Corrosion des alliages Al-Ni-Be-Ti
Corrosion des alliages Al-Ni-Be-Ti
DEPARTEMENT DE CHIMIE
MEMOIRE DE MASTER
THEME
EFFET D’IMMERSION SUR LE COMPORTEMENT
ELECTROCHIMIQUE D’AL ET DE SES ALLIAGES DANS
UNE SOLUTION A 3%EN POIDS DE NACL
Remerciements
Mes remerciements vont tout droit à qui je dois beaucoup, car c’est grâce à lui que
j’ai découvert le monde de l’électrochimie .Un monde que j’ignorais complètement
avant de rejoindre l’université de Mouloud Mammeri en master1 ; au Professeur
Kadri Abdelaziz pour qui j’ai beaucoup de respect.
Je remercie Melle Cilya Oulmas co-promotrice pour les images EDX faites depuis
la Belgique et l’aide apportée malgré l’éloignement et la charge de travail qu’elle subit
par le fait qu’elle prépare sa thèse de doctorat.
Merci à tous les professeurs et enseignants que j’ai eu la chance d’avoir pendant ma
courte formation de poste graduation : M. Hocine Smain, M. Chaouchi Ahcène, M.
Sahmoune Amar, M. Saal Amar, M. Halem, M. Adkhis et Mme Baaziz Bahia.
A mes supporters d’excellence, Mon tendre mari Mohamed, mes trois enfants
chéris : Yanis, Samy et Lyes : Merci pour tout ! I love You !
Malika
Liste des abréviations et des notations
Abréviations
AF : Agitation forte
Ah/Kg : Ampère heures par kilogramme
AM : Agitation moyenne
BF : Basses fréquences
CCA : Capacité de courant de l’anode
CCth : Capacité de courant théorique
CE : Contre électrode
CPE : Constant phase element (élément à phase constante)
ddp : Différence de potentiel
ECS : Electrode au calomel saturé
EDS : Energy dispersive spectroscopy (spectroscopie à énergie dispersive)
ESH : Electrode standard à hydrogène
ET : Electrode de travail
fem : Force électromotrice
FRA : Frequency response analysis
HF : Hautes fréquences
kHz : Kilo-Hertz
Kg : Kilogramme
MEB : Microscope électronique à balayage
MO : Microscope optique
mHz : mili-Hertz
mV : mili-Volt
PC : Protection cathodique
pH : -log10 de la concentration du proton
SA : Sans agitation
SIE : Spectroscopie d’impédance électrochimique
TPM : Théorie du potentiel mixte
tpm : Tours par minutes
ZRA : Zero resistance ammeter (ampèremètre à résistance nulle)
Liste des abréviations et des notations
Notations
aox : l’activité de l’oxydant
ared : l’activité du réducteur
b : Pente de Tafel anodique
b : Pente de Tafel cathodique
: Coefficient de transfert de charge anodique de l’anode
: Coefficient de transfert de charge cathodique de la cathode
: Surtension
Cdc : Capacité de la double couche
EA : Potentiel de l’anode
EC : potentiel de la cathode
Ecorr : Potentiel de corrosion
Eeq : Potentiel d’équilibre
EfA: Efficacité de l’anode
EfP: Efficacité de protection
Eg : Potentiel galvanique
EOx/Red : Potentiel d’équilibre du couple rédox oxydant / réducteur
Ep : Potentiel de protection
F : Constante de Faraday (96500 C/mol)
f : Fréquence
ia : Densité de courant anodique
ic : Densité de courant cathodique
icorr : Densité de courant de corrosion en Ampère par mètre carré (A/m2)
ig : Densité de courant galvanique
ipass : Densité de courant de passivation
M : Métal ou masse molaire
mf : Masse finale des échantillons
mi : Masse initiale des échantillons
Q : Facteur de proportionnalité du CPE
: Quantité ou capacité de charge de l’élément i.
R : Constante des gaz parfait (8.314 J/[Link])
: Résistance de polarisation
Rs : Résistance de la solution
Rtc : Résistance de transfert de charge
Liste des abréviations et des notations
S : Surface de l’échantillon
T : Température
t : Temps
: Fraction massique de l’élément i
Z : Impédance électrochimique
| | : Module de l’impédance électrochimique
ZIm (ω) : Partie imaginaire de l’impédance électrochimique
ZRe (ω) : Partie réelle de l’impédance électrochimique
Z(ω) : Impédance électrochimique en fonction de la pulsation
ΔE : Perturbation sinusoïdale du potentiel
|Δ | : Amplitude du potentiel
ΔI : Perturbation sinusoïdale du courant
|Δ | : Amplitude du courant
ω : Pulsation
Ø : Argument ou phase de Z
Ω : Ohm
Sommaire
Sommaire
Remerciements
Introduction générale……………………………………………………..……………1
II.1.1. Matériaux………………………………………………………………..…………...13
Conclusion générale…………………….……………………………………………….49
Annexes
Références Bibliographiques
Résumé
Introduction générale
L’acier au carbone est un matériau très abondant sur terre, qui possède des qualités
mécaniques indéniables, en plus de son faible coût comparé à d’autres matériaux. C’est pour
cela que les industriels l’ont introduit à très grande échelle dans tous les domaines.
Cependant, il est assujetti au phénomène de corrosion qui cause la dégradation de ses
propriété et rend, paradoxalement, son utilisation coûteuse, encombrante ; voire dangereuse.
Des études ont été menées afin de trouver des solutions pour garder les atouts de l’acier
et l’empêcher de se corroder. Pour cela, des méthodes électrochimiques de protection ont été
adoptées, entre autres la protection cathodique de l’acier par anodes sacrificielles. C’est une
méthode qui consiste à établir une pile galvanique entre un métal et l’acier à condition que le
potentiel de corrosion du métal ajouté soit inférieur à celui de l’acier. Ainsi, le métal joue
le rôle de l’anode qui va se corroder et l’acier reste intact car il constitue la cathode
par abaissement de son potentiel électrochimique au niveau dit d’immunité. Les
anodes sacrificielles largement utilisées sont à base d’aluminium, de zinc et de magnésium.
Celles à base d’aluminium les plus utilisées surtout en eau de mer.
Le premier chapitre a pour objectif de faire une étude bibliographique sur tout ce qui a
trait à ce thème : corrosion de l’acier et de l’aluminium, les alliages d’aluminium et
l’influence des différents ajouts et la protection cathodique de l’acier.
Le deuxième chapitre est consacré à la description des modes opératoires, des
méthodes et des techniques utilisées afin de mener à bien les manipulations et le
traitement des données.
Le troisième et dernier chapitre est dédié à la présentation des différents résultats
obtenus par les diverses techniques utilisées et leurs interprétations respectives.
Une conclusion générale résumant les différents résultats de ce notre travail est insérée
dans ce manuscrit pour le clore.
1
Chapitre I
Synthèse
bibliographique
Chapitre I Synthèse bibliographique
La corrosion est un phénomène qui se produit sur un métal au contact d’un électrolyte
avec formation d’une pile (anode-cathode) et un passage de courant.
I.1.2. Le potentiel d’électrode : le passage des ions en solution laisse des charges
négatives (les électrons) dans le métal. Avec le temps la répulsion des cations en solution et
l’attraction des électrons du métal, limitent la réaction. Le potentiel pris par le métal par
rapport à la solution tend vers une valeur stationnaire appelée potentiel d’électrode.
2
Chapitre I Synthèse bibliographique
Il est aussi appelé potentiel d’abandon, potentiel libre, potentiel mixte ou potentiel
irréversible. C’est le potentiel d’un métal au contact d’une solution conductrice. Il n’est pas
caractéristique du métal, il dépend des conditions de mesure, non calculable et se mesure par
rapport à une électrode de référence. La série galvanique dans l’eau de mer est donnée en
Annexe II.
La figure I.2 présente le diagramme d’équilibre E-pH de Pourbaix du fer dans l’eau à 25°C
[1] où trois domaines sont observés :
a) Domaine de corrosion : c’est la région ou le fer est oxydé pour donner lieu à des
ions à partir de [ ] = 10 .
Les réactions de dissolution du fer :
- En milieu acide pH < 9.45 : → +2 (dissolution anodique) (I.5)
En parallèle avec la réduction : 2 +2 → (I.6)
Réaction de corrosion globale : +2 → + (I.7)
Les ions sont instables en milieu très acide de pH < 3 et s’oxydent selon :
→ + (I.9)
3
Chapitre I Synthèse bibliographique
=− .
4
Chapitre I Synthèse bibliographique
l’eau chimiquement pure à 25°C ; on n’a pris en considération ni les alliages de ce métal, ni
les acides et bases qui modifient le pH, ni même la présence des ions chlorures (cas de notre
étude) qui accélèrent la corrosion par formation de piqûres suivie de rupture de passivation.
Cela tient à la méthode qui est basée sur des données thermodynamiques et non des données
cinétiques [2]. En fonction de l’électrolyte, on peut avoir une inversion dans la série des
potentiels. Exemple : Série galvanique dans l’eau de mer (Annexe II)
Immunité Fe Fe(OH)2
On s’intéressera dans ce travail à la protection
pH
cathodique de l'acier dans l'eau de mer.
Fig. I.3 : Schéma résumant les méthodes
de protection électrochimiques.
d) Principe de la protection cathodique
Pour modifier le potentiel du métal à protéger cathodiquement, on utilise une anode installée
dans le même électrolyte, qui peut être :
- soit un métal ayant un potentiel plus électronégatif que le métal à protéger (anode
sacrificielle en Mg, Zn ou Al),
- soit un métal noble couplé à un générateur de tension continue imposant une
différence de potentiel entre les deux matériaux (méthode à courant imposé).
e) Protection par courant imposé
Cette protection est assurée par un générateur de Post de soutirage
courant continu où le pôle négatif (la cathode) est Canalisation - +
en acier Déversoir
relié à l’élément à protéger et le pôle positif à I e-
plusieurs anodes inertes (graphite ou Ti) montées
en parallèles de sorte à amener l’acier dans la
zone d’immunité. Le système est appelé
I
« énergisé » ou « à soutirage de courant » [3]. Elle Sol
est utilisée dans les canalisations, châteaux d’eau, Fig. I.4 : Schéma de la protection
5
Chapitre I Synthèse bibliographique
Le courant généré par l’anode sacrificielle, appelé courant galvanique du couple, , est la
source de polarisation négative de jusqu’à atteindre le potentiel de couplage galvanique
, situé dans le domaine d’immunité du métal [4].
L’aluminium est un élément chimique de symbole Al, de numéro atomique 13, de poids léger
27 g/mol et il est très abandon sur terre après l’oxygène et le silicium et s’obtient de la
bauxite ; une roche naturelle (minerai) riche en aluminium et composé de (55% , 15%
et 25% perte au feu) [5]
L’aluminium est classé à la deuxième place dans l’utilisation des matériaux, pourtant sa
production ne représente que 2% de la production de l’acier, grâce à ses propriétés telles que:
6
Chapitre I Synthèse bibliographique
Cependant, ses autres propriétés mécaniques restent médiocres telles que la dureté, la charge à
la rupture…
7
Chapitre I Synthèse bibliographique
3- Al est immunisé quand [Al] dissout < 10 et que la forme métallique est stable. Ce
domaine existe à partir du potentiel < / = −1.
67 + 0.
02log [ ] (I.26)
Dans le cas ou [Al] dissout = 10 il est appelé potentiel de protection :
= −1.
67 + 0.
02log10 = −1.
79 V/E SH (I.27)
8
Chapitre I Synthèse bibliographique
Pour Al, elle apparait dans les milieux très acides (pH < 4) ou très alcalins (pH > 9) où la
vitesse de dissolution du film d’oxyde naturel est plus grande que celle de sa reconstitution.
Mais la vitesse de cette corrosion dépend beaucoup de l’ion de la solution. Par exemple, Al
résiste bien dans l’acide nitrique concentré (pH = 1) et dans l’ammoniaque (pH = 13).
- Corrosion par piqûres
C’est une corrosion localisée qui se traduit par la formation, sur la surface du métal, des
cavités de formes irrégulières avec des diamètres et de profondeurs différents selon les
conditions pendant que le reste de la surface est indemne. Cette forme de corrosion touche les
métaux passivables comme Al, dans les milieux proche de la neutralité et en présence des ions
halogénures ( , , , ) avec les ions les plus agressifs vue leur faible diamètre.
Les piqures se développent sur les hétérogénéités de la couche d’oxyde (défauts et phase
intermétalliques). Le film passif se dissout comme suit :
Pour un pH < 4 : +6 →2 +3 (I.28)
( )
Pour un pH entre 4 et 9 : +2 +6 →2 +3 (I.29)
L’espèce formée par les ions et est généralement [7]. Après rupture locale du
film passif, la piqûration s’amorce et se propage, tel schématisé ci-dessous :
9
Chapitre I Synthèse bibliographique
zone appauvrie
en Cu de part et
d’autre du joint
précipité
continu
au joints
10
Chapitre I Synthèse bibliographique
11
Chapitre I Synthèse bibliographique
c) Ajout de Ti :Il raffine les grains, ce qui améliore certaines propriétés de corrosion en
la rendant plus uniforme donc une durée de vie prolongée de l’alliage. Au delà de
0.015% il peut causer des difficultés de coulée et aux environs de 0.15 la structure
devient plus grossière. [14]
D’après les données théoriques, les éléments d’addition des échantillons de notre étude (Zn,
Sn et Ti), déplacent le potentiel de l’alliage vers des valeurs plus négatives, ce qui laisserait
supposer que ces échantillons seraient efficaces, comme anodes sacrificielles, dans la
protection cathodique de l’acier au carbone.
Dans la littérature, les anodes sacrificielles suivantes ont montré une bonne efficacité dans la
protection de l’acier dans l’eau de mer :
12
Chapitre II
Matériaux, méthodes
et conditions
expérimentales
Chapitre II Matériaux, méthodes et conditions expérimentales
Ce chapitre a pour objectif de présenter les matériaux utilisés, leur préparation comme étant
des échantillons d’étude, les conditions et les modes opératoires, les techniques et méthodes
électrochimiques adoptées ainsi que les méthodes de caractérisation microstructurales de la
surface.
II.1.1. Matériaux
Notre étude concerne les quatre échantillons : aluminium pur, deux alliages d’aluminium dont
la composition chimique (% en poids) est donnée dans le tableau II.1, ainsi qu’un échantillon
d’acier de type A60 (utilisé par la société SONATRACH dans les pipelines).
% en poids Al Zn Sn Ti Surface
Echantillon (cm²)
01 99.999 / / / 1
02 Balance 5% 0.22% / 0.785
03 Balance 5% 0.22% 0.05 1.326
Avant chaque étude et afin d’obtenir des surfaces de travail miroir, l’ensemble des
échantillons a subit une série de polissage mécanique sur du papier en carbure de silicium de
granulométrie décroissantes (papier abrasif 400, 800, 1000, 2000) sous jet d’eau, puis sur
feutrine imbibée de pâte diamantée de granulométries 9,3 puis 1 µm. Les échantillons sont
ensuite, rincés à l’eau distillée et séchés puis nettoyés aux ultrasons dans un bain d’éthanol
pendant 10 min pour enlever toutes les impuretés restantes. Ils sont ensuite rincés puis séchés.
La cellule de mesure est constituée de trois électrodes : une électrode de travail (échantillon),
une électrode de référence (Ag-AgCl) et une contre électrode (en platine), immergées dans
une solution à 3% en poids en NaCl de pH = 6. Les électrodes sont reliées aux bornes d’un
potentiostat/galvanostat de type Autolab PGSTAT-30, contrôlé par le logiciel FRA 4.9 pour
Windows (Fig. II.1). Les données de chronoampérométrie (i = f(t)), potentiometrie (E = f(t))
et de polarisation (i = f(E)) sont collectées avec le logiciel GPES, quant aux mesures
d’impédance elles sont obtenues avec le logiciel FRA (Frequency Response Analysis) et
traitées avec le programme Equivcrt.
13
Chapitre II Matériaux, méthodes et conditions expérimentales
Potentiostat/
Galvanostat
Système
Autolab
d’aquisition
(FRA+ GPES)
Cellule
électrochimique
14
Chapitre II Matériaux, méthodes et conditions expérimentales
a) Chronopotentiométie
b) Chronoampérométrie
15
Chapitre II Matériaux, méthodes et conditions expérimentales
c) Voltampérométrie
Les courbes de polarisation d’un couple mixte contrôlées par le transfert de charge suivent la
loi de Butler Volmer [18] équation (II.1)
= + = − (II.1)
d) Loi de Tafel
16
Chapitre II Matériaux, méthodes et conditions expérimentales
= = (II.2)
Les équations (II.2) et (II.3) sont transformées en équations de Tafel comme suit :
/ /= + (II.4)
= + (II.5)
avec, = .
et =− . ( )
()
= ()
. (II.6)
Quant → 0 , = . i
car : ( ) → → (1 + ) η < 20
⟹ = ( ) est une droite de pente :
= = . (II.7) Δ 0
L’inverse 1/p a la dimension d’une résistance : 0 1
= , inversement proportionnelle à et est = =
17
Chapitre II Matériaux, méthodes et conditions expérimentales
Les méthodes stationnaires ne nous permettent pas de déterminer toutes les étapes
élémentaires dans le processus électrochimique. La Spectroscopie d’impédance
électrochimique (SIE) est une technique non stationnaire qui permet de séparer tous les
phénomènes et d’en déterminer les paramètres cinétiques.
a) Principe de la SIE
Le principe de la SIE repose sur la mesure d’une fonction de transfert dans une large gamme
de fréquences suite à la perturbation sinusoïdale du système étudié. La non-linéarité de la
plupart des systèmes électrochimiques nécessite une analyse locale autour d’un point de
polarisation et l’utilisation d’un signal de perturbation de faible amplitude (Figure II.8) afin de
s’assurer de travailler dans un domaine linéaire [21].
Figure II.8 : Système électrochimique non linéaire Fig. II.9 : Tension alternative imposée
Soumis à une perturbation sinusoïdale [21]. et réponse en courant du système.
En mode potentiostatique, un signal perturbateur sinusoïdal Δ (Eq. II.8) donnera une réponse
en courant Δ de forme sinusoïdale mais déphasée d’un angle φ par rapport au potentiel (Eq.
II.7) tel schématisé en Fig. II.9. [218]
( )= + Δ Δ =Δ . ω (II.8)
(ω )
( ) = +∆ ∆ =∆ (II.9)
-1
avec une fréquence f, une pulsation ω= 2πf (en rad.s ) et un déphasage φ.
L’impédance électrochimique Z(ω) est un nombre complexe caractérisé par son module |Z| et
sa phase φ ; c’est la résultante du rapport entre le signal de perturbation et la réponse associée.
18
Chapitre II Matériaux, méthodes et conditions expérimentales
( ) | | .
( ) = = ( – )
= | | =| | + | | (II.10)
( ) | |
= √−1, et en Ω.cm2
La force de cette technique comparée aux précédentes, est de différencier les phénomènes
réactionnels par leur temps de relaxation. Seuls les processus rapides sont caractérisés à
hautes fréquences (transfert de charge) ; par contre aux basses fréquences, apparaîtra la
contribution des étapes plus lentes (phénomènes de diffusion ou d’adsorption) [22].
− ( ) = f( ( )) (II.12)
et le déphasage : φ = f( ( )) (II.14)
L’impédance selon les plans de Nyquist et de Bode, est présentée sur la figure II.10 dans le
cas d’un transfert de charge.
c=1/RtCdc
|Z
|
-Φ
½ Rt
a) b)
Fig. II.10: Représentation du diagramme d’impédance dans le plan de a) Nyquist, b) Bode dans
le cas d’un processus de transfert de charge [23]
19
Chapitre II Matériaux, méthodes et conditions expérimentales
d) Circuit équivalent
D’autres circuits sont à prévoir(en utilisant le programme Equivcrt du logiciel FRA) selon la
réponse obtenue (plan de Nyquist ou Bode) qui doivent être en adéquation avec cette dernière
et l’erreur doit être la plus faible possible.
20
Chapitre II Matériaux, méthodes et conditions expérimentales
Un décapage des surfaces des échantillons corrodés a été effectué afin de les nettoyer et les
débarrasser des produits de corrosion. Pour cela les solutions suivantes ont été utilisées :
solution de Clarke (75% d’alcool, 25% acide acétique) pendant 90 sec pour nettoyer l’acier et
l’acide phosphorique ( ) à 68% pendant 10min pour nettoyer Al et ses alliages.
C’est une méthode simple, à prix bas et sans perturbation des systèmes. Cependant, elle est
lente, les produits de corrosion adhérant à la surface, peuvent fausser les mesures et le milieu
doit être renouvelé afin de garder la même vitesse de réaction.
× ×
=> , = ×
d’où , = ( / )
(II.25)
21
Chapitre II Matériaux, méthodes et conditions expérimentales
∑ ∗
Dans le cas d’un alliage : C = (II.26)
Ig ∗ ∆
= × 100 (II.27)
∆
avec, : courant galvanique obtenu par le couplage anode-acier, ∆ ∶ Temps de coulage (en heure),
,
(%) = × 100 (II.29)
,
avec, , : masse de la cathode (acier) avant couplage, , : masse de la cathode (acier) après couplage.
22
Chapitre III :
Résultats et
discussions
Chapitre III Résultats et discussions
Nous présentons ici les résultats de l’étude du comportement électrochimique des différents
échantillons seuls, l’acier, l’aluminium et de ses alliages AlZnSn et AlZnSnTi, effectuée par
les méthodes électrochimiques OCP, Tafel, SIE et les observations au microscope optique et
MEB, ainsi que l’étude en couplage galvanique.
-9 0 0
Pour Al et ses alliages, on observe
-1 0 0 0
une augmentation du potentiel vers
des valeurs plus électropositives, -1 1 0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
durant de la première heure suite à
t (m in )
l’anoblissement de ces matériaux, dû
Fig. III.1 : Evolution de OCP des échantillons Al, AlZnSn et
à la formation d’une couche d’oxyde
AlZnSnTi durant l’immersion dans 3% NaCl sans agitation.
qui inhibe leur dissolution.
Après stabilisation d’environ 3 heures, les potentiels enregistrés tendent vers des valeurs plus
électronégatives que le potentiel de l’acier.
On constate aussi que l’ajout de (Zn, Sn) et (Zn, Sn et Ti) déplace le potentiel vers des valeurs
plus électronégatives que celle de Al, cela peut renseigner sur l’état de surface de ses alliages ;
surface plus actives que celle de l’aluminium. On remarque que l’ajout de Ti déplace
légèrement le potentiel vers les valeurs négatives. Ainsi, le classement croissant de l’effet
activant de Al est le suivant : < <
23
Chapitre III Résultats et discussions
d) Effet de l’agitation
Quant aux courbes réalisées avec agitation moyenne (AM) et agitation forte (AF), on
remarque la même évolution et le même classement mais avec quelques fluctuations
accentuées pour Al et diminué pour les alliages de Al (Fig. III.2).
Fig. III.2 : Evolution de l’OCP des échantillons acier, Al, AlZnSn et AlZnSnTi, effet de
l’agitation de la solution de NaCl à 3%.
Le tableau III.1 résume les valeurs du potentiel en circuit ouvert des différents échantillons
sans agitation et avec agitation (650 tours/min et 1440 tours/min). On en déduit que l’effet de
l’agitation sur les valeurs de l’OCP est presque négligeable (variation de 20 mV).
Ω tr/min t (h) Acier Al Al5Zn0.22Sn Al5Zn0.22Sn0.05Ti
0 1 -0.52 -0.69 -0.88 -0.91
24 -0.56 -0.71 -0.89 -0.92
650 1 -0.52 -0.75 -0.88 -0.90
24 -0.60 -0.79 -0.92 -0.92
1440 1 -0.48 -0.75 -0.88 -0.91
24 -0.59 -0.78 -0.92 -0.92
Tableau III.1 : Valeurs des potentiels en circuit ouvert des échantillons sans agitation et avec
agitation (650 tours/min et 1440 tours/min).
24
Chapitre III Résultats et discussions
-1 A l_ S A _ 2 4 h
A lZ n S n _ S A _ 2 4 h
A lZ n S n T i_ S A _ 2 4 h
-2 A c ie r_ S A _ 2 4 h
-3
Log i ([Link] )
2
-4
-5
-6
-7
-1 .2 -1 .0 -0 .8 -0 .6 -0 .4
E (V /A g -A g C l)
Fig. III.3 : Courbes de polarisation de l’acier, Al et ses alliages après 24 h d’immersion dans
NaCl à 3% en poids, sans agitation.
- Les branches anodiques montrent l’existence d’un pallier de passivation pour les
courbes de Al et de AlZnSnTi; celui de Al est plus longs (200 mV) avec des densités de
courant les plus faibles (de l’ordre de 1 µA/cm2), indiquant une couche de passivation
(Al2O3) plus protectrice dans ce cas.
- Le domaine de passivation est suivis d’une augmentation brutale du courant indiquant
une rupture de passivation au potentiel ( ), dont les valeurs se déplacent dans le sens
cathodique avec l’ajout de Ti, ce qui indique une fragilisation de la couche par Ti.
- Dans le cas de l’alliage sans Ti (AlZnSn), on note la présence d’un léger épaulement qui
apparait à des densités de courant plus élevées, dû à la dissolution de la couche
d’alumine ; en accord avec ce qui a été mentionné dans la théorie (chapitre I) indiquant
que l’ajout des éléments activants Zn et Sn à Al, affaiblit sa tenue à la corrosion.
25
Chapitre III Résultats et discussions
26
Chapitre III Résultats et discussions
Les valeurs des paramètres électrocinétiques déduits de ces graphes, sont regroupées dans le
tableau III.2.
On remarque que les potentiels de corrosion obtenus après 24 heures d’immersion, ont des
valeurs plus négatives que ceux obtenus après 1 heure d’immersion traduisant la dissolution
des alliages (activation de la surface) avec le temps d’exposition à la solution.
27
Chapitre III Résultats et discussions
Echantillon
h mV/dec mV/dec V/Ag-AgCl µA/cm² V/Ag-AgCl Ω.cm²
Acier 1 -290 307 -0.58 28.94 1131
24 -234 88 -0.52 133.11 1581
Al 1 -284 -0.69 0.26 -0.6 72059
24 -225 -0.79 0.55 -0.6 38910
Al5Zn0.22Sn 1 -160 38 -0.875 1.82 -0.85 1287
24 -149 20 -0.92 1.9 -0.9 4622
Al5Zn0.22Sn0.05Ti 1 -169 100-20 -0.97 5.65 -0.9 2732
24 -120 175 -0.992 1.96 -0.9 13380
Tableau III.2 : Valeurs des paramètres électrocinétiques obtenues à partir des courbes de Tafel
sans agitation.
( ) > ( ) > ( )
Une autre donnée qui appuie la dernière idée est celle de la résistance de polarisation, Rp ;
mesure obtenue par la méthode de Stern et Geary. Cette donnée montre que l’échantillon
AlZnSn possède la plus faible résistance de polarisation, suivie de l’échantillon AlZnSnTi,
quant à Al pur il en a la plus grande.
c) Effet de l’agitation
Sous agitation, des fluctuations de courant sont observées sur les branches cathodiques et qui
peuvent être dues à l’évacuation des bulles d’hydrogène par le mouvement de la solution
surtout dans le cas de l’acier et de AlZnSn. Du coté des branches anodiques, les fluctuations
sont peut être dues à la formation et l’arrachement de la couche de passivation de Al et
28
Chapitre III Résultats et discussions
AlZnSnTi, surtout durant la première heure ou la couche fine de passivation n’a pas eu le
temps de s’épaissir.
Les courbes de polarisation enregistrées avec agitation moyenne de 650 tpm, montrent un
rétrécissement du palier de passivation des échantillons et un déplacement des potentiels de
corrosion vers des valeurs plus électronégatives et une augmentation des courants de
corrosion, ceci traduit l’activation de la surface et la dégradation, voire la rupture du film
protecteur. Les valeurs de la résistance de polarisation sont nettement inférieures à celle sans
agitation tout en gardant le même ordre croissant :
( ) < ( ) < ( )
Les paramètres cinétiques déduits de ces graphes (avec agitation moyenne de 650 tours/min
sont classées dans le tableau III.3.
Echantillon
h mV/dec mV/dec V/Ag-AgCl µA/cm² Ω.cm²
Acier 1 -250 91 -0.52 132.67 93.53
24 -137 107 -0.69 34.87 76.34
Al 1 -461 -0.82 1.1 241.06
24 -285 -0.75 2.21 2706
Al5Zn0.22Sn 1 -289 -0.89 25.16 260.42
24 -287 -0.88 93.97 151.13
Al5Zn0.22Sn0.05Ti 1 -346 -0.90 19.55 256.23
24 -189 -0.94 6.27 74.45
Tableau III.3 : Valeurs des paramètres électrocinétiques obtenues à partir des courbes de Tafel
des différents échantillons avec agitation moyenne.
La figure III.4 montre que l’agitation forte déplace tous les potentiels de corrosion vers des
valeurs électronégatives, et les valeurs des courants de corrosion sont augmentées, ce qui veut
dire que la forte agitation dans un milieu à 3% en poids de NaCl accélère la corrosion de
l’aluminium et de ses alliages AlZnSn et AlZnSnTi, cela est dû probablement à la
fragilisation de la couche de passivation suite à son arrachement par le mouvement de
l’électrolyte.
29
Chapitre III Résultats et discussions
Les paramètres cinétiques déduits avec agitation forte (1400 tpm), sont classées ci-dessous :
Echantillon
h mV/dec mV/dec V/Ag-AgCl µA/cm² Ω.cm²
Acier 1 -155 103 -0.42 289.34 37.18
24h -570 102 -0.59 550.80 26.38
Al 1 -585 -0.71 2.86 461.63
24 -274 -0.74 4.93 738.41
Al5Zn0.22Sn 1 -327 -0.85 112.54 70.98
24 -188 -0.9 79.06 61.90
Al5Zn0.22Sn0.05Ti 1 -180 -0.94 8.43 788.65
24 -167 -0.95 8.15 95.82
Tableau III.4 : Valeurs des paramètres électrocinétiques obtenues à partir des courbes de Tafel
des différents échantillons avec agitation forte.
Afin d’étudier les processus cinétiques des interfaces, des mesures d’impédance ont été
réalisées sur l’acier et sur Al et ses alliages individuellement dans NaCl à 3% en poids. La
repense de chaque système a été examinée dans une gamme de fréquence de 100 KHz à 10
mHz avec une amplitude de 10 mV.
Les diagrammes d’impédance obtenues et ajustés par les circuits équivalents sont présentés en
Fig. III.5-6 et les paramètres électriques obtenues sont regroupés dans le tableau III.5. Ces
diagrammes sont représentés en coordonnées de Nyquist et Bode.
Les tracés des diagrammes en Nyquist ont été normalisés et corrigés de la chute ohmique en
retranchant la résistance de l’électrolyte, e, des valeurs de la composante ré de
l’impédance.
La figure III.5 présente une diminution du diamètre de la boucle HF (de transfert de charge)
avec l’ajout de Zn, Sn et Ti à Al, ce qui indique une activation de Al et sa dépassivation avec
30
Chapitre III Résultats et discussions
une légère augmentation de la boucle capacitive avec l’ajout de Ti à AlZnSn, en accord avec
les résultats précédents.
8 0 0 .0 A l_ S A _ 2 4 h
A lZ n S n _ S A _ 2 4 h
A lZ n S n T i_ S A _ 2 4 h
6 0 0 .0
-Z''(.cm )
-Z''(.cm )
2
2
10k 4 0 0 .0
2 0 0 .0
A l_ S A _ 2 4 h
A lZ n S n _ S A _ 2 4 h
A lZ n S n T i_ S A _ 2 4 h 0 .0
0
-2 0 0 .0
0 10k 20k 2 30k 40k 0 200 400 600 800 1000
2
Z '( .c m ) Z '( .c m )
On remarque sur Fig. III.6a., qu’en général, la résistance de transfert de charge (diamètre de la
boucle) diminue avec le temps d’immersion ce qui est lié à la dégradation continue de la
surface durant l’immersion.
L’effet contraire est obtenu avec les métaux passivables, Al (SA) et AlZnSnTi. En effet, pour
ses matériaux, la couche de passivation devient plus stable en se formant et s’épaississant
avec le temps et une dispersion des points, est obtenue pour des temps d’immersion courts.
c) Influence de l’agitation
Pour Al et l’acier, l’agitation forte fait diminuer la résistance hautes fréquences du fait de
l’arrachement des produits de corrosion et des couches de passivation par le mouvement
rapide de l’électrolyte. Par contre l’agitation moyenne contribue à renforcer la résistance de la
couche probablement par la désorption des ions , néfastes pour les couches de passivation.
Pour les alliages de Al, l’agitation augmente l’impédance globale et donc l’activation de ces
alliages.
L’effet néfaste de l’agitation, on le voit aux basses fréquences où une dispersion des points est
obtenue.
31
Chapitre III Résultats et discussions
acier_SA_1h Fit
500 acier_AM_1h acier_AM_24h 50
acier_AF_1h acier_AF_24h
-Z''(.cm )
2
400
0
0 50 2 100
-Z''(.cm )
Z'( .cm )
300
2
200
100
0
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000
2
Z'(.cm )
20k
-Z''(.cm )
-Z''(.cm )
2
2
10k 5,0k
Al_SA_1h
Al_SA_24h
Al_AM_1h
0 Al_AM_24h
Al_SA_1h Al_SA_24h Al_AF_1h
Al_AM_1h Al_AM_24h 0,0 Al_AF_24h
Al_AF_1h Al_AF_24h
AlZnSn_SA_24h
AlZnSn_AM_1h AlZnSn_AM_24h A lZ n S n T i_ S A _ 1 h A lZ n S n T i_ S A _ 2 4 h
600 AlZnSn_AF_1h AlZnSn_AF_24h A lZ n S n T i_ A M _ 1 h A lZ n S n T i_ A M _ 2 4 h
A lZ n S n T i_ A F _ 1 h A lZ n S n T i_ A F _ 2 4 h
600
400
-Z''(.cm )
2
400
-Z''(.cm )
2
200
200
0
0
-200
-2 0 0
0 200 400 600 800
0 200 400 600 800
2
Z'(.cm )
2 Z '( .c m )
a)
32
Chapitre III Résultats et discussions
M o d _ A l_ S A _ 1 h M o d _ A l_ S A _ 2 4 h
Mod_acier_SA_1h
3,5 5 .0 M o d _ A l_ A M _ 1 h M o d _ A l_ A M _ 2 4 h
Mod_acier_AM_1h Mod_acier_AM-24h
M o d _ A l_ A F _ 1 h M o d _ A l_ A F _ 2 4 h
Mod_acier_AF_1h Mod_Acier_AF_24h
4 .5
3,0
4 .0
log(|Z| (.cm ))
2
2,5
log(|Z|(.cm ))
3 .5
2
2,0 3 .0
2 .5
1,5
2 .0
1,0
1 .5
0,5 1 .0
-2 -1 0 1 2 3 4
0 .5
-2 -1 0 1 2 3 4
log(f(Hz))
lo g (f(H z))
Mod_AlZnSnTi_SA_1h Mod_AlZnSnTi_SA_24h
Mod_AlZnSn_SA_24h Mod_AlZnSn_AM_1h Mod_AlZnSnTi_AM_1h Mod_AlZnSnTi_AM_24h
Mod_AlZnSn_AM_24h Mod_AlZnSn_AF_24h Mod_AlZnSnTi_AF_1h Mod_AlZnSnTi_AF_24h
3
10 10
3
|Z| (.cm )
|Z| (.cm )
2
2
10 10
2
1 1
10 10
-2 -1 0 1 2 3 4 -2 -1 0 1 2 3 4
10 10 10 10 10 10 10 10 10 10 10 10 10 10
f (Hz) f (HZ)
b)
Figure III.6 : Diagramme d’impédance en représentation de (a) Nyquist et (b) Bode, des
différents échantillons dans NaCl à 3% en poids en fonction du temps d’immersion et de
l’agitation.
Les valeurs des paramètres électriques ont été rassemblées dans le Tableau III.5 et sont
obtenues après ajustement des diagrammes avec les circuits électriques équivalents présentés
en Fig. III.7 en utilisant le logiciel de l’Autolab.
33
Chapitre III Résultats et discussions
Cette méthode a été utilisée pour les diagrammes qui n’ont pas pu être fittés par le logiciel.
e) La détermination des valeurs des résistances a été effectuée en utilisant les Eqs. II.11-
II-13 et à partir de la représentation en Bode de l’impédance, tel que présenté dans
l4exemple ci-dessous (Fig. III.8a).
f) Le calcul du coefficient de la pseudo-capacité (CPE) a été déterminée à partir de la
pente de la droite | ’’| = ( ) avec n = - pente, tel présenté dans l’exemple
ci-dessous (Fig. III.8b).
g) Le calcul de la capacité a été effectuée à partir de fmax à Z''max selon Eq. II.14.
(a) (b)
Fig. III.8 : Détermination graphique des paramètres électriques de la boucle HF.
34
Chapitre III Résultats et discussions
Echantillon
(h) (Ω.cm²) (Ω.cm²) ([Link]-2.s-n) ([Link]-2) ([Link]-2.s-n ) (Ω.cm²) (Ω.cm²) (H.cm2) (H.cm2)
SA 1 6.8 526 22.08 10-4 0.69
24
Acier AM 1 116.6 1011 12.45 10-4 0.76
24 7.13 85 0.1319 0.62 0.01184 0.58 0.58 0.58 0.58 0.58
AF 1 5 105 0.62 7.25
24 2.5 32.5 0.56 23.44
1 7.94 15480 0.80 0.0243
SA
24 3.2 31620 0.83 0.030
Al 1 9.93 37143 0.86 0.026
AM
24 4.3 35014 3.5 10-5 0.83
1 8.2 18870 0.83 0.051
AF
24 8.75 2107 2.67 10-5 0.86
1
SA
24 7.8 1200 0.99 10-4 0.86 864 99 171 637
Al5Zn0.22Sn AM 1 7.5 317 0.79 0.045
24 13 74 0.65 0.075
1 15.09 215.7 2.31 10-4 0.64
AF
24 5 219 0.417 10-3 0.91 37.8 19.3 1.45 29.4
1 18.05 580 9.4 10-4 0.98 278 825
SA
24 5.4 940 0.88 0.024
Al5Zn0.22Sn -4
1 8.9 438 1.05 10 0.79 62 325 606 18.6
0.05Ti AM
24 6.3 500 0.847 10-4 096 220 452 1000 40
1 6.46 1590 1.54 10-4 0.73 74 157 717 5.05
AF
24 9.5 434 0.938 10-4 0.89 172 477 863 70.13
Tableau III.5 : Paramètres électriques obtenus après ajustement des diagrammes SIE.
= : é é ; = : é ; : é
Chapitre III Résultats et discussions
Pour tester l’efficacité des différentes anodes dans la protection cathodique de l’acier, nous
avons effectué des couplages galvaniques anodes-acier durant 15 jours, en suivant l’évolution
du potentiel et du courant galvanique avec le temps (Figs III.8-9). Tous les échantillons ont
été pesés avant et après couplage pour compléter cette partie par une étude gravimétrique.
La figure III.8 montre que le potentiel galvanique des différents échantillons (Al,
Al5Zn0.22Sn et Al5Zn0.22Sn0.05Ti) couplés avec l’acier, est inférieur au potentiel de
protection du fer (-0.65 V/Ag-AgCl d’après le diagramme de Pourbaix) et au potentiel de
corrosion de l’acier dans 3% NaCl (-0.6 V/Ag-AgCl d’après Fig. III.1), avec une différence
de potentiel supérieure à 150 mV ; ceci dit que toutes les anodes dont nous disposons peuvent
servir comme anodes sacrificielles.
L’allure des différentes courbes Eg-t est légèrement décroissante avec des fluctuations et des
stagnations d’environs 3 jours ; ceci est dû probablement à la dégradation et/ou la formation
de la couche d’alumine pour Al et Al5Zn0.22Sn et de la bi-couche (alumine et oxyde de
titane) pour Al5Zn0.22Sn0.05Ti. Cependant les potentiels galvaniques enregistrés sont en
adéquation avec les potentiels de corrosion libre des anodes individuelles.
( − )< ( − )< ( − )
36
Chapitre III Résultats et discussions
D’après les données enregistrées par la technique ZRA et présentées en Fig. III.9, les trois
courbes ont la même allure ascendante ce qui signifie que les échantillons débitent un courant
donc elles sont bonnes comme anodes sacrificielles.
( − )< ( − )< ( − )
Ce qui implique que l’anode la plus efficace comme anode sacrificielle est Al5Zn0.22Sn.
Ces données sont en parfait accord avec celle obtenues avec les courbes de Tafel, la méthode
de Stern et Geary et les mesures d’impédance. Cependant, les valeurs de obtenues à partir
des courbes de Tafel par la méthode du potentiel mixte (Tableau III.7), sont différentes de
celles obtenues par mesures directes (ZRA), ceci est lié aux conditions différentes des deux
méthodes.
37
Chapitre III Résultats et discussions
Les échantillons utilisés en couplage galvanique ont été pesé avant ( ) et après couplage
galvanique ( ). Le pH des solutions a été mesuré avant et après couplage. Les valeurs sont
transcrites dans le tableau III.6.
La valeur des pH varie dans un seul sens, vers des pH plus alcalins rendant ainsi les anodes
plus actives.
Tableau III.7 : Efficacité des anodes Al, AlZnSn et AlZnSnTi après 15 jours de couplage.
38
Chapitre III Résultats et discussions
Les valeurs des masses de l’acier avant et après couplage ainsi que l’efficacité de protection
de l’acier (calculée à partir de l’Eq. II.20) sont mentionnées dans le tableau III.8.
Les résultats montrent que l’acier couplé avec AlZnSn est mieux protégé que l’acier couplé
avec AlZnSnTi suivi de l’acier couplé avec Al.
Nous avons vu dans le premier chapitre que l’ajout d’éléments d’addition à l’aluminium
modifie sa structure à l’échelle microscopique : taille et densité des grains. Afin de voir l’effet
de ses ajouts sur la microstructure, des observations au microscope optique et MEB ont été
effectuées sur les échantillons avant et après corrosion.
La figure III.10 présente les images MEB de l’aluminium et de ses alliages. L’image (a)
montre l’aspect de la matrice d’aluminium ; l’image (b) présente une structure dendritique
avec de petits précipités dans la matrice α-Al. Le zinc est pratiquement dissous dans la
solution solide α et le reste est distribué sous forme de ségrégation. La plus grande partie de
l’étain est concentrée dans la ségrégation le long des joins des grains, le reste pourrait être
détecté dans la phase α [28]. L’ajout du Ti image (c) à l’alliage AlZnSn permet de constater
que la taille des grains a diminué, cela sous-entend que le Ti est plus distribué dans la solution
solide α ; ce qui provoque la corrosion uniforme de la surface de cet alliage.
39
Chapitre IIII Résultats et discussions
Al AlZnSn
AlZnSnTi
On remarquee la forte présence des joints de grains dans AlZnSnTi puis AlZn
AlZnSn. Ce qui
explique la présence de Zn, Sn et Ti dans ces régions.
La figure III.12 présente les images MEB des échantillons après 24 heures d’immersion dans
la solution à 3% en poids de NaCl.
40
Chapitre III Résultats et discussions
Acier
Couche de rouille
poreuse
Al
piqure
Piqure
obstruée
AlZnSn AlZnSnTi
Les images MEB en Fig. III.13 montrent la corrosion sévère de AlZnSn et une passivation de
la surface de AlZnSnTi avec des piqûres obstruées.
41
Chapitre III Résultats et discussions
AlZnSn AlZnSnTi
Sur les images optiques de la Fig. III.14, des échantillons après 15 jours de couplage, on
remarque une corrosion plus prononcée de l’anode AlZnSn surtout aux joins de grains, tandis
que la surface de AlZnSnTi sa structure après corrosion est plus raffinée, en accord avec les
données de la littérature reportée dans le chapitre I.
Pour l’acier couplé à AlZnSn (Fig. III.14), des produits de corrosion blancs issus de la
corrosion sévère de l’anode, forment une barrière de protection, tandis que l’acier couplé à
AlZnSnTi sa surface est de couleur rouille ce qui indique qu’il est plus exposé à la corrosion,
mais reste cependant plus protégé que l’acier couplé à Al ou exposé seul au milieu corrosif
(Fig. III.15-16).
42
Chapitre III Résultats et discussions
Al Acier Corrosion
localisée (rouille)
500 µm 500 µm
AlZnSn Acier
500 µm 500 µm
500 µm 500 µm
Fig. III.14 : Images optique (50x) des différents couples anode-acier après 15 jours.
Fig. III.15 : Photographie de l’acier couplé et non couplé après 15 jours d’immersion.
43
Chapitre III Résultats et discussions
Corrosion généralisée de
Corrosion localisée de
l’acier seul (rouille poreuse)
l’acier couplé à Al
500 µm 500 µm
Fig. III.16 : Images optique (50x) de l’acier seul et couplé à Al après 15 jours dans NaCl.
Les surfaces polies des alliages AlZnSn et AlZnSnTi ont été balayées durant 1 heure afin de
déterminer la composition chimique élémentaire de ces surfaces. Les mappings de 1 heure
d’analyse correspondants à AlZnSn et AlZnSnTi, sont présentés en Figs. III.17 et III.20,
respectivement. Les spectres EDX présentés en Figs. III.18 et III.21, donnent la composition
chimique élémentaire de ces échantillons. Ces analyses indiquent la présence de zones plus
riches en Zn et surtout en Sn aux joins de grains, ce résultats est appuyé par l’analyse du spot
claire (Fig. III.18). Pour AlZnSnTi, la distribution de Ti est plus homogène et son analyse
après 24h de corrosion dans NaCl (Fig. III.22-23) a indiqué un épuisement en élément Sn
suite à sa dissolution. Ceci est en accord avec la diminution de l’activation avec l’ajout de Ti
rendant l’alliage AlZnSn moins actif.
44
Chapitre IIII Résultats et discussions
AlZnSn Al
Zn Sn
45
Chapitre IIII Résultats et discussions
46
Chapitre IIII Résultats et discussions
AlZnSnTi
Al Zn
Sn Ti
47
Chapitre III Résultats et discussions
48
Chapitre III Résultats et discussions
49
Chapitre III Résultats et discussions
50
Conclusion générale
Tous les résultats obtenus par les méthodes électrochimiques et non électrochimiques,
attestent que l’ajout de ZnSn et ZnSnTi à l’aluminium activent sa surface et déplacent son
potentiel de corrosion vers des valeurs plus électronégatives, ceci est lié à la fragilisation par
ces ajouts, de la couche d’alumine qui se forme instantanément sur l’aluminium dès qu’il est
en contact avec la solution de NaCl à 3% en poids.
L’anode la plus active est l’alliage Al5Zn0.22Sn suivie de Al5Zn0.22Sn0.05Ti puis de Al pur.
Ce classement a été obtenu à partir des paramètres électrochimiques suivant :
j) les résistances de transfert de charge, , qui évoluent dans le même sens que les
valeurs de et les capacités des doubles couches, , qui évoluent inversement à
, obtenues par spectroscopie d’impédance électrochimique.
Ces résultats sont en accord avec les mesures des densités de courant galvanique de couplage
anode-acier, obtenues par la technique ZRA :
L’étude gravimétrique corrobore ces résultats avec une meilleure efficacité de 88.83% de
l’anode sacrificielle Al5Zn0.22Sn contre 52.50% pour l’anode Al5Zn0.22Sn0.05Ti et 39.19%
pour l’anode Al pur.
L’efficacité de protection de l’acier suit ce résultat avec 99.99% attribué à l’acier couplé avec
Al5Zn0.22Sn, contre 99.96% et 99.91% pour l’acier couplé à Al5Zn0.22Sn0.05Ti et Al pur.
49
Conclusion générale
L’effet de l’agitation a été observé sur les courbes de polarisation E=f(i) et a indiqué
diminution de la passivation expliquée par l’arrachement des produits à la surface, ce qui rend
la surface plus active en déplaçant les potentiels de corrosion vers des valeurs plus négatives
et en augmentation les courants de corrosion, en diminuant les résistances de polarisation et
en augmentant l’efficacité de ces anodes sacrificielles. L’anode Al5Zn0.22Sn garde sa place
de meilleure anode sacrificielle parmi les échantillons étudiés.
L’étude des microstructures des échantillons a révélé que la corrosion est focalisée sur les
précipités et les phases intermétalliques (riches en Zn, Sn et Ti), ce qui contribue à la
formation de micro piles galvaniques dont ces phases sont l’anode et la matrice de Al
constitue la cathode.
Perspectives
- faire une étude microstructurale plus approfondie (diagrammes de phases, analyse DRX…).
- réaliser une analyse des produits de corrosion qui se déposent sur les électrodes et ceux qui
restent dans les solutions pour mieux comprendre le phénomène de corrosion des échantillons
étudiés.
- faire des couplages avec différents rapports de surfaces et d’allonger la durée du couplage
galvanique pour vérifier l’efficacité et la durée de vie de ces anodes.
- abaisser le pourcentage d’ajout du Titane (0.03 à 0.01 %). Son ajout raffine les grains certes,
mais sa couche protectrice (Ti ) ne nous a pas permis d’obtenir les résultats escomptés.
- introduire d’autres éléments susceptibles d’activer la surface de l’aluminium tels que : Mg,
In, Bi, Ga…et varier les pourcentages d’ajout jusqu’à l’obtention d’une meilleure anode.
50
Annexes
Annexe I
Annexe II
Figure : Série galvanique de différents métaux et alliages immergés dans l’eau de mer
Annexes
Annexe III
Al + Cu 1000 Al-Fe-Si
Si : 0.3-1
Al-Fe-Si + Ni 8000
Fe : 0.6-2
Mg : 0.5-1.5
Al-Mg-Si + Mn 6000 Mg2Si
Si : 0.5-1.5
Annexe IV
Figure : Effet des éléments d’addition sur la résistance à la corrosion et à la fatigue des
alliages d’aluminium [29]
Annexe V
100 µm
Références
[3 ] Comité des techniciens, la protection cathodique, Guide pratique, Edition Ophrys, Paris
(1986).
[9] M. Reboul, Corrosion des alliages d’aluminium, Les techniques de l’ingénieur, V. COR
325, pp. 1-19]
[10] M.C. Reboul, P. Meyer. Intergranular and exfoliation corrosion study of Al-Li-Cu-Mg-Zr
alloys. Journal de Physique, Colloque C3, 48 (1987) 881-888.
[13] S. Khireche, Elaboration et etude de la corrosion des alliages Al-Zn et Al-Zn-Sn dans une
solution à 3% en poids de NaCl, Mémoire de Magister, Université de TiziOuzou (2010).
Références
[14] R.S. Rana, Rajesh Purohit, S. Das, Int. J. Sci. Resea. Pub., 2 (2012) 1-7]
[17][Link], J-B. Wen, X-D. Li, G-w. Wang, C-H. Xu, Transactions of nonferrous Metals
Society of China, 21 (2001) 1580-1586.
[19] American Society for Metals, Metals Handbook, Corrosion, 13 (1990) 234-38, ASM.,
Metals Park, Ohio.
[21] C. Gabrielli, Les 1001 utilisations des fonctions de transfert en électrochimie. Surf. Sci.
Spectra, 159 (1991) 24–34.
[25 ] S. Gastaud, Influence de l’état du revêtement hydrocarburé sur le risque de corrosion des
canalisations enterrées de transport de gaz, Thèse de Doctorat, INSA de Lyon, (2002). N°
d’ordre 02 I SAL 009.
[28] G. T. Qi, Y. B. Qiu, Y. N. Zhao, Q. Z. Cai, The attack initiation of Al–Zn–In–Sn anode
by the segregation concentrating Zn, Sn and In, Mater. Corros. 60 (2009) 206.
Les résultats obtenus avec les différentes méthodes montrent que l’ajout de 5%Zn, 0.22%Sn
et 0.05%Ti à Al déplace son potentiel vers des valeurs plus électronégatives ce qui rend sa
surface plus active avec une augmentation de l’efficacité de la protection cathodique de l’acier
au carbone dans l’ordre suivant : Al < Al5Zn0.22Sn0.05Ti < Al5Zn0.22Sn.
Abstract:
Sacrificial anodes are widely used in the marine environment for the cathodic protection of
boat hulls.
The aim of our work is to study the electrochemical behavior of aluminum and its alloys
Al5Zn0.22Sn and Al5Zn0.22Sn0.05Ti in a 3 wt.% NaCl solution for possible use as
sacrificial anodes for cathodic protection. For this purpose different electrochemical methods
have been used such as open circuit potential, potentiodynamic polarization, ZRA method,
electrochemical impedance spectroscopy and non-electrochemical methods such as
gravimetric methods and microstructural observation and analysis.
The results obtained with the different methods show that the addition of 5%Zn, 0.22%Sn and
0.005%Ti to Al shifts its potential towards more electronegative values, which makes its
surface more active with an increase of the cathodic protection efficiency of carbon steel in
the following order: Al < Al5Zn0.22Sn0.05Ti < Al5Zn0.22Sn..