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Compostage des Déchets Verts d'AZURA

La société AZURA produit de grandes quantités de déchets verts lors de l'entretien de ses fermes. Afin de valoriser ces déchets, AZURA a opté pour le compostage qui permet d'obtenir un compost utilisé comme amendement organique. Le document décrit le processus de compostage mis en place dans les fermes d'AZURA, comprenant le broyage, le chargement en andains et le suivi des paramètres clés que sont la température, l'aération et l'humidité.

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Compostage des Déchets Verts d'AZURA

La société AZURA produit de grandes quantités de déchets verts lors de l'entretien de ses fermes. Afin de valoriser ces déchets, AZURA a opté pour le compostage qui permet d'obtenir un compost utilisé comme amendement organique. Le document décrit le processus de compostage mis en place dans les fermes d'AZURA, comprenant le broyage, le chargement en andains et le suivi des paramètres clés que sont la température, l'aération et l'humidité.

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net/publication/346107613

Valorisation des déchets verts de la société AZURA par compostage

Thesis · September 2010


DOI: 10.13140/RG.2.2.31285.50408

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1 author:

Saïd Boubih
Centre régional des métiers de l'éducation et de la formation de tanger
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DEPARTEMENT DE BIOLOGIE

Filière : Licence Professionnelle :


« Valorisation des produits de terroir et des savoir-faire
locaux du sud marocain »

Module : Stage de fin d’études

VALORISATION DES DECHETS VERTS DE LA


SOCIETE AZURA PAR COMPOSTAGE

Rapport présenté par :


Saïd BOUBIH
Présentation orale le : 25 Septembre 2010

Devant le jury:

Mme Salma DAOUD Présidente (FSA)

Mme Aicha AIT ALLA encadrante pédagogique (FSA)

Mr. Thierry MAQUIDEAU encadrant professionnel (structure d’accueil)

Mme (r.) examinatrice (eur) (FSA)

Année universitaire 2009-2010


DEDICACE
♣ A la mémoire de ma très chère et regrettée mère qui aurait sans
doute trouvé dans ce travail l’aboutissement de ses sacrifices.

♣ A mon père pour le support et la compréhension dont il a fait


preuve tout au long de mes études…

♣ A ma femme, pour sa patience, son soutien et ses


encouragements qui, à aucun moment, n’ont fait défaut.

♣ A tous mes frères et sœurs qui ne cessent de m’encourager…

♣ A tous mes amis de la licence professionnelle, que ce travail soit


le témoignage de notre amitié et de nos beaux souvenirs.

Saïd BOUBIH
REMERCIEMENT

♣ Il m’est particulièrement agréable d’exprimer ma vive gratitude et ma


profonde reconnaissance à Mme. Aicha AIT ALLA pour l’honneur qu’il
m’a fait en acceptant d’encadrer mon travail et pour ses diverses directives
et ses conseils éclairés qui m’ont guidé et orienté pour mener à bien ma
tache.

♣ Je tiens aussi à remercier vivement Mme. Salma DAOUD pour


l’honneur que vous nous faites en acceptant de présider notre jury. Puisse
ce travail être le témoignage de notre profond respect.

♣ Je remercie Mr. Thiery MAQUIDEAU,


MAQUIDEAU chef de culture dans la société
AZURA qui m’a accordé beaucoup de temps et qui m’a été d’une grande
utilité dans l’élaboration de ce travail.

♣ Je remercie également le personnel des fermes MARAISSA ainsi que


Mr. Khalid AZIM’ ingénieur d’état en Agronomie, pour leur
collaboration.

♣ Mes vifs remerciements sont également adressés à tous les enseignants


de la licence professionnelle Valorisation des produits de terroir et des
savoir-faire locaux du sud marocain.
Résumé
La société AZURA est considérée parmi les plus grands producteurs de la tomate à l’échelle
internationale. Les opérations d’entretien de ses fermes génèrent des quantités importantes des
déchets verts. Afin de traiter et de valoriser ses déchets verts, AZURA a opté pour le processus de
compostage qui permet d’avoir un compost qui joue plusieurs rôles :
 Un rôle alimentaire qui réside dans la fourniture progressive des éléments nutritifs aux
plantes cultivées,
 Améliore l’activité biologique du sol,
 Renforce l’efficacité des engrais minéraux apportés,
 Améliore les propriétés physiques des sols (rétention en eau, circulation de l’air, structure et
stabilité structurale…),
 Suppression de pathogènes par son effet de bio fumigation.
Ce stage a été l’opportunité pour moi de se familiariser avec les différents matériels de travail,
de comprendre concrètement les différentes étapes qui permettent de transformer les déchets verts
en compost et de fixer et mettre en application le savoir théorique acquis durant la formation.
LISTE DES ABREVIATIONS
°C : Degré Celsius
C : Carbone
cm : Centimètre
CMV : Centre de Mise en Valeur
CO2 : Dioxyde de carbone
COV : Composés organiques volatiles
DH : Dirham
F : Femelle
H : Heure
Ha : Hectare
Kg : Kilogramme
Km : Kilomètre
M : Mâle
m : Mètre
m3 : Mètre cube
Mg : Milligramme
Mm : Millimètre
Ms : Matière sèche
ms/cm : millimohs par centimètre
N : Azote
ppm : Partie par mille
Sommaire
Introduction : ........................................................................................................................................ 1

Chapitre 1 : Présentation de la société AZURA ......................................................................... 2

1. Historique ......................................................................................................................................... 2

2. La fiche Signalétique de MARISSA ................................................................................................ 2

3. Plan de localisation des compostières .............................................................................................. 3

4. Les moyens humains de MARAISSA 4 .......................................................................................... 4

Chapitre 2 : Monographie de la région d’étude .......................................................................... 5

1. Situation administrative ................................................................................................................... 5

2. Climat ............................................................................................................................................... 5

2.1. Précipitation............................................................................................................................... 5

2.2. Température et gelée ................................................................................................................. 5

2.3. Hygrométrie............................................................................................................................... 5

2.4. Insolation ................................................................................................................................... 5

2.5. Les vents .................................................................................................................................... 5

3. Ressources en eau ............................................................................................................................ 6

4. Occupation des terres ....................................................................................................................... 6

Chapitre 3 : Le processus de compostage .................................................................................. 7

1. Généralités ....................................................................................................................................... 7

1.1. Qu’est ce que le compostage ? .................................................................................................. 7

1.2. Quelles sont les matières compostables ?.................................................................................. 7

1.3. Pourquoi composter les déchets de cultures ? ........................................................................... 7

1.4. Quels sont les paramètres d’un bon démarrage du compostage ? ............................................. 8

1.5. Quels sont les différents procédés du compostage? .................................................................. 8

1.5.1. Le compostage des déchets verts en andains à l’air libre ...................................................... 9

1.5.2. Le compostage avec aération forcée et retournement sous abri ............................................. 9

1.5.3. Le co-compostage en plein air avec retournement ............................................................... 10


1.5.4. Le compostage avec aération forcée sous abri (= compostage en casier) ............................ 11

2. Conduite du processus de compostage dans Maraissa ................................................................... 12

2.1. Le matériel composté .............................................................................................................. 12

2.2. Le broyage ............................................................................................................................... 13

2.3. Mise en andains ....................................................................................................................... 13

2.4. Monitoring du processus de compostage ................................................................................ 13

2.4.1. Température.......................................................................................................................... 13

2.4.2. L’aération ............................................................................................................................. 15

2.4.3. L’humidité ............................................................................................................................ 16

2.5. Maturation du compost............................................................................................................ 17

2.6. Analyse du compost ................................................................................................................ 17

2.7. Utilisation du compost............................................................................................................. 18

Chapitre 4 : Discussion et recommandations .......................................................................... 19

CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES......................................................................... 22

BIBLIOGRAPHIE : ........................................................................................................................... 23

ANNEXES ......................................................................................................................................... 24
Liste des tableaux
Tableau 1 : Fiche signalétique de MARAISSA...……..………………………....…………………..2
Tableau 2 : Les taches du personnel de la ferme………………………………..……………………4
Tableau 3: Avantages et inconvénients des différents procédés de compostage…………………...11
Tableau 4: rapport C/N et humidité des déchets de tomate et du fumier…………………………...13
Tableau 5: Exemple d’analyses d’un échantillon de compost de très bonne qualité……………….20

Liste des Figures


Figure 1: Le compostage des déchets verts en andains à l’air libre……………………………… ....9
Figure 2: Le compostage avec aération forcée et retournement sous abri…………………………..10
Figure 3: Le co-compostage en plein air avec retournement………………………………………..10
Figure 4: Le compostage avec aération forcée sous abri ou compostage en casier…………………11
Figure 5 : Photo représentant des déchets de la tomate……………………………………………..12
Figure 6: Photo représentant un andain du compost ……………………………………………….13
Figure 7: Variation de la température au cours du processus de compostage....…....………………14
Figure 8: Photo représentant un thermomètre à sonde……………………………………………...15
Figure 9: Photo représentant chargeur utilisé pour le retournement des andains…………………...16
INTRODUCTION GENERALE

Le secteur agricole constitue une pièce maîtresse dans l'économie de la région Souss Massa
Draa. Cependant, ce secteur génère de grandes quantités de déchets verts qui sont malheureusement,
la plus part de temps, acheminés vers les décharges au lieu d’être recyclés et valorisés. Il s’agit
donc d’une perte de matière organique qui se trouve en quantités très faibles dans nos sols comparés
aux sols des pays au climat tempéré.

L’option la plus indiquée pour le traitement de ces déchets est le compostage et la valorisation
du compost comme produit d’amendement organique des sols. Cette filière technologique s’affiche
actuellement comme étant la filière écologiquement durable qui permet de réinsérer la matière
organique dans les chaines trophiques.

Pour se familiariser plus avec cette filière, j’ai effectué un stage de deux mois dans une des
sociétés leaders de la région dans la valorisation des déchets verts par compostage : c’est la société
AZURA. Malheureusement, la période de mon stage qui a eu lieu en Juillet et d’Août a coïncidé
avec la fin du cycle de compostage, pour cela que je n’ai pas pu assister à l’ensemble du processus.
Mais, grâce à Mon maître de stage et à l’ensemble du personnel des Maraissa que j’ai visitées, j’ai
pu avoir une idée sur les différents matériaux de travail et de comprendre concrètement les
différentes étapes qui permettent d’avoir un compost a partir des déchets verts.

Les objectifs de ce stage sont :

• Consolider et mettre en application le savoir théorique acquis durant la formation


concernant le compostage,

• Se familiariser avec les différents matériaux de travail ;

• S’assurer de la faisabilité de l’installation d’une unité de compostage dans la région ;

1
Chapitre 1 : Présentation de la société AZURA

1. Historique
Créée en 1988, la société Azura (430 ha), née d’un partenariat franco-marocain, s’est installée
au sud du Maroc à 45 Km de la ville d’Agadir sur le périmètre irrigué du Souss-Massa. Elle englobe
trois grandes sociétés : INTERNATIONAL NURSERY, BIOBEST et MARAISSA. Entreprise
intégrée, la société maîtrise son processus, de la pépinière à la commercialisation en passant par la
logistique et le conditionnement. La tomate reste le produit-phare du groupe. Ainsi, elle exporte
plus de 80 000 tonnes de tomate par année.

• 1988-89 : 1ère ferme Azura à Agadir ;


• 1990 : Création de Disma international;
• 1991 : Construction de la station de conditionnement à Agadir ;
• 1996 : Joint venture avec Growgroup : création d’International Nursery ;
• 1996 : Agrandissement de la station : construction des stations 2 et 3 ;
• 1998 : Joint venture avec Biobest Belgique : création de Biobest Maroc ;
• 2000 : Lancement de la production biologique sur une des fermes Azura ;
• 2004 : Agrandissement de la station : construction de la station 4 ;
• 2006 : 1ère ferme Azura à Dakhla ;
• 2009 : Extension de la plate forme logistique à Perpignan : +4000m2 soit 8000 m2 réfrigérés.

2. Fiche Signalétique de la société MARAISSA

Tableau 1 : Fiche signalétique de MARAISSA


Raison social MARAISSA
Statut juridique Société anonyme
Président Mr. TAZI Mohamed
Directeur général Mr. Pierre BONID
KM 39, ROUTE DE TIZNIT TIN MANSOUR -
Adresse
CHTOUKA AIT BAHA, BP 5205
23 fermes de tomate, 1 ferme des fruits à noyau,
Nombre d’unité de production
1 pépinière

Tél 05 28 30 30 00 / 01/ 02

Fax 05 28 30 30 10 / 14

2
Activité Production et exportation des fruits et légumes

Tomates; Légumes (Courgettes) ; Fruits


(Agrumes et melons) ; Herbes aromatiques
Produit (Basilic, ciboulette, menthe, coriandre, aneth,
estragon, sauge, thym, origan, marjolaine,
romarin, menthe poivrée, citronnelle….)

Environ 5000 personnes :


Effectif global 1500 personnes dans la station et le reste dans les
fermes

Registre du commerce R.C. 5965 Inezgane

CNSS 2236265

Capital 50 000 000 DH

Identification fiscale 06901728

3. Plan de localisation des compostières


La société MARAISSA dispose de 25 fermes situées dans le périmètre irrigué de Souss-Massa.
Le nom MARAISSA provient de sa politique qualité qui est :

♣ Maitriser les processus de production pour améliorer en permanence les produits ;

♣ Adapter régulièrement le cahier des charges aux spécifications évolutives des clients ;

♣ Respecter les exigences des clients, réglementaires et légales ;

♣ Améliorer en continue les conditions de travail et le sentiment d’appartenance ;

♣ Instaurer un code de conduite respectant l’éthique et la déontologie ;

♣ Structurer, organiser et dynamiser en permanence ;

♣ Sécuriser en priorité nos produits ;

♣ Adopter les bonnes pratiques pour préserver l’environnement.


Cependant ce sont seulement 10 MARAISSA (M) qui disposent de compostières est sont : M2,
M4, M5, M8, M10, M12, M14, M15, M19 et M25 (cf. situation géographique des fermes Maraissa
annexe 1)
Au cours de mon stage j’ai visité les MARAISSA suivantes : M2, M4, M5, M8, M10 et M15.
J’ai passé la majeure partie de mon stage dans Maraissa 4, c’est pour cela que je vais présenter
seulement les résultats de celle-ci.

3
4. Les moyens humains de MARAISSA 4
L’organisation des ressources humaines qui relèvent de la ferme Maraissa 4 est bien structurée.
Les missions et attributions au niveau de chaque poste sont bien définies ce qui optimise le
rendement de chacun des responsables des différentes tâches qui sont représentées dans le tableau
suivant.

Tableau 2 : Les tâches du personnel de la ferme


Nature de la main
sexe nombre taches
d'œuvre
Chef de culture M 1 Assurer la gestion de l'exploitation
P Coordinateur M 1 Transmettre les ordres du chef
E Comptable M 1
R Responsable d'irrigation et de
M Stationnaire M 1
fertilisation
A Chauffeurs M 4 Conduire les tracteurs
N
Mécanicien M 1 Maintenance du matériel de travail
E
N Caporaux M 5 Contrôle le travail des ouvriers
T Aide-stationnaire M 1 Aide le stationnaire
E Agréeur M 1 Fait l'agréage
Gardien M 4 Gardiennage
O
C
C Palissage, nettoyage, effeuillage,
M 41
A ébourgeonnage et récolte
S
I Ouvriers
O
N
N
Palissage, nettoyage, effeuillage,
E F 29
ébourgeonnage et récolte
L
L
E

4
Chapitre 2 : Monographie de la région d’étude
1. Situation administrative
Maraissa 4 est une exploitation à vocation maraichère, elle est fondée en 1990 sur une
superficie totale de 18 Ha dont 16,7 Ha est destinée à la culture de tomate sous abri. Située au
périmètre 18 dans le CMV809, Maraissa 4 est localisée dans la commune rurale Khemis Ait Amira.
Cette commune rurale fait partie du cercle Biougra qui est un des trois cercles de la Province
Chtouka Ait Baha (Biougra, Massa et Ait Baha). Cette région se situe aux environs de la latitude 30
à 31° et des longitudes 8 à 10°. Les limites géographiques de Khmis Ait Amira sont les suivantes :

• Nord : Sidi Bibi


• Est : Biougra
• Ouest : Océan atlantique
• Sud : Massa

2. Climat
2.1. Précipitation
Les précipitations varient de 150 à 200 mm. La saison de pluie s’étend d’Octobre à Avril, avec
un maximum aux mois de Novembre et Janvier.

2.2. Température et gelée


La moyenne des températures minimales des mois les plus froids (Décembre et Janvier) est de
8°C. La moyenne des températures maximales des mois les plus chauds (Juillet et Août) est de
26°C. Quand aux gelées, elles sont rares, et sont observées pendant les nuits de Novembre et
Janvier.

2.3. Hygrométrie
Le degré d’hygrométrie pendant la période du chergui ne dépasse pas 15%, tandis qu’aux mois
de Novembre à Mars, elle est supérieure à 80%.

2.4. Insolation
La durée d’insolation varie entre 2800 et 3000 H/an, elle reste importante pendant l’hiver.

2.5. Les vents


La région subi deux types de vents : les vents nord-ouest adoucissant et mettant ainsi la bande
côtière à l’abri des gelées et les vents du sud-est (chergui) qui sont accompagnés d’une
augmentation de la température et une baisse importante d’hygrométrie.

5
3. Ressources en eau
Les principales infrastructures d’équipement hydro-agricole dont dispose cette région sont :

 Le barrage Youssef Ibn Tachfine : capacité de 310 millions de m3,


 4 secteurs hydrauliques,
 1 canal d’amenée de 44 Km de longueur,
 5 stations de pompage,
 142 Km de conduites enterrées,
 4 réservoirs de régulation,
 250 Km de voiries agricoles.

4. Occupation des terres


La superficie totale : 201 000 ha dont :

• Bour : 58 070 ha,


• Irrigué : 26 880 ha,
• Domaine forestier : 19 590 ha,
• Parcours et terre incultes : 96 460 ha.

6
Chapitre 3 : Le processus de compostage
1. Généralités

1.1. Qu’est ce que le compostage ?


Le compostage peut être défini comme un processus de conversion biochimique, par
biodégradation aérobique, des substrats organiques en un produit appelé compost qui est
hygiénique, de composition stable et riche en substances humiques (SOUDI B., 2005)

Ce processus peut être résumé par l’équation suivante :

1.2. Quelles sont les matières compostables ?


Tous les substrats organiques peuvent être compostés. Concernant le secteur des primeurs les
déchets à composter sont: les feuilles, les tiges et les fruits de toutes les cultures maraîchères, les
feuilles et tronc de bananier, le fumier et les déchets verts organiques de pépinières… etc (SOUDI
B., 2005)

1.3. Pourquoi composter les déchets de cultures ?


Le compostage des déchets de culture a plusieurs objectifs, il consiste à :

 Eviter l’accumulation de grandes quantités de déchets verts à proximité des serres et


champs, notamment de tomate et de bananier. En effet, et grâce au processus de
biodégradation, le compostage permet d’éliminer près de 50 % de la masse des déchets
de culture initialement mise en compostage. Les pertes sont sous forme de gaz
carbonique (CO2) et d’eau.
 Assainir les déchets : en effet, les déchets de culture sous serre contiennent un grand
nombre de pathogènes et leur enfouissement à l’état brut dans le sol engendre une
dissémination de ces pathogènes.
 Réduire le taux d’utilisation du fumier. Ce taux est estimé dans le secteur des fruits-
légumes au Maroc de 20 à 60 tonnes/ha notamment pour la tomate, le fraisier, la
pomme de terre, le melon…etc (SOUDI B., 2005)

7
1.4. Quels sont les paramètres d’un bon démarrage du compostage ?
La décomposition ou la bio fermentation de la matière organique fraiche nécessaire au
compostage nécessite le suivi de plusieurs paramètres influençant le bon déroulement de ce
processus, notamment :
 Rapport C/N : le rapport idéal est compris entre 25 et 35 (SOUDI B., 2001);
 Si ce rapport est trop élevé, le temps requis pour la biodégradation devient plus long ;
 Si ce rapport est faible, l’azote est en grande partie perdu sous forme d’ammoniac par voie
de volatilisation.

 Aération : elle se fait par retournement des tas, par ventilation ou brassage des déchets dans
le cas de fermentation accélérée ;

 Humidité : l’optimale est compris entre 50 et 60%. Un excès d’eau signifie des conditions
d’anaérobiose et une mauvaise circulation d’air à l’intérieur du tas. Alors qu’une teneur
d’eau inférieur à 50 % ralentit de manière significative l’activité biologique (SOUDI B.,
2001);

 Température : ce facteur est un paramètre majeur du compostage, l’optimale est celle qui
assure l’effet hygiénisation (65°C) (SOUDI B., 2001) ;

 pH : c’est un facteur important qui conditionne la biodisponibilité des éléments nutritifs


pour les micro-organismes, la solubilité des métaux lourd ainsi que la plupart des réactions
chimiques. la gamme optimale des pH est située autour de 7 (SOUDI B., 2001);

1.5. Quels sont les différents procédés du compostage?


Il existe plusieurs types de procédés, du plus artisanal au plus sophistiqué. Signalons toutefois
que le principe de compostage reste le même dans ses fondements biochimiques. Le passage du
système artisanal simple aux systèmes très mécanisés, voire robotisés, permet de:

 augmenter la vitesse du processus;


 travailler sur une surface réduite ;
 maîtriser la gestion des odeurs par inspiration et bio-filtration;
 maîtriser de manière plus significative les autres contraintes environnementales;
 atténuer l’influence du climat, en particulier le froid et les précipitations.

Il est clair qu’à force de gagner en performances on génère des surcoûts en matière
d’investissement et en fonctionnement (consommation d’énergie et maintenance) (SOUDI B., 2005)

8
1.5.1. Le compostage des déchets verts en andains à l’air libre

Figure 1: Le compostage des déchets verts en andains à l’air libre


Lors du traitement, il peut y avoir des formations de poches anaérobiques, engendrant des
émissions d’odeurs dues à la production de composés organiques volatiles (COV). Ces émissions,
constatées principalement au moment de la fermentation, peuvent être en partie contrôlées en
respectant certaines pratiques d’exploitation et en mettant en place certains dispositifs :
 Augmenter la fréquence de retournement ;
 Lors de l’installation de l’unité, respecter une distance, avec les riverains, supérieure
aux 200 mètres ;
 Appréhender les vents dominants lors du projet de construction (entre l’unité et les
habitations) ;
 Couvrir les andains avec des bâches (JOUALI M. A., 2005)

1.5.2. Le compostage avec aération forcée et retournement sous abri

Une installation de ce type est plus complexe techniquement qu’une aire de compostage à l’air
libre. Le procédé nécessite un entretien régulier qui permet d’éviter l’encrassement de la partie
mécanique et toutes les conséquences que cela peut engendrer. Un système de maintenance
performant permet d’éviter les pannes et autres problèmes matériels (JOUALI M. A., 2005)

9
Figure 2: Le compostage avec aération forcée et retournement sous abri

1.5.3. Le co-compostage en plein air avec retournement

Pour ce procédé, on peut joindre un flux de lisier à des déchets verts en plein air pour résoudre
une fois de plus l’inévitable problème d’odeurs. Il est conseillé de faire un retournement immédiat
des andains après y avoir épandu le lisier pour limiter les émissions nauséabondes (JOUALI M. A.,
2005)

Figure 3: Le co-compostage en plein air avec retournement

10
1.5.4. Le compostage avec aération forcée sous abri (= compostage en casier)
Ce procédé consiste à traiter un mélange de déchets verts et les boues de stations d’épuration,
sa capacité de traitement est de 40 000 tonnes par an, avec période active de compostage de trois à
cinq semaines (JOUALI M. A., 2005)

Figure 4: Le compostage avec aération forcée sous abri ou compostage en casier

Les avantages et les inconvénients de ces quatre types de procédés sont reportés dans le tableau3

Tableau 3 : Avantages et inconvénients des différents procédés de compostage


Procédé Avantages Inconvénients
• Faibles besoins techniques • Emission d’odeurs et de
• Faible coût composés organiques volatils
• Exploitation aisée de l’unité • Impact visuel
• Capacité de traitement élevée • Besoin d’un lieu
compostage des déchets
verts en andains à l’air • Utilisation de matériel mobile d’implantation sans voisinage
(collectif) possible (ou voisinage industriel)
libre
• Extension facile si place • Problème de bruit
disponible • Besoins d’une infrastructure de
récupération des lixiviats

• Aspect esthétique • Agrandissement nécessitant


• Pas ou peu d’odeurs des travaux et modification du
compostage avec • Pas ou peu d’odeurs bâtiment
• Automatisation de procédé • Coût supérieur à un procédé de
aération forcée et
retournement sous abri • Faible besoin d’espace compostage en andains à l’air
• Accélération du procédé et libre
donc réduction du stockage • Entretien important de la partie
mécanique

11
• Traitement de plusieurs flux de • Si un flux est pollué, les deux
déchets organiques différents le deviennent
• Faible coût • Emission d’odeurs
co-compostage en plein • Impact environnemental
air avec retournement presque nul
• Besoin de peu de moyens
technique
• Rapport C/N idéal
• Absence d’odeurs • Plus long qu’un procédé avec
compostage avec • Absence de lixiviat retournement accéléré
aération forcée sous abri • Aspect esthétique • Présence d’insectes
(= compostage en casier) • Technologie simple
• Traçabilité simple par
informatisation

2. Conduite du processus de compostage dans Maraissa


Etant donné que la période de stage (mois de Juillet et d’Août) a coïncidé avec la fin du
cycle de compostage dans les fermes MARAISSA, et n’ayant pas pu assister à la plupart des étapes
du procédé (j’ai assister seulement à l’étape de retournement des andains), je me limiterai dans ce
rapport à le détailler en se basant sur les explications que j’ai reçu de la part de mon maitre de stage
et du personnel des fermes que j’ai visitées.

2.1. Le matériel composté


Puisque la tomate est la principale production du groupe Azura, le compost est fabriqué avec
les déchets végétaux provenant de la taille des plants de tomates (tiges et feuilles). A ces déchets
végétaux, on ajoute du fumier avec une proportion de 1:2 (2 parts de déchets de tomate et 1 part de
fumier).

Figure 5 : Photo représentant des déchets de la tomate

12
Le tableau suivant présente quelques caractéristiques de ces matières premières (SOUDI B., 2005) :

Tableau 4: rapport C/N et humidité des déchets de tomate et du fumier

2.2. Le broyage
Le broyage consiste à réduire sous forme de copeaux les déchets verts issus de la taille afin de
faciliter le processus de compostage. Pour ceci on utilise un broyeur, connu chez le personnel de
MARAISSA sous le nom de SICO, qui permet d’avoir des fragments d’une dizaine de centimètres.

2.3. Mise en andains


Après la préparation du matériel à composter, on procède à la mise en place des andains avec
les dimensions suivantes : une largeur de 3-3.5 m, une hauteur de 1.5 à 2m et une longueur de 10 à
15m.

Figure 6: Photo représentant un andain du compost

2.4. Monitoring du processus de compostage


Ce monitoring consiste à contrôler trois principaux paramètres : la température, l’aération et
l’humidité.

2.4.1. Température
L’évolution de la température au cours du processus de compostage suit une allure caractérisée
par 4 phases (JOUALI M. A., 2005) (figure 7):

13
 phase A = phase mésophile : qui est particulièrement importante au début du processus
de compostage. L’énergie présente dans les liaisons carbonées des matières organiques
est transformée en chaleur ;

 phase B = phase thermophile : au cours de laquelle la température peut atteindre de 70


à 80°C. Lorsqu’on atteint de telles valeurs, la digestion est la plus rapide, les germes
pathogènes et les graines des plantes adventices éventuellement présents dans les
déchets sont neutralisés ;

 phase C = phase de refroidissement : la température redescend progressivement et les


champignons colonisent la matière.

 phase D = phase de maturation : qui débute lorsque la température est inférieure à 30°C.
Au cours de cette phase les micro-organismes restent actifs, mais sont dorénavant
accompagnés par des organismes de plus grande taille : des vers de compost, des
acariens, des collemboles, des cloportes, des coléoptères, des mille-pattes…, qui
poursuivent la décomposition des déchets jusqu’à ce que le matériau perd tout à fait son
aspect d’origine.

Figure 7: Variation de la température au cours du processus de compostage

Le suivi de la température se fait grâce à un thermomètre à sonde (figure 8). Il consiste à:

• Garantir une phase thermophile d’au moins une semaine où la température doit atteindre 60
à 65 °C pour permettre un assainissement du compost;

• Eviter une augmentation excessive de température au-delà de 70 °C car le processus peut


être entravé avec un risque d’incendie pour le cas des grands andains. Dans ce cas, il serait

14
intéressant de retourner les andains. En effet, il a été constaté que la différence de
température peut être de plusieurs degrés entre la profondeur et la couche superficielle de
l’andain;

• S’assurer que toute la masse en compostage a été touchée par les températures élevées. Pour
cela, le retournement des andains est nécessaire.

Figure 8: Photo représentant un thermomètre à sonde

2.4.2. L’aération
L’aération permet une bonne oxygénation de tas et une évacuation normale de CO2. Lorsque
l’aération diminue (oxygène lacunaire inférieur à 5%), des conditions d’anaérobiose peuvent
s’installer ce qui s’accompagnera de la production de mauvaises odeurs. Le moyen utilisé pour
l’aération, dans les compostières visitées, est le retournement en utilisant un chargeur qui appartient
à l’entreprise s’il est disponible, sinon il est loué (figure 9).

Au début du cycle de compostage, les andains subissent des retournements une fois tous les
trois mois. Cette fréquence augmente pendant les trois derniers mois qui précèdent l’utilisation du
compost pour atteindre 1 retournement tous les 21 jours dans MARAISSA 4, et même un
retournement par quinzaine dans MARAISSA 10.

15
Figure 9: Photo représentant le chargeur utilisé pour le retournement des andains

2.4.3. L’humidité
La fourchette optimale de la teneur en eau du tas en compostage est: 50-60 %. Cette valeur est
atteinte en mélangeant les différentes matières organiques ayant des teneurs en humidité différentes
ou par un arrosage modérée du tas au moment du retournement. Il existe des tests qui permettent
d’apprécier l’humidité au cours du compostage :

 Test manuel : ce test consiste à prendre une poignée de compost dans la main et de la presser :

• Si on réussit à faire percoler quelques goutes entre les doigts et que le matériau ne se
disperse pas quand on ouvre la main, on peut dire que le compost est à un niveau acceptable
d’humidité ;

• Si un fin filet d’eau s’en échappe, il est trop humide ;

• Si aucune eau ne percole, il est sec.

 Test de la température : On enfonce une tige métallique à une profondeur d’un mètre et on la
laisse pendant une quinzaine de minutes puis on la retire :

• Si elle est chaude et humide, le compostage se déroule normalement et a une bonne


humidité ;

• Si elle est froide et humide, le matériau en compostage est probablement très humide ;

16
• Si elle est chaude et sèche, il n’y a probablement pas assez d’eau.

2.5. Maturation du compost


Après la phase de fermentation en tas aérés par retournement, une fraction significative des
matières organiques dégradables est décomposée. Les matières organiques restant après cette
première phase se décomposent lentement. Cette seconde phase, appelée phase de maturation, prend
de 6 à 8 semaines. Durant cette dernière phase, la température se stabilise autour de 30°C. Ce qui
témoigne d’une réduction de l’activité biologique.

Au cours de la maturation, la matière organique se stabilise avec une élimination des substances
organiques phyto-toxiques. La maturation est importante, particulièrement lorsque le compost est
utilisé en pépinière. Il existe plusieurs tests pour estimer la maturation du compost. Les tests les
plus simples sont :

 Une évaluation visuelle et des impressions tactiles. En effet, un compost mûr présente les
caractéristiques suivantes :

 Les matières premières ne sont pas identifiables ;

 Le compost ne dégage pas de mauvaises odeurs d’ammoniac et dégage plutôt une


odeur de terre humidifiée ;

 Le compost est doux au toucher.

 Test de tamisage : on fait passer environ 5 Kg de compost à travers un tamis de maille 25


mm et l’on évalue par pesée la quantité tamisée. Si cette quantité varie entre 4 et 5 Kg, on
peut conclure que le compost est mûr. Ceci suppose que le test est effectué avant toute
opération de broyage (SOUDI B., 2001)

 Test de pH : théoriquement, un compost ayant subi un processus optimal de fermentation a


un pH neutre à légèrement basique (SOUDI B., 2001)

 Rapport C/N : ce rapport diminue au cours du compostage à cause de la dégradation de la


matière organique et du dégagement du gaz carbonique qui en résulte. Il est commun
d’admettre, pour un compost mûr, un rapport C/N compris entre 10 et 15 (SOUDI B., 2001)

2.6. Analyse du compost


Avant l’utilisation du compost, on procède à des analyses minutieuses de celui-ci. Ces analyses
consiste en une analyse chimique (cf. annexe 2), Nématologique (cf. annexe 3), Bactériologique (cf.

17
annexe 4) et Mycologique (cf. annexe 5). Elles se font dans la clinique des plantes qui appartient au
complexe horticole d’Agadir.

2.7. Utilisation du compost


Avant d’utiliser le compost, celui-ci subit un criblage pour éliminer tous les intrus qui
existaient dans les déchets de tomate comme les ficelles et les fils de fer… En effet ces déchets ne
sont pas bien triés avant la mise en tas vu la charge de travail qui existe dans les serres.

La quantité du compost utilisée est de 35 tonnes par hectare, et le mode d’application est
l’épandage.

18
Chapitre 4 : Discussion et recommandations
La comparaison du procédé de compostage adopté dans les fermes MARISSA avec les
recommandations rapportées dans la littérature scientifiques montre que :

• Le matériel composté dans les fermes MARISSA, à savoir les déchets de tomate, présente
un rapport C/N égale à 40 et une humidité égale à 4060 (SOUDI B., 2005). Or un bon démarrage de
compostage nécessite un rapport C/N compris entre 30 et 35 et une humidité comprise entre 50 et
60 (SOUDI B., 2001). Pour atteindre ces valeurs, on se propose de co-composter le fumier et les
déchets de tomate (cf. calcul d’ajustement du rapport C/N et de l’humidité en annexe).

 Cas 1 utilisé dans les compostières des Maraissa : co-composter le fumier et les déchets de
tomate selon une proportion 1:2
 (C/N) mélange = [(2 x 0.12 x (1- 0.55) + (1 x 0.3 x (1 - 0.4)] / [(2 x 0.003 x (1 - 0.55)
+ (1 x 0.015 x (1 - 0.40)] = 24,61. Ce rapport est légèrement faible par rapport à la
norme.
 Humidité du mélange (%) = [(2 x 55) + (1 x 40)] / (2 + 1) = 50 %. L’humidité du
mélange est optimale.

 Cas 2 (SOUDI B., 2005): on se propose de composter le maximum de déchets verts


(objectif d’élimination et de valorisation) et en même temps réduire le taux de fumier pour
réduire les coûts, on peut adopter le ratio 4:1 (4 parts de déchets de tomate et 1 part de
fumier)
 (C/N) mélange = [(4 x 0.12 x (1- 0.55) + (1 x 0.3 x (1 - 0.4)] / [(4 x 0.003 x (1 - 0.55)
+ (1 x 0.015 x (1 - 0.40)] = 27.5 (C/N très valable)
 Humidité du mélange (%) = [(4 x 55) + (1 x 40)] / (4 + 1) = 52 %.

Nous remarquons que ce mélange des déchets de la culture de tomate et du fumier, selon le
ratio 4:1, a permis d’obtenir un rapport C/N optimal et un rapprochement de l’humidité à son niveau
optimal.
• Concernant le broyage est d’après SOUDI (2005), la taille des matériaux à composter doit
être comprise entre 1.3 et 5 cm afin de faciliter la biodégradation. Cependant le broyeur utilisé dans
les fermes MARAISSA ne permet pas d’atteindre ces tailles. Ainsi le processus de biodégradation
devient lent (six mois minimum).

• Le procédé du compostage adopté par les fermes MARAISSA est le « compostage des
déchets verts en andains à l’air libre ». Ce procédé s’avère techniquement acceptable et
économiquement viable. Il permet à la fois une bonne maitrise du processus, un coût

19
d’investissement et de fonctionnement faible et un emploi appréciable de la main d’œuvre (SOUDI,
2005). Concernant les inconvénients de ce procédé cités dans le tableau 3, les fermes MARAISSA
se trouvent dans un endroit réservé aux fermes, en plus elles disposent d’un système de drainage des
lixiviats.

• On peut estimer la maturation du compost de Maraissa 4 en appliquant les tests déjà cités :
 Les caractéristiques visuels sont vérifiées et démontrent qu’il s’agit d’un compost mature ;

 Test de pH : le pH de ce compost est égal à 7,3 ce qui est très valable ;

 Rapport C/N : on peut déduire sa valeur en utilisant la formule suivante :

C/N = MO / (Azote totale * 1,727)

En appliquant cette formule on obtient : C/N = 13,80 / (0,98 * 1,727) = 8,15 ce qui est inferieur à
l’optimum qui est compris entre 10 et 15. Ceci peut être expliqué par le fait que le rapport C/N au
début de processus de compostage est inferieur à l’optimum.

• Les analyse du compost de Maraissa 4 (cf. annexe 3, 4 et 5) démontrent qu’il est exempt de
micro-organismes pathogènes (Nématodes, bactéries et champignons) ce qui prouve que le
processus de compostage permet l’assainissement des déchets végétaux.

Concernant l’analyse chimique (cf. annexe 2), elle permet d’estimer la qualité du compost.
Malheureusement, il n’ya pas de normes et standards institués à l’échelle nationale. Pour cela, je
vais comparé les résultats du compost de MARAISSA 4 avec celles d’un échantillon de compost de
très bonne qualité produit par une unité de compostage des déchets verts en Belgique (Tableau 5) :

Tableau 5: Exemple d’analyses d’un échantillon de compost de très bonne qualité


Autres normes
Paramètres Unité Echantillon Normes belges
Valeurs guides*
Ph 7,8 6 - 8,5
Matière sèche % 56,49 minimum 55
Conductivité ms/cm à 20°C 1,64 ≤ 5 (A)
Matière organique % 27,31 minimum 16
C % MS 22,98
Azote total % 1,49 minimum 1 (I)
C/N 8,9 ≤ 30 (A)
Phosphore % 0,523 minimum 0,5 (I)
Potassium % 0,803 minimum 0,4 (I)
Magnésium % 0,447
Calcium total % 2,422 ≥ 2 (A)
Chlorure Mg 869

20
Arsenic ppm 8,3 10 (I)
Cadmium ppm 0,33 1,5
Chrome ppm 24 70
Cobalt ppm 3,9 10 à 20
Cuivre ppm 57 90
Mercure ppm 0,09 1
Nickel ppm 14 20
Plomb ppm 73 120
Zinc ppm 212 300
* A = Autruche ; I = Italie
Source : unité de compostage de Nannine, Belgique, 1996 (JOUALI M. A., 2005)

La comparaison montre que notre compost obéit aux normes de points de vu pH, teneur en
Potassium, Calcium, Magnésium, Cuivre et plus ou moins celle de l’Azote total. Cependant la
conductivité électrique et la teneur en matière organique, en Phosphore et en Zinc ne sont pas les
mêmes que celles d’un très bon compost.

La qualité médiocre du compost produit serait due à la non addition de fumier aux déchets verts
cette année vue ses prix élevés (plus de 400 DH par tonne). Pour éviter ceci, on propose d’utiliser
des substituants de fumier qui sont moins chers comme la fiente de volailles ou les déchets des
poissons (Anonyme 1992). En effet il existe des essais qui se font dans ce sens dans MARAISSA
mais qu’on ne veut pas dévoiler actuellement.

21
CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES

Le stage que j’ai effectué au sein de la société AZURA était très formateur. Il m’a permit de
découvrir de près l’importance de la technique de compostage dans le recyclage et la valorisation
des déchets verts de la région Souss Massa et principalement ceux des cultures sous serre. Ce stage
m’a permit aussi de s’assurer de la faisabilité du projet professionnel que j’ai présenté qui est
l’implantation d’une unité de compostage. En effet, cette unité permettra non seulement la
production d’un amendement organique à un prix accessible aux agriculteurs de la région, mais
aussi elle présentera de nombreux intérêts :

 Intérêt environnemental : l’unité de compostage permettra de traiter la totalité des


déchets verts de la région évitant ainsi l’acheminement de ces déchets vers les
décharges. En plus, l’utilisation du compost permettra une meilleure stabilité structurale
des sols et permettra de rationaliser l’utilisation des engrais chimiques par les
agriculteurs.

 Intérêt social : l’implantation de l’unité de compostage permettra de créer quelques


emplois locaux.

 Intérêt économique : le prix du compost est plus bas que celui des autres fertilisants, ce
qui permettra aux agriculteurs d’augmenter leurs revenus et entrainera par conséquent
l’expansion de leur demande du compost.

Concernant Maraissa, elle reste l’une des sociétés leader dans le recyclage et la valorisation
des déchets verts. En plus, les efforts qui se font actuellement par Mr. Thiery MAQUIDEAU
promettent que le compost produit au sein des fermes MARAISSA peut s’améliorer de point de vu
qualité.

22
BIBLIOGRAPHIE :
 Anonyme (1992) : Fertilisation. Centre d'Edition, de Reproduction et de Diffusion de
Documents pédagogiques. Ministère du Travail et de la Formation professionnelle.
REPUBLIQUE DU SENEGAL.

 Bouhaouach H. Culot M. et KOUKI K. (2009) : Compostage et valorisation des déchets


oasiens pour l’amélioration des sols et de la productivité. Symposium international
« Agriculture durable en région Méditerranéenne AGDUMED », Rabat Maroc p. 235-240.

 Chakroune K., M. Bouakka et A. Hakkou (2005) : Incidence de l’aération sur le


traitement par compostage des sous-produits du palmier dattier contaminés par Fusarium
oxysporum f.sp.albedinis. Can. J. Microbiol. 51 p. 69-77.

 Diabagate A. (2006) : Détermination de la qualité agronomique de la fumure organique


utilisée dans la zone soudano-sahélienne. MEMOIRE DE FIN D’ETUDES pour l’obtention
du diplôme d’études spécialisées en Agricultures. Université Abdou Moumouni de Niamey.
République de Niger.

 Hibar Kh., M. Daami-Remadi, H. Jabnoun-Khiareddine, I. El Akram Znaïdi, M. El


Mahjoub (2006) : Effet des extraits de compost sur la croissance mycélienne et lʼagressivité
du Fusarium oxysporum f. sp. Radicislycopersici. Biotechnol. Agron. Soc. Environ.10 p.
101 – 108.

 JOUALI M. A. (2005) : Déchets verts de la ville de Rabat : situation actuelle et possibilité


de valorisation par compostage. Mémoire de 3ème cycle pour l’obtention du diplôme
d’ingénieur d’état en agronomie. IAV Hassan II Rabat.

 SOUDI B. (2001) : Compostage des déchets ménagers et valorisation du compost, cas des
petites et moyennes communes au Maroc. 104 pages.

 SOUDI B. (2005) : Le compostage des déchets de cultures sous serre et de fumier. Bulletin
de transfert de technologie n° 129.

23
ANNEXES

24
Annexe 1

25
ANNEXE 2
(Résultats d’analyse chimique, Nématologique, Bactériologique et Mycologique du compost de Maraissa 4)

26
ANNEXE 3
(Résultats de l’analyse Nématologique du compost de Maraissa 4)

27
ANNEXE 4
(Résultats de l’analyse Bactériologique du compost de Maraissa 4)

28
ANNEXE 5
(Résultats de l’analyse Mycologique du compost de Maraissa 4)

29
ANNEXE 6
(Calcul d’ajustement du rapport C/N et de l’humidité)

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