Le Cas Pratique Aux Concours: Méthodologie Et Sujets Corrigés
Le Cas Pratique Aux Concours: Méthodologie Et Sujets Corrigés
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Édition 2021
Le cas
pratique
aux concours
Méthodologie et sujets corrigés
Hervé Macquart
Le cas pratique
aux concours
Hervé Macquart
Attaché principal d’administration de l’État
Membre de jurys de concours
Formateur dans la fonction publique
Chargé de cours à l’université du Littoral-Côte d’Opale
Plus de sujets corrigés sur
www.vie-publique.fr/catalogue/279317-le-cas-pratique-aux-concours
« En application de la loi du 11 mars 1957 (art. 41) et du Code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992,
complétés par la loi du 3 janvier 1995, toute reproduction partielle ou totale à usage collectif de la présente
publication est strictement interdite sans autorisation expresse de l’éditeur. Il est rappelé à cet égard que l’usage
abusif et collectif de la photocopie met en danger l’équilibre économique des circuits du livre. »
PARUTIONS RÉCENTES
DILA
Édition
Sylvie Gendrot
Mise en page
Éliane Rakoto
Création graphique
Sandra Lumbroso
Studio graphique multimédia de la Dila
Secrétariat d’édition
Jean-François Roberts
Impression
DILA
5
SOMMAIRE
SOMMAIRE
PRÉSENTATION
Le cadre réglementaire de l’épreuve............................................................................7
1. Conception générale de l’épreuve............................................................................9
2. Éléments méthodologiques........................................................................................10
PARTIE 1
La méthodologie de l’épreuve....................................................................................31
1. La gestion du temps........................................................................................................33
2. La lecture de l’énoncé.....................................................................................................34
1. La compréhension de la mise en situation..........................................................................34
2. L’analyse de la commande.....................................................................................................36
4. L’exploitation du dossier...............................................................................................45
1. L’étude de la liste des documents.........................................................................................45
2. Le survol du dossier................................................................................................................48
3. L’analyse du dossier.................................................................................................................64
4. La prise de notes.....................................................................................................................71
5. La mobilisation ou non de connaissances extérieures au dossier....................................71
Sujet 1
Le pastoralisme
Concours externe pour l’accès au corps des secrétaires administratifs
relevant du ministère chargé de l’agriculture................................................................... 87
Commentaire..........................................................................................................................111
1. Lecture et découverte du sujet et des documents.............................................................111
2. Exploitation du dossier et élaboration du plan...................................................................114
3. Corrigé proposé......................................................................................................................118
Sujet 2
Les espaces France Services
Concours externe et interne commun de recrutement
de secrétaire administratif de classe normale.................................................................. 123
Commentaire..........................................................................................................................145
1. Lecture et découverte du sujet et des documents.............................................................145
2. Exploitation du dossier et élaboration du plan...................................................................148
3. Corrigé proposé......................................................................................................................153
Sujet 3
La prévention de la corruption
Concours externe et interne d’officier de la police nationale..................................... 159
Commentaire..........................................................................................................................191
1. Lecture et découverte du sujet et des documents.............................................................191
2. Exploitation du dossier et élaboration du plan...................................................................195
3. Corrigé proposé......................................................................................................................200
Sujet 4
La création de secrétariats généraux communs
Concours d’accès aux instituts régionaux d’administration........................................ 207
Commentaire..........................................................................................................................237
1. Lecture et découverte du sujet et des documents.............................................................237
2. Exploitation du dossier et élaboration du plan...................................................................241
3. Corrigé proposé......................................................................................................................249
7
PRÉSENTATION
PRÉSENTATION
LE CADRE RÉGLEMENTAIRE
DE L’ÉPREUVE
1. Arrêté du 25 juin 2009 fixant la nature et le programme des épreuves des concours de recrutement des
secrétaires administratifs des administrations de l’État et de certains corps analogues.
2. Arrêté du 20 décembre 2010 fixant la nature et le programme des épreuves des concours de recrutement
des secrétaires administratifs de classe supérieure ou grade analogue des administrations de l’État et de certains
corps analogues.
3. Délibération DRH 2011-51 des 11 et 12 juillet 2011 fixant la nature des épreuves des concours externe et
interne et du 3e concours d’accès au corps des secrétaires administratifs d’administrations parisiennes dans la
spécialité administration générale.
4. Arrêté du 28 mars 2019 fixant les règles d’organisation générale, la nature, la durée, le programme des
épreuves et la discipline des concours d’entrée aux instituts régionaux d’administration.
Présentation. Le cadre réglementaire de l’épreuve 9
5. Arrêté du 27 novembre 2018 modifiant l’arrêté du 27 janvier 2014 fixant les règles d’organisation générale,
la nature et le programme des concours pour le recrutement des officiers de la police nationale.
6. Arrêté du 21 juillet 2020 fixant les règles d’organisation générale, la nature et la durée des épreuves du concours
interne de recrutement d’attachés d’administration de l’État relevant du ministre chargé de l’Éducation nationale.
10 Le cas pratique aux concours
Pour ce faire, les thèmes sur lesquels les candidats sont invités à réfléchir s’inspirent
de l’activité effective des services où travaillent les agents. Par leur caractère concret,
les thèmes retenus doivent permettre aux candidats de faire valoir leur capacité à
comprendre une situation et à l’analyser. Il ne s’agit pas de vérifier les connaissances
des candidats sur un sujet ou une thématique (même si c’est néanmoins, en partie,
le cas pour les concours d’entrée aux IRA) mais de détecter leur capacité à traiter
une situation professionnelle, le sujet de l’épreuve étant rédigé de façon à donner à
chaque candidat tous les éléments d’information essentiels.
L’épreuve étant professionnelle, elle inclut l’intelligence des situations. Elle fait en
effet appel à la capacité des candidats à identifier les acteurs susceptibles d’intervenir
ou d’influer sur la situation, à hiérarchiser les réponses et à produire les documents
les plus adaptés à la commande.
2. Éléments méthodologiques
L’objectif de l’épreuve est d’aboutir à des réponses opérationnelles insérées dans
un contexte professionnel identique à celui que les agents connaissent dans leur
quotidien. Cet objectif se démarque nettement de celui d’une note (note de syn-
thèse, note administrative, etc.). Alors que la note vise le plus souvent à restituer des
informations ou à présenter l’état de la réglementation sur une question particulière,
le cas pratique obéit à d’autres logiques, sa finalité étant plutôt de résoudre une
problématique à laquelle l’administration est confrontée. L’objectif consiste bien à
apporter des solutions, voire à formuler des propositions à sa hiérarchie, en produi-
sant les documents qui seront adaptés à la situation décrite dans la commande. L’une
des dimensions de l’épreuve est ainsi de vérifier chez les candidats leur capacité à
rechercher les solutions appropriées et à se projeter en tant que force de proposition
(cette dimension étant encore plus vraie pour les concours de catégorie A) au regard
du contexte proposé. Selon le type de commande, la réponse pourra constituer
une aide à la décision, voire la décision elle-même, s’appliquant au cas soumis aux
candidats. Cela suppose donc une capacité à prendre des initiatives et à formuler
des propositions pratiques, opératoires et opérationnelles en argumentant son
propos (en expliquant, par exemple, pourquoi telle solution pourrait être privilégiée
plutôt que telle autre, soit parce qu’elle sera moins coûteuse ou plus facile à mettre
en œuvre, soit parce qu’elle améliorera la qualité du service rendu à l’usager en lui
permettant, par exemple, d’obtenir un traitement plus rapide de ses demandes).
Présentation. Le cadre réglementaire de l’épreuve 11
Sujet
Vous êtes secrétaire administratif en charge des questions sur la diversité au sein de
votre direction. À l’occasion d’un prochain salon de l’emploi, votre chef de bureau
doit ouvrir l’événement par une intervention sur le thème de la diversité et de la
lutte contre les discriminations au sein de la fonction publique. À cet effet, il vous
demande une note sur laquelle il pourra s’appuyer pour son allocution.
À partir des documents à votre disposition, vous élaborerez votre note en y intégrant
les réponses aux questions suivantes :
12 Le cas pratique aux concours
Document 1
Document 1
Document n° 1
Les candidats à un poste de fonctionnaire ne sont pas à l’abri d’une discrimination, même quand,
pour le décrocher, ils passent un concours. Ce constat, plutôt contre-intuitif, ressort d’une étude
inédite, remise, mardi 12 juillet, à Manuel Valls. Réalisée par Yannick L’Horty, professeur à
l’université de Paris-Est -Marne-la-Vallée, elle montre que les employeurs publics ne sont pas plus
vertueux que les entreprises du secteur marchand. Une situation contraire aux principes
républicains et « à la vocation sociale de la fonction publique », souligne le signataire de la
recherche.
Les connaissances restent très lacunaires en matière de « discriminations dans l’accès à l’emploi
public », d’après Yannick L’Horty. Son rapport cherche donc à mesurer le phénomène, en combinant
« deux méthodes qui n’avaient encore jamais été appliquées en France » : l’exploitation de données
sur des concours d’entrée dans la fonction publique d’Etat et la mise en œuvre de « tests de
discrimination ».
La première approche repose sur un large panel statistique, qui « couvre plus de 400 000 candidats
dans 90 concours relevant de cinq ministères » (affaires étrangères, intérieur, travail, éducation
nationale, recherche). De cette masse d’informations, plusieurs enseignements peuvent être tirés. Le
fait de ne pas être né en France métropolitaine « diminue significativement les chances de réussite »
aux épreuves écrites, appelées aussi épreuves d’admissibilité, dans sept des « huit ensembles de
concours » passés au crible. « La seule exception est le concours national de gardien de la paix où les
candidats nés à l’étranger ou natif des DOM ne sont pas pénalisés », poursuit le rapport.
Présentation : Le cadre réglementaire de l’épreuve
Sont également affectées les personnes qui résident dans « une ville à forte emprise ZUS », c’est-à-
dire celles dont au moins un quart de la population habite en zone urbaine sensible : ce paramètre
produit « un effet négatif et significatif » dans quatre ensembles de concours sur les quatorze
étudiés.
A l’inverse, les Parisiens bénéficient « d’un net avantage sur les probabilités de succès aux épreuves
écrites » dans douze ensembles de concours sur quatorze. Un résultat qui découle peut-être du fait
que « les centres de préparation aux concours les plus réputés » sont implantés dans la capitale « et
Concours externe et interne commun de recrutement SA classe normale Session 2017 Epreuve écrite n° 1 Durée : 3 heures, Coef : 3 Page 3 sur 20
7
14 Le cas pratique aux concours
qu’ils drainent les meilleurs candidats ». Autre explication possible, avancée par Yannick L’Horty : les
épreuves, pour devenir fonctionnaire d’Etat, se déroulent souvent à Paris, « ce qui peut pénaliser les
candidats non parisiens ».
Pour compléter la vue d’ensemble, des « tests d’accès à l’information » ont été conduits auprès de la
police nationale et d’hôpitaux, en envoyant des « demandes fictives » de renseignements sur les
procédures à suivre pour briguer un poste. Résultat : il n’y a pas d’écart significatif entre le candidat «
d’origine franco-française » (reconnaissable par son prénom) et celui « d’origine maghrébine » qui
cherchent à s’informer sur le métier d’adjoint de sécurité ; le pourcentage de « réponses positives » à
leurs démarches n’est pas loin d’être équivalent. En revanche, la différence est notable entre une
personne qui se prénomme Laure et une autre qui s’appelle Anissa, s’agissant du métier d’infirmier.
Des « tests d’accès à l’emploi » ont également été réalisés par l’envoi de 3 258 CV en réponse à 1 086
offres de postes. Là encore, les conclusions sont éloquentes : les personnes issues de l’immigration et
celles qui demeurent en ZUS sont « pénalisées dans la fonction publique hospitalière et dans la
fonction publique territoriale ». Ainsi, pour un poste de responsable administratif dans une
collectivité locale, le candidat « d’origine française » domicilié dans un quartier relevant de la
politique de la ville a « un taux d’accès aux entretiens d’embauche » inférieur de onze points à celui
d’un candidat « d’origine française » vivant « dans un quartier neutre ». L’écart est de quatorze
points pour une personne « d’origine maghrébine », par rapport à une autre « d’origine française »,
s’il s’agit d’un emploi d’aide-soignante dans un hôpital.
Les causes du problème sont multiples, pour Yannick L’Horty, qui insiste sur l’idée selon laquelle « la
grande majorité des discriminateurs n’ont même pas conscience de discriminer » : chaque
employeur est, en effet, « susceptible de mobiliser malgré lui des raccourcis cognitifs le conduisant à
des erreurs de jugement ». Le contexte joue aussi beaucoup : si le nombre de postes proposés est
faible, la sélectivité est d’autant plus grande, ce qui accroît le risque de traitements inégalitaires.
Garde-fous
Enfin, la façon dont les recrutements sont organisés exerce aussi une influence : pour les
contractuels, c’est, bien souvent, l’employeur qui effectue directement le choix. Le « principe
d’anonymat » et « le caractère collectif du jury » ne s’appliquent pas, en l’espèce, alors qu’ils
constituent « autant de garde-fous antidiscrimination ».
Aussitôt après s’être vu remettre le rapport de Yannick L’Horty, Manuel Valls a indiqué, mardi, dans
un communiqué, que le gouvernement va agir « sur tous les maillons de la chaîne de recrutement ».
Les « services d’orientation aux carrières de la fonction publique » seront davantage sensibilisés à ce
sujet. Et « les écoles de service public » (ENA, etc.) seront tenues « de mettre en place des plans
d’ouverture à la diversité d’ici la fin de l’année ». En outre, le nombre de classes préparatoires
intégrées, « réservées aux candidats d’origine modeste », sera doublé. Enfin, de « nouvelles voies
d’accès à la fonction publique » vont être ouvertes, notamment en créant un « contrat en alternance
pour les jeunes sans emploi » de quartiers populaires, de zones rurales ou des outre-mers.
Le cas pratique
Concours externe et interne commun de recrutement SA classe normale Session 2017 Epreuve écrite n° 1 Durée : 3 heures, Coef : 3 Page 4 sur 20
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Présentation. Le cadre réglementaire de l’épreuve 15
Document
Document 2 2
Document n° 2
Source : http://www.fonction-publique.gouv.fr/diversite-et-prevention-des-discriminations
La prévention des discriminations et la promotion de la diversité sont au cœur des valeurs et des
missions de la fonction publique. Premier employeur de France, elle se doit d’être exemplaire en la
matière, de façon à favoriser la cohésion sociale et à être représentative de la société qu’elle sert. Cet
engagement a été réaffirmé lors du comité interministériel "Égalité-citoyenneté" du 6 mars 2015.
La fonction publique mène une politique active en la matière et a engagé plusieurs actions.
Ainsi, le gouvernement s’est engagé sur des actions fortes en faveur de l’égalité d’accès aux métiers
de la fonction publique et d’une plus grande diversité des profils et des parcours. Le principe de l’égal
accès aux emplois revêt une importance fondamentale pour la fonction publique qui a vocation à être
exemplaire dans le recrutement des femmes et des hommes selon « leurs capacités et sans autre
distinction que celles de leurs vertus et de leurs talents » conformément à l’article 6 de la Déclaration
des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789.
La mission confiée par le Premier ministre à M. Yannick L’Horty, Professeur à l’Université Paris-Est
Marne-La-Vallée, est sans équivalent jusqu’à présent en France s’agissant de l’évaluation des risques
de discriminations des recrutements dans les trois versants de la fonction publique. Les résultats de la
mission rendus publics dans un rapport offrent au gouvernement un point de situation et d’attention
qui permet de renforcer les mesures existantes et de mesurer l’ambition des mesures adoptées
récemment pour que la fonction publique reflète mieux la société qu’elle a vocation à servir.
En outre, la Charte pour la promotion de l’égalité et la lutte contre les discriminations dans la fonction
publique, signée le 17 décembre 2013, réaffirme la détermination des employeurs publics, en lien
avec le Défenseur des droits et en concertation avec les organisations syndicales, à rendre effectifs les
principes républicains d’égalité, de non-discrimination, d’impartialité et de neutralité portés par la
Constitution française, les normes européennes et internationales. Ainsi que le prévoyait cet
engagement, les signataires ont présenté, le 6 juillet 2015, un premier bilan « à deux voix » – celle
de la Direction générale de l’administration et de la fonction publique, d’une part, et celle du
Défenseur des droits, d’autre part – dans le cadre de la formation « Egalité, mobilité, parcours
professionnels » du Conseil commun de la fonction publique.
Présentation : Le cadre réglementaire de l’épreuve
Lors du comité interministériel « Égalité et citoyenneté » du 6 mars 2015, le Gouvernement a décidé
que les ministères évalueraient leurs procédures en matière de gestion des ressources humaines afin
de candidater au Label Diversité d’ici à la fin 2016. Ils sont invités à rechercher simultanément une
double labellisation, Diversité et Égalité entre les femmes et les hommes. Ces deux labels RH
permettent de vérifier, et le cas échéant, d’améliorer les processus RH.
Concours externe et interne commun de recrutement SA classe normale Session 2017 Epreuve écrite n° 1 Durée : 3 heures, Coef : 3 Page 5 sur 20
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16 Le cas pratique aux concours
parité dans les recrutements (les apprenties représentant 49,6 % des personnes recrutées) et une
légère progression du recrutement de personnes en situation de handicap (3,3 % contre 2 % en
2014).
Des places supplémentaires dans les classes préparatoires intégrées (CPI) : adossées aux écoles de
service public, ces 23 classes permettent d’accompagner l’insertion professionnelle et sociale des
étudiants de condition modeste et des demandeurs d’emploi dans la fonction publique. Leurs résultats
sont particulièrement encourageants depuis plus de 10 ans. L’engagement du gouvernement relayé
dans une circulaire du 8 mars 2016 à paraître est fort pour accompagner la création et l’augmentation
du nombre de places offertes en CPI et assurer encore davantage l’insertion professionnelle, par la
réussite aux concours de la fonction publique, des jeunes diplômés et des demandeurs d’emploi.
Les allocations pour la diversité dans la fonction publique ont pour objet d’apporter, à des étudiants
ou des demandeurs d’emploi, une aide de 2 000 euros pour préparer des concours de catégorie A ou
B. Celles-ci sont accordées sous conditions de ressources et de mérite. 1 600 bourses ont été
accordées en 2013-2014, notamment à des élèves de CPI.
Le PACTE (parcours d’accès aux carrières de la fonction publique territoriale, hospitalière et d’État)
permet à la fonction publique de s’ouvrir à des jeunes de moins de 26 ans, peu qualifiés ou n’ayant
pas le niveau du bac, en leur donnant l’opportunité d’acquérir un diplôme. Par ailleurs, les
recrutements sans concours ont été développés pour faciliter l’accès aux non diplômés au premier
grade des corps de la catégorie C.
La loi du 11 février 2005 a créé le fonds pour l’insertion des personnes en situation de handicap dans
la fonction publique (FIPHFP), dont l’action devrait permettre, à terme, de recruter ou de maintenir
dans l’emploi au moins 6 % de travailleurs handicapés.
Enfin la révision générale des contenus de concours, vers des épreuves au contenu moins
académique, et l’accès, en dehors des enfants d’agents publics, de stages et emplois d’été participent
à une ouverture plus grande de la fonction publique.
Le cas pratique
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10
Présentation. Le cadre réglementaire de l’épreuve 17
Document 3
Document 3
Document n° 3
[…]
Le PACTE est un contrat donnant vocation pour son bénéficiaire à être titularisé (art. 3 de
l'ordonnance n° 2005-901 du 2 août 2005 et dont les modalités sont fixées par le décret
n° 2005-902 du 2 août 2005 pris pour l'application de l'article 22 bis de la loi n° 84-16 du
11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat).
Les PACTE conclus avant le 1er janvier 2010 ouvrent droit à une exonération des cotisations
sociales à la charge des employeurs (art. 6 de l'ordonnance du 2 août 2005 et du décret
n° 2005-1055 du 29 août 2005).
1.1. Contrat
1.1.1. Objet
Le PACTE est accessible aux jeunes de seize à vingt-cinq ans révolus sortis du système
éducatif sans diplôme et sans qualification professionnelle reconnue et ceux dont le niveau de
diplôme est inférieur à celui attesté par un diplôme de fin de second cycle long de
Présentation : Le cadre réglementaire de l’épreuve
Le dispositif doit permettre de favoriser l'intégration dans l'emploi des jeunes qui en sont trop
souvent exclus en raison de leur origine géographique ou sociale. Aussi vous veillerez à ce
que les jeunes habitant les zones en difficulté (zone urbaine sensible, zone de revitalisation
rurale, zone d'éducation prioritaire) en bénéficient pleinement.
Concours externe et interne commun de recrutement SA classe normale Session 2017 Epreuve écrite n° 1 Durée : 3 heures, Coef : 3 Page 7 sur 20
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18 Le cas pratique aux concours
Le titulaire d'un PACTE est un agent contractuel de droit public régi par les dispositions du
décret n° 2005-902 du 2 août 2005 précité. Il bénéficie d'un statut adapté du régime découlant
des dispositions du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales
applicables aux agents non titulaires de l'Etat dans la mesure où elles ne sont pas
incompatibles avec l'objet du contrat. Sont notamment exclus : les titres V, VIII, IX et X et les
articles 5, 6, 7, 8, 9, 11 et 13. A l'exception du temps partiel et des congés de formation
professionnelle, le plus souvent le décret prévoit pour ces exclusions des dispositifs similaires
mais spécifiques au PACTE. Les bénéficiaires de PACTE participent notamment aux
élections professionnelles dans les mêmes conditions que les autres agents non titulaires.
Les services instructeurs au sein des administrations d'emploi veilleront à l'application des
règles issues du décret du 17 juin 1986, notamment au moment du recrutement, de son article
3 (nationalité, droits civiques, casier judiciaire, service national, aptitude physique) ou au
moment du calcul d'une indemnité de licenciement (art. 54).
Les employeurs concernés sont toutes les administrations de l'Etat et ses établissements
publics autres qu'à caractère industriel et commercial dans la mesure où le corps dans lequel
l'agent a vocation à être titularisé relève de l'autorité administrative concernée.
Tous les corps de catégorie C sont concernés. Dans le respect des priorités du Gouvernement
en matière d'emploi public, il appartient à chaque employeur de déterminer la part qu'il
consacre au recrutement par concours et celle qu'il donne au recrutement par la voie du
PACTE.
Le recrutement sans concours institué par l'article 17 la loi du 3 janvier 2001 dans les corps
des échelles 2 et 3 de la catégorie C se poursuit jusqu'au 5 janvier 2006. Après cette date, ces
corps sont tout particulièrement destinés à accueillir des PACTE.
Afin de simplifier le travail des services instructeurs, une liste de ces corps figure en annexe à
la présente circulaire avec une indication des formations qui pourraient leur être associées.
Le cas pratique
Concours externe et interne commun de recrutement SA classe normale Session 2017 Epreuve écrite n° 1 Durée : 3 heures, Coef : 3 Page 8 sur 20
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Présentation. Le cadre réglementaire de l’épreuve 19
1.1.5. Durée
Le PACTE est d'une durée minimale de douze mois et d'une durée maximale de deux ans.
Il est recommandé d'offrir une durée de vingt-quatre mois pour les personnes sorties du
système éducatif sans qualification professionnelle reconnue et ne maîtrisant pas les savoirs
essentiels ou lorsque la nature des qualifications visées l'exige.
Pendant la durée du contrat, l'agent est soumis à la durée du travail effectif applicable aux
agents du service qui a procédé au recrutement. Afin de lui permettre de se consacrer
entièrement à sa formation, il ne peut effectuer de travaux supplémentaires. La durée du
temps passé en formation est assimilée à du temps de travail effectif. En dehors de la
formation, l'agent est soumis pour son temps de travail aux horaires du service, y compris
lorsque celui-ci est en horaires postés.
Le contrat peut faire l'objet d'un renouvellement ou d'une prolongation lorsque la commission
de titularisation estime ne pas être en mesure d'apprécier l'aptitude de l'agent (voir point 1.4.3
Titularisation).
Dans tous les cas, des arrêtés du ministre ou du directeur de l'établissement public dont relève
le corps de fonctionnaires concerné, pris dans les conditions fixées par le décret n° 2004-1105
du 19 octobre 2004 relatif à l'ouverture des procédures de recrutement dans la fonction
publique de l'Etat, fixent chaque année le nombre de postes pouvant être pourvus pour chaque
corps. Cette déclaration pour avis conforme peut être faite en ligne.
Jusqu'à la fin 2005, un PACTE consomme un emploi budgétaire. Il doit être alors être
décompté du plafond d'emploi par l'annexe financière n° 2 visée par le contrôleur financier. A
partir de 2006, le PACTE consommera un ETP comme tout recrutement d'un agent titulaire
ou non titulaire.
Présentation : Le cadre réglementaire de l’épreuve
Les PACTE sont conclus, dans le respect des dispositions fixées par les arrêtés mentionnés ci-
dessus, par l'autorité disposant du pouvoir de nomination dans le corps dans lequel l'agent à
vocation à être titularisé. Les PACTE peuvent être conclus, par délégation, par le chef de
service au niveau départemental.
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20 Le cas pratique aux concours
Document 4
Document 4
Document n° 4
Source : http://www.fonction-publique.gouv.fr/score/preparations-aux-concours/
classes-preparatoires-integrees-preparations-concours
Ces classes, destinées à apporter un soutien matériel et pédagogique à des candidats d'origine
modeste dans le cadre de leur préparation à différents concours de la fonction publique, ont été mises
en place dès 2005 auprès de l'École nationale supérieure de la police nationale (ENSP) et en 2008
auprès d’ écoles relevant du ministère de la justice comme l'École nationale de la magistrature (ENM),
l'École nationale de l'administration pénitentiaire (ENAP).
A partir de 2009 et la création des CPI dans les instituts régionaux d’administration et à l’Ecole
nationale d’administration, le nombre d’écoles d’application auprès desquelles sont adossées les CPI a
connu une augmentation significative. Aujourd’hui, 26 CPI sont actives dont 20 préparent les
bénéficiaires à des concours de la catégorie A et 6 de la catégorie B.
Les CPI ont pour objet d'aider des étudiants ou des demandeurs d'emploi, de condition modeste, à
préparer les concours externes (étendues à la 3ème voie pour le concours des IRA) de la fonction
publique en leur apportant un soutien pédagogique renforcé, un appui financier et la compétence d'un
tuteur.
Une aide financière est plus particulièrement apportée par les allocations pour la diversité dans la
fonction publique.
Le cas pratique
Concours externe et interne commun de recrutement SA classe normale Session 2017 Epreuve écrite n° 1 Durée : 3 heures, Coef : 3 Page 10 sur 20
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Présentation. Le cadre réglementaire de l’épreuve 21
Document 5
Document 5
Document n° 5
Le Label Diversité, créé en 2008 et propriété de l’État, vise à prévenir les discriminations et
à promouvoir la diversité dans les secteurs public et privé. Il permet à la structure
candidate ou labellisée d’évaluer ses processus de ressources humaines et de les améliorer.
Cette certification, délivrée par AFNOR Certification, reconnaît et fait connaître les
pratiques de recrutement et d’évolution professionnelle valorisant la diversité dans la
sphère du travail : dans le secteur privé et associatif, et dans la fonction publique.
Depuis 2016, le dispositif d’alliance entre le Label Diversité et le Label Egalité est effectif,
dans un souci de simplification pour les candidats, tout en conservant un même degré
d’exigence. Désormais, les candidats à l’un, l’autre ou les deux labels, soumettent un seul
dossier de candidature à AFNOR Certification, et ont un seul audit sur site. Leur direction est
auditionnée, le cas échéant, par chacune des commissions d’attribution des labels.
La démarche de labellisation
2. Elle est soumise à une procédure d’audit et d’évaluation fondée sur un cahier des charges en 7
domaines, adapté aux trois versants de la fonction publique et mis en place par AFNOR Certification : Présentation : Le cadre réglementaire de l’épreuve
- la réalisation d’un état des lieux, d’un diagnostic préalable et d’une analyse des risques portant sur
l’ensemble des critères de discriminations et/ou sur l’égalité et la mixité des métiers ;
- la définition et la mise en œuvre d’une politique en matière de prévention des discriminations et de
promotion de la diversité et/ou d’égalité et de mixité professionnelle ;
- l’existence d’une cellule d’écoute et de traitement des réclamations portant sur les discriminations
supposées au sein de l’organisme (Label Diversité uniquement) ;
- la mise en oeuvre d’actions de communication interne, de sensibilisation et de formation ;
- la prise en compte de la politique de diversité et/ou d’égalité et de mixité professionnelle dans la
gestion des ressources humaines et dans la gouvernance de l’organisme ;
- la mise en oeuvre d’actions de communication externe et la prise en compte de l’ancrage territorial
de l’organisme, de la promotion de son engagement auprès de ses fournisseurs et de la mise en
Concours externe et interne commun de recrutement SA classe normale Session 2017 Epreuve écrite n° 1 Durée : 3 heures, Coef : 3 Page 11 sur 20
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22 Le cas pratique aux concours
oeuvre d’actions pour promouvoir la diversité et/ou l’égalité et la mixité des métiers auprès de ses
usagers ;
- l’évaluation de l’efficacité des mesures mises en oeuvre et la pertinence des propositions
d’amélioration de la démarche.
3. Le dossier, s’il répond aux critères définis par AFNOR Certification, est présenté en bureau puis
soumis à la validation de la commission du Label Diversité et/ou de la commission du Label Egalité. Le
label est accordé pour quatre ans, assorti d’un audit de suivi à deux ans.
La commission du Label Diversité est composée des représentants de l’Etat, des organisations
patronales, des organisations syndicales de salariés et des experts désignés par l’Association
nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH). Elle est co-présidée par le ministère en
charge de la fonction publique (Direction générale de l’administration et de la fonction publique –
DGAFP) et le ministère en charge de l’emploi (Délégation générale à l’emploi et à la formation
professionnelle – DGEFP).
En mai 2016, 340 entités juridiques étaient titulaires du Label Diversité, allant de grandes
entreprises à des TPE et associations dans le secteur privé et associatif, et à des ministères,
collectivités locales et établissements publics de santé dans le secteur public. Plus de 800 000 salariés
et agents sont concernés, dont plus de 160 000 agents publics.
En juillet 2016, la fonction publique compte 15 titulaires du Label Diversité : les ministères
économiques et financiers, les ministères sociaux, trois Agences régionales de santé, une autorité
indépendante (le Conseil supérieur de l’audiovisuel – CSA), l'École de Management de Strasbourg,
l'institut pratique du journalisme de l'université Paris-Dauphine, les villes de Lyon et de Nantes,
Nantes Métropole et le Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, le centre hospitalier de Brie-
Comte-Robert, l’établissement public gérontologique de Tournan-en-Brie et le Centre hospitalier de
Jouarre.
Le cas pratique
Concours externe et interne commun de recrutement SA classe normale Session 2017 Epreuve écrite n° 1 Durée : 3 heures, Coef : 3 Page 12 sur 20
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Présentation. Le cadre réglementaire de l’épreuve 23
En mai 2016, six collectivités locales étaient titulaires du Label Egalité : le conseil départemental des
Côtes d’Armor, le conseil régional de Bretagne et le conseil régional de Picardie, Rennes Métropole,
et les villes de Rennes (et CCAS) et de Suresnes.
« Agir en faveur de l’égalité des chances et de la diversité est un engagement qui a pris une
nouvelle dimension depuis la labellisation des ministères chargés des affaires sociales, en
juillet 2012. Aujourd’hui, les principales politiques de lutte contre les discriminations sont
intégrées dans les politiques RH de ces ministères. Que ce soit l’égalité professionnelle entre
les femmes et les hommes, la gestion des âges, le maintien et le développement dans
l’emploi des agents en situation
de handicap ou la lutte contre l’homophobie, chaque politique mise en oeuvre fait l’objet,
outre d’un dialogue social exigeant, d’un suivi, d’une évaluation et, le cas échéant, d’un
ajustement. La formation et l’information des agents à ces thématiques suivent leur cours
grâce à des actions ciblées et ambitieuses. Enfin, la lutte contre les discriminations se
concrétise aussi par le dispositif de détection et de traitement des plaintes propre aux
ministères chargés des affaires sociales. »
Concours externe et interne commun de recrutement SA classe normale Session 2017 Epreuve écrite n° 1 Durée : 3 heures, Coef : 3 Page 13 sur 20
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24 Le cas pratique aux concours
« Si la diversité est une des richesses de la Seine-Saint-Denis, elle se paie trop souvent par
l’expérience de discriminations quotidiennes pour ses habitant(e)s. Le Département se doit
donc d’adresser un signal clair en recherchant l’exemplarité en tant qu’employeur. Le Label
Diversité constitue un outil efficace pour œuvrer en permanence à l’égalité de traitement
pour ses agent-e-s et pour ses usagers. Être labellisé est une reconnaissance autant qu’une
responsabilité. En effet, lutter contre les discriminations est un travail de longue haleine. Il
s’agit d’accompagner durablement un changement majeur qui impacte l’institution dans ses
pratiques, mais aussi dans sa culture. Rien ne peut se faire sans un engagement politique
indéfectible et sans l’appropriation de cette démarche par le plus grand nombre, afin que
soient poursuivis et accentués les efforts et la vigilance sur un sujet aussi fondamental. »
Texte de référence
- Décret n° 2008-1344 du 17 décembre 2008 relatif à la création d’un label en matière de
promotion de la diversité et de prévention des discriminations dans le cadre de la gestion
des ressources humaines et à la mise en place d’une commission de labellisation.
- Décret n° 2014-335 du 14 mars 2014 relatif à la commission de labellisation du label
diversité.
Définition
Une discrimination est une inégalité de traitement dans le domaine de l’emploi, du
logement, de l’éducation, de la formation, de l’accès aux biens et services, de l’accès aux
soins et aux services sociaux, sur le fondement des critères prohibés par la loi :
- L’âge
- L’apparence physique
- L’appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie
- L’appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une nation
- L’appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une race
- L’appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une religion déterminée
- L’état de santé
- L’identité sexuelle
Le cas pratique
Concours externe et interne commun de recrutement SA classe normale Session 2017 Epreuve écrite n° 1 Durée : 3 heures, Coef : 3 Page 14 sur 20
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Présentation. Le cadre réglementaire de l’épreuve 25
- L’orientation sexuelle
- La grossesse
- La situation de famille
- Le handicap
- Le patronyme
- Le sexe
- Les activités syndicales
- Les caractéristiques génétiques
- Les mœurs
- Les opinions politiques
- L’origine
- Lieu de résidence
Ainsi que l’article 1er de la loi du 27 mai 2008 le prévoit depuis l’intervention de la loi n° 2015-1776 du
28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement, la perte d’autonomie compte
désormais au nombre des critères susceptibles de fonder une discrimination. Cependant, à ce stade,
ce critère n’est pas encore venu compléter les dispositions de l’article 225-1 du code pénal.
Constitue une discrimination directe la situation dans laquelle, sur le fondement de son
appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race, sa
religion, ses convictions, son âge, son handicap, son orientation sexuelle ou son sexe, une
personne est traitée de manière moins favorable qu’une autre ne l’est, ne l’a été ou ne
l’aura été dans une situation comparable.
Constitue une discrimination indirecte une disposition, un critère ou une pratique neutre en
apparence, mais susceptible d’entraîner, pour l’un des motifs mentionnés au premier alinéa,
un désavantage particulier pour des personnes par rapport à d’autres personnes, à moins
que cette disposition, ce critère ou cette pratique ne soit objectivement justifié par un but
légitime et que les moyens pour réaliser ce but ne soient nécessaires et appropriés.
La discrimination inclut :
1° Tout agissement lié à l’un des motifs mentionnés au premier alinéa et tout agissement à
connotation sexuelle, subis par une personne et ayant pour objet ou pour effet de porter
atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant
ou offensant ;
2° Le fait d’enjoindre à quiconque d’adopter un comportement prohibé par la loi. Présentation : Le cadre réglementaire de l’épreuve
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26 Le cas pratique aux concours
Document 6
Document n° 6
Document 6
Les actions en faveur de l’égalité réelle dans l’accès à la fonction publique ont constitué un
axe prioritaire des travaux des Comités interministériels « Egalité et citoyenneté ». La
fonction publique doit être exemplaire et refléter la société qu’elle a vocation à servir.
Le rapport remis au Premier ministre le 12 juillet par le professeur Yannick L’Horty, offre,
pour la première fois, une analyse complète des risques de discrimination dans l’accès à la
fonction publique. Il révèle qu’en matière de discrimination, les pratiques du secteur public ne
se distinguent pas de celles du secteur privé. L’existence de discriminations à l’embauche
impose l’adoption d’un plan d’action systémique dans la fonction publique, compte tenu de
l’exigence d’exemplarité qui s’impose aux employeurs publics.
Une étape significative a été franchie avec l’adoption d’un ensemble de nouvelles mesures et
l’engagement d’actions concrètes en faveur de la lutte contre les discriminations. Des mesures
importantes en faveur de l’ouverture de la fonction publique figurent dans le projet de loi
égalité et citoyenneté :
• L’orientation vers la fonction publique de candidats aux profils plus diversifiés sera
favorisée avec la création, pour les collégiens et les lycéens, d’une période d’observation
professionnelle dans les administrations et un engagement plus important des services
d’orientation de l’enseignement supérieur pour informer les étudiants sur les métiers et
les voies d’accès à la fonction publique.
• Par ailleurs, les conditions d’accès aux 3ème concours sont harmonisées et étendues avec
la prise en compte de toute activité professionnelle (associative, privée, apprentissage).
• Enfin, sera créé un nouveau contrat de droit public en alternance, ouvert aux jeunes
chômeurs de moins de 28 ans résidant dans un quartier prioritaire de la politique de la
ville, une zone de revitalisation rurale ou un département ou territoire d’outre-mer.
Ces nouvelles mesures viennent s’ajouter aux dispositifs d’ores et déjà existants, tels que le
déploiement de l’apprentissage avec l’objectif de 10 000 apprentis dans la fonction publique
Le cas pratique
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Présentation. Le cadre réglementaire de l’épreuve 27
Une nouvelle étape sera, par ailleurs, franchie d’ici la fin de l’année 2016 avec la mise en
place dans les ministères et les écoles de service public de plans d'actions pour la diversité à
l’issue de la mission confiée par le Premier ministre à Olivier Rousselle, conseiller d’Etat. Ces
plans ont vocation à réviser l’ensemble des processus de recrutement.
Au-delà, des axes complémentaires d’action viendront compléter ces mesures en s’appuyant
sur les travaux de M. L’Horty, en particulier avec l’organisation d’une campagne annuelle de
tests de discrimination et la généralisation en 2017 dans les formations dispensées aux
recruteurs d’un module de lutte contre les préjugés et les stéréotypes.
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28 Le cas pratique aux concours
Document 7
Document 7
Document n° 7
ETUDE D’IMPACT
PROJET DE LOI
« Égalité et citoyenneté »
NOR : LHAL1528110L/Bleue-1
13 avril 2016
L’ouverture à la troisième voie des concours est prévue par les lois statutaires des trois
versants de la fonction publique.
Cette voie de recrutement, ouverte depuis 25 ans, reste peu mise en œuvre, à l’exception
notable des concours type école nationale d’administration (ENA), instituts régionaux
d’administration (IRA), école des hautes études en santé publique (EHESP), l’institut national
des études territoriales (INET), etc.
Parmi les 24 971 recrutements réalisés au sein de la fonction publique de l’État (FPE) en
2014, seules 375 personnes sont issues du troisième concours (1,5 % de lauréats).
Les arrêtés d’ouverture de concours enregistrés dans la FPE permettent de préciser que pour
l’année 2015, ce sont près de 526 places qui ont été ouvertes et pourvues en catégorie A
(professeurs, ingénieurs de police technique et scientifique, ENA, IRA, école nationale de la
magistrature - ENM, directeurs des services de la protection judiciaire de la jeunesse,
inspecteurs du travail, etc.) et seulement 57 places offertes et pourvues en catégorie B
(éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse et techniciens supérieurs de l’office
national des forêts - ONF) par la voie du troisième concours.
Dans la fonction publique territoriale (FPT) y compris les données des concours de la Ville de
Paris, les 34 645 recrutements externes pour 2015 ont inclus 888 recrutements opérés à la
suite de la réussite à la troisième voie des concours, soit 2,5 %.
Ces chiffres s’expliquent à la fois par le faible nombre de recrutements ouverts à cette voie et
par les conditions souvent très restrictives prévues par les statuts particuliers des corps et
cadres d’emplois concernés, pour se présenter au troisième concours. 71 corps dont 52 en
catégorie B (essentiellement les corps de secrétaires administratifs) sont actuellement ouverts
Le cas pratique
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Présentation. Le cadre réglementaire de l’épreuve 29
En partant d’une hypothèse de 10 % des postes offerts au troisième concours dans les corps de
catégorie B qui ne recrutent pas par cette voie aujourd’hui, près de 450 postes
supplémentaires pourraient être ouverts à cette voie, contre 57 en 2015.
Les corps susceptibles d’être encore ouverts à la troisième voie de concours sont nombreux :
secrétaires de chancellerie, contrôleurs des douanes, techniciens de la recherche dans des
établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST), éducateurs de la
protection judiciaire de la jeunesse, techniciens supérieurs d’études et de fabrication,
techniciens sanitaires et de sécurité sanitaire, contrôleurs de l’institut national de la statistique
et des études économiques (INSEE), techniciens des systèmes d’information et de
communication (SIC), etc.)
Depuis juillet 2014, l’État a engagé un vaste plan de relance de l’apprentissage dans le secteur
public non industriel et commercial que la loi n° 92-675 du 17 juillet 1992 avait instauré à
titre expérimental. Ce sont plus de 4 000 apprentis qui ont été recrutés à la rentrée 2015 au
sein de l’État en lieu et place des 700 contrats enregistrés précédemment. La FPT a pour sa
part plus de 12 000 contrats conclus, laissant ainsi la place à une tradition plus grande
d’accueil des jeunes gens en apprentissage. La FPH contrainte par l’exercice de professions
réglementées y recourt mais de manière moindre que la FPT ou la FPE (environ 500 contrats
par an).
En l’état actuel des textes, les apprentis ou anciens apprentis qui souhaiteraient intégrer la
fonction publique ne peuvent candidater qu’aux concours externes : ils ne peuvent faire valoir
l’expérience professionnelle qu’ils ont acquise durant leur contrat d’apprentissage.
2. Objectifs poursuivis
Cette disposition vise à ouvrir la fonction publique à de nouveaux profils, afin qu’elle soit
plus représentative de la société qu’elle sert, dans le respect de la Constitution, le principe du
concours permettant de sélectionner les candidats en fonction de leurs talents et leurs mérites.
Présentation : Le cadre réglementaire de l’épreuve
Le projet d’article permet de recourir plus largement aux troisièmes concours, en complément
des voies d’accès externes et internes, tout en renvoyant aux décrets relatifs aux statuts
particuliers le soin de préciser l’ancienneté exigée et l’articulation avec les autres voies de
recrutement.
Il s’agit d’ériger le troisième concours en voie de recrutement de droit commun, au même titre
que les concours externes et internes.
Concours externe et interne commun de recrutement SA classe normale Session 2017 Epreuve écrite n° 1 Durée : 3 heures, Coef : 3 Page 19 sur 20
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30 Le cas pratique aux concours
Par ailleurs, afin de ne pas restreindre l’accès des candidats à la troisième voie de concours, le
projet d’article précise que toute expérience professionnelle de toute nature, peut être
valorisée dans le cadre de l’accès à ces concours. De même, la notion de « nature » d’activité
est supprimée. Cette disposition vise à faire obstacle aux limitations aujourd’hui prévues par
certains statuts particuliers s’agissant des activités éligibles pour se présenter aux concours.
Elle élargit de facto le vivier de candidats, ouvrant sur des parcours professionnels, des
compétences acquises et des profils nouveaux.
La durée des activités professionnelles exercées, des mandats détenus dans les assemblées
élues ou de l’activité de responsable y compris bénévole, dans des associations, devient le
seul critère d’éligibilité pour se présenter à la 3ème voie de concours. Cette durée, prévue par
les statuts particuliers, sera harmonisée.
Enfin est introduit au second alinéa du VIII de l’article 20 de la loi n° 92-675 une disposition
permettant la prise en compte des contrats d’apprentissage dans l’expérience professionnelle
requise pour l’accès aux troisièmes concours dans les trois versants de la fonction publique,
indépendamment du statut juridique de l’employeur (public comme privé).
Cette disposition vise à offrir la possibilité aux apprentis et anciens apprentis qui souhaitent
accéder aux corps et cadres d’emplois de la fonction publique et qui justifient de la durée
d’ancienneté requise, de se présenter aux troisièmes concours et de mieux faire valoir ainsi
l’expérience professionnelle qu’ils ont acquise, parallèlement à leur formation, dans le cadre
de leur contrat d’apprentissage.
Le cas pratique
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24
PARTIE 1
La méthodologie
de l’épreuve
1. La gestion du temps
2. La lecture de l’énoncé
3. Les principaux types de documents à produire
4. L’exploitation du dossier
5. La rédaction de réponses opérationnelles
Partie 1. La méthodologie de l’épreuve 33
1. La gestion du temps
L’épreuve de cas pratique dure, selon les concours, trois ou quatre heures : il est
indispensable de bien organiser votre temps et votre travail pour pouvoir répondre
à toutes les questions posées et produire le ou les différent(s) document(s) demandé(s).
Quelle que soit la durée de l’épreuve (trois ou quatre heures), il importe de suivre
une méthode précise et stricte, et de consacrer du temps à chaque phase de l’épreuve,
condition indispensable à la réussite du concours. La phase d’exploitation du dossier
constitue toujours le moment le plus compliqué. Pour la mener à bien, il est nécessaire
de respecter chaque étape de la démarche, sans perdre de temps sur aucune d’entre
elles, au risque de ne pouvoir terminer le devoir dans le temps imparti.
De manière indicative, voici un tableau récapitulant les différentes étapes à suivre
en 180 minutes :
2. La lecture de l’énoncé
Le sujet se compose toujours d’un énoncé, comprenant une mise en situation, une
commande et une liste de documents, et des documents eux-mêmes, qui consti-
tuent le dossier.
imposer des obligations spécifiques (par exemple, en matière de création d’un comité
d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail [CHSCT]). Il est donc nécessaire
d’être extrêmement attentif, lors de l’examen de la mise en situation, à toutes les
informations apportées par le sujet.
Afin de répondre au mieux au sujet posé et à la commande passée, il faut identifier
avec précision toutes les informations que l’énoncé contient sur le contexte de travail :
– Qui suis-je ?
– Dans quelle administration suis-je en poste ?
– Qui est mon supérieur ?
– Que me demande-t-il ?
– Pourquoi ?
Ces éléments doivent permettre au candidat de se situer par rapport à la commande
et, ainsi, de replacer dans leur contexte les réponses qu’il doit apporter.
Exemple
À partir des documents à votre disposition, vous élaborerez votre note en y inté-
grant les réponses aux questions suivantes :
1. La fonction publique est-elle épargnée par les phénomènes de discriminations
à l’emploi ?
2. Pourquoi la lutte contre les discriminations et la promotion de la diversité
doivent-elles être considérées comme des sujets majeurs pour la fonction publique ?
3. Citez deux dispositifs relatifs à ces thématiques en œuvre au sein de la fonction
publique. À quels publics s’adressent-ils ?
4. Qu’est-ce que le label diversité ? Quelle est sa finalité ?
5. Citez une des prochaines mesures visant à favoriser la diversité au sein de la
fonction publique. Quels sont les effets attendus de cette mesure ?
2. L’analyse de la commande
L’analyse de la commande suppose de comprendre :
– tous les axes de la thématique pour lesquels on vous demande d’apporter des
réponses ;
– la forme que devront prendre ces réponses.
Cette dimension de l’épreuve n’est pas compliquée à aborder car, le plus souvent,
les commandes sont formulées explicitement. Néanmoins, les jurys notent encore
souvent, dans les rapports produits à l’issue de chaque concours, que de nombreux
candidats ne parviennent pas à identifier l’ensemble des dimensions de la thématique
sur lesquelles on les interroge, et qu’ils produisent donc des réponses partielles.
Cette tendance, qui consiste à formuler explicitement les questions auxquelles les
candidats doivent répondre, n’est toutefois pas systématique et il peut arriver que la
commande soit énoncée d’une façon plus elliptique et sibylline. Dans cette hypothèse,
il faut bien saisir ce que le jury attend en identifiant avec précision, dans le dossier,
les différentes dimensions de la thématique.
La plupart du temps, la commande est formulée directement dans le sujet, mais
il arrive aussi qu’un des documents du dossier complète l’énoncé en précisant les
attentes de la commande (c’est le cas en particulier lorsqu’il s’agit de répondre à un
courrier contenu dans le dossier).
Par ailleurs, la commande indique généralement la forme que devront prendre les
réponses (note, courrier, courriel, etc.). Si cette information n’est pas donnée, c’est que
le choix de la forme est laissé aux candidats. Cela suppose pour eux de faire preuve
d’initiative et d’opter pour la forme qui leur paraît la plus adaptée pour répondre.
Ainsi, si votre supérieur vous demande de préparer une réponse au courrier envoyé
par un administré, il est évidemment préférable que celle-ci prenne la forme d’une
Partie 1. La méthodologie de l’épreuve 37
lettre plutôt que d’une fiche, l’objectif étant de faciliter son travail (il n’a sans doute
pas le temps de rédiger lui-même la réponse à cet usager).
Lors de l’examen de la commande, il est impératif d’analyser avec beaucoup de
soin et de précision chacun des termes du sujet afin d’éviter le hors-sujet ou les
approximations. De même, il est absolument indispensable de respecter stricte-
ment les consignes ; par exemple, si on vous demande de produire « une note faisant
une page maximum », vous ne devez pas, que ce soit par incapacité à synthétiser
les informations du dossier ou par volonté d’apporter la réponse la plus exhaustive
possible, rédiger un document de deux pages. En revanche, le respect des consignes
n’interdit pas une certaine prise d’initiative de la part des candidats. Ainsi, si la
commande prescrit de présenter les différentes dimensions d’un dispositif et que
celles-ci sont explicitées (origine, modalités de mise en œuvre, financements prévus,
acteurs concernés, évaluation, etc.), il faut respecter scrupuleusement ces indica-
tions ; mais les candidats pourront aussi choisir une articulation différente de celle
qui est suggérée, dès lors qu’elle demeure pertinente et qu’elle conduit à répondre
à la totalité de la commande.
En répondant à la commande, il faudra proposer à votre supérieur ou à l’usager qui
vous interroge les solutions appropriées. Cela suppose d’apporter la bonne réponse
mais seulement la réponse, c’est-à-dire toutes les données nécessaires à l’auteur de
la commande en levant ses incertitudes quant au dispositif et à la réglementation
applicables. Dans le même temps, le candidat doit opérer un tri parmi les informations
qui lui sont communiquées, afin d’éviter de faire perdre du temps au destinataire
en le renseignant sur des points non inclus dans la commande (ce que déplorent
encore régulièrement les jurys) ou en ouvrant sur des aspects apparaissant totalement
anecdotiques, ce qui traduit une difficulté à distinguer ce qui est important de ce
qui est plus accessoire.
Exemple
« […] Il [le préfet] vous demande d’élaborer une note synthétique présentant
concrètement le dispositif, les étapes d’élaboration d’une ORT [opération de
revitalisation territoriale] et précisant le mode opératoire que vous proposerez
de mettre en œuvre depuis le lancement de la démarche jusqu’à la signature de
la convention ORT entre la collectivité, la ville centre, l’État et les partenaires.
Vous joindrez donc à votre note, selon votre choix, deux des quatre documents
opérationnels indiqués ci-dessous qui viendront à l’appui de vos propositions.
a) La note
Si l’énoncé commande d’intégrer toutes les réponses dans un seul document (comme
dans l’exemple proposé dans cette méthodologie) et précise que celui-ci prendra
la forme d’une note, vous rédigerez ce document qui contiendra les réponses à
l’ensemble des questions posées. Habituellement, la note doit respecter un certain
formalisme : elle doit comporter un timbre, un destinataire, un objet et être articulée,
sans que cela soit toutefois réglementairement obligatoire, suivant un plan apparent.
En fonction de la commande, le plan peut être construit en deux ou trois parties.
Par convention, il se présente en général sous la forme suivante 7 :
Ministère / Collectivité
Service
Lieu, date
Affaire suivie par …
[Destinataire :] Note à l’attention de …
Objet : [exprimé de façon concise, sans faire de phrase]
Référence(s) : [courrier à l’origine de la commande, voire référence(s) juridique(s)
applicable(s)]
Pièce(s) jointe(s) : [si la commande ou la thématique le justifient]
Introduction
I. Titre
Phrase introduisant les deux sous-parties
7. Pour plus d’informations sur la méthodologie de la note, voir Pierre Gévart et Hervé Macquart, La note, La
Documentation française, coll. « FAC », nouvelle édition à paraître en 2022.
42 Le cas pratique aux concours
I.1. Titre
I.2. Titre
Conclusion de la première partie et phrase de transition annonçant la seconde partie.
Il peut s’agir de la dernière phrase du paragraphe de la seconde sous-partie ou d’une
phrase se détachant matériellement du dernier paragraphe.
II. Titre
Phrase introduisant les deux sous-parties
II.1. Titre
II.2. Titre
Conclusion (elle n’est pas obligatoire mais est néanmoins souhaitée par certains
correcteurs).
Signature
(De façon conventionnelle, il suffit d’indiquer la fonction du rédacteur. Surtout
n’indiquez aucun nom propre, ce signe distinctif entraînant de façon automatique
votre élimination du concours.)
rédactionnelles du candidat (vous pouvez cependant les utiliser pour indiquer une liste
de documents à joindre ou de conditions à remplir en cas d’éligibilité à un dispositif).
3. La fiche
La rédaction de fiches est demandée régulièrement dans les concours, en particulier
dans les épreuves de cas pratique. Ce type de document est beaucoup moins formalisé
que la note. Pour autant, dans la partie supérieure de la fiche, vous pouvez rappeler
certains éléments, s’ils sont précisés dans l’énoncé : l’administration où vous exercez
vos fonctions, la date à laquelle est rédigé le document que vous devez produire ainsi
que son destinataire. Il est également recommandé de rappeler l’objet de la fiche.
Enfin, même si celle-ci n’obéit à aucun formalisme codifié, il reste nécessaire de la
structurer à l’image de la démonstration proposée. Cependant, lorsque la fiche fait
moins d’une page, il est inutile de la construire suivant un plan apparent, car l’on
risque alors de faire apparaître des sous-parties réduites à quatre ou cinq lignes.
4. Le courrier
La rédaction de courriers est plus souvent demandée dans le cadre du concours
d’adjoint administratif mais peut aussi figurer dans la commande d’une épreuve de cas
pratique. Dans ce cas, celle-ci est plus complexe que pour un concours de catégorie C,
ou bien le courrier ne constitue qu’un des documents à produire, parmi d’autres.
Afin d’éviter de perdre des points, le candidat doit, dans le cas de la rédaction d’un
courrier, respecter au mieux le formalisme de la correspondance administrative, les
jurys y étant très attentifs. Il convient, par ailleurs, de bien distinguer les courriers
sous forme administrative des lettres sous forme personnelle, de nombreux candidats
faisant encore fréquemment cette confusion.
La lettre administrative est employée dans le cadre des relations que les adminis-
trations entretiennent entre elles et est adressée à un agent public. À l’inverse, la
lettre sous forme personnelle s’utilise dans les relations entre administrations et
particuliers.
Pour rappel, la correspondance administrative ne doit comporter ni formule d’appel
(« Madame, Monsieur… »), ni formule de politesse en fin de lettre. En revanche, il
faut préciser l’en-tête et l’objet du courrier. La lettre sous forme personnelle, quant
à elle, doit toujours comporter une formule d’appel introduisant la réponse et une
formule de politesse achevant le propos. Enfin, les nom et prénom du signataire
ainsi que sa qualité doivent être indiqués (sans que cela vous amène, évidemment,
à indiquer vos prénom et nom, ce qui constituerait un signe distinctif et entraînerait
l’annulation de votre copie).
44 Le cas pratique aux concours
5. Le courriel
Les courriels étant de plus en plus présents dans le fonctionnement quotidien des
administrations, il peut arriver que la rédaction de mails soit demandée. Dans cette
hypothèse, il faut simplement respecter les règles de civilité, c’est-à-dire employer
une tournure d’appel et conclure par une formule de politesse.
Exemple de courriel
Madame,
Pour faire suite à votre mail dans lequel vous me demandez l’attribution d’une
allocation pour la diversité, je suis au regret de vous informer que vous ne pouvez
prétendre à ce dispositif car vous ne remplissez pas les critères d’éligibilité [vous
pouvez préciser lequel ou lesquels] fixés par l’arrêté du 5 juillet 2007 et par la
note du 20 juillet 2015 relatifs au régime des allocations pour la diversité dans
la fonction publique.
Mes services demeurent à votre écoute pour toute question que vous souhaiteriez
nous poser.
M. Y
Secrétaire administratif
M. X
Chef du service…
Au-delà de ces documents, qui sont les plus fréquemment attendus, les candidats
(et de manière obligatoire pour ceux présentant le concours des IRA ou le concours
interne d’attaché) disposent de la possibilité de produire des annexes très variées afin
d’agir sur la situation qui leur est proposée. Dans ce cadre, ces documents annexes
peuvent s’attacher à évoquer des aspects juridiques, financiers, politiques, de ressources
humaines, logistiques, de communication, en prenant la forme, comme indiqué
précédemment, d’une fiche de procédure, d’un rétroplanning, d’un organigramme,
d’une carte des acteurs, d’un communiqué de presse, d’un document de synthèse
forces-faiblesses-opportunités-menaces, d’un schéma graphique, d’une matrice de
responsabilités, d’un plan de financement ou d’un budget, du déroulé d’une réunion,
d’un appel à contributions, d’une proposition d’arrêté ou de note de service, etc.
Certains de ces documents apparaîtront plus difficilement réalisables par des candidats
du concours externe (même si l’on a vu, lors de l’épreuve annulée du concours des
IRA de mars 2020, qu’il était demandé aux candidats, externes, internes ainsi que
Partie 1. La méthodologie de l’épreuve 45
4. L’exploitation du dossier
Exemple 1
On vous donne pour consigne de répondre à un préfet qui vous demande s’il peut
se faire rembourser ses frais d’uniforme (en vous aidant pour cela des documents
ci-dessous).
Document 1 : décret no 96-1170 du 26 décembre 1996 relatif aux indemnités
d’uniforme du corps préfectoral
Document 2 : arrêté du 20 mai 2010 fixant les conditions et les modalités de rem-
boursement des frais d’uniforme des membres du corps préfectoral
Document 3 : décret no 2010-532 du 20 mai 2010 relatif au remboursement des
frais d’uniforme des membres du corps préfectoral
Le survol du dossier permet de repérer que les documents 1 et 3 sont de même
nature (ce sont deux décrets), qu’ils traitent de la même thématique (les frais
d’uniforme des membres du corps préfectoral) mais qu’ils ont des dates différentes.
Dans ce cas, il peut arriver que le texte le plus récent précise et complète le plus
ancien mais, le plus souvent, ce dernier a été abrogé et les dispositions appli-
cables figurent alors uniquement dans le plus récent (ici, le survol des documents
confirmerait que le document 1 ne présente aucune utilité pour répondre à la
commande puisqu’il a été abrogé). On remarque par ailleurs que les documents 2
et 3 ont la même date et portent sur la même thématique mais sont d’une nature
différente (un décret et un arrêté). La connaissance de la hiérarchie des normes
permet de comprendre rapidement que le décret fixe les grands principes du
dispositif, alors que l’arrêté entre dans le détail de celui-ci. Ainsi, la bonne option
ici est de lire le document 3 puis le 2, qui fournissent les informations nécessaires
pour répondre à la commande.
Soyez donc très attentif aux dates des documents car il est inutile de perdre du
temps à lire un document qui ne s’applique plus et qui pourrait vous conduire, par
ailleurs, à apporter à votre supérieur ou à l’usager des informations obsolètes.
Exemple 2
Ainsi, en s’attardant sur les titres des documents, leur origine et leur taille, cette
simple analyse permet de comprendre qu’il sera judicieux de commencer le survol
du dossier, afin d’avoir une vision d’ensemble de la thématique, par les docu-
ments 1, 2 et 6 (trois documents ayant visiblement une portée générale et n’étant
pas très longs). On poursuivra dans l’ordre suivant, avec les documents 4, 5 et 3
(en prenant en considération la taille et l’origine des documents) qui abordent
les dispositifs mis en œuvre par les pouvoirs publics afin de favoriser la diversité
et de combattre les discriminations à l’emploi. Enfin, on finira par la lecture du
document 7 dont on ne sait pas, à ce stade, quelle sera l’utilité pour répondre à
la commande.
Le survol du dossier permettra de confirmer, ou d’infirmer, si cet ordre d’exploi-
tation des documents est le plus pertinent (car lire les documents dans l’ordre tel
que proposé dans le sujet n’apparaît quasiment jamais être la meilleure solution)
afin de ne pas perdre de temps, l’objectif étant d’acquérir d’abord une compré-
hension générale de la thématique et, une fois celle-ci acquise, de poursuivre
l’exploitation des documents dans leurs aspects les plus techniques.
2. Le survol du dossier
Après avoir analysé la liste des documents, il convient de survoler le dossier afin de
se faire une idée plus précise de sa composition. « Survoler » ne signifie cependant
pas regarder les documents de façon superficielle ou évasive. Afin que cette phase de
prise de contact avec le dossier soit efficace, il faut au contraire s’attacher à identifier
les titres et les sous-titres, voire à lire rapidement les introductions ou les chapeaux
des textes, pour appréhender avec précision les axes abordés. Soyez attentif aussi aux
données chiffrées, aux petits tableaux informatifs accompagnant les documents, aux
passages en gras ou soulignés, que les auteurs ont souhaité ainsi mettre en valeur.
Les documents très courts, de moins d’une page, peuvent également être lus en
diagonale de façon à avoir une idée de leur contenu.
Le survol du dossier répond à deux objectifs complémentaires :
– saisir le sens général de chaque texte ;
– vérifier que tous les documents ou parties de document présentent un intérêt
pour répondre à la commande et savoir ainsi s’il faut tous les lire intégralement.
Parfois est inclus dans le dossier un document dont certains passages ne sont pas en
lien direct avec la thématique ou dont seuls certains paragraphes sont utiles pour
répondre aux questions posées. Il se peut aussi que des documents soient redon-
dants, ce qui implique de ne pas s’attarder trop longuement sur certains passages
et d’adopter une lecture sélective pour identifier uniquement les informations qui
n’ont pas été déjà mentionnées dans les premiers textes analysés.
Partie 1. La méthodologie de l’épreuve 49
Exemple 1
.7
Llb,rtl • Élfalitl • Frat•rnitl
RÉPUBUQJJE FRANÇAISE
N ° 5928/SG
Paris, le 20 avril 2017
N ° 5928/SG
à
à
Mesdames et messieurs les ministres,
Mesdames et messieurs les préfets
Mesdames et messieurs les ministres,
Mesdames et messieurs les préfets
Obiet : Circulaire relative à la gestion du parc automobile de PEtat, des établissements publics de
l'Etat et autres organismes 1
Obietde: Circulaire relative
desàmesures
la gestion du parc automobile de PEtat, des établissements publics de
P.J. : Annexe présentation 1
l'Etat et autres organismes
P.J. : Annexe de présentation des mesures
Texte abrogé: Circulaire n° 5767/SG du 16 février 2015 relative à la mutualisation et à
Texte
l'optimisation de abrogé:
la gestionCirculaire n° 5767/SGdedul'Etat
du parc automobile 16 et des opérateurs
février 2015 relative à la mutualisation et à
l'optimisation de la gestion du parc automobile de l'Etat et des opérateurs
La gestion du parc automobile de l'Etat doit intégrer les objectifs gouvernementaux répondant
La gestion
aux orientations du parc
de la loi automobileénergétique
de transition de l'Etat doitpour
intégrer
unelescroissance
objectifs gouvernementaux répondant
verte, de la charte de
aux orientations
déconcentration, de la enjeux
ainsi qu'aux loi de transition énergétique
de performance pour une croissance
économique verte,ledecadre
définis dans la charte
de lade
réforme dedéconcentration,
la direction desainsi qu'aux
achats enjeux de performance économique définis dans le cadre de la
de l'Etat.
réforme de la direction des achats de l'Etat.
A cet égard,
A cetleségard,
services de l'Etat
les services de etl'Etat
les établissements publics
et les établissements doivent
publics êtreêtre
doivent exemplaires
exemplairesenen
matière dematière
performance énergétique,
de performance dans ladans
énergétique, mutualisation et l'optimisation
la mutualisation de de
et l'optimisation la gestion
la gestiondedeleur
leur
parc automobile.
parc automobile.
Le parc automobile
Le parc automobile de l'Etatde etl'Etat et deétablissements
de ses ses établissements publics
publics comprend
comprend environ6565000
environ 000
véhicules véhicules légers
légers (hors (hors véhicules
véhicules opérationnels).
opérationnels). Lesmesures
Les dix dix mesures qui suivent
qui suivent définissentle lecadre
définissent cadre
d'une politique
d'une politique de gestion de mutualisée
gestion mutualisée des véhicules
des véhicules visantvisant à réaliser
à réaliser un minimum
un minimum dede150 150M€ M€
d'économied'économie
sur quatresurans.
quatre
Lesans. Les actions
actions à entreprendre
à entreprendre sont indiquées
sont indiquées dansdans la présente
la présente circulaireetet
circulaire
leurs conditions
leurs conditions de mise en de mise
œuvreensont
œuvre sont explicitées
explicitées dans
dans le le document
document en annexe
en annexe quiqui
serasera actualisé
actualisé
périodiquement par la Direction des achats de l'Etat.
périodiquement par la Direction des achats de l'Etat.
Sont exclus du champ d'application de la présente circulaire les véhicules opérationnels, dont
Sont exclus
ceux dedu lachamp
policed'application de la présente
et de la gendarmerie, ainsi circulaire
que toutesles véhicules
catégories de opérationnels, dont
véhicules spécialisés
ceux de laidentifiées
police et parde
les la gendarmerie,
ministères ainsi que toutes
et les établissements publicscatégories
concernés de
dansvéhicules spécialisés
leur plan de gestion de
identifiéesparc
par automobile
les ministèresvalidéetpar
leslaétablissements publics
Direction des achats concernés dans leur plan de gestion de
de l'Etat.
parc automobile validé par la Direction des achats de l'Etat.
1
Les établissements et autres organismes concernés sont fixés à l’annexe 1 de l’arrêté du 10 mai 2016 (JORF n°0117 du 21 mai
2016) pris en application des articles 4, 7 et 10 du décret n° 2016-247 du 3 mars 2016 créant la Direction des achats de l’Etat et
1
Les établissements et gouvernance
relatif à la autres organismes concernés
des achats de l’Etat.sont
Ces fixés
entitésàsont
l’annexe 1 de l’arrêté
dénommées du 10 mai
« établissements 2016» (JORF
publics dans le n°0117
corps de du 21 mai
la circulaire.
2016) pris en application des articles 4,Hôtel7 etde10 du décret
Matignon - 57, n°
rue 2016-247
de Varenne - du 3 mars
75007 PARIS2016 créant
- Téléphone : 01la42Direction
75 80 00 des achats de l’Etat et
relatif à la gouvernance des achats de l’Etat. Ces entités sont dénommées « établissements publics » dans le corps de la circulaire.
Hôtel de Matignon - 57, rue de Varenne - 75007 PARIS - Téléphone : 01 42 75 80 00
50 Le cas pratique aux concours
Partie 1. La méthodologie de l’épreuve 51
52 Le cas pratique aux concours
Partie 1. La méthodologie de l’épreuve 53
54 Le cas pratique aux concours
Partie 1. La méthodologie de l’épreuve 55
56 Le cas pratique aux concours
Partie 1. La méthodologie de l’épreuve 57
58 Le cas pratique aux concours
Partie 1. La méthodologie de l’épreuve 59
60 Le cas pratique aux concours
Partie 1. La méthodologie de l’épreuve 61
62 Le cas pratique aux concours
Ainsi, sans avoir à lire ce texte dans son intégralité, ce survol vous permet de com-
prendre où se trouvent les informations dont vous aurez besoin pour répondre
à la commande de votre supérieur.
Partie 1. La méthodologie de l’épreuve 63
Exemple 2
Cet exemple s’appuie sur le document 3 du dossier (voir page 17), la circulaire
DGAFP-DGEPF du 14 septembre 2005 relative au PACTE (3 pages).
Commentaire du document
Ce texte présente le PACTE, qui constitue l’un des dispositifs mis en œuvre par les
pouvoirs publics afin de favoriser la diversité des recrutements dans la fonction
publique. Pour rappel, la commande veut que soient cités deux dispositifs (ce texte
traite de l’un des dispositifs) et que soit indiqué à quels publics ils s’adressent. Il
vous faut donc seulement comprendre les grandes lignes du dispositif, afin de
restituer à votre chef de bureau les éléments lui permettant de savoir en quoi il
consiste – il ne pourra pas, lors de son allocution, évoquer le PACTE sans connaître,
a minima, sa finalité et son contenu – et quels en sont les bénéficiaires. Il est de
ce fait inutile d’entrer dans le détail du dispositif et de rechercher dans le texte
d’autres informations que celles traitant de la double dimension mentionnée
dans la commande.
3. L’analyse du dossier
Après avoir étudié la liste des documents et survolé ceux-ci, il convient de procéder
à l’exploitation du dossier en veillant, toujours, à ne pas perdre de temps lors de
cette phase. Elle doit néanmoins être suffisamment précise pour recueillir toutes les
informations permettant de répondre de façon opérationnelle, lors de la rédaction,
aux questions posées.
On l’a vu plus haut, il est recommandé d’analyser le dossier en commençant par
les documents les plus généraux et les plus faciles à comprendre et de poursuivre
avec les documents les plus longs, qui sont souvent aussi les plus techniques. Cela
d’autant plus si le dossier contient des textes juridiques ; en effet, ces textes posent
souvent des difficultés aux candidats, qui sont rarement familiers du domaine
juridique. Si le dossier contient des documents de ce type, il faut toujours aller du
plus général au plus précis. Il est en effet indispensable d’avoir identifié les grands
principes d’un dispositif juridique avant de chercher à en saisir les aspects les plus
techniques. Si le dossier comporte une loi, un décret et une circulaire traitant de la
même thématique, il est conseillé de débuter l’exploitation du dossier par la loi, qui
se limite en général à la définition de grands principes, de poursuivre par le décret,
qui complète ces principes en précisant les modalités de leur mise en œuvre, et de
terminer par la circulaire, qui détaille les conditions d’application.
Pour exploiter le dossier, la meilleure méthode consiste à construire très rapide-
ment un tableau à double entrée dans lequel seront notées toutes les informations
importantes pour répondre aux questions.
Partie 1. La méthodologie de l’épreuve 65
Vous pouvez, par exemple, présenter horizontalement les titres des documents (les
dossiers en contiennent entre 6 et 12 en moyenne) et, verticalement, les questions
(les commandes s’articulent en général autour de 4 à 7 questions).
Dans chaque colonne, vous noterez les principales informations en prenant garde
à ne pas réécrire, à mesure que vous avancez dans l’exploitation du dossier, les élé-
ments déjà identifiés dans les premiers documents. En effet, il arrive souvent que
certaines informations soient données dans plusieurs documents. Il est alors inutile
de noter dans le tableau, particulièrement pour les derniers documents traités, des
informations déjà identifiées lors de l’exploitation des premiers.
Ainsi, dans notre exemple, si le document 1 fournit des informations sur l’existence
de phénomènes de discriminations à l’emploi dans la fonction publique, et qu’un
autre ne fait que répéter ces mêmes informations, celles-ci ne devront pas être notées
à nouveau dans le tableau. À l’inverse, si le document 1 présente un aspect de la
permanence de discriminations à l’emploi dans la fonction publique et que d’autres
textes apportent des précisions complémentaires sur ce phénomène, il faudra men-
tionner celles-ci dans le tableau au fur et à mesure de l’étude du dossier.
Il est possible d’appliquer une autre technique mais elle peut se révéler compliquée
à mettre en œuvre sans une bonne pratique de l’exploitation des dossiers. On peut
en effet, à l’aide de surligneurs (et en utilisant autant de couleurs qu’il y a de ques-
tions dans la commande, pour peu que celle-ci soit formulée de manière explicite),
signaler les informations importantes au fil de l’exploitation du dossier. Cependant,
cette technique suppose, tout au long de l’analyse du dossier, d’alterner entre les
différentes couleurs mais aussi, à la fin de cette phase, de réaliser une synthèse par
couleur des informations identifiées comme importantes. Elle présente un intérêt de
taille – elle n’exige pas une prise de notes volumineuse – mais elle suppose de très
grandes capacités de synthèse puisqu’elle oblige à compiler, pour chaque dimension
de la commande, des informations qui peuvent être disséminées dans une vingtaine,
voire une trentaine de pages.
Nous vous recommandons donc plus particulièrement la méthode exposée ci-dessus
du tableau synthétique à double entrée, dont voici un exemple appliqué à notre dossier.
66 Le cas pratique aux concours
la fonction publique
la fonction publique
publique concernée
des discriminations
Discriminations à
et citoyenneté »
L’ouverture de
de loi « Égalité
Doc. 1
Doc. 2
Doc. 3
Doc. 4
Doc. 5
Doc. 6
Doc. 7
D’après les conclusions Définition de la
du rapport L’Horty, remis discrimination (directe
au Premier ministre et indirecte).
en juillet 2016, les Une discrimination
candidats à un poste est une inégalité de
de fonctionnaire ne traitement, notamment
sont pas à l’abri d’une dans le domaine
discrimination. de l’emploi, sur le
les phénomènes de discriminations à l’emploi ?
L’ouverture de la fonction
dans la fonction publique
au service de la diversité
Diversité et prévention
des discriminations
relative au PACTE
Le label Diversité
concernée
publique
Doc. 1
Doc. 2
Doc. 3
Doc. 4
Doc. 5
Doc. 6
Doc. 7
La lutte contre La prévention des
les discriminations discriminations et la
de la diversité doivent-elles être considérées comme des sujets majeurs
d’être représentative et de
refléter mieux la société
qu’elle sert.
Question 2 :
L’ouverture de la fonction
au service de la diversité
Diversité et prévention
la fonction publique
des discriminations
relative au PACTE
concernée
publique
Doc. 1
Doc. 2
Doc. 3
Doc. 4
Doc. 5
Doc. 6
Doc. 7
Développement PACTE : double nature Classes
de l’apprentissage – contrat préparatoires
dans la fonction de prérecrutement intégrées ou CPI
publique d’État et contrat de formation (depuis 2005) :
(10 000 apprentis en alternance. soutien matériel
accueillis à l’échéance Le candidat alterne (appui financier)
2016). périodes de formation et et pédagogique
Classes préparatoires d’activité professionnelle. renforcé avec
intégrées : accompagnement
Public : personnes de d’un tuteur.
accompagner
au sein de la fonction publique. À quels publics s’adressent-ils ?
L’ouverture de la fonction
au service de la diversité
Diversité et prévention
la fonction publique
des discriminations
relative au PACTE
concernée
publique
Doc. 1
Doc. 2
Doc. 3
Doc. 4
Doc. 5
Doc. 6
Doc. 7
Les ministères Le label Diversité (créé
devaient évaluer en 2008) vise à prévenir
leurs procédures en les discriminations et à
matière de GRH afin promouvoir la diversité
de candidater au label dans les secteurs public
Diversité avant la fin et privé.
2016. Depuis 2016, dispositif
Double labellisation d’alliance entre le label
Qu’est-ce que le label Diversité ? Quelle est sa finalité ?
ressources humaines,
de les améliorer et les
corriger, en prévenant
les mécanismes de
discrimination.
Constitue un levier
de mise en œuvre de la
Charte pour la promotion
de l’égalité et la lutte
contre les discriminations
dans la FP.
La certification
fait connaître et
reconnaître les pratiques
de recrutement
et d’évaluation
professionnelle qui
valorisent la diversité
dans la sphère de travail.
70 Le cas pratique aux concours
L’ouverture de la fonction
au service de la diversité
Diversité et prévention
la fonction publique
des discriminations
relative au PACTE
concernée
publique
Doc. 1
Doc. 2
Doc. 3
Doc. 4
Doc. 5
Doc. 6
Doc. 7
Les écoles de La FP doit s’ouvrir Le 3e concours reste
service public à des candidats peu utilisé : 1,5 % des
au sein de la fonction publique. Quels sont les effets attendus de cette mesure ?
Extension et
à la diversité. harmonisation Objectif : attirer vers la
Le nombre des conditions FP de nouveaux profils /
de classes d’accès aux ériger le 3e concours en
préparatoires 3es concours avec voie de recrutement de
intégrées prise en compte droit commun / élargir
réservées aux de toute activité le recrutement pour les
candidats de professionnelle concours de catégorie B.
milieu modeste (associative, privée, La durée des activités
Question 5 :
4. La prise de notes
La prise de notes constitue une étape difficile de l’exercice. Lors de celle-ci, il faut
rassembler dans le tableau toutes les informations qui serviront à répondre de façon
optimale aux questions posées. Il convient alors de trouver un équilibre – difficile à
atteindre sans entraînement – afin d’aboutir à une prise de notes :
– à la fois précise, qui permette de disposer, à l’issue de l’exploitation du dossier,
de toutes les données nécessaires et de ne plus avoir à consulter le dossier lors de
la construction et de la rédaction des réponses. Si la prise de notes est imprécise, le
risque est réel d’apporter des réponses incomplètes à partir des seuls éléments collec-
tés, ou bien de devoir continuellement se replonger dans le dossier pour construire
et rédiger les réponses, afin d’y trouver des informations complémentaires (vous
risquez ainsi de perdre un temps précieux) ;
– mais pas trop précise ni trop développée, car cela pourrait conduire à collecter
des informations secondaires, anecdotiques, voire inutiles, pour répondre de façon
opérationnelle aux questions ou à la commande qui vous est adressée. Ce cas de
figure se révélerait finalement très pénalisant car il induirait une perte de temps
difficilement rattrapable lors de la rédaction du devoir.
Par ailleurs, il est inutile que la prise de notes soit réalisée avec des mots et/ou des
phrases rédigés de manière littérale. L’essentiel est que, lorsque vous utilisez le
tableau pour construire et rédiger vos réponses, vous compreniez ce que vous avez
noté. Si vous êtes à l’aise avec la pratique des sigles et des abréviations, employez-les,
l’important étant de ne pas vous tromper en les relisant. Ainsi, vous pouvez écrire
dans vos notes, et seulement dans vos notes, CT pour « collectivités territoriales »,
PM pour « Premier ministre », P pour « préfet », SP pour « service(s) public(s) », etc.
5. La mobilisation ou non
de connaissances extérieures au dossier
La question de l’utilisation de connaissances extérieures au dossier a longtemps fait
débat, certains jurys considérant que les candidats devaient s’en tenir strictement
aux éléments du dossier sans mobiliser d’informations extérieures, quand d’autres
admettaient qu’ils pouvaient apporter une valeur ajoutée à leurs réponses en utili-
sant pour cela des informations ne figurant pas dans les documents proposés. En
la matière, il n’existe pas de réponse définitive, la solution dépendant largement du
concours présenté et de la formulation du sujet. Ainsi, l’énoncé pourra parfois préci-
ser sous la forme d’une consigne explicite que les candidats devront, pour répondre
à la commande qui leur est passée, s’en tenir strictement aux seules informations
72 Le cas pratique aux concours
présentées dans le dossier, à l’image du sujet utilisé dans cette méthodologie, dont le
libellé précise qu’il convient de répondre à la commande « à partir des documents à
votre disposition » (et donc sans mobilisation d’informations extérieures au dossier).
Il est cependant à noter que même en dehors de cette formulation stricte, il est d’usage
de s’en tenir à ce principe de ne pas mobiliser d’informations extérieures au dossier
pour la plupart des concours (secrétaire administratif notamment).
En revanche, pour le concours d’entrée dans les IRA et celui d’attaché, il est au
contraire attendu que les candidats fassent appel à leur expérience autant qu’à leurs
connaissances afin d’apporter une valeur ajoutée à leurs réponses. En effet, pour le
concours des IRA, le sujet du cas pratique devant porter sur l’une des six théma-
tiques au programme de l’épreuve, les candidats doivent impérativement acquérir
des connaissances sur celles-ci afin de répondre de manière optimale à la commande
qui leur sera passée.
À cet égard, la note de cadrage du 20 septembre 2019 élaborée par la DGAFP à
destination des candidats présentant ce concours stipule que « le candidat est invité
à prendre connaissance de ces thèmes dès le début de sa préparation et à travailler
au renforcement ou à la mise à jour de ses connaissances dans ces domaines préala-
blement à l’épreuve. Cette phase d’acquisition de connaissances est nécessaire pour
faciliter la compréhension rapide des enjeux de la commande et la prise en main du
dossier documentaire. Elle permet, en outre, au candidat de valoriser des apports de
connaissance par rapport aux éléments figurant dans ce dossier ».
Lors du concours des IRA du printemps 2021, les six thèmes d’actualité portaient sur :
– les enjeux de cohésion sociale, de développement durable et de diversité des
territoires dans les politiques publiques ;
– les finances publiques et l’intervention économique ;
– l’évolution des services publics : enjeux de transformation, notamment numérique ;
– le système éducatif, du premier degré à l’enseignement supérieur ;
– les enjeux européens et internationaux des politiques publiques ;
– l’organisation territoriale de la France 8.
1. La construction du plan
La construction du plan dépend très largement du type de document à produire
mais, en toute hypothèse, les réponses doivent être claires, pratiques, argumen-
tées et opérationnelles. Elles doivent être à la fois complètes et très précises, et
s’interdire toute approximation. L’épreuve de cas pratique ayant vocation à se rap-
procher le plus possible de ce que les candidats auraient à connaître en situation
professionnelle, l’objectif est d’évaluer leur capacité à fournir à leur hiérarchie des
informations parfaitement exactes. De même, si la commande suppose de répondre
à un usager sollicitant l’administration sur un dispositif ou sur l’application d’une
réglementation, vous ne devez bien sûr pas faire d’erreur dans la réponse que vous
lui adressez, au risque de lui octroyer une aide pour laquelle il ne remplirait pas les
critères d’éligibilité (ou, à l’inverse, de la lui refuser alors qu’il pourrait y prétendre)
ou en lui accordant un droit qui ne s’applique pas à sa situation.
Traiter les questions les unes après les autres est une solution de facilité qui ne
montrerait aucun effort de structuration de la démonstration. En effet, il est souvent
judicieux et nécessaire d’effectuer des rapprochements entre certaines questions afin
de prouver au jury votre capacité à structurer votre propos. Ainsi, dans le sujet étudié
ici, alors que la commande s’articule autour de cinq questions, il s’avère compliqué
de proposer une note traitant de la thématique en cinq parties successives. Il faut
donc rechercher une solution plus subtile. L’analyse de la commande et du dossier
permet de comprendre que, pour le sujet proposé, différents plans peuvent être
adoptés. Le plan 1 ci-dessous est celui proposé par le jury de l’académie de Nice.
Le plan 2 est celui que nous proposons, en correction du sujet.
Plan 1
(Proposé par le jury de l’académie de Nice)
I. Les principaux dispositifs mis en œuvre pour l’égalité réelle des chances dans
l’accès aux métiers de la fonction publique
I.1. Répondre à un enjeu majeur pour la fonction publique
I.2. Les classes préparatoires intégrées (CPI)
I.3. Le PACTE
I.4. Le label Diversité
74 Le cas pratique aux concours
Plan 2
I. La permanence dans la fonction publique de phénomènes de discriminations
à l’emploi et l’adoption d’une démarche en faveur de l’égalité des chances
I.1. La permanence des phénomènes de discriminations à l’emploi
I.2. Les enjeux pour la fonction publique de la promotion de la diversité : l’adoption
du label Diversité
II. La mise en œuvre depuis une décennie de dispositifs en faveur de la diversité
et l’adoption de nouvelles mesures de diversification des recrutements
II.1. La mise en œuvre de dispositifs en faveur de la diversité dans la fonction publique
II.2. L’adoption de nouvelles mesures pour diversifier les recrutements
Ce plan offre l’avantage d’articuler la démonstration autour de deux grandes parties
relativement équilibrées.
Exemple
Pour la question 3 de notre sujet type (« Citez deux dispositifs relatifs à ces théma-
tiques en œuvre au sein de la fonction publique. À quels publics s’adressent-ils ? »),
les informations repérées lors de l’exploitation du dossier et notées dans le tableau
ont permis d’identifier que deux mesures sont particulièrement mises en avant, en
l’occurrence le parcours d’accès aux carrières de la fonction publique territoriale,
hospitalière et d’État (PACTE) et les classes préparatoires intégrées (CPI). Sur ces
deux dispositifs, on trouve des informations dans plusieurs des documents.
Dans le document 2 : l’information porte sur les deux dispositifs. Les CPI ont
pour finalité d’accompagner l’insertion professionnelle et sociale des étudiants
de milieu modeste et des demandeurs d’emploi. Elles peuvent se combiner avec
une allocation pour la diversité dans la fonction publique – il s’agit d’une aide de
2 000 euros apportée, sous conditions de ressources et de mérite, à des étudiants
ou à des demandeurs d’emplois pour préparer un concours A ou B.
Le PACTE est destiné aux jeunes de moins de 26 ans, peu qualifiés ou n’ayant pas
le niveau du baccalauréat.
Dans le document 3 : le PACTE a une double nature, il est à la fois un contrat de
prérecrutement et de formation par alternance. Le candidat inscrit au PACTE alterne
périodes de formation et d’activité professionnelle. Les publics concernés sont les
personnes de 16 à 25 ans révolus, sans diplôme et sans qualification professionnelle
reconnue, ainsi que celles dont le diplôme est inférieur aux niveaux VI, V bis ou V.
Dans le document 4 : les CPI, instituées depuis 2005, apportent un soutien matériel
(financier) et pédagogique renforcé (accompagnement d’un tuteur) aux candidats
retenus. Les publics sont soumis à des conditions de motivation et de ressources
et doivent remplir des critères tenant à leur origine géographique.
Toutes ces informations vont permettre, comme il est demandé dans la question 3,
d’articuler la réponse en rappelant divers points :
• Qui sont les publics cibles du PACTE : les publics concernés sont les jeunes de
16 à 25 ans révolus, sans diplôme et sans qualification professionnelle reconnue,
ainsi que ceux dont le niveau de diplôme est inférieur aux niveaux VI, V bis ou V.
Conclusion de la réponse
et phrase de transition de la sous-partie suivante
Ces mesures, initiées depuis 2005, n’ont pas permis d’assurer une réelle diversité
des recrutements, comme le confirme le rapport L’Horty de 2016 sur les discri-
minations dans l’accès à l’emploi public, ce qui justifie l’adoption de nouveaux
dispositifs destinés à renforcer le recrutement de nouveaux profils au sein de la
fonction publique.
être trouvé entre la reprise mot à mot et la reformulation intégrale des documents. En
outre, il est parfaitement admis de citer de brefs extraits des documents, juridiques
en particulier, à l’appui de la démonstration en employant pour cela des guillemets.
Précisons, enfin, qu’un texte ne « parle » pas et ne « dit » rien, mais qu’il « évoque »,
« indique », « rappelle », etc., et qu’un texte juridique « dispose » ou « stipule ».
Exemple
L’article 1er de la Constitution dispose que « la France est une République indivisible,
laïque, démocratique et sociale [et qu’] elle assure l’égalité devant la loi de tous
les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion […] ».
Le style doit être clair, précis et concis. Cette phase rédactionnelle exige un entraî-
nement régulier car le jour de l’épreuve, dans le temps qui vous est imparti, il sera
impossible de rédiger l’intégralité des réponses au brouillon. Nous vous recomman-
dons de vous entraîner, sans utiliser de brouillon, à rédiger des réponses types à
partir d’informations collectées sur une thématique.
Vous privilégierez un registre de vocabulaire soutenu et néanmoins fluide. Le style
doit être neutre et proscrire les propos polémiques. Il est aussi fortement déconseillé
d’utiliser des sigles qui ne sont pas passés dans le langage commun : vous pouvez
nommer la SNCF, en revanche il n’est pas d’usage d’écrire les « CT » pour les collec-
tivités territoriales, ni le « PR » pour le président de la République. Enfin, rappelons
que l’orthographe, la grammaire et la syntaxe doivent être soignées, de même
que la présentation générale des documents, des points étant affectés à ces aspects.
4. La présentation du devoir
Les jurys affectent souvent des points à la présentation des devoirs. Il faut donc soi-
gner les documents rédigés et rendre une copie propre, qui ne ressemble pas à un
brouillon. Pour corriger des erreurs, il est préférable d’utiliser du blanc correcteur
– c’est autorisé – plutôt que de barrer les passages erronés, tout en n’abusant pas
de cette technique.
À propos de la présentation des écrits à produire, il a été indiqué plus haut comment
les construire. Il importe en particulier d’aérer les réponses, donc d’éviter les longs
paragraphes afin de faciliter la lecture des correcteurs. À cet égard, le plus simple
est de recourir à des alinéas ou à des sauts de ligne qui signalent le passage d’une
idée à une autre.
Enfin, une copie ne doit comporter aucun signe distinctif ; cette erreur, que les jurys
rencontrent encore régulièrement, entraîne automatiquement l’annulation du devoir
et l’élimination du candidat. Ainsi, vous ne devez pas mentionner d’initiales (ni
évidemment de nom en toutes lettres) pour préciser l’identité de l’agent responsable
de l’affaire traitée. Il suffit d’utiliser des points de suspension, sans autre information
(« Affaire suivie par : … »). De même, évitez d’inventer une localisation si celle-ci
ne figure pas dans le dossier, et ne donnez pas de nom fictif au destinataire de votre
note ou du courrier que vous rédigez.
Partie 1. La méthodologie de l’épreuve 79
5. Corrigé proposé
Ministère X
Administration …
Direction …
Affaire suivie par : …
À …, le …
Ces conclusions ont été confirmées par le rapport L’Horty, remis au Premier ministre
en juillet 2016, dont l’auteur souligne que les candidats à la fonction publique ne sont
pas à l’abri des discriminations lors des phases de recrutement. Ces discriminations
consistent notamment à traiter les candidats de manière inégale, en ne les évaluant
pas indépendamment de certaines de leurs caractéristiques réelles ou supposées
(origine, lieu de résidence, etc.).
Le rapport indique ainsi que le fait de ne pas être né en France métropolitaine diminue
significativement les chances de réussite des candidats à de nombreux concours, à
l’exception toutefois de celui de gardien de la paix. De même, les candidats résidant
en zones urbaines sensibles (ZUS) ou issus de l’immigration ne bénéficient pas
toujours d’un traitement égalitaire par rapport aux autres candidats aux concours
administratifs.
Mais la lutte contre ces traitements inégalitaires ou discriminatoires apparaît d’autant
plus compliquée à organiser qu’une grande majorité des « discriminateurs », toujours
selon le rapport L’Horty, n’a même pas conscience de discriminer tout en pratiquant
des « raccourcis cognitifs » durant les processus de sélection, y compris lors des
recrutements de contractuels pour lesquels le principe d’anonymat ne s’applique
pas (notamment car ils ne sont pas recrutés par concours). Il arrive ainsi que les
recruteurs, au mépris des principes républicains d’égalité, de non-discrimination,
d’impartialité et de neutralité, commettent des erreurs de jugement en pénalisant
ou en écartant des phases de sélection des candidats qui s’éloigneraient du modèle
dominant représenté dans la fonction publique.
Ces traitements discriminatoires à l’emploi paraissent d’autant plus contraires aux
règles et aux principes devant présider à l’action des administrations que celles-ci
ont une mission d’exemplarité à l’égard des autres acteurs de la société.
I.2. Les enjeux pour la fonction publique de la promotion de la diversité :
l’adoption du label Diversité
Il paraît essentiel pour la fonction publique, en tant que premier employeur de
France, d’accueillir des publics plus diversifiés afin d’une part de ne pas se priver
de profils intéressants, susceptibles de l’enrichir, et d’autre part de remplir la mis-
sion de cohésion sociale qui lui incombe. Cela passe notamment par une meilleure
connaissance, par le grand public, de la fonction publique et des opportunités
professionnelles qu’elle peut offrir. Des mesures seront ainsi engagées à l’égard des
collégiens et des lycéens pour leur permettre d’effectuer une période d’observation
professionnelle dans des administrations, avec comme objectif de les informer sur
la diversité des métiers du secteur public. Des actions seront également préconisées
Partie 1. La méthodologie de l’épreuve 81
en direction des étudiants pour susciter des vocations en faisant mieux connaître
les carrières offertes au sein des différentes administrations.
Ce type d’actions doit contribuer à démontrer à l’ensemble des citoyens, quels que
soient leur origine et leur lieu de résidence, qu’ils peuvent, sur le fondement de
leurs seules « capacités et sans autre distinction que celles de leurs vertus et de leurs
talents », selon les termes de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du
26 août 1789, intégrer la fonction publique en application du principe d’égal accès à
l’emploi public. Cela pourrait permettre que l’administration soit plus représentative
de la société française en s’ouvrant à des profils plus diversifiés, recrutés sur d’autres
critères que leurs seules connaissances académiques.
Pour favoriser cette ouverture à de nouveaux profils, un label Diversité a été institué
en 2008 ; lors du comité interministériel « Égalité et citoyenneté » du 6 mars 2015, le
Gouvernement a annoncé que les ministères devraient candidater à ce label avant la
fin 2016. Cette demande de certification conduit la structure labellisée à évaluer ses
procédures et ses dispositifs en matière de ressources humaines, à les améliorer et à
les corriger en prévenant les mécanismes de discrimination. Elle permet aussi, pour
l’administration labellisée, de faire connaître et reconnaître ses pratiques de recrutement
en promouvant la diversité au travail, et de constituer un levier de mise en œuvre de
la Charte pour la promotion de l’égalité et la lutte contre les discriminations dans la
fonction publique. Le dispositif d’alliance entre le label Diversité et le label Égalité doit
aujourd’hui conduire les administrations à poursuivre un objectif de double labellisation,
Diversité et Égalité entre les femmes et les hommes, avec comme finalité l’inscription
des politiques de ressources humaines dans une logique de progrès continu.
Afin de prévenir les discriminations tout en renforçant la diversité qui est au cœur
des valeurs, principes et missions de la fonction publique, comme réaffirmé lors
du comité interministériel de mars 2015, de nombreuses actions ont été engagées
depuis plusieurs années.
II. La mise en œuvre depuis une décennie de dispositifs en faveur de la diversité
et l’adoption de nouvelles mesures de diversification des recrutements
Afin de diversifier les profils des agents publics, mais aussi dans l’objectif de concrétiser
le principe d’égalité des chances, différentes mesures ont été adoptées depuis 2005.
II.1. La mise en œuvre de dispositifs en faveur de la diversité dans la fonction
publique
Le constat d’une inégalité dans l’accès à l’emploi dans la fonction publique a conduit
les pouvoirs publics à engager des actions destinées à combattre les discriminations
82 Le cas pratique aux concours
tout en concrétisant, dans les faits, l’affirmation du principe selon lequel tous les
individus disposeraient des mêmes chances de travailler dans une administration.
Pour aider les candidats qui, au regard de leur milieu d’origine, pourraient éprou-
ver des difficultés à franchir le cap du concours, ont été créées depuis 2005 des
classes préparatoires intégrées (CPI) aux écoles de service public, dont la mission
est d’accompagner l’insertion professionnelle et sociale de profils peu favorisés. Ces
classes sont destinées aux étudiants de milieu modeste et aux demandeurs d’emploi se
présentant à un concours de catégorie A ou B. Pour être éligibles, ils doivent répondre
à des conditions de ressources, de mérite, de motivation et d’origine géographique.
Au sein de ces CPI, les élèves bénéficient d’un accompagnement pédagogique,
notamment assuré par un tuteur, mais également d’un soutien matériel et financier
qui pourra prendre pour certains la forme de l’allocation pour la diversité dans la
fonction publique, d’un montant de 2 000 euros.
Parallèlement à ce dispositif qui cible les candidats aux concours de catégories A
et B, des actions ont également été engagées pour les recrutements à des emplois
de catégorie C. Le décret no 2005-902 du 2 août 2005 fixe ainsi les modalités du
parcours d’accès aux carrières de la fonction publique territoriale, hospitalière et
d’État (PACTE), dispositif ciblant les jeunes de 16 à 25 ans révolus qui sont sans
qualification professionnelle reconnue ou dont le niveau de diplôme est inférieur
au baccalauréat.
L’objectif de ce dispositif est de favoriser l’intégration dans l’emploi de ces jeunes
sans qualification qui se trouvent exclus, en raison de leur origine sociale autant que
géographique, et qui, pour être éligibles à cette mesure, doivent résider en quartiers
difficiles (ZUS, zones d’éducation prioritaire et zones de revitalisation rurale). Pendant
la durée du contrat, qui conduit à la titularisation des candidats après vérification de
leurs aptitudes professionnelles et de leur parcours de formation, les jeunes alternent
périodes de formation et d’activité professionnelle afin d’acquérir une qualification
en rapport avec l’emploi occupé.
Ces mesures, initiées depuis 2005, n’ont toutefois pas permis d’assurer une réelle
diversité des recrutements, ce que confirme le rapport L’Horty de 2016, justifiant
l’adoption de nouveaux dispositifs visant à renforcer l’arrivée de profils différents
dans la fonction publique.
Partie 1. La méthodologie de l’épreuve 83
Commentaire du corrigé
• L’en-tête de la note débute par l’indication de la structure où vous exercez, qui
est précisée dans l’énoncé. « Note à l’attention de… » est suivi du destinataire de la
note, qui est également indiqué dans l’énoncé. Ensuite, l’objet doit être formulé avec
précision. Ici, la note porte à la fois sur la lutte contre les discriminations à l’emploi
et sur la promotion de la diversité dans la fonction publique.
• L’introduction comporte tout d’abord une phrase mettant en perspective la thé-
matique et la problématisant, puis un rappel de la commande passée par le supérieur
de l’agent et, enfin, l’annonce du plan.
• Dans le corps de la note, la mise en évidence du plan (par les titres et la numé-
rotation) permet au lecteur de repérer immédiatement sa structuration.
• Entre les titres I et I.1, une phrase introduit la première partie de la démonstra-
tion. La sous-partie I.1 dresse un état des lieux des discriminations à l’emploi dans
84 Le cas pratique aux concours
Sujet 1
Le pastoralisme
SESSION 2014
ÉPREUVE ADMISSIBILITÉ N° 1
Coefficient : 3
Sujet
Vous êtes nommé(e) secrétaire administratif à l’Office national des forêts, à la direction
territoriale Méditerranée, au pôle Défense des forêts contre l’incendie (DFCI). Votre
supérieur hiérarchique est chargé d’encourager le pastoralisme sur les terrains dont l’ONF a
la charge.
En effet, certains espaces gérés par l’ONF dans la région méditerranéenne sont difficiles
d’accès, marqués par de fortes pentes. La déprise agricole de ces régions de montagne a
entraîné depuis plusieurs années une baisse de la pression pastorale. Il s’en suit un
important embroussaillement accentuant le risque d’incendie, élevé dans les montagnes des
Alpes du Sud. Les agriculteurs et éleveurs sont isolés et il n’existe aucune structure de
regroupement.
Votre supérieur a commencé à organiser plusieurs réunions en mairie afin de rencontrer les
éleveurs concernés, l’objectif étant de les encourager à se regrouper et à travailler avec
l’ONF. Votre supérieur vous demande en conséquence de préparer les réunions à venir en
répondant aux points suivants :
1. quels sont les avantages du pastoralisme au regard du débroussaillement
mécanique dans les zones soumises au risque incendie ?
2. Pourquoi les éleveurs ont-ils intérêt à se regrouper pour exploiter collectivement
les pâturages et les troupeaux, et selon quel moyen ?
3. Comment l’ONF et (ou) les communes concernées peuvent-ils encourager les
éleveurs à utiliser les espaces ouverts dont ils ont la charge ?
Toutefois, lors d’un premier contact, les éleveurs d’un département se sont montrés réticents
à utiliser certains terrains comme lieu de pâturage, la présence du loup ayant été signalée
par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), et ce à plusieurs reprises
sur cette zone depuis février 2012.
Vous préparerez donc ensuite une note d’une page maximum à l’attention de votre supérieur,
précisant quelles sont, en règle générale, les aides possibles dont peuvent bénéficier les
éleveurs, les conditions d’éligibilité des dossiers ainsi que les services régionaux et
départementaux de l’État intervenant dans l’instruction des dossiers.
Enfin, le préfet de ce département a arrêté, le 1er juillet 2014, la liste des communes incluses
dans les cercles 1 et 2 de prédation. Trois éleveurs de moutons, Messieurs Berger
(450 animaux), Bélier (380 animaux) et Pasteur (520 animaux), tous trois situés dans une
zone où la prédation sur le cheptel domestique a été constatée plusieurs fois au cours des
deux dernières années, envisagent se se regrouper pour faire paître leurs troupeaux en une
seule unité de conduite sur les mêmes pâturages. Répondez succinctement à leurs deux
questions :
1. peuvent-ils bénéficier d’une aide pour acquérir un chien de protection d’une valeur
de 1 300 € et en assurer l’entretien ?
2. Dans l’affirmative, auraient-ils droit à d’autres aides ?
150
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Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 89
Documentation
Nombre de
N° Document
pages
63
1
157
90 Le cas pratique aux concours
Document 1
Résumé : La présente circulaire précise les dispositions du chapitre II, relatif à la protection
et à la mise en valeur des espaces pastoraux, de la loi relative au développement des
territoires ruraux du 23 février 2005 et de l’ordonnance du 1er juillet 2004 relative aux
associations syndicales de propriétaires.
Bases juridiques :
– Code rural : articles L135-3 à L135-12, article L411-11, article L142-6, articles L481-1 à
L481-3, article L211-23.
– Code forestier : articles 136-1, 146-1 et 147-1.
– La loi n° 2005-157 du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux.
– L’ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004 relative aux associations syndicales de
propriétaires.
– Décret n° 2006-504 du 3 mai 2006 portant application de l’ordonnance n° 2004-632 du
1er juillet 2004 relative aux associations syndicales de propriétaires.
DESTINATAIRES
Pour exécution : Pour information :
– Mmes et MM. les préfets de département – Administration centrale
– Mmes et MM. les directeurs départementaux de – Mmes et MM. les préfets de région
l’agriculture et de la forêt. – Mme et MM. les directeurs régionaux de
l’agriculture et de la forêt
– Direction générale de l’Office national des
forêts
– Syndicats et organismes agricoles (APCA,
CFCA, CNJA, CNMCCA, FNSEA, Confédération
paysanne, Coordination rurale, MODEF)
– Association nationale des élus
– Association française de pastoralisme.
Le cas pratique
Le cas pratique
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Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 91
des espaces qu’ils utilisent par le propriétaire et n’aient à subir des pénalités prévues par la
réglementation communautaire sur les aides.
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92 Le cas pratique aux concours
– Hors des zones de montagne, un seul arrêté délimite l’aire pastorale et fixe la durée et le
loyer des conventions après un avis unique de la chambre d’agriculture.
Cette disposition lève les freins qui, dans de nombreux départements, avaient rendu le
développement des conventions de pâturage quasiment impossible.
2004. Cet article précise que les propriétaires qui, dûment convoqués ou avertis des
Le cas pratique
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Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 93
conséquences de leur abstention, ne formuleraient pas leur opposition par écrit avant la
réunion de l’assemblée générale ou par un vote à cette assemblée sont considérés comme
ayant adhéré à l’association.
Ce dispositif d’acceptation tacite ne résout pas le problème des propriétaires inconnus ou
dont la trace a été perdue. Dès lors que ceux-ci ne peuvent pas être considérés comme
ayant été « dûment convoqués ou avertis », ils ne sont pas classés par le préfet dans la
catégorie des propriétaires tacitement favorables, mais dans celle des propriétaires opposés
à la création de l’association pastorale. Ces propriétaires inconnus pouvaient donc
durablement et involontairement empêcher que la majorité requise pour la mise en place de
l’association soit atteinte.
L’article 122 de la LDTR prévoit que les parcelles des propriétaires non identifiés et qui ne se
sont pas manifestés à la suite de leur convocation pour la constitution de l’association sont
incluses d’office dans le périmètre de l’AFP pour une durée de 5 ans. L’association foncière
pastorale peut alors les mettre à disposition d’éleveurs pour une durée de cinq ans, dans le
cadre d’une convention pluriannuelle de pâturage. Le renouvellement de la convention
intervient à la suite d’un nouvel affichage dans les mairies et d’une nouvelle publication dans
un journal d’annonces légales.
La prorogation de l’exonération de la taxe sur le foncier non bâti sur les espaces
pastoraux
La loi n° 95-95 du 1er février 1995 de modernisation de l’agriculture avait introduit
l’exonération du foncier non bâti pour les associations foncières pastorales pour une durée
de dix ans s’achevant en 2005. Cette disposition a été bénéfique pour l’utilisation des
espaces pastoraux. Le I de l’article 123 prolonge l’exonération de la taxe sur le foncier non
bâti pour les associations foncières pastorales pour une nouvelle durée de dix ans à compter
de 2005, soit jusqu’aux impositions établies au titre de 2014.
Pour les parcelles qui remplissent les conditions au 1er janvier 2005 (soit parce que la
parcelle entre pour la première fois dans le champ d’application du dégrèvement, soit parce
qu’elle continue à satisfaire aux conditions prévues par l’article 1398 A du Code général des
impôts), le dégrèvement pourra être accordé pour une durée maximale de dix ans. En
revanche, en cas de création d’une association foncière pastorale au 30 juillet 2007, la durée
du dégrèvement sera au maximum de sept ans (de 2008 à 2014) pour les parcelles qui
rempliront les conditions au 1er janvier 2008 (instruction fiscale 6 B-1-05 n° 106 du 20 juin
2005).
Le II de l’article 123 modifie par ailleurs les obligations déclaratives. Pour bénéficier du
dégrèvement, les obligations déclaratives incombant initialement aux propriétaires sont
transférées aux associations foncières pastorales. Ces dernières doivent souscrire pour le
compte des propriétaires concernés, avant le 31 janvier de chaque année, une déclaration
indiquant, par commune et par propriétaire, la liste des parcelles concernées au 1er janvier
de l’année d’imposition. Cette déclaration doit être accompagnée des justifications
nécessaires. La souscription de cette déclaration vaut demande de dégrèvement de la part
du propriétaire. À défaut de déclaration, le dégrèvement n’est pas accordé.
Partie II : Exemples commentés de cas pratiques
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1
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94 Le cas pratique aux concours
Document 2
Legifrance.gouv.fr
LE SERVICE PUBLIC DE LA DIFFUSION DU DROIT
Chemin :
Code rural et de la pêche maritime
> Partie législative
> Livre Ier : Aménagement et équipement de l’espace rural
> Titre III : Les associations foncières
> Chapitre V : Les associations foncières pastorales.
Article L135-1
> Créé par Loi 92-1283 1992-12-11 annexe JORF 12 décembre 1992
Dans les régions délimitées en application de l’article L. 113-2, des associations syndicales,
dites « associations foncières pastorales », peuvent être créées. Elles regroupent des
propriétaires de terrains à destination agricole ou pastorale ainsi que des terrains boisés ou
à boiser concourant à l’économie agricole, pastorale et forestière dans leur périmètre. Sous
réserve des dispositions de leurs statuts, elles assurent ou font assurer l’aménagement,
l’entretien et la gestion des ouvrages collectifs permettant une bonne utilisation de leurs
fonds ainsi que les travaux nécessaires à l’amélioration ou à la protection des sols. Elles
peuvent assurer ou faire assurer la mise en valeur et la gestion des fonds à destination
pastorale ou agricole ainsi que des terrains boisés ou à boiser inclus à titre accessoire dans
leur périmètre.
Les associations foncières pastorales peuvent donner à bail les terres situées dans leur
périmètre à des groupements pastoraux définis à l’article L. 113-3 ou à d’autres personnes,
physiques ou morales, s’engageant à respecter les conditions minimales d’équipement et
d’exploitation qui pourront être édictées par le préfet.
Elles peuvent, à titre accessoire seulement, et à condition que la gestion en soit confiée à
des tiers, autoriser ou réaliser des équipements à des fins autres qu’agricoles ou forestières,
mais de nature à contribuer au maintien de la vie rurale et à des actions tendant à la
favoriser.
Cite :
Code rural - art. L113-2 (V)
Code rural - art. L113-3 (V)
Cité par :
Code rural - art. L113-2 (V)
Code rural - art. L135-12 (V)
Code rural - art. L135-5 (V)
Code rural - art. L135-6 (V)
Codifié par :
Loi 92-1283 1992-12-11
Anciens textes :
Loi 72-12 1972-01-03 art. 2
Le cas pratique
Le cas pratique
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Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 95
Document 3
Legifrance.gouv.fr
LE SERVICE PUBLIC DE LA DIFFUSION DU DROIT
Chemin :
Code rural et de la pêche maritime
> Partie législative
> Livre Ier : Aménagement et équipement de l’espace rural
> Titre Ier : Développement et aménagement de l’espace rural
> Chapitre III : Agriculture de montagne et mise en valeur pastorale
> Section 2 : La mise en valeur pastorale.
Article L113-3
> Créé par Loi 92-1283 1992-12-11 annexe JORF 12 décembre 1992
> Modifié par Loi n° 2005-157 du 23 février 2005 - art. 120 JORF 24 février 2005
Dans les régions délimitées en application de l’article L. 113-2, des groupements dits
« groupements pastoraux » peuvent être créés dans les formes prévues par les lois et
règlements en vigueur pour la constitution de sociétés, associations, syndicats et
groupements d’intérêt économique, en vue de l’exploitation de pâturages. Si une personne
morale autre que les sociétés d’intérêt collectif agricole, groupements agricoles d’exploitation
en commun, exploitations agricoles à responsabilité limitée ou coopératives agricoles adhère
au groupement pastoral, celui-ci ne peut être constitué que sous la forme d’une société dans
laquelle les exploitants agricoles locaux doivent détenir la majorité du capital social.
Les groupements pastoraux sont soumis à l’agrément du préfet et doivent avoir une durée
minimale de neuf ans.
Lorsque les pâturages à exploiter inclus dans le périmètre d’une association foncière
pastorale sont situés principalement en zone de montagne, une priorité d’utilisation est
accordée, sous réserve des dispositions de l’article L. 411-15, aux groupements pastoraux
comptant le plus d’agriculteurs locaux ou, à défaut, comptant le plus d’agriculteurs installés
dans les zones de montagne mentionnées à l’article L. 113-2.
Cite :
Code rural - art. L113-2 (V)
Code rural - art. L411-15 (V)
Cité par :
Partie II : Exemples commentés de cas pratiques
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96 Le cas pratique aux concours
Document 4
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Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 97
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98 Le cas pratique aux concours
● Aide au démarrage.
● Aides agro-environnementales.
Le cas pratique
Le cas pratique
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160
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 99
● 2 membres minimum.
● Chacun peut amener son troupeau dès lors qu’il justifie d’un minimum
d’intérêt commun et qu’il participe (entretien des accès, point d’eau,
parcs de contention commun, etc.).
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100 Le cas pratique aux concours
Document 5
Le domaine géré
AGRICULTURE ET FORÊT, UNE ENTENTE SALUTAIRE
Les activités agro-pastorales et forestières jouent un rôle majeur dans le façonnage des
espaces naturels du Sud-Ouest. Des enjeux parfois contradictoires ont pu être source de
tensions dans le passé, mais le dialogue mis en place depuis quelques années et la prise de
conscience d’une complémentarité ont permis de développer une politique partenariale qui
profite à chacun. Zoom sur une collaboration aux multiples facettes.
Des conventions pluriannuelles de pâturage fixent le cadre de cette mise à disposition pour une
période de 5 et 9 ans. Elles sont signées par le préfet et définissent les zones allouées, les
bénéficiaires et leurs responsabilités, notamment envers les équipements : clôture, parc de contention,
pédiluve, captage d’eau, abreuvoir, passages canadiens, cabanes pastorales…
Dans l’Ariège, où les milieux ouverts ont tendance à se refermer, le Conseil général encourage le
pâturage. Une quarantaine de groupements pastoraux bénéficient actuellement des estives
domaniales dans ce département où 27 % des landes et pelouses sont gérées par l’Office.
Mais au-delà de la mise à disposition, c’est un véritable partenariat qui est mis en place entre les
associations pastorales et l’ONF. La Fédération pastorale de l’Ariège, très active, joue un rôle de
médiateur pour organiser la bonne répartition de l’espace. À l’ONF, certains agents animent des
groupes de correspondants pastoraux afin de faciliter le déroulement juridique ou technique des
procédures de financement. « Le pastoralisme est une activité qui apporte beaucoup sur le plan du
paysage et de la biodiversité », explique Catherine André, responsable d’un de ces groupes. « Il est
aussi favorable à l’emploi en montagne. »
L’ONF et les associations pastorales travaillent ensemble à plusieurs autres occasions. Ainsi :
• l'Office participe à l’élaboration de diagnostics pastoraux sur l’organisation des pâturages ;
• il participe également au réseau pastoral pyrénéen, animé par le Service d’utilité agricole
interchambre d’agriculture des Pyrénées (SUAIA-P) ;
• la Fédération pastorale de l’Ariège (FPA) et l’ONF ont signé une convention de partenariat favorisant
l’échange d’informations.
Le cas pratique
Le cas pratique
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Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 101
Document 6
AMÉNAGEMENTS DFCI :
Le site Natura 2000 de l’Estérel est recouvert à 97,5 % de forêts, ce qui le rend
extrêmement vulnérable aux incendies.
C’est pourquoi les aménagements liés à la Défense des forêts contre les incendies (DFCI)
élaborés dans le cadre du PDAF de Saint-Raphaël et du PIDAF du SIPME y sont très
nombreux.
La réalisation et l’entretien de ces ouvrages sont assurés par le SIPME, les APFM
(auxiliaires pour la protection de la forêt méditerranéenne employés par l’ONF sur la
domaniale) et les communes du site.
Au vu du coût engendré, les travaux sont effectués d’un point de vue réglementaire, calibrés
sans attention particulière en termes d’impact sur les milieux et les paysages (pas de
désinfection des outils, d’élagage sélectif…). Toutefois, les communes ont déjà mis en place
des techniques plus affinées et respectueuses sur les espaces verts sauvages périurbains
(quartier des Veyssières, de Valescure…), ce qui est très intéressant.
Les ouvrages de DFCI sont installés dans des secteurs à l’abri du vent. Ces secteurs font
l’objet d’un débroussaillement et d’une éclaircie d’arbres afin d’ôter toute continuité
horizontale et verticale à la transmission des flammes, constituant ainsi une véritable
coupure de combustible. Ces aménagements doivent permettre de mener à la fois des
actions sécurisées de maîtrise des feux naissants et de lutte contre les incendies par fort
mistral.
On distingue les ouvrages d’appui et les ouvrages de liaison :
>> les ouvrages d’appui sont desservis par une piste, débroussaillés sur une largeur de 50
à 150 m selon la fonction de l’ouvrage et sont également équipés de points d’eau (citernes
de 30 m3) à intervalle de 2 km environ ;
>> les ouvrages de liaison regroupent les réseaux de pistes, d’une largeur de 4 m minimum,
avec des zones dépourvues de strates arborées sur une largeur de 2 m minimum de chaque
côté (appelées glacis) et un élagage des arbres jusqu’à 2,50 m au moins.
Partie II : Exemples commentés de cas pratiques
75
1
169
102 Le cas pratique aux concours
État du réseau :
250 ha de pare-feux et environ 141 km de pistes DFCI existent sur le site de l’Estérel, ainsi
qu’une quarantaine de citernes d’eau.
La création des pistes DFCI programmées par le PDAF de Saint-Raphaël et le PIDAF du
SIPME est achevée. Le réseau existant fait l’objet de travaux dits « d’entretien » (coût : 800
à 1 500 €/ha) et est, sur certains ouvrages, pâturé.
Toutefois, des travaux de mise aux normes et de sécurisation, dits « débroussaillement
d’ouverture » (coût : 4 500 €/ha à 8 000 € quand difficiles), sont nécessaires et programmés
sur différents secteurs :
>> la piste de liaison du petit Gondin (600 mètres de long) et celle des petits Caous
(400 m), toutes deux situées à Saint-Raphaël mais dont uniquement la première est située
dans le périmètre Natura 2000. Elles font l’objet d’un dossier de passage en commission des
sites et les travaux devraient être réalisés en 2011 par la commune ;
>> la piste de liaison du Balladou allant du col du Mistral au col des 3 Termes (8 km).
Étant donné le montant des travaux (160 000 €), ils devraient être réalisés de 2010 à 2012
par l’ONF ;
>> le pare-feu allant du Gratadis à Plan Esterel via Roussivau (orienté nord-sud), dont
les 250 ha sont pâturés par un troupeau ovin depuis sa création en 1995, sera débroussaillé
mécaniquement en 2010 pour diminuer les refus.
LE PASTORALISME :
Le cas pratique
Le cas pratique
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164
170
sauvage ainsi qu’une destruction potentielle des populations de tortues d’Hermann.
>> Si l’élagage est mal réalisé : détérioration de certains arbres augmentant leur vulnérabilité
vis-à-vis d’autres stress (sècheresse, insectes xylophages…).
>> Si les instruments ne sont pas désinfectés : risque de propagation de pathologies par
contact.
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 103
>> Un débroussaillement « d’ouverture » peut favoriser la colonisation par l’espèce
envahissante qu’est l’Acacia dealbata : en tant qu’espèce pionnière, elle semble profiter des
ouvertures ainsi réalisées pour coloniser l’espace au détriment des espèces indigènes
(arbousiers, bruyères, pins, chênes…), diminuant de fait la biodiversité locale. Sans compter
qu’elle présente des substances inflammables qui ne feront qu’accentuer le feu lors de son
passage.
LE PASTORALISME :
À noter que des clôtures mobiles électrifiées sont utilisées pour accompagner le
déplacement des troupeaux et qu’au-delà du défrichement, la production de viande par la
vente d’agneaux (1 par brebis) permet de subvenir aux besoins des bergers.
De plus, les problèmes rencontrés avec des chiens non tenus en laisse (malgré l’obligation)
qui attaquaient le troupeau ne sont plus d’actualité et il n’y a pas de conflits d’usages avec
les randonneurs, VTT ou autres activités.
Problématiques :
>> Contrairement aux Maures, qui abritent plusieurs élevages ovins et caprins et accueillent
des transhumances hivernales, l’Esterel offre des conditions assez difficiles pour le
pastoralisme ovin car le maquis n’est pas utilisable par les moutons et le climat y est difficile
(sécheresse). En effet, les problèmes rencontrés sont liés à la ressource car, lors de la
création du pare-feu, des ensemencements de diverses légumineuses et graminées,
notamment du trèfle souterrain représentant un excellent apport nutritif pour les ovins,
avaient été réalisés. Ils n’ont pas résisté à la sécheresse de ces dernières années et à la
pauvreté des sols. La prairie naturelle est trop sèche et peu nourrissante pour le troupeau en
place et la bergère doit de plus en plus apporter un complément de nourriture, ce qui soulève
la question de la pérennité de l’activité ovine sur le site.
>> Retombées économiques directes : maintien d’une activité économique en déclin et
moindre coût au vu d’un débroussaillement mécanique.
Partie II : Exemples commentés de cas pratiques
77 1
171
104 Le cas pratique aux concours
Environ 6 personnes par an demandent à s’installer dans l’Estérel pour créer leur
exploitation avec des caprins ou ovins mais leur demande n’est pas accordée par les
organismes agricoles étant donné les limites du site. Ils ont en général 25/30 ans et
pourraient profiter des aides prescrites aux jeunes agriculteurs.
>> Entretien non mécanisé des espaces débroussaillés permettant de réduire les impacts
sur la faune et les arbres.
>> Maintien d’ouvertures de milieux propices au développement d’habitats à forte valeur
patrimoniale.
>> Ce système de gestion favorise une meilleure défense de la forêt contre l’incendie.
>> En cas de surpâturage : dégradation des milieux et accélération de l’érosion des sols.
>> En cas de surpâturage à proximité d’un point d’eau, d’une mare : eutrophisation possible
de ceux-ci (algues vertes…) et, ainsi, modification du fonctionnement de la mare et de toute
sa biocénose (cas concret sur le Haut Var de trois mares successives pâturées par des
vaches donc l’eutrophisation a commencé…).
>> Ce n’est qu’exceptionnel (1 ou 2 fois tous les 5 ans) mais les moutons sont vermifugés
avec un traitement à base d’ivermectine dont les effets écotoxicologiques ont des
répercussions sur l’écologie des pâturages (faune et flore associée).
78
166
172
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 105
Document 7
N° NOR AGRT1403182J
Objet : Mesures de « protection des troupeaux contre la prédation » mises en œuvre dans le
cadre du dispositif intégré en faveur du pastoralisme (323 C1) du PDRH pour la campagne
2014.
Destinataires d’exécution
MM. les Préfets des régions Alsace, Franche-Comté, Languedoc-Roussillon, Lorraine PACA et
Rhône-Alpes
MM. les Préfets des départements 01, 04, 05, 06, 11, 25, 26, 30, 34, 38, 48, 54, 55, 57, 66, 67,
68, 73, 74, 83, 84, 88 et 89
MM. les Directeurs régionaux de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt des régions Alsace,
Franche-Comté, Languedoc-Roussillon, Lorraine, PACA et Rhône-Alpes
MM. les Directeurs départementaux des territoires 01, 04, 05, 06, 11, 25, 26, 30, 34, 38, 48, 54,
55, 57, 66, 67, 68, 73, 74, 83, 84, 88 et 89
Résumé : Cette instruction précise les dispositions relatives aux mesures de protection des
troupeaux contre la prédation dans le cadre du dispositif intégré en faveur du pastoralisme.
Elle prévoit les conditions de mise en œuvre des mesures pour la campagne 2014.
Partie II : Exemples commentés de cas pratiques
Seules sont concernées par cette mesure les régions suivantes : Rhône-Alpes, Provence-
Alpes-Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon, Alsace, Lorraine et Franche-Comté.
1. PRINCIPES GÉNÉRAUX
Ces mesures trouvent leur place dans le cadre général du dispositif intégré en faveur du
pastoralisme correspondant au dispositif 323 C du Plan de développement rural hexagonal
qui vise à soutenir, d’une part, les actions de sensibilisation environnementale et, d’autre part,
79 1
173
106 Le cas pratique aux concours
1.1. Objectif
Le domaine pastoral recouvre de vastes espaces de faible productivité qui sont des
territoires naturels fragiles, siège d’une biodiversité floristique et faunistique remarquable et
ordinaire. Cette fragilité se traduit également par des risques naturels potentiels dont la
prévention passe par la bonne conduite des troupeaux.
Le dispositif proposé vise à assurer le maintien de l’activité pastorale malgré la contrainte
croissante de prédation. Il permet d’accompagner les éleveurs dans l’évolution de leurs
systèmes d’élevage en limitant les surcoûts liés à la protection des troupeaux contre la
prédation.
Ce dispositif s’inscrit dans une politique française d’accompagnement du retour du loup, qui
a le double objectif d’assurer l’état de conservation favorable à l’espèce et de réduire les
contraintes économiques induites pour l’élevage pastoral.
2. CONDITIONS D’ÉLIGIBILITÉ
Pour prendre en compte la diversité des systèmes d’élevage touchés par la prédation, le
dispositif se décline en fonction de la taille du troupeau et de la durée de son pacage
en zone de prédation.
Les surfaces exploitées par les troupeaux n’interviennent pas dans le calcul de l’aide.
80
168
174
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 107
L’aide est attribuée par troupeau, défini comme une unité de conduite. Lorsqu’un bénéficiaire
possède plusieurs unités de conduite distinctes, il ne peut souscrire qu’un seul contrat mais il
bénéficie pour chaque unité du plafond d’aide maximal prévu par unité de conduite et des
options correspondantes.
La taille du troupeau correspond à l’effectif réel prévu en début de la période de pâturage et
déclaré par l’éleveur, c’est-à-dire le nombre total d’animaux ovins et caprins quel que soit
leur âge composant l’unité de conduite. Si l’effectif est amené à varier durant la saison, il doit
cependant toujours correspondre à la catégorie déclarée. La variation des effectifs au sein
d’une unité de conduite et le changement du mode de conduite du troupeau intervenant en
cours de saison ne correspondent pas à la formation d’une nouvelle unité de conduite si les
périodes de pâturage se succèdent sans changement de catégorie de taille de troupeau.
Dans ces circonstances, le plafond d’aide global de la catégorie de taille de troupeau
considérée n’est appliqué qu’une seule fois. Il appartient au demandeur d’effectuer, en
fonction de la catégorie du troupeau, le choix et la combinaison d’options la plus appropriée
au(x) mode(s) de conduite de son troupeau sur la saison. Les options souscrites doivent être
respectées pendant toute la durée de la ou des périodes d’engagement.
Le service instructeur procède à un contrôle de cohérence de cette déclaration d’effectifs sur
la base des informations dont il dispose, notamment les déclarations de transhumance
établies auprès des directions départementales de la protection des populations, la
déclaration à l’aide ovine ou caprine, l’attestation délivrée par le préfet suite à une visite sur
place, le cahier de pâturage de l’année précédente ou le cahier d’agnelage.
Les communes d’application du dispositif couvrent les zones de pacage, comme les estives
et les parcours d’intersaison, subissant une pression de prédation. Elles incluent les zones
de présence permanente du prédateur où l’ensemble des mesures est applicable, ainsi que
Partie II : Exemples commentés de cas pratiques
81
1
175
108 Le cas pratique aux concours
lors qu’aucun constat ou indice probable ou confirmé par l’ONCFS n’a été révélé pendant
deux années consécutives. En cas de prédation avérée sur une commune ou une partie de
commune et sur la base des données complémentaires transmises par l’ONCFS, le préfet
peut compléter l’arrêté précité jusqu’au 1er mai.
Le premier cercle correspond aux zones où la prédation sur le cheptel domestique a été
constatée une ou plusieurs fois au cours des deux dernières années. Les communes ou
parties de commune dans lesquelles aucun constat ou indice de présence probable ou
confirmé par l’ONCFS n’a été relevé pendant deux années consécutives ne peuvent être
classées en cercle 1.
Toutefois, les communes ou parties de commune enclavées entre des communes ou parties
de commune du premier cercle ou qui sont limitrophes de telles communes et comprennent
une entité pastorale en cohérence avec ces dernières peuvent être incluses dans le
« cercle 1 » dès lors que le risque de prédation est élevé.
Le deuxième cercle correspond aux zones où des actions de prévention sont nécessaires
du fait de la survenue possible de la prédation par le loup pendant l’année en cours.
Délimitation des parties de communes : il convient d’utiliser cette disposition notamment
pour les vallées, les zones habitées et à proximité des villages où, bien qu’en commune de
cercle 1, le risque de prédation peut être considéré comme négligeable. À cette fin, vous
mentionnerez dans l’arrêté préfectoral les seules parties de communes incluses dans le
cercle 1 en utilisant une limite altitudinale ou en faisant référence au tracé de la limite sur
une carte IGN au 25 000e déposé en DDT(M), de la façon suivante (exemple) :
• commune d’Ornon (au-dessus de la courbe de niveau 900 m uniquement) ;
• commune d’Ornon (dans les limites tracées par la direction départementale des territoires).
Par souci de clarté entre les bénéficiaires, les instructeurs et le corps de contrôle, la DDT(M)
fournira une carte des cercles 1 et 2, avec les délimitations infracommunales, aux
délégations régionales de l’ASP, à la DRAAF, à la DREAL et à la DGPAAT.
Les options auxquelles peuvent souscrire les demandeurs sont définies en fonction des
caractéristiques de la présence du prédateur, de l’élevage et des pratiques de l’éleveur afin
d’obtenir une protection optimale des troupeaux contre la prédation.
– Lorsque le souscripteur exerce, pour une unité de conduite donnée, son activité de
pâturage en cercle 1 pendant au moins 30 jours consécutifs : il doit respecter ses
engagements relatifs aux options choisies pour toute la période passée effectivement durant
l’année sur les communes du cercle 1.
– Lorsque le souscripteur exerce, pour une unité de conduite donnée, son activité de
pâturage en cercles 1 et 2 plus de 30 jours consécutifs mais moins de 30 jours
consécutifs en cercle 1 : il doit respecter ses engagements relatifs aux options choisies
dans le cahier des charges pour toute la période passée durant l’année sur les communes
des cercles 1 et 2.
Il est souligné que le tableau prévisionnel du parcours pastoral figurant dans le formulaire de
demande n’est qu’un support pour calibrer l’engagement financier et qu’il ne constitue pas un
engagement de la part de l’éleveur sur les dates d’entrée et sortie au pâturage et sur les
durées qu’il passera effectivement en zone d’éligibilité.
L’aide à la protection des troupeaux contre les grands prédateurs a pour objectif de couvrir
une partie des surcoûts liés aux adaptations des activités que les éleveurs sont amenés à
Le cas pratique
82
170
176
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 109
Il existe 5 options :
1- gardiennage renforcé ;
2- parc de regroupement mobile électrifié (par exemple : surface < 1 ha) ;
3- chiens de protection ;
4- parc de pâturage de protection renforcée électrifié (différent du parc de regroupement) ;
5- analyse de vulnérabilité.
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177
110 Le cas pratique aux concours
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172
178
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 111
Commentaire
Le sujet s’organise autour d’une commande multidimensionnelle, ce qui constitue
le principal écueil de l’épreuve. La thématique retenue présente aussi quelques dif-
ficultés car elle semble assez technique sous certains de ses aspects.
Au total, on vous demande de produire trois documents distincts, chacun devant
apporter des réponses à plusieurs questions. La commande est formulée explicitement
mais elle apparaît très volumineuse : elle appelle en effet à répondre à huit questions.
Cette difficulté exigera une extrême rigueur dans l’exploitation du dossier afin
d’identifier tous les éléments de réponse qui permettront d’apporter des solutions
à chaque question posée.
Il conviendra également de bien gérer votre travail afin de pouvoir réaliser en trois
heures les trois documents demandés. La difficulté est ainsi double : la commande
suppose à la fois de produire un assez grand nombre de documents et de répondre,
dans chacun d’eux, à de nombreuses questions.
Une analyse plus précise de la commande permet de comprendre qu’il faudra répondre
à plusieurs questions, contenues dans les trois parties de celle-ci.
Dans la première partie de la commande :
« – Quels sont les avantages du pastoralisme au regard du débroussaillement méca-
nique dans les zones soumises au risque incendie ?
– Pourquoi les éleveurs ont-ils intérêt à se regrouper pour exploiter collectivement
les pâturages et les troupeaux et selon quel moyen ?
– Comment l’ONF et (ou) les communes concernées peuvent-ils encourager les
éleveurs à utiliser les espaces ouverts dont ils ont la charge ? »
Dans la deuxième partie :
– Quelles sont « les aides possibles dont peuvent bénéficier les éleveurs » ?
– Quelles sont « les conditions d’éligibilité des dossiers » ?
– Quels sont « les services régionaux et départementaux de l’État intervenant dans
l’instruction des dossiers » ?
Dans la troisième partie :
– Les éleveurs « peuvent-ils bénéficier d’une aide pour acquérir un chien de pro-
tection d’une valeur de 1 300 euros et en assurer l’entretien ? »
– « Dans l’affirmative, auraient-ils droit à d’autres aides ? »
Quant à la forme des documents à produire, il est simplement précisé que la réponse
au deuxième point de la commande doit prendre la forme d’une note d’une page au
maximum. Pour la première et la troisième parties, aucune consigne n’est formulée ;
le candidat a donc la liberté de choisir la forme qui lui semble la plus adaptée. Même
si vous pouvez répondre à ces différentes questions sans respecter de formalisme
particulier, il est toujours intéressant de montrer au jury votre capacité à vous pro-
jeter dans votre futur environnement professionnel. Dès lors, comme vous le feriez
en situation professionnelle, il est possible, et recommandé, de rédiger les réponses
dans un document de type « fiche ».
troupeaux contre
Les groupements
Article L. 113-3-1
Le domaine géré
Article L. 135-1
Aménagement
protection des
Instruction –
pastoralisme
Circulaire de
la prédation
Code rural
Code rural
pastoraux
DFCI et
Doc. 1
Doc. 2
Doc. 3
Doc. 4
Doc. 5
Doc. 6
Doc. 7
2007
troupeaux contre
Les groupements
Article L. 113-3-1
Le domaine géré
Article L. 135-1
Aménagement
protection des
Instruction –
pastoralisme
la prédation
Code rural
Code rural
pastoraux
DFCI et
Doc. 1
Doc. 2
Doc. 3
Doc. 4
Doc. 5
Doc. 6
Doc. 7
contre la prédation
Circulaire de 2007
Les groupements
Article L. 113-3-1
Le domaine géré
Article L. 135-1
Aménagement
des troupeaux
pastoralisme
Instruction –
Code rural
Code rural
protection
pastoraux
DFCI et
Doc. 1
Doc. 2
Doc. 3
Doc. 4
Doc. 5
Doc. 6
Doc. 7
Question 3 : Possibilité de passer des Concertation
Comment l’ONF/ conventions pluriannuelles avec les
les communes de pâturage entre les éleveurs.
concernées peuvent- gestionnaires ou propriétaires
ils encourager les et les éleveurs ; éviter d’avoir
éleveurs à utiliser à passer par la convention
les espaces ouverts de concession (trop lourde) ;
dont ils ont la durée : de 5 à 9 ans.
charge ?
contre la prédation
Circulaire de 2007
Les groupements
Article L. 113-3-1
Le domaine géré
Article L. 135-1
Aménagement
des troupeaux
pastoralisme
Instruction –
Code rural
Code rural
protection
pastoraux
DFCI et
Doc. 1
Doc. 2
Doc. 3
Doc. 4
Doc. 5
Doc. 6
Doc. 7
Les groupements
Article L. 113-3-1
Le domaine géré
Article L. 135-1
Aménagement
des troupeaux
pastoralisme
Instruction –
Code rural
Code rural
protection
pastoraux
DFCI et
Doc. 1
Doc. 2
Doc. 3
Doc. 4
Doc. 5
Doc. 6
Doc. 7
contre la prédation
Circulaire de 2007
Les groupements
Article L. 113-3-1
Le domaine géré
Article L. 135-1
Aménagement
des troupeaux
pastoralisme
Instruction –
Code rural
Code rural
protection
pastoraux
DFCI et
Doc. 1
Doc. 2
Doc. 3
Doc. 4
Doc. 5
Doc. 6
Doc. 7
Question 6 : Le préfet de département arrête la liste
Quels sont les des communes ou des parties de communes
services régionaux correspondant aux cercles 1 et 2 ; données
et départementaux d’indices de présence biologique transmises
de l’État intervenant par les DREAL données de l’ONCFS relatives
dans l’instruction à la présence des loups ; instruction de la
des dossiers ? demande : DDT, DRAAF (instruction des dossiers
d’indemnisation).
contre la prédation
Circulaire de 2007
Les groupements
Article L. 113-3-1
Le domaine géré
Article L. 135-1
Aménagement
des troupeaux
pastoralisme
Instruction –
Code rural
Code rural
protection
pastoraux
DFCI et
Doc. 1
Doc. 2
Doc. 3
Doc. 4
Doc. 5
Doc. 6
Doc. 7
Question 7 : Constitution Achat du chien (375 €)
Les éleveurs peuvent- d’un + dépenses d’entretien
ils bénéficier d’une groupement (652 €) + stérilisation (250 €)
aide pour acquérir un pastoral. + test de comportement
chien de protection (500 €).
d’une valeur de
1 300 € et en assurer
l’entretien ?
contre la prédation
Circulaire de 2007
Les groupements
Article L. 113-3-1
Le domaine géré
Article L. 135-1
Aménagement
des troupeaux
pastoralisme
Instruction –
Code rural
Code rural
protection
pastoraux
DFCI et
Doc. 1
Doc. 2
Doc. 3
Doc. 4
Doc. 5
Doc. 6
Doc. 7
b) Élaboration du plan
Pour la première et la troisième parties de la commande, il s’agit « simplement » de
répondre à des questions. Il suffit donc, en ne recherchant pas une structuration par-
ticulière pour la démonstration mais en tentant néanmoins de bien respecter l’ordre
proposé dans l’énoncé, de fournir, de façon opérationnelle, les réponses attendues.
Il est toutefois possible de les intégrer dans une ou deux fiches (les deux questions
portant sur des dimensions différentes, il est judicieux et logique de présenter les
réponses dans deux documents distincts). Pour plus de clarté, vous pourrez numé-
roter les réponses apportées à votre supérieur. Concernant la rédaction de la note
(qui doit faire moins d’une page), il convient d’articuler la démonstration autour
des trois dimensions énoncées dans la commande.
Plan proposé pour la note :
Introduction
I. Les aides dont peuvent bénéficier les éleveurs
II. Les conditions d’éligibilité
III. Les services régionaux et départementaux de l’État compétents en matière d’ins-
truction des dossiers
3. Corrigé proposé
a) Première fiche
Office national des forêts
Direction territoriale Méditerranée
Pôle Défense des forêts contre l’incendie
Fiche à l’attention de …
Objet : Organisation de votre prochaine rencontre avec les éleveurs
En vue des réunions que vous allez organiser en mairie, au cours desquelles vous
rencontrerez les éleveurs pour les encourager à se regrouper et à travailler avec notre
établissement, vous trouverez dans la fiche ci-dessous les éléments de réponse aux
questions que vous m’avez transmises.
I. Présentation des avantages du pastoralisme par rapport au débroussaillement
mécanique dans les zones soumises au risque incendie
Dans les zones soumises au risque incendie, le pastoralisme offre divers avantages par
rapport au débroussaillement mécanique. Tout d’abord, des avantages écologiques
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 119
b) Note
Office national des forêts
Direction territoriale Méditerranée
Pôle Défense des forêts contre l’incendie
Note à l’attention de …
Objet : La prédation des troupeaux
Lors des premiers contacts établis entre nos services et les éleveurs, certains se sont
montrés très réticents à utiliser des terrains comme lieu de pâturage en raison de la
présence, avérée par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS),
de loups depuis février 2012.
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 121
Afin de les rassurer et de les encourager à collaborer avec nos services, nous pouvons
communiquer auprès d’eux en leur précisant les aides dont ils peuvent bénéficier, les
critères d’éligibilité à remplir pour y prétendre et en leur indiquant quels sont les services
régionaux et départementaux de l’État qui interviennent dans l’instruction des dossiers.
I. Les aides dont peuvent bénéficier les éleveurs
Le montant des aides pouvant être accordées aux éleveurs dépend des options qu’ils
ont choisies et de la taille de leur troupeau. Ainsi, si la solution retenue induit l’uti-
lisation d’un chien de protection, l’aide est fixée à 1 777 euros (cette somme inclut
l’achat de l’animal, son suivi sanitaire, son dressage et son entretien courant). Ils
pourront également obtenir des aides en cas d’acquisition de parcs – de regroupement
ou de pâturage – mobiles ou fixes électrifiés. Dans cette hypothèse, le montant de
l’aide sera, là encore, fonction de la taille du troupeau. Enfin, ils peuvent obtenir
une aide, d’un montant maximal de 5 000 euros, pour faire analyser la vulnérabilité
de leur troupeau (quelle que soit la taille de celui-ci).
Les subventions portent donc sur cinq types d’action, dont le choix dépend des
risques de prédation : renforcement du gardiennage ; installation de clôtures mobiles
électrifiées ; mise en place de parcs de pâturage de protection renforcée électrifiés ;
achat de chiens de protection ; analyse de la vulnérabilité des troupeaux.
II. Les conditions d’éligibilité
Afin d’être éligibles, les dossiers doivent porter sur des terrains de pacage recouvrant
des zones de présence permanente du prédateur (appelées « cercle 1 ») ou des zones
de risques d’extension prévisible à court terme de la pression de prédation (dénom-
mées « cercle 2 »). Les subventions pourront ainsi être attribuées pour :
– des troupeaux pâturant en cercle 1 de prédation ou dans des zones enclavées entre
les cercles 1 et 2 pendant trente jours consécutifs au minimum ;
– des troupeaux pâturant plus de trente jours en cercles de prédation 1 et 2, dont
au moins trente jours consécutifs en cercle 1.
III. Les services régionaux et départementaux de l’État compétents en matière
d’instruction des dossiers
Les zones classées en cercle 1 ou 2 sont définies par le préfet de département, sur la
base des données transmises par l’ONCFS et la direction régionale de l’environne-
ment, de l’aménagement et du logement (DREAL). Celle-ci a également en charge les
dossiers d’indemnisation des dégâts ainsi que l’élaboration des relevés écologiques
et biologiques. À l’échelle régionale ou départementale, d’autres services sont com-
pétents en matière d’instruction des dossiers, telles que la direction régionale de
122 Le cas pratique aux concours
c) Seconde fiche
Office national des forêts
Direction territoriale Méditerranée
Pôle Défense des forêts contre l’incendie
Fiche à l’attention de …
Objet : Réponse aux questions soulevées par les cas de MM. Berger, Bélier et Pasteur
Pour faire suite aux demandes de trois éleveurs de moutons dont les cheptels sont
situés en zone de prédation (cercle 1) et qui envisagent de se regrouper pour faire
paître leurs troupeaux en une seule unité de conduite, il est possible de leur apporter
les réponses suivantes.
I. Les éleveurs peuvent-ils bénéficier d’une aide pour acquérir un chien de
protection d’une valeur de 1 300 euros et assurer son entretien ?
Les éleveurs, qui disposent d’un cheptel (450 têtes pour M. Berger, 380 pour M. Bélier
et 520 pour M. Pasteur) situé dans une zone où des cas de prédation (en cercle 1)
ont été constatés au cours des deux dernières années, ont décidé de faire paître leurs
bêtes sous une unique unité de conduite.
S’ils s’organisent en groupement pastoral, le troupeau compterait alors 1 350 animaux.
En cercle 1, pour un troupeau de cette taille, les éleveurs ont l’obligation de respecter
deux options, pour lesquelles ils peuvent toutefois obtenir des aides.
La première aide concerne l’acquisition d’un chien de protection, pour un montant
plafonné à 1 777 euros (soit 375 euros pour l’achat de l’animal, 652 euros pour son
entretien, 250 euros pour sa stérilisation et 500 euros pour le test de comportement).
La seconde porte sur l’option de gardiennage renforcé, pour laquelle ils devront opter
entre deux modalités d’organisation : soit le faire assurer par l’un des trois membres
du groupement, soit recruter un salarié.
II. Les éleveurs peuvent-ils prétendre à d’autres aides ?
Les trois éleveurs peuvent aussi demander une aide complémentaire en vue d’instal-
ler un parc de regroupement mobile électrifié. Il importe de leur rappeler que pour
bénéficier de ces aides, le groupement pastoral est obligé d’exercer son activité de
pâturage dans la zone pour laquelle les aides sont octroyées, pendant une durée qui
ne peut être inférieure à trente jours consécutifs.
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 123
Sujet 2
Les espaces France Services
CONCOURS EXTERNE COMMUN ET CONCOURS INTERNE
COMMUN POUR LE RECRUTEMENT
DANS LE PREMIER GRADE DE DIVERS CORPS DE
FONCTIONNAIRES DE CATEGORIE B
SESSION 2020
Épreuve n° 1 : Cas pratique avec mise en situation à partir d’un dossier documentaire pouvant
comporter des graphiques et des données chiffrées. Le dossier doit relever d’une problématique
relative aux politiques publiques et comporter plusieurs questions précédées d’une présentation
détaillée des attentes du jury destinées à mettre le candidat en situation de travail. (Dossier de 20
pages maximum).
Durée : 3 heures
Coefficient : 3
____
Il vous est rappelé que votre identité ne doit figurer que dans la partie supérieure de la bande en-
tête de la copie (ou des copies) mise(s) à votre disposition. Toute mention d’identité ou tout signe
distinctif porté sur toute autre partie de la copie ou des copies que vous remettrez en fin d’épreuve
entraînera l’annulation de votre épreuve.
Si la rédaction de votre devoir impose de mentionner des noms de personnes ou de villes et si ces
noms ne sont pas précisés dans le sujet à traiter, vous utiliserez des lettres pour désigner ces
personnes ou ces villes (A…, B…, Y…, Z…).
Assurez-vous que cet exemplaire est complet. Dans le cas contraire, demandez-en un autre au
responsable de la salle.
SUJET
Le gouvernement s’est engagé à déployer un réseau de services publics polyvalents – Les espaces France
Services – afin de permettre aux usagers de procéder aux principales démarches administratives du quotidien
dans un lieu unique, à moins de 30 mn de leur domicile. L’objectif est de couvrir chaque canton par au moins
une structure France Services d’ici à fin 2022.
Les préfets sont responsables de la mise en œuvre de cette politique publique dans leur département.
Le maire d’une commune rurale du département Z qui envisage d’accueillir une maison France Services,
interroge par courrier le préfet pour obtenir des informations à ce sujet.
Dans la perspective de cette rencontre, votre chef de bureau vous demande de rédiger une note à l’attention
du préfet, dans laquelle :
- Vous détaillerez les offres et les services attendus dans ces structures ;
- Vous préciserez les modalités d’accompagnement et les délais de réalisation maximum pour la
labellisation ;
- Enfin vous indiquerez les critères obligatoires du label concernant : l’accueil, les locaux, les jours et
horaires d’ouverture de cette maison France Services.
• Document 2 : Décret n° 2016-403 du 4 avril 2016 relatif aux droits des citoyens dans leurs relations
avec les administrations. (1 page).
• Document 4 : Circulaire du Premier ministre du 1er juillet 2019 relative à la création de France
Services et annexes de la circulaire (1-2-3-4-7) (10 pages)
• Document 5 : Article « Banque des territoires » sur les 460 premières maisons France Services
labellisées du 18 novembre 2019 (1 page).
Document 1
DOCUMENT 1
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fonctionnement de ce dispositif, et les modalités de mise en œuvre pour obtenir la
labellisation. Je vous remercie d’avance pour l’aide et le soutien que vous pourrez m’apporter
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DOCUMENT 1 - SUITE
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Document 2
128 Le cas pratique aux concours
Document 3
DOCUMENT 3
Résultat : la formation des agents polyvalents et les outils numériques qui seront mis à disposition des futurs espaces
France Services ont été expérimentés en septembre et octobre 2019 dans 6 départements pilotes (Ardennes, Calvados,
Hautes-Pyrénées, Ille-et-Vilaine, Vaucluse et Vendée). Après une phase d’audit qualité, environ 400 structures France
Services ont été sélectionnées pour une ouverture en janvier 2020. La liste est disponible sur le site du Commissariat
général à l’égalité des territoires1 . Dans chaque structure France Services labellisée, 6 opérateurs (La Poste, Pôle emploi,
Caisse Nationale d’Assurance Maladie, Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse, Caisse Nationale d’Allocations
Familiales, Mutualité Sociale Agricole), et 3 administrations partenaires (intérieur, impôts et justice) s’engagent à
garantir une offre de services et d’accompagnement. Au-delà de ces 9 partenaires, d’autres services publics et privés
pourront être présents dans les France Services labellisées.
- Aide au renouvellement des papiers d’identité (CNI / passeport) et du permis de conduire, accès au solde des points
du permis de conduire, aide au renouvellement de la carte grise.
- Accès en libre-service à l’ensemble du matériel nécessaire pour la réalisation des démarches administratives :
ordinateur, scanner, imprimante, webconférence pour rendez-vous à distance.
Décision : après ces premières ouvertures en janvier 2020, d’autres espaces France Services seront labellisés en 2020
et 2021. Les Maisons de Services Au Public (MSAP) existantes continueront de bénéficier des financements de l’État
(30 000 € par maison) jusqu’à fin décembre 2021, afin de les accompagner dans leurs démarches d’amélioration de la
qualité du service rendu et pour leur permettre de s’inscrire dans les nouveaux critères de labellisation France
Services.
1 - https://www.cget.gouv.fr/sites/cget.gouv.fr/files/atoms/files/carte_france-services.pdf
Document 4
DOCUMENT 4
Le Président de la République a décidé le 25 avril 2019 la mise en place d'un réseau France
Services qui doit permettre à nos concitoyens de procéder aux principales démarches
administratives du quotidien au plus près du terrain. Le réseau France Services poursuit trois
objectifs :
- une plus grande accessibilité des services publics au travers d'accueils physiques polyvalents
- les Maisons France Services-ou de services publics itinérants, les Bus France Services ;
- une plus grande simplicité des démarches administratives avec le regroupement en un même
lieu, physique ou itinérant, des services de l'État, des opérateurs et des collectivités
territoriales afin de lutter contre l'errance administrative et d'apporter aux citoyens une réponse
sur place, sans avoir à les diriger vers un autre guichet ;
- une qualité de service substantiellement renforcée avec la mise en place d'un plan de
formation d'agents polyvalents et la définition d'un panier de services homogène dans
l'ensemble du réseau France Services.
Cette nouvelle ambition s'appuie sur une refonte complète du réseau existant des Maisons de
services au public (MSAP) - qui obtiendront le label France Services à la stricte condition qu'elles
respectent les nouvelles exigences de qualité de services - ainsi que sur l'ouverture de nouvelles
implantations France Services là où sont les besoins, prioritairement dans les cantons ruraux et les
quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).
... / ...
2.-
Les Maisons France Services devront être prioritairement accueillies dans les mairies,
sous-préfectures, trésoreries, bureaux postaux, mais pourront également être instituées au sein
des gendarmeries, centres sociaux, locaux associatifs et lieux culturels existants.
1. La liste des MSAP de votre région, qui, de votre point de vue, pourront présenter
les garanties de qualité et d'accueil pour être labellisées Maisons France Services au 1er
janvier 2020.
3. Un plan de montée en gamme de toutes les MSAP de votre région qui doivent faire
l'objet d'un accompagnement renforcé afin d'atteindre le niveau de qualité France Services.
Les MSAP auront jusqu'au 31 décembre 2021 pour obtenir leur homologation. Passé ce délai,
elles ne recevront plus de financement de l'État.
L'objectif que j'ai fixé lors de mon discours de politique générale est de disposer d'un
réseau de 300 points France Services au 1er janvier 2020, dans la perspective de couvrir
chaque canton d'ici 2022. J'attire votre attention sur la nécessité de veiller à la réussite de cette
étape qui doit marquer pour nos concitoyens un changement important dans l'offre de service
public. J'insiste en particulier sur l'importance qui s'attache à ce que les Français puissent
accéder, par ce guichet rénové, d'une part, à l'intégralité de l'offre de services définie en
annexe, et, d'autre part, à une réponse complète, qui ne se borne pas à une mise en relation
avec d'autres services.
Je serai attentif aux résultats obtenus et vous demande votre pleine mobilisation sur
ce chantier d'initiative présidentielle.
1
La Poste, les opérateurs partenaires (Caisse nationale d'assurance vieillesse, Caisse nationale d'assurance maladie, Caisse nationale des
allocations familiales, Mutualité sociale agricole, Pôle emploi), les ministères partenaires (comptes publics, justice, intérieur).
À cette fin, le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET) a établi une grille
d'évaluation, co-construite avec les parties prenantes, pour évaluer l'offre et la qualité du service
actuellement rendu dans les Maisons de services au public et estimer leur capacité à se transformer
en Maison France Services.
Cette grille impose un minimum obligatoire de prestations au public sur trente points (avec
des critères devant être impérativement respectés) et la possibilité de cumuler des « points bonus»
pour récompenser et valoriser les initiatives locales (jusqu'à soixante-dix points).
Le questionnaire d'évaluation sera adressé début juillet aux responsables des 1 340 Maisons
de services au public reconnues et ouvertes entre 2015 et décembre 2018. Les réponses au
questionnaire étant à ce stade déclaratives, ces dernières seront croisées avec le retour d'enquêtes
mystères, pilotées par la direction interministérielle de la transformation publique (DITP) dans le
cadre du « Baromètre Marianne» sur la qualité de l'accueil dans les services au public.
En vous appuyant sur les résultats des questionnaires d'évaluation, vous serez
chargé de transmettre au CGET, pour le 15 septembre, la liste des MSAP qui pourront
être transformées en Maisons France Services au 1er janvier 2020.
Les MSAP qui ne respecteront pas les 30 points minimum obligatoires de la grille d'audit
ne seront pas homologuées France Services. Elles feront l'objet d'un accompagnement renforcé,
assuré par les préfectures de départements en relation avec les élus concernés, l'équipe du CGET
et de la CDC/Poste, jusqu'à obtention du niveau de qualité requis.
Vous serez chargé d'établir avec les porteurs de ces structures un plan de montée en
qualité, avec des échéances calendaires précises. Les MSAP auront jusqu'au 31 décembre 2021
pour obtenir leur homologation. Passé ce délai, elles ne recevront plus de financement de l'Etat.
Le plan de montée en qualité devra être transmis au CGET le 15 septembre au plus tard.
Une campagne d'évaluation sera conduite chaque année, et elle inclura à compter de 2020
un volet de satisfaction des usagers de France Services sur la qualité du service rendu. Chaque
année, ces résultats seront rendus publics.
Les préfectures informeront annuellement le comité de pilotage national des actions
menées et des progrès réalisés dans la qualité des services rendus dans le réseau France Services.
Ces nouveaux projets d'implantation France Services devront être décidés sur la base
de cinq critères de priorité :
i. identifier les zones éloignées d'une offre existante de services publics (opérateurs
sociaux ou pôle emploi, service de l'État ou maison de services au public existante) ;
ii. prioriser la localisation de France Services dans les petites centralités et les
quartiers prioritaires de la politique de la ville ;
iv. favoriser l'implantation dans les lieux de passage habituels des habitants des
territoires concernés (tiers lieux, médiathèques, cité scolaire, etc. ) ;
En plus de ces nouvelles implantations, La Poste s'est engagée à créer 250 équipes de
facteurs mobiles qui se déplaceront au domicile des usagers pour les accompagner gratuitement
dans leurs démarches administratives. Vous veillerez, en lien avec les représentants
départementaux de La Poste, à la bonne articulation entre ces équipes mobiles et les implantations
France Services.
Annexe 4 : Le financement
Sur l'apurement de la dette de l'exercice 2018, 368 maisons de services au public n'ont
à ce jour pas encore reçu au titre de 2018 leur part du fonds inter-opérateur. Vous recevrez
dans les prochaines semaines une délégation de crédits qui vous permettra de régulariser cette
dette auprès des porteurs de projets concernés.
Concernant le financement au titre de l'année 2019 et des années suivantes, afin de
stabiliser les conditions de financement du réseau France Services pour l'avenir, la décision a
été prise de forfaitiser le financement de chaque structure à hauteur de 30 000 euros par an.
Pour les structures portées par des collectivités et des associations, ce montant est
réparti entre le fonds national d'aménagement et de développement du territoire (FNADT -
programme 112) et le fonds inter-opérateurs. Pour les structures postales, 4000€ sont pris en
charge par le fonds inter opérateurs, le reste étant versé à La Poste au travers du Fonds Postal
de Péréquation Territoriale.
Par ailleurs, la Banque des territoires de la Caisse des dépôts et consignations investira
d'ici à 2022, 30 millions d'euros pour assurer le déploiement de France Services et assurer, à
ce titre la montée en gamme des structures postales. Sur cette enveloppe, 1 7 millions d'euros
seront alloués à La Poste, 10 millions d'euros à l'animation globale du réseau et 3 millions
d'euros viendront permettre le déploiement de Bus France Services.
Lorsque la structure « France Services» est hébergée dans une implantation de l'État,
le financement forfaitaire perçu est réduit à la hauteur du coût des prestations mutualisées
offertes.
Annexe 7
Critères pour la labellisation France Services
CATEGORIE CRITERES POINTS
Articulation avec le schéma directeur
Le projet de structure s’inscrit dans le cadre du schéma d’accessibilité des services au
1
public lorsqu’il existe
Le projet de structure s’inscrit en cohérence avec le maillage des implantations locales
1
des opérateurs
Nombre de personnes à l’accueil
Deux agents polyvalents 1
Plus de deux personnes sont mobilisées sur l’activité de la structure
Plus de trois personnes sont mobilisées
Horaires
Ouverture de 24 heures hebdomadaires 1
Ouverture de 30 heures hebdomadaires
Ouverture en horaire décalé (soirées, heures de repas)
Jours
Ouverture minimale de 5 jours 1
Ouverture en horaire décalé (soirées, heures de repas)
Ouverture weekend / jours fériés
Partenariats
Relais des 6 partenaires nationaux + les services de l’Etat au travers :
- D’un contact référent privilégié, identifié et joignable
- Et / ou de rendez-vous visio
Socle minimum 1
- Et / ou de permanences physiques
Communication régulière sur les services proposés par les opérateurs et affichage du
panier de services
Construction d’une offre pertinente de services au public en adéquation avec les
Liberté locale
besoins du territoire
Services délivrés aux usagers
Information / conseil 1
Orientation 1
Accompagnement démarches (yc numériques) 1
Explication courrier / document
Détection des cas de non-recours au droit
Aide rédactionnelle
Inclusion numérique
Connaissance de l’écosystème numérique local (Espaces publics numériques) 1
Repérage de l’illectronisme et orientation vers structure compétente
Diagnostic de compétences numériques (Pix)
Organisation d‘atelier d’initiation numérique
Engagement de la structure à respecter la réglementation sur le traitement des données
personnelles (confidentialité, non conservation des données, etc.)
Formation des agents
L’agent a été formé par tous les partenaires de la structure au cours de la première
1
année de prise de poste
L’agent a suivi la formation « accueil physique et téléphonique et information des
1
usagers »
L’agent a suivi la formation « médiation avec les partenaires » 1
L’agent a suivi la formation « accompagnement des usagers à l’utilisation du
1
numérique »
L’agent a suivi la formation « accompagnement des usagers dans leurs démarches
administratives »
L’agent a suivi la formation « animation du lieu d’accueil / promotion de la MSAP /
structure et du territoire
L’agent a suivi la formation «gestion de la MSAP / structure France Services »
L’agent a suivi d’autres formations (CIDFF, DGFIP, Défenseur des droits…)
Equipements
Ordinateur / tablettes connectées 1
Accès Internet 1
Concours externe et interne commun de recrutement Epreuve écrite n°1
Session 2020 Page : 15/22
Secrétaire administratif de classe normale Durée : 3 heures, Coef : 3
138 Le cas pratique aux concours
Imprimante / scanner 1
Photocopieuse 1
Téléphone 1
Répondeur annonçant les modalités de visite à la structure et permettant de laisser un
message
Visio conférence (obligatoire d’ici à 2022)
Local
Espace de confidentialité / isolé 1
Accessibilité aux personnes en situation de handicap (Personnes à mobilité réduite) 1
La documentation est correctement présentée et actualisée
L’espace attente équipé de chaises
Accessibilité aux personnes en situation de handicap (autres handicaps sensoriels,
auditifs)
Communication et signalétique
Signalétique extérieure avec la marque structure bien visible par les habitants 1
Utilisation de la marque sur les différents supports de communication (affiche, flyer,
dépliant, signature électronique Kakémono, etc.) , et mention des périodes / horaires 1
d’ouverture
Renseignement de la « fiche d’identité » de la structure sur le site Internet avec un
1
contact téléphonique et des informations actualisées
Participation aux événements du réseau (journées portes ouvertes, rencontres, etc.)
Information et communication via les réseaux sociaux et / ou site internet
Animation
Organisation d’ateliers, formations (exemple : initiation thématique, prévention…)
Co-animation d’actions partenaires (exemples : forum de l’emploi, salon senior…)
Participation à un projet de territoire (mobilité, accès au droit, développement durable)
Pilotage de structure
Remplissage de l’outil de suivi de l’activité sur le site dédié 1
Mesure de la satisfaction des usagers de la structure (enquête de satisfaction, cahier de
1
réclamation)
Réalisation d’un rapport d’activité annuel de la structure 1
Organisation d’un comité de pilotage annuel pour la structure 1
Respect et affichage de la charte Marianne / des indicateurs du programme
1
transparence au sein de la structure
Participation aux instances de gouvernance locales (réunions préfectures) 1
Implication des habitants du bassin de vie dans l’évolution de l’offre de services
Transmission trimestrielle des données de la fréquentation aux partenaires de la
structure
Mutualisation des services
Présence de services complémentaires Pour un service relatif à la mobilité (exemples : plateforme de covoiturage, mise à
au sein de la structure disposition de navettes, de scooters, etc.)
Pour un service relatif au télé-travail (exemples : espace de coworking, location de
bureaux, etc.)
Pour un service relatif à la culture (exemples : médiathèque, bibliothèque, etc.)
Pour un service relatif à la santé (exemples : procédures de télé-médecine, collaboration
avec personnel médical, etc.)
Pour un service relatif au tourisme (exemples : office de tourisme, travail sur la
saisonnalité, etc.)
Pour la mise en place de services innovants (exemples : FabLab, Imprimante 3D, etc.)
Pour les services favorisant l’inclusion numérique (exemple : Espace public numérique)
Organisation de la structure hors les murs
Organisation multi-sites (antennes)
Structure itinérante (véhicule équipé, visite à domicile, permanences dans d’autres
structures, telles que les mairies, ou lieux, tels que les marchés, etc.)
Fréquentation annuelle de la structure
La structure peut-elle être renommée France Services ?
Commentaires :
Document 5
Document 5
Le Premier ministre a dévoilé, vendredi 15 novembre, la liste des 460 premières maisons France services labellisées
au terme d'un "processus extrêmement rigoureux". Alors que le bilan du service rendu par les actuelles Maisons de
services au public est mitigé, il s'agit ici d'apporter des réponses concrètes aux tracas administratifs du quotidien. Et
pas de compenser des fermetures d'antennes, comme le craignent parfois les maires.
"Nous avons identifié et labellisés les 460 premières maisons France service quoi vont ouvrir au mois de janvier (2020)", a
annoncé le Premier ministre, vendredi 15 novembre, au cours d’un 4e comité interministériel sur la transformation de
l’action publique. "Nous les avons labellisés au cours d’un processus extrêmement rigoureux", a-t-il souligné, à quelques
jours du congrès des maires, entouré de plusieurs ministres, dont Jacqueline Gourault, la ministre de la Cohésion des
territoires, qui porte ce projet avec le CGET (commissariat général à l’égalité des territoires).
Neuf partenaires
Ces maisons ont été voulues par le président de la République, dans son discours du 25 avril, en réponse au besoin de
proximité des services publics exprimé lors du grand débat national. Disant s'inspirer d’un modèle canadien, Emmanuel
Macron souhaitait aller plus loin que les quelque 1.350 maisons de services au public (MSAP) existantes, assez hétérogènes
quant à la qualité du service rendu, en particulier pour ce qui est des compétences des agents d’accueil, comme l’a montré
un rapport de la Cour des comptes au mois de mars. De fait, chaque maison aura deux agents polyvalents à sa disposition
et reposera sur un socle de 9 partenaires obligatoirement présents à travers des "référents territoriaux" : 6 opérateurs (La
Poste, Pôle emploi, Caisse Nationale d’Assurance Maladie, Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse, Caisse Nationale
d’Allocations Familiales, Mutualité Sociale Agricole), et 3 administrations partenaires (intérieur, impôts et justice) – auxquels
peuvent s’ajouter d’autres services publics ou privés. Aide personnalisée à la constitution des dossiers (santé, emploi,
retraite…), renouvellement de papiers d’identité, de carte grise, du permis de conduire, accompagnement à la déclaration
de revenus, etc. : les administrés devront trouver réponse à tous leurs problèmes, promet Matignon. Ils auront également
accès à du matériel en libre-service (ordinateur, scanner, imprimante…).
Document 6
Document 6
Raphaëlle Daudé
salariée de l’Association pour un développement en réseau des territoires et des services dans le massif alpin (Adrets)
Espaces ruraux pour l’emploi et la formation, maisons des services publics, relais services
publics, MSAP et aujourd’hui MFS… Depuis près de vingt ans, des politiques publiques structurent
ces lieux d’accueil des citoyens qui proposent un accompagnement personnalisé dans un lieu unique
pour les soutenir dans leurs parcours administratifs.
Le nouveau label « France services » s’inscrit comme l’une des réponses apportées à la récente crise
des « gilets jaunes ». Derrière cette labellisation, un objectif éminemment louable : éviter « l’errance
administrative » des citoyens. Ce terme reflète parfaitement le désespoir ressenti par une partie de la
population qui ne trouvait plus que les MSAP comme interlocutrices pour accéder à leurs droits et
réaliser leurs démarches administratives. Le nouveau dispositif permettrait en cela une meilleure
visibilité par les citoyens, par un effort qui semble déjà initié sur la « communication grand
public ». Notons tout de même qu’un énième changement de nom et d’identité visuelle des maisons
entraîne, à l’inverse, une confusion des usagers qui commençaient à se familiariser avec la dernière
réforme de 2015.
Par ailleurs, l’offre de services que les MFS devront désormais assurer est très ambitieuse, le champ
des missions des agents d’accueil s’étant considérablement élargi à travers les neuf opérateurs
partenaires désormais obligatoires. Cette polyvalence accrue pousse certains élus à se poser la
question de répondre à l’appel à labellisation, dans un contexte où l’enveloppe financière
– 30 000 euros – n’a, elle, pas augmenté. Or les contreparties locales sont inévitables pour assurer les
exigences imposées par le nouveau cahier des charges (locaux, équipements et personnel en place) et
les collectivités elles aussi mettent la main à la poche. D’où le grincement de dents entendu chez
certains élus : « Le label « France services » bénéficie d’une communication pilotée par l’Etat. A quel
moment parle-t-on de l’investissement, du soutien et de l’impulsion des collectivités locales, anticipée
depuis parfois vingt ans sur certains territoires ? »
Notre association, Adrets, compte aujourd’hui 107 MSAP, dont 42 ont été labellisées. Une belle
proportion est implantée sur le massif depuis plus de dix ans. Nos territoires souvent enclavés ont en
effet ressenti depuis longtemps la nécessité d’un service de proximité mutualisé. Toutefois, des
« MSAP historiques » n’ont pas été labellisées. Pourtant, au-delà de l’amplitude horaire d’ouverture
exigée par le nouveau cahier des charges, la force de ces maisons réside bien dans l’animation
territoriale que les agents impulsent, en allant au-delà de la fonction « guichet d’accueil ».
Elles dynamisent les initiatives du territoire sur la question des services au public en coordonnant
l’offre locale, mais aussi en créant de nouveaux services souvent innovants et adaptés aux
problématiques locales. Ce critère d’appréciation relatif à l’animation et au développement territorial
n’est toutefois pas inscrit dans la charte France services. C’est pourtant bien, il nous semble,
essentiellement à ce niveau qu’une exigence devrait être portée.
Document 7
Document 7
460 maisons « France services » font partie de la première vague de labellisation. Elles sont implantées
pour moitié dans le périurbain ou dans les communes isolées (calculs réalisés par « La Gazette »).
10 % des structures seront implantées dans des communes de 1 000 habitants ou moins (calculs réalisés
par « La Gazette »).
Le dispositif maisons France Services (MFS) est une « ambition nouvelle » pour la présence des services publics dans les
territoires, selon la déclaration du président de la République, Emmanuel Macron, lors du congrès des maires le
19 novembre. C’est un « retour des services publics au plus près de nos concitoyens », s’est enthousiasmée Jacqueline
Gourault, ministre de la Cohésion des territoires, au salon des maires. L’exécutif s’est en effet engagé à déployer ce
dispositif permettant de réaliser les principales démarches administratives du quotidien, prioritairement dans les zones
rurales et les quartiers en politique de la ville, et à ce qu’il soit accessible à moins de trente minutes pour chaque Français.
Ainsi, 460 labellisations ont été annoncées pour le 1er janvier 2020, et les suivantes se feront « au fil de l’eau » jusqu’à
atteindre au moins une structure par canton d’ici à la fin 2022.
Mais le « fil de l’eau » ne s’annonce pas comme un long fleuve tranquille : certaines maisons de services au public
(MSAP) font état de difficultés qui ne semblent pas solubles dans la rigidité du cahier des charges actuel : pour être
labellisée, une structure doit notamment assurer la présence de six opérateurs (Pôle emploi, La Poste, la Caisse
nationale d’assurance vieillesse, la Caisse nationale d’assurance maladie, la Caisse nationale d’allocations familiales, la
Mutualité sociale agricole), trois administrations (l’Intérieur, la Justice et les impôts), et deux agents doivent être
présents pour accueillir les usagers. Trente mille euros de financements sont bien assurés aux établissements actuels
pour qu’ils se mettent en conformité d’ici la fin 2021…
Et après ? » s’interrogent de nombreux acteurs locaux qui regrettent une inadéquation entre les exigences formulées et
« la réalité du terrain ».
Coup d’envoi
La principale difficulté qui enraye la mécanique de la labellisation ? Assurer la présence de deux agents, notamment en
montagne. « Notre structure, très bien identifiée par les usagers, existe depuis 1995, dans un petit bassin de population :
je reçois 1 000 visites par an », expose Isabelle Dalban, de la MSAP de Seyne (Alpes-de-Haute-Provence). « Je travaille
seule 24 heures par semaine sur quatre jours », détaille celle dont la structure n’a pas été labellisée, ce qui a conduit la
communauté d’agglo Provence-Alpes à écrire au Premier ministre, Edouard Philippe. « Nous avons un sentiment de
différence de traitement. Pourquoi une structure a-t-elle été labellisée à Digne-les-Bains alors qu’elle n’existe pas encore
? » s’interroge-t-elle. « Dans 60 % des cas, l’obligation de la présence de deux agents à temps plein a justifié le refus de
labellisation, observe-t-on au Commissariat général à l’égalité des territoires [CGET]. Nous sommes dans une logique de
qualité, la souplesse n’est pas de mise quant aux respects des critères. »
Pourtant, quelques cas ont pu faire l’objet d’une adaptation locale. « Le passage des MSAP aux MFS a été essentiellement
conçu pour les petites MSAP en zones rurales. Je fais partie des exceptions » relève Michèle Rignault-Laporte, directrice
de la MSAP de la Seyne-sur-Mer (Var), plus grosse MSAP de France avec 68 500 visites en un an.
Son implantation jouxte certains opérateurs comme Pôle emploi, les impôts ou La Poste, ce qui justifierait, selon elle, de
ne pas les inclure dans la MSAP, d’autant que d’autres services sont proposés, comme l’aide aux situations de
surendettement, de l’assistance sociale etc. « Et le compte n’y est pas puisque nous touchons la même subvention qu’une
petite MSAP recevant 200 habitants par an », regrette-t-elle. … /…
Cette MSAP a finalement été labellisée, une sorte de ballon d’essai pour l’année à venir : « en fonction des contraintes
ou des souplesses mises en œuvres, le conseil d’administration choisira de maintenir ou pas cet agrément », indique
Michèle Rignault-Laporte, à la tête de cette structure depuis douze ans. « La démarche de labellisation en est à son coup
d’envoi. Nous avons labellisé 460 maisons sur les 700 propositions reçues. Nous allons expérimenter et développer ce
système en lien avec les préfectures et les collectivités, explique-t-on au cabinet de Jacqueline Gourault. Il y a sûrement
des endroits où la labellisation est compliquée à mettre en œuvre de façon immédiate, nous en avons conscience. C’est
parce que le niveau est inégal que nous devons harmoniser. »
Cas spécifiques
Parmi les heureuses élues, on trouve de jolies vitrines comme le tiers-lieu le Faitout connecté, implanté à Saint-Erme-
Outre-et-Ramecourt (Aisne), 4 715 visites au comptoir. Porté par la communauté de communes Champagne picarde, qui
se réjouit mais s’inquiète de la lisibilité des services offerts aux usagers. Car une deuxième structure n’a pas été labellisée :
la MSAP de Villeneuve-sur-Aisne, fonctionnant avec une agente à temps plein et pour partie en itinérance dans le réseau
des médiathèques. « Il serait un peu contradictoire de ne pas labelliser un établissement qui répond aux défis de la mobilité
et permet de toucher un nouveau public », pointe Claire Dubos, directrice générale adjointe chargée des services à la
population.
Le cahier des charges actuel semble donc ne pas pouvoir absorber tous les dispositifs existants : « la question se pose
pour les endroits qui n’ont pas vocation à obtenir le label mais rendent des services concrets ; il serait difficile d’imaginer
couper leur financement. Nous allons réfléchir pour prendre en compte ces cas spécifiques », indique-t-on au CGET. Sur
les vingt dernières années, les labels ton déjà beaucoup varié : « Point public d’accueil », « Relais de service public »,
« MSAP »… et, bientôt, « France services ».
Document 8
144 Le cas pratique aux concours
DOCUMENT 8 - SUITE
Objectif : d’ici 2022, chaque citoyen doit pouvoir
accéder à une structure France services en moins de
trente minutes
• Ministère de l’Intérieur
• Ministère de la Justice
• Pôle Emploi
• Le groupe La Poste
• Pour les implantations, concertées avec les départements, avec qui l’État a élaboré des schémas
d’accessibilité des services au public ;
• Pour l’offre de services : les collectivités peuvent proposer leurs propres services publics (inscriptions
scolaires, covoiturage…) ou implanter des activités publiques et privées à côté de France Services (espace de
coworking, espace de formation, fablab, café, bibliothèque…).
Publié le 12/12/2019
Commentaire
Le sujet, qui ne présente de prime abord aucune difficulté, est assez classique dans
sa formulation. La commande, qui a pour thématique le déploiement des espaces
France Services dans les zones concernées par la désertification administrative, est
formulée de façon très explicite : il est attendu que vous adressiez à votre supérieur
hiérarchique, le préfet de département, les éléments dont il aura besoin en vue de
sa prochaine rencontre avec le maire d’une commune souhaitant accueillir sur son
territoire une maison relevant de ce dispositif.
Si la commande implique que vous apportiez des informations objectives à votre
supérieur (par exemple concernant les critères relatifs à la labellisation de la struc-
ture), l’énoncé présente toutefois une difficulté : on attend que vous formuliez une
appréciation quant à la création d’une telle maison France Services, le sujet imposant
que vous « évalu [iez] l’opportunité de la demande du maire par rapport à la situation
géographique de la commune ».
Sur la forme, les éléments que vous produirez seront, de manière habituelle pour ce
type d’exercice, intégrés dans une note.
Le document 5 reprend un article publié sur le site de la Banque des territoires qui
présente des informations déjà abordées dans les documents précédents, proposant
une présentation synthétique du dispositif (partenaires, accompagnement, etc.).
Le document 6 présente un article publié sur le site de La gazette.fr qui souligne les
inconvénients et les limites du dispositif porté par le Gouvernement. En effet, les
exigences imposées par le cahier des charges afin d’obtenir la labellisation d’une MFS
apparaissent difficilement tenables pour les élus, d’autant que le soutien financier
de l’État n’augmente pas.
Le document 7, qui reprend un article publié sur le même site que le document
précédent, formule un diagnostic similaire en constatant que certaines exigences
imposées par le cahier des charges afin d’obtenir la labellisation France Services
n’apparaissent pas toujours adaptées aux réalités du terrain.
Le document 8 qui est extrait du dossier France Services présenté sur le site du
Commissariat général à l’égalité des territoires (devenu Agence nationale de la cohé-
sion des territoires) propose une présentation extrêmement synthétique du nouveau
dispositif France Services.
a) Exploitation du dossier
d’accompagne-
de la demande
géographique)
ment et délais
(labellisation)
de réalisation
à la situation
locaux, jours
Opportunité
(par rapport
labellisation
et horaires)
Critères de
et services
Modalités
attendus
(accueil,
Offres
Le département de Z
compte peu de MFS.
de la ville X du 20 avril 2020
Doc 1 : Courrier du maire
La commune X se situe au
nord-est du département/
canton situé dans une
zone très rurale.
Existence d’une MSAP
(2018) mais non labellisée.
Objectif : dynamiser le
territoire.
Aucune MFS encore
labellisée au nord-est du
département.
Permettre aux usagers de procéder aux Les MSAP existantes
principales démarches administratives du continuent de
quotidien dans un lieu unique à moins de bénéficier des
30 minutes de leur domicile. financements de l’État
Dans chaque structure France Services (30 000 euros par
Doc 3 : Extrait du dossier de presse du 4e Comité interministériel
d’accompagne-
de la demande
géographique)
ment et délais
(labellisation)
de réalisation
à la situation
locaux, jours
Opportunité
(par rapport
labellisation
et horaires)
Critères de
et services
Modalités
attendus
(accueil,
Offres
Faciliter l’accès aux
Doc 8 : Article extrait du dossier
potentialités du numérique
tout en offrant un service
France Services sur le site
démarches.
Garantir un niveau
de qualité et une gamme
élargie de services
quel que soit le lieu
d’implantation et le
porteur de projet France
Services.
Les nouvelles structures Alors que le bilan
maisons France Services labellisées
d’accompagne-
de la demande
géographique)
ment et délais
(labellisation)
de réalisation
à la situation
locaux, jours
Opportunité
(par rapport
labellisation
et horaires)
Critères de
et services
Modalités
attendus
(accueil,
Offres
Certaines MSAP bien Rigidité du cahier des
implantées sur leur territoire ne charges car pour être
Doc 7 : Article « Le label “France Services”, un parcours semé
conclue entre le
des citoyens dans leurs relations avec les
gestionnaire de la
MSAP et les personnes
morales associées par
les participants définit
les services rendus aux
administrations
Critères de label-
lisation (accueil,
d’accompagne-
de la demande
géographique)
ment et délais
(labellisation)
de réalisation
à la situation
locaux, jours
Opportunité
(par rapport
et horaires)
et services
Modalités
attendus
Offres
Le projet de Important que Les MSAP ont jusqu’au Un premier accueil et un accompagnement aux démarches
structure doit les Français 31 décembre 2021 pour en ligne doivent être assurés par au moins deux agents
s’inscrire dans le puissent accéder obtenir leur « homologation ». polyvalents présents en permanence (en « front office »).
cadre du schéma à l’intégralité Passé ce délai, elles ne Les partenaires seront présents dans chaque structure en :
Doc 4 : Circulaire du Premier ministre du 1er juillet 2019
d’accessibilité des de l’offre de recevront plus de financement – désignant des référents locaux « back office » facilement
services au public services définie de l’État. joignables pour que l’usager n’ait pas à se déplacer dans un
lorsqu’il existe dans la circulaire Pour évaluer la capacité des autre guichet ;
relative à la création de France Services
et doit être en mais également MSAP à se transformer en – et/ou en faisant réaliser par leurs agents des permanences
cohérence avec qu’ils puissent MFS, les responsables de ces physiques au sein de ces espaces ;
le maillage des bénéficier d’une dernières pourront notamment – et/ou en faisant réaliser par leurs agents des rendez-vous
implantations réponse complète s’aider de la grille d’évaluation en visioconférence.
locales des ne se bornant élaborée par le CGET. Toutes les implantations France Services devront être
opérateurs. pas à une mise Cette grille impose un équipées d’un dispositif de visioconférence d’ici à 2022.
en relation avec minimum obligatoire de La Charte nationale d’engagement et le « bouquet de
d’autres services. prestations au public sur services » seront utilisés pour assurer la labellisation « France
30 points et si ceux-ci ne Services » (socle minimal de services, horaires d’ouverture,
sont pas obtenus, les MSAP exigences en matière de formation des agents polyvalents,
concernées ne seront pas critères d’équipement et d’aménagement des espaces,
homologuées « France reporting des activités) et évaluer la qualité des services
Services » (elles feront alors offerts aux usagers.
l’objet d’un accompagnement La structure doit être ouverte au moins 24 heures
renforcé par la mise en place hebdomadaire et cela sur cinq jours au minimum.
d’un plan de montée en Différents équipements doivent être proposés (ordinateur,
qualité avec des échéances imprimante, etc.).
calendaires précises jusqu’à Le local accueillant la Maison doit prévoir un espace
obtention du niveau de qualité de confidentialité ou isolé et garantir l’accessibilité aux
requis). personnes en situation de handicap.
b) Élaboration du plan
Plan proposé :
I. Les maisons France Services : des structures de proximité au service des démarches
administratives du quotidien
I. 1. Des implantations devant s’inscrire dans une logique de maillage des territoires
I.2. Des offres et services devant faciliter le retour des administrations au plus près
des besoins des citoyens
II. Le processus et les conditions de labellisation des maisons France Services
II.1. Les conditions à remplir pour permettre la labellisation d’une maison France
Services
II.2. Le processus à engager et les modalités d’accompagnement dans le cadre de la
labellisation d’une maison France Services
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 153
3. Corrigé proposé
Ministère de l’Intérieur
Préfecture de Z
À …, le ….
Note à l’attention de Monsieur le Préfet
Sous couvert de Monsieur le Chef de bureau
Objet : la création d’une maison France Services
Références :
Courrier du maire de la ville X du 20 avril 2020
Décret no 2016-403 du 4 avril 2016 relatif aux droits des citoyens dans leurs relations
avec les administrations
Circulaire du Premier ministre du 1er juillet 2019 relative à la création de France
Services et annexes de la circulaire
Dossier de presse du 4e Comité interministériel de la transformation publique du
15 novembre 2019
En avril 2019, le président de la République a annoncé, alors que l’on assiste depuis
déjà plusieurs décennies à une progressive désertification administrative des territoires
les plus éloignés des grandes métropoles, le déploiement d’un réseau France Services
destiné à rapprocher les administrations des citoyens en permettant à ces derniers
d’effectuer plus facilement les démarches administratives du quotidien. C’est dans
ce contexte que vous avez été interpellé par le maire de la commune X qui souhaite
accueillir sur son territoire une maison France Services (MFS). Afin de préparer votre
rencontre avec cet élu, vous sera proposée une évaluation de l’opportunité de cette
demande avant que vous soient rappelés les offres et les services pris en charge par
ces nouvelles MFS (I). Dans un second temps, vous seront présentées les modalités
d’accompagnement et les conditions devant être remplies pour permettre la labelli-
sation d’une telle structure (II).
I. Les maisons France Services : des structures de proximité au service des
démarches administratives du quotidien
Le déploiement des MFS doit permettre à l’ensemble des citoyens d’accéder aux
mêmes services, notamment administratifs, et cela indépendamment de leur lieu
de résidence.
154 Le cas pratique aux concours
I.1. Des implantations devant s’inscrire dans une logique de maillage des
territoires
La récente crise des « Gilets jaunes » a rappelé le sentiment d’abandon, notamment
par les services publics, et le besoin de proximité qu’ont parfois pu exprimer cer-
taines franges de la population et particulièrement celles résidant dans les territoires
périurbains et ruraux. C’est pour répondre à ce constat qu’a été renforcée la politique
initiée originellement par le déploiement de maisons de services au public (MSAP),
lesquelles n’ont pas totalement atteint les objectifs assignés à ce programme en raison
d’une trop grande hétérogénéité de ces structures. Avec la mise en place des espaces
France Services, qu’il s’agisse de « maisons » ou de solutions itinérantes, l’objectif
est désormais de proposer dans un lieu unique un réseau de services publics poly-
valents où les usagers pourront procéder aux principales démarches administratives
du quotidien et bénéficier d’une réponse complète ne devant pas se réduire à une
simple mise en relation avec d’autres services. On se situe donc bien plus dans une
logique d’animation territoriale que dans la simple organisation d’un guichet d’accueil.
Afin que tous les citoyens puissent bénéficier d’un tel service, le Gouvernement
s’est fixé comme objectif, à l’échéance 2022, qu’au moins une structure France
Services soit implantée dans l’ensemble des cantons pour permettre aux usagers de
réaliser leurs démarches administratives à moins de 30 minutes de leur domicile.
C’est pour répondre à cet objectif que tout projet doit s’inscrire dans les schémas
départementaux d’amélioration de l’accessibilité des services au public et être en
cohérence avec le maillage des implantations locales des différents opérateurs mais
également des autres MFS.
À cet égard, la situation géographique de la commune X, qui se trouve au nord-est du
département, semble pouvoir justifier l’installation d’une MFS. En effet, la circulaire
du Premier ministre du 1er juillet 2019 relative à la création du dispositif « France
Services » précise que les nouveaux projets d’implantation devront être décidés sur
la base de cinq critères de priorité, en ciblant notamment les « zones éloignées d’une
offre existante de services publics ». En l’espèce, alors que le département compte
23 cantons, 15 MSAP y ont été certifiées dont une sur la commune X et, aujourd’hui,
seulement deux MFS ont été labellisées dans le département mais aucune dans la
zone géographique de la commune, laquelle est en outre située dans un canton très
rural. Les implantations du réseau France Services devant prioritairement intervenir
là où les besoins sont les plus urgents et notamment dans les cantons ruraux et les
quartiers prioritaires de la politique de la ville, il apparaît ainsi opportun d’accom-
pagner le maire afin que sa commune obtienne la labellisation de la « maison de
services au public » en « maison France Services ».
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 155
I.2. Des offres et services devant faciliter le retour des administrations au plus
près des besoins des citoyens
Par rapport au programme des MSAP, le réseau France Services se caractérise par
une offre de services plus exigeante et plus homogène, même si le principe demeure
de proposer un premier accueil ainsi qu’un accompagnement dans la réalisation des
démarches et des formalités administratives. Dans ce cadre, les usagers pourront en
autonomie (en utilisant pour cela en accès libre-service les différents équipements
et matériels mis à leur disposition) ou en se faisant accompagner par un agent (pro-
posant une aide personnalisée) réaliser les principales démarches administratives
dites du quotidien. Cette notion est entendue de manière large, recouvrant aussi
bien la constitution de dossiers (santé, famille, retraite, recherche d’emplois) que
l’accomplissement de simulations de droits et d’aides. Les usagers pourront égale-
ment effectuer, là encore en se faisant éventuellement aider, le renouvellement de
leurs papiers d’identité (CNI ou passeport), de leur permis de conduire et de la carte
grise de leur véhicule, leur déclaration de revenus ou acheter des timbres fiscaux.
Ils pourront aussi être informés et orientés en matière d’accès aux droits ou être mis
en relation avec des professionnels du droit.
Cet accompagnement sera assuré par les agents d’accueil présents face aux usa-
gers mais en cas de demandes complexes, ceux-ci pourront contacter les référents
locaux « back office » des structures partenaires (représentant six opérateurs et trois
ministères) afin que les usagers n’aient pas à se déplacer vers un autre guichet. Afin
d’éviter les déplacements, il sera possible de procéder à une visioconférence entre
ces derniers et les usagers, étant également envisageable que ces référents réalisent
des permanences physiques au sein de la structure.
Pour garantir un niveau de qualité et une gamme étendue de services, et cela indé-
pendamment du lieu d’implantation du projet de MFS, son porteur doit remplir
différentes conditions pour obtenir sa labellisation.
II. Le processus et les conditions de labellisation des maisons France Services
La création d’une MFS, qu’elle découle de l’implantation d’une nouvelle structure
ou de la transformation d’une MSAP, nécessite le respect d’un cahier des charges
relativement strict, conditionnant la possibilité d’obtenir une labellisation.
II.1 Les conditions à remplir pour permettre la labellisation d’une maison
France Services
Par rapport aux MSAP, les conditions devant être remplies par une MFS pour obtenir
la labellisation ont été considérablement renforcées, certains observateurs déplorant
156 Le cas pratique aux concours
même la rigidité du cahier des charges désormais imposé aux structures, ces dernières
devant remplir trente critères en rapport avec les partenariats qu’elles ont conclus,
les services délivrés aux usagers, l’inclusion numérique, la formation des agents,
le local dans lequel elles sont implantées, etc. À cet égard, l’offre de services et le
champ des missions que les MFS devront assurer ont été fortement élargis et une
Maison, pour obtenir la labellisation, devra assurer la présence de six opérateurs
(Caisse nationale d’assurance maladie, Caisse nationale d’assurance retraite, Caisse
nationale d’allocations familiales, Pôle emploi, Mutualité sociale agricole et La Poste)
et de trois administrations (ministère de l’Intérieur, ministère de la Justice et direction
générale des finances publiques). La création d’une Maison impose par ailleurs la
signature d’une convention-cadre entre le gestionnaire de celle-ci et les personnes
morales associées, précisant ses caractéristiques (services rendus aux usagers, zone
dans laquelle elle exerce son activité, missions qui y sont assurées et prestations
qu’elle peut délivrer).
En ce qui concerne le local dans lequel sera implantée la MFS, il est recommandé
par la circulaire de 2019 que celui-ci se trouve dans les lieux de passage habituels
des habitants. Comme il l’indique dans son courrier du 20 avril 2020, monsieur le
maire propose de « mettre à disposition une petite partie des locaux de la mairie ». Il
conviendra cependant de vérifier si cette solution pourrait être retenue, la structure,
pour être labellisée, devant proposer un espace de confidentialité ou isolé et garantir
l’accessibilité aux personnes en situation de handicap. En matière d’équipements,
elle doit proposer différents matériels (ordinateur, imprimante, etc.) et devra, d’ici à
2022, être dotée d’un dispositif de visioconférence. Concernant les horaires pendant
lesquels les usagers pourront se rendre dans cet espace, la même circulaire impose
que le public soit accueilli au moins 24 heures par semaine réparties sur au minimum
cinq jours, une ouverture en horaires décalés (soirées, heures de repas) de même
que les week-ends et jours fériés pouvant même être envisagée. L’accueil doit, en
permanence, être assuré par au moins deux agents polyvalents chargés d’assurer une
mission de conseil des usagers et les accompagner dans leurs démarches en ligne.
Cette exigence de la présence de deux agents à temps plein peut constituer un véri-
table obstacle, le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) soulignant
que dans 60 % des cas, l’impossibilité d’assurer la présence physique simultanée de
deux personnes a justifié le refus de labellisation. Pour répondre à cette contrainte,
monsieur le maire propose de mettre à disposition un agent polyvalent qui serait
chargé de maintenir un service public de proximité. Parallèlement, pour parvenir
à cette obligation de proposer deux agents en « front office », l’État pourrait mettre à
disposition le second agent nécessaire (notamment issu de la préfecture, des sous-
préfectures, des trésoreries ou des gendarmeries) ou lui demander d’assurer des
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 157
couverture numérique, sur l’absence d’un espace de confidentialité, sur une amplitude
d’ouverture insuffisante, etc.), la MSAP ne pourra être homologuée et rejoindre le
réseau France Services. Des mesures correctrices et un accompagnement renforcé,
assurés par les préfectures de département en lien avec les élus concernés, le CGET
et la Caisse des dépôts/Poste, seront alors proposés jusqu’à obtention du niveau de
qualité requis. Cet accompagnement prendra alors la forme d’un plan de montée en
qualité, élaboré par les services de la préfecture et devant être transmis au CGET au
plus tard le 15 septembre 2019, comportant des échéances calendaires précises. Les
MSAP ont en effet jusqu’au 31 décembre 2021 pour obtenir leur homologation, car
passé ce délai, elles ne recevront plus aucun financement de l’État (actuellement, les
MSAP bénéficient d’une enveloppe de 30 000 euros afin qu’elles renforcent leur offre
et se mettent en conformité avec les nouvelles exigences leur permettant d’obtenir
le label « France Services »).
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 159
Sujet 3
La prévention de la corruption
1/32
160 Le cas pratique aux concours
2/32
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 161
Document 1
3/32
162 Le cas pratique aux concours
Document 2
Crédit et renom 10.1 Atteinte notoire portée au crédit et au renom de la police nationale
de la police nationale 10.2 Atteinte notoire portée au crédit et au renom de la police nationale par le biais d’un réseau social
4/32
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 163
5/32
164 Le cas pratique aux concours
Document 3
6/32
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 165
7/32
166 Le cas pratique aux concours
8/32
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 167
9/32
168 Le cas pratique aux concours
10/32
Partie 2./Exemples
Orphelinat Mutualiste de la Police Nationale (OMPN commentés
Orpheopolis) de cas pratiques Page 1 sur 2
- Aquidonner.co...
169
Document 4
1 JE COMPARE 2 JE DONNE UTILE AVEC MON COMPARATEUR D'ASSOCIATIONS 3 JE BAISSE MES IMPÔTS
Comparatif des associations Aider une association au hasard Fiches Associations Réduction Impôts Presse S'inscrire Aquidonner
JE COMPARE LES ASSOCIATIONS CARITATIVES JE CHOISIS CELLE QUI ME CONVIENT J'ÉCONOMISE SUR MES IMPÔTS
INFOS DONS
69% action 13% fonctionnement 18% collecte de don 0% communication 0% autres charges
Les chiffres sont arrondis. Le total peut ne pas faire 100%.
Source : 2014 [Documents financiers]
PLUS D'INFOS POUR MIEUX DONNER : L'ASSOCIATION ORPHELINAT MUTUALISTE DE LA POLICE NATIONALE (OMPN / ORPHEOPOLIS)
Faire un don à Orphelinat Mutualiste de la Police ... Le site de Orphelinat Mutualiste de la Police ...
Le siège est à Fontenay-sous-Bois. L'association fait appel à un commissaire aux comptes. L'association a un label : Don en confiance. Le type de versement en ligne
proposé est : Ponctuel ou Mensuel
11/32
170 Le cas pratique aux concours
Spécial comptes 2018 - Août 2019 Supplément comptes 2017 - Août 2018
Spécial comptes
Spécial comptes2015
2016 -- Août
Septembre
2017 2016 Spécial comptes 2015 - Septembre 2016
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France Générosités
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Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 171
Document 5
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172 Le cas pratique aux concours
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Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 173
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174 Le cas pratique aux concours
16/32
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 175
17/32
176 Le cas pratique aux concours
18/32
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 177
Document 6
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178 Le cas pratique aux concours
20/32
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 179
21/32
180 Le cas pratique aux concours
DÉONTOLOGIE
Étude. L’encadrement par le droit de la fonction publique
des cadeaux faits aux agents
Le droit de la fonction publique, comme toutes les autres branches du droit administratif, reste largement
un droit objectif, c’est-à-dire peu porté sur des formulations concrètes. Or, les relations entre agents publics
et administrés sont souvent empreintes d’une dimension personnelle, dans laquelle l’amitié, la reconnais-
sance, mais aussi les pressions, ont leur part. Certains administrés peuvent être tentés de l’exprimer par
l’octroi de cadeaux faits à l’agent (ou au service) responsable du traitement de leur dossier. Les règles
déontologiques s’opposent a priori à ce qu’un agent accepte de tels cadeaux, qui peuvent faire craindre
pour son impartialité. En l’absence de dispositions explicites dans le statut général, c’est la jurisprudence
qui contrôle, en principe à l’occasion de contentieux disciplinaires, le caractère régulier ou non d’un cadeau
qui serait fait à un agent public.
« Si par hasard tu fais incliner la balance de la justice, « pots-de-vin ». Les deux législations (pénale, administrative)
que ce ne soit jamais sous le poids d’un cadeau, sont indépendantes, et les règles administratives développées
mais sous celui de la miséricorde. » en droit de la fonction publique englobent, on le verra, une
Miguel de Cervantès, Don Quichotte problématique et des considérations plus larges, englobant les
relations hiérarchiques internes.
Les agents publics sont soumis à une obligation générale de Tout est en réalité, en la matière, affaire de mesure : à l’image
moralité qui leur interdit d’accepter tout cadeau susceptible de d’autres concepts du droit administratif dont les frontières ne
mettre en doute leur impartialité, leur probité, dans l’accomplis- sont pas exactement définissables (on pense par exemple aux
sement de leur fonction, d’intérêt général. Le statut général de la mesures d’ordre intérieur), tout cadeau accepté ne fait pas de
fonction publique précise notamment de façon explicite que les l’agent public un fautif. C’est la remise en cause de la neutralité
fonctionnaires ne peuvent notamment prendre, par eux-mêmes de l’agent qui est en cause : l’agent ne doit pas provoquer le
ou par personnes interposées, « dans une entreprise soumise au cadeau, ni accepter un cadeau trop important, ni compromettre
contrôle de l’administration à laquelle ils appartiennent ou en la réputation du service public en « monnayant » ses décisions au
relation avec cette dernière, des intérêts de nature à compromettre regard de cadeaux qui seraient attendus. L’acceptabilité sociale
leur indépendance » 1. La question qui va nous intéresser ici des cadeaux faits aux agents publics est par ailleurs variable dans
concerne plus particulièrement les cadeaux qui sont parfois faits le temps et dans l’espace. L’OCOE s’intéresse ainsi à la question à
aux agents publics par les administrés. Il s’agit de s’interroger sur une échelle internationale, afin de repérer les bonnes conduites,
la frontière, floue, à partir de laquelle ces cadeaux. contreviennent s’il en existe : il s’agit de minimiser les risques déontologiques 3.
à l’éthique professionnelle, sachant que les cadeaux « illégaux » Par essence, si le cadeau est banalisé, voire systématisé, cela
sont ceux qui remettent en cause la probité de l’agent, et son signifie que le système en lui-même est corrompu (il n’y a pas
indépendance. Cette étude se limitera à l’examen des seules règles de « petite corruption » : il y a corruption, ou non).
applicables au droit administratif spécial de la fonction publique,
à l’exclusion des règles applicables en droit pénal. Ce dernier
offre une législation fournie et spécialisée dans le domaine des ■ Les cadeaux « légaux »
relations professionnelles. Les agents publics y sont soumis, aussi Le statut général de la fonction publique ne s’intéresse pas direc-
bien en tant que profes- tement à la question précise des cadeaux, et se cantonne à poser
Statut général sionnels « ordinaires », les grandes bases des règles déontologiques. Rappelons que le
qu’en tant qu’ils ont la statut général, s’il définit une échelle légale des sanctions, ne
La statut général donne simplement les grandes qualité d’agents publics. donne même pas de définition précise de la faute disciplinaire 4,
lignes du droit disciplinaire de la fonction pub- Plusieurs incriminations laissant donc à la hiérarchie une marge de manœuvre afin de
lique. Muet sur a définition de la faute, il n’en-
pénales sont donc consa- déterminer quels sont les comportements constitutifs de man-
cadre pas non plus explicitement la question des
cadeaux qui seraient faits aux agents publics. crées, comme la corrup- quements aux obligations de la fonction. Seuls quelques textes
Au contraire, certaines législations, à l’étranger, tion passive ou le trafic ponctuels s’intéressent à la question, principalement à l’étranger.
ont souhaité formuler des règles précises en d’influence 2. Le code
la matière. pénal prohibe ainsi les
« pourboires » et autres
L’absence de textes
Le droit français de la fonction publique, de formulation abstraite,
1. Art. 25 de la loi du 13 juill. 1983 portant droit et obligations
ignore toute référence positive au « cadeau ». Si quelques règles
des fonctionnaires. de déontologie sont précisées, c’est uniquement, nous le verrons,
2. C. pén., art. 432-11 : la concussion se distingue de la corruption dans la perspective du déclenchement de poursuites disciplinaires.
passive, en ce que dans la première le coupable exige une somme
comme un droit, alors que dans la seconde, la somme est réclamée
comme cadeau. Cet article punit de dix ans d’emprisonnement et 3. Gérer les conflits d’intérêts dans le service public, 29e session
de 150 000 € d’amende « le fait, par une personne publique dépo- du Comité de la gouvernance publique de l’OCDE, Paris, 15 et
sitaire de l’autorité publique, chargée d’une mission publique… de 16 avr. 2004.
solliciter ou d’agréer, sans droit, à tout moment, directement ou 4. Une telle définition statutaire est l’exception, comme le statut
indirectement, des offres, des promesses, des dons, des présents des magistrats judiciaires ; mais rien concernant explicitement
ou des avantages quelconques pour elle-même ou pour autrui ». les cadeaux.
35
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 181
Certaines législations étrangères préfèrent mettre à plat la sont également proposés au grand public ou à une catégorie
question, soit en interdisant les cadeaux, soit en autorisant de la population composée de tous les agents publics ou de
expressément les cadeaux de faible importance. Cette solu- tout le personnel en uniforme, qu’ils s’assortissent ou non de
tion a le mérite de clarifier les choses, et notamment, dans restrictions dues à des considérations géographiques ; prix et
la deuxième hypothèse, de déculpabiliser les agents publics. récompenses remis aux participants à des concours ou épreuves,
Ainsi, en Suisse, l’article 15 de la loi sur le statut de la fonction y compris les tirages au sort, s’ils sont ouverts au public, sauf si
publique du 28 juin 1995 (canton de Neuchâtel) dispose au la participation de l’agent public au concours – ou à l’épreuve
sujet des titulaires de fonctions publiques que « 3. L’esprit de est exigée dans l’exercice de ses fonctions ; pensions ou autres
courtoisie préside à leurs relations avec le public, ainsi qu’avec avantages sociaux résultant de la cotisation ininterrompue de
leurs supérieurs, leurs collègues et leurs subordonnés ». Et l’agent public au régime d’assurance et de retraite d’un ancien
l’article 61 de la loi du 16 septembre 2004 sur le personnel employeur ; tout ce qui est payé par l’État « ou obtenu par
(canton de Berne) précise quant aux dons des administrés l’État dans le cadre d’un contrat administratif ». On retrouve
aux agents que : « 1. Il est interdit aux agents et aux agentes ici la démarche juridique anglosaxonne, très concrète dans
d’accepter ou de se faire promettre, pour eux mêmes ou pour ses formulations, mais qui laisse en tout état de cause, par sa
d’autres personnes, des dons ou autres avantages qui ont ou formulation, la porte ouverte à l’interprétation, puisque la liste
qui pourraient avoir un rapport avec leur fonction. 2. Cette n’est pas exhaustive.
interdiction ne s’applique pas aux cadeaux de peu de valeur Au Québec, le règlement sur l’éthique et la discipline dans
offerts par courtoisie ». la fonction publique, mis en application de la loi sur la fonc-
La fonction publique africaine est sans doute celle qui s’intéresse tion publique, précise quant à lui dans son chapitre consacré
le plus à la question. On trouve dans plusieurs statuts généraux aux devoirs du fonctionnaire que « Le fonctionnaire ne peut
la mention aux cadeaux ou libéralités. La Direction générale accepter aucun cadeau, marque d’hospitalité ou autre avantage
des impôts de Madagascar a ainsi édité un « code de conduite » que ceux d’usage et d’une valeur modeste. Tout autre cadeau,
des agents qui dispose marque d’hospitalité ou avantage reçu doit être retourné au
dans son article 12 que donateur ou à l’État » 8.
Impartialité « Le personnel de l’Ad- En ce qui concerne le droit français de la fonction publique,
ministration Fiscale a aucune disposition directe autorisant les cadeaux de façon
Pour être régulier, un cadeau fait à un agent un devoir de strict res- explicite. Seul l’article 29 du Titre 1 qui concerne la faute dis-
public, qu’il émane d’un administré ou d’un pect de la probité. […] ciplinaire s’applique, de manière indirecte donc. Dès lors, c’est
collègue, ne doit pas compromettre l’impar- À cet effet, il doit obser- la jurisprudence qui va devoir encadrer la pratique, qui s’avère
tialité de sa prise de décision. ver un comportement multiforme. On peut néanmoins trouver quelques dispositions
honnête, exempt de éparses, notamment au sein de codes internes de déontologie.
compromission et Ainsi, au sein de La Poste, les conseillers financiers et acteurs de
s’interdire de recevoir ou solliciter tout avantage indu, service la vente du domaine financier, qui ont interdiction de solliciter,
ou cadeau de quelque nature que ce soit pour ses interven- accepter ou percevoir une quelconque rémunération de la part
tions » 5. La charte de la fonction publique en Afrique, adoptée du client et d’user de leurs connaissances de la clientèle pour
par la troisième Conférence biennale panafricaine des ministres profiter de libéralités.
de la fonction publique de Windhoek, Namibie, le 5 février
2001, dispose en son article 23 que « L’agent public ne doit Les critères du cadeau « régulier »
solliciter, accepter, réclamer ou recevoir, directement ou indi-
rectement, aucun paiement, don, cadeau ou autre avantage Le cadeau provient souvent d’un administré (source extérieure
en nature, pour s’acquitter ou s’abstenir de s’acquitter de ses à l’administration en principe), en remerciement d’un acte,
fonctions ou obligations » 6. d’une attitude, d’une solution trouvée à une réclamation… C’est
Les pays anglo-saxons préfèrent consacrer des codes de déon- d’ailleurs généralement ce type de cadeau qui pose difficulté en
tologie ou de bonne conduite des personnels, comme c’est le termes de déontologie : le destinataire de l’acte administratif, de
cas pour les personnels de l’exécutif aux États-Unis, dont la l’action de l’administration est l’émetteur du cadeau. Faute de
situation est réglementée de façon très concrète et précise en ce droit écrit, c’est donc sur des considérations de droit non écrit
qui concerne l’interdiction faite à ces personnels de recevoir des que la régularité du cadeau va s’apprécier, afin de contrôler s’il
cadeaux 7. Mais le code de déontologie américain autorise aussi y a ou non conflit d’intérêts.
tout un ensemble de cadeaux, dans une liste comme pourrait La condition essentielle est relative à l’expression de la volonté,
la consacrer la jurisprudence, et dont celle-ci pourrait d’ailleurs tant de l’agent public (qui ne doit pas avoir exprimé de souhait
s’inspirer en France. Il s’agit des : « articles alimentaires modestes de recevoir un cadeau, à un quelconque moment) que de
tels que boissons gazeuses, café et biscuits offerts autrement que l’administré (qui ne doit pas avoir eu pour but d’influencer
dans le cadre d’un repas ; cartes de vœux et les articles de faible l’action de l’agent public dans le cadre de sa fonction). Dans
valeur intrinsèque, tels que plaques, certificats et trophées, qui cette perspective, la simple tentative (de solliciter ou provoquer
sont prévus uniquement à des fins de présentation ; prêts de un cadeau) est punissable. C’est ce qui posera au contentieux
banques et autres établissements financiers à des conditions des difficultés, puisque le demandeur, et le juge, devront établir
généralement offertes au public ; opportunités et avantages, y la preuve de la volonté de l’auteur de l’acte.
compris les taux favorables et remises dans le commerce, qui Le moment constitue aussi un critère d’identification du carac-
tère régulier du cadeau. En effet, dans la perspective d’un cadeau
5. Ministère des finances et du budget, code de conduite des de type « régulier », le cadeau doit intervenir après l’action de
agents de l’administration fiscale, arrêté no 6814/2008. l’agent public, et non avant : l’anticipation est en effet assimilée
6. V. Nations Unies, Assemblée générale du Conseil économique à un investissement, en attente de retour (plaçant l’agent public
et social, 12 avr. 2001, A/56/63-E/2001/21. en position de débiteur).
7. Réglementation finale publiée par le U.S. Office of Government Enfin, le cadeau « d’usage », c’est-à-dire celui d’une valeur
Ethics et codifiée dans le 5 CFR, partie 2635 (édition du 1er janv. symbolique, qui fait l’objet d’un consensus dans la profession,
2002), tel qu’amendé par 67 FR 61761-61762 (2 oct. 2002) ;
source OCDE. 8. Art. 6.
qui est connu de tous, et qui est fait dans la transparence, est en droits à pension, le ministre a été considéré comme n’ayant pas
principe accepté (par ex. fleurs). commis d’erreur manifeste d’appréciation 11.
Notons toutefois que le cadeau peut aussi être interne à l’adminis- Les professions médicales font aussi l’objet d’une réglementation
tration. On pense ici à une jurisprudence connue en matière de particulière en matière de cadeaux prohibés, qui s’applique de
notion de mesure d’ordre intérieur. Ainsi, la décision de refus d’un manière transversale, et pas uniquement à la fonction publique 12.
avantage à caractère purement gracieux, comme l’attribution d’un Le manquement peut être formulé par le juge de manières diverses.
cadeau à l’occasion de l’arbre de Noël organisé par l’administration, Ainsi du cas d’un surveillant de l’administration pénitentiaire,
constitue une telle mesure d’ordre intérieur 9. qui avait « entretenu avec les familles ou les proches détenus des
On mentionnera enfin que les présidents de la République reçoivent rapports incompatibles avec ses fonctions, et accepté des cadeaux
de très nombreux cadeaux. Généralement, ils en font don à la de leur part ». Eu égard à leur gravité, ces faits étaient de nature
nation, sous la forme de dépôts dans des musées ou des établis- à justifier qu’une sanction disciplinaire sévère de révocation soit
sements publics culturels. infligée à l’intéressé, qui au demeurant s’était porté volontaire pour
participer aux opérations litigieuses 13.
■ Les cadeaux « illégaux » Le manquement peut être constitué quelle que soit la forme du
don (biens en nature, sommes d’argent…) qui peut être matériel
Là encore, la matière disciplinaire est pauvre d’enseignements ; ou immatériel.
c’est l’article 29 du Titre I du statut général (loi du 13 juillet Et l’interdiction ainsi formulée ne se limite pas aux agissements
1983), qui s’applique. Il dispose que « Toute faute commise par commis à l’intérieur de l’administration ou pendant le service :
un fonctionnaire dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de alors même que les faits incriminés se sont déroulés à l’extérieur,
ses fonctions l’expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, ceux-ci tombent sous le coup de l’interdiction, du moment qu’il
le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale ». Le cadeau y a contrepartie attendue de la part de l’usager 14.
fait à l’agent est présumé illégal, car le droit vise à protéger les On ne peut donc que conseiller à l’agent, en cas de doute, d’infor-
intérêts de l’administration et de l’administré : ceux-ci risquent mer sa hiérarchie explicitement du cadeau que souhaite lui faire
d’être compromis à l’occasion de l’octroi de cadeaux. un administré, pour obtenir sa permission : l’intérêt majeur de
l’information ainsi donnée réside dans l’impossibilité pour le
La protection de l’administration supérieur, après coup, de déclencher des poursuites disciplinaires.
L’interdiction ou la limitation de l’acceptation de cadeaux protège
l’administration contre les critiques susceptibles d’être portées à son Les critères du « cadeau » irrégulier
encontre au cas où la neutralité de ses agents serait mise en cause. Premièrement, l’avantage que procure le cadeau doit être indu :
l’agent public ne doit pas être autorisé à le recevoir : on appréciera
Un manquement à la dignité de la fonction cette condition au regard de l’ampleur du cadeau (ce qui ne signifie
pas nécessairement que cette appréciation soit de nature financière).
La référence au manquement figure implicitement dans la mention
de la faute évoquée par le statut général, que l’on vient d’évoquer. 11. CE 23 mars 2005, M. Voirain, no 265665 : sanction de révocation
La sanction prononcée par l’administration fait l’objet par le juge sans suspension des droits à pension.
administratif d’un contrôle de l’exactitude matérielle des faits, et 12. Ainsi, l’art. L 4113-6 CSP dispose que : « est interdit le fait, pour
d’ un contrôle normal de la qualification juridique des faits 10. les membres des professions médicales mentionnées au présent livre,
Cette référence figure parfois, mais très rarement, de façon explicite de recevoir des avantages en nature ou en espèces, sous quelque
dans certains statuts. Ainsi, en vertu de l’article 43 de l’ordonnance forme que ce soit, d’une façon directe ou indirecte, procurés par des
du 22 décembre 1958 portant loi organique relative au statut de entreprises assurant des prestations, produisant ou commercialisant
la magistrature : « Tout manque- des produits pris en charge par les régimes obligatoires de sécurité
ment par un magistrat aux sociale. Est également interdit le fait, pour ces entreprises, de proposer
Réputation de l’administration ou de procurer ces avantages.
devoirs de son état, à l’honneur,
Toutefois, l’alinéa précédent ne s’applique pas aux avantages prévus
La réflexion à mener sur le caractère irrégulier à la délicatesse ou à la dignité par conventions passées entre les membres de ces professions
des cadeaux faits aux agents publics permet de constitue une faute discipli- médicales et des entreprises, dès lors que ces conventions ont pour
contribuer à une meilleure compréhension des naire ». Une affaire symptoma- objet explicite et but réel des activités de recherche ou d’évaluation
mécanismes tendant à protéger l’administration t i q u e p e r m e t d ’ é c l a i re r scientifique, qu’elles sont, avant leur mise en application, soumises
contre les atteintes à sa réputation. l’hypothèse relative au thème des pour avis au conseil départemental de l’ordre compétent et notifiées,
cadeaux, qui nous intéresse ici lorsque les activités de recherche ou d’évaluation sont effectuées,
(on renvoie ici à la citation faite même partiellement, dans un établissement de santé au responsable
en préambule de l’article…). Un magistrat avait en effet bénéficié de l’établissement, et que les rémunérations ne sont pas calculées
de cadeaux multiples, d’invitations nombreuses et de la remise de de manière proportionnelle au nombre de prestations ou produits
sommes en argent de la part de personnes sur la situation desquelles prescrits, commercialisés ou assurés.
il a été amené à requérir ou vis-à-vis desquelles il a été amené à Il ne s’applique pas non plus à l’hospitalité offerte, de manière directe
prendre des mesures dans l’exercice de ses fonctions ; des membres ou indirecte, lors de manifestations de promotion ou lors de mani-
de sa famille avaient aussi bénéficié de faveurs de la part de ces festations à caractère exclusivement professionnel et scientifique
personnes. De tels faits ont été considérés par le juge administratif lorsqu’elle est prévue par convention passée entre l’entreprise et le
professionnel de santé et soumise pour avis au conseil départemental
en eux-mêmes et indépendamment des poursuites pénales dont
de l’ordre compétent avant sa mise en application, et que cette hospi-
ils ont fait l’objet, de nature à motiver une sanction disciplinaire. talité est d’un niveau raisonnable et limitée à l’objectif professionnel
Eu égard à la gravité des manquements de l’intéressé à son état, et scientifique principal de la manifestation et n’est pas étendue des
en prononçant une sanction de révocation sans suspension des personnes autres que les professionnels directement concernés […].
13. CAA Marseille, 23 mai 2004, M. Polgnonnec, no 00MA00612.
14. CAA Marseille, 4 avril 2006, Centre Hospitalier Universitaire de
Bordeaux, c/ M. Barrère, no 02M01407 : surveillant principal de centre
9. CE 4 nov. 1992, Ghirardi, no 132962. pénitentiaire ayant perçu une somme d’argent de la concubine de
10. CAA Versailles, 21 févr. 2008, M. Chosseler, no 6VE00940. l’un des détenus.
37
24/32 Novembre I Décembre 2011 AJFP
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 183
La sévérité de la sanction prononcée sera fonction de la nature des constitué dans l’hypothèse de demandes de cadeaux par l’agent
fonctions exercées par l’agent (par ex. fonctions qui l’amènent à en contrepartie de l’accomplissement d’un acte de la fonction 18.
être en contact avec le public) et de la gravité de ses agissements 15. L’acceptation d’un cadeau qui se révèle irrégulier est passible
Deuxièmement, l’avantage procuré peut être, on l’a vu, direct (par de sanction disciplinaire. Mais l’administration dispose en la
ex. réalisation de travaux dans la propriété privée de l’agent par matière d’un large pouvoir discrétionnaire, en vertu du principe
une entreprise de travaux publics favorisée par l’intéressé 16) ou de l’opportunité des poursuites disciplinaires, et peut décider,
indirect : il peut bénéficier aussi bien à l’agent public lui-même, malgré la connaissance de ces faits répréhensibles, de ne pas
qu’à un tiers (par ex. membre de la famille), à condition que l’agent poursuivre l’agent fautif. En effet, le droit pénal connaît les cir-
considéré y trouve un intérêt, même indirect. constances atténuantes ; il est somme toute logique que le droit
Troisièmement, le moment auquel le cadeau est donné est essentiel : de la fonction publique puisse les intégrer. On peut envisager
s’il est donné avant la prise de décision, il est présumé irrégulier, que ces circonstances soient notamment les suivantes : l’âge du
et l’agent passible de sanction, car la hiérarchie va pouvoir consi- donateur ou du bénéficiaire ; la méthode utilisée ; la motivation
dérer que le cadeau a pour but d’orienter ladite décision. Pour des deux acteurs impliqués ; l’attitude impartiale de l’agent après
les cadeaux « a posteriori », la problématique, on l’a vu, est plus avoir accepté le cadeau.
complexe, et la hiérarchie comme le juge doivent s’intéresser à Mais une fois le caractère frauduleux établi, l’agent peut faire l’objet
l’ampleur du cadeau. Il va aussi être nécessaire, dans cette hypo- d’une sanction. Il en a été ainsi dans une affaire d’octroi de visas
thèse, de contrôler si l’agent avait une connaissance préalable du de transit de complaisance par un commandant de police qui
cadeau à venir. avait reconnu avoir accepté des intermédiaires qui le sollicitaient
Quatrièmement, le caractère individuel ou collectif du cadeau la remise de plusieurs cadeaux. À supposer même que d’autres
est indifférent. Il suffit que ce dernier compromette la probité officiers de police auraient eu coutume de recevoir des cadeaux en
des agents qui en bénéficient. On pense ici au « pourboire » au contrepartie des facilités qu’ils accordaient à certains voyageurs,
sens large : des entreprises ont dans certains cas mis en place un ce comportement est de nature à justifier une sanction de mise
système de cadeau « de service » : le cadeau (somme d’argent) est à la retraite d’office 19. De même, l’agent qui reçoit à plusieurs
reprises des cadeaux, avantages ou sommes d’argent en contrepartie L
certes donné à un agent en particulier (qui peut d’ailleurs changer),
mais de façon récurrente, et ensuite mis en commun entre les d’interventions ou de promesses d’intervention dépourvues de lien L
agents du service. Tous sont alors susceptibles d’être sanctionnés, avec ses obligations de service et effectuées par lui en particulier en p
du fait de la perception de ce que l’on peut qualifier de « rente faveur de certains administrés pour lesquels l’agent a entendu user in
de situation ». Le fait que le comportement de l’agent ne pouvait de son influence, porte « atteinte à la considération de l’ensemble p
pas avoir été ignoré des autorités hiérarchiques dont il dépendait de son administration et en particulier du corps de fonctionnaires s
directement peut conduire à un allègement de la sanction : il auquel il appartient » 20. Il commet donc une faute de nature à d
appartient en effet à la hiérarchie de mettre fin le plus rapidement justifier l’application d’une sanction disciplinaire.
possible à une faute, dans l’intérêt de l’administration 17. À défaut, La solution s’applique bien entendu à l’intérieur de la fonction
l’agent peut estimer se trouver dans la « zone » des cadeaux qui publique elle-même, c’est-à-dire entre agents. Ainsi, le fait pour
restent réguliers : il ne faut donc pas laisser des comportements un supérieur hiérarchique de se faire payer par un fonctionnaire
« déviants » s’instaurer, et se fixer dans le temps. subordonné pour prendre une décision relative à la carrière de cet
Enfin, c’est le but du cadeau qui va être essentiel dans la qualifi- agent est interdit 21 ; solution extensible aux cadeaux. Une autre
cation de son caractère régulier ou non. Il sera irrégulier s’il a pour hypothèse, bien que marginale, peut être envisagée, que l’on a
but d’inciter l’agent à accomplir positivement, ou à s’abstenir déjà évoquée : c’est l’hypothèse de cadeaux faits en remerciement à
d’accomplir une action en relation directe avec sa fonction, dans certains agents (par ex. à l’occasion de leur cessation de fonctions
la perspective d’orienter favorablement la décision envers le « dona- ou d’évènements familiaux), mais par le service lui-même. Dans
teur ». Cette condition est en relation directe avec celle examinée ce cas aussi, l’administration doit respecter la légalité, et plus
dans la première partie, précisément, les règles de la comptabilité publique, à savoir le
tenant au moment auquel rattachement des dépenses au service 22.
Subordination le cadeau est offert : par
Le cadeau contrevient aux règles déon- essence, un cadeau offert La protection de l’administré
tologiques s’il procure un avantage à l’auteur avant la prise de décision
souffre d’une présomp- Dans d’autres cas, il ne s’agit pas tant de sanctionner l’agent qui va
de l’acte administratif, directement ou indi- tenter de « monnayer » une décision par un cadeau (sans qu’une
rectement, qu’il soit individuel ou collectif, et tion d’irrégularité. Dans
cette perspective, l’appré- transaction en argent ne soit directement établie) mais de garantir
antérieur ou postérieur à la date de la prise à l’administré que ses intérêts ne seront pas compromis. Il s’agit
de décision. Il a pour but d’orienter la décision ciation de la volonté de
l’agent devient essentielle. notamment ici de proscrire toute gratification versée par l’usager
administrative. à l’agent public lorsque celui-ci s’est acquitté normalement de sa
On peut par exemple
envisager le cas d’un fonction 23. On peut sur ce plan envisager d’autres répercussions
agent en réalité juridiquement incompétent pour prendre l’acte contentieuses, hors droit pénal, à l’acceptation d’un cadeau. Il en est
réclamé par l’administré, mais qui solliciterait néanmoins un
cadeau, sachant pertinemment que l’issue de la demande serait 18. CAA Paris, 22 oct. 1998, M. Costa, no 97PA00962.
négative. L’intention de l’agent est donc ce cas nécessaire. Ainsi, 19. CAA Versailles, 21 févr. 2008, M. Denis Chosseler, no 06VE00940,
le manquement aux obligations de probité et d’indépendance est préc.
20. CAA Paris, 13 févr. 2003, M. Chakouri, no 01PA04318
21. CE 24 juil. 1981, Baets, Lebon 313 : nomination (on peut même
concevoir un système allant jusqu’à instaurer le versement périodique
15. CAA Marseille, 4 avr. 2006, Centre Hospitalier Universitaire de d’une somme d’argent au supérieur hiérarchique ayant procédé à
Bordeaux c/ M. Barrère, no 02MA01407, préc. la nomination).
16. CAA Marseille, 6 mars 2007, Ministre de la défense c/ M. Roscian, 22. CE 21 oct. 2009, Ministre du Budget, no 306960.
no 03MA00746. 23. Dans cette perspective, il est difficile d’expliquer à l’extérieur
17. CE 11 avr. 2001, Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux de la fonction publique que des primes de service sont attribuées
c/ M. Roumegoux, no 211950 ; CE 11 avr. 2001, Centre Hospitalier pour partie sur le critère du « présentéisme » (c’est-à-dire eu égard à
Universitaire de Bordeaux c/ M. Le Du, no 211949. la faiblesse du taux des absences de courte durée).
38
Novembre I Décembre 2011 AJFP 25/32
184 Le cas pratique aux concours
ainsi, dans le cadre du recours pour excès de pouvoir, du moyen tiré pas non plus, bien entendu, aux cadeaux « de départ » (mutation,
du détournement de pouvoir : l’administré qui conteste la légalité promotion, retraite) des collègues.
d’un acte administratif doit pouvoir s’appuyer, au moins comme L’étude du caractère régulier ou non des cadeaux faits aux agents
commencement de preuve, sur un cadeau irrégulier qu’aurait publics présente, on l’a vu, un intérêt quant au perfectionnement de
perçu l’agent auteur de l’acte, et qui aurait influencé sa décision. l’identification des obligations déontologiques des agents publics. Il
Surtout, le fait pour un agent public d’accepter un cadeau ou un s’avère délicat de formuler une solution de manière trop abstraite,
don d’une personne dans une situation de particulière vulnéra- ou trop rigoriste : le « tout interdit » semble irréaliste, et même,
bilité est prohibé. On pense ici en particulier aux membres de la sans doute, non pertinent. En effet, il faut savoir conserver des
fonction publique hospitalière, pour lesquels l’article L331-4 du relations « humaines » entre les agents publics et les usagers : ce
code de l’action sociale et des familles dispose que « Les personnes n’est pas parce que l’agent public poursuit une mission d’intérêt
physiques ou morales propriétaires, administrateurs ou employés général, dans un cadre largement objectivé par l’application du
des établissements, les bénévoles qui interviennent en leur sein droit administratif, que cela lui interdit toute relation de proximité
et les associations auxquelles ces derniers adhèrent ne peuvent avec l’usager 29. La réalité des relations humaines entre agents et
profiter des dispositions entre vifs ou testamentaires faites en leur administrés dépasse de beaucoup ce que les textes pourraient de
faveur par des personnes hébergées dans le ou les établissements toute façon tenter de circonscrire ou d’identifier.
qu’elles exploitent ou dans lesquels elles sont employées que dans Par ailleurs, les quelques rares contentieux intervenus en la matière,
les conditions fixées à l’article 909 du code civil. L’article 911 relatifs aux cadeaux faits aux agents publics laissent supposer
dudit code est, en outre, applicable aux libéralités en cause » 24. que des conflits internes au service devaient parfois exister en
Cette interdiction a entraîné la légalité de la révocation d’un agent germe préalablement.
de service intérieur dépendant d’un bureau d’aide sociale communal Enfin, il est évident que les cadeaux sont répartis de manière non
ayant accepté le don d’une automobile par un pensionnaire du uniforme : ce sont principalement les agents en contact avec le
foyer. Le fait que l’intéressé ait public qui en bénéficient, et, parmi eux, certaines catégories plus
conservé ses facultés mentales spécifiquement, à savoir ceux appelés à résoudre les réclamations
L’intérêt des usagers ne modifie pas l’applicabilité des administrés. Pour cette raison, il serait sans doute pertinent de
L’encadrement des cadeaux faits aux agents de ces dispositions 25. De généraliser (faute de précision dans le statut général ou les statuts
publics vise aussi, bien entendu, à protéger les même, une aide-soignante particuliers) des règlements intérieurs ou des codes de déonto-
intérêts des administrés, qui n’ont en principe acceptant le bénéfice de logie, même succincts, précisant de manière claire si les cadeaux
pas à rémunérer, sous quelque forme que ce contrats d’assurance-vie de la sont ou non acceptés, et dans l’affirmative, dans quelle mesure 30.
soit, un agent public au titre de la prestation part d’une résidente enfreint
de service public qu’il effectue. son obligation de moralité et
doit être révoquée 26. Frédéric Colin
Plus globalement, le cas des Maître de conférences
agents publics en relation avec le public sont susceptibles d’être à l’Université Paul-Cézanne, Aix-Marseille Ill,
en contact avec une clientèle « captive », et parfois en situation, Centre de recherches administratives
on l’a dit, de vulnérabilité (personnes âgées notamment) est exa-
miné avec une plus grande sévérité par la hiérarchie et par le juge
administratif. Dans cette hypothèse, l’obligation déontologique se
poursuit même temporellement au-delà de la fin de la relation
professionnelle avec l’intéressé : les règles déontologiques de la
profession ainsi que « l’obligation de désintéressement à laquelle
sont contraints tous les fonctionnaires » font obstacle à ce que
l’agent accepte toute libéralité et puisse notamment obtenir un
prêt de l’un de ses ex-« clients » 27. La circonstance que le client qui
a consenti le don et/ou le prêt litigieux, « en pleine connaissance
de cause et de son plein gré », n’a pas porté plainte et qu’aucune
réalisation de faux ou d’abus de confiance ne peut lui être repro-
chée, est inopérante.
***
Document 8
J’analyse
les données
du problème
J’évalue les
conséquences
concrètes
de ma future
décision
Je prends
conseil pour
éliminer les
risques
28/32
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 187
Document 9
Résister à la tentation
du cadeau d’entreprise
Maximilien Godgenger
Caop’AO
En contact permanent avec les fournisseurs, les acheteurs publics sont soumis à la tentation.
Accepter un repas ou un cadeau d’entreprise peut conduire sur la mauvaise pente. Sans tout
refuser, il faut être vigilant.
Document 10
31/32
190 Le cas pratique aux concours
32/32
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 191
Commentaire
La thématique du dossier traite des cadeaux que pourraient recevoir les agents
publics de la part d’usagers satisfaits de leur action. Il vous est demandé de cerner
le périmètre de telles gratifications (sont-elles assimilables à des faits de corruption
ou alors peuvent-elles être acceptées par les agents ?). À cet égard, le sujet peut pré-
senter certaines difficultés : il n’est pas forcément aisé d’appréhender les limites de
la thématique (l’acceptation des bons pourrait-elle s’assimiler à de la corruption ?)
alors même que dans le cadre de la commande il est attendu que vous présentiez
les solutions envisageables à votre hiérarchie.
Aussi, si la commande implique que vous apportiez des informations objectives à
votre supérieur hiérarchique sur ce qui distingue les faits de corruption d’agissements
acceptables dans le cadre du fonctionnement habituel des administrations (car la
récompense proposée par l’usager intervient a posteriori, et non pas a priori, et n’a pas
pour objectif d’influencer les agents dans leur décision), il est également attendu que
vous démontriez votre capacité à être force de proposition en explicitant quelles
solutions pourraient être décidées au regard du cas qui vous est soumis (refuser les
bons cadeaux, au risque de froisser le donateur ; les accepter, au risque de faire peser
des soupçons sur la neutralité de l’administration).
Sur la forme, les éléments que vous produirez seront, de manière habituelle pour ce
type d’exercice, intégrés dans une « fiche argumentaire », comme spécifié dans l’énoncé.
Il est à noter que l’énoncé précise le sens de trois sigles utilisés dans le dossier.
SIGLES :
SIAAP : Service d’intervention d’aide et d’assistance de proximité
OMPN : Orphelinat mutualiste de la police nationale – Orphéopolis
AFA : Agence française anticorruption
Le dossier se compose de dix documents de taille et d’origine variées. La lecture de
la liste des documents permet d’identifier rapidement que le dossier contient trois
documents assez longs, deux comptant chacun cinq pages et un, six pages. En ce qui
concerne la nature des documents, ceux-ci sont d’origines très différentes, le dossier
étant constitué de documents ayant une dimension juridique (documents 1, 2, 3 et
7), de textes provenant d’institutions (documents 4, 5, 6 et 8), d’un article publié
dans la presse spécialisée (document 9) et d’un article ayant une portée plus générale
(document 10).
Une fois réalisé ce travail d’analyse de la liste des documents, il convient de survoler
rapidement le dossier afin d’essayer de comprendre les grands axes et dimensions
de chaque texte, en vous attardant particulièrement sur les titres, les sous-titres, les
passages soulignés ou rédigés en gras, etc.
Le document 1 propose un extrait du Code de la sécurité intérieure présentant
les obligations s’imposant aux policiers et gendarmes. Ce texte, dans son article
R. 434.9, souligne ainsi l’obligation de probité à laquelle ils sont soumis, leur inter-
disant d’accepter aucun avantage ni aucun présent directement ou indirectement
lié à leurs fonctions.
Le document 2 présente de façon exhaustive les principes professionnels et déon-
tologiques s’appliquant aux agents publics et dont le non-respect constitue un
manquement.
Le document 3 est un document, dont l’origine n’est pas mentionnée, qui ren-
seigne sur l’incrimination de corruption en précisant sa définition, son cadre légal,
les éléments, matériels et moraux, qui la constituent, ses conditions de poursuite
ainsi que les sanctions auxquelles s’exposent ceux qui s’en rendraient coupables.
Il évoque par ailleurs la distinction entre corruption active et corruption passive
et la nécessité qu’existe un « pacte » entre le corrupteur et le corrompu pour que
l’infraction soit constituée.
Le document 4 est extrait du site internet de l’Orphelinat mutualiste de la police
nationale. Il présente de façon très synthétique les actions soutenues par cet organisme
194 Le cas pratique aux concours
et permet de comprendre qu’un don pourrait lui être adressé par l’usager souhaitant
remercier les policiers pour leur intervention.
Le document 5, extrait du site de l’Agence française anticorruption (AFA), précise
les conduites à adopter face à une tentative de corruption, les recommandations de
cette instance constituant le référentiel anticorruption applicable à l’ensemble des
acteurs publics et sur la totalité du territoire français.
Le document 6, dans le prolongement du document précédent, émane ici du
comité d’éthique du ministère des Affaires étrangères et européennes. Il précise les
principes et les pratiques déontologiques applicables afin de prévenir les faits de
corruption et souligne notamment la distinction devant être opérée entre cadeaux
usuels et dons anormaux.
Le document 7, dont la lecture peut apparaître compliquée en raison de sa densité
et de son caractère technique, présente un article de doctrine juridique, publié
dans une revue spécialisée (Actualité juridique fonctions publiques [AJFP]). Il traite
de l’encadrement par le droit de la fonction publique des cadeaux faits aux agents
publics. Si le principe semble clair (les agents sont soumis à une obligation géné-
rale de moralité qui leur interdit d’accepter tout cadeau susceptible de mettre en
doute leur impartialité et leur probité dans l’accomplissement de leur fonction), il
ne s’oppose toutefois pas à ce qu’ils reçoivent de menus présents, tout étant, en la
matière, comme le précise l’auteur, « affaire de mesure ». Il conviendra donc, à l’aune
de cet article, d’analyser le cas qui vous est soumis afin de comprendre si les cadeaux
proposés par l’usager excèdent ceux qu’un agent serait susceptible de recevoir à la
suite de la réalisation de ses missions.
Le document 8 propose un article émanant de la direction de l’éthique et de la
déontologie de la SNCF qui rappelle les principes présidant à la lutte contre la cor-
ruption et précise l’attitude à adopter lorsqu’un agent se voit proposer un cadeau
(cette notion apparaissant particulièrement étendue).
Le document 9 reprend un article publié dans la revue La Lettre du cadre territorial
expliquant de quelles façons il est possible de « résister à la tentation du cadeau
d’entreprise », l’auteur distinguant l’attitude à adopter selon la nature et le montant
des cadeaux en question.
Le document 10, dont on ne sait dans quel journal il a été publié, rappelle, au-delà
de l’interdiction de principe pour un agent public de recevoir des cadeaux, le flou
qui entoure cette pratique. Il est en effet parfois possible dans certaines circonstances
de les accepter, avec le risque néanmoins de rapidement glisser vers des comporte-
ments plus répréhensibles.
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 195
a) Exploitation du dossier
Article 432-11 (1o) du Code Distinction entre cadeaux d’usage Les cadeaux d’usage ne soulèvent
pénal (délit de corruption passive et cadeaux de valeur présentant un aucun grief.
– « Résister à la tentation du cadeau
Doc 9 : La Lettre du cadre territorial
d’agents publics) : « est puni de caractère manifestement excessif. Il convient de refuser les cadeaux
dix ans d’emprisonnement et de Cadeaux d’usage : biens de faible de valeur.
150 000 euros d’amende le fait, montant (chocolats, calendriers,
par une personne dépositaire En cas de doute, il est recommandé
stylos, objets publicitaires ou de solliciter l’avis du responsable
d’entreprise »
Obligation d’exemplarité.
Doc 2 : Déclinaison des
et déontologiques
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 197
ponctuel à Orphéopolis.
La corruption passive
(article 432-11 du Code pénal)
est caractérisée lorsqu’une
personne exerçant une fonction
publique profite de cette fonction
notamment en acceptant des
dons en vue d’accomplir ou de
s’abstenir d’accomplir un acte de
sa fonction (ce qui ne correspond
toutefois pas au cas qui est
proposé).
L’article 432-11 du Code pénal
incrimine au titre de la corruption
passive le fait de « solliciter ou
d’agréer » des avantages.
Suite au vote de la loi du 30 juin
2000, l’exigence de l’antériorité
du pacte de corruption a été
supprimée. L’infraction est
caractérisée même si l’agent
a déjà accompli un acte qu’il ne
s’agit plus que de récompenser.
Il est cependant toujours
nécessaire d’établir l’existence
de ce pacte de corruption.
198 Le cas pratique aux concours
de la fonction publique (qui Tout cadeau accepté ne fait pas d’intérêt général, dans un
n’encadre pas la question des de l’agent public un fautif, mais le cadre largement objectivé
cadeaux faits aux agents), c’est cadeau fait à l’agent est présumé par l’application du droit
des cadeaux faits aux agents (novembre/décembre 2011) – AJFP
la jurisprudence qui contrôle, illégal car le droit vise à protéger administratif, que cela lui interdit
en principe à l’occasion de les intérêts de l’administration et toute relation de proximité avec
contentieux disciplinaires, le de l’administré (ceux-ci risquant l’usager.
caractère régulier ou non d’un d’être compromis à l’occasion de
cadeau qui serait fait à un agent. l’octroi de cadeaux).
Les agents publics sont soumis C’est la remise en cause de la
à une obligation générale neutralité de l’agent qui est
de moralité qui leur interdit en cause : l’agent ne doit pas
d’accepter tout cadeau provoquer le cadeau, ni accepter
susceptible de mettre en doute un cadeau trop important, ni
leur impartialité et leur probité, compromettre la réputation du
dans l’accomplissement de leur service public en « monnayant »
fonction. ses décisions au regard de
Le statut général laisse à cadeaux qui seraient attendus.
la hiérarchie une marge de L’interdiction ou la limitation
manœuvre afin de déterminer de l’acceptation de cadeaux
quels sont les comportements protège l’administration contre
constitutifs de manquements les critiques susceptibles d’être
aux obligations des agents. portées à son encontre dans
l’hypothèse où la neutralité de
ses agents serait mise en cause.
Le moment auquel le cadeau
est donné est essentiel : s’il est
donné avant la prise de décision,
il est présumé irrégulier, et l’agent
passible de sanctions, car la
hiérarchie va pouvoir considérer
que le cadeau a pour but
d’orienter ladite décision.
Le caractère individuel ou collectif
du cadeau est indifférent.
200 Le cas pratique aux concours
b) Élaboration du plan
Plan proposé :
I. La réglementation en matière de cadeaux accordés par des usagers aux agents publics
I.1. Le principe général interdisant aux agents publics d’accepter des cadeaux de la
part d’usagers
I.2. Les exceptions au principe interdisant aux agents publics d’accepter des cadeaux
remis par des usagers
II. Les solutions envisageables permettant de récompenser l’intervention des per-
sonnels dans le respect de l’obligation de probité s’imposant à eux
II.1. Les alternatives à la gratification par la remise de bons d’achat
II.2. La sensibilisation des agents à la délicate question des cadeaux émanant d’usagers
3. Corrigé proposé
Ministère de l’Intérieur
Direction départementale de la sécurité publique
Circonscription de la sécurité publique de XVILLE
À XVILLE, le …
Fiche à l’attention de Monsieur le Commissaire, chef de service
Objet : l’encadrement de la remise de cadeaux aux personnels de la part d’usagers
Références :
Article R. 434-9 du Code de la sécurité
Article 432-11 1 du Code pénal
À la suite de l’interpellation, par un équipage de l’unité d’intervention et de police
secours, de cambrioleurs qui s’étaient introduits dans sa villa, M. …, notable et ami
personnel du ministre de l’Économie, souhaite remercier les fonctionnaires de police
pour leur action et a, pour cela, décidé de remettre à l’ensemble des personnels du
commissariat des bons d’achat, certains présentant une valeur faciale à deux zéros, à
valoir dans ses magasins. Si sa reconnaissance et sa générosité peuvent être saluées,
cette situation n’est toutefois pas sans soulever certaines difficultés, les règles déon-
tologiques s’appliquant aux agents publics posant un principe général qui proscrit la
possibilité d’accepter des cadeaux ou des présents de la part d’usagers. Pour autant,
afin à la fois de respecter la réglementation s’imposant aux agents mais également
de satisfaire M. … dans son souhait compréhensible de remercier les personnels
pour leur action, des alternatives à ce don en bons d’achat doivent être envisagées.
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 201
implique ainsi nécessairement la violation par l’agent s’en rendant coupable des devoirs
de sa charge et la conclusion avec la personne à l’origine de ce cadeau – qui pourrait
pour sa part être poursuivie pour corruption active –, d’un pacte de corruption.
Mais dans l’affaire qui nous intéresse la situation est plus complexe, car les cadeaux
accordés aux agents, étant rappelé que les bons d’achat pourraient être distribués
à l’ensemble des personnels du commissariat et non au seul équipage de l’unité
d’intervention ayant interpellé les cambrioleurs, le seraient en remerciement de
l’opération qu’ils ont menée et ne chercheraient donc pas à infléchir leur décision
ou à octroyer à leur auteur un avantage injustifié. Parallèlement, si la réglementation
interdit que les agents acceptent des cadeaux, les pratiques administratives autant
que la jurisprudence apportent quelques tempéraments à ce principe d’interdiction
générale de recevoir des présents émanant d’usagers en contrepartie des actions
menées ou des décisions prises par les agents publics. Et dans ce domaine, tout est
affaire de contexte, le statut général de la fonction publique n’encadrant pas préci-
sément, hors hypothèse où ces faits seraient constitutifs d’un délit de corruption, la
question des cadeaux faits aux agents, ceux-ci devant seulement, en application de
l’obligation générale de moralité s’imposant aux personnels publics, refuser ceux
qui seraient susceptibles de mettre en doute leur impartialité et leur probité dans
l’accomplissement de leurs fonctions.
Les chefs de service disposent, en la matière, d’une marge d’appréciation afin de
décider ce qui est acceptable et ce qui doit être refusé, certains cadeaux pouvant faire
peser des soupçons sur celui qui les reçoit. Aussi, il importera de toujours prendre
en considération leur nature, leur montant, la personnalité de leur donateur et les
raisons présidant à cette remise de cadeau.
I.2. Les exceptions au principe interdisant aux agents publics d’accepter des
cadeaux remis par des usagers
Si les règles déontologiques applicables aux agents publics s’opposent à ce qu’ils
acceptent des cadeaux pouvant faire peser des suspicions légitimes quant à leur
impartialité, elles n’interdisent toutefois pas que de menus présents puissent excep-
tionnellement leur être remis de la part notamment de particuliers (cela pouvant
toutefois être plus compliqué lorsqu’ils émanent d’élus ou d’entreprises) satisfaits du
service qui leur a été apporté. Néanmoins, tous les cadeaux ne sont pas possibles,
comme par exemple les dons en espèces, étant souligné que dans l’affaire nous
intéressant, les bons d’achat constituent des avantages directs pouvant être assimilés
à des sommes en argent. Ce motif pourrait déjà, à lui seul, justifier de refuser la
proposition de M. …
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 203
Par ailleurs, de manière générale, une distinction est opérée entre les cadeaux d’usage
et ceux de valeur. La première catégorie recouvre des cadeaux de faibles montants,
comme des chocolats ou des objets publicitaires ou promotionnels, qui sont le plus
souvent donnés dans le cadre de relations courtoises afin de témoigner sa recon-
naissance ou sa sympathie. La seconde, celle concernée par le cas nous intéressant,
recouvre des biens présentant un caractère manifestement excessif car ayant une
valeur financière pouvant être importante (spiritueux, bijoux, bons cadeaux, etc.).
La difficulté soulevée par cette dernière catégorie de cadeaux, d’un montant indis-
cutablement disproportionné, est qu’elle pourrait conduire les agents qui en bénéfi-
cient à se sentir redevables à l’égard de la personne qui les leur accorde. Ainsi, si par
exemple à l’occasion d’un contrôle routier, les agents du commissariat constataient
que la personne auteure d’une infraction au Code de la route était celle leur ayant
accordé ces bons d’achat, ils pourraient alors être tentés de ne pas la verbaliser en
remerciement ou en compensation du geste qu’elle aurait précédemment eu envers
eux. Dans cette hypothèse, l’acceptation du cadeau pourrait dès lors conduire à
accorder a posteriori à son auteur un traitement de faveur, l’agent en bénéficiant se
trouvant de fait dans une situation d’obligé. Si des cadeaux d’une valeur symbolique
ou extrêmement modérée auraient donc pu être acceptés, correspondant aux pratiques
tolérées entre agents publics et usagers, leur montant (certains ayant une valeur
supérieure à 100 euros) et leur nature apparaissent incompatibles avec les usages.
Enfin, il convient de s’interroger, comme cela se pratique dans d’autres administra-
tions, à l’instar des recommandations formulées par le comité d’éthique du ministère
des Affaires étrangères et européennes, sur l’intention de l’auteur du cadeau et sur
sa personnalité. En l’espèce, si les raisons présidant au don de M. … sont louables,
récompenser nos services pour leur efficacité, sa personnalité, alors qu’il est un
notable fortuné, pourrait choquer l’opinion publique.
À l’aune de ces éléments, il ressort qu’en raison de sa nature, de son montant et de
la personnalité de son auteur, la proposition de don de M. … devra être refusée.
Aussi, il convient de lui proposer des solutions alternatives au cadeau qu’il souhaite
accorder aux personnels du commissariat.
II. Les solutions envisageables permettant de récompenser l’intervention des
personnels dans le respect de l’obligation de probité s’imposant à eux
Les bons d’achat que M. … souhaite offrir aux personnels soulevant des difficultés
tant en raison de leur nature, de leur montant que de la personnalité de leur auteur,
obligent à trouver des solutions alternatives afin de ne pas le froisser dans sa volonté
de récompenser les effectifs du commissariat sans cependant faire peser des suspicions
204 Le cas pratique aux concours
d’apporter une certaine visibilité à son acte généreux. Enfin, s’il maintient son intention
de directement remercier les personnels, et plus particulièrement ceux de l’équipage
intervenu à son domicile, il demeure tout à fait possible qu’il leur offre un présent
ou une gratification d’une valeur symbolique comme une petite boîte de chocolats.
Il importe par ailleurs que vous soyez attentif au fait que M. … avait pour inten-
tion de proposer aux personnels du commissariat des bons d’achat d’une valeur
variable (l’on peut imaginer qu’il souhaite que les plus importants soient adressés
aux membres de l’équipage de l’unité d’intervention). Cette solution n’apparaissait
pas forcément opportune, car elle aurait pu générer un sentiment d’inégalité entre
les personnels et provoquer des jalousies. Aussi, s’il fait le choix d’offrir un cadeau
symbolique aux agents, il conviendrait que celui-ci soit le même pour tous. Selon
son souhait, il pourrait opter pour l’une (don à une association) ou l’autre (don
symbolique aux agents) de ces solutions, voire faire le choix des deux. Enfin, à votre
décision, il pourrait également lui être éventuellement proposé de faire un don au
service mais en informant alors le directeur départemental de cette initiative. Cette
solution présenterait alors comme avantage de profiter indirectement aux agents,
lesquels pourraient être déçus et frustrés lorsqu’ils apprendront notre décision de
refuser la proposition initiale de M. … Aussi, afin de compenser a minima la légitime
déception qu’une telle décision provoquera, il pourrait être envisageable que vous
adressiez une lettre de félicitation aux membres de l’équipage qui sont intervenus
voire, si cela est financièrement possible, que vous leur attribuiez une prime excep-
tionnelle de résultat.
Mais quelle que soit la solution retenue, des explications devraient être apportées
aux agents leur indiquant les raisons de cette décision de refus, et, parallèlement,
des actions de sensibilisation pourraient être engagées.
II.2. La sensibilisation des agents à la délicate question des cadeaux émanant
d’usagers
Même si dans l’esprit de M. … il ne s’agit certainement que de remercier les per-
sonnels pour leur intervention et le service qu’ils rendent au quotidien au bénéfice
des usagers, la nature et le montant de son don risqueraient à la fois de susciter
des interrogations sur l’indépendance de la police si ce geste venait à être connu du
grand public (par exemple par les personnels de ses magasins), mais également de
rendre les effectifs redevables à l’égard de cette personne. Aussi, la décision qui doit
nous conduire à refuser le cadeau de M. … devra être expliquée aux agents, dès lors
qu’ils auraient été informés de cette initiative. Il conviendra ainsi de leur rappeler
l’obligation de probité s’imposant à eux et leur préciser que le montant des bons
206 Le cas pratique aux concours
Sujet 4
La création
de secrétariats généraux communs
CONCOURS D’ACCÈS AUX INSTITUTS RÉGIONAUX
D’ADMINISTRATION
SESSION D’AUTOMNE 2020
20-10-DGAFP-CP-P
**********
Extrait de l’arrêté du 28 mars 2019 fixant les règles d'organisation générale, la nature, la
durée, le programme des épreuves et la discipline des concours d'entrée aux IRA (art. 2) :
« La 1re épreuve écrite d’admissibilité consiste en la résolution d'un cas pratique, à partir d'un
dossier portant sur un ou plusieurs thèmes d'actualité des politiques publiques relevant de l'État.
Cette épreuve vise à vérifier les qualités rédactionnelles des candidats, leur capacité d'analyse et
de synthèse ainsi que leur aptitude à proposer des solutions de manière argumentée et organisée.
La résolution du cas pratique prend la forme d'une note argumentée visant notamment à introduire
les propositions de solution pratique du candidat. Ces propositions prennent la forme de
documents annexes opérationnels de son choix (rédaction d'un courrier, fiche de procédure, projet
de courriel, rétroplanning, organigramme, outil de communication, etc.). L'argumentaire utilisé par
le candidat peut faire référence aux acquis de son parcours académique et professionnel. […] »
N.B. – Avant de commencer la lecture du dossier, il vous est recommandé d’en vérifier la
composition et, le cas échéant, de signaler immédiatement aux surveillants toute anomalie
(page manquante, document illisible…).
Il est interdit aux candidats de signer leur composition ou d’y mettre un signe quelconque
pouvant indiquer la provenance de la copie.
Les feuilles de brouillon insérées dans les copies ne seront pas corrigées.
208 Le cas pratique aux concours
Vous êtes rattaché(e) au préfigurateur du secrétariat général commun à la préfecture de X et aux directions
départementales interministérielles (DDI) en tant que chargé(e) de mission.
Dans le cadre de la création du secrétariat général commun, le préfigurateur souhaite mettre en avant les
axes du travail déjà réalisés lors d’une prise de parole à la prochaine réunion des directeurs
départementaux.
Dans cette perspective et à partir du dossier documentaire ci-joint, il vous demande de préparer une note
exposant les enjeux de la réforme territoriale de l’État et présentant les éléments concrets de la mise en
place du secrétariat général commun des services départementaux en matière de ressources humaines,
d’immobilier et budgétaire.
Pour illustrer de la manière la plus pertinente possible ces propositions concrètes, votre note sera
accompagnée d’une annexe technique en forme de bilan à mi-parcours qui pourra ensuite être présenté
lors du prochain comité technique.
Vous fournirez aussi une seconde annexe que vous choisirez dans la liste suivante :
DOSSIER DOCUMENTAIRE
10 DOCUMENTS - 27 PAGES
PAGES 4 À 30
Document 1
Glossaire 1 page
Document 2
Fiche de poste « Préfigurateur(trice) du secrétariat général commun 1 page
à la préfecture des Bouches-du-Rhône et aux DDI »
Document 3
Circulaire du 24 juillet 2018 relative à l’organisation territoriale des services publics 3 pages
(extraits)
Document 4
Décret n° 2015-510 du 7 mai 2015 portant charte de la déconcentration (extraits) 3 pages
Document 5
Circulaire du 12 juin 2019 relative à la mise en œuvre de la réforme 5 pages
de l’organisation territoriale de l’État (extraits)
Document 6
Circulaire du 2 août 2019 relative à la constitution de secrétariats généraux 5 pages
communs aux préfectures et aux directions départementales interministérielles
(extraits)
Document 7
Guide RH à destination des préfigurateurs – DGAFP (extraits) 3 pages
Document 8
Guide « Mener à bien la transformation d’un service » – DGAFP (extraits) 3 pages
Document 9
Décret n° 2020-99 du 7 février 2020 relatif à l’organisation et aux missions 2 pages
des secrétariats généraux communs départementaux
Document 10
Note à l’attention de Mesdames et Messieurs les membres du comité 1 page
technique – Séance du 21 novembre 2019 – DDTM d’Ille-et-Villaine
en date du 7 novembre 2019 (extraits)
Document 1
DOCUMENT 1
GLOSSAIRE
FO : Force Ouvrière
DOCUMENT 2
Document 2
Document 3
DOCUMENT 3
L’État joue dans notre pays un rôle irremplaçable pour, au plus près du terrain, garantir la sécurité des
Français et assurer, non seulement l’unité de la Nation, mais aussi l’égalité des chances des femmes et
des hommes comme la cohésion des territoires. Les Français sont très attachés à ce rôle et à cette place
de l’État, garant du vouloir-vivre ensemble. Par ailleurs, depuis trente-cinq ans, l’organisation de la
République est décentralisée afin de s’appuyer sur les collectivités territoriales pour servir les Français en
fonction des diversités locales. Enfin, certains services publics sont aussi assurés par des opérateurs. Cette
situation mérite aujourd’hui d’être analysée pour que chaque mission publique soit assurée dans les
meilleures conditions et sans redondance inutile et coûteuse. Les citoyens bénéficieront ainsi d’un meilleur
service public et les agents publics verront leur engagement au service de la collectivité pleinement
reconnu.
Dans ce cadre, la présente circulaire porte sur l’organisation territoriale des services publics, qui est un
enjeu majeur pour le Gouvernement. Il s’agit, après un diagnostic partagé, de mettre à même l’État de
remplir au mieux ses missions de service public. Une autre circulaire de ce jour, adressée aux membres du
Gouvernement, porte sur la nécessaire relance de la déconcentration et la réorganisation des
administrations centrales. Ces deux actions se combinent. J’attends, dans les deux cas, vos retours et vos
propositions pour la deuxième quinzaine d’octobre.
Les instructions contenues dans la présente circulaire poursuivent trois objectifs majeurs :
• permettre davantage de souplesse et de modularité dans l’organisation des services ;
• approfondir la déconcentration afin de conférer plus de responsabilités aux autorités déconcentrées,
tant au niveau régional, pour l’animation et la coordination des politiques de l’État ainsi que pour la
programmation et la répartition des crédits, qu’au niveau départemental ;
• rechercher de nouvelles mutualisations de moyens entre services afin de rendre un service plus
efficient.
a) Permettre la modularité
La seule modularité possible d’organisation des services placés sous l’autorité des préfets de département
porte aujourd’hui sur l'existence de deux ou trois directions départementales interministérielles (DDT).
DOCUMENT 3
Cela ne permet de tenir compte ni des réalités et enjeux de politique publique des territoires, ni des moyens
mobilisables. En fonction des spécificités locales, et tout en préservant la cohérence et la lisibilité de
l’organisation des services départementaux de l'État issue de la réforme de l’administration territoriale de
l’État (RéATE), des fusions ou des rapprochements de DDI ou avec des services de préfecture autour de
thématiques spécifiques (par exemple, entre DDT(M) et DDCS(PP)) pourront être envisagées.
Il est attendu de chaque préfet de région, sur la base de l’évaluation des réorganisations déjà mises en
œuvre et en lien avec les préfets de département, qu’il identifie les améliorations souhaitables et formule
des propositions de réorganisation des services déconcentrés places sous leur autorité.
Les propositions des préfets de région tiendront compte des évolutions du périmètre des missions de l’État
mentionnées au point 2. Elles ne devront pas affecter la qualité d’exécution des missions conservées par
l’État et exercées en département, au plus près des Français.
Elles seront analysées en lien avec les ministères concernés et seront soumises avant décision à l’avis de
la CNATE.
b) Développer les coopérations départementales
L'objectif de cette orientation consiste à la fois à conserver aux autorités départementales déconcentrées
la possibilité de s’appuyer sur des services capables d’assurer la plénitude de leurs missions, tout en
organisant les conditions de mobilisation des compétences spécifiques dont la dispersion aujourd’hui ne
permet pas toujours de répondre aux besoins.
Plusieurs actions ont été engagées ces dernières années qu’il convient d’amplifier. D’autres modalités
d'organisation peuvent être proposées, comme :
• des services interdépartementaux communs à deux ou plusieurs départements limitrophes dans des
domaines particuliers ;
• le jumelage de deux ou plusieurs DDI de départements limitrophes ;
• l'exercice par une DDI de certaines missions au-delà de son champ départemental ou au profit de
plusieurs départements sous l’autorité des préfets concernés, notamment pour assurer une couverture
optimale du territoire par des compétences rares ;
• l’exercice par une DDI de missions interdépartementales entre régions limitrophes ;
• la mise à disposition des compétences localisées dans une DDI qui interviendrait au profit d’une autre.
L’objectif premier de ces dispositifs est de permettre une offre à la fois variée et complète de services grâce
à la mutualisation de structures et de compétences à partager. Ces évolutions ne doivent avoir ni pour objet
ni pour effet de replacer l’exercice de ces attributions au niveau régional, qui, compte tenu de la taille des
nouvelles régions, doit conserver un rôle d’impulsion, d'évaluation des politiques publiques et de
coordination, mais pas de mise en œuvre.
Il est attendu de chaque préfet de région, avec les préfets de département, qu’il identifie, pour les services
placés sous leur autorité, les différentes options de réorganisations envisageables dans chaque
département de la région, mais aussi avec les départements des régions limitrophes.
Les propositions des préfets de région tiendront compte des évolutions du périmètre des missions de l’État
mentionnées au point 2.
Elles seront analysées en lien avec les ministères concernés et seront soumises avant décision à l’avis de
la CNATE.
3.2. Gagner en efficience par la rationalisation des moyens de fonctionnement
Le décret du 7 mai 2015 portant charte de la déconcentration pose le principe de la mutualisation des
moyens des services déconcentrés. Sa mise en œuvre effective doit être renforcée. L'objectif est d’assurer
un meilleur service au plus près des citoyens et des besoins locaux tout en obtenant des gains de
performance dans le service rendu (simplicité, rapidité) et en confortant la professionnalisation des agents
qui en ont la charge.
a) L’immobilier levier de rationalisation
Les mutualisations revêtent plusieurs formes, qu’elles soient de moyens, juridiques ou budgétaires, mais
elles n’emportent souvent leur pleine efficacité que si les services situés dans une même agglomération
sont regroupés dans une même implantation immobilière. Les schémas directeurs immobiliers en région
(SDIR) ont précisément pour vocation d'optimiser l’occupation du patrimoine immobilier de l’État par les
administrations. Les espaces laissés libres par l’achèvement du plan préfecture nouvelle génération offrent
des possibilités renouvelées de réaménagement des services.
DOCUMENT 3
Ces mouvements doivent concerner l’ensemble des services, qu’ils soient ou non placés sous l’autorité
directe des préfets, sans bien évidemment que cela implique un changement quelconque, ni dans l’exercice
de l’autorité hiérarchique, ni dans l’animation métier propre à certaines entités. Dans certains cas, un
réinvestissement de sous-préfectures pourra être envisagé.
S’agissant de sites multi-occupants, la gestion budgétaire et immobilière peut s’avérer complexe. Afin de
faciliter leur mise en œuvre, la direction de l’immobilier de l’État se tient à la disposition des préfets pour
faire un examen au cas par cas.
Par ailleurs, le modèle global devra être revu avec le ministère de l’Action et des Comptes publics.
Il est demandé à chaque préfet de proposer, dans tous les champs de l’action de l’État, avec le concours
des responsables régionaux de la politique immobilière de l’État (RRPIE), de nouveaux plans
départementaux favorisant les regroupements immobiliers, y compris au-delà de la sphère de la RéATE.
La création du programme budgétaire 333, regroupant les moyens de fonctionnement des DDI, des services
régionaux de la sphère de la RéATE et des secrétaires généraux aux affaires régionales, a permis de
générer des économies et s’est révélé positif dans la gestion courante. Son regroupement, avec le
programme 307 de fonctionnement des préfectures à compter du 1er janvier 2020, après une année de
préfiguration en 2019, permettra de couvrir le périmètre de la RéATE.
Afin d’éviter la dispersion des moyens et pour conforter l’expertise des agents qui en sont chargés, il
apparaît souhaitable que ces moyens communs soient gérés par des secrétariats généraux communs
chargés des fonctions support à l’échelon des DDI, du réseau des préfectures et des sous-préfectures et,
le cas échéant, des unités départementales des directions régionales. Ce doit être au minimum le cas dans
toutes les implantations immobilières d’ores et déjà communes à au moins deux DDI.
Ces structures seront compétentes dans le domaine des achats, en lien avec les plateformes régionales
des achats de l’État, de l’immobilier en lien avec les RRPIE, de l'informatique et de la gestion courante
notamment. Le traitement des dossiers de ressources humaines de proximité, qui a vocation à en faire
également partie, sera susceptible de faire l’objet d’une expérimentation préalable en veillant à laisser aux
directeurs concernés la maîtrise des outils de management de proximité.
Dans le cadre de cette nouvelle cartographie budgétaire, il est demandé à chaque préfet de région, en lien
avec les préfets de département concernés, d’élaborer des propositions d'organisation des fonctions
support, pour accroître l’efficience et faciliter la démarche de déconcentration des actes de gestion, selon
un calendrier à préciser.
Lorsque les conditions sont réunies, chaque préfet de région, en lien avec les préfets de département
concernés, pourra proposer d’expérimenter la gestion de ces moyens de fonctionnement par un secrétariat
général commun étendu aux services territoriaux de la direction générale des finances publiques et aux
services administratifs de l’Éducation nationale.
4. Réinventer le service public de proximité avec un projet ambitieux, concret et fédérateur pour les
citoyens comme pour les agents et inscrit au cœur des territoires
[…]
5. Accompagner les transformations territoriales grâce à des outils RH et financiers adaptés
[…]
DOCUMENT 4
Document 4
Article 2
Placées sous l’autorité du Premier ministre et de chacun des ministres, les administrations civiles de l’État
se composent, d’une part, d’administrations centrales et de services à compétence nationale, d’autre part,
de services déconcentrés.
La répartition des missions entre les administrations centrales, les services à compétence nationale et les
services déconcentrés s’organise selon les principes fixés par le présent décret.
Sont confiées aux administrations centrales et aux services à compétence nationale les seules missions
qui présentent un caractère national ou dont l’exécution, en vertu de la loi, ne peut être déléguée à un
échelon territorial.
Les autres missions, notamment celles qui intéressent les relations entre l’État et les collectivités
territoriales, sont confiées aux services déconcentrés.
Article 3
I. - Les administrations centrales assurent, au niveau national, un rôle de conception, d’animation, d’appui
des services déconcentrés, d’orientation, d’évaluation et de contrôle.
À cette fin, elles participent à l’élaboration des projets de loi et de décret et préparent et mettent en œuvre
les décisions du Gouvernement et de chacun des ministres, notamment dans les domaines suivants :
1° La définition et le financement des politiques nationales, le contrôle de leur application, l’évaluation de
leurs effets ;
2° L’organisation générale des services de l’État et la fixation des règles applicables en matière de gestion
des personnels ;
3° La détermination des objectifs de l’action des services à compétence nationale, des services
déconcentrés et des organismes publics rattachés à l’État, auxquels elles fixent des directives
pluriannuelles ; pour les services déconcentrés de l’État, ces directives sont déclinées au niveau des
circonscriptions territoriales de l’État ;
4° L’apport des concours techniques qui sont nécessaires aux services déconcentrés et l’évaluation des
résultats obtenus.
II. - Elles peuvent également se voir confier des missions opérationnelles qui présentent un caractère
national.
Article 4
Les services à compétence nationale peuvent se voir confier des fonctions de gestion, d’études techniques
ou de formation, des activités de production de biens ou de prestation de services ainsi que toute autre
mission opérationnelle qui présente un caractère national et correspond aux attributions du ministre sous
l’autorité duquel ils sont placés.
DOCUMENT 4
Un décret en Conseil d’État fixe les principes d’organisation des services à compétence nationale.
Article 5
Sauf disposition législative contraire ou exception prévue par décret en Conseil d’État, la circonscription
régionale est l’échelon territorial :
1° De l’animation et de la coordination des politiques de l’État ;
2° De la mise en œuvre des politiques nationales et de l’Union européenne en matière d’emploi,
d’innovation, de recherche, de culture, de statistiques publiques, de développement économique et social,
et d’aménagement durable du territoire ;
3° De la coordination des actions de toute nature intéressant plusieurs départements de la région ;
4° De la conduite d’actions de modernisation des services déconcentrés dans les domaines de la
simplification de leur activité administrative et de l’amélioration de leurs relations avec les usagers ;
5° De la définition du cadre stratégique de la politique immobilière des services déconcentrés de l’État.
Elle constitue également un échelon de programmation et de répartition des crédits de l’État ainsi que de
contractualisation des programmes pluriannuels entre l’État et les collectivités locales.
Article 6
Sauf disposition législative contraire ou exception prévue par décret en Conseil d’État, la circonscription
départementale est l’échelon territorial de mise en œuvre des politiques nationales et de l’Union
européenne.
Article 7
Sauf disposition législative contraire ou exception prévue par décret en Conseil d’État, l’arrondissement est
le cadre territorial de l’animation du développement local et de l’action administrative locale de l’État.
Chapitre II : Des relations entre les administrations centrales et les services déconcentrés de l’État
[…]
Chapitre III : De l’exercice de leurs compétences par les services déconcentrés
Article 12
I. - Des décrets en Conseil d’État fixent, pour chaque ministère, après avis de la ou des instances
consultatives représentatives des personnels compétentes, les délégations de pouvoirs accordées en
matière de gestion des personnels exerçant leurs fonctions dans les services déconcentrés de l’État.
II. - Les actes relatifs à la situation individuelle des agents publics exerçant leurs fonctions dans les services
déconcentrés des administrations civiles de l’État au sens de l’article 15 du décret du 29 avril 2004 susvisé,
et à l’exclusion des services compétents pour l’exercice des missions mentionnées à l’article 32 et au I de
l’article 33 du même décret, peuvent être délégués au préfet par arrêté conjoint du ministre concerné et du
ministre chargé de la fonction publique, à l’exception de ceux qui sont soumis à l’avis préalable de la
commission administrative paritaire compétente.
III. - Les actes relatifs à la situation individuelle des agents publics exerçant leurs fonctions dans les services
déconcentrés des administrations civiles de l’État mentionnés au II font l’objet préalablement à leur édiction
d’un avis du chef de service déconcentré sous l’autorité duquel sont placés ces personnels.
Un arrêté conjoint du ministre disposant du pouvoir de gestion et de recrutement des personnels concernés
et du ministre chargé de la fonction publique fixe la liste des actes pour lesquels il est fait application des
dispositions prévues à l’alinéa précédent.
DOCUMENT 4
Article 13
I. - Les préfets sont chargés, dans leur circonscription administrative, de la mise en œuvre des
mutualisations nécessaires à un meilleur fonctionnement des services déconcentrés. Les projets de
mutualisations sont arrêtés par le préfet, après avis du comité de l’administration régionale ou du collège
des chefs de service et des comités techniques compétents. Un bilan en est adressé chaque année par le
préfet de région à la conférence nationale de l’administration territoriale de l’État.
II. - Les établissements publics de l’État ayant un échelon territorial peuvent participer à des mutualisations
avec les services déconcentrés de l’État, dont les modalités sont fixées par des conventions signées avec
le représentant de l’État dans la région ou le département.
Article 14
Pour la conduite d’actions ou dans un objectif de rationalisation des moyens, les préfets concernés peuvent
décider conjointement par convention qu’un service déconcentré de l’État peut être chargé, en tout ou
partie, d’une mission ou de la réalisation d’actes ou de prestations relevant de ses attributions pour le
compte d’un autre service dont le ressort territorial peut différer du sien. Cette décision est prise après avis
de la ou des instances consultatives représentatives des personnels compétentes et de l’instance de
collégialité des chefs des services déconcentrés de l’État en région ou dans le département.
[…]
Chapitre IV : De la conférence nationale de l’administration territoriale de l’État
[…]
Chapitre V : Dispositions diverses
[…]
Fait le 7 mai 2015.
Document 5
DOCUMENT 5
Par circulaire du 24 juillet dernier, j’ai demandé aux préfets de région leurs propositions d’évolution de
l’administration territoriale de l’État, afin de procéder à une revue de ses missions et d’apporter des
réponses adaptées aux attentes des citoyens sur tout le territoire national.
À la suite des concertations menées dans les ministères et sur le terrain, les contributions reçues à
l’automne ont été analysées et ont donné lieu à une série de réunions interministérielles ces derniers mois.
Sur ces bases, enrichies des propositions issues du Grand débat national j’ai pris les décisions qui vous
sont ici présentées et qui poursuivent quatre objectifs.
1. Désenchevêtrer les compétences de l’État, avec les collectivités territoriales, les opérateurs et les acteurs
hors de la sphère publique ; ce mouvement devra se poursuivre et un travail en ce sens sera engagé dès
le mois de juin avec les collectivités territoriales, conformément aux engagements du Président de la
République ;
2. Réorganiser le réseau déconcentré de l’État pour mieux répondre aux priorités du Gouvernement ;
I. - Désenchevêtrer les compétences de l’État avec les collectivités, les opérateurs ou les acteurs
hors de la sphère publique
[…]
II. - Réorganiser le réseau déconcentré de l’État pour mieux répondre aux priorités affichées par le
Gouvernement
[…]
III. - Gagner en efficience par la mutualisation des moyens et la coopération interdépartementale
a) Mutualisation en matière budgétaire
Conçue pour obtenir des gains de performance dans le service rendu et renforcer la capacité d’action de
l’administration de l’État au niveau départemental, la fusion des programmes budgétaires 333 « Moyens
mutualisés des administrations déconcentrées » et 307 « Administration territoriale de l’État » sera effective
au 1er janvier 2020.
Le responsable du nouveau programme résultant de la fusion des programmes 333 et 307 sera le secrétaire
général du ministère de l’intérieur et, au niveau déconcentré, les responsables de BOP délégués seront les
SGAR sous l’autorité des préfets de région.
DOCUMENT 5
Chaque direction régionale de ministère conservera en revanche à ce stade sa propre unité opérationnelle.
L’ensemble des activités exercées par la sous-direction du pilotage des services déconcentrés et le délégué
mobilité carrières pour les emplois de DATE de la DSAF seront transférés au ministère de l’intérieur. Un
suivi régulier de la mise en œuvre de ce regroupement sera effectué sous l’autorité du secrétaire général
du Gouvernement.
DOCUMENT 5
À cette fin, les schémas directeurs immobiliers en région (SDIR) doivent concerner l’ensemble des services,
qu’ils soient ou non placés sous l’autorité directe des préfets et être conçus pour traduire ces objectifs.
C’est dans ce cadre que seront identifiés 30 projets immobiliers significatifs traduisant cette orientation et
susceptibles d’être réalisés dans les trois prochaines années. Ils feront l’objet de financements spécifiques.
IV. - Rechercher une meilleure articulation d’exercice des missions à l’échelon départemental des
DREAL et des DDT (M)
[…]
V. - Mettre en place des plateformes de gestion en matière de politique de l’eau, du traitement de
l’habitat insalubre et indigne et de politique de l’environnement.
[…]
VI. - Renforcer les guichets d’accueil de proximité
[…]
VII. - Rassembler l’État déconcentré autour du préfet, garant de la cohérence de l’action de l’État au
profit des territoires
La réussite d’une telle transformation suppose l’engagement de chacun. Elle requiert que l’État, par ses
responsables déconcentrés, agisse de façon homogène et coordonnée.
L’homogénéité tient à ce que, autour du préfet - dont le rôle à l’échelle départementale sera renforcé - les
responsables des services et établissements publics de l’État forment un collège rassemblé.
La coordination, comme mode de préparation à la décision, est un principe premier qui doit précéder à
l’action. Il est un domaine où ce principe doit être renforcé, c’est celui qui concerne l’adaptation de
l’implantation des services publics de l’État dans les territoires. S’il apparaît nécessaire que l’État fasse
évoluer son organisation, il doit le faire dans des conditions telles que les modifications envisagées soient
anticipées, concertées avec l’ensemble des parties prenantes, agents et élus notamment, et que ses effets
sur les territoires concernés soient évalués et expliqués.
DOCUMENT 5
Dans ce but, je souhaite la création d’un comité interministériel régional des transformations des services
publics, présidé par le préfet de région dont sont membres les préfets de département, les directeurs des
services régionaux de l’État, les recteurs de régions académiques, les directeurs généraux des agences
régionales de santé et les directeurs régionaux des établissements publics de l’État. Seront examinées,
validées et suivies devant ce comité les principales réorganisations des services publics. Il aura pour
missions :
• de garantir une stratégie globale cohérente de l’ensemble des réorganisations ;
• d’assurer la planification dans le temps des opérations ;
• d’organiser la concertation avec les élus et les parties prenantes.
Dans les cas où les projets de réorganisation ne feraient pas l’objet d’un consensus parmi les membres du
comité interministériel régional des transformations des services publics, le préfet de région m’adressera
un rapport aux fins de décision.
Je demande à chaque ministre d’adresser à ses services territoriaux les instructions les plus claires pour
que chacun s’inscrive dans ces actions de coordination auprès du préfet de région garant de la cohérence
de l’action de l’État.
Une modification règlementaire viendra à ce titre renforcer le rôle du préfet sur l’ensemble des services de
l’État et consacrer l’obligation d’informer le préfet de département et le collège des chefs de service de toute
réorganisation prévue dans les services et les établissements publics de l’État, quels que soient leur statut
ou leur autorité de rattachement, dès lors qu’ils sont implantés dans le département, le préfet étant chargé
de veiller à la coordination territoriale des réorganisations envisagées.
Cette nouvelle organisation doit permettre à l’État d’être plus efficace dans son action territoriale. Elle
suppose une plus grande transversalité et coordination autour du préfet. Elle implique que les directions
régionales conservent l’animation fonctionnelle des directions départementales. Elle requiert que chaque
ministre s’adresse régulièrement aux responsables des services déconcentrés (directeurs régionaux et
départementaux) pour mettre en œuvre les politiques publiques dont il a la charge.
Une fois par an, chaque préfet de région sera amené à présenter une revue de la mise en œuvre des
politiques publiques de l’État dans sa région. Cette revue des politiques publiques et des principaux dossiers
structurants se fera lors d’une réunion interministérielle, présidée par mon directeur de cabinet, avec
notamment les directeurs de cabinet du ministre de l’intérieur et du ministre en charge de l’aménagement
du territoire. Cette réunion se tiendra sur la base d’un ordre du jour, élaboré, en amont, entre la préfecture
de région et les administrations centrales et validé par le cabinet du Premier ministre. Les directeurs
généraux et directeurs d’administration centrale, concernés par les points à l’ordre du jour, participeront à
ces réunions. Outre un examen de la façon dont les politiques gouvernementales sont déclinées sur le
territoire régional par les services de l’État, ces réunions auront également pour objectif de faciliter le
traitement et l’aboutissement de dossiers. Je présiderai régulièrement moi-même certaines de ces réunions.
DOCUMENT 5
Enfin, vous veillerez à associer les agents à cette démarche et à organiser le dialogue social selon les
modalités les plus appropriées au contexte local.
Dans ce cadre, je vous confirme que des mesures d’accompagnement sont prévues pour les agents dont
la situation sera modifiée au titre de l’évolution de leurs missions ou de l’organisation au sein desquels ils
exercent. Un dispositif adapté à chaque situation sera mis en place à leur intention en matière de formation,
de reclassement et de mobilité ou d’accompagnement dans le cadre d’une transition professionnelle. Les
modalités de ce dispositif vous seront précisées prochainement par circulaire séparée.
Enfin, il devra être répondu aux problématiques spécifiques à l’outre-mer, de même qu’aux spécificités de
la Corse et de l’Ile-de-France, dans le prolongement des contributions déjà remises. Des instructions
spécifiques vous seront adressées à ce sujet.
Tout au long de ce processus, une mission de coordination (MICORE) placée auprès du secrétaire général
du Gouvernement, en charge de la coordination de la mise en œuvre de la réforme de l’organisation
territoriale des services publics, ainsi que la direction interministérielle de la transformation publique (DITP)
seront à votre disposition pour vous accompagner.
Dans ce cadre, j’invite les préfets de région à désigner un directeur de projet habilité à les représenter, qui
sera chargé de la coordination de la phase de mise en œuvre de la transformation de l’administration
déconcentrée.
Il sera l’interlocuteur privilégié de la mission de coordination et de la DITP, notamment dans le cadre des
échanges bilatéraux qui seront mis en place, afin, notamment, de s’assurer du niveau de cohérence avec
les enjeux d’amélioration de la proximité du service public tels qu’ils ont été formulés dans le Grand débat
national.
Dans le cadre de ces évolutions, des moyens seront spécifiquement mobilisés afin de vous permettre
d’engager des projets d’organisation ambitieux et dans les meilleures conditions de conduite du
changement. Une enveloppe du fonds pour la transformation de l’action publique sera pour cela
déconcentrée. Vous pourrez la mobiliser selon des conditions qui seront précisées prochainement.
Édouard Philippe
DOCUMENT 6
Document 6
n° 6104/SG
Le Premier Ministre
Mesdames et Messieurs les préfets de région
Mesdames et Messieurs les préfets
de département
Par circulaire du 12 juin 2019, je vous informais des objectifs de la réforme de l'organisation territoriale
de l’État et des décisions qui en résultent. Celle qui consiste en un regroupement des programmes
budgétaires 333 et 307 consacrés aux moyens de fonctionnement des directions régionales (DR), des
directions départementales interministérielles (DDI) et des préfectures, dont j'ai décidé de confier la
gestion au ministère de l'Intérieur, est en cours. Ce regroupement s'est d'ores et déjà traduit en 2019
par un rapprochement des services centraux chargés de leur gestion et se concrétisera dans le projet
de loi de finances pour 2020 à travers la création d'un programme unique (354).
La présente instruction a pour objet de vous donner toutes les informations utiles à la constitution,
dans chaque département, d'un secrétariat général commun (SGC) aux directions départementales
interministérielles et aux préfectures.
Ces évolutions permettront la mise en place d'une gestion plus déconcentrée des moyens de
fonctionnement, fortement souhaitée localement, tant pour retrouver des marges de manœuvre que
pour rapprocher la décision du besoin, et facilitera la mise en œuvre de la réforme de l'organisation
territoriale de l'État.
Les éléments qui suivent résultent des travaux d'un groupe de travail interministériel s'appuyant sur le
rapport rendu par la mission inter-inspections.
DOCUMENT 6
II - Le périmètre du SGC
Le SGC aura pour mission d'assurer, au plan départemental, la gestion des fonctions support portées par
ce nouveau programme commun, notamment en matière d'achats (en lien avec les plates-formes
régionales achat- PFRA), de ressources humaines (en lien avec les plates-formes régionales ressources
humaines - PFRH), de logistique, d'immobilier (en lien avec les responsables de la politique immobilière de
l'État- RRPIE), de ressources informatiques (SIDSIC) ou encore de gestion courante de tous autres moyens
affectés aux différents entités soutenues. Ces missions sont énumérées dans l’annexe 1.
Pour ce qui concerne les fonctions dont l'intégration dans le SGC est laissée à votre appréciation (conseil
juridique par exemple), je vous demande de procéder à une évaluation des mutualisations existantes et de
l’opportunité de les proroger et, là où elles ne sont pas mises en œuvre, d'examiner la possibilité de les
créer.
Pour ce qui est des ressources humaines, les SGC fourniront aux directeurs départementaux l'appui
nécessaire au pilotage et au management de leurs structures, afin qu'ils puissent assurer leurs missions de
management de proximité. La liste des missions qui continueront de relever des directeurs départementaux,
et seront exercées avec l'appui des SGC, sera précisée ultérieurement. S'agissant des fonctions
budgétaires et comptables, seules celles concourant au fonctionnement des services dont les crédits seront
imputés sur le futur programme budgétaire 354, seront exercées par le secrétariat général commun. Des
expérimentations pourront, le cas échéant, être décidées, après expertise menée en administration
centrale, pour les fonctions qui participent à l'élaboration et au suivi des BOP « métiers ». Des précisions
vous seront fournies le moment venu sur ce sujet.
Les agents qui accomplissent ces missions à l'heure actuelle dans les différentes entités soutenues sont
appelés à rejoindre le SGC. Du point de vue budgétaire, l'ensemble des postes correspondants sera
transféré au programme 354 dans la loi de finances pour 2020. Des transferts complémentaires seront le
cas échéant opérés dans la loi de finances pour 2021 afin de tenir compte des propositions issues des
travaux de préfiguration. Dans les départements et régions d'outre-mer, les emplois seront transférés dans
la loi de finances pour 2021 et en gestion à partir du second semestre 2020.
Le périmètre des missions du SGC est départemental. Toutefois, dans l'hypothèse de plates-formes de
gestion mutualisée dans les départements chef-lieu de région (DRDJSCS - DDT/DREAL) existantes ou qu'il
y aurait intérêt à créer, le périmètre des missions du secrétariat général commun pourra, le cas échéant,
être étendu aux services régionaux concernés. Je vous demande de procéder à une analyse de cette
possibilité et de m'adresser vos propositions.
DOCUMENT 6
IV - Les prochaines étapes nécessaires à la mise en œuvre des SGC requièrent dès maintenant la
pleine mobilisation de l'ensemble des acteurs concernés
Une phase de préfiguration se déroulera au cours du second semestre 2019. Elle débute par la
désignation de préfigurateurs à laquelle il vous est demandé de procéder avant le 15 septembre 2019.
La diversité des origines ministérielles des personnes choisies sera garantie grâce à une procédure qui
s'appuiera sur un appel à candidatures, des propositions des préfets de département, une coordination
par le préfet de région et une validation nationale. À cette fin il sera tenu compte de la proportion des
effectifs présents dans les entités (préfectures et DDI) concernées par cette mutualisation.
DOCUMENT 6
Les SGC devront être mis en place dans tous les départements entre le 1er janvier et le 30 juin 2020, sous
la coordination du préfet de région, en associant étroitement les préfets de département et les directeurs
des services concernés et en veillant au dialogue social.
Il vous revient, dès à présent, d'ouvrir rapidement la phase d'information et de concertation avec les agents
et les représentants des personnels concernés. Cette large communication devra aussi porter sur les
mesures RH d'ores et déjà précisées dans la présente circulaire et qui seront complétées et portées à votre
connaissance dans les conditions décrites au point III ci-dessus.
Les préfets de région m'adresseront pour le :
• 30 octobre 2019 un premier bilan des préfigurations engagées dans les départements ;
• 15 décembre 2019 les projets de regroupement immobiliers envisagés pour la mise en œuvre de cette
réforme.
Édouard PHILIPPE
DOCUMENT 6
Achats
Plateforme de gestion du courrier (fiche de proposition élaborée par le MEF par ailleurs)
Informatique – Téléphonie
Standard
Accueil / Pré-accueil physique : voir modalités locales selon le site / taille des directions
Archivage
Document 7
DOCUMENT 7
DOCUMENT 7
DOCUMENT 7
Document 8 DOCUMENT 8
POURQUOI ?
Mener une transformation suppose en premier lieu d’évaluer l’ensemble des changements à mener dans
un calendrier contraint.
Selon le périmètre concerné, des impacts sont à prévoir sur :
• Les ressources humaines : la restructuration implique-t-elle des changements importants pour les agents
(mobilité géographique ou fonctionnelle, changement notable de l’environnement de travail…)
• L’immobilier et la logistique : un déménagement sur un nouveau site est-il prévu ?
• Les systèmes d’information : la restructuration nécessite-t-elle des évolutions des SI ?
• Les règles de fonctionnement budgétaire et comptable : la restructuration implique-t-elle des modifications
de périmètres / ou de règles juridiques ou comptables ?
• Les processus : de nouveaux processus sont-ils à mettre en place ? comment revoir les processus
existants ?
• Les relations avec les partenaires : de nouveaux partenaires / usagers sont-ils identifiés ?
• Les textes réglementaires, les délégations de signature,
Au regard de l’ensemble des travaux à conduire (cette liste n’étant pas exhaustive), travailler en mode
projet s’avère nécessaire pour coordonner les différents travaux, suivre leur avancement et organiser
le pilotage du projet. Ce dernier doit donner lieu à des points d’étapes réguliers au sein d’une structure de
gouvernance adaptée.
Par ailleurs, clarifier les rôles et responsabilités des différents participants au projet (chef de projet,
membre de l’équipe projet, contributeurs…) et mettre en place une structure de gouvernance adaptée
sont indispensables pour garantir dans la durée, la réussite du projet.
Dans ce projet, les services RH sont des acteurs clés car ils pilotent et organisent le dialogue social,
mettent en place les modalités d’accompagnement des agents et transmettent les éléments de
communication définis par la direction.
QUESTIONS CLÉS
COMMENT Y RÉPONDRE ?
Il importe donc que le chef de projet dresse l’inventaire des chantiers à conduire en veillant à ne pas omettre
d‘aspects essentiels. Sur cette base, un calendrier solide et précis doit être établi et présenté au décideur.
Devront également être positionnés sur le calendrier :
• les grands jalons du projet, notamment dans une mise en place progressive de la restructuration,
• les réunions de gouvernance planifiées, selon les différents niveaux de prise de décision et de
représentation (comités stratégiques, comités de pilotage, comités de suivi…),
• les réunions avec les organisations syndicales,
• tout autre événement important qui conditionne le déroulement du projet.
DOCUMENT 8
Dès lors que la date de la mise en œuvre effective du projet est connue, un retro-planning doit être établi
pour garantir la faisabilité dans le temps des travaux tout en identifiant et précisant les interdépendances
pouvant exister entre eux. Des outils de gestion de planning (par exemple diagramme de Gantt) peuvent
être utilisés pour positionner l’ensemble des travaux à réaliser, les dépendances existant entre eux et une
première estimation des ressources (en ETP) nécessaires pour les réaliser.
Les responsabilités de pilotage et de coordination portées par le chef de projet doivent être clairement
identifiées et reconnues par l’ensemble des acteurs. Le chef de projet désigné par les pouvoirs publics doit
pouvoir se consacrer à plein temps au projet et détenir une autorité vis-à-vis de tous les services dont la
coordination est nécessaire.
Pour accompagner et former les chefs de projet responsables de la transformation, la direction
interministérielle de la transformation publique proposera, via l’Université de la transformation publique,
des parcours de formation dédiés.
Pour clarifier les rôles et responsabilités des différents intervenants, une analyse de type matrice des
responsabilités (RACI : responsable, acteur, consulté, informé) peut être menée pour préciser le « Qui fait
quoi ».
Dans des transformations d’envergure, une direction de programme peut être mise en place pour
coordonner les différents projets tout en garantissant leur cohérence d’ensemble.
EN SYNTHÈSE
LES ÉTAPES CLÉS D’UNE TRANSFORMATION SOUS L’ANGLE RH
Document 9
DOCUMENT 9
Décret n° 2020-99 du 7 février 2020 relatif à l’organisation et aux missions des secrétariats généraux
communs départementaux
[…]
Article 1
Le secrétariat général commun départemental est un service déconcentré de l’État à vocation
interministérielle relevant du ministre de l’intérieur.
Il exerce les missions définies à l’article 3 sous l’autorité du préfet de département et sous l’autorité
fonctionnelle des chefs des services pour l’exécution à leur bénéfice de ces missions.
Article 2
Le secrétariat général commun départemental exerce ses missions au bénéfice, d’une part, des services
de la préfecture de département et, d’autre part, des directions départementales interministérielles créées
par le décret du 3 décembre 2009 susvisé, en métropole, et des services de l’État créés par le décret du
8 juin 2010, par le titre I du décret du 17 décembre 2010 et par le chapitre III du décret du 30 décembre
2015 susvisés, en Guadeloupe, à la Martinique, à La Réunion et dans le Département de Mayotte.
Le préfet de département peut, après accord du préfet de région, étendre au bénéfice de services régionaux
de l’État des missions exercées par le secrétariat général commun départemental.
Article 3
Le secrétariat général commun départemental assure la gestion de fonctions et moyens mutualisés en
matière budgétaire, d’achat public, d’affaires immobilières, de systèmes d’information et de communication,
de logistique, de ressources humaines, de relation avec la médecine de prévention et de mise en œuvre
des politiques d’action sociale au bénéfice des agents des directions et services mentionnés à l’article 2.
Sur décision du préfet de département concerné, le secrétariat général commun départemental peut assurer
la gestion mutualisée d’autres fonctions ou moyens.
Article 4
Après décision conjointe du ministre chargé du budget ou du ministre chargé de l’éducation nationale, d’une
part, du ministre de l’intérieur, d’autre part, le préfet de département étend le périmètre des services
bénéficiant de tout ou partie des missions assurées par le secrétariat général commun aux services des
finances publiques ou de l’éducation nationale implantés dans le département.
La décision conjointe fixe, pour chaque département, les modalités de l’extension du périmètre, en
particulier les missions assurées par le secrétariat général commun, au vu du résultat des expérimentations
en cours à la date de publication du présent décret.
Article 5
Le préfet du département arrête la liste des fonctions et moyens dont le secrétariat général commun
départemental assure la gestion pour chaque service ou direction concernés.
Article 6
I. - Les fonctionnaires exerçant leurs fonctions dans un secrétariat général commun départemental sont
régis par les dispositions statutaires applicables aux corps auxquels ils appartiennent.
II. - Les actes relatifs à la situation individuelle de ces fonctionnaires affectés dans ce service peuvent être
délégués aux préfets de département par arrêté conjoint du ministre de l’intérieur et des ministres
intéressés, à l’exception de ceux qui sont soumis à l’avis préalable de la commission administrative paritaire
compétente à l’égard du corps ou du cadre d’emplois auquel ils appartiennent.
DOCUMENT 9
Article 7
Le préfet de département arrête la date de création du secrétariat général commun, qui intervient au plus
tard le 30 juin 2020. Il arrête la liste des agents affectés au secrétariat général commun à la date de création
de celui-ci.
Article 8
Jusqu’à la création du secrétariat général commun départemental, le comité technique placé auprès de la
préfecture et les comités techniques placés auprès des directions départementales interministérielles
peuvent se réunir conjointement conformément aux dispositions du III de l’article 39 du décret du 15 février
2011 susvisé.
Article 9
I. - Le comité technique de la préfecture est compétent pour connaître de toutes les questions intéressant
le secrétariat général commun départemental et relevant des dispositions du titre III du décret du 15 février
2011 susvisé.
II. - Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail placé auprès de la préfecture et compétent
pour les services de la préfecture l’est également pour connaître, de toutes les questions intéressant le
secrétariat général commun départemental et relevant des dispositions du titre IV du décret du 28 mai 1982
susvisé.
Article 10
I. - Pour l’application du présent décret dans le département de Mayotte, les références au préfet de région
et au préfet de département sont remplacées par la référence au préfet de Mayotte.
II. - Le présent décret ne s’applique pas à Paris et en Guyane.
Article 11
Le décret du 31 décembre 2019 susvisé est ainsi modifié :
1° Aux cinquième et sixième alinéas du I de l’article 35 et à l’article 46, après les mots : « directeur de
secrétariat général commun » est ajouté le mot : « départemental » ;
2° L’avant-dernier alinéa de l’annexe I est remplacé par l’alinéa suivant :
« Décret n° 2020-99 du 7 février 2020 relatif à l’organisation et aux missions des secrétariats généraux
communs départementaux. »
Article 12
L’avant-dernier alinéa de l’annexe I au décret du 31 décembre 2019 susvisé, dans sa rédaction issue du
2° de l’article 11 du présent décret, peut être modifié par décret.
Article 13
Le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, le ministre de l’Action et des Comptes publics, le
ministre de l’Intérieur et la ministre des Outre-Mer sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution
du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.
Document 10
DOCUMENT 10
Objet : Démarche Action Publique 2022 – État d’avancement et perspectives sur l’organisation de la DDTM
[…]
[…]
Par lettre de mission du 30 septembre 2019, la Préfète a demandé au préfigurateur de définir les éléments
suivants :
• Les missions précises du SGC ;
• Les liens avec l’équipe de direction et les services ;
• Un contrat de service ;
• Les règles de fonctionnement de la structure de gouvernance ;
• Un organigramme ;
• Les fiches de postes et les modalités d’affectation des agents ;
• Les responsables des services du SGC.
Le conseil de pilotage plénier s’est réuni à 2 reprises au cours du mois d’octobre pour poser les bases du
processus de préfiguration.
Il a été proposé de constituer des groupes de travail, composés de personnels des différentes structures
ainsi que de représentants du personnel. Les pilotes de ces groupes de travail participeraient au comité de
pilotage pour rendre compte de l’avancement des réflexions sur les 6 thématiques suivantes :
• Les ressources humaines
• L’immobilier
• Le budget et la comptabilité
• L’informatique
• Les autres mutualisations à étudier
• L’organisation
Un cabinet a été missionné par le ministère de l’Intérieur pour accompagner la préfiguration à partir du mois
de novembre. Il accompagnera les préfigurateurs pour la définition de la méthode afin d’y faire figurer les
actualités, les documents importants (circulaires, guides…) les éléments de calendrier, les différentes
productions, etc. Cette plateforme présente notamment le guide RH à destination des préfigurateurs.
Au sein de la DDTM 35, les personnels ont été informés à chaque étape important de cette démarche. Les
agents dont les missions relèvent des fonctions support ont été invités à participer à des réunions
d’échanges le 30 avril et le 17 septembre, ainsi que le 7 novembre. Un point d’étape a été présenté devant
les représentants du personnel lors des comités techniques du 25 avril et du 27 juin. Enfin, une information
a été mise en ligne sur l’intranet avec les modalités d’accès à la plateforme collaborative.
Commentaire
Le sujet peut soulever quelques difficultés, la thématique apparaissant assez complexe
à appréhender car la création du secrétariat général commun à chaque préfecture et
aux directions départementales interministérielles présente une certaine technicité
tant dans ses enjeux que dans ses modalités de mise en œuvre.
Afin d’organiser cette création, il vous est demandé de préparer une note contextua-
lisant les enjeux de la réforme territoriale de l’État mais présentant également des
éléments concrets, en matière de ressources humaines, d’immobilier et budgétaire,
pour accompagner la mise en place de ce nouveau secrétariat général commun des
services départementaux.
Au-delà des informations objectives que vous devez apporter à votre supérieur
hiérarchique, il est également attendu que vous démontriez votre capacité à être
force de proposition, en explicitant quelles solutions pourraient être engagées pour
accompagner la création de ce secrétariat général commun.
Sur la forme, les informations que vous porterez à la connaissance de votre hiérarchie
seront, conformément aux spécificités du concours d’entrée en IRA, intégrées dans
une note argumentée, comportant des propositions et des solutions pratiques,
accompagnée de documents opérationnels visant à mettre en œuvre les propo-
sitions formulées, étant rappelé que vous pouvez mobiliser des éléments issus de
votre parcours académique et professionnel à l’appui de votre démonstration.
C’est dans ce contexte que s’articule la commande qui doit vous amener à rédiger
à l’attention de votre supérieur hiérarchique une note, devant comporter des pro-
positions, « exposant les enjeux de la réforme territoriale de l’État et présentant les
éléments concrets de la mise en place du secrétariat général commun des services
départementaux » et cela à travers une triple dimension, en matière « de ressources
humaines, d’immobilier et budgétaires ».
Parallèlement à la note attendue par votre supérieur, il vous est également demandé
de produire deux autres documents.
Le premier consistera en une annexe technique dans laquelle seront précisés les élé-
ments de bilan à mi-parcours du processus de création de cette nouvelle instance, ce
document devant ensuite pouvoir « être présenté lors du prochain comité technique ».
Le second document qu’on vous demande de produire est laissé à votre décision.
Il peut consister en :
– « un dépliant d’informations RH à destination de l’ensemble des agents ;
– un calendrier des actions à mener jusqu’au 1er janvier 2021 ;
– un plan d’accompagnement en matière de ressources humaines ;
– une présentation pour le site internet de l’État ».
Enfin, une dernière information vous est précisée dans l’énoncé, indiquant qu’« en
raison de la crise sanitaire née de l’épidémie de [la] Covid-19, la création du secréta-
riat général commun […] a été repoussée au 1er janvier 2021 », les préfets en ayant
« été informés par courriel du secrétaire général du ministère de l’Intérieur en date
du 24 mars 2020 ».
Si la commande est formulée de façon explicite, elle demeure toutefois assez complexe
à appréhender, et nécessite que lors de l’exploitation du dossier, vous identifiiez
les informations indispensables à la rédaction de votre note mais également celles
qui seront nécessaires à la production de vos deux annexes. Aussi, lors de la phase
d’exploitation du dossier, il importera que vous compreniez rapidement laquelle des
quatre annexes (en plus de celle présentant, devant le comité technique, le bilan à
mi-parcours) vous souhaitez proposer à votre hiérarchie.
manière dont cette nouvelle structure sera mise en place et notamment les champs
dans lesquels elle interviendra.
Le document 10 reprend un modèle de note destinée aux membres du comité
technique d’une direction départementale des territoires et de la mer, document qui
vous sera utile pour produire la première annexe demandée par votre hiérarchie.
À l’issue de ce travail de survol du dossier, vous devez avoir identifié les grands
axes sur lesquels vous devrez rechercher des informations lors de l’exploitation
des différents documents, axes qui sont repris ci-dessous dans le tableau à double
entrée. Il est rappelé que vous pouvez également mobiliser des informations
extérieures au dossier.
a) Exploitation du dossier
Les enjeux Les conséquences de la Les conséquences Les conséquences Les actions
de la réforme mise en place du SGC de la mise en place de la mise en place à engager
territoriale de l’État en matière de RH du SGC en matière du SGC en matière
immobilière budgétaire
Glossairre
Doc 1 :
Mettre à même l’État L’objectif de la Schémas directeurs Création du programme Identifier les locaux
de remplir au mieux ses mutualisation est d’assurer immobiliers en région budgétaire 333 libres actuellement
missions. un meilleur service au (SDIR) : optimiser (regroupant les moyens disponibles qui
Trois objectifs majeurs : plus près des citoyens et l’occupation du de fonctionnement pourraient être
– permettre plus des besoins locaux tout patrimoine immobilier des DDI, des services mobilisés pour accueillir
de souplesse et de en obtenant des gains de l’État par les régionaux et des la nouvelle structure.
modularité dans de performance dans le administrations. SGAR) = génère des
l’organisation des service rendu (simplicité, Possibilité de économies + s’est
services en prenant rapidité) et en confortant réaménagement des révélé positif dans
mieux en compte les la professionnalisation services par les espaces la gestion courante.
réalités/enjeux de des agents qui en ont la laissés libres par Regroupement, avec
politique publique des charge. l’achèvement du plan le programme 307 de
relative à l’organisation territoriale des services publics
Les enjeux Les conséquences de la Les conséquences Les conséquences Les actions
de la réforme mise en place du SGC de la mise en place de la mise en place à engager
territoriale de l’État en matière de RH du SGC en matière du SGC en matière
immobilière budgétaire
compétents.
Pour la conduite d’actions
ou dans un objectif de
rationalisation des moyens,
les préfets peuvent
décider conjointement par
convention qu’un service
déconcentré de l’État peut
être chargé, en tout ou
partie, d’une mission ou
de la réalisation d’actes/
prestations relevant de ses
attributions pour le compte
d’un autre service dont
le ressort territorial peut
différer du sien.
Cette décision est prise
après notamment avis
de la/des instance(s)
consultative(s) repré-
sentative(s) des personnels.
244 Le cas pratique aux concours
Les enjeux Les conséquences de la Les conséquences Les conséquences Les actions
de la réforme mise en place du SGC de la mise en place de la mise en place à engager
territoriale de l’État en matière de RH du SGC en matière du SGC en matière
immobilière budgétaire
– Désenchevêtrer les Les SGC sont chargés de Mutualisation : Fusion des Concertation avec les
compétences de l’État l’ensemble des fonctions – optimisation de programmes 303 et 337 agents.
(avec collectivités support (en lien l’occupation du conçue pour obtenir des Fixer un calendrier de
territoriales, opérateurs avec l’échelon régional) en patrimoine par les gains de performance réalisation en matière
et acteurs hors sphère matière de RH (PFRH). administrations ; + renforcer la de RH.
publique) ; Les missions relevant du – simplification de capacité d’action Organiser le dialogue
– réorganiser le management de l’accès des usagers aux de l’administration social.
réseau déconcentré de proximité resteront services ; de l’État au niveau
l’État : mieux répondre exercées par les directeurs – fournir aux agents départemental (les
relative à la mise en œuvre de la réforme de l’organisation territoriale de l’État
Les enjeux Les conséquences de la Les conséquences Les conséquences Les actions
de la réforme mise en place du SGC de la mise en place de la mise en place à engager
territoriale de l’État en matière de RH du SGC en matière du SGC en matière
immobilière budgétaire
Les SGC permettront : Les SGC fournissent aux Les préfets de région Programme unique Ouvrir rapidement la
– la mise en place directeurs départementaux doivent adresser (354) fusionnant les phase d’information
d’une gestion l’appui nécessaire au au Premier ministre programmes 307 et et de concertation
plus déconcentrée pilotage et au management pour le 15 décembre 333. avec les agents et
des moyens de de leurs structures, afin 2019 les projets Seules les fonctions les représentants des
fonctionnement ; qu’ils puissent assurer leurs de regroupement budgétaires et personnels concernés.
– de retrouver des missions de management immobiliers envisagés comptables concourant Communication doit
relative à la constitution de SGC aux préfectures et aux DDI
marges de manœuvre de proximité. pour la mise en œuvre au fonctionnement porter sur les mesures
et de rapprocher la Les agents qui de la réforme. des services dont les RH d’ores et déjà
décision du besoin. accomplissent des crédits seront imputés précisées.
missions, au titre des sur le programme
programmes 307 et 333 budgétaire 354 seront
Doc 6 : Circulaire du 2 août 2019
actes relatifs à la
et aux missions des SGC
Les enjeux Les conséquences de la Les conséquences Les conséquences Les actions
de la réforme mise en place du SGC de la mise en place de la mise en place à engager
territoriale de l’État en matière de RH du SGC en matière du SGC en matière
immobilière budgétaire
b) Élaboration du plan
Plan proposé :
I. La réforme territoriale de l’État : une optimisation de la qualité du service par une
mutualisation des moyens et un renforcement du pouvoir de décision des échelons
territoriaux
I.1. Réorganiser le réseau déconcentré de l’État et désenchevêtrer ses compétences
avec les autres acteurs afin de renforcer la cohérence et l’efficacité de son action
I.2. Renforcer l’efficience de l’action de l’État par une rationalisation et une mutua-
lisation des moyens
II. Les incidences en matière de ressources humaines, immobilières et budgétaires
de la création du secrétariat général commun
II.1. Les conséquences de la mise en place du secrétariat général commun en matière
de ressources humaines
II.2. Les conséquences de la mise en place du secrétariat général commun en matière
immobilière
II.3. Les conséquences de la mise en place du secrétariat général commun en matière
budgétaire
ATTENTION : en ce qui concerne la présentation de votre devoir, nous vous rap-
pelons, conformément aux indications précisées par la note de cadrage de l’épreuve,
consultable sur le portail de la fonction publique (www.fonction-publique.gouv.fr),
que votre note ainsi que chacune de vos deux annexes doivent être présentées sur
des pages distinctes.
3. Corrigé proposé
Ministère de l’Intérieur
Préfecture de X
À …, le …
Note à l’attention de Monsieur le Préfigurateur du secrétariat général commun
Objet : les enjeux de la réforme territoriale de l’État et les incidences de la mise en
place du secrétariat général commun
Références :
Décret no 2015-510 du 7 mai 2015 portant charte de la déconcentration
Circulaire du 24 juillet 2018 relative à l’organisation territoriale des services publics
Circulaire du 12 juin 2019 relative à la mise en œuvre de la réforme de l’organisation
territoriale de l’État
250 Le cas pratique aux concours
Cette recherche d’efficience doit constituer une priorité lors de la mise en place du
nouveau SGC, sa création emportant des conséquences importantes, notamment en
matière de ressources humaines.
II. Les incidences en matière de ressources humaines, immobilières et budgé-
taires de la création du secrétariat général commun
La mise en place du nouveau SGC a d’importantes incidences, nécessitant de déter-
miner les locaux qui l’accueilleront, d’intégrer une nouvelle organisation budgétaire,
et surtout d’anticiper et d’accompagner les conséquences de cette création en matière
de ressources humaines.
II.1. Les conséquences de la mise en place du secrétariat général commun en
matière de ressources humaines
La création du nouveau SGC, qui est chargé de gérer l’ensemble des emplois des
fonctions support, constitue une opportunité pour conforter la professionnalisation
des agents de la préfecture et des DDI qui assuraient auparavant leurs missions dans
leurs administrations respectives. Aussi, en matière de ressources humaines, l’une
des principales conséquences de cette création sera de mutualiser, et indirectement
de réduire, les effectifs dédiés à la gestion de ces missions support. Mais l’objectif
n’est cependant pas uniquement de parvenir à une diminution de la masse salariale,
le Premier ministre précisant dans sa circulaire du 2 août 2019 que « la moitié des
gains obtenus grâce à la création [des SGC] viendra abonder la réserve régionale
d’emplois en vue d’un redéploiement vers les fonctions “métiers”, notamment au
profit de l’ingénierie territoriale, à l’échelon départemental ».
Cette modification par rapport à l’organisation actuelle passe par l’adoption de
mesures d’accompagnement pour les agents dont la situation sera modifiée, étant
souligné qu’ils disposent de la possibilité de ne pas rejoindre le SGC, le transfert
s’opérant sur la base du volontariat. Afin de prévenir les éventuelles inquiétudes qui
pourraient survenir, il convient de rappeler à l’ensemble des personnels que quelle
que soit la décision qu’ils prendront, leur niveau de rémunération sera garanti et
qu’ils disposeront toujours d’un droit au retour dans leur ministère d’origine. En cas
d’acceptation, le transfert de l’agent pourra se faire selon différentes modalités (inté-
gration directe, détachement, reprise des contrats tout en en conservant les clauses
substantielles, etc.) et des actions lui seront proposées, lui permettant de s’adapter
à l’évolution de ses missions et à son nouveau cadre d’exercice.
Du côté des encadrants, si les effectifs vont être transférés au nouveau SGC, cette
création n’entraîne pas pour autant une remise en cause de l’autorité fonctionnelle
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 253
des chefs de service, d’abord parce qu’ils conservent leurs capacités de pilotage et
assurent toujours les missions relevant du management de proximité, et, ensuite,
car la gouvernance du SGC est confiée à une instance collégiale réunissant, autour
du préfet de département, les directeurs départementaux.
Les importantes conséquences en matière de ressources humaines de la création
du SGC pourraient justifier l’élaboration d’une cartographie, afin d’identifier avec
précision les emplois concernés, laquelle pourrait servir de support à la réalisation
d’une étude d’impact RH et déboucher sur l’adoption d’un plan d’accompagnement.
Dans ce cadre, vous est soumis, en annexe, une proposition de plan d’action RH
destiné aux agents comme à leurs encadrants.
II.2. Les conséquences de la mise en place du secrétariat général commun en
matière immobilière
La décision du lieu d’implantation du SGC relève, sur la base de votre proposition,
de la compétence du préfet de département. Afin de décider de l’endroit apparais-
sant le plus pertinent pour implanter le nouveau SGC, il importera, au regard de ses
besoins et des effectifs qu’il doit accueillir, et en prenant en considération, lors de la
décision finale, les éléments du schéma directeur immobilier en région, de se baser
sur les opportunités offertes par le parc immobilier local de l’État et particulièrement
les espaces laissés libres par l’achèvement du plan Préfecture nouvelle génération.
À cet égard, le réinvestissement d’une sous-préfecture pourrait éventuellement être
envisagé. Aussi, afin de décider du lieu pouvant apparaître le plus approprié pour
accueillir cette nouvelle structure, je vous propose, dès qu’auront été déterminées ses
spécificités, que ce soit en matière d’effectifs comme de leur répartition par grands
champs d’intervention, de recenser l’ensemble des locaux étant actuellement inutilisés
et qui permettraient de répondre à nos besoins. Dans une logique de mutualisation,
il conviendrait d’installer sur un site unique l’ensemble des agents du nouveau
SGC, même si cet objectif peut connaître certaines adaptations notamment en ce
qui concerne des fonctions très spécifiques. Si cet objectif d’accueillir l’ensemble
des agents sur un site commun n’apparaît pas réalisable, il conviendra alors que la
répartition entre différents lieux d’accueil soit réalisée en prenant en considération
la nature des missions des équipes (service immobilier-logistique ; service budget-
finances-achats ; service des ressources humaines).
II.3. Les conséquences de la mise en place du secrétariat général commun en
matière budgétaire
En matière budgétaire, afin de faciliter la gestion des services qu’ils fusionnent,
les SGC conduisent à un regroupement du programme « moyens mutualisés des
254 Le cas pratique aux concours
Annexe 2
Plan d’accompagnement en matière de ressources humaines
Le plan d’accompagnement en matière de ressources humaines, qui est issu de l’étude
d’impact RH, peut s’organiser en cinq temps :
1. Réunion d’information des agents concernés par la réforme
Objectifs :
– rappel des objectifs généraux de la réforme ;
– présentation des conséquences de la réforme sur le fonctionnement des services
actuels ;
– rappel que l’intégration au sein du nouveau SGC repose sur la base du volontariat ;
– présentation des dispositifs d’accompagnement mobilisables ;
– présentation du calendrier de la réforme.
2. Réunion d’information des encadrants
Objectifs :
– rappel des objectifs généraux de la réforme ;
– présentation des objectifs assignés aux entretiens individuels des agents ;
– présentation des dispositifs d’accompagnement mobilisables ;
– présentation du calendrier de la réforme.
3. Entretien(s) individuel(s) avec chaque agent des services ayant vocation à
intégrer le nouveau SGC
Tous les agents devant pouvoir bénéficier d’un accompagnement individuel, il y
aura lieu d’organiser avec chaque personnel concerné par la réforme un ou des
entretien(s) individuel(s).
Objectifs :
– recueil des souhaits d’évolution professionnelle des agents concernés par la réforme
et notamment concernant leur volonté de rejoindre, ou non, le nouveau SGC ;
– identification et prévention des situations à risque ;
– identification des besoins en formation de chaque agent.
L’entretien pourra être réalisé par le préfigurateur ou son adjoint ainsi que par
l’encadrant de l’agent.
Partie 2. Exemples commentés de cas pratiques 257
Hervé Macquart
Le cas pratique figure au programme de nombreux concours de catégorie
A et B, notamment ceux de secrétaire administratif, d’officier de police, des
instituts régionaux d’administration (IRA).
Cette épreuve écrite consiste en une mise en situation professionnelle : le can-
didat, à partir d’un dossier traitant une problématique relative aux politiques
publiques, doit répondre à des questions et rédiger des documents de différentes
natures (note, fiche, courriels, etc.) apportant des solutions opérationnelles à
sa hiérarchie.
Vous trouverez dans cet ouvrage une méthodologie complète et actualisée,
illustrée de nombreux exemples. Pour vous entraîner dans des conditions
similaires à celles du concours, vous sont également proposés quatre sujets
récents corrigés et commentés.
Direction de l’information
légale et administrative
La Documentation française
https://www.vie-publique.fr/publications
ISBN : 978-2-11-157421-2
L'acceptation de cadeaux par un agent public peut entraîner des conséquences juridiques sérieuses, notamment des sanctions pénales pour corruption passive, qui incluent jusqu'à dix ans de prison et 150 000 euros d'amende si le cadeau est accepté en échange d'une influence ou d'un service . Sur le plan administratif, un manquement à l'obligation de probité et d'impartialité est présumé lorsque des cadeaux compromettent la neutralité de l'agent, ce qui peut conduire à des sanctions disciplinaires en fonction de la gravité et du contexte du don . Les cadeaux d'usage de faible valeur comme les stylos ou chocolats sont généralement tolérés, mais les cadeaux de valeur excessive doivent être refusés pour éviter de compromettre l'indépendance de l'agent . Une violation des règles déontologiques peut également affecter la réputation de l'état et entraîner une perte de confiance du public . En cas de doute, il est conseillé à l'agent de consulter sa hiérarchie pour éviter toute apparence de compromission .
La lutte contre les discriminations dans la fonction publique est cruciale car elle est contraire aux principes républicains et à sa vocation sociale . La fonction publique se doit d'être exemplaire pour favoriser la cohésion sociale et refléter la société qu'elle sert, étant le premier employeur de France . Elle a pour mission de promouvoir l'égalité des chances et la diversité, valeurs fondamentales en lien avec ses engagements éthiques et juridiques . Lutter contre les discriminations fait partie d'une exigence d'exemplarité et permet de renforcer la crédibilité et l'efficacité des services publics en tant qu’acteurs représentatifs de la diversité de la population qu'ils servent .
Les deux dispositifs relatifs à la diversité et à la lutte contre les discriminations dans la fonction publique sont les classes préparatoires intégrées (CPI) et le parcours d'accès aux carrières de la fonction publique territoriale, hospitalière et d'État (PACTE). Les CPI s'adressent aux étudiants de milieux modestes et aux demandeurs d'emploi sous conditions de ressources, de mérite, de motivation et d'origine géographique, offrant un accompagnement pédagogique et financier pour préparer des concours de la fonction publique . Le PACTE vise les jeunes de 16 à 25 ans sans diplôme ou avec une faible qualification professionnelle, avec l'objectif de faciliter leur insertion ou réinsertion professionnelle dans la fonction publique .
Les principaux dispositifs mis en place dans la fonction publique française pour promouvoir la diversité et lutter contre les discriminations incluent le label Diversité et les classes préparatoires intégrées (CPI). Le label Diversité, créé en 2008, est une certification délivrée par AFNOR Certification qui évalue et améliore les processus de ressources humaines afin de prévenir les discriminations et promouvoir la diversité, en étant un levier de mise en œuvre de la Charte pour la promotion de l’égalité . Les CPI sont destinées aux étudiants de milieu modeste et aux demandeurs d’emploi pour les aider à préparer les concours de la fonction publique. Elles offrent un soutien pédagogique, financier et un accompagnement par un tuteur. Ce dispositif vise à favoriser l'insertion professionnelle et est soumis à des conditions de ressources, de mérite et de motivation . Un autre dispositif notable est le PACTE, qui cible les jeunes de 16 à 25 ans peu qualifiés, pour leur offrir une formation en alternance et une insertion professionnelle dans la fonction publique .
La création des Maisons France Services simplifie l'accès aux démarches administratives pour les citoyens en regroupant en un même lieu les services de l'État, des opérateurs et des collectivités territoriales. Ce modèle vise à réduire l'errance administrative en fournissant une réponse sur place et éviter de rediriger les citoyens à d'autres guichets. Cela permet également de renforcer la qualité des services grâce à des agents formés et un accompagnement personnalisé dans les démarches en ligne .
La Charte nationale d'engagement impose des exigences telles qu'un socle de services minimal pour les implantations France Services, des horaires d'ouverture spécifiques, des exigences en matière de formation des agents, et des critères d'équipement et d'aménagement des espaces. De plus, elle prévoit un système de reporting des activités par structure pour garantir la qualité du service rendu, ce qui assure une homogénéité de l'offre sur l'ensemble du territoire .
La lutte contre les discriminations et la promotion de la diversité doivent être des sujets majeurs pour la fonction publique car elles sont essentielles au respect des principes républicains et à la mission sociale de la fonction publique, qui vise à être exemplaire, favoriser la cohésion sociale et mieux refléter la société servie . En tant que premier employeur de France, la fonction publique doit incarner les valeurs d'égalité et être représentative de la diversité de la population . Cette approche est réaffirmée dans des actions concrètes, telles que le doublement des classes préparatoires intégrées pour les candidats d'origine modeste, afin de diversifier les recrutements et garantir l'égalité des chances ."}
Le pastoralisme présente plusieurs avantages par rapport au débroussaillement mécanique, notamment une gestion plus naturelle et durable des ressources, avec des coûts opérationnels souvent inférieurs. Les animaux qui pâturent éliminent la végétation inflammable de façon continue, réduisant ainsi le risque de feux de forêt sans les émissions de carbone associées à l'utilisation de machines.
Les classes préparatoires intégrées sont ciblées pour soutenir les candidats d'origine modeste afin de réduire les inégalités d'accès aux concours de la fonction publique. Elles apportent un appui financier et pédagogique crucial pour ces candidats, souvent sans les ressources nécessaires pour suivre les préparations traditionnelles. Ce soutien permet de compenser les désavantages socio-économiques et de promouvoir une plus grande diversité au sein des administrés publics .
L'alliance entre le Label Diversité et le Label Égalité dans la fonction publique française regroupe les deux labels afin de simplifier le processus de certification et renforcer les politiques de diversité et d'égalité. Depuis 2016, les candidats soumettent un seul dossier à l’AFNOR Certification et subissent un audit commun sur site pour les deux labels . Cette double labellisation a pour but d’évaluer et d’améliorer les processus de ressources humaines en prévenant les discriminations, tout en intégrant la Charte pour la promotion de l’égalité et la lutte contre les discriminations dans la fonction publique . Elle vise également à inscrire les politiques de ressources humaines dans une logique de progrès continu .