UE GME 32: SCIENCES ET TECHNIQUES
EC GME321: RESISTANCE DES MATERIAUX
RESISTANCE DES MATERIAUX
NIVEAU 2
CLASSE: GMP 2
SEMESTRE 4
VOLUME HORAIRE: 24 heures
EQUIPE PEDAGOGIQUE:
EPESSE MISSE (CC): 16h CM; 0h TD; 0h TP
KAMEWE ARIANE (ASS): 0h CM; 8h TD; 0h TP
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GCI 212 : RDM II DUREE : 24 heures
OBJECTIFS GENERAUX
Analyser le type de chargement qui s’applique à une poutre ou un élément de structure
Faire une étude de dimensionnement sur une poutre en fonction ces charges qui lui sont
soumises
OBJECTIFS SPECIFIQUES
Déterminer le torseur de cohésion le long d’une poutre.
Déterminer la nature des sollicitations dans une poutre.
Tracer les diagrammes de sollicitations.
Déterminer la répartition des contraintes dans une section de poutre sollicitée à la
traction.
Vérifier la condition de résistance et de rigidité pour une poutre sollicitée à la traction.
Dimensionner une poutre sollicitée à la traction.
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FICHE DE PROGRESSION
SEQUENCES THEMES DEVELOPPES DUREE
I.1) Définitions et hypothèses CM : 2h
1. Généralités
I.2) Propriétés des matériaux
TP : 2h
I.3) Schématisation des liaisons (réaction d’appui)
I.4) Conditions d’équilibre
CM : 2h
1.4) Efforts internes
1. Généralités (suite et fin)
1.5) Méthodes des sections TP : 2h
1.6) Contraintes
2.1) Détermination du torseur de cohésion :
2. Torseur de CM : 2h
2.2) Etude de l’équilibre de la poutre
cohésion 2.3) Notion de contrainte : TP : 2h
2.4) Identification de la nature des sollicitations :
3.1) introduction :
3.2) essai de traction
3.3) Contraintes en traction-compression :
3.3) Contraintes en traction-compression : CM : 2h
3. traction-compression
3.4) Condition de résistance :
3.5) Condition de rigidité : TP : 2h
3.6) Phénomène de concentration de contrainte :
3.7) Application :
TRAVAUX DIRIGÉS Travaux Dirigés pour le reste du temps TP : 14h
SOURCES DOCUMENTAIRES
1. J.L. Fanchon. Guide de mécanique : Sciences et technologies industrielles, Statique,
Cinématique, Dynamique, Résistance des matériaux, Elasticité, Mécanique des fluides,
Vibrations, édition 2001.
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2. P. Agati, F. Lerouge, and M. Rossetto. Résistance des matériaux : cours, exercices
corrigés. Sciences sup. Dunod, 1999.
3. L. Chevalier. Mécanique des systèmes et des milieux déformables : cours, exercices et
problèmes corrigés. Ellipses, 2004.
SOMMAIRE
FICHE DE PROGRESSION....................................................................................................3
SOURCES DOCUMENTAIRES..............................................................................................3
INTRODUCTION GENERALE……………………………………………………………….5
CHAPITRE 1 : GENERALITES SUR LA RESISTANCE DES MATERIAUX……………...7
CHAPITRE 2 : TORSEUR DE COHESION…………………………………………………17
CHAPITRE 3 : TRACTION - COMPRESSION……………………………………………..25
INTRODUCTION GÉNÉRALE
La résistance des matériaux, désignée souvent par RDM, est la science du
dimensionnement. C’est une discipline particulière de la mécanique des milieux continus qui
permet de concevoir une pièce mécanique, un ouvrage d’art ou tout objet utilitaire. Ce
dimensionnement fait appel à des calculs qui prévoient le comportement de l’objet dont la
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conception doit réunir les meilleures conditions de sécurité, d’économie et d’esthétique.
L’objet de la résistance des matériaux est l’étude de la stabilité interne c’est à dire la
détermination des contraintes et déformations à l’intérieur de la matière et les déplacements
des lignes moyennes des structures générés (machines en génie mécanique, bâtiment en génie
civil,...). Elle est basée sur des hypothèses simplificatrices vérifiées expérimentalement. La
RDM fait appel à la statique du solide qui est une branche de la statique étudiant l’équilibre
des pièces dans un mécanisme. C’est un maillon essentiel dans le dimensionnement des
systèmes mécaniques réels.
L’objet de la statique est l’étude de l’équilibre d’un corps ou d’un ensemble de corps
solides dans leur géométrie initiale; c’est-à-dire dans la structure non déformée par rapport à
un repère Galiléen. Le solide sera considéré comme infiniment rigide. Etudier donc la statique
d’une structure revient à étudier sa stabilité externe, d’une part en vérifiant qu’elle ne se
comporte pas comme un mécanisme, et d’autre part en déterminant les actions de liaisons
(assemblages entre les différents solides et entre la structure et la fondation ou le sol).
La statique et la résistance des matériaux constituent l’outil indispensable de l’ingénieur
constructeur pour concevoir et réaliser des ouvrages économiques qui ne risquent ni de se
rompre ni de se déformer excessivement sous les actions qui leur sont appliquées.
Ces cours accompagnés avec des problèmes suivis de leurs solutions sont adressés aux
étudiants de deuxième et troisième année LMD en Génie Mécanique et Maritime.
Le polycopié est divisé en six chapitres. Le premier chapitre, constituent une introduction
générale à la résistance des matériaux. Le contenu est consacré, en premier lieu, à la mise en
place des hypothèses fondamentales de la RDM ainsi qu’aux notions de contraintes. Le
contenu du deuxième et troisième chapitre ressort de la statique du solide. Il sont structuré de
manière à fournir à l’étudiant les bases de la statique afin que ce dernier puisse maitriser
l’équilibre de systèmes simples, calculer les réactions aux appuis d’une structure isostatique et
rechercher l’équilibre des nœuds d’un système articulé et calculer les efforts intérieurs (efforts
normaux, tranchants et moments fléchissant) dans ses barres (système triangulaire et les
portiques).
Ensuite, afin de dimensionner des structures élémentaires isostatiques; c’est-à-dire l’étude de
la résistance et de la déformation des éléments d’une structure, de déterminer ou de vérifier
leurs dimensions afin qu’ils supportent les charges dans des conditions de sécurité
satisfaisantes des cas de sollicitations simples (flexion simple) et composée (flexion composée
et déviée) sont étudiées dans les restes des chapitres.
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CHAPITRE1 : GENERALITES
I.5) DEFINITIONS ET HYPOTHESES
La résistance des matériaux ou la mécanique des matériaux est une branche de la mécanique
appliquée servant à étudier le comportement des corps solides sous l’action des différents types de
charges. La résistance des matériaux traite non seulement les méthodes d’ingénieurs employées
pour le calcul de la capacité des structures et de ses éléments à supporter les charges qui leurs sont
appliquées sans se détruire, ou se déformer appréciablement, mais aussi à présenter les critères de
base pour la conception des structures (forme, dimensions,...) et l’utilisation des matériaux dans
les meilleurs conditions de sécurité et d’économie.
La résistance des matériaux est basée sur les résultats théoriques de la mécanique et les propriétés
des matériaux qui ne peuvent être disponibles qu’à travers les résultats des travaux expérimentaux
comme le témoigne l’histoire du développement de la résistance des matériaux qui constitue une
combinaison fascinante de la théorie et l’expérience.
Les limites de la résistance des matériaux sont celles imposées par ses hypothèses mêmes. Les
disciplines connexes telles que la théorie d’élasticité, de la plasticité ou la méthode des éléments
finis se libèrent de certaines de ces contraintes. Les principales hypothèses de la résistance des
matériaux sont les suivantes:
L’homogénéité, l’isotropie et la continuité du matériau : On suppose que le matériau
possède les mêmes propriétés élastiques en tous les points du corps, dans toutes les directions en
un point quelconque du corps, et que le matériau est assimilé à un milieu continu.
L’élasticité et la linéarité du matériau: On suppose admet qu’en chaque point contraintes
et déformations sont proportionnelles et qu’après déformation, l’élément revient à son état initiale.
La petitesse des déformations : les déformations dues aux charges sont négligeables par
rapport aux dimensions des éléments et la configuration géométrique reste inchangée.
Hypothèse des sections planes (hypothèse de Navier-Bernoulli): Les sections droites
restent planes et normales à la fibre moyenne au cours de la déformation.
Hypothèse de Saint Venant : Tous les efforts qui interviennent dans la théorie peuvent
être schématisés par leur torseur résultant.
Ces hypothèses simplificatrices conduisent à des solutions approchées qui permettent en général
une bonne approximation du comportement des structures soumises à différents types de charges.
L’action extérieure est caractérisée par les différents types de forces connues agissant sur une
structure ou un élément de structure défini par ses caractéristiques géométriques et mécaniques.
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Pour une structure isostatique, les efforts internes sont déterminés directement en utilisant les
équations de la statique. Par contre pour une structure hyperstatique, il est nécessaire de faire
intervenir les déformations de la structure pour déterminer les réactions. L’effort interne qui agit
au niveau d’une section d’un élément de structure peut-être décomposé en effort normal de
traction ou de compression, moment fléchissant, moment de torsion, effort tranchant ou une
combinaison de ces sollicitations. A partir de ces efforts internes, nous pouvons obtenir des
informations sur la répartition des contraintes et des déformations dans la section droite. Les
valeurs extrêmes de ces contraintes et déformations sont les mesures de base des critères de
résistance, de rigidité ou de stabilité pour vérifier ou dimensionner les éléments des structures.
La résistance des matériaux a donc pour but d’assurer qu’on utilise dans une structure donnée, une
quantité minimale de matériaux, tout en satisfaisant aux exigences suivantes:
1. Résistance : La pièce doit supporter et transmettre les charges externes qui lui sont imposées,
(la capacité qu’a un corps de résister aux forces appliquées).
2. Rigidité : La pièce ne doit pas subir de déformation excessive lorsqu’elle est sollicitée, (la
propriété qu’a un corps à résister aux déformations).
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3. Stabilité : La pièce doit conserver son intégrité géométrique afin que soient évitées des
conditions d’instabilité (flambement).
4. Endurance : La pièce, si elle est soumise à un chargement répété, doit pouvoir tolérer sans
rupture un certain nombre de cycles de sollicitation variable (fatigue).
5. Résilience : Enfin, dans le cas où un chargement dynamique (impact) est à prévoir, la pièce
doit pouvoir absorber une certaine quantité d’énergie sans s’en trouver trop endommagée.
I.6) PROPRIETES DES MATERIAUX
Les matériaux résistent, dans la plupart des cas, aux sollicitations auxquelles ils sont soumis car
les forces extérieures qui leur sont appliquées, constituent un système en équilibre. Parmi ces
forces, il ne faut noter les réactions d’appuis ainsi que les liaisons.
Mais ce n’est pas tout, c’est aussi parce que ces matériaux sont doués de propriétés physiques
données.
On note parmi les propriétés physiques importantes en résistance des matériaux : l’élasticité, la
résistance, la rigidité, la ductilité, la malléabilité, ... Grâce à ces propriétés, les efforts internes
engendrées dans les matériaux, sont capables de s’opposer à l’action des forces extérieures, où:
1. Élasticité : La propriété physique d’un corps à reprendre sa forme après suppression de la
sollicitation (charge).
2. Ductilité : La propriété d’un corps à pouvoir être étiré en fils très mince.
3. Malléabilité : La propriété d’un corps de pouvoir être réduit en feuilles minces. Un corps
ductile est généralement malléable. Un corps qui n’est pas ductile, ni malléable est un corps dit
cassant.
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I.7) SCHEMATISATION DES LIAISONS (réaction d’appui)
Une structure est reliée au monde extérieur par un certain nombre de liaisons. Une liaison impose
des conditions cinématiques en un point. Pour maintenir ces liaisons, il faut exercer des efforts de
liaison qui sont des inconnues du problème. Dans le cas des problèmes plans (systèmes de forces
coplanaires), la schématisation des liaisons et des efforts exercés se ramène à trois cas types :
appui simple (ponctuel ou plan sans frottement), articulation
(pivot) et encastrement.
1.3.1) Appui simple : Ce type d’appui, laisse à la structure
toute liberté de pivoter autour de O (extrémité de la poutre)
et de se déplacer perpendiculairement à la droite joignant les
points de contact. Si on néglige les frottements, la réaction
d’appui a la direction de la droite précitée, et introduit une
seule inconnue dans l’étude de la poutre.
1.3.2) Appui double (articulation) : Matérialisé par une
rotule. Cet appui autorise les rotations d’une extrémité de la
poutre ou d’un des éléments constituant la structure. La
direction de la réaction R est inconnue, mais la ligne d’action
passe par le centre de l’articulation. L’articulation introduit 2
inconnues, par exemple les projections sur deux directions
du plan moyen.
I.3.3) Encastrement : L’encastrement interdit tout
déplacement de la section droite de l’appui. Sa réaction est
une force de densité variable répartie sur toute l’étendue de
la section. En vertu du principe de Saint Venant, ces forces
peuvent être remplacées par leur résultante générale R, et
leur moment M rapportés au centre de gravité G. Ce type
d’appui introduit donc 3 inconnues, les deux projections de R
sur deux axes du plan moyen et l’intensité du moment M qui
est perpendiculaire au plan moyen.
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1.7) CONDITIONS D’EQUILIBRE
Tout comme en statique, les corps sont en équilibre en tout point donc les mêmes conditions
d’équilibre sont appliquées sur les corps.
1.4.1) Equilibre de translation
∑Fx = 0 Translation horizontale.
∑Fy = 0 Translation verticale.
1.4.2) Équilibre de rotation
∑Mz = 0 Rotation par rapport à n’importe lequel axe perpendiculaire au plan des forces xy.
1.8) EFFORTS INTERNES
On appelle forces extérieures ou charges les forces appliquées connues sur une structure donnée.
Suivant le cas, ces charges peuvent-être réparties avec une densité donnée de volume (poids
propre d’une structure) ou concentrées en un certain nombre de points. Dans cette catégorie de
forces extérieures figurent aussi les réactions d’appuis. Sous l’effet de ces charges, les forces entre
les particules d’un corps (élément) en équilibre varient. En Résistance des Matériaux, on appelle
souvent cette variation des forces efforts internes.
Afin de faciliter l’étude des efforts exercés sur chaque particule matérielle on considère une
section transversale d’un élément soumis à une sollicitation. Tout comme n’importe quel système
de forces, les efforts intérieurs répartis sur toute la section peuvent être rapportés à un point (par
exemple le centre de gravité de la section), et de ce fait on distingue le vecteur force F (N, Qz, Qy)
et le vecteur moment M (Mx, My, Mz) résultant des forces intérieures dans la section. Il convient
d’adopter les dénominations suivantes pour les forces et moments agissant dans une section.
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I.6) METHODE DES SECTIONS
Pour déterminer les forces intérieures qui apparaissent dans un élément soumis à une sollicitation,
on se sert, en résistance des matériaux, de la méthode des sections. Cette méthode est basée sur le
fait que si un élément est en équilibre, sous l’action des forces extérieures, alors n’importe quelle
partie de cet élément sous l’action des forces qui lui sont appliquées, est équilibré par un système
de forces intérieures agissant dans la section. On considère l’élément AB plan, soumis à l’action
d’un système de forces extérieures. Pour calculer les efforts et moments dans n’importe quelle
section, on coupe à l’endroit voulu l’élément AB en deux parties. Les valeurs numériques des
efforts N, Q et M sont égaux aux sommes algébriques des projections et des moments des forces
extérieures agissant sur une des parties (gauche ou droite) de l’élément sectionné, généralement
sur celle où les projections et moments se calculent plus facilement.
I.6.1) Effort Normal
La composante N de la résultante F représente la somme des projections de toutes les forces
intérieures agissant suivant la normale de la section (ou suivant l’axe longitudinal de
l’élément). L’effort normal provoque une déformation longitudinale de l’élément. N est
considéré positif s’il s’agit d’une traction et négatif dans le cas contraire.
Exercice 1: Trouver les efforts normaux en A et en B dans la poutre ci-dessous.
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Solution
Premièrement, isolons la section de gauche pour la coupe en A et plaçons NA en tension (cas b).
Nous aurons :
Ensuite, isolons la section de droite pour la coupe en B et plaçons NB en tension (cas c). Nous
aurons:
On remarque qu’entre les deux charges de 100N la valeur de l’effort normal est constante et vaut
100N de tension.
I.6.1) Efforts tranchants
Les forces transversales Qz, et Qy sont les sommes des projections de toutes les forces intérieures
dans la section sur les axes centraux principaux de cette dernière. Ces efforts tranchants
provoquent le cisaillement des bords de la section respectivement dans la direction des axes Z et Y.
Le sens de Q sur le plan est positif par convention quand il tend à faire tourner un élément entre
deux sections dans le sens des aiguilles d’une montre.
Exercice 2: Trouver l’effort tranchant dans la goupille du système suivant.
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La goupille, qui soutient la tige et sa charge, subit un effort tranchant tendant à la cisailler égal
à 20 kN. Il faut donc qu’elle soit choisie en conséquence.
I.6.2) Moments fléchissant
Les composantes My et Mz du vecteur moment résultant représentent les sommes des moments de
toutes les forces intérieures dans la section, par rapport aux axes d’inertie principaux de cette
dernière Y et Z respectivement. Le sens positif des moments dans le plan qui par convention tend
les fibres inférieures et comprime les fibres supérieures de la section.
I.6.3) Moment de torsion
Le moment de torsion Mx (ou Mt) est la somme des moments de toutes les forces intérieures dans
la section par rapport à l’axe de la barre x. Le moment de torsion est positif lorsqu’il tend à
tourner la section dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (sens trigonométrique) en
regardant la section du côté de la normale extérieure.
I.7) CONTRAINTES
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I.7.1) Contrainte normale (σ) (sigma)
La contrainte normale (σ) est l’intensité de l’effort normal (N). C’est l’effort supporté par unité de
surface elle est exprimé par :
Où :
N = effort normal [N]
A = aire de la section supportant l’effort N [m ]
Les unités de la contrainte normale sont le N/m2, par contre en physique ces unités sont appelées
aussi le Pascal (Pa).
1kPa = 1*103Pa
1MPa = 1*10Pa
1GPa = 1*10Pa
I.7.2) Contrainte en cisaillement (τ) (Tau)
La contrainte en cisaillement «τ », c’est l’intensité de l’effort tranchant. C’est l’effort tranchant
par unité de surface. τ
Où Q : L’effort tranchant [N]
A : Aire de la section de la pièce supportant l’effort Q [m2]
I.7.3) Efforts et contraintes multiples
Lorsque l’on veut étudier un corps en entier, il est souvent préférable de vérifier toutes les
contraintes s’exerçant sur celui-ci. Dans ce cas, on doit effectuer une coupe aux points considérés
et tenir compte des trois efforts possibles N, Q et M qui nous permettent de calculer les contraintes
respectives.
I.7.4) Charges uniformément réparties
Une charge uniformément répartie ou distribuée est une charge qui agit sur une distance
considérable de la poutre, et ce de façon uniforme. C’est-à-dire la charge sollicitant la poutre par
unité de longueur est constante. Le poids propre de la poutre est une charge distribuée.
En général, la charge distribuée peut être répartie sur une partie de la poutre ou sur toute sa
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longueur. On appelle :
Charge uniformément répartie:
W = w * x [N]
Où w : charge par unité de longueur (charge linéaire) [N/m]
W : charge totale uniformément répartie sur une longueur « x », [m].
Un bloc de béton appuyé sur une poutre peut être une charge distribuée. Par exemple, la charge ci-
contre.
La charge totale « W » a comme grandeur, le produit de sa charge linéaire « w » par la longueur de
sa charge « x ». Le point d’application de la charge totale W est toujours situé au centre de la
partie conservée de la distribution.
Ici, la charge est prise dans sa totalité, sa valeur est:
W = 50*3 = 150N
Et elle est située au centre de la charge considérée, c’est-à-dire à 1,5 m du bord, figure c.
Si on effectuait une coupe dans les trois premiers mètres, la grandeur de la charge serait le produit
de la charge linéaire par la grandeur choisie (par exemple à 2 m) donc
W = 50*2 = 100N
Et son point d’application au centre de la partie conservée, c’est-à-dire à 1 m du bord cette fois-ci.
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CHAPITRE2 : TORSEUR DE COHESION
Introduction.
Les efforts intérieurs ou de cohésion sont les efforts qui agissent à l’intérieur des poutres et
qui assurent l’équilibre ou la cohésion de la structure sous l’action des charges extérieures
exercées. La connaissance de ces efforts de cohésion nous renseignera sur l’état de sollicitation de
la poutre étudiée, et permettra d’évaluer sa résistance aux efforts qui lui sont appliqués.
2.1) DETERMINATION DU TORSEUR DE COHESION :
Pour mettre en évidence les efforts transmis par la matière au niveau d’une section droite
d’une poutre, nous effectuons une coupure imaginaire par un plan perpendiculaire à la fibre
moyenne. Ce plan définit une section S de barycentre G qui divise la poutre en deux tronçons
fictifs (AG et GB). Chaque tronçon est en équilibre et l’application du Principe Fondamental de la
statique, à l’un ou à l’autre, permet d’identifier et de calculer les efforts intérieurs exercés entre les
deux tronçons au niveau de la coupure.
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Les actions mécaniques entre les deux tronçons sont les efforts intérieurs à la poutre que l’on
peut modéliser par un torseur appelé torseur de cohésion et dont les
Figure 2.1 : Illustration d’une coupe fictive sur une poutre.
éléments de
réduction au point G centre de surface sont :
• Une résultante R
• Un moment résultant MG
Deux conventions d’écriture sont possibles :
Convention 1 : Le torseur de cohésion modélise les actions mécaniques de la partie (2) sur
la partie (1).
Convention 2 : Le torseur de cohésion modélise les actions mécaniques de la partie (1) sur
la partie (2).
2.5) ETUDE DE L’EQUILIBRE DE LA POUTRE :
L’équilibre du tronçon I ou de la partie gauche se traduit par :
Ce qui permet de déduire que :
Comme L’équilibre de la poutre se traduit par :
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On peut déduire que :
Finalement, le torseur de cohésion au centre de surface G d’une surface droite de poutre se défini
en effectuant la somme des torseurs, au même point G , des actions mécaniques agissant soit à
gauche de la section droite, somme précédée du signe : « - », soit à droite de la section droite,
somme précédée du signe « + ».
Cette relation permet de simplifier le calcul du torseur de cohésion dans le cas où le torseur des
actions mécaniques à droite est plus simple à déterminer.
Chaque tronçon est en équilibre et l'application du PFS, à l'un ou à l'autre, permet de faire
apparaître et de calculer le torseur de cohésion au niveau de la coupure.
2.6) COMPOSANTES DU TORSEUR DE COHESION :
Les composantes du torseur de cohésion se notent conventionnellement comme ci-dessous :
Avec :
N : Effort normal
Ty : Effort tranchant suivant l’axe (G,y)
Tz : Effort tranchant suivant l’axe (G,z)
Mt : Moment de torsion
Mfy : Moment fléchissant suivant l’axe (G,y).
Mfz : Moment fléchissant suivant l’axe (G,z)
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Figure 2.2 : Les composantes du torseur de cohésion.
2.7) NOTION DE CONTRAINTE :
2.4.1) Vecteur contrainte :
Le torseur de cohésion permet de modéliser les efforts intérieurs au point G centre de la section
droite mais ce torseur ne représente qu’une vision globale de toutes les actions mécaniques qui
s’appliquent localement en chaque point de la section droite.
Pour représenter ces actions mécaniques, on considère un point M de la surface S. Autour de ce
point M, on considère un élément de surface dS de normale n
Figure 2.3 : Zoom local sur un point M de la coupure.
Les efforts intérieurs exercés sur dS sont une densité surfacique d’efforts ou densité de force par
unité de surface.
Cette densité surfacique d’effort est caractérisée par le vecteur contrainte C(M, n).
Les actions mécaniques s’exerçant sur la surface sont donc dF = C (M, n) dS.
L’unité du vecteur contrainte est le rapport d’une force par unité de surface soit N/m2 ou Pa.
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2.4.2) Contrainte normale et contrainte tangentielle :
On définit les contraintes normales et tangentielle respectivement la projection de C(M, n)
sur la normale n, et la projection de C(M, n) sur le plan de l’élément de surface dS : C(M, n) =
on + Tt o : Contrainte normale.
T : Contrainte tangentielle : Vecteur normale à l’élément de surface dS t : Vecteur tangent à
l’élément de surface dS
2.8) IDENTIFICATION DE LA NATURE DES SOLLICITATIONS :
2.5.1) Sollicitations simples :
Si une seule composante N, T, Mt ou Mf existe, alors que toutes les autres sont nulles, on dit que
l’on a une sollicitation simple.
2.5.2) Sollicitations composées :
Si deux composantes au moins sont non nulles, on dit que l’on a une sollicitation composée.
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2.9) APPLICATION
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2.6.1) Enoncé :
1. Identifier les liaisons présentes sur la poutre
2. Mettre en place le repère général,
3. Déterminer les efforts transmis par les liaisons,
4. Déterminer le nombre de tronçons nécessaires à l’étude de la poutre en RdM,
5. Mettre en place les coupures, et les repères associés à chaque coupure,
6. Déterminer le torseur de cohésion dans chaque tronçon,
7. Tracer les diagrammes de sollicitations.
2.6.2) Corrigé :
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CHAPITRE 3 :
TRACTION –
COMPRESSION
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3.1) INTRODUCTION :
Définition : Traction/compression.
On dit qu’une poutre (E) travaille en extension simple (ou en compression simple) quand elle est
soumise à deux forces axiales directement opposées, appliquées au centre de surface des sections
extrêmes qui tendent à l’allonger (ou à la raccourcir).
Figure 3.1 : Poutre sollicitée en traction.
Les éléments de réduction en G du torseur des efforts de cohésion s’expriment par :
En Traction : N>0
En compression N<0.
3.2) ESSAI DE TRACTION.
3.2.1) But et principe :
Il permet de déterminer la Limite élastique et la Résistance à la rupture des différends
matériaux. Il permet de définir les caractéristiques de résistance des matériaux. Cet essai consiste
à soumettre à 20°C une « éprouvette » de longueur l à un effort de traction, progressivement
croissant, généralement jusqu’à la rupture de l’éprouvette.
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Figure 3.2 : Allongement d’une éprouvette sollicitée en
traction
A chaque incrément d'effort, la contrainte normale et la déformation de la barre sont portées sur
une courbe. Cette opération est effectuée régulièrement jusqu'à la rupture de la barre. On obtient
ainsi la courbe contrainte - déformation caractérisant le matériau. Elle a généralement (de manière
simplifiée) l'allure montrée sur la figure 3.3.
Figure 3.3 : Courbe contrainte - déformation dans un essai de traction
: Contrainte de traction [MPa]
F : effort de traction [N]
S0: section initiale de l’éprouvette [mm2]
La partie (OA) est la partie élastique. La limite élastique n'est pas atteinte. La barre reprend sa
forme initiale si l'expérience est interrompue dans cette zone. La pente Ede la droite (OA) est
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appelée module d'élasticité linéaire ou module de Young. La relation entre la contrainte etla
déformation dans la zone élastique est donnée par la loi de Hooke: σ=Eɛ.
La partie (AB) est la partie plastique. La limite élastique est dépassée. Si l'expérience est
interrompue (point C), la barre ne reprend pas sa forme initiale.
3.2.2) caractéristiques mécaniques :
Les caractéristiques mécaniques tirées de l’essai sont :
• Limite élastique : Elle peut être apparente (Re ou σe) ou conventionnelle (Re0,2)
• Module d’élasticité longitudinale ou module de Young : E.
• Résistance à la rupture : σr ou Rr.
• Contrainte maximale : σm ou Rm
• Allongement :
Après rupture l’éprouvette a une longueur ultime Lu avec L étant la longueur initiale.
L’allongement Δx est le même pour tous les points d’une section droite (S) repérée par x.
Il s’en suit que l’allongement unitaire (sans unité) est le même en tout point de section.
En général, on néglige la variation de la section, c’est à dire la déformation transversale (striction):
, υ étant le coefficient de Poisson caractérisant le rapport entre l’allongement relatif
de la poutre et la contraction latérale (raccourcissement) . Compris entre 0.3 et 0.5 pour les
aciers.
3.8) CONTRAINTES EN TRACTION-COMPRESSION :
Chaque élément de surface supporte un effort de traction parallèle à la ligne moyenne.
Figure 3.4 : Répartition uniforme des contraintes.
Cette relation peut éventuellement être algébrique. On obtiendra alors :
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• une contrainte o < 0 en compression.
• une contrainte o > 0 en traction.
3.9) CONDITION DE RESISTANCE :
Les contraintes développées dans les poutres doivent rester dans le domaine élastique. En général,
on adopte un coefficient de sécurité s.
La condition de résistance pour une contrainte normale d’extension est :
• En extension :
On pose Rpe contrainte pratique à l'extension en [MPa]
• En compression :
On pose Rpc : contrainte pratique à la compression en [MPa]
3.10) CONDITION DE RIGIDITE :
Pour des raisons fonctionnelles (problèmes d’alignement d’appui, cahier des charges...), il est
parfois important de limiter l’allongement. Il doit rester inférieur à une valeur limite Al (Allim.
D’après la loi de Hooke :
3.11) PHENOMENE DE CONCENTRATION DE CONTRAINTE :
Lorsqu’une poutre possède une variation brusque de sa section, les hypothèses de la Résistance
des matériaux ne sont plus vérifiées. En traction, la répartition de la contrainte normale o n’est
plus uniforme. La valeur de la contrainte augmente au voisinage de ces singularités.
Pour rendre compte de cette augmentation, on multiplie la contrainte nominale par un coefficient
kt appelé coefficient de concentration de contraintes.
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3.12) APPLICATION :
3.6.1) Enoncé :
Une barre d’acier de 10 mm de diamètre reçoit une force de traction de 12560 N.
Quelle sera l’allongement de la barre de 5 mètres si la E N mm = 210000 N/mm
1. Quelle sera alors la contrainte dans cette barre ?
3.6.2) Corrigé :
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