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Infections Urinaires Nosocomiales

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Conférence de Consensus co-organisée par la

Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF)


Et l’Association Française d’Urologie (AFU)

Infections urinaires nosocomiales

Mercredi 27 novembre 2002 – Institut Pasteur, Paris

en partenariat avec

l’Association des Infirmières et Infirmiers en Urologie,


l’Association Pédagogique Nationale pour l’Enseignement de la Thérapeutique (APNET),
le Collège des Universitaires de Maladies Infectieuses et Tropicales,
la Société Française d’Anesthésie et Réanimation (SFAR),
la Société Française de Gériatrie et Gérontologie,
la Société Française d’Hygiène Hospitalière (SFHH),
la Société Française de Microbiologie (SFM),
la Société Nationale Française de Médecine Interne (SNFMI),
la Société de Réanimation de Langue Française (SRLF).

Président de la SPILF
J.L. Vildé (Paris)

Bureau des consensus et des recommandations de la SPILF

Coordination
C. Chidiac (Lyon)

Membres du bureau :

B. Byl (Bruxelles) P. Pothier (Dijon)


P. Choutet (Tours) B. Quinet (Paris)
C. Leport (Paris) C.J. Soussy (Paris)
J. Luciani (Coligny) J.P. Stahl (Grenoble)
C. Perronne (Paris) P. Weinbreck (Limoges)

Texte court – Page 1


Comité d'organisation
Président : J.P. Stahl
Service des maladies infectieuses et tropicales. CHU, BP 217, 38043 Grenoble Cedex 09.
Tél : 04 76 76 52 91 Fax : 04 76 76 55 69 Mél : JPStahl@[Link]

Membres du comité d'organisation


J. Albanèse CHU Nord, Marseille Anesthésie-réanimation
E. Bernard CHU Archet, Nice Infectiologie
H. Dabernat CHU Purpan, Toulouse Microbiologie
D. Denis CHU de Bicêtre, Paris Cadre infirmier
M. Rainfray CHU Xavier Arnosan Sud, Bordeaux Gériatrie
J.P. Mignard Clinique Ste-Jeanne d'Arc, St-Brieuc Urologie

Jury
Président du jury : H. Botto
Service d’urologie. Hôpital Foch. 40, rue Worth, BP 36, 92151, Suresnes.
Tél : 01 46 25 24 65 Fax : 01 46 25 20 26 Mél : [Link]@[Link]

Membres du jury
L.S. Aho Hôpital d’enfants, Dijon Hygiène
J.P. Boiteux CHU Hôp Montpied, Clermont-Ferrand Urologie
J.P. Brion CHU, Grenoble Infectiologie
Ph. Brouqui CHU, Hôp Houphouët Boigny, Marseille Infectiologie
E. Chartier-Kastler CHU, La Pitié-Salpétrière, Paris Urologie
M. Dupon CHU Pellegrin, Bordeaux Infectiologie
F. Jehl CHU Hôpital Civil, Strasbourg Microbiologie
O. Jonquet CHU Hôpital Saint-Eloi, Montpellier Réanimation
S. Legrain Hôpital Bichat - Claude Bernard, Paris Gériatrie
A. Marmonier CH Le Mans Microbiologie
O. Mimoz CHU Poitiers Réanimation
M. Rothan-Tondeur CHU, Hôp Charles-Foix, Paris Cadre hygiéniste
F. Rousselot Clinique St-Germain, Brive-La-Gaillarde Urologie

Experts
C. Auboyer CHU Saint-Etienne Anesthésie-Réanimation
Ph. Berthelot CHU Saint-Etienne Hygiène
G. Cariou Hôpital des Diaconesses, Paris Urologie
F. Caron CH Charles Nicolle, Rouen Infectiologie
J.D. Cavallo HIA Bégin, Saint-Mandé Microbiologie
B. de Wazières Hôpital Gaston Doumergue, Nîmes Médecine interne
P. Denys Hôpital Raymond Poincaré, Garches Médecine physique et réadaptation
B. Durand-Gasselin CH Notre Dame de Bon Secours, Paris Gériatrie
E. Girou Hôpital Henri Mondor, Créteil Hygiène
A. Haertig GH Pitié Salpêtrière, Paris Urologie
P.A. Joseph GH Pellegrin, Bordeaux Médecine physique et réadaptation
B. Lejeune CHU Morvan, Brest Hygiène-Épidémiologie
A. Lepape CHU Lyon Sud, Pierre Bénite Réanimation
B. Lobel CHU Pontchaillou, Rennes Urologie
C. Michelet CHU Pontchaillou, Rennes Infectiologie
J.P. Mignard Clinique Ste-Jeanne d'Arc, Saint-Brieuc Urologie
G. Pinganaud CHU Xavier Arnosan Sud, Pessac Gériatrie
F. Richard CH Pitié Salpêtrière, Paris Urologie
M. Turco CHU, Saint-Etienne Anesthésie-Réanimation

Experts bibliographiques
S. Alfandari CHU Lille Hygiène
M. Butreau-Lemaire Hôpital Foch, Paris Urologie
E. Castel CHU Strasbourg Gériatrie
M. de Sèze CHU Bordeaux Médecine physique et réadaptation
M. Léone CHU Marseille Anesthésie-réanimation
P. Pavèse CHU Grenoble Infectiologie
P. Riegel CHU Strasbourg Microbiologie

L'organisation de cette conférence est rendue possible grâce à l'aide apportée par les laboratoires suivants que
la SPILF et l’AFU tiennent à remercier : Astra Zénéca, Abbott, Aventis, Bayer Pharma, Bristol-Myers Squibb,
GlaxoSmithKline, Merck Sharp & Dohme-Chibret, Pfizer, Produits Roche, Wyeth Lederlé.

Coordination logistique :
2M2 - 7, rue Bastienne 95160 Montmorency - France
Tél : 01 39 64 88 83 - Fax : 01 39 89 77 56 - e-mail : 2m2@[Link]

Texte court – Page 2


Conférence de consensus co-organisée par la SPILF et l’AFU
Infections urinaires nosocomiales – Mercredi 27 novembre 2002

Infections urinaires nosocomiales


TEXTE COURT

L’ensemble des recommandations données dans cette conférence de consensus a


été assorti d’une lettre correspondant à un niveau de recommandation et d’un
chiffre correspondant à un niveau de preuve adapté des recommandations de la
société Américaine de Maladies Infectieuses (IDSA) (Ref) et définis ci-dessous :

Catégorie Définition
Force de la recommandation

A Il est fortement recommandé de faire ..


B Il est recommandé de faire …..
C Il est possible de faire ou de ne pas faire
D Il est recommandé de ne pas faire
E Il est fortement recommandé de ne pas faire

Niveau de preuve

I Au moins un essai randomisé de bonne qualité

II Au moins un essai non randomisé, ou une étude de cohorte,


ou une étude cas/témoins, ou étude multicentrique, ou une
série historique ou au moins des résultats indiscutables
d’études non contrôlées

III Opinion d’expert, résultats d’une expérience clinique, étude


descriptive ou résultats d’un consensus de professionnels.

Ref : Kish, MA. Guide to development of practice guidelines. Clin Infect Dis. 2001; 32 :851 –854.

Introduction

L’infection urinaire représente selon les définitions actuelles environ 40%


des infections nosocomiales. Il s’agit d’un véritable problème de santé publique
qui en intéresse tous les acteurs.
L’infection urinaire est un terme consacré par l’usage. Il a l’avantage de
désigner immédiatement l’appareil atteint. Cependant il est contestable car il
laisse supposer que la maladie se situe seulement au niveau des urines elles-
mêmes ce qui n’est pas la réalité. Depuis les travaux de Kass (1956), les
définitions pratiques de l’infection urinaire sont basées sur le compte de germes
présents dans les urines. Cette présence signifie-t-elle nécessairement une
infection ?
Deux groupes de définitions coexistent (Conseil Supérieur d’Hygiène
Publique de France et Centers for Diseases Control aux USA). De plus les
circonstances de survenue très diverses, les facteurs de risque liés au terrain et
les modifications de l’écologie bactérienne, aussi bien du patient lui même que de
son environnement, rendent nécessaire de revoir ces définitions.

Texte court – Page 3


Conférence de consensus co-organisée par la SPILF et l’AFU
Infections urinaires nosocomiales – Mercredi 27 novembre 2002

Question I : définitions, physiopathologie,


diagnostic biologique et épidémiologie
des infections urinaires nosocomiales.

I. Définitions

Colonisation
L’arbre urinaire est normalement stérile à l’exception de la partie distale de
l’urèthre. Une colonisation correspond à la présence d’un (ou de plusieurs)
micro-organisme dans l’arbre urinaire sans qu’il ne génère par lui-même de
manifestations cliniques. Le concept de bactériurie asymptomatique est
indissociable de celui de colonisation et correspond à la même entité sans le
rattacher à une notion de seuil (ufc/ml). Le terme de colonisation est
préférable à celui de bactériurie asymptomatique.

Infection urinaire
Une infection urinaire correspond à l’agression d’un tissu par un (ou
plusieurs) micro-organisme, générant une réponse inflammatoire et des signes et
symptômes de nature et d’intensité variable selon le terrain. Elle associe :
- au moins un des signes suivants : fièvre (> 38°C), impériosité mictionnelle,
pollakiurie, brûlures mictionnelles ou douleur sus-pubienne, en l’absence d’autre
cause infectieuse ou non,
- à une uro-culture positive.
La pertinence des données cliniques et biologiques est à apprécier en
fonction des différentes situations.

Infection urinaire nosocomiale


Une infection urinaire est dite nosocomiale lorsqu’elle est acquise dans
une structure de soins (sans exclusive) ou d’une manière plus générale reliée à
la prise en charge du patient. L’origine des bactéries nosocomiales est endogène
(flore du patient) dans les deux tiers des cas.
Les mêmes concepts s’appliquent à la colonisation.

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Conférence de consensus co-organisée par la SPILF et l’AFU
Infections urinaires nosocomiales – Mercredi 27 novembre 2002

II – Physiopathologie

L’arbre urinaire est normalement stérile, à l’exception de la flore des


derniers centimètres de l’urèthre distal qui est diverse et reflète à la fois la flore
digestive (Entérobactéries, streptocoques, anaérobies), la flore cutanée
(staphylocoques à coagulase négative, corynébactéries) et la flore génitale
(lactobacilles chez la femme).

A – Mécanismes d’acquisition

1 - MECANISMES D’ACQUISITION DES IUN en l’absence de sonde


Le mécanisme principal est la voie ascendante comme dans les infections
communautaires.

2 - MECANISMES D’ACQUISITION DES IUN en présence de sonde

Quatre mécanismes sont possibles :


- Acquisition lors de la mise en place de la sonde
- Acquisition par voie endoluminale
Cette voie de contamination était jadis dominante avec le "système
ouvert". Les IUN restent évidemment possibles en particulier en cas de
violation du système clos.
- Acquisition par voie extraluminale ou périuréthrale
Depuis l’instauration des systèmes clos, cette voie de contamination est
largement dominante. Les bactéries d'origine digestive colonisent le
périnée puis migrent vers l'urèthre et la vessie par capillarité dans le fin
film muqueux contigu à la surface externe de la sonde.
- Acquisition par voie lymphatique ou hématogène
Cette porte d’entrée est incontestable mais certainement mineure.

L'incidence journalière d'acquisition d'une IUN sur sonde a beaucoup


diminué avec les systèmes clos, variant selon les situations de 3 à 10 % par jour
de sondage, avec un risque cumulé de 100 % après 30 jours de sondage.

3 - CAS PARTICULIERS
- IU après cystoscopie et autres manœuvres intra-vésicales
- IU sur cathéter sus-pubien
- IU sur étui pénien
- IU après lithotritie extra-corporelle

B – Facteurs de promotion des IUN

1 - ROLE DES SONDES ET AUTRES DISPOSITIFS DANS LA PROMOTION


DE L'IU
- Altérations des moyens de défense vésicale : par action mécanique
sur l’endothélium et la couche de mucopolysaccharides acides.
- Perturbations du transit urinaire : avec quasi-constamment un
résidu minime.
- Production d’un biofilm : enduit d’origine bactérienne qui se dépose
sur toute la surface de la sonde qui soustrait les bactéries de l’action des
défenses immunitaires et des antibiotiques.

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Conférence de consensus co-organisée par la SPILF et l’AFU
Infections urinaires nosocomiales – Mercredi 27 novembre 2002

2 - ROLE DU MANUPORTAGE
Le manuportage (par le personnel, le patient voire la famille) est un
facteur certain de diffusion de bactéries nosocomomiales.

III – Diagnostic biologique

A – Examen cytobactériologique des urines (ECBU)

1 - RECUEIL, CONDITIONS DE CONSERVATION ET DE TRANSPORT DES


URINES
La ponction sus-pubienne fournit les prélèvements les plus représentatifs
de l’urine intra-vésicale. D’autres méthodes de prélèvement (prélèvement dit à
la volée en milieu de jet, par ponction directe de l’opercule spécifique de la
sonde urinaire, recueil par sondage urinaire chez les femmes incontinentes, chez
les hommes par étuis péniens), moins invasives et adaptées aux différentes
situations cliniques, sont utilisables avec un niveau de fiabilité acceptable. Pour
ces dernières, les conditions de prélèvement peuvent influer sur le niveau de
contamination du prélèvement (nécessité d’une toilette convenable des organes
génitaux externes en l’absence de sonde, désinfection de l’opercule de la sonde).
Des conditions adéquates de transport et de conservation sont encore plus
importantes à respecter (rapidité : moins de 2 heures à température ambiante)
si l’on veut éviter une contamination gênante pour l’interprétation de l’ECBU. La
conservation des urines à 4°C pendant 24 heures est une alternative sans
influence sur la bactériurie.

2 - INTERPRETATION
La limite de quantification des bactéries et des levures urinaires par la
méthode usuelle est égale à 103 ufc/ml. En conséquence, une bactériurie ou une
candidurie est à prendre en considération si elle est ≥ 103 ufc/ml sous respect
strict des conditions de prélèvement, de transport et d’analyse des urines.
Le terme qualitatif de pyurie, du fait de son imprécision, doit être
abandonné au profit d’une mesure quantitative des leucocytes (leucocyturie).
La leucocyturie (quantification des leucocytes urinaires à la cellule après
homogénéisation des urines) n’a pas d’intérêt chez le patient sondé (D – II).
Chez un patient symptomatique sans sonde, l’association d’une bactériurie
≥ 103 ufc/ml à une leucocyturie ≥ 104 /ml est fortement évocatrice d’une infection
(A – II).

B – Usage de la bandelette urinaire


L’intérêt essentiel du dépistage par les bandelettes urinaires réside dans
sa praticabilité au lit du malade et dans sa valeur prédictive négative (VPN).
La bandelette urinaire ne peut pas être utilisée pour le dépistage d’une
bactériurie chez un patient porteur de sonde (E – II).
L’utilisation de la bandelette chez le sujet âgé non sondé est une méthode
fiable sous réserve du respect des conditions d’utilisation de la bandelette (B –
II).

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Infections urinaires nosocomiales – Mercredi 27 novembre 2002

IV – Epidémiologie
Les données épidémiologiques disponibles se heurtent toutes à plusieurs
écueils :
- l’hétérogénéité des populations étudiées et des méthodologies retenues,
- la non distinction de l’infection et de la colonisation urinaires.
Par ailleurs, certaines données sont inexistantes, exemple : maison de
retraite médicalisée, hospitalisation à domicile.

1 - PREVALENCE
Les résultats des deux enquêtes nationales 1996 et 2001 ont montré
respectivement des taux de prévalence de 2,8 % et 2,6 %. Ceci place les
infections urinaires nosocomiales au premier rang des infections acquises à
l’hôpital soit respectivement 36,3 % et 42,7 %.Ces données sont comparables
aux taux internationaux. Mais ces chiffres globaux ne font pas la distinction entre
infection et colonisation.
Par ailleurs, il faut souligner que plus des trois-quarts des “ infections ”
recensées restent asymptomatiques.
Les centres de Long Séjour pour personnes âgées et ceux qui accueillent
des malades neurologiques présentent un taux d’IUN élevé et constituent un
réservoir de BMR.
En chirurgie, les IUN se rencontrent surtout après chirurgie urologique. La
généralisation du contrôle de la stérilité pré-opératoire des urines associée à
l’usage raisonné de l’antibioprophylaxie a entraîné une diminution drastique de
ces IUN.

2 - INCIDENCE
Les enquêtes d’incidence sont de réalisation difficile. Elles sont plus
pertinentes et devraient donc être privilégiées.

3 - EPIDEMIOLOGIE BACTERIENNE ET FONGIQUE DES IUN


Si E. coli reste prédominant dans la majorité des études, sa fréquence
relative est beaucoup plus basse que dans les infections communautaires, au
profit d’autres micro-organismes, notamment Enterococcus sp, Pseudomonas sp,
Staphylococcus sp et levures.
Trois points méritent d’être soulignés :
- une plus grande disparité par comparaison aux IU communautaires,
- une fréquence élevée de souches résistantes aux antibiotiques,
- un rôle croissant des levures.

4 - RESISTANCE AUX ANTIBIOTIQUES


Le taux de BMR est plus élevé parmi les souches nosocomiales
comparativement aux souches communautaires. Il est particulièrement
préoccupant dans certaines circonstances : par exemple : patients blessés
médullaires en hospitalisation complète, patients institutionnalisés.

5 - MORBIDITE, MORTALITE ET COUT INDUITS PAR LES IUN


Les IUN sont souvent asymptomatiques (80 %).
La sur-mortalité qui leur a été imputée est seulement le marqueur des co-
morbidités associées. Deux grandes études récentes n’ont pas montré de sur-
mortalité.
Leur surcoût reste important.
Leur gravité essentielle tient au réservoir microbien qu’elle constitue.

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Question II : Qui traiter, quand et comment


traiter ?

I – Qui traiter ?

1. La colonisation urinaire n’est pas l’indication d’un traitement systématique


par les antibiotiques, que le patient soit sondé ou non, diabétique, âgé ou ayant
une vessie neurologique. A I
Cependant le traitement d’une colonisation urinaire pourrait être justifié dans
certains cas particuliers :
- sujets chez lesquels la colonisation urinaire est un facteur de risque de morbi-
mortalité : neutropéniques, immunodéprimés et femmes enceintes. A
- patients en situation pré-opératoire : chirurgie et explorations urologiques,
mise en place de prothèses. B II
- patients porteurs d’une prothèse articulaire, vasculaire ou cardiaque lors de
manœuvres invasives. C III
- épidémie à bactérie multi-résistante dans une unité hospitalière, en
concertation avec le CLIN. B

2. Toutes les IUN bactériennes justifient un traitement, que les sujets soient
porteurs ou non d’une sonde urinaire. A

II – Quand et comment traiter ?

1. La levée d’un obstacle et la lutte contre un résidu vésical sont deux


éléments essentiels dans la prise en charge thérapeutique. A III

2. Le choix raisonné de l’antibiothérapie repose sur la nature du (ou des)


micro-organisme(s) et de sa (ou leur) sensibilité aux antibiotiques. A II
Les infections urinaires mettent rarement en jeu le pronostic vital. A II
En l’absence de signe de gravité et d’un terrain particulier, la mise en œuvre de
l’antibiothérapie doit être différée et reposer sur les données de l’antibiogramme.
B
En cas d’infection parenchymateuse sévère (pyélonéphrite, prostatite, orchi-
épididymite), le traitement empirique immédiat repose sur les données de
l’examen direct et la connaissance de l’écologie locale. Ce traitement doit être
systématiquement réévalué dès l’obtention de l’antibiogramme. Il faut choisir un
antibiotique au spectre le plus étroit possible, ne favorisant pas la sélection de
bactéries résistantes. A III

Les associations d’antibiotiques doivent être réservées au traitement des


infections urinaires ayant des signes de gravité (choc septique) ou dûes à
certaines bactéries (Pseudomonas aeruginosa, Serratia marcescens ou
Acinetobacter baumanii).
Cette bithérapie doit être limitée à la période initiale la plus à risque. A III

Texte court – Page 8


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Infections urinaires nosocomiales – Mercredi 27 novembre 2002

Les aminopénicillines sont actives sur la majorité des entérocoques en France.


Les uréïdopénicillines sans addition d’inhibiteurs de bêta-lactamases sont
régulièrement actives sur les entérocoques. Lorsqu’elles sont actives sur les
entérobactéries et P. aeruginosa (en fonction de l’antibiogramme), elles sont
recommandées.
Les fluoroquinolones ne sont pas actives sur les entérocoques. Malgré leur
efficacité sur les bactéries à gram négatif rencontrées dans les IUN, leur
utilisation doit être raisonnée afin de contrôler l’émergence de résistances.
Les céphalosporines à large spectre, et l’association d’une uréidopénicilline à un
inhibiteur de bêta-lactamases, doivent être systématiquement testées
conjointement à la ceftazidime et à l’aztréonam sur P. aeruginosa, pour proposer
une alternative aux carbapénèmes dont la pression de sélection est significative.

3. La durée du traitement est fonction du site de l’infection. Les infections


urinaires sans atteinte parenchymateuse avec ou sans sonde urinaire bénéficient
d’un traitement court (inférieur ou égale à 7 jours). La pyélonéphrite ou l’orchi-
épididymite relève d’une traitement de 10 à 14 jours. La prostatite aiguë doit
être traitée au moins 3 semaines. A II

4. Une diurèse quotidienne d’1,5 litre doit être assurée. Il n’y a pas d’intérêt à
obtenir une hyperdiurèse. E II

5. Il faut retirer la sonde urinaire, ou la changer lorsque le drainage est


indispensable.
Dans le cas des vessies neurologiques et/ou distendues, le sondage intermittent
est supérieur au sondage permanent. A II
Le moment du retrait ou du changement de la sonde par rapport à l’initiation de
l’antibiothérapie est controversé. C III
L’irrigation - lavage dans le traitement de l’infection urinaire chez le patient
sondé ou non doit être proscrite. E I

6. Candiduries nosocomiales A I
Il n’y a pas d’indication de traitement antifongique systématique des
colonisations à Candida sp.
Dans les infections à Candida sp ou chez un patient à risque : neutropénique,
transplanté rénal, mise en place d’une prothèse endovasculaire ou ostéo-
articulaire, chirurgie urologique, le remplacement ou l’ablation de la sonde est
requis. Toute antibiothérapie antibactérienne doit être interrompue si elle n’est
pas indispensable.
Chez le malade de réanimation présentant plusieurs sites colonisés, la candidurie
peut être un marqueur de candidose disséminée.

Texte court – Page 9


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Question III : Mesures de prévention

I – Généralités

Les indications et la durée du sondage vésical à demeure doivent être limitées au


maximum et reconsidérées chaque jour (A II).

Lorsque des patients sondés sont infectés ou colonisés, leur isolement


géographique est recommandé (A II).

L'efficacité d'un programme de surveillance épidémiologique et de prévention des


infections est démontré (B II).

La désinfection des mains par friction hydroalcoolique est fortement préconisée


(A II).

Il est recommandé de promouvoir la désinfection des mains par un programme


de formation continue (A II).

Le port permanent de gants non steriles sans changement entre les malades est
à proscrire (E II).

II – Chez le patient sondé

Le principe du système clos doit être impérativement mis en place (A II).

La pose de la sonde à demeure doit être réalisée avec asepsie (désinfection des
mains, gants stériles, matériels stériles) (CIII).

La toilette quotidienne doit être réalisée avec un savon doux médical (BII).

Le sac de recueil des urines doit être maintenu en position déclive (BIII).

Le changement routinier et programmé de la sonde n'est pas préconisé (D III).

Le lavage–irrigation (hors manœuvre urologique) n'est pas préconisé (E II).

Les Cathéters enduits d'antibiotiques (minocycline-rifampicine) n'ont pas fait la


preuve de leur efficacité (E I).

Les cathéters imprégnés d'argent n'ont pas fait la preuve de leur efficacité (D
III).

Il n'est pas nécessaire d’instiller des antiseptiques dans les sacs de recueil des
urines (D III).

Texte court – Page 10


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L’adjonction d’un “antimicrobien” au lubrifiant pour l’insertion de la sonde n’a pas


d’intérêt (DIII).

III – Alternatives au sondage à demeure

Le Cathéter sus-pubien en alternative au sondage à demeure au long court n'a


pas montré sa supériorité (D III).

L'etui pénien en alternative au sondage à demeure est préférable lorsque il est


médicalement possible (B III).

Le sondage intermittent en alternative au sondage à demeure est préférable (C


III).

L'Echographie sus-pubienne est préférable au sondage pour mesurer le résidu


vésical (BIII).

IV – Spécificité chez la personne agée

Il existe très peu de travaux scientifiques spécifiques à la prévention des IUN en


gériatrie, la plupart des recommandations étant des avis d'experts.

Il faut promouvoir la rééducation comportementale chez la personne âgée (B


III).

Chez la personne âgée le sondage intermittent en alternative au sondage à


demeure est préférable quand il est possible (B III).

V – Spécificité chez le patient ayant une vessie neurologique

L’adaptation du mode mictionnel est un élément essentiel (A II).

L’autosondage propre doit être préféré à la méthode de l’hétérosondage (B II).

Les sondes auto ou prélubrifiées peuvent être utilisées pour l'autosondage (B


III).

La désinfection du méat avant l'autosondage n'est pas nécessaire ( D III).

L'antibioprophylaxie sous autosondage n'est pas recommandée (E II).

Le jus de canneberge est susceptible de prévenir les infections urinaires chez le


patient neurologique (C III).

L'acide ascorbique est susceptible de prévenir les infections urinaires chez le


patient neurologique (C III).

Texte court – Page 11


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Infections urinaires nosocomiales – Mercredi 27 novembre 2002

Le cathéter sus pubien peut être une alternative à la sonde à demeure chez le
traumatisé médullaire avec vessie neurologique (B II).

Le sondage intermittent doit être préféré à la sonde à demeure chez les patients
avec une vessie neurologique (B II).

L’inoculation intravésicale d'E. coli non pathogène est en cours d'évaluation dans
la prévention des colonisations urinaires chez les patients avec une vessie
neurologique.

VI – Infection urinaire nosocomiale en chirurgie

Le sondage à demeure pour césarienne n'est pas recommandé (D III).

Le sondage intermittent est préférable à la sonde à demeure en postopératoire


en chirurgie orthopédique prothétique (B II).

Le cathéter sus-pubien en post opératoire immédiat (en dehors de la chirurgie


urologique) est préférable à la sonde à demeure de courte durée (B II).

Une antibioprophylaxie n'est pas préconisée pour la cystoscopie à visée


diagnostique isolée (E I).

Il est nécessaire de dépister et traiter les colonisations urinaires préalablement à


un acte diagnostique du bas appareil urinaire (A II).

Une antibioprophylaxie est nécessaire pour la résection endoscopique de prostate


(A I).

Il est nécessaire de dépister et traiter les colonisations urinaires avant l'ablation


d’une sonde double J (JJ), (A III).

L’intérêt de l'antibioprophylaxie en cas d'ablation d’une sonde en double J (JJ)


n’est pas établi (C III).

L'Antibioprophylaxie est nécessaire en cas de biopsie de prostate (A II).

L'antibioprophylaxie ne doit pas être prescrite en cas de lithotritie


endocorporelle à urines stériles (D II).

Texte court – Page 12

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