Caractérisation Au Laboratoire de La Sensibilité Au Retrait-Gonflement Des Sols Argileux
Caractérisation Au Laboratoire de La Sensibilité Au Retrait-Gonflement Des Sols Argileux
de la sensibilité au retrait-
gonflement des sols argileux
Résumé
La présence de plusieurs formations argileuses
affleurantes ou sub-affleurantes en région parisienne
classe cette région parm i les plus vulnérables à la
sécheresse géotechnique. Deux formations sont plus
M. AUDIGUIER particulièrement concernées : les Argiles vertes de
Romainville et les M arnes bleues d'Argenteuil. Elles
Z. GEREMEW sont responsables du plus grand nombre de sinistres
S. LARIBI enregistrés sur le bâti depuis la loi du 13 juillet 1982 qui
reconnaît la sécheresse géotechnique comme catastrophe
R. COJEAN naturelle. Une diminution anormale du taux d'humidité
du sol entraîne un phénomène de retrait, suivi lors des
Centre de géosiences. précipitations suivantes, d'un phénomène de gonflement
École des mines de Paris, dû à une réhumidification. C'est la conjugaison de ces
Bâtiment IFI UMLV, deux facteurs (retrait et gonflement) qui est responsable
Cité Descartes des désordres observés sur le bâti.
77454 Marne-la-Vallée E n prenant appui sur ces deux formations, une étude
cedex2 des facteurs de prédisposition au phénomène de
[Link]@[Link] retrait-gonflement des sols a été menée portant sur les
caractéristiques minéralogiques, microstructurales,
[Link]@[Link] géotechniques et hydromécaniques. Cette étude met
[Link]@[Link] en évidence l'importance des minéraux argileux et
[Link]@[Link] plus particulièrement des smectites su r le phénomène
de retrait-gonflement et sur les transformations
microstructurales qui en découlent. Elle souligne
aussi le rôle que peuvent jouer d'autres minéraux
(carbonates, pyrite) présents dans le sol sur l'évolution
microstructurale du matériau naturel ou remanié, lors de
l'hydratation.
L es principaux param ètres géotechniques rendant
compte de l'activité d'un sol argileux sont énoncés et
quelques classifications basées su r ces paramètres sont
données en exemple.
Enfin l'évolution de la microstructure de ces matériaux
au cours des cycles séchage-humidification est analysée.
Laboratory characterization
of clayed soils to shrinkage-swelling
susceptibility
Abstract
2.2
3.1
Définitions
Dans les sols argileux, les particules argileuses
et les grains minéraux non argileux, en proportions
variables, forment un arrangem ent structural illustré
par la représentation schém atique de Collins et Mc og. 7 Représentations schématiques
Gown (1974) (Fig. 7). Dans les sols de faible densité, les d'assemblages de particules argileuses
minéraux se rassem blent pour donner une structure et de grains non argileux (d'après Collins
en agrégats plus ou moins réguliers, formés par des et Mc Gown, 1974).
Schematic representations of particle aggregations
argiles et/ou des grains minéraux. Ces agrégats sont of clay particles and no clayey grains (after Collins
reliés par des ponts argileux. Dans les sols plus denses, and Me Gown, 1974).
la notion de structure en agrégats n'est plus applica
ble car les agrégats ne sont plus distincts les uns des
autres, on parle alors de structure matricielle à domi - m icrostructure = agrégats (clusters en anglais) for
nante argileuse ou granulaire. més par les particules argileuses et les autres compo
La plupart des auteurs, sous des terminologies dif sants du sol ;
férentes (Yong, 1999 ; Gens et Alonso, 1992), s'accordent - m acrostructure = assem blage m acroscopique des
à définir un schéma d'organisation des sols gonflants agrégats formant les « peds ».
en trois niveaux structuraux qui jouent un rôle détermi
nant dans le processus de retrait-gonflement. (Fig. 8) :
- infrastructure = particule argileuse ;
72
w = 30 %) sont présentées, ainsi que celles de l'Argile
verte de Romainville sous deux configurations litho
logiques différentes. Ces caractérisations sont, d'une
part, qualitatives à partir de l'observation au micros
cope électronique à balayage (MEB) et, d'autre part,
quantitatives par la mesure de la distribution des dia
mètres d'accès de pores par porosimétrie au mercure,
en se référant à la loi de Jurin appliquée à un modèle
de pores cylindriques (Fig. 10 et 11).
Fig. i i Images au M EB. a) Argile verte de Romainville : plan parallèle au litage, b) Argile verte de Romainville : plan
perpendiculaire au litage, c) Marne bleue d'Argenteuil : plan parallèle au litage.
SEM micrograph, a) Argile verte de Romainville : view parallel to the bedding, b) Argile verte de Romainville : view
perpendicular to the bedding, c) Marne bleue d'Argenteuil : view parallel to the bedding.
73
Les distributions obtenues sur les deux formations Sur les figures 13a et b sont représentées respecti
sont unimodales centrées entre 100 et 200 nm. Elles vement les courbes porosimétriques cumulées et déri
présentent une queue de distribution vers les petits vées des trois états hydriques et sur les figures 14a, b, c
diamètres, dénotant une porosité interparticulaire et les images correspondantes obtenues au MEB.
intraparticulaire non accessible par la porosim étrie Le volum e poreux, rap p o rté au poids sec, de
au m ercure. Ces courbes sont caractéristiques d'une
l'échantillon séché à l'étuve est de 130 mm3g-1 pour
structure matricielle argileuse (Audiguier et Delage,
un diamètre moyen de 40 nm. La microstructure cor
1987) dans laquelle l'architecture en agrégats n'appa
respondante est très com pacte et le réseau poreux
raît pas. L'observation des deux form ations au MEB
montre que la microstructure est compacte et qu'elle pratiquement inexistant à l'échelle de l'observation au
présente un arrangem ent préférentiel des particules MEB. L'ensemble des amas de particules s'est rétracté
argileuses parallèlement au litage. à l'échelle microscopique, ce phénom ène se tradui
sant par l'apparition de fissures de rétraction à l'échelle
La com paraison des courbes de distributions de macroscopique.
l'Argile verte de Romainville intacte (w = 25 %) et
sous forme de colluvions argileuses (w = 32 %) (Fig. L'échantillon naturel lyophilisé présente un volume
12) met en évidence l'existence d'une famille vers les poreux rapporté au poids sec de l'ordre de 200 mm3g"1
très faibles diamètres (porosités inter et intraparticu pour un diamètre moyen d'accès de pores de 150 nm.
laire), dans le cas des colluvions. Cette famille dénote L'observation au MEB met en évidence l'ouverture de
une déstructuration du matériau qui favorise l'appari m icrofissures de gonflem ent (porosité bidim ension
tion de particules argileuses dispersées ou sous forme nelle) qui initient dans la matrice argileuse la formation
d'amas de quelques particules. d'agrégats primaires ou qui révèlent une structure en
agrégats déjà existante mais en partie oblitérée dans
Afin de m ettre en évidence les changem ents de
l'échantillon séché sous l'effet de la rétraction. Paral
microstructure au cours du séchage ou de l'humidifi
lèlement à cela, les cristallites ou amas de particules
cation, trois échantillons d'Argile verte de Romainville
ont été étudiés à différents états hydriques : commencent à se détacher les uns des autres.
- séché à l'étuve ; L'échantillon gonflé librement a un volume poreux
rapporté au poids sec de 337 mm3g"1pour une distribu
- naturel (teneur en eau 25 %), lyophilisé : la lyophilisa tion des diamètres d'accès de pores présentant deux
tion est une méthode de déshydratation qui consiste en classes bien individualisées ; une centrée sur 650 nm,
une congélation rapide des échantillons dans de l'azote l'autre vers 55 nm. L'analyse au MEB met en évidence
liquide amené à son point de congélation (- 210 °C) par des m icrofissures de grande extension, d'épaisseur
application du vide, suivi d'une phase de sublimation m icrom étrique, recoupées par d'autres plus petites
sous vide en plaçant les échantillons dans un lyophili-
sateur (Delage et Pellerin, 1984) ;
- après gonflement libre (teneur en eau 39 %), lyophilisé.
74
ns. 14 Images au MEB de l'Argile verte de Romainville : a) état sec ; b) état naturel lyophilisé ; c) après gonflement
libre et lyophilisation.
SEM micrograph of Argile verte de Romainville: a) dry State; b) lyophilized natural State; c) after free swelling and
lyophilization.
qui su b d iv isen t les a g ré g a ts. Les cristallites se Les limites d'A tterberg sont des teneurs en eau
détachent les uns des autres et les grains de carbonates mesurées de façon conventionnelle qui séparent diffé
ou de quartz enrobés et dissém inés dans la matrice rents états du sol. La limite de liquidité wLsépare l'état
argileuse sont mis a nus. liquide de l'état plastique et est mesurée par l'essai à
A partir de cette analyse les conclusions suivantes la coupelle de Casagrande ou par la méthode du cône
peuvent être établies : de pénétration (NF : P 94-051, P 94-052-1). La limite
- au cours de l'hydratation la porosité augm ente en de plasticité wp sépare l'état plastique de l'état solide
taille et en volume par ouverture progressive et simul et est obtenue par la méthode du rouleau (NF : P 94
tanée des porosités inter et intra-agrégat primaires, 051). Enfin, la limite de retrait wr sépare l'état solide
confondues à l'état déshydraté, générant ainsi des avec retrait de l'état solide sans retrait sur échantillon
agrégats secondaires ; remanié ou intact. Elle est obtenue par la construction
- le processus de subdivision des agrégats se poursuit graphique volum e-teneur en eau schém atisée sur la
jusqu'à atteindre des amas de quelques particules, ini figure 15 et fait l'objet comme les essais précédents de
tiant ainsi une famille de pores intra-agrégat ou inter deux normes (XP P94-060-1 et XP P94-060-2).
particulaires distincte ; A partir de ces trois grandeurs d'autres paramètres
- la queue de distribution vers les faibles diam ètres sont définis :
commune aux 3 états d ’hydratation dénote l'existence
d'une porosité intraparticulaire non accessible par la - l'indice de plasticité ; Ip = w L- wp ;
porosimétrie au mercure. - l'indice de consistance : Ic = (wL- w J / 1 ;
- l'indice de retrait : Ir = wL- wr ;
- l'activité de Skempton : A = I / < 2pm.
Un sol aura une aptitude au gonflem ent d'autant
Caractéristiques géotechniques plus importante que wL, 1^ 1^ A seront grands et wp et
w r petits. Le tableau II présente des valeurs de quel
Cette caractérisation repose, d'une part, sur les
m esures des param ètres d'état (teneur en eau, poids ques param ètres concernant les familles d'argiles les
volumiques humide et sec, porosité ou indice des vides) plus courantes. Les sm ectites sodiques ont la plus
et des paramètres de nature (granularité, minéralogie) grande aptitude au gonflement
et, d'autre part, sur d'autres grandeurs qui rendent L'essai d'adsorption de bleu de méthylène (NF P 94
compte de l'activité du sol. En effet, la fraction argi 068) mesure la quantité de bleu nécessaire pour recou
leuse < 2pm possède en présence d'eau des proprié vrir d'une couche monomoléculaire par chimisorption,
tés de surface (cohésion, plasticité, retrait, gonflement) les surfaces internes et externes des particules présen
regroupées sous le terme « activité ». Ces propriétés tant un déficit de charge (minéraux argileux et colloï
résultent à la fois de la finesse des particules (argile des essentiellement). Cette quantité de bleu adsorbée
au sens granulométrique) qui leur confère une grande perm et de m esurer la surface spécifique développée
surface spécifique externe, mais aussi de leur structure
par les minéraux (Tran, 1977).
en feuillets (argiles au sens m inéralogique) qui leur
perm et de développer de grandes surfaces spécifiques La capacité d'échange de cations est due aux effets
externe et interne et qui présente un déficit de charge de bords des feuillets et aux déficits de charge à l'inté
responsable des propriétés d'adsorption de cations et rieur de la structure provenant de substitutions d'ions
de molécules d'eau. de valence n par des ions de valence n-1. Cette mesure
Trois principaux essais rendent compte de ces pro peut être réalisée par des essais normalisés (NF X 31
priétés : les limites d'Atterberg, l'essai d'adsorption au 130) ou évaluée à partir d'un essai plus courant en géo
bleu de méthylène, la mesure de capacité d'échange technique, l'essai au bleu de méthylène ( Cuisset, 1980 ;
cationique. Laribi et al., 2007).
75
Des classifications perm ettant d'estim er le poten
tiel de gonflement d'un sol ont été élaborées en pre
nant appui sur ces différents paramètres. Elles ont fait
l'objet de plusieurs synthèses notamment par Munto-
har (2006) et Rao (2006). Les prem ières classifications
concernant les sols gonflants ont été établies aux États-
Unis dans les années 50. Elles tenaient com ptent du
pourcentage en particules colloïdales (d'après Holtz
et Gibbs, 1956, dans Rao, 2006, tableau III). De nom
breuses autres ont suivi, basées sur un ou plusieurs
param ètres (quelques exemples sont donnés dans les
tableaux IVa à IVg), mais les résultats sont parfois dis
cutables car le potentiel de gonflement d'un sol peut
être qualifié de faible ou fort selon le param ètre consi
déré. Ainsi la classification de Holtz (dans Djedid, 2001)
conduit à placer l'Argile verte de Romainville dans les
sols argileux à fort potentiel de gonflement par réfé
Fig. U Représentation schématique de la courbe
de retrait. rence aux valeurs de limite de liquidité et d'indice de
Schematic representation of a shrinkage plasticité et à faible potentiel de gonflement par réfé
curve.
rence à la limite de retrait.
TABUAUil Valeurs des limites d'Atterberg d'argiles monominérales, (d'après Lambe et Whitman, 1969).
Values of Atterberg limits of mono-mineral clayey soils, (after Lambe and Whitman, 1969).
tableau ni Classification géotechnique des sols gonflants (d'après Holtz et Gibbs, 1956).
Geotechnical classification of expansive soils (afterHoltz and Gibbs, 1956).
w, (%) Classification
0 à 20 non gonflant
20 à 35 gonflement faible
35 à 50 gonflement moyen
50 à 70 gonflement élevé
70 à 90 gonflement très élevé
76
>90 gonflement critique
tableau tvc Sensibilité d’une argile au retrait-gonflement
déterminée à partir de l'indice de plasticité
(d'après Prian et al., 2000
Plasticity index as an indicator of clay sensitivity to
shrinkage-swelling (after Prian etal., 2000.
y%> Sensibilité
<12 Faible
12 à 25 Moyenne
25 à 40 Forte
240 Très forte
is. I7a-17* Représentation globale des courbes de rétention de l'Argile verte de Romainville.
Synthetic representation of retention curves of Argile verte de Romainville.
78
l'échantillon est mesurée au cours de cycles successifs
séchage-humidification. En parallèle, une étude struc
turale par porosimétrie au mercure est réalisée.
Le chemin hydrique suivi au cours des différents
cycles est le suivant : l'échantillon mis en place dans
le moule à l'état naturel (teneur en eau et indice des
vides naturels) est soumis à une phase d'humidification
jusqu'à ce que le gonflement soit quasi stabilisé, puis il
est séché dans une étuve à 50 °C jusqu'à stabilisation
des déformations. L'opération humidification-séchage
est ensuite reproduite plusieurs fois et les courbes de
gonflement sont analysées.
Sur la figure 18 sont représentées les courbes de Fig. so Évolution de l'épaisseur de l'échantillon
gonflement obtenues sur un même échantillon au cours au cours des 5 cycles (Argile verte de
de cycles successifs. La courbe de 1er gonflem ent se Romainville).
détache des suivantes. Son allure et son amplitude sont Thickness evolution of sample during the five
cycles (Argile verte de Romainville).
influencées par l'état initial du matériau. La 2° courbe
présente une cinétique et une amplitude plus importan
tes qui peuvent être attribuées à la fissuration observée L'évolution structurale qui résulte de ces différen
par ailleurs, au cours du 1er séchage. En effet l'ouver tes sollicitations hydriques est mise en évidence par
ture de fissures de retrait au cours du séchage entraîne l'étude porosimétrique. Sur les figures 21a et 21b sont
la création de chemins préférentiels em pruntés par représentées les courbes cumulées et dérivées de la
l'eau lors du processus de réhumidification suivant. Ce distribution des diamètres d'accès de pores d'échan
tillons ayant subi 1, 3 et 5 cycles. On observe une aug
phénomène s'estompe ensuite pour les cycles suivants mentation du volume poreux cumulé entre le 1er et le
comme en témoigne la superposition des courbes de 3èmc cycle et une stabilisation entre le 3e et le 5ecycle.
gonflement libre. La déformation se stabilise à partir du Ce résultat corrobore celui obtenu par les essais de
3e cycle (Fig. 19). Néanmoins l'échantillon ne retrouve gonflement libre où le taux de gonflement est constant
pas son état initial à la fin de chaque séchage, le phéno à partir du 3e cycle. Cependant, une modification de
mène n'étant pas entièrement réversible (Fig. 20). la microstructure est observée au cours des différents
cycles, se traduisant par :
- une augmentation progressive du diamètre moyen
de la famille de pores interagrégat ;
- une distribution de plus en plus étalée du cycle 1 au
cycle 5 ;
- une augmentation de la porosité intraparticulaire du
cycle 3 au cycle 5. En effet la comparaison du volume
poreux mesuré et de la teneur en eau correspondant
aux trois cycles mentionnée sur le graphe des courbes
cumulées, dénote pour le cycle 5 une part plus impor
tante de la porosité non accessible par l'essai porosi
métrique (< 7 nm). Elle correspond à un volume poreux
par unité de poids de l'ordre de 50 mm3g '’ pour les
cycles 1 et 3 et de 90 mm3g~1 pour le cycle 5.
Ces essais hydro-mécaniques mettent en évidence
Fig. 1* Courbes de 5 cycles de gonflement libre à
l'oedomètre (Argile verte de Romainville). que le matériau soumis à des cycles séchage-humidi
Free swelling oedometer curves of 5 cycles (Argile fication ne présente pas d'évolution sensible du taux
verte de Romainville). de gonflement au-delà des 2 ou 3 premiers cycles mais
qu'une transformation progressive et irréversible de la
microstructure est observable en porosimétrie. Cette
évolution microstructurale se traduit à la fois par une
augm entation des diam ètres d'accès de pores de la
famille interagrégat, une distribution plus étalée, et
une augmentation de la porosité intraparticulaire.
Conclusion
Le travail qui fait l'objet de cet article, prend appui
pour les applications, principalem ent sur les Argiles
ng.i» Taux de gonflement au cours des 5 cycles vertes de Romainville et secondairement sur les Mar
(Argile verte de Romainville). nes bleues d'Argenteuil. Il permet, d'une part, de tirer
Swelling rate during the five cycles (Argile verte
de Romainville).
des rem arques générales concernant les facteurs de
prédisposition au retrait-gonflement des sols argileux,
79
rig. at« et sib Courbes cumulée et dérivée de distribution des pores de l'Argile
verte de Romainville, pour les cycles 1, 2, 3.
Cumulative and derived curves of pore size distribution of Argile verte de
Romainville for cycles 1,2,3.
et, d'autre part, d'étudier de manière plus spécifique freinant le processus de retrait-gonflement. Cependant
les modifications structurales de ce matériau lorsqu'il ce squelette est très fragile et les liaisons sont facile
est soumis à des sollicitations hydriques. Les conclu ment détruites par remaniement du matériau (le taux
sions énoncées dans ce paragraphe sont structurées de gonflement libre de MBA après remaniement est de
suivant ces deux axes. 26 %), qui réagit alors en fonction des minéraux argi
Les facteurs de prédisposition au retrait-gonflement leux présents dans la structure ;
sont nombreux et interdépendants. Il est impossible de
- la présence d 'autres m inéraux accessoires, sous
les classer par ordre d'importance, chacun jouant un
rôle déterminant à des échelles différentes. La liste qui forme d'amas ou lentilles, tels que la pyrite qui a été
suit, non exhaustive, correspond aux principaux cri observée dans l'une des formations étudiées (Marnes
tères perm ettant d'identifier les matériaux présentant bleues d'Argenteuil). Sous l'action de l'eau, la pyrite
des prédispositions aux variations de volume au cours (FeS2) s'oxyde pour donner des sulfates qui en pré
de cycles séchage-humidification. sence de calcium forment de l'anhydrite (CaS04) et par
1°) La nature minéralogique du sol : hydratation du gypse (CaS04, 2HzO). Ce processus bien
connu des géotechniciens est à l'origine de désordres
- la présence de minéraux argileux et plus particuliè
par gonflement ;
rem ent de smectites et d'interstratifiés illite-smectite
caractérisés par un déficit de charge et de très grandes 2°) L'état initial du matériau. Il est m esuré par les
surfaces spécifiques internes et externes responsables param ètres d'état que sont la teneur en eau, la densité,
du phénomène d'adsorption de molécules d'eau ; l'indice des vides et la succion. A minéralogie et granu
- la présence de carbonates qui jouent un rôle modé larité égales, plus la teneur en eau initiale est faible, ou
rateur (le taux de gonflement libre à l'état naturel de l'état de succion grand, plus le matériau est suscepti
AVR est de 15 à 25 % pour 15 à 20 % de carbonates ; ble de s'hydrater, entraînant ainsi un gonflement dont
celui de MBA est inférieur à 4% pour 30 à 60 % de car l'amplitude dépend de la nature des minéraux présents
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