Département Sciences de l’ingénieur
Cours 1: Introduction à la
Méthode des Eléments Finis (MEF)
Auteur :
Dr SAMAGASSI S.
Date : 20 Mars 2023
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Objectifs :
Intitulé du cours : Méthode des éléments finis (MEF)
La présentation de ce cours est orientée vers l’ingénieur
Type : CM ET TD (30 heures)
Les objectifs :
Comprendre la MEF et la mettre en œuvre effectivement sur un ordinateur
Pré-requis :
Calcul matriciel et différentiel
Avoir été initié à la programmation (Matlab) est un plus
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1 Introduction à la MEF
2 Approximation par E.Finis
PLAN DU
COURS 3 Formulation intégrale
4 Présentation matricielle de la MEF
5 Méthodes numériques
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Objectif visé dans ce 1er cours :
Connaître la démarche de la modélisation numérique :
ce sont les différentes étapes de résolution d’un problème par la
méthode des éléments finis.
3bis
1. Introduction
L’évolution actuelle de la technologie amène l’ingénieur à
réaliser des projets de plus en plus complexes, coûteux et
soumis à des contraintes de sécurité de plus en plus sévères.
Pour dominer ces projets, l’ingénieur a besoin de modèles qui
lui permettent de simuler le comportement de systèmes
physiques complexes.
L’ingénieur peut ainsi prévoir l’influence de ses
décisions au moment de la conception du système.
Les sciences de l’ingénieur (mécanique des structures, etc)
permettent de décrire le comportement de systèmes physiques
grâce à des équations aux dérivées partielles.
La méthode des éléments finis (MEF) est l’une
des méthodes les plus utilisées aujourd’hui pour
résoudre effectivement ces équations. 4
1. Introduction
La MEF est une méthode très générale qui s’applique à la majorité des
problèmes rencontrés en pratique : problèmes stationnaires ou non,
linéaires ou non, définis dans un domaine géométrique quelconque à
1D, 2D ou 3D
La MEF s’adapte très bien au milieux hétérogènes et aux domaines de
formes complexes souvent rencontrées dans la pratique par l’ingénieur.
La MEF consiste à utiliser une approximation simple des variables
inconnues pour transformer les équations aux dérivées partielles en
équations algébriques.
La MEF fait appel aux 3 domaines suivants :
Sciences de l’ingénieur pour décrire les lois de
la physique (équations aux dérivées partielles)
Méthodes numériques pour construire et
résoudre les équations algébriques
Outils informatiques pour exécuter
efficacement les calculs sur l’ordinateur. 5
2. Démarche de la modélisation numérique
La modélisation numérique a pour objectif de simuler le comportement de systèmes physiques en
utilisant l’outil informatique. La démarche est la suivante :
Etape 1 : Etablissement du Modèle Physique (MP) Etape 3 : Construction du Modèle Numérique (ou algébrique)
( Poser le problème étudier). (discrétisation du MM).
La description d’un système physique inclut :
La représentation de sa géométrie Ce modèle associé au MM est obtenu en utilisant une
La sélection des variables inconnues dont on cherche à évaluer méthode de discrétisation telle que :
les variations spatio-temporelle
Les lois de la physique qui régissent le comportement La méthode des différences finies
Les valeurs des propriétés physiques supposées connues
Les sollicitations, conditions aux limites et éventuellement les La méthode des éléments finis
conditions initiales pour les problèmes instationnaires
Etape 2 : Traduction du MP en Modèle Mathématique (MM)
Etape 4 : Ecriture du Modèle Informatique :
(mise en équation du problème étudier)
Ce modèle est obtenu en explicitant sous forme d’équations Ce modèle consiste à écrire un logiciel qui simule
aux dérivées partielles, les lois de conservations et les lois de comportement. le comportement du système physique étudié.
Ce modèle peut aussi être explicité sous une formulation
intégrale, dite écriture faible.
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2. Démarche de la modélisation numérique
3 principaux types d’erreurs peuvent être introduites dans les
différents modèles ou lors du passage d’un modèle à l’autre :
Etablissement du Modèle Physique (MP) : Poser le
1. Erreur sur le choix du MM : elle représente problème étudier.
la différence entre la solution exacte du MM et le
comportement réel du système physique.
2. Erreur de discrétisation : elle représente Traduction du MP en Modèle Mathématique (MM) :
la différence entre la solution exacte du MM et mise en équation du problème étudié
la solution exacte du modèle numérique.
3. Erreur d’origine informatique : elle est due à la
précision limitée des calculs effectués par l’ordinateur
et éventuellement à des fautes de programmation. Construction du Modèle Numérique (ou algébrique) :
discrétisation du MM.
L’art du spécialiste de la modélisation consiste à maîtriser ces
Ecriture du Modèle Informatique :
erreurs de manière à s’assurer que la solution fournir par le
c’est l’écriture d’un logiciel qui simule le comportement
logiciel est assez proche du comportement réel du système
du système physique étudié
physique étudié (que l’on ne connait pas a priori).
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2. Démarche de la modélisation numérique
Exemple d’application : Equilibre thermique d’une barre de section constante
Etape 1 : Etablissement du Modèle Physique (MP) Etape 2 : Traduction du MP en Modèle Mathématique (MM)
( Poser le problème étudier). (mise en équation du problème étudier)
(4)
(3)
Géométrie de la barre : d dT(x) qL f0 x2
k + f0 = 0 T x = T0 − x + (Lx − )
Variables inconnues : dx dx k k 2
f0 > 0: source de chaleur volumique
• T(x) : température (Kelvin) Formulation intégrale de (3) obtenue par la méthode de résidus pondérés:
• q(x) : composante du flux (watt/m²) 𝐿 𝐿
𝑑(δ𝑇) 𝑑𝑇
Loi de la physique : On ne s’intéresse qu’aux effets 𝑊= 𝑘 𝑑𝑥 − δ𝑇𝑓0 𝑑𝑥 + 𝑊𝑁𝑒𝑢 = 0 (5)
stationnaires par conduction selon x : 𝑑𝑥 𝑑𝑥
d(qA) 0 0
• Loi conservation flux thermique − f0 A = 0 (1) et
dx Où : 𝑊𝑁𝑒𝑢 = δ𝑇 𝐿 qL δ𝑇 𝑥 = 0 = 0
• Loi comportement de Fourier dT(x) Etape 3 : Construction du Modèle Numérique (ou algébrique)
entre gradient de température et le flux. q(x) = −k (2)
dx (discrétisation de (5) par MEF)
Propriétés physiques : Conductivité thermique, k (W/°Cm) Maillage de la barre; choix d’approximation; discrétisation de (5)
Sollicitation thermique par effet joule (courant électrique) choix d’approximation linéaire de T(x) et δ𝑇(x)
Conditions aux limites : T(0) = T0 (Dirichlet) et q(L) = q L > 0 (Neumann)
Le problème est supposé stationnaire : les variables sont xi+1 xi+1
2 𝑑(δ𝑇) 𝑑𝑇
indépendantes du temps 𝑊𝑒 = 𝑘 𝑑𝑥 − δ𝑇𝑓0 𝑑𝑥 = 0
𝑊= 𝑊 𝑒 + 𝑊𝑁𝑒𝑢 = 0 𝑑𝑥 𝑑𝑥
𝑒=1 xi xi
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2. Démarche de la modélisation numérique
Exemple d’application : Equilibre thermique d’une barre de section constante (suite)
Etape 4 : Ecriture du Modèle Informatique :
2. Démarche de la modélisation numérique
Exemple d’application : Equilibre thermique d’une barre de section constante (suite et fin)
2 nœuds 4 nœuds
solution exacte
------ solution EF
6 nœuds 8 nœuds
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