Cas clinique 1
• Mr D, 25 ans, sans antécédent, était en vacances en
Grèce, où il a été hospitalisé pour AVP avec volet
costal.
• Après 5 jours de réanimation, il est passé en médecine
pendant 2 jours, puis rapatrié vers votre service (soins
continus)
Quel diagnostic devez vous évoquer ?
Quels examens pour en faire la preuve ?
Quelles mesures de prévention ?
Cas clinique 1
• Mr D, 25 ans, sans antécédent, était en vacances en
Grèce, où il a été hospitalisé pour AVP avec volet costal.
• Après 5 jours de réanimation, il est passé en médecine
pendant 2 jours, puis rapatrié vers votre service (soins
continus)
Quel diagnostic devez vous évoquer ?
Portage de BMR/BHR
Quels examens pour en faire la preuve ?
Dépistage rectal 1 (ERV) + 2 (BLSE/ A. baumannii)
Dépistage nasal (SARM)
Dépistage de gorge (A. baumannii)
Cas clinique 1
• Mr D, 25 ans, sans antécédent, était en vacances en
Grèce, où il a été hospitalisé pour AVP avec volet costal.
• Après 5 jours de réanimation, il est passé en médecine
pendant 2 jours, puis rapatrié vers votre service (soins
continus)
Quelles mesure de prévention ?
= Cas unique identifié dès l’arrivée
Information EOH/microbiologie
P. contact « renforcées »
Renforcement du personnel ?
Gestion des antibiotiques
Organisation de l’aval
Dépistage des patients contacts (hebdo)
PRECAUTIONS CONTACT BMR :
SARM, entérobactéries BLSE, Acinetobacter baumannii
1. AVANT tout contact avec le PATIENT
et son ENVIRONNEMENT et entre DEUX SOINS
. FRICTION DES MAINS avec une SHA
2. PORT de TABLIER pour tout contact ETROIT
avec le PATIENT
3. PORT de GANTS UNIQUEMENT lors de contact
avec un LIQUIDE BIOLOGIQUE
4. A la FIN DU SOIN et AVANT DE QUITTER LA CHAMBRE
. JETER LE TABLIER (sac noir)
. FRICTION DES MAINS avec une SHA
. Savon doux si mains VISIBLEMENT souillées
5. Entretien quotidien des surfaces
de la chambre : détergent/désinfectant
des surfaces
UHLIN, octobre 2010
PRECAUTIONS CONTACT BHR :
ERV (entérocoque résistant à la vancomycine) et
Entérobactéries productrices de carbapénémase (NDM1, KPC, …)
1. CHAMBRE SEULE ou REGROUPEMENT
2. AVANT tout contact avec le PATIENT
et son ENVIRONNEMENT et entre DEUX SOINS
. FRICTION DES MAINS avec une SHA
. PORT de GANTS et de TABLIER
3. Parfois SECTORISATION et cohorting (personnel dédié)
4. A la FIN DU SOIN et AVANT DE QUITTER LA CHAMBRE
. JETER LE TABLIER (sac noir)
. FRICTION DES MAINS avec une SHA
. Savon doux si mains VISIBLEMENT souillées
5. Entretien BIQUOTIDIEN des surfaces
de la chambre : détergent/désinfectant
des surfaces
UHLIN, octobre 2010
Cas clinique 2
• Mr G, 65 ans, antécédent d’artérite des MI, Ins rénale
chronique, cardiopathie ischémique, DIR avec pied
diabétique, nombreuses hospitalisations, admis en
réanimation pour Ins. rénale aigue
• Dépistage SARM et BLSE d’entrée négatifs
• Suites compliquées. 10 jours après l’admission, ECBU
positif, avec suspicion d’ERV
Quelle stratégie de prise en charge ?
Cas clinique 2
• ECBU positif, avec suspicion d’ERV
Quelle stratégie de prise en charge ?
= haut risque de plusieurs cas
Le même jour :
P. contact « renforcées »
Information EOH/microbiologie, direction
Cellule de crise,
Arrêt des transferts (et admissions)
Confirmation ERV ?
Dépistage transversal des patients contact
Cas clinique 2
• ECBU positif, avec suspicion d’ERV
Quelle stratégie de prise en charge ?
= haut risque de plusieurs cas
Le lendemain :
Liste des patients transférés,
Information des structures d’aval,
PCC et dépistage des transférés en interne
Signalement ARS et CCLIN
Cas clinique 2
• ECBU positif, avec suspicion d’ERV
Quelle stratégie de prise en charge ?
= haut risque de plusieurs cas
Les jours suivants, selon le nombre de cas:
Regroupement des porteurs, des contacts
Personnel dédié ?
Dépistage hebdomadaire des contacts
Aide CCLIN ARLIN
Gestion des antibiotiques
Information du(des) patients
Liste des porteurs et des contacts, alerte si réadmission
Les bactéries
« encore plus résistantes »
• Entérobactéries BLSE (K. pneumoniae)
productrices de carbapénèmase
• Entérocoque résistant à la vancomycine (ERV)
• Acinetobacter baumannii imipénème R
Circonstances de découverte
• Identification dès l’admission :
– Réadmission d’un patient contact ou d’un porteur (système
d’alerte, au mieux informatisé)
– Patient rapatrié de pays en situation épidémique
• Un cas avec prélèvement clinique :
– Habituellement avec retard diagnostique
– Il existe probablement d’autres porteurs, certains déjà
transférés
– Nombreux patients « contacts »
Prise en charge d’un patient « BHR »
• Découverte = urgence sanitaire (24 1eres heures)
– Mesures spécifiques autour du(es) cas à mettre en œuvre
immédiatement
» renforcement de l’hygiène : mesures ERG spécifiques
» organisation d’un dépistage autour du(es) cas :
3 dépistages négatifs requis
» signalement
– Préparer l’organisation de secteurs dédiés (cas, contacts,
indemnes) avec des équipes dédiées
– Arrêt des admissions
– Limitation des transferts : sorties « domicile » autorisées
Prise en charge d’un patient « BHR »
• Découverte = urgence sanitaire
• Prise en charge d’un patient déjà connu :
– secteur dédié s’il existe
– renforcement +++ des règles d’hygiène pour le cas :
mesures spécifiques ERG
– prévalence à la recherche d’un portage digestif pour les
patients pris en charge par la même équipe ; à répéter (/8
j. ?) pendant la présence du cas
– si un de ces patients devenait ERG + :
= idem découverte : urgence sanitaire
Gestion d’un grand nombre de cas
• Organisation du laboratoire
• Principes de prise en charge
– secteur et équipe dédiés
» pour les cas
» pour les contacts
– dépistage
– mesures d’hygiène spécifiques ERG
• Sortie du secteur des « cas ERG »
– sous certaines conditions (dépistages itératifs, …)
– sortie vers un EHPAD
• Gestion des « contacts ERG »
– adaptation aux structures
Ouverture / fermeture des secteurs dédiés
• Anticipation des organisations
– locaux
– personnels
• Ouverture envisagée dès le 1er cas
• Fermeture du secteur des « cas ERG »
– difficile
– fonction
» du nombre de cas
» de l’épidémiologie locale et régionale
• Fermeture du secteur des « contacts ERG »
– 15 jours après la dernière identification d’un cas
Organisation préalable
• Organisation des soins :
– mise en place très rapide des mesures de contrôle
» renforcement des équipes soignantes
» identification de(s) secteur(s) d’hospitalisation mobilisables
– préservation du fonctionnement des secteurs stratégiques de
l’établissement ou de la région
– disposition d’un protocole de prise en charge immédiatement
« déclenchable » (cellule de crise, annexe au Plan Blanc ?)
• Organisation du laboratoire :
– organiser rapidement l’identification de l’espèce et la
confirmation de la résistance à la vancomycine de toute souche
d’entérocoque de comportement suspecte
– méthode de dépistage conforme aux recommandations SFM
• Organisation de l’évaluation :
– identification des surcoûts
– identification des pertes d’exploitation
Ce qu’il ne faut plus faire
• Mme BOU, 81 ans, antécédents chargés :
– Fibrose pulmonaire, traitement immunosuppresseur, Bactrim
– Inf U à répétition,
– Altération de l’état fonctionnel, HAD
• Admission le 27 août 2005 en maladies infectieuses :
– ECBU d’entrée : E. coli, 2 jours de C3G
– 31 août : ECBU à ERV
– Sortie le vendredi 2 septembre, ECBU non récupéré
– Retour le 9 septembre, bactériurie symptomatique (Linezolide)
Lucet JC et al, J Hosp Infect 2007
Ce qu’il ne faut plus faire
• Dépistage des voisins de Mme BOU :
– Lundi 5 septembre, voisine de chambre : ERV
– 8 septembre, présents depuis > 72 h., même aile : 2/8 ERV +
– Vendredi 9 septembre : sectorisation « souple » en MI
– Pas de limitation, ni de suivi des patients transférés
• 13-14 septembre :
– Dépistage des patients transférés : 3 nouveaux cas en
rhumatologie (transfert d’un cas secondaire)
– Dépistage unité complété : 3 nouveaux porteurs en Maladies
infectieuses
• 17 septembre (deux semaines après le cas index) :
– Sectorisation « stricte » des porteurs dans une aile de MI
– Extension du dépistage dans les services où des porteurs ou
des patients contact ont été transférés
Courbe épidémique
Dissémination entre services
SMIT B (cas index, 14 cas secondaires, 4 semaines)
Transfert Pt contact
Rhumatologie (5 cas, 2 sem.) Sce porte (un cas)
réadmis
Réadm. Trft
Service porte (3 cas, une sem.) Med. Interne nord (1 cas)
Transfert
Méd. interne est (7 cas, 2 sem.)
Transfert
Hémodialyse (4 cas, 2 sem.)
Réanimation médicale (3 cas, non épidémiologiquement liés aux autres)
Activité de dépistage
1600 dépistages en 3 mois (5 sept-3 dec)
Quelles leçons ?
• Epidémie de colonisation
• Les recommandations « BMR classiques » ne suffisent
pas
• Retard à la mise en œuvre des mesures :
– Arrêt des transferts et admissions
– Sectorisation, cohorting (et donc renforcement en personnel)
– Dépistage extensif, guidé par les transferts et le partage des
soins
• Nécessité d’une implication de tous (cellule de crise)
Courbe ERV – Pôle Vaisseau Thorax
Situation au 14/09/2011
7 cas secondaires
Cas index dans 3 unités
4 cas secondaires en aval, au moins
un avec ≥ 2 cas « tertiaires »
Signalements d’ERV, 2001-2010
Thiolet JM et al, Bull Epid Hebdo 2011
ERV : expériences françaises
AP HP, juin 2004 – février 2008
Mesures renforcées
S Fournier, V Jarlier, APHP
ERV, Lorraine, 2007-2011
La stratégie « search and isolate » est efficace
1095 cas depuis fin 2004 (484 au CHU de Nancy)
C. Rabaud, CCLIN Est,