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Partie 1 - L'État: Cadre Politique Du Droit Constitutionnel

L'État est une forme historique d'organisation du pouvoir politique qui s'exerce sur un territoire et une population donnés. Il existe depuis l'Antiquité mais sa définition précise date des XVIe et XVIIe siècles avec Bodin, Hobbes et Weber. L'État moderne se caractérise par la souveraineté et la personnalité morale.

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Partie 1 - L'État: Cadre Politique Du Droit Constitutionnel

L'État est une forme historique d'organisation du pouvoir politique qui s'exerce sur un territoire et une population donnés. Il existe depuis l'Antiquité mais sa définition précise date des XVIe et XVIIe siècles avec Bodin, Hobbes et Weber. L'État moderne se caractérise par la souveraineté et la personnalité morale.

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Partie 1 

– L’État  : cadre politique du droit Constitutionnel


Ramon Carré de Malberg « Toute étude du droit public en général et du DC en particulier engage et présuppose
la notion de l’état »

Titre 1 – Le pouvoir politique : Objet du droit Constitutionnel

Chapitre 1 : L’institutionnalisation du pouvoir politique : L’État

L’état n’est pas absolu, c’est une forme historique d’organisation du pouvoir, donc qu’il y’ en a eu avant et qu’il
y’en aura d’autre forme après. C’est une forme de pouvoir qui reste relative. On peut dater son apparition, il
existerait une forme d’état à l’époque des pharaons.
Certains auteurs prédisent sa disparition au profit d’organisation supra nationale en partie dû au fait que la
politique est mondialisée.

Il aurait existé une forme d’État dans l’Égypte pharaonique : La puissance et la continuité de ce royaume serait
due au développement d’une administration comparable aux administrations modernes. D’autres part, c’est la
Grèce antique et la Rome antique où l’idée de la cité préfigure.

L’état : le pouvoir est la propriété de la société dans son ensemble. La cité forme une organisation à part entière
distinctes des membres qui la composent.

A l’époque médiévale, le système féodal se caractérise par un phénomène de morcellement et de


patrimonialisation du pouvoir. Le pouvoir est divisé en multitude de seigneur féodaux, lequel ne l’exerce pas au
nom de la société parce qu’ils sont propriétaire de leurs fiefs. Le pouvoir suit la propriété.

Au 16ème siècle, on redécouvre le droit romain et les juristes de l’époque se sont appliqués, ils vont ressusciter
les idées de Kiwitas et de republias, en montrant que le pouvoir doit être partagé.
Machiavel et Jean Bodin (1576 : «  Les 6 livres de la république  »). Ces 2 auteurs vont réemployer le mot
République, attacher l’exercice du pouvoir de la république, c’est-à-dire à une chose commune et dès cette
époque, le terme va être employé pour désigner la collectivité politique au nom de laquelle et sur laquelle le
pouvoir s’exerce.
Jean Bodin définie la république (état) : « le droit est le gouvernement de plusieurs ménages et de ce qui leur est
commun avec la puissance souveraines ». L’état est le gouvernement d’une communauté politique de plusieurs
familles qui s’exerce par la souveraineté. Lorsqu’une organisation quel qu’elle soit va revendiquer la quantité
d’État.

L’état va incarner le pouvoir politique d’une société donné et va lui conférer sa stabilité en se perpétuant dans le
temps parce que l’état dépasse les individus qui le compose.

Section 1  : Définition de l’état

Une collectivité humaine stabilisé sur un territoire donné au sein de laquelle l’usage de la violence légitime est
monopolisé. L’exercice de l’autorité publique sur un territoire et sur une population donnée. Ce sont les
conditions de l’existence de l’état. La convention de Montevideo du 26 décembre 1933 sur les droits et devoirs
des états qui énonce que « l’état reconnu en droit international doit réunir les conditions suivantes : population
permanente, territoire déterminé, gouvernement, capacité d’entrer en relation avec les autres états ». La
souveraineté et la personnalité moral sont les caractères juridiques que l’on accorde à un état lorsque l’on
reconnait son existence.
Max Weber définissait l’état comme « une collectivité humaine stabilisé sur un territoire donné au sein de
laquelle l’usage de la violence légitime est monopolisé ».

I. Les conditions d’existence de l’état

Il existe 3 conditions à l’existence de l’état :


- Le territoire : C’est l’espace géographique approprié par l’état, celui sur lequel il exerce son autorité à
l’exclusion de toute domination étrangère. Le territoire n’a pas besoin d’être un seul bloc et ne désigne
pas que le plan terrestre. Il y a aussi le territoire maritime, qui est une extension du territoire terrestre de
l’état sur lequel il exerce son autorité. La ZEE, zone dans laquelle l’état peut exploiter librement les
ressources marines tout en permettant aux navires étrangers de passer normalement en temps de paix.
Les eaux internationales sont communes à la communauté internationale. Le territoire aérien s’étend à
l’ensemble du territoire terrestre et maritime d’un état jusqu’à l’atmosphère. Les frontières d’un état
vont permettre de déterminer si à un endroit de la carte c’est tel ou tel état qui est compétent pour juger.

- La population : C’est l’ensemble des individus soumis à une même autorité, à un même état. C’est la
communauté humaine sur laquelle l’état exerce son pouvoir de domination. Le modèle de l’état nation à
son origine dans un principe de la nationalité : toute collectivité qui s’estime dotée d’une identité et
d’une existence politique propre au droit de constituer à elle seul un état libre et indépendant. 2 états
peuvent se partager une nation.

- Le monopole de l’autorité publique : Autorité monopolistique que l’état est le seul à posséder à
l’exclusion de tout état étranger (le monopole de la violence légitime), autorité qui s’exerce par le droit.
Chaque état dispose de son propre ordre juridique. L’autorité institutionnalisées, fermement ancré dans
l’espace et dans le temps grâce à un certain nombres d’institutions. C’est un pouvoir politique qui est
doté d’un gouvernement qui perdure. Pouvoir doter d’une certaine organisation, d’un appareil
juridictionnel, administratif d’une constitution.

II. Les caractères juridiques de l’État


a. La souveraineté

Selon Raymond Carré Malberg, la souveraineté est l’autorité suprême, c’est le caractère suprême d’une
puissance pleinement indépendante et en particulier de la puissance étatique.
Le juriste All George Jelinek définissait la souveraineté de l’État comme « la compétence de la compétence ».
L’État peut aussi bien s’attribuer un pouvoir absolu sur ces sujets que s’auto limiter.
Les 2 aspects à distinguer selon Jean Baudin :
- L’aspect externe : Le souverain jouis d’une indépendance absolue de l’État à l’extérieur. D’un point de
vue juridique, les états sont tous égaux entre eux. La charte des nations unies (article 2, paragraphe 1
« organisation fondé sur le principe de l’égalité souveraine de tous ces membres »
- L’aspect interne : il n’existe pas sur un territoire donné l’autorité supérieur à celle de l’état. Tous les
individus lui ont invariablement et directement soumis en tant que sujet de l’état. Il dispose de ce que
les romains appelaient Suma postesta (autorité suprême à l’intérieur)

Jean Baudin identifie les vraies marques de la souveraineté : « Toutes les prérogatives régaliennes sont censées
appartenir au souverain et à nul autre le droit de casser la loi à tous en général et à chacun en particulier ».

b. La personnalité morale

Carré Malberg : « L’état est un être de droit en qui se résume abstraitement la collectivité nationale ».
L’état n’est rien d’autre qu’une abstraction.
Gaston Jesse : « je n’ai jamais déjeuner avec l’état », ce n’est pas une personne donc une abstraction. C’est le
nom qui donne à une collectivité territoriale en tant que celle-ci, elle occuper un territoire donné et qu’elle est
titulaire d’une autorité à la fois suprême et indépendante.

Thomas Hobbes du Léviathan (1651) est le 1er théoricien de l’état. Il définit l’état comme une personne
artificielle permettant à l’état d’avoir un patrimoine, de conclure des contrats. Il peut être condamné par la
CEDH si l’influence ne suivent pas les règles.
L’état a des organes : à une tête (chef de l’état), des bras (gouvernement) et est doté de raisons et de volonté
(parlement) d’après Hobbes.
La personnalité morale et l’état permet d’institutionnaliser le pouvoir. L’organisation sociale qui pour la
réalisation de l’activité ou de la mission dont elle est investie jouie d’une existence et d’une individualité propre
(distinctes et indépendante des personnes qui font fonctionner les institutions).

Section 2  : Les formes d’état

Il y a 3 catégories :
- Les états unitaires, l’exercice de la souveraineté y est concentré entre les mains du gouvernement
centrale.
- Les états composées (hétérogène), l’exercice de la souveraineté est reparti entre le centre et la périphérie
- Les formes politique non étatiques d’organisation du pouvoir.
I. L’État unitaire

C’est celui qui ne possède qu’un seul centre d’impulsion politique compétent sur l’ensemble du territoire.
L’autorité publique, la souveraineté est monopolisée par le gouvernement central. Les instances locales ne
participent pas à l’exercice de la souveraineté. L’état qui se caractérise par un principe strict d’unité politique.

a. Un principe de strict unité politique

L’article 1 de la Constitution : « La France est une république indivisible »


C’est un héritage de la monarchie, qui a donné sa dimension unitaire pour enlever l’héritage féodal qui
morcelait le pouvoir et ainsi monopolisé de l’exercice de la souveraineté.
En 1789, la Révolution française accentue la centralisation du rôle de l’état -.

Les conséquences juridiques :


- Il y a au sein de l’état unitaire qu’un seul système juridique. Le droit applicable est le même d’un bout à
l’autre du territoire et émane de la même autorité.
- Il n’y a au sein d’un état unitaire qu’une seule constitution, car un seul moyen souverain, la nation est
incarnée par l’état.

b. Les modalités d’organisations administrative de l’état unitaire

La fonction administrative dépend de l’exécutif, elle exécute les lois et gère-les services publiques. Elle
n’implique aucune participation à l’exercice de la souveraineté politique.
Il y a 2 modes de délocalisation de l’administration :
- La déconcentration : C’est l’état qui va déléguer des agents au niveau local pour administré en nom
- La décentralisation : le pouvoir centrale transfère un certain nombre de compétences administratives à
des administration locale qui vont être dotés de la personnalité juridique et qui vont exercer de manière
autonome en leur nom et sous leur responsabilité. Un transfert de compétence de la personnalité
publique souveraine vers les personnalités publiques intra étatiques (collectivités territoriales) et qui
vont s’exercer librement.
La révision de la Constitution du 28 mars 2003 qui inscrit dans la Constitution le principe de l’organisation
décentralisé de la république.

II. Les états composés


a. L’état fédéral

L’État est lui-même composé d’autre états. C’est l’union de plusieurs états, qui ont résolu de se doter d’un
gouvernement national (le gouvernement fédéral) afin de gérer leurs intérêts communs tout en conservant leur
autonomie politique, puisque les états fédérés sont dotés de leurs constitutions.
Ex : l’Allemagne qui est un état fédéral est composé de 26 états fédérés. Aux Usa, il y a 50 états fédérés.

La forme fédérale permet de concilier 2 impératifs :


- Un impératif d’unité
- Un impératif de force
Ce qui va pousser certains états à s’unir avec un impératif d’autonomie qui va permettre aux états qui sont unis
de conserver leurs caractéristiques juridiques.
Il y a 2 manières de former un état fédéral :
- Le former par agrégations : Les états souverains qui ont décidé de s’associer les uns aux autres
(exemple : USA)
- Le former par ségrégation : ancien état unitaire dont les parties vont se disloquer les unes les autres
Au sein d’une fédération, on doit avoir un équilibre entre 2 principes : un impératif d’unité et une d’autonomie.
On distingue généralement 3 grands principes du fédéralisme et qui ont été stigmatiser par Georges Selles et qui
définissait les principes comme suivant :
- Le principe de superposition : La superposition entre 2 catégories d’ordre juridique et politique, pour un
état fédéral et pour des états fédérés. Pour répondre, à l’impératif d’unité il faut une manière de partager
les règles juridiques, politiques et fédéral mis par les états fédérés (primauté). Le principe de primauté
est un droit fédéral qui prime sur les droits de l’état fédérés. Permet de préserver l’utilité de la
fédération. En cas de contrainte, la loi fédérale l’emporte.
- Le principe d’autonomie : Pour conserver cette autonomie, il faut trouver un moyen de répartir les
compétences de manière équilibrée entre le gouvernement fédéral et les gouvernements des états
fédérés. Cette clé de répartitions, suppose que la fédération n’est compétences sont du ressort des états
fédérés, il conserve la compétence de principe. Le 10ème amendement : Les pouvoirs non délégué aux
USA par la Constitution, ni refuser par elle, sont réservés aux états respectivement ou au peuple.

- Le principe de participation : Les états fédérés qui composent la fédération doivent pouvoir être
étroitement associés à la gestion des affaires fédérales. Dans la plupart des états fédéraux, on a un
parlement composé de 2 chambres (parlement bicamérales) : la 1ère chambre représente le peuple de la
fédération tandis que la 2ème chambre représente les états fédérés. Pas forcément un état fédéral quand on
a un parlement bicaméral.
Bicaméral : Système politique à deux assemblées représentatives

b. L’état régional

On la trouve essentiellement en Europe, en Italie et en Espagne (communauté autonome). Formé à cheval entre
l’état unitaire et l’état fédéral.
L’état régional n’est pas tout à fait un état fédéral. Il n’y a pas de souveraineté des régions (Italie), on ne
retrouve pas le principe de participation.
Ce n’est pas tout à fait un était unitaire, la décentralisation est tellement poussée que l’on a reconnu une
autonomie politique, elle se traduit par la Constitution qui répartit le pouvoir législatif entre l’état et les entités
autonomes.

Le cas du royaume uni, dans les années 90 à 2000. A l’époque où les parties travailliste (gauche) était un
pouvoir, il a mis en œuvre une importante réforme de décentralisation afin de transférer un grand nombre de
compétence, de l’état vers les 3 autres nations. L’Irlande du nord, le pays de Galle et l’Ecosse. Il y a une
revendication des 3 nations d’avoir plus d’autonomie surtout politique, la dévolution décentralisation émanent
politiquement.

Pour autant, l’Ecosse, le pays de Galle et l’Irlande ne sont pas des états fédérés, la preuve en est qu’ils n’ont pas
de Constitution. Les compétences qu’ils tiennent, ils les ont grâce au parlement de Westminster. Le processus de
dévolution est inégalé. Le parlement de Westminster n’a rien à voir avec le parlement bicaméral : chambres des
lords (pairs) et chambres des communes.
III. Les formes non-étatiques d’organisation du pouvoir

Les formes sont super étatiques, car à partir du 18ème siècle les compétences sont mises en communs. Ces
organisations ne sont pas un état, car il n’y a pas d’entité souveraine. Il y a 3 catégories selon le degré
d’intégration :
- Les organisations inter (le moins intégré) : les collectivités composées d’états souverains constitués par
un traité international conclue entre les états. En vertu de ce traité, l’état va acquérir une existence
propre avec ses propres institutions. Généralement, c’est la structure qui permet aux états d’adopter des
dispositions communes sur la gestion des différentes affaires.

- Les confédérations d’états : Ce ne sont pas des fédérations, ce sont des associations d’état souveraine
instituer en vertu d’un traité international, mais qui par ce traité vont mettre en commun certaines
compétences.

- Les organisations supranationales : C’est une intégration beaucoup plus forte. L’organisation va être
doter d’un ordre juridique et politique propre qui se superpose à celui des états membres. (Exemple :
Pour les instances de l’UE, elle a un ordre juridique propre intégré à celui des états membres. Donc le
droit de l’UE (3 organes : commission, parlement, conseil) prime sur la loi nationale). Le principe de
primauté est sanctionné par la juridiction de la Cour de cassation. L’UE, n’est pas une Constitution, ce
n’est donc un état.

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