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LES MATERIAUX POLYMERES. 1 IwrRooucTioN Les polyméres organiques constituent avec les métaux et les céramiques une des trois classes principales de matériaux, Les polyméres naturals, tirés des végétaux et des animaux, sont utilises depuis des slécles. Ces matériaux comprennent le bois, le caoutchout, le coton, la laine, le cuir et la soie. D’autres polyméres natures, tels que les protéines, les enzymes, les amidons et la cellulose jouent un réle important dans les processus biologiques et physiologiques des végétaux et des animaux. Les outils de la recherche scientifique modeme ont permis de déterminer la structure moléculaire de ce groupe de matérlaux et de mettre au point de nombreux polyméres synthétiques. Depuis la fin de ta Seconde Guerre mondiale, l'avénement des polyméres synthétiques a révolutionné le domaine des matériaux, En raison de leur cout de Production modique et de leurs propriétés exceptionnelles, un grand nombre entre eux sont maintenant plus repandus que leurs homologues naturels. Done, si les matériaux naturels ont été utilisés de tout temps, Uhistoire des polyméres synthétiques est bien plus jeune et peut étre considérée comme Lributaire du développement de la chimie organique. Bien que le terme «= polymére » ait été inttodult par Berzellus déJa en 1833, Ila fallu prés d'un siécle our que la nature macromoléculaire des polyméres soit clairement élucidée par Staudinger en 1924. 1828 ——_Début de la chimie organique moderne, Whaler a synthétisé Vurée 1833 Emploi du terme « polymére » par Berzelius pour toute molécule multiple d'ur autre composé de méme composition chimique 1838 Les premiers polyméres synthétiques ont été découverts par hasard. En 1938, Regnault a observé la formation dune substance sotide dans un récipient rempli de chlorure de vinyle exposé & la lumiére. En 1939, Simon a noté la ~ solidification - du styrene. Non identifiables, ces substances étaient considérées comme inutiles, Le polychlorure de vinyle (PVC). et le polystyréne (PS) figurent aujourd'hui parmi les cing matiéres plastiques les plus courantes, 1900 Vers ta fin du XIX* slécle, on trouve déja plusteurs produits industrels comme les laques de nitrocellulose, les soies cellulosiques, cites de Chardonnet, la chambre & air de Dunlop. Le développement d'un véritable verre organique, le polyméthacrylate de méthyle (ou PMMA) ‘commercialisé sous le nom de Plexiglass par Rohm et Haas, date de ‘902, 1924 Introduction duu concept de macromolécule par Staudinger, qui est Festé controversé jusqu’a 1930. Jusqu’alors, les substances polyméres, comme ta cellulose, Uamidon et le caoutchouc naturel, étaient considérées comme des particules colloidales. 1930-1942 Carothers a recherché les bases des réactigns de polycondensation en <éveloppant des polyamides (PA) ou Nylon™, DuPont a produit en 1939 la _premiéce fibre synthétique, le PA 6,6 ou rylon™ 6,6. Durant la rméme période, d'autres matiéres thermoplastiques ont fait. leur apparition commerciale: le PS et le PVC en. 1930/1931; le polyuréthanne (PU) en 1937; le PA 6 en 1938; le polyéthyléne basse densité, ov Low Density Polyethylene (LDPE) en’ 1939; le polytétraflueroéthyléne (PTFE) en 1940. 1940-1970 Lors de cette période, la science et la technologie des polyméres ont Connu un développement fulgurant, stimulé par les progres en synthase ‘macromoléculaire. Deux des polyméres les plus utiisés aujourd'hui, le polyéthyléne haute densité, ou High Density Polyethylene (HOPE), et le PP, ainst que la majorité des polyméres dits nobles, ont vu le jour: le PTFE, les FU, le copolymére acrylonitrite-butadiéne-styréne (ABS), copolymére styréne-acrytonitrile (SAN), le polyéthyléne téréphtalate (PET), polyxyméthyléne (POM),.. Des thermodurcissables comme les résines époxides ont pénétré les marchés automobile et aéronautique, comme adhésifs rapides et flables, remplagant en partie la technique du rivetage. Pendant les années qui ont précédé la Seconde Guerre mondiale, Vimpact, industriel et économique des polyméres de synthése est resté tres limite. Ia fallu attendre 1945 pour que soit franchi le cap d'une production annuelle d'un million de tonnes. Deputs cette période, le développement des polymeres a littéralement cexplosé avec un taux de croissance de U'ordre de 10 & 15% par an, impliquant le » ; dans le cas des copolyméres séquencés, par un « -b- »; et pour les copolyméres greffés, par un g.~. On constate également qu'il existe a cété de la nomenclature officielle, des uoneuWwoURG _2qjapzuffo 2anyoj2u2won aiduaxa eupyps | quoweéuey Le type d'arrangement au sein du copolymére définira la microstructure de la matiére dans son état condensé (voir également § 4). Cetul-ci pouvant par exemple se présenter dans certains cas sous une forme monophasée (le plus souvent, les copolyméres statistiques, alternés) ou dans d'autres, sous une forme polyphasée olt chaque séquence du copalymére se regroupe en une phase distincte (copolymeres greffés, séquencés). Cette microstructure influence trés fortement le comportement mécanique et optique des matériaux polyméres quien résultent. Cette large diversité de matériaux et é’applications justifie importance de leur exploitation industrielle 2.3. Comportement gi éral des structures polymériques 4. Cohésion dans les matériaux polymeres - densité c'énergie cohésive Les propriétés remarquables des polyméres sont attribuables en grande partie & UVenchatinement des meres par des liaisons covalentes. Cependant, les interactions physiques et mécaniques entre les molécvles (intermoléculaires) ou au sein de la molécule elle-méme (intramoléculaires) sont aussi d'une importance capitale, dans la mesure od elles assurent la cohésion des polyméres condensés. En effet, en VVabsence de ces interactions, un polymere non réticulé serait gazeux dans des conditions ambiantes et sans intérét en tant que » materiau » Les liaisons covalentes Les liaisons covalentes, ou encore les liaisons « primaires », qui ent les tomes au sein d'une macromolécule, fixent sa configuration et assurent une Stabilité suffisante pour que les propriétés spécifiques aux macromolécules puissent se manifester durant, et aprés la mise en anuvr. Le Tableau IV.3 résume les Longueurs moyennes et les énergies de cissociation des liaisons primaires les plus répandues dans les polyméres. En conséquence de leur énergie de dissociation élevée, les liaisons covalentes sont capables de résister ala plupart des manipulations physiques et de mise en ceuvre effectuées sur les matériaux polyméres. De nowvelles liaisons chimiques covalentes peuvent aussi tre introduites lors de la mise en ceuvre par des procédés de réticulation ou d'autres macifications. Cependant, les liaisons chimiques ne sont jamais entiérement stables, et i faut toujours compter avec une certaine altération de la structure initiale de la macromolécule, soit ¢'erigine thermique ou chimique, solt par scission mécanique «es chaines. Il convient de souligner U'importance de la stabilisation des polyméres Contre la degradation thermique, ce qui implique Utilisation d'adjuvants. ou Certaines modifications chimiques (rien que pour cette raison, les polyméres purs, sans aucun additif, sont rares dans le commerce). Il suffit de rompre une seule liaison covalente parmi ies millers que comporte une macromolécule typique pour diminuer sa messe molaire d'un facteur 2. Or un grand nombre de propriétés <épendent fortement de la masse molaire comme la viscosité par exemple. Done méme une proportion relativement faible de lalsons altérées peut conduire & des ‘changements importants de propriété. ot Taison Tongueur moyenne [wm] — [Energie de Ualson ([Link]"] [Rac-cRs 0.154 298-335" CC aromatique 0.140 sot 0.134 613 0.120 837 0.146 307-385 0.120 0.146 z 0.115 892 0181 281 0.158 0.186 | 331-382 0.110 373-431 0.102 419 0.0955 463 pana ae EER STR eT OFT Tableau V3 - Longueure moyenne: ot éneraies de quelques lissons covalentes Les liaisons secondaires Les forces physiques qui sont & Uorigine de la cohésfon sont 10 & 100 fois plus {aibles que les liaisons chimiques ou primaires, ce sont les liaisons secondaires. Elles sont toutes d'origine électrostatique, telles les ponts hydrogéne ou les {interactions dites de Van der Waals. Les interactions spécifiques sont souvent associées a la présence de Uatsons centre atomes d’électronégativité différente. Par exemple, dans les liaisons O-H et NH, les électrons sont attirés vers le O et le N, respectivement, latssant une charge positive sur les H. Ceuxcci peuvent ainsi former des ponts hydrogéne (Figure IV.6(a) et (b)) avec des atomes électronégatifs appartenant & d'autres, ‘molécules ou a d'autres meres de ta méme molécule. Les ponts hydrogéne jouent lun réle important dans la cohésion et la cristalisation des polyamides (Figure 1V.6{c)), par exemple, ou encore dans tout polymere naturel Netmo=d o ) ond o ond” "Rot a Fiore 1V.6 ~ Exemple de lnton hydrogine (a) entre lee molécules d'eau, () ent sroupemants azides earbooflques,(c) dans le plan rticulalre d'un erstal de polyamise 6, (iyion 6.) 2 Les forces de Van cer Waals sont présentes dans tous les polyméres. Elles ne sont pas orientées, ni saturables, et elles assurent efficacement la cohésion entre les molécules dans un polymére pur En général, il est impossible de briser toutes les tlaisons secondaires d'un polymére de masse importante par apport d’énergie thermique, sans briser tes Uaisons covalentes, ce qui empéche la formation d'un gaz stable du polymére par évaporation. Interactions mécaniques Outre les liaisons secondaires, on peut identifier _certaines, ‘interactions mécaniques, On entend par lé, les contraintes sur ta mobilité des macromolécules engendiéet par leur forme et par leur conformation, comme les accrochages entre groupes latéraux encombrants (les groupes phényle du PS par exemple) et les effets dfenchevétrement schématisé & la Figure IV.7, qui sont a la base d'un grand nombre de modétes du comportement mécanique des polyméres. f Figure V.7-Schéma dun enchevetrement entre macromolécules Nalgré toutes ces interactions, compris _certaines _contraintes intramoléculaires (telles que le nombre’ et la longueur des liaisons primaires et angles de valence & respecter), si la température est suffisamment élevée, les molécules peuvent changer tr8s rapidement de conformation & l'état condense. Elles peuvent ainsi évoluer vers les conformations les plus énergétiquement favorables parmi celles qui leur sont accessibles. La vitesse avec laquelle ces conformations sont atteintes dépend de architecture de la macromolécule et du rapport entre les barriéres d’énergie qui s'opposent aux changements de conformation (auxquelles contribuent les forces secondaires) et Uénergie thermique disponible. Ce rapport détermine donc si un ensemble de macromolécules se trouve & état liquide (pas de contraintes permanentes lors d'une déformation en cisaillement), ou a (état solide (réponse réversible aux petites déformations), dant U’état vitreux est un cas particulier. Densité dénergie cohésive La densité d'énergie cohésive correspond & I'énergie nécessaire pour écarter de ses voisins une molécule jusqu’a la rendre indépendante, Dans le cas des liquides et des solides de faible masse moléculaire, ta densité énergie cohesive correspond respectivement l'énergie de vaporisation et de sublimation par unité de volume. 2 Dans te cas des polyméres cependant, la mesure directe de Uénergie cohesive fest impossible pratiquament. En effet, leur densité d’énergie cohésive est supérieure & Uénergle d'un en covalent. Par conséquent, le polymere se décomposerait par rup:ure de ses liens covalents avant datteindre la phase vapeur. La scission des chaines dénature le polymere donc Uénergie cohésive rmesurée ne correspondrait pas a celle du polymére initial. Il est nécessaire davoir recourt a des méthodes de mesures indirectes dont la description sort du cadre de ce cours mais dont les résultats sont représentés dans le Tableau WV.4. Il est intéressant de remarquer la nature des éléments constitutifS influence la valeur de la densité a’ énergie cohésive. Piper Repeat unt et em “pagauyens we HERG nm TERE (GH) Soren, Fy Torecriat— 30 eiee(aHICooCN)~ a ekechiococe)~ Ey iyi chide) rarer mH Poiytettene terepubalte) chic OcoCH.c00~ a Pasjhsametnteneaipamede) — —N8(CH .NMCO([Link]— tm Paigacrsonitite TencHch a ‘TabieauV.4~Densitl Cnergle eahdsive de quelques palymerescouranis b. Conformation La conformation d'une macromolécule est ("arrangement spatial momentané d'une molécule. Les liaisons simples d'une chaine peuvent subir une rotation et se replier dans les trois dimensions (voir Figure IV.5 au § 2.1) Cette isomérie de conformation et. les transitions multiples et rapides pprovoquées par le mouvement thermique des segments motéculaires donnent donc lieu & la forme de pelate des macromolécules en état d’équlibre (voir Figure IV.3 au § 2.1), au phénoméne d’élasticité caoutchoutique et & bon nombre de phénoménes viscoélastiques ou liées a la déformation des polymeres, qui seront des points abordés dans ia suite de ce chapitre, Architecture Jusqu’a présent nous avons uniquement considéré des chaines linéaires, avec cas ‘sans yroupes lateraux (melhyle, vinyle, phenyle, ester,..), et Corde drenchainement des diférents monoméres, le cas échéant (Cest-a-dire les copolyméres). La majorité des polymeres de gros tonnage produits aujourd'hui est constituée de macromolécules linéaires (cas idéal) ou quast-tinéaires (en pratique). En effet, durant leur syrthése, il se produit des réactions de transfert générant des branchements sur la caine linéaire qu'il est impossible d’éviter complétement (étude de ces réactions sort du cadre de ce cours). Toutefols, le cont‘dle chimique de ta synthése des polyméres permet également la réalisation d'architectures macromoléculaires non tinéaires tres variées présentant un in:érat industriel. 4 On peut définir trois catégories principales d'architectures du polymére qui sont illustrées & la Figure WV.8 ‘+ Les polymares linéaires ol! les monoméres sont joints bout & bout en chaines simples, comme ceuc envisages jusqu’a présent. La cohésion du matériau est done due principalement aux liaisons de type secondaire et aux interactions rmécaniques (enchevétrement et/ou encombrement stérique) + Les polyméres branchés ou ramifiés qui se caractérisent par la présence de chaines latérales qui sont raccordées aux chaines principales. Ces ramifications sont donc liées& la chaine principale par des liaisons covalentes créées au cours de réactions survenant généralement pendant la synthése du polymere. La cohésion est également due aux interactions de type secondaires et récaniques mais cet demniéres sont beaucoup plus marquées que dans le cas des polymeres linézires. La réticulation d'un matériau polymére est une réaction chimique qui permet de lier entre elles de manlére permanente (par Watsons covalentes), les macromolécules qui le constituent. Le point de branchement d'une chaine avec une autre s'appelle le noeud de réticulation. fu fur et & mesure de ta progression de la réticulation au sein du polymere, on augmente la quantité de chaines branchées et de nceuds de réticulation qui peuvent se trouver aussi bien sur la chaine principale que sur la chaine secondaire qui comporte alors également des ramifications. it devient ‘Impossible de distinguer une chatne principale et toutes les chaines constituent finalement des branchements. ‘+ Le polymare réticulé est finalement constitué d'une seule macromotécule de taille infinie (& échelle microscopique) qui constitue un réseau tridimensionnel dont les trés nombreux branchements sont liés les uns aux autres par des Ualsons covalentes qui assure la trés grande cohésion dans le matérlau. (a) ©) © Figure 1V.8 ~ Roprézentation chématique d'un polymére constitué de macromolécules (a) Uindaires, (2) branches, ee) 'un polymere retcula La recherche scientifique et usage technique de certaines architectures polymériques ont. conduit & désigner celles-ci par des appellations plus précises et d'affiner plus encore cette classification. Les plus courantes sont illustrées dans le Tableau IV.5. Si celles-c se différencient par la disposition des branchements et des chaines secondaires, elles comportent toujours plus ou moins de noeuds de reticulation et constituent finalement des cas. intermédiaires aux deux architectures extremes : la macromolécule tinéaire et le réseau réticulé tridimensionnel; définis par le taux de réticulation au sein de ce polymere. 9s Désignation Architecture Exemples mmolgeuaie Polymer Tngare = Palytivne haute nate Soca (HOPE) Polymére branché Polyéthylne basse densité yey Polymére & branches w Polyétyléne linéaire de ‘courtes ine basse densité (LLDPE) Polymére en oie de Styrdne-butadéne bloc i Be copalymére Polymare en pete Polymacromonomére de Marat styréne Poiymére cyclique ) Polycarbonate cyctique Polymére dendritique us, NIb Nts yg, _-Polvamidoamine (pamam) Nia Nii NH NAG, polymere rétculé Resins épany,caouthoue easton vulcanisé ‘Tableau V.5- Examples architectures meléeuaires Le comportement macroscopique duu matérlau est influencé dans une large mesure par cette architecture macromoléculaire, qui est donc d'une importance capital. Cette influence sera mise en évidence & plusieurs reprises dans la suite du 4, Masse molaire Aprés avoir considéré le polymére comme une succession de modes dlenchainements spécifiques de motifs plus ou moins réguliers, nous allons ‘onsiderer les chatnes entieres et étudier les caracteristiques qu justiflent leur désignation de macromalécules ou de haut polymere. En plus de sa composition chimique et de sa configuration, une chaine moléculaire est caracterisée par sa longueur, ou encore sa taille, exprimées par sa masse molaire. Une chaine de PE de 2000 méres a, par exemple, une masse molaire de 56 000 g-mo'* (pour rappel, une mole est tn ensemble de Ny » 6.10 ‘molécules, oi Na est le nombre d’Avogadto. On définit égalemert le degré de polymérisation d'une macromolécule qui est le nombre d'unités structurales qui la constitue. Dans exemple précité, celut-ct vaut 2000, On a donc la relation suivante 96 M=0P-H, 0b Mest la masse molaire de la macromolécule, DP est son degré de polymérisation, ‘My est a masse molaire d'une unité structurale, soit 28 g/mol dans le cas de ethylene. La masse molaire des polyméres se situe dans une gamme trés étendue. On trouve par exemple des masses molaires de lord: # De -10? [Link]" pour tes gommes et tes taqu +A -10° pour tes fibres de PE de masse moléculaire ultra élevée (Ultra High Molecular Weight PE, UHMWPE}, La conception de masse molaire pour les polyméres est différente de celle des petites molécules. En effet, pour ces derniéres, on associe un nom spécifique 3 chaque masse molaire (méthane = CH, éthane = Cit, .., heptadécane = Cite), tandis qu'on, parle de polyéthyléne aussl bien pour des molécules de masse 56 000 [Link]" que pour celles de masse de 800000 [Link]". La justification est simple + Dés que la masse molaire d'une chaine dépasse 1000 [Link]", les propriétés chimiques et certaines proprités physiques, qui notmalement sont utilisées pour la caractérisation dune substance (comme la température de fusion), ne dependent plus (ou peu) de la longueur d'une chaine. Par conte, certaines proprités mécaniques et rhéologiques des polyméres y sont tres sensibles + lest tras difficile, volre impossible, de synthétiser des macromalécules d'une seule longueur (isomoléculaire). La plupart des réactions de polymérisation sont es processus algatores : toutes les chatnes ne croissent ni ne se terminent de la méme fagon et, par conséquent, les polymeres ne sont pas isomoléculaires (oir $3.1). 2.4 Classification des applications polymériques La démarche de sélection d'un matériau consiste tout d’abord & définir tes besoins de application en termes de propriétés macroscopiques. De la, le rmatériau adéquat présentera le comportement mécanique, thermomécanique et physique répondant & ces exigences, et celul-cl est lié aux caractéristiques des ‘macromolécules isolées : nature, longueur, architecture, configuration. Si on se place du point de vue de Uutilisation du matériau, on peut classer celui-ci parm quatre catégories qui sont : ‘+ Les polyméres thermoplastiques (ou thermoplastes); «Les élastoméres; + Les polyméres thermadurcissables (ou polyméres thermodurcs}; + Les fibres. 7 a, Les thermeplastiques IL s'agit de matériaue constitués de chaines linéaires, voire ramifiées (8 chaines flexibles) mais bien distinctes, Cette catégorie de matériaux est composée de macromotécules qui sont, en régle générale, solubles dans les solvants organiques. adéquats, c'est-a-dire qu'ils sont capables de séparer les chaines de polyméres les lunes des autres. La cohesion dans le matériau est assurée par les forces "interactions secondalres (Van der Waals, liaisons H..) et les forces d'interactions mécaniques (enchevétrement, encombrement stérique), Pour cette raison, les thermoplastiques ramoltissent (jusqu’a (état liquide ou Visqueux) lorsqu'ils sont chauffés et durcissent en refroldissant ; ces deux processus sont d'ailleurs réversibles et peuvent etre répétés. A Uéchelle moléculaire, la hausse de la température provogue un affaiblissement des forces de liaison de Van der Waals (en raison du mouvement moléculaire accru), de sorte que le mouvement relatif des chaines adjacentes devient plus libre lors de application d'une contrainte. En outre, les thermoplastiques sont relativement ‘mous et ductile. Il se produit une dégradation irréversible lorsque la température {du thermoplastique fondu s'éléve & un point tel que les vibrations moléculaires deviennent suffisantes pour briser les liaisons covalentes. En raison du comportement thermique du matériau, sa fabrication repose sgénéralement sur application simultane de la chaleur et de la pression. En outre, Vobtention ¢'un produ: fini repose souvent sur plus d'un cycle d’échauffement (amollissement)- refroidissement (solidification). Le schéma courant ’obtention dun thermoplastique de grande distribution est + Lagymthase; ‘+ La récupération du polymére sous la forme d'un produit semi-fint (poudre, pellets, émulsion..); ‘+ Laimise & forme finale et obtention du produit fini, par exemple par extrusion, Injection, soufflage ce fim Finalement, mentiornons que, pour les thermoplastiques, puisque les forces de Uiaisons intermotéculaires sont des forces de type secondaire, le passage a Uétat fondu s'effectue a des températures beaucoup plus basses que celles nécessaires & la mise en ceuvre des nétaux et des céramiques. Cette caractéristique physique permet le formage de ces polyméres a des températures relativement basses (175 & 350°C) avec des cadences de production en objets finis extrémement élevées. Ce ont lee grands facilités de mize on eeuvre, qui se déroulent dane des conditions trés favorables d'un point de vue énergétique, qui sont en grande partie Tesponsables du succes économique des _matériaux polyméres. Toutefois, utilisation du matériau est naturellement également limitée aux faibles températures. b. Les thermadurcissables Les thermodurcissables (en_anglals, Thermoset) constituent une structure tridimensionnelle oi les chaines polymériques sont religes entre elles par des liaisons covalentes (c'est-&-dire un polymere réticulé, voir § 2.3c), si bien qu'ils sont finalement constitués d'une seule macromolécule de talleinfiniment grande & 98 échelle atomique. Cette super-macromolécule _atteint des dimensions rmacroscopiques. Au cours du traitement thermique initial, des réticules covalents se forment entre les chsines moléculaires voisines et les fixent ensemble, si bien ‘que ces chatnes résistent aux mouvements vibratolres et rotatifssurvenant a une température relativement élevée. Le nom « thermodurcissable » tire son origine dans le fatt que la réticulation seffectue en général & température élevée (150-200°C), méme si l'utilisation d’un catalyseur permet de diminuer la barrigre d'activation de ta réaction et donc la température de polymértsation. La cohésion dans les matériaux thermodurcissables étant assurée par des Uiaisons covalentes créées au cours de la synthése du polymere, is acqulérent une rigicité permanente lorsqu’ls sont chauffés, et ne peuvent étre fondus lorsqu'its sont chauffés & nouveau, Par conséquent, la mise en forme des thermadurcissables est moins aisée et moins rapide que celle des thermoplastiques pulsque le formage ddu polymére doit absolument se faire avant l"introduction des liaisons pontales par la réaction de réticulation. Cette demiére dure un certain laps de temps et la mise tn forme de ces matériaux se fait donc une cadence moins élevée que le caulage des thermoplastiques & haute température par exemple. Seul le chauffage & une température extréme parvient & rompre les liaisons covalentes, c’est-a-dire les réticules, et a dégrader le polymere. Uénergie de cohésion inter-chaines des thermodurcissables est en général beaucoup plus élevées que pour les autres polyméres (liaisons primaires et haut taux de réticulation). En raison de ces caractéristiques physicochimiques, les polyméres thermadurcissables attelgnent en général une résistance mécanique et surtout thermique nettenent supérieures & celle des thermoplastiques. Les polyméres thermodurcissables sont généralement mis en forme de facon ‘eréversfble par réaction chimique d'un durcisseur avec les petites molécules dune résine (résine époxy - durcisseur amine) et/ou avec des chaines linéaires (résine polyester - monomére de styrene). La structure chimique des composants de départ et le taux de réticulation influencent ensemble des propriétes thermomeécaniques de ces polyméres : module d’élasticité, température de transition vitreuse, résisiance mécanique. Vu leurs propriétés chimiques et mécanique finales favorables mais également leur faible viscosité avant durcissement qui facitite Vimprégnation de fibres et la mise a forme du matériau, ces thermodurcissables sont largement employés comme matrice dans les matérieux composites structuraux. Finalement, en raison de leur structure tridimensionnelle, ces matériaux sont non seulement’ infusibles mais également insolubles. En effet, les molécules de solvant n'ont pas la possbilté de diffuser & Uintérieur du matériau et de séparer les différentes chaines les unes des autres pour les disperser dans la solution. En ‘conséquence, ces matéraux ne sont pas recyclables. . Les élastoméres Les élastoméres - appelés caoutchoucs dans la vie courante - sont des mmatériaux solides souples et goaflables, possédant une grande déformabilité 99 Tout comme les thermodurctssables, les élastoméres constituent également Lune structure macromcléculaire tridimensionnelle de taille infinie (3 Uéchelle atomique). En effet, apres vulcanisation (réaction de réticulation des élastoméres, voir chdessous), les chaines de polyméres qui forment un pneumatique de voiture ne forment plus qu'une seule macromolécule qui a les mémes dimensions que le pneumatique. Pourtant, malgré la similitude de leur structure tridimensionnelle, le comportement mécanique des thermodurcissables et des élastoméres est tres différent. Alors que le premiers sont trés peu déformables, la caractéristique technologique tres importante des élastoméres est justement cette grande déformabilite qui atteint 600 & 700%. Celle-ci est directement lige & la nature de la ‘macromolécule et a son architecture, comme nous allons le voir. Les élastoméres sont obtenus au départ de polyméres tinéaires ayant sgénéralement une masse moléculaire comprise entre 100 000 et 500 000 unités et Caractérisés par des liatsons secondaires extrémement faibles (~ [Link]"). Pour en convainere, il suffi: dobserver la densité dénergie cohésive (Tableau WV.4 (6 2.3a)) des polyméres utilisés dans les élastoméres. Telles quelles, ces ‘macromolécules linéaires sont, & température ambiante, des liquides tres visqueux. Pour leur conférer des propriétés élastiques en traction ou en cisailement, on introduit un certain nombre de liaisons pontales entre les chaines du polymere Celles-ci conférent au matériau une structure tridimensionnelle et assurent la reversbilité de la déformation mécanique, Le mécanisme de céformation en traction dun élastomére est illustré & la Figure WV.9. Dans les Slastoméres, a densité de réticulation, c'est-a-dire de \iaisons pontales, par motif constitutif du matériau polymére est faible. Les segments de chaines compris entre les liaisons pontales ne sont liés entre eux que par des forces d'interactions secondaires faibles (Van der Waals), ils peuvent donc se déplacer les uns par rapport aux autres sous l'action de contraintes mécaniques tués faibles, ce qui expligue la grande déformabilité des élastomeres. Grice & une longueur suffisante des segments de chaines entre les noeuds, un élastomére, en Uabsence de contraintes est amorphe et ses chaines sont fortement tordues, entortillées et torsadées. La déformation élastique résultant de application dune charge de traction consiste simplement en un déroulement, un redressement partiel des chaines moléculaires, qui se traduit par leur allongement dans la direction de la contrainte. Ce mécanisme est illstré a la Figure IV.9. Des le relachement de la contrainte, les chatnes rétablissent leur configuration antérieure | Vapplication de la contrainte, imposée par les noeuds de reticulation, et la piece Feprend sa forme initial. 100 ” Figure W.9 - Représentation schématique de chaines moldcularesrdteuées d'un polymere 4) en absence de contrainte, et b) durant une déformation latiquerésutant de application dune contrainte de tractor Pour présenter le comportement dun élastoméve, le polymére dolt satisfaire & plusieurs conditions : 1) ILne doit pas crstalliser facilement (voir § 5.2). En effet, pour observer te déroulement des chaines moléculaires sous (action d’une contrainte, comme décrit ci-dessus, celles-ci doivent étre torsadées et entortllées en absence de contrainte, contrairement a Uordre et a Ualignement des Imacromolécules observés dans tes polyméres cristalins. L'élastomére a fortior| requiére un état amorphe. 2) La rotation des liaisons des chaines doit étre relativement libre pour que ces chaines torsadées réagissent rapidement a l'application dune force. Cette texigence dépend d'une part, des liaisons de types secondaires et mécanique fet dautre part, de la nature chimique du polymere (absence de doubles liaisons). 3) Lramorce de la déformation plastique doit étre retardée pour que les Glastoméres subissent une déformation élastique relativement ample, ce qui s'obtient par l'intermédiaire d'une réticulation restreignant les mouvements des chatnes les ines par rapport aux autres ; les réticules jouent un rate @encrage entre les chaines et les empéchent de gliser les unes sur les autres de maniéreirréversible et ce jusqu'a des déformations importantes. La nature covalente des lalsons pontales présentes dans les élastoméres, confére’ au matériau une structure tridimensionnelle comparable & celle des ‘matériaux thermodurcissables hautement réticulés, méme se taux de réticulation fest beaucoup plus faible dans ce [Link]’en reste pas moins que les élastomeres sont des thermodurcissables puisquien raison du caractére irréversible de la formation des liatsons pontales, ils sont insolubtes, infusibles et sont donc mis & forme de maniére définkive et irréversible par U'action de la chaleur. La plupart des élastoméres courants possédent une transition vitreuse (voir $ 5.1) comprise entre -80°C et “50°C et les forces de cohésion entre leurs chaines sont naturellement trésfaibles: elles sont du méme ordre de grandeur que celles existant entre les molécules d'un gaz. Nous avons vu que, les élastomeres, avant 101 Introduction des Uasons pontales, sont des liquides trés visqueux qui s'écoulent sous Uaction de contraintes peu intenses. Le procédé de réticulation des Glastoméres porte le nom de vuleanisation et confére au matériau une structure ‘moléculaice légerement réticulée. La vulcanisation résulte d'une réaction chimique seffectuant généralement & haute température (150°C-160°C). Dans la plupart des réactions de vulcanisation, on ajoute des composés de soufre a Uélastomére chauffé. Les chaines d'atomes de soufre se lient alors aux chaines structurales adjacentes du polymére, par Uinterméciaire des doubles liaisons présentes sur la chaine principale initalé, et établissent une liaison pontale, conformément a la reaction suivante : Hts OED tod ells eno t LE tank “hel ek bons ns facts, decades seo en mtn aumes de ae Lobtention dun caoutchoue susceptible de tolérer dimportantes extensions sans rupture des liaisons cavalentes des chaines repose sur la présence de réticules relativement peu nombreux et trés distants les uns des autres. L’ajout de 1 & 5 parties (en masse) de soufre & 100 parties de caoutchouc produit des élastoméres de bonne qualité. Une teneur en soufre plus élevée accentue le durcissement du Caoutchoue et en amoindrit d’autant la flexibilité. A titre d’exemple, la Figure IV.10 représente la structure d'une liaison pontale dans le cis-1,4-polyisoprene (caoutchoue naturel) vulcanisé au soufre, uUllsé dans les pneumatiques de voiture. Des ponts dsulfures (-S,-) assurent la liaison entre les chaines. Figure v.10 Structure des llsons pontales (pont dsufures) dans le polysoprtne 1-4 els (caoutehouc nature) valeanié eu soue tel qu'on le trauve dans les poeumatiques de voiture Elastoméres thermoplastiques Les élastoméres thermoplastiques (Thermoplastic Elastomers, TPE’s) sont des rmatériaux qui, dans les conditions ambiantes, présentent de bonnes propriétés, d'élastoméres, et sont donc exploitables en tant que tels dans des applications pratiques, et qui ont comme avantage d’étre thermoformables, ce qui n’est pas le 102 cas des élastoméres envisages jusqu'ic, possédant des points de réticulations permanents Parmi les nombreuses variétés d'élastoméres thermoplastiques, l'une des plus cconnues et des plus largement utilisées est un copolymere constitué de segments ‘d'un monomére thermoplastique dur et rigide, genéralement le styréne (5), et de ‘segments d'un monomére élastique mou et souple, souvent le butadiéne (8) ou Uisopréne (I). Ces deux types de segments se suivent en alternance : les segments polymérisés durs occupent les positions terminates de la chaine, alors que le segment central souple conslste en unités de butadiéne ou d'isopréne polymérisées. Il stagit respectivement du styrene-butadiene-styrene based thermeplostic elastomer (S85 TPE) et du styrene-isoprene-styrene based thermoplastic elastomer (S15 TPE). Lorsque la proportion de polybutadiene dans le copolymére tribloc dépasse 60% par rapport au polystyréne (cas du SBS TPE), on obtient un matériau polymere ‘constitué d'une dispersion de spheres vitreuses de polystyrene dans une matrice ‘caoutchoutique contine de polybutadiéne (Figure IV.11). A la température ambiante, les segments centraux mous et amorphes (de butadiéne) conférent au matériau sa tenue élastomére caoutchoutique. A une température Inférieure a la température de transition vitreuse (voir § 5.1), les segments durs de polystyréne & VVétat vitreux, appartenant a plusieurs chaines distinctes et adjacentes, se regroupent, en raison de leur affinité l'une envers Uautre (+ Like likes like »), pour former des régions de domaines rigides. Ces régions constituent des points de réticulations physiques. lls Jouent un role tres semblable aux points de réticulations chimiques dans les lastoméres thermodurcissables. “peso Figure IV.11 - Mlrostrcture du TPE $85 ~ Copolymérestriséquences styréne-butadione- styrene contenant environ 30% en poids de styrene Le medule d’élasticté de cet élastomére peut étre abaissé par augmentation de a longueur du segment mou dans la chaine triséquencée, ce qui engendre une rigidité moindre. En out, la plage des températures d'utilisation se situe entre la température de transition vitreuse de la région molle et flexble, et la température 103 de la région dure et rigide, soit, dans le cas du copolymére styrénique en masse, entre -70°C et 100°C environ. ‘Aux copolyméres styréniques s'ajoutent d'autres types ’élastoméres, thermoplastiques, dont les oléfines thermoplastiques, les copolyesters, les polyuréthanes thermoplastiques et les polyamides élastoméres, Le principal avantege des élastoméres thermoplastiques, par rapport aux Glastoméres thermodurcissables tel que le caoutchoue vulcanisé, est que, chauffés une température suffisamment supérieure & la température de transition vitreuse de la phase la rigide (Tg la plus élevée), les mouvements moléculaires deviennent possibles dans les points de réticulations physiques (le matériau ramollit Drogressivement jusqu’a devenir visqueux) et peuvent alors etre traités a aide des Dracédés classiques de formage des thermoplastiques (moulage par soufflage, par injection.). Inversement, (e formage des thetmodurcissables est généralement plus difficle car lls ne fondent pas et la mise a forme doit avoir lieu avant ou simultanément & la réaction. Par ailleurs, étant donné que les processus de fusion et de solidification sont réversibles et répétables dans le cas des pléces thermoplastiques, ces derires pewent étre recyclées sous de nowvelles formes, Contrairement aux élastoméres thermodurcissables. Il est. également. souvent possible d'exercer un controle plus strict sur les dimensions des pléces d'élastoméres thermoplastiques, dont la masse volumique est inférieure a celles des thermodurcissables. Les élastoméres thermoplastiques ont remplacé les caoutchoues vuleanisés classiques dans un trés grand nombre d'applications. A Uheure actuelle ils sont souvent employés dans la fabrication de piéces d’équipements externes d'automobiles (pare-chacs, carénage frontal, etc.) et internes (isolants et connecteurs électriques, joints détancheité), de talons et de semelles de chaussures, d’articles de sport, de piéces dapparells ménagers, d'instruments rmédicaux, et de compcsants de mastic d’étancheité, de ciment de calfatage et aches. 4, Les fibres Les fibres sont des matériaux de géométrie telle que le rapport entre la longueur et le diamétre est d’au moins 100 pour 1. La plupart des fibres & usage commercial se trowvent dans l'industrie textile pour la confection de vétements ou de tissus (Fibres de nylon, polyester par exemple). De plus, elles entrent également dans la fabrication de matériaux composites (fibres aramides par exemple). utilisation des tibres requiére des propriétés mécaniques privilegiées dans Uvaxe de la fibre (résistance a la traction, module d’élasticité, ténacité). De telles propriétés relevent de la chimie des chatines du polymere et du procédé de mise & forme qui conjugue leffet de la chaleur et de la traction avec passage de la mative fluigifiée au travers d'une filére. La masse moléculaire des polyméres utilisés pour la fabrication des fibres doit @tre la plus élevée possible, De plus, les propriétés recherchées sont avantageusement obtenues & partir de polyméres cristallins. En effet, la résistance la traction augmen:e avec le degre de cristallinité, la structure et la Configuration des chanes doivent permettre la production d'un polymére toa hautement cristal, qu sobtient & partir de chaines Unéalres, non ramifiées et symétriques avec des motifs monomériques se répetant avec regularité (oir § 5.2). Le formage de la fibre utilise un procédé dit de ~ filage et étirage » qui est expliqué plus tain au 856. . Thermoplastiques vs thermodurcissables En conclusion, ces quatre catégories de matériau constituent ta majorité des ddomaines d'application des polyméres. Citons également application trés étendue des films (Industrie de Vemballage) qui comporte beaucoup de similitudes avec calle des fibres. Il en existe également d'autres applications, telles que les Fevétements de surface ou encore les adhésifs, qui sont trés spécifiques & (utilisation et trés varies, et ne sont pas abordées dans ce cours Malgré la diversité de ces applications, ony distingue toujours les caractéristiques comportementales liées & la nature thermoplastique ou thermadurcissable du matériau. Ces appellations sont d'origine historique, signifiant que le matériau devient plastique, ou non, par Uaction de la chaleur, ks sont constitués de chaires plus ou moins linéaires iées entre elles par des forces de liaisons secondaires. Selon la régularité de leurs chaines, ces polymeres peuvent cristaliser(thermoplast;ques semicristallins), ou non (thermoplastiques amorphes). Etant donnée a faiblesse des forces de liatsons secondaires, la majorité des ‘thermoplastiques courants ramollissent ou fondent dans une plage de température entre 80°C et 225°C, Par contre, en général, un thermodurcissable durcit et prend forme sous Veffet de la chaleur et de la lumiére, Toutefois, de nombreux polyméres ne se conforment pas & ces dénominations strictes. Ains! des thermoplastiques, comme le polytétrafluoroéthyléne (PTFE) ou le polyéthyléne & masse ultra élevée (UHMWPE, ultra high molecular weight polyethylene), sont difficiles, voire Impossibles, & mettre en cuvre par thermoformage, alors que les thermodurcissables comme certains époxys, polyuréthanes et sticones peuvent durcir sans apport supplémentaire de chaleur, & température ambiante au sub-ambiante. La vérltable alstinction entre ces deux classes provient du fait que dans le premier cas, les molécules restent chimiquement séparées les unes des autres apres la mise en ceuvre. ce qui permet un remoulage a ciscrétion. Dans le second fs, des petites moléciles ou des chaines linéaires sont réticulées pendant le lurcissement, Elles sont alors toutes reliées entre elles par des liaisons primaires tt stables, L’échantilon forme ainsi une seule super-macromolécule (un réseau tridimensionnel) et il ne peut plus atre remaulé. Comme conséquence pratique de cette difference également, un thermodurcissable peut éventuellement se gonfler dans un solvant (swelling) mais ne s'y dissoudra jamais. 3 POLYMERISATION 3.1 Modes de polymerisation Un polymére est une macromolécule obtenue par la répétition d'une unité constitué dun groupe d’atomes liés par des liaisons covalentes. Celles-ci sont réalisées au cours de la réaction de polymérisation qui synthétise les los rmacromolécules en reliant des moiécules de monoméres entre elles par des liaisons chimiques covalentes, Une réaction de polymérisation est en général trés exothermigue car on remplace chaque double Uatson, énergle de formation = 602 [Link]", par deux liaisons simples dont l'énergie de formation est 2x346 = 692 [Link]. Cet aspect est trés important a prendre en compte notamment lors du choix et de la definition du processus de mise en ceuvre du matériau, On distingue deux ‘+ La polymérisation en chaine (ou polyaddition) utitisée pour synthétiser tes polyméres de commedités (PE, PS, PP, PVC, ..) qui constituent 85% du tonnage des polyméres de synthése. Les propriétés mécaniques, physiques et chimiques ‘des matériaux produts sont souvent limitées. écanismes de polymerisation : ‘+ La polymérisation par étapes (step growth polymerization, également parfots assimilée a la polycondensation) qui permet d’obtenir_ bon nombre des polyméres d'ingénierie (applications spécifiques de haute technologie). Leurs. roprigtés thermomécaniques et chimiques sont supérieures. Ce type de polymérisation permet également de deéfinir des propriétés nouvelles telles que des thermodurcissables a haute résistance thermique et chimique, des fibres & haut module, des mousses rigides & porosité contrélée. Toutefols, cette distinction en termes de performances du matériau a tendance a Seffacer. Les deux mé[Link] se rejoindre en ralson des ‘améliorations et des nouveaux procédés réalisés dans te domaine de la synthése par polyaddition. Comme nous allons le voir, te mode de polymérisation d'un matériau est directement dicté par lanature des monoméres constituant le polymére. 2, Polymérisation en chaine Type de menomére La polymérisation er chaine s'impose lorsque les monoméres sont de 2 types : + Insaturés c’est-i-dire qu’lls comportent au moins une double liaison (ou triple) ‘qui est directement le siége de la réaction de croissance de la chaine de polymere. Les types de monoméres vinyliques les plus courants (Tableau IV.6) sont les monoméres vinyliques, diniques, méthacryliques ou encore seétyléniques ‘+ Cycliques et dans ce cas la polyaddition est dite par ouverture de cycle. Par ce type de polymérisction, contrairement & la polyaddition de_monoméres insaturés, il est possible dobtenir d'autres types d’atomes que le carbone au sein de la chaine principale. Les atomes qui forment le cycle, apres ouverture de celui-ci au cours de Uaddition de ce monomére, s'ajoutent la chaine principale. Selon que le monomére soit par exemple de type lactone, lactame ‘u encore époxy (voir Tableau IV.7), on obtient respectivement, au sein de la caine principale, des fonctions ester (polyesters), amide (polyamides) ou ‘encore éther (polyethers). 106 Te epréantaiion | Err de ponTaTeS Poneres Wives one or = eae RoH (Rou) > PYC avec R= Cl Psalms phan fepyaes oa (ovens) | ~ _pobyiethyacyate de Métmreryiqves) | oe ft iméthyle avec R= CH, \ peated e-O-R butyle avec R= City ~ Poly(méth)acrylate d'hydroxyéthyle avec Heol PRR HE CECI Fainane aes =H R {Payboprane avec R= CH aaa crear —Fayectine TERT “ye To UN ler rales eT connate Types de Raprdsentation — Baynares [tactone 9 (e-caprolactone ou LL Sforortsctone) . Lactame ~ JA Polyamide 3 (B-lactame) J 10%) Poly(7,2 diméthylethyloxide) Eady me ih ‘oxacyclopropane) Rc— “Tableau W.7= Types de monambres lex plus courants quelques exerples de polymer ‘correspondants Réaction de polymérisation en chatne (de polyaddition) La Figure 1V.12 illustre la réaction globale de polymérisation en chaine, au depart de monoméres de type insaturés (chlorure de vinyle), conduisant & la synthase d’une macromolécule de polymere (PVC). Dans le cas de la polymérisation 107 fen chang, U'unité structurale du polymere correspond au monomére de départ. Partant d'un nombre n te monoméres porteurs d’au moins une double liaison qui joue le réle de site réactif, on obtient une macromolécule constituée de n unités Structurales. Chacune <'elle porte une double liatson en moins par rapport au monomére, au profit des dewe liens permettant d'incorporer et de lier Uunité structurale dans la chain, omc= CH a RC e & fier 12» sehima dei tacin de pohadétion une macomeécle de PC a part ehorure de vine (On constate également sur ta Figure 1V.12 que la polyaddition requiére Uintervention d'un centre actif R* pour édifier la macromolécule. Il s'agit despeces hautement ‘actives qui permettent d’ouvrir la double liaison du monomére afin de Uinsérer dans ta macromolécule en croissance. Comme on peut le voir sur la Figure 1V.13 qui illustre les étapes successives de la réaction de croissance d'une chaine de PS (ou réaction de propagation}, le centre actif réagit avec un premier monomére lui permettant d'ouvrr la double Uaison et se reporte ensuite sur cette unité structurale qui devient elle-méme U'espéce réactive permettant d'insérer un second monomére et ainsi de sui Ces centres actifs sent présents en trés petite quantité (107 10% molt"). En ‘effet, un seul centre actif est nécessaire pour l'écification d'une macromotécule ormée par contre par "incorporation d'un trés grand nombre de monomeres (de ordre de 10" a 10* pour les applications les plus courantes). © > } oO © Figure 1V.13 » Schéms de Ia réaction de propagation condulant & Ia synthive d'une macromoldcule de PS, au dapart de ne2 menomeres de styrene 108 Les centres actts R’ sont de différentes natures selon le type de polyadlition rencontré, On trouve : ‘+ Des électrons libres (ou radicaux) et on parle alors de polymerisation radicalaire ‘Des anions dans le cas de la polymérisation anionique Des cations dans le cas de la polymérisation cationique La polymerisation radicalaire est de loin le mode de polyaddition le plus courant dans les applications industrielles, les deux autres requiérent en effet des Conditions de synthése tres exigeantes et difficiles reproduire @ Uéchelle industrielle. Les polymérisations anionique et cationique, en général, relévent plus ddu domaine de la recherche ou d’ applications trés spécifiques.. Dans le mécanisme de polymérisation anionique, les espéces actives ont une durée de vie qui correspond & toute la durée de la réaction de polymérisation, Contrairement aux radicaux qui se désactivent rapidement (aprés un temps de Vordre de la seconde). La durée de vie, en quelque sorte illimitée, des anions réactifs confére & la palymérisation anionique le qualificatit de polymérisation vivante. Dans le cas de la polymérisation radicalaire, de nouvelles chaines slamorcent (réaction d'initiation) et se désactivent (réaction de terminaison) & tout moment durant la synthése. Les macromolé[Link]ésentent donc une longueur variable en fonction des conditions de polymérisation (voir § 3.2). En ppolymérisation anfonique, toutes les espéces réactives sont activées en méme ‘temps au moment de leur mise en solution et le restent pendant toute la durée de la synthése (pas de réaction de terminaison). Ik existe des applications pratiques trés spécifiques qut exigent ce caractére vivant offert par ta polymerisation de type anionique. ‘= Les macromolécules formées par polymérisation vivante ont toutes quasi la méme masse molécuaire car les conditions de synthése restent les mémes pour toutes les chaines fermées depuis le début de la réaction jusqu’a épuisement des monoméres. La polydispersité du polymére est donc proche de Uunité, on dit quiil est monotisperse {voir $3.2). On utilise cette propriété pour synthétiser des polyméres étalons de masse moléculaire définie et qui permettent par exemple de calibrer les outils de mesure de la masse moléculaire (Chromatographie sur Gel Perméable, ou GPC, notamment) ‘+ Les chaines restant actives aprés épulsement du monomére, si le polymére formé est maintenu en solution, il est possible d’y incorporer un second monomére qui viendra s'ajouter sur les chaines déja formées et créer ainsi des copolyméres bi-séquencés, ou méme & plus de 2 séquences si on reprodult plusieurs fois cette démarche (voir § 4.1) b. Polymérisation par étapes La polymérisation par étapes fait intervenir des monomeres bifonctionnets au minimum, afin de pouvoir propager ta réaction, ou encore multifonctionnels. La fonctionnalité d'un moromére est le nombre de sites réactifs d'une molécule de monomére capables de participer a la croissance de la chaine. Une étape de propagation entre deux nonoméres les lie entre eux pour former un dimére et il se 109 produit ('éimination de deux fonctions réactives, comme on peut le voir sur ta Figure IV.14 oli les monoméres de départ sont l'acide adipique (dont la fonction réactionnelle est acide carboxylique, -CO-OH) et Uéthylene glycol (dont la fonction réactionnelle est la fonction hydroxyle, -OM), Figure v.14 - Example de polyméristion par étapes (réaction destérifetion)condulsant Aa sythese du polysthylane adipate) Lédification d'une macromotécute se produit donc en répétant une réaction un grand nombre de fois (une esterification & la Figure IV.14). Si il s'agit d'une estérification, on obtient un polyester ; une amidification, on obtient un polyamide; 110 La réaction globate peut étre schématisée comme décrit & la Figure 1V.15. onomare eremre Dimare Dimere | | Oimare = et Trimere Teme =} auasrinire Pentamere semare mere i vay mare Figure 1V.18-Sehéma global d'une réaction de palymérsation par taper Dans une réaction d= polymérisation par étapes, les groupements réactionnels de fin de chaine conservent leur réactivité tout au long de ta réaction. Liédification de chaque macromolécule a donc lieu durant toute ta durée de réaction (plusieurs heures). Toutefois, la taille des macromotécules ({inéaires) reste malgré tout, plus petite (- 200 & 300 unités) que celle obtenue par polyaddition. La réaction de polymérisation par étapes est donc une réaction Deaucoup plus lente. On remarque également sur la Figure 1V.14 que Uunité structurale qui constitue le polymére est différente des monoméres de départ. Un polymére est défini par son unité structurale mais est possible de U'obtenir via plusieurs combinaisons de ‘monoméres initiaux. Par exemple, un méme polyester peut étre obtenu par 1+ Un diacide et un diot ‘+ Un dichlorure d'acide et un diol 4+ Des hydroxyacides Remarquons finalerrent qu'au cours de la polymérisation par étapes, fl y a souvent élimination d'une petite molécule (#20, HCl...) & chaque étape de propagation. Ces polymerisations par étapes sont donc des polycondensations mais, Ce n'est pas toujours le cas. Pourtant, il arrive souvent dans la littérature que le terme polycondensation soit généralisé, a tort, & toutes les réactions de polymérisation par tapes. 3.2. Caractérisation de la distribution des masses molaires iL est tres difficile, voire impossible de synthétiser un polymere constitué de macromolécules d'une seule et méme longueur (isomoléculaires), La plupart des reactions de polymerisation sont des processus aléatoires : toutes les chaines ne croissent, ni se terminent de la méme facon et, par conséquent, les polyméres ne sont pas’ isomoléculaires. Au contraire, ils présentent une dispersion de masse ‘molaire plus ou moins étendue selon le mode de polymérisation et les conditions de synthése, Il est également impossible de séparer completement des chaines de ‘masses molaires différentes selon leur longueur. On a donc toujours affaire & un mélange de masses melaires. Il est utile de caractériser cette distribution de ‘macromolécules de différentes masses molaires au sein du polymere et on utilise pour cela la masse molaire moyenne en nombre, en masse et la polydispersité. Mm La Figure 1V.16 présente une distribution classique de la masse molaire des macromolécules composant un matériau polymere courant, ainsi que les valeurs des masses molaires moyennes en nombre et en masse qui y correspondent. , Moyenne en nombre i, Moyenne en masse, My, Quantité de polymere > ‘Masse molaire. —> Figure v.16. Répartition dels cetrbution der mazzee moaires dun polymére courant Tout d'abord, définissons : ‘+ ny le nombre de macromolécules de OP = x © Moy la masse de lun ‘© Ma la masse molaire des macromolécutes de DP = x structurale Ona donc : Mea Mo Et la masse totale, W, des macromotécules dont la masse molaire est M, dans le matériau polymere est donnée par : w. Ms ‘a, Messe moléculaire moyenne en nombre La masse moléculaire moyenne, Mi, , en nombre est donnée par yy ny, 3h, ®, ou x, Cette moyenne correspond & une moyenne arithmétique de la masse molaire ddes macromolécules présentes dans le polymere, 2 1 rportonnamérgue des macronadeues de 0 est donnée par dans le polymere. x dans le mélange, x, ili, avec fr, le nombre total de macromolécutes En exprimant la masse moléculaire moyenne en nombre en fonction des proportions numériques, on a Rag BM, La masse moléculaire moyenne en nombre est trés sensible aux molécules de petite taille. 6. Masse moléculaire moyenne en masse Lamasse moléculaire moyenne, Men masse est donnée par: PM nM, Cette moyenne correspond & une moyenne géométrique de la masse molaire des macromolécules présentes dans le polymére. La proportion massique des macromolécules de DP onnée par f, dans le mélange, fx, est j IEW, =0,/W aVeC Wy, fa masse totale des macromolécules.. Ona f, = Wy/EW, =n, ly En exprimant la masse moléculaire moyenne en masse en fonction des proportions numériques, on a hw = 2f,-M, La masse moléculaire moyenne en masse est tres sensible aux molécules de grande taille c. Polydispersité Nous avons vu que la masse moléculaire moyenne en nombre est sensible aux macromolécules de petite taille tandis que la masse moléculaire moyenne en masse, aux macromolécules de grande taille, comme on peut le constater sur la Figure WV.17. us i ool re i ate Figure 1V.17 ~ Répartion hypothétique des masses moléculairs des molécules <'un polymere selon a proportion (a) numerique et () massque des molecules Le rapport entre Met M, est done toujours supérieur ou égal Uunité et i sera d’autant plus élevé que le polymére est polydisperse, cid quil existe un grand talement des masses moléculalres. On définit donc la polydispersité, U, par Elle caractérise \'étalement de la courbe des masses molaires. En théorie, un polymere isomoléculaire a une polydispersité U=1 En pratique, Uz 1 et dépend des conditions de polymérisation. Les ordres de frandeur sont les suivants + En polymérisation viante : U = 01 81.05 + Enpolymérisation radicalaire : U=2 4, voir 10, + Pour les polyméres ramifiés : U 4 MATERIAUx PoLYMeRES MUL: Une grande partie de ta production annuelle des polyméres n’utilise seulement ‘qu'un nombre limité de monoméres courant. Pour amétiorer les performances d'un matériau, Uindustrie du polymere opte rarement pour la définition d'un nouveau monomére, soit d'un nouveau polymere, ‘qui serait beaucoup plus colteuse, duu moins & court et moyen terme. On choisit plutat de modifier Uhomopolymére de départ en créant ‘+ Des copolyméres Des métanges (« blend ») + Des composites 14 I s'agt par exemple d’améliorer la ténacité des polyméres fragiles avec l'ajout de polyméres caoutchouteux, de rigiifier les caoutchoucs avec des « fillers» actifs, ou d'augmenter ls résistance A la rupture de plastiques par lajout de fibres ‘ude matériaux inorganiques. D’un point de vue macroscopigue, il existe plusieurs possibilités pour obtenir tun matériau monophasé (ou homogene) : ‘= Un homopotymére, ‘© Un copolymére statistique, alterné ou séquencé dont ta taille des séquences rest pas trop importante ou encore que leurs unités structurales soient compatibles (miscibles thermodynamiquement), ‘+ Un mélange d’homopolyméres compatibles, miscibles thermodynamiquement.. Les métanges de palyméres non miscibles, les copolyméres blocs dont les séquences sont suffisamment importantes et les composites sont toujours classés dans les systémes multiphasés. lis sont formés d'une phase polymérique continue ‘ou matrice, et dune phase dispersée. Cette derniére peut étre un autre type de polymére ou tout autre matériau étranger, tel que des fibres de verres, des fillers, (u des matériaux inorganiques. Du point de vue de ta microstructure, la plupart des polyméres doivent étre considérés comme des systimes multiphasés car on trouve des _micto- ‘Inhomogenéités liges aux chaines repliées sur elles-mémes, & Vordre et au désordre (eristalinité), aux contvaintes internes lssues d'une étape de trempe, et a la présence de différents taux de réticulation. En outre, un mélange de polyméres formant une seule phase homogene est rare, il a toutefols été observé entre le poly(méthyl méthacrylate) et le poly(vinyl). Finalement, la miscilité et Unomogénéité du systéme est toujours relative et est lige & la résolution de la technique utilisée pour caractériser le systéme. Par exemple ‘+ Un systéme polymérique observé comme homogene au microscope avec un srossissement donné, pourra se révéler multiphase avec un grossissement plus ‘important ‘+ La réponse d'un systeme multi-composants & une analyse DMTA (Dynamical Mechanical Thermal analysis) peut mettre en évidence existence de plusieurs phases (observation de plusieurs transitions vitreuses) alors que la phase minoritaire pourrait échapper a une analyse DSC. (Differential Scanning Calorimetry) qui est moins sensible (voir § 5.3 pour la description de ces omportements macroscopiques en DMTA et DSC) us 4.1 Les copolyméres La technique la plus courante pour améliorer les propriétés d'un monomére polymérisé consiste a lui permettre de polymériser avec un autre monomére. On dlstingue plusieurs types de copolyméres qui ont été décrits au § 2.2. Pour rappel, (on peut avoir un copolymére «+ Statistique + Greffé 1 Séqueneé + Alterné Pour obtenir des copolymares greffés, on synthétise tout d'abord un prépolymére comportan: des doubles liaisons résiduelles ou des hydrogens acti Celui-ci est eispersé ou dissout dans le monomére. Sur ce squelette, le monomére fest alors greffé dans une réaction de polyaddition sur tes doubles liaisons résiduelles ou encore cans une réaction de polymerisation par étapes avec les hydrogenes actits Les copolyméres séquencés sont généralement réalisés par voie fonique, ou ‘encore polymerisation vivante (voir § 3.1a). Dans ce type de synthése, les espéces factives restent actives durant toute la durée de la copolymérisation. On utilise ‘alors des couples de monoméres qui ont des réactivités, l'un vis-a-vis de l'autre telles que Uincorporation des monoméres dans la chaine aura lieu uniquement ‘aprés consommation quasi compléte de l'autre monomére et ce, en raison de leur affinité mutuelle, Par exemple, lorsque le styréne et un monomére diénique (tet ‘que le butadiéne) sont introduits ensemble dans la solution réactionnelle, les Fapports de réactivité sont tels que les molécules de butadiéne polymérisent en premier lieu avec presquaucune incorporation de molécules de styréne. C'est seulement lorsque le butadiéne a été entiérement consommé que les molécules de styrene commencent a étre insérées dars la chaine. En outre, comme il n'y a pas d*étape de terminaison dans la polymérisation par vole fonique, des copolyméres triséquencés (de type ABA ou ABC) peuvent étre réalisés par introduction successive des monoméres aprés consommation totale du monomére constituant la séquence précédente (voir § 3.1a). Par exemple, les copolyméres séquencés $85 (styréne-butadiéne-styréne, voir § 2.4¢ TPE’s) sont synthétisés en chargeart successivement chacun des monoméres : le polystyrene ‘ect synthétiad en premier eu, enuite ler monoméres de butadiéne sont ajeutés ‘aux chaines de polystyrene vivantes et finalement, on termine en ajoutant une seconde fols du styrene. 4.2 Les mélanges (Blends) Contrairement aux copolymeres oll les composants sont Ulés par des lens ‘covalents forts, les composants dans les mélanges de polyméres adherent les uns ‘avec les autres uniquement grace a des forces d'interactions de type secondaire (Wan der Waals, liaisons H..) ou encore mécaniques (enchevétrement).. Ils ‘consistent généralement en une matrice polymere dans laquelle un autre polymere fest incorporé, et sont généralement réalisés par mélangeage & chaud dans un 116 malaxeur cylindre, une extrudeuse ou tout autre type de mélangeur. La Ccompatibilité entre les deux phases est importante pour transmettre les efforts et fest assurée en utilisant une certaine proportion de copolyméres greffés. ou séquencés qui se répartissent a Uinterface des deux phases et en assure une liaison suffisante. On distingue quatre types de mélanges qui sont repris dans le Tableau IV.8 (table |p. xvii du livre copolymeres, polyblends, and composites) qul reprend également l'objectif poursuivi ainsi que des exemples ¢’ applications. Matrice Phase _Amélioration Exemples dispersée Rigide WolleTénacité * ~~ Polystyrne choc, ABS Rigide Riglde-—Faciliter écoulement PPO + PS choc Réduire le retrait Thermoplastique dans du polyester Molle Molle Améliorer la tenue Ala SBR + caoutchouc naturel fatigue SBR + cis-polybutadiéne Nolle —RigldeAugmenter la résistance SBR + PS Réduire abrasion Obstacle propagation de fissure ‘Tableau V.8- Dttérents types de mélange, leurs obfectf et exemples 4, Blends avec une matrice rigide + La combinaison d'une matrice rigide avec une phase dispersée molle est utlisée dans le but d'augmenter la ténacité de polyméres fragiles au moyen de matériaux caoutchouteux. La matrice procure une bonne dureté et assure la rigidité tandis que la phase dispersée améliore la ténacité. + Les blends composés d'une matrice et d'une phase dispersée toutes deux ri sont le type de systéme qu'on retrowve par exemple pour des thermoplastiques adgitionnés aux polyesters afin de réduire le retralt au cours du refroidissement dans le moule. b. Les blends @ matrice molle ‘= Les blends composés de deux phases molles constituent des mélanges de différents élastoméres. Les semelles des pneumatiques pour automobiles sont constituées d'un mélange de SBR (styrene-butadiene rubber) avec soit. du ‘caoutchouc naturel, soit du cls-polybutadiene, ‘+ addition d'un polymere rigide @ une matrice molle engendre une ‘augmentation du module d'élasticité du blend (renforcement du caoutchout), Les particules dispersées et rigides agissent comme charges contre Uabrasion, le déchirement, la propagation de fissures, la rupture sous traction, la fissuration en flexion, ut 4.3 Les composites Ces matériaux font objet d'un chapitre particulier de ce cours et nous n’en Tg et pour de longues chaines, on entre dans le plateau caoutchouteux caractérisé par des valeurs de E et de G de ordre de quelques MPa, reflétant la liberation de mouvements translationnels au sein du polymere. logio(G (Pal) température Figure 1.22 - Représentation schématique de Ia variation du module de cslllement en fonetion de a température pur un polymere amorphe Létendue du plateau dépend fortement de la masse molaire comme te montre la Figure 1V.33 pour trols polyméres de masse molaire Ms, My et Ms. Le plateau est toujours absent pour des chaines de faible masse molaire, pour lesquelles la Tg représente le passage de l'état vitreux directement a état liquide, proprement dit. La Figure 1V.34 schématise allure du module de relaxation en traction en fonction de la température dans le cas d'un polymére semi-cristaltin (A), d'un Glastomére (@) et d'un polymére amorphe (C). On constate dans le cas de Vélastomére qu'une légire réticulation suffit pour empécher tout écoulement. La 130 valeur du module dans le plateau caoutchouteux augmente proportionnellement & la réticulation du polymere, Pour un polymére semi-cristallin, la diminution du module de relaxation & la Te est beaucoup moins provoncée, celle-ci étant directement lige & la proportion de phase amorphe dans le matériau, c'estardire la seule subissant la transition vitreuse. Le module de relaxation demeure relativement élevé lorsque la température augmente et s'approche du point de fusion Ty du polymere. A ce moment, le polymere pisse entiérement & l'état liquide et on observe une chute brutale des propriétés mécaniques. Mote enti 610) 00) Temes Figure v.34 - Courbes us module de relaxation en fonction dela tompérature, dans le cas ce palystyrenes fotactiqueerstaln (courbe A), atactique legerement reticulé courbe 8) et “amorphe (courbe ¢) 5.4 Facteurs influencant la Tg La Ta est souvent la grandeur la plus déterminante pour l'utilisation pratique d'un polymere qui ne crstalise pas, et il est donc important de savoir comment tlle est influencée par la nature du polymere en question. Nous résumerons ict les facteurs parm les plus importants, illustrés en partie par les exemples donnés au Tableau WV. a oye = a0 Bncenbant onponntn tc, oti ie rate 9) route Pay ete neni densaye GA) 279 ——-COOCK len nae PopeniteehyGEh) 9 -COOCH, Fotmanie dere PPA) 25 C0035 FotmaniiedebonieBA) 218 __-COOCi Foal dvigle (VAD 3S ae Peso devinke@V) ast eyouuie (AN) Sh Fobmetuedevine VAs) 3tt___-0C cy mie pH CO, obmatcyine d e “GOOG ince a i ees — ™ ~sytncge os bless 7.9 - Vals Ty psi ules palymbrsviigus 2. La masse molaire Fox et Flory ont observé que, pour des séries homologues de polystyréne Uinéaire fractionné, la Tg varie linéairement avec inverse de la masse molaire ‘moyenne en nombre, Mr kK Toth) = Te. = Cette linéarité est observée pour des masses molaires moyennes et élevées (tn > 2.000 yinct™ dans cas du 5). Une conséquence spectaculaire de la dépendance de la Tg avec M est Uefficacité de certaines colles ultrarapides, basée sur des cyanoacrylates dont la Tg est inférieure & la température ambiante. Leur application, en présence a humidité et dans des conditions anaérobiques, conduit & une polymérisation rapide, et la Tg augmente jusqu’a 373 K environ. Contrairement aux colles ponydes, oir i s‘agit d'une réticulation, le polymére qui en résulte est linéaire et soluble. i b. Interactions interchaines spécifiques IL est raisonnable de supposer qu'un tien existe entre la Tg et Vénergie ccohésive, ce qui est confirmé par observation de Tg_plus élevées pour tes ppolyméres présentant_de plus fortes interactions spécifiques, telles les ponts hhydrogénes. Dans le Tableau IV.9, des exemples de polyméres vinyliques sont présentés oii le substituant -R est relativement polaire, soit le groupe -CN du polyacrylonitile (PAN) et le groupe -Cl du PYC. Les Tg respectives de ces deux polyméres sont de plus de 100K supérieures & celle du PE, malgré la faible influence de ces groupes sur ta rigidité de la chaine (voir § 5.4c suivant) Les ponts hydrogens se manifestent aussi dans les polyamides, oii l'on observe tune augmentation de la Tg avec la densité des groupes amides, c’est-a-cire avec la densité de ponts H_ (Tableau IV.10). It faut noter que le Tableau IV.10 donne les valeurs de Tg en absence d'eau, qui aun effet plastifiant important sur ta plupart des polyamides (voir §5.4e) Polymere Representation Tero Polyamide 6 INF (CHijeCOly % Polyamide 11 -[NH-(CH2)p-COly 48 Polyamide 4,6 -[NH-(CHs)«-NH-CO-(CHa)y-CO)y 4 Polyamide 66 -[NH-(CH)y-NH-CO-(CHy)y-CO]y 66 Polyamide 6,10 _-[NH-(CHa)_ NH-CO-(CHa)y-CO).- 56 ‘Tabloau V.10- infloance de ta derité de groupement amide sur Ta Ty des polyamider . Rigidité de ta chaine La Ta est trés sensible ala rigiaité d’une chaine donnée, que Uorigine soit ‘+ Une rigidité intrinseque, due & une prépondérance de groupes caténaires encombrants, comme des noyaux benzéniques. Par exemple, le PET (Figure 1V.35(b)), porteur de groupements phényles caténaires, a une Tg de 70°C tandis que le polyéthyléne succinate (Figure WV.35(a)),aliphatique, a une Tg de -1°C. @ —caer0-8-crc04,-2 ° LOL ene fone tt ns ee Figure v.35 - Reprézetaton de deur polyesters (a) aliphatique : polyéthyla 0 (0) aromatique: PET j avec leur Tg respective succinate ‘+ Une manifestation des barriéres importantes & la rotation autour des Ualsons caténaires en présence de groupes latéraux rigides, -R. Dans le Tableau IV.9, par exemple, la présence des groupes latéraux méthyles (-CH3) dans le PP suffit our que sa'Tg, de 253 K, soit supérieure & celle du PE (Tg = 193 K). Le PS, porteur de groupements latéraux phényles, a une Tg de 373K et le polynaphthoate d’a vinyle a une Tg de 408 K. 4d, Réticulation Jusqu’ici, sauf mention contralre, nous nous sommes limités aux polyméres linéaires non réticulés. Cependant, une classe trés importante de polyméres vitreux est celle des. thermodurcissables. ls sont basés sur des polyméres hautement réticulés dont les Tg sont élevées. lls sont préparés partir de monomares ou d'aligoméres (prépolymeres). Lors de la réaction, deux processus simultanés ont lieu : une gélification et une augmentation de la Tg, Le mécanisme de réticulation dépend des composants. La réticulation d'un mélange de polyesters non saturés/monoméres (styréniques)/diallyl phtalates procéde par une polymérisation par radicaux libres. Dans le cas de formaldhéhydes/phénols/urée, et d’époxy/acide dicarboxylique ou amine rmultifonctionnelle, on aaffaire A une polycondensation. La gélification dépend de la fonctionnalité des composants initiaux et a leu & un taux de réaction bien défini (approximativement indépendant de la température), représertant une avalanche : plus la réaction avance, plus la fonctionnalité effective augmente, Néanmoins, la vitrification peut limiter la réaction, et la compétition entre la vitrification et le taux de réticulation rend trés cltrique le cholx de la température de réaction, les temperatures les plus élevées favorisant un taux de réaction et une Tg finale élevés, toute autre chose étant éeale, . Plastification La plastification censiste en incorporation d’adjuvants dont la. présence abaisse la Tg. On distingue néanmoins la plastifcation interne qui résulte dune ‘modification des chaines elles-mémes, et la plastification exteme, ot is'agit d'un simple mélange. Plastification interne Dans les polyméres vinytiques monosubstitués, par exemple, les groupes latéraux souples abaissent la Tg, aglssant comme plastifiants internes, réduisant le fottement entre les chaines sans pour autant trop géner les rotations des liaisons de la chaine principale, Comme nous Uavons vu, la substitution d'un groupe méthyle augmente la Te (8 5.4c) mais lorsque (on continue d'augmenter la Tongueur lin groupe latéral, R, qui est aliphatique linéaire, la Te diminue progressivement. Dans ce cas, les lions C-C sont suffisamment souples pour ‘découpler les mouvements de la chaine principale et ceux des groupes latéraux, et LVeffet plastifiant de ces groupes est prédominant, comme le montre le Tableau 1.9, En principe, dans la Umite de R tres longue, on retrowerait la Tg du polyéthyléne. Un autre exemple tiré du Tableau IV.9 est colui des polymethacrylates, dont la Tg diminue également avec la taille du groupe latéral, pourvu qu'il reste soup. 14 Plastification externe La plastification externe aun impact technologique considérable car elle permet, sans modification chimique du polymére de base : ‘+ De rendre plus souple un matériau intialementrigide 5 ‘+ D'amétiorer ("écoulement de polyméres fondus (théologie) dans le processus de imjse en oeuvre (par axemple, le PE est plastifié naturellement par la présence d'oligoméres mais le PS est plastifié par des agents chimiques). iL est important d'éviter la volatilization du plastfiant ou une séparation de phase entre le plastfiant et le polymére. Pour cette raison, dans la pratique Industrielle, on préfére souvent des plastflants de masse molaire élevée qui ne 593 K). Ces molécules sont représentées respectivement {la Figure IV.36. Par centre, sles groupes latéraux sont eux-mémes relativement souples et non polaires, leur influence sur la rigidité de la chaine principale est relativement faible. T; a donc tendance & diminuer, car la structure cristalline est Inlnscompacte que cele d'une chine non suortuee for oH } in ots fos (em “h boy Poly 12n0) Paly() métylebat-t-boe)—_ aly indtyla butte) Figure IV.36"" Représentation ‘der molécules de la série We polymbres basee sur le polybuttoene . Forme et périodicité Les polyméres synthétiques qui présentent les Ahy les plus élevées (et donc les phases cristallines les plus stables pour une valeur de As; donnée) sont lingaires et ériodiques, comme déji mentionné au § 52a. Copotymeres architecture chimique des copolyméres statistiques est_particuliérement difficile & réconcllier avec une structure cristalline périodique. Par conséquent, leur cristallinité est limitée (ou absente) et leur Tr plutt basse, méme lorsque les homopolyméres correspondants présentent une phase cristalline stable, La Ty des copolyméres statistiques capables de cristaliser dépend fortement de ‘leur ‘composition, elle devient tres faible pour des compositions autour de 50/50. Par Contre, pour autant qu’ils contiennent des séquences relativement longues d’unités, ‘dentiques, la T; des copolyméres & blocs reste proche de la T; de Uun des homopolyméres ‘correspondants sur de larges gammes de composition (une sSparation de phase peut aussi mener & deux T; distinctes, mais la T; effective est celle qui est la plus élevée, dans la mesure ol elle marque le passage a Uétat liquide) La manipulation de la séquence des méres d'un copolymére permet ainsi de modifier (e rapport TiTg, et ce d'autant plus que Tg varie aussi avec la ‘composition et la forme du capolymére. La Tg des copolyméres statistiques est 7 prache de la moyenne de celles des homopolyméres correspondants, mais comme ous Uavons vu, Ty peut étre faible, selon la composition, doi un rapport Ty/TS souvent faible. Dans les copolymeres a blocs, l'un des composants peut présenter Une T;trés élovée et l'autre, une Tg trés basse et une absence de cristalinité, doi Un rapport T,/Tg relativement élevé, sion considére la Tg la plus basse comme tant la Te effective (c'est-a-dire la température qui marque le passage de l'état vitreux & un état partiellement caoutchoutique). Cet effet est exploité dans les Glastoméres thermoplastiques polyuréthanes, qui sont des copolyméres a bloc. Des points de réticulation » physiques », dus & la formation de microdomaines dune hase minoritaire cristalline, empéchent tout écoulement, bien que la phase ‘majoritate solt amorphe, et bien au-dessus de sa Tg & température ambiante. Isomérle stérique Lorsqu'un monomére tel que le butadiéne est polymérisé par addition, bien ‘que la composition chimique se répéte le long de la chaine, le résultat peut correspondre & un «= copolymere » statistique, dans la mesure od les unités successives peuvent adopter des configurations différentes. Comme le montre la Figure IV.37, les conformations des chaines dans les phases eristallines de trans et de cis 1-4 PBD (polybutadiéne) sont également trés différentes. Celle du trans 1-4 BD (Tio « 418 K) est proche du zigzag planaire du PE, tandis que celle du cis 1-4 PBD (Tio = 273K) est moins lineaire, Ainsi, la Ty du trans 1-4 PBD diminue bbrusquement lorsqu’on introduit des méres cis de mantére statistique (d’environ 303 K 8 19% de meres cis, 8263 K & 46% de meres cis), reflétant une diminution de ia périodicité de ta conformation d’énergie minimum des chaines. trans 1-4-polybutadione cis 14-polybuaditne Figure W.37 - Projection des conformations crsalines des deux isomers cs et trans de 1 400 ‘Mame lorsqu'une rotation libre autour des liaisons de la chatne principate est possible, la tacticité peut jouer un réle important, surtout en présence de groupes latéraux encombrants. Un exemple de cet effet est fourni par les polyméres Vinyliques de forme (-CHy-CHR-}. Un polymere vinylique isotactique peut en général adopter une conformation régullée, et donc cristalliser, méme si le groupe R est trop encombrant que pour permettre ta formation du zigzag planaire (Figure 1V.38(a)) du PE cristalli, Le PP et le PS Isotactiques crstalisent sous forme helices (Figure 1V.38(b)). Les groupes R successifs le long de la chatne (-CHy et Cells respectivement) sont ainst suffisamment éloignés les uns des autres pour que leurs interactions soient faibles. 18 ® « : Figure 1.38 - chaine lindare ‘ectactique de type vinyle ((CH2-CHRn): (a) 0 conformation tigza planar; (0) en conformation halcoldale, La conformation (b) peut eviter te recouvrement ds groupe Rls sont encombrants IU sfensult que dans le PP et le PS atactique, la position aléatoire des groupes R fempéche toute conformation réguligre et toute cristallinité. Par contre, si R est suffisamment petit, son influence sur la conformation de la chaine principale et sur la géométrie externe de a chaine devient négtigeable. Ains, la phase cristalline du polyalcool de vinyle (PVAl) atactique est relativement stable, malgré l'arrangement aléatoire des groupes -OH et un taux non négligeable de configurations téte-a ‘queue. . Interactions polaires ‘comme nous 'avons d6ja vu précédemment, de fortes interactions attractives existent entre les molécules qui contiennent des liaisons possédant un moment dipolaire permanent, souvent associées & la présence de groupes Cl, CN ou OH. Ces Interactions sont un facteur important dans la cristallisation des polyamides, tels ‘ue le polyamide 6,6, ot) des ponts hydrogénes intermoléculaires s'établissent entre les groupes amides et les groupes OH (Figure IV.39(a)). Par conséquent, la Ti du PA 6,6 est de 542 K, :andis que celle du PE, oi les interactions sont uniquement de type Van der Waals, est de 418 K seulement, malgré les ressemblances de la structure chimique et ce la conformation Uétat cristalin des deux polyméres. Conformément au § 5.55. précédent, il est important pour ta stabilité de la phase Cristalline que ces groupes polaires soient disposes de maniére régutire le long des chaines, Leur dlapositin peut également affecter la forme de la structure cristalline la plus stable, car les chaines ont tendance & s'organiser de maniére & ce ‘que les groupes -NH ‘oient idéalement placés pour la formation de ponts hhydrogénes. Enfin, on remarque une nette augmentation de la Ty (ainsi que de la Ta) en fonction de la teneur en groupes -NH (Tableau IV.12).. 19

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