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Mécanismes de la posture debout et pathologie

Ce document décrit les mécanismes du maintien de la posture debout, en particulier le rôle des muscles antigravitaires. Il explique comment la posture est définie et contrôlée, et les conséquences en pathologie lorsque le système postural est perturbé, comme dans l'hémiplégie.

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Mécanismes de la posture debout et pathologie

Ce document décrit les mécanismes du maintien de la posture debout, en particulier le rôle des muscles antigravitaires. Il explique comment la posture est définie et contrôlée, et les conséquences en pathologie lorsque le système postural est perturbé, comme dans l'hémiplégie.

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Les mécanismes du maintien de la

posture debout :
rôle des muscles antigravitaires et conséquence
en pathologie

RÉSUMÉ I SUMMARY
L’acquisition de la posture debout est un préalable fondamental Standing balance is a fundamental pre-requisite for more complex
à des acquisitions motrices plus élaborées. Notre système pos- motor activities. Our postural system has the capacity to resist Dr Samir
tural est en capacité à s’opposer à des contraintes extérieures extrinsic perturbations that threaten our centre of gravity via the
BOUDRAHEM
s’exerçant sur notre centre de gravité (CG), par la production de production of balance reactions.
forces de réaction au niveau de nos appuis. L’ensemble de ces Postural performance is optimal when all of the different elements Docteur en Sociologie
forces de réaction est regroupé en une seule force résultante of the postural system are intact. If not, stabilization and orienta- des organisations
dont le point d’application est nommé centre des pressions (CP). tion which are the two main functions of the postural system are Docteur Es sciences
La performance posturale est optimale tant que l’intégrité des perturbed. This is the case, for example in patients with hemiple- Association
différents éléments du système postural est préservée. Dans le gia. We can observe: 1) asymmetrical weight-bearing (less weight hautevilloise pour la
cas contraire, la stabilisation et l’orientation qui sont les deux on the hemiplegic side), 2) larger amplitudes of oscillations of the recherche et l'étude
fonctions principales du système postural se voient pertur- plantar centre of pressure, particularly in the medio-lateral direc- en kinésithérapie
bées. C’est le cas par exemple de l’hémiplégie où sont souvent tion and 3) the limits of stability of the plantar center of pressure (AHREK)
observées 1) une asymétrie de répartition des forces d’appui au are reduced. Lyon (69)
détriment du membre parétique, 2) une plus grande amplitude
des oscillations du centre de pression plantaire, plus particu- L'ADAPT CMPR
lièrement dans la direction médio-latérale, et 3) une limite de « Les Baumes »
stabilité du centre de pression plantaire réduite. Valence (26)

MOTS CLÉS I KEYWORDS Texte issu de la


13e Journée nationale
X Centre de gravité X Centre des pressions X Posture debout X Centre of gravity X Centre of pressure X Undisturbed standing
de rééducation
non perturbée X Stratégies de contrôle de la posture X Tonus balance X Postural control stretegies X Postural tonus d'Hauteville
postural

L
L'auteur déclare ne
a réalisation de la majorité des activités pas se dérouler normalement. C’est le cas dans pas avoir un intérêt
de la vie quotidienne, telles que marcher, l’infirmité motrice d’origine cérébrale par exemple. avec un organisme
privé industriel ou
monter-descendre des marches d'escaliers, Après cette période de développement psycho-
commercial en
courir, sauter ou encore saisir un objet, repose sur moteur, un accident ou une pathologie intéressant relation avec le sujet
le mouvement. Celui-ci requiert, en premier lieu, le système nerveux (une lésion médullaire trauma- présenté
une posture stable chez l’individu [1]. En effet, tique ou un AVC par exemple) peuvent contrarier
dès sa naissance, l'être humain s’engage dans un les acquisitions motrices permises par cette matu-
processus d’apprentissage de la station verticale, ration. Il est alors nécessaire de proposer à ces
d’acquisition et d’optimisation de son répertoire patients un traitement rééducatif leur permettant
moteur et de ses différentes tactiques, notamment d’accéder ou de reconquérir un niveau moteur et
posturales, qui ne seront complètement matures surtout fonctionnel le plus satisfaisant possible.
que vers l'âge de 12 à 13 ans. Par ailleurs, pour bon nombre de ces individus,
La croissance musculo-squelettique et la matura- «  l’acquisition d’un équilibre postural correct aussi
tion du système nerveux central (SNC) sont deux bien en position assise que debout est un temps
acteurs importants de l’évolution du contrôle essentiel de la prise en charge. » [3].
moteur. Le SNC recalibre les commandes motrices
afin de les adapter aux nouvelles contraintes
biomécaniques. DE LA DÉFINITION
Un modèle ontogénétique simple et heuristique AU CONTRÔLE
de la construction des stratégies d'équilibre depuis
la naissance jusqu'à l'âge adulte a été proposé par
n Définition
Assaiante et Amblard [2]. Lors du développement La posture est définie comme la «  position de
de l’enfant, ce processus de maturation peut ne l’ensemble des segments à un instant précis.  » [4], Kinésithér Scient 2013;542:13-23

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Les mécanismes du maintien de la posture debout :
rôle des muscles antigravitaires et conséquence en pathologie

ou encore le «  maintien du corps ou d'un de ses compte les accélérations linéaires. Toutefois,
segments dans une position donnée. » [5]. Elle peut une inclinaison de la tête ou un déplacement
prendre des formes très variées en fonction des linéaire produit la même information par ce sys-
individus ou du contexte. Néanmoins, une posture tème sensoriel. Cette imprécision s’explique par
de référence peut tout de même être déterminée le fait que l’individu n’est pas en mesure de dis-
pour chaque espèce. criminer le mouvement du corps de celui de la
Pour l’être humain, cette posture de référence est scène visuelle. Les voies visuelles et/ou somes-
la station debout, acquise autant par les caracté- thésiques peuvent, dans ce cas, apporter des
ristiques morphologiques de son espèce que par informations complémentaires et lever cette
les contraintes fonctionnelles imposées par son ambivalence ;
environnement [6]. L’acquisition et le contrôle de • – le référentiel exocentré (ou allocentré), essen-
cette posture bipède sont indispensables pour la tiellement basé sur des points de repères dans
conquête et le maintien de l’autonomie des per- l’espace, est majoritairement renseigné par la
sonnes. Cette posture s’est accompagnée d’une vision ;
réduction de la surface du polygone de sustenta- • – le référentiel égocentré, propre à l’individu,
tion ainsi qu’une élévation du centre de gravité du est surtout construit à partir des informations
corps (CG). issues du système somesthésique.
La conjonction de ces deux facteurs mécaniques, • La sélection du référentiel dépend du contexte
ainsi que les forces perturbatrices endogènes aux- et de la tâche à réaliser. En outre, ces différents
quelles est constamment soumis le corps humain, référentiels peuvent se substituer et/ou se com-
tels que les battements cardiaques, les mouve- pléter si nécessaire pour améliorer l’estimation de
ments péristaltiques, et la dynamique respiratoire, l’orientation du corps dans le but d’un référentiel
conduisent naturellement à une instabilité requé- unifié. Lorsque ces référentiels sont fusionnés et
rant la mise en place de mécanismes de contrôle fournissent des informations corrélées, ils per-
de cette station debout [7, 8]. mettent une estimation de la verticalité grâce à la
verticale fournie par le système somesthésique,
la verticale visuelle et la verticale vestibulaire.
n Les fonctions du système
postural • La stabilisation, quant à elle, est une fonction
qui renvoie à la notion de contrôle de l’équilibre
Le système postural est investi de deux fonctions :
et fait référence aux mécanismes mis en œuvre
l’orientation et la stabilisation. Elles lui permettent
dans la régulation des oscillations posturales. Elle
de préserver l’équilibre du sujet et de positionner
peut être définie comme : « l’ensemble des fonc-
le corps dans l’espace en fonction de l’action à réa-
tions physiologiques dont le rôle est d’assurer la
liser [1, 9, 10].
position du corps par rapport à la surface terrestre
• L’orientation est une fonction qui renvoie à la et par rapport à la verticale. » [12].
notion de position géométrique des segments
Bien que les deux fonctions d’orientation et de sta-
corporels. La position globale ainsi obtenue
bilisation soient importantes à prendre en consi-
détermine la manière dont notre corps va inter-
dération dès lors que l’on traite du contrôle de la
agir avec l’environnement. Évoquer la notion de
posture bipède, cet article est seulement dédié à la
position d’un segment corporel dans un environ-
nement implique la définition d’un système de fonction de stabilisation du contrôle postural.
coordonnées associé à un référentiel [11].
• La fonction d’orientation du système postu- n L'activité réflexe comme
ral fait principalement appel à trois types de
régulateur de la posture
référentiels :
• – le référentiel géocentré, essentiellement basé Une des fonctions de la posture est de lutter contre
sur la verticale gravitaire, est majoritairement la gravité. Le système postural exerce constam-
renseigné par le système vestibulaire constitué ment une force de sens contraire à la force gravi-
de canaux semi-circulaires codant les accélé- tationnelle. Cette force est généralement nommée
Kinésithér Scient 2013;542:13-23 rations angulaires et d’otolithes prenant en tonus postural [13].

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Le tonus postural correspond à un état de tension cou permettent de répartir le tonus en fonction de
musculaire plus ou moins constant des muscles la position de la tête. Le réflexe vestibulo-oculaire
posturaux (en station debout, ce sont principale- permet de stabiliser une image sur la rétine durant
ment les extenseurs). Le maintien du tonus postu- un mouvement de la tête.
ral serait principalement conditionné par l’intégrité
L’organisation et l’adaptation du contrôle postu-
de boucles réflexes d’origine proprioceptive.
ral dépendent donc en partie de l’intégrité des
Le réflexe myotatique, résultant des afférences Ia boucles réflexes proprioceptive, vestibulaire et
des FNM, a longtemps été considéré comme le visuelle. Par des contrôles distincts, mais aussi
premier système de régulation de la posture [14]. interdépendants [16, 17], elles permettent d’expli-
Par son opposition à l’allongement musculaire, il quer une partie du maintien postural.
limite la déviation des segments par rapport à leur
position initiale [15]. En revanche, son apport ne
semble pas expliquer la totalité de la réponse pos- n Les paramètres contrôlés
turale [16]. dans le maintien de la
posture 
Si l’on considère que la fonction première de la
posture est de lutter contre la gravité, d’autres Les informations issues des capteurs sensoriels
récepteurs peuvent être investis dans la gestion de sont intégrées par le SNC afin de connaître l’état
cette tâche. Même si les FNM sont aptes à détec- du système. S’en suit une comparaison de cet état
ter une variation de charge, les OTG ainsi que les réel avec l’état désiré. Deux paramètres contrô-
récepteurs cutanés de la sole plantaire sont des lés par le système postural servent de support à
récepteurs principalement spécialisés dans la réa- cette opération. La première réflexion sur le sujet
lisation de cette tâche [17]. est issue des travaux de Babinski (1889) [19]. Il a
montré qu’un mouvement segmentaire déstabili-
Les OTG, situés à la jonction tendino-musculaire, sateur est toujours accompagné d’un mouvement
se comportent comme des jauges de contraintes. opposé d’un autre segment. Cette synergie postu-
Ils sont habituellement stimulés par l’effet d’une rale a pour objectif de maintenir le centre de gra-
contraction musculaire d’intensité variable, mais vité (CG) à l’intérieur de la surface de sustentation.
aussi par un étirement passif du muscle [18].
Par la suite, des observations réalisées sur des
Le rôle des OTG a principalement été décrit dans chats, ont suggéré que la géométrie des membres
le réflexe myotatique inverse. Les afférences Ib de constitue le paramètre principalement contrôlé
ces derniers provoquent l’inhibition des muscles dans le maintien de l’équilibre [20]. Ce paramètre
agonistes associée à une stimulation des anta- permettrait d’orienter l’axe principal du corps sur
gonistes. Cette activité réflexe jouerait un rôle la verticale, le positionnement du CG étant une
prépondérant dans la régulation du tonus mus- conséquence de cette modification d’orientation
culaire. Elle permettrait de diminuer un tonus ou segmentaire.
une raideur musculaire trop intense. Cette boucle
À l’inverse, plusieurs autres travaux suggèrent que
réflexe est constamment modulée, à la fois par un
c’est la position du CG du corps, correspondant au
contrôle descendant, mais aussi par des afférences
barycentre des centres de masses des différents
en provenance des récepteurs cutanés (notam-
segments corporels, qui est le paramètre priori-
ment de la sole plantaire), articulaires et des FNM.
tairement contrôlé lors d’une posture debout. En
Ainsi, l’activité de cette boucle réflexe est plus ou
effet, leurs résultats montrent que le CG est main-
moins soutenue selon la valeur de référence choi-
tenu à l’intérieur du polygone de sustentation,
sie et le contexte.
grâce à une modification de la géométrie cor-
D’autres boucles réflexes peuvent être investies porelle, malgré des perturbations de différentes
dans le maintien du tonus postural. natures [9, 21-23].

Fitzpatrick et al. [14] ont montré une forte interac- Quoi qu’il en soit, il est important de souligner que
tion entre maintien postural et réflexes d’origines le contrôle des masses ne peut s’effectuer directe-
visuelle et vestibulaire. Les réflexes d’origine vesti- ment puisque le CG est un point fictif issu d’une
bulaire permettent de répartir le tonus en fonction construction mathématique. Certaines théories
de la verticale gravitaire. Les réflexes toniques du ont supposé un contrôle de la posture principale- Kinésithér Scient 2013;542:13-23

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ment centré sur l’effecteur et ses caractéristiques tion debout non perturbée semble se baser sur un
mécaniques. Certaines réflexions se sont basées contrôle conjoint des oscillations corporelles et de
sur la théorie du point d’équilibre [24]. Le point la raideur neuromusculaire.
d’équilibre correspond à la position dans laquelle
Enfin, le dernier élément du contrôle est la correc-
un membre reste figé si la commande centrale est
tion pour atteindre l’état désiré. Cet élément sug-
constante. Le point d’équilibre est directement gère que le contrôle de la posture debout requiert
dépendant des contraintes externes et internes, une capacité à produire des forces pour être effi-
tel qu’un mouvement. cace. Cependant, l’analyse des niveaux de force
Zatsiorsky et Duarte [25] ont appliqué ce modèle nécessaires au contrôle de la posture debout [30]
au contrôle postural. Les oscillations posturales ou à la récupération d’un déséquilibre [31] montre
seraient décomposées en deux éléments : une clairement qu’ils sont très inférieurs aux capacités
composante de « Rambling » et une composante musculaires des personnes jeunes ou âgées et
de « Trembling ». Le rambling correspondrait aux suggère que ces capacités ne peuvent expliquer
oscillations du point d’équilibre. Le trembling cor- les différences posturales observées entre ces
respondrait aux micro-oscillations autour de ce deux populations [30, 32] dans des conditions
point. Selon ces auteurs, le SNC contrôlerait donc normales.
deux éléments : la position du point d’équilibre et De plus, s’il est possible d’observer une altération
la raideur neuromusculaire permettant de passer du contrôle de la posture debout chez des per-
d’un point d’équilibre à un autre. sonnes souffrant de faiblesse musculaire, il semble
que celle-ci soit en lien avec un déficit propriocep-
Dans cette logique, les travaux de Winter et al. [26]
tif qui serait le principal responsable de la détério-
ont montré l’influence de la raideur neuromus-
ration posturale [33].
culaire sur le maintien postural. Ces auteurs ont
suggéré un maintien postural uniquement basé
sur la régulation des raideurs neuromusculaires.
n L'approche biomécanique
Ce modèle suggère une faible intervention du
du contrôle postural
SNC, avec une régulation posturale principale-
ment basée sur les caractéristiques mécaniques n Description générale
du système. L’équilibre debout se caractérise par une surface
Plus tard, certaines études ont montré l’insuf- de sustentation étroite, et un centre de gravité
fisance des raideurs neuromusculaires dans placé à une hauteur importante. La conservation
l’explication de l’intégralité du comportement pos- durable de l’équilibre suppose la projection verti-
tural [27, 28]. D’autres niveaux de contrôle seraient cale du CG à l’intérieur du polygone de sustenta-
investis dans la régulation de la station debout. La tion. La position du CG est relativement constante
raideur neuromusculaire ne serait pas une finalité chez le sujet sain. Elle se situe à mi-distance entre
en elle-même, mais un des moyens mis en œuvre les pieds et 20 à 50 mm en avant de l’articulation
pour réguler la station debout. des chevilles. L’action déstabilisatrice de la gravité
va donc principalement se porter selon une direc-
La raideur neuromusculaire ainsi que la trajectoire tion antérieure.
du CG semblent être les deux variables principa-
Afin de lutter contre le couple déstabilisateur
lement prises en compte dans la régulation de la
avant, le maintien de la station debout résulte
station debout non perturbée. Elles semblent être
principalement de la contraction quasi isomé-
contrôlées au cours d’intervalles de temps dis-
trique des groupes musculaires postérieurs du
tincts [29]. Durant les intervalles de temps les plus
corps, principalement les extenseurs de la cheville
cours, c'est-à-dire lorsque le corps a tendance à
(plus particulièrement le soléaire), les muscles
s’éloigner de sa position d’origine, seule la raideur
ischio-jambiers, l’ensemble des extenseurs de la
neuromusculaire serait contrôlée.
colonne vertébrale [34, 35] (fig. 1). Ces muscles
À l’inverse, au cours des intervalles de temps les ont été appelés muscles posturaux principaux par
plus longs, c'est-à-dire lorsque le corps revient Carlsöö [36]. Toutefois, ces muscles ne sont pas les
dans sa position initiale, seuls les mouvements du seuls à être investis, il existe une certaine variabi-
Kinésithér Scient 2013;542:13-23 CG seraient contrôlés. Ainsi, la régulation de la sta- lité interindividuelle.

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n Le modèle du pendule inversé

Le modèle du pendule inversé fut initialement


proposé par Gurfinkel [37]. Il a ensuite été utilisé
ou complété par de nombreux auteurs [28, 38,
39]. Ce modèle suggère que le corps humain lors
du maintien de la station debout non perturbée
se comporte comme un pendule rigide oscillant
autour de l’axe des chevilles. Il se caractérise par
un équilibre instable, avec un CG placé au-dessus
de la surface de sustentation.

D’un point de vue mécanique, un pendule est en


équilibre dès lors que les positions du CG et du
point d’application des forces de réaction sur le
XXFigure 1
support (centre de pression résultant, CPRes) sont
Activité électromyographique enregistrée au cours du maintien
alignées (fig. 2). de la station debout, d’après Okada [34]

Le non-alignement du CPRes et du CG engendre un


couple déstabilisateur (fig. 2). À cet instant, les accé-
lérations transmises au CG sont dépendantes de 1)
la hauteur du CG, 2) la masse du système, et 3) la dis-
tance entre les positions du CPRes et du CG. Dans ce
cas particulier, le pendule rigide est amené à chuter.
Afin de contrecarrer la chute, le système dispose
d’une seule solution qui est de moduler la position
des forces de réaction du support ou CPRes.

Chez l’homme, du fait des perturbations internes


et externes à la posture, le système postural est
en constante oscillation, induisant un décalage
entre les positions du CPRes et du CG. Au cours
du maintien de la station debout, le CPRes corres-
pondrait à la projection du CG (erreur de moins de
10 %) pour des oscillations corporelles inférieures
à 0,2Hz [37]. Depuis, la compréhension du modèle
du pendule inversé s’est affinée.

Le CPRes peut être considéré comme la variable


contrôlante, produit brut du système neuromus-
XXFigure 2
culaire. À l’inverse, le CG est considéré comme
Exemple de pendule mécanique en situation d’équilibre instable et de déséquilibre,
étant la variable contrôlée, produit net [40]. Les d'après Gurfinkel [37]
trajectoires du CPRes sont intimement liées aux
trajectoires du CG. Au cours du maintien de la lération antérieure du CG, proportionnelle à la dis-
station debout, elles se font en phase [26, 38, 39] tance entre le CPRes et le CG (fig. 4, page suivante).
(fig. 3, page suivante).
L’effet des accélérations créées par la différence
Les positions du CPRes et du CG ne sont quasiment CPRes-CG, sur le CG est directement dépendant
jamais superposées. Le CPRes oscille constam- des caractéristiques du système oscillant. En
ment autour du CG afin d’en réguler la position. fonction de son inertie, le système oscillant agit
L’augmentation de la distance entre les positions comme un réel filtre limitant les effets du CPRes
du CPRes et du CG entraîne un accroissement des sur le CG. La relation existant entre le CPRes et le
accélérations communiquées au CG [40]. Ainsi, CG est donc fortement dépendante des caractéris-
une position du CPRes en arrière induit une accé- tiques anthropométriques des sujets [41]. Kinésithér Scient 2013;542:13-23

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Du fait de l’inertie corporelle, si le CPRes oscille très


rapidement, le CG « n’a pas le temps de suivre ces
mouvements », l’écart entre position du CPRes et
du CG devient important. Les positions du CPRes
et du CG sont durablement confondues unique-
ment dans le cas d’une immobilité totale (ce cas
n’est jamais observé dans la situation naturelle).

• Ce modèle suppose un travail en bloc de l’en-


semble des articulations supérieures à la che-
ville. Les études sur le sujet valident ce modèle,
mais restent tout de même nuancées. Selon l’axe
médio-latéral, les auteurs ont rapporté une cer-
taine mobilité de l’articulation de la hanche [38,
42-44]. Selon l’axe antéro-postérieur, Gage et al.
[45] et Gatev et al. [38] ont pu reporter un fonc-
tionnement en bloc des articulations supérieures
à la cheville au cours des oscillations posturales
alors que Aramaki et al. [46] ont reporté une cer-
taine mobilité de l’articulation de la hanche,

X Figure 3 • Dans un second temps, le modèle du pendule


Exemples de tracés du centre de pression résultant (COP) inversé implique une linéarité entre accélérations
et du centre de gravité (COM), d’après Winter [39] et différence CPRes-CG [40]. Gage et al. [45] ont
Les trajectoires du COP ont une plus grande fréquence
et une plus grande amplitude que celles du COM reporté une très bonne relation entre accéléra-
tions transmises au CG et différence CPRes-CG,
suggérant la validité de ce modèle. Il est donc
possible de considérer ce modèle comme étant
valide et utile pour la description de la station
debout non perturbée. Il se doit tout de même
d’être décrit plus finement, notamment en fonc-
tion de l’axe d’oscillation.

X Figure 4
Modèle biomécanique du pendule inversé,
d’après Rougier [29]
Instant A : le point d'application du CP (flèche foncée
située au niveau des pieds) est situé en arrière
de la projection verticale du CG
La différence entre ces deux vecteurs détermine
l'accélération horizontale communiquée au CG,
et par la suite sa vitesse horizontale (flèche foncée
horizontale partant du CG)
Instant B : le CP et le CG sont confondus,
l’accélération communiquée au CG est nulle
Instant C : le CP est en avant du CG, la vitesse
du CG décroît jusqu’à être inversée (Instant D)
Le processus de régulation des positions du CG
se poursuit tant que la station debout non perturbée
est maintenue (Instant E, F, G, etc.)
Ces mouvements, décrits ici selon la direction
antéro-postérieure, sont de même nature selon
la direction médio-latérale
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XXFigure 6
Exemple chez un sujet sain de trajectoire latérale
du CPRes et d’évolution de la mise en charge
des pieds droit et gauche en fonction du temps,
d’après Genthon [48]

l’inverse, l’articulation de la hanche peut créer


des couples abducteurs ou adducteurs d’envi-
ron 100N.m. Du fait de ces caractéristiques ana-
tomiques, le SNC privilégie l’articulation de la
XXFigure 5 hanche dans le contrôle mécanique de la stabi-
Modèle du pendule inversé appliqué lité latérale. Plus particulièrement, les muscles
à la station debout, d’après Winter [39]
adducteurs/abducteurs de cette articulation
Les articulations investies sont dépendantes
de l’axe d’oscillation [39, 47]. Cette stratégie de charge/décharge se
caractérise par une excellente corrélation entre
la répartition de poids corporel sur les appuis et
n Les stratégies de contrôle de l’équilibre les déplacements latéraux du CPRes [39, 48] (fig.
6). La stabilité latérale est gérée par la répartition
Les analyses cinématique et électromyographique
fine des pressions sur les deux pieds.
de l’équilibre debout non perturbé ont mis en
avant deux stratégies posturales distinctes. La Dans le plan sagittal, deux articulations peuvent
posture debout serait régulée par une stratégie de être concernées dans la régulation des oscillations
hanche, selon l’axe latéral, alors qu’elle serait régu- posturales : la cheville et la hanche (fig. 5). Même si
lée par une stratégie de cheville selon l’axe sagittal selon cet axe, l’articulation coxo-fémorale n’est pas
[39] (fig. 5). totalement verrouillée [46], les oscillations pos-
turales sont principalement régulées par le com-
Dans le plan frontal, le modèle du pendule inversé
plexe articulaire de l’arrière-pied [39, 47]. Ainsi, les
est constitué d’une base en parallélogramme déli-
capacités fonctionnelles du tronc ne permettent
mitée par les chevilles et les hanches (fig. 5). Quatre
pas d’expliquer le contrôle de la stabilité antéro-
articulations peuvent être utilisées simultanément
postérieure [49].
afin de réguler la forme de ce parallélogramme. La
stabilité latérale est tout de même principalement À l’aide d’un système composé de deux plates-
régulée par l’articulation de la hanche, pour deux formes de force, il a été montré que la stabilité
raisons : antéro-postérieure se caractérise par des varia-
– il n’existe pas de muscles spécifiquement abduc- tions de localisation des CP sous les deux pieds, en
teurs ou adducteurs de la cheville. Ces groupes phase et totalement synchronisés.
musculaires sont tous aussi pronateurs ou supi- Les déplacements des CP sous les deux pieds sont
nateurs et fléchisseurs ou extenseurs ; en phase avec les trajectoires du CPRes [48] (fig.
– du fait de la faible largeur des pieds, le couple de 7, page suivante). La stabilité antéro-postérieure
force maximum créé par les muscles abducteurs/ est gérée par la localisation des pressions sous les
adducteurs de la cheville est d’environ 10N.m. À deux pieds. Kinésithér Scient 2013;542:13-23

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L’équilibre debout est fréquemment perturbé


chez le patient hémiplégique. La première des
caractéristiques observées est une augmentation
des oscillations posturales. Cette caractéristique
est non spécifique des patients présentant une
déficience unilatérale. Elle révèle un biais dans la
construction de la commande motrice et peut tout
aussi bien être issue d’une déficience sensorimo-
trice bi ou unilatérale.

La seconde caractéristique fréquemment obser-


vée chez ces patients est une asymétrie de la
répartition de poids corporel sur les appuis. Cette
asymétrie se caractérise par une mise en charge
accrue de la jambe saine associée à une décharge
de la jambe lésée.
X Figure 7 L’asymétrie de répartition de poids corporel sur les
Exemple chez un sujet sain de trajectoires appuis est généralement considérée comme étant
antéro-postérieures des CP mesurés sous les pieds
gauche et droit et du CP résultant, une conséquence de la déficience unilatérale. Son
d’après Genthon [48] apparition peut par exemple résulter d’un biais
dans l’alignement des référentiels égocentrés et
exocentrés.
Les stratégies de maintien de l’équilibre debout ne
À l’inverse, elle peut être considérée comme étant
demeurent pas pour autant figées. Elles peuvent
une stratégie adaptative mise en place par les
être modulées dans le cas de perturbations exo-
patients. Elle aurait pour objectif de limiter les
gènes de la posture [50] ou dans le cas d’une
contraintes appliquées sur l’appui déficient. Ce
modification de la position des pieds (écarts latéral
comportement permettrait de maintenir l’équi-
et antéropostérieur, angulation) [42, 44, 51].
libre debout. Pourtant, à elle seule, l’asymétrie de
Par exemple, si les pieds sont positionnés l’un der- répartition de poids corporel sur les appuis est une
rière l’autre (tandem stance), la stabilité latérale ne contrainte limitant le comportement postural [52].
sera pas contrôlée par une stratégie de hanche, L’adoption d’une asymétrie de répartition de poids
mais par une stratégie de cheville [44]. corporel sur les appuis induit chez le sujet sain une
perturbation de l’organisation des forces de réac-
tion sous les deux pieds.

Avec une asymétrie de répartition de poids corpo-


CAPACITÉS POSTURALES
rel sur les appuis chez le sujet sain, les régulations
DEBOUT EN PATHOLOGIE :
posturales mises en jeux sous les pieds droit et
l'exemple du patient gauche sont accrues et deviennent asymétriques.
hémiplégique
Pour une asymétrie de la répartition de poids cor-
Le système postural présente une relative symé- porel supérieure à 70 %, les perturbations postu-
trie. À la suite d’un AVC, affectant unilatéralement rales sont légèrement augmentées sous l’appui
les structures sensorimotrices impliquées dans surchargé alors qu’elles le sont très fortement
la régulation de la station debout, cette symétrie sous l’appui délesté. Ces adaptations, notamment
risque d’être fortement perturbée. mises en place sous l’appui délesté, peuvent être
Les patients hémiplégiques se caractérisent par issues d’une modulation des stimulations proprio-
un biais unilatéral de l’intégration sensorimotrice ceptives appliquées sous les deux appuis.
corticale, pouvant entre autres, être accompagné La diminution de la mise en charge d’un appui
d’une modification unilatérale de l’activité réflexe induit, entre autres, une forte diminution des sti-
et de l’intégrité des structures ostéo-articulaires et mulations appliquées sur les récepteurs sensoriels
Kinésithér Scient 2013;542:13-23 musculaires. sensibles au poids. En station debout, ces récep-

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teurs sont principalement les organes tendineux centres de pression plantaires : ceux-ci peuvent
de golgi des muscles extenseurs ainsi que les aller jusqu’à suivre une direction opposée sous
récepteurs cutanés plantaires. Ce comportement chacun des pieds. Cela s’oppose à ce que l’on
pourrait être expliqué par une augmentation de retrouve chez le sujet sain où ces mouvements
la sensibilité de la jonction neuromusculaire et/ sont parfaitement synchronisés, c’est-à-dire
ou des réflexes spinaux asservissant les muscles qu’ils s’effectuent dans la même direction avec la
extenseurs de cheville lorsque la charge appliquée même amplitude et au même moment ;
sur un appui est diminuée [53]. – chez le sujet sain, le contrôle des oscillations
Par suite, les oscillations corporelles sont accrues, se fait par une mise en activité simultanée des
révélant une augmentation de l’instabilité postu- muscles des deux membres inférieurs qui per-
rale. Cette perturbation se manifeste tant dans le met ainsi une diminution des mouvements du
plan antéro-postérieur que médio-latéral, avec des centre de pression résultant et donc du centre de
effets majorés sur la stabilité latérale. gravité. Chez le sujet hémiplégique ce n’est pas
le cas du fait des appuis dissymétriques entre les
L’asymétrie de répartition de poids corporel sur
deux membres. L’action conjuguée des forces
les appuis peut donc être aussi considérée comme
musculaires développées par chacun des appuis
une contrainte biomécanique limitant le compor-
est donc moins efficace et peut même, dans cer-
tement postural [52].
tains cas, s’opposer [55, 56] ;
Le comportement postural des patients hémi- – chez le sujet hémiplégique, on retrouve une pré-
plégiques est donc contraint, d’une part par la dominance de représentation des mouvements
déficience et, d’autre part par l’asymétrie de répar- du CP de l’appui sain dans les mouvement du
tition de poids corporel sur les appuis. L’évaluation CPRes. Cette stratégie lui permet de limiter les
du comportement postural de ce type de popu- effets délétères sur l’équilibration du déficit
lation doit donc impérativement s’attacher à les unilatéral.
dissocier. Pour cela, il est nécessaire de comparer
le comportement postural de patients évalués
spontanément, avec des sujets sains ayant adopté
la même asymétrie de répartition de poids corpo- CONCLUSION 
rel sur les appuis.
La performance posturale, qui se définit comme la
C’est ainsi que Genthon et al. [54] ont montré que capacité à réduire au maximum les mouvements
les différences observées entre « sujets sains asy-
du centre de gravité et donc plus globalement
métriques » et patients (issues donc uniquement
les mouvements du corps, se trouve diminuée
de la déficience et non pas de l’asymétrie de répar-
en cas de déficit dans le recueil des informations
tition de poids corporel sur les appuis) sont liées
par les récepteurs périphériques, l’acheminement
à une relative inactivité du membre parétique. En
de celles-ci du récepteur au SNC, le traitement de
effet, les patients hémiplégiques sont contraints
ces mêmes informations par le SNC, la commande
d’aller prélever leurs informations sensorielles et
par le SNC de la correction motrice à réaliser ou la
contrôler leur équilibre grâce à l’hémicorps valide
réponse motrice de l’effecteur.
du fait du contrôle unilatéral fortement dégradé
par la pathologie du côté atteint. Chez le patient hémiplégique ce sont, plus géné-
ralement, les fonctions d’intégration et/ou de
Ainsi, selon ces mêmes auteurs, ces patients
commande motrice qui peuvent être altérées iso-
emploient des stratégies spécifiques de contrôle
lément ou conjointement. Alors que certaines des
des mouvements des centres de pression
stratégies adoptées par le patient hémiplégique
plantaires :
vont dans le sens d’une amélioration de la perfor-
– on observe tout d’abord, que les mouvements mance posturale (prédominance de représenta-
du centre de pression plantaire (CP) du membre tion du CP de l’appui sain dans les mouvements
parétique sont d’amplitude inférieure à ceux du du CP résultant), d’autres au contraire semblent
CP du membre sain ; plutôt induire une impossibilité chez le patient
–
une indépendance, voire une asynchronisa- hémiplégique à maintenir une performance pos-
tion antéro-postérieure des mouvements des turale satisfaisante (asynchronisation antéro-pos- Kinésithér Scient 2013;542:13-23

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Les mécanismes du maintien de la posture debout :
rôle des muscles antigravitaires et conséquence en pathologie

térieure des centres de pression plantaires, mise


en activité non simultanée des muscles des deux
membres inférieurs).

La complexité de l’équilibre postural chez le


patient hémiplégique réside donc dans le fait que
celui-ci emploie des stratégies particulières qui
ont pour but de limiter la dispersion des mouve-
ments du centre de gravité et peuvent aussi en
être la cause.

Ces différentes stratégies entraînent une augmen-


tation des mouvements du CPRes ce qui induit
une augmentation des mouvements du CG par
rapport au sujet sain. L’atteinte sensori-motrice
unilatérale et la posture debout asymétrique résul-
tant de l’hémiplégie sont donc à l’origine d’une
déficience de la performance posturale. La lutte,
en rééducation, contre ces troubles de la stabilité
posturale semble donc nécessaire et même incon-
tournable. ✖

QUIZ Réponses page 65

1. Les fonctions assurées par le système postural 4. Les stratégies spécifiques du patient
sont : hémiplégique concernant le contrôle
n A- la stabilisation de la stabilité posturale en station debout
n B- la segmentation se traduisent par :
n C- la dynamisation ■ A- des mouvements du centre de pression
n D- l'orientation plantaire du membre atteint d'amplitude
inférieure à ceux du membre sain
2. Le référentiel géocentré est majoritairement ■ B- une concordance entre les mouvements des
renseigné par :
centres de pression plantaires des deux pieds
n A- le système vestibulaire
■ C- des mouvements du centre de pression
n B- la vision
plantaire du membre parétique d'amplitudes
■ C- le système somesthésique supérieures à ceux du membre sain
3. Les variables contrôlées de la régulation ■ D- une indépendance, voire une
de la posture debout non perturbée sont : asynchronisation antéro-postérieure des
■ A- la trajectoire du CG mouvements des centres de pression plantaires
■ B- la trajectoire du CP ■ E- une prédominance de représentation
■ C- la raideur neuromusculaire des mouvements du centre des pressions
■ D- la tension musculaire de l'appui sain dans les mouvements du centre
■ E- la hauteur du centre de gravité des pressions résultant
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