Les Heritiers de Sigmar
Les Heritiers de Sigmar
pour l’empire !
pour sigmar !
Warhammer sur le web, en français: www.warhammerjdr.fr; en anglais: www.blackindustries.com
Prix public : 34,50 €
© Copyright Games Workshop Ltd 2006. Games Workshop, Warhammer, Warhammer, le Jeu de Rôle, Citadel, BL Publishing, Black Industries et leurs logos respectifs,
WJRD, GW, le Chaos et tous les symboles associés, logos, emblèmes, devises, noms, races et insignes raciaux, véhicules, lieux, unités, personnages, illustrations et images issus
du monde de Warhammer sont ®, ™ et/ou © de Games Workshop Ltd 2000-2006, enregistrés selon les lois en vigueur au Royaume-Uni et dans les autres pays du monde.
Tous droits réservés. Green Ronin et le logo Green Ronin sont des marques déposées de la société Green Ronin Publishing et sont utilisées avec l’autorisation de celle-ci.
— VERSION ORIGINALE —
Conception et rédaction : Anthony Ragan
Matériel additionnel : Kate Flack, Chris Pramas et Rick Priestley
Conception et rédaction du scénario : Chris Pramas et Robert J. Schwalb
Conception artistique de Bogenhafen : Jim Bambra, Graeme Davis et Phil Gallagher
Développement : Chris Pramas Édition : Evan Sass
Direction artistique : Kate Flack Conception artistique : Hal Mangold
Couverture : Mark Gibbons et Kinrade Logo de WJDR : Darius Hinks
Illustrations intérieures : Lee Carter, Liz Danforth, John Gravato, David Griffith,
Jon Hodgson, Marius Hollsener, Karl Kopinski, Kenson Low, Britt Martin,
Eric Polak, Rick Sardinha, Dan Scott, Adrian Smith et Dan Wheaton
Cartographie : Dave Andrews, Shawn Brown et Nuala Kinrade
Responsable du développement : Kate Flack Responsable du projet : Ewan Lamont
Directeur de Black Industries : Simon Butler
— VERSION FRANÇAISE —
Directeur de publication: Mathieu Saintout Conception additionnelle: Igor Polouchine
Traduction : Nathalie Huet, Dominique Lacrouts et Sandy Julien pour KANEDA
Réécriture : Jérôme Vessière pour KANEDA
Une publication Bibliothèque Interdite sous licence Black Industries © Copyright Games Workshop Ltd 2006. Games Workshop,
Première édition française, Février 2006. Warhammer, Warhammer, le Jeu de Rôle, Citadel, BL Publishing,
Imprimé en Italie par Eurografica S.p.A. Black Industries et leurs logos respectifs, WJRD, GW, le Chaos et
tous les symboles associés, logos, emblèmes, devises, noms, races
et insignes raciaux, véhicules, lieux, unités, personnages, illustra-
tions et images issus du monde de Warhammer sont ®, ™ et/ou ©
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BL Publishing Bibliothèque Interdite avec leur permission.
Games Workshop. Ltd 55 rue Sainte Anne
Willow Road 75002 Paris, France ISBN : 2-915989-14-1
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préalable et écrite du titulaire du copyright et de l’éditeur. Site de Green Ronin : www.greenronin.com
INTRODUCTION
B
ienvenue dans l’Empire, qui est à la fois la patrie de votre Chapitre V :
personnage et la toile de fond de Warhammer, le Jeu de Rôle.
Ce guide, Les Héritiers de Sigmar, vous offre toutes les informa- Les cultes de l’Empire
tions nécessaires pour jouer des aventures et des campagnes passion- Le Chapitre V aborde l’importance du rôle des divers cultes religieux
nantes durant la période qui suit la défaite d’Archaon. Ravagé par de l’Empire, de la terrible foi d’Ulric au nord à celle de la bienveillante
l’invasion et menacé de sombrer dans la guerre civile et la conspi- Shallya dans les taudis des villes. Les conflits religieux constituent une
ration, l’Empire a décidément bien besoin de courageux héros pour source intéressante d’aventures, si bien que cette section étudie la
réparer les dégâts et aller de l’avant. relation et les tensions qu’entretiennent les cultes et leur opinion en
matière de sorcellerie.
Et c’est là que vous intervenez.
Chapitre I : Appendice I :
La terre et ses peuples Nouvelles carrières
Ce chapitre dévoile le paysage de l’Empire, comment il façonne les Cet appendice dévoile huit nouvelles carrières : trois de base et cinq
modes de vie et de pensée des gens, et certains des lieux les plus avancées.
étranges que les voyageurs sont amenés à découvrir. Il dépeint
également les quatre peuples principaux de l’Empire (les humains, les
elfes, les halflings et les nains) et traite de leur place dans cet univers, Appendice II :
de ce qu’ils en pensent et des relations qu’ils entretiennent. Traits provinciaux
Cet appendice optionnel propose des traits raciaux humains person-
Chapitre II : nalisés en fonction de la province natale de votre personnage.
L’histoire de l’Empire
Le Chapitre II embrasse 2500 ans d’histoire et aborde les événements
majeurs survenus jusqu’à ce jour, de la fondation de l’Empire à
l’invasion d’Archaon.
Chapitre III :
Gouvernement et affaires étrangères
Cette section aborde l’organisation même de l’Empire, ses relations
avec les royaumes et peuples étrangers, et les dangers et problèmes
que pose chacun d’entre eux.
Chapitre IV :
Loi, justice et criminels
Ce chapitre présente les méandres des systèmes juridiques
municipaux, provinciaux, impériaux et religieux. Les aventuriers se
retrouvent souvent du mauvais côté de la barrière et le MJ doit alors
trouver la réponse appropriée des autorités. Auront-ils la joie de faire
connaissance avec le chevalet de torture ou le bûcher ?
LA TERRE
ET SES PEUPLES
’’ Les montagnes qui entourent les territoires de l’Empire
sur trois flancs sont comme les remparts d’une forteresse.
Mais de nos jours, ces remparts sont si mal défendus que le
château paraît prêt à tomber.
’’
— Albert Kornhammer, prêtre de Sigmar
Chapitre I
P
our les habitants du Vieux Monde, la représentation habituelle de l’Empire est celle d’une contrée couverte d’immenses et sombres
forêts, entourée d’impénétrables chaînes de montagnes. Une terre sur laquelle l’humanité et les autres races coexistent à l’abri des
murailles de quelques îlots de civilisation dispersés, depuis lesquels ils observent d’un œil craintif les dangers qui se tapissent sous les
noires frondaisons.
Il y a certainement une part de vérité dans cette manière de voir, mais comme tout stéréotype, elle peint le tableau à très gros traits et simplifie
à l’extrême une situation infiniment plus diverse et complexe. Dans ce chapitre vous trouverez une présentation détaillée des différentes
régions de l’Empire et des populations qui l’habitent.
GÉOGRAPHIE
À
l’ouest, au sud et à l’est, l’Empire est délimité par de grandes la Hache Mordante et la Dame Grise se cachent les ruines du château
chaînes de montagnes. Il s’agit respectivement des Montagnes de Constant Drachenfels, que l’on considère généralement comme
Grises, des Montagnes Noires et des Montagnes du Bord du abandonné.
Monde.Très élevés, sévères et inhospitaliers, ces massifs montagneux
présentent des caractéristiques distinctes et des dangers particuliers. À l’extrême sud, on trouve les Voûtes et les Montagnes Noires, qui
séparent l’Empire de la Tilée et des Principautés Frontalières, respec-
tivement. C’est dans les Montagnes Noires que Sigmar remporta la
Des remparts de pierre bataille du col du Feu Noir et c’est également là qu’il retourna à la fin
de son règne pour restituer Ghal Maraz à ses créateurs. Les
Montagnes Noires sont traversées de nombreux cols, tels que celui
Les Montagnes Grises séparent l’Empire de la Bretonnie et consti- des Crocs de l’Hiver. Ces cols sont gardés par des forteresses et des
tuent sa frontière occidentale. Elles sont traversées de défilés en châteaux, à la fois pour la protection des marchands qui les
plusieurs endroits, dont les plus célèbres sont le col de la Hache empruntent et contre les attaques ou les invasions des orques qui
Mordante, dont la route démarre à Bögenhafen et traverse la ville ravagent fréquemment les petits états des Principautés Frontalières.
fortifiée de Helmgart avant de redescendre en Bretonnie, et le col de
la Dame Grise, qui relie Ubersreik aux plaines situées entre Parravon Les Voûtes correspondent au point de rencontre de quatre chaînes
et la forêt de Loren. La Dame Grise tient son nom de la légende de montagneuses et les contraintes géologiques résultant de cette
Fretha, une femme qui vivait durant l’Âge des Guerres et qui jura collision ont donné naissance à un terrain si accidenté qu’il n’existe
d’attendre fidèlement le retour de son époux, un guerrier qui s’était qu’un seul passage coupant au travers de ce massif en direction de la
engagé dans une expédition contre la Bretonnie. Comme il ne Tilée, le col de Brenheim, souvent fermé par les neiges de l’automne
revenait pas, elle se rendit au sommet du col et s’y construisit une au printemps. Plusieurs monastères sont installés le long de cette
hutte pour guetter son retour. Elle mourut là, folle de douleur, route et les voyageurs peuvent s’y réfugier en cas de besoin. On
pendant un blizzard, après avoir attendu plus de cinquante ans. trouve également une auberge près du sommet de ce col : la Maison
Les gens de la région prétendent que son fantôme y demeure encore de l’Eau-de-vie. Il s’agit d’une ferme fortifiée en pierre, édifiée il y a
de nos jours et qu’elle enlève tout voyageur qu’elle prend pour des siècles de cela et tenue par la même famille d’humains depuis sa
son époux. construction. C’est à cet endroit qu’entre la fonte du printemps et les
gelées d’automne, les nains des Voûtes et des Montagnes Noires
À l’exception de quelques villes et villages miniers, les Montagnes occidentales viennent commercer avec les Impériaux et les Tiléens et
Grises sont principalement peuplées de quelques forteresses naines, goûter la fameuse eau-de-vie qui a donné son nom à l’auberge.
surtout situées au sud de la chaîne plutôt qu’au nord où les
montagnes se fondent dans les collines du Pays Perdu, contaminées Cependant, la merveille des Voûtes est la Bruissante, qui est à la fois
par le Chaos. Toutefois, la présence des nains se fait de moins en la source de la Sol et du Cristallo de Tilée. Longue de plus de quatre
moins sentir, à mesure que les mines s’épuisent et qu’un plus grand cent cinquante kilomètres, traversant une ville souterraine bâtie en
nombre d’entre eux émigre vers des villes à population majoritai- son milieu, la Bruissante est la route commerciale la plus directe
rement humaine. Au cœur des pics et des vallées qui s’étendent entre entre le nord de la Tilée et le Wissenland.
Des rivières
nourricières
L’Empire ne pourrait exister sans
ses rivières. Elles forment
l’armature sur laquelle repose
tout le reste de la structure.
Plusieurs grandes routes
traversent l’Empire, mais celles-ci
sont souvent trop dangereuses
pour être empruntées réguliè-
rement : les brigands, les guerres,
les monstres et même le climat
rigoureux rendent les voyages
par la route beaucoup plus
risqués que la plupart des gens
ne sont disposés à le supporter. Les rivières et les fleuves sont donc pirates, particulièrement entre Altdorf et le Pays Perdu. Les patrouilles
devenus les voies privilégiées du trafic commercial et des longs sont donc fréquentes dans cette région, mais leurs effectifs sont
voyages. Les armées en campagne se déplacent souvent le long du souvent insuffisants, leurs hommes corrompus et, par conséquent,
cours des rivières, ce qui leur permet de se ravitailler plus facilement. beaucoup de gens préfèrent engager leurs propres gardes.
Les grandes maisons marchandes de Marienburg et des cités
impériales préfèrent de beaucoup expédier leurs produits par les Le cours d’eau suivant, par ordre d’importance, est la Talabec qui
péniches fluviales, plus sûres et bien moins onéreuses que les prend naissance au Kislev, au confluent de la Talabec supérieure et de
caravanes. Les grands fleuves et les rivières servent également de l’Urskoy. La Talabec, une large rivière au cours paresseux, est l’un des
frontières naturelles à plusieurs provinces électorales, ce qui leur principaux itinéraires qui traversent les sombres forêts du nord et
fournit à la fois une ligne de démarcation nette et le prétexte à de c’est également la meilleure voie de communication avec le lointain
nombreuses querelles entre princes rivaux. Kislev. Ses eaux sont grouillantes de vie et les petits villages installés
tout le long de son cours vivent du poisson qu’elle leur procure.
Le Reik est sans doute le fleuve le plus important de l’Empire, car il Talabheim est la seule grande cité qu’elle traverse et Taalgad, le port
lui procure un accès au monde entier au travers du grand port de de cette ville, a la double réputation d’être à la fois un endroit
Marienburg. Les marchandises destinées à la Bretonnie et aux autres dangereux et un bon emplacement pour débarquer les pique-assiette
contrées descendent son cours, tandis que les luxueux produits qui n’ont pas les moyens de payer leur billet de passage. La Talabec se
importés exigés par les membres les plus riches de la société (cognac jette dans le Reik à Altdorf.
bretonnien, soie cathayenne, parfums d’Arabie, entre autres) le
remontent. Rarement pris dans les glaces, le Reik est alimenté à sa La Talabec forme également la frontière entre le Talabecland et ses
source par le Reik supérieur et par la Sol et il est encore augmenté voisins du nord : le Middenland, le Hochland et l’Ostland. C’est une
de ses affluents : l’Aver, le Stir et la Talabec. Les inondations qu’il frontière souvent contestée, traversée de raids dans les deux sens
provoque sont donc un problème récurrent au printemps, au lorsque l’autorité impériale s’affaiblit. Comme elle est trop large pour
moment de la fonte des neiges. Les cités et les villes font ce qu’elles être traversée à gué, les bacs sont fréquemment l’enjeu de disputes car
peuvent pour limiter les dégâts mais, pour le moment, seules Nuln et il s’y trouve généralement des péages qui rapportent de juteux revenus.
Altdorf ont réussi à accomplir de réels progrès dans ce domaine.
L’Aver et le Stir, les deux principales rivières du sud de l’Empire, ont
Étant donnée l’importance du trafic commercial qui s’y déroule, il donné leurs noms aux territoires qu’elles arrosent. Elles prennent
n’est pas surprenant que le bassin du Reik soit également infesté de toutes deux leur source dans les Montagnes du Bord du Monde et
leur riche couleur profonde leur vient des eaux sombres qui pillards du Chaos descendus des ports de Norsca. L’Empire a tenté
s’écoulent de cette chaîne. Elles constituent également d’importantes d’établir des ports et des bases navales dans la mer des Griffes, mais
voies commerciales pour les forteresses naines de Karak Kadrin et de avec peu de succès. Il dépend donc des navires de Marienburg pour
Zhufbar. Des routes très anciennes longent leur cours, jusqu’aux la sécurité de ses côtes, une situation qui pique fort l’orgueil des
villes bâties à l’extrême limite de leurs portions navigables par les aristocrates qui dirigent les provinces du nord.
péniches fluviales. Elles finissent ensuite par se jeter dans le Reik,
l’Aver juste en dessous de Nuln et le Stir au niveau de la cité franche
de Kemperbad.
Le grenier du sud
Les solitudes et de l’ouest
du nord Au sud de la Talabec et à l’ouest du Reik s’étendent les régions
agricoles les plus peuplées, celles qui constituent le cœur de l’empire.
Ce sont les provinces du Talabecland, de l’Averland, du Stirland, du
Ce terme général désigne les provinces les plus au nord de l’Empire, Reikland et du Wissenland. Seules la moitié ouest du Talabecland et la
souvent utilisé de façon péjorative par les gens du sud et les vallée du Reik sont couvertes de forêts denses. Ces régions sont
Reiklanders pour qualifier les territoires de leurs cousins septen- respectivement connues sous les noms de Grande Forêt et de
trionaux. Les habitants du sud voient les provinces du Middenland, de Reikwald. Elles sont toutes deux devenues des repaires de bandits
l’Ostland, du Hochland et du Nordland comme des endroits sauvages, lorsque l’Empereur et l’Électeur du Talabecland se sont vus obligés de
où les indigènes doivent se calfeutrer derrière leurs portes par rappeler leurs troupes pour aller combattre Archaon. Les forces de
crainte de ce qui se tapit dans les forêts obscures qui cernent de l’ordre auront bien du mal à les en déloger, en particulier dans la
toutes parts leurs villes et leurs villages. Ils n’ont pas tout à fait tort, Grande Forêt, car leurs rangs ont augmenté sous un afflux de réfugiés
particulièrement après les terribles ravages perpétrés par Archaon. désespérés maudissant l’incapacité de leur noblesse à les protéger.
Toutefois, les habitants de ces régions et, dans tout l’Empire, les
personnes plus posées, sont généralement d’accord pour dire que les Lorsqu’on se rapproche des Montagnes Grises, les forêts deviennent
territoires du nord restent l’âme de l’Empire. de plus en plus clairsemées et la terre est idéalement adaptée à l’agri-
culture. En vérité, le vin blanc du Reikland est considéré comme le
Les forêts sont la plus remarquable caractéristique des terres du nord meilleur de l’Empire et les collines situées à l’ouest de Bögenhafen
et elles forment une étendue pratiquement ininterrompue depuis les sont parfois appelées « le jardin de Ranald » tant est grande la quantité
sombres frondaisons des forêts de feuillus de l’ouest du Middenland de vin qu’on y produit.
jusqu’aux bois de pins hantés par les esprits de l’orée du Kislev.
Au sud du Talabecland s’étendent les plaines vallonnées du Stirland et
À l’ouest du Middenland s’étend la forêt de la Drakwald, qui tient son de l’Averland, où l’on pratique l’agriculture et l’élevage. Beaucoup
nom des dragons qui y vivaient autrefois. Depuis l’ère présigmarite, moins forestières que les régions du nord, ces provinces sont plus
les humains les ont toujours combattus, tout comme les elfes, et le densément peuplées et on rencontre de très nombreux villages et
dernier d’entre eux mourut au IVe siècle sous la hache de l’Empereur villes le long de leurs fleuves et de leurs routes. C’est à travers ces
Hündrod le Forcené. Bien que l’on n’en ait plus aperçu un seul dans provinces que se déroulent les échanges avec les nains des
le Drakwald depuis lors, il est encore possible de voir, au Sanctuaire Montagnes du Bord du Monde, ce qui a fait de Talabheim, de Wurtbad
du Sacrifice, au nord de Delberz, les stigmates qui marquent la terre et d’Averheim d’importantes plaques tournantes pour le commerce
à l’endroit où elle fut empoisonnée pour l’éternité par le sang d’un des denrées de production naine. Depuis ces villes, les produits sont
dragon contaminé par le Chaos. Dans l’extrême nord, la forêt de alors expédiés vers le nord et Middenheim ou, plus couramment
Laurelorn est la demeure des elfes sylvains qui y vivent en reclus. Bien encore, vers l’ouest et Nuln et Altdorf, puis vers Marienburg.
que cette forêt soit revendiquée à la fois par le Middenland et par le
Nordland, les elfes ont toujours mis ces deux provinces au défi Le Moot est la région la plus féconde de l’Empire et elle fut taillée il
d’imposer leur domination. y a longtemps dans les territoires du Stirland et de l’Averland par la
main de l’Empereur Ludwig le Boursouflé. Les halflings qui y vivent
Au nord et à l’est des Monts du Milieu s’étend la forêt des Ombres, restent généralement entre eux, commerçant avec leurs voisins et
presque entièrement contenue à l’intérieur des frontières de important les quelques articles de luxe qu’ils ne peuvent manufac-
l’Ostland. Elle mérite bien son nom car c’est l’une des plus lugubres turer eux-mêmes, porcelaines fines ou soieries par exemple.
de tout l’Empire avec ses arbres séculaires, tellement resserrés que
leurs branches s’entremêlent comme des doigts étroitement entre- À l’est du Moot, les plaines méridionales s’élèvent graduellement vers
lacés. Elle a toujours eu la réputation d’être un endroit dangereux, un les Montagnes du Bord du Monde. Les bois y deviennent plus denses
repaire d’araignées géantes, de tribus d’hommes-bêtes, qui abrite les et se transforment à nouveau en véritables forêts pour couvrir les
lieux de rencontre secrets des adeptes des cultes du Chaos. De nos provinces de la Ligue de l’Ostermark et les territoires hantés de
jours, suite à la défaite d’Archaon devant Middenheim, la forêt des vampires de la Sylvanie. C’est de cette région que viennent certaines
Ombres est devenue plus dangereuse encore que naguère, car des troupes les plus aguerries de l’Empire, endurcies par des siècles
certains déserteurs des armées du Chaos s’y sont réfugiés et se de combat contre les invasions orques, les attaques des bandits et
tapissent maintenant sous ses frondaisons, guettant les réfugiés qui même contre les morts sans repos. C’est également de là qu’arri-
voudront réintégrer leurs foyers. vèrent les armées de morts-vivants des von Carstein, venues à la
rescousse de l’Empire dans l’une de ses heures les plus noires.
Les Monts du Milieu se dressent à l’est de Middenheim et au nord du
Hochland. Moins élevés que les chaînes montagneuses qui entourent À la pointe sud de l’Empire se trouve la province électorale du
l’Empire, ils n’en sont pas moins extrêmement escarpés et dangereux Wissenland, que beaucoup voient comme un pays d’intrigants suite à
pour les voyageurs. Les maîtres de Middenheim y entretenaient son annexion des territoires de l’ancienne Solland, après l’invasion
autrefois une colonie minière pénitentiaire, mais celle-ci a été orque des années 1700, et à cause de ses prétentions à gouverner
envahie par les troupes d’Archaon et on pense qu’elle a été anéantie. Nuln. Moins agricole que le Reikland, son voisin du nord, elle est
Peu de gens se sont rendus dans les Monts du Milieu depuis la guerre cependant autosuffisante pour ce qui est de sa nourriture et exporte
car, selon les rumeurs, Archaon se serait replié à la Citadelle d’Airain, une laine de très haute qualité grâce aux moutons élevés dans ses
une antique forteresse qui abritait autrefois les Sentinelles des Monts collines. Les exploitations minières sont nombreuses dans la région
du Milieu. Là, il attend son heure, reconstitue ses armées et établit les des Voûtes, particulièrement le long du cours supérieur de la Sol et
plans de sa prochaine attaque. autour du village de Scharmbeck, où l’on a récemment trouvé de l’or.
Toutefois, peu de gens osent s’aventurer au cœur du massif monta-
La mer des Griffes vient battre les rivages nord de l’Empire. C’est un gneux, car les nains de Karak Hirn et de Karak Norn se montrent très
océan sauvage, secoué par les tempêtes, sillonné par les pirates et les protecteurs vis-à-vis de ce qu’ils considèrent comme leur patrimoine.
Les humains les humains sont trop stupides pour le comprendre alors ils essaient
tout de même et ils réussissent. » Peut-être la nature humaine est-elle
porteuse d’une infinitésimale part de Chaos et peut-être les humains
L’humanité forme le gros de la population de l’Empire et l’essentiel sont-ils l’élément qui donne à l’Empire l’énergie et la créativité qui lui
de sa classe dirigeante. Les humains, qui se reproduisent plus insufflent sa vitalité.
rapidement que les autres races, s’entassent dans leurs cités jusqu’à
donner l’impression qu’elles ne pourront accueillir une personne de Le pouvoir écrasant qu’ils exercent au sein de l’Empire les incite
plus. Les carrosses scintillants des privilégiés y partagent la chaussée souvent à adopter une attitude condescendante envers les autres
avec les pieds couverts d’ampoules des plus pauvres et on peut y voir races. L’hypocrisie bienveillante des classes supérieures (« Ces
des masures délabrées adossées aux murailles de magnifiques palais. halflings ont un don inné pour la cuisine ! ») se métamorphose, dans
La naissance semble être d’une importance capitale aux yeux des les classes inférieures, en hostilité et en ressentiment envers ceux
humains, en terme de statut social, pourtant même les individus de la que l’on accuse de s’approprier ce qui reviendrait de droit à un
plus humble origine peuvent s’élever jusque dans les plus hautes humain. Que peut faire un artisan humain quand le forgeron nain est
sphères de la société et s’y faire accepter. Les humains de l’Empire tellement plus habile que lui ? Crier « Pourquoi ne peut-il rester avec
peuvent atteindre les sommets de l’accomplissement intellectuel, ceux de sa race ? » Bien que les différentes races vivent généralement
mais ils peuvent aussi être la proie des pires superstitions et se laisser en bonne intelligence dans les villes et les cités, ces rancœurs engen-
abuser par les cajoleries des cultes les plus vils. drent parfois de violentes émeutes qui se terminent en lynchages.
Les nains voient les humains comme leurs jeunes protégés, un peuple
qu’ils ont aidé à se développer et qui devra continuer leur œuvre si
les nains devaient un jour faiblir. Selon eux, ce furent les nains qui
enseignèrent de nombreux arts et techniques aux premières tribus
barbares d’éleveurs et de chasseurs, par exemple l’art de la
construction, celui de la guerre ainsi qu’un certain nombre d’arti-
sanats. Pour que les humains s’en souviennent, un nain ne manque
généralement pas une occasion d’attirer l’attention sur un bâtiment
d’origine naine ou dont l’architecture porte leur marque ou encore
de critiquer la production d’un maître-artisan humain en soulignant
que celle-ci ne peut se comparer à la production du moindre artisan
nain, même le plus ordinaire.
Les elfes
colonies prospères autrefois fondées dans le Vieux Monde par les
elfes d’Ulthuan. Des milliers d’années avant la grande guerre qui les
opposa aux nains, les elfes d’Ulthuan contrôlaient la plus grande
Contrairement aux trois autres races, les elfes ne se considèrent pas partie des côtes et des basses terres de ce qui deviendrait plus tard
comme une partie intégrante de l’Empire. Ils vivaient dans ces forêts l’Empire, la Bretonnie, l’Estalie, la Tilée et le Kislev. La victoire des
et ces campagnes bien longtemps avant l’arrivée des tribus barbares nains lors de cette guerre, malgré ce qu’elle leur coûta à eux comme
venues de l’est et même bien avant que les nains ne mettent le nez à leur empire, eut pour conséquence de chasser les elfes du Vieux
hors de leurs montagnes pour commercer et guerroyer. Lorsque leurs Monde tout entier, à l’exception de quelques enclaves.
cousins d’Ulthuan abandonnèrent le combat, les elfes décidèrent de
rester et de défendre leur bien-aimée Laurelorn. Ils ont réussi à la Ces enclaves étaient peuplées d’elfes qui refusèrent de partir ; ils
protéger et le cœur de leur forêt est resté inviolé, en dépit des nains, ressentaient un profond amour pour leurs forêts et la perspective de
des orques, des humains et même des elfes noirs en maraude. Les les quitter (en laissant les nains remporter une victoire complète)
dirigeants humains du Nordland et du Middenland ont bien tenté de leur fut insupportable. En conséquence, ils désobéirent à l’ordre
revendiquer cette forêt mais ils ont appris, en le payant fort cher, à y d’évacuation du Roi Phénix et refusèrent de devenir des réfugiés.
réfléchir à deux fois avant de tenter de mettre leurs revendications en Néanmoins, ils étaient faibles, peu nombreux et, pour la plupart,
application. Désireraient-ils seulement chasser sous les frondaisons de convaincus que leur anéantissement ne tarderait pas.
cette forêt que les maîtres de ces provinces devraient d’abord
demander la permission des elfes avant de tuer le moindre lapin. Mais les nains avaient été terriblement affaiblis par la guerre, eux
aussi, et les désastres qui s’abattirent peu après sur leur empire leur
C’est tout au moins ce que leur fierté et le sentiment de leur grandeur donnèrent des sujets d’inquiétude bien plus importants que les
perdue conduisent les elfes sylvains à penser. Mais derrière leurs quelques bastions elfes qui demeuraient. Ainsi, les elfes eurent le
manières hautaines et leur désinvolture, les elfes sylvains de temps de récupérer et d’établir plusieurs petites colonies réparties
Laurelorn savent bien qu’ils vivent dans l’Empire et que c’est avec dans le centre du Vieux Monde. Les plus importantes étaient les
l’Empire qu’ils doivent traiter. Au fond de leurs cœurs et de leurs royaumes des forêts de Laurelorn et d’Athel Loren, dont les popula-
esprits, dans les moments où ils peuvent se livrer à une calme intros- tions combinées représentent 80% de la population elfe du Vieux
pection, ils reconnaissent qu’ils sont un peuple moribond et qu’ils Monde. Ces deux royaumes sont devenus le foyer de la civilisation
ont besoin de la protection de l’Empire et de son humanité grouil- elfique survivante et tous les autres clans et tribus s’en remettent à
lante. Ayant admis cette amère vérité, certains elfes sylvains ont eux pour les questions de gouvernement. Bien que l’Empire et la
décidé de mettre fin à leur isolation pour entrer dans l’Empire, ne Bretonnie continuent à revendiquer ces deux forêts, les royaumes
serait-ce que pour s’assurer que les humains ne causent pas leur elfiques qui y sont établis préservent férocement leur indépendance.
propre perte et celle de tout ce qui les entoure.
En général, les habitants de l’Empire qualifient les elfes de Laurelorn
Les elfes ne sont pas suffisamment nombreux pour établir leurs d’elfes sylvains pour les distinguer des elfes des mers, qui naviguent
propres quartiers dans les cités de l’Empire et ceux que l’on rencontre sur les grands navires marchands et habitent le quartier elfique de
sont généralement solitaires. Ce sont souvent des bateleurs itinérants Marienburg, et des hauts elfes, qui vivent à Ulthuan. Ce sont là des
ou des voyageurs en quête de découvertes. Les elfes les plus expéri- distinctions artificielles. Il n’existe aucune différence physique entre
mentés sont très appréciés dans les maisons de la noblesse ou des ces trois groupes, bien qu’il y ait quelques différences culturelles.
citoyens les plus riches, dans lesquelles ils tiennent des emplois de
précepteurs, maîtres d’armes, maîtres d’archerie, chasseurs ou bien Les elfes de Laurelorn sont isolationnistes et ne désirent qu’une
font partie de la maisonnée en tant que simples courtisans (et dans ce chose : qu’on les laisse en paix dans les magnifiques forêts qu’ils en
cas ils représentent une sorte de signe extérieur de richesse et de sont venus à considérer comme leur patrie. À la différence des
statut social). Lorsque des elfes sylvains se déplacent en groupe, il hommes, qui cherchent à domestiquer les territoires sur lesquels ils
s’agit vraisemblablement d’un ambassadeur et de sa suite en route vivent, les elfes de Laurelorn considèrent la forêt et la terre comme
vers une rencontre avec quelque grand personnage de l’Empire, afin une entité vivante, avec laquelle ils doivent vivre en harmonie, qu’ils
de discuter de questions touchant au commerce ou à la sécurité, ou se sentent tenus de protéger. Toutefois, ils reconnaissent volontiers
pour se plaindre des mauvais traitements que les elfes sylvains doivent que l’humanité leur fait un rempart qui défend leurs terres contre les
endurer par la faute des humains ou des nains ! peaux-vertes et le Chaos. En conséquence, ils essaient de ne pas
indisposer leurs voisins impériaux, sauf lorsque ceux-ci tentent de
Les humains voient les elfes sylvains avec un mélange d’admiration, prendre possession de Laurelorn elle-même.
d’envie, de peur et d’un certain agacement. Leurs sorciers connaissent
de puissants sortilèges inconnus des autres races et, en tant qu’espèce, Les aventuriers elfes que l’on rencontre dans l’Empire sont prati-
ils vivent beaucoup plus longtemps que les humains. Leurs guerriers quement toujours originaires de Laurelorn. Ils peuvent avoir décidé
sont d’une habileté meurtrière, qui compense largement leur nombre d’entreprendre un grand périple dans le « monde extérieur », être
réduit, et leurs manières secrètes incitent la plupart des gens à se investis d’une mission particulière ou encore se sentir mal intégrés
demander ce qu’ils peuvent bien cacher au cœur des arbres de dans leur société natale et être en quête d’une vie paisible ailleurs.
Laurelorn. Ceci est encore aggravé par ce qui paraît être une attitude Quelle que soit la raison de leur présence, les elfes sont généralement
de supériorité suffisante aux yeux des humains et des nains, qui traités comme des créatures d’un autre monde partout dans l’Empire.
pensent que les elfes sylvains leur parlent souvent comme à des Leur façon d’envisager la vie à long terme est souvent considérée
enfants. Les elfes ne voient pas les choses ainsi. Ils pensent plutôt comme « désinvolte » et « superficielle » par les plus sérieux des citoyens
qu’ils doivent se montrer patients avec ceux dont l’esprit n’est pas impériaux. De plus, il est vrai que les superstitions qui courent à leur
aussi rapide que le leur et transposer leurs concepts les plus subtils en sujet affectent également leurs relations avec les humains. Dans
termes compréhensibles par des descendants de barbares. l’Empire, les elfes devraient toujours être rares et les joueurs qui les
incarnent devraient s’attendre à être traités comme des êtres étranges.
Les nains s’efforcent d’avoir aussi peu de contacts que possible avec
les elfes car ils leur ont conservé une rancune tenace depuis la guerre humains, bien qu’ils aient peut-être moins tendance à leur vouer une
de la Vengeance, que ces elfes frivoles appellent la guerre de la Barbe. adoration sans bornes ou à les considérer avec une franche hostilité.
Les humains et les nains se débrouillent très bien pour gérer l’Empire
et n’ont pas besoin qu’un bataillon de snobs fanatiques des arbres
vienne se charger de leur expliquer comment mener leurs affaires.
Lorsqu’ils sont obligés de se côtoyer, un nain s’ingéniera souvent à
insulter un elfe ou à le mettre dans une position embarrassante
Les halflings
simplement pour « l’obliger à rabattre un peu son caquet. » Les halflings sont intégrés dans l’Empire depuis si longtemps que
leurs origines se perdent dans la nuit des temps. Les archives et les
Les halflings ont généralement peu de contacts avec les elfes, exceptés légendes les plus anciennes sont contradictoires : selon certaines, les
lorsque les voyages de ces derniers les amènent à traverser l’Empire. halflings auraient émigré vers les terres qui devaient devenir l’Empire
Leur attitude envers les elfes sylvains ressemble beaucoup à celle des des milliers d’années avant l’avènement de Sigmar, en compagnie des
Les nains
Les nains sont le « second peuple » de l’Empire, sa race la plus impor-
tante après l’humanité. Il ne s’agit pas là des nains de Karaz Ankor,
l’empire nain de l’antiquité, établi dans les Montagnes du Bord du
Monde, mais d’expatriés dont les ancêtres, dans un passé plus ou
moins lointain, ont fui les forteresses naines après leur débâcle ou en
sont venus à croire la cause des nains perdue et à penser qu’il valait
mieux pour eux entamer une nouvelle vie au sein des populations
humaines de l’Empire qui leur sont généralement favorables.
10
L’HISTOIRE
DE L’EMPIRE
’’ L’histoire n’est pas une matière pour les mauviettes,
jeune homme. Non mon cher. C’est une profession pleine de
dangers et d’émotions fortes. Demandez voir aux personnes
qui ont dû un jour expliquer la raison de leurs recherches
aux répurgateurs.
’’
— Professeur Hans Meidecke, université d’Altdorf (décédé)
Chapitre II
L
’histoire de l’Empire est longue de plus de 2 500 ans, mais de larges pans de celle-ci ont été oubliés ou perdus au fil du temps. La guerre, le
feu, les inondations et même les conspirations ont contribué à dissimuler ou à détruire à jamais une grande partie des archives historiques,
qu’elles aient été consignées dans des livres et des parchemins ou conservées par le biais d’artefacts. Les érudits fouillent et effectuent des
recherches pour retrouver la vérité, mais il subsiste d’énormes lacunes et il est fréquent que leurs conclusions soient complètement erronées.
Par ailleurs, il est parfois plus prudent de ne pas exhumer certains secrets, de peur que leur révélation ne cause la panique ou n’engendre le doute
au sein de populations auparavant dociles. Et ceux qui effectuent de telles recherches doivent non seulement craindre les effets que pourraient
produire d’horribles vérités, mais également les individus qui aimeraient mieux ne jamais les voir revenir au grand jour ou se les accaparer pour
les utiliser à leur propre avantage. Au sein de l’Empire, ceux qui désirent étudier l’histoire sont toujours bien inspirés de le faire l’épée à la main.
11
Les érudits s’accordent à dire que Sigmar naquit au sein d’une famille
des clans unberogens du nord, probablement à Reikdorf. C’était une
époque dangereuse, agitée de fréquents conflits contre les Mérogens
et les Teutogens, tout autant que par les menaces continuelles des
peaux-vertes. Les légendes du culte affirment qu’une comète dotée
de deux queues traversa le ciel la nuit de sa naissance, en signe de la
bénédiction des dieux. Le jeune Sigmar grandit pour devenir un
puissant guerrier, même dans sa prime jeunesse, et ses parents et
amis s’émerveillaient devant sa férocité et ses prouesses.
Au cours de son quinzième été, Sigmar se trouvait seul dans les bois
quelque part au sud de Reikdorf (la situation exacte de l’endroit a été
perdue, mais certains pensent que cela se trouvait près de
Kemperbad) lorsqu’il entendit une bande d’orques piétiner
lourdement au travers des broussailles. Ces orques, menés par le chef
de guerre orque noir Vagraz Fend-la-Hure, avaient tendu une
embuscade aux nains d’un convoi de marchandises en provenance
de Karaz-a-Karak et retournaient à leur camp avec leur butin et leurs
prisonniers. Sigmar les arrêta et les massacra jusqu’au dernier dans un
combat épique qui fit résonner les frondaisons de la forêt.
Après le combat, lorsqu’il reprit enfin son souffle, Sigmar apprit qu’il
venait de sauver la vie de Kurgan Barbe de Fer, roi de Karaz-a-Karak,
qui avait été capturé par Vagraz Fend-la-Hure avec plusieurs membres
de sa parentèle. Plein de reconnaissance, le nain récompensa le
guerrier unberogen en lui offrant un étonnant artefact : le marteau de
guerre Ghal Maraz, dont le nom signifie « Briseur de Crânes » en
langue naine. Les deux guerriers devinrent des amis intimes et les
nains combattirent souvent côte à côte avec les humains contre la
marée montante des orques et des gobelins.
L’Empereur Sigmar,
fondateur de l’Empire
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13
réunis en assemblée. « Mon œuvre ici-bas est terminée, dit-il à la foule pratiquement celui d’Ulric, à la grande irritation des membres de ce
stupéfaite. L’Empire est prospère et unifié et, entre vos mains dernier. Une fortune, issue de cadeaux et de rentes, commença à
bienveillantes, il le restera. Il me reste toutefois un travail à accomplir, affluer dans ses coffres, jusqu’à ce que le grand théogoniste finisse
une tâche à terminer, car il me faut ramener Ghal Maraz à son par pouvoir rivaliser en richesse et en puissance avec les Comtes
créateur. » Et sur ces paroles, le premier Empereur posa sa couronne Électeurs et que le culte commence à réclamer à cor et à cri le droit
sur la table, prit un havresac, chargea Ghal Maraz sur son épaule et de détenir un vote électoral.
s’en alla vers un destin ignoré de tous.
Le culte de Sigmar L’Empereur dont le nom est le plus souvent associé à cette
période est Sigismund le Conquérant, qui vécut au VIe siècle. Il
Moins de vingt-cinq ans après la disparition de Sigmar, pendant le soumit le roi des Jutones et annexa le Jutonsryk à la province du
règne de l’Empereur Hénest à Nuln, un moine mendiant du nom de Westerland. En outre, il franchit les Montagnes Grises pour créer la
Johann Helstrum arriva à Altdorf, parlant d’un nouveau dieu : Marche de l’Ouest et envahit les territoires des Principautés
l’Empereur Sigmar lui-même. L’œil brillant d’un sauvage enthou- Frontalières (qui étaient alors une région sauvage et tribale) pour y
siasme, s’exprimant avec toute la force de sa conviction, il prêchait la fonder la province de Lichtenberg et bâtir une série de châteaux afin
parole du Divin Sigmar à qui voulait l’entendre, réussissant même à de protéger le flanc de l’Empire.
susciter des vocations chez certains prêtres d’autres cultes.
Il est toutefois une région qui a réussi à échapper à l’emprise de tous
Ses paroles ne furent pas bien accueillies partout. De nombreux les conquérants et colonisateurs : Laurelorn, le royaume des elfes
membres du clergé des autres dieux rejetèrent Helstrum en le sylvains. Elle a été revendiquée par les Comtes Électeurs du Drakwald,
traitant de malade mental et prétendirent que ses apparitions étaient du Middenland et du Westerland, mais les elfes sylvains n’ont jamais
dues à une consommation abusive de pain moisi. Ce qu’il disait frôlait reconnu aucun suzerain et ont tenu en échec toutes les tentatives de
le blasphème, car il prétendait avoir reçu une vision dans laquelle conquête. Ils remportèrent leur plus spectaculaire victoire en 897 CI,
Ulric en personne posait une couronne sur la tête de Sigmar, le consa- lorsqu’ils écrasèrent l’armée d’un comte du Drakwald dont l’histoire
crait en tant que dieu et faisait de lui le chef de tous les dieux. n’a retenu que le surnom, « le Malchanceux. » Cette défaite fut
Certains voulurent même le faire tuer, mais d’autres se montrèrent tellement retentissante qu’elle fut à l’origine du déclin du Drakwald,
plus tolérants. Le nouveau culte d’Helstrum prêchait l’unité de qui finit par aboutir à sa disparition.
l’Empire et l’obéissance à l’Empereur et aux Comtes Électeurs et,
pour cela, ce modeste culte obtint la permission de bâtir un temple Au Xe siècle, l’Empire avait atteint l’apogée de son expansion et de sa
dans la cité bien-aimée de Sigmar, Altdorf, avec Johann Helstrum réussite. Aucune autre puissance ne pouvait l’égaler et ses dirigeants
comme premier grand théogoniste. commençaient à évoquer la possibilité de gouverner un jour le Vieux
Monde tout entier.Aveuglés par leur orgueil démesuré, ils ne voyaient
Au fil des siècles, le culte allait devenir riche et puissant. Le culte de pas les fissures qui annonçaient la chute de l’édifice tout entier.
Sigmar devint si populaire au Reikland et au Stirland qu’il y supplanta
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LE SECOND MILLÉNAIRE:
ANARCHIE ET EFFONDREMENT
L
e début du nouveau siècle augurait de la décadence qui allait La petite noblesse s’empressa de suivre leur exemple et bientôt
s’emparer de l’Empire. Il serait plus tard considéré comme l’ère des toutes les personnes de qualité avaient des artistes à leur service.
plaisirs sybarites, de la mauvaise gestion et des dissensions
internes. Les comtes du Drakwald étaient parvenus à monter sur le trône Avec le mouvement dit « naturaliste », l’art cessa d’être une représen-
peu de temps auparavant, en se frayant un chemin à force de corruption, tation exacte de l’histoire dans sa réalité. De nombreuses familles
dans le but d’utiliser le pouvoir impérial pour sauvegarder leur position sautèrent sur l’occasion pour faire consigner leur propre histoire
devenue plus en plus précaire. Leur province était tellement affaiblie par dans d’épais volumes. Les légendes abracadabrantes, les récits
leur défaite face aux elfes sylvains et par une série de catastrophes qu’ils guerriers à dormir debout et les portraits d’ancêtres minaudiers et
craignaient de la voir annexée par l’un de leurs voisins. Ils installèrent la affectés devinrent la norme pour ce genre de recueils et donnèrent
capitale impériale à Carroburg et entamèrent un règne si marqué par la naissance à quelques extraordinaires exemples de fanfaronnades
corruption que, de nos jours encore, on continue à qualifier de suffisantes et de rodomontades.
«Drakwalder» une personne cupide et rapace. Sous leur douteuse
administration, l’Empire commença à pourrir de l’intérieur. De même, nombreux furent ceux qui décidèrent de se faire portrai-
turer de façon flatteuse. Ainsi, par exemple, le duc baveux de
Leicheburg, un personnage assez douteux, se fit représenter comme
La puanteur de la décadence un seigneur au physique avantageux, martial, sans l’ombre d’une bosse
et doté d’une quantité d’yeux tout à fait ordinaire. Certains allèrent
même jusqu’à faire peindre des scènes ou tisser des tapisseries
Pendant plus d’un siècle, les uns après les autres, les Empereurs perpé- inspirées d’épisodes fameux de l’histoire impériale, comme la bataille
tuèrent les habitudes de corruption en usage dans la lignée du du col du Feu Noir par exemple, en y faisant rajouter leur visage.
Drakwald, ne pensant qu’à trouver des moyens de s’enrichir et se préoc-
cupant plus de satisfaire leurs sens que de la prospérité de l’Empire. Les Méprisé des gens du peuple, qui considéraient ces pratiques comme
annales incomplètes qui datent de cette époque font des allusions des absurdités, cet épanouissement des arts permit tout de même
scabreuses aux orgies et aux débauches auxquelles se livrait la cour l’apparition de quelques véritables progrès. Le culte de Sigmar fut
impériale, ainsi qu’à d’autres événements plus obscènes encore. l’un des premiers à saisir l’intérêt que pouvaient présenter les livres
enluminés et passa commande de somptueux grimoires, exécutés
Deux événements particulièrement notables eurent lieu au tout début dans le style des annales de la noblesse. Principalement centrées sur
du XIe siècle, sous le règne de l’Empereur Ludwig II Hohenbach, dont la vie de Sigmar, ces œuvres étaient fréquemment traitées comme des
les monnaies étaient frappées au nom de « der Grosse », mais qui resta objets de vénération et certains temples pouvaient consacrer des
dans l’histoire sous le sobriquet de « le Boursouflé ». Ludwig était à la milliers de couronnes à leur élaboration. À l’occasion de l’achè-
fois un glouton fervent et un sybarite débridé, resté tristement célèbre vement de la construction de la cathédrale de Sigmar, à Altdorf, on
pour les tortures et les exécutions qu’il faisait subir aux chefs qui
avaient eu le malheur de l’offenser dans ses préférences culinaires. Il
ordonna un jour à son valet halfling de lui préparer un « repas digne de
sa grandeur. » Le résultat, un festin abondamment imprégné de beurre,
fut un tel succès que Ludwig donna à son valet le titre de Chef Impérial
et qu’en plus de cela, il l’éleva à la dignité de Comte Électeur, taillant
dans les terres fertiles du Stirland et de l’Averland pour créer le Moot
et en faire don aux halflings. Ludwig fut enchanté de ses propres actes,
non seulement parce qu’il avait dégusté un succulent repas, mais
également parce que cela lui avait fourni une occasion de se venger des
souverains de ces deux provinces dont les filles l’avaient éconduit.
Modes et frivolités
Avec l’ascension des Empereurs du Drakwald, les arts connurent un
grand essor sous la protection de l’aristocratie. Dans leur quête de
glorification, les grands seigneurs décadents passèrent commande de
portraits qui les avantageaient beaucoup, d’une abondante littérature
destinée à les flatter servilement et de pompeuses pièces musicales.
15
commanda huit ouvrages de ce type, tous reliés d’or martelé extrait silhouettes en robes déguenillées qui s’étaient rassemblées au vent
des montagnes par les descendants de Kurgan Barbe de Fer lui- de l’assistance. Il s’agissait des porteurs d’encensoirs du clan
même. En 1012, une fois terminés, ces huit volumes furent emmenés Pestilens et leur présence marquait le début de l’assaut final des
en procession dans tout l’Empire, où on les fit défiler en grande skavens contre l’Empire.
pompe, avant de les ramener pour les enfermer dans une chambre
forte profondément enterrée sous la cathédrale. Le vent porta les nombreuses pestes des skavens sur toute l’étendue
des parcs et des jardins du palais. Des centaines de dirigeants de
Les fabricants de couleurs firent d’immenses progrès dans l’élaboration l’Empire moururent cette nuit-là, couverts de pustules qui crevaient
de nouvelles teintes et de fixateurs appropriés. Les encres colorées et de bubons qui leur éclataient sur tout le corps. Tandis qu’il
étaient extrêmement demandées, mais il fallut aussi produire des tissus agonisait, Boris l’Incapable écouta le chef des skavens lui expliquer
aux teintes raffinées et des peintures exceptionnelles. Certaines leur grand projet et lui raconter comment, au cours de cette même
familles d’artisans commencèrent à se spécialiser dans la production nuit, des armées de ses congénères s’étaient répandues dans tout
de pigments d’un prix exorbitant, réservés aux portraits de nobles l’Empire pour provoquer sa chute.
personnages, en expérimentant sur toutes sortes d’ingrédients dans
leur quête du bleu le plus pur ou de l’or le plus étincelant. Ce
commerce hautement lucratif fut de courte durée et atteint son point
culminant en 1023, lorsque la baronne Auerbach d’Hochland dépensa
paraît-il 120 000 couronnes pour une peinture à base de perles
Une rédemption fugace
exactement assortie à la teinte blanc-jaune de ses dents. Cette nuit-là et les suivantes, de nombreuses villes tombèrent sous les
attaques des skavens. Même si elles ne furent pas prises, les dégâts
Ce bref épanouissement artistique ne devait toutefois pas durer. Les furent considérables car des bibliothèques, des temples, des univer-
désastres qui se profilaient à l’horizon étaient sur le point de mettre sités et même des quartiers entiers furent réduits en cendres. Les
un terme à la décadence de la lignée du Drakwald pour de bon. troupes de l’Empire tentèrent bien de résister, mais elles étaient
désorganisées et n’étaient plus que l’ombre d’elles-mêmes. De
grandes cités comme Nuln et Mordheim se transformèrent en îlots de
Des pestilences et des rats résistance, perdus au milieu d’un océan de territoires tombés entre
les mains des skavens. Finalement, tout le monde fut persuadé que la
fin était proche. Derrière leurs murailles, les quelques dirigeants qui
L’année 1053 vit l’accession au trône du dernier et du pire de tous les restaient dans l’Empire étaient certains d’être en train d’assister à la
empereurs du Drakwald, Boris Hohenbach, qui restera connu pour mort du rêve de Sigmar.
l’éternité sous le nom de Boris l’Avide ou Boris l’Incapable.
Entièrement obsédé par l’argent et par les moyens de s’en procurer le Contre toute attente, l’espoir vint du nord. Le Comte Électeur du
plus possible, il laissa les Comtes Électeurs gouverner à leur guise Middenland et de Middenheim, le graf Mandred von Zelt, réussit à
pourvu qu’ils lui offrent les « cadeaux » appropriés. Il inventa de rompre le siège que les skavens avaient établi devant Middenheim et,
nouveaux titres et charges à vendre, de sorte que les Comtes Électeurs rassemblant toutes les forces qu’il put trouver, les combattit jusqu’à
se mirent à rivaliser les uns avec les autres pour obtenir les plus les pousser dans une impasse le long des rives de la Talabec et du
ronflants et les plus grandioses, comme par exemple celui de grand- Reik. Pendant les neuf années suivantes, Mandred rallia les popula-
prince ou de grande-duchesse palatine. Étiez-vous contrarié par une tions de l’Empire et, bataille après bataille, parvint à repousser les
cité franche peu coopérative ? Un rapide pot-de-vin permettait de faire hommes-rats vers leur univers souterrain. Finalement, en 1124 CI, lors
révoquer sa charte par l’Empereur, comme ses habitants le décou- de la bataille d’Averheim, Mandred démantela les armées des skavens
vraient le jour où les soldats de l’aristocrate de la région arrivaient pour qui prirent la fuite, terrorisés. Là, sur le champ de bataille, les
s’emparer de la ville et pendre le burgomeister. D’autres organisations Électeurs restants l’acclamèrent et le proclamèrent Empereur sous le
entrèrent dans la danse et certains cultes commencèrent eux aussi à nom de Mandred I le Tueur de Rats.
vendre des charges ecclésiastiques. L’Empereur lui-même alla jusqu’à
louer les appartements d’un empereur du IXe siècle, Jürgen l’Opulent, Mandred se retrouva confronté à la tâche titanesque de rebâtir
à des roturiers qui désiraient passer la nuit au palais impérial. l’Empire. À cause des diverses pestes répandues par les skavens et de
leurs déprédations, on dit que pour dix âmes il n’en restait à peu près
L’instant du jugement arriva en 1111 CI, lorsque la peste se déclencha que trois vivantes dans l’Empire. De vastes territoires avaient été
dans l’est, dans plusieurs cités en même temps, puis se répandit inexo- dévastés et, pour l’essentiel, étaient retournés à l’état sauvage. À son
rablement dans l’ouest. Les confins est du Talabecland et de l’Ostland, accession au trône, le premier acte de Mandred fut de châtier les
qui devaient plus tard devenir le Kislev, furent vidés de toute vie, même responsables de la stupidité qui avait conduit à ce désastre. Par décret
animale, et durent être abandonnés. Les villes et les cités surpeuplées impérial, il dépouilla la maison Hohenbach de tous ses titres et
furent frappées de plein fouet et, en désespoir de cause, les autorités se honneurs et ordonna la dissolution de la province du Drakwald, dont
mirent à incendier des quartiers entiers au premier signe évoquant une les terres furent intégrées à celles du Middenland et du Nordland. Le
possibilité de peste. Prêts à tout, les patrouilleurs pendaient les Croc Runique du Drakwald, l’épée de son dirigeant, fut mis sous clef
voyageurs soupçonnés de porter la maladie et brûlaient leur corps sur- dans les chambres fortes de la cathédrale d’Ulric, à Middenheim.
le-champ. Les prières que l’on adressait aux dieux restaient sans
réponse et les prêtres mouraient devant leurs autels, tandis que les L’Empereur Mandred régna pendant plus de vingt-cinq années et, au
nobles et les riches citoyens fuyaient les zones urbaines pour se retirer cours de ce règne, acquit la réputation d’être un gouvernant fort et
dans la sécurité relative de leurs domaines campagnards. austère, mais juste. On entama la reconstruction des villes, mais de
nombreux savoirs avaient été perdus sans espoir de retour dans la
L’Empereur lui-même se moquait complètement de la situation. Boris guerre contre les skavens. Mandred se révéla être un Empereur à
se retira dans un palais situé à des kilomètres de Carroburg et poigne et les Comtes Électeurs se conformèrent à ses souhaits en
n’autorisa que ses sujets les plus riches et les plus beaux à le toutes choses. Après quelques années, la population commença à
rejoindre. Là, loin de la peste et des paysans couverts de pustules, ils oublier les horreurs de la guerre de 1115-1124. Mais les skavens, eux,
passèrent le temps en beuveries et en réjouissances, à attendre que n’avaient rien oublié.
l’épidémie finisse par se calmer.
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L’Empereur Heinrich déclara la guerre à Frederik V, « l’Empereur Les invasions venues de l’extérieur jouèrent également leur rôle, avec
ottilien » qui était basé à Talabheim. Pendant ce temps-là, Frederik faisait la destruction du Solland et son annexion par le Wissenland à la suite
la guerre à l’Empereur de Nuln, dont l’histoire n’a pas retenu le nom de l’invasion orque menée par Gorbad Griffe de Fer en 1707.
mais qui semble avoir été l’instrument du grand théogoniste de Toutefois, avant d’accepter ce rattachement, les Électeurs exigèrent la
l’époque. Même les provinces mineures commencèrent à revendiquer séparation de Nuln et du Wissenland.Talabheim connut elle aussi une
leur autonomie : en 1550, l’ouest du Middenland déclara son indépen- courte période d’indépendance, lorsque l’Empereur du Talabecland,
dance par rapport à Middenheim, sous le commandement de la famille Horst le Circonspect, refusa d’attaquer une armée d’envahisseurs en
von Bildhofen qui reçut le Croc Runique du Drakwald en récompense 1750 CI, ce qui incita la cité à se révolter pour couronner son propre
de son soutien à l’Empereur de Nuln. (On n’a jamais eu d’explications empereur, Helmut II. L’effondrement fut complet avec l’élection de la
très claires sur les circonstances qui ont permis à cette épée de dispa- grande comtesse Margraritha de Nuln en 1979, par le truchement
raître des chambres fortes de Middenheim pour réapparaître à Nuln, d’un « parlement croupion » d’électeurs. Personne ne reconnut son
mais on trouve des références à cet événement dans la mythologie du autorité en dehors du Wissenland, du Stirland et de l’Averland et le
culte de Ranald, dans laquelle on l’appelle « la Splendide Supercherie ».) grand théogoniste déclara le poste vacant. Pendant pratiquement les
La Sylvanie obtint son indépendance du Stirland dans les remous qui quatre cents années qui s’ensuivirent, « l’Empire » ne fut plus qu’un
suivirent la terrible Nuit des Morts sans repos, en 1681. Dans le même vague souvenir dans la mémoire du peuple.
LE TROISIÈME MILLÉNAIRE:
UNE RENAISSANCE DANS LE FEU
L
’aube du XXIVe siècle vit poindre une grave menace venue du Griffes, ravageant ses côtes et coulant tous les navires qu’elle rencon-
nord. Les Seigneurs du Chaos avaient prospéré grâce aux sacri- trait. Le tsar envoya des messages à chacun des Comtes Électeurs, les
fices de leurs fidèles et aux excès des années précédentes. La suppliant de venir à son secours, mais leurs réactions furent
main des Puissances de la Ruine recommença à étendre son ombre confuses, frisant la panique. Ils ne purent se mettre d’accord sur le
sur le monde. On vit des aurores boréales se manifester jusqu’à Nuln, choix d’un chef car aucun n’avait suffisamment confiance en les
dans les temples les augures parlaient d’une époque de grands périls autres pour se soumettre à l’autorité d’un dirigeant unique : les
et les éclaireurs kislevites rapportèrent qu’une immense armée d’abo- grands prêtres de Sigmar et d’Ulric se chicanèrent pour savoir qui
minations se rassemblait au-delà de la taïga. L’Incursion du Chaos était devrait prendre le commandement suprême, tandis que de
sur le point de commencer. nombreux aristocrates refusèrent leur aide de peur que leurs voisins
n’attaquent leurs terres en leur absence. Certains mêmes, pensant la
cause perdue, commencèrent ouvertement à vénérer les Dieux
L’Empereur Magnus Sombres dans l’espoir d’être épargnés après la défaite de l’Empire.
17
armée de guerriers qui avaient les mêmes convictions que lui pour se Il officialisa également la réunification de Talabheim et du Talabecland,
porter au secours du Kislev. En 2302 il arriva à Middenheim, où l’Ar- qui était effective depuis des siècles pour des raisons pratiques.
Ulric l’accusa publiquement d’imposture, mais il se produisit un
miracle par lequel Ulric lui donna sa bénédiction et Middenheim se Magnus mourut dans son sommeil en 2369. En l’honneur de ses
rangea à ses côtés. En 2303, la nouvelle de la chute de Praag se répandit grandes entreprises et de sa dévotion à l’Empire et à Sigmar, un
dans le sud jusqu’à Talabheim. La guerre avait atteint son point critique. conclave d’Électeurs lui attribua le nom de « Magnus le Pieux » et
proclama que son jour anniversaire serait dorénavant une journée
À la tête de son armée, maintenant importante, Magnus entra au Kislev d’actions de grâce dans tout l’Empire.
et commença par briser le siège de la cité de Kislev, puis il se porta à
la rencontre de l’ennemi et l’aborda de front lors de la bataille du bois
de Grovod. Le combat fit rage pendant trois jours, jusqu’à ce que les
forces du Chaos perdent pied et prennent la fuite. Se rendant compte
qu’ils avaient frôlé le désastre et voyant la popularité de Magnus
Un intermède
auprès des populations, les grands de l’Empire réalisèrent à quel point Toutefois, l’Empire ne pouvait éternellement échapper à ses propres
le royaume avait besoin d’un Empereur et de préférence d’un homme tendances séditieuses. Les Électeurs rejetèrent la candidature à la
fort. Lorsqu’il arriva à Wolfenburg en 2304, le Conseil Électoral se succession de Gunther, le frère de Magnus, et lui préférèrent Léopold
réunit et désigna officiellement Magnus de Nuln comme Empereur. Unfähiger, Comte Électeur et grand comte du Stirland. Comme cela
s’était déjà produit dans le processus électoral, la nécessité de
négocier et de marchander conduisit les candidats victorieux à céder
L’âge d’or des pouvoirs et des privilèges aux Électeurs, ce qui entraîna un
nouvel affaiblissement de la fonction impériale.
Magnus régna pendant soixante-cinq ans et de nombreuses Ce problème conduisit les empereurs de la lignée Unfähiger à
personnes considèrent son règne comme la période la plus heureuse rechercher de nouvelles sources de revenus pour conserver une
qu’ait traversée l’Empire depuis le règne de Sigmar lui-même. La paix influence sur les autres Électeurs. Cependant, l’Empereur Dieter IV
régna dans tout le royaume et la réunification favorisa les affaires et poussa les choses trop loin lorsque, à ce que l’on dit, il accepta
la prospérité, grâce aux relations commerciales à nouveau floris- d’énormes dessous-de-table de la part des burgomeisters de
santes. Magnus prit des mesures destinées à améliorer les défenses de Marienburg afin d’entériner l’indépendance de leur cité. Le fait qu’une
l’Empire, en levant l’interdiction qui pesait sur la sorcellerie et en province puisse faire sécession avec la connivence de l’Empereur fit un
créant même les collèges de magie sous la tutelle du sorcier haut elfe tel scandale que les Électeurs se réunirent en conseil d’urgence, à la
Téclis, venu au secours de l’Empire pendant la guerre. Une nouvelle Volkshalle d’Altdorf. Là, en 2429, ils déposèrent Dieter et le rempla-
ère de vitalité intellectuelle et de recherches venait de débuter. cèrent par le grand prince Wilhelm de Reikland, ancêtre de l’Empereur
actuel. Afin d’éviter une guerre civile après la défaite de l’armée
Il comprit également à quel point l’équilibre des forces s’était modifié impériale devant Marienburg, le nouvel Empereur Wilhelm III reconnut
entre les cités et les provinces et accorda le statut de cité-état à la ville l’indépendance du Pays Perdu et nomma Dieter grand-duc et Comte
de Nuln, tout en ratifiant la réunification du Middenland et de Électeur du Talabecland, dont il sépara la ville de Talabheim qui reçut
Middenheim sous la bannière des Todbringer, grafs de Middenheim. un statut similaire à celui de Nuln. Peut-être n’étaient-ils motivés que
Ses cousins éloignés, les von Bildhofen du Middenland, avaient été par la peur de ce que leurs divergences avaient failli leur coûter au
tués pendant la guerre, mais Magnus n’avait aucun désir de reven- moment de l’Incursion du Chaos, mais les Électeurs impériaux, leurs
diquer cette province pour lui-même et il priva son frère de ses droits vassaux et les prêtres des cultes s’efforcèrent tous d’empêcher un
à le faire. Le vote électoral qui s’y attachait fut mis en suspens. conflit ouvert de se développer.Toutefois, les manœuvres clandestines
et les conspirations ne cessèrent pas pour autant.
De nos jours
L’Empereur actuel, Karl Franz, est monté sur le trône en 2502 CI, dans
toute la vigueur de sa jeunesse. Gouvernant depuis Altdorf, il a montré
plus d’habileté et de caractère que ses prédécesseurs immédiats et il a
tenu sa promesse d’établir un gouvernement fort. Sous sa férule, les
Électeurs ont dû se mettre au pas et il a habilement su manœuvrer les
cultes de Sigmar et d’Ulric dans leurs tentatives de remporter ses faveurs.
Les experts et les érudits prétendent que Karl Franz est capable de
maintenir l’ordre en forçant les différentes factions à passer des
accords « réciproquement inacceptables par toutes les parties ». Grâce
à sa compréhension supérieure des courants d’influence, l’Empereur
a remporté de nombreuses victoires en accordant aux personnes non
pas ce qu’elles désiraient mais plutôt ce qu’elles ne voulaient pas que
d’autres obtiennent. C’est en utilisant de semblables tactiques qu’il a
réussi à convaincre les guildes d’Altdorf de signer la célèbre
« Convention sur les miasmes » de 2506 (par laquelle elles sont tenues
de verser d’énormes amendes et des frais exorbitants), non pas parce
qu’elles croyaient au concept de la propreté d’Altdorf, mais parce
qu’elles espéraient que cet accord ruinerait leurs rivales.
18
L’invasion d’Archaon
La période de paix fut très courte après l’accession de Karl Franz au
trône et, en 2521, on entendit parler d’une nouvelle menace qui se levait
dans le nord. Sous le commandement de Surtha Lenk, une armée du
Chaos avait envahi le Kislev et s’était enfoncée dans l’Empire. Les forces
du Kislev et de l’Empire subirent plusieurs défaites sanglantes et la ville
de Wolfenburg fut pillée et brutalement saccagée. Les troupes de Lenk
furent finalement vaincues à la bataille de Mazhorod. On crut tout
d’abord que la menace avait été écartée, mais il devint rapidement
évident que l’armée de Surtha Lenk n’était que l’avant-garde d’une force
beaucoup plus importante. Leur véritable ennemi était un Champion du
Chaos du nom d’Archaon, aussi appelé le Seigneur de la Fin des Temps.
Ce dernier avait réuni des armées consacrées à toutes les Puissances de
la Ruine et des légions appartenant à Nurgle, à Tzeentch, à Slaanesh et à
Khorne marchaient sous sa bannière. Les signes et les présages avaient
tous annoncé une attaque inévitable, une offensive bien plus violente
que celle qu’avait dû affronter Magnus le Pieux. Comprenant qu’il lui
faudrait rassembler toutes les forces qu’il pourrait trouver pour vaincre
Archaon, l’Empereur invita les dirigeants de l’Empire et même, en vérité,
tous ceux du Vieux Monde à participer à une grande assemblée à
Altdorf, le Conclave de la Lumière. Nombreux furent ceux qui répon-
dirent à son appel, même les elfes d’Ulthuan, et le puissant Téclis
arpenta à nouveau les rues d’Altdorf. Lors du Conclave, les chefs des
humains, des elfes et des nains se mirent d’accord pour mettre leurs
querelles de côté afin de combattre ensemble la menace du Chaos.
L’état actuel de l’empire l’ouest du Middenland, sur le Talabecland et sur le Stirland, mettant les
cités et le bon vouloir de leurs citoyens à rude épreuve. Il n’a pas non
plus échappé aux dirigeants de certaines provinces méridionales que
L’Empire n’est pas encore sauvé, mais il a gagné un peu de temps. Les cette guerre pouvait leur offrir une excellente occasion de régler
cauchemardesques laquais d’Archaon sont dispersés et il s’est retiré quelques vieux comptes avec leurs cousins du nord.
19
CHRONOLOGIE DE L’EMPIRE
–1500 À –1 : PRÉHISTOIRE des Comtes Électeurs est mise en place et les seigneurs provinciaux
élisent l’Empereur parmi l’un des leurs.
–1500 : fuyant devant des adversaires plus puissants, des tribus 63 : à la suite d’une vision, Wulcan, grand prêtre d’Ulric, entame la
humaines agricoles entrent sur les territoires situés entre les construction d’un temple sur un site de Middenheim. Ce temple
Montagnes du Bord du Monde et les Montagnes Grises. attire un flot continu de pèlerins.
–1000 : arrivée des ancêtres des tribus fondatrices de l’Empire 73 : le culte de Sigmar, dieu tutélaire de l’Empire, se répand et nomme
amenant la technique de fabrication du bronze et la roue. son premier grand prêtre (qui sera plus tard appelé grand théogoniste) :
Johann Helstrum.
–500 : l’humanité se développe dans le Vieux Monde. Une multitude
de seigneurs de guerre, de chefs de tribus et de petits rois v. 100 : l’Empereur Heydrich reçoit les Crocs Runiques de la main
s’affrontent pour fonder leurs royaumes dans le nord du Vieux d’Alaric le Fou et les confie aux Comtes.
Monde. De nombreuses tribus vivent déjà dans les steppes du nord et
sur les franges des Désolations du Chaos. Des colonies plus impor- 100 – 500 : le système électoral se renforce et le culte de Sigmar se
tantes s’établissent le long des rivières et des côtes. Les gobelins, les généralise, ce qui provoque des conflits ouverts avec le grand prêtre
hommes-bêtes et d’autres viles créatures s’attaquent à ces tribus d’Ulric.
dispersées.
113 : achèvement du temple d’Ulric à Middenheim.
–250 : le commerce s’intensifie entre les nains et les tribus humaines
qui vivent sur les territoires qui deviendront l’Empire. Les humains 322 : l’Empereur Hündrod le Forcené tue le dragon Mascar le
font des artisans assez médiocres, qui apprennent relativement Magnifique dans la forêt de la Drakwald.
lentement.
400 – 900 : période dite de « l’Élargissement des frontières ».
–50 : Artur, chef de la tribu Teutogen, découvre le pic du Fauschlag
(qui portera plus tard le nom d’Ulricsberg) et obtient l’assistance 501 : l’armée de l’Empereur Sigismund II écrase celle du roi des
d’un clan de nains pour creuser un tunnel vers le sommet de la Jutones et intègre les territoires de ce dernier à la province du
montagne et y bâtir une puissante forteresse. Westerland.
–30 : naissance de Sigmar, fils du chef de la tribu Unberogen. 555 : pour éviter une sécession complète de la ville de Middenheim,
l’Empire accorde une charte à celle-ci.
–20 : vaincu par les Teutogens, Marius, chef des Jutones, décide de
guider son peuple vers de nouvelles terres. Cependant, une partie de 632 : premiers raids norses sur Marienburg.
celui-ci se refuse à quitter son territoire ancestral, situé sur une partie
de ce qui deviendra plus tard les provinces du Nordland et de 765 : signature d’un traité à Athling de Traktatsey qui met fin aux raids
l’Ostland. Marius conduit les Jutones vers l’ouest et ceux qui restent norses sur la cité de Marienburg alors en pleine expansion.
prennent le nom de Was Jutones. Marius fonde le nouveau royaume
du Jutonsryk et devient son premier souverain. Il entame alors une
campagne de dix années afin de débarrasser les marais du Reik des
démons des brumes. En réponse à l’afflux de Jutones dans les marais,
1000 À 1546: LA NAISSANCE DES NATIONS
Marbad, chef des Endales, qui tentait déjà de faire vivre sa tribu à cet 1000 : naissance des nations du Vieux Monde, point de départ d’une
endroit, fonde la colonie de Marburg sur l’estuaire du Reik. À cet série de guerres continuelles et de la fragmentation de l’Empire. La
endroit, il découvre une antique lame elfe qu’il appelle Ulfshard. peste et les désordres civils interdisent tout projet de colonisation
Celle-ci devient le symbole de son autorité et c’est sur elle qu’il jurera des régions forestières. Des trappeurs et des aventuriers effectuent
plus tard allégeance à Sigmar. de très nombreuses expéditions le long des rivières, jusqu’aux
sources de la Talabec. La culture et l’autorité impériales sont repré-
–15 : une caravane de marchands nains, en provenance de Karaz-a- sentées par des délégations de membres du culte de Taal et Rhya le
Karak, tombe dans une embuscade sur la route des Montagnes Grises. long des principaux fleuves et rivières, souvent installées sur les sites
Le roi Kurgan Barbe de Fer est capturé par les orques et sauvé par d’anciennes colonies elfes ou naines.
Sigmar. Reconnaissant, Kurgan offre à Sigmar le marteau runique Ghal
Maraz. 1010 : les halflings s’établissent au Stirland. Ludwig le Boursouflé
émet une charte impériale établissant les droits des halflings du Moot
–8 : à la mort de son père, Sigmar devient le chef de la tribu Unberogen. et leur accordant une autonomie administrative et un vote impérial.
–1 : bataille du col du Feu Noir. Les armées réunies des humains et 1053 – 1115 : règne de Boris l’Incapable. La corruption est institu-
des nains écrasent une horde de peaux-vertes et remportent la tionnalisée.
victoire qui rend possible la fondation de l’Empire. Peu après, les
artisans nains commencent à voyager partout dans l’Empire, où ils 1102 : Manann est proclamé saint patron de Marienburg.
sont très demandés. Les humains et les nains établissent des accords
commerciaux, ce qui permet aux royaumes nains de retrouver une 1106 – 1110 : les bêtes du Chaos deviennent de plus en plus
certaine prospérité. nombreuses dans la Drakwald. Vilner, héritier du trône du Drakwald,
est assassiné. L’Empereur fait placer le Croc Runique du Drakwald
1 À 1000: LE TEMPS DE SIGMAR dans les chambres fortes du palais en attendant d’avoir désigné un
nouvel héritier.
1 : Sigmar est couronné Empereur par le grand prêtre d’Ulric. Alaric 1109 : les Norses pillent Marienburg. Snorri Main-et-demie s’autopro-
le Fou entame la fabrication des Crocs Runiques. clame Jarl du Vestland. Les comtes de Westerland résistent depuis l’île
de Rijker.
40 : fondation de Talabheim par Talgris, fils de Krugar.
1111 : le clan Pestilens répand la peste noire sur l’Empire. Au cours
50 : après un demi-siècle d’édification et de prospérité dans l’Empire des quatre années suivantes, les populations de l’Empire sont
nouvellement créé, Sigmar part vers l’est et disparaît. L’organisation largement décimées. Des invasions massives de skavens ont lieu dans
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tout l’Empire. En Sylvanie, le nécromancien van Hel lève une gigan- 1681 : la Nuit des Morts sans Repos. L’espace d’une nuit, dans tout le
tesque armée de morts-vivants en utilisant les cadavres des victimes monde connu, les morts s’éveillent et arpentent les terres, semant la
de la peste et repousse les envahisseurs skavens. La plus grande terreur et le trouble parmi les vivants. Des villes et des villages entiers
partie de la population de Middenheim est épargnée grâce à l’isola- sont envahis et anéantis avant la fin de cette nuit d’épouvante.
tionnisme extrêmement rigoureux imposé par le graf Gunthar. Les
Norses abandonnent Marienburg. 1707 : le seigneur de guerre orque Gorbad Griffe de Fer traverse le
col du Feu Noir et envahit l’Empire. Nuln est mise à sac et le Moot
1115 : les skavens mettent systématiquement en esclavage les dévasté. Le Solland est envahie et Eldred, comte de Solland, est tué.
humains survivants des petites communautés de l’Empire. Après cet épisode, le Solland disparaît en tant que territoire
L’Empereur Boris l’Avide meurt de la peste noire. Son règne restera indépendant. Les orques s’emparent du Croc Runique du Solland.
dans les mémoires pour le degré de corruption des officiers Gorbad progresse vers le nord le long du cours supérieur du Reik. Il
impériaux, les impôts exorbitants qu’il leva et l’abandon dans lequel remporte la victoire contre une importante armée impériale menée
il laissa les armées impériales. Aucun successeur n’est élu dans par le comte du Wissenland, à la bataille de Grünberg, un peu au sud
l’anarchie qui s’ensuit. d’Altdorf, mais Gorbad lui-même est blessé au cours de cette bataille.
Altdorf est assiégée. Au cours du siège, l’Empereur Sigismund, dernier
1122 : le comte Mandred Tueur de Rats obtient le soutien des Comtes empereur élu de cette époque, est tué par des vouivres orques, mais
Électeurs et prend la tête d’une croisade contre les skavens. Altdorf tient bon.
1124 : Mandred arrive enfin à repousser les skavens. Il est élu 1812 : les Middenlanders assiègent Middenheim et sont repoussés
Empereur. grâce à l’aide des nains. Les catacombes sont fermées et scellées pour
l’éternité.
1152 : l’Empereur Mandred est assassiné. Les Comtes Électeurs ne
parviennent pas à se mettre d’accord et l’Empire est divisé en 1850 : les Norses reprennent leurs pillages dans la mer des Griffes.
provinces autonomes. La guerre éclate entre le Talabecland et le Marienburg est mise à sac pour la quatrième et dernière fois.
Stirland lorsque deux prétendants rivaux s’affrontent pour le pouvoir
et le trône impérial. 1979 : Marietta de Marienburg est élue Impératrice par ceux des
Comtes Électeurs qui ne revendiquent pas la couronne pour eux-
1153 – 1200 : les villages du Drakwald disparaissent les uns après les mêmes. Le grand théogoniste de Sigmar refuse de reconnaître cette
autres, les terres retournent à l’état sauvage et les communautés sont nomination, ce qui sonne le glas du système impérial. Depuis ce
envahies par les bêtes du Chaos et les gobelins. moment jusqu’au début du règne de Magnus le Pieux, il n’y aura plus
d’empereurs et les territoires seront de plus en plus divisés. Tandis
1359 : le grand-duc du Stirland est élu Empereur à Nuln. que les cités s’en remettent de plus en plus à leur propre adminis-
tration, les burgomeisters issus de la classe des marchands
1360 : la grande-duchesse Ottilia du Talabecland s’autoproclame deviennent de plus en plus influents.
Impératrice. Une divergence d’opinion entre le graf Heinrich et le grand
prêtre d’Ulric conduit ce dernier à s’installer à Talabheim pour soutenir 1999 : la cité de Mordheim est détruite par une comète à deux queues.
Ottilia. Sans défense, Marienburg est mise à sac pour la troisième fois.Au
cours des quelques centaines d’années suivantes, il y aura deux
empereurs : l’Empereur élu et le comte régnant du Talabecland. 2000 À 2501: LE NOUVEAU MILLÉNAIRE
1366 : des mercenaires tiléens s’engagent dans tous les camps qui 2000 : des explorateurs du Vieux Monde, partis vers l’ouest, se voient
s’affrontent lors des guerres civiles qui ravagent l’Empire. refuser l’accès à Ulthuan par les elfes.
1414 : le Nordland et le Middenland signent un traité et se partagent 2010 : début des guerres des Comtes Vampires avec la dévastation de
les terres contestées du Drakwald, mettant ainsi fin à la querelle qui l’Ostermark par Vlad von Carstein, le premier des tristement célèbres
les opposait au sujet du décret de Mandred. Comtes Vampires de Sylvanie. Des armées de morts-vivants saccagent
tout sur leur passage entre le Stirland et la frontière du nord.
v. 1450 : début des croisades contre l’Arabie.
2025 : Vlad von Carstein est abattu par Kruger, grand maître de
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GOUVERNEMENT
ETAFFAIRES
ÉTRANGÈRES
’’ Tirons notre force de notre diversité.
’’
— Empereur Sigmar
Chapitre III
D
ans l’imagerie populaire, la représentation la plus répandue de l’Empire est celle d’un puissant État unitaire, gouverné par un empereur
plein de sagesse, assisté de ses loyaux Comtes Électeurs et des prêtres les plus importants des différents cultes, tous travaillant de
concert pour le bien de l’Empire et de ses peuples. Comme toute propagande en général, cette image n’a pas grand-chose à voir avec
la réalité.
ADMINISTRER UN EMPIRE
Au fond, l’Empire est une confédération de provinces dont les posséder une si forte personnalité qu’il parvient à persuader un bon
habitants descendent pour la plupart des anciennes tribus qui nombre de ses pairs de le suivre. Depuis l’Empereur Karl Franz s’est
s’allièrent avec Sigmar lors de la bataille du col du Feu Noir. Sigmar révélé être un tel personnage, par chance avant l’invasion d’Archaon.
eut la clairvoyance de reconnaître que l’Empire était trop grand pour
être gouverné par un seul homme. Il donna le titre de comtes aux
chefs des tribus, chacun étant responsable de la gestion de son
propre territoire mais subordonné à l’Empereur dans les questions
relatives à l’Empire dans son ensemble. Leur indépendance était
L’Empereur
supposée contrebalancer le pouvoir de l’Empereur s’il se révélait En théorie, l’Empereur est le chef suprême de l’Empire, avec la
trop tyrannique, tandis que leurs ambitions étaient censées s’équi- capacité d’édicter des lois selon son bon plaisir, de lever des impôts
librer les unes avec les autres. et de dépenser les recettes impériales comme il l’entend, de déclarer
la guerre et de faire la paix. Le culte de Sigmar va jusqu’à affirmer
Cependant, le fait que Sigmar n’ait pas eu d’héritier et l’invention du qu’il gouverne « en lieu et place du Divin Sigmar », bien que peu
système électoral devaient se révéler de sérieuses sources de d’adeptes y croient vraiment, en dehors des véritables fanatiques. En
déboires. Les conseils électoraux successifs imposèrent leurs vérité, il existe plusieurs moyens de contrôle et de modération des
exigences aux différents candidats au trône qui, pour parvenir à pouvoirs de l’Empereur.
remporter la victoire, leur accordèrent souvent des privilèges, en
affaiblissant du même coup la fonction impériale. Les intérêts des Le Conseil d’État
Électeurs étaient tels qu’ils ne se rallièrent que très rarement autour
d’un candidat fort, de peur qu’un empereur trop entreprenant ne Les exigences quotidiennes du gouvernement sont trop importantes
rogne leur indépendance. Même lorsque le trône se transmet par pour qu’un seul homme ou une seule femme puisse en suivre le fil.
héritage, les Électeurs sont prompts à rappeler à l’Empereur élu les Chaque jour, l’Empereur doit consacrer son attention à des dizaines
promesses faites par ses ancêtres et à les lui faire renouveler. Bien que de questions, depuis la politique à appliquer à l’impôt sur les céréales
l’Empire ait produit des empereurs à poigne lorsque le besoin s’en jusqu’à l’ultime appel d’un prisonnier condamné pour trahison, en
faisait sentir, tout au moins jusqu’à maintenant, on a vu trop passant par l’ouverture officielle de la grande foire d’Altdorf. Afin de
fréquemment le trône occupé par de « sympathiques minables » et les parvenir à établir un ordre de priorité dans cet embrouillamini et de
Électeurs ont trop souvent été libres d’en faire à leur guise, parfois au s’assurer que seuls les individus dont les affaires sont vraiment
point d’aller jusqu’à ignorer les édits impériaux qui leur paraissaient cruciales obtiendront une audience avec l’Empereur lui-même, les
incommodants. empereurs successifs se sont entourés de conseillers choisis parmi
les membres des familles les plus éminentes afin qu’ils les assistent
Cependant, il arrive parfois que le système s’enraye et un empereur sur les questions légales, financières, diplomatiques et militaires,
capable accède au pouvoir alors qu’il n’existe aucune urgence entre autres. Au fil du temps, cet aréopage de conseillers s’est trans-
nationale. Un nouveau souverain peut se révéler doté de plus de formé en une assemblée officielle, le Conseil d’État, dont le grand
finesse politique et d’ambition qu’il n’y paraissait de prime abord ou théogoniste en exercice fait presque toujours partie.
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Chacun des membres du Conseil contrôle une imposante bureaucratie qui l’aide à administrer les affaires de l’État. Il est peu probable que
les joueurs rencontrent un jour ces personnes, mais ils peuvent tout à fait leur arriver de côtoyer leurs serviteurs, agents ou officiers. Des
personnages joueurs issus d’une bonne famille ou ayant des relations pourraient être au courant des rumeurs suivantes :
• On dit qu’Esmer est souffrant; il n’est certes pas aidé par les récents remous intervenus dans le culte (cf. page 38 pour plus de détails à ce sujet.)
• Tout le monde sait que Balthasar Gelt porte un masque d’or à la suite d’un atroce accident alchimique survenu au tout début de sa carrière,
alors qu’il n’était encore qu’un apprenti. Les gens commencent à murmurer que le patriarche dissimule peut-être quelque chose de pire
que des cicatrices derrière son masque.
• Von Walfen, qui est cousin de l’Empereur, dirige un réseau d’espionnage clandestin, distinct de ceux de la Reiksguard et des répurgateurs
et qui ne rend de comptes qu’à l’Empereur. Il s’attache à dépister les conspirations et menaces diverses venant des Électeurs ou de
personnes semblables. Ceci lui a valu le surnom peu flatteur de Pince-sorciers.
• On dit qu’Amadéus Mencken supervise tout ce qui concerne la politique étrangère ; et ce n’est pas une mince affaire en ces temps
troublés. À ce qu’on dit, ce qui l’inquiète le plus en ce moment, c’est la liaison entre le Comte Électeur Valmir von Raukov et la ravissante
ambassadrice kislevite surnommée la Princesse des Neiges.
• On a appris que Kurt Hellborg était épuisé après la Tempête du Chaos. Les efforts démesurés qu’il a dû fournir pour coordonner la défense
contre les hordes d’Archaon lui ont fait prendre un terrible coup de vieux.
• Les Stimmeswald sont tellement pingres que l’on raconte que leur lignée est le produit d’une liaison illicite entre une femme de chambre
de l’Ostland et Boris l’Avide lui-même.
• Il paraît qu’Agatha von Böhrn représente toute l’autorité du culte de Verena dans les matières de législation. D’après certains, le miroi-
tement de l’or peut déclencher une « inspiration divine » chez la prêtresse, particulièrement lorsque le cas se présente mal.
• S’il faut en croire certains, le Chambellan Damstadt s’est mis à boire, désespéré par la désintégration de la fortune personnelle de
l’Empereur. Il est vrai que de nombreux tableaux et meubles précieux ont disparu du palais impérial. Ont-ils été temporairement enlevés
pour « être nettoyés » ou ont-ils atterri chez un prêteur sur gage ? Qui peut le dire ?
Les Électeurs
Ostermark Wolfram Hertwig
Ostland Valmir von Raukov
Reikland Empereur Karl Franz
Stirland Alberich Haupt-Anderssen Les dirigeants des grandes provinces, les Comtes Électeurs, sont en
Talabecland Halmut Feuerbach * théorie les loyaux conseillers de l’Empereur et travaillent à assurer le
Wissenland Emmanuelle von Liebwitz maintien de la justice et de la paix sur leurs territoires. Ce sont
Grand théogoniste Esmer III également les seuls individus de l’Empire habilités à choisir un nouvel
Empereur ou à destituer l’Empereur en exercice, un devoir qu’ils
Archilecteur Kasmir XI assument avec pondération et un grand sens des responsabilités.
Archilecteur Thorgad IV
Ar-Ulric Valgeir Enfin, parfois.
* Halmut Feuerbach n’est toujours pas revenu depuis la Tempête Le plus souvent, les Électeurs se conduisent comme une bande de
du Chaos et on craint sa mort. Pendant que certains prient pour perturbateurs, qui conspirent les uns contre les autres tout autant
son retour prochain, d’autres complotent et essayent de s’appro- qu’ils s’entraident. Les guerres entre grandes provinces n’ont pas été
prier son siège vacant à coups de manœuvres politiques, de rares dans l’histoire de l’Empire, alimentées par des motifs religieux,
tentatives d’usurpation ou même de corruption pure et simple. des questions d’orgueil ou le désir de se venger, et parfois les trois à la
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De nombreux érudits ont tenté de démêler les tortueux méandres de la politique impériale. Il en est peu qui peuvent se
vanter d’avoir réussi à y comprendre quelque chose.
fois. Lorsqu’ils ne complotent pas les uns contre les autres, ils Pour rendre les choses un peu plus complexes, la croissance de
s’emploient à faire en sorte que l’Empereur ne devienne pas trop certaines villes et des cités, et l’augmentation de leur puissance
puissant. L’une des conséquences de cela fut la mise en place, à la fin commerciale, a permis à celles-ci d’obtenir des droits et des statuts
du XIe siècle, des Ambassades électorales et de la Chambre des Primats. privilégiés qui les libèrent de la plupart de leurs obligations féodales en
Les dirigeants de chacune des principales provinces établirent des récompense des faveurs qu’elles ont accordées au niveau supérieur de
représentations dans la capitale, des ambassades dirigées par un loyal la hiérarchie. Ainsi, en 1066, la ville de Kemperbad a obtenu de
membre de la famille. Cette personne siège alors en conseil, avec les l’Empereur Boris l’Incapable une charte annulant ses obligations
autres envoyés, à la Chambre des Primats qui fonctionne à la façon envers le Reikland, ceci en récompense d’une cargaison de vins rares
d’une commission d’évaluation. Les ambassadeurs examinent tout qu’elle lui avait envoyée. Les nobles détestent ce genre de choses, qui
nouveau décret impérial ou toute nouvelle loi et envoient des se traduisent souvent pour eux par des pertes de revenus et une
rapports à leurs Électeurs. Comme ces derniers ont le pouvoir de diminution de leur prestige, et ils s’efforcent souvent de saper les privi-
rejeter les décisions impériales qui ne leur conviennent pas, il est lèges d’une ville détentrice d’une telle charte. C’est ainsi que, l’année
important pour les empereurs d’obtenir l’approbation de la Chambre de l’accession de Karl Franz au trône, lorsque Streissen connut des
des Primats s’ils veulent espérer accomplir quoi que ce soit. émeutes causées par le manque de pain, la Comtesse Électrice de
l’époque, Ludmilla d’Averland, exigea l’abandon de la charte de la ville
Les provinces mineures avant de consentir à y envoyer des troupes.
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ses Électeurs. Beaucoup ont essayé depuis de persuader les sorciers préoccupations actuelles de l’Empereur, prévoit d’annoncer bientôt
des Collèges de venir s’installer à leur cour, mais sans grand succès. la création d’un nouveau Collège aux environs de Château Schloss.
Toutefois, selon une rumeur, trois puissants magisters du Feu auraient On ne peut qu’imaginer la réaction de l’Empereur et se demander si
accepté l’offre de l’Électeur du Talabecland et celui-ci, profitant des les répurgateurs s’y opposeront ou non.
La Bretonnie La Tilée
Loin des préoccupations immédiates de la guerre et comme à leur
Les relations n’ont pas toujours été harmonieuses entre l’Empire et la habitude, les cités-états tiléennes continuent allégrement à se
Bretonnie. Au temps de Sigmar, les tribus britonnes refusèrent de se quereller, à batailler et à commercer, quand elles n’en font pas autant
joindre à la coalition du Heldenhammer. Tandis que l’Empire était contre et avec l’Estalie et l’Arabie. Malgré le fait qu’il y a très
fondé une année seulement après la bataille du col du Feu Noir, il longtemps, sous le règne de Gunthar II le Fidèle, l’Empire gouvernait
s’écoula 980 ans avant que Gilles le Breton unisse les tribus britonnes presque tout le nord de la Tilée, les contacts entre les deux royaumes
pour fonder une nation. L’Empire étant une nation plus ancienne de sont maintenant essentiellement limités aux affaires traitées par
presque un millénaire, ses gouvernants ont souvent traité la l’entremise de leurs revendeurs de Marienburg. Toutefois, quelques
Bretonnie avec une certaine arrogance et cette attitude n’a guère été maisons marchandes tiléennes, surtout originaires de Miragliano et
très appréciée des nobles descendants de Gilles le Breton. Au de Rémas, ont mis à profit la récente découverte de la Bruissante, qui
moment de la grande guerre contre le Chaos, les Bretonniens relie le nord de la Tilée au Wissenland, pour installer des comptoirs à
refusèrent leur assistance à Magnus le Pieux et laissèrent les hommes Nuln, Pfeildorf et quelques villes du sud de l’Empire. Ils espèrent que
de l’Empire et du Kislev repousser seuls l’Incursion du Chaos. cette route sera suffisamment sûre pour leur permettre de se passer
de Marienburg et, ainsi, diminuer leurs frais de transport.
Lorsque l’Empereur Karl Franz lança l’appel du Conclave de la
Lumière, de nombreux nobles impériaux s’attendaient à ce que la Avec la guerre, l’influence des Tiléens a pris son essor dans les affaires
Bretonnie l’ignore, comme par le passé. Cependant, le roi Louen militaires. Les mercenaires tiléens, particulièrement les arbalétriers et
Cœur de Lion comprit la menace que représentait Archaon pour le les piquiers, ont toujours été très présents dans l’Empire. Mais, de
Vieux Monde dans son ensemble. Si le Kislev et l’Empire tombaient, plus en plus fréquemment, les aristocrates du sud et de l’ouest de
il savait que cela ne serait qu’une question de temps avant que la l’Empire engagent des prêtres et des prêtresses de Myrmidia à des
Bretonnie se trouve assaillie à son tour. Pour éviter de connaître ce postes de responsabilité, soit comme conseillers, soit même comme
sort, il déclara la Guerre Sainte et réunit ses chevaliers, écuyers et commandants de leurs troupes en campagne. Affaibli par son combat
hommes d’armes. Le roi Cœur de Lion entra dans l’Empire avec son contre Archaon, le culte d’Ulric observe cette mise en cause de son
armée et engagea le sang et l’acier des Bretonniens dans la lutte influence d’un œil désapprobateur.
destinée à endiguer la marée du Chaos. Karl Franz n’a pas oublié la
main tendue dont il avait si grand besoin et les relations entre les
deux nations n’ont jamais été meilleures.
Les autres pays
Le Kislev Très loin, sur l’autre rive de la tempétueuse mer des Griffes, de petits
royaumes norses, en général amis de l’Empire, s’accrochent aux côtes
et essayent de résister aux barbares et aux maraudeurs assujettis au
Le Kislev a énormément souffert pendant la guerre, avec la Chaos qui vivent dans l’intérieur des terres. Depuis l’invasion
destruction d’Erengrad et de la plus grande partie des territoires qui d’Archaon, personne ou presque n’en a reçu de nouvelles et l’Empire
séparent cette ville de l’Empire. Néanmoins, les Kislevites n’ont pas n’a ni le temps ni les troupes qu’il faudrait pour leur envoyer de l’aide
oublié leurs anciennes alliances avec l’Empire et comment Magnus ou même pour aller voir ce qui s’y passe.
était autrefois venu à leur secours. Par conséquent, la tsarine a
dépêché Alexei Makarev, le jeune boyard d’Erengrad, se joindre à la Au sud et au sud-ouest de l’Empire, les Principautés Frontalières sont
résistance du Middenland et de l’Ostland avec son armée.Touché par depuis toujours une épine dans le flanc de l’Empire et en même temps
la loyauté des Kislevites, l’Empereur Karl Franz a juré de faire tout son une soupape de sécurité pour tous ses mécontents. Ils ont été
possible pour leur venir en aide. largement épargnés par les perturbations consécutives à l’assaut
d’Archaon, mais les princes et les petits seigneurs de cette région
Mais tous les citoyens de l’Empire ne sont pas bien disposés envers doivent tout de même faire face à des expéditions d’orques et de
ce pays. Le Comte Électeur du Talabecland n’a pas oublié les gobelins plus fréquentes, certaines menées par des troupes impor-
anciennes prétentions de sa province à gouverner une large portion tantes qui essaient de s’introduire dans l’Empire. Si les peaux-vertes
du Kislev.Alors que la menace d’Archaon semble s’éloigner et que ses causent suffisamment de désordres dans l’Empire, les dirigeants locaux
rivaux de l’Ostland se trouvent sérieusement affaiblis, on murmure craignent que les Comtes Électeurs des grandes provinces du sud ne
dans les corridors du pouvoir qu’il se prépare à renouveler ses reven- décident que le temps est venu d’annexer à nouveau leurs territoires
dications dans un futur proche, par la force si nécessaire.
Malgré les grands discours occasionnels que l’on peut entendre au sein
Les échanges commerciaux entre l’Empire et le Kislev empruntaient de l’Empire et du culte de Sigmar, dans lesquels il est question de
essentiellement la rivière Talabec et ils ont terriblement diminué « reconquérir les provinces perdues », Marienburg conserve des relations
depuis le début de la guerre. Cela a déclenché la pénurie de certaines aussi bonnes que discrètes avec l’Empire. Le fait de partager une culture
marchandises de première nécessité et la hausse des prix, y compris et une histoire communes aide beaucoup, tout comme les rembourse-
de celui de la vodka si appréciée des classes moyennes et ments des dettes contractées par plusieurs Électeurs, des membres de
supérieures. Plus grave encore, des réfugiés se sont enfuis vers l’ouest la noblesse ou par des cités franches. Marienburg compte sur l’Empire
le long de la rivière et s’entassent maintenant dans des taudis qu’ils pour faire obstacle aux ambitions des Bretonniens. De ce fait, l’affaiblis-
ont construits dans les villes de l’est du Talabecland et à Talabheim. sement actuel de l’Empire est un sujet d’inquiétude pour le Directorat.
26
LOI, JUSTICE
ET CRIMINELS
’’ Patrouilleurs et bandits, nobles et voleurs. Bah ! Où est
la différence ? Quequ’soit la corde, elle vous pendra tout
’’ ’’
aussi tôt !
— Un paysan du Middenland
Chapitre IV
’’
— Un cambrioleur d’Altdorf
L
’Empire reste une contrée prospère, même après la Tempête du Chaos, et la fortune coule le long de ses rivières et de ses routes comme
si elle constituait son fluide vital. Les richesses se déposent en sédiments dans les villages et les villes, grandes et petites. Elles se dissi-
mulent dans le plancher de la masure d’une lavandière, dans le coffre-fort du manoir d’un avare ou dans les caisses scellées entreposées
dans la soute d’un bateau de commerce. La fortune peut prendre bien des aspects : pièces de monnaie, bijoux, fourrures, liqueurs rares en
provenance des recoins les plus éloignés du monde ou même artefacts magiques auxquels il aurait bien mieux valu ne pas toucher. Et partout
où s’accumulent des richesses, il y a ceux qui veulent se les approprier, sans se soucier de ce qu’en pensera leur légitime propriétaire.
Mais la criminalité n’est pas uniquement liée à l’or et aux biens : un assassin ne se soucie pas des bagues de la comtesse qu’il est chargé
d’égorger. L’adepte d’un culte n’estime pas un livre interdit à la somme d’argent qu’il représente, il est avide d’acquérir le savoir qu’il contient.
Une fois cette connaissance acquise, le livre devient inutile. Et tout l’or et les joyaux du monde ne peuvent sauver un sorcier renégat lorsque
les répurgateurs lui mettent la main dessus.
Ce chapitre traite du crime et de la façon de le punir dans l’Empire, examine les organisations et les individus qui s’efforcent de protéger les
citoyens et se termine avec les règles à appliquer pour mener un procès.
CRIMES ET CRIMINELS
L
a criminalité prend toutes sortes de formes dans l’Empire. Les Les escrocs sont légion. Certains se présentent sous l’aspect d’hon-
délits les plus fréquents sont ceux qui se commettent à nêtes hommes d’affaires vendant des objets exceptionnels ou des
l’encontre de la propriété d’autrui. Dans les villes et les cités de panacées miraculeuses, tandis que d’autres se travestissent en
l’Empire, les cambriolages ordinaires sont si fréquents qu’il existe des personnages religieux ou en envoyés officiels du gouvernement pour
spécialités : les « pêcheurs » utilisent des perches équipées de gruger les esprits trop confiants. L’année dernière à Grisenwald, un
crochets pour extraire les objets précieux de pièces dont la fenêtre homme en livrée impériale est entré au pas de charge dans l’hôtel de
est restée ouverte, tandis que les « taupes » se font passer pour de ville et a exigé qu’on lui remette le contenu des caisses de la ville
fidèles serviteurs alors qu’elles sont en reconnaissance dans une « pour financer les armées de l’Empereur qui se trouvent dans une
résidence ou dans un commerce. La taupe est généralement une situation critique. » Les burgomeisters l’ont cru, lui ont donné
jeune femme. Après quelques mois, celle-ci donne sa démission et va l’argent, puis il a quitté la ville d’un pas énergique et on n’en a plus
remettre à ses complices les plans et les repères qui leur permettront jamais entendu parler. À ce jour, l’homme, que l’on ne connaît que
de savoir où se trouve le butin, dans quelles pièces dorment les sous le nom de « capitaine Franz », n’a toujours pas été pris en dépit
habitants de la maison visée et ainsi de suite. En moins d’une de l’énorme récompense offerte pour sa capture.
semaine, ses compères frappent et la cible est nettoyée.
La criminalité ne se limite pas non plus aux villes. Les détrousseurs,
Les attaques à main armée et les extorsions sont également très les naufrageurs et les pirates représentent un danger sur presque
fréquentes, ce qui incite ceux qui peuvent se le permettre à engager toutes les voies de navigation de l’Empire, où ils volent des
des gardes du corps. Pour ceux qui n’en ont pas les moyens, se cargaisons, des bateaux et enlèvent même des personnes. Dans
déplacer dans les rues ou tenir un petit commerce peut se révéler un l’ouest, l’une des bandes les plus connues est celle des pirates qui
véritable cauchemar : la jolie femme qui vous bouscule par inadver- infestent les eaux entre Carroburg et le Pays Perdu, malgré tous les
tance peut tout aussi bien l’avoir fait dans l’intention de vous distraire efforts des patrouilleurs fluviaux du comte von Walfen.
afin de vous empêcher de remarquer la lame qui vient de couper les
cordons de votre bourse ; et ces « messieurs » en vêtements sombres, Même en temps de paix, les routes peuvent se révéler dangereuses
à la carrure impressionnante, qui viennent de pénétrer dans votre car des bandits de grands chemins s’attaquent aux voyageurs
boutique ne sont peut-être pas là pour acheter vos produits mais malchanceux tandis que des bandes de malandrins prennent d’assaut
plutôt pour vous informer des gros risques d’incendie que vous les péages, les fermes ou les auberges isolés pour les mettre à sac.
courez et vous expliquer comment vous pouvez les éviter grâce au Maintenant que la guerre est passée par là, les nombreuses troupes
versement de coquettes sommes en liquide. de réfugiés sont la cible des individus les moins scrupuleux qui font
27
leur proie de ces pauvres gens prêts à tout pour survivre. On a même
entendu parler de parents ayant vendu leurs enfants à des organisa-
teurs de combats de gladiateurs ou comme « serviteurs », dans l’espoir
Les magistrats itinérants
qu’ils pourraient au moins avoir un abri et un peu de nourriture. Dans Il arrive parfois qu’un avocat qui tire le diable par la queue ne
la débâcle de l’Ostland et du Hochland, des bandes de criminels ont parvienne pas à se faire un nom dans une grande ville. La vie du
pris possession de tout ce sur quoi ils ont pu mettre la main, offrant barreau est souvent cruelle. La compétition est féroce entre les
une « protection » à ceux qui n’ont pas réussi à s’enfuir, en échange de hommes de loi, étant donné les privilèges et les honoraires élevés
leur obéissance et de leur argent. Le comte von Raukov s’est bien juré auxquels peuvent prétendre les meilleurs d’entre eux. Malheur à
de nettoyer ses terres, mais la situation actuelle est trop incertaine celui qui ne peut suivre le rythme, ou pire encore, à celui qui a déplu
pour qu’il puisse entreprendre quoi que ce soit pour le moment. à sa guilde juridique locale. Pour ceux qui n’ont pu suivre le droit
chemin, il n’y a guère d’autre choix que de solliciter une licence de
Cependant, tous les malfaiteurs ne travaillent pas au grand jour. magistrat itinérant auprès de son tribunal local.
Certains font fortune en fournissant des services, tels que le moyen
d’écouler commodément les marchandises volées. Ces receleurs La besogne qui consiste à arpenter les terres pour tenir des assises
acquièrent les objets pour une fraction de leur valeur (un peu plus dans les villages et conseiller les patrouilleurs est tellement peu
cher si le risque est minime, moins si l’objet est particulièrement appréciée que ceux qui désirent le faire de leur plein gré ne sont pas
sensible) puis les revendent avec un bon bénéfice à l’un de leurs bien nombreux. D’indescriptibles horreurs hantent les routes de nos
clients ou même à un autre receleur. Toutefois, les lois impériales ne jours, particulièrement depuis la Tempête du Chaos. Alors que les
font pas beaucoup de différence entre celui qui vole et celui qui gens du commun regardent ces juges itinérants avec une révérence
revend le fruit du larcin, par conséquent les receleurs sont généra- proche du sentiment religieux, nombreux sont leurs collègues qui les
lement des gens très prudents. considèrent avec mépris.
’’ ITINÉRANT
17 Sigmarzeit, 2521
’’
La lame était bien aiguisée, un seul coup pour chacun. « au-dessus des lois. » Par tradition, les magistrats rendent leurs
28
jugements assis sur un énorme livre et ne peuvent poser le pied à de cela, leurs honoraires sont essentiellement basés sur le nombre et
terre de peur de souiller le jugement. En général, ils portent une l’importance des procès qu’ils organisent dans l’année. Ces avocats
coiffe ornementée à l’enseigne de leur profession. Parmi les paysans ratés rêvent généralement de procès étranges, dramatiques ou de très
illettrés, ils ont pu constater que c’était là le meilleur moyen de faire grande envergure, avec un jury considérable. Les personnages joueurs
leur publicité. qui rencontreraient un magistrat itinérant peuvent tout aussi bien se
voir invités à dîner et à converser de façon « civilisée » que se trouver
Les magistrats peuvent réclamer à être nourris dans tous les endroits enrôlés dans un jury en bonne et due forme.
où ils tiennent leurs procès ou proclament leurs jugements. En dehors
LA LOI
A
u sein de l’Empire, l’interprétation de la loi est un art ésotérique
et compliqué. On dit qu’en difficulté, la maîtrise des matières
légales vient juste après l’étude de la magie.Au temps de Sigmar, QUELQUES LOIS IMPÉRIALES ÉTRANGES
la loi était un assemblage assez simpliste de coutumes tribales et du
droit du plus fort. Au fur et à mesure du développement de l’Empire, Au cours de leurs quelque deux mille cinq cents ans d’existence,
les premiers éléments du droit de la propriété ont commencé à l’Empire et ses provinces ont accumulé des centaines de lois qui
prendre forme, pour protéger les droits des seigneurs féodaux et non paraissent aujourd’hui surannées, contradictoires, bizarres et tout
ceux des gens du peuple. Mais c’est seulement récemment, avec simplement exaspérantes. Vous en trouverez un petit assortiment
l’ascension de la classe moyenne, que la loi s’est écartée de cette ici, que les MJ pourront utiliser dans leurs aventures, ne serait-ce que
tradition et qu’elle est devenue une affaire de droit public. pour mettre les joueurs dans l’ambiance de ce que peut-être la vie
dans l’Empire.
En règle générale, lorsque quelqu’un commet un crime, deux
systèmes légaux au moins peuvent entrer en concurrence ou en • « Aucun halfling ne pourra aller et venir à son gré à Larswald, à
conflit. La législation bien ordonnée des cités franches et des villes se moins d’être accompagné de son maître ou d’être vêtu de la livrée
heurte à la justice expéditive des patrouilleurs. Les circonvolutions de sa maison. » Promulgué en 2111 à Averheim, après une vague
des ordonnances religieuses rivalisent avec les règlements des de cambriolages dans le quartier de Larswald, alors habité par de
guildes. La parole d’un aristocrate équivaut souvent à une sentence riches citoyens.
de mort, tandis que les lois orales des guildes de voleurs exercent leur
influence invisible sur les criminels comme sur leurs victimes. Le • « Tous les chevaux devront avoir le postérieur couvert d’une toile
résultat finit par constituer un inextricable labyrinthe de juridictions lorsqu’ils se déplaceront sur la voie publique. » Un décret édicté à
contradictoires dans lequel une affaire peut rester enlisée pendant Middenheim, au XXIVe siècle, après que le graf eut mis une fois de
des semaines, voire des mois ou même des années. Compte tenu de trop le pied au mauvais endroit. Cette loi ne fut jamais mise en
la complexité de la loi et de ses procédures, le vieux dicton application après une grève des charretiers et des cochers que les
reiklander sonne assez vrai : « Je garde mes ennemis à l’œil et mon chevaliers Panthères refusèrent de réprimer.
avocat plus encore. »
• « Les navires amarrés au quai de l’Impératrice Annette seront tenus
de verser deux pistoles par pied de longueur et par jour de séjour »,
La législation impériale et, par ailleurs, « tous les navires doivent s’amarrer au quai de
l’Impératrice Annette, sauf si cela leur est impossible faute de
place. » Édicté à Altdorf en 2398, en faveur du partenaire
En théorie, l’Empereur a la capacité de mettre en place toutes les lois commercial de l’un des fonctionnaires de la cour qui possédait
et tous les règlements qu’il désire et de les appliquer à l’Empire tout des entrepôts dans ce quartier et avait engagé un collecteur
entier. La vérité est plus nuancée, car les lois doivent être examinées d’impôts halfling. Ce quartier est devenu depuis un secteur
par la Chambre des Primats, qui font leurs rapports aux Électeurs. dangereux où l’activité a considérablement diminué.
Lorsque l’Empereur se montre faible, un compte rendu défavorable
est souvent l’excuse qu’espère un Électeur pour ne pas appliquer la • « Toute personne désireuse de pénétrer dans la ville ne pourra
loi en toute discrétion, ou même pour l’ignorer carrément. Dans de porter d’arme dont la longueur excède celle d’une épée courte.
semblables cas, si l’Empereur est déterminé à faire respecter sa loi, il Dans le cas contraire, l’individu incriminé sera considéré comme un
peut exercer des pressions diplomatiques ou même publiques sur fauteur de troubles résolu à conspirer contre l’ordre public. » Une
l’Électeur récalcitrant pour le faire revenir dans le rang. Dans la loi de Pfeildorf datant de 1977, mais rarement mise en appli-
plupart des cas, ceci suffit à le contraindre d’accepter, à contrecœur. cation, consécutive à une émeute particulièrement brutale
Mais si l’Électeur est fermement résolu à désobéir, l’Empereur peut survenue après un match de Blood Bowl, entre les supporters des
alors invoquer un cas de force majeure et faire porter le cas devant deux clubs sportifs qui s’affrontaient ce jour-là.
son propre tribunal. Dans de rares cas, si un Électeur persiste à braver
ses ordres, l’Empereur peut aller jusqu’à recourir à l’action militaire, • « Dans les tavernes, durant les trois heures qui suivent le coucher
comme ce fut le cas lorsque Wilhelm, l’ancêtre de Karl Franz, intimida du soleil, les chants devront se limiter aux hymnes d’action de grâce
l’Électeur Grunwald de l’Averland, dans l’affaire de la révolte contre en l’honneur du Seigneur Sigmar. En cas d’infraction : amende d’une
la Taxe sur les Entremets de 2433. couronne par chanteur ou fermeture de l’établissement. » Loi
promulguée à Nuln dans les années 2200 pendant le règne
Les lois impériales concernent surtout les impôts et les revenus, la d’Albrecht le Dévot, quelquefois utilisée par le guet pour faire
lutte contre les menaces internes et étrangères, la réglementation sur fermer une taverne ou une auberge un peu trop animée.
la sorcellerie et l’élimination des cultes du Chaos. De nombreux
empereurs ont revendiqué le droit d’arbitrer la succession aux trônes • « Il est interdit au Stir de monter plus haut que le bas du tablier du
électoraux lorsque celle-ci était contestée et même, dans certains cas pont Grossweg. » Loi passée à Wurtbad à la suite de la grande
extrêmes, le droit de déposer des Électeurs, d’élever de nouvelles inondation de 1512. On ne connaît pas d’exemple de mise en
familles à la dignité Électorale ou même de concéder des provinces application de cette loi.
entières à un autre Électeur que le leur, comme ce fut le cas pour le
Drakwald sous l’Empereur Mandred. Bien que ces pratiques trouvent • « Tout nain aura la priorité sur les grandes routes et voies publiques
leurs origines dans de très anciennes législations et que le précédent pendant le mois de Sigmarzeit. » Loi de l’Averland promulguée au
ait été établi par Sigmar lui-même, aucun Électeur ne veut reconnaître IXe siècle, en l’honneur des relations d’amitié entre le roi Kurgan
ce droit officiellement et tous s’y opposent dans tous les cas, exceptés et Sigmar. Le plus souvent citée par les nains ivres ou par ceux qui
les plus désastreux, de crainte de laisser s’établir un précédent officiel. ont très mauvais caractère.
29
30
Les tribunaux religieux par exemple lorsqu’un prêtre se laisse entraîner à vénérer les
Puissances de la Ruine (ce que l’on appelle apostasie), on convoque
La plupart des procès pour hérésie, blasphème ou atteinte aux posses- des « tribunaux religieux » discrets, sous les auspices du grand prêtre
sions et à la divinité d’un culte se déroulent en public. Le peuple adore du temple ou de son supérieur si l’accusé se trouve être le grand
les bonnes attractions et un procès pour hérésie bien spectaculaire, prêtre lui-même. Généralement, devant un tribunal religieux, les
suivi d’une condamnation et d’un passage au bûcher, a souvent un perspectives de l’accusé ne sont guère encourageantes car la
effet salutaire sur la morale publique. Dans de tels cas, les cultes ne présomption de culpabilité pèse encore plus lourdement qu’ailleurs.
demandent pas mieux que de laisser les procureurs de la couronne En raison de leur nature secrète, ces tribunaux prononcent habituel-
traiter ces affaires, en leur offrant leurs conseils en matière de religion. lement des condamnations pouvant être appliquées loin des regards
du public : le condamné sera, par exemple, emmuré dans les
Mais certains cas se révèlent trop délicats, trop embarrassants ou trop catacombes du temple ou d’un monastère isolé, ou bien étranglé,
horribles pour les laisser paraître aux yeux du public, ou de tout puis décapité et enterré.
organisme gouvernemental d’ailleurs. Pour ces crimes particuliers,
L’APPLICATION DE LA LOI
D
ans l’Empire, plusieurs organisations policières luttent teurs du Chaos et des démons. Anonymement infiltrés dans tout
activement contre les voleurs, les racketteurs, les cultistes et l’Empire, mais tous porteurs d’un mandat officiel marqué du sceau du
les meurtriers : depuis l’Inquisition, dont la juridiction s’étend grand théogoniste, les répurgateurs sont devenus les agents redoutés
à tout l’Empire, jusqu’aux membres du guet de chaque ville, en de l’inquisition contre le Chaos, dont la main peut atteindre les plus
passant par les agents des différents départements tels que l’adminis- hautes sphères, jusqu’aux trônes électoraux, comme lorsque le
tration des Impôts des provinces. Les chasseurs de prime et l’aristo- Comte Électeur Conrad von Blutheim du Wissenland fut dénoncé en
cratie locale tiennent également leur rôle, par des actions privées là tant qu’agent de Khorne, en 2011. De nos jours encore, on chante la
où de plus hautes autorités ne peuvent ou ne veulent pas agir. Voici bataille qui se déroula au sommet de la plus haute tour du palais de
la description des différentes façons d’appliquer la loi dans l’Empire Wissenberg dans des ballades et dans une chanson à boire locale :
et les règles à suivre pour la conduite d’un procès. « Attention là-dessous ! »
Les patrouilleurs Mais de nombreux Électeurs, ainsi que les prêtres des autres cultes,
craignaient les répurgateurs et le pouvoir qu’ils donnaient au grand
théogoniste. Lorsque Magnus le Pieux accéda au trône, il désamorça
Les patrouilleurs sont essentiellement les agents du guet hors des la situation en plaçant les répurgateurs sous l’autorité de l’Empereur
villes, où ils surveillent les routes de campagne et veillent à la sécurité et en leur donnant la mission de travailler pour « la sécurité et le bien
des auberges et des fermes isolées. Ils sont mandatés par une autorité de l’Empire tout entier et au nom de tous les cultes. » Depuis, ils sont
supérieure, qu’il s’agisse d’une cité franche, d’un noble local ou même devenus le bras séculier de l’Empire, bien que nombre de leurs
d’un Électeur, qui leur confie la mission de conserver ses territoires membres aient reçu une formation religieuse. Leur quartier général
libres de tous brigands et autres dangers. Contrairement aux membres est installé à Altdorf, à quelques centaines de mètres de la cathédrale
du guet, ils sont fréquemment habilités à rendre la justice sur-le- de Sigmar, dans un bâtiment à l’allure menaçante dans les fondations
champ, en organisant des tribunaux informels dans une auberge ou la duquel se trouve une prison. Une multitude de gens y ont pénétré au
mairie d’un village ou même sur le bas-côté de la route, sur le lieu cours des siècles, mais peu en sont ressortis… vivants.
même de l’infraction. En ces temps troublés, leurs ressources sont
bien maigres et ils succombent fréquemment à la tentation de rendre Le mandat d’un répurgateur supplante toutes les autorités locales,
une justice expéditive, à la suite d’un procès des plus sommaires dont bien qu’un aristocrate ou un ecclésiastique influent puisse
l’issue se trouve souvent dans le nœud coulant du bourreau. quelquefois s’opposer à eux sur des questions de juridiction. Ils ne
sont pas les énergumènes paranoïaques qui sont décrits dans les
Les répurgateurs contes pour enfants, prêts à brûler une personne juste parce qu’elle
a le malheur de loucher, mais la nature de leur fonction les rend tout
de même exceptionnellement soupçonneux et leur donne une
L’organisation des répurgateurs fut originellement mise en place par certaine propension à utiliser plus de force que nécessaire. Il est
le grand théogoniste Siebold II comme protection contre les adora- essentiel de s’assurer que la besogne a été bien faite, après tout.
Procédures générales la perte d’un procès par abandon de l’une des parties lorsqu’ils
trouvaient l’un des avocats particulièrement inepte.
Qu’il s’agisse d’un procès civil ou pénal, la procédure est toujours la Une fois que l’accusation a terminé d’exposer son cas, la défense peut
même dans ses grandes lignes. Quelqu’un, soit le gouvernement, soit faire comparaître ses propres témoins, qui seront eux aussi soumis à
31
Parvenir à un verdict
La façon de mener un procès dans une partie dépend avant tout de la
somme de travail que vous voulez consacrer à sa préparation, de vos
joueurs et du plaisir qu’ils éprouvent à incarner leurs personnages,
théâtralement parlant, et de la place essentielle ou non que ce procès
peut tenir dans votre campagne. Des joueurs qui n’apprécient pas les
scènes dialoguées prolongées ne prendront probablement pas plaisir
au déroulement d’un procès. D’un autre côté, certains autres peuvent
se délecter à l’idée de jouer un drame judiciaire, au point qu’ils
peuvent même endosser l’identité de certains PNJ dans le tribunal
(cf. Les Voies de la Damnation : Les Cendres de Middenheim, où vous
trouverez un exemple de la façon de gérer une telle situation). Une
scène de procès peut tout aussi bien se résumer à quelques simples
jets de dés qu’être le point culminant de toute une campagne.
32
LES CULTES
DE L’EMPIRE
’’ Myrmidia nous enseigne qu’il faut trouver le point faible
de l’ennemi et s’y attaquer avec la plus extrême énergie. Ceci
peut s’appliquer à la guerre, à la politique et, oui, même à
l’amour.
Chapitre V
L
e livre de base de Warhammer, le Jeu de Rôle fournit toutes les informations de base au sujet des dieux et des religions de l’Empire et
du Vieux Monde. Mais l’Empire est une nation complexe, dotée d’une vie religieuse tortueuse. Ce chapitre est consacré à une étude plus
approfondie de la trame religieuse de l’Empire et contient des informations propres à enrichir toute campagne dans WJDR.
Les cultes interdits certainement un impact sur la vie spirituelle dans l’Empire. Tandis
que les Reiklanders sophistiqués essayent de tourner en dérision
certaines de ces étranges coutumes et interdictions, la plupart des
Certains dieux du Vieux Monde ne sont pas considérés comme dignes provinciaux ont la conviction profonde qu’il y a du vrai dans les
de vénération. Pour une raison ou une autre, leur culte est interdit et anciennes croyances. Voici quelques superstitions très répandues
leurs adorateurs persécutés. Pour certains d’entre eux, la sanction se dont les personnages joueurs pourront entendre parler au cours de
limite à une amende ou à quelques coups de fouets lors de la première leurs aventures dans l’Empire :
infraction. Pour d’autres, cependant, les châtiments sont beaucoup
plus sévères et peuvent aller jusqu’à la mort par pendaison, décapi- • Les chiens à trois pattes portent bonheur.
tation, noyade ou crémation. Parmi les dieux dont les adeptes
encourent ce genre de punition, on trouve Khaine, Seigneur du • La rosée récoltée dans les Jardins de Morr enlève les taches de
Meurtre et de la Furie des Morts ;Talos, un dieu de l’est du Stirland, que rousseur, les kystes et les verrues et elle les expédie dans le royaume de
l’on appelle aussi « l’Indéfectible Ennemi des Nains » ; et les quatre Morr où elles s’en vont sur ceux qui s’y trouvent. Il ne faut pas abuser
seigneurs du Chaos : Khorne, Tzeentch, Nurgle et Slaanesh. de ce remède, sinon les morts viendront vous hanter pour se venger.
33
• Celui qui meurt ivre ne peut trouver le repos dans la tombe et doit
être enterré dans un fût de bière.
• Les hommes-bêtes s’enfuiront si vous criez très fort et que vous leur
qui se présenteraient pour demander sa main. Ainsi, on alla porter agitez une torche enflammée sous le nez.
cette proclamation partout dans l’Empire. Et peu de temps après,
le palais se trouva plein à craquer de prétendants pleins d’espoir, • On ne doit pas couper de bois pendant la « mauvaise lune » (lorsque
dont les suppliques innombrables envahirent les appartements Morrslieb est dans son premier quartier). Le bois de chauffage que
privés du comte du Talabecland. l’on coupe à cette période s’éteint rapidement.
« Hélas ! s’écria le chancelier du Comte, nous avons eu beau • Les elfes meurent si on leur rase la tête.
nous mettre à la tâche avec la plus extrême diligence, l’été est
presque terminé et nous n’avons pas encore réussi à lire un • Cela porte malheur de recoudre un vêtement ou d’y mettre une
dixième de toutes ces demandes. Et il nous arrive tous les jours pièce pendant qu’on le porte sur soi.
de nouveaux soupirants pour ajouter encore à la besogne. »
C’est ainsi que les conseillers du comte se désespéraient et • Ceux qui travaillent dans les forêts ne seront jamais riches et ils ne
que les couloirs du palais résonnaient de la mélodie des luths et vieilliront pas.
de poésies plaintives. Les servantes maugréaient qu’elles ne
pouvaient plus accomplir leur travail sans trébucher sur des • Si vous vous lamentez trop fort lorsque vous êtes en deuil, les morts
n’arriveront pas à se reposer et ils reviendront sûrement pour s’en
damoiseaux malades d’amour. Mais le comte supportait tout cela plaindre.
de bonne grâce, car il aimait tendrement sa fille. Cependant, au
bout de quelques mois où aucun progrès n’avait été accompli, il • Le métal, le fer en particulier, protège contre la magie.
convoqua son chancelier.
« Mon chancelier, lui dit-il, faites apporter toutes ces
LES CULTES
suppliques cet après-midi même et disposez-les sur la table ronde
de la grande salle d’honneur. » Sur cette demande, les scribes
rassemblèrent toutes les suppliques et les présentèrent sur la table
ronde, en un tas d’une épaisseur de plusieurs pieds qui la recou-
vrait d’un bord à l’autre. Et ce n’était pas une petite table, car
autour d’elle étaient installées deux douzaines de chaises, celles-là
IMPÉRIAUX
L
même sur lesquelles s’asseyait la fleur de la noblesse du a vie religieuse de l’Empire est naturellement dominée par les
Talabecland, les personnes assez privilégiées pour festoyer avec le cultes des dieux les plus importants. C’est dans leurs temples et
comte lors des fêtes de l’Hivernage. leurs oratoires que les gens déposent leurs offrandes quoti-
diennes, dans l’espoir de s’attirer leur faveur et peut-être d’améliorer
Au premier coup de la pendule, le comte entra dans la grande leur existence. Par exemple, si un jour un marchand se trouve avoir
salle d’honneur où l’attendait son chancelier en compagnie de tous des affaires à régler à la fois à sa guilde et au tribunal, celui-ci fera
les scribes. Il examina l’amas de papier et la longue file des scribes probablement une halte à l’autel de Verena le plus proche pour y
et il fit lentement le tour de la table, par trois fois, puis il s’assit prier afin d’obtenir une bonne issue à son procès, puis il fera tourner
sur une chaise semblable en tout point à toutes les autres. Alors une pièce d’or entre ses doigts et murmurera une prière à Händrich,
il posa la main sur le tas de documents et le divisa en deux le dieu du commerce, avant de prendre part aux enchères de
parties égales, une à sa gauche et l’autre à sa droite. Le tas qui la guilde. De son côté, un bureaucrate impérial sera bien avisé
se trouvait à gauche, il ordonna aux scribes de l’emporter et d’en de demander à Sigmar de lui prêter sa force avant de tenter
disposer comme ils l’entendraient. Pour celui qui se trouvait à sa une médiation entre deux Électeurs engagés dans une dispute
territoriale.
droite, il commanda à son chancelier de s’y atteler avec la plus
grande détermination. Ces cultes possèdent une influence politique considérable sur les
Ainsi fut fait et les scribes se trouvèrent finalement en rouages de l’Empire, que celle-ci se manifeste de façon religieuse ou
nombre plus que suffisant pour accomplir leur devoir. Bientôt, ils fiscale. Ils peuvent faire appel à leurs adeptes pour accomplir des
furent en mesure de présenter au comte une première sélection des travaux en leur nom, certains ayant même des fanatiques tout
candidats les plus convenables. Tous les prétendants éconduits disposés à mourir pour leur service. Les flagellants sigmarites et les
furent promptement renvoyés du palais, au grand soulagement des sauvages « Fils d’Ulric » sont deux exemples parmi d’autres de ce
servantes qui s’en trouvèrent fort aises. Pourtant, le chancelier était genre de dévotion. Certains cultes, particulièrement les ordres
troublé et il trouva finalement le courage de parler à son seigneur verenéens, préfèrent conseiller les puissants, tandis que d’autres,
comme les ordres shalléens, ont choisi de se concentrer sur leurs
en ces termes : « Ô, sage et généreux maître, j’ai bien médité sur propres missions, à l’exclusion de toute autre préoccupation.
cette affaire tous ces jours passés et je ne peux comprendre
comment vous avez fait pour savoir que le bonheur de votre fille Cette dimension politique ne fait qu’emmêler un peu plus ce qui est
se trouvait d’un côté ou de l’autre. Il n’y a point là de philo- déjà un réseau complexe de croyances religieuses et de superstitions.
sophie naturelle que j’y puisse discerner et je voudrais bien savoir La vie spirituelle de l’Empire recèle une infinité de subtilités, de
quelle sagesse vous avez mise en œuvre. » nuances et de significations. On rencontre quelquefois des individus
Sur ces mots, le comte regarda son chancelier droit dans les dont les discours religieux frôlent de près ceux des cultes des
yeux et lui répondit, « Eh bien ! chancelier… Vous n’imaginez certes Puissances de la Ruine. Les étrangers en visite dans l’Empire en sont
pas que je permettrais à ma fille d’épouser un homme souvent réduits à se gratter la tête avec stupeur devant les circonvo-
lutions religieuses qui semblent naturelles aux citoyens de l’Empire.
malchanceux ? »
’’ Les gens des provinces ne font que rire de leur étonnement : « Si vous
pensez que c’est terrible, vous devriez voir nos lois fiscales ! »
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La question de Stromfels
Proscrit dans l’Empire et le Pays Perdu, le culte de Stromfels adore
une déité qui régit les dangers de la mer : les prédateurs tels les
requins et les calmars géants, les tempêtes qui font sombrer les
navires et prennent la vie des marins, les pirates et les naufrageurs.
On le représente sous la forme d’un requin géant aux mâchoires
grandes ouvertes, prêt à mordre, et ses adeptes ne le considèrent pas
comme maléfique, mais ils pensent plutôt qu’il représente la mer
telle qu’elle est : indifférente, violente, un milieu où le fort dévore et
où le faible se fait dévorer. Ce dieu est l’ennemi mortel de Manann et
ses adorateurs considèrent le sacrifice d’un prêtre de son ennemi
comme le plus grand hommage qu’ils puissent rendre à leur dieu.
Morr Toutefois, il existe des gens qui ne veulent pas attendre et qui
pensent que les morts-vivants représentent un tel danger que l’action
Morr est la divinité de la mort, des défunts, des rêves et des rêveurs. violente s’impose immédiatement, que la défense du monde doit
Il gouverne les illusions et toutes les choses qui ne sont pas ce passer par une grande croisade contre les nécromanciens et leurs
qu’elles paraissent. C’est un dieu contemplatif qui protège les âmes répugnantes créatures. Il s’agit souvent de personnes, humains, elfes,
des défunts du Chaos et des nécromanciens, tout comme ses prêtres nains et même halflings, ayant miraculeusement survécu à ce qui
gardent les corps qui sont enterrés dans les Jardins de Morr. Il défend aurait dû être un trépas certain aux mains des morts-vivants ou ayant
également les rêves de ceux qui sont endormis contre les démons qui subi une terrible perte du fait de ces abominations. Quoi qu’il en soit,
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KHAINE : UN ASPECT DE KHORNE ordre mais les succès de la Confrérie lui ont acquis quelques alliés
OU UN FRÈRE JALOUX ? puissants et, jusqu’à présent, ceux-ci ont fait obstacle à toutes les
tentatives visant à la faire disparaître.
Khaine est le dieu du meurtre et des meurtriers et son culte est
interdit dans tout l’Empire. C’est un dieu vengeur, violent, honoré Cultes mineurs
par tous ceux qui désirent prendre la vie d’autrui et représenté sous Il existe plusieurs cultes mineurs de Morr, dont certains chez les
la forme d’un démon à la bouche pleine de crocs, avec une dague peuples non humains du Vieux Monde. Les elfes des forêts de Loren
dans chacune de ses nombreuses mains. Ses prêtres sont des et de Laurelorn le connaissent sous le nom de Sarriel, Seigneur des
assassins et des empoisonneurs et plus d’une personne disparue a Rêves, tandis que les nains l’appellent Gazul, dieu mineur des morts,
connu une mort funeste sur les autels de Khaine. un protecteur de leurs ancêtres plongés dans le sommeil éternel.
Certaines questions restent sans réponse notamment celle du lien Chez les humains, les prophètes et les extralucides l’honorent sous le
entre Khaine et Morr, car tous deux revendiquent la souveraineté nom de Forsagh, dieu de la divination et de l’interprétation des rêves.
sur la mort et les défunts. De plus, la plupart des érudits affirment Au moment du nouvel an, ceux qui désirent savoir ce que le futur
que Khaine n’est autre qu’un aspect de Khorne. Si l’on adhère à ce leur réserve s’adressent souvent aux prêtres de Forsagh. Les gens qui
raisonnement, le culte de Khaine est une escroquerie. Il s’agit du souffrent de cauchemars demandent également l’aide de Forsagh
culte de Khorne, atténué pour abuser les mortels stupides et leur pour qu’il les aide à en décoder le sens.
faire croire qu’ils ne sont pas tombés dans le piège du Chaos. Les
répurgateurs et de nombreux prêtres de Sigmar soutiennent cette
Myrmidia
analyse car ils voient peu de différence entre la soif de sang de
Khorne et l’obsession de meurtre de Khaine.
Selon un autre point de vue, Khaine est le jeune frère de Morr qui, Déesse de l’art et de la science de la guerre, Sublime
jaloux de l’autorité de son aîné, veut se l’approprier. Dans cette Généralissime et Souveraine des Champs de Bataille,
optique, les adorateurs de Khaine accomplissent leurs massacres Myrmidia est une déesse révérée par les officiers et les
comme des actes de foi, accélérant le trépas de leurs victimes pour étudiants en stratégie guerrière qui pensent qu’un plan
que Khaine puisse dérober leur âme au moment où elle quitte le bien établi vaut plus de la moitié de la victoire. Dans les
corps et ainsi augmenter son pouvoir. Pour le culte de Morr, il s’agit siècles derniers, son culte est remonté vers le
là de la plus terrible hérésie. nord, depuis ses terres natales d’Estalie et de
Tilée, vers l’Empire et la Bretonnie. Dans
la seule chose qui donne à présent une signification à leur existence l’Empire, le principal temple de Myrmidia est
est de pouvoir mener une lutte perpétuelle contre ce fléau. Pour ces situé à Nuln et, depuis celui-ci, ses prêtres en
âmes torturées, il existe une organisation capable de comprendre sont venus à exercer une forte influence sur
leur misère : la Confrérie du Suaire. les aristocrates et les soldats des provinces du
sud. Particulièrement depuis l’invasion
Les hommes et les femmes de la Confrérie, qui s’appellent mutuel- d’Archaon, lorsque le culte a affirmé haut et
lement « compagnons », vivent ensemble une existence proche de la fort que les tactiques indisciplinées des
vie monastique, humains et non-humains confondus, et se soumettent ulricains et les stratégies peu subtiles des
à une discipline ascétique lorsqu’ils ne sont pas en croisade contre sigmarites (« le marteau n’est pas la seule
ceux qu’ils appellent « les ennemis de la Vie. » En dehors des temps réponse à tous les problèmes militaires », est un
de prière, ils passent leurs journées à étudier les coutumes de leurs aphorisme typiquement myrmidien) ont souvent
adversaires pour pouvoir mieux les combattre. En plus de leurs fait le jeu de l’ennemi et ont vidé l’Empire de ses
armures et de leurs armes, ils transportent toujours des pieux de bois forces, en le laissant affaibli face aux futures menaces.
d’aubépine et des maillets pour mettre fin à l’existence des vampires, Cette attitude ne lui a pas attiré l’affection des hiérar-
et des cierges et du sel pour accomplir les rituels destinés à bannir chies des cultes de Sigmar ou d’Ulric.
les esprits tourmentés. Lorsque les nécromanciens redressent leurs
têtes maléfiques pour se lancer dans leurs œuvres impies, les compa- Les chevaliers du Soleil
gnons sont souvent là pour les traduire en justice, y compris lorsque
les autorités officielles ne montrent pas le bout de leur nez. Fondé en 1457 CI, pendant les guerres arabes, après la déroute
miraculeuse d’une armée ennemie, les chevaliers du Soleil sont
Le quartier général de la Confrérie se trouve en Tilée, où le culte de réputés être des soldats d’élite qui, dans une bataille, accordent
Morr est fermement établi. Sur une montagne solitaire, près de Rémas, autant de valeur à la supériorité de l’intellect qu’à la force d’un bras
on aperçoit la silhouette trapue de l’ancien château de Monte Negro. armé. Ils préfèrent manipuler l’ennemi afin de l’attirer dans la pire
Par peur et par superstition, les gens du pays l’évitent autant qu’ils le des situations possibles avant de porter le coup de grâce, n’hésitant
peuvent car des légendes locales prétendent que quiconque passe ses pas à utiliser la ruse pour prendre le dessus, une pratique que les
portes risque de rester pris au piège dans le royaume de Morr avant ulricains trouvent tout à fait méprisable. Feindre la retraite, semer des
que son temps ne soit venu. C’est le très vieux mais encore puissant informations erronées, utiliser des espions et même corrompre les
grand commandeur de la Confrérie du Suaire, Bassiano Dutra, qui officiers ennemis, tout ceci fait partie de l’arsenal de l’ordre du Soleil.
dirige l’ordre.Autrefois prêtre de Morr, il faillit être tué par un vampire Pour les myrmidiens, le seul but est de remporter la victoire et
dans un manoir abandonné. Par miracle, il eut la vie sauve et depuis, il presque toutes les tactiques sont bonnes pour y parvenir.
est convaincu qu’il s’agissait là d’un signe de Morr par lequel celui-ci
lui assignait la mission de combattre les morts-vivants. Bien plus que dans les autres ordres de chevalerie, les chevaliers du
Soleil mettent les compétences et les talents individuels au-dessus de la
Mais ses supérieurs refusèrent de l’écouter et Dutra décida de quitter noblesse ou de la naissance. À cause de cette vision des choses, l’ordre
la prêtrise pour consacrer sa fortune familiale à combattre l’ennemi est souvent la cible de nombreuses plaisanteries au sein des autres
par lui-même. Depuis lors, il a rassemblé des partisans en accord avec cultes. Celle-ci trouve son origine dans la bataille au cours de laquelle
ses idées et établi des chapitres dans tous les pays du Vieux Monde. a été fondé l’ordre, lorsque des hommes et des femmes de toutes
Deux des plus importantes de ces compagnies se trouvent à Essen, conditions sociales ont pris les armes dans un combat désespéré pour
en Ostermark et à Siegfriedhof, au Stirland. la défense de Magritta. Aujourd’hui encore, les « frères d’armes » consi-
dèrent chacun, même le fils du plus humble paysan, comme un égal du
Le culte de Morr n’est guère satisfait de tout cela, car la Confrérie moment qu’il a fait la preuve de sa valeur à la bataille.
déclare qu’elle agit au nom de Morr alors qu’elle n’a jamais reçu
l’approbation ou le soutien de la hiérarchie de l’Église. À plusieurs Les chevaliers se réunissent rarement en armée pour livrer bataille. Ils
reprises, le culte a déjà sollicité de l’Empereur l’interdiction de cet préfèrent opérer en petites unités, offrant leurs conseils et leur
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Sur une suggestion de la grande prêtresse de Verena de Nuln, Magnus décréta que les grands prêtres de tous les cultes reconnus devraient
se rencontrer tous les cinq ans, à Nuln, pour y régler leurs différends ; ou plus fréquemment si le besoin s’en faisait sentir. L’Empereur et
la grande prêtresse jugeaient qu’ainsi, si des tensions devaient apparaître entre les cultes, cette rencontre leur permettrait de négocier afin
d’aplanir les choses. Et, comme cette assemblée se tiendrait sous les auspices de l’Empereur en personne, il serait très difficile à tout
participant de prendre la mouche et de tourner les talons en lançant un appel aux armes.
Jusqu’à présent ces rencontres, appelées « Grands Conclaves », ont parfaitement rempli leur rôle, quoiqu’elles se tiennent maintenant à
Altdorf. Un conclave est prévu pour l’année prochaine, mais les perturbations causées par la guerre et les questions soulevées par la brève
apparition de Valten jettent le doute sur la tenue de celui-ci.
Cultes mineurs iraient parfois jusqu’à se laisser mourir. Quand ils condescendent
même à y penser, les membres de la haute société de Talabheim
Il existe plusieurs cultes mineurs liés à Ranald, qui se concentrent sur regardent le culte de Salyak de très haut, en se demandant comment
l’une ou l’autre des facettes de sa religion. Ranald le Bonimenteur est on peut gaspiller de l’argent et à perdre son temps à s’occuper de
populaire à Marienburg auprès des marchands les plus impitoyables, paysans qui ne sont que des sacs à vin et des paresseux.
chez qui les pratiques commerciales douteuses et les négociations
déloyales ont été élevées au rang d’art. Dans les cités et les plus
grandes villes de l’Empire, Ranald le Rôdeur Nocturne est le saint
patron des monte-en-l’air et de toutes les canailles audacieuses. Une
autre secte est très appréciée des joueurs qui aiment faire monter les
Sigmar
enchères : celui de Ranald le Veinard. Sigmar est le plus populaire de tous
les dieux de l’Empire. C’est également
lui qui l’a fondé, du temps où il était
Shallya encore un mortel, et c’est lui qui le
défend toujours aujourd’hui sous sa
forme divine. C’est sa religion qui
Le Vieux Monde est un univers fournit sa justification au gouver-
très rude pour ceux qui y nement de l’Empereur et des
vivent. La maladie, les Électeurs et ce sont ses légendes
blessures et une malchance qui donnent l’exemple de ce que
persistante peuvent pousser un l’Empire devrait être. Mais de nos
homme ou une femme au bord jours, son culte est en plein boule-
du découragement et les priver versement et des lézardes
de tout espoir. Ceux qui en sont commencent à se manifester dans sa
arrivés là se tournent vers Shallya, la fameuse unité, suite à l’invasion
Blanche Colombe de la Compassion, d’Archaon et à la possible réapparition de
dont les larmes portent la promesse son dieu dans l’Empire.
de la miséricorde et du réconfort. À
tous ceux qui sont emprisonnés ou
cloués au lit par la maladie, à ceux qui sont Une unité menacée
condamnés à mort ou qui meurent dans leur lit ou sur un champ de L’invasion d’Archaon a déclenché une crise dans l’Empire, mais
bataille, Shallya, ses prêtresses et ses prêtres (car il y a également également au sein du culte de Sigmar lui-même. Au tout début du
quelques hommes pour servir son ordre) apportent la paix, le pardon conflit, le grand théogoniste Volkmar fut capturé et torturé par Archaon
et l’assurance d’une vie meilleure dans l’autre monde. en personne, qui le transforma en un élément vivant de sa bannière de
bataille. Ayant acquis la certitude que Volkmar était mort ou qu’il ne
Le culte est représenté dans tout le Vieux Monde et ses temples se tarderait pas à l’être, les membres du culte élevèrent l’Archilecteur
doublent d’hôpitaux pour ceux qui sont trop pauvres pour pouvoir Esmer à la grande cathédrale d’Altdorf. Toutefois, ils perdirent un peu
faire venir un médecin à domicile. Dans l’Empire, toutes les cités et de leur assurance lorsque qu’ils apprirent quelques semaines plus tard
les principales villes ont leur temple de Shallya, avec ses murs que Volkmar s’était échappé (à moins qu’il n’eût été relâché ?). À
blanchis à la chaux, tandis que dans les petites villes et les villages, les présent, encore alité dans le monastère du Middenland où il se rétablit,
temples et les oratoires dédiés aux autres dieux abritent souvent une Volkmar proclame qu’il est le grand théogoniste légitime et bat le
petite chapelle dédiée à la Blanche Dame. rappel de ses alliés en prévision de son retour, en présentant le fait qu’il
a réussi à survivre lors de sa captivité aux mains d’Archaon comme une
Cultes mineurs preuve de la faveur de Sigmar. Esmer refuse d’admettre cette
prétention et, par le biais de ses propres partisans, sème le doute quant
Il existe plusieurs cultes mineurs liés à Shallya, dans l’Empire comme à « l’évasion » de Volkmar. Des factions rivales sont en train de se
ailleurs. Dans le Pays Perdu et dans l’ouest de l’Empire, la secte de constituer et il ne serait pas impossible qu’il se produise un schisme au
Shallya la Purificatrice enseigne que même les mutants peuvent sein du culte si les deux hommes s’obstinent à maintenir leurs reven-
s’amender et, peut-être, guérir. Dans la vallée du Reik, on murmure dications. S’il faut en croire les commérages, l’Empereur a dépêché ses
qu’il existerait un village secret habité par des mutants qui vénèrent collaborateurs personnels depuis le front, situé près de Middenheim,
Shallya, quelque part dans l’arrière-pays de Marienburg. Les répurga- jusqu’à Altdorf afin de tenter une conciliation.
teurs seraient enchantés de découvrir la vérité sur ce sujet.
Le deuxième événement qui agite le culte découle de ce qui devrait
Les pauvres Kislevites qui habitent les taudis de Talabheim l’appellent être un bonheur suprême : le retour du dieu Sigmar au sein de son
Salyak la Charitable. Son culte anime des soupes populaires qui peuple dans le corps de Valten, un jeune forgeron. Quelle que soit la
fournissent de la nourriture à ceux qui, sans elle, seraient affamés et vérité sur les allégations de Luthor Huss, le prêtre qui soutient que
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Leurs membres sont recrutés parmi les jeunes gens des villages et des
fermes et font leur apprentissage auprès des rôdeurs les plus âgés qui
leur transmettent leur savoir et leur sagesse. L’initiation est longue,
difficile, et un novice peut passer des mois, voire des années, sans
approcher de colonie humaine. L’ordre n’a pas de quartier général
officiel, mais ses membres se rassemblent tous les sept ans dans la
forêt autour de Talabheim, la ville sacrée de Taal, pour renouveler
leurs vœux et honorer leurs dieux.
Cultes mineurs
Vénérés depuis les premiers jours de l’occupation humaine dans les
terres de l’Empire, Taal et Rhya font l’objet de nombreux cultes
mineurs, dont la plupart les honorent sous un nom local ou un aspect
particulier. Ainsi, les elfes sylvains de Laurelorn connaissent Taal sous
la forme de Torothal, déesse de la pluie et des rivières, tandis que les
humains qui vivent sur la rivière l’honorent sous le nom de Karog, un
nom qui pourrait être celui d’une divinité kislevite de l’antiquité. Les
chasseurs du Talabecland et du Middenland, eux, font leurs sacrifices
à Taal sous le nom de Karnos, Maître des Bêtes.
Rhya possède elle aussi ses cultes mineurs, comme celui de Haleth dans
le nord et de Dyrath dans l’ouest, cette dernière mettant l’accent sur son
aspect de maîtresse de la fertilité et de sage-femme. Le culte de Lupos le
Loup, Seigneur des Prédateurs, est un culte mineur plus étrange et plus
controversé par les érudits. C’est l’un des plus anciens de ces cultes et
festonnés de pennons aux couleurs éclatantes pour les représenter il existe des preuves démontrant qu’il était déjà là bien avant le temps
en rangs serrés sur les champs de bataille. Ils ne sont tout simplement de Sigmar. Certains émettent même l’hypothèse qu’il pourrait s’agir
pas de la trempe de ceux qui peuvent faire de tels guerriers. Les d’une forme primitive d’Ulric, qui aurait autrefois fait partie d’une triple
adeptes de ces deux dieux sont des gens de la campagne et des villa- entité intégrée dans une divinité archaïque : Ishernos. On n’en sait guère
geois, plus familiers avec la chasse au blaireau et les terriers de renard plus, car les fidèles de Lupos n’ont quasiment pas de lien avec la civili-
cachés au fond des bois qu’avec les lices des tournois. Mais cela ne sation et sont réputés être des individus farouches et dangereux, même
signifie pas que le culte manque de défenseurs dévoués pour tout ce selon les critères des adeptes de Taal et Rhya.
qui lui tient à cœur. En vérité, il existe un ordre ancien, dont la
fondation remonte avant l’Empire, d’après ce que l’on dit : l’ordre de
rôdeurs connus sous le nom de « Coureurs des Bois. »
Ulric
Les Coureurs des Bois sont des individus exceptionnellement doués
pour la vie dans la nature, dont la plupart vénèrent Taal plus que Ancien et puissant, le culte d’Ulric, seigneur de l’Hiver, des Loups et de
Rhya, bien que certains habitants du nord l’honorent sous son aspect la Bataille, a grandement souffert de l’invasion d’Archaon. Ses
d’Haleth la Chasseresse. Ils font serment de ne jamais demeurer à un guerriers étaient en première ligne lors de la plupart des batailles
endroit plus d’une semaine et ils patrouillent, à cheval et à pied, dans menées contre l’envahisseur, ainsi qu’au siège de Middenheim. Bien
les régions les plus sauvages de l’Empire. Ils veillent sur les anciens qu’ils aient fait obstacle aux ennemis et qu’ils en aient massacré un
temples et tumulus afin qu’ils restent inviolés, s’opposent aux dépré- grand nombre, ils ont tout de même payé le prix fort si l’on compte le
dations impitoyables que l’on fait subir à la terre et aux rivières et nombre de guerriers qui sont allés s’étendre dans la froide étreinte de
éliminent les menaces issues du Chaos et des peaux-vertes. Ils Morr. Néanmoins, mourir au combat est un honneur pour un ulricain.
voyagent généralement seuls, quelquefois en groupe de deux ou Ce qui inquiète le plus les dirigeants du culte, c’est le problème du
trois, et entrent rarement dans les villes. Armés d’arcs et d’épées, ce moral des troupes et du doute qui grandit dans les rangs. En plus de la
sont de puissants protecteurs des étendues sauvages. mort de tant de vaillants combattants et des graves dommages infligés
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tante du système judiciaire, juste derrière les sigmarites. Lorsqu’ils ne des actes de foi. Mais pour les créatures et les hors-la-loi qui se
sont pas déjà impliqués dans une affaire, ils se mêlent souvent des tapissent dans les ruines du nord, elles représentent des proies.
procédures en cours en tant que « soutiens de la cour » lorsqu’ils
craignent que la justice ne soit pas rendue comme il convient. Cultes mineurs
Au cours des crises du second millénaire, l’Empire a souffert des Les cultes mineurs de Verena se consacrent à des sujets spécialisés et
pertes cruelles en matière de connaissances et d’archives historiques à des occupations liées à la justice et à l’apprentissage. La secte de
et le culte a pris la responsabilité de retrouver ce savoir et de Clio honore Verena sous son aspect d’Exploratrice du Passé ; elle est
préserver ce qu’il en reste. À la suite des destructions causées par la populaire chez les historiens et les explorateurs. Renbaeth l’Avocat
guerre, le culte de Verena est très désireux d’arriver à récupérer exemplaire est un aspect masculin, celui qui recherche la vérité quel
d’importants documents et artefacts restés dans les zones dévastées. que soit l’endroit vers lequel l’entraînent ses preuves. Ses adeptes
C’est dans cette intention qui ses prêtres ont commencé à recruter sont très peu nombreux. Scripsisti est vénérée des calligraphes. À
des compagnies de mercenaires de bonne volonté pour accom- l’origine uniquement préoccupés de beauté et d’exactitude dans la
pagner des érudits verenéens en « missions de récupération » dans la transcription, ses adeptes ont récemment commencé à protester
zone des conflits. Pour les membres du culte, ces expéditions sont contre la généralisation des presses à imprimer.
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LES GRANDES
PROVINCES
’’ Si l’Empire présente une once de cohésion, mon garçon,
c’est pour une seule raison : notre ressentiment mutuel est
toujours moins fort que notre animosité à l’égard de tous les
autres.
’’ — Un prêtre de Sigmar
Chapitre VI
B
ien qu’il se targue d’une grande unité, l’Empire n’est en réalité qu’une confédération de provinces plus ou moins indépendantes. Si les
points communs sont nombreux, les contrastes restent grands. Certaines disparités sont issues de l’histoire, quelques provinces
s’estimant supérieures pour avoir abrité les empereurs du passé, tandis que d’autres nourrissent une rancœur datant des guerres civiles,
époque où les conflits entre provinces étaient monnaie courante. D’autres différences trouvent leurs racines dans la religion, les conflits
d’antan entre les ulricains et les sigmarites restant un sujet sensible pour beaucoup.
Les querelles entre provinces sont souvent le fruit d’ambitions antagonistes de nobles maisons qui catalysent habituellement des crises
découlant de disparités durables. Les Électeurs mettent habituellement leurs désirs dynastiques en adéquation avec les besoins de leur
province, ce qui est la source de nombreuses conspirations et conflits. C’est ainsi qu’au XVIe siècle, l’Électeur du Nordland déclara la guerre à
l’Ostland. Le souverain du Nordland, qui ne cachait pas son soutien à l’empereur de Middenheim dans la course au trône contre les sigmarites
de l’est, n’agit en réalité de la sorte que parce qu’il voyait là une bonne occasion de s’emparer de quelques terres occidentales de l’Ostland.
Mais jusqu’ici, chaque fois qu’une menace plus grande s’est présentée, l’Empire a eu la chance de voir ses provinces mettre leurs différends
de côté et ne pas oublier leur intérêt commun. Reste à savoir si cette tradition va être respectée avec la crise actuelle.
Ce chapitre propose donc au lecteur un exposé des grandes provinces impériales, où les caractéristiques principales de chacune apparaissent.
La fin de chaque section propose un index géographique de la province et des idées d’aventure pouvant s’y dérouler.
AVERLAND
EN BREF payer pour les récoltes abondantes dont ils bénéficient. Au cours des
dernières années, les Comtes Électeurs d’Averland ont commencé à
Nom officiel : grand comté d’Averland discuter avec les nains de Karak Angazhar, dans les Montagnes Noires,
Souverain : aucun ; succession incertaine de la possibilité de construire une série de barrages et de digues sur
Gouvernement : autocratie royale soutenue par des propriétaires la rive nord du Reik supérieur, de manière à en contrôler les flots au
terriens féodaux cours de la saison des crues. Mais le Wissenland et la guilde des
Capitale : Averheim ingénieurs de Nuln s’y sont opposés. Le Wissenland parce qu’il estime
Villes franches : aucune que les terres en pâtiront plus encore, tandis que la guilde revendique
Exportations principales : bétail, articles en cuir, porcelaine, vin ce genre de travaux, qui devraient, selon elle, revenir aux humains.
La région Quand on s’écarte des cours d’eau, les plaines s’élèvent progressi-
vement vers le centre géographique de la province où la vielle route
des nains rencontre celle d’Agbeiten, à Heideck. Les terres intérieures
L’Averland, dénué des grandes forêts qui couvrent le reste de de l’Averland sont faites de petits villages de fermiers éparpillés à
l’Empire, est une suite de plaines et de vallons s’étendant sur un axe travers les vastes fiefs de la noblesse rurale. Dans les terres occiden-
nord-ouest/sud-est, entre les cours d’eau que sont le Reik supérieur, tales et centrales de la province, les nobles se consacrent essentiel-
l’Aver et le bief Bleu. À l’ouest, on trouve le Wissenland et Nuln, tandis lement à l’élevage du célèbre bétail à longues cornes de l’Averland.
que les plaines prennent de l’altitude vers l’est pour atteindre les Ils mènent chaque année leurs troupeaux jusqu’aux parcs et
Montagnes Noires et les Montagnes du Bord du Monde. C’est dans abattoirs d’Averheim et de Longingbruck avant d’en exporter la
ces massifs que siègent les royaumes des nains, entre l’Averland et les viande. Si certains barons, en particulier du côté de Nuln, adoptent un
Principautés Frontalières. comportement guindé et ne s’abaissent pas à mener leurs bêtes au
marché, les familles conservatrices mettent un point d’honneur à
L’Averland est une contrée fertile aux plaines irriguées par les flots conduire personnellement leur troupeau pour en faire l’étalage
annuels des grands fleuves qui la bordent. Certaines années, les eaux devant leurs rivaux. Les habitants de ces deux villes ont appris à
montent bien plus haut que la normale et inondent nombre de cités rester à l’écart des tavernes locales quand les propriétaires fermiers
et bourgs dressés sur leurs berges. Les Averlanders y voient le prix à sont en ville, leurs serviteurs étant connus pour aimer la castagne.
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Les habitants en retraite à la moindre frayeur, ce qui a le don d’irriter les intéressés
au plus haut point. Ces derniers prennent très mal tout ce qui
pourrait suggérer que leurs prouesses martiales sont inférieures à
Les Averlanders avancent que leurs ancêtres investirent la province celles des citoyens des autres nations. Les Averlanders sont également
au cours des grandes migrations qui se déroulèrent aux alentours de connus pour leur intolérance à l’égard des hommes de loi et des
1000 CI. Maîtrisant parfaitement les chevaux et les chars de guerre, contrats, car après tout un homme peut changer d’avis. Ceux qui
les Brigondiens s’imposèrent sur les tribus existantes et devinrent les traitent avec les Averlanders sont constamment soumis à l’insistance
seigneurs de toutes les terres sur lesquelles leur regard se portait. de ces derniers à tout faire « sur l’honneur », ce qui est pénible quand
Depuis leur grand campement et leur fort, sur le site de ce qui allait on connaît le manque de fiabilité dont ce peuple fait preuve. On
devenir Averheim, les rois brigondiens guerroyaient contre les murmure que cette « lubie de fer » serait en réalité une astuce des
humains des tribus Unberogen, Asobornes et Merogen, mais marchands du pays.
également contre les bandes d’envahisseurs orques et gobelins. Ils
entretenaient de bonnes relations avec les nains, auxquels ils Actuellement, il n’y a pas de souverain établi en Averland. Leur
assurèrent souvent la cavalerie sur le champ de bataille. Les Électeur, Marius Leitdorf, fut assassiné en 2250 CI et aucun
Brigondiens se firent une réputation de guerriers féroces qui prétendant au titre ne s’est pour l’instant démarqué. Les autres
aimaient frapper vite et fort, et ils jouissaient du respect des plus provinces voient là une attitude typique des Averlanders : alors que
acerbes de leurs rivaux. Pour preuve, Siggurd, leur chef, reçut partout ailleurs, cela se serait décidé par une bonne guerre, aussi
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«Les citoyens de l’Empire sont des soiffards prétentieux imbibés de guerre et de religion. Ils se croient supérieurs grâce à leurs canons, à leurs magiciens et à leurs armées
prodigieuses, mais si leur nature malicieuse ne les avait pas poussés à s’affronter constamment les uns les autres, ils n’auraient jamais appris à tenir une pique, sans parler de
créer ces monstruosités à «poudre noire».
«Leurs prêtres bornés apprennent aux paysans à célébrer la gloire de l’Empire et de Sigmar, leur homme-dieu, de manière à ce que, à l’arrivée des sergents recruteurs (ce
qui se présente souvent), les hommes se bousculent dans une espèce de fierté alcoolisée pour empocher les pistoles de l’Empereur. Leurs armées sont alimentées, non pas par
l’honneur et le devoir, mais par le rhum et la rhétorique. Ne craignez pas le char à vapeur ou le long fusil d’Hochland, car les hallebardiers ivres et rugissants sont plus
dangereux, et infiniment plus communs, dans tous les sens du terme.
«Les gens de l’Empire n’ont aucun sens de la chevalerie. Leurs marchands sont vils, malhonnêtes et véreux, et ne respectent que l’or. On peut même dire que la noblesse de sang
compte moins que la monnaie en ces terres barbares. Quant à la chère! Pas question de trouver un vin décent, le cognac reste hors de prix et tous les habitants sont imbibés d’ale.»
— SIRE GILBERT D’ARNAUD, EXTRAIT DE LETTRES AUX MIENS
«Ils ont un jour de fête dans l’Empire, qu’ils appellent Wurstfest. À la période des moissons, chaque bourg ou vil age se réunit pour manger et célébrer ses dieux, sa
province, son Empire et ses ancêtres. Même les pauvres servent des plats de saucisses. Toutes sortes d’horreurs sont entassées dans ces tuyaux, restes de viande en tout genre,
pain, abats, sabots, cendre et même de la terre. Plus c’est gras et d’un goût douteux, plus ils sont contents. Ils s’empiffrent toute la journée, et avalent d’énormes volumes d’ale.
Le soir venu, si une bagarre n’a pas éclaté, on en organise une. Ils se mettent à hurler dans tous les sens et se frappent dessus avec tout ce qui leur tombe sous la main. En
général, ils sont tellement ivres que les coups ne leur font rien. Une fois qu’ils sont à ce point atteints qu’ils en perdent connaissance, les festivités prennent fin. Tout ceci est
considéré comme normal, et même nécessaire, pour «purifier l’air » entre voisins.
«Je dirais que cette tradition vous enseigne tout ce qu’il y a à savoir de l’Empire.»
— CORTEGA DEL CRISTO, DRAMATURGE ESTALIEN
«Surveil ez leurs marchands, évitez leurs nobles et ne faites surtout jamais confiance à leurs femmes.»
— IVICH KARAMAVOV, CAPITAINE MERCENAIRE
«Pour des humains, on peut considérer qu’ils sont travail eurs et intelligents. Ils connaissent la valeur des affaires et ne vous manqueront jamais de respect s’ils savent
qu’il y a encore de l’argent à grappil er. S’ils pouvaient seulement arrêter leurs guerres pendant quelques centaines d’années, ils pourraient peut-être se montrer dignes d’intérêt.»
— ILLUTHUAIN CORNEILLÉTOILE, DE LA MAISON MARCHANDE CORNEILLÉTOILE
«Ils s’y connaissent en beuverie, en bagarre et en canons. De quoi mener une vie agréable, pour peu qu’on soit prêt à quitter les montagnes.»
— GIALAR KUNST, GARDIEN DU SAVOIR NAIN
«Ouais, enfile-moi ça dans l’entonnoir. Tant que c’est dans du boyau à saucisse, ils adorent.»
— TOBIAS RUMSTER, MARCHAND HALFLING
brève que franche, les Averlanders préfèrent recourir au jeu des nombreux marchands ont des raisons de se réjouir de ce sursis et ne
manigances, de la surenchère et des manœuvres politiques. Les sont nullement pressés d’assister au retour à la « normale ».
Leitdorf sont de relatifs débutants en matière de pouvoir. Ils ont
évincé la famille Alptraum, qui régnait alors, et pris le pouvoir par un Les Averlanders ont un accent assez étrange, presque chantonnant. Ils
coup d’État aussi brillant qu’inhabituel. Mais cette emprise ne semble ont tendance à adoucir les syllabes dures et à allonger les voyelles.
pas être vouée à durer. Pendant que les enfants et les parents du Nombreux sont les artistes et les jeunes aristocrates aux prétentions
Comte Électeur s’affrontent, les Alptraum rebâtissent tranquillement poétiques qui cherchent à imiter cet accent, croyant que tous les
leur fortune et leur influence. Pour compliquer les choses, les faveurs grands génies sont un peu fous.
de la noblesse semblent changer avec chaque phase lunaire. À un
moment, les aristocrates montrent une préférence pour un candidat,
pour porter leur dévolu sur un autre le lendemain. Il n’est pas un
prétendant au titre qui puisse compter sur un quelconque soutien
contre ses rivaux. Selon certains érudits, cette situation serait profi-
Sites notables
table à la noblesse fortunée du pays, car tant que les affaires électo- Averheim
rales sont menées au nom d’un défunt, on ne peut établir de
nouvelles taxes ni intenter de nouveaux procès. Il est vrai que de Site du campement principal des Brigondiens, Averheim est la plus
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grande ville de la région qui s’étend de l’Aver au Reik depuis que la La colonne des Crânes constitue un monument célèbre de la cité
naissance de Sigmar. Elle est bâtie sur un éperon rocheux qui domine marquant l’apogée de l’armée de Gorbad Griffe de Fer à travers
l’Aver, si bien qu’elle reste hors d’atteinte des crues occasionnelles. l’Averland, au cours du XVIIIe siècle. Bien que l’Averburg ne soit jamais
C’est sur le point culminant de la cité, au bout de la route qui arrive tombée, la ville fut envahie par les forces de Gorbad, qui atteignirent
de Pfungzig et de Heideck, que se tient la forteresse du Comte la Plenzerplatz, place principale d’Averheim. C’est là que le grand
Électeur, derrière une épaisse muraille. Du haut de ses tours comte et sa garde personnelle, ainsi que les soldats restants de
dominantes, la vue porte sur des lieues à la ronde. l’Averland, leur tombèrent dessus. Massacrée par des centaines de
résistants, l’armée de Gorbad dut passer son chemin et le Comte
On raconte que Siggurd en personne entama la construction de la Électeur exigea qu’un monument soit construit à l’aide des crânes
forteresse appelée « l’Averburg » lorsque que Sigmar le fit comte de des orques tués. Aujourd’hui encore, on raconte que du sang coule
son nouvel Empire. Il voulait en faire un symbole de puissance et des orbites de certains crânes lors de la nuit du Mystère.
d’intimidation pour que personne, rebelle ou envahisseur, n’ose
s’opposer à son autorité ou à celle de Sigmar, qu’il représentait. Bien Dans l’état actuel des choses, le contrôle d’Averheim n’est pas
entendu, le château a été reconstruit, élargi et réparé à plusieurs clairement défini. Si officiellement, c’est la famille de Marius Leitdorf
reprises, si bien qu’il est difficile de distinguer la vérité. Les érudits qui possède et régit les terres et les affaires d’Averheim, les conflits
estiment que la construction remonte au début du premier millé- internes incessants ont permis à d’autres factions de glaner un certain
naire, mais il est impossible d’en être certain sans examiner les fonda- pouvoir au sein de la cité. De nombreuses familles de la noblesse, en
tions, ce qui nécessiterait de pénétrer dans les cryptes des Comtes particulier les Alptraum, disposent d’une influence grandissante auprès
Électeurs. Leurs requêtes n’ont jamais abouti, sans justification. Selon des guildes locales et des commerçants. La rumeur de la rue parle de
certains, plus que par respect de la propriété et de l’intimité, ces refus liens avec le milieu du crime, mais également de pots-de-vin et de
corroborent les rumeurs racontant que le bouclier, la lance et le char coercition. À en juger par les rénovations et la nouvelle décoration, le
de Siggurd, supposés être des artefacts magiques de grande temple local de Sigmar aurait bénéficié de donations consistantes
puissance, sont enfouis dans la crypte avec lui. Si tel était le cas, les dernièrement. Les voleurs se montrent également de plus en plus
Comtes Électeurs n’auraient pas de raison de s’inquiéter que d’autres effrontés. Si la garde de la cité continue de maintenir la paix « au nom
sachent qu’ils possèdent de telles armes. du comte », elle n’a pas l’autorité ou les fonds nécessaires pour lutter
contre les bandes importantes qui ont commencé à sévir. Personne ne
Averheim est également célèbre pour ses enclos à bétail, destination sait exactement si ces groupes sont le fruit de manœuvres politiques
des grandes transhumances de l’été torride et nauséabond de la de la noblesse ou marquent seulement un manque de discipline. La
région. Pendant plusieurs jours, les rues sont bondées de têtes de plupart des gens pensent que celui qui prendra la tête d’Averheim
bétail qu’on pousse au marché et de serviteurs de négociants accédera ensuite au titre de Comte Électeur. Avec cette offre à la clef,
agricoles qui viennent dépenser leur paye. La garde d’Averheim loue on peut penser que la violence sous-jacente que l’on perçoit actuel-
souvent des hommes en plus pour assurer un minimum de sécurité lement ne va pas mettre longtemps à éclater avec fracas pour répandre
durant ces périodes de « festivités ». Les enclos à bétail se dressent à le sang dans les rues et bouleverser l’ordre établi.
proximité du port, non loin des abattoirs, pour que la viande
découpée puisse être salée, séchée et chargée dans les chalands qui Heideck
en assurent le transport. Depuis peu, un groupe de marchands use de
glace extraite des montagnes et maintenue à température par magie Construite comme étape de voyage sur la vielle route des nains, à
pour garder la viande fraîche pendant le voyage. Les guildes des l’apogée de l’empire nain, la ville de Heideck était en ruine lorsque
saliniers d’Averheim ont promis des représailles si jamais l’expé- les humains s’établirent dans la région au cours du premier millé-
rience venait à se prolonger. naire. Depuis, elle constitue un carrefour important pour le trafic
arrivant du Reik supérieur et passant par Agbeiten, mais également
entre le col du Feu Noir et Averheim. Ce site sécurisant, même s’il
reste bien terne, dispose d’un marché au bétail pour ceux qui ne
désirent pas se rendre jusqu’à Averheim.
Les érudits viennent à Heideck pour examiner ce qui reste des ruines
naines, tandis que les chasseurs de trésor s’y rendent fréquemment pour
trouver un accès aux catacombes perdues des nains, qu’on dit scellées
depuis bien longtemps et regorgeant de richesses. Que ces souterrains
existent ou pas, les habitants de Heideck se remplissent les poches en
vendant « d’authentiques » cartes aux visiteurs les plus candides.
Grenzstadt
La forteresse de Grenzstadt, qui est également dirigée par un repré-
sentant du Comte Électeur, protège l’extrémité occidentale du col du
Feu Noir, la vielle route des nains la traversant. Grenzstadt est un site
majeur pour le commerce de la fourrure, des pierres précieuses et du
métal, et elle abrite des entrepôts et un marché corporatif. Il n’est
guère surprenant d’y trouver une importante population naine, qui
représente près de dix pour cent des habitants de l’endroit. Ces nains
font office de représentants en négoce de leurs clans et proposent des
services de grande qualité, du moins à ceux qui peuvent se les offrir.
Les rumeurs qui circulent dans les tavernes racontent également
qu’ils surveilleraient de près les activités locales, à la recherche des
contrebandiers qui pillent les biens des nains pour les revendre à
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l’Empire. De ces mêmes sources, on apprend que ceci expliquerait la comme tout grand art le mérite. Ce qui est beau ne doit pas resté sous
récente disparition de plusieurs mineurs qui s’étaient vantés d’avoir terre, dissimulé dans les ténèbres, la poussière et les cadavres
fait une « découverte extraordinaire » dans les collines. moisis… non ! Ces superbes reliques doivent finir chez quelqu’un qui
saura les apprécier à leur juste valeur, comme Anders Guttmann.
Streissen Guttmann est un homme obèse aux manières révérencieuses, et aux
Si l’esprit de la révolution a quelque part gagné les Averlanders, joues tombantes et marquées par la vérole. Son commerce, basé à
pourtant traditionalistes, c’est bien dans le bourg de Streissen. Cette Grenzstadt, est prospère, spécialisé dans les métaux précieux et les
ville dispose d’une petite université et d’une école de médecine. gemmes. Il a des contacts à travers tout l’Averland et le Stirland, ainsi
Streissen a toujours montré un réel intérêt pour les idées nouvelles que dans toutes les grandes cités de l’Empire et à Marienburg. Anders
venues d’ailleurs, à tel point que les Averlanders ont l’habitude de est également un collectionneur avide de reliques du passé et
dire, au sujet des habitants de cette ville, que « quelque chose cloche commandite à grands frais des expéditions de « recouvrement ». Bien
dans leur tête » ou qu’ils « passent trop de temps avec les Nulners et entendu, il ne s’agit que de missions vouées à piller d’antiques
les Stirlanders ». Les classes moyennes et privilégiées de Streissen cryptes, tombes et forteresses naines abandonnées. Guttmann paye
tirent une grande fierté de leur relative ouverture d’esprit et se voient bien, mais n’offre aucune assistance aux aventuriers qui se font
comme l’élite intellectuelle de l’Averland. attraper car il a bien trop peur des nains et de leurs représailles. Il
s’arrange également toujours pour que les gens qu’il emploie n’aient
C’est ainsi qu’au cours du dernier siècle, et sous l’influence de aucune preuve de son implication.
nouvelles idées politiques venues de Nuln, les dirigeants de Streissen
se sont débrouillés pour que la Comtesse Électrice, qui était alors la Selon les besoins du MJ, Anders Guttman peut servir de marchand
jeune Ludmilla Alptraum, leur accorde un statut proche de l’indépen- plutôt honnête ou de parrain du crime.
dance. Streissen bénéficia ainsi de droits, en particulier celui d’élire
ses propres chefs, et se trouva libérée de tout devoir et de toute taxe
envers la couronne d’Averheim. Pendant des décennies, les gens de
Streissen envisagèrent l’avenir avec un optimisme serein. C’est alors
qu’en 2502, des émeutes firent suite à la pénurie de nourriture
Idées d’aventures
engendrée par quelque rouille végétale. Les autorités, qui s’étaient Le nain qui en savait trop
contentées d’assurer une sécurité minimale, se retrouvèrent
démunies lorsque des agitateurs prirent la tête de la foule et s’arro- Les PJ déambulent dans les rues de Streissen lorsqu’un nain accourt
gèrent le statut de communauté. vers eux, attrape la manche du personnage qui a l’air le plus futé et
dit : « Vite ! Le temps presse ! Le chien hurle à la lune rouge et les ours
Dans l’espoir de réprimer cette révolte, le conseil de la ville requit d’Averland n’ont pas de queue ! Prenez ceci et partez ! » Le petit
l’envoi de troupes auprès de la grande comtesse Ludmilla, alors âgée, personnage fourre un document dans la main du PJ et s’enfuit avant
mais la vieille dame n’accéda à leur requête qu’à la condition que la que la garde n’arrive. Les représentants de la sécurité interrogent les
ville de Streissen renonce à tous ses privilèges durement acquis. PJ, mais à moins que ceux-ci parlent du document et le leur délivrent,
Acculés, les dirigeants de la ville s’exécutèrent et les forces armées de ils poursuivent leur chemin à la suite de l’étrange nain.
Ludmilla ramenèrent l’ordre dans un bain de sang historique, à tel
point que « Streissen » est encore aujourd’hui intimement lié au mot Le document prouve l’existence d’une conspiration sur le point
« atrocité » dans l’esprit des gens. lancer une rébellion à Streissen au moment même où un désastre
s’abattra sur Averheim. Mais pourquoi un chien hurlerait-il à la lune
C’est désormais un gouverneur qui dirige Streissen au nom du comte rouge et qui se soucie de l’absence de queue chez les ours… d’ail-
défunt. L’université s’est débarrassée de ses membres les plus leurs, les ours n’ont pas de queue, si ? Et puis, qui était ce curieux
radicaux et plus personne ne parle désormais d’« indépendance » ou
de « pouvoir du peuple », du moins pas ouvertement. Certains
individus pensent que la ville n’hésitera pas à apporter son soutien à
la cause des Alptraum. — ANDERS GUTTMANN —
MARCHAND ET COLLECTIONNEUR
Streissen, ville fortifiée aux maisons blanchies et aux nombreux parcs
publics, est un important foyer de conspiration contre l’autorité Race : humain
d’Averheim. Des agitateurs et autres fomenteurs de troubles se Carrière : Marchand (ex-Artisan)
réunissent en secret avec tous ceux qui nourrissent un ressentiment
en essayant de les rallier à « la cause ». On raconte que des sectes du
Chaos seraient actives dans la région, cherchant à subvertir les Profil principal
autorités comme les révolutionnaires. Il ne s’agit peut-être que d’une CC CT F E Ag Int FM Soc
rumeur portée par la tension des conflits, mais si elle s’avérait
fondée, la menace serait grande. 42% 38% 36% 41% 45% 55% 54% 56%
Profil secondaire
Exemple d’Averlander A
1
B
15
BF
3
BE
4
M
3
Mag
—
PF
1
PD
—
Anders Guttmann, Compétences : Charisme, Commérage +10%, Conduite d’atte-
marchand et collectionneur lages, Connaissances générales (Empire), Équitation, Évaluation,
Langage secret (langage de guilde), Langue (kislevien, reikspiel),
«Mon cher monsieur! L’affaire que je vous propose est très simple : il s’agit d’une Lire/écrire, Marchandage, Métier (cristallier, marchand +10%,
orfèvre), Perception
expédition dont le but est de retrouver de magnifiques artefacts perdus depuis des temps Talents : Calcul mental, Code de la rue, Dur en affaires, Intelligent,
immémoriaux. Bien entendu, il y a des risques, mais toute affaire en comporte, vous Armure : aucune
Points d’Armure : tête 0, bras 0, corps 0, jambes 0
en conviendrez. Ceci dit, si les nains vous prennent, vous devrez vous débrouil er tout Armes : arme à une main (épée), dague
seul. C’est d’ail eurs pour cela que je vous paye si cher.» Dotations : maison bourgeoise, voiture et chevaux, vêtements
luxueux et bijoux, 3d10+20 co sur lui en permanence, tabatière en
Anders Guttmann, est un véritable esthète, même s’il est lui-même or, 1 000 co en monnaie et marchandises
loin d’être un canon de splendeur. Il admire la beauté et la chérit
47
Taille de la communauté : CE = cité-état (toute taille), C = cité (10 000+), V = Ville (1 000 – 10 000),
B = bourg (100 – 1 000), Vil = village (1 – 100), F = fort (toute taille), M = mine (toute taille) ;
Richesse (1 = misérable ; 5 = très riche) ; Qualité de la garnison/milice : excellente (a), moyenne (b), médiocre (c).
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nain ? Bien que les personnages ne soient pas sûrs de retrouver cet voyous non identifiés et quelqu’un est venu lui voler du bétail
étrange individu, leurs recherches pourraient révéler une menace pendant la nuit. Il a besoin d’une assistance rapide avant d’être
plus grave, comme une secte du Chaos manipulant les deux parties. devancé par ses rivaux sur la place du marché. Il est lui-même trop
âgé pour faire le voyage et les serviteurs qui lui restent ne sont pas
Longingbruck ou crève ! d’un grand service. Mais les PJ sont disponibles…
Le baron von Tasswinder, aristocrate relativement pauvre de Il engage les personnages pour guider son bétail jusqu’au marché, mais
l’Averland occidental, a de sérieux problèmes. Il doit beaucoup également pour conduire sa superbe nièce au temple de Verena, où elle
d’argent à ses créanciers et il lui faut absolument se rendre au marché doit entamer sa formation d’initiée. Sur la route, les PJ devront faire face
aux bêtes de Longingbruck pour essuyer ses dettes. Là-bas, la à divers soucis : bétail dissipé, jeune femme amoureuse qui découvre le
première personne à amener 200 têtes de longues cornes sera payée monde, vols de bétail nocturnes par des hommes masqués, puis assaut
au double de la normale, comme l’a promis le représentant d’un riche final par des individus prêts à tuer pour empêcher le baron von
noble du Wissenland. Mais il y a un problème : quelqu’un a décidé de Tasswinder de s’en sortir. Mais qui manigance toutes ces attaques ? Et
provoquer la perte du baron von Tasswinder. Ses employés l’ont qu’est-ce que la nièce du baron a à voir avec tout cela ?
abandonné après le passage à tabac de deux d’entre eux par des
HOCHLAND
EN BREF
Nom officiel : grande baronnie du Hochland
«Nous survivons, et là où il y a de la survie, il y a de l’espoir.»
Souverain : Comte Électeur Aldebrand Ludenhof, grand baron du — COMTE ÉLECTEUR ALDEBRAND LUDENHOF
Hochland, maréchal du bief de la Talabec, défenseur des Sanctuaires,
baron de Hergig
Gouvernement : féodal, entouré d’une assemblée de barons, de «Autrefois, le Hochland était la lumière de l’est. Désormais, il ne reste plus
citoyens et d’ecclésiastiques. Actuellement sous loi martiale que des braises.»
Capitale : Hergig
— UN RÉFUGIÉ DE HERGIG
Villes franches : aucune
Exportations principales : bois, marchandises en bois
«J’m’amuserais pas à faire de la «récup’» au Hochland si j’étais toi. Le comte
La région a décidé qu’le vol méritait la corde et ses hommes la passent au cou des étrangers, pour
peu qu’ils aiment pas leur accent!ž»
Le Hochland, qui comprend l’extrémité orientale de la forêt de la — UN AUBERGISTE DE TALABHEIM
Drakwald, est une province très boisée, bordée par les Monts du Milieu
au nord-est, ainsi que par le Drakwasser, la Talabec et la Louve, respec- zones dangereuses, certains tronçons étant entièrement contrôlés par
tivement à l’ouest, au sud et à l’est. À l’ouest, au-delà d’une bande de des hors-la-loi. Les forces armées du comte n’en reprennent que très
terre hochlander située sur la rive gauche de la Drakwasser, s’étend le progressivement la maîtrise. Les propositions d’aide du Comte
Middenland, tandis que le Talabecland se trouve au sud et que l’Ostland Électeur du Talabecland, sous forme de troupes importantes visant à
ceinture le Hochland par le nord et l’est. Bien à l’intérieur des terres de « restaurer l’ordre », ont jusqu’ici été systématiquement déclinées.
cette province, on trouve les collines de Weiss, une contrée dangereuse
qui mêle coteaux et marécages, et que seul Fort Schippel surveille. Le bois d’œuvre et les objets en bois constituent l’essentiel du
commerce du Hochland. D’épais chênes et platanes poussent au sud,
Bien qu’elles soient principalement recouvertes de forêt, les propriétés tandis que le nord est plus propice aux pins et aux cèdres. Les guildes
agricoles qui longent les cours d’eau et encadrent les villages sont de bûcherons s’occupent de la coupe des arbres et de l’élagage, ainsi
fertiles grâce à l’irrigation importante que l’on trouve au sud des que de l’acheminement des troncs par la rivière jusqu’aux moulins
hauteurs des Monts du Milieu. C’est ainsi que le Hochland assure son d’Esk, de Bergendorf, de Krudenwald et de Hergig. Le bois est ensuite
autosubsistance, même si les victuailles de luxe doivent être importées acheté par des courtiers, chargé sur des chalands et expédié. Les
de Middenheim et de Talabheim. Les importantes chutes de neige forestiers du sud attendaient que le comte Ludenhof fasse construire
hivernales et les pluies diluviennes du printemps rendent les villes du un moulin sur la Talabec pour ne plus avoir à envoyer leur bois
Hochland vulnérables aux inondations, malgré les nombreuses digues jusqu’à Ahlenhof dans le Middenland, mais ce projet a été repoussé.
dans lesquelles a investi la maison Tussen-Hochen, qui dirigeait précé- Le moulin de Hergig est récent. Sa construction fut d’ailleurs un sujet
demment la province, pour contrôler les crues. N’ayant pas résisté à polémique avant la guerre, car l’Électeur d’Ostland estimait que cela
l’invasion d’Archaon, beaucoup de ces structures sont désormais en encourageait l’exploitation illégale des forêts sur ses terres et exigea
ruine, et on prévoit famine et inondations pour l’année à venir. la mise en place de droits de passage pour le bois acheminé par la
Louve. Cette question aurait bien pu dégénérer en conflit violent si
Si l’on quitte la Talabec pour aller au nord, les terres s’élèvent progres- Archaon n’était pas venu chambouler les plans des uns et des autres.
sivement jusqu’aux massifs des Monts du Milieu, pics menaçants reven-
diqués par beaucoup, mais en réalité contrôlés par personne. Trois Au cœur de la forêt, s’étendent les collines de Weiss, lande maréca-
routes principales serpentent à travers la province. La route de la Vieille geuse très peu peuplée de coteaux essentiellement empruntés par
Forêt relie Middenheim à Talabheim et se prolonge au-delà, la portion des braconniers, et des chasseurs et trappeurs agissant dans la
qui traverse le Hochland partant de Krudenwald pour s’approcher de légalité. L’essentiel de cette contrée est le domaine royal des comtes
la ville-sanctuaire de Gruyden, avant de terminer au niveau du bac de du Hochland, que surveille la garde de Fort Schippel. Lors de
la Talabec.Alors que cette route était très empruntée, le trafic en prove- l’invasion des forces d’Archaon, certaines peaux-vertes trouvèrent les
nance du nord est désormais presque nul si l’on exclut les messagers collines de Weiss à leur goût, si bien que la zone et les bois environ-
impériaux et les troupes de soldats que génère la guerre. nants sont désormais infestés de gobelins et d’orques de trois tribus
différentes, en plus des hors-la-loi humains.
La route du Nord assure la communication entre Wolfenburg
(Ostland) et Krudenwald, tandis que la route Nouvelle ouvre la voie
entre l’Ostland méridional, mais aussi Delberz et Altdorf. Ces deux
voies furent construites par des comtes d’une autre époque, dans le Les habitants
cadre d’un plan de développement de l’économie du Hochland, par
le commerce, les droits de passage et le tourisme, même si la guerre La plupart des Hochlanders descendent de la fière tribu Chérusen.
a brisé ces ambitions. Les voies principales apparaissent comme des Après s’être mêlée quelque temps avec les Taléutes du Talabecland,
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Les gens du Hochland sont connus pour leur façon de parler, chaude
et optimiste, plus que pour leur accent, qui est peu marqué. Leurs
paroles sont généralement empreintes de nombreuses références
animalières.
Sites notables
Esk
Très au nord, dans les Monts du Milieu, se trouvent les ruines d’Esk,
village déserté par ses habitants à l’arrivée des armées du Chaos. On
ne sait ce qu’il est advenu de ces gens car aucun des réfugiés ayant
fui vers l’ouest ou le sud ne dit venir de là. Esk était autrefois une
petite ville de mineurs et de bûcherons, connue essentiellement pour
ses mines de cuivre. Le minerai brut était fondu en lingots avant
d’être acheminé par voie fluviale jusqu’à Bergendorf pour le
commerce, cette voie de communication s’avérant plus sûre que la
route, pourtant plus rapide. Un château proche accueillait le
gouverneur d’Esk, serviteur du comte Ludenhof. Cette place fortifiée
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Taille de la communauté : CE = cité-état (toute taille), C = cité (10 000+), V = Ville (1 000 – 10 000),
B = bourg (100 – 1 000), Vil = village (1 – 100), F = fort (toute taille), M = mine (toute taille) ;
Richesse (1 = misérable ; 5 = très riche) ; Qualité de la garnison/milice : excellente (a), moyenne (b), médiocre (c).
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racontent qu’un noir sorcier de grande puissance s’est établi dans la Les patrouilleurs
région d’Esk. Submergé par les problèmes, le comte Ludenhof a
besoin d’informations précises sur tout ce qui se passe là-bas. Le Hochland a grandement besoin d’hommes et de femmes robustes
pour restaurer l’ordre, les forces du comte ne pouvant plus assurer la
Le comte engage les PJ pour mener une enquête à Esk. Sur la route, tâche seules. Des affiches annoncent le recrutement de patrouilleurs.
ceux-ci feront face (à moins qu’ils ne les évitent) à des hors-la-loi et à Les PJ répondent à l’annonce et sont engagés pour opérer à
des bandes résiduelles des troupes d’Archaon. La ville d’Esk paraîtra proximité de Gruyden, leur responsabilité principale étant d’assurer
totalement abandonnée, mais les mines et le château montreront les la sécurité des routes pour les pèlerins afin de les convaincre de
signes d’une activité certaine. Un examen approfondi révélera effec- visiter à nouveau le site en masse. Après avoir fait face à quelques
tivement la présence d’un nécromancien, qui a animé les corps des menaces mineures, les personnages apprennent que Markus
villageois pour en faire des mineurs morts-vivants à son service. Mais Eldebrandt a décidé que l’or des célèbres sanctuaires de la ville serait
quels sont exactement les projets du nécromancien et d’où viennent plus utile s’il permettait d’acheter de la nourriture pour les réfugiés.
les tambours que l’on entend la nuit dans les mines ? Le devoir des PJ est de protéger la ville par tous les moyens, sachant
que le baron Auerbach et ses serviteurs sont en déplacement à
Hergig. Cela va-t-il se conclure par un affrontement dans les rues ou
les PJ vont-il trouver un accord satisfaisant pour Eldebrandt ?
MIDDENLAND
EN BREF
Nom officiel : grands-duchés de Middenheim et du Middenland «Tant que brûleront les flammes du Grand Temple, Middenheim et le
Souverain : Comte Électeur Boris Todbringer, graf de Middenheim, Middenland tiendront.»
grand-duc du Middenland, prince de Carroburg, protecteur du
— GRAF BORIS TODBRINGER
Drakwald, gardien des Monts du Milieu, élu d’Ulric
Gouvernement : Middenheim : féodal, accompagné d’une bureau-
cratie puissante ; Middenland : féodal, avec une assemblée de nobles, «Middenheim est comme une grosse sangsue qui vampirise les honnêtes
de citoyens et d’ecclésiastiques à Carroburg (qui ne s’est pas réunie
depuis 170 ans) Middenlanders. Les évènements récents sont peut-être la clef de notre liberté.»
Capitale : Middenheim — DUC LÉOPOLD VON BILDHOFEN
Villes franches : Carroburg, Delberz
Exportations principales : vin, fer, laine et articles en laine, argent
extrait dans les Monts du Milieu «J’ai entendu dire qu’les nobles du côté de Laurelorn ont des affaires pas claires
avec les elfes. D’abord Arkee… comment c’est son nom déjà ? Et maintenant ça!
La région D’la trahison j’vous dis !ž»
— MARCHAND DE DELBERZ
Fondé par les antiques Teutogen, qui constituaient peut-être la tribu
la plus féroce de la confédération de Sigmar, le grand-duché de «T’inquiète pas, fiston, t’es pas spécialement visé. Les Middenheimers sont
Middenheim et du Middenland (que l’on appelle plus communément
le « Middenland ») assure la vitalité de tout le nord de l’Empire. Par sa
puissance militaire et économique, cette province domine tous ses
toujours aussi grossiers. Ils se sentent mieux ainsi. Je crois qu’ils feraient bien de
voisins du nord et de l’est, que ce soit le Hochland, l’Ostland ou le
manger plus de légumes verts, ça leur ferait pas de mal. »
Nordland. Son influence rivalise avec celle du Reikland et du — NÉGOCIANT MOOTLANDER
Talabecland, et sa grande cité de Middenheim se considère comme
l’égale de Nuln et d’Altdorf. Le Middenland a donné naissance à Sous les voûtes profondes de cette forêt se cachent également les
plusieurs empereurs par le passé et compte bien perpétuer cette hommes-bêtes, descendants de pillards d’une autre ère, qui se multi-
tradition. Quand une crise régionale menace l’Empire, le Middenland plient et attendent, n’attaquant qu’à l’occasion une ferme isolée ou un
est considéré (et se considère) comme la voix du Nord. petit groupe de voyageurs, jusqu’au moment où le Chaos jettera son
dévolu sur le nord. Les nobles et les citoyens de la province montent
Le Middenland est constitué d’une longue bande de terre qui s’étend parfois des expéditions visant à éradiquer cette menace, mais les
du Reik et de la Grande route du Nord du Pays perdu à l’ouest et au hommes-bêtes survivants ne font à chaque fois que s’enfoncer encore
sud-ouest, pour atteindre le Hochland et les Monts du Milieu à l’est. plus dans la forêt, pour reconstituer patiemment leur meute.
Au sud, de l’autre côté de la Talabec, se trouve le Talabecland, qui
rivalisait autrefois avec le Middenland pour diriger le culte d’Ulric. Au Dans la partie la plus occidentale de la province, on trouve les marais
nord, se tient son allié le Nordland et la forêt de Laurelorn, qui abrite du Midden, une vaste étendue de collines et de marécages stériles,
les mystérieux elfes sylvains, parfois hostiles. La méfiance des elfes à sources de plusieurs affluents du Reik. On raconte que les grands
l’égard du Middenland n’est pas vraiment fondée, ceux-ci lui repro- plans d’eau qui les composent sont aussi figés que la glace, même
chant de vouloir conquérir la forêt, alors que ces ambitions datent de quand le vent souffle fort, si étales qu’ils reflètent parfaitement le ciel
l’époque antique des empereurs du Drakwald. nocturne. Des aristocrates et autres individus privilégiés s’y rendent
parfois lors d’expéditions de pêche, les truites étant réputées pour
La Drakwald est une vaste et ancienne forêt qui s’étend de la frontière être les plus savoureuses de tout l’Empire. Mais on dit également que
Pays Perdu aux confins du Hochland. Si l’espèce humaine a établi les marais sont hantés. On peut distinguer d’étranges lueurs
quelques communautés dans ces bois, en particulier dans les profon- nocturnes dans la brume et on dit que les fantômes des soldats du
deurs, la forêt regorge de secrets, qu’elle ne divulgue pas gracieusement. Drakwald tués autrefois hantent désormais les marais les plus reculés.
Des dragons y résidant terrorisaient les tribus d’antan et l’Empire
naissant, jusqu’à ce qu’un empereur tue le dernier représentant de Dans la partie située la plus au sud-est se trouvent les collines
l’espèce. Cela ne saurait empêcher les chasseurs de trésor les plus Hurlantes, où les vents se lamentent à travers les terres argileuses
téméraires de braver le cœur de la Drakwald pour retrouver quelque désolées tels les esprits des morts. Le château de Middenstag protège
amas de fortune au fond d’un antre perdu de dragon, à moins qu’ils ne la route qui relie Delberz à Hergig des hors-la-loi qui se cachent dans
soient intéressés par les œufs, dont on dit qu’ils restent éternellement les collines et les gorges.Au nord, près de Middenheim, le sol se trans-
fertiles, n’attendant qu’une grande chaleur pour éclore. forme progressivement en bourbier pour donner ce qu’on appelle le
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Sous leur meilleur jour, on doit admettre que les Middenlanders sont
d’ardents défenseurs concepts tels que la fierté, la propriété et les
traditions. Quand une taxe injuste est imposée, les Middenlanders
protestent dans la rue, torche et fourche en mains. Il leur arrive de se
mobiliser pour une personne précise, en particulier quand il s’agit de
veuves de guerre destituées, d’orphelins ou de membres de guilde
exploités. C’est ainsi que la politique du Middenland est animée par
une composante brute et populaire que l’on ne retrouve pas
beaucoup dans les autres provinces.
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