives en extérieur ne manquent pas. Côté dé-
tente, on peut compter sur les nombreux saunas
et spas de la ville.
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PHOTO.COM
Berlin s’est forgée une sérieuse répu-
tation de capitale de la nuit et certains
de ses night-clubs sont connus des
noctambules aux quatre coins du
globe.
207 HO
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ESCAPADES
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LOT
229 ORGANISER
SON SÉJOUR
Pour avoir des billets de train à des prix
intéressants ou pour se loger dans le centre,
mieux vaut s’y prendre bien à l’avance, mais le
jeu en vaut la chandelle !
3
QUAND
Y ALLER
JUILLET AOÛT SEPTEMBRE
OCTOBRE NOVEMBRE DÉCEMBRE
5
LES BONNES
RAISONS
D'Y ALLER
SON HISTOIRE
Ses plaies sont en-
© AUTHOR’S IMAGE
LE MUR DE BERLIN
© PHILIP LANGE - SHUTTERSTOCK.COM
SON ARCHITECTURE
L’architecture berlinoise
reflète diverses époques
et différents régimes
politiques.
6
© TSUGULIEV - SHUTTERSTOCK.COM
© MKRBERLIN - SHUTTERSTOCK.COM
SES PARCS
Berlin est une capitale
parmi les plus vertes
du monde. Ses parcs se
comptent par centaines.
SES LACS
© ELIZABETH KAWAMURA - SHUTTERSTOCK.COM
7
LES BONNES
RAISONS
D'Y ALLER
SA SCÈNE QUEER
Depuis les années 1920,
Berlin est l’eldorado des
communautés LGBTQ en
Allemagne.
© UGIS RIBA - SHUTTERSTOCK.COM
© VERSHININ - ISTOCKPHOTO.COM
LA BIÈRE
LA MUSIQUE ÉLECTRO La pinte de bière ber-
Berlin est célèbre pour ses linoise est à peu près
boîtes de nuit qui attirent la deux fois moins chère
jeunesse de toute l’Europe. que le demi parisien.
8
LES 12
MOTS-CLÉS
#AMPELMÄNNCHEN #FKK
Le petit bonhomme piéton des feux de signa- La culture du corps libre (Freie KörperKultur)
lisation est devenu un emblème de Berlin. Ins- est bien ancrée chez nos voisins d’outre-Rhin.
tauré d’abord à Berlin-Est, il fut ensuite utilisé Il n’est pas rare dans certains parcs ou sur
dans toute la RDA. À la chute du Mur, la muni- les plages de voir des Allemands dans le plus
cipalité voulut le remplacer par les classiques simple appareil. Ne soyez pas surpris si vous
feux pour piétons de l’Ouest, mais il fut ardem- vous rendez au sauna à Berlin, le port du maillot
ment défendu. Aujourd’hui, on le trouve même à de bain y est très souvent interdit. « Halte au
Berlin-Ouest. textile ! » donc.
#KIEZ
Berlin est une ville-monstre dont la superficie
© WONDERVISUALS - SHUTTERSTOCK.COM
#BER #OURS
Connu sous le code BER, le nouvel aéroport de Selon une croyance populaire fausse, Berlin tire-
Berlin aurait dû ouvrir en 2012. A force de scan- rait son nom de l’Ours (Bär). Il semblerait plutôt
dales à répétition, son ouverture est sans cesse que l’on doive ce symbole au margrave du Bran-
repoussée, faisant de lui l’objet de railleries pré- debourg Albert Ier, dit « L’Ours ». Depuis 1280,
féré des Berlinois. Huit ans après l’inauguration
prévue initialement, son ouverture n’a pas été l’ours est l’animal héraldique de la ville. Vous le
empêchée par la paralysie due à la pandémie trouverez partout : sur le drapeau, en statue, en
de covid-19. peluche dans les boutiques de souvenirs etc.
#DÖNER
La légende veut que le Döner Kebab ait été
inventé à Berlin par un immigré turc, Mehmed
© MARIN04KA - SHUTTERSTOCK.COM
9
LES 12
MOTS-CLÉS
#RÉUNIFICATION #SZENE
L’acte symbolique de la Réunification fut sans La scène berlinoise, dite Szene, est une notion
aucun doute la chute du Mur de Berlin, le 9 no- qui recouvre à la fois une façon de vivre, des
vembre 1989. Puis ce fut un long processus de modes et tendances, des sorties, des courants
retissage entre les deux parties de la ville. Il a politiques... La Szene berlinoise, fondamentale-
par exemple fallu repenser la totalité du réseau
de transports. Devenue capitale de la RFA, Berlin ment alternative, recouvre aussi les différents
a retrouvé sa place parmi les grandes villes- lieux de fêtes, des clubs les plus incongrus aux
mondes. plus huppés... La Szene, c’est le Berlin qui bouge.
#WEGBIER
La bière est une boisson de prédilection à Ber-
© STRUVICTORY - SHUTTERSTOCK.COM
#SCHNAUZE #WG
Littéralement, la « Schnauze » désigne la La colocation – ou WG pour Wohngemeinschaft–
gueule d’un animal. Mais quand les Allemands est très développée à Berlin. S’il était autrefois
parlent de la « Berliner Schnauze », ils font allu- facile de trouver une colocation à Berlin, le suc-
sion au franc-parler des habitants de la capitale. cès de la ville a provoqué un afflux de nouveaux
C’est une manière dépréciative et plutôt mépri-
sante pour caractériser les Berlinois auxquels arrivants qui rend la recherche plus compliquée
on prête volontiers un caractère un peu rustre et plus compétitive. Pour intégrer une WG, il faut
et nonchalant. se préparer à passer un véritable casting !
10
MON BERLIN
avec Henri FRUNEAU, auteur du guide
© DR
Interview
Passionné par les
langues et civilisations
étrangères, Henri
Fruneau poursuit des
études d’allemand en
France et en Allemagne.
Après avoir étudié et
vécu à Leipzig et à
Vienne, il décide de
s’installer à Berlin pour
mieux comprendre
cette ville intrigante. Il
vit maintenant depuis
quatre ans dans la
capitale allemande
et continue d’arpenter
la ville avec intérêt
et curiosité.
11
TOP 10
A VOIR/A FAIRE
E
ntre les parcs verdoyants, les musées et les lieux chargés d’histoire, Berlin ne
manque pas de sites d’intérêt et il y en a tout autant pour les rats des champs
que pour les rats des villes. Berlin est aussi connue pour abriter des endroits
insolites, comme le parc du Tempelhofer Feld où la nature a repris ses droits sur les
anciennes pistes de l’aéroport. Avec les Berliner Unterwelten, vous pourrez visiter
les sous-terrains de la ville et découvrir l’histoire des bombardements ou de la
guerre froide.
E RS T O C K . C O
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BRANDENBURGER TOR –
PORTE DE BRANDEBOURG
La Porte de Brandebourg,
après 28 ans passés à KULTURBRAUEREI
l’ombre du Mur, est devenue Un bel exemple de reconver-
un symbole de l’Allemagne sion réussie. Cette ancienne
réunifiée après 1989. brasserie est devenue un
véritable centre culturel :
théâtre, cinéma, etc.
KAISER-WILHELM-GEDÄCHTNIS-
KIRCHE - IS
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KPHO
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NEUES MUSEUM
Le Neues Museum possède
une superbe collection
égyptienne, et son buste de
142 la reine Néfertiti est connu
dans le monde entier.
12
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OBERBAUMBRÜCKE
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Ce pont, entre Kreuzberg
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à l’Ouest et Friedrichs-
BER
hain à l’Est, offre un beau
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panorama sur la Spree et
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la Tour de la télévision.
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allemande en plein
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cœur de la capitale et
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coupole de verre.
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146
ZOOLOGISCHER GARTEN
& AQUARIUM
Le plus vieux des zoos allemands
est un charmant lieu de prome-
nade où architecture, faune et
flore s’harmonisent parfaitement.
13
TOP 10
SE RÉGALER
R
assurez-vous : à Berlin, on ne mange pas que de la Curry Wurst (cette célèbre
saucisse servie avec une sauce tomate au curry). Côté cuisine, Berlin est au
carrefour de toutes les influences et de toutes les modes, du fast au slow food,
du barbecue au végan, etc. Les cuisines du monde ont auprès des jeunes plus
de popularité que la cuisine traditionnelle. On peut ici faire le tour du globe avec
son assiette, pour des prix doux et avec des plats de grande qualité ! Les petits
budgets le savent : à Berlin, on peut manger sur le pouce pour trois fois rien et se régaler
sans se ruiner.
DR
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155 151
N
MO
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KONNOPKE IMBISS
Sous la ligne de métro U2,
c’est sans doute la meilleure
et la plus connue des DAE MON
Currywürste de Prenz- Cuisine fine, créative et
lauer Berg et de Berlin. moderne, d’un bon rapport
qualité-prix, dans un
restaurant branché situé
BAR RAVAL en plein cœur de Mitte.
Restaurant à tapas connu pour
être une initiative de l’acteur D.
Brühl. Cuisine du chef Atilano RI
MB
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156
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W – DER IMBISS
Un restaurant boui-boui de
grande qualité. Sa cuisine
est à la fois créative et
159 bon marché. Essayez par
exemple le «naan-pizza».
14
163
HENO
HENO
Le Heno Heno est un
restaurant où l’on sert une
cuisine japonaise simple
et fine : pas de sushis 157
mais de délicieux
plats de riz.
MICHELBERGER
HOTEL
PH
OTO
C’est un superbe
hôtel design mais aussi une
excellente cuisine bio dont
les produit sont cultivés
dans les environs
de Berlin.
159 HORVATH
Sebastian Frank
propose une cuisine
inventive, inspirée
par les spécialités
autrichiennes, dans
son restaurant à
Kreuzberg.
© MICHELBERGER HOTEL
158
ATLAS
CAFÉ
Une cuisine allemande,
simple et savoureuse,
à des prix défiant toute
concurrence. Une excel-
lente adresse de la
Graefestraße.
163
NENI
Restaurant avec une
vue panoramique sur
Charlottenburg et sur le
Tiergarten, proposant
des spécialités orien-
tales revisitées.
163
DIE
STULLE
Beau restaurant design
avec terrasse, idéal pour
un délicieux petit-déjeu-
ner frais non loin de la
charmante Savi-
gnyplatz.
15
TOP 5
B
erlin regorge de bars fabuleux
où l’on viendra se rafraîchir à
toute heure. Que diriez-vous
FAIRE UNE PAUSE de siroter un cocktail tout
en observant la ville s’animer sous
vos pieds ou d’engloutir une bière les
KLUNKERKRANICH oreilles bercées par le son du DJ ?
Caché sur le toit d’un centre
commercial, ce rooftop bar aux
allures de plage offre une
© KL U N K E R K R
vue
magnifique sur le quartier. A NIC
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© E GI – S T
158
21 GRAMM
Ce charmant café se cache
entre les murs d’une ancienne
chapelle, ce qu’il lui donne une
174 atmosphère tout à fait insolite.
168 ©
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AN EINEM SONNTAG IM
AUGUST
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Ce café est aussi populaire pour -S
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les pauses en journée que pour les
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GU
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169
MONKEY BAR
Ce rooftop bar est le beau et le
plus populaire de Charlottenburg.
Vous verrez peut-être les singes
dans le zoo en contrebas.
16
TOP 5
M
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(SE) FAIRE PLAISIR
UT T
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VA R TA N O VA
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n trouve dans la capitale alle-
RIS T IN A
mande aussi bien des grands
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magasins que des petites
boutiques de créateurs, des
brocantes et des concept stores, sans
oublier les très populaires marchés aux 186
puces. L’éventail est large et nos coups
de cœur se veulent un reflet de cette FLOHMARKT IM MAUERPARK
grande diversité. Sans doute le plus connu et le
plus branché des marchés aux
puces. Célèbre aussi pour son
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karaoké le dimanche après-midi.
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Le Kadewe est une institution qui
183 évoque tout autant la tradition
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K A miracle économique de l’Ouest.
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BOHEI
Une adresse idéale pour ramener
un petit cadeau original : une
carte postale fantaisiste, un 182
bijou ou un bibelot atypique.
17
TOP 5
C
ôté sports et détente, Berlin
se détache encore une fois du
lot avec des lieux inédits, ori-
BOUGER & BULLER ginaux, insolites, incongrus :
une piscine dans la Spree, un bassin
d’eau salée sous une voûte de béton,
un parcours d’accrobranche urbain,
BADESCHIFF etc.
La piscine la plus originale de
Berlin : un bassin dans les eaux
sombres de la Spree et une plage CO
M
de sable fin. Comme à la mer. OB
E.
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K.
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VABALI
Un petit coin de paradis balinais
à dix minutes de la gare centrale.
Saunas, spas, bassins extérieurs.
Déconnexion garantie.
194 194 ©
EG
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STADTBAD NEUKÖLLN
AD
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LIQUIDROM
Un spa ultra-contemporain que
l’on appréciera pour son bassin
d’eau de sel dans lequel on flotte
en écoutant de la musique.
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194
192
MOUNT MITTE MO
©
18
TOP 5
SORTIR 200
SCHWUZ
Le SchwuZ est un
B
club queer, actif et
erlin est le rendez-vous des engagé, festif et extrava-
noctambules du monde entier. gant. Trois dancefloors et
autant d’ambiances :
Bars et clubs de manquent pop, techno,
pas. Difficile de suivre les ten- rétro.
dances, elles sont changeantes et les
Berlinois cultivent un certain sens du
secret, pour ne pas révéler les meil-
leurs coins à champignons. 198 BER- PH
O
GHAIN
TO
Le Berghain est indé-
niablement le club culte
de Berlin, c’est un temple
de la musique, de la
fête et de la concu-
piscence.
200
SISYPHOS
© AUTHOR'S IMAGE
Ouvert tout le
week-end, le Sisy est
bien connu des oiseaux
de nuit. Son espace
extérieur a des allures
de petit village.
198
CLUB DER
VISIONÄRE
Posé au bord de l’eau, ce
bar-boîte jouit d’un cadre
idéal pour un after après
une nuit endiablée
dans les clubs
avoisinants.
M
itte est un quartier privilégié pour l’hébergement car la plupart des sites
historiques sont facilement accessibles à pied. C’est aussi dans ce quartier
qu’ont ouvert les hôtels les plus originaux et les plus luxueux. Mais on y trouve
aujourd’hui encore des auberges de jeunesse abordables ! Tous les quartiers
à l’intérieur du Ring proposent une grande diversité d’établissements. En
période de foires, l’hébergement est plutôt tendu en ville. Comme dans
d’autres grandes villes, mieux vaut réserver son logement au plus tôt.
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MINILOFT MITTE
253
Minilofts de charme au style clair
et épuré dans un superbe cadre
à proximité de la gare Haupt-
bahnhof en plein cœur de Mitte.
20
248 HOTEL
MANI
Hôtel, d’un bon rapport
qualité-prix, avec une
terrasse dans une ravis-
sante cour au cœur du
quartier le plus bran- PHOTO
ché de Berlin.
MICHELBERGER 252
HOTEL
Chambres au design
audacieux et au charme DIY
dans un hôtel avec bar fré-
quenté par l’industrie
créative de Frie-
drichshain.
253 36
ROOMS
Auberge de jeunesse,
pas chère et de très
bonne qualité, avec ter-
rasse et belle vue, située
en face du Görlizter
Park à Berlin.
© PHILIPPOBKIRCHER
248
MEININGER
HOTEL BERLIN MITTE
HUMBOLDTHAUS
Hôtel-auberge aux chambres
très abordables en plein
cœur historique. Certes
une chaîne, mais d’un
excellent rapport
qualité-prix.
256 HOTEL
HENRI
Un petit hôtel élégant,
rétro, plein de caractère
et de raffinement qui
254
semble tout droit
sorti de l’Angleterre
EASY victorienne.
LODGES
Dormir dans un bunga-
low sur le site de l’ancien
aéroport de Tempelhof
sous le ciel étoilé et
sans avions, ça n’a
pas de prix.
21
TOP 5
GASTRONOMIE
ALLEMANDE
B
erlin réserve de bonnes tables
pour les papilles nostalgiques,
curieuses et exigeantes qui
veulent faire connaissance
avec la gastronomie d’outre-Rhin. Voici
5 des meilleurs restaurants où vous
pourrez déguster schnitzels, spätzle,
maultaschen et autres spécialités de
l’espace germanophone.
150
AL-
PENSTUECK
Cuisine autrichienne et
d’Allemagne du Sud avec
d’excellents Schnitzels
dans un beau restau-
rant avec terrasse à
Berlin-Mitte.
JO-
153
SEPH-ROTH-
DIELE
Dans ce café-bistro, on
sert une cuisine allemande
traditionnelle, copieuse,
savoureuse et d’un ex-
cellent rapport qua-
lité-prix.
162 MAUL-
TASCHEN
MANUFAKTUR
De savoureux Maultaschen
(spécialité souabe) à savou-
rer avec une Rothaus (bière SCHNIT-
de la Forêt-Noire) dans AUSSPANNE 154 152
un cadre authen- Restaurant de ZELEI
tique. Prenzlauer Berg offrant Ce restaurant coloré
une délicieuse cuisine et élégant propose des
traditionnelle allemande, schnitzels, mais aussi
conçue avec finesse toute une collection ori-
par le chef André ginale des « tapas
Pilz. allemandes ».
22
TOP 5
BIERGARTEN
L
e mot « Biergarten » ne trouve
pas d’équivalent en français
et sa traduction par « jardin
à bière » sonne un peu mala-
droite. Il n’en reste pas moins que les
Biergärten sont d’agréables lieux de
sociabilité aux beaux jours et l’on sa- 174 GOLGA-
vourera sa bière, au soleil ou à l’ombre
d’un platane. THA
Ce Biergarten, dissi-
mulé dans le Viktoriapark,
est une étape rafraîchis-
sante dans votre décou-
verte de Kreuzberg
aux beaux
jours.
176
BRŁO
BRWHOUSE
O
OT
PH
155 PRATER
GARTEN
Cuisines allemande et
autrichienne dans ce beau
Biergarten, qui est aussi
le plus ancien de la ville.
Sa création remonte
à 1837 !
CAFÉ AM 153
NEUEN SEE
169 Dans le Tiergarten et au
ZOLLPAC- bord d’un lac, le cadre de ce
KHOF Biergarten est enchanteur.
Zollpackhof est le Une étape rafraîchissante
Biergarten le plus central pour les beaux
de Berlin, tranquillement jours.
posé sur les bords de
la Spree, face à la
chancellerie.
23
PRATIQUE
VIE QUOTIDIENNE
ALLO ? LGBTQ
Pour appeler un numéro de téléphone berlinois Berlin compte la plus grande communauté
avec un numéro étranger, pensez à ajouter l’in- LGBTQ d’Allemagne. Vous trouverez en ville de
dicatif allemand: +49 (soit 0049) sans le zéro nombreux magazines gratuits (Siegessäule ou
initial. Pour appeler vers la France depuis Berlin, Blu par exemple) ou des cartes répertoriant les
utilisez l’indicatif français +33. Depuis 2017, les différents lieux de sociabilité gay de la ville. Ber-
frais d’itinérance ont été supprimés dans les lin n’a pas attendu le coming-out de son maire
27 pays membres de l’Union européenne. Un Klaus Wowereit pour revendiquer son identité
plafond peut toutefois avoir été défini par votre queer. Déjà dans les années 1920, Berlin était
opérateur. connue en Europe comme une destination ho-
mosexuelle de choix. Il suffit de relire Goodbye
to Berlin du Britannique Christopher Isherwood
ACCESSIBILITÉ pour s’en convaincre. La communauté homo-
Beaucoup de stations de S-Bahn et U-Bahn dis- sexuelle berlinoise trouve un porte-parole avec
posent d’ascenseurs pour faciliter l’accès au Magnus Hirschfeld qui fonde en 1919 son Insti-
quai pour les personnes à mobilité réduite (les tut de sexologie. Aujourd’hui, Berlin est connue
informations sont indiquées sur les cartes de par les LGBTQ du monde entier, autant pour
transport). Les trottoirs sont larges et les chaus- sa longue tradition que pour la diversité de sa
sées en bon état pour une circulation sans trop Szene queer.
de difficultés en fauteuil. Enfin, vu le vaste choix
en hôtellerie, il est possible de trouver des hôtels
pour tous les budgets et spécialement équipés AMBASSADE ET CONSULATS
pour les personnes en situation de handicap. L’ambassade de France et le consulat se
trouvent au 5 Pariser Platz, non loin de la Porte
de Brandebourg. L’ambassade de Belgique se
SANTÉ trouve près du Gendarmentmarkt, au 52 de la
Il existe des médecins francophones à Berlin, Jägerstraße. L’ambassade de Suisse est toute
l’ambassade de France en a la liste qu’elle pu- proche de la chancellerie (Otto-von-Bismarck-
blie sur son site Internet www.ambafrance-de. Allee 4a). Quant à l’ambassade du Canada, elle
org (voir rubrique « Berlin » puis « Informations se trouve au 17 Leipziger Platz.
pratiques »). Pour connaître le nom et l’adresse
du médecin et de la pharmacie de garde, il suf-
fit d’aller à la pharmacie la plus proche : c’est POSTE
indiqué sur la porte (comme en France). Vous Les bureaux de poste sont jaunes, comme en
pouvez aussi contacter le consulat, il vous France, et toujours remplis de monde quand on
accompagnera dans vos démarches. En cas y va, comme en France. Les tarifs sont en re-
de problème grave, c’est aussi lui qui prévient vanche plus élevés. Ici, un timbre pour une carte
la famille et qui décide du rapatriement. Pour postale vers la France coûte 0,95 €. On trouve
connaître les urgences et établissements aux des timbres dans les bureaux de poste (ouverts
standards internationaux, consultez les sites souvent jusqu’à 18h, parfois plus), dans les dis-
www.diplomatie.gouv.fr et www.pasteur.fr tributeurs de timbres (rares), dans les kiosques
(parfois) ou chez certains marchands de cartes
postales. Une carte postale coûte entre 0,50 et
URGENCES SUR PLACE 1,50 € en général. Les boîtes aux lettres sont
Pour joindre les pompiers, c’est le 112 comme jaunes ; à destination de la France, glissez votre
dans tous les pays d’Europe. Pour la police, courrier dans la fente Andere Postzahlen.
contactez le 110.
MÉDIAS LOCAUX
SÉCURITÉ Le paysage médiatique allemand est très
L’Allemagne est un pays sûr et il n’y a pas de décentralisé. La première chaîne de télévision
précautions particulières à prendre. A Berlin, (Das Erste) a son siège à Hambourg, la deu-
vous ne risquez rien d’autre que de croiser des xième (ZDF) à Mayence, etc. Depuis que Berlin
oiseaux de nuit éméchés sur le chemin des a retrouvé son statut de capitale, les différentes
boîtes de nuit. chaînes de télévision y ont ouvert des studios
24
et des antennes tout en gardant leur siège en Berlin dispose également d’un bimensuel de
province. De nombreux journaux d’importance qualité : Tip Berlin (www.tip-berlin.de). On y
nationale sont tirés dans d’autres grandes villes trouvera des articles de fond sur l’actualité de
du pays : le quotidien libéral-conservateur Fran- la ville et des agendas culturels très complets.
kfurter Allgemeine Zeitung siège à Francfort, Si vous ne lisez pas l’allemand, vous pourrez
le Süddeutsche Zeitung, de centre-gauche, a vous reporter sur le magazine mensuel Exber-
son siège à Munich, etc. Le quotidien et tabloïd liner (www.exberliner.com), publié en langue
le plus lu en Allemagne, Bild-Zeitung, conser- anglaise.
vateur et racoleur, a quant à lui son siège en Si vous cherchez des blogs pour trouver d’autres
plein centre de Berlin. Les quotidiens les plus sources d’inspiration, en voici quelques-uns en
importants de la ville sont le Berliner Zeitung, le français : aberlin.fr et www.goodmorningberlin.
Tagesspiegel et le Berliner Morgenpost. com
25
OR T
PASSEP
B
erlin est une ville étonnante où l’on ne
cesse d’être surpris par les aléas de
son histoire mouvementée, et la dé-
couvrir, c’est se confronter à son pas-
DÉCOUVRIR
sé torturé. Jusqu’à la fin du XXe siècle, la ville est
au cœur de conflits et des tensions de la guerre
froide. Elle fascine aujourd’hui car c’est l’his-
toire d’une renaissance, d’un come-back ines-
péré. L’architecture de la reconstruction après
la chute de Mur fascine par sa créativité. Nom-
breux furent les grands bureaux d’architectes à
participer à la reconstruction d’une ville dont le
tissu urbain est encore percé de plaies béantes.
Mais Berlin assume ses cicatrices. La ville tient
aussi une place privilégiée sur la scène artis-
tique internationale : ses théâtres, ses opéras,
ses musées, qui jouissent d’une longue tradi-
tion, sont de renommée mondiale. Quant à la
scène artistique indépendante, la Freie Szene,
elle est essentiellement tournée vers l’avenir.
OSTALGIE,
MADE IN GDR
A
en juger par la quantité de boutiques Ampelmann à Berlin et par la popularité du
DDR-Museum ou du film Good Bye Lenin! en 2003, il semblerait que le souve-
nir de la RDA se soit réduit à un usage touristique et commercial. L’ostalgie des
années 1990 a-t-elle laissé place à une exploitation marketing des récits et sym-
boles est-allemands ? Pourtant, trente ans après la Réunification et la disparition
de la République Démocratique allemande, ses « traces » sont toujours dans le
paysage berlinois et le souvenir de la RDA est toujours présent dans les mentalités. On ne trou-
vera pas grand monde pour regretter le Mur ou la Stasi, mais beaucoup s’insurgent contre le
paternalisme ouest-allemand et revendiquent un autre regard sur la RDA qui, sans nier la dicta-
ture, veut rendre visibles les atouts du pays disparu. Peut-on comprendre l’ostalgie comme la
survivance d’un idéal ? Retour sur ce phénomène polyforme et pour le moins ambigu.
28
© LUISA FUMI - SHUTTERSTOCK.COM
DDR Museum.
l’entertainment à destination des Allemands de ambivalences du phénomène ostalgique. Alex
l’Ouest. Nicolas Offenstadt s’attache à écouter fait revivre la RDA dans l’appartement de sa
les voix est-allemandes et les prend au sérieux. mère alitée, fidèle à son pays, pour lui éviter le
29
OSTALGIE, MADE IN GDR
La café Sibylle, sur la Karl-Marx-Allee, a dû du KPD, député au Reichtag et résistant au
mettre la clé sous la porte, l’auberge de jeu- nazisme. Depuis 2014, le mémorial est classé
nesse Ostel a suivi le même destin. Le phé- monument historique.
nomène ostalgique s’est-il essoufflé, ou a-t-il
étouffé de par son détournement commercial ? L’Ostalgie dans les urnes
Tous les sites liés à la RDA n’ont pas disparu Le mur de béton qui a séparé la ville pendant 28
et que les visiteurs se rassurent : certains ans a laissé des traces. On parle en allemand du
lieux de la ville conservent encore aujourd’hui Mauer in den Köpfen, le « mur dans les esprits ».
cette esthétique du passé. Alexanderplatz Dans les quartiers périphériques de Berlin, il n’y a
(p.101) est indéniablement l’un de ces lieux. pas eu la mixité qu’ont connus Prenzlauer Berg ou
Complètement détruit par les bombardements, Mitte. Il y a aujourd’hui peu de Berlinois de l’Est à
le quartier a reçu après la guerre de nouvelles Reinickendorf ou à Spandau et sans doute encore
proportions pour faire de cette place le cœur de moins de Berlinois de l’Ouest à Marzahn ou à Lich-
la capitale est-allemande. L’horloge mondiale tenberg. Cette différence entre les parties de la
ou l’hôtel Park Inn ainsi que les nombreuses ville est tout particulièrement visible dans les ré-
barres d’immeubles tout autour dans le quar- sultats aux élections (et ce, jusqu’à aujourd’hui).
tier conservent ce petit parfum d’ostalgie. Plus Lors des élections de septembre 2016 – pour le
emblématique encore de la RDA et de sa volonté renouvellement de la chambre des députés berli-
de montrer ce dont elle est capable, la Fernseh- nois, qui sont en quelque sorte, dans cette ville-
turm (p.105) (Tour de la Télévision) s’élève à Etat, à la fois des élections régionales et munici-
368 mètres. Inaugurée en 1969, elle reste à ce pales –, le parti de gauche Die Linke (hériter du
jour l’édifice le plus haut d’Allemagne. La Karl- SED) arrive en tête dans la majorité des circons-
Marx-Allee (p.130), à elle seule, témoigne criptions de Berlin-Est. Die Linke obtient ses meil-
de l’esthétique monumentale socialiste. Les leurs résultats (entre 20 et 30 % des suffrages)
statues d’ouvriers et de paysans sur certaines dans les quartiers de Lichtenberg, Pankow, Mar-
façades révèlent la nouvelle place que prennent zahn-Hellersdorf, Treptow-Köpenick, tous dans la
les classes populaires dans la société de la RDA partie Est de la ville. Si la disparition de la RDA –
OSTALGIE, MADE IN GDR
mais l’avenue ne renonce pas pour autant à il y a maintenant trente ans – l’éloigne chaque
une certaine pompe architecturale qui n’est pas année un peu plus de nous, celle-ci n’a pas fini de
sans rappeler d’autres édifices monumentaux nous fasciner. Ces quarante années de commu-
à Varsovie ou à Moscou. Enfin il faut aussi citer nisme en Allemagne de l’Est captivent la curiosité
les nombreux mémoriaux socialistes construits des visiteurs de Berlin, pressés de découvrir le
en Allemagne de l’Est. Dans le Ernst-Thälmann- Berlin-Est authentique, celui « d’avant », sans
Park, (p.126)à Prenzlauer Berg, on trouve doute aussi vainement que des archéologues qui
une statue monumentale dédiée à ce président chercheraient l’Atlantide.
© T.W. VAN URK - SHUTTERSTOCK.COM
A Alexanderplatz, la Fernsehturm et l’horloge universelle sont tous deux des vestiges de la RDA.
30
BERLIN, CAPITALE
UNDERGROUND
L
a rue est marquée par l’omniprésence des interdits et des limitations (panneaux,
feux, etc.) et nombreux sont les artistes qui s’engagent pour se réapproprier cet
espace public afin d’y insuffler un peu de liberté, de mettre de l’originalité là où
il n’y a que du conformisme, de mettre de l’art là où tout est fonctionnel, d’infuser
un peu de subversion là où tout appelle à l’obéissance, d’interpeller le passant
là où seule la publicité l’apostrophe. Cette reconquista de l’espace public par le
street art n’a pas fini de nous fasciner car elle interroge notre rapport à la rue. Pour Kai Jakob,
photographe et auteur d’un livre sur les peintures murales berlinoises, le street art « a quitté
l’adolescence ». Il s’est institutionnalisé, popularisé, professionnalisé mais il n’a rien perdu
de son pouvoir critique et de sa force d’inspiration. A Berlin comme ailleurs, le street art na-
vigue entre la subculture et la pop-culture.
De par son statut, c’est le seul lieu en Allemagne tégée et classée aux monuments historiques. On
de l’Ouest où le service militaire n’est pas obli- l’appelle aujourd’hui East-Side-Gallery (p.129).
gatoire. S’il est difficile de quantifier aujourd’hui Les années 1900
le nombre de jeunes hommes qui sont venus Le street art connaît un boom à Berlin après la
s’installer à Berlin pour échapper au service chute du Mur. La ville regorge de terrains vagues
militaire, il n’en demeure pas moins que la ville et de lieux à l’abandon, à l’Ouest mais plus par-
a attiré une jeunesse pacifiste et créative, non- ticulièrement à l’Est, où de nombreuses usines
violente, anti-autoritaire, opposée à la guerre du doivent mettre la clé sous la porte. Les artistes
Vietnam, prête à inventer de nouveaux modes se réapproprient cet espace public par l’expres-
de vie, fondamentalement anti-consumériste sion artistique. Les graffs, les pochoirs, les
et surtout anticonformiste. En somme, une jeu- stickers se veulent un contre-point à la grisaille
nesse motivée par d’autres idéaux que ceux du ambiante. Ils sont aussi une formidable réponse
« miracle économique ». Dans les années 1980, à l’agressivité de la publicité en ville. Mais petit
Berlin est connue pour sa scène musicale et pour à petit, les espaces libres laissent place à de
ses clubs punks. Berlin, en particulier Kreuzberg, nouveaux immeubles. Les anciennes façades
connaît aussi une vague de squatteurs. Dans les peinturlurées sont mises à neuf, les immeubles
Mietskasernen mal entretenues s’improvisent de vendus au plus offrant, reconvertis en apparte-
nouvelles façons de vivre. On occupe un espace ments de luxe. La gentrification réduit chaque
illégalement tout en le rénovant petit à petit. Ain- année davantage les surfaces de prédilection du
si, dans l’après-guerre, Berlin-Ouest s’est forgé street art. Pour protester contre un projet immo-
une image de ville ouverte, créative et anticonfor- bilier, l’artiste Blu décide de détruire en 2014 sa
miste, propice à l’émergence du street art. propre œuvre, l’une des plus iconiques de la ville
Le Mur de Berlin représentant un homme en chemise cravate, les
mains menottées par deux montres en or.
C’est sans doute au Mur que l’on pense en pre-
mier quand on évoque le street art berlinois. Urban Nation
Honnie dès la pose de la première pierre, cette “Et je dirai à l’instant présent : Reste encore un
muraille de béton, haute de 4 mètres, ne reste peu ! Tu es si beau !”. Ce paradoxe, que Goethe met
pas grise très longtemps ; à l’Ouest tout du dans la bouche de Faust dans la pièce éponyme,
moins. C’est une surface idéale pour les gra- on pourrait l’appliquer également à l’art des rues.
pheurs en tout genre, d’autant plus que le Mur On peut être tenté de vouloir prolonger la vie des
traverse le quartier de Kreuzberg, QG de la jeu- œuvres qui sont produites dans l’espace public,
nesse alternative. Après la chute du Mur, 118 de les sauver de leur vulnérabilité en les conser-
artistes, venus de 21 pays différents, réalisent vant, en les muséifiant. Mais cela ne va-t-il pas
des graffs sur la partie du Mur qui longe la Spree contre leur caractère intrinsèque, celui d’être tem-
à Friedrichshain. Certains sont même devenues poraire ? Depuis 2017, un musée berlinois nous
iconiques : citons notamment le baiser de Bre- prouve le contraire : Urban Nation (p.138).
32
La «Bierpinsel» dans le quartier de Stieglitz.
© MICKIS-FOTOWELT - SHUTTERSTOCK.COM
BERLIN, CAPITALE UNDERGROUND
Ce musée de Schöneberg expose des artistes Certains artistes laissent une empreinte dans
berlinois et internationaux. Sa façade est une la ville qui ne laisse aucun doute sur leur auteur.
curiosité en soi, car elle est régulièrement C’est par exemple le cas de l’artiste Kripoe,
changée, remodelée, redécorée. Urban Nation célèbre pour disséminer des poings aux quatre
peut se lire comme une initiative qui vise à coins de la ville, souvent visibles depuis le S-
sauver le street art de sa fragilité et de son Bahn. Entre le rose pâle et le jaune orangé, ces
caractère éphémère. Mais on ne pourra pas lui poings se distinguent par leur contour noir épais.
reprocher de fossiliser cette forme d’art, bien au 1UP est un collectif de graffeurs de Kreuzberg
contraire ! Urban Nation fait vivre le street art qui est particulièrement présent dans l’espace
berlinois en engageant des projets dans la ville, public berlinois. Ils ont fait de leur nom – une
en soutenant des artistes, en organisant des abréviation pour One United Power – une signa-
résidences et des expositions, etc. Cela prouve ture, une marque apposée dans les endroits les
bien que muséifier, ce n’est pas momifier. Et plus improbables de la ville. Adeptes du « throw-
l’institution est au-delà du soupçon de vouloir up » – une technique de graff éclair – les
commercialiser l’activité : l’accès est gratuit ! artistes de 1UP redécorent régulièrement les
Berlin Mural Fest wagons de métro de la BVG et ils ont déjà plus
de 300 plaintes déposées à la police berlinoise
Herakut est un duo d’artistes allemands formé contre eux. La méthode du « rollerbombing » –
par Jasmin Siddiqui (Hera) et Falk Lehmann qui emploie des rouleaux de peinture murale
(Akut). Leurs œuvres, le plus souvent de gigan- avec des bras télescopiques – leur permet
tesques peintures murales, se caractérisent par d’atteindre le haut des façades et les toits. Alors
un grand sens du dessin. Leurs personnages, levez les yeux !
des hommes, des animaux et des êtres fantas-
tiques, semblent tout droit sortis d’un roman Les quartiers où voir du street art
graphique et on croirait, en les voyant, avoir aujourd’hui à Berlin
BERLIN, CAPITALE UNDERGROUND
ouvert un carnet d’esquisses avec de belles Le street art est par définition éphémère, chan-
illustrations réalisées au crayon. Les fresques geant et vulnérable ; il n’est pas possible de dire
murales du duo Herakut s’accompagnent sou- avec certitude si les œuvres d’aujourd’hui seront
vent d’un aphorisme à portée poétique ou médi- toujours présentes dans l’espace public de
tative. On retrouvera certaines de leurs œuvres demain. Mais certains quartiers sont des lieux
à Charlottenburg, Kreuzberg ou Moabit. de prédilection des graffeurs de la ville et il y a
Vous croiserez peut-être les jolis portraits de fort à parier que vous tomberez ici ou là sur des
femmes d’El Bocho en vous baladant, cet artiste œuvres de street art en vous promenant à Frie-
qui vit et travaille à Berlin. La plupart de ses drichshain, Kreuzberg et Schöneberg. Dans le
œuvres dans la ville sont des « paste-ups » quartier de Mitte, le Haus Schwarzenberg fait fi-
c’est-à-dire des affiches fixées à la colle. Sa gure de survivant. Cet ensemble d’arrière-cours
petite « Lucy » (inspirée par un dessin-animé aurait tout aussi pu devenir une suite de galeries
tchèque des années 1980) occupe les rues de d’art et de boutiques au charme léché (à l’instar
Berlin depuis quelques années. On la voit sou- des Hackesche Höfe voisines) mais ce lieu a su
vent maltraiter son chat. conserver son esthétique destroy et alternative.
C’est un endroit plutôt petit, mais vous y verrez
de nombreux graffs, stickers et collages. Les
façades sont saturées et on aurait bien du mal
à trouver de nouvelles surfaces à décorer. On
peut parier à coup sûr que si vous vous rendez
un week-end au Mauerpark, vous verrez des
graffeurs refaire une beauté au tronçon du mur
conservé dans ce parc. Montez la colline et sui-
vez l’odeur du spray. Pour sortir des sentiers bat-
tus, rendez-vous dans le quartier de Steglitz, plu-
tôt bourgeois et résidentiel. Sur la Schloßstraße,
une avenue commerçante, à la station de métro
du même nom, vous verrez un des édifices les
© VICTOR TORRES - SHUTTERSTOCK.COM
34
HISTOIRE
F
ondée tardivement, Berlin met des siècles à sortir de sa position marginale au
nord-est du Saint-Empire romain germanique. Elle n’a au Moyen Âge ni la taille de
Cologne ni le prestige de Prague. Au XVe siècle, elle devient la ville de résidence
de l’électeur du Brandebourg (de la maison Hohenzollern). Devenue capitale
du royaume de Prusse, Berlin entend rivaliser avec Vienne pour l’hégémonie
en Allemagne. Ce n’est qu’après l’unification des principautés allemandes au
XIXe siècle que l’histoire de la ville se confond avec celle du pays. Au XXe siècle, Berlin est
l’épicentre de tous les séismes qui mettent l’Allemagne à feu et à sang : la révolution de
novembre, l’arrivée au pouvoir des nazis, et l’affrontement entre les deux blocs pendant la
guerre froide. Redevenue capitale d’une Allemagne unifiée en 1999, la métropole se prépare
aux nouveaux défis du XXIe entre crise du logement et enjeux de la transition écologique.
HISTOIRE
Berlin, résidence de l’Électorat © WIKIMEDIA COMMONS
du Brandebourg
Le prince-électeur du Brandebourg Frédéric
II, dit « Dent de Fer » (Friedrich Eisenzahn ;
de la maison Hohenzollern), pose en 1443 la
première pierre de son futur château sur les
bords de la Spree qui sera achevé en 1451.
En 1486, son petit-fils Jean-Cicéron en fait
1486 sa résidence principale, élevant ainsi Berlin
au rang de capitale. La famille Hohenzollern
règnera sur Berlin pendant plus de quatre
siècles.
Frédéric II de Brandenbourg.
35
HISTOIRE
La Réforme protestante
La publication des 95 thèses de Martin Luther à Wittenberg provoque un séisme
en Allemagne et divise l’opinion entre les fidèles du pape et ses adversaires, cri-
tiques à l’égard des excès des institutions catholiques, notamment le trafic des
indulgences. Les Brandebourgeois, sensibles aux préceptes de Luther, adoptent
petit à petit la foi réformée. En 1539, le prince-électeur Joachim II accepte à
contrecœur de se convertir au luthéranisme.
L’Édit de Potsdam
Dix jours après la révocation de l’Édit de Nantes, l’Édit de Potsdam permet l’instal-
lation dans l’Électorat du Brandebourg à de nombreux réfugiés protestants fuyant
les persécutions en France. Un quart de ces Huguenots s’installe à Berlin. C’est pour
cette communauté religieuse que Frédéric le Grand fera construire un siècle plus
tard le Französischer Dom sur le Gendarmenmarkt. L’accueil de ces réfugiés parti-
cipe à la repopulation d’un Etat dévasté par trente années de conflits sur son sol.
© AUTHOR’S IMAGE
1685
36
1699
Le château de Lietzenburg à l’ouest de Berlin est inauguré. Il sera ensuite renom-
mé d’après l’électrice Sophie Charlotte. Par extension, le château donnera son
nom à la ville puis au quartier de Charlottenburg .
HISTOIRE
Frédéric II, roi de Prusse
Le règne de Frédéric II est déterminant pour © ARTONO - SHUTTERSTOCK.COM
37
HISTOIRE
© AUTHOR’S IMAGE
1803 –
1815
L’université de Berlin fait sa première rentrée. Le projet est porté par l’éminent
linguiste Wilhelm von Humboldt, à qui l’université emprunte aujourd’hui le nom.
L’institution s’installe dans le palais du prince Heinrich, en face de l’opéra. © JOSEFKUBES - SHUTTERSTOCK.COM
1810
38
Le mur d’octroi de la ville est démoli. C’est l’une des mesures prises par James
1868 Hobrecht, conseiller en construction. Pour faire face à la croissance rapide de la
ville, il lance aussi un plan de construction d’immeubles locatifs que l’on raille par
le sobriquet de Mietskasernen, « casernes à loyer ».
L’unification allemande
Après trois guerres (contre le Danemark en 1864, contre l’Autriche en 1866,
contre la France en 1870), l’Empire allemand (Kaiserreich) est proclamé dans
1871 la Galerie des Glaces de Versailles. Berlin, qui compte alors environ 1 million d’ha-
bitants, devient la capitale d’un grand Empire fédéral composé de 4 royaumes
(Prusse, Bavière, Saxe, Württemberg), de nombreux duchés et de villes libres.
Il faut un lieu où puisse siéger son Assemblée : la construction du Reichstag,
confiée à l’architecture Paul Wallot, commence en 1884.
Le Kaiserreich
Le Kaiserreich vit un essor phénoménal. Sa capitale, Berlin, connaît une crois-
sance de population spectaculaire et compte 2 millions d’habitants en 1900.
C’est une période de fièvre constructrice : des quartiers entiers sortent de terre,
à Prenzlauer Berg ou à Kreuzberg. On construit les premières cités-jardins,
1871 – mais aussi des édifices fastueux dont la pompe remplit des fonctions repré-
1918 sentatives : le Berliner Dom, le Theater des Westens, etc. L’Hôpital de la Charité
permet de nombreux progrès dans la médecine : Robert Koch identifie le bacille
de la tuberculose ; Emil von Behring met au point un vaccin contre la diphtérie ;
Wilhelm Röntgen découvre les rayons X. Le cinéma connaît ses premiers balbu-
tiements. C’est aussi l’essor d’une bourgeoisie avide de loisirs et de divertisse-
ments (cafés, théâtres, sport, baignade, etc.) et d’une classe ouvrière en quête
HISTOIRE
d’émancipation.
La révolution de Novembre
L’empereur Guillaume II abdique. Le social-démocrate Philipp Scheidemann
proclame la République depuis une fenêtre du Reichstag. Au même moment, le
9 NOV spartakiste Karl Liebknecht proclame la République depuis un balcon du château.
EMBRE C’est le début de la révolution de Novembre. À Berlin s’affrontent les révolution-
1918 naires et les corps francs du SPD. Les révolutionnaires Karl Liebknecht et Rosa
Luxemburg sont assassinés et leurs corps sont jetés dans le Landwehrkanal. La
capitale est en proie à un climat de guerre civile et la nouvelle Assemblée élue
siège d’abord à Weimar, d’où le nom que l’on donne à la République née de la révo-
lution allemande. La nouvelle République se dote d’une constitution et introduit
le suffrage féminin.
39
HISTOIRE
1920
Les communes qui entourent Berlin y sont intégrées : Charlottenburg, Schöne-
berg, Wilmersdorf, etc. Ce « Grand Berlin » compte à présent près de 4 millions
d’habitants.
30
JAN- Adolf Hitler est nommé chancelier par Hindenburg. Une marche aux flambeaux
VIER est organisée sous la Porte de Brandebourg. Hitler fait dissoudre l’Assemblée. La
1933 machine totalitariste se met en place à toute vitesse.
Incendie du Reichstag
L'incendie au Reichstag
le 27 février 1933.
HISTOIRE
9 NOV
La Nuit de cristal
EMBRE Dans toute l’Allemagne, des institutions et des magasins juifs sont mis à sac. 91
1938 personnes sont tuées. A Berlin, 40 synagogues sont brûlées. La Neue Synagoge
survit à ces destructions mais ne sera pas épargnée par les bombardements
alliés.
20
JAN-
Conférence de Wannsee
VIER On estime qu’environ 55 000 juifs berlinois ont été déportés dans les camps.
1942 Seuls 2 000 en ont réchappé. Un mémorial leur est consacré dans la Haus der
Wannsee-Konferenz.
40
20 Un attentat qui devait tuer le Führer en Prusse-Orientale échoue. A Berlin, les
JUILLET officiers mis au courant de la conspiration hésitent à profiter de la confusion
1944 pour enclencher le coup d’État. L’opération Walkyrie se solde par l’exécution des
conjurés.
FIN La bataille de Berlin se solde par une victoire de l’Armée Rouge. Le 30 avril, Eva
AVRIL Braun et Hitler se suicident dans leur bunker. Le 1er mai, le drapeau soviétique
– flotte en haut du Reichstag. Le soir, Josef et Magda Goebbels font empoisonner
DÉBUT leurs 6 enfants et se donnent la mort. Pour les civils berlinois, c’est une période
MAI de pillages, de faim, de peur, de barbarie, d’exactions, de viols. À l’issue de la
1945 guerre, Berlin est un champ de ruines que les Alliés partagent en quatre sec-
teurs.
1949
En mai, la fraîche République fédérale adopte la Loi Fondamentale, et choisit Bonn
comme capitale. En octobre, les autorités est-allemandes créent la RDA avec Ber-
lin pour capitale.
HISTOIRE
Le château de Berlin, résidence des princes-électeurs, des rois de Prusse et des
empereurs d’Allemagne, est dynamité. Walter Ulbricht, secrétaire général du
1950 comité central, veut à cet emplacement construire le Palais de la République. Ce
dernier est à son tour détruit dans les années 2000. En 2013 ont commencé les
travaux de reconstruction du château qui doit devenir un complexe muséal et
culturel sous le nom de Humboldt Forum.
17
En réaction à une hausse des cadences de production, des grèves et des mani-
JUIN
festations éclatent à Berlin-Est et dans toute la RDA. Pour mater la révolte, les
1953
autorités est-allemandes font appel aux chars soviétiques. La répression est
sanglante et le bilan est de 125 morts pour toute l’Allemagne de l’Est. Plus tard,
Budapest, en 1956, et Prague, en 1968, subiront le même sort.
41
HISTOIRE
© AUTHOR’S IMAGE
13
AOÛT
1961
1987
Pour célébrer les 700 ans de la ville, les autorités est-allemandes inaugurent
le quartier Saint-Nicolas, l’ancien cœur médiéval de Berlin, qu’ils viennent de faire
HISTOIRE
reconstruire.
Les Berlinois célèbrent en liesse l’ouverture du Mur qui sépare la ville depuis
28 ans.
© HALISDONMEZ - SHUTTERSTOCK.COM
9 NOV
EMBRE
1989
42
La capitale fédérale est transférée de Bonn à Berlin. Le Bundestag, l’Assemblée
fédérale, s’établit à Berlin et emménage dans le Palais du Reichstag, nouvelle-
ment réaménagé par Norman Forster. La ville est un immense chantier, les mi-
nistères emménagent les uns après les autres. Pariser Platz et Potsdamer Platz
sont rebâties. On retisse les lignes de métro et de bus. De nombreux noms de rue
sont modifiés.
1999
© JORDI C - SHUTTERSTOCK.COM
Le Bundestag.
HISTOIRE
© MARTINWIMMER
MAI
2005
2020
Cette année 2020 voit l’ouverture de nouveaux lieux à Berlin : l’aéroport BER
accueille ses premiers passagers et la ligne de métro U5 est prolongée pour relier
la gare centrale à Alexanderplatz.
43
MUR DE BERLIN
LE RIDEAU DE FER EST EN BÉTON
«
P
ersonne n’a l’intention d’ériger de plaques de béton, hautes de 4 mètres
un mur » s’énerve Walter avec tout un attirail de fossés, de miradors,
Ulbricht en juin 1961 dans une de projecteurs... Nombreux furent celles et
conférence de presse quand on ceux qui tentèrent de traverser la frontière,
lui demande de s’exprimer sur des rumeurs parfois avec succès, parfois sans. Le 17 août
qui courent à Berlin. C’est pourtant bien lui, 1962, près d’un an après la construction du
secrétaire général du SED, qui insiste depuis Mur, Peter Fechter, âgé de 18 ans, est abattu
plusieurs mois auprès de Khrouchtchev pour par les Vopos. Au pied du Mur, il agonise pen-
consolider la frontière et endiguer la fuite dant 50 minutes avant de mourir. Le nombre
massive des citoyens est-allemands. Berlin de victimes, morts pour avoir tenté de traver-
est depuis 1952 le seul point de passage ser le Mur, s’élève à 136. Un mémorial leur est
entre les deux mondes que sépare le rideau consacré à Bernauer Straße.
de fer. Entre deux et trois millions de citoyens Si les Alliés ont décidé de ne pas intervenir –
de RDA sont passés à l’Ouest. C’est un l’idée étant de pas se mêler de Berlin-Est pour
sixième de la population ! Pour la République que les Soviétiques ne se mêlent pas de Ber-
Démocratique, c’est une catastrophe, une lin-Ouest –, les Américains savent jouer sur
véritable fuite des cerveaux. Ses jeunes, le tableau symbolique. Le 27 juin 1963, John
étudiants et diplômés, sont sur-représentés Kennedy s’accorde le cœur des Berlinois avec
parmi les candidats au départ. En 1957, son célèbre discours « Ich bin ein Berliner »
elle a instauré un délit passible de 4 ans de donné devant la foule depuis l’Hôtel de Ville
prison qui s’appelle « Fuite de la République » de Schöneberg.
(Republikflucht). La RDA envisage alors Les récits d’évasion sont tous plus fasci-
de construire son « mur de protection nants les uns que les uns et révèlent la
antifasciste » et lance l’opération « Muraille créativité de ces Allemands de l’Est prêts à
de Chine ». tout pour quitter la dictature. On dénombre
◗ Opération « Muraille de Chine » plus de 70 tunnels creusés sous la Bernauer
Le matin du 13 août, les Berlinois se ré- Straße ou sous la Heidelberger Straße. Il y eut
veillent et découvrent avec horreur que les des évasions par les canalisations ou par les
Vopos (Volkspolizisten) ont été mobilisés stations fantômes, ces stations de métro non
pour dérouler des fils de barbelés le long desservies.
de la frontière Est-Ouest. Erich Honecker en ◗ Les conséquences du 9 novembre 1989
personne inspecte les travaux. On s’assure L’ouverture de la frontière austro-hongroise
de construire le mur strictement dans la à l’été 1989 agit comme un appel d’air pour
zone d’occupation soviétique, à un mètre nombre d’Allemands de l’Est, qui saisissent
de la frontière réelle. Conscientes de la l’occasion pour passer à l’Ouest. Les ambas-
provocation, les autorités est-allemandes sades de la RFA à Budapest, puis à Prague
évitent soigneusement de créer l’incident sont confrontées à un afflux massif d’émi-
diplomatique.
Le maire de Berlin-Ouest, Willy Brandt, alors grés. Face à cette crise sans précédent, les
en campagne dans l’ouest de l’Allemagne, dirigeants du SED se décident à assouplir la
rentre illico presto et va constater les faits à frontière. Le 9 novembre, dans une confé-
la Porte de Brandebourg. Les Alliés, prudents rence de presse télévisée, Günter Schabows-
et pragmatiques, ont décidé de ne pas réa- ki semble découvrir la mesure et annonce
gir. Ils s’assurent que Berlin-Ouest conserve qu’elle prend effet immédiatement. Les Ber-
ses droits et laissent les Berlinois de l’Est à linois de l’Est, devant leur poste de télé, n’en
leur sort. Conrad Schumann, un sous-officier croient pas leurs oreilles et sortent dans les
chargé de surveiller la construction du Mur, rues. Les postes-frontières sont pris d’assaut
se décide à sauter le barbelé. Son acte est et sous la pression, le lieutenant Jäger,
immortalisé dans une photo qui va faire le responsable du poste à Bornholmer Straße,
tour du monde. ouvre la barrière. Il est 23h, la frontière n’est
plus. S’ensuit une nuit de fête au pied de la
◗ Traverser le Mur Porte de Brandebourg et bientôt chacun y va
Dans les années 1970, le Mur est « amé- de son petit coup de marteau. Un petit coup
lioré » et il commence à prendre la forme de marteau pour Berlin mais une secousse
qu’on lui connaît aujourd’hui : deux rangées pour l’humanité !
44
LA VILLE VERTE
L
a capitale allemande est verte de la multitude de ses parcs, jardins et forêts. La
ville a notamment su requalifier ses friches militaires ou industrielles en véri-
tables trames écologiques. La cité foisonne par ses initiatives d’économie circu-
laire mais aussi par ses tiers-lieux, comme les jardins communautaires. A Tempel-
hof Feld (p.138) il est possible à la fois de s’initier à la permaculture, de pratiquer
le yoga ou simplement de se balader. Berlin dispose également d’un système de
collecte des déchets très poussé, et d’un système de consigne, le Pfand. On trouve dans la
capitale un supermarché et un restaurant zéro déchet, et moult commerces de produits bio-
logiques, de la chaussure à l’épicerie. Berlin est aussi une ville cyclable très agréable à par-
courir, tant dans les déplacements du quotidien que pour le tourisme. La ville, bien desservie
en transports en commun, est aussi accessible en train depuis toute l’Europe. Un train de nuit
relie Berlin à Paris.
Une ville verte à la reconquête mination dans la ville. Parmi les grands parcs,
de sa biodiversité on citera Tiergarten (p.123), le Natur-Park
Berlin est une ville verte au sens premier du Südgelände à Schöneberg (ancienne friche fer-
terme : les jardins, parcs et forêts représentent roviaire), le Bundesgartenschau Park, le Victoria
40 % de sa superficie (soit plus de 2 500 Park (p.135), le Comenius-Garten, le parc du
espaces verts). Ces lieux ne sont pas simple- Schloss Charlottenburg (p.145), le Volkspark
ment récréatifs, ils accueillent une biodiversité Freidrichsain.
sauvage et cultivée. Si renards, ratons-laveurs, Des jardins communautaires
LA VILLE VERTE
fouines ou sangliers y ont été recensés, la ville
est avant tout le laboratoire d’une stratégie de On dénombre également des tiers-lieux où les
reconquête de la biodiversité. A l’emplacement maîtres mots sont la résilience alimentaire, le
des anciens espaces frontaliers du Mur de partage et la solidarité. Tempelfoher Feld est
Berlin figurent aujourd’hui des trames vertes sans doute le lieu le plus emblématique où s’est
et bleues qui permettent de maintenir la dyna- développé un projet d’agriculture urbaine. Situé
mique évolutive du vivant. Un programme de sur l’emplacement d’un ancien aéroport, on peut
science participative permet également aux y jardiner, partager un verre, se promener, etc.
citadins de recenser des plantes sauvages et Prinzessinnengarten, plus petit, vaut lui aussi le
d’en récolter les graines pour une future dissé- détour et vous pourrez y réparer votre vélo.
© CANADASTOCK - SHUTTERSTOCK.COM
45
© AUTHOR’S IMAGE
LA VILLE VERTE
« colonies » existent depuis 150 ans. S’ils font votre vélo. Nombreux sont les Berlinois qui uti-
partie du paysage berlinois en même temps lisent la bicyclette dans leurs déplacements
qu’ils apportent des bienfaits aux jardiniers du quotidien. Quasiment plate, bien équipée en
(alimentation, exercice physique, sociabilité), aménagements cyclables, la ville possède aussi
ils sont cependant menacés par la pression de nombreux services dédiés au vélo. Il est très
immobilière. facile de dégotter un biclou, neuf ou d’occasion.
L’association BikeSurf facilite les prêts, on trouve
La joie des mobilités douces également des loueurs de cycles, ainsi que des
Berlin a mis en place une zone à faible émission services de vélos en libre-service, Mobike ou
dans son centre-ville, où sont interdits de circu- Call a Bike. La ville se prête également au cyclo-
lation la plupart des véhicules. Un système de tourisme. Des visites guidées à bicyclette sont
organisées, mais vous pourrez également vous
élancer pour de belles balades urbaines.
Tri, consigne et zéro déchet
La collecte sélective des déchets est très
poussée à Berlin. La ville dispose également
du Pfand, dispositif de consigne de bouteilles
de verre, plastique et cannettes en aluminium.
Concrètement il s’agit de déposer les conte-
nants dans des automates situés dans des
supermarchés, qui vous donneront en échange
des avoirs sur vos prochains achats. Côté zéro
déchet, de nombreux magasins proposent de la
vente en vrac et la ville compte un restaurant et
un supermarché zéro déchet.
© DIRK VEGELAHN - ISTOCKPHOTO.COM
Bio et végan
Le premier magasin de vêtements végans en
ligne est né en 2017 d’une entrepreneure ber-
linoise. Les visiteurs pourront trouver de nom-
breux commerces proposant des produits biolo-
giques et végans ainsi qu’un marché végan (The
Green Market).
«Jardin d’abeilles» au Tempelhofer Feld.
46
ARCHITECTURE
B
erlin est une capitale européenne unique en son genre. Sans véritable centre
et sans cohérence architecturale apparente, la ville est, au premier abord, très
déroutante. C’est que cette gigantesque mégapole ne se laisse pas si facile-
ment apprivoiser. Il faut prendre le temps de la parcourir pour découvrir que der-
rière les austères et tentaculaires barres d’immeubles se cachent des trésors
d’architecture remontant pour les plus anciens au XIIIe siècle. Ici les illusions
baroques côtoient les géants de verre et d’acier, les harmonieuses lignes classiques tutoient
les prouesses modernistes. Laboratoire architectural qui ne cesse de se réinventer, Berlin
accueille depuis toujours les plus grands noms de l’architecture qui trouvent ici un terrain
d’expérimentation à nul autre pareil. Ville d’eau et de verdure, Berlin offre à son architecture
un écrin naturel étonnant et invite à la flânerie et aux balades à travers son riche patrimoine !
Alt Berlin qui, avec sa cour carrée, ses tours d’angle et ses
Contrairement à ce que l’on croit souvent, le toits à pignons, délaisse ses atours de maison-
plus ancien édifice de la ville ne se trouve pas forte pour se faire résidence champêtre.
dans le légendaire quartier historique de Ni- Du baroque au néoclassique
kolaiviertel (p.116), mais dans la vieille ville Après les affres de la guerre de Trente Ans, les
de Spandau : il s’agit de la Juliusturm dont la princes germaniques sont désireux d’affirmer
construction remonte à 1200 ! Une étonnante leur pouvoir et, pour ce faire, ils se tournent vers
fortification désormais enchâssée dans la puis- le baroque, indissociable d’une mise en scène du
sante citadelle. Mais revenons au Nikolaiviertel, pouvoir. Trompe-l’œil et illusions d’optique, effets
un étonnant quartier qui fut totalement rasé par
ARCHITECTURE
le régime communiste avant d’être reconstruit de lumière, richesse des décors entre plâtres
à l’identique avec ses ruelles pavées étroites, dorés et bois peints en imitation du marbre, jeu
sa place du marché et surtout ses deux églises entre architecture et espaces urbains, notam-
ment via de somptueux escaliers : le baroque
qui sont, elles, fort heureusement authentiques. offre une infinité de possibilités architecturales.
La Nikolaikirche (p.144), romane à l’origine, Le plus vieil édifice baroque de la ville est l’Arse-
est aujourd’hui l’un des plus beaux exemples nal, quadrilatère majestueux avec sa cour dallée
d’architecture gothique, notamment grâce à son de pierres aux vastes proportions et son avant-
superbe chœur et surtout ses nefs typiques des corps central à colonnes. Il porte la marque
églises-halles aux dimensions imposantes, à la d’Andreas Schlüter, directeur de l’Académie des
puissante verticalité et aux voûtes aériennes Arts et l’un des grands maîtres du baroque, qui
couvrant un espace intérieur qu’aucun pilier ne s’attela également au Palais Royal de Berlin.
vient plus briser. Dans la vieille-ville de Spandau, il Poussées à leur paroxysme, les excentricités
est encore possible d’admirer de beaux exemples baroques vont faire place aux fantaisies rococos
d’architecture gothique civile, notamment avec la dont les plus beaux exemples sont à voir dans
Maison Gothique dont la voûte à cannelures date la Galerie Dorée du château de Charlottenbourg,
de 1500. La muraille historique de l’ancienne cité dans l’étonnante « badinerie dorée » qu’est le
est elle aussi encore visible, mais c’est bien sûr Pavillon de Thé du château de Sans-Souci, et sur
l’imposante citadelle qui attire aujourd’hui encore la façade du Palais Ephraïm, au cœur du Nikolai-
tous les regards. Deux architectes italiens (Chia- viertel, dont on admire les colonnes toscanes,
ramella Gandino et Rocco Guerrini) ont présidé les pilastres et les grilles dorées.
à l’édification de ce puissant bâtiment de brique Dès la fin du XVIIIe siècle, Berlin devenue capitale
de forme quadratique et protégé de quatre bas- se pare des couleurs du néoclassicisme. L’édifice
tions en pointe et non arrondis, ce qui lui vaut fondateur de ce style et de la période est la Porte
l’appellation de citadelle dite à l’italienne. Le de Brandebourg (p.104), imaginée par Carl Got-
prince-électeur Joachim II, l’instigateur de ces thard Langhans. Cet arc de triomphe traité dans
travaux, va également faire construire de nom- le style dorique des temples athéniens marque
breux pavillons de chasse dont le plus beau est le début d’une nouvelle ère. Désormais, on ne
sans doute le Pavillon de Grünewald, réalisé par construit plus d’imposants châteaux ou églises,
Caspar Theiss dans le plus pur style Renaissance mais de nouveaux temples : ceux de la connais-
avec sa façade d’un blanc immaculé, son puis- sance et du commerce. Musées, théâtres, univer-
sant portail et ses grandes fenêtres encadrées sités, banques reçoivent de somptueuses façades
de grès. C’est également à Theiss que l’on doit les pourvues de portiques, frontons et corniches dans
premières transformations du château de Berlin une idéalisation assumée des codes antiques.
47
ARCHITECTURE
Le grand architecte de l’époque est Karl Friedrich Behrens opère une fusion qui sert une imagerie :
Schinkel qui réussit la fusion parfaite du langage celle de la marque AEG. Car Behrens n’est pas
formel antique et de la fonctionnalité. Architecte qu’architecte, il est aussi conseiller artistique
royal, membre de la Commission Supérieure de la marque dont il imagine l’identité via logos
d’Architecture et surintendant général des et objets, devenant ainsi le père des designers
constructions, Schinkel laisse s’exprimer à Ber- allemands qui trouvent encore aujourd’hui à Ber-
lin la clarté harmonieuse et la pureté des lignes. lin un eldorado créatif ! A l’opposé de ces lignes
Parmi ses chefs-d’œuvre, notons son Altes épurées, la Tour Einstein d’Erich Mendelsohn
Museum (p.109) avec ses colonnades et sa est devenue l’une des icônes de l’architecture
grande salle centrale circulaire ou bien encore la expressionniste. Véritable sculpture aux formes
Schauspielhaus du Gendarmenmarkt encadrée convexes et concaves d’un blanc éclatant, la
par les hautes coupoles des églises françaises tour abritant un observatoire réinvente le lien
et allemandes et qui offre des allures de temple fonction-esthétique. Si le Bauhaus n’a pas su
grec avec son superbe péristyle. En « réac- inscrire durablement sa marque à Berlin, ses
tion » à la rigueur des lignes néoclassiques, enseignements basés sur la fonctionnalité, le
l’architecte-paysagiste Peter Joseph Lenné rationalisme et l’objectivité ont très largement
imagine des jardins à l’anglaise où la nature influencé la conception des grands ensembles
doit apparaître fortuite et harmonieuse… en que la ville va voir fleurir jusque dans les années
un mot : libre ! Annonçant la modernité à venir, 1930. Objectif : fournir aux masses laborieuses
Lenné imagine ses espaces verts comme autant des logements clairs et aérés dans des en-
d’aménagements sanitaires et sociaux… sembles communautaires avec espaces verts et
infrastructures, tout cela à moindre coût grâce à
Essor de la modernité une construction standardisée. On reconnaît ces
Le XIXe siècle marque un tournant pour Berlin. grands ensembles à leur crépi blanc ou à leurs
Industrialisation et exode rural transforment ses couleurs lumineuses, à leurs toits-terrasses et
abords et engendrent la création de faubourgs où à leurs alignements de fenêtres. Ce rationalisme
la population toujours croissante trouve refuge architectural est particulièrement présent dans
dans des Mietskaserne, des casernes locatives, le Fer à Cheval de Bruno Taut et Martin Wagner
ensembles de logements mal aérés et mal éclai- à Berlin-Britz, et dans l’incroyable Siemenstadt
ARCHITECTURE
rés, aux arrière-cours insalubres. La ville grandit de Hans Scharoun et Walter Gropius, classée au
sans véritable planification, à l’exception de me- patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2008 !
sures anti-incendies fixant les dimensions maxi-
males des arrière-cours à 28,52 m2 : le rayon de D’un extrême à l’autre
portée des lances à incendie ! Face à cette situa- Une scénographie architecturale au service
tion désastreuse, Alfred Messel pose, en 1893, la d’une mise en scène du pouvoir et de son culte
première pierre de la réforme du logement social quasi religieux : telle pourrait être résumée
avec les immeubles de la Sickingenstrasse, qui l’architecture du régime nazie. Le recours à la
ouvrent la voie aux grands ensembles du siècle pierre de taille (granite ou calcaire) dans un
suivant. En parallèle, de nombreux monuments dallage minéral quasi systématique symbolise
historiques sont restaurés et on voit apparaître le retour aux fondamentaux et la stabilité du
une mode des styles néo, le néo-roman en tête, pouvoir, tandis que la monumentalité des édi-
très prisés des bourgeois désormais au pouvoir. fices doit réduire l’homme à une partie anodine
Ce recours à l’histoire est parfaitement assumé d’une foule anonyme. Le tout premier ouvrage
dans le Reichstag (p.124) de Paul Wallot termi- nazi est la monumentale Reichsbank de Hein-
né en 1894 qui emprunte des motifs au baroque rich Wolff. Mais les édifices encore sur pied
et à la Renaissance italienne, tout en osant aujourd’hui et qui manifestent le mieux cette
un contraste esthétique saisissant entre les mégalomanie architecturale sont évidemment
colonnes antiquisantes et la grande coupole de l’aéroport de Tempelhof, agrandi en 1936 et
verre et de fer, une prouesse pour l’époque ! Mais 1941 pour assouvir les désirs du Führer, et bien
c’est au tournant du XXe siècle que Berlin va véri- sûr le Stade olympique dont les cyclopéennes
tablement se transformer en laboratoire archi- structures de béton épurées laissent le visiteur
tectural sous l’impulsion des maîtres du moder- sans voix. Mais pour Berlin, le Führer voyait
nisme. Tout commence avec Peter Behrens, une encore plus loin et avait confié à son architecte
personnalité à part multipliant les savoir-faire. Albert Speer le soin d’imaginer une toute nou-
En tant qu’architecte, on lui doit l’AEG Turbinen- velle ville : Germania. Supposant la destruction
halle qui marque un tournant dans l’architecture du bâti existant, Germania devait se structurer
moderne. Haute et claire, avec la transparence autour d’un axe Nord-Sud, gigantesque avenue
de ses armatures et l’affinement de ses vo- d’apparat avec son arc de triomphe dessiné par
lumes, cette usine se voit comme ennoblie par Hitler lui-même et devant relier la plus grande
cette architecture qui la transforme en temple gare du monde au Grand Hall, délire monumen-
industriel. Entre cubisme strict du corps du bâti- tal surplombé d’une coupole de 290 m de haut
ment et ordre dorique des lignes néoclassiques, et de 250 m de diamètre.
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Coupole du Reichstag.
© AUTHOR’S IMAGE
49
ARCHITECTURE
En matière de style, Germania faisait la part Rohe imagine la Neue Nationalgalerie (p.122)
belle aux références antiques avec d’énormes avec un hall en acier et une façade entièrement
bâtiments allongés recouverts de plaques de vitrée aux allures de temple qui se place dans
calcaire dans des alignements sans fin de hauts la droite lignée de l’Altes Museum de Schinkel ;
piliers et fenêtres… Mais ce projet ne vit jamais tandis qu’Hans Scharoun casse les codes avec
le jour. sa Philharmonie, chef-d’œuvre d’architecture
Le XXe siècle a meurtri la ville. D’abord ravagée organique avec le galbe aérien de ses toitures et
par la guerre, Berlin subit ensuite le poids de la son intérieur entièrement pensé comme écrin à
séparation en deux blocs comme en témoigne la musique.
l’architecture de l’époque. A l’Est, le régime com-
muniste impose sa loi en matière d’architecture Le renouveau
et d’urbanisme : l’héritage prussien est rasé, de La réunification marque le début d’une nouvelle
larges avenues bordées d’arbres sont mises en ère pour la ville qui se réapproprie enfin la tota-
valeur à l’image de la Karl-Marx-Allee (p.130), lité de son territoire, aménageant notamment
et le patrimoine national est mis en lumière par tous les espaces laissés à l’abandon pendant
les lignes classiques des édifices aux propor- la période de séparation, les berges de la Spree
tions monumentales, surtout les édifices pu- en tête. Dès les années 1990, les plus grands
blics. Mais la ville socialiste fait face à une forte architectes internationaux laissent leur em-
densité de population qu’il faut loger rapidement preinte sur la ville. Norman Foster transforme
et à moindre coût : c’est l’avènement des Plat- le Reichstag en imaginant un nouvel espace
tenbau, grandes barres d’immeubles sans âme. intérieur tout en transparence surmonté d’une
En parallèle, le régime se crée d’imposants coupole aux délicates formes arrondies. Jean
repères visuels dans la cité, à commencer par la Nouvel crée la surprise en bousculant les codes
désormais célèbre Tour de Télévision (p.105) de l’architecture des grands magasins avec
dominant Alexanderplatz (p.101), elle aussi ses Galeries Lafayette. Impossible de ne pas
réaménagée à grand renfort d’édifices fonction- être émerveillé par les jeux de miroir créés par
nels. Puis dès la fin des années 1970, un chan- cet étonnant cône de verre inversé, créant un
gement d’approche s’opère et le régime com- puits de lumière au cœur du bâtiment. Daniel
ARCHITECTURE
muniste cesse de détruire pour reconstruire et Liebeskind, lui, repense l’architecture muséale
s’intéresse désormais au patrimoine historique. avec son étonnant Musée Juif (p.134)dont
Un constat que fait également Berlin-Ouest ! Fi- la structure faite d’avancées et de retraits,
gure dynamique du capitalisme occidental, Ber- d’espaces vides, de coupures et reproduisant
lin-Ouest se dote de nouvelles infrastructures une partie de l’étoile de David représente l’his-
de services mêlant luxe, commerce et loisirs toire du peuple juif… Déconstruire pour mieux
à l’image de l’Europa Center dont les grandes construire et inscrire l’histoire au sein du lieu
baies vitrées et les lignes sobres rappellent le qui l’a vue s’écrire. La ville repense également
style international alors en vogue. En réaction à son urbanisme dans des projets de grande
ce style quelque peu aseptisé, deux architectes envergure. La Potsdamer Platz (p.123) en
vont proposer des édifices devenus emblé- est sans doute l’exemple le plus célèbre. Renzo
matiques du postmodernisme : Mies Van der Piano et Helmut Jahn ont imaginé d’un côté un
© FRANK_PETERS - SHUTTERSTOCK.COM
Potsdamer Platz.
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© THOMAS BRUNS
L’escalier en verre du Deutsches Historisches Museum.
quartier à l’européenne avec des rues étroites loppe déstructurée couverte de cuivre patiné,
et des places bordées d’arbres (Daimler City), sans oublier l’ambassade des Pays Nordiques
et de l’autre une plazza à l’américaine avec des qui, derrière sa façade ondoyante, abrite les 5
géants de verre et d’acier reliés entre eux par ambassades imaginées aux couleurs de leurs
une superbe toile dépliée (Sony Center). Autres pays. Les années 2000 sont aussi la période
édifices incontournables du quartier : le très des extensions qui relient harmonieusement
néo-baroque Panoramapunkt (p.123)et la le passé et l’avenir. Parmi les plus embléma-
ARCHITECTURE
lumineuse Tour Debis de Renzo Piano, sans ou- tiques, notons le nouveau bâtiment du Musée
blier la galerie commerciale Arkaden am Potsda- d’Histoire Allemande imaginé par Ieoh Ming
mer Platz de Richard Rogers. L’autre projet phare Pei, avec son très bel escalier en verre spiralé,
de renouveau urbain est le Band des Bundes, le l’extension du Neues Museum (p.110) de Chip-
quartier gouvernemental, qui combine harmo- perfield, dont on apprécie la finesse des lignes
nieusement architecture moderne et tradition et cette intégration harmonieuse avec le bâti
allemande. Lancé en 1995, ce projet de réamé- existant grâce au dialogue créé entre le béton
nagement urbain a été le plus gros appel d’offre brut poli, le ciment blanc et la brique, ou bien
mondial jamais lancé mettant en concurrence encore l’étonnante Bibliothèque Philologique
pas moins de 835 architectes ! Mais c’est avec de la Freie Universität, une structure lumineuse
l’inauguration de la grandiose Hauptbahnhof et aérienne en forme de cerveau imaginée par
(p.118) en 2006 que le quartier a pris toute Norman Foster. Ne manquez pas non plus les
son ampleur. Imaginée par Meinhard Von Ger- réalisations de Sergei Tchoban. C’est à lui que
kan, la Hauptbahnhof est la plus grande gare l’on doit le surprenant Hôtel Nhow (p.252)de
d’Europe avec son incroyable hall de verre de la Stralauer Allee avec son cube en aluminium
321 m de long suivant le tracé est-ouest des s’avançant en porte-à-faux vers la Spree et
chemins de fer, lui-même traversé par un hall contrastant avec la brique industrielle du reste
de 160 m suivant un axe nord-sud. Depuis cette du bâtiment. Et c’est également à lui que l’on
lumineuse « cathédrale des transports », lon- doit la Fondation Tchoban. Les élégants cubes
gez la Spree et découvrez les richesses contem- couleur de grès superposés en quinconce com-
poraines qui s’offrent à vous, à commencer par posant le bâtiment sont taillés selon des motifs
la Chancellerie Fédérale avec sa façade en verre empruntés à des dessins d’architecture, un clin
symbolisant la transparence du gouvernement, d’œil à la fonction du lieu qui abrite depuis 2013
façade ponctuée par des stèles de 12 m de haut le Musée du Dessin d’Architecture. Toujours en
symbolisant stabilité et pérennité. Les années quête de renouveau et attirant les plus grands
2000 ont aussi vu le renouveau du quartier architectes et designers internationaux, Ber-
historique des ambassades sous l’impulsion lin n’en fait pas pour autant l’impasse sur son
d’architectes célèbres, à commencer par Rem passé, comme le prouve le nouveau château de
Koolhaas à qui l’on doit l’ambassade des Pays- Berlin qui accueillera le Humboldt Forum. Ce pro-
Bas, étonnant cube vitré de 8 étages reliés en jet très coûteux a fait couler beaucoup d’encre
façade par une circulation spiralée, créant de : fallait-il vraiment reconstruire à l’identique (à
savants jeux de points de vue et perspective. l’exception d’une façade résolument moderne !)
Notons également la très organique ambas- la grandiose demeure baroque des rois de
sade d’Autriche de Hans Hollein avec son enve- Prusse ? L’avenir nous le dira !
51
BEAUX-ARTS
L
e nom de Berlin évoque instantanément la culture indépendante. La capitale alle-
mande est considérée comme la destination idéale pour vivre son art. La scène ar-
tistique évolue dans deux directions opposées : d’un côté, elle s’internationalise,
et de l’autre, elle redéfinit sans cesse ses particularités. Au cœur de cette efferves-
cence, le quartier de Mitte fait figure d’enfant sage. Chic et somptueuse, l’île aux
musées couvre toutes les époques dans ses cinq institutions. Difficile de choisir
entre antiquités classiques, sculptures médiévales, art égyptien dont le captivant buste de
Néfertiti et peintures modernes, comme Le Moine au bord de la mer de Caspar David Friedrich.
Et si vous visitez Berlin en été, ne manquez pas d’ajouter à votre programme quelques mani-
festations en extérieur prisées par la population locale. Arts et gastronomie donnent alors le
tempo le long des berges et dans les parcs publics de l’infatigable métropole.
d’imaginaire religieux où les exigences de la femme membre de l’académie des Arts de
Réforme ne cèdent en rien à un intense souci Berlin. Sculptrice, graveuse et dessinatrice,
de réalisme, parfois quasi entomologique. En elle enseigne à l’école artistique pour femmes
combinant l’art médiéval avec les acquis de la de Berlin. Connue pour ses séries de gravures
Renaissance, ces premiers grands noms de la titrée La révolte des tisserands (1893-1897),
peinture allemande créent un style unique en elle se tourne ensuite vers la sculpture. Socia-
Europe. Les XVIIe et XVIIIe siècles sont surtout liste de cœur, elle dénonce la misère de ses
dese périodes glorieuses pour la sculpture. Au contemporains à travers ses œuvres boule-
XIX siècle, on retient surtout Les Falaises, le versantes. Le musée Käthe Kollwitz de Berlin
vent et les nuages de Caspar David Friedrich (p.143) fait découvrir le parcours de cette
(1774-1840), de loin la figure la plus impor- artiste intemporelle.
tante de la peinture romantique allemande. Ce Le peintre protestataire Geroge Grosz, né et dé-
n’est qu’au XXe siècle que l’Allemagne renouera cédé à Berlin (1893-1959), organise la Première
avec le faste qui fut le sien trois cents ans foire internationale Dada à Berlin le 5 juin 1920.
auparavant. Surnommé Maréchal Propagandada, il participe
au mouvement Dada mais aussi à la Nouvelle
Renouveau et avant-garde Objectivité.
L’Allemagne est le berceau de nombreuses
avant-gardes au cours de la première partie Le tournant
du XXe siècle. L’école expressionniste est le L’arrivée d’Hitler au pouvoir oblige nombre d’ar-
plus parfait représentant. Mouvement qui ne tistes à émigrer en France ou aux Etats-Unis.
prend son appellation définitive qu’en 1911, « L’art dégénéré » n’a plus sa place en Alle-
l’expressionnisme glorifie l’instinct, l’émotion magne. Après la guerre, des artistes s’affirment
et le désespoir humain. Inspiré par le Norvé- des deux côtés de la ville de Berlin, bien qu’à
gien Edvard Munch (1863-1944) et Vincent l’Est le réalisme socialiste dicte ses codes.
van Gogh (1853-1890), ce courant se scinde Dans les années 1960, la Berliner Schule
en deux mouvements : Die Brücke (Le Pont) et (école berlinoise) voit éclore des œuvres
Der Blaue Reiter (Le Cavalier bleu). Le premier sensuelles. La décennie suivante s’intéresse
compte dans ses rangs Ernst Ludwig Kirchner, davantage à l’individu et à sa place dans la
Erich Heckel et Emil Nolde et dure de 1905 à société. A l’Ouest, l’abstraction domine la scène
1913 ; le second, créé en 1911 à Munich à l’ini- artistique. Dès lors, la vie artistique berlinoise
tiative de Wassily Kandinsky et de Franz Marc, continuera d’accueillir les explorations les plus
réunit August Macke et Paul Klee. Die Brücke novatrices.
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© KIEV.VICTOR - SHUTTERSTOCK.COM
« Mère avec son fils mort » de Käthe Kollwitz, au Neue Wache.
Après la Seconde Guerre mondiale, ce n’est pas exposées au musée de la Photographie – Fon-
avant les années 1970 que la Berlin artistique dation Helmut Newton, dans le quartier de Char-
BEAUX-ARTS
retrouve son panache en dépit du souffle de lottenburg.
révolte qui anime les artistes berlinois. Les
courants allemands qui se font remarquer La peinture berlinoise au XXe siècle
à l’étranger sont peu représentés dans leur Georg Baselitz, né en 1938, est sculpteur,
pays. Les artistes Edward Kienholz et George peintre, gaveur et enseignant. Il est connu pour
Rickey participent grandement au renouveau ses tableaux peints à l’envers et ses coups de
de la capitale. En 1972, Kienholz réalise The Art pinceau qui modèlent pratiquement la peinture
Show, une œuvre qui reconstitue un vernissage sur la toile. Il marque, avec Pandämonium I et II
regroupant des modèles de leur cercle, des per- en 1961 et 1962, le début du nouvel expression-
sonnalités du monde de l’art. Tous les regards nisme. Ses premiers tableaux sont confisqués
se tournent vers Berlin. A l’inverse, les artistes pour obscénité. Mais Baseltiz assume le statut
allemands rejoignent des courants étrangers asocial de l’artiste. A travers ses tableaux, il ren-
comme le tachisme en France ou l’action pain- voie une image de son pays auquel il s’identifie.
ting aux Etats-Unis. Wolf Vostell, membre de Il participe avec les Nouveaux Fauves (« Die
Fluxus, s’installe à Berlin en 1971 et organise un Neuen Wilden ») à redonner à Berlin sa place
happening au pied du mur. sur la scène internationale. La ville retrouve
ainsi son identité culturelle en renouant avec
Helmut Newton l’art figuratif. L’expressionnisme allemand per-
Catherine Deneuve, Kate Moss, Monica Bellucci, met en outre aux peintres d’exalter leurs parti-
Grace Jones et Claudia Schiffer ont posé devant cularités. Une seconde génération prolonge cet
l’objectif de ce photographe à la renommée élan pictural.
mondiale. De son vrai nom Helmut Neustädter, il Rainer Fetting, Helmut Middendorf, Salomé,
est né à Berlin en 1920. De mère américaine et Bernd Zimmer fondent en 1977 la galerie de la
de père juif allemand, il quitte l’Allemagne nazie Moritzplatz, régie par un système d’auto-gé-
en 1938 pour s’installer en Australie. En 1961, il rance, qui a depuis été repris par de nombreux
s’installe à Paris où il devient un photographe groupes. Les artistes, travaillant dans des ate-
de mode réputé, collaborant notamment avec liers collectifs, dans des usines désaffectées de
le magazine Vogue. Ses images très stylisées Kreuzberg, s’influencent mutuellement. Leurs
et au fort pouvoir érotique ont été réunies dans tableaux reflètent une jungle urbaine au rythme
une célèbre anthologie, SUMO, un ouvrage de débridé. Les coups de pinceau tranchés et les
près de 500 pages. Décédé en 2004, il a été couleurs franches leur valent le terme de pein-
enterré dans sa ville natale à laquelle il a légué ture violente, définie comme l’alliance du néo-
en 2003 toutes ses archives. Ses œuvres sont expressionnisme et de l’action painting.
53
BEAUX-ARTS
Le mur devenu œuvre d’art a inspiré à 118 artistes de 21 nationalités. Ne
Érigé dans la nuit du 12 au 13 août 1961, le Mur loupez pas le célèbre baiser de l’amitié entre
de Berlin a très tôt été recouvert de graffitis puis, Erich Honecker et Léonid Brejnev et son slogan :
au fil des ans, d’œuvres de plus en plus com- « Plus de guerre. Fini les murs. Un monde uni. »
plexes. Jusqu’à sa chute, la face ouest du Mur L’après
s’est ornée de tags de protestation et d’appels
à la paix. Puis des graffitis ont émergé, rapide- Comme dans toute l’Allemagne, l’art des rues
ment associés à des lettrages à même le Mur qui s’est démocratisé à Berlin. Il donne lieu à des fes-
évolueront vers le street art. Parmi les premiers tivals et des expositions, de même qu’il continue
artistes à s’exprimer sur le « Mur de la honte », de se renouveler dans les squats. Toutefois, les
Thierry Noir, Lyonnais venu s’installer en RFA en graffitis se déploient à tel point dans la ville que
1982. Secondé par Christophe Bouchet, ils se la municipalité a cessé de les repeindre. El Bocho
relaient à partir de 1984 pour monter la garde. est l’un des noms les plus présents. On apprécie
Considéré comme le premier artiste du Mur, son humour, visible sur ses grandes affiches.
Thierry Noir se rend à l’origine à Berlin pour s’im- Alias peint de préférence au pochoir tandis que
merger dans la musique rock et l’underground. Vermibus détourne des affiches publicitaires
Il loge alors dans un squat, en face du Mur qui qu’il retravaille de manière à semer le trouble
semble le provoquer. « Le Mur était en face de avant de les recoller dans les rues de la ville.
chez moi. C’était une vie triste, une mélancolie En un sens, le street art est victime de sa popu-
au jour le jour. Il ne se passait rien du tout. » larité. C’est désormais dans les galeries et les
Avec son compère, ils récupèrent de la peinture musées qu’il s’expose. Depuis 2017, le Museum
sur un chantier pour peindre un pan de mur, le of Urban Contemporary Art de Berlin s’est adapté
premier du genre. Les expéditions nocturnes à la demande en associant à ses expositions des
se multiplient. D’autres artistes ne tardent pas œuvres temporaires hors les murs. Sans parler
à les suivre. Des représentations plus élaborées de récupération, il arrive qu’une œuvre murale
égaient le Mur. En 1986, l’artiste Keith Haring fasse grimper le prix d’un bien immobilier. Mais
peindra une fresque sur fond jaune de 100 si vous préférez chasser l’art sauvage, vous en
mètres de long. La chute du Mur a redistribué les trouverez un peu partout, hormis dans le centre.
cartes politiques mais aussi artistiques. Ces vingt dernières années, le magnétisme
BEAUX-ARTS
En 1990, Christine McLean invite des peintres de la dynamique Berlin ne faiblit pas. Tous les
à s’exprimer sur une portion du Mur de 1 300 domaines artistiques font l’objet d’expériences.
mètres. L’exposition baptisée l’East Side Gal- Les artistes d’ici ou d’ailleurs multiplient les
lery est désormais la plus grande galerie d’art compétences pour s’adapter à la demande inter-
en plein air du monde. Pour ses 3 millions de nationale comme Kai Althoff, Cosima von Bonin,
visiteurs annuels, elle réunit tout ce que le Mur Anselm Reyle et Johannes Wohnseifer.
© SIEGFRIED STOLTZFUSS - ICONOTEC
E
lle est la capitale européenne, voire mondiale, de la culture alternative. Regardée
(et souvent copiée) du coin de l’œil par les métropoles voisines, prisée des es-
thètes de tous bords, Berlin est une des destinations les plus branchées de ce dé-
but de XXIe siècle. Pourquoi ? Comment ? En grande partie grâce au dynamisme de
sa scène musicale. Jeune, cosmopolite, ouverte sur les arts et les avant-gardes, la
capitale attire depuis plus de deux décennies la jeune création mondiale, transfor-
mant la ville en une immense ruche bourdonnant de créativité. Et ce, de jour comme de nuit.
En vous baladant dans ses immenses artères ou le long de la Spree, dans cette ambiance
« froide mais sexy », vous comprendrez sans doute pourquoi les albums qu’enregistrèrent
ici David Bowie, Lou Reed ou Iggy Pop sont à part dans leur discographie. Une destination
stimulante pour ceux qui créent la musique comme pour ceux qui l’écoutent.
MUSIQUES ET SCÈNES
1759) et Johann Gottlieb Graun (1702–1771),
les frères Franz (1709-1786) et Johann Benda pagnant un âge d’or artistique. C’est ici, dans
(1713-1752), Christoph Schaffrath (1709-1763), cette effervescence, que se croisent quelques
Johann Gottlieb Janitsch (1708-1762) et Carl figures parmi les plus eimportantes de la mu-
Philipp Emanuel Bach (1714-1788), le fils de sique allemande du XX siècle telles qu’Arnold
Jean-Sébastien. Quelques années plus tard, ils Schönberg (1874-1951). Compositeur parmie
sont rejoints par Johann Joachim Quantz (alors les plus révérés de la musique savante du XX
le plus grand flutiste d’Europe) et Georg Anton siècle, cet autodidacte à l’esprit révolutionnaire
Benda (1722-1795) et vont ensemble donner va explorer l’atonalité puis l’atonalisme libre
naissance à une nouvelle esthétique, trait avant de mettre au point le fameux dodéca-
d’union entre la musique baroque et le classi- phonisme sériel, procédé qu’il poussera jusqu’à
cisme, connue aujourd’hui en tant qu’ « école l’extrême avec la plus grande virtuosité. Sans
de Berlin ». Longtemps mésestimée, la période rentrer dans les détails, les travaux et œuvres
a pourtant porté de très nombreuses œuvres de Schönberg cherchent à libérer la musique
dont la plupart recèlent un charme et une inven- de ses fondements - la hiérarchie tonale - et
tivité indéniables. utilise la dissonance comme matière première.
Un compositeur d’avant-garde, c’est peu de le
Fervent amateur d’opéra, Frédéric II est égale- dire, dont la rupture avec les codes classiques
ment déterminé à faire de Berlin une capitale de la composition va inspirer absolument toute
du genre et souhaite bâtir un édifice pouvant la musique savante du siècle, et notamment
rivaliser avec le splendide opéra de Dresde. C’est ses contemporains berlinois Ferruccio Busoni
ainsi que démarre la construction du Staatsoper (1866-1924) ou Kurt Weill (1900-1950).
à Unter den Linden. Inauguré en 1743, les génies Aujourd’hui la richesse et le dynamisme de la
de la musique y ont défilé, sans exception, à tra- musique savante sont très bien représentés
vers les âges. Aujourd’hui, l’endroit continue de à Berlin par les différents orchestres sympho-
nourrir le prestige musical de la capitale grâce niques de la ville, à commencer par le Berliner
à son directeur musical, l’immense chef argen- Philharmoniker. Haut la main l’un des plus
tino-israélien Daniel Barenboim (aussi à la tête grands orchestres du monde, il est installé à la
du fameux Staatskapelle, l’orchestre résident de Philharmonie (p.205), près de la Potsdamer
l’Opéra). Platz, dans une rue portant le nom d’Herbert
Il faut attendre un siècle plus tard avec l’arrivée von Karajan, légendaire chef d’orchestre autri-
de Friedrich Wilhelm IV sur le trône de Prusse chien qui demeura 35 ans à sa direction. Après
(en 1840) pour que la capitale fasse éclore une lui, l’orchestre n’a connu que des successeurs
nouvelle grande figure allemande : Felix Men- prestigieux : Claudio Abbado (1989–2002),
delssohn (1809-1847). Appelé à Berlin par le Simon Rattle (2002–2018) et désormais Kirill
roi – qui souhaite faire de la capitale un grand Petrenko (depuis 2019).
55
MUSIQUES ET SCÈNES
Pas aussi éblouissant mais presque aussi bril- à lui, fait honneur à son architecture moderne
lant, le Konzerthausorchester est historique- (détruit pendant la guerre, il a été reconstruit
ment l’orchestre de Berlin-Est. Fondé en 1952 et dans les années 1960) et propose des mises
installé au Konzerthaus (p.204), il est un peu en scène modernes des classiques de Verdi,
le pendant classique de la Philharmonie et dé- Mozart, Wagner ou d’œuvres du XXe siècle. À
fend amoureusement le répertoire romantique, noter également, en marge des grands opéras,
sous la baguette du superbe chef hongrois Iván le Neuköllner Oper (p.205) fait figure d’ovni.
Fischer (depuis 2012). Dernier des ensembles Situé dans le quartier autrefois populaire et
les plus importants de la ville, le Deutsches ouvrier de Neukölln, ce théâtre a su s’imposer
Symphonie-Orchester Berlin a été créé dans les au moyen de créations moins connues avec un
années 1960 comme tremplin pour débutants panel de genres très large allant des musiques
talentueux. Sans résidence fixe, l’orchestre se de chambre expérimentales aux grands opéras
produit n’importe où, avec un faible pour la Phil- romantiques en passant par le music-hall.
harmonie (on le comprend). Aujourd’hui dirigé
par Robin Ticciati, l’ensemble a vu se multiplier La musique électronique
les chefs prestigieux à son pupitre au fil du Berlin, c’est la capitale européenne - pour ne
temps : Lorin Maazel (1964–1975), Riccardo pas dire mondiale - de la techno. Le genre est
Chailly (1982–1989), Vladimir Ashkenazy indissociable de la ville et sa vie nocturne et
(1989–1999), Kent Nagano (2000–2006) ou son offre clubbing sont responsables d’une
encore Tugan Sokhiev (2012-2016). bonne partie de son tourisme. Pour comprendre
Aussi, à Berlin, se rendre à l’Opéra est une le phénomène, il est important de remonter
expérience à part. Non seulement la capitale en 1989, au lendemain de la chute du Mur. À
regroupe trois entités de renommée interna- l’époque, des milliers de jeunes Allemands de
tionale, mais l’institution même est différente l’Est et de l’Ouest convergent vers la ville pour
de ce que vous avez pu connaître en France. y faire la fête et investissent de nombreux es-
Porté par une tradition bien plus démocratique, paces laissés vides, notamment à Mitte, ancien
les jeans se mêlent aux robes de soirée et les centre-ville de Berlin-Est. Centrales électriques,
MUSIQUES ET SCÈNES
mises en scène (de même qu’au théâtre) bunkers, hangars, stations de métro… : tout
sont parfois très audacieuses, pour ne pas pouvait devenir un club temporaire. Mais pour
dire provocatrices. Outre le Staatsoper Thea- que les gens dansent, il faut leur donner matière
ter mentionné précédemment, Berlin compte à danser. Née à Detroit au milieu des années
deux autres grands opéras : le Deutsche Oper 1980, la techno s’introduit en Allemagne à cette
(p.203) et le Komische Oper (p.203). Ce époque. Entre les mains d’artistes mythiques
dernier est l’Opéra comique de Berlin et est comme le duo Basic Channel, le genre va s’enri-
donc traditionnellement spécialisé dans les chir de dub (l’électronique jamaïcaine) pour
opérettes. Le Deutsche Oper (p.203), quant gagner en matière et en profondeur. C’est ainsi
© SEBASTIAN RUNGE
Konzerthaus Berlin.
56
© © LAWRENCE BANAHAN
Le Watergate, boi t̂ e tendance sur les rives de la Spree.
que la minimale (ou « techno minimale ») naît Hall (p.187), immense, possédant… absolu-
et qu’un son typiquement berlinois émerge. À la ment tout. La boutique branchée HHV (p.185)
MUSIQUES ET SCÈNES
fin des années 2000, des personnalités - deve- (à Friedrichshain) peut elle aussi proposer
nues d’immenses stars du genre - comme Paul quelques bons vinyles.
Kalkbrenner ou Ellen Allien et des films tels que
Berlin Calling participent amplement à véhicu- Théâtre
ler l’image de Berlin la festive et à déployer sa En développement depuis le milieu du XVIIIe
musique dans le monde. Aujourd’hui, les squats siècle avec des auteurs comme Kleist, le théâtre
illégaux ont laissé la place à des clubs qui, bien berlinois connaît une de ses meilleures périodes
qu’officiels, demeurent des espaces de liberté jusqu’en 1814. Quelques décennies plus tard,
pour la jeunesse et la contre-culture. Le plus c’est avec l’arrivée d’Otto Brahm, grand metteur
célèbre d’entre eux est évidemment le Berghain en scène de l’époque, à la direction du Deutsches
(p.198), temple de la techno qui obsède les Theater (p.203) en 1894, que le théâtre ber-
clubbers du monde entier. Ici, on n’est jamais linois retrouve de son lustre. Cela dit, c’est vrai-
vraiment certain de rentrer, tout repose sur ment durant l’effervescence des années 1920
l’iconique physio, Sven, au visage tatoué. À l’in- que la grande figure de la dramaturgie berlinoise
térieur, tout est permis (ou presque), au son de va émerger : Bertolt Brecht. Grand esprit, il reste
la crème de la crème des DJ. En tant qu’artiste, célèbre pour son Opéra de quat’sous (1928), mis
être programmé au Berghain est une immense en musique par Kurt Weill, un brûlant réquisitoire
reconnaissance professionnelle. Avec le temps, contre la montée du nazisme ou La Résistible
le Berghain est ainsi devenu le Graal de tous Ascension d’Arturo Ui (1941) au propos d’une
les jeunes touristes à Berlin, une lubie interna- étonnante actualité. Il fonde en 1949 le Berliner
tionale. Certaines « soirées » durent plusieurs Ensemble (p.202) après son retour d’exil, dont
jours, les parties diurnes (surtout le dimanche) il va faire une plateforme pour valoriser l’avant-
étant plus ouvertes, avec parfois familles et garde de son époque. Après sa disparition en
enfants. Quelques autres clubs iconiques se 1956, les metteurs en scène continuèrent non
trouvent aussi à Mitte, comme le KitKatClub seulement d’y jouer les pièces de Brecht, mais
(p.199), club fétichiste le plus in de Berlin, ou d’y perpétuer son ambition. La direction du lieu
le Tresor (p.201), temple du genre autrefois sera notamment assurée dans les années 1990
installé dans un coffre-fort (d’où son nom) et par Heiner Müller, géant de la dramaturgie alle-
dont le label – homonyme – compte parmi les mande dont l’œuvre est traversée par le déclin
plus influents. Incontournables également, si- de l’Occident. Plus récemment, Schaubühne est
tués à Kreuzberg, citons le Watergate (p.201), apparu comme une des entités théâtrales les
avec sa vue magique sur le fleuve, et le Club Der plus importantes de Berlin, marquée par la per-
Visionäre (p.198), petit lieu situé le long du ca- sonnalité de certains de ses directeurs comme
nal, tout indiqué pour un before. À Kreuzberg, on Peter Stein et Thomas Ostermeier, devenus parmi
trouve également un fabuleux disquaire, Space les plus grands metteurs en scène européens.
57
LITTÉRATURE
S
i le traité du 3 octobre 1990 qui acte la réunification de la RDA et de la RFA stipule
que Berlin redevient capitale de l’Allemagne, le raccourci qui voudrait assimiler
la ville au pays paraît plutôt rapide. Qu’il soit question d’exactitude historique ou
du ressenti subjectif qui surgit au gré des conversations familières, Berlin « n’est
pas l’Allemagne » mais bien plutôt une cité-Etat qui semble drainer sa propre
énergie et voit converger les créativités internationales. Il pourrait être tentant
de la réduire à l’émulation qui rime avec les années 1920 - et désormais avec notre époque
contemporaine -, ou bien d’estimer qu’elle naît en littérature avec l’œuvre d’Alfred Döblin
parue en 1929, pourtant le courant romantique qui s’affirma à la fin du XVIIIe siècle et la vit,
déjà, devenir foyer de la vie intellectuelle lui correspond si bien qu’il serait sans doute sensé
de commencer ici cette histoire des lettres berlinoises.
gen, quant à elle datée du XIIIe siècle, est une siècle, l’aube du XVIIIe la découvre capitale du
reprise germanique d’un conte précédemment Royaume de Prusse tandis que le XIXe la pro-
apparu en Scandinavie. Depuis, deux hommes meut au rang de capitale de l’Empire allemand.
sont considérés comme ayant donné à la litté- C’est dans cette période charnière qu’émerge
rature allemande les bases sur lesquelles se bâ- le courant des Lumières, Aufklärung, dont
tira sa grandeur, les deux clefs qui permettent à Moses Mendelssohn sera l’un des auteurs les
l’âme d’une nation de se révéler par les lettres : plus représentatifs. Né à Dessau en 1729, c’est
unité de la langue et originalité des thèmes. à Berlin qu’il s’éteindra en 1786. Fils de rabbin,
Martin Luther, en offrant sa traduction person- autodidacte, la reconnaissance du fruit de ses
nelle de la Bible dans un langage compréhen- réflexions est soutenue par sa rencontre déci-
sible par le plus grand nombre, ouvre la pre- sive avec Gotthold Lessing (1729-1781). Ce der-
© SIEGFRIED STOLTZFUSS - ICONOTEC
LITTÉRATURE
très ouverte aux différences religieuses. Les- à l’été 1798 le temps d’un court séjour. L’homme
sing édite, sans même demander son accord à déménagera fréquemment, il n’en demeurera
Mendelssohn mais en préservant l’anonymat pas moins un membre d’influence des cercles
de celui-ci, Conversations philosophiques, texte littéraires qui se multiplieront à Berlin au début
qui se fait remarquer. C’est dans cette veine, en du siècle, rivalisant bientôt avec ceux précur-
prônant la tolérance et en cherchant à créer seurs de Iéna, à l’image du Nordstern (Étoile
des rapprochements entre la pensée juive et la du Nord) ou des soirées des Frères Sérapion
philosophie allemande, que Mendelssohn pour- organisées en 1818 par Clemens Brentano, l’au-
suivra, s’entretenant de façon épistolaire avec teur de Lore Lay. D’Hoffmann, il nous reste sa
Emmanuel Kant qu’il influencera, le philosophe musique, bien sûr, en particulier celle de l’opéra
lui rendant hommage dans sa fameuse Critique Ondine dont le livret a été écrit par son ami
de la raison pure. Friedrich de La Motte-Fouqué, auteur du conte
En réaction aux Lumières, mais bien que éponyme, mais aussi quelques romans (Les
concrètement la finalité soit la même - interro- Élixirs du Diable et Le Chat Murr resté inachevé)
ger la possibilité laissée à l’homme d’accéder à et surtout ses Contes fantastiques.
la liberté, quels que soient les moyens, et quitte Berlin s’anime aussi par la présence de Joseph
pour cela à s’opposer aux instances dirigeantes von Eichendorff dont la réputation est immense
-, apparaît le mouvement dit «Sturm und en Allemagne bien qu’elle n’ait pas vraiment
Drang», littéralement Tempête et passion, dont
le nom est emprunté à une pièce de Friedrich franchi les frontières. De la vie d’un vaurien :
Maximilian Klinger. Ce mouvement, qui veut fantaisie romanesque a toutefois été retraduit
rompre avec les conventions fatiguées et sait par les Belles Lettres en 2013. Citons encore
se montrer contestataire, culmine avec l’œuvre Johann Gottlieb Fichte, mort Berlinois en 1814,
de Goethe et avec celle de Friedrich von Schiller. qui, en suivant les pas de Kant, devint l’un des
La voie pour qu’apparaisse le Romantisme est théoriciens du Romantisme, édictant les prin-
ouverte, Berlin en deviendra l’un des centres cipes de l’idéalisme allemand. Nombreux sont
d’importance. les intellectuels à avoir participé à ce courant
d’envergure aux maintes ramifications. Ainsi
Du Romantisme à la guerre tandis qu’Achim von Arnim collectait les chants
Si les Portugais ont leur saudade, les Allemands populaires, Ludwig Tieck, un proche de Novalis,
éprouvent leur sehnsucht, un vague à l’âme qui usait des anciennes légendes pour donner vie à
étreint et se pâme dans des décors presque de nouvelles versions, son Chat botté est resté
gothiques, sombres forêts ou châteaux déca- dans les annales d’une ville qui vit mourir en
tis. Le Romantisme ne possède plus la volonté 1859 et 1863 les célèbres frères Grimm.
59
LITTÉRATURE
Un autre genre émerge durant ce siècle ambi- Au lendemain de la défaite, Berlin connaît cepen-
tieux, et l’attente est ancienne à en croire Les- dant une nouvelle effervescence et les années
sing qui déjà en 1767 se désolait que le pays ne 1920, les Goldenen Zwanziger, la marquent du
compte ni théâtre, ni acteurs, ni spectateurs. La sceau de capitale culturelle européenne. L’an-
production de Heinrich von Kleist, qui se suicide née 1919 voit ainsi publiée l’anthologie Mens-
en 1811 à 34 ans après une courte vie cernée chheitsdämmerung par Kurt Pinthus qui réunit
de périodes dépressives, va en partie changer les poètes de l’expressionnisme allemand,
la donne. Sa Cruche cassée - comédie ironique - un monument littéraire qualifié d’expérience
est programmée par Goethe en 1808 à Weimar. avant-gardiste qui sera brûlé lors de l’autodafé
À Berlin, c’est surtout la création du Deutsches orchestré par les nazis en un funeste 10 mai
Theater en 1883 par Adolf L’Arronde qui sera 1933. Berlin voit s’affirmer Bertolt Brecht qui
décisive. fait ses armes au Deutsches Theater, tandis que
Prenant le pas sur le Théâtre Royal où la ville elle-même devient scène de théâtre dans
jusqu’alors régnait le conservatisme, cette le célèbre roman d’Alfred Döblin (1878-1957),
nouvelle scène va être très vite dirigée par Berlin Alexanderplatz (1929), qui sera lui aussi
Otto Brahm qui n’hésitera pas à programmer jeté dans les flammes.
la première de Avant le lever du soleil (Vor Enfin, Berlin est champ d’exploration pour un
Sonnenaufgang) d’un tout jeune dramaturge, jeune journaliste, Philip Roth, dont les Belles
Gerhart Hauptmann, futur prix Nobel de litté- Lettres ont eu la bonne idée de réunir les
rature (1912), dont les éclats naturalistes qui articles dans À Berlin. Un Ange bleu - adap-
campent la révolte des classes opprimées n’au- tation du roman de Heinrich Mann, Professor
ront pas l’heur de plaire à l’empereur Guillaume Unrat - reçoit en 1930 les ultimes ovations du
II. Otto Brahm donnera également sa chance à public avant que le fascisme ne s’abatte défi-
Max Goldmann qui cache sa judéité, l’époque nitivement sur le monde et contraigne à l’exil
le voulant, sous le pseudonyme de Reinhardt. de nombreux intellectuels, quand certains ne
Né en 1873, l’homme est appelé à devenir l’un lui préfèrent pas le suicide. Bien avant qu’en
de ceux qui révolutionneront la mise en scène, une nuit un mur s’érige et la coupe en deux en
évoluant au Deutsches Theater dont il pren- 1963, Berlin peine à se relever d’une guerre
dra un temps la direction, il sera avant cela à qui l’a laissée exsangue. Et si une nouvelle
LITTÉRATURE
l’initiative de la fondation du cabaret satirique génération d’auteurs décide dès 1945 de lan-
Schall und Rauch en 1901. Son talent et sa cer une revue culturelle puis de se réunir au
conception moderniste l’amèneront à conqué- sein du Groupe 47, c’est Munich qui assiste à
rir l’Amérique, une seconde patrie où il trouvera ce renouveau, et non Berlin qui pourtant ins-
refuge quand les forces nazies prendront de pire des romans et témoignages d’envergure,
l’ampleur. Pour l’heure, c’est le premier conflit au nombre desquels il faudra bien sûr compter
mondial qui voit s’interrompre une période qui Seul dans Berlin de Hans Fallada qui évoque
est pourtant pleine de promesses, à en croire la mémoire d’un couple de résistants, Élise et
les succès rencontrés par Thomas Mann ou Ste- Otto Hampel, et Une Femme à Berlin, récit auto-
fan Zweig, et bien que tous deux puiseront dans biographique resté anonyme jusqu’à ce que le
la Grande Guerre matière à nourrir leur talent et nom de son auteure, Marta Hillers, soit dévoilé
leurs convictions pacifistes. en 2003.
Après la chute du Mur, la ville réunifiée devient
lieu de tous les possibles et suscite l’engoue-
ment des auteurs locaux et internationaux
comme le confirment les nombreux titres qui
l’évoquent. Le Belge Jean-Philippe Toussaint
s’en empare en 2002 dans La Télévision, Wil-
fried N’Sondé en fait la toile de fond d’un grand
amour dans Berlinoise en 2015, quatre ans
plus tard le narrateur de Samy Langeraert s’y
console d’une rupture dans Mon temps libre
(Verdier). Surtout, l’Herne traduit Enfance ber-
linoise de Walter Benjamin, et le grand Edgar
Hilsenrath conclut son cycle romanesque avec
un texte très émouvant, Terminus Berlin, dis-
ponible aux éditions Le Tripode. Une littérature
du tournant, wendeliteratur, qui n’a sans doute
© CLU - ISTOCKPHOTO.COM
60
TOP 10 BERLIN :
© EITIONS DU SEUIL
FRAG-
MENTS
LECTURE D’UNE
HISTOIRE ALLEMANDE
De 1961 à 2013, Raymond
Q
uelle autre ville plus que Berlin suscite autant de résul- Depardon n’a cessé d’ar-
penter et de photographier
tats à la faveur d’une simple recherche littéraire ? Si le se- une ville en reconstruction.
cond conflit mondial a délié les langues, la nouvelle géné- Raymond Depardon,
ration ne se lasse pas de démontrer qu’elle a su s’inspirer Éditions Seuil.
d’une cité devenue terrain d’expérimentations créatives. Un petit
aperçu pour tous les lecteurs, du classique au fantaisiste.
LA MOI, QUATRE
TRILOGIE CHRISTIANE FANTÔMES
BERLINOISE F., 13 ANS, IM NEUEN
Ex-commis- DROGUÉE, BERLIN
© LE LIVRE DE POCHE
© SYROS
© FOLIO, 1983
Bernie TUÉE… palpitante,
Gunther Son histoire un livre,
a le sens de l’ironie, et il publiée en un CD, et une bonne façon
en faut pour affronter la 1983 aura bouleversé des de se familiariser avec
montée du nazisme. générations de lecteurs, la langue allemande.
Philip Kerr, Le Livre depuis Christiane a repris Roland Fuentès et
de poche. son nom et sa vie. Pierre-Yves Cézard,
Éditions Folio. Syros jeunesse.
61
A L’ÉCRAN
L
’histoire du cinéma berlinois, et a fortiori l’histoire du cinéma allemand, est ponc-
tuée de périodes fastes (les années 1920, les années 1970) mais aussi de pas-
sages à vide. Cependant, avec la Berlinale, le festival annuel du film allemand,
des nouvelles œuvres de jeunes réalisateurs remarqués ces dernières années
comme Victoria (2015) ou encore des séries de qualité comme Charité ou Baby-
lon Berlin qui font une percée fulgurante sur le petit écran, on peut estimer que
le 7e art occupe aujourd’hui à nouveau une place importante dans la capitale allemande. On
peut évidemment toujours compter sur ces réalisations qui portent avec brio l’histoire de Ber-
lin à l’écran, comme dans Good Bye, Lenin! (2003, relatant la chute du Mur) ou encore La Vie
des autres (2005, plaçant son intrigue dans l’Allemagne de l’Est des années 1980) et qui font
de cette ville l’une des plus appréciées du grand écran.
résident dans le quartier de Berlin-Tempelhof. Is- deux exemples les plus significatifs en sont Le
sues d’un courant que l’on qualifie d’expression- Juif Süss (1940) de Veit Harlan et Les Dieux du
niste, des œuvres comme Le Cabinet du docteur stade de Leni Riefenstahl en 1938, film tourné
Caligari (1919) de Robert Wiene, Nosferatu le au moment des Jeux olympiques de Berlin. Des
vampire (1922) de Friedrich Wilhelm Murnau, années plus tard, L’As des As (1982, avec Jean-
Le Docteur Mabuse (1922) et bien sûr Metro- Paul Belmondo) place une partie de son intrigue
polis (tourné à Berlin en 1925), le chef-d’œuvre durant cet évènement sportif majeur.
de Fritz Lang, toutes produites sous le sceau Berlin, référence cinémato-
UFA, illustrent de manière éclatante la richesse graphique allemande
du cinéma berlinois de cette époque. Des films Après la Seconde Guerre mondiale, il faut
comme Le Dernier rire (1924, de F.W. Murnau), attendre le milieu des années 1960 et les réa-
Variety (1925, dont les scène de cirque sont lisations de Volker Schlöndorff et de Werner
tournées au Wintergarten) ou encore Berlin, Herzog – souvent des adaptations de textes lit-
téraires célèbres – pour que le cinéma allemand
atteigne de nouveau une renommée internatio-
nale. Dans une veine plus sociale et militante,
plus provocante également, Werner Rainer Fass-
binder (1945-1982) réhabilite Berlin comme ville
du cinéma et livre des chefs-d’œuvre comme Le
Marchand des quatre saisons en 1971, Tous les
autres s’appellent Ali en 1973 et Le Mariage de
Maria Braun en 1978, sans oublier la dizaine
d’épisodes télévisés inspirés du célèbre roman
d’Alfred Döblin, Berlin Alexanderplatz. Du côté
est-allemand, la DEFA, la société de production
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L’ours de la Berlinale.
priété d’Universal. En 1989, l’une des dernières Plus récemment on remarque Barbara (2012,
œuvres de la DEFA, Coming Out (de Heiner Ours d’argent du meilleur réalisateur en 2012)
Carow) représente l’unique film produit par la de Christian Petzold ; Victoria (2015) de Sébas-
société ayant pour thème l’homosexualité. De tien Schipper, thriller filmé en un seul plan-
cette période et tournés entre les murs berli- séquence, ainsi que les séries Babylon Berlin
nois, citons également Le Passager (1988) de (2017-) de Volker Kutscher, prenant place dans
Thomas Brasch et La Toile d’araignée (1989) de la Berlin de 1929, sous la République de Weimar,
A L’ÉCRAN
Bernhard Wicki, tous deux présentés à Cannes ; et Charité (2017-) réalisée par Sönke Wort-
mais surtout Les Ailes du désir (1987), Palme mann, dont les deux saisons, bien que se pas-
du meilleur réalisateur, de Wim Wenders, réfé- sant à deux époques différentes (la première en
rence incontournable du cinéma allemand. 1888 et la deuxième durant la Seconde Guerre
De 1990 à nos jours mondiale), plantent leur décor dans l’Hôpital de
En 1992, Wim Wenders nous offre la suite atten- la Charité, à Berlin.
due de son chef d’œuvre Les Ailes du désir : Si La Berlinale, un festival des plus
loin, si proche, histoire d’un ange dans la Berlin accessibles au public
réunifiée. Les nineties berlinoises restent fruc- Enfin, comment aborder Berlin au cinéma
tueuses en matière de cinéma et on remarque sans parler de la Berlinale, le festival du film
des œuvres comme La Nuit silencieuse (1995, de Berlin considéré comme l’un des rendez-
remportant une mention honorable à la 46e Ber- vous immanquable du monde du cinéma. Il a
linale) de Dany Levi ou Cours Lola, cours (1998) la particularité de se dérouler en plein cœur de
de Tom Tykwer. Les années est-allemandes sont la ville, à la Potsdamer Platz, et d’offrir un large
peu à peu abordées dans des films, de manière accès au public qui peut assister à toutes les
humoristique, avec Sonnenallee (1999), rela- projections. Dans la sélection officielle, la com-
tant les aventures du Michael et de ses amis
dans les années 1980 le long de la Sonnenallee ; pétition pour les Ours d’or et d’argent est au
dans le grand succès Good bye Lenin ! (Wol- cœur du festival. D’autres points forts de ce
fgang Becker, 2003), où comment Daniel Brühl festival sont la section Panorama avec plus de
recrée la RDA dans un appartement de Berlin ; 30 premières mondiales, la section Perspective
mais aussi de manière sérieuse et tragique à du film allemand et le Forum international du
travers les activités de la Stasi dans La Vie des jeune cinéma. Et l’intérêt manifesté à l’égard
autres (2006, Oscar du meilleur film étranger en de la Berlinale augmente chaque année : plus
2007) de Florian Henckel von Donnersmarck. de 20 000 professionnels et visiteurs ainsi que
L’Allemand Hannes Stöhr dédie également deux près de 4 000 journalistes se retrouvent pour
de ses films à la capitale : Berlin is in Germany l’événement. En 2020, l’Ours d’or (récompense
(2002), histoire d’un ancien détenu de l’Est qui la plus prestigieuse du festival) est décerné à
découvre la nouvelle Berlin de la réunification, l’Iranien Mohammad Rasoulof, pour son œuvre
et Berlin Calling (2008), œuvre sur la vie noc- There is no Evil, tandis que l’Ours d’argent du
turne berlinoise à travers le destin tumultueux meilleur réalisateur est attribué au Coréen Hong
d’un DJ joué par le célèbre Paul Kalkbrenner. Sang-Soo pour La Femme qui s’est enfuie.
63
GASTRONOMIE
D
epuis le milieu des années 1990, la scène culinaire berlinoise a pris un virage
décisif et ambitieux. Aucune autre ville allemande ne possède une palette gastro-
nomique aussi complète et variée. En 2019 Berlin comptait ainsi 22 restaurants
ayant au moins une étoile Michelin, faisant de la capitale allemande la ville la
plus étoilée parmi les pays germanophones. Malgré cette cuisine gastronomique
moderne et innovante, Berlin n’a pas oublié le goût traditionnel des boulettes,
jambonneau, choucroute et autres galettes de pomme de terre. Depuis la chute du Mur, la
capitale a renoué avec son arrière-pays, ses tables s’orientant à nouveau vers les produits
de saison. En outre, Berlin est un client privilégié pour les produits frais du Brandebourg et
de Mecklembourg-Poméranie occidentale. S’ajoutent à cela des spécialités exotiques venant
des nombreuses communautés que compte cette ville cosmopolite. Sans oublier bien sûr
une abondance de pâtisseries succulentes et des bières de qualité.
haché), les Schnitzel (escalopes panées d’ori- compagnées de saumon fumé et de crème aigre.
gine autrichienne), le Sauerbraten (bœuf mijoté En Allemagne, le petit déjeuner (Frühstück) –
dans une sauce aigre-douce) ou encore les souvent copieux – comprend fromage, charcu-
Rollmops (harengs marinés). Sans oublier les terie, œufs, müesli, ainsi que pain (brötchen),
Königsberger Klopse (boulettes de viande avec beurre et confiture. Entre 12h et 13h, le déjeu-
une sauce aux câpres et aux anchois) d’origine ner (Mittagessen) est traditionnellement un
russe mais qui sont devenues très populaires repas chaud. Enfin, à 19h est servi le dîner
en RDA. La Weihnachtsgans ou oie rôtie est un (Abendbrot), habituellement froid. Il consiste en
classique de Noël que l’on sert avec du chou, des salades et tartines de fromage ou de charcute-
pommes de terre et des Teltower Rübchen, des rie. Si le tourisme a rallongé un peu l’heure du
navets caramélisés. dîner, les Allemands mangent habituellement
tôt et rares sont les restaurants qui servent
au-delà de 22h, même si les nombreux stands
de street-food (kebab, saucisses, burgers, etc.)
combleront les noctambules les plus affamés.
Entre currywurst et döner kebab
Avec près d’un tiers d’habitants ayant des ori-
gines étrangères, Berlin est l’une des villes les
plus cosmopolites d’Europe. On retrouve sans
surprise une très large communauté turque
bien sûr mais également un grand nombre de
citoyens originaires d’Europe de l’Est, des Bal-
kans, du monde arabe, d’Iran, du Vietnam ou
encore de Chine. Ici les restaurants proposent
des spécialités des quatre coins du monde,
ainsi que des plats que les Berlinois se sont
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Currywurst.
marinée – traditionnellement agneau, plus sou- ou Kaffee und Kuchen. Les Allemands raffolent
vent veau ou poulet – roulée dans une galette. également de chocolat chaud, souvent servi
La grosse différence vient souvent des portions avec de la chantilly, sans oublier le thé. Côté
bien plus généreuses et surtout du prix, souvent boissons fraîches, l’Apfelschorle est un mé-
moins de 3 € en Allemagne contre au moins 5 € lange de jus de pomme et d’eau pétillante, sou-
en France. Le Mustafas Gemüse Kebap dans le vent consommé à la place de l’eau au moment
quartier décalé de Kreuzberg serait le meilleur des repas. D’ailleurs les Allemands préfèrent
GASTRONOMIE
kebab d’Allemagne, voire d’Europe. largement l’eau pétillante (Sprudelwasser) –
Autre spécialité «exotique» bien que purement payante – et il est donc très rare qu’on vous
berlinoise, la currywurst est également un des offre une carafe d’eau au restaurant.
symboles culinaires de la capitale allemande. Entre bières et vins
Créée dans les années 1950, cette recette est
composée d’une saucisse grillée, nappée d’une Sans surprise, les Berlinois, tout comme les Al-
sauce aigre-douce à base de ketchup et de curry lemands en général, consomment beaucoup de
en poudre, le tout accompagné de frites. On en bière. Berlin compte même sa spécialité appelée
vend près de 70 millions chaque année à Berlin. Berliner Weisse. Cette bière est fabriquée à base
de froment, légèrement acidulée, elle est servie
Desserts et boissons dans de grands verres arrondis avec un doigt de
Comme dans le reste de l’Allemagne, les pâtis- sirop de framboise pour adoucir le goût. Sinon,
series sont chères au cœur des Berlinois. On les bières se répartissent en plusieurs catégo-
retrouve bien sûr de nombreux gâteaux multi- ries et sont soit servies en bouteille soit à la
couches, strudels et autres tartes aux fruits, pression (vom Fass). On retrouve la Weizenbier
sans oublier quelques douceurs locales. Le (bière blanche) qui sera filtrée (Kristall) ou non
typique Berliner Pfannkuchen est un beignet au (Hefe). La Becks est la marque de Pils (bière
sucre fourré de confiture ou de chocolat alors blonde à basse fermentation) très appréciée
que le délicat Berliner Luft, comprendre «air chez les jeunes, les plus anciens lui préfèrent la
de Berlin», est une mousse au vin blanc nappée Berliner Pilsner. Vous rencontrez parfois le nom
de purée de framboises. Le Berliner Käseku- de Kölsch dans certains restaurants, il s’agit de
chen est une sorte de cheesecake sur une base la Pils de Cologne qui se sert dans des verres
de pâte brisée alors que le Berliner Napfkuchen longs et fins de 20 cl. Les autres bières sont ser-
n’est autre qu’une variante locale du kouglof. On vies en plus grande quantité, 33 cl au minimum,
peut citer d’autres pâtisseries comme le Moh- la norme étant 50 cl pour une Weizenbier.
npielen, un pudding aux graines de pavot, ou Les vins allemands, souvent originaires de la
les Liebesknochen, c’est-à-dire des éclairs au vallée rhénane, sont également réputés. Préfé-
chocolat. rez les blancs aux rouges qui sont d’une qua-
Les cafés allemands sont généralement servis lité inégale. On pense notamment au riesling,
avec du lait (mit Sahne) et sont plutôt légers. souvent excellent (demandez «trocken» pour
Demandez un expresso si vous voulez quelque un riesling sec, sans quoi il sera sucré). Sur
chose de plus corsé. Les locaux sont de gros les marchés de Noël, le Glühwein (vin chaud à
consommateurs de café qu’ils sirotent le plus la cannelle et aux diverses autres épices) est
souvent avec une part de gâteau pour le goûter incontournable.
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PRATIQUE
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plus jamais ! Si vous le recompostez, vous vous verrouillage des vélos. C’est la même chose pour
exposez à une sévère amende. Le compostage les nouvelles trottinettes électriques qui ont fait
sert uniquement à déterminer le déclenche- leur apparition à Berlin en 2019. Plusieurs pres-
ment de la validité d’un billet. Pour faire l’acqui- tataires : Tier, Lime, etc.
sition d’un billet ou d’un pass, le plus simple est Pour louer un vélo, le plus simple reste de se
de les acheter sur les automates qui se trouvent rendre chez Berlin On Bike (www.berlinonbike.
dans les stations de U-Bahn et S-Bahn. de) dans la Kulturbrauerei à Prenzlauer Berg. La
◗ Les enfants de moins de 6 ans voyagent gra- location coûte entre 10 et 15 € pour 24 heures.
tuitement sur le réseau de transport berlinois.
Jusqu’à 14 ans, ils bénéficient d’un tarif réduit. AVEC UN CHAUFFEUR
Environ 7 000 taxis sillonnent Berlin ! Il est donc
VÉLO, TROTTINETTE & CO facile d’en trouver un et il suffit en général de
lever la main dans la rue pour qu’un taxi s’arrête.
Avec 600 km de pistes cyclables, Berlin est un Sinon, on trouve des stations aux gares et à
paradis pour les amateurs de vélo qui se sentent proximité des grands axes (Gendarmenmarkt
plus en sécurité que dans les couloirs de bus pa- ou Potsdamer Platz, par exemple). La prise en
risiens. En plus la ville est pratiquement plate. Si charge est de 3,90 € puis de 1,79 € le kilomètre
vous voulez devenir un vrai Berlinois, un de ceux pour les 7 premiers km, puis 1,28 € le km.
qui font du vélo même en hiver ou qui tirent leurs Pour un trajet court (2km), demandez une
enfants dans des charrettes spécialement amé- «Kurzstrecke» qui vous reviendra à 6 €.
nagées, louez un vélo ! C’est un moyen agréable
de découvrir la ville, et vous pourrez, en payant
un petit supplément, le mettre dans le S-Bahn et EN VOITURE
le U-Bahn. Les hôtels proposent parfois des loca- Il est facile de circuler en voiture en ville mais
tions de vélo à leurs clients. plus compliqué de se garer dans certains quar-
Pour la location de vélos en ville, il n’y a pas tiers. Les places sont payantes en centre-ville.
un prestataire unique, comparable au Vélib Attention aux stationnements gênants : les voi-
parisien. Plusieurs entreprises se partagent tures sont rapidement enlevées. il faut ensuite
le marché. Ainsi, vous verrez dans la rues des se rendre au poste de police et payer une
vélos Lidl, Nextbike, Call A Bike (le service de la amende pour savoir où elle se trouve. Depuis le
Deutsche Bahn), etc. Pour les louer, il suffit de 1er janvier 2010, Berlin a renforcé sa politique de
télécharger l’application sur un smartphone, et restriction de véhicules polluants autorisés à
suivre les indications pour le paiement et le dé- pénétrer dans le centre-ville.
87
PRATIQUE
88
QUARTIERS
À
en juger par sa taille, Berlin n’est pas une ville, c’est une mégalopole monstre et
qui fait neuf fois la surface de Paris. Tout y est beaucoup plus large, plus vaste et
étalé que dans la plupart des villes d’Europe. En 1920, les villes et communes
limitrophes (comme Schöneberg ou Charlottenburg) sont réunies sous la juri-
diction du Grand-Berlin. Avec ses 3,8 millions d’habitants, Berlin compte alors
avec Londres, New York, Tokyo et Paris parmi les cinq plus grandes villes du
monde. Cette entité est sous-divisée en vingt circonscriptions, qui ont été réduites à 12 en
2001. Certaines de ces nouvelles circonscriptions (Bezirke) regroupent des quartiers de l’Est
et de l’Ouest qui avaient été séparés par le Mur. Dans ce guide, nous ne reprenons pas le
découpage administratif stricto sensu mais avons redécoupé la ville en sept quartiers, avec
des caractères tous profondément différents.
QUARTIERS
En revanche, la plupart des clubs qui ont fait la ◗ Alexanderplatz
popularité du quartier dans les années 1990 ont Ce qui fut le cœur de la Berlin médiévale est
fermé. aujourd’hui un quartier un peu décousu, avec
◗ Dorotheenstadt et Friedrichstadt quelques vestiges épargnés par les bombar-
Ces deux quartiers, le premier au nord, le se- dements (la Marienkirche), de grands axes
cond au sud de la prestigieuse avenue Unter sacrifiés à la circulation automobile (Karl-Lie-
den Linden, sont les plus chics de Mitte. C’est bknecht-Straße, Alexanderstraße), la très cé-
ici que l’on trouvera la bibliothèque nationale, lèbre Alexanderplatz et la non moins populaire
deux des trois opéras de la ville, l’université, le tour de la télévision, qui donne à la ville une sil-
Konzerthaus, un certain nombre d’ambassades, houette reconnaissable entre toutes. Non loin
etc. Vous l’aurez compris, c’est une partie de de la place, le Nikolaiviertel est le seul quartier
la ville toute en représentation, où les édifices de toute la ville qui présente un tracé médiéval.
historiques rencontrent l’architecture contem- Détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, il
poraine. Dans la Friedrichstadt, la place du a été reconstruit dans les années 1980 par les
Gendarmenmarkt en impose avec son élégante autorités est-allemandes.
symétrie. La Friedrichtraße est l’artère commer- ◗ Hackescher Markt, la Spandauer Vorstadt
çante du quartier. Il est régulièrement question et le Scheunenviertel
de la rendre piétonne pour renforcer son attrac- Autour de la station de S-Bahn Hackescher
tivité. Affaire à suivre. Dans ce quartier, bien sûr, Markt, des cafés se nichent dans les arcades et
il ne faut pas manquer la Pariser Platz avec le les Hackesche Höfe. Ici, bars, salons de coiffure,
plus célèbre monument de la ville : la Porte de cinémas, boutiques de jeunes créateurs berli-
Brandebourg. nois sont au coude à coude.
◗ Museumsinsel (l’île aux Musées) A ne pas rater non plus, la Spandauer Vors-
Cette île, lovée entre deux bras de la Spree, tadt (littéralement « faubourg de Spandau »)
accueille cinq des plus prestigieux musées qui s’articule autour de l’élégante et dynamique
de la ville. Le Neues Museum, avec son buste Oranienburger Straße et le Scheunenviertel
de Néfertiti, et le Pergamonmuseum, avec la (littéralement « quartier des granges »), entre
porte d’Ishtar, attirent des foules de visiteurs, les Hackesche Höfe et la Rosa-Luxemburg-
envoûtés par ces trésors de l’Antiquité. En face, Platz. Ici aussi, on trouvera de très nombreuses
la Schloßplatz clôt l’avenue Unter den Linden boutiques, des restaurants, des friperies et
: c’est ici que se trouvait, avant la guerre, le des cafés. Un quartier plus bourgeois que
château qui avait été la résidence des princes- bohème.
89
QUARTIERS
◗ Moabit et Wedding Vereinten Nationen par exemple) et aussi des
Depuis quelques années, ce deux quartiers po- quartiers qui ont gardé leur substance d’avant-
pulaires et multiculturels de Berlin-Ouest – qui guerre.
d’un point de vue administratif appartiennent ◗ Karl-Marx-Allee : cette avenue, fascinante
au Bezirk de Mitte – attirent les jeunes Berli- avec ses imposants édifices à l’architecture
nois en quête de loyers plus abordables. Wed- réal-socialiste, sépare le quartier de Friedrichs-
ding, ancien quartier ouvrier et « rouge » de la hain en deux. C’est une balade troublante à un
ville, concentre de plus en plus de bars sym- travers un monde qui n’est plus et qui rappellera
pathiques même si toutes les adresses sont aux grands voyageurs tantôt Moscou tantôt Var-
encore diluées aux quatre coins du quartier. sovie. Malheureusement, la rue n’est pas très
Prenzlauer Berg animée.
Ce quartier, qui se trouvait à l’est du Mur, fut ◗ Boxhagener Platz. C’est ici, autour de cette
après la réunification le terreau d’une nouvelle place surnommée affectueusement Boxi, que
vie artistique bohème, désargentée, spontanée l’on perçoit le mieux l’ambiance du quartier
et pleine de charme. Aujourd’hui, les façades ont qui attirait autrefois beaucoup d’étudiants. La
été rénovées, les rues assainies et une nouvelle Simon-Dach-Straße et la Gabriel-Max-Straße,
classe moyenne et fortunée s’y est installée. deux rues parallèles autour de Boxhagener
Prenzlauer Berg a vu sa vie nocturne décliner au Platz, forment ce Kiez qui regorge de petits
milieu des années 2000. Ici, selon le cliché, on restos, de boutiques alternatives et de bars
se promène avec sa poussette, on mange des sympathiques. La Boxi accueille également un
glaces bio et on fait son pain soi-même. Prenz- marché aux puces très apprécié des Berlinois.
lauer Berg ne manque pas de charme, avec ses Non loin, le RAW-Gelände continue d’attirer tous
beaux immeubles du XIXe siècle, ses places fleu- les oiseaux de nuit.
ries et ses terrasses aguicheuses. On y trouve Kreuzberg et Neukölln
encore quelques pépites : ici une librairie-café, Ces deux quartiers de Berlin-Ouest – qui se trou-
là un bar de la RDA, un cinéma d’art et d’essai vaient à proximité immédiate du Mur – sont sur
minuscule… toutes les lèvres quand il s’agit de la Berlin qui
◗ La Kastanienallee est une rue idéale pour bouge. Multiculturels, alternatifs, festifs, Kreuz-
QUARTIERS
prendre la température du quartier et flâner, berg et Neukölln sont la coqueluche des jeunes
rentrer dans quelques boutique de créateurs, Berlinois. Kreuzberg, quartier mythique de Ber-
avant de se poser pour prendre un café dans lin, ne faillit toujours pas à sa réputation après
la charmante Oderberger Straße. Tout près, des années d’engouement : il est coloré, punk,
le Mauerpark jouit d’une popularité qui ne se queer, fou, joyeux. Mais c’est Neukölln, ancien
dément pas. quartier pauvre et mal famé, qui, aujourd’hui,
◗ Helmoltzkiez : Prenzlauer Berg ne manque n’en finit pas de se métamorphoser et qui est
pas de jolies places. La Helmoltzplatz a le devenu le quartier le plus à la mode de la capi-
charme d’une place animée et l’on trouvera à tale allemande.
tous les angles toujours un café, un restaurant ◗ Kreuzberg. Peu attractif car très proche du
ou un bar qui convient à ses envies. Mur, il est laissé longtemps pour compte par le
◗ La jolie Kollwitzplatz est particulièrement reste de la ville et devient un lieu assez déca-
populaire pour son marché. Les rues alentour dent, où communautés de squatters, punks
affichent de belle façades restaurées. Ne man- et anarchistes élisent domicile. C’est aussi un
quez pas le Wasserturm non loin, cet ancien quartier privilégié par les immigrés turcs attirés
château d’eau en brique plein de charme. par les loyers parmi les plus bas de Berlin. Après
1990, la scène alternative commence à investir
Friedrichshain les quartiers de l’Est comme Mitte ou Prenzlauer
Quartier étudiant dans les années 2000, Frie- Berg, et Kreuzberg perd un peu de son esprit
drichshain était un peu punk, un peu anar- radical. Si une partie de Kreuzberg, autour de la
chiste... jusqu’à ce que les touristes du clubbing Bergmannstraße et de Südstern, s’est franche-
envahissent le Berghain et les autres clubs ment embourgeoisée, le versant turc, punk et
mythiques du RAW Gelände. A certains égards, bohème de Kreuzberg est bien vivant du côté de
Friedrichshain garde quelque chose de cette at- Schlesiches Tor, de Kottbusser Tor et du Görlit-
titude rebelle et engagée. Pour s’en convaincre, zerpark. Kreuzberg reste un lieu de rencontres
il faut y voir les manifestations du 1er mai. C’est particulièrement chaleureux, ponctué de bars et
aujourd’hui indéniablement l’un des quartiers de clubs vivants et authentiques.
les plus festifs. Friedrichshain a plusieurs ◗ Neukölln. Au sud de Landwherkanal, ce quar-
visages : il y a les grands axes, tracés après la tier en pleine renaissance n’était autrefois habi-
guerre et notamment la très impressionnante té que par des ouvriers et des immigrés turcs et
Karl-Marx-Allee (p.130), et les quartiers arabes. Dès la fin des années 2000, les artistes
recouverts de barres d’immeubles (Platz der et les étudiants, effrayés par les loyers en aug-
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© ELXENEIZE - SHUTTERSTOCK.COM
Les façades rénovées du quartier Prenzlauer Berg.
mentation de Kreuzberg et de Prenzlauer Berg, les gamins punks, à la fin des années 1970, fai-
s’empressèrent d’investir les rues de Neukölln. saient trembler les murs des bars et des salles
Au nord, près du canal, le quartier surnommé de concert improvisées dans des galeries ou
Kreuzkölln (contraction des deux quartiers de des cinémas. Aujourd’hui, la plupart de ses
Kreuzberg et Neukölln) est très à la mode. A beaux immeubles datant du début du XXe siècle
la fois turc et familial, bohème et bucolique, il sont rénovés. C’est donc un quartier très prisé
QUARTIERS
rappelle l’ambiance de Kreuzberg. Parallèle à et relativement cher.
la Sonnenallee, interminable avenue ponctuée ◗ Nollendorfplatz.
de restaurants et boutiques tenus par des Au nord du quartier, Nollendorfplatz forme le
membres de communautés arabes, la Wesers- maillon central de la nuit berlinoise à l’Ouest.
traße se distingue par ses bars branchés et C’est aussi le quartier gay de la ville. A la sortie
ses boutiques de créateurs. Aujourd’hui, c’est du métro est d’ailleurs érigé le mémorial aux
Rixdorf, un adorable village du XVIIe siècle tout victimes homosexuelles des nazis et chaque
au bout de la Sonnenallee, qui s’embourgeoise année une fête est organisée dans la Motzs-
à la vitesse de la lumière. Victime de sa popula- traße (Lesbisch-schwules Stadtfest). La Win-
rité, Neukölln est désormais l’un des quartiers terfeldplatz est très appréciée pour son marché.
les plus chers de Berlin. Non loin, la mairie de quartier (voir Rathaus
◗ Treptow. A l’est de Neukölln et au sud de Schöneberg) est un lieu historique depuis l’allo-
Kreuzberg s’étend le petit quartier de Treptow. cution du président américain en 1961, lorsque
Encore très en friche, il garde un visage indus- JFK déclarait dans un allemand approximatif : «
triel et désert, mais il est aussi très vert. On y Ich bin ein Berliner. »
va notamment pour l’Arena, cette gare transfor- ◗ Tempelhof. Ce quartier ne présente pas un
mée en complexe de clubs et plages urbaines, intérêt particulier pour les visiteurs, à l’excep-
et pour le Treptower Park, à l’embouchure du tion d’un site absolument inouï: le Tempelho-
Landwehrkanal et de la Spree. fer Feld. Ce qui fut autrefois un aéroport a été
Schöneberg et Tempelhof transformé en un parc accessible à tous. C’est
une aire de détente très appréciée des Berlinois,
Schöneberg fut une ville indépendante jusqu’en qui viennent se dorer la pilule au soleil, prendre
1920, année où elle fut intégrée au Grand-Ber- une bière sur la pelouse ou faire du roller sur les
lin. La petite U4 témoigne de la prospérité de anciennes pistes d’atterrissage.
la ville, fière d’avoir sa propre ligne de métro.
C’est à Schöneberg que Marlene Dietrich est Tiergarten
née et c’est dans un cimetière du quartier Tiergarten est l’un des quartiers les plus cen-
qu’elle a demandé à être enterrée. A la chute du traux de la capitale, entre Mitte et Charlot-
Mur, Schöneberg est un quartier tampon entre tenburg. L’écrasante majorité du quartier est
le Charlottenburg bourgeois et le Kreuzberg occupée par le parc. Vert par nature, le quar-
populaire. C’est à Schöneberg que David Bowie tier possède aussi de très nombreux musées,
décide de s’installer quand il emménage à Ber- quelques hôtels (de luxe) mais relativement
lin en 1976, Nick Cave y donnait ses concerts et peu de restaurants et de bars.
91
QUARTIERS
◗ Parc du Tiergarten pour Berlin-Ouest et la gare du Jardin Zoologique
Le grand parc du Tiergarten, qui donne son nom en était la gare centrale, aujourd’hui reléguée au
au quartier, est un bel espace vert et de loisirs, rang de gare régionale. Charlottenburg n’a pas
dont une partie est consacrée au jardin zoolo- le charme déjanté et festif des quartiers à l’Est,
gique. Créé au XVIe siècle, sa première fonction mais pour certains c’est finalement la « vraie
fut d’être une réserve de chasse pour la famille » Berlin que l’on y voit, épargnée par la vague
princière avant de devenir aujourd’hui le repaire de branchitude qui a transformé Kreuzberg ou
des amoureux de la nature : on y jogge, les en- Friedrichshain. La Breitscheidplatz, cœur névral-
fants y jouent, les joueurs de foot envahissent gique de la Berlin-Ouest d’après-guerre, connaît
les pelouses, on vient y parfaire son bronzage, une nouvelle métamorphose ces dernières an-
il y a quelques coins à drague. Il y a beaucoup nées : le Bikini a ouvert ses portes, le Zoopalast a
à voir dans le parc : la Siegessäule (p.125) été retapé et quelques barres des années 1960
(colonne de la victoire), le Schloss Bellevue ont cédé leur place à de nouveaux gratte-ciel. Et
qui abrite le palais présidentiel, le mémorial la mue du quartier ne semble pas terminée.
soviétique, etc. Le long de la Tiergartenstraße ◗ Autour du château
s’alignent des ambassades aux lignes contem- Au nord, le château de Charlottenburg – qui
poraines. donne son nom au quartier – vaut le détour.
◗ Potsdamer Platz C’est un incontournable pour les amateurs d’ar-
Depuis sa reconstruction, la Potsdamer Platz chitecture baroque. Le parc qui s’étend derrière
(p.123), que le Mur traversait, assure de nou- le château, invite à la promenade et à la rêverie.
veau le lien entre Tiergarten et Mitte. La place En face du château se trouvent de très beaux
en elle-même est une œuvre architecturale musées d’art, notamment la superbe collection
créative et futuriste, qui attire et enthousiasme d’art moderne (Picasso, Matisse, Klee…) du
les visiteurs. Juste derrière, le Kulturforum re- Bergruen Museum.
groupe de nombreuses institutions culturelles ◗ Le Kurfürstendamm
de taille : la Neue Nationalgalerie (p.122), Un peu plus loin commence le Kurfürstendamm
la Gemäldegalerie (p.119), le Kupferstich- (ou Ku’damm pour les intimes), une allée à trois
kabinett et Kunstgewerbemuseum (p.120), voies connue pour être l’une dese plus luxueuses
mais aussi la bibliothèque nationale (Staatsbi- de la capitale. A la fin du XIX siècle, elle est
QUARTIERS
bliothek ou Stabi, en abrégé) et la Philharmo- devenue une avenue cossue, la plus huppée de
nie (p.205), salle de concerts à la renommée Charlottenburg. La plupart des belles demeures
mondiale, qui accueille aussi le musée des n’ont pas survécu aux bombardements, mais
instruments de musique (Musikinstrumenten l’avenue conserve une certaine élégance. Sur
Museum). le Ku’damm cohabitent les couturiers les plus
◗ Regierungsviertel0 chics avec les magasins les plus ringards, les
Depuis que Berlin a supplanté Bonn comme bonnes vieilles Bierstuben avec les restaurants
capitale de la République fédérale, ce quartier, raffinés.
lové dans un bras de la Spree, accueille de nom- ◗ Savignyplatz et la Kantstraße
breuses institutions politiques : notamment La charmante Savignyplatz distille une atmos-
la chancellerie (Kanzleramt) et, bien sûr, le phère à la fois chic, intello et décontractée.
Reichstag (p.124). Cette imposante bâtisse, Quant à la Kantstraße, on trouve une variété
qui avait brûlé dans les affres de l’hitlérisme en incroyable de restaurants, pour la plupart de
1933, abrite aujourd’hui à nouveau le Parlement cuisine asiatique, du boui-boui taïwanais au
allemand sous un magnifique dôme de verre, burger japonais très tendance.
signé Sir Norman Foster. De l’autre côté de la ◗ Steglitz-Zehlendorf
Spree, on aperçoit la nouvelle gare centrale, Cet arrondissement, entre Charlottenburg et
Hauptbahnhof (p.118), une extraordinaire Potsdam, est un quartier résidentiel bourgeois,
composition géante de métal et de verre inau- tranquille, propre et vert. On y trouve notam-
gurée en 2006. ment le Grunewald, une gigantesque forêt sur
Charlottenburg les bords de la Havel, et la Freie Universität
Ancienne ville indépendante, Charlottenburg fut de Berlin-Ouest. Bien qu’excentré, ce quartier
rattachée à Berlin lors de la création du Grand regorge de points d’intérêt. On y trouvera par
Berlin en 1920. Charlottenburg a la réputation exemple le Musée des Alliés, la villa de la confé-
d’être un quartier bourgeois, avec des rues rence de Wannsee, le jardin botanique, etc.
calmes, ombragées et ses petits squares. En ◗ Spandau
effet, le passant pourra observer une multitude Ce quartier de Berlin fut autrefois une ville
de bâtiments Jugendstil (Art nouveau) et Grün- indépendante. Le centre a conservé un tracé
derzeit, tout en ornements, avec de grandes médiéval. On peut y voir la Zitadelle (p.146),
fenêtres et des plafonds hauts. Avant la chute une forteresse Renaissance qui rappelle les for-
du Mur, Charlottenburg faisait office de centre tifications de Vauban.
92
BERLIN BRANDENBURG GARE FERROVIAIRE
AIRPORT ZOOLOGISCHER GARTEN
Berlin Brandenburg Airport Zoologischer Garten
& +49 180 5000 186 www.bahnhof.de
www.berlin-airport.de Héritage de son statut de gare principale de Ber-
18 km au sud-est de Berlin. Ouverture pas avant lin-Ouest, la gare de « Zoo » continue d’être très
2020. bien desservie par les transports en commun.
Initialement prévue pour 2010 puis 2012, Elle est située sur les lignes 2 et 9 de U-Bahn
l’ouverture du nouvel aéroport international de et sur la ligne centrale de S-Bahn (S3, S5, S7,
Berlin a été repoussée à 2020 (encore à confir- S9). Vous trouverez également de nombreuses
mer), après avoir rencontré tout une série de lignes de bus sur l’esplanade de la Hardenber-
difficultés. Avec une capacité de 45 millions de gplatz ainsi que des taxis. La gare du zoo est
passagers, il doit devenir l’un des plus grands actuellement en travaux et se trouve au cœur
aéroports d’Europe. Il absorbera le site de l’aé- d’un quartier en pleine mutation.
roport de Schönefeld qui donc n’existera plus
sous ce nom. Quant à Tegel, il demeure l’aéro-
port des compagnies régulières jusqu’à nouvel
ordre
SE REPÉRER / SE DÉPLACER
que le réseau ferroviaire allemand soit ouvert & +49 30 25 41 40
à la concurrence, la DB (Deutsche Bahn) reste https://www.vbb.de/
l’entreprise ferroviaire la plus importante d’Eu- Pour voyager entre la capitale et sa banlieue,
rope après celle de Russie, sur le plan du chiffre entre Berlin et le Brandebourg, pensez à utili-
d’affaires comme des prestations. Elle gère ser le site ou l’application de la VBB (la société
notamment les trains internationaux, les trains de transports en commun Berlin-Brandebourg
régionaux et les trains de banlieue berlinois qui chapeaute 36 compagnies sur le réseau).
(S-Bahn). Des points de vente et d’information Vous pourrez facilement y calculer vos itiné-
existent un peu partout dans Berlin, en parti- raires, vous informer sur les tarifs, les travaux
culier dans les grandes gares (Hauptbahnhof, sur les lignes et acheter vos billets. Les tickets
Alexanderplatz, Zoologischer Garten...). de transport sont valides sur l’ensemble du
réseau. Le site Internet est bien sûr disponible
en anglais.
93
BERLIN ON BIKE CALL A BIKE
Knaackstraße 97 Hauptbahnhof
& + 49 30 43 73 9999 & +49 7000 5225522
www.berlinonbike.de www.callabike.de
Location de vélos : 10 à 15 € pour 24 heures. Forfait light : 0,10 €/min et jusqu’à 9 € la journée
Casques fournis. (24h). Forfait basic : 3 €/an puis 1 €/min et
En plus de son programme riche et varié de jusqu’à 9 € les 24h.
visites guidées (disponibles en français), Berlin C’est le système de location de vélo mis en place
on Bike propose aussi un service classique de par la Deustche Bahn. 4 200 vélos sont répar-
location de vélos, pour les adultes comme pour tis à travers la ville. La première étape sera de
les enfants. Avec un réseau de pistes cyclables s’enregistrer sur le site, de renseigner ses infor-
mations personnelles et ses données bancaires
de quelque 620 km, voilà un très bon moyen (carte de crédit) pour le paiement. Vous rece-
de locomotion pour sillonner la capitale ! C’est vrez un courriel avec un lien de confirmation et
pratique, rapide et écolo. Pour visiter la ville un SMS avec le code de déverrouillage. Ensuite,
de façon plus touristique, n’hésitez pas à vous vous pourrez utiliser l’application pour trouver le
renseigner sur les tours guidés (visites théma- vélo le plus proche. Vous tapez le numéro du vélo
tiques : Mur de Berlin, Berlin alternatif, Berlin pour le débloquer, puis vous le reposerez dans
historique, etc.). zone délimitée en rouge.
BVG NEXTBIKE
& +49 30 194 49 Erich-Zeigner-Allee 69-73
www.bvg.de LEIPZIG
Réseau de transport en commun berlinois. & +49 30 69205046
La BVG – Berliner Verkehrsbetriebe – est à Ber- www.nextbike.de/fr/leipzig/
lin ce que la RATP est à Paris. Vous retrouverez Compter 1 € les 30 minutes et 15 € la journée de
sur son site Internet des plans du réseau et tous location.
les tarifs pour les billets réguliers (trajet simple, Pratique pour ceux qui souhaitent sillonner la
carnets, billets à la journée, à la semaine, etc.). ville à vélo ponctuellement. Une location de
L’application de la BVG est utile pour calculer ses vélos avec points relais du type Vélib’ dans toute
itinéraires. La BVG dispose également de deux la zone A. Dans l’application Nextbike, sélec-
centres d’information, à Alexanderplatz et Zoo- tionnez le pays, puis la ville. Renseignez vos
logischer Garten, dans lesquels on peut acheter informations (identité et carte de paiement).
des titres de transport mais aussi des souvenirs Un PIN vous sera envoyé par SMS. Dans l’appli-
(sacs, tongs, lunettes, tasses...) aux motifs de cation, la carte vous renseigne sur les vélos et
l’entreprise. les stations à proximité. Le service Nextbike est
un peu cher mais très efficace. Si vous voyagez
en Europe, sachez que les vélos Nextbike sont
disponibles dans une vingtaine de pays.
94
B
À VOIR / À FAIRE
erlin est une ville-kaléidoscope dé-
cousue, sévèrement marquée par les
destructions et les tragédies du XXe
siècle. Elle ne se visite pas comme
Prague ou Florence qui peuvent étaler des
siècles de vieilles pierres. Berlin peut se visiter
comme on visite un chantier. On y travaille à la
reconstruction de la ville bien sûr, mais aussi à
l’élaboration de nouvelles idées, de nouveaux
modes de vie… Et c’est cette souplesse, cette
« élasticité », qui rend Berlin si séduisante.
Son architecture contemporaine la positionne
incontestablement dans le temps présent. Çà
et là, on découvre aussi des vestiges de son
passé et ses musées préservent des collec-
tions prestigieuses qui raviront les amateurs
d’art et d’archéologie. Les passionnés d’his-
toire arpenteront les lieux marqués par les
Hohenzollern, la révolution de novembre, la
République de Weimar, la dictature nazie et la
division de la ville pendant la guerre froide.
PRATIQUE
A VOIR / A FAIRE
96
Museumspass. Pendant trois jours consécutifs,
ce Pass à 29 € (14,50 € en tarif réduit) vous VISITES GUIDÉES
ouvre les portes de 30 musées dont ceux de l’Île Tous les jours, de jeunes Berlinois proposent
aux Musées, du Musée Juif, du Musée d’Histoire des Free Tours (pas de prix fixe, on donne un
de l’Allemagne, etc. Le billet est très vite rentabi- pourboire en quelque sorte) en anglais, en
lisé. Pour une organisation optimale, consultez allemand et en espagnol, utiles pour découvrir
les jours d’ouverture, attention au lundi ! la ville la première fois (www.neweuropetours.
◗ De nombreux lieux consacrés à la préserva- eu/sandemans-tours/berlin/). Pour une visite
tion de la mémoire sont en accès libre à Berlin : guidée en anglais, rendez-vous à Pariser Platz à
c’est le cas par exemple de l’exposition Topogra- 10h, 11h, 12h, 14h ou 16h. Ils débutent le circuit
phie des Terrors ou des mémoriaux pour les vic- non loin de la station Brandenburger Tor et vous
times du nazisme. les reconnaîtrez à leurs parapluies rouges.
Pour une visite inédite de la ville, nous vous
conseillons les Berliner Unterwelten (www.ber-
LES ÉVÉNEMENTS liner-unterwelten.de/fr), une association qui
Selon la saison à laquelle vous venez à Berlin, ouvre les portes des souterrains berlinois. Ils
vous serez susceptible de faire des activités proposent trois visites thématiques en français !
très différentes. L’hiver est froid et gris à Berlin.
Les températures se prêtent mal à de longues
balades en ville et l’on a vite fait de se rendre LES ATTRAPE-TOURISTES
au musée. Quant à l’été, les longues journées Ne vous jetez pas sur le premier billet touris-
ensoleillées invitent à la flânerie et au farniente tique qui vous sera proposé. L’office de tourisme
en terrasse ou bien à la course effrénée pour de Berlin Visitberlin est très « pousse-à-la-
ne rien manquer de l’offre culturelle et festive vente ». Prenez le temps de voir si les réduc-
exceptionnelle. tions proposées sont intéressantes pour votre
Il arrive que le centre-ville de Berlin soit en par- séjour. La Welcome Card ne comprend pas de
tie bouclé, à cause du marathon par exemple ou réductions pour la célèbre Île aux Musées ni
d’une visite d’État. pour la Gemäldegalerie.
97
ORGANISER SA VISITE
tuelles ? Le site Museumsportal répertorie de sation complète d’un voyage, du vol jusqu’à la
façon claire et synthétique toute la programma- réservation de visites, cette agence s’occupe
tion culturelle dans les musées, mémoriaux et vraiment de tout (vols, transferts de l’aéroport,
palais de la ville. Grâce à un intelligent système hôtels, visites, location de voiture de vélo, etc.).
de filtres, vous pourrez affiner votre recherche : Que ce soit à Berlin en Allemagne en Europe, ou
par date, par sujet (arts plastiques, histoire, de par le monde, grâce à l’expérience ainsi que
etc.), par public, etc. Le site, en grande partie la fiabilité des partenariats, cette agence vous
traduit en français, liste également les musées offre le meilleur du « sur-mesure ».
gratuits et les musées ouverts le lundi.
98
ORGANISER SA VISITE
À VOIR / À FAIRE
Myriam organise des visites guidées alterna- (que l’on appellera bientôt République de
tives de Berlin et de ses quartiers en langue Weimar) est proclamée à Berlin, au Reichs-
française. La palette des thèmes proposés est tag par P. Scheidemann et au château par
très large : street art, mode, art contemporain, K. Liebknecht. Le 9 novembre 1923, Hitler
architecture contemporaine, histoire de la ville, rate un putsch à Munich. Quinze ans plus
Mur de Berlin. La visite « Les secrets de Berlin » tard, le 9 novembre 1938, c’est la triste-
permet de découvrir l’ancien quartier juif et les ment célèbre nuit de cristal où, à Berlin et
arrière-cours de Mitte. Il est possible de réserver dans toute l’Allemagne, des magasins et
la visite à vélo ou à pied, en groupe ou en privé. des synagogues sont mises à sac et des
Les visites durent 2h30 et le règlement se fait citoyens citoyens juifs assassinés. Le 9
en espèces à la fin de la visite. Réservations sur novembre 1989, c’est la chute du Mur qui
le site Internet. aura séparé la ville pendant 28 ans.
99
ORGANISER SA VISITE
100
MITTE
À VOIR / À FAIRE
littérature en 1929 avec la parution du célèbre Ouvert tous les jours de midi à 20h, en juillet
roman d’Alfred Döblin, Berlin Alexanderplatz. et août de 10h à 20h. Fermé le 24 décembre.
Vitrine du régime communiste de la RDA après 12,50 €, réduit 9,50 €.
la Seconde Guerre mondiale, elle était autrefois Les publicités légèrement racoleuses pour cette
le cœur battant de Berlin-Est. Aujourd’hui, c’est exposition permanente ne laissent pas présa-
le centre névralgique de Berlin, et surtout une ger de sa grande qualité. Les offres à gogo sur
grande gare de métros, trains, trams et bus. le site Internet et les prix à géométrie variable
Non loin de la place se trouve aussi l’un des plus (tout est en option : le coupe-file, le casier à un
grands centres commerciaux de la ville, l’Alexa, euro, le droit de faire des photos, etc.), tout cela
immense et aseptisé. L’hiver, la place se trans- flaire l’attrape-touriste en bonne et due forme.
forme en marché de Noël avec notamment une Passé ces désagréments, on sera surpris par
patinoire. les centaines d’œuvres graphiques de Dali
◗ Alexanderplatz, c’est un peu un pot-pourri qui sont exposées ici dans une scénographie
d’architecture du XXe siècle. L’ édifice le plus sobre et bien agencée. Ne cherchez pas les
ancien de la place est la Berolinahaus