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Lumières : Savoir et Émancipation Collective

L'essence des Lumières se trouve dans l'idée que la diffusion du savoir entraînera le progrès commun. Ici se trouve leur universalisme. Tout être humain peut penser par lui-même et le savoir doit donc s'adresser à chacun. Le but des Lumières est de libérer les hommes par le développement de leur esprit critique. L'écueil a pour origine que cette autonomie ne peut pas concerner uniquement l'individu. Pour l'homme seule la force des préconceptions est un obstacle infranchissable. En revanche, la totalité des lecteurs peut s'éduquer au moyen de l'effort de quelques uns à répandre les idées d'indépendance et de raison.

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Lumières : Savoir et Émancipation Collective

L'essence des Lumières se trouve dans l'idée que la diffusion du savoir entraînera le progrès commun. Ici se trouve leur universalisme. Tout être humain peut penser par lui-même et le savoir doit donc s'adresser à chacun. Le but des Lumières est de libérer les hommes par le développement de leur esprit critique. L'écueil a pour origine que cette autonomie ne peut pas concerner uniquement l'individu. Pour l'homme seule la force des préconceptions est un obstacle infranchissable. En revanche, la totalité des lecteurs peut s'éduquer au moyen de l'effort de quelques uns à répandre les idées d'indépendance et de raison.

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Contraction de texte

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On peut estimer que l’unité des Lumières réside dans la conviction qu’une large diffusion du savoir
permettra une amélioration collective des conditions de vie. […] C’est là que réside l’universalisme
des Lumières : en théorie, chacun est capable de penser de façon autonome, et le savoir doit donc
être destiné à tous, à travers l’éducation et grâce à l’imprimé. […]

Pour l’essentiel, et malgré des divergences sur la façon d’y parvenir, les écrivains des Lumières
partageaient le souci de diffuser les connaissances et de s’adresser à un large public. Leur objectif
n’est pas tant de convaincre le public le plus large que de lui donner les outils de la critique, c’est-à-
dire de contribuer à l’émancipation 10 individuelle et collective. Ce désir d’émancipation, que l’on
associe à juste titre aux Lumières, passe donc par le savoir, par la connaissance : celle-ci est un
préalable à toute émancipation politique future. Mais une difficulté surgit aussitôt.

Si cet accès à l’autonomie est fondamentalement individuel au sens où il implique la capacité de

chacun à penser librement, à discerner l’erreur de la vérité, il est aussi nécessairement collectif. C’est
un point qu’Emmanuel Kant a bien mis en évidence. Après avoir défini l’Aufklärung (« les Lumières »
en allemand) comme la « sortie de l’homme hors de l’état de minorité », il précise que cette
émancipation intellectuelle est presque impossible pour chaque homme pris séparément, à cause de
la force des préjugés.

En revanche, « le public », pris comme un ensemble de lecteurs, peut s’éclairer grâce au rôle actif du
petit nombre de ceux qui ont su « rejeter le joug » de la tradition et qui pourront, grâce à la liberté
d’expression, propager autour d’eux le principe de l’indépendance et de la raison.

Autant dire que les « Lumières » ne se propagent pas spontanément. L’Aufklärung est un phénomène
social, collectif, historique, qui implique que certaines personnes puissent éclairer les autres, leur
montrer la voie, dissiper le prestige des fausses croyances. Ce rôle essentiel des intellectuels (les «
philosophes » en France, les Aufklärer en Allemagne) est au cœur du projet émancipateur des
Lumières. Mais comment s’assurer que ces philosophes réussiront à diffuser leur sens critique, c’est
à-dire les connaissances nécessaires pour juger raisonnablement ?

On pense habituellement que le problème des écrivains des Lumières est qu’ils devaient braver le
pouvoir de la censure monarchique et des autorités ecclésiastiques.

De fait, Diderot fut emprisonné pendant quelques mois à Vincennes en 1749 et en sortit
durablement traumatisé. Rousseau passa dix ans de sa vie à fuir à travers l’Europe, après la
condamnation de L’Émile et du Contrat social en 1762. Mais il était aussi possible, à condition d’être
prudent, de publier des ouvrages vigoureusement hétérodoxes tout en jouissant d’une paisible
tranquillité, comme le fit le baron d’Holbach, dont les traités d’athéisme étaient publiés
anonymement et furent des succès de librairie, sans que lui-même fût jamais menacé.

Plus inquiétant que la censure était le public lui-même. Dès lors que les écrivains 40 ont eu recours à
l’imprimé ils sont entrés dans un nouvel espace de communication qu’ils étaient loin de maîtriser et
qui s’est révélé bien différent du monde des salons ou de celui des manuscrits clandestins auxquels
ils étaient habitués. Le XVIIIème siècle a été marqué par une hausse rapide de l’alphabétisation, du
moins dans les villes, une multiplication des livres, des libelles4 et des journaux, une véritable
évolution des usages et des pratiques de la lecture. Or, les écrivains des Lumières n’entretenaient pas
une vision idéalisée de l’opinion publique. Certes, beaucoup d’entre eux croyaient fermement aux
vertus de l’imprimerie et de la publicité (à entendre ici dans son sens du XVIIIème siècle, c’est-à-dire
le fait d’être public, connu de tous). […]

En vérité, les philosophes portaient souvent un jugement plus nuancé, parfois même explicitement
pessimiste, sur la formation de l’opinion publique. Si l’essor de l’imprimé leur permettait de diffuser
leurs idées, il favorisait aussi l’imitation, l’enthousiasme, voire la crédulité. L’espace public qui prenait
forme sous leurs yeux était bien différent de l’espace savant de la République des lettres régulé par
le jugement des pairs. Comment s’assurer que les lecteurs lisent les bons livres, qu’ils ne soient pas la
proie des charlatans et des démagogues ? Pourraient-ils se repérer dans le flot de livres qui
s’efforçaient plus de flatter les goûts du public que de l’éclairer ? « La multitude des livres nouveaux
qui ne nous apprennent rien, nous surcharge et nous dégoûte », se plaignait Voltaire dans une lettre
à Diderot du 8 septembre 1776.

793 mots
Antoine Lilti, « Lumières. Peut-on éduquer le peuple ? », L’Histoire, n°463, septembre 2019.

Correction/Version finale

L'essence des Lumières se trouve dans l'idée que la diffusion du savoir entraînera le progrès commun. Ici se
trouve leur universalisme. Tout être humain peut penser par lui-même et le savoir doit donc s'adresser à
chacun. Le but des Lumières est de libérer les hommes par le développement de leur esprit critique.
L'écueil a pour origine que cette autonomie ne peut pas concerner uniquement l'individu. Pour l'homme
seule la force des préconceptions est un obstacle infranchissable. En revanche, la totalité des lecteurs peut
s'éduquer au moyen de l'effort de quelques uns à répandre les idées d'indépendance et de raison.

La propagation des «Lumières» ne se fait donc pas toute seule mais est un mouvement collectif. Le rôle des
philosophes est alors prépondérant. D'ordinaire on s'imagine que la difficulté réside dans la censure des
autorités politiques ou religieuses. Il était toutefois possible de publier des livres aux idées non admises
sans en être inquiété personnellement.

Le public représentait une plus grande menace que la censure. Les auteurs étaient relativement sévères
quant à l'éducation de l'opinion publique. L'imprimerie permettait de répandre leurs idées mais également
d'autres formes de croyances. Il n'y avait plus d'instance d'évaluation de la qualité des travaux. (217 mots)

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