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fTeoSpec 2

Cet exercice présente plusieurs questions sur les opérateurs linéaires entre espaces de Banach et leurs propriétés, notamment leurs domaines, leurs adjoints et leurs spectres. Plusieurs définitions et théorèmes sont rappelés.

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Université de Rennes 1 Année 2020-2021

Master 1 Mathématiques Analyse Fonctionnelle

Feuille d’exercices # 2 : Théorie spectrale et opérateurs


Opérateurs et leurs duaux
Dans toute la suite K désigne le corps des nombres réels ou des nombres complexes.
Dans cette feuille les espaces E et F sont des espaces de Banach sauf si le contraire est supposé.

Exercice 1 Relations entre noyau et domaine


Soit T : D(T ) ⊂ E → F une application linéaire à domaine dense. Avec les notations de l’exercice
1.7 montrer que
⊥ ⊥
Ker(T ) ⊂ R(T 0 ), Ker(T 0 ) = R(T )⊥ , R(T 0 ) ⊂ Ker(T )⊥ , R(T ) = Ker(T 0 ).

Montrer que si de plus T est fermé Ker(T ) = ⊥ R(T 0 ).

Exercice 2 Caractériser la surjectivité


T : D(T ) ⊂ E → F une application linéaire fermée à domaine dense dans E.
1. On suppose qu’il existe r > 0 tel que BF (0, r) ⊂ T (BE ∩ D(T )). Montrer que BF (0, r) ⊂
T (BE (0, 2) ∩ D(T )). Pour
 P y ∈ BF (0, r) on pourra construire une suite (xn ) de E telle que
P N
n≥0 kxn k < ∞ et T n=0 xn |big) → y quand N → ∞.

2. En déduire que s’il existe r > 0 tel que pour tout g ∈ D(T 0 ), rkgkF 0 ≤ kT 0 gkE 0 alors T est
surjectif. On pourra appliquer le théorème de Hahn-Banach au convexe fermé T (BE ∩ D(T ))
et un point de son complémentaire.
3. Montrer inversement que si T est surjectif, alors il existe r > 0 tel que l’inégalité du point
précédent est satisfaite.

Exercice 3 Image fermée


Soit T : D(T ) ⊂ E → F une application linéaire fermée à domaine dense dans E. Montrer les
affirmation suivantes sont équivalentes :
1. R(T ) est fermé dans F ;
2. R(T 0 ) est fermé dans E 0 ;
3. R(T ) = ⊥ Ker(T 0 ) = {y ∈ F : hg, yi = 0, ∀g ∈ Ker(T 0 )} ;
4. R(T 0 ) = Ker(T )⊥ = {f ∈ E 0 : hf, xi = 0, ∀x ∈ Ker(T )}.

a) À l’aide de l’exercice 2.1 montrer que 1 ⇔ 3 et 4 ⇒ 2.


b) Utiliser le principe de l’application ouverte en lien avec l’application, notée pT , (x, T x) 7→ T x
de Γ(T ) dans R(T ) pour montrer que 1 ⇒ 4.
c) Supposons 2 et notons S l’application qui à x ∈ D(T ) associé T x ∈ R(T ). Vérifier que
Ker(S 0 ) = {0} et que R(S 0 ) = R(T 0 ). Déduire que R(S 0 ) est fermée. Montrer que S est
surjective en utilisant l’application pS 0 et l’exercice précédent.

Exercice 4 Image fermée et inverse


Soit T : D(T ) ⊂ E → F une application linéaire fermée à domaine dense dans E. Montrer que

1
1. R(T ) = F ssi T 0 admet une inverse continue ;
2. R(T 0 ) = E 0 ssi T admet une inverse continue.

Exercice 5 Opérations avec l’adjoint


1. Soient T et S deux applications linéaires définies sur E tout entier à valeurs dans F . Montrer
que (αT + βS)0 = αT 0 + βS 0 .
2. On suppose maintenant que les applications linéaires T et S ont leur domaines et leurs images
contenues dans E, que T est à domaine dense et que S est définie sur tout E. Montrer que
(ST )0 = T 0 S 0 . Si de plus T S est à domaine dense alors (T S)0 est une extension de S 0 T 0 .

Exercice 6 Adjoint en `2
Soit Tn ∈ L(`2 (N) défini par
Tn (x1 , x2 , . . .) = (xn , xn+1 , . . .).
Montrer que
T 0 (f1 , f2 , . . .) = (0, . . . , 0, f1 , f2 , . . .)
Calculer kTn ((x1 , x2 , . . .)k et kT 0 (f1 , f2 , . . .)k. En déduire que l’application T 7→ T 0 de L(E, F )
dans L(F 0 E 0 ) n’est pas nécessairement continue pour la convergence ponctuelle, i.e. limn→∞ Tn x =
T x pour tout x ∈ E n’implique pas nécessairement limn→∞ Tn0 g = T 0 g pour tout g ∈ F 0 dans la
topologie forte de E.

Exercice 7 Domaine et dual


Soit T : D(T ) ⊂ `1 (N) → `1 (N), défini sur

D(T ) = {(un ) ∈ `1 (N) : (nun ) ∈ `1 (N)} par T (u1 , u2 , . . .) = (u1 , 2u2 , 3u3 , . . .).

Montrer que T est à domaine dense et que T est fermé. Trouver D(T 0 ), T 0 et D(T 0 ).

Opérateurs compacts

Exercice 8 CNS de compacité


Soit E un espace de Banach réflexif et soit F un espace de Banach. Montrer que T ∈ L(E, F ) est
compact ssi l’image par T de toute suite faiblement convergente est convergente.

Exercice 9 Un exemple sur c0 (N)


Soit a = (an ) une suite de `1 (N) telle que an > 0 pour tout n ≥ 1. Soit l’application Ta : c0 (N) → R
donnée par X
Ta (u1 , u2 , . . .) = an un , (u1 , u2 , . . .) ∈ c0 (N).
n≥1

Montrer que Ta ∈ B(c0 (N), R) est de rang 1 mais que Ta (Bc0 (N) ) n’est pas fermé mais son adhérence
est compacte.

Exercice 10 Un exemple sur `p (N) : multiplication


Soit p ∈ [1, ∞] et soit a = (an ) une suite de réels tel que l’application Ta : `p (N) → `p (N) par

Ta (u1 , u2 , . . .) = (a1 u1 , . . . , an un , . . .) (u1 , u2 , . . .) ∈ `p (N)

est bien définie. Montrer que Ta ∈ B(`p (N)) ssi a = (an ) ∈ `∞ (N). Montrer que Ta ∈ K(`p (N))
ssi a = (an ) ∈ c0 (N).

2
Exercice 11 Comapcité et séparabilité
Soient E, F espaces de Banach et soit T ∈ K(E, F ). Montrer que R(T ) est séparable.

Exercice 12 Une première inégalité


Soit E un espace de Banach réflexif, soit F un espace de Banach et soit T ∈ K(E, F ). On considère
k · k0E une autre norme sur E définissant une topologie moins fine que celle définie par la norme
k · kE . Montrer que
∀ε > 0, ∃Cε > 0, ∀x ∈ E, kT (x)kF ≤ εkxkE + Cε kxk0E .

Exercice 13 Une deuxième inégalité


Soient (E1 , k · k1 ), (E2 , k · k2 ), (E3 , k · k3 ) des espaces de Banach tels que E1 ⊂ E2 ⊂ E3 , l’injection
canonique i : E1 → E2 soit compacte et l’injection canonique j : E2 → E3 soit continue. Montrer
que pour tout ε > 0, il existe Cε > 0 tel que
∀x ∈ E1 , kxk2 ≤ εkxk1 + Cε kxk3 .

Exercice 14 Décalage à droite


L’opérateur de décalage à droite Td : `p (N) → `p (N), Td (u1 , u2 , . . .) = (0, u1 , u2 , . . .) est-il com-
pact ?
Alternative de Fredholm

Exercice 15 Stationarité
Soit E un espace de Banach et T ∈ K(E). Montrer qu’il existe un entier r ∈ N tel que Ker((I −
T )n ) = Ker((I − T )r ) pour tout n ≥ r. En déduire que R((I − T )n ) = R((I − T )r ), pour tout
n ≥ r.
Spectre d’un opérateur borné

Exercice 16 Spectre d’une projection


Soient E un espace de Banach sur K, et P ∈ B(E) une projection P 2 = P . Montrer que si P 6= 0
et P 6= IE , alors vp(P ) = σ(P ) = {0, 1}.

Exercice 17 Suite de valeurs résolvantes


Soient E un espace de Banach sur K, T ∈ B(E), et (λn )n≥0 une suite de ρ(T ) convergente vers
λ ∈ K. On suppose que la suite d’opérateurs (RT (λn ) = (λn I − T )−1 )n≥1 est bornée dans B(E).
Montrer que λ ∈ ρ(T ). On pourra utiliser l’équation de la résolvante.

Exercice 18 Suite des résolvantes


Soient E un espace de Banach sur K, et (Tn )n≥0 une suite de B(E) convergeant vers T dans B(E).
Montrer que pour tout compact K ⊂ ρ(T ), il existe n0 ≥ 0 tel que pour tout n ≥ n0 , K ⊂ ρ(Tn ),
et que la suite des résolvantes restreintes à ce compact RTn : K → L(E), où n ≥ n0 , converge
uniformément sur K vers RT .

Exercice 19 Opérateur multiplication


Soit E l’espace de Banach des fonctions continues de [0, 1] dans R muni de la norme uniforme
k · kL∞ ([0,1]) . On définit l’opérateur T : E → E par
∀f ∈ E, T x(t) = a(t)x(t),
où a(t) = min(3t − 1, 1), t ∈ [0, 1].

3
1. Montrer que T ∈ L(E) et calculer kT kL(E) .
2. Montrer que l’opérateur λI − T n’est pas surjectif pour tout λ ∈ [−1, 1].
3. Déterminer σ(T ) le spectre de T .
4. Montrer que 1 est la seule valeur propre de T .

Exercice 20 Encore l’opérateur de multiplication sur `p (N)


Soit (an )n∈N une suite de nombres complexes. Soit 1 ≤ p < ∞ et soit Ta : `p (N) → `p (N)
l’application linéraire définie par (Ta u)n = an un .
1. Montrer que Ta est continu si et seulement si (bn ) est bornée.
2. Lorsque Ta est continu, calculer ses valeurs propres et son spectre.

Exercice 21 Encore le décalage à droite


Soit 1 ≤ p ≤ ∞ et soit S : `p (N) → `p (N) l’application linéraire définie par (Su)n = un+1 .
1. Montrer que si p 6= ∞ alors vp(S) = D(0, 1) = {z ∈ C : |z| < 1} et que si p = ∞ alors
vp(S) = D(0, 1).
2. En déduire que σ(S) = D(0, 1).

Exercice 22 Décalage à droite en continu


On note E l’espace de Banach des fonctions f : R → C continues et bornées, muni de la norme
k · kL∞ (R) . On définit sur E l’opérateur T : E → E par T (x)(t) = x(t + 1) pour x ∈ E, t ∈ R.
Déterminer le spectre de T. On pourra commencer par étudier les valeurs propres de T, puis
remarquer que T est inversible.

Opérateurs sur un espace de Hilbert

Exercice 23 Suite de projections


Soit H un espace de Hilbert réel ou complexe.
1. Soit (Cn )n≥1 une suite de sous-ensembles convexes fermés non vides de H telle que
+∞
\
∀n ≥ 1, Cn+1 ⊂ Cn et C∞ = Cn 6= ∅.
n=1

Pour tout n ≥ 1, on note pCn la projection orthogonale sur Cn .


(a) Montrer que C∞ est un convexe fermé non vide de H.
(b) Montrer que pour tout x ∈ H, la suite de réels (kx − pCn (x)k)n≥1 est croissante et
majorée.
(c) En utilisant la formule de la médiane, montrer que pour tout x ∈ H, la suite (pCn (x))n≥1
est de Cauchy dans H.
(d) Montrer que pour tout x ∈ H, lim kpCn (x) − pC∞ (x)k = 0.
n→+∞
2. Soit (Cn )n≥1 une suite de sous-ensembles convexes fermés non vides de H telle que ∀n ≥ 1,
Cn ⊂ Cn+1 . Montrer que
+∞
[
C∞ = Cn
n=1
est un sous-ensemble convexe fermé non vide de H et que pour tout x ∈ H, lim kpCn (x) −
n→+∞
pC∞ (x)k = 0.

4
Exercice 24 Théorème ergodique de Von Neumann
Soit H un espace de Hilbert muni du produit scalaire h·, ·i, et T ∈ B(H) un opérateur linéaire
continu sur H tel que kT kB(H) ≤ 1. On considère
n
1 X k
∀n ≥ 0, Tn = T ,
n+1
k=0

où T k = T ◦ ... ◦ T avec k termes.


1. Montrer les équivalences suivantes

T x = x ⇔ hT x, xi = kxk2 ⇔ hx, T xi = kxk2 .

2. Montrer
Ker(I − T ) = Ker (I − T )∗ .


3. Calculer limn→+∞ Tn (x) pour tout x ∈ Im(I − T ).


4. En déduire le théorème ergodique suivant
n
1 X k
∀x ∈ H, lim T x = lim Tn x = pKer(I−T ) (x),
n→+∞ n + 1 n→+∞
k=0

où pKer(I−T ) désigne la projection orthogonale sur Ker(I − T ).


5. Application : Soit α 6∈ 2πQ et soit une fonction 2π-périodique de carré intégrable f ∈ L2 (T).
Calculer la limite dans L2 (T) de
n−1
1X
lim f (· + kα).
n→+∞ n
k=0

Exercice 25 Lemme de Schur


Soit (ai,j )(i,j)∈N2 une famille de réels positifs. On suppose qu’il existe une constante C > 0 et une
suite de réels strictement positifs (wn )n∈N vérifiant
+∞
X +∞
X
∀i ∈ N, ai,j wj ≤ Cwi et ∀j ∈ N, ai,j wi ≤ Cwj .
j=0 i=0

1. Montrer que si x = (xn )n∈N ∈ `2 (N), la suite y = (yn )n∈N définie par
+∞
X
∀i ∈ N, yi = ai,j xj
j=0

appartient à `2 (N) et vérifie kykl2 ≤ Ckxkl2 .


2. En déduire que l’opérateur de Hilbert
+∞
X xj 
T : `2 (N) → `2 (N) x = (xn )n∈N 7→
i + j + 1 i∈N
j=0

appartient à B(`2 (N)), et donner un estimation de sa norme (on pourra prendre wn = √ 1 ).


n+1

5
Exercice 26 Base hilbertienne
Soit L2 (T) l’espace des fonctions 2π-périodiques de carré intégrable.
1. Montrer que pour tout f, g ∈ L2 (T), la convolution
Z 2π
1
(f ? g)(x) = f (t)g(x − t)dt,
2π 0

est bien définie pour tout x ∈ R, et que f ∗ g est une fonction 2π-périodique continue bornée
vérifiant
kf ? gkL∞ (T) ≤ kf kL2 (T) kgkL2 (T)

2. Pour tout f ∈ L2 (T), montrer que la série de fonctions k∈Z ck (f )2 eikx converge normale-
P
ment sur R vers la fonction f ? f , où (ck (f ))k∈Z sont les coefficients de Fourier de f .

Exercice 27 Théorème de Stampacchia dans le cas réel non symétrique


Soit H un espace de Hilbert réel, φ une forme bilinéaire continue coercive (pas nécessairement
symétrique), f ∈ H 0 une forme linéaire continue et C une partie convexe fermée non vide de H.
Soient A ∈ B(H) et b ∈ H uniquement déterminés par les identités suivantes :

∀x, y ∈ H, φ(x, y) = hA(x), yi, ∀x ∈ H, f (x) = hx, bi.


1. On définit l’application Tλ : H → H définie par

∀x ∈ H, Tλ (x) = pC (λb + x − λA(x)),

où pC désigne la projection sur C et λ > 0. Montrer qu’il existe λ0 > 0

∀0 < λ < λ0 , ∃0 ≤ cλ < 1, ∀x, y ∈ H, kTλ (x) − Tλ (y)k ≤ cλ kx − yk.

2. En déduire qu’il existe un unique point x0 ∈ C vérifiant

∀y ∈ C, hA(x0 ) − b, x0 − yi ≤ 0

3. En déduire qu’il existe un unique x0 ∈ C vérifiant

∀y ∈ C, φ(x0 , y − x0 ) ≥ f (y − x0 ).

Analyse spectrale hilbertienne

Exercice 28 CNS commutation


Soient H un espace de Hilbert sur K, et T , S deux opérateurs autoadjoints compacts sur H.
Montrer que les opérateurs T et S commutent ST = T S, si et seulement si il existe une base
hilbertienne de H qui soit propre à la fois pour S et T .

Exercice 29 Encore l’opérateur multiplication : le cas Hilbert `2 (N)


On considère l’espace de Hilbert `2 (N) sur K. Si a = (an )n∈N ∈ `∞ (N) est une suite bornée
d’éléments de K, on définit l’opérateur Ta : `2 (N) → `2 (N) par

∀x = (xn )n∈N ∈ `2 (N), Ta (x) = (an xn )n∈N .

1. Montrer que Ta ∈ B(`2 (N)) et calculer kTa kB(`2 (N)) .

6
2. Montrer que l’ensemble des valeurs propres de l’opérateur Ta est donné par {an : n ∈ N}.
Déterminer la dimension des sous-espaces propres associés.
3. Montrer σ(Ta ) = {an : n ∈ N}.
4. Pour tout compact K de K, montrer qu’il existe a = (an )n∈N ∈ `∞ (N) telle que K = σ(Ta ).
5. Montrer que Ta est compact si et seulement si la suite a = (an )n∈N tend vers 0 quand
n → +∞.
6. Déterminer l’opérateur adjoint Ta∗ .
7. Si a = (an )n∈N ∈ l∞ (N) est une suite bornée de réels de limite nulle, déterminer la décom-
position spectrale de l’opérateur autoadjoint compact Ta . En déduire que le noyau Ker Ta
est de dimension quelconque 0 ≤ dim(Ker Ta ) ≤ +∞.

Exercice 30 Problème de Sturm-Liouville


On se propose de démontrer que pour toute fonction q ∈ C 0 ([0, 1], R), il existe une base hil-
bertienne (ej )j∈N de L2 ([0, 1]) composée de fonctions C 2 (]0, 1[) ∩ C 0 ([0, 1]), et une suite de réels
(νj )j∈N vérifiant
∀x ∈]0, 1[, e00j (x) + q(x)ej (x) + νj ej (x) = 0, ej (0) = ej (1) = 0
et limj→+∞ |νj | = +∞
1. Soit z ∈ C \ R+ et u ∈ C 2 (]0, 1[) ∩ C 0 ([0, 1]) vérifiant
∀x ∈]0, 1[, u00 (x) + zu(x) = 0, u(0) = u(1) = 0.
(a) Montrer que u0 ∈ L∞ (]0, 1[)

(b) Montrer que


Z 1 Z 1
0 2
− |u (x)| dx + z |u(x)|2 dx = 0.
0 0
(c) En déduire que u = 0 sur [0, 1].
2. Pour tout λ ∈ C \ πZ et f ∈ L2 ([0, 1]), on considère l’opérateur
Z 1
R0 (λ)f (x) = Kλ (x, y)f (y)dy,
0

de noyau
sin(λ(x − y)) sin(λx) sin(λ(1 − y))
∀x, y ∈ [0, 1], Kλ (x, y) = 1[0,x] (y) − .
λ sin λ λ
Montrer que l’opérateur R0 (λ) définit un endomorphisme compact de L2 ([0, 1]).
3. Montrer que pour tout f ∈ C 0 ([0, 1]), R0 (λ)f ∈ C 2 ([0, 1]), et vérifie
∀x ∈ [0, 1], u00 (x) + λ2 u(x) = f (x), u(0) = u(1) = 0.

4. Montrer que pour tout f ∈ C 0 ([0, 1]) et λ > 0,


Z 1 Z 1 Z 1
0 2 2 2
|[R0 (iλ)f ] (x)| dx + λ |R0 (iλ)f (x)| dx = − f (x)R0 (iλ)f (x)dx.
0 0 0

En déduire
1
∀λ > 0, kR0 (iλ)kB(L2 ([0,1])) ≤ .
λ2

7
5. Montrer

∀f ∈ C 0 ([0, 1]), ∀λ, µ > 0, R0 (iλ)f − R0 (iµ)f = (λ2 − µ2 )R0 (iλ)R0 (iµ)f,

puis
∀λ, µ > 0, R0 (iλ) − R0 (iµ) = (λ2 − µ2 )R0 (iλ)R0 (iµ).
En déduire que R0 (iλ) et R0 (iµ) commutent.

6. Montrer que toute fonction f ∈ C02 (]0, 1[) à support compact contenu dans ]0, 1[ et µ > 0,

R0 (iµ)(f 00 ) = µ2 R0 (iµ)f + f.

En déduire que

∀f ∈ L2 ([0, 1]), lim k(iµ)2 R0 (iµ)f − f kL2 ([0,1]) = 0.


µ→+∞

7. Soient λ > 0 et f ∈ L2 ([0, 1]) tel que R0 (iλ)f = 0. En utilisant la question 5, montrer que
R0 (iµ)f = 0 pour tout µ > 0. En déduire que pour tout λ > 0, R0 (iλ) ∈ L(L2 ([0, 1])) est
injectif.
8. Montrer que pour tout λ > 0, R0 (iλ) est un opérateur autoadjoint.
9. Soient q ∈ C 0 ([0, 1], R) et Q l’opérateur de multiplication par q,

∀x ∈ [0, 1], (Qu)(x) = q(x)u(x).


1
Montrer que pour tout λ > kqkL2 ∞ ,
+∞
X k
R(iλ) = (−1)k R0 (iλ) QR0 (iλ)
k=0

définit un opérateur autoadjoint compact et injectif.


10. Montrer que
1
∀λ > kqkL2 ∞ ([0,1]) , R(iλ) = R0 (iλ) − R0 (iλ)QR(iλ).
En déduire 1
∀f ∈ L2 ([0, 1]), ∀λ > kqkL2 ∞ ([0,1]) , R(iλ)f ∈ C 0 ([0, 1]),
puis
1
∀f ∈ C 0 ([0, 1]), ∀λ > kqkL2 ∞ ([0,1]) , R(iλ)f ∈ C 2 ([0, 1]) et [R(iλ)f ](0) = [R(iλ)f ](1) = 0.

11. Montrer que


1
∀f ∈ C 0 ([0, 1]), ∀λ > kqkL2 ∞ ([0,1]) , R(iλ)f ∈ C 2 (]0, 1[) ∩ C 0 ([0, 1]),

et vérifie

∀x ∈]0, 1[, u00 (x) + q(x)u(x) − λ2 u(x) = f (x), u(0) = u(1) = 0.

12. Conclure.

8
Exercice 31 Opérateurs de Hilbert-Schmidt
Soit H un espace de Hilbert séparable, et T ∈ B(H). On dit quePT est un opérateur de Hilbert-
Schmidt s’il existe une base hilbertienne (en )n∈N de H telle que n≥0 kT en k2 < ∞.
1. Soit (fp )p∈N une base hilbertienne de H. Montrer que p≥0 kT ∗ fp k = n≥0 kT en k2 . En
P P

em )m∈N de H, m≥0 kT eem k2 = n≥0 kT en k2 .


P P
déduire que pour toute base hilbertienne (e
On note kT k2HS cette quantité.
2. Montrer qu’un opérateur de Hilbert-Schmidt est continu, de norme kT k ≤ kT kHS .
3. Montrer qu’un opérateur de Hilbert-Schmidt est compact. Que dire de la réciproque ?
4. On considère dans cette question H = `2 (N), et on fixe c = (cn )n∈N ∈ H. On définit
l’opérateur d’anti-convolution Γc par
 

X
Γc : (xn )n∈N ∈ H 7→  cn+p xp  ∈ H.
p=0
n∈N
2
P
Montrer que Γc est un opérateur de Hilbert-Schmidt si et seulement si n≥0 (n + 1)cn < ∞.

Exercice 32 Opérateur à noyau


On considère l’opérateur intégral

TK : L2 ([0, 1]) → L2 ([0, 1]), f 7→ TK (f ),


R1
où [TK (f )](x) = 0 K(x, y)f (y)dy pour presque tout x ∈ [0, 1], et où le noyau est défini par

K : [0, 1]2 → K, (x, y) 7→ min(x, y).

1. Montrer que TK est un opérateur autoadjoint.


2. Montrer que
∀f ∈ L2 ([0, 1]), TK (f ) ∈ C 0 ([0, 1]).
3. Soit λ ∈ σ(TK ) \ {0}. Justifier que λ est une valeur propre de TK et λ ∈ R. Montrer que
toute fonction propre f ∈ L2 ([0, 1]) associée à la valeur propre λ ∈ K∗ ,

TK (f ) = λf,

appartient à l’espace C 2 ([0, 1]) et vérifie


1
∀x ∈ [0, 1], f 00 (x) + f (x) = 0, f (0) = f 0 (1) = 0.
λ
4. En déduire n 4 o
σ(TK ) = {0} ∪ : k ∈ N
π 2 (2k + 1)2
et la décomposition spectrale de l’opérateur TK .
5. Montrer
+∞
X 16
= kKk2L2 ([0,1]2 ) .
π 4 (2k + 1)4
k=0

6. En déduire
+∞ +∞
X 1 π4 X 1 π4
= , = .
(2n + 1)4 96 n4 90
n=0 n=1

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