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Comédie et Avarice dans L'Avare, Acte I

Le personnage d'Harpagon est paranoïaque et agressif envers La Flèche, qu'il accuse à plusieurs reprises de voler. Il fouille La Flèche de force pour s'assurer qu'il ne lui a rien pris, ce qui énerve et provoque La Flèche. Leur échange est tendu.

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Comédie et Avarice dans L'Avare, Acte I

Le personnage d'Harpagon est paranoïaque et agressif envers La Flèche, qu'il accuse à plusieurs reprises de voler. Il fouille La Flèche de force pour s'assurer qu'il ne lui a rien pris, ce qui énerve et provoque La Flèche. Leur échange est tendu.

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L’AVARE

ACTE I, scène 3
Attention, il y a des apartés (répliques qui ne sont pas destinées à être entendues par les autres personnages sur
la scène). Il faudra donc interpréter le texte en conséquence.
Cherchez aussi la définition des mots que vous ne comprenez pas. Ex : « un soufflet, chausses, recéleur, ladre,
jaser, rosser… » pour interpréter comme il faut le texte.
Respectez aussi le caractère des personnages : Harpagon est paranoïaque et agressif vs La Flèche est rusé et
impertinent.

PARTIE 1 :
HARPAGON.- Hors d'ici tout à l'heure, et qu'on ne réplique pas. Allons, que l'on détale de chez moi, maître juré
filou; vrai gibier de potence.
LA FLÈCHE.- (A part) Je n'ai jamais rien vu de si méchant que ce maudit vieillard; et je pense, sauf correction,
qu'il a le diable au corps.
HARPAGON.- Tu murmures entre tes dents.
LA FLÈCHE.- Pourquoi me chassez-vous?
HARPAGON.- C'est bien à toi, pendard; à me demander des raisons: sors vite, que je ne t'assomme.
LA FLÈCHE.- Qu'est-ce que je vous ai fait?
HARPAGON.- Tu m'as fait, que je veux que tu sortes.
LA FLÈCHE.- Mon maître, votre fils, m'a donné ordre de l'attendre.
HARPAGON.- Va-t'en l'attendre dans la rue (…). Je ne veux point avoir sans cesse devant moi (…) un traître,
dont les yeux maudits (…) furètent de tous côtés pour voir s'il n'y a rien à voler.
LA FLÈCHE.- Comment diantre voulez-vous qu'on fasse pour vous voler? Êtes-vous un homme volable, quand
vous renfermez toutes choses, et faites sentinelle jour et nuit?
HARPAGON.- Je veux renfermer ce que bon me semble, et faire sentinelle comme il me plaît. (…) (A part.) Je
tremble qu'il n'ait soupçonné quelque chose de mon argent. Ne serais-tu point homme à aller faire courir le bruit
que j'ai chez moi de l'argent caché?
LA FLÈCHE.- Vous avez de l'argent caché?
HARPAGON.- Non, coquin, je ne dis pas cela. (À part.) J'enrage. Je demande si malicieusement tu n'irais point
faire courir le bruit que j'en ai.
LA FLÈCHE.- Hé que nous importe que vous en ayez, ou que vous n'en ayez pas, si c'est pour nous la même
chose?
HARPAGON.- Tu fais le raisonneur; je te baillerai de ce raisonnement-ci par les oreilles. (Il lève la main pour
lui donner un soufflet.) Sors d'ici encore une fois !
LA FLÈCHE.- Hé bien, je sors.
HARPAGON.- Attends. Ne m'emportes-tu rien?
LA FLÈCHE.- Que vous emporterais-je?
HARPAGON.- Viens çà, que je voie. Montre-moi tes mains.
LA FLÈCHE.- Les voilà.
HARPAGON.- Les autres.
LA FLÈCHE.- Les autres?
HARPAGON.- Oui.
LA FLÈCHE.- Les voilà.
HARPAGON.- N'as-tu rien mis ici dedans?
LA FLÈCHE.- Voyez vous-même.

PARTIE 2 :
HARPAGON.- (Il tâte le bas de ses chausses.) Ces grands hauts-de-chausses sont propres à devenir les recéleurs
des choses qu'on dérobe; et je voudrais qu'on en eût fait pendre quelqu'un.
LA FLÈCHE.- (A part.) Ah! qu'un homme comme cela, mériterait bien ce qu'il craint! et que j'aurais de joie à le
voler!
HARPAGON.- Euh?
LA FLÈCHE.- Quoi?
HARPAGON.- Qu'est-ce que tu parles de voler?
LA FLÈCHE.- Je dis que vous fouilliez bien partout, pour voir si je vous ai volé.
HARPAGON.- C'est ce que je veux faire. (Il fouille dans les poches de La Flèche).
LA FLÈCHE.- La peste soit de l'avarice, et des avaricieux.
HARPAGON.- Comment? que dis-tu?
LA FLÈCHE.- Ce que je dis?
HARPAGON.- Oui. Qu'est-ce que tu dis d'avarice, et d'avaricieux?
LA FLÈCHE.- Je dis que la peste soit de l'avarice, et des avaricieux.
HARPAGON.- De qui veux-tu parler?
LA FLÈCHE.- Des avaricieux.
HARPAGON.- Et qui sont-ils ces avaricieux?
LA FLÈCHE.- Des vilains, et des ladres.
HARPAGON.- Mais qui est-ce que tu entends par là?
LA FLÈCHE.- De quoi vous mettez-vous en peine?
HARPAGON.- Je me mets en peine de ce qu'il faut?
LA FLÈCHE.- Est-ce que vous croyez que je veux parler de vous?
HARPAGON.- Je crois ce que je crois; mais je veux que tu me dises à qui tu parles quand tu dis cela.
LA FLÈCHE.- Je parle… Je parle à mon bonnet.
HARPAGON.- Et moi, je pourrais bien parler à ta barrette. (*« parler à ta barrette » = gifler)
LA FLÈCHE.- M'empêcherez-vous de maudire les avaricieux?
HARPAGON.- Non; mais je t'empêcherai de jaser, et d'être insolent. Tais-toi !
LA FLÈCHE.- Je ne nomme personne.
HARPAGON.- Je te rosserai, si tu parles.
LA FLÈCHE.- Qui se sent morveux, qu'il se mouche.
HARPAGON.- Te tairas-tu?
LA FLÈCHE.- Oui, malgré moi.
HARPAGON.- Ha, ha !
LA FLÈCHE, lui montrant une des poches de son justaucorps. - Tenez, voilà encore une poche. Etes-vous
satisfait?
HARPAGON.- Allons, rends-le-moi sans te fouiller.
LA FLÈCHE.- Quoi?
HARPAGON.- Ce que tu m'as pris.
LA FLÈCHE.- Je ne vous ai rien pris du tout.
HARPAGON.- Assurément.
LA FLÈCHE.- Assurément.
HARPAGON.- Adieu. Va-t'en à tous les diables ! (…)

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