Chapitre 2:
Principes du Droit Budgétaire
Articles 3 , 8 , 38 , 10 , 31 de la LOF
Transparence
La transparence des finances publiques est une
condition fondamentale de la gouvernance de l’action
publique.
Au-delà de l’amélioration de la gouvernance, la
transparence des finances publiques constitue un enjeu
majeur de la démocratie.
Transparence
Sa concrétisation se base sur:
- l’adoption de nouveau principes des finances
publiques comme le principe de la sincérité selon
lequel les comptes de l’Etat et les hypothèses qui
président à l’élaboration des lois de finances doivent
être sincères.
- l’institution de nouvelles règles financières visant la
maîtrise du déficit budgétaire et une meilleure
appréciation du patrimoine de l’Etat et de sa situation
financière.
Avec la loi organique relative aux lois de finances , le
système financier Etatique a connu une profonde
rénovation. La transparence de l’information budgétaire a
considérablement progressé.
L’adoption de la loi organique relative aux lois de finances
s’inscrit dans un cycle constitutionnel favorable au
renforcement de l’information et des pouvoirs de contrôle.
I- Les budgets publics doivent être élaborés dans le respect
des principes budgétaires:
1. Principe de l’Annualité Budgétaire
La r gle de l’annualit budg taire signifie que :
– la loi de finances de l’ann e doit tre pr sent e
avant le d but de chaque ann e ;
– elle est vot e pour une p riode d’un an ;
– elle est ex cut e sur cette m me p riode d’une
ann e.
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Le principe de l’annualité vise à obliger le
gouvernement à se présenter devant le Parlement
de façon périodique afin de confirmer les
autorisations qui lui sont accordées pour lever des
fonds publics et rendre compte de l’usage qui en a
été fait.
D’ou les trois notions liées à l’annualité:
- l’ant riorit ,
- Vote annuel de la loi de finances
- Ex cution annuelle de la loi de finances
l’ant riorit
Le premier aspect correspond au principe de
l’ant riorit . Comme le budget est un acte de pr vision,
il doit tre pr sent avant le d but de l’ann e
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Vote annuel de la loi de finances:
- Aucune d pense ne peut tre consid r e comme
acquise.
- Ce serait la notion de budget base z ro: C’est un
instrument central du contr le de gestion. Il favorise un
couplage des choix des programmes d’action et des
allocations de ressources correspondantes.
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Vote annuel de la loi de finances:
- Toutefois, il faut reconduire chaque ann e la plupart des
d penses, en particulier celles qui sont n cessaires la
marche des services et au paiement des agents publics. La
grande masse des cr dits est reconduite chaque ann e.
D sormais, la pluriannualit des cr dits int resse autant les
op rations d’investissement que celles de fonctionnement.
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Ex cution annuelle de la loi de finances
L’ex cution des d penses et des recettes de l’ tat intervient dans
l’ann e, entre le 1er janvier et le 31 d cembre.
Le respect de la r gle de l’annualit imposerait le rattachement des
d penses et des recettes l’exercice budg taire qui les a autoris es,
quelle que soit la date du paiement effectif. C’est le syst me dit de
l’exercice. (Reste à payer relatif à une année)
Les exceptions: En principe, la comptabilit d’ex cution du budget
est close le 31 d cembre. Mais pour permettre des op rations de
r gularisation, cette date peut tre d pass e par les ministres et les
comptables.
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Le principe d’annualité souffre de plusieurs exceptions ou
aménagements justifiés par la nécessité de donner à l’action publique
un horizon pluriannuel et de fluidifier la gestion financière de l’Etat:
- planification d’une dépense sur plusieurs années, par exemple dans
le cadre d’un projet d’équipement militaire, sachant que les crédits
afférents doivent être inscrits en loi de finances.
- les autorisations d’engagement (AE) qui permettent de planifier
des dépenses de fonctionnement ou d’investissement sur plusieurs
années (possibilité d’engager juridiquement une dépense via la
signature d’un marché public par exemple) avant que ne soit payée
ladite dépense via des crédits de paiement (CP)
2.Principe de l’Unité Budgétaire
L’ensemble des recettes assurent l’ex cution de l’ensemble
des d penses.
Toutes les recettes et toutes les d penses sont imput es un
compte unique, intitul budget g n ral.
Le principe de l’unit implique que :
– le projet de budget soumis au Parlement regroupe la totalit
des op rations financi res de l’ tat ;
– ces op rations figurent dans une seule loi de finances.
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Le principe de l’unité du budget répond à l’exigence de
l’appareil législatif de voir l’ensemble des recettes et des
dépenses de l’Etat groupées dans un document unique de
façon à lui permettre d’avoir une vision précise et globale de
la situation des finances publiques
Le principe d’unité recouvre deux règles :
– la règle de l’unité, qui exige que le budget de l’État soit
retracé dans un document unique (la loi de finances). Il
s’agit ainsi d’assurer aux parlementaires une bonne lisibilité
du budget, et donc, un contrôle effectif sur les finances de
l’État ;
– la règle de l’exhaustivité, selon laquelle la loi de finances
doit prévoir et autoriser l’ensemble des recettes et des
charges de l’État et pr senter la situation financi re du
pays selon une r gle d’ordre et de clart
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Or, certaines d penses et recettes de l’ tat qui
pr sentent un caract re particulier sont retrac es dans
des documents distincts du budget g n ral, les budgets
annexes et les comptes sp ciaux du Tr sor.
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3. Principe de l’Universalité Budgétaire
Le principe de l’universalit signifie que toutes les recettes et
toutes les d penses publiques doivent figurer dans le budget
de l’ tat sans possibilit d’op rer des compensations entre
ces recettes et ces d penses.
Les compensations entre recettes et d penses sont interdites.
Le principe de l’universalité exige que les ressources et les
charges soient comptabilisées chacune de son côté de façon à
ce qu’il n’y ait pas de compensation entre les recettes et les
dépenses.
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3. Principe de l’Universalité Budgétaire
Le principe d’universalité, selon lequel l’ensemble des
recettes couvre l’ensemble des dépenses, se décompose
en deux règles :
- La règle de non-compensation,
- La règle de non-affectation
– La règle de non-compensation, qui interdit la
compensation des dépenses et des recettes. Ainsi, il n’est
pas possible de soustraire certaines dépenses de certaines
recettes (par exemple, déduire les frais de recouvrement
prélevés par l’État du montant des impositions), et de
soustraire des recettes de certaines dépenses pour ne
présenter que le solde des opérations ainsi "compensées",
– La règle de non-affectation, qui interdit l’affectation
d’une recette à une dépense déterminée. Elle implique
de verser toutes les recettes dans une caisse unique où
l’origine des fonds est indéterminée. Elle permet à
l’autorité budgétaire de conserver son pouvoir de
décision et de gérer les fonds publics en respectant les
notions de solidarité et d’unité nationales.
–le Principe de l’Universalité Budgétaire connaît
toutefois quelques dérogations applicables, par
exemple, aux comptes spéciaux.(ex : les budgets
annexes ou les comptes spéciaux qui retracent des
dépenses bénéficiant d’une affectation particulière de
recettes).
4. Principe de la Spécialité Budgétaire
Le principe de spécialité impose d’indiquer précisément
le montant et la nature des opérations prévues par la
loi de finances, ce qui implique une nomenclature
budgétaire appropriée.
Les crédits sont ainsi ouverts de manière détaillée,
spécialisés par programmes depuis la mise en œuvre de
la LOLF, et sont tous rattachés à un objet spécifique de
dépense, qui ne doit pas être dénaturé en exécution par
le gouvernement.
les cr dits destin s r aliser une action ou un ensemble
coh rent d’actions relevant d’un m me minist re sont
regroup s sous la forme d’un programme.
Ces actions sont associ es ou participent des objectifs
d finis selon des finalit s d’int r t g n ral.
les r sultats obtenus sont valu s au moyen d’indicateurs
de performance.
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les budgets sont pr sent s par objectif et non plus par
nature de d penses ; d s lors, la performance de la
d pense publique est au premier plan.
Le nouveau dispositif devrait permettre de mesurer
l’utilit de la d pense d s lors qu’elle ne d pend plus de
la nature des cr dits allou s mais d’objectifs d finis et de
r sultats attendus.
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Le principe de spécialité vise à assurer une information
suffisante pour permettre l’exercice d’un contrôle
efficace sur l’exécution du budget de l’État. Pour
préserver la notion de programme, qui lie crédits,
objectifs et indicateurs.
La r gle de la sp cialit budg taire consiste
n’autoriser une d pense qu’ un service et pour un
objet particulier. Chaque chapitre budg taire est
individualis
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5. Principe de la Transparence Budgétaire (sincérité budgétaire)
Le principe de la sincérité renvoie à la sincérité budgétaire et à la
sincérité comptable :
Sincérité budgétaire
La sincérité budgétaire exige la pertinence des
hypothèses qui président à la préparation de la loi de
finances, et la présentation sincère au niveau de la
loi de finances de l'ensemble des ressources et des
charges de l'État.
la sincérité budgétaire sollicite l’engagement de
procéder à la présentation des lois de finances
rectificatives en cas de modifications significatives
des priorités et des hypothèses de la loi de finances
Sincérité comptable
Les comptables publics sont chargés de veiller au
.
respect des principes et des règles comptables en
s’assurant notamment de la sincérité des
enregistrements comptables et du respect des
procédures et de la qualité des comptes publics.
En outre, La cour des comptes certifie la régularité,
la sincérité et la fidélité des comptes de l’Etat.
Les lois de finances pr sentent de fa on sinc re
l’ensemble des ressources et des charges de
l’ tat.
Leur sinc rit s’appr cie compte tenu des
informations disponibles et des pr visions qui
peuvent raisonnablement en d couler.
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Transparence budg taire : Les bonnes pratiques
C o d e d e b o n n e s p ra t i q u e s e n m a t i r e d e
transparence des finances publiques du FMI (2007):
Ce code est fond sur quatre principes g n raux : une
définition claire des r les et des responsabilit s, la
transparence des proc dures budg taires, l’acc s du
public l’information et la garantie d’int grit .
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Meilleurs pratiques de l’OCDE (2002)(Organisation de coopération et de
développement économiques)
Un r f rentiel con u pour accro tre la transparence tout au long du
processus budg taire : Les meilleures pratiques se composent de trois
parties.
- La 1 re partie num re les principaux rapports budg taires que les
gouvernements devraient tablir et les grandes lignes de leur
contenu.
- La seconde partie d crit les informations particuli res qui
devraient figurer dans les rapports. Elles comprennent des
informations sur les performances financi res et non financières.
- La troisi me partie met la lumi re sur les pratiques propres
assurer la qualit et l’objectivité des rapports.
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II- Règles financières
La concrétisation des principes des finances publiques édictés par la
nouvelle LOF se traduit par:
- la mise en place de nouvelles règles financières ayant trait à la
maitrise de l’équilibre budgétaire,
- la rationalisation de la gestion des services de l’Etat gérés de
manière autonome et des Comptes spéciaux de Trésor.
- l’institution de la comptabilité générale.
A- Equilibre budgétaire. Articles 17 , 43 , 63 , 58 , 2 de la
LO
La soutenabilité des nances publiques est un facteur
primordial pour assurer un développement socio-
économique durable. A cet effet, la nouvelle LOF a introduit
une nouvelle règle d’équilibre budgétaire
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l’Equilibre Budgétaire
L’ quilibre budg taire est la situation d’un budget qui pr voit et
autorise, pour un exercice, des charges et des ressources d’un m me
montant.
L’ quilibre budg taire r pond :
– au souci d’assurer une saine gestion financi re. Les d penses
publiques sont financ es avec un objectif d’ viter l’endettement
excessif de l’ tat ;
– la volont de d sengager l’ tat de l’activit conomique
nationale, en vitant un financement massif des investissements de
l’ tat. Ce serait l’affirmation du n olib ralisme, forme moderne du
lib ralisme, qui laisse place une intervention limit e de l’ tat.
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Pour maitriser l’équilibre budgétaire, plusieurs règles ont
été introduites par la LOF
• Interdiction d’inscrire les dépenses de
fonctionnement dans le budget d’investissement
• Dé nition de la nature des dépenses relatives aux
charges communes
• Consécration du caractère limitatif au chapitre des
dépenses de personnel et intégration des cotisations
de l’Etat au titre de la prévoyance sociale et de la
retraite dans les dépenses de personnel
• Consécration de la loi de règlement en tant que loi
de nances
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B- la rationalisation de la gestion des services de l’Etat gérés de manière
autonome et des Comptes spéciaux de Trésor: Articles 21 , 27 , 22 de la LOF
Rationalisation de la création et de l’utilisation des
services de l’Etat gérés de manière autonome et des
Comptes Spéciaux du Trésor notamment par
- l’interdiction de versement d’un service de l’Etat
géré de manière autonome ou d’un Compte spécial
de Trésor vers un service de l’Etat géré de manière
autonome ou Compte spécial de Trésor
- la détermination des conditions de création des
services de l’Etat gérés de manière autonome (30%
de ressources propres) et des Comptes spéciaux de
Trésor (40% de ressources propres).
C- l’institution de la comptabilité générale: Article 31 de la LOF
La LOF prévoit la tenue de trois comptabilités
-la comptabilité budgétaire qui permet de fair
le suivi de l’exécution budgétaire,
-la comptabilité générale qui permet d’évaluer le patrimoine
et la situation nancière de l’Etat
- la comptabilité d’analyse des coûts qui permet d’avoir le
coût réel des politiques publiques
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