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Caractérisation Au Laboratoire de La Sensibilité Au Retrait-Gonflement Des Sols Argileux

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Caractérisation Au Laboratoire de La Sensibilité Au Retrait-Gonflement Des Sols Argileux

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Caractérisation au laboratoire

de la sensibilité au retrait-
gonflement des sols argileux

Résumé
La présence de plusieurs formations argileuses
affleurantes ou sub-affleurantes en région parisienne
classe cette région parm i les plus vulnérables à la
sécheresse géotechnique. Deux formations sont plus
M. AUDIGUIER particulièrement concernées : les Argiles vertes de
Romainville et les M arnes bleues d'Argenteuil. Elles
Z. GEREMEW sont responsables du plus grand nombre de sinistres
S. LARIBI enregistrés sur le bâti depuis la loi du 13 juillet 1982 qui
reconnaît la sécheresse géotechnique comme catastrophe
R. COJEAN naturelle. Une diminution anormale du taux d'humidité
du sol entraîne un phénomène de retrait, suivi lors des
Centre de géosiences. précipitations suivantes, d'un phénomène de gonflement
École des mines de Paris, dû à une réhumidification. C'est la conjugaison de ces
Bâtiment IFI UMLV, deux facteurs (retrait et gonflement) qui est responsable
Cité Descartes des désordres observés sur le bâti.
77454 Marne-la-Vallée E n prenant appui sur ces deux formations, une étude
cedex2 des facteurs de prédisposition au phénomène de
[Link]@[Link] retrait-gonflement des sols a été menée portant sur les
caractéristiques minéralogiques, microstructurales,
[Link]@[Link] géotechniques et hydromécaniques. Cette étude met
[Link]@[Link] en évidence l'importance des minéraux argileux et
[Link]@[Link] plus particulièrement des smectites su r le phénomène
de retrait-gonflement et sur les transformations
microstructurales qui en découlent. Elle souligne
aussi le rôle que peuvent jouer d'autres minéraux
(carbonates, pyrite) présents dans le sol sur l'évolution
microstructurale du matériau naturel ou remanié, lors de
l'hydratation.
L es principaux param ètres géotechniques rendant
compte de l'activité d'un sol argileux sont énoncés et
quelques classifications basées su r ces paramètres sont
données en exemple.
Enfin l'évolution de la microstructure de ces matériaux
au cours des cycles séchage-humidification est analysée.

M ots-clés : sols argileux, sécheresse géotechnique,


retrait-gonflement, minéralogie, microstructure, courbes
de rétention, porosimétrie, microscope électronique à
balayage, cycles séchage-humidification, gonflement libre.

Laboratory characterization
of clayed soils to shrinkage-swelling
susceptibility
Abstract

The presence of expansive soils in some parts of the Paris area


makes this area one of the most highly affected by drought-
induced geotechnical problems. Among these soils, the green
clays of Romainville ("Argiles vertes de Romainville") and
the blue marls of Argenteuil ("Marnes bleues d'Argenteuil")
are responsible for the large amount of damage to buildings
as recorded since the swelling-shrinkage phenomenon was
recognized as a "natural catastrophe" according to the law
dated 13th July 1982. The shrinkage of the clayey soils while
water is abnormally evaporated during the summer season is
followed by swelling while water infiltrates as a consequence of
a long period of rainfall during the autumn or winter seasons.
NDLR : Les discussions sur The combination of shrinkage and swelling results in damage
cet article sont acceptées observed on the buildings.
jusqu'au 30 avril 2008.
67
Abstract
Both formations were analysed in the laboratory by reference
to shrinkage and swelling susceptibility. For this purpose, the
mineralogy, the microstructure, the geotechnical and some
hydromechanical parameters were characterized. This study
highlights the importance of clay minerals, more particularly
smectites, on the swelling-shrinkage behaviour of soils as
well as on the resulting microstructural transformations. It
underlines also the role of other minerals (carbonates, pyrite)
on the microstructural evolution of the intact or remolded soils
during the hydration process.
The principal geotechnical parameters for characterising
the activity of a clay soil are stated and some classifications
based on these parameters are given as examples. Finally the
microstructural evolution of these materials during cycles of
wetting and drying is studied.

Key words: clay soil, geotechnical drought, shrinkage-swelling,


mineralogy, microstructure, soil water retention curve,
porosimetiy, scanning electron microscopy, wetting-drying
cycles, free swelling.

1 les effets combinés liés aux variations de deux variables


de contraintes indépendantes : la contrainte nette (o
Introduction - ua) et la succion (ua - u j . La variation de volume est
obtenue par le biais de modèles de comportement des
La sécheresse géotechnique est à l'origine de nom ­ sols non saturés de type surface d'état : e = F(o - ua, ua
breux sinistres enregistrés en France sur les bâtiments - u j (Matyas et Radhakrisna, 1968) ou élastoplastique
et plus particulièrement sur les maisons individuelles (modèle BBM, Alonso et ai., 1990).
fondées superficiellement.
L'Ile-de-France, constituée essentiellement de for­
Elle résulte de l'évolution anormale du profil hydri­
que des sols vers des faibles teneurs en eau après des m ations d'âge tertiaire où alternent des formations
périodes de sécheresse climatique relativement lon­ calcaires, gypseuses et argileuses (Fig. 1) est une des
gues ou survenant alors que l'état hydrique du sol n'est régions les plus touchées avec la région Midi-Pyrénées
pas encore revenu à son profil d'équilibre. La séche­ et la région Poitou-Charente.
resse géotechnique se traduit par un phénom ène de
retrait des sols argileux suivi, à l'épisode de précipita­
tions suivantes, par un phénomène de gonflement dû à
une réhumidification.
La répétition des cycles de retrait-gonflem ent est
responsable des désordres observés sur le bâti. En
effet, à la fin de chaque cycle le sol ne revient pas tota­
lement à l'état précédent, il subit des transformations
microstructurales irréversibles qui sont responsables
de déform ations à l'échelle macroscopique. Ces der­
nières ont pour conséquence des mouvements du bâti
compensés en partie d'une saison à l'autre, mais qui
globalement ont tendance à s'am plifier au cours du
temps. Ainsi il peut s'écouler plusieurs mois, voire plu­
sieurs saisons, avant que les premiers désordres n'ap­
paraissent.
Un changem ent de l'état hydrique du sol se traduit
généralement par des variations de volume dont l'ori­
gine provient de deux types de phénomènes :
- d'une part, des phénomènes physico-chimiques dus
aux interactions entre l'eau interstitielle, la m atrice
poreuse et les particules argileuses ;
- d'au tre part, des phénom ènes hydrom écaniques
découlant de l'histoire des contraintes subies par le
matériau au cours des temps géologiques.
Ainsi à un état de contrainte totale donné, un chan­
gement dans l'environnement hydrique d'un sol conduit
fig. 1 Coupe géologique de la butte de Cormeilles-
à une modification de la pression interstitielle ou de la en-Parisis et localisation des Argiles vertes
succion qui, dans un sol saturé, est directement liée à de Romainville (AVR) et des Marnes bleues
une variation de l'état de contrainte effective par la rela­ d'Argenteuil (MBA).
tion de Terzaghi. Cette variation de contrainte effective Geological section of Cormeilles-en-Parisis hill and
est responsable d'une variation de volume. Dès que le location of Argiles vertes de Romainville (AVR)
and Marnes bleues d'Argenteuil (MBA).

68 sol se désature, il est nécessaire de prendre en compte


Parmi ces formations argileuses deux sont plus par­ Trois familles principales seront abordées ici :
ticulièrement sensibles au retrait-gonflement. Il s'agit - la famille de la kaolinite (Fig. 2) est constituée d'une
des Marnes bleues d'Argenteuil (MBA) appartenant au couche T et d'une couche O et ne présente que peu ou
Ludien supérieur, étage de l'Éocène supérieur et des pas de substitution. L'épaisseur du feuillet élémentaire
Argiles vertes de Romainville (AVR) appartenant au est de 7 Â.
Stampien inférieur, étage de l'Oligocène inférieur. Elles Les particules argileuses se présentent sous forme
sont présentes sur l'ensemble de l'Ile-de-France et leur de cristallites par association de plusieurs feuillets
profondeur variable résulte du contexte géom orpho­ reliés entre eux par des liaisons hydrogènes ne lais­
logique. La vulnérabilité au retrait-gonflement de ces sant aucune possibilité de passage aux molécules d'eau
(Tessier, 1984). Elles forment ainsi des plaquettes rigi­
formations est d'autant plus grande qu'elles sont à l'af­ des de quelques centaines de nanomètres à quelques
fleurement, ou sous faible recouvrement, ou en situa­ microns d'extension et de quelques dizaines de nano­
tion de pente. mètres d'épaisseur ;
Les travaux présentés dans cet article s'appuient - la famille de l'illite (Fig.3) de type TOT est consti­
essentiellement sur l'Argile verte de Romainville. Les tuée d 'u n e couche octaédrique entourée de deux
Marnes bleues d'Argenteuil ne sont citées qu'à titre de couches tétraédriques. Le feuillet élém entaire a une
comparaison pour souligner le rôle joué par la miné­ épaisseur de 10 Â. Ce feuillet élém entaire présente
ralogie dans le com portem ent des sols soumis à des des substitutions isomorphiques dans la couche T (Si
par Al) et/ou dans la couche O (Al par Mg, Mg par Li,
sollicitations hydriques. ...) créant ainsi un déficit de charge comblé par des
En prenant appui sur les résultats d'essais, les prin­ cations K* qui ont exactement la dimension des cavités
cipales caractérisations au laboratoire de l'aptitude au de surface du feuillet où ils sont piégés et qui servent
retrait gonflement sont passées en revue et les consé­ de lien entre les feuillets. Cette liaison par le cation K*
quences de ce phénomène sur les modifications micros­ est si forte que les molécules d'eau ne peuvent accéder
tructurales sont étudiées. Les aspects hydrom écani­ à l'espace interfoliaire. Les cations K* sont non hydra­
tables et non échangeables (Tessier, 1984). Les particu­
ques sont abordés à travers l'étude m icrostructurale
les d'illite se présentent aussi, comme la kaolinite, sous
d'échantillons d'Argile verte de Romainville soumis à forme de cristallites de quelques dizaines de feuillets ;
des cycles successifs de séchage - humidification.
- la famille des smectites (Fig. 3) est de même confi­
guration que la précédente mais présente un déficit
de charge plus faible, comblé dans l'espace interfo­
2 liaire par des cations com pensateurs hydratables tel
que le sodium (Na*) ou le calcium (Ca**). L'épaisseur
Minéralogie des sols argileux des feuillets varie généralement entre 12 et 20 Â selon
la nature et l'hydratation du cation. La liaison entre les
feuillets, de faible énergie, est assurée par les cations
2.1
compensateurs. Les particules de smectite sont carac­
térisées par une grande extension (lpm) par rapport à
l'épaisseur, leur conférant un aspect rubané (Fig. 4).
Les minéraux argileux
De par leurs propriétés cristallochimiques et électri­
ques, les minéraux argileux jouent un rôle déterminant
dans le processus de retrait-gonflement. Ils font partie
de la famille des phyllosilicates et présentent donc une
structure en feuillets. Le feuillet élémentaire est consti­
tué de deux couches :
- la couche tétraédrique (couche T) form ée par des
tétraèdres dont les bases sont coplanaires et les som­
m ets orientés dans une même direction. Ils form ent
un réseau plan à maille hexagonale. Les sommets sont
occupés par des anions O2~qui enserrent au centre un
cation Si4*; Fig. s Schéma structural de la kaolinite (d'après
Mitchell et Soga, 2005).
- la couche octaédrique (couche O) constituée par deux Diagram of the kaolinite structure (after Mitchell
plans d'anions O2- ou OH' disposés en assem blage and Soga, 2005).
hexagonal compact. Le centre des octaèdres est occupé
généralement par un cation Al3*.
A ces trois familles principales s'ajoute celle des
Les cations peuvent être substitués par des cations interstratifiés qui regroupe les minéraux argileux for­
de valence moindre, Si4* par Al3*ou Fe3* ou Fe2\ . . ; Al3* més par une succession de feuillets élémentaires appar­
par Fe3* ou Fe2*ou Mg2*... Les deux couches sont inter­ tenant à deux familles d'argiles différentes. H existe deux
dépendantes : les O2- des sommets des tétraèdres sont types d'interstratifiés, les interstratifiés réguliers : alter­
partagés avec un plan de la couche octaédrique. nés (ABAB) ou ségrégés (AAABBB) et les interstratifiés
irréguliers dont l'empilement des feuillets ne présente
L'assemblage de ces deux couches permet de défi­ aucune périodicité. Les interstratifiés illite-smectite, de
nir plusieurs types de feuillets élémentaires qui consti­ différents types, sont très fréquents dans les sols argi­
tuent différentes familles de minéraux argileux. leux présentant une aptitude au retrait-gonflement.
69
fig. 3 Schémas structural de l'illite (gauche) et des smectites (droite), (d'après Mitchell et Soga, 2005).
Diagrams of the illite structure (left) and smectite structure(right), (after Mitchell and Soga, 2005).

Les m inéraux argileux contenus dans les Argiles


vertes de Romainville et les M arnes bleues d'Argen-
teuil sont représentés par de l'illite, de la kaolinite, des
smectites et des interstratifiés illite-smectite.

2.2

Relation eau-particules argileuses


Comme il a été souligné dans le paragraphe précé­
dent le processus d'hydratation affecte essentiellement
les smectites. Il comporte différentes échelles :
- le déficit de charge des particules argileuses leur
confère un pouvoir d'adsorption de dipôles d'eau sur
leur surface externe. Dans le cas des smectites, à la
surface externe s'ajoute la surface interne (ou interfo­
liaire) qui, étant donné la morphologie des particules,
peut être considérable. Ceci est mis en évidence par les
travaux de Saiyouri et al (2000, 2004) synthétisés dans
le graphe de la figure 5 (Delage, 2007). L'étude de la
diffraction RX aux petits angles de l'hydratation d'une
smectite MX80 compactée, dont les résultats sont ana­
lysés à partir du modèle probabiliste de Pons (Pons et
al., 1981), montre qu'au fur et à mesure de l'hydratation
(et de la diminution de la succion à laquelle est soumise
l'échantillon), la distance entre les feuillets élémentai­
Fig. 4 Image en microscopie à balayage de smectite res augmente par adsorption progressive de couches
(d'après Tovey 1971, dans Mitchell J. K. d'eau. Ainsi pour une succion inférieure à 50 MPa l'hy­
1976). dratation intraparticulaire passe de une à deux cou­
SEM picture of smectite (after Tovey 1971, in
Mitchell J.K. 1976). ches d'eau, à partir de 7 MPa elle est de trois couches

70 pour atteindre quatre couches dans le cas d'une suc­


cion quasi nulle. Dans le même temps les particules lustrer le rôle joué par ces minéraux dans le processus
se divisent et leur épaisseur passe de plusieurs cen­ de retrait-gonflement, sont présentés ici des résultats
taines de feuillets à une dizaine, augmentant ainsi de d'essais réalisés sur les deux formations évoquées en
façon considérable l'espace interparticulaire accessible introduction : l'Argile verte de Romainville (AVR) et la
à l'eau ; M arne bleue d'Argenteuil (MBA) (Tableau I).
- à l'échelle de l'agrégat, prend place l'eau adsorbée ta b lea u i Caractéristiques minéralogiques, géotechniques
par condensation capillaire aux points de contact entre et mécaniques de l'Argile verte de Romainville
les particules ou les agrégats (Prost, 1990 ; Van Damme, et de la Marne bleue d'Argenteuil.
2002). Mineralogical, geotechnical and mechanical
characteristics of Argile verte de Romainville and
Certains auteurs (Durand, 1995 ; Qi, 1996) parlent Marne bleue d'Argenteuil.
d'eau interne à l'échelle de la particule et d'eau externe
à l'échelle de l'agrégat et entre les agrégats. La propor­ Formations Argiles vertes Marnes bleues
tion d'eau interne et externe dépend de la nature de de Romainville d'Argenteuil
l'argile, des cations échangeables, de la température et Argiles K, L Interstratifiés I/S. K, 1 S.
de la salinité de l'électrolyte. Ainsi la présence de Na*
% Carbonates 15-20 30-60
et Mg* favorise l'eau interne. A l'opposé les cations
Ca2* et K* favorisent l'eau externe. De même, de fortes %< 2pm 80-90 80-90
tem pératures ou salinités sont défavorables à l'adsorp- Limite de liquidité 75 85
W, %
tion d'eau interne (Turki, 1987).
Indice de 30-35 40-50
plasticité Ip %
Indice de retrait 55-60 65-75
Ir %
Gonflement libre 15-25 4
état naturel %
Gonflement libre >30 26
état remanié %

Ces deux formations sont des matériaux fins dont


le pourcentage de particules inférieures à 2 pm est
supérieur à 80 %. Leur composition minéralogique est
voisine ; outre les minéraux argileux évoqués dans le
paragraphe précédent, les autres m inéraux présents
sont essentiellement du quartz et des carbonates : cal­
cite et dolomite en proportions variables. Ces carbo­
nates sont plus représentés dans les M arnes bleues
d'Argenteuil. Les limites d'A tterberg (wL, I Ir...) les
classent dans les matériaux à fort potentiel de gonfle­
ment (voir tableau I).
Des essais de gonflement libre ont été réalisés sur
des échantillons intacts et des échantillons remaniés
à la limite de liquidité et ram enés à la teneur en eau
initiale. Dans cet essai, un échantillon est placé dans un
moule oedométrique, sous une charge très faible (de
l'ordre du poids du piston) en contact, par l'interm é­
Fis. 5 Effet d'une diminution de la succion diaire d'une pierre poreuse, avec de l'eau à la pression
(par hydratation) sur l'argile MX80 : atm osphérique. Le taux de gonflem ent libre, rapport
augmentation du nombre de couches d'eau entre la déform ation maximale de l'éprouvette et la
adsorbée, diminution du nombre de feuillets hauteur initiale, est mesuré.
par particule (d'après Saiyouri et ai., 2000,
2004, dans Delage, 2007). Les résultats de ces essais m ontrent que les gonfle­
Effect of a suction decrease (due to hydration) ments libres des échantillons de AVR intacts et rema­
on the MX80 particles: increase in the number of niés ne varient que de quelques pourcents avec cepen­
adsorbed water layers, decrease in the number dant un résultat légèrement supérieur dans le cas de
of stacked layers per particle (after Saiyouri et ai,
2000,2004, in Delage, 2007).
l'échantillon remanié. Pour les échantillons de MBA
le gonflement de l'échantillon remanié est six fois plus
grand que celui de l'échantillon intact. Ce résultat peut
certainement être attribué à la présence des carbona­
tes dont le pourcentage est plus im portant dans les
2.3 échantillons de MBA que dans les échantillons de AVR.
Ces minéraux contribuent à l'édification d'un squelette
Minéraux non argileux rigide qui s'oppose au gonflement, mais qui est néan­
Les sols argileux sont composés, outre les argiles, moins fragile puisque détruit par le remaniement.
d'autres minéraux en proportions variables qui sont La pyrite est présente de façon accessoire, géné­
susceptibles de jouer également un rôle dans le pro­ ralement concentrée en amas ou lit (Fig. 6). La pyrite
cessus de retrait-gonflement. Ainsi, la plupart des sols s'oxyde en présence d'oxygène pour donner des sul­
argileux de la région parisienne contiennent des car­ fates qui par association avec des ions Ca** forment de
bonates sous forme de calcite et de dolomite. Afin d'il- l'anhydrite (CaS04). En présence d'eau l'anhydrite se
71
transform e en gypse (CaSO^H jO ). Ces transform a­
tions sont responsables de pressions de gonflement
et de taux de gonflem ent im portants, phénom ènes
connus et redoutés des géotechniciens car souvent à
l'origine de désordres dans les terrassements.

Microstructure des sols argileux

3.1

Définitions
Dans les sols argileux, les particules argileuses
et les grains minéraux non argileux, en proportions
variables, forment un arrangem ent structural illustré
par la représentation schém atique de Collins et Mc og. 7 Représentations schématiques
Gown (1974) (Fig. 7). Dans les sols de faible densité, les d'assemblages de particules argileuses
minéraux se rassem blent pour donner une structure et de grains non argileux (d'après Collins
en agrégats plus ou moins réguliers, formés par des et Mc Gown, 1974).
Schematic representations of particle aggregations
argiles et/ou des grains minéraux. Ces agrégats sont of clay particles and no clayey grains (after Collins
reliés par des ponts argileux. Dans les sols plus denses, and Me Gown, 1974).
la notion de structure en agrégats n'est plus applica­
ble car les agrégats ne sont plus distincts les uns des
autres, on parle alors de structure matricielle à domi­ - m icrostructure = agrégats (clusters en anglais) for­
nante argileuse ou granulaire. més par les particules argileuses et les autres compo­
La plupart des auteurs, sous des terminologies dif­ sants du sol ;
férentes (Yong, 1999 ; Gens et Alonso, 1992), s'accordent - m acrostructure = assem blage m acroscopique des
à définir un schéma d'organisation des sols gonflants agrégats formant les « peds ».
en trois niveaux structuraux qui jouent un rôle détermi­
nant dans le processus de retrait-gonflement. (Fig. 8) :
- infrastructure = particule argileuse ;

Fig. 8 Organisation des particules argileuses


(d'après Yong, 1999).
Clay particles organization (after Yong, 1999).

Cet arrangem ent structural détermine la forme et


la taille du réseau poreux associé. A partir d'un sol
contenant essentiellem ent des minéraux argileux de
type smectitique, Touret (1990) a défini trois classes ou
familles de pores (Fig. 9) qui sont aussi applicables à
des sols contenant une phase granulaire :
- la porosité interfoliaire et lenticulaire ou intraparti-
ns.» Image prise au M EB d'amas de grains de culaire ;
pyrite dans la Marne bleue d'Argenteuil.
SEM picture of pyrite lens in marne bleue - la porosité interparticulaire ou intra agrégat ;
d’Argenteuil.
- la porosité interagrégat.

72
w = 30 %) sont présentées, ainsi que celles de l'Argile
verte de Romainville sous deux configurations litho­
logiques différentes. Ces caractérisations sont, d'une
part, qualitatives à partir de l'observation au micros­
cope électronique à balayage (MEB) et, d'autre part,
quantitatives par la mesure de la distribution des dia­
mètres d'accès de pores par porosimétrie au mercure,
en se référant à la loi de Jurin appliquée à un modèle
de pores cylindriques (Fig. 10 et 11).

Fig. 9 Représentation schématique des différents


types de pores dans des sm ectites (d'après
Touret, 1990).
Schematic representation of pore families in
smectite (after Touret 1990).

La taille moyenne des différentes classes varie sui­


vant les auteurs. Cependant, en s'appuyant sur une
synthèse de résultats bibliographiques, Al-Mukhtar
et ai. (1996), Robinet et al. (1996) donnent les valeurs
moyennes suivantes : 1 à 2,5 nm pour la porosité intra-
particulaire, 2,5 à 150-200 nm pour la porosité interpar­
ticulaire et supérieure à 150-200 nm pour la porosité
interagrégat.

3 .2 Fig. io Courbes cumulées et dérivées de distribution


des diamètres de pores de l'Argile verte
Exemples de Romainville et des Marnes bleues
d'Argenteuil.
A titre d'exemple, les caractérisations structurales Cumulative and derived curves of pore size
de l'état naturel de l'Argile verte de Romainville (AVR, distribution of argile verte de Romainville and
marnes bleues d'Argenteuil.
w = 25 %) et de la M arne bleue d'A rgenteuil (MBA,

Fig. i i Images au M EB. a) Argile verte de Romainville : plan parallèle au litage, b) Argile verte de Romainville : plan
perpendiculaire au litage, c) Marne bleue d'Argenteuil : plan parallèle au litage.
SEM micrograph, a) Argile verte de Romainville : view parallel to the bedding, b) Argile verte de Romainville : view
perpendicular to the bedding, c) Marne bleue d'Argenteuil : view parallel to the bedding.

73
Les distributions obtenues sur les deux formations Sur les figures 13a et b sont représentées respecti­
sont unimodales centrées entre 100 et 200 nm. Elles vement les courbes porosimétriques cumulées et déri­
présentent une queue de distribution vers les petits vées des trois états hydriques et sur les figures 14a, b, c
diamètres, dénotant une porosité interparticulaire et les images correspondantes obtenues au MEB.
intraparticulaire non accessible par la porosim étrie Le volum e poreux, rap p o rté au poids sec, de
au m ercure. Ces courbes sont caractéristiques d'une
l'échantillon séché à l'étuve est de 130 mm3g-1 pour
structure matricielle argileuse (Audiguier et Delage,
un diamètre moyen de 40 nm. La microstructure cor­
1987) dans laquelle l'architecture en agrégats n'appa­
respondante est très com pacte et le réseau poreux
raît pas. L'observation des deux form ations au MEB
montre que la microstructure est compacte et qu'elle pratiquement inexistant à l'échelle de l'observation au
présente un arrangem ent préférentiel des particules MEB. L'ensemble des amas de particules s'est rétracté
argileuses parallèlement au litage. à l'échelle microscopique, ce phénom ène se tradui­
sant par l'apparition de fissures de rétraction à l'échelle
La com paraison des courbes de distributions de macroscopique.
l'Argile verte de Romainville intacte (w = 25 %) et
sous forme de colluvions argileuses (w = 32 %) (Fig. L'échantillon naturel lyophilisé présente un volume
12) met en évidence l'existence d'une famille vers les poreux rapporté au poids sec de l'ordre de 200 mm3g"1
très faibles diamètres (porosités inter et intraparticu­ pour un diamètre moyen d'accès de pores de 150 nm.
laire), dans le cas des colluvions. Cette famille dénote L'observation au MEB met en évidence l'ouverture de
une déstructuration du matériau qui favorise l'appari­ m icrofissures de gonflem ent (porosité bidim ension­
tion de particules argileuses dispersées ou sous forme nelle) qui initient dans la matrice argileuse la formation
d'amas de quelques particules. d'agrégats primaires ou qui révèlent une structure en
agrégats déjà existante mais en partie oblitérée dans
Afin de m ettre en évidence les changem ents de
l'échantillon séché sous l'effet de la rétraction. Paral­
microstructure au cours du séchage ou de l'humidifi­
lèlement à cela, les cristallites ou amas de particules
cation, trois échantillons d'Argile verte de Romainville
ont été étudiés à différents états hydriques : commencent à se détacher les uns des autres.
- séché à l'étuve ; L'échantillon gonflé librement a un volume poreux
rapporté au poids sec de 337 mm3g"1pour une distribu­
- naturel (teneur en eau 25 %), lyophilisé : la lyophilisa­ tion des diamètres d'accès de pores présentant deux
tion est une méthode de déshydratation qui consiste en classes bien individualisées ; une centrée sur 650 nm,
une congélation rapide des échantillons dans de l'azote l'autre vers 55 nm. L'analyse au MEB met en évidence
liquide amené à son point de congélation (- 210 °C) par des m icrofissures de grande extension, d'épaisseur
application du vide, suivi d'une phase de sublimation m icrom étrique, recoupées par d'autres plus petites
sous vide en plaçant les échantillons dans un lyophili-
sateur (Delage et Pellerin, 1984) ;
- après gonflement libre (teneur en eau 39 %), lyophilisé.

ng. ia Courbes cumulées et dérivées de distribution


des diamètres de pores de l'Argile verte de
Romainville à l'état naturel (AVR-10) et à ng. U Courbes cumulée et dérivée de distribution
l’état de colluvion (AVR-C). des pores de l'Argile verte de Romainville
Cumulative and derived curves of pore size pour trois états d’hydratation.
distribution of Argile verte de Romainville in Cumulative and derived curves of pore size
natural state (AVR-10) and in colluvium state distribution of Argile verte de Romainville for
(AVR-C). three hydration states.

74
ns. 14 Images au MEB de l'Argile verte de Romainville : a) état sec ; b) état naturel lyophilisé ; c) après gonflement
libre et lyophilisation.
SEM micrograph of Argile verte de Romainville: a) dry State; b) lyophilized natural State; c) after free swelling and
lyophilization.

qui su b d iv isen t les a g ré g a ts. Les cristallites se Les limites d'A tterberg sont des teneurs en eau
détachent les uns des autres et les grains de carbonates mesurées de façon conventionnelle qui séparent diffé­
ou de quartz enrobés et dissém inés dans la matrice rents états du sol. La limite de liquidité wLsépare l'état
argileuse sont mis a nus. liquide de l'état plastique et est mesurée par l'essai à
A partir de cette analyse les conclusions suivantes la coupelle de Casagrande ou par la méthode du cône
peuvent être établies : de pénétration (NF : P 94-051, P 94-052-1). La limite
- au cours de l'hydratation la porosité augm ente en de plasticité wp sépare l'état plastique de l'état solide
taille et en volume par ouverture progressive et simul­ et est obtenue par la méthode du rouleau (NF : P 94­
tanée des porosités inter et intra-agrégat primaires, 051). Enfin, la limite de retrait wr sépare l'état solide
confondues à l'état déshydraté, générant ainsi des avec retrait de l'état solide sans retrait sur échantillon
agrégats secondaires ; remanié ou intact. Elle est obtenue par la construction
- le processus de subdivision des agrégats se poursuit graphique volum e-teneur en eau schém atisée sur la
jusqu'à atteindre des amas de quelques particules, ini­ figure 15 et fait l'objet comme les essais précédents de
tiant ainsi une famille de pores intra-agrégat ou inter­ deux normes (XP P94-060-1 et XP P94-060-2).
particulaires distincte ; A partir de ces trois grandeurs d'autres paramètres
- la queue de distribution vers les faibles diam ètres sont définis :
commune aux 3 états d ’hydratation dénote l'existence
d'une porosité intraparticulaire non accessible par la - l'indice de plasticité ; Ip = w L- wp ;
porosimétrie au mercure. - l'indice de consistance : Ic = (wL- w J / 1 ;
- l'indice de retrait : Ir = wL- wr ;
- l'activité de Skempton : A = I / < 2pm.
Un sol aura une aptitude au gonflem ent d'autant
Caractéristiques géotechniques plus importante que wL, 1^ 1^ A seront grands et wp et
w r petits. Le tableau II présente des valeurs de quel­
Cette caractérisation repose, d'une part, sur les
m esures des param ètres d'état (teneur en eau, poids ques param ètres concernant les familles d'argiles les
volumiques humide et sec, porosité ou indice des vides) plus courantes. Les sm ectites sodiques ont la plus
et des paramètres de nature (granularité, minéralogie) grande aptitude au gonflement
et, d'autre part, sur d'autres grandeurs qui rendent L'essai d'adsorption de bleu de méthylène (NF P 94­
compte de l'activité du sol. En effet, la fraction argi­ 068) mesure la quantité de bleu nécessaire pour recou­
leuse < 2pm possède en présence d'eau des proprié­ vrir d'une couche monomoléculaire par chimisorption,
tés de surface (cohésion, plasticité, retrait, gonflement) les surfaces internes et externes des particules présen­
regroupées sous le terme « activité ». Ces propriétés tant un déficit de charge (minéraux argileux et colloï­
résultent à la fois de la finesse des particules (argile des essentiellement). Cette quantité de bleu adsorbée
au sens granulométrique) qui leur confère une grande perm et de m esurer la surface spécifique développée
surface spécifique externe, mais aussi de leur structure
par les minéraux (Tran, 1977).
en feuillets (argiles au sens m inéralogique) qui leur
perm et de développer de grandes surfaces spécifiques La capacité d'échange de cations est due aux effets
externe et interne et qui présente un déficit de charge de bords des feuillets et aux déficits de charge à l'inté­
responsable des propriétés d'adsorption de cations et rieur de la structure provenant de substitutions d'ions
de molécules d'eau. de valence n par des ions de valence n-1. Cette mesure
Trois principaux essais rendent compte de ces pro­ peut être réalisée par des essais normalisés (NF X 31­
priétés : les limites d'Atterberg, l'essai d'adsorption au 130) ou évaluée à partir d'un essai plus courant en géo­
bleu de méthylène, la mesure de capacité d'échange technique, l'essai au bleu de méthylène ( Cuisset, 1980 ;
cationique. Laribi et al., 2007).
75
Des classifications perm ettant d'estim er le poten­
tiel de gonflement d'un sol ont été élaborées en pre­
nant appui sur ces différents paramètres. Elles ont fait
l'objet de plusieurs synthèses notamment par Munto-
har (2006) et Rao (2006). Les prem ières classifications
concernant les sols gonflants ont été établies aux États-
Unis dans les années 50. Elles tenaient com ptent du
pourcentage en particules colloïdales (d'après Holtz
et Gibbs, 1956, dans Rao, 2006, tableau III). De nom ­
breuses autres ont suivi, basées sur un ou plusieurs
param ètres (quelques exemples sont donnés dans les
tableaux IVa à IVg), mais les résultats sont parfois dis­
cutables car le potentiel de gonflement d'un sol peut
être qualifié de faible ou fort selon le param ètre consi­
déré. Ainsi la classification de Holtz (dans Djedid, 2001)
conduit à placer l'Argile verte de Romainville dans les
sols argileux à fort potentiel de gonflement par réfé­
Fig. U Représentation schématique de la courbe
de retrait. rence aux valeurs de limite de liquidité et d'indice de
Schematic representation of a shrinkage plasticité et à faible potentiel de gonflement par réfé­
curve.
rence à la limite de retrait.

TABUAUil Valeurs des limites d'Atterberg d'argiles monominérales, (d'après Lambe et Whitman, 1969).
Values of Atterberg limits of mono-mineral clayey soils, (after Lambe and Whitman, 1969).

Minéral Cation Limite de Limite de Indice de Limite de


échangeable liquidité (%) plasticité (%) plasticité (%) retrait (%)
Montmorillonite Na* 710 54 656 10
Me Ca" 510 81 429 11
Ulite 120 60 60 18
Kaolinite 53 32 21 27

tableau ni Classification géotechnique des sols gonflants (d'après Holtz et Gibbs, 1956).
Geotechnical classification of expansive soils (afterHoltz and Gibbs, 1956).

Colloïdes Indice de Limite de retrait (%) Potentiel de Gonflement estimé


(%) Plasticité !„(%) gonflement (variation de volume %)
<15 <18 <10 faible <10
13-23 15-28 10-20 moyen 10-20
20-31 25-41 20-30 élevé 20-30
>28 >35 >30 très élevé >30

tableau iv«, ivb Potentiel de gonflement établi à partir de la


limitedeliquidité(d'aprèsa)Dakshanamurthy w,(%) Potentiel de gonflement
et Raman, 1973 ; b) Chen 1975). >60 très élevé
Liquid limit as an indicator of swelling potential
(after a) Dakshanamurthy and Raman. 1973; b) 40à60 élevé
Chen 1975). 30 à 40 moyen
<30 faible

w, (%) Classification
0 à 20 non gonflant
20 à 35 gonflement faible
35 à 50 gonflement moyen
50 à 70 gonflement élevé
70 à 90 gonflement très élevé

76
>90 gonflement critique
tableau tvc Sensibilité d’une argile au retrait-gonflement
déterminée à partir de l'indice de plasticité
(d'après Prian et al., 2000
Plasticity index as an indicator of clay sensitivity to
shrinkage-swelling (after Prian etal., 2000.

y%> Sensibilité
<12 Faible
12 à 25 Moyenne
25 à 40 Forte
240 Très forte

tableau iva Potentiel de gonflement établi à partir de


l'indice de retrait (d'après Ranganathan et
Satyanarayana. 1965). fis. <« Charte du potentiel de gonflement des sols
Shrinkage index as an indicator of swelling (d'après Daksanamurthy etal., 1973).
potential (after Ranganathan and Satyanarayana, Chart of sw elling potential of soil (after
1965). Daksanamurthy et ai., 1973).

/r(%) Potentiel de gonflement


0 à 20 Faible 5
20 à 30 Moyen
30 à 60 Fort Caractéristiques hydriques
>60 Thés fort
Les courbes de rétention d'eau sont établies au labo­
ratoire en soumettant le sol à des contraintes hydriques
tableau ive Sensibilité d'une argile au retrait-gonflement
déterminée à partir de la valeur de bleu ou succions variables. La succion appliquée à un sol est
(d'après Chassagneux e t al., 1996). la différence de pression entre l'air et l'eau (s = ua - uJ .
Methylene blue value as an indicator of Elle correspond à une énergie potentielle, somme de
clay sensitivity to shrinkage-swelling (after plusieurs term es : potentiels gravitaire, matriciel et
Chassagneux et al., 1996). osmotique. Elle s'exprime en unité de pression ou en
pF (principalement chez les agronomes), le pF étant le
VBS Sensibilité logarithme décimal de la hauteur d'eau exprimée en
<2,5 Faible centimètres, correspondant à la pression interstitielle
dans le sol.
2,5 à 6 Moyenne
6à8 Forte Les courbes de rétention traduisent la relation entre
la succion et la teneur en eau ou l'indice des vides. Ces
>8 Thés forte
courbes présentent un phénom ène d'hystérésis pour
les faibles succions correspondant à des teneurs en eau
tableau ivi Potentiel de gonflement (d'après Holtz et al.,
1973). supérieures à la limite de retrait. Il n'existe donc pas de
Swelling potential (after Holtz et al., 1973). relation biunivoque entre la succion et la teneur en eau
du sol, l'état hydrique étant susceptible de varier entre
deux courbes enveloppes d'imbibition et de drainage.
vvr (%) w,(%) y %) Potentiel de gonflement
L'obtention de ces courbes de rétention nécessite
7 à 12 50 à 70 25 à 35 fort
différentes méthodes qui dépendent de la gamme de
10 à 15 35 à 50 15 à 25 moyen succion appliquée (Delage et Cui, 2000) :
>15 20 à 35 <18 faible
- les méthodes par plaque tensiométrique (0-100 kPa)
et par translation d'axes (jusqu'à 1,5 MPa) ;
tableau ivs Potentiel de gonflement (d'après BRE, 1980).
Swelling potential (after BRE, 1980). - la m éthode des p ressions osm otiques (jusqu'à
12 MPa);
- la méthode des solutions salines saturées qui permet
y %) % < 2 gm Potentiel de gonflement d'atteindre des succions de l'ordre de 330 MPa. Elle
offre l'avantage de couvrir une large gamme de suc­
>35 >95 très élevé cion, cependant elle présente l'inconvénient d'avoir
des temps d'équilibre très grands dus aux transferts
22 à 35 60 à 95 élevé
d'eau en phase vapeur.
18 à 22 30 à 60 moyen Les courbes de rétention d'eau peuvent être repré­
sentées de façon globale (Biarez et al., 1987) sous la
<18 <30 faible form e de cinq diagram m es, un exemple obtenu sur
l'Argile verte de Romainville par la méthode des pres­
sions osmotiques et la méthode des solutions salines
Il existe aussi des chartes de potentiel de gonfle­
saturées couplée à la m esure du volume par pesée
m ent : un exemple est celle établie par Daksanamur-
hydrostatique dans le mercure, est donné en figure
thy et al. (1973) qui s'appuie sur le diagram m e de 17. Sur le graphe a est représenté l'indice des vides en
Casagrande (Fig. 16). fonction de la teneur en eau perm ettant de déterminer
On peut noter que ces classifications ne font pas la limite de retrait (w % = 14 %, eo = 0,4) correspondant
souvent référence à l'état initial du sol. à une succion de 20 MPa (graphe b). Le m atériau est
77
saturé jusqu'au point d'entrée d'air correspondant à 6
une teneur en eau de 17 % (graphe c) pour une succion
de 4 MPa (graphe d). Le processus de séchage-humidi­ Caractéristiques hydro-mécaniques
fication est réversible pour des succions supérieures à
Cet aspect est abordé pour l'Argile verte de Romain­
la limite de retrait (graphe e).
ville à travers des essais cycliques de gonflement libre
à l'oedomètre dans lesquels la variation de hauteur de

is. I7a-17* Représentation globale des courbes de rétention de l'Argile verte de Romainville.
Synthetic representation of retention curves of Argile verte de Romainville.

78
l'échantillon est mesurée au cours de cycles successifs
séchage-humidification. En parallèle, une étude struc­
turale par porosimétrie au mercure est réalisée.
Le chemin hydrique suivi au cours des différents
cycles est le suivant : l'échantillon mis en place dans
le moule à l'état naturel (teneur en eau et indice des
vides naturels) est soumis à une phase d'humidification
jusqu'à ce que le gonflement soit quasi stabilisé, puis il
est séché dans une étuve à 50 °C jusqu'à stabilisation
des déformations. L'opération humidification-séchage
est ensuite reproduite plusieurs fois et les courbes de
gonflement sont analysées.
Sur la figure 18 sont représentées les courbes de Fig. so Évolution de l'épaisseur de l'échantillon
gonflement obtenues sur un même échantillon au cours au cours des 5 cycles (Argile verte de
de cycles successifs. La courbe de 1er gonflem ent se Romainville).
détache des suivantes. Son allure et son amplitude sont Thickness evolution of sample during the five
cycles (Argile verte de Romainville).
influencées par l'état initial du matériau. La 2° courbe
présente une cinétique et une amplitude plus importan­
tes qui peuvent être attribuées à la fissuration observée L'évolution structurale qui résulte de ces différen­
par ailleurs, au cours du 1er séchage. En effet l'ouver­ tes sollicitations hydriques est mise en évidence par
ture de fissures de retrait au cours du séchage entraîne l'étude porosimétrique. Sur les figures 21a et 21b sont
la création de chemins préférentiels em pruntés par représentées les courbes cumulées et dérivées de la
l'eau lors du processus de réhumidification suivant. Ce distribution des diamètres d'accès de pores d'échan­
tillons ayant subi 1, 3 et 5 cycles. On observe une aug­
phénomène s'estompe ensuite pour les cycles suivants mentation du volume poreux cumulé entre le 1er et le
comme en témoigne la superposition des courbes de 3èmc cycle et une stabilisation entre le 3e et le 5ecycle.
gonflement libre. La déformation se stabilise à partir du Ce résultat corrobore celui obtenu par les essais de
3e cycle (Fig. 19). Néanmoins l'échantillon ne retrouve gonflement libre où le taux de gonflement est constant
pas son état initial à la fin de chaque séchage, le phéno­ à partir du 3e cycle. Cependant, une modification de
mène n'étant pas entièrement réversible (Fig. 20). la microstructure est observée au cours des différents
cycles, se traduisant par :
- une augmentation progressive du diamètre moyen
de la famille de pores interagrégat ;
- une distribution de plus en plus étalée du cycle 1 au
cycle 5 ;
- une augmentation de la porosité intraparticulaire du
cycle 3 au cycle 5. En effet la comparaison du volume
poreux mesuré et de la teneur en eau correspondant
aux trois cycles mentionnée sur le graphe des courbes
cumulées, dénote pour le cycle 5 une part plus impor­
tante de la porosité non accessible par l'essai porosi­
métrique (< 7 nm). Elle correspond à un volume poreux
par unité de poids de l'ordre de 50 mm3g '’ pour les
cycles 1 et 3 et de 90 mm3g~1 pour le cycle 5.
Ces essais hydro-mécaniques mettent en évidence
Fig. 1* Courbes de 5 cycles de gonflement libre à
l'oedomètre (Argile verte de Romainville). que le matériau soumis à des cycles séchage-humidi­
Free swelling oedometer curves of 5 cycles (Argile fication ne présente pas d'évolution sensible du taux
verte de Romainville). de gonflement au-delà des 2 ou 3 premiers cycles mais
qu'une transformation progressive et irréversible de la
microstructure est observable en porosimétrie. Cette
évolution microstructurale se traduit à la fois par une
augm entation des diam ètres d'accès de pores de la
famille interagrégat, une distribution plus étalée, et
une augmentation de la porosité intraparticulaire.

Conclusion
Le travail qui fait l'objet de cet article, prend appui
pour les applications, principalem ent sur les Argiles
ng.i» Taux de gonflement au cours des 5 cycles vertes de Romainville et secondairement sur les Mar­
(Argile verte de Romainville). nes bleues d'Argenteuil. Il permet, d'une part, de tirer
Swelling rate during the five cycles (Argile verte
de Romainville).
des rem arques générales concernant les facteurs de
prédisposition au retrait-gonflement des sols argileux,
79
rig. at« et sib Courbes cumulée et dérivée de distribution des pores de l'Argile
verte de Romainville, pour les cycles 1, 2, 3.
Cumulative and derived curves of pore size distribution of Argile verte de
Romainville for cycles 1,2,3.

et, d'autre part, d'étudier de manière plus spécifique freinant le processus de retrait-gonflement. Cependant
les modifications structurales de ce matériau lorsqu'il ce squelette est très fragile et les liaisons sont facile­
est soumis à des sollicitations hydriques. Les conclu­ ment détruites par remaniement du matériau (le taux
sions énoncées dans ce paragraphe sont structurées de gonflement libre de MBA après remaniement est de
suivant ces deux axes. 26 %), qui réagit alors en fonction des minéraux argi­
Les facteurs de prédisposition au retrait-gonflement leux présents dans la structure ;
sont nombreux et interdépendants. Il est impossible de
- la présence d 'autres m inéraux accessoires, sous
les classer par ordre d'importance, chacun jouant un
rôle déterminant à des échelles différentes. La liste qui forme d'amas ou lentilles, tels que la pyrite qui a été
suit, non exhaustive, correspond aux principaux cri­ observée dans l'une des formations étudiées (Marnes
tères perm ettant d'identifier les matériaux présentant bleues d'Argenteuil). Sous l'action de l'eau, la pyrite
des prédispositions aux variations de volume au cours (FeS2) s'oxyde pour donner des sulfates qui en pré­
de cycles séchage-humidification. sence de calcium forment de l'anhydrite (CaS04) et par
1°) La nature minéralogique du sol : hydratation du gypse (CaS04, 2HzO). Ce processus bien
connu des géotechniciens est à l'origine de désordres
- la présence de minéraux argileux et plus particuliè­
par gonflement ;
rem ent de smectites et d'interstratifiés illite-smectite
caractérisés par un déficit de charge et de très grandes 2°) L'état initial du matériau. Il est m esuré par les
surfaces spécifiques internes et externes responsables param ètres d'état que sont la teneur en eau, la densité,
du phénomène d'adsorption de molécules d'eau ; l'indice des vides et la succion. A minéralogie et granu­
- la présence de carbonates qui jouent un rôle modé­ larité égales, plus la teneur en eau initiale est faible, ou
rateur (le taux de gonflement libre à l'état naturel de l'état de succion grand, plus le matériau est suscepti­
AVR est de 15 à 25 % pour 15 à 20 % de carbonates ; ble de s'hydrater, entraînant ainsi un gonflement dont
celui de MBA est inférieur à 4% pour 30 à 60 % de car­ l'amplitude dépend de la nature des minéraux présents

80 bonates). Ils contribuent à former un squelette rigide et de l'arrangem ent structural.


3°) L'arrangem ent structural directem ent lié à la - une augm entation de la porosité en taille et en
granularité et à la nature minéralogique du matériau. volume au cours de l'hydratation du matériau naturel
Plus la structure est compacte avec une distribution par ouverture progressive de la porosité inter et intra-
d'accès de pores unim odale co rresp o n d an t à une agrégat primaire ;
matrice argileuse très resserrée, plus la capacité à se - une déstructuration du matériau lorsqu'il se présente
diviser en agrégats primaires et secondaires au cours
sous forme de colluvion se traduisant par la destruc­
de l'hydratation est grande et plus les variations de
tion des agrégats et favorisant l'apparition d'amas de
volume observées sont importantes. Au contraire, une
structure formée par une matrice granulaire ou par des quelques particules ou de particules dispersées ;
agrégats où les minéraux non argileux sont dominants - une transformation progressive et irréversible de la
est moins sujette à des variations de volume. microstructure au cours des cycles successifs séchage-
4°) Un paramètre important, évoqué en introduction humidification, qui se traduit par une augmentation du
est l'état de consolidation directem ent lié à l'histoire diamètre d'accès de pores de la famille interagrégat et
géologique du sol (processus de diagenèse et évolution une distribution plus étalée sans variation sensible du
ultérieure). Plus un matériau est surconsolidé, plus il volume poreux dont la conséquence directe, à l'échelle
est susceptible de développer des pressions de gonfle­ macroscopique, est l'absence d'évolution du taux de
ment importantes. gonflement d'un cycle à l'autre au-delà du 3e cycle.
La plupart de ces facteurs de prédisposition sont Cette dernière rem arque est vérifiée pour 6 cycles
identifiables et mesurables par des analyses m inéra­ mais reste à confirmer pour un plus grand nombre. La
logiques, par des essais géotechniques simples et par structure du matériau semble évoluer lentement vers
l'étude de la microstructure. une déstructuration qui à terme pourrait ressembler à
Les nombreuses classifications géotechniques exis­ celle des colluvions argileuses.
tantes perm ettent de placer les sols dans des catégo­
ries de sols au potentiel de gonflement nul à très fort. REMERCIEMENTS
Cependant elles sont parfois discutables car basées
sur seulement un, deux ou trois paramètres alors que Ces travaux ont été réalisés dans le cadre du projet de recher­
le processus de retrait-gonflement est la conséquence che : « Aléa et risque sécheresse » soutenu par la Fondation
MAIF, du projet ARG1C : <rAnalyse du retrait-gonflement et de
de nom breux facteurs interdépendants (granularité,
ses incidences sur les constructions i> soutenu par l'ANR et de la
minéralogie, état initial, microstructure...). fiche recherche « Sécheresse géotechnique et bâti « du Réseau de
L 'étude m icro stru ctu rale de l'A rgile verte de recherche sur le développement durable, soutenu par la région
Romainville met en évidence : Ile-de-France.

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