Les Bio-indicateurs de la
pollution
M1. PE
HAMMOUDA.R
Département EE
FSB,USTHB
Introduction Générale
Rappel des concepts
1. Notion de pollution :
«La pollution est une modification défavorable du milieu naturel qui apparait
en totalité ou en partie comme un sous-produit de l’action humaine au
travers d’effort directs ou indirects…». Dictionnaire de l’environnement,
2000.
La pollution peut aussi résulter des phénomènes naturels tels qu’une
éruption volcanique.
2. Polluant : (altéragène) :
« agent biologique, physique, chimique d’origine extérieur, souvent d’origine
anthropique qui au-delà d’un certain seuil, et parfois dans certaines
conditions, développe des impacts négatifs surtout ou une partie d’un
écosystème ou de l’environnement en général» Dictionnaire de
l’environnement, 2000.
Comment surveiller la qualité de l’environnement ?
Nombreuses méthodes pouvant être réparties en deux grandes
catégories :
1- Détection et quantification des polluants dans les milieux
physiques et biologiques = Méthode physico-chimique.
2- Evaluation des effets des polluants sur les organismes vivants
(individus, population, communautés) But du module.
1. Détection et quantification des polluants : recours à l’analyse chimique:
Jusqu’à la fin des années 1980, la surveillance de l’environnement se faisait par des méthodes de chimie
conventionnelle plus ou moins sensible :
• Chromatographie, spectroscopie, radiochimie, méthodes électro-analytiques…etc (Cf module de
Chimie analytique de l’environnement).
• Evaluation des concentrations de substances considérées comme dangereuses (dans l’eau, sédiments,
organismes qui peuplent les écosystèmes.
Ces dispositifs présentent toutefois certains inconvénients :
• Choix des stratégies d’échantillonnage.
• Difficultés analytiques.
• Sensibilité des méthodes de détection (techniques d’analyse).
• Coût élevé des compagnes pluriannuelles.
• Espacement des observations (timing de monitoring).
Les analyses physio-chimiques donne une Indications sur la présence
ou l’absence d’un polluant, mais ne renseignent pas sur l’impact réel
du polluant sur sa cible finale Donc cette méthode
d’évaluation reste insuffisante pour évaluer la santé d’un milieu
complexe, avec des pollutions toujours mixtes sujettes à des
phénomènes de synergie des polluants (potentiation) et
d’antagonisme.
2. L’approche biologique :
C’est une surveillance de l’environnement par l’étude des organismes
vivants.
Pour identifier et lutter contre les pollutions du milieu naturel un
nouveau domaine dans les sciences biologiques a été développé :
L’éco toxicologie : Science étudiant les effets de la pollution de la
biosphère sur l’ensemble des êtres vivants
L’une des applications pratiques de l’éco toxicologie est la mise en place
d’outils mesurant la pollution : Les indicateurs
Pour aborder les bio-indicateurs, il faut identifier :
• Les agents polluants
• Leurs propriétés physio-chimiques.
• Leurs modalités de circulation.
• Leurs impacts de l’environnement.
Chapitre 1 : Notion de Bio évaluation
La bioévaluation environnementale est une méthode qui permet
d’obtenir des renseignements sur l’état de l’environnement grâce aux
observations des organismes bio-indicateurs qui se trouvent dans la
zone d’étude et qui, après une exposition prolongée aux agents
polluants, présentent des effets ou des accumulations quantifiables.
L’évaluation ou la modélisation de la qualité environnementale et des
tendances repose sur Approche évaluative dite «état/pression/réponse» :
o Le suivi de bioindicateurs.
o L’indicateur de pressions sur l’environnement.
o De réponse à ces pressions.
Les animaux et végétaux sont utilisés comme indicateurs. Les végétaux
compte tenu de leur sédentarité ont suscité plus d’intérêt pour la
bioindication.
1. Notion de Bio indication et bio indicateur
Selon Blandin, 1986 la bio-indication est :
« la capacité d’organisme ou d’un ensemble d’organismes à révéler par leur
présence, leur absence ou leur comportement démographique, les caractéristiques et
l’évolution du milieu.
La bio-indication est une méthode d’observation des effets visibles de la pollution
(taches sur les feuilles, présence ou absence d’espèces en fonction de leur
toxitolérance) ». (sens strict ).
Selon Banaru et perez, 2010 :
« Un indicateur biologique ou bioindicateur est un organisme ou l’ensemble
d’organismes qui par référence à des variables biochimiques, cytologiques,
physiologiques, éthologiques ou écologiques permet de façon pratique et sûre de
caractériser l’état d’un écosystème ou d’un éco-complexe et de mettre en évidence
aussi précocement que possible leurs modifications naturelles ou provoquées».
Rejet de l’activité anthropique pollue les milieux
Certaines espèces ou individus vont être plus ou moins tolérants vis-à-
vis de l’intensité de cette pollution (Loi de tolérance de shelford 1911).
Fig.1. Limites de tolérance d’une espèce en
fonction de l’intensité du facteur
écologique étudié.
(L’abondance de l’espèce est maximale au
voisinage de l’optimum écologique).
La pollution, agit sur divers paramètres du milieu et affecte les peuplements
à différents niveaux d’organisation de l’écosystème :
• De la diversité d’espèces.
• De la diversité dans une espèce.
• De l’abondance des espèces.
Pour identifier les effets de la pollution il été nécessaire de déterminer des
indicateurs, précis, fiables caractéristiques des pollutions et pour lesquels un
indice peut être calculé.
Biologistes et écologues couplent des analyses physico-chimiques du milieu
avec des Inventaires floristiques pour comprendre le fonctionnement de
l’écosystème.