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Chapitre 01 

: Les tentatives de renouveau en Afrique au 19ème siècle

(par le Professeur Darius ENGUENGH) 

Introduction : 
Avant les Grands voyages de découvertes du XVème siècle, l'Afrique connaît d'impressionnants
empires et/ou royaumes dont le premier d'entre eux fut le Ghana (VIIIe-XIIIe siècle). Mais l'intrusion
européenne en Afrique, responsable de la Traite négrière (XVIe-XIXe siècle), entraîne le déclin
matériel, politique, économique et moral du continent.
Mais, au début du XIXe siècle, grâce notamment à l'action de certains chefs tels Ousman Dan Fodio,
Tchaka, El hadji, Omar Tall, Samory Touré, Rabah…, on assiste à la réorganisation politique et
économique de l'Afrique noire marquée par la naissance de grands Etats supra ethniques: C'est le
renouveau africain.
Pour illustrer ce renouveau de l'Afrique, nous retiendrons les exemples de la construction d'Etats
supranationaux par Ousman Dan Fodio et Tchaka Zoulou.

I. Le tableau de l'Afrique au XVIIIe siècle


Commencé au XVe siècle avec les Grands voyages de découvertes, le déclin de l'Afrique se poursuit
jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.

I.1. Un continent affaibli


A la fin du XVIIIème siècle l'Afrique offre l'image d'un continent morcelé en une multitude d'Etats
faibles. (…) Même en Ethiopie, Etat assez important dans l'Est, les signes d'une décomposition
profonde subsistent (…). Dans le centre et l'Ouest de l'Afrique, des Etats plus fragiles apparaissent
après le déclin des royaumes du Congo et du Sonraï.

I.2. Les causes de l'affaiblissement


- L'installation des Européens sur la côte africaine : L'intense activité des marchands d'esclaves
explique la décadence des Etats africains et la pénétration des Européens (Anglais, Français, Portugais,
Espagnols, Hollandais) et leur installation définitive sur les côtes. Ils apportent des produits
manufacturés, surtout des armes à feu, de l'alcool en échange de la gomme, de l'ivoire, de l'or et
surtout des esclaves.
- Les conséquences de la Traite négrière : Si l'Europe et l'Amérique ont tiré profit de la Traite
négrière, c'est au détriment de l'Afrique qui a vu ses hommes les plus valides enlevés, son économie et
sa vie sociale et politique désorganisées. La chasse aux esclaves provoque des guerres entre royaumes
qui finalement s'affaiblissent, se morcellent et disparaissent même (…) Les estimations les plus
sérieuses donnent le chiffre de 50 à 60 millions d'esclaves noirs vendus en Amérique du XVIIème au
XIXème siècle.
Au total, il apparaît que l'installation des Européens en Afrique et la Traite négrière ont eu de lourdes
conséquences sur ce continent. Ainsi, à la fin du XVIIIème siècle l'Afrique présente l'image d'un
continent morcelé, affaibli et en déclin.

II. Le réveil de l'Afrique


Dès le début du XIXe siècle, avec notamment l'abolition de la Traite négrière et surtout l'action de
certains chefs militaires et religieux africains, on assiste au réveil de l'Afrique.

II.1. Les facteurs du réveil


- Les regroupements politiques : Au début du XIXème siècle, dans les vingt premières années, on
assiste à un net réveil de l'Afrique, suivi de regroupement d'Etats, dans l'Ouest, avec les Peuls, les
Malinké, les Agni, les Baoulés, au centre, avec les Haoussa et les Peuls, enfin au Sud avec les Bantou.
De grands Etats apparaissent, dont le cadre dépasse la tribu.
- L'avancée de l'Islam : L'islam s'est fortement établi au cours du XVIIIème siècle, a progressé vers
le Sud (…). Des lettrés musulmans prennent l'initiative en associant prédication religieuse et action
politique. Les "Zoulou" (…) combattent aussi au nom d'une idée religieuse.

Les facteurs du réveil de l'Afrique sont essentiellement religieux et militaires.

II.2. Le réveil en Afrique occidentale : L'œuvre d'Ousman Dan Fodio

 Ousman Dan Fodio et la constitution de son empire


Ousman, surnommé Dan Fodio, c'est-à-dire le fils du savant (…), est né vers 1754, dans l'Etat haoussa
du Gobir, au nord de Kano. Savant juriste, d'origine Peul (…), il prêche l'Islam Quadriya, pour vaincre
l'animisme prédominant.  
Né vers 1754 dans l'Etat Haoussa du Gobir,au nord de Kano, Ousman Dan Fodio, savant juriste
d'origine peul, se révèle un fervent musulman. Il lance le Djihad (Guerre sainte) contre Sarkin Younfa
(souverain haoussa de Gobir) qu'il accuse de tyranniser les classes défavorisées. Le 21 juin 1804 ses
partisans parviennent à écraser l'armée du Sarkin. Ousman prend le titre Khalife (Commandeur des
croyants) La conquête de Gobir et le goût du butin amènent le Khalife et ses troupes à 'étendre le
Djihad à d'autres Etats voisins.Trapidement, son armée prend vite Kano, Katsina, Zaria, le Noupé, le
Kebbi et le Liptako. (…). Le territoire qu'il conquiert, au Sud du lac Tchad, est nommé Adamaoua. En
1808, Ousman dan Fodio attaque le Bornou.
A la fin des conquêtes, le khalifat de Sokoto s'étend sur 1500 km d'Ouest en Est, c'est-à-dire du fleuve
Niger au lac Tchad, et sur 600 km du Nord au Sud.

 L'Islam: le fondement de l'empire


Le khalifat de Sokoto a une Constitution fondée sur le Coran. C'est ainsi que ce dernier régule toutes
les activités. Par ailleurs, les préceptes de l'Islam rendent possible l'union des "frères musulmans".
C'est ainsi qu'en 1820, l'unité des peuples du Soudan oriental et ceux du Soudan occidental est réalisée
du fait de l'appartenance de ces deux peuples à la Umma (communauté des Frères musulmans).

 L'organisation administrative et économique de l'empire


L'empire est divisé en émirats (provinces) dirigés par des Emirs, avec une administration fondée sur
des lois coraniques.
Sur la plan économique le khalifat de Sokoto connaît un grand essor économique grâce notamment à
un commerce fructueux avec les caravaniers venus de l'Afrique du Nord et de la vallée du Nil ainsi
qu'à la traite des esclaves. Kano est le centre commercial le plus actif de l'empire.

 La mort du Khalife et le déclin de l'empire


A la mort d'Ousman Dan Fodio vers 1815, son Etat s'étend d'Ouest en Est sur plus de mille kilomètres.
Malgré une certaine unité religieuse, l'empire est partagé en deux : l'Ouest revient à Abdallâh, frère
d'Ousman, avec Gwandou comme capitale et l'Est, à Mohamed Bello, fils d'Ousman, avec Sokoto
comme capitale. Peu à peu les provinces camerounaises éloignées se détachent.

Dans le Macina, à l'Ouest, Cheikou Ahmadou va à la tête à la tête des Talibés Peul du clan Bari
s'attaquer aux Diallo qui les méprisent. Il décide la guerre sainte et ses troupes écrasent celles des
Bambara de Ségou venus secourir le Macina. (…) Un Etat Peul se constitue au Macina (…). Il
continue la guerre contre les populations voisines (…) Djenné est conquise en 1815, puis Tombouctou.
Cheikou Ahmadou se donne comme capitale Hamdallahi.
Les luttes pour la succession entraînent le morcellement, puis le déclin de l'empire.
II.3. Le réveil en Afrique australe : l'œuvre de Tchaka Zoulou

 Tchaka Zoulou et la constitution de son empire


Tchaka est né dans une famille pauvre, dans le Natal actuel, vers 1787. Il est apprécié pour sa valeur
militaire par le chef Dinguiswayo qui avant de mourir, le désigne comme son successeur. Tchaka
change le nom de son peuple, Ngoni (qui, pour lui, ne rappelle que la honte et la vassalité) en Zoulou
qui signifie "Peuple venu du ciel". Dès 1807, il se lance à la conquête des territoires voisins. Ainsi se
crée une nation de presque un million d'individus qui s'étend au Nord, jusqu'au Lac Nyassa, au Sud, à
la limite de la province du Cap.

 La stratégie militaire de Tchaka : l'impi


Les troupes sont divisées en 4 corps: deux ailes qui forment les cornes du buffle, et deux corps
centraux, placés l'un derrière l'autre comme le crâne même. Opérant un mouvement tournant, l'une des
ailes attaque, tandis que l'autre se cache et n'intervient que lorsque le combat est engagé. Ces ailes sont
composées de jeunes guerriers agiles et ardents. Leur tâche est d'harceler l'ennemi pour le rabattre vers
le centre. Là, à l'avant-centre, des guerriers expérimentés, qui attendent embusqués, s'élancent pour
prendre l'ennemi dans un étau.

 L’armée : le fondement de l'empire


L'empire zoulou repose essentiellement sur l'armée rénovée par Tchaka. En effet, le "Napoléon
Africain" a constitué une véritable armée de métiers. On y sert de 16 à 60 ans. Le mariage est une
récompense pour les valeureux guerriers entre 30 et 40 ans. Les guerriers, équipés d'une courte sagaie,
subissent des exercices quotidiens intensifs pour la préparation physique et le perfectionnement des
techniques de combats. Les armées de Tchaka mettent au point la stratégie de la "tête de buffle".
Tous les jeunes des peuples vaincus ont la vie sauve et sont automatiquement intégrés selon leurs
classes d'âge dans la société Zoulou. C'est par cette intégration que Tchaka tente d'éclater le cadre
tribal dans son empire : L'empire Zoulou devient un espace supra-tribal.

 L'organisation administrative et économique de l'empire


L'empire était divisé en provinces et en districts. Le district était un territoire regroupant un certain
nombre de Kraals (villages) et placé sous la direction d'un fonctionnaire. L'instance suprême de
l'empire est le conseil du roi composé de notables. Mais il ne joua qu'un rôle figuratif face à la
dictature de Tchaka.
L'économie est basée sur l'agriculture et l'élevage. Le gros de leurs richesses est constitué par le butin
de nombreuses guerres.

 L'assassinat de Tchaka et le déclin de l'empire


Tchaka dont la cruauté a excédé ses proches est assassiné par son demi-frère Dinga vers 1820. La
nation zoulou commence un lent déclin. Plus tard, le massacre de Blancs venus pour acheter des terres
conduit à l'intervention des Anglais (1839) qui affaiblit l'Empire, malgré une longue résistance des
Zoulous. 

Conclusion :
Le renouveau africain observé au XIXe siècle se caractérise surtout par la création de l'empire de
Sokoto, dans l'Ouest, et l'empire Zoulou, dans le Sud du continent. C'est par l'intégration des peuples
vaincus que Tchaka et Ousman arrivent à créer des empires supra-tribaux.
Mais les fondements de ces unités politiques sont si fragiles qu'à la mort des leaders ils s'ébranlent.
C'est pourquoi, il est judicieux de parler plutôt de tentatives de renouveau et/ou de renaissance.
Chapitre 2 : Le Gabon au début du 19ème siècle

Au 19ème siècle siècle le Gabon devient une colonie française. Jusqu’avant ce siècle, les populations
vivant sur ce territoire sont indépendantes et entretiennent des relations commerciales avec les
Européens (Portugais, Espagnols, Hollandais, Anglais, Français…).
Cette évolution du statut du territoire du Gabon n’a pas été sans conséquences politique, économique,
culturelle, sociale.

I. Le Gabon pré colonial


Le territoire du Gabon pré colonial accueille des peuples (Pygmées, Bantous et Fang) libres et assez
bien organisés sur les plans social, politique et économique.

I.1. L’organisation sociale des peuples vivant au Gabon


Les peuples qui vivent au Gabon sont regroupés en quatre grands groupes ethniques : le groupe
myénè, le groupe mériè, le groupe mbédè et le groupe fang,. Sur le plan social, ils sont organisés en
trois classes.
- Nobles : purs sang, ils jouissent de tous les droits.
- Simples Hommes libres : Enfant né d’une union entre un Homme libre et une esclave ; Ou encore, un
Noble qui a élu domicile dans un autre village que le tien.
- Esclaves : Captifs de guerre ; personnes bannies de leur clan pour vol, la sorcellerie… ; Pygmées.

I.2. L’organisation politique


Il existe trois formes d’organisation politiques.
• Le village-Etat: C’est un très grand village indépendant des autres villages. Il est propre aux peuples
migrant tels les Fang, les Benga, les Galwa... Il est dirigé par l’Homme le plus âgé, assisté d’un
Conseil de sages.
• La confédération : C’est un ensemble de villages moyens situé sur une aire géographique bien
déterminée, composé de chefferies soumises à un chef supérieur. Les chefferies sont indépendantes les
unes les autres. Elle est propre aux Mpongwé, Gisir, Téké…
• Le royaume : C’est un territoire dirigé par un roi. Ce dernier règne sur les chefs de clan ainsi que les
villages de son royaume. Il est propre aux Orungu, Nkomi…

I.3. L’organisation économique


Les peuples du Gabon pré colonial pratiquent plusieurs activités économiques, à savoir :
• L’agriculture (sur brûlis) et l’élevage : manioc, tarot, ignames, légumes… ; moutons
• L’artisanat : Tissage des étoffes, teinture des tissus, travail du fer, du bois…
• Commerce : Echanges commerciaux entre différents villages, confédérations ou royaumes. Ils se font
sur la base du troc.

II. Le territoire du Gabon au contact des Européens


Au XVème siècle, les Européens explorent les côtes gabonaises.

II.1. L’exploration de la côte


C’est en 1472 que les portugais découvrent les côtes du Gabon, notamment le delta de l’Ogooué (Port-
Gentil). Puis, ils entrent en contact avec les riverains de l’estuaire du Komo, les Mpongwé. Continuant
leur exploration, les portugais atteignent les pays du sud-ouest du Gabon, Sette Cama et Mayumba. En
1475, l’ensemble de la côte gabonaise est déjà exploré par les portugais.
Assimilant, la forme de l’estuaire à un manteau de marin (Gabao en portugais), ils baptisent cette
région "Rio do Gabao", d’où le nom Gabon.

II.2. Les conséquences de la découverte des côtes gabonaises : la traite négrière


Les portugais sont les premiers négriers des côtes gabonaises, suivis des Hollandais, des Français, des
Anglais… Les esclaves sont capturés à l’intérieur du Gabon par des guerriers Bakélé, Fang, Bayaka…
qui les revendent aux populations de la côte, Vili et Myénè ou directement aux négriers européens. Les
premiers esclaves enlevés du Gabon sont vendus en Caroline du Sud (USA). Au total, plus de dix huit
mille esclaves sont partis des côtes gabonaises.
Les principaux entrepôts d’esclaves au Gabon sont Nengué-awoga (dans l’Estuaire), Sangatanga (dans
les régions du Cap Lopez) du Fernan vaz, Adolinanongo (actuelle Lambaréné), Mayumba…

III. L’implantation française au Gabon


Les français s’installent officiellement sur les côtes gabonaises dans la première moitié du XIXème
siècle.

III.1. Les raisons


L’installation française sur les côtes gabonaises est motivée par :
• La raison humanitaire : lutter contre les négriers qui contrevenaient à l’interdiction de la traite
négrière et civiliser les populations par l’action des missionnaires chrétiens. En effet, abolie en 1815
dans toute l’Europe, en 1833 dans les colonies anglaises et en 1848, dans les colonies françaises, la
traite se poursuit illégalement sur les côtes africaines, notamment dans le golfe de Guinée.
• Les raisons politique et économique : La France veut créer des points d’appui pour sa flotte. En
plus, elle veut supplanter le monopole commercial de l’Angleterre dans l’estuaire du Gabon. Aussi
envoie-t-elle le lieutenant de vaisseau Bouët-Willaumez explorer la côte gabonaise.

III.2. La fondation du comptoir du Gabon


Arrivé au Gabon, Bouët-Willaumez, assisté de Broquant, signe une série de traités dits d’amitié avec
les chefs côtiers de l’estuaire.
• Le traité du 09 février 1839 : Bouët-Willaumez signe avec Antchuwé Kowe Rapotchombo (Roi
Dénis) un traité qui amène le roi Dénis à céder à perpétuité à la France une partie de ses terres, sur la
rive gauche de l’estuaire. En échange la France lui offre 20 pièces d’étoffes assorties, 10 barils de
poudre de 25 livres, 20 fusils à un coup, 2 sacs de tabac, 1 baril d’eau-de-vie et 10 chapeaux blancs.
• Le traité du 18 mars 1842 : Bouët-Willaumez signe avec Anguilet Ré-Dowé (Roi Louis) un traité
qui permet à la France d’acquérir des terres sur la rive droite de l’estuaire.
• Le traité du 27 avril 1843 : Baudin signe avec Kaka Rapono (Roi Quaben) un traité qui permet à la
France d’acquérir tout le territoire compris entre le village Quaben et le cap Estérias.
• Le traité du 28 mars 1844 : Ravony (Roi Will Glass) signe avec la France un traité qui donne à
cette dernière le village Mpongwé de Glass (Olamba).
• Le traité du 1er avril 1844 : Bouët-Willaumez signe avec les chefs Antchuwé Kowe Rapotchombo,
Anguilet Ré-Dowé, Kaka Rapono, Ravony Glass, Kringer un traité qui cède à la France tout le
territoire compris entre le cap estérias et le fond de l’estuaire.
• Le 1er août 1846 : Tous les signataires du traité du 1er avril 1844 cèdent à la France le Mont Bouët
et toutes les dépendances, le Cap Santa clara, l’île Coniquet, Owendo.

Document : Libellé du traité avec Louis Dowé


Article 1 : La souveraineté du territoire du roi Louis situé entre le village du Roi Glass et celui de
Quaben est considérée pleine et entière au Roi français.
Article 2 : Le roi Louis cède de plus en toute propriété aux français le terrain de l’ancien village de
son père pour y élever telle bâtisse ou fortification qu’il leur plaira et, s’ils changent d’idée plus
tard, il s’entendra avec eux pour un autre emplacement favorable (…).
Article 3 : Tous les bâtiments des autres nations pourront venir mouiller à l’ancre devant le village.
Article 4 : En cas de naufrage, le tiers des objets sauvés sera concédé aux sauveteurs.
Article 5 : Le roi Louis ne stipule aucune condition de cadeaux d’échange et s’en rapporte tout à
fait à la générosité du gouvernement français.
Source : Aperçu historique du Gabon. IPN /Libreville 1973

A la lecture des traités ci-dessus mentionnés, il apparaît qu’en échange de l’occupation de leurs terres,
les français apportent aux autochtones cadeaux et sécurité (militaire). Les chefs autochtones "se
rangent (…) sous la protection et la souveraineté de la France".

III.3. La fondation de Libreville


Libreville est née de la libération des esclaves. En effet, en 1846 un vaisseau français arraisonne un
négrier (l’Elizia) chargé de 261 esclaves capturés au Congo. Ils sont débarqués au Sénégal le 28 juin
1846 afin d’être soignés. Le 16 octobre 1849, les survivants de l’Elizia sont envoyés au Gabon qui
manque de main d’œuvre. Ils sont installés dans la zone de Montagne sainte. Bouët-Willaumez donne
à cette agglomération le nom de Libreville.

III.4. Les débuts de l’église chrétienne au Gabon


Les premiers missionnaires chrétiens arrivent au Gabon le 22 juin 1842. Il s’agit des pasteurs Wilson
et Griswold. Ils fondent l’église de Baraka.
Le 28 septembre 1844, le père Bessieux et le frère Grégoire débarquent au Gabon. Ils installent la
mission Sainte Marie et créent la première école française en 1845.

IV. La migration fang


Entre 1810 et 1820, en provenance du Cameroun, des vagues de population fang entrent au Gabon, en
traversant le fleuve Ntem.

IV.1. Les causes de la migration


Plusieurs raisons expliquent la migration fang.

• Les raisons politiques


- Ils fuient les hommes d’Ousman dan Fodio qui mènent une guerre sainte (Djihad) contre les
populations kafirs (non islamisées) vivant entre l’Adamoua et le Kebbi, dont les fang.
- Ils fuient les populations Basa’a du Nord Cameroun qui leur font la guerre.

• Les raisons économiques


- Ils recherchent le sel marin, en abondance sur la côte.
- Ils veulent entrer en contact avec les populations côtières de l’estuaire (Mpongwé, Bakélé, Sékiani)
en vue de bénéficier des apports européens venant de la côte.
- Ils veulent s’affranchir des courtiers Mpongwé, Bakélé, Sékiani… en traitant directement avec les
Européens sur la côte.

IV.2. L’itinéraire des fang au Gabon


Les fang arrivent au Gabon entre 1810 et 1820. Vers les sources du Ntem, ils se séparent en plusieurs
sous groupes: les Betsi, les Nzaman, les Ntoumou, les Kwélé, les Makina
• Les Betsi : Ils se dirigent vers l’Estuaire du Gabon et le Sud-Ouest par Mitzic, Medouneu ou par
l’Okano, l’Abanga et la Bokwé. Ils atteignent aussi N’djolé et Lambaréné.
• Les Nzaman : Ils occupent la rive droite de l’Ogooué, notamment à N’djolé et à Booué aux dépens
des Kélé et des Kota de ces régions.
• Les Ntumu et les Mvai s’installent dans le Woleu-Ntem aux dépens des Sékiani.
• Les Kwélé : Ils s’établissent sur le haut Ivindo jusqu’à Makokou et au Nord de Mékambo aux dépens
des Bongom et des Okandé.
• Les Makina (ou Chiwa) : Ils s’installent dans la région de Booué et sur le Moyen-Ogooué.

IV.3. Les conséquences de la migration fang


La migration fang est à l’origine d’autres migrations telles que celles des Sékiani, Kélé, Kota,
Bongom, Okandé. De plus, elle a occasionné la modification des structures culturelles et socio-
économiques du Gabon.

Conclusion :
Au total, le Gabon du début du XIXème siècle est un territoire très peu peuplé, sans unité politique.
Son ouverture au monde européen bouleverse complètement ses structures politiques, économiques,
culturelles. A la fin de la première moitié du XIXème siècle, le territoire du Gabon est déjà
partiellement sous la souveraineté de la France.
Chapitre 03 : L'entre-deux-guerres (1919-1939 

Leçon 1 : Le déclin de l’Europe et la montée en puissance des pays neufs 

Après la Première Guerre mondiale, l’Europe affaiblie assiste impuissante à la montée des pays neufs.
Ceux – ci connaissent entre 1920 et 1929 une impressionnante prospérité qui a donné son nom à cette
période.

I. Le déclin de l’Europe
D’une manière générale, l’Europe sort affaiblie de la Première Guerre mondiale. Les pertes humaines sont
considérables et touchent surtout les tranches jeunes de la population (population active).
La guerre a également des conséquences importantes sur le plan économique et financier. Dans ce dernier
domaine avait prévalu un système monétaire appelé ‘’ Régime de l’étalon or ’’ à la suite des perturbations
monétaires que connaît l’Europe durant la Grande Guerre.
Au printemps 1922, la conférence internationale de Gênes rétablit la convertibilité des monnaies qui avait
été abandonnée pendant le conflit mondial. La nouvelle convertibilité prend le dollar comme monnaie de
référence. C’est donc un vieux continent impuissant qui doit subir la montée des Pays Neufs.
 
II. La montée des Pays Neufs
Dès le début de la guerre, les Pays Neufs (Etats – Unis, Japon, Argentine, Brésil) font développer leurs
productions agricoles, industrielles pour répondre à la demande toujours plus grande des Alliés. Ces pays
constituent désormais dans les domaines comme l’élevage, le textile et la métallurgie des concurrents pour
l’Europe ; ce qui rend plus difficile les exportations de l’Europe.

• L’Amérique de la prospérité
Entre 1922 et 1929, les Etats – Unis connaissent une croissance économique rapide qui vaudra à cette
période de l’histoire le surnom de « Prosperity ». La production industrielle augmente de 64 % grâce à la
standardisation de la production, à l’organisation scientifique du travail et à la concentration des
entreprises. L’United States Steel Corporation domine la production de l’acier, Dupont de Nemours
l’industrie chimique, la General Motors et Ford dominent l’industrie automobile.
Cette prospérité ne touche pas toutes les catégories sociales : le nombre de chômeurs n’est jamais inférieur
à un million et demi entre 1924 et 1929.
La prospérité économique et l’enrichissement de la société vont entrainer deux réactions :
- La libération des mœurs ;
- La réaction puritaine.
L’aspect le plus spectaculaire de la réaction puritaine (grande sévérité sur les principes moraux) est la
prohibation de la fabrication d’alcool et de sa vente. Mais les résultats sonr décevants. La consommation
globale de l’alcool ne baisse pas à cause de la production clandestine. Le 21° amendement met fin à la
prohibation.
Au total, l’entre – deux – guerres a vu la puissance de l’Europe déclinée au profit des Pays Neufs et surtout
des Etats – Unis. Ces derniers vont développer le capitalisme libéral.
 

Leçon 2 : L’Essor du capitalisme libéral

Le capitalisme est un système économique et social fondé sur la propriété privée des moyens de production
et d’échange. Il se caractérise également par la recherche du profit et la concurrence entre les entreprises.
Le capitalisme libéral est donc un système économique dans lequel le marché est l’élément moteur. 

I. La prospérité des années 1920


Les principales caractéristiques de la croissance sont : l’essor des bourses et des banques, la concentration
des entreprises. La principale limite de la prospérité des années 1920 fut la surproduction qui provoque la
chute des coûts sur le marché mondial.

II. La crise économique de 1929


• Les origines. A partir de 1896 le monde industriel renoue avec l’expansion (en partie) grâce à la
découverte de nouvelles mines d’or. Cette expansion, très nette aux Etats – Unis, se poursuit après la
Grande Guerre. Dans les années 1920, la production industrielle progresse de plus de 50 % en Europe et
aux Etats – Unis ; et se traduit par une prospérité exceptionnelle marquée par :
- La surproduction (production exagérée des entreprises américaines qui sont obligées de baisser les prix) ;
- La spéculation boursière (les Américains achètent les actions pour les revendre à haut prix) ;
- Le crédit (les actions américaines sont achetées à crédit).

• Le déroulement de la crise. Le jeudi 24 octobre 1929 (« jeudi noir ») tout s’enclenche. et en quelques
mois les Etats – Unis sont bouleversés : faillite commerciale, industrielle, crise agricole. Car la mévente des
produits entraîne aussitôt une réduction des activités et de la production. Cette réduction occasionne à son
tour la réduction de l’emploi et la mise au chômage des millions de travailleurs.
En raison du poids économique mondial des Etats – Unis, la crise se propage rapidement. Elle s’étend à
l’Europe, aux colonies et à toute l’Amérique. Seule la Russie, isolée dans son système socialiste et l’Italie
fasciste y échappent.
• Les conséquences. Les échanges internationaux sont réduits au plus bas. Le commerce mondial est
paralysé car les Etats protègent les économies nationales par des barrières douanières élevées. Le
mécontentement et l’agitation sociale qui en découlent favorisent le développement des partis politiques
extrémistes : Les partis communistes, à l’extrême droite, les partis d’un type nouveau : les partis fascistes
nationalistes, hostiles à la démocratie.
 
Conclusion :
Au total, la crise boursière qui a éclaté en octobre 1929 dans le pays le plus riche du monde, les Etats –
Unis, s’étend aussitôt à tous les secteurs de l’activité économique américaine, puis à l’ensemble des pays
capitalistes, frappant des dizaines de millions d’êtres humains.
 
Leçon 3 : Les difficultés des démocraties occidentales

Après la Première Guerre mondiale, les démocraties européennes connaissent de nombreuses difficultés.
Les crises économiques entrainent des crises politiques et sociales. Des expériences économiques et
politiques sont tentées.

I. Les tentations socialistes : l’URSS de Lénine et de Staline


A la suite de la révolution d’octobre, Vladir Ilitch Oulianov alias Lénine est porté à la tête de la Russie qui
signe le traité de Brest – Litovsk. Presque immédiatement la jeune République est attaquée par les armées
blanches que soutiennent les puissances étrangères. Après trois ans de guerre intra – étatique meurtrière, les
bolcheviks remporteront la victoire, mais à quel prix ! La guerre et la famine font treize millions de
victimes. L’économie s’effondre. Toute démocratie disparaît dans la lutte avec la contre – révolution, et le
Parti communiste qui ne laisse aux soviets qu’une autorité nominale, exerce un pouvoir dictatorial.
La guerre terminée, le pays est atteint par une vague de grèves et de désordres qui culmine avec la
mutinerie de Kronstadt en février 1921. Toutefois, le régime de Lénine arrive tout de même à se maintenir
au pouvoir. Dès 1922, il rétablit des liens avec le monde extérieur. Cette stabilité nouvelle demeure
cependant précaire. La Russie restait isolée et entourée de puissances capitalistes hostiles.
La mort de Lénine en janvier 1924, pose un grave problème de succession. Entre ses deux principaux
collaborateurs, Staline (partisan du socialisme dans un seul pays) et Trotski (partisan d’une révolution
permanente) l’opposition est totale. Staline plus rusé, l’emporte finalement sur son rival.

II. Les tentations fascistes


Le premier régime fasciste apparaît en Italie. Benito Mussolini dit Duce, arrivé au pouvoir en octobre 1922,
instaure progressivement une dictature d’un type nouveau. Toutes les libertés et toutes les Institutions sont
supprimées tandis que le gouvernement fasciste prétend transformer en profondeur la vie des italiens pour
forger un homme nouveau.
Le mouvement fasciste naît dans un contexte de crise. Bien que faisant partie des vainqueurs, l’Italie sort
affaiblie de la guerre de 1914/1918. La démobilisation et la fin des commandes de guerre provoquent une
brusque hausse du chômage.
En somme, les effets de la Première Guerre mondiale occasionnent des réactions socio – politiques et
économiques en Russie et en Italie. Les vieilles démocraties européennes glissent progressivement vers un
régime totalitaire (régime non démocratique où l’Etat ou celui qui l’incarne est tout, réglant ce qu’il faut
dire, croire, faire).

III. La montée des totalitarismes et la crise des années 1930


• L’établissement de la dictature hitlérienne. La crise économique de 1929 est principalement à l’origine de
l’arrivée au pouvoir en Allemagne d’Hitler et du nazisme en 1933. En effet, l’économie allemande qui
reposait en grande partie sur le crédit extérieur est touchée dès 1930 par le rapatriement des capitaux
américains et anglais, puis par l’effondrement du commerce extérieur. L’année 1931 est marquée par de
nombreuses faillites bancaires et industrielles et un développement du chômage (plus de 6 millions de
chômeurs). Cette crise provoque une hostilité grandissante à l'égard du capitalisme dont profite les partis
extrémistes. A l’extrême droite se développe le parti national – socialiste d’Hitler. La doctrine nazie repose,
comme le fascisme, pris d’abord comme modèle, sur quelques grands thèmes, empruntés pour la plupart
aux pangermanistes et à des penseurs étrangers. Le racisme apparaît comme le fondement de la doctrine
nazie. S’appuyant sur une conception pseudo – scientifique de l’inégalité des races, Hitler affirme la
supériorité de la race indo – européenne (ou aryenne) dont les Germains sont considérés comme les plus
purs représentants. Il importe donc de la préserver des ‘’races inférieures’’ et en particulier des juifs.
L’antisémitisme voit le jour en Allemagne.

Le 30 janvier 1933, Hitler devient chancelier du Reich ; le 2 août 1934, il cumule les fonctions de
chancelier et de président du Reich. La dictature est désormais totale.
La doctrine nazie est exprimée principalement dans ‘’ Mein Kampf ’’ (Mon combat). Ce régime d’un type
particulier était caractérisé par :

- Un chef tout – puissant, guide suprême de la nation, véritable « dieu » pour ses partisans ;

- Un parti unique et une police qui lui sont entièrement dévoués ;

- Un fanatisme appuyé par une propagande officielle intense ;

- Un nationalisme agressif et un anticommunisme violent ;

- Un contrôle étroit de la vie économique par l’Etat afin de développer la puissance militaire du pays ;

- Un mépris des libertés individuelles et des droits de l’homme.

• La faillite de la sécurité collective, 1930 - 1937. C’est l’agression nippone en Mandchourie (Chine) qui
donne le signal du retour à la violence. La SDN condamnant le Japon à la demande de la Chine, le Japon se
retire de cette organisation en 1933. Ainsi, il peut continuer son expansion dans une Chine riche en
matières premières.

Encouragé par cette attitude, Hitler décide dès 1933 de se retirer de la SDN. Passant outre aux clauses du
traité de Versailles, il reconstitue clandestinement son armée, échoue dans une première tentative
d’annexion de l’Autriche au Reich (Anschluss : rattachement de l’Autriche à l’Allemagne) devant
l’opposition de l’Italie, mais récupère la Sarre en janvier 1935 après un plébiscite où la propagande nazie fit
merveille parmi une population au demeurant allemande. Deux mois plus tard, il rétablit le service militaire
obligatoire en Allemagne. Encouragé par la passivité des puissances occidentales, Hitler ne tarde pas à
franchir de nouvelles étapes.

La guerre d’Ethiopie. Mussolini, qui pratique une politique nataliste ainsi que par prestige, réclame de
nouvelles terres ; il songe à établir une colonie de peuplement en Ethiopie, seul pays indigène indépendant
d’Afrique. Un incident de frontière entre l’Ethiopie et la Somalie italienne sert de prétexte à l’invasion du
pays (octobre 1935). L’Empereur d’Ethiopie, le Négus Haîlé Selassie, fait aussitôt appel à la SDN dont son
pays est membre. Mais les sanctions économiques décidées contre l’Italie, reconnue comme agresseur, ne
sont pas appliquées. Le Duce triomphe rapidement. La prise d’Addis – Abeba en mai 1936 met fin à la
conquête. En voulant ménager Mussolini (dont on espère l’appui contre les ambitions d’Hitler ?), la Grande
– Bretagne et la France ont accentué le discrédit de la SDN.
Négligeant à la fois le traité de Versailles, Hitler fait réoccuper militairement la rive gauche du Rhin
(frontière franco – allemande) en mars 1936. La France se contente de protestations verbales. Les défis
italiens et allemands à la SDN rapprochent les deux dictatures. En octobre 1936, Le Duce et le Führer
signent un protocole affirmant une « volonté de collaboration et de paix entre l’Italie et l’Allemagne » (Axe
Rome – Berlin). Un mois plus tard, l’Allemagne conclut avec le Japon le pacte ‘’anti – komintern’’ (contre
l’URSS). L’équilibre continentale est désormais rompu en faveur de l’Allemagne.

• La marche à la guerre. En 1938, Hitler s’estime suffisamment prêt pour se lancer dans une politique
d’expansion territoriale en Europe, au nom de la ‘’défense des minorités allemandes opprimées’’ et de la
nécessaire conquête de l’espace vital. En 1938, Hitler va plus loin dans son projet de conquête du ‘’Grand
Reich’’. Il réalise l’Anschluss (rattachement de l’Autriche à l’Allemagne en tant que pays germanophone).
Puis, il revendique le territoire des Sudètes, une région de la République tchèque, peuplée de trois millions
d’Allemands. A l’initiative de Mussolini, une conférence se tient à Munich en septembre 1938. Le Premier
ministre anglais, Chamberlain, et le Président du conseil français, Daladier, pensant préserver la paix,
cèdent aux exigences du Führer. La Tchécoslovaquie dépecée est rayée de la carte en mars 1939. En
annexant des territoires non allemands, Hitler passe des revendications ‘’nationales’’ à la conquête de
l’espace vital. Quelques jours plus tard, la Lituanie doit, sous la menace, céder Memel au Reich tandis que
l’Italie s’empare de l’Albanie

Dès mars 1939, Hitler annonce son intention d’envahir la Pologne. Renforçant son alliance avec la France,
la Grande – Bretagne décide de garantir les frontières de la Pologne en cas d’agression. L’Allemagne
réplique en signant le ‘’Pacte d’Acier’’ avec l’Italie (mai 1939). Une véritable « course aux alliances »
oppose désormais Hitler au bloc franco – britannique. L’enjeu principal en est l’URSS dont la prise de
position apparaît déterminante dans le rapport des forces. De part et d’autre, des négociations sont
entreprises avec Moscou.

Le 23 août, le monde apprend avec stupéfaction que l’Allemagne vient de conclure un pacte de non –
agression, avec l’URSS. Assuré de la non – agression de l’URSS, après la signature du pacte germano –
soviétique (Staline, depuis Munich, soupçonne les franco – Britanniques de vouloir détourner les ambitions
d’Hitler vers l’URSS ; il préfère composer avec l’Allemagne, ce qui, en outre, pourrait lui permettre de
récupérer les territoires perdus depuis 1917, dont une partie de la Pologne) en août 1939, Hitler exige le
rattachement de Dantzig et pénètre en Pologne le 1° septembre. Dès lors les choses se précipitent. Par le jeu
complexe des alliances et des ambitions, ce conflit européen va rapidement s’élargir aux dimensions du
monde : la Seconde Guerre mondiale est déclenchée.
Chapitre 04 : Les révolutions russes

Introduction :
La Révolution russe de 1917 a une importance comparable à celle de la Révolution française de 1789.
Pour la première fois, des socialistes s’emparent du pouvoir dans un pays. Bouleversant l’ancien
régime économique, social et politique de la Russie, Lénine et ses partisans entreprennent la
construction d’un Etat socialiste, en se fondant sur les théories définies par Karl Marx cinquante ans
plus tôt.

I. l’Empire en crise.
En 1914, l’immense empire russe (22 millions de kilomètres carrés pour 170 millions d’habitants) est
apparemment très puissant. En réalité, il connaît de graves difficultés.

• La situation économique et sociale n’est guère brillante. Du point de vue agricole, des chiffres
importants de production et d’exportation (blé notamment) cachent une situation retardaire :
techniques rudimentaires, rendements médiocres, et surtout condition déplorable de la paysannerie qui
forme les ¾ de la population. Si le servage a été aboli (en 1861), la masse des moujiks (paysan
généralement très pauvre et illéttré) reste exploitée par de grands propriétaires nobles, les Koulak.

Du point de vue industriel, la Russie reste très en retard sur l’Europe occidentale : elle ne compte alors
que 5 millions d’ouvriers. L’industrie, récente et dominée par le capital étranger (français, anglais,
allemand…), est concentrée en quelques grands centres. Des conditions de travail très dures facilitent
le développement des idées révolutionnaires. La classe moyenne (fonctionnaires, commerçants,
industriels), très peu nombreuse, aspire à jouer un rôle politique, mais elle se heurte à l’autoritarisme
du Tsar.
• La situation politique n’est pas moins troublée. Le mécontement est très grand dans les classes
populaires et chez les populations non – russes, fréquemment persécutées. L’opposition est vive, mais
elle est divisée en deux courants :
- un courant libéral et réformateur ;
- un courant révolutionnaire (dont les Mencheviks et les Bolcheviks).

• La guerre accentue encore les mécontements : les défaites accroissent le mécontement dans les villes
mal ravitaillées et dans l’armée les désertions se multiplient. Grèves et manifestations se développent à
partir de l’automne 1916.

II. La révolution de février


Au début de 1917, le mouvement devient insurrectionnel. Des soviets (conseil de délégués ouvriers,
paysans et soldats) se constituent dans toutes les grandes villes. En quelques jours, à la suite de grèves
et d’émeutes populaires dans la capitale impériale Petrograd (Saint – Pétersbourg avant 1914),
l’Empire s’effondre. Le 15 mars 1917, Nicolas II abdique.

Un gouvernement provisoire formé de libéraux et de socialistes modérés comme Kerenski, s’efforce


de gouverner le pays. Mais la situation économique et sociale se dégrade, d’autant plus que le
gouvernement décide de poursuivre la guerre contre l’Allemagne. Vladir Ilitch Oulianov alias Lénine,
arrivé en Russie au mois d’avril, réclame au contraire « la paix, la terre aux paysans, le pouvoir aux
soviets ». Sous son impulsion, les bolcheviks préparent l’insurrection. 
III. La Révolution d’octobre

Dans la nuit du 6 au 7 novembre 1917, les bolcheviks (ouvriers en majorité, mais aussi de nombreux
soldats et marins ralliés à la Révolution) occupent pratiquement sans résistance les points stratégiques
de Petrograd. Kerenski, chef du gouvernement provisoire, s’enfuit.

Le 7 novembre au soir, le congrès des soviets de Russie confie le pouvoir à un Conseil des
commissaires du peuple présidé par Lénine. La Russie se retire de la guerre après l’armistice, puis le
traité de paix de Brest – Litovsk (décembre 1917 et mars 1917) ; le gouvernement bolchévique présidé
par Lénine prend des mesures autoritaires. Les terres des grands propriétaires sont confisquées au
profit des soviets de paysans tandis que les soviets d’ouvriers contrôlent les usines. Pour ravitailler les
villes et l’armée, les récoltes sont réquisitionnées. Trosky, Commissaire à la guerre, impose une
discipline rigoureuse à l’Armée rouge qui combat les armées « blanches » contre – révolutionnaires
soutenues par les Alliés européens.

Conclusion :

A la suite de deux révolutions l’empire de Russie a cédé la place à la Russie bolchevik. Le nouveau
gouvernement prend rapidement une série de mesures qui transforment radicalement les structures
économiques, sociales et politiques. La révolution bolchévique d’octobre 1917 a été porteuse d’un
immense espoir pour tous les socialistes. Mais elle a aussi beaucoup d’adversaires à l’intérieur du
pays. Pendant plusieurs années, Lénine va devoir les combattre tout en tendant de reconstruire un pays
dévasté par la Première Guerre mondiale, puis civile.
L'Organisation des Nations Unies
 
Introduction :
Le 26 juin 1945, cinquante Etats fondent l’Organisation des Nations Unies (ONU). Sa mission est
d’empêcher les guerres, développer la coopération entre les nations en résolvant les problèmes
internationaux d’ordre économique, social, politique, humanitaire, etc.
Qu’est-ce que l’ONU ? Quels sont ses missions et ses moyens ?
 
I. Origine et rôle de l’ONU
I.1. La fondation de l’ONU
La fondation de l’ONU est liée à l’échec de la Société des Nations (SDN) et de la volonté des Alliés
(pays vainqueurs de la Deuxième Guerre mondiale : USA, URSS, France, Royaume-Uni) de
construire un monde d’après-guerre plus sûr et plus juste.
• L’échec de la SDN : Fondée en 1919 pour garantir la paix dans le monde d’après la Première Guerre
mondiale, le déclenchement en 1939 de la Deuxième Guerre montre que la SDN a échoué dans sa
mission. Il fallait donc créer une nouvelle organisation internationale pour préserver la paix dans le
monde d’après la Deuxième Guerre mondiale.
• La Charte de l’Atlantique : En 1941, c’est-à-dire en pleine Deuxième Guerre mondiale, le président
des Etats-Unis (Roosevelt) et le premier ministre britannique (Churchill) jettent les bases de la création
de l’ONU en signant la Charte de l’Atlantique, ratifiée en 1942 par 25 nations en guerre contre l’Axe
(Allemagne, Japon, Italie). Cette charte parle déjà de la nécessite de garantir la paix et la sécurité dans
le monde au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.
• La conférence de San Francisco : Espérant empêcher dans l’avenir l’horreur d’un autre conflit
mondial, et ce en tirant les leçons de l’échec de la SDN et en s’appuyant sur la Charte Atlantique, 51
Etats fondent, lors de la conférence de San Francisco, le 26 juin 1945, l’Organisation des Nations
Unies dont le siège est installé à New York.
I.2. Le rôle de l’ONU
Le rôle de l’ONU est clairement défini dans l’article 1 de sa charte. Ainsi, l’ONU doit :
• Maintenir la paix et la sécurité internationale. Aussi a-t-elle envoyé des soldats (Casques bleus) dans
des points chauds du globe (Proche-Orient, Somalie, Sierra Leone…).
• Développer entre les nations des relations fondées sur le respect de l’égalité des droits des peuples et
de leur droit à disposer d’eux-mêmes. Dans ce cadre, l’ONU a soutenu et encadré certains peuples
dans la longue marche vers l’autonomie (Timor oriental, Namibie…).
• Réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d’ordre économique,
social, intellectuel ou humanitaire. Cette mission s’observe dans l’action humanitaire avec notamment
l’aide apporté aux réfugiés, dans la lutte contre la lutte contre l’analphabétisme… Dans le cadre de la
coopération économique, l’ONU apporte son soutien dans l’assistance financière et technique aux
projets de développent dans les pays pauvres.
 
II. Fonctionnement et les institutions spécialisées de l’ONU
II.1. Le fonctionnement de l’ONU
L’ONU comprend 5 organes principaux qui assurent son fonctionnement. L’Assemblée générale élit
les membres les 10 membres non permanents du Conseil de sécurité, les 15 juges de la Cour
Internationale de justice de la Haye, les 54 membres du Conseil économique et social et le Secrétaire
général. Par ailleurs, elle contrôle l’action des institutions spécialisées. Les langues officielles de
l’ONU sont : anglais, français, espagnol, russe, arabe, chinois.

• Les organes de l’ONU :


Secrétariat général : Dirigé par un Secrétaire Général élu pour 5 ans, il administre l’ONU, fait
exécuter les décisions de l’Assemblée générale. Le Secrétaire Général est le médiateur entre les Etats
pour une résolution pacifique des conflits
Cour internationale de justice : Basée à la Haye, aux Pays-bas, elle est composée de 15 juges élus
pour 9 ans. Ces derniers jugent les litiges internationaux (tranche les conflits juridiques entre les
Etats).
Assemblée générale : Elle vote les recommandations ; tous les Etats membres y sont représentés. Ses
sessions annuelles se tiennent chaque mois de septembre à New York.
Conseil économique et social : Composé de 54 membres élus pour 3 ans, il est chargé de la
coopération économique et sociale et dirige les institutions spécialisées comme la FAO, l’UNESCO,
l’OMS, l’OIT, l’UNICEF, le FMI, la BIRD, etc.
Conseil de sécurité : Il décide de l’envoi des casques bleus pour maintenir la paix ou des sanctions
diverses à prendre contre un pays qui menace la paix dans le monde. Il est composé de 5 permanents
disposant du droit de véto (USA, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) + 10 membres élus pour 2 ans
(non rééligibles).

II.2. Les institutions spécialisées de l’ONU


Pour assurer le développement économique et social des Etats et faire progresser les droits de
l’Homme, l’ONU est secondée par des institutions spécialisées telles :
• Le FMI (Fonds monétaire international) participe au financement de projets de développement dans
les Etats les moins favorisés.
• La FAO (Organisation pour l’alimentation et l’agriculture) aide les pays les moins favorisés à
moderniser leur agriculture.
• L’OMS (Organisation mondiale de la santé) lutte pour améliorer les conditions d’hygiène et combat
les maladies endémiques (maladies persistantes dans une région).
• Le HCR (Haut-commissariat aux réfugiés) prête une assistance matérielle aux réfugiés dans le
monde et les aide à se réinstaller dans leur région d’origine dès que les conditions politiques le
permettent.
• L’UNICEF (Fonds des nations unies pour l’enfance) veut améliorer la situation de l’enfance, en
particulier par l’éducation et la lutte contre le travail des enfants.
• L’UNESCO (Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture) a pour
objectif de promouvoir l’alphabétisation et la culture. Elle protège aussi le patrimoine mondial sous
ses différentes formes : environnement, cultures minoritaires, architectures, œuvres d’art.

II.3. Les Différents Secrétaires généraux de l’ONU de 1946 à 2011 


TRYGVE LIE (Norvégien) : Secrétaire général de l'ONU de 1946 à 1953
DAG HAMMARSKJOLD (Suédois) : Secrétaire général de l'ONU de 1953 à 1961
SITHU U THANT (Birman) : Secrétaire général de l'ONU de 1961 à 1971
KURT WALDHEIM (Autrichien) : Secrétaire général de l'ONU de1971 à 1981
JAVIER PEREZ DE CUELLAR (Péruvien) : Secrétaire général de l'ONU de 1981 à 1991
BOUTROS BOUTROS GHALI (Egyptien) : Secrétaire général de l'ONU de 1991 à 1997
KOFFI ANNAN (Ghanéen) : Secrétaire général de l'ONU de 1997 à 2007
BAN KI MOON (Nord-Coréen) : secrétaire général de l'ONU de 2007 à 2016
ANTONIO GUTERRES (Portugal) : secrétaire général de l'ONU de 2016 à nos jours
 
Conclusion :
L’ONU joue un rôle important en permettant aux Petits de s’exprimer face aux Grands ; mais elle est
trop souvent dépendante des égoïsmes nationaux et des surenchères.

RELIEF ET HYDROGRAPHIE DE L’AFRIQUE


 
L’Afrique a un relief accidenté, en dômes et cuvettes. Dans ce dispositif, les montagnes exercent une
influence décisive sur l'hydrographie.
 
1. Cadre définitionnel
Affluent : c’est un cours d'eau qui se jette dans un autre plus important.
Altitude : c’est l’élévation verticale d’un point au-dessus du niveau de la mer.
Azonal : c’est un phénomène azonal varie sans relation avec sa position en latitude. Un climat azonal
s’étend sur plusieurs zones. Le climat aride est azonal car il s’étend sur des régions à des latitudes
diverses.
Bassin fluvial : c’est la région parcourue par les eaux d'un fleuve et ses affluents.
Cuvette : c’est une dépression de terre fermée de tous côtés.
Débit : c’est le volume d'eau évacué par un cours d'eau en un point donné en une seconde.
Delta : c’est l’embouchure fluviale où s’accumule les alluvions d’où une avancée de la terre sur la
mer. La plupart des deltas comprennent plusieurs bras de fleuves se subdivisant en plusieurs cours.
Désert : c’est un espace inhabité par l’homme (-200 mm précipitations annuelles). Par extension, les
espaces arides.
Détroit : c’est un passage de mer entre deux terres. Ex : détroit de Gibraltar entre l’Espagne et le
Maroc.
Embouchure : c’est l’ouverture par laquelle un cours d'eau se jette dans une mer ou un lac.
Estuaire : c’est la partie terminale d’un fleuve dans laquelle se fait sentir la marée.
Fleuve : c’est une grande rivière, remarquable par le nombre de ses affluents, l'importance de son
débit, la longueur de son cours.
Lac : c’est une grande étendue d'eau entourée de terres.
Mont : c’est un relief isolé ou sommet d’un massif montagneux.
Montagne : c’est un relief élevé (élévation de terre) dont les sommets et les bordures ont une forte ou
assez forte pente.
Oued : c’est rivière des régions sèches qui gonflent dès que survient un orage et disparaît très vite à
cause de la forte évaporation et de l'infiltration.
Plaine : c’est un relief continental plat et/ou peu élevé.
Plateau : c’est un relief élevé (élévation de terre) dont le sommet est plat ou peu accidenté.
Régime d'un cours d'eau : c’est l’ensemble des variations d'un cours d'eau au cours d'une année.
Régions aréiques : ce sont les régions sans écoulement régulier des eaux.
Régions endoréiques : ce sont les régions dont les eaux courantes n'atteignent pas la mer, se perdant à
l'intérieur des terres.
Régions exoréiques : ces sont les régions dont les eaux courantes rejoignent la mer.
Relief : c’est la forme, l’aspect de la surface de la terre, avec ses inégalités, ses creux et ses bosses.
Réseau hydrographique : c’est l’ensemble constitué par un fleuve et l'ensemble de ses affluents.
 
2. Les caractéristiques du relief de l'Afrique
 Quels sont les principaux types de relief rencontrés en Afrique ?
A l’observation de la carte orographique (du relief) de l'Afrique, il ressort que ce continent est marqué
par trois principales formes, à savoir :
• les plateaux : Ce sont de vastes surfaces plus ou moins plates qui s'inclinent lentement vers le centre
du continent pour former des grandes cuvettes (cuvettes du Niger, du Tchad, du Congo, du Kalahari,
du haut Nil). Sur les côtes du continent, la surface des plateaux se relève au contraire ; elle mène à des
montagnes comme celles du Drakensberg.
• les montagnes : Les montagnes sont surtout localisées dans le Nord (Maghreb) et l'Est de l'Afrique.
Dans le Maghreb, les montagnes forment de longues chaînes (Rif, Atlas tellien, Haut Atlas, et Atlas
saharien). Dans le reste de l'Afrique, les montagnes sont rassemblées en massifs. Les principales sont à
l'Est du continent.
• la plaine côtière : elle a généralement deux aspects : soit celui de cuvettes remblayées par des dépôts
fluviatiles (déposés par les eaux des fleuves), soit celui de larges surfaces aplanies. La plaine côtière,
souvent marécageuse, rend difficile l'accès au continent.
 Altitude et localisation des principaux sommets africains
 En Afrique de l’Est :
• Kilimandjaro, près de 5863 m d’altitude, localisé au Kenya ;
• Mont Kenya, près de 5194 m d’altitude, localisé au Kenya ;
• Ruwenzori, près de 5119 m d’altitude, localisé au Rwanda ;
 Dans le reste de l’Afrique :
• Mont Djebel Toubkal, près de 4165 m d’altitude, localisé au Maroc ;
• Mont Cameroun, près de 4071 m, localisé au Cameroun ;
• Drakensberg, près de 3657 m d’altitude, localisé en Afrique du Sud ;
• Tibesti, près de 3415 m d’altitude, localisé dans l'extrême nord du Tchad
• Ahhagar, près de 3000 m d’altitude, localisé dans l'extrême sud de l'Algérie
• Darfour, près de 3024 m d’altitude, localisé au Soudan
 
4. Les caractéristiques du réseau hydrographique africain
  Quels sont les principaux fleuves et lacs rencontrés en Afrique ?
L’exploitation de la carte hydrographique de l’Afrique met en relief cinq (05) grands fleuves et quatre
(04) lacs. Il s’agit notamment de :
- Les fleuves : Nil, Congo, Niger, Zambèze, Orange et Sénégal.
- Les lacs : Lac Victoria (près de 68 100 km2) ; Lac Tanganyika (près de 31 900 km2) ; Lac Malawi
(30 800 km2) et Lac Tchad (environ 14 000 km2).
 Quel est le cours des principaux fleuves africains ?
• Le Nil (6700 km) : le Nil nait dans les montagnes d'Afrique centrale, près de l'équateur, puis coulent
vers l'est dans le lac Victoria, et vers le nord dans le lac Édouard et le lac Albert. Après avoir reçu
l'affluence du Bahr el-Ghazal sur sa rive occidentale et le Sobat, le Nil Bleu et l'Atbara des plateaux
d'Éthiopie, il creuse sa vallée fertile à travers le désert avant de se jeter dans la Méditerranée en
formant un immense delta.
• Le Congo (4700 km) : le Congo nait en Afrique orientale, près des lacs Tanganyika, Malawi et
Bangwelu. De ce dernier sort le Congo, qui effectue un virage vers le nord à travers le lac Mweru puis
descend vers le bassin de l'Afrique équatoriale, qu'il traverse en une large courbe. Après avoir reçu les
eaux de nombreux affluents, il s'incurve vers le sud-ouest avant de se jeter dans l'Atlantique.
• Le Niger (4200 km) : Le Niger, troisième plus long fleuve africain, prend sa source à la frontière de
la Sierra Leone et de la Guinée, soit proche de l'extrême ouest de l'Afrique continentale et coule vers le
nord-ouest, à rebours du Congo. Sa trajectoire s'incurve fortement au Mali entre Tombouctou et Gao,
puis il coule vers le sud-est avant finalement se jeter dans le golfe de Guinée donnant sur l'Atlantique.
• Le Zambèze (2700 km) : le Zambèze prend sa source sur les plateaux du Katanga (près de la
frontière entre la RDC et la Zambie), il fait une courte incursion en Angola avant de revenir en
Zambie, qu'il traverse du nord au sud, puis se dirige vers l'est. Au sud-ouest, le système fluvial du
Zambèze interfère avec celui de l'Okavango duquel il reçoit de temps en temps de l'eau, le reste se
perdant dans un delta salin au cœur du désert.
• L’Orange (1850 km) : il prend sa source au Lesotho et coule en Afrique du Sud. Séparant l'Etat libre
d'Orange de la province du cap en traversant d'Est en Ouest des zones arides, son cours est coupé de
chutes.
• Le Sénégal (1750 km) : il naît dans le Fouta Djalon guinéen et se dirige d'abord vers le nord-ouest
avant de décrire une boucle de 500 km de longueur s'achevant dans le delta.
 Quel est le débit des principaux fleuves africains ?
• Le Nil (6700 km) : il a un régime caractérisé par de hautes eaux d'été, qui commencent en mai,
renforcées par les apports de ses affluents tropicaux, le Nil bleu et l'Atbara à partir de juin. La décrue
commence en octobre, le débit passant de 8000 m3/s (en septembre) à 500 m3/s en juin.
• Le Congo (4700 km) : le Congo, à son embouchure, a un débit de 80000 m3/s (le plus puissant des
fleuves africains). Son régime est à la fois abondant et régulier, en raison d'une alimentation énorme et
permanente : il reçoit de nombreux affluents alimentés par les pluies équatoriales.
• Le Niger (4200 km) : Il a un régime tropical, avec de hautes eaux d'été. Le cours inférieur pénètre
dans une région de forte pluviosité et les crues se prolongent jusqu'en mai, si bien que le Niger a des
eaux abondantes toute l'année, le débit moyen atteignant 7000 m3/s (30000 m3/s lors de la crue).
• Le Zambèze (2700 km) : il a un régime tropical avec de hautes eaux de novembre à mars sur le cours
supérieur (près de 4000 m3/s), de février à juin sur le cours moyen (près de 3000 m3/s).
• L’Orange (1850 km) : il a un régime tropical avec des hautes eaux en saison de pluies (près de 3500
m3/s).
• Le Sénégal (1750 km) : placé sous la dépendance des pluies tropicales tombant sur le Fouta-Djalon,
son régime est simple, de type tropical, avec des hautes eaux de juin à septembre (près de 4000 m3/s).
Durant l'étiage, le débit est parfois indigent, 2 à 3 m3/s, entre avril et juin.
A chaque grande région climatique correspond un type de fleuve :
- Dans la région équatoriale, les fleuves (Congo, Ogooué, Oubangui, etc.) ont un débit soutenu
(hautes eaux) toute l'année.
- Dans la région tropicale, les fleuves (Niger, Sénégal…) ont leurs hautes eaux (un débit soutenu) en
été.
- Dans la région méditerranéenne, les fleuves (Sebou…) ont au contraire leurs hautes eaux en hiver.
- Dans la région sèche, les fleuves (les oueds) sont extrêmement irréguliers.
 Quelle est l'Importance sur le plan économique des fleuves et lacs en Afrique ?
Bien qu'ils ne soient navigables que par endroits, les fleuves africains ont une importance socio-
économique certaine.
En effet, ils sont généralement porteurs d'un énorme potentiel hydroélectrique (barrages d'Assouam,
de Cabora bassa, Poubara…) qui, exploité, permet d’alimenter de nombreuses régions en électricité et
en eau potable. Par ailleurs, ils favorisent les échanges et/ou communications entre peuples côtiers
(transport des biens et des personnes), nourrissent ces derniers à travers la pêche.
CLIMAT ET VEGETATION DE L’AFRIQUE

Introduction : 
Continent chaud par excellence, l’Afrique s’étend pour sa grande partie dans la zone intertropicale. Il
a, sur de grands espaces, des climats uniformes. Et comme les zones climatiques, les zones de
végétation se présentent en bandes approximativement parallèles à l’équateur. Mais d’importantes
dégradations font que ces bandes ne sont pas absolument calquées sur les bandes climatiques.

1. Cadre définitionnel
Alizé : c’est un vent régulier qui souffle des hautes pressions subtropicales vers les basses pressions
équatoriales. (L'alizé de l'hémisphère Nord souffle du nord-est vers le sud-ouest ; l'alizé de
l'hémisphère Sud, du sud-est vers le nord-ouest).
Amplitude thermique : c’est l’écart entre la moyenne de température du mois le plus froid et celle du
mois le plus chaud.
Aridité : c’est l’absence permanente d’eau
Climat : c’est une succession de type de temps sur une longue période en un lieu donné.
Contrainte naturelle : c’est un obstacle qui gêne l’installation des hommes.
Désert : c’est une région marquée par l’aridité.
Harmattan : c’est un vent sec et brûlant qui souffle en Afrique occidentale, venant du Sahara
méridional.
Jachère : C’est une terre non cultivée temporairement pour permettre la reconstitution de la fertilité
du sol ou, pour limiter une production jugée trop abondante.
Oasis : c’est une petite région fertile grâce à la présence d'eau, dans un désert.
Erg : c’est une vaste étendue couverte de dunes, dans les déserts de sable.
Plante xérophile : C’est une plante qui s’adapte à la sécheresse grâce à des racines très longues.
Précipitations : Ce sont toutes les formes d’eau qui se condensent dans l’air et se déposent sur le sol
sous forme de pluie, grêle, neige.
Sahara : C’est le plus vaste désert du monde (moins de 100 mm d’eau par an), en Afrique. Il couvre
plus de 8 millions de km² entre l’Afrique du Nord méditerranéenne et l’Afrique noire, l’océan
Atlantique et la mer Rouge. De part et d'autre du tropique du Cancer, il s'étend sur le Maroc, l'Algérie,
la Tunisie, la Libye, l'Égypte, le Soudan, le Tchad, le Niger, le Mali, la Mauritanie et le Sahara
occidental.
Sahel : C’est une bande orientée ouest-est, étirée du Sénégal au Soudan, à la pluviosité réduite et
surtout irrégulière, couverte d'une maigre steppe étendue de terre désertique rencontrée en Afrique
occidentale.
Savane : C’est une plaine herbeuse de régions tropicales non forestières.
Steppe : C’est une formation végétale des zones semi-arides.
Taïga : C’est une forêt de conifères des régions froides.
Toundra : C’est une formation végétale discontinue, qui comprend quelques graminées, des mousses
et des lichens, voire quelques arbres nains.
Végétation : C’est l’ensemble des végétaux d’un lieu ou d’une région.
Zone thermique : C’est une vaste bande, parallèle à l’équateur dont tous les points ont une même
température moyenne.
2. Caractéristiques du climat et de la végétation de l’Afrique

2.1. Caractéristiques du climat de l’Afrique


L’Afrique est un continent chaud dont avec quatre grands types climatiques symétriques à l’Equateur,
à savoir :
- Le climat équatorial (autour de l’équateur) : il compte quatre saisons dont deux de pluies et deux
saisons sèches. L’humidité de l’air y est très élevée, les vents assez faibles et la moyenne des
températures y est de 26° C.
On distingue deux variétés de climat équatorial : une variété humide au Centre et à l’Ouest (1500 mm
à plus de 2000 mm de pluie par an) et une variété plus sèche à l’Est (total des pluies inférieures à 1m).

- Le climat tropical (entre les Tropiques, à l’exception de la zone équatoriale) : il a deux saisons
dont une de pluies et une saison sèche. Les vents y sont assez importants (Alizés) et la température
moyenne est de 27° C. Il y a deux types de climat tropical : le tropical humide et le tropical sec.
On distingue deux variétés de climat tropical : une variété humide (1200 à 1500 mm de pluie par an ; 3
à 6 mois de saison sèche) et une variété sèche (500 à 1200 mm de pluie par an avec 6 à 9 mois de
saison sèche).

- Le climat désertique (près des Tropiques) : avec moins de 200 mm de pluie par an, il est marqué
par une grande irrégularité de précipitations. Il peut y avoir plusieurs années sèches (sans pluies)
consécutives. La sécheresse de l’air et les amplitudes thermiques diurnes (jusqu’à 30° C) et annuelles
(plus de 50° C) sont considérables.

- Le climat méditerranéen (aux extrémités du continent) : son caractère principal est la division de
l’année en une saison estivale (été) très chaude et sèche (l’inverse du tropical) et une saison hivernale
(hiver) fraîche et pluvieuse. Il y tombe en moyenne 700 mm d’eau par an. 

2.2. Caractéristiques de la végétation de l’Afrique


L’Afrique a une végétation riche et variée. Les différentes végétations sont fonction des régions
climatiques :

 Quel type de végétation rencontre-t-on dans la zone équatoriale ?


On y rencontre principalement la forêt dense, humide et sempervirente (toujours verte) dans l’Ouest et
une végétation étagée des régions d’altitude dans l’Est ;

 Quel type de végétation rencontre-t-on dans la zone tropicale ?


Dans la zone tropicale humide, la végétation dominante est la savane et la forêt claire à feuilles
caduques. Et dans la zone tropicale sèche, la végétation dominante est la steppe ;

 Quel type de végétation rencontre-t-on dans la zone désertique ?


On y rencontre une végétation dominée par les plantes xérophiles ;

 Quel type de végétation rencontre-t-on dans la zone méditerranéenne ?


On y rencontre principalement les steppes buissonnantes ou à graminées, des forêts sèches, des
chaînes-verts, chênes-lièges, de pins et de cèdres.

Conclusion :
L’Afrique appartient en grande partie à la zone chaude. Sous l’équateur (milieu équatorial), il fait
chaud ; il pleut beaucoup et toute l’année ; quand on s’en éloigne (milieu tropical), il fait toujours
chaud, mais il pleut moins. Au niveau des tropiques (milieu désertique), la saison des pluies disparaît
presque totalement.
Le relief et l'hydrographie du Gabon

Introduction

Avec ses 267 667 km2, le Gabon est le plus petit Etat de l’Afrique centrale. Il présente des formes de
relief variées. Bien que peu montagneux, le pays est essentiellement une région de plateaux et de
collines. La plaine apparait toutefois par endroit.

I. Les trois principaux types de relief rencontrés au Gabon

 La plaine : Basse et plate (elle ne dépasse nulle part 300 m d’altitude), elle se rencontre dans les
régions de la Nyanga et de la Ngounié, de la Lopé, sur les bords de l'Ogooué, dans la région des lacs et
le delta de l'Ogooué. Au Les plaines du Gabon ont une altitude qui varie de 0 m à 100 m.

 Les plateaux : Parfois fortement entaillés par les cours d'eau, ils couvrent la plus grande partie de la
superficie du Gabon : ils s’étendent au nord sur le Woleu-Ntem et l’Ogooué-Ivindo, au sud-est sur le
Haut-Ogooué, au sud sur les régions de l’Ogooué-Lolo, de la Ngounié et de la Nyanga. Ces plateaux
s’étagent de 300 à 800 m.

 Les massifs montagneux : Vers l’intérieur du pays, quelques moyennes montagnes forment de
véritables chaînes ; c’est le cas de la chaîne du Mayombé, au sud, et du massif du Chaillu, au centre,
dont quelques sommets atteignent 1000 m.

Les plus grands sommets du Gabon sont : le Mont Milondo (1020 m) situé entre la Ngounié et
l’Ogooué-Lolo, Le Mont Ngour Mikong (993 m) dans le Moyen-Ogooué, le Mont Iboundji (980 m)
dans l’Ogooué-Lolo, le Mont Kokaméguel (938 m) dans le Woleu-Ntem, le Mont Bouvondo (911 m)
dans la Ngounié, le Mont Belinga (895 m) dans l’ogooué-Ivindo, le Mont Mimongo (860 m) dans la
Ngounié, le Mont Boka Boka (857 m) dans l’Ogooué-Ivindo, le Mont Kumunabwali (833 m) dans la
Ngounié.

2. Les principaux types de cours d'eau rencontrés au Gabon


Le Gabon est arrosé par un abondant réseau de cours d’eau qui couvre la quasi-totalité du territoire
national. Il est composé d'un grand bassin versant, celui de l'Ogooué, qui domine ceux, plus modestes
des fleuves côtiers Nyanga et Komo.

 Quel est le principal fleuve du Gabon ?


Le fleuve principal du Gabon est l’Ogooué, d’une longueur d’environ 1200 km. Avec ses affluents, il
arrose la majeure partie du pays. Ce fleuve prend sa source à 30 km à l’est de Zanaga, sur le plateau
Batéké, en territoire congolais Brazzaville. Il est coupé d’une soixantaine de rapides et de chutes. Les
plus importantes sont les chutes de Poubara (chutes de près de 15 mètres), Boundji, Doumé et
Banganya.
En dehors de l’Ogooué, le Gabon est parcouru par des fleuves appartenant au bassin côtier (Woleu ;
Ntem ; Noya ; Komo ; Remboué ; Rembo N’Komi ; Rembo Ndougou ; Rembo N’gové ; Nyanga,
etc.).

• Les principaux cours d’eau du Gabon


Ogooué : 1200 km
Okano :  280 km
Ivindo : 570 km
Offoué : 235 km
Ngounié : 460 km
Komo : 230 km
Nyanga : 350 km
Abanga : 226 km
Lolo 300 km :
Rembo N’Komi :170 km

 Quels sont les principaux lacs et lagunes du Gabon ?


On entend par lac, une eau stagnante occupant une cavité plus ou moins profonde. On note au Gabon
de nombreux lacs variés. Les plus grands et plus importants d'entre eux se rencontrent sur le bassin
côtier, particulièrement le long du cours inférieur du fleuve Ogooué (dans la région du Bas-Ogooué).

La région du Bas-Ogooué, qui correspond au delta intérieur de l'Ogooué, abrite la plus grande
concentration de lacs du Gabon. Sur la rive gauche du fleuve, on dénombre les lacs Ezanga,
Oguemoué et Onangué ; sur la rive droite, on trouve les lacs Azingo, Gomè, Opindalwango.

Ailleurs on rencontre, entre Fougamou et Gamba, les lacs Goumba (nord d’Ofoubou/Massana),
Divangui (près du site pétrolier de Rabi-Kounga), Kivoro (à l'ouest des Monts Doudou) ; dans la
région de Mouila-Ndende se trouvent divers lacs de type karstique à l'exemple du lac Noir et du lac
Bleu.

Les lacs du Gabon sont alimentés par les eaux de pluie, mais surtout par les fleuves et les rivières
environnantes. Ainsi, le lac Azingo est alimenté par les crues de l'Ogooué. Son régime dépend donc de
celui de l'Ogooué, de la répartition annuelle des précipitations, des infiltrations et de l'évaporation.

 Quels sont les principaux bassins versants du Gabon ?


Le Gabon est arrosé par un abondant réseau de cours d'eau permanents. Seuls les cours inférieurs des
plus grands fleuves sont navigables toute l'année : le Komo de Kango à Libreville ; l'Ogooué sur une
plus grande distance, de Ndjolé à Port-Gentil et la Nyanga. Ce n'est pas moins de 3 000 km de voies
d'eau qui sont potentiellement utilisables.

- Le bassin de l’Ogooué : Le bassin de l'Ogooué, plus grand fleuve gabonais, draine 215 000 km²
dont 22 000 km² hors du territoire national. Il est limité à l'est par le bassin du Congo, au sud par les
bassins du Niari et de la Nyanga, à l'ouest et au nord-ouest par les bassins de rivières côtières.
Parcourant environ 1 000 km, l'Ogooué prend sa source au Congo, dans les Monts Ntalé, à une altitude
voisine de 840 m. L'Ivindo est le plus important affluent de l'Ogooué. Il draine le quart nord-est du
pays, pénéplaine développée sur les formations anciennes du socle cristallin. A 5 km en amont de
Lambaréné, la Ngounié joint ses eaux à celles de l'Ogooué. Cette rivière draine 33 100 km². C'est le
second affluent du fleuve.
- Le bassin de la Nyanga : la Nyanga est le second grand fleuve gabonais, tout en étant d'importance
réduite. C'est le fleuve le plus méridional du pays, qui coule dans une moindre mesure en territoire
congolais. Les 80 % des 22 000 km² de son bassin-versant sont situés au Gabon. La Nyanga prend sa
source au cœur du Massif du Chaillu, dans les Monts Birougou, à une altitude de 1 000 m environ. Il
rejoint l'Atlantique après un parcours de 600 Km. Le cours de la Nyanga présente deux parties : la
haute Nyanga de la source au défilé de Mitoungou et la basse Nyanga qui correspond au bassin côtier.

- Le bassin du Komo : avec un bassin-versant couvrant un territoire de 5 000 km² et long de 230 km,
le Komo est le troisième grand fleuve gabonais. Le Komo naît en Guinée-Equatoriale, dans la partie
sud-ouest du plateau du Woleu-Ntem, qu'il draine entièrement de ses eaux. La plus grande partie de
son bassin-versant est en territoire gabonais. Son cours principal couvre une superficie d'environ 3 200
km². La rivière Mbèi est l'affluent le plus important du Komo. Elle draine une surface de 1 800 km².
Son cours est perturbé par quelques accidents comme les chutes de Tchimbélé et de Kinguélé.

MADAGASCAR : PEUPLES ET CIVILISATIONS 

Introduction :
Situé sur la route des Indes, Madagascar a été découvert par les Portugais en 1500 et fut appelé « l ’Ile
Saint Laurent ». Très vite, certaines nations européennes tentent de s’implanter sur l’île, mais sans
succès à cause des conditions de vie très difficile. Au XIXème siècle, les Français prennent le contrôle
de l’Ile.

I. Société, politique et économie de Madagascar avant l’arrivée des Européens

I.1. Peuples et royaumes


A la découverte de l’île, celle-ci était peu peuplée. Au nord, on retrouve les Antemoro, les
Antambahoaka, les Antefasi, les Zafisoro et les Bara. A l’Est, les Antanosi, les Antemaroa. A
l’intérieur des terres, les Sihanaka, les Bezanozano. Au nord-ouest, les Maroserana.
La société malgache est divisée en classes : les nobles (appelés Andriana), les Hommes libres et les
esclaves.

I.2. L’organisation politique


Le clan est l’unité politique de base chez les Malgaches. Chaque clan dispose de son territoire, son
chef, ses dieux, ses ancêtres… Le chef de clan est assisté d’un Conseil de chefs de familles. Ces clans
donnent naissance, à partir du XVIème siècle, à des royaumes.

Au nord-ouest, les Maroserana créent le royaume Menabe, sous la direction du roi Andriandrahifotsi
(1610-1685). A sa mort, son fils Adriamandisoarivo fonde le royaume de Beina au nord. A l’Est,
Ratsimilaho fonde le royaume de Betsimisakara. A l’intérieur des terres, Rahasananarivo fonde le
royaume de Lalangina qui donne naissance aux royaumes de l’Arindrama et de l’Isandra ;
Rambaosalama (qui devient Andrianampoinimerina) donne de la grandeur au royaume de Merina,
fondé quelques années plus tôt. Andrianampoinimerina (1787-1810) est le père de l’unité politique de
Madagascar. En effet, c’est lui qui lance l’idée d’une fédération des différents royaumes malgaches. A
sa mort, il est remplacé par son fils Radama.
I.3. L’organisation économique
L’économie malgache repose sur l’agriculture, l’artisanat et le commerce.
• L’agriculture : Mil, riz, canne à sucre… ; poule, moutons, bœuf, porcs…
• L’artisanat : travail du fer, du cuivre, de l’argent, de l’or ; poterie, natte…
• Le commerce : commerce du sel, des bœufs, esclaves ; échanges basés dans un premier temps sur le
troc, puis les monnaies arabes, les piastres indiennes.

II. Madagascar au contact des Européens


Les contacts entre Malgaches et Européens commencent au XVIIème siècle et s’intensifient au
XIXème siècle avec Radama 1er.

II.1. L’ouverture de Madagascar


En 1500, Diego Diaz arrive à Madagascar. Ce n’est qu’au début du XVIIème siècle que les Portugais
décident d’explorer l’île et de convertir le Malgache au christianisme. Ils se heurtent à l’hostilité des
populations locales.

Au milieu du XVIIème siècle XVIIème siècle, après les Portugais et les Britanniques, les Français
sont pris d’intérêt pour la "Grande île". En 1643, ils établissent au Sud-Est de l’île un camp qu’ils
nomment Fort-Dauphin (aujourd’hui Faradofay). Depuis ce camp, les Français tentent à maintes
reprises (1883) de soumettre Madagascar. En 1885, ils signent un traité avec le premier ministre
malgache. Très vite, ce traité divise Malgache et Français. Pour les Français, ce traité leur donnant le
droit d’avoir un résident à Tananarive, Madagascar est désormais leur colonie. Pour les Malgaches, il
ne s’agit que d’un traité de protectorat, c’est à dire que les Malgaches confient la défense de leur
territoire aux Français. Une guerre éclate entre Français et Malgaches. En 1895, le Gouvernement
français charge le Général Duchesne d’imposer l’autorité française. En 1896, Madagascar est
proclamée colonie française. Le général Gallieni est nommé administrateur militaire et civil de
Madagascar. Il réprime les révoltes, abolit la monarchie et exile la reine Ranavalona III à la Réunion,
puis à Alger.

II.2. Les souverains malgaches du XIXème siècle

Radama 1er (1810-1828) : Fils de Andrianampoinimerina, il dirige Madagascar de 1810 à 1828. Il


continue l’œuvre de son père : Il étend son royaume par des conquêtes (seul un tiers de la grande île
lui échappe, à savoir tout le Sud et une partie du Nord). Il modernise son armée et attire les Français et
les Anglais. Ces derniers évangélisent et instruisent (construction d’écoles) les malgaches, sous la
direction de la London Missionnary Society. A sa mort en 1828, sa femme Ranavalona 1ère lui
succède.

Veuve de Radama 1er, Ranavalona 1ère (1828-1861) rompt l’œuvre de son défunt mari et opte pour
une politique de retour à la tradition. Aussi, poussée par les grands seigneurs qui craignent de perdre
leurs privilèges, chasse-t-elle les missionnaires et les commerçants. En 1861, le pouvoir revient à son
fils (élevé par les missionnaires européens).

Radama II, fils de Radama 1er, il reprend la politique de son père en ouvrant Madagascar aux
puissances européennes. Il est assassiné sur ordre des grands seigneurs en 1863. Le pouvoir revient à
son épouse et cousine Rasoherina, puis à Ranavalona II et à Ranavalona III. Après la mort de Radama
II, le pouvoir est revenu en réalité au Premier ministre Rainilairivony qui épouse successivement trois
reines (Rasoherina, Ranavalona II et à Ranavalona III).
Profitant des querelles de succession de trône, Rainilairivony (1861-1895) prend le pouvoir. Il
reprend l’œuvre de modernisation et d’ouverture de Radama 1er ; Il poursuit la formation des élites et
la conversion au christianisme de plusieurs malgaches. En 1880, Madagascar a ses premiers médecins.

Conclusion :
Au total, nous retenons qu’avant l’arrivée des Européens, Madagascar est certes un territoire morcelé,
mais assez bien organisé sur les plans politique, social et économique. Son ouverture à l’Europe l’a
beaucoup marqué tant elle a entraîné des luttes entre conservateurs et modernistes.

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