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2020 034 FR

Ce rapport décrit l'état des aires protégées et de conservation en Afrique orientale et australe. Il couvre de nombreux pays de la région et fournit des informations sur la gestion et la conservation des ressources naturelles.
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© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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État des aires protégées et

de conservation d’Afrique
orientale et australe

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L'ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


État des aires protégées et
de conservation d’Afrique
orientale et australe

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


La terminologie géographique employée dans cet ouvrage, de même que sa présentation, ne sont en aucune manière l’expression d’une
opinion quelconque de la part de l’UICN ou des autres organisations concernées sur le statut juridique ou l’autorité de quelque pays,
territoire ou région que ce soit, ou sur la délimitation de ses frontières.

Les opinions exprimées dans cette publication ne reflètent pas nécessairement celles de l’UICN ou des autres organisations concernées.

L’UICN remercie ses partenaires cadre pour leur précieux support et tout particulièrement : le Ministère des affaires étrangères du Danemark,
le Ministère des affaires étrangères de la Finlande ; le Gouvernement Français et l’Agence Française de Développement (AFD) ; le Ministère
de l’environnement de la République de Corée ; l’Agence norvégienne de développement et de coopération (Norad) ; l’Agence suédoise de
coopération internationale au développement (Asdi) ; la Direction du développement et de la coopération de la Suisse (DDC) et le
Département d’État des États-Unis d’Amérique.

Le contenu de cette publication relève de la seule responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la
position de l’Union européenne ou du Groupe de pays ACP.

Cette publication a été possible grâce au soutien du 11e Fonds européen de développement.

L’UICN et les autres organisations concernées rejettent toute responsabilité en cas d’erreurs ou d’omissions intervenues lors de la
traduction en français de ce document dont la version originale est en anglais. En cas de divergences, veuillez vous référer à l’édition
originale : The state of protected and conserved areas in Eastern and Southern Africa. State of Protected
and Conserved Areas Report Series No. 1. (2020). Nairobie, Kenya : UICN ESARO. DOI: : https://doi.org/10.2305/IUCN.CH.2020.15.en

Publié par : UICN, Bureau régional pour l’Afrique orientale et australe, par le biais du programme BIOPAMA

Droits d’auteur : © 2020 UICN, Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources
© 2021 UICN, Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources, pour la traduction française
La reproduction de cette publication à des fins non commerciales, notamment éducatives, est permise sans autorisation
écrite préalable du (des) détenteur(s) des droits d’auteur à condition que la source soit dûment citée. La reproduction
de cette publication à des fins commerciales, notamment en vue de la vente, est interdite sans autorisation écrite
préalable du (des) détenteur(s) des droits d’auteur.

Citation : UICN ESARO (2021). État des aires protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe. Série de rapports sur
l’état des aires protégées et de conservation nº 1. Nairobi, Kenya : UICN ESARO.

ISBN : 978-2-8317-2139-2 (PDF)


978-2-8317-2140-8 (Papier)

DOI : https://doi.org/10.2305/IUCN.CH.2020.15.fr

Photo
de couverture : Éléphants, Parc national de Hwange, Zimbabwe. © Wilderness Safaris

Quatrième
de couverture : Réserve naturelle de l’Île aux Aigrettes, Île Maurice. © Gina Bonne IOC

Mise en page : INTUITIV, slu - www.intuitivme.com

Traduction : INTUITIV, slu - www.intuitivme.com

Imprimé par : Minuteman Press

Disponible
auprès de : UICN Afrique du Sud
333 Grosvenor Street
Hatfield Gardens, Block A
Pretoria, Afrique Du Sud
+27 (0)12 342 8304/6
[email protected]
https://www.biopama.org/
www.iucn.org/resources/publications

Cet ouvrage est imprimé sur du papier fabriqué à partir de fibres de bois provenant de forêts durablement gérées et certifiées conformément
aux règles du Forest Stewardship Council (FSC).
Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)
L’UICN est une union unique de Membres composée de gouvernements et d’organisations de la société
civile. Elle compte avec l’expérience, les ressources et le poids de ses plus de 1 400 organisations Membres
et les compétences de ses plus de 18 000 experts. L’UICN est l’autorité mondiale en ce qui concerne l’état
du monde naturel et les mesures nécessaires pour le protéger.
www.iucn.org

Programme pour la Biodiversité et la gestion des aires protégées


Le Programme pour la biodiversité et la gestion des aires protégées (BIOPAMA) vise à améliorer la
conservation à long terme et l’utilisation durable des ressources naturelles dans les pays d’Afrique, des
Caraïbes et du Pacifique (ACP), dans les aires protégées et les communautés avoisinantes. Il s’agit d’une
initiative du Groupe des Pays ACP, financée par le 11e Fonds européen de développement (FED) de l’Union
européenne, conjointement mis en œuvre par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)
et le Centre commun de recherche de la Commission européenne (CCR). S’appuyant sur les cinq premières
années d’activités financées par le 10e FED, la deuxième phase de BIOPAMA fournit des outils pour la
gestion des données et de l’information, des services visant à améliorer les connaissances et les capacités
en matière de planification et de prise de décision concernant les aires protégées, et des opportunités de
financement pour des actions spécifiques sur site.
www.biopama.org

Centre commun de recherche et Commission européenne


La Commission européenne (CE) est l’organe exécutif de l’Union européenne (UE), le plus grand donateur
d’aide publique au développement. En tant que service scientifique interne de la CE, le Centre commun de
recherche (CCR) fournit aux politiques de l’UE un soutien scientifique et technique indépendant et fondé sur
des données probantes, y compris des politiques et des programmes au niveau mondial, et en particulier
ceux axés sur le groupe des Pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).
www.ec.europa.eu/jrc/en

Centre régional de cartographie des ressources pour le développement
Le Centre régional de cartographie des ressources pour le développement (RCMRD, selon ses sigles en
anglais) est une organisation intergouvernementale composée aujourd’hui de 20 États membres d’Afrique
orientale et australe. Il a été créé en 1975 par l’Union africaine (UA) et la Commission économique des
Nations Unies pour l’Afrique. Le RCMRD promeut un développement durable par la génération, l’application
et la diffusion d’informations géographiques et de technologies connexes entre ses États membres et
parties prenantes. Notre mandat est mis en œuvre dans des domaines thématiques tels que la gestion des
ressources naturelles, la gestion de l’environnement, l’action climatique, la sécurité alimentaire et l’agriculture
durable, la gestion des connaissances et le renforcement des capacités, la gestion des terres et le
développement urbain.
www.rcmrd.org

Centre mondial de surveillance de la conservation de la nature de l’ONU Environnement


Le Centre mondial de surveillance de la conservation de la nature du Programme des Nations Unies pour
l’environnement (UNEP-WCMC, selon ses sigles en anglais) est un centre mondial d’excellence en matière
de biodiversité. Le Centre fonctionne comme une collaboration entre le Programme des Nations Unies pour
l’environnement et le WCMC, organisme de bienfaisance enregistré au Royaume-Uni. Ensemble, nous
faisons face à la crise mondiale à laquelle est confrontée la nature.
www.unep-wcmc.org

Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique


L’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), anciennement connue sous le
nom de Groupe des pays ACP, est une organisation créée par l’accord original de Georgetown en 1975,
révisé en 2019. Les principaux objectifs de l’OEACP sont le développement durable de ses membres et leur
intégration progressive dans l’économie mondiale, la coordination des activités de l’OEACP dans le cadre
de la mise en œuvre de l’accord de partenariat existant avec l’Union Européenne, la consolidation de l’unité
et de la solidarité entre les membres de l’OEACP, et l’installation et la consolidation de la paix, de la sécurité
et de la stabilité dans un environnement de démocratie et de liberté.
www.acp.int
Union européenne
Les États membres de l’Union européenne ont décidé de mettre graduellement en commun leur savoir-
faire, leurs ressources et leur destin. Ensemble, ils ont construit une zone de stabilité, de démocratie et de
développement durable tout en préservant leur diversité culturelle, la tolérance et les libertés individuelles.
L’Union européenne tient à partager ses réalisations et ses valeurs avec les pays et les peuples au-delà de
ses frontières.
www.europa.eu

Cette publication a été possible grâce au soutien du 11e FED. Le contenu de cette publication relève de
la seule responsabilité de ses auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position
de l’Union européenne ou du Groupe de pays ACP.

Communautés économiques régionales d’Afrique orientale et australe

Pays représentés dans le présent rapport

Angola Botswana Comores Djibouti Érythrée Eswatini

Éthiopie Kenya Lesotho Madagascar Malawi Maurice

Mozambique Namibie Rwanda Seychelles Somalie Afrique du Sud

Soudan du Sud Soudan Tanzanie Ouganda Zambie Zimbabwe


Table des matières
Liste des figures...........................................................................................................................................................................................vii
Liste des encadrés........................................................................................................................................................................................ix
Liste des tableaux......................................................................................................................................................................................... x
Avant-propos.................................................................................................................................................................................................xi
Résumé exécutif...........................................................................................................................................................................................xii
Remerciements........................................................................................................................................................................................... xiii
Glossaire......................................................................................................................................................................................................xiv
Acronymes................................................................................................................................................................................................. xvii
Partie I - Contexte ...................................................................................................................................................................................... 1
1. Introduction.............................................................................................................................................................................................. 1
1.1 Objectifs......................................................................................................................................................................................... 2
1.2 Méthodologie ............................................................................................................................................................................... 2
1.3 Structure ....................................................................................................................................................................................... 3
2. Cadre conceptuel et international ........................................................................................................................................................ 5
2.1 Que sont les aires protégées et de conservation ?........................................................................................................................ 6
2.2 Convention sur la diversité biologique .......................................................................................................................................... 8
2.3 Autres mesures de conservation efficaces par zone (AMCE)........................................................................................................ 8
2.4 Liste verte de l’UICN des aires protégées et de conservation ...................................................................................................... 8
2.5 Désignations internationales pour les aires protégées et de conservation ................................................................................ 11
2.6 Autres domaines prioritaires pour la conservation...................................................................................................................... 12
2.7 Suivi des aires protégées et de conservation : vue d’ensemble.................................................................................................. 12
2.8 Une image globale des aires protégées....................................................................................................................................... 13
Partie II - Contexte régional, données et profils nationaux................................................................................................................... 17
3. Vue d’ensemble de la région................................................................................................................................................................ 17
3.1 Afrique de l’Est............................................................................................................................................................................. 19
3.2 Madagascar et îles occidentales de l’océan Indien..................................................................................................................... 19
3.3 Afrique australe............................................................................................................................................................................ 19
4. Aires protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe................................................................................................. 21
4.1 Données statistiques de référence.............................................................................................................................................. 23
4.2 Désignations mondiales et autres domaines prioritaires dans la région...................................................................................... 25
4.3 Représentativité écologique ....................................................................................................................................................... 32
4.4 Qu’est-ce qui a changé dans la couverture des aires protégées ?............................................................................................. 33
4.5 Aires protégées et de conservation transfrontières..................................................................................................................... 35
5. Services écosystémiques des aires protégées d’Afrique orientale et australe.............................................................................. 43
6. Politiques régionales et cadres pertinents relatifs à la conservation de la biodiversité et à la gestion des aires protégées.... 47
7. Communautés économiques régionales............................................................................................................................................ 51
7.1 Communauté d’Afrique de l’Est (CAE)......................................................................................................................................... 52
7.2 Commission de l’océan Indien (COI)............................................................................................................................................ 52
7.3 Autorité intergouvernementale sur le développement (IGAD)...................................................................................................... 55
7.4 Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC)................................................................................................... 55
8. Profils nationaux ................................................................................................................................................................................... 59
8.1 Angola.......................................................................................................................................................................................... 61
8.2 Botswana..................................................................................................................................................................................... 65
8.3 Comores....................................................................................................................................................................................... 69
8.4 Djibouti......................................................................................................................................................................................... 73
8.5 Érythrée........................................................................................................................................................................................ 76
8.6 Eswatini........................................................................................................................................................................................ 80
8.7 Éthiopie........................................................................................................................................................................................ 83
8.8 Kenya........................................................................................................................................................................................... 87
8.9 Lesotho........................................................................................................................................................................................ 91
8.10 Madagascar................................................................................................................................................................................. 95

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 vii


Table des matières (suite)
8.11 Malawi.......................................................................................................................................................................................... 98
8.12 Maurice...................................................................................................................................................................................... 101
8.13 Mozambique.............................................................................................................................................................................. 104
8.14 Namibie...................................................................................................................................................................................... 108
8.15 Rwanda...................................................................................................................................................................................... 111
8.16 Seychelles.................................................................................................................................................................................. 114
8.17 Somalie...................................................................................................................................................................................... 117
8.18 Afrique du Sud........................................................................................................................................................................... 121
8.19 Soudan du Sud.......................................................................................................................................................................... 125
8.20 Soudan ...................................................................................................................................................................................... 128
8.21 Tanzanie..................................................................................................................................................................................... 131
8.22 Ouganda.................................................................................................................................................................................... 135
8.23 Zambie....................................................................................................................................................................................... 139
8.24 Zimbabwe.................................................................................................................................................................................. 142
Partie III - Gouvernance et efficacité de la gestion.............................................................................................................................. 147
9. Gouvernance et équité des aires protégées .................................................................................................................................... 147
9.1 Gouvernance des aires protégées............................................................................................................................................. 148
9.1.1 Diversité de la gouvernance.............................................................................................................................................. 149
9.1.2 Qualité de la gouvernance................................................................................................................................................. 150
9.2 Bonne gouvernance et Liste verte de l’UICN des aires protégées et de conservation............................................................. 150
9.3 Mesurer et évaluer la gouvernance............................................................................................................................................ 152
9.3.1 Lignes directrices sur les meilleures pratiques de la CMAP-UICN ................................................................................. 158
9.3.2 Évaluation à l’échelle des systèmes ................................................................................................................................ 158
9.3.3 Évaluation à l’échelle des sites ........................................................................................................................................ 158
9.3.4 Évaluation de la gouvernance et de l’équité à l’échelle des sites (EGES) ...................................................................... 158
9.3.5 Évaluation de la gouvernance des aires protégées et de conservation (EGAP)............................................................... 159
9.3.6 Indicateurs........................................................................................................................................................................ 160
9.4 Évaluations sociales................................................................................................................................................................... 160
9.5 La GEAP en Afrique orientale et australe................................................................................................................................... 160
9.5.1 Évaluations de la gouvernance en Afrique orientale et australe....................................................................................... 163
9.5.2 Évaluations sociales ........................................................................................................................................................ 163
9.6 Résultats des évaluations sociales et de gouvernance en Afrique orientale et australe........................................................... 163
10. Efficacité de la gestion des aires protégées................................................................................................................................... 167
10.1 Qu’est-ce qu’une gestion efficace ?.......................................................................................................................................... 168
10.2 Évaluation de l’efficacité de la gestion ...................................................................................................................................... 168
10.3 Engagements internationaux en matière d’évaluation de l’efficacité de la gestion................................................................... 169
10.4 Base de données mondiale sur l’efficacité de la gestion des aires protégées (BD-EGAP)....................................................... 169
10.5 Outils d’évaluation de l’efficacité de la gestion.......................................................................................................................... 169
10.6 Principes applicables aux évaluations EfGAP .......................................................................................................................... 169
10.7 Intégrer l’efficacité de la gestion à la gouvernance et aux évaluations sociales ...................................................................... 170
10.8 Les EfGAP en Afrique orientale et australe................................................................................................................................ 171
10.8.1 Inventaire des évaluations EfGAP en Afrique orientale et australe ................................................................................ 171
10.8.2 Inventaire des évaluations combinées en Afrique orientale et australe.......................................................................... 174
10.9 Résultats des évaluations EfGAP en Afrique orientale et australe ........................................................................................... 174
10.10 Financement et ressources des aires protégées..................................................................................................................... 177
10.10.1 Déficit de financement en Afrique orientale et australe ............................................................................................... 178
10.10.2 Sources de financement actuelles .............................................................................................................................. 178
10.10.3 Sources de financement nouvelles et émergentes pour les aires protégées .............................................................. 183
10.11 Conclusions............................................................................................................................................................................. 184
11. Innovations et expériences régionales........................................................................................................................................... 187

viii SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Table des matières (suite)
11.1 Gestion collaborative des aires protégées................................................................................................................................. 188
11.2 Renforcement des capacités pour les aires protégées et de conservation ............................................................................. 190
11.3 Rôle de la technologie dans la gestion des aires protégées .................................................................................................... 190
11.4 S’adapter aux changements climatiques................................................................................................................................... 194
Partie IV....................................................................................................................................................................................................197
12. Recommandations........................................................................................................................................................................... 197
12.1 Accroître le financement durable et le soutien politique aux aires protégées et de conservation............................................. 198
12.2 Renforcer les capacités de gestion des aires protégées et de conservation............................................................................ 198
12.3 Diversifier la gouvernance des aires protégées et reconnaître les initiatives de gouvernance
à l’échelle locale et communautaire et de cogestion................................................................................................................. 198
12.4 Combler les lacunes dans la couverture des écosystèmes marins et terrestres dans les aires protégées et de conservation.198
12.5 Renforcer la collaboration transfrontalière et sectorielle pour faire face aux menaces existantes et émergentes.................... 199
12.6 Améliorer la conservation transfrontière ................................................................................................................................... 199
12.7 Améliorer la couverture des évaluations de l’efficacité de la gestion, de la gouvernance et de l’équité................................... 199
12.8 Améliorer la fréquence et l’exhaustivité des rapports à la Base de données mondiale des aires protégées ........................... 199
Références............................................................................................................................................................................................... 201
Annexes.................................................................................................................................................................................................... 217
Annexe 1. Points focaux BIOPAMA..........................................................................................................................................................219
Annexe 2. Statistiques régionales sur les aires protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe.........................................220
A2-Tableau 1. État des aires protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe...........................................................220
A2-Tableau 2. Aires côtières et marines protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe.........................................221
A2-Tableau 3. Catégories de gestion de l’UICN des aires protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe.............221
A2-Tableau 4. Type de gouvernance de l’UICN des aires protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe..............222
Annexe 3. Sites d’importance mondiale en Afrique orientale et australe.................................................................................................222
A3-Tableau 1. Sites Ramsar d’Afrique orientale et australe...........................................................................................................222
A3-Tableau 2. Réserves de biosphère d’Afrique orientale et australe............................................................................................226
Annexe 4. Représentativité écologique en Afrique orientale et australe...................................................................................................227
A4-Tableau 1. Représentativité écologique des aires protégées d’Afrique orientale et australe...................................................227
Annexe 5. Instruments juridiques soutenant l’équité et la gouvernance non-étatique des aires protégées............................................228
Annexe 6. Aires protégées et de conservation selon les catégories de gestion de l’UICN par pays.......................................................230
Annexe 7. Aires protégées et de conservation selon les types de gouvernance de l’UICN par pays......................................................236

Liste des figures


Figure 1.1 : Carte des pays inclus dans le présent rapport.......................................................................................................................... 3
Figure 2.1 : Systèmes mondiaux et régionaux de gestion des données pour les aires protégées ............................................................ 13
Figure 4.1 : Aires protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe......................................................................................... 22
Figure 4.2 : Couverture des aires protégées terrestres en Afrique orientale et australe ............................................................................ 23
Figure 4.3 : Aires côtières et marines protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe.......................................................... 24
Figure 4.4 : Catégories de gestion de l’UICN des aires protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe.............................. 24
Figure 4.5 : Catégories de type de gouvernance de l’UICN des aires protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe........ 24
Figure 4.6 : Degrés de protection des écorégions terrestres représentées dans la région ....................................................................... 33
Figure 4.7 : Degrés de protection des écorégions marines et provinces pélagiques représentées dans la région ................................... 33
Figure 4.8 : Couverture des écorégions en Afrique orientale et australe par pourcentage de protection.................................................. 34
Figure 4.9 : Nombre d’entrées d’aires protégées dans la BDMAP de 1998 à 2019 .................................................................................. 34
Figure 4.10 : Aires de conservation transfrontalières dans la Communauté de développement de l’Afrique australe (ACT-SADC).......... 36
Figure 5.1 : Types de services écosystémiques.......................................................................................................................................... 45
Figure 8.1 : Résumé de l’Angola................................................................................................................................................................. 62
Figure 8.2 : Aires protégées d’Angola......................................................................................................................................................... 63
Figure 8.3 : Résumé du Botswana.............................................................................................................................................................. 66

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 ix


Liste des figures (suite)
Figure 8.4 : Aires protégées du Botswana.................................................................................................................................................. 67
Figure 8.5 : Résumé des Comores.............................................................................................................................................................. 70
Figure 8.6 : Aires protégées des Comores.................................................................................................................................................. 71
Figure 8.7 : Résumé de Djibouti.................................................................................................................................................................. 74
Figure 8.8 : Aires protégées de Djibouti...................................................................................................................................................... 75
Figure 8.9 : Résumé de l’Érythrée............................................................................................................................................................... 77
Figure 8.10 : Aires protégées d’Érythrée..................................................................................................................................................... 78
Figure 8.11 : Résumé de l’Eswatini............................................................................................................................................................. 81
Figure 8.12 : Aires protégées d’Eswatini..................................................................................................................................................... 82
Figure 8.13 : Résumé de l’Éthiopie............................................................................................................................................................. 84
Figure 8.14 : Aires protégées d’Éthiopie..................................................................................................................................................... 85
Figure 8.15 : Résumé du Kenya.................................................................................................................................................................. 88
Figure 8.16 : Aires protégées du Kenya...................................................................................................................................................... 89
Figure 8.17 : Résumé du Lesotho............................................................................................................................................................... 92
Figure 8.18 : Aires protégées du Lesotho................................................................................................................................................... 93
Figure 8.19 : Résumé de Madagascar........................................................................................................................................................ 96
Figure 8.20 : Aires protégées de Madagascar............................................................................................................................................ 97
Figure 8.21 : Résumé du Malawi................................................................................................................................................................. 99
Figure 8.22 : Aires protégées du Malawi................................................................................................................................................... 100
Figure 8.23 : Résumé de Maurice............................................................................................................................................................. 102
Figure 8.24 : Aires protégées de Maurice................................................................................................................................................. 103
Figure 8.25 : Résumé du Mozambique..................................................................................................................................................... 105
Figure 8.26 : Aires protégées du Mozambique......................................................................................................................................... 106
Figure 8.27 : Résumé de la Namibie......................................................................................................................................................... 109
Figure 8.28 : Aires protégées de Namibie................................................................................................................................................. 110
Figure 8.29 : Résumé du Rwanda............................................................................................................................................................. 112
Figure 8.30 : Aires protégées du Rwanda................................................................................................................................................. 113
Figure 8.31 : Résumé des Seychelles....................................................................................................................................................... 115
Figure 8.32 : Aires protégées des Seychelles........................................................................................................................................... 116
Figure 8.33 : Résumé de la Somalie.......................................................................................................................................................... 118
Figure 8.34 : Aires protégées de Somalie................................................................................................................................................. 119
Figure 8.35 : Résumé de l’Afrique du Sud................................................................................................................................................ 122
Figure 8.36 : Aires protégées d’Afrique du Sud........................................................................................................................................ 123
Figure 8.37 : Résumé du Soudan du Sud................................................................................................................................................. 126
Figure 8.38 : Aires protégées du Soudan du Sud..................................................................................................................................... 127
Figure 8.39 : Résumé du Soudan.............................................................................................................................................................. 129
Figure 8.40 : Aires protégées du Soudan.................................................................................................................................................. 130
Figure 8.41 : Résumé de la Tanzanie......................................................................................................................................................... 132
Figure 8.42 : Aires protégées de Tanzanie................................................................................................................................................ 133
Figure 8.43 : Résumé de l’Ouganda.......................................................................................................................................................... 136
Figure 8.44 : Aires protégées d’Ouganda................................................................................................................................................. 137
Figure 8.45 : Résumé de la Zambie.......................................................................................................................................................... 140
Figure 8.46 : Aires protégées de Zambie.................................................................................................................................................. 141
Figure 8.47 : Résumé du Zimbabwe......................................................................................................................................................... 143
Figure 8.48 : Aires protégées du Zimbabwe............................................................................................................................................. 144
Figure 9.1 : Évaluations de la gouvernance répertoriées par méthodologie............................................................................................. 163
Figure 9.2 : Évaluations de la gouvernance répertoriées par pays........................................................................................................... 163
Figure 9.3 : Évaluations sociales répertoriées par méthodologie............................................................................................................. 164
Figure 9.4 : Nombre total d’évaluations sociales répertoriées par pays................................................................................................... 164
Figure 10.1 : Cycle de gestion et évaluation de la gestion des aires protégées....................................................................................... 168
Figure 10.2 : Pourcentage de couverture des évaluations de l’efficacité de la gestion par région .......................................................... 172
Figure 10.3 : Nombre d’aires protégées présentant une évaluation EfGAP dans la BD-EGAP en Afrique orientale et australe.............. 173
Figure 10.4 : Pourcentage d’aires protégées possédant des évaluations EfGAP dans la BD-EGAP....................................................... 173
Figure 10.5 : Évaluations EfGAP répertoriées en Afrique orientale et australe par méthodologie / outil.................................................. 173

x SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Liste des figures (suite)
Figure 10.6 : Répartition des évaluations EfGAP répertoriées par pays................................................................................................... 173
Figure 10.7 : Évaluations de l’efficacité de la gestion répertoriées par année.......................................................................................... 175
Figure 10.8 : Évaluations OSEG répertoriées par année........................................................................................................................... 175
Figure 10.9 : Évaluations « combinées » répertoriées par méthodologie / outil ....................................................................................... 175
Figure 10.10 : Résultats d’efficacité de la gestion des aires protégées évaluées en Afrique de l’Est...................................................... 175
Figure 10.11 : Carte montrant les résultats d’efficacité de la gestion des aires protégées évaluées en Afrique de l’Est ........................ 176
Figure 10.12 : Résultats moyens pour les indicateurs principaux des évaluations les plus récentes .................................................... 177
Figure 10.13 : Déficit de financement et ressources financières disponibles dans 15 pays d’Afrique orientale et australe.................... 179
Figure 10.14 : Répartition des recettes générées en interne dans sept pays (Eswatini, Éthiopie, Kenya, Namibie,
Afrique du sud, Tanzanie et Ouganda)................................................................................................................................. 179
Figure 11.1 : Quadrant de l’application de la technologie dans les aires protégées d’Afrique................................................................. 191

Liste des encadrés


Encadré 2.1 : Zones de conservation communales en Namibie................................................................................................................... 6
Encadré 2.2 : Autres mesures de conservation efficaces par zone (AMCE) en Afrique................................................................................ 9
Encadré 2.3 : Zones clés pour la biodiversité (KBA) en Afrique.................................................................................................................. 10
Encadré 2.4 : Centre régional de ressources (CRR) de BIOPAMA.............................................................................................................. 11
Encadré 4.1 : Qu’est-ce que le PADDD ?.................................................................................................................................................... 35
Encadré 4.2 : Réseau TFCA de la SADC ................................................................................................................................................... 37
Encadré 7.3 : Conservation marine transfrontalière entre le Kenya et la Tanzanie..................................................................................... 54
Encadré 9.1 : Ayant-droits et parties prenantes, quelle différence ?........................................................................................................ 148
Encadré 9.2 : Relancer la conservation marine grâce à la gestion locale de la pêche ............................................................................ 151
Encadré 9.3 : La diversité de la gouvernance en pratique - établir des zones marines gérées localement pour lutter
contre le déclin des poissons à Kuruwitu, sur la côte nord du Kenya ............................................................................... 152
Encadré 9.4 : Cogestion du Parc national de Gonarezhou....................................................................................................................... 153
Encadré 9.5 : Travailler avec les communautés en faveur de la conservation ......................................................................................... 154
Encadré 9.6 : Ol Kinyei Conservancy et la Liste verte de l’UICN.............................................................................................................. 158
Encadré 9.7 : Évaluation de la gouvernance à l’échelle du système en Tanzanie.................................................................................... 160
Encadré 9.8 : Évaluation de la gouvernance à l’échelle des sites à Mumbwa GMA en Zambie.............................................................. 161
Encadré 9.9 : État des aires de conservation autochtones et communautaires en Tanzanie................................................................... 162
Encadré 9.10 : Évaluation sociale à Ol Pejeta Conservancy, au Kenya.................................................................................................... 164
Encadré 10.1 : Pourquoi informer sur l’efficacité de la gestion des aires protégées ?............................................................................. 169
Encadré 10.2 : La vigueur de l’économie touristique au Rwanda ............................................................................................................ 180
Encadré 10.3 : Première incitation fiscale efficace pour la biodiversité en Afrique du Sud...................................................................... 185
Encadré 10.4 : Impact de la pandémie de COVID-19 sur les aires protégées en Afrique orientale et australe........................................ 185
Encadré 11.1 : Renforcement des capacités de lutte contre le braconnage - le cas du Collège de la faune d’Afrique australe............. 190
Encadré 11.2 : EarthRanger - connaître de la situation pour sécuriser les aires protégées et réduire les conflits homme-faune........... 192
Encadré 11.3 : Programme de suivi des rhinocéros après réintroduction................................................................................................ 193
Encadré 11.4 : Piégeage photographique pour le suivi écologique et la sécurité.................................................................................... 194
Encadré 11.5 : SPARC - Réduire les risques climatiques pour les réseaux de conservation................................................................... 195

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 xi


Liste des tableaux
Tableau 2.1 : Catégories de gestion des aires protégées de l’UICN ............................................................................................................ 7
Tableau 2.2 : Norme de la Liste verte de l’UICN - composantes et critères................................................................................................. 9
Tableau 2.3 : Trois des menaces les plus fréquemment signalées dans le biome Afro-tropical................................................................. 14
Tableau 4.1 : Sites d’importance mondiale en Afrique orientale et australe............................................................................................... 25
Tableau 4.2 : Liste annotée des sites naturels et « mixtes » (naturels / culturels) du Patrimoine mondial en Afrique orientale et australe
(en 2019), y compris les résultats de l’Évaluation des perspectives de conservation de l’UICN et les dates des
missions de suivi du Centre du Patrimoine mondial / UICN.................................................................................................. 26
Tableau 4.3 : Aires transfrontières de conservation d’Afrique orientale et australe.................................................................................... 38
Tableau 6.1 : Progrès accomplis dans la mise en œuvre de l’objectif 3.1 du PTAP................................................................................... 49
Tableau 9.1 : Types de gouvernance de l’UICN pour les aires protégées................................................................................................. 150
Tableau 9.2 : Principes de bonne gouvernance de l’UICN pour les aires protégées ............................................................................... 156
Tableau 9.3 : Évaluations ESAP, EGAP et EGES réalisées à ce jour......................................................................................................... 165
Tableau 10.1 : Méthodologies EfGAP les plus couramment utilisées en Afrique orientale et australe..................................................... 170
Tableau 10.2 : Évaluations EfGAP en Afrique orientale et australe........................................................................................................... 172
Tableau 11.1 : Cadre modèle pour les partenariats de gestion collaborative .......................................................................................... 189

© Wilderness Safaris

xii SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Avant-propos efficacement les écosystèmes, ou à les restaurer, constitueront des
investissements précieux pour réduire le risque de zoonoses et
maintenir les moyens de subsistance des communautés.

L’année 2020 marque un moment charnière dans la conservation Les aires protégées et de conservation sont une composante
de la nature, à un moment où le monde fait le bilan des progrès essentielle de la plupart des programmes de conservation de la
accomplis en relation avec le Plan stratégique pour la biodiversité nature, où la gouvernance et la gestion sont nécessaires pour
2011-2020 et négocie le nouveau Cadre mondial pour la biodiversité maintenir des programmes efficaces, capables d’identifier et
pour l’après 2020. La publication de ce précieux rapport est une d’aborder les menaces conduisant à une perturbation des
étape importante dans un voyage qui a débuté dans la région écosystèmes. Avec une pression démographique et une
d’Afrique orientale et australe lors du Ve Congrès mondial des consommation de ressources naturelles croissantes, il n’y a que
parcs de l’UICN à Durban, en 2003. Lors de cette réunion, peu d’endroits au monde où un investissement dans une
l’audacieux Plan d’action de Durban a été élaboré, constituant la gouvernance et une gestion efficaces ne soit pas nécessaire pour
base du premier accord multilatéral complet sur les aires protégées faire face aux menaces et maintenir l’intégrité des écosystèmes.
au monde. Le Programme de travail sur les aires protégées (PTAP) Outre une protection contre les pandémies, les écosystèmes
a ensuite été adopté lors de la 7e Conférence des Parties à la naturels procurent à la société une vaste gamme d’avantages
Convention sur la diversité biologique, à Kuala Lumpur en 2004. grâce à la fourniture d’eau potable et salubre, de ressources
Bon nombre des objectifs, principes, méthodes et mesures alimentaires, de stockage de carbone, de santé et de bien-être en
adoptés dans cette décision sont à la base du présent rapport. Par général, et tous ont une valeur humaine et économique. Souvent,
exemple, c’est à Durban que la pleine compréhension de la les gouvernements hésitent à investir dans le maintien des
gouvernance, de l’équité et des droits en relation avec les aires écosystèmes essentiels qui génèrent cette valeur. Ils ne pensent
protégées et de conservation a été documentée, comme souligné qu’aux coûts relativement mineurs de la gestion des aires
dans cette publication. protégées, mais mettent en péril les énormes contributions que les
écosystèmes intacts et les aires protégées apportent à l’économie,
Au cours du Plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020, les
y compris par le biais des moyens de subsistance qui en dépendent.
gouvernements nationaux et autres parties prenantes ont réalisé
Sans financement public, non seulement la gouvernance et la
des progrès considérables sur les nombreux éléments essentiels
gestion de ces sites sont affaiblies, mais leurs fonctions et services
de l’Objectif d’Aichi 11 sur les aires protégées. Un aperçu de ces
essentiels à la société sont compromis.
réalisations a été présenté dans les rapports biennaux de Planète
protégée, sur la base des informations présentes dans la Base de Ce rapport sur l’état des aires protégées et de conservation
données mondiale des aires protégées. Ce rapport documente ces apporte une contribution importante à l’évaluation de l’état actuel
progrès et les illustre avec de nombreuses études de cas d’Afrique des nombreux facteurs contribuant au succès des systèmes
orientale et australe. Il montre également comment les systèmes d’aires protégées et de conservation. Il analyse les progrès
d’aires protégées et de conservation sont une stratégie de accomplis vers la réalisation des objectifs nationaux et mondiaux,
conservation essentielle pour la région, sans laquelle la perte de et les mesure sur la base de normes fiables d’efficacité, telles que
biodiversité aurait été beaucoup plus importante. Il met également la Liste verte de l’UICN des aires protégées et de conservation, qui
en évidence les nombreuses lacunes persistant dans la définit ce que l’on entend par des systèmes efficaces et équitables
compréhension et la mise en œuvre, et nous montre à quel point il d’aires protégées et de conservation. Il fournit également un
est difficile d’obtenir des résultats efficaces pour la conservation diagnostic des déficits, situe les lacunes et explique comment y
de la nature. remédier par un développement ciblé des capacités.

Le rapport souligne les raisons d’être d’une mise en œuvre de Le bilan de cette situation a été possible grâce au programme
systèmes efficaces d’aires protégées et de conservation. Comme BIOPAMA, un investissement de l’Union européenne et de
l’a déclaré Nelson Mandela lors du Congrès mondial des parcs de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Le
l’UICN à Durban, « nous savons que la clé d’un avenir durable pour rapport établit donc une base de référence précieuse à partir de
les aires protégées réside dans le développement de partenariats. laquelle de nouveaux progrès pourront être mesurés. Il contribue
Ce n’est que par des alliances et des partenariats que les aires aux Systèmes d’information de référence régionaux et mondiaux,
protégées pourront être adaptées aux besoins de la société ». ainsi qu’aux partenariats qui favoriseront une prise de décision
Comprendre et documenter la pertinence des aires protégées et de mieux informée à l’échelle nationale et mondiale. Il aidera à cibler
conservation aux besoins de la société est l’une des principales les domaines où des interventions et des investissements sont
contributions de ce rapport. La crise contemporaine liée à la nécessaires pour améliorer à la fois la gouvernance et la gestion,
pandémie de COVID-19 met brutalement cela en évidence. Les ainsi qu’à soutenir l’efficacité de ces systèmes en tant que
pandémies causées par le transfert d’agents pathogènes de la fondement de la vie terrestre et marine, mais aussi des objectifs de
faune sauvage aux hôtes humains sont souvent le résultat d’une développement humain, essentiels à l’avenir de notre planète.
dégradation, fragmentation ou perturbation de l’intégrité des
écosystèmes naturels, ainsi que d’une augmentation des Trevor Sandwith
mouvements et des contacts entre les humains et la faune sauvage. Directeur
Maintenir l’intégrité des écosystèmes, à l’intérieur et au-delà des Programme mondial de l’UICN sur les aires protégées
aires protégées, est donc essentiel, et les efforts visant à gérer

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 xiii


Résumé exécutif de biosphère, 27 sites du Patrimoine mondial et 109 sites Ramsar
(Zones humides d’importance internationale). La région abrite
également 30 sites transfrontaliers de conservation, allant de
modalités conceptuelles à des aires de conservation transfrontières
La région d’Afrique orientale et australe couvre 24 pays, de l’Afrique
étayées par des traités officiels. L’Afrique australe dispose d’un
du Sud, au sud, au Soudan, au nord, ainsi que quatre des six
solide programme d’aires de conservation transfrontières, le
nations insulaires de l’océan Indien occidental. La région est
premier de ces sites ayant été déclaré en 1990, et pourrait fournir
culturellement diverse et extrêmement riche en biodiversité, avec
des enseignements utiles à d’autres parties du continent.
une abondance de vie sauvage spectaculaire et de nombreuses
espèces endémiques de flore et de faune. Des efforts considérables L’objectif des Communautés économiques régionales de la région
sont déployés pour préserver la biodiversité de la région, mais des est de faciliter l’intégration économique entre les États membres
populations humaines grandissantes, des conflits liés à l’utilisation des différentes régions et, plus généralement, au sein de la
des terres, la surexploitation des ressources, des activités Communauté économique africaine. Elles jouent également un rôle
récréatives non durables, la déforestation et le commerce illégal important en termes de promotion de la conservation transfrontalière
menacent les aires protégées, les espèces et les écosystèmes. dans la région.
S’ajoutant à ces défis, la pandémie actuelle de COVID-19 a entraîné
Un résumé des données disponibles pour chacun des 24 pays
l’arrêt de l’industrie touristique et, par conséquent, une diminution
couverts par ce rapport recoupe les informations provenant de la
significative des financements liés à la conservation des aires
Base de données mondiale des aires protégées et celles des
protégées, dont les principaux revenus sont issus du tourisme. La
rapports nationaux à la Convention sur la diversité biologique. Ces
pandémie aggrave le déficit de financement des aires protégées et
données constituent une référence quant aux informations
rappelle durement la nécessité de diversifier les revenus.
disponibles. De plus amples détails et analyses à l’échelle nationale
L’État des aires protégées et de conservation d’Afrique orientale et seront fournis dans de futurs rapports, au fur et à mesure de leur
australe est le premier rapport regroupant des informations sur les disponibilité.
aires protégées et de conservation dans l’ensemble de la région
Le rapport comprend une introduction à la gouvernance des aires
d’Afrique de l’Est et du Sud. Il constitue un rapport de référence,
protégées, passant en revue les travaux de l’UICN et autres
présentant les données et informations actuellement disponibles.
organisations visant à fournir des outils pour aider les pays à
Dans la mesure du possible, de nouvelles analyses ont été
répondre aux exigences de l’Objectif d’Aichi 11 en matière de
entreprises, et des études de cas et des encadrés ont été ajoutés
gouvernance équitable des aires protégées. Les outils disponibles
pour compléter les informations de base. Un certain nombre
pour évaluer la diversité et la qualité de la gouvernance à l’échelle
d’autres analyses, réalisées dans le cadre du programme
des systèmes et des sites y sont décrits, et des études de cas
BIOPAMA, viennent compléter ce rapport et sont également
régionales y sont présentées. Ces outils comprennent la Liste verte
disponibles sous forme de publications distinctes. Le rapport se
de l’UICN des aires protégées et de conservation, centrée sur
compose de douze chapitres, son thème général se concentrant
quatre composantes : une bonne gouvernance, une conception et
sur la gouvernance, l’équité et l’efficacité de la gestion des aires
une planification robustes, une gestion efficace et des résultats de
protégées et de conservation.
conservation probants. Un rapport établi dans le cadre du
Le rapport inclut un aperçu général de la conservation et des programme BIOPAMA a analysé 380 évaluations de la gouvernance
politiques et programmes connexes, ainsi qu’une analyse régionale. et 50 évaluations sociales réalisées en Afrique orientale et australe.
En tant que région, l’Afrique orientale et australe protège 16,54% Malgré une augmentation des évaluations sociales et de
de sa surface terrestre au sein de 4 821 aires protégées, soit une gouvernance, ce rapport a constaté que celles-ci restent limitées
superficie de 2 120 112 km2. Au moins sept pays de la région ont dans la région, et que très peu d’évaluations sont répétées dans le
dépassé l’Objectif d’Aichi 11 concernant la couverture terrestre temps.
des aires protégées (17%), et la région est à mi-chemin d’atteindre
L’Évaluation de l’efficacité de la gestion des aires protégées
l’objectif de couverture côtière et marine (10%), avec 5,60% de sa
(EfGAP) permet également d’obtenir des rapports sur les progrès
zone marine et côtière protégée par 411 sites, couvrant une
accomplis dans la réalisation de l’Objectif d’Aichi 11, qui reprend la
superficie de 473 815 km2. Trois pays de la région ont dépassé
nécessité d’une gestion efficace. Environ 13% des aires protégées
l’Objectif d’Aichi 11 en matière de couverture des aires marines et
de la région ont fait l’objet d’au moins une évaluation EfGAP, et
côtières protégées.
l’analyse a répertorié 2 686 évaluations de l’efficacité de la gestion,
La plupart des aires protégées de la région sont gérées par l’agence dont la plupart à partir de l’Outil de suivi de l’efficacité de la gestion
gouvernementale nationale compétente, bien que de nombreux (OSEG). La nouvelle Base de données mondiale du PNUE-WCMC
pays incluent de plus en plus de sites gérés par les communautés sur l’efficacité de la gestion des aires protégées (BD-EGAP) a servi
et le secteur privé, y compris dans le cadre de partenariats public- de référence pour cette analyse, malgré les lacunes importantes
privé. Les types de gouvernance de nombreuses aires protégées persistant dans les données, qui devront être comblées pour
n’ont pas encore été inclus dans la Base de données mondiale des permettre une véritable réflexion sur le nombre, la localisation et le
aires protégées. L’Afrique orientale et australe abrite 39 Réserves calendrier des évaluations EfGAP. De nombreux pays, comme

1 Il n’existe actuellement aucune définition largement acceptée des « aires de conservation ». Tel qu’utilisé dans ce rapport, le terme reflète la cinquième option décrite par Jonas et
Sandwith (2019) : « sites visant à maintenir l’intégrité écologique et / ou sites de conservation in situ efficace de la biodiversité ».

xiv SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Madagascar et l’Afrique du Sud, mènent des évaluations de œuvre totale au profit des aires protégées et de conservation. Des
l’efficacité de la gestion depuis un certain nombre d’années, y données précises, à jour et comparables, permettant de mesurer
compris des évaluations périodiques dans de nombreuses aires les progrès par rapport aux objectifs et aux engagements, seront
protégées. Les résultats de ces évaluations sont utilisés pour essentielles pour appuyer la planification et l’affectation des
améliorer la gestion de ces sites. ressources. Le présent rapport espère fournir une base de
référence et encourager l’amélioration de la collecte et de la
Il existe de nombreux défis dans la région et les menaces à la
communication des données afin d’assurer une conservation
conservation augmentent, mais les engagements des pays envers
équitable et efficace en Afrique orientale et australe.
les accords internationaux, des objectifs et engagements visant à
assurer une gouvernance équitable et une gestion efficace des
aires protégées et de conservation pourront promouvoir et assurer
la conservation des espèces et des écosystèmes dans la région.
Ces engagements devront être étayés par une volonté politique et
les allocations de ressources nécessaires pour assurer une mise en

Remerciements
Bantlin (Parcs africains), Candice Stevens (Fondation Wilderness,
Afrique du Sud), Claudia Capitani, Jan Philipp Schägner et Andrew
Cottam (CCR), Francois Barnard et Kathleen Fitzgerald
(Conservation Capital), Caitlin Kelly (Projet « Planification spatiale
Nous remercions sincèrement l’Union européenne et l’Organisation
pour une conservation par zone en réponse aux changements
des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique pour leur soutien
climatiques »), Ted Schmitt (Vulcan), Lisa Blanken (Deutsche
financier à cette publication. Nous remercions le Comité de
Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit), Elsabé van der
rédaction et le Comité des Publications de l’UICN pour leur soutien
Westhuizen (Société zoologique de Frankfurt), Stephen Nindi
et leurs conseils dans la préparation de ce document.
(Commission nationale d’aménagement du territoire de Tanzanie),
Tous les points focaux BIOPAMA et de l’État des aires protégées et Arthur Tuda (Service de la faune du Kenya), Jessica Campese,
de conservation d’Afrique orientale et australe (SoPACA, selon ses Emmanuel Sulle et Yemeserach Tessema, Beatrice Chataigner
sigles en anglais) dans les 24 pays présentés dans ce rapport ont (UICN), Des Bowden (Association de conservation et de bien-être
apporté une contribution inestimable, tout comme les points de Kuruwitu) et Rupert Quinan (Blue ventures).
focaux des Communautés économiques régionales.
Nous remercions l’UICN, le RCMRD, l’UNEP-WCMC, le CCR, la
L’équipe principale impliquée dans l’élaboration de ce rapport Fondation Peace Parks et Birdlife International pour avoir fourni les
comprenait : Sue Snyman, Beryl Nyamgeroh, Christine Mentzel et données à la base de ce rapport.
Leo Niskanen (UICN ESARO), Jessica Stewart (UNEP-WCMC),
Trois évaluateurs externes, Peter Lindsey, Evans Mwangi et Andrew
Bastian Bertzky et Lucy Bastin (CCR), Patrick Kabatha et Ngugi
Parker, ont consacré beaucoup de temps et d’efforts à l’analyse du
Kimani (RCMRD) et Diane Skinner et Eleanor Shadwell.
rapport, le rendant beaucoup plus robuste. Enfin, nous remercions
Les contributions importantes des personnes suivantes à différents les correcteurs Marc Hockings et Fiona Leverington, la relectrice
chapitres ont été très appréciées : Jennifer Kelleher (Programme Diwata Hunziker et la graphiste Mary-Anne van der Byl pour leur
mondial de l’UICN sur les aires protégées), Phil Franks (International travail complet et détaillé qui a permis de garantir que la version en
Institute of Environment and Development), Daniel Marnewick anglais de ce rapport soit à la fois précise et visuellement attrayante.
(BirdLife - Afrique du Sud), Rachel Golden Kroner (Conservation
Nous remercions également toutes les personnes et organisations
International), Lily Arison Réné de Roland (Fonds Peregrine),
ayant aimablement fourni des photos pour le rapport.
Ashwell Glasson (Collège de la faune d’Afrique australe), Drew

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 xv


Glossaire
Terme Signification

Aire de conservation Écosystèmes naturels et modifiés, y compris la biodiversité importante, les services écologiques et
communautaire les valeurs culturelles volontairement conservés par les peuples autochtones et les communautés
locales et mobiles grâce à un droit coutumier ou autres moyens efficaces.

Aire protégée La CDB définit une aire protégée comme « une zone géographiquement définie, désignée ou
réglementée et gérée pour atteindre des objectifs de conservation spécifiques » (article 2 de la CDB).
L’UICN fournit une définition plus précise : « un espace géographique clairement défini, reconnu,
consacré et géré, par des moyens juridiques et autres moyens efficaces, pour parvenir à la
conservation à long terme de la nature et des services écosystémiques et valeurs culturelles qui lui
sont associés » (Dudley 2008). La CDB et l’UICN reconnaissent que les deux définitions sont
équivalentes dans la pratique, car dans les deux cas, ces sites sont destinées à assurer la
conservation in situ.

Aires de conservation Les aires de conservation sont définies comme des sites maintenant l’intégrité écologique et / ou
une conservation in situ efficace de la biodiversité.

Aires marines gérées Une zone d’eaux côtières et ses ressources marines et côtières associées, en grande partie ou
localement entièrement gérées à l’échelle locale par les communautés côtières, des groupes de propriétaires
fonciers, des organisations partenaires et / ou des représentants collaboratifs du gouvernement
résidant ou basés dans la zone même.

Autorité de gouvernance Institution, individu, peuple autochtone ou groupe communautaire ou tout autre organisme reconnu
comme dépositaire de l’autorité et de la responsabilité de la prise de décision et de la gestion d’une
région.

Ayant-droits Personnes socialement dotées de droits légaux ou coutumiers concernant les terres, l’eau et les
ressources naturelles

Base de référence Informations recueillies à propos d’une cible spécifique (p. ex. état d’une ressource, connaissances,
population d’une espèce particulière, etc.) aux étapes initiales d’un projet, fournissant ainsi une base
pour mesurer des progrès ou une évolution au fil du temps.

Biodiversité La variabilité des organismes vivants de toutes origines, y compris terrestres, marins et autres
écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie, incluant la diversité
intraspécifique, entre les espèces et entre les écosystèmes.

Biome Une grande partie de l’environnement de vie d’une région particulière, caractérisée par sa végétation
distinctive et maintenue en grande partie par les conditions climatiques locales.

Catégories d’aires protégées Ensemble de six classes, conçu par l’UICN, dans lequel une aire protégée peut être classée en
fonction de ses principaux objectifs de gestion globale. Certaines aires protégées, cependant, sont
divisées en zones, chacune pouvant avoir un objectif de gestion différent contribuant à l’objectif
principal global.

Communauté Groupe social de toute taille dont les membres résident dans une localité spécifique, partagent un
gouvernement et peuvent avoir un patrimoine culturel et historique commun. Il peut également s’agir
d’un groupe d’individus interagissant dans leur environnement immédiat, présentant une cohésion
et une continuité à travers le temps, et montrant des caractéristiques telles que l’interaction sociale,
l’intimité, les engagements moraux, les relations multiples et la réciprocité.

Connectivité (biologique) Mesure dans laquelle la production locale entraîne le recrutement d’autres populations. Pour toute
population locale, la connectivité peut être caractérisée par : (1) la proportion de recrutement dans
la population locale autosuffisante, (2) les contributions proportionnelles d’autres populations au
recrutement dans la population locale, d’une manière spatialement explicite, et (3) la répartition
spatiale et la représentation proportionnelle des contributions de la production locale au recrutement
externe d’autres populations.

Conservation Maintien ou utilisation durable des ressources de la Terre afin de préserver la diversité des
écosystèmes, des espèces et génétique, ainsi que les processus évolutifs et autres qui les façonnent.

xvi SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Terme Signification

Conservation de la nature Dans le présent contexte, la nature fait toujours référence à la biodiversité, au niveau génétique, des
espèces et des écosystèmes, et fait souvent également référence à la géodiversité, au relief et aux
valeurs naturelles plus générales. Dans le contexte des aires protégées, la conservation se réfère au
maintien in situ des écosystèmes et des habitats naturels et semi-naturels et de populations viables
d’espèces dans leur environnement naturel ainsi que, dans le cas des espèces domestiquées ou
cultivées, dans l’environnement où elles ont développé leurs propriétés distinctives.

Corridor Moyen de maintenir une connectivité écologique ou environnementale vitale en maintenant des liens
physiques entre les zones centrales.

Développement durable Un développement répondant aux besoins du présent sans compromettre la capacité des
générations futures à satisfaire leurs propres besoins

Durabilité Dans le cas des aires protégées, état de persistance sur une longue période, avec des valeurs
naturelles et culturelles de base intactes mais pas nécessairement inchangées.

Écosystème Complexe dynamique de communautés végétales, animales et micro-organismes, ainsi que leur
environnement non vivant, interagissant en tant qu’unité fonctionnelle.

Écotourisme Voyage responsable dans des zones naturelles, qui préserve l’environnement, soutient le bien-être
des populations locales et implique une interprétation et l’éducation.

Efficacité de la gestion La façon dont une aire protégée est gérée. Principalement la mesure dans laquelle elle protège ses
valeurs et atteint ses buts et objectifs.

Équité Vise l’accès des personnes à l’égalité des chances et au développement des capacités de base.
Cela signifie que les obstacles entravant les opportunités économiques et politiques et l’accès à
l’éducation et aux services de base devraient être éliminés, afin que les personnes (femmes et
hommes de tous âges, conditions et professions) puissent profiter de ces opportunités et en
bénéficier. Cela implique un sens de justice, c’est-à-dire donner à chaque personne ou groupe ce
qui lui revient de droit, en reconnaissant les conditions ou caractéristiques spécifiques de chaque
personne ou groupe humain (sexe, genre, classe, religion, âge). Il s’agit de la reconnaissance de la
diversité, sans aucun motif de discrimination.

Espèce Groupe d’organismes différant des autres groupes d’organismes et capable de se reproduire et de
générer une progéniture fertile.

Espèces envahissantes Organisme introduit (plante, animal, champignon ou bactérie) qui entre en concurrence avec les
espèces autochtones pour l’espace et les ressources, causant des dommages écologiques et / ou
économiques. Toutes les espèces introduites ne sont pas envahissantes et, lorsqu’elle est utilisée de
façon plus générale, la définition peut inclure les espèces autochtones colonisant et dégradant
fortement un habitat particulier.

Évaluation Jugement des conditions ou de la performance d’un aspect de la gestion par rapport à des critères
prédéterminés (généralement un ensemble de normes ou d’objectifs), y compris, dans le cas
présent, les objectifs pour lesquels les aires protégées ont été établies.

Évaluation de la gestion Mesure ou estimation d’un aspect de la gestion.

Gestion adaptative Le processus cyclique consistant à tester systématiquement des hypothèses, à générer des leçons
d’apprentissage par l’évaluation des résultats de ces tests et à réviser et améliorer continuellement
les pratiques de gestion. L’objectif de la gestion adaptative dans un contexte d’aire protégée est
d’améliorer l’efficacité et de progresser vers la réalisation de buts et d’objectifs.

Gestion des données L’acte, le processus ou les moyens par lesquels des données sont gérées. Cela peut inclure la
compilation, le stockage, la sauvegarde, la saisie, l’organisation, l’extraction, la récupération, la
manipulation et la diffusion des données.

Gestionnaire d’aire protégée Professionnel ou autre intervenant travaillant dans une aire protégée. Le terme inclut les
administrateurs, les gestionnaires et les planificateurs susceptibles de travailler pour et avec des
organisations gouvernementales, non gouvernementales, des groupes communautaires locaux, des
propriétaires fonciers privés ou autres entités.

2  https://www.cbd.int/doc/meetings/tk/aheg-lcr-01/official/aheg-lcr-01-02-en.pdf

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 xvii


Terme Signification

Gouvernance Dans le contexte des aires protégées, la gouvernance a été définie comme les interactions entre les
structures, les processus et les traditions qui déterminent comment le pouvoir est exercé, comment
les décisions sont prises sur des questions d’intérêt public et comment les citoyens ou autres parties
prenantes y participent. Les mécanismes de gouvernance sont exprimés par des cadres juridiques
et politiques, des stratégies et des plans de gestion. Ils comprennent les modalités organisationnelles
de suivi des politiques, des plans et du rendement. La gouvernance couvre les règles de prise de
décision, y compris qui a accès à l’information et participe au processus décisionnel, ainsi que les
décisions elles-mêmes.

Habitat Le lieu où le type de site où un organisme ou une population se développe naturellement. (CDB,
Article 2).

Parties prenantes Personnes ou organisations possédant des intérêts et des préoccupations directs ou indirects
concernant les terres, l’eau et les ressources naturelles, mais ne jouissant pas nécessairement d’un
droit légalement ou socialement reconnu sur celles-ci.

Peuples autochtones et Le présent rapport utilise la définition de la Convention sur la diversité biologique des termes
communautés locales « peuples autochtones » et « communautés locales ».2

Qualité de la gouvernance La façon dont une aire protégée est gouvernée. La mesure dans laquelle celle-ci répond aux
principes et critères de « bonne gouvernance » identifiés et choisis par les personnes, les
communautés et les gouvernements concernés (et faisant partie de leur sens de la moralité, de leur
identité culturelle et de leur fierté) et s’aligne généralement sur les principes adoptés par les
organisations et conventions internationales.

Réserve de biosphère Site formant un réseau international d’écosystèmes reconnus par l’UNESCO, qui favorisent la
biodiversité, la conservation et l’utilisation durable, ainsi que des approches interdisciplinaires
permettant de comprendre et de gérer les changements et interactions entre les systèmes sociaux
et écologiques.

Richesse spécifique Nombre d’espèces différentes présentes dans une zone ou une communauté donnée.

Services écosystémiques Avantages que les personnes tirent des écosystèmes. Il s’agit notamment de services
d’approvisionnement tels que la nourriture et l’eau, de services de régulation tels que la régulation
des inondations, des sécheresses, de la dégradation des terres et des maladies, de services de
soutien tels que la formation des sols et le cycle des nutriments, et de services culturels tels que les
avantages récréatifs, spirituels, religieux et autres avantages non-matériels.

Sites du Patrimoine mondial Système international d’aires protégées, créé en vertu de la Convention du patrimoine mondial, qui
vise à inclure les exemples les plus remarquables du patrimoine naturel et culturel au monde.

Sites Ramsar Système international de zones humides protégées, reconnues comme d’importance mondiale en
vertu de la Convention de Ramsar (Ramsar étant le nom de la ville d’Iran où la convention a été
adoptée).

Stratégies et plans d’action Principaux instruments de mise en œuvre de la CDB à l’échelle nationale, les SPANB décrivent
nationaux pour la biodiversité l’engagement de chaque Partie contractante à la conservation et à l’utilisation durable de la diversité
biologique, ainsi qu’à l’intégration de cet engagement dans tous les secteurs de l’économie nationale
et du cadre décisionnel.

Suivi Recueillir des informations sur des indicateurs à plusieurs reprises au fil du temps, afin d’identifier
les tendances dans les conditions de l’aire protégée et les activités et processus de gestion.

Territoires et aires conservés Les territoires et aires conservés par les peuples autochtones et les communautés sont des
par les peuples autochtones écosystèmes naturels et / ou modifiés abritant des valeurs importantes de biodiversité, des services
et les communautés (APAC) écologiques et des valeurs culturelles, volontairement conservés par les peuples autochtones et les
communautés locales, sédentaires et mobiles, par le biais d’un droit coutumier ou autres moyens
efficaces.
Les aires conservées par les peuples autochtones et les communautés locales peuvent être
reconnues comme aires protégées ou de conservation, sous réserve de « consentement préalable »
ou « consentement préalable, libre et informé » ou « approbation et participation » ou demande,
selon les circonstances nationales.

Tourisme Activités de personnes voyageant et séjournant dans des lieux autres que leur environnement
habituel au plus pendant une année consécutive, à des fins de loisirs, d’affaires et autres.

xviii SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Terme Signification

Tourisme axé sur la nature Formes de tourisme utilisant les ressources naturelles sous une forme sauvage ou non développée.
Le tourisme axé sur la nature est un voyage dans le but de profiter d’aires naturelles non développées
ou de la faune et la flore sauvages.

Types de gouvernance Les quatre principaux types de gouvernance des aires protégées sont (i) la gouvernance par un
gouvernement, (ii) la gouvernance partagée, (iii) la gouvernance par le secteur privé (y compris les
ONG) et (iv) les aires et territoires gouvernés par les peuples autochtones et communautés locales.
Pour chaque type, il est possible que la responsabilité du tourisme ou de tout autre aspect de la
gestion soit délégué à une autre autorité dirigeante ou confié à des opérateurs privés.

Utilisation durable Utilisation des composantes de la diversité biologique d’une manière et à un rythme qui n’entraîne
pas son déclin à long terme, maintenant ainsi son potentiel pour répondre aux besoins et aux
aspirations des générations présentes et futures.

Acronymes
IIED Institut international pour l’environnement et le
développement
KBA Zone clé pour la biodiversité
OCDE Organisation de coopération et de développement
ACT Aire de conservation transfrontalière
économiques
AMCE Autres mesures de conservation efficaces
ODD Objectifs de développement durable
par zone
OIEG Outil intégré pour l’efficacité de la gestion
AGG Aire de gestion du gibier
ONAP Observatoire numérique des aires protégées
AMP Aire marine protégée
OSEG Outil de suivi de l’efficacité de la gestion
APAC Aires de conservation autochtones et
PADDD Diminution de la catégorisation, de la superficie et
communautaires
déclassement des aires protégées
AZE Alliance pour une extinction zéro
PIB Produit intérieur brut
BD-AMCE Base de données mondiale sur les autres mesures
PNUD Programme des Nations Unies pour le
efficaces de conservation par zone
développement
BD-EGAP Base de données mondiale sur l’efficacité de la
PTAP Programme de travail sur les aires protégées
gestion des aires protégées
RAPPAM Évaluation rapide et priorisation de
BDMAP Base de données mondiale des aires protégées
la gestion des aires protégées
BIOFIN Initiative de financement de la biodiversité du PNUD
RCMRD Centre régional de cartographie des ressources
BIOPAMA Programme pour la biodiversité et la gestion des
pour le développement
des aires protégées
SADC Communauté de développement de l’Afrique
CCR Centre commun de recherche de la Commission
australe
européenne
SMART Outil de suivi et de rapport spatiaux
CDB Convention sur la diversité biologique
SoPACA Rapport sur l’État des aires protégées et de
CE Commission européenne
conservation d’Afrique orientale et australe
CER Communauté économique régionale
SPANB Stratégie et plan d’action national pour la
CMAP Commission mondiale de l’UICN des aires
biodiversité
protégées
SRIR Système régional d’information de référence
COI Commission de l’océan Indien
TWIX Système d’échange d’informations sur le
CRR Centre régional de ressources
commerce des espèces sauvages
EAC Communauté d’Afrique de l’Est
UICN Union internationale pour la conservation de la
EGAP Évaluation de la gouvernance des aires
nature
protégées et de conservation
UNEP-WCMC Centre mondial de surveillance de la conservation
EfGAP Efficacité de la gestion des aires protégées
de la nature du Programme des Nations Unies
EGES Évaluation de la gouvernance et de l’équité à
pour l’environnement
l’échelle des sites
UNESCO Organisation des Nations Unies pour l’éducation,
ESAP Évaluation sociale des aires protégées et de
la science et la culture
conservation
WCMC Centre mondial de surveillance de la conservation
ESARO Bureau régional pour l’Afrique orientale et australe
de la nature
GEAP Gouvernance et équité des aires protégées
IBA Zone importante pour les oiseaux et la biodiversité
IGAD Autorité intergouvernementale pour le
développement

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 xix


© Marie-Anne van der Byl

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Partie I - Contexte

1 Introduction

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 1


La région de l’Afrique orientale et australe est l’une des zones les
plus riches en biodiversité du monde, abritant un certain nombre
1.1 Objectifs
d’aires protégées et de conservation gérées par un large éventail En tant que première évaluation régionale complète des aires
de parties prenantes, gouvernements, organisations non- protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe, ce
gouvernementales (ONG), communautés locales, secteur privé et rapport sur l’État des aires protégées et de conservation d’Afrique
autres partenariats entre ces différentes entités. La région connaît orientale et australe (SoPACA) vise à :
des niveaux élevés de pauvreté et de chômage et, pour cette
• fournir un aperçu de l’état des aires protégées et de conservation
raison, les gouvernements ont tendance à se concentrer sur le
dans la région de l’Afrique orientale et australe, en incluant une
développement socioéconomique, l’emploi et la réduction de la
référence particulière à la Gouvernance et à l’équité des aires
pauvreté. En particulier, l’accent mis sur le secteur agricole et
protégées (GEAP) et à l’Efficacité de la gestion des aires
minier, ainsi que les grands développements infrastructurels,
protégées (EfGAP), ainsi qu’aux outils d’évaluation connexes ;
peuvent entraîner des conflits d’utilisation des terres et de faibles
• utiliser les données disponibles pour donner un aperçu des
investissements et financements dans les aires protégées et de
progrès de la région concernant l’Objectif d’Aichi 11 de la
conservation.
Convention sur la diversité biologique (CDB), ainsi que d’autres
Cependant, des écosystèmes sains peuvent réduire la vulnérabilité objectifs mondiaux et régionaux pertinents ;
socioéconomique en favorisant le bien-être, et les connaissances • analyser et souligner les questions relatives aux aires protégées
environnementales détenues par les populations autochtones et de conservation présentant un intérêt particulier pour la
peuvent conduire à la découverte de nouvelles espèces et région à l’aide d’études de cas ;
populations et peuvent améliorer notre compréhension de l’état et
• articuler et approfondir la compréhension des réussites et des
des tendances concernant les espèces et les écosystèmes, en
principaux défis auxquels la région est confrontée en matière
particulier ceux contribuant aux moyens de subsistance et au bien-
d’aires protégées et de conservation ;
être des populations humaines. L’efficacité des aires protégées est
faible dans de nombreuses parties de la région en raison d’une • fournir les faits et chiffres requis par les gouvernements pour
prendre des décisions éclairées, suivre les progrès et fournir
combinaison de facteurs, tels que les changements climatiques, la
des conseils pour la mise en œuvre de l’Objectif d’Aichi 11 et
surexploitation (braconnage de viande de brousse, exploitation
autres objectifs mondiaux et régionaux ;
forestière, élevage), les conflits civils, l’empiétement des
populations locales pour maintenir leurs moyens de subsistance, • valoriser les systèmes régionaux de gestion des données, y
et l’insuffisance de la conception, du financement et de compris le Centre régional de ressources soutenu par
l’administration des parcs (EC, 2015). BIOPAMA ;
• promouvoir l’apprentissage des enseignements entre les pays
La biodiversité d’eau douce en Afrique est soumise à de fortes
et les régions d’Afrique orientale et australe ;
pressions, la majorité des espèces menacées se trouvant dans des
zones à fort développement et à forte demande en ressources en • explorer les questions liées au financement des aires protégées
eau, telles que le sud et l’est de l’Afrique du Sud et les grands lacs et de conservation, et comment celles-ci affectent la GEAP et
d’Afrique de l’Est. Une grande partie de la biodiversité marine et l’EfGAP ; et
côtière africaine est également menacée. Le large plateau • fournir des recommandations clés pour les politiques et la
continental situé le long de la côte nord-ouest de l’Afrique, les pratique.
forêts de mangroves d’Afrique de l’ouest et de l’est, ainsi que les
De nombreuses institutions et personnes sont susceptibles
îles adjacentes, fournissent des habitats diversifiés qui abritent des
d’utiliser ce rapport, notamment les gouvernements de toute
niveaux élevés de biodiversité d’espèces de poissons et
l’Afrique orientale et australe, ainsi que les gouvernements
d’invertébrés. La biodiversité terrestre est également menacée par
partenaires et donateurs, les organisations et associations
l’exploitation minière, le braconnage, le commerce illégal d’espèces
communautaires, les Communautés économiques régionales, les
sauvages, la perte d’habitats, la végétation exotique et
entreprises privées, les organisations de soutien, les institutions
l’augmentation des populations humaines et des conflits relatifs à
universitaires et les chercheurs.
l’utilisation des terres qui en résultent, entre autres (EC, 2015).
Le rapport présente un certain nombre d’utilisations possibles :
Dans cette perspective, il est important de comprendre l’état des
aires protégées et de conservation dans la région, afin de disposer • fournir une base de référence permettant de suivre les progrès
d’une base de référence sur laquelle les progrès vers les objectifs concernant les objectifs nationaux, régionaux et internationaux ;
de conservation auxquels les gouvernements se sont engagés • fournir des données pour des décisions mieux informées ;
pourront être mesurés. • mettre en évidence les innovations et voies potentielles vers
une gestion durable des aires protégées dans la région ;
Ce rapport couvre les pays d’Afrique orientale et australe suivants :
Afrique du Sud, Angola, Botswana, Comores, Djibouti, Érythrée, • souligner les lacunes dans les connaissances et l’information,
ainsi que les besoins et opportunités de recherche ;
Eswatini, Éthiopie, Kenya, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice,
Mozambique, Namibie, Ouganda, Rwanda, Seychelles, Somalie, • identifier les priorités d’actions plus poussées et futures ;
Soudan du Sud, Soudan, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe (voir la • influencer les politiques au moyen d’une approche fondée sur le
Figure 1.1). savoir ; et
• fournir des informations détaillées pour de meilleures décisions
des donateurs grâce à un résumé des principales priorités
régionales.

2 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 1.1 : Carte des pays inclus dans le présent rapport

Soudan Érythrée

Djibouti
Somalie
Éthiopie
Soudan du Sud

Ouganda
Kenya
Rwanda
Seychelles
Frontières nationales africaines Tanzanie
Couverture BIOPAMA ESARO
Comores
Angola Malawi
Zambie

0 1,000 2,000 Mozambique


Zimbabwe Madagascar
Kilomètres Maurice
Namibie Botswana

Eswatini

Lesotho
Afrique du Sud

Source : développé par RCMRD

Avertissement : Cette carte ne doit pas être considérée comme une carte officielle des frontières des pays Africains, et ne peut être utilisée qu’à des fins d’information.

1.2 Méthodologie La deuxième partie décrit le contexte régional, les données et les
profils nationaux, le Chapitre 3 fournissant un contexte et détaillant
Ce rapport a été élaboré en partenariat avec les gouvernements les politiques et statistiques régionales, tandis que le Chapitre 4 se
des pays, par l’intermédiaire de leurs points focaux BIOPAMA concentre sur un aperçu régional des aires protégées et le Chapitre
désignés (voir Annexe 1). Des ateliers de planification pour le 5 sur les services écosystémiques. Les Chapitres 6 (politiques
rapport ont été organisés avec les points focaux nationaux régionales) et 7 (communautés économiques régionales)
BIOPAMA et autres organisations concernées à Nairobi (13-14 fournissent un contexte régional aux statistiques et informations
février 2019) et Johannesburg (26-27 février 2019). nationales des 24 pays couverts par le présent rapport, telles que
décrites au Chapitre 8.
Tout au long de l’élaboration de ce rapport, l’équipe a fait son
possible pour prendre en compte les rapports nationaux et La troisième partie aborde la gouvernance, l’efficacité de la
régionaux existants, y compris les Stratégies et plans d’action gestion et l’innovation. Le Chapitre 9 traite spécifiquement de la
nationaux pour la biodiversité (SPANB) et les rapports nationaux à gouvernance et de l’équité, et comprend des informations sur la
la CDB. Les points focaux nationaux BIOPAMA et autres experts gouvernance à l’échelle des systèmes et des sites, l’engagement
nationaux, régionaux et mondiaux pertinents ont été contactés tout des parties prenantes et les outils d’évaluation connexes, tandis
au long du processus de développement, afin d’analyser les que le Chapitre 10 se concentre sur l’efficacité de la gestion et les
données, les informations et les récits, et s’assurer que les outils d’évaluation correspondants. Le Chapitre 11, quant à lui,
informations les plus récentes et les plus précises étaient inclues donne un aperçu des innovations et expériences régionales, du
dans le rapport. financement des aires protégées, de l’utilisation de la technologie
dans la gestion de la conservation et de la conservation
1.3 Structure transfrontalière.

Le rapport et les études de cas se concentreront sur les principaux La quatrième partie présente des recommandations politiques et
thèmes affectant la gestion et la gouvernance des aires protégées pratiques fondées sur les conclusions du rapport.
et de conservation dans la région de l’Afrique orientale et australe.

La première partie présente le contexte et décrit le cadre


conceptuel et international.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 3


© Wilderness Safaris

4 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


2 Cadre
conceptuel et
international

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 5


2.1 Que sont les aires protégées et généralement être reliées aux catégories de l’UICN, bien qu’il
n’existe pas toujours de correspondance « exacte » et que,
de conservation ? souvent, toutes les catégories ne soient pas représentées dans un
Les aires protégées sont essentielles à la conservation de la pays ou une région en particulier. La gamme complète des
biodiversité et sous-tendent la plupart des stratégies nationales et catégories I à VI (voir Tableau 2.1) permet aux systèmes d’aires
régionales de conservation. Outre leur rôle dans le maintien des protégées d’inclure les sites où les activités humaines sont
écosystèmes naturels et la conservation des espèces, beaucoup strictement limitées, ainsi que ceux où des activités durables sont
abritent des caractéristiques majeures de l’histoire et des processus autorisées.
de la Terre, tandis que d’autres préservent l’interaction entre Les différentes catégories de gestion des aires protégées de l’UICN
l’activité humaine et la nature dans des paysages d’utilisation et des exemples dans la région sont décrits dans le Tableau 2.1. En
durable. Des aires protégées plus grandes et plus naturelles offrent Afrique orientale et australe, un changement s’est opéré au fil du
également un espace pour l’évolution, l’adaptation et la restauration temps, d’un accent mis sur la Catégorie II (parcs nationaux) vers
écologiques futures, toutes deux de plus en plus importantes dans une utilisation plus large de tout l’éventail des catégories, bien qu’il
un contexte de changements climatiques rapides (UNEP-WCMC n’existe encore qu’un nombre limité d’aires protégées de Catégorie
et al., 2018). Ia et Ib. Il est donc important de noter que deux ou plusieurs
Les aires protégées sont vitales pour les cultures et les moyens de catégories peuvent se chevaucher.
subsistance des peuples autochtones et des communautés Les catégories de gestion des aires protégées sont fréquemment
locales, préservant les lieux de valeur culturelle et sacrée. Elles utilisées à des fins allant bien au-delà de leurs intentions initiales.
fournissent des opportunités de loisirs et de resourcement, de l’air On peut citer, par exemple, la planification des aires protégées et
et de l’eau propres et apportent des avantages à des millions de des systèmes d’aires protégées, l’amélioration de la gestion de
personnes grâce au tourisme (UNEP-WCMC et IUCN, 2016). l’information sur les aires protégées, la réglementation des activités
La définition communément admise d’une aire protégée, utilisée dans les aires protégées, la fourniture d’une base pour la législation,
dans le présent rapport, est celle d’« un espace géographique ou leur utilisation comme outil de plaidoyer. Les principales
clairement défini, reconnu, consacré et géré, par tout moyen utilisations se sont développées de telle sorte que l’UICN en
efficace, juridique ou autre, pour assurer à long terme la soutient et encourage certaines, tout en s’opposant à d’autres
conservation de la nature ainsi que les services écosystémiques et (Dudley, 2008, p. 5-6).
les valeurs culturelles qui lui sont associés » (Dudley, 2008, p. 8). Toute catégorie d’aires protégées peut être gouvernée et gérée par
L’UICN a développé un ensemble de catégories de gestion des des communautés, des gouvernements, des entités privées ou des
aires protégées, généralisé pour aider au développement et à la partenariats entre ces acteurs. Traditionnellement, les aires
compréhension des systèmes d’aires protégées dans différents protégées de la région ont été créées par les gouvernements, mais
contextes nationaux et systèmes juridiques (Dudley, 2008). Chaque au cours des 40 à 50 dernières années, de nombreuses aires
pays de la région possède sa propre gamme de types d’aires protégées et de conservation ont été créées par des communautés
protégées, définis dans la législation et les politiques, tels que les locales, des peuples autochtones, des organisations caritatives
parcs nationaux, réserves nationales et réserves forestières. Ces environnementales, des particuliers, des entreprises et autres. La
définitions varient d’un pays à l’autre. Cependant, elles peuvent conservation communautaire est désormais plus courante et dans

Encadré 2.1 : Zones de conservation


communales en Namibie
En Namibie, la gestion communautaire des ressources
naturelles (GCRN) permet aux communautés d’intégrer de
nouvelles options d’utilisation des terres aux stratégies de
subsistance existantes (par exemple, l’élevage), afin de
contribuer à la conservation de la faune sauvage et à
l’amélioration du bien-être des ménages ruraux (Long, 2002). Il
existe actuellement 86 zones de conservation communales,
couvrant une superficie totale de 166 045 km2 (environ 20,2%
du pays), et regroupant environ 227 941 personnes (NACSO,
s.d.). Le succès relatif de la GCRN en Namibie est en grande
partie dû à un environnement politique et législatif favorable,
qui transfère l’autorité directement au niveau communautaire.
Cela contraste avec le programme Zimbabwéen de gestion
des zones communales pour les ressources autochtones
(CAMPFIRE, selon ses sigles en anglais), qui transfère l’autorité
aux conseils de district déjà établis et non directement au
niveau communautaire. Cette approche a été couronnée de
succès dans les années 1990 au Zimbabwe, principalement
grâce au soutien substantiel des donateurs, mais a ensuite
disparu en raison de la situation politique et économique du © Wilderness Safaris
pays (Snyman, 2012).

6 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Tableau 2.1 : Catégories de gestion des aires protégées de l’UICN

Catégorie Définition Exemples

Ia - Réserve Aires strictement protégées mises en réserve pour protéger Tsingy de Bermaraha, Tsaratanana et Betampona
naturelle intégrale la biodiversité ainsi qu’éventuellement, des caractéristiques (Madagascar)
géologiques / géomorphologiques, où les visites, Atoll d’Aldabra, Cousin, La Digue et Aride
l’utilisation et les impacts humains sont strictement (Seychelles)
contrôlés et limités pour garantir la protection des valeurs
de conservation. Il n’existe que peu d’exemples de cette
catégorie dans la région, bien que certains parcs nationaux
renferment certaines zones d’accès limité, plutôt que
d’être entièrement classés dans la catégorie Ia.

Ib - Zone de Aires protégées généralement vastes et intactes ou Réserves de faune de Moremi, Khutse et Kalahari
nature sauvage légèrement modifiées, qui ont conservé leur caractère et Central (Botswana)
leur influence naturels, sans habitations humaines Réserves forestières de Koko Hill, Mamboya et
permanentes ou significatives, et protégées et gérées aux Ikwamba (Tanzanie)
fins de préserver leur état naturel.

II - Parc national Vastes aires naturelles ou quasi naturelles mises en réserve Parc marin de Mohéli (Comores)
pour protéger des processus écologiques à grande échelle, Amboseli et Masai Mara (Réserve nationale)
ainsi que les espèces et caractéristiques des écosystèmes (Kenya)
de la région. Elles fournissent aussi une base pour des Niassa (Réserve nationale) (Mozambique)
opportunités de visites de nature spirituelle, scientifique, Parc des Volcans (Rwanda)
éducative et récréative, dans le respect de l’environnement Kruger (Afrique du Sud)
et de la culture des communautés locales. Il s’agit de la Serengeti (Tanzanie)
catégorie de gestion la plus courante dans la région. Bwindi Impenetrable (Ouganda)
Kafue (Zambie)

III - Monument ou Zone mise en réserve pour protéger un monument naturel Parc national des chutes Victoria (Zimbabwe)
élément naturel spécifique, qui peut être un élément topographique, une Réserves de gibier de Popa et Gross barmen Hot
montagne ou une caverne sous-marine, une caractéristique Springs (Namibie)
géologique telle qu’une grotte ou même un élément vivant Toro-Semliki, Karuma, Bugungu et un certain
comme un îlot boisé ancien. nombre d’autres réserves de faune (Ouganda)

IV - Aire de Visent à protéger des espèces ou des habitats particuliers, Réserve partielle du Namib (Angola)
gestion des et leur gestion reflète cette priorité. Sanctuaire de faune de Maun (Botswana)
habitats ou des Réserve de faune de Gash-Setit (Érythrée)
espèces Réserves de faune d’Alledeghi et de Bale (Éthiopie)
Parc national de Sehlabathebe (Lesotho)
Réserves de faune de Majete et de Nkhotakota
(Malawi)
Réserves de pêche Poudre d’or et Trou d’eau
douce (Maurice)
Réserve de chasse de Sabaloka (Soudan)

V - Paysage Site où l’interaction des hommes et de la nature a produit, Îles Musha et Maskhali (Djibouti)
terrestre ou marin au fil du temps, une aire qui possède un caractère distinct, Réserve naturelle de Libhetse (Eswatini)
protégé avec des valeurs écologiques, biologiques, culturelles et De nombreuses aires de Madagascar
panoramiques considérables, et où la sauvegarde de Réserve forestière d’Imatong (Soudan Du Sud)
l’intégrité de cette interaction est vitale pour protéger et
maintenir l’aire, la conservation de la nature associée ainsi
que d’autres valeurs.

VI - Aire protégée Sites qui préservent des écosystèmes et des habitats, ainsi Vallée de Dabus, Jikao, Tedo, Ouest Omo et de
avec utilisation que les valeurs culturelles et systèmes de gestion des nombreuses autres aires de chasse contrôlée
durable des ressources naturelles traditionnelles qui y sont associés. Ils (Éthiopie)
ressources sont généralement vastes, et la plus grande partie de leur Réserves naturelles de Beacon, Booby Island,
naturelles superficie présente des conditions naturelles, une certaine Étoile et Mamelles (Seychelles)
proportion y est soumise à une gestion durable des Aires de safari de Matetsi, Sapi et Hurungwe
ressources naturelles et une utilisation modérée des (Zimbabwe)
ressources naturelles, non industrielle et compatible avec
la conservation de la nature, y est considérée comme l’un
des objectifs principaux de l’aire.

Source : Dudley (2008) ; UNEP-WCMC et IUCN (2019a).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 7


certains pays, comme la Namibie et le Kenya, la législation accorde Pour être considéré comme AMCE, un site doit présenter des
aux communautés le droit de gérer et de profiter directement des résultats positifs en matière de biodiversité, quels que soient ses
bénéfices de ces sites de conservation (voir Encadré 2.1). Dotée de principaux objectifs de gestion, et doit pouvoir démontrer des
nombreux parcs nationaux et réserves emblématiques (tels que le actions de gestion liées à la conservation de la biodiversité (Groupe
Masai Mara, le Serengeti, le Kruger et les Volcans), la région de travail sur les autres mesures de conservation efficaces par
dispose d’atouts majeurs pour le tourisme animalier, générant zone de la CMAP-UICN, 2020). Cela contraste avec une aire
d’importants revenus pour les gouvernements nationaux et protégée, où l’objectif principal doit être la conservation. Dans le
infranationaux. Alors qu’en Afrique du Sud et en Namibie, les aires cadre de l’initiative Planète protégée, l’UNEP-WCMC gère
de conservation privées constituent une proportion importante du désormais la Base de données mondiale sur les autres mesures
réseau d’aires protégées, dans d’autres pays de la région, la efficaces de conservation par zone (BD-AMCE) (UNEP-WCMC,
propriété privée des terres de conservation n’est pas légiférée et 2019a). La BD-AMCE peut être combinée avec la Base de données
l’ensemble de la faune sauvage appartient à l’État. Certaines mondiale des aires protégées (BDMAP) afin de fournir une image
questions, telles que le financement des activités de gestion des plus complète du réseau mondial de conservation.
aires protégées, ont conduit à des approches novatrices, certains
Il est probable que les AMCE renforcent considérablement le
gouvernements confiant la gestion à des ONG. Les partenariats
patrimoine de conservation reconnu de nombreux pays (Donald et
public-privé, en particulier dans le domaine du tourisme animalier,
al., 2019), y compris en Afrique, où un certain nombre d’aires de
sont de plus en plus fréquents dans de nombreux pays.
conservation ne relèvent pas des définitions traditionnelles des
catégories, comme les bases militaires ou les aires de conservation
2.2 Convention sur la diversité communautaires utilisées principalement pour l’élevage. Très peu
biologique de pays ont entamé le processus d’évaluation de leurs AMCE
potentielles. En réponse, le Groupe de travail de la Commission
Le Plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020 a été adopté
mondiale des aires protégées (CMAP) de l’UICN sur les AMCE a
par la Conférence des Parties à la CDB lors de sa 10e réunion à
rédigé un Rapport technique pour la reconnaissance et la
Nagoya, au Japon (CDB, 2010A). Le plan décrit une approche
notification des AMCE (Groupe de travail sur les autres mesures
stratégique globale pour la mise en œuvre de la CDB, et comprend
de conservation efficaces par zone de la CMAP-UICN, 2020). Le
une vision et une mission, ainsi que des buts et des objectifs
cadre d’évaluation des AMCE en Afrique, par exemple, a été
stratégiques, connus sous le nom d’Objectifs d’Aichi pour la
développé par Candice Stevens et Daniel Marnewick en Afrique du
biodiversité. Les cinq buts stratégiques (A à E) sont étayés par 20
Sud (voir Encadré 2.2).
objectifs. Tous les pays de la région sont signataires de la CDB et,

2.4 Liste verte de l’UICN des aires


par conséquent, sont tenus de rendre compte à la CDB des progrès
accomplis dans la réalisation de ces objectifs.

BIOPAMA se concentre sur l’Objectif d’Aichi 11, dans le cadre du


protégées et de conservation
But stratégique C, qui appelle les Parties à atteindre : La norme de la Liste verte de l’UICN des aires protégées et de
conservation (norme de la Liste verte de l’UICN) est une nouvelle
• d’ici à 2020, au moins 17% des zones terrestres et d’eaux norme internationale de durabilité servant de référence pour des
intérieures et 10% des zones marines et côtières, y compris les aires protégées et de conservation à la fois efficaces et équitables.
zones particulièrement importantes pour la diversité biologique Officiellement approuvée par le Conseil de l’UICN à la fin de 2017,
et les services fournis par les écosystèmes, conservées au elle a été recommandée pour mise en œuvre ultérieure par les
moyen de réseaux écologiquement représentatifs et bien reliés Membres de l’UICN dans le monde entier (Hockings et al., 2019;
d’aires protégées gérées efficacement et équitablement et IUCN et WCPA, 2017).
autres mesures de conservation efficaces par zone, et intégrées La norme de la Liste verte de l’UICN décrit un ensemble de dix-
dans l’ensemble du paysage terrestre et marin (CBD 2011). sept critères applicables à l’échelle mondiale, classés en quatre
composantes et accompagnés de 50 indicateurs, pour une
2.3 Autres mesures de conservation conservation réussie à l’échelle des sites, dans les aires protégées

efficaces par zone (AMCE) et de conservation. Les sites adhèrent volontairement à la Liste
verte de l’UICN en s’engageant à respecter cette norme, et sont
Bien que les AMCE soient inclues dans l’Objectif d’Aichi 11 depuis certifiés une fois la conformité à la norme démontrée. La norme de
2011, le terme n’a été correctement clarifié qu’en 2018, lorsque la la Liste verte de l’UICN aborde quatre composantes : une bonne
gouvernance, une conception et une planification robustes, une
CDB a défini les AMCE comme :
gestion efficace et des résultats positifs en matière de conservation
[ ... ] une zone géographiquement délimitée, autre qu’une aire (voir la Tableau 2.2) (IUCN et WCPA, 2017).
protégée, qui est réglementée et gérée de façon à obtenir des
La norme de la Liste verte de l’UICN est conçue pour être à la fois
résultats positifs et durables à long terme pour la conservation
cohérente au niveau mondial et pertinente à l’échelle locale,
in situ de la biodiversité3, y compris des fonctions et services
exigences qui décrivent collectivement les efforts nécessaires pour
écosystémiques connexes et, le cas échéant, des valeurs
atteindre pleinement la norme. Un site de la Liste verte est un site
culturelles, spirituelles, socioéconomiques et autres valeurs
actuellement évalué comme répondant à tous les critères, dans les
pertinentes à l’échelle locale (CDB, 2018, p. 1).
quatre composantes. La norme est adaptée à chaque pays ou

3 "Tel que défini à l’Article 2 de la Convention sur la diversité biologique et conformément aux dispositions de la Convention" (CDB, 2018, p. 1).

8 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Encadré 2.2 : Autres mesures de conservation efficaces par zone (AMCE) en Afrique

Bien que l’identification des AMCE n’ait commencé à prendre de sont en cours d’élaboration, en complément du Rapport
l’ampleur que vers la fin de la stratégie 2011-2020 de la CDB, il a technique, afin d’aider à l’identification des AMCE.
été suggéré que les AMCE contribueront de manière significative
Daniel Marnewick et Candice Stevens ont développé et testé la
à l’Objectif 11 actuel, à son successeur, ainsi qu’à l’ODD 15, et
méthodologie d’évaluation nationale sud-africaine, en partenariat
qu’elles constitueront un cadre important pour la conservation des
avec le Groupe de travail de l’UICN sur les AMCE et divers acteurs
zones situées en dehors des aires protégées formelles. Cela
gouvernementaux et non-gouvernementaux. Les résultats de
aidera les pays africains à sauvegarder et à tirer profit de la
l’Étude de cas sur les AMCE dans la région de la Réserve de
biodiversité de ces sites.
biosphère de Kruger à Canyons, en Afrique du Sud, indiquent un
Les AMCE fourniront une base pour l’engagement et le certain nombre d’opportunités pour fusionner les AMCE et le
renforcement d’un large éventail de parties prenantes de la cadre de gestion de la biodiversité existant, d’identifier des
conservation par zone, y compris le secteur agricole, les opportunités de renforcer d’autres cadres nationaux et de créer
entreprises, les communautés locales et les peuples autochtones, des synergies avec l’économie de la faune sauvage pour renforcer
qui contribuent à la conservation par zones en dehors du domaine les cadres de gouvernance et de gestion associés, ainsi que les
officiel des aires protégées. Cela est particulièrement vrai pour résultats de conservation de la biodiversité (Jonas et Sandwith,
l’Afrique, où la plupart des zones naturelles appartiennent à des 2019). En utilisant la méthodologie d’évaluation des AMCE en
propriétaires fonciers communaux ou à des ayant-droits. De plus, Afrique du Sud, Daniel et Candice ont aidé le Groupe de travail de
les AMCE constituent une plateforme idéale pour inclure et l’UICN sur les AMCE à élaborer un projet de méthodologie
développer des activités économiques plus diversifiées et pour le mondiale d’évaluation des AMCE.
financement de la biodiversité, en particulier autour de l’économie
Les AMCE fourniront un cadre pour soutenir et développer des
de la faune sauvage.
opportunités économiques légitimes, diversifiées et durables,
Le Groupe de travail de la Commission mondiale des aires ainsi qu’un financement de la biodiversité qui s’intègre aux
protégées (CMAP) de l’UICN sur les AMCE a rédigé un Rapport économies rurales, tout en produisant des résultats de
technique pour la reconnaissance et le signalement des AMCE conservation de la biodiversité in situ, en particulier autour de
(Groupe de travail sur les autres mesures de conservation l’économie de la faune sauvage.
efficaces par zone de la CMAP-UICN, 2020). Une ébauche Contribution de Daniel Marnewick, Président de la communauté
d’Outil d’évaluation des AMCE et une ébauche de méthodologie KBA et représentant de l’Afrique au sein de la communauté KBA,
d’identification et d’évaluation des AMCE à l’échelle nationale et Point focal régional KBA pour l’Afrique.

Tableau 2.2 : Norme de la Liste verte de l’UICN - composantes et critères

Bonne gouvernance
1.1 Garantir la légitimité et la voix
1.2 Assurer la transparence et la responsabilité
1.3 Favoriser une gouvernance dynamique et la capacité
de réagir de manière adaptative

Résultats positifs pour la conservation


Conception et planification robustes
2.1 Identifier et comprendre les principales valeurs du site 4.1 Démontrer la conservation des
2.2 Conception pour une conservation à long terme principales valeurs naturelles
Générer
des principales valeurs du site 4.2 Démontrer la conservation des
2.3 Comprendre les menaces et les défis qui pèsent sur principaux services écosystémiques
les principales valeurs du site associés
2.4 Comprendre le contexte social et économique 4.3 Démontrer la conservation des
valeurs culturelles
Gestion efficace
3.1 Élaborer et mettre en œuvre une stratégie de gestion
à long terme
3.2 Gérer les conditions écologiques
3.3 Gérer dans le contexte social et économique de la région
3.4 Gérer les menaces
3.5 Appliquer efficacement et équitablement les lois et règlements
3.6 Gérer l’accès, l’utilisation des ressources et les visites
3.7 Mesurer les réussites

Source : IUCN et WCPA (2017, p. 6).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 9


Encadré 2.3 : Zones clés pour la biodiversité (KBA) en Afrique

À ce jour, six pays d’Afrique ont établis des Groupes nationaux coûts élevés de planification de développements dans des
de coordination KBA, dont cinq ont terminé ou sont en train zones biologiquement sensibles, ainsi que les conflits avec les
d’identifier les KBA. Onze autres pays souhaitent lancer le intérêts de conservation qui en découlent.
processus. Dans de nombreux pays africains, les KBA
Des directives globales détaillées sont à disposition des pays
constitueront la seule cartographie spatiale permettant de
pour identifier les KBA. Celles-ci incluent notamment la Norme
guider l’établissement de priorités en matière de biodiversité, il
mondiale pour l’identification des Zones clés pour la
est donc impératif de continuer à identifier les KBA en Afrique.
biodiversité (UICN, 2016a), les Lignes directrices pour
L’identification des KBA et leur reconnaissance dans les l’utilisation d’une norme mondiale pour l’identification des
politiques nationales est importante pour la planification Zones clés pour la biodiversité (KBA Standards and Appeals
nationale de la conservation et du développement. Tout Committee, 2019) et le Processus de proposition des Zones
d’abord, les pays peuvent mieux cibler leurs investissements clés pour la biodiversité  : conseils pour la proposition,
en matière de conservation, par exemple pour l’expansion des l’évaluation, la nomination et la confirmation des sites (KBA
aires protégées et de conservation. Ensuite, la planification du Secretariat, 2019).
développement peut permettre de prévenir les impacts
Contribution de Daniel Marnewick (Président de la communauté
négatifs sur les sites d’importance mondiale de la région. Et
KBA et représentant de l’Afrique au sein de la communauté
finalement, une telle carte aidera les entreprises à éviter des KBA, et Point focal régional KBA pour l’Afrique).

© Wilderness Safaris

10 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


région dans lequel elle est adoptée. Pour chaque critère de la
diversification des stratégies, des types et des désignations d’aires
norme, un ensemble d’indicateurs génériques et les moyens de
protégées. En conséquence, de nombreux sites sont protégés par
vérification associés sont fournis par l’UICN. Ces indicateurs
génériques peuvent être adaptés au contexte de chaque juridiction plus d’une convention, instrument juridique, ou autres moyens
participante afin de refléter les caractéristiques et les circonstances efficaces. Ce chevauchement peut être bénéfique si la structure
régionales et locales dans lesquelles les aires protégées et de juridique signifie qu’une protection supplémentaire est conférée
conservation opèrent. par chaque désignation, mais peut également entraîner un manque
de clarté quant aux régimes de gouvernance et de gestion de
2.5 Désignations internationales certains sites (Deguignet et al., 2017). Les désignations mondiales
pour les aires protégées et de confirment non seulement l’importance de ces sites à l’échelle

conservation mondiale, mais soutiennent également leur protection, gestion,


promotion et utilisation durable, par exemple en attirant des
Des politiques nationales et régionales et des conventions ressources touristiques, financières et techniques supplémentaires,
internationales ont été mises en œuvre pour promouvoir l’expansion ainsi qu’un soutien politique et public. Certains de ces sites
du réseau mondial d’aires protégées, conduisant à une désignés au niveau mondial sont également des sites

Encadré 2.4 : Centre régional de ressources (CRR) de BIOPAMA

Le CRR est l’observatoire régional du programme BIOPAMA liens vers l’Outil d’efficacité de la gestion intégrée, BD-
pour l’Afrique orientale et australe. Il s’agit d’une plateforme EGAP.
unique pour faciliter l’échange de données / informations entre 5. Tableau de bord des aires protégées - regroupe les
décideurs et gestionnaires d’aires protégées et de conservation informations de base sur les aires protégées et la
dans la région. biodiversité.
La vision du CRR est d’être un centre de ressources de premier L’objectif du SRIR est de créer un système de gestion de
plan qui soutient une prise de décision et une gouvernance (à contenu basé sur une communauté d’utilisateurs, qui soit
échelle locale, nationale et régionale) efficaces des aires pertinent pour les politiques et soutienne la prise de décision.
protégées et de la biodiversité, ainsi que de leur lien avec les Axé sur les aires protégées et de conservation, le SRIR
objectifs de développement durable. intégrera les informations provenant de différents fournisseurs
Le CRR est au cœur des travaux de BIOPAMA et soutiendra la de données, tout en fournissant des liens entre les ensembles
collecte et l’analyse de données, ainsi que le suivi et mondiaux de données (tels que la BDMAP, l’ONAP et la BD-
l’établissement de rapports, en développant les capacités du EGAP) et les ensembles de données régionaux et nationaux.
personnel et des organisations à gérer les données et à fournir La Figure 2.1 montre le flux de données à travers ces différents
des directrices politiques pour une meilleure prise de décision canaux. Le SRIR et le Centre régional de ressources
en matière de conservation de la biodiversité. Les produits en permettront aux parties prenantes de la région d’accéder aux
cours d’élaboration par le CRR incluent des récits, des cartes, données de conservation pertinentes à l’échelle nationale et
des infographies, des profils nationaux et régionaux, des régionale.
rapports, des lignes directrices, des outils, des informations et En résumé, le CRR :
des événements, des exemples de réussite et des données
résumées à partir d’ensembles mondiaux de données. • fonctionne comme une plateforme pour faciliter l’échange
de données / informations entre décideurs et gestionnaires
Le Système régional d’information de référence (SRIR)*, qui d’aires protégées et soutient les priorités régionales dans
regroupe science et connaissances, facilitant ainsi l’accès les produits d’aide à la décision ;
régional, national et local à celles-ci, constitue un élément
• constitue un référentiel / centre de données et d’analyses
important du Centre régional de ressources. Le SRIR soutient
pour soutenir l’élaboration de rapports, le suivi et la prise
l’élaboration de politiques sur les thèmes interdépendants de
de décision, de manière spécifique à la région ;
biodiversité, conservation et développement à travers les
outils suivants : • fournit des outils analytiques, des produits et autres
services à la région ;
1. Outil de suivi – suivi d’indicateurs relatifs aux politiques et
• favorise la mise en réseau d’experts et les liens avec des
aux objectifs et de conservation.
partenaires clés travaillant sur des questions pertinentes ;
2. Outils analytiques - y compris l’outil web MARXAN4 et des
• fournit des informations sur les opportunités de formation
données d’observation de la Terre.
et de financement et identifie les priorités d’action pour le
3. Module sur la gouvernance et l’équité des aires protégées financement.
- en lien avec divers outils d’évaluation sociale, de la
gouvernance et de l’équité. * Pour de plus amples informations, veuillez consulter :
4. Module sur l’efficacité de la gestion des aires protégées – http://biopama-rris.rcmrd.org/
regroupe les outils et types d’évaluations, ainsi que des https://esahub.rcmrd.org/

4 Marxan est un logiciel de planification de la conservation en libre accès. Il fournit un soutien décisionnel pour toute une gamme de problèmes de planification de
la conservation, y compris la conception de nouveaux systèmes de réserves, la production de rapports sur le rendement des systèmes de réserves existants et
l’élaboration de plans de zonage à usages multiples pour la gestion des ressources naturelles.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 11


Objectifs d’Aichi pour la biodiversité (en particulier l’Objectif 11) et
transfrontaliers, partagés par deux pays ou plus (voir la Section
aux Nations Unies (ONU) pour suivre les progrès vers les Objectifs
4.5). Les trois désignations mondiales pour de tels sites sont les
de développement durable à l’horizon 2030, certains indicateurs
Réserves de biosphère et les sites du Patrimoine mondial de
de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur
l’UNESCO, ainsi que les sites Ramsar (zones humides d’importance
la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) ainsi que
internationale) (UNESCO, 1971; 1972; 2019a; 2019b). Chacune
d’autres évaluations et rapports internationaux.
définit des critères clairs pour la désignation des sites.
L’initiative Protected Planet repose sur des mises à jour régulières
2.6 Autres domaines prioritaires des informations provenant de fournisseurs de données. Les sites

pour la conservation désignés comme aires protégées doivent être conformes à la


définition de l’UICN (voir la Section 2.1). Chaque aire protégée doit
Outre les sites désignés à l’échelle mondiale, un certain nombre être entrée dans la base de données sous un format SIG, par
d’autres classifications de zones prioritaires pour la conservation exemple au moyen d’un fichier de formes (points ou polygone).
ont été identifiées sous l’égide des Zones clés pour la biodiversité
Celui-ci doit inclure une série d’attributs descriptifs associés, tels
(KBA, selon leurs sigles en anglais) (voir également l’Encadré 2.3).
que la désignation, la catégorie de gestion de l’UICN et le type de
Ces sites contribuent de manière significative à la persistance
gouvernance de l’UICN. Les normes relatives aux données de
mondiale de la biodiversité et sont identifiés à l’aide d’un ensemble
standard de critères applicables aux plantes, aux animaux et aux Protected Planet sont expliquées en détail dans la section 3 du
écosystèmes des milieux terrestres, d’eaux intérieures et marins manuel de l’utilisateur (UNEP-WCMC et IUCN, 2019a).
(UICN, 2016a). Les classifications ci-dessous sont tous des sous-
La BD-AMCE6 présente une structure similaire à la BDMAP, et ces
ensembles de KBA (Stattersfieldet al., 1998).
deux bases de données sont entièrement interopérables. Pour de
• Sites de l’Alliance pour une extinction zéro (AZE, selon leurs plus amples conseils sur la façon de soumettre des données à la
sigles en anglais) : programme lancé à l’échelle mondiale en BD-AMCE, voir la section 2 du manuel de l’utilisateur (UNEP-
2005, l’AZE a été créée pour identifier, conserver et sauvegarder WCMC et IUCN, 2019a).
efficacement les sites les plus importants pour prévenir les
extinctions mondiales d’espèces (AZE Secretariat, 2019). La base de données mondiale sur l’efficacité de la gestion des
• Zones d’oiseaux endémiques (EBA, selon leurs sigles en aires protégées (BD-EGAP) relève également de l’initiative
anglais) : zones englobant la superposition des aires de Protected Planet. Il s’agit de la base de données mondiale la plus
reproduction d’espèces à distribution restreinte, de sorte que complète sur les évaluations de l’efficacité de la gestion des aires
les aires de répartition complètes de deux ou plusieurs espèces protégées, et elle est liée à la BDMAP. La BD-EGAP est une base
à distribution restreinte soient entièrement inclues dans les de données consultable comprenant des données sur les
limites d’une EBA (BirdLife International, 2019a). évaluations EfGAP soumises par un large éventail d’organisations
• Zones importantes pour les oiseaux et la biodiversité (IBA, gouvernementales et non-gouvernementales à l’UNEP-WCMC, et
selon leurs sigles en anglais) : KBA identifiées pour les oiseaux est mise à jour de façon mensuelle. En 2019, la base de données
en utilisant des critères internationalement convenus appliqués comprenait plus de 28 000 évaluations de 169 pays utilisant 69
localement par les partenaires et experts de BirdLife (UICN, méthodologies différentes. Il existe cependant très peu de liens
2016a). avec les évaluations réelles ou les rapports connexes. Les
avantages pour les pays de soumettre leurs informations
2.7 Suivi des aires protégées et de d’évaluation EfGAP à la base de données incluent :
conservation : vue d’ensemble 1. rassembler les données nationales en un seul endroit ;

La base de données mondiale des aires protégées (BDMAP) est un 2. informer les pratiques de gestion adaptative ;
produit conjoint du Programme des Nations Unies pour 3. prioriser l’allocation des ressources ; et
l’environnement et de l’UICN, et est gérée par l’UNEP-WCMC dans
4. établir des rapports en relation avec les objectifs de
le cadre de l’initiative Planète protégée. Les données de cette
conservation.
initiative sont compilées et gérées en collaboration avec les
gouvernements, des organisations non gouvernementales, des L’Observatoire numérique des aires protégées (ONAP) est géré
acteurs communautaires et privés, des universités et autres parties par le Centre commun de recherche de la Commission européenne
prenantes du secteur industriel. La BDMAP et la BD-AMCE sont (CCR). Il s’agit d’un ensemble de services et d’applications web
mises à jour de façon mensuelle et disponibles en ligne sur le site pouvant être utilisés principalement pour évaluer, réaliser un suivi,
web Protected Planet, où les données sont à la fois consultables et établir des rapports et éventuellement prévoir l’état des aires
téléchargeables. Un rapport semestriel Protected Planet est protégées et les pressions exercées sur celles-ci à plusieurs
également publié, désormais sous la forme d’un rapport numérique échelles. Les données, indicateurs, cartes et outils fournis par
Protected Planet actualisé en temps réel5. l’ONAP sont pertinents pour les utilisateurs finaux, y compris les
décideurs, les agences de financement, les agences et
Les données de l’initiative Protected Planet sont utilisées dans les
gestionnaires d’aires protégées, les chercheurs et la CDB. Les
rapports à la CDB sur les progrès accomplis dans la réalisation des
informations peuvent être utilisées, par exemple, pour soutenir la

5  https://livereport.protectedplanet.net/
6  https://www.protectedplanet.net/c/other-effective-area-based-conservation-measures

12 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 2.1 : Systèmes mondiaux et régionaux de gestion de données pour les aires protégées

Sources de données
Protected Planet
mondiales

PNUE-WCMC CCR

Centre régional de Système régional Observatoire


ressources d’information de numérique des aires
(CRR) référence (SRIR) protégées (ONAP)

Fournisseurs de Parties prenantes,


données nationaux et décideurs, autres
régionaux utilisateurs

Indicateurs et métriques calculés

Autres données (p. ex. espèces, habitats, forêt, eau, économie)

Données spécifiques aux aires protégées (limites, gouvernance, etc.)


Source : Auteurs

planification spatiale, l’allocation de ressources, le développement


et la gestion des aires protégées, ainsi que dans les rapports
2.8 Une image globale des aires
nationaux et internationaux. À partir d’ensembles mondiaux de protégées
données de référence, l’ONAP soutient les évaluations mondiales Partout dans le monde, des signes de stress croissant sur
et fournit un large éventail d’indicateurs cohérents et comparables l’environnement se font sentir, dont les principales causes sont la
à l’échelle des pays, des écorégions et des aires protégées (Bastin croissance démographique et l’industrialisation, contribuant toutes
et al., 2017; Dubois et al., 2016; EC JRC/DOPA, 2019a). deux aux changements climatiques. L’un des principaux objectifs
Les Observatoires régionaux des aires protégées et de la des aires protégées est de conserver la nature en éliminant,
biodiversité ont été créés dans le cadre du programme BIOPAMA. minimisant ou réduisant les pressions et les menaces humaines
Ils soutiennent la collecte, l’analyse, le suivi et l’établissement de opérant à l’intérieur de leurs limites.
rapports de données, renforcent les capacités du personnel et des Un certain nombre d’initiatives ou de mécanismes mesurent et
organisations à gérer les données et fournissent des orientations évaluent les pressions et les menaces à l’échelle mondiale et
politiques pour une meilleure prise de décisions en matière de régionale. La télédétection peut être utilisée pour mesurer certaines
conservation de la biodiversité. L’un des principaux outils fournis menaces, tandis que d’autres nécessiteront des études in situ afin
dans le cadre du système d’Observatoires régionaux est le d’obtenir une compréhension globale des facteurs affectant les
Système régional d’information de référence (SRIR) ou Centre aires protégées et de conservation.
régional de ressources (CRR) qui, pour l’Afrique orientale et
australe, est hébergé par le Centre Régional de cartographie des L’UICN et le Partenariat pour les mesures de Conservation (CMP,
ressources pour le développement (RCMRD) au Kenya (voir selon ses sigles en anglais) ont produit un ensemble de classifications
Encadré 2.4 et Figure 2.1). types des menaces directes que les défenseurs de l’environnement

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 13


rencontrent dans le monde entier, ainsi que des mesures de tandis que les effets négatifs des activités récréatives non durables
conservation à leur disposition pour affronter ces menaces (TNC, dominaient dans les pays développés (Schulze et al., 2018). Les
s.d.). La Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™ utilise ce résultats ont montré que bon nombre des menaces les plus graves
système de classification pour assurer une comparabilité entre pour les aires protégées sont difficiles à suivre par télédétection, et
espèces et habitats. La Liste rouge de l’UICN fournit des informations soulignent l’importance de données in situ sur les menaces pour
sur l’aire de répartition, la taille des populations, l’habitat et l’écologie, guider la mise en œuvre d’une conservation plus efficace de la
l’utilisation et / ou le commerce, les menaces et les mesures de biodiversité dans les aires protégées mondiales (Schulze et al.,
conservation qui aideront à guider les décisions de conservation 2018). Il convient de noter que cette analyse comprenait des
nécessaires. données jusqu’en 2014, après quoi le braconnage à grande échelle
pour le commerce illégal mondial d’espèces sauvages est apparu
En outre, de nombreuses évaluations EfGAP (voir le Chapitre 5)
comme une menace majeure pour la biodiversité en Afrique. Le
comprennent également une évaluation systématique et comparable
Tableau 2.3 résume les résultats pour le biome Afro-tropical, qui
des menaces pesant sur les valeurs et / ou les principaux taxons
comprend la majeure partie de l’Afrique subsaharienne.
présents dans les aires protégées, dans de nombreux cas, à partir
du système de classification type. Cela fournit une base pour des Dans une autre étude, une analyse de la performance des aires
efforts plus coordonnés et des investissements plus ciblés visant à protégées africaines mettant l’accent sur les lions et leurs proies a
réduire les menaces et à améliorer les résultats de conservation montré que le braconnage de viande de brousse constituait la
dans les aires protégées. L’Outil intégré sur l’efficacité de la gestion menace la plus importante pour les lions et la faune en général
(OIEG), développé par BIOPAMA, analyse également le contexte de (Lindsey et al., 2017).
l’aire protégée et de conservation afin de déterminer les menaces
Outre le braconnage de viande de brousse, on considère également
potentielles futures (BIOPAMA et IUCN, 2016).
que les principales menaces directes à la conservation en Afrique
Une étude visant à obtenir une vue d’ensemble globale des menaces incluaient la perte et la fragmentation des habitats, la surpêche, le
auxquelles sont confrontées les aires protégées terrestres à l’échelle trafic illégal d’espèces sauvages et les espèces exotiques
mondiale et par biome a analysé les données collectées dans le envahissantes. Une analyse de la Commission européenne (EC,
cadre d’évaluations EfGAP dans 1 961 aires protégées de 149 pays, 2015) a révélé que les principaux moteurs de ces menaces dans la
à partir de trois méthodologies différentes : l’Outil de suivi de région étaient :
l’efficacité de la gestion (OSEG), l’évaluation des Perspectives du
• la croissance démographique et la pauvreté ;
Patrimoine mondial et le protocole de suivi des IBA de BirdLife
• une mauvaise gouvernance ;
International (Schulze et al., 2018). L’étude a révélé que la chasse
non durable était la menace la plus souvent signalée et se produisait • des régimes fonciers et droits sur les ressources locales
dans 61% de toutes les aires protégées, suivie par les perturbations inadéquats ;
causées par les activités récréatives dans 55% des cas, et les • les conflits nationaux et régionaux ;
modifications du système naturel causées par le feu ou sa • l’indifférence politique et le manque de sensibilisation ;
suppression dans 49% des cas. Le nombre de menaces signalées • les changements climatiques ;
était plus faible dans les aires protégées présentant un plus grand • les maladies endémiques et émergentes ; et
isolement, un meilleur contrôle de la corruption et des scores de
• les conflits homme-faune.
développement humain inférieurs (Schulze et al., 2018). Dans les
pays en développement, les principales menaces signalées étaient
liées à la surexploitation résultant de l’extraction des ressources,

Tableau 2.3 : Trois des menaces les plus fréquemment signalées dans le biome Afro-tropical
Biome Groupe de biome Sites (N) Menace Deuxième menace Troisième menace la
la plus fréquemment la plus fréquemment plus fréquemment
documentée documentée documentée

Afro-tropical Forêts tropicales 150 Chasse et collecte Récolte de plantes Exploitation forestière et
d’animaux terrestres terrestres récolte de bois

Afro-tropical Savanes, arbustes et 22 Espèces / maladies Incendies et Activités de loisirs


prairies exotiques / non suppression des
autochtones incendies
envahissantes

Afro-tropical Mangroves 7 Pêche et récolte Chasse et collecte Collecte de plantes


terrestres

Source : (Schulze et al., 2018, Tableau 1, p. 7/10).

14 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Wilderness Safaris

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 15


© Marie-Anne van der Byl

16 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Partie II - Contexte régional,
données et profils nationaux

3 Vue d’ensemble
de la région7

7 Cette section est adaptée du rapport de l’UE « Plus grand que les éléphants »
(CE, 2015) et du rapport d’évaluation régionale de l’IPBES sur la biodiversité et les
services écosystémiques en Afrique (IPBES, 2018).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 17


Cette section fournit le contexte de ce rapport et un aperçu de
l’état des aires protégées et de conservation dans la région de
l’Afrique orientale et australe dans son ensemble. Lorsque des
données étaient disponibles, des analyses complètes ont été
entreprises. La section présente des informations concernant les
institutions créées pour répondre aux besoins et priorités
spécifiques des sous-régions, y compris les politiques régionales
et instruments juridiques. Les approches novatrices guidant et
démontrant des résultats positifs sont mises en évidence et
recommandées.

La région de l’Afrique orientale et australe couvre 24 pays, y


compris les îles de l’océan Indien occidental. Elle abrite quatre
communautés économiques régionales  : la Communauté de
l’Afrique de l’Est (EAC, selon ses sigles en anglais), la Commission
de l’océan Indien (COI), l’Autorité intergouvernementale pour le
développement (IGAD, selon ses sigles en anglais) et la
Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC,
selon ses sigles en anglais). La région de l’Afrique orientale et
australe est vaste, couvrant environ 16 millions de km2, soit environ
la moitié du continent Africain. C’est une région géographiquement
diverse, qui s’étend de la mer Rouge, au nord, jusqu’au Cap de
Bonne-Espérance, au sud, et inclut les îles de l’océan Indien
occidental. La région comprend de nombreux biomes différents, y
compris des savanes, des prairies, des zones arides et désertiques,
des forêts tropicales et subtropicales sèches et humides, des
zones humides et le biome unique des fynbos d’Afrique du Sud.

Les différences sous-régionales ont des implications sur la gestion


et la gouvernance des aires protégées et de conservation. Il existe
une diversité de besoins et de priorités de développement entre les
pays, y compris pour une conservation durable, comme la révision
de la législation et des politiques pour permettre une conservation
plus inclusive. Dans les zones encore en conflit, comme au Soudan
du Sud et en Somalie, il sera peut-être nécessaire de mettre
l’accent sur l’application de la loi, ce qui aura une incidence sur les
priorités et les budgets de gestion. Les pays se trouvent également
à des stades très différents en matière de conservation durable,
l’Afrique du Sud, le Botswana, le Kenya, la Namibie, le Rwanda, la
Tanzanie et l’Ouganda disposant de politiques et processus plus
avancés en matière de gestion et de gouvernance, tandis que
l’Érythrée, la Somalie, le Soudan du Sud et le Soudan n’en sont
encore qu’aux premiers stades d’élaboration des politiques, de
création de zones de conservation et de politiques de gouvernance.
Les îles de l’océan Indien occidental présentent des opportunités
et des défis uniques.

En 2019, la population de l’Afrique a atteint 1,32 milliard


(Worldometer, s.d.), soit 16,7% de la population mondiale, avec
une densité de population de 44 personnes par km2 à l’échelle du
continent. La même année, la population de l’Afrique orientale et
australe était de 512 millions d’habitants, soit 6,6% de la population
mondiale, avec une densité de population de 32 personnes par
km2. Ce chiffre varie considérablement d’une région à l’autre, la
Namibie ayant l’une des densités de population les plus faibles
(trois personnes par km2) et le Rwanda l’une des plus élevées (512
personnes par km2). Les estimations démographiques suggèrent
que la croissance restera forte dans les décennies à venir, de sorte
qu’en 2050, une personne sur quatre dans le monde sera Africaine.
© Wilderness Safaris
Une forte croissance démographique présente des défis devant

18 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


être gérés efficacement (IPBES, 2018), en plus de niveaux élevés espèces et écosystèmes endémiques et menacés, tels que le
de pauvreté et de chômage. Un certain nombre de menaces zostérops des Seychelles (Zosterops modestus).
régionales pour la conservation sont directement liées à la
Les forêts tropicales de l’est malgache ont diminué de 1,69% par
croissance démographique et à la concurrence pour les terres (EC,
an de 1990 à 2000 et de 1,08% de 2000 à 2010 (Mayaux et al.,
2015; IPBES, 2018).
2013), et on estime que 97% des forêts occidentales sèches
malgaches ont été détruites depuis l’arrivée de l’homme sur l’île
3.1 Afrique de l’Est (WWF, 2017), avec un taux de déforestation annuel de 0,75% de
La région de l’Afrique de l’Est abrite les points les plus élevés et les 1990 à 2000 (Gorenflo et al., 2011).
plus bas du continent et comprend une gamme d’habitats allant de
forêts tropicales et de récifs côtiers aux déserts. Ses caractéristiques 3.3 Afrique australe
uniques incluent la faune et la flore montagnardes des hauts
Les 10 pays d’Afrique australe constituent la sous-région la plus
plateaux éthiopiens, dont le loup d’Abyssinie endémique et menacé
riche et la plus développée de l’Afrique subsaharienne, bien que de
(Canis simensis), les montagnes tropicales enneigées du Rwenzori
façon inégale. Ils présentent également une grande diversité
et du Kilimandjaro, les escarpements boisés de la vallée du Rift
d’espèces et d’habitats.
Albertine, les grands lacs d’Afrique, la singulière Corne de l’Afrique,
les plus grandes migrations de faune des savanes et les importantes Les merveilles naturelles de l’Afrique australe comprennent les
forêts reliques des côtes est-africaines. La région abrite également grands marais salants d’Etosha, les chutes Victoria et le fleuve
certaines des aires protégées les plus célèbres du continent, Zambèze, ainsi que l’unique delta intérieur de l’Okavango. Les
notamment la Réserve nationale du Masai Mara et le Parc national déserts du Kalahari et du Namib sont tous deux de grands déserts,
du Serengeti. Elle abrite les chimpanzés (Pan troglodytes) et la plus le Namib étant considéré comme le plus ancien désert du monde.
grande population de lions (Panthera leo) au monde (en Tanzanie). Le désert du Karoo, en Afrique du Sud, présente la flore la plus
riche du monde en ce qui concerne les plantes succulentes, et les
Le lac Tanganyika est le plus long lac d’eau douce du monde et
arbustes de Fynbos représente un élément majeur de la région
abrite 250 espèces différentes de poissons cichlidés, dont 98%
floristique du Cap, en Afrique du Sud, qui constitue l’un des six
sont endémiques. Le lac Victoria présente moins d’endémisme,
règnes floraux reconnus du monde, avec plus de 9 000 espèces de
mais constitue un réservoir de pêche important pour les populations
plantes vasculaires dont 69% sont endémiques. La côte orientale
locales de trois pays.8
de l’Afrique australe, sous le Grand Escarpement, est un autre
Comme dans d’autres régions tropicales, l’étendue des forêts centre important d’endémisme végétal.
tropicales de plaine et de montagne et des forêts sèches a diminué
Le lac Malawi / Niassa / Nyasa, long de 570 km, est le lac le plus au
en Afrique de l’Est. Dans les forêts côtières de la région, cette perte
sud de la vallée du Rift, et contient plus d’espèces de poissons que
est principalement due à la conversion des forêts en terres
tout autre lac sur Terre, dont plus de 1 000 espèces endémiques de
agricoles, principalement par la culture itinérante. En Tanzanie, par
poissons cichlidés et de nombreux mollusques endémiques.
exemple, le couvert forestier côtier a diminué de plus d’un tiers,
passant de 420 765 hectares en 1990 à 358 333 hectares en 2000 L’Afrique australe abrite plus d’éléphants et de rhinocéros que le
et à 273 709 hectares en 2007. Cepenant, le taux de déforestation reste du continent, ainsi que certaines des plus anciennes et des
a été plus faible dans les réserves tanzaniennes : 0,2% et 0,4% par plus grandes réserves et parcs d’Afrique. Les pays d’Afrique
an entre 1990 et 2000 etentre 2000 et 2007 respectivement, contre australe possèdent une longue histoire de conservation de la faune
1,3% et 0,6% par an en dehors des réserves au cours des mêmes et de gestion du gibier, et ont été pionniers en matière d’utilisation
périodes (Burguess et al., 2017; Godoy et al., 2012). communautaire des ressources naturelles, de conservation
transfrontalière et autres approches de conservation innovantes.
3.2 Madagascar et îles Le premier Parc de la paix a vu le jour en Afrique australe en 1990,
et l’Aire de conservation transfrontalière de Lubombo, créée en
occidentales de l’océan Indien 2000, a été la première aire de conservation transfrontalière (ACT)
L’île de Madagascar possède une grande richesse d’espèces et marine en Afrique (voir la Section 4.5 pour plus d’informations sur
des niveaux extraordinaires d’endémisme, particulièrement chez les ACT).
les lémuriens, les tenrecs et les caméléons. Il existe plus d’espèces
végétales à Madagascar que dans tout le bassin du Congo. Les
forêts du nord et de l’est sont humides, celles de l’ouest et du sud
se faisant progressivement plus arides. L’île constitue une région
d’une importance disproportionnée pour la conservation, avec des
niveaux élevés d’endémisme et une forte proportion d’espèces
menacées. Les petites îles des Comores, de Maurice et des
Seychelles sont également d’une importance exceptionnelle pour
la conservation. Elles font partie du hotspot de biodiversité des îles
de Madagascar et de l’océan Indien, et abritent de nombreuses

8 Pour plus d’informations sur cette importante question, veuillez consulter : https://www.iucn.org/sites/dev/files/content/documents/2018/policy_brief_english_final.pdf.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 19


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20 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


4 État des aires
protégées et de
conservation
d’Afrique
orientale et
australe

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 21


Figure 4.1 : Aires protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe

AIRES PROTÉGÉES
AFRIQUE ORIENTALE ET AUSTRALE
BIOPAMA

Aires protégées
Frontières nationales africaines

Kilomètres 16,5% de la couverture


terrestre (N = 5 232)
Aires protégées connectées : 11,0%

5,6% de la couverture
marine (N = 411)

Espèces endémiques de la région Statistiques régionales de couverture du sol

522 amphibiens dont 88,1% de terres naturelles* dont


247 sont menacés (47,3%) 22,1% sont protégés

365 mammifères dont 32,0% de couverture forestière dont


178 sont menacés (48,8%) 27,6% sont protégés

1,8% d’eaux intérieures dont


306 oiseaux dont 11,3% sont protégés
104 sont menacés (34,0%)
53,1 Pg de stock total de carbone dont
24 requins et raies dont 21,9% sont protégés
6 sont menacés (25%)
5,3% de couverture urbaine et
agricole dans les aires protégées
Données :
• Couches d’unités administratives globales (GAUL). Révision de 2015. Disponible à : http://www.fao.org/geonetwork/srv/en/metadata.show?id=12691
• Zones économiques exclusives (ZEE) v9 (2016-10-21). Disponible à : http://www.marineregions.org/downloads.php
• UNEP-WCMC et IUCN (2019). Protected Planet: The World Database on Protected Areas (WDPA). [En ligne]. Données de mai 2019 utilisées pour la connectivité des AP et les
statistiques régionales de couverture terrestre, et données de septembre 2019 utilisées pour la couverture des AP et la carte. Cambridge, Royaume-Uni : PNUE-WCMC et
UICN. Disponible à : www.protectedplanet.net
• JRC-VITO-IIASA (2019). Carte de couverture du sol Copernic Global 100m pour l’année 2015. Disponible à : https://land.copernicus.eu/global/products/lc
• IUCN (2019). Liste rouge de l’UICN des espèces menacées. Tiré du Tableau 8a. Version 2019.1. Disponible à : https://www.iucnredlist.org/resources/summary-statistics
Avitabile, V., Garcia Bendito, E., Delli, G., Mandrici, A., Battistella, L., Dubois, G. (2019). Carte globale du stock total de carbone. [En ligne]. Disponible à : https://dopa.jrc.
ec.europa.eu/sites/default/files/dopa_explorer_4-total_carbon.zip [10/2019]. Ispra, Italie.

* La catégorie « Terres naturelles » inclut toutes les classes sauf les terres cultivées (classe 40) et urbaines (classe 50)
Source : EC JRC/DOPA, 2019a.

22 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


4.1 Données statistiques de alors que ce chiffre peut aller jusqu’à 33% sur la base des
statistiques nationales.
référence
La valeur de connectivité présentée à la Figure 4.2 (barres bleues)
Les données de ce rapport ont été tirées de la BDMAP, ainsi que tient compte de la disposition spatiale, de la taille et de la couverture
des informations disponibles dans les rapports de chaque pays à des aires protégées et se base sur la superficie terrestre pouvant
la CDB, et en particulier les cinquième et sixième rapports être atteinte au sein du réseau d’aires protégées par des organismes
nationaux rédigés entre 2014 et 2019. Certains rapports nationaux présentant une distance médiane de dispersion de 10 km (comme
contiennent des informations sur les aires de conservation et c’est le cas pour de nombreux vertébrés terrestres)9. De manière
protégées. similaire, la connectivité varie considérablement d’une région à
l’autre, de moins de 1% au Lesotho à plus de 36% aux Seychelles.
L’Afrique orientale et australe compte 5 232 aires protégées couvrant
2 120 112 km2 de surface terrestre et 473 815 km2 de zones L’Afrique orientale et australe est à mi-chemin d’atteindre l’élément
océaniques (UNEP-WCMC et IUCN, 2019b). La Figure 4.1 présente de couverture des aires marines protégées de l’Objectif d’Aichi 11,
la carte de ces sites ainsi qu’un aperçu des espèces menacées et de avec 5,60% de l’espace marin protégé dans 411 aires côtières et
la représentation de la couverture terrestre dans ces aires protégées. marines protégées, soit 473 815 km2 (UNEP-WCMC et IUCN,
Les données ont été calculées en utilisant l’information spatiale 2019b). Comme le montre la Figure 4.2, l’Afrique du Sud, les
disponible dans la BDMAP, en combinaison avec une série d’autres Seychelles et le Soudan ont dépassé les objectifs d’Aichi en
ensembles de données fiables. Cependant, dans certains cas, les matière de protection marine et côtière, selon la BDMAP.
limites des aires protégées ne sont pas à jour ou complètes dans la
Les catégories de gestion de l’UICN pour la plupart des aires
BDMAP, ce qui peut affecter l’exactitude des statistiques à l’échelle
protégées en Afrique orientale et australe n’ont pas été déclarées à
des pays. Par exemple, dans le cas de la Somalie, 21 aires protégées
la BDMAP (Figure 4.4), bien que, sur la base des données
ont été signalées à la BDMAP, mais aucune ne dispose de limites
disponibles, les catégories II, IV et VI soient les plus couramment
polygonales, ce qui empêche la production d’une carte ou
utilisées. Cet écart est en partie dû à un manque de rapports, ainsi
l’application de techniques d’analyse spatiale.
qu’à la façon dont les autres catégories sont comprises en Afrique,
À l’échelle régionale, l’Afrique orientale et australe est sur le point où le concept historique de « forteresses de conservation », axé sur
d’atteindre l’objectif de couverture de l’Objectif d’Aichi 11, avec la protection formelle des ressources naturelles grâce à des parcs
16,54% de sa superficie terrestre protégée dans 5 232 aires nationaux, a constitué un paradigme dominant. Il est probable
protégées, soit plus de 2,1 millions de km2 (UNEP-WCMC et IUCN, qu’on assiste à une augmentation des autres catégories à mesure
2019b). Comme le montre la Figure 4.2, au moins neuf pays de la que les politiques et les lois permettant de gérer ces approches de
région ont dépassé les objectifs de couverture d’Aichi en matière conservation seront élaborées et mises en œuvre dans toute la
de protection terrestre, selon leurs rapports nationaux. Néanmoins, région. Certains pays, comme l’Afrique du Sud qui compte plus de
il existe une grande variabilité au sein de la région, 42% des pays 1 500 aires protégées, ne les ont pas spécifiquement classées
restant en dessous de 10% de couverture terrestre selon la BDMAP, selon les catégories de gestion de l’UICN.

Figure 4.2 : Couverture des aires protégées terrestres en Afrique orientale et australe

Note : Voir l’Annexe 2 pour la source de ces chiffres, et le Chapitre 8 pour des informations détaillées sur les rapports nationaux.
Sources : Base de données mondiale des aires protégées (UNEP-WCMC et IUCN , 2019b), EC JRC/DOPA (2019a) et Rapports nationaux à la Convention sur la diversité biologique.

9  L’indicateur est calculé par analyse de réseau (EC JRC/DOPA, 2019b; Saura et al., 2017, 2018 et 2019).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 23


Figure 4.3 : Aires côtières et marines protégées et de
conservation d’Afrique orientale et australe

Note : voir l’Annexe 2 pour la source de ces chiffres, et le Chapitre 3 pour des informations détaillées sur
les rapports nationaux.
Sources : Base de données mondiale des aires protégées (UNEP-WCMC et IUCN, 2019b) et Rapports
nationaux à la Convention sur la diversité biologique.

Figure 4.4 : Catégories de gestion de l’UICN des aires


protégées et de conservation d’Afrique orientale et
australe

Note : Voir l’Annexe 2 pour la source des données de cette figure.


Source : Base de données mondiale des aires protégées (UNEP-WCMC et IUCN, 2019a).

Figure 4.5 : Types de gouvernance de l’UICN parmi les


aires protégées et de conservation d’Afrique orientale et
australe

Note : voir l’Annexe 2 pour la source des données de cette figure.


Source : Base de données mondiale des aires protégées (UNEP-WCMC et IUCN, 2019a).

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24 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Bien que le type de gouvernance de nombreuses aires protégées De nombreux « sites revêtant une importance particulière pour la
de la région n’ait pas été signalé dans la BDMAP, la plupart sont biodiversité » (comme indiqué dans l’Objectif d’Aichi 11) ont été
régies par l’État ou des organismes gouvernementaux (Type de reconnus comme des KBA. Certains sous-ensembles spécifiques
gouvernance A ; voir la Figure 4.5). La domination de la gouvernance de KBA incluent les sites de l’Alliance pour une extinction zéro
par l’État résulte, en grande partie, de processus historiques liés à (AZE), qui représentent les derniers refuges d’une ou plusieurs
la création d’aires protégées selon le concept de « forteresses de espèces menacées ou en danger critique d’extinction, et les IBA,
conservation ». Ceci a évolué au fil du temps, avec une plus grande importantes pour la conservation mondiale des oiseaux (voir la
inclusion des communautés dans la gouvernance de la conservation Section 2.6). À l’heure actuelle, 735 KBA ont été identifiées dans la
et des aires protégées. Par exemple, sur les 238 aires protégées région, dont 107 AZE et 692 IBA (AZE Secretariat, 2019; BirdLife
sous gouvernance de peuples autochtones et communautés International, 2019b et 2019c). Étant donné que les AZE, les IBA et
locales, 47% se trouvent en Namibie sous gouvernance de les KBA sont des sites prioritaires reconnus pour la conservation
communautés locales et le reste au Kenya, à Madagascar et en de la biodiversité, beaucoup sont déjà couverts par des aires
Tanzanie, avec un site au Botswana. La gouvernance privée est protégées et de conservation, y compris les différentes désignations
encore largement limitée à l’Afrique australe, dans des pays tels mondiales mentionnées précédemment. Les AZE, IBA et KBA non
que la Namibie et l’Afrique du Sud (98% des 959 sites privés se protégées devraient être considérées comme des priorités pour
trouvent en Afrique du Sud), et largement liée au tourisme animalier, l’expansion des aires protégées.
à l’élevage et à la chasse aux trophées.
Tableau 4.1 : Sites d’importance mondiale en
4.2 Désignations mondiales et Afrique orientale et australe
autres domaines prioritaires Désignation mondiale Nombre de sites

dans la région Sites Ramsar (Zones humides 109


d’importance internationale)
En Afrique orientale et australe, 175 sites ont été désignés comme
d’importance internationale (Tableau 4.1). En tête de liste figurent les sites Réserves de biosphère de l’UNESCO 39
Ramsar, qui soulignent l’importance de la conservation des zones
humides dans la région. Sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO 27
(naturels ou mixtes)
Le Tableau 4.2 fournit une liste annotée des sites africains naturels et
Source : Ramsar Convention on Wetlands (2019); UNESCO (2019a; 2019b). Des
« mixtes » (naturels / culturels) du Patrimoine mondial (en 2019), informations détaillées sur les sites Ramsar et les Réserves de biosphère sont disponibles
comprenant les résultats des évaluations des Perspectives de à l’Annexe 3.

conservation de l’UICN10 et les dates des missions de suivi entreprises


par le Centre du Patrimoine mondial et l’UICN (Howard et Bertzky, 2020).

© Wilderness Safaris

10  Pour plus d’informations, veuillez consulter : https://www.iucn.org/resources/conservation-tools/iucn-world-heritage-outlook

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 25


Tableau 4.2 : Liste annotée des sites naturels et « mixtes » (naturels / culturels) du Patrimoine mondial en
Afrique orientale et australe (en 2019), comprenant les résultats des évaluations des Perspectives de
conservation de l’UICN et les dates des missions de suivi entreprises par le Centre du Patrimoine mondial
et l’UICN

Missions de suivi
Superficie (km2)
d’inscription
Type et état

COA (2014)

COA (2017)
Description

Critère (viii)
(extension)
sommaire*

Critère (vii)

Critère (ix)

Critère (x)
Année
Pays
Nom

L’atoll est composé de quatre grandes îles 1982 350 –


coralliennes entourant un lagon peu profond. Le
groupe d’îles est lui-même entouré d’un récif
corallien. En raison des difficultés d’accès et de
l’isolement de l’atoll, Aldabra a été protégé de
Atoll d’Aldabra

l’influence humaine et conserve ainsi quelque


152 000 tortues géantes, la plus grande
Site naturel
Seychelles

population mondiale de ce reptile. Pour plus de


détails, voir : http://whc.unesco.org/en/list/185
http://whc.de l’unesco.org/fr/list/185

Situés au nord-est de l’Afrique du Sud, les monts 2018 1 131 –


Barberton Makhonjwa comprennent 40% de la
ceinture de roches vertes de Barberton, l’une des
plus anciennes structures géologiques du monde.
Monts Barberton Makhonjwa

Le site représente la succession la mieux


conservée de roches volcaniques et sédimentaires
datant de 3,6 à 3,25 milliards d’années, et
constitue une réserve diversifiée d’informations
Afrique du Sud

sur les conditions de surface, les impacts de


météorites, le volcanisme, les processus de
Site naturel

construction continentale et l’environnement de la


vie précoce. Pour plus de détails voir :
http://whc.unesco.org/fr/list/1575

Situé dans le sud-ouest de l’Ouganda, Bwindi 1994 321 –


couvre 32 000 ha de forêt montagnarde et est
connu pour sa biodiversité exceptionnelle, avec
plus de 160 espèces d’arbres et plus de 100
Parc national Bwindi

espèces de fougères. De nombreux types


d’oiseaux et de papillons peuvent y être observés,
Impenetrable

ainsi que de nombreuses espèces menacées, y


Site naturel
Ouganda

compris le gorille de montagne, en danger


d’extinction. Pour plus de détails voir :
http://whc.unesco.org/fr/list/682

La région est l’un des grands centres mondiaux 2004 10 947 –


Aires Protégées de la région florale

de biodiversité terrestre. Cette vaste étendue (2015)


comprend des parcs nationaux, des réserves
naturelles, des aires de nature sauvage, des forêts
domaniales et des bassins versants de montagne.
Série de sites naturels

Elle abrite un nombre important d’espèces


endémiques associées à la végétation des
Afrique du Sud

Fynbos, des arbustes sclérophylles à feuilles fines


adaptés à la fois à un climat méditerranéen et à
des incendies périodiques, uniques à la Région
du Cap

florale du Cap. Pour plus de détails voir :


http://whc.unesco.org/fr/list/1007

Évaluation des perspectives de conservation en 2017


Bonnes Bonnes avec quelques préoccupations Préoccupations importantes Critiques Données insuffisantes

26 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Missions de suivi
Superficie (km2)
d’inscription
Type et état

COA (2014)

COA (2017)
Description

Critère (viii)
(extension)
sommaire*

Critère (vii)

Critère (ix)

Critère (x)
Année
Pays
Nom

L’action des processus fluviaux, marins et éoliens 1999 2 396 –


sur ce site ont produit une variété de formes de
relief, y compris des récifs coralliens, de longues
plages de sable, des dunes côtières, des
systèmes lacustres, des marécages et de vastes
Parc des zones humides

zones humides de roseaux et de papyrus. La


mosaïque de formes de relief et de types
d’habitats crée des panoramas à couper le
Afrique du Sud
d’iSimangaliso

souffle. Le site abrite des habitats critiques pour


Site naturel

toute une gamme d’espèces des milieux marins,


humides et de savane d’Afrique. Pour plus de
détails, voir : http://whc.unesco.org/fr/list/914

Le site comprend trois lacs interconnectés et peu 2011 320 –


profonds : le lac Bogoria, le lac Nakuru et le lac
Réseau des lacs du Kenya dans la

Elementaita, dans la vallée du Rift. Il abrite 13


espèces d’oiseaux menacées à l’échelle mondiale
et sa diversité en oiseaux et l’une des plus
diversifiées au monde. C’est le plus important site
Série de sites naturels
vallée du Grand Rift

de nourrissage de la planète pour les flamants


nains. La région abrite d’importantes populations
de mammifères, notamment de rhinocéros noir,
de girafe de Rothschild, de grand koudou, de lion,
Kenya

de guépard et de lycaons. Pour plus de détails


voir : http://whc.unesco.org/fr/list/1060

Avec ses 5 895 m, le Kilimandjaro est le point 1987 756 –


culminant de l’Afrique. Ce massif volcanique se
dresse dans un splendide isolement au-dessus
République-Unie de

des plaines environnantes, son sommet enneigé


Parc national du

surplombant la savane. Il est entourée d’une forêt


de montagne, et abrite de nombreux mammifères,
Kilimandjaro

Site naturel

dont beaucoup d’espèces en voie de disparition.


Tanzanie

Pour plus de détails voir :


http://whc.unesco.org/fr/list/403

Situé à l’extrême sud de la grande étendue du Lac 1984 94 1995


Malawi / Nyasa / Niassa, avec ses eaux profondes 2014
Série de sites naturels
Parc national du lac

et claires sur fond de montagnes, le parc national


abrite plusieurs centaines d’espèces de poissons,
presque toutes endémiques. Son importance
pour l’étude de l’évolution est comparable à celle
Malawi

Malawi

des Îles Galapagos. Pour plus de détails voir :


http://whc.unesco.org/fr/list/289

Évaluation des perspectives de conservation en 2017


Bonnes Bonnes avec quelques préoccupations Préoccupations importantes Critiques Données insuffisantes

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 27


Missions de suivi
Superficie (km2)
d’inscription
Type et état

COA (2014)

COA (2017)
Description

Critère (viii)
(extension)
sommaire*

Critère (vii)

Critère (ix)

Critère (x)
Année
Pays
Nom

Le plus salé des grands lacs d’Afrique, le Turkana 2001 1 615 2012
est un laboratoire exceptionnel pour l’étude des 2015
communautés végétales et animales. Les trois
Série de sites naturels en danger
Parcs nationaux du lac Turkana

parcs nationaux sont une étape importante pour


les oiseaux d’eau migrateurs et un lieu de
reproduction majeur pour le crocodile du Nil et
autres espèces. Les gisements fossilifères de
Koobi Fora, où l’on trouve de nombreux restes de
mammifères, de mollusques et autres espèces,
ont davantage contribué à la compréhension des
paléo-environnements que tout autre site sur le
Kenya

continent. Pour plus de détails voir :


http://whc.unesco.org/fr/list/801

Le site présente une beauté naturelle 2000 2 493 –


exceptionnelle grâce à ses contreforts basaltiques (2013)
vertigineux, ses arrière-plans incisifs et
spectaculaires et ses remparts de grès doré,
tandis que la diversité des habitats protège un
Afrique du Sud et Lesotho
Parc Maloti-Drakensberg

Site mixte transfrontalier

niveau élevé de plantes endémiques et


d’importance mondiale, ainsi que plusieurs
espèces animales en voie de disparition. Ce site
naturel spectaculaire contient de nombreuses
grottes et abris sous roche, dont le groupe le plus
grand et le plus dense de peintures rupestres
d’Afrique, au sud du Sahara. Pour plus de détails
voir : http://whc.unesco.org/fr/list/985

Sur les rives du Zambèze, de grandes falaises 1984 6 766 2011


Parc national de Mana

surplombent le fleuve et les plaines inondables.


Pools, aires de safari

La région abrite une concentration remarquable


Sapi et Chewore

d’animaux sauvages, notamment des éléphants,


des buffles, des léopards et des guépards. Une
Site naturel
Zimbabwe

importante concentration de crocodiles du Nil se


trouve également dans la région. Pour plus de
détails voir : http://whc.unesco.org/fr/list/302

Elles figurent parmi les chutes d’eau les plus 1989 69 2000
spectaculaires du monde. Le Zambèze, large de 2006
plus de 2 km à cet endroit, s’engouffre
Tunya / chutes

transfrontalier
Zimbabwe et

bruyamment dans une série de gorges de basalte,


Site naturel
Mosi-oa-

provoquant une brume irisée visible à plus de 20


Zambie
Victoria

km de distance. Pour plus de détails voir :


http://whc.unesco.org/fr/list/509

Évaluation des perspectives de conservation en 2017


Bonnes Bonnes avec quelques préoccupations Préoccupations importantes Critiques Données insuffisantes

28 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Missions de suivi
Superficie (km2)
d’inscription
Type et état

COA (2014)

COA (2017)
Description

Critère (viii)
(extension)
sommaire*

Critère (vii)

Critère (ix)

Critère (x)
Année
Pays
Nom

Ancien volcan éteint, le mont Kenya est le 1997 2 023 2008


deuxième plus haut sommet d’Afrique. Il reste (2013)
Parc national / Forêt naturelle du

une douzaine de glaciers sur la montagne, tous


en retrait rapide, et l’on trouve quatre sommets
secondaires situés à la tête de vallées glaciaires
en forme de U. Avec ses sommets escarpés
recouverts de glaciers et ses pentes moyennes
boisées, le mont Kenya est l’un des paysages les
plus impressionnants d’Afrique de l’Est.
mont Kenya

Site naturel

L’évolution et l’écologie de sa flore afro-alpine


constituent un exemple remarquable de
Kenya

processus écologiques et biologiques. Pour plus


de détails, voir : http://whc.unesco.org/fr/list/800

L’erg du Namib est le seul désert côtier abritant 2013 30 777 –


de vastes champs de dunes de sable sous
influence du brouillard. Le site comprend des
plaines de gravier, des plaines côtières, des
collines rocheuses, des inselbergs à l’intérieur de
l’erg, un lagon côtier et des cours d’eau
éphémères, le tout formant un paysage d’une
exceptionnelle beauté. Le brouillard est ici la
principale source d’eau, contribuant à un
Erg du Namib

environnement unique où invertébrés, reptiles et


Site naturel

mammifères endémiques s’adaptent à une


Namibie

grande variété de micro-habitats et de niches


écologiques en constante évolution. Pour plus de
détails, voir : http://whc.unesco.org/fr/list/1430

Cette zone d’utilisation multiple des terres, où la 1979 8 094 1986


faune sauvage coexiste avec les bergers Massaï (2010) 2007
semi-nomades pratiquant l’élevage traditionnel 2012
République-Unie de Tanzanie

du bétail, comprend le spectaculaire cratère du 2017


Ngorongoro, la plus grande caldeira du monde. 2019
Aire de conservation de

Le site jouxte le Parc national du Serengeti et


accueille la migration annuelle des gnous, zèbres
et gazelles dans ses plaines du nord, pendant une
partie de l’année. Le site fournit des preuves de
Ngorongoro

l’évolution humaine, y compris les premières


Site mixte

empreintes d’hominidés datant de 3,6 millions


d’années. Pour plus de détails, voir :
http://whc.unesco.org/fr/list/39

Ce delta comprend des marécages permanents 2014 20 236 –


et des prairies saisonnièrement inondées. Il s’agit
d’un des très rares grands systèmes de deltas
intérieurs n’ayant pas de débouché dans la mer
ou l’océan, et d’un système de zones humides
quasi intact. C’est un exemple exceptionnel de
Delta de l’Okavango

l’interaction des processus climatiques,


hydrologiques et biologiques. Le delta de
l’Okavango abrite certaines des espèces de
Site naturel

grands mammifères les plus menacées au monde,


Botswana

telles que le guépard, le rhinocéros blanc, le


rhinocéros noir, le lycaon et le lion. Pour plus de
détails voir : http://whc.unesco.org/fr/list/1432

Évaluation des perspectives de conservation en 2017


Bonnes Bonnes avec quelques préoccupations Préoccupations importantes Critiques Données insuffisantes

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 29


Missions de suivi
Superficie (km2)
d’inscription
Type et état

COA (2014)

COA (2017)
Description

Critère (viii)
(extension)
sommaire*

Critère (vii)

Critère (ix)

Critère (x)
Année
Pays
Nom

Le site comprend six parcs nationaux protégeant 2007 4 797 2011


des forêts anciennes d’une importance cruciale 2015
Série de sites naturels en danger
Forêts tropicales de l’Atsinanana

pour le maintien des processus écologiques


nécessaires à la survie de la biodiversité unique
de Madagascar. La vie végétale et animale de
Madagascar a évolué de manière isolée, et de
nombreuses espèces sont rares et menacées à
l’échelle mondiale, en particulier les
emblématiques lémuriens. Les forêts tropicales
Madagascar

sont importantes pour les processus écologiques


et biologiques ainsi que pour leur biodiversité et
les espèces menacées qu’elles abritent. Pour plus
de détails voir : http://whc.unesco.org/fr/list/1257

Le Parc national des monts Rwenzori couvre près 1994 996 –


de 100 000 ha dans l’ouest de l’Ouganda et
comprend la majeure partie de la chaîne des
Rwenzori, dont le troisième plus haut sommet
Parc national des monts

d’Afrique (le mont Margherita : 5 109 m). Ses


glaciers, ses cascades et ses lacs en font l’une
des plus belles régions alpines d’Afrique. Le parc
possède de nombreux habitats naturels
Site naturel

d’espèces menacées et une flore riche et


Rwenzori

Ouganda

inhabituelle comprenant, entre autres, les


bruyères géantes. Pour plus de détails voir :
http://whc.unesco.org/fr/list/684

Le site se compose de deux zones distinctes : 2016 2 607 –


marin de la baie de Dungonab

Sanganeb est un atoll corallien isolé dans la mer


Sanganeb et Parc national

Rouge centrale, et la composante de la baie de


Parc national marin de

Série de sites naturels

Dungonab et de l’Île de Mukkawar comprend un


système diversifié de récifs coralliens, de
– île de Mukkawar

mangroves, d’herbiers marins, de plages et


d’îlots. Le site abrite une importante population
de dugongs, ainsi que des oiseaux de mer, des
mammifères marins, des poissons, des requins,
Soudan

des tortues et des raies manta. Pour plus de


détails voir : http://whc.unesco.org/fr/list/262

Un grand nombre d’éléphants, de rhinocéros 1982 51 200 2007


Réserve de gibier de

République-Unie de

noirs, de guépards, de girafes, d’hippopotames et 2008


de crocodiles vivent dans cet immense sanctuaire 2013
Site naturel en

couvrant 50 000 km2 et relativement peu perturbé 2017


par l’homme. Le parc présente toute une variété
Tanzanie

de zones de végétation, allant des fourrés denses


danger
Selous

à des prairies boisées ouvertes. Pour plus de


détails, voir : http://whc.unesco.org/fr/list/199

Les vastes plaines du Serengeti couvrent 1,5 1981 14 763 –


République-Unie

million d’ha de savane. La migration annuelle vers


Parc national du

des trous d’eau permanents de vastes troupeaux


de Tanzanie
Site naturel

d’herbivores (gnous, gazelles et zèbres), suivis de


Serengeti

leurs prédateurs, est l’un des événements naturels


les plus impressionnants au monde. Pour plus de
détails voir : http://whc.unesco.org/fr/list/156

Évaluation des perspectives de conservation en 2017


Bonnes Bonnes avec quelques préoccupations Préoccupations importantes Critiques Données insuffisantes

30 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Missions de suivi
Superficie (km2)
d’inscription
Type et état

COA (2014)

COA (2017)
Description

Critère (viii)
(extension)
sommaire*

Critère (vii)

Critère (ix)

Critère (x)
Année
Pays
Nom

Une érosion massive du plateau Éthiopien au 1978 136 1981


cours de millions d’années a créé l’un des 1996
Parc national du Simien

paysages les plus spectaculaires du monde, avec 1997


des pics déchiquetés, des vallées profondes et 2017
des précipices atteignant jusqu’à 1 500 m de
profondeur. Le parc abrite des animaux
Site naturel

extrêmement rares tels que le babouin Gelada, le


Éthiopie

loup d’Abyssinie ou le Walia ibex, sorte de chèvre


qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Pour plus de
détails, voir : http://whc.unesco.org/fr/list/9

Ce site comprend des paysages karstiques et des 1990 1 520 –


hauts plateaux calcaires découpés en
intégrale du Tsingy de

impressionnants « tsingy », ou « forêt » d’aiguilles


Réserve naturelle

calcaires, le spectaculaire canyon de la rivière


Manambolo, des collines et des hauts sommets.
Madagascar

Site naturel

Les forêts intactes, les lacs et les mangroves sont


Bemaraha

l’habitat de lémuriens et d’oiseaux rares et


menacés. Pour plus de détails voir :
http://whc.unesco.org/fr/list/494

Au cœur de la petite île de Praslin, la réserve 1982 0,2 –


Réserve naturelle de la

abrite les vestiges d’une unique palmeraie


naturelle pratiquement préservée dans son état
d’origine. Le célèbre « coco de mer », fruit d’un
Vallée de Mai

palmier dont on pensait autrefois qu’il poussait au


Site naturel
Seychelles

fond des mers, est la plus grosse graine du règne


végétal. Pour plus de détails, voir :
http://whc.unesco.org/fr/list/261

Le Dôme de Vredefort est une partie représentative 2005 300 –


de la structure d’impact d’une météorite, ou
astroblème. Il fournit la preuve de la plus grande
libération d’énergie jamais connue sur la planète,
avec des effets dévastateurs à l’échelle mondiale,
y compris, selon certains scientifiques, des
changements évolutifs terrestres majeurs. Datant
Dôme de Vredefort

de 2  023 millions d’années, c’est le plus ancien


Afrique du Sud

astroblème découvert à ce jour et, avec un rayon


Site naturel

de 190 km, c’est aussi le plus grand et le plus


profondément érodé. Pour plus de détails voir :
http://whc.unesco.org/fr/list/1162
Source : Howard et Bomhard (2019).

Évaluation des perspectives de conservation en 2017


Bonnes Bonnes avec quelques préoccupations Préoccupations importantes Critiques Données insuffisantes

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 31


© IOC

4.3 Représentativité écologique superposant le réseau d’aires protégées à une couche de données
combinée représentant les écorégions marines et terrestres et
L’un des principaux engagements de la CDB est le principe selon provinces pélagiques du monde, préparée par le CCR/ONAP de la
lequel des échantillons représentatifs de toutes les espèces et de CE sur la base des données définies par Olson et al. (2001) et
tous les écosystèmes sont conservés au sein du réseau d’aires Spalding et al. (2007 et 2012). Les écorégions marines ont été
protégées, à une échelle suffisante pour assurer leur persistance à délimitées au niveau du littoral des écorégions terrestres et à une
long terme. Les lacunes de représentation font référence aux limite extérieure correspondant à l’isobathe de 200 mètres
espèces, aux écosystèmes et aux processus écologiques non (Spalding et al., 2007), tel que décrit sur le site web de l’ONAP.11
inclus, ou insuffisamment inclus, dans le système d’aires protégées.
Quatre-vingt-six des écorégions terrestres du monde sont
Cette section fournit une analyse initiale des lacunes écologiques,
présentes en Afrique orientale et australe, telle que définie dans le
en évaluant la mesure dans laquelle les écorégions sont
présent rapport. Soixante-trois de ces écorégions terrestres
représentées dans les aires protégées de la région de l’Afrique
comptent plus de 97% de leur superficie dans la région, et parmi
orientale et australe.
elles, 32 (environ 50%) atteignent des superficies de protection
Il est tout aussi important de veiller à ce que les aires protégées supérieures à 17% (Spalding et al., 2007; 2012).
soient gérées de manière équitable et efficace (voir les Chapitres 9
Certaines écorégions endémiques, telles que la mosaïque forêt-
et 10). Les espèces et écosystèmes du réseau d’aires protégées ne
prairies montagnardes angolaises, le désert côtier érythréen, les
seront conservés que si les aires protégées sont bien gérées.
prairies et zones arbustives Hobyo et les forêts xériques
Un résumé régional complet de représentativité concernant les montagnardes somaliennes, ne sont couvertes que par moins de
écorégions marines et terrestres et les provinces pélagiques est 1% des aires protégées et de conservation officiellement délimitées
disponible à l’Annexe 4. Ces statistiques ont été compilées en dans la BDMAP.

11  https://dopa.jrc.ec.europa.eu/sites/default/files/DOPA%20Factsheet%20B1%20EN%20Terrestrial%20Coverage%20by%20Protected%20Areas.pdf.

32 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 4.6 : Degrés de protection des écorégions terrestres représentées dans la région

Source : EC JRC/DOPA (2019a).

Figure 4.7 : Degrés de protection des écorégions marines et provinces pélagiques représentées dans la
région

Source : EC JRC/DOPA (2019a).

Parmi les écorégions marines ou provinces pélagiques du monde, Les écorégions fournissent un indicateur général de la
30 se trouvent dans la région (Figure 4.7), dont 13 à hauteur de plus représentativité écologique, et ont été choisies en raison de la
de 95% de leur superficie. Trois sont protégées à plus de 10% de disponibilité de données cohérentes pour des analyses à grande
leur superficie régionale : la Baie de Sofala au Mozambique, la côte échelle. À un niveau plus fin, les pays entreprennent des analyses
de Corail est-africaine et les îles du Prince-Édouard. L’écorégion beaucoup plus détaillées afin d’assurer la protection des
des îles du Prince-Édouard (appartenant à l’Afrique du Sud) est écosystèmes, des paysages et des espèces végétales et animales.
100% endémique et 100% protégée, mais les prélèvements ne
sont interdits que sur une partie de sa superficie (le plus haut
4.4 Qu’est-ce qui a changé dans la
niveau de protection, qui interdit le prélèvement de tout poisson ou
autre organisme), comme pour de nombreuses autres aires marines couverture des aires protégées ?
protégées. Un résumé régional complet de la représentativité L’Objectif d’Aichi 11 a encouragé les pays à protéger 10% de leur
concernant les écorégions terrestres telles que définies par le espace marin et 17% de leur surface terrestre, et des progrès
WWF est disponible en Annexe 4. significatifs ont été réalisés en ce sens. Il est parfois difficile,
Les systèmes de classification biogéographique peuvent aider les cependant, de comprendre la nature dynamique du domaine des
planificateurs à inclure toute la gamme des écosystèmes dans les aires protégées. Beaucoup de changements ont lieu, y compris la
stratégies mondiales et régionales de conservation et de création de nouveaux sites par déclaration officielle, la suppression
développement. La meilleure cartographie disponible pour la de sites par déclassement et l’expansion ou la réduction de sites
représentativité écologique est celle des « écorégions terrestres » existants (Golden Kroner et al., 2019; Lewis et al., 2017). Les
(voir les résultats de la Figure 4.8). Cependant, conformément à la restrictions et réglementations relatives aux aires protégées
pratique actuelle, les Réserves de biosphère de l’UNESCO ne sont peuvent également changer, améliorant ou dégradant les
pas inclues dans les calculs, car bon nombre de leurs zones protections existantes (Golden Kroner et al., 2019). Parfois, un
tampons ne répondent pas à la définition des aires protégées de changement de désignation ou de nom pour un site, ou la
l’UICN (UNEP-WCMC et IUCN, 2016). combinaison de deux aires protégées pour en former une plus

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 33


Figure 4.8 : Couverture des écorégions en Afrique orientale et australe par pourcentage de protection

Pourcentage de protection
0,0 – 1,3%
1,3 – 4,7%
4,7 – 7,5%
7,5 – 10,4%
10,4–15,6%
15,6– 25,6%
25,6 – 38,0%
38,0 – 50,0%
50,0 – 72,0%
72,0 – 100%

0 1 000 2 000

Kilomètres

Source : développé par le CCR de la CE et le RCMRD sur la base des données de l’ONAP2 12

12 Les limites des écorégions terrestres ont été fournies par le WWF, The Nature Conservancy et ses partenaires (Olson et al., 2001). Pour les eaux côtières et du plateau continental,
les 232 limites fournies par l’ensemble de données des Écorégions marines du monde (MEoW, selon ses sigles en anglais) (Spalding et al., 2007) ont été utilisées. Ces écorégions
s’étendent de la côte (zone intertidale) jusqu’au contour des 200 m de profondeur (prolongé au-delà par un tampon de 5 km). Les 37 provinces pélagiques du monde (PPOW,
selon leurs sigles en anglais) dépassant les 200 m de profondeur (Spalding et al., 2012) ont également été utilisés. Les aires protégées en projet (mais pas encore entièrement
désignées ou établies) et les aires protégées enregistrées comme points, sans superficie définie, ont été exclues des analyses. En outre, tous les chevauchements entre
différents jeux de données ont été supprimés des calculs, afin d’éviter les doubles comptages. Une analyse SIG a été utilisée pour calculer la protection. Pour cela, une couche
de données mondiale des aires protégées a été créée à partir des points enregistrés et des superficies déclarées, combinées aux polygones enregistrés dans la BDMAP. Cette
couche de données a été superposée aux frontières des pays et aux écorégions afin d’obtenir la couverture absolue et relative des aires protégées.

Figure 4.9 : Nombre d’entrées d’aires protégées dans la BDMAP de 1998 à 2019

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019a).

34 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


grande, peut apparaître simultanément comme un déclassement et À l’échelle mondiale, bien qu’il n’existe aucune exigence quant au
une nouvelle déclaration, peut-être sous un nom différent, rendant suivi ou à la déclaration des PADDD (Qin et al., 2019), des analyses
les changements réels dans l’étendue et la protection des sites ont montré que ceux-ci sont un phénomène ponctuel et épisodique,
difficiles à interpréter. Un exemple en est le Parc national Julius largement associé aux activités suivantes  : extraction des
Nyerere, en Tanzanie, auparavant intégré à la réserve de gibier de ressources naturelles et développements à l’échelle industrielle
Selous et aujourd’hui le plus grand parc national d’Afrique. (62%), pressions foncières locales et revendications territoriales
(28%) et planification de la conservation (1,7%) (Mascia et al.,
Un suivi précis de la couverture des aires protégées au fil du temps
2014). Les grandes aires protégées situées à proximité des centres
est difficile, car il existe des limites à toute approche (Lewis et al.,
urbains sont plus susceptibles d’être réduites ou déclassées
2017). Il est tout particulièrement difficile en Afrique orientale et
(Symes et al., 2016).
australe en raison de la qualité variable des données dans les
versions précédentes de la BDMAP, et notamment le grand nombre À l’échelle régionale, en Afrique, le suivi des événements de PADDD
de données ponctuelles. Lorsque seules des données ponctuelles a été effectué sur une base ad hoc, et aucun des pays d’Afrique
sont disponibles, il est nécessaire de se fier à la taille déclarée des orientale et australe n’a encore fait l’objet d’une analyse détaillée.
aires protégées, qui peut souvent être manquante ou inexacte, par Jusqu’en 2019, les événements disponibles dans la base de
opposition aux superficies réelles de polygones. Il en résulte des données des PADDD montraient 296 événements réalisés et huit
inexactitudes dans les mesures des aires protégées (Visconti et al., proposés, dans 13 pays d’Afrique orientale et australe (CI et WWF,
2013). Pourtant, omettre complètement les données ponctuelles s.d.). La base de données indique les causes immédiates de
conduirait à une sous-évaluation dramatique de la couverture des diminution de la catégorisation ou de la superficie ou de
aires protégées. Pour cette raison, nous avons choisi d’utiliser les déclassement qui, dans le contexte régional, incluent  : la
changements concernant le nombre d’aires protégées dans la planification de la conservation (21)13, la pêche (1), l’exploitation
région plutôt que les données concernant les limites des sites. forestière (9), l’agriculture industrielle (16), l’industrialisation (5), les
Dans ce contexte et dans cette région, cette approche a été infrastructures (5), les revendications territoriales (20), l’exploitation
considérée comme plus précise et a abouti aux données présentées minière (24), le pétrole et le gaz (3), l’hébergement de réfugiés (2),
à la Figure 4.9. les établissements humains ruraux (18) et la subsistance (4).

Les politiques et pratiques de conservation supposent


généralement que les aires protégées constituent des installations 4.5 Aires protégées et de
permanentes dans le paysage, selon l’intention même de leur
définition. Les données indiquent cependant que la diminution de
conservation transfrontières
la catégorisation ou de la superficie et le déclassement des aires L’importance de la coopération transfrontalière en matière de
protégées (PADDD, selon les sigles en anglais) est un phénomène conservation est de plus en plus reconnue dans toute l’Afrique
répandu, mais largement négligé (Mascia et Pailler, 2011 - voir orientale et australe, où les écosystèmes et les populations
l’Encadré 4.1). Selon l’analyse mondiale la plus récente, au moins animales ne connaissent pas les frontières nationales. Les aires de
3 700 événements de PADDD ont été réalisés dans 73 pays entre conservation transfrontalières vont de parcs transfrontaliers,
1892 et 2018, affectant une superficie d’environ 2 millions de km2 comprenant deux ou plusieurs aires protégées adjacentes, à des
(Golden Kroner et al., 2019), et plus de 800 événements proposés aires de conservation incluant une multitude d’utilisations des
ont été enregistrés dans les 24 pays d’Afrique orientale et australe terres, comme des terres communautaires, des terres privées et
au cours de la même période. des aires protégées officielles. Ces aires de conservation
transfrontalières jouent un rôle essentiel dans la sauvegarde
d’importantes ressources régionales s’étendant au-delà des
Encadré 4.1 : Qu’est-ce que le PADDD ? frontières, telles que les forêts et autres écosystèmes clés, les
bassins versants, les habitats et refuges fauniques continus et les
PADDD signifie diminution de la catégorisation, de la corridors de connectivité permettant les mouvements de la faune.
superficie et déclassement des aires protégées (Protected Les aires de conservation transfrontières sont importantes pour le
Area Downgrading, Downsizing and Degazettement en
développement national et régional, car elles constituent une base
anglais)
pour le développement d’un tourisme axé sur la nature. Les
• La diminution de la catégorisation est l’autorisation approches transfrontalières joueront probablement un rôle encore
légale d’une augmentation du nombre, de l’ampleur ou
plus important dans l’adaptation aux changements climatiques,
de l’étendue des activités humaines dans une aire
protégée. car elles permettront des changements dans l’habitat ainsi que le
• La réduction de la superficie est la diminution de la mouvement des espèces, en raison de leur grande taille et de leur
taille d’une aire protégée suite à l’excision d’une zone approche paysagère de la gestion de l’utilisation des terres. En
terrestre ou maritime par un changement de limite outre, les financements ont tendance à être plus élevés dans les
légale.
aires protégées faisant partie d’aires de conservation
• Le déclassement est la perte de protection juridique
pour l’ensemble d’une aire protégée transfrontalières (Lindsey et al., 2018).

Les cas de PADDD sont compilés par Conservation En Afrique australe, la SADC a adopté un programme sur les Aires
International et le Fonds mondial pour la nature. Les données de conservation transfrontières (ACT), dont la mission est de :
sont disponibles sur : https://www.padddtracker.org/.
Source : CI et WWF (s.d.). 13  Fait généralement référence aux changements juridiques conçus pour améliorer
l’efficacité et l’efficience de la conservation d’une classe, d’un groupe ou d’un
ensemble géographiquement distinct d’aires protégées.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 35


Figure 4.10 : Aires de conservation transfrontalières dans la Communauté de développement de
l’Afrique australe (ACT-SADC)

Couverture BIOPAMA ESARO


ACT SADC

0 1 000 2 000

Kilomètres

Source : élaboré par le RCMRD à partir des données des Parcs de la paix et de la SADC

développer la SADC en un réseau fonctionnel et intégré d’Aires de En Afrique de l’Est, il existe diverses initiatives visant à améliorer la
conservation transfrontières, dans lequel les ressources naturelles gestion transfrontalière d’écosystèmes clés, mais celles-ci semblent
partagées sont cogérées et conservées de manière durable, afin de davantage motivées par des sites et organisations individuels,
favoriser le développement socioéconomique et l’intégration plutôt que par une approche cohérente soutenue par les agences
régionale au profit des personnes vivant dans et autour des aires nationales (BIOPAMA, non publié). En 2010, l’EAC a déposé un
de conservation transfrontières, de la région de la SADC et du projet de loi sur la gestion des écosystèmes transfrontaliers,
monde (SADC Secretariat, 2013, p. 4). fournissant un cadre et un outil susceptibles de faciliter une
approche plus coordonnée de la conservation transfrontalière dans
Afin de soutenir la mise en œuvre du programme, un réseau d’ACT
la région (EAC, 2010). À ce jour, cependant, ce projet de loi doit
de la SADC est en place pour rassembler les professionnels de
encore être ratifié par les États partenaires de l’EAC.
toute la région (voir l’Encadré 4.2). Ce réseau a élaboré un certain
nombre de documents utiles à l’appui de la conservation Bien que bon nombre des aires de conservation transfrontalières
transfrontière, dont les : de la région aient été officiellement adoptées par les gouvernements
• Lignes directrices pour l’engagement communautaire dans les participants au moyen d’un traité signé par les chefs d’État,
ACT-SADC (SADC Secretariat, 2018) ; d’autres sont gérées en vertu d’un protocole d’entente entre divers
• Lignes directrices de la SADC concernant les produits ministères ou organismes gouvernementaux, ou demeurent
touristiques transfrontaliers (Spenceley, 2018) ; et conceptuelles (voir le Tableau 4.3). La Figure 4.10 montre les ACT
• Lignes directrices pour l’établissement et le développement établies dans la région.
d’initiatives ACT entre les États membres de la SADC (Zunckel, 2014).

Les deux premières lignes directrices sont en attente d’approbation


ministérielle, tandis que les lignes directrices sur l’établissement
ont déjà été approuvées.

36 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


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Encadré 4.2 : Réseau d’ACT de la SADC


de la SADC, par exemple par le développement et la promotion
Depuis la création, en 1990, du parc transfrontalier de de produits touristiques transfrontaliers et des lignes directrices
Kgalagadi, premier parc transfrontalier d’Afrique australe entre citées précédemment, ainsi que par l’adoption, en 2019, du
le Botswana et l’Afrique du Sud, la SADC est restée à l’avant- Programme touristique ACT-SADC, toutes deux pilotées par le
garde de la conservation transfrontalière. Afin de promouvoir la réseau.
mise en place et le développement d’ACT en tant que modèle
Leurs réalisations incluent :
de conservation et de développement dans toute la région, un
Programme ACT-SADC a été approuvé en octobre 2013. Il 1. participation de plus de 350 adhérents actifs, aux niveaux
existe actuellement 18 ACT terrestres et marines existantes ou régional et mondial, démontrant le succès des accords de
en projet dans la région de la SADC, couvrant plus d’un million partenariat de la SADC ;
de kilomètres carrés, soit plus de la moitié de la superficie des 2. convocation de réunions annuelles du réseau ACT-SADC et
aires protégées d’Afrique australe. participation à des événements mondiaux, tels que le
Congrès mondial des parcs de l’UICN en 2014, la CDP17
Le réseau ACT-SADC a été créé la même année que le
de la CITES en 2016 et la CDP14 de la CDB en 2018 ;
Programme ACT, dans le but d’accélérer la mise en œuvre du
3. organisation de réunions communautaires transfrontalières,
programme et de renforcer l’apprentissage et la coopération
telles que le Forum d’échange intercommunautaire
régionale entre les gouvernements, les responsables de la mise
transfrontalier ;
en œuvre, la communauté internationale des donateurs, les
4. appui à la création d’un mécanisme régional de financement
représentants des communautés, le secteur privé et les
des ACT-SADC ;
spécialistes de la conservation transfrontalière. Plus
5. documentation des leçons apprises du soutien à
précisément, ceux-ci ont convenu de partager des informations
l’élaboration de lignes directrices régionales de l’ACT-
entre les professionnels et le public, apprendre les uns des
SADC sur le développement d’ACT, les concessions
autres et créer et élargir les connaissances sur les ACT, favoriser
touristiques, les productions touristiques transfrontalières
l’innovation sur le terrain ainsi qu’au niveau politique, mobiliser
et l’engagement communautaire ; et
des ressources et contribuer à l’autonomisation des intendants
6. création de cinq communautés de pratique destinées à
ultimes des ressources naturelles, les communautés.
aider à informer les structures statutaires de la SADC grâce
À ce jour, le réseau comprend plus de 350 membres issus de à des experts dans les domaines suivants :
tous les groupes de parties prenantes concernés, qui • gestion, suivi et évaluation des données ;
communiquent et partagent des informations via un portail • renforcement des capacités et formation ;
web ACT-SADC: www.tfcaportal.org. Son réseau est intégré • tourisme ;
aux structures de gouvernance de la SADC et guidé par un • engagement communautaire ; et
Comité directeur composé du Secrétariat et des points focaux • application de la loi et lutte contre le braconnage.
ACT des États membres. Ainsi, le Comité directeur et le réseau Contribution de Lisa Blanken, Deutsche Gesellschaft für
ACT-SADC ont facilité et accéléré les processus décisionnels Internationale Zusammenarbeit.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 37


Tableau 4.3 : Aires transfrontières de conservation d’Afrique orientale et australe
Nom Pays inclus Superficie Statut Écotype / Aires protégées Particularités /
(km2) biome importance

ACT de Namibie, 5 920 Traité signé Désertique ; Namibie : Fish River Canyon
/Ai-/Ais- Afrique du Fluvial Réserve de gibier de Ais-Ais
Richtersveld Sud Hot Spring
Afrique du Sud :
Parc national de Richtersveld

Amboseli- Kenya, n/a Conceptuel Montagne ; n/a Endémiques


Kilimandjaro- Tanzanie Forêt ; montagnardes ;
Longido Savane carnivores ; zone de très
grande importance pour
les éléphants

Paysage de Sud-Soudan, n/a Conceptuel Savane; n/a Migration majeure de


Boma- Éthiopie Zones gibier des plaines
Gambella humides

ACT de Mozambique, 4 091 Traité signé Montagnes Zimbabwe : Forêt, paysages, faune
Chimanimani Zimbabwe et forêts de Parc national de Chimanimani sauvage et culture
miombo Mozambique :
Réserve naturelle de
Chimanimani

Parc Afrique du 37 572 Traité signé Forêts de Mozambique : Ripisylves ; endémisme


transfrontalier Sud, miombo Parc national du Limpopo () régional ; zones
et aire de Mozambique, Afrique du Sud : importantes de
conservation Zimbabwe Parc national de Kruger () dispersion des
du Grand Zimbabwe : éléphants
Limpopo Parc national de Gonarezhou ()

ACT du Grand Botswana, 5 909 Protocole Savane Botswana : Artefacts culturels ;


Mapungubwe Afrique du d’accord Réserve de gibier de Tuli du géologie unique ; faune
Sud, signé Nord () et flore distinctives
Zimbabwe Zimbabwe :
Zone de safari du Cercle de Tuli ()
Afrique du Sud :
Parc national de Mapungubwe
et paysage culturel de
Mapungubwe, site du
Patrimoine mondial ()

Grand Rwanda, 15 000 Traité signé Forêt de RDC : Écorégion du Rift


paysage des Ouganda, (en attente moyenne Site du Patrimoine Albertine ; 3 sites du
Virunga RDC de altitude et de mondial / Parc national des Patrimoine mondial ;
ratification) montagne Virunga intégralité de la
du Rift Rwanda : population de gorilles
Albertine ; Parc national des Volcans de montagne et
savane Ouganda : importantes populations
est- Parc national de Mgahinga de chimpanzés ;
soudanaise ; Parc national Queen Elizabeth majorité des espèces
zones Site du Patrimoine endémiques Albertines ;
humides mondial / Parc national de potentiel touristique
Bwindi exceptionnel ;
Parc national de Semuliki protection de stocks
Site du Patrimoine vitaux de poissons
mondial / Parc national de d’eau douce ; protection
Ruwenzori des bassins versants
Parc national de Kibale
Réserve forestière de Kasyoha-
Kitomi
Réserve forestière de Kalinzu-
Maramgambo
Réserve des zones humides de
Kayumbura

ACT de Iona Angola, 47 698 Protocole Désert Angola : Rivière et écosystème


- Côte des Namibie d’accord Parc national de Iona Kunene
squelettes signé Namibie : Sources naturelles
Parc national la côte des Espèces végétales
Squelettes endémiques

38 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Nom Pays inclus Superficie Statut Écotype / Aires protégées Particularités /
(km2) biome importance

ACT de Reste à 2 500 Protocole Savane ; Rwanda : Rivière Kagera ; plus


Kagera finaliser, mais d’accord Prairies ; Parc national de l’Akagera grande zone humide
inclut le signé Forêts Tanzanie : protégée d’Afrique de
Rwanda, la humides ; Parcs nationaux d’Ibanda et de l’Est ; cascades de
Tanzanie et Zones Rumanyika forêts sacrées,
l’Ouganda humides ; systèmes de grottes et
Forêt peintures rupestres ;
afro-monta- biodiversité
gnarde ; exceptionnelle
forêt
tropicale
humide

ACT de Angola, 520 000 Traité signé Forêt de Angola : Zones humides uniques
Kavango- Botswana, miombo ; Parc national de Luengue- du Delta de
Zambèze Namibie, Prairies Luiana l’Okavango ; migrations
Zambie et inondées Parc national de Mavinga de la faune ;
Zimbabwe zambé- Botswana : grande population
ziennes ; Parc national de Chobe d’éléphants ;
savane Parc national de Makgadikgadi autres grands
Parc national de Nxai Pan mammifères ; Parc de la
Réserve de gibier de Moremi paix ; potentiel
Namibie : touristique exceptionnel
Parc national de Mamili
Parc national de Mudumu
Parc national de Bwabwata
Zambie :
Parc national de Kafue
Parc national de Mosi-oa-Tunya
Parc national de Sioma Ngwezi
Zimbabwe :
Parc national de Hwange
Parc national de Kazuma Pan
Parc national de Matusadona
Parc national du Zambèze
Parc national des chutes
Victoria

Paysage de Ouganda, n/a Protocole Savane n/a Guépard, lycaon, petit


Kidepo Soudan du d’accord koudou, Karamoja
Sud partiel Apalis
(pour
certaines
réserves
forestières)

Parc Botswana, 35 551 Traité signé Désert Botswana : Écosystème unique du


transfrontalier Afrique du Parc national de Gemsbok Kalahari ; lions à crinière
de Kgalagadi Sud Afrique du Sud : noire ; Gemsbok,etc.
Parc national du Kalahari
Gemsbok

ACT des Angola, 14 464 ACT Écorégion Zambie : Deuxième plus grande
Plaines de Zambie conceptuel des prairies Parc national des Plaines de migration de gnous en
Liuwa- inondées Liuwa Afrique, une partie
Mussuma du Angola : importante du bassin
Zambèze, Parc national de Massuma versant du fleuve
écorégion Zambèze, le quatrième
des forêts plus grand système
de miombo fluvial d’Afrique
et écoré-
gion des
forêts
sèches de
Cryptose-
palum du
Zambèze

Paysage du Djibouti, n/a Conceptuel Terres n/a n/a


Bas Awash Éthiopie arides
- lac Abbé

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 39


Nom Pays inclus Superficie Statut Écotype / Aires protégées Particularités /
(km2) biome importance

ACT du Bas Zambie, 17 745 ACT Forêts de Zimbabwe : Fleuve Zambèze ; plaine
Zambèze Zimbabwe conceptuel miombo Parc national / Site du inondable ;
- Mana Pools Patrimoine mondial de Mana escarpement ;
Pools populations de grands
Zones de safari de Sapi et mammifères
Chewore
Parc national du Bas Zambèze
+ 6 réserves supplémentaires

ACT de Eswatini, 10 029 Traité signé Plaine Regroupe 5 projets d’ACT Haute biodiversité ; 5
Lubombo Mozambique, côtière Eswatini : sites Ramsar ; zones
Afrique du Parc national royal de Hlana humides ; zones
Sud Afrique du Sud : boisées
Parc des éléphants de Tembe
Mozambique :
Réserve spéciale de Maputo
+ 12 aires protégées par l’État
et autres réserves, ainsi que
des terres privées

ACT Malawi- Malawi, 32 278 Traité signé Montagne ; 3 aires protégées, dont le Parc Prairies et flore
Zambie Zambie Prairie ; national de Nyika et la Réserve montagnardes ; zones
Zones de faune du Marais de Vwaza humides ; programme
humides ; de repeuplement

ACT de Maloti Lesotho, 14 740 Protocole Montagnes Lesotho : Montagnes du Sud ;


Drakensberg Afrique du d’accord Site transfrontalier du escarpements ; riche
(également un Sud signé Patrimoine mondial de Maloti flore endémique ; zones
site Drakensberg, dont le Parc humides ; culture San
transfrontalier national de Sehlabathebe et
du Patrimoine Afrique du Sud :
mondial) le Parc uKhahlamba
Drakensberg

Aire protégée Angola, 36 000 Protocole Forêt Angola : Bassin forestier tropical
transfronta- République d’accord tropicale Parc national du Mayombe humide ; chimpanzés et
lière de la forêt Démocratique signé humide RDC : gorilles des plaines
de Mayombe du Congo, Parc national de Luki
Gabon, République du Congo :
République Réserve de biosphère de
du Congo Dimonika, Parc national de
Conkouati-Douli et Réserve
nationale de Tchimpounga

ACT de la Mozambique, 8 150 ACT Biome des Mozambique : Refuge important pour
Baie de Tanzanie conceptuel forêts Parc national de Quirimbas la diversité des récifs
Mnazi- côtières et Tanzanie : dans les zones en aval
Quirimbas broussailles Parc marin de la Baie de Mnazi du nord et du sud sur
d’Afrique et estuaire du Ruvuma les zones côtières
de l’Est continentales

Site Zambie, 69 Traité signé Fluvial Zambie : Chutes Victoria ;


transfrontalier Zimbabwe Parc national de Mosi-oa-Tunya site du Patrimoine
du Patrimoine Zimbabwe : mondial ;
mondial de Parc national des chutes caractéristiques
Mosi-oa- Victoria géologiques et
Tunya / chutes géomorphologiques
Victoria exceptionnelles

Mont Elgon Ouganda, n/a Protocole Montagnes Ouganda : Volcan bouclier éteint
Kenya d’accord Parc national du Mont Elgon
rédigé Kenya :
Parc national du Mont Elgon
Réserves forestières du Mont
Elgon et de Trans-Nzoia
Réserve nationale de
Chepkitale

40 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Nom Pays inclus Superficie Statut Écotype / Aires protégées Particularités /
(km2) biome importance

ACT de Mozambique, 154 000 Protocole Forêt de Mozambique : Réserve Couloir de migration ;


Niassa-Selous Tanzanie d’accord miombo ; nationale de Niassa zone de très grande
signé Zones Tanzanie : importance pour les
humides ; Site du Patrimoine éléphants ; buffles,
Savane mondial / Réserve de gibier de hippopotames
Selous
Parc national de Mikumi
Parc national d’Udzungwa
Aire de conservation du gibier
de Kilombero
+ zones de gestion de la faune,
zones de conservation et blocs
de chasse

Nyungwe- Burundi, 1 171 Protocole Forêt Rwanda : Forêt et espèces


Kibira Rwanda d’accord monta- Parc national de Nyungwe endémiques
signé gnarde de Burundi :
moyenne Kibira
altitude

Baie de Sango Tanzanie, 861 Conceptuel Zones Tanzanie : Forêts de Baikiaea-


- Minziro Ouganda humides et Réserve naturelle de la Forêt de Podocarpus, espèces
forêts Minziro endémiques de papyrus
maréca- Ouganda :
geuses Baie de Sango - Île Musambwa
- Système de zones humides
de Kagera

Serengeti- Tanzanie, 25 000 Conceptuel Savane Parc national du Serengeti Migration annuelle de
Mara Kenya Réserve nationale du Masai près de 2 millions
Mara d’herbivores

Paysage Kenya, n/a Conceptuel n/a n/a n/a


terrestre et Somalie
marin de
Tana-Kipini-
Laga Badana
Bushbush

Système des Tanzanie, n/a Conceptuel n/a n/a


réserves Kenya
marines de
Tanga et Parc
marin de
Tanga
Coelacanth
(TZ) et (KE)
AMP de Diani
Chale et AMP
de Kisite-
Mpunguti

Parc marin Reste à n/a Conceptuel Zones n/a Troisième plus grand
transfrontalier finaliser, mais marines récif corallien de la
de l’océan inclut planète ; abrite cinq des
Indien Madagascar, sept espèces de tortues
occidental Maurice, marines ; dugong
Mozambique,
Seychelles,
Tanzanie

ACT de Mozambique, 29 859 Conceptuel Prairies, Aucune aire officiellement Nombreux corridors
ZIMOZA Zambie, ripisylves et protégée au Mozambique fauniques ; variété
Zimbabwe forêts Zambie : d’espèces, y compris
sèches Parc national du Bas Zambèze éléphants,
et toute la zone de gestion du hippopotames, buffles,
gibier de Rufunsa lions, léopards, zibelines
Zimbabwe : et roans
Aire de safari de Chewore et
Dande

Note : La superficie de certaines ACT ne peut pas être déterminée avec précision car celles-ci sont principalement conceptuelles, comme dans le cas de Kagera, Plaines de Liuwa, Bas
Zambèze-Mana Pools, Baie de Mnazi-Quirimbas et ZIMOZA. Par conséquent, leurs limites ne sont définies dans aucun document officiel. De même, il est totalement impossible de
déterminer la superficie du parc marin transfrontalier de l’océan Indien occidental avant qu’un accord soit trouvé, d’où l’indication « n/a ».

Sources : BIOPAMA (2017); EC (2015); SADC TFCA Portal (s.d.).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 41


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42 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


5 Services
écosystémiques
des aires
protégées
d’Afrique
orientale et
australe

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 43


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Les services écosystémiques (SE) décrivent les avantages ou des aires protégées, tout en améliorant les connaissances
contributions de la nature aux personnes. La nature fournit aux permettant de répondre aux intérêts et aux besoins des différents
humains non seulement de l’oxygène, de l’eau, de la nourriture et groupes de parties prenantes, à l’intérieur et autour des aires
des matières premières pour répondre à leurs besoins de base, protégées. Le concept peut aider à faciliter les négociations et les
mais également d’innombrables autres services contribuant à leur processus décisionnels liés aux aires protégées.
bien-être, tels que des possibilités de loisirs, la régulation du climat
Selon la catégorie de celles-ci, ce changement se reflète également
et des inondations, ou des valeurs spirituelles (voir la Figure 5.1)
dans les objectifs politiques récents des stratégies de gestion des
Les SE sont apparus dans les années 1980 pour évaluer et aires protégées. Par exemple, dans le Parc national Kruger, en
communiquer les avantages et contributions de la nature aux Afrique du Sud, les membres des communautés locales sont
personnes au moyen d’un cadre complet et cohérent. L’objectif de autorisés à collecter des vers mopane sur une base annuelle pour
ce dernier est de reconnaître les multiples services fournis par la générer un revenu et comme source de nourriture.
nature afin d’améliorer la gestion des écosystèmes et des
ressources naturelles dans divers domaines politiques, tels que Les loisirs liés au tourisme animalier, qui génèrent des revenus
l’aménagement du territoire, les pratiques agricoles, la conservation importants pour de nombreux pays de la région, sont un service
de la nature ou la gestion des aires protégées. L’Évaluation des écosystémique important en Afrique orientale et australe. Les
écosystèmes pour le Millénaire (MEA, selon ses sigles en anglais) services d’approvisionnement alimentaire et les médicaments
est largement connue pour analyser les liens entre écosystèmes et traditionnels sont également essentiels, et la dépendance de
bien-être humain (MEA, 2005). nombreuses communautés à l’égard des ressources naturelles
pour leur survie est grande. Dans une étude menée dans une zone
Le concept est de plus en plus appliqué à l’élaboration de politiques adjacente au Parc national Mosi-oa-Tunya en Zambie en 2017, il a
de conservation de la nature pour un large éventail d’activités. Par été constaté que 79% des 136 ménages communautaires
exemple, dans le domaine du plaidoyer pour la conservation de la interrogés collectaient des ressources naturelles autour du village,
nature, le concept facilite la communication des avantages fournis 5% déclarant qu’ils le faisaient à l’intérieur de la réserve forestière
par les aires protégées de façon suffisamment visuelle et et 2% à l’intérieur du parc national (Snyman, 2012). Cette activité
compréhensibles pour renforcer les engagements politiques et est illégale dans l’un ou l’autre de ces endroits. Afin de déterminer
financiers. La mise en évidence des avantages et des valeurs des la valeur approximative des ressources naturelles pour les ménages
aires protégées contribue à accroître l’acceptation des politiques ruraux, il était demandé aux répondants de donner une valeur
de conservation de la nature par les politiciens et le grand public, approximative aux ressources collectées (c’est-à-dire, quelle serait
et à stimuler leur financement. la valeur approximative des ressources s’ils devaient les acheter ?).
Dans le domaine des aires protégées, le concept de services Les résultats révèlent que la valeur moyenne était d’environ 340
écosystémiques a été introduit dans les stratégies de gestion et la USD par ménage et par mois. Compte tenu du revenu total moyen
planification de la conservation spatiale (Hummel et al., 2019). Il est des ménages, il s’agit là d’une contribution substantielle à leur
également largement observé dans d’autres secteurs, tels que le bien-être global, représentant près de 30% de revenus
tourisme dans les aires protégées, l’agriculture durable et la supplémentaires mensuels pour les ménages et mettant en
production hydroélectrique. Bien que son application augmente la évidence la dépendance des communautés à l’égard des
complexité et l’information requise, le concept offre de grandes ressources naturelles en ce qui concerne le bien-être global des
possibilités pour améliorer le zonage, la planification et la gestion ménages et les services d’approvisionnement alimentaire.

44 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Les services écosystémiques essentiels fournis par les aires pollinisation, formation des sols, traitement des déchets, cycle des
protégées et de conservation de la région comprennent la nutriments et lutte contre l’érosion) sont également d’une
séquestration du carbone et l’approvisionnement en eau. Les importance capitale dans la région.
services de soutien (habitat, production primaire, biomasse,

Figure 5.1 : Types de services écosystémiques

Culturels
Approvisionnement Régulation
Avantages non-matériels
Produits obtenu à partir des Avantages issus de la régulation de
issus des écosystèmes, tels que :
écosystèmes, tels que : processus écosystémiques, tels que
diversité culturelle, valeurs spirituelles
nourriture, fibres, combustibles, la régulation du climat, de l’eau, des
et religieuses, systèmes de
ressources génétiques, médicaments, maladies, des ravageurs ou de
connaissances, patrimoine culturel,
eau douce, etc. l’érosion, la pollinisation, etc.
loisirs et tourisme, etc.

Services écosystémiques de soutien


Nécessaires à la production de tous les autres services. Les services de soutien incluent :
la formation des sols, la photosynthèse, le cycle des nutriments et de l’eau, etc.

Source : UNGC et UICN (2012, p, 69).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 45


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46 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


6 Politiques
régionales et
cadres pertinents
relatifs à la
conservation de
la biodiversité et
à la gestion des
aires protégées

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 47


L’Agenda 206314 est le cadre stratégique de l’Afrique visant à • plusieurs pays, tels que la Namibie, l’Afrique du Sud et le
atteindre son objectif de promouvoir un développement inclusif et Rwanda, disposent de cadres juridiques solides pour la gestion
durable, en complément des SPANB en tant qu’instruments des aires protégées. Il convient donc d’encourager les échanges
nationaux pour intégrer la stratégie de biodiversité dans la d’expériences et de compétences entre pays ;
planification du développement. Certains pays, comme le
• les similitudes entre les pays des organisations régionales de
Botswana et la Tanzanie, sont allés encore plus loin en intégrant la
l’EAC, de l’IGAD et de la SADC pourraient être explorées en
biodiversité et les services écosystémiques dans leurs stratégies
tant que plateformes pour un renforcement ciblé des capacités
de réduction de la pauvreté, tandis que des pays comme le Malawi
régionales ;
et les Seychelles ont intégré la conservation de la biodiversité dans
des plans de développement concernant l’agriculture et la • les cadres juridiques reconnaissant et soutenant la tendance
foresterie (IPBES, 2018). Un certain nombre de pays, dont croissante vers des types de gouvernance diversifiés et
l’Éthiopie, le Kenya et Maurice, ont également intégré des collaboratifs doivent être renforcés ;
évaluations environnementales stratégiques dans leurs cadres
• un manque de synergie et des lois contradictoires sont signalés
juridiques (UNEP-WCMC et IUCN, 2016), bien que dans plusieurs
dans de nombreux pays de l’EAC, en particulier entre les lois
autres, elles soient moins explicites (IPBES, 2018). Idéalement, la
régissant les ressources naturelles et celles de l’industrie
conservation et les aires protégées devraient être intégrées dans
extractive ; et
les politiques nationales et régionales, afin d’assurer leur inclusion
dans la prise de décisions, en particulier en ce qui concerne • les principes de coopération transfrontalière sont bien avancés
l’aménagement du territoire. au sein de la SADC et pourraient guider ceux de l’EAC et de
l’IGAD.
Une analyse des politiques et de la législation relatives à la gestion,
la gouvernance et l’équité des aires protégées dans la région de Dans l’ensemble, les pays de la région de l’Afrique orientale et
l’Afrique orientale et australe a été effectué dans le cadre du australe ont progressé dans l’élaboration de politiques et de
programme BIOPAMA (Tessema, 2019). L’analyse révèle que, bien législations relatives aux aires protégées et de conservation au
que plusieurs pays aient fait de grands progrès dans l’élaboration cours de la dernière décennie. Tessema (2019) a constaté que 14
de cadres juridiques solides visant à renforcer la gestion, la des 24 pays d’Afrique orientale et australe ont soumis des Plans
gouvernance et l’équité des aires protégées et de conservation, d’action au Programme de travail sur les aires protégées (PTAP) de
des différences substantielles subsistent en matière de portefeuilles la CDB (CDB, 2004) au cours de la période 2010-2014. Au titre de
législatifs entre les pays, ainsi qu’entre pays de l’EAC, de l’IGAD et l’Élément de Programme 3 (activités habilitantes) et de l’Objectif
de la SADC. Cependant, l’analyse révèle que même si la 3.1 du PTAP de « créer un environnement politique, institutionnel et
gouvernance par l’État reste le modèle dominant, il existe une socioéconomique favorable pour les aires protégées » (CDB, 2004,
tendance encourageante de politiques et de législation promouvant p. 15), les pays ont autoévalué leurs progrès de mise en œuvre sur
divers types de gouvernance non étatiques, impliquant les une échelle de 1 à 4 (1 pour tout juste initié, progrès limités et 4
communautés, les particuliers et les accords de collaboration. pour activité terminée). La note globale des progrès de mise en
œuvre dans la région est de 2 (Activité pleinement en cours), et 11
Ces changements soutiennent également l’expansion des aires
des 14 pays ont indiqué se situer au niveau ou au-dessus de la
protégées et de conservation, et aspirent à une plus grande équité
note globale des progrès de mise en œuvre pour atteindre l’Objectif
dans la gestion des aires protégées ainsi qu’au partage des
3.1 (voir le Tableau 4.4).
avantages. Une autre constatation importante concerne la gestion
conjointe des aires de conservation transfrontières, et la façon dont Il convient de noter qu’un certain nombre de pays ont élaboré des
les politiques et la législation font largement défaut dans toutes les instruments juridiques spécifiquement destinés à soutenir l’équité
régions, à l’exception de la SADC (Tessema, 2019) (voir la Section et les types de gouvernance non étatiques, à savoir l’Afrique du
4.5). Sud, le Kenya, le Mozambique, la Namibie, l’Ouganda et le
Zimbabwe. Toutefois, le nombre de cadres juridiques ne reflète pas
Les principales conclusions de l’analyse BIOPAMA des politiques
nécessairement un progrès dans la mise en œuvre. De même, le
et de la législation de l’Afrique orientale et australe indiquent que :
nombre de lois par pays indiqué au Tableau 4.4 n’est pas un
• les pays relativement nouveaux, tels que le Soudan du Sud et le indicateur de l’efficacité de la législation, étant donné qu’une seule
Soudan, ont besoin de soutien pour élaborer leur cadre juridique loi bien appliquée peut s’avérer plus efficace que 20 lois non
relatif aux aires protégées et de conservation ; conformes ou fragmentées. À cet égard, de nouvelles études sur la
mise en œuvre de la législation et son efficacité seraient utiles pour
• certaines des lois régissant les aires protégées au Botswana, en fournir une analyse plus détaillée des politiques et de la législation
Eswatini, à Djibouti, en Érythrée, aux Comores, au Lesotho, aux dans la région.
Seychelles, en Somalie, au Soudan et au Zimbabwe ont été
élaborées il y a un certain temps et pourraient être révisées pour
intégrer la pensée et la pratique actuelles en matière de gestion
des aires protégées ;

14  Pour plus d’informations, veuillez consulter : https://au.int/en/agenda2063/overview.

48 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Tableau 6.1 : Progrès accomplis dans la mise en œuvre de l’objectif 3.1 du PTAP

Pays Progrès dans la Nombre


mise en œuvre de d’instruments
l’Objectif 3.115 juridiques
(échelle de 1 à 4) développés depuis
201016

Angola 3 28

Botswana - 8

Comores - 5

Djibouti - 2

Érythrée - 3

Eswatini 1 1

Éthiopie 3 10

Kenya 3 24

Lesotho - 3

Madagascar 1 23

Malawi - 6

Maurice - 10

Mozambique 4 30

Namibie - 11

Rwanda 2 36

Seychelles - 4

Somalie - 4

Afrique du Sud 4 58

Soudan du Sud - 2

Soudan 2 3

Tanzanie - 11

Ouganda 4 16

Zambie 2 16

Zimbabwe - 8

Source : Tessema (2019).

15 Comme indiqué dans les Plans d’action PTAP nationaux.


16 Instruments juridiques développés entre 2010 et août 2019 (Tessema, 2019).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 49


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50 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


7 Communautés
économiques
régionales

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 51


Les communautés économiques régionales (CER) sont des l’Initiative du bassin du Nil ont, par ailleurs, fourni une plateforme de
regroupements régionaux d’États africains dont le but est de faciliter collaboration pour la gestion des ressources en eau et en terres
l’intégration économique régionale entre les membres des partagées pendant un certain nombre d’années. Cependant, un
différentes régions et à travers la Communauté économique plan à l’échelle de l’EAC visant à harmoniser les politiques et les lois
africaine au sens large. Elles jouent également un rôle important en
afin de mieux gérer les ressources naturelles transfrontières est
termes de promotion de la conservation transfrontalière dans la
toujours en cours d’élaboration (Tessema, 2019).
région. En Afrique orientale et australe, le programme BIOPAMA
collabore avec l’EAC, l’IGAD, la SADC et la COI. Celles-ci constituent Une stratégie 2017-2022 de lutte contre le braconnage, le commerce
des partenaires importants du programme BIOPAMA et de la région illégal et le trafic d’espèces sauvages et de produits issus d’espèces
dans son ensemble, car elles coordonnent les activités régionales sauvages (CAE, 2018) compte parmi les autres instruments
avec les États membres, notamment en répondant aux priorités et développés par l’EAC pour améliorer la conservation dans la région.
besoins régionaux spécifiques.
Il s’agit là d’une coopération transfrontalière importante en matière
Les CER aident à l’élaboration de priorités pour des besoins de conservation des ressources partagées. Elle appuiera la mise en
régionaux spécifiques. En outre, elles collaborent à la définition œuvre d’activités, notamment l’élaboration d’une politique régionale
d’outils et de produits analytiques et décisionnels utiles pour leur de conservation des espèces sauvages, leur évaluation économique
région, ainsi qu’à la préparation de notes d’orientation et autres et non économique, le renforcement de la participation
documents. Les CER contribuent également à la communication
communautaire à la gestion des ressources fauniques
des questions relatives aux aires protégées aux décideurs de niveau
transfrontalières et la mise en place d’un Système d’échange
supérieur, garantissant ainsi que la recherche et les informations
d’informations sur le commerce des espèces sauvages (TWIX,
produites par ou à partir du programme jouent un rôle important
dans l’élaboration des politiques. selon ses sigles en anglais).

Les pays relevant des organisations régionales17 de l’AEC, de l’IGAD Le protocole de l’EAC sur l’environnement et la gestion des
et de la SADC constituent des groupements idéals pour les ressources naturelles de 2006 (qui doit encore être ratifié par la
comparaisons actuelles et futures des cadres juridiques relatifs aux Tanzanie) régit la coopération des États partenaires en matière de
aires protégées, susceptibles de fournir et promouvoir une gestion de l’environnement et des ressources naturelles dans les
plateforme d’échange de connaissances entre les régions. zones relevant de leur juridiction, y compris l’environnement et les
ressources naturelles transfrontalières.
7.1 Communauté d’Afrique de l’Est
(EAC) 7.2 Commission de l’océan Indien
L’EAC est une organisation intergouvernementale régionale de six
(COI)
États partenaires, comprenant le Burundi, le Kenya, le Rwanda, le La COI est une organisation intergouvernementale créée en 1984
Soudan du Sud, la Tanzanie18 et l’Ouganda, dont le siège est situé à dans le cadre d’un accord général de coopération connu sous le
Arusha, en Tanzanie. Considérant que les ressources naturelles nom d’accord de Victoria.19 Les membres de la COI sont les
sont le moteur du développement économique national et régional, Comores, Madagascar, Maurice, les Seychelles et l’île de la Réunion
l’objectif du secteur de l’environnement et de la gestion des (département d’outre-mer français).
ressources naturelles au sein de l’EAC est de promouvoir l’utilisation
Ces îles partagent des points communs en termes de ressources
et la gestion durables des ressources naturelles ainsi que
naturelles riches en biodiversité, ainsi que des caractéristiques
l’adaptation aux changements climatiques.
environnementales ayant une influence significative sur leur
Le Traité de l’EAC, établi en juillet 2000, prévoit une coopération développement national. Leurs économies sont fortement
dans le domaine de l’environnement et des ressources naturelles, et dépendantes des ressources côtières et marines naturelles, et le
les États partenaires de l’EAC ont convenu d’efforts conjoints pour tourisme basé sur leur dotation en ressources naturelles. Une bonne
coopérer à la gestion efficace de ces ressources. L’EAC est axée qualité environnementale est essentielle pour l’écotourisme à forte
sur le renforcement de la résilience et la gestion durable des valeur ajoutée recherché par ces pays. L’environnement et la
écosystèmes d’eau douce transfrontaliers importants d’un point de gestion des ressources naturelles ont été l’un des principaux
vue biologique (EAC, 2010), ainsi que sur le soutien aux capacités domaines de coopération entre les États membres, avec plus de
d’adaptation et de résilience aux impacts négatifs des changements 205 millions d’euros investis dans le secteur, soit près de 20 projets
climatiques. mis en œuvre par la COI depuis 1999.

L’Assemblée législative d’Afrique de l’Est (EALA, selon ses sigles en Avec le développement des activités de pêche industrielle au thon
anglais), une branche de l’EAC, a adopté le projet de loi sur les dans l’océan Indien, la COI a mis en œuvre son premier projet
écosystèmes transfrontaliers d’Afrique de l’Est en janvier 2012. régional de pêche au thon, dans lequel l’accent a été mis sur la
Celui-ci n’a pas encore été ratifié par les États partenaires de l’EAC gestion des stocks et l’aide aux pays pour développer leurs
et, par conséquent, la Commission correspondante n’a pas encore capacités de gestion des pêches. Au début de l’an 2000, la COI, en
été créée et les EIE sont entreprises en vertu des lois des États collaboration avec la Commission des thons de l’océan Indien, a
partenaires de l’EAC. La Commission du bassin du lac Victoria et mis en œuvre le premier projet régional d’étiquetage du thon, et a

17 Afin d’aligner les sous-régions sur les 24 pays couverts par BIOPAMA, les données du Burundi et de la République Démocratique du Congo ont été supprimées de la SADC. Par souci
de cohérence, les données du Soudan du Sud et de l’Ouganda figurent à la fois dans l’EAC et l’IGAD, et les données de la Tanzanie figurent à la fois dans l’EAC et la SADC.
18  Pour plus d’informations, veuillez consulter : https://www.eac.int/.
19 Pour plus d’informations, veuillez consulter : https://www.commissionoceanindien.org/.

52 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


aidé les autorités nationales des pêches à renforcer les capacités des années 1990. La principale ligne d’action était de sensibiliser
de suivi, de contrôle et de surveillance des pêches. à une approche intégrée et concertée de la gestion des côtes.
S’appuyant sur les résultats du programme environnemental
Les activités de la COI dans le milieu marin et côtier continuent de
régional « PRE-COI », de 1996 à 2011, la COI a mis en œuvre le
se développer, avec un accent sur la gestion des aires marines
Programme régional de gestion durable des zones côtières.
protégées, le suivi et la surveillance des récifs coralliens et
Celui-ci a permis aux pays de mettre en place et / ou de renforcer
écosystèmes associés, la pollution marine résultant de marées leur Comité national de gestion intégrée des zones côtières. La
noires, la gestion intégrée des zones côtières et les espèces marines COI, en collaboration avec ses partenaires régionaux, a appuyé
envahissantes. Les capacités ont été développées aux niveaux l’élaboration du Protocole GIZC qui sera établi dans le cadre de
institutionnel et communautaire, et des outils ont été mis au point la Convention de Nairobi (voir la section suivante). Le projet de
pour soutenir la gestion des habitats côtiers et la conservation des protocole a maintenant été approuvé et devrait être soumis pour
ressources marines et côtières, notamment : approbation à la prochaine Conférence des parties à la
• Participation aux outils régionaux relatifs au milieu marin Convention de Nairobi.
La Commission de l’océan Indien a contribué directement et • Adoption de la Convention de Nairobi pour la protection, la
indirectement à la mise en place d’instruments régionaux et au gestion et la mise en valeur du milieu côtier et marin de
développement d’outils en milieu marin. D’importants cadres l’océan Indien occidental (1985)20
d’action stratégiques, plateformes et réseaux régionaux ont été Les États membres de la COI sont tous Parties à la Convention
mis en place et soutenus, tels que le réseau des récifs coralliens de Nairobi, et les programmes environnementaux de la COI
et le réseau des aires marines protégées, pour n’en citer que tiennent compte des dispositions de celle-ci. La COI et le
quelques-uns. Compte tenu de l’importance de l’environnement Secrétariat de la Convention de Nairobi collaborent aux différents
côtier et marin pour les États membres de la COI, une stratégie programmes régionaux. En 2012, le PNUE, au nom du
d’économie bleue est en cours d’élaboration et a été adoptée Secrétariat de la Convention de Nairobi et de la COI, a officialisé
par le Conseil des ministres de la COI en mars 2020. sa collaboration et signé un mémorandum d’accord visant à
renforcer la collaboration dans des domaines d’intérêt commun
• Élaboration d’une Stratégie et d’un plan d’action régionaux
pour inclure les aires marines protégées. La COI dispose d’un
pour la conservation des écosystèmes marins et de la pêche
statut d’observateur à la CDP de la Convention de Nairobi et
dans l’écorégion marine des îles de l’océan Indien occidental
participe à divers groupes de travail et programmes de la
Le cadre stratégique de la COI inclut les domaines
Convention. À cet effet, la COI a aligné tous ses programmes et
d’intervention suivants :
activités relatifs aux écosystèmes côtiers et marins sur les
1. organiser l’acquisition de données sur les écosystèmes
dispositions de la Convention et ses protocoles pertinents.
marins, les ressources marines et leurs usages, en les
Beaucoup a été accompli grâce à cette collaboration,
partageant et en les valorisant durablement au moyen d’un
notamment : l’élaboration du Protocole GIZC, le renforcement
observatoire régional ;
du Forum science-politiques, la création d’une Aire de
2. partager les connaissances avec toutes les communautés de conservation transfrontalière entre le Kenya et la Tanzanie
parties prenantes, fournir et promouvoir des outils d’aide à la (Encadré 7.3), le renforcement du suivi des récifs coralliens, le
prise de décisions ; renforcement des capacités pour la gestion des aires marines
3. former toutes les parties prenantes, capitaliser et échanger les protégées et le renforcement des capacités pour la prévention et
bonnes pratiques en matière de développement marin la gestion de la pollution marine provenant des marées noires,
durable ; entre autres.
4. soutenir la mise en œuvre de la stratégie de gestion de pêches • Création du Consortium pour les cétacés de l’océan Indien
afin de promouvoir une pêche et une aquaculture coordonnées, Les actions de la COI en matière de conservation des espèces
responsables et durables ; migratrices et des grands mammifères ont commencé en 2005.
5. renforcer la gestion durable des aires marines protégées et La COI a été chargée par ses États membres de sensibiliser à la
leur mise en réseau ; nécessité de protéger les espèces migratrices marines. En 2008,
6. mettre en œuvre des mesures de conservation des espèces la COI a lancé une initiative régionale pour la conservation des
migratrices et / ou à grande portée, conformément à leurs cétacés et des espèces de dugongs. L’objectif était d’améliorer
conventions correspondantes ; les connaissances scientifiques sur les cétacés, d’étudier les
mouvements des populations, de créer un réseau d’acteurs
7. soutenir la mise en œuvre de la Stratégie régionale
impliqués dans la protection des cétacés et de réduire l’impact
d’adaptation aux changements climatiques afin de contribuer
des activités humaines sur les cétacés, telles que la pêche,
à une meilleure résilience et à réduire la vulnérabilité des
l’observation des baleines et les impacts acoustiques. La COI a
écosystèmes marins ; et
collaboré avec l’Agence française pour les aires marines
8. développer une approche responsable et concertée de protégées à la réalisation de la Campagne de l’océan Indien
l’exploitation des ressources non-renouvelables (gaz, pétrole, pour l’étude de la migration des cétacés. Elle a également
énergies renouvelables, minéraux, biomolécules, etc.). soutenu la création du Réseau de l’océan Indien pour la
• Protocole de mise en œuvre d’une Gestion intégrée des recherche et la conservation des cétacés (IndoCet), regroupant
zones côtières (GIZC) les ONG de la région de l’océan Indien occidental œuvrant à la
L’approche de la gestion intégrée des zones côtières au sein des protection des cétacés, principalement des baleines et des
États membres de la COI a été développée dans le cadre de son dauphins. Le réseau a créé un site web et développé un outil
programme régional pour l’environnement, mis en œuvre à la fin pour aider à l’identification des cétacés.21

20  Pour plus d’informations, veuillez consulter : https://www.unenvironment.org/nairobiconvention/


21  Pour plus d’informations, veuillez consulter : www.indocet.org.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 53


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Encadré 7.3 : Conservation marine transfrontalière entre le Kenya et la Tanzanie


Le littoral d’Afrique de l’Est, que se partagent le Kenya et la L’objectif de l’ACT marine du Kenya et de Tanzanie est d’intégrer
Tanzanie, est riche en ressources marines naturelles, avec des les objectifs et les priorités de gestion des écosystèmes dans
plages immaculées de corail, des estuaires, des mangroves, les pratiques et politiques du secteur productif. Le concept vise
des lagunes et plusieurs belles îles riches en biodiversité. Ces à renforcer les capacités de restauration de la santé des
environnements soutiennent une vie marine diversifiée et sont écosystèmes et de conservation de la biodiversité aux niveaux
essentiels à la subsistance des communautés côtières. local, national et transfrontalier, dans les deux pays. L’initiative
Cependant, cet environnement côtier est menacé par les vise à tester des approches axées sur les écosystèmes en
changements climatiques, la pollution, la destruction des matière d’aménagement du territoire, de gestion de l’eau,
habitats et la pression croissante des populations côtières, du d’agriculture, de forêts, de pêche et de gestion des aires
tourisme et de l’urbanisation. Les récifs coralliens du Kenya et protégées. Le site proposé s’étend de la limite nord de la
de Tanzanie ont été largement blanchis pendant le phénomène Réserve nationale marine de Diani-Chale, au Kenya, à la limite
El Niño de 1997-1998, avec une réduction de la couverture sud du District de Mkinga, en Tanzanie, au nord du parc marin
corallienne de plus de 80% dans la plupart des zones. La de Tanga Coelacanth. La zone d’intérêt abrite une biodiversité
récupération après blanchiment a été très lente dans de marine et côtière très importante. En raison de sa riche
nombreux systèmes de récifs coralliens, en raison des pressions biodiversité et de sa contribution à la vie socioéconomique des
croissantes des activités humaines. L’augmentation de la communautés côtières, la zone a été reconnue par plusieurs
population côtière au Kenya et en Tanzanie exerce également organismes internationaux comme un site d’importance,
une pression sur les ressources marines et côtières, avec une méritant une attention particulière pour la conservation.
demande croissante de nourriture et de matériaux. En raison
L’ACT proposée est complémentaire aux efforts déployés par
des lignes côtières contiguës des deux pays, il est possible que
les deux pays pour gérer et conserver durablement les
la perte et la dégradation des habitats côtiers dans l’un aient
ressources côtières et marines, contribuer à la réduction de la
des impacts sur l’autre, en raison des perturbations et de la
pauvreté des communautés côtières et promouvoir la mise en
fragmentation.
œuvre d’instruments régionaux et internationaux clés pour la
Pour inverser la perte de biodiversité marine, le Kenya et la conservation des ressources marines et côtières et de la
Tanzanie se sont efforcés d’améliorer la gestion des ressources biodiversité. En outre, la protection de l’ACT complète les
marines grâce à des cadres politiques et juridiques. Un certain efforts déployés par la Tanzanie pour protéger toutes les
nombre d’aires marines protégées (AMP) ont été établies dans réserves marines des petites îles situées au sud de sa frontière,
les deux pays pour protéger les habitats et les espèces critiques. à savoir les réserves marines d’Ulenge, Kwale, Kirui et Mwewe.
Récemment, le Kenya et la Tanzanie ont commencé à étudier la Elle augmentera également la superficie que le Kenya et la
possibilité d’une coopération transfrontalière en matière de Tanzanie consacrent à la conservation marine, ce qui contribuera
conservation marine, en créant une aire de conservation à la réalisation de l’Objectif d’Aichi 11 et de l’ODD 14 de la CDB.
transfrontière (ACT) marine. Le PNUE, par l’intermédiaire du
Secrétariat de la Convention de Nairobi, a engagé une série de Contribution d’Arthur Tuda (Service de la faune du Kenya).
discussions entre les organismes de gestion des aires protégées
des deux pays pour faire avancer ce processus.

54 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


• Collaboration internationale dans le cadre de l’Accord de • Stratégie de l’IGAD pour la protection des ressources naturelles
Cotonou (2000) et de l’environnement 2016-2020 (intégrée à la stratégie
Conformément à l’Accord de Cotonou22, la COI a bénéficié de régionale quinquennale de l’IGAD), élaborée à partir d’études
plusieurs programmes de développement régional dans les approfondies visant à identifier les problèmes et défis clés dans
domaines de l’agriculture, de la pêche, de l’environnement et de chaque pays, y compris la dégradation des terres, des zones
la sécurité maritime, pour un montant de plus de 156 millions humides et des forêts, les changements climatiques, la
d’euros. Ces programmes ont contribué à renforcer la croissance démographique, la gouvernance des ressources, le
collaboration et la coopération entre les pays de la région de manque d’investissements dans les marchés de développement
l’est, du sud et de l’océan Indien en matière de pêche durable, et le changement de valeurs, ainsi que la question de la
de gestion des ressources naturelles, de protection, de gestion marginalisation continue des écosystèmes arides et semi-
intégrée des zones côtières, d’éducation à l’environnement, de arides.
conservation et d’utilisation de la biodiversité, de changements
• Politique régionale de biodiversité, visant à aider à conserver et
climatiques et d’amélioration de la sécurité maritime dans la
à gérer durablement les ressources de la biodiversité, et à
région. En particulier, ils ont également ouvert des possibilités
favoriser le développement socioéconomique pour (i) des
de coopération interrégionale entre la COI, les Caraïbes et le
moyens d’existence durables, (ii) la subsistance
Pacifique sur des questions touchant les petits États insulaires,
environnementale, (iii) la coexistence pacifique et sûre et (iv)
telles que les changements climatiques, les catastrophes
l’intégration régionale grâce à une gestion durable des
naturelles et l’océan. Grâce à l’aide globale européenne au
ressources de la biodiversité dans la région.
développement, facilitée par l’accord aux régions Afrique,
Caraïbes et Pacifique, la COI, ainsi que l’Union africaine et • Protocole régional sur la biodiversité, élaboré et approuvé au
d’autres communautés régionales africaines, ont pu bénéficier niveau ministériel en juillet 2017 pour mettre en œuvre la
d’un accès facilité aux données d’observation terrestre de Politique régionale de biodiversité, et fournissant un guide sur la
l’Agence spatiale européenne pour la gestion des ressources manière de favoriser la coopération dans la mise en œuvre de la
naturelles et le suivi de la dégradation côtière. Politique régionale et la question du développement durable des
écosystèmes dans la région.
Dans le cadre de l’Accord de Cotonou, la COI collabore avec le
Secrétariat ACP sur des programmes de sensibilisation des petits • Stratégie pour le partage des avantages de la biodiversité,
États insulaires d’Afrique aux changements climatiques et à la élaborée et approuvée au niveau ministériel, et encourageant le
partage équitable des avantages de la biodiversité entre les
biodiversité côtière et marine.
États membres de l’IGAD, tout en respectant la situation des
7.3 Autorité intergouvernementale pays les moins dotés, afin de contribuer au développement de
l’unité et de la paix dans la région.
pour le développement (IGAD)
• Stratégie de contrôle et de gestion des espèces envahissantes,
Composée de huit pays d’Afrique orientale et australe (Djibouti, élaborée et approuvée au niveau ministériel, et abordant la
Érythrée, Éthiopie, Kenya, Somalie, Soudan du Sud, Soudan et question de l’introduction d’espèces exotiques envahissantes
Ouganda), l’IGAD a pour objectif principal de parvenir à la paix et au par le contrôle de l’expansion, la gestion, l’utilisation ou, si
possible, l’éradication, en particulier dans les secteurs agricole
développement durable dans la région. Riches en biodiversité, les
et forestier de la région.
principaux facteurs de croissance des membres de l’IGAD sont
leurs ressources naturelles, et plus précisément les écosystèmes • Stratégie de l’IGAD pour la gestion de la faune sauvage, élaborée
d’eau douce, marins et côtiers, les forêts et la faune sauvage, les et approuvée au niveau ministériel, et fournissant une stratégie
zones humides, les pâturages, les terres arables et les montagnes, commune sur la façon de gérer les ressources fauniques de la
région.
ainsi que les ressources minérales et énergétiques.
• Réseau spécialisé de l’IGAD, créé dans le cadre de l’IGAD pour
Deux des priorités de l’IGAD pour les environnements côtiers et
le suivi et la coordination des activités d’application de la
marins incluent un soutien à la mise en œuvre des Conventions
législation relative à la faune sauvage dans la région.
d’Abidjan et de Nairobi, et le Processus africain pour la gestion des
ressources côtières et marines de l’Afrique. Concrètement, ceux-ci • Plan de gestion du paysage marin de Djibouti, élaboré dans le
impliquent la lutte contre la pollution et l’érosion côtière, la promotion cadre du programme de gestion de la biodiversité, à partir
duquel des aires marines de conservation communautaires
de l’utilisation durable des ressources biologiques, la gestion
locales ont été identifiées et établies.23
durable des principaux habitats et écosystèmes et un
développement économique durable. • Plan de mise en œuvre de la stratégie régionale de l’IGAD (2016-
2020), visant à promouvoir activement la coopération et
Les instruments développés par l’IGAD pour la conservation de l’intégration économiques dans la région de l’IGAD par le
l’environnement comprennent : renforcement des capacités régionales, y compris, mais sans
• Stratégie 2007 de l’IGAD sur les ressources naturelles et s’y limiter, la gestion des ressources naturelles et la protection
l’environnement, visant à soutenir l’harmonisation des politiques de l’environnement, en promouvant une gestion durable de
relatives aux ressources naturelles et à l’environnement, ainsi l’environnement et des ressources naturelles.
qu’à promouvoir une gestion transfrontalière des ressources.

22  Pour plus d’informations, veuillez consulter : https://www.consilium.europa.eu/en/policies/cotonou-agreement/.


23  Pour plus d’informations, veuillez consulter : http://msp.cousteau.org/djibouti/downloads/djibouti_seascape_management_plan_final_2017_FR.pdf
24  Pour plus d’informations, veuillez consulter : https://www.sadc.int/

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 55


7.4 Communauté de reconnaissant les droits des États individuels à gérer leurs
ressources fauniques respectives.
développement de l’Afrique • Protocole révisé sur les cours d’eau partagés (2000).27
australe (SADC) De nombreux cours d’eau de la région sont partagés entre
plusieurs États membres, une situation qui exige leur
développement de manière écologiquement rationnelle. Le
La SADC est une organisation intergouvernementale régionale dont
protocole vise à favoriser une coopération plus étroite entre les
le siège est situé à Gaborone, au Botswana, et qui comprend 16
États membres pour la protection, la gestion et l’utilisation des
États partenaires (Afrique du Sud, Angola, Botswana, Comores,
cours d’eau partagés dans la région. Les États membres
République Démocratique du Congo, Eswatini, Lesotho, conviennent de coopérer sur des projets et d’échanger des
Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Seychelles, informations sur les cours d’eau partagés, de se consulter et de
République-Unie de Tanzanie, Zambie et Zimbabwe)24. Les collaborer à des initiatives équilibrant la mise en valeur des
ressources naturelles sont d’une importance vitale pour l’économie cours d’eau et la conservation de l’environnement.
de la région et sa croissance. La SADC et ses États Membres
• Protocole forestier (2002).28
reconnaissent qu’il importe d’améliorer l’utilisation et la gestion des
Le protocole vise à promouvoir le développement, la
ressources naturelles pour assurer un développement et une conservation, la gestion et l’utilisation durables de tous les types
croissance durables à l’avenir. Les ressources naturelles importantes de forêts et d’arbres, le commerce des produits forestiers et la
comprennent les forêts, l’eau, la faune sauvage (espèces protection efficace de l’environnement. Il fournit des directives
aquatiques, terrestres et marines) et les minéraux. Afin d’aider à sur la réalisation d’évaluations forestières ainsi que de politiques,
protéger ces ressources et favoriser la coopération régionale, des programmes et lois forestières nationales. Les politiques et
protocoles et initiatives, tels que le développement d’accords mécanismes adoptés par les États membres devraient permettre
multilatéraux sur l’environnement, ont été développés par la SADC. aux populations locales, y compris aux femmes, de participer
efficacement aux activités de gestion des forêts, tout en
En vertu du Protocole sur la conservation de la faune sauvage et respectant les connaissances traditionnelles relatives aux forêts.
l’application de la loi, le Programme 2013 de la SADC pour les aires
• Politique régionale sur l’eau (2005).29
de conservation transfrontières définit sa mission comme le
La région de la SADC regroupe 15 grands bassins fluviaux
développement de la SADC en un réseau fonctionnel et intégré
transfrontaliers. La politique fournit le contexte et l’intention de
d’aires de conservation transfrontières, où les ressources naturelles
la gestion des ressources en eau à l’échelle régionale de la
partagées sont cogérées et conservées de manière durable afin de SADC, en représentant les aspirations et les intérêts des États
favoriser le développement socioéconomique et l’intégration membres. Le Protocole sur les cours d’eau partagés constitue
régionale au profit des personnes vivant dans et autour des ACT. l’instrument juridique pour la mise en œuvre de cette politique,
en vertu duquel des accords bilatéraux et multilatéraux peuvent
L’harmonisation des politiques et de la législation pour une gestion
être élaborés entre les États partageant un cours d’eau.
efficace de ces aires de conservation transfrontières est un élément
reconnu du Programme ACT de la SADC. Parmi les politiques et • Stratégie régionale pour l’eau de la SADC (2006).30
instruments juridiques régionaux de la SADC, on peut citer : La stratégie vise à fournir un cadre pour la mise en valeur,
l’utilisation, la protection et le contrôle durables, intégrés et
• Protocole sur le développement du tourisme (1998).25 coordonnés des ressources en eau nationales et transfrontalières.
Le protocole énonce l’objectif de la SADC de tirer parti du Il décrit les plans de mise en œuvre de la stratégie, y compris les
potentiel de la région en tant que destination touristique. La objectifs associés du Plan d’action stratégique indicatif régional
SADC entend assurer une répartition uniforme du développement et du Programme de mise en œuvre stratégique piloté par les
touristique dans toute la région et créer un environnement Plans d’action stratégiques régionaux (PASR) pour le secteur de
favorable au tourisme, utilisant ainsi celui-ci comme vecteur de l’eau de la SADC. Le document se termine par une discussion
développement socioéconomique. sur les indicateurs de suivi et d’évaluation qui seront utilisés
pour assurer la supervision du cadre de mise en œuvre.
• Protocole sur la conservation de la faune sauvage et de
l’application de la loi (1999).26 • Protocole de la SADC sur la pêche (2006).31
Entré en vigueur en 2003, il est juridiquement contraignant pour Le protocole vise à promouvoir une utilisation responsable et
les pays l’ayant signé et ratifié. Les objectifs du protocole durable des ressources vivantes et des écosystèmes aquatiques
comprennent l’harmonisation des instruments juridiques relatifs présentant un intérêt pour les États Parties, afin de : i) promouvoir
à la faune sauvage, l’échange d’informations pertinentes pour la et améliorer la sécurité alimentaire et la santé humaine, ii)
conservation de la faune sauvage, le renforcement des capacités préserver les moyens de subsistance des communautés de
nationales et régionales pour la conservation, la création d’aires pêcheurs, iii) créer des opportunités économiques pour les
de conservation transfrontières et la promotion d’une gestion ressortissants de la région, iv) s’assurer que les générations
communautaire des ressources. Il fournit les mécanismes pour futures pourront bénéficier de ces ressources renouvelables, et
la conservation et la gestion des ressources partagées, tout en v) atténuer la pauvreté avec l’objectif ultime de l’éliminer.

25  Pour plus d’informations, veuillez consulter : https://www.sadc.int/documents-publications/show/812


26  Pour plus d’informations, veuillez consulter : https://www.sadc.int/documents-publications/show/Protocol%20on%20Wildlife%20Conservation%20and%20Law%20Enforcement%20
27  Pour plus d’informations, veuillez consulter : https://www.sadc.int/documents-publications/show/Revised_Protocol_on_Shared_Watercourses_-_2000_-_English.pdf
28 Pour plus d’informations, veuillez consulter : https://www.sadc.int/documents-publications/show/Protocol_on_Forestry2002.pdf
29 Pour plus d’informations, veuillez consulter : https://www.sadc.int/files/1913/5292/8376/Regional_Water_Policy.pdf
30  Ibid.
31  Pour plus d’informations, veuillez consulter : https://www.sadc.int/files/8214/7306/3295/SADC_Protocol_on_Fisheries.pdf
32  Pour plus d’informations, veuillez consulter : https://www.sadc.int/files/3215/6578/5119/Tourism_Concession_Guidelines_SADC_TFCAs_English.pdf.

56 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


• Lignes directrices sur les concessions touristiques pour les Il serait utile de partager les connaissances au niveau régional,
ACT au sein de la SADC (2015).32 notamment en ce qui concerne la conservation transfrontalière et

L’objectif des lignes directrices est de fournir une orientation l’expérience de 20 ans de la SADC dans ce domaine. Les efforts de
pour la gestion des concessions touristiques dans les ACT au lutte contre le braconnage et d’application de la loi bénéficieraient
sein de la SADC, tout en veillant à ce que les objectifs de également d’un échange croisé régional d’informations relatives
conservation et de développement des ACT régionales soient
aux politiques, à la législation et au partage d’informations via les
atteints, y compris le développement rural et la participation
réseaux TWIX.
communautaire. Le principal avantage des lignes directrices est
l’acquisition d’informations de base sur la manière d’encourager,
de développer et d’exploiter des concessions touristiques dans
les ACT au sein de la SADC.

© Wilderness Safaris

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 57


© Wilderness Safaris

58 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


8 Profils nationaux

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 59


Cette section présente un profil des aires protégées et de
conservation dans chacun des 24 pays de la région de l’Afrique
orientale et australe. Chaque profil comprend les données suivantes :
• une brève description des aires protégées et de conservation,
ainsi que de leur couverture ;
• des données sur le nombre d’aires protégées et de conservation
selon les types de gouvernance et les catégories de gestion de
l’UICN ;
• des données sur le nombre et la superficie des aires protégées et
de conservation désignées dans le pays ;
• les sites prioritaires selon trois désignations : Alliance pour une
extinction zéro, Zones importantes pour les oiseaux et la
biodiversité (IBA) de BirdLife International et Zones clés pour la
biodiversité (KBA) de l’UICN ; et
• autres données : aires de conservation transfrontalières, contexte
politique, espèces, pressions et menaces principales.
Les Annexes 6 et 7 fournissent respectivement des informations
détaillées (statistiques) sur les catégories de gestion et les types de
gouvernance de l’UICN par pays. Chaque profil national dans cette
section comporte un lien hypertexte vers la page pertinente de
l’Annexe, afin de faciliter la lecture.
Afin de permettre une comparabilité à l’échelle régionale, les mêmes
analyses et ensembles de données ont été utilisés pour les 24 pays.
La BDMAP, source mondiale faisant autorité en matière de données
sur les aires protégées, a été utilisée pour les statistiques concernant
les aires protégées, et en particulier sa mise à jour de septembre
2019. Certains pays, cependant, n’ont pas encore été mis à jour
dans la BDMAP. Les statistiques nationales différentes de la BDMAP
sont indiquées en conséquence.
Les statistiques nationales ont été extraites des rapports nationaux
à la CDB et des Stratégies et plans d’action nationaux pour la
biodiversité (SPANB). Dans la plupart des cas, les données ont été
tirées du cinquième rapport national de chaque pays et, dans
certains cas, du sixième rapport national, lorsque celui-ci était
disponible au moment de la rédaction (septembre 2019).

Méthodologie utilisée pour générer les statistiques


de la BDMAP
Toutes les statistiques de comptage, telles que le nombre d’aires
protégées dans un pays où le nombre d’aires protégées dans une
catégorie de gestion donnée de l’UICN, sont dérivées de la version
non modifiée de septembre 2019 de la BDMAP pour les 24 pays.
Les statistiques de couverture, telles que la superficie couverte par
les aires protégées dans un pays, ou la superficie couverte par une
catégorie de gestion donnée de l’UICN, sont également dérivées
d’un sous-ensemble de la version de septembre 2019 de la BDMAP.
Dans ce sous-ensemble, certains sites ont été supprimés,
conformément à la méthodologie standard de calcul de couverture
à l’aide de la BDMAP.33 Les sites présentant les caractéristiques
suivantes ont été retirés du sous-ensemble de la BDMAP :
• site correspondant à un statut « proposé » ou « non déclaré » ;
• points ne correspondant à aucun site déclaré ;
• Réserves de biosphère de l’UNESCO. Ces sites sont exclus
parce qu’ils ont été déclarés selon un zonage comprenant des
zones tampons et de transition, quand ces zones ne répondent
souvent pas à la définition d’une aire protégée.

Avertissement
Les données de couverture (km2) peuvent présenter un chevauchement entre
les catégories, mais pas à l’intérieur de celles-ci. Ceci est négligeable.
Cependant, en cas de chevauchement, les totaux combinés résulteront en un
chiffre supérieur à 100% des aires protégées du pays. La BDMAP est une
agrégation de données nationales. La qualité des limites dépend donc de la
qualité des données disponibles dans le pays. Le PNUE-WCMC ne modifie
pas les limites ou les emplacements des sites, mais travaille avec les
fournisseurs de données pour essayer d’assurer l’exactitude des données.
© Wilderness Safaris
33 Pour plus d’informations, veuillez consulter :
https://www.protectedplanet.net/c/calculating-protected-area-coverage

60 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Donny Jooste, Parc national de Luengue-Luiana, Angola

8.1 Angola que « [h]eureusement, malgré les revers subis au cours des
dernières décennies, chaque aire protégée comprend toujours des
Aires protégées et de conservation de l’Angola34 zones de dimension suffisante, susceptibles, avec une gestion
L’Angola compte 14 aires protégées couvrant 87 531 km2 efficace, d’atteindre des objectifs importants de conservation de la
d’écosystèmes terrestres et 24 km2 d’écosystèmes marins (UNEP- biodiversité. Depuis 2017, la nouvelle direction du gouvernement
WCMC et IUCN, 2019c). promet une approche nouvelle et énergique de la conservation en
Angola, comme l’a démontré le récent Plan stratégique pour le
La superficie protégée du pays est passée de 6,5% après
système des aires de conservation de l’Angola » (p. 500).
l’indépendance de l’Angola en 1975 à 12,58% de la superficie
nationale en 2013. La création d’un réseau d’aires marines Une initiative vise à mettre en œuvre une planification spatiale
protégées est prévu dans un avenir proche. Le ministère de marine (PSM) en Angola, et une zone pilote pour un projet
l’Environnement, en collaboration avec le ministère de la Pêche et expérimental de PSM couvrant une superficie d’environ 107 000
de la Mer, prévoit la création d’un réseau d’aires marines protégées, km2 a récemment été identifiée. Un des éléments clés du processus
pour lequel un Plan de mise en réseau des aires marines protégées consiste à identifier et à décrire un réseau d’aires marines
sera élaboré, définissant la classification et les caractéristiques de d’importance écologique ou biologique (Huntley et al., 2019).
ce réseau, ainsi que les mesures de gestion et de conservation à
appliquer à chacune des classes de protection et de gestion Aires protégées et de conservation transfrontières
proposées. L’Angola abrite une partie de quatre zones de conservation
transfrontières, à savoir l’ACT de Iona - Côte des squelettes, l’ACT
La biodiversité de l’Angola est très mal connue, les études du Kavango-Zambèze, l’ACT des Plaines de Liuwa-Mussuma et
relativement limitées réalisées avant l’indépendance, en 1975, l’Aire protégée transfrontalière de la forêt de Mayombe.
ayant été totalement stoppées au cours des trois décennies de
guerre civile et de troubles qui ont suivi. Dans leur récent livre sur Contexte politique
l’Angola, Huntley et al. (2019) notent que « [l]a plupart des Parcs Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la
nationaux ne disposent toujours pas de la capacité et de l’efficacité gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été
de gestion les plus élémentaires, malgré la richesse de la législation réalisé par le programme BIOPAMA. Il identifie 35 lois et politiques
promulguée depuis l’approbation de la Loi cadre pour pertinentes en Angola (Tessema, s.d.).
l’environnement en 1998 » (p. 449). Les auteurs affirment en outre

34  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de l’Angola à la CDB (Republic of Angola, 2014).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 61


Figure 8.1 : Résumé pour l’Angola

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
30,81 3,30 1 246,70 105,75 -2,10
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées : Aires protégées et de conservation de l’Angola


par catégorie de gestion de l’UICN
14 aires
protégées II. Parc national (8)
IV. Aire de gestion habitats / espèces (4)

couverture terrestre couverture marine V. Paysage terrestre / marin protégé (1)

87 531 km 2
24 km 2 Non rapportée (1)

Source : UNEP-WCMC et IUCN, 2019c. Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019c).

25 espèces d’oiseaux 291 espèces animales Importante biodiversité


endémiques autochtones marine et d’eau douce

Couverture des aires protégées en Angola Aires prioritaires pour la conservation


Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
ou conservée* ou conservée**
Terrestres et eaux 6,97% 12,50%
intérieures 1 site 23 sites 2 sites
Marines et côtières 0,00% Aucune Sites de l’Alliance pour Zones importantes Zones clés pour la
correspondance une extinction zéro pour les oiseaux biodiversité
et la biodiversité
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Source : Republic of Angola (2014); UNEP-WCMC et IUCN (2019c).
Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International ( 2019b, 2019c).

Aires protégées et de conservation en Angola par


type de gouvernance de l’UICN

Non rapporté (14)

SOURCE : UNEP-WCMC et IUCN (2019c).

62 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.2 : Aires protégées de l’Angola

Aires protégées
Limites administratives

0 100 200

Kilomètres

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

Espèces clées35 niveaux élevés de récolte de bois, de charbon de bois et de


nourriture, ainsi que du commerce local et international.
L’Angola abrite une incroyable diversité d’habitats, et donc une
Le pays présente également une grande biodiversité marine et
grande variété d’espèces, avec jusqu’à 291 espèces autochtones,
d’eau douce, y compris cinq espèces de tortues de mer, et de
dont la plupart appartiennent aux ordres Rodentia (85), Chiroptera
nombreuses espèces de cétacés. La pêche artisanale de poissons
(73), Carnivora (39) et Cetartiodactyla (33). Un grand nombre
et crustacés est un élément essentiel de la subsistance des
d’espèces, la plupart des rongeurs ou des chauves-souris, sont
communautés côtières rurales. Le maquereau a été gravement
endémiques ou quasi endémiques.
surexploité, entraînant l’imposition d’une interdiction annuelle de
Selon le cinquième Rapport national de l’Angola à la CDB (2014), quatre mois. L’introduction d’espèces exotiques de tilapia est
les mammifères d’intérêt particulier incluent l’hippotrague noir probablement due à la prévalence de projets de pisciculture.
(Hippotragus niger variani), endémique, le gorille de plaine
occidental (Gorilla gorilla ssp. gorilla), le lamantin d’Afrique Pressions et menaces36
(Trichechus senegalensis) et le zèbre de montagne (Equus zebra). La biodiversité angolaise est soumise à de nombreuses menaces
L’état de conservation de bon nombre de ces espèces est mal et pressions. Les principales concernent les habitats, en raison de
connu. Les populations d’éléphants d’Afrique (Loxodonta africana), l’agriculture de subsistance, de l’exploitation minière, des
d’hippopotames (Hippopotamus amphibius) et d’otarie à fourrure infrastructures, de la déforestation pour le charbon de bois et le
d’Afrique du Sud (Arctocephalus pusillus) sont considérées comme bois, et d’une très forte incidence d’incendies. Le braconnage, y
stables. compris pour le commerce de viande de brousse, constitue
L’Angola abrite 25 espèces d’oiseaux endémiques. On ne sait que également une menace majeure. La surpêche, en particulier du
peu de choses sur la diversité de la microfaune et de la flore de maquereau, a entraîné une interdiction annuelle de quatre mois.
l’Angola, mais on sait que de nombreuses espèces souffrent des L’Angola est en train de réviser sa législation, mais des efforts de
mise en œuvre et d’application sont nécessaires.

35  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de l’Angola à la CDB (Republic of Angola, 2014).
36  Données obtenues des informations contenues dans le cinquième Rapport national de l’Angola à la CDB (Republic of Angola, 2014).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 63


© Peter Howard, Plante Welwitchia, Angola

64 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Wilderness Safaris, Delta de l’Okavango, Botswana

8.2 Botswana Aires protégées et de conservation transfrontières


Le Botswana comprend une partie de trois aires de conservation
Aires protégées et de conservation du Botswana37 transfrontières, à savoir l’ACT du Grand Mapungubwe, l’ACT du
Kavango-Zambèze et l’ACT de Kgalagadi.
Le Botswana compte 22 aires protégées couvrant 169 370 km2
d’écosystèmes terrestres (UNEP-WCMC et IUCN, 2019d). Contexte politique
Au Botswana, l’utilisation des terres est divisée en aires protégées, Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la
aires de gestion de la faune sauvage (AGF), zones résidentielles gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été
pastorales, fermes et concessions minières. Le Botswana étant un réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 49 lois et politiques
grand pays avec une faible population, il a été possible d’y créer de pertinentes au Botswana (Tessema, 2019).
vastes aires protégées, avec plus de 45% du pays sous une forme
Espèces clées38
ou une autre de gestion environnementale. La majorité des
écosystèmes du pays sont modérément ou bien représentés (c’est Le Botswana possède une grande biodiversité, en particulier dans
à dire qu’ils se situent soit à un niveau de représentation de moins et autour du delta de l’Okavango, avec un indice de richesse
de 50%, soit à plus de 100% des 17% de l’Objectif d’Aichi). Une spécifique compris entre 9,3 et 15. Les espèces végétales sont
grande partie des écosystèmes se trouve entièrement dans des estimées entre 2 150 et 3 000, dont 15 sont endémiques et 43
aires protégées. figurent sur la Liste rouge de l’UICN.

Depuis 2009, la couverture des aires protégées officielles a changé. La faune est également riche et variée, avec 157 espèces de
Bien que les aires protégées aient globalement augmenté, la mammifères, dont trois sont endémiques et 112 figurent sur la Liste
probabilité d’obtenir un statut de protection a diminué dans rouge. Le Botswana abrite l’une des plus grandes populations
restantes de lycaons (Lycaon pictus) et la plus grande population
certaines zones. Il s’agit notamment de plusieurs zones inscrites
restante d’éléphants d’Afrique (Loxodonta africana). Les plaines
comme aires proposées de gestion de la faune sauvage (AGF) il y
inondables saisonnières autour de l’Okavango et du Zambèze et
a plus de 15 ans, mais qui n’ont jamais été officiellement déclarées.
de vastes zones sauvages accueillent quelques-unes des
Le Botswana fait partie de grandes aires de conservation
principales routes de migration de la faune en Afrique australe,
transfrontières (ACT), ce qui favorise les liens entre les objectifs de
faisant du Botswana l’un des derniers refuges pour les espèces
conservation du pays et ceux de la région.
nécessitant une aire de répartition ouverte.

37 Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le sixième Rapport national du Botswana à la CDB, ainsi que dans son troisième SPANB (Republic of Botswana, 2016 et 2019).
38 Cette section s’appuie sur les informations contenues dans les cinquième et sixième Rapports nationaux du Botswana à la CDB, ainsi que dans son troisième SPANB (Republic of
Botswana, 2015 ; 2016 ; 2019).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 65


Figure 8.3 : Résumé du Botswana

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
2,25 2,20 581,70 18,62 4,50
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées : Aires protégées et de conservation du Botswana selon


les catégories de gestion de l’UICN
22 aires couverture terrestre
protégées 169 370 km2
Ib. Aire de nature sauvage (7)
Source : UNEP-WCMC et IUCN, 2019d
Non rapportée (1)

Ne s’applique pas (1)


Aires prioritaires pour la conservation
II. Parc national (6)
12 sites IV. Aire de gestion habitats / espèces (7)
Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International ( 2019b, 2019c).
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019c).

157 espèces de Entre


587 espèces d’oiseaux 99 espèces
mammifères 2 150 – 3 000 de poissons d’eau
espèces végétales 25 menacées à
douce
112 sur la Liste rouge l’échelle mondiale
15 endémiques
2 menacées à
43 sur la Liste rouge l’échelle mondiale

131 espèces 44 espèces


de reptiles d’amphibiens

Couverture des aires protégées au Botswana Désignations nationales des aires protégées et de
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
conservation au Botswana
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nº Superficie
Terrestres et eaux 29,14% 29,10% (km2)
intérieures Parc national 4 43 926
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Source : Republic of Botswana (2019) ; UNEP-WCMC et IUCN (2019d).
Réserve de gibier 6 60 352
Sanctuaire de gibier 1 89

Aires protégées et de conservation du Botswana Réserve forestière 6 4 057


par type de gouvernance de l’UICN Sanctuaire pour les oiseaux 3 974
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019c).

Non rapporté (2)


Aires protégées et de conservation désignées
D. Gouvernance par les peuples
autochtones ou communautés locales (1) comme sites d’importance mondiale au Botswana
C. Gouvernance privée (1) Désignation mondiale Nombre de
A. Gouvernance par le gouvernement (18) sites
Sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO 1
(naturels ou mixtes)
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019d).
Zones humides d’importance internationale 1
(sites Ramsar)
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b).

66 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Le Botswana abrite 587 espèces d’oiseaux, dont 25 espèces le tourisme incontrôlé et la perturbation des routes de migration par
menacées à l’échelle mondiale, et huit autres espèces considérées des clôtures. Le braconnage de produits de la faune sauvage et de
comme menacées à l’échelle nationale, ainsi que deux espèces viande de brousse constitue une autre menace sérieuse pour la
quasi endémiques. biodiversité du pays. Les conflits homme-faune sont un problème
critique et permanent dans le pays.
Sur les 99 espèces de poissons d’eau douce recensées au
Botswana, deux sont menacées à l’échelle mondiale. En outre, 131 Le cinquième Rapport national du Botswana à la CDB a montré les
espèces de reptiles et 44 espèces d’amphibiens ont été recensées. principales menaces pour la biodiversité dans le pays, reliant les
Il n’existe que peu d’informations disponibles sur les invertébrés, menaces directes aux causes sous-jacentes, aux principaux
bien que les papillons et les libellules aient été inventoriés de façon impacts et aux principales implications (Republic of Botswana,
plus précise que d’autres taxons. 2015). Le rapport identifie la destruction des habitats, les obstacles
aux mouvements de la faune sauvage, le braconnage, la
Le Botswana abrite 13 espèces endémiques de plantes, ainsi que
perturbation des régimes de feux et la surexploitation comme les
10 autres potentiellement endémiques et sept quasi endémiques.
principales menaces internes, ainsi que les changements
Pressions et menaces39 climatiques et hydrologiques comme les principales menaces
externes.
La principale menace pour la biodiversité au Botswana est la perte
et la dégradation des habitats. Les causes indirectes de ces Les menaces secondaires incluent les espèces envahissantes
menaces comprennent : le surpâturage, du fait de la non- dans les écosystèmes terrestres et d’eau douce. Les changements
réglementation du pâturage du bétail, la dégradation des pâturages, climatiques apparaissent comme une menace majeure pour
les incendies, l’exploitation minière, l’érosion éolienne, l’extraction l’écosystème du delta de l’Okavango et le bassin du Kalahari.
accrue d’eau pour l’irrigation entraînant une augmentation de la
salinité, le manque de protection des sites de reproduction aviaire,

Figure 8.4 : Aires protégées du Botswana

Aires protégées
Limites administratives

0 100 200

Kilomètres

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

39 Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le sixième Rapport national du Botswana à la CDB, ainsi que dans son troisième SPANB (Republic of Botswana, 2016, 2019).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 67


© Wilderness Safaris, Delta de l’Okavango, Botswana

68 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Matthew Judge, Pêcheurs sur le littoral de l’île, Comores

8.3 Comores Contexte politique


Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la
Aires protégées et de conservation des Comores40 gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été
Les Comores comptent huit aires protégées couvrant 173 km2 réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 15 lois et politiques
d’écosystèmes terrestres et 37 km2 d’écosystèmes marins (UNEP- pertinentes aux Comores (Tessema, 2019).
WCMC et IUCN, 2019d).
Espèces clées41
Les sites terrestres et d’eaux intérieures dans les aires protégées
Quatre-vingt-seize espèces d’oiseaux ont été recensées aux
restent limités et ne sont pas connectés au sein de réseaux d’aires
Comores, dont 33 sont menacées. L’Union des Comores abrite un
protégées écologiquement représentatifs. Il sera nécessaire
certain nombre de mammifères menacés, dont la petite roussette
d’augmenter leur couverture pour atteindre l’Objectif d’Aichi 11, et
des Comores (Rousettus obliviosus), endémique, le lémur mongos
pour cela, de créer de nouvelles aires protégées dans des
(Eulemur mongoz), la roussette de Livingstone (Pteropus
écosystèmes fragiles présentant une biodiversité élevée et sensible,
livingstonii), endémique, le dugong (Dugong dugon), la baleine à
et d’intensifier les actions de conservation et de gestion de la
bosse (Megaptera novaeangliae) et le tenrec acaude (Tenrec
biodiversité des ONG et des particuliers. Cependant, il est important
ecaudatus).
de noter que depuis 2014, l’Union des Comores a augmenté son
parc d’aires protégées de un à cinq sites. Cette augmentation de la Plus de 1 200 espèces d’insectes ont été recensées aux Comores,
couverture s’accompagne également d’une plus grande implication et au moins 16 espèces végétales sont menacées d’extinction.
des communautés locales dans le processus de développement et
Deux espèces d’amphibiens et 29 reptiles ont également été
de gestion des aires protégées. La création de nouvelles aires
recensées, les deux espèces d’amphibiens et 14 des 29 reptiles
protégées, en plus du Parc national existant de Mohéli, s’inscrit dans
terrestres étant endémiques. Un certain nombre de reptiles sont
l’engagement du gouvernement d’atteindre l’Objectif d’Aichi 11.
menacés d’extinction. Un certain nombre d’espèces de tortues
Aires protégées et de conservation transfrontières marines nichent également aux Comores, et leur état de
conservation s’améliore.
Les Comores ne font partie d’aucune aire de conservation
transfrontière. Le pays abrite également le cœlacanthe (Latimeria chalumnae),
classé en danger critique d’extinction. Un certain nombre

40 Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le sixième rapport national des Comores à la CDB (Union des Comores, 2019).
41  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national des Comores à la CDB, dans leur deuxième Stratégie et plan d’action nationaux pour la
biodiversité (SPANB) (Union des Comores, 2014; 2016), ainsi que dans leur Stratégie 2017-2021 d’extension du système national d’aires protégées (Union des Comores, 2017).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 69


Figure 8.5 : Résumé des Comores

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
0,83 2,20 1,90 1,20 2,80
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées et de conservation des Comores par


catégorie de gestion de l’UICN
Aires protégées :

8 aires Non rapportée (7)


protégées II. Parc national (1)
couverture couverture
terrestre marine
173 km2 37 km2
Source : UNEP-WCMC et IUCN, 2019d Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019d).

96 espèces d’oiseaux 16 espèces végétales 2 espèces 14 reptiles


menacées d’amphibiens endémiques
33 menacées endémiques

Couverture des aires protégées aux Comores Désignations nationales des aires protégées et de
conservation aux Comores
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée ou
ou conservée* conservée** Désignation nationale Nº Superficie
(km2)
Terrestres et eaux 10,15% 22,00%
intérieures Parc national 1 37

Marines et côtières 0,02% Aucune Aire protégée nationale 4 573


correspondance Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019d).
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019d) ; Union des Comores (2014).
Aires protégées et de conservation désignées
comme sites d’importance mondiale aux Comores
Aires protégées et de conservation des Comores Désignation mondiale Nombre de
sites
par type de gouvernance de l’UICN
Zones humides d’importance internationale 3
(sites Ramsar)
Source : Ramsar (2019 ); UNESCO (2019a, 2019b).
Non rapporté (2)
B. Gouvernance partagée (6) Aires prioritaires pour la conservation

3 sites 4 sites 20 sites


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019d).

Sites de l’Alliance Zones importantes Zones clés pour la


pour une extinction pour les oiseaux biodiversité
zéro et la biodiversité
Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International (2019b et 2019c).

70 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.6 : Aires protégées des Comores

0 50 100

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

Sources : UNEP-WCMC, RCMRD

d’espèces de cétacés protégées par la CITES, telles que la baleine Les principales causes indirectes de ces menaces incluent la
à bosse (Megaptera novaeangliae), la baleine franche australe fragilité naturelle de l’écosystème, avec une population humaine
(Eubalaena australis), la baleine de Bryde (Balaenoptera edeni) et le croissante et des niveaux de pauvreté très élevés. Le cadre
cachalot (Physeter macrocephaleus), fréquentent les eaux marines institutionnel présente certaines faiblesses, notamment des
comoriennes. capacités humaines faibles, une insécurité foncière, un cadre
Certaines espèces de coraux, comme le corail noir (Antipathes réglementaire inadéquat et non appliqué et des politiques publiques
dichotoma), sont inscrites aux annexes de la CITES en raison d’une inefficaces.
forte demande pour la bijouterie. Au moins 16 espèces végétales Les changements climatiques représentent une menace majeure à
sont menacées d’extinction. court et à long terme pour la biodiversité des Comores. Dans
certains endroits, les récifs coralliens ont subi un blanchiment de
Pressions et menaces42 plus de 60% en raison de la hausse des températures de l’eau de
Les principales pressions directes sur la biodiversité des Comores mer, tandis que les prairies côtières ont reculé de 30 à 40 mètres en
sont la perte et la dégradation des habitats du fait de l’agriculture raison de la hausse du niveau de la mer.
sur brûlis, les espèces exotiques envahissantes, le besoin croissant
de bois de chauffage pour la distillation de l’ylang-ylang, la
surexploitation du corail et du sable pour la construction et la
pollution. La surexploitation de certaines espèces, y compris les
reptiles et un certain nombre d’espèces marines, constitue une
menace majeure. Un certain nombre d’espèces de mollusques ont
disparu en raison de la surexploitation.

42 Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national des Comores à la CDB, leur deuxième SPANB (Union des Comores, 2014, 2016), ainsi
que dans le Système national détaillant la stratégie des aires protégées 2017-2021 (DGEF, 2017).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 71


© Dahari, Comores, Réouverture de la pêche

72 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Grégoire Dubois, Lac Assal, Djibouti

8.4 Djibouti réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 21 lois et politiques


pertinentes à Djibouti (Tessema, 2019).

Aires protégées et de conservation de Djibouti43 Espèces clées44


Djibouti compte sept aires protégées couvrant 344 km2 Ces rapports ne fournissent pas un résumé global des espèces
d’écosystèmes terrestres et 12 km2 d’écosystèmes marins (UNEP- présentes dans le pays, mais prennent note des écosystèmes clés,
WCMC et IUCN (2019e). y compris les forêts et les mangroves. Une attention particulière est
accordée à la forêt de Day et au massif de Goda, qui abritent une
En 2015, il a été proposé d’étendre le réseau des AMP au secteur variété de plantes, d’animaux et d’oiseaux, dont le francolin somali
maritime et côtier, dans l’optique de former une grande unité de (Francolinus ochropectus), endémique et en danger critique
gestion étendant la couverture des AMP à une superficie totale de d’extinction.
56 500 ha de paysages marins. De plus, en 2019, plusieurs sites
terrestres ont été identifiés comme candidats à une protection. Pressions et menaces45
À Djibouti, les aires protégées terrestres et marines ne sont pas des La biodiversité de Djibouti fait face à des menaces majeures. Les
zones fermées. Les activités traditionnelles d’agriculture et de rares ressources en eau douce du pays sont menacées par la
pêche, ainsi que l’écotourisme, sont autorisées, mais réglementées salinisation, la détérioration des infrastructures, la pollution et la
et contrôlées en vue de préserver la biodiversité. Cependant, des dégradation des principaux bassins versants par la déforestation
restrictions telles que l’abattage ou l’élagage des arbres et la pour le bois de chauffage et le charbon de bois. Djibouti souffre
cueillette ou l’arrachage des plantes sont réglementées et également d’une importante invasion de Prosopis, ou mesquite,
contrôlées dans les aires protégées terrestres. qui dégrade les pâturages. Les milieux marins sont également
touchés par la pollution, y compris par le stockage de produits
Aires protégées et de conservation transfrontières pétroliers. La pêche illégale et non réglementée entraîne une
Djibouti comprend une partie de l’aire de conservation transfrontière surexploitation de certaines espèces.
du paysage du Bas Awash-Lac Abbé. Les pressions indirectes incluent la sécheresse, la croissance
urbaine, l’augmentation de la population, la pression des
Contexte politique populations réfugiées de pays voisins, et la pauvreté et l’insécurité
Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la alimentaire rurales persistantes.
gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été

43  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le sixième Rapport national de Djibouti à la CDB (République de Djibouti, 2019), ainsi que dans son deuxième SPANB
(République de Djibouti, 2017).
44  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de Djibouti à la CDB, ainsi que dans son deuxième SPANB (République de Djibouti,
2014 ; 2017).
45  Ibid.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 73


Figure 8.7 : Résumé de Djibouti

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
0,96 1,60 23,2 1,97 6,00
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées : Aires protégées et de conservation de Djibouti par


catégorie de gestion de l’UICN

7 aires
protégées Non rapportée (3)
couverture couverture
VI. Aire protégée avec utilisation durable
terrestre marine
des ressources naturelles (1)
344 km 2
12 km 2
IV. Aire de gestion des habitats / espèces (1)

Source : UNEP-WCMC et IUCN, 2019e V. Paysage terrestre / marin protégé (2)

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019e).


Les écosystèmes clés incluent :
les forêts et les mangroves

Couverture des aires protégées à Djibouti Désignations nationales des aires protégées et de
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
conservation à Djibouti
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nombre Superficie
Terrestres et eaux 1,57% 1,34% (km2)
intérieures Aire protégée terrestre 2 323
Marines et côtières 0,17% 0,46% Paysage marin protégé 3 514
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Source : République de Djibouti (2014) ; UNEP-WCMC et IUCN (2019e). Aire protégée pour les 1 26
habitats et les espèces
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019e).

Aires protégées et de conservation de Djibouti par


Aires protégées et de conservation désignées
type de gouvernance de l’UICN
comme sites d’importance mondiale à Djibouti
Désignation mondiale Nombre de
sites
A. Gouvernance par le gouvernement (3) Zones humides d’importance internationale 1
Non rapporté (1) (sites Ramsar)
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b).

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019e). Aires prioritaires pour la conservation


7 sites
Zones importantes pour les oiseaux
et la biodiversité
Source : BirdLife International (2019c).

74 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.8 : Aires protégées de Djibouti

0 25 50

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

© Grégoire Dubois, La vie autour des coraux, Djibouti

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 75


© Patricia D Moehlman, gazelle de Soemmerring, Érythrée

8.5 Érythrée Espèces clées47


L’Érythrée compte environ 600 espèces d’oiseaux et constitue une
Aires protégées et de conservation de l’Érythrée46 voie de migration et un lieu d’escale très importants pour de
L’Érythrée possède quatre aires protégées couvrant 5 936 km2 nombreuses espèces. Au total, 90 espèces de reptiles et 19
d’écosystèmes terrestres et ne possède aucune aire marine amphibiens ont été recensés dans le pays, dont deux reptiles et un
protégée (UNEP-WCMC et IUCN (2019f). amphibien possiblement endémiques. Les zones extracôtières
sont importantes pour la recherche de nourriture et la nidification
Bien qu’il n’existe aucune aire protégée officiellement déclarée des tortues de mer.
dans le pays, certaines zones sont réservées à la protection en
vertu de directives gouvernementales. Ces aires protégées de Il n’existe pas d’inventaire complet des plantes pour le pays, mais
facto ne possèdent pas de plans de gestion ou d’activités. Un près de 700 espèces ont été identifiées sur un site. L’Érythrée est
projet de Proclamation des aires protégées a été préparé et des reconnue comme un centre d’origine et de diversité pour un certain
propositions d’aires protégées ont été identifiées en 2018. La mise nombre d’espèces cultivées, et possède de grandes zones de
en œuvre du système d’aires protégées proposé est entravée en mangroves et d’herbiers. Le pays possède également une diversité
raison de capacités humaines insuffisantes. remarquable d’algues, d’halophytes et de plancton.

Il existe une grande diversité de coraux et de poissons, avec au


Aires protégées et de conservation transfrontières moins 38 genres de coraux représentant 220 espèces, dont
certaines endémiques. L’Érythrée abrite également cinq des sept
L’Érythrée ne compte aucune aire de conservation transfrontière.
espèces de tortues marines du monde et un grand nombre de
cétacés, ainsi qu’un large éventail d’invertébrés.
Contexte politique
Enfin, l’Érythrée abrite un certain nombre d’espèces de mammifères
Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la
rares à l’échelle mondiale, notamment l’âne sauvage d’Afrique
gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été
(Equus africanus) et le bouquetin de Nubie (Capra nubiana).
réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié sept lois et
politiques pertinentes en Érythrée (Tessema, 2019).

46  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de l’Érythrée à la CDB (State of Eritrea, 2014) ainsi que dans son deuxième SPANB
(State of Eritrea, 2015).
47  Ibid.

76 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.9 : Résumé de l’Érythrée

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
3,17 1,60 117,6 2,12 2,20
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées et de conservation de l’Érythrée


par catégorie de gestion de l’UICN
Aires protégées :

4 aires couverture terrestre Non rapportée (1)


protégées 5 936 km2 IV. Aire de gestion des habitats / espèces (3)

Source : UNEP-WCMC et IUCN, 2019f

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019f).

600 espèces 90 espèces de 19 espèces 220 espèces de


d’oiseaux reptiles d’amphibiens coraux

Couverture des aires protégées en Érythrée Désignations nationales des aires protégées et de
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
conservation en Érythrée
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nº Superficie
Terrestres et eaux 4,87% Aucune (km2)
intérieures correspondance Réserve de faune sauvage 3 5 903
Marines et côtières 0,00% Aucune Parc national marin 1 652
correspondance
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019f).
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019f).

Aires protégées et de conservation de l’Érythrée Aires prioritaires pour la conservation


par type de gouvernance de l’UICN

Non rapporté (4) 14 sites 9 sites


Zones importantes pour les Zones clés pour la
oiseaux et la biodiversité biodiversité

Source : BirdLife International (2019b, 2019c).


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019f).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 77


Pressions et menaces48 espèces envahissantes, y compris les mammifères prédateurs
s’attaquant aux oiseaux nicheurs des îles, constituent une menace
La transformation des habitats, du fait de l’expansion de
pour de nombreuses espèces et écosystèmes. Les tortues de mer
l’agriculture et de la pollution des écosystèmes d’eau douce et
sont menacées par la perturbation des sites de nidification, le
marins, ainsi que pour le développement urbain et industriel,
braconnage des œufs et la chasse illégale des animaux matures,
constitue l’une des menaces directes les plus importantes pour la
ainsi que par les prises accessoires dans les chalutiers.
biodiversité en Érythrée. Les herbiers marins et les algues sont
touchés par une sédimentation croissante. Les espèces exotiques
envahissantes représentent une menace majeure. La déforestation
et l’étêtage excessif ont un impact sur les ressources forestières.
La chasse illégale de la faune sauvage pour le commerce de viande
de brousse est un problème, en particulier dans les écosystèmes
de prairies.

La surexploitation des coraux, des poissons et autres espèces


marines constitue une grave pression sur ces espèces. Les

Figure 8.10 : Aires protégées de l’Érythrée

0 100 200

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

48  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de l’Érythrée à la CDB (State of Eritrea, 2014) ainsi que dans son deuxième SPANB
(State of Eritrea, 2015).

78 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Patricia D Moehlman, Le Dr Redae Teclai Tesfai à la recherche de l’âne sauvage d’Afrique, Érythrée

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 79


© Jessica Stewart, Réserve naturelle de Malalotja, Eswatini

8.6 Eswatini Espèces clées50


Pour un petit pays, l’Eswatini possède une riche diversité florale et
Aires protégées et de conservation de l’Eswatini49 faunique. Sur les plus de 3 500 espèces végétales recensées, 12
sont endémiques, 89 espèces de vertébrés et 305 espèces de
L’Eswatini compte 14 aires protégées couvrant 738 km2
plantes sont inscrites sur les Listes rouges nationales, et 813
d’écosystèmes terrestres (UNEP-WCMC et IUCN, 2019g).
espèces de vertébrés ont été recensées, dont une seule endémique,
Le nombre d’aires protégées du pays a augmenté en un an, le grand gecko rupicole (Afroedura major).
passant de 3,9% en 2017 à 4,26% en 2018. Les aires protégées
d’Eswatini sont composées de très petites aires protégées Pressions et menaces51
vulnérables, mal réparties entre les écosystèmes. Il est donc
Les principales pressions à l’origine de l’évolution de la biodiversité
nécessaire d’étendre ses aires protégées, tout en renforçant les
du pays incluent la perte et le changement des habitats du fait de
compétences en matière de gestion. Cela nécessitera, à son tour,
l’agriculture croissante et pour l’urbanisation et les installations
la participation d’un large éventail de parties prenantes, y compris
humaines, ainsi que les incendies de forêt et les espèces
les propriétaires fonciers privés, les communautés locales et
envahissantes, 80% de l’Eswatini étant infestés par au moins une
l’industrie du tourisme.
espèce végétale envahissante. La récolte non durable d’espèces
végétales et animales à des fins médicinales constitue une menace
Aires protégées et de conservation transfrontières
majeure pour de nombreuses espèces. De même, la récolte non
L’Eswatini accueille une partie de l’aire de conservation durable d’arbres pour la production de charbon de bois a eu un
transfrontalière de Lubombo. impact majeur sur l’habitat de nombreuses espèces d’oiseaux et
de mammifères.
Contexte politique
Les changements climatiques constituent une pression émergente
Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la en Eswatini, susceptible de perturber les écosystèmes naturels
gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été dans tout le pays. Les menaces indirectes incluent les pressions
réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 10 lois et politiques économiques, démographiques, sociopolitiques et culturelles.
pertinentes en Eswatini (Tessema, 2019). Avec plus de 40% de la population âgée de moins de 25 ans, il est
prévu que la population de l’Eswatini doublera dans un avenir
proche.

49  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le sixième Rapport national de l’Eswatini à la CDB (Kingdom of Eswatini, 2019).
50  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de l’Eswatini à la CDB, ainsi que dans son deuxième SPANB (Eswatini Environment
Authority, 2014 ; 2016).
51  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de l’Eswatini à la CDB (Eswatini Environment Authority, 2014).

80 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.11 : Résumé de l’Eswatini

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
1,14 1,00 17,40 4,70 0,60
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées et de conservation de l’Eswatini par


catégorie de gestion de l’UICN
Aires protégées :

Non rapportée
couverture
14 aires terrestre V. Paysage terrestre / marin protégé (1)
protégées 738 km2 IV. Aire de gestion habitats / espèces (2)
II. Parc national (6)
Source : UNEP-WCMC et IUCN, (2019g)

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019g).

Riche diversité 3 500 espèces végétales 813 espèces de


florale et faunique vertébrés
12 endémiques

Couverture des aires protégées en Eswatini Désignations nationales des aires protégées et de
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
conservation en Eswatini
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nº Superficie
Terrestres et eaux 4,26% 3,90% (km2)
intérieures Parc national 1 217
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Source : Eswatini Environment Authority (2014) ; UNEP-WCMC et IUCN (2019g).
Réserve naturelle 10 520
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019g).

Aires protégées et de conservation de l’Eswatini Aires protégées et de conservation désignées


par type de gouvernance de l’UICN comme sites d’importance mondiale en Eswatini
Désignation mondiale Nombre de
sites
Zones humides d’importance internationale 3
Non rapporté (11) (sites Ramsar)

B. Privée (3) Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b)

Aires prioritaires pour la conservation

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019g).

3 sites 3 sites
Zones importantes pour les oiseaux Zones clés pour la
et la biodiversité biodiversité
Source : BirdLife International (2019b, 2019c).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 81


Figure 8.12 : Aires protégées de l’Eswatini

0 25 50

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

© Jessica Stewart, Réserve naturelle de Malalotja, Eswatini

82 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Grégoire Dubois, Loup d’Abyssinie, Éthiopie

8.7 Éthiopie conservation de la faune, créée en 2008, ne gère que 13 parcs


nationaux, réserves et sanctuaires de faune. Les autres sont gérés
par des autorités régionales, des communautés rurales et le
Aires protégées et de conservation de l’Éthiopie52 secteur privé, et sont insuffisamment protégés, en particulier dans
L’Éthiopie compte 104 aires protégées couvrant 200 074 km2 le cas des écosystèmes de zones humides et d’eau douce. Il est
d’écosystèmes terrestres (UNEP-WCMC et IUCN, 2019h). nécessaire d’accroître la couverture des aires officiellement
protégées, en tenant dûment compte de leur représentation
Située dans la Corne de l’Afrique, l’Éthiopie est un pays enclavé
écosystémique ainsi que de leur efficacité en termes de gestion.
relativement grand, présentant une grande diversité de topographie,
de substrats et de climats. Cette diversité topographique, Aires protégées et de conservation transfrontières
s’étendant sur une plage altitudinale de 4 620 mètres, a favorisé de
grandes variations de précipitations, d’humidité, de température et L’Éthiopie comprend une partie du paysage de Boma-Gambella et
de sols, faisant que le pays abrite six des principaux biomes des aires de conservation transfrontières du paysage du Bas
terrestres du monde (alpin, forêts de conifères, forêts de feuillus, Awash-Lac Abbé.
forêts tropicales humides, savanes et déserts) et neuf types
d’écosystèmes distincts. Contexte politique

Des financements internationaux sous différentes formes de Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la
mécanismes commerciaux internationaux pour l’atténuation des gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été
changements climatiques, comme le Mécanisme pour un réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 29 lois et politiques
développement propre (MDP) et REDD+, aident à financer la pertinentes en Éthiopie (Tessema, 2019).
protection des quatre parcs nationaux Éthiopiens, de l’un des
sanctuaires de faune sauvage et de trois des aires de conservation Espèces clées53
communautaires. L’Éthiopie abrite environ 6 000 espèces de plantes supérieures
L’absence de statut juridique de la plupart des aires protégées dont 10% sont endémiques. Le pays compte 284 espèces de
constitue un défi majeur en Éthiopie. L’Autorité éthiopienne de mammifères sauvages et 861 espèces d’oiseaux.

52  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le sixième Rapport national de l’Éthiopie à la CDB (Republic of Ethiopia et Ethiopian Biodiversity Institute, 2014), ainsi
que dans son deuxième SPANB (Republic of Ethiopia, 2019).
53  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans les cinquième et sixième Rapports nationaux de l’Éthiopie à la CDB, ainsi que dans son deuxième SPANB (Government
of the Federal Democratic Republic of Ethiopia et Ethiopian Biodiversity Institute, 2014 ; 2015 ; Republic of Ethiopia, 2019).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 83


Figure 8.13 : Résumé de l’Éthiopie

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
109,22 2,60 1 104,03 84,36 6,80
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées et de conservation de l’Éthiopie par


catégorie de gestion de l’UICN
Aires protégées :
Ne s’applique pas (3)
couverture terrestre
104 aires Non rapportée (58)
200 074 km2
protégées VI. Aire protégée avec utilisation durable
des ressources naturelles (18)
IV. Aire de gestion habitats / espèces (8)
Source : UNEP-WCMC et IUCN, (2019h) II. Parc national (17)

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019h).

6 000 espèces 284 espèces de 861 espèces 63 200 espèces


végétales mammifères d’oiseaux amphibiens de poissons
10% endémiques 29 endémiques 18 endémiques

Couverture des aires protégées en Éthiopie Désignations nationales des aires protégées et de
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
conservation en Éthiopie
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nº Superficie
Terrestres et eaux 17,62% 14,00% (km2)
intérieures Sanctuaire 4 11 037
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Source : Republic of Ethiopia (2019) ; UNEP-WCMC et IUCN (2019h). Parc national 13 23 672
Réserve de faune sauvage 8 23 392
Aires protégées et de conservation désignées Aire forestière nationale 58 44 132
comme sites d’importance mondiale en Éthiopie prioritaire
Désignation mondiale Nombre de Zone de chasse régulée 18 151 577
sites
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019h).
Réserves de biosphère de l’UNESCO 5
Sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO 1
(naturels ou mixtes) Aires prioritaires pour la conservation
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b).

Aires protégées et de conservation de l’Éthiopie par


type de gouvernance de l’UICN
3 sites 67 sites 79 sites
Sites de l’Alliance Zones importantes Zones clés pour
pour une extinction pour les oiseaux la biodiversité
zéro et la biodiversité
Non rapporté (105) Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International (2019b, 2019c).

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019h).

84 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.14 : Aires protégées de l’Éthiopie

0 200 400

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

Les données concernant les autres animaux sauvages font défaut Les causes indirectes de perte de biodiversité dans le pays sont les
et, jusqu’à présent, 201 reptiles, 200 poissons, 63 amphibiens et changements démographiques, la pauvreté et le manque de
1 225 arthropodes ont été identifiés. Parmi ces ressources sensibilisation et de coordination. À long terme, les changements
fauniques, 29 mammifères sauvages, 18 oiseaux, 10 reptiles, 40 climatiques présenteront un certain nombre de défis, en particulier
poissons, 25 amphibiens et sept espèces d’arthropodes sont en décalant les saisons de croissance.
endémiques d’Éthiopie, comme le loup d’Abyssinie (Canis
simensis). L’Éthiopie possède également une grande diversité
microbienne, à peine explorée.

Pressions et menaces54
Les principales menaces directes pour la biodiversité éthiopienne
incluent la perte et la dégradation des habitats dues à l’expansion
de l’agriculture et des établissements humains, ainsi qu’à
l’empiétement des espèces envahissantes, l’utilisation non durable
de la biodiversité due au surpâturage, à la surexploitation et à la
chasse non réglementée, la prolifération des espèces envahissantes
et la pollution.

54  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans les cinquième et sixième Rapports nationaux de l’Éthiopie à la CDB, ainsi que dans son deuxième SPANB (Government
of the Federal Democratic Republic of Ethiopia et Ethiopian Biodiversity Institute, 2014 et 2015 ; Republic of Ethiopia, 2019).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 85


© Grégoire Dubois, Parc national du plateau des Monts Bale, Éthiopie

86 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Wilderness Safaris, Masai Mara, Kenya

8.8 Kenya Aires protégées et de conservation transfrontières


Le Kenya accueille une partie de cinq aires de conservation
Aires protégées et de conservation du Kenya55 transfrontières, à savoir : I) Amboseli-Kilimandjaro-Longido, ii)
Mont Elgon, iii) Serengeti-Mara, iv) Paysage terrestre et marin de
Le Kenya compte 411 aires protégées couvrant 72 545 km2
Tana-Kipini-Laga Badana Bushbush, et v) Système de réserves
d’écosystèmes terrestres et 904 km2 d’écosystèmes marins
marines de Tanga et parc marin de Tanga Coelacanth, Diani Chale
(UNEP-WCMC et IUCN, 2019i).
et Kisitee-Mpunguti.
Le gouvernement postindépendance a hérité de quatre parcs
nationaux et six réserves de gibier, dont la déclaration officielle a Contexte politique
fait l’objet d’un processus parlementaire. En outre, un certain
nombre de réserves de gibier sont sous la gestion d’autorités Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la
locales. Il existe également un grand nombre de zones de gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été
conservation de la faune sauvage propriétés d’entreprises privées réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 41 lois et politiques
et / ou communautaires. Le nombre de parcs et réserves a donc pertinentes au Kenya (Tessema, 2019).
considérablement augmenté.
Espèces clées56
Sur les 12% de terres désignées comme aires protégées, y compris
les forêts, 50% se trouvent sur des terres arides et semi-arides. La Le Kenya possède des écosystèmes et des habitats diversifiés,
tendance actuelle montre une forte diminution de la diversité des abritant une flore et une faune uniques et diverses. Plus de 7 000
espèces animales et de l’abondance des populations dans ces espèces végétales ont été recensées au Kenya, dont plus de 1 000
écosystèmes. Devant le fait que ces aires protégées étaient endémiques ou quasi endémiques. Quelque 356 espèces végétales
incapables d’atteindre de manière adéquate les objectifs de ont été évaluées comme menacées dans le cadre du processus de
conservation de la biodiversité et de soutenir les moyens de Liste rouge de l’UICN, dont un tiers sont endémiques au Kenya. On
subsistance, l’idée d’établir des sanctuaires privés et des zones de estime que plus de 5 000 espèces de champignons sont présentes
conservations communautaires a pris de l’ampleur au cours des dans le pays, bien que seulement 2 000 aient été documentées.
dernières décennies au Kenya. Celles-ci constituent la pierre Les 1 100 espèces d’oiseaux du Kenya comprennent huit espèces
angulaire du système actuel d’aires protégées, plus de 70% de endémiques. Plus de 200 reptiles (cinq tortues marines, cinq
toutes les grandes espèces sauvages vivant de façon permanente tortues terrestres, 100 serpents, 100 lézards, un crocodile et cinq
ou saisonnière à l’extérieur des aires protégées gérées par des espèces de tortues d’eau douce) et 110 espèces d’amphibiens
organismes gouvernementaux.

55  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national du Kenya à la CDB (Republic of Kenya, 2015).
56  Ibid.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 87


Figure 8.15 : Résumé du Kenya

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
51,39 2,30 580,40 87,91 6,30
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées :
Aires protégées et de conservation du Kenya par
411 aires catégorie de gestion de l’UICN
protégées couverture couverture Ne s’applique pas (9)
terrestre marine
Non rapportée (345)
72 545 km2 904 km2
VI. Aire protégée avec utilisation durable
Source : UNEP-WCMC et IUCN, 2019i
des ressources naturelles (16)
IV. Aire de gestion habitats / espèces (5)
II. Parc national (36)

315 1 100 200


mammifères oiseaux reptiles Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019i).

Couverture des aires protégées au Kenya Aires protégées et de conservation désignées


comme sites d’importance mondiale au Kenya
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
ou conservée* ou conservée** Désignation mondiale Nombre
de sites
Terrestres et eaux 12,36% 8,00%
Réserves de biosphère de l’UNESCO 6
intérieures
Sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO 3
Marines et côtières 0,80% Aucune (naturels ou mixtes)
correspondance Zones humides d’importance internationale 6
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité (sites Ramsar)
Source : Republic of Kenya (2015) ; UNEP-WCMC et IUCN (2019i).
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b).

Désignations nationales des aires protégées et de


Aires protégées et de conservation du Kenya par conservation au Kenya
type de gouvernance de l’UICN
Superficie
Désignation nationale Nº
(km2)
Non rapporté (267) Réserve communautaire de faune sauvage 1 223
D. Gouvernance par les peuples Parc national 23 28 844
autochtones ou communautés locales (51)
Réserve nationale 31 17 941
C. Gouvernance privée (16)
Ranch collectif 1 66
B. Gouvernance partagée (1)
Réserve naturelle privée 1 197
A. Gouvernance par le gouvernment (76)
Sanctuaire de gibier 1 0
Aire protégée privée 2 522
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019i). Sanctuaire national 6 36
Ranch privé 4 645
Réserve marine nationale 5 510
Aires prioritaires pour la conservation
Parc national marin 4 61
Réserve naturelle 2 17 941
Non rapporté 5 8
Réserve forestière 234 18 776
6 sites 68 sites 72 sites Parc national (proposé) 1 145
Sites de l’Alliance Zones importantes Zones clés pour la Zone de conservation communautaire 21 2 719
pour une extinction pour les oiseaux biodiversité Réserve naturelle communautaire 28 30 016
zéro et la biodiversité
Réserve privée 16 8 121
Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International (2019b, 2019c).
Sanctuaire de faune sauvage 1 109
Aire marine gérée localement 9 37
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019i).

88 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


sont présentes sur l’ensemble du pays, à l’exception des hauts aux fonds marins par le chalutage. Les principaux moteurs en sont
sommets tels que le mont Kenya. Le Kenya abrite également 315 la croissance démographique, exerçant une pression sur les
espèces de mammifères, y compris un certain nombre d’espèces habitats de la biodiversité et les ressources foncières, ainsi que la
endémiques et quasi endémiques, dont le zèbre de Grévy (Equus pauvreté, conduisant à une utilisation non durable des ressources
grevyi) et le hirola (Beatragus hunteri). Le déclin de nombreuses foncières et de la biodiversité et à des ressources financières
espèces de mammifères, à l’exception de l’éléphant d’Afrique limitées pour soutenir la conservation de la biodiversité.
(Loxodonta africana), a été attribué aux changements dans
l’utilisation des terres, à la sécheresse, au braconnage, aux D’autres menaces critiques incluent les changements climatiques,
maladies et à la compétition pour les ressources. les espèces exotiques envahissantes, la surexploitation et la
pollution. Certains taxons, comme les amphibiens et les reptiles,
Les écosystèmes d’eau douce et marins du Kenya abritent des sont particulièrement touchés par la surexploitation pour le
populations de poissons à la fois biologiquement diverses et commerce local et international. Le commerce international illégal
commercialement importantes. Plus de 60 de ces espèces sont d’ivoire et de corne de rhinocéros constitue également une menace
menacées, selon la Liste rouge de l’UICN. Plus de 35 000 taxons pour les populations d’éléphants et de rhinocéros dans le pays,
d’invertébrés ont été identifiés et décrits, et plusieurs milliers tandis que le bois de santal africain (Osyris lanceolata), moins
d’autres restent à décrire. connu, est également gravement menacé par la surexploitation
illégale. Le commerce illégal de viande de brousse a gravement
Pressions et menaces57 affecté de nombreuses espèces d’antilopes.
Les principales menaces auxquelles est confrontée la biodiversité
du Kenya sont la dégradation, la fragmentation et la perte des
habitats, telles que les changements d’utilisation des terres, la
modification physique ou les prélèvements excessifs dans les
cours d’eau, la perte des récifs coralliens et les dommages infligés

Figure 8.16 : Aires protégées du Kenya

0 100 200

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

57  Ibid.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 89


© Grégoire Dubois, Flamants roses et buffles, Parc national du lac Nakuru, Kenya

90 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Pete Howard, Maloti-Drakensberg, Lesotho

8.9 Lesotho Contexte politique


Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la
Aires protégées et de conservation du Lesotho58 gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été
Le Lesotho compte quatre aires protégées couvrant 80 km2 réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 17 lois et politiques
d’écosystèmes terrestres (UNEP-WCMC et IUCN, 2019j). pertinentes au Lesotho (Tessema, 2019).

L’un des parcs du Lesotho, le Parc national de Sehlabathebe est un


Espèces clées59
site mixte naturel / culturel du Patrimoine mondial et, avec le Parc
national de Khahlamba Drakensberg, en Afrique du Sud, il forme Malgré sa petite taille, le Lesotho possède des niveaux très élevés
une aire protégée transfrontalière connue sous le nom de Parc d’endémisme végétal, avec au moins 54 espèces endémiques. Le
Maloti Drakensberg, un refuge pour de nombreuses espèces Lesotho abrite également 340 espèces d’oiseaux et un certain
menacées et endémiques. nombre d’espèces de mammifères, dont le rat de glace (Otomys
En plus des aires protégées officiellement désignées, il existe sloggetti), endémique, et la souris à queue blanche (Mystromys
plusieurs sites désignés de façon informelle ou proposés à des fins albicaudatus). Le babouin chacma (Papio ursinus), autrefois
de protection dans diverses régions du pays. Il est prévu de abondant, a connu un déclin précipité.
déclarer la Réserve naturelle de Letsa-la-Letsie et Tsatsane en tant
qu’aire protégée. Afin d’atteindre tous les objectifs en matière de Le Lesotho présente également des niveaux élevés d’endémisme
biodiversité, 49% des hauts plateaux du Lesotho devraient faire dans les groupes des reptiles et des amphibiens. Les 14 espèces
l’objet d’une forme de gestion de la conservation, éventuellement de poissons recensées incluent une espèce endémique.
au moyen d’une mosaïque de zones de gestion des ressources et
d’aires protégées plus petites. Le projet transfrontalier Maloti- Pressions et menaces60
Drakensberg a identifié huit domaines d’action prioritaires.
L’une des principales menaces pour la biodiversité au Lesotho est
la perte et la dégradation des habitats, en particulier des zones
Aires protégées et de conservation transfrontières
humides et des pâturages. Les mauvaises pratiques de gestion
Le Lesotho comprend une partie du site du Patrimoine mondial du des pâturages ont entraîné une perte du couvert végétal et de la
Parc Maloti Drakensberg, inclus dans l’ACT Maloti Drakensberg. terre végétale. Les incendies incontrôlés sont également une

58  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le sixième Rapport national du Lesotho à la CDB (Kingdom of Lesotho, 2019).
59  Ibid.
60  Ibid.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 91


Figure 8.17 : Résumé du Lesotho

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
2,11 0,80 30,40 2,79 1,50
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées :
Aires protégées et de conservation du Lesotho
par catégorie de gestion de l’UICN
4 aires couverture terrestre
protégées 80 km2

Source : UNEP-WCMC et IUCN, (2019j) Ne s’applique pas (1)


Non rapportée (2)
IV. Aire de gestion habitats / espèces (1)

340 espèces 14 espèces


d’oiseaux de poissons Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019j).

Couverture des aires protégées au Lesotho Aires protégées et de conservation désignées


Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
comme sites d’importance mondiale au Lesotho
ou conservée* ou conservée** Désignation mondiale Nombre de
sites
Terrestres et eaux 0,26% 0,50%
intérieures Patrimoine Mondial de l’UNESCO 1
(naturel ou mixte)
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Source : Kingdom of Lesotho (2019) ; UNEP-WCMC et IUCN (2019j).
Zones humides d’importance internationale 1
(sites Ramsar)
Désignations nationales des aires protégées et de Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b)

conservation du Lesotho
Désignation nationale Nº Superficie
(km2) Aires prioritaires pour la conservation
Parc national 2 6 394
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019j).
6 sites
Zones importantes pour les oiseaux
et la biodiversité

Aires protégées et de conservation du Lesotho Source : BirdLife International (2019c).

par type de gouvernance de l’UICN

Non rapporté (1)


A. Gouvernance par le gouvernement (3)

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019j)

92 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


menace pour les pâturages. Les initiatives de développement Les espèces envahissantes représentent une menace majeure
économique, telles que l’exploitation minière, peuvent également dans les écosystèmes terrestres et aquatiques. En outre, les
représenter des menaces pour les habitats du Lesotho. Avec changements climatiques augmentent l’incertitude climatique.
l’incertitude climatique croissante, l’agriculture de subsistance
empiète de plus en plus sur les habitats restants.

Figure 8.18 : Aires protégées du Lesotho

0 25 50

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 93


© Pete Howard, Maloti-Drakensberg, Lesotho

© Semela Mona, Péléa, Parc national de Sehlabathebe, Lesotho

94 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Grégoire Dubois, Maki catta, Madagascar

8.10 Madagascar Espèces clées62


On estime que Madagascar compte entre 13 000 et 14 000 espèces
Aires protégées et de conservation de Madagascar61 végétales, dont 80% sont endémiques. L’endémisme est
particulièrement élevé chez les palmiers, les orchidées et les
Madagascar compte 157 aires protégées couvrant 33 242 km2
baobabs, Madagascar abritant six des huit espèces mondiales de
d’écosystèmes terrestres et 8 998 km2 d’écosystèmes marins baobabs. De même, les mammifères présentent également un haut
(UNEP-WCMC et IUCN, 2019k). niveau d’endémisme, en particulier chez les lémuriens et autres
Madagascar a relevé le défi du Congrès mondial des parcs de primates. Madagascar abrite de nombreuses espèces d’oiseaux.
Sydney de tripler la superficie des aires marines protégées, un Les connaissances sur les invertébrés de Madagascar sont
objectif largement atteint. Certains sites sont encore en cours de incomplètes, mais des niveaux élevés d’endémisme ont été révélés
désignation, alors que d’autres sont en cours d’extension. L’un des chez les fourmis, les crevettes et les crabes d’eau douce, ainsi que
objectifs de ce travail est d’assurer la participation des chez les écrevisses. De même, les poissons d’eau douce et marins,
communautés locales. La gestion efficace et le financement les amphibiens et les reptiles affichent tous des niveaux élevés
durable de ces aires protégées constitue actuellement le défi d’endémisme, certains proches de 100%. 23 des 37 espèces de
principal. En outre, des corridors d’aires protégées ont été établis mammifères marins de la région l’océan Indien occidental ont été
sur une longueur totale d’environ 1 200 km, reliant six aires observées dans les zones côtières de Madagascar.
protégées faisant partie de sites du Patrimoine mondial.
Pressions et menaces63
Aires protégées et de conservation transfrontières
Les principales menaces pour la biodiversité de Madagascar
Madagascar accueille une partie du Parc marin transfrontalier de incluent la déforestation et la dégradation des forêts, l’exploitation
l’océan Indien occidental. illégale des ressources naturelles, y compris le bois et de
nombreuses espèces terrestres et marines, l’impact des espèces
Contexte politique
et maladies exotiques envahissantes et les impacts
Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la environnementaux des industries extractives telles que
gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été l’exploitation minière. Les changements climatiques restent une
réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 75 lois et politiques menace à court et à long terme pour les écosystèmes de
pertinentes à Madagascar (Tessema, 2019). Madagascar, et en particulier pour les écosystèmes marins.

61  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le sixième Rapport national de Madagascar à la CDB (Republic of Madagascar, 2019).
62  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de Madagascar à la CDB (Republic of Madagascar, 2014).
63  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de Madagascar à la CDB, ainsi que dans son deuxième SPANB (Republic of Madagascar,
2014; 2016).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 95


Figure 8.19 : Résumé de Madagascar

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
26,26 2,70 587,30 12,10 5,20
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées et de conservation de Madagascar par


Aires protégées : catégorie de gestion de l’UICN
Ne s’applique pas (5)
Non rapportée (61)
157 aires V. Paysage terrestre / marin protégé (29)
protégées couverture couverture
IV. Aire de gestion habitats / espèces (22)

terrestre II. Parc national (30)


marine
Ia. Réserve naturelle intégrale (3)
33 242 km 2
8 998 km 2
VI. Aire protégée avec utilisation durable
Source : UNEP-WCMC et IUCN, (2019k) des ressources naturelles (7)

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019k)

Couverture des aires protégées à Madagascar Désignations nationales des aires protégées et de
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée conservation à Madagascar
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nº Superficie
Terrestres et eaux 5,59% Aucune (km2)
intérieures correspondance Réserve de chasse 2 150
Marines et côtières 0,75% Aucune Paysage harmonieux protégé 1 139
correspondance
Parc naturel 1 3 649
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019k).
Paysage harmonieux protégé 20 14 015
Parc national 26 19 136
Aires protégées et de conservation désignées Réserve de ressources naturelles 1 443
comme sites d’importance mondiale à Madagascar Projet d’aire protégée 14 5 215
Désignation mondiale Nombre de Parc marin 4 119
sites Parc national marin 1 0*
Réserves de biosphère de l’UNESCO 3 Zone de gestion collaborative de la 1 2 865
Sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO 2 pêche
(naturels ou mixtes) Réserve naturelle intégrale 3 1 356
Zones humides d’importance internationale 20 Réserve de ressources naturelles 1 443
(sites Ramsar)
Projet de parc marin 1 1 564
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b).
Non rapporté 1 469
Forêt classée 1 400
Aires protégées et de conservation de Nouvelle aire protégée 5 3 701
Madagascar par type de gouvernance de l’UICN Réserve spéciale 22 3 550
Aire marine gérée localement 26 2 173
Aire marine protégée 1 451
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019k)
C. Gouvernance privée (2) * Aucune aire signalée à la BDMAP
B. Gouvernance partagée (2)
A.Gouvernance par le gouvernement (8)
Aires prioritaires pour la conservation

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019k).

50 sites 74 sites 227 sites


Sites de l’Alliance Zones importantes Zones clés pour
pour une extinction pour les oiseaux la biodiversité
zéro et la biodiversité
Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International (2019b, 2019c).

96 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.20 : Aires protégées de Madagascar

0 200 400

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

© Grégoire Dubois, Caméléon panthère, Madagascar

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 97


© Carl Bruessow, Vue sur les hauts sommets du mont Mulanje depuis Thuchila, Malawi

8.11 Malawi Espèces clées65


Le Malawi possède une riche diversité végétale, avec plus de 6 000
Aires protégées et de conservation du Malawi64 espèces de plantes à fleurs, dont 122 sont endémiques. Sur les
192 espèces de mammifères du Malawi, huit sont considérées
Le Malawi compte 133 aires protégées couvrant 27 190 km2
comme menacées par la Liste rouge de l’UICN. 83 espèces
d’écosystèmes terrestres (UNEP-WCMC et IUCN, 2019l).
d’amphibiens ont été décrites au Malawi, dont six endémiques,
Le Malawi présente une forte densité de population, ce qui rend la ainsi que huit des 145 espèces de reptiles. Le Malawi compte plus
délimitation des aires protégées difficile et fait que la plupart des de 630 espèces d’oiseaux, dont une endémique. D’autre part, sur
écosystèmes à l’intérieur des aires protégées soient vulnérables. plus de 850 espèces de poissons d’eau douce, 99% sont
Le gouvernement du Malawi a conclu un accord avec le secteur endémiques du Malawi. Le pays abrite également une grande
privé, selon lequel la réseau Parcs Africains étend sa gestion des variété d’invertébrés et de microorganismes.
aires protégées de deux à cinq sites, pour inclure la Réserve de
gibier de Nkhotakota, le Parc national de Liwonde et la Réserve Pressions et menaces66
forestière de Mangochi, afin de les restaurer et de les protéger à
Les menaces à la biodiversité du Malawi sont principalement
des fins de durabilité.
d’origine humaine et comprennent la perte et la fragmentation des
habitats, la surexploitation des ressources biologiques,
Aires protégées et de conservation transfrontières l’introduction d’espèces exotiques et les changements climatiques.
Le Malawi possède une aire protégée inclue dans l’aire de La croissance démographique et le développement économique
conservation transfrontière Malawi-Zambie. ont entraîné un changement majeur d’affectation des terres au
Malawi, créant une demande de terres pour l’agriculture et les
Contexte politique établissements humains. Des niveaux élevés de pauvreté ont accru
la dépendance à l’égard des ressources naturelles, et en particulier
Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la des forêts, qui fournissent des combustibles de cuisson à la grande
gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été majorité de la population du Malawi.
réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 25 lois et politiques
pertinentes au Malawi (Tessema, 2019).

64  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le sixième Rapport national du Malawi à la CDB (Government of Malawi, 2019).
65  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national du Malawi à la CDB (Government of Malawi, 2014).
66  Ibid.

98 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.21 : Résumé du Malawi

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
18,14 2,60 118,50 7,06 3,50
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées et de conservation du Malawi par


Aires protégées : catégorie de gestion de l’UICN

Ne s’applique pas (3)


133 aires couverture terrestre Non rapportée (121)
protégées 27 190 km2 IV. Aire de gestion habitats / espèces (4)
II. Parc national (5)
Source : UNEP-WCMC et IUCN, 2019l

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019l).

6 000 espèces de 192 espèces de 83 espèces 145 espèces 630 espèces 850 espèces de
plantes à fleurs mammifères d’amphibiens de reptiles d’oiseaux poissons
122 endémiques 99% endémiques

Couverture des aires protégées au Malawi Aires protégées et de conservation désignées


Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée comme sites d’importance mondiale au Malawi
ou conservée* ou conservée**
Désignation mondiale Nombre de
Terrestres et eaux 22,88% 15,12% sites
intérieures
Réserves de biosphère de l’UNESCO 2
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Source : Government of Malawi (2015); UNEP-WCMC et IUCN (2019l). Patrimoine Mondial de l’UNESCO 1
(naturel ou mixte)
Désignations nationales des aires protégées et de Zones humides d’importance internationale 2
conservation au Malawi (sites Ramsar)
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b).
Désignation nationale Nombre Superficie
(km2)
Aire de conservation 1 6 493 Aires prioritaires pour la conservation
Parc national 5 6 961
Réserve de faune sauvage 4 3 816
Réserve forestière 118 1 485
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019l). 3 sites 21 sites 11 sites
Sites de l’Alliance Zones importantes Zones clés pour
pour une extinction pour les oiseaux et la biodiversité
Aires protégées et de conservation du Malawi par zéro la biodiversité
type de gouvernance de l’UICN Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International (2019b, 2019c).

Non rapporté (123)


A. Gouvernance par le gouvernement (10)

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019l).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 99


Figure 8.22 : Aires protégées du Malawi

0 100 200

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

© Carl Bruessow, Éléphants pâturant le long de la rivière Shire dans le Parc national de Liwonde, Malawi

100 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Dominique Rene, Réserve naturelle de l’Île aux Aigrettes, Île Maurice

8.12 Maurice Espèces clées68


Les îles Maurice et Rodrigues abritent des niveaux élevés
Aires protégées et de conservation de Maurice67 d’endémisme parmi les plantes, les reptiles, les invertébrés et les
oiseaux, malgré plusieurs extinctions dues à des espèces
Maurice compte 44 aires protégées couvrant 97 km2 d’écosystèmes
envahissantes. Il existe 691 espèces de plantes à fleurs autochtones,
terrestres et 50 km2 d’écosystèmes marins (UNEP-WCMC et IUCN, dont 273 endémiques de l’île Maurice (150 endémiques de l’archipel
2019m). des Mascareignes), et 150 espèces de plantes à fleurs autochtones,
Bien que la couverture des aires protégées terrestres reste dont 47 endémiques de l’île Rodrigues (72 endémiques de l’archipel
inchangée depuis 2010, l’accent a été mis sur la restauration des des Mascareignes). Les seuls mammifères autochtones sont des
forêts autochtones, et un vaste système d’aires marines protégées chauves-souris (chauves-souris frugivores et tombales) et à ce jour,
comprenant des réserves de pêche, des parcs marins et des neuf espèces endémiques d’oiseaux terrestres et onze espèces de
réserves marines a été mis en place dans les eaux entourant les reptiles ont été recensées sur l’île. Deux espèces de chauve-souris
îles Maurice et Rodrigues. Maurice a également établi un nouveau frugivores sont présentes actuellement en République de Maurice :
paradigme en matière d’aires protégées, encourageant la Pteropus niger sur l’île Maurice et Pteropus rodricensis sur l’île
participation du secteur privé à la propriété et à la gestion des aires Rodrigues. On ne compte plus que 12 des 17 espèces de reptiles
protégées. autrefois présentes à Maurice, dont 11 sont endémiques, et 7 d’entre
elles sont limitées à des îlots marins, où elles ont échappé à
Aires protégées et de conservation transfrontières l’extinction provoquée par les rats. De plus, cinq de ces espèces
sont limitées à l’île Ronde.
Maurice comprend une partie du parc marin transfrontalier de
l’océan Indien occidental. Pressions et menaces69
Contexte politique La destruction des habitats et les espèces exotiques envahissantes
constituent à ce jour les menaces les plus importantes pour la
Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la biodiversité de Maurice. Les changements climatiques et la
gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été pollution sont également responsables de pressions sur les
réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 41 lois et politiques écosystèmes de l’île. Les facteurs indirects de perte de biodiversité
pertinentes à Maurice (Tessema, 2019). incluent les changements démographiques et des facteurs
sociopolitiques, en particulier les financements et les capacités
pour la conservation de la biodiversité.

67  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de Maurice à la CDB, ainsi que dans son deuxième SPANB (Republic of Mauritius, 2015; 2017).
68  Ibid.
69  Ibid.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 101


Figure 8.23 : Résumé de Maurice

Population totale Démographique Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
1,27 0,10 2,00 14,22 3,80
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées et de conservation de Maurice par


Aires protégées : catégorie de gestion de l’UICN

44 aires Non définie (1)


protégées Non rapportée (10)
couverture couverture IV. Aire de gestion habitats / espèces (21)
terrestre marine
II. Parc national (10)
97 km2 50 km2
Ia. Réserve naturelle intégrale (1)
Source : UNEP-WCMC et IUCN, 2019m

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019m).

691 espèces de plantes Les seuls mammifères 12 espèces de


à fleurs autochtones autochtones sont des reptiles
chauves-souris

Couverture des aires protégées à Maurice Désignations nationales des aires protégées et de
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
conservation à Maurice
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nº Superficie
Terrestres et eaux 4,73% 4,00% (km2)
intérieures Parc national 2 61
Marines et côtières 0,00% 0,01% Parc marin 2 6
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Source : Republic of Mauritius (2017); UNEP-WCMC et IUCN (2019m).
Réserve naturelle 18 9
Réserve de tortues 2 0
Aires protégées et de conservation désignées
Réserve de pêche 6 68
comme sites d’importance mondiale à Maurice
Îlot parc national 8 2
Désignation mondiale Nombre de
sites Jardin endémique 1 3

Réserves de biosphère de l’UNESCO 1 Monument ancien 1 0

Zones humides d’importance internationale 3 Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019m)


(sites Ramsar)
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b).
Aires prioritaires pour la conservation

Aires protégées et de conservation de Maurice par


type de gouvernance de l’UICN
2 sites 16 sites 18 sites
Sites de l’Alliance Zones importantes Zones clés pour
C. Gouvernance privée (2)
pour une extinction pour les oiseaux la biodiversité
zéro et la biodiversité
A. Gouvernance par le gouvernement (42)
Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International (2019b, 2019c).

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019m)

102 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.24 : Aires protégées de Maurice

0 12.5 25

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

© Nik Cole, Tortue étoilée sur l’île Ronde, Maurice

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 103


© Xerinda Mauricio, Jeune garçon jouant avec l’eau le long de la rive de l’océan Indien, Mozambique

8.13 Mozambique transfrontières, à savoir l’ACT de Chimanimani, l’ACT du Parc


transfrontalier et aire de conservation du Grand Limpopo (GLTP),
l’ACT de Lubombo, l’ACT de l’Aire de conservation de Mnazi Bay-
Aires protégées et de conservation du Quirimbas, l’ACT de Niassa-Selous, l’ACT de la Réserve marine
Mozambique70 Ponta de Ouro-Cosibay, l’ACT REM-Tembe_Ndumo et l’ACT
Le Mozambique compte 44 aires protégées couvrant 170 662 km2 ZIMOZA.
d’écosystèmes terrestres et 12 821 km2 d’écosystèmes marins
(UNEP-WCMC et IUCN, 2019n). La couverture terrestre des aires
Contexte politique
protégées dans le pays a augmenté au cours des 10 dernières Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la
années. Reconnaissant la valeur nationale et mondiale de la gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été
biodiversité, le gouvernement du Mozambique s’est attaché à réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 80 lois et politiques
assurer l’inclusion d’écosystèmes auparavant non-représentés, pertinentes au Mozambique (Tessema, 2019).
tels que le seul écosystème d’eau douce protégé du pays, la
Réserve partielle du lac Niassa. Espèces clées71
Les aires marines protégées ont également été étendues avec la La connaissance de la biodiversité du Mozambique reste faible,
création de l’Aire de protection de l’environnement des îles mais s’améliore. 4 271 espèces animales terrestres ont été
Primeiras et Segundas et de la Réserve marine partielle Maputo- recensées, dont 72% d’insectes, 17% d’oiseaux, 5% seulement
Ponta do Ouro. Certains sanctuaires marins ont également été de mammifères et 2% d’amphibiens. L’évaluation la plus récente
déclarés. indique la présence de près de 6 000 espèces de plantes. Les
études sur les espèces autochtones sont rares, bien qu’il existe
Le gouvernement mozambicain a entrepris une analyse des
deux centres d’endémisme végétal : la région du Maputaland et le
différents modèles de cogestion et adopté des partenariats public-
Chimanimani.
privé pour améliorer la gestion de ses aires protégées. Ceux-ci
incluent la Fondation Carr pour le Parc national de Gorongosa, et Parmi les espèces végétales recensées au Mozambique, environ
Parcs Africains pour le Parc national de l’archipel de Bazaruto, 800 espèces sont endémiques et presque endémiques. Les
entre autres. régions montagneuses du Mozambique sont relativement riches en
espèces endémiques, avec au moins 45 espèces de plantes
Aires protégées et de conservation transfrontières présentes uniquement à Chimanimani.
Le Mozambique fait partie de sept aires de conservation De nouvelles espèces ont été découvertes au Mozambique, suite à

70  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national du Mozambique à la CDB, ainsi que dans la Stratégie et Plan d’action nationaux pour
la diversité biologique du Mozambique (2015-2035) (Republic of Mozambique, 2014; 2015).
71  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national du Mozambique à la CDB (Republic of Mozambique, 2014).

104 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.25 : Résumé du Mozambique

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
29,50 2,90 786,40 14,46 3,30
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées : Aires protégées et de conservation du Mozambique


44 aires par catégorie de gestion de l’UICN
protégées
Non définie (2)
couverture terrestre couverture marine
170 662 km2 12 821 km2 Non rapportée (29)
VI. Aire protégée avec utilisation durable
Source : UNEP-WCMC et IUCN, 2019n des ressources naturelles (3)
IV. Aire de gestion habitats / espèces (4)
II. Parc national (6)

Source: UNEP-WCMC et IUCN (2019n).


4 271 espèces 6 000 espèces
animales terrestres végétales

Couverture des aires protégées au Mozambique Désignations nationales des aires protégées et de
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
conservation au Mozambique
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nº Superficie
Terrestres et eaux 21,57% 26,00% (km2)
intérieures Parc national 6 33 569
Marines et côtières 2,23% Aucune Réserve de gibier 2 1 683
correspondance
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Réserve nationale 2 44 981
Source : Ministry for the Coordination of Environmental Affairs, Republic of Mozambique
Réserve spéciale 1 1 040
(2014); UNEP-WCMC et IUCN (2019n)
Réserve de chasse 14 38 887
Aires protégées et de conservation désignées Réserve naturelle 1 1
comme sites d’importance mondiale au
Réserve de faune 1 20
Mozambique
Réserve forestière 13 5 286
Désignation mondiale Nombre de
sites Aire de protection de 1 24 589
l’environnement
Zones humides d’importance internationale 2
(sites Ramsar) Non rapporté 1 1 148
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b) Source: UNEP-WCMC et IUCN (2019n).

Aires protégées et de conservation du Mozambique


Aires prioritaires pour la conservation
par type de gouvernance de l’UICN

Non rapporté (14)


D. Gouvernance par les peuples 4 sites 16 sites 11 sites
autochtones et communautés locales (1) Sites de l’Alliance Zones importantes Zones clés pour
B. Gouvernance partagée (1) pour une extinction pour les oiseaux la biodiversité
A. Gouvernance par le gouvernement (28) zéro et la biodiversité

Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International (2019b, 2019c).

Source: UNEP-WCMC et IUCN (2019n).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 105


de nouvelles études scientifiques et expéditions dans des endroits dans le Parc national du Limpopo, et des girafes ont été réintroduites
auparavant inaccessibles. Par exemple, certaines espèces ont été dans la Réserve nationale de Maputo.
identifiées à Monte Inago, dont le caméléon pygmée (Rhampholeon
Le Mozambique abrite également de nombreuses espèces
sp.), un papillon (Cymothoe sp.), le carrangueijo d’eau douce
d’oiseaux en voie de disparition, ainsi que des tortues de mer et
(Potamonautes sp.), ainsi qu’une possible nouvelle espèce
des dugongs. Le magazine Nature Science mène actuellement des
(Encephalartos sp.).
recherches sur les écosystèmes marins dans les provinces
Le nombre d’espèces menacées a tendance à augmenter au d’Inhambane, Zambèze et Nampula, qui aideront l’ANAC à établir
Mozambique. Plus de 300 espèces de plantes figurent sur la Liste une base de données sur la présence d’espèces marines au
rouge de l’UICN, dont 22% sont confirmées comme étant Mozambique.
endémiques. Certaines espèces d’Encefalartos méritent une
attention particulière, comme le cycas de Munch (Encephalartos Pressions et menaces72
munchii) et Encephalartos pterogonus. D’autre part, le cycas de
Les principales menaces directes pour la biodiversité incluent les
Jozini (E. senticosus) est considéré comme en danger critique
changements d’utilisation des terres, la perte et la fragmentation
d’extinction, et le cycas de Lebombo (E. lebomboensis), le cycas
des écosystèmes naturels, des habitats et des espèces par des
d’Umbeluzi (E. umbeluziensis) et le cycas de Chimanimani (E.
facteurs anthropiques, la surexploitation de certaines espèces, les
chimanimaniensis) comme menacés.
invasions par des espèces non-autochtones au détriment des
Les mammifères les plus menacés au Mozambique sont le écosystèmes et espèces autochtones, la pollution ou la
rhinocéros blanc (Ceratotherium simum), le sassabi (Damaliscus contamination des habitats ou des espèces par des produits
lunatus), le sitatunga (Tragelaphus spekei), le rhinocéros noir chimiques dans les écosystèmes naturels, les feux de forêt
(Diceros bicornis), la girafe (Giraffa camelopardalis), le cobe de incontrôlés et les changements climatiques affectant les habitats
montagne (Redunca fulvorufula) et le guépard (Acinomyx jutabus). naturels ou les espèces, le développement et les catastrophes
Le rhinocéros blanc, la girafe et le palapala gris ont été réintroduits naturelles.

Figure 8.26 : Aires protégées du Mozambique

0 200 400

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

72  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national du Mozambique à la CDB (Republic of Mozambique, 2014).

106 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© IUCN ESARO, Des enfants sur la plage, Mozambique

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 107


© Wilderness Safaris, Côte des Squelettes, Namibie

8.14 Namibie Espèces clées74


Bien que la Namibie présente généralement un nombre relativement
Aires protégées et de conservation de Namibie73 inférieur d’espèces par rapport à des pays au climat plus humide,
elle abrite un niveau élevé d’endémisme, en particulier chez les
La Namibie compte 148 aires protégées couvrant 313 534 km2
plantes, les invertébrés, les reptiles et les grenouilles. La Namibie
d’écosystèmes terrestres et 9 646 km2 d’écosystèmes marins
compte 50 espèces d’amphibiens (12 endémiques), 618 espèces
(UNEP-WCMC et IUCN, 2019o).
d’arachnides (11 endémiques), 592 espèces d’oiseaux (2
Afin de protéger sa riche biodiversité, la Namibie a mis en place un endémiques), 114 espèces de poissons (8 endémiques), plus de
système de 21 aires protégées gérées par l’État, dans le but de 6 400 espèces d’insectes (24 endémiques), 229 espèces de
protéger et de conserver la diversité biologique, mais également de mammifères (7 endémiques), plus de 4 000 espèces de plantes (14
générer des revenus indispensables grâce au tourisme. Ces aires endémiques) et 254 espèces de reptiles (28 endémiques).
protégées sont complétées par une forte gestion communautaire
des ressources naturelles par le biais d’aires de conservation Pressions et menaces75
communales. De façon remarquable, l’ensemble du littoral Les principales menaces pesant sur la biodiversité de la Namibie
namibien est protégé. Grâce au système d’upwelling de Benguela, sont l’utilisation non durable de l’eau (irrigation à grande échelle,
qui fait remonter les eaux riches en nutriments situées autour 200- pollution, barrages et captage excessif des eaux souterraines), les
300 m de profondeur et permet des taux élevés de croissance du effets des changements climatiques (sécheresse et inondations
phytoplancton, la Namibie possède un écosystème marin riche, accrues, changements dans la répartition des espèces et impacts
considéré comme l’un des plus productifs au monde. sur les écosystèmes vulnérables), les industries extractives
(expansion de l’exploitation et de la prospection minières dans des
Aires protégées et de conservation transfrontières sites écologiquement sensibles), la gestion non durable des terres
La Namibie comprend une partie de trois aires de conservation (érosion des sols, dégradation des terres, déboisement et
transfrontières, à savoir l’ACT /Ai/Ais-Richtersveld, l’ACT de Iona - empiètements excessifs sur la brousse), les espèces exotiques
Côte des Squelettes et l’ACT du Kavango Zambèze. envahissantes, le prélèvement et le commerce illégaux des
ressources fauniques et végétales, les conflits homme-faune et les
Contexte politique feux de brousse incontrôlés.

Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la Nombre de ces menaces sont dues à l’expansion des zones
gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été urbaines, ainsi qu’à l’industrialisation croissante, entraînant une
réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 31 lois et politiques demande chaque fois plus importante de ressources et de services
pertinentes en Namibie (Tessema, 2019). et une augmentation des types et des volumes de déchets et de
pollution.

73  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le sixième Rapport national de la Namibie à la CDB (Republic of Namibia, 2018).
74  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de la Namibie à la CDB (Ministry of Environment & Tourism, Republic of Namibia, 2014).
75  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le quatrième Rapport national du Rwanda à la CDB (Republic of Rwanda, 2009).

108 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.27 : Résumé de la Namibie

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
2,45 1,90 824,30 14,52 -0,10
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées : Aires protégées et de conservation de Namibie par


148 aires catégorie de gestion de l’UICN
protégées
Ne s’applique pas (1)
couverture terrestre couverture marine
Non rapportée (131)
313 534 km2 9 646 km2 VI. Aire protégée avec utilisation durable
des ressources naturelles (1)
Source : UNEP-WCMC et IUCN, 2019o
V. Paysage terrestre / marin protégé (3)
IV. Aire de gestion habitats / espèces (1)
III. Monument naturel (2)
II. Parc national (9)

229 592 254


mammifères oiseaux reptiles Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019o).

Couverture des aires protégées en Namibie Désignations nationales des aires protégées et de
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
conservation en Namibie
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nº Superficie
Terrestres et eaux 37,89% 17,00% (km2)
intérieures Réserve privée 2 2 887
Marines et côtières 1,71% - Forêt communautaire 33 31 998
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national de 2014 sur la biodiversité
Source : Ministry of Environment & Tourism, Republic of Namibia (2014); UNEP-WCMC
Parc national 19 137 446
et IUCN (2019o). Aire marine protégée 1 9 492
Zone de conservation 79 160 425
Aires protégées et de conservation désignées communautaire
comme sites d’importance mondiale en Namibie
Concession 7 14 535
Désignation mondiale Nombre de
sites Réserve forestière 1 1 485
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019o).
Patrimoine Mondial de l’UNESCO 1
(naturel ou mixte)
Zones humides d’importance internationale 5 Aires prioritaires pour la conservation
(sites Ramsar)
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b).
19 sites
Zones importantes pour les oiseaux
Aires protégées et de conservation de Namibie et la biodiversité
par type de gouvernance de l’UICN Source : BirdLife International (2019c).
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019o).

Non rapporté (3)


D. Gouvernance par les peuples
autochtones ou communautés locales (112)
C. Gouvernance privée (2)
A. Gouvernance par le gouvernement (31)

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 109


Figure 8.28 : Aires protégées de Namibie

0 200 400

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

© Wilderness Safaris, Etosha, Namibie

110 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Wilderness Safaris, Parc national des Volcans, Rwanda

8.15 Rwanda Espèces clées77


La biodiversité du Rwanda est fortement menacée en raison de
Aires protégées et de conservation du Rwanda76 populations humaines élevées et des pressions qui en découlent
sur les ressources naturelles. Dans les aires protégées, y compris
Le Rwanda compte 10 aires protégées couvrant 2 320 km2
les parcs nationaux et les forêts, la biodiversité est bien protégée et
d’écosystèmes terrestres (UNEP-WCMC et IUCN, 2019p).
représente un ensemble diversifié d’écosystèmes. Le Rwanda
La majorité des écorégions du pays sont sous protection, en abrite le gorille de montagne (Gorilla beringei beringei), dont la
particulier les zones humides, reconnues comme des sanctuaires population, partagée avec la République Démocratique du Congo
d’une riche diversité biologique. Une analyse des lacunes et l’Ouganda, montre une augmentation significative. Le Parc
écologiques au Rwanda a permis d’identifier de nouveaux sites à national d’Akagera a fait l’objet d’un effort de restauration intensif.
désigner comme aires protégées. Le Parc national d’Akagera est La diversité des oiseaux du Rwanda est très riche, d’autant plus
géré par un partenariat public-privé avec Parcs Africa. que le pays offre de nombreux habitats diversifiés. Les systèmes
d’eau douce abritent également une diversité d’espèces de
Aires protégées et de conservation transfrontières poissons, y compris certaines espèces endémiques.
Le Rwanda comprend une partie de trois aires de conservation
Pressions et menaces78
transfrontières, à savoir l’ACT du Grand paysage des Virunga,
l’ACT de Kagera et le site de Nyungwe-Kibira. Les menaces qui pèsent sur la biodiversité au Rwanda incluent le
braconnage et autres activités illégales, les incendies, les espèces
Contexte politique exotiques envahissantes, la déforestation, l’exploitation minière, le
pâturage illégal, les barrages, la baisse des niveaux d’eau, la pêche
Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la
non durable, le manque de connectivité, une utilisation non durable
gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été
du tourisme et le développement d’infrastructures, ainsi que les
réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 47 lois et politiques
empiétement excessifs sur les zones humides et la pollution. Le
pertinentes au Rwanda (Tessema, 2019).
Rwanda présente une très forte densité humaine, exerçant une
pression croissante sur les ressources naturelles disponibles.

76 Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le quatrième Rapport national du Rwanda à la CDB (Republic of Rwanda, 2009).
77  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national du Rwanda à la CDB (Republic of Rwanda, 2014).
78  Ibid.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 111


Figure 8.29 : Résumé du Rwanda

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
12,30 2,60 26,30 9,51 8,70
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées et de conservation du Rwanda par


catégorie de gestion de l’UICN
Aires protégées :

couverture Non rapportée (2)


10 aires terrestre IV. Aire de gestion habitats / espèces (3)
protégées 2 320 km2 II. Parc national (4)

Source: UNEP-WCMC et IUCN, (2019p)

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019p).

Couverture des aires protégées au Rwanda Aires protégées et de conservation désignées


Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
comme sites d’importance mondiale au Rwanda
ou conservée* ou conservée** Désignation mondiale Nombre de
Terrestres et eaux 9,11% 10,10% sites
intérieures Réserves de biosphère de l’UNESCO 1
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Source : Republic of Rwanda (2014); UNEP-WCMC et IUCN (2019p).
Zones humides d’importance internationale 1
(sites Ramsar)
Source : Ramsar (2019 ); UNESCO (2019a, 2019b).
Désignations nationales des aires protégées et de
conservation au Rwanda
Désignation nationale Nº Superficie
(km2) Aires prioritaires pour la conservation
Autre désignation 3 308

Parc national 3 2 201


Réserve forestière 2 34
2 sites 7 sites 14 sites
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019p).
Sites de l’Alliance Zones importantes Zones clés pour
pour une extinction pour les oiseaux la biodiversité
zéro et la biodiversité
Aires protégées et de conservation du Rwanda par Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International (2019b, 2019c).
type de gouvernance de l’UICN

Non rapporté (7)


A.Gouvernance par le gouvernement (3)

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019p).

112 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.30 : Aires protégées du Rwanda

0 25 50

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

© Wilderness Safaris, Parc national des Volcans, Rwanda

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 113


© Peter Chadwick (Nature Seychelles), Tortue géante d’Aldabra

8.16 Seychelles Espèces clées80


Les espèces marines et côtières sont économiquement importantes
Aires protégées et de conservation des Seychelles 79 pour les Seychelles, et la diversité et l’abondance de ces espèces ont
été influencées par les modes de récolte, au cours des deux derniers
Les Seychelles comptent 40 aires protégées couvrant 242 km2 siècles. Le rapport national du pays fournit des données très détaillées
d’écosystèmes terrestres et 209 930 km2 d’écosystèmes marins sur les espèces marines et côtières, y compris les tendances actuelles
(UNEP-WCMC et IUCN, 2019q). et les efforts de conservation. Les Seychelles abritent un certain
Une grande partie du territoire terrestre des Seychelles est nombre de cétacés, ainsi que cinq espèces de tortues marines.
protégée. Les Seychelles possèdent l’un des réseaux d’aires En termes de biodiversité terrestre et d’eau douce, la diversité
marines protégées les plus anciens d’Afrique de l’Est, mais jusqu’à fongique est mal connue, mais le pays montre des niveaux élevés de
récemment, celui-ci ne couvrait que 0,03% des écosystèmes diversité chez les invertébrés, ainsi que chez les plantes. Les niveaux
côtiers et marins du pays. Ce retard a été pris en compte par le d’endémisme sont élevés dans la plupart des groupes. Les 11
gouvernement des Seychelles, qui a annoncé son intention de espèces d’amphibiens et les deux serpents recensés sont tous
protéger 30% de ses eaux territoriales, dont la moitié (soit 15%) endémiques. La tortue géante d’Aldabra (Aldabrachelys gigantea) est
par une zone d’interdiction stricte de la pêche. Les Seychelles se endémique du pays. Les Seychelles abritent au moins 65 espèces
sont engagées dans un mécanisme d’échange de dette afin de d’oiseaux, dont 13 sont endémiques. Les mammifères autochtones
mener à bien cette désignation. des Seychelles sont tous des chauves-souris, dont il existe six
espèces (quatre endémiques).
Aires protégées et de conservation transfrontières
Pressions et menaces81
Les Seychelles comprennent une partie du Parc marin transfrontalier
de l’océan Indien occidental. Les incursions incessantes d’espèces exotiques envahissantes
constituent la principale menace pour les écosystèmes terrestres.
Contexte politique Avec des niveaux élevés d’endémisme, les îles sont particulièrement
vulnérables aux impacts des espèces envahissantes. Les changement
Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la
d’utilisation des terres et la perte d’habitats constituent la deuxième
gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été
menace, les pressions liées au développement menaçant de
réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 28 lois et politiques
nombreux habitats. La principale menace dans les écosystèmes
pertinentes aux Seychelles (Tessema, 2019).
marins est la surpêche, avec des impacts au-delà des espèces
exploitées. Les changements climatiques représentent une menace
majeure pour les écosystèmes terrestres et marins.

79  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national des Seychelles à la CDB, ainsi que dans leur SPANB (Government of Seychelles, 2014b; 2014a)
80  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national des Seychelles à la CDB (Government of Seychelles, 2014a)
81  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le deuxième SPANB des Seychelles (Government of Seychelles, 2014b)

114 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.31 : Résumé des Seychelles

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
0,10 1,00 0,50 1,59 3,60
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées : Aires protégées et de conservation des Seychelles par


40 aires catégorie de gestion de l’UICN
protégées Ne s’applique pas (2)
couverture couverture
terrestre marine Non rapportée (18)

242 km 2
209 930 km 2 VI. Aire protégée avec utilisation durable
des ressources naturelles (6)
Source: UNEP-WCMC et IUCN, 2019q
II. Parc national (8)
Ib. Aire de nature sauvage (1)
Ia. Réserve naturelle intégrale (5)

11 65 6 chauves- Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019q).


amphibiens oiseaux souris

Couverture des aires protégées aux Seychelles Désignations nationales des aires protégées et de
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
conservation aux Seychelles
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nombre Superficie
Terrestres et eaux 49,64% 46,60% (km2)
intérieures Parc national 4 55
Marines et côtières 15,66% 0,03% Réserve spéciale 8 2 436
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Source : Government of Seychelles (2014a); UNEP-WCMC et IUCN (2019q). Parc national marin 6 48
Réserve naturelle 9 0
Aires protégées et de conservation désignées Zone marine de protection 1 136 717
comme sites d’importance mondiale aux Seychelles spéciale 2
Désignation mondiale Nombre de Zone marine de protection 1 69 524
sites spéciale 1
Sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO 2 Réserve de coquillages 4 8
(naturels ou mixtes)
Aire protégée 1 8
Zones humides d’importance internationale 4
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019q).
(sites Ramsar)
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b).

Aires prioritaires pour la conservation


Aires protégées et de conservation des Seychelles
par type de gouvernance de l’UICN

2 sites 20 sites 59 sites


Non rapporté (20) Sites de l’Alliance Zones importantes Zones clés pour
A.Gouvernance par le gouvernement (20) pour une extinction pour les oiseaux la biodiversité
zéro et la biodiversité

Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International (2019b, 2019c).

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019q).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 115


Figure 8.32 : Aires protégées des Seychelles

0 100 200

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

© Serge Marizy (Nature Seychelles), Réserve spéciale de l’île Cousin

116 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Osman Gedow, Gazelle de Waller, Somalie

8.17 Somalie Aires protégées et de conservation transfrontières


La Somalie comprend une partie de l’aire de conservation
Aires protégées et de conservation de Somalie82 transfrontière du Paysage terrestre et marin de Tana-Kipini-Laga
Badana Bushbush.
La Somalie compte 21 aires protégées. Celles-ci ont été rapportées
sous forme de points, sans aucune superficie. Il n’est donc pas
Contexte politique
possible de déterminer la couverture de ces aires protégées
(UNEP-WCMC et IUCN, 2019r). Aucune gestion efficace des Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la
ressources de biodiversité et aucune protection formelle des aires gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été
protégées a eu lieu depuis l’effondrement du gouvernement central réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 10 lois et politiques
en 1991. La préoccupation la plus grave est l’absence de législation pertinentes en Somalie (Tessema, 2019).
efficace concernant la gestion des aires protégées et l’absence
d’une infrastructure de conservation fonctionnelle. Onze réserves Espèces clées83
fauniques ont été déclarées depuis les années 1970, mais Les niveaux d’endémisme sont élevés dans la Corne de l’Afrique,
seulement deux sont considérées comme fonctionnelles. Dans la dont la Somalie fait partie. Il n’existe que peu d’études sur la
pratique, aucun de ces sites n’est officiellement protégé depuis le diversité d’espèces en Somalie, mais on pense que le pays abrite
début des années 1990. plus de 175 espèces de mammifères et 671 espèces d’oiseaux.
Dans le milieu marin, quatre aires marines protégées ont été Plus de 3 000 espèces végétales ont été recensées, dont 836
proposées : l’île de Saad-ad-din et Aibat, dans l’ouest du seraient endémiques du pays. La Somalie abrite 230 espèces de
Somaliland, près de Zeila, une ville historique, l’île de Maydh, dans reptiles, dont 80% sont endémiques, ainsi que 29 espèces
le Puntland, et la forêt voisine de Daalo sur le continent, et le site d’amphibiens. De nombreuses autres espèces du Somaliland n’ont
de Gara’ad sur la côte de l’océan Indien, dans le Puntland. Cette pas encore été rapportées.
dernière a été déclarée AMP en 2005 par l’association locale des La connaissance des espèces marines et côtières est faible, bien
pêcheurs GARFISH. Les îles Saad-ad-Din et Maydh sont que celles-ci sous-tendent de nombreuses activités économiques
d’importantes sites de reproduction pour les oiseaux de mer. Les le long du littoral.
récifs coralliens de l’île de Saad-ad-Din représentent les récifs les
plus divers et les mieux formés de la côte du golfe d’Aden.

82  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le sixième Rapport national de la Somalie à la CDB (The Somali Republic, 2019).
83  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de la Somalie à la CDB (Federal Republic of Somalia, 2014).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 117


Figure 8.33 : Résumé de la Somalie

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
15,01 2,80 637,70 4,72 -1,50
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées et de conservation de Somalie


par catégorie de gestion de l’UICN

Aires protégées : 21 aires


protégées Non rapportée (21)
Source : UNEP-WCMC et IUCN, 2019r

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019r).

3 000 espèces 175 espèces de 671 espèces 29 espèces


végétales mammifères d’oiseaux d’amphibiens

Couverture des aires protégées en Somalie Désignations nationales des aires protégées et de
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
conservation en Somalie
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nombre
Terrestres et eaux 0,00% 0,80% Parc national 12
intérieures
Réserve de faune sauvage 9
Marines et côtières 0,00% Aucune
correspondance Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019r).

* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité


Source : Federal Republic of Somalia (2014); UNEP-WCMC et IUCN (2019r).

Aires protégées et de conservation de Somalie par


type de gouvernance de l’UICN Aires prioritaires pour la conservation

Gouvernance par le gouvernement (21) 2 sites 22 sites 2 sites


Sites de l’Alliance Zones importantes Zones clés pour
pour une extinction pour les oiseaux la biodiversité
zéro et la biodiversité
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019r).
Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International (2019b, 2019c).

118 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.34 : Aires protégées de Somalie

Aires protégées
Limites administratives

0 200 400

Kilomètres

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

Pressions et menaces84
Les menaces critiques pour la biodiversité de la Somalie incluent la
perte et la dégradation des habitats, la déforestation, la pauvreté,
la pollution, les pressions politiques, les changements climatiques,
la conversion des forêts pour l’agriculture et l’urbanisation,
l’exploitation non durable et les espèces exotiques envahissantes.
Ces menaces sont renforcées par des facteurs indirects, tels que la
pauvreté, l’insécurité et les conflits civils, ainsi que par le manque
de capacités institutionnelles pour la conservation.

84  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de la Somalie à la CDB (Federal Republic of Somalia, 2014).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 119


© Osman Gedow, Serin à ventre blanc, Somalie

120 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Wilderness Safaris, Le Cap, Afrique du Sud

8.18 Afrique du Sud Aires protégées et de conservation transfrontières


L’Afrique du Sud comprend une partie de six aires de conservation
Aires protégées et de conservation d’Afrique du transfrontières, à savoir l’ACT /Ai/Ais-Richtersveld, le Parc
Sud85 transfrontalier et aire de conservation du Grand Limpopo, l’ACT du
L’Afrique du Sud compte 1 580 aires protégées couvrant 102 060 Grand Mapungubwe, le Parc transfrontalier de Kgalagadi, l’ACT de
km2 d’écosystèmes terrestres et 224  640 km2 d’écosystèmes Lubombo et l’ACT Maloti Drakensberg, ce dernier également un
marins (UNEP-WCMC et IUCN, 2019s). site transfrontalier du Patrimoine mondial.

En octobre 2018, le gouvernement sud-africain a approuvé la Contexte politique


déclaration de 18 nouveaux sites, renforçant ainsi son réseau d’aires
Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à
protégées. Il existe neuf autorités provinciales de conservation en la gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a
plus de l’Agence des parcs nationaux d’Afrique du Sud, qui gèrent été réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 158 lois et
les aires protégées et supervisent la conservation de la diversité politiques pertinentes en Afrique du Sud (Tessema, 2019).
végétale en dehors des réserves.
Espèces clées86
Les niveaux de protection ne sont pas uniformes dans les neuf
biomes d’Afrique du Sud, certains (désert, forêt et fynbos) L’Afrique du sud est considérée comme l’un des pays les plus
biologiquement divers au monde. Elle présente un taux élevé
bénéficiant d’une protection sur plus de 17% de leur superficie,
d’endémisme et des écosystèmes divers. Bien qu’elle n’occupe
tandis que les six autres se situent à un niveau de protection
que 2% de la surface terrestre mondiale, l’Afrique du Sud abrite
beaucoup plus faible. Les biomes de prairies et du Nama-
plus de 95 000 espèces, contribuant pour une part importante aux
Karoo, dont moins de 5% sont protégés, sont particulièrement espèces végétales mondiales (6%), aux espèces de reptiles (5%),
préoccupants. aux espèces d’oiseaux (8%) et aux espèces de mammifères (6%),
En ce qui concerne l’environnement marin, les AMP situées sur le de nouvelles espèces étant régulièrement découvertes et décrites.
En outre, elle abrite environ 15% des espèces marines du monde.
littoral de l’Afrique du Sud couvrent environ 0,4% de la zone marine
Les taux d’endémisme atteignent 56% pour les amphibiens,
du pays. Il existe également une grande AMP extracôtière autour
65% pour les plantes, 49% pour les poissons d’eau douce, 48%
de la Zone économique exclusive des îles du Prince-Édouard. Au
pour les reptiles, 36% pour les daurades et jusqu’à 70% pour les
total, l’espace côtier et marin protégé est supérieur à 10%. invertébrés.

85  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le sixième Rapport national de l’Afrique du Sud à la CDB (Republic of South Africa, 2019).
86  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans les cinquième et sixième Rapports nationaux de l’Afrique du Sud à la CDB (Republic of South Africa, 2014; 2019).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 121


Figure 8.35 : Résumé de l’Afrique du Sud

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
57,78 1,40 1 219,10 368,29 0,80
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées : Aires protégées et de conservation d’Afrique du


1 580 aires Sud par catégorie de gestion de l’UICN
protégées
couverture terrestre couverture marine
102 060 km2 224 640 km2 Ne s’applique pas (13)

Source : UNEP-WCMC et IUCN, 2019s Non rapportée (1567)

L’un des pays les plus biologiquement


divers au monde
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019s).

Couverture des aires protégées en Afrique du Sud Désignations nationales des aires protégées et de
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
conservation en Afrique du Sud
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nº Superficie
Terrestres et eaux 8,34% 12,96% (km2)
intérieures Parc national 21 39 781
Marines et côtières 14,56% 10,00% Aire forestière pour la faune 12 2 745
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité sauvage
Source : Republic of South Africa (2019); UNEP-WCMC et IUCN (2019s.)
Réserve naturelle forestière 53 1 732

Aires protégées et de conservation désignées comme Réserve naturelle spéciale 2 336


sites d’importance mondiale en Afrique du Sud Réserve naturelle 1 371 38 719
Désignation mondiale Nombre de Environnement protégé 30 7 436
sites
Bassin versant de montagne 16 6 246
Réserves de biosphère de l’UNESCO 10
Aire marine protégée 39 224 682
Patrimoine Mondial de l’UNESCO 5
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019s).
(naturel ou mixte)
Zones humides d’importance internationale 23
(sites Ramsar)
Aires prioritaires pour la conservation
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b).

Aires protégées et de conservation d’Afrique du


Sud par type de gouvernance de l’UICN 10 sites 99 sites 76 sites
Sites de l’Alliance Zones importantes Zones clés pour
pour une extinction pour les oiseaux la biodiversité
Non rapporté (2)
zéro et la biodiversité
C. Gouvernance privée (932)
Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International (2019b, 2019c).
B. Gouvernance partagée (1)
A.Gouvernance par le gouvernement (645)

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019s).

122 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.36 : Aires protégées d’Afrique du Sud

0 400 800

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

Pressions et menaces87
Les principales pressions sur la biodiversité de l’Afrique du Sud
incluent la perte et la dégradation des habitats naturels dans
les écosystèmes terrestres, d’eau douce, estuariens et marins
en raison de pratiques d’utilisation non durables des terres,
d’utilisations inappropriées ou mal localisées des terres, les espèces
exotiques envahissantes (végétales et animales), la destruction et
la surexploitation d’espèces, en particulier dans le milieu marin,
le trafic illégal d’espèces sauvages et autres utilisations illégales
des ressources, la surexploitation de l’eau et la pollution des
écosystèmes aquatiques, la perturbation des moteurs naturels du
fonctionnement des écosystèmes (tels que les cycles d’incendies)
et les impacts induits par les changements climatiques.

87  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans les cinquième et sixième Rapports nationaux de l’Afrique du Sud à la CDB (Republic of South Africa, 2014; 2019).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 123


© Wilderness Safaris, Manchots du Cap, Boulders Beach, Afrique du Sud

124 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Jaco Venter, Parc national de Nimule, Soudan du Sud

8.19 Soudan du Sud Contexte politique


Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la
Aires protégées et de conservation du Soudan du gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été
Sud88 réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié huit lois et
politiques pertinentes au Soudan du Sud (Tessema, 2019).
Le Soudan du Sud compte 27 aires protégées couvrant 98 214 km2
d’écosystèmes terrestres (UNEP-WCMC et IUCN, 2019t). Espèces clées89
Plusieurs sites ont été proposées pour être désignés comme aires Le Soudan du Sud possède un large éventail d’habitats supportant
protégées, ce qui contribuerait à dépasser l’Objectif d’Aichi 11. une riche diversité animale et végétale. Il est le théâtre de l’une des
Malgré une large couverture d’aires protégées, la plupart des sites plus grandes migrations au monde, impliquant des cobes de
souffrent d’un manque de gestion active ou adéquate. Les limites Buffon (Kobus kob leucotis), des sassabis (Damaliscus lunatus
non-clairement définies de plusieurs aires protégées constituent un tiang), des gazelles Mongalla (Eudorcas albonotata) et des cobes
défi majeur, limitant l’efficacité des contrôles. En outre, un manque des roseaux (Redunca redunca). Le pays constitue un bastion pour
de clarté semble exister dans le secteur forestier quant à qui, aux le bec-en-sabot du Nil (Balaeniceps rex), en danger, ainsi que pour
différents niveaux de gestion, est propriétaire de quelle ressource la grue couronnée (Balearica pavonina).
forestière.
Le Soudan du sud compte également de nombreuses espèces de
En raison de nombreuses années de conflit ayant entravé les reptiles, de poissons d’eau douce et de plantes, y compris de
actions sur le terrain, les aires protégées doivent être réévaluées nombreuses espèces endémiques.
afin de s’assurer qu’elles soient toujours représentatives et
écologiquement pertinentes. Pressions et menaces90
Aires protégées et de consevation transfrontières Les menaces directes à la biodiversité du Soudan du Sud incluent
le braconnage et le trafic d’espèces sauvages, la déforestation due
Le Soudan du Sud comprend une partie de quatre aires de à la production de charbon de bois et à l’exploitation illégale des
conservation transfrontières : le Parc national de Boma-Gambella feuillus, l’expansion de l’élevage et de l’agriculture, la fragmentation
avec l’Éthiopie, la Réserve de gibier de Kidepo-Valée de Kidepo des habitats, notamment à cause des industries extractives, ainsi
avec l’Ouganda, Lantoto-Garamba avec le Congo et le Parc que les conflits homme-faune.
national de Nimule-Réserve de faune sauvage d’Otze avec
l’Ouganda.

88  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le sixième Rapport national du Soudan du Sud à la CDB (Republic of South Sudan, 2019).
89  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national du Soudan du Sud à la CDB (Republic of South Sudan, 2015).
90  Ibid.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 125


Figure 8.37 : Résumé du Soudan du Sud

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
10,98 0,60 1 882,00 3,07 -11,2
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées et de conservation du Soudan du Sud


par catégorie de gestion de l’UICN
Aires protégées :
Non rapportée (1)
VI. Aire protégée avec utilisation durable
27 aires couverture terrestre
des ressources naturelles (13)
protégées 98 214 km2 V. Paysage terrestre / marin protégé (1)
IV. Aire de gestion habitats / espèces (3)
II. Parc national (9)
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019t)

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019t).

Couverture des aires protégées au Soudan du Sud Désignations nationales des aires protégées et de
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
conservation au Soudan du Sud
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nº Superficie
Terrestres et eaux 15,50% 13,00% (km2)
intérieures Parc national 10 74 991
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Source : Republic of South Sudan (2015); UNEP-WCMC et IUCN (2019t). Réserve de gibier 12 29 792
Aire de conservation de la 2 2 499
Aires protégées et de conservation désignées comme nature
sites d’importance mondiale au Soudan du Sud Réserve forestière 1 1 160
Désignation mondiale Nombre de Sanctuaire pour les oiseaux 1 4 999
sites
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019t).
Zones humides d’importance internationale 1
(sites Ramsar)
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b)
Aires prioritaires pour la conservation

Aires protégées et de conservation du Soudan du


Sud par type de gouvernance de l’UICN
1 site 12 sites 3 sites
Sites de l’Alliance Zones importantes Zones clés pour
pour une extinction pour les oiseaux la biodiversité
Non rapporté (1)
zéro et la biodiversité
A.Gouvernance par le gouvernement (26)
Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International (2019b, 2019c).

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019t).

126 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Les menaces indirectes incluent les conflits armés passés et inadéquates et inefficaces, les effets négatifs de la croissance
actuels, ainsi que les crises humanitaires de populations déplacées démographique et du développement économique, le manque
à l’intérieur du pays et la prolifération d’armes à feu qui en résultent, d’aménagement du territoire, la faible sensibilisation du public, et
des capacités juridiques, institutionnelles et administratives l’exploration et la production pétrolières émergentes.

Figure 8.38 : Aires protégées du Soudan du Sud

0 200 400

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

© Jaco Venter, Parc national de Nimule, Soudan du Sud © Jaco Venter, Parc national de Nimule, Soudan du Sud

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 127


© Journeys by design, Pyramides de Méroé, Soudan

8.20 Soudan
Espèces clées92
Aires protégées et de conservation au Soudan91 Le large éventail d’écosystèmes du Soudan abrite une grande
Le Soudan compte 23 aires protégées couvrant 42 698 km2 diversité d’espèces. Les informations sur la répartition et
d’écosystèmes terrestres et 10 662 km2 d’écosystèmes marins l’abondance actuelles des ressources fauniques au Soudan sont
(UNEP-WCMC et IUCN, 2019u). très limitées. Le pays abrite 937 espèces d’oiseaux, dont 17
espèces préoccupantes pour la conservation à l’échelle mondiale.
La faune sauvage est présente dans les aires protégées et dans
Les mangroves sont une espèce importante des habitats côtiers,
des habitats fragmentés à l’extérieur des aires protégées,
mais sont très menacées. Le Soudan possède une biodiversité
comprenant des zones désertiques, semi-désertiques, des
marine et d’eau douce diversifiée, notamment des récifs coralliens,
savanes boisées à faibles ou à forte pluviométrie et des
des herbiers marins et un large éventail d’espèces telles que
écosystèmes marins. Bon nombre d’espèces ont diminué ou
requins, dugongs, tortues et oiseaux marins. Il n’existe que très
disparu de beaucoup de leurs anciens habitats.
d’information disponibles concernant la composition des espèces,
Il n’existe pas d’aire protégée désignée représentant les en particulier depuis la séparation du Soudan du Sud.
écosystèmes d’eau douce, à l’exception du projet d’aire protégée
de la zone humide d’Umgur. Pressions et menaces93
Le Soudan est confronté à un certain nombre de menaces, dont la
Aires protégées et de conservation transfrontières dégradation de l’environnement, l’expansion des constructions
Le Soudan ne compte aucune aire de conservation transfrontière. civiles et des activités économiques, les changements climatiques
et la sécheresse, l’expansion des cultures, la pollution et les
Contexte politique espèces exotiques envahissantes.

Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la


gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été
réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 18 lois et politiques
pertinentes au Soudan (Tessema, 2019).

91  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans les cinquième (Republic of Sudan, 2014) et sixième Rapports nationaux du Soudan à la CDB (Republic of Sudan, 2019).
92  Ibid.
93  Ibid.

128 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.39 : Résumé du Soudan

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
41,80 2,40 658,84 40,85 -2,30
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées : Aires protégées et de conservation du Soudan par


catégorie de gestion de l’UICN

23 aires Ne s’applique pas (3)


protégées Non rapportée (13)
VI. Aire protégée avec utilisation durable
couverture couverture des ressources naturelles (3)
terrestre marine IV. Aire de gestion habitats / espèces (1)
42 698 km2 10 662 km2 II. Parc national (3)
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019u)

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019u).

937 espèces d’oiseaux


Très peu d’informations disponibles
17 préoccupantes pour la
sur la composition des espèces
conservation à l’échelle mondiale

Couverture des aires protégées au Soudan Désignations nationales des aires protégées et de
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
conservation au Soudan
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nº Superficie
Terrestres et eaux 2,28% 5,80% (km2)
intérieures Réserve naturelle gérée 1 300
Marines et côtières 15,96% 10,00% Parc national 4 22 398
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Source : Republic of Sudan (2019); UNEP-WCMC et IUCN (2019u). Réserve de gibier 2 7 459
Aire de conservation de la nature 2 6 299
Aires protégées et de conservation désignées
Parc national marin 2 1 012
comme sites d’importance mondiale au Soudan
Sanctuaire pour les oiseaux 4 1 150
Désignation mondiale Nombre de
sites Sanctuaire de faune sauvage 2 940

Patrimoine Mondial de l’UNESCO 1 Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019u).


(naturel ou mixte)
Zones humides d’importance internationale 3
(sites Ramsar)
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b).
Aires prioritaires pour la conservation

11 sites
Aires protégées et de conservation du Soudan par Zones importantes pour les oiseaux
type de gouvernance de l’UICN et la biodiversité
Source : BirdLife International (2019c).

Non rapporté (14)


A.Gouvernance par le gouvernement (9)

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019u).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 129


Figure 8.40 : Aires protégées du Soudan

0 200 400

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

© Visual China Group, Hibiscus sabdariffa, Soudan

130 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Grégoire Dubois, Zèbres, Parc national de Ruaha, Tanzanie

8.21 Tanzanie Aires protégées et de conservation transfrontières


La Tanzanie comprend une partie de huit aires de conservation
Aires protégées et de conservation de Tanzanie94 transfrontières, à savoir l’ACT Amboseli-Kilimandjaro-Longido-
Kagera, l’ACT baie de Mnazi-Quirimbas, l’ACT de Niassa-Selous,
La Tanzanie compte 840 aires protégées couvrant 361 594 km2 baie de Sango-Minziro, Serengeti-Mara, le Système de réserves
d’écosystèmes terrestres et 7 330 km2 d’écosystèmes marins marines de Tanga et Parc marin de Tanga Coelacanth, Diani Chale
(UNEP-WCMC et IUCN, 2019v). et Kisitee-Mpunguti, ainsi que le Parc marin transfrontalier de
Les écosystèmes terrestres sont les mieux protégés, tandis que les l’océan Indien occidental.
milieux côtiers et marins sont moins protégés. Ses vastes parcs
nationaux, ses montagnes de « l’Arc Oriental », ses zones humides, Contexte politique
ses forêts côtières et ses systèmes marins et d’eau douce sont Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la
autant de réservoirs exceptionnels d’espèces végétales et gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été
animales, et font de la Tanzanie l’un des plus grands réservoirs de réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 74 lois et politiques
biodiversité au monde. Le pays abrite également une grande pertinentes en Tanzanie (Tessema, 2019).
variété d’espèces endémiques d’amphibiens, de lézards, de
serpents, d’oiseaux et de variétés de café sauvage, ainsi que la Espèces clées95
célèbre violette africaine. La Tanzanie possède une grande diversité d’espèces, avec au
L’Aire de conservation du Ngorongoro et le Parc national du moins 14 500 espèces connues et confirmées, et figure parmi les
Serengeti sont des Réserves de biosphère et des sites du 15 pays du monde présentant le plus grand nombre d’espèces
Patrimoine mondial connus pour la migration de grands mammifères endémiques et menacées. Elle abrite plus d’un tiers du total des
la plus spectaculaire au monde, chaque année. Dans le Parc espèces végétales d’Afrique et se classe douzième en termes
national du Serengeti, ceux-ci traversent les vastes prairies et les d’espèces d’oiseaux à l’échelle mondiale. Le pays accueille environ
forêts d’Acacia-Commiphora, l’un des principaux écosystèmes 20% de la population de grands mammifères d’Afrique.
forestiers du pays, tandis que dans l’Aire de conservation du
Sur toutes les espèces présentes dans le pays, plus de la moitié
Ngorongoro, ils parcourent le couloir supérieur Kitete/Selela, le long
(54%) sont des espèces végétales. Plus de 25% de toutes les
de la vallée du Grand Rift, qui les relie au Parc national du lac
espèces végétales sont utilisées comme plantes médicinales
Manyara, utilisé par les éléphants et les buffles. Il va sans dire que
récoltées à l’état sauvage.
les corridors fauniques sont gravement menacés en Tanzanie, et
font face à d’intenses pressions liées à des changements Le nombre exact d’espèces endémiques dans le pays n’est pas
d’affectation des terres. Récemment, le Président a promulgué la connu. Cependant, les informations disponibles indiquent que le
création des Parcs nationaux Julius Nyerere, Kigosi et River Ugalla. pays pourrait compter entre 400 et 3 000 espèces endémiques.

94  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans les cinquième et sixième Rapports nationaux de la Tanzanie sur la mise en œuvre de la CDB (United Republic of
Tanzania, 2014; 2019).
95  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de la Tanzanie sur la mise en œuvre de la CDB (United Republic of Tanzania, 2014).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 131


Figure 8.41 : Résumé de la Tanzanie

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
56,32 3,00 947,30 57,44 5,20
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées et de conservation de Tanzanie par


Aires protégées : catégorie de gestion de l’UICN
Ne s’applique pas (7)
840 Non rapportée (738)
aires VI. Aire protégée avec utilisation durable
protégées des ressources naturelles (19)
couverture couverture IV. Aire de gestion habitats / espèces (53)
terrestre marine
III. Monument naturel (1)
361 594 km2 7 330 km2 II. Parc national (14)

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019v). Ib. Aire de nature sauvage (8)

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019v).

Couverture des aires protégées en Tanzanie Désignations nationales des aires protégées et de
conservation en Tanzanie
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nº Superficie
Terrestres et eaux 38,17% 54,60% (km2)
intérieures Réserve naturelle forestière 1 257
Marines et côtières 3,02% 6,50% Aire de conservation 4 9 674
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité Réserve de gibier 19 94 050
Source: UNEP-WCMC et IUCN (2019v); United Republic of Tanzania (2019).
Parc national 17 48 430
Aires protégées et de conservation désignées Aire contrôlée pour le gibier 19 70 901
comme sites d’importance mondiale en Tanzanie Zone de gestion collaborative de 1 1 913
la pêche
Désignation mondiale Nombre de
sites Réserve marine 2 35
Réserves de biosphère de l’UNESCO 5 Aire de gestion de la faune 14 33 162
sauvage
Patrimoine Mondial de l’UNESCO 4
(naturel ou mixte) Plantations forestières 23 730

Zones humides d’importance internationale 4 Aire marine gérée localement 1 3


(sites Ramsar) Parc marin 2 1 445
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b). Réserve naturelle 6 1 996
Aire ouverte 24 53 235
Aire de gestion de la faune 13 3 999
Aires protégées et de conservation de Tanzanie par sauvage
type de gouvernance de l’UICN Réserve forestière 694 92 195
Sanctuaire et réserve forestière 1 1
Non rapporté (19) fermée
D. Gouvernance par les peuples Réserve forestière et aire 1 1 015
autochtones ou communautés locales (39) contrôlée pour le gibier
C. Gouvernance privée (1) Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019v).

B. Gouvernance partagée (4)


A. Gouvernance par le gouvernement (777) Aires prioritaires pour la conservation

Source : UNEP-WCMC et IUCN ( 2019v).

13 sites 77 sites 84 sites


Sites de l’Alliance Zones importantes Zones clés pour
pour une extinction pour les oiseaux la biodiversité
zéro et la biodiversité
Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International (2019b, 2019c).

132 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.42 : Aires protégées de Tanzanie

0 200 400

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

À partir d’une analyse des espèces menacées dans le pays, et perte de biodiversité dans les plans d’eau. Ces activités sont une
tenant compte de leur importance écologique, économique et conséquence de la croissance économique et démographique, de
sociale, les espèces préoccupantes comprennent, sans s’y limiter, la pauvreté, du commerce mondial d’espèces végétales et animales
le rhinocéros noir (Diceros bicornis) et l’éléphant d’Afrique et des changements climatiques.
(Loxodonta africana), en voie de disparition en raison du
Parmi les autres menaces importantes pour les habitats figurent la
braconnage. D’autres espèces d’importance critique incluent le
déforestation, la destruction des coraux, la dégradation des
chimpanzé (Pan troglodytes), les colobes (dont Procolobus
habitats due aux incendies, l’utilisation non planifiée des terres,
gordonorum et Procolobus kirkii), les mangabey (dont Rungwecebus
l’extraction non gérée des ressources naturelles, l’augmentation du
kipunji et Cercocebus sanjei), le léopard (Panthera pardus), le
commerce de viande de brousse et la construction de routes et
guépard (Acinonyx jubatus) et le lycaon (Lycaon pictus). La Tanzanie
autres infrastructures. Les corridors fauniques sont l’un des types
abrite la plus grande population de lions (Panthera leo) au monde.
d’habitats soumis à une forte pression, susceptibles d’être
Elle abrite également des essences de bois de grande valeur (dont
convertis à d’autres formes d’utilisation des terres.
Afzelia spp, Pterocarpus spp., Diospyros mespiliformis). En outre,
on y trouve des espèces marines importantes, y compris des Les habitats marins sont gravement menacés par la destruction
crevettes (Metapenaeus monocerus, Penaeus indicus, P. monodon), des mangroves et des coraux, la pêche à la dynamite et les filets de
des thons, des dugongs et des tortues marines. pêche illégaux, tandis que les habitats d’eau douce font face à une
baisse des niveaux d’eau due à la réduction des précipitations et à
Pressions et menaces96 une évaporation accrue, au déclin de la diversité des espèces de
Comme dans d’autres pays, la richesse en biodiversité de la poissons dû à la surexploitation des stocks, à la pêche illégale, à
Tanzanie est de plus en plus menacée par un certain nombre de l’introduction de poissons et autres espèces exotiques, en
facteurs naturels et humains. Les principales menaces pour la particulier la perche du Nil et la jacinthe d’eau, et à la pollution et
biodiversité en Tanzanie sont la perte et la destruction des habitats l’eutrophisation due à un enrichissement en nutriments, et en
par leur conversion à d’autres utilisations des terres, telles que les particulier en phosphore et en azote.
établissements humains, l’agriculture et le pâturage, la Les habitats terrestres sont soumis à une pression énorme due à
surexploitation des espèces végétales et animales, l’introduction l’exploitation non durable des espèces animales. Les principales
d’espèces exotiques, la pollution et les changements climatiques. espèces victimes de cette pression comprennent les grands
Les activités humaines, telles que le braconnage, la déforestation, carnivores, tels que les lions, les léopards, les guépards et les
le chalutage de fond dans les océans et les pratiques de pêche non lycaons, ainsi que le groupe des herbivores, y compris la population
durables, l’endiguement et le dragage des cours d’eau, des rivières d’éléphants, de girafes (Giraffa camelopardalis), de zèbres (Equus
et des lacs, ainsi que l’assèchement et la dégradation des zones burchelli), de buffles (Syncerus caffer), d’antilopes, de gnous
humides, des estuaires et des mangroves sont responsables d’une (Connochaetus taurinus) et de rhinocéros noir (Diceros bicornis).

96   Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de la Tanzanie sur la mise en œuvre de la CDB (United Republic of Tanzania, 2014).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 133


© Grégoire Dubois, Parc national de Ruaha, Tanzanie

134 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Grégoire Dubois, Chimpanzé, Parc national de la forêt de Kibale, Ouganda

8.22 Ouganda Aires protégées et de conservation transfrontières


L’Ouganda comprend une partie de cinq aires de conservation
Aires protégées et de conservation d’Ouganda97 transfrontières, à savoir le Grand paysage des Virunga, l’ACT de
Kagera, le Paysage de Kidepo, le Mont Elgon et la baie de Sango-
L’Ouganda compte 712 aires protégées couvrant 39  059 km2
Minziro.
d’écosystèmes terrestres (UNEP-WCMC et IUCN, 2019w).

L’Ouganda représente une zone de convergence de cinq des Contexte politique


zones écologiques importantes d’Afrique et abrite environ la moitié
Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à
des montagnes du monde. Ces dernières années, l’Ouganda a
la gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a
été considéré comme un modèle pour de nombreuses approches
été réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 48 lois et
visant à relever des défis complexes, en matière de conservation
politiques pertinentes en Ouganda (Tessema, 2019).
et de développement, tels que la conservation communautaire
et le paiement pour services écosystémiques. Le projet financé Espèces clées98
par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), incitant les
propriétaires fonciers à conserver et à restaurer les habitats L’Ouganda possède une riche biodiversité, avec près de 19  000
forestiers importants pour les chimpanzés et autres espèces de espèces de flore et de faune. Les connaissances sur ces espèces
flore et de faune, en est un exemple. Celui-ci a permis de fournir sont biaisées en faveur des mammifères, des oiseaux, des
des incitations à quelque 400 agriculteurs (propriétaires forestiers papillons, de certaines plantes, des reptiles, des amphibiens et des
privés) de 68 villages pour la conservation de la biodiversité dans poissons. L’Ouganda abrite environ 380 espèces de mammifères
les forêts sur des terres privées et publiques non répertoriées et plus de 1 000 espèces d’oiseaux, soit près de la moitié de toutes
comme réserves forestières. les espèces recensées en Afrique. La biodiversité des poissons en
Ouganda est dominée par la famille des cichlidés, avec un haut
En 2018, le gouvernement a lancé un processus de désignation niveau d’endémisme. On trouve 98 espèces d’amphibiens et 150
et déclaration d’une partie des zones humides de l’Ouganda en espèces de reptiles en Ouganda. Sur les quelque 5 000 espèces de
tant qu’aires protégées. Les zones humides d’Ouganda couvrent plantes supérieures, 70 sont endémiques. Les champignons, les
une superficie de 11% du pays. L’Ouganda se caractérise par lichens et les insectes sont moins bien documentés.
une tendance à la réduction des zones boisées dans les aires
protégées, les parcs nationaux et les réserves de faune, ainsi que
dans les réserves forestières centrales. Le couvert forestier est
passé de 1,59 million d’ha en 1990 à 1,13 million d’ha en 2015.

97  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de l’Ouganda à la CDB (Uganda National Environment Management Agency, 2014)
98  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de l’Ouganda à la CDB, ainsi que dans son deuxième SPANB (Republic of Uganda,
2016; Uganda National Environment Management Agency, 2014).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 135


Figure 8.43 : Résumé de l’Ouganda

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
42,72 3,70 241,60 27,48 6,10
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées : Aires protégées et de conservation d’Ouganda par


catégorie de gestion de l’UICN
712 couverture terrestre
aires 39 059 km2
Ne s’applique pas (4)
protégées Non rapportée (673)
VI. Aire protégée avec utilisation durable
Source : UNEP-WCMC et IUCN, (2019w)
des ressources naturelles (13)
IV. Aire de gestion habitats / espèces (1)
III. Monument naturel (11)
II. Parc national (10)
19 000 espèces de flore et de faune Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019w).

380 espèces de 1 000 espèces 150 espèces 98 espèces 5 000 espèces


mammifères d’oiseaux de reptiles d’amphibiens végétales

Couverture des aires protégées en Ouganda Désignations nationales des aires protégées et de
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée conservation en Ouganda
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nº Superficie
Terrestres et eaux 16,06% 0,80% (km2)
intérieures Sanctuaire 1 187
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Parc national 10 11 251
Source : Uganda National Environment Management Agency (2014); UNEP-WCMC et
IUCN (2019w). Réserve de faune sauvage 12 8 461
Aire communautaire de 5 4 239
Aires protégées et de conservation désignées gestion de la faune
comme sites d’importance mondiale en Ouganda Réserve forestière 661 12 342

Désignation mondiale Nombre de Sanctuaire de faune sauvage 7 554


sites Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019w).

Réserves de biosphère de l’UNESCO 2


Patrimoine Mondial de l’UNESCO 2
Aires prioritaires pour la conservation
(naturel ou mixte)
Zones humides d’importance internationale 12
(sites Ramsar)
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b).
4 sites 34 sites 33 sites
Sites de l’Alliance Zones importantes Zones clés pour
pour une extinction pour les oiseaux la biodiversité
Aires protégées et de conservation d’Ouganda par
zéro et la biodiversité
type de gouvernance de l’UICN
Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International (2019b, 2019c).

Non rapporté (13)


A.Gouvernance par le gouvernement (699)

Source : UNEP-WCMC et IUCN ((2019w).

136 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.44 : Aires protégées d’Ouganda

0 100 200

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

Pressions et menaces99
L’Ouganda fait face à de nombreuses menaces pour sa biodiversité,
dont la plus grave est la perte et la dégradation de ses habitats.
L’empiétement excessif est répandu et les conflits homme-faune
sont un problème permanent et croissant. Le braconnage et le
commerce illicite d’espèces sauvages constituent également un
grave problème, tout comme les pratiques de pêche destructrices.
Les espèces exotiques envahissantes constituent des menaces
particulières pour certains écosystèmes.

Le taux élevé de croissance démographique et le développement


rapide de l’Ouganda pèsent sur les habitats naturels restants dans
le pays. Des niveaux élevés de pauvreté font que les personnes
dépendent toujours des ressources naturelles pour leur survie.

99 Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de l’Ouganda à la CDB, ainsi que son deuxième SPANB (Republic of Uganda, 2016;
Uganda National Environment Management Agency, 2014).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 137


© Grégoire Dubois, Éléphants d’Afrique, Parc national Queen Elizabeth, Ouganda

138 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Wilderness Safaris, Parc national de Kafue, Zambie

8.23 Zambie Contexte politique


Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la
Aires protégées et de conservation de Zambie100 gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été
réalisé par le programme BIOPAMA. Il a recensé 79 lois et politiques
La Zambie compte 635 aires protégées couvrant 286 161 km2 pertinentes en Zambie (Tessema, 2019).
d’écosystèmes terrestres (UNEP-WCMC et IUCN, 2019x).

Pays enclavé et forestier d’Afrique australe, les agroécosystèmes Espèces clées101


et les zones humides de Zambie sont les écosystèmes les plus La Zambie abrite plus de 12 500 espèces, dont près de 200 ont été
importants pour l’économie nationale et les moyens de subsistance évaluées comme menacées par la Liste rouge de l’UICN. Près de
ruraux. À ce jour, la conservation de la biodiversité a été entreprise 4 000 espèces végétales et 563 microorganismes ont été recensés.
grâce à la gestion du système existant d’aires protégées et à la 224 espèces de mammifères ont été observées, dont beaucoup
promotion de l’utilisation durable des ressources naturelles dans sont économiquement importantes pour la chasse et le tourisme,
les zones ouvertes. ainsi que 490 espèces de poissons. La Zambie abrite également
Les principaux changements dans le statut des parcs nationaux, plus de 750 espèces d’oiseaux, un chiffre relativement élevé pour
des réserves forestières et du système d’aires protégées de gestion un pays enclavé dominé par un seul biome.
du gibier depuis 2009 ont été la création d’un nouveau parc
Pressions et menaces102
national à Lusaka, le déclassement de certaines réserves forestières
et l’identification des lacunes de représentation des espèces Les écosystèmes zambiens sont confrontés à des menaces
végétales et animales dans les parcs nationaux et les aires de majeures, dont le déclassement des réserves forestières,
gestion du gibier existants, le plan de conservation par reclassement principalement à des fins minières, la déforestation et la dégradation
guidant les actions de conservation, dans la mesure du possible. des habitats, les empiétement humains excessifs dans les aires
protégées, les feux de brousse tardifs incontrôlés, la surexploitation
Aires protégées et de conservation transfrontières de certaines espèces d’arbres ainsi que de mammifères pour la
La Zambie comprend une partie de six aires de conservation viande de brousse et le commerce illégal d’espèces sauvages, la
transfrontières, à savoir l’ACT du Kavango-Zambèze, l’ACT des surpêche des écosystèmes d’eau douce, la pollution liée à
plaines de Liuwa-Mussuma, l’ACT du Bas Zambèze-Mana Pools, l’agriculture, l’exploitation minière et autres activités industrielles,
l’ACT Malawi-Zambie, le site transfrontalier du Patrimoine mondial et les espèces exotiques envahissantes.
de Mosi-oa-Tunya / Chutes Victoria, et l’ACT ZIMOZA.

100  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans les cinquième et sixième Rapports nationaux de la Zambie à la CDB (Republic of Zambia, 2015; 2019).
101  Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national de la Zambie à la CDB (Republic of Zambia, 2015).
102  Ibid.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 139


Figure 8.45 : Résumé de la Zambie

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
17,35 2,90 752,60 26,72 3,80
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées et de conservation de Zambie par


Aires protégées :
catégorie de gestion de l’UICN
635 couverture terrestre Ne s’applique pas (1)
aires 286 161 km2 Non rapportée (562)
protégées VI. Aire protégée avec utilisation durable
des ressources naturelles (36)
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019x) IV. Aire de gestion habitats / espèces (1)
III. Monument naturel (16)
II. Parc national (19)

Plus de 12 500 espèces Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019x).

4 000 espèces 224 espèces de 490 espèces de 750 espèces


végétales mammifères poissons d’oiseaux

Couverture des aires protégées en Zambie Désignations nationales des aires protégées et de
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée
conservation en Zambie
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nº Superficie
Terrestres et eaux 37,87% 37,80% (km2)
intérieures Aires de conservation* 1 Information non
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité disponible
Source : Republic of Zambia (2019); UNEP-WCMC et IUCN (2019x).
Parc national 19 60 457

Aires protégées et de conservation désignées Monument naturel 16 74


comme sites d’importance mondiale en Zambie Aire de gestion de la chasse 34 140 447
Désignation mondiale Nombre de Réserve forestière 555 79 893
sites
Sanctuaire pour les oiseaux 1 127
Patrimoine Mondial de l’UNESCO 1
(naturel ou mixte) Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019x).
* Ce site n’est associé à aucune superficie dans la BDMAP
Zones humides d’importance internationale 8
(sites Ramsar)
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b).

Aires prioritaires pour la conservation

Aires protégées et de conservation de Zambie par


type de gouvernance de l’UICN

42 sites 6 sites
Non rapporté (586) Zones importantes pour les Zones clés pour
oiseaux et la biodiversité la biodiversité
A.Gouvernance par le gouvernement (49)
Source : BirdLife International (2019b, 2019b).

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019x).

140 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.46 : Aires protégées de Zambie

0 100 200

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

© Wilderness Safaris, Parc national du Bas Zambèze, Zambie

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 141


© Grégoire Dubois, Chutes Victoria, Zimbabwe

8.24 Zimbabwe Aires protégées et de conservation transfrontières

Aires protégées et de conservation du Zimbabwe103 Le Zimbabwe comprend une partie de sept aires de conservation
transfrontières, à savoir l’ACT de Chimanimani, le Parc
Le Zimbabwe compte 232 aires protégées couvrant 106 838 km2
transfrontalier et aire de conservation du Grand Limpopo, l’ACT du
(UNEP-WCMC et IUCN, 2019y).
Grand Mapungubwe, l’ACT du Kavango-Zambèze, l’ACT Bas
Le Zimbabwe possède une riche histoire de conservation de la Zambèze-Mana Pools, la site transfrontalier du Patrimoine mondial
biodiversité. Le pays a mis en place un vaste réseau d’aires de Mosi-oa-Tunya / Chutes Victoria, et l’ACT ZIMOZA.
protégées et adopté une législation pour la conservation et la
préservation strictes de certains sites, et une utilisation durable Contexte politique
dans d’autres. Son réseau d’aires protégées place le Zimbabwe
Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la
parmi les 50 premiers pays du monde en ce qui concerne la
couverture des aires protégées. La biodiversité est une base gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été
importante pour l’économie du Zimbabwe, et soutient les moyens réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 25 lois et politiques
de subsistance de la majorité de sa population. Le cadre politique pertinentes au Zimbabwe (Tessema, 2019).
et les stratégies élaborés au cours de la dernière décennie
reconnaissent l’importance de la conservation de la biodiversité Espèces clées104
pour le développement durable, et celle-ci a été intégrée à tous les
Le Zimbabwe abrite près de 6 000 espèces de plantes vasculaires,
secteurs.
dont 214 sont endémiques. 211 espèces sont considérées comme
Le gouvernement a mis en place le programme CAMPFIRE dans le menacées, mais il s’agit là d’un chiffre incomplet, car seulement
but de maximiser les options de subsistance des agriculteurs 10% des espèces ont été évaluées quant à leur statut de menace.
déplacés, en particulier ceux vivant dans des zones où la production Le Zimbabwe abrite également 670 espèces d’oiseaux, 270
agricole ne présente qu’un potentiel limité, en assurant une mammifères, 156 reptiles, 120 amphibiens et 151 espèces de
utilisation rentable, équitable et durable de la faune sauvage et
poissons. Les connaissances sur les microorganismes sont
autres ressources. Les projets CAMPFIRE impliquent les
limitées.
communautés dans la cogestion de la faune sauvage au sein de
zones communautaires.

103 Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le sixième Rapport national du Zimbabwe à la CDB (Republic of Zimbabwe, 2019).
104 Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national du Zimbabwe à la CDB, ainsi que dans son deuxième SPANB (Republic of Zimbabwe,
2014, 2015).

142 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 8.47 : Résumé du Zimbabwe

Population totale Démographie Superficie PIB (en milliards de Croissance du


(en millions) (% annuel) (en milliers de km2) USD actuels) PIB (% annuel)
14,44 1,40 390,80 31,00 6,20
Source : The World Bank Group, 2018.

Aires protégées et de conservation du Zimbabwe par


catégorie de gestion de l’UICN
Aires protégées : Ne s’applique pas (3)
Non rapportée (166)
232 couverture terrestre VI. Aire protégée avec utilisation durable
aires 106 838 km2
des ressources naturelles (19)
protégées V. Paysage terrestre / marin protégé (12)
IV. Aire de gestion habitats / espèces (19)
III. Monument naturel (2)
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019y) II. Parc national (10)

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019y).

120 amphibiens 151 espèces de 156 espèces de 270 mammifères 670 espèces
poissons reptiles d’oiseaux

Couverture des aires protégées au Zimbabwe Désignations nationales des aires protégées et de
Type d’aire protégée Aire protégée Aire protégée conservation au Zimbabwe
ou conservée* ou conservée** Désignation nationale Nº Superficie
Terrestres et eaux 27,21% 28,00% (km2)
intérieures Sanctuaire 11 6 660
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité
Source : Republic of Zimbabwe (2015); UNEP-WCMC et IUCN (2019y).
Parc national 11 26 896
Parc de loisirs 9 3 642
Aires protégées et de conservation désignées Monument national 1 7
comme sites d’importance mondiale au Zimbabwe Aire de gestion de la faune 104 39 376
sauvage
Désignation mondiale Nombre de
sites Réserve botanique 14 16
Réserve naturelle 1 17
Réserves de biosphère de l’UNESCO 1
Parc de loisirs 3 129
Patrimoine Mondial de l’UNESCO 2
(naturel ou mixte) Jardin botanique 3 6
Aire de safari 16 18 988
Zones humides d’importance internationale 7
(sites Ramsar) Forêt publique 43 9 341
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b). Forêt protégée 6 608
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019y).

Aires protégées et de conservation du Zimbabwe Aires prioritaires pour la conservation


par type de gouvernance de l’UICN

Non rapporté (232)


1 site 18 sites 6 sites
Sites de l’Alliance Zones importantes Zones clés pour
pour une extinction pour les oiseaux la biodiversité
zéro et la biodiversité
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019y).
Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International (2019b, 2019c).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 143


Figure 8.48 : Aires protégées du Zimbabwe

0 100 200

Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.

Pressions et menaces105
Les principales causes de perte de biodiversité au Zimbabwe sont
la perte et la dégradation des habitats dues à l’expansion agricole
non durable, le surpâturage, l’utilisation des arbres comme source
d’énergie, les dommages causés par les incendies, l’exploitation
minière et le développement d’infrastructures, les espèces
exotiques envahissantes et les changements climatiques. De
nombreux oiseaux, reptiles, amphibiens et mammifères sont
également directement menacés par l’exploitation illégale ou non
durable, pour le commerce illégal de viande de brousse. Les
niveaux élevés de pollution dans les systèmes aquatiques du
Zimbabwe ont également eu un impact important sur la biodiversité
du pays.

Ces menaces directes découlent des défis à long terme que


constituent la pauvreté, un développement économique incontrôlé
et le manque de capacités institutionnelles pour gérer durablement
les ressources naturelles.  

105   Ibid.

144 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Wilderness Safaris, Lycaon, Zimbabwe

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 145


© Wilderness Safaris

146 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Partie III - Gouvernance et
efficacité de la gestion

9 Gouvernance et
équité des aires
protégées
106

106 Jennifer Kelleher, du Programme mondial des aires protégées de l’UICN, et Phil
Franks, de l’IIED, ont apporté d’importantes contributions à ce chapitre.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 147


Les aires protégées sont la pierre angulaire des efforts mondiaux de processus plus justes (équité des procédures) (Franks et al.,
de conservation. Elles protègent la biodiversité, restaurent les 2018). Des données démontrent que l’amélioration de l’équité peut
paysages dégradés, fournissent des services écologiques et des contribuer à une conservation plus fructueuse et plus efficace de la
moyens de subsistance et restent un lieu de reconnexion avec la biodiversité (Oldekop et al., 2016).
nature. Cependant, les aires protégées ont également été l’objet de
Dans ce chapitre, deux points d’entrée distincts mais
préoccupations fréquentes quant à des résultats injustes pour les
interdépendants permettant d’aborder l’équité en matière de
personnes, y compris sur des questions de justice sociale et de
conservation seront examinés :
droits de l’Homme. Des rapports récents de Rapporteurs spéciaux
des Nations Unies ont mis en évidence l’ampleur de ces problèmes, (1) en améliorant la gouvernance au moyen d’évaluations de la
en particulier en ce qui concerne les peuples autochtones et les gouvernance permettent d’identifier les faiblesses à corriger et
communautés locales (ONU, 2016). les points forts à renforcer en matière de gouvernance ; et

Depuis le début des années 1980, ces questions ont été analysées (2) en augmentant les avantages et en réduisant les coûts au
par la communauté de la conservation à l’échelle internationale moyen d’évaluations sociales permettant de mieux comprendre
(McNeely et Miller, 1984), et notamment lors du Ve Congrès mondial les impacts positifs et négatifs des aires protégées sur le bien-
des parcs de l’UICN, en 2003 (UICN, 2005a; 2005b). En 2010, être des populations.
l’Objectif d’Aichi 11, adoptée par les 193 États Parties à la CDB, a
Le concept émergent des « zones de conservation » est un autre
déclaré que les aires protégées devaient être gérées de façon
moyen d’accroître l’équité en matière de conservation par zone. La
équitable d’ici 2020 (CDB, 2010b). Le mot « équité » traduit la
Section 2.3 du présent rapport aborde les zones de conservation
notion de justice, et la raison d’être de son incorporation à la
plus en détail, ainsi que la reconnaissance du concept par la CDB
conservation par zone est articulée dans le texte soutenant le
à travers l’expression « autres mesures de conservation efficaces
Programme de travail sur les aires protégées (PTAP) : « les aires
par zone » (AMCE).
protégées devront également être créées et gérées en étroite

9.1 Gouvernance des aires


collaboration avec les communautés autochtones et locales, et les
populations vulnérables, et par des processus équitables
reconnaissant et respectant leurs droits » (SBSTTA, 2010). Peu protégées
d’informations sont encore disponibles sur ses éléments de
La gouvernance est un concept puissant pour l’équité, les droits et
l’Objectif d’Aichi 11 (Gannon et al., 2019) du fait, à la fois, de la
les moyens de subsistance. En effet, l’équité en matière de
complexité du concept d’équité et de l’absence de systèmes
conservation est avant tout une question de gouvernance (Franks
d’évaluation adéquats.
et al., 2018).
Bien que peu de tentatives pour comprendre et évaluer l’équité en
matière de conservation aient vu le jour, des travaux substantiels
sur ces questions ont été entrepris dans le contexte similaire des Encadré 9.1 : Ayant-droits et parties
paiements pour services écosystémiques (McDermott et al., 2013). prenantes, quelle différence ?
Ces travaux concluent que l’équité peut être conceptualisée selon
Dans le contexte des aires protégées et de conservation,
trois dimensions fondamentales : reconnaissance, procédure et
le terme « ayant-droit » désigne les acteurs socialement
répartition.
dotés de droits légaux ou coutumiers en relation avec les
Dans le contexte de la conservation des aires protégées, les trois terres, l’eau et les ressources naturelles.
dimensions de l’équité peuvent être interprétées comme suit :
Les parties prenantes, quant à elles, possèdent des
• La reconnaissance fait référence à la reconnaissance et au intérêts directs ou indirects en relation avec les
respect des droits et de la diversité des identités, des valeurs, ressources naturelles, mais ne disposent pas
des systèmes de connaissances et des institutions des ayant-
nécessairement de droits légaux ou sociaux sur celles-ci
droits et des parties prenantes (voir également l’Encadré 9.1).
(Borrini-Feyerabend et al., 2014).
• La procédure fait référence à la transparence, à la responsabilité
et à l’inclusivité de la prise de règles et de décisions.
• La répartition fait référence à l’atténuation des coûts affectant La définition de l’UICN de la gouvernance adopte une perspective
les communautés autochtones et locales, et au partage dynamique : aborder la gouvernance ne consiste pas seulement à
équitable des avantages découlant de la gestion des aires comprendre qui prend les décisions, mais va au-delà de cela pour
protégées (Schreckenberg et al., 2016). prendre en compte les interactions entre les structures, les
processus et les traditions qui déterminent comment le pouvoir et
Sur la base de ce cadre, les Parties à la CDB ont adopté des
les responsabilités sont exercés, comment les décisions sont
Directives volontaires sur l’équité lors de la CDP14, en novembre
prises et comment les citoyens et autres parties prenantes ont leur
2018, censées s’appliquer à n’importe quel contexte de conservation
mot à dire (Borrini-Feyerabend et al., 2014).
de la nature et de développement durable (CDB, 2018).
Dans le contexte des aires protégées, la gouvernance se préoccupe
L’amélioration de l’équité augmente la contribution des aires
de savoir qui prend les décisions, comment ces décisions sont
protégées au bien-être humain, à la fois en augmentant et en
prises et dans quelle mesure elles sont appropriées, adaptatives et
partageant plus équitablement les avantages et en réduisant les
équitables pour toutes les parties concernées. Cela est essentiel
coûts (équité dans la répartition), mais également par la contribution
car la gouvernance doit tenir compte d’une foule de facteurs, de la
directe au bien-être subjectif d’une reconnaissance et d’un respect
diversité des acteurs aux différents processus et phénomènes qui
plus forts des parties prenantes (équité dans la reconnaissance) et

148 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Wilderness Safaris

conduisent à la prise de décisions. Il s’agit également de déterminer (UNEP-WCMC et IUCN, 2019b). Cependant, de nombreuses aires
qui a le mandat et les ressources nécessaires pour prendre des protégées existantes sont enracinées dans une forme ou une autre
décisions, et qui devrait être tenu responsable de ces décisions. de modalités de gouvernance locale, par des communautés dans
Un mandat de gouvernance peut être légitimé par une leurs propres aires de conservation ou par le biais d’initiatives
reconnaissance de jure (juridique), comme dans le cas d’une privées. En plus des aires protégées gérées par les gouvernements,
agence gouvernementale chargée des aires protégées, ou par une il existe des aires protégées établies par des peuples autochtones,
reconnaissance de facto, lorsque certains acteurs sont considérés des communautés locales, des particuliers, des opérateurs
comme prenant légitimement des décisions (par exemple, une d’écotourisme ou autres. Comme pour les six catégories de gestion
communauté adoptant ses propres règles d’interdiction de pêche des aires protégées, allant de réserves naturelles intégrales
pour des motifs de restauration). Voir l’Encadré 9.2. (Catégorie Ia) à des paysages terrestres et marins protégés en vue
d’une utilisation durable des ressources naturelles (Catégorie VI),
La gouvernance doit être distinguée de la gestion, bien que les
l’UICN et la CDB encouragent également la pleine reconnaissance
deux termes soient étroitement liés. Là où la gestion concerne les
de la diversité des types de gouvernance dans les systèmes
activités entreprises pour atteindre certains objectifs, tels que les
nationaux d’aires protégées. À cet égard, quatre grands types de
activités et les ressources décrites dans un plan de gestion, la
gouvernance sont reconnus pour les aires protégées (voir le Tableau
gouvernance concerne les acteurs ayant décidé d’élaborer ce plan
9.1), représentant entre eux un éventail complet de la diversité de la
de gestion et les considérations ayant été prises pour cela. La
gouvernance dans les systèmes d’aires protégées (Belle et al., 2015;
gouvernance est couramment discutée et de plus en plus évaluée
Borrini-Feyerabend et al., 2014; CDB, 2004 et 2010a; Dudley, 2008).
selon deux dimensions : la diversité de la gouvernance (ou type de
gouvernance) et la qualité de la gouvernance (ou bonne Sur tout le continent africain, la plupart des aires protégées sont
gouvernance). gérées par les gouvernements (type A), bien que les types B et C
soient également représentés, même s’ils ne sont pas toujours
9.1.1 Diversité de la gouvernance rapportés ou bien compris (UNEP-WCMC, 2019a; UNEP-WCMC &
IUCN, 2019a). Les aires protégées vont de parcs nationaux gérés
La diversité de la gouvernance vise à reconnaître le large éventail
par les gouvernements à des aires protégées partagées,
d’acteurs de la gouvernance, de jure ou de facto, détenant une
gouvernées conjointement par des organismes publics et des
responsabilité et une autorité en matière d’aires protégées. À ce jour,
communautés, en passant par des réserves privées et des
la plupart des aires protégées de la région ont été établies par les
partenariats public-privé entre gouvernements et entreprises
gouvernements des États au moyen de lois et de politiques à
privées ou ONG. La quatrième catégorie, ou Type D, peut-être
l’échelle nationale. Cela se reflète dans les données de la BDMAP

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 149


Tableau 9.1 : Types de gouvernance de l’UICN pour les aires protégées
Type de gouvernance Sous-types
Type A : Gouvernance par un gouvernement • Ministère ou agence nationale des aires protégées
• Agence infranationale (à tous les niveaux)
Type B : Gouvernance partagée • Modalités de gouvernance transfrontalière
• Gouvernance collaborative (par le biais de diverses façons de travailler ensemble
avec divers acteurs et institutions)
• Gouvernance conjointe (conseil pluraliste ou autre organe directeur multipartite)
Type C : Gouvernance privée • Propriétaires fonciers individuels
• Entités religieuses
• Organisations à but non lucratif ou à but lucratif
Type D : Gouvernance par les peuples • Aires et territoires du patrimoine autochtone et communautaire, établies et gérées
autochtones et / ou les communautés locales par des peuples autochtones
(souvent appelées APAC ou territoires de vie) • Aires communautaires de conservation : établies et gérées par des communautés
locales
Source : Borrini-Feyerabend et al. (2014).

moins bien comprise mais présentant un grand potentiel, est celle l’équité (Schreckenberg et al., 2016), bien que ceci ne garantisse
des aires du patrimoine autochtone et communautaire (APAC). Les pas que toutes ces aires protégées soient gérées de manière
APAC sont reconnues non seulement par la CDB, mais également équitable ou efficace.
par d’autres politiques et accords internationaux, et sont
À l’échelle des sites, d’autres préoccupations apparaissent
étroitement liées aux instruments des Nations Unies sur les droits
également, telles que :
de l’Homme et les peuples autochtones. Les APAC peuvent être
• Comment les décisions sont-elles prises au sujet de l’aire
comptabilisées dans les statistiques nationales concernant
protégée ?
l’Objectif d’Aichi 11 en vertu des dispositions relatives aux AMCE.
• Ces décisions sont-elles équitables ?
Les Aires marines gérées localement (AMGL) représentent un
• Quelles valeurs guident ces décisions ?
modèle de gouvernance établi et géré grâce à une forte implication • À quel point la prise de décision est-elle transparente ?
des communautés et des autorités locales (voir l’Encadré 9.3), et • Les ayant-droits (ceux disposant d’un droit légal ou coutumier
peuvent également être reconnues comme aires protégées ou sur la terre et les ressources) sont-ils impliqués ?
AMCE. • Les parties prenantes (ceux possédant un intérêt direct ou
Sur le plan politique, le PTAP (CDB, 2004) a appelé les Parties à la indirect) ont-elles été impliquées ?
CDB à : À partir de ces questions, et en s’appuyant sur les principes des
• soutenir des types innovants de gouvernance pour les aires Nations Unies pour une bonne gouvernance (Graham et al., 2003),
protégées (voir l’Encadré 9.3 pour un exemple au Zimbabwe) ; un sentiment de qualité de la gouvernance, parfois appelé bonne
• les reconnaître dans la législation nationale ou par d’autres gouvernance (Tableau 9.2) commence à se développer.
moyens efficaces ;
• rechercher l’équité et l’efficacité en matière de conservation, Les principes de bonne gouvernance offrent des moyens de mettre
tout en élargissant la couverture ; en œuvre des approches fondées sur les droits et d’aborder les
• intensifier les efforts de restauration ; et questions d’équité et d’égalité hommes-femmes, ainsi que
• impliquer les connaissances, les compétences et les institutions d’inclusion des groupes marginalisés. À ce titre, la bonne
autochtones et traditionnelles. gouvernance habilite les ayant-droits et autres parties prenantes,
permettant une meilleure intégration des aires protégées dans le
Il est essentiel de noter qu’il n’existe pas de modalité de
paysage local et les préoccupations plus générales de la société
gouvernance universelle ou « meilleure » dans un contexte donné.
(voir l’Encadré 9.5).
Il est plus réaliste d’analyser dans quelle mesure ces modalités
seront appropriées, légitimes et utiles dans différentes Ensemble, la diversité et la qualité de la gouvernance sont les
circonstances. Une modalité de gouvernance pour une aire pierres angulaires de l’équité dans la conservation des aires
protégée donnée ne peut être considérée comme appropriée que protégées et de l’efficacité à long terme de la conservation de la
lorsqu’elle est adaptée à son contexte historique et social, et biodiversité (de Koning et al., 2016; Eklund et Cabeza, 2017;
qu’elle est efficace pour produire des résultats durables de Gutiérrez et al., 2011; Schultz et al., 2015; Stoll-Kleeman et al.,
conservation et des avantages en matière de moyens de 2006).
subsistance. Tous les principes de qualité de la gouvernance
Les rapports sur la diversité et la qualité de la gouvernance à l’aide
énoncés à la Section 9.1.2 devraient s’appliquer à n’importe quel
d’évaluations de la gouvernance constituent aujourd’hui un intérêt
site, quel que soit le type de gouvernance, bien que le niveau de
majeur au sein de la communauté de la conservation (voir la
participation des parties prenantes et des ayant-droits puisse
Section 9.4).
varier.

9.1.2 Qualité de la gouvernance


Encourager la gamme complète de types de gouvernance dans un
contexte national est l’une des principales conditions favorables à

150 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Encadré 9.2 : Relancer la conservation marine grâce à la gestion locale de la pêche
À Andavadoaka, Madagascar, les fermetures volontaires et Des études sur l’efficacité des mesures d’interdiction temporaire
temporaires des zones de pêche au poulpe sont utilisées de pêche au poulpe ont montré que celles-ci peuvent améliorer
comme point d’entrée pour la conservation communautaire. les captures et les revenus, les débarquements de poissons
Les fermetures couvrent généralement 25% de la zone de provenant de sites de pêche soumis à une interdiction
pêche globale au poulpe d’une communauté et restent en temporaire augmentant de plus de 700% dans le mois suivant
vigueur pendant 2 à 3 mois chaque fois. Il existe des preuves la levée de l’interdiction, et augmentant les captures par
convaincantes que ce système améliore les rendements de pêcheur et par jour de près de 90% sur la même période. À
pêche et les revenus locaux, renforçant ainsi le soutien à la Madagascar, le succès des interdictions précoces a conduit
protection des ressources naturelles par le biais d’aires marines d’autres communautés à suivre l’exemple, et plus de 270
gérées localement (AMGL), des sites où la gestion des interdiction temporaires ont été mises en place à ce jour. Leur
ressources marines est, au moins en partie, sous contrôle adoption augmente chaque année, non seulement à
communautaire. Les AMGL utilisent souvent des stratégies de Madagascar, mais également dans d’autres pays de la région.
gestion marine, telles que des interdictions des pratiques de L’approche a également été reproduite pour la pêche artisanale
pêche destructrices et des zones d’interdiction permanentes au crabe de palétuvier et à la langouste. Suite à la mise en place
imposées par les communautés. réussie des interdictions temporaires de pêche, les
communautés de pêcheurs de Madagascar se sont regroupées
Parmi les défis rencontrés dans la région figurent les
pour créer plus de 190 associations de gestion et 70 AMGL
changements climatiques, la surpêche, la pauvreté et l’insécurité
interdisant les pratiques de pêche destructrices. MIHARI, le
alimentaire côtières croissantes, ainsi que le manque
réseau d’AMGL de Madagascar, couvre aujourd’hui plus de
d’incitations à la conservation. De nombreux efforts de
17% des fonds marins de l’île, et bénéficie de soutiens aux plus
conservation marine échouent. La déclaration descendante de
hauts niveaux du gouvernement. À la fin de 2017, les travaux de
vastes zones d’interdiction définitive de la pêche met trop
Blue Ventures à Madagascar amélioraient la vie de plus de
souvent la conservation en contradiction avec les besoins des
200 000 personnes. L’impératif est maintenant de répliquer
communautés côtières, au détriment des personnes tributaires
cette approche fructueuse dans d’autres communautés côtières
de la pêche pour leur subsistance. Pour de nombreuses
de l’océan Indien.
communautés côtières tropicales, renoncer à la pêche dans les
aires protégées représente un sacrifice économique Contribution de Rupert Quinlan (Blue Ventures, Madagascar).
extrêmement grave et un coût d’opportunité important.

© Blue Ventures

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 151


9.2 Bonne gouvernance et Liste préoccupations et intérêts de chacun, tout en promouvant le
respect mutuel entre tous les acteurs.
verte de l’UICN des aires Le deuxième critère de la composante de bonne gouvernance de
protégées et de conservation l’UICN vise à faire en sorte que l’autorité dirigeante soit tenue
responsable devant le public en tant que décideur, et que les
Comme décrit dans la Section 2.4, la norme de la Liste verte de
personnes sachent qui est responsable de l’accomplissement des
l’UICN des aires protégées et de conservation (norme de la Liste
différentes responsabilités à différents niveaux. L’objectif est de
verte de l’UICN) est la nouvelle norme internationale de durabilité
maintenir l’intégrité et l’engagement de tous les décideurs, tout en
permettant de comparer les aires protégées et de conservation en
veillant à ce que les moyens d’exiger des comptes soient
termes d’efficacité et d’équité (Hockings et al., 2019).
accessibles à tous.
La norme de la Liste verte de l’UICN décrit un ensemble cohérent
Le troisième et dernier critère concerne la vitalité de la gouvernance.
de 17 critères à l’échelle mondiale, classés en quatre composantes,
Il analyse dans quelle mesure la planification et la gestion s’appuient
accompagnés de 50 indicateurs concernant les aires protégées et
sur les meilleures connaissances disponibles dans le contexte
de conservation, pour une conservation réussie à l’échelle des
social et écologique du site, et utilisent un cadre de gestion
sites. La première composante de la norme est axée sur la bonne
adaptative qui anticipe, apprend et réagit. En particulier, le critère
gouvernance ou qualité de la gouvernance.
vise à déterminer s’il existe des procédures permettant de s’assurer
Les sites candidats s’engageant volontairement à rejoindre le que les résultats du suivi guident les décisions de gestion. Cela
programme de la Liste verte de l’UICN analyseront d’abord le peut inclure le fait que la gestion tienne compte de changements
critère de la composante de bonne gouvernance de l’UICN, qui historiques qui aideront à guider les projections futures de
concerne la légitimité et la voix. Cela vise à garantir qu’une autorité conditions sociales, écologiques et climatiques. Il analyse la
de gouvernance équitable, fonctionnelle et légitime soit en place, réceptivité des décisions aux questions soulevées par les ayant-
et qu’elle tienne compte des voix et intérêts de tous les ayant- droits et les parties prenantes. Un exemple de déploiement de la
droits locaux et parties prenantes concernés de manière Liste verte de l’UICN est présenté dans l’Encadré 9.6.
significative. L’évaluation commence par l’autorité de gouvernance
elle-même et examine la légitimité de l’autorité et son 9.3 Mesurer et évaluer la
fonctionnement. Par la suite, la norme vise à garantir le maintien gouvernance
d’un dialogue actif avec tous les ayant-droits et toutes les parties
prenantes, et en particulier les femmes. L’accent est mis sur la Les approches d’évaluation de la gouvernance vont de processus
recherche de solutions répondant, au moins en partie, aux d’évaluation et évaluation rapides à des processus d’évaluation

Encadré 9.3 : La diversité de la gouvernance en pratique - établir des zones marines gérées
localement pour lutter contre le déclin des poissons à Kuruwitu, sur la côte nord du Kenya
L’Association pour la conservation et le développement de l’égard de la pêche de subsistance, entraînant une diminution
Kuruwitu (KCWA, selon ses sigles en anglais) a été créée en de la pression sur les zones de pêche. Les stocks de poissons
2003 par des membres de la communauté préoccupés par la se sont considérablement améliorés au sein de l’AMGL, et un
dégradation de leur océan. Sur la côte nord du Kenya, la rapport indépendant montre une augmentation considérable
surpêche et les effets des changements climatiques de la biomasse halieutique et de la biodiversité de la vie marine
constituaient des défis urgents à aborder, avant que dans la région. Cela a permis d’augmenter les captures de
l’écosystème marin ne soit irrémédiablement endommagé. Les poissons dans les zones de pêche voisines et d’améliorer les
pêcheurs et résidents concernés, qui se souvenaient de la moyens de subsistance. Les tortues et leurs nids dans la région
santé et de la productivité marine dans le passé, estimaient sont protégés par un système d’indemnisation communautaire.
qu’il était nécessaire d’agir avant qu’il ne soit trop tard. En Des communautés provenant de la côte ainsi que d’autres
2005, ils prirent l’initiative sans précédent d’établir une AMP de pays voisins visitent Kuruwitu pour voir notre salle de classe
30 hectares. Il s’agissait de la première aire marine corallienne vivante. Au moins 20 autres projets similaires ont été lancés par
gérée localement (AMGL) au Kenya. Douze ans plus tard, la d’autres communautés côtières, inspirées par la KCWA.
région a connu une récupération remarquable. La pêche étant
La KCWA a démontré l’importance de la participation
interdite à l’intérieur de l’APM, les poissons ont augmenté en
communautaire aux plans de gestion des ressources naturelles,
abondance, en taille et en diversité. La pêche s’est améliorée et
un principe qui a influencé un changement de politique de
des entreprises génératrices de revenus alternatifs ont été
l’État vers les communautés locales. Kuruwitu a été choisi pour
mises en place. Kuruwitu est devenu un modèle de conservation
piloter une initiative de cogestion en collaboration avec
marine durable, la KCWA partageant régulièrement ses
diverses parties prenantes, couvrant une superficie d’environ
connaissances avec d’autres communautés côtières locales et
100 km2. Il s’agit de l’un des premiers systèmes de gestion
régionales.
collaborative de ce type sur la côte kényane, et constituera un
Le développement d’initiatives durables non basées sur la précédent.
pêche, telles que l’artisanat, la fabrication de meubles,
Contribution de Des Bowden (Association pour la conservation
l’apiculture et la confection textile, a réduit la dépendance à
et le développement de Kuruwitu).

152 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Grégoire Dubois

Encadré 9.4 : Cogestion du Parc national de Gonarezhou


Le Parc national de Gonarezhou est le deuxième plus grand Les principaux aspects de la fiducie incluent :
parc national du Zimbabwe, avec une superficie de 5 053 km². - gestion par un Conseil d’administration, dans lequel la
Il fait partie du parc transfrontalier du Grand Limpopo (GLTP, ZPWMA et la FZS sont représentées à parts égales ;
selon ses sigles en anglais), qui comprend le Parc national - gestion décentralisée, dont le siège social est situé dans le
Kruger en Afrique du Sud et le Parc national du Limpopo au parc ;
Mozambique, couvrant une superficie combinée de 36 000 km². - responsabilité de tous les frais de gestion ;
En 2007, l’Autorité de gestion des parcs et de la faune du - directement en charge de tout le personnel ;
Zimbabwe (ZPWMA, selon ses sigles en anglais) s’est - priorité affirmée sur l’emploi local et l’établissement de
associée à la Société zoologique de Francfort (FZS, selon ses relations significatives avec les communautés ;
sigles en anglais) pour créer le Projet de conservation de - rétention de tous les revenus touristiques et contrôle de la
Gonarezhou, fournissant une assistance financière et planification et du développement du tourisme.
technique aux opérations de la ZPWMA sur le terrain. Malgré L’un des défis fut de surmonter une certaine méfiance à
d’importants succès en matière de protection et de l’échelle locale et nationale, découlant de la perception que la
conservation générale du Parc, on estimait toujours que le gestion d’un bien national zimbabwéen avait été externalisée.
potentiel de celui-ci n’était pas réalisé et que le modèle de Il fallut mettre en place des structures relevant auparavant
gestion en place à l’époque n’était pas suffisamment axé sur directement de la ZPWMA au niveau du parc (telles que la
les possibilités et les menaces spécifiques que présente ce gestion des ressources humaines ou du tourisme), et établir
paysage complexe. La viabilité financière à long terme n’était une base de financement durable nécessaire pour couvrir
pas prise en compte, les effectifs du personnel étaient tous les coûts de gestion.
insuffisants pour mener à bien des projets clés sur la
La fiducie a :
biodiversité, tels que la réintroduction du rhinocéros noir, et
les relations avec les communautés voisines étaient limitées - investi massivement dans l’application de la loi, réduisant
et conflictuelles. ainsi considérablement les niveaux de braconnage ;
- lancé un modèle novateur d’engagement communautaire,
La situation a conduit à une analyse du partenariat en 2013, le « Mphfuka » (pèlerinage), basé sur le fait que les
aboutissant à la création du Gonarezhou Conservation Trust communautés sont un élément clé de l’économie centrée
(Fiducie de conservation du Ghanorezhou) en 2017, une entité sur la conservation ; et
spécifiquement mandatée et un modèle de cogestion entre la - commencé à redéfinir son offre touristique dans le but de
ZPWMA et la FZS. Le Gonarezhou Conservation Trust est faire en sorte que le tourisme profite à la conservation et
chargé de la gestion quotidienne et du développement du aux communautés, et non l’inverse.
Parc national de Gonarezhou pour les 20 prochaines années.
Grâce aux avancées réalisées non seulement dans
La création de la fiducie s’appuie sur la réputation de l’Autorité
l’application de la loi, mais également dans les relations avec
zimbabwéenne de la faune sauvage en tant qu’entité
les communautés, ainsi qu’à la présence croissante de
progressiste et à la recherche de solutions innovantes, telles
touristes dans le parc, les principaux problèmes ayant motivé
que la création de CAMPFIRE dans les années 1980, qui
la création de la fiducie sont progressivement abordés.
impliquait directement les communautés dans la gestion de la
faune sauvage et introduisait le partage des avantages. Contribution d’Elsabé van der Westhuizen (Société zoologique
de Francfort).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 153


Encadré 9.5 : Travailler avec les communautés en faveur de la conservation
Le Fonds Peregrine (FP) a commencé ses travaux à centrale de protection à l’intérieur des lacs, une limite au nombre
Madagascar en 1990. Les objectifs du programme dans le de pêcheurs et un campement temporaire pour ceux-ci.
pays sont la conservation des espèces endémiques
En outre, un programme de moyens de subsistance alternatifs
menacées, en particulier les oiseaux de proie, les oiseaux
a été développé pour fournir un soutien scolaire et du matériel
aquatiques et autres éléments de la biodiversité, afin
aux activités agricoles. En étroite collaboration avec les
d’empêcher l’extinction de ces espèces et de préserver leurs
agences régionales, des activités de renforcement des
habitats. Le FP se concentre sur le renforcement des
capacités ont été organisées à l’intention des communautés
capacités nationales en matière de conservation de la
dans le domaine de la gestion de la pêche et des forêts.
biodiversité pour les professionnels, les étudiants et les
communautés locales. Le FP a travaillé en étroite collaboration avec les membres
des associations locales pour faciliter la gestion et la
Depuis 1991, le FP travaille dans la zone humide de
surveillance du programme de reboisement. Chaque année,
Manambolomaty (un site Ramsar), entourée d’une forêt
grâce à ce programme, les membres ont planté des semis. Le
tropicale sèche typique de l’ouest de Madagascar. La région
programme a fourni des canoës en fibre aux pêcheurs, dans
abrite de nombreux oiseaux d’eau, dont plus de 12% de la
le but de réduire l’abattage de grands arbres pour la fabrication
population mondiale de pygargue de Madagascar (Haliaeetus
de canoës en bois.
vociferoides), une espèce de rapace en danger critique
d’extinction, endémique de Madagascar. Dans les années Aujourd’hui, la communauté locale est convaincue de
1990, la surpêche sur ce site menaçait la population de l’importance des ressources naturelles pour les générations
pygargues de Madagascar, entraînant la nécessité d’un futures. Très peu d’arbres ont été extraits de l’aire protégée et
processus de gestion de la zone, afin de protéger les espèces la communauté reste active dans la plantation de nouveaux
d’oiseaux en danger critique d’extinction et autres éléments arbres. Les revenus de la gestion de la pêche ont augmenté,
de biodiversité, ainsi que pour améliorer les moyens de les enfants peuvent aller à l’école, et les activités agricoles et
subsistance des communautés locales. d’élevage sont plus lucratives.

Depuis 2001, le FP travaille en étroite collaboration avec les Après 18 ans de collaboration avec les communautés locales,
associations locales pour gérer les lacs et la forêt environnante. cette aire protégée est considérée comme un site important
Des réunions avec les parties prenantes (chefs de villages, pour la conservation communautaire à Madagascar.
autorités locales et communautés) ont été organisées. À partir
de ces réunions, une feuille de route pour la gestion des Contribution de Lily-Arison René de Roland (Fonds Peregrine,
ressources naturelles a été élaborée. Elle comprenait des Madagascar).
périodes d’ouverture et de fermeture de la pêche, une zone

© Lily Arison de Roland © Lily Arison de Roland

154 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Wilderness Safaris

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 155


Tableau 9.2 : Principes de bonne gouvernance de l’UICN pour les aires protégées

Principes Considérations relatives aux principes


Légitimité et • Établir et maintenir des institutions de gouvernance qui bénéficient d’une large acceptation et reconnaissance
voix par la société.
• S’assurer que tous les ayant-droits et autres parties prenantes concernés reçoivent des informations
pertinentes et en quantité suffisantes, qu’ils puissent être représentés, et qu’ils aient leur mot à dire lors des
consultations et/ou des prises des décisions.
• Encourager l’engagement actif des acteurs sociaux pour appuyer les aires protégées, tout en faisant respecter
la diversité et l’équité hommes-femmes.
• Fournir un appui particulier aux groupes les plus vulnérables, tels que les peuples autochtones, les femmes et
les jeunes, et prévenir toute forme de discrimination basée sur l’appartenance ethnique, le genre, la classe
sociale, les biens financiers, etc.
• Maintenir un dialogue actif et rechercher un consensus sur des solutions qui répondent, au moins en partie,
aux préoccupations et aux intérêts de tous.
• Promouvoir un respect mutuel entre tous les ayant-droits et autres parties prenantes.
• Honorer les règles convenues, respectées parce qu’elles sont la « propriété » des personnes mêmes, et non
pas uniquement par crainte d’une punition ou d’une répression.
• Attribuer, autant que possible, l’autorité et la responsabilité de la gestion aux institutions compétentes les plus
proches des ressources naturelles (subsidiarité).
Direction • Développer et suivre une vision stratégique attrayante et cohérente (perspective générale à long terme) pour
les aires protégées et leurs objectifs de conservation, fondée sur des valeurs convenues et une appréciation
des complexités écologiques, historiques, sociales et culturelles propres à chaque contexte.
• Veiller à ce que les pratiques de gouvernance et de gestion pour chaque aire protégée soient conformes aux
valeurs convenues.
• Veiller à ce que les pratiques de gouvernance et de gestion soient compatibles et bien coordonnées avec les
plans et politiques d’autres secteurs et échelons au sein du paysage terrestre/marin plus général, et qu’elles
respectent les obligations nationales et internationales (y compris du PTAP de la CDB).
• Fournir des orientations politiques claires quant aux enjeux principaux concernant l’aire protégée et, en
particulier, les questions sensibles (p.ex. priorités de conservation, relations avec les intérêts commerciaux et
les industries extractives), et s’assurer que ces orientations soient cohérentes avec les allocations budgétaires
ainsi qu’avec les pratiques de gestion.
• Évaluer et guider les progrès sur la base des résultats d’un suivi régulier et d’une approche consciencieuse de
gestion adaptative.
• Favoriser l’émergence de « champions » pour générer de nouvelles idées et permettre / promouvoir
soigneusement des tentatives d’innovations, y compris des innovations en matière de gouvernance et de
gestion des aires protégées.
Performance • Atteindre les objectifs de conservation et autres objectifs comme prévu et suivi, y compris par une évaluation
continue de l’efficacité de la gestion.
• Promouvoir une culture d’apprentissage des politiques et de la pratique de la gouvernance des aires
protégées sur la base de mécanismes, d’outils et de partenariats favorisant l’apprentissage collaboratif
continu et le partage des expériences.
• S’engager dans le plaidoyer et la sensibilisation en faveur des aires protégées.
• Répondre aux besoins des ayant-droits et autres parties prenantes, notamment en fournissant, en temps et en
heure, des réponses efficaces à leurs questions et demandes raisonnables en matière de changements des
pratiques de gouvernance et de gestion.
• Veiller à ce que le personnel des aires protégées, les ayant-droits et autres parties prenantes, le cas échéant,
possèdent les capacités nécessaires pour assumer leurs responsabilités et leurs rôles dans la gestion, et que
ces capacités soient effectivement mises à profit.
• Utiliser efficacement les ressources financières et promouvoir la durabilité financière.
• Promouvoir la durabilité et la résilience sociales, à savoir la capacité de gérer les risques, de surmonter les
crises inévitables et de sortir renforcés de ces expériences.

156 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Principes Considérations relatives aux principes
Responsabilité • Affirmer l’intégrité et l’engagement de toutes les personnes chargées de responsabilités spécifiques en
relation avec les aires protégées.
• Assurer la transparence, en fournissant aux ayant-droits et autres parties prenantes un accès opportun aux
informations concernant les enjeux de la prise de décisions, les processus et institutions susceptibles
d’exercer une influence, qui est responsable de quoi, et comment ces personnes peuvent rendre des
comptes.
• Assurer un partage clair et approprié des rôles dans les aires protégées, ainsi que des lignes de responsabilité
et de rapport / réponse.
• Veiller à ce que les ressources financières et humaines allouées à la gestion des aires protégées soient
correctement ciblées, conformément aux objectifs et plans définis.
• Évaluer la performance de l’aire protégée, de ses décideurs et de son personnel, et associer la qualité des
résultats à des récompenses ou sanctions concrètes et appropriées.
• Mettre en place des canaux de communications (p.ex. sites web) par lesquels les données et les rapports
relatifs aux performances des aires protégées seront mis à disposition.
• Encourager les groupes de la société civile et les médias à commenter ces résultats.
• Veiller à ce qu’une ou plusieurs institutions publiques indépendantes (p.ex. un médiateur, une commission des
droits de l’Homme, une agence d’audit) possède l’autorité et la capacité de superviser et de remettre en
question l’action des organes de gouvernance et du personnel des aires protégées.
Justice et droits • S’efforcer de réaliser un partage équitable des coûts et bénéfices issus de la création et de la gestion des
aires protégées, et de prendre toutes les décisions pertinentes de façon équitable.
• Veiller à ce que les moyens de subsistance des populations les plus vulnérables ne soient pas affectés de
façon négative par les aires protégées, que celles-ci ne créent pas ou n’aggravent pas la pauvreté ou les
phénomènes migratoires socialement déstabilisants, et que les coûts des aires protégées, notamment ceux
engendrés pour les populations les plus vulnérables, soient accompagnés de compensations appropriées.
• Veiller à ce que la conservation soit entreprise avec décence et dignité, sans humilier ni porter atteinte à
personne.
• Travailler équitablement avec le personnel et les employés temporaires des aires protégées.
• Appliquer les lois et règlements de manière impartiale et cohérente dans le temps, sans discrimination et en
assurant un droit de recours (État de droit).
• Prendre des mesures concrètes pour respecter les droits fondamentaux (légaux ou coutumiers, collectifs ou
individuels) sur la terre, l’eau et les ressources naturelles en relation avec les aires protégées, ainsi que pour
réparer les violations passées de ces droits.
• Prendre des mesures concrètes pour respecter les droits procéduraux relatifs aux aires protégées, y compris :
une information et une consultation appropriées des ayant-droits et autres parties prenantes, des pratiques
équitables de gestion des conflits et un recours non-discriminatoire à la justice.
• Respecter les droits de l’Homme, y compris les droits individuels et collectifs et l’équité hommes-femmes.
• Respecter les droits des peuples autochtones, comme décrit dans la Déclaration des Nations Unies des droits
des peuples autochtones.
• Garantir un consentement libre, préalable et informé rigoureux des peuples autochtones pour toute
proposition de relocalisation en lien avec les aires protégées.
• Promouvoir une participation active des ayant-droits et des parties prenantes à la création et la gouvernance
des aires protégées.
Source : Borrini-Feyerabend et al. (2014).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 157


participative pouvant inclure une recherche, une validation et une types de gouvernance de l’UICN. Une évaluation à l’échelle du
discussion avec une plus grande variété d’acteurs, tels que des système suppose qu’aucune aire protégée ne sera efficace ou
autorités gouvernementales, des ayant-droits et des parties équitable si elle n’est pas considérée dans le cadre son paysage
prenantes, ainsi que des spécialistes de la conservation. Le plus général. La plupart des menaces pesant sur les aires protégées
processus particulier d’évaluation de la gouvernance devrait être proviennent de l’extérieur des limites des sites eux-mêmes (Davey,
choisi une fois que l’ampleur et la portée de l’intérêt ont été 1998), y compris un empiétement excessif, une mauvaise
décidées. L’évaluation de la gouvernance doit être considérée connectivité dans le paysage plus général et un manque de
comme un processus social et politique, débutant par une analyse ressources (Schulze et al., 2018). Les aires protégées ne sont pas
diagnostique des problèmes et se dirigeant vers une composante des îles, mais font partie d’une mosaïque d’utilisations des terres et
pratique et de résolution. Les évaluations peuvent être entreprises d’intérêts divers. Une évaluation à l’échelle du système analyse
à plusieurs échelles, et plusieurs outils ont été développés pour tout d’abord le potentiel de l’ensemble des types de gouvernance
différents objectifs (Campese et Sulle, 2019). dans un pays donné, et formule des recommandations pour une
reconnaissance et une soutien des modalités de gouvernance
9.3.1 Lignes directrices sur les meilleures existants de fait. Elle analyse ensuite l’ensemble du paysage et
pratiques de la CMAP-UICN examine en particulier la coordination des secteurs imbriqués et
des utilisations des sols.
L’UICN a publié un ensemble de lignes directrices sur les meilleures
pratiques pour les évaluations de la gouvernance à l’échelle des L’UICN donne des indications sur ce qu’est un système d’aires
systèmes et des sites (Borrini-Feyerabend et al., 2014). Ces lignes protégées et note au moins cinq caractéristiques clés d’un tel
directrices proposent des concepts et des outils pour comprendre système (Davey, 1998). Elles comprennent : la représentation,
les quatre principaux types de gouvernance des aires protégées et l’exhaustivité et l’équilibre, la pertinence, la cohérence et la
l’ensemble de principes de bonne gouvernance reconnus par complémentarité, l’harmonisation, ainsi que l’efficacité et l’équité.
l’UICN, sur la base d’exemples dans le monde entier. Elles offrent Une évaluation de la gouvernance à l’échelle du système menée
également des conseils pratiques à ceux qui souhaiteraient par l’UICN est en cours en Tanzanie (voir l’Encadré 9.5).
s’engager dans un processus d’analyse, d’évaluation et
d’amélioration de la gouvernance de leurs systèmes d’aires 9.3.3 Évaluation à l’échelle des sites
protégées ou de sites individuels d’aires protégées.
Une évaluation de la gouvernance à l’échelle d’un site se concentre
sur la qualité de la gouvernance (voir l’Encadré 9.6 pour un exemple
9.3.2 Évaluation à l’échelle des systèmes
en Zambie). Contrairement à une évaluation à l’échelle du système,
Une évaluation à l’échelle d’un système est une approche à long elle n’analyse pas le choix du type de gouvernance, mais évalue
terme et à l’échelle macro visant à analyser et à évaluer la plutôt la mesure dans laquelle les modalités de gouvernance sont
gouvernance des aires protégées. Elle se concentre sur le système conformes au type de gouvernance, c’est-à-dire quelle partie
des aires protégées, c’est-à-dire le système spatial existant des prenante détient le pouvoir décisionnel principal dans la réalité,
aires protégées, son cadre juridique correspondant et la diversité ainsi que le niveau d’influence sur la prise de décision des autres
et la gamme des catégories de gestion des aires protégées et des parties prenantes.

Encadré 9.6 : Aire de conservation Ol Kinyei et la Liste verte de l’UICN


Le ranch collectif Ol Kinyei était l’une des zones de pâturage Afin de se conformer au premier critère de la composante
traditionnelles des Massaï, au nord de la Réserve nationale de « légitimité et voix » d’une bonne gouvernance, la structure de
Mara (RNMM). Au début des années 1990, les responsables du gouvernance devait démontrer comment les différents groupes
ranch collectif se sont lancés dans la subdivision de leurs communautaires étaient impliqués dans les processus
terres, au nord de la RNMM. La plupart des sections ont été décisionnels, comment les représentants étaient choisis et
subdivisées en parcelles de 60 à 150 hectares. Avec la dans quelle mesure leurs points de vue étaient été pris en
fragmentation du ranch collectif, les zones de dispersion de la compte par l’organe exécutif. Afin de démontrer le deuxième
faune entourant la RNMM se sont vues de plus en plus critère (responsabilité et transparence), les décisions prises par
menacées, car les terres de pâturage étaient rapidement le plus haut organe décisionnel devaient être accessibles au
converties en petites exploitations agricoles et en public et sur demande. Un mécanisme efficace et opportun de
établissements communautaires. En 2005, l’Aire de règlement des griefs a également été mis en place pour
conservation Ol Kinyei s’est associée à des propriétaires répondre aux demandes des parties prenantes.
fonciers et à des exploitants touristiques pour gérer
La structure de gouvernance partagée a permis d’établir une
conjointement la conservation et établir une zone d’habitat
plateforme stable pour la conservation et d’assurer une
faunique protégée. Il s’agissait de promouvoir la régénération
répartition équitable des avantages tirés de la conservation
de la végétation et d’accroître la biodiversité et les populations
entre les membres de la communauté des propriétaires
de faune sauvage qui, à leur tour, favoriseraient l’écotourisme.
fonciers, développant ainsi un plus grand sentiment
Les baux fonciers (initialement d’environ 5 000 acres et
d’appartenance, d’appréciation et de compréhension de
actuellement de 18 500 acres) génèrent des revenus et des
l’importance de la conservation du patrimoine faunique du
emplois pour les communautés locales. Ol Kinyei s’est engagée
Kenya.
et a débuté son processus d’évaluation dans le cadre de la
Liste verte de l’UICN. Contribution de Beatrice Chataigner (UICN PAPACO, Kenya).

158 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Wilderness Safaris

Les évaluations de la gouvernance à l’échelle d’un site peuvent b) Analyse d’impact : y compris les impacts environnementaux
également considérer les composantes de divers modèles de des activités humaines et autres facteurs de risque (c.-à-d. les
gouvernance et analyser leurs forces, leurs points faibles et leurs menaces pour le site) et les impacts sociaux du site et sa
facteurs habilitants (voir l’Encadré 9.7). conservation sur les personnes.

9.3.4 Évaluation de la gouvernance et de l’équité c) Tableau de bord de la gouvernance et de l’équité : y compris les
notes et les données des différents groupes de parties
à l’échelle des sites (EGES)
prenantes pour chacune des 40 questions, les notes moyennes
L’EGES est une méthodologie permettant d’évaluer la qualité de la et les fourchettes de notation par question et principe, et les
gouvernance d’une aire protégée ou de conservation, y compris suggestions d’action pour renforcer la gouvernance.
l’équité, grâce à un cadre de 10 principes de gouvernance et
Bien que l’EGES identifie les forces et faiblesses de la gouvernance,
d’équité basés sur les lignes directives de l’UICN et de la CDB
il ne s’agit pas d’un outil de diagnostic permettant d’explorer les
(IIED, 2020). Il s’agit d’un processus rapide permettant aux parties
causes profondes sous-jacentes des problèmes de gouvernance.
prenantes d’un site d’identifier les défis de gouvernance et les
Pour une évaluation approfondie, l’Évaluation de la gouvernance
actions potentielles permettant de les relever, et fournissant aux
des aires protégées et de conservation (EGAP) serait l’outil le plus
gestionnaires de niveaux supérieurs une évaluation de la qualité de
approprié (Franks et Booker, 2018; IIED, 2018) (voir la section
la gouvernance susceptible d’être utilisée pour la supervision de la
gestion, les rapports et le processus de Liste verte de l’UICN. suivante).

Comme pour de nombreuses méthodologies EfGAP, l’EGES génère 9.3.5 Évaluation de la gouvernance des aires
des données de notation à l’aide d’un questionnaire comportant protégées et de conservation (EGAP)
environ 40 questions (3 à 5 questions pour chaque principe).
L’EGAP est une évaluation multipartite destinée aux gestionnaires
L’EGES utilise un processus multipartite. L’activité principale
de sites, aux communautés vivant à l’intérieur et autour d’une aire
consiste en un atelier d’un à deux jours débutant par une évaluation
protégée ou de conservation, ou autres parties prenantes et ayant-
par groupes de parties prenantes de façon séparée, révélant ainsi
droits à l’échelle locale et nationale (Franks et Booker, 2018; IIED,
les différents points de vue des parties prenantes. Ces dernières
2018). L’objectif principal de l’EGAP est d’améliorer la gouvernance
discutent ensuite des raisons de toute différence de notation et
du site concerné et de toutes les activités de conservation et de
identifient les mesures visant à améliorer la gouvernance et l’équité
développement connexes.
susceptibles d’être prises par une ou plusieurs parties prenantes.
La méthodologie utilise une combinaison de : (i) entretiens avec
Le résultat d’une EGES comporte trois éléments principaux :
des informateurs clés et groupes de discussions afin d’identifier les
a) Profil du site : de l’aire protégée ou de conservation et questions forces et les défis en matière de gouvernance, ainsi que les
contextuelles liées à la gouvernance et à l’équité. possibilités d’action, et ii) ateliers avec les parties prenantes pour

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 159


Encadré 9.7 : Évaluation de la gouvernance à l’échelle d’un système en Tanzanie
La Tanzanie abrite des dizaines de millions de personnes et est partagée (Type B), tels que l’Aire de gestion de la faune sauvage
l’un des pays les plus riches en biodiversité au monde, avec des de Burunge, ainsi que d’autres modèles participatifs dans toute
milliers d’espèces et d’écosystèmes. Elle comprend neuf grands une gamme de Réserves naturelles forestières, de Forêts
bassins hydrographiques, le plus haut sommet d’Afrique, des villageoises et de Réserves de chasse. Le Parc corallien privé de
zones arides, des savanes et des zones côtières et marines. l’île de Chumbe (Type C) est un exemple de conservation
Depuis 2017, l’UICN réalise une évaluation participative de la volontaire de la nature au sein du système. La quatrième
gouvernance à l’échelle du système en Tanzanie, en collaboration catégorie, APAC / Territoires de vie (Type D), des sites faisant
avec des partenaires nationaux et les parties prenantes, afin l’objet d’une gouvernance, d’une gestion et d’une intendance
d’analyser les questions relatives à l’équité dans le système traditionnelles, ont démontré une efficacité de conservation à
d’aires protégées (AP). Ce travail comprend un mélange long terme. Il s’agit notamment de sites faisant actuellement
d’activités de recherche et d’ateliers, y compris une recherche l’objet d’une documentation via les Certificats de droit coutumier
historique, des analyses juridiques, la documentation des quatre d’occupation (CCRO, selon leurs sigles en anglais). Des travaux
types de gouvernance de l’UICN / CDB et l’analyse de divers sont en cours pour cartographier et documenter ces
paramètres de gouvernance à l’aide de principes de bonne APAC / Territoires de vie, ainsi que pour les enregistrer à l’échelle
gouvernance. Le processus a montré que la Tanzanie est l’un des nationale et dans le Registre des APAC hébergé par la BDMAP.
pays les plus riches de la planète en ce qui concerne son domaine Par exemple, des institutions traditionnelles pour la conservation
de conservation, et le pays s’est engagé à atteindre des objectifs du paysage dans les hauts plateaux de Matengo illustrent
nationaux ambitieux en la matière. Son système actuel d’AP comment les connaissances traditionnelles, dans le cadre du
dépasse, de loin, les Objectifs mondiaux minimaux de couverture. système coutumier Sengu, peuvent permettre à la fois des
La diversité des types de gouvernance dans le domaine de la moyens de subsistance durables et la conservation des paysages.
conservation est tout aussi impressionnante. La structure de gouvernance du système Sengu a été formalisée
dans le cadre réglementaire Tanzanien. Cela révèle un
Le système est vaste. Il comprend des aires protégées dirigées
enracinement remarquable de la conservation dans les identités
par le gouvernement (Type A), telles que les quatre sites naturels
culturelles nationales traditionnelles et modernes, un exemple
du Patrimoine mondial : l’Aire de conservation du Ngorongoro, le
potentiel pour le reste du monde.
Parc national du Kilimandjaro, la Réserve de gibier de Selous
(aujourd’hui Parc national Nyerere) et le Parc national du Contribution de Jennifer Kelleher (UICN) et Grazia Borrini-
Serengeti. Il comprend également des modèles de gouvernance Feyerabend et Emmanuel Sulle (Consortium APAC).

discuter et valider les résultats et analyser les idées d’action pour De plus amples détails sur les méthodes et outils d’évaluation de la
améliorer la situation. Il existe une option supplémentaire : iii) un gouvernance les plus couramment utilisés sont disponibles dans
tableau de bord de la gouvernance à l’échelle du site visant à Campese et Sulle (2019).
fournir une évaluation quantitative des problèmes de gouvernance
liés au site et de la diversité des points de vue sur ces questions au
sein et entre les communautés. L’évaluation elle-même prend
9.4 Évaluations sociales
généralement de cinq à 10 jours, selon la taille du site et la La contribution des aires protégées à la réduction de la pauvreté,
logistique. Après l’évaluation, une phase d’action comprend un offrant des possibilités d’emploi et des moyens de subsistance aux
ensemble d’activités visant à soutenir les parties prenantes dans la personnes vivant dans et autour de celles-ci, a été notée par le
mise en œuvre des actions clés visant à améliorer la gouvernance PTAP de la CDB (CDB, 2004). Au mieux, les aires protégées
suggérées par l’évaluation. Un manuel d’utilisation détaillé est devraient dans tous les cas s’efforcer de réduire la pauvreté, et les
disponible (Booker et Franks, 2019). Pour un exemple de résultats coûts et avantages devraient être équitablement partagés
d’une EGAP, voir l’étude de cas de la Zambie (Encadré 9.6). (conformément à l’élément de répartition du cadre d’équité de la
CDB). En 2008, une étude a identifié plus de 30 méthodes
9.3.6 Indicateurs permettant d’évaluer les impacts sociaux des aires protégées
(Schreckenberg et al., 2010). Une méthodologie d’évaluation
Bien que l’ampleur d’une enquête soit un élément important,
sociale a été spécifiquement adaptée au contexte des aires
l’élaboration d’indicateurs réels, liés à l’évaluation de la
protégées à partir de cette étude. La méthodologie d’évaluation
gouvernance, est une caractéristique essentielle pour rendre
sociale des aires protégées (ESAP) est conçue pour aider les
compte efficacement de la gouvernance et de l’équité. Borrini-
gestionnaires d’aires protégées et autres parties prenantes à
Feyerabend et al. (2014) fournissent une longue liste d’exemples
comprendre et promouvoir les impacts sociaux positifs, tout en
d’indicateurs de gouvernance dans les annexes de la publication.
réduisant les impacts négatifs (Franks et al., 2018; IIED, s.d.).
Plus récemment, une étude mondiale a conduit à l’élaboration de
Comme l’EGAP, elle utilise une approche multipartite pour s’assurer
tels indicateurs et montre les résultats d’un grand nombre de pays
que toutes les parties prenantes et ayant-droits concernés soient
(ICCA Registry, s.d.; Zafra-Calvo et al., 2017). Le manuel EGAP
pleinement impliqués dans la conception de l’évaluation, la collecte
fournit un cadre pratique de principes et d’indicateurs (appelés
d’informations, l’interprétation des résultats et l’élaboration de
thèmes), qui constitue la base des méthodologies EGAP et EGES.
recommandations d’action. L’Encadré 9.8 donne un exemple des
résultats d’une ESAP au Kenya.

160 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Encadré 9.8 : Évaluation de la gouvernance à l’échelle d’un site dans l’AGG de Mumbwa, Zambie
Les Aires de gestion du gibier (AGG) couvrent 22% de la En 2018, avec le soutien de l’Institut international pour
superficie de la Zambie. Elles jouent un rôle essentiel, à la fois l’environnement et le développement (IIED) et de l’Initiative
sur le plan écologique en tant que zones de dispersion et de mondiale de soutien aux APAC du PNUD, le Forum zambien
corridors reliant les principaux parcs nationaux, et sur le plan pour la GCRN a aidé les parties prenantes (communautés,
financier en tant que source d’une grande partie des revenus gouvernement et opérateurs de la chasse) de l’AGG de
soutenant la conservation dans le pays (par le biais de Mumbwa, qui borde le Parc national de Kafue, à réaliser une
concessions de chasse). Les AGG sont gérées dans le cadre évaluation de la gouvernance à partir de la méthodologie EGAP
d’une entente de gouvernance partagée appelée Gestion de l’IIED. À l’aide de cette méthodologie, incluant des entretiens
communautaire des ressources naturelles (GCRN), entre le avec des informateurs clés et des discussions de groupe, les
ministère des Parcs nationaux et de la Faune sauvage (DNPW) parties prenantes ont évalué les forces et les faiblesses de
et les communautés vivant autour et à l’intérieur de la zone de l’AGG en matière de gouvernance, et identifié des mesures
développement de l’AGG. La plupart de ces ententes de GCRN visant à l’améliorer, en se concentrant en particulier sur quatre
ont été établies il y a plus de 20 ans et n’ont reçu que peu de principes de bonne gouvernance. Le tableau ci-dessous
soutien ces dernières années. Au cours des dernières années, résume quelques-unes des principales conclusions et idées
un certain nombre d’études ont noté que des faiblesses dans la d’action suggérées.
gouvernance posent un problème majeur et croissant,
compromettant gravement la conservation et les résultats Contribution de Jennifer Kelleher (UICN).
sociaux.

Principe Défi Idées d’action

Participation effective des Les ministères dominent le processus Toutes les parties prenantes doivent s’asseoir
acteurs concernés à la prise de décisionnel lié à l’AGG et les communautés et dialoguer pour reconnaître la voix des
décisions n’ont donc que peu d’influence sur le communautés dans la prise de décision.
processus décisionnel.

Partage équitable des Les chefs traditionnels partagent les Le gouvernement aidera à sensibiliser les
avantages selon une stratégie ressources naturelles au sein de l’AGG avec chefs traditionnels au partage équitable des
de ciblage convenue par les la famille et les amis, oubliant les autres avantages entre chefs traditionnels et
acteurs concernés membres de la communauté. communauté

Transparence soutenue par un Les informations mettent beaucoup de Utilisez différentes méthodes pour partager les
accès rapide aux informations temps à parvenir aux membres de la informations avec les communautés (dépliants,
pertinentes communauté (par exemple, informations sur SMS , églises), ainsi que des canaux plus
les quotas de chasse) modernes de communication
Application équitable et Le gouvernement est réticent à expulser Augmentation des salaires des employés de la
efficace des lois et règlements certaines personnes empiétant dans l’AGG DNPW et des éclaireurs des villages, afin
car ils ont peur de perdre des voix d’aider à réduire les illégalités, telles que les
pourboires et les pots de vin
Source : Lubilo (2019).

© Grégoire Dubois

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 161


Encadré 9.9 : État des aires de conservation autochtones et communautaires en Tanzanie
La Tanzanie possède l’un des systèmes de gouvernance rurale faune (AGF). Les objectifs des AGF, décrites dans la Politique
locale les mieux établis d’Afrique subsaharienne. Les relative à la faune sauvage comme des sites conservés par et
communautés des zones rurales sont gérées par plus de 12 000 pour les communautés locales, avec des droits de gestion et un
conseils de village, à leur tour responsables devant les assemblées contrôle sur les avantages décentralisés, sont clairement
de village. La législation habilite les villages à établir leurs propres conformes à une définition de travail des APAC. Cependant,
règlements, y compris sur la gestion des ressources naturelles. conformément au règlement de 2002, les droits effectivement
On ne saurait trop insister sur l’importance du cadre institutionnel accordés aux communautés pour gérer la faune dans les AGF
local pour la gestion et la conservation des ressources naturelles sont limités. Par exemple, les communautés ne disposent que de
locales en Tanzanie. Les conseils et assemblées de village droits très limités pour gérer la chasse commerciale de la faune
tiennent des réunions de conseil de village, et constituent le sauvage dans les AGF, et que d’un contrôle peu clair sur les
mécanisme statutaire de prise de décision et de négociation revenus provenant de la faune sauvage de ces sites. Des
collective des communautés locales en matière d’utilisation des préoccupations concernant le maintien d’un régime foncier
terres et des ressources. La Loi sur les terres des villages permet villageois sûr dans les AGF ont également conduit à une certaine
à ceux-ci de délimiter des zones communales et individuelles au résistance des communautés pastorales à ce concept. Telles
moyen de plans d’utilisation des terres, et d’officialiser ces zones qu’actuellement établies, les AGF se limitent à une forme quelque
par des règlements villageois. Cela permet aux communautés de peu nébuleuse de cogestion, le gouvernement conservant un
soutenir les pratiques traditionnelles d’utilisation des terres grâce degré d’autorité considérable, et ne devraient probablement pas
à des plans et règlements statutairement reconnus. Des être considérées comme des APAC tant que leurs modalités
centaines, voire des milliers d’Aires communautaires autochtones institutionnelles n’auront pas été révisées.
tanzaniennes de conservation (APAC) pourraient exister en tant Des APAC sont également réparties le long des zones côtières et
qu’entités juridiques à l’échelle des villages dans le cadre de ce montagneuses de Tanzanie. De vastes systèmes de
système, telles que les réserves pastorales de pâturage en saison connaissances sont présents dans les communautés vivant dans
sèche. Bon nombre de ces aires conservées localement sont mal ces régions. Certaines des APAC sont formalisées, alors que
documentées, et l’application de la loi à l’échelle locale dépend d’autres ne le sont pas, mais toutes remplissent le besoin critique
d’une série de facteurs. de conserver nos paysages. Le groupe Mpingo sur la côte est, le
La politique et la législation forestières de la Tanzanie s’appuient système traditionnel d’organisation de l’écologie politique Kumbi
également sur le régime foncier et les institutions de gouvernance le long des rives du lac Malawi / Niassa / Nyasa ou la propriété
locale présentes dans le pays pour fournir des conditions foncière Ntambo dans les hauts plateaux de Matengo dans la
favorables solides aux communautés locales pour posséder et partie sud-ouest de la Tanzanie illustrent tous l’importance des
gérer les forêts. Là où le cadre historique de gestion forestière en systèmes de connaissances autochtones dans la conservation
Tanzanie mettait l’accent sur des restrictions légales à communautaire des ressources naturelles.
l’exploitation et sur la création centralisée de réserves forestières, Contribution de Stephen Nindi (Commission d’aménagement du
à partir du milieu des années 1990, la Tanzanie a commencé à territoire, Tanzanie).
expérimenter officiellement la gestion forestière communautaire.
En 1998, le pays a adopté une politique forestière nationale visant
à renforcer le « cadre juridique pour la promotion de la propriété
privée et communautaire des forêts et des arbres » (United
Republic of Tanzania, 1998, p. 1). Par la suite, la Loi sur les forêts
de 2002 a été adoptée pour que les forêts soient gérées au niveau
le plus bas de gouvernement possible, et pour que des modalités
institutionnelles souples soient mises en place pour la gestion et
la propriété des forêts à l’échelle locale. Celles-ci incluent
notamment les réserves forestières des terres villageoises (RFTV),
gérées par les villages, ainsi que les réserves forestières
communautaires (RFC), qui peuvent être gérées par un sous-
groupe de personnes au sein d’un village. Ce cadre juridique et
politique est très favorable à une gestion communautaire et à la
propriété des forêts, et a conduit à l’expansion rapide de réserves
forestières locales reconnues par la loi (principalement des RFTV).
Par conséquent, les forêts des terres villageoises sont reconnues
par la loi comme une contribution viable et de plus en plus
importante au domaine forestier sous protection formelle.
Comme pour les forêts, la Tanzanie a connu un processus de
réforme du secteur de la faune sauvage dans les années 1990, et
a publié une nouvelle Politique relative à la faune sauvage en
1998 et la Loi sur la conservation de la faune sauvage no. 5 de
2009, appelant à la dévolution des droits et responsabilités en
© Grégoire Dubois
matière de gestion de la faune sauvage aux villages, par le biais
de nouvelles APAC statutaires appelées Aires de gestion de la

162 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


9.5 L’EGAP en Afrique orientale et 9.6 Résultats des évaluations sociales et de
gouvernance en Afrique orientale et
australe australe
Cette section du rapport s’appuie sur l’analyse réalisée par Jessica
Dans la région d’Afrique orientale et australe, seuls 18 sites ont
Campese et Emmanuel Sulle dans leur rapport intitulé Management
jusqu’à présent évalué leurs composantes sociales et de
Effectiveness, Governance and Social Assessments of Protected
gouvernance à partir du cadre de gouvernance et d’équité des
and Conserved Areas in Eastern and Southern Africa: a rapid
outils EGAP, ESAP et EGES de l’IIED (voir le Tableau 9.3).
inventory and analysis to support the BIOPAMA programme and
partners, préparé pour le programme BIOPAMA (Campese et Sulle, À partir de l’analyse de ces évaluations, un certain nombre de
2019). Le rapport a considéré l’efficacité de la gestion, la points forts et de défis ont été mis en évidence. Les points forts
gouvernance et les évaluations sociales dans des aires terrestres portaient sur le partage équitable des avantages, comme les
et / ou marines protégées ou de conservation en Afrique orientale revenus tirés de projets de développement communautaire et
et australe. L’accent a été mis principalement sur les méthodologies l’accès aux ressources dans les aires protégées. Il a également été
élaborées spécifiquement pour évaluer une ou une combinaison de observé que des canaux de communication visant à mobiliser les
ces questions, et destinées à une utilisation répétée. communautés étaient en place, et que la prise de décisions dans
certains domaines se faisait conjointement, p. ex. la sélection de
L’inventaire n’est pas exhaustif. Toutes les évaluations répertoriées
projets à financer.
n’ont pas été inclues dans les analyses détaillées, car elles ne
constituaient pas des évaluations complètes utilisant des méthodes Les questions identifiées portaient sur la participation à la prise de
facilement reproductibles. Elles sont alors classées comme décision, et plus précisément, entre autres, sur le fait que les
« Autres ».107 responsables des aires protégées et les représentants du
gouvernement avaient plus d’influence sur la prise de décision que
9.5.1 Évaluations de la gouvernance en Afrique les populations locales. Parmi les autres défis, on peut citer la
orientale et australe transparence et l’accès à l’information, en particulier en ce qui
concerne le partage des revenus et la sensibilisation aux droits.
Trois cent quatre-vingts évaluations de la gouvernance ont été
L’application équitable et efficace de la loi fait défaut dans certains
répertoriées (voir les Figures 9.1 et 9.2). La plupart étaient des
cas, où elle est considérée comme irrégulière.
évaluations à l’échelle de sites de forêts communautaires108 en
Tanzanie, à l’aide du Tableau de bord de la gouvernance forestière
communautaire. Sept évaluations EGAP d’aires protégées ont été
menées au Kenya, en Ouganda et en Zambie, dont deux analyses
Figure 9.1 : Évaluations de la gouvernance
utilisant le cadre « choix et reconnaissance » répertoriées au Kenya
répertoriées par méthodologie (total 378)
et en Ouganda. Enfin, quatre évaluations ont été répertoriées à
l’aide d’un prototype de questionnaire sur l’équité au Kenya, en Tableau de bord MJUMITA (333)
Études de cas (20)
Tanzanie, en Ouganda et au Zimbabwe. Des évaluations de la
EGAP (7)
gouvernance ont été répertoriées en Tanzanie, en Namibie, au Questionnaires sur l’équité (4)
Kenya, à Madagascar, en Ouganda, en Zambie, au Zimbabwe et à Méta-analyses (2)
l’échelle de plusieurs pays. Analyses RFGI (2)
Cadres de gouvernance forestière ProFor (2)
Évaluations (diverses) fondées sur des principes (2)
9.5.2 Évaluations sociales EGES (1)
Analyse TAI (1)
Cinquante évaluations sociales ont été répertoriées depuis 1996,
Méthodologies variées (1)
dont 19 évaluations ESAP en Éthiopie, au Kenya, au Malawi, au Directives nº20 de la CMAP (1)
Mozambique, en Ouganda, en Zambie et au Zimbabwe (voir les
Figures 9.3 et 9.4). Des détails complets sur les méthodologies Source : Campese et Sulle (2019, p. 48)

utilisées et les pays dans lesquels ces évaluations ont été menées
sont disponibles dans le rapport complet (voir les Figures 9.1 et 9.3).

L’importance de mettre l’accent sur la gouvernance et l’équité des


Figure 9.2 : Évaluations de la gouvernance
aires protégées est plus claire que jamais (Bennett et Dearden,
2014; Oldekop et al., 2015; Bennett et al., 2019). La gouvernance et
répertoriées par pays (total 378)
l’équité sont des facteurs clés pour déterminer l’efficacité et Tanzanie (344)
l’efficience de la gestion dans les aires protégées. Elles sont Namibie (9)
essentielles pour garantir que les aires protégées soient équitables Kenya (7)
Madagascar (6)
et procurent des avantages écologiques, sociaux, économiques et
Ouganda (4)
culturels, sans porter préjudice aux personnes par des coûts Multiples (3)
injustes. Par conséquent, elles répondent aux objectifs énoncés Zambie (3)
dans le PTAP, selon lequel les aires protégées sont considérées Zimbabwe (2)
comme mieux intégrées dans les paysages plus généraux, mais
aussi dans la société dans son ensemble. Source : Campese et Sulle (2019, p. 49)

107  Le rapport complet est disponible sur https://biopama.org/node/349


108  Il est important de noter qu’en Tanzanie, ce sont des AMCE, principalement établies par des communautés pour la gestion des forêts et la REDD+ plutôt que pour la conservation
de la biodiversité en soi. Elles ne figurent pas dans la BDMAP.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 163


Figure 9.3 : Évaluations sociales répertoriées par Figure 9.4 : Nombre total d’évaluations sociales
méthodologie (total 50) répertoriées par pays
ESAP (50)
PEV (6)
RSIA (5)
Cadre des moyens d’existence durable (4)
BNS (2)
PA-BAT (2)
Boîte à outils sur les liens pauvreté-forêts (2)
Évaluation du bien-être (2)
SWIFT (1)
Évaluation des écosystèmes pour le millénaire (1)
Méthodologies variées (1)
Vidéo participative (1)
Expérience de choix discret (1)
Cartographie participative (1)
Étude socio-économique (1)
Photovoice (1) Source : Campese et Sulle (2019, p. 51).
Source : Campese et Sulle (2019, p. 50).

Encadré 9.10 : Évaluation sociale dans l’Aire de conservation Ol Pejeta, au Kenya


L’Aire de conservation Ol Pejeta Conservancy (OPC, selon ses semblent être plus appréciées par les ménages les plus riches,
sigles en anglais) est une aire protégée privée kényane, ce qui suggère un certain biais dans leur allocation, qui doit
détenue et gérée par une fiducie de conservation. Depuis sa être corrigé. Un message fort a également émergé, selon
conversion d’un élevage de bétail en un site de conservation lequel plus d’avantages étaient accordés aux communautés
au début des années 1990, et grâce au soutien important de du côté sud-est, plus près de la route principale. Cette
donateurs, l’OPC est devenu une destination touristique situation a depuis été largement corrigée. Cependant, une
populaire, générant suffisamment de revenus pour compenser préoccupation demeure parmi les femmes et les personnes
les coûts opérationnels et fournissant des sommes les plus pauvres quant à cette question. Certaines des pistes
substantielles, chaque année, pour son programme pour améliorer cette situation incluent une meilleure
communautaire qui investit dans l’éducation, la santé, la communication, car le problème est en partie causé par le fait
vulgarisation agricole et l’approvisionnement en eau. que les gens ne savent tout simplement pas quels avantages
sont attribués aux autres, et soupçonnent un biais qui peut ne
En 2014, l’OPC a réalisé une évaluation des impacts sociaux
pas être réel.
positifs et négatifs de la conservation sur les communautés
locales à partir de la méthodologie ESAP, et a répété l’exercice La perception de partialité dans l’attribution des projets de
en 2019. L’ESAP utilise une méthode d’évaluation rurale développement et des emplois apparaît également comme un
participative dans certaines communautés afin d’identifier les impact négatif important, ainsi que les dommages causés aux
impacts les plus importants, une courte enquête auprès des cultures par les animaux (malgré les clôtures). Cependant, ces
ménages pour étudier ces impacts plus en détail et les préoccupations semblent relativement mineures, car la
questions de gouvernance connexes (mais avec beaucoup perception globale de l’aire protégée par les communautés,
moins de détail que la méthodologie EGAP), ainsi qu’un atelier en tenant compte de tous les avantages et coûts, s’est
des parties prenantes où les principales parties prenantes améliorée depuis 2014.
analysent les résultats et identifient des pistes d’action.
Contribution de Jennifer Kelleher (UICN).
L’évaluation de 2019 a réitéré les conclusions de 2014, selon
lesquelles les avantages les plus importants d’un point de vue
communautaire sont la clôture autour du site de conservation,
qui a réduit les conflits homme-faune, et l’amélioration de la
sécurité assurée par la présence du personnel d’application
de la loi de l’OPC dans une zone autrement peu sûre. Cette
constatation, selon laquelle certaines activités de gestion du
parc semblent avoir une plus grande valeur pour la
communauté que les activités de développement du
programme communautaire, a été une véritable révélation en
2014. Cela n’a pas conduit à une réduction des activités de
développement, mais à une approche plus ciblée accordant
une plus grande priorité aux avantages que les gens
considèrent comme plus précieux, notamment les bourses
scolaires. Une autre conclusion clé est que ces bourses Source : Franks (à paraître, 2021).

164 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Tableau 9.3 : Évaluations ESAP, EGAP et EGES
réalisées à ce jour

ESAP

Pays Superficie Version

Éthiopie Parc national d’Awash v1

Kenya Parc national/Réserve de Marsabit v2

Kenya Aire de conservation Ol Pejeta v2

Kenya Aire de conservation de Borana v2

Kenya Aire de conservation de Loisaba v2

Kenya Aire marine protégée de Kisite v2

Kenya Parc national de Ruma v2

Mozambique Parc national de Maputo v2

Ouganda Parc national de Ruwenzori v1

Ouganda Parc national du lac Mburo v1

Ouganda Parc national de Kibale v2

Ouganda Parc national de Mgahinga v2

Ouganda  Parc national de Murchison v2

Ouganda  Parc national de Bwindi v2

Zambie Aire de gestion de la chasse de v1


Mumbwa

Zambie  Aire de gestion de la chasse de v1


Lupande

EGAP

Pays Superficie

Kenya Aire de conservation de Mara Nord

Kenya Aire de conservation d’Olderkesi

Kenya Aire de conservation de Kalama

Zambie Aire de gestion de la chasse de Chiawa

Zambie Aire de gestion de la chasse de Mumbwa

EGES

Pays Superficie

Zambie Aire de gestion de la chasse de Mulobezi

Tanzanie Aire de gestion de la faune de Randilen

© Grégoire Dubois

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 165


© Grégoire Dubois

166 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


10 Efficacité de la
gestion des
aires protégées

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 167


10.1 Qu’est-ce qu’une gestion D’une manière générale, l’évaluation de l’efficacité de la gestion

efficace ?
peut :
• permettre et soutenir une approche adaptative de la gestion des
L’efficacité de la gestion se rapporte à la façon dont les aires aires protégées ;
protégées sont gérées, et principalement à la mesure dans laquelle • contribuer à une allocation plus efficace des ressources entre les
la gestion est efficace pour conserver les valeurs et atteindre les buts sites et à l’intérieur de ceux-ci ;
et objectifs définis, tels que la protection de la biodiversité (Hockings • promouvoir la responsabilisation et la transparence par des
et al., 2008; Leverington et al., 2010). Les éléments spécifiques rapports sur l’efficacité de la gestion à l’intention des parties
d’une bonne gestion varient selon le contexte et les caractéristiques prenantes intéressées et du public ; et
de chaque aire protégée. Par exemple, une aire protégée
• aider à impliquer la communauté plus vaste des parties
communautaire isolée, avec peu de visiteurs, aura besoin de moins
prenantes, y compris les agences gouvernementales, les ONG et
de personnel et d’installations récréatives qu’une destination
les communautés locales, à constituer des groupes de soutien et
touristique emblématique.
à promouvoir les valeurs des aires protégées (Hockings et al.,
Toutes les aires protégées ne sont pas gérées efficacement pour 2008).
protéger les valeurs pour lesquelles elles ont été conçues, et la
Au fur et à mesure que la communauté mondiale de la conservation
qualité de la gestion de la plupart des aires protégées est mal connue
accordait une plus grande attention à la question de l’efficacité de la
(Geldmann et al., 2015). Des données suggèrent qu’il existe des
gestion et à la nécessité d’outils pour aider à l’évaluer, il est devenu
corrélations positives entre certains aspects de la gestion des aires
évident qu’avec une telle variété de systèmes et de contextes, la
protégées (comme le personnel et les budgets) et les résultats en
conception d’un seul outil d’évaluation ne serait pas pratique.
matière de conservation des espèces (Edgar et al., 2014; Geldmann
L’évaluation de l’efficacité de la gestion devait être adaptée aux
et al., 2013). Beaucoup de travail a été fait, au cours des 30 dernières
exigences particulières de chaque site, étant donné que chaque aire
années, pour définir les caractéristiques générales d’aires protégées
protégée présente une variété de caractéristiques biologiques et
bien gérées, puis pour mesurer dans quelle mesure des sites
sociales, de pressions et d’utilisations.
individuels correspondaient à ces standards. Ces caractéristiques
souhaitables ont été incorporées en tant qu’indicateurs dans des En 2000, la CMAP de l’UICN a élaboré un cadre visant à guider
méthodologies, telles que l’outil de suivi de l’efficacité de la gestion, l’élaboration de systèmes d’évaluation de l’efficacité de la gestion.
et ont constitué la base du « format commun de rapport » pour la Ce cadre a été mis à jour en 2006 et continue de constituer le cadre
compilation mondiale de données sur l’efficacité de la gestion auquel la plupart des approches EfGAP se rapportent
(Leverington et al., 2010). Plus récemment, le processus de la Liste conceptuellement (Coad et al., 2015). Le cadre identifie six
verte a entrepris un exercice détaillé et robuste pour élaborer des composantes principales, chacune associée à différents aspects de
normes mondiales pour les aires protégées, pouvant être adaptées l’efficacité de la gestion : contexte, planification, intrants, processus,
et interprétées pour différents pays. extrants et résultats (voir la Figure 10.1) (Hockings et al., 2008).

Certaines études ont été entreprises sur des types particuliers


Figure 10.1 : Cycle de gestion et évaluation de la
d’aires protégées. Par exemple, une étude sur la performance des
gestion des aires protégées
aires protégées en relation avec les lions a montré que les aires
protégées avaient tendance à être plus efficaces pour la conservation

des lions et / ou de leurs proies lorsque les budgets de gestion Con
Contexte c
étaient plus élevés, lorsque le tourisme photographique constituait la ep
Statut et menaces ti o
principale utilisation des terres et, pour les proies, lorsque des n 
Où en sommes-nous /  P

clôtures étaient présentes. Les lions et leurs proies s’en tirent moins actuellement ?
la
n

bien par rapport à leurs capacités de charge potentielles estimées


ifi
atic

dans les pays pauvres, lorsque des personnes sont installées dans
on

Planification
o n

les aires protégées et lorsque les aires protégées n’étaient utilisées Résultats

Qu’avons-nous Où voulons-nous
ti

ni pour le tourisme photographique ni pour la chasse aux trophées


Exécu

accompli ? arriver et comment y


(Lindsey et al., 2017). parviendrons-nous ?

10.2 Évaluer l’efficacité de la Évaluation


gestion Produits
Qu’avons-nous fait et Apports
quels produits ou

L’évaluation de l’efficacité de la gestion est un thème de plus en plus De quoi avons-nous


services ont été besoin ?
important dans la gestion des aires protégées et la conservation de fournis ?
la biodiversité mondiale, depuis de nombreuses années (voir
Processus
l’Encadré 10.1). Elle fournit une perspective permettant d’analyser
e
nc

Qu’allons-nous faire en
ne
des thèmes importants pour la gestion des aires protégées, en termes de gestion ? e rt i
particulier :  /  P
uation
1) les problèmes de conception de sites individuels ou de systèmes Adéq
d’aires protégées ;
Source : Hockings et al. (2008, p. 12).
2) l’adéquation et la pertinence des systèmes et des processus de
gestion ; et
3) la réalisation des objectifs des aires protégées, y compris la
conservation de leurs valeurs (Hockings et al., 2008).

168 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


10.3 Engagements internationaux
Encadré 10.1 : Pourquoi informer sur
en matière d’évaluation de l’efficacité de la gestion des aires
l’efficacité de la gestion protégées ?
L’Objectif d’Aichi 11 reconnaît que l’augmentation de la couverture Il existe un certain nombre de raisons pour lesquelles les
ne suffira pas, à elle seule, pour enrayer la perte de biodiversité, et pays pourraient souhaiter rendre compte de leurs
souligne la nécessité d’une gestion efficace : évaluations de l’efficacité de la gestion :
• Respecter les obligations des pays en vertu de la CDB
Objectif 11 : D’ici à 2020, au moins 17% des zones terrestres (les EfGAP sont un indicateur officiel au titre de l’Objectif
et d’eaux intérieures et 10% des zones marines et côtières, y d’Aichi 11).
compris les zones particulièrement importantes pour la
• L’inventaire des données nationales stockées de
diversité biologique et les services fournis par les écosystèmes, manière systématique fournit une image claire de
sont conservées au moyen de réseaux écologiquement l’efficacité de la gestion des aires protégées à l’échelle
représentatifs et bien reliés d’aires protégées gérées nationale et peut contribuer à une gestion adaptative.
efficacement et équitablement et autres mesures de • La BD-EGAP permet d’identifier les points forts et les
conservation efficaces par zone, et intégrées dans l’ensemble faiblesses de la gestion des aires protégées, fournissant
du paysage terrestre et marin (CDB, 2010a, p. 9). ainsi des informations pour aider les pays à prioriser
l’allocation de ressources et à cibler le développement
Les EfGAP sont citées à plusieurs endroits du PTAP de la CBD. Par
des capacités. Elle fournit également des informations
exemple, l’Objectif 4.2 vise à « évaluer et améliorer l’efficacité de sur les menaces.
gestion des aires protégées » (CDB, 2004, p. 20).
• Les informations contenues dans la BD-EGAP peuvent
La décision X/31 de la CDP10 de la CDB appelle les Parties à être analysées à l’échelle de la région, du continent et
de la planète, afin de mieux comprendre la relation
... étendre et institutionnaliser les évaluations de l’efficacité de entre efficacité de la gestion et résultats en matière de
la gestion pour atteindre l’évaluation de 60% de la superficie biodiversité.
totale des aires protégées d’ici à 2015, en employant différents Pour consulter les données et télécharger le manuel
outils nationaux et régionaux et en communiquant les résultats d’utilisation de la BD-EGAP, voir :
dans la base de données mondiale sur l’efficacité de la gestion https://pame.protectedplanet.net/.
(CDB, 2010b, p. 5).
Pour soumettre des données ou pour plus d’informations,
La résolution WCC-2012-Res-076 de l’UICN appelle à la mise en veuillez contacter : [email protected] ou
œuvre de systèmes d’évaluation de l’efficacité de la gestion des [email protected].
aires marines protégées (UICN, 2012), tandis que la résolution
WCC-2016-Res-036 de l’UICN appelle à une plus grande
évaluation de l’efficacité des aires protégées privées dans la Ceci peut être utilisé en conjonction avec une analyse qualitative
conservation de la biodiversité, du patrimoine naturel et des des rapports sur l’efficacité de la gestion et autres documents pour
services écosystémiques (UICN, 2016b). générer des analyses et des rapports détaillés sur l’efficacité de la
gestion, y compris les principaux problèmes, forces, faiblesses et

10.4 Base de données mondiale sur menaces, dans toutes les régions du monde (Leverington et al.,
2010; Nolte et al., 2010) (voir l’Encadré 10.1). Malheureusement,
l’efficacité de la gestion des cette analyse n’a pas été réalisée depuis 2010.

aires protégées (BD-EGAP)


La BD-EGAP a été développée grâce à la collaboration d’universités,
10.5 Outils d’évaluation de
de l’UICN et d’organisations non gouvernementales, et est l’efficacité de la gestion
aujourd’hui maintenu par l’UNEP-WCMC en collaboration avec des
Le cadre de la CMAP-UICN (voir la Figure 10.1) a permis
gouvernements, des organisations non gouvernementales, des
l’élaboration d’une grande variété de méthodologies d’évaluation
universités et l’industrie (UNEP-WCMC et IUCN, 2019aa).
EfGAP. Celles-ci vont d’études détaillées à l’échelle d’un site à des
Elle documente plusieurs milliers d’évaluations EfGAP dans le évaluations générales à l’échelle de systèmes utilisant de nombreux
monde, et indique quelles méthodologies ont été utilisées, où et processus différents, y compris, entre autres, des questionnaires et
quand. En 2019, plus de 240 000 aires protégées figuraient dans la des ateliers (Hockings et al., 2015; Leverington et al., 2010).
BDMAP, et 21 743 (9%) d’entre elles disposaient d’informations
Des méthodologies ont été développées pour différents types
concernant des évaluations de l’efficacité de la gestion. Cela
d’aires protégées, de celles déclarées à l’échelle nationale jusqu’à
équivaut à 20% de la superficie de toutes les aires protégées de la
celles déclarées dans le cadre de conventions et accords régionaux
BDMAP. L’absence de rapports systématiques, les doubles
et internationaux, tels que les sites du Patrimoine mondial (voir le
évaluations d’un même site, l’utilisation de multiples outils
Tableau 10.1).
d’évaluation et, parfois, le manque de volonté politique rendent cet
élément de l’Objectif d’Aichi 11 particulièrement difficile à suivre
(UNEP-WCMC et al., 2019). Bien que chaque méthodologie 10.6 Principes applicables aux
recueille des informations différentes, un « format de rapport
commun » a été développé, permettant l’analyse croisée des
évaluations EfGAP
informations EfGAP obtenues à partir d’une gamme de De nombreux avantages justifient une évaluation de l’efficacité de
méthodologies d’évaluation différentes (Leverington et al., 2010). la gestion des aires protégées et de conservation, mais il existe
aussi des défis et des limites, et il est impératif que les évaluations

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 169


Tableau 10.1 : Méthodologies EfGAP les plus couramment utilisées en Afrique orientale et australe
Acronyme Outil

IBA Birdlife Évaluations des sites d’importance pour les oiseaux et la biodiversité - BirdLife

EoH Enhancing our Heritage / Valoriser notre patrimoine (principalement pour les sites naturels du
Patrimoine mondial)

IEG Évaluations du Groupe d’évaluation indépendant (Banque mondiale)

OSEG Outil de suivi de l’efficacité de la gestion

OSEGAP Adaptation de l’OSEG à Madagascar

RAPPAM Évaluation rapide et priorisation de la gestion des aires protégées

SAPM Évaluation de l’efficacité de la gestion du système d’aires protégées de Madagascar

SGBD / SMART Variation du SMART spécifique à Madagascar

SMART Outil de suivi et de rapport spatiaux

AMP de l’océan Indien Évaluation des aires marines protégées de l’océan Indien occidental
occidental

Rapport Perspectives du Rapport sur les Perspectives du Patrimoine mondial


Patrimoine mondial

soient entreprises de manière appropriée afin d’atténuer ces interprétés ou utilisés de manière inappropriée, par exemple par
risques (Hockings et al., 2008). Afin de soutenir la sélection et des comparaisons injustifiées (Campese et Sulle, 2019). Les
l’application des méthodologies, huit principes d’évaluation de résultats de l’évaluation peuvent également être limités par la
l’efficacité d’une bonne gestion ont été élaborés (Hockings et al., disponibilité et la qualité des données de référence. Une fois les
2015). résultats communiqués, il est également important que les
domaines d’amélioration identifiés soient pris en compte, et que
Les évaluations de l’efficacité de la gestion des aires protégées
suffisamment de fonds et de capacités soient disponibles pour
devraient être :
assurer un changement efficace pour répondre aux menaces, aux
1) inclues dans un cycle de gestion efficace, lié à des valeurs, des problèmes et aux défis identifiés dans les évaluations. Si ce n’est
objectifs et des politiques définis, ainsi que dans la planification pas le cas et que rien ne change, cela peut conduire à la
stratégique, la planification du parc et les cycles commerciaux complaisance et au découragement des gestionnaires d’aires
et financiers ; protégées, ainsi qu’à une diminution de l’intérêt pour la réalisation
2) pratiques à mettre en œuvre à partir des ressources disponibles, d’évaluations futures. Les évaluations et les processus permettant
avec un bon équilibre entre la mesure, les rapports et la gestion ; de les réaliser devraient aboutir à une gestion adaptative positive,
3) utiles et pertinentes pour améliorer la gestion de l’aire protégée, qui se traduira par une gestion plus efficace des aires protégées.
fournir des explications et montrer les tendances, et améliorer
la communication, les relations et la sensibilisation ;
4) logiques et systématiques, travaillant dans un cadre logique et 10.7 Intégrer l’efficacité de la
convenu, avec une approche équilibrée ; gestion à la gouvernance et
5) basées sur de bons indicateurs, holistiques, équilibrés et utiles ;
6) précises, fournissant des informations exactes, objectives,
aux évaluations sociales
cohérentes et à jour ; La plupart des méthodologies d’évaluation EfGAP n’abordent pas
7) coopératives et participatives, avec une bonne communication, en détail les questions de gouvernance ou d’équité sociale. Il existe
un bon travail d’équipe et une bonne participation des cependant une synergie substantielle entre les différentes
gestionnaires d’aires protégées et des parties prenantes à évaluations et beaucoup à gagner à les réaliser de façon simultanée.
toutes les étapes du projet, dans la mesure du possible ; et Toutes les méthodologies EfGAP analysent l’ampleur de la
8) axées sur une communication positive et opportune et la mise participation des parties prenantes, les menaces pour les aires
en œuvre des résultats. protégées, et certaines explorent également les avantages et les
aspects connexes des aspects sociaux de la gestion. Une
Les évaluations, bien que très techniques, sont aussi des processus
exploration plus approfondie de la gouvernance et de l’équité des
politiques et sociaux. Il est essentiel d’analyser qui participe au
aires protégées est disponible au Chapitre 4.
processus et quels points de vue seront inclus dans les résultats. Il
existe un risque que des personnes non-inclues puissent contester Certaines des normes et méthodologies développées intègrent des
les résultats, et leurs points de vue pourraient être très différents. éléments substantiels d’efficacité de la gestion à l’évaluation
Une compréhension des raisons sous-jacentes à la réalisation sociale et / ou de la gouvernance (Campese et Sulle, 2019), comme
d’évaluations est également importante pour assurer l’adhésion et c’est le cas de la Liste verte des aires protégées et de conservation
le soutien. Elles ne doivent pas être perçues comme un examen du (voir la Section 9.2).
rendement du personnel, car cela aurait une incidence sur
l’exactitude des évaluations. Il est également important d’examiner
attentivement la communication des résultats des évaluations.
Sans une communication efficace, les résultats peuvent être mal

170 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Grégoire Dubois

10.8 Les EfGAP en Afrique orientale BIOPAMA (Campese et Sulle, 2019). Le rapport a analysé l’efficacité
de la gestion, la gouvernance et les évaluations sociales dans les
et australe aires protégées ou de conservation terrestres et / ou marines en
Afrique orientale et australe. L’accent a été mis principalement sur
L’analyse du pourcentage d’aires protégées disposant d’une
les méthodologies élaborées spécifiquement pour évaluer une ou
évaluation EfGAP dans la BD-EGAP (Figure 10.2) montre que
une combinaison de ces questions, et destinées à une utilisation
l’Afrique a fait un travail important dans ce domaine. Initialement,
répétée.
de nombreuses évaluations étaient liées aux exigences de
financement des donateurs, mais au fil des ans, de nombreux pays L’inventaire comprenait la BD-EGAP, ainsi que des études
de la région ont institutionnalisé les évaluations, et certains, dont universitaires et des évaluations complètes ou partielles contenues
Madagascar, l’Afrique du Sud et la Zambie, ont adapté l’outil OSEG dans des rapports plus généraux. Il comprenait également des
à leurs objectifs spécifiques. L’Afrique du Sud réalise des évaluations ayant été rapportées dans les réponses aux enquêtes
évaluations OSEG depuis un certain nombre d’années, utilisant les et aux entretiens, mais n’ayant pas été rapportées à la BD-EGAP.
objectifs de l’OSEG pour améliorer la gestion et comme un véritable En particulier, l’analyse incluait 294 évaluations OSEG en Afrique
moyen de résoudre les problèmes. du Sud en 2015, 2017 et 2019, sur la base des réponses d’enquêtes
(et de documents publiés) associées à des confirmations lors
Malheureusement, peu d’analyses des résultats de ces évaluations
d’entretiens de suivi selon lesquelles l’Afrique du Sud réalise des
sont disponibles pour comprendre quels étaient les résultats à
évaluations OSEG-AS au moins tous les deux ans (et dans certains
l’échelle de la région.
sites, chaque année) dans toutes les aires protégées terrestres
Depuis 1990, un changement s’est produit dans le monde en gérées par le gouvernement. Les évaluations d’impact propres à
termes de qui dirige les évaluations EfGAP. Initialement, la plupart des projet et les rapports d’examen préalable n’ont pas été inclus.
des évaluations étaient dirigées par des ONG, mais de 2010 à Bien que l’inventaire soit vaste, il n’est pas exhaustif. Toutes les
2014, une augmentation des efforts dirigés par des organismes évaluations répertoriées n’ont pas été inclues dans les analyses
gouvernementaux s’est produite (Coad et al., 2015). détaillées, car elles ne constituaient pas des évaluations complètes
utilisant des méthodes facilement reproductibles. Elles sont alors
Dans la BD-EGAP, 681 aires protégées disposent d’au moins une
classées comme « Autres ».
évaluation EfGAP en Afrique orientale et australe (Tableau 10.2).
Cela ne représente que 13% des aires protégées de la région. Bon En plus des types d’évaluation décrits ci-dessous, l’inventaire
nombre des aires protégées ont été évaluées plus d’une fois, ce qui comprenait des évaluations de la gouvernance et des évaluations
porte le nombre total d’évaluations à 1 510. La Figure 10.3 montre sociales réalisées dans des paysages abritant des aires protégées
le nombre d’aires protégées disposant d’évaluations EfGAP dans et de conservation, ainsi que des processus plus généraux et
la BD-EGAP en Afrique orientale et australe, tandis que la Figure novateurs impliquant des éléments de gouvernance et d’évaluation
10.4 montre le pourcentage d’aires protégées disposant sociale109. Les Protocoles communautaires bioculturels (PCB), par
d’évaluations EfGAP dans la BD-EGAP. exemple, « articulent les valeurs, les procédures et les priorités
déterminées par les communautés », y compris (le cas échéant) en
10.8.1 Inventaire des évaluations EfGAP en ce qui concerne les aires protégées et de conservation. Le
Afrique orientale et australe processus peut comprendre la description, la réflexion et la
reconnaissance de systèmes de gouvernance des territoires des
Cette section du rapport s’appuie grandement sur l’analyse
peuples autochtones et des communautés locales, ainsi que des
réalisée par Jessica Campese et Emmanuel Sulle dans leur rapport
droits et responsabilités connexes. Des PCB ont été mis en place
intitulé Management Effectiveness, Governance and Social
dans plusieurs pays de la région, notamment au Kenya, à
Assessments of Protected and Conserved Areas in Eastern and
Madagascar, en Namibie et en Afrique du Sud (voir le site web de
Southern Africa: a rapid inventory and analysis to support the
Natural Justice).
BIOPAMA programme and partners, préparé pour le programme

109  Il existe également de nombreuses expériences et ressources connexes qui n’ont pas été inclues dans l’inventaire car, bien que pertinentes pour le sujet, elles ne comportaient
pas d’évaluation en soi. Cela comprend des études de cas en Afrique orientale et australe inclues dans le Registre des APAC.
110  https://biopama.org/node/349

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 171


Tableau 10.2 : Évaluations EfGAP en Afrique orientale et australe
Pays Nombre Nombre d’aires Nombre Nombre d’évaluations Nombre d’aires
d’aires protégées disposant d’évaluation EfGAP EfGAP répertoriées par protégées ayant fait
protégées d’une évaluation (BD-EGAP) Campese et Sulle (2019) l’objet de plus d’une
(BDMAP) EfGAP (BD-EGAP) évaluation
Angola 14 4 4 4 0
Botswana 22 6 8 9 2
Comores 8 0 0 0 Aucune évaluation dans
la BD-EGAP
Djibouti 7 1 1 1 0
Érythrée 4 0 0 0 Aucune évaluation dans
la BD-EGAP
Eswatini 14 0 0 6 Aucune évaluation dans
la BD-EGAP
Éthiopie 104 17 20 27 3
Kenya 411 41 70 112 18
Lesotho 4 2 1 1 0
Madagascar 157 78 79 476 1
Malawi 133 19 23 29 4
Maurice 44 13 19 13 4
Mozambique 44 10 44 45 11
Namibie 148 18 40 44 10
Rwanda 10 4 6 5 2
Seychelles 40 6 10 12 2
Somalie 21 0 0 0 Aucune évaluation dans
la BD-EGAP
Afrique du Sud 1 580 205 722 1 606 173
Soudan du 27 4 4 4 Aucune évaluation dans
Sud la BD-EGAP
Soudan 23 2 2 2 0
Tanzanie 840 183 329 340 80
Ouganda 712 37 54 53 10
Zambie 635 22 65 70 12
Zimbabwe 232 9 9 14 1
Source : Campese et Sulle (2019); UNEP-WCMC et IUCN (2019a)

Figure 10.2 : Pourcentage de couverture des évaluations de l’efficacité de la gestion par région

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019a).

Note : Pourcentage de couverture de toutes les aires protégées par région, évaluées quant à leur efficacité de gestion à l’aide de différents outils d’Efficacité de la gestion des aires
protégées (EfGAP)

172 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 10.3 Nombre d’aires protégées présentant une évaluation EfGAP dans la BD-EGAP en Afrique
orientale et australe

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019a).

Figure 10.4 : Pourcentage d’aires protégées possédant des évaluations EfGAP dans la BD-EGAP

Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019a)

Figure 10.5 : Évaluations EfGAP répertoriées en Afrique orientale et australe par méthodologie / outil (total :
2 878)
OSEG (2 224) SAPM (14)
Méthodologie EfGAP inconnue (200) EoH (7)
Surveillance des IBA de BirdLife (200) AMP de l’océan Indien occidental (2)
SMART (109) OIEG (1)
RAPPAM (80) SGBD / SMART (1)
Rapport Perspectives du Patrimoine mondial (47) OSEGAP (1)
IEG (44)

Source : Campese et Sulle (2019, p. 44).

Figure 10.6 : Répartition des évaluations EfGAP répertoriées par pays

Source : Campese et Sulle (2019, p. 46).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 173


Le rapport complet est disponible en ligne.110
10.9 Résultats des évaluations
Au total, 2 686 évaluations de l’efficacité de la gestion ont été
répertoriées dans l’analyse EfGAP de Campese et Sulle (2019).
EfGAP en Afrique orientale et
Quatre-vingts d’entre elles faisaient partie d’évaluations RAPPAM à australe
l’échelle de systèmes. Les évaluations OSEG, y compris les
Bien que de nombreuses évaluations EfGAP aient été réalisées
versions adaptées par les pays, constituent la grande majorité des
dans toute l’Afrique orientale et australe (voir la Section 10.8), il
évaluations EfGAP répertoriées : 2 035 (soit plus de 75%) (Figure
n’existe aucune tentative récente et globale, à l’échelle régionale,
10.5).
pour compiler et analyser les résultats de ces évaluations.
Les évaluations EfGAP ont souvent été répétées dans les mêmes
La dernière méta-analyse mondiale comprenant une analyse
sites, en partie parce que de nombreux donateurs, y compris le
régionale pour l’Afrique a été réalisée en 2010 (Leverington et al.,
FEM et la Banque mondiale, exigent des évaluations multiples au fil
2010). Selon cette analyse, un peu plus de 960 évaluations ont été
du temps comme condition à leur financement. Des évaluations
enregistrées en Afrique, et les données ont été analysées pour 644
OSEG, en particulier, ont été répétées dans de nombreux sites et,
sites à partir de l’évaluation la plus récente disponible pour chaque
ces dernières années, ont été réalisées de façon annuelle ou
aire protégée. Le score d’efficacité moyen global (moyenne pour
biannuelle dans des aires protégées gérées par l’État en Afrique du
tous les indicateurs individuels) était de 49%, ce qui était inférieur
Sud, à Madagascar et en Zambie. Des rapports sur les Perspectives
à la moyenne mondiale (53%) ainsi qu’à toute autre région. Quelque
du Patrimoine mondial ont été réalisés pour 24 sites en 2014, et
22% des évaluations se situaient dans le tiers inférieur de l’échelle
répétés en 2017.
(clairement inacceptable), tandis que seulement 17% se trouvaient
Des informations sur les types de gouvernance était disponibles dans le tiers supérieur (gestion adéquate) (Leverington et al., 2010).
pour 2 046 des évaluations EfGAP. Plus de 95% ont été menées
Pour les sites naturels et mixtes (naturels et culturels) du Patrimoine
dans des aires protégées gérées par les gouvernements, suivies de
mondial, Perspectives du Patrimoine mondial de l’UICN évalue 14
la gouvernance communautaire (2%), de la gouvernance privée
aspects différents de la protection et de la gestion, y compris le
(2%) et de la gouvernance partagée (moins de 1%).
cadre législatif, le système de gestion, les relations avec les
La majorité des évaluations EfGAP citées dans l’analyse ont été populations locales, le suivi, les limites du site, les programmes
réalisées en Afrique du Sud (53%), un pays ayant adopté l’OSEG à d’éducation, etc., avant de calculer une évaluation globale de
l’échelle nationale pour suivre l’efficacité de la gestion et ayant l’efficacité de la protection et de la gestion de chaque site. Selon
répété des évaluations sur plusieurs sites. Madagascar représente l’évaluation la plus récente, en 2017 (Osipova et al., 2018), les
18% des évaluations et la Tanzanie 13% (voir la Figure 10.6). perspectives de conservation des sites naturels et mixtes du
Seules les Comores, l’Érythrée et la Somalie n’ont pas signalé Patrimoine mondial en Afrique orientale et australe sont « bonnes »
d’évaluations. ou « bonnes malgré quelques inquiétudes » pour 71% des sites,
tandis que 21% ont été évalués comme « très préoccupants » et
Le nombre d’évaluations EfGAP effectuées chaque année dans la
8% considérés comme « critiques ». Par exemple, par rapport à
région a augmenté au fil du temps (voir la Figure 10.7), de plus en
l’évaluation précédente de 2014, les résultats de la Réserve
plus d’évaluations OSEG, en particulier, étant entreprises de façon
naturelle intégrale de Tsingy de Bemaraha, à Madagascar, sont
annuelle (voir la Figure 10.8).
passés de « bons » à « bons malgré quelques inquiétudes », tandis
que ceux du Parc national du Serengeti, en Tanzanie, se sont
10.8.2 Inventaire des évaluations combinées en
améliorés de « très préoccupants » à « bons malgré quelques
Afrique orientale et australe
inquiétudes ». Les perspectives de conservation de tous les autres
L’inventaire comprenait une analyse des évaluations sociales et de sites de la région sont restés inchangés (Osipova et al. 2017). La
gouvernance des aires protégées, ainsi que des méthodologies moitié des sites naturels et mixtes du Patrimoine mondial en
combinant deux éléments ou plus, c’est à dire efficacité de la Afrique orientale et australe ont été évalués comme bénéficiant
gestion, impact social et / ou gouvernance, compliquant leur d’une protection et d’une gestion « globalement efficaces » ou
classement dans une seule catégorie. La Figure 10.9 montre les « très efficaces », tandis que 29% ont été évalués comme
évaluations « combinées » répertoriées par méthodologie / outil. « préoccupants » et 21% comme « très préoccupants ». Les notes
individuelles des perspectives globales de conservation pour
Sur les 31 évaluations de la catégorie « combinée », 20 ont utilisé
chacun des sites naturels / mixtes sont indiquées dans le Tableau
l’Approche d’évaluation des risques du Forest Stewardship Council
4.2.
(FSC), cinq sites ayant utilisé la Liste verte de l’UICN (voir la Section
9.2). La Liste verte inclut une prise en compte explicite de l’efficacité Une analyse de l’efficacité de la gestion en Afrique de l’Est, réalisée
de la gestion, de la gouvernance et de l’évaluation sociale. Les dans le cadre du programme BIOPAMA en 2017, a utilisé 25
évaluations des risques du FSC, bien que rarement citées parmi les indicateurs principaux, tels que définis dans le rapport de
évaluations des aires protégées et de conservation, ont été inclues Leverington et al. (2014) et représentant tous les éléments du cycle
dans l’inventaire du fait que la norme FSC-US Forest Management de gestion des aires protégées (BIOPAMA, non publié). Les
Standard (Norme de gestion forestière du FSC-États-Unis) résultats ont montré que 8% des aires protégées évaluées
comprend des questions sur la gestion forestière et la gouvernance, présentaient un bon niveau de gestion, tandis que 34% ne
ainsi que certains aspects de l’impact social, et que ces évaluations disposaient que d’une gestion basique (voir la Figure 10.10). Près
ont été relativement largement utilisées dans les forêts conservées de la moitié (40%) des aires protégées citées dans l’analyse
de la région. Ceci inclut 17 réserves forestières de terres villageoises disposaient d’une gestion basique, mais présentant des lacunes
en Tanzanie, évaluées en vertu d’un certificat FSC collectif dans le majeures. La gestion de dix-huit pour cent des aires protégées a
cadre de l’Initiative de conservation et développement de Mpingo été jugée inadéquate. La Figure 10.11 montre l’emplacement de
(MCDI, 2019). certaines des aires protégées citées dans l’analyse, ainsi que leur
niveau d’efficacité de gestion.

174 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 10.7 : Évaluations de l’efficacité de la gestion répertoriées par année

Source : Campese et Sulle (2019, p. 47).


Une petite erreur dans la répartition des évaluations entre 2014 et 2015 a été identifiée depuis la publication de Campese et Sulle (2019). Elle a été corrigée dans cette figure.

Figure 10.8 : Évaluations OSEG répertoriées par année

Source : Campese et Sulle (2019, p. 52).

Figure 10.9 : Évaluations « combinées » répertoriées par méthodologie / outil

Évaluation des risques FSC (20)


Liste verte (5)
Sensemaker (2)
Cartographie participative (1)
Mécanisme Whakatane (1)

Source: Campese et Sulle (2019, p. 53).

Figure 10.10 : Résultats d’efficacité de la gestion des aires protégées évaluées en Afrique de l’Est

Basique (50-66%)
Basique - déficiences majeures (33,3-50%)
Inadéquate (<33,3%)
Robuste (>66%)

Note : les aires protégées ont été classées en fonction de leurs scores moyens d’efficacité de la gestion (entre parenthèses) selon l’évaluation la plus récente.
Source : BIOPAMA (2017).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 175


Figure 10.11 : Carte montrant les résultats d’efficacité de la gestion des aires protégées évaluées en
Afrique de l’Est

Note : les aires protégées ont été classées en fonction de leurs scores moyens
d’efficacité de la gestion (entre parenthèses) selon l’évaluation la plus récente.
Source : développé par BIOPAMA à partir des données de la BD-EGAP

Afin de déterminer quels aspects de la gestion des aires protégées des parties prenantes ont été évalués comme relativement
sont les plus efficaces, une analyse plus approfondie des robustes, mais cela ne se reflétait pas dans les effets positifs de
évaluations a été effectuée pour obtenir des scores moyens pour l’aire protégée sur les communautés locales.
les indicateurs principaux, de façon individuelle (voir Figure 10.12).
Des évaluations ont également été entreprises à l’échelle de pays.
L’analyse est basée sur l’évaluation la plus récente disponible pour Par exemple en 2014, l’Afrique du Sud a réalisé une analyse de
chaque aire protégée. Les indicateurs présentant moins de 20 l’efficacité de la gestion de ses aires marines protégées (Chadwick
échantillons ont été retirés de l’analyse. et al., 2014). Celle-ci a mis en évidence un certain nombre
d’améliorations par rapport à l’analyse précédente, en 2009,
Dans l’ensemble, la planification est apparu comme l’élément le
notamment des programmes de suivi, le renforcement des
plus robuste de la gestion, en particulier pour les aspects de
capacités d’application de la loi et l’amélioration de la participation
création de sites, tandis que la planification de la gestion est
des parties prenantes. Elle a, en outre, noté que les budgets, les
apparue comme un peu plus faible. En matière d’intrants, les
processus administratifs, les réglementations inadéquates, la
indicateurs reflétant la disponibilité de financements et de matériel
disponibilité de personnel qualifié dans les AMP et l’élaboration de
figuraient parmi les aspects les plus faibles de la gestion. Certains
plans stratégiques étaient toujours déficients.
indicateurs ont révélé des résultats mitigés. Par exemple, la
gouvernance, le leadership et la participation des communautés et

176 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


10.10 Financement et ressources des aires Suisse et al., 2014). L’Initiative de financement de la biodiversité
protégées111 (BIOFIN) du Programme des Nations Unies pour le développement
(PNUD) suggère une estimation similaire du déficit de financement
Les aires protégées et de conservation jouent un rôle clé dans la annuel mondial à USD 150-440 milliards (BIOFIN, 2019).
protection de la diversité biologique et des services écosystémiques
dont dépendent l’économie et les populations africaines. Ces sites Une estimation exacte des dépenses mondiales consacrées à la
ont besoin de sources de financement fiables et durables pour biodiversité et aux services écosystémiques est difficile à obtenir,
maintenir leurs opérations de gestion quotidiennes, atteindre leurs en raison de lacunes et d’incohérences considérables dans les
objectifs de conservation, offrir des expériences de qualité aux rapports et le suivi sur le financement de la biodiversité (OCDE,
visiteurs, le cas échéant, et offrir des avantages aux communautés 2019). Selon Parker et al. (2012), les dépenses mondiales
vivant à proximité des aires de conservation. consacrées à la biodiversité et aux services écosystémiques ont
atteint USD 53 milliards par an en 2010. L’OCDE a estimé que les
Les sources de financement actuelles sont cependant insuffisantes. dépenses consacrées aux activités liées à la biodiversité (sur la
Un certain nombre d’études ont été réalisées pour évaluer le déficit base des données disponibles sur les budgets publics) étaient de
financier pour la gestion des aires protégées (Credit Suisse et al., USD 49 milliards en 2015. À titre de comparaison, les secteurs des
2014; Emerton et al., 2006; Parker et al., 2012). Bien que le chiffre combustibles fossiles et de l’agriculture ont reçu USD 500 milliards
exact puisse varier, il existe un consensus général sur le fait que le de subventions et de soutien public par an (OCDE, 2019). Sur les
montant actuel des fonds disponibles pour la protection et la USD 53 milliards alloués à la conservation de la biodiversité, 74%
gestion des aires de conservation est totalement insuffisant. Un ont été dépensés dans le monde développé, seulement 6% en
rapport du Crédit Suisse, du WWF et du groupe McKinsey en 2014 Afrique (Parker et al., 2012) et 5% en Amérique latine.
a estimé que USD 300 à 400 milliards sont nécessaires chaque
année pour financer la protection de la biodiversité mondiale. Le Une étude récente portant sur 2 167 aires protégées, représentant
rapport théorise que, même si les efforts de conservation 23% du parc mondial d’aires protégées terrestres, a révélé que
gouvernementaux et philanthropiques actuels sont doublés pour moins de 25% des aires protégées disposent de ressources, de
atteindre environ USD 100 milliards par an, la conservation personnel ou d’un budget adéquats (Coad et al., 2019). Dans les
mondiale de la biodiversité sera toujours confrontée à un déficit de pays en développement, ce déficit de financement des aires
financement mondial de USD 200 à 300 milliards par an (Credit protégées a été estimé à environ USD 0,2 à 0,9 milliard par an en
2005 (CDB, 2005), tandis que moins de 6% des pays ayant soumis

Figure 10.12 : Résultats moyens pour les indicateurs principaux des évaluations les plus récentes

Source : BIOPAMA (2017).

111  François Barnard et Kathleen Fitzgerald (Conservation Capital) ont largement contribué à cette section.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 177


des rapports à la CDB ont indiqué disposer de ressources moitié des dépenses destinées à la biodiversité sont couvertes
suffisantes pour la gestion de leurs aires protégées (Watson et al., par un financement gouvernemental national du pays hôte
2014). (Parker et al., 2012). En Afrique orientale et australe, toutes les
agences chargées des aires protégées reçoivent un certain
10.10.1 Déficit de financement en Afrique niveau de financement de leurs gouvernements nationaux. Par
orientale et australe exemple, au Kenya, 47% du budget 2015 du Service de la
faune du Kenya a été fourni par le gouvernement Kenyan
Les aires protégées d’Afrique orientale et australe sont confrontées
(Kenya Wildlife Service, 2015). Cependant, les gouvernements
à un important défi de financement et de ressources, en particulier
sont souvent confrontés à des besoins concurrentiels en
celles protégeant des grands mammifères, tels que le rhinocéros,
matière d’infrastructures, de santé, d’éducation et de sécurité
l’éléphant, le lion et le lycaon. Une étude a révélé que le coût annuel
alimentaire, détournant ainsi le financement de la conservation
de gestion des aires protégées abritant des lions est d’environ
vers ces besoins sociaux. Il est donc essentiel de diversifier les
2.000 USD/km2 dans les sites non clôturés, et de 500 USD/km2
revenus, tout en augmentant les recettes provenant de moyens
dans les sites clôturés (IUCN ESARO, 2020, p. 16). Ces résultats
auto-générateurs, afin d’assurer la viabilité à long terme du
ont par la suite été confirmés par Lindsey et al. (2018), qui ont
financement et de la gestion des aires protégées. De même,
estimé qu’une gestion efficace des aires protégées abritant des
des investissements dans la gestion des aires protégées sont
lions nécessite 1 000 à 2 000 USD/km2 (IUCN ESARO, 2020, p. 16).
également nécessaires pour s’assurer que les infrastructures
Cependant, la majorité des aires protégées en Afrique sont gérées
requises soient en place et que la faune sauvage ou les produits
avec moins de 50 USD/km2 (Fitzgerald, 2017), ce qui suggère que
de nature soient financièrement en sécurité.
ces sites sont largement sous-financées d’environ 90% (IUCN
ESARO, 2020, p. 16). • Soutien de donateurs et gestion collaborative : selon l’étude
d’Emerton et al. (2006), les subventions externes, les dons et le
Bien que le financement, la gestion et les besoins en personnel
soutien philanthropique, ainsi que le soutien gouvernemental,
associés des aires protégées varient en fonction de facteurs tels
restent parmi les principales sources de financement pour la
que les caractéristiques géographiques locales, la forme, le climat,
conservation et la gestion des aires protégées en Afrique
le contexte culturel, les espèces présentes sur le site, les utilisations
orientale et australe. En 2018, par exemple, plus des trois
des terres adjacentes et les populations, il existe un consensus
quarts des dépenses de fonctionnement et d’investissement
quant à un déficit de financement important dans toute l’Afrique
d’une organisation kenyane, le Fiducie des pâturages du nord
orientale et australe.
qui soutient 30 aires de conservation communautaires, ont été
Une étude de 2019 a évalué les coûts de gestion, les recettes et les couvertes grâce au soutien de donateurs (The Northern
subventions de 282 aires protégées appartenant à l’État et abritant Rangelands Trust, 2018). En revanche, en Afrique du Sud, 80%
des lions, et a conclu que les fonds disponibles ne satisfaisaient des revenus de Parcs Nationaux Sudafricains sont autofinancés
qu’à 10% à 20% des besoins de gestion. Au total, le déficit de et proviennent du tourisme.
financement de ces aires protégées a été estimé à environ USD 1,5
Les organisations locales et internationales de conservation jouent
milliard par an (IUCN ESARO, 2020, p. 16).
également un rôle important dans le soutien, le financement et les
Une analyse des données financières des aires protégées dans 15 ressources disponibles pour les aires protégées africaines. Par
pays de la région a également montré que 12 d’entre eux font face exemple, depuis plus de 30 ans, la Société zoologique de Francfort
à des déficits de financement importants (voir la Figure 10.13). (FZS), en partenariat avec le Département des parcs nationaux et
Même si l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe présentent de la faune sauvage de Zambie, soutient la conservation dans le
généralement des déficits de financement similaires (56% et 64%), Parc national du Nord de Luangwa ainsi que dans les AGG
certains pays, comme l’Afrique du Sud, le Kenya et le Rwanda (voir environnantes (FZS, 2019). Il existe différents modèles de soutien
l’Encadré 10.2), semblent être mieux financés, ce qui suggère que non gouvernemental à la gestion des aires protégées (voir la
les pays disposant d’une législation habilitante (comme les Section 11.1). Les données financières de 15 pays d’Afrique
politiques de propriété des espèces sauvages de l’Afrique du Sud) orientale et australe montrent que le soutien des donateurs
et d’un tourisme de nature bien développé sont en mesure de représente plus de 50% des financements (Lindsey et al., 2018).
contribuer davantage au financement de leurs aires protégées.
Compte tenu de sa compatibilité avec la conservation en tant
10.10.2 Sources de financement actuelles qu’utilisation des terres, le tourisme de nature est souvent la
principale (et dans de nombreux cas la seule) source de revenus
Les options de financement traditionnelles des aires protégées et générés par les aires protégées. Le tourisme de nature fait référence
de conservation en Afrique orientale et australe se limitent à un tourisme dont le but principal est d’observer ou de profiter de
généralement au financement public, au soutien de donateurs et l’environnement naturel, ce qui comprend, entre autres activités, la
au financement auto-généré, fondé sur le marché, comme par randonnée, l’observation des oiseaux ou les safaris d’observation
exemple les revenus générés par le tourisme de nature. Bien que de la faune. Une analyse des sept autorités chargées des aires
les pays, les aires protégées et leurs besoins de financement protégées en Eswatini, Éthiopie, Kenya, Namibie, Tanzanie, Afrique
associés diffèrent, très peu d’aires protégées sont en mesure de du Sud et Ouganda (totalisant plus de 240 aires protégées et 40
générer des revenus suffisants par des moyens internes, rendant la millions d’hectares gérés) montre que le tourisme génère environ
plupart dépendantes d’une forme quelconque de soutien de 80% de tous les revenus générés en interne (voir la Figure 10.14).
donateurs ou des gouvernements. Ces sources de financement
externes restent cependant insuffisantes. Un certain nombre de pays d’Afrique orientale et australe ont la
possibilité d’accroître les recettes tirées du tourisme existant et de
Financement externe développer de nouvelles formes de revenus grâce au tourisme
basé sur la faune sauvage. D’autres tendances clés en matière de
• Soutien gouvernemental : à l’échelle mondiale, environ la

178 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Figure 10.13 : Déficit de financement et ressources financières disponibles dans 15 pays
d’Afrique orientale et australe
Afrique de l’Est Afrique australe Total : 15 pays

12% 6% 8%

56% 32% 64% 30% 62% 30%

Source : IUCN ESARO (2020, fig. 5, p. 16).

Figure 10.14 : Répartition des revenus générés en interne dans sept pays (Afrique du Sud, Eswatini,
Éthiopie, Kenya, Namibie, Tanzanie et Ouganda)

Revenus du tourisme
Revenus de la chasse
Boutiques / vente de marchandises
Vente de récoltes de produits naturels
Crédits carbone, compensations de biodiversité, autres PSE
Frais de tournage et de photographie, marathons
Autres

Source : Développé par Conservation Capital (2019)112

© Wilderness Safaris

112  Ce graphique a été développé par Conservation Capital à l’aide des sources de données suivantes : rapports financiers et annuels du Service de la faune du Kenya, de Parcs
nationaux de Tanzanie, de Parcs nationaux d’Afrique du Sud, de la Commission nationale de fiducie d’Eswatini, de l’Autorité éthiopienne de conservation de la faune, de l’Autorité
ougandaise de la faune et de la Association namibienne de gestion communautaire des ressources naturelles. La catégorie « Autres » comprend, lorsqu’elle est spécifiée, la
location d’équipement et d’installations, les intérêts et redevances reçus, les contraventions du parc, les frais de garage et de main-d’œuvre, les frais de sauvetage, la recherche
et autres revenus.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 179


Encadré 10.2 : La vigueur de l’économie touristique au Rwanda
Le Rwanda présente un marché des voyages de loisirs solide en 2017, soit une augmentation de près de 50% par rapport à
et en augmentation, la plupart de ses 1,4 million de visiteurs 2012 (IUCN ESARO, 2020, p. 28).
provenant des pays voisins (43% proviennent de la
La majorité des revenus écotouristiques du Rwanda sont
Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et 45% d’autres parties
générés par les permis de trekking pour l’observation des
de l’Afrique) (RDB, 2017), et 80 000 visiteurs venant de
gorilles, qui coûtent actuellement USD 1 500 par permis. Le
l’étranger (notamment d’Europe et d’Inde).
Rwanda possède également le modèle de partage des revenus
Le tourisme d’affaires et de conférence prend de plus en plus communautaires le plus élevé d’Afrique, fournissant 10% de
d’importance et génère la part de revenus la plus élevée (RDB, tous les revenus du parc aux communautés et 5%
2017). Par exemple, plus de 50% des arrivées par avion (hors supplémentaires à un fonds de gestion des conflits homme-
transit, retour des résidents et visite d’amis ou de la famille) faune pour les communautés. Compte tenu de la dépendance
viennent pour affaires ou une conférence, les vacances excessive à l’égard des revenus dérivés des gorilles de
représentant 35% (National Institute of Statistics of Rwanda, montagne, qui ont généré USD 18,3 millions en 2017 (RDB,
2017). 2017), le Rwanda a commencé à élargir et à diversifier son
offre de tourisme de nature en développant et en attirant des
Le tourisme est la principale source de devises du Rwanda, et
investissements dans ses autres aires protégées, telles que le
provient principalement de l’écotourisme, identifié comme une
Parc national de l’Akagera, dans la partie orientale du pays,
priorité par le gouvernement rwandais du fait de ses avantages
qui offre un produit touristique différent, dans un paysage de
sociaux et économiques. Les revenus totaux générés par les
savane. En diversifiant ses produits, le gouvernement vise à
voyages d’agrément sont passés de USD 390 millions en 2016
garder les personnes dans le pays plus longtemps, augmentant
à USD 438 millions en 2017, soit 14% du produit intérieur brut
ainsi la génération de revenus (RDB, comm. pers., 2019). Le
(PIB) du pays (KNOEMA, 2018).
Parc national d’Akagera est cogéré avec Parcs Africains, une
Le tourisme au Rwanda soutient 98 000 emplois directs (soit organisation à but non lucratif dont le siège est situé en Afrique
5% du total des emplois non agricoles), et un total (direct et du Sud (voir la Section 11.1).
indirect) de 250 000 emplois (soit 14% des emplois non
agricoles). Le nombre de visites dans les parcs nationaux a Contribution de Conservation Capital.
augmenté de 54% depuis 2012, passant de 61 000 à près de
94 000 visites en 2017. Cette augmentation a entraîné une
consolidation significative des revenus, avec USD 18,6 millions

© Wilderness Safaris

180 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


financement des aires protégées en Afrique orientale et australe montré que les visites dans les aires protégées étaient en
sont décrites ci-dessous. augmentation dans les trois quarts des pays où des données
étaient disponibles.
• Il existe d’importants écarts de revenus entre les aires
protégées et les pays. Par exemple, sur 14 parcs en Tanzanie, L’Afrique orientale et australe est particulièrement bien adaptée au
plus de 75% des revenus en 2012 / 2013 ont été générés par développement du tourisme basé sur la faune sauvage, compte
seulement deux parcs : les Parcs nationaux du mont tenu de ses atouts naturels et culturels uniques, de sa facilité
Kilimandjaro (42%) et du Serengeti (33%). Au Rwanda, le Parc d’accès et de sa faune spectaculaire. L’utilisation des terres dans
national des volcans représente 38% de toutes les visites et la région est également compatible avec un tourisme basé sur la
génère plus de 90% de l’ensemble des revenus (RDB, 2017). faune sauvage, 16,54% des terres étant protégées en Afrique
orientale et australe (voir la Section 4), ce qui signifie que 2,1
• Les recettes, les dépenses et la rétention sont un aspect clé
millions de km2 de terres offrent un potentiel pour un tourisme basé
pour assurer une gestion efficace de la conservation. Les
sur la faune sauvage. Ce chiffre est supérieur à d’autres destinations
plans d’activités des aires protégées (individuelles et systèmes)
touristiques majeures dans le monde présentant des paysages très
aident à faire en sorte que toute augmentation des financements
divers, comme les États-Unis.
soit gérée correctement, améliorant ainsi les rendements en
matière de conservation. La plupart des agences chargées des En Afrique orientale et australe, les voyages et le tourisme ont
aires protégées dans la région sont tenues de reverser leurs représenté 9,5% du PIB (soit USD 75 milliards) en 2018 (WTTO,
revenus au budget gouvernemental, puis de demander leur 2019). Les dépenses touristiques dans la région ont représenté
budget annuel, certaines recevant moins que ce qu’elles ont USD 50 milliards, dont environ USD 35 milliards pour les loisirs et
généré. Par conséquent, même si un parc est en mesure de environ USD 25 milliards pour les visiteurs internationaux (WTTO,
générer des revenus suffisants pour soutenir ses opérations, 2019).
ces bénéfices sont utilisés pour subventionner des parcs moins
Le tourisme joue déjà un rôle important dans la région, générant
rentables. Par exemple, en Tanzanie, TANAPA gère 506 aires
des revenus pour les pays, fournissant des emplois, directement et
protégées, mais deux parcs nationaux, le Kilimandjaro et le
indirectement, et soutenant les services sociaux vitaux.
Serengeti, généraient à eux seuls 74% des revenus en 2013
(Tanzania National Parks, 2013). En Afrique du sud, sur 19 parcs Quelques faits marquants de son rôle sont mentionnés ci-après :
nationaux, les parcs de Table Mountain et Kruger ont accueilli
• En Afrique du Sud, les parcs nationaux ont accueilli plus de 7
77% de l’ensemble des visiteurs en 2017-2018, générant des
millions de touristes et généré USD 109 millions de revenus
revenus importants grâce aux droits de conservation et de
touristiques pour l’année se terminant au 31 mars 2018
concession (SANParks, 2018). Au Rwanda, le Parc national des
(SANParks, 2017).
volcans représente 38% de l’ensemble des visites et génère
plus de 90% de tous les revenus du Conseil de développement • Environ 2,9 millions de personnes ont visité les aires protégées
du Rwanda, le département chargé de la gestion des aires du Kenya en 2018 (KNBS, 2019).
protégées et de la faune sauvage dans le pays (RDB, 2017).
• Environ 46% (590 000) des visiteurs internationaux en Tanzanie
• Dépendance à l’égard du potentiel de génération de revenus ont visité une aire protégée (Spenceley et al., 2017; The World
d’espèces emblématiques. La plupart des fonds sont destinés Bank Group, s.d.).
à des sites emblématiques, de sorte que de nombreuses aires
• Les aires protégées d’Ouganda ont reçu 305 000 visiteurs au
protégées ne sont pas fonctionnelles. Par exemple, une majorité
cours de l’année se terminant en juin 2018, générant des
du budget du Service de la faune du Kenya est consacrée aux
revenus de USD 28 millions pour l’Autorité ougandaise de la
parcs nationaux d’Amboseli, de Tsavo et du mont Kenya,
faune (UWA, 2018).
laissant d’autres parcs sous-financés et non opérationnels en
raison d’une pénurie de financement (BIOPAMA, non publié). En • Environ 80% des touristes partant en vacances en Afrique y
Ouganda, 58% des revenus de l’Autorité ougandaise de la vont pour observer la faune sauvage, selon une enquête menée
faune ont été générés par les permis d’observation des gorilles auprès de 48 institutions gouvernementales de 31 pays
de montagne en 2015 (UWA, non publié), tandis qu’au Rwanda, d’Afrique subsaharienne et 145 voyagistes vendant des
76% des touristes visitant le parc national des Volcans ont voyages en Afrique (WTO, 2014).
participé à l’observation des gorilles, générant USD 15,4
• Les aires protégées d’Afrique attirent chaque année environ 69
millions ou 86% de l’ensemble des revenus (IUCN ESARO,
millions de visiteurs récréatifs, principalement des touristes
2020, p. 27). Bien que ces espèces et parcs emblématiques
internationaux (EC JRC, 2018).
soient un excellent produit d’appel pour les pays respectifs, la
viabilité à long terme du système d’aires protégées dépend de En extrapolant les statistiques sud-africaines et ougandaises et en
ces lieux et de ces espèces, ce qui constitue un risque majeur. tenant compte d’une marge d’erreur importante, on estime que les
Par exemple, si le virus ébola a un impact sur une population de autorités chargées des aires protégées dans la région pourraient
grands singes dont dépend le revenu d’un pays, cela aura un générer entre USD 300 millions et 1 milliard de revenus annuels,
impact non seulement sur l’espèce, mais également sur grâce à 30 à 50 millions de visites par an.
l’économie de l’ensemble du système.
Bien que le tourisme basé sur la faune sauvage ne soit pas
En plus de générer des revenus pour les aires protégées, l’industrie approprié dans un certain nombre d’endroits, il existe encore
du tourisme, si elle est conçue de manière appropriée et durable, d’importantes possibilités en Afrique orientale et australe de
peut dissuader le braconnage et autres activités illicites d’extraction développer un tourisme durable qui permette d’augmenter les
de ressources naturelles. Dans le monde entier, le tourisme de revenus pour la gestion des aires protégées. Le même
nature augmentait de 10% à 12% par an en 2004 (Space For environnement favorable nécessaire pour le tourisme basé sur la
Giants et al., 2019). Une étude antérieure (Balmford et al., 2009) a faune sauvage est également nécessaire pour certains des

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 181


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182 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


mécanismes de financement créatifs mentionnés dans la section • Fonds fiduciaires pour la conservation, comme en Ouganda,
suivante. La meilleure méthodologie pour accroître le financement avec le Fonds fiduciaire pour la conservation de la biodiversité
et la durabilité du financement des aires protégées est une (Uganda Biodiversity Fund, s.d.). Les fonds fiduciaires pour la
approche diversifiée. Par exemple, l’Aire de conservation Ol Pejeta, conservation, parfois appelés fonds environnementaux, sont
une réserve de 90 000 acres au Kenya et l’un des refuges de définis comme des « institutions privées, juridiquement
rhinocéros noirs les plus importants d’Afrique de l’Est, génère des indépendantes, fournissant un financement durable pour la
revenus du tourisme, d’un élevage compatible avec la faune conservation de la biodiversité et finançant souvent une partie
sauvage et d’une agriculture zonée (Ol Pejeta Conservancy, s.d.). des coûts de gestion à long terme du système d’aires protégées
Cette approche diversifiée lui permet de résister à la sécheresse et (AP) d’un pays » (CFA, 2008, p. 1) ou d’une aire protégée
au cycle naturel de la fréquentation touristique. Bien que ces spécifique.
utilisations des terres ne soient pas autorisées dans toutes les aires
• Obligations à impact sur les espèces, telles que les
protégées, elles montrent l’importance et le potentiel d’une
obligations à impact sur les rhinocéros (UNDP Ecosystems &
approche diversifiée.
Biodiversity, 2018).
10.10.3 Sources de financement nouvelles et • Paiement pour services écosystémiques, tels que le projet
émergentes pour les aires protégées de PSE Kilombero Plantation Limited (Athanas, 2018).
Il est largement reconnu que le financement des donateurs ne peut • Les Mécanismes de financement axés sur les résultats sont
pas et ne sera pas en mesure de combler le déficit de financement des instruments de financement novateurs attirant des capitaux
des aires protégées, en raison de sa nature instable, des défis d’investissement pour résoudre des problèmes
concurrents des pays hôtes et des priorités des donateurs. Un traditionnellement financés par le secteur public. Les obligations
certain nombre de mécanismes de financement novateurs ont été d’espèces ou d’aires protégées sont un exemple de tels
développés à l’échelle mondiale, tels que : mécanismes. Ce sont des instruments d’investissement à
échéance fixe, dont le but est d’accroître un échantillon de la
• Échanges « dette contre nature ». Un échange « dette contre
population d’une espèce donnée sur des sites clés. Les
nature » est un accord réduisant l’encours ou la servitude de la
investisseurs de l’obligation ne reçoivent un rendement financier
dette d’un pays en développement en échange d’un
qu’à la réalisation de l’objectif, ce rendement étant financé par
engagement à protéger la nature de la part du gouvernement
les payeurs des résultats.
débiteur. Il s’agit d’opérations volontaires par lesquelles le ou
les donateurs annulent une partie ou la totalité de la dette • Les obligations vertes peuvent être utilisées pour financer un
détenue par le gouvernement d’un pays en développement. En large éventail de projets, notamment les énergies renouvelables,
échange, le gouvernement débiteur s’engage à investir les l’efficacité énergétique, la gestion durable des déchets,
sommes accumulées dans la conservation de la biodiversité, l’utilisation durable des terres, la conservation de la biodiversité,
l’atténuation climatique et la conservation des paysages. Les les transports et l’eau propres (DuPont et al., 2016). Cependant,
Obligations bleues des Seychelles en sont un exemple (The elles n’ont pas encore été utilisées pour financer la conservation
World Bank Group, 2018). à grande échelle. En 2017, il a été estimé que seulement 2% du
produit des obligations allaient à la conservation des terres et
• Incitations fiscales, grâce auxquelles les propriétaires fonciers
4% à la conservation de la biodiversité.
obtiennent une déduction fiscale pour leur engagement en
faveur de la conservation lors de la déclaration de réserves • Obligations bleues. Lorsque le gouvernement d’un pays
naturelles sur des terres privées, comme en Afrique du Sud s’engage à protéger une partie de ses espaces marins côtiers
(Swart, 2019). Voir l’Encadré 10.3. et à mettre en œuvre des mesures de conservation (par
exemple, améliorer la gestion de la pêche et réduire la pollution),
• Les compensations de biodiversité compensent les impacts
le coût d’une telle transition est souvent élevé, en particulier
nets d’un projet de développement après la mise en œuvre
pour les petits États insulaires. Les obligations bleues aident à
d’autres mesures d’atténuation. Les compensations devraient
financer cette transition. Un gouvernement émet une obligation,
viser à ne réaliser aucune perte nette et de préférence un gain
souvent avec l’aide / la garantie d’une ONG et / ou d’une
net de biodiversité. Les compensations peuvent, par exemple,
organisation telle que la Banque mondiale, entraînant
générer des avantages pour la biodiversité (par exemple, un
potentiellement des taux d’intérêt plus bas et des délais de
reboisement) par le biais d’une transaction, dans laquelle les
remboursement plus longs. Une partie de ces sommes finance
vendeurs de compensations (par exemple, une ONG de
les nouvelles aires marines protégées et les activités de
conservation ou un gouvernement) vendent des compensations
conservation auxquelles le pays s’est engagé.
à des promoteurs (par exemple, une société minière ou un
promoteur immobilier) cherchant à compenser une perte nette • Le projet Financement de la persistance utilise une technique
de biodiversité résultant de leurs activités (par exemple, une de financement de projet pour faciliter le financement complet
exploitation minière). et initial de projets ou d’aires de conservation à grande échelle
en réunissant les bailleurs de fonds lors d’une seule étape. À
• Programmes de compensation carbone, tels que le projet
titre d’exemple, on peut citer un accord de USD 57 millions
Wildlife Works Kasigau REDD+ au Kenya (Wildlife Works, s.d.).
visant à protéger 2 millions d’hectares au Costa Rica, et un
Bien que les compensations carbone puissent générer des
projet de USD 215 millions visant à conserver 60 millions
financements pour la conservation, elles ne peuvent le faire que
d’hectares de l’Amazonie brésilienne (Seol, 2016). En
si un acheteur est disposé à compenser ses émissions de
s’attaquant au problème du financement fragmentaire ou
carbone en achetant des crédits carbone dans une aire
insuffisant dès le départ, ce système garantit que les
protégée ou un projet de conservation. Les lois sur le carbone
interventions de conservation soient correctement planifiées,
peuvent surmonter cet obstacle en obligeant les pollueurs à
permanentes et entièrement financées. Pour réussir, ces projets
acheter des crédits de carbone.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 183


nécessitent un engagement politique, une stratégie
d’investissement solide et des plans financiers rigoureux, ainsi
10.11 Conclusions
qu’une collaboration entre gouvernements, ONG et bailleurs de La fréquence des évaluations de l’efficacité de la gestion a
fonds publics et privés. augmenté dans toute l’Afrique orientale et australe au fil du temps.
Cependant, il est encore possible d’étendre l’évaluation de
• Les loteries sont populaires dans la plupart des pays et peuvent
l’efficacité de la gestion à un plus grand nombre de pays de la
générer des revenus substantiels, souvent à des fins
région et aux zones sous gouvernance partagée ou non étatique
socialement bénéfiques telles que la conservation de la nature
(Campese et Sulle, 2019). En particulier, des évaluations EfGAP
(WWF, 2009). Par exemple, en Afrique du Sud, la Commission
devraient être inclues dans le cycle de gestion régulier des aires
nationale des loteries distribue des fonds à une série de causes,
protégées, y compris le suivi nécessaire pour mettre en œuvre les
y compris des organismes de bienfaisance environnementaux
mesures visant à améliorer cette efficacité de la gestion.
(NLCSA, 2019).
La méthode OSEG est la méthode la plus couramment utilisée à
• Image de marque. Le Lion’s Share (2020) est une initiative de
l’échelle des sites, et il est important de s’assurer qu’elle soit
financement de la conservation lancée en septembre 2018,
utilisée conformément aux meilleures pratiques (Stolton et Dudley,
dans le cadre de laquelle une petite taxe est prélevée sur
2016). Un certain nombre d’évaluations OSEG sont effectuées
l’utilisation d’animaux dans les campagnes publicitaires et
dans le cadre des exigences des donateurs et ne contiennent
redistribuée aux ONG de conservation via le Fonds Lion’s
souvent aucun commentaire ou « prochaines étapes », ce qui limite
Share, avec un cofinancement du PNUD. Le Lion’s Share vise à
leur utilité. Néanmoins, un certain nombre de pays ont adapté
lever plus de USD 100 millions par an. Parmi les entreprises
l’OSEG à une utilisation nationale, en particulier pour les aires
privées participantes figurent Mars Inc, Nielsen, International
protégées gérées par l’État. RAPPAM est la méthodologie la plus
Airline Group, JCDecaux, The Economist et Batten, Barton,
couramment utilisée à l’échelle des systèmes et présente
Durstine & Osborn. En Afrique orientale et australe, le Lion’s
également de nombreux avantages. L’utilisation de méthodologies
Share finance une étude sur l’économie de l’éléphant d’Afrique,
intégrées, tenant compte de l’efficacité de la gestion ainsi que des
visant à catalyser les investissements gouvernementaux dans
questions de gouvernance et d’équité sociale, pourrait être utile
la conservation des éléphants et la promotion d’une économie
pour veiller à ce que les aires protégées et de conservation soient
basée sur la nature. Au Mozambique, la mise à niveau du
évaluées de manière adéquate pour l’ensemble des aspects de
système de radiocommunication numérique de la Réserve
l’Objectif d’Aichi 11, de sorte que des améliorations puissent être
nationale de Niassa a également été possible grâce aux fonds
apportées au bénéfice de la biodiversité et des personnes.
provenant du Lion’s Share.
De plus, d’autres méthodes, telles que le nouvel Outil intégré sur
• Autres instruments financiers: BIOFIN a travaillé avec neuf
l’efficacité de la gestion (OIEG) développé dans le cadre de
pays de la région pour identifier les instruments de financement
BIOPAMA, ont été conçues pour aider les organismes et
de la conservation prioritaires pour chacun (IUCN ESARO,
gestionnaires d’aires protégées à planifier, gérer et réaliser un suivi
2020, p. 60).
des sites. L’OIEG est un logiciel qui collecte et organise des
Bien que ces modèles de financement novateurs existent, ils n’ont données et des informations sur la gestion des aires protégées,
pas encore été adoptés ou utilisés à grande échelle en Afrique une analyse statistique interne fournissant des estimations sous
orientale et australe, en raison d’un soutien technique, de forme de score de la qualité de la gestion, tandis que des
ressources et d’un environnement favorable limités. En outre, bien composants visuels offrent un système d’aide à la décision. L’OIEG
que ces modèles offrent un potentiel d’application et de réplication est basé sur un cadre de l’UICN visant à mesurer l’efficacité de la
dans toute la région, des sources de financement plus traditionnelles gestion des aires protégées, et inspiré par d’autres outils, tels que
et éprouvées, telles que le tourisme de nature, bien que largement l’OSEG, la boîte à outils Enhancing our Heritage, et autres.
utilisées en Afrique orientale et australe, n’ont pas encore été
Les exigences des donateurs ont entraîné une plus grande
développées à leur plein potentiel. Cependant, la situation s’est
attention à la question de l’efficacité de la gestion et une
aggravée avec la pandémie de COVID-19, qui a entraîné la
augmentation du nombre d’évaluations EfGAP en cours
fermeture de l’industrie du tourisme et, par conséquent, une
d’achèvement. Il convient de s’en féliciter, mais il est également
diminution significative du financement lié à la conservation des
essentiel de veiller à ce que ces évaluations servent une fonction
aires protégées, dont les principales recettes sont basées sur le
d’apprentissage de fond, ainsi qu’une meilleure gestion, et ne
tourisme (voir l’Encadré 10.4). Dans toute l’Afrique, les accords de
soient pas seulement un exercice consistant à cocher des cases.
collaboration deviennent des outils de plus en plus populaires pour
accroître le soutien financier et le développement des capacités  
dans les aires protégées, beaucoup d’entre elles étant gravement
sous-financées. En outre, certains donateurs exigent des accords
de collaboration pour obtenir un financement. La gestion
collaborative s’obtient par l’association d’une organisation à but
non lucratif ou d’une entité du secteur privé et d’une autorité
chargée de la faune sauvage dans le pays, dans laquelle cette
dernière sous-traite certains aspects de gestion ou activités de
conservation spécifiques (par exemple, suivi écologique, éducation,
engagement communautaire, restauration d’écosystèmes) à
l’organisation partenaire, ou conclut un accord avec le partenaire
privé couvrant l’ensemble des aspects de gestion. Ceci prend de
plus en plus la forme d’un partenariat public-privé (PPP) (voir la
Section 11.1 pour plus d’informations).

184 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Encadré 10.3 : Première incitation fiscale efficace pour la biodiversité en Afrique du Sud
La Loi sud-africaine sur l’impôt sur le revenu (nº 58 de 1962) leurs responsabilités de gestion, renforce leur motivation à
fait référence à une incitation fiscale spécifique pour la moyen et long terme, et facilite l’efficacité fiscale essentielle
biodiversité dans son article 37D, qui vise à obtenir une viabilité au succès durable d’activités économiques compatibles
financière pour les aires protégées situées sur des terres avec les aires protégées.
privées ou communales, ainsi qu’à motiver et récompenser
l’engagement des propriétaires fonciers. L’article 37D permet Contribution de Candice Stevens (Fondation Wilderness
de déduire la valeur des terres déclarées comme Réserve Afrique).
naturelle ou Parc national du revenu imposable, réduisant ainsi
l’impôt dû par un propriétaire foncier. Cela garantit une plus
grande liquidité pour la gestion de la conservation et la
durabilité économique du site. Cette incitation fiscale est à la
fois unique au monde et une première nationale. Cette réussite
en matière de financement de la biodiversité a reçu la première
mention spéciale du Prix Pathfinder, attribuées à Mme Candice
Stevens et au gouvernement Sud-Africain.

Les deux principaux avantages de cet incitatif fiscal spécifique


à la biodiversité sont les suivants :

1) Soutien à la création d’aires protégées privées et


communautaires robustes.
Les exigences de la Loi sur l’impôt sur le revenu
correspondent spécifiquement aux exigences de la Loi
sud-africaine sur les aires protégées (NEMPAA nº 57 de
2003), garantissant que les sites éligibles à cette déduction
fiscale soient déclarés aires protégées d’une façon qui
garantissent leur sécurité juridique, leur permanence, leur
gestion et leur intention à long terme.

2) Création d’un outil innovant pour la viabilité financière


des paysages.
L’article 37D crée un avantage financier substantiel et © Wilderness Safaris

tangible qui aide les propriétaires fonciers à s’acquitter de

Encadré 10.4 : Impact de la pandémie de COVID-19 sur les aires protégées en Afrique orientale
et australe
La pandémie de COVID-19 a généré une crise urgente pour la subsaharienne. Il existe une menace liée à l’utilisation accrue
gestion des aires protégées en Afrique orientale et australe. et non durable des ressources naturelles, ainsi que la possibilité
d’une augmentation du braconnage commercial. Ces menaces
La pandémie a déjà entraîné une cascade d’impacts immédiats
sont inversement proportionnelles aux apports financiers qui
sur les aires protégées, tels que :
sous-tendent la conservation et la gestion des aires protégées.
• la fermeture des aires protégées aux tourisme et aux Le soutien financier de toutes les sources actuelles, y compris
loisirs ; les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux, les donateurs
• une baisse des effectifs du personnel des parcs, du fait des privés et fortunés, ainsi que l’industrie touristique, sera
cas d’isolement ; probablement réduit.

• une éducation des patrouilles des gardes forestiers en Bien qu’il puisse exister certains avantages associés à l’arrêt
raison de la réduction des effectifs, susceptible d’entraîner du tourisme, tels qu’une réduction de la sur-fréquentation dans
une augmentation des activités préjudiciables à les écosystèmes délicats, la crise financière à laquelle sont
l’environnement ; confrontées les aires protégées, quelle que soit leur forme de
• des impacts directs potentiels sur certaines espèces gouvernance, ne saurait être sous-estimée. Les
menacées charismatiques, comme les grands singes ; recommandations formulées dans ce rapport concernant la
diversification des sources de revenus pour la gestion des
• la suspension des programmes courants de gestion et de
aires protégées sont de plus en plus urgentes à mettre en
restauration.
œuvre dans le contexte de cette crise mondiale.
La pandémie est associée à une crise économique mondiale.
À mesure que cette crise s’installe, les niveaux de pauvreté Contribution de Leo Niskanen (UICN, ESARO).
sont susceptibles d’augmenter, en particulier en Afrique

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 185


© Wilderness Safaris

186 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


11 Innovations et
expériences
régionales

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 187


La région démontre un certain nombre d’innovations en termes l’innovation, l’efficacité et l’expertise du secteur non
d’amélioration de l’efficacité de la gestion, de la gouvernance et de gouvernemental. Un tel partenariat réduit le risque que l’autorité
l’équité, d’autant plus que la technologie a été développée à cette publique chargée de la faune sauvage se sente mise à l’écart ou
fin. Cette section contient des informations sur certaines de ces dominée. Toutefois, le partage du pouvoir de gestion entre deux
innovations. entités présentant des structures organisationnelles, des cultures,
des styles de gestion et de leadership différents peut générer une

11.1 Gestion collaborative des aires certaine confusion, des conflits et des coûts de transaction élevés.
Dans certains cas, les accords de cogestion ont évolué à partir de
protégées partenariats de soutien financier et technique s’étant avérés
insuffisants pour atteindre les objectifs des partenaires. Comme
Les aires protégées sont reconnues à l’échelle mondiale comme le
dans le modèle délégué, l’investissement supplémentaire lié aux
moyen le plus efficace de conserver la biodiversité et les biens
modèles de cogestion amènent souvent le partenaire non
culturels associés, ainsi qu’un moyen important de promouvoir un
gouvernemental à rechercher un plus grand pouvoir décisionnel, et
développement rural durable. Dans toute l’Afrique orientale et
le partage de ce pouvoir rend les deux partenaires responsables
australe, de vastes aires protégées ont été destinées à la
l’un envers l’autre.
conservation. Ces aires protégées soutiennent une biodiversité
d’une valeur mondiale substantielle, y compris la plus grande Des partenariats d’appui financier et technique sont présents dans
abondance mondiale de mégafaune (Ripple et al., 2016). En le plus large nombre de pays et de contextes. Ce modèle a été, de
moyenne, dans toute l’Afrique subsaharienne, le financement des loin, le plus important en Afrique pendant de nombreuses
États est bien inférieur au minimum recommandé de USD 500 à décennies, et plusieurs répondants ont indiqué que le passage à
900 par km2 (Lindsey et al., 2017). Des fonds importants de des modèles plus décentralisés comme la cogestion et la gestion
donateurs existent pour certaines aires protégées, mais dans de déléguée était le résultat d’une longue expérience avec le modèle
nombreux cas, la capacité de gérer efficacement ces fonds est de soutien financier et technique et son incapacité, dans de
insuffisante pour atteindre les objectifs de l’aire protégée (O’Connell nombreuses circonstances, à atteindre les résultats souhaités.
et al., 2019). Néanmoins, il s’agit toujours du modèle le plus courant et le plus
répandu, et lorsqu’il est bien mis en œuvre dans les contextes
L’établissement de partenariats de gestion collaborative avec des
appropriés, il peut s’avérer très efficace.
organisations non gouvernementales peut constituer un mécanisme
important pour surmonter ces défis, et son importance a augmenté Le manque d’autorité des associations à but non lucratif en matière
dans l’ensemble des aires protégées d’Afrique orientale et australe. de gouvernance et de prise de décision de gestion qui caractérise
Il existe aujourd’hui de nombreux exemples de partenariats de ces partenariats est le résultat de divers facteurs. Premièrement,
gestion collaborative pour la gestion des aires protégées, et toute dans certains pays (comme le Botswana, le Kenya, la Namibie, la
une variété de modèles différents a vu le jour. Tanzanie et l’Afrique du Sud), l’État dispose d’une capacité, d’un
financement et d’un engagement importants en matière de gestion
Une analyse récente les a classés en différents modèles (Baghai et
des aires protégées, et en particulier des parcs nationaux. Dans
al., 2018) et en deux catégories : selon leur gouvernance (qui a le
ces pays, le soutien financier et technique est logique lorsqu’il
pouvoir d’établir des priorités et des stratégies globales, ainsi que
existe un engagement solide du gouvernement pour une gestion
la manière dont ces décisions sont prises), et selon leur gestion (les
de base de l’aire protégée, mais qu’il existe des menaces
opérations quotidiennes et la mise en œuvre sur le terrain) (Borrini-
spécifiques, des défis, voire des opportunités, que le gouvernement
Feyerabend et al., 2014) (voir le Tableau 11.1).
n’est pas en mesure de relever seul et que les organisations à but
L’analyse entreprise par Baghai et al. consistait en une série non lucratif peuvent soutenir. Deuxièmement, comme l’ont révélé
d’entretiens semi-structurées et en un atelier visant à développer le les entretiens, certains pays peuvent être réticents à s’engager
cadre et comprendre le contexte dans lequel chaque modèle s’est dans des modèles impliquant un partage ou une délégation de
développé, ainsi que les forces et faiblesses de chacun.113 pouvoir en raison de sensibilités politiques et postcoloniales.

Des modèles de gestion déléguée ont toujours existé dans les aires Troisièmement, certaines organisations à but non lucratif ne
protégées les plus gravement sous-dotées en ressources, dans disposent pas des ressources ou de l’expertise nécessaires pour
des situations difficiles (comme l’extrême éloignement ou assumer d’importantes responsabilités de gestion. Enfin, certaines
l’instabilité politique), lorsque la capacité et les ressources des organisations à but non lucratif estiment que leur rôle est de
autorités nationales chargées de la faune sauvage sont soutenir (et non de supplanter) l’État, considéré comme l’autorité
extrêmement faibles, et lorsque les revenus du tourisme sont de gestion appropriée pour les aires protégées, même lorsque la
faibles ou inexistants et que les populations sauvages ont été capacité est faible.
gravement réduites ou sont en danger de l’être. De telles
Certains des modèles de cogestion dans la région incluent :
circonstances extrêmes exigent un apport important de ressources
et d’expertise technique, et constituent donc des candidats idéals • En Éthiopie, le projet de conservation Bale Mountains - Société
à une gestion déléguée. Plus récemment, cependant, Parcs zoologique de Francfort (FZS-BMCP) a été créé en 2005 pour
Africains s’est vu déléguer la gestion d’aires protégées de plus fournir tous les aspects du soutien à la gestion du Parc national
grande envergure, suggérant la possibilité que certains États soient des monts Bale (développement de l’écotourisme,
de plus en plus disposés à utiliser ce modèle. Les modèles de sensibilisation communautaire, utilisation durable des
cogestion offrent un partage plus équitable des responsabilités de ressources naturelles, opérations et gestion écologique). En
gestion que les accords de gestion déléguée. Ils peuvent permettre 2007, le Président de la région Oromia a ratifié le Plan de
aux partenaires de capitaliser sur leurs forces uniques, combinant gestion général décennal du parc. FZS-BMCP travaille
la légitimité politique et les connaissances locales de l’État avec actuellement en partenariat avec les autorités à la mise en

113  Information en grande partie tirée de Baghai et al. (2018).

188 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Tableau 11.1 : Cadre modèle pour les partenariats de gestion collaborative
Modèle Gouvernance Gestion
Gestion déléguée Stratégie et supervision généralement Géré par une organisation non gouvernementale
gérées par une entité spéciale créée par
les deux partenaires. Une organisation
non gouvernementale nomme
généralement le gestionnaire du parc
Cogestion Partagée, à des degrés divers, entre l’État Partagée, à des degrés divers, entre l’État et une
et une organisation non gouvernementale organisation à but non lucratif, sauf dans certains
(peut inclure ou non la création d’une cas pour la gestion de l’application de la loi
entité à vocation spéciale) (gérée par l’État) et l’emploi du personnel (en
particulier du personnel chargé de l’application
de la loi), qui peut être géré par l’État ou
indépendamment par les partenaires
Cogestion de projets L’État dirige la stratégie et le contrôle, L’État supervise la gestion de l’application de la
avec la participation et le consensus loi et la gestion de tout le personnel, et partage
d’une organisations non gouvernementale l’autorité avec l’organisation non
sur les domaines liés au projet. Le Comité gouvernementale pour toutes les décisions liées
directeur conjoint nomme la direction du au projet et financées par le projet
projet
Appui financier et technique (mise L’État est l’autorité principale L’État est l’autorité principale. L’organisation non
en œuvre) gouvernementale joue différents rôles pour
soutenir des objectifs communs, employer du
personnel et aider à mettre en œuvre les
décisions de gestion
Appui financier et technique L’État est l’autorité principale L’État est l’autorité principale
(conseil)
Source : Baghai et al. (2018).

œuvre de ce plan. Grâce à un nouveau soutien financier de KfW, de Banhine, dans la Province de Gaza, pour lutter contre le
FZS a mis à jour son accord de cogestion avec le gouvernement braconnage (Wright, 2018). En outre, APN possède un accord
afin d’améliorer la gestion et la gouvernance du parc. La délégué sur le Parc national de Bazaruto.
Fondation African Wildlife a conclu un accord similaire pour un
• Au Zimbabwe, le Parc national de Gonarezhou est régi par le
soutien au Parc national des monts Simien.
Gonarezhou Conservation Trust, dont les administrateurs sont
• Au Rwanda, le RDB a conclu un accord de gestion déléguée nommés par l’Autorité de gestion des parcs et de la faune du
avec Parcs Africains pour la gestion du Parc national d’Akagera. Zimbabwe et FZS, représentés à parts égales. Développé grâce
Depuis, Parcs Africains et le RDB ont réintroduit des espèces à une solide relation de soutien de neuf ans de la FZS à
sauvages et développé des installations touristiques Gonarezhou, le Trust est directement responsable de la gestion
commercialement viables. Le Rwanda espère que le du parc sur une période de 20 ans, et est devenu pleinement
développement du Parc national d’Akagera aidera le pays à responsable en 2017.
diversifier ses produits touristiques du seul tourisme des gorilles
• À travers l’Afrique. Parcs Africains est une organisation de
et à garder les touristes au Rwanda plus longtemps.
conservation à but non lucratif créée en 2000, qui assume
• Au Mozambique, un accord de cogestion intégrée a été établi l’entière responsabilité de la réhabilitation et de la gestion à long
après la guerre civile pour la gestion de la Réserve nationale de terme des parcs nationaux, en partenariat avec les
Niassa, entre le gouvernement et une société privée gouvernements et les communautés locales. Elle gère
mozambicaine représentant principalement une personne actuellement 17 parcs nationaux et aires protégées (dont 10 en
fortunée. Ce partenariat, Sociedade para a Gestão e Afrique orientale et australe) dans 11 pays, couvrant environ 14
Desenvolvimento da Reserva do Niassa, a été principalement millions d’hectares.
soutenu par Fauna & Flora International et a pris fin en 2012. À
Les gouvernements ayant conclu ces accords de gestion
la fin de 2019, Wildlife Conservation Society (WCS) tentait de
optimisent stratégiquement les relations avec les partenaires. En
conclure un accord bilatéral de cogestion pour la réserve. En
sélectionnant des partenaires appropriés et compétents, les
outre, différents partenaires du secteur privé et des ONG ont
autorités chargées des aires protégées peuvent augmenter les
conclu des accords de gestion pour des concessions dans
revenus pour les aires protégées et le système dans son ensemble,
l’ensemble de la réserve. Dans un autre exemple, la Fondation
en tirant parti des compétences, de l’expérience et du capital des
Carr a signé un accord de gestion avec le gouvernement
partenaires, et en combinant les différentes compétences
mozambicain en 2008 pour restaurer et protéger le Parc national
apportées par chaque partenaire. En outre, cela contribue à réduire
de Gorongosa en tant que source de revenus touristiques pour
les risques en impliquant d’autres partenaires, ce qui attire un
la population locale. Deux accords ont été signés en 2019 avec
certain nombre de grands bailleurs de fonds bilatéraux et
la Fondation Peace Parks pour fournir une assistance technique
multilatéraux.
et financière à la Réserve spéciale de Maputo pour le
développement du tourisme, et pour soutenir le Parc national

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 189


Encadré 11.1 : Renforcement des capacités de lutte contre le braconnage - le cas du Collège de
la faune d’Afrique australe
À titre d’exemple, le Collège de la faune d’Afrique australe114 a 2. la formation conjointe avec SAWC et SANParks a permis un
identifié un besoin prioritaire de capacités pour faire face à la déploiement et une interopérabilité efficaces ;
crise du braconnage, et a innové avec un déploiement et une
3. les chiens et les maîtres-chiens sont interchangeables ;
gestion canine à des fins de lutte contre le braconnage. Cette
expansion était fortement axée sur le déploiement non 4. le bien-être et la santé des animaux étaient d’une importance
traditionnel de chiens dans un mode de poursuite ou tactique, cruciale pour le succès individuel et de la meute ;
afin d’effectuer l’arrestation des braconniers. Un centre de
5. il existait une pénurie de compétences de formation K9 en
formation K9 a été créé pour héberger, sélectionner et former
Afrique du Sud, la plupart des compétences étant axées sur
les chiens d’assistance et les maîtres-chiens.
la formation de chiens pour le travail de détection ; et
Sur une période de trois à quatre ans, diverses techniques ont
6. les données collectées par les différents capteurs de suivi
été testées, avec une utilisation croissante du modèle de meute
K9 représentaient également un domaine d’innovation et de
en liberté, soutenu par un maître-chien et une équipe de rangers
recherche.
anti-braconnage. Les chiens et les maîtres-chiens ont été
formés conjointement avec Airwing et les rangers anti- Le modèle développé à SAWC a été adopté pour le
braconnage, afin d’être déployés par hélicoptère et autres développement des capacités K9 lors des opérations anti-
véhicules lors des opérations anti-braconnage. L’utilisation de braconnage dans une zone de gibier dangereuse. Le projet
télémétrie avancée, d’un suivi par collier et de la collecte de SAWC K9 a reçu plusieurs prix pour sa grande efficacité dans
données s’est avérée très efficace. les opérations anti-braconnage.
Les leçons apprises, les défis et les avantages comprennent : Une contribution de Ashwell Glasson (Collège de la faune
1. le coût de mise en place du centre de formation a nécessité d’Afrique australe).
un appui intensif en matière de collecte de fonds ;

11.2 Renforcement des capacités axée sur des données à grande échelle en temps (quasi) réel,
offrant un niveau de détail élevé. L’adoption de nouvelles
pour les aires protégées et de technologies peut améliorer la connaissance de la situation en
conservation temps réel pour faciliter les capacités de commandement et de
contrôle. L’impulsion initiale pour cela est venue d’une exigence de
Le renforcement des capacités et des institutions est essentiel protection et d’application de la loi, mais l’accent est mis
pour permettre aux autorités chargées des aires protégées aujourd’hui sur des besoins plus généraux de gestion des aires
d’atteindre leurs objectifs (EU, 2015). Diverses institutions dans la protégées.
région disposent d’un mandat et se concentrent spécifiquement
sur le renforcement des capacités, notamment : le Collège de Les gestionnaires d’aires protégées ont toujours été lents à adopter
gestion de la faune africaine (Mweka) en Tanzanie, le Collège de la la technologie, en grande partie du fait d’un historique de résultats
faune d’Afrique australe en Afrique du Sud (voir l’Encadré 11.1), la décevants. La technologie adaptée aux environnements
Faculté de conservation de la faune de l’Université pour le commerciaux ou de consommation de masse n’est souvent pas
leadership africain au Rwanda, l’Université namibienne des assez robuste pour les conditions environnementales difficiles des
sciences et de la technologie, anciennement connue sous le nom aires protégées. En outre, une technologie robuste est souvent
d’Université polytechnique de Namibie, le RCMRD Nairobi et le hors de portée des budgets disponibles pour les gestionnaires
Centre pour l’excellence en matière de biodiversité et de gestion d’aires protégées. Des technologues bien intentionnés ont fait don
des ressources naturelles au Rwanda, entre autres. Ces institutions de technologie appropriée, mais sans fournir de plans d’entretien
innovent et élargissent leur gamme de formations en réponse aux ou de durabilité à long terme, entraînant une utilité de courte durée.
besoins exprimés par les gouvernements et les organisations de La situation a commencé à changer en Afrique au cours des cinq
conservation. dernières années, à mesure que les gestionnaires d’aires protégées
s’affirment en tant que consommateurs de technologie et qu’un
11.3 Rôle de la technologie dans la groupe de technologues dédiés à la mission de conservation de la

gestion des aires protégées115 faune émerge. Aujourd’hui, les gestionnaires se posent les bonnes
questions sur les exigences en matière de capacité en personnel,
Au cours des 10 dernières années, les défenseurs de coûts de maintenance, plans d’affaires à long terme, exigences en
l’environnement se sont de plus en plus concentrés sur l’utilisation matière de connectivité, et besoins de formation et de soutien. Ils
de la technologie pour résoudre les problèmes de conservation de sont mieux préparés à refuser des solutions qui ne soient pas en
la faune sauvage. La promesse de la technologie est une gestion phase avec les réalités des problèmes de gestion des aires

114  Ashwell Glasson du Collège de la faune d’Afrique australe a contribué à cette étude de cas.
115  Ted Schmitt (Vulcan) a contribué à cette section.

190 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


protégées. tirant parti de la technologie, grâce au logiciel SMART (Outil de
suivi et de rapport spatial)116. L’objectif était de pousser les sites à
L’écosystème émergent des données et des technologies de faible capacité et infrastructure minimale vers une gestion axée sur
gestion des aires protégées comprend des ONG de conservation, les données. Le partenariat SMART et autres partenariats ont
de grandes sociétés technologiques, des philanthropes privés et permis de déplacer de nombreux parcs vers la partie supérieure
de bons entrepreneurs sociaux. Ceux-ci créent des solutions gauche du quadrant.
fondées sur une compréhension des défis auxquels sont confrontés
les gestionnaires d’aires protégées, résolvant des problèmes tels Des organisations de gestion de pointe ont commencé à pousser
que la génération de données adéquates grâce aux progrès des les aires protégées dont elles ont la gestion de la partie supérieure
technologies de télédétection, l’obtention de données en temps gauche vers la partie supérieure droite du quadrant. De nouvelles
opportun grâce aux progrès des technologies de réseau et technologies de communication sont appliquées et des tests de
l’analyse sur des plateformes appliquant les dernières technologies pièges photographiques capables de reconnaître des images de
en matière d’intelligence artificielle et de reconnaissance d’images. haute précision sont en cours. Des logiciels sophistiqués, capables
Le domaine des « technologies de la conservation » devient une d’intégrer des données provenant de sources hétérogènes en une
réalité (voir l’Encadré 11.2). seule image opérationnelle, sont également utilisés. Enfin, les
données sont mises à disposition de technologues développant
Il est utile de considérer l’application de la technologie dans les des algorithmes d’intelligence artificielle avancés, qui font la
aires protégées selon un « quadrant » dans lequel la maturité de la promesse (encore à réaliser) d’une gestion prédictive et proactive.
gestion se situe le long de l’axe Y et l’adoption de la technologie le D’ici cinq à 10 ans, la technologie promet de faire passer la gestion
long de l’axe X (voir la Figure 11.1). La plupart des aires protégées des aires protégées de réactive à proactive, tout en s’appuyant sur
se trouvent dans la partie inférieure gauche du quadrant, avec une les bases d’une bonne gestion et sur des rangers bien formés et
faible maturité de gestion et peu d’infrastructures technologiques. bien équipés (voir les Encadrés 11.3 et 11.4)
En d’autres termes, la plupart des sites doivent renforcer leurs

11.4 S’adapter aux changements


capacités de gestion avant de penser à appliquer des solutions
technologiques sophistiquées. Des équipes de rangers bien
formées et bien équipées sont nécessaires, ainsi que des plans de climatiques
gestion efficaces et un financement suffisant pour répondre à ces
La planète subit actuellement l’une des transformations climatiques
besoins opérationnels de base. Le partenariat SMART a été
les plus rapides de l’histoire de la Terre. Les changements
pionnier d’une gestion des aires protégées axée sur les données
climatiques anthropiques ont déjà un impact sur la plupart des

Figure 11.1 : Quadrant de l’application de la technologie dans les aires protégées d’Afrique

Très peu de technologie Plus de technologie

Sites prêts à adopter les Sites appliquant déjà la technologie et


meilleures pratiques éprouvées 90+ définissant les meilleures pratiques.
en matière d’application de la Prêts à innover, à expérimenter avec Innovation
Élevée

technologie de nouvelles technologies


Maturité de la gestion

200+ <20
Parcs éclaireurs

Parcs disposant de technologie, mais


La plupart des parcs se situent
manquant de compétences ou de
dans cette catégorie et
procédures pour appliquer cette
nécessitent des bases de
technologie efficacement.
Faible

gestion pour appliquer la


Probablement le pire des cas,
technologie.
parce que l’argent est gaspillé
~ 8 270
<20
AP

Technologie appliquée
Source : contribution de Ted Schmitt (Vulcan).

116  Pour plus d’informations, veuillez consulter: https://smartconservationtools.org/.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 191


Encadré 11.2 : EarthRanger - connaître la situation pour sécuriser les aires protégées et réduire
les conflits homme-faune
Au cours des dernières années, les gestionnaires de parcs ont incursions et autres technologies fournissant une image
introduit de plus en plus de solutions technologiques pour complète de la situation en matière de sécurité à tout moment,
améliorer la gestion des aires protégées grâce à une prise de et permettant au personnel de réagir en toute sécurité et
décision en temps réel, basée sur des données. Ils utilisent la efficacement aux incursions.
technologie pour recueillir des données d’observation des
En partenariat avec Parcs Africains, l’équipe de gestion du
patrouilles, fournir des communications, suivre les animaux et
Parc national de Liwonde, au Malawi, utilise EarthRanger pour
les biens tels que les avions et les véhicules, détecter les
surveiller les éléphants lorsque ceux-ci dépassent les limites
intrusions et avoir une idée de ce qui se passe dans l’aire
géographiques du parc, afin d’intervenir avant qu’ils
protégée qu’ils gèrent. Ces données, certaines historiques et
n’atteignent les cultures des agriculteurs voisins. Grâce à des
d’autres (quasi) en temps réel, étaient préalablement séparées,
géo-barrières (limites virtuelles établies autour d’un
chacune avec sa propre interface utilisateur.
emplacement géographique), les rangers de Liwonde peuvent
Bien que ces données puissent être utiles de façon séparée, surveiller en permanence les limites du parc, détecter tout
les gestionnaires étaient rapidement dépassés lorsqu’ils conflit potentiel entre les hommes et la faune à partir de leur
tentaient de synthétiser les données dans leur tête, voire sur salle d’opérations, et réagir rapidement aux alertes de géo-
une carte physique, afin d’avoir une image complète de la barrières et intervenir avant qu’une situation conflictuelle ne
situation de l’aire protégée. Il était nécessaire d’obtenir une survienne. L’atténuation proactive des conflits homme-faune
visualisation unique, fournissant une connaissance de la grâce à des alertes rapides et transparentes permet aux
situation nécessaire pour prendre des décisions efficaces et gestionnaires de réduire les incidents de conflit et d’aider les
effectives, en temps réel. communautés à coexister avec la faune.

EarthRanger est un logiciel en ligne qui collecte, intègre et Le suivi des habitats, y compris l’utilisation du paysage par la
visualise les données historiques et en temps réel disponibles faune sauvage, au moyen de données de suivi et de
dans une aire protégée : faune, rangers, informations spatiales déplacements, de capteurs et de rapports permet une
et détection des menaces.* EarthRanger permet aux planification et une gestion de l’utilisation des terres basée sur
gestionnaires d’aires protégées et aux rangers de prendre des les données. Big Life, un groupe de conservation de la faune
mesures immédiates et proactives pour prévenir et atténuer les basé dans l’écosystème Amboseli au Kenya, a créé des
incidents liés aux menaces. L’utilisation d’une salle d’opérations couloirs permettant à la faune de se déplacer entre les aires
centrale avec visualisation en temps réel est apparue avec protégées. Afin de s’assurer que les autorités puissent
EarthRanger, en tant que système nerveux central des maintenir les corridors et suivre la fréquence à laquelle la faune
opérations dans les aires protégées. les utilise, le personnel d’Amboseli utilise EarthRanger pour
consolider les données produites par diverses technologies et
Les données issues de la technologie sur ce qui se passe dans
les visualiser sur une carte intuitive.
une aire protégée associées à EarthRanger agissent comme un
multiplicateur pour les opérations de sécurité, avec une Les organisations de gestion des aires protégées de plus de 30
capacité de visualisation permettant aux gestionnaires aires protégées dans 13 pays d’Afrique utilisent désormais
d’acquérir une compréhension approfondie en temps réel des EarthRanger pour sécuriser leurs sites, atténuer les conflits
activités liées au braconnage et autres menaces pour les homme-faune et gérer leurs écosystèmes.
habitats. En Tanzanie, par exemple, la réserve de Grumeti
* Pour plus d’informations, veuillez consulter :
utilise EarthRanger pour suivre les mouvements des rangers
https://earthranger.com.
lors des patrouilles et réagir aux incidents d’incursion. Le suivi
est couplé avec des pièges photographiques qui détectent les Contribution de Ted Schmitt (Vulcan).

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192 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


© Wilderness Safaris

Encadré 11.3 : Programme de suivi des rhinocéros après réintroduction


Les programmes emblématiques de « retour à la vie sauvage » les individus dotés d’émetteurs. La vitesse de détection par
nécessitent un suivi et une maintenance continus pour assurer hélicoptère permet de voir beaucoup plus d’animaux en peu de
leur succès. Depuis la réintroduction de 17 rhinocéros noirs de temps (jusqu’à 10 en deux heures). Les survols sont utilisés pour
l’est (Diceros bicornis michaeli) dans le Parc national d’Akagera, une notation rapide de l’état et pour des contrôles de sécurité,
au Rwanda en mai 2017, un programme de suivi à plusieurs volets mais n’offrent pas la capacité de suivre le comportement. Le
a été utilisé pour assurer la sécurité de la nouvelle population et piégeage photographique permet souvent de combler les lacunes
suivre son état et son comportement. Au cœur du programme se dans les données comportementales. Des caméras placées le
trouve une équipe de traqueurs de rhinocéros. Ces individus long des mares de boue et des trous d’eau, ou des sentiers
suivent quotidiennement les rhinocéros afin de consigner leur couramment utilisés par les animaux, permettent de détecter les
état, noter les blessures physiques, consigner les comportements interactions sociales et les comportements plus naturels sans
et observer les interactions sociales entre les animaux. Les déranger les animaux. Les pièges photographiques collectent
priorités de suivi sont déterminées par une combinaison des également des images la nuit, fournissant des informations sur
tendances récentes de l’état, du nombre de jours depuis la l’activité et les interactions nocturnes entre les rhinocéros.
dernière observation et des facteurs d’application de la loi dans la
À ce jour, aucun animal n’a été perdu à cause du braconnage, et
zone utilisée par un rhinocéros spécifique. La télémétrie à très
des données utiles ont été recueillies sur les domaines vitaux, les
haute fréquence (VHF) est utilisée pour certains animaux, tandis
interactions sociales et la composition alimentaire. Les
que les méthodes de suivi traditionnelles (repérage) sont utilisées
programmes de suivi étroit permettent une compréhension
pour d’autres individus, sans émetteurs dans les cornes. L’objectif
détaillée de la population et renforcent la capacité d’intervention
du programme de suivi est d’observer chaque animal au moins
rapide en cas de situation de danger. Le suivi continuera de
une fois tous les 14 jours.
progresser et les améliorations technologiques seront
Actuellement, les traqueurs de rhinocéros observent chaque constamment testées. Cependant, rien ne remplacera jamais les
animal tous les huit jours, et voient près de trois animaux par jour, bottes et les jumelles en matière de suivi. Des pisteurs, des
dépassant largement les objectifs d’observation. Ces taux rangers et du personnel dévoués, motivés et dotés de ressources
d’observation élevés sont facilités par un suivi aérien et des pièges suffisantes font toute la différence pour assurer le succès de tels
photographiques. Des vols en hélicoptère, effectués toutes les projets de réintroduction.
deux semaines, utilisent la télémétrie VHF pour se concentrer sur
Contribution de Drew Bantlin (Parcs Africains).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 193


Encadré 11.4 : Piégeage photographique pour le suivi écologique et la sécurité
Les pièges photographiques déclenchés à distance par le d’espèces au pelage à motifs, comme les léopards, pour une
mouvement ou la chaleur permettent un suivi autrement identification individuelle.
impossible. Dans les aires protégées ne disposant que de peu
Les caméras permettent d’observer des comportements qui ne
de routes et présentant une topographie difficile, comme le
seraient souvent pas visibles lors d’observations en personne,
Parc national d’Akagera au Rwanda, les pièges photographiques
plus perturbatrices. De même, les espèces rares, difficiles à
peuvent combler les lacunes dans la compréhension des
observer ou nocturnes sont souvent capturées par les caméras.
espèces et l’écologie du parc. Plusieurs formes de déploiement
de pièges photographiques sont utilisées. Des pièges Les caméras jouent également un rôle important dans
photographiques infrarouges, moins dérangeants pour les l’application de la loi. À partir des informations des équipes de
animaux, sont placés systématiquement sur un quadrillage de rangers sur le terrain, des caméras sont déployées le long des
1 km dans l’ensemble du parc. Cela permet de mieux sentiers couramment utilisés par les braconniers et le long de
comprendre la composition des espèces dans le parc et leur la ligne de clôture, aux endroits où les braconniers entrent dans
répartition dans le paysage. Les mouvements saisonniers et le parc. La surveillance silencieuse et invisible des activités des
l’utilisation des habitats peuvent être analysés. Des données braconniers informe les patrouilles, les patrouilles réactives et
comportementales et sur les interactions inter- et intra-espèces les activités de maintien de l’ordre dans les communautés
peuvent être obtenues à partir des photos. environnantes. La plupart du temps inaperçues, les caméras
fournissent souvent des images pouvant être utilisées pour
Plusieurs caméras sont également réservées à un usage
identifier les braconniers. Cela a conduit à de nombreuses
spécial en dehors du quadrillage. Les caméras dédiées au suivi
arrestations et a servi de preuve critique devant les tribunaux,
des rhinocéros sont souvent déplacées dans les zones les plus
lors de procès. Plus important encore, les caméras soutiennent
utilisées pour suivre le comportement, la condition et les
les équipes de rangers sur le terrain, fournissant des
interactions sociales. D’autres caméras sont utilisées pour
informations de renseignement et améliorant les opérations
suivre des sujets spéciaux, tels que les tanières de hyènes, le
d’application de la loi dans le parc.
nettoyage et la décomposition de carcasses ou les conflits
homme-faune le long des limites du parc. Les pièges Contribution de Drew Bantlin (Parcs Africains).
photographiques à flash blanc offrent des images nettes

processus écologiques, des gènes aux communautés, dans bonne planification des redistributions futures des espèces et des
l’ensemble des systèmes terrestres, d’eau douce et marins. Ces habitats peut aider à maintenir et à améliorer les garanties de
changements provoquent des altérations écologiques à grande biodiversité, afin de préserver les services écosystémiques et de
échelle, car les espèces sont obligées de se déplacer pour trouver réduire la menace d’extinction. Le projet SPARC (Aménagement du
un nouvel habitat convenable. Les aires protégées et de territoire pour la conservation par zone en réponse aux
conservation sont l’un des outils les plus efficaces pour la changements climatiques), par exemple, a identifié des sites
protection de la biodiversité. Cependant, la plupart de ces sites ont terrestres prioritaires afin de réduire les risques climatiques en
été choisis sans tenir compte des impacts climatiques futurs. Une Afrique subsaharienne (voir l’Encadré 11.5).

© Wilderness Safaris

194 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Encadré 11.5 : SPARC - Réduire les risques climatiques pour les réseaux de conservation
La planète subit actuellement l’une des transformations Figure a : Prioriser les efforts de conservation ou protéger
climatiques les plus rapides de l’histoire de la Terre (Diffenbaugh officiellement ces zones résilientes au climat aidera à
et Field, 2013). Les changements climatiques anthropiques ont réduire la menace d’extinction dans toute l’Afrique (sur la
déjà un impact sur la plupart des processus écologiques, des base des projections à 2070 dans le cadre du PCR 8.5).
gènes aux communautés, dans l’ensemble des systèmes
terrestres, d’eau douce et marins (Scheffers et al., 2016). Ces
changements provoquent des altérations écologiques à
grande échelle, car les espèces sont obligées de se déplacer
pour trouver un nouvel habitat convenable (Parmesan et Yohe,
2003). Les aires de conservation sont l’un des outils les plus
efficaces pour protéger la biodiversité, mais la plupart de ces
sites ont été choisis sans tenir compte des impacts climatiques
futurs. Une bonne planification des redistributions futures des
espèces et des habitats peut aider à maintenir et à améliorer
les garanties de biodiversité, afin de préserver les services
écosystémiques et réduire la menace d’extinction.

Le projet SPARC (Planification spatiale pour la conservation


par zone en réponse aux changements climatiques) a utilisé la
vitesse des changements climatiques (Loarie et al., 2009), des
cartes de stratification environnementale (Metzger et al., 2013),
10 modèles climatiques mondiaux et les distributions futures
de plus de 28 000 espèces pour déterminer les zones terrestres
les plus prioritaires afin de réduire les risques climatiques en
Afrique subsaharienne (Figure a). [Pour plus d’informations,
voir : sparc-website.org]
Figure b: Un examen plus approfondi des priorités en
L’Angola, par exemple, possède une biodiversité matière de résilience climatique pour l’Angola révèle
exceptionnelle. Le pays présente la plus grande diversité de l’importance de protéger un corridor d’habitats occidental
biomes en Afrique, formant une zone de transition cruciale de interconnecté (sur la base des projections à 2070 dans le
la mosaïque forestière congolaise vers les forêts, les savanes cadre du PCR 8.5).
et les prairies de l’escarpement Angolais, les prairies inondées
Zambéziennes et le désert de Kaokoveld (Huntley, 2019). Si
les émissions mondiales continuent d’augmenter, l’Angola
pourrait connaître une transition presque complète de ses
zones climatiques à l’échelle nationale dans les 50 prochaines
années (SPARC).

La plupart des parcs nationaux Angolais sont situés dans des


zones à haute vitesse climatique, où les espèces devront
parcourir de longues distances pour suivre leur climat préféré.
L’ouest, cependant, avec sa grande diversité altitudinale et sa
faible vitesse climatique, offre des opportunités importantes
pour maximiser la protection des espèces et des habitats dans
une zone la plus petite possible. L’augmentation des efforts de
conservation ou la protection formelle des zones les plus
prioritaires pour la résilience climatique (Figure b) aidera les
espèces angolaises à éviter les pires impacts des changements
climatiques. En fait, le maintien d’un corridor d’habitats
occidental bien connecté est l’une des priorités de conservation Source des Figures a et b : Hannah et al. (2020).
les plus élevées du continent (Figure a), formant l’épine dorsale
d’un corridor de déplacement des espèces topographiquement Le texte et la carte sont une contribution de Caitlin Kelly
(Planification spatiale pour la conservation par zone en réponse
divers, s’étendant de la République du Congo à l’Afrique du
aux changements climatiques).
Sud. Cette voie protégera les espèces le long des routes
migratoires actuelles, qui devraient devenir de plus en plus
importantes à mesure qu’un nombre croissant d’espèces se
disperseront vers le sud, suivant les températures plus fraîches.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 195


© Grégoire Dubois

196 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Partie IV

12 Recommandations

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 197


Les aires protégées continueront d’être un élément essentiel des
efforts mondiaux de conservation de la biodiversité dans l’ère
12.2 Renforcer les capacités de
post-2020, protégeant la précieuse biodiversité, maintenant les gestion des aires protégées et
processus naturels au sein des paysages et fournissant des de conservation
habitats et des refuges clés pour les espèces dans une ère de
Le renforcement des capacités dans l’ensemble du secteur de la
changements rapides et sans précédent (Ceballos et al., 2015). Les
gestion des aires protégées et de la conservation de la biodiversité
aires protégées offrent également des avantages de subsistance
est un besoin urgent dans toute la région. Cela inclut le soutien au
aux populations, de l’eau potable à la sécurité alimentaire, en plus
personnel de première ligne, tel que les rangers, mais s’étend
d’une myriade d’autres avantages culturels, spirituels et
également au personnel de « bureau » ainsi qu’aux organisations
socioéconomiques, mais les mesures de conservation peuvent de soutien communautaires, aux ONG et aux donateurs. Le
également avoir des impacts sociaux négatifs. renforcement des capacités des cadres intermédiaires du secteur
Des défis menacent l’existence et l’efficacité des aires protégées, est également essentiel, car bon nombre d’entre eux quittent leurs
alors que la biodiversité mondiale continue de se détériorer postes sur le terrain et n’ont pas les compétences administratives,
(Secrétariat de la CDB, 2014; Thomas et Gillingham, 2015). Compte financières et de négociation nécessaires pour réussir dans leur
tenu des principaux problèmes liés aux changements climatiques nouveau poste de cadres intermédiaires des aires protégées et de
et à la perte de biodiversité, un système élargi et efficacement géré conservation. Le renforcement des capacités est nécessaire, non
d’aires protégées et autres aires de conservation est non seulement seulement dans la gestion traditionnelle des aires protégées et la
lutte contre le braconnage, mais également dans les technologies
de plus en plus vital, mais nécessite également un niveau plus
de la conservation, l’engagement communautaire, les marchés et
élevé d’investissements bien ciblés et coordonnés.
les entreprises, les financements innovants (par exemple les
La liste suivante de recommandations constitue une priorité pour marchés du carbone) et les partenariats, y compris les partenariats
les autorités chargées des aires protégées, les donateurs, les ONG public-privé.
et les partenaires de toute l’Afrique orientale et australe, afin
d’atteindre les Objectifs mondiaux et de veiller à ce que les aires 12.3 Diversifier la gouvernance des
protégées puissent à la fois conserver la biodiversité et contribuer
à l’amélioration des moyens de subsistance dans toute la région.
aires protégées et reconnaître
les initiatives efficaces de
Le plan de travail de BIOPAMA, élaboré à l’issue de consultations
nationales et régionales et d’une évaluation des besoins nationaux
gouvernance à l’échelle locale
et régionaux, s’aligne sur les recommandations énoncées ci-après. et communautaire et de
Il comprend le renforcement des capacités et autres activités liées cogestion
à chacune des recommandations, afin d’appuyer une amélioration
L’Afrique orientale et australe présente une grande diversité de
de l’efficacité de la gestion, de la gouvernance et de l’équité.
modèles de gouvernance pour la protection et la conservation de
la biodiversité. Un soutien continu et des environnements politiques
12.1 Accroître le financement plus favorables renforceront ce secteur en pleine croissance.
durable et le soutien politique L’identification d’AMCE est essentielle pour comprendre et

aux aires protégées et de maximiser l’éventail complet des opportunités d’innovation en


matière de conservation de la biodiversité dans la région.
conservation L’établissement de partenariats de gestion collaborative avec des
organisations non gouvernementales peut constituer un mécanisme
Un financement adéquat et durable est essentiel pour la gestion
important pour surmonter ces défis, et son importance a augmenté
des aires protégées et de conservation. Alors que la région est
dans l’ensemble des aires protégées d’Afrique orientale et australe.
actuellement loin d’atteindre cet objectif, il existe de nouveaux
Les partenariats public-privé représentent une occasion importante
mécanismes passionnants pour le financement innovant des aires
d’accroître le financement et d’améliorer la gestion des aires
protégées, et de plus amples travaux sont nécessaires pour tester
protégées dans la région. Des politiques, des structures et du
et intensifier ces approches dans divers contextes, dans toute
personnel doivent être en place pour faciliter et superviser ces
l’Afrique orientale et australe. En outre, des travaux supplémentaires
arrangements novateurs.
sont nécessaires pour démontrer l’importance des aires protégées
et de conservation dans la fourniture de services écosystémiques
et le soutien aux moyens de subsistance ruraux. Cela peut
12.4 Combler les lacunes dans la
contribuer à accroître la volonté politique et les engagements des couverture des écosystèmes
gouvernements et, espérons-le, conduire à une augmentation des marins et terrestres dans les
allocations budgétaires au secteur de la conservation, nécessaires aires protégées et de
pour assurer un soutien durable et à long terme à ces réseaux.
L’importance de l’économie de la faune sauvage et le rôle important
conservation
de la conservation de la biodiversité sont de plus en plus reconnus Les outils technologiques disponibles pour analyser la connectivité
par les parties prenantes comme l’une des clés du développement et la représentativité des aires protégées et de conservation
durable dans la région. augmentent et continueront d’augmenter. Il est nécessaire d’utiliser
ces outils pour identifier les lacunes critiques dans la couverture,

198 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


ce qui permettra, dans un premier temps, au processus d’assurer l’absence de données, il est impossible de savoir dans quelle
leur protection, et permettra aux parties prenantes de se concentrer mesure la région progresse vers cet objectif important.
davantage sur une approche paysagère, plutôt que sur la L’amélioration de la capacité d’entreprendre des évaluations de
conservation de sites isolées. Les avantages d’une conservation à l’efficacité de la gestion, de la gouvernance et de l’équité à l’échelle
l’échelle des paysages sont de plus en plus évidents, et les locale et nationale est donc une priorité. Dans le même temps, il est
analyses des chevauchements entre espèces importantes (de la également important de sensibiliser et de multiplier les conseils sur
faune et de la flore) et sites de conservation doivent constituer un la façon de partager les rapports disponibles avec les plateformes
domaine d’intervention clé pour les décideurs et les planificateurs mondiales permettant de suivre la réalisation des objectifs. Celles-
de l’utilisation des terres. ci sont importantes pour assurer la durabilité et renforcer
l’institutionnalisation des évaluations. Une analyse approfondie
12.5 Renforcer la collaboration des résultats des évaluations récentes effectuées dans la région

transfrontalière et sectorielle d’Afrique orientale et australe est nécessaire pour aider à dresser
un tableau régional de l’état de l’efficacité de la gestion et de la
pour faire face aux menaces gouvernance équitable, ainsi que pour guider les interventions
existantes et émergentes futures.

En ces temps de changements climatiques drastiques,


d’accélération de la perte de biodiversité, d’augmentation du
12.8 Améliorer la fréquence et
commerce illégal d’espèces sauvages et de changements l’exhaustivité des rapports à la
démographiques rapides, l’Afrique orientale et australe est Base de données mondiale
confrontée à un défi monumental dans sa quête de maintenir un
réseau d’aires protégées robuste et connecté. Le « statu quo » ne
des aires protégées
s’est pas révélé efficace, et il est nécessaire de renforcer la La région d’Afrique orientale et australe a presque atteint l’Objectif
collaboration transfrontalière et sectorielle pour faire face aux d’Aichi 11 pour les aires protégées terrestres, avec près de 17% de
menaces émergentes, grâce à un recours accru aux mécanismes sa superficie terrestre couverte par des aires protégées. En ce qui
de partage de l’information. Le Centre régional de ressources de concerne la protection marine et côtière, la région a atteint un peu
BIOPAMA constitue une plateforme importante pour le partage plus de la moitié de l’objectif de 10%, avec 5,6% de sa zone
d’informations et l’échange de connaissances. côtière et marine sous protection. Avec l’élargissement de l’objectif
permettant d’inclure les AMCE, les pays sont encouragés à signaler
12.6 Améliorer la conservation toutes leurs aires protégées et de conservation à la BDMAP. Étant

transfrontière donné la forte proportion de catégories de gestion et types de


gouvernance de l’UICN « non déclarés », les pays sont encouragés
L’Afrique orientale et australe abrite 30 aires de conservation à clarifier les catégories des aires protégées et de conservation
transfrontières établies et potentielles. Ces sites ont le potentiel de existantes. Les données de la BDMAP sont utilisées pour établir et
soutenir une action à des échelles écologiquement et mesurer de nombreux objectifs mondiaux et régionaux. Il est donc
économiquement significatives, et présentent un intérêt pour les crucial que les pays veillent à ce que les données les concernant
bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux. La SADC a mis en soient à jour et exactes.
place un programme d’ACT robuste, susceptible de servir de
modèle utile pour l’Afrique de l’Est dans ses efforts pour améliorer
la conservation transfrontière dans la sous-région. Un certain  
nombre d’aires de conservation importantes en Afrique de l’Est
sont transfrontalières, et une collaboration accrue dans la
conservation de ces sites est nécessaire. En outre, les aires
marines et côtières de conservation sont généralement sous-
représentées en matière d’ACT.

12.7 Améliorer la couverture des


évaluations de l’efficacité de la
gestion, de la gouvernance et
de l’équité
À l’heure actuelle, seulement 13% des aires protégées de la région
ont fait l’objet d’au moins une évaluation de l’efficacité de la
gestion, et une proportion beaucoup plus faible a évalué la
gouvernance et l’équité. En outre, aucune analyse régionale
récente des résultats de ces évaluations n’a été effectuée.
L’Objectif d’Aichi 11 indique clairement que le but est d’arriver à
des aires protégées gérées de manière efficace et équitable. En

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 199


© Grégoire Dubois

200 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Références

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 201


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214 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


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216 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Annexes

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 217


Table des matières

Annexe 1. Points focaux BIOPAMA..........................................................................................................................................................219

Annexe 2. Statistiques régionales sur les aires protégées et de conservation en Afrique orientale et australe ......................................220

A2-Tableau 1. État des aires protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe...........................................................220

A2-Tableau 2. Aires côtières et marines protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe.........................................221

A2-Tableau 3. Catégories de gestion de l’UICN des aires protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe.............221

A2-Tableau 4. Type de gouvernance de l’UICN des aires protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe..............222

Annexe 3. Sites d’importance mondiale en Afrique orientale et australe.................................................................................................223

A3-Tableau 1. Sites Ramsar d’Afrique orientale et australe ..........................................................................................................223

A3-Tableau 2. Réserves de biosphère d’Afrique orientale et australe............................................................................................226

Annexe 4. Représentativité écologique en Afrique orientale et australe...................................................................................................227

A4-Tableau 1. Représentativité écologique des aires protégées d’Afrique orientale et australe ..................................................227

Annexe 5. Instruments juridiques soutenant l’équité et la gouvernance non-étatique des aires protégées............................................228

Annexe 6. Aires protégées et de conservation selon les catégories de gestion de l’UICN par pays.......................................................230

Annexe 7. Aires protégées et de conservation selon les types de gouvernance de l’UICN par pays......................................................236

218 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Annexe 1. Points focaux BIOPAMA
Pays Nom du point focal Institution
Angola Marta Zumbo Ministère de l’Environnement, Responsable des Aires Protégées
Botswana Bakang Mokime Département de la faune et des parcs nationaux, ministère de l’Environnement,
de la Faune et du Tourisme
Comores Moina Hali Direction générale de l’environnement et des forêts
Djibouti Mohamed Elmni Obsieh Ministère de l’Environnement
Érythrée Estefanios Bein Ministère des Terres, de l’Eau et de l’Environnement
Érythrée Fatsum Hagos Autorité des forêts et de la faune
Eswatini Thulani Methula Commission nationale de fiducie d’Eswatini
Éthiopie Gebremeskel Gizaw Kassa Autorité éthiopienne de conservation de la faune
Kenya Arthur Tuda pour les AMP Service de la faune du Kenya (KWS, selon ses sigles en anglais)
Lesotho Mamasheane Motabotabo Département de l’Environnement, ministère du Tourisme, de l’Environnement et
de la Culture
Malawi Davis Kalima Département des parcs nationaux et de la faune
Madagascar Ramanantsoa Seheno Ministère de l’Environnement, de l’Écologie et des Forêts
Madagascar Rakotobe Domoina Société de conservation de la faune
Maurice Kevin Ruhomaun Service des parcs nationaux et de la conservation
Mozambique Raimundo Vasco Matusse Administration nationale des aires de conservation
Namibie Shayne Kotting Ministère de l’Environnement et du Tourisme
Rwanda Eugene Mutangana Conseil de développement du Rwanda
Seychelles Selby Remy Autorité des parcs nationaux des Seychelles
Somalie Mohamed Moallim Osman Directeur de la sensibilisation à l’environnement, Bureau des affaires
environnementales du Cabinet du Premier ministre
Afrique du Sud Karl Naude Département des affaires environnementales
Afrique du Sud Thivhulawi Nethononda Département des affaires environnementales
Soudan du Sud Malik Doka Morgan Ministère de la Conservation de la faune et du Tourisme
Soudan du Sud Lona Nalurit Darius Ministère de la Conservation de la faune et du Tourisme
Soudan Noureldin Ahmed Abdalla Conseil supérieur de l’environnement et des ressources naturelles
Soudan Khidir Elsadig Jabir Arin Administration générale de la conservation de la faune
Tanzanie Paul Banga Autorité des parcs nationaux de Tanzanie
Tanzanie Dr James Wakibara Autorité de gestion de la faune de Tanzanie
Tanzanie Asanterabi Lowassa Institut de recherche sur la faune de Tanzanie
Tanzanie Prof Dos Santos (CEO) Service des forêts de Tanzanie
Ouganda John Makombo Autorité ougandaise de la faune
Zambie Chisha Moseni Département des parcs nationaux et de la faune
Zambie Sydney Tembo Département des parcs nationaux et de la faune
Zimbabwe Geoffreys Matipano Autorité de gestion des parcs et de la faune du Zimbabwe

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 219


Annexe 2. Statistiques régionales sur les
aires protégées et de conservation en
Afrique orientale et australe
A2-Tableau 1. État des aires protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe

% de la superficie
Superficie % de la superficie terrestre couverte
terrestre couverte terrestre couverte par les aires % de la superficie
Nombre d’aires par les aires par les aires protégées et de terrestre protégée
Pays protégées* protégées (km2*) protégées* conservation** et connectée***
Angola 13 87 507 6,97% 12,50% 2,56%
Botswana 22 169 370 29,14% 29,10% 18,37%
Comores 5 173 10,15% 22,00% 10,21%
Djibouti 3 344 1,57% 1,34% 1,34%
Érythrée 4 5 936 4,87% Aucune 3,21%
correspondance
Eswatini 14 738 4,26 3,90% 2,7%
Éthiopie 104 200 074 17,62% 14,00% 8,28%
Kenya 391 72 545 12,36% 8% 5,55%
Lesotho 4 80 0,26% 0,50% 0,24%
Madagascar 109 33 242 5,59% Aucune 1,7%
correspondance
Malawi 133 27 190 22,88% 15,12% 11,39%
Maurice 15 97 4,73% 4,00% 3,41%
Mozambique 42 170 662 21,57% 26,00% 8,87%
Namibie 146 313 534 37,89% 17,00% 28,08%
Rwanda 10 2 320 9,11% 10,10% 5,75%
Seychelles 10 242 49,64% 46,60% 36,96%
Somalie 20 0117 0,00% 0,80% n/a
Afrique du Sud 1 444 102 060 8,34% 12,96% 2,47%
Soudan du Sud 27 98 214 15,50% 13,00% 6,65%
Soudan 19 42 698 2,28% 5,80% 1,17%
Tanzanie 709 361 594 38,17% 54,60% 21,55%
Ouganda 712 39 059 16,06% 18,00% 6,66%
Zambie 635 286 161 37,87% 37,80% 16,28%
Zimbabwe 232 106 837 27,21% 28,00% 19,76%
TOTAL 4 821118 2 120 112119 16,54% n/a n/a
Sources : *Base de données mondiale des aires protégées (UNEP-WCMC et IUCN, 2019a); ** Rapports nationaux à la Convention sur la diversité biologique. *** CE CCR/DOPA (2019).

Note : voir le Chapitre 8 pour plus d’informations sur les rapports nationaux à la CDB, de 2014 à 2019.

117 La Somalie ne dispose que de données ponctuelles, sans aucune superficie rapportée, de sorte que le pourcentage de couverture des aires protégées ne peut être calculé.
118 Ce tableau contient deux aires protégées transfrontières, relevant de quatre pays (Lesotho/Afrique du Sud et Zambie/Zimbabwe). Chaque site est compté une fois dans le total
de chaque pays. Cependant, chaque site n’est compté qu’une seule fois dans le nombre total pour la région.
119 Calculé directement à partir de la Base de données mondiale des aires protégées, plutôt que d’une simple somme de toutes les superficies des pays.

220 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


A2-Tableau 2. Aires côtières et marines protégées et de conservation d’Afrique orientale et australe
Nom Nombre Superficie côtière et marine % de superficie côtière et % de superficie côtière et
(BDMAP) couverte par les aires marine couverte par marine couverte par les
protégées (km2)* les aires protégées. aires protégées*

Angola 1 24 0 0,0%

Comores 3 37 0 0,02%

Djibouti 4 12 0,46% 0,17%

Érythrée 0 0 0 0,0%

Kenya 20 904 0 0,8%

Madagascar 48 8 998 0 0,75%

Maurice 29 50 0 0,0%

Mozambique 2 12 821 0 2,23%

Namibie 2 9 646 0,01% 1,71%

Seychelles 30 209 930 0,03% 15,66%

Somalie 1 0 0 0

Afrique du Sud 136 224 640 10% 14,56%

Soudan 4 10 662 0,03% 15,96%

Tanzanie 131 7 330 6,50% 3,02%

TOTAL 411 473 815 N/A 5,60%


Sources : *Base de données mondiale des aires protégées (UNEP-WCMC et IUCN, 2019a); ** Rapports nationaux à la Convention sur la diversité biologique.

Note : voir le Chapitre 8 pour plus d’informations sur les rapports nationaux à la CDB, de 2014 à 2019.

A2-Tableau 3. Catégories de gestion de l’UICN des aires protégées et de conservation d’Afrique orientale
et australe

Catégorie de gestion de l’UICN Nombre Superficie (km2)120

Ia. Réserve naturelle intégrale 9 3 788

Ib : Zone de nature sauvage 17 103 882

II. Parc national 209 522 053

III. Monument naturel 32 8 388

IV. Aire de gestion des habitats / espèces 164 147 821

V. Paysage terrestre ou marin protégé 49 19 918

VI. Aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles 155 384 507

Non rapportée 4 538 1 498 805

Non applicable 56 158 898

Non définie 3 4 019


Source : UNEP-WCMC et IUCN, 2019a.

120 Il ne s’agit pas d’une nouvelle couverture par catégorie de gestion. Certaines des aires protégées se chevauchent et pourraient avoir des catégories de gestion de l’UICN
différentes. Si deux aires protégées couvrent un même emplacement mais ont des catégories de gestion différentes, les deux catégories sont comptées.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 221


A2-Tableau 4. Type de gouvernance de l’UICN des aires protégées et de conservation d’Afrique orientale
et australe

Types de gouvernance de l’UICN Nombre Superficie (km2)121

A. Gouvernance par un gouvernement 2 468 1 424 849

B. Gouvernance partagée 18 5 214

C. Gouvernance privée 959 33 271

D. Gouvernance par les peuples autochtones et 238 199 957


communautés locales

Non rapporté 1 549 1 131 803


Source : UNEP-WCMC et IUCN, 2019a.

Annexe 3. Sites d’importance mondiale


en Afrique orientale et australe122
A3-Tableau 1. Sites Ramsar d’Afrique orientale et australe
Date d’entrée en vigueur Nombre de Superficie
Pays Sites
de la convention sites couverte (ha)
Botswana 9 avril 1997 1 Système du delta de l’Okavango 5 537 400
Comores 9 juin 1995 3 Lac Dziani Boundouni 16 030
Karthala
Mont Ntringui
Djibouti 22 mars 2003 1 Haramous-Loyada 3 000
Eswatini 15 juin 2013 3 Barrage et réserve naturelle de Hawane 1 183
Barrage de la rivière Sand
Barrage de Van Eck
Kenya 5 octobre 1990 6 Lac Baringo 265 449
Lac Bogoria
Lac Elmenteita
Lac Naivasha
Lac Nakuru
Site Ramsar du delta du fleuve Tana
Lesotho 1er novembre 2004 1 Lets’eng-la-Letsie 434

121 Il ne s’agit pas d’une nouvelle couverture par type de gouvernance. Certaines de ces aires protégées se chevauchent et pourraient avoir des types de gouvernance différents. Si
deux aires protégées couvrent un même emplacement mais ont des types de gouvernance différents, les deux types sont comptés

122 Le rapport principal comprend déjà le Tableau 4.2 avec tous les sites naturels et mixtes du Patrimoine mondial, ainsi que l’Encadré 2.3 sur les Zones clés pour la biodiversité

222 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Date d’entrée en vigueur Nombre de Superficie
Pays Sites
de la convention sites couverte (ha)
Madagascar 25 janvier 1999 20 Barrière de corail de Nosy Ve Androka 2 094 911
Complexe des lacs Ambondro et Sirave (CLAS)
Complexe des lacs de Manambolomaty
Complexe des zones humides de Bemanevika
Îles Barren
Lac Kinkony
Lac Sofia
Lac Alaotra : zones humides et bassins versants
Mangroves de Tsiribihina
Marais de Torotorofotsy et leurs bassins versants
Parc de Tsarasaotra
Parc national de Tsimanampesotse
Rivière Nosivolo et affluents
Site bioculturel d’Antrema
Zone humide de Mandrozo
Zones humides Ankarafantsika (CLSA)
Zones humides d’Ambondrobe
Zones humides de Bedo
Zones humides de l’Onilahy
Zones humides de Sahamalaza
Malawi 14 mars 1997 2 Elephant Marsh 286 356
Lac Chilwa
Maurice 30 septembre 2001 3 Parc marin de Blue Bay 401
Zone humide de Pointe d’Esny
Refuge d’oiseaux de l’estuaire du fleuve Terre
Rouge
Mozambique 3 décembre 2004 2 Lac Niassa et sa zone côtière 4 534 872
Delta du Zambèze
Namibie 23 décembre 1995 5 Site Ramsar de Bwabwata-Okavango 676 564
Plaine d’Etosha
Embouchure de la rivière Orange
Sandwich Harbour
Walvis Bay
Rwanda 1er avril 2006 1 Rugezi-Burera-Ruhondo 6 736
Seychelles 22 mars 2005 3 Atoll d’Aldabra 44 025
Zones humides d’eau douce d’altitude de la Mare
aux cochons
Zones humides côtières de Port Launay

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 223


Date d’entrée en vigueur Nombre de Superficie couverte
Pays Sites
de la convention sites (ha)
Afrique du Sud 21 décembre 1975 27 Barberspan 557 028
Blesbokspruit
Système estuarien de Bot-Kleinmond
Réserve naturelle de l’Île Dassen
De Hoop Vlei
De Mond
Réserve naturelle provinciale de l’Île Dyer et
Réserve naturelle provinciale de l’Île Geyser
Geyser
Réserve naturelle de False Bay
Réserve de montagne de Kgaswane
Baie de Kosi
Lac Sibaya
Langebaan
Zones humides de Makuleke
Parc du Natal Drakensberg
Réserve de gibier de Ndumo
Réserve naturelle de Ntsikeni
Réserve naturelle de Nylsvley
Embouchure de la rivière Orange
Îles du Prince-Edward
Réserve naturelle de Seekoeivlei
Système de Sainte-Lucie
Plages de tortues / récifs coralliens du Tonga-
land
Réserve naturelle d’uMgeni Vlei
Réserve naturelle de Verloren Valei
Verlorenvlei
Lacs naturels
Soudan du Sud 10 octobre 2013 1 Sudd 5 700 000
Soudan 7 mai 2005 3 Parc national de Dinder 2 489 600
Baie de Dongonab - Marsa Waiai
Suakin-Golfe d’Agig
Tanzanie 13 août 2000 4 Plaine inondable de la vallée de Kilombero 4 868 424
Bassin du lac Natron
Zones humides de Malagarasi-Muyovozi
Rufiji-Mafia-Site Ramsar marin de Kilwa

224 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Date d’entrée en vigueur Nombre de Superficie couverte
Pays Sites
de la convention sites (ha)
Ouganda 4 juillet 1988 12 Système de zones humides du lac Bisina 454 303
Lac George
Système de zones humides du lac Mburo-Na-
kivali
Système de zones humides du lac Nabugabo
Système de zones humides du lac Nakuwa
Système de zones humides du lac Opeta
Système de zones humides de la baie de Lu-
tembe
Système de zones humides de la baie de
Mabamba
Chutes Murchison - Système de zones humides
du delta Albert
Système de zones humides de Nabajjuzi
Site Ramsar des monts Rwenzori
Baie de Sango - Île Musambwa - système des
zones humides de Kagera (SAMUKA)
Zambie 28 décembre 1991 6 Marais de Bangweulu 4 030 500
Marais de Busanga
Kafue Flats
Plaines inondables de Luangwa
Marais de Lukanga
Mweru wa Ntipa
Zimbabwe 3 mai 2013 6 Parc de loisirs des grottes de Chinhoyi 453 828
Barrage de Cleveland
Prairies de Driefontein
Lac Chivero et Manyame
Parc national Mana Pools
Zone humide de Monavale
Parc national des chutes Victoria
SUPERFICIE TOTALE 32 021 044
Source : Ramsar Convention on Wetlands, 2019.

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 225


A3-Tableau 2. Réserves de biosphère d’Afrique orientale et australe

Pays Nombre de sites Réserve de biosphère Date de la désignation


Éthiopie 5 Kafa 2010
Yayu 2010
Sheka 2012
Lac Tana 2015
Forêt de Majang 2017
Kenya 6 Mont Kenya 1978
Mont Kulal 1978
Malindi-Watamu 1979
Kiunga 1980
Amboseli 1991
Mont Elgon 2003
Madagascar 5 Mananara Nord 1990
Sahamalaza-îles Radama 2001
Littoral de Toliara 2003
Belo-sur-Mer - Kirindy-Mite 2016
Tsimanampesotse-Nosy Ve Androka 2018
Maurice 1 Macchabee/Bel Ombre 1977
Malawi 2 Mont Mulanje 2000
Zone humide du lac Chilwa 2006
Mozambique 1 Quirimbas 2018
Rwanda 1 Volcans 1983
Afrique du 10 Kogelberg 1998
Sud Côte ouest du Cap 2000
Waterberg 2001
Kruger aux Canyons 2001
Vignes du Cap 2007
Vhembe 2009
Cluster de Gouritz 2015
Magaliesberg 2015
Garden Route 2017
Marico 2018
Tanzanie 5 Lac Manyara 1981
Serengeti-Ngorongoro 1981
Usambara Est 2000
Baie de Jozani-Chwaka 2016
Gombe Masito Ugalla 2018
Ouganda 2 Queen Elizabeth 1979
Mont Elgon 2005
Zimbabwe 1 Zambèze Moyen 2010
Source : UNESCO (2019).

226 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Annexe 4. Représentativité écologique
en Afrique orientale et australe
A4-Tableau 1. Degré de protection des écorégions terrestres représentées dans la région

Écorégions Écorégions
avec <75% de Écorégions exclusives à la
Nombre superficie dans la avec 75-99% de super- région
Protection d’écorégions région ficie dans la région
0 9 5 0 4
0,01 à 4% 7 3 0 4
4 à 8% 14 2 2 10
8 à 12% 8 0 1 7
12 à 17% 11 4 1 6
>17% 37 4 6 27
Source : EC JRC/DOPA (2019).

A4-Tableau 2. Degré de protection des écorégions marines et des provinces pélagiques


représentées dans la région

Écorégions Écorégions
avec <75% de avec 75-99% de Écorégions
Nombre superficie dans la superficie dans la exclusives à la
Protection d’écorégions région région région
0 9 0 7 2
0,01 à 5% 10 2 3 5
5 à 10% 5 1 1 3
>10% 6 0 3 3
Source : EC JRC/DOPA (2019).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 227


Annexe 5. Instruments juridiques
soutenant l’équité et la gouvernance non-
étatique des aires protégées
Pays Loi, section et article pertinents
Kenya Loi de 2013 sur la Conservation et la gestion de la faune sauvage
Art. 4. La mise en œuvre de la présente loi est guidée par les principes suivants
(a) la conservation et la gestion des espèces sauvages sont dévolues, chaque fois que cela est possible et
approprié, aux propriétaires et gestionnaires des terres où se trouvent ces espèces sauvages ;
(b) la conservation et la gestion des espèces sauvages doivent impliquer une participation effective du public ;
(c) dans la mesure du possible, la conservation et la gestion des espèces sauvages doivent être encouragées
selon une approche écosystémique ;
(d) la conservation et la gestion des espèces sauvages doivent être encouragées et reconnues comme une
forme d’utilisation des terres publiques, communautaires et privées ;
(e) des avantages de la conservation des espèces sauvages doivent être tirés par l’utilisateur des terres afin de
compenser les coûts et de s’assurer que la valeur et la gestion des espèces sauvages ne diminuent pas ;
(p. 1250-1251)

La Loi de gestion et coordination environnementale (1999, révisée en 2012) et la Loi sur la conservation et gestion
des espèces sauvages (WCMA) 2013 permettent des servitudes de conservation des terres.
Mozambique Droit foncier (Loi 19/97)
L’article 24 (p. 1301) reconnaît le rôle des communautés locales dans la gestion des ressources naturelles et la
résolution des conflits, entre autres. La loi autorise également la chasse avec un simple permis

La Loi sur les forêts et la faune sauvage couvre la protection des normes et pratiques coutumières : valeur historico-
culturelle et utilisation des terres; exploitation sous licence

Loi sur la conservation de la biodiversité, Loi No 16/2014, 20 Juin.


L’article 4 (p. 1297) aborde sept principes : patrimoine écologique, souveraineté, égalité, participation des citoyens à
la gestion et aux avantages, responsabilité environnementale, développement, partenariats public-privé, de principe
de précaution et décision éclairée, et coopération internationale
L’article 7, alinéa 1 (p. 1298) fait référence à la création du Conseil de gestion des aires de conservation, composé
de représentants des communautés locales, du secteur privé, d’associations et d’organismes publics locaux
L’article 9, alinéas 1 et 2 (p. 1298) stipule que l’État peut établir des partenariats en vue de créer des synergies en
faveur de la conservation de la diversité biologique.
Namibie Politique nationale de gestion communautaire des ressources naturelles, mars 2013, Section 4.4 (p. 9)
Le gouvernement s’est engagé, conformément à ses propres lois sur l’accès et le partage des avantages et aux
politiques et conventions mondiales, à protéger les droits de propriété intellectuelle des communautés en ce qui
concerne les ressources naturelles et leur gestion, et à assurer une répartition juste et équitable des avantages
découlant de l’utilisation des ressources naturelles.
Afrique du Sud Politique nationale et plan d’action pour la biodiversité
L’article 2 (f) (p. 12) stipule que la NEMPAA «  vise à promouvoir la participation des communautés locales à la
gestion des aires protégées, le cas échéant () ».
L’article 42 (p. 34) prévoit qu’« un accord de cogestion peut concerner » toute une gamme de questions, y compris
(entre autres) :
• la délégation des pouvoirs de l’autorité de gestion à l’autre partie à l’accord ;
• la répartition de tout revenu de gestion de l’aire protégée ou toute autre forme de partage des bénéfices entre les parties ;
• l’utilisation des ressources biologiques du site ;
• l’accès au site ;
• l’occupation de l’aire protégée ou de parties de celle-ci ; et
• le développement de débouchés économiques au sein ou à proximité de l’aire protégée ;

228 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Pays Loi, section et article pertinents
Ouganda Politique nationale de l’Ouganda sur la faune sauvage, Section 26 (p. 22)
Droits historiques des individus dans les aires de conservation
(1) Les dispositions de la présente Section ne portent pas atteinte aux personnes dont les droits ont été préservés,
jusqu’à l’entrée en vigueur de la présente loi, par:-
(a) la Loi sur le gibier (préservation et contrôle), à savoir:-
(i) les personnes, leurs femmes et leurs enfants résidant effectivement dans des réserves de gibier au 1er
juillet 1959 ;
(ii) les personnes résidant effectivement dans les réserves de gibier à la date de leur déclaration, pour les
réserves
de gibier déclarées après le 1er septembre 1959 ;
(b) la Loi sur les parcs nationaux, à savoir, les personnes qui ont légalement acquis des droits dans les parcs
nationaux avant
le 3 avril 1952 ;
(c) la Loi sur les forêts, à savoir, les personnes résidant dans les forêts que le ministre peut avoir exemptées
des dispositions de cette Loi et dont les forêts ont depuis été déclarées parcs nationaux en vertu de la
Loi sur les parcs nationaux.
(2) L’Autorité peut établir des lignes directrices pour l’accès des communautés voisines des aires de conservation
aux ressources essentielles à la survie de ces communautés.
Zimbabwe Loi sur les parcs et la faune sauvage (Chapitre 20:14) 1996
L’article 2 confère des privilèges aux propriétaires ou aux occupants de terres aliénées en tant que gardiens de la
faune et offre aux Conseils de district ruraux le statut d’« autorité appropriée » sur les questions de faune sauvage
dans leurs terres communales respectives au nom de leurs communautés locales rurales, appelées “communautés
de producteurs”.

Politique pour la faune sauvage du Zimbabwe 1999


La politique vise à donner aux propriétaires fonciers les moyens de conserver les ressources fauniques existantes
sur leurs terres, y compris les terres communales et privées, et d’en tirer des avantages.

Politique de réforme agraire fondée sur la faune sauvage 2004.


Section 3 : « faciliter l’indigénisation du secteur de la faune sauvage et assurer un accès plus équitable de la majorité
des Zimbabwéens aux ressources terrestres et fauniques et aux opportunités commerciales qui découlent de ces
ressources ».

Source : Tessema (s.d.)”issued”:{“date-parts”:[[“2019”]]}}}],”schema”:”https://github.com/citation-style-language/schema/raw/master/csl-citation.json”} .

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 229


Appendice 6. Aires protégées et de
conservation selon les catégories de
gestion de l’UICN par pays
Aires protégées et de conservation de l’Angola par catégorie de gestion de l’UICN
Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

II. Parc national 8 77,49

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 4 16,42

V. Paysage terrestre ou marin protégé 1 0,24

Non rapporté 1 5,26


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019c).

Aires protégées et de conservation du Botswana selon les catégories de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

Ib : Zone de nature sauvage 7 61,12

II. Parc national 6 2,40

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 7 1,08

Non rapporté 1 37,78

Non applicable 1 12,07


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019c).

Aires protégées et de conservation des Comores par catégorie de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

II. Parc national 1 17,74

Non rapporté 7 81,75


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019d).

Aires protégées et de conservation de Djibouti par catégorie de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 1 0,00%

V. Paysage terrestre ou marin protégé 2 0,00%

VI. Aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles 1 0,00%

Non rapporté 3 100%


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019e).

230 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Aires protégées et de conservation de l’Érythrée par catégorie de gestion de l’UICN
Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 3 100,00

Non rapporté 1
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019f).

Aires protégées et de conservation de l’Eswatini par catégorie de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

II. Parc national 6 94,20

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 2 0,19

V. Paysage terrestre ou marin protégé 1 2,14

Non rapporté 5 3,09


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019g).

Aires protégées et de conservation de l’Éthiopie par catégorie de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

II. Parc national 17 17,35

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 8 11,69

VI. Aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles 18 75,76

Non rapporté 58 0,02

Non applicable 3 0,07


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019h).

Aires protégées et de conservation du Kenya par catégorie de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

II. Parc national 36 46,15

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 5 0,65

VI. Aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles 16 10,91

Non rapporté 345 46,19

Non applicable 9 5,23


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019i).

Aires protégées et de conservation du Lesotho par catégorie de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 1 86,89

Non rapporté 2 5,43

Non applicable 1 7,00


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019j).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 231


Aires protégées et de conservation de Madagascar par catégorie de gestion de l’UICN
Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

Ia. Réserve naturelle intégrale 3 2,00

II. Parc national 30 19,00

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 22 14,00

VI. Aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles 7 4,00

V. Paysage terrestre ou marin protégé 29 18,00

Non rapporté 61 39,00

Non applicable 5 3,00


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019k).

Aires protégées et de conservation du Malawi par catégorie de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

II. Parc national 5 25,60

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 4 14,03

Non rapporté 121 64,73

Non applicable 3 0,27


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019l).

Aires protégées et de conservation de Maurice par catégorie de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

Ia. Réserve naturelle intégrale 1 0,21

II. Parc national 10 42,74

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 21 42,47

Non rapporté 10 0,32

Non affecté 1 0,01


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019m).

Aires protégées et de conservation du Mozambique par catégorie de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

II. Parc national 6 24,62

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 4 9,82

VI. Aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles 3 0,71

Non rapporté 29 63,70

Non affecté 2 2,19


Source: UNEP-WCMC et IUCN (2019n).

232 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Aires protégées et de conservation de Namibie par catégorie de gestion de l’UICN
Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

II. Parc national 9 31,01

III. Monument naturel 2 0,00

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 1 0,00

V. Paysage terrestre ou marin protégé 3 0,16

VI. Aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles 1 2,94

Non rapporté 131 72,49

Non applicable 1 9,52


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019o).

Aires protégées et de conservation du Rwanda par catégorie de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

II. Parc national 2 50,98

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 3 45,38

Non rapporté 4 2,96


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019p).

Aires protégées et de conservation des Seychelles par catégorie de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

Ia. Réserve naturelle intégrale 5 1,16

Ib : Zone de nature sauvage 1 0,00

II. Parc national 8 0,04

VI. Aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles 6 0,00

Non rapporté 18 98,36

Non applicable 2 0,21


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019q).

Aires protégées et de conservation de Somalie par catégorie de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

Non rapporté 21 0,00


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019r).

Aires protégées et de conservation d’Afrique du Sud par catégorie de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

Non rapporté 1 567 97,75

Non applicable 13 5,15


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019s).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 233


Aires protégées et de conservation du Soudan du Sud par catégorie de gestion de l’UICN
Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

II. Parc national 9 52,35

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 3 -

V. Paysage terrestre ou marin protégé 1 1,18

VI. Aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles 13 30,33

Non rapporté 1 24,66


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019t).

Aires protégées et de conservation du Soudan par catégorie de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

II. Parc national 3 39,19

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 1 2,17

VI. Aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles 3 13,57

Non rapporté 13 46,66

Non applicable 3 4,84


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019u).

Aires protégées et de conservation de Tanzanie par catégorie de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

Ib : Zone de nature sauvage 8 0,10

II. Parc national 14 11,77

III. Monument naturel 1 0,00

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 53 19,95

VI. Aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles 19 3,02

Non rapporté 738 70,98

Non applicable 7 18,76


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019v).

Aires protégées et de conservation d’Ouganda par catégorie de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

II. Parc national 10 28,80

III. Monument naturel 11 21,19

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 1 0,48

VI. Aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles 13 12,74

Non rapporté 673 44,24

Non applicable 4 3,38


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019w).

234 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Aires protégées et de conservation de Zambie par catégorie de gestion de l’UICN
Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

II. Parc national 19 21,13

III. Monument naturel 16 0,03

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 1 0,04

VI. Aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles 36 49,11

Non rapporté 562 38,15

Non applicable 1 0,01


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019x).

Aires protégées et de conservation du Zimbabwe par catégorie de gestion de l’UICN


Catégorie de gestion de l’UICN Nº % de couverture

Ib : Zone de nature sauvage 1 0,01

II. Parc national 10 25,15

III. Monument naturel 2 0,02

IV. Aire de gestion des habitats/espèces 19 0,12

V. Paysage terrestre ou marin protégé 12 3,41

VI. Aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles 19 17,79

Non rapporté 166 54,84

Non applicable 3 6,33


Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019y).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 235


Annexe 7. Aires protégées et de
conservation par type de gouvernance de
l’UICN par pays
Aires protégées et de conservation de l’Angola par types de gouvernance de l’UICN
Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Non rapporté 14 100,00
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019c).

Aires protégées et de conservation du Botswana par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
A. Gouvernance par un gouvernement 18 63,58
C. Gouvernance privée 1 0,44
D. Gouvernance par les peuples autochtones et les communautés 1 0,57
locales
Non rapporté 2 37,80
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019d).

Aires protégées et de conservation des Comores par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
B. Gouvernance partagée 6 23,29
Non rapporté 2 76,19
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019d).

Aires protégées et de conservation de Djibouti par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Gouvernance par un gouvernement 3 90,84
Non rapporté 1 8,43
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019e).

Aires protégées et de conservation de l’Érythrée par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Non rapporté 4 100,00
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019f).

Aires protégées et de conservation de l’Eswatini par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
B. Privée 3 2,33
Non rapporté 11 97,29
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019g).

* L’Eswatini rapporte des informations supplémentaires qui ne figurent pas encore dans la BDMAP. Tous les pays n’ont pas été mis à jour dans la BDMAP avant la publication
du présent rapport. Les pays sont encouragés à mettre à jour leurs données SIG et tabulaires dans la BDMAP dans tous les cas où leurs données ne correspondraient pas à
celles du présent rapport.

236 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Aires protégées et de conservation de l’Éthiopie par type de gouvernance de l’UICN
Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Non rapporté 104 100,00
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019h).

Aires protégées et de conservation du Kenya par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Gouvernance par un gouvernement 76 67,68
B. Gouvernance partagée 1 0,45
C. Gouvernance privée 16 2,59
D. Gouvernance par les peuples autochtones et les communautés 51 1,97
locales
Non rapporté 267 36,37
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019i).

Aires protégées et de conservation du Lesotho par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Gouvernance par un gouvernement 3 92,32
Non rapporté 1 7,00
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019j)

Aires protégées et de conservation de Madagascar par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Gouvernance par un gouvernement 8 3,50
B. Gouvernance partagée 2 0,05
C. Gouvernance privée 2 4,97
D. Gouvernance par les peuples autochtones et les communautés 34 11,12
locales
Non rapporté 111 89,83
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019k).

Aires protégées et de conservation du Malawi par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Gouvernance par un gouvernement 10 41,87
Non rapporté 123 62,76
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019l).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 237


Aires protégées et de conservation de Maurice par type de gouvernance de l’UICN
Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
A. Gouvernance par un gouvernement 42 82,74%
C. Gouvernance privée 2 1,67%
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019m).

Aires protégées et de conservation du Mozambique par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
A. Gouvernance par un gouvernement 28 69,94
B. Gouvernance partagée 1 2,00
D. Gouvernance par les peuples autochtones et les communautés 1 0,00
locales
Non rapporté 14 33,31
Source: UNEP-WCMC et IUCN (2019n).

* D’autres sites signalés par le Mozambique ne figurent pas encore dans la BDMAP. Tous les pays n’ont pas été mis à jour dans la BDMAP avant la publication du présent rapport.
Les pays sont encouragés à mettre à jour leurs données SIG et tabulaires dans la BDMAP dans tous les cas où leurs données ne correspondraient pas à celles du présent rapport.

Aires protégées et de conservation de Namibie par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
A. Gouvernance par un gouvernement 31 47,58
C. Gouvernance privée 2 0,89
D. Gouvernance par les peuples autochtones et les communautés 112 50,60
locales
Non rapporté 3 10,12
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019o).

Aires protégées et de conservation du Rwanda par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Gouvernance par un gouvernement 3 94,88
Non rapporté 7 4,44
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019p).

Aires protégées et de conservation des Seychelles par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Gouvernance par un gouvernement 20 1,20
Non rapporté 20 100,00
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019q).

Aires protégées et de conservation de Somalie par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Gouvernance par un gouvernement 21 0,00
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019r).

238 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


Aires protégées et de conservation d’Afrique du Sud par type de gouvernance de
l’UICN
Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Gouvernance par un gouvernement 645 92,29
B. Gouvernance partagée 1 0,18
C. Gouvernance privée 932 7,84
Non rapporté 2 0,81
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019s).

Aires protégées et de conservation du Soudan du Sud par type de gouvernance de


l’UICN
Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Gouvernance par un gouvernement 26 83,87
Non rapporté 1 24,66
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019t).

Aires protégées et de conservation du Soudan par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Gouvernance par un gouvernement 9 73,50
Non rapporté 14 32,93
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019u).

Aires protégées et de conservation de Tanzanie par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Gouvernance par un gouvernement 777 87,24
B. Gouvernance partagée 4 0,15
C. Gouvernance privée 1 0,00
D. Gouvernance par les peuples autochtones et les communautés 39 7,98
locales
Non rapporté 19 33,54
Source : UNEP-WCMC et IUCN ( 2019v).

Aires protégées et de conservation d’Ouganda par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Gouvernance par un gouvernement 699 98,00
Non rapporté 13 2,00
Source : UNEP-WCMC et IUCN ((2019w).

Aires protégées et de conservation de Zambie par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Gouvernance par un gouvernement 49 66,35
Non rapporté 586 41,50
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019x).

Aires protégées et de conservation du Zimbabwe par type de gouvernance de l’UICN


Catégorie de gouvernance de l’UICN Nº % de couverture
Non rapporté 232 100,00
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019y).

SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1 239


© Wilderness Safaris
© Grégoire Dubois

242 SÉRIE DE RAPPORTS SUR L’ÉTAT DES AIRES PROTÉGÉES ET DE CONSERVATION Nº 1


UNION INTERNATIONALE
POUR LA CONSERVATION DE LA NATURE

Bureau régional pour l'Afrique orientale et australe


Centre Wasaa pour la Conservation,
Mukoma Road (près de Magadi Road, City Square)
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Nairobi, Kenya.
Téléphone fixe : +254 20 2493561/65/70
Courrier électronique : [email protected]
Site web : https://www.iucn.org/esaro

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