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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

UNIVERSITE CATHOLIQUE D’AFRIQUE CENTRALE


MASTER 1-DROIT COMMUNAUTAIRE
Année Académique 2020 / 2021
DROIT DOUANIER
Cours de Mme La Professeure Sara Nandjip Moneyang
Maître de Conférences
Université de Douala-Département de Droit des Affaires

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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE

OUVRAGES

1) André Nzakou, Droit et fiscalité douanier appliqué, 1èr édition, novembre


2011.
2) Jean Claude BERR et Henri TREMEAU, Droit douanier communautaire
et national, Coll. Droit des affaires et de l’entreprise sous la direction de
Yves Guyon, Economica, 5è édition.
3) Jean claude BERR, Introduction au droit douanier, nouvelle édition.
Economica.
4) Jean Marie Nyama, Douane et commerce international dans la CEMAC ;
CERFOD 2006.
5) Marcellin Djeuwo, Le contentieux douanier dans les pays de la CEMAC,
édition L’harmattan, 2015.

TEXTES

1) Code des douanes CEMAC 2003


2) Réglementations douanières CEMAC 2007
3) Textes nationaux règlementaires sur l’organisation du ministère des
finances et sur les procédures douanières.

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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

INTRODUCTION

I- PRESENTATION DU DROIT DOUANIER

La Douane n'a pas qu'un rôle fiscal, elle a aussi un rôle économique dissuasif ou
incitatif :

- soit pour favoriser les importations ou au contraire protéger une production nationale,

- soit favoriser certains courant d'échanges par une fiscalité pouvant être négative.

Le droit douanier est alors un instrument privilégié permettant à la politique douanière


d'un pays de jouer son rôle économique. Le droit douanier se définit comme l’ensemble des
règles juridiques qui gouvernent les opérations liées à l’entrée et à la sortie des frontières
d’un pays, des biens, relativement aux droits financiers affectés aux opérations en question.
Le droit douanier établit alors les formes et procédures qui permettent à l’administration
douanière d’assurer ses missions de collecte des recettes budgétaires et la protection de
l’espace économique nationales et du citoyen, tout en garantissant un environnement propice
au développement ou au déploiement du commerce licite.

Bon nombre de personnes, pourtant intéressées aux opérations d’importation et


d’exportation en CEMAC, ne connaissent pas véritablement quel est l’environnement
juridique qui préside au fonctionnement de cette activité. Nul n’étant censé ignorer la loi,
cette limite n’est jamais sans conséquence sur la qualité de leurs performances économiques.  

Ainsi, parce que le droit douanier se trouve au cœur même du développement des
stratégies économiques en Afrique en général et dans la zone CEMAC en particulier, sa
connaissance devient chaque jour indispensable dans un contexte de globalisation des

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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

échanges où, de plus en plus, la distance entre fournisseurs et clients n’a plus qu’une
importance marginale.  

Historiquement, on peut remonter jusqu’en 1964 pour trouver les premiers signes
d’une harmonisation du droit douanier de la CEMAC à travers (entre autre), le traité  du 08
décembre portant institution d’une Union Douanière Economique et Monétaire de
l’Afrique Centrale (UDEAC) dont l’héritage fut les Code et Tarifs des Douanes.

A côté de ces outils de base du droit douanier communautaire, on a compté d’autres


éléments normatifs tels que les actes émanant du comité de direction, les traités
internationaux, les ordonnances, les décrets et arrêtés nationaux ainsi que les avis des
importateurs et exportateurs.

Aux éléments ci-dessus, on peut également ajouter dès 1990, le régime des zones
franches finalement abrogé par l’adoption de la loi 2002/004 du 19 avril 2002 portant Charte
des d’investissements.

Aujourd’hui, on peut retenir qu’à l’exception des textes nationaux, le droit douanier
CEMAC s’applique indifféremment que l’on soit au Cameroun, en République
Centrafricaine, au Congo, au Gabon, en République de Guinée Equatoriale et au TCHAD.

Le droit douanier est un droit spécifique, d’application ou d’interprétation stricte.


Autrement dit, il n’est pas permis comme en droit commun (notamment en droit civil par
exemple), d’étendre, sous prétexte d’analogie, l’application des termes de la loi douanière
concernant un cas explicitement visé par elle, à un cas non spécialement prévu par cette loi. Il
en découle les deux principales conséquences suivantes :

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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

- Le droit douanier est un droit prépondérant : en cas de conflit entre la loi douanière et
le droit commun, primauté est reconnue à la loi douanière.
- En cas de silence de la loi douanière, les dispositions du droit commun s’appliquent.

II- LES SOURCES DU DROIT DOUANIER

Il s’agit notamment du code des douanes, du tarif des douanes, des textes internationaux,
des textes nationaux, de la jurisprudence, et de la doctrine.

1) Le code des douanes

C’est un document qui regroupe l’essentiel des normes relatives à la douane. C’est le socle
de toute réglementation douanière, qui s’applique sur l’étendue du territoire douanier
CEMAC. Ce texte qui a fait l’objet de l’acte No 8/65-UDEAC-37 du 14 décembre 1965 a
plusieurs fois été révisés et existe dans sa forme actuelle suivant le règlement No 05/01-
UEAC-097-CM-06 du 3 août 2001. C’est un texte de 426 articles complétés par de
nombreuses annexes et par le tarif douanier.

Il a été adopté au lendemain du traité de Brazzaville de 1964 à travers l’acte N° 8/65-


UDEAC-37 du 14 décembre 1965. A ce moment on parle de «  CODE DES DOUANES DE
L’UDEAC  ».
 
Le 16 mars 1994, la communauté UDEAC devient CEMAC avec entre autres effets, le
transfert du patrimoine, des droits mais aussi des obligations. Le code des douanes devient
alors « CODE DES DOUANES DE LA CEMAC ».

Le code des douanes de la CEMAC n'avait pas été actualisé depuis 2001. Et pourtant
le système harmonisé de codification des marchandises (SH) qui fonde sa nomenclature a
beaucoup évolué et a été mis à jour selon version 2017 du SH. En outre les Etats membres de
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la CEMAC ont adopté un nouveau régime de transit des marchandises, et sont engagés, au
plan multilatéral, à appliquer la Convention de Kyoto Révisée (CKR), et l’Accord sur la
Facilitation des Echanges (AFE) de l’OMC. Ces différents engagements doivent se refléter
dans le code communautaire des douanes. La révision/actualisation du code des douanes s’est
avérée donc nécessaire.

La demande d’une révisé du Code des Douanes a été formulée par les Etats membres
ayant pris part au Séminaire Régional sur le Renforcement de la Vision Régionale des
Reformes Douanières, organisé par le Département des Politiques Economique et Fiscalo-
Douanière du FMI à Brazzaville, du 16 au 21 novembre 2015. Au terme du séminaire, la
République du Congo fut mandatée par les autres Etats pour recevoir et faire la synthèse des
propositions de révision du Code des Douanes communautaire avant sa transmission à la
Commission de la CEMAC.

Pour mettre en œuvre cette recommandation, la Commission de la CEMAC a sollicité


l’élargissement de sa coopération avec AFRITAC-CENTRE au domaine fiscalo-douanier. A
cet effet, et suite à une requête de la Commission, le Département des Finances Publiques du
FMI a marqué son accord pour mettre à la disposition de la Commission de la CEMAC, des
experts de haut rang pour examiner la problématique d’une révision/actualisation du Code des
Douanes de la CEMAC.

Le processus de révision du code des douanes a démarré par la tenue d’une première
réunion du groupe de travail composé des experts des Douanes congolaises et ceux de la
CEMAC, à Brazzaville du 14 au 21 mai 2016. Au terme des travaux, un avant-projet de code
révisé fut produit, et a servi de document de travail.

Les travaux de révisions se sont poursuivis sous la houlette de la Commission de la


CEMAC par la convocation de plusieurs réunions quadripartites
CEMAC/FMI/OMD /ETATS MEMBRES dont la dernière en date est celle du Comité de la

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Valeur qui s’est tenue à Libreville en Mars 2018. Cette rencontre a permis de compléter des
articles, d’améliorer le contenu de certains, de faire des rajouts ou des suppressions, de
modifier, de proposer des reformulations de certains articles. Ce travail a permis la validation
par le Comité de la valeur du projet de Code des Douanes aligné intitulé ‘’CODE DES
DOUANES CEMAC’’.

2) Le tarif douanier

C’est un catalogue de marchandises qui indique d’une part, la nomenclature tarifaire de


chaque article et d’autre part, les droits et taxes de douane qui lui sont rattachés. Il est basé sur
la nomenclature du Système Harmonisé de désignation des marchandises (SH) et son
application se fait selon les dispositions du code des douanes.
  Il peut être communautaire ou national. Dans le premier cas, il se décline en quatre sous-
ensembles à savoir :
- Les règles générales pour son interprétation

1-       Les intitulés des titres, sections, chapitres et sous chapitres n’ont qu’une valeur
indicative.
2-       Toute référence à un article dans une position déterminée couvre cet article même
incomplet dans la mesure où il présente les caractéristiques essentielles de l’article complet.
De même toute mention à une matière dans une position donnée se rapporte à cette matière
soit à l’état pur soit en mélange.
 
3-       Lorsqu’une marchandise parait pouvoir être classée sous plus d’une position, la
position la plus spécifique est prioritaire. Dans le cas des mélanges, on attribue la position du
composant qui confère à l’article ses caractéristiques essentielles.
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4-       Dans le cas où les règles précédentes sont inefficaces, toute marchandise peut être
classée dans la position de l’article qui lui est le plus semblable.
5-       Les étuis, les écrins et les contenants similaires spécialement conçus pour certains
équipements sont classés avec lesdits équipements lorsqu’ils sont du type normalement
vendus avec ceux-ci.
 
- Le Tarif Extérieur Commun (TEC)

Il comprend le droit de douane et la surtaxe temporaire. On peut dès lors distinguer quatre


catégories de marchandises à savoir :  

o Les Biens de première nécessité – 5 % de taux de droit de douane


o Les matières premières et Biens d’équipement – 10%
o Les Biens intermédiaires et divers – 20 %
o Les Biens de consommation courante – 30 %

- Le Tarif Préférentiel Généralisé (TPG)

Il ne s’applique qu’aux produits d’origine communautaire. Son taux est aujourd’hui de 0 %. Il


a été instauré par acte N° 7/93-UDEAC-556-CD-SE1 du 21 juin1993 et remplace le tarif
unique (TU). L’adoption du taux de 0% pour les produits d’origine communautaire au sein de
la CEMAC s’inscrit en droite ligne de la volonté des états membres à amplifier le volume des
échanges intra-communautaires.
Contrairement au TU qui était octroyé par voie d’agrément du comité de Direction, le TPG
s’applique aux produits circulant sous le couvert du certificat de circulation CEMAC.
  
- Les dispositions relatives aux franchises

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Elles touchent à la valeur du certificat de circulation communautaire tel que défini à l’article
12 de l’acte 7/93-UDEAC-556-SE1 du 21 juin 1993.
Il existe cependant les barrières non-tarifaires. Celles-ci touchent à trois catégories de
produits à l’importation : les produits libérés qui ne subissent aucune restriction, les produits
nécessitant un visa technique ou un certificat de conformité du ministère compétent pour les
besoins de santé et de sécurité et les produits prohibés sur le territoire camerounais.
Par ailleurs, toute importation doit être contrôlée avant embarquement sur la qualité, la
quantité et le prix.
  Lorsque pour certaines catégories de biens, le code et le tarif douanier CEMAC sont
silencieux, les textes nationaux ou internationaux sont applicables.

3) Les textes internationaux

Il s’agit de tous les instruments juridiques internationaux ayant des incidences directes
ou indirectes sur l’activité douanière. Ce sont les traités ou accords internationaux ratifiés
par la CEMAC ou par les Etats de la CEMAC pris individuellement. Nous pouvons par
exemple citer l’accord sur la mise en œuvre de l’article VII du GATT. etc…Il s’agit aussi
des actes de la CEMAC émanant des divers organes de l’institution, tel que le président de
la commission de la CEMAC, etc…

Les Accords internationaux


Dans la pratique du droit international, le terme « accord » peut indifféremment faire
référence à une charte, une convention, un pacte, un traité ou un protocole. En réalité, c’est
tout engagement pris soit entre Etats, soit entre un Etat (ou plusieurs) et une organisation
internationale.  
Les accords internationaux constituent une source supérieure de loi applicable en droit
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douanier CEMAC. En principe, les autres sources doivent leur être conformes dès lors que les
états membres de la communauté les ont ratifiés.
Dans cette catégorie, on peut citer :

o Le traité du 28 juin 1961 réglant les relations économiques et douanières entre les
Etats de l’Union Douanière Equatoriale et la République du Cameroun
o Le Protocole d’accord de Fort-Lamy du 11 février 1964
o Le traité de l’UDEAC du 08 décembre 1964 à Brazzaville
o Le traité de la CEMAC du 16 mars 1994 à N’Djamena
o Les actes de la CEMAC
o Les Accords du GATT de 1994 qui traite de l’évaluation des marchandises importées
o Les Accords de l’OMD (Organisation Mondiale des Douanes)
o Les accords de Marrakech instituant l’organisation mondiale du commerce (OMC)
o La convention de Washington sur la protection des espèces menacées d’extinction
o La convention de Kyoto révisée
o Les actes de la conférence des chefs d’Etat
o Les actes du conseil des ministres de l’UEAC etc… 

4) Les textes nationaux

L’activité douanière est réglementée au plan interne par les autorités nationales. Au
sommet de cette production normative interne se trouve évidemment la constitution qui
est la norme suprême d’un pays. A cette norme suprême, viennent se greffer la loi de
finance qui donne chaque année une orientation précise du déploiement du travail
douanier, ainsi que divers autres textes relatifs à la règlementation nationale que sont les
lois, les décrets, les arrêtés, les notes de services ou circulaires qui règlent au quotidien
l’organisation et le fonctionnement du service des douanes.

5) La jurisprudence et la doctrine

1- La jurisprudence

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Elle est une source importante du droit douanier, même si dans la sous-région
CEMAC les litiges douaniers n’arrivent pas très souvent devant les tribunaux. En effet, les
parties préfèrent les arrangements à l’amiable. Par ailleurs, les balbutiements judiciaires
en la matière sont de nature à décourager aussi bien l’administration que le contribuable
qui voudrait solliciter les tribunaux.

2- La doctrine

On entend par doctrine, l’ensemble des opinions émises sur le droit par des personnes
qui ont pour fonction de l’étudier. Ces personnes, appelées jurisconsultes sont notamment
des consultants en droit, des magistrats, des avocats, des professeurs de droit, des
conseillers juridiques. Leurs éclairages guident la position du juge autant qu’il contribue à
clarifier la loi. La doctrine douanière, essentiellement constituée des avis de classement
des marchandises, des avis sur l’évaluation en douane émis par l’organisation mondiale
des douanes (OMD) etc… bien que n’ayant pas de force obligatoire, contribue
grandement à l’interprétation et à l’application de la loi douanière.

Le droit douanier est dès lors l’application de toutes les dispositions légales et
réglementaires qui peuvent s’enseigner sous deux grands prismes : l’environnement
douanier et les règles relatives à l’importation et à l’exportation des marchandises (les
procédures douanières et les contestations douanières).

III- Les principales dispositions innovantes du Code des Douanes CEMAC


Comme indiqué supra, l’actualisation du code des douanes de la CEMAC est devenue
indispensable. En effet, bien que le code actuel reprenne certaines normes de la Convention
de Kyoto révisée (CKR) de l’OMD adoptée en 1999, les éléments essentiels de cette
convention n’ont pas été intégrés, tels que les procédures simplifiées et l’informatisation des
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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

procédures douanières. Les modifications apportées au Code depuis 2001 se sont limitées à
quelques domaines (notamment le transit douanier). Au final un bon nombre de bonnes
pratiques qui caractérisent aujourd’hui l’administration douanière moderne, aussi bien en
matière de facilitation du commerce que de mobilisation des recettes et de lutte contre la
fraude fiscale n’y sont pas intégrées.

Par ailleurs, l’AFE de 2014 dans le cadre de l’OMC compte un grand nombre de
dispositions (mesures) encourageant ou contraignant, selon le cas, les Etats membres de
l’OMC à moderniser les règles régissant l’importation, l’exportation et le transit des
marchandises.

Enfin la région Afrique centrale négocie avec l’UE, l’un de ses principaux partenaires
commerciaux, un Accord de Partenariat Economique (APE) régional qui comporte des
exigences en termes de modernisation de la législation et des procédures douanières, qui
devraient être alignées sur tous ces standards internationaux.

Aussi, les propositions de révision du code des douanes de la CEMAC sont-elles


regroupées autour des trois objectifs suivants :

1. La facilitation des échanges : cet objectif inclut le renforcement des droits des
opérateurs, y compris le droit de recours contre les décisions douanières ; les procédures
informatisées et les déclarations électroniques érigées en normes ; et l’introduction d’une
palette de procédures simplifiées, du concept de gestion coordonnée des frontières et d’un
programme d’Opérateur Economique Agrée (OEA).

2. La mobilisation des recettes et la lutte contre la fraude : Sont prévues le renforcement


des pouvoirs juridiques de contrôle, comme le droit d’accès aux locaux professionnels,
l’introduction d’une base juridique pour la gestion des risques et le contrôle après
dédouanement ; des mesures facilitant la collaboration entre administrations fiscales et
douanières ; un régime douanier pour la surveillance des exonérations ; l’encadrement des
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zones franches ; l’encadrement de la prise en compte des droits et taxes dans la comptabilité
et leur recouvrement, et les pouvoirs spécifiques pour lutter contre les trafics des produits
illicites.

3.  L’intégration régionale : Ont été intégrées ici des clarifications concernant les éléments
de la base taxable, l’introduction d’une procédure moderne de transit communautaire, et des
critères obligatoires pour l’agrément des commissionnaires en douane. Il est proposé de
rendre facultatif le recours à ces professionnels, après avis des Etats membres. Concernant la
double application du droit de douane, le remboursement par le premier Etat de mise à la
consommation selon des modalités spécifiques est suggéré.

Aujourd’hui, le Code des douanes de la CEMAC est un document de près de 425 articles
discontinus en prévisions d’éventuels aménagements (quelques aménagements sont cependant
faits sur le plan interne par chaque membre). La dernière édition commercialisée depuis 2003
se décline en 12 titres tel qu’énoncés ci-dessous :
 

o Titre I  : Principe Généraux du régime des douanes. Il y est essentiellement question


de généralités, du tarif des douanes, des pouvoirs généraux de l’autorité compétente,
des conditions d’application du tarif des douanes et des prohibitions.

o Titre II : Organisation et Fonctionnement Des Services de Douane Il y traite du


découpage des services de douane ainsi que de obligations, immunités, sauvegarde et
pouvoirs des agents des douanes,

o Titre III : Conduite des Marchandises en Douane Développements sur les spécificités
des procédures d’importation et d’exportation, sur les dispositions qui leurs sont
communes ainsi que sur les dispositions spéciales à la navigation sur les fleuves et aux
frontières.
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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

o Titre IV: Magasins et aires de dédouanement (MAD) Il s’agit de leurs organisations et


modes de fonctionnement.

o Titre V  : Opérations de Dédouanement  : La lumière est faite ici sur la déclaration en


détail, les modalités de la vérification des marchandises, le régime des liquidations et
acquittements des droits et taxes et les enlèvements de marchandises.

o Titre VI  : Les régimes douaniers suspensifs et Economiques   : On y parle du régime


général des acquits-à-caution, du cas des transports avec emprunt du territoire étranger
ou de la mer, du transit, des admissions temporaires, des importations et exportations
temporaires d’objets personnels appartenant au voyageurs, du plateau continental, des
entrepôts, des perfectionnements actifs et passifs, du drawback et de la transformation
de marchandises destinées à la mise en consommation.

o Titre VII  : Dépôt de Douane  : Il s’agit de la constitution et de la vente des


marchandises en dépôt.

o Titre VIII  : Opérations privilégiées  ; En terme de Franchises et Avitaillement des


navires et aéronefs.

o Titre IX  : Circulation et détention de marchandises à l’intérieur du territoire


Douanier  : Spécifiquement dans la zone terrestre du rayon des douanes et dans le cas
de certaines catégories de marchandises.

o Titre X  : Navigation  : Il est question dans cette partie, du régime administratif des
navires, des relâches forcés, des marchandises sauvées de naufrages et des épaves.

o Titre XI  : Taxes Diverses perçues par la douane  : On y parle de fiscalité douanière.

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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

o Titre XII  : Contentieux  : On y retrouve des éléments sur la constatation des


infractions, les poursuites, les procédures devant les tribunaux, les jugements,
contraintes et obligations, les responsabilités et solidarités et enfin, les dispositions
répressives.

PREMIERE PARTIE : L’ENVIRONNEMENT DOUANIER


CEMAC
Cette partie est consacrée à l’étude de l’organisation et des missions de la douane, aux
différents régimes douaniers et aux acteurs de la douane.

CHAPITRE 1 : L’ORGANISATION ET LES MISSIONS DE LA DOUANE

Prévues par le code des douanes CEMAC, l’organisation et les missions de la Douane
sont principalement définies sur le plan national, par l'article 84 du Décret N°2008/365 du 08
novembre 2008 portant organisation du Ministère des Finances.

Section 1 : L’organisation de l’administration douanière

L’administration douanière camerounaise est placée sous la responsabilité d’un


directeur général, sous la tutelle du ministère des finances. Elle est organisée de la manière
suivante : le Service d’Ordre ; la Caisse Centrale du Contentieux Douanier ; la Cellule de
l’Information et de la Communication ; le Groupement Spécial d’Intervention Douanière ; le
Centre d’Instruction Douanière ; la Cellule des Etudes, de la Sécurisation et de la Facilitation
des Echanges ; la Division du Contrôle des Opérations Financières du Commerce Extérieur et
des Changes ; l’Inspection Nationale des Services ; la Direction des Ressources et de la

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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

Logistique ; la Division de la Législation et du Contentieux ; la Division de la Coopération


Internationale et des Bases de Taxation ; la Division des Enquêtes Douanières et de la
Surveillance ; la Division du Recouvrement, des Statistiques et du Système d’Information
Douanière.

Section 2 : Les missions de l’administration douanière

De manière générale, la Direction Générale des Douanes est chargée de :

- l’élaboration et l’application de la législation et de la réglementation douanières en matière


d’importation et d’exportation, de régimes économiques, de commerce extérieur et de change,
de prohibitions d’entrée ou de sortie, et d’autres restrictions ;

- la mise en œuvre et le suivi des législations spécifiques ;

- la détermination de la liquidation et du recouvrement des droits et taxes de douane, ainsi


que de toutes autres taxes prévues par la réglementation en vigueur ;

- la surveillance des frontières terrestres, maritimes, fluviales, des gares routières et


ferroviaires, des ports et des aéroports, ainsi que de tout lieu de détention et de commerce des
marchandises ;

- la protection de l’espace économique national et la protection de l’environnement, en


liaison avec les autres administrations concernées ;

- la lutte contre le trafic des stupéfiants et autres trafics illicites, en liaison avec les autres
administrations concernées ;

- l’élaboration des statistiques du commerce extérieur, en liaison avec les autres


Administrations concernées ;

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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

- l’étude et la mise en œuvre, en liaison avec les autres Administrations et opérateurs


impliqués, des mesures de facilitation en vue de la réduction des délais de passage des
marchandises au regard des exigences de compétitivité de l’économie camerounaise ;

- la coopération douanière internationale et la mise en œuvre de l’assistance administrative.

En dehors de cette mission globale de mise en œuvre de la politique gouvernementale


en matière douanière, la douane camerounaise a des missions spécifiques portant sur la
fiscalité, l’économie, la surveillance et la protection du territoire et l’assistance aux autres
administrations.

Paragraphe 1 : La mission fiscale

En tant qu’administration fiscale, la Douane camerounaise contribue à la mobilisation


des recettes budgétaires. Les recettes mobilisées par les services des douanes s’élèvent en
moyenne à 33% des recettes non pétrolières de l’Etat. La douane joue ainsi un rôle essentiel
dans la réalisation de l’équilibre économique de l’Etat. Cette tendance est appelée à connaître
un fléchissement dans la perspective des accords de partenariat économique (APE).

Paragraphe 2 : La mission économique

L’Administration des douanes participe à la création d’un environnement légal et


réglementaire favorable à l’épanouissement des activités économiques. A ce titre, elle est
chargée de la protection de l’espace économique national, notamment en matière de :

- Satisfaction de la demande nationale par une meilleure gestion des régimes douaniers
économiques ;
- Facilitation des échanges ;

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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

- Contrôle des règles de concurrence par la lutte contre les mesures compensatoires et le
dumping ;
- Lutte contre la contrefaçon ;
- Maîtrise des règles d’origine.

Paragraphe 3 : La mission de surveillance et de protection du territoire

Les missions de surveillance concernent la protection des personnes et des biens. Ces
missions ont cours plus particulièrement aux points d’entrées terrestres, maritimes et aériens.
La protection des biens et des personnes et les exigences de l’ordre public confèrent à la
douane des responsabilités particulières en ce qui concerne la sûreté aérienne et la lutte contre
les trafics illicites et la criminalité organisée.
En tant que corps paramilitaire, l’administration des douanes peut être appelée, dans certaines
circonstances, à apporter son concours à la défense de l’intégrité territoriale et au contrôle des
passeports aux frontières.

Paragraphe 4 : La mission d’assistance aux autres administrations

En raison de sa présence aux frontières, la douane est amenée à effectuer des missions
d’assistance au bénéfice d’autres administrations. Elle porte ainsi son concours à divers
services de l’Etat notamment :

- Au Ministère en charge de la Défense en matière de contrôle de l’entrée d’armes et


munitions et du trafic des produits dangereux ;
- Au Ministère en charge de la Santé Publique en ce qui concerne le contrôle de
l’importation des médicaments et de la qualité des produits alimentaires ;
- Au Ministère en charge de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales
s’agissant du contrôle de l’importation des produits alimentaires et de la perception de
la taxe d’inspection sanitaire vétérinaire ;
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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

- Au Ministère en charge des Forêts et de la Faune en matière de contrôle des produits


forestiers ;
- Au Ministère en charge de l’Environnement en matière de lutte contre les déchets
toxiques et industriels et la protection de la couche d’ozone ;
- Au Ministère en charge de l’Agriculture et du Développement Rural à travers les
services phytosanitaires ;
- Au Ministère en charge de l’Industrie, des Mines et du Développement
technologique, en matière de contrôle des importations et des exportations des
produits pétroliers et miniers ;
- Au Ministère en charge du Commerce, dans le domaine de l’application de la
politique d’importation et d’exportation ;
- Au Ministère en charge de la culture en matière de répression du trafic des œuvres
d’arts ;
- Au Ministère en charge de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation,
s’agissant de la liquidation des taxes parafiscales au bénéfice des organismes
bénéficiaires de diverses taxes parafiscales.

CHAPITRE 2 : LES DIFFERENTS REGIMES DOUANIERS


Il convient de définir d’abord le concept de régime douanier, avant de rentrer dans
l’étude des fondamentaux des différents régimes douaniers.

Section 1 : Définition du concept de régime douanier

Le régime douanier est un statut juridique donné à la marchandise à l'issue de son


dédouanement. Il détermine si les droits et taxes seront acquittés ou non, si les contrôles du
commerce extérieur seront accomplis ou non. Il concerne aussi bien les exportations que les
importations.

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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

Par l’application d’un régime douanier, la douane entend ainsi affirmer son rôle dans
la promotion des échanges et le développement des entreprises nationales. C'est dans ce
contexte que verront le jour les régimes économiques dont la notion est encore récente,
puisqu’elle s'est substituée à celle de « régime suspensif ».

Le régime suspensif déroge au droit commun, c'est-à-dire, à l'application du tarif. Il


dispense de ce fait les opérateurs du commerce extérieur des obligations normalement
attachées à l'importation de la marchandise (acquittement des droits de douane et taxes, ...)

En revanche, le régime douanier économique permet, sur autorisation préalable de


l’administration douanière, de suspendre les droits et taxes de douane à l’importation comme
à l’exportation, dans le but de permettre à la production nationale d'être compétitive sur les
marchés étrangers (perfectionnement actif) d’une part et sur les marchés nationaux
(perfectionnement passif) d’autre part.

Le but principal du régime douanier économique est alors de contribuer à la réalisation


des objectifs du développement économique et social du pays par :

- la valorisation des ressources nationales,

- l'accélération de l'industrialisation du pays,

- l'amélioration du commerce extérieur,

- le transfert de technologie,

- la mobilisation des capitaux d'investissements étrangers.

Le rôle économique que revêt la douane se visualisant à travers ses régimes douaniers
économiques, faudra-t-il le souligner, a un impact ou incidence sur le développement
économique et social national.
20
Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

Les régimes douaniers sont nombreux et diversifiés. Cependant, il y en a qui sont plus
utilisé que d’autres. On peut classer les régimes douaniers en deux grandes catégories : les
régimes à l’importation et les régimes à l’exportation. Les tables ci-dessous en présentent une
liste non exhaustive qui présente les plus usuels.

Les régimes douaniers à l’importation (fiche de déclaration)

D03 Mise à la consommation


D04 Transbordement dans la CEMAC
D05 Transbordement hors CEMAC
D10 Mise en entrepôt public
D11 Mise en entrepôt privé (fictif)
D13 Mise à la consommation
D15 Transit intérieur
D18 Admission temporaire normale
D21 Taxation Unique
D22 Taxation Unique
D23 Taxation Unique
D28 Admission temporaire spéciale
D36 Mutation d’entrepôt privé (fictif)
D38 Admission temporaire avec carnet pass.
D43 Liquidation d’office
D48 Enlèvement direct (soumission cautionnée)
 

Les régimes douaniers à l’exportation (fiche de déclaration)

D06 Exportation définitive simple


D08 Réexportation terrestre suite à une admission temporaire
D12 Réexportation des suites de transit D15
D16 Exportation simple CEMAC (transit communautaire)
D25 Réexportation suite à un entrepôt de stockage
D46 Réexportation sur réserve de retour
D07  
D27 Exportation définitive de marchandises soumises au payement de taxes

21
Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

D26 Exportation définitive de marchandises non soumises au payement de taxes


D24 Exportation définitive de marchandises sous douane
D14 Exportation

Section 2 : L’application des régimes douaniers CEMAC


Paragraphe 1 : Le perfectionnement actif

Aux termes de l’Art. 202 du code des douanes, le perfectionnement actif est le régime
douanier qui permet de recevoir dans un territoire douanier, en suspension des droits et taxes à
l'importation, certaines marchandises destinées à subir une transformation, une ouvraison1 ou
une réparation avant d’être ultérieurement exportées.
Le régime du perfectionnement actif est destiné à favoriser l'activité économique des
entreprises communautaires qui transforment des matières premières ou des produits semi-
finis importés ou réparent des marchandises tierces destinées principalement à la
réexportation. Le principe est de leur permettre d'effectuer leurs tâches sans devoir s’acquitter
de droits de douane ni de la TVA sur les matières premières ou les marchandises utilisées.
L'obtention du régime du perfectionnement actif est subordonnée à une autorisation
préalable délivrée par le Directeur National des Douanes. L'autorisation de perfectionnement
actif indique les conditions dans lesquelles les opérations permises sous le régime du
perfectionnement actif sont effectuées.
Lorsqu'une demande visant à bénéficier du perfectionnement actif est faite après

1
En général, le terme ouvraison fait référence à « l’action ou manière de mettre en œuvre les matières premières
pour en faire un produit fini ». En commerce international, la notion d’ouvraison correspond aux opérations de
transformation qu’un produit va subir à différents stades de sa production et dans plusieurs pays. La notion
d’ouvraison prend toute son importance pour déterminer l’origine d’un produit. Selon les douanes, les produits
ont le caractère originaire d’un pays s'ils sont soit entièrement obtenus (produits naturels du pays) soit
suffisamment ouvrés (transformés) dans le pays en question. Il en va ainsi de tous les accords préférentiels sur
l'origine.

22
Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

l'importation des marchandises et satisfait aux critères d'autorisation, l'autorisation doit être
accordée rétroactivement (Art. 211 et suivants code des douanes).
L’article 217 précise que « Les exigences relatives à l'identification des marchandises
pour perfectionnement actif sont fixées par l'administration des douanes. A cet effet, il est
tenu dûment compte de la nature des marchandises, de l'opération à effectuer et de
l'importance des intérêts en jeu ».

A- Les systèmes de perfectionnement actif


- Le perfectionnement actif suspension (le droit est suspendu):
Il permet d'importer dans le territoire de la CEMAC, en suspension des droits
de douane, de TVA et des mesures de politique commerciale, des
marchandises afin de les transformer ou de les réparer. Il suppose une intention
concrète de réexporter les produits transformés (produits compensateurs).
- Le perfectionnement actif rembours (le droit est payé et remboursé par la
suite)
Les droits et taxes sont acquittés sur les marchandises importées dès leur
placement sous le régime. Ce régime permet le remboursement des droits sur
les marchandises importées lors de la réexportation effective des produits
compensateurs. Sont exclues du perfectionnement actif/rembours les
marchandises qui sont soumises à des prélèvements, des restitutions, des
limitations quantitatives ou des contingents.

B- L’apurement du perfectionnement actif


Cet apurement peut se faire à l’exportation ou dans certains cas lorsque les conditions
du perfectionnement actif ne sont pas respectées.
1) A l’exportation

23
Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

L'apurement du perfectionnement actif est obtenu par l'exportation effective des produits
compensateurs en un ou plusieurs envois.
Toutefois, à la demande du bénéficiaire, l'administration des douanes peut autoriser la
réexportation en l'état des marchandises, en apurement du perfectionnement actif.

2) Les Autres cas d'apurement


La suspension ou l'apurement du perfectionnement actif peut être obtenu en plaçant les
marchandises importées ou les produits compensateurs sous un autre régime douanier sous
réserve qu'il soit satisfait aux conditions et aux formalités applicables dans chaque cas.
Le montant des droits et taxes à l'importation applicables dans le cas où les produits
compensateurs ne sont pas exportés sera limité au montant des droits et taxes à l'importation
applicables aux marchandises importées pour le perfectionnement actif.
L'apurement du perfectionnement actif peut être obtenu pour les marchandises dont la
perte résulte de leur nature, dans la mesure où les produits compensateurs sont exportés et
sous réserve que cette perte soit dûment établie à la satisfaction de l'administration des
douanes.
Les produits obtenus à la suite du traitement des marchandises équivalentes peuvent
être assimilés aux produits compensateurs2 (compensation à l'équivalent).
Lorsque la compensation à l'équivalent est admise, l'administration des douanes peut autoriser
l'exportation des produits compensateurs.
Sont constituées d'office en dépôt par le service des douanes
a) les marchandises qui, à l'importation, n'ont pas été déclarées en détail dans le délai

2
Un produit compensateur est un produit qui a été exporté (temporairement) dans un pays pour être transformé,
complété, réparé ou terminé (on y a ajouté de la valeur) et qui doit être réexporté dans le pays d’origine. Ce type
de produit est donc soumis à un régime douanier particulier.

24
Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

légal ;
b) les marchandises qui restent en douane pour un autre motif.
Les marchandises constituées en dépôt de douane sont inscrites sur un registre spécial.
Les marchandises en dépôt de douane demeurent aux risques des propriétaires ; leur
détérioration, altération ou déperdition pendant leur séjour en dépôt ne peut donner lieu à
dommages et intérêts quelle qu'en soit la cause.
Les frais de toute nature résultant de la constitution et du séjour en dépôt sont à la
charge de la marchandise.
Les agents des douanes ne peuvent procéder à l'ouverture des colis constitués en dépôt
de douane et à la vérification de leur contenu qu'en présence du propriétaire ou du destinataire
ou, à défaut, d'une personne désignée par le juge compétent dans les conditions prévues par
l'article 129.
- Les marchandises qui n'ont pas été enlevées dans le délai de trois mois à dater de leur
inscription au registre de dépôt sont vendues aux enchères publiques.
- Les marchandises périssables ou en mauvais état de conservation peuvent être vendues
immédiatement avec l'autorisation du juge compétent.
- Les marchandises d'une valeur inférieure à 200.000 Francs qui ne sont pas enlevées à
l'expiration du délai de trois mois visé ci-dessus sont considérées comme abandonnées.
L'administration des douanes peut les vendre aux enchères publiques ou en faire don à des
hôpitaux, hospices ou autres établissements de bienfaisance. La vente des marchandises est
effectuée par les soins de l'administration des douanes au plus offrant et dernier enchérisseur.

Paragraphe 2 : Le perfectionnement passif

Aux termes de l’Art. 230 du Code des douanes, « On entend par "Perfectionnement
passif" : le régime douanier qui permet d'exporter temporairement des marchandises qui se
trouvent en libre circulation dans le territoire douanier, en vue de leur faire subir à l'étranger
25
Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

une transformation, une ouvraison ou une réparation et de les réimporter ensuite en


exonération totale ou partielle des droits et taxes à l'importation ».
Concrètement, il s’agit alors d'exporter temporairement des marchandises communautaires en
vue de les faire ouvrer, monter, transformer, ou réparer dans un pays tiers puis réimporter les
produits compensateurs en exonération totale ou partielle des droits à l'importation. L’objectif
étant de transformer les marchandises hors de la communauté en vue de les réimporter.
L'octroi du régime est conditionné au fait que les marchandises communautaires
exportées soient identifiables dans la composition du produit compensateur et que l’octroi de
l'autorisation ne porte pas atteinte aux intérêts essentiels des transformateurs
communautaires. 

Aux termes de l’article 231, les produits compensateurs sont les produits obtenus à
l'étranger et qui résultent de la transformation, de l'ouvraison ou de la réparation des
marchandises pour lesquels l'utilisation du régime du perfectionnement passif a été autorisé.
Par ailleurs, le perfectionnement passif ne peut pas être refusé pour la seule raison que les
marchandises doivent être transformées, ouvrées ou réparées dans un pays déterminé.
Sur demande du bénéficiaire, le directeur national des douanes autorise, en
exonération des droits et taxes à l'importation, la réimportation des marchandises exportées
Temporairement sous le régime du perfectionnement passif si elles sont renvoyées en l'état.

Paragraphe 3 : Le transit


Aux termes de l’article 156 du code des douanes, Le transit consiste dans la faculté de
transporter des marchandises sous douane soit à destination, soit, au départ d’un point
déterminé du territoire douanier. Les marchandises expédiées en transit bénéficient de la
suspension des droits, taxes, prohibitions et autres mesures économiques, fiscales ou
douanières applicables aux marchandises. En ce qui concerne les marchandises déclarées pour

26
Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

l’exportation, le transit garantit en outre l’exécution des conditions auxquelles sont


subordonnés les effets attachés à l’exportation.

L’Article 157 exclut du transit à titre absolu, les contrefaçons portant sur les
marchandises elles-mêmes, sur leurs emballages, ou sur des marques de nature à faire croire
qu’elles ont été fabriquées ou qu’elles sont originaires d’un Etat membre ou d’un Etat avec
lequel a été signé un accord en l’objet.
Lorsqu’elles sont déclarées pour la consommation au bureau de destination, les
marchandises transportées en transit sont soumises aux droits et taxes qui leur sont
applicables d’après les taux en vigueur à la date d’enregistrement de la déclaration en détail
pour la consommation.
Il existe trois types de transit :

A- Le transit ordinaire
Il est régi par les articles 162 et 163 du code des douanes, c’est celui qui peut être
utilisé par tous les usagers. A l’entrée, les marchandises expédiées sous le régime du transit
ordinaire sont déclarées en détail et vérifiées dans les mêmes conditions que les marchandises
déclarées pour la consommation. Le bureau de départ doit prendre toutes les mesures
appropriées pour permettre au bureau de destination d’identifier avec certitude les
marchandises représentées.
Toutefois, les marchandises en conteneurs peuvent faire l’objet d’une déclaration
sommaire, sous réserve de formalité de plombage ou de scellement.

B- Transit simplifié
Prévu par l’article 164 du code des douanes, c’est une procédure simple par laquelle
les chefs locaux peuvent admettre le dépôt, au bureau de départ, d’une déclaration sommaire
cautionnée reprenant :
27
Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

- le nombre et l’espèce des colis ainsi que leurs marques et numéros :


- le poids brut total, la désignation commerciale ainsi que leur prix tel qu’il figure sur les
documents commerciaux à titre de valeur provisoire ;
- l’identification du moyen de transport utilisé (numéro d’immatriculation du camion, du
conteneur, etc.) ;
- l’itinéraire et le bureau de douane de destination.
Cette déclaration est établie sur un imprimé D15 bis dénommé déclaration de transit simplifié.
Le primate est annoté par les agents des douanes et remis au déclarant pour
accompagner la marchandise jusqu’au lieu de destination.

C- Transit international
Le transit international est celui réservé à certains transporteurs privilégiés qui seuls
peuvent être admis par décision du Secrétariat Exécutif de la CEMAC à souscrire vis-à-vis de
la douane des engagements que comportent les titres de mouvements utilisés pour les
différents modes de transport empruntés (Art. 165). Les entreprises bénéficiaires du transit
international doivent mettre à la disposition de l’administration des douanes, les magasins où
les marchandises seront reçues en attendant qu’un régime douanier définitif leur soit assigné,
ainsi que les installations et le matériel nécessaires à leur dédouanement.
Le Secrétaire Exécutif de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique
Centrale détermine les conditions de construction, de fermeture et de scellement des véhicules
de toutes sortes utilisés pour le transit, ainsi que les formalités auxquelles est subordonnée la
faculté de souscrire des manifestes et acquits en matière de transit par aéronefs.

Paragraphe 4 : La transformation


Aux termes de l’article 260 du code des douanes, on entend par transformation de la
marchandise destinée à la mise en consommation, le régime douanier en application duquel

28
Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

les marchandises importées peuvent subir sous contrôle de la douane avant la mise à la
consommation, une transformation ou une ouvraison ayant pour effet que le montant de droits
et taxes à l’importation applicables aux produits obtenus est inférieur à celui qui serait
applicable aux marchandises importées.

La transformation est un régime qui permet ainsi à des marchandises non communautaires
de subir des opérations de modification sans qu’elles soient soumises aux droits à
l’importation, ni aux mesures de politique commerciale. Les produits résultant de ces
opérations sont mis en libre pratique et soumis aux droits à l’importation qui leurs sont
propres.

L’article 261 précise que « le bénéfice du régime de la transformation de marchandises


destinées à la mise à la consommation est accordé à condition que :
- l'administration des douanes puisse s'assurer que les produits issus de la transformation des
marchandises destinées à la mise à la consommation ont été obtenus à partir des marchandises
importées ;
- l'état initial des marchandises ne puisse être économiquement rétabli après la transformation
ou l'ouvraison ».
La spécification des catégories de marchandises et les opérations autorisées pour la
transformation des marchandises destinées à la mise à la consommation sont de la compétence
du Conseil des Ministres l'UEAC.

Paragraphe 5 : Le régime du DRAWBACK

On entend par "Régime du drawback" prévu par les articles 249 et suivants du code
des douanes, le régime douanier qui permet, lors de l'exportation des marchandises, d'obtenir
le remboursement total ou partiel des droits et taxes à l'importation qui ont frappé, soit ces
marchandises, soit les produits contenus dans les marchandises exportées ou consommées au

29
Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

cours de leur production.


La liste des produits admissibles au bénéfice du régime du Drawback est arrêtée par
décision du Conseil des Ministres de l'UEAC. Cette décision s’étend aux marchandises
équivalentes, c’est-à-dire les marchandises nationales ou importées identiques par leur espèce,
leur qualité et leurs caractéristiques techniques à celles placées sous le régime du drawback
qu'elles remplacent.
Lorsqu'il est fixé, pour l'exportation des marchandises, un délai au-delà duquel elles ne
sont plus susceptibles de bénéficier du drawback, ce délai peut, sur demande, être prorogé
pour des raisons jugées valables par l'Administration des Douanes, notamment les difficultés
de procédure.
Lorsque les demandes de drawback ne sont plus acceptées à l'expiration d'un délai
déterminé, ce délai peut être prorogé pour des raisons, d'ordre commercial notamment, jugées
valables par l'Administration des Douanes.
Le drawback est payé le plus tôt possible après que les éléments de la demande soient
vérifiés.
Le drawback peut également être payé lors de la mise en entrepôt de douane des
marchandises ou lors de l'entrée de celles-ci dans une zone franche, à condition qu'elles soient
destinées à être exportées ultérieurement.
L'Administration des Douanes peut, sur demande, verser le drawback périodiquement
pour les marchandises exportées au cours d'une période déterminée.

Paragraphe 6 : Le régime d’entrepôt


Les marchandises soumises à ce régime sont en suspension de droits, taxes et même
des mesures du commerce extérieur, pour une durée illimitée. Elles sont physiquement
stockées dans des entrepôts publics et sont disponibles pour les besoins de l'entreprise. Ce

30
Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

régime est avantageux pour la trésorerie de l'entreprise, parce qu’elle lui permet de payer les
droits et taxe au fur et à mesure des sorties d’entrepôt.

Paragraphe 7 : Le régime d’admission temporaire


Ce régime peut être normal ou spécial. Il est prévu par les articles 166 et 171 du code des
douanes.
A- Le régime de l’admission temporaire normale
Ce régime permet l’importation en suspension des droits et taxes de certaines
marchandises dans un but défini et destinées à être réexportées dans un délai déterminé, sans
avoir subi de modifications, exception faite de leur dépréciation normale par suite de l’usage
qui en est fait. Des décisions du Conseil des Ministres de l’UEAC désignent les marchandises
susceptibles d’être admises au bénéfice de ce régime.
Le directeur des douanes peut toutefois autoriser l’opération d’admission temporaire visées ci-
après et présentant un caractère exceptionnel ou un intérêt expérimental :
- demande d’introduction d’objets pour réparation, essais ou expériences ;
- demande d’introduction présentant un caractère individuel et exceptionnel non susceptible
d’être généralisé ;
- demande d’introduction d’emballages à remplir et d’emballages importés pleins pour être
réexportés vides ;
- demande d’introduction de matériels techniques, importés provisoirement par les entreprises
minières et pétrolières en vus de la recherche et de la prospection.
Les décisions visées au paragraphe 1et 2 du présent article indiquent les conditions dans
lesquelles les marchandises doivent être employées en l’état.
Pour bénéficier de l’admission temporaire, les importateurs doivent souscrire un
acquit-à-caution par lequel ils s’engagent :

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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

- à réexporter ou à constituer en entrepôt les produits admis temporairement, dans un


délai d’un an ;
- à satisfaire aux obligations prescrites par les textes en vigueur sur l’admission
temporaire et à supporter les sanctions applicables en cas d’infraction ou de non-
décharge des acquits.

B- Le régime de l’admission temporaire spéciale

Aux termes de l’article 171, le directeur national des douanes peut, aux conditions
prévues ci-après, autoriser l’admission temporaire, en suspension partielle des droits et taxes,
des matériels importés à titre temporaire, par les entreprises de travaux.
Pour bénéficier de l’admission temporaire spéciale, les importateurs doivent souscrire un
acquit-à-caution par lequel ils s’engagent :
a) à réexporter ou à constituer en entrepôt les matériels admis temporairement, dans le délai
d’un an éventuellement renouvelable ;
b) à s’acquitter dans les conditions fixées par l’autorisation particulière qui leur est délivrée, la
fraction des droits et taxes dont la perception est suspendue, établie sur la base du rapport
existant entre la durée pendant laquelle les matériels sont utilisés dans le territoire douanier et
leur durée d’amortissement comptable dans la limite des délais d’amortissement généralement
admis d’après les usages en vigueur dans chaque Etat membre ;
c) à satisfaire aux obligations générales et particulières des règlements et de l’autorisation et à
supporter les sanctions applicables en cas d’infraction ou de non décharge des acquits.

CHAPITRE 3 : LES ACTEURS DE LA DOUANE


En dehors du personnel qui constitue l’administration douanière, les acteurs de la douane
sont regroupés sous le vocable de « agents en douane ». Il s’agit des commissionnaires et
courtiers en douane, des transitaires, etc. D'après le « Glossaire des termes douaniers
32
Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

internationaux » de l'OMD, l'agent en douane est une personne dont l'activité professionnelle
consiste à s'occuper du dédouanement des marchandises et qui, agissant pour le compte d'une
autre personne, traite directement avec la douane.

Section 1 : Généralités sur les agents en douane

Les agents en douane remplissent généralement le rôle d'intermédiaire entre les


entreprises et la douane lors des procédures de dédouanement. Par leur connaissance de la
législation douanière et des procédures douanières et en raison de leur expérience
professionnelle de la chaîne logistique, les agents en douane peuvent être utiles à la fois aux
entreprises et à l’administration douanière.
Toutefois, s'il est vrai que les agents en douane aident les entreprises en fournissant toute
la documentation nécessaire ou en communiquant les données requises par voie électronique
et en réalisant les formalités liées au dédouanement des marchandises, ils doivent également
protéger les intérêts du gouvernement en veillant au respect des réglementations douanières
ou autres et en garantissant le recouvrement des droits et taxes et redevances applicables.
S’agissant des services qu'ils offrent, certains agents en douane migrent vers un rôle plus
axé sur les conseils au lieu de la simple communication des déclarations ou des documents,
sur support papier ou par voie électronique, ou encore de la mainlevée et le dédouanement. Ils
collaborent également avec d'autres acteurs de la chaîne logistique au nom des entreprises
comme les opérateurs de ports et terminaux, les transitaires, les transporteurs
/commissionnaires ou les exploitants d'entrepôts.
Dans certains cas, les agents en douane ont même élargi leurs activités au point d'offrir
d'autres services au sein de la chaîne logistique comme les demandes de ristournes ou
exonérations des droits de douane, le processus et les services de remboursement, la
manutention des marchandises, le stockage, le transport multimodal, l'emballage, le groupage,

33
Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

l'assurance ou les services de livraison, sans oublier les conseils en matière de conformité et
de résolution des litiges. Mais au Cameroun, certaines offres ne peuvent prospérer à cause de
l’institution du guichet unique du commerce extérieur (GUCE) qui centralise la grande part
des opérations douanières.
Par ailleurs, en raison de l'adhésion à la Convention de Kyoto révisée (CKR), (le
Cameroun en fait partie), de plus en plus de pays rendent le recours aux agents en douane
facultatif. Toutefois, le recours à des agents en douane agréés reste courant dans de nombreux
pays comme dans la région Amériques/Caraïbes de l'OMD ou dans certains pays d'Afrique
qui appliquent la règle selon laquelle seuls les agents en douane agréés sont autorisés à traiter
toutes les mainlevées à l'importation comme à l'exportation, sauf pour certains biens
particuliers.
Par ailleurs, le recours aux agents en douane peut être impératif, et résulte d’une
décision commerciale des entreprises. La rentabilité et la qualité des services professionnels
reposant sur les principes du marché libre sont deux éléments clés qui influencent cette
décision.

Paragraphe 1 : Les conditions d’acquisition de la qualité d’agent en douane


Les réglementations et les formes d'agréments adoptées par les administrations des
douanes pour autoriser des personnes physiques et/ou morales à remplir le rôle d'agent en
douane varient selon les pays membres. De nombreuses administrations imposent des
exigences strictes pour autoriser une partie à occuper les fonctions d'agent en douane tandis
que d'autres laissent la porte ouverte à toute personne qui souhaite établir une activité et jouer
le rôle d'agent de dédouanement pour d'autres entreprises. Certains Membres permettent à un
agent en douane agréé en tant que personne d'exercer sa profession sans aucun lien avec une
entité de courtage en douane tandis que chez d'autres, seule une entité de courtage agréée peut
réaliser de telles activités. Dans certains cas, l'agrément doit être renouvelé ou validé à

34
Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

intervalle régulier (par exemple, tous les ans, tous les cinq ans ou tous les dix ans) tandis que
dans d'autres l'agrément est valide jusqu'à sa suspension ou sa révocation pour une raison
spécifique. De même, certaines administrations délivrent des agréments et des cartes d'identité
à des agents en douane les autorisant uniquement à exercer dans certains ports. Ces agents en
douane doivent disposer d'une carte d'identité et/ou d'une approbation de leur agrément pour
chacun des ports où ils souhaitent exercer leurs activités.

Paragraphe 2 : Le principe du recours facultatif à l’agent en douane


La Convention de Kyoto révisée (CKR) précise que le recours aux services d'agents en
douane est facultatif pour l'importateur ou l'exportateur. La norme 8.1 de l'Annexe général de
la CKR prévoit que les personnes intéressées ont la faculté de traiter avec la douane, soit
directement, soit par l’intermédiaire d'un tiers qu’elles désignent pour agir en leur nom.
La norme 8.2 plaide pour que la législation nationale précise les conditions dans lesquelles
une personne peut agir pour le compte d’autrui et énonce notamment les responsabilités des
tiers vis-à-vis de la douane pour ce qui est des droits et taxes et des irrégularités éventuelles.
Elle précise également que les exigences applicables à l'agrément des agents en douane
doivent être transparentes, non discriminatoires et raisonnables.
Pour assurer un équilibre des droits, la norme 8.3 de l'Annexe générale de la CKR
interdit à la douane d'imposer des conditions plus rigoureuses à quiconque choisit de réaliser
les opérations douanières pour son propre compte au lieu d'employer un tiers, que ce soit en
général ou pour une transaction en particulier. De plus, la norme 8.4 indique que toute
personne désignée en qualité de tiers a, pour ce qui est des opérations à traiter avec la douane,
les mêmes droits que la personne qui l'a désignée. Il revient à la douane de préciser les
circonstances dans lesquelles elle n’est pas disposée à traiter avec un tiers (Norme 8.6) ; et
elle doit notifier au tiers par écrit toute décision de ne pas traiter avec lui.

35
Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

Section 2 : Le commissionnaire en douane


La norme 3.7 de la CKR précise que toute personne ayant le droit de disposer des
marchandises peut agir en qualité de déclarant. Les Directives de la CKR poursuivent en
expliquant que, dans le but de faciliter les échanges, cette définition ne doit pas inclure
uniquement le propriétaire des marchandises, mais doit être interprétée dans son sens le plus
large possible, conformément à la législation nationale, de sorte à inclure les tiers qui agissent
au nom du propriétaire, comme le transporteur, le destinataire, un transitaire ou un agent en
douane, un service de courrier express porte à porte, etc.
Aux termes de l’article 112 du code des douanes CEMAC, « Les marchandises
importées ou exportées ne peuvent être déclarées en détail que par leurs propriétaires ou par
les personnes physiques ou morales bénéficiaires d’un agrément en qualité de
commissionnaire en douanes ».
L’alinéa 2 ajoute que « Les Etats membres peuvent, en cas de besoin, limiter ce droit aux
seuls commissionnaires en douanes agréés ».

Au Cameroun, le Commissionnaire en Douane Agréé (CDA) occupe une place


prépondérante dans la chaîne logistique nationale. Le répertoire national des CDA en compte
près de 210, un nombre qui évolue en fonction des mesures de retrait d’agrément ou d’arrêt
d’activités.

En l’état actuel de la réglementation, le recours à un CDA est obligatoire, notamment


pour ce qui est des opérations de dédouanement des marchandises en détail. Toutefois, les
missions diplomatiques, les organismes internationaux, les propriétaires de véhicules
d’occasion importés, les administrations publiques et les sociétés pétrolières (pour ce qui
concerne leurs exportations de pétrole brut) sont admis à déclarer pour leur propre compte.

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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

La profession est régie par le Code des douanes communautaire (art.112 à 119) de la
Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) dont le Cameroun
est membre. En vertu dudit Code et de l’article 1 er du règlement No 11/10-UEAC-207-CM-21
portant modification de l’acte No 31/81-UDEAC-CD-1220 du 14 décembre 1981 fixant le
statut des commissionnaires en douane agréées, le commissionnaire en douane se définit
comme toute personne physique ou morale faisant profession d’accomplir pour autrui les
formalités douanières concernant la déclaration en détail des marchandises, que cette
profession soit exercée à titre principal ou qu’elle constitue le complément normal de
l’activité principale afin d'effectuer des Opérations de dédouanement à l'importation ou à
l'exportation pour le compte d'un tiers.

Cependant il faut opérer une distinction : lorsqu’il accomplit les opérations de


dédouanement au nom et pour le compte d'autrui, on dit qu'il effectue un mandat direct en
douane. En revanche, lorsqu'il accomplit les opérations de dédouanement en son nom propre
pour son client on dit alors qu'il effectue un mandat indirect en douane.

Ledit mandat sous-tend les exigences relatives au professionnalisme et au respect de


l’éthique déontologique. Le cadre légal d’agrément et d’exercice de la profession de
commissionnaire en douane ainsi que les dispositifs visant à lutter contre la pratique illégale
de la profession sont précisés dans le code des douanes et le règlement précité.

Paragraphe Préliminaire : La nécessaire Clarification de la notion de


Commissionnaire en Douane Agrée

De manière générale, le déclarant en douane est un agent chargé de préparer, rédiger et


de présenter la déclaration en détail en vue de l'enlèvement des marchandises en douane alors
que pour l'administration des douanes c'est le commissionnaire en douane agrée qui est
considéré comme déclarant car il est la personne au nom de laquelle la déclaration en détail
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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

est faite et qui de ce fait, est responsable des omissions et autres irrégularités relevés dans
cette déclaration.

Ensuite le commissionnaire en douane agrée n'est pas un transitaire car le transitaire


travaille principalement chez les auxiliaires de transports ; c'est un professionnel dont la
mission est d'organisé la liaison, l'acheminement entre les différents moyens de transports
successifs afin d'assurer la continuité de la marchandise du départ jusqu'à l'arrivée.

En outre nous avons les commissionnaires d'achat et de vente, qui sont chargés de
toutes formalités propres aux opérations de commerce extérieurs. A la vente, ils se chargent
de promouvoir la vente des articles de son client dans les pays où il entretient des relations.
Par contre, à l'achat, il agit en tant que mandataire des acheteurs étrangères parce que c'est lui
qui place les commandes, reçoit les marchandises les vérifient, procède aux expéditions et
effectue à ce titre toutes les formalités douanières, de financement et de transports.

Enfin nous avons le commissionnaire exportateur qui est un professionnel dont le rôle
est de servir d'intermédiaire entre une firme qui vend ses produits pour l'exportation et celle
qui, à l'étranger les achètent. Car grâce à son expérience à l'exportation, sa connaissance des
marchés étrangers, ce commissionnaire est à mesure d'offrir des débouchées aux produits
nationaux parce qu'il possède des implantations dans différents pays d'où la nécessite de
s'interroger sur les conditions d'exercice de la profession CDA.

Paragraphe 1 : Les conditions d’exercice du commissionnaire en douane agréé

A- L’agrément

La CKR laisse les exigences applicables à l'agrément des agents en douane à


l’appréciation de chaque pays membre. Ainsi, les conditions varient d'un pays à l'autre et
dépendent de la législation nationale et des besoins intérieurs.
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Les exigences des Pays Membres applicables à l'agrément concernent généralement


une combinaison des éléments suivants :
- Une bonne connaissance des législations douanières et autres réglementations liées
aux frontières ;
- La maîtrise des questions de nature commerciale liées au transport et au financement ;
- Les antécédents avérés en matière de conformité (aucune irrégularité en matière de
sécurité et de conformité) ;
- La capacité financière ou la solvabilité ;
- Le niveau minimal d'études requis ;
- Un niveau minimal d'expérience professionnelle et, dans certain cas, un examen écrit
et/ou oral, voire un nombre minimal d'heures de formation ;
- Une capacité de transmission par des moyens électroniques ;
- Des garanties financières (cautionnement, dépôt de garantie) et l'immatriculation ou la
constitution dans le pays de citoyenneté ou de résidence.
On peut ajouter à ces exigences, le simple entretien verbal, la maîtrise de la langue
nationale ou le contrôle de la moralité du candidat.
L’exigence de ces conditions permet de garantir la perception des droits, taxes et
redevances et veiller au respect continu des réglementations douanières.
Par ailleurs, les pays membres doivent veiller à ce que les critères d’obtention
d’agrément soient objectifs, transparents, non discriminatoires et mesurables. Il n'y a aucun
intérêt à établir des critères subjectifs ou des critères soumis à interprétation étant donné qu'ils
peuvent aboutir à un manque de transparence et une application inégale. Lorsque les agents en
douane sont régulés ou agréés, une liste de critères normalisés devrait exister.

Au Cameroun, il existe deux types d’agrément, à durée indéterminée (art. 10 du


Règlement CEMAC sur la profession de CDA), à la profession de Commissionnaire en
Douane Agréé (CDA) : un agrément national et un agrément communautaire CEMAC.
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L’agrément national est délivré par le Directeur Général des Douanes après avis du
Comité Consultatif National des CDA. Institué par le Code des Douanes communautaire
CEMAC, ce Comité est constitué au Cameroun de représentants d’organisations syndicales de
CDA, d’acconiers (entrepreneurs préposés à l’aconage, c’est-à-dire à la manutention des
marchandises) et de consignataires, de représentants de la Chambre du Commerce, de
l’Industrie, des Mines et de l’Artisanat ainsi que des représentants de la Direction Générale du
Trésor, de la Direction Générale des Impôts, et la Direction Générale des Douanes qui est une
administration autonome, distincte de ces autres administrations.

Présidé par le Directeur Général des Douanes, le Comité instruit donc les demandes
d’agrément à la profession et vérifie que le requérant satisfait aux conditions prescrites par le
Code des Douanes CEMAC. L’agrément national autorise le titulaire à accomplir les seules
opérations douanières de levée des déclarations de mise à la consommation et d’exportation
en simple sortie des marchandises.

Tout CDA titulaire d’un agrément national peut ensuite demander l’agrément
communautaire CEMAC auprès des instances communautaires de la CEMAC qui délivrera
l’agrément après avis du Comité Consultatif National des CDA du pays où réside le
requérant. L’agrément communautaire est valable sur tout le territoire de la CEMAC et
autorise le titulaire à accomplir pour autrui toutes les formalités liées à tous types d’opérations
douanières, quel que soit le régime douanier. Il s’agit d’un régime de plein exercice. 

B- L’exercice légal de la profession de CDA

Les conditions d’agrément s’attachent à la vérification du profil académique, civil,


fiscal et judiciaire du demandeur prescrit par le Code des Douanes et la constitution d’une
caution d’agrément de 25 000 000 francs CFA pour l’exercice de la profession.

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Tout CDA « personne morale » doit produire dans son dossier de demande d’agrément
certaines pièces, notamment les éléments justifiant de l’expérience professionnelle et des
exigences académiques de l’un de ses employés appelé « déclarant principal » qui sera
l’interlocuteur attitré de la Douane et principal responsable des opérations douanières.

Le déclarant principal du CDA doit être titulaire d’une licence universitaire, en rapport
avec le transport, la logistique ou le commerce international. Il doit en plus, justifier d’une
expérience professionnelle d’au moins 5 ans dans l’accomplissement des formalités
douanières. Le dossier fiscal doit être à jour et le casier judiciaire doit attester que l’intéressé
n’accuse aucun antécédent judiciaire.

Conformément aux articles 22 et 23 du Règlement CEMAC sur la profession de CDA,


Tout commissionnaire en douane, doit dans un délai de trois mois, à compter de la date d’effet
de son agrément, en outre justifier :

 qu’il possède un local pour l’exercice de ses activités ;


 qu’il est immatriculé au RCCM et inscrit au rôle des patentes ;
 qu’il est inscrit à un groupement corporatif de commissionnaires en douane.

Le CDA doit conserver, les documents suivants pendant trois ans :

 un répertoire de ses opérations en douane ;


 les documents relatifs à chaque opération de dédouanement.

Le CDA peut agir en son nom propre ou comme mandataire du propriétaire des
marchandises. Il rédige lui-même la déclaration et présente les marchandises à la vérification.
Toute modification dans le fichier professionnel (changement de promoteur, de déclarant

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principal, raison sociale, etc.) du CDA doit être, dans un délai de deux mois, communiquée à
l’Administration des douanes.

Par ailleurs, La convention de Kyoto révisée exige que la procédure d'octroi des
agréments soit efficiente, transparente et juste.

C- L’exercice illégal de la profession de commissionnaire en douane

Certaines personnes, démarchant illicitement les opérateurs économiques sous une


fausse identité, s’attribuent la qualité de CDA pour effectuer des formalités du commerce
extérieur. C’est ainsi que ces personnes procèdent à l’ouverture de dossiers de dédouanement
de marchandises et à la perception irrégulière d’honoraires auprès des usagers. Ces pratiques
s’effectuent avec la complicité agissante de certains commissionnaires en douane réguliers,
qui hébergent ou acceptent de domicilier les déclarations initiées par ces entités clandestines,
contre rétribution financière.

Afin d’y faire face, les mesures suivantes ont été prises par la Direction Générale des
douanes du Cameroun :

 L’attribution d’un code électronique aux seuls commissionnaires en douane agréés


pour lever les déclarations en douane et permettre de mieux tracer leurs activités ;

 L’attribution d’une carte d’accès au personnel de sociétés de CDA dans l’enceinte du


Guichet Unique des Opérations du Commerce Extérieur, guichet qui réunit au sein
d’un même immeuble des parties prenantes du commerce extérieur (banques, Douane,
etc.)

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 L’application systématique des sanctions administratives et pécuniaires (suspension


d’activités ou retrait d’agrément) aux sociétés de CDA reconnues complices desdites
activités de « validation sauvage des déclarations en douane ».

D- L’impératif d’assainissement de la profession et du respect de la


déontologie

En raison du rôle majeur du CDA en matière de sauvegarde des intérêts du Trésor


Public et de facilitation des échanges, le cadre légal camerounais prévoit le renforcement
permanent des capacités des CDA. Il établit également un régime de sanctions administratives
et judiciaires aux fins d’assainissement et de respect de la déontologie de la profession de
CDA.

1) Le renforcement des capacités

Ce renforcement se rapporte à l’appropriation par tous des fonctionnalités des


systèmes d’information de la Douane et de la vulgarisation de la réglementation. Ainsi, des
formations spécifiques sont dispensées sur le fonctionnement du nouveau logiciel de
dédouanement CAMCIS3 (qui a remplacé SYDONIA), les procédures douanières, le Système
harmonisé, l’OMC et ses divers instruments (valeur en douane, accord sur la facilitation des

3
Depuis le 1er octobre 2019, les Usagers peuvent se connecter au nouveau système d’information des Douanes
Camerounaises baptisé CAMCIS (Cameroon Customs Information System) à partir de n’importe quel terminal
digital disposant d’un navigateur et d’une connexion Internet (Smartphone, tablette, laptop, ordinateur de
bureau), ceci à partir de n’importe quel coin du globe. Avec CAMCIS, les procédures de dédouanement se font
exclusivement par voie électronique : En un clic, les usagers peuvent personnellement et sans aucun
intermédiaire, effectuer leurs déclarations en ligne, suivre le circuit de la procédure, de l’enregistrement du
manifeste à la délivrance du bon de sortie, en passant par la liquidation de la déclaration et le paiement des droits
et taxes de douane. Grâce à CAMCIS, les usagers n’ont plus besoin de se rendre dans les bureaux des douanes
pour effectuer leurs opérations, réalisant ainsi des gains de temps et d’argent. La dématérialisation complète des
procédures induit également une célérité et une traçabilité des opérations en douane. En plus, CAMCIS, offre
un accès gratuit aux différents guides des procédures du commerce extérieur ainsi que nombre d’informations
utiles telles que le taux de change, les codes pays, et les codes devises. 

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échanges), et sur les différentes évolutions du commerce international. Il s’agit également


d’assurer la transparence des procédures douanières.

Les initiatives de renforcement des capacités sont couplées au développement du


dialogue et du partenariat avec la profession. Le Comité Consultatif national des CDA
échangent constamment avec tous les syndicats de CDA pour permettre la concertation sur
l’assainissement de la profession et le renforcement du professionnalisme. Des concertations
ponctuelles s’effectuent en permanence également en dehors dudit Comité. Témoignent de ce
partenariat réussi le fait que les sanctions de retraits d’agréments sont prises de manière
concertée au sein du Comité consultatif, ou encore la création de prix récompensant les CDA
les plus méritants (prix du professionnalisme, de la célérité, du civisme fiscal, etc.).

2) Le régime des sanctions

S’agissant du régime de sanctions applicables aux CDA, il existe des mesures de


suspension d’activités ou de retrait d’agrément en cas de violation de la législation fiscale et
douanière, d’absence de garanties financières suffisantes liées à l’exercice de la profession ou
de manquements graves à l’éthique professionnelle et déontologique.

Les sanctions sont systématiquement appliquées et les problèmes rencontrés portent


principalement sur : la mauvaise tenue des répertoires des opérations douanières, l’exercice de
la profession avec de fausses cautions bancaires pour l’agrément, la validation à outrance des
déclarations au profit d’entités clandestines, le non-respect des honoraires en douane,
l’exercice de la profession avec des déclarants principaux n’ayant pas le profil requis
(expérience professionnelle et diplômes universitaires non justifiés, etc.). 

3) Le Contrôle administratif du Commissionnaire en douane

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La Direction Générale des Douanes du Cameroun a institué un contrôle administratif


annuel des CDA relatif au respect du cadre déontologique de la profession. Ce contrôle est
effectué par une équipe constituée d’inspecteurs des douanes de la Division en charge de la
législation. Il s’agit de faire des descentes sur le terrain après avoir préalablement notifié tous
les CDA des dates de contrôle.

Le contrôle porte sur les éléments suivants, entre autres :

 La régularité de l’agrément : il s’agit de faire face aux déclarants en douane


clandestins et notamment le cas des structures installées avec raisons sociales de CDA,
sans être régulièrement agréées et profitant de l’ignorance des usagers ;
 L’existence d’une caution d’agrément à l’exercice de la profession ;
 La vérification de la tenue des répertoires des opérations douanières et du système
d’archivage ;
 Le contrôle du respect du système de facturation des honoraires par les CDA, pour
éviter les pratiques de dumping des prestations et de concurrence déloyale (les
honoraires sont encadrés au plan légal, pour éviter tout abus) ;
 La pratique de la « validation des déclarations sans suivi » qui consiste pour les CDA
à entrer des déclarations via son code électronique au profit d’un agent en douane
clandestin, sans que soient prises en compte les opérations douanières concernées dans
leurs écritures (aucune entrée dans le répertoire), ou que soit prise en compte
l’incidence fiscale induite de ladite opération (pas de reversement de TVA) ;
 Le respect des obligations syndicales.

Les manquements observés sont susceptibles de donner lieu à des mesures de suspension
ou de retrait d’agrément, en cas d’infraction caractérisée, notamment celles relatives au non-
respect de la déontologie syndicale, à l’exercice de la profession sans agrément ou encore à

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l’absence de cautionnement d’agrément. Bien entendu, toute personne qui déclare pour autrui
des marchandises sans avoir la qualité de CDA s’expose à des sanctions pécuniaires et
judiciaires.

La mutualisation des informations entre l’administration fiscale et l’administration


douanière est en cours dans le cadre du développement d’une application d’interfaçage des
données. Elle permettra un contrôle plus efficace des opérations des CDA. En outre, les
usagers et les milieux commerciaux sont sensibilisés sur la question des déclarants clandestins
mais il s’agit d’une activité difficile à éradiquer.

Paragraphe 2 : Les obligations professionnelles du Commissionnaire en Douane Agrée

Il est vrai, que les obligations du commissionnaire loin d'être seulement


professionnelles interfèrent également son organisation interne, mais ce sont les obligations
professionnelles qui feront l'objet de notre étude car le commissionnaire en douane à
l'obligation, d'exercer ses fonctions de manière continue sans interruption ou relâchement.

C'est ainsi que la délégation de ses missions doit rester dans le cadre prévu par les
textes (voir le Règlement CEMAC y relatif). Par conséquent, le commissionnaire n'est dégagé
d'aucune responsabilité dans le cadre des agissements de ses subordonnés. Par ailleurs, le
commissionnaire a l'obligation d'exercice exclusive de son agrément et doit veiller que cet
agrément n’est pas usurpé. En outre, le commissionnaire en douane a l'obligation de la
discrétion professionnelle, de même qu’il doit signer ses déclarations lui-même pour assumer
la responsabilité des omissions, inexactitudes et autres irrégularités relevées dans les
déclarations. Son obligation de probité et de loyauté lui interdit de soustraire toute pièce ou
document de service.

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Enfin le commissionnaire en douane agrée a l'obligation de la bonne gestion car il peut


être constitué débiteur envers le service de douane concerné, du montant des engagements
dont les justifications requises n’ont pu être apportées par lui. C'est ainsi que sont considérés
comme irrégularités et fautes de gestion préjudiciables aux intérêts de l'Etat : les appels à la
concurrence déloyale, les modifications irrégulières des honoraires d'agrée en douane de plus
de 15°/°, les dédouanements effectués en infractions à la réglementation douanière.

Lorsque ces infractions sont constatées, les différentes sanctions qui peuvent survenir
au non-respect des obligations professionnelles sont : l’avertissement, le blâme avec
inscription au dossier, l’exclusion temporaire du service de dédouanement.

La Convention de Kyoto Révisée (CKR) vient préciser ces obligations mises à la


charge des agents en douane. Aux termes de ladite convention, les obligations et
responsabilités sont les suivantes :

- Garantir la conformité avec les exigences réglementaires et douanières ;


- Conseiller leurs clients sur diverses exigences de conformité ;
- Prendre des mesures raisonnables afin de suivre les principes « Connaissez votre
client », notamment la vérification des antécédents et de l'identité du client ;
- Faire preuve de diligence raisonnable en vérifiant l'exactitude des informations et en
ne participant pas, de quelque manière que ce soit, à la falsification des documents ou
au dépôt d'une réclamation que l'agent en douane sait fallacieuse ou de tout autre
document dont l'agent en douane est informé qu'il est faux ;
- Engager leur responsabilité (conjointe et solidaire) pour le paiement des droits, taxes
et autres redevances, sur la base de la documentation communiquée, au nom de leurs
clients ;

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- Ne pas tenter d'influencer le comportement d'un agent public dans le cadre de toute
question en attente d'examen ;
- Ne pas permettre l'utilisation de l'agrément, du permis ou du nom par une personne
non agréée ou pour son compte (y compris un agent en douane dont l'agrément ou
l'autorisation fait l'objet d'une suspension), à moins qu'il ne s'agisse de ses propres
salariés qui sont autorisés à agir en son nom dans le cadre du démarchage, de la
promotion ou de l'exécution d'activités ou d'opérations douanières ;
- Ne pas obtenir ni tenter d'obtenir, directement ou indirectement, des informations
issues des livres et registres du gouvernement ou d'autres sources gouvernementales
de toute nature, dont l'accès n'a pas été autorisé par l'organe compétent ;
- Établir et conserver des registres et dossiers à l'appui de leur représentation pour une
période déterminée dans le cadre des inspections et audits douaniers ;
- Maintenir des normes professionnelles strictes, la transparence, l’efficacité et l’éthique
professionnelle ;
- Se libérer de leurs obligations avec la plus grande célérité et efficacité et la plus stricte
éthique, garantissant ainsi un niveau élevé de normes de prestations de services ;
- Coopérer avec la douane et les autres organismes gouvernementaux au renforcement
de la conformité ;
- Remplir tous les termes et autres conditions mentionnés dans le contrat conclu entre
lui et l'opérateur commercial.

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DEUXIEME PARTIE : LES REGLES ET PROCEDURES RELATIVES


AUX OPERATIONS DE DEDOUANEMENT DES MARCHANDISES

L’ensemble des procédures d’importation est regroupé au sein d’un Guichet Unique
des opérations du Commerce Extérieur (GUCE). Ce Guichet unique regroupe l’ensemble des
services impliqués dans le processus d’importation. Les procédures d’importation et
d’exportation des marchandises au Cameroun comprennent les formalités d’obtention du
statut d’importateur-exportateur impliquant l’inscription au registre du commerce et du crédit
mobilier, l’obtention de la carte de commerçant et de la carte professionnelle d’exportateur /
importateur.
La procédure d’importation comprend 5 étapes :

 La déclaration préalable d’importation ;


 L’obtention du certificat d’origine ;
 Le contrôle avant embarquement ;
 Les formalités techniques ;
 La domiciliation des importations.

La procédure de dédouanement des importations se fait en 6 grandes étapes :

 La conduite en douane des marchandises


 Le dépôt de la déclaration en détail
 L’enregistrement de la déclaration
 La vérification
 Le paiement des droits

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 L’enlèvement des marchandises

Dans cette deuxième articulation du cours, nous étudierons les principales règles et
procédures qui consistent notamment en la déclaration, la vérification, le paiement des droits
et taxes et l’enlèvement des marchandises dédouanées. Il s’agira aussi de se pencher sur
l’éventuel contentieux qui peut naître du fait de l’inobservation des procédures ou des
manquements de l’une ou l’autre partie à l’opération de dédouanement.

CHAPITRE PRELIMINAIRE : LES CONDITIONS D’IMPORTATION ET


D’EXPORTATION
L’importation c’est l’entrée dans un pays des biens ou services provenant d’un autre
pays. En revanche, l’exportation c’est l’action de vendre à l’étranger une partie de la
production des biens ou des services d’un ensemble économique, d’un pays ou d’une région.
Pour être valable, ces procédures doivent remplir des conditions légales et
réglementaires prévues par le code des douanes et les divers textes internes.

SECTION 1 : L’IMPORTATION

La bonne compréhension des conditions d’importation nécessite que l’on réponde à


certaines questions pratiques.

Paragraphe 1 : Les produits pouvant être importés


En matière d’importation, on distingue trois (3) types de produits :
- Les produits interdits à l’importation et même à l’exportation : il s’agit principalement
de la commercialement, l’importation ou l’exportation des déchets industriels et
nucléaires, ainsi que des produits figurant sur une liste et régulièrement toilettée par
l’administration des douanes en concert avec la chambre du commerce du Cameroun.

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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

- Les produits dont l’importation est soumise au visa technique ou certificat de


conformité du Ministère compétent. Le visa technique doit être délivré dans les 8
(huit) jours à compter de la date du dépôt de la demande. Passé ce délai, le visa est
réputé accordé. Mais en cas de refus, le ministère de tutelle concerné est tenu
d’informer l’importateur et l’administration des douanes.
- Les produits libérés, c’est-à-dire ceux qui ne nécessitent aucune autorisation
d’importation4.
Paragraphe 2 : La qualité d’importateur
Celui qui veut importer un produit libéré n’a besoin ni d’autorisation préalable,
ni de licence d’importation. Il suffit simplement de faire une déclaration préalable aux
fins de statistique et d’inspection et de domicilier la déclaration d’importation auprès
d’une banque. Toutefois, l’importateur doit être inscrit au fichier des importateurs
pour exercer aisément son activité.
Seules les personnes physiques ou morales bénéficiaires d’un agrément en
qualité de commissionnaire agrée en douane peuvent déclarer en détail une
importation ou une exportation5. Sont exemptés de l’agrément aux fins de déclaration
en détail, les administrations publiques, les missions diplomatiques et les organismes
internationaux.

Paragraphe 3 : Les conditions liées aux formes d’importation


Il existe deux formes d’importation : l’importation occasionnelle et l’importation
professionnelle.
A- L’importation occasionnelle
C’est celle qui est libre, qui ne nécessite pas d’être un professionnel de l’importation,
ni d’avoir une licence (d’ailleurs, on n’a plus besoin désormais ni de licence, ni d’agrément
4
Décision No 063/MINDIC/CAB du 08/06/1994.
5
Article 113 du code des douanes
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pour importer). Il suffit de remplir et déposer la déclaration d’importation, accompagnée d’un


paiement d’un droit de 3000 cfa pour le dépôt des demandes d’importation des importateurs
non agrées et 1000 cfa pour le dépôt des demandes d’importation des importateurs agrées.
Cependant, lorsque le montant FOB (Free On Bord) de l’importation est égal ou
supérieur à 2 000 000 fcfa, il faut absolument s’inscrire au fichier des importateurs.
Remarque : Ces taux peuvent varier selon les droits et taxes décidés par la SGS.
La déclaration d’importation doit être déposées au service régional du
ministère du commerce Pour les importations de moins de 2 000 000 fcfa, ou à la Société
Générale de Surveillance (SGS), lorsque la valeur de l’importation est égale ou supérieure à
2 000 000 fcfa.

B- L’importation professionnelle
Dans le cas de l’importation professionnelle, certaines conditions sont exigées selon
que l’on est ancien importateurs ou postulants.

1) Cas des anciens importateurs

- Une demande timbrée ;


- Un certificat d’imposition pour l’exercice antérieur visé par le trésor ;
- Une patente en cours de validité ou un certificat d’exonération de la patente pour ceux
qui veulent en bénéficier ;
- Un reçu de paiement d’une redevance de 10 000 fcfa à Payer au ministère du
commerce ;
Remarque : Il a été supprimé la taxe CNCC de 10 000 cfa

2) Cas des postulants

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- Une demande timbrée d’inscription aux fichiers des importateurs ( mais une telle
inscription n’est nécessaire que pour les importations supérieures à 2 000 000 fcfa ; pour les
importations comprises entre 1 000 000 et 2 000 000, une simple déclaration à la SGS est
suffisante sans qu’il soit d’ailleurs nécessaire de payer la taxe SGS de 0,95 %) ;
- Déposer une fiche de renseignements remplie, signée et timbrée (à retirer auprès des
services du Ministère du Commerce) ;
- Payer une quittance d’import-export ;
- Déposer une déclaration d’immatriculation au registre du commerce et du crédit
mobilier ;
- Préciser le numéro de la carte de contribuable ;
- Joindre un reçu de paiement de 15000 fcfa de redevance au profit du Ministère du
Commerce.
Sont dispensés de ces conditions :
 Les administrations publiques et organismes paraétatiques
 Les organismes à but non lucratifs
 Les particuliers qui effectuent des importations ponctuelles (ils doivent toutefois
requérir auprès des structures du commerce, une autorisation d’importer.

SECTION 2 : L’EXPORTATION

Toute personne physique ou morale jouissant de ses droits civiques peut exporter, soit
à titre occasionnel, soit à titre professionnel. Il n’est pas exigé de licence. Toutefois, la
déclaration en détail d’importation ne peut se faire que par des personnes ayant la qualité de
commissionnaire agrée en douane ?

Paragraphe 1 : Les produits pouvant être exportées


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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

S‘agissant des produits pouvant faire l’objet d’exportation, certains produits sont
interdits. Il s’agit de ceux qui sont interdits à la vente ou retirés de la vente, des déchets
industriels toxiques. D’autres produits nécessitent le respect de certaines conditions imposées
par les administrations publiques des pays destinataires, notamment lorsqu’il s’agit des
produits vivriers, du bétail… l’exportateur doit au préalable obtenir l’attestation exigée auprès
des administrations camerounaises compétentes. Enfin, les produits dits libérés n’ont besoin
d’aucune autorisation d’exportation. Il d’établir une déclaration auprès de l’administration des
douanes (accompagnée d’un certificat d’origine si le pays destinataire l’exige) ; Il faut
toutefois avoir une domiciliation bancaire pour le rapatriement des devises.

Paragraphe 2 : Les conditions liées au régime d’exportation

Lorsqu’il s’agit de la réexportation, Il faut préalablement payer l’intégralité des taxes et droits
à l’importation. C’est une condition sine qua non. Le camerounais ne voudrait pas se
soumettre à cette obligation devra :
- Domicilier les importations concernées dans le pays de destination finale
- Laisser à l’importateur final le soin de régler le fournisseur étranger.
Dans le cas des marchandises en transit, la levée des documents douaniers doit être effectuée
par les commissionnaires en douane agrée qui seront tenus de respecter leurs obligations
d’acheminer.

CHAPITRE 1 : LA PROCEDURE DE DECLARATION EN DETAIL DES


MARCHANDISES
C’est une étape obligatoire qui doit respecter un formalisme prévu par la loi pour
rendre l’opération de dédouanement valable.

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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

SECTION 1 – LE CARACTERE OBLIGATOIRE DE LA DECLARATION EN


DETAIL
Aux termes de l’article 110 du code des douanes « Toutes les marchandises importées
ou exportées doivent faire l’objet d’une déclaration en détail leur assignant un régime
douanier ».
En plus de la déclaration en détail, les marchandises importées et déclarées pour la
mise à la consommation doivent aussi faire l’objet d’une déclaration distincte portant sur la
valeur. Le caractère obligatoire de la déclaration est si forte que même l’exemption des droits
et taxes soit à l’entrée, soit à la sortie, n’a pas pour but de dispenser de cette obligation légale.
Lorsque cette formalité a été accomplie, la fiche de déclaration en détail doit être déposée
dans le bureau de douane correspondant à l’opération douanière envisagée, dans un délai de
trois jours francs (non compris les dimanches et jours fériés), après l’arrivée des marchandises
au bureau des douanes ou dans les lieux désignés par le service des douanes.
Si les marchandises sont en magasin ou sur une aire de dédouanement, le délai prévu à
ci-dessus est majoré de la durée de séjour réglementaire. Par ailleurs, le dépôt des déclarations
en détail avant l’arrivée des marchandises peut être autorisé par le directeurs des douanes.
Toutefois, ces déclarations déposées par anticipation ne prennent effet, avec toutes les
conséquences attachées à l’enregistrement, qu’à partir de la date à laquelle il est justifié que
les marchandises sont arrivées et sous réserve que lesdites déclarations soient conformes aux
conditions requises.
Les conditions et délais dans lesquels il doit être justifié de l’arrivée des marchandises
au bureau ou dans les lieux désignés par le service des douanes sont fixés par les décisions du
Conseil des Ministres de l’UEAC.
Lorsqu’il s’agit de l’exportation, la déclaration en détail doit être déposée au plus tard
dès l’arrivée des marchandises au bureau ou dans les lieux désignés par le service des
douanes. Et si les marchandises sont arrivées avant l’ouverture du bureau, dès cette ouverture.

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Droit douanier Pr Sara Nandjip Moneyang

SECTION 2 : LES CONDITIONS DE VALIDITE DE LA DECLARATION


Ces conditions prévues par les articles 120 à 126 du code des douanes concernent la
forme de la déclaration, les mentions qui doivent y figurer et son enregistrement. Il revient au
Secrétariat Exécutif de la CEMAC de déterminer la forme des déclarations, les énonciations
qu’elles doivent contenir et les documents qui doivent y être annexés.

Paragraphe 1 : La forme de la déclaration


La déclaration en détail doit être faite par écrit. C’est une exigence de validité et de
preuve de l’accomplissement de cette formalité obligatoire. Cependant, la déclaration écrite
peut être exceptionnellement remplacée par une déclaration verbale. Sont considérées comme
irrecevables, les déclarations irrégulières dans la forme ou celles qui ne sont pas
accompagnées des documents dont la production est obligatoire.

Paragraphe 2 : Les mentions devant figurer dans la déclaration

Les déclarations doivent contenir toutes les indications nécessaires pour l’application
des mesures douanières et pour l’établissement des statistiques du commerce extérieur et elles
doivent être signées par le déclarant.
Lorsque plusieurs articles sont repris sur le même formulaire de déclaration, chaque
article doit être considéré comme ayant fait l’objet d’une déclaration indépendante. Il est par
ailleurs interdit de présenter comme unité dans les déclarations, plusieurs colis fermés réunis
de quelque manière que ce soit.
Les personnes habilitées à déposer les déclarations en détail, peuvent être autorisées à
examiner les marchandises avant déclaration et à prélever des échantillons, lorsqu’elles ne

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sont pas en possession des éléments nécessaires pour établir lesdites déclarations. Dans ce cas,
elles présentent alors à la douane une déclaration provisoire qui ne peut, en aucun cas, les
dispenser de l’obligation de la déclaration en détail et toute manipulation susceptible de
modifier la présentation des marchandises ayant fait l’objet de déclaration provisoire est
interdite.

Paragraphe 3 : L’enregistrement de la déclaration


L’enregistrement des marchandises est prévu par les articles 124 et 125 du code des
douanes. Les déclarations en détail reconnues comme recevables par les agents douaniers sont
immédiatement enregistrées ou validées par eux. Lorsqu’il existe dans une déclaration, une
contradiction entre une mention en lettres ou en chiffres conforme à la terminologie douanière
et une mention non conforme à ladite terminologie, cette dernière mention est nulle. De
manière générale, sont nulles les mentions en chiffres qui contredisent les mentions en lettres
portées sur la déclaration.
Lorsque le dernier jour valable pour l’enregistrement est un dimanche ou un jour férié,
les bureaux doivent rester ouverts pour recevoir et enregistrer les déclarations relatives à
l’application du tarif (Article 125).
Après leur enregistrement ou validation, les déclarations ne peuvent plus en principe
être modifiées. Néanmoins, le jour même du dépôt de la déclaration et avant le
commencement de la vérification, les déclarants peuvent rectifier leurs déclarations en détail,
notamment sur les points concernant le poids, le nombre, la mesure ou la valeur. La seule
condition qui leur est exigée est de représenter le même nombre de colis, revêtus des mêmes
marques et numéros que ceux préalablement énoncés, ainsi que les mêmes espèces de
marchandises.

CHAPITRE 2 : LA VERIFICATION ET L’ENLEVEMENT DES MARCHANDISES


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Après la formalité de déclaration et d’enregistrement des marchandises, vient la phase


de vérification qui doit se faire sous certaines conditions et qui peut donner lieu à des
contestations telles que prévues par les articles 127 à 129 du code des douanes.

SECTION 1 : LA VERIFICATION DES MARCHANDISES


Paragraphe 1 : Le cadre de vérification des marchandises
L’Article 127 du code des douanes précise ce cadre en disposant que : « Après
enregistrement de la déclaration en détail, le service des douanes procède, s’il le juge utile, à
la vérification de tout ou partie des marchandises déclarées ». La vérification des
marchandises déclarées dans les bureaux de douane ne peut être faite que dans les magasins
sous douane ou dans les lieux désignés à cet effet par le service des douanes.
S’agissant des modalités de vérification, le transport des marchandises sur les lieux de
la vérification, le déballage, le remballage et toutes les autres manipulations nécessitées par la
vérification sont effectués aux frais et sous la responsabilité du déclarant.

Les marchandises qui ont été conduites dans les magasins sous douane ou sur les lieux
de la vérification ne peuvent être déplacées sans la permission du service des douanes.
De même, les personnes employées par le déclarant pour la manipulation des marchandises en
douane doivent être agréées par le service des douanes. A défaut de cet agrément, l’accès des
magasins sous douanes et des lieux désignés pour la vérification leur est interdit.
La vérification a lieu en présence du déclarant ou de son fondé de pouvoirs.
Lorsque le déclarant ne se présente pas pour assister à la vérification des
marchandises, le service des douanes lui notifie par lettre recommandée son intention de
commencer les opérations de visite ou de les poursuivre si elles avaient été suspendues. Si, à

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l’expiration d’un délai de huit (8) jours après cette notification, le déclarant ne se manifeste
toujours pas, le tribunal compétent dans le ressort duquel est situé le bureau de douane
désigne d’office, une personne pour représenter le déclarant défaillant et assister à la
vérification.

Paragraphe 2 : Le règlement des contestations portant sur la vérification


C- L’organe compétent pour le règlement des contestations
Des contestations peuvent surgir ; dans ce cas, le déclarant a le droit de récuser les
résultats de la vérification, surtout lorsque celle-ci est partielle et de demander la vérification
intégrale des énonciations de la déclaration sur lesquelles porte la contestation.
Les contestations peuvent porter sur l’espèce, l’origine ou la valeur des marchandises.
Aux termes de l’article 130, « Dans le cas où le service des douanes conteste, au moment de
la vérification des marchandises, les énonciations de la déclaration relatives à l’espèce, à
l’origine ou à la valeur, il en donne avis au déclarant qui doit, dans les vingt-quatre (24)
heures, faire connaitre s’il accepte ou s’il contredit l’appréciation du service ».
L’alinéa 2 du même article précise que « Si le déclarant ou son fondé de pouvoirs
accepte l’appréciation du service, il doit apposer, avec les agents des douanes, sa signature sur
le document où il est constaté le résultat de la vérification ». Les signatures des deux parties,
c’est-à-dire le déclarant et l’agent qui représente l’administration douanière, attestent de la
conformité et aucune contestation n’est plus en principe acceptable, sauf cas de fraude
manifeste.
Lorsque le déclarant ou son fondé de pouvoirs se refuse à accepter l’appréciation du
service, la contestation est portée devant le Directeur général des douanes qui doit prendre
une décision pour régler le malentendu. Si le déclarant ou son fondé de pouvoirs continue à
contester la position retenue par l’administration douanière, le litige est porté à l’arbitrage de
la Commission Paritaire. Si le déclarant ou son fondé de pouvoirs continue à contester la

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position de la commission paritaire, le litige est porté devant le Conseil des Ministres de
l’UEAC.
Les instances judiciaires ne sont compétentes à statuer que si toutes ces voies de
recours considérées comme administratives et préalables, n’ont pas abouti à une entente entre
les protagonistes. Les instances judiciaires saisies statuent alors conformément aux règles en
vigueur dans chaque Etat membre.

D- Les suites de la vérification


Aux termes de l’article 131 du code des douanes, la vérification s’avère être une étape
très importante dans la procédure douanière. Ce sont en effet les résultats de la vérification
qui commandent l’application des droits, taxes et autres mesures douanières décidées par le
directeur général des douanes ou le Conseil des Ministres de l’UEAC.
Lorsque le service ne procède pas à la vérification des marchandises déclarées, les
droits, taxes et autres mesures douanières sont appliquées d’après les énonciations de la
déclaration.

Paragraphe 3 : L’acquittement des droits et taxes dûs au dédouanement


Les droits et taxes dûs pour le dédouanement doivent être préalablement liquidés. Il
s’agit de calculer ces droits et de s’assurer de leur montant avant le paiement qui peut dès lors
se faire au comptant ou à crédit.

A- La phase de liquidation et de paiement des droits et taxes


Cette phase consiste à déterminer l’assiette des droits et taxes à percevoir à
l’importation et à l’exportation à la date d’enregistrement de la déclaration en détail.

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Dans ce sens, l’article 133 dispose que « Les droits et taxes exigibles pour chaque
article d’une même déclaration sont arrondis au franc inférieur ». Le paiement peut se faire au
comptant ou à crédit.

4) Le paiement au comptant
L’Article 134 pose le principe selon lequel les droits et taxes liquidés par
l’administration des douanes sont payables au comptant et les agents chargés de la perception
de ces droits et taxes sont tenus d’en donner une quittance.
Il convient de relever que les droits et taxes ne sont pas dûs sur les marchandises dont
l’administration des douanes accepte l’abandon à son profit (Article 135). Lesdites
marchandises sont vendues dans les mêmes conditions que les marchandises abandonnées par
transaction.

5) L’acquittement à crédit des droits et taxes


L’article 137 du code des douanes admet que les redevables peuvent être admis à
s’acquitter des droits et taxes liquidés par l’administration des douanes en quatre (4)
mensualités. Cet assouplissement n’est pas admis lorsque la somme à payer pour une même
journée est inférieure à un minimum déterminé dans chaque Etat. Pour le Cameroun, ce
minimum n’a jamais été déterminé.

Lorsque les échéances sont admises, le non-paiement à l’échéance donne lieu à un


intérêt de crédit, un intérêt de retard, ainsi qu’à une remise spéciale, dont les taux sont fixés
par chaque Etat.

B- Le remboursement des droits et taxes

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Conformément à l’article 138, les redevables qui ont payé indûment des droits liquidés
par l’administration douanière peuvent en obtenir le remboursement s’il ya eu une erreur de
l’administration et à la condition que l’action en répétition de l’indû soit exercée par la
personne qui a effectué le paiement ou par celle au nom de qui le paiement a été fait.
L’Article 139 prévoit que le remboursement des droits et taxes, est également admis
lorsqu’il est établi qu’au moment de leur importation, les marchandises étaient défectueuses
ou non conformes aux clauses du contrat en exécution duquel elles ont été importées.
Cependant, le remboursement des droits et taxes est subordonné à la réexportation des
marchandises à destination ou pour le compte du fournisseur étranger.
Mais, lorsque la réexportation n’est pas économiquement justifiée, les marchandises peuvent
être détruites avec l’accord et sous le contrôle du service des douanes.

SECTION 2 : L’ENLEVEMENT DES MARCHANDISES

C’est la dernière étape du processus de dédouanement. Elle intervient après que toutes
les formalités antérieures de conduite en douane des marchandises, de dépôt de la déclaration
en détail, d’enregistrement de la déclaration, de vérification et de paiement des droits aient été
accomplies.
L’étape de l’enlèvement des marchandises est prévue par les articles 140 à 148 du
code des douanes. Cette formalité consiste à mettre la marchandise à la disposition de son
propriétaire ou du commissionnaire en charge du dédouanement.

Si au cours de la vérification de la déclaration en douane, il devient nécessaire de


différer la détermination définitive de l’espèce, de l’origine ou de la valeur, l’importateur des
marchandises pourra néanmoins les retirer de la douane, à condition de fournir une garantie
suffisante sous la forme d’une caution, dépôt de tout instrument couvrir couvrant
l’acquittement des droits et taxes douaniers dont les marchandises pourraient être passibles.

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L’Article 141 prévoit que les redevables peuvent être admis à enlever leurs
marchandises au fur et à mesure des vérifications, et avant liquidation et acquittement des
droits, à la condition de déposer une caution. Cette souplesse de la loi est valable non
seulement pour les droits d’entrée et de sortie des marchandises, mais aussi pour tous les
autres droits et taxes accessoires liquidés par l’administration douanière.
Le délai accordé aux déclarants pour payer les droits afférents aux marchandises à
enlever aussitôt après vérification, est de quinze (15) jours francs après l’inscription des
déclarations au registre de liquidation, ladite inscription devant intervenir dans les quatre (4)
jours qui suivent la visite des marchandises. Le délai de paiement ainsi fixé est de rigueur et
ne doit en aucun cas être dépassé.
Après accomplissement de formalités douanières, les marchandises destinées à être
exportées par la voie maritime ou aérienne doivent être immédiatement mises à bord des
navires ou des aéronefs. Celles qui doivent être exportées par les voies terrestres, doivent être
conduites immédiatement et directement à l’étranger par la route la plus directe.

CHAPITRE 3 : LE CONTENTIEUX DOUANIER

Au sens général du terme, le contentieux est une procédure destinée à faire juger un litige
entre un usager et la puissance publique. En procédure civile, ce mot désigne toute procédure

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destinée à faire juger par un tribunal de la recevabilité et du bien-fondé des prétentions


opposant une personne à une ou plusieurs autres. Quant au contentieux douanier il peut
revêtir au moins trois sens différents à savoir un sens organique, un sens formel et un sens
matériel. Du point de vue organique, le contentieux douanier désigne l'ensemble des organes
de l'administration des douanes pouvant résoudre des litiges en douane. Ces organes sont des
entités très disparates constituées des agents de douane, des commissions paritaires (au
Cameroun on parle de comité d'appel) et parfois des juridictions de droit commun.

Au sens formel, le contentieux douanier désigne l'ensemble des contestations susceptibles de


donner lieu à un débat contradictoire devant les instances judiciaires à l'occasion du
fonctionnement du service des douanes, ce qui n'implique pas que ces contestations donnent
toujours lieu à des procès.

Enfin au sens matériel, le contentieux douanier désigne le régime juridique applicable à


l'ensemble de litiges portant sur une infraction en douane.

La procédure douanière est marquée par la volonté du législateur de régler les procès
douaniers d'une manière simple, rapide et peu coûteuse qui tient compte par ailleurs de la
solvabilité présumée de l'administration des douanes et de la qualité de la créance douanière.
Cependant le code des douanes de la CEMAC n'a pas institué une procédure entièrement
spéciale, de caractère uniquement douanier, car il renvoie fréquemment aux règles de droit
commun au point où l’on se demande comment est-ce qu'il se déclenche ? Comment se
solutionne-t-il ? En quoi le commissionnaire en douane agrée est-t-il impliqué ? Et quel rôle
joue-t-il dans le contentieux douanier ?

SECTION 1 : LE DECLENCHEMENT ET LA RESOLUTION DU CONTENTIEUX


DOUANIER

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Paragraphe 1 : Le déclenchement du contentieux douanier

Il est question ici, de savoir quand est-ce que survient le contentieux douanier, quelles
sont les causes de sa survenance et quelles sont les personnes habilitées à déclencher un
contentieux douanier au Cameroun.

A- Le moment de la survenance du contentieux douanier

S'agissant du moment de la survenance, le contentieux douanier peut survenir avant,


pendant et après le dédouanement des marchandises. Dans tous les cas, il va falloir
démontrer l'existence de l'infraction à travers des actes de procédure de constat
soigneusement rédigés par des agents en charge de ces recherches.

B- Les causes de survenance du contentieux douanier

Le contentieux douanier naît à l’occasion de la survenance d’un acte appelée infraction


douanière. Celle-ci peut être définie comme un acte, mais aussi comme une abstention
qui porte atteinte à la législation douanière et qui est frappé d’une peine prévue par le
code des douanes. Il s’en suit que l’infraction douanière n’est constituée qu’à la réunion
de deux éléments : l’élément matériel et l’élément légal.

o L’élément légal

Un fait quelconque ne peut être qualifié d’infraction douanière que s’il remplit les 2
conditions ci-après :

-il doit exister un texte qui prévoit une interdiction ou une obligation que le fait reproché
a outrepassé

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- il doit également exister une disposition du code des douanes qui réprime cette
violation de la loi.

2) l’élément matériel

Il est généralement manifesté par un agissement extérieur. L’élément matériel en droit


douanier est toujours presque exactement défini. Quatre facteurs permettent de le
caractériser :

- Un acte positif ou négatif clairement définit (exemple, l’inexécution d’un


engagement souscrit)
- Une circonstance qui vicie cet acte (exemple, l’écoulement d’un certain temps au-
delà du délai prescrit)
- Un objet déterminé (le plus souvent une marchandise auquel l’acte s’applique)
- Une condition de lieu car il est rare que l’acte n’ait pas été commis sur le
territoire douanier. Mais de manière générale, les causes de survenance du
contentieux douaniers sont multiples. Mais les plus courantes sont :

- l'absence des autorisations et licences d'importations,

- l’absence d’inspections avant embarquement,

- l'absence des documents obligatoires pour le dédouanement

- l’absence de déclaration applicable aux marchandises,

- le défaut de dépôt de la déclaration en détail dans les délais légaux,

- l’absence de la déclaration en détail à l'importation ou à l'exportation, ou encore


l'importation ou l'exportation sous le couvert d'une déclaration en détail non applicable

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aux marchandises présentées,

- les fausses déclarations de quantité, de l'espèce, de valeur, de l'origine du destinataire


ou de l’expéditeur,

- l’immatriculation dans les séries normales d'automobiles ou d'aéronefs sans


accomplissement préalable des formalités douanières,

- le transport en contrebande

- le débarquement frauduleux

- le refus du capitaine de recevoir les agents de douanes à bord de son navire.

- le détournement de destination des matières premières admises en franchise des droits


et taxes,

- les actions en réparation civile du dommage subit.

C- les personnes habilitées à déclencher le contentieux

La réponse à la question de savoir quelles sont les personnes habilitées à constater les
infractions douanières réside dans l'article 298 du code des douanes de la CEMAC qui
institue à côté des agents de douane d'autres catégories de personnes aussi compétentes
telles que : les agents de police, de gendarmerie, des impôts, des eaux et forêts, les
administrateurs civils et les chefs de village.

1) Les pouvoirs des agents de douane en matière de constatations des infractions

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Le code des douanes prévoit des infractions qualifiées de délits. Ce terme désigne les
infractions donnant lieu à des peines, non seulement pécuniaires, mais aussi et surtout
privatives de libertés pouvant aller jusqu’à trois ans. Ils se divisent en trois sous classes
comme suit :
- Les délits de 1ère classe prévus et réprimés par les articles 403 et 422 du code des
douanes sont constitués des faits de contrebande simple et des faits d’importation
ou d’exportation sans déclaration portant sur des marchandises prohibées ou
fortement taxées à l’entrée, soumises à des taxes de consommation ou prohibées
ou taxes à la sortie.
- Les délits de 2ème classe prévus et réprimés par les articles 404 et 422 du code des
douanes constituées du délit de contrebande commis par une réunion de trois
individus et plus jusqu’à six inclusivement.
- Les délits de 3ème classe prévus et réprimés par les articles 405 et 422 du code des
douanes constituées du délit de contrebande commis par une réunion de plus de
six individus et par trois individus ou plus, à dos d'animal, à vélocipède, que tous
portent ou non des marchandises de fraude.
Les pouvoirs des agents de douane lors de la recherche et de la constatation des
infractions varient suivant qu’ils sont exercés dans le cadre de la procédure de saisie qui
est le mode traditionnel de constatation des infractions flagrantes ou dans le cadre de la
procédure d’enquête qui s’applique habituellement aux infractions on flagrantes.

Une infraction est dite flagrante selon le code de procédure pénale lorsqu’elle vient de se
commettre ou est en train de se commettre au moment de sa constatation. C’est le cas par
exemple lorsque le prévenu est trouvé avec des effets, des instruments, des papiers
laissant présumer qu’il est auteur ou complice, pourvu que ce soit dans un temps voisin
du délit.

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Toutefois, l’agent de douane doit rechercher la fraude en exerçant les pouvoirs de


contrôle, des personnes et des marchandises et même du contrôle des moyens de
transport, ainsi que l’exercice de son droit de visite domiciliaire

2) Les actes de constatation des infractions : les procès-verbaux

Les procès-verbaux sont des documents qui permettent de se renseigner sur les éléments
de l’infraction. On a deux types de procès-verbaux en douane : les Procès-Verbaux de
constat et les Procès-Verbaux de saisie.

Cependant, s'agissant des agents de douane, une autre question se pose encore de savoir
s’ils sont tous habilités à constater une infraction et dresser un procès-verbal ? Les
articles 63 et 64 du code des douanes en donne une idée précise : pour le législateur
CEMAC, cil s'agit des agents de tous les grades ayant prêtés serment et munis de leurs
commissions d'emplois. Il n’est pas nécessaire qu’ils portent leur uniforme ou quelque
insigne de la fonction. Ils peuvent même exercer hors de leur périmètre de
commandement.

Par ailleurs, l’étendue des prérogatives des agents des douanes en matière d’investigation
et de constations de l’infraction varie suivant l’importance de leur grade ou de leur
fonction. Ainsi, seuls les agents ayant le grade d’inspecteur, de contrôleur, d’officier, de
chefs de bureau et de receveurs des douanes peuvent mener les investigations dans les
écritures, exiger la communication des documents et constater les infractions qui en
découlent. Cependant, toute constatation opérée par des agents ne remplissant pas cette
condition, sans rendre nul la résolution du contentieux, aura néanmoins pour effet de la
fragiliser si l’une des parties revient sur la compétence de l’auteur du procès-verbal.

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Paragraphe 2 : La résolution du contentieux douanier

Le règlement des litiges douaniers dans la pratique camerounaise est obtenu en principe
par voie transactionnelle et exceptionnellement par voie de poursuite judiciaire.

S'agissant des voies de poursuite judiciaire, on distingue les poursuites par voie d'action
en justice exercée directement par l'administration des douanes soit par procès-verbal
dûment rédigé, soit alors par voie d'enquête. Elle peut également poursuivre par voie de
contrainte douanière. Ici, l'administration douanière peut se dispenser des tribunaux et
décider de faire usage de la force pour rentrer dans ses droits en recouvrant ses créances
sans avoir besoin d'engager une action en justice. Les poursuites sont engagées en cas de
gravité d'une infraction ou alors lorsque l'usager s'oppose à la voie transactionnelle.

S'agissant de la transaction douanière au Cameroun l'administration de douane n'exerce


pas de poursuite mais use du pouvoir discrétionnaire qui lui est octroyé par l'article 329
du code des douanes de terminer (résoudre) administrativement les litiges en faisant
remise aux prévenus qui en font la demande, de toutes les pénalités encourues. Il s’agit
donc d’un règlement des litiges à l'amiable sans faire recours à la justice, par la technique
de la transaction.

La demande de la transaction se fait par l'apposition sur le procès-verbal de la mention


suivante « j’accepte la reconnaissance du service et les suites contentieuses
éventuelles ». Lorsque l'inspecteur de visite et l'opérateur économique ou le
commissionnaire en douane agrée ne s'entendent pas, l'affaire est portée devant le chef de
bureau des douanes ; ensuite devant le chef secteur des douanes et enfin devant le comité
d'appel qui est une commission paritaire qui tranche en dernier ressort.

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