La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de
Gouges : « Homme es-tu capable d’être juste ? »
Introduction :
DDFC d’OdG / Contexte révolutionnaire
Pastiche → DDHC
→ Extrait qui vient avant le « préambule » et après la dédicace à la Reine.
→ Évocation de l’inégalité et l’injustice entre les sexes.
1er mvt : Remise en cause de la domination masculine tyrannique par une
adresse directe
Adresse directe à Attaque polémique de la L’amorce de la thèse
l’« Homme » tyrannie des hommes
« Homme » (l.1) De G. « es-tu capable d’être Cette adresse brutale sert
s’adresse à un potentiel juste ? » l’autrice met en à amener la thèse : la
lecteur de sexe masculin doute la moralité de nature n’a pas d’exemples
ou à la catégorie l’Homme de tyrannie d’un sexe à
universelle masculine l’autre.
(sexe dominant ce qui
souligne la majuscule)
« Homme » (l.1) fait Elle le soupçonne de De G. utilise une Nature
opposition au statut de vouloir lui retirer le déiste (la Nature incarne
« femme » (l.2) « droit » d’interroger et la Volonté d’un
d’exercer sa liberté « créateur », dont la
d’expression (l.2-3) perfection est valorisée
par les termes élogieux)
→ interpeller avec Elle interroge la légitimité Elle met les
provocation grâce à du sexisme en énumérant révolutionnaires face à
l’apostrophe (l.1), verbes à les causes possibles de leur contradiction.
l’impératif et énumération cette supériorité que s’est Ils ont utilisé l’argument
de questions rhétoriques arrogée l’Homme « Qui t’a de la nature pour
(l.1-5) donné ? » « Ta force ? Tes restreindre le pouvoir des
talents ? » femmes.
Tutoiement → volonté Le lexique dominant est
d’égalitarisme/de celui de la contrainte,
proximité ou relever la soulignant l’injustice d’un
tonalité polémique pouvoir abusif et
tyrannique
Elle met l’Homme au défi
« si tu l’oses » de prouver
la légitimié de son statue
dominant
2e mvt : Justification de la thèse par les exemples naturels
La poursuite du ton polémique La nature comme modèle d’égalité
Énumération de verbes à l’impératif Tous les verbes sont associés à l’action
(déjà vu) qui se mêlent à une intellectuelle d’observation, d’analyse
provocation ironique sur l’incapacité et de déduction
des hommes à se remettre en
question et à accepter « l’évidence »
(l.13)
Le lexique naturel comprend aussi bien
les éléments naturels visibles (animaux,
végétaux) qu’invisible (« matière
organisée », « administration »), son
harmonie, son unité et sa perfection
(« coopèrent », « un ensemble
harmonieux », « chef-d’œuvre
immortel »).
L’anaphore de l’adverbe « partout »
montre que son argument est
universel, et a valeur d’argument
d’autorité
3e mvt : Déduction de la thèse : L’Homme se croit supérieur à la nature
Une déduction logique Une attaque de Un rappel ultime de la
accusatrice l’aveuglement masculin revendication des
femmes
Ce recours au modèle L’énumération qui suit Les femmes disposent
de la nature lui permet propose un blâme des mêmes « facultés
d’en faire une déduction brutal de l’Homme : intellectuelles ».
logique : l’Homme stupide, ignorant, La contrainte masculine
s’étant soustrait à orgueilleux, l’Homme a est donc anti-naturelle
l’ordre naturel en se perverti l’ordre sain de et injuste.
croyant dans son orgueil la nature, en utilisant de De G. conclut par le
une « exception », il a manière malhonnête la rappel de sa
fait triompher un ordre sagesse et la raison des revendication, en tant
anti-naturel, donc Lumières que porte parole de son
anormal, arbitraire et « sexe » : les femmes
absurde. veulent faire partie
prenante de la
« Révolution » et
réclament l’égalité.
Conclusion : Comment O. de G. utilise-t-elle le modèle de la nature pour
combattre l’inégalité des sexes ?
Cette première diatribe, adressée à l’Homme, est extrêmement polémique
et provocatrice, puisque O. de G. ordonne avec force à l’Homme de justifier
la légitimité de son oppression en lui trouvant un fondement naturel
(réutilisant donc contre lui l’argument révolutionnaire du droit naturel). Or,
elle affirme que la nature, caractérisée par sa perfection et son harmonie, ne
distingue pas les sexes. La nature devient donc un argument d’autorité pour
prouver que l’inégalité entre les sexes est anti-naturelle et doit donc être
abolie.
Cette défense de l’égalité passe par des procédés argumentatifs variés :
d’une part, O. de G. propose un raisonnement logique proche du syllogisme
(convaincre) mais elle use également des moyens du pamphlet (adresse
directe, ironie, provocations, blâme) et cherche à susciter indignation et
remise en question (persuader).
La « nature » et la « raison » seront d’ailleurs de nouveau exploités dans la
rédaction de la DDFC en elle-même, notamment à l’article IV, où elle
condamne les « bornes » de la liberté féminine : « ces bornes doivent être
réformées par les lois de la nature et de la raison ».