Ingénieries - EAT - 1995
‘Spécial Risques naturels p. 7 8 16
Connaitre les inondations :
l’exemple de la Bourbre (Isére)
cau et sa gestion nlone pas fini de faire
parler delle. Preuve en est les innom-
brables rappels ordre sue a des caras
crophes naruteles argementrelayées dans
les médias ces dernizres années. 1992: crue de
Vaison ls Romaine, 1993 :sécheresse dans le sud
dela France, 1994 :inondations généralisées dans
le nord de la France, 1995 : inondations dans le
nord de Europe... pour nen citer que quelques
cxemples ! C'est dire sans doute que les nombreux
aménagements réalisés sur les cours d'eau rvont
pasaweint!effcacité souhaité en terme de gestion
de la ressource en eau et des risques asociés
Toute gesion repose nécessairement sur une con-
préalable du systéme que 'on cherche &
maltriser. Il est done important de disposer des
outils pertinents qui donnent accis 8 cette eon-
naissance et permettent un aménagement raisonné
des systemes concerns
En matitrede risqued inondation,quirvestqulune
parte du probleme de laménagement des cours
d'eau, nous allons voir & partir de exemple du
bassin versant dela Bourbre, dansle département
de Ilstre, une mise en forme des connaissances
hhydsologiques, hydrauliqueser socio-économiques
qui peemec identifier un schéma d'aménagement
pertinent et peut servir véritablement d’outil de
{gestion pour les personnes zesponsables del'amé:
agement du terrtoire. La méthode utilisé esta
‘méthode Inondabilcé, permescant une présenta-
‘ion cohétente sous une forme cartogeaphique du
risque d'inondation.
Rappels sur le risque d’inandation
et faménagement des riviéres
w= Risque, resource, miliew
Toute rivitre esc un systeme complexe qui repré
sente une ressource en eau indispensable & bien
des activités humaines et bicn des fonctions na
turelles et abrite un écosystéme spécifique, li
méme source de richesse environnementale et
éventuellement économique (tourisme...). Leris-
‘que qui y ext associé, résulve de la variabilité nacu-
relle du systéme, elle-méme conséquence des
variations climariques interannuelles normale. lI
est aussi produit par les conflis entre usage an-
thropique ec les debordements épisodiques sures
terrains situés en bordure de ce qu'il est conven.
df appeerlelic mineus de laivtre. En conséquence,
une rvidee ne devrait pas étre considérée comme
limitée & son lic mincur ec la notion d'aménage-
‘ment intérese toute a valle, litmineuret lic majeur
compris. De méme, on ne devrait jamais oublier
le fac que les aménagements destinés& régler un
probléme de risque aurone nécessairement une
incidence surla resource en eau et le milieu qui y
En dernier lieu, ls lois de 'hydeologie eappellent
‘quel'cau qui passe danslarvidrees: ls consequence
des pluies rombeées sur l'ensemble de son bassin
versant :Cestliccéralement un volume qui rombe
du ciel qui est imposé au systtme. Les los de hy-
draulique montrent ensuite que Von ne fait que
cansférer dans le temps et espace le volume en
Olivier Gilard
Olivier Gilard
Comogref
3 bis quo! Chouveau
220
69336 lyon Cedex 09
7Ingéniries~EAT= 1995,
$$$ 0. Gilard
Spécial Rsques notre
question : il faue donc trouver une échelle de 1
solusion des problémes adaptée a ces transfers
est le bassin versant dans son ensemble quia
eé judicieusement eetenu et mis en avant pat la
Joi sur 'Eau de 1992, en particulier
= Le risque d’inondation
Définition
Le risquednondation se traduic pas le ii qu'une
rivitre qui déborde peut causer quelques dégats, plus
‘ou moins pénalisants er codteux, c parfois méme
présenter un danger pour les hommes. On voit
apparaitre deux notions distinct dans certe défi
nition, Une rivigre qui déborde traduit un phéno-
mine naturel peésentancun caractrealéacoite est
la composante « ALEA » du risque. Le fait qu'elle
cause des dégits, radu le fait que le liew oi se
produit ce phénoméne y est plus ou moins sensi
ble: esa composante appelée « YULNERABL
LITE ». Lanotion de RISQUE » ésuleedonc de
‘es deux paramitres fondamentalement difféents
que sont la vulnérabilité et 'léa. La notion de ts-
que ext spatialisée : pour qu'une parcelle donnée
soit «A risque », il faue que Valéa auqual elle xt
soumise soit incompatible avecsa vulnérabilité ou,
inversement, que la vulnérbiltéqu‘on li affeere
soit incompatible avec aléa quelle subic!
De plus, ilestelairque laléa commela vulnérabi-
lité sont des nosions concinues et progressives. I
y a des crues de faible intensité et des crues de
forte intensié. De méme, il y a des occupations
des sols plus ou moins vulnérables: du marécage
‘ala centrale nucléaire, en passant pas le champ de
céréaes et le lotissement urbain, on*eongoie une
‘échelle continue de la vulnérabilic
léments de gestion du risque
Gérer le risque fait appel& plusieurs rypes de me-
sures complémentaires. La culcure du risque per-
‘met une bonne compréhension du probleme par
les différents acceurs concernés, depuis les indivi-
dus riverains jusquaux décideurs. Elle améliore
aussi les« bons reflexes» lors des situations de ers.
La prévention du risque consiste & aménager le
pour diminuer le niveau de risque glo-
tal. Cesra ce niveau que fon cherche § “ie
menter occupation du sol eri aménager les cours
eau, de manitre & obtenir un niveau de risque
socialement acceptable coneiliant les intéréts
multiples dela société dans son ensemble. Eafin
la gestion des crises permer de diminuer les con-
séquences dommageableslorsde occurrence réclle
du risque et de réduire en particulier les consé-
quences individuelles (et non plus globales pour
lasociéeé). Elle fait appel aux techniques de prévi-
sion decrue, de plan d'alerte et de secours, et 'as-
surances. Ces woistypes de mesures sont nécesaires
ct complémentaies pour améliorer la gestion du
Fsque.
La méthode Inondabilité dont nous parlons par
la sue vise & une meilleure connaissance du ris-
{que des fins de prévention er de maitrse de 'oc-
cupation des sos, Cest--dire esseniellement le
point présenté plus haut.
Contexte du projet
w= Le bassin versant de la Bourbre
La Bourbre est une rivitre affluence du Rhéne dont
le bassin versan, qui couvre 700 km’, est sirué dans
le département de I'sére. La figure 1 en donne
tune représentation schématique. 70 communes
sont présente sur ce bassin versantregroupées en
un syndicar intercommunal pour aménagement
hydraulique. Ualieude varie entre770 malasource
200 mila confluence avec le RhGne, pour une
Jongueur totale d’environ 70 km.
La rivire a trois affluents principaux en tive gau-
che :I'Hien, 'Agny tle Bion, caractérsés par des
cnues brutales de c6titre. En rive droite, un seul
affluent conséquent rejoint la cvite =i Sagit du
canal Catelan qui draine une grande zone de ma-
ris, er présente de ce faitun eégime hydrologique
trés amorti
Dlusicurs centres urbains sont implantés le long
de la rivire. En particulier, 'agglomération de
Bourgoin-Jallicu - ste d'Abeau (ville nouvelle)
présente un fore développement depuis quelques
années avec des perspectives encore importantes.
Les aménagements hydrauliques ont déburé il ya
de nombreuses années avec, en particulier, assa-
rissement des mars le long de la Bourbre ex du
rmarais Catelan 3 des fins de mise en valeur agri-
cole, La rvidre a connu de nombreux recalibrages
au point quelocalementelle ne coule phusaux points
les plus bas de la vallée (pour som lt mineur). Ce-
pendans, lors de certains épisodes méréorologiques
exceptionnels la ivére déborde encore ii ou li et
en 1988 une crue importance a causé de codceuxConnaitre les inondations : I’exemple de la Bourbre (Isére)
dégies matériels. Cere crue a mis en éviden
limites de Pefficacieé des approches classiques (no
tion de crue de projet sans la replacer dans le 1
gime bydrologique global, recalibrageslocaliss ici
ou [a sans coherence d’ensemble). Si elles ont eu
leur utili lorsque les rvitresnléaient pas encore
‘ropaménagés, elles ne permettent plus aujourd’bui
derésoudre efficacement les problémes. Prailleas,
Vintense développement de ces dernigres années a
contribuélocalement une augmentation des ruis-
sellements qui pourrait encore aggraverla situation.
4 Tavenie l'on persistit dans cere voie sans pré=
cautions. Enfin de nombreux enjewx se disputent
cette zone oli passent un faisceau autoroutir im-
porranterun faisceau TGV dela furue ligne Lyon-
“Turin. U ext clair que ces infrastructures peuvenc
avoir une incidence hydraulique ex quil est indis-
pensable de coordonner tous ces projets pour évi-
{er une situation problématique & terme.
= Une volonté commune de résoudre
le probleme
Apris certe force crue de 1988, le syndica inter
‘communal a décidé de faire lise une éeude glo-
bale du basin versnrpour mieux prendzela mesure
des problémes qui rencontait ec cencer de wouver
des eéienss de solution pertinents. existence de
cere structure intercommunale capable de décider
la fois des érudes& mener er des travaux &réaliser
est déterminante pour la eélsation du projet en
‘cours ec constinue un liew de débar ente ls eepré-
sentants des diffrent intézts en jeu (communes
rurales de'amone er citésurbaines de Vaval, tc).
Les services de''Btat, etn particulier la Direction
départementale de 'Agriculture et de la Fore
(DAF. onteuxaussijoué leur réle de conse rech-
nique auprés du Syndicat. C'est & leur initiative
qu'une méthodologie innovante ex expérimentale
(al epoque) ad choise pour analyse le probléme
dans sa globalie. On leur doit aussi cewe prise de
conscience des limites de approche classique ere
la nécessié de se placer dans un contexte global
Ces facteurs favorables ont permis de trouver les
financements nécessares (de ordre de quelques
centaines de milliers de francs) au déroulemenc
des dudes dontl'objectif tat une bonne connais
sance de la situation de risque le long des 70 km
de rivigze et un schéma global d’'aménagemenc
hydraulique qui permestait de conciler les con-
traintes bydrauliques avec le besoin de dévelop
9 Figure 1. ~Le bassin versant de la Bourbre
pement des communes concernées
= Une méthode pertinente
La méthode Inondabilté, dont Vorganigramme
simplifé est fourni la figure 2, érérecenue pour
acquérir a connaissance globale du bassin versant
Y Figuee 2. - Orgonigramme simpli de lo méthode
sos
|
| iYDROLOGIE
ee
(OCEUPETION
(HYDRAULIQUE] *.
| won aa
TobOSERPE
a
CREDA] oa
(CARTE DES ACERS vuLNERABILITES|
¥
one
peated
{synthese)Ingénieries~EAT~ 1995.
Spiced Raques vaturels,
Figue 3. Siuation ito : oceypation des sols
ot wlérabiis, zones inordées ot aléas,sytheve
u Faque avant anénagerert >
Carte 1: care des bjt de protection
Sivetion intile de Foccupation du so. En
‘onbre, epperisent es Zones winérobles ype
zone wbeire ov zne dacs avec des TOP
Ipérode de retou Bquivelene& object de
‘protection de 100 ou 50 ans. En ca, es zones
Plrbt uele evec des TOP ene 5 0,1 on
Carte #2: care des alos
Sruatin iil deaéo, cestode les zones
‘nondées pour des cuss de aifents psedes
de reout ene 20 ot 1000 ans
On remorquetacependor qe la opagropbie
insist pes permis de moder
conecienent sextensios de zoresnondbles
‘ersle nod oncienne Bouse eau sid do
Feutroue est subrrgée pou T= 100 on
Cori 3 cote de syhive
Sythe en teme ge rsque dons stvahon
ino tes prcoles 8 prooiéne [ole pls fot
ue winérbli)opporasen vec des pastes
‘ouges es sis ves mann une bonne
codéquaton du niveau o'oéa et da wlnéabns
esinge. Tes pe de pablanes oppose
pasqe sels queaues prcles 9 drote dee
Carte riecines dt mine sont concedes
10
©.GiConnaitre les inondations : I’exemple de la Bourbre (Isére)
“4 Figuee 4, ~ Siuaion opds onénagene
Veménogarent consie en une nadiheation
do POS dont on duce impact en mative
ce risque
‘Cote 1°4 cate des odictons ds POS
Sur chacune des parcels concecnes le TOP
faible cartogroghe sur la carte | es! mode
et prend ne veer pls fore [50 ov 100
Corte 5 : corte des oléos. En absence de
‘revoux hycrovlique io cote nest pos
rmoditée por roppor él suction nile
Conte n86 arte de synthe
Ele met en évidence une frie aggravation
du rique pusgue tues les parcels ses
suc la gouche de le conte oinsi que celles
siuges ent le Bourbre et 43 possent ou
rouge.Ingénignes~ EAT~ 1995
ngériones EAT 1995 0 6. Gilard
Spécial Risques natures
rmodéles permetent
de vopauyer we
ensemble des
informations
disponibles
régonclement en
pluie et en débit pour
coraetrisr le gine
hydeologique de
Men toe,
|ougés ou non
12
cexdesasiuation de risque, connaissance qui man:
quai encore
Carte méthode propose une modélisation diffé-
encige et cohérente de I'aléa et de la vulnérabilicé
sur ensemble de la vallée considérée (zone tou-
chée parla crue maximale simulée soit millénnale)
On obciencainsi des cartes de vulnérabilcéer'aléa
ui permertent une connaissance complete des
zones d’enjeux hydrauliques ou économiques. Le
croisement de ces deux cartes permet de consti-
tuer des cartes de risques qui ont pour intéxét de
mettre en évidence non seulement les zones ob se
posentles plus gros problémes (risque positif), mais
aussi les zones oi l'on dispose d'une « marge de
manacuvre » ou un « crédit de sécurité» (risque
négasif) susceptible d’sider 4 résoudre la situation
des zones précédentes. Cee méthode permer aussi
de tester, dans le méme systéme de représentation,
impact des aménagements proposés : que ce soit
desaménagements hydrauliques, qui modifiencla
‘épartcion delalé, ou desaménagementsen terme
occupation du sol, qui modifient la vulnérabi-
lig ls peuvent modifier la situation de risque.
Enseignements du cas
de la Bourbre
m= Les résultats de U'ét
Connaissance du risque
Léude d'Inondabilicé a mis en évidence un cer
tain nombre de fats, implicitement connus pré-
ccédemment mais peu pris en compre. Crest un
desesintérts principaux que de rendee accessible
tous les acteurs concernés une connaissance ob-
jective du fonctionnemens hydrologique ethydrau-
lique d'un bassin versancer des conséquences d'une
occupation des sols éventuellement mal adaptée
Lérude hydrologique 3 aide des modales QaF! a
permis de quantifier la dispaitédefonctionnement
entre les ffluents rive gauche er la riviéte princi
pale er le canal Catelan (affluent rive droite). Que
ce soit pour les petites erues comme pour les gros-
ss, les durées caractérstiques qui sont de ordre de
24h ec plus sur la rive principale ne sone plus
que de quelques heures sur ls affluents de ebtiee
Ceci se wadui dans la connaissance de Valéa par
le faic qu'il sufi d'un faible orage sur les basins
versants de ctr suite une séquence pluvieuse
ayane mis en erue la Bourbre elle-méme pour at
teindre des débits de pointe importants avec des
volumes assez fables.
étude de la vulnérabilité a mis en évidence des
zones assez diversifdes dans l'écat actuel de Voc
‘cupation des sols er une tendance & l'augmenta-
tion «rés importante dela vulnérabilté aurour de
Fagglomération de Bourgoin-Jalleu -I'sied' Abeau
En particulier sone inscrits au plan ¢’occupation
des sols des extensions de zones industrielle et de
zones activi dans toute une partie de lavallée
marais du Vernay erbordure de 'autoroute aval
de Bourgoin.
érude de aléaa montré que ceraines zones pré-
sentaient des volumesde tockage importants lors
des débordements. Cest le cas en particulier du
marais du Vernay i Tamont de Bourgoin-Jallieu,
par ois transite ’Agry, et du marais Caelansitué
i 'amone de la zone urbanisée de Charvieux-
CChavagneu-Pont de Chéruy.
Lasynthise en terme de risque meten évidence que
sila siuation actuelle et plutét bonne (les zones &
risque sont limieées ex cart encrealéa er vulnéra-
Dilté relacivement faible), inven va pas de méme
dela situation future tlle que les POS acruels la
Iaissenc présager. En particulier, la forte vulnérabi-
lisédesaones industrielles prévues entre 'A-43 ete
lir dela Bourbee fait apparaite ces zones comme i
risque, dans Phypothése d’un aménagemen: sans
mesures compensatoires,elles-mémes difficile 3
identifier. De plus lesacctoissements écoulement
dus 4 limperméabilisacion des surfaces colinaires
aurourde agglomeration auront pour conséquen-
ces une augmentation des volumes russelés dans
cette zone qui pourrait avoir des conséquences sur
Vintensité en pointe des crues (méme avec des vo-
lumes faible par rapporcala cruede ensemble du
bassin versant). Enfin, une suppression de ces
« champs d épandage » &'amont aurac pour con-
séquence de créer une réelle siuation a risque dans
les zones urbaines proches de la confluence avec le
Rhone (Pont de Chéruy) qui sont jusqu’a present
dans une situacion plusée bonne. Les cartes 1 3.6
iluscrent sur un peti secteur les informations mi
ses en évidence par application de la méthode
Inondbilcé des figures 3 er 4
Ces résultats ont é&é largement confirmés par la
crue d’octobre 1993. Ce jour fa, un violent rage
est tombé sur le bassin versanc de I’Agny en parti-Connaitre les inondations : l'exemple de la Bourbre (Isére)
caliee alors que la Bourbreelle-méme était deja
gonflée par les pluies précédentes. Cela ses tr
duit par une crue trés brutale de cet affluent quia
causé des débordements dans la traversée de
Bourgoin, une coupure temporaire de Pauroroure
Lyon-Chambéry (A-43) et des dégits matériels
importants. Si localemen: ila puy avoir cercaines
incohérences entee les champs d'inondation mo-
ddéisés et les zones couchées réllement (dues xx
imprécisions des données copographiques et au
caractére spécifique d'une crue en particulier que
Von compare & la simulation de crues synchéxi-
ques), lesobservations réalsées ont mis en évidence
la pertinence des cartes d'aléa proposées.
Schéma d’aménagement hydraulique
De cee connaissance du risque, on peut déduire
un schéma d’aménagement pertinent du bassin
versant. Dans la partie amont, au caractire essen
tiellement rural, on peut favorser les débordements
temporaires en période de crue (et pour des pé
Fiodes de rerour supérieuces 4 quelques années) de
smaniéce Aarténuer encore un peu lesondes decruc.
Cela suppose bien sir une négociation avec les
riverains de ces zones et des mesures de compen-
sation pour accompagner certe démarche : amé-
liorer lassinissement, mesures d'assurances
Des zones d'enjeux hydrauliques majeus, dont le
-aintien est indispensable & la sécurité des zones
urbaines, ont éeécairement identifies: il Sagiten
particulier du marsis du Vernay, en amont de
Bourgoin, et du marais Catelan. La suppression de
leur caractze inondable encraneraicinévcablement
cde grosproblémesen aval est me possibled’aug
‘menter leur caractére inondable pour favorser les
processus de laminage et donc réduire le risque
ailleurs. En contee-part, il ex possible de déve-
lopper des activités économiques plus vulnérables
‘au sud de ’A-43 (sous eéserve de limiter par cette
infrastructure, actuellement submersible pour les
plus fortes crucs, la zone inondable)
Ces conclusions sont rappléss sur les figures 5 ex 6.
= Suivi du bassin versant
Cette érude a ct réalsée en 1991-1992. Les con-
clusions ont écé bien acceprées par les acteurs lo-
‘aux er des décisions ont écé prises pour analyser
plusen détaillaisabilicé de certains aménagements
‘dentifiés comme particuligrement eficaces par le
schéma d'aménagement. Ces rflexions se poursui-
vent accullement et, en particulier, le syndicat a
mis 4 'éuude acquisition dune parte des terrains
ddu marais du Vernay (oi sont stués par ailleurs les
captages de 'adduction d'eau de Bourgoin) pour
préserver au mieux leur caractée inondable, voire
y fvoriser une couverture du sol és tolérante aux
inondations (prairies, fiches). Les POS y sont en
‘ours de révision pour supprimer les projets de dé
veloppementsindustrels els déplcer sur des zones
plus judicicusement choise.
Par ailleurs, et dans un but dassurer une actuali-
sation réguliére de la connaissance du risque, le
Syndicat a sollicicé le Cemagref pour que le mo-
déle hydraulique de calcul soit mis 8 disposition
des acteurs locaux, eur permettant ainsi de réali-
ser le suivien temps réel des aménagements pro-
agrammés et réalisé. Une incerface informatique a
&é développée pour fucilier utilisation des mo-
deles numériques de caleul par des techniciens de
ls DDAF Cependant, la complexicé de ces outils
((nhérente 3 leurs performances) en réduisent'ef-
Ficacité en dehors d'un cadre d'opérareurs echni-
ques spécialisés (centres techniques, bureaux
érudes...). De plus, lat de l'art actuel ne per-
‘met pas d’auromatisertoralement la cartographic
des résultatsd'un tel modéle hydraulique. Hlexiste
des expériences de couplage entre modéle hydrau-
lique ec Systéme d'Information Géographique
(SIG) ; mais elles meteent surtout en évidence la
diffculeé de opération. Les outils actuels en ma-
titre de SIG demandent une réelle technicité de
lepar des opérateurs evil est rare dedisposer d opé-
rateurs ayant simultanément une competence en
satire de SIG et en matire hydraulique.
= Les progris a réaliser
La mesute du risque lelong d'un cours d'eau évo-
lueconstamment: chaque action concernant une
modification de occupation des sols, chaque
opération modifiant 'hydraulique d'un ouveage
ou d'un trongon de cours d'eau, coute interven
sion sus le bassin versanc peut modifier la vulng-
rabilié ou aléa ex done Féquilibre en maitre de
risque. De plus, le caractére aléatoire des phéno-
mines physiques mis en jeu et le niveau de pro-
tection généralement ateincaujourd hui encrainent
tune perte de mémoire du risque asocige un re
fas de plus en plus marqué de V'accepee,serici
justifé par des eonsidérations sus ls ressource en
cauet environnement ou surl'économie globale.
Phas ua risque es rte, m
donc important de donne:
13Ingénieries~ BAT 1995
Spécial Raques natorels,
©. Gilard
Bekwter sper oye
‘A Figue 5. - Schema d’aménagemer de le Boutreamont
les moyens de gérr ce risque au quotidien ecd’en-
‘retenirsa connaissance objective. Siles documents
cartographiques facilcent la compréhension du
probléme,lalourdeur de realisation des documents
sur papier rend dificil leur généraliscion et leur
actualisation fréquence. Il est donc urgent de dé-
velopper les outils de visualisation interactive qui
permertront aux responsables de 'aménagement
du erritoire, mais aussi aux individus intéressés
cu concernés, de mesurer objectivement le risque
et de tester les options d'aménagement possibles
pour fviter de déséquilibrer une situation existant.
Parailleurs, un développement des procédures de
négociation du risque doic permerte une amé-
lioracion notable de la situation telle que tous les
paris soient gagnants de l'opération, les uns di-
rectement en terme de niveau de risque subi, les
suites par Ie biais de mesures de compensation
adaptées. Il faut encore inventer les sctnes de la
négociation du risque et les mesures d'accompa-
‘gnement qui permettront’ certinsd accepter une
augmentation risonnable des servitudes hydrau-
liques au profit d'une diminution du risque sur
tun autre secteur, en échange de mesures de com-
pensations matérilles (qu'elle sient financiéres
64 non) intéressantes, Seul le fait dacceprer de
segarder objectivement la réalité des contraintes
existantes permettra une mattrise de 'occupation
du sol susceptible de maintenir un niveau de ris-
que socialement acceptable.
Enfin il ne fauc pas oubliee que cere réflexion sur
la gestion des risques d’inondation est indissocis-
ble de la réflexion sur la essource en eau qui de-Connaitre les inondations : Vexemple de la Bourbre (lsére)
vient rare, Les solutions classiquement utilisées one
pour conséquence quasi systématique une accelé=
tation des écoulement : plus loin, plus vite, plus
bas! tel semble éare le mot ordre des solutions
techniques radicionnellesde type recalibrage ouen-
diguement, généralemenc ulisées. La consequence
sur la ressource en eau mobilisable est évidente : a
réduction des temps de séjour de l'eau dans
hydrosystéme continental se raduit proportion-
nellement par la réduction des durées de reconsti-
tution des réserves mobilisbles. Laugmentation
simultande des besoins en eau mine irtémédiable-
‘ment, 3 terme, a une défallance du systéme sion
sy prend pas garde. Les aleres la sécheresse de
plusen plus fiéquentes ces dernitres annéesen sont
sans doute le signe avant coureur! Dol la néces-
sité de revenir& des aménagements plus équilbrés
qui tentens, de manigve caisonnable, de coneilier
ressource en eau et risques associés. C'est le prin-
cipe proposé par la régle d’or du Ralentssement
Dynamique : parour oi cela es possible exquand
cela est possible, ralentissons Peau (quitee& Paccé-
lérer és localement si nécessaire ou & un autre
‘moment pour ne pas pénaliser en terme de durée)
Laméthode Inondabilté permet de rtionaliser'ap-
plication de ce principe en quantifiant le plus ob-
Jectivement possible ec échelle globale du bassin
‘versant I ffcacié relative dessolutions envisageables
Ces rflexions, conduits sur un plan ers général,
sontdirectement appicables au cas de la Bourbre !
En identfiane clairement des zones d'enjeux hy-
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