0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
135 vues11 pages

Notions Sur Les Suites Numériques: I-Généralités

Transféré par

Hugo Zingaretti
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
135 vues11 pages

Notions Sur Les Suites Numériques: I-Généralités

Transféré par

Hugo Zingaretti
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Techniques de Calcul – Licence 1

Notions sur les suites numériques

I- Généralités

a) Définition

Une suite numérique réelle u est la donnée pour tout entier naturel n d’un nombre réel
noté un et appelé terme général de la suite. Il s’agit donc, plus rigoureusement, d’une
{ }
application de l’ensemble N = 0,1,2,3,! des entiers naturels vers dans l’ensemble R
des nombres réels ; un est ainsi l’image u ( n ) de l’entier n ∈N . La suite u est
également notée ( un )n∈N ou encore un . ( )

Remarques

• Plus généralement, une suite u peut n’être définie qu’à partir d’un certain
entier n0 ∈N : on écrira alors u = ( un )n≥n . Par exemple, la suite de terme général
0

un =
1
n ( n − 1)
n’a de sens que pour n ∈ 2,3,! . { }
• Lorsqu’on connaît directement le terme un de rang n (comme dans l’exemple
précédent), la suite u est dite définie explicitement. Alternativement, on peut adopter
une définition par récurrence, c’est-à-dire définir la suite par son premier terme et une
( )
relation du type un+1 = f un où f est une fonction et n un entier naturel quelconque.
Ainsi, pour accéder par exemple à u50 , il conviendra de déterminer de proche en proche
tous les termes de rang inférieur à 50 .

b) Exemples usuels

- Suite arithmétique

On a alors, pout tout n ∈N , un+1 = un + r où r est un réel appelé raison de la suite. Il en


résulte immédiatement (par récurrence) que le terme de rang n est donné par
p−1
un = u0 + nr . La somme S p = u0 + u1 +!+ u p−2 + u p−1 = ∑ uk des p premiers termes ( p
k=0

étant un entier non nul, soit p ∈N ) s’en déduit aisément :


*

u0 + u p−1
( ) ( ) ( ) (
2S p = u0 + u p−1 + u1 + u p−2 + u2 + u p−3 %+ u p−2 + u1 + u p−1 + u0 ⇒ S p = p
!#"# $ !#"# $ !#"# $
) ( ) 2
u0 +r+u p−1 −r u0 +2r+u p−1 −2r u0 +u p−1
=u0 +u p−1 =u0 +u p−1
- Suite géométrique

Dans ce cas, pout tout n ∈N , un+1 = qun avec q un réel appelé raison de la suite. Par
conséquent, un = u0 q n et la somme S p des p premiers termes ( p ∈N * ) s’obtient, pour
q ≠ 1 , en développant (1− q ) S p :

(
S p − qS p = u0 1+ q + q +!q 2 p−2
+q p−1
− q − q −!− q
2 p−1
−q p
) ⇒ S p = u0
1− q p
1− q
1− q p
⇒ S p = u0 si q ≠ 1 et évidemment S p = pu0 pour q = 1 .
1− q

- Suite arithmético-géométrique

Elle est définie par u0 et la relation de récurrence un+1 = aun + b ( n ∈N ) où a et b


étant des réels. Pour a = 1 , la suite est donc arithmétique et elle est géométrique quand
b = 0 . Pour déterminer l’expression générale du terme de rang n en dehors de ces cas
que nous venons de traiter, posons vn = un − x où x est un réel que l’on fixera par la
( )
suite. Ainsi, vn+1 = aun + b − x = avn + x a − 1 + b . Par conséquent, en choisissant
b
x= (puisque nous avons supposé a ≠ 1 ), la suite ( vn ) est géométrique de raison
1− a
⎛ b ⎞ n b 1− a n
a et donc vn = v0 a n . D’où un = vn + x = ⎜ u0 − a + = u a n
+ b .
⎝ 1− a ⎟⎠ 1− a 0
1− a

- Suite récurrente linéaire d’ordre deux

Sa définition repose sur les deux premiers termes u0 ,u1 et la relation de récurrence à
deux pas un+2 = aun+1 + bun ( n ∈N ) avec a,b ∈R . Dans le même esprit que pour
l’exemple précédent, introduisons une nouvelle suite de terme général vn = un+1 − xun
( x ∈R ) et cherchons à ce qu’elle soit géométrique. Or :
v = ( a − x ) u + bu = ( a − x ) ( v + xu ) + bu = ( a − x ) v + ( ax − x
n+1 n+1 n n n n n
2
)
+ b un
Une condition suffisante est donc x 2 = ax + b . Cette équation du second degré porte le
( )
nom d’équation caractéristique associée à la suite un et elle assure à la suite v d’être

( )
géométrique de raison a − x : ainsi, pour tout n ∈N , vn = un+1 − xun = v0 ( a − x ) . x
n

ayant été supposé réel (puisque nous ne considérons pas ici des suites à valeurs dans
l’ensemble C des nombres complexes), il conviendra donc que le discriminant
Δ = a 2 + 4b soit positif ou nul.
a− Δ
• Pour Δ > 0 , nous avons deux racines réelles distinctes x1 = et
2
a+ Δ
x1 = de l’équation caractéristique et donc, quel que soit le rang n ∈N :
2
un+1 − x1un = v0( ) ( a − x1 ) , un+1 − x2un = v0( ) ( a − x2 )
1 n 2 n
où v0( ) = u1 − x1u0 et v0( ) = u1 − x2u0 . Nous en déduisons ainsi immédiatement le terme
1 2

général de la suite u :
v0( ) ( a − x1 ) − v0( ) ( a − x2 )
1 n 2 n

un = = C1x1n + C2 x2n ,
x2 − x1
⎛ v0( ) v0( ) u −u x ⎞
2 1
u0 x2 − u1
⎜ avec C1 = − = et C2 = = 1 0 1⎟
⎝ x2 − x1 x2 − x1 x2 − x1 x2 − x1 ⎠
On dit que la suite u est une combinaison linéaire des suites géométriques de raison x1
et x2 .

• Pour Δ = 0 (c’est-à-dire b = − a 2 4 ) l’équation caractéristique admet une


a
. Donc, pour tout n ∈N , vn = un+1 − xun = v0 ( a − x ) = v0 x n . En
n
racine double x =
2
excluant le cas trivial a = b = 0 (qui conduit à une suite u dont tous les termes d’ordre
un+1 un v0
supérieur ou égal à deux sont nuls), nous avons ainsi = + . Cette relation
x n+1 x n x
u v
montre que la suite de terme général wn = nn est arithmétique de raison 0 . Par
x x
v
conséquent, wn = w0 + n 0 et au final, un = ( C1 + nC2 ) x n où les constantes C1 et C2
x
sont entièrement déterminées par les deux premiers termes u0 ,u1 .

c) Vocabulaire

Une suite u = ( un )n∈N est :

• croissante si, pour tout n ∈N , un ≤ un+1


• strictement croissante lorsque, pour tout n ∈N , un < un+1
• décroissante si, pour tout n ∈N , un+1 ≤ un
• strictement décroissante lorsque, pour tout n ∈N , un+1 < un
• monotone (resp. strictement monotone) si elle est croissante ou décroissante
(resp. strictement croissante ou décroissante).
• majorée lorsqu’il existe un réel M tel que, pour tout n ∈N , un ≤ M
• minorée lorsqu’il existe un réel m tel que, pour tout n ∈N , m ≤ un
• bornée si elle est majorée et minorée. Il existe donc un réel positif A tel que,
pour tout n ∈N , un ≤ A .

d) Opérations sur les suites

Soient u = ( un )n∈N et v = ( vn )n∈N deux suites numériques et λ un réel.

• ( )
λ u est la suite de terme général λ u n = λ un
• La somme u + v est définie comme la suite de terme général ( u + v )n = un + vn
• Le produit uv désigne la suite de terme général ( uv )n = un vn
u
• Si la suite v ne s’annule jamais, le quotient est la suite de terme général
v
⎛ u⎞ un
⎜⎝ v ⎟⎠ = v
n n

• On écrira u ≤ v si, pour tout n ∈N , un ≤ vn .

II- Convergence d’une suite

a) Notion de limite

n
- Soit u = ( un )n∈N la suite de terme général un = . Au fur à mesure que le rang n
n +1
grandit, les valeurs numériques de un se rapprochent du réel l = 1 :

n 1 5 10 100 1000
un 0.5 ≈ 0.833 ≈ 0.90909 ≈ 0.990099 ≈ 0.99900099

Plus précisément, l’écart entre un et l , c’est-à-dire un − l , peut être rendu aussi petit
que l’on veut pourvu que l’on prenne n suffisamment grand : quel que soit le réel
1 1
ε > 0, un − l < ε ⇔ < ε ⇔ n > − 1 . On dira que la suite u tend vers l = 1 . Plus
n +1 ε
généralement :

• On dit qu’une u = ( un )n∈N suite converge (ou tend) vers l ∈R si, pour tout réel
ε > 0 , il existe un indice N ∈N au delà duquel un − l < ε :
∀ε > 0, ∃N ∈N tel que : ∀n ∈N, n > N ⇒ un − l < ε
• Lorsqu’un tel nombre existe, il est unique et la suite est dite convergente. On
note lim un = l ou lim u = l ou un ⎯n→+∞
⎯⎯ → l ou un → l
n→+∞

• Dans le cas contraire, la suite est qualifiée de divergente.

Démonstration de l’unicité de la limite :

Supposons que un → l et un → l ′ avec l ≠ l ′ . Supposons par exemple l < l ′ (dans le


cas contraire, il suffira d’échanger l et l ′ ans le raisonnement qui suit). Soit alors α un
nombre réel de l’intervalle ⎤⎦ l, l ′ ⎡⎣ , ε = α − l et ε ′ = l ′ − α ′ . A partir d’un certain rang
N ∈N , nous avons donc un − l < ε , ce qui donne un < α . De même, à partir d’un rang
N ′ ∈N , nous avons un − l ′ < ε ′ qui implique α < un . Il suffit donc de considérer les
( )
indices n > max N , N ′ pour avoir une contradiction. Par conséquent, l = l ′ .
Remarque

Si une suite u = ( un )n∈N admet une limite finie l ∈R , alors l’écart d n = un+1 − un
( n ∈N ) entre deux termes consécutifs de u tend vers 0. En effet, pour tout réel ε > 0 ,
ε
nous pouvons trouver un indice N ∈N tel que un − l < quel que soit le rang n > N .
2
ε
Pour un tel n , on a donc aussi un+1 − l < . Par conséquent :
2
ε ε
d n = ( un+1 − l ) − ( un − l ) ≤ un+1 − l + un − l < + =ε,
2 2
et ainsi d n ⎯n→+∞
⎯⎯ →0 .

- Concentrons nous maintenant sur les suites divergentes. C’est par exemple le cas de la
suite u de terme général un = ( −1) : la différence d n = un+1 − un est constante et égale à
n

2 : d’après la remarque précédente, u ne peut donc converger. Les termes un valent


alternativement +1 ou -1 (selon la parité du rang n ) et aucune tendance ne se dégage
lorsque n grandit. Il en est différemment pour la suite définie, pour tout n ∈N , par
un = n . En effet, un ne cesse de croître au fur à mesure que l’indice n augmente. Plus
précisément, un peut être rendu aussi grand que l’on veut pourvu que n soit
suffisamment élevé : quel que soit le réel A > 0 , un > A dès que n > A2 . On dira alors
que la suite u tend vers +∞ . De manière générale :

• On dit qu’une suite u = ( un )n∈N admet la limite +∞ si, pour tout réel A > 0 , il
existe un indice N ∈N au delà duquel tous les termes de la suite sont supérieurs à A :
∀A > 0, ∃N ∈N tel que : ∀n ∈N, n > N ⇒ un > A
On note alors lim un = +∞ ou lim u = +∞ ou un ⎯n→+∞
⎯⎯ → +∞ ou un → +∞
n→+∞

• De manière similaire, une suite u = ( un )n∈N tend vers −∞ si, pour tout réel
B < 0 , il existe un indice N ∈N au delà duquel tous les termes de la suite sont
inférieurs à B :
∀B < 0, ∃N ∈N tel que : ∀n ∈N, n > N ⇒ un < B
On note alors lim un = −∞ ou lim u = −∞ ou un ⎯n→+∞
⎯⎯ → −∞ ou un → −∞
n→+∞

- Exemples

• Suite u arithmétique de raison r

Pour r >0, tend vers +∞ . En effet, pour tout réel


u A> 0,
A − u0 ⎛ A − u0 ⎞
un = u0 + nr > A ⇔ n > : en posant N = 0 si u0 ≥ A et N = E ⎜ + 1 dans
r ⎝ r ⎟⎠
()
le cas contraire (où E x désigne la partie entière du réel x ), nous avons un > A au
delà du rang N , ce qui prouve le résultat. Le raisonnement est similaire pour une raison
r < 0 conduit à lim u = −∞ .

• Suite u de terme général un = n + 1 − n .


Intuitivement, pour n suffisamment grand, n + 1 et n sont quasiment égaux et on
s’attend à ce que un ≈ 0 . Pour rigoureusement prouver que un → 0 , réécrivons un sous
la forme

un =
( n +1 − n )( n +1 + n )= 1
n +1 + n n +1 + n
1 1
Dès lors, pour tout réel ε > 0 et un rang n > , n +1 > n ≥ et donc un < ε ,
4ε 2 2ε
d’où lim u = 0 .

b) Limites et opérations sur les suites

- Théorèmes

Soient u et v deux suites ; l1 et l2 désignent deux réels.

• Limite de la suite somme u + v

lim u l1 +∞ −∞ +∞ −∞ +∞
lim v l2 l2 l2 +∞ −∞ −∞
lim u + v l1 + l2 +∞ −∞ +∞ −∞ ?

• Limite de la suite produit u × v

lim u l1 ±∞ ±∞ ±∞
lim v l2 l2 ≠ 0 0 ±∞

l1 × l2 ±∞ ±∞
lim u × v selon la règle ? selon la règle
des signes des signes

u
• Limite de la suite quotient
v

lim u l1 ±∞ l1 ±∞ l1 ≠ 0 0
lim v l2 ≠ 0 l2 ≠ 0 ±∞ ±∞ 0+ ou 0− 0
u l1 ±∞ ±∞
lim selon la règle 0 ? selon la règle ?
v l2 des signes des signes

lim v = 0+ (resp. lim v = 0− signifie que v tend vers 0 par valeurs supérieures (resp.
inférieures), c’est-à-dire que vn > 0 (resp. vn < 0 ) au delà d’un certain rang N 0 .
• Limites et inégalités

Si lim u = l1 , lim v = l2 et un ≤ vn au delà d’un certain rang N 0 , alors l1 ≤ l2 .

!! Le passage à la limite ne conserve pas les inégalités strictes : si un < vn , on a tout de


même l1 ≤ l2 .

Démonstration :

Nous nous limiterons à prouver deux de ces résultats à titre d’exemple d’application des
définitions formelles précédentes.

• Supposons un → l1 et vn → l2 . Soit ε un réel strictement positif. Il existe donc


N1 ∈N et N 2 ∈N tels que :
ε
ü pour tout entier n > N1 , un − l1 <
2
ε
ü pour tout entier n > N 2 , vn − l2 < .
2
A partir d’un rang n > max ( N1 , N 2 ) , nous avons donc :
un + vn − ( l1 + l2 ) = ( un − l1 ) + ( vn − l2 ) ≤ un − l1 + vn − l2 < ε
Ainsi un + vn → l1 + l2 .

• Supposons maintenant un → l1 avec l1 > 0 , vn → 0 avec vn > 0 dès que


u
n ≥ N 0 et intéressons nous à la suite quotient . Soit A un réel strictement positif.
v
l1
Posons ε = > 0 . Il existe donc N1 ∈N et N 2 ∈N tels que :
A+1

ü pour tout entier n > N1 , un − l1 < ε , ce qui implique 0 < l1 − ε < un


1 1
ü pour tout entier n > N 2 , vn < ε , et donc 0 < vn < ε ⇔ 0 < <
ε vn
(
pourvu que n > max N 0 , N 2 . )
un l1 − ε
( )
Au delà d’un rang n > max N 0 , N1 , N 2 , nous avons donc
vn
>
ε
= A et ainsi

u
lim = +∞ .
v
- Exemple d’application
3n2 − n
Posons pour tout n ∈N , un = . Dès que n ≥ 1 , on peut écrire :
6 ( n + 1) + 1
2

1 1
3n 2 1− 1 1−
un = 2 3n = 3n
2 2
6n ⎛ 1 ⎞ 1 2 ⎛ 1⎞ 1
⎜⎝ 1+ n ⎟⎠ + n2 ⎜⎝ 1+ n ⎟⎠ + n2

1 ⎛ ⎛ 1⎞ 1 1 ⎞
Or, lim = 0 ⎜ en effet, ∀ε > 0, ∀n ∈N, n > E ⎜ ⎟ + 1 > ⇒ < ε ⎟ . Les résultats
n→+∞ n ⎝ ⎝ε⎠ ε n ⎠
précédents concernant les opérations sur les limites impliquent alors :
2
1 1 1 ⎛ 1⎞ 1
1− → 1− × 0 = 1, 1+ → 1+ 0 = 1, ⎜⎝ 1+ n ⎟⎠ → 1 = 1, n2 → 0 .
2

3n 3 n

2
⎛ 1⎞ 1 1
D’où ⎜ 1+ ⎟ + 2 → 1 et finalement un → .
⎝ n⎠ n 2

III- Théorèmes d’existence d’une limite

a) Encadrements et limites

- Théorèmes de comparaison

Soient u,v et w trois suites réelles et l ∈R .

Si, au delà d’un


et alors
certain rang N 0 ,
un ≤ vn vn → −∞ un → −∞
vn ≤ un vn → +∞ un → +∞
vn ≤ un ≤ wn
(Théorème des gendarmes vn → l et wn → l un → l
ou d’encadrement)

La démonstration est aisée à partir des définitions des limites finies ou infinies et elle ne
sera pas détaillée.

- Conséquence pour les suites géométriques

Soit u = ( un )n∈N une suite géométrique de raison q .


• Pour q > 1 , nous pouvons donc écrire q = 1+ x où x est un réel strictement
positif. Mais d’après l’inégalité de Bernoulli, (1+ x ) ≥ 1+ nx pour tout entier n ∈N (la
n

( )
justification est triviale par récurrence). Ainsi, q n ≥ 1+ n q − 1 . Or la suite de terme
( )
général 1+ n q − 1 est arithmétique de raison q − 1 > 0 et donc elle tend vers +∞. Par
conséquent, lim q = +∞ et lim u = +∞ si u0 > 0,lim u = −∞ si u0 < 0 .
n
n→+∞
n
1 ⎛ 1⎞
• Considérons maintenant le cas où q < 1 . Ainsi, > 1 et lim ⎜ ⎟ = +∞ ,
q n→+∞
⎝ q⎠
n
d’après le résultat précédent. La suite inverse, de terme général q = q n tend donc
vers 0, si bien que lim q n = 0 et lim u = 0 .
n→+∞

• Enfin, pour une raison q ≤ −1 , la suite diverge (sans avoir de limite infinie).

b) Théorème de la limite monotone

- Enoncé

Soit u = ( un )n∈N une suite croissante.


• Si u est majorée, alors elle converge.
• Si u n’est pas majorée, alors lim u = +∞ .

Soit u = ( un )n∈N une suite décroissante.


• Si u est minorée, alors elle converge.
• Si u n’est pas minorée, alors lim u = −∞ .

Démonstration :

• Elle repose sur une propriété fondamentale de l’ensemble R des nombres réels.
Soit A une partie non vide et majorée de R : il existe donc M ∈R tel que, pour tout
x ∈ A , x ≤ M . Il existe en réalité une infinité de majorants de la partie A considérée :
tout réel M ′ ≥ M convient. Le plus petit des majorants est appelé borne supérieure de
( )
A et noté sup A : son existence est assurée par la construction formelle de R , ce que
nous admettrons.

• Appliquons alors ce résultat à l’ensemble A des termes un d’une suite u


( )
croissante majorée et notons l = sup A . Ainsi, pour tout réel ε > 0 , l − ε n’est pas un
majorant de A et cela signifie donc qu’un élément de A , c’est-à-dire un terme uN de la
suite u , est strictement supérieur à l − ε . Dès lors, pour tout entier n > N , un ≥ uN par
croissance de la suite et donc l − ε < un ≤ l < l − ε (puisque l majore tous les termes de
la suite). Donc un − l < ε et la suite u converge vers l .
• Considérons maintenant le cas où la suite u est croissante mais non majorée.
Elle devient donc supérieure à tout réel A à partir d’un certain rang N . Dès lors, quel
que soit l’entier n > N , un ≥ uN > A et donc lim u = +∞ .

• Enfin, pour une suite u décroissante, − u est croissante et u minorée (resp. non
minorée) équivaut à − u majorée (resp. non majorée) : il suffit donc d’appliquer à − u
les résultats que nous venons de prouver.

- Exemple d’application

Considérons la suite u définie par u0 = 1 et la relation de récurrence un+1 = 2 + un


pour tout entier n ∈N . Prouvons tout d’abord par récurrence que u est strictement
croissante :
ü u1 = 3 et donc u1 − u0 > 0
ü Supposons que pour un rang , p ∈N u p+1 − u p > 0 . Alors :

u p+2 − u p+1 = 2 + u p+1 − 2 + u p =


( 2 + u p+1 − 2 + u p )( 2 + u p+1 + 2 + u p )
2 + u p+1 + 2 + u p

=
(2 + u ) − (2 + u ) =
p+1 p u p+1 − u p
>0
2 + u p+1 + 2 + u p 2 + u p+1 + 2 + u p

On vérifie, également par récurrence, que u est majorée par 2 (et minorée par 0):
0 < u0 = 1 < 2 et si 0 < u p < 2 pour p ∈N , 0 < 2 + u p < 4 et donc 0 < u p+1 = 2 + u p < 2 .
D’après le théorème de la limite monotone, u converge vers un réel l . Celui-ci est
nécessairement compris entre 0 et 2 compte-tenu du théorème relatif aux limites et
inégalités. De plus, lim un+1 = lim un . Or 2 + un → 2 + l . En effet,
n→+∞ n→+∞

un − l 1
2 + un − 2 + l = < u −l .
2 + un + 2 + l 2 n

Or, pour tout ε > 0 , il existe un rang N au delà duquel un − l < 2ε et donc

2 + un − 2 + l < ε . Finalement, l ∈ ⎡⎣0,2 ⎤⎦ est solution de l’équation l = 2 + l qui

{ }
implique l 2 = 2 + l et donc l ∈ −1,2 , d’où lim u = 2 .

c) Suites adjacentes

- Définition et convergence

Soit u une suite croissante et v une suite décroissante, leur différence u − v


convergeant vers 0. On dit que ces suites sont adjacentes et elles convergent vers une
même limite.
Démonstration :

( )
Puisque lim u − v = 0 , il existe un rang N ∈N tel que un − vn < 1 pour tout indice
n > N . Par conséquent, on a alors un < vn + 1 ≤ v0 + 1 (car v est décroissante). La suite
( )
u est donc majorée par M = max u0 ,u1 ,!,uN −1 ,v0 + 1 . Comme elle est croissante, le
théorème de la limite monotone implique la convergence de u vers un réel l1 . De
même, pour tout entier n > N , vn > un − 1 ≥ u0 − 1 et v est ainsi minorée par
m = min ( v0 ,v1 ,!,v N −1 ,u0 − 1) . v étant décroissante, elle admet une limite finie l2 ∈R .
Les deux suites étant maintenant assurées de converger,
lim ( u − v ) = lim u − lim v = l1 − l2 et donc l1 = l2 dans la mesure où lim ( u − v ) = 0 .

- Exemple

Pour tout entier naturel n ≥ 1 , on appelle factorielle de n le produit 1× 2 ×!× n que


l’on note n! . Posons alors :
1 1 1 1
∀n ∈N * , un = 1+ + +!+ et vn = un + .
2! 3! n! n!
1
La suite u = ( un )n∈N* est strictement croissante puisque un+1 − un = > 0 alors que
( n + 1)!
2 1 1− n
v = ( vn )n∈N* est décroissante : vn+1 − vn = − = ≤0. De plus,
( n + 1)! n! ( n + 1)!
1
vn − un = ⎯⎯⎯ → 0 (en effet n! ≥ n et donc n! ⎯n→+∞ ⎯⎯ → +∞ ). Les suites u et v sont
n! n→+∞
donc adjacentes. Leur limite commune est en réalité le nombre de Neper e (qui
correspond à l’unique réel strictement positif dont le logarithme népérien vaut 1).

Vous aimerez peut-être aussi