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En-Quête n° 29 - 2015, pp.

7 - 22
© EDUCI 2015

APPROCHE ANTHROPOLOGIQUE DE CONSERVATION DE


LA BIODIVERSITE ET SITES ARCHEOLOGIQUES DES ILES
EHOTILE DE COTE D’IVOIRE
Yao Saturnin Davy AKAFFOU
Enseignant en paléoanthropologie
Institut des Sciences Anthropologiques de Développement (ISAD)
Université Félix Houphouët Boigny de Côte d’Ivoire/
[email protected]

RESUME 
Les contingences de la modernité et la dynamique évolutive des sociétés contem-
poraines, laisse entrevoir la dégradation et même la disparition de plus en plus avérée
du patrimoine ancestral, soulevant ainsi une problématique de transmission génération-
nelle de cet héritage. La question de la sauvegarde et de l’exploitation durable de toute
la richesse de la biodiversité de certains sites naturels, des vestiges archéologiques
et de la mémoire collective que représente le patrimoine ancestral dans l’histoire évo-
lutive de l’humanité, impose alors une approche scientifique transdisciplinaire qui allie
sciences de l’homme et sciences de la nature. La paléoanthropologie apparait dans ce
cadre comme une science à caractère interdisciplinaire qui interroge le matériel fossile
pour comprendre l’histoire et la dynamique évolutive de l’espèce humaine avec son inte-
raction à son milieu et les mécanismes d’adaptations subséquentes au cours du temps.
Les îles Ehotilé de Côte d’ivoire constituent donc un site ancestral dont les caractéris-
tiques naturelles couplées aux vestiges archéologiques mis au jour par l’archéologue
français Jean Polet (1974) en font un site d’intérêt scientifique particulier. L’étude menée
se fonde sur des paramètres anthropologiques et écologiques pour procéder à une
analyse diachronique et systémique du rapport séculaire qu’entretiennent les peuples
riverains Ehotilé et Essouma avec ces îles, érigées désormais en parc national. Il en
résulte une coévolution dialectique de l’interaction des peuples avec le milieu naturel des
îles Ehotilé dont la richesse de la biodiversité et les sites archéologiques sont soumis
dorénavant, à une dégradation progressive. Nous proposons ainsi, un modèle d’exploi-
tation écomuséale avec une équipe de recherche interdisciplinaire pour un inventaire
systématique et actualisé des données, et une organisation écotouristique qui implique
davantage les peuples riverains dans la perspective d’un développement local.
Mots-clés : Approche anthropologique, écologie humaine, biodiversité, sites
archéologiques, îles Ehotilé
8 Yao Saturnin Davy AKAFFOU

ABSTRACT
The contingencies of the modernity and the evolutionary dynamics of the contem-
porary societies, lets glimpse the degradation and even the more and more known
disappearance of the ancestral heritage, so raising a problem of generational trans-
mission of this inheritance. The question of the protection and the sustainable exploita-
tion of all the wealth of the biodiversity of certain natural sites, archaeological remains
and the collective memory which represents the ancestral heritage in the evolutionary
history of the humanity impose then an interdisciplinary scientific approach which allies
human sciences and sciences of the nature. The paleoanthropology appears in this
frame as a science to interdisciplinary character which questions the fossil material
to understand the history and the evolutionary dynamics of the human race with its
interaction in its environment and the mechanisms of subsequent adaptations in time.
The island Ehotilé of Côte d’Ivoire thus constitutes an ancestral site the natural cha-
racteristics of which coupled with archaeological remains brought to light by the French
archaeologist Jean Polet ( 1974 ) make a site of particular scientific interest. The led
study bases itself on anthropological and ecological parameters to proceed to a dia-
chronic and systematic analysis of the secular relationship which maintains the water-
side people Ehotilé and Essouma with these islands, set up from now on as national
park. It results from it a dialectical coevolution of the interaction of the peoples with the
natural environment of the islands Ehotilé among which the wealth of the biodiversity
and the archeological sites are subjected from now on, in a progressive degradation.
We so propose, a model of ecomuseum exploitation with an interdisciplinary research
team for a systematic inventory and updated data, and an ecotourist organization
which involves more the waterside peoples with the prospect of a local development.
Keywords: Anthropological approach, human ecology, biodiversity, archeological
sites, islands Ehotilé

INTRODUCTION

Développer une problématique relative à la conservation de la biodiversité


et de sites archéologiques implique une analyse de la réciprocité des relations
homme-nature qui a toujours été une question inhérente à l’existence. L’es-
pèce humaine ne saurait être appréhendée en dehors de son environnement
qui conditionne son existence, constitue son milieu de vie auquel il s’adapte

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et qu’il influence dans une dynamique évolutive au cours de son histoire. Les
traces matérielles de ce vécu sont un héritage ancestral qu’il faut documenter
à travers les vestiges archéologiques, mais aussi, comprendre l’impact des
facteurs anthropiques sur les processus écologiques est indispensable. En
effet, les populations humaines influencent la terre, le climat, les plantes et
les espèces animales dans leur environnement immédiat, et ces éléments de
l’environnement ont réciproquement un impact sur les humains (Salzman et
Attwood, 1996). Cette question de l’interaction homme-environnement et de
ses effets pervers a toutefois permis une prise de conscience mondiale de
l’ampleur de l’impact de l’homme sur le milieu naturel qui a conduit au concept
de « protection intégrale » inspirant en 1872, la création du premier parc na-
tional ; le Yellowstone National Park aux Etats-unis. Cette initiative avait pour
but de contribuer à la conservation et la valorisation de la diversité biologique
ou biodiversité. L’émergence du concept de biodiversité est étroitement liée
à l’histoire mondiale de la protection de la nature. Les progrès des sciences
naturelles et les prémices de l’écologie modifient la perception de l’Homme du
monde vivant. La publication de L’origine des espèces de Charles Darwin en
1859 marque une avancée majeure en fournissant la première théorie scienti-
fique convaincante sur l’origine de la diversité du vivant. Fondatrice de la bio-
logie moderne, la théorie de l’évolution bouleverse la vision de l’Homme sur la
nature et sur lui-même. La biodiversité est définie comme la « variabilité des
organismes vivants de toute origine y comprit, entre autres, les écosystèmes
marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont
ils font partie : cela comprend la diversité au sein des espèces et entre es-
pèces ainsi que celle des écosystèmes. » (Nations Unies, 1993). L’Afrique
constitue l’un des continents dont la richesse de la biodiversité de certains
sites naturels est marquée par des écosystèmes spécifiques, de haute valeur
bioécologique et culturelle qui imposent des mesures urgentes de conserva-
tion au regard des menaces avérées de dégradation et disparition de ce patri-
moine. La Côte d’Ivoire s’est engagée depuis la conférence de Rio de Janeiro
sur la protection de l’environnement, dans l’établissement d’un réseau d’aires
protégées recouvrant toutes ses zones phytogéographiques du pays. Le but
de ce projet est de contribuer de façon durable, à la préservation et à la valo-
risation d’un échantillon représentatif de la diversité biologique nationale ainsi
qu’au maintien des processus écologiques (DPN, 2003). Il s’agit en définitive,

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de mettre en place un système de protection, de gestion efficace et durable


des parcs nationaux et réserves tout en élargissant leur réseau. Les parcs et
réserves en Côte d’ivoire constituent donc des zones privilégiées de conser-
vation de la biodiversité. Mais, il s’agit tout aussi de milieux naturels avec les-
quels cohabitent des populations riveraines qui partagent leur histoire et vécu
quotidien depuis belle lurette avec cet environnement. Si toutefois, la préser-
vation des ressources naturelles constitue d’une manière générale, un objec-
tif majeur qui guide la politique de création et gestion des aires protégées en
Côte d’ivoire, il n’en demeure pas moins que ces parcs et réserves regorgent
autant d’autres richesses souvent peu connues, voire quasi ignorées et sou-
mis à un pillage insidieux qui méritent davantage d’intérêt. Le parc national
des îles Ehotilé constitue en cela, une spécificité dont les caractéristiques
naturelles donnent l’aspect de site Ramsar1 c’est-à-dire, une zone humide
avec un écosystème à haute valeur de conservation de la biodiversité, inscrit
sur la liste des sites en passe de devenir patrimoine mondial. De plus, ces îles
érigées en parc national à partir des années 1974, sont l’unique parc en Côte
d’ivoire dont la création a été suscitée par les peuples riverains, fondant ainsi
l’hypothèse d’un attachement de ceux-ci à la préservation de ces îles pour
des raisons qu’il conviendrait sans doute, d’élucider dans ce travail. Le décret2
portant création du parc indique d’ailleurs que « le parc national des îles Eho-
tilé est crée en vue de la protection et de la conservation d’un ensemble de
sites archéologiques  ». Cette double vocation à savoir, la conservation de
la biodiversité et la préservation de sites archéologiques, fait des îles Eho-
tilé un important terrain de recherche dont l’exploitation scientifique intéresse
aussi bien les spécialistes des sciences de la nature que ceux des sciences
de l’homme. Tous ces éléments constituent de fait un important atout dont
une connaissance objective et une exploitation judicieuse contribuerait assu-
rément à la valorisation du parc national des îles Ehotilé. Mais qu’en est-il
aujourd’hui de toute cette richesse ?  Dans quel état se trouve donc le parc ?
Comment d’un point de vue anthropologique contribuer à la conservation de
la biodiversité et sites archéologiques des îles Ehotilé ? C’est autour de cet
ensemble d’interrogations qui se déclinent en objectifs d’étude que s’articule
notre travail mené à partir d’une méthodologie qu’il conviendrait de préciser.

1 Site Ramsar site n°01584 du 18 octobre 2005 inscrit sur la liste du patrimoine mondial
2 Article 3 du décret n°74-179 du 25 avril 1974 relatif au parc national des îles Ehotilé

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I- METHODOLOGIE

De manière opératoire, l’étude à consisté à effectuer:


- une prospection itinérante sur les îles Ehotilé au cours de laquelle, nous
avons procédé au repérage des sites archéologiques et ramassage de surface
de vestiges matériels anthropiques sur les sites de Nyamwa, Balouaté et Asso-
komonobaha. Ces données archéologiques ont fait l’objet d’un examen en rela-
tion avec l’histoire des peuples riverains Ehotilé et Essouma, explorée à travers
les sources écrites et orales. Cela a permis d’appréhender les phénomènes de
migration, de sédentarisation et d’occupation du territoire des îles Ehotilé.
- Les caractéristiques socioculturelles des peuples riverains ont été investi-
guées suivant des repères ethnographiques ; observation directe de par notre
séjour dans la localité, des entretiens semi-directifs avec les gestionnaires
du parc et les populations riveraines enquêtés par choix raisonné, dans les
villages de la zone périphérique des îles Ehotilé (Assomlan, Egbéhi, Ngalwa,
Mélékoukro, Etuessika, Koukoukou et M’Bratty). Ces données recueillies à
partir de guides d’entretiens ont été consignées dans un journal de bord et fait
l’objet d’un examen systématique par analyse de contenu.
Les résultats de cette étude sont présentés en trois articulations, à savoir :
- de la richesse de la biodiversité et sites archéologiques des îles Ehotilé
- les déterminants du rapport séculaire des peuples riverains aux îles Ehotilé
- la coévolution dialectique de l’interaction des peuples au milieu naturel

II- DE LA RICHESSE DE LA BIODIVERSITE ET SITES ARCHEOLO-


GIQUES DES ILES EHOTILE

Les îles Ehotilé se trouvent dans le département d’Adiaké situé au Sud-Est


de la Côte d’Ivoire, dans la région Sud-Comoé qui compte quatre sous-pré-
fectures que sont Adiaké, Assinie-Mafia, Etueboué et Tiapoum couvrant une
superficie totale de 1662,48 Km2. Le département d’Adiaké a été érigé en
circonscription administrative en 1997 selon le décret 97-16 du 15/01/1997
et est limité au Nord par le département d’Aboisso, au Sud par la lagune
Aby et l’Océan Atlantique, à l’Est par le Ghana et à l’Ouest par le dépar-

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tement de Grand Bassam. D’une superficie totale de 550 hectares, le parc


national des îles Ehotilé est constitué de six îles que sont l’île Assocomono-
baha (327,5 ha), l’île Balouaté (75 ha), l’île Bosson assohoun (32,5 ha), l’île
Elouamin (22,5 ha), l’île Méha (45 ha), l’île Nyamwa (47,5 ha). Ces îles sont
toutes disséminées dans la lagune Aby, juste avant son embouchure dans la
mer, au Sud-est de la Côte d’Ivoire, dans le département d’Adiaké entre les
5°10’ et 5°13’ de latitude Nord et les 3° et 3°12’ de longitude Ouest. Le parc
national des îles Ehotilé appartient au domaine guinéen dominé par une forêt
ombrophiles sempervirentes avec la présence de formations hydromorphes.
Dans ce secteur, la diversité des conditions édaphiques et leur évolution font
que sur une petite surface, il se rencontre une grande complexité de groupe-
ments végétaux. Il n’y a donc pas de climax dominant, mais une mosaïque de
groupements édaphiques (Guillaumet et Adjanohoun, 1971). Kwassi (2002)
et Bango (2005) limitent la végétation du parc à quatre formations : la forêt
de terre ferme, la forêt marécageuse, la mangrove et les plantations (rapport
scientifique CRE/UAA, 2014). Outre les oiseaux, cinq espèces de primates
ont été inventoriées sur le Parc (Koné et al., 2004). Il s’agit du Colobe bai
(Piliocolbus badius), du colobe de van Benden (Procolobus Verrus), du mone
de louve (Cercopithecus mona lovei), du Cercopithèque au nez blanc (Cer-
pithecus petaurista) et du singe vert (Cercopithecus aethiops sabaeus). La
présence du singe vert parmi ces primates témoigne, selon ces auteurs, de la
richesse écologique du Parc National des Iles Ehotilé. L’assise géologique du
bassin de la zone du Parc National des îles Ehotilé comprend essentiellement
des formations précambriennes du Birimien inférieur (Avenard, 1971). On ren-
contre essentiellement des schistes avec des intrusions de roches granitiques
et volcaniques. Selon les travaux de l’archéologue Polet (1988), la période
des « coquillages » allant du 1er millénaire avant Jésus-Christ au 1er millé-
naire après Jésus-Christ est marquée par la présence de coquillières d’ori-
gine humaine ancienne constituant un élément fondamental dans l’explication
de la structure de la végétation, et donc de la distribution de certains animaux
(CRE/UAA, 2014). Les fouilles archéologiques sur les îles ont permis de faire
certaines découvertes. Des tessons de poteries, des bracelets de cuivre, des
meules à écraser condiments et médicaments, des souches de pilotis, des
fragments de pipe, deux canons en bronze (sur l’île Balouaté). Un oiseau
sculpté en bois, des objets européens : fourneaux de pipe en terre blanche

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et les fragments de leur tuyau ; des restes de bouteilles de gin, une petite de
porte en fer et une cuillère en étain, la céramique provenant de la coquillière,
une sépulture contenant des squelettes dont certains portent des bracelets
en cuivre et en ivoire, trois pilotis avec de gros morceaux de bois horizontaux
(Sur l’île Assocomonobaha). Des ossements sans aucun agencement ana-
tomique et plusieurs objets ; haches polies, perles d’os et de coquillage, de
verre et des bracelets (sur l’île Nyamwan). La plupart des objets découverts
se trouvent présentement à l’Institut d’Histoire d’Art et d’Archéologie Africains
(I.H.A.A.A) de l’Université Félix Houphouët Boigny en Côte d’ivoire. La pros-
pection effectuée dans le cadre de cette étude révèle l’existence de tombes
sur l’île Nyamwan outre celles qui ont déjà fait l’objet de fouilles. Les difficultés
d’accès à cause de la broussaille et la densité de la végétation, ajoutée aux
interdits liés au caractère sacré, pittoresque et mystérieux de cet environne-
ment ne favorisent pas les recherches. Toutefois, le Dracaena fragrans, une
plante utilisée dans la tradition funéraire du peuple Ehotilé mise à l’extrémité
de chaque tombe, a été un élément d’identification de ces sepultures. Cette
plante aurait, selon les informations recueillies, des vertus mystiques de pro-
tection et serait un symbole de transmutation des défunts. Cette île apparait
comme un ancien cimetière qui offre de véritables perspectives de recherches
ostéoanthropologiques et d’archéologie funéraire. Sur les îles Assoco Mono-
baha et Balouaté, nous avons découvert des tessons de céramique et des
vestiges d’habitations de communautés humaines. Cette île, en effet, est la
plus étendue sur laquelle se trouvaient les villages des ancêtres des peuples
Ehotilé et Essouma. Histoire et légendes de ces peuples riverains y sont inti-
mement attachées. Un canon de « Louis XIV » enfoui dans la boue est aussi
présent sur cette île. Un autre canon du même genre se retrouve sur les rives
de la lagune Aby, notamment dans le village riverain dénommé Assomlan. Les
canons selon les recherches de Jean Polet, respectent les normes définies
par le règlement sur la police générale des arsenaux de la marine d’octobre
1674 et sont tout à fait semblables aux modèles produits vers 1680, dans les
forges françaises de Nivernais ou du Périgord. Ils proviendraient de l’un des
navires de la Compagnie de Guinée, à l’époque (Perrot, 2007).
De tous ces éléments observés, on peut donc retenir que les îles Ehotilé
constituent un important réservoir de la biodiversité et de vestiges archéolo-
giques qui sont d’ailleurs un énorme atout pour le parc avec lequel les peuples

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riverains partagent leur histoire et vécu quotidien. Il convient, toutefois d’en


saisir les manifestations socioculturelles qui en découlent au regard de la
dynamique du rapport séculaire qu’entretiennent les populations avec ces îles
face aux contingences de la modernité.

II- LES DETERMINANTS DU RAPPORT SECULAIRE DES PEUPLES


RIVERAINS AUX ILES EHOTILE

Les populations riveraines entretiennent avec les îles, un lien séculaire qui
donne lieu à un système conflictuel d’appropriation patrimoniale entre peuple
Ehotilé et Essouma. Ce lien séculaire est perceptible à travers l’histoire de
ces peuples, matérialisée par la présence de vestiges archéologiques sur les
îles et dans sa zone périphérique. L’histoire des peuples riverains aux îles
est en grande partie, abordée par l’historienne Claude Hélène Perrot (2008).
En effet, vers le début du XVIe siècle, un peu plus tôt que les autres peuples
Akan, les Ehotilé, en provenance de l’actuel Ghana, s’installent sur les îles
émergeant à l’embouchure de la lagune Aby. Cette antériorité par rapport aux
autres peuples de la région (Essouma, N’zima et surtout Sanwi) est affirmée
à travers un mythe d’origine bien connu qui situe leur origine dans les pro-
fondeurs de la lagune Aby. Selon la tradition orale, rapportée par Assohoun
et al. (1983), le peuple Ehotilé est issu de deux villages autrefois implantés
dans les profondeurs de la lagune Aby : Ambodji et N’Bette dirigés respecti-
vement par N’djowapou et Ketcha N’djouma. Ces deux chefs conviennent, un
jour, d’abandonner la vie sous l’eau pour créer un village sur la terre ferme.
A leur émersion, les deux peuples fusionnent pour former un unique village,
dirigé de façon consensuelle par N’djowapou, le plus ancien des deux chefs.
Ce gros village nommé Monobaha (qui signifie grand village) s’étend sur les
îles Balouaté, Assoco, Elouamin et Méa (actuelles îles du Parc). Les sources
écrites datant du règne de Louis XIV, présentent ces îles qui ferment la lagune
au Sud comme l’ancien habitat des Ehotilé (Assohoun et al, 1983). Après
leur installation, les Ehotilé, exclusivement pêcheurs, accueillent, successi-
vement, les Efié puis, les Issynois (Essouma). Les Issynois, agriculteurs, font
d’Assoko, leur capitale qui devient un important centre d’échanges commer-
ciaux entre peuples d’économies complémentaires (sel du littoral contre l’or
venu des zones forestières plus au nord-est) et avec les marchands euro-
péens (Perrot, 1982 ; Niangoran-Bouah, 1984). Dans la première décennie

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APPROCHE ANTHROPOLOGIQUE DE CONSERVATION DE LA BIODIVERSITE 15

du XVIIe siècle, des guerriers Anyi (Sanwi) dans leur conquête de la bordure
occidentale de la lagune attaquent Monobaha, en 1725 et soumettent les
Ehotilé qui fuient leur territoire. Mais au début des années soixante, suite
à une tentative de sécession, le peuple Sanwi dominateur des Ehotilé est
sévèrement réprimé par le nouvel Etat indépendant de Côte d’Ivoire. Cette
position de faiblesse des Sanwi profite aux Ehotilé qui peuvent alors retrouver
une certaine liberté et se réorganiser. Cette renaissance passa, comme le
souligne Perrot, par un contact direct, immédiat avec les ancêtres, à travers
un pèlerinage effectué sur les îles, notamment à Monobaha pour y faire des
sacrifices avec des Komian (féticheurs, guérisseurs) et autres sacrificateurs,
interprètes privilégiés des ancêtres et des Boson (génies, esprits). Ce pèleri-
nage a permis de sceller l’unité du peuple Ehotilé et de consolider ses liens de
fraternité. Suite à cet acte majeur, les Ehotilé installent un ménage sur Mono-
baha, qui aura pour mission de veiller à l’intégrité des vestiges, mais aussi, de
protéger les ressources naturelles des îles. Pour pérenniser la conservation
de ces sites, les Chefs de lignage et de villages, aidés de leurs cadres, enta-
ment, en 1968, la démarche devant aboutir au classement de six îles en Parc
National. Le 14 janvier 1972, dans le cadre de ce processus de classement,
une mission d’évaluation de la Direction des Parcs Nationaux est organisée.
Cette mission reconnaît les principaux attraits d’ordre « historique, religieux et
archéologique » des îles Ehotilé et propose leur classement, en « Parc Natio-
nal Historique ». Ainsi par décret n°74-179 du 25 avril 1974, ces îles sont clas-
sées en parc national sous l’appellation de « Parc National des îles Ehotilé »
(PNIE). Le but du classement est de protéger et de conserver un site archéo-
logique dans un intérêt scientifique et éducatif au profit, à l’avantage et pour
la récréation du public (article 2 du décret n°74-179 du 25 avril 1974). Des
fouilles archéologiques sont alors organisées par le professeur Jean Polet de
l’Institut d’Histoire, d’Art et Archéologie Africains (IHAAA) de l’Université d’Abi-
djan. De 1974 à 1984, le parc est alors géré comme site archéologique par
la Direction des affaires culturelles et touristiques du Ministère de l’Education
Nationale (article3 du décret n°74-179 du 25 avril 1974). Ce n’est qu’à partir
de 1986, que les îles furent considérées effectivement comme parc national.
Leur gestion est alors confiée à la Direction des parcs nationaux puis à la
Direction de la Protection de la Nature (DPN) jusqu’à la création de la Cellule
d’Aménagement du Parc National des îles Ehotilé (CAPNIE) en 1994. Avec

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16 Yao Saturnin Davy AKAFFOU

l’avènement de l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR), il a été créé


en 2004, le Secteur du Parc National des îles Ehotilé qui en est la direction
opérationnelle de gestion.
Cependant, malgré le classement des îles en parc national, les peuples
riverains y restent toujours très attachés au point d’en développer une cer-
taine appropriation patrimoniale. Cette forme d’appropriation est perceptible
à travers les conflits récurrents de revendication de la propriété du territoire
des îles entre Ehotilé et Essouman. Bien que les îles soient déclarées comme
une aire protégée et qu’elles revêtent officiellement ce statut de parc national,
elles représentent pour les populations riveraines, notamment chez les Eho-
tilé, avant tout, un territoire ancestral. Ces îles sont pour eux, leurs anciens vil-
lages et comme tel, ils ont un réel attachement à cet environnement tributaire
d’un long passé historique auquel ils sont liés. C’est d’ailleurs les Ehotilé qui
ont proposé le classement des îles en parc. De ce fait, ils ont développé une
certaine légitimité d’appropriation exclusive des îles du parc. Mais depuis le
classement des îles en 1974, les deux peuples riverains (Essouma et Ehotilé)
se discutent toujours la propriété des îles. L’appropriation de l’ensemble du
territoire des îles par les Ehotilé est jusqu’à ce jour contestée par les Essouma
d’Assinie qui revendiquent une propriété territoriale sur l’île Assocomonobaha
où leurs ancêtres ont tout aussi vécu ainsi que sur les îles Méa et Elouamin.
Malgré ces liens historiques et géographiques avec les îles, cette commu-
nauté Essouma semble t-il, n’aurait pas été associée à l’initiative des Ehotilé
pour le classement des îles en parc. Pour les Essouma, il s’agit là d’une ma-
nière des Ehotilé de s’approprier l’exclusivité de l’appartenance du territoire
du parc non seulement pour effacer un pan de leur histoire, mais surtout pour
des intérêts pécuniaires qu’ils tireraient de ce classement. Cette situation
contribue à alimenter des tensions qui existent entre les deux communautés.
L’initiative prise par les Ehotilé en vue de la conservation et de la valorisation
des richesses naturelles, historiques et culturelles dont regorgent les îles était
plutôt louable et salutaire. Les autorités administratives de l’époque ont donc
entériné sans réserve, cette volonté des populations en classant les îles en
aire protégée avec la dénomination de « Parc National des îles Ehotilé » ; une
dénomination qui n’est pas du tout partagée par les Essouma. Cette appro-
priation des populations Ehotilé sur les îles du parc se manifeste d’ailleurs par
des croyances et pratiques d’activités rituelles et traditionnelles qu’ils conti-

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APPROCHE ANTHROPOLOGIQUE DE CONSERVATION DE LA BIODIVERSITE 17

nuent d’entreprendre sur cette aire protégée. En effet, les Ehotilé sont un
peuple foncièrement attachés à l’adoration de sites sacrés. Les îles du parc et
sa zone périphérique seraient habitées par des génies protecteurs (Bosson) 
qui constituent pour ce peuple, des puissances mystiques qui inspirent et ali-
mentent les pratiques magiques et naturo thérapeutiques des féticheurs, des
guérisseurs (Komian). Mais les tendances actuelles relatives à la gestion du
parc laisse entrevoir une coévolution dialectique des systèmes de représen-
tations et pratiques culturelles des peuples avec le milieu naturel ancien des
îles Ehotilé dont la richesse de la biodiversité et les sites archéologiques sont
soumis dorénavant, à une dégradation progressive

III- COEVOLUTION DIALECTIQUE DE L’INTERACTION DES


PEUPLES AVEC LE MILIEU NATUREL

Face aux contingences de la modernité, le rapport de ces populations aux


îles semble connaitre une dynamique nouvelle avec des implications multi-
formes. L’enquête sur le terrain révèle que les difficultés socioéconomiques,
accentuées par les déficits dans la gestion du parc, amènent aujourd’hui les
populations riveraines à entreprendre des activités qui exposent le parc à une
dégradation progressive. En effet, les populations riveraines du parc sont des
peuples lagunaires qui ont pour activité principale la pêche. Cela occasionne
une incursion constante dans les périmètres qui délimitent la zone de proxi-
mité du parc interdite d’activités de pêches par la direction du parc. Défendus
de s’approcher à plus de 50m du rivage de chaque île du parc, les popula-
tions riveraines estiment que ces zones sont généralement, les plus riches
en poissons, en crevettes et crabes à cause de la présence de la mangrove.
On assiste à une exploitation anarchique des ressources aquatiques et un
braconnage de la faune. Les lamantins, espèce halieutique qui faisait une
particularité de la richesse de la faune aquatique dans cette zone lagunaire
du parc national des îles Ehotilé, sont aujourd’hui quasi inexistants. Les îles
abritent par ailleurs une forte colonie de chauves-souris qui sont devenues une
cible quotidienne comestible pour les populations riveraines qui s’adonnent à
une chasse intempestive. Les singes autrefois facilement observés dans la
mangrove sont en voie de disparition à cause de ce braconnage. S’ajoute à
cela, le prélèvement massif des ressources végétales, notamment la coupe
de bois pour le fumage des poissons, une intense activité de prélèvement de

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la mangrove du parc surtout par les pêcheurs pour fixer leurs filets dans l’eau
ou pour faire des pièges. Pour des besoins d’alimentation ou de pratiques
naturothérapeutiques, le parc se présente pour les Komian (guérisseur) et
même pour les populations riveraines en général, comme un réservoir de
ravitaillement en diverses espèces végétales. Aujourd’hui, le caractère sacré
qui induit des systèmes d’interdits traditionnels freinant l’accès à certaines
zones des îles du parc semble avoir quelque peu reculé. La quasi-totalité des
îles du parc est objet de visites clandestines et de pillages de leurs ressources
naturelles et archéologiques. Des individus s’adonnent à des fouilles sur des
sites abritant des vestiges archéologiques, à la recherche d’objets précieux.
Dans cette aventure, certains jeunes riverains parmi lesquels sont indexés
des éléments des équipes villageoises de surveillance du parc, s’érigent en
« guides touristiques informels » pour accompagner ces aventuriers en quête
de trésor. Cela donne lieu à des profanations de sites sacrés que l’on observe
à travers des traces de fouilles d’anciennes tombes sur les îles. Les difficultés
socioéconomiques des populations riveraines constituent un facteur explicatif
de cette attitude. Ces difficultés s’expriment en termes de besoins liés à la
garantie de moyens de subsistance face à la pression démographique et à
la raréfaction des ressources. Aussi, les nécessités de subsistance se pré-
sentent-elles comme une obligation pour les populations riveraines de trouver
réponse à leurs besoins primaires vitaux à partir de ce que leur offre la nature.
Du coup, les îles du parc deviennent une cible pour les populations. Pourtant,
ce sont les populations riveraines elles-mêmes qui ont sollicité le classement
des îles en aires protégées en vue de la protection de leur patrimoine cultu-
rel. Leur lien historique avec ce milieu naturel et les vestiges archéologiques
présents dans le parc avaient justifié cette attitude. Cela dit, ces populations
riveraines savent bien que les îles du parc sont érigées en parc national et
donc il leur est défendu d’y entreprendre des activités, de nature à nuire aux
ressources naturelles et porter atteinte au patrimoine archéologique. Mais
aujourd’hui, la réalité du terrain est telle que ces populations qui partagent
leur vécu quotidien avec le parc sont tentées et même amenées à outrepas-
ser ce périmètre de protection du parc. L’arrivée de populations allogènes
pêcheurs de profession, entraine une forte exploitation des ressources halieu-
tiques due à la concurrence de commercialisation et la lutte pour le profit. Les
populations reconnaissent qu’il n’y a plus assez de poissons comme pouvait

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l’offrir auparavant la lagune Aby. On relève par ailleurs, une insuffisance de


terres cultivables pour satisfaire aux besoins des populations dont le nombre
s’accroît avec des besoins sociétaux devenus de plus en plus exigeantes et
complexes pour une jeunesse désœuvrée qui s’adonne à toutes sortes d’acti-
vités, capables de leur procurer de l’argent. Cette quête effrénée aux moyens
de subsistance et à l’argent fait braver le caractère sacré des îles et les inter-
dits pour prendre des risques et pénétrer dans des zones déconseillées, à la
recherche de toute chose susceptible d’être commercialisée. Les populations
estiment qu’elles sont parfois obligées d’affronter leur peur car malheureuse-
ment, quand la pauvreté gagne du terrain, les mythes et les croyances liées
à ce milieu naturel sont mis aux oubliettes. Cela entraîne subséquemment,
des pénétrations dans le parc l’exposant ainsi à une dégradation progres-
sive. Face à une telle situation, il importe de développer des mécanismes de
protection et d’exploitation durale des îles Ehotilé pour la conservation de la
biodiversité et sites archéologiques.

CONCLUSION

Notre approche anthropologique de conservation de la biodiversité et sites


archéologiques se fonde sur une conception des îles Ehotilé comme un patri-
moine ancestral. Le patrimoine ancestral est ce qui relève de nos ancêtres
qu’il soit sous forme fossilisée, d’objet archéologique, de pratique culturelle ou
de site naturel avec lequel un peuple entretient un lien séculaire, parfois sa-
cralisé et marqué par une histoire ou un mythe qui anime le substrat culturel.
Sous cet angle, nous appréhendons la relation des populations riveraines aux
îles Ehotilé comme un système écologique à explorer, comprendre et exploiter
suivant une analyse diachronique et systémique des facteurs anthropiques.
Les facteurs anthropiques concernent l’ensemble des artéfacts matériels et
immatériels inhérents à l’histoire et aux activités humaines en relation au
milieu naturel des îles Ehotilé. Le système « populations riveraines-îles Eho-
tilé » est ainsi perçue comme un tout complexe dans lequel nature et culture
s’imbriquent dans un processus dynamique. Les îles Ehotilé constituent donc
un riche patrimoine naturel qui revêt à la fois une dimension bioécologique et
historico-culturelle matérialisée par la présence de vestiges archéologiques
dans cet environnent ancestral. On ne saurait alors aborder la question de
la conservation de ces îles érigées en parc en ignorant de tels éléments car

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il s’agit bien de l’Homme (l’anthropos) au centre de son environnement. Les


savoirs locaux et pratiques magico-religieuses dans la gestion durable du
patrimoine sont par ailleurs utiles et souvent efficaces pour la préservation
de la diversité biologique et culturelle. Djah Malan (2007) révèle à cet effet
que chez les Ehotilé, certains aspects de la religion traditionnelle (la fonction
du Komian, le culte du Nyango et les lieux sacrés) ont un impact perceptible
sur la conservation des espèces végétales. Malgré les mutations qu’elle subit
face aux pressions sociales, cette religion est encore vivace chez les Ehotilé
et ne saurait être occultée dans la mise en place d’une politique de cogestion
du parc national des îles Ehotilé. Pour lui, la cogestion est donc un modèle
qui s’adapte aux situations locales car elle reconnaît l’existence d’un savoir
écologique traditionnel et d’un système basé sur le droit coutumier. En effet,
la nature est dans la conception traditionnelle africaine, est un bien sacré dont
l’utilisation impliquait l’accomplissement d’un certain nombre de rites transmis
de génération en génération (Ibo Guéhi, 2004). Dans le souci de gérer les
entités écologiques, un corps de chef de terre est institué ainsi que la mise
en place d’interdits (Bognounou et al, 2003). Les interdits institués dans la
société traditionnelle africaine constituent ainsi une voie de perpétuation des
savoirs locaux et suivant de cette logique, les forêts sacrées par exemple, en
plus des secrets qu’elles préservent jalousement, participent de la stabilité
des communautés concernées et du maintiennent de la biodiversité comme
le souligne Kouassi K.S. (2007). Le parc national des îles Ehotilé possède
d’importants atouts naturels et culturels notamment, archéologiques qui en
font une aire protégée particulière et unique en son genre en Côte d’ivoire. La
stratégie opérationnelle que nous proposons à cet effet, réside dans l’exploi-
tation écomuséale qui conjugue dans une démarche interdisciplinaire, des
mécanismes inventaire, de protection, de conservation et de transmission
générationnelle des données ethnoarchéologiques et écologiques pour opti-
miser une gestion participative durable du parc national des îles Ehotilé dans
la perspective d’un développement local.

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