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Micro-Économie: L1 L2 L1 L2

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L1 L2 L1

L1 L2

ÉCO

ÉCO
L2

Microéconomie
Cet ouvrage propose une
synthèse des principales
thématiques relatives aux
Chaque fiche contient :
> des rappels de cours afin de réviser les points
Micro-
économie
essentiels.
principes fondamentaux de la > des points de méthodologie, d’attention
microéconomie de la concurrence et des astuces.
parfaite : théories, acteurs, > des exemples et observations détaillés pour
outils et mise en œuvre. Les illustrer les notions ou apprendre à résoudre
fiches de cours illustrées suivies les questions.
d’exercices corrigés en détail > des exercices corrigés en détail.
assurent la bonne compréhension

Microéconomie
des notions fondamentales et la
vérification de l’acquisition des
connaissances.

Jérôme Lecointre 25 fiches


+ de 50 exercices
Jérôme Lecointre avec corrigés
est professeur agrégé de Sciences Économiques et
Sociales à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.
+ de 150 questions
DANS LA MÊME COLLECTION Résumés de cours
Conception graphique : Primo&Primo®
Rappels mathématiques

ISSN : 2566-2708
ISBN : 978-2-8073-1420-7

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Prix TTC : 18 €

9782807314207_PsEco_MicroEco_CV.indd 1 11/05/2018 12:17


Microéconomie

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Sup en poche est une collection destinée aux étudiants du 1er cycle, essentiellement
en Licence 1 et 2. Son objectif est de permettre à l’étudiant de réviser et s’entraîner
en vue de réussir ses examens. Chaque ouvrage est composé de fiches proposant des
cours résumés suivis d’exercices corrigés pas à pas.

Conseillers scientifiques : David MOUREY et Laurent BRAQUET

#2
ÉCO
-SUP- L1 L2
en poche

Microéconomie

Jérôme Lecointre

#3
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© De Boeck Supérieur s.a., 2018


Rue du Bosquet, 7 - B-1348 Louvain-la-Neuve
Tous droits réservés pour tous pays.
Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, de reproduire (notamment par photocopie)
partiellement ou totalement le présent ouvrage, de le stocker dans une banque de données ou de le
communiquer au public, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit.
Dépôt légal :
Bibliothèque Nationale, Paris : juin 2018 ISSN : 2566-2708
Bibliothèque royale de Belgique, Bruxelles : 2018/13647/052 ISBN : 978-2-8073-1420-7

#4
Sommaire

1 Qu'est-ce que la microéconomie ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1

Partie 1 La théorie du consommateur


2 Biens et espace des biens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
3 Des préférences à la fonction d'utilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
4 Les courbes d'indifférence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
5 Le Taux Marginal de Substitution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
6 Composition de la contrainte budgétaire quand le revenu est
exogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
7 Choix optimal du consommateur avec revenu exogène . . . . . . 50
8 Choix optimal du consommateur avec revenu endogène : Vendre
pour acheter . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
9 Analyse de la demande . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
10 Effet-revenu et effet-substitution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
11 L'arbitrage travail-loisir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
12 Les choix intertemporels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99

Partie 2 Le producteur
13 La fonction de production . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
14 La combinaison productive optimale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
15 La fonction de coût . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
16 La fonction d'offre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138

Sommaire | V

#5
Coordination et interaction des agents :
Partie 3 L'équilibre

17 L'équilibre en microéconomie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150


18 Élasticités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
19 L'équilibre partiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 160
20 Équilibre partiel et statique comparative . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
21 Le surplus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
22 Équilibre général d'échange(s) pur(s) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 184
23 Équilibre général et optimum parétien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
24 Équilibre général avec production . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204
25 Équilibre, externalités et biens collectifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214

A Rappels mathématiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223

VI | Sommaire

#6
COURS
1 Qu'est-ce que
la microéconomie ?
[ NOTIONS CLÉS : homo oeconomicus, concurrence parfaite ]

1 L'objet de la microéconomie
La microéconomie, comme son préfixe l'indique, cherche à étudier le fonc-
tionnement économique des sociétés à travers les choix économiques des
agents et leurs interactions.

1.1 Les agents (micro)économiques


Les économistes classiques structuraient la société en classes sociales :
travailleurs, propriétaires terriens, industriels, financiers...Les économistes
néo-classiques 1 abandonnent cette approche pour lui substituer une ap-
proche individualiste où la société est une somme d'agents.

Qui sont les agents économiques ?


Les agents économiques sont des individus ou regroupement d'individus
définis par leur activité économique principale. Les consommateurs
achètent ou désirent acheter des biens et services alors que les produc-
teurs produisent ou désirent produire des biens et services. Toutefois, ils
sont aussi acheteurs de biens et services pour assurer leur activité de pro-
duction. Les agents économiques disposent des caractéristiques suivantes :
Un agent est un centre de décision autonome. Si le consommateur est
un ménage composé de plusieurs individus, on suppose qu'il ne fait
qu'un. Idem pour une entreprise composée de plusieurs salariés. Le
centre de décision sera un unique producteur.
Ils sont libres d'agir, c'est-à-dire que les actes de consommation et de
production sont intentionnels.
Ils sont égaux en droits.
Ces caractéristiques découlent, en partie, de la place réservée à l'État en
microéconomie. Il est le garant des libertés individuelles et des droits de
propriété. Autrement dit, l'État fixe les règles du jeu et préexiste, donc, aux
activités économiques des agents.

1. L. Walras (1834-1910), S. Jevons (1835-1882), A. Marshall (1842-1924), fondateurs de la


pensée marginaliste qui est à l’origine de la microéconomie.

1. Qu'est-ce que la microéconomie ? | 1

#1
Le comportement des agents économiques :
l'Homo oeconomicus
Les agents sont supposés être utilitaristes, hédonistes et rationnels. Le com-
portement utilitariste est synonyme d'égoïsme. Autrement dit, les agents ne
cherchent que leur propre satisfaction. De plus, ils sont hédonistes, en ce
sens, ils recherchent toujours à maximiser leurs objectifs tout en supportant
un certain nombre de contraintes. L'objectif du consommateur se résume à
maximiser sa satisfaction, qui est fonction quantités de biens et services
consommées, compte tenu de ses ressources et du prix des biens et ser-
vices. Alors que le producteur cherche à atteindre le profit le plus élevé
compte tenu des techniques de production utilisées. Préciser les objectifs
à atteindre ne nous indiquent pas comment ils seront atteints. Les actes
économiques des agents sont réfléchis, c'est-à-dire qu'ils agissent ration-
nellement. Face à deux alternatives, un agent est toujours capable de faire
le meilleur choix selon ses objectifs et contraintes. Cette capacité est dé-
nommée rationalité. Elle suppose, d'une part, que les agents disposent de
toutes les informations nécessaires et, d'autre part, que les capacités cog-
nitives des agents soient quasiment illimitées.
Le froid calculateur qui respecte ces trois caractéristiques est qualifié
d'homo oeconomicus. Toutefois, les Homo oeconomicus ne sont que des
agents et non des acteurs économiques. Les acteurs économiques adop-
tent des comportements stratégiques à l'inverse des agents économiques
qui agissent seuls dans leur coin pour déterminer leurs meilleurs choix.

Pourquoi appliquer des hypothèses comportementales


aussi restrictives ?
La cohérence théorique suppose que tous les agents soient guidés par les
mêmes principes comportementaux. Dans le cas contraire, il serait impos-
sible d'expliquer les actes économiques. Si l'un agit de manière aléatoire,
un autre en se fiant à la météo et enfin, un troisième, en appliquant un cal-
cul de maximisation, il va être difficile d'exprimer une explication cohérente
des résultats obtenus ! D'une manière générale, une théorie simplifie né-
cessairement la complexité du réel.

1.2 La rareté implique le choix


Les actes économiques des agents auxquels nous avons fait référence jus-
qu'ici sont en fait des choix économiques. Le paragraphe précédent répon-
dait à la question : Comment choisir ? Il faut maintenant répondre à la ques-
tion : Pourquoi choisir ?

2 | Qu'est-ce que la microéconomie ?

#2
Les besoins
Les agents ont des envies que l'on nomme des besoins. Pour le consom-
mateur, certains besoins sont nécessaires à la vie comme manger, boire,
se loger, se vêtir, vivre en sécurité..., et sont dénommés besoins primaires.
D'autres, appelés besoins secondaires, comme regarder la télé sur un écran
plat, posséder le dernier smartphone, lire un manuel de microéconomie, se
déplacer..., le sont moins.

Les besoins sont individuels mais ils peuvent aussi être collectifs. C'est la
vie en société qui les fait apparaitre. On peut citer le désir de vivre en sé-
curité ou d'utiliser des autoroutes... Ces besoins collectifs posent un pro-
blème à l'analyse microéconomique qui n'envisage la société qu'à travers
une somme d'agents. Si bien que la satisfaction des besoins collectifs né-
cessite l'intervention d'une entité qui dépasse la somme des individus. On
pense immédiatement à l'État.

Les biens et services satisfont les besoins solvables


Les besoins précédents sont restrictifs car il existe aussi des besoins affec-
tifs, spirituels... Or, en microéconomie, seuls les besoins solvables sont pris
en compte, c'est-à-dire les besoins qui sont satisfaits par une activité de pro-
duction. En conséquence, les biens dits libres, comme l'air que l'on respire,
les rayons du soleil..., sont traités différemment par l'analyse microécono-
mie. Ainsi, la valeur d'un bien nait du besoin qu'il procure. Cette approche
de la valeur est en totale opposition avec celle des économistes classiques
qui voyaient dans la quantité de travail la valeur d'un bien. Avec les néo-
classiques, la valeur-travail est remplacée par la valeur-utilité. Un produit
ne vaut rien s'il ne satisfait pas un besoin même s'il a réclamé beaucoup
d'heures de travail.

La microéconomie comme théorie des choix individuels


Les besoins sont supposés non exhaustifs, c'est-à-dire qu'ils sont illimités.
Alors que les biens qui les satisfont le sont. En effet, la production réclame
d'utiliser des ressources comme le temps de travail, des matières premières,
d'autres biens et services... qui n'existent qu'en quantité limitée. La simulta-
néité de besoins illimités et de biens limités fait apparaitre un univers de
rareté qui s'impose aux agents. La conséquence de cette rareté 2 est la
nécessité d'effectuer des choix : Combien d'heures travaillées pour pou-
voir consommer ? Quelle quantité produire ? Combien embaucher de sala-

2. La rareté, telle qu’est définie ici, est située historiquement. C’est une construction so-
ciale. cf. M. Sahlins, 1976 (1930), Âge de pierre, âge d’abondance. Éd. Gallimard.

1. Qu'est-ce que la microéconomie ? | 3

#3
riés ?... La microéconomie cherche à expliquer ces choix contraints. Cette
problématique est résumée dans la définition de l'économie qu'en donne
L. Robbins 3 (1898-1984) : l'économie est « la science qui étudie le compor-
tement humain en tant que relation entre des fins et des moyens rares qui
ont des usages alternatifs ».

1.3 L'interaction et la coordination des agents économiques :


Pourquoi, où et comment les agents se rencontrent ?
L'économie décentralisée, entendue comme un ensemble d'agents libres
et rationnels, nécessite la présence d'une interaction entre les différents
agents pour réaliser leurs objectifs. Cette rencontre s'effectue sur un mar-
ché qui est le lieu des échanges de biens et services. Le marché est le seul
médiateur pour comprendre le fonctionnement de l'économie selon les mi-
croéconomistes. Si bien que l'économie dans son ensemble est représen-
tée par un ensemble de marchés interdépendants. Autant de marchés que
de biens et services.

Une fois que les consommateurs et producteurs entrent en contact les uns
avec les autres, il leur faut se coordonner. Comment une multitude d'agents
arrive à s'accorder sur des quantités échangées et à quels prix ? Ce sont les
prix qui jouent le rôle de coordinateur des choix individuels. À travers les
prix, des propositions d'achat ou demande et des propositions de ventes ou
offre seront établies par chaque agent de manière indépendante. Lorsqu'un
système de prix égalise les demandes et offres, le marché est à l'équilibre
et les échanges ont lieu. Pour ce système de prix, l'échange est volontaire
et mutuellement avantageux pour les parties prenantes.

La coordination par les prix pose une question redoutable aux microéco-
nomistes : Qui fixe les prix ? Comment sont-ils fixés ? Les conditions d'exis-
tence d'un système de prix assurant la compatibilité des choix des consom-
mateurs et des producteurs sont un des objets de la microéconomie. L'inter-
action et la coordination des agents économiques font de la microéconomie
une théorie de l'échange marchand.

1.4 L'environnement : la concurrence parfaite


Les décisions des agents économiques dépendent de leurs comportements
et de l'environnement dans lequel ils évoluent, i.e l'organisation sociale des
échanges.

3. L. Robbins, An Essay on the Nature and Signifiance of Economic Science, 1932. p. 15.

4 | Qu'est-ce que la microéconomie ?

#4
D'un point de vue juridique, les agents sont « libres et égaux en droits ». Ce
qui implique d'un point de vue économique qu'ils sont libres de vendre ce
qu'ils possèdent et qu'ils ont le droit d'acheter ce qu'ils veulent, à condition
d'en avoir les moyens. Enfin, qu'ils sont libres de refuser une transaction.
Outre le respect des droits de propriété, les éléments politique, culturel,
historique et institutionnel dans lesquels évoluent les agents sont négligés.
Cependant, les agents économiques n'agissent pas dans un « vide sidé-
ral ». Des règles sont nécessaires pour permettre aux uns et aux autres de
se coordonner. Cet environnement particulier est celui de la concurrence
parfaite 4 .

Le modèle de concurrence parfaite contient deux types d'hypothèses : des


hypothèses institutionnelles et des hypothèses sur les croyances des
agents. Ces dernières viennent compléter celles concernant leurs compor-
tements.

Les hypothèses institutionnelles sont les règles du jeu


Selon L. Walras, les prix sont donnés par un commissaire-priseur ou par
une « entité centrale » et sont connus de tous. De plus, chaque bien a
un prix unique.
Les échanges ont lieu uniquement à l'équilibre. Le commissaire-priseur
centralise les offres et les demandes lorsqu'il « crie » un système de
prix. Deux cas de figure se présentent. Si les offres et demandes ne
coïncident pas, le commissaire-priseur « crie » un nouveau système de
prix... jusqu'à atteindre (si possible) une égalité entre les offres et les de-
mandes. Dans ce cas, l'équilibre est atteint et les échanges se réalisent.
Les échanges bilatéraux n'existent pas. Les agents acceptent les règles
du jeu et ne cherchent pas à nouer des contrats bilatéraux hors système
de prix d'équilibre. Autrement dit, les agents n'ont pas de capacité de
marchandage. En conséquence, les règles du jeu sont les mêmes pour
tous.
Il existe un système complet de marché. Le commissaire-priseur affiche
un prix présent et futur pour chaque bien et service. Il existe, donc, un
marché pour tous les biens présents et futurs. Ceci permet aux agents
de réaliser leurs calculs économiques pour la période présente et les
périodes futures. En d'autres termes, l'incertitude disparait au moment
de la prise de décision. Ainsi, les comportements spéculatifs n'ont pas

4. Les hypothèses de la concurrence parfaite présentées, ci-dessous, sont celles du mo-


dèle d’équilibre général d’Arrow-Debreu, 1954.

1. Qu'est-ce que la microéconomie ? | 5

#5
lieu d'être. De plus, il est inutile de détenir de la monnaie en tant que
moyen de réserve du fait de l'absence d'aléas futurs. Ainsi, on peut dire
que « tout est réglé au départ ». Autrement dit, la question du temps est
évacuée.

Les hypothèses sur les croyances des agents


Les agents sont rationnels et utilisent toute l'information dont ils dis-
posent pour faire leurs meilleurs choix. Cette information se résume au
système de prix affiché par le commissaire-priseur. En conséquence, les
agents ne déterminent que les quantités échangées.
Ils croient que ce qu'ils offrent ou demandent n'influence pas les prix. Ils
sont preneurs de prix. C'est-à-dire que les prix sont des paramètres dans
ce modèle. Cette hypothèse sera discutée dans la partie sur l'équilibre.
Ils croient qu'ils peuvent acheter ou vendre n'importe quelle quantité.
En d'autres termes, les agents considèrent qu'ils ne seront jamais ra-
tionnés ou ne connaitront jamais de problème de débouché. Par consé-
quent, ils effectuent leurs calculs économiques en considérant que le
système de prix est toujours un système de prix d'équilibre.

2 La méthodologie microéconomique : comment


faire de la microéconomie ?
2.1 L'individualisme méthodologique
Puisque la microéconomie place en son centre les agents, la méthode
d'analyse adoptée est celle de l'individualisme méthodologique : le tout est
la somme des parties où une partie est un choix individuel. Les choix indivi-
duels dépendent d'un calcul coûts/avantages. Si les coûts sont supérieurs
aux avantages, l'agent n'agit pas. Inversement, si les coûts sont inférieurs
aux avantages, il agit. Attention, le coût, dont il est fait référence, n'est pas
le coût direct d'une action mais son coût d'opportunité. En choisissant de
consommer des quantités supplémentaires d'un bien, un consommateur
renonce à la consommation d'autres biens. C'est ce coût de la renoncia-
tion qu'utilise le consommateur pour ses calculs d'optimisation et que l'on
appelle coût d'opportunité. Enfin, les agents raisonnent à la marge, c'est-à-
dire que les arbitrages coûts/avantages sont réalisés à partir de variations
infinitésimales des quantités.

6 | Qu'est-ce que la microéconomie ?

#6
2.2 La modélisation
Un modèle est une description simplifiée de la réalité. Outre les hypothèses
de comportement des agents, un modèle spécifie des variables exogènes
qui permettent de déterminer des variables endogènes ou paramètres.
Par exemple, le modèle de la concurrence parfaite stipule que les agents
sont preneurs de prix. Les prix sont, donc, des données avec lesquelles
les agents réalisent leurs calculs pour déterminer les quantités demandées
et/ou offertes sur les marchés, c'est-à-dire les variables endogènes.

2.3 Approche positive vs approche normative


L'approche positive ou descriptive de la microéconomie consiste en la dé-
couverte des lois de l'économie décentralisée idéalisée sous la forme du
modèle de la concurrence parfaite. À cette dimension est accolée une ap-
proche normative qui consiste à énoncer « ce qui doit être ». C'est-à-dire
un ensemble de prescriptions nécessaires à la « bonne » réalisation des
choses. Dans sa vision normative, la microéconomie veut démontrer que
l'échange marchand est le mode de coordination où se réalise l'harmonie
de la société. C'est-à-dire que la situation d'équilibre sur l'ensemble des
marchés est la « meilleure » situation possible. Bien entendu, cette approche
suppose des jugements de valeur qu'il faudra questionner.

3 La microéconomie : une fusée à deux étages


La figure 1.1 résume le projet de la microéconomie que l'on peut séparer
en deux étapes. Dans un premier temps, le cadre bleu, les consommateurs
et les producteurs sont preneurs de prix. Ils déterminent leurs fonctions
d'offre et de demande individuelles indépendamment les uns des autres
et compte tenu d'un certain nombre de contraintes (Parties 1 et 2). Dans
un second temps, les offres et demandes individuelles sont agrégées afin
d'étudier les conditions d'équilibre sur le(s) marché(s) selon que l'on adopte
une analyse d'équilibre partiel ou d'équilibre général (Partie 3). Dans cette
seconde étape, le(s) prix s'ajustera(ont) en fonction des décalages entre les
offres et demandes. C'est-à-dire que le commissaire-priseur annoncera de
nouveaux prix qui modifieront les calculs optimaux individuels (1re étape)...
ainsi de suite jusqu'à trouver le(s) prix d'équilibre. Si le(s) marché(s) est (sont)
stable(s) alors plus rien ne bouge sauf si une variable exogène est modifiée
comme les goûts des consommateurs...

1. Qu'est-ce que la microéconomie ? | 7

#7
C O N C U R R E N C E P A R F A I T E

Prix comme paramètres

Dotations initiales

Théorie Fonction
des choix de production Préférences
optimaux formalisées par
individuels Contrainte fonction
Fonction budgétaire d'utilité
de coûts

Fonction Fonction
d'offre de demande
individuelle individuelle

Processus
d'agrégation

Théorie de Équilibre partiel


Variations
l'échange vs
des prix
marchand Équilibre général

Système
de prix
d'équilibre

Figure 1.1 La microéconomie, une fusée à deux étages

8 | Qu'est-ce que la microéconomie ?

#8
3 EXERCICES
Exercice 1
On demande à un consommateur de classer par ordre de préférence des
paniers de biens. Les réponses fournies sont les suivantes : A ∼ B ;
C ∼ E ; B ∼ D ; C ≻ B ; I ∼ G ; F ∼ E ; K ≻ G ; G ≻ E ; J ∼ H ∼ G.
On suppose que les préférences de ce consommateur sont transitives et
monotones.
1. Quels sont les ensembles de paniers de biens indifférents entre eux ?
2. Établissez l'ordre qui existe entre ces différents paniers de biens.

Exercice 2
Soit une économie composée de deux biens 1 et 2 et un consommateur
dont les goûts sont formalisés par la fonction d'utilité suivante :
U (q1 ,q2 ) = q12 · q2
où q1 et q2 représentent respectivement les quantités de biens 1 et 2.
1. Classez les paniers de biens, A = (1,2) et B = (1,1), selon les préfé-
rences du consommateur.
2. La fonction d'utilité suivante, V (q1 ,q2 ) = q14 · q22 , exprime-t-elle les préfé-
rences du consommateur ?
3. À partir des paniers de biens, A = (1,1) et B = (2, 14 ), montrez que les
préférences du consommateur sont convexes.
4. Calculez et interprétez l'accroissement d'utilité entre les paniers de biens
A = (1; 1) et B = (1,1; 1).
5. Calculez et interprétez l'utilité marginale du bien 1 pour le panier de biens
A = (1,1).
6. Comparez les résultats des deux dernières questions.

20 | Des préférences à la fonction d'utilité

# 20
4 CORRIGÉS
Exercice 1
− − −
1. Soit u un niveau d'utilité quelconque. Donc q12 · q2 = u ⇒ q2 = u
2
q1

2. Le panier de biens A = (1,2) se situera sur q2


la courbe d'indifférence d'équation : q2 = q22
1
car U (1,2) = 2. Alors que le panier de biens
B = (2,2) se situera sur la courbe d'indiffé-
rence d'équation : q2 = q82 car U (2,2) = 8. A B
1 2 • •
Ces courbes d'indifférence sont continues,
toujours décroissantes, dq
dq
2
= −4
q3
< 0 ∀q1 > q1
1 1
d2 q2 12
1 2
0, convexes, 2
dq1
= 4
q1
> 0, et asymptotes
aux axes.

Exercice 2
1. Pour obtenir une tente complète, niveau d'utilité de 1, le campeur doit
respecter la proportion stricte entre les sardines et la toile c'est-à-dire q101 =
q2 = 1 d'où q1 = 10 · q2 . Il faut donc 10 sardines et une toile pour atteindre
un niveau de satisfaction de 1.
2. Si le consommateur dispose d'une toile, q2
q2 = 1, et d'un nombre de sardines supé-
rieur à 10, q1 > 10, alors il pourra construire
une tente et il lui restera des sardines. Gra-
phiquement, il s'agit de la branche horizon- −
2 u= 2
tale rouge. S'il dispose de 10 sardines et de −
1 u= 1
plusieurs toiles de tente. Ces dernières ne
q1
lui sont d'aucune utilité car les sardines sont 10 20
insuffisantes. Graphiquement, il s'agit de la
branche verticale rouge.

Exercice 3
Les courbes d'indifférence concentriques mettent en évidence un panier
de biens, (q1∗ ,q2∗ ), préféré à tous les autres. Ainsi, l'hypothèse de non satiété
n'est plus respectée. Obtenir une quantité de bien 1 supérieure à q1∗ et/ou
une quantité de bien 2 supérieure à q2∗ réduit sa satisfaction.

32 | Les courbes d'indifférence

# 32
1. La théorie du consommateur
Exercice 4
− −
1. Soit u un niveau d'utilité quelconque. Donc q2 =u −2 · q1 . Les courbes
d'indifférences sont des droites décroissantes.
2. Il est indifférent aux mélanges. En effet, les courbes d'indifférence sont
des droites. Un mélange de deux paniers de biens pour lesquels le consom-
mateur est indifférent conduit à un autre panier de biens appartenant à la
même courbe d'indifférence.
3. Les paniers de biens A = (0,4) et B = (2,0) lui apportent la même satis-
faction que des paniers de biens comprenant un peu des deux biens. Ainsi,
les biens peuvent ne pas être simultanément désirables pour le consom-
mateur. Les paniers A et B sont respectivement l'ordonnée et l'abscisse à
l'origine de la courbe d'indifférence de niveau 4.

4. Les courbes d'indifférence | 33

# 33
L1 L2 L1
L1 L2

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ÉCO
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Microéconomie
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Microéconomie
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Jérôme Lecointre 25 fiches


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Jérôme Lecointre avec corrigés
est professeur agrégé de Sciences Économiques et
Sociales à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.
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DANS LA MÊME COLLECTION Résumés de cours
Conception graphique : Primo&Primo®
Rappels mathématiques

ISSN : 2566-2708
ISBN : 978-2-8073-1420-7

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Prix TTC : 18 €

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