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Introduction à la Physique Nucléaire

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Introduction à la Physique Nucléaire

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PHY244 - ANNÉE 2022-2023 : INTRODUCTION A LA PHYSIQUE NUCLÉAIRE

Support de cours du Dr BONGUE DANIEL


[Link]
La physique nucléaire est l’étude du noyau atomique et des interactions dont il est le siège.

CHAPITRE I : Concepts de base de la physique nucléaire


1.1. Les particules fondamentales et particules composites
On appelle particule fondamentale (ou élémentaire), toute particule qui ne présente pas de sous
structure en l'état actuel des connaissances de la physique. Exemple l’électron. Lors d'un choc ou d'une
interaction, la particule fondamentale se comporte comme un tout et ne peut pas se disloquer.
A l'inverse on appelle particule composite ou Hadron toute particule constituée d’une association de
plusieurs particules fondamentales. Exemple : le Proton. Les hadrons peuvent se disloquer en plusieurs
parties.

1.2 Numéro atomique et nombre de masse


La matière est constituée d’atomes.
Les atomes ont des dimensions qui se chiffrent en Å (angström) (1 Å = 10-10 m = 100 pm = 0,1 nm).
Les diamètres des atomes sont de l’ordre de l’Å, c'est-à-dire de quelques centaines de pm (1 pm = 10-12m).
Le rayon empirique de l’atome d’hydrogène est ainsi de 35 pm et celui de l’uranium de 175 pm.
Un atome contient des électrons (e-) et un noyau. Ce dernier est constitué de nucléons (protons et
neutrons). Le noyau d’hydrogène est le proton lui-même.
Le nombre total de nucléons du noyau d’un atome, est appelé le nombre de masse noté A.
Le nombre de protons Z, est appelé le numéro atomique.
Le nombre de neutrons est donc égal à N = A - Z.
Le neutron est une particule électriquement neutre.
Le proton porte une charge élémentaire positive +e. (e = 1,602177 × 10-19 C)
La charge du noyau d’un atome de numéro atomique Z et de nombre de masse A est +Ze.
L’atome est électriquement neutre car il y a Z électrons dans son cortège électronique.
Les électrons déterminent les propriétés chimiques de l’atome.
Il est d’usage de noter un élément X quelconque, possédant Z protons et A nucléons par : 𝐴 𝑍𝑋
La plupart du temps on remplace X par le symbole chimique de l'élément.
On a par exemple: 42𝐻𝑒. 19779𝐴𝑢
238
92𝑈.
On précise parfois le nombre de neutrons en haut à droite 𝐴 𝑁
𝑍𝑋 . Mais ce n’est pas nécessaire car N = A - Z.
On a ainsi 235
92𝑋
143
.

Il arrive que l’on n’indique pas le numéro atomique Z puisque le symbole chimique permet de le
déterminer. Ainsi on peut écrire : 40Ca.
On désigne par nucléide, un ensemble de noyau ayant le même nombre de masse A et le même nombre
de charge Z. Exemple, le 11𝐻 est un nucléide, le 21𝐻 est un nucléide différent du précèdent le 168𝑂 est
un autre nucléide.
Lorsque A change, on passe à un autre nucléide, même s’il s’agit du même élément chimique. C’est pour
cette raison qu’il y a que 92 éléments chimiques naturels, mais plus de 330 nucléides naturels.
Certains nucléides sont dits stables. C’est-à-dire qu’ils ne se désintègrent pas au cours du temps. D’autres
sont dits instables ou radioactifs. C’est-à-dire qu’ils ne se désintègrent au cours du temps. On les appelle
les radionucléides.
Nucléides transuraniens : Des nucléides dont les numéros atomiques sont supérieurs à celui de
l'uranium, c'est-à-dire supérieurs à 92 sont appelés des Nucléides transuraniens. Ce sont tous des
radionucléides, produits artificiellement, au sein de réacteurs nucléaires pour les plus légers, et par des
accélérateurs de particules de certains laboratoires de recherche pour les plus lourds ou aussi par certaines
étoiles.
1
Les nucléides primordiaux, ou isotopes primordiaux, sont des nucléides présents sur la Terre depuis sa
formation. 288 de ces nucléides sont connus. Parmi eux, 254 sont des nucléides stables, les 34 autres sont
radioactifs avec une demi-vie suffisamment longue pour avoir survécu depuis la formation de la Terre, il
y a 4,543 milliards d'années.
Les nucléides radiogéniques (ou isotopes radiogéniques) sont des nucléides formés à partir d'un isotope
radioactif. Certains isotopes dans la nature sont entièrement radiogéniques, notamment les isotopes
radioactifs de demi-vies trop courtes pour pouvoir exister comme isotopes primordiaux . Ils sont alors
présents seulement comme produits radiogéniques, soit de désintégrations radioactives qui continuent,
soit de processus cosmogéniques (induits par les rayons cosmiques) qui les ont formés récemment.

1.3 VOLUME DU NOYAU


Le volume du noyau dépend du nombre de masse. En effet, les nucléons d'un noyau ont sensiblement la
même taille et sont tous sphériques. De plus, le noyau est compact : tous les nucléons sont aussi proches
les uns des autres que possible et l'empilement optimise l'espace utilisé. Le volume du noyau est donc
proportionnel au nombre de nucléons. Si on note V le volume du noyau et r son rayon, et on note Vo le
4
volume d'un nucléon, et ro son rayon . On a alors 𝑉 ∝ 𝐴𝑉𝑜 ⟹ 𝑉 ∝ 𝐴. 𝜋𝑟𝑜3
3
1.4 RAYON NUCLÉAIRE
4
Si on suppose que le noyau est sphérique, alors son volume est 𝑉 = 𝜋𝑟 3 , nous avons écrit ci-
3
dessus que
4 4 4 3
𝑉 ∝ 𝐴. 𝜋𝑟𝑜3 donc 𝜋𝑟 3 ∝ 𝐴. 𝜋𝑟𝑜3 ⇒ 𝑟 3 ∝ 𝐴𝑟𝑜3 ⇒ 𝑟 ∝ √𝐴. 𝑟𝑜
3 3 3
3
On écrit souvent : 𝑟 = √𝐴. 𝑟𝑜 .
Le rayon d'un nucléon est approximativement égal à 1,2 femtomètre. C'est une constante indépendante du
noyau considéré. Le noyau est donc extrêmement petit. Le rayon d'un noyau est 10 000 fois plus petit que
celui de l'atome : il ne vaut que 0,01 % du rayon total de l'atome. Ses dimensions se chiffrent en fermi
(fm) (1fm = 10-15 m).

1.5 DENSITÉ DE CHARGE NUCLÉAIRE


Une fois que l'on a calculé le volume du noyau, il est
facile de calculer sa densité. Et chose étonnante, les
expériences montrent que tous les noyaux ont la même
densité. De plus, la densité est constante à l'intérieur du
noyau. Cependant, le noyau n’est pas une sphère à bord
franc (comme l’est un ballon de football). La densité
bien que constante à l’intérieur du noyau, ne tombe pas
brutalement à zéro au bord. Il existe en fait une zone
diffuse d’environ 2, 2 fm, de valeur quasiment constante
pour tous les noyaux, dans laquelle la densité décroît
progressivement. Pour caractériser cette décroissance, on
introduit le paramètre d’épaisseur de peau « e ».
L’épaisseur de peau « e » est définie comme la largeur
de la couche dans laquelle la densité de charge passe de
90% à 10% de sa densité centrale 𝜌0 .
De ce qui précède, on constate que, Le problème de la définition d’un rayon pour
le noyau atomique est similaire au problème du rayon atomique, ni les atomes, ni
leurs noyaux n’ont de limites bien définies.
Comme pour un atome, le rayon d’un noyau n’est pas une quantité précisément
définie car la densité de matière ne tombe pas de manière abrupte à zéro
lorsqu’on arrive à la surface. (C’est-à-dire qu’on ne peut pas se représenter le
noyau comme étant un ballon de football présentant une surface bien définie).
2
Le rayon R du noyau est souvent défini comme la distance du centre au point où la densité diminue
de moitié ρ(R1/2) = 0/2
En résumé, on retiendra que le rayon du noyau peut être estimé de manière satisfaisante pour la
plupart des applications avec la formule r = r0 A1/3 (avec ro le rayon d’un nucléon) et que le bord du noyau
n’est pas franc mais comporte une peau dont l’épaisseur est d’environ 2,3fm.
On peut calculer une approximation de la densité du noyau assez facilement, sous quelques hypothèses.
1) On considère que le proton et le neutron ont la même masse m.
2) On suppose que la masse du noyau est égale à la somme des masses des nucléons: Mnoy = A. m .
3) On considère que la densité ρ est constante dans tout le noyau : on ne prend pas en compte la surface
du noyau où la densité baisse. On a alors, en utilisant les équations de calcul du volume vues plus
𝐴𝑚 𝐴𝑚 3𝑚
haut, 𝜌 = ∝ 4 ⇒𝜌∝ 4𝜋𝑟3𝑜
𝑉 𝐴3𝜋𝑟3𝑜
On retrouve le résultat qui veut que la densité soit indépendante du nombre de nucléons. Cependant, cette
estimation est très mauvaise, puisqu'elle ne prend pas en compte la pellicule extérieure où la densité
baisse. Pour cela, les physiciens calculent la densité du noyau à l'aide de la formule de Saxon-Woods,
𝜌0
𝜌(𝑟) = 𝑟−𝑅
1 + exp( 𝑎 )
où :
 𝜌0 est la densité au centre du noyau (calculée avec la formule précédente) ;
 r est la distance par rapport au centre du noyau ;
 R est le rayon du noyau, dans la partie où la densité est constante ;
 a est un paramètre proche de la longueur sur laquelle la densité chute rapidement en périphérie. Il est
approximativement de 0.54 femtomètres, et est le même pour tous les noyaux.

Épaisseur de la peau : L’équation précédente permet de déterminer l'épaisseur de la peau. Pour


cela, on peut reformuler la formule de Saxon-Woods comme suit :

𝜌0 𝜌(𝑟) 1 𝜌0 𝑟−𝑅 𝜌0 𝑟−𝑅


𝜌(𝑟) = 𝑟−𝑅
⇒ = 𝑟−𝑅
⇒ = 1 + exp ( )⇒ − 1 = exp ( )
1 + exp ( ) 𝜌0 1 + exp ( ) 𝜌(𝑟) 𝑎 𝜌(𝑟) 𝑎
𝑎 𝑎

𝜌0 𝑟−𝑅 𝜌0 𝜌0
𝑙𝑛 [ − 1] = ⇒ 𝑎 ∙ 𝑙𝑛 [ − 1] = 𝑟 − 𝑅 ⇒ 𝑎 ∙ 𝑙𝑛 [ − 1] + 𝑅 = 𝑟
𝜌(𝑟) 𝑎 𝜌(𝑟) 𝜌(𝑟)
𝜌(𝑟)
On peut ensuite calculer le rayons 𝑟1 pour lequel = 90% = 0,5 et le rayon 𝑟2 pour
𝜌 0
𝜌(𝑟)
Lequel = 10% = 0,1.
𝜌0

1 1
𝑟1 = 𝑎 ∙ 𝑙𝑛 [ − 1] + 𝑅 = 𝑎 ∙ 𝑙𝑛 ( ) + 𝑅 = −𝑎 ∙ 𝑙𝑛(9) + 𝑅
0,9 9
1
𝑟2 = 𝑎 ∙ 𝑙𝑛 [ − 1] + 𝑅 = 𝑎 ∙ 𝑙𝑛(9) + 𝑅
0,1
La différence entre ces deux rayons n'est autre que l'épaisseur de la peau e.

𝑒 = 𝑟2 − 𝑟1 = [𝑎 ∙ 𝑙𝑛(9) + 𝑅] − [− 𝑎 ∙ 𝑙𝑛(9) + 𝑅] = 𝑎 ∙ 𝑙𝑛(9) + 𝑎 ∙ 𝑙𝑛(9) = 2 ∙ 𝑎 ∙ 𝑙𝑛(9) ≈ 4,4𝑎

1.6 MASSE DES PARTICULES, CHARGE ÉLÉMENTAIRE.


La masse des particules constituant un atome sont :
• électron : me= 9,109389 × 10-31 kg
• proton : mp= 1,672623 × 10-27 kg
• neutron : mn= 1,674928 × 10-27 kg
• La charge élémentaire vaut : e = 1,602177 × 10-19 C
La valeur de ces masses est extrêmement petite, aussi utilise-t-on souvent l’unité de masse atomique (u).
Celle-ci est définie comme le 1/12e de la masse de l’atome de carbone 12C.
3
La masse d’un atome de carbone vaut donc 12 u.
Dès lors la masse d’un nucléon est de 1 u.
Le nombre d’Avogadro, N est défini comme le nombre d’atomes de 12C contenus dans 12 g de carbone,
c’est-à-dire dans une mole. On a donc : N = 6,0221367 × 1023 ce qui donne 1 u = 1,660538782 × 10−27kg.

1.7 RELATION MASSE-ÉNERGIE :


Einstein a montré qu’il y avait une équivalence entre l’énergie et la masse. Une particule de masse m au
repos possède une énergie de masse E donnée par la relation : E= mc2, où c est la vitesse de la lumière.
L'unité de l'énergie dans le Système International (SI) est le Joule (J). En physique microscopique, on
utilise préférentiellement une autre unité, l'électronvolt (eV), qui est « plus petite » que le joule.
Par définition, 1 eV représente l'énergie cinétique acquise par un électron initialement au repos, lorsqu'il
est accéléré par une différence de potentiel de 1 V, (W=qV), ainsi 1𝑒𝑉 = 1,6. 10−19 𝐽 . Le MeV (méga-
électron-volts) est un multiple de eV. 1 MeV = 106eV.
E= mc2 signifie que de la masse peut se transformer en énergie et vis versa. Ainsi, lorsque par exemple
un positron s’annihile avec un électron, deux photons gamma sont créés (phénomène utilisé lors d’une
tomographie par émission de positons (TEP)). De même une paire électron-positron peut être créée à
partir d’un photon ayant une énergie supérieure à 1,022 MeV. Dans le premier cas de la masse est
entièrement transformée en énergie, dans le second, de l’énergie est transformée en masse.
E= mc2 → m = E/c2 Si l’on utilise comme unité le MeV/c2, l’unité de masse atomique vaut :

1 u = 931,494028 MeV/c2≅ 931,5 MeV/c2


Avec ces nouvelles unités les masses des particules constituant le noyau sont :

• électron : me = 0,00054858 u ou 511 keV/c2


• proton : mp = 1,007276 u ou 938,2723 MeV/c2
• neutron : mn = 1,008665 u ou 939,5656 MeV/c2
Par abus de langage on donne souvent, en physique nucléaire, les masses en MeV mais il faut garder à
l’esprit qu’il s’agit de MeV/c2. Ce point peut être important dans certaines applications.
𝑚𝑝
= 1 836 Ainsi le proton est 1 836 fois plus lourd que l’électron.
𝑚𝑒
Le neutron est un peu plus lourd que le proton.
La différence de masse entre le neutron et le proton est 0,002305× 10-27 kg. Cette différence est 2,53 fois
la masse de l’électron.
Ces deux observations permettent de comprendre pourquoi un neutron peut se décomposer en un proton,
un électron et un antineutrino. ( 10𝑛 → 11𝑝 + 𝑒 − + 𝜈̅ ). Ceci est la base de la radioactivité 𝛽 − que nous
verrons dans un autre chapitre.

1.8 INTERACTIONS NUCLÉAIRES1 :


Au sein du noyau 3 forces interviennent :
- L’interaction électromagnétique : répulsive entre protons.
- L’interaction forte : tantôt attractive, tantôt répulsive. Elle agit à très faible distance
- L’interaction faible : ni attractive, ni répulsive. Elle est responsable de la transformation d'un
neutron en proton (radioactivité 𝛽 − ) ou d'un proton en neutron (radioactivité 𝛽 + ).
Interaction forte : Les nucléons sont liés par l’interaction forte. L’interaction forte est de très
courte portée, par comparaison avec l'intensité des forces électromagnétiques. A très courte portée,
l’interaction forte est suffisamment intense et attractive pour vaincre la répulsion coulombienne des
protons.
Si les protons et les neutrons sont différents en ce qui concerne l'interaction électromécanique, Ils
sont semblables face à l'interaction forte. Cette propriété est appelée l'indépendance de charge de la
1 « Interaction » = « Action entre » Une interaction est un échange mutuel de forces sans qu’il y ait un objet seul qui exerce une force sur l’autre.
4
force nucléaire forte. Ce fait, ainsi que la proximité de leurs masses justifient l'appellation de "nucléon"
pour les deux particules.
Remarque : L'expérience montre
que l’interaction forte peut être aussi bien
attractive que répulsive : tout dépend de la
distance entre les deux nucléons.
- Au-dessus de 2,5 fm, la force de
Coulomb entre protons est la seule force
significative.
- Entre 2,5 et 1,3 la force nucléaire
attractive prend le pas sur la force
coulombienne.
- Aux distances typiques de séparation
des nucléons (1,3 fm), la force attractive est
très intense. À ces distances, la force
nucléaire est plus intense que la force
coulombienne ; elle peut donc vaincre la
répulsion entre protons produite par la force
de Coulomb à l'intérieur des noyaux
atomiques.
Lorsqu’on est légèrement en dessous de 1,3 fm, la force décroît exponentiellement vers zéro.
- À de très faibles distances (très en dessous de 1,3fm), l’interaction forte devient par contre fortement
répulsive, ce qui empêche les nucléons de se coller et maintient une réelle séparation entre nucléons. En
conséquence, le noyau atomique est presque incompressible.
Tout cela peut se résumer avec le graphique ci-dessus, qui montre la valeur de la force entre deux
nucléons, exprimée en fonction de la distance qui les sépare. (Les forces attractives sont négatives et les
forces répulsives sont positives)
Le fait que la densité nucléaire soit constante dans le noyau comme on l'a vu plus haut, et qu'elle
soit la même pour tous les atomes vient du fait que l'interaction forte soit à courte portée : elle sature au-
delà d'une certaine distance. Ainsi, chaque nucléon n'interagit qu'avec ses voisins immédiats et pas avec
ceux à l'autre bout du noyau. Si ces forces étaient sensibles à forte distance, on aurait une concentration
des nucléons vers le centre (comme la concentration de particules dans un champ de gravité).
Interaction faible : Les principales forces à l'œuvre dans le noyau, celles attractives qui assurent sa
cohésion et celles répulsives entre charges électriques de même signe, sont incapables de transformer
neutrons en protons ou vis-versa et de produire des électrons, des positons, des neutrinos ou des
antineutrinos comme on l’observe dans la radioactivité 𝛽. La Nature a donc recours à un troisième type
d'interaction (ce terme est plus exact que celui de force) pour procéder à des désintégrations bêta ou à
des captures électroniques. Cette troisième interaction est appelée interaction faible.
La radioactivité 𝜷− suppose la transformation d'un neutron en un proton : 10𝑛 → 11𝑝 + 𝑒 − + 𝜈̅ .
La radioactivité 𝜷+ suppose la transformation d'un proton en un neutron: 11𝑝 → 10𝑛 + 𝑒 + + 𝜈.
La capture électronique est la transformation d'un proton en un neutron par capture d’un
électron qui se trouve sur les couches profondes de l’atome : 11𝑝 + 𝑒 − → 10𝑛 + 𝜈 .
L’interaction faible ne s’exprime pas en termes d'attraction/répulsion. Elle change la composition d’un
noyau en transformant un neutron en proton ou inversement. L’interaction faible se manifeste à très
courte portée, elle est même considérée comme ponctuelle. Elle agit sur toutes les particules connues, y
compris sur les neutrinos. Son intensité, comme son nom l’indique est bien inférieure à celle de
l’interaction forte (environ un million de fois) ainsi que de l’interaction électromagnétique (environ dix
mille fois). À l’échelle des noyaux, elle garantit un "certain" équilibre entre le nombre de protons et le
nombre de neutrons. Lorsque cet équilibre n’est pas énergétiquement favorable, elle cherche à le rétablir
grâce à la désintégration β,

5
1.9 POTENTIEL NUCLÉAIRE
La force nucléaire a des points communs assez forts avec la gravité, le magnétisme et l’électricité.
Notamment, ces forces proviennent chacune d’une source : objet massif pour la gravité, charge électrique
pour l’électricité, aimant pour le magnétisme, et nucléon pour la force nucléaire.
Pour la force nucléaire, chaque nucléon influence les nucléons environnants en leur fournissant
une énergie potentielle nucléaire, qui dépend entre autres de la distance avec la source. La force
nucléaire vient du fait que les nucléons tentent de minimiser leur énergie potentielle et se déplacent vers
l’endroit où elle est la plus faible, c’est à dire proche du nucléon à l’origine du potentiel.
Cette énergie potentielle est impossible à calculer à l’heure actuelle (année 2021), même si
diverses théories en donnent une approximation convenable. Historiquement, le premier modèle du
potentiel nucléaire créé par un nucléon a été inventé par Yukawa en 1935. Selon sa théorie, le nucléon
source émet des particules qui servent
d’intermédiaires pour la force nucléaire. Quand La physique des particules dit que lorsqu’il y a
un nucléon environnant absorbe ces particules interaction entre deux particules, A et B, elles
intermédiaires, il est attiré ou repoussé du nucléon s’échangent une troisième particule C appelée
source. En élaborant cette idée dans le cadre de la particule intermédiaire.
physique quantique, Yukawa trouva la formule Analogie: deux personnes, chacune dans sa barque,
suivante pour le potentiel. se lancent une balle, qui transmet une force répulsive
𝑔2 𝑒 −𝑚𝑟
𝑉= −
4𝜋 𝑟
où :
 g est une constante ;
 m est la masse de la particule intermédiaire ;
 r est la distance entre les deux nucléons.

1.10 ISOTOPES, ISOBARES, ISOTONES, ISOMÈRES NUCLÉAIRES, NOYAUX MIROIRS.

Isotopes : Deux noyaux sont des isotopes s’ils ont le même numéro atomique Z. Il s’agit donc du
même élément chimique mais le noyau contient un nombre différent de neutrons. Comme ils ont le même
nombre d’électrons (Z), ils ont les mêmes propriétés chimiques.
L’hydrogène possède ainsi trois isotopes naturels :
• l’hydrogène « ordinaire » ( 11𝐻 ), dont le noyau contient un seul proton : il constitue 99,9 % de
l’hydrogène naturel ;
• le deutérium ( 21𝐻 ) dont le noyau est constitué d’un proton et d’un neutron. Il représente 0,015 % de
l’hydrogène naturel ;
• le tritium ( 31𝐻 ) dont le noyau est composé d’un proton et de deux neutrons. Il est radioactif de période
12,4 ans. Il est formé à l’état de traces en haute atmosphère lors du bombardement de l’azote de l’air par
des neutrons issus du rayonnement cosmique ( 10𝑛 + 147𝑁 → 126𝐶 + 31𝐻 ).
Isobares : Deux noyaux sont isobares s’ils ont le même nombre de masse A. Le noyau possède
le même nombre de nucléons mais le nombre de protons peut être différent. Il s’agit d’éléments
chimiques distincts ayant donc des propriétés chimiques différentes. Le 146𝐶 et 147𝑁sont par exemple des
isobares de même que le 24 24
11𝑁𝑎 et 12𝑀𝑔. Deux isobares présentent des rayons nucléaires très proches car
le volume d’un noyau est déterminé principalement par le nombre de nucléons.
Isotones : Des isotones sont des noyaux ayant le même nombre de
neutrons. Le 136C et le 147N sont des isotones et ils possèdent sept neutrons. Les
isotones ayant un nombre de protons, et donc d’électrons différent, ont des
propriétés chimiques différentes.
Isomères nucléaires : On appelle isomères nucléaires, des noyaux d’un même élément qui se
maintiennent anormalement longtemps dans un état d'excitation. Normalement, les états excités
retournent à l'état fondamental au bout d'une fraction de seconde, en émettant des photons γ très
énergétiques, correspondant à l'énergie d'excitation. Il arrive exceptionnellement que la transition entre
l'état excité et l'état fondamental, soit inhibée (bloquée) et très ralentie. Tel est le cas du technétium 99 m
qui subsiste plusieurs heures avant de retourner à l'état normal du technétium.
6
On note les isomères nucléaires en adjoignant la lettre « m » pour « métastable » à l'isotope
considéré. « m » exprime un état excité de longue durée. C’est-à-dire un état dans lequel les nucléons
99
dans le noyau ne sont pas dans l’état d’énergie la plus basse. Ainsi le 43 𝑇𝑐 est le technétium à l’état
99 𝑚 99 99 𝑚
fondamental et le 43𝑇𝑐 est le technétium à l’état excité, 43𝑇𝑐 et 43𝑇𝑐 sont des isomères nucléaires.
Un isomère nucléaire est caractérisé par :
- Sa période de décroissance (temps au bout duquel la moitié de la population de ces isomères a
disparu),
- Son énergie d’excitation et
- Les nombres quantiques, spin et parité, relatifs à cet état spécifique.
On distingue communément 3 familles d’isomères nucléaires : les isomères de forme, de spin et les
isomères K.
Les Isomères de forme : Ce sont des états excités du noyau qui ont une déformation très
différente de celle de l'état fondamental. Il existe également une isomérie de forme, dite « de fission »,
définie par une conformation particulière des gros noyaux atomiques s'écartant sensiblement d'une
géométrie sphérique : ils adoptent une forme sphéroïde oblate ou prolate selon les cas, avec des rapports
entre diamètre et axe de symétrie pouvant dépasser 1:2.
À la différence des isomères excités, les isomères de fission peuvent se résorber autrement qu'à
travers un rayonnement γ. En effet, la déformation excessive du noyau peut en effet aboutir à sa fission.
242f
On note ces isomères de fission avec la lettre « f » plutôt que « m », comme l'isomère Am,
distinct de l'isomère 242mAm.
Noyaux miroirs : On appelle noyaux miroirs des noyaux isobariques (même A) et pour lesquels
le nombre de protons de l'un est égal au nombre de neutrons de l'autre et vis-versa: 40
21𝑆𝑐
19
et 40
19𝐾
21

L’appellation Noyaux miroirs provient du fait que ces noyaux sont placés symétriquement par
rapport à la droite N=Z dans la représentation du nombre de neutrons N en fonction du nombre de protons
Z pour les différents noyaux.
Noyaux exotiques : Un noyau exotique est un noyau atomique susceptible d'exister dans le
cosmos, mais qui n'existe pas sur la planète, et qui est donc créé artificiellement dans des accélérateurs de
particules.

1.11 ABONDANCE ISOTOPIQUE NATURELLE


C'est le pourcentage en nombre d'atomes, pour un élément donné, de chacun des isotopes par
rapport à l'ensemble des isotopes (naturels) trouvés sur une planète. La masse atomique de chacun des
isotopes, multipliée par leur abondance naturelle donne la masse atomique moyenne de l'élément que
l'on trouve dans le tableau périodique.
Isotope AN (%) A AN.A
208 204Pb 2,9 1,4 204
Exemple : L'abondance naturelle (AN) de l'isotope Pb vaut 206Pb 49,6 24,1 206
52,4 %. Donc, au sein d'une population de 100 000 atomes de plomb, 207Pb 45,7 22,1 207
il devrait y avoir environ 52 400 atomes de plomb 208. Masse 208Pb 109,0 52,4 208
atomique relative de Pb : 207,2. La règle du nombre entier dit que Total (2,9 + 49,6 +45,7 +109,0 ) =
207,2
tout élément dont le poids atomique chimique diffère d’un nombre entier, résulte d’un mélange
d’isotopes, chacun d’eux ayant un poids atomique mesuré par un nombre entier.
Un échantillon parfaitement pur d’uranium naturel contient principalement 2 isotopes : l’238U
présent à 99,2745 % et l’235U représentant 0,720 %. Le troisième isotope, l’234U est en très faible quantité
(0,0055 %) ; il résulte de la désintégration de l’238U. Ces pourcentages signifient que si l’on considère
100 000 noyaux d’uranium naturel il y a en moyenne 99275 noyaux d’238U et 72 noyaux d’235U.
L’uranium 235 est le seul isotope naturel fissile pouvant libérer suffisamment d'énergie
nécessaire au centrale nucléaire et aux applications militaires (bombe atomique) . L’opération consistant à
augmenter la proportion d’uranium 235 dans un échantillon d’uranium est appelée « enrichissement ».
De nos jours, le principal procédé d'enrichissement développé à l’échelle industrielle est
l’ultracentrifugation. Elle est basée sur le fait que l’uranium 235 est un tout petit peu plus léger que

7
l’uranium 238. Dans la pratique, on injecte dans une centrifugeuse tournant à grande vitesse
l’hexafluorure d’uranium (UF6). En raison de leur différence de masse, les molécules de 238UF6 se
retrouvent projetées contre les parois tandis que les molécules de 235UF6, plus légères, migrent vers le
cœur du rotor.
L’uranium est dit « appauvri » lorsque sa composition en isotopes légers (uranium 235 et 234) a
été réduite à moins de 0,4%.
Dans les usines d’enrichissement de l’uranium, on travaille plutôt en masse puisque c’est la
quantité physique la plus facile à mesurer. Comme les masses des isotopes sont différentes, les
pourcentages vont très légèrement changer et devenir, par exemple, 0,716 % pour l’235U.
La variation est plus importante avec des isotopes légers, comme l’hydrogène et le deutérium.
L’hydrogène naturel contient 99,985 % d’ 11𝐻 et 0,015 % d’ 21𝐻 . Si l’on raisonne en masse, ces
pourcentages deviennent respectivement 99,97 % et 0,03 %.

1.12 COMPOSITION ISOTOPIQUE


La composition isotopique d'un échantillon indique les proportions des divers isotopes d'un
élément chimique particulier (ou de plusieurs éléments) dans cet échantillon.
La composition isotopique peut varier d'un échantillon à l'autre en fonction de l'origine ou de
l'évolution de ces échantillons.
La composition isotopique diffère quand des échantillons proviennent de « réservoirs » différents,
héritiers d'histoires géologiques voire planétologiques différentes.
La composition isotopique d'un élément chimique varie au cours du temps quand certains de ses
isotopes sont radioactifs, et/ou quand ils sont radiogéniques, cosmogéniques, ou affectés par des échanges
avec l'extérieur.

1.13 RAPPORT D’ABONDANCE DES ESPÈCES ISOTOPIQUES.

On appelle Rapport isotopique (R), le rapport des nombres d'atomes de deux isotopes dans un même
échantillon. On restreint souvent le terme de rapport isotopique au cas de deux isotopes d'un même
élément chimique, mais il peut être employé pour celui de deux isotopes d'éléments différents. On note
conventionnellement un rapport isotopique par le rapport des symboles des deux isotopes, mis entre
𝟖𝟕
𝐒𝐫
parenthèses. Ainsi (𝐑 = 𝟖𝟔𝐒𝐫 ) représente le rapport isotopique du strontium 87 et du strontium 86 c'est-à-
𝟖𝟕
𝐍( 𝐒𝐫)
dire R = .
𝐍( 𝟖𝟔𝐒𝐫)

Les rapports isotopiques servent à la datation d'événements géologiques et trouvent aussi d'autres
applications dans des domaines variés : glaciologie archéologie et paléontologie, etc.
Remarque : Un assez grand nombre de rapports isotopiques ne varient que d'une très faible fraction.
Plutôt que de manipuler des nombres ne différant que par la 3e, 4e voire 5e décimale, il est alors commode
de manipuler les variations relatives du rapport isotopique R, par rapport à un rapport isotopique standard
R0 défini par :
𝐑 é𝐜𝐡𝐚𝐧𝐭𝐢𝐥𝐥𝐨𝐧
𝛅= −𝟏
𝐑 𝐬𝐭𝐚𝐧𝐝𝐚𝐫𝐝
Le standard classiquement utilisé est l'eau océanique, définie à Vienne en 1968 (notée SMOW, pour
Standard Mean Ocean Water)
Les valeurs de δ sont, sans dimension, et sont généralement de l'ordre de quelques millièmes ou dix-
millièmes, et donc exprimées en ‰ ou %.

1.14 FRACTIONNEMENT ISOTOPIQUE

L'écart de masse entre les isotopes leur confère des comportements légèrement différents lors de
certains processus physique ou chimique, (volume molaire des atomes, vitesse de réaction, constante
d'équilibre...). A ces différences de propriétés correspondent des comportements et des lois de répartition
8
des isotopes différentes au cours des réactions chimiques. Exemple, on observe une différence de vitesse
au cours de réactions chimiques ou de phénomènes de transport. L'isotope lourd a généralement tendance
à réagir plus lentement que l'isotope léger.

Le fractionnement isotopique est le phénomène physique ou chimique qui modifie la


composition isotopique d’un composé. Exemple, certains processus biochimiques comme la
photosynthèse modifient l’équilibre entre les isotopes du carbone, en favorisant un isotope par rapport aux
autres en diminuant le 13C de 1.8% par rapport au rapport naturel dans l’atmosphère (Harkness, 1979). Au
contraire, le carbone inorganique dissous dans les océans est enrichi de 0.7% en carbone 13 par rapport au
CO2 atmosphérique.

1.15 PARITÉ DES NOYAUX


On parle souvent de noyaux pair-pair, pair-impair, impair-pair ou
impair-impair. La première qualification se réfère au nombre de protons et la
seconde au nombre de neutrons. Ainsi le 40 20𝐶𝑎 est un noyau pair-pair, alors que le
noyau d’ 235
92𝑈 143
est un noyau pair-impair.
Les noyaux des atomes ayant des Z pair ont souvent beaucoup plus d’isotopes stables que les
noyaux des atomes ayant des Z impairs. Ainsi le rubidium n’a qu’un seul isotope stable ( 85
37𝑅𝑏 ) alors que
78 80 82 83 84 86
le krypton en possède 6, qui sont: ( 36𝐾𝑟 36𝐾𝑟 36𝐾𝑟 36𝐾𝑟 36𝐾𝑟 36𝐾𝑟 ).

1.16 DÉFAUT DE MASSE DU NOYAU


La masse d'un noyau est toujours inférieure à celle de ses constituants pris
séparément. Cette différence de masse est appelée défaut de masse noté .
Soit M(A,Z) la masse du noyau de 𝐴 𝑍𝑋 . Si ce noyau existe, les nucléons sont liés
et l’on a :
M(A,Z) <Zmp+ (A - Z)mn
Le défaut de masse qui est l'écart entre la masse des nucléons pris séparément et la masse d'un
noyau 𝐴
𝑍𝑋 est donné par la relation : ΔM(A,Z) = [Zmp+ (A - Z)mn] − M(A,Z).
Prenons le noyau le plus simple, le deutérium, formé d’un neutron et d’un proton. Il s’agit d’un
isotope de l’hydrogène. La masse du deutérium est égale à 2,013553 u. La somme de la masse du proton
et du neutron vaut 2,015941 u. Le défaut de masse du noyau de deutérium est de 0,002388 u, soit de 2,22
MeV/c2.
Le défaut de masse du noyau est habituellement compté positivement alors qu’il correspond à
une diminution par rapport à la somme des masses des nucléons libres.

Les tables donnent le défaut de masse. On peut, à partir de celui-ci, calculer lamasse du noyau 𝐴
𝑍𝑋 en
utilisant l’équation :
ΔM(A,Z) = [Zmp+ (A - Z)mn] − M(A,Z)  M(A,Z) = [Zmp+ (A - Z)mn]- ΔM(A,Z).

1.17 ÉNERGIE DE LIAISON


Définition : On appelle énergie de liaison d'un noyau (notée El ou parfois notée B ) l'énergie que
doit fournir le milieu extérieur à un noyau au repos pour le dissocier en ses nucléons libres au repos.
Lorsque le noyau se dissocie, la masse de ses constituants augmente de Δm et leur énergie aussi
augmente de Δm.c2. C’est donc cette quantité d’énergie qu’il faut fournir au noyau si on veut le dissocier.
L’énergie de liaison a donc pour expression El = |Δm|.c2

C’est-à-dire : El(A,Z) = [Zmp+ (A - Z)mn]c2- M(A,Z)c2.


Remarque : Inversement, lorsque le noyau se forme à partir de ses nucléons libres, le milieu extérieur
reçoit l'énergie E = |Δm|.c2(la masse du système diminue et Δm<0).

9
L’énergie de liaison est le ciment qui maintient les nucléons dans un noyau. Le défaut de masse est
proportionnel à l’énergie de liaison du noyau El.
Si l’énergie de liaison d’un noyau est insuffisante, il peut se désintégré. Ce sont les phénomènes de
radioactivité, que nous verrons plus loin.

1.18 ÉNERGIE DE LIAISON PAR NUCLÉON


L'énergie de liaison El(A,Z) d'un noyau varie suivant le noyau considéré. Un noyau est d'autant plus
stable qu’il a une énergie de liaison grande, à répartir à un petit nombre de nucléon. L’énergie de liaison
totale n’est donc pas une bonne indication de la force de la liaison et de la stabilité d’un noyau. Ainsi la
stabilité d'un noyau ne dépend pas seulement de son énergie de liaison totale El(A,Z), mais dépend aussi
de son nombre de nucléons A.

Explication : si on prend deux noyaux avec des énergies de liaison identiques mais des
nombres de masse A différents, chacun d'eux va alors répartir cette énergie de liaison à
l'ensemble de ses nucléons mais le noyau qui aura le plus grand nombre de nucléons aura
une énergie de liaison par nucléon plus faible et sera moins stable que le noyau qui aura
moins de nucléon.
La stabilité d'un noyau est donc proportionnelle à l'énergie de liaison totale El(A,Z) et inversement
proportionnelle au nombre de nucléon A, on dit qu'elle augmente avec El(A,Z)/A , (El(A,Z)/A est appelé
énergie de liaison moyenne par nucléon).
𝐸𝑙 𝐸𝑙(𝐴,𝑍) ∆𝑀(𝐴,𝑍)𝑐 2
L’énergie de liaison par nucléon, El/A, d’un noyau 𝐴
𝑍 𝑋 est donnée par : = =
𝐴 𝐴 𝐴
Cette énergie de liaison est négative.

1.19 STABILITÉ DU NOYAU : COURBE D'ASTON

La courbe représentant l'évolution de El/A en fonction de A. est appelée courbe


d'Aston. C'est une courbe expérimentale.
Les noyaux dont les énergies de liaison par nucléon est la plus grande sont les plus stables .

Plus El/A est élevé (correspond aux noyaux en haut de la courbe), plus le noyau est
stable. La stabilité maximale étant atteinte par l'atome de Nikel 62 (62Ni)2.

Globalement on peut diviser cette courbe d'Aston en deux parties.


La première concerne les
noyaux ayant A < 20. On
remarque que dans cette
partie B/A augmente très
rapidement : on dit que B/A
augmente avec A2. Elle
présente quelques
irrégularités notamment des
noyaux qui apparaissent plus

2 62
Ni est le nucléide le plus stable de tous les éléments existants. Il a la plus grande énergie de liaison par nucléon
(8,7948 MeV contre 8,7906 MeV pour le 56Fe).
10
liés que la « normale », c’est par exemple le cas de l'hélium et certains noyaux ayant à
la fois un nombre pair de protons et un nombre pair de neutrons comme le carbone 12
ou l'oxygène 16.

La deuxième concerne les noyaux avec un A > 20, on remarque qu'une bosse apparaît dans
une région voisine du fer3, plus précisément El/A = 8,795 Mev correspondant au Nikel 62, qui est le plus
stable et le plus fortement lié de tous les nucléides, et la courbe se stabilise (voir décroit
légèrement pour les noyaux les plus lourds) avec un El/A constant sensiblement égale à 8
MeV.
Ce comportement remarquable est une conséquence du caractère à courte portée des forces
d’interaction nucléaire4. Un nucléon n’interagit qu’avec ses proches voisins et pas avec tous les
constituants du noyau. (Remarquer la différence avec la force électrostatique qui fait interagir une
particule chargée avec toutes les autres en même temps). Il y a là un phénomène de saturation. C’est-à-
dire qu’après s'être lié à quelques nucléons voisins, sa possibilité de liaison est épuisée. On a donc une
saturation des forces d’interaction et de l’énergie de liaison. Chaque nucléon contribue la même
quantité à l’énergie de liaison, sauf ceux qui sont en surface qui ont moins de voisins et qui donc
contribuent moins.
El/A est presque constante. El/A≃8 → El≃ 8A .
El est proportionnelle au nombre de nucléons du noyau. De la même façon, que l’énergie qui maintient
lié un volume de liquide est proportionnelle au nombre de molécules qu’il contient.

1.20 FORMULE DE WEIZSÄCKER


La formule de Weizsäcker, appelée aussi formule de Bethe-Weizsäcker, est une formule semi-
empirique qui utilise le modèle phénoménologique de la goutte liquide pour calculer une valeur
approximative de l'énergie de liaison nucléaire (El(A,Z), d’un noyau connaissant son nombre de masse A
et son numéro atomique Z.
Elle est basée sur une idée simple selon laquelle, le noyau est sphérique et assimilé à une goutte de
liquide incompressible. Les nucléons se comporteraient dans le noyau comme les molécules se
comportent dans une goutte d’eau. Ils sont superposés et accolés. Comme les forces intermoléculaires
dans un liquide, les forces nucléaires entre les nucléons sont saturées : chaque nucléon n'interagit qu'avec
ses proches voisins.
On construit ainsi l'énergie de liaison d’un noyau en additionnant cinq contributions indépendantes
qui participent à la stabilité du noyau. Les deux premiers sont dus au modèle de la goutte liquide du
noyau. Le troisième exprime la répulsion électrostatique entre les protons. Les deux dernières sont d'ordre
quantique.
Ces contributions sont les suivantes :
1. l’Énergie due au volume,
2. l’Énergie due à la surface,
3. l’Énergie due la Répulsion électrostatique,
4. l’Énergie due à l'asymétrie
5. l’Énergie due à l'appariement.

3
The iron limit: The buildup of heavier elements in the nuclear fusion processes in stars is limited to elements below iron,
since the fusion of iron would subtract energy rather than provide it. Iron-56 is abundant in stellar processes, and with a
binding energy per nucleon of 8.8 MeV, it is the third most tightly bound of the nuclides. Its average binding energy per
nucleon is exceeded only by 58Fe and 62Ni, the nickel isotope being the most tightly bound of the nuclides.
4
Le fait que El/A est indépendante de A suggère encore que les nucléons sont liés par des forces de coute portée. Dans le cas
d’une force de longue portée comme la gravité, la taille du corps composé est cruciale ; Ainsi il est beaucoup plus difficile
d’arracher une pierre de 10 Kg à l’attraction de la terre qu’à celle de la lune. Ce n’est pas le cas si la force est à courte portée
comme dans le cas de la force intermoléculaire constituant la force de cohésion de l’eau : Il faut la même quantité d’énergie
pour évaporer 10 Kg d’eau d’une petite piscine que d’un océan.
11
Énergie de volume : C’est le principal terme. Il résulte des forces d’interaction nucléaire
(attractives) entre les nucléons. L'énergie de volume rend compte du fait que chaque nucléon d'un noyau
est entouré par d'autres nucléons. Chaque nucléon va donner une certaine énergie potentielle nucléaire
aux autres nucléons du noyau. L'énergie potentielle nucléaire du noyau est donc la somme de l'énergie
potentielle nucléaire de chaque nucléon. Pour rappel, la force nucléaire forte a une portée limitée : chaque
nucléon interagit avec ses voisins immédiats, mais pas avec les autres nucléons du noyau. On dit qu’elle
sature. Ainsi, chaque nucléon n'interagit qu'avec un nombre constant de nucléons voisins. Autrement dit,
l'énergie potentielle est égale au nombre de nucléon, multiplié par une constante qui rend compte du
nombre de voisins et de la force nucléaire entre deux nucléons.
Ainsi, on pose que cette énergie de volume 𝐸𝑣 est proportionnelle à A : 𝐸𝑣 = 𝑎𝑣 𝐴 .
avec 𝐸𝑣 l'énergie de volume et 𝑎𝑣 la constante qui rend compte du nombre de voisins et de la force
nucléaire entre deux nucléons.

Énergie de surface : Les nucléons proches de la surface externe du noyau sont moins liés via
l'interaction forte que les nucléons situés en profondeur puisqu'ils ont moins de voisins directs. Il faut
donc se départir de l'idée que chaque constituant possède la même énergie de liaison en volume et
soustraire de l'énergie de volume une "énergie de liaison superficielle" proportionnelle à la surface du
2
noyau qui est: S = 4π𝑅 2 = 4π(𝑅0 𝐴1/3 ) = 4π𝑅02 𝐴2/3
2
Nous avons alors pour l'énergie superficielle:𝐸𝑠 = − 𝑎𝑠 𝐴3 où 𝑎𝑠 est une constante déterminée
expérimentalement.

Énergie coulombienne (Répulsion électrostatique) : Les protons étant tous chargés positivement,
ils se repoussent mutuellement. Cela participe à diminuer l’énergie de volume par un terme de répulsion
électrostatique Ec. Cette énergie peut être calculée de la manière suivante :

𝑍𝑒
Posons 𝜌=4 la densité volumique de charge, on a q = ρ4πr2dr. De plus, la charge dans
𝜋𝑅03
3
Pour obtenir EC, calculons le travail
élémentaire dW nécessaire pour créer la couche
d'électricité sphérique de rayon r et d'épaisseur dr.
Il faut amener, depuis l’infini et jusqu’à r, la
charge correspondante (4πr2dr)ρ, qui se trouve dans
le potentiel coulombien créé par la charge interne
(4/3πr3ρ) que l’on peut considérer comme ponctuelle
et située au centre de la sphère de rayon r .

Le travail élémentaire dW nécessaire pour déplacer une couche sphérique chargée, d'épaisseur
dr de l'infini à une distance r du centre vaut : 𝑑𝑊 = 𝑞(𝑉 (∞) − 𝑉 (𝑟)) où q est la charge de la couche,
et V(r) est le potentiel électrique à la distance r du centre.
Le théorème de Gauss donne :
4 1 𝜌𝑟 2
𝑉 (𝑟) = 𝜌 𝜋𝑟 3 = et (∞) = 0 .
3 4𝜋𝜀0 𝑟 3𝜀0
4
𝜌 𝜋𝑟3 1 4𝜋𝜌2 4
3
𝑑𝑊 = (ρ4π𝑟 2
𝑑𝑟) ⋅ (− ⋅ )=− 𝑟 𝑑𝑟
4𝜋𝜀0 𝑟 3𝜀0
En intégrant ce travail le long d'un rayon de 0 à R0,

𝑅0
4𝜋𝜌2 4 4𝜋𝜌2 5 3𝑍 2 𝑒 2
𝐸𝑐 = ∫ − 𝑟 𝑑𝑟 = − 𝑅 =−
0 3𝜀0 15𝜀0 0 20𝜋𝜀0 𝑅0

12
3𝑍 2 𝑒 2 𝑍2 3𝑒 2
Or R 0 = r0 A1/3  𝐸𝑐 = − = −𝑎𝑐 1 avec 𝑎𝑐 =
20𝜋𝜀0 𝑟0 𝐴 1/3 20𝜋𝜀0 𝑟0
𝐴3
−4
𝑍2 𝐸𝑐
Finalement on obtient : 𝐸𝑐 = −𝑎𝑐
1  = −𝑎𝑐 𝑍 𝐴 2 3
𝐴
𝐴3
𝑎𝑐 est le seul coefficient du modèle qui soit calculable directement (≈ 0,72 MeV)

Énergie d'asymétrie : La répulsion électrostatique étant en compétition avec l'interaction forte


pour stabiliser le noyau, les noyaux lourds ont besoin d'un surplus de neutrons afin que cette interaction
forte contrebalance l'effet de la répulsion électrostatique. Il y a donc une asymétrie du nombre de neutrons
par rapport au nombre de protons. Cela n'a, a priori, aucun autre effet sur l'énergie de liaison que ceux qui
ont été étudiés plus haut. En réalité, un effet quantique va jouer un rôle : les nucléons se trouvent sur des
niveaux d'énergie, ce qui fait qu'un surplus de neutrons va augmenter leur énergie. On obtient alors que
(𝑁−𝑍)2
l'effet sur l'énergie de liaison s'écrit 𝐸𝑎 = −𝑎𝑎 :
𝐴
Puisque ce terme est nul lorsque le nombre de neutrons est égal au nombre de protons, nous
comprenons alors un peu mieux l'origine de la vallée de stabilité.
Énergie d'appariement : Un deuxième effet quantique joue un rôle dans l'énergie de liaison : les
nucléons ayant un spin demi-entier ont tendance à s'apparier deux à deux, pour se grouper
préférentiellement en nombre pair. Ainsi, un nombre impair de neutrons ou de protons sera moins stable.
Une formule empirique permet de rendre compte de cet effet en posant une énergie d'appariement (ou de
parité) Ep ayant différentes valeurs selon qu'il y ait un nombre pair ou impair de neutrons ou de protons :

+1 𝑐𝑎𝑠 𝑝𝑎𝑖𝑟 − 𝑝𝑎𝑖𝑟


−3/4
𝐸𝑝 = 𝜀𝑎𝑝 𝐴 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝜀 { 0 𝑐𝑎𝑠 𝑝𝑎𝑖𝑟 − 𝑖𝑚𝑝𝑎𝑖𝑟
−1 𝑐𝑎𝑠 𝑖𝑚𝑝𝑎𝑖𝑟 − 𝑖𝑚𝑝𝑎𝑖𝑟

Le terme d’appariement accroît l’énergie de liaison pour les noyaux ”pair-pairs”(Z pair et N pair),
ce qui en favorise la formation le cas échéant. Ce même terme défavorise les atomes impair-impair. Ainsi
s’explique les abondances des divers types de noyaux : ~ 200 atomes dont le noyau est pair-pair, ~ 135
atomes dont le noyau est pair-impair ou impair-pair et 4 atomes dont le noyau est impair-impair.

Formule de Weizsäcker : En additionnant toutes ces contributions, On obtient l’expression de la


Formule de Weizsäcker obtenue dès 1935 et qui est la suivante :

2 𝑍2
(𝑁 − 𝑍)2
𝐸𝑙 ( 𝐴𝑍𝑋) = 𝑎𝑣 𝐴 − 𝑎𝑠 𝐴 − 𝑎𝑐 1 − 𝑎𝑎
3 + 𝜀𝑎𝑝 𝐴−1/2
𝐴3 𝐴
où 𝐸𝑙 est l'énergie de liaison du noyau considéré, A est son nombre de masse, Z son nombre de protons.
ε= 0 pour les noyaux ayant A impair
ε = +1 pour les noyaux ayant A pair (N pair, Z pair)
ε = -1 pour les noyaux ayant A pair (N impair, Z impair)

𝑎𝑣 𝐴 ∶ 𝑇𝑒𝑟𝑚𝑒 𝑑𝑒 énergie de volume

2
− 𝑎𝑠 𝐴3 ∶ Terme de l′ énergie de surface

𝑍2
−𝑎𝑐 1 ∶ Terme de l′énergie coulombienne
𝐴3
13
(𝑁 − 𝑍)2
− 𝑎𝑎 ∶ Terme d′asymétrie
𝐴

𝜀 𝑎𝑝 𝐴−1/2 : Terme d′appariement

𝑎𝑣 , 𝑎𝑠 , 𝑎𝑐 , 𝑎𝑎 , 𝑎𝑝 sont appelés les paramètres de la formule de Weizsäcker

Détermination des coefficients 𝒂𝒗 , 𝒂𝒔 , 𝒂𝒄 , 𝒂𝒂 , 𝒂𝒑


La détermination des coefficients 𝑎𝑣 , 𝑎𝑠 , 𝑎𝑐 , 𝑎𝑎 , 𝑎𝑝 de la formule de Bethe-Weizsäcker se fait
numériquement en ajustant les données expérimentales à l’expression. Cet ajustement varie en fonction
des données utilisées (nombre et propriétés des noyaux, précision des mesures expérimentales...). Voici
des valeurs parmi les plus récentes trouvées dans la littérature : av = 15:409 ± 0:026 MeV,
as = 16:873 ± 0:080 MeV, ac = 0:695 ± 0:002 MeV as = 22:435 ± 0:065 MeV
ap = 11:155 ± 0:864 MeV, ce terme est approximé par ap = 12 MeV dans la plupart des calculs.

Le modèle de la goutte liquide fut historiquement très important : il a permis de reproduire les
masses atomiques avec une assez bonne précision (90 à 95% de la masse correspond à une goutte liquide,
le reste provenant d'effets purement quantiques) et a permis de stimuler les premiers travaux théoriques
sur la fission par Fermi, Bohr, etc., à la fin des années 1930.
Ce modèle simple permet également d'expliquer pourquoi les noyaux ne peuvent être trop
déformés.
La formule de Weizsäcker permet d'expliquer avec une bonne approximation la courbe d'Aston.

La Figure ci-contre montre


les contributions des différents
termes dans l’expression de
l’énergie de liaison
Les contributions relatives
de chaque terme de la formule de
Weizsäcker sont présentées dans la
Figure ci-contre (sans application de
la formule à de trop petits ). Il faut
surtout noter la valeur relativement
constante du terme de volume. La
correction due au terme de surface
du noyau est la plus importante pour
les noyaux légers pour lesquels la
fraction de nucléons se trouvant à la
surface est importante. Comparer
cela avec la correction due au terme
de l'énergie électrostatique qui est importante pour les noyaux lourds pour lesquels devient important.
Par ailleurs, l'énergie d'asymétrie est un effet relativement petit sauf pour les grand .

Stabilité pour un A donné : parabole de masse


Pour un nombre de masse A donné, on peut se demander quel est l’isobare le plus stable. En
d’autres termes, pour une valeur de A fixée, recherchons la valeur de Z conduisant à une masse atomique
minimum, c’est-à-dire à un maximum de stabilité.
On se rappelle que l’énergie de liaison du noyau de l’atome 𝐴
𝑍𝑋 , est :
2 2
El(A,Z) = [Zmp+ (A - Z)mn]c - M(A,Z)c .
Donc l’énergie de masse du noyau est : M(A,Z)c2 = [Zmp+ (A - Z)mn]c2 - El(A,Z)
14
 M(A,Z)c2 = Zmp c2 + (A - Z)mn c2 - El(A,Z) = Zmp c2 + A mn c2 - Z mn c2 - El(A,Z)
2
𝑍2
= A mn c2 + Z(mp - mn )c2 - 𝑎𝑣 𝐴 − 𝑎𝑠 𝐴3 − 𝑎𝑐 1 − 𝑎𝑎 − 𝜀𝑎𝑝 𝐴−1/2
𝐴3
Pour un noyau pair – pair,
2
𝑍2 𝐴2 −4𝑍𝐴+4𝑍2
M(A,Z)c2 = A mn c2 + Z(mp - mn )c2 - 𝑎𝑣 𝐴 + 𝑎𝑠 𝐴3 + 𝑎𝑐 1 + 𝑎𝑎 𝐴
+ 𝑎𝑝 𝐴−1/2
𝐴3
2 1
= (𝐴𝑚𝑛 𝑐 2 − 𝑎𝑣 𝐴 + 𝑎𝑠 𝐴3 + 𝑎𝑎 𝐴 + 𝑎𝑝 𝐴−1/2 ) − (4𝑎𝑎 + (𝑚𝑛 − 𝑚𝑝 )c2 )𝑍 + (𝑎𝑐 𝐴3 + 4𝑎𝑎 𝐴−1 ) 𝑍 2
= α – βZ + γZ2

On obtient l’équation d’une parabole dite parabole de masse.


𝜕
Si on annule la dérivée première de M(A,Z)c2 par rapport à Z, [ 𝑀(𝐴, 𝑍)c 2 ]𝐴 𝑓𝑖𝑥é = 0 , on
𝜕𝑍
obtiendra la valeur de Z correspondant à la masse minimale, c'est-à-dire à l’élément stable.

Notons que comme γ est positif, l’extremum est bien un minimum (dérivée seconde positive).

β 4aa + (mn − mp )c 2 𝟒𝐚𝐚 + (𝐦𝐧 − 𝐦𝐩 )𝐜 𝟐 𝐀


Zmin = = 1 = 𝟐 ⋅
2γ 2 (a A−3 + 4a A−1 ) 𝟒𝐚 + 𝐚 𝐀𝟑
𝟐
c a 𝐚 𝐜

Remarque: On considère souvent (mn − mp )c 2 ≈ 0,78 MeV ≪ 4aa ≈ 93,16 Mev


4aa +(mn − mp )c2 4aa 4aa +(mn − mp )c2
⟹( 2 )≈( 2 ) < 1. Puisque ( 2 ) < 1 , alors Zmin < A/2
4aa +ac A3 4aa +ac A3 4aa +ac A3

Cette conclusion est en accord avec l’expérience comme le prouve la ligne de stabilité (Z  N).
2
On considère aussi souvent ac = 0,71 Mev  ac A3 = 1,1 Mev si A ≥ 2

Traçons la parabole de masse des isobares impairs :

Si nous prenons comme A un nombre impair donné, on trace la courbe de M(A,Z)c2 en fonction de Z,
on obtient une parabole. Prenons l’exemple de A=65 (nombre impair) on obtient la
parabole de la figure 2 (a). Zmin obtenu n’est pas entier mais proche de 29

Seul le 65
29Cu est stable et les autres éléments sont des émetteurs β, :
 émetteur β (branche de gauche) (on passe de Z à Z + 1) Z → Z + 1
-

 émetteur β+ (branche de droite) (on passe de Z à Z - 1) Z → Z - 1

Traçons la parabole de masse des isobares pairs


Si A est un nombre pair donné, (c'est-à-dire Z & N pairs ou Z & N impairs), On trace la courbe de
M(A,Z)c2 en fonction de Z, on constatera qu’il existe 2 paraboles car les “pairs-pairs” ne sont pas sur la
même parabole que les “impairs-impairs” : les isobares “pairs-pairs” ont une énergie de liaison supérieure
à celle des impairs-impairs de ce fait, ils sont situés sur la parabole du bas.
Nous allons prendre l’exemple de A=102 (nombre pair), et on obtient la courbe Figure 2
(b).

15
Figure 2 (a) Figure 2 (b)

Remarque : Alors que les isobares impairs n’ont qu’un élément stable, les pairs-pairs
peuvent en avoir plusieurs. Dans le cas de la Figure 2 (b), deux éléments de la parabole du
bas sont stables : Ru et Pd. Il est à noter que le Rh se désintégrera préférentiellement
vers la particule la plus légère.

1.21 LES MODÈLES NUCLÉAIRES.


Différents modèles, complémentaires décrivent la structure du noyau atomique et permettent
d'interpréter, chacun, une partie des propriétés du noyau atomique observées (la stabilité des noyaux, les
moments angulaires, l'existence d'isomères et d'isotope, l'excès de neutrons, les énergies de
désintégration, les réactions nucléaires etc.
Les trois principaux modèles sont: le modèle de la goutte liquide, le modèle en couche, le modèle
du gaz de Fermi.
a) Le modèle de la goutte liquide : Dans ce modèle, on considère le noyau comme un ensemble
de nucléons, traités de manière collective, interagissant entre eux par interaction forte. La modélisation
débouche sur la formule semi-empirique de Weizsäcker, permettant de calculer l’énergie de liaison d’un
nucléide si on connait son nombre de masse et son numéro atomique.
b) Le modèle en couches : C’est un modèle de structure nucléaire comparable à bien des égards
au modèle planétaire atomique. On suppose que les nucléons sont répartis sur des niveaux d'énergie,
comme les électrons dans le nuage électronique. Le noyau peut alors se trouver dans des états excités
dans lesquels un nucléon passe du niveau fondamental à un niveau d’énergie supérieure.
Chaque nucléon du noyau, pris individuellement est caractérisé par quatre nombres
quantiques:
1) le nombre quantique principal n, entier strictement positif (n = 1, 2, 3, …).
Comme dans le cas
des électrons atomiques, il caractérise chaque couche de nucléons (neutrons ou protons).
2) le nombre quantique orbital l, qui, pour chaque valeur de n, peut prendre les
valeurs nulle ou
entières positives : 0, 1, 2, 3 ... (n-1). Il caractérise le mouvement orbital du nucléon

16
à l’intérieur du
noyau.
3) le nombre quantique magnétique m, projection de l selon une direction privilégiée,
et qui peut
prendre les valeurs entières -l, -l +1, ..., 0, ... l-1, l.
4) le spin s, égal à 1/2. (⟹ 2 projections possibles +1/2 ↑ ou -1/2 ↓).

N.B. Le moment cinétique total de chaque nucléon est caractérisé par le nombre
quantique j, tel que: | l - s | ≤ j ≤ (l + s) B | l - ½ | ≤ j ≤ ( l + ½) Il peut donc
prendre les valeurs 1/2, 3/2, 5/2 .... (Combinaison de 2 moments cinétiques).
Suivant le principe d’exclusion de Pauli, les couches de protons et de
neutrons sont indépendantes.

Niveaux nucléaires excités à un seul nucléon.


Il existe des états excités, analogues aux états
atomiques excités, qui impliquent un nucléon, ou un nombre
limité de nucléons. Le cas le plus simple est celui où un
nucléon passe de son niveau fondamental à un niveau excité:
il revient à son niveau fondamental par émission d’un
photon, dont l’énergie est égale à la différence des énergies
des 2 niveaux. Comme dans le cas de l’atome, on peut
établir un diagramme des niveaux excités à un seul nucléon.
La figure ci-contre donne l’exemple de l’échelle des énergies
d’excitation permises pour un noyau de nickel-60, Le niveau
le plus bas, appelé niveau fondamental, correspond au repos.
Quand le noyau est dans un des niveaux excités (l’un des
barreaux de l’échelle), il retourne immédiatement au niveau
fondamental en émettant un ou plusieurs gammas d’énergies
caractéristiques. Ces énergies sont obtenues en faisant la différence des énergies de
départ et d’arrivée, définies très précisément. Les transitions en cascade numérotées
4 et 5 , 1000 fois plus fréquentes que les autres ont été représentées par des flèches
épaisses.
c) Le modèle du gaz de Fermi : Ce modèle considère le noyau comme un
ensemble de A nucléons libres enfermés dans "une boîte" ayant les dimensions du
noyau. Les nucléons identiques sont déposés deux par deux, dans les états permis.
Les nucléons étant des fermions5 de spin 1/2 obéissent au principe d’exclusion de
Poli. Ces nucléons occupent des niveaux discrets d’énergie (les plus bas dans l’état
fondamental) : 2 p et 2 n par niveau. Lorsqu'on a épuisé les Z protons et N neutrons du noyau considéré,
les moins liés d'entre eux sont ceux qui ont le maximum d'énergie.

1.22 FISSION ET FUSION NUCLÉAIRE


Tout noyau instable a la capacité d'évoluer, spontanément ou non, vers un état plus stable par
l'augmentation de El/A. Ainsi, les noyaux les plus lourds (ceux les plus à droite de la courbe d'Aston)
sont susceptibles de se scinder pour donner deux noyaux plus légers avec des El/A supérieurs. A l'inverse,
les noyaux les plus légers (ceux les plus à gauche de la courbe d'Aston) augmentent leur El/A en
fusionnant en un noyau plus lourd. Le but étant de remonter l'une des deux pentes, à gauche ou à droite de
5
Il existe deux grandes familles de particules : les fermions et les bosons. Les premiers constituent les briques de matières
tandis que les seconds sont des champs de force qui permettent à ces briques d’interagir et de s’assembler (la colle).
17
la courbe pour atteindre des El/A maximum (et donc une stabilité). Cependant, plus la pente est raide,
plus la réaction nécessitera un apport d'énergie important (par le biais d'une augmentation de température,
ou d'un bombardement de neutrons).

La fission est un processus spontané ou provoqué permettant d'augmenter la stabilité des noyaux
concernés. Il en résulte une grande libération d'énergie qui est entre autres utilisée comme moteur
principal des centrales nucléaires.
La fusion, quant à elle n'est pas spontanée et doit obligatoirement être provoquée, elle libère
cependant beaucoup plus d'énergie que la fission. Les conditions pour que deux noyaux fusionnent sont
extrêmement difficiles à atteindre, par exemple une très grande température (environ 108 °C). La fusion
peut s'observer lors du fonctionnement de la bombe H. La tête nucléaire est composée de deux parties, la
première va servir à réaliser une fission nucléaire qui va alors libérer suffisamment d'énergie et de chaleur
pour amorcer la deuxième partie , qui contient des combustibles de fusion nucléaire (noyaux
d'hydrogènes entre autres). L'explosion finale qui en résulte est due à la fusion des noyaux d'hydrogènes
(d'où le nom de bombe H), amorcée par une fission nucléaire.

1.23 MASSES ATOMIQUES


La masse atomique M(A,Z) d’un atome dont le noyau est 𝐴 𝑍𝑋 est la masse totale de celui-ci (noyau
et électrons). Comme pour la masse du noyau dont nous avons parlé dans la section précédente, il faut
tenir compte de ce que les électrons du cortège électronique (Z électrons) sont liés et non pas libres. On a
donc:
M(A,Z) <M(A,Z) + Zme
Si ε𝑙 (z)est l’énergie de liaison des électrons de l’atome, on a : ε𝑙 (z) = [M(A,Z) + Zme - M(A,Z)]C2
Comme pour l’énergie de liaison des nucléons, nous avons compté positivement l’énergie de liaison des
électrons. La masse atomique est donc définie par la relation suivante :
ε (z)
M(A,Z) = M(A,Z) + Zme - 𝑙 2
𝐶
Rappelons que la masse atomique du C est égale à 12 u. L’énergie de liaison des électrons est beaucoup
12

plus faible que l’énergie de liaison des noyaux.

1.24 COMPARAISON ÉNERGIES DE LIAISON NUCLÉAIRES ET ÉNERGIES DE LIAISON


ATOMIQUES
Comparons l’énergie de liaison des électrons à l’énergie de liaison des noyaux pour quelques
éléments.
Pour le 21𝐻 , nous avons calculé plus haut l’énergie de liaison du noyau : 2,22 MeV.
L’énergie de liaison de l’électron d’un atome de deutérium est de 13,6 eV.

18
ε (1)
Le rapport des énergies de liaison est 𝑙 ≃ 6x10−6 .
E𝑙(2,1)
L’énergie de liaison des électrons est donc négligeable comparée à celle des nucléons.
La masse des électrons ne représente que 0,027 % de la masse du noyau.
À l’autre bout de la classification périodique, prenons le cas de l’atome d’ 238
92𝑈.
L’énergie de liaison des électrons vaut 0,5 MeV alors que celle du noyau vaut 1801 MeV.
ε𝑙(92)
Le rapport entre les deux vaut : ≃ 2,8x10−4
E𝑙(238,92)

1.25 ÉNERGIES DE LIAISON DES ÉLECTRONS : FORMULE D’APPROXIMATION DE FERMI


Une estimation grossière mais néanmoins utile de l’énergie de liaison des électrons dans les
atomes peut être obtenue par l’approximation de Thomas-Fermi (dans le cadre d’un modèle statistique de
l’atome). C’est une approche semi-classique qui ne reproduit donc pas les effets de couches observés dans
les atomes. La précision est toutefois suffisante pour ce qui nous intéresse ici puisque l’énergie de liaison
d'électrons est beaucoup plus faible que celle des nucléons.
7/3
L’énergie de liaison totale d’un atome est alors donnée par :ε𝑙 (𝑍)(eV) = 15,7 Z .
On obtient une évolution moyenne de l’énergie de liaison valable pour des atomes assez gros.
1.26 EXCÈS DE MASSE.
Comme la masse d’un atome est essentiellement celle de son noyau et que le neutron et le proton
ont une masse proche de 1 u, la masse atomique d’un noyau (exprimé en u) est proche de A. Très souvent,
on prend : M(A,Z) ≃ M(A,Z) ≃ A. C’est le cas lors des calculs cinématiques par exemple.
On introduit parfois l’excès de masse d’un noyau défini comme :ΔM(A,Z) = M(A,Z) – A
Cette quantité n’a rien à voir avec le défaut de masse dont nous avons parlé plus haut, lié à
l’énergie de liaison du noyau. L’excès de masse n’est qu’un autre moyen d’exprimer la valeur de la masse
atomique d’un noyau en changeant d’origine pour l’évaluer. Il n’a pas de signification physique et peut
être positif ou négatif. Il est ainsi positif pour 42𝐻𝑒(2,60325 × 10−3 u = 2,425 MeV) et négatif pour le
16 −3 12
8𝑂 (−5,08539 × 10 u = 4,737 MeV). L’excès de masse est bien sûr nul par définition pour le 6𝐶 .

1.27 ÉNERGIE DE SÉPARATION D’UN NUCLÉON


Elle joue un rôle analogue à l’énergie d’ionisation d’un atome, c’est l’énergie nécessaire pour enlever
du noyau un proton (Sp(Z; N)) ou un neutron (Sn(Z; N)). Elle s’exprime à partir de l’énergie de liaison :
Prenons le cas où un noyau (Z; N) perd un proton p: Mnoy(Z; N) → Mnoy(Z − 1; N) + mp
La perte d'énergie s'écrira :

- Proton : Sp(Z; N) = [Mnoy(Z − 1; N) + mp − Mnoy(Z; N)] c2  Sp(Z; N) = El(Z; N) − El(Z − 1; N)


- Neutron : Sn(Z; N) = [Mnoy(Z; N − 1) + mn − Mnoy(Z; N)] c2  Sn(Z; N) = El(Z; N) − El(Z; N − 1)

Ce résultat important apparaît tout à fait logique : l'énergie qu'il faut fournir au noyau pour lui enlever un
nucléon est égale à la différence d'énergie de liaison entre le noyau de départ et le noyau produit.

L’énergie de séparation de neutron est, pour la majorité des noyaux, comprise entre 4 et 10 MeV
mais elle peut être plus élevée (15 MeV pour le 102 14
48𝐶𝑑 et même 23,2 MeV pour le 8𝑂 par exemple) ou
plus faible (2,22 MeV pour le 21𝐻 ).
Exemple : Énergies de séparation du dysprosium ( 𝟏𝟔𝟏 𝟔𝟔𝑫𝒚)

Pour le Dysprosium ( 161


66𝐷𝑦) l’énergie de séparation du dernier neutron vaut Sn(161,66) = 6,454
MeV et celle du dernier proton Sp(161,66) = 7,507 MeV. Physiquement cela représente l’énergie
nécessaire pour extraire un neutron ou un proton du noyau de 161
66𝐷𝑦.

19
161
D’un autre côté c’est l’énergie libérée lorsqu’un noyau de 66𝐷𝑦 absorbe un neutron ou lorsqu’un
noyau de Terbium ( 160
55𝑇𝑏 ) absorbe un proton.

1.28 ÉNERGIE D’UNE RÉACTION


Considérons une réaction typique, X1 + X2 → X3 + X4, qui met en jeu 4 noyaux de masses
respectives Mnoy(i), i =1 à 4, et d’énergies cinétiques respectives T(i), i =1 à 4, dans laquelle le projectile
X1 et la cible X2 donne lieu à deux produits, X3 et X4.
La conservation de l’énergie se traduit par :

[Mnoy(1) + Mnoy(2)] c2 + T1 + T2 = [Mnoy(3) + Mnoy(4)] c2 + T3 + T4

 [(Mnoy(1) + Mnoy(2)) − (Mnoy(3) + Mnoy(4))] c2 = (T3 + T4) − (T1 + T2)

Or Q = [(Mnoy(1) + Mnoy(2)) − (Mnoy(3) + Mnoy(4))] c2


Donc Q = (T3 + T4) − (T1 + T2)

Il y a conservation du nombre de nucléons, donc Q peut s’exprimer à partir des énergies de liaison

Q ≈ (El (3) + El (4)) − (El (1) + El (2))

Trois cas peuvent se produire :

1) - Q = 0 : c’est par exemple le cas si X3 + X4 = X1 + X2. On dit qu’on a une diffusion élastique
(Les particules n’ont subi aucun changement avant et après l’interaction)
2) - Q < 0 : la réaction est endoénergétique ; elle n’est possible que si l’on apporte de l’énergie sous forme
d’énergie cinétique. Dans le centre de masse, l’énergie minimum à mettre en jeu est égale
à /Q/. L’énergie correspondante dans le laboratoire s’appelle énergie de seuil de la réaction.
3) - Q > 0 : la réaction est exoénergétique. Deux exemples importants : la fission d’un noyau lourd en
deux noyaux plus légers et la fusion de deux noyaux légers.
Dans la fission de 235
92U, l’énergie moyenne par nucléon passe de El /A = 7,6 MeV à El /A = 8,5 MeV ; une
telle fission libère donc ≈ (8,5 – 7, 6) × 235 ≈ 210 MeV.
Quelques exemples de réaction de fusion de deux noyaux légers :
(a) 21H + 21H→ 32He + 10n avec Q = 3, 25 MeV
(b) 21H + 21H → 31H+ 11𝑝 avec Q = 4 MeV
(c) 21H + 31H → 42He + 10nd + t → 42He + n avec Q = 17, 6 MeV

La dernière réaction est particulièrement énergétique ; cela provient de la grande énergie de liaison
du noyau 42He (également appelé particule α), qui correspond à un noyau magique (Z=N=2).

1.29 LES ÉTATS EXCITÉS DU NOYAU

L’ensemble des A nucléons qui constitue le noyau de l’atome 𝐴 𝑍𝑋 peut se trouver dans un état
excité, noté 𝑍𝑋 . L’état 𝑍𝑋 présente une énergie d’excitation E*par rapport à l’état fondamental 𝐴
𝐴 ∗ 𝐴 ∗
𝑍𝑋 .
99 𝑚
C’est le cas du technétium( 43𝑇𝑐 )que nous avons vu plus haut, et qui subsiste plusieurs heures dans
99
l’état excité avant de retourner à l'état fondamental 43𝑇𝑐 .
La seule énergie mise en jeu ici étant l’énergie
de masse, l’état excité a donc une masse plus
grande que l’état fondamental, défini comme
l’état de plus basse masse. On a donc :
M( 𝐴𝑍𝑋 ⋆ )c2= M( 𝐴𝑍𝑋)c2 + E*
Par ailleurs, la relation
A
El( 𝐴
𝑍𝑋 ) = [Zmp+ (A - Z)mn]c - M( ZX)c
2 2

nous indique que l’énergie de liaison est liée à la


masse. On a donc :
20
M( 𝐴 ∗ 𝐴 𝐴 ∗ 𝐴
𝑍𝑋 ) > M( 𝑍𝑋 ) ⇒El ( 𝑍𝑋 )  El ( 𝑍𝑋 )

Si l’énergie de liaison est plus faible dans l’état excité, sa désexcitation vers l’état fondamental va être
énergétiquement favorable. Elle se fait par émission d’un photon γ qui emporte l’excès d’énergie (cf. fig.
𝐴 ∗ 𝐴
ci-dessus).On a : 𝑍𝑋 ⇒ 𝑍𝑋 + γ

L’énergie du γ est donnée par : Eγ = [m( 𝐴 ∗ 𝐴


𝑍𝑋 ) − m( 𝑍𝑋 )]c
2

Il s’agit en fait d’une approximation consistant à négliger le recul du noyau fils. La valeur obtenue est
néanmoins très proche de la réalité (∼ 10−4 %).
En résumé, on peut donc comprendre l’état excité sous deux aspects :
• il est excité car sa masse est plus grande que celle de l’état fondamental.
• il peut se désexciter vers l’état fondamental car son énergie de liaison est moins grande que celle de ce
dernier.

1.30 NOMBRES MAGIQUES


De même qu’en physique atomique certaines configurations électroniques, comme celle des gaz
rares sont particulièrement stables, de même certains noyaux possédant un nombre de neutron ou un
nombre de proton correspondant à l’un des nombres ci-dessous sont très stables.

2 8 20 28 50 82 126
Ces nombres sont appelés des « nombres magiques ».
On observe expérimentalement que des noyaux possédant soit un nombre de protons magique ou
un nombre de neutrons magique sont beaucoup plus stables que la moyenne.
Certains noyaux ont leur nombre de protons et leur nombre de neutrons qui sont tous deux des
nombres magiques. On les appelle noyaux doublement magiques. Le 40 20𝐶𝑎
20
et le 208
82𝑃𝑏
126
sont
doublement magiques donc particulièrement stables.
D’autres nombres conduisent à une stabilité un peu plus
grande par rapport à la moyenne mais moins importante que dans
le cas des nombres magiques. Il s’agit des nombres 14 et 40.
Pour cette raison ils sont parfois qualifiés de nombres semi-
magiques.

1.31 RELATION ENTRE LA STABILITÉ ET LA PARITÉ

Il existe 256 noyaux naturels stables. La figure ci-dessous


montre comment se répartissent les noyaux stables selon la parité
du nombre de protons et de neutrons. Les données expérimentales montrent que l’énergie de liaison par
nucléon est légèrement plus grande pour les noyaux pair-pair que pour les noyaux impairs. On voit que
plus de la moitié (∼ 60,2 %) des noyaux stables sont pair-pair soit environ 85 % de la croûte terrestre. On
a un nombre de noyaux pair-impair (∼19,15) presque équivalent au nombre de noyaux impair-pair. Il y a
très peu de noyaux stables impair-impair (∼1.5%), d’ailleurs Il n’existe que 4 noyaux impair-impair
stables : 21𝐻 , 63𝐿𝑖 , 105𝐵, et 147𝑁.

1.32 LE DIAGRAMME DE SEGRÈ OU CARTE DES NUCLÉIDES

21
La carte des nucléides est un
graphique qui a en abscisse le numéro
atomique et en ordonnée le nombre de
neutrons, et qui détaille pour chaque
élément chimique naturel ou artificiel,
l'ensemble de ses isotopes connus
(stables et radioactifs). Environ 3000
nucléides connus sont ainsi répertoriés
sur ce diagramme, Chaque nucléide est
symbolisé par un carré repéré par son
nombre de protons Z (sur l’ordonné) et
son nombre de neutrons N (sur
l'abscisse). Les noyaux stables sont
représentés en noir et forment ce qu’il
convient d’appeler la vallée de stabilité.
La vallée de stabilité proprement dite se
termine au Plomb (Z=82), au-delà
duquel on ne trouve aucun nucléide
stable. Les noyaux radioactifs sont
affectés d'une trame reliée à leur mode
de désintégration dominant.
Les isotopes sont voisins
verticalement. Exemples d'isotopes :
Carbone-12, Carbone-13, Carbone-14.
Il n'y a pas d'élément possédant
des isotopes stables avec un numéro
atomique supérieur à Z=82 (Plomb).
Seuls deux éléments avec un numéro
atomique inférieur à 82 n'ont pas
d'isotope stable : le technétium (Z=43)
et le prométhium (Z=61).
Les isobares sont voisins en
diagonale d'en bas à droite vers en haut
à gauche. Exemples d'isobares :
Carbone-14, Azote-14, Oxygène-14.
Les isotones sont voisins horizontalement.
Exemple d'isotones : Carbone-14, Azote-15, Oxygène-16.
D’autres noyaux pourraient être considérés
comme stables car leur période est extrêmement longue.
C’est le cas du 204
82𝑃𝑏 dont la période est de 1,4 × 10
17

ans ou du 183 17
74W dont la périodeest de 1,4 × 10 ans.

La vallée de stabilité apparaît ainsi dans la région


centrale de la carte. Il existe environ 280 nucléides
reconnus comme étant stables. On remarque que pour les
noyaux stables légers (jusqu'à Z = 20 environ), le rapport
N/Z est à peu près égal à 1, et la vallée de stabilité suit à
peu près la bissectrice du diagramme, puis au fur et à
mesure que Z augmente, ils s’en éloignent, le nombre de neutrons l’emportant alors sur le nombre de
protons. Ceci s’explique facilement si on se souvient des deux forces qui interviennent de façon
prépondérante dans le noyau, la force coulombienne de répulsion qui augmente avec le nombre de
protons et la force nucléaire d’attraction, proportionnelle au nombre de nucléons. Le noyau n’est stable
que s’il y a équilibre entre ces deux forces. Lorsque Z augmente, la force de répulsion augmente, ajouter
des neutrons revient à augmenter la force nucléaire d’attraction qui compensera cette force de répulsion.

22
Le plus lourd des isotopes stables est le plomb
208, qui a la particularité d'être « doublement
magique », avec un nombre magique à la fois de
protons et de neutrons.
La radioactivité 𝜷− suppose 10𝑛 → 11𝑝 + 𝑒 − + 𝜈̅ ,
La radioactivité 𝜷+ suppose 11𝑝 → 10𝑛 + 𝑒 + + 𝜈.
L'excès de neutrons est beaucoup plus fréquent
parmi les noyaux radioactifs naturels que l'excès
de protons qui est rare, la radioactivité bêta-moins
est de loin la plus observée.
À Retenir :
Sur la carte des nucléides, on distingue 3
zones d’instabilité nucléaire
• Zone 1 : Excès de N :désintégration β-
• Zone 2 : Excès de Z : désintégration β+ et capture
électronique ( CE )
• Zone 3 : Excès Z + N située au-delà de la « vallée de
stabilité » (VS) où les noyaux sont volumineux :
( désintégrations α et fission )
• Jusqu’à Z = 20 : la VS se situe : 1ère diagonale où N =Z
• Pour des valeurs Z > 20, la VS s’écarte de la diagonale, la
stabilité du noyau n’est assurée que si N > Z ( ≈ 1,5 fois
plus)
• L’excès de N contrebalance les forces de répulsion
coulombiennes des protons qui tendent à diminuer la stabilité du noyau,

1.33 NUCLÉIDES PRIMORDIAUX : ORIGINE


Selon la théorie de l'évolution des étoiles, tous les éléments sauf l'hydrogène se sont formés par
nucléosynthèse6, soit dans les instants suivant le Big Bang (nucléosynthèse primordiale), soit au sein des
étoiles (nucléosynthèse stellaire). Les isotopes stables sont demeurés en l'état et on les retrouve tous sur
Terre. Les radio-isotopes dont la radioactivité a été décelée, se désintègrent, mais il en reste encore sur
Terre des quantités appréciables ayant des demi-vies suffisamment grandes (de l'ordre de 100 millions
d'années).
On trouve aussi sur Terre des radio-isotopes de demi-vies plus courtes, mais ces nucléides ne sont
pas primordiaux, ce sont des nucléides radiogéniques. Ils sont soit présents dans les chaînes de
désintégration des radio-isotopes primordiaux (comme le radon 222, descendant de l'uranium 238
primordial), soit produits sur Terre par spallation7 cosmique (comme le carbone 14, produit par spallation
de l'azote 14 atmosphérique) ou plus rarement par des transmutations nucléaire8 dans certains minerais.
Il y a ainsi plus d'une cinquantaine de nucléides radioactifs non-primordiaux (dont 24 isotopes
cosmogéniques) sur le total d'environ 340 nucléides que l'on trouve naturellement sur Terre.

1.34 FORME DU NOYAU


La forme des noyaux joue un rôle déterminant dans leur stabilité. La forme d’un noyau
atomique est le reflet de la structure en couches des protons et des neutrons qui le composent. Dans le

6
Nucléosynthèse : C’est la synthèse de noyaux atomiques par différentes réactions nucléaires (capture de neutrons ou de
protons, fusion nucléaire, fission nucléaire, spallation), éventuellement suivies de désintégrations radioactives ou de fission
spontanée.
7
Spallation : Réaction nucléaire provoquée par des particules accélérées avec une si grande énergie que le noyau
atomique qu'elles bombardent « éclate » en éjectant des particules plus légères.
8
Transmutation nucléaire : (ou mue atomique) est la transformation d'un élément chimique en un autre par une
modification du noyau atomique de cet élément.
23
cas de couches complètement remplies, on a affaire à un noyau ‘magique’ qui est de forme sphérique.
Cependant, la plupart des noyaux ont des couches partiellement remplies et sont déformés. Les formes
les plus couramment rencontrées sont allongées (prolate) ou aplaties (oblate) et peuvent changer d’un
noyau à l’autre. D’autres formes encore plus bizarres peuvent être rencontrées.
Dans certains noyaux une faible réorganisation
des protons ou des neutrons suffit pour changer sa
forme. Un même noyau est alors susceptible de
prendre certaines formes associées à des états
d’énergie différente. On constate expérimentalement
que les noyaux aux formes bizarres sont des noyaux
instables (qui se brisent rapidement en noyaux plus
petits ou qui perdent fréquemment des nucléons). Par
contre, les noyaux stables, qui survivent suffisamment
longtemps pour qu'on puisse les étudier, ont une forme
presque sphérique.

1.35 DIFFUSION DE RUTHERFORD ET


DÉTERMINATION DU RAYON NUCLÉAIRE
L'expérience de Rutherford
En 1909, Rutherford envoya un faisceau de particules  (noyau d’hélium) sur une feuille d'or
extrêmement fine (épaisseur 4 μm).
Il visualisait les particules du faisceau émergeant de la
feuille d’or sur un écran situé derrière, afin de voir comment
celles-ci étaient déviées par les atomes de la feuille d'or. Il
observa que, la grande majorité des particules α traversaient
la feuille sans être déviées mais que quelques-unes étaient
fortement déviées, et quelques rares, étaient même renvoyées
vers l'arrière.
Le moyen le plus simple pour expliquer le résultat
était de postuler que l'atome est essentiellement fait de vide,
la quasi-totalité de la charge étant localisée au centre de
l'atome. Ainsi, un atome est donc composé d'un noyau atomique entouré d’électrons.
L’expérience de Rutherford peut se résumer à une collision élastique (non-relativiste) entre une
particule incidente α de masse 𝐌𝟎 supposé ponctuel, sans structure interne, et un noyau cible N au repos
ayant pour masse M supposé lui aussi ponctuel, sans structure interne. Supposons pour simplifier, que la
cible est infiniment massive (il ne bouge pas) 𝐌≫𝐌𝟎 . Ceci permet de négliger le recul du noyau cible.
On note respectivement z et Z les numéros atomiques respectifs de la particule incidente α et de la cible
𝟏
N. 𝒗𝟎 vitesse initiale de la particule incidente, et 𝑻𝜶 = 𝟐 𝑴𝟎 𝒗𝟐𝟎 son énergie cinétique.

24
Remarque : la distance b est appelée paramètre d'impact. Il est défini comme étant la distance
perpendiculaire entre la trajectoire d'un projectile et le centre du champ créé par un objet dont le projectile
s’en approche (voir figure ci-dessus). Ce paramètre est très utilisé en physique nucléaire.

Les deux particules α(𝐌𝟎 ,ze,𝒗𝟎 , 𝑻𝜶 ) et N(𝐌, Ze,0, 0) vu de O sont soumises à la seule force
coulombienne répulsive 𝐅⃗.
𝐳𝐙𝐞𝟐 𝒌 𝐳𝐙𝐞𝟐
𝐅= = avec k =
𝟒𝛑𝛆𝟎 𝐫 𝟐 𝒓𝟐 𝟒𝛑𝛆𝟎

On suppose que la particule incidente passe suffisamment loin du noyau cible pour négliger les
forces nucléaires. Donc, en dehors de 𝐅⃗, on est en absence de tout autre champ de force extérieur.
Dans ces conditions :
• l’impulsion totale est conservée
• l’énergie cinétique totale du système se conserve. L’énergie cinétique totale du système, avant le choc
est égale à l’énergie cinétique totale du système après le choc.
L’application des lois de conservation de l’énergie totale et du moment angulaire permet de
montrer que le mouvement est plan et que la trajectoire est une hyperbole dont le noyau O est l’un des
foyers.
𝒌
- La force 𝐅⃗ de module 𝐅 = 𝟐 est inversement proportionnelle au carré de la distance, la
𝒓
trajectoire est donc une hyperbole.

25
- On cherche l’expression de la distance minimale d’approche 𝒓𝟎 qui est aussi une borne
supérieure pour le rayon du noyau.
- Quand la particule α est au point A son moment cinétique par rapport au point O où se trouve N
est 𝐌𝟎 𝐯𝟎 𝐛
- Dans une position quelconque telle que B ou C, son moment cinétique, est aussi donné par :
𝐝𝛉
𝐌𝟎 𝐫 𝟐
𝐝𝐭
- La force 𝐅⃗ est centrale9. Le moment cinétique de la particule incidente reste donc constant au
cours de son déplacement. On en déduit que :

𝐝𝛉 𝐝𝐭
𝐌𝟎 𝐫 𝟐 = 𝐌𝟎 𝐯𝟎 𝐛 → 𝐫𝟐 = 𝐯𝟎 𝐛
𝐝𝐭 𝐝𝛉

L'équation du mouvement dans la direction OY est :


𝑑𝑣𝑦 𝑘 𝑘 𝑑𝜃 𝑘
𝐹𝑦 = 𝑀0 = 𝐹𝑠𝑖𝑛𝜃 = 2 𝑠𝑖𝑛𝜃 = 𝑠𝑖𝑛𝜃 ⟹ 𝑑𝑣𝑦 = 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑑𝜃
𝑑𝑡 𝑟 𝑣0 𝑏 𝑑𝑡 𝑀0 𝑣0 𝑏

𝑘
Intégrons l’équation 𝑑𝑣𝑦 = 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑑𝜃 ci-dessus depuis l'une des extrémités de la trajectoire jusqu'à
𝑀0 𝑣0 𝑏
l'autre extrémité, en remarquant que :

1) Au point A, la valeur de 𝑣𝑦 est nulle car le mouvement initial est parallèle à l'axe des X et nous
avons aussi  = .
2) Au point D, la vitesse est de nouveau 𝑣0 car, par symétrie, la vitesse perdue quand la particule
s'approche de O doit être regagnée quand elle s'en éloigne.
Donc au point D,  et 𝑣𝑦 = 𝑣0 sin  = 𝑣0 𝑠𝑖𝑛(𝜋 − 𝜃)
𝑣0 𝑠𝑖𝑛  𝑘 
Alors :∫
0
𝑑𝑣𝑦 = ∫ 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑑𝜃
𝑀0 𝑣0 𝑏 0

𝑘 (1+𝑐𝑜𝑠) 𝑀0 𝑣20 𝑏
Ce qui donne : 𝑣0 𝑠𝑖𝑛  = (1 + 𝑐𝑜𝑠) → =
𝑀0 𝑣0 𝑏 𝑠𝑖𝑛  𝑘

sin(2𝜌) 1
Rappelons cette formule trigonométrique :tan(𝜌) = =
1+cos(2𝜌) cot(𝜌)
 𝒌 𝟏 𝐳𝐙𝐞𝟐
Ce qui nous donne :𝐭𝐚𝐧 ( ) = =
𝟐 𝑴𝟎 𝒗𝟐𝟎 𝒃 𝟒𝛑𝛆𝟎 𝑴𝟎 𝒗𝟐𝟎 𝒃
𝟏
L’énergie cinétique initiale de la particule  est 𝑻𝜶 = 𝑴𝟎 𝒗𝟐𝟎
𝟐

 𝟏 𝐳𝐙𝐞𝟐 𝟏 𝐳𝐙𝐞𝟐 
On a alors : 𝐭𝐚𝐧 ( ) = ou 𝒃= 𝐜𝐨𝐭 ( )
𝟐 𝟖𝛑𝛆𝟎 𝑻𝜶 𝒃 𝟖𝛑𝛆𝟎 𝑻𝜶 𝟐

Cette relation donne l'angle de déviation  en fonction du paramètre d’impact b

Remarque: On peut aussi écrire b de la manière suivante :


𝟏 𝐳𝐙𝐞𝟐  𝒆𝟐 𝐳𝐙  𝐳𝐙 
𝒃= 𝐜𝐨𝐭 ( ) = ( ) (ℏ𝐜) 𝟐𝑻 𝐜𝐨𝐭 ( 𝟐 ) = 𝛂ℏ𝐜 𝟐𝑻 𝐜𝐨𝐭 ( 𝟐 )
𝟖𝛑𝛆𝟎 𝑻𝜶 𝟐 𝟒𝛑𝛆 𝟎 ∝ℏ𝐜 𝜶 𝜶

• distance minimale d'approche : a


Dans le cas d'une collision frontale (b=0) , la

9
Une force centrale est une force dont le support passe constamment par un point O fixe dans un référentiel galiléen. Le
point O est appelé centre de force. La force peut être attractive ou répulsive.
26
particule incidente est défléchie de 180° et rebrousse chemin. La distance projectile-cible, au moment où
la particule incidente rebrousse chemin est appelé distance minimale d'approche, noté a.
1
Au point A l’énergie cinétique de la particule  est 𝑇𝛼 = 2 𝑀0 𝑣02
En tenant compte du fait que l’énergie potentielle d’interaction est nulle au point A (supposé à l’infini) et
du fait que la vitesse s’annule lorsque la particule fait demi-tour à la distance a du noyau. Toute l’énergie
cinétique est convertie en énergie potentielle et la conservation de l’énergie s’écrit :
1 zZe2 zZe2 zZe2 zZe2
𝑀0 𝑣02 = ⟹ a= = =
2 4πε0 a 1
4πε0 ( 𝑀0 𝑣02 ) 4πε0 𝑇𝛼 2πε0 𝑀0 𝑣02
2
 𝑎 1 zZe2
tan ( 2 ) = 2𝑏 avec 𝑎 = 4πε 𝒂 étant la distance d'approche minimale.
0 𝑇𝛼

L’expérience de Rutherford a ainsi permit d’estimer la taille du noyau atomique. En effet, les
particules qui ont rebondi sur le noyau avec un angle de diffusion de 180° (nous parlons alors de
"rétrodiffusion"), sont celles qui se sont approchées le plus près de ce dernier. Avec une énergie cinétique
initiale de 7.7 [MeV], Rutherford trouva pour le rayon de l’atome d’or (Z=79) avec des particules alpha
(Z=2) une valeur de :𝑎0 = 3. 10−14 𝑚 .

• distance d'approche : s
Dans le cas général où b ≠ 0, on appelle distance d'approche, la valeur minimale s que prend la
distance r entre le projectile et la cible (distance à laquelle la particule α passe au plus près du noyau).

1.36 NOTION DE SECTION EFFICACE DES PROCESSUS CLASSIQUES DE DIFFUSION

Aujourd’hui encore, même dans les laboratoires les


plus sophistiqués du monde, pour étudier les propriétés du
noyau, on procède à des expériences de diffusion comme le
faisait Rutherford. Seuls les appareils ont changé en se
modernisant, le procédé quant à lui est resté le même. On
envoie un faisceau de particules incidentes sur une cible. Les
événements de diffusion causés par des collisions entre la
particule incidente et la cible, et qui peuvent avoir lieu dans
toutes les directions, sont observés et mesurés grâce aux
détecteurs placés autour de la cible, et en général en
configuration sphérique.
L’interaction entre une particule incidente, (ou un
rayonnement incident), et une particule cible, est avant tout
fonction de la portée de la force d'interaction projectile-cible.
Si cette portée est supérieure à la distance qui les sépare,
chacun des deux sera sensible à la présence de l'autre et
éventuellement un processus d'interaction pourra ainsi être
initié.
Cette portée peut être représentée par une surface circulaire centrée sur l'un des systèmes,
généralement le système cible. Le rayon de cette surface est proportionnel à la portée de la force
d'interaction. Cette surface est appelée section efficace, et noté σ, elle a les dimensions d’une surface, et
est généralement exprimé en cm2. Ou en barn (b). 1 barn = 10-24cm2.
La section efficace pour certains types d'interaction entre les systèmes physiques peut être
supérieure à la section du volume physiquement occupée par les systèmes (figure 1). C’est le cas par
exemple de l'interaction coulombienne (électromagnétique) entre des charges électriques, qui se fait sentir
à des centimètres ou mètres de distance, et le cas de l'interaction entre les astres, due à la force
gravitationnelle, qui s'étend à l'échelle de l'Univers. Ce n'est que pour l'interaction mécanique de deux
objets que la section efficace a un lien direct avec la surface (section droite) respective de la cible et du
projectile.

27
La section efficace est donc la section du volume d’interaction supposé sphérique, que la
particule cible présente à la particule incidente. Ce volume d’interaction est différent du volume
mécanique réel de la particule cible.

La probabilité qu’il se produise une interaction entre une particule incidente, (ou un rayonnement
incident), et une particule cible, est reliée à la section efficace. La section efficace permet ainsi d’évaluer
le nombre d’interactions entre un flux de particules incidentes (ou un flux de rayonnement) et un système
de particules cibles.

Considérons un faisceau de particules incidentes "i" dirigé vers la


cible "C ".

Soient :
Ni le nombre de particules incidentes.
Nd le nombre de particules diffusées.
Ti le taux de particules incidentes (nombre de particules incidentes par
𝑁𝑖
unité de temps). T𝑖 =
𝑡
𝑁𝑑
Td le taux de particules diffusées (nombre de particules diffusées par unité de temps). T𝑑 =
𝑡
La probabilité d’interaction ou probabilité de diffusion d’une particule incidente est :
𝑁𝑑
𝑁𝑑 𝑁𝑑 . 𝑡 T𝑑
𝑃= = = 𝑁𝑡 =
𝑁𝑖 𝑁𝑖 . 𝑡 𝑖 T𝑖
𝑡
Soit Sc la surface de la cible recouverte par le faisceau.
Soit Nc le nombre de particule dans la région Sc.
Soit σ la section efficace de chaque particule cible de la région Sc.
La surface totale de diffusion est 𝑆𝑑 = 𝑁𝑐 𝜎

La probabilité de diffusion d’une particule incidente peut être définie par :

𝑆𝑑 𝑁𝑐 𝜎
𝑃= =
𝑆𝑐 𝑆𝑐
La probabilité de diffusion est donc proportionnelle à 𝜎. C’est pourquoi on dit que la section efficace est
liée à la probabilité de diffusion. Parfois probabilité de diffusion et section efficace se confondent.
En égalisant les deux probabilités ci-dessus, on a :

T𝑑 𝑁𝑐 𝜎 T𝑑 . 𝑆𝑐 T𝑑 1 T𝑑 1
= 𝜎 = = T . = .
T𝑖 𝑆𝑐 T𝑖 . 𝑁𝑐 (𝑆 𝑖 ) 𝑁𝑐 T𝑖 (𝑁𝑐)
𝑐 𝑆 𝑐
T𝑖
Posons : Φ𝑖 = : Φ𝑖 est appelé le flux incident. (C’est le nombre de particules incidentes par unité de
𝑆𝑐
temps et par unité de surface). En physique de particules Φ𝑖 est appelé la
Luminosité.
T𝑑
𝜎=
Remarque : Généralement, les flux de particules sont donnés en Φ𝑖 . 𝑁𝑐
ampères. Pour se ramener à un flux en nombre de particule par T
seconde et par mètre carré, il faut diviser par la charge d'une Posons : 𝜆𝑒 = 𝑑
particule individuelle. 𝑁𝑐
𝜆𝑒 est la probabilité de
N𝑐
Posons : φ𝑐 = 𝑆 : φ𝑐 est appelé la densité de surface. (C’est le réalisation d’un événement par
𝑐
nombre de particules cibles par unité de unité de temps et par unité de
surface) noyau
𝜆𝑒
𝜎= est la définition
28 Φ𝑖
théorique de la section efficace
T𝑑 1 T𝑑 1
𝜎= . = .
Φ𝑖 𝑁𝑐 T𝑖 φ𝑐
Cette formule de 𝜎 est la fondation de toutes expérience de diffusion.

T𝑑 = 𝜎 . Φ𝑖 . 𝑁𝑐 = 𝜎 . T𝑖 . φ𝑐

Cette formule montre que, T𝑑 (le taux de diffusion) que l’on peut mesurer expérimentalement, dépend
outre les facteurs géométriques, mais surtout de la quantité 𝜎 qui caractérise l’interaction individuelle
d’une particule incidente et d’une particule cible.

Cette remarque est universelle, bien que nous ayons utilisé une interaction simple pour sa démonstration.

1.37 SECTION EFFICACE MACROSCOPIQUE


Notons :
Sc la surface de la cible recouverte par le faisceau.
Nc le nombre de particule dans la région Sc.
𝑒𝑐 l’épaisseur de la cible
𝑚𝑐 la masse de la cible
𝜌𝑐 la masse volumique de la cible
𝑁𝑣 le nombre de particule contenu dans le volume cible.
ℕ le nombre d’Avogadro
Mc Masse molaire de la cible.
𝑚𝑐 Mc .Nv
Le volume de la cible est :Vc = 𝑆𝑐 . 𝑒𝑐 = or mc =
𝜌𝑐 ℕ

Mc . N𝑣 Mc . N𝑣
𝑆𝑐 . 𝑒𝑐 = ⟹ 𝑆𝑐 =
𝜌𝑐 . ℕ 𝑒𝑐 . 𝜌𝑐 . ℕ

T𝑑 𝑁𝑐 𝜎 𝑁𝑐 𝜎. 𝑒𝑐 .𝜌𝑐 .ℕ
Nous avons écrit plus haut : 𝑃= = ⟹𝑃=
T𝑖 𝑆𝑐 Mc .N𝑣

Si on suppose une cible mince telle qu’aucune particule n’est cachée par l’autre, on a 𝑁𝑐 = N𝑣 et
𝜎. 𝑒𝑐 . 𝜌𝑐 . ℕ
𝑃=
Mc .
on voit que la probabilité d’interaction dépend directement de la quantité (𝑒𝑐 . 𝜌𝑐 ) appelé densité de masse
surfacique (unité : g/cm2).

𝑃
Posons : Σ =
𝑒𝑐

𝚺 est la probabilité d’interaction par unité de distance. On l’appelle Section efficace macroscopique
du milieu
𝜌𝑐 .ℕ 𝑁𝑐 𝑁𝑐 𝑚𝑐
Σ = 𝜎. = 𝜎. = 𝜎. 𝑛𝑐 avec 𝑛𝑐 = ; Vc =
𝜌𝑐
Mc Vc Vc
𝑛𝑐 est la densité volumique des noyaux cibles.
𝑁𝑐 𝑁𝑐 . 𝜌𝑐 𝑁𝑐 . 𝜌𝑐 ℕ 𝜌𝑐 . ℕ
𝚺 = 𝝈. 𝒏𝒄 = = =
Vc mc Mc . 𝑁𝑐 Mc
La section efficace macroscopique 𝚺 représente une
29
probabilité d’interaction par unité de longueur, soit un nombre d’interaction moyenne par cm de
trajectoire.
𝟏
Posons : 𝝀 =
𝚺
𝝀 représente le libre parcours moyen. C’est-à-dire la distance parcourue en moyenne par la particule
avant une interaction.

1.38 LOI DE LA VARIATION DU FLUX INCIDENT : CAS D’UNE CIBLE ÉPAISSE

Si le milieu où se propage le faisceau incident n’est pas une cible mince, et que les particules
incidentes disparaissent après le choc. (Exemple de l’absorption des photons dans la matière).

Notons :
Φ𝑖0le flux incident qui touche la cible.
Φ𝑖 (𝑥)le flux incident à la profondeur x de la cible.
Φ𝑖 (𝑥 + Δ𝑥)le flux incident à la profondeur 𝑥 + Δ𝑥 de la cible

Φ𝑖 (𝑥 + Δ𝑥) < Φ𝑖 (𝑥) ⇒ [ΔΦ𝑖 (𝑥) = Φ𝑖 (𝑥 + Δ𝑥) − Φ𝑖 (𝑥)] < 0

− ΔΦ𝑖 (𝑥) est le flux diffusé ou qui a interagit dans la cible. Donc − ΔΦ𝑖 = Φ𝑑

−ΔΦ𝑖 (𝑥) Φ
𝑃= est la probabilité d’interaction ou probabilité de diffusion. Donc 𝑃 = Φ𝑑
Φ𝑖 (𝑥) 𝑖

−ΔΦ𝑖 (𝑥)
𝑃 Φ𝑖 (𝑥)
Σ= = est la probabilité d’interaction par unité de distance dans la cible,
Δ𝑥 Δ𝑥
Φ𝑑
Φ𝑖
Donc Σ =
Δ𝑥

−ΔΦ𝑖 (𝑥) −ΔΦ𝑖 (𝑥) 𝑑Φ𝑖 (𝑥)


= Σ. Δ𝑥 ⟹ = Σ. Φ𝑖 (𝑥) ⟹ = −Σ. Φ𝑖 (𝑥) ⟹ 𝑑Φ𝑖 (𝑥)
Φ𝑖 (𝑥) Δ𝑥 d𝑥
= −Σ. Φ𝑖 (x)d𝑥

En intégrant sur une épaisseur 𝑥 on obtient la loi de la variation du flux de particules incidentes.

Φ𝑖 (x) = Φ𝑖0 𝑒 −Σ𝑥


Qu’on écrit plus simplement :
Φ(x) = Φ0 𝑒 −Σ𝑥 = Φ0 𝑒 −𝝈.𝒏𝒄 𝑥
Puisque Σ = 𝜎. 𝑛𝑐
Φ(x)est le flux de particules incidentes qui n’a pas réagi après un parcours d’une distance x dans la cible.
Le flux de particules qui a réagi est :

Φ𝑑 (x) = Φ0 (1 − 𝑒 −Σ𝑥 ) = Φ0 (1 − 𝑒 −𝝈.𝒏𝒄 𝑥 )


Exemple : Quelle est la fraction de rayons gamma transmises derrière une cible de plomb de 1 cm
d’épaisseur, si la section efficace totale d’interaction est de 10 barns ?
On donne : Masse volumique du plomb ρ = 1,13 . 104kg/m3Masse molaire du plomb M = 0,207 kg/mol
N= 6,02.1023 /mol

30
𝜌𝑐 ℕ 1,13. 104 . 6,02. 1023
𝑛𝑐 = = = 3,3. 1028 𝑚−3
𝑀𝑐 0,207
Φ
x = 10-2 m ; σ = 10-27 m2 ; 𝝈. 𝒏𝒄 𝑥 = 0,33  = 𝑒 −0,33 = 0,72
Φ0

La démonstration ci-dessus suppose qu’on s’intéresse à tous les processus d’interactions et qu’on
ne s’intéresse pas à la direction d’émission des particules diffusées.
Dans le cas plus général, la section efficace de diffusion comprend les processus suivants :
1) Élastiques (la particule diffusée défléchi, mais la cible et la particule incidente gardent leur
nature)
2) Inélastique : (la cible après interaction peut-être dans un état excité)
3) Absorption de la particule.

Remarque : Dans le cas spécifique de l’absorption, 𝚺 est appelé coefficient d’absorption et se note μ la
formule de la loi de la variation du flux ci-dessus s’écrit donc :

Φ(x) = Φ0 𝑒 −𝜇𝑥
𝜇 𝜇 ℕ
est appelé coefficient d’absorption massique = 𝜎 (avecℕ= nombre d’Avogadro et A masse
𝜌 𝜌 𝐴
atomique du milieu)

Exemple : le coefficient d’absorption massique pour les photons de 100 KeV dans le plomb vaut 5,5
cm2/g. Calculer l’absorption par mm de plomb et la section efficace. On donne : ρ du plomb 11,4 g/cm3.
x = 1 mm  ρx = 1,14 g/cm2𝝈. 𝒏𝒄 𝑥 = 𝜇. 𝑥 = 𝜌 . 𝜌𝑥 = 5,5 . 1,14 = 6,27
𝜇

1.39 ÉLÉMENT DE VOLUME EN COORDONNÉES SPHÉRIQUES ET NOTIONS D’ANGLE


SOLIDE

Rappel sur l’élément de volume en coordonnées sphériques :

L’élément de volume est défini comme un parallélépipède dont les arrêts mesurent les
déplacements élémentaires obtenus lorsqu’on fait varier une seule coordonnée. Ainsi :
Dans le système cartésien, le volume élémentaire est : dτ = dxdydz. Où dx, dy, dz sont les
déplacements élémentaires suivant respectivement les axes Ox, Oy, Oz.
Dans le système sphérique, le déplacement élémentaire est dV = dudvdw ,où du, dv, dw sont les
déplacements élémentaires suivant respectivement l’axe radial « r » , la latitude « » et la longitude « φ ».
-  et φ étant fixes, la variation du rayon r conduit à un
déplacement du = dr
- r et l’angle de rotation φ étant fixes, la variation de l’angle
d’écartement  fait circuler le point M sur un cercle de rayon r (comme si
le point M se déplaçait sur le méridien). Ce déplacement correspond donc
à une abscisse curviligne dv = rd.
- De même r et l’angle d’écartement  étant fixes, la variation de
l’angle de rotation φ fait circuler M sur un cercle de rayon [Link], le
déplacement élémentaire correspondant est dw = [Link]dφ .
Le volume élémentaire devient donc dV = dudvdw=
r sindrddφ
2

Si on a une sphère et on veut calculer une surface élémentaire sur la sphère, le rayon r sera
constant et ds = dvdw = r2sinddφ

Rappel sur les notions d’angle solide.

31
La notion d’angle solide est facile à introduire par analogie avec l’angle plan, que l’on
connaît mieux.
L’angle plan se définit, dans l’espace à deux dimensions, par le rapport 𝛼 =
𝑙
entre la longueur 𝑙 interceptée par deux rayons sur le cercle, et le rayon R du cercle.
𝑅
𝑙
Le rapport est indépendant de R.
𝑅

De la même manière, l’angle solide se définit dans


l’espace à trois dimensions, sur une sphère, comme le
𝑆
rapport Ω = 2 où S est la surface en forme de calotte
𝑅
sphérique délimitée par le cône centré en O sur l’œil de
𝑆
l’observateur, et R le rayon de la sphère. Le rapport 2 est
𝑅
indépendant de R.
Une difficulté est que l’angle plan, est toujours
repéré par un arc de cercle, alors que sur une sphère, la
surface interceptée peut avoir n’importe quelle forme. Elle
peut être une calotte sphérique comme sur la figure ci-
contre, mais la surface en général, a une forme quelconque.
Une autre difficulté est que pour l’angle plan, outre le radian qui est l’unité de mesure mathématique, on a
depuis longtemps mis au point des unités pratiques comme le degré, le grade, le millième. Par contre,
pour les angles solides, il n’y a qu’une unité théorique, l’équivalent du radian, qui s’appelle le
stéradian(sr),autrement dit ⪡radian stérique ⪢, le terme stérique étant employé au sens d’espace .
L’angle 𝛀 peut s’exprimer à l’aide de l’angle plan α. En effet, si on considère les coordonnées
sphériques d’axe Oz traditionnelles (r, θ, φ), la calotte sphérique est caractérisée par r = R, θ ∈ [0, α] et
φ∈ [0, 2π]. Ces données nous permettent de calculer S.
La surface élémentaire sur la sphère (r = R et dr = 0) correspond à dS = R2sinθdθdφ.

𝛼 2𝜋
On a donc 𝑆 = 𝑅 2 ∫0 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑑𝜃 ∫0 𝑑φ = 𝐑𝟐 (1 − cos 𝛂)2𝛑 . On en déduit que l’angle solide est :

𝑆
Ω= = 2𝜋(1 − 𝑐𝑜𝑠𝛼)
𝑅2
Angle solide d’un segment de sphère unité (r = 1)

La surface élémentaire dS = R2sinθdθdφ si R =1⟹ dS =


sinθdθdφ

𝛼2 2𝜋
Ω=∫ 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑑𝜃 ∫ 𝑑φ
𝛼1 0
= 2𝜋 (𝑐𝑜𝑠𝛼1 − 𝑐𝑜𝑠 𝛼2 )
Pour 𝛼1 =0 et 𝛼2 = 𝜋 on balaie l’espace
entier Ω = 4𝜋
Angle solide et détecteur 

Prenons le cas pratique d’un détecteur cylindrique centré sur


l’axe Z, sur lequel se trouve une source supposée ponctuelle à une
32
distance R du détecteur. La surface d’entrée du détecteur est perpendiculaire à l’axe Z comme nous
pouvons le voir sur la figure ci-contre.
Nous savons dans ce cas que ϕ varie de 0 à 2 π et  varie de 0 à max
𝑎 𝑅
Pour déterminer max, il suffit de remarquer que 𝑡𝑎𝑛 𝛼𝑚𝑎𝑥 = 𝑅 ou 𝑐𝑜𝑠 𝛼𝑚𝑎𝑥 = √𝑅2 2
+𝑎
2𝜋 𝛼𝑚𝑎𝑥 𝛼
Nous avons donc Ω = ∫0 𝑑𝜙 ∫0 𝑠𝑖𝑛𝛼𝑑𝛼 = 2𝜋[− 𝑐𝑜𝑠𝛼]0 𝑚𝑎𝑥 = 2𝜋(1 − 𝑐𝑜𝑠𝛼𝑚𝑎𝑥 )
𝑅
Ω = 2𝜋 (1 − )
√𝑅2 + 𝑎2

Si a ≪R, alors nous pouvons écrire


𝑅 𝑅
=
√𝑅 2 + 𝑎2 𝑎2
𝑅√1 + 𝑅2

1
1
Si nous nous rappelons que le développement limité de (1 + 𝜀)−2 ≃ 1 − 2 𝜀 au premier ordre lorsque ε
𝑎
est voisin de 0. Nous en déduisons en prenant 𝜖 = 𝑅 que :
𝑎2 𝜋𝑎2 𝑠𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒 𝑑′ 𝑒𝑛𝑡𝑟é𝑒 𝑑𝑢 𝑑é𝑡𝑒𝑐𝑡𝑒𝑢𝑟
Ω = 2𝜋 (1 − (1 − 2
)) ≃ ≃
2𝑅 𝑅2 (𝑑𝑖𝑠𝑡𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑠𝑜𝑢𝑟𝑐𝑒 − 𝑑é𝑡𝑒𝑐𝑡𝑒𝑢𝑟)2

C’est souvent sous cette forme simplifiée qu’est calculé l’angle solide, tant que l’approximation
est valide.
Si l’étendue de la source est telle qu’elle ne peut plus être considérée comme ponctuelle alors le
calcul devient beaucoup plus complexe et requiert l’utilisation de simulation de type Monte-Carlo.

1.40 SECTION EFFICACE DIFFÉRENTIELLE.

Les sections efficaces


définies jusqu’à présent, sont des
probabilités d’interaction à un état :
l’état initial (coté cible). C’est-à-
dire qu’on ne s’intéresse pas à ce
qui advient aux particules après
l’interaction. Or dans une
interaction, il est souvent nécessaire
de décrire l’état final (coté
détecteur).
Dans les laboratoires de
physique nucléaire, on fait des
expériences de diffusion en accélérant des électrons, des protons ou d'autres particules au moyen d'un
cyclotron, d'un accélérateur de Van de Graaf ou de d'autres dispositifs semblables, et en observant la
distribution angulaire des particules déviées. Ainsi l’étude de la distribution angulaire des particules
diffusées peut apporter des informations sur l’interaction qui a eu lieu entre le faisceau et le noyau cible
(par exemple sur la forme du potentiel d’interaction).
 a
En étudiant la diffusion de Rutherford, nous avons écrit que tan ( ) =
2 2b
𝟏 𝐳𝐙𝐞𝟐
(avec 𝑎 = ).
𝟒𝛑𝛆𝟎 𝑻𝜶
Ce qui signifie que la valeur de l’angle de déviation , est liée à celle du paramètre d'impact b, en
d’autres termes, les particules qui se dirigent vers la cible avec un paramètre d’impact b sont déviées d’un
angle de diffusion. (Ceci reste d'ailleurs vrai même pour un potentiel non coulombien).

33
 𝑎 𝑎 𝑎 𝑑
tan ( ) = ⟹𝑏=  et 𝑑𝑏 = −
2 2𝑏 2𝑡𝑎𝑛( ) 4 𝑠𝑖𝑛2 ()
2 2
Lorsque b diminue,  augmente . Si d 0  db  0.

Les particules qui arrivent sur le noyau cible en passant par


la couronne de surface infinitésimale dσ ont un paramètre
d’impact compris entre b et b+db et sont diffusées dans l’angle
solide infinitésimale dΩ compris entre les cônes de demi-angles
au sommet  et +d. (Partie hachurée du schéma ci-dessus).

Si par la pensée on « coupe » la couronne et qu'on la


« déroule », on peut supposer que son aire est assimilable à celle
d'un rectangle de longueur 2πb (la circonférence d'un cercle de rayon b et de largeur db. Il s’en suit donc
que la couronne a pour surface infinitésimale 𝐝𝛔 = 𝟐𝐛|𝐝𝐛|

On dit que dσ représente la section efficace élémentaire de diffusion pour un angle solide
élémentaire égal à dΩ
𝒅𝝈
Le rapport est appelé section efficace différentielle.
𝒅Ω

C’est une section efficace d'interactions par unité d'angle solide, Elle représente la probabilité pour
qu'il y ait une interaction et que la particule soit émise dans l'angle solide dΩ.

Nous avons écrit plus haut que l’angle solide est : Ω = 2𝜋(1 − 𝑐𝑜𝑠𝛼)dans notre le cas présent,

𝑑Ω
Ω = 2𝜋(1 − 𝑐𝑜𝑠) ⟹ = 2𝜋𝑠𝑖𝑛 ⟹ 𝑑Ω = 2𝜋𝑠𝑖𝑛d
𝑑

La section efficace différentielle s’écrit donc :

𝒅𝝈 𝟐𝐛|𝐝𝐛| 𝐛|𝐝𝐛|
= =
𝒅Ω 𝟐𝐬𝐢𝐧|𝐝| 𝐬𝐢𝐧|𝐝|

Partant de (relation démontrée plus haut):


𝟏 𝐳𝐙𝐞𝟐  𝟏
𝒃= 𝐜𝐨𝐭 ( ) or 𝐜𝐨𝐭′(𝐱) = −
𝟒𝛑𝛆𝟎 𝐌𝟎 𝐯𝟎𝟐 𝟐 𝐬𝐢𝐧𝟐 (𝐱)

nous avons:

𝐝𝐛 𝟏 𝐳𝐙𝐞𝟐 𝐝  𝟏 𝐳𝐙𝐞𝟐 𝟏
= 𝟒𝛑𝛆 𝟐
𝐜𝐨𝐭 ( ) = − 𝟒𝛑𝛆 𝟐 
𝐝 𝟎 𝐌𝟎 𝐯𝟎 𝐝 𝟐 𝟎 𝐌𝟎 𝐯𝟎 𝟐𝐬𝐢𝐧𝟐 ( )
𝟐
𝟏 𝐳𝐙𝐞𝟐 𝟏
𝐝𝐛 = − 𝐝
𝟒𝛑𝛆𝟎 𝐌𝟎 𝐯𝟎𝟐 𝟐𝐬𝐢𝐧𝟐 ()
𝟐

Dès lors :
𝟐  
𝟐 𝟐 𝐜𝐨𝐬 ( )
𝟏 𝟐 𝐳𝐙𝐞𝟐 𝐜𝐨𝐭 ( )
𝟐 𝟏 𝟐
𝐳𝐙𝐞 𝟐
𝐛𝐝𝐛 = − ( ) ( 𝟐 ) 
𝐝 = − ( ) ( 𝟐 ) 
𝐝
𝟒𝛑𝛆𝟎 𝐌𝟎 𝐯𝟎 𝟐
𝟐𝐬𝐢𝐧 ( 𝟐 ) 𝟒𝛑𝛆 𝟎 𝐌 𝐯
𝟎 𝟎 𝟑
𝟐𝐬𝐢𝐧 ( 𝟐 )
soit

34
𝟐 
𝐛𝐝𝐛 𝟏 𝟐 𝐳𝐙𝐞𝟐 𝟏 𝐜𝐨𝐬 ( )
𝟐
= −( ) ( )
𝐬𝐢𝐧𝐝 𝟒𝛑𝛆𝟎 𝐌𝟎 𝐯𝟎 𝟐𝐬𝐢𝐧𝟑 ( ) 𝐬𝐢𝐧()
𝟐 
𝟐

𝟐 
𝐛𝐝𝐛 𝟏 𝟐 𝐳𝐙𝐞𝟐 𝟏 𝐜𝐨𝐬 ( )
𝟐
= −( ) ( )
𝐬𝐢𝐧𝐝 𝟒𝛑𝛆𝟎 𝐌𝟎 𝐯𝟎 𝟐𝐬𝐢𝐧𝟑 ( ) 𝟐𝐬𝐢𝐧 ( ) 𝐜𝐨𝐬 ()
𝟐  
𝟐 𝟐 𝟐

𝟐
𝐛𝐝𝐛 𝟏 𝟐 𝐳𝐙𝐞𝟐 𝟏
= −( ) ( )
𝐬𝐢𝐧𝐝 𝟒𝛑𝛆𝟎 𝐌𝟎 𝐯𝟎𝟐 𝟒𝐬𝐢𝐧𝟒 ()
𝟐
𝒅𝝈 𝐛𝐝𝐛
Or = 𝐬𝐢𝐧𝐝
𝒅Ω

𝒅𝝈 𝟏
𝟐
𝐳𝐙𝐞𝟐
𝟐
𝟏 𝐳𝐙𝐞𝟐
𝟐 𝟏 𝟏
Donc = − (𝟒𝛑𝛆 ) (𝐌 𝐯𝟐 )  = − (𝟏𝟔𝛑𝛆 ) ∙ 𝐓𝟐 ∙ 
𝒅Ω 𝟎 𝟎 𝟎 𝟒𝐬𝐢𝐧𝟒 ( ) 𝟎 𝟎 𝐬𝐢𝐧𝟒 ( )
𝟐 𝟐

Nous remarquons plusieurs petites choses intéressantes:


1. Pour un angle d'incidence nul, la section efficace diverge (à cause du sinus au dénominateur)
2. La section efficace décroit selon le carré de l'énergie cinétique de la particule incidente
3. L'expression est valable quelles que soient les charges mises en jeu
(positives ou négatives)

Note : la section efficace ne dépend pas des signes des charges, on ne peut
pas dire si le projectile et la cible sont de mêmes signes ou de signes opposés
par une simple expérience de diffusion !

1.41 NOTION DE BASE DE PHYSIQUE DES PARTICULES.


La matière qui nous entoure est un assemblage de particules élémentaires reliées entre elles par
des interactions.
Les particules élémentaires sont les particules qui d'après la théorie et l'expérience actuelle ne
peuvent être décomposées en particules plus petites.

Le noyau d’un atome est composé de protons et de neutrons.


Protons et de neutrons ne sont pas élémentaires ils sont constitués de
quarks.
On compte six types de quarks (ou saveur): le quark up, le quark down,
le quark étrange, le quark charmé, le quark bottom (encore appelé le
quark beauté) et le quark top.
Protons et de neutrons sont constitués chacun de trois quarks
- Les protons sont constitués de deux quarks Up et d'un quark Down.
- Les neutrons sont constitués de un quark Up et de deux quarks Down.

Les particules qui sont composés de quarks comme le proton et le neutron sont appelé les
Hadrons.
Il y a deux sortes de hadrons : les baryons et les mésons.
Les baryons sont constitués de trois quarks (protons et neutrons sont donc des baryons)
Les mésons sont constitués de deux quarks (un quark et un antiquark).
35
De façon générale, il existe deux grandes familles de particules : les fermions et les bosons. Les
premiers constituent les briques de matières tandis que les seconds sont des champs de force qui
permettent à ces briques d’interagir et de s’assembler (la colle).

La physique des particules dit que lorsqu’il y a interaction


entre deux particules, A et B, elles s’échangent une troisième
particule C appelée particule médiatrice ou boson. Les
particules A et B qui interagissent sont des fermions ou
particules de matière.
Analogie: deux personnes, chacune dans sa barque, se lancent
une balle, qui transmet une force répulsive

Un lepton est un fermion élémentaire insensible à l'interaction forte. Il existe six sortes de leptons
: l'électron, le muon, le tau et les neutrinos électroniques, muonique et tau.

Chaque particule a une antiparticule. Une antiparticule possède les mêmes propriétés que la
particule associée (masse, spin, ...) mais une charge électrique opposée. Ainsi, il existe une antiparticule
de l’électron (le positon e+), l’antiproton p̅, de charge -1, l’antineutron n̅, de charge nulle. On note
l’antiparticule avec le même symbole que la particule mais avec une barre au-dessus.

Remarque : lorsqu'une particule de matière rencontrant une particule d'antimatière les deux
peuvent s'annihiler et donner de l'énergie sous forme de rayonnement :

matière + antimatière  énergie

Ce processus a été très important au début de l'univers. Après une importante phase d'annihilation
mutuelle, il est resté de la matière car elle était en excédent de 1%.

Selon leurs propriétés et leur environnement, les particules peuvent s’attirer, rester ensemble,
s’éviter, ou ne pas interagir du tout.
On distingue quatre forces ou interactions fondamentales qui sont à l’origine des différentes
structures de l’Univers, des plus grandes aux plus petites.
L’interaction gravitationnelle : Elle s’exerce entre deux corps massifs. Elle est essentiellement
attractive, avec une intensité inversement proportionnelle au carré de la distance entre ces deux corps. Sa
portée est infinie. Elle est totalement négligeable, lorsque l’on s’intéresse à des noyaux ou des particules.
Le boson échangé est appelé graviton
L’interaction électromagnétique :Cette interaction concerne les particules chargées. C’est une
force à très grande portée. Elle peut être répulsive ou attractive. Le boson échangé est le photon
L’interaction forte : interaction attractive de très courte portée, et indépendante de la charge
électrique. Le boson échangé est appelé le gluon
L’interaction faible : c’est une interaction à très courte portée, elle est responsable de la
radioactivité 𝛽 La radioactivité 𝛽 − suppose 10𝑛 → 11𝑝 + 𝑒 − + 𝜐 , La radioactivité 𝛽 + suppose 11𝑝 → 10𝑛 +
𝑒 + + 𝜈̅ . L’interaction forte et l’interaction électromagnétique sont incapables de transformer neutrons en
protons ou vis-versa et de produire des électrons, des positons, des neutrinos ou des antineutrinos. La
Nature a donc recours à l’interaction faible (le terme interaction est plus exact que celui de force) pour
procéder à des désintégrations bêta ou des captures électroniques.
L’interaction faible ne s’exprime pas en termes d’attraction ou de répulsion. Son action se traduit
par l’échange de particules médiatrices que sont les bosons W+ et W- et Z°
Lorsqu'un nucléon change de nature (neutron ou proton) c'est qu'un de ses constituants (quark down ou
up) s’est transformé d'une espèce à l'autre. C'est au niveau des corpuscules élémentaires que sont les
quarks qu'intervient l'interaction faible.
Le mécanisme de la désintégration 𝛽 − par exemple comporte plusieurs phases. Au départ, un
quark down d'un neutron, émet brièvement une particule médiatrice W- et devient quark up. En général,
36
le quark up qu’il est devenu, réabsorbe immédiatement la particule médiatrice émise et redevient quark
down 10 . Or, la particule médiatrice W- échangée est instable et peut se désintégrer en électron et
antineutrino (cf.). Si ce boson se désintègre durant l'instant extraordinairement bref (le principe
d'incertitude permet de chiffrer cette durée à 10-26 s) qui s'écoule entre son émission et sa réabsorption,
une désintégration 𝛽 − se produira. (La probabilité est faible mais pas nul).

Les bosons de Jauge : Ce sont des particules qui transmettent les forces élémentaires.
- Le photon( γ ), de masse m = 0, transmet la force électromagnétique entre les particules ayant
une charge électrique.
- les gluons ( g ), de masse m = 0, transmettent la « force nucléaire forte » entre les quarks. Ils
sont au nombre de 8.
- Les bosons W et Z : W0; W+; W- de masse m = 80 GeV/c2, et Z0 de masse m =
91 GeV/c2, transmettent la « force nucléaire faible » entre les particules de matière et d'antimatière.
(quarks et leptons).

Remarques :
- Les neutrinos ne sont sensibles qu’ à la force nucléaire faible, et n'interagissent donc que très
peu. Ils peuvent traverser la Terre facilement. Il y en a 200 par m3, provenant d'un reste « fossile » du Big
Bang.
- L'interaction gravitationnelle est aussi une force élémentaire, bien que son intensité soit très, très
faible devant les autres. Sa particule de Jauge associée s’appelle le « graviton ».

Résumé : L’atome est constitué de particules de matière (fermions) dont la cohésion est assurée par des
forces (bosons). Les fermions incluent des particules légères élémentaires (leptons) et des particules
lourdes (hadrons) eux-mêmes composées de particules plus élémentaires les quarks. , si tous les fermions
sont des particules, toutes les particules ne sont pas des fermions.

10
Ce mécanisme s'explique dans le cadre de la mécanique quantique. C'est le principe d'incertitude de Heisenberg qui
autorise un quark à émettre et à réabsorber un objet beaucoup plus massif que lui, le boson W.
37
Les particules légères élémentaires (leptons) ne sont pas composées de quarks et comprennent les
électrons, les muons et les particules tau toutes de charge négative, mais aussi des particules de charge
nulle comme les neutrinos, les neutrinos muoniques et les neutrinos tau.
Les particules lourdes (hadrons) incluent des particules composées d’un quark et d’un antiquark (mésons)
et des particules composées de 3 quarks (baryons) dont les plus connues sont les protons et les neutrons.
Les protons sont constitués de 2 quarks u (de charge +2/3 e) et d’un quark d (de charge -1/3 e) soit au
total une charge + 1e (soit 1,602.10-19 coulomb).
Les neutrons sont constitués d’un quark u (de charge +2/3 e) et de 2 quarks d (de charge -1/3 e) soit au
total une charge nulle.

Il y a donc peu de particules élémentaires. Surtout que la plupart cités ci-dessus sont instables :
elles ont une durée de vie très courte. Elles apparaissent lors de collisions énergétiques, et se désintègrent
très rapidement. Les particules élémentaires stables sont l’électron e-; le neutrino ν et le photon γ. Les
quarks q et les gluons g n'existent pas à l'état individuel. La richesse et la diversité de la nature vient du
fait que ces particules élémentaires s'assemblent pour former des « particules composées » très variées.

Cocher la seule bonne réponse dans chaque question.


1/ On désigne par isobares:
□ Deux noyaux ayant le même nombre de neutrons
□ Deux noyaux ayant le même nombre de protons
□ Deux noyaux ayant le même nombre de masse
□ Deux noyaux ayant le même nombre d’électrons
2/ On désigne par isotones :
□ Deux noyaux ayant le même nombre de protons
□ Deux noyaux ayant le même nombre de neutrons
□ Deux noyaux ayant le même nombre de masse
□ Deux noyaux ayant le même nombre d’électrons
3/ Le noyau atomique a été découvert par :
□ Dalton
□ Bohr
□ Rutherford
□ Chadwick
4/ La diffusion coulombienne de Rutherford a fourni des réponses sur la :
□ Dimension des atomes
□ Dimension des noyaux
□ Dimension des protons
□ Dimension des neutrons
5/ La diffusion coulombienne de Rutherford a permis de soupçonner l’existence de :
□ La force gravitationnelle
□ La force électromagnétique
□ L’interaction faible
□ L’interaction forte
6/ En physique nucléaire on note le neutron :
□ −11𝑛
□ 11𝑛
□ 10𝑛
□ 01𝑛
7/ Le rayon nucléaire s’écrit :
□ R =r0A -1/3

□ R =r0A 1/3

□ R =r0A 2/3

□ R =r0A3/2
8/ L’unité de masse atomique est définie comme la masse de l’atome de :
38
□ Carbone 12
□ Carbone 14
□ Carbone 13
□ D’azote 14
9/ Pour s’approcher le plus possible du noyau il faut envoyer des particules ayant des :
□ Énergies cinétiques croissantes
□ Énergies cinétiques décroissantes
□ Longueurs d’onde croissantes
□ Fréquences décroissantes
10/ Les angles de diffusion des particules  dans l’expérience de Rutherford sont plus grands quand :
□ Le paramètre d’impact b est plus grand
□ La section efficace est plus grande
□ Le paramètre d’impact b est plus petit
□ Aucune réponse n’est juste
11/ La section efficace est la section pour laquelle :
□ Aucune collision ne peut avoir lieu
□ Des collisions sont possibles
□ Les répulsions entre atomes sont impossibles
□ Les attractions entre noyaux sont impossibles
12/ Les énergies de liaison nucléaires augmentent quand la taille des :
□ noyaux augmente
□ protons augmente
□ noyaux diminue
□ neutrons diminue
13/ Une grande valeur de l’énergie de liaison nucléaire indique que :
□ Les noyaux ne sont pas stables
□ Les noyaux sont très stables
□ Les atomes ne sont pas stables
□ L’interaction forte est très petite
14/ La vallée de stabilité montre que les noyaux naturels ont un:
□ Surplus de neutrons
□ Surplus de protons
□ Surplus d’électrons
□ Nombre de neutrons nul
15/ La courbe d’Aston montre que la stabilité est maximales pour les :
□ Noyaux moyens
□ Noyaux lourds
□ Noyaux légers
□ Atomes lourds
16/ La courbe d’Aston montre que pour récupérer de l’énergie nucléaire il y a :
□ Aucune possibilité
□ Deux possibilités
□ Une seule possibilité
□ Trois possibilités
17/ La force nucléaire est :
□ Toujours attractive
□ Toujours répulsive
□ Attractive et répulsive
□ Ni attractive ni répulsive
18/ La force nucléaire :
□ est à courte portée
39
□ est à longue portée
□ peut agir entre 2 noyaux
□ peut agir entre 2 atomes
19/ Les différents termes de la formule de Bethe et Weizsäcker ont été introduit :
□ De façon aléatoire
□ Pour reproduire au mieux l’expérience
□ Pour interpréter la dimension des noyaux
□ Pour interpréter la charge des noyaux
20/ Les trois termes prépondérants dans la formule de Bethe et Weizsäcker sont :
□ Asymétrie, volumique et surfacique
□ Volumique, appariement et coulombien
□ Volumique, coulombien et surfacique
□ Surfacique, volumique et asymétrie
21/ Les constituants du noyau atomique sont :
□ Des électrons
□ Des neutrons
□ Des neutrons et des protons
□ Des neutrons, des protons et des électrons
22/ la somme des masses des constituants du noyau atomique est :
□ Supérieure à celle du noyau lié
□ Inférieure à celle du noyau lié
□ Egale à celle du noyau lié
□ Inversement proportionnelle à celle du noyau lié
23/ l’énergie moyenne nécessaire à lier ou séparer un nucléon du noyau est de :
□ 18 MeV
□ 28 MeV
□ 8 MeV
□ 0.8 MeV
24/ La fusion est la :
□ La séparation d’un noyau lourd en deux noyaux légers
□ La séparation d’un noyau moyen en deux noyaux légers
□ L’union de deux noyaux moyens pour donner un noyau lourd
□ L’union de deux noyaux légers pour donner un noyau moyen
25/ La radioactivité  est l’émission :
□ D’un noyau de deutérium
□ D’un noyau d’hydrogène
□ D’un noyau d’hélium
□ D’un positron

QCM2 de physique nucléaire


Cocher la seule bonne réponse dans chaque question.
1/ Dans une désintégration spontanée, le bilan énergétique Q est toujours:
□ Positif
□ Négatif
□ Nul
□ Supérieur à 2
2/ Dans une désintégration , la particule a traversé la barrière coulombienne :
□ De manière classique
□ Par effet tunnel
□ De manière classique et quantique à la fois

40
□ Aucune réponse n’est correcte
3/ Le bilan énergétique des désintégrations permet de déterminer :
□ Les masses
□ Les charges
□ Les énergies potentielles
□ Aucune réponse n’est correcte
4/ Le spectre des énergies cinétiques d’une désintégration  est:
□ mono- énergétique
□ bi- énergétique
□ Continu
□ Aucune réponse n’est correcte
5/ Le spectre des énergies cinétiques d’une désintégration  est:
□ Mono- énergétique
□ Bi- énergétique
□ Continu
□ Aucune réponse n’est correcte
6/ La radioactivité + est la transformation d’un :
□ Neutron en un proton
□ Électron en un proton
□ Électron en un neutron
□ Proton en un neutron
7/ La radioactivité + est une désintégration subie par :
□ Des noyaux naturels
□ Des noyaux artificiels
□ Des gaz rares
□ Tous les noyaux aussi bien naturels que artificiels.
8/ la capture électronique est une variante de la désintégration :
□ 
□ -
□ +
□ de neutrons
9/ La capture électronique est :
□ L’émission d’un proton
□ La capture d’un positron
□ L’émission d’un électron
□ La capture d’un électron
10/ Le rayonnement  est :
□ à courte longueur d’onde
□ à faible énergie
□ dû aux transitions électroniques
□ lié uniquement aux radioactivités  et .
11/ Une désintégration spontanée :
□ S’accompagne toujours de l’émission de 
□ Peut se faire sans émission de 
□ aboutit toujours à un noyau fils instable
□ aboutit toujours à un noyau fils de plus basse énergie de liaison.
12/ La constante de désintégration radioactive représente la :
□ Probabilité de désintégration
□ La vitesse d’une désintégration
□ Probabilité de désintégration par unité de temps

41
□ Le nombre de noyaux non désintégrés
13/ la demi-vie radioactive est le temps nécessaire à la désintégration :
□ De la moitié des noyaux
□ Du quart des noyaux
□ De tous les noyaux
□ D’aucun noyau
14/ Une désintégration spontanée :
□ Suit toujours un seul mode de désintégration
□ Peut subir plusieurs modes de désintégration
□ Peut avoir au plus deux modes de désintégrations
□ Aucune réponse n’est exacte
15/ La probabilité de décroissance radioactive par unité de temps pour un noyau radioactif :
□ change s’il existe plusieurs modes de désintégrations
□ reste la même pour tous les modes de désintégrations
□ varie proportionnellement à la période
□ est inversement proportionnelle au nombre de noyau présents à l’instant t.
16/Choisissez la réponse qui vous permet d’expliquer l’existence du Radon 220 de période 54.5 s :
□ Il est le produit de la désintégration d’un noyau de très longue période
□ Il n’est le produit de désintégration d’aucun noyau, il se renouvelle constamment par les rayonnements
cosmiques
□ Il existe parce qu’on le produit artificiellement
□ Aucune réponse n’est juste
17/ le radon 220 est –il émetteur :
□ +
□ -
□ 
□ De neutrons
18/ L’activité d’un échantillon radioactif se mesure en :
□ Barns
□ Joules
□ Bohr
□ Rutherford
19/ Toutes les applications médicales de la radioactivité :
□ Se limitent uniquement au diagnostic des maladies
□ Permettent le diagnostic et le traitement des maladies
□ Ne permettent ni le diagnostic ni le traitement des maladies
□ Aucune réponse n’est juste
20/ Afin de diagnostiquer une anomalie chez un patient par scintigraphie doit on injecter :
□ Le même traceur pour voir à la fois le disfonctionnement de la tyroïde et du cœur.
□ Deux traceurs différents pour voir le disfonctionnement du cœur.
□ Un traceur spécifique qui se fixe uniquement sur l’organe soupçonné.
□ Aucune réponse n’est juste
21/ les traceurs utilisés en scintigraphie doivent nécessairement avoir une :
□ Très courte période
□ Très longue période
□ Très forte activité
□ Aucune activité
22/ La datation au carbone 14 permet de déterminer :
□ Avec précision l’âge d’un échantillon
□ L’époque à laquelle a appartenu l’échantillon
□ Le volume de l’échantillon
42
□ L’énergie de l’échantillon
22/ Une réaction nucléaire provoquée se fait :
□ Toujours de façon directe
□ Toujours en passant par un noyau composé
□ Des fois de façon directe et des fois en passant par un noyau composé
□ Aucune réponse n’est juste
23/ Au cours d’un choc inélastique :
□ la nature des particules ne change jamais mais leur état change
□ il n’y a aucun changement ni dans la nature des particules ni dans leur état
□ l’énergie cinétique se conserve mais pas la quantité de mouvement
□ la quantité de mouvement se conserve mais pas l’énergie cinétique

24/ A propos des modèles concernant le noyau :


A. Le modèle de la goutte liquide permet de décrire la rotation des électrons autour du noyau.
B. Dans le modèle de la goutte liquide les nucléons sont fixes.
C. Ce modèle est compatible avec la théorie des états discrets d'énergie.
D. Le modèle en couche est compatible avec les états discrets d'énergie.
E. Le modèle en couche explique l’existence des numéros magiques.

25/ : A propos du modèle de la goutte liquide :


□ Le volume du noyau est proportionnel au nombre de nucléons.
□ Le rayon du noyau peut se calculer grâce à : r = r0 . A⅓ où r0 = 1 à 1,5 nm.
□ La force de cohésion est maximale quand le nombre de proton et de neutron sont égal.
□ Les termes entrant en jeu dans la formule de Bethe-Weizsäcker sont l'énergie de liaison en volume, l'énergie superficielle,
l'énergie électrostatique, l'énergie d'asymétrie et l'énergie d'appariement.
□ L'énergie superficielle tient compte du fait que les nucléons de la surface du noyau sont moins liés que les autres.

26/ : A propos de la structure du noyau :


□ Le modèle de la goutte liquide permet d'expliquer la radioactivité Béta et la fission spontanée.
□ Dans le modèle de la goutte liquide, le liquide est compressible et hyper-dense.
□ La probabilité d'existence des protons est constante dans tous les points du noyau.
□ Dans le modèle en couche, le remplissage complet d'une couche permet d'être hyper-stable.
□ Ce nombre au carré correspond au numéro magique.

27/ : A propos du modèle en couches nucléaires:


□ Il possède autant de nombre quantique que le modèle en couche concernant les électrons.
□ Le nombre quantique principal l prend les valeurs 1,2,3…
□ j = l +/- s, selon le sens des deux vecteurs.
□ Les nucléons peuvent être aussi dans un état excité.
□ Leur retour à l'état fondamental s'accompagne de l'émission d'un photon gamma.

Exercice 1:
On rappelle la formule semi-empirique donnant l'énergie de liaison El(A,Z) d'un noyau de nombre de
masse A contenant Z protons:
𝐴 2 𝑍2 (𝐴 − 2𝑍)2
𝐸𝑙 ( 𝑍𝑋) = 𝑎𝑣 𝐴 − 𝑎𝑠 𝐴3 − 𝑎𝑐 1 − 𝑎𝑎 + 𝑎𝑝 𝛿(𝐴)
𝐴3 𝐴

Où 𝑎𝑣 ,𝑎𝑠 , 𝑎𝑐 et 𝑎𝑎 sont des coefficients constants (en première approximation) et ayant pour
valeur respectivement 14 MeV, 13 MeV, 0.60 MeV et 19 MeV; 𝑎𝑝 = 34 × 𝐴−3/4;  = 0 si A est
impair = +1 pour A et Z pairs ;  = -1 pour A pair et Z impair.
1. Calculer l’énergie de liaison El(A,Z), l’énergie moyenne de liaison et la masse atomique des noyaux
45 70
21𝑆𝑐 et 30𝑍𝑛 utilisant la formule semi empirique.

43
2. En supposant que l'énergie de liaison des électrons est négligeable, montrer que la masse de l'atome
M(A,Z) est donnée par la relation suivante:
M(A,Z) = αA – βZ + γZ - ap(A)2

a. Expliciter les coefficients ,  et  ; Comment varient ces coefficients en fonction de Z lorsque


A est constant.
b. Pour A constant, discuter l’allure de M(A,Z)=f(Z) en fonction de la parité de A, et tracer les
courbes relatives à A=59 et A=64.
c. Pour une chaîne isobarique déterminer l'expression de la charge Z0(A) de l'isobare (le plus
stable) ayant la plus petite masse.
d. Quel est l’isobare le plus stable pour A=208

EXERCICE 2 Diffusion de Rutherford

On se propose d’étudier la diffusion d’une particule  (A=4, Z=2) par un noyau


de masse M, de charge Z et de nombre atomique A. Soit V0 la vitesse initiale de la
particule .
Pour simplifier le problème, on supposera que le noyau reste immobile au cours de
la collision (𝑚𝛼 << M) et que la particule est une charge ponctuelle sans dimensions.
Dans le cas où la particule n’atteint pas la surface, les forces nucléaires qui sont de
courte portée, ne peuvent jouer aucun rôle et la collision se poursuit comme s’il n’y
avait que la force électrostatique.
1) la particule incidente a un paramètre d’impact b, exprimer b en fonction de l’angle
de diffusion .
2) Considérons maintenant que la particule  rencontre de front le noyau cible (c-à-d
b=0), trouver la distance minimale d’approche d0. Calculer la valeur de d0 pour une
particule d’énergie cinétique T= 5,3 MeV se dirigeant vers un noyau 197
79Au . Comparer
la valeur obtenue à celle du rayon RAu du noyau d’Or. Conclure.
On donne e2/40 = [Link]

3) Pour s’approcher plus de la cible :


- faut-il des particules  plus énergétiques ou moins énergétiques ?
- la cible doit-elle avoir un Z plus élevé ou moins élevé (à T=cte) ?
Résumer en quelques mots, en vous basant sur les réponses de la question 3 la manière
de sonder les dimensions nucléaires, ce traitement reste-t-il valable si on s’approche
beaucoup de la surface nucléaire ? Pourquoi ?

4) Exprimer la section efficace d présentée par un noyau cible, pour un paramètre


d’impact compris entre b et b + db. En déduire l’expression de la section efficace
différentielle (d/d)pour la diffusion de la particule incidente dans la direction  et
par unité d’angle solide dans cette direction.

44
5) Un faisceau très étroit de particules monocinétiques d’énergie 5.3 MeV tombe, en
incidence normale sur une feuille d’Or d’épaisseur x = 25.10-5 cm et de masse spécifique
 = 19.3 g/cm3. Sachant que l’intensité du faisceau est de 105 particules par minute,
calculer le nombre de particules  qui seront diffusées par minute vers un détecteur,
placé à = 15° et vu du centre de la cible sous un angle solide dstéradian. On
négligera la variation de la section efficace différentielle sur l’étendue du détecteur.

Exercice 3 Stabilité des isotopes de cuivre


63 64 65 66
Parmi les quatre isotopes du cuivre : 29𝐶𝑢 29𝐶𝑢 29𝐶𝑢 29𝐶𝑢 deux sont stables et
deux instables. Lesquels ?

Exercice 4 Énergie coulombienne d’une sphère de rayon R


1. Calculer l’énergie coulombienne EC d’une sphère de charge Ze chargée uniformément en volume.
2. En fait la sphère n’est pas uniformément chargée puisqu’elle est composée de protons et l’on cherche à
évaluer l’énergie d’interaction entre ces protons et pas l’énergie coulombienne de chaque proton. Pour
évaluer la correction à apporter par rapport à la question précédente, nous allons supposer que chaque
proton a une self-energy coulombienne que l’on évaluera en supposant sa charge diluée dans toute la
sphère (puisqu’il est délocalisé dans ce volume). Calculer cette self-energy et donner une expression plus
correcte de l’énergie coulombienne d’une sphère contenant Z protons.

Exercice 5 Noyaux impair-impair


Il y a cinq noyaux impair-impair stables. Quels sont-ils ?

Exercice 6 Fusion
2 2 4
La réaction 1𝐻 + 1𝐻 → 2𝐻𝑒 est-elle exothermique ? Est-elle possible ?
2 4
On donne les masses atomiques suivantes : 𝑚( 1𝐻 ) = 2,014102 𝑢𝑚( 2𝐻𝑒 ) =
4,002603 𝑢
Exercice 7 Équilibre de réactions
?
6-1. Équilibrer les réactions nucléaires suivantes : 1𝐻 + 2?𝑋 → 31𝐻 + 11𝐻 + 4,03 𝑀𝑒𝑣 et
2 2 ? 1
1𝐻 + 1𝐻 → ?𝑋 + 0𝑛 + 3,27 𝑀𝑒𝑣

6-2. Calculer la masse de X dans les deux réactions.


2 4
On donne les masses atomiques suivantes : 𝑚( 1𝐻 ) = 2,014102 𝑢𝑚( 2𝐻𝑒 ) = 4,002603 𝑢
𝑚( 31𝐻 ) = 3,016049 𝑢𝑚( 32𝐻𝑒) = 3,016029 𝑢
Exercice 8
Calculer l’énergie de liaison moyenne par nucléon du noyau de 42𝐻𝑒 et celle du 126𝐶
Données: La masse de l’atome neutre d’hélium vaut 4,002604 uma , la masse de l’atome hydrogène
neutre vaut 1,007825 uma et la masse d’un neutron vaut 1,008665 uma

Exercice 9

45
Exercice 10

Exercice 11

Exercice 12

Exercice 13 Stabilité des noyaux

En prenant pour expression de la masse atomique celle donnée par Weiszacker :


M(A,Z) = αA+βZ+γZ2δ (Mev), où α, β, et γ sont des coefficients constants ; δ est le terme
d’appariement (‟+″ , si le noyau est pair-pair et ‟-″, si le noyau est impair-impair ) , et en considérant les
désintégrations suivantes :
Le 78 78
31Ga décroit par β vers le 32Ge en libérant une énergie Eβ1 = 8.080 Mev
-

Le 78
32Ge se désintègre par β vers un niveau excité de
- 78
33As

à E* = 0,277 MeV ;
L’énergie libérée au cours de cette transmutation est Eβ2 = 0.980 Mev.

46
Le 78 78
33As décroit par β vers le 34Se en libérant une énergie Eβ3 = 4.290 Mev
-

a) Déterminer l’isobare le plus stable pour A = 78.


78 78
b) La masse atomique du 35Br vaut 77.921144 uma, déterminer celle du 36Kr
78
c) Déduire de la question b) que le 36Kr est un noyau stable.
Exercice 14
On considère la famille des isobares A = 41, composée de 5 noyaux donnés dans le
tableau suivant avec leurs masses atomiques en u.

Isobare
18 19 20 21 22
41Ar 41K 41Ca 41Sc 41Ti

Masse atomique 40.9645 40.96182 40.9622 40.96925


40.9831310
(u) 008 60 783 13
On rappelle que : mec2 = 0.511 MeV et 1u = 931.5 MeV/ c2

1/
a-Écrire les équations des désintégrations spontanées -, + et capture électronique
(notée C.E.) pour un noyau 𝐴𝑍𝑋
b- Établir l’expression des bilans énergétiques 𝑄𝛽− 𝑄𝛽+ 𝑄𝐶.𝐸. . de ces 3 désintégrations en
fonction des masses atomiques.
2/ Compléter les cases vacantes du tableau ci-dessous :

𝑄𝛽− (MeV) 𝑄𝛽+ (MeV) . 𝑄𝐶.𝐸. (MeV)


2.492 < 0 < 0
41
18𝐴𝑟

< 0 < 0 < 0


41
19𝐾

< 0 0.421
41
20𝐶𝑎

< 0 6.495
41
21𝑆𝑐

< 0 11.907
41
22𝑇𝑖

3/ En vous servant de tableau complété de la question 2, dites quel est l’isobare le plus
stable et pourquoi ?
Nommer les désintégrations possibles pour chacun des noyaux restants.
Schématiser ces désintégrations sur la parabole des masses appropriée en indiquant le
nom de l’isobare ainsi que le(s) type(s) de désintégration(s) qu’il subit.

Exercice 15 :
La courbe d’Aston donne l’énergie moyenne de liaison par nucléon en fonction du nombre
A de nucléons pour tous les noyaux naturels, cette courbe est représentée ci-dessous.

47
1- Que représente l’énergie moyenne de liaison par nucléon ?
2- Lier l’énergie moyenne de liaison par nucléon à la stabilité des noyaux. Reporter cette courbe sur votre
feuille en indiquant la zone délimitant les noyaux les plus stables.
3- Cette courbe indique-t-elle des processus possibles d’obtention de l’énergie nucléaire ?
Nommer ces processus et expliquer les brièvement en indiquant dans quelle région de la courbe
d’Aston figure chacun d’eux.

Exercice 16
Afin de reproduire par modélisation la courbe d’Aston, les théoriciens ont mis au point une expression
analytique permettant d’obtenir l’énergie de liaison d’un noyau 𝐴𝑍𝑋 appelée formule semi empirique de
Bethe et Weizeicker :

1- a/ Donner en quelques mots la signification physique de chaque terme de cette formule ?


b/ Nommer les termes prépondérants et ceux qui peuvent être interprété de façon classique.
2- Donner l’expression de l’élément le plus stable en fonction de A, ac et aa.
3- On s’intéresse à un ensemble d’isobares A= 41 (voir tableau ci-dessous) :

élément Z (MeV) B(MeV)


Soufre (S) 16 -17,87 336,28
Clore (Cl) 17 -27,40 345,02
Argon (Ar) 18 -33,07 349,91
Potassium (K) 19 -35,56 351,62
Calcium (Ca) 20 -35,14 350,42
Scandium (Sc) 21 -28,64 343,14
Titane (Ti) 22 -15,70 329,41

B étant l’énergie de liaison et  le défaut de masse.

a- En vous servant de ce tableau, nommer l’élément le plus stable en justifiant votre


réponse.
b- Calculer ac en choisissant dans le tableau les deux isobares adéquats à sa
détermination et en justifiant votre choix.
48
c- Placer les différents isobares A=41 sur la parabole des masses (défaut de masse en
fonction du nombre de protons Z) adéquate.
-
4- La seule désintégration possible pour l’argon est  , écrire l’équation de

désintégration - pour Ar, donner l’expression de son bilan énergétique 𝑄𝛽− en fonction
de  et le calculer pour Ar.
5- Deux éléments parmi ceux cités dans le tableau ci-dessus ont des périodes de
désintégration de 8.104 ans et 2 heures, tous les autres ont des périodes inférieures à
la seconde. Identifier les deux éléments en question en indiquant pour chacun de ces
isobares sa période. Justifier votre réponse.

Exercices 17 Constituants du noyau-équivalence masse énergie

On rappelle que la mécanique relativiste ne s’impose que si l’énergie cinétique d’une


particule est supérieure au dixième de son énergie au repos (𝑚0 𝑐 2 ).
1/ Pour quelles énergies cinétiques l’électron, le proton et la particule  deviennent ils
relativistes ?
On donne les énergies au repos de l’électron, du proton et de la particule 
respectivement :
𝑚𝑒 𝑐 2 = 0.511MeV ; 𝑚𝑃 𝑐 2 = 938.3 MeV et 𝑀𝛼 𝑐 2 = 3728.4 MeV.

2/Trouver la longueur d’onde de De Broglie associée à :


*une bille de 10-2kg ayant une vitesse de 10 m/s. Conclure.
*un électron d’énergie cinétique 24.1 eV. Conclure.
*un électron d’énergie cinétique 1 GeV. Conclure.

Exercice 18 :
Lorsque qu'un électron et un positron se rencontrent, ils s'annihilent pour former un
photon.
Calculer la longueur d'onde de la radiation émise. Conclure.

Exercice 19 :
On rappelle qu’une mole contient N=6.0220943.1023 atomes.
1/ quel est le nombre d’atomes contenu dans 1 kg de 12
6𝐶 ?
2/ L’unité de masse atomique u est définie de sorte que le principal isotope du carbone
12
6𝐶 ait une masse de 12 u. Calculer en kg la valeur de u, calculer son énergie
équivalente en MeV
3/ Quelle est en kg la masse d’un atome de carbone 12
6𝐶 ? La comparer à celle de ses
constituants. Conclure.
Exercice 20 :

1/ Calculer l’énergie qui serait dégagée si 1 Kg de deutérium subissait la fusion pour


donner de l’hélium.

49
On donne les masses des noyaux de deutérium et d’hélium :
M( 21𝐻 ) = 2.013554 u et M( 42𝐻 ) = 4.001506 u, 1 u = 931.5 MeV/c2.
2/ La chaleur de réaction de combustion du charbon est de 30 KJ/g. Calculer la masse
de charbon dont la combustion libère la même énergie que la fusion d’un Kg deutérium.

Données utiles : 𝑚𝑒 = 9.109560.10-31 kg, 𝑚𝑃 = 1.67261.10-27 kg, 𝑚𝑛 = 1.67492.10-27


kg,
1 eV = 1.602192.10-19 J, c = 2.99792.108 m/s, h = 6,626 068 74 × 10-34 J.s .

Exercice 21:
Soient les noyaux suivants : 12C, 70Ge et 209Bi
1. Sachant que le rayon nucléaire 𝑟0 =1.2 fm, calculer le rayon pour chaque noyau.
2. En supposant que la densité de nucléons varie dans le noyau en fonction de la distance au centre
comme l'indique la figure ci-dessous, quelle est la fraction des nucléons situés dans la zone superficielle
dans les noyaux donnés. On donne 𝜌0 = 0.17 fm-3 ; c = 1.1A1/3 fm et a = 3.0 fm

Exercice 22:
1. Pour le noyau 𝐴𝑍𝑋, donner l’expression de l’énergie de liaison El(A,Z) en fonction des excès de masse
de l’hydrogène, du neutron et de l’atome donné.
2. À l’aide de l’expression trouvée et des excès de masse (voir table),
a) Calculer l’énergie de liaison d’un noyau possédant un nombre égal de protons et de neutrons et
un rayon égal au 2/3 de celui du noyau 27Al
b) Calculer l’énergie de liaison par nucléon dans les noyaux 6Li, 40Ar, 107Ag et 208Pb
c) Calculer l’énergie de séparation d’un neutron, d’une particule  de 21
10Ne
d) Quelle est l’énergie nécessaire pour casser un noyau de 8O en une particule  et un noyau de
16
12
6𝐶

Exercice 23:
1. Si le noyau est considéré comme sphérique de rayon R et ayant une densité de charge (r) uniforme,
montrer que l’énergie coulombienne des protons est donnée par
3 𝑒 2 𝑍2
𝐸𝑙 = 5 4𝜋𝜀0 𝑅

2. Calculer la différence d’énergie de liaison des noyaux miroirs 33 33 33


16𝑆 et 17𝐶𝑙 sachant que la masse de 17𝐶𝑙
excède celle de 33
16𝑆 de 0.00599 uma.
3. Comparer la valeur obtenue à la différence d’énergie coulombienne dans ces noyaux sachant que𝑅 =
1.4 × 𝐴1/3 × 10−13 (𝑐𝑚) Conclure.
4. De ce qui précède, déterminer pour A=33 la valeur du rayon nucléaire 𝑟0 .

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